École nationale des sciences appliquées Khouribga
Cours d’électrotechnique (GPEE)
Prof. ERRACHID
Chapitre II : Les transformateurs
1- Introduction
2- Matériaux magnétiques
3- Circuits magnétiques
Circuits homogènes linéaires
Circuits hétérogènes linéaires
Circuits non-linéaires
Inductance
4-Transformateurs monophasé
Transformateur monophasé idéal
Transformateur monophasé réel
Schéma équivalent du transformateur réel
Bilan de puissance
Essais d’un transformateur
Modèle de Thévenin ramené au secondaire
5-Transformateurs triphasés
1. Introduction
• Sur les réseaux électriques, les tensions produites par les
alternateurs, les tensions de distribution grandes distances et les
tensions d’utilisations ne sont pas les mêmes. (S’échelonne entre
12V et 750 kV)
• Les lignes de distribution grandes distances sont des lignes sans
neutre, il est nécessaire de recréer le neutre au plus près des zones
de consommation pour pouvoir disposer de lignes monophasées.
• Il est alors nécessaire d’utiliser un outil à très bon rendement et
permettant la transformation des amplitudes des tensions ainsi que
la création d’un neutre local.
Cet outil est le transformateur
2. Matériaux magnétiques
Matériaux ferromagnétique: Matériaux susceptible d’acquérir une
aimantation (magnétisation) macroscopique (importante) sous l’action
d’un champs magnétique relativement faible.
Champs magnétique et induction magnétique
Lorsqu’un champ magnétique H circule dans un matériau
B(T) ferromagnétique, il se crée, dans le matériau, une induction
magnétique B, dont la variation suit la relation :B = µ ∗ H avec
: B : induction magnétique en Tesla ,
H :Champ magnétique en (A/m)
µ : la perméabilité magnétique du matériau. On définit la
perméabilité relative comme suit :µr = µ/µ0 ;
avec µ0 = 4 ∗ π ∗ 10−7 : perméabilité de vide
H(At/m)
Zone linéaire caractérisé par une prémeabilité mangétique µ=B/H
constant
Les matériaux magnétiques utilisés en
B(T)
électrotechnique se classent en
deux familles
Les matériaux magnétiques doux : facilement aimantés et
présentent des pertes par
H(At/m)
hystérésis (ralentissement,
frottement) faible utilisée dans la construction des
transformateurs et des machine tournante.
Les matériaux magnétiques durs : nécessitent un champ élevé pour être
aimantés mais une fois ce champs est appliqué, ces matériaux
s’acquièrent une aimantation permanente, importante et durable, cette
propriété permet la réalisation d’aimants permanent utilisé comme
inducteurs des machines à courant continu ou synchrones de faibles
puissance
perméabilités de quelques matériaux
3. Circuits magnétiques
Introduction
Les inductances, transformateurs, alternateurs, machines synchrones,
asynchrones, etc. sont basés sur
l'utilisation de "circuits
magnétiques", c'est à dire de
masses de matériaux
magnétiques dans lesquels on
instaure (établie) une induction.
☞ Plus que de l'induction, on parle souvent du "flux" de cette
induction.
Principe
Circuit basés sur l’utilisation de matériaux ferromagnétiques avec comme
but d’obtenir un champ d’induction B dans une zone précise (entrefer).
Pour ce faire, on crée un champ d’excitation H à l’aide de bobinage puis
on le canalise vers la zone d’utilisation (entrefer).
3.1. Circuits homogènes linéaires :
Dans l'air ou un matériau quelconque, les lignes de champ produites par
un bobinage parcouru par un courant ne sont pas canalisées et le flux
produit ne prend que des valeurs très faibles.
Dans le fer, les lignes de champs sont "concentrées" dans la matière ce
qui produit de grandes valeurs du flux.
Le théorème d'Ampère s'écrit sur ce contour en pointillés On faisant
intervenir la Réluctance et notée ℜ satisfaisant à la relation
d'Hopkinson: Φℜ=NI
En résumé, pour caractériser toutes les grandeurs dans un circuit
magnétique homogène linéaire, on retiendra les relations :
Φℜ = NI et ℜ= L/ µS
Analogie avec les circuits électriques :
3.2. Circuits hétérogènes linéaires :
Un circuit est dit hétérogène dès lors qu'il est constitué de matériaux
différents ou de géométries à sections variables.
La méthodologie va consister, comme dans un circuit électrique, à utiliser
les associations connues de réluctances afin de calculer les différentes
grandeurs.
On représente ci-dessous deux cas fréquents :
Les circuits hétérogènes séries et parallèles. Pour chaque circuit, on
représente également l'analogie électrique correspondante.
3.3. Circuits non-linéaires :
Dès lors qu'il est impossible de négliger la saturation magnétique dans un
circuit, il est important d'écarter les relations qui ne sont propres qu'en
régime linéaire.
Les seules relation qu'il est toujours possible d'utiliser sont :
- Le théorème d'Ampère : NI =HL
- BS=Φ
En revanche, il est nécessaire d'écrire : B=µ(H).H
En pratique, à champ magnétique H constant, on va se référer à la
"courbe d'aimantation B(H)" du matériau pour y faire correspondre la
valeur de l'induction B.
De façon plus commune,
on se réfère
préférentiellement à la
courbe φ(I), qui
possède la même allure
que la courbe B(H), et
dont on présente un
exemple ci-dessus :
3.4. Inductance :
L'inductance est, en régime linéaire, la grandeur de proportionnalité
entre le courant dans le bobinage et le flux dit "total”, Φ T=N. Φ.
On écrit alors
La grandeur L est l'inductance du circuit magnétique bobiné, son unité
est le Henry (H)
Inductance mutuelle : Dès lors qu'un circuit magnétique est entouré de
plusieurs bobinages, chaque courant a une influence sur le flux dans le
circuit. Ainsi, une variation de courant dans un des bobinages induit une
variation de tension aux bornes des autres bobinages. On parle alors
d'inductance mutuelle
Inductance cyclique : La notion d'inductance cyclique est liée à la
présence d'inductances mutuelles dans un circuit triphasé équilibré.
Inductance de fuite : Le fer d'un circuit magnétique ne canalise jamais
vraiment toutes les lignes de champ. En réalité, il existe toujours des
"fuites" magnétiques qui correspondent à un flux dit "de fuites". Ces
fuites magnétiques sont équivalentes à une inductance Lf en série dans
le circuit électrique avec l'inductance du circuit sans fuites
4. Transformateur en régime sinusoïdal
Définition :
Un transformateur est
constitué d’un circuit
magnétique (composé de feuilles
en acier accolées) sur lequel sont
disposés deux bobinages en
cuivre :
Le primaire : N1 le nombre de spires
du primaire
Le secondaire : N2 le nombre de
spires du secondaire
Structure:
Pour distinguer le primaire du
secondaire, on affecte l’indice 1 aux grandeurs caractérisant le primaire
et l’indice 2 aux grandeurs caractérisant le secondaire.
Le bobinage du primaire est celui qui est alimenté : il est donc un
récepteur. On adopte alors au primaire une convention récepteur. Le
bobinage du secondaire est celui qui alimente la charge : il est donc
générateur. On adopte alors au secondaire une convention générateur.
Symbole :
• Branchement
L'enroulement primaire est branché à
une source de tension sinusoïdale
alternative.
L'enroulement secondaire
alimente une charge électrique :
4.1. Le transformateur parfait
•Le transformateur utilise le phénomène d'induction
électromagnétique. Loi de Faraday :
Φ(t) est le flux magnétique canalisé par le circuit magnétique.
Au secondaire :
D’où :
Relation entre les valeurs efficaces :
Formule de Boucherot
U1 =4,44N1Φf
U2 =4,44N2Φf avec : Φ=BS
U1 : valeur efficace de la fem induite au primaire (en volts)
U2 : valeur efficace de la fem induite au secondaire
S : section du circuit magnétique (en m2)
B : champ magnétique maximal (en tesla)
Bilan de puissance du transformateur parfait
pas de pertes : P2 = P1 (rendement de 100 %)
circuit magnétique parfait : Q2 = Q1
Par conséquent :
S2 = S1 d’où V2I2 = V1I1
Facteur de puissance :
C'est la charge du secondaire qui impose le facteur de puissance. Ex. :
cos ϕ2 = 1 pour une charge résistive.
4.2. Transformateur réel
En réalité :
• P2 < P1 : rendement < 1 car :
pertes Joule dans les enroulements
pertes fer dans le circuit magnétique
vibrations
•La magnétisation du circuit magnétique demande un peu de puissance réactive
: Q2 < Q1
• A vide (pas de charge au secondaire : I2 = 0) : I1v ≠ 0
V2 dépend du courant I2 débité dans la charge.
=>Chute de tension en charge
Le transformateur réel: les pertes
le transformateur réel est un transformateur parfait avec des pertes
(Joule, magnétique, fuites) :
les pertes par effet Joule dans les enroulements: elles se produisent
dans les résistances R1 et R2 des enroulements traversés par les courants
i1 et i2 : PJoule = R1.I1² + R2.I2²; on ajoute donc sur le schéma équivalent
du transfo parfait, les résistances R1 et R2.
