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Défi Africain: Gouvernance et NEPAD

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Présentation de Monsieur Abdou Aziz SOW


Ministre Délégué Général au Nouveau Partenariat pour le
Développement de l’Afrique (Nepad) du Sénégal lors du forum
des Partenaires au développement des 27 & 28 Mars 2002 à Tokyo
portant sur le thème : l’Etat et la gouvernance en Afrique

Titre de la présentation :
« Le Défi Africain, la Bonne Gouvernance et le Nouveau
Partenariat pour le Développement de l’Afrique (Nepad) »
2

1- Objectifs du NEPAD

Le NEPAD part du constat que des handicaps principaux expliquent, pour


l’essentiel, le retard de l’Afrique. En conséquence, le NEPAD a principalement
pour objet la résorption des disparités fondamentales entre les pays développés
et l’Afrique

Le NEPAD est conçu comme un plan global à l’échelle du continent mais sa


mise en œuvre passe par la région, comme espace primaire opératoire, plutôt que
l’Etat africain dans ses limites actuelles étroites. Le développement de nos Etats,
en effet, s’est rapidement heurté à l’étroitesse de nos espaces économiques et
c’est pourquoi, la mise en œuvre du NEPAD repose sur l’élaboration de projets,
dans les dix secteurs, non plus au niveau de chaque pays, mais au niveau de
chacune des cinq régions de l’Afrique (Afrique de l’ouest, Afrique du nord,
Afrique centrale, Afrique de l’est, Afrique australe et Madagascar).

Le NEPAD retient dix super priorités que nous appelons secteurs. Il convient de
les avoir toujours à l’esprit et, surtout éviter de s’égarer vers d’autres
considérations qui, si importantes qu’elles soient, ne peuvent trouver de
solutions avant celles des super priorités.

Les dix secteurs sont :

1. La bonne gouvernance publique suppose la démocratie qui se traduit


par des élections libres et honnêtes ainsi que des institutions
démocratiques, le respect des droits de l’homme, de la femme et de
l’enfant et la transparence dans la gestion du patrimoine public.

2. La bonne gouvernance de l’économie privée s’exprime, entre autres,


par une justice indépendante dans les litiges impliquant des investisseurs
étrangers et par la gestion transparente des sociétés privées.

3. Les infrastructures concernent les routes, les chemins de fer, les ports et
les aéroports qui sont des éléments de coûts pesant sur la compétitivité des
produits africains. Au surplus, les infrastructures sont amplificatrices et
créatrices d’activités économiques.
3

4. L’éducation : aujourd’hui, il est apparu que les ressources humaines sont


le facteur le plus important de la croissance parce que facteur entrant
directement dans la production par son effet sur la créativité, l’inventivité
et la productivité. Des pays sans ressources naturelles comme le Japon, la
Corée du Sud, Taiwan, Singapour ont montré qu’un pays pouvait se
développer uniquement en investissant massivement dans l’éducation et la
formation.

5. La santé est un pari important pour l’Afrique à cause de son taux très
important de mortalité du à des maladies endémiques tels que la malaria,
la tuberculose et le sida. La bataille de la santé devient ainsi, à son tour,
une super priorité pour l’Afrique.

6. Les NTIC. Les Nouvelles Technologies de l’Information et de la


Communication sont accessibles de façon égale à tous les peuples en ce
sens qu’elles ne demandent que de l’intelligence heureusement répartie de
façon équitable entre les hommes, constituent un facteur de contact
permanent d’échanges de biens et de services. Deux pays africains, la
Tunisie et le Sénégal ont une avancée certaine dans ce domaine mais le
projet du NEPAD consiste à permettre au continent de faire un saut dans
les nouvelles technologies et, en ce sens, des projets sont déjà effectifs.
L’accès à ces nouvelles technologies doit être assuré aux populations
africaines dès la petite enfance et il doit être étendu à toutes les activités,
de l’agriculture à l’industrie, aux transports, services et échanges.

7. L’agriculture : L’Afrique a un retard énorme en agriculture et ce retard


se traduit par sa dépendance alimentaire, ce qui est difficilement
concevable pour un continent immense qui dispose d’autant de terres
cultivables et d’eau. Au moment où les consommateurs occidentaux se
détournent des produits agricoles de leurs pays affectés par les pesticides,
des opportunités sans précédant s’offrent à l’Afrique à travers
l’agriculture biologique, source de devises nécessaires au financement de
son développement. A cette fin, l’Afrique a besoin de la technologie et du
savoir-faire des pays développés et elle attend cela du G8.

8. L’environnement : la bataille de l’environnement est multiforme car aux


dégâts naturels tels que ceux qui résultent de la climatologie comme la
sécheresse et la désertification, ou de l’érosion qui s’attaque à nos côtes, il
y a les dégâts du fait de l’homme qui affectent notre environnement
immédiat. Mais cette bataille exige d’importants moyens qui font que ce
secteur préoccupe la communauté internationale.
4

9. L’énergie : l’Energie est une dimension du développement. Il se trouve


malheureusement que de nombreux pays africains ne disposent pas
d’énergie naturelle exploitable et ne peuvent donc avoir recours qu’au
solaire qui, s’il permet de résoudre certains problèmes n’en est pas au
point de remplacer le pétrole. Les pays africains envisagent très
sérieusement l’implantation d’oléoducs et de gazoducs pour que tous les
pays puissent être approvisionnés tout en assurant l’expansion du solaire.

10. L’accès aux marchés des pays développés : La Communauté


internationale vient de reconnaître que la base du développement, c’est
plus l’agriculture que l’industrie sans base locale, qui pourrait être
transposée dans n’importe quel pays du monde. Au moment où le
consommateur européen se détourne des produits européens, l’Afrique
voit d’énormes possibilités dans la culture biologique. Malheureusement,
les exportations vers les pays développés qui auraient pu permettre de
rattraper notre retard dans le classement dans le commerce international,
rencontre de nombreux obstacles essentiellement non tarifaires. Depuis
Doha, des discussions se sont engagées entre le G8 et l’Afrique et nous
avons bon espoir de voir s’ouvrir devant nous les marchés occidentaux
comme du reste le permet les Etats Unis pour certains pays éligibles à son
programme AGOA. Les discussions se poursuivent avec l’Union
Européenne. Mais ces perspectives qui s’offrent à l’agriculture ne
deviendront des réalités que si celles-ci bénéficient d’investissements
massifs, notamment en infrastructures, en transfert de connaissance et en
travaux d’irrigation. L’agriculture africaine doit aussi attirer les capitaux
extérieurs.
5

2- Conditions essentielles à un développement durable

Pour chacun de ces secteurs ainsi identifiés, l’objectif est de combler le plus
rapidement possible la disparité qui sépare les pays d’Afrique, dans leur
ensemble, des pays développés, de façon à les mettre dans les mêmes conditions
pour aborder la compétitivité internationale et faciliter leur insertion dans la
globalisation.

L’expérience a appris aux dirigeants africains que la paix, la sécurité, la


démocratie, une bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme et une
saine gestion économique sont des conditions indispensables au développement
durable. En conséquence, les chefs d’Etats Africains s’engagent à promouvoir
ces principes, individuellement et collectivement, dans leur pays, leur région et
le continent.

2.1- Initiative pour la paix et la sécurité

L’Initiative pour la paix et la sécurité consiste en trois éléments :


• La promotion de conditions à long terme qui favorisent le
développement et la sécurité ;
• La consolidation des capacités d’alerte rapide des institutions
africaines et l’amélioration de leur capacité à prévenir, gérer et
résoudre les conflits ;
• L’institutionnalisation des engagements envers les valeurs essentielles
du NEPAD par le biais de ses dirigeants.

Des conditions à long terme permettant d’assurer la paix et la sécurité en


Afrique nécessitent des mesures pour réussir à combattre les vulnérabilités
politiques et sociales qui sont à l’origine des conflits. Celles-ci sont abordées
dans les Initiatives de Bonne gouvernance politique et économique, les
Initiatives sur les flux de capitaux et l’accès au marché ainsi que celle sur la
mise en valeur des ressources humaines.

Les efforts visant à consolider la capacité de l’Afrique à gérer tous les


aspects d’un conflit mettent l’accent sur les moyens nécessaires pour
renforcer les institutions régionales et continentales existantes dans quatre
domaines clés :
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• La prévention, la gestion et la résolution des conflits ;


• La recherche de la paix, le maintien de la paix et l’imposition de la
paix ;
• La réconciliation, le relèvement et la reconstruction suite à un conflit ;
• La lutte contre la prolifération illicite des armes légères et des mines
terrestres.

Dès la mise en place des mécanismes de mise en ouvre du NEPAD, les


dirigeants Africains s’engagent à étudier les recommandations décrivant les
mesures détaillées, assorties de leurs coûts, qui sont requises dans chacun des
domaines susmentionnés. Ce travail portera aussi sur les mesures requises
des partenaires, ainsi que sur la nature et les sources du financement de ces
activités.

Ainsi, les Chefs d’État chercheront à améliorer la capacité des mécanismes


africains à promouvoir la paix et la sécurité sur le continent, à partager les
expériences, à mobiliser pour une action collective et à s’assurer que les
principes et les engagements implicites contenus dans cette Initiative soient
respectés.

Conscients de ces exigences, les Africains s’efforceront par tous les moyens
de trouver des solutions durables aux conflits qui sévissent actuellement, ils
doivent consolider la sécurité à l’intérieur de leur pays et favoriser la paix
entre les pays.

Lors du Sommet de Lusaka, l’Union africaine a décidé de prendre des


mesures drastiques pour ressusciter les organes chargés de la prévention et de
la résolution des conflits.

2.2- Initiative pour la démocratie et la gouvernance

L’on reconnaît maintenant de par le monde qu’il n’y a pas de développement


possible en l’absence d’une démocratie véritable, du respect des droits de la
personne, de la paix et de la bonne gouvernance. Avec le NEPAD, l’Afrique
s’engage à respecter les normes mondiales de la démocratie, dont les
éléments clés sont notamment le pluralisme politique, l’existence autorisée
de partis politique et de syndicats ouvriers, la tenue régulière d’élections
7

libres et transparentes permettant aux populations de choisir librement leurs


dirigeants.

L’Initiative pour la démocratie et la gouvernance a pour objectif de


contribuer à renforcer le cadre politique et administratif des pays participants.
Cette démarche s’effectue en accord avec les principes de démocratie, de
transparence, de responsabilité, d’intégrité, de respect des droits de l’homme
et de primauté du droit. Cette initiative est renforcée par celle pour la
gouvernance économique qu’elle soutient et avec laquelle elle partage des
caractéristiques clés. Ensemble, elles doivent contribuer à orienter les
énergies du continent à progresser sur la voie du développement et de
l’éradication de la pauvreté.

L’Initiative comprend:

• l’engagement, par les pays participants, à instituer ou consolider les


pratiques et les processus fondamentaux de bonne gouvernance,
• la promesse faite par les pays participants de jouer un rôle déterminant
en soutien aux initiatives qui encouragent une bonne gouvernance,
• l’institutionnalisation des engagements par les dirigeants du NEPAD
pour assurer que les valeurs fondamentales de l’initiative soient
respectées.

Les États membres du NEPAD vont aussi prendre plusieurs engagements


pour satisfaire aux normes fondamentales de bonne gouvernance et de
conduite démocratique tout en s’aidant les uns les autres. Les États
participants recevront un appui pour entreprendre les réformes
institutionnelles souhaitées et nécessaire. Dès l’institutionnalisation du
NEPAD, le Comité des Chefs d’Etats chargés de la mise en œuvre du
NEPAD étudieront des recommandations portant sur le déploiement d’outils
de diagnostic et d’évaluation appropriés. Cette démarche devra faciliter le
respect des objectifs partagés de bonne gouvernance, afin d’identifier les
faiblesses institutionnelles et de chercher des ressources et des compétences
pour combattre ces faiblesses.

Afin de renforcer la gouvernance politique et de consolider la capacité à


respecter ces engagements, le Comité des Chefs d’Etats chargés de la mise en
œuvre du NEPAD engagera un processus d’initiatives ciblées de
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renforcement des capacités. Ces réformes institutionnelles se concentreront


sur :

• Une réforme de la fonction publique et de l’administration ;


• Le renforcement du contrôle parlementaire ;
• La promotion de la démocratie directe et participative ;
• Une lutte efficace contre la corruption et les détournements de fonds ;
• La réforme du régime judiciaire.

Les pays concernés joueront un rôle déterminant en appuyant et en mettant


sur pied des institutions et des initiatives qui protègent ces engagements. Ils
s’efforceront de créer et de renforcer des structures nationales, régionales et
continentales qui soutiennent la bonne gouvernance.

Un mécanisme d’autocontrôle des Chefs d’État Africains servira de


mécanisme grâce auquel ils étudieront une gamme d’engagements et
d’objectifs communs de bonne gouvernance, y compris le progrès de
l’évaluation des faiblesses au niveau de la gouvernance et de l’application
des réformes. Ce mécanisme constituera un moyen par lequel les pays
partageront leurs expériences afin de favoriser la bonne gouvernance et les
pratiques démocratiques sur tout le continent.

2.3- Initiative pour la gouvernance économique et la gouvernance des


entreprises

Consolider les capacités des États est essentiel pour créer les conditions du
développement. Le rôle de l’État est essentiel pour promouvoir la croissance
et le développement économiques et exécuter les programmes de réduction
de la pauvreté.

Mais en réalité, de nombreux Etats n’ont pas les capacités requises pour
remplir ce rôle du fait qu’ils ne disposent ni des politiques ni des
réglementations indispensables pouvant permettre au secteur privé d’être un
véritable moteur de croissance, encore moins de capacités à mettre en œuvre
ces programmes (même s’ils disposent des fonds requis).
9

C’est pourquoi un renforcement ciblé des capacités doit être l’une des super
priorités. Les programmes dans tous les domaines devront être précédés
d’une évaluation des capacités existantes avant d’obtenir le soutien adéquat
requis.

A cet effet, il est requis d’assurer la promotion de programmes concrets,


assortis d’un échéancier, visant à améliorer la qualité de la gestion
économique et des finances publiques ainsi que la gouvernance des
entreprises.

Ainsi, une structure spécifique sera chargée d’examiner les pratiques de


gouvernance économique et de gouvernance des entreprises dans les
différents pays et régions du continent. Au bout d’une période (à définir),
cette structure devra soumettre à l’examen du Comité des Chefs d’État
chargé de la mise en œuvre du NEPAD des recommandations sur les normes
et les codes de bonne pratique appropriés qui soumettra ces recommandations
aux Chefs d’États africains pour leur mise en application.

Dans ce cadre une attention particulière sera accordée à la gestion des


finances publiques. Les pays mettront en place un programme visant à
améliorer la gestion des finances publiques, fixeront des objectifs et
conviendront des mécanismes de suivi.

Le Comité des Chefs d’État chargé de la mise en œuvre NEPAD mobilisera


des ressources pour consolider les capacités afin de permettre à tous les pays
de respecter les normes minimales et les codes de bonne pratique convenus
mutuellement.

3- La Conférence de Dakar sur le financement

Tenant compte de la volonté affirmée de rompre avec le cercle vicieux de


l’endettement, le financement des projets et programmes qui découleront de la
mise en œuvre des objectifs du Nepad, a ainsi requit une réflexion alternative.

Sur la base d’indications, la réalisation des objectifs contenus dans le Nepad


nécessitera la mobilisation annuelle d’environ 64 millions de dollars US (soit
pour couvrir l’objectif de croissance du PIB de 7 % par an d’ici l’an 2015).
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Comme déjà indiqué, ces ressources proviendraient, entre autres, de la


mobilisation de l’épargne privée africaine, et des flux de capitaux privés
extérieurs. Il est prévu l’organisation d’une rencontre qui se tiendra après celle
de Montherey au Mexique (en fin mars 2002) et avant le prochain sommet du
G8 prévu au Canada en juin 2002.

La Conférence de Dakar sur la participation du secteur privé au financement du


Nepad se tiendra à Dakar les 15, 16 & 17 Avril 2002.

En prélude à cette rencontre, la Panafricaine des Organisations d’Employeurs a


organisé une conférence sur le même thème (du financement du NEPAD) les 17
et 18 Janvier 2002 à Dakar. Cette conférence a marqué l’engagement du
patronat Africain, à s’impliquer, aux côtés des Chefs d’Etats Africains, à
l’élaboration de stratégies de mobilisation de l’investissement pour le
financement du développement de l’Afrique à travers le Nepad.

Elle a débouché sur des engagements fermes fermes de participer effectivement


au financement du Nepad mais aussi, à participer à l’élaboration de stratégies de
mobilisation de l’investissement privé étranger.

Voilà en résumé quelques axes de réflexion sur le Défi Africain, la Bonne


Gouvernac et le Nepad.

Les présentations ainsi que les discussions qui vont suivre ne manqueront pas
d’enrichir ces éléments soumis à votre appréciation.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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