Valorisation des Mâchefers dans le Ciment
Valorisation des Mâchefers dans le Ciment
Spécialité de doctorat :
Environnement
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SIGLE ECOLE DOCTORALE NOM ET COORDONNEES DU RESPONSABLE
MATÉRIAUX DE LYON
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EDML 69134 Ecully CEDEX Tél
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M. Philippe DELACHARTRE
ÉLECTRONIQUE, ÉLECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE
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1
ScSo : Histoire, Géographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie
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Résumé :
La fraction fine des MIDND (particules mesurant moins de 2 mm) représente 30 à 40 % de la
masse des MIDND. Elle est rarement valorisée, notamment à cause des teneurs élevées en
éléments traces métalliques qu’elle contient. Sa composition chimique et sa granulométrie en
font néanmoins une candidate intéressante pour être utilisée comme matière première
secondaire dans des matériaux cimentaires. De plus, la présence d’aluminium métallique dans
les MIDND pourrait permettre son utilisation en tant qu’agent porogène pour la production
de matériaux aérés. Cette thèse porte dans un premier temps sur la caractérisation physico-
chimique de la fraction fine des MIDND en vue de son utilisation comme agent porogène, et
vise notamment à évaluer la quantité et la réactivité de l’aluminium métallique. La démarche
expérimentale de formulation des matériaux cimentaires est divisée en trois étapes. Les
paramètres influençant les propriétés d’intérêt ont tout d’abord été identifiés au cours d’une
étude sur pâte de ciment. L’optimisation de ces paramètres de formulation est réalisée sur
mortier et est accompagnée de caractérisations physiques, microstructurales et
environnementales. Les formulations jugées optimales ont alors été mises en œuvre sur
bétons afin de vérifier la validité de la démarche expérimentale. Les résultats montrent que
cette démarche permet de produire effectivement des mortiers et des bétons de MIDND avec
des masses volumiques, résistances à la compression et conductivité thermique comparables
à celles des matériaux aérés de référence. Les pores des matériaux avec MIDND diffèrent de
ceux des matériaux aérés de référence par leur plus petite taille et par leur forme irrégulière.
Les tests de lixiviation à l’échelle des bétons et de mortiers ont démontrés de faible relargage
en polluants, compatibles, pour la grande majorité des matériaux, avec les seuils
environnementaux définis par l’Arrêté du 18 novembre 2011 et le Soil Quality Decree.
Sans acte :
Présentations orales :
M. Brossat, M. Perrin, M. Lupsea, L. Svecova, E. Prud’Homme, D. Blanc, C. de Brauer.
Recovery and valorization of metals contained in the fine fraction of
Waste-to-Energy Bottom Ash. Présentation dans la cadre de la signature du MOU entre
l’institut de recherche NIER (Corée du Sud) et le laboratoire DEEP (INSA Lyon, France).
20 – 22 juin 2023, Lyon, France.
CHAPITRE 5 : ETUDE DES BETONS LEGERS REALISES AVEC LA FRACTION FINE DES
MACHEFERS COMME AGENT POROGENE............................................................................. 235
I. Propriétés physiques des bétons ............................................................................... 238
I.1. Bétons de référence ........................................................................................................ 238
I.2. Bétons de MIDND ............................................................................................................ 239
I.3. Conclusions sur les performances physiques des bétons ............................................... 246
II. Propriétés microstructurales : études de la porosité et de la minéralogie ............... 247
II.1. Morphologie .................................................................................................................... 247
II.2. Porosité............................................................................................................................ 249
II.3. Minéralogie ..................................................................................................................... 254
II.4. Conclusions sur les propriétés microstructurales des bétons......................................... 258
III. Propriétés environnementales................................................................................... 258
III.1. Bétons de référence .................................................................................................... 263
CI : Chromatographie Ionique
MA : Mortier Aéré
MN : Mortier Normalisé
MS : Matière Sèche
Nm3 : Normo mètres cubes (m3 en conditions normales à savoir 273,15 K et 1 atm)
Tableau 0-1 : Correspondance entre les notations cimentières et les formules chimiques
A Al2O3 Alumine
H H2O Eau
Introduction générale
Au cours du XXème siècle, l’essor des énergies fossiles a permis une amélioration globale des
conditions de vie, entrainant une croissance démographique et une urbanisation sans
précédent. Ces mutations se sont accompagnées d’une augmentation record de la
consommation et conséquemment, de la production de déchets, imposant la mise en place
de systèmes de gestion et de traitement de ce flux. L’incinération est une méthode de
traitement des déchets qui réduit leur volume et permet leur hygiénisation. Il s’agit de la filière
de traitement des Déchets Non-Dangereux principale en Europe et en France, puisqu’elle
traite respectivement 26% et 27% des déchets non-dangereux produits dans ces zones
(Eurostat 2018 ; ADEME 2020).
Les Mâchefers d’Incinération de Déchets Non-Dangereux (MIDND) sont des résidus solides
générés par le procédé d’incinération. Ils sont produits annuellement à hauteur de 3 Mt en
France et 17 Mt en Europe. A l’échelle de l’Europe, les résidus de l’incinération des déchets
sont eux-mêmes considérés comme des déchets (Décision de la Commission Européenne du
18 Décembre 2014). Ce décret n’encadre toutefois pas leurs voies de gestions et laisse la
liberté aux Etats membres de déterminer le devenir des mâchefers. En France, l’arrêté du 18
novembre 2011 encadre leur valorisation et la limite à une utilisation en technique routière.
Cependant, la réduction du nombre de chantiers d’aménagement routier, au cours des
dernières années, a entraîné une diminution de la part de MIDND valorisés (de 73% en 2011
à 60% en 2018), générant un accroissement des quantités de MIDND envoyés en installation
de stockage (DT 92, AMORCE, 2018). Ainsi, 46 % des MIDND produits en Europe chaque année
sont stockés faute d’exutoires. Cependant, le stockage de MIDND est coûteux et son
évitement total pourrait permettre de diviser le coût de gestion de ces installations par deux
(Institut National de l’économie circulaire, 2020). En outre, le stockage de MIDND, matière
minérale potentiellement valorisable, va à l’encontre des objectifs environnementaux visant
à développer les démarches d’économie circulaire. Le déploiement de nouvelles voies de
valorisation des MIDND contribuerait à répondre aux enjeux environnementaux actuels tout
en réduisant le coût économique de la gestion des déchets.
Lors de l’incorporation de MIDND dans des matrices cimentaires, les auteurs observent des
gonflements indésirables, réduisant la résistance mécanique des matériaux. Ce gonflement
est généré par le gaz produit au cours de la réaction d’oxydation de fragments d’aluminium
métallique contenu dans les mâchefers. Etant donné que de la poudre fine d’aluminium est
utilisée comme agent porogène pour la production de béton aéré à l’échelle industrielle, il
apparait alors que les MIDND pourraient être valorisés en tant que substitut à cet agent
porogène pour la production de matériaux cimentaires aérés. Par ailleurs, l’incorporation de
déchets tels que les MIDND dans des matériaux cimentaires, entraîne la stabilisation des
polluants qu’ils contiennent (Trussell and Spence, 1994 ; Margallo et al., 2014). L’utilisation de
la fraction fine des MIDND comme substitut à l’agent porogène pour la production de béton
aéré aurait alors le double avantage de limiter la consommation d’une poudre d’aluminium
d’origine naturelle coûteuse, tout en stabilisant les polluants de la fraction fine des MIDND.
La première étape mise en place est réalisée à l’échelle des pâtes de ciment. Il s’agit d’une
matrice peu complexe, qui nécessite des quantités de matières et des temps de préparations
très limités. A cette échelle, il sera alors possible de préparer et d’étudier de nombreux
échantillons dont les propriétés seront analysées grâce à une méthode statistique fondée sur
la théorie des plans d’expérience. L’étude sur pâte de ciment permettra d’apporter des
La deuxième étape de cette méthode d’optimisation est réalisée sur mortiers. Elle permettra
de vérifier et d’approfondir les conclusions tirées au cours de l’étude sur pâte de ciment. A
cette échelle, le comportement des mortiers sera observé à l’état frais et au cours de la cure.
Une étude microstructurale sera également réalisée afin de relier les propriétés physiques à
la minéralogie et à la porosité des échantillons. La synthèse des résultats obtenus permettra
alors d’éclairer le choix d’un nombre réduit de formulations à tester à l’échelle des bétons. La
dernière étape consiste donc en la mise en œuvre et en l’évaluation des propriétés des bétons.
La méthodologie adoptée demande une bonne connaissance des matières premières utilisées.
C’est pourquoi, une caractérisation physico-chimique préalable des MIDND est nécessaire. En
particulier, la teneur en aluminium métallique réactif, responsable de l’aération des
matériaux, doit être déterminée. Par ailleurs, la valorisation des MIDND étant encadrée par
l’Arrêté du 18 novembre 2011, il sera nécessaire de vérifier leur compatibilité avec les seuils
réglementaires.
Le Chapitre 2 décrit les matières premières, le matériel et les méthodes utilisés pour ce travail.
Il débute par une présentation des mâchefers de l’étude, puis développe les outils et
méthodes employés pour leur caractérisation. La formulation et la caractérisation physico-
chimiques des matériaux cimentaires mis en œuvre sont ensuite développées. Enfin, ce
chapitre se clôture sur les méthodes de caractérisation microstructurale des matériaux
produits.
Les résultats de la caractérisation des matières premières sont présentés dans le Chapitre 3.
Cette partie s’ouvre sur la caractérisation physique des mâchefers, du ciment et du sable. Elle
traite en particulier de leur distribution granulométrique et de leur masse volumique. Ce
chapitre se poursuit par une caractérisation chimique, regroupant des résultats d’analyse en
contenus totaux et de minéralogie. Des résultats d’essais de lixiviation sont présentés à la fin
de ce chapitre. Ils sont notamment utilisés afin de vérifier que le relargage d’éléments traces
métalliques de la fraction fine des MIDND est conforme aux seuils définis par l’Arrêté du 18
novembre 2011, relatif à la valorisation des MIDND.
Le Chapitre 4 regroupe les résultats obtenus au cours des deux premières étapes de la
méthode d’optimisation des matériaux cimentaires, à savoir à l’échelle des pâtes de ciment,
et des mortiers. Ce chapitre débute par une étude de la consistance, du gonflement, de la
masse volumique et de la résistance en compression des pâtes de ciment, utilisant la théorie
des plans d’expérience. Les résultats obtenus sont analysés afin d’évaluer l’influence de
quatre paramètres de formulations, sur ces mêmes propriétés. Les paramètres permettant
l’obtention d’une pâte de ciment peu dense mais résistante sont jugés intéressants et sont
utilisés pour la formulation de mortiers. L’étude des mortiers est l’objet de la deuxième partie
de ce chapitre. L’influence de quatre paramètres est alors approfondie : la quantité, l’origine,
le broyage et les sous-fractions granulométriques des MIDND. A cette échelle, les propriétés
d’usages des mortiers contenant des MIDND sont étudiées à l’état frais et au cours de la cure.
L’évaluation de leur performance se fait par comparaison avec des mortiers ne contenant pas
de mâchefers, appelés mortiers de référence normalisés et aérés. Ce chapitre se poursuit sur
une étude des caractéristiques microstructurales des mortiers permettant de relier leurs
propriétés d’usages à une porosité ou une minéralogie caractéristique. Enfin, les résultats
d’essais de lixiviation des mortiers sont analysés et comparés aux seuils de l’arrêté
néerlandais : le Soil Quality Decree, car aucune réglementation française ne porte sur la
valorisation des MIDND dans des matériaux de constructions. La synthèse des résultats de ce
chapitre est alors utilisée afin d’identifier les formulations à tester à l’échelle des bétons.
Le Chapitre 5 est consacré à transposition à l’échelle des bétons. Il s’intéresse aux trois
propriétés d’usages principales des bétons légers, à savoir la masse volumique, la conductivité
thermique et les résistances en compression. De la même manière qu’au cours de l’étude sur
mortiers, les caractéristiques microstructurales des formulations mises en œuvre sont
étudiées, afin d’expliquer les propriétés d’usages précédemment observées. La bonne
stabilisation des polluants des MIDND au sein de la matrice cimentaire est évaluée au travers
d’essais de lixiviation, dont les résultats sont une fois encore comparés aux seuils du Soil
Quality Decree, afin de vérifier que les bétons produits peuvent, légalement, être utilisés
comme matériaux de construction au Pays-Bas. Les résultats de l’analyse environnementale
permettent également d’étudier les mécanismes et espèces dirigeant la lixiviation.
Ce travail a été mené dans le cadre du projet européen ReFina « novel methods for enhanced
Recovery of metals and minerals of the Fine incineration ash » visant à développer des
méthodes de récupération et de valorisation des métaux contenu dans la fraction fine des
MIDND. Ce projet rassemble des partenaires issus de trois pays européens : la Belgique, La
République Tchèque et la France. Il a été développé dans le cadre de l’appel à projet ERA-MIN
2 soutenu par le programme Horizon 2020. Ce projet a été financé par l’ADEME.
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CHAPITRE 1 : ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE
Introduction
L’objectif de cette thèse est de contribuer à la valorisation des Mâchefers d’Incinération de
Déchets non Dangereux (MIDND) en tant que matière première secondaire pour la fabrication
de matériaux cimentaires légers.
Cet état de l’art s’ouvre donc sur une présentation générale de la production, des propriétés
et des modes de gestion actuels des MIDND. La deuxième partie présente ensuite les
propriétés des mortiers et bétons traditionnels et aérés. Enfin, la dernière partie regroupe les
conclusions des études précédentes ayant porté sur l’incorporation de MIDND dans des
matériaux cimentaires.
Seuls les déchets ayant un Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) supérieurs à 7500 J.kg-1 peuvent
être incinérés. C’est notamment le cas des Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) (Antonini,
2003). L’incinération a l’avantage de permettre une hygiénisation et une réduction importante
du volume des déchets (jusqu’à 90 %) (Brunner & Rechberger, 2015). Ce procédé génère
toutefois deux types de résidus solides :
Les MIDND sont l’objet de cette étude. Leur extraction se fait généralement en voie humide
par immersion dans l’eau en partie basse de four (Rendek et al., 2007; AMORCE, 2018). Cette
immersion présente un double objectif, refroidir les MIDND et faciliter leur extraction (Keber
et al., 2020). Ensuite, les MIDND subissent, au sein de l’usine d’incinération ou en Installation
de Maturation et d’Elaboration (IME), des traitements additionnels ayant pour but
d’homogénéiser leurs propriétés (criblage à 40 mm par exemple) et d’extraire les éléments
valorisables.
un incinérateur ou bien sont situées sur un site extérieur et traitent des MIDND de plusieurs
unités de valorisation thermique des déchets non dangereux (AMORCE, 2018).
Les traitements mis en œuvre conduisent à la fois à des changements physiques et chimiques.
Le criblage est la première étape du procédé et permet de séparer les imbrûlés de grandes
tailles du reste des MIDND. La majorité des IME de mâchefers intègre également une étape
d’extraction des métaux ferreux et non ferreux (AMORCE, 2018). La dernière étape est
appelée maturation.
Au cours de l’étape de maturation, les mâchefers sont stockés en tas à l’air libre, mais sous
abris, et sont le siège de nombreuses réactions physico-chimiques qui réduisent leur potentiel
polluant, en induisant notamment une diminution de leur pH (passant de 12 à 13 en entrée à
8 ou 9 après plusieurs mois de maturation) (Meima & Comans, 1997). Ce phénomène repose
principalement sur la carbonatation des MIDND causée par la dissolution du CO2,
atmosphérique ou produit in situ par la dégradation microbienne de la matière organique,
dans les eaux des pores (Rendek et al., 2006a, 2006b). Dans une moindre mesure, l’étape de
maturation permet la minéralisation de certains composés chimiques, une oxydation des
métaux, et la dégradation de la matière organique résiduelle (Rendek et al., 2007a ; AMORCE,
2018). La durée moyenne de maturation est de 3 mois et demi mais peut aller jusqu’à 12 mois
(AMORCE, 2018).
Cette partie présente les caractéristiques principales des mâchefers et les valeurs
couramment rencontrées dans la littérature. Du fait du manque de données disponibles sur
la fraction fine des MIDND, la majeure partie des caractéristiques décrites ici concernent des
mâchefers dans leur intégralité.
Certains éléments peu calcinés sont appelés phase relique ou scoriacée. Ces éléments sont
facilement identifiables, car ils n’ont subi que peu de modifications dans le four du fait de leur
nature élémentaire (température de fusion élevée par exemple) ou bien en raison d’un
mélange imparfait des déchets dans le four (Dabo, 2008 ; Wei et al., 2011). Une autre phase,
dite phase primaire ou vitreuse, provient de la fusion partielle ou totale des déchets. Elle est
formée à haute température et il est difficile d’identifier la forme ou la nature des déchets
initialement présents dans le four. Cette phase est principalement composée de solides de
forme très irrégulière et de composition élémentaire et minéralogique complexe comme
observé sur la Figure 1-1. Ces assemblages minéralogiques hétérogènes sont les résidus des
déchets partiellement fondus. Il est notamment possible d’observer des gouttes ou éclats
métalliques inclus dans des phases aluminosilicatées (Keber et al., 2020). Les particules ayant
complètement fondues ont une forme régulière, ronde et une composition homogène simple.
Enfin, une phase dite secondaire peut être formée lors de la trempe ou de la maturation des
MIDND. Les minéraux formés sont alors typiques des basses températures et sont
généralement hydratés ; on peut notamment retrouver des C-S-H ou de la portlandite (Dabo,
2008; Loginova et al., 2019).
Figure 1-1 : Observations MEB d'une particule de la phase primaire. Inclusion dans une matrice
aluminosilicatées. (Keber et al., 2020)
En observant ces images, il est difficile de distinguer un changement de morphologie entre les
différentes sous-fractions granulométriques de moins de 500 µm. Il semblerait que toutes ces
particules aient une surface très irrégulière composée d’un amas de petits grains qui
correspondrait à un assemblage d’imbrûlés et de verre (Lu et al., 2020). Les particules plus
grossières (de diamètre supérieur à 500 µm), sont décrites par Loginova et al. (2019) comme
lisses et seraient principalement composées de céramiques et de grosses pièces métalliques.
Figure 1-2 : Observation MEB des particules fines de MIDND (a) < 63 µm ; (b) 63 – 90 µm ; (c)
125 – 180 µm ; (d) 180 – 250 µm ; (e) 250 – 355 µm ; (f) 355 – 500 µm (Loginova et al., 2019)
Figure 1-3 : Distribution granulométrique des particules de MIDND. Compilation des données de
(Vercasson, 2011; Gonzalez, 2014; Hammoud, 2019; Huber et al., 2019)
Après l’étape de criblage les particules composant les MIDND mesurent entre 40 mm et
quelques micromètres. Les études suggèrent toutefois que 30 à 40 % de la masse des MIDND
proviendrait des particules mesurant moins de 2 mm et 25 % des particules de moins de 1 mm
(Xia et al., 2017 ; Šyc et al., 2018). La Figure 1-3 présente une compilation de la distribution
granulométrique des MIDND de la littérature.
Les MIDND étudiés par Vercasson (2011) et Gonzalez (2014) proviennent de la même usine
d’incinération située en périphérie de Lyon. Les MIDND de l’étude de Huber et al. (2019) ont
été échantillonnés dans trois installations différentes situées à Vienne (Autriche). Bien qu’issus
d’installations et de régions différentes, les MIDND étudiés présentent une distribution
granulométrique relativement comparable. Ces données semblent indiquer une teneur en
particules inférieures à 2 mm légèrement plus faible que celle indiquée par Šyc et al. (2018),
et plutôt comprise entre de 22 et 35 %.
Le taux d’imbrûlés dépend du type de four et peut être estimé par mesure de la perte au feu
à 550 °C (NF EN 15935:2021) ou bien par mesure du carbone organique total (COT) (Pepin et
al., 2001). Cette dernière méthode est retenue officiellement pour déterminer le caractère
polluant des déchets et en particulier des mâchefers (Arrêté du 18 novembre 2011 ; SETRA,
2012). Elle est considérée comme la plus fiable car l’estimation par pertes au feu peut, dans
certains cas, surestimer le taux de matière organique, notamment à cause de la
décomposition d’hydrates, de certains carbonates, et de la volatilisation des sels (Pepin et al.,
2001). Les deux méthodes avancent toutefois un taux de matière organique compris entre 0,2
et 3 % (Dugenest et al., 1999; Pepin et al., 2001; Rendek, 2006). Par ailleurs, un lot de mâchefer
est valorisable seulement si son COT est inférieur à 30 g.kg-1 (Arrêté du 18 novembre 2011 ;
SETRA, 2012).
La matière organique présente dans les mâchefers est principalement composée de carbone
organique non extractible tel que la cellulose (74%) ou la lignine (20%) (RECORD, 2015). Le
reste correspond principalement à des molécules extractibles à l’eau (6%) et donc lixiviables
telles que des substances humiques, des acides carboxyliques et des composés hydroxylés.
Une fraction très faible (0,2%) est extractible par des solvants organiques. Elle comprend des
Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP), des alcanes, des acides gras saturés…
(Dugenest et al., 1999 ; Pepin et al., 2001; RECORD, 2015).
Tous les éléments majoritaires sont présents dans l’ensemble des fractions granulométriques.
Toutefois, leur abondance peut être très dépendante de la fraction étudiée. Le cas le plus
parlant est celui du silicium présent dans les mâchefers sous forme de verres, primaires ou
formés au cours de l’incinération, et de phases silicatées (quartz, gehlenite, plagioclase,
clinopyroxène, …). A l’échelle globale, le silicium est l’élément le plus abondant dans les
MIDND. Néanmoins, sa concentration diminue de manière importante avec la taille des
particules (Chimenos et al., 2003; Huber et al., 2019; Loginova et al., 2019). Le calcium, le fer
et le soufre voient leur concentration augmenter dans les fractions les plus fines (Chimenos
et al., 2003; Loginova et al., 2019).
En observant la fraction des mâchefers mesurant plus de 50 mm, Huber et al., (2020)
concluent que près de 50 % du fer (et 20 % du cuivre) contenus dans les mâchefers sont, en
réalité, dans cette fraction. L’aluminium serait contenu à 50 % dans la fraction 8 – 16 mm
(Huber et al., 2020).
Tableau 1-1 : Composition élémentaire des mâchefers issue de la littérature depuis 2004.
Compilation de Hammoud (2019), enrichie d'après (Kaibouchi, 2004; Rendek, 2006; Gonzalez, 2014;
Li et al., 2018)
Majeurs (g.kg-1)
Al 3 - 98
Ca 16 - 250
Fe 3 - 119
K 3 – 19
Mg 5 - 28
Na 9 – 56
P 0 - 21
Si 93 – 307
Mineurs (mg.kg-1)
As 0 - 240
Ba 65 – 3920
Cd 0,5 - 92
Co 0 – 67
Cr 20 - 3000
Cu 1041 – 7743
Hg 0,016- 0,135
Mn 72 - 2127
Mo 2 – 300
Ni 45 – 2107
Pb <80 - 6136
Sb 4 – 400
Sn 2 – 568
Sr 256-652
Ti 3600 - 7880
V 26,9 - 38,9
Zn 264 - 7732
Zr 129,9 - 200,4
Une observation similaire a été réalisée pour le zinc puisqu’entre 42,9 % et 74,2 % du Zn se
trouverait dans la fraction inférieure à 3 mm (Xia et al., 2017). Toujours d’après Xia et al.
(2017), le Zn métallique n’a été observé que dans les fractions mesurant plus de 3 mm, et
compte pour 6,2 à 8,5 % de la masse totale de Zn soit 1,6 à 2,5 g.kg-1.
Très peu d’études portent sur la caractérisation chimique complète des fractions fines et
ultrafines des MIDND. Loginova et al. (2019) sont parmi les premiers à publier des teneurs en
ETM dans les fractions fines des MIDND. Leur étude de MIDND maturés 3 mois, démontre que
les fractions constituées de particules mesurant moins de 355 µm sont les plus concentrées
en ETM et que cette concentration augmente avec la diminution de la taille des particules.
Au cours de l’incinération, les phases primaires formées sont dites artificielles. Ces phases
artificielles n’ont pas d’équivalent naturel car elles ne sont pas produites à l’équilibre
thermodynamique et ne peuvent donc pas être comparées avec des phases formées sur le
long terme dans des conditions stables (Keber et al., 2020). D’autres phases, dites phases
secondaires sont formées au cours de l’étape de maturation. La nature de ces minéraux
secondaires dépend des phases initialement présentes dans les MIDND. Elle dépend aussi
fortement de la présence d’eau qui facilite le développement de nouvelles phases hydratées.
La composition minéralogique caractéristique des MIDND est très souvent étudiée à l’aide
d’un Diffractomètre à Rayons X (DRX). Le Tableau 1-2 compile les phases d’intérêts observées
dans les mâchefers de la littérature.
Tableau 1-2 : Phases minérales principales détectées par DRX dans les MIDND. Compilation à partir
des données de (Eighmy et al., 1994; Pineau et al., 1998; Piantone et al., 2004; Saikia et al., 2015;
Blanc et al., 2018; Hashemi et al., 2018; Hammoud, 2019; Loginova et al., 2019)
De très nombreux articles s’accordent sur la présence de calcite (CaCO3) et de quartz (SiO2)
comme phases principales des MIDND. Leur proportion varie toutefois de manière
substantielle avec la variation de la taille des particules ou de la période de l’étude.
Chimenos et al. (2003) observent par exemple un pourcentage de SiO2 de 11,3 % dans la
fraction 0 – 1 mm contre 29,8 % dans la fraction 6 – 15 mm. D’après Loginova et al. (2019) ce
comportement est à mettre en relation avec la bonne résistance mécanique du quartz,
relativement aux autres phases constitutives des MIDND. Par ailleurs, del Valle-
Zermeño et al., (2017) ont mis en évidence une diminution substantielle, en 15 ans, du
pourcentage de verre dans la fraction supérieure à 16 mm du fait du recyclage.
Blanc et al., (2018) sont les seuls à décrire la pseudo-wollastonite (CaSiO3) comme phase
principale mais cette observation est en accord avec les résultats de caractérisation chimique.
Les phases présentes à des teneurs moyennes comme l’hématite (Fe 2O3), la gehlénite
Après une étude détaillée de 14 fractions granulométriques (allant de 0 à plus de 22,4 mm),
Loginova et al., (2019) proposent de ne différencier que 6 groupes de compositions
minéralogiques différentes. Ils notent que tous les groupes sont composés de quartz, de
spinelle et de pyroxène dans des proportions peu variables. La calcite est seulement présente
dans les fractions mesurant moins de 4 mm au même titre que la zéolite qui est quasi-
exclusivement retrouvée dans les fractions de moins de 4 mm. La présence de zéolite dans ces
fractions est à associer à son utilisation domestique en tant qu’absorbant ou poudre à laver.
Les traces parfois détectables dans les fractions plus grossières sont à mettre sur le compte
de petites particules accrochées à la surface des plus grosses (Chimenos et al., 1999; Loginova
et al., 2019). La présence d’anhydrite semble caractéristique des particules mesurant moins
de 500 µm, et la présence d’halite de celles de moins de 180 µm. Les classes granulométriques
proposées par Loginova et al., (2019) sont alors :
- 0 – 0,180 mm ;
- 0,180 – 0,500 mm ;
- 0,500 – 1 mm ;
- 1 – 4 mm ;
- 4 – 22 mm ;
- > 22 mm.
Dans les fractions fines (inférieures à 0,500 mm), Singh et al., (2022) observent, en plus du
quartz et de la calcite, de la berlinite (AlPO4) et des silicates de calcium (Ca2SiO4).
L’aluminium métallique est très réactif en milieu alcalin : il s’oxyde avec dégagement de
dihydrogène selon la réaction (1-1) :
Il s’agit d’un élément clé lors de la caractérisation des mâchefers dans l’objectif d’une
valorisation dans des matériaux de construction, car son oxydation, en générant du gaz peut
s’avérer délétère pour les propriétés des matériaux produits (Pera et al., 1997; Bertolini et al.,
2004; Müller & Rübner, 2006). En plus de l’aluminium, le zinc est également susceptible de
s’oxyder en milieu alcalin et de générer du dihydrogène. Dans la littérature, toutefois, tout le
volume de gaz généré est associé à l’oxydation de l’aluminium métallique. La contribution des
autres métaux réducteurs à la production d’H2 est négligée. En effet, la concentration de Zn
et son potentiel d’oxydo-réduction sont faibles relativement à l’aluminium. Une liste des
métaux réducteurs, leur potentiel d’oxydo-réduction et leur concentration dans les MIDND de
cette étude est disponible en annexe (Annexe 1- 1).