•les fuites magnétiques : toutes les lignes de champ ne sont pas
canalisées par le circuit magnétique fermé, certaines se referment dans
l’air..
les pertes magnétiques:
Foucault (Les pertes par courants de
Foucault sont les pertes par effet
joule (échauffement) résultant des
courants créés dans toute la matière
conductrice (magnétique ou non)
soumis à un champ variable.),
hystérésis (Le cycle d’hystérésis
représente le comportement du matériau
lorsqu’on lui applique un champ
magnétique, il montre que l’induction
magnétique ne dépend pas seulement
du champ magnétique d’excitation, elle
dépend aussi des propriétés
magnétiques du matériau. )
☺ On limite les pertes par courants de
Foucault,
en utilisant
un circuit
magnétique
feuilleté
(les courants passent plus mal) ou/et
par hystérésis, en utilisant des aciers
doux (cycle hystérésis étroits)
☞ Les pertes magnétiques dépendent de U1
et f (la fréquence).
☞ Ces pertes se produisent dans le circuit
magnétique, dès que le primaire est alimenté.
4.3. Schéma équivalent du transformateur réel
R1 : résistance de l'enroulement primaire
R2 : “ “ “ secondaire
L1 : inductance des fuites magnétiques au primaire
L2 : “ “ “ “ “ secondaire
Deux grands types de transformateurs :
Élévateur de tension (abaisseur de courant) : mv > 1 ; N2 > N1
Abaisseur de tension (élévateur de courant) : mv < 1 ; N2 < N1
4.4. Bilan de puissance
P1 et P2 sont des puissances électriques :
P1 = V1I1cos ϕ1
P2 = V2I2cos ϕ2
Les pertes ont deux origines :
• électrique
Les pertes Joule (ou pertes cuivre) dans les enroulements :
PJoule = R1I1² + R2I2² = RsI2²
• magnétique
• Pertes par courants de Foucault
• Pertes par hysteresis
Les pertes fer dans le circuit magnétique dépendent de la tension
d'alimentation : Pfer proportionnelle à V1²
Le Rendement:
4.5. Essais d’un transformateur:
Essai avec secondaire à vide
L’essai à vide permet de mesurer :
-Le rapport de transformation m
-Les pertes fer
P 1 = Pfer + PJoule + P2 A vide : P2 = 0 W
pJoule = R1 I1v² + 0 : négligeable car I1v négligeable pfer ≈ P1vide
-Le rapport de transformation mv :
Définition
Rapport de transformation à vide :
En pratique :
Par la suite, on suppose que :
Essai avec secondaire en court-circuit
L’essai en court-circuit permet de mesurer les pertes Joule.
P1 = Pfer + PJoule + P2
En court-circuit : P2 = 0 W (car V2 = 0 V)
L’essai se fait sous tension primaire réduite (V1cc << V1N). Les pertes fer
sont proportionnelles à V1² donc elles sont négligeables. PJoule ≈ P1CC
4.6. Modèle de Thévenin ramené au secondaire
Vu du secondaire, le modèle électrique d’un transformateur:
On peut résumer les deux schémas en un seul. Avec la notation
complexe:
RS : résistance des enroulements, ramenée au secondaire
XS : réactance des fuites magnétiques, ramenée au secondaire
Ls : inductance de fuite ramenée au secondaire
On montre que :
Loi des branches :
Loi de Joule :
Impédance interne Zs: ; m=mv est obtenu par l’essai à vide.
Réactance XS : ZS = R S + jXS
Diagramme vectoriel
Loi des branches :
On peut faire l'approximation suivante :
Formule approchée de la chute de tension au secondaire:
ΔV2 ≈ (R S co sϕ 2 + X S sin ϕ 2 )⋅ I 2
La chute de tension :
-est proportionnelle au courant débité
-dépend de la nature de la charge (facteur de puissance)
5. Transformateurs triphasé
Introduction
De façon analogue, un transformateur
triphasé doit transformer 3 tensions
primaires (les 3 phases) en 3 tensions
secondaires.
Le nombre de possibilités de
raccordements est beaucoup plus
grand que dans le cas monophasé
de façon conventionnelle :
Les bobinages primaires en majuscule
(A,B et C)
Les bobinages secondaires en
minuscules (a,b et c).
Les bobinages représentés côte à côte sont dits "en regard" et les
tensions à leurs bornes sont proportionnelles de rapport na/nA ⇨ Uab =
(na/nA).VA
Comment réaliser un transformateur triphasé?
A partir de 3 transformateurs monophasés
Communément appelé «banque » de
transformateurs monophasés
Pratique car simple de changer une
unité (très utilisé dans les postes
à haute tension)
Avec un circuit magnétique
triphasé
• 3 enroulements primaires + 3
enroulements secondaires
sur un même noyau
magnétique.
• Noyau à colonnes.
• Fait gagner en encombrement(congestion) et en poids de fer
utilisé.
Types de connexions
Principalement 4 topologies de connexion:
• En étoile (Y)
• En triangle (D ou Delta)
• En zig-zag (Z)
• En T