Alger - Wikipédia
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Alger
note 1, 2
Alger (en arabe : الجزائر العاصمة, Al-Jazāʾir El ʿĀṣima , en berbère :
3
ⵍⴷⵣⴰⵢⵔ ⵜⴰⵎⴰⵏⴰⵖⵜ, Ldzayer tamanaɣt ou Lezzayer tamanaɣt ) et en Alger
arabe dialectal de la région, surnommée El Bahdja (« la joyeuse »), El
Mahrussa (« la bien-gardée ») ou El Beida (« la blanche »), est la capitale
de l'Algérie et en est la ville la plus peuplée.
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à la suite de la guerre d'Algérie, en 1962, Alger est devenue capitale de Indicatif 021 / 023
l’État algérien. Elle abrite le siège des institutions politiques du pays en Démographie
plus de tenir un rôle de premier plan économiquement.
Gentilé Algérois, Algéroise
Population 3 282 979 hab. (2019 1 )
Boumerdès Localisation
Tipaza mer
(Boudouaou Géolocalisation sur la carte : Algérie
(Douaouda) Méditerranée
El Bahri)
Boumerdès Alger
Tipaza (Boudouaou,
(Koléa) Ouled
Hedadj)
Blida
(Chebli,
Boumerdès
Blida (Ben Bougara,
(Khemis El
Khellil, Ouled
Khechna,
Boufarik) Slama,
Hammadi)
Larbâa,
Meftah)
Hydrographie
Alger est traversée par plusieurs fleuves et plusieurs cours d'eau qu'on nomme indifféremment Oued. Tous les fleuves
qui la traversent se jettent dans la Méditerranée qui borde toute la côte algéroise. Son système hydrographique est
propre au milieu méditerranéen : le débit d’eau est faible mais ses cours d’eau connaissent des crues importantes en
cas de pluies. Le massif de Bouzaréah, connu par ses reliefs accidentés, possède un réseau hydrographique très dense,
drainé par huit principaux cours d'eau (Baranès, Sidi Medjber, Frais vallon, jaubert, Scotto Nadal, Chemin du Fort,
Birtraria et Oued Koriche ou Oued Atoun (ex-Oued Mkacel)). La moitié de ses cours d'eau a été artificialisée et
canalisée par des collecteurs enterrés. À l'ouest l'Oued Mazafran constitue la frontière entre les wilayas d'Alger et de
Tipaza, plus à l'est, entre Chéraga et Aïn Benian, l'embouchure de l'Oued Beni messous. À l'est, les Oueds El Harrach,
El Hamiz et Réghaïa ainsi que la zone dite « le lac de Réghaia », un site d’importance écologique de dimension
internationale protégé par la convention de Ramsar, sont particulièrement touchés par la pollution due aux
nombreuses usines implantées dans cette zone. L'Oued El Harrach bénéficie depuis ces dernières années d'un projet
d'assainissement et d'aménagement.
La surexploitation des nappes d'eau souterraines en saisons sèches provoquerait un rabattement important du niveau
piézométrique, une inversion du sens de l’écoulement souterrain et par conséquent des problèmes d’intrusion marine
9
vers l’aquifère côtier . Le barrage réservoir de Douéra (Skalandji) permet le stockage des eaux des Oueds Mazafran
(39 hm3) et El Harrach (71 hm3). La capacité totale de ce réservoir est de 87 hm3 destiné principalement à l’irrigation
10
de 17 200 ha de la plaine de la Mitidja centre et la réalimentation de la nappe par infiltration .
11 12 13 14
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Alger est alimentée en eau potable par les barrages de Bouroumi , Keddara , Beni Amrane et Taksebt et par la
station de dessalement d'El Hamma mise en exploitation en mars 2008.
Géologie et relief
L'étude géologique de la région algéroise, peu
étendue en surface et formant un rocher qui s'avance
dans la mer, révèle qu'en arrière il est recouvert par
un cordon de dunes au-delà duquel on retrouve les
15 16
terrains sédimentaires de la série tertiaire .
Climat
18, 19
Alger bénéficie d'un climat méditerranéen . Elle est connue par ses longs étés chauds et secs. Les hivers sont doux
20
et humides , la neige est rare mais pas impossible. Les pluies sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait
21
généralement chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août .
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,9 6,4 7 9 12 15,6 18,5 19,1 17,1 13,7 9,6 7 11,7
Température moyenne (°C) 11,2 11,9 12,8 14,7 17,7 21,3 24,6 25,2 23,2 19,4 15,2 12,1 17,4
Température maximale moyenne (°C) 16,5 17,3 18,5 20,4 23,5 27 30,6 31,2 29,2 25,1 20,7 17,2 23,1
Record de froid (°C) −3,3 −1,9 −1 −0,8 2,6 5,5 9 9,5 8,2 4,1 −0,1 −2,3 −3,3
Record de chaleur (°C) 27,4 31,3 36,3 37,2 41,2 44,6 48,7 47,5 44,4 39,4 32,8 29,1 48,7
Précipitations (mm) 80 81,8 73,4 61,1 39,9 16,7 4,6 7,4 34,2 76 96,4 115,2 686,6
Nombre de jours avec précipitations 11,4 10,6 9,7 9,1 7,3 2,5 1,5 2,5 5,3 8,6 11,1 12,1 91,7
22
Source : NOAA
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
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80 81,8 73,4 61,1 39,9 16,7 4,6 7,4 34,2 76 96,4 115,2
Risques naturels
Alger est une zone sismique sensible, plusieurs failles sont détectées dans son territoire (Khaïr al Dine, Zemmouri,
Sahel, Chenoua, Blida, Thenia). Ces failles aux potentiels sismiques différents sont susceptibles de générer des
23
séismes . Le plus violent qui ait jamais été recensé est celui du 3 janvier 1365, par suite duquel Alger fut
24
complètement détruite et en partie inondée . Le dernier séisme important date du 3 février 1716 et coûta la vie à
20 000 personnes. En outre, plusieurs quartiers furent touchés par le séisme de Boumerdès en 2003 (faille
Zemmouri).
En raison de sa situation géographique, Alger est fortement soumise aux risques d'inondation à cause du
ruissellement des eaux de pluie des hauteurs de la ville jusqu'aux quartiers situés en contrebas. Ce risque est accentué
par plusieurs facteurs liés à une évolution urbaine prenant peu en compte les risques. Plusieurs édifices sont
construits sur des lits d'oued, comme au val d'Hydra.
Le 10 novembre 2001, des pluies diluviennes s'abattirent sur Alger, transformant les lits d'oueds en torrents de boue.
Cette catastrophe causa la mort de plus de 750 personnes, majoritairement à Bab El Oued, un quartier où des
25
immeubles entiers furent détruits .
Démographie
Période actuelle
Il n'existe pas de définition administrative de la ville d'Alger intramuros. La wilaya d'Alger comporte 57 communes,
dont la quasi-totalité correspond à des quartiers d'Alger. La wilaya d'Alger correspond donc grosso modo à la ville
d'Alger, en tant qu'unité urbaine continue.
Toutefois, l'aire urbaine d'Alger s'étale au-delà de la seule wilaya d'Alger, dans les trois wilayas voisines de Blida,
Boumerdes et Tipaza. Ces trois wilayas comptaient respectivement 1 275 568, 801 068 et 809 311 habitants en
2018 ou 2020 selon la même source.
Ainsi, la population cumulée des wilayas d'Alger, Blida, Boumerdes et Tipaza était de 6 195 843 habitants en 2018-
2020. En en excluant les parties les plus éloignées d'Alger (ouest de la wilaya de Tipaza et est de la wilaya de
Boumerdes), il paraît raisonnable d'estimer la population de l'aire urbaine algéroise à environ 5 millions d'habitants.
La publication des données issues du recensement de la population de 2022 devrait permettre d'affiner cette
estimation.
Des sources non-officielles et étrangères avancent parfois une population allant jusqu'à 8 millions d'habitants pour
l'agglomération ou l'aire urbaine d'Alger, mais une telle population paraît impossible vu les chiffres officiels fournis
par les autorités algériennes (recensement ce la population, ONS et ANIREF). En effet, de telles estimations dépassent
la population cumulée des quatre wilayas englobant l'aire urbaine d'Alger, ce qui est objectivement impossible.
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La pyramide des âges de la wilaya d'Alger met en avant une population jeune relativement importante, presque un
tiers de la population a moins de 20 ans. Cependant on observe une diminution des naissances à partir de 1983 et une
reprise de natalité sur la période 2004/2008.
26
Pyramide des âges de la wilaya d'Alger en 2008 en pourcentage .
Classe
Hommes Femmes
d’âge
0,5 80 ans et 0,58
+
1,51 70 à 79 1,59
ans
2,30 60 à 69 2,51
ans
4,16 50 à 59 4,05
ans
6,57 40 à 49 6,47
ans
8,53 30 à 39 8,58
ans
9,29 20 à 29 9,39
ans
8,46 10 à 19 8,15
ans
8,75 0 à 9 ans 8,32
0,12 nd 0,15
Période ottomane
e
La population d’Alger aurait été d’environ 100 000 habitants au xvii siècle puis aurait décliné jusqu’à 30 000
habitants en 1830.
Période française
1830 30 000
1876 61 255
28
Avec 365 040 habitants en 1954, Alger était la 4e ville française derrière Paris, Marseille et Lyon . Avec sa banlieue
(215 046 habitants dont 131 315 musulmans et 83 731 européens), la population totale de l'agglomération s'élevait en
29
1954 à 580 086 habitants .
Toponymie
Dans les plus anciens documents cartographiques, Alger s'est écrit de différentes façons : Alguer (1275), Algezira
(1300), Zizera (1318), Zizeria (1367) Zizara (1409), Aurger (1339) chez Angelino Dulcert. Cependant, dans ces mêmes
documents se trouve le nom d'Alger (dès le xive siècle) qui était prononcé Aldjère, voire « Algir » sur la mappemonde
30
de Martin Béhaïm (à la fin du xve siècle), et enfin, Alger chez Sébastien Cabot (au milieu du xvie siècle) . Tous ces
noms proviennent de la racine Djezaïr Beni Mezghenna.
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Les premiers à citer Alger furent Ibn Hawqal dans son livre S'urat al Ardh (صورة
)االرضet Al-Bakri dans Des Routes et des Royaumes ( )كتاب المسالك والممالكau
32
chapitre sur « La route d'Achir à Djzayer Beni Mezghenna » (vers l'an 1068) . Le
premier l'écrit ()جزائر بني مزغّناي, le second ()جزاير بنى مزغنى, sans qu'aucun d'eux
donne la signification du nom. William Mac Guckin de Slane, en traduisant le livre
33, 34
d'Al-Bakri, ajoute une traduction « îles » pour ()جزاير .
Au début du xvie siècle, Hassan al-Wazzan dit Léon l'Africain pense que le nom Plan d'Alger à la fin du xvii e siècle.
35
« gézeir » viendrait de sa proximité avec les îles Baléares . Diego de Haedo
36, 37
rattache le nom à l'unique île qui faisait face à Alger . En 1843, Louis Adrien
Berbrugger explique que le nom d'Alger viendrait des îles qui faisaient, selon lui, face au port d'Alger à l'époque et qui
38, 39
furent plus tard rattachées à sa jetée actuelle ; en arabe Al-Djaza’ir ()الجزائر, « les îlots » , en français « les îles des
Mezghenna » (جزاير بني مزغنا, Djezaïr Beni Mezghenna) . Le terme d'île pourrait, selon des géographes musulmans
40
41
du Moyen Âge, également désigner la côte fertile de l’actuelle Algérie , coincée entre le vaste Sahara et la
Méditerranée, apparaissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir. Ibn Hawqal ne cite qu'une île à un jet de flèche de
42, 31 43
la côte et Al-Bakri aussi .
Par ailleurs, le géographe Al-Idrissi mentionne dans « » نزهة المشتاق في اختراق اآلفاقl'existence de la ville qu'il
transcrit indifféremment Djézayr beni Mezghena ( )جزاير بني مزغناet parfois Al Djézayr ()الجزائر
44 45, 46
.
Une autre hypothèse existe pour l'origine du mot Djezaïr Beni Mezghenna. Cette hypothèse attribue une origine
berbère au nom d'Alger. « Selon Smaïl Medjeber, Alger fut prise par Bologhine ibn Ziri qui lui donne le nom de Ziri
47 47
pour honorer son père ». Alger viendrait donc de l'anthroponyme Ziri qui signifie « clair de lune » en berbère. Il
faut noter qu'Al-Bakri, repris par Louis de Mas-Latrie, décrit les habitants d'Alger et de ses alentours (Mitidja) comme
33
des Berbères vivant à la limite du royaume hammadide encore en place .
La ville fut dénommée Icosium durant la période romaine. Selon une légende gréco-romaine, Icosium aurait été
48
fondée par vingt (Eïkosi) compagnons d’Hercule . Selon la légende, vingt des hommes d’Hercule, embarrassés de
choisir le lieu de la fondation de la future ville d’Alger, s’accordèrent à sacrifier trois moutons et placer chacun d’eux
sur un emplacement donné (L’Harrach, Pointe-Pescade et l’actuel centre-ville d’Alger) pour constater ensuite lequel
des trois moutons demeurera intact. Ils s'aperçoivent que celui du site actuel n'est pas affecté par la décomposition. Ils
résolurent de fonder Alger sur cet emplacement en lui attribuant le nom d’Icosium (dérivé du mot grec Eikosi, qui
49
signifie en grec vingt) . Marmol affirme de son temps qu'une tradition indigène locale attribuait la fondation d’Alger
sur les ruines de Sassa, près d'El-Harrach, aux Mosgan (Mezghana), peuple plus basané que blanc et dont les
principaux habitats étaient en Libye, d’où, ayant acquis une certaine puissance, il serait venu dans la province d’Alger
50
et y aurait régné longtemps avant la venue des Romains .
Histoire
Préhistoire
La seule trace de présence humaine, pour le Paléolithique inférieur, se résume en un seul biface qui fut découvert au
51
voisinage de Mahelma et attribué à un Acheuléen moyen sinon plus vraisemblablement supérieur . Les deux plus
importants gisements découverts dans le Sahel d'Alger remontent pour l'un au Paléolithique moyen. Il s'agit de celui
découvert lors de la construction, en 1961, de la cité Malki (ex-Allobroges), à Ben Aknoun, et l'autre, celui de la grotte
52
du Grand Rocher, à Aïn Benian, qui remonte au Néolithique . D’autres gisements ont livré des restes attribués à
l’Ibéromaurusien remontent au Néolithique et Néolithique pauvre. Vers 1840, Adrien Berbrugger avait découvert
l’une des nécropoles mégalithiques les plus importantes du littoral algérien : les dolmens de Beni Messous. La
nécropole s’étendait sur les deux rives de l’Oued Beni Messous, celui de Beni Messous (rive droite) et celui d’Aïn Kalaa
53
(rive gauche) . Le Sahel d’Alger offre un panel des différentes cultures préhistoriques du Maghreb à l’exception de la
hache à talon, de l'âge du bronze, découverte à Saint-Eugène (Bologhine) et qui représente un cas unique au Maghreb.
Antiquité
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Une localité appelée à l'origine par les Puniques Ikosim (nom signifiant « l'île aux mouettes » d'après Victor Bérard ou
54
« l'île aux épines » ou « aux hiboux » d'après Joseph Cantineau et Louis Leschi ), lorsqu'elle acquit le statut de
comptoir phénicien d'importance, la fondation d'Ikosim est antérieure au ive siècle av. J.-C. Des débris de vases
campiniens datant du iiie siècle av. J.-C. y furent découverts dans un puits de vingt mètres de profondeur en 1940.
Déjà au début du Ier millénaire av. J.-C., Ikosim était un important comptoir phénicien. En -202, la ville passa sous
influence romaine à la suite de l'alliance scellée entre Massinissa et Scipion l'Africain contre Carthage. Le nom
d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium, sous Juba Ier et Ptolémée.
Les tribus berbères Maghraouas étaient très nombreuses dans les environs d'Icosium et Ptolémée de Maurétanie
55
devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie fit transférer une partie des Maghraoua vers le Chlef et il combat les
56
résistants berbères soulevés par Tacfarinas , dans cette même période. Après Tibère, Vespasien envoya une colonie à
57
Icosium pour arrêter les révoltes .
Après la révolte de Tacfarinas, Firmus (général maure berbère) détruisit Icosium en mettant le feu avec l'aide de
58
toutes les tribus berbères maures (non romanisés) qui vivaient dans les montagnes des environs au ive siècle .
C'est vers le ve siècle que le christianisme s'introduisit à Icosium. En 429, la ville passa sous domination vandale, lors
de leur conquête de l'Afrique du Nord. En 442, un traité entre Romains et Vandales permit aux Romains de récupérer
Icosium et ce durant les cent ans de présence vandale en Algérie.
Après 533, la ville, à peine contrôlée par les Byzantins, fut attaquée par des tribus berbères.
Moyen Âge
En 710, la conquête musulmane introduisit l'islam en Afrique du Nord. Le
55
territoire d'Alger appartenait aux Maghraouas, une tribu berbère zénète . Ziri ibn
Menad, vassal des Fatimides, vainquit les Berbères zénètes kharidjites. Après la
mort d'Abu Yazid en 947, Ziri ibn Menad s'empara de la région du centre et fonda
Achir comme capitale des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut
59
occupée par les Sanhadjas avec la dynastie des Zirides . Le fils de Ziri ibn Menad
avec l'autorisation de son père, Bologhine ibn Ziri, fonda trois villes dont Beni
60
Mezghenna (Alger), Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes .
61, 62
Bologhine ibn Ziri reconstruisit Icosium au milieu du xe siècle en fortifiant et
agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa « Djezaïr Beni
63
Mezghenna », en 960 . Il fonde donc ce qui est aujourd'hui le cœur historique
d'Alger, la Casbah d'Alger, comme débouché maritime pour la ville d'Achir. Cette
64
dernière jeune capitale prospère, a besoin d'un port de mer rapproché .
La guerre continua entre les Zénètes et les Sanhadjas. Ziri ibn Menad fut tué en
65
971 dans une bataille contre les Maghraouas, sa tête fut rapportée à Cordoue par
les Maghraoua afin d'obtenir de l'aide pour affronter l'armée des Zirides, vassal
66 Bologhine ibn Ziri, fondateur des trois
des Fatimides. Les Zénètes vengèrent ainsi la mort d'Abu Yazid . C'est ainsi que
Moez, calife fatimide, désigna Bologhine ibn Ziri comme calife du Maghreb. Ce villes : Alger, Miliana et Médéa.
dernier continua le combat contre les Zénètes. Ces derniers demandèrent alors
l'aide des Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes y
compris Alger. Bologhine ibn Ziri s’empare de presque tout le Maghreb en suivant
66
les directives de Moez .
Bologhine possédait toutes les villes du Maghreb, il avait pour ordre de tuer tous
les Zénètes, de ramasser l'impôt des Berbères sous l'emprise de l'épée. Ceci
provoqua une marche de contestation de la part des autres tribus. Les Kutama
devinrent jaloux des Zirides et la guerre éclata entre les deux tribus ; Mila et Sétif
66 La Grande Mosquée de 1097.
furent rasées par les Zirides . Les Omeyyades acceptèrent enfin d'aider les
66
Zénètes à reconquérir leurs territoires, en particulier des Maghraoua . Bologhine
ibn Ziri rebroussa chemin en voyant toute l'armée des Zénètes venue d'Andalousie par voie maritime qui s'installa à
66
Ceuta . En 983, Bologhine ibn Ziri mourut. S'ensuivit une longue période de défaite pour les Zirides. Les
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Maghraouas regagnèrent leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et dans l'Ouest grâce à Ziri Ibn
Attia issue des Maghraouas. Toutes les villes du Centre jusqu'à Tanger redevinrent des villes Zénètes, y compris
66
Alger .
Les Fatimides voulaient prendre l'Al-Andalus, mais ils décidèrent d'abandonner ce projet pour garder l'Égypte et les
autres provinces. Les Zirides restèrent souverains dans leurs territoires à l'est de l'Algérie ainsi que les Hammadides
66
(tribu des Sanhadja) . Les Almoravides prirent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin. Ce dernier défit tous les
Zénètes. La première grande mosquée du rite malikite Djamaâ el Kebir ou la Grande Mosquée (de 1097) y fut
construite par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides n'ont jamais fait la guerre contre les Zirides, les deux tribus sont
66
des Sanhadjas . En 1151, Abd al-Mumin (Almohades), un Berbère zénète, reprit Alger ainsi que tout le Maghreb et
66
l'Andalousie aux Almoravides . Par la suite, Alger fut rattachée aux capitales des dynasties Zianides, ainsi que
Hafsides et Mérinides pour des courtes périodes. Longtemps la ville fut dépendante de Tlemcen sous les dynasties
66
Ifrenides, Maghraouides, Almoravides, Almohades et Zianides .
Époque moderne
En 1510, les Espagnols soumirent Alger et bâtirent une forteresse sur un îlot de la
baie, le Peñon d'Alger, destinée à défendre et surveiller la ville. À la mort du roi
Ferdinand le Catholique en 1516, les habitants se révoltèrent et imposèrent à l'émir
68
Salim at-Toumi, de faire appel au corsaire turc Barberousse . Ce dernier devint
69 Vue d'Alger, prise sur le bord de mer
maître de la ville après avoir assassiné Salim at-Toumi qui avait intrigué avec les sud.
70
Espagnols et sa tribu des Tha'alibi pour se débarrasser des corsaires , mais les
Espagnols conservèrent la forteresse du Peñon. En 1516 et 1518, Alger fut attaquée
par des expéditions espagnoles commandées respectivement par Diego de Vera et Hugo de Moncada, qui échouèrent
toutes deux.
Par la suite, Khayr ad-Din Barberousse fut évincé d'Alger par le chef kabyle Sidi Ahmed ou el Kadhi, mais s'y rétablit à
la fin des années 1520 avec le soutien du gouvernement ottoman et réussit cette fois à prendre et à détruire la
forteresse du Peñon ; il fit construire la jetée Kheir-Eddine, reliant les îlots à la terre ferme et constituant ainsi le
premier abri du port d'Alger. Cette date marque le début de la régence d'Alger, qui fit d'Alger la capitale d'un État
vassal de l'Empire ottoman, quoiqu'assez indépendant de facto.
En même temps, une double extrapolation se produisit. La ville, El Djazaïr en arabe, donne son nom au pays entier
(en arabe, « Alger » et « Algérie » s'écrivent de la même façon : El Djazaïr) tandis que la citadelle perchée en haut de
la ville ancienne, la casbah, donne son nom à la ville. De nos jours encore, « casbah » désigne la ville précoloniale,
71
désormais classée au patrimoine mondial de l'UNESCO .
En octobre 1541, l'empereur réunit une flotte de guerre. Alger était alors sous l'autorité de Hassan Agha. Hassan Agha
renforça les fortifications et les arsenaux de la ville. Lors du siège de la ville, un orage violent éclata. La tempête
continua toute la soirée et même la nuit entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, elle rendit inutilisable
la poudre pour les canons et les arquebuses. Les troupes impériales furent alors décimées par les troupes d'Hassan
Agha et les irréguliers venus des campagnes environnantes. L'armée impériale battit ensuite en retraite vers le cap
Matifou.
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La retraite fut désastreuse pour les forces impériales car la route était coupée par
une crue de l'Oued El-Harrach tandis que les troupes algéroises et irrégulières les
harcelaient, leur occasionnant de grandes pertes. Les survivants arrivèrent à
Tamentfoust, puis les troupes de Charles Quint se réfugièrent à Béjaïa, alors
toujours aux mains des Espagnols. Après cette débâcle, la ville devint la plus
puissante des villes neuves de la Méditerranée. La régence d'Alger, solidement
établie, dura trois siècles, jusqu'en 1830.
La régence
Sous la régence turque, la ville était administrée par un fonctionnaire : le Cheikh-
el-Bled. Celui-ci avait entre autres attributions : celle de lever une contribution
hebdomadaire sur les boutiques et sur les corps de métiers ; de fournir par voie de
réquisition, les mulets et les chevaux de transport nécessaires aux troupes turques
envoyées au dehors ; et de défrayer, pendant leur séjour à Alger, les envoyés de
l'intérieur. Sa résidence était située dans l'actuelle « rue de la Lyre inférieure », sa
villa à Birkhadem (« Djenan Cheikh-el-Bled »). Carte ottomane du xviii e siècle
illustrant la région d'Alger.
Au début du xviiie siècle, Laugier de Tassy décrivait la population d'Alger en ces
termes « On ne voit presque dans la ville que les Maures, qui ont été chassés
72
d’Espagne » . Au début du xixe siècle, on comptait à Alger une centaine d'écoles
primaires et quatre collèges supérieurs (pour moins de 20 000 habitants), à savoir
celui de la Grande Mosquée, celui de la Quashashiyya, celui des Andalous et celui
73
de Shaykh al-bilâd .
À la veille de la conquête française, Alger était une ville très cosmopolite, la société
se composait de Turcs, de Maures mêlés de Berbères et d’Arabes avec un fort
apport andalou, de Kouloughlis, de Kabyles, de noirs affranchis, d'esclaves, de Le Peñon d'Alger et le phare.
Juifs et de Beranis qui se composaient de minorités régionales : les Biskris, les
74
Laghouatis et les Mozabites . Alger
connaissait notamment plusieurs langues et
dialectes : l'osmanli parlé par les Turcs, un
arabe citadin parlé par les Maures, un hébreu
arabisé parlé par les Juifs et les dialectes
berbères parlés par chaque communauté
74
berbère .
Tableau montrant quelques navires La ville fut plusieurs fois bombardée sous la
Régence. La marine royale française, sous le
en activité en face de la ville d'Alger.
Portrait intitulé "Alger depuis le
commandement de Abraham Duquesne, à la
navire Great Liverpool 'Paping' en
suite de la déclaration de guerre à la France du
1826.
Dey d'Alger, bombarde Alger en 1682 puis plusieurs autres fois durant ce conflit.
En 1815, la Seconde Guerre barbaresque s'achève par la défaite du dey Omar Agha,
Américains et Algériens signent alors dans la baie d'Alger un accord permettant la libre circulation des navires
américains en Méditerranée. Puis l'année suivante, en 1816, la ville est bombardée lors d'une expédition punitive par
une flotte anglo-hollandaise menée par Edward Pellew et le dey doit à nouveau négocier.
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Colonisation française
En 1830, après 3 ans d'un blocus qui commence le 16 juin 1827, le roi Charles X
prétexte l'aggravation d'un contentieux commercial entre la France et la régence
d'Alger pour envoyer un corps expéditionnaire commandé par le général de
Bourmont, ministre de la guerre, afin que celui-ci prenne possession de la ville, qui
tombe le 5 juillet 1830, trois semaines après le débarquement de Sidi-Ferruch
75
situé à 30 km à l'ouest . Les troupes du général de Bourmont s'emparent du
trésor d'Alger qui s'élève, selon Pierre Péan, à 500 millions de francs de l’époque
76, 77
(soit 4 milliards d’euros) dont une bonne partie est détournée . Présenté
Représentation des bombardements
d'Alger en 1830.
comme simple raid militaire punitif à l'origine, l'occupation française se prolongea
pendant plus de 130 ans, et marqua profondément la cité qui comptait à peine
30 000 habitants à cette époque.
La ville, bâtie en amphithéâtre sur un rocher dont l'inclinaison est tournée vers
l'est, s'étendait alors, dans la partie comprise entre les actuels rue Benganif,
boulevard Hahkad, la casbah (la citadelle) et le port, soit 3 200 mètres de remparts
avec cinq portes (Bab El Oued, Bab Azzoun, Bab Dzira, Bab El Bhar et Bab Jedid)
qui enfermaient environ 12 200 maisons de grandeurs diverses contenant toutes
une cour d'une plus ou moins grande étendue, 103 mosquées, une dizaine de
synagogues, 7 grandes casernes de janissaires, 150 fontaines et 60 cafés maures.
La colonisation française commença par le refoulement des indigènes, qui furent chassés de tout le Sahel algérois,
78
puis évolua vers leur cantonnement qui les obligea pour vivre à vendre leur travail au colon voisin .
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On commença par quelques démolitions entre Bab-Azoun et la Marine, ainsi que dans la rue des Souks pour
permettre aux chariots de circuler librement. On continua le tracé des rues « Bab-Azoun », «Bab El Oued» et «de la
Marine» qui avaient été auparavant simplement élargies. Pour les deux premières, on construisit des rues à arcades et
on fit adopter l'établissement de galeries, de façon à lutter contre les rayons du soleil. Aussi l'ouverture de deux autres
rues fut décidée : celles « de Chartres » et « des Consuls », afin d'établir une communication entre les portes Nord et
Sud, au cas où les rues Bab-Azoun et Bab El Oued auraient été rendues inutilisables.
À partir de 1840, la ville sortant des limites des fortifications ottomanes et des logiques de défense, le Génie élabora en
1841 un projet d’ensemble de fortifications modernes. L’architecte Pierre Auguste Guiauchain rédigea en 1845 un
schéma général de voirie et d’alignements concernant les terrains à édifier à l’intérieur de la nouvelle enceinte. Il
installa les nouveaux bâtiments publics : hôtel de ville, palais du Gouverneur, théâtre, palais de justice, hôtel des
postes et du trésor, etc. dans les meilleurs emplacements dominant la mer et projeta une série de percées
transversales destinées à faciliter la liaison entre les nouveaux quartiers du Nord et du Sud de la ville.
Ce plan qui sera publié en 1848 par Delaroche, esquisse les rampes et les escaliers
destinés à relier les quais à la ville, quelque 15 mètres plus haut, de même que les
liaisons avec la « place du Gouvernement » au sud.
Les Français s'installaient principalement dans les faubourgs, dans des maisons qui se trouvaient le long des
remparts, comme le quartier populaire de Bab El Oued au nord, tandis que l'on poursuivait également
l'européanisation de la ville musulmane ; aménager les constructions mauresques semblait être le meilleur
programme d'utilisation de la cité. Ainsi, dès 1839, la partie basse de la ville commença à disparaître, démolitions et
expropriations contribuèrent à donner un aspect nouveau à ce quartier. L'immigration d'Européens était importante.
Tous les nouveaux venus commençaient d'abord par occuper les maisons mauresques qui sont transformées pour
répondre à des exigences nouvelles. Celles-ci devenaient bientôt des bâtisses insalubres et mal aérées. Au cours de son
voyage, Napoléon III fit une enquête personnelle qui eut pour résultat d'arrêter les démolitions de la vieille ville. Le
rapport dit que la haute ville devait rester telle quelle. On commença à s'apercevoir qu'il était difficile de greffer une
ville européenne sur une ville musulmane. Le temps seul se chargea alors de modifier l'aspect de la cité.
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Lors de la visite de 1860, le couple impérial pose la première pierre du boulevard du Front de mer, Boulevard de
l'Impératrice (devenu Boulevard Che-Guevara). Les analogies sont assez grandes avec Marseille et son port qui se
construit au-devant de la rue Impériale (devenue Rue de la République). Désormais, la ville française s’organise
autour de ce boulevard, large artère de 2 km de long surplombant la mer d'une hauteur de 18 mètres. Dans le même
temps, Napoléon III inaugure la première ligne de chemins de fer entre Alger et Blida. Pour effectuer ces
aménagements, la maire rétrocède, comme la loi l'y autorise, la construction de ce boulevard, de l'établissement des
magasins et des rampes d'accès vers les quais, à une société anglaise pour 99 ans, afin de financer les travaux et
l'entretien de ce nouvel axe.
Ainsi, les quartiers d’Alger ressemblèrent peu à peu à des quartiers parisiens,
dignes des travaux haussmanniens, avec les lieux nécessaires à la vie publique
(jardins, églises, mairies, écoles). Les anciennes somptueuses villas ottomanes
réquisitionnées, furent utilisées comme maisons secondaires par les grandes
familles françaises.
La construction des immeubles haussmanniens a donc été réalisée grâce à la main-d'œuvre locale, qui a contribué à
façonner le paysage urbain d'Alger à cette époque.
La colonisation fit d'Alger une ville à majorité européenne, ceci bien que la population musulmane indigène
commençât à s'accroître de façon exponentielle à partir de la Première Guerre mondiale, du fait tant de
l'accroissement naturel que de l'exode rural.
83
En 1871, la ville se proclame Commune d’Alger, avant celle de Paris . En effet, la politique arabophile de Napoléon
III ne fait pas l’unanimité parmi les Français d’Alger. Sous la bannière de Charles Lavigerie, ils s’élèvent pour
dénoncer l’administration militaire et la politique impériale, « des civils partout » demeure la phrase emblématique
de 1870. La chute du Second Empire y est accueillie avec enthousiasme. Autour de l’avocat Vuillermoz, Alexis
Lambert, Lelièvre et Jourdan fondent le Comité républicain de défense de la ville d’Alger. Des centaines de Français
descendent dans la rue pour demander le départ du préfet Warnier ainsi que celui de tous les fonctionnaires
bonapartistes. La ville a sa commune, début octobre, Benoît Vuillermoz est élu maire d’Alger. Ce dernier écrit à
Gambetta le 7 novembre pour lui demander le remplacement du pouvoir militaire par le pouvoir civil en Algérie, en
cas d’absence de réponse, précise-t-il, « l’Algérie se fera d’elle-même ». La réponse est ferme : « Nous apprenons que
vous faites le dictateur et que vous constituez une commission pour prépare l’organisation du conseil communal. Le
gouvernement annule cet acte d’usurpation. Il vous engage et vous ordonne de cesser toutes ces violences de la loi
qu’il ne peut tolérer plus longtemps... Prouvez nous votre patriotisme et vous aurez avant dix jours un
gouvernement civil. » Lors des élections municipales du 5 février 1871, la liste de Vuillermoz l’emporte, le
84
gouvernement civil est mis en place .
À partir de 1903, l’administration française se soucia du respect de la culture indigène, c’est ainsi que le style néo-
mauresque est né (exemple : la Grande Poste d'Alger). L’embellissement de la ville s'accentua pendant les années 1930
(centenaire de la conquête de l’Algérie). C’était un moyen pour justifier la colonisation et de montrer sa réussite. Pour
cela, on construisit des musées (musée des beaux-arts d'Alger), des jardins (jardin d’Essai), des lieux artistiques (villa
Abd-el-Tif, avec ses artistes pensionnaires du concours).
Les transports modernes furent également installés. Ainsi, en 1892 le chemin de fer fit son apparition par la fondation
de la Compagnie des Chemins de fer sur routes d'Algérie (CFRA), dont une partie du réseau est centré sur Alger. Il se
composait d'une ligne côtière traversant la ville par les boulevards le long du port. La même année, la Société des
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tramways algériens (TA) fut créée afin de constituer un réseau purement urbain dans Alger. Une longue ligne fut
construite, parallèle à celle des CFRA, mais à l'intérieur de la ville. En complément de la ligne de tramways des TA,
une nouvelle ligne de trolleybus fut mise en service.
87 88
La ville d'Alger fut décorée, le 29 mai 1949, de la croix de guerre 1939-1945 avec palme de bronze .
Guerre d'indépendance
Alger se constitua en Zone autonome d'Alger, fin de l'année 1956 sous le commandement de Ramdane Abane et
ensuite de Yacef Saâdi en 1957, joua aussi un rôle décisif durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant
la bataille d'Alger, durant laquelle la 10e division parachutiste de l'armée française, à partir du 7 janvier 1957, mena la
chasse aux indépendantistes algériens, sur ordre du garde des Sceaux François Mitterrand, qui lui donne tout pouvoir
pour « éliminer les insurgés ». La ville comptait alors 884 000 habitants. Un an plus tard, les manifestations du 13
mai lors de la crise de mai 1958 y consacrèrent la chute de la Quatrième République en France, ainsi que le retour du
général De Gaulle aux affaires.
Alger reste marquée par cet épisode caractérisé par une lutte sans quartier entre les indépendantistes et l'Armée
française menant des opérations de police et pratiquant la torture. Des opposants à l'ordre colonial, comme le jeune
professeur de mathématiques Maurice Audin ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi sont maintenant honorés
depuis par la municipalité : des artères principales de la ville portent désormais leurs noms. La bataille d'Alger,
remportée par le général Massu, reste cependant une réussite mitigée car si sur le plan militaire, en quelques mois, les
principaux dirigeants du FLN sont arrêtés, l'action de ces derniers ainsi que les aspirations du peuple algérien
apparaissent sous un jour nouveau aux yeux de l'opinion internationale. Le 11 décembre 1960, des cortèges formés
d’habitants des bidonvilles envahissent les rues des quartiers européens afin de réclamer la fin de la guerre. Charles de
89
Gaulle autorise l’armée à ouvrir le feu sur les manifestants, tuant au moins 260 personnes .
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Par les décrets no 59-321 du 24 février 1959 et no 60-163 du 24 février 1960, l'organisation de la commune d'Alger
sera réorganisée : le « Grand Alger » est formée en agglomérant au centre-ville douze anciennes communes de la
périphérie. L'ensemble est divisé en dix arrondissements, dont la gestion est assurée par un administrateur général,
par un conseil municipal élu et par des maires et adjoints d'arrondissement.
Lors de l'exode de 1962 (appelée aussi l'exode des pieds-noirs), Alger vit partir sa population d'origine européenne et
juive (350 000 personnes).
Après l'indépendance
Les Algériens célébrèrent dans une grande liesse populaire
l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962. Le 19 juin 1965, à
minuit, les chars de l’armée prirent position autour de la capitale,
90
le président Ben Bella fut renversé . Accueillant la plupart des
révolutionnaires du monde entier et autres figures du tiers monde,
ce qui fit dire au chef indépendantiste de Guinée-Bissau Amilcar
Cabral : « Les chrétiens vont au Vatican, les musulmans à La
Mecque et les révolutionnaires à Alger ». Alger devient une
capitale du tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des
91
non-alignés pendant la guerre froide . Elle accueille le Festival La baie d'Alger depuis le balcon Saint-Raphaël.
panafricain en 1969.
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En octobre 1988, soit un an avant la chute du mur de Berlin, Alger fut le théâtre de manifestations réclamant la fin du
système de parti unique, une véritable démocratie baptisées «le Printemps d'Alger». Elles furent réprimées par les
autorités (plus de 300 morts), mais constituèrent un tournant dans l'histoire politique de l'Algérie moderne. En 1989,
une nouvelle constitution fut adoptée qui mit fin au règne du parti unique et permit la création de plus de cinquante
partis politiques, ainsi qu'officiellement une libération totale de la presse écrite.
Administration et politique
La ville d'Alger
À l'arrivée des Français en 1830, la médina d'Alger était une ville
fortifiée qui correspond au territoire de l'actuelle commune de la
casbah. Après quelques années sous régime militaire, la vieille ville
et la ville européenne constituèrent la Ville d'Alger. En 1832, la
commune d'Alger fut créée. En 1835, 14 communes rurales autour
96
d'Alger furent créées . En 1848, les communes d'El Biar et
Mustapha (actuellement Sidi M'Hamed) y furent rattachées avant
Découpages de la ville d'Alger (en rouge) au fil du temps
au sein de la Wilaya d'Alger (en blanc).
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d'en être détachées en 1870. En 1904, la commune de Mustapha fut définitivement intégrée à la ville d'Alger qui fut
divisée en 12 arrondissements pour une superficie totale de 15,64 km2.
Le Grand Alger
En 1959, le Grand Alger est créé avec le regroupement de 9 communes (Alger, Saint-Eugène, Bouzareah, El Biar, Dely
Brahim, Birmendreis, Kouba, Hussein-Dey et Maison-Carrée). Cet ensemble était découpé en 10 arrondissements et
un territoire de 186 km2, il était dirigé par un administrateur général nommé par décret et un conseil municipal de
97, 98
75 membres, chaque arrondissement étant dirigé par un maire-adjoint . Après l'indépendance, l'organisation de
99
ville d'Alger fut maintenue en 1967 , mais il n'y eut plus d'administrateur général. En 1974, deux arrondissements
100
furent ajoutés (Bouzareah et Bir Mourad Raïs) .
En 1977, les arrondissements devinrent des communes de plein exercice, mais il fut créé le Conseil populaire de la
Ville d'Alger (CPVA) regroupant les anciens arrondissements afin de poursuivre les prérogatives de l'ex-commune
d'Alger. Il est à noter qu'une nouvelle entité vint s'ajouter au CPVA, il s'agit de Baraki, portant l'ensemble à
101
13 communes . À la suite du découpage administratif de 1984, la ville fut une nouvelle fois réorganisée en 1985 en
passant à 15 communes mais la superficie fut divisée par trois, passant à 58,5 km2, en se délestant des territoires
périphériques, à l'est autour d'El Harrach, à l'ouest (Bouzareah) et au sud (Bir Mourad Raïs). Elle continua à être
102
gérée conjointement par les communes et le CPVA mais ce dernier est placé sous la tutelle de la wilaya .
En 1997, après s'être agrandie de 24 nouvelles communes, la wilaya d'Alger fut dotée d'un statut particulier et devient
le Gouvernorat du Grand Alger (GGA), elle serait dirigée un ministre gouverneur, en l’occurrence Cherif Rahmani.
107
Elle serait organisée en 28 communes urbaines, dénommées arrondissements urbains et en 29 communes simples .
Ce nouveau statut ne dura pas longtemps, puisqu'en 2000, le Gouvernorat du Grand Alger fut dissous, ayant été jugé
108
inconstitutionnel .
Maires d'Alger
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À partir du 5 février 1967 (date des premières élections municipales au suffrage universel depuis l'indépendance) le
maire de la Ville d'Alger est appelé « Président du Conseil populaire de la Ville d'Alger ».
109
1967-1975 : Bachir Mentouri
1977- ? : Mustapha Medjaoui
1980-1985 : Belaid Khelifa
? -1995 : Smaïl Tifaoui
Urbanisme
À l'origine, il y a la casbah d'Alger qui déployait en éventail ses petites maisons basses du pied des collines sahéliennes
jusqu'à la mer. L'étroitesse de son territoire poussera les notables à édifier des résidences secondaires plus spacieuses
à la campagne, au-delà des remparts de la ville ; c'est le fahs algérois. Il se divise en trois zones, selon les portes qui les
desservent, fahs de Bâb El Oued (porte de Bâb El Oued), le fahs de Bâb Azoun (porte de Bâb Azoun) et le Fahs de Bâb
J'did (porte de Bâb J'did). Au-delà se délimitaient les wtan. La casbah, le fahs et les wtan composaient ce qui
s'appelait Dar Es Soltan. La gestion administrative du fahs était confiée au caid El Fahs. En plus des djenans, des
marabouts, des fontaines (Bir Mourad Rais, Bir Khadem, Hamma, des cimetières, fours à chaux parsemaient le
territoire. De magnifiques demeures, les Djenans, maisons mauresques avec jardins et dépendances, constellaient de
leur blancheur la campagne verdoyante. Occupées en été lors des grandes chaleurs, des travailleurs en assuraient le
gardiennage et entretenaient les jardins potagers le reste de l'année. Un grand nombre de ces djenanes existent encore
aujourd'hui, dispersées dans le tissu de la ville moderne. Si certains d'entre eux existent encore aujourd'hui, nous le
devons à leur occupation et à la maintenance par des institutions d'État (Dar Mustapha Pacha au palais du Peuple) de
santé (Dar Hassan Pacha à l'intérieur de l'hôpital Maillot), des musées (musée du Bardo, musée des antiquités ex-
Gsel), des sièges de consulats et actuellement d'ambassades. Mais une grande partie de ces demeures a été soit
détruite, soit laissée à l'abandon (leurs propriétaires ayant quitté le pays au début de la colonisation). C'est vers le fahs
que la ville va s'agrandir, d'abord en occupant l'étroite plaine littorale (Mustapha, Bab El Oued) puis en colonisant les
collines du Sahel (quartiers des hauteurs d'Alger).
Le site s’est avéré par la suite, notamment aux débuts de la colonisation française, trop exigu pour contenir une
urbanisation alimentée par la pression démographique et les besoins en équipements et infrastructures. Son extension
s’oriente principalement vers l’est pour des raisons liées à la topographie du site marquée par l’existence de la plaine
de la Mitidja, tandis que la présence d’une barrière montagneuse à l’ouest exclut toute option pour cette direction.
Globalement, l’extension spatiale de l’agglomération d’Alger est alors orientée dans les deux directions suivantes :
vers le sud-est (les hauteurs) : ce site culminant à 400 m d’altitude, fortement découpé de ravins et aux pentes
très fortes, abritera dans un premier temps un habitat pavillonnaire et par la suite de grands équipements ;
vers l’est : de la plaine littorale jusqu’à la Mitidja.
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Ce site a privilégié l’extension de la ville d’Alger pendant la colonisation (Belcourt, Hussein Dey) et après la période
coloniale. Composé de terrains agricoles ne présentant pas de difficultés majeures à l’urbanisation, il a accueilli
beaucoup de programmes d’équipement après la période coloniale à savoir :
vers les reliefs sahéliens du Sud-Ouest (jonction de l’agglomération de Birkhadem avec les agglomérations de
Draria, Sebala et Saoula) ;
vers la zone sahélienne avec l’étalement de l’agglomération de Cheraga et la continuité de son bâti jusqu’à
Ouled-Fayet et El Achour au sud-est et avec les agglomérations de Ain Benian et Staoueli au nord-ouest ;
vers le sud, avec la jonction des agglomérations de Baraki, Oued Smar et Dar El Beida ;
le long de la côte et de la baie d’Alger avec le « remplissage » de l’espace compris entre Bordj El Kiffan, Bordj
110
El Bahri, Tamentfoust et El Marsa) .
Front de mer : à partir de 1840, les architectes Pierre-Auguste Guiauchin et Charles Frédéric Chassériau installèrent
de nouvelles constructions en dehors de la casbah, hôtel de ville, palais de justice, bâtiments, théâtre, palais du
Gouverneur, casino… pour former une élégante promenade bordée d'arcades qui est désormais le boulevard Che
Guevara (ex-boulevard de la République).
Bab El Oued : quartier populaire qui s’étend de la casbah au-delà de « la porte de la rivière ». C'était au départ le
quartier du petit peuple européen avant 1962. Célèbre par sa place « les trois horloges » et par son ancien « marché
Triolet » noyé après les fameuses inondations de 2001, mais aussi pour ses nombreux artistes de tous genres, Bab El
Oued était aussi un des fiefs du FIS. C'est aussi un quartier d'ateliers et de manufactures.
Belouizdad : antérieurement, Belcourt pendant la période coloniale, Hamma Annassers après l'Indépendance, est une
commune de la wilaya d'Alger en Algérie, mais aussi un quartier populaire et surtout révolutionnaire de la ville
d'Alger.
Birkhadem est une commune située dans la proche banlieue Sud d'Alger, elle est située à environ 8 km au sud du
centre-ville d'Alger, La commune de Birkhadem est traversée par la rocade Sud d'Alger. Elle dispose d'une gare
ferroviaire à Ain Naadja ainsi qu'une gare routière, elle comporte plusieurs établissements scolaires : des écoles
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primaires, des collèges et deux lycées, elle dispose aussi d'une bibliothèque
municipale réservée principalement aux étudiants. Birkhadem devient une
commune de plein exercice par ordonnance le 31 décembre 1856.
Kouba (daïra d'Hussein-dey) : Kouba est une ancienne bourgade qui a été
phagocytée par l'expansion de la ville d'Alger. De bourgade, Kouba s'est
rapidement développée sous l'ère coloniale française puis plus encore à la faveur
de la formidable explosion démographique qu'Alger a connue après
l'indépendance de l'Algérie en 1962. Au début du xxie siècle, c'est un quartier
Carrefour de la Grande Poste,
d'Alger à part entière, constitué principalement de maisons, de villas et
« cœur battant » de la ville d'Alger.
d'immeubles ne dépassant pas les cinq étages.
El-Harrach écrivit également une grande page d'histoire sportive avec la boxe et le
football. Après l'indépendance, El-Harrach devint progressivement un quartier
d'Alger, et ultérieurement chef-lieu de Daira avec un nouveau découpage en
quartiers, comme Mohammadia (Lavigerie), Belfort, Bellevue, Le Parc, Oued-
Jardins exotiques recouvrants les
Smar, Cinq-Maisons, Les Dunes, Les Pins-Maritimes, Beaulieu, etc. hauteurs d'Alger.
112
Hydra, El-Biar, Ben Aknoun, Dely Ibrahim et Bouzareah forment ce que les
Algérois nomment les hauteurs d'Alger. Ces communes, parfois réputées chics, abritent la plupart des ambassades
étrangères d'Alger, de nombreux ministères et centres universitaires, ce qui en fait un des pôles administratifs et
politique du pays, et souvent considérer comme les meilleurs quartiers du pays.
Monuments et sites
La casbah fondé par les Zirides est le cœur de la ville et reste une référence
architecturale avec ses ruelles et ses joyaux d'art berbère algérienne. Elle renferme
de nombreux palais, mosquées, mausolées, musées et demeures pittoresques,
notamment les mosquées Jamaa al-Jdid et Ketchaoua.
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La villa Abd-el-Tif : magnifique demeure qui a inspiré nombre d’artistes peintres. Durant la colonisation, de 1907 à
1962 y étaient logés les artistes lauréats du prix Abd-el-Tif, notamment Léon Cauvy et Jean Launois.
Le palais des Raïs ou Bastion 23 : situé au quartier de la Marine (xviiie siècle). Un des pôles d'intérêt de l'histoire du
vieil Alger.
La basilique Notre-Dame d'Afrique : remarquable du fait de sa situation géographique sur un promontoire qui domine
le quartier de Bab El Oued, la basilique de style néo-byzantin de Jean-Eugène Fromageau fut édifiée de 1858 à 1872.
L'hôtel El Aurassi : l'imposant hôtel qui barre la perspective en accédant au centre-ville à partir du port depuis la
114
rampe Tafourah .
L'université d'Alger : située au centre-ville, entre la place Audin, la Grande Poste et l'avenue Pasteur. Fondée en 1879,
elle constitue le noyau des premiers universitaires algériens, notamment les médecins pendant la colonisation.
Le palais du Peuple : ancienne résidence des gouverneurs, est une bâtisse d'architecture algérienne du xviiie siècle. Des
peintures murales représentent des scènes de la vie quotidienne réalisées par des artistes français au début du
e
xx siècle.
Le musée national du Bardo, ancienne villa construite durant l'époque de la Régence d'Alger vers la fin du xviiie siècle
par un riche commerçant, et transformée en musée en 1930.
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Jardin public de Rouïba : il fut créé en 1934. Sa superficie, s'étalant sur plusieurs hectares, renferme une riche
variété florale, dont certaines espèces rares sont protégées par les conventions internationales. En face de ce
jardin se trouve le jardin des Roses, réputé par sa diversité florale. Après avoir été mis sous scellés par les
instances judiciaires des années durant, le jardin botanique de Rouïba a rouvert ses portes au public.
Parc Beyrouth, ex-jardin Mont-Riant : se situe dans les hauteurs du Télemly, il abrite une salle omnisports, une
garderie, une école primaire et le musée de l'Enfant.
Jardin de l'Horloge florale : implanté sur le boulevard Mohamed Khmisti (ex-Laferière). Il domine la Grande
Poste et une vue panoramique sur le centre-ville et une partie du port, lui-même dominé par le palais du
gouvernement. Il abritait le monument aux morts de la Grande Guerre.
Le parc des grands vents, qui se situe à l'ouest d'Alger a été partiellement (450 hectares) ouvert au public en
116
2013 .
117
Le parc Tifariti situé sur le sinueux chemin Sfindja (ex-Laperlier) .
118
Le balcon Saint-Raphaël, à El Biar, offre une vue imprenable sur la baie d'Alger .
Économie
Alger connaît une tertiarisation croissante de son économie avec la
prolifération des sociétés de services, elle est le premier pôle économique et
commercial d'Algérie et le seul pôle financier important du pays. La Bourse
d'Alger a enregistré une capitalisation dérisoire s'élevant à 126 millions
119
d'euros en 2007 . Depuis cette capitalisation ne cesse d'augmenter pour
atteindre en juin 2024 3,93 milliards $ (ce qui reste trés faible pour un pays Ministère des Finances à Alger.
comme l'Algérie)
Alger abrite la première zone industrielle du pays, Rouïba créée en 1957, elle
s'étend sur 1 000 ha. C'est d'abord l'usine Berliet qui ouvre ses portes en
1957. Ensuite, après l'indépendance au tournant des années 1970, l'Algérie
entre dans une phase d'industrialisation de son économie, l'usine Berliet
devient la Sonacom puis la SNVI.
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sur une superficie de 784 hectares. D'un autre côté on établit au nombre de 163, les sociétés privées activant dans cette
zone se spécialisent notamment dans les industries pharmaceutique, chimique et agro-alimentaire. Elles occupent une
superficie de 156 hectares.
Alger a vu, depuis 2010, date d'ouverture du premier centre commercial, le Centre commercial et de loisirs de Bab
120
Ezzouar, le plus grand centre commercial du Maghreb , une prolifération d'autres centres commerciaux : Ardis,
Carrefour, Mohammadia Mall, centre de ben aknoun, garden city... Il existe aussi des marchés qu'on trouve
pratiquement dans chaque commune.
D'autre part, Alger est touchée par le phénomène commercial de l'informel. Longtemps toléré par le pouvoir algérien,
121 122
il le considère, à présent, comme un fléau qu'il tente d'éradiquer soulevant à chaque fois des émeutes. Selon
Deborah Harold, enseignante américaine de sciences politiques à l’université de Philadelphie et spécialiste de
123
l’Algérie, l’économie informelle brasserait 40/50 % de la masse monétaire en circulation et selon le bilan (2016) de
124
la direction du commerce de la wilaya d'Alger, 129 sites informels sont enregistrés .
125
Dans le secteur secondaire, Alger compte une raffinerie implantée à Sidi Arcine, dans la commune de Baraki dont
126
la capacité de traitement est de 2,8 millions de tonnes/an .
127
Alger est aussi le siège des plus grandes entreprises d'Afrique, Sonatrach, Cevital, Sonelgaz , Algérie telecom ,
Cosider ,mobilis ,yassir (plus récemment)
Le port d'Alger
Le port d'Alger a toujours joué un rôle fondamental dans le développement économique du pays, le transport
maritime représente environ 95 % du commerce international algérien. Jusqu'à 2009, le port d'Alger fut géré par
l'Entreprise portuaire d'Alger (EPAL). L'État algérien adopta en 2006 une réforme autorisant les opérateurs privés à
128
prendre en charge les activités portuaires commerciales . Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique, un
contrat de partenariat est signé, le 17 mars 2009, entre l'Entreprise portuaire d'Alger (EPAL) et l'opérateur portuaire
DP World (DPW). D'une durée de trente ans, la concession du terminal à conteneurs du port d'Alger devait permettre
non seulement de moderniser les installations mais également d’améliorer ses performances et d’attirer un volume
129
important de trafic maritime . Néanmoins, le port d'Alger ne répond plus aux normes et sera délocalisé vers le futur
port d'El Hamdania.
En 2016, un décret accorde aux investisseurs privés le droit d'exploiter les ports déjà existants (les ports et abris de
pêche : El Djemila, Tamentfoust et Raïs Hamidou et le port de plaisance de Sidi Fredj) pour des activités de plaisance
130, 131
en milieu maritime . Le 3 août 2017, le premier bateau-restaurant d'Algérie est mis en service au port d'El
132
Djemila (ex-la madrague) .
Transports
Infrastructure routière
Deux routes transafricaines se croisent en Alger:
Transports publics
Métro
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Tramway
135
Disparu en 1959, le tramway a fait son retour dans sa forme moderne à Alger en 2011 . En 2014, le réseau comprend
une ligne de 20,4 km et 32 stations, desservant principalement des quartiers à l'est de la ville. Il dispose de rames du
type Alstom Citadis.
135
Un premier tronçon de 7,2 km entre Bordj el Kiffan et la Cité Mokhtar Zerhouni a été ouvert le 8 mai 2011 . Il a été
ensuite prolongé le 15 juin 2012 à la station multimodale des Fusillés dans le centre-ville, offrant ainsi une
135
interconnexion avec le métro . Un tronçon supplémentaire prolongeant la ligne de Bordj el Kiffan à l'est à Café
136
Chergui a été inauguré le 22 avril 2014 . Une nouvelle extension de la cité des fusillés vers la station multimodale de
bir mourad raiss devrait bientôt être lancée sur une distance de 4,4 Km.
Le tramway d'Alger est exploité par la Société d'exploitation des tramways (SETRAM).
Téléphériques
Plusieurs téléphériques offrent une liaison rapide entre des quartiers bas et
d'autres situés sur les hauteurs de la ville :
Autobus
L'agglomération d'Alger est desservie par le réseau d'autobus de l'Entreprise de
transport urbain et suburbain d'Alger (ETUSA) qui s'étend sur une longueur totale
138
de plus de 900 km et qui compte 49 lignes . Elles circulent tous les jours
139
d'environ 5 h 30 à environ minuit et demi .
Le réseau d'autobus est structuré en six secteurs organisés autour les principaux
pôles d'échange : place du 1er mai, place Audin, place des Martyrs, place Ben
139
Aknoun, gare routière Bachdjerah et gare routière El Harrach .
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Le train de banlieue d'Alger, équivalent au RER, est composé d'une ligne double :
Tafourah → Thenia (Boumerdes) et Agha → El Affroun (Blida). La ligne est
commune pour les stations précédentes, et un dédoublement au niveau de la gare
d'El Harrach. Le train de banlieue est électrique, climatisé, spacieux et
confortable, les gares sont annoncées dans les rames. Ce réseau ferré a une
longueur totale de plus de 250 Km.
Le 29 avril 2019 a été inaugurée la desserte par train de la gare d’Agha vers
l’aéroport international d’Alger, via Bab Ezzouar, la fréquence des trains de la Trains de la banlieue algéroise.
nouvelle ligne est programmée pour un aller-retour chaque heure à partir de 5h00
jusqu’à 21h00. Faisant d'Alger l'une de rares villes africaines à posséder une
141
liaison directe par train qui la relie à son aéroport .
Transport aérien
L'aéroport d'Alger géré par l'EGSA Alger (Entreprise de gestion des services
aéroportuaires d'Alger), la SGSIA (société de gestion des services et infrastructures
aéroportuaire) en collaboration pour 10 ans (2016) avec Aéroports de Paris (ADP)
est situé à 20 km. L'aéroport dessert la plupart des villes européennes, l'Afrique de
l'Ouest, le Moyen-Orient, la Chine et depuis le 15 juin 2007, l'Amérique du Nord
avec un vol Alger-Montréal. L'aéroport est composé de trois terminaux : Terminal
1 (vols internationaux), Terminal 2 (Vols nationaux) et Terminal 3 (vols charter et
Hadj). Il existe aussi une zone de fret et un terminal (pavillon) pour les officiels à Terminal no 1 de l'aéroport d'Alger -
l'ouest du T1. Le terminal 4 inauguré le 29 avril 2019 : situé à l'ouest du T1, a une Houari Boumédiène.
capacité de 10 millions de passagers par an, faisant d'Alger le plus grand aéroport
142
du Maghreb et l'un des plus grands d'afrique .
Bateaux-taxis
Inaugurée dans sa phase pilote en juin 2014, cette ligne de transport maritime assure quinze navettes quotidiennes
entre la Pêcherie (Alger-Centre) et le port d’El-Djamila (Aïn-Bénian).
Transports privés
Alger dispose de bus et de taxis privés. Le prix des bus est de 30 dinars algériens par section de 3,5 km sur les lignes
urbaines. Les taxis sont disponibles pour des courses collectives, ou des courses individuelles. En 2018 environ 18000
taxis sont reconnus par la direction des transports de la wilaya d'Alger. Au niveau de l’Aéroport Houari-Boumediène
ou de la gare routière (Sogral), seuls les chauffeurs de taxis conventionnés ont le droit d’y exercer. Le non-respect de la
143
réglementation par les chauffeurs de taxi pousse de nombreux clients à leur préférer «les clandestins » qui
proposent des prix moins chers. Il existe dans la capitale cinquante et une sociétés de taxi avec un parc d'environ 840
144
véhicules .
145
Le parc automobile de la wilaya d'Alger compte près de 1 600 000 véhicules .
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Plage Les sables d'or Port de plaisance de El Djamila ou La Le port de Le mémorial du Martyr
(Zéralda) et le mont Sidi-Fredj. Madrague, station Tamentfoust, à symbole de la
Chenoua en arrière- balnéaire située à Aïn l’extrême est de la baie révolution algérienne
plan. Benian. d'Alger. (voir la guerre
d’Algérie).
Éducation
Alger est considérée comme le noyau du pôle universitaire du pays, elle compte plusieurs universités, comme
l'université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene qui était considérée comme l'une des meilleures
universités en Afrique (années 1970-1990), l'Université Alger 1, l'Université Alger 2, l'Université Alger 3, ainsi que
plusieurs écoles et instituts comme l'École polytechnique d'architecture et d'urbanisme (EPAU), l'École des hautes
études commerciales, l'École nationale supérieure d'informatique, l'École nationale supérieure de technologie (ENST),
l'École nationale polytechnique d'Alger, l'École supérieure de commerce, l'École supérieure algérienne des affaires,
l'École supérieure des travaux publics, l'École supérieure de banque et l'École nationale supérieure d'agronomie. En
outre, la ville compte plusieurs Instituts français dispensant cours et examens annuels.
Lieux de culte
Parmi les lieux de culte, il y a principalement des mosquées musulmanes. Il y a aussi des églises et des temples
chrétiens : Archidiocèse d’Alger (Église catholique), Église protestante d'Algérie (Communion mondiale d'Églises
146
réformées), églises évangéliques .
Églises
L'archidiocèse d'Alger s'organise autour de la Cathédrale du Sacré-Cœur, consacrée en 1966, soit après l'indépendance
algérienne. Cette cathédrale se situe en plein cœur d'Alger, sur l'emblématique rue Didouche-Mourad.
La célèbre basilique Notre-Dame d'Afrique, dépendante de l'Église catholique romaine, est située sur les hauteurs
147
d'Alger, dans la commune de Bologhine. Elle célèbre les messes et les offices religieux catholiques . Symbole fort de
la communauté chrétienne d'Algérie, la basilique représente, d'après l'archevêque d'Alger Henri Teissier « l'harmonie
148
existante entre musulmans et chrétiens en Algérie » .
[Link] 25/42
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Au fil du temps beaucoup de saints sont tombés dans l'oubli, pour d'autres il ne subsiste aucun renseignement connu
154 155
que le nom : Sidi El-Kettani , Sidi Djami .
Culture
Musées
Le musée national des beaux-arts d'Alger, avec
sa collection composée de plus de
8 000 œuvres et une superficie d'exposition de
4 000 m2, c'est le plus important musée
d'Afrique et du Moyen-Orient. Miniatures,
peintures, sculptures, gravures, céramiques,
mobilier, arts décoratifs, photographies Le musée des Beaux-Arts vu depuis
constituent un fonds d'une richesse et d'une le jardin d'essai du Hamma.
156
variété remarquables . Peinture de l'école
européenne du xvie siècle à nos jours. Entre
autres, Fantin-Latour, Prud'hon, Fromentin,
Delacroix, Corot, Monet et Utrillo. Sculptures
de Rodin et Maillol, miniatures de Mohamed
Racim et œuvres d'artistes algériens
Le musée d'Art moderne d'Alger contemporains.
(MAMA).
Le musée national des antiquités et des arts
islamiques, anciennement musée Stéphane Musée central de l'Armée.
Gsell, il comprend deux sections. La section antique expose des objets retraçant
l'histoire de l'Algérie depuis l'époque punique jusqu'à la pénétration arabe. La
section Art musulman nous fait découvrir des éléments d'archéologie et d'artisanat du Maghreb, d'Andalousie
musulmane et du Moyen-Orient.
Le musée national du Bardo, ce musée installé dans un djenan mauresque typique, est spécialisé en préhistoire et
protohistoire, en ethnographie rurale, urbaine et saharienne. Le squelette de la reine des berbères « Tin-Hinan »,
datant du ive – ve siècle apr. J.-C., y est exposé avec son mobilier funéraire.
Le musée des arts et traditions populaires d'Alger, installé dans un ancien palais privé du xvie siècle de la basse
casbah, « Dar Khdaouadj El 'Amia ». Peu avant la Révolution française, il fut loué à un riche négociant juif originaire
de Livourne, Michel Cohen Bacri, avant d'abriter la première mairie d'Alger après la prise de la ville par les Français.
Le musée expose les produits de l'art traditionnel algérien rural et citadin.
Le musée central de l'Armée, le musée retrace les épopées du peuple algérien pour préserver son indépendance et sa
liberté tout au long de son histoire tumultueuse.
Le musée national du Moudjahid, ce musée, dont l'entrée est située sous le monumental sanctuaire du Martyr, a pour
mission l'acquisition, la récupération, la restauration, la conservation et l'exposition au public des objets et collections
se rapportant à la lutte de libération nationale.
Le musée d’art moderne d’Alger, ou « MAMA », dernier-né des musées algérois, tient lieu dans son écrin néo-
mauresque de méga-galerie d'art dans l'attente de la constitution de ses collections. Le musée est installé dans les
locaux du grand magasin les Galeries de France, bâtis par l'architecte Henri Petit.
Le Centre des Arts et de la Culture du palais des Raïs, inauguré le 1er novembre 1994, — appelé Bastion 23 —, fait
partie des plus importants monuments historiques de la ville d’Alger. Beaucoup de manifestations culturelles se
déroulent dans ce centre.
Musique
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Les principaux genres musicaux traditionnels à Alger sont, la musique çanâa (école d'Alger de la musique arabo-
157, 158
andalouse), le chaâbi algérien et le houzi. Alger possède plusieurs associations musicales pour sauvegarder et
valoriser la musique andalouse, particulièrement la musique algéroise (çan'a). Parmi les plus importantes :
l'association El Djazaïria-El Mossilia créée le 15 octobre 1951, de la fusion de deux associations : El Djazaïria créée en
159
1930, et El Mossilia, en 1932 . Et El Fakhardjia créée en 1981, dont la dénomination se voulait un hommage à la
160
carrière des Fakhardji .
161
Avant la création des premières associations El Moutribia (« La Mélodieuse »), vers 1911 , et El Andaloussia
(L’Andalouse), en 1929 le premier acte de patrimonialisation attesté est celui des muphtis hanafites au xviie siècle. Les
muphtis hanafites d'Alger avaient décidé d'écrire des mouloudiates (textes panégyriques et religieux) qui seraient
162
chantées dans les mosquées avec les différents modes des noubas . De ce chant religieux le Medh allait naître, plus
tard, le style le plus populaire d'Alger : le chaâbi.
L'opéra d'Alger voit évoluer en son sein l'Orchestre philharmonique d’Alger, dont l'objectif vise à valoriser le
patrimoine musical algérien sous sa forme symphonique créé en octobre 2001 et l'Ensemble national algérien de
163
musique andalouse (Enama) créé en 2008 .
Plusieurs discothèques sont présentes en ville parmi lesquelles les plus importantes sont le Hilton Club (700 entrées),
le Pacha Club (400 entrées), le Stars Studio (500 entrées), le Stars Studio Beach (500 entrées), la Veranda
165
(100 entrées), le VIP Club , le PianoPiano, la Rose Bleue, le Havana Lounge.
Cafés
Paul Mangin suppose que l’introduction du café, boisson ou établissement, en Afrique du Nord et particulièrement à
Alger, pourrait fort bien être due aux Turcs. Il est aussi supposé que le café fut introduit en Algérie bien avant qu’il ne
le soit en France. Le café était un véritable lieu de vie, se transformant en dortoir pour certains voyageurs. On pouvait
y écouter de la musique ou assister à un spectacle de Garagouz. Progressivement, avec la consolidation de la
colonisation, le café maure algérien se transforme. Il va se moderniser. À partir du début du vingtième siècle, il
devient le lieu où une partie de la vie collective et associative prend naissance et permet la socialisation politique
masculine. Les cafés maures ont joué un rôle non négligeable dans la création et le développement des clubs sportifs
musulmans. Ils ont été aussi de hauts lieux de la culture algéroise, le « Malakoff » est dans les années 1940-1950, le
166
rendez-vous des artistes algérois : Hadj el Anka, Hadj Mrizek, Momo, etc .
Principaux festivals
Festival international de musique Andalouse et des musiques anciennes
Festival international de la musique Gnawi
Festival culturel national de la musique actuelle
Alger Jazz Meeting
Festival panafricain d'Alger
Langues
Alger est une ville cosmopolite et plurilingue, la ville a connu un accroissement démographique exponentiel dû à des
vagues de migration provenant des villes du pays et à l’exode rural, qui s'est traduit sur le plan sociolinguistique par
un brassage d’Algériens venus de toutes les régions du pays, avec leurs parlers respectifs. En outre, le parler des
168
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168
jeunes se caractérise par une innovation linguistique et une créativité lexicale .
L’arabe parlé à Alger se rattache aux groupes des parlers occidentaux et à celui des
169
parlers sédentaires . Ainsi, sur certains points, il se rapproche des dialectes
orientaux citadins malgré des différences dû à l’influence du berbère, et partage
170
davantage de caractéristiques avec les autres parlers citadins du Maghreb .
La colonisation française s'est accompagné par un exode massif des Kabyles vers la
ville. En 1911 ils représentaient un tiers de la population musulmane algéroise ; en 1925 les deux cinquièmes, à la
veille de la Seconde Guerre mondiale, les deux tiers. Mais leur nombre va cependant décroître par la suite, en raison
de l'afflux des arabophones du sud et des Hauts Plateaux. En 1954, la communauté kabyle représentait la moitié de la
171
population musulmane de la ville . Après l'indépendance, le nombre des berbérophones a reculé, en raison de
l'assimilation continue aux arabophones. Mais la situation du berbère est favorable grâce au rôle prédominant des
Kabyles et, dans une moindre mesure, des Mozabites dans les activités commerciales et l'administration des services
171
publics et économiques, et grâce à la sensibilisation menée par le mouvement culturel berbère .
Cependant, les berbérophones sont bilingues et l'inter-compréhension immédiate est difficile entre les différentes
communautés berbérophones, car l'utilisation du berbère est restreinte aux communications entre les membres d'un
171
même groupe berbérophone, tandis que l'arabe algérien est la langue véhiculaire d'Alger . Aujourd’hui, l’arabe
172
dialectal est la langue première de 80 % des Algérois . Le parler arabe algérois est très influent sur le koiné urbain
algérien, pour la raison que c'est un parler directeur diffusé à grande échelle par le biais des médias audio-visuels
173
algériens . De plus le français reste encore parlé par certaines franges de la population.
Livre
Le Salon international du livre d'Alger (SILA) est une manifestation consacrée au livre. Elle se déroule chaque année
au palais des expositions Pins Maritimes.
174
Alger abrite depuis 2008 le Festival international de la bande dessinée d'Alger (FIBDA) .
Dans la littérature
Depuis longtemps, Alger a inspiré de nombreux écrivains. Miguel de Cervantes aurait écrit ou plutôt pensé le roman
175
Don Quichotte durant ses cinq ans de captivité à Alger (1575-1580) . Emmanuel d'Aranda captif à Alger (1640-1642)
avec Relation de la captivité et liberté hisse le récit d'esclave au rang de genre littéraire autonome. la Provençale
serait le seul roman, avant la colonisation française, dans littérature française s'inspirant d'Alger. Il fut attribué à
Jean-François Regnard pour semble-t-il le besoin de la France à forger des lettres de noblesse à sa littérature
176
coloniale . Au début du xixe siècle, Alger est désormais accessible aux artistes occidentaux en mal d'exotisme.
Théophile Gautier livre ses impressions sur la ville d'Alger dans Loin de Paris et Voyage pittoresque en Algérie
(1845). Alphonse Daudet y fait débarquer son héros Tartarin de Tarascon. Dans la première moitié du xxe siècle
l’algérianisme, mouvement intellectuel et culturel, naît en Algérie. Il prend forme en 1920 par l'Association des
écrivains algériens et doit son nom au roman Les Algérianistes de Robert Randau (1911), dans lequel il cherche à
rendre compte le plus fidèlement possible de la vie quotidienne à Alger. Alger est très présente dans les œuvres
d'Albert Camus dans ses essais L'Envers et l'Endroit où il évoque le quartier algérois de Belcourt, Noces, L'été, dans
son recueil de nouvelles L'Exil et le Royaume et son roman L'Étranger. Le principal thème algérianiste de Camus est
celui de la vie quotidienne des Français en Algérie, thème lancé par Louis Bertrand, en réaction contre « l’orientalisme
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de bazar » des écrivains voyageurs métropolitains. La ville tient également une place très importante dans les œuvres
de Robert Randau, Henry de Montherlant, Louis Bertrand, Gabriel Audisio, Jules Roy. Le printemps n'en sera que
plus beau un roman de Rachid Mimouni s'intéresse à la guerre d'indépendance. Rouiba, dans la banlieue est d'Alger,
est le sujet du roman Le Serment des barbares de Boualem Sansal pendant la décennie noire.
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Au cinéma
Pépé le Moko (1937), réalisé par Julien Duvivier.
182
Casbah (Algiers) (1938), réalisé par John Cromwell .
Au cœur de la Casbah (1952), réalisé par Pierre Cardinal.
La Bataille d'Alger (1966), réalisé par Gillo Pontecorvo.
Omar Gatlato (1976), réalisé par Merzak Allouache sur la société machiste
des années 1970.
Bab El-Oued City (1994), réalisé par Merzak Allouache sur la période noire
La Grande Poste et le port en arrière-
des années 1990.
plan.
Alger la blanche (1986), réalisé par Cyril Collard.
Bab el web (2004), réalisé par Merzak Allouache avec Samy Naceri, Julie
Gayet, Faudel.
Exils (2004), réalisé par Tony Gatlif avec Romain Duris et Lubna Azabal.
Quelques-uns d'entre nous (2006), documentaire réalisé par Clara Bouffartigue.
183, 184, 185
Délice Paloma (2007), réalisé par Nadir Moknèche. Avec Biyouna et Nadia Kaci .
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Sports
Alger est le plus grand pôle sportif de l'Algérie. Comptant des clubs dans
l'ensemble des disciplines qui ont conquis de nombreux titres nationaux et
internationaux, elle compte également un énorme complexe sportif, le Complexe
olympique Mohamed-Boudiaf qui regroupe le stade olympique du 5 juillet (d'une
capacité de 80 000 places), un stade annexe pour l'athlétisme, une piscine
olympique, une salle multisports (la Coupole), un golf 18 trous et plusieurs courts
de tennis.
Alger a déjà accueilli les événements sportifs suivants (liste non exhaustive) :
Stade du 20 août 1955 (Belouizdad).
186
le Championnat du monde de hand ball des moins de 21 ans 2017 ;
les Jeux méditerranéens 1975 ;
les Jeux panafricains 1978 et 2009 ;
la Coupe d'Afrique des nations de football 1990 ;
le Championnat d'Afrique de handball masculin 1976, 2000 et 2014 ;
les Jeux panarabes 2004 ;
le Championnat d'Afrique de basket-ball masculin 1995 et 2005 ;
la Coupe du monde cadets de Volley-ball 2005 ;
les tournois para-olympiques (zone Afrique) boxe (homme) et volley-ball (femme) 2008.
Football
En décembre 1897, M. Mallebay, directeur du journal satirique Le Turco, fonde le premier club de la capitale Le club
187
athlétique algérois . Le Club Sportif Algérois (C.S.A) est le premier club de sport proprement indigène, déclaré le 1er
188
mars 1919 . Cette année-là, Alger compte deux clubs exclusivement indigènes : Le Club Sportif Algérois
189, 190 191
(C.S.A) et l'Avant-Garde d'Alger . Le 14 juin 1923 le CSA fusionne avec Alger université club, pour former le
club sportif algérois universitaire et perd toute dimension indigène. En 1921, parti d'un encadrement similaire le
188
Mouloudia Club d'Alger parvient à s'imposer sur cette base . Le succès du MCA fait des émules. Un nouveau
concurrent l'union sportive musulmane de Belcourt voit le jour en janvier 1927. Cela étant la rivalité n'opposera pas
seulement La Casbah et Belouizdad (ex Belcourt), elle se jouera, dorénavant, au plus proche dans la vielle ville quand
192
l'union sportive musulmane d'Alger est créé le 5 juillet 1937 . Depuis le football occupe une place importante dans la
réalité des jeunes algérois pour lesquels il représente un moyen d'évasion. Le temps d'une rencontre de foot, ils se
retrouvent pour chanter à propos du chômage, de la pauvreté, de l’Europe où ils rêvent d’aller, de l’État et des
193, 194
militaires qu’ils tiennent pour responsables de la ruine du pays . Avec au moins cinq clubs algérois présents
dans le championnat algérien chaque année, la capitale vit d'intenses derbys. Le plus important est celui qui oppose le
Mouloudia Club d'Alger à l'Union sportive de la médina d'Alger, un derby attendu par les supporters des deux clubs.
Les principaux clubs de football et omnisports de la ville sont :
Stades
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stade de douera
stade nelson mandela
stade du 5 Juillet
stade de bologhine
stade du 20 août 1955
stade hussein dey
Jumelages et partenariats
Jumelages
Pyongyang (Corée du Nord)
São Paulo (Brésil)
Riyad (Arabie saoudite)
Mexico (Mexique)
Stockholm (Suède)
Berlin (Allemagne)
Moscou (Russie)
Rabat (Maroc)
Sofia (Bulgarie)
Bruxelles (Belgique)
Casablanca (Maroc) depuis le 19 juillet 1963
195
Montréal (Québec) depuis le 22 février 1989
196
Amman (Jordanie) depuis le 3 septembre 1998
Notes et références
Notes
1. La ville possède plusieurs surnoms al-ʿāṣima signifie littéralement « la capitale », al bahdja : « la joyeuse », al
bidha : « la blanche ».
Références
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3. Ali Silem, Alger plurilingue, Centre d'études et de recherches en planification linguistique, 1er janvier 1996 (lire en
ligne ([Link] p. 11.
4. ONS, 5e RGPH, 2008, Armature urbaine, Collections Statistiques no 163/2011 Série S : Statistiques Sociales, p. 42
[PDF] ([Link]
5. Présentation de l'Algérie sur le site du MAE français ([Link]
406/presentation-algerie_922/[Link]).
6. « Les 100 plus grandes agglomérations du monde » ([Link]
ndes-agglomerations-du-monde/), populations du monde, chiffres de World Gazetteer.
7. Classement mondial des villes sur [Link] ([Link]
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8. « المكتبة الشاملة- الثعالبة- كتاب تاريخ ابن خلدون- 84( ص[Link] », sur [Link]
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Chassériau (1802-1896), de Pompéi à Alger, le parcours d’un architecte français, LAC Editions, 2022
Articles connexes
Wilaya d'Alger
Daïras de la wilaya d'Alger
Communes de la wilaya d'Alger
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