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TD de Pétrologie L1...

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REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union – Discipline - Travail

UNIVERSITE JEAN LOROUGNON GUEDE DE DALOA

Licence 1 Agroforesterie

ANNEE ACADEMIQUE : 2020-2021

Unité Pédagogique des SCIENCES DE LA TERRE


CHAPITRE 0 : GENERALITES SUR LA PÉTROLOGIE
La pétrologie est la science qui étudie les conditions de genèse des roches et leurs
classifications. La pétrographie est l’étude descriptive de celles-ci.
La roche est un matériau constitutif de l’écorce terrestre, formée en général d’un assemblage
de minéraux et présentant une certaine homogénéité statistique ; le plus souvent dure et
cohérente (pierre, caillou), parfois plastique (argiles), ou meuble (sable), à la limite liquide
(pétrole) ou gazeux (Foucault & Raoult, 1995).
En géologie, la notion de roche comprend donc tous les types de matériaux constituant l’écorce
terrestre, y compris les sols meubles. Au vu de cette définition, on comprend que la
nomenclature des roches est encore plus complexe que celle des minéraux, aucun système de
classification ne fait l’unanimité chez les Géologues. Les noms donnés aux roches, au cours des
développements de la pétrographie, sont relatifs : soit à leur composition minéralogique, soit à
leur morphologie extérieure, soit à la région ou à la localité où elles ont été découvertes, soit
encore à leur évolution.
Les trois grands groupes de roches et leur cycle évolutif
En pétrologie, la classification fondamentale se base sur l’origine des roches et leur processus
de formation (appelé genèse). On peut ainsi classer les roches en trois grands groupes :
• les roches magmatiques (encore appelées roches ignées): qui sont le produit du
refroidissement et de la consolidation de bains silicatés en fusion, appelés magmas. Ce
refroidissement pouvant se faire soit à la surface de la terre (donnant les roches volcaniques),
soit au sein de l’écorce terrestre (donnant les roches plutoniques) ;
• les roches métamorphiques qui sont formées à partir de roches préexistantes essentiellement
par des recristallisations dues à des élévations de température et de pression ;
• les roches sédimentaires qui se forment à partir de la désintégration d’autres roches à la
surface de la terre ou à partir de la précipitation chimique ou biochimique de solutions.
Les roches proviennent toutes du magma en fusion et subissent une évolution dans le temps.
Ainsi, par exemple, une roche sédimentaire peut être le produit de l’altération de roches
métamorphiques, elles-mêmes étant le produit du métamorphisme de roches, soit magmatiques,
soit sédimentaires, soit métamorphiques. Les relations et le cycle d’évolution des trois grands
groupes de roches sont représentés sur le schéma ci-dessous.

1
Cycle évolutif des roches (Schumann, 1989)

On voit donc que le magma constitue la source primitive de la formation de toutes les roches.
Si la composition initiale du magma est importante, les conditions de température et de pression
sont fondamentales lors de la cristallisation des minéraux.
De même, les phénomènes de recristallisation, de transformation d’un minéral à un autre lors
du métamorphisme dépendent étroitement de ces conditions.

2
CHAPITRE I : ROCHES MAGMATIQUES
Les roches magmatiques ou roches ignées (anciennement, roches éruptives), se forment
quand un magma se refroidit et se solidifie, avec ou sans cristallisation complète des minéraux
le composant. Cette solidification peut se produire :
• en profondeur, cas des roches magmatiques plutoniques (dites « intrusives ») ;
• à la surface, cas des roches magmatiques volcaniques (dites « extrusives » ou « effusives »).
Dans tous les cas, les roches magmatiques sont qualifiées d'endogènes car formées en
profondeur.

1.1. Notion de magma et de cristallisation


Le magma est un liquide visqueux fait de roches fondues, charriant souvent une certaine
quantité de cristaux déjà formés et renfermant une certaine quantité des gaz dissous. Sa
température est comprise entre 700° et 1400°.
Chimiquement, c’est une solution complexe de silicates d’aluminium, de sodium, de potassium,
de calcium, de fer et de magnésium, renfermant aussi de petites quantités d’eau et de CO2. La
teneur en silice (SiO2) varie entre 72% pour les magmas granitiques et un peu moins de 50%
pour les magmas basaltiques.
Lors de la fusion, ce sont les parties les plus facilement fusibles de la roche qui fondent,
fractionnant la roche en un liquide (le magma), et un résidu réfractaire solide. Ce n’est
généralement qu’une faible fraction de la roche qui fond et la partie qui demeure à l’état solide
reste importante. On parle de fusion partielle.
Il est évident que la fusion est d'autant plus complète que la température est plus élevée. Si la
fusion est totale, la composition du magma est la même que celle de la roche originelle. En
revanche, il n'en est pas de même lorsque la fusion n'est que partielle : le magma présente alors
la composition chimique des éléments les plus fusibles de la roche originelle.
Il existe deux types de magmas:
- les magmas granitiques provenant de la fusion partielle de la croûte océanique entraînée le
long d'une zone de subduction.
- les magmas basaltiques provenant de la fusion partielle du manteau supérieur donne naissance
aux magmas basaltiques.
La fusion partielle des roches peut également se produire dans des zones beaucoup moins
profondes, au sein même de la croûte continentale, comme aboutissement final d'un
métamorphisme très intense. Les magmas sont alors généralement de nature granitique.

3
La viscosité d'un magma dépend de :
• sa température (plus c'est chaud, plus c'est fluide)
• la teneur en eau qui facilite l'hydrolyse de la silice et donc la fluidification du magma
• la teneur en gaz (plus il y a de gaz plus c'est fluide). Cette caractéristique est à l'origine de
la nature explosive ou effusive des volcans.
• l'acidité du magma (plus le magma est basique, c'est dire de moins en moins riche en silice,
plus il est fluide).
• la présence de Na, Ca, Mg, Fe qui permettent la formation de petites chaînes et renforcent
donc la fluidité.
Tableau de comparaison entre le magma granitique et le magma basaltique

Deux tendances : magmas granitiques ou basaltiques


Composition Origine du magma Teneur en silice Température de fusion
Granitique Fusion partielle de la croûte env. 70 % 700°- 800°
océanique ou continentale
Basaltique Fusion partielle du manteau env. 50 % >1000°

1.2. Différents types de magmas


De manière générale et fortement simplifiée, on distingue principalement deux types de
magmas suivant leur teneur en silice.

1.2.1. Le magma hypersiliceux


Lorsque la teneur en silice est élevée (75%), le magma en fusion est très visqueux et s’écoule
donc lentement à travers l’écorce terrestre. Il cristallise alors quasi entièrement en profondeur
lors de son ascension vers la surface et seuls subsistent les minéraux stables en présence d’un
excès de SiO2. Ce type de magma engendre les roches granitiques qui représentent près de 95
% des roches d’intrusion au sein des roches préexistantes.

1.2.2. Le magma hyposiliceux


Lorsque la teneur en silice est faible (50%), le magma en fusion est fluide et traverse rapidement
l’écorce terrestre pour couler en surface. En raison de la rapidité de l’ascension, seuls quelques
minéraux cristallisent et ceux qui sont formés à haute température restent stables compte tenu
de la faible teneur en SiO2. Ce type de magma engendre les roches basaltiques qui représentent
près de 95 % des roches effusives à la surface de l’écorce terrestre.

4
Bien entendu, des magmas intermédiaires à ceux décrits ci-dessus existent. Ceux-ci du fait de
vitesse de remontée moyenne donnent lieu à des roches dites intermédiaires ou filoniennes.

1.3. Grands groupes des roches magmatiques


A partir d’un foyer magmatique, le magma en fusion migre alors vers le haut, à travers la croûte
terrestre, et selon la rapidité de cette migration et du refroidissement, deux types principaux de
roches magmatiques se forment : les roches plutoniques qui se forment en profondeur et les
roches volcaniques qui se forment à la surface.
Entre ces deux groupes principaux, existent des roches intermédiaires entre roches plutoniques
et roches volcaniques appelées roches filoniennes.

1.3.1. Les roches de profondeur ou roches plutoniques


Lorsque la migration du magma est plus lente (magma de type hypersiliceux), celui-ci cristallise
en profondeur (souvent dans la partie inférieure de la croûte) pour former des masses rocheuses
appelées roches intrusives ou roches plutoniques. Les minéraux ont le temps de se former et de
grandir. La grande majorité des roches intrusives est constituée de granites, gabbros,
granodiorites, syénites, monzonites.

1.3.2. Les roches de semi profondeur ou roches filoniennes


Du fait de sa relative vitesse moyenne le magma (de type intermédiaire), est monté un peu plus
haut et se trouve dans un encaissant plus froid. Il se refroidit alors un peu plus rapidement. La
roche est entièrement cristallisée cependant on peut trouver exceptionnellement du verre.
C’est le domaine des roches filoniennes qui peuvent se présenter en gisements massifs
(laccolites, et lopolites), lamellaires (filons, dykes, sills) ou coniques (necks).
Exemples de roches de semi-profondeur : pegmatite, micro-granite, micro-gabbro, micro-
syénite….

1.3.3. Les roches volcaniques ou effusives


Ce sont des produits de refroidissement des laves fondues épanchées à la surface. Dans ce cas
le refroidissement est très rapide et les minéraux n’ont pas tout le temps nécessaire de
cristalliser. On a donc une roche vitreuse en dehors de petits cristaux ou microlites.
Exemples de roches volcaniques : basalte, ponce, obsidienne, rhyolite, trachyte…….

5
1.4. Notion de texture et de structure des roches
On appelle Texture, le mode d’agencement des minéraux dans une roche par contre la structure
est l’architecture de la roche dans son ensemble, c’est-à-dire l’ensemble des caractères
mégastructures d’une roche, ces caractères sont mieux observables en affleurement qu’en
échantillon à plus forte raison en lame mince. En d’autres termes c’est l’aspect général de la
roche sur le terrain.
L’étude de la texture apporte des renseignements d’une importance capitale sur le mode de
cristallisation des roches, et elle fournit en outre des informations précieuses pour leur
classification.
Plus le temps de refroidissement sera long, plus les cristaux auront le temps de se développer.
Ainsi les magmas qui refroidissent en profondeur, lentement, donnent des roches riches en gros
cristaux. La taille et l'abondance de ces cristaux déterminent des textures différentes.

1.4.1. Texture grenue


C’est la texture macrocristalline la plus fréquente et la plus typique. Elle présente cependant
certaines variétés:
- texture grenue normale
Tous les minéraux sont suffisamment grands (diamètre de 1 mm à 3 cm) pour être visible à
l’œil nu et ils ont à peu près la même dimension. Cette texture caractérise les roches à
refroidissement lent. Ce sont les roches plutoniques.
- Texture grenue pegmatitique
Les minéraux sont de grandes tailles mais de diamètre inégaux quelques centimètres à plusieurs
décimètres. La roche de texture pegmatitique porte le nom de pegmatite. C’est une roche de
semi profondeur.
- Texture grenue aplitique
Les minéraux sont très fins à peine visibles à l’œil nu. Une condition supplémentaire pour
appeler la roche « aplite » est qu’il n’y’ait pas de ferromagnésien dans la roche.
- Texture grenue porphyroïde
L’aspect de la roche n’est plus homogène. De grands cristaux centimétriques voisinent avec
d’autres millimétriques. C’est le cas de certaines roches filoniennes.

1.4.2. Texture microgrenue


Il n'y a que des cristaux mais ceux-ci ne sont visibles qu'au microscope. La cristallisation est
rapide, ce sont des roches de semi-profondeur.

6
1.4.3. Texture microlitique
La roche n'est pas entièrement cristallisée. On trouve quelques gros cristaux, beaucoup de petits
invisibles à l'œil nu qui sont contenus dans un verre. Le verre correspond à la phase liquide d'un
magma ayant solidifiée très rapidement sans pouvoir former des minéraux. C'est donc un
mélange d'espèces minérales non cristallisées. Les roches possédant cette texture se sont
généralement formées près de la surface terrestre.
La cristallisation donne naissance à des cristaux microscopiques fins et allongés appelés
microlites qui sont généralement des feldspaths, au milieu d’une pâte vitreuse amorphe. Elle
caractérise les roches volcaniques Ex : les basaltes

1.4.4. Texture vitreuse ou hyaline


Le refroidissement très rapide n’a pas laissé le temps aux cristaux de se former. Ce n’est que
du verre. Les roches hyalines sont le plus souvent des laves ayant refroidies très rapidement
(dans l’eau par exemple). On peut toutefois y observer des pseudo-cristaux (les sphérolites).
Ex : les obsidiennes, les ponces etc.

1.5. Classification des roches magmatiques


Il existe plusieurs classifications basées soit sur la teneur en silice, soit sur la composition
minéralogique, soit sur la structure cristalline ou encore sur l’indice de coloration.

1.5.1. Classification basée sur la composition minéralogique


Ce n’est que depuis 1974 qu’il existe une classification internationale unifiée due aux travaux
de Streckeisen, basée sur les proportions relatives des principaux minéraux cardinaux
constitutifs des roches éruptives. Ce sont les minéraux les plus courants à savoir le quartz, les
feldspaths (feldspaths alcalins et plagioclases ou feldspaths calco-sodiques) pour ce qui
concerne la première année de Licence de Géologie et Pétrole. Il suffit donc de rechercher
systématiquement la proportion relative de ces minéraux cardinaux pour donner le nom de la
roche étudiée.
Le diagramme de Streckeisen est destiné à classer les roches plutoniques. Toutefois il a été
étendu aux roches volcaniques.
Ainsi en fonction de la proportion relative des trois minéraux cardinaux (Quartz, feldspath
potassique et Plagioclase) on aura trois grands groupes de roches (les Granitoïdes, les
Syénitoïdes et les Dioritoïdes).

7
On remarque que deux noms figurent dans le triangle. Le premier désigne la roche grenue
(plutonique) alors que le second celui entre parenthèses désigne la roche volcanique
correspondante du point de vue chimique.
Exemple : le granite (rhyolite).

LES GRANITOÏDES
Les granitoïdes contiennent 20 à 60 % de quartz. Exemple : granite, pegmatite, granodiorite,
microgranite, rhyolite …
Les granitoïdes grenus
Les granites : Ce sont les roches grenues les mieux représentées dans l’écorce terrestre. Un
granite contient généralement en plus de quartz, feldspaths alcalins et plagioclase, des micas
qui peuvent être : la biotite : granite à biotite (cela signifie que le granite contient en plus des
minéraux cardinaux, une proportion importante de biotite) la muscovite : granite à muscovite.
Biotite + muscovite : granite à 2 micas.
Les amphiboles peuvent également être présentes seules ou avec la biotite : granite à amphibole,
à biotite et amphibole.
Les pegmatites : les minéraux sont de très grandes tailles. Les minéraux les plus courants des
pegmatites sont le quartz, les feldspaths alcalins, la muscovite. Les minéraux accessoires y sont
très fréquents et souvent abondants et bien cristallisés. Les pegmatites forment des filons ou des
amas autour ou dans les granites.
Les granodiorites : Ces roches ont une constitution voisine de celle du granite. Leur teneur en
silice peut être aussi forte que celle de bien de granites vrais. Le quartz y est moins abondant
que dans les granites. Les feldspaths potassiques sont peu abondants. Les plagioclases sont
largement dominants. On y trouve généralement les amphiboles et accessoirement la biotite.
Les granodiorites sont un peu plus sombres que les granites.
Les granitoïdes microgrenus
Les microgranites :
Ce sont des granites refroidis trop vite pour pouvoir bien cristalliser. D’où la taille plus faible
des cristaux. Leur composition est celle des granites.

Les granitoïdes microlitiques

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Les rhyolites :
Ce sont des roches partiellement cristallisées (texture microlitique) ou vitreuse. Les rhyolites
sont des laves qui, à leur arrivée à la surface, sont très visqueuses et, de ce fait, ne forment pas
de coulées mais des dômes ou des aiguilles (types montagne Pelée à la Martinique).

LES SYÉNITOÏDES
Les syénitoïdes peuvent être définies comme des granites avec peu ou sans quartz, riches en
feldspaths alcalins. Ils contiennent généralement :
- 0 à 20 % de quartz
- 35 à 100 % de feldspaths alcalins
Exemples : syénites, monzonites et trachytes.
Les syénitoïdes grenues
Les Syénites : La syénite est une roche grenue dont les minéraux essentiels se réduisent à deux
: feldspaths alcalins (orthose) et amphiboles. L’orthose donne souvent une coloration rose qui
tranche avec l’amphibole.
Les monzonites : Ce sont des roches à proportions de feldspath potassique et plagioclase égales.
Les syénitoïdes microlitiques
Les trachytes : Ce sont des roches grises rarement jaunâtres ou roses dont les phénocristaux
sont constitués de la sanidine (forme de feldspath alcalin à haute température), de la biotite et
de l’amphibole, mais jamais de quartz.

LES DIORITOÏDES
Ils sont constitués de :
- 0 à 20 % de quartz
- 0 à 35 % de feldspaths alcalins
- 65 à 100 % de plagioclases.
Exemple : diorite et andésite, gabbro et basalte.
Les dioritoïdes grenus
Les Diorites : Ce sont des roches grenues riches en plagioclase acide à équilibre de silice (60
%), avec peu de feldspath potassique et contenant généralement de l’amphibole et parfois un
peu de pyroxène. Ce sont des roches massives nettement plus sombre que les granites.
Les Gabbros : Ce sont des roches grenues très sombres, massives composées de plagioclase
calcique (anorthite) que sodique avec généralement du pyroxène et parfois de l’olivine.

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Les dioritoïdes microlitiques
Les basaltes : Ce sont des laves les mieux représentées dans les produits volcaniques. Les
basaltes sont des roches gris foncé à noires, massives où l’on peut fréquemment distinguer des
phénocristaux de pyroxène et d’olivine.
Les dolérites : de forme intermédiaire à texture doléritique réalisée uniquement dans les
dolérites. Ce sont des roches à composition de basalte qui se sont refroidies dans des gîtes
souterrains de faible profondeur. Les plagioclases forment de grands cristaux rectangulaires très
allongés ou lattes, visibles à l’œil nu ou à la loupe.

Diagramme de STRECKEISEN
1.5.2. Classification basée sur l’indice de coloration
La couleur des roches éruptives est fonction de l’importance des minéraux clairs (blancs) ou
foncés (sombres ou colorés).
• les minéraux blancs : quartz et autres formes de la silice (calcédoine), feldspaths (orthose,
microcline et plagioclases), feldspathoïdes (leucite et néphéline), muscovite (mica blanc).
• les minéraux colorés : pyroxènes (augite, hypersthène), amphiboles (hornblende), biotite
(mica noir), péridots (olivine).
Ainsi on dira d’une roche claire qu’elle est leucocrate et d’une roche foncée qu’elle est
mélanocrate. Une roche à couleur intermédiaire sera dite mésocrate.
On distingue donc :
Les roches leucocrates : constituées de 0 à 35 % de minéraux colorés.
10
Les roches mésocrates : 35 à 65 % de minéraux sombres (colorés).
Les roches mélanocrates : 65 à 90 % de minéraux colorés (sombres).
Les roches holomélanocrates : 90 à 100 % de minéraux colorés.
Le diagramme ci-dessous permet de déterminer la couleur de la roche et de trouver les différents
minéraux sombres qu’on pourrait leur associer.

Diagramme de détermination de la couleur d’une roche éruptive

1.5.3. Classification basée sur la teneur en silice : notion d’acidité et de basicité d’une
roche
Les notions d’acidité et de basicité en géologie diffèrent de celles de la chimie qui elles sont
basées sur le pH. En géologie le système utilisé pour classer les roches magmatiques est
fonction de la teneur en silice (SiO2).
Ce système nous permet donc de distinguer les roches acides et les roches basiques. Ainsi une
roche sera acide lorsqu’elle est riche en silice et relativement pauvre en ferromagnésiens. Elle
est basique si au contraire, elle est relativement pauvre en silice et riche en ferromagnésiens.
On distingue ainsi en fonction de la teneur en silice :
Les roches acides : % de SiO2 > 66 %
11
Les roches intermédiaires : 52 %< % de SiO2 < 66 %.
Les roches basiques : 52 %> % de SiO2 > 45 %.
Les roches ultrabasiques : % de SiO2 < 45 %.
L’assemblage ultramafique /ultrabasique donne lieu à une roche particulière, composée
presqu’exclusivement d’olivine, avec un peu de pyroxène, une roche très peu abondante à la
surface même de la terre, la péridotite. Cette dernière constitue principalement le manteau.
L’assemblage mafique/basique donne des basaltes ou des gabbros, des roches qui sont riches
en pyroxènes et en feldspaths plagioclases calciques, avec quelques fois une petite quantité
d’olivine ou d’amphiboles.
L’assemblage intermédiaire constitue les andésites et les diorites. Ce sont des roches
composées d’amphiboles et de feldspaths plagioclases dont le contenu en calcium et sodium est
intermédiaire entre les deux pôles, avec un peu de quartz et de biotite.
L’assemblage acide fournit des rhyolites et des granites dont la composition principale est le
quartz, le feldspath sodique et le feldspath potassique, avec un peu de micas comme la biotite
et la muscovite.

1.6. Critères de reconnaissance macroscopique des roches magmatiques


Les principaux critères de description et de reconnaissance des roches magmatiques sont :
L’aspect : L’aspect de la roche étudiée peut être massif ou vacuolaire (présence de vacuoles).
La couleur : En fonction de la teneur de la roche en minéraux clairs ou colorés, elle peut être
leucocrate, mésocrate, mélanocrate ou holomélanocrate.
La texture : La texture de la roche est soit grenue avec toute les variantes, soit microgrenue,
soit microlitique, soit vitreuse.
La composition minéralogique : Ici il s’agit de citer les différents minéraux qui composent la
roche. En plus des minéraux cardinaux dont on estime les pourcentages de façon quantitative
on doit citer tous autres minéraux visibles dans l’échantillon de roche étudié.
Le groupe : L’échantillon de roche étudié peut être un granitoïde, une syénitoïde ou un
dioritoïde. Il faut donc le préciser.
La famille : La famille est celle des roches magmatiques.
L’origine : La roche magmatique en question peut être d’origine plutonique (roche de
profondeur), filonienne (roche de semi-profondeur) ou volcanique (roche de surface).
Le nom : On donne le nom de la roche. Exemple : granite, granodiorite, gabbro etc.

12
EXERCICES D’APPLICATION
1- Déterminer les pourcentages en minéraux cardinaux des roches représentées par les
points sur la figure 1.a. Donner pour chaque point le groupe et l’éventuel nom de la
roche éruptive à laquelle il appartient

.
2- a. Placer sur le diagramme de Streckeisen suivant les échantillons dont la composition est:

A : 25 % Q, 45 % Fk et 30 % Plagio
B : 10 % Q, 5 % Fk et 85 % Plagio
C : 10 % Q, 80 % Fk et 10 % Plagio
D : 40 % Q, 5 % Fk et 55 % Plagio.

13
b. Donner leur groupe et si possible leur nom.
3- Déterminer en utilisant le diagramme de Streckeisen, les roches dont les compositions
minéralogiques sont représentées dans le tableau suivant.

14
CHAPITRE II : ROCHES SEDIMENTAIRES
Les roches sédimentaires sont simplement composées de particules sédimentaires consolidées
ou non. Ces particules qui peuvent aller de gros blocs à des molécules dissoutes dans l’eau sont
produites par l’altération et l’érosion de roches ou de sols préexistants.
Toutes les étapes de formation de cette famille de roches se déroule à la surface de l’écorce
terrestre, c’est pourquoi les sédimentaires appartienne au grand groupe des roches exogènes.
Leur formation dépend de l’action de deux groupes d’agents :
- les agents d’altération physique
- les agents d’altération chimique
On obtient des sédiments meubles qui vont s’accumuler sur de grandes superficies pour donner
avec le temps, les roches sédimentaires solidifiées. Cette transformation est le résultat d’une
série de processus connu sous le nom de diagenèse
- Les roches sédimentaires proviennent également de l’action des êtres vivants.

2.1. Mode de formation des roches sédimentaires


La formation des roches sédimentaires se fait en quatre (4) étapes : l’altération, le transport,
l’accumulation et la diagenèse.

2.1.1. L’altération
La destruction de la roche mère peut se faire par deux mécanismes : l’altération physique
(mécanique) et l’altération chimique.
L’altération physique ou mécanique se traduit par une fragmentation, une dislocation et une
brisure de la roche ou de ses éléments constitutifs ; mais dans ce cas, il n’y a pas de modification
de l’identité des minéraux.
Dans le cas d’une altération chimique, il se produit une modification de l’identité des minéraux
due à des réactions chimiques (hydrolyse, oxydation, sulfatation…).

2.1.2. Le transport
Les produits d’altération sont transportés vers les lieux de sédimentation sous trois formes :
- Fragments et débris de roches appelés détritus (ex : galets, blocs, graviers...) ;
- Substances dissoutes (poudre, boues, particules fines) ; il s’agit des ions basiques mobiles (Ca,
Mg, Na).

15
- Ions non transportables qui demeurent sur place ; le transport se fait par le vent, l’eau et la
pesanteur.

2.1.3. L’accumulation
Les produits transportés après destruction de la roche mère sont accumulés dans des endroits
appropriés appelés bassin de sédimentation (plaine, dépression, fonds marins…).
L’environnement dans lequel s’accumulent ces produits joue un rôle important dans la texture,
la structure et dans le tri de ces éléments.
2.1.4. La diagenèse
C’est la transformation des sédiments en roche. Cette transformation peut être une induration,
une compaction (ou lithification) et une cimentation.
Les facteurs de la diagenèse sont de trois ordres :
- les êtres vivants ;
- L’eau ;
- Les facteurs physiques.
Parmi les êtres vivants on trouve les bactéries et micro-organismes divers. Ceux-ci jouent un
rôle important dans la formation des calcaires et des minéraux de fer (sulfures et oxydes).
D’autres organismes font précipiter le calcaire pour fabriquer leur carapace.
L’eau agit par lessivage et mobilisation des produits. Elle transporte les éléments les plus légers
(Ca, Mg, Na) en laissant en place les éléments qu’elle ne peut pas transporter (Fe, Mn, Al).
L’eau joue également un rôle dans la cimentation des sédiments par son retrait des roches.

16
Etapes de formation des roches sédimentaires

2.2. Classification des roches sédimentaires


Les roches sédimentaires comprennent deux familles : la famille des roches résiduelles et celle
des roches sédimentaires (au sens stricte).
La famille des roches sédimentaires se subdivise en deux grands groupes, les roches détritiques
et les roches d’origine chimique et biochimique.

2.2.1. Classification des roches détritiques


Les roches détritiques sont formées par accumulation de débris rocheux de différentes tailles
arrachés par l’érosion, provenant d’une région source située hors du lieu de sédimentation.
Leur classification est basée essentiellement sur la taille des éléments. Des distinctions seront
faites ensuite sur la nature des éléments et du ciment. Le tableau ci-dessous résume la

17
classification des roches détritiques en fonction de la taille. Elles sont divisées en trois groupes
en fonction de la taille des éléments : les Rudites, les Arénites et les Lutites.
Classification des roches détritiques

Taille des éléments Classification Roches meubles Roches consolidées


Rudites Blocs Conglomérats
> 2mm (Grains grossiers) Galets (poudingues et
Graviers brèches)
Arénites
2mm à 0,2mm (Grains moyens) Sables Grès

Lutites Boues Argilites


< 0,2mm (Grains fins ou Silts, Vases Argiles
Pelites) Argiles

2.2.2. Classification des roches d’origine chimiques et biochimiques


La composition chimique des roches organogènes reflète leur origine et permet de les subdiviser
en quatre grands groupes :
- Les roches carbonatées
Elles représentent 20% des roches sédimentaires. Le minéral le plus dominant est le carbonate
caractérisé par le radical CO3. Les principales roches carbonatées sont les calcites (CaCO3) qui
fait effervescence avec le HCl à froid, la dolomite CaMg (CO3)2, la craie et les marnes qui sont
un mélange d’argile et de calcaire.
Lorsque le minéral dominant est la calcite la roche est un calcaire et quand c’est la dolomite, la
roche est une dolomie.
- Les roches siliceuses
Les roches siliceuses organogènes sont constituées essentiellement de silices (quartz, opale et
calcédoine) provenant d’organismes à test siliceux.
La décomposition de ces silicates s’accompagne de la mise en solution de la silice. Elle est
transportée par les fleuves. Certains organismes les concentrent, ce sont : les Radiolaires ; les
Silicoflagellés, les Eponges et le Diatomées.
Exemples de roches siliceuses : le Silex et la Silexite.
La Silexite est une roche essentiellement formée de quartz constituant des couches continues.

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Le Silex est un mélange de quartz sous forme de concrétion et de calcaires ou de marnes.
- Les roches organiques
Ce sont des roches qui proviennent de la décomposition des matières organiques végétales ou
animales. Ces matières organiques emprisonnées dans les roches sont facilement détruites par
oxydation et se transforment en gaz (CO2, H20, NH4 etc.) Cette transformation est le résultat de
l'action de bactéries et des moisissures à l'air libre.
Lorsque l'oxygène est absente, la flore bactérienne change et devient anaérobie, c'est à dire,
capable d'emprunter l'oxygène nécessaire à son métabolisme directement à la matière,
organique. Cela se produit lorsque les restes des organismes sont recouverts d'une tranche plus
ou moins épaisse d'eau. Les matières organiques (C, H ,0 et N) évoluent alors vers des corps ne
contenant plus que C et H qui constituent les combustibles minéraux.
Il y a des roches solides connues sous le nom d’ensemble de charbon.
On classe les charbons en fonction de leur concentration en charbon (C). Ainsi nous
distinguons : la tourbe (%C=55%) ; la lignite ou charbon brun (55%<%C<70%) ; la houille
(70%<%C<85% et l’anthracite (92 à 95% de C).
On a aussi les roches liquides et gazeuses : Pétrole et gaz naturel.
- Les roches phosphatées
Elles résultent de l'accumulation du phosphore (P) sous forme de phosphate. Le minéral le plus
fréquent est l'apatite Ca5(P04)3(OH,F,Cl), souvent en agrégats.
Le phosphore est concentré par des organismes microscopiques (Dinoflagellés), d'autres de
grande taille (requins). Le phosphore est un élément abondant dans les os des vertébrés. Le reste
de la roche est généralement carbonaté. Le terme générique conseillé pour ces roches est la
phosphatite. Il existe des roches phosphatées particulières dont :
- le guano, formé par la réaction des roches d’iles océaniques avec les déjections d'oiseaux de
mer
- les phosphorites des grottes ayant une origine comparable mais dérivées des déjections de
chauves-souris.
Les roches phosphatées sont la matière première de l'Industrie des engrais, d'où leur rôle
économique considérable
- Les roches salines
Ce sont les résidus d'évaporation soit d'eau de mer, soit de lacs salés. On les appelle aussi
évaporites.
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Exemples:
- Sel gemme ou halite (NaCI)
- Gypse (CaS04, 2H20)
- Sylvite (KCI).

2.3. Critères de description des roches exogènes


Les critères de description macroscopique et d’indentification des roches exogènes sont entre
autre :
- L’aspect : La roche exogène peut être meuble ou consolidée.
- La couleur : La roche présente différentes couleurs (rouge, gris, rose, rousse, verte, etc.).
- La texture : La texture de la roche est macrogranulaire, granulaire et microgranulaire.
- La composition minéralogique : Il s’agit de citer les différents minéraux qui composent la
roche.
- Le Ciment : On précise la nature du ciment si la roche est consolidée. Ce ciment peut être
calcaire, argileux.
- La réaction à l’acide chlorhydrique (HCl): Il faut préciser si la roche fait effervescence
avec l’HCl ou non.
- Le groupe : La roche peut être sédimentaire détritique ou d’origine chimique ou biochimique,
résiduelle.
- La famille : La famille est celle des roches exogènes.
- Le nom : Il s’agira de donner le nom de l’échantillon de la roche. Exemple : bauxite, grès
ferrugineux, cuirasse manganésifère etc.

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CHAPITRE III : ROCHES METAMORPHIQUES
Ce terme a une origine grecque et signifie littéralement « changement de forme ». Le
métamorphisme est l’ensemble des transformations minéralogiques, texturales et structurales
qui se produisent au sein d’une roche lorsqu’elle est placée dans de nouvelles conditions de
pression et température différentes de celles qui ont présidé à sa formation.
Les roches sédimentaires, ignées et métamorphiques sont stables dans les conditions physico-
chimiques où elles se sont formées. Placées dans d’autres conditions, elles perdent leur stabilité
et tendent vers de nouveaux assemblages minéralogiques, et un nouvel ordre structural adapté
aux conditions nouvelles. La roche se transforme d’où le nom de roches métamorphiques.

3.1. Facteurs du métamorphisme


Dans un souci de reconstitution de l’histoire de la terre, les sciences géologiques ne se
contentent pas de décrire les phénomènes. Elles s’attèlent à rechercher les divers facteurs qui
ont pu agir pour modifier les roches. Parmi les divers facteurs du métamorphisme, nous n’en
citerons que trois (les plus importants). Il s’agit de la température, la pression et les contraintes.

3.1.1. La température
La température détermine les zones de stabilité des minéraux. Elle augmente avec la profondeur
suivant le gradient géothermique dont la valeur moyenne est de 30°C/km près de la surface.
Dans les zones où s’installe le métamorphisme régional (-12000 m à -27000 m), cette montée
de la température entraîne les modifications telles que: la disparition de la matière organique,
la décomposition des carbonates avec dégagement de CO2, la déshydratation des minéraux, la
recristallisation etc.

3.1.2. La pression
La pression lithostatique en un point est due au poids des roches sus-jacentes, c'est-à-dire la
profondeur multipliée par la densité des roches sus-jacentes moins la pression des fluides
interstitiels. L’augmentation de la pression entraine une déformation élastique par compression
et provoque l’apparition de certaines structures telles que la schistosité.

3.2. Différents types du métamorphisme


On distingue plusieurs types de métamorphisme:

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Le métamorphisme régional ou thermodynamique
Le métamorphisme de contact ou thermique
Le métamorphisme dynamique ou cataclastique
Le métamorphisme de choc

3.2.1. Le métamorphisme régional


Le plus important de tous ces métamorphismes est le métamorphisme régional. Il peut
concerner des superficies de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Ces roches se caractérisent
par une forte diminution de la taille de leur grain. Lorsque la température et la pression agissent
ensemble, les roches acquièrent de nouvelles structures et textures puis naissent de nouveaux
minéraux.
Ces processus surviennent à grande échelle dans les chaines de montagnes qui se forment au
lieu de rencontre des plaques tectoniques. Le métamorphisme qui en résulte se nomme parfois
métamorphisme régionale, en raison de leur présence sur des épaisseurs et des surfaces
importantes.
Dans ce type de métamorphisme, la température et la pression sont les principaux facteurs.

3.2.2. Le métamorphisme de contact


Ce type de métamorphisme apparaît autour d’un batholite. Lorsque le magma encore très chaud
est introduit dans une séquence de roches froides, il y’a transfert de chaleur et cuisson de la
roche encaissante aux bordures du batholite. Ce type de métamorphisme est dû à la montée de
température. L’intensité du métamorphisme est décroissante quand on s’éloigne du batholite.
Les roches issues de ce métamorphisme sont appelées cornéennes à cause de leur aspect mat.
Ici l’absence de pression orienté fait que les minéraux ne sont pas orientés. L’extension des
roches affectées par ce type de métamorphisme est limitée de quelques centimètres à quelques
kilomètres. (Ici la température est le principal facteur du métamorphisme).

3.2.3. Le métamorphisme dynamique


La pression ou les forces mécaniques comme le cisaillement et le broyage le long d’une faille
en sont la cause.
On ne trouvera ces roches que dans la partie haute de la lithosphère (écorce terrestre), les roches
qui résultent de ce métamorphisme sont des roches cataclastiques (cassée en petites particules)
ou mylonitisées (mylonites ou roches broyées).

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3.2.4. Le métamorphisme de choc
Ce type de métamorphisme est produit par les impacts des grandes météorites qui font
apparaître la coésite et la stishovite (forme de très haute pression de la silice), ainsi qu’une pâte
vitreuse indiquant que les conditions de fusion ont été atteintes. Les exemples d’impacts de
météorites sont connus aux Etats-Unis avec le Meteor crater, en Allemagne avec le Riess, au
Ghana (le lac Bosumtwi).

3.3. Effets du métamorphisme

3.3.1. Les transformations mécaniques des roches


La déformation structurale de la roche résulte de la force de tension externe qui est plus grande
que la force de tension interne de la roche. Quand la tension externe devient trop grande, la
roche réagit par une déformation fragile en se fracturant ou par une déformation ductile en se
plissant. L’environnement physique du corps rocheux concerné va affecter la capacité de la
déformation avec l’augmentation de la température. Les exemples de tensions créées dans la
nature sont très nombreux : le poids de centaines de mètres de dépôts dans un bassin de
sédimentation crée une tension verticale qui résulte généralement de l’amincissement et de la
compaction des sédiments à mesure qu’ils s’enfoncent de plus en plus profondément.
L’intrusion en force d’un magma profond dans des niveaux plus superficiels peut entraîner la
formation de plis et de fractures.

3.3.2. Les modifications des minéraux


Les transformations d’ordre minéralogique consistent en l’apparition de minéraux nouveaux au
détriment de minéraux préexistants qui disparaissent. On parle alors de recristallisation de la
roche.

3.3.3. Les déformations des textures et des structures


Selon son intensité, le métamorphisme s’accompagne de la création de structures particulières,
notamment la schistosité (la roche se débite en feuillets de même composition minéralogique,
lorsque le métamorphisme est faible), la foliation (recristallisation fine de certains minéraux,
comme les micas, lorsque le métamorphisme est plus fort).
- La schistosité
La schistosité décrit une famille de plans sub-parallèles et régulièrement espacés selon lesquels
certaines roches se débitent (ou se clivent) facilement en feuillets plus ou moins épais. Cette
particularité est propre aux roches métamorphiques à granulométrie plus ou moins fine ou

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argileuse. La schistosité marque l’aplatissement de la roche. Elle est caractéristique des schistes
et des ardoises. On distingue deux grands types de schistosité :
• la schistosité non pénétrative ou espacée, lorsque les plans de schistosité sont séparés de
quelques millimètres ou plus.
• la schistosité pénétrative lorsqu’elle concerne toute la masse de la roche, c’est le cas du
phyllade ou de l’ardoise.
Les plans de schistosité reflètent souvent le fait que des micas sont réorientés. Ils ont cristallisé
ou recristallisé à plat sur ces plans. A ce titre, la schistosité est souvent caractéristique des roches
métamorphiques par la venue de minéraux de néoformation.

- La foliation
La foliation est une structuration en plans caractéristiques des roches métamorphiques. La
foliation est caractérisée par une alternance de bandes sombres et de bandes claires. Cette
structure est marquée par l’orientation préférentielle de minéraux visibles à l’œil nu le plus
souvent les minéraux ferromagnésiens.
Contrairement à la schistosité affectant ces mêmes roches métamorphiques, le caractère
spécifique de la foliation est la différence potentielle de minéralogie des différents feuillets. Il
y’a le plus souvent une différenciation pétrographique nette aboutissant à l’alternance de
feuillets de composition minéralogique différent (feuillets clairs quartzo-feldspathiques et
foncés ferromagnésiens) dans les roches métamorphiques. La foliation est caractéristique du
métamorphisme de haut degré (le gneiss).
Remarque : une roche peut recristalliser sans acquérir une schistosité ou une foliation. Il n’ya
pas d’orientation préférentielle des minéraux. Cette structure se rencontre dans le
métamorphisme de contact et le très faible degré du métamorphisme régional. Dans ces
domaines, la texture de la roche magmatique originelle ou la stratification de la roche
sédimentaire originelle reste visible. Une telle structure est dite équante.

Exemples de structures du métamorphisme


3.4. Faciès métamorphiques

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Un faciès métamorphique est l’ensemble des minéraux qui caractérisent un domaine de pression
et de température (domaine P-T). On distingue trois principaux faciès qui sont :
- le faciès schistes verts (épizone)
- le faciès amphibolites (mésozone)
- le faciès granulites (catazone)
Une roche ignée qui se métamorphose à une température supérieure à 275°C, cristallise dans le
faciès des schistes verts, nommé ainsi d’après la couleur de ses minéraux symptomatiques (la
séricite, la chlorite, l’épidote). Au-dessus de 450°C environ, l’amphibole domine la minéralogie
des roches du faciès des amphibolites (l’amphibole, biotite, muscovite). A une température
dépassant 750°C, l’apparition de pyroxène indique l’origine du faciès des granulites nommé
ainsi en raison de la texture granuleuse et grossière des roches.

Faciès métamorphiques
Schistes verts Amphibolite Granulite
Chlorite Amphibole Pyroxène
Epidote Biotite Feldspath
Séricite Muscovite Quartz
Roches métamorphiques concernées
Schistes Micaschiste Gneiss
Chloritoschistes Gneiss Granulite
Sericitoschistes Amphibolite Marbre
Micaschistes Marbre Quartzite
Roches vertes Quartzite Migmatite
Faible degré Moyen degré Fort degré
Epizone Mésozone Catazone

Faciès et roches métamorphiques correspondantes associées à la classification de


GRUBENMANN

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Les différents faciès métamorphiques

3.5. Classification des roches métamorphiques


La classification des roches métamorphiques est délicate car se mélangent les caractéristiques
des roches initiales (composition minéralogique, structure etc.) et le degré de métamorphisme
(fonction du couple pression-température lors de leur formation), qui est déterminé à l’aide de
minéraux marqueurs. En effet comme les divers minéraux qui constituent une roche sont stables
dans des domaines de température et de pression bien définis, ils constituent de précieux
indicateurs de l’intensité de métamorphisme subie par la roche.
Ainsi, il existe par exemple des roches de haute température (gneiss et granulites à grenats) et
des roches de haute pression et basse température (schistes bleus à glaucophane). La présence
d’andalousite dans la roche est significative de haute température et basse pression, tandis que
les grenats dans une roche sont significatifs de haute température et haute pression.
L’argile est métamorphosée en ardoise si la température reste basse, mais elle se métamorphose
en phyllite si la température est suffisamment élevée (recristallisation des minéraux argileux en
paillettes de mica), voire en schiste (recristallisation complète de l’argile) sous l’action de
température encore plus forte.

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3.5.1. Classification faisant appel à l’origine du matériel
• Matériel d’origine exogène
Si la roche affectée est une pélite et selon le degré de métamorphisme dans le cadre d’un
métamorphisme régional, on obtiendra successivement un schiste, un micaschiste, un gneiss et
une anatexite.
Dans le cadre d’un métamorphisme de contact on obtient une cornéenne qui est une roche
massive de teinte très sombre, à la texture équante et avec des grains très fins. Si la roche
affectée est carbonatée ; on obtient des cipolins ou du marbre si le calcaire originel est pur.
• Matériel d’origine endogène
En partant du granite on obtient un orthogneiss, en partant du gabbro on obtient une
orthoamphibolite. Finalement lorsque l’origine du matériel est connue (on utilise les préfixes
para ou ortho pour distinguer les roches).

3.5.2 Classification basée sur le degré de métamorphisme


Cette classification est basée sur des minéraux et associations minérales repères stables dans
des conditions de pression et de température bien définies qui caractérisent des faciès
métamorphiques.
La paragenèse est l’ensemble des minéraux en équilibre dans une roche (composition
minéralogique). On appelle séquence l’ensemble des roches provenant d’une même roche
originelle et dues à des conditions P et T différentes (donc liés à des faciès métamorphiques
différents).
Exemples des séquences

Séquences
Pélitique Granitique
Argile Granite
F.S Verts Schistes
F. Amphibolite Micaschistes Gneiss (para) Gneiss (ortho)
F. Granulite Granulite Granulite

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3.6. Critères de description des roches métamorphiques
Outre les critères communs aux autres roches étudiées qui sont entre autres l’aspect, la couleur,
l’origine, la famille et le nom, il faut ajouter la structure, la paragenèse et le faciès
métamorphique.
- L’aspect (massif, vacuolaire ….)
- La couleur (grise, verte…..)
- La structure (équante, schiteuse, folliée). La structure peut être foliée (foliation), schisteuse
(schistosité) ou équante (non orientée).
- La paragenèse. On précise la paragenèse minérale de la roche étudiée c’est à dire l’ensemble
des minéraux en équilibre stable dans les conditions de pression et de température.
- Le faciès métamorphique. La roche est caractéristique d’un faciès métamorphique qu’il faut
préciser.
- Origine: Ortho ou para
- Famille: roche métamorphique
- Nom : Gneiss, migmatite ; marbre, schiste……

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