D’autres études ont porté sur la quantification de l’aluminium dans la fraction fine. Pour
del Valle-Zermeño et al. (2017), l’aluminium métallique représente 60 à 95 % des métaux non
ferreux de la fraction < 2 mm et compte pour 1,55 %MS de la fraction 1 – 2 mm mais seulement
0,51 %MS de la fraction 0 – 1 mm. Selon Muchová (2004) et Biganzoli et al. (2013), la fraction
< 1 mm est la fraction la plus riche avec respectivement 1,8 % MS et 0,93 % MS des mâchefers
composé d’Al0. Saffarzadeh et al. (2016), approfondissent ces résultats et observent que la
fraction 0,6 – 1 mm est, en effet, la fraction la plus riche en Al0. A l’inverse, la fraction < 0,6 mm
est celle générant le moins de dihydrogène parmi toutes les fractions étudiées (fractions
comprises entre 0 – 4,75 mm).
La méthode privilégiée par une grande partie des auteurs est celle de l’attaque basique
(Aubert et al., 2004; Berkhout et al., 2011; Biganzoli et al., 2013; Saffarzadeh et al., 2016; Wang
et al., 2016; del Valle-Zermeño et al., 2017; Xuan et al., 2018). Bien que les paramètres varient
d’une étude à une autre, le principe de la méthode reste le même, et consiste à placer les
MIDND dans une solution aqueuse alcaline et à mesurer le volume de gaz produit. L’aluminium
réagit selon la réaction (1-1), présentée plus haut.
L’utilisation d’une solution de NaOH est la méthode la plus répandue (Aubert et al., 2004;
Wang et al., 2016; del Valle-Zermeño et al., 2017; Xuan et al., 2018) , mais certains auteurs
comme Saffarzadeh et al. (2016) et Nithiya et al. (2018), utilisent l’eau distillée comme réactif
et mettent à profit le caractère basique des MIDND pour alcaliniser la solution aqueuse. Le
montage est généralement agité et parfois chauffé (entre 40 et /70 °C) afin d’augmenter la
cinétique de réaction. Le temps de mesure est, quant à lui, très variable d’une étude à l’autre.
Wang et al. (2016) observent un dégagement de gaz négligeable après 15 minutes de contact
entre les MIDND et le réactif, et considèrent la réaction terminée. Saffarzadeh et al. (2016) et
Nithiya et al. (2018), à l’inverse, procèdent à des prélèvements de gaz durant 20 jours.
Bien que le seul gaz émis par la réaction d’oxydation des métaux par une solution basique soit
le dihydrogène, un entrainement de molécules dissoutes par le gaz formé peut avoir lieu.
Toutefois, il est généralement admis que le gaz émis au cours de ces essais est du dihydrogène
pur. Ainsi, les études s’intéressent peu à la qualité du gaz produit et se concentrent
uniquement sur la mesure du volume de gaz généré (Biganzoli et al., 2013; del Valle-Zermeño
et al., 2017).
Il est également possible d’estimer l’abondance de l’aluminium élémentaire dans les MIDND
à l’aide de méthode d’analyse d’image. Pour ce faire, Saffarzadeh et al. (2016), utilisent une
méthode basée sur l’identification numérique d’image à partir d’observations au microscope
polarisé. Cette technique permet d’observer et de quantifier l’aluminium métallique même
occlus dans les particules complexes de MIDND. Les résultats obtenus dans cette étude sont
néanmoins très hétérogènes et varient de 0,35 à 2,15 % pour deux réplicats d’un même
échantillon. Cette hétérogénéité est en partie expliquée par la petite taille de l’échantillon
analysé. Les mâchefers étant de nature hétérogène, il est nécessaire d’analyser une masse
importante d’échantillon afin d’obtenir une image représentative.
- Stockés dans des installations de stockage des déchets non dangereux (ISDND), si les
conditions précédentes ne sont pas remplies.
La valorisation en tant que sous-couche routière est la voie de gestion privilégiée pour les
MIDND en France mais aussi dans d’autres pays comme le Danemark (Hjelmar et al., 2007).
Les premiers exemples d’une telle valorisation en France remontent aux années 1950 dans la
région parisienne. Néanmoins, faute d’informations précises, il est aujourd’hui difficile
d’identifier avec certitude les sites construits à cette époque (Bauchard, 1978; François &
Pierson, 2009). De nombreux témoignages et articles permettent d’identifier les constructions
légèrement plus récentes, notamment celles réalisées dans les années 1970. Plus récemment
encore (en 2013), les MIDND recyclés ont, par exemple, été utilisés sur le chantier de
l’autoroute A150, en particulier sur le tronçon Ecalles- Alix en Normandie (Rossi et al., 2016).
Toutefois, la diminution du nombre de chantiers de ce type et le durcissement des normes
environnementales réduisent les possibilités de recyclage des MIDND en sous-couche
routière. AMORCE, (2018) et l'Institut National de l’Economie Circulaire, (2020) notent
d’ailleurs une diminution de leur utilisation : alors que la valorisation en sous-couche routière
représentait 73 % des exutoires des MIDND en 2011, elle n’en représente plus que 60 % en
2016.
Lorsque la valorisation en sous-couche routière est impossible, les MIDND sont envoyés en
ISDND. La conception et l’exploitation des ISDND sont soumises à l'Arrêté du 15 février 2016
relatif aux installations de stockage de déchets non dangereux, dans lequel aucune spécificité
pour le stockage des mâchefers n’est précisément définie. Les MIDND sont donc stockés dans
des casiers suivant les mêmes règles que les autres déchets. Les casiers de stockage
comportent une barrière de sécurité passive (qui correspond au terrain naturel sur lequel est
placée l’installation ayant une perméabilité de moins de 10-9 m.s-1 sur 1 m), et une barrière de
sécurité active (permettant le drainage et la collecte des lixiviats). Un système de traitement
des lixiviats et des gaz doit être mis en place, ainsi qu’un suivi de la qualité du sol et des eaux
à proximité. L’émission de lixiviats, riches en polluants, et de gaz comme le méthane, sont la
première source de nuisances environnementales associées à ce mode de gestion des
déchets, bien que des améliorations considérables aient été réalisées dans les dernières
années (Christensen et al., 2001). En 2011, 12,9 MtCO2éq ont été émises par le traitement des
déchets en France (hors gaz lié à l’incinération des déchets). Ces émissions représentent 2,6 %
des émissions annuelles de GES de la France, et sont principalement dues au relargage du
méthane produit lors du stockage des déchets (ADEME, 2017). Aujourd’hui, 7 % des MIDND
produits ne respectent pas la législation et sont non valorisables. Ils sont alors stockés en
ISDND (Cerema, 2014).
L’utilisation des MIDND en sous-couche routière peut également avoir un impact négatif sur
l’environnement avec notamment une contamination des eaux de surfaces, souterraines et
du sol à proximité des sites de construction (Ding et al., 2001; François & Pierson, 2009). De
fait, l’utilisation des MIDND est règlementée afin de limiter les risques de contamination de
l’environnement.
Ce nouvel arrêté catégorise les MIDND à l’aide d’un test de lixiviation et d’analyses
élémentaires, en 3 types :
- Les MIDND non valorisables en raison de concentrations trop élevées dans les éluats
ou d’une présence trop importante d’un ou plusieurs composés polluants. Ces
mâchefers ne peuvent pas être valorisés et doivent être envoyés en ISDND.
- Les MIDND valorisables de type 1, sont utilisables en tant que sous-couche routière
sur une hauteur maximale de trois mètres. Leur utilisation est limitée aux scénarios
revêtus.
- Les MIDND valorisable de type 2, répondent aux seuils les plus stricts définis par
l’Arrêté. De fait, ils sont valorisables en tant que remblais techniques, sous-couches
routières et accotements d’ouvrages recouverts. La hauteur maximale acceptée en
remblai technique est de six mètres.
Dans tous les cas, l’utilisation des MIDND n’est possible qu’en dehors des zones inondables,
en dehors du périmètre de captage des eaux et des parcs nationaux et à distance des cours
d’eau.
Sur les 22 pays européens étudiés par Blasenbauer et al., (2020), 16 d’entre eux autorisent
l’utilisation des MIDND en dehors des décharges mais seulement 11 mettent réellement en
pratique cette autorisation. Au sein même des états autorisant le recyclage des MIDND, les
règles diffèrent. En Flandres ou au Pays-Bas par exemple, l’utilisation de MIDND en tant que
matériau de construction lié ou non lié est autorisée. Leur utilisation est régie par le Soil
Quality Decree, (2007) au Pays-Bas et la norme Vlarema (2012) en Flandres, et les seuils et
éléments à analyser diffèrent entre ces deux réglementations. En Italie, leur utilisation n’est
autorisée qu’en remblai, sous-couche routière et pour la production de ciment. A l’inverse, en
Norvège l’utilisation de MIDND est complètement interdite (Blasenbauer et al., 2020).
Les paramètres étudiés et les tests réalisés changent également d’un pays à l’autre. Les
Flandres imposent l’évaluation du contenu intrinsèque de nombreux éléments, en plus de
définir des seuils stricts sur la concentration dans les lixiviats. En Italie, aucune analyse en
contenu total n’est nécessaire mais la concentration dans les lixiviats de nombreux éléments
doit être évaluée (Blasenbauer et al., 2020).
Même si des tentatives d’homogénéisation ont vu le jour (Quevauviller et al., 1996), les essais
de lixiviation à mettre en œuvre sont eux aussi dépendant du lieu de valorisation. L’essai
EN 12457-2 (L/S= 10, contact de 24 h, batch), applicable en France, l’est aussi en Italie, en
Lituanie, au Portugal et en Finlande. Toutefois, au Danemark et en Pologne, c’est l’essai
EN 12457-1 qui est utilisé (L/S=2, contact de 24 h, batch). En Flandres, la lixiviation s’effectue
au travers d’un test de percolation relativement à la norme CMA2/II/A9A1.
Les résultats d’une enquête nationale réalisée en 2012 par le Cerema et publié dans un
rapport d’enquête (Cerema, 2014) sont présentés Figure 1-4. Ils montrent que le plomb est
l’élément pour lequel le seuil est le plus souvent dépassé (50 % des MIDND non valorisables
présentent des taux de Pb supérieurs au seuil de l’arrêté). Les concentrations en Sb, SO42-
(sulfate), Se et Hg dans les éluats sont également discriminantes pour une partie des MIDND.
Le COT est un paramètre disqualifiant pour plus d’un tiers des lots (35 %) et la teneur en
dioxine et furane pour 15 %. Des résultats postérieurs (Blanc et al., 2018), corroborent ces
observations avec notamment des dépassements de la teneur en Pb, Sb et SO 42-.
Figure 1-4 : Paramètres dépassant les seuils de l'Arrêté du 18/11/2011 en 2012 évalués à l’aide de test
de lixiviation selon la norme (NF EN 12457-2:2002) (Pb, Sb, SO42-, Se, Hg) et teneurs intrinsèques en
Dioxine, furane et COT, et taux de lots non conformes associés. D'après les données du rapport
d'enquête du (Cerema, 2014)
Pour Lu et al., (2020), la teneur en ETM dans les mâchefers bruts est étroitement corrélée aux
concentrations retrouvées dans les éluats. D’autres études tendent à démontrer que cette
corrélation n’est pas aussi claire car de nombreux paramètres entrent en jeu dans le
phénomène de lixiviation. Ainsi, le pH est susceptible d’influencer la lixiviation des ETM en
déplaçant les équilibres de dissolution/précipitation des phases minérales porteuses des
polluants inorganiques et les équilibres de complexation qui permettent de les maintenir en
solution (Saffarzadeh et al., 2011; Blanc et al., 2018). Le pH contrôle notamment la dissolution
des phases porteuses de Ca (Dijkstra et al., 2006; Santos et al., 2013; Blanc et al., 2018). Il est
d’autre part reconnu que la lixiviation du Pb décroit lors de la maturation des MIDND, en
particulier du fait de la déstabilisation des complexes solubles du plomb tels que Pb(OH)3- et
Pb(OH)42- lorsque le pH devient moins fortement basique.
En outre, Loginova et al., (2019) se sont intéressés à la lixiviation des MIDND en fonction de la
fraction granulométrique étudiée. Ils observent une lixiviation accrue des fractions les plus
fines, associée à une teneur en ETM importante et à une surface de contact élevée. Ainsi les
concentrations en Sb dans les lixiviats sont supérieures aux limites légales définie par le Soil
Quality Decree pour toutes les fractions inférieures à 4mm. Il en est de même pour le Zn dans
les fractions inférieures à 0,710 mm et pour le Ni pour les particules de moins de 0,500 mm.
Le Ni semble toutefois assez stable puisque seulement 0,35 % du Ni présent dans ces fractions
a été relargué.
Le béton est un matériau composite, réalisé à partir d’un liant, d’eau et de granulats (graviers
et sables). Plusieurs types de bétons sont commercialisés, chacun étant adapté à un usage
particulier : bétons autocompactants, à prise rapide, ou encore résistants aux sulfates… Leurs
propriétés sont déterminées par les proportions et le type de matières premières employées.
La norme NF EN 206\CN:2022 guide la formulation en associant chaque usage à des propriétés
et des dosages bien spécifiques.
Le mortier est un matériau cimentaire traditionnellement utilisé pour assembler ou sceller des
matériaux. Il permet par exemple de monter des briques, des parpaings ou de coller du
carrelage. Dans le cadre de projets scientifiques, grâce à une grande facilité de mise en œuvre,
il est couramment utilisé pour l’optimisation, l’étude et le développement de bétons en phase
préliminaire. Il est réalisé à partir de ciment, d’eau et de sable, et, à la différence du béton, ne
contient pas de granulats grossiers comme des graviers. Sa composition et ses propriétés sont
définies par la norme NF EN 196-1:2016.
Les liants hydrauliques réagissent au contact de l’eau. Ils forment une pâte qui fait prise
progressivement à l’air ambiant mais aussi à l’abri de l’air et notamment sous l’eau (Abdo,
2008). Le phénomène de prise est régi par des réactions d’hydratations des phases anhydres
initiales. Parmi les liants hydrauliques, les plus couramment utilisés sont la chaux hydraulique
et le ciment. (Gres-Roque, 2016)
Les liants aériens font prise par carbonatation, c’est-à-dire que le durcissement s’opère au
contact du CO2 de l’air. Le temps de prise de ce type de liant est beaucoup plus long que pour
les liants hydrauliques. La chaux aérienne est un liant aérien (Gres-Roque, 2016).
Pour tous les liants, la réactivité est un paramètre clé. Elle est fortement influencée par la taille
des particules et augmente avec la diminution de celles-ci. Les particules de taille supérieure
à 50 µm sont par ailleurs considérées comme inertes, c’est-à-dire, ne jouant aucun rôle dans
la prise du liant.
Le liant utilisé dans cette étude est un ciment Portland CEM I. Il s’agit du liant le plus
consommé en France et dans le monde. A ce titre, 20 millions de tonnes ont été utilisées en
France en 2021, dont 60 % pour la production de béton prêt à l’emploi (Global Cement and
Concrete Association).
Le clinker est réalisé à partir d’un mélange de calcaire et d’argiles, cuit à très haute
température (1450°C) puis broyés finement (The Manufacturing Process - CEMbureau). Sous
sa forme finale, il est composé d’Alite ou silicate tricalcique 3 CaO, SiO2 (notation cimentaire
C3S), de Bélite, silicate bicalcique 2 CaO, SiO2 (représenté par C2S), de Célite, composé
d’aluminate tricalcique 3 CaO, Al2O3 (C3A) et d’aluminoferrite tétracalcique 4 CaO, Al2O3,
Fe2O3 (C4AF). Un tableau précisant les notations cimentaires est disponible Tableau 0-1. Les
différentes phases composant le clinker et leurs propriétés d’intérêt sont regroupées dans le
Tableau 1-3. Le gypse (CaSO4) est ajouté comme régulateur de prise (Acker, 1998;
Pauchet, 2019).
Tableau 1-3 : Composition chimique du clinker. La chaleur d’hydratation est définie comme la somme
de l’enthalpie de formation et de la chaleur dégagée par l’absorption des molécules d’eau
Chaleur
Composition Notation Vitesse
Composé Nom chimique d’hydratation
chimique cimentaire d’hydratation
(Acker, 2015)
Quelques
Alite Silicate tricalcique 3CaO-SiO2 C3S 500 à 525 J/g
heures
Quelques
Bélite Silicate bicalcique 2CaO-SiO2 C2S 250 à 270 J/g
jours
Aluminate tricalcique 3CaO-Al2O3 C3A Instantanée 1000 à 1200 J/g
Célite
Quelques
Aluminoferrite 4CaO-Fe2O3-Al2O3 C4AF 394 à 425 J/g
minutes
Les principales réactions d’hydratation du ciment (écrites ici en notation cimentaire, pour une
liste complète des notations cimentaires voir Tableau 0-1) décrites par Gartner et al., (2002)
sont :
2 C2S + 4 H → C 3 S 2 H 3 + CH (1-3)
(1-4)
C3A+ 3 CSH 2 +26 H → C6 ASH 32
(1-5)
C6 ASH 32 + 3 C3A + 4 H → 3 C4 ASH12
(1-6)
C4 AF + 3CSH 2 + 30 H → C6AS3 H 32 + CH + FH3
(1-7)
C4AF +2 CSH2 + 28 H → C6 ( A,F) S H32
L’alite représente entre 50 et 70 % de la masse du ciment Portland (Bullard et al., 2011). C’est
elle qui influence majoritairement les cinétiques et mécanismes d’hydratation initiaux. Elle est
responsable du développement des premières résistances mécaniques et de la formation de
Silicates de Calcium Hydratés (C-S-H) selon la réaction (1-2) (Bullard et al., 2011). Les C-S-H
sont une famille d’hydrates caractéristiques des matériaux cimentaires durcis et sont, en
grande partie, responsables des résistances mécaniques du matériau cimentaire final. Ils sont
retrouvés sous forme de jennite (Ca9(OH)8(Si3O9)2·8H2O), d’afwillite (Ca3OH2(SiO3)2·2H2O) ou
de tobermorite (Ca5(OH)2Si6O16.4(H2O)). D’autres produits d’hydratation comme la portlandite
(Ca(OH)2) et l’ettringite (Ca6Al2(SO4)3(OH)12.26H2O) sont observés régulièrement. Leur
présence n’est toutefois pas recherchée car ces phases contribuent peu au développement
des résistances.
Les études sur des nanoparticules d’alite démontrent que le phénomène d’hydratation a lieu
en deux étapes. II commence par la formation d’une phase de silicates hydratés (SH), puis,
lorsque la solution est suffisamment concentrée en calcium, cette phase est convertie en
C-S-H. (Bullard et al., 2011). L’hydratation de la bélite a lieu selon la réaction (1-3) et permet,
de la même manière que pour l’alite, la formation de C-S-H et dans une moindre mesure de
portlandite. (Gartner et al., 2002 ; Bullard et al., 2011).
La réaction (1-4) est la réaction de régulation de la célite par le gypse qui permet d’éviter le
phénomène de « fausse prise ». La fausse-prise est un épaississement brusque de la pâte,
causé par la réaction très rapide du C3A en présence d’eau. Le gypse régule la prise en
réagissant avec la célite pour former de l’ettringite à la surface des grains de ciment ce qui
permet le ralentissement des autres réactions d’hydratation. (Prud’homme, 2019). Lorsque
tous les sulfates sont consommés, l’ettringite réagit avec le C3A du ciment et forme un
monosulfoaluminate (AFm) de calcium, selon la réaction (1-5) (Gartner et al., 2002 ; Abdo
2008 ; Franus et al., 2015). Une fois le liant durci, l’ettringite est connue pour provoquer des
gonflements dans les bétons, et de fait n’est pas désirable en tant que produit final
d’hydratation.
Les réactions décrites par les équations (1-2) à (1-7) perdurent tout au long du processus
d’hydratation.
particules fines et grossières à mélanger pour obtenir un volume de vide minimal (Füller,
1905).
La taille des granulats utilisés est déterminée en fonction des dimensions minimales de
l’échantillon, et des armatures éventuelles. Elle est définie par l’Eurocode 2
(NF EN 1992-2-2 :2005).
(a) (b)
Figure 1-5 : Morphologie de granulats utilisés dans les bétons : (a) granulats roulés (b) granulats
concassés
La forme des granulats est également importante car elle influe sur le mouillage des grains,
l’entrainement d’air dans le béton ou encore la compacité et la résistance (Pauchet, 2010). La
forme des granulats diffère en fonction de leur mode d’extraction. Les granulats roulés ou
alluvionnaires (Figure 1-5 (a)) sont extraits du sol des cours d’eau ; et les granulats concassés
(Figure 1-5 (b)) extraits de roches massives par concassage. Des granulats roulés sont arrondis
et lisses. Leur demande en eau est plus faible que pour les granulats concassés. Ces derniers
sont plus anguleux et rugueux, ils entrainent plus d’air que les grains roulés et leur demande
en eau est plus élevée. (Prud’homme, 2019)
La quantité d’eau ajoutée dans une formulation de béton ou de mortier est définie selon un
rapport eau/liant (E/L). Celui-ci est determiné par rapport à une classe de résistance ou
d’exposition environnementale. Il dépend de la mouillabilité des matières premières
employées et impacte grandement la résistance mécanique finale (Aïtcin, 2019).
Traditionnellement il est compris entre 0,42 et 0,60 (Kim et al., 2014 ; Aïtcin, 2019).
II.2.1. Production
L’utilisation du béton aéré est marginale en comparaison de celle du béton traditionnel. Il est
donc plus difficile d’obtenir des sources de données récentes. Toutefois, Fatré, (2013) estime
la production mondiale de béton aéré à 40 millions de m3 en 2009. Selon cette même source,
elle s’élèverait à 16,3 millions m3 en Europe, et seulement 621 000 m3 en France.
Le béton aéré est produit à l’aide d’un liant minéral, d’eau, de granulats et d’un porogène
permettant l’aération du matériau. Il existe deux grandes familles de porogènes :
- Les agents moussants, qui sont directement incorporés sous forme mousseuse dans
le mélange. Il s’agit de la méthode la plus économique et la plus facile à contrôler.
(Narayanan & Ramamurthy, 2000b) La saponine ou la kératine sont régulièrement
utilisées à cet effet (Plank et al., 2015).
- Les agents d’expansion chimique, qui, sous forme de poudre fine sont incorporés dans
la pâte lorsqu’elle est encore liquide. Une réaction chimique entre le porogène et la
pâte libère du gaz qui reste piégé au cours de la prise
(Narayanan & Ramamurthy, 2000b). La poudre d’aluminium est l’agent d’expansion le
plus couramment utilisé mais il est le composant le plus coûteux entrant dans la
fabrication des bétons aérés (Karakurt et al., 2010 ; Bonakdar et al., 2013 ;
Song et al., 2015).
Lorsque que l’aération est réalisée à l’aide d’un agent d’expansion, un autoclavage de la pâte
peut être mis en place afin de faciliter le développement des résistances et le piégeage du gaz
dans le béton (Fatré, 2013). A l’échelle industrielle, la quasi-totalité des bétons cellulaires
produits sont autoclavés. Dans le procédé décrit par Fatré, (2013), l’autoclavage est réalisé à
une température proche de 180°C, à une pression d’environ 10 bars pendant 12 heures.
L’autoclavage contribue à 19,6 % de l’impact environnemental total de la production de béton
cellulaire et constitue le deuxième pôle d’émission principal après les matières premières
(Shi et al., 2019).
II.2.2. Utilisation
Le béton cellulaire autoclavé (AAC) est utilisé depuis les années 1920 en tant que matériau
structurant (habitations individuelles et collectives de petites tailles) et non structurant
(rideau de façade, cloisons) (Fatré, 2013 ; Thongtha et al., 2014). En France l’AAC le plus
répandu est le Siporex qui n’est toutefois pas utilisable en tant que matériau structurant et
est employé pour la réalisation de cloisons. Le caractère aéré de ce béton lui confère des
propriétés isolantes tant thermiquement que phoniquement et rend son utilisation plus aisée
car il est plus maniable et se découpe à la scie. Ses propriétés isolantes rendent son utilisation
en tant que matériau coupe-feu possible et intéressante (Fatré, 2013).
Tableau 1-4 : Classe de résistance de ciments définies par la norme NF EN 197-1. Exigences
uniquement pour les ciments CEM III.
Résistance à la compression
Temps de Stabilité
Classe de (MPa)
début de prise (expansion)
résistance Résistance à court terme Résistance courante
2 jours 7 jours 28 jours min mm
32,5 L * – ≥ 12,0
32,5 N – ≥ 16,0 ≥ 32,5 ≤ 52,5 75
32,5 R ≥ 10,0 –
42,5 L* – ≥ 16,0
42,5 N ≥10,0 – ≥ 42,5 ≤ 62,5 ≥ 60 ≤ 10
42,5 R ≥ 20,0 –
52,5 L* ≥ 10,0 –
52,5 N ≥ 20,0 – ≥ 52,5 – ≥ 45
52,5 R ≥ 30,0 –
Le Tableau 1-5 regroupe les conditions de résistance pour une densité donnée telles que
définies par la norme NF EN 771-4+A1 :2015. La RILEM, (1972) préconise par ailleurs qu’un
béton léger ait une résistance à la compression supérieure à 17,0 MPa pour pouvoir être utilisé
en tant que matériau structurant. Ce document ne définit pas de limites pour la résistance en
flexion, mais elle est parfois décrite comme représentant entre 17 et 34 % de la résistance à
la compression (Hu et al., 1997 ; Wongkeo et al., 2012).
Tableau 1-5 : Résistance à la compression pour une densité donnée définie par la norme NF EN 771-4
pour les bétons légers.
Masse volumique (kg.m-3) 350 400 450 500 550 600 650 700 750 800
Résistance à la compression
3,0 3,0 3,5 4,0 4,5 5,0 5,5 6,0 6,5 7,0
minimale (MPa)
Hoff, (1972) ; Tada, (1986) et Schober, (2005) relient la structure poreuse des AAC, et
notamment l’épaisseur de la matrice solide entre deux pores, à leurs performances
mécaniques. Pour Tada, (1986), la présence d’une multitude de petits pores est préférable à
celle de quelques pores de grande taille. Cela est confirmé par Schober, (2005), pour qui la
résistance mécanique maximale atteignable par un matériau aéré est définie par l’épaisseur
minimale de solide séparant deux pores. A volume poreux constant, cette épaisseur augmente
lorsque la taille des pores diminue. Hoff, (1972) intègre en sus la notion d’hydratation dans
son propos. Pour lui, la structure poreuse et le taux d’hydratation, défini par le nombre et le
type d’hydrates, sont importants pour la détermination de la résistance mécanique.
Baranova et al., (2022) met en avant la relation linéaire entre la résistance à la compression
(R.comp.) des AAC et leur densité. Ces chercheurs notent toutefois que cela n’est pas le cas
pour les bétons non autoclavés, pour lesquels la relation peut s’exprimer selon l’équation (1-8)
suivante, avec ρm la densité moyenne du béton non-autoclavé :
La Figure 1-6 représente les résistances à la compression attendues pour des AAC et des
bétons aérés non autoclavés (non-AAC). Les données pour les AAC sont issues de l’article de
Baranova et al. (2022).
Figure 1-6 : Résistance à la compression en fonction de la densité de bétons aérés autoclavés et non
autoclavés. Données issues de Baranova et al. (2022).
Il est important de noter que les AAC sont des matériaux anisotropes. Cabrillac et al., (1992)
observe une anisotropie en résistance à la compression de l’ordre de 5 à 20 %, mais
Schober, (2005) la place plutôt autour de 10 à 15% pour la majorité des AAC.
Cette propriété est à mettre en lien avec les mouvements gazeux ayant lieu au cours de la
prise (Hoff, 1972 ; Schober, 2005 ; Cabrillac et al., 2006). Cette anisotropie est toutefois
considérée comme étant bénéfique, car la direction de plus grande résistance est
perpendiculaire à la direction la plus isolante, ce qui correspond aux directions des flux lors
d’application en construction (où la charge en compression est perpendiculaire au flux de
chaleur) (Cabrillac et al., 2006)
- La conduction, qui est le transfert d’énergie dans un milieu matériel sans mouvement
de matière. Elle a principalement lieu dans les solides ;
- La convection, qui induit un mouvement du fluide sous l’effet du gradient de chaleur ;
- Le rayonnement, qui provient de l’énergie émise par un corps dont la température est
supérieure à 0 K. Cette énergie est émise sous forme de rayonnement
électromagnétique et ne nécessite pas de milieu pour se propager.
Les bétons étant des matériaux poreux, les échanges thermiques sont principalement régis
par la conduction dans la matrice solide, et par la convection dans les pores (Nguyen, 2013 ;
Mohaine, 2018). Cette dernière est considérée négligeable devant les transferts conductifs,
pour peu que les pores soient de petites tailles (Cermak & Rybach, 1982). De fait, les méthodes
et les grandeurs utilisées pour étudier le transfert de chaleur au sein des matrices cimentaires
caractérisent principalement leur pouvoir conducteur.
Plusieurs paramètres permettent de décrire cette propriété ; la plus utilisée est la conductivité
thermique. Elle permet de caractériser la propagation d’un flux de chaleur dans un milieu
solide par conduction (Sergiesco - Encyclopædia Universalis - Conductivité). Son expression
est définie par la loi de Fourier (1-9) (Cannon, 1984).
q = −.gradT
(1-9)
Le pouvoir isolant du béton peut également être décrit par la capacité thermique massique,
grandeur physique caractérisant l’énergie thermique nécessaire pour augmenter d’un Kelvin
un kilogramme de matériau. A pression constante, comme c’est le cas dans les matériaux
cimentaires elle s’exprime comme suit dans la relation (1-10) :
1 H (1-10)
Cp =
m T p
(1-11)
=
.C p
L’effusivité thermique (E) caractérise la vitesse avec laquelle un matériau échange de l’énergie
avec son environnement. Elle dépend à la fois de la conductivité thermique λ, de la masse
volumique du matériau ρ et de sa capacité thermique massique Cp selon la relation (1-12) :
E = . .C p (1-12)
La mesure de conductivité thermique est influencée par la méthode de mesure (Hot Disk,
Plaque chaude gardée, fil chaud, flux-mètre, etc.), l’âge de l’échantillon, son humidité, sa
porosité ainsi que les matières premières utilisées pour sa production (Neville, 1996;
Demirboǧa, 2003; Uysal et al., 2004; Wong et al., 2007; Bentz et al., 2011; Asadi et al., 2018).
Asadi et al., 2018, notent d’ailleurs que le taux d’humidité est un facteur très important dont
l’augmentation entrainera une augmentation très forte de la conductivité thermique de
l’échantillon.
Ces chercheurs proposent une relation permettant d’estimer la conductivité thermique des
mortiers, bétons et bétons aérés sur la plage de masse volumique 150 – 2350 kg.m-3 telle que :
= 0,0625e0,0015 avec λ, la conductivité thermique en W.m-1.K-1 et ρ la masse volumique en
kg.m-3 (Asadi et al., 2018).
Tableau 1-6 : Correspondance entre masse volumique et conductivité thermique des bétons légers
définie par la RE 2020
Masse volumique
350 400 450 500 550 600 800
(kg.m-3)
Conductivité thermique λ
0,12 0,125 0,14 0,16 0,18 0,20 0,25
(W.m-1.K-1)
Sun et al., (2017) ont démontré l’impact important de la quantité d’eau, de l’utilisation
d’additions minérales et de l’ajout d’un agent réducteur d’eau sur la conductivité thermique
de béton poreux. Comme dans le cas des bétons traditionnels, il existe un ratio eau/liant
optimal pour lequel la conductivité est la plus faible, au-delà, elle augmente. En utilisant des
paramètres optimaux, ces scientifiques ont produit un béton aéré avec une conductivité
thermique de 0,116 W.m-1.K-1.
La forme des porosités est un critère déterminant pour la conductivité thermique des
matériaux aérés. La littérature associe souvent les matériaux constitués de pores de grandes
tailles ou de porosités interconnectées avec un faible pouvoir isolant (Schober, 2005, 2011 ;
Wang & Dai, 2017). A l’inverse, un réseau poreux tortueux et composé de petits pores distincts
serait synonyme de faible conductivité thermique, et donc de bonne isolation.
La masse volumique apparente correspond au rapport entre la masse d’un objet et son
volume apparent. Ce dernier est défini comme la somme de son volume de solide, de pores
et d’espace intergranulaire. La masse volumique apparente est à distinguer de la masse
volumique réelle pour laquelle le volume n’inclut pas les espaces intergranulaires, et
correspond au volume réel, c’est-à-dire au volume de solide et de pores. La masse volumique
absolue, quant à elle, se réfère au volume absolu, soit le volume de solide uniquement,
porosités ouvertes ou fermées exclues. La Figure 1-7 présente ces différents volumes.
La masse volumique évolue avec le temps de cure. A l’état frais, la pâte est compacte et a une
teneur en eau maximale. Avec le temps et en fonction de la cure, une partie de l’eau s’évapore
ce qui tend à diminuer la masse volumique du matériau (Prud’Homme, 2019). En parallèle, au
cours de l’hydratation, les phénomènes de retrait plastique et endogène peuvent conduire à
la contraction de la pâte (menant à une diminution de son volume), induisant des fissures dans
le matériau.
Au-delà de 800 kg.m-3 et en dessous de 2000 kg.m-3, un béton est considéré comme léger par
la norme NF EN 206+A2 :2021. Celle-ci définit des classes permettant de catégoriser les bétons
légers en fonction de leur masse volumique. Ces classes sont regroupées dans le Tableau 1-7.
Tableau 1-7 : Classes de masse volumique des bétons légers tels que définis par la norme
NF EN 206+A2 :2021. Essais de masse volumique selon la norme NF EN 12390-7 :2019.
Classe de masse
D1,0 D1,2 D1,4 D1,6 D1,8 D2,0
volumique
Plage de masses 1000 à 1200 à 1400 à 1600 à 1800 à
800 à 1000
volumiques (kg.m-3) 1200 1400 1600 1800 2000
(a) (b)
Figure 1-8 : Observation MEB de la surface d'un (a) béton traditionnel (Benaissa et al., 1993) (b) béton aéré (Kuruma
et al., 2009)
(a) (b)
Figure 1-9 : Observation MEB d'un pore (a) à la surface lisse, après 1 jour de cure, (b) dont la surface
est cristallisée, après 7 j de cure. (Atahan et al., 2008)
Ces porosités, dont la surface est lisse à des temps de cure faible, peuvent se charger en
produits d’hydratation par la suite ; un exemple de ce phénomène est visible Figure 1-9 (a) et
Figure 1-9 (b) (Atahan et al., 2008).
II.4.2. Minéralogie
La minéralogie des matériaux cimentaires est en constante évolution. Le phénomène
d’hydratation, qui convertit les minéraux anhydres en hydrates, ralentit avec le temps mais
perdure des années. De fait, des phases anhydres et des phases hydratées sont présentes
concomitamment dans ces matériaux. La quantification de ces phases permet alors une
estimation de l’avancée de l’hydratation, car avec le temps la part d’hydrates augmente au
détriment des phases anhydres (Gartner et al., 2002).
Les principales phases anhydres sont celles qui forment le ciment à savoir l’alite, la bélite et la
célite. En fonction du type de ciment utilisé, des phases secondaires comme l’anhydrite
(CaSO4), la calcite (CaCO3), ou encore l’aluminate monocalcique (CaAl2O4) peuvent aussi être
observées (Gartner et al., 2002 ; Bullard et al., 2011 ; Hashemi et al., 2018 ; Arizzi & Cultrone,
2021).
Le Tableau 1-8 présente les phases les plus communément observées dans les matrices
cimentaires.
Tableau 1-8 : Phases hydratées observées dans les matériaux cimentaires. D'après les données de
Gartner et al., 2002 ; Bullard et al., 2011 ; Franus et al., 2015 ; Hashemi et al., 2018 et Arizzi &
Cultrone, 2021.
Notations Notations
Phases hydratées
cimentaires chimiques
Ettringite C6AŠ3H32 Ca6Al2S3O50H64
Portlandite CH Ca(OH)2
C-S-H (Tobermorite) C5S6H5 Ca5Si6O22.H10
C-S-H (Jennite) C9S6H11 Ca9Si6O22H24
C-S-H (Afwillite) C3S2H3 Ca3Si4O10H6
Gibbsite AH3 Al(OH)3
Gypse CŠH2 CaSO6H4
Carbo-aluminate de calcium C4AČ0.5H12 Ca4Al2SO22H24
Thaumasite C3SČŠH15 Ca3SiCSO25H30
Monosulfoaluminate de calcium C4AŠH12 Ca4Al2SO22H30
Hydrogarnet C3AH6 Ca3Al2(OH)12
Katoite C3AS3-xH2x Ca3Al2Si3O14H4
Schober, (2005) contredit toutefois la présence d’autres types de C-S-H et considère qu’elle
est caractéristique d’un autoclavage de mauvaise qualité, tout comme la présence de
portlandite. Pour lui, un AAC de bonne facture est composé de 50 à 80 % de petit cristaux de
tobermorite, le reste étant constitué de résidus de quartz et d’une faible proportion
d’hydrogarnet et d’anhydrite.
(a) (b)
Figure 1-10 : Observation au MEB de portlandite. (a) cristal de portlandite seul (Franus et al.,
2015). (b) colonnes de cristaux de Portlandite (Franus et al., 2015)
II.4.2.2.a. Portlandite
La portlandite apparait dans les premières minutes suivant l’ajout de l’eau de gâchage, et est
l’un des produits de réaction de l’Alite et de la Bélite avec l’eau. Elle est facilement
reconnaissable grâce aux grands cristaux hexagonaux (40 µm environ) qu’elle forme (Figure
1-10 (a)). Comme la Figure 1-10 (b) le met en évidence, ces cristaux se regroupement en
colonnes (Narayanan & Ramamurthy,2000 a; Franus et al., 2015). La Portlandite représente
environ 25% du volume de solide dans les mortiers normalisés.
II.4.2.2.b. CSH
La morphologie des C-S-H évolue au cours du procédé d’hydratation (Yan & Geng, 2023) Ils
sont initialement assimilés à des fibres longues de 2 µm (Figure 1-11 (a)) puis prennent la
forme de nid d’abeille, forme sous laquelle ils sont fréquemment décrits (Franus et al., 2015 ;
Arizzi & Cultrone, 2021). Cette dernière est aussi appelée forme réticulaire (Figure 1-11 (b)).
La cristallinité des C-S-H diminue avec le temps, et les C-S-H peuvent, au bout de quelques
mois, ressembler à un gel amorphe (voir Figure 1-12 (a)), dans lequel aucun cristal ne peut
être identifié (Franus et al., 2015 ; Yan & Geng, 2023).
(a) (b)
Figure 1-11 : Observation au MEB de C-S-H. (a) sous forme d'aiguille sur la gauche de l’image (b)
structure réticulaire ou nid d'abeille. (Franus et al., 2015).
(b)
(a)
Figure 1-12 : Observation au MEB. (a) de CSH amorphe (García-Lodeiro et al., 2012). (b)
tobermorite sous forme de château de cartes (Drochytka & Černý, 2020).
Selon Franus et al. (2015), les C-S-H représentent 50 à 60 % du volume de solide des mortiers
normalisés. La tobermorite, faisant partie de la famille des C-S-H, peut prendre les mêmes
formes, toutefois elle est souvent observée sous forme de cristaux plats et allongés
(Qu & Zhao, 2017 ; Li et al., 2018). Une structure de tobermorite dite « en château de cartes »
est parfois constatée dans les bétons autoclavés, comme sur la Figure 1-12 (b). Elle est
supposée permettre d’atteindre des résistances mécaniques plus importantes qu’avec
d’autres types de C-S-H (Drochytka & Černý, 2020).
II.4.2.2.c. Ettringite
L’ettringite est reconnaissable à la forme de ses cristaux très allongés, assimilables à des
aiguilles, comme sur la Figure 1-13. Ce minéral est formé par réaction de la célite avec le gypse
au début de l’hydratation. Lorsque tout le gypse a réagi, elle devient source de sulfates et est
transformée en monosulfoaluminates de calcium dodéca-hydratés (Ca4Al2SO22H30). Ces
derniers prennent quant à eux la forme de plaques hexagonales
(Narayanan et Ramamurthy ,2000a ; Franus et al., 2015).
II.4.3. Porosités
Les matériaux cimentaires sont des matériaux poreux de nature. Les porosités présentes dans
les matrices non aérées sont très fines (moins de 0,1 µm) et sont principalement liées au
développement d’hydrates (Amapadu & Torii, 2001 ; Cheng et al., 2012). Les porosités intra-
hydrates mesurent moins de 0,01µm, et sont distinguées des porosités inter-hydrates,
mesurant entre 0,5 et 20 µm et qui sont moins présentes dans les bétons traditionnels
(Schober, 2011 ; Bede & Ardelean, 2017 ; Hou et al., 2020). Quelques porosités circulaires et
de plus grande taille, dues à l’évaporation d’eau, sont également observables dans les
matériaux cimentaires traditionnels (Müller et Rübner 2006). Il semblerait toutefois que plus
de 50 % des porosités des matériaux cimentaires classiques mesurent moins de 0,05 µm et
que seul 25 % du volume de pores soit constitué de pores de diamètre supérieur à 0,1 µm.
Kumar & Bhattacharjee, (2003) ont étudié l’influence de la quantité d’eau (en faisant varier le
rapport eau/liant entre 0,38 et 0,65) sur le développement de la porosité et des résistances
mécaniques. Ils observent une porosité maximale de 12,96 % pour la formulation avec le E/L
le plus élevé, et une porosité minimale de 9,26 % pour la formulation avec le E/L le plus faible.
Cette augmentation est liée au développement de capillarités induites par l’augmentation de
la quantité d’eau évaporée (Bede & Ardelean, 2017).
Les bétons aérés sont principalement constitués de macro-pores générés par le piégeage de
gaz libéré par le processus d’aération (Schober, 2011 ; Qu & Zhao, 2017).
Ramamurthy et al., (2009), Thongtha et al., (2014) observent que le ratio volumique macro-
pores : micro-pores est de 2,5 / 1. Qu & Zhao, (2017), ajoutent que les micro-porosités
(mesurant moins de 0,1 µm) sont dues à la porosité interne des hydrates et sont tout de même
assez nombreuses. Les méso-pores (porosités intermédiaires), à l’inverse, contribuent peu au
volume total de porosités. Comme pour les bétons traditionnels, certaines micro-porosités
sont des cavités produites par l’évaporation d’eau et mesurent entre 0,01 et 0,2 µm
(Hoff, 1972 ; Schober, 2011). La Figure 1-14 présente la distribution de la porosité observée
par Schober, (2011) dans des bétons aérés autoclavés. Elle met en évidence la grande part que
représente les porosités de type « air » correspondant au gaz piégé dans le matériau.
Figure 1-14 : Distribution de la porosité observée par Schober (2011) dans des bétons aérés
autoclavés. Données obtenues à l'aide d'un porosimètre à mercure.
Les gros pores sont principalement formés par coalescence. Ce phénomène est très
dépendant de la viscosité de la pâte cimentaire, car la formation des bulles est régie par
l’équation de Laplace-Young (Hussin et al., 2010). La différence de pression entre l’intérieur
de la bulle et la pâte de ciment est elle-même reliée aux forces de cisaillement dans le solide.
De fait, dans une pâte à l’état frais, une bulle de gaz peut grossir jusqu’à ce que la force de
cisaillement soit égale à la contrainte de viscosité (Pinilla Melo et al., 2014). La viscosité
dépend de la teneur en eau de la formulation et de la demande en eau des poudres utilisées
(en lien avec leur surface spécifique).
La forme des bulles dépend également de la viscosité. Pour Cabrillac et al. (2006), des bulles
sphériques sont caractéristiques de la génération rapide de gaz dans une pâte peu visqueuse.
Des porosités ellipsoïdales traduiraient au contraire une production lente de gaz et un
piégeage des bulles dans une pâte presque solidifiée.
Comme cela a été brièvement mentionné dans le paragraphe II.2, les bétons aérés sont des
matériaux anisotropes. Cette caractéristique est causée par la répartition non homogène des
porosités au sein du matériau. Qu & Zhao, (2017), observent par exemple que les porosités du
haut d’un échantillon sont en moyenne 1/3 plus grosses que les porosités du bas. En effet, en
raison de la gravité, la pâte a tendance à se tasser tandis que les gaz montent. Ce surplus de
gaz favorise alors la coalescence et entraîne la formation de porosités aux diamètres plus
importants. Ce déplacement des gaz induit également un gradient du nombre de pores, car
les porosités sont plus grosses en haut de l’échantillon mais elles sont aussi plus nombreuses
(Cabrillac et al., 2006).
De plus, Narayanan & Ramamurthy, (2000a) notent que les bétons autoclavés présentent
davantage de porosités que les bétons non-autoclavés et que leur répartition est plus
régulière.
Les additions sont ajoutées à la fin de la fabrication du ciment pour en modifier les propriétés.
Ils sont définis dans la norme NF EN 197-1 :2012 qui détaille les constituants du ciment. Les
cendres volantes, les pouzzolanes ou les métakaolins sont des exemples d’additions
courantes.
Toutes les propriétés peuvent être modifiées par ajout d’adjuvants, cependant ils sont le plus
souvent utilisés afin de modifier la rhéologie ou le temps de prise du béton.
Le chlorure de calcium (CaCl2) est l’accélérateur le plus efficace connu à ce jour, son utilisation
est cependant néfaste pour les résistances mécaniques à long terme. D’autres adjuvants
comme des sels inorganiques (thiosulfates (Na2S2O3, …), silicates (Na2SiO3, …), aluminates
(Na2Al2O4, …) et certains composés organiques comme la tri-éthanolamine (C6H15NO3), ou le
formiate de calcium Ca(HCOO)2 peuvent être utilisés comme accélérateurs (Aïtcin, 2016).
L’efficacité d’un accélérateur de prise dépend de sa capacité à agir sur la diffusion des ions
Ca2+. En augmentant leur concentration par ajout de chlorure ou de nitrate de calcium, sels
très solubles, leur diffusion est facilitée et la prise accélérée (Pauchet, 2020).
Les acides organiques comme l’acide lactique (C3H6O3), l’acide citrique (C6H8O7) ou l’acide
aspartique (C4H7NO4) sont couramment utilisés. Le saccharose (C12H22O11) et des polymères
comme le polycarboxylate sont également parfois employés comme retardants
(Papageorgiou et al., 2005 ; Plank et al., 2015 ; Pauchet, 2020).
Leur fonctionnement est antagoniste à celui des accélérateurs de prise puisque c’est le
ralentissement de la diffusion des ions Ca2+ qui permet d’allonger le temps de prise. Pour ce
faire, les retardateurs ajoutés forment une enveloppe autour des grains de ciments limitant
ainsi la mise en solution du calcium (Pauchet, 2020).
A court terme, l’avantage de l’utilisation d’un adjuvant réducteur d’eau est l’obtention d’une
meilleure ouvrabilité et d’une meilleure dispersion du ciment. A long terme, lorsque le
matériau est durci, il peut permettre une augmentation de la résistance mécanique ou encore
une réduction de la porosité, en permettant un meilleur agencement des grains les uns par
rapport aux autres et en augmentant la proportion de ciment réactif (Pauchet, 2020). Ces
adjuvants modifient l’ouvrabilité des bétons, ils fluidifient le mélange par dispersion des
particules de ciment qui ont tendance à s’agglomérer. Cet effet est obtenu par répulsion
électrostatique des molécules d’adjuvants à la surface des grains de ciment.
(Mollah et al., 2000 ; Pauchet, 2020)
Les superplastifiants et plastifiants sont des polymères hydrosolubles comme des poly-
naphtalène sulfonatés, des lignosulfates ou des éthers polycarboxylates (PCE)
(Mollah et al., 2000 ; Plank et al., 2015).
Les granulats, bien que moins émetteurs (4 kgCO2éq.t-1), contribuent également à l’impact
négatif des bétons du fait des quantités importantes utilisées (FEDEREC, 2017 ;
de Brito & Kurda, 2021). De fait, l’ADEME, (2017a) estime ainsi qu’une tonne de béton génère
en moyenne 134 kgCO2éq. A titre de comparaison, une tonne de terre crue ne génère que 26
kgCO2éq (Pacheco-Torgal & Jalali, 2012).
Le domaine de la construction exerce également des pressions importantes sur les ressources
en eau. En 2012, la production de béton a consommé 1,7% de la totalité de l’eau puisée à
l’échelle mondiale (Miller et al., 2018). Cet impact est d’autant plus fort, qu’il est estimé qu’en
2050, 75 % de la demande en eau liée à la production de béton se fera dans des zones à fort
stress hydrique (Miller et al., 2018).
Ainsi, deux approches complémentaires peuvent permettre de réduire l’impact lié au secteur
de la construction et à l’utilisation de béton.
La première consiste à limiter l’utilisation des matériaux les plus carbonés, comme le béton,
aux seules applications où ils sont absolument nécessaires. Cela pourrait alors se traduire par
une réduction drastique du nombre de nouvelles infrastructures en béton, qui pourrait
notamment être compensée par le développement de bâtiments en terre, paille, ou autres
matériaux biosourcés, bien moins émetteurs.
Le second axe de réduction passe par la diminution même de l’impact carbone des bétons.
Pour ce faire, l’International Energy Agency (IEA, 2022), recommande vivement l’utilisation de
matières premières secondaires, qui permettraient de substituer les matières non
renouvelables par des matières moins émettrices de CO2. L’utilisation d’additions dans le
ciment, telles que laitiers de haut-fourneau ou les fumées de silice, sont de bons exemples.
En effet, les matériaux de construction sont connus pour être un facteur déterminant de la
qualité de l’air intérieur (Observatoire de la qualité de l’air intérieure, 2007). En France, seuls
des seuils de concentration dans l’air intérieur, de radon et d’amiante sont définis. Le peu
d’études à ce propos se focalisent donc principalement sur ces deux polluants. Le radon et
l’amiante n’étant pas des constituants typiques du béton, aucune étude à ce jour ne porte sur
l’impact de ce matériau sur la santé humaine ou la qualité de l’air intérieur. Par ailleurs, le
ciment utilisé pour la production de béton est lui-même riche en autres éléments polluants
comme le baryum, le plomb ou encore le strontium, et pourrait donc avoir un impact
important sur les utilisateurs des bâtiments en béton.
En outre, l’utilisation de ciment pour la production de béton, crée un enjeu quant à l’emploi
de béton en milieu sensible, car si les éléments cités plus haut présentent un danger potentiel
pour l’Homme, ils sont également identifiés comme écotoxiques pour d’autres espèces
animales et végétales (Murat & Sorrentino, 1996). A ce jour, aucune loi n’encadre la mise en
œuvre de matériau cimentaire dans les milieux naturels. Des essais en laboratoire sont
régulièrement mis en place pour évaluer le caractère polluant de matériaux de construction
réalisés à l’aide de matières premières alternatives, mais aucun n’est prévu quand le béton ne
contient que des matières premières traditionnelles. Pourtant la lixiviation du béton par l’eau
est un phénomène bien connu en science de l’environnement. Elle provoque la dissolution
des espèces carbonatées et produit des lixiviats très basiques, pouvant provoquer des
atteintes au milieu naturel (Adenot, 1992 ; Bilal & Bounakhla, 2012). En parallèle, des études
s’interrogent par exemple sur les teneurs en Pb, Cr, et Cd, ou encore en Ni du clinker
(Murat & Sorrentino, 1996 ; Yang et al., 2014). A la vue de ces éléments, il semble donc
légitime de se demander si l’utilisation de béton traditionnel, même sans contenir de matières
premières alternatives, ne pourrait pas avoir un impact néfaste sur le milieu naturel proche
dans lequel il est employé. Carevic et al., (2020) ont comparé le relargage de béton
traditionnel à celui de béton réalisé avec des cendres volantes de biomasse. Pour tous les
éléments étudiés, le relargage de chaque échantillon est inférieur aux seuils du
Soil Quality Decree, encadrant l’utilisation de matière alternative dans les matériaux de
construction. Ils notent toutefois que le béton traditionnel émet plus de Cr, Cu et Pb que les
bétons produits avec les cendres de biomasse. Cela souligne ainsi la légitimité des
questionnements sur l’impact sur le milieu naturel des bétons mis en œuvre actuellement.
Cela incite en outre, à une réflexion sur l’utilisation de matières premières alternatives pour
sa production et à leur encradement législatif.
Dans le domaine du génie civil, il est courant de valoriser des sous-produits en tant que
matière première secondaire (MPS). Par exemple, les schistes houillers sont fréquemment
utilisés en remblais ou en couche de forme (Rossi et al., 2008), et les cendres volantes en tant
qu’additions dans les ciments ou pour la fabrication de routes (Rossi et al., 2010). Les laitiers
de hauts fourneaux sont valorisés dans les ciments ou en granulat, tout comme les produits
de démolition (Rossi et al., 2013, 2014). De la même manière, la valorisation des MIDND en
sous-couche routière est une pratique courante depuis les années 1970
(De Windt et al., 2011 ; Rossi et al., 2016).
Plus précisément, la fabrication de matériaux cimentaires est un exutoire fréquent pour les
sous-produits industriels. Ainsi, ils sont utilisés comme combustible solide de récupération
(CSR) pour alimenter les fours pour la production de clinker, ou encore en tant que MPS ou
substitut aux matières premières traditionnelles (Juenger et al., 2012 ; Collivignarelli et al.,
2020). Les résidus de pneus ou les sables de fonderie sont par exemple cités comme CSR
potentiels (Collivignarelli et al., 2020). Les cendres de balles de riz, (Adesina & Olutoge, 2019),
les cendres volantes issues de la combustion du charbon (Gwenzi & Mupatsi, 2016), ou encore
les bagasses de la production de canne à sucre sont étudiées pour leur potentielle utilisation
en tant que substitut au ciment (Liu et al., 2022). Enfin, en substitution des agrégats,
Ma et al., (2016), Bouzar & Mamindy-Pajany, 2022 et Schlupp et al., (2023) proposent
l’utilisation de résidus miniers de fer et de cendres de chaudières à biomasse. L’utilisation de
ce type de matériaux alternatifs est toutefois très encadrée par les législations nationales, du
fait des risques de relargage de polluants dans l’environnement. La valorisation de sous-
produits dans les matériaux cimentaires permettrait néanmoins, de limiter l’empreinte CO2
des matériaux produits (ECRA – Future Grinding Technology, 2015).
La substitution du clinker ou du ciment par les MIDND représente le levier principal pour
réduire l’impact environnemental du secteur. En effet, l’approche Analyse du Cycle de Vie
(ACV) utilisée par Shi et al., (2019) met en évidence l’impact majeur du ciment avec 74,3 à
94,6 % de l’empreinte environnementale des bétons liés à son utilisation. D’après
Lam et al. (2010), l’utilisation des mâchefers au cours de la production de clinker permettrait
de diminuer significativement les émissions de GES. Le phénomène de décarbonatation du
carbonate de calcium (CaCO3) en chaux vive (CaO) est le contributeur principal aux émissions
de CO2 relative à la production du ciment. Les MIDND étant initialement composés de chaux,
leur utilisation pour la production de clinker permet de limiter les émissions liées à la
décarbonatation (Lam et al., 2010). Celle-ci doit toutefois avoir lieu avant leur carbonatation
qui intervient rapidement au cours de la maturation.
Enfin, la revue de Silva et al., (2019), semble montrer que l’utilisation de MIDND dans les
matrices cimentaires permet de stabiliser les polluants qu’ils contiennent, donc de réduire
leur lixiviation, sans augmenter de manière substantielle la lixiviation des matrices
cimentaires. Dans une étude plus générale portant sur la stabilisation de déchets dans les
matériaux cimentaires, Trussel & Spence, (1994) étaient arrivés aux mêmes conclusions.
L’utilisation de MIDND non stabilisés par liant hydraulique, comme dans les sous-couches
routières serait, d’après cette même étude, à limiter car les risques d’émissions de métaux et
autres polluants dans le milieu naturel sont non négligeables (Silva et al., 2019)
- Le tamisage permet, selon Loginova et al., (2019) et Caviglia et al., (2019), de séparer
les fractions grossières des fractions les plus fines, qui sont aussi les plus riches en ETM.
Si des traitements supplémentaires sont nécessaires après cette séparation, celle-ci
permet en outre d’optimiser leur coût, en n’appliquant les méthodes les plus
coûteuses qu’à la fraction la plus polluée des MIDND.
Il est toutefois important de souligner que les traitements thermiques sont des procédés très
énergivores qui peuvent limiter les bénéfices environnementaux liés à l’utilisation des MIDND
comme MPS (RECORD, 2015 ; Silva et al., 2019).
Le lavage à l’eau est considéré par Lam et al., (2010) et Lu et al., (2020) comme un procédé
de séparation, car il permet de séparer les éléments délétères les plus solubles du reste des
MIDND. Ainsi, il tend à réduire la concentration en sels et ions solubles, comme le Na +, K+ et
Cl-, mais aussi en métaux lourds dans les MIDND. Destefanis et al., (2020) expérimentent un
lavage à la vapeur d’eau (P = 2 bar et T = 80 °C) afin de réduire la teneur en chlorures et
sulfates, et en Cd, Zn, Cu, Pb. L’utilisation de vapeur favorise une dissolution « douce » couplée
à une séparation physique de la fine couche de particules adhérant à la surface des grains plus
grossiers.
Des solutions acides de HCl, H2SO4 ou HNO3 peuvent aussi être utilisées. Elles sont
particulièrement efficaces pour la séparation des métaux (Lam et al., 2010). A l’inverse, les
chlorures et les sulfates sont lessivés à l’aide de solutions basiques comme des solutions
aqueuses de carbonate de sodium (Na2CO3) (Saikia et al., 2015). Ces lessivages nécessitent
toutefois une consommation importante de produits chimiques, ce qui réduit les bénéfices
environnementaux et économiques de la valorisation des MIDND (Lu et al., 2020).
La gestion et le traitement des effluents produits au cours de ces procédés de lavage est un
point de vigilance majeur lorsque l’utilisation d’une telle méthode est envisagée pour la
préparation des MIDND.
granulométrique qui minimise le taux de vide dans le matériau tend également à maximiser
les résistances mécaniques.
Pour Tang et al., (2015) et Bawab et al., (2021), la densité absolue des MIDND est comparable
à celle des agrégats naturels et est comprise entre 2,15 et 2,84 g.cm-3. Tang et al., (2015)
notent, par ailleurs, que les fractions les plus fines des MIDND sont également les moins
denses, avec notamment une densité des fractions 0 – 0,15 mm de 2,58 g.cm-3 contre 2,75
g.cm-3 pour les fractions 8 – 11,2 mm. Pour Pera et al., (1997) au contraire, la densité des
MIDND est plus faible (2,21 g.cm-3) que celle des agrégats naturels (2,47 g.cm-3).
Pera et al. (1997), Tang et al. (2015) et Bawab et al. (2021) s’accordent également pour dire
que l’absorption d’eau des MIDND est supérieure à celle des agrégats naturels, ce qui peut
limiter l’ouvrabilité de la pâte fraîche.
Pera et al. (1997) suggèrent que cette diminution des résistances est majoritairement causée
par la porosité induite par l’oxydation de l’aluminium métallique contenu dans les MIDND.
Tang et al. (2014) démentent cette explication, car ils n’observent ni gonflement ni fissure sur
leurs éprouvettes. Rübner et al. (2008), de la même manière, observent une diminution des
résistances mécaniques, mais celle-ci n’est pas associée au développement de pores de
grandes tailles (pores généralement induits par le piégeage du gaz produit lors de l’oxydation
de l’aluminium). Néanmoins, de nombreux auteurs observent une augmentation de la
porosité des matériaux produits (Müller & Rübner, 2006 ; Rübner et al., 2008 ;
Bawab et al., 2021), mais celle-ci est souvent associée à la porosité intrinsèque des MIDND.
Les essais pilotes montrent que l’incorporation de 1 à 3 % de MIDND n’a pas d’influence sur
le procédé de broyage du clinker, ni sur l’ouvrabilité, ni sur la cinétique de réaction, ni encore
sur la résistance à la compression des matériaux finaux (Clavier et al., 2021a). Les
concentrations dans les fumées et les essais de lixiviation semblent indiquer que l’ajout de
MIDND, pourtant riches en métaux, n’influence pas les émissions de polluants. Une limite à
l’utilisation de MIDND comme matière première pour la production de clinker est toutefois
leur concentration importante en ions chlorure connus pour favoriser la corrosion du produit
final (Lam et al., 2010).
Les MIDND, particulièrement s’ils sont riches en phases vitreuses, peuvent présenter un
caractère pouzzolanique rendant intéressante leur valorisation en tant que substitut au
ciment (Silva et al., 2019). Des traitements thermiques ou mécaniques sont toutefois
nécessaires pour augmenter leur réactivité et améliorer leurs performances, bien que
Cheng (2012) observe que, la fraction inférieure à 10 mm des MIDND, brute ou non, remplit
les critères d’utilisation comme matière pouzzolanique (Bertolini et al., 2004 ; Tang et al.,
2016).
Dans cette même étude, Cheng (2012) note que les mâchefers traités à haute température
présentent un indice d’activité pouzzolanique supérieur à celui du ciment (124,8 % par rapport
au ciment). Les MIDND uniquement soumis au broyage démontrent, quant à eux, une
réactivité équivalente à 84 % de celle du ciment portland (Cheng, 2012 ; Li et al., 2012). La
réaction pouzzolanique des MIDND broyés (de granulométrie initiale 2 – 6 mm) est décrite
comme tardive par Alderete et al. (2021).
Jurič et al. (2006), Li et al. (2012) et Tang et al. (2016) constatent eux aussi un développement
tardif des résistances, associé à un ralentissement des réactions d’hydratation du ciment. Ce
ralentissement est causé par trois phénomènes distincts (Tang et al., 2015). Premièrement,
les mâchefers sont riches en matière organique connue pour ralentir la prise en adsorbant les
ions calcium en solution (Trussell & Spence, 1994 ; Arickx et al., 2007 ; Clare & Sherwood,
2007). Deuxièmement, les métaux lourds présents dans les mâchefers peuvent former des
complexes avec le calcium dissous lors de l’hydratation du ciment, le rendant alors moins
disponible (Weeks et al., 2008). Troisièmement, la présence d’anhydrite (CaSO4) dans les
MIDND accroit la concentration en ions sulfate dans la solution, ce qui a également pour effet
de retarder la prise (Bawab et al., 2021).
Tang et al. (2015) ont étudié, par calorimétrie différentielle à balayage (Differential Scanning
Calorimetry (DSC)), l’impact de la substitution du ciment par des taux croissants de mâchefers
sur les chaleurs d’hydratation de pâtes pures. Leurs résultats sont présentés (Figure 1-16). Ils
montrent une baisse de la chaleur d’hydratation (caractérisée par la diminution de la surface
du pic) et un retard d’hydratation (mis en évidence par le déplacement progressif du début du
pic d’hydratation et de son maximum vers des températures plus élevées). Aucune chaleur
d’hydratation n’est détectée pour le mâchefer seul.
Figure 1-16 : Chaleur d'hydratation produite par unité de masse pour du ciment portland, des
mélanges de MIDND et ciment et des MIDND seuls. Issue de Tang et al. (2015).
présence de métaux peut, quant à elle, mener à la formation de nouvelles phases. Le Tableau
1-9 présente les nouveaux types d’hydrates observés par An et al. (2021). Ces nouvelles phases
sont formées par substitution cationique dans la maille cristalline des produits d’hydratation
conventionnels. De cette façon, le calcium est remplacé par des éléments comme le zinc, le
fer ou le magnésium. Ces chercheurs constatent cependant toujours la présence de
portlandite, d’ettringite et de C-S-H, comme dans les formulations sans MIDND. Li et al. (2012)
et Zhang et al. (2021) observent toutefois moins de portlandite dans les échantillons avec
mâchefers et des cristaux de C-S-H plus petits, mais plus nombreux. Ces C-S-H se formeraient
à l’interface entre la portlandite et un gel siliceux résultant de l’interaction des MIDND avec
l’eau. Cela expliquerait que la teneur en portlandite soit alors plus faible. La présence
importante de C-S-H favoriserait alors la résistance aux cycles de gel-dégel des matériaux avec
mâchefers (Zhang et al., 2021).
En parallèle, les phases anhydres initialement présentes dans les mâchefers, comme
l’aluminate et les sulfates s’hydratent pour former de la thaumasite (Ca3SiCSO25H30), de
l’ettringite (Ca6Al2S3O50H64) ou encore de la kamaishilite (Ca2Al2SiO6(OH)2). L’ettringite, qui
possède deux produits d’hydratation majoritaires, la phase principale notée (AFt) et le
monosulfoaluminate (AFm), est décrite comme interagissant grandement avec les polluants
et permettant leur encapsulation (Silva et al., 2019).
Tableau 1-9 : Phases nouvellement formées à la suite de l'ajout de MIDND dans des AAC issues de
An et al. (2021)
Les matériaux utilisant des mâchefers comme substitut au ciment sont traditionnellement
décrits comme étant moins résistants que ceux produits uniquement à l’aide de ciment
(Jurič et al., 2006 ; Li et al., 2012 ; Tang et al., 2016 ; Zhang et al., 2021). Cette faible résistance
est en grande partie associée au développement de porosités liées à l’oxydation de
l’aluminium métallique des mâchefers (Bertolini et al., 2004 ; Alderete et al., 2021).
La résistance obtenue dépend grandement du taux de MIDND incorporés (Jurič et al., 2006 ;
Li et al., 2012). Pour Jurič et al. (2006), l’ajout de 1 % de mâchefers entraine une diminution
de résistance à la compression de l’ordre de 0,03 MPa des bétons. En incorporant 20 % de
MIDND broyés dans leurs formulations de bétons, Zhang et al. (2021) parviennent à produire
un mortier démontrant une résistance équivalente à 85 % de celle obtenue avec du ciment
portland pur. Tang et al. (2016) produisent quant à eux des mortiers réalisés avec 30 % de
MIDND ne démontrant que 67 % de la résistance des mortiers normalisés après 28 jours de
cure, mais notent que cet écart diminue avec le temps. Ce développement tardif des
résistances a aussi été mis en évidence par Bertolini et al. (2004), Jurič et al. (2006) et
Alderete et al. (2021), et est associé au retard d’hydratation décrit plus haut.
Bertolini et al. (2004), en incorporant à hauteur de 30 % des mâchefers broyés en voie humide
dans des bétons, sont les seuls à observer des résistances similaires à celle de béton
traditionnel réalisé avec du ciment CEM I. Le broyage en voie humide favoriserait l’oxydation
de l’aluminium métallique avant son incorporation, ce qui éviterait la détérioration des
performances mécaniques. Les conséquences de l’utilisation de MIDND en substitution du
ciment sont finalement comparables à celle observées quand le sable est substitué par des
mâchefers.
D’un point de vue environnemental, les études s’accordent pour dire que l’incorporation de
MIDND en substitut du ciment ne présente pas de risque supplémentaire pour le milieu
naturel (Li et al., 2012 ; Silva et al., 2019 ; An et al., 2021). Pour toutes les études citées, les
concentrations en éléments polluants mesurées dans les éluats sont bien inférieures aux seuils
en vigueur. An et al. (2021) soulignent toutefois que la stabilisation de polluants dans les
matrices cimentaires n’est pas aussi efficace pour tous les éléments. Ainsi, il semblerait que le
Fe, le Ti ou le Cu soient plus enclins à la lixiviation car ils ne seraient piégés que physiquement
dans la matrice (et non pas chimiquement).
L’obtention de matériaux légers reposent principalement sur une expansion de la pâte fraîche,
menant à un taux de porosité élevé. Pour Bawab et al. (2021) cependant, l’aluminium
métallique présent dans les MIDND n’est pas le seul responsable de l’expansion des matrices
cimentaires. Ils l’associent aussi à la réaction alcali-silice qui a lieu entre la silice (SiO2) dite
réactive des mâchefers et le milieu alcalin de la matrice cimentaire (Dron et al., 1998 ;
Müller & Rübner, 2006 ; Courtois, 2020). Par ailleurs, la présence importante de sulfates dans
les MIDND peut également, en favorisant la formation d’ettringite, induire un gonflement de
la matrice. Comme pour la production de matériaux cimentaires non aérés, les mâchefers
peuvent être utilisés en substitution du ciment ou des agrégats (Qiao et al., 2008 ;
Wongkeo et al., 2012 ; Yang et al., 2015 ; Lynn et al., 2016). Ils peuvent également substituer
ou venir en complément de l’agent porogène. Dans ce cas, leur rôle principal est de contribuer
à l’aération du matériau (Chen et al., 2014 ; Song et al., 2015). On distinguera dans cette partie
la production d’AAC de celle des matériaux cimentaires légers, car leurs moyens de production
et leurs propriétés diffèrent parfois significativement.
Figure 1-17 : Comparaison de la structure des pores d'AAC formés par l'ajout de MIDND (en haut) et
par un agent d'expansion (en bas) à différentes teneurs (croissantes de gauche à droite). Issue de Song
et al. (2015).
Bien que les densités obtenues soient similaires, Song et al. (2015) démontrent que la
typologie des pores formés par les MIDND différent de ceux générés par un agent porogène
traditionnel. La Figure 1-17 compare la structure des pores d’un AAC réalisé avec des MIDND
de celle d’un AAC réalisé avec un agent porogène conventionnel, et ce, à différentes teneurs
d’agent d’expansion. Les pores des bétons contenant des MIDND sont beaucoup plus petits
que ceux générés par la poudre d’aluminium. Ils sont également répartis de manière plus
homogène, ce qui permet l’obtention de matériaux plus résistants à densité égale
(Song et al., 2015). Par exemple, un AAC réalisé avec des MIDND présente une résistance à la
compression de 7,17 MPa pour une densité de 673 kg.m-3, contre 6,51 MPa pour un AAC
classique.
En comparant les résultats d’études utilisant un agent d’expansion en plus des MIDND
(Wongkeo et al. (2012) et Li et al. (2018)) avec ceux obtenus par Yang et al. (2015) ou
Song et al. (2015) qui n’utilisent que des MIDND, il semblerait que l’ajout d’un agent
d’expansion, en plus des MIDND n’exerce qu’une influence limitée sur les performances des
AAC obtenus. Seule la résistance à la compression est affectée négativement par l’ajout de
poudre d’aluminium, en raison de la structure plus irrégulière des pores générés par celle-ci.
Figure 1-18 : Structure des cristaux de tobermorite dans (a) un AAC traditionnel, (b) un AAC
Figure 1- 1 : contenant des MIDND. Issue de Song et al. (2015)
D’un point de vue minéralogique, les AAC traditionnels sont principalement composés de
tobermorite et de C-S-H (Rahman et al., 2021) (voir II.4.2.1). L’incorporation de MIDND ne
semble pas délétère pour la formation de ces phases (Wongkeo et al., 2012 ; Song et al., 2015 ;
Li et al., 2018). Au contraire, pour Wongkeo et al. (2012) et Li et al. (2018), la présence de silice
réactive dans les mâchefers favoriserait même leur développement. La forme des cristaux de
tobermorite serait, en revanche, fortement impactée par l’incorporation de mâchefers
(voir Figure 1-18). Les auteurs décrivent à l’unanimité la structure de la tobermorite en
l’absence de mâchefers comme une structure en aiguille (Wongkeo et al., 2012 ; Song et al.,
2015 ; Li et al., 2018). La présence de MIDND mènerait, quant à elle, à la formation de
tobermorite plus large sous forme de feuillets. Li et al. (2018) ajoutent qu’une substitution
totale du sable par les mâchefers entraine la formation de C-S-H sous-forme de dendrite et
modifie légèrement la structure de la tobermorite dont les feuillets deviennent plus fins
(voir Figure 1-19).
Figure 1-19 : Observation MEB de la structure des hydrates (a) tobermorite dans l'échantillon de
référence sans MIDND ; (b) Tobermorite et C-S-H dans un échantillon produit en substituant 100 %
du sable par des MIDND (Li et al., 2018).
La majorité des études travaillent à température et pression ambiantes, mais il existe des
exemples de cure en température. Chen et al. (2014), par exemple, comparent les
performances de bétons obtenus après un passage de 72 heures à 80 °C avec ceux produits à
température ambiante (20 °C). Leurs résultats démontrent une légère diminution de la masse
volumique (1,55 g.cm-3 contre 1,6 g.cm-3) associée à une augmentation de la porosité (26 %
contre 18 %) lorsque les échantillons maturent à une température élevée.
Lorsque les mâchefers sont utilisés comme granulats, Lynn et al. (2016) proposent un
traitement thermique de frittage, associé à un broyage et à la fabrication de pellets afin de
réduire leur masse volumique. L’objectif de ces traitements est de favoriser l’expansion des
granulats manufacturés (par oxydation de l’aluminium notamment), ce qui permet la
diminution de leur masse volumique. A cause de la porosité importante de ces granulats
manufacturés, leur absorption d’eau est importante, le frittage, en rendant moins poreuse la
surface des granulats formés, permet toutefois de conserver une ouvrabilité acceptable. Les
matériaux produits ont ainsi des masses volumiques comprises entre 1,71 et 1,82 g.cm-3 et
présentent des résistances à la compression de 5 à 20 % plus faibles que celles des
formulations préparées à l’aide d’agrégats légers conventionnels (Lynn et al., 2016). Les
densités observées corroborent les résultats de Qiao et al. (2008) qui utilisent la fraction
grossière des mâchefers broyés et traités thermiquement comme agrégat. Les résistances à la
compression des deux études sont également comparables et sont comprises entre 12 et
18 MPa.
Chen et al. (2014) incorporent les mâchefers dans des mortiers légers pour qu’ils jouent le rôle
d’agent porogène. Afin d’accélérer la réaction d’oxydation de l’aluminium, ils utilisent une
solution alcaline de NaOH à la place de l’eau de gâchage et en plus du ciment. Cette
substitution permet effectivement d’accroitre le volume de porosité dans le matériau
puisqu’ils obtiennent une porosité de 40 % pour certains échantillons, avec une masse
volumique de 0,9 g.cm-3. La résistance à la compression obtenue (1,5 MPa) est toutefois trop
faible pour permettre une quelconque utilisation des matériaux produits.
IV. Conclusion
La production importante de MIDND en France et dans le monde pose des questions quant à
la gestion de ce flux de matière. Des voies de valorisations existent déjà, et permettent par
exemple d’utiliser une partie des MIDND en tant que matériaux alternatifs dans les sous-
couches routières. Toutefois, 46 % des mâchefers produits en Europe ne sont pas valorisés et
sont stockés en ISDND faute d’exutoires.
De fait, des études se sont intéressées à l’utilisation de MIDND dans des matériaux
cimentaires. Celles-ci ont démontré que l’incorporation de MIDND dans de tels matériaux
générait un gonflement et une porosité importante au détriment de la résistance mécanique.
Ce gonflement a été principalement attribué à l’oxydation de l’aluminium métallique contenu
dans les MIDND en milieu alcalin, bien que la réaction alcali-silice et la formation d’ettringite
soient aussi mises en cause par quelques auteurs. Dans le but de mettre à profit ce
phénomène d’aération, d’autres études se sont penchées sur la production de matériaux
cimentaires aérés et légers. Des résultats prometteurs ont été obtenus lorsqu’un traitement
des MIDND précédait leur incorporation. Néanmoins, ces pré-traitements, souvent lourds et
coûteux, réduisent les bénéfices économiques et environnementaux lié à l’utilisation des
MIDND.
Ainsi, l’objectif de ce projet est de réaliser des matériaux cimentaires légers à partir de la
fraction fine des MIDND. L’utilisation de la fraction fine (particules de moins de 2 mm de
diamètre) devrait permettre de limiter les besoins en pré-traitements car sa granulométrie lui
confère des propriétés intéressantes. En outre l’utilisation de la fraction fine à un réel intérêt
environnemental puisqu’il s’agit de la fraction la plus polluée et donc la plus difficile et la plus
rarement valorisée et qui représente entre 30 et 40 % de la masse des MIDND.
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Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés
CHAPITRE 2 : MATERIELS ET METHODES
Introduction
Ce chapitre détaille la démarche expérimentale mise en œuvre et les matériaux utilisés dans
le but de valoriser la fraction fine des MIDND en tant qu’agent porogène pour la formulation
de bétons aérés. L’objectif est de produire des matrices cimentaires présentant des propriétés
comparables aux formulations aérées conventionnelles sans utiliser d’agent porogène
classique. En plus de ces contraintes mécaniques et thermiques, les matériaux produits
devront permettre la stabilisation des polluants contenus dans la fraction fine des MIDND.
Afin de répondre à ces objectifs de recherche et dans le but d’évaluer le caractère polluant
des MIDND ainsi que leur possible valorisation conformément à l’Arrêté du 18 novembre
2011, relatif au recyclage en technique routière des mâchefers d’incinération de déchets non
dangereux, des essais de lixiviations sont réalisés. Une caractérisation complète des MIDND
est ensuite réalisée avec l’intention d’adapter le scénario de valorisation à leurs propriétés
physico-chimiques. Cette étude permettra également l’interprétation du comportement des
matériaux cimentaires réalisés avec des MIDND.
Par la suite, des matrices cimentaires ont été mises en œuvre à trois échelles différentes : pâte
pure, mortier et béton. À l’échelle des pâtes pures, les propriétés des matériaux avec MIDND
sont comparées entre elles. Cette étude préliminaire à petite échelle permet d’évaluer les
paramètres exerçant une influence importante sur les propriétés d’intérêt. Les paramètres
étudiés sont : (i) la quantité d’eau, (ii) la quantité de MIDND et (iii) la forme des MIDND. Cette
étape nécessite peu de matière première et est peu chronophage. De fait de nombreuses
formulations peuvent être réalisées et testées à cette échelle.
Pour les mortiers et les bétons, les propriétés des matériaux réalisés avec des MIDND sont
comparées à celles de matériaux de référence. Deux matériaux de référence sont produits :
(i) une matrice cimentaire traditionnelle afin de comparer les résultats de cette étude à ceux
d’études précédentes et (ii) une matrice cimentaire aérée afin de définir les propriétés cibles.
Les mortiers sont couramment étudiés en amont des études sur les bétons car leur mise en
œuvre est plus aisée et consomme moins de matériaux. Ici, leur étude permettra de :
Finalement, les formulations optimales sont mises en œuvre à l’échelle des bétons. Une
caractérisation des propriétés mécaniques, thermiques, microstructurales et
La première UVED se situe à Doel en Belgique et est gérée par l’entreprise INDAVER. La
seconde est exploitée par la société Pražské Služby et traite les déchets générés par la ville de
Prague en République Tchèque.
Les échantillons de MIDND utilisés dans cette étude ont été fournis par les partenaires du
projet ReFina, à savoir l’entreprise INDAVER et le laboratoire VITO pour les MIDND belges et
l’ICPF pour les MIDND tchèques.
La fraction fine (particules mesurant moins de 2mm) est obtenue par criblage et lavage des
MIDND. Les sables (0,063 – 2 mm) sont séparés des gâteaux de filtration (0 – 0,063 mm) au
sein de l’usine de traitement de l’eau via un procédé de filtration. Le procédé d’obtention de
la fraction fine des mâchefers est représenté en bleu sur la Figure 2-2.
Dans cette étude seul le sable de MIDND (0,063 – 2mm) sera étudié.
Figure 2-3 : Schéma de l'unité de traitement de Prague. (Site web : Pražské Služby)
A réception, les mâchefers belges et tchèques ont été séchés à l’étuve pendant une semaine
à 50 °C avec des retournements réguliers. Ils ont ensuite été homogénéisés et stockés en
chambre froide à 4°C dans des seaux étanches de 25 kg pour les MIDND belges et 100 kg pour
les MIDND tchèques afin de limiter leur évolution (carbonatation, oxydation des métaux, …).
outre, l’étude des formulations réalisées avec des MIDND traités répond à l’objectif global du
projet ReFina qui est d’étudier la faisabilité d’une valorisation complète de la fraction fine des
mâchefers.
Dans un premier temps, les MIDND sont séparés en fonction de leur densité à l’aide d’une
table vibrante en voie humide. Ce procédé est très fréquemment utilisé pour le traitement
des minéraux. La Figure 2-5 montre un exemple d’une telle table. L’eau et les MIDND non
traités sont introduits en haut à droite.
Grâce au mouvement d’oscillation de la table et au flux d’eau continu, les particules sont
réparties sur toute la largeur de la table en fonction de leur densité. Les particules les plus
légères et les plus grosses flottent, et sont amenées rapidement vers le devant de la table (bas
de l’image) par le flux d’eau, elles sont donc collectées du côté droit de la table (à droite sur
la Figure 2-5). Les particules les plus lourdes et les plus petites, elles, sont d’avantage
influencées par le mouvement d’oscillation de la table, elles sédimentent rapidement et
suivent le chemin imposé par les rainures présentes. Elles sont alors collectées du côté gauche
de la table. Plusieurs points de sortie intermédiaires au centre de la table permettent de
collecter les particules de densité moyenne. L’eau et les particules sont collectées dans des
bidons en bas de la table. La suite du traitement étant également réalisée en voie humide,
aucun séchage n’est effectué à la suite de cette étape. À ce stade (expérimentation en
laboratoire), aucun procédé de récupération et de traitement de l’eau n’a été mis au point.
La fraction dense est principalement composée de métaux tandis que la fraction fine est riche
en poussière, matière organique et aluminium. Ce processus de séparation permet l’obtention
de 4 sous-fractions (fraction 1 : particules les plus légères à fraction 4 : particules les plus
denses et riches en métaux : Fe, Cu, Pb, Zn, etc.). Les caractéristiques de la fraction minérale
1 sont disponibles en Annexe 2- 1. Elle correspond à 98% de la masse entrante et passe ensuite
à travers une unité de flottation. Cette étape a pour but de séparer la fraction organique,
principalement responsable de la lixiviation du cuivre, du reste des mâchefers. À la fin de ce
traitement, 70 % de la masse entrante (soit environ 68,6% de la masse de MIDND initiale) se
trouve sous la forme de résidus solides valorisables dans des matrices cimentaires. C’est cette
fraction, la plus chargée en aluminium, qui sera retenue pour la formulation de mortiers et
bétons aérés, Elle est appelée MIDND belges traités par la suite. La gestion et la dépollution
de l’eau de process sont des enjeux majeurs de cette méthode de traitement et sont
actuellement en cours de développement.
Au cours de ce travail, la fraction 0,25 – 0,50 ne sera pas incorporée dans les matériaux
cimentaires .
Cz 0 - 2 ou Cz Tot 0 – 2 mm -
Broyage
Cz B 0 – 2 mm
(<0,5 mm après broyage)
Cz 0,5 - 2 ou Cz L Prague / 0,5 – 2 mm Tamisage
Cz 0,1 - 0,25 ou Cz M République 0,106 – 0,25 mm Tamisage
Cz 0 - 0,1 ou Cz S Tchèque 0 – 0,106 mm Tamisage
Cz 0,5 - 1 Tamisage
0,5 – 1 mm Tamisage + procédé de
Cz 0,5 - 1 ou Cz Traités
traitement à l’ICPF
Be 0 - 2 ou Be tot 0,063 – 2 mm -
Broyage
Be B 0,063 – 2 mm
(<0,5 mm après broyage)
Be 0,5 – 2 ou Be L Belgique 0,5 – 2 mm Tamisage
Be 0,1 - 0,25 ou Be M 0,106 – 0,250 mm Tamisage
Be 0 - 0,1 ou Be S 0,063 – 0,106 mm Tamisage
Be Traités 0 – 2 mm Traitement à VITO
Seuls les résultats des échantillons en gras seront présentés dans la suite de ce manuscrit
La masse volumique d’un solide en poudre constitué d’un mélange de multiples composés
correspond à sa masse moyenne par unité de volume (voir (2-3)).
méch
ρ= (2-3)
Véch
Si la masse est très précisément mesurable et bien définie, le volume d’un tel solide est plus
difficile à appréhender. Selon la méthode de détermination, les espaces interparticulaires et
la porosité peuvent être inclus dans le volume. La méthode pycnométrique à l’hélium utilisée
ici pour évaluer la masse volumique des MIDND donne accès au volume réel des particules
solides de l’échantillon du fait du faible rayon atomique de ce gaz qui lui permet de s’insinuer
au mieux dans les porosités ouvertes. L’écart au volume théorique serait, pour une poudre
solide de composition bien connue, dû à la porosité fermée. Le principe de cette méthode
consiste à détendre, à température constante, de l’hélium initialement contenu dans une
enceinte de référence de volume Vchb_réf, sous une pression Préf, par mise en communication
avec une chambre de mesure, de volume Vchb_mesure, contenant l’échantillon préalablement
dégazé sous vide. Connaissant la pression finale mesurée Pmesure, le volume occupé par
l’échantillon peut être calculé d’après la loi des gaz parfaits comme (2-4) :
P
Véch =Vchb_ mesure -Vchb_réf réf -1 (2-4)
Pmesure
Un pycnomètre à hélium Micrometrics Accupyc II, avec une cellule de volume 1,284 cm3, a été
utilisé pour déterminer les masses volumiques des matières premières (MIDND, ciment et
sable) entrant dans la composition des matrices cimentaires aérées. Dix purges ont été
réalisées au préalable des 100 cycles de mesures dans le but d’évacuer l’air présent dans
l’échantillon. Les 100 cycles de mesures sont utilisés pour le calcul de la masse volumique
moyenne.
Les échantillons sont, dans un premier temps, pulvérisés et mélangés avec du métaborate de
lithium (LiBO2) dans des creusets en platine à 980°C pendant 60 minutes. Le mélange ainsi
obtenu est dissous dans une solution d’acide nitrique HNO3 (1M) et est analysé par ICP-MS.
Les limites de détection et les résultats complets de cette caractérisation sont disponibles
dans les annexes (voir Annexe 2- 7 et Annexe 2- 8).
Cette technique de caractérisation a été utilisée sur les mâchefers, mais également sur les
matières premières traditionnelles (sable, ciment et filler calcaire).
la fraction fine des mâchefers, mais aussi de connaître sa répartition au sein des sous-fractions
définies plus haut.
L’aluminium est l’espèce métallique la plus largement présente dans les MIDND. Toutefois,
d’autres métaux réducteurs comme le zinc, ou le titane par exemple, sont aussi contenus dans
les mâchefers et peuvent contribuer au gonflement des matrices cimentaires via leur
oxydation (voir Chapitre 1 section III.4). Les méthodes décrites plus bas ne permettent pas de
différencier la nature des espèces réactives et produites. Ainsi, la totalité du volume de gaz
produit sera considéré comme étant du dihydrogène provenant de la réaction d’oxydation de
l’aluminium. Cette simplification est justifiée par l’abondance de l’aluminium par rapport aux
autres espèces réductrices présentes dans les MIDND.
La cinétique de réaction est également étudiée car il est nécessaire que la production de gaz
soit simultanée à la prise du matériau afin d’obtenir une aération convenable de la matrice.
2 Al + 2 OH − + 6H 2O = 2 Al ( OH )4 + 3H 2
−
(2-5)
3
Une mole d’aluminium métallique produit donc moles de dihydrogène. En connaissant le
2
volume de gaz produit et en utilisant la relation des gaz parfaits (2-6), il est alors possible de
remonter à la quantité d’H2 produit, et in fine, à la quantité de matière d’aluminium ayant
initialement réagi.
n H2 RT
VH2 = (2-6)
P
avec VH2 le volume de dihydrogène produit au cours de l’oxydation ; nH la quantité de matière 2
La bouteille de réaction contient un milieu réactif oxydant (solution aqueuse à 0,1M de NaOH
du fournisseur Lach:ner) agité et maintenu à une température de 65°C afin d’augmenter la
cinétique de réaction. Cette température est mesurée tout au long de l’expérimentation à
l’aide d’un thermomètre. C’est dans ce milieu que sont introduits les MIDND en début
d’expérimentation.
Les gaz produits au cours de la réaction d’oxydation sont évacués de la bouteille de réaction
vers le débitmètre au travers du flexible. La réaction étant relativement lente, le gaz entrant
dans le débitmètre est considéré à température ambiante et pression atmosphérique (ces
hypothèses ont été vérifiées et confirmées lors de l’étape de calibration du montage).
Le flux de gaz fait tourner le tambour équipé de plusieurs chambres de mesures de volume
calibré, dont les entrées sont orientées vers l’axe de rotation par lequel arrive le gaz et les
sorties sont situées vers la périphérie du tambour. Le tambour contient un liquide de
remplissage (de l’eau en général) dont le niveau doit être bien contrôlé de telle sorte que
lorsque l’entrée d’une chambre émerge, celle de la chambre en opposition soit immergée et
donc obturée. Le liquide entrant chasse alors le gaz vers la sortie. Les chambres de mesure se
remplissent et se vidangent donc successivement lors de la rotation du tambour. Le comptage
du nombre de tours permet d’accéder au volume de gaz émis
Afin d’étudier la cinétique de la réaction, le volume de gaz produit est relevé régulièrement
tout au long de la réaction. La réaction est considérée complète lorsqu’aucune variation du
volume de gaz n’est constatée entre deux points de mesure successifs. Le rythme des points
de mesure est défini dans le Tableau 2-2.
Tableau 2-2 : Fréquence de mesure du volume de gaz en fonction du temps écoulé depuis le début
de la réaction
De 0 à 15 min 1 min
De 15 à 30 min 5 min
De 30 à 1 h 15 min
De 1 h à 2 h 30 min
>2h 1h
Dans un second temps, des essais avec des mélanges de sable et de poudre d’aluminium ont
été réalisés en variant les teneurs en aluminium (0,5 %, 0,7%, 1,0 %, 1,3 %). L’objectif est de
s’approcher au mieux des conditions réelles et d’évaluer l’impact potentiel de la présence
d’autres éléments sur la cinétique de réaction et la quantité de gaz produite. La poudre
d’aluminium utilisée provient de Penta Chemicals, de granulométrie inférieure à 300 µm et de
pureté supérieure à 93 %.
Enfin, dans le but de simuler la réaction d’oxydation des mâchefers au sein d’une matrice
cimentaire riche en calcium, des expérimentations utilisant une solution aqueuse de Ca(OH) 2
sont réalisées. Ces essais ont été réalisés avec une solution à 0,05 M de Ca(OH)2. Il est en effet
impossible de préparer une solution à 0,1M de Ca(OH)2 (comme cela a été fait pour les
solutions de NaOH) car la solubilité du Ca(OH)2 est très faible dans l’eau et décroit avec
l’augmentation de la température (passant de 1,73 g.L-1 à 20°C à 0,77 g.L-1 à 100°C
(INRS, 1997)).
Les analyses de lixiviation sur mâchefers avant valorisation sont mises en œuvre au laboratoire
DEEP et sont réalisées conformément à la norme NF EN 123457-2 :2002. Un éluteur rotatif
Heidolph Reax 20 est utilisé à une vitesse de 8 rotations par minute (rpm) pour une durée de
24h. Le ratio liquide/solide (L/S) est de 10 L.kg-1, et le liquide utilisé est de l’eau déminéralisée.
Les essais sont réalisés en triplicatas.
Tableau 2-3 : Éléments analysés au cours de l'étude de lixiviation. Limites de détection, et seuils tels
que définis dans l'Arrêté du 18 novembre 2011 et le Soil Quality Decree (2007).
Pour chaque paramètre, différents niveaux ont été associés et sont référencés dans le Tableau
2-4.
La quantité d’eau est exprimée sous la forme d’un rapport massique « eau/liant » comme
traditionnellement dans la littérature (Pauchet, 2010). Ce rapport varie entre 0,40 et 0,85. La
notion de liant fait ici référence à la quantité de ciment et de MIDND utilisés dans la
formulation. Les MIDND possèdent en effet des propriétés pouzzolaniques leur permettant
théoriquement d’être utilisés comme phase liante en présence d’hydroxyde de calcium.
La quantité de MIDND introduite dans les formulations est définie par rapport à la quantité
de ciment et varie entre 20 % et 150 %. Les mâchefers sont ajoutés en plus de la quantité de
ciment initiale, elle-même maintenue constante. Par exemple, dans une formulation
comportant 20% de MIDND, la quantité de MIDND ajoutée correspond à 20% de la quantité
de ciment initiale. Dans ce cas, 2g de MIDND seront ajoutés à une formulation contenant
initialement 10 g de ciment. La quantité de liant dans cette formulation est alors de 12 g. Cette
méthode a précédemment été décrite et utilisée par Alderete et al., (2021).
La fraction granulométrique des MIDND a été obtenue par tamisage. Le procédé de tamisage
est décrit paragraphe I.2.3.1. Les fractions granulométriques utilisées dans ces formulations
sont :
Enfin, le broyage est réalisé à l’aide d’un broyeur à billes Fritsch Pulverisette 6 comme décrit
dans la section I.2.3.
Le Tableau 2-5 résume les formulations mise en œuvre sur pâte de ciment.
La préparation des pâtes est effectuée par mélange à sec du ciment et des MIDND. L’eau est
ensuite ajoutée progressivement sous agitation. Des tubes en polypropylène de 3 cm de
diamètre et 7 cm de haut sont utilisés comme moule (voir Figure 2-8). Un bouchon en
plastique permet de conserver des conditions endogènes (sans échange avec l’extérieur et
donc sans déperdition d’eau), pendant toute la durée de la cure. Les échantillons sont
démoulés et caractérisés 60 jours après la date de formulation.
À cette échelle, seules des formulations contenant des mâchefers ont été réalisées, aucune
formulation témoin n’a été produite. Ainsi, les propriétés sont évaluées par comparaison aux
autres formulations avec mâchefers. L’objectif est d’obtenir des formulations peu denses mais
résistantes.
La consistance est évaluée de manière qualitative lors du mélange à la spatule. L’objectif est
d’obtenir un mélange ayant une consistance pâteuse, permettant une mise en moule facile à
la spatule.
Le gonflement est évalué visuellement à l’aide d’un suivi dans le temps de la hauteur de
l’échantillon. La hauteur initiale de l’échantillon est repérée sur le moule et des photographies
sont prises régulièrement pendant les 24 heures suivant le moulage. La rapidité du gonflement
est évaluée via un traitement d’image. La hauteur finale est mesurée lors du démoulage. La
Figure 2-8 montre un exemple de photographie prise au cours du gonflement.
La densité a été calculée à partir des mesures du volume et de la masse de chaque éprouvette.
La masse est déterminée à l’aide d’une balance de précision. Pour la détermination du volume,
une distinction a été réalisée entre les échantillons parfaitement cylindriques et les
échantillons avec une partie supérieure conique, due à un gonflement irrégulier de la surface.
La Figure 2-9 présente les différentes hauteurs mesurées et formules utilisées pour la
détermination du volume. Un pied à coulisse est utilisé afin de mesurer les hauteurs et
diamètres des échantillons.
III.2. Mortiers
III.2.1. Formulation des mortiers
L’analyse des résultats des essais sur pâte de ciment a permis d’identifier des formulations
suffisamment prometteuses pour être transposées sur mortiers (voir Chapitre 4 I.1.5). Cette
analyse a également permis de révéler des niveaux intermédiaires et d’autres paramètres,
non testés au cours de l’étude sur pâte de ciment, pouvant se révéler intéressants.
Les mortiers sont réalisés à l’aide de ciment, de sable normalisé, d’eau et de mâchefers. À
cette échelle, des mortiers de référence, sans mâchefers ont été produits afin de comparer
leurs propriétés avec celles des mortiers de mâchefers.
Des mortiers témoins ont été ainsi produits : un mortier normalisé (MN), réalisé selon la
norme NF EN 196-1 :2016, et un mortier aéré (MNA). Le témoin aéré est formulé en utilisant
les mêmes proportions de matière première et méthodes que le mortier MN. L’aération est
obtenue par ajout de 0,5% de poudre d’aluminium (pourcentage massique relatif à la masse
de ciment) comme agent porogène. Il est ajouté et mélangé au ciment. La poudre d’aluminium
utilisée est la poudre Alfa Aesar de pureté 99,5% avec une granulométrie maximale de 45 µm.
Comme la norme le préconise, les poudres sont, dans un premier temps, mélangées à sec puis
l’eau est ajoutée progressivement. Au total, la pâte de mortier est mélangée durant 3 minutes
à moyenne puis grande vitesse.
En sus, deux formulations utilisant des fillers calcaires ont été réalisés. Les fillers calcaires sont
des matières non réactives utilisées ici afin d’augmenter le volume de pâte. Ces formulations
sont utilisées comme témoins, dans le but de mettre en évidence le rôle de la réactivité des
mâchefers dans le développement des propriétés des formulations.
La nomenclature des formulations, présentée Figure 2-10, permet de résumer les paramètres
utilisés dans les formulations.
Les formulations avec mâchefers sont présentées dans le Tableau 2-6. Elles ont également été
réalisées en adaptant la norme NF EN 196-1 :2016. La différence avec la norme est l’ajout de
MIDND. Cet ajout est effectué en même temps que le ciment. Les mortiers ont été réalisés
au cours de trois campagnes de formulations distinctes.
La campagne 2 a permis d’étudier le comportement des mortiers réalisés avec des MIDND
broyés ajoutés en quantité variable en addition et en substitution des matières premières
conventionnelles.
De la même manière qu’au cours de l’étude des pâtes pures, l’eau est exprimée sous forme
de rapport eau/liant, où la quantité de liant correspond à la quantité de ciment et de MIDND.
Une fois encore, la quantité de mâchefers est définie par rapport à la quantité de ciment.
Ainsi, une quantité de mâchefers de 35 % correspond à un apport de mâchefers
correspondant à 35 % de la quantité de ciment introduite. Par exemple, pour les formulations
faisant intervenir 450 g de ciment, cela revient à ajouter 157,5 g de MIDND.
La fraction fine des mâchefers est ajoutée sous forme broyée, tamisée ou brute.
Les formulations font intervenir des MIDND d’origine différente (tchèques et belges) afin
d’étudier l’impact de l’origine sur les performances des matériau.
Dans le cas de la substitution, les mâchefers sont ajoutés en remplacement d’une partie du
ciment. Dans ce cas-là, la quantité de ciment est variable et dépend de la quantité de MIDND
introduit. Par ailleurs, la quantité de liant est toujours égale à 450 g. Dans ce cas, une
formulation avec un pourcentage de 35 % de MIDND en substitution contient
450 – 0,35 * 450 = 292,5 g de ciment et 0,35 * 450 = 157,5 g de MIDND.
Dans le cas de l’addition, la quantité de mâchefers est définie de la même manière qu’au cours
de l’étude sur les pâtes de ciment. La quantité de ciment reste constante et est égale à 450 g
pour toutes ces formulations. Les MIDND sont alors ajoutés en plus de la quantité initiale de
ciment. La quantité de MIDND est calculée de la même manière que dans le cadre des pâtes
de ciment. Plus la quantité de mâchefers augmente, plus le volume de pâte produit est
important.
Tous les mortiers réalisés dans le cadre de cette étude ont été élaborés à l’aide d’un malaxeur
Controlab. Le ciment utilisé est un ciment Portland 52,5 R du cimentier Lafarge. Le sable est
un sable normalisé NF EN 196-1 :2016, commercialisé par la société nouvelle du littoral et
emballé en sac de 1350 g ± 5 g conformément à cette même norme. Le pourcentage de SiO 2
minimal requis par la norme est de 98 % massique. L’eau de gâchage est de l’eau du robinet à
température ambiante.
Les échantillons sont coulés dans des moules en polystyrène contenant trois empreintes
d’éprouvettes mesurant 4x4x16 cm. Les échantillons sont ensuite stockés à température
ambiante de manière endogène sous un film plastique.
Le dispositif de flexion 3 points utilisé comporte deux points d’appuis inférieurs et un point de
charge. La Figure 2-12 présente la position de ces points. Un montage de ce type permet de
calculer la résistance en traction par flexion selon l’équation (2-7).
3FL
tf = (2-7)
2a 3
distance a est égale à 50 mm ; la montée en charge est effectuée par contrôle en déplacement
à une vitesse de 1 mm/min.
F
c = (2-8)
S
Dans les deux cas, la masse volumique est déterminée à l’aide d’une estimation du volume et
de la pesée des éprouvettes. Les variations dimensionnelles des éprouvettes n’ayant pas été
étudiées, le volume d’une éprouvette est estimé égal au volume du moule utilisé pour leur
conception (à savoir 4x4x16 cm soit 256 cm3).
À l’état frais, la masse volumique est déterminée par différence entre la masse du moule
rempli de pâte de mortiers et la masse du moule vide. De fait, l’estimation de la masse
volumique à l’état frais est obtenue à l’aide de trois éprouvettes. La balance utilisée est une
balance Ohaus d’une précision de 0,1 g.
III.2.2.4. Étalement
Les matériaux cimentaires sont des matériaux thixotropes, leurs propriétés d’écoulement
varient dans le temps. Dans le cas des matériaux cimentaires, la viscosité augmente avec la
structuration de la pâte et avec le temps. L’étude de l’étalement de la pâte à l’état frais permet
d’estimer la viscosité des formulations à la fin du malaxage. Cette donnée est importante pour
l’étude et la caractérisation des matrices aérées car le piégeage du gaz dépend grandement
de la viscosité de la pâte.
Cet essai est réalisé à la fin du malaxage en positionnant la pâte fraiche dans un moule
tronconique sur une table à choc. 30 chocs en 30 secondes sont alors infligés à la pâte, selon
le rythme décrit par la norme NF EN 196-1 :2016. Le diamètre final occupé par la pâte est
mesuré à l’aide d’une règle de précision 1 mm.
L’essai Vicat est un essai d’enfoncement utilisant un appareil Vicat, constitué d’une aiguille
(de surface 1 mm²) ou d’une sonde de consistance (diamètre 10 mm) pouvant s’enfoncer dans
le mortier frais sous l’influence d’un poids de 300 g. Cet essai est régi par la norme
NF EN 480-2:2006. L’enfoncement de l’aiguille dans la pâte est évalué à intervalle de temps
régulier afin de connaître la vitesse de structuration du matériau. Moins l’aiguille s’enfonce
dans le mortier, plus le matériau est résistant et donc plus la prise est avancée.
Le temps de début de prise est le temps entre la fin du malaxage et le moment où la distance
entre le socle de l’appareil Vicat et l’aiguille est de 4 mm. Le temps de fin de prise est mesuré
entre la fin du malaxage et le moment où l’aiguille ne s’enfonce pas de plus de 2,5 mm dans
le mortier.
Deux méthodes de mesures peuvent être différenciées : les méthodes en régime stationnaire
et les méthodes en régime transitoire (Mohaine, 2018). Les méthodes en régime stationnaire
reposent sur l’application d’un flux de chaleur unidirectionnel permettant de déterminer la
résistance thermique d’un matériau. Les méthodes en régime transitoire reposent quant à
elles sur l’application d’une perturbation thermique à un échantillon à l’équilibre. Une mesure
du flux de « sortie » permet d’estimer la capacité thermique du matériau.
Ici, un outil de mesure en régime transitoire est utilisé. Il s’agit de l’appareil TPS 1500 de la
marque Hot Disk®. Dans ce cas, le flux de chaleur est émis par une sonde placée entre deux
morceaux d’une même éprouvette (après le test de flexion). Cette sonde reçoit également la
réponse du matériau à la perturbation thermique infligée. La taille de la sonde est adaptée à
la structure du matériau de sorte que son diamètre soit au moins trois fois supérieur au
diamètre du plus gros défaut du matériau (une porosité est considérée comme un défaut)
mais au moins deux fois plus petit que la plus petite longueur de l’échantillon.
Il est également nécessaire de régler la puissance de chauffe (en mW) et le temps (en s). Ces
paramètres dépendent aussi du matériau étudié. En effet, des paramètres inadaptés peuvent
mener à des données de conductivité erronées. Plus le matériau est isolant, moins la
puissance de chauffe doit être importante pour limiter le risque d’échauffement du matériau.
Pour les mortiers étudiés, le temps d’acquisition est de 80 s et la puissance varie de 180 à 600
mW
Ici la sonde utilisée est une sonde en nickel, isolée avec du Kapton supportant des
températures de l’ordre de 200 °C (sonde 8563 de 19,8 mm de diamètre).
Afin de vérifier la justesse des données obtenues les valeurs suivantes doivent se trouver dans
les gammes présentées dans le Tableau 2-7.
Tableau 2-7 : Paramètres de vérification pour la mesure de la conductivité thermique par Hot Disk
Le temps total caractéristique est calculé comme suit selon l’équation (2-9) :
Diffusivité * tacquisition
ttot .carac. = (2-9)
² sonde
Les échantillons sont ensuite agités à une vitesse de 8 tours par minute à l’aide d’un éluteur
Heidolph reax 20 pour une durée de 24 heures. Par la suite, le lixiviat est filtré à l’aide de
seringues NIPRO de 20 mL et des filtres Stedim minisart® Sartorius en acétate de cellulose
avec un seuil de coupure de 0,45 µm.
Les éléments analysés sont ceux définis par l’Arrêté du 18 novembre 2011 (Tableau 2-3). Les
limites de détection sont dépendantes de la qualité des étalons et varient donc d’une
campagne de mesures à l’autre. Elles sont disponibles Annexe 2- 9.
Une démarche expérimentale similaire à celle mise en place pour l’étude sur mortier a été
utilisée pour la caractérisation des bétons. Ainsi, deux formulations témoins, sans mâchefers,
ont été mises en œuvre.
La norme NF EN 206 guide les formulations de bétons, au même titre que l’EN 196-1 guide les
formulations de mortiers. Elle guide notamment sur les quantités de granulat, de ciment et
d’eau à utiliser, en fonction de la classe de résistance et de fluidité recherchée. Le Tableau 2-8
présente les différentes classes de consistance de béton frais, définies par la norme
NF EN 206+A2:2021. Bien que cette norme ne s’applique pas aux bétons aérés, les classes de
fluidité définies dans celle-ci seront utilisées pour évaluer la consistance des formulations
produites. La fluidité est évaluée à l’aide d’un cône d’Abrams et est réalisée en accord avec la
norme NF EN 12350-2:2019.
Tableau 2-8 : Classes d'affaissement issues de la norme NF EN 206 +A2:2021. Essais d'affaissement
selon l'EN 12350-2 au cône d’Abrams.
S1 10 à 40
S2 50 à 90
S3 100 à 150
S4 160 à 210
S5 > 220
Afin de définir les proportions communes, utilisées pour toutes les formulations de bétons,
une étude bibliographique des proportions communément utilisées a été réalisée
(Jurič et al., 2006 ; Ginés et al., 2009 ; Shabbar et al., 2017 ; Hammoud, 2019 ; Alderete et al.,
2021). Le Tableau 2-9 présente ces proportions.
Tableau 2-9 : Proportions utilisées pour la réalisation de bétons témoins et des bétons avec MIDND
Le volume d’eau utilisé dans ces formulations est ajouté de sorte à obtenir un béton de classe
S4 et varie d’une formulation à l’autre.L’étude sur mortiers ayant permis d’identifier la
quantité de mâchefers la plus adéquate pour l’obtention des propriétés escomptées, toutes
les formulations avec MIDND possèdent les mêmes proportions. La différence entre les
formulations réside dans le type de mâchefers incorporés. Ainsi, cinq types de MIDND ont été
utilisés :
Les bétons ont été réalisés à l’aide d’une bétonnière électrique Guy Noël GNT 350. Le ciment
utilisé est un ciment 52,5 R de la cimenterie Lafarge. Le sable (0/4 mm) et les graviers
(4/11,2 mm) proviennent de la carrière de Saint Laurent de Mure et ont une masse volumique
absolue très proche respectivement de 2,6 et 2,7 t.m-3.
Des moules en carton cylindrique (diamètre 11 cm, hauteur 22 cm) sont utilisés pour la mise
en forme des éprouvettes. Un couvercle en plastique permet de maintenir les échantillons à
l’abri de l’air et de conserver l’humidité pour permettre une cure en endogène. Une aiguille
vibrante est utilisée afin de permettre la bonne compaction de la pâte.
mélange de sable et de fleur de soufre dans des proportions 2 : 3 chauffé à 150°C. Il est réalisé
la veille des essais à 7 jours et 28 jours, et 3 jours avant la casse des éprouvettes à 90 jours.
Les mesures de résistance à la compression sont réalisées après 7, 28 et 90 jours de prise. Les
éprouvettes sont stockées en endogène jusqu’à leur surfaçage.
III.3.2.3. Densité
La masse volumique des bétons est évaluée de la même manière que celle des mortiers et
pâte de ciment. Ainsi, le volume des éprouvettes est estimé grâce à une mesure de hauteur
d’échantillon, et en considérant une géométrie cylindrique. Le diamètre des échantillons est
fixé par la taille du moule et considéré égal à 110 mm. La masse de chaque éprouvette est
mesurée à l’aide d’une balance précise au gramme près.
méprouvette
béton =
d² (2-10)
héprouvette
4
Figure 2-14 : Préparation des monolithes pour l'essai de lixiviation sur monolithe NF EN 16 637-2
Afin d’obtenir des monolithes semblables entre eux, le haut et le bas de l’éprouvette sont
découpés et ne sont pas utilisés pour la lixiviation. La partie centrale est alors divisée en trois
cylindres qui seront utilisés pour l’essai de lixiviation.
Les monolithes sont placés dans des seaux en PP de taille suffisante pour satisfaire les
conditions exposées par la NF EN 16637-2 :2021 à savoir :
Figure 2-15 : Schéma de l'essai de lixiviation dynamique sur un monolithe de béton (Chen 2012).
La Figure 2-15 présente le montage expérimental pour cet essai. Les échantillons sont placés
sur des supports en PVC permettant de considérer que la totalité de leur surface est en contact
avec le lixiviant. Dans ce cas, le lixiviant utilisé est de l’eau déminéralisée. Un seau ne
contenant que les supports en PVC et le lixiviant est utilisé comme témoin. Le lixiviant est
renouvelé selon les intervalles de temps définis par la norme et présentés dans le Tableau
2-10.
Tableau 2-10 : Durée de renouvellement du lixiviant définie par la norme NF EN 16637-2 :2021.
Étapes 1 2 3 4 5 6 7 8
À chaque étape de renouvellement, l’éluât est collecté et filtré, puis remplacé par de l’eau
déminéralisée. La filtration est réalisée dans les mêmes conditions que celles décrites dans la
partie III.2.3. Les mesures de valeurs de pH, conductivité ionique et température sur l’éluât
collecté sont suivies par des mesures de concentration élémentaire par ICP-OES et ICP-MS. La
concentration ionique est déterminée par CI. L’échantillon témoin subit le même processus
de filtration et d’analyse que les échantillons issus de la lixiviation du béton.
L’analyse par diffraction des rayons X consiste à irradier un échantillon solide avec un faisceau
de rayons X d’une longueur d’onde (λ) connue et fixée tout en faisant varier l’angle
d’incidence(θ). La longueur d’onde d’irradiation est déterminée par la nature de l’anticathode
qui génère les rayons X. Lorsque ces rayons entrent en contact avec l’échantillon, ils sont
diffractés par les plans réticulaires des cristaux présents dans le matériau étudié. Les angles
de diffractions (2θ) dépendent de la distance interréticulaire et de la longueur d’onde
incidente. Chaque phase cristalline est caractérisée par un ensemble de distances
interréticulaires qui lui sont propres, générant un diagramme de diffraction caractéristique.
La technique utilisée ici est celle de la DRX sur poudre. Les échantillons ont donc été broyés
préalablement à l’analyse à l’aide du broyeur planétaire Fritsch Pulverisette 6 à 450 rpm
pendant 60 secondes. Le diffractomètre utilisé est le BRUKER D8 Advance du laboratoire
MATEIS équipé d’un tube à rayons X avec une anode de cuivre (KFL Cu 2K) d’une puissance
maximale de 2,2 kW. La raie K-α du cuivre a une énergie de 8,04 keV correspondant à une
longueur d’onde de 1,5406 Å. Les analyses ont été effectuées entre les angles 2θ = 4° et 70°,
avec un pas de 0,03048 ° et un temps par étape de 3,00 s. L’exploitation des diagrammes a
été réalisée à l’aide de la suite Diffracplus et plus particulièrement du logiciel EVA associé à la
base de données Powder Diffraction File (PDF) distribuée par l’International Center for
Diffraction Date (ICDD). Cette base de données comprend des informations sur les rapports
d’intensité des différents pics par rapport à une référence (I/Icor) permettant la détermination
semi-quantitative des proportions des phases majeures.
Le MEB est constitué d’une colonne sous-vide permettant d’isoler l’échantillon à observer et
le faisceau d’électrons incident des perturbations ambiantes. Un canon à électrons associé à
une source haute tension et à un accélérateur d’électrons permet de générer le faisceau
incident. Enfin, un détecteur d’électrons et un système de visualisation permettent
l’observation de l’échantillon.
Les observations étant basées sur l’émission d’électrons par l’échantillon, il peut être difficile
d’observer des matériaux isolants. En effet, les matériaux isolants ont tendance à accumuler
les électrons à leur surface ce qui brouille le signal et crée des effets de charge. Pour pallier ce
problème, les échantillons isolants sont métallisés au préalable. Bien que facilitant
l’observation de nombreux échantillons, cette technique interfère toutefois avec les
observations réalisées à l’aide de l’EDX (car il détecte la métallisation, ce qui peut fausser les
résultats de quantification, et même occulter la présence de certaines phases dont les niveaux
d’énergie coïncident avec ceux du métal déposé).
Toutes les observations MEB de cette étude ont été réalisées sur le MEB TESCAN Vega 3 du
département Science et Génie des Matériaux (SGM) de l’INSA de Lyon, avec une tension
d’accélération de 10 kV et une distance de travail de 10 mm. Les échantillons ont été
préalablement métallisés à l’or à l’aide du métalliseur BAL-TECH SCD 005. La métallisation est
réalisée sous atmosphère d’argon pendant 90 secondes et avec une intensité de 30 mA afin
d’obtenir une couche d’or de 15 µm environ.
Les MIDND sont également des matériaux poreux. De nombreuses vacuoles sont observables
notamment dans leurs phases vitreuses (Dabo, 2008).
Du fait de la grande diversité des types et tailles de pores étudiés, deux méthodes d’analyse
complémentaires sont mises en œuvre. La tomographie à rayons X, avec une résolution de 25
µm, est utilisée pour caractériser les plus grosses porosités des matrices cimentaires. La
porosimétrie mercure permet, quant à elle l’étude de porosités plus petites, jusqu’à 3 nm, et
est utilisée pour la caractérisation des matrices cimentaires et des MIDND.
Cette technique d’analyse est basée sur l’observation de rayons X transmis à travers un
échantillon. Pour cela, un tube RX émet des rayons X perpendiculairement à la surface de
l’objet à étudier. Un écran, situé de l’autre côté de l’échantillon permet d’observer les rayons
X transmis, ou non absorbés, par l’objet. La capacité d’absorption de la matière est liée à sa
composition ; plus un matériau est dense et plus son absorption est importante. Les variations
du niveau de gris de l’image obtenue permettent de rendre compte des différences de densité
au sein du matériau. Au cours de l’analyse, l’objet est soumis à une rotation de 360° pendant
laquelle plusieurs centaines d’acquisitions sont réalisées. Une reconstruction via un logiciel de
calcul permet alors d’obtenir une représentation 3D de la structure interne de l’objet.
aussi de grande taille, limitant alors la résolution de l’image. A l’inverse un volume d’étude
restreint améliorera la définition de l’image et permettra de visualiser des porosités plus
petites. Ce petit volume doit toutefois être supérieur au volume élémentaire représentatif,
sans quoi les résultats ne peuvent traduire l’hétérogénéité de l’échantillon avec fidélité. Ici
par exemple, cela peut occulter la présence des plus grandes porosités.
Le tomographe à rayons X utilisé dans cette étude est le tomographe GE phoenix v|tome|x
du laboratoire MATEIS. Le logiciel datos|x opère la reconstruction 3D du volume à partir des
images enregistrées par le tomographe. Le traitement d’images et les observations sont
effectués à l’aide du logiciel ImageJ.
Le tomographe est utilisé avec une résolution de 25 µm par voxel. La taille minimale des
porosités observables est de 50 µm, soit deux fois la résolution. La puissance des rayons X est
de 100 kV et 180 µA pour l’observation des mortiers et 110 kV et 16 µA ou 130 kV et 90 µA
pour celles des bétons, qui, dû à l’épaisseur plus importante des échantillons amortissent
davantage les rayons X.
Cette technique est basée sur le caractère non-mouillant du mercure vis-à-vis de la majorité
des solides, c’est-à-dire que le mercure ne pénètre pas spontanément dans les porosités de
l’échantillon étudié. Ainsi, il est nécessaire d’appliquer une pression pour forcer le mercure à
s’introduire dans les porosités. Le modèle repose sur l’idée que la pression nécessaire au
mercure pour rentrer dans une porosité dépend de la taille de cette porosité et est décrit par
l’équation de Washburn (équation (2-11)).
−4 cos
D= (2-11)
P
avec D, le diamètre de la porosité ; σ la tension de surface du mercure ; θ l’angle de contact
entre la surface de l’échantillon et le mercure, et P la pression appliquée.
Ces mesures peuvent être réalisées à basse pression (3,47.10-3 à 1,6.10-1 MPa) et à haute
pression (1,88.10-1 à 398 MPa) permettant ainsi d’étudier un grand spectre de taille de
Des cellules adaptées aux propriétés des matériaux étudiées ont été utilisées. Ainsi les MIDND
ont été étudiés à l’aide de pénétromètres pour poudres avec un volume de capillaire de 1,131
cm3 et une cellule de 5 cm3. Des pénétromètres avec une cellule de 5 cm3 et un capillaire de
1,131 cm3 sont également utilisés pour l’étude des mortiers et bétons. Pour les MIDND et les
bétons, les mesures sont réalisées à minima en duplicata.
L’ATG-DSC utilisée est une ATG-DSC 2 Mettler du laboratoire DEEP de l’INSA de Lyon couplée
au logiciel d’exploitation STARe system. Un programme de température adapté aux domaines
de décomposition des phases cimentaires et hydratés a été mis au point. Les paramètres de
ce programme et de la mesure sont regroupés dans le Tableau 2-11.
Matériels utilisés
Référence de l'échantillon
Matières
Belges Tchèques
premières
Be Be Be Be Be Cz Cz Cz Cz Cz
Ciment Sable
0/2 0,5/2 0,1/0,25 0/0,1 treated 0/2 0,5/2 0,1/0,25 0/0,1 treated
Analyse élémentaire -
contenu total (analyse du x x x x x x x x x x
SARM)
Analyse élémentaire
partielle - XRF x x
Taux d'humidité (NF EN
15934) x x
Caractérisation Perte au feu (NF EN 15935) x x
physico-chimique
Analyse granulométrique x x
Quantification des métaux
réducteurs x x x x x x x x x x
Masse volumique
apparente x x x
Masse volumique absolue -
pycnométrie hélium x x x x x x x
Analyse minéralogique DRX x x x x x x x x x
Caractérisation Analyse morphologique
microstructurale MEB x x x x
Porosimétrie mercure x x x x
Évaluation du Essais conformément à la
comportement à norme x x x x x x x x
la lixiviation NF EN 12457-2
Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés
CHAPITRE 2 : MATERIELS ET METHODES
Tableau 2-13 : Bilan des expérimentations de caractérisation de des mortiers de références et des mortiers réalisés avec des mâchefers tamisés
Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés
CHAPITRE 2 : MATERIELS ET METHODES
Tableau 2-14 : Bilan des expérimentations sur les mortiers réalisés avec des MIDN broyés en substitution et en additon et des MIDND non broyés d’origines différentes
0,55- Cz20B- 0,55- Cz35B- 0,55- Cz50B- 0,55-Cz20B- 0,55-Cz35B- 0,55-Cz50B- 0,55- 0,5-Cz35NB- 0,5-
A A A S S S Cz35NB-A A Be35NB-A
Prise Vicat (NF EN 196-3) x x x x x x x
Étalement (NF EN 12350-
5) x x x x x x x x
Densité à l'état frais x x x x x x
Résistance mécanique
(Flexion compression) à x x x x x x x x x
J+28 (NF EN 196-1)
Evolution de la résistance
mécanique (Flexion
7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours 7 à 90 jours
compression) (NF EN 196-
1)
Conductivité thermique x x x x x x x x x
Evolution de la
conductivité thermique
Densité durcie x x x x x x x x x
DRX x x x x x x x x x
MEB x x x x x x x
Tomographie x x x x x x x x x
Porosimétrie mercure x x x x x x x x x
Essais de lixiviation
conformément à l'EN 12 x x x x x x x x x
457-2
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CHAPITRE 2 : MATERIELS ET METHODES
Estimation de la consistance -
Essai d'affaissement (NF EN x x x x x x x
12350-2)
Résistance en compression (NF Jour 7, 28, Jour 7, 28, Jour 7, 28, Jour 7, 28,
Jour 7, 28, 90 Jour 7, 28, 90 Jour 7, 28, 90
EN 12390-3) 90 90 90 90
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Manon BROSSAT (2024) | Thèse de doctorat | INSA Lyon 122
Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés
Chapitre 3 : Caractérisation des
matières premières utilisées dans
les matériaux cimentaires
Introduction
La caractérisation du comportement environnemental des mâchefers est un prérequis
réglementaire à leur valorisation. La détermination de leurs propriétés physico-chimiques
permet, en outre, de choisir un scénario de valorisation adapté à ces propriétés. Ce chapitre
se focalise sur la caractérisation physique, chimique, et environnementale des matières
premières utilisées pour la fabrication des matériaux cimentaires de l’étude. En particulier, les
propriétés des MIDND tchèques, belges et des sous-fractions utilisées dans la suite sont
décrites. Il est important de souligner que ce travail de thèse traite uniquement de la fraction
fine des MIDND (fraction 0 – 2 mm). De ce fait, le terme MIDND fera référence à cette seule
fraction fine dans la suite de ce manuscrit. Les résultats issus de la caractérisation chimique et
environnementale du sable normalisé et du ciment utilisés sont également présentés.
I. Caractérisation physique
Pertes aux feux 2,7 ± 0,1 % 3,3 ± 1,5 % 10,1 ± 0,2 % 20,6 ± 0,3 %
résume les taux observés dans les mâchefers belges et tchèques. Le taux d’humidité des
MIDND belges (27,40 ± 0,72 %) est près de deux fois supérieur à celui des mâchefers tchèques
(14,05 ± 2,06 %).
Tableau 3-1 : Taux d'humidité et pertes aux feux des MIDND belges et tchèques à réception, mesurés
conformément à l'EN 15934 et 15935 respectivement
Pertes aux feux 2,7 ± 0,1 % 3,3 ± 1,5 % 10,1 ± 0,2 % 20,6 ± 0,3 %
Ce taux élevé d’humidité est la conséquence du procédé en voie humide mis en œuvre pour
récupérer certains métaux et minéraux (lavage au cours du criblage à 6 mm). Les MIDND
tchèques sont extraits en voie humide à l’incinérateur de Zevo Malešice. Leur humidité est
relativement faible par rapport aux taux d’humidité traditionnellement observés dans ce cas
(entre 20 et 30 %) car un séchage partiel a été réalisé à l’ICPF pour faciliter le tamisage
(Silvestre, 2001 ; Rendek, 2006 ; Gonzalez, 2014).
Très rapidement après la réception au laboratoire, les MIDND ont été séchés à l’air à 50°C puis
conditionnés en seaux fermés en chambre froide (+ 4 °C) afin de limiter autant que possible
leur évolution durant le stockage sur la durée de cette étude. Le taux d’humidité des sous-
fractions Cz 0,1 – 0,25 et Cz 0 – 0,1 a été évalué après cette étape de séchage, c’est pourquoi
il n’est pas présenté ici. Les pertes au feu des sous-fractions Cz 0,1 – 0,25 et Cz 0 – 0,1 sont
proches mais inférieures aux valeurs avancées par Alam et al. (2016). Ils mesurent des pertes
au feu de 24,2 % dans la fraction 0,125 – 1 mm et 27,1 % dans la fraction 0 – 0,125. Tandis que
Loginova et al. (2019) évaluent les pertes au feu de leur fraction 0 – 0,125 mm à 15 %. Les
pertes au feu mesurées sur les fractions les plus fines des MIDND sont donc cohérentes avec
les valeurs de la littérature. De plus les résultats d’Alam et al. (2016) et ceux de cette étude
indiquent que le taux de pertes au feu, et donc la teneur en matière organique, sont
grandement influencés par la sous-fraction granulométrique étudiée.
Les pertes au feu sont mesurées à 550 °C à la suite du séchage. Cette technique est
traditionnellement utilisée pour évaluer le taux d’imbrulés dans les MIDND. Cependant la
teneur en matière organique résiduelle ainsi obtenue est généralement maximisée, car
d’autres phénomènes tels que la décomposition d’hydrates et la volatilisation de certains sels
peuvent engendrer des pertes de masse dans ce domaine de température. Les pertes au feu
des mâchefers belges et tchèques sont comparables et conformes aux valeurs citées dans la
littérature (proche de 3 %) pour les mâchefers dans leur ensemble (Dugenest et al., 1999 ;
Pepin et al., 2001 ; Rendek, 2006). Toutefois, les mâchefers tchèques présentent une
variabilité plus importante que les MIDND belges. Il apparait que les traitements subis par les
La Figure 3-1 présente la répartition granulométrique de la fraction fine des MIDND belges,
tchèques ainsi que celle du sable normalisé CEN 196-1. Les données pour le sable normalisé
proviennent du fournisseur.
Figure 3-1 : Distribution granulométrique des MIDND belges, tchèques (< 2 mm) et du sable
normalisé CEN 196-1. Mesures effectuées sur les MIDND à des tailles de tamis de 0,032 mm ;
0,106 mm ; 0,250 mm ; 0,500 mm ; 1 mm et 2 mm. Mesures effectuées par la SNL pour le sable
normalisé à des tailles de tamis de 0,032 mm ; 0,080 mm ; 0,160 mm ; 0,500 mm ; 1 mm ; 1,6 mm et
2 mm
En raison du potentiel caractère pouzzolanique des MIDND, cette étude s’est intéressée à leur
utilisation comme substitut partiel au ciment. Dans le but de vérifier la possibilité d’une telle
substitution, des MIDND ont été broyés pour favoriser leur réactivité (Cheng., 2012 ;
Li et al., 2012). La Figure 3-2 présente l’impact du broyage sur la distribution granulométrique
des mâchefers. Le broyage permet de réduire légèrement la taille globale des particules
puisque 100 % des particules broyées ont un diamètre inférieur à 1 mm contre 84 % pour les
MIDND bruts. Néanmoins, les particules mesurant plus de 50 µm sont traditionnellement
considérées comme inertes. Ici, seulement 10 % environ des particules mesurent moins de
50 µm après broyage, ce qui présage une faible réactivité des MIDND broyés. Le broyage
permet néanmoins de doubler la quantité de particules de diamètre inférieur à 50 µm.
Tableau 3-2 : Masses volumiques réelles des fractions fines de MIDND, du sable normalisé et du
ciment utilisés dans les formulations de mortiers. Résultats obtenus par picnométrie à l’hélium
(Micrometrics Accupyc II)
Cz 0 – 2
Échantillons Cz 0 – 2 Cz 0,1 – 0,25 Cz 0 – 0,1
broyés
Masse volumique
2,553 ± 0,002 2,570 ± 0,003 2,481 ± 0,003 2,445 ± 0,031
réelle (g.cm-3)
Le ciment est la matière première la plus dense avec une masse volumique mesurée de
3,101 g.cm-3. Les masses volumiques des mâchefers belges Be 0 – 2 (2,655 g.cm-3) et du sable
normalisé (2,640 g.cm-3) sont proches. Les mâchefers tchèques Cz 0 – 2 sont légèrement
moins denses (2,553 g.cm-3). Le broyage de cette fraction a peu d’impact sur la masse
volumique réelle résultante (2,570 g.cm-3). Cette relative proximité suggère que le broyage
n’induit par l’« ouverture » de pores initialement fermés dans la fraction non-broyée. Ces
résultats montrent que la masse volumique réelle des mâchefers a tendance à diminuer avec
la taille des particules. En effet, les sous-fractions fines Cz 0,1 – 0,25 et Cz 0 – 0,1 sont moins
denses avec une masse volumique réelle respectivement égale à 2,481 g.cm-3 et 2,445 g.cm-3.
Cette diminution de la masse volumique réelle est à mettre en lien avec la composition
élémentaire de ces fractions qui sera détaillée plus loin dans ce chapitre. De la même façon,
Cz Treated est significativement moins dense que les autres échantillons de mâchefers
tchèques. Ce résultat n’est pas surprenant puisque cette fraction est la plus légère obtenue à
l’issue du traitement à la table vibrante en voie humide.
Dans l’objectif de réaliser des matériaux cimentaires légers, l’utilisation de mâchefers pourrait
se révéler intéressante puisque leur squelette solide est légèrement moins dense que celui
des matières premières conventionnelles.
Tableau 3-3 : Masse volumique apparente ou vrac des mâchefers bruts et des matières premières
conventionnelles
Ici, le sable et le gravier utilisés pour la fabrication du béton ont une masse volumique de 1,70
et 1,61 g.cm-3 respectivement. Dans le cas des mâchefers, une différence très significative est
observée entre les masses volumiques apparentes et réelles témoignant d’une porosité
ouverte probablement très importante et d’un empilement granulaire de faible compacité.
De fait, les mâchefers belges Be 0 – 2, dont la masse volumique réelle est comparable à celle
du sable, présentent une masse volumique apparente de 0,977 g.cm-3, bien inférieure à la
masse volumique apparente de celui-ci. Comme précédemment, les mâchefers tchèques
Cz 0 – 2 présentent une masse volumique apparente plus faible que celle des mâchefers
belges.
Avec une masse volumique en vrac inférieure à 1,00 g.cm-3, les mâchefers sont la matière
première la plus légère entrant dans le procédé de fabrication des mortiers et bétons et
peuvent être considérés comme granulats légers selon la norme NF EN 13055-1.
Les Figure 3-3 (a) et Figure 3-3 (c) présentent respectivement des vues de Be 0 – 2 et Cz 0 – 2
à faible grossissement. La taille des particules observées a été estimée à l’aide de l’outil
« Mesures » du MEB. De nombreuses particules de plus de 0,5 mm de diamètre sont visibles
au sein de l’échantillon Be 0 – 2 (Figure 3-3 (a)), tandis que deux seulement sont observées
dans Cz 0 – 2 (Figure 3-3 (b)). Il est possible de distinguer séparément les petites particules de
Be 0 – 2. A l’inverse, la finesse des particules les plus petites de Cz 0 – 2 ne permet pas de les
distinguer les unes des autres. À l’observation, il semble donc que l’échantillon Be 0 – 2 soit
globalement composé de plus grosses particules que Cz 0 – 2 ce qui corrobore les mesures de
distribution granulométrique. Dans les deux cas, la forme des particules est assez irrégulière
ce qui justifie la différence importante entre les masses volumiques réelles et apparentes des
mâchefers.
En effet, les particules non sphériques et qui ne sont pas des plaquettes, forment des
empilements aléatoires moins compacts que les particules sphériques. De nombreuses fibres
sont visibles sur la Figure 3-3 (a) de l’échantillon Be 0 – 2. Elles semblent agglomérées entre
elles ou encore collées à la surface des particules. L’échantillon Cz 0 – 2, quant à lui, ne
contient pas d’éléments facilement reconnaissables.
La Figure 3-3 (e) et la Figure 3-3 (g) correspondent aux observations à faible grossissement
réalisées sur Cz 0,1 – 0,25 et Cz 0 – 0,1 respectivement. Sur ces clichés, la taille des particules
est homogène, traduisant l’efficacité du tamisage. Par ailleurs, certains éléments
reconnaissables sont visibles sur les deux photographies. Par exemple, un fil de cuivre et des
fibres sont observables sur la Figure 3-3 (e). Quelques fibres sont également visibles Figure
3-3 (g).
Figure 3-3 : Observations MEB à faible grossissement à gauche, et à fort grossissement à droite. (a-b)
Be 0 – 2 ; (c-d) Cz 0 – 2 ; (e-f) Cz 0,1 – 0,25 et (g-h) Cz 0 – 0,1
Les teneurs en éléments majeurs des mâchefers Be 0 – 2 et Cz 0 – 2 sont comparables. Ils sont
principalement composés de silicium (181 et 207 g.kg-1 pour Be 0 – 2 et Cz 0 – 2
respectivement), de calcium (116 et 132 g.kg-1 respectivement), de fer et d’aluminium. Ces
résultats sont en accord avec les gammes présentées Tableau 1-1 et tendent à démontrer que
l’origine des mâchefers influence peu leur composition chimique principale. Au contraire, les
teneurs en éléments mineurs et traces peuvent varier sensiblement selon la provenance des
échantillons. Par exemple, certains éléments de la famille des lanthanides : le cérium et le
lanthane sont plus abondants dans les mâchefers belges. Ainsi la teneur en cérium dans
Be 0 – 2 atteint 309 mg.kg-1 alors qu’elle n’est que de 43 mg.kg-1 dans Cz 0 – 2. De même, la
teneur en lanthane vaut 151mg.kg-1 dans Be 0 – 2 et seulement 21 mg.kg-1 dans Cz 0 – 2.
Tableau 3-4 : Contenus élémentaires en éléments majeurs et mineurs des mâchefers belges et
tchèques
D’autres éléments comme le chrome, le nickel ou le zinc sont également plus concentrés dans
les mâchefers belges. Le baryum, l’antimoine et le cobalt sont présents à des taux
comparables et seul l’étain est légèrement plus concentré dans les mâchefers tchèques que
dans les mâchefers belges.
dans Cz 0 – 2 à 81 g.kg-1 dans Cz 0 – 0,1. Aucune variation notable n’est observée pour les
autres éléments majeurs comme le potassium, le phosphore, le magnésium ou encore
l’aluminium.
Les concentrations en éléments majeurs du ciment sont en accord avec celles communiquées
par le fournisseur. Ainsi, il est riche en calcium, et contient également un pourcentage non
négligeable de silicium, de fer et d’aluminium. De nombreux éléments métalliques et polluants
sont présents dans le ciment à des teneurs non négligeables. Le taux de strontium, par
exemple, est mesuré à plus de 1,2 g.kg-1.
Le sable normalisé est bien conforme à la norme CEN 196-1 puisqu’il contient 470 ± 8 g.kg-1
de silicium, ce qui correspond à une teneur de 98,0 % en Silice. Les principaux éléments traces
retrouvés dans le sable sont le baryum, le strontium et le zirconium. Certains mortiers ont été
réalisés avec des sacs de sable normalisé, disponibles au laboratoire au début de ce travail et
non ouverts. Les résultats en contenu total de ce sable ont démontré que celui-ci n’était
toutefois pas conforme à la norme puisqu’il ne contenait que 86 % de silice. Les résultats
d’analyse en contenu total complet de ce sable sont disponibles en Annexe 3- 1.
Tableau 3-5 : Contenus élémentaires en éléments majeurs et mineurs du ciment, du sable et du filler
calcaire
Ba 53 ± 3 73 ± 4 < L.D.
Ce 5,6 ± 0,3 15,4 ± 0,8 0,29 ± 0,01
Co 0,15 ± 0,01 3,6 ± 0,2 < L.D.
Cr 3,2 ± 0,2 40 ± 2 2,8 ± 0,1
Cu < L.D. 44,4 ± 3,5 < L.D.
La 2,9 ± 0,1 11,4 ± 0,6 0,22 ± 0,01
Ni < L.D. 42 ± 2 < L.D.
Pb 2,3 ± 0,2 36 ± 4 0,54 ± 0,05
Sb 0,24 ± 0,01 0,98 ± 0,05 < L.D.
Sn < L.D. 1,48 ± 0,07 < L.D.
Sr 10 ± 1 1258 ± 63 108 ± 5
Ti < L.D. 80 < L.D.
Zn < L.D. 163 ± 16 < L.D.
Zr 26,2 ± 1,3 44 ± 2 2,5 ± 0,1
La présence importante de silicium dans les mâchefers est un argument en faveur de leur
utilisation en substitution du sable dans les formulations. Toutefois, la part non négligeable
de calcium permet aussi d’envisager une substitution d’une partie du ciment. Pour vérifier la
pertinence de cette substitution, les indices d’activité pouzzolaniques ont été calculés par
deux méthodes différentes : d’une part avec la norme NF EN 450-1, d’autre part en utilisant
différents indicateurs empiriques de réactivité des laitiers de haut fourneaux (Pal et al., 2003).
L’ensemble des résultats est disponible en Annexe 3- 3.
Selon la norme NF EN 450-1 aucun des mâchefers étudiés ne présentent les caractéristiques
requises pour être considéré comme additif pouzzolanique. En effet, cette norme stipule que
la somme des teneurs en SiO2, Al2O3 et Fe2O3 doit être supérieure à 70 % et seule la fraction
Be 0 – 2 s’approche de cette condition, avec un pourcentage de 62,4 %. En revanche, la
fraction S des MIDND tchèques valide les cinq indicateurs empiriques de réactivité du laitier
de haut-fourneau tandis que la fraction M n’en vérifie qu’un seul. Toutes les autres fractions
ne présentent pas les propriétés souhaitées.
Seules les phases principales sont identifiées sur ce graphique. Le Tableau 3-6 regroupe de
manière plus détaillée les phases observées et leur teneur estimée à l’aide du modèle FPM
Evaluation du logiciel EVA DiffracPlus®.
La calcite et le quartz sont facilement identifiables sur tous les diffractogrammes. Sur ceux des
échantillons Cz 0 – 0,1 et Cz 0,1 – 0,25, le plus grand pic correspond au pic principal de la
calcite. Pour l’échantillon Cz 0 – 0,1 la teneur en calcite est estimée à 42 %, ce qui en fait
effectivement la phase majoritaire. C’est également la phase majoritaire des échantillons Cz
0,1 – 0,25 et Cz treated puisqu’elle représente respectivement 29 % et 35 % des phases
cristallines. Pour les échantillons belges et tchèques (Be 0 – 2 et Cz 0 – 2), le pic principal est
celui du quartz, qui représente respectivement 22 % et 25 % des phases cristallisées. Ces
observations sont en accord avec les résultats de l’analyse en contenu total qui mesure
davantage de Si dans les fractions grossières, mais qui quantifie le Ca comme élément
majoritaire dans les fractions les plus fines. Une réduction de la teneur en quartz en parallèle
de la diminution de la taille des particules est également décrite dans la littérature
(Chimenos et al., 2003 ; Huber et al., 2019 ; Loginova et al., 2019).
Les autres phases minérales principales observées sont des phases calciques et silicatées
conformément aux résultats de l’analyse chimique. La fluorapatite (Ca 5(PO4)3F) est retrouvée
à des teneurs importantes (entre 16 et 7 % en fonction de l’échantillon) et est décrite par
Saikia et al. (2008) comme une phase principale des MIDND de leur étude.
Tableau 3-6 : Phases minéralogiques principales observées dans les MIDND et semi-quantification
évaluée à l'aide du logiciel EVA Diffrac plus et du modèle FPM Eval
Be Cz Cz Cz Cz
Espèces cristallines
0–2 0–2 0,1 – 0,25 0 – 0,1 treated
Dénomination Formule chimique %
Quartz SiO2 22 25 19 9 26
Calcite CaCO3 15 22 29 42 35
Anorthite CaAl2Si2O8 19 – – – –
Fluorapatite Ca5(PO4)3F 16 8 7 9 6
Gehlénite Ca2Al(AlSiO7) – 4 7 5 10
Thénardite Na2SO4 – 8 7 4 –
Halite NaCl 8 4 1 5 –
Oxyde de fer Fe2O3/ Fe3O4 8 1 1 – 3
Nepheline Na(AlSiO4) 3 – 3 4 –
Effenbergerite BaCuSi4O10 – 4 10 7 –
Hydrocalumite Ca2Al(OH)6,5Cl0,5(H2O)3 – 9 7 11 –
Anorthoclase (Na,K)AlSi3O8 – – – – 8
Globalement, les mêmes minéraux sont présents dans tous les échantillons belges et
tchèques. Toutefois, l’anorthite (CaAl2Si2O8), qui est la seconde phase la plus abondante dans
Be 0 – 2 (16 %) semble caractéristique de cet échantillon puisqu’elle n’est pas détectée dans
les mâchefers tchèques. Elle se forme à haute température, probablement dans les fours
d’incinération. La présence d’anorthite dans les MIDND est également observée par
Eighmy et al. (1994), Basuyeno & Schmal (2010), Saffarzadeh et al. (2011) et Yuan et al. (2023).
La gehlénite (Ca2Al(AlSiO7)), la thénardite (Na2SO4), l’hydrocalumite (Ca2Al(OH)6,5ClO,5(H2O)3)
et l’effenbergerite (BaCuSi4O10) sont uniquement observées dans les mâchefers tchèques
L’hydrocalumite, caractéristique des MIDND tchèques, est observée dans les mâchefers par
Basuyeno & Schmal (2010), Saffarzadeh et al. (2011) et Inkaew et al. (2016). Elle est décrite
comme une phase instable typique des MIDND frais. L’effenbergerite est très peu
documentée dans la littérature, et n’est pas à ce jour, décrite comme une phase traditionnelle
des MIDND. Elle a une structure analogue à la gillespite (BaFe(Si4O10)) et à la cuprorivaite
(CaCu(Si4O10)) dont la présence dans les MIDND n’est également pas documentée
(Giester et al, 1994). En outre, la composition chimique de l’effenbergerite, phase silicatée,
est en accord avec la composition des MIDND.
L’Anorthoclase ((Na,K)AlSi3O8) est uniquement observée dans les mâchefers ayant subi un
traitement de séparation en voie humide à l’ICPF. Cette phase est également retrouvée par
Saikia et al. (2008) dans la fraction fine des MIDND extraits et traités en voie humide.
Figure 3-5 : Diffractogrammes des rayons X du ciment CEM I et du sable normalisé CEN 196-1
Figure 3-6 : Quantification de l'aluminium métallique et des métaux réducteurs dans les MIDND.
Étude du temps de réaction. Les sous-fractions granulométriques Cz 0,1 – 0,25 et Cz 0 – 0,1 sont obtenues
par tamisage de Cz 0 – 2.
Ces teneurs sont en accord avec les valeurs publiées dans la littérature qui sont, elles aussi,
affectées d’une incertitude importante (Hu et Rem, 2009 ; Saffarzadeh et al., 2016). L’origine
des mâchefers ne semble pas non plus avoir d’incidence sur le temps de réaction t0,95, compte
tenu des incertitudes sur les mesures. En effet, les valeurs moyennes obtenues pour les
échantillons Cz 0 – 2 et Be 0 – 2 sont respectivement 312 ± 88 min et 245± 77 min.
La diminution des temps de réaction est directement liée à la diminution de la taille des
particules. Cette dernière entraine un accroissement de la surface d’échange favorable à une
réactivité accrue. En effet, pour une particule sphérique de rayon R (la sphère représentant la
forme géométrique pour laquelle le rapport surface/volume est le plus faible), le volume est
donné par V = 4R3/3 et la surface par S = 4R2. Le rapport S/V est donc égale à 3/R et
augmente quand R diminue. Ainsi, la surface par unité de volume est plus grande quand la
taille de la particule sphérique diminue.
La diminution de la quantité d’aluminium métallique avec la taille des particules peut, elle
aussi, être justifiée par la réactivité importante de ces sous-fractions granulométriques.
L’aluminium est un métal très réducteur, qui à priori s’oxyde donc facilement. Toutefois,
lorsque l’oxydation conduit à la formation d’une couche d’alumine (Al2O3) en surface, celle-ci
joue le rôle d’une barrière protectrice empêchant l’oxydation ultérieure. Ce phénomène est
appelé passivation de l’aluminium. Il se produit spontanément à l’air, ou en milieu aqueux de
pH compris approximativement entre 4 et 9. Cependant, lorsqu’un grain d’aluminium passivé
est plongé dans un milieu très basique (solution de soude lors de la quantification de Al ou
liquide interstitiel dans un MIDND ou une matrice cimentaire), cette couche d’alumine se
dissout sous forme d’ions aluminate AlO2- ou de complexe hydroxo (Al(OH)4-), ce qui rend à
nouveau la surface de la particule réactive. Comme la couche de passivation mesure quelques
nanomètres, elle peut représenter une proportion non négligeable des particules les plus
petites (Campbell et al., 1999). Cela explique alors la faible teneur en aluminium métallique
des sous-fractions les plus fines. La diminution de la teneur en aluminium métallique avec la
réduction de la taille des particules de MIDND est également mentionnée dans la littérature,
notamment par Del Valle-Zermeno et al. 2017 mais est contestée par Muchovà (2004) et
Biganzoli et al. (2013).
Quelle que soit l’origine des mâchefers, la réduction de la taille des particules par broyage
entraîne une diminution du temps de réaction. Ainsi, le temps de réaction de Cz 0 – 2 est divisé
par deux et passe de 312 min soit plus de 5 heures, à 121 min, ce qui correspond à environ 2
heures. De la même façon, le temps de réaction de Be 0 – 2, initialement de 245 min, est réduit
à 157 min.
En parallèle, bien que les incertitudes ne permettent pas de confirmer de manière certaine
cette tendance, la quantité d’aluminium moyenne réagissant lors des essais de quantification
est plus importante lorsque les MIDND ont été broyés, quelle que soit l’origine des mâchefers
et passe de 1,55 % à 1,89 % pour les mâchefers tchèques respectivement non-broyés et
broyés, et 1,84 % et 2,13 % pour les mâchefers belges dans le même ordre. Ainsi, le broyage,
en déchiquetant les particules d’aluminium passivées faciliterait l’accès au métal réactif. Par
ailleurs, Saffarzadeh et al. (2016) rapportent qu’une partie de l’aluminium métallique pourrait
être incluse au sein de matrices siliceuses peu réactives. Le broyage permettrait de libérer ces
inclusions d’aluminium de leur gangue siliceuse.
Figure 3-8 : Lixiviation des mâchefers conformément à la norme NF EN 12457-2 et comparaison aux seuils de
l'Arrêté du 18 novembre 2011
Les concentrations en Fe et Ti dans les éluats sont inférieures aux limites de détection de ces
éléments, à savoir 0,01 mg.kg-1. La concentration en Zn est inférieure à la limite de détection
(0,01 mg.kg-1) sauf pour l’échantillon Be 0 – 2 pour lequel la concentration dans le lixiviat est
légèrement supérieure à la limite de détection de 0,02 mg.kg-1, ce qui est toutefois bien
inférieur au seuil de l’Arrêté (50 mg.kg-1).
Malgré quelques exceptions, les concentrations en un élément donné sont du même ordre de
grandeur pour tous les échantillons quelle que soit la sous-fraction granulométrique étudiée
ou l’origine des MIDND.
Tableau 3-7 : Concentrations dans les éluâts, des éléments majeurs contenus dans les MIDND, pH et
conductivité. Données issues de Gonzalez 2014, Huber et al., 2020
Les concentrations en aluminium observées dans les éluats sont en accord avec les valeurs
trouvées dans la littérature. Pour les autres éléments, les concentrations mesurées ne
correspondent pas aux plages de variation de la littérature mais les ordres de grandeurs
observés sont globalement similaires.
les plus fines mais ces auteurs ne notent aucune différence significative entre les sous-
fractions de particules de moins de 2 mm.
Les concentrations en cuivre, en arsenic et en antimoine dans les éluats, varient en fonction
de la sous-fraction étudiée. Ces éléments sont davantage élués des fractions les plus fines.
Pour ces éléments, une comparaison avec le contenu total a été réalisée et est présentée
Tableau 3-8. La suite de cette partie traite principalement des mécanismes expliquant les
différences de relargage entre les différentes sous-fractions granulométriques. Bien que les
termes de « relargage accru » ou « relargage plus important » soient employés, il est
important de garder à l’esprit que les relargages des éléments exposés ci-dessous sont de
manière générale relativement faibles. Le molybdène est le seul élément qui semble très
mobile avec un taux de relargage allant jusqu’à 18 % (voir Tableau 3-8).
Tableau 3-8 Concentrations de quelques ETM et pourcentage des contenus élémentaires relargués
dans les lixiviats des tests NF EN 12457-2
As 0,01 11,7 0,07 0,07 10,48 0,62 0,01 12,2 0,09 0,12 16,1 0,73
Cu 16,5 9242 0,18 11,5 2442 0,47 15 1766 0,85 22,2 1271 1,75
Mo 2,99 16,5 18,1 1,13 9,37 12,1 1,92 10,4 18,5 1,83 11,2 16,3
Ni 0,16 291 0,05 0,05 154 0,03 0,05 123 0,04 0,06 106 0,06
Sb 0,64 94,3 0,68 0,38 75,6 0,5 0,4 82,3 0,49 0,54 111,8 0,48
L’arsenic, quant à lui, semble plus mobile dans les fractions des mâchefers tchèques Cz 0 – 2 et
Cz 0 – 0,1 que dans la fraction Cz 0,1 – 0,25 puisque les pourcentages relargués sont
respectivement de 0,62 % et 0,73 % contre 0,09 % pour la fraction Cz 0,1 – 0,25. En parallèle,
la teneur en arsenic augmente avec la diminution de la taille des particules. Peu d’études se
sont intéressées à la spéciation de l’arsenic dans les mâchefers. Les travaux de
Smedley et Kinniburgh (2002) montrent toutefois que sa mobilité serait diminuée lorsqu’il est
lié à des oxydes de fer. La faible teneur en fer de l’échantillon Cz 0 – 0,1 pourrait donc
expliquer son relargage plus important.
Au contraire, l’augmentation de la teneur en antimoine dans les fractions les plus fines n’est
pas associée à une augmentation du relargage. Le pourcentage relargué est de l’ordre de
0,50% pour toutes les différentes sous-fractions de MIDND. L’augmentation de la
concentration en Sb dans les éluats des sous-fractions est à mettre en lien avec une teneur en
antimoine plus importante dans ces fractions. En outre, la différence de relargage entre ces
fractions peut être expliquée par l’interaction forte de cet élément avec l’ettringite
(Cornelis et al., 2006). Quand la valeur de pH s’approche de 11,5, l’ettringite fixe une grande
partie de l’antimoine. Lorsque la valeur de pH diminue et devient inférieure à 10,5, l’ettringite
est dissoute petit à petit libérant ainsi l’antimoine qu’elle retient.
A l’inverse, les concentrations en mercure et en nickel sont plus élevées dans les éluats des
MIDND belges. La teneur intrinsèque en mercure des échantillons n’ayant pas pu être
déterminée, seul le pourcentage de nickel relargué a pu être calculé et présenté dans le
Tableau 3-8. La teneur en Ni des mâchefers belges est 2 fois supérieure à celle des mâchefers
tchèques, ce qui explique une concentration dans les éluats belges plus élevée malgré un taux
de relargage comparable.
même ordre de grandeur dans les éluats respectifs du sable et des mâchefers, tandis que la
concentration du chrome est comparable dans les éluats de MIDND et de ciment. Les autres
éléments sont davantage lixiviés dans les mâchefers que dans le ciment et le sable, ce qui est
un résultat attendu.
Conclusions
Ce chapitre a permis d’explorer les propriétés physiques, chimiques et environnementales des
mâchefers, et de les comparer à celles des matières premières conventionnelles. Les résultats
ont permis de vérifier si l’utilisation de MIDND en tant qu’agent porogène était envisageable
au regard de leurs propriétés environnementales et techniques. Cette conclusion revient dans
un premier temps sur les caractéristiques environnementales des MIDND, puis répertorie les
propriétés techniques permettant de les considérer comme des matières premières
secondaires pour la production de matériaux cimentaires aérés.
Dans le but d’étudier la faisabilité d’incorporer des MIDND en tant qu’agent porogène pour la
production de matériaux cimentaires aérés, la quantité d’aluminium réactif contenu dans ces
mâchefers ainsi que sa réactivité ont été évaluées. L’aluminium métallique est concentré dans
les fractions les plus grossières, ainsi les échantillons Cz 0 – 2 et Be 0 – 2 sont les plus riches et
contiennent respectivement 1,55 ± 0,33 % et 1,84 ± 0,54 % d’aluminium métallique. L’ajout
d’une étape de broyage augmente la réactivité des MIDND, ce qui pourrait favoriser l’aération
des matériaux cimentaires dans lesquels ils sont incorporés. Toutefois, la teneur en aluminium
des MIDND, même broyés, est faible. De fait, des quantités de mâchefers importantes devront
être introduites dans les formulations pour atteindre une teneur en aluminium métallique
comparable à celle de référence. Par exemple, pour que le pourcentage d’aluminium
métallique introduit représente 0,5 % de la masse de ciment, il faudrait ajouter une quantité
de fraction la plus concentrée des MIDND équivalente à 50 % de la masse de ciment.
MIDND importante. L’utilisation des mâchefers en addition du ciment peut également être
envisagée, notamment pour les fractions granulométriques les plus fines (Cz 0 – 0,1 et
Cz 0,1 – 0,25). Leur faible taille de particules, couplée à leur réactivité, comparable à celle des
laitiers de haut-fourneau, permettent d’espérer une bonne réactivité de la part de ces sous-
fractions. Il sera toutefois nécessaire de porter une attention particulière au bon déroulement
de l’hydratation, car la matière organique et les métaux lourds contenus dans les MIDND
peuvent freiner ce processus de prise.
Introduction
Le chapitre précédent a confirmé que les MIDND de cette étude répondent aux critères de
l’arrêté du 18 novembre 2011, et sont donc valorisables. Leur teneur en aluminium
métallique, bien que relativement faible, permet d’espérer une bonne aération des matériaux
cimentaires pour une quantité de MIDND incorporée suffisante. En outre, la distribution
granulométrique des échantillons Cz 0 – 2 et Be 0 – 2 est proche de celle du sable, et pourrait
permettre de les utiliser comme substituts. La composition chimique et la finesse des sous-
fractions S (0 – 0,1 mm) et M (0,1 – 0,25 mm) indiquent une utilisation potentielle en
additions cimentaires.
La préparation et l’étude des bétons nécessitent des quantités de matières et des durées
d’expérimentations importantes. Or, de nombreux paramètres, présentés dans le Chapitre 1,
sont connus pour influencer les propriétés des matériaux cimentaires. La quantité d’eau, et la
nature des constituants entrant dans les formulations sont, par exemple, deux d’entre eux.
Au cours de cette thèse, le choix a été fait d’étudier l’impact et l’optimisation de ces
paramètres sur des matériaux cimentaires plus rapidement et facilement mis en œuvre. Ce
chapitre porte ainsi, sur la caractérisation des pâtes de ciment et des mortiers réalisés dans le
cadre d’une étude préliminaire à la production de bétons légers produits à l’aide de la fraction
fine des MIDND.
La première partie de ce chapitre présente les résultats d’un plan d’expériences à l’échelle des
pâtes de ciment. Celle-ci a vocation à définir les paramètres ayant le plus d’impact sur les
propriétés d’intérêts des formulations, à savoir la masse volumique et la résistance à la
compression. Cette étude permet d’identifier les valeurs des paramètres menant aux
propriétés les plus intéressantes.
I. Pâte de ciment
Les pâtes de ciment sont les matériaux cimentaires les plus simples. Elles sont uniquement
composées d’eau et de ciment. Dans cette étude, des MIDND sont également introduits afin
d’étudier leur impact au sein d’une matrice cimentaire peu complexe. Une étude à cette
échelle permet d’obtenir un grand nombre de données en limitant les quantités de matières
premières utilisées.
• La teneur en eau, symbolisée par le rapport eau/solide (E/S), varie entre 0,40 et 0,85.
Au cours de cette étude, 16 formulations sont réalisées. Elles ont été choisies à l’aide d’un
plan d’expériences, présentés dans le Chapitre 2 section III.1.1.2, ce qui assure la mise en
œuvre de formulations faisant intervenir de manière équitable et représentative les niveaux
de variations des paramètres. La liste complète de ces formulations est visible dans le
Chapitre 2 (voir Tableau 2-5), elle est aussi disponible dans le Tableau 4-1 qui fait le bilan de
cette partie.
Dans un premier temps, l’influence des quatre paramètres sur la consistance et le gonflement
est étudiée. La suite de cette partie porte sur l’évolution de la masse volumique et de la
résistance en compression des formulations en fonction des paramètres de formulations
utilisés.
Figure 4- 1 : Exemple des différents retraits et gonflements observés sur les échantillons de pâtes de
ciment. La hauteur initiale de la pâte fraiche est représentée sur tous les échantillons par une barre
horizontale rouge. (a) retrait sur l’échantillon 0,85-S-100B(b) pas de variation de hauteur
échantillon 0,40-M-100B; (c) léger gonflement de l’échantillon 0,40-L-150B; (d) gonflement
important de l’échantillon 0,85-tot-150B
Lorsqu’un rapport E/S = 0,55 est utilisé, la pâte est plus malléable et il est facile d’obtenir un
mélange homogène. Celle-ci n’est toujours pas « versable » mais il est facile de la remuer à
l’aide d’une spatule. Des disparités notables entre les formulations contenant des sous-
fractions de MIDND différentes sont toutefois observées à ce rapport E/S. Dans la formulation
contenant la sous-fraction L des MIDND (0,5 – 2 mm), après quelques dizaines de minutes, le
mélange décante et de l’eau apparait en surface (l’exemple d’un tel ressuage est donné Figure
4- 2).Ce n’est pas le cas dans les formulations contenant les sous-fractions granulométriques
les plus fines S (0 – 0,1 mm) et M (0,1 – 0,25 mm) et la fraction fine totale (0 – 2 mm), pour
lesquelles, la consistance de la pâte a été jugée satisfaisante. Un léger gonflement est par
ailleurs, observé dans ces formulations (voir Tableau 4-1). Le mélange le plus liquide (0,55-L-
100-NB), ne présente quant à lui, aucun gonflement.
Les échantillons réalisés avec un rapport E/S = 0,70 ont tous une consistance liquide qui
permet de les verser. Peu de différences sont observées entre les échantillons. Par contre, la
fraction solide a tendance à sédimenter rapidement (dès l’arrêt du mélange). Il est donc
difficile d’obtenir une pâte homogène. De plus, de l’eau de ressuage apparait environ 10 min
après le gâchage. La Figure 4- 2 montre un exemple de ressuage observé 20 min après l’ajout
de l’eau. Trois des quatre formulations réalisées à ce rapport E/S présentent un retrait par
rapport à la hauteur de pâte initiale. Celui-ci peut être mis sur le compte de l’évaporation de
l’eau de ressuage, diminuant alors le volume de pâte. Il semble par ailleurs qu’une pâte très
liquide ne permette pas le piégeage des bulles produites au cours de l’oxydation de
l’aluminium et limite donc l’aération du matériau final.
Figure 4- 2 : Exemple de ressuage observé 20 min après le gâchage sur la formulation 0,70-L50NB
(réalisée avec un E/S=0,70, en incorporant la sous-fraction L à hauteur de 50 % de la masse de
ciment)
Toutes les formulations réalisées avec un ratio E/S = 0,85 ont été jugées trop liquides. Un
ressuage important et immédiat a été observé pour tous les échantillons. Des gonflements
importants ont été observés pour une formulation (0,85-tot-150B) tandis qu’un retrait est
présent pour les trois autres (0,85-S-100NB ; 0,85-M-50NB et 0,85-L-20NB).
Il n’est pas possible, sur la base des 16 formulations réalisées, de mettre clairement en
évidence un lien entre la sous fraction granulométrique mise en œuvre et l’aptitude au
gonflement de la formulation.
Néanmoins, à faible rapport E/S (E/S = 0,40 par exemple), cette fluidification permet
d’obtenir une consistance satisfaisante, c’est-à-dire une pâte homogène et facilement
remuable. Les formulations contenant peu de MIDND sont plus pâteuses que celles en
contenant davantage, et donc moins propices au gonflement (voir Tableau 4-1).
Pour un rapport E/S = 0,85, élevé, une fluidification de la pâte n’est pas désirable. En effet,
toutes les formulations présentant un E/S = 0,85, quelle que soit leur quantité de MIDND, sont
trop liquides. L’augmentation de la teneur en MIDND accroit cependant cette fluidité. Ainsi,
les formulations contenant peu de MIDND présentent une consistance légèrement plus
proche de celle attendue.
Cependant, ces différences de consistances peuvent également être mises sur le compte de
la quantité de MIDND. Les formulations de E/S = 0,40, contiennent des MIDND broyés à
hauteur de 100 et 150 %. Or, nous avons vu dans la section précédente, que l’augmentation
de la quantité d’eau, liée à l’augmentation de la quantité de MIDND, favorise la fluidité de la
pâte, ce qui est bénéfique à faible E/S. A l’inverse à rapport E/S élevé, la fluidification n’est
plus désirable, les formulations contenant moins de mâchefers démontrent donc une
consistance plus intéressante. Les formulations à E/S = 0,70 ayant une consistance
satisfaisante sont réalisées à des teneurs de 20 et 50 % de MIDND broyés. Leur fluidité peut,
elle aussi, être mise sur le compte d’une teneur en MIDND adéquate.
Le gonflement des pâtes est, quant à lui, fortement dépendant du broyage des MIDND. En
effet, les cinq formulations pour lesquelles un gonflement est observé, sont toutes réalisées à
l’aide de mâchefers broyés.
I.1.5. Conclusions
La consistance est donc majoritairement influencée par le rapport E/S. Des quantités d’eau
intermédiaires, correspondant à des rapport E/S = 0,55 ou 0,70 permettent l’obtention d’une
fluidité satisfaisante. La quantité de mâchefers joue également un rôle important dans la
détermination de la consistance de la pâte, tandis que le broyage et la sous-fraction
granulométrique sont de second plan.
Le gonflement est également impacté par la teneur en eau. Ainsi, un rapport E/S = 0,80, couplé
à une forte teneur en MIDND, induit un gonflement important, tandis que de légers
gonflements apparaissent pour des rapport E/S plus faibles (E/S= 0,40 et 0,55). La quantité de
MIDND et le broyage sont toutefois les déterminants principaux du gonflement.
Figure 4- 3 : Diagramme des effets des paramètres étudiés sur la masse volumique des 16
formulations de pâtes de ciment contenant des MIDND
La Figure 4- 3 synthétise les effets des paramètres étudiés sur la masse volumique apparente,
pour toutes les formulations de pâte de ciment. Conformément à la théorie des plans
d’expérience, chaque point correspond à la valeur de masse volumique moyenne des quatre
formulations faisant intervenir ce paramètre. Par exemple le point le plus à gauche de ce
graphique, est une moyenne de la masse volumique des échantillons 0,40-tot-20NB, 0,40-S-
50NB, 0,40-M-100B et 0,40-L-150B. Le choix des formulations via un plan d’expérience assure
que les moyennes sont influencées le moins possible par la variation des autres paramètres.
La comparaison des moyennes permet de comparer l’effet des différents niveaux d’un même
paramètre.
La masse volumique moyenne des pâtes pures produites est de 1421 kg.m-3. Les niveaux des
paramètres permettant d’obtenir une masse volumique inférieure à cette moyenne seront
considérés comme intéressants pour la suite de l’étude.
Malgré l’absence de la tendance linéaire attendue, il est heureux de constater que pour ces
deux paramètres liés, les valeurs évoluent selon des tendances similaires. Ainsi, il semblerait
qu’un rapport E/S = 0,55 et une quantité de mâchefers de 50 ou 150 % par rapport au ciment
soient particulièrement intéressants pour obtenir une faible masse volumique. Ces variations
non linéaires pourraient traduire la présence d’une consistance optimale, maximisant le
développement et le piégeage du gaz, ce qui mènerait alors à une masse volumique minimale.
Le rapport E/S = 0,55, favorisant le piégeage des bulles, favorise également l’obtention d’une
consistance satisfaisante (à savoir une pâte homogène et facilement remuable à la spatule,
sans pour autant être versable). Par ailleurs, les formulations présentant une consistance trop
pâteuse pour la manipulation, comme celles ayant un rapport E/S = 0,40, ont une masse
volumique moyenne élevée ce qui peut traduire un mauvais piégeage ou dégagement de gaz.
Les formulations les plus liquides (avec des E/S = 0,70 et 0,85) ont des masses volumiques
intermédiaires sans qu’un lien clair entre leur consistance et leur masse volumique puisse être
dégagé.
Enfin, le broyage est bénéfique pour l’obtention de matériau avec de faibles masses
volumiques. Il facilite probablement la réaction des éléments réducteurs.
Contrairement à ce qui a été observé pour la masse volumique, des tendances se dégagent
naturellement.
proportion globale de ciment en augmentant le volume de pâte, ce qui peut ainsi réduire les
résistances mécaniques (Şahin et al., 2003).
Figure 4- 4 : Diagramme des effets sur la résistance à la compression des 16 formulations de pâtes de
ciment contenant des MIDND
L’utilisation des sous-fractions les plus fines S et M est également bénéfique pour obtenir des
résistances à la compression élevées. La résistance importante à la compression démontrée
par la sous-fraction M peut également être mise en lien avec la masse volumique (supérieure
à la moyenne) des échantillons réalisés avec cette sous-fraction. En outre, les fractions S et M
ont des indicateurs de réactivités, supérieurs aux fractions les plus grossières et comparables
à ceux de laitiers de haut-fourneaux. Leur meilleure résistance en compression est donc à
mettre sur le compte de cette réactivité accrue, favorisant le développement d’hydrates
responsables des résistances mécaniques.
Enfin, le broyage des MIDND permet l’obtention de matériaux plus résistants. Le broyage, en
réduisant la taille des particules, augmenterait leur réactivité et rendrait la distribution
granulométrique plus homogène, ce qui éviterait l’apparition de points de fragilité dans le
matériau.
I.4. Bilan
Le Tableau 4-1 présente un bilan des propriétés obtenues dans l’étude des pâtes pures.
Tableau 4-1 : Bilan des propriétés des pâtes de ciments réalisées avec des MIDND dans le cadre du
plan d'expérience
Tout au long de cette étude, l’objectif est de produire des matériaux aussi légers et résistants
que possible. Cependant, la masse volumique et la résistance mécanique des matériaux
cimentaires traditionnels et aérés sont généralement décrits comme étant inversement
proportionnels (Talbot & Richart, 1923 ; Hoff, 1972 ; Baranova et al., 2022). De fait, à l’échelle
des pâtes pures, dans le cas où un compromis serait nécessaire, il a été choisi, de manière
arbitraire, de favoriser la résistance mécanique au détriment de la légèreté des formulations.
Dans le but de maximiser les résistances à la compression, les rapports E/S sélectionnés sont
les ratios les plus faibles à savoir 0,40 et 0,55.
Figure 4- 5 : Schéma d'obtention des sous-fractions utilisées dans l'étude sur les pâtes de ciment. En
rouge : formulation non transposée à l’étude des mortiers.
Les MIDND seront incorporés à hauteur de 20 et 50 %, ce qui semble être les teneurs en
MIDND à privilégier pour obtenir des résistances mécaniques élevées (Figure 4- 4). Une teneur
intermédiaire de 35 % sera également étudiée dans le but d’approfondir l’impact du taux de
mâchefers dans cet intervalle.
Un tableau regroupant ces 13 formulations est présenté Chapitre 2 (Tableau 2-6). Des
formulations de référence (mortiers aéré et mortier normalisé), sans mâchefers, ont
également été produites et sont utilisées ici afin de comparer leurs propriétés à celles des
mortiers avec mâchefers. L’objectif est de trouver les paramètres qui permettent de produire
un mortier de MIDND démontrant les propriétés les plus proches possible de celles du mortier
de référence aéré. Cette partie est subdivisée en différentes sections s’intéressant chacune à
une propriété précise des mortiers.
La première section présente l’impact des paramètres de formulations sur les propriétés à
l’état frais et à l’état durci des mortiers. Les variations observées sont alors discutées à travers
une étude de la microstructure des formulations. La dernière partie développe les résultats
d’essais de lixiviation. Ces tests permettent de s’assurer que l’utilisation de la fraction fine des
MIDND dans les mortiers n’entraîne pas de relargage de polluants pouvant être nocifs pour
l’environnement.
Figure 4- 6 : Evolution des temps de prise initiaux et finaux en fonction de la quantité de MIDND
incorporée dans la formulation– comparaison avec les mortiers de référence.
Compte-tenu du nombre de formulations, il est difficile de confirmer que le retard de prise est
directement proportionnel à la teneur en MIDND. Néanmoins, il est possible d’affirmer que
l’échantillon 0,55-Cz50B, réalisé avec la teneur la plus importante en MIDND, est celui ayant
le temps de prise le plus long et que l’échantillon contenant le moins de MIDND est celui
faisant prise le plus rapidement. En outre, les temps de prise des mortiers de MIDND sont
largement supérieurs à ceux des mortiers de référence. Cela traduit clairement que
l’introduction de MIDND entraîne un retard de prise. Dans le but de limiter ce retard, et les
interactions entre le ciment et les MIDND, il est préférable d’utiliser une quantité de MIDND
la plus faible possible.
Des retards de prise ont également été observés par Li et al. (2012) et Cheng (2012) lors de
l’incorporation de mâchefers dans des matrices cimentaires. Ils observent également un
accroissement de ce retard avec l’augmentation de la teneur en MIDND dans les formulations.
Li et al. (2012) expliquent ce phénomène par la présence de cations métalliques dans les
MIDND tels que le Zn2+, Pb2+, Cd2+ et Cu2+, qui pourrait notamment interférer avec
l’hydratation en se fixant dans les C-S-H (Murat et Sorrentino, 1996).
La matière organique, présente à hauteur de 3,3 ± 1,5 % dans les MIDND (voir Tableau 3-1),
peut aussi jouer le rôle de retardateur de prise à travers plusieurs phénomènes
complémentaires (Trussell & Spence, 1994 ; Clare and Sherwood, 2007). Premièrement, en
s’adsorbant directement à la surface des grains de ciment en cours d’hydratation, la matière
organique forme des liaisons hydrogène entre ces groupes hydroxyles et les atomes d’oxygène
du ciment. Bullard et al. (2011) et Pauchet (2020) notent que la formation d’hydrates
intervient à partir d’une certaine concentration en ion Ca2+ dans l’eau des pores. En
s’adsorbant à la surface des grains de ciment, la matière organique limite donc la dissolution
des ions Ca2+ et bloque également sa réabsorption pour former des C-S-H (car la matière
organique est elle-même adsorbée sur les sites potentiels de formation de C-S-H).
Figure 4- 7 : Evolution des temps de prise initiaux et finaux en fonction du pré-traitement des
mâchefers (broyage (B), tamisage (fraction S et M)) – comparaison avec les mortiers de référence.
Les résultats présentés ici mettent en avant l’influence décisive de la granulométrie des sous-
fractions des MIDND utilisées et de leur composition. En effet, la formulation 0,55-Cz50S-A,
réalisée avec la fraction 0 – 0,106 mm des mâchefers tchèques, avec un temps de début et
de fin de prise légèrement inférieurs, est celle se rapprochant le plus des mortiers de
référence. Cette sous-fraction est pourtant, de loin, la plus riche en matière organique (avec
20,6 % de pertes au feu, contre 10,2 % pour la fraction M (0,1 – 0,250 mm) et 3,3 % pour les
MIDND broyés cf. Tableau 3-1). Elle est aussi la plus riche en métaux (tels que le zinc et le
plomb) connus pour retarder la prise (Trussell & Spence, 1994). Toutefois, la sous-fraction S
est aussi la fraction la plus riche en calcium. Ainsi, il est possible que son incorporation génère
une plus grande concentration en ions Ca2+ dans la solution porale, menant alors à une
accélération de la prise. La teneur en calcium entre donc probablement en compte pour
contrebalancer les effets de la matière organique et des métaux.
Comme observé dans la section II.1.1.2 de ce chapitre, les temps de début et de fin de prise
des deux autres formulations avec MIDND 0,55-Cz50M-A et 0,55-Cz50B-A sont plus
importants que ceux des mortiers de référence. La formulation contenant la sous-fraction M,
de taille intermédiaire, démontre également un temps de prise intermédiaire aux deux autres.
La formulation réalisée avec les mâchefers broyés présente le retard de prise le plus
important.
Figure 4- 8 : Evolution des temps de prise initiaux et finaux pour des formulations incorporant des
MIDND broyés et non broyés – comparaison avec les mortiers de référence.
Le temps de début de prise est fortement influencé par l’ajout de MIDND mais ne semble pas
impacté par le broyage, puisque les deux formulations ont un temps de début de prise égal à
75 min. La fin de prise diffère entre les deux formulations et intervient 40 min plus tôt pour la
formulation réalisée avec des mâchefers non broyés. Ce résultat est étonnant puisque le
broyage a été décrit dans la littérature comme favorisant la réactivité des mâchefers et donc
favorisant l’hydratation (Li et al., 2012). Il est toutefois possible que le broyage induise une
libération des métaux retardant la prise comme le Zn2+, le Pb2+ ou le Cd2+.
Figure 4- 9 : Evolution des temps de prise initiaux et finaux en fonction de l'origine des MIDND –
comparaison avec les mortiers de référence
Les temps de fin et début de prise des formulations contenant des MIDND d’origine
différentes sont du même ordre de grandeur, bien que la fin de prise du mortier tchèque soit
légèrement plus tardive. La concentration en matière organique (2,7 ± 0,1 % pour Be et
3,3 ± 1,5 % pour Cz) pourrait expliquer cette différence (voir Tableau 3-1).
II.1.1.6. Conclusions
L’incorporation de MIDND dans des matériaux cimentaires entraine un retard du début et de
la fin de la prise par rapport aux matériaux de référence. Ce retard peut être mis sur le compte
de la présence de matière organique, de métaux et de sulfates dans les mâchefers, qui sont
connus pour retarder la prise du ciment (Trussell and Spence 1994, Clare & Sherwood 2007,
An et al., 2021). De fait, l’augmentation de la quantité de mâchefers et l’utilisation de MIDND
tchèques, riches en éléments délétères pour l’hydratation du ciment, induit un accroissement
du temps de prise. Le broyage des MIDND, probablement en augmentant la réactivité de ces
phases délétères, accroît également le retard de prise. Seule l’utilisation de la sous-fraction
tamisée S aurait tendance à accélérer le début et la fin de prise. Ses particules très fines,
mesurant moins de 100 µm, couplée à sa teneur importante en CaO, pourraient favoriser sa
réactivité.
II.1.2. Etalement
La mesure de l’étalement est réalisée conformément à la norme NF EN 12350-5 et permet
d’obtenir des informations sur l’ouvrabilité de la pâte de mortier fraîche. L’ouvrabilité est la
capacité de la pâte à pouvoir être mise en œuvre facilement, c’est-à-dire sa fluidité. Elle
dépend donc directement de la viscosité de la pâte. Or, la section II.4.3. du Chapitre 1
démontre que la viscosité est un facteur déterminant pour le développement des pores. Une
viscosité trop élevée (soit une ouvrabilité faible) peut ainsi limiter le développement des
porosités de grandes tailles et favoriser la fissuration du matériau si elle est associée à un
temps de prise court (Hussin et al., 2010 ; Pinilla Melo et al., 2014). Une viscosité trop faible,
à l’inverse, ne permet pas toujours le piégeage du gaz, ce qui nuit alors à l’obtention d’une
porosité importante.
Une différence non négligeable entre l’étalement du MN et du MA est observée sans que cela
puisse être expliquée par la composition des formulations. En effet, seul l’ajout de la poudre
d’aluminium dans le MA le distingue du MN. Toutefois, il semble peu probable que l’ajout
d’une faible quantité d’aluminium (0,5 %/m.ciment) influence de manière significative
l’étalement.
Les mortiers avec MIDND ont un étalement plus important que les références. Cet écart peut
être attribué à la différence de ratio eau/liant (E/L) existant entre les formulations avec
MIDND (E/L = 0,55) et les formulations de références (E/L = 0,50). La formulation de référence
0,55-FC35, réalisée avec des fillers calcaires, et un E/L de 0,55 présente un étalement de
23,3 ± 0,3 cm, ce qui est comparable à l’étalement des formulations avec mâchefers réalisés
à ce E/L et confirme cette hypothèse.
L’étalement des trois formulations à différentes teneurs en MIDND est comparable, ce qui
valide le choix expérimental d’inclure les MIDND dans le calcul de rapport E/L. Cela permet
d’étudier les propriétés à l’état durci à ouvrabilité constante.
Tableau 4-2 : Evolution de l’étalement en fonction des prétraitements des MIDND (tamisage,
broyage) – Comparaison avec les mortiers de référence
Etalement (cm) 21,2 ± 0,6 19,8 ± 0,9 15,6 ± 0,2 19,7 ± 0,2 23,3 ± 0,6
Le mortier réalisé avec la fraction M, soit des particules de taille intermédiaire, a un étalement
intermédiaire et la formulation 0,55-Cz50B-A, réalisée avec des particules broyées à 500 µm
démontre l’étalement le plus important. Cette diminution de l’étalement avec l’utilisation des
fractions les plus fines pourrait être expliquer par la petite taille des particules, qui favorise
l’adsorption d’eau et réduit donc l’ouvrabilité (Liu et al., 2013 ; Singh et al., 2022). Les teneurs
en matière organique des différentes sous-fractions pourraient également expliquer les
variations d’étalement (voir Chapitre 3 Tableau 3-1). En effet, Hudson (1994) a démontré que
l’augmentation de la quantité de matière organique dans des matériaux comme le sable,
entraîne une augmentation de l’absorption de l’eau. Au sein de matériaux cimentaire, cela
pourrait donc mener à une réduction de l’étalement.
Tableau 4-3 : Evolution de l’étalement en fonction du broyage des MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Etalement (cm) 21,2 ± 0,6 19,8 ± 0,9 23,0 ± 0,2 22,4 ± 0,4
L’étalement des deux formulations avec MIDND est plus grand que celui des deux
formulations de référence, car les premières sont mises en œuvre à un rapport E/L de 0,55
contre 0,5 pour le MN et le MA. L’étalement de 0,55-Cz35NB-A est légèrement plus faible que
celui de 0,55-Cz35B-A, mais cette différence n’est pas significative Dans la littérature la
présence accrue de particules fines dans les MIDND est cependant reconnue comme
améliorant l’ouvrabilité des matériaux cimentaires. Ce résultat est étonnant car la présence
accrue de particules fines dans les MIDND est connue pour réduire l’ouvrabilité des matériaux
cimentaires produits (Liu et al., 2013 ; Singh et al., 2022).
Tableau 4-4 : Evolution de l’étalement en fonction de l’origine des MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Mortier Mortier
Echantillons 0,5-Be35NB-A 0,5-Cz35NB-A
normalisé aéré
Etalement (cm) 21,2 ± 0,6 19,8 ± 0,8 20,8 ± 0,2 17,5 ± 0,3
Le mortier réalisé à l’aide de MIDND belges démontre un étalement intermédiaire à celui des
deux références, confirmant une ouvrabilité adéquate. L’utilisation de MIDND tchèque réduit
très fortement l’ouvrabilité de la pâte fraîche. Cette différence de plus de 15 % entre les
deux mortiers peut être expliquée par la variation de granulométrie entre ces deux
échantillons. En effet, la fraction fine totale des MIDND belges est uniquement composée des
particules mesurant entre 0,063 mm et 2 mm (puisqu’au cours du procédé de valorisation
d’INDAVER, une filtration est effectuée afin de la séparer de la fraction 0 – 0,063 mm). Au
contraire, les MIDND tchèques sont composés de particules mesurant entre 0 et 2 mm.
L’analyse de la distribution granulométrique a par ailleurs montré que la fraction 0 – 0,063
mm représente environ 10 % massique des MIDND tchèques. Or, la présence accrue de
particules fines est connue pour augmenter l’absorption en eau, et donc réduire l’ouvrabilité
(Liu et al., 2013 ; Singh et al., 2022). En outre, les MIDND tchèques sont légèrement plus riches
en matière organique, ce qui pourrait expliquer en partie leur adsorption d’eau accrue
(Hudson, 1994).
II.1.2.5. Conclusions
Finalement, la quantité de mâchefers et leur broyage ne semble pas influencer
significativement l’ouvrabilité de la pâte fraîche. A l’inverse, des écarts importants sont
observés entre les mortiers réalisés à partir de sous-fractions de MIDND ou de MIDND
d’origine différente. Les mesures d’étalement des pâtes contenant différents pourcentages
de mâchefers permettent de valider le choix expérimental d’inclure les MIDND dans le calcul
de rapport E/L. La comparaison des formulations contenant des MIDND broyés et non-broyés
suggère, qu’à composition élémentaire constante, la diminution de la taille des particules
n'influence pas significativement l’ouvrabilité. Cette constatation est toutefois nuancée par
les variations observées entre les mortiers réalisés à partir de sous-fractions de MIDND et de
MIDND d’origines différentes, pour lesquelles, la présence accrue de particules fines entraine
une diminution de l’étalement. De plus, la composition des mâchefers utilisés, notamment à
travers la présence de matière organique, est un facteur déterminant pour l’étalement.
Toutes les formulations avec mâchefers, quel que soit le taux introduit, ont une masse
volumique à l’état frais inférieure à celles des références. La masse volumique du mortier
réalisé avec 20 % de MIDND est significativement supérieure à celles des échantillons produits
avec 35 % et 50 % de mâchefers. L’ajout de mâchefers permet donc de réduire la masse
volumique à l’état frais des matériaux cimentaires. Ceci est certainement dû au fait que la
masse volumique des MIDND (2,553 ± 0,002 g.cm-3) est légèrement plus faible que celle des
matières premières conventionnelles (2,640 ± 0,001 g.cm-3 pour le sable et
3,101 ± 0,001 g.cm-3 pour le ciment).
Afin de vérifier cette hypothèse, la masse volumique théorique a été calculée, et est comparée
à la masse volumique expérimentale. La valeur théorique est calculée en utilisant les données
de masse volumique réelle des matières premières présentées Tableau 3-2 et les proportions
dans lesquelles elles ont été introduites dans les formulations. Le Tableau 4-5 présente les
résultats obtenus.
Tableau 4-5 : Comparaison des masses volumiques expérimentales et théoriques à l'état frais
Un écart de 4,7 % est observée entre les résultats théoriques et expérimentaux pour les
formulations de référence. Cette surestimation peut être liée à l’inclusion d’air dans la pâte
au cours du malaxage. Celle-ci ne peut pas être prise en compte dans les calculs et traduit la
« non-compacité » de la pâte. Les formulations 0,55-Cz20B-A et 0,55-Cz50B-A présentent un
écart entre théorie et mesurée de 4,5 % et 4,8 % respectivement, ce qui est comparable aux
écarts obtenus sur les matériaux de référence.
Pour la formulation 0,55-Cz35B-A, une différence plus importante (6,7 %) est observée. Cet
écart est toutefois raisonnable. La diminution de la masse volumique à l’état frais des
formulations avec l’augmentation de la quantité de mâchefers est donc vraisemblablement
en lien direct avec la masse volumique des MIDND.
Figure 4- 12 : Evolution de la masse volumique à l’état frais en fonction du prétraitement des MIDND
(tamisage, broyage) – Comparaison avec les mortiers de référence
Des variations importantes de masse volumique à l’état frais sont observées entre ces trois
formulations. L’échantillon 0,55-Cz50M est le moins dense, bien que les MIDND incorporés
dans cette formulation soient légèrement plus denses que la fraction S. La formulation réalisée
à partir de MIDND broyés a une masse volumique à l’état frais largement supérieure aux deux
autres formulations avec MIDND. Cette différence est à mettre sur le compte de la masse
volumique des MIDND broyés, supérieure elle aussi, à celle des sous-fractions les plus fines.
Tableau 4-6 : Comparaison de la masse volumique à l'état frais théorique et réelle de formulations
réalisées avec des MIDND ayant subi différents prétraitements
De la même manière que dans la section précédente, le Tableau 4-6 compare les masses
volumiques théoriques et réelles à l’état frais. Cette fois un écart conséquent entre la théorie
et la réalité est observé pour les formulations réalisées avec des mâchefers tamisés. Cette
différence signifie que les pâtes réalisées avec des mâchefers tamisés sont moins compactes
que ce qui était attendu, ce qui pourrait être expliquée par un faible empilement granulaire.
Tableau 4-7 : Evolution des masses volumiques théoriques et expérimentales à l’état frais en fonction
de l’origine des MIDND– Comparaison avec les mortiers de référence
Une fois encore, un écart très important entre la théorie et la réalité est à noter pour les
formulations avec mâchefers. Celui-ci est toutefois du même ordre de grandeur pour les deux
mortiers. Il semblerait donc que la différence de masse volumique des deux formulations
puisse être expliquée par la différence de masse volumique des MIDND employés.
Cependant, un autre phénomène, commun aux deux mortiers avec mâchefers, entraine une
diminution importante de la masse volumique réelle par rapport aux attentes théoriques.
Aucune explication à ce phénomène n’a pour le moment été trouvée
II.1.3.6. Conclusions
Toutes les formulations avec mâchefers démontrent une masse volumique à l’état frais
inférieure à celle des mortiers de référence. Cet écart peut, en partie, être mis sur le compte
de la différence de masse volumique des MIDND par rapport aux matières premières
conventionnelles. Cette explication justifie en grande partie les variations de masse
volumique à l’état frais, observées avec la modification du taux et de l’origine des MIDND. Elle
ne permet toutefois pas d’expliquer en totalité les variations entre les formulations réalisées
avec des mâchefers obtenus à l’aide de différents prétraitements. Des différences
d’empilement granulaires pourraient justifier les différences de masses volumiques
observées. Une étude complémentaire sur les empilements granulaires des différents
mâchefers utilisés pourrait permettre de confirmer ou non cette hypothèse.
ayant lieu suite à l’incorporation de la poudre d’aluminium. Comme le montre la Figure 4- 13,
cette aération se produit principalement entre 0 et 7 jours. Entre 0 et 28 jours, la masse
volumique du MN ne connaît pas d’évolution, car aucun phénomène d’aération n’a lieu dans
cette formulation.
Figure 4- 13 : Evolution de la masse volumique en fonction de la quantité de MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Tous les échantillons avec MIDND présentent une diminution importante de leur masse
volumique entre l’état frais et 7 jours de cure. Cette diminution permet de mettre en évidence
l’aération du matériau, due à la présence d’aluminium métallique dans les mâchefers. Entre
le 7ème et le 28ème jour de cure, la masse volumique des mortiers avec MIDND décroit encore
progressivement et se stabilise autour de la valeur finale. La masse volumique au 21 ème jour
de cure de 0,55-Cz35-B-A se démarque grandement des autres, malgré son faible écart-type
cette valeur ne semble pas représentative de la masse volumique réelle.
Au total, entre l’état frais et le 28ème jour de cure, la masse volumique des échantillons réalisés
avec 20 %, 35 % et 50 % de MIDND a diminué de 11,2 %, 11,8 % et 13,9 % respectivement. La
diminution de la masse volumique est donc d’autant plus importante que la teneur en
mâchefers augmente. Toutefois, elle n’est pas directement proportionnelle, puisqu’une
Figure 4- 14 : Masse volumique à 28 jours en fonction des prétraitements des MIDND (tamisage,
broyage) – Comparaison avec les mortiers de référence
La masse volumique des mortiers est peu impactée par le changement de sous-fraction
granulométrique, et aucune différence notable entre les échantillons n’est observée. Par
rapport à l’état frais, l’échantillon 0,55-Cz50S-A voit sa masse volumique diminuer de 3,3 %,
0,55-Cz50M-A de 4,7 % et 0,55-Cz50B-A de 13,9 %. Ainsi, la diminution de la masse volumique
des formulations semble d’autant plus importante que la teneur en aluminium métallique des
MIDND est importante (voir Figure 3-6). En outre, la prise rapide de la sous-fraction S par
rapport à la sous-fraction M peut limiter le piégeage du gaz et le développement de la
porosité, ce qui expliquerait la diminution de masse volumique plus importante observée dans
l’échantillon 0,55-Cz50M-A.
Une diminution importante de la masse volumique a lieu entre l’état frais et le 7 ème jour pour
les deux formulations ce qui montre que l’aération du mortier par capture des bulles
d’hydrogène produites par la réaction de l’aluminium en milieu basique s’est opérée de façon
satisfaisante. Cette diminution est du même ordre de grandeur pour les deux formulations.
La masse volumique à l’état frais de la formulation 0,55-Cz35B-A étant supérieure à celle de
0,55-Cz35NB-A, les mêmes écarts sont observés au 7ème jour.
L’écart entre les deux formulations avec mâchefers tend cependant à diminuer au cours de la
cure. Au 28ème jour, les masses volumiques des deux formulations sont proches mais
l’échantillon 0,55-Cz35B-A est encore une fois légèrement plus dense que l’échantillon
0,55-Cz35NB-A. Ce dernier montre alors une masse volumique significativement plus faible
que la référence aérée, tandis que 0,55-Cz35B-A a une masse volumique comparable au MA.
L’augmentation de la masse volumique au 21ème jour de cure de 0,55-Cz35-B-A n’est pas
expliquée et n’est probablement pas représentative de la réalité. La différence de masse
volumique observée entre ces deux mortiers de mâchefers est mise sur le compte de la
densification des MIDND à la suite du broyage.
La masse volumique des deux échantillons diminue tout au long de la cure (hormis entre le
21ème et 28ème jour sans que cette augmentation puisse être expliquée de manière certaine).
A 7 et 14 jours de cure, la masse volumique des deux échantillons est comparable. Par la suite,
l’écart entre les deux se stabilise et le mortier 0,5-Cz35NB-A possède une masse volumique
plus faible que le 0,5-Be35NB-A. La diminution progressive de la masse volumique des
mortiers est également expliquée par l’évaporation de l’eau contenue dans les échantillons
tout au long du processus de cure en endogène. Au 28ème jour, les deux mortiers de mâchefers
ont une masse volumique inférieure à celle de la référence aérée.
II.2.1.6. Conclusions
Cette section a présenté les variations de masse volumique entre l’état frais et pendant la
cure. Toutes les formulations contenant des MIDND voient leur masse volumique diminuer au
cours de la cure. Cette diminution est d’autant plus importante que la teneur en MIDND est
importante. Les résultats obtenus sur des mortiers contenant des MIDND d’origine et des
sous-fractions différentes démontrent que la teneur en aluminium des mâchefers joue un rôle
important dans la diminution de la masse volumique entre l’état frais et la fin de la cure. Le
broyage, en densifiant la pâte à l’état frais, mais en facilitant l’aération par la suite a
finalement un impact global limité sur la masse volumique finale.
Finalement, toutes les formulations avec MIDND démontrent a minima une masse
volumique comparable à celle du mortier aéré, ce qui répond donc à l’objectif de l’étude.
D’après la recommandation RILEM (1972), un béton léger a une masse volumique sèche
inférieure à 1800 kg.m-3. Ici, bien que les masses volumiques humides aient été mesurées
(surestimation des valeurs), 7 des 8 formulations avec mâchefers entrent dans la catégorie
« formulation légère ». Les masses volumiques sèches étant plus faibles, elles rentreront donc
forcément dans les spécifications. Seul l’échantillon 0,55-Cz20B-A (1876 Kg.m-3), contenant le
moins de mâchefers, possède une masse volumique trop élevée pour être classé comme
matériau léger.
Les résistances en flexion des échantillons contenant des MIDND sont inférieures à celles du
MN et, selon les formulations et le temps de cure, comparables ou inférieures à celles du MA.
Les mesures relatives au mortier normalisé présentent des écart-type si importants que
l’évolution de la résistance en flexion ne parait pas significative pendant les 28 jours de cure.
La résistance de ce témoin est toutefois significativement supérieure à celle de tous les autres
échantillons.
D’une manière générale, La résistance en flexion du MA et des mortiers avec MIDND croît au
cours du temps. Au 28ème jour post-formulation, la résistance en flexion de 0,55-Cz20B-A est
comparable à celle de MA. Les échantillons contenant 35 et 50 % de MIDND, quant à eux,
présentent une résistance comparable entre eux, mais légèrement inférieure à celle de MA.
Ce résultat est en accord avec les observations de Li et al. (2012) qui notent une diminution
claire des résistances en flexion avec l’augmentation de la teneur en MIDND. En outre, cette
diminution n’est pas surprenante compte tenu de la plus faible masse volumique des
échantillons avec MIDND (Baranova et al., 2022).
Pour tous les échantillons contenant des MIDND, un accroissement des résistances moyennes
est observé entre le 28ème et le 90ème jour de cure, ce qui leur permet d’atteindre des
résistances comparables à celles démontrées par le MA à 28 jours, et ce, quelle que soit la
quantité de mâchefers utilisée. Ce développement tardif des résistances pourrait indiquer
que l’ajout de MIDND ne diminue pas les résistances maximales atteignables mais les
retarde simplement. Cela confirme les résultats obtenus par Alderete et al. (2021) qui notent
des réactions pouzzolaniques tardives en présence de mâchefers. Cette étude, alors menée
sur des bétons, avaient même conduit à l’obtention de résistance en flexion supérieure à celle
de bétons de référence n’intégrant pas de mâchefer. Ce point n’est pas confirmé par notre
étude sur mortier sur 90 jours de cure.
Figure 4- 18 : Résistance en flexion à 28 jours en fonction des prétraitements des MIDND (tamisage,
broyage) – Comparaison avec les mortiers de référence (les incertitudes en pointillés et les barres
d’erreur correspondent à l’écart-type)
Les valeurs des résistances en flexion (voir Figure 4- 18) confirment la moindre résistance des
mortiers de MIDND par rapport au mortier normalisé. Les formulations réalisées avec des
mâchefers tamisés (0,55-Cz50S-A et 0,55-Cz50M-A) démontre une résistance comparable à
celle du mortier aéré. L’échantillon 0,55-Cz50B, malgré une résistance moyenne supérieure à
celles de 0,55-Cz50S-A et 0,55-Cz50M-A, présente une résistance en flexion inférieure à celle
du mortier aéré (du fait du faible écart-type pesant sur sa mesure). Finalement, les trois
formulations réalisées avec des mâchefers prétraités ont une résistance en flexion
comparable entre elles. Comme cela a été mentionné dans la section, II.2.2.1, ce résultat est
prévisible puisque les masses volumiques de ces échantillons étaient comparables.
Le développement des résistances en flexion des deux échantillons avec MIDND sont
relativement comparables. Un écart significatif est à noter 21 jours après la formulation, du
fait d’une augmentation importante des résistances de 0,55-Cz35B entre le 14ème et le
21ème jour. Une augmentation semblable des résistances de 0,55-Cz35NB-A a lieu entre le
21ème et le 28ème jour. Ainsi, cette observation suggère que la résistance à la flexion se
développe plus rapidement dans les formulations utilisant des MIDND broyés, grâce une
réactivité plus importante de ces mâchefers, due à leur plus petite taille de particules. Des
résultats similaires ont été décrits par Cheng (2012) qui observe une augmentation de la
réactivité des mâchefers lorsqu’ils sont préalablement soumis à un broyage. Enfin, les
résistances des deux mortiers continuent de se développer après le 28ème jour. Après 90 jours
de cure, un écart faible mais significatif en faveur de 0,55-Cz35B est toujours observable,
plaidant une fois encore pour une réactivité des MIDND accrue grâce au broyage.
Quelle que soit l’origine des mâchefers utilisés, la résistance en flexion après 7 jours de cure
des mortiers de MIDND est comparable à celle du mortier aéré. Par la suite, la résistance en
flexion du MA se développe plus rapidement et plus fortement que celles des mortiers de
MIDND. De fait, après 7 jours de cure, ces derniers sont dans l’ensemble moins résistants aux
sollicitations en flexion que la référence aérée.
Tout au long de la cure, 0,5-Be35NB-A apparait légèrement plus résistant que 0,5-Cz35NB-A.
Après 28 jours de cure, l’écart observé entre les résistances du mortier réalisé avec des MIDND
belges et celui contenant des MIDND tchèques est vraiment significatif. La masse volumique
légèrement plus importante de l’échantillon réalisé avec des mâchefers belges justifie cet
écart de résistance. Enfin, pour les deux mortiers contenant des mâchefers, le développement
des résistances est relativement tardif avec un accroissement important des résistances entre
le 21ème et le 28ème jour.
II.2.2.5. Conclusions
Les mortiers avec MIDND présentent tous une résistance en flexion largement plus faible que
celle du mortier normalisé. Cinq formulations contenant des mâchefers montrent par ailleurs
une résistance comparable à celle du mortier aéré. La teneur en mâchefers a un impact
prépondérant sur le développement des résistances puisque les formulations contenant
20 % et 35 % de MIDND sont comparables au MA, tandis que l’échantillon réalisés avec 50 %
de MIDND a une résistance inférieure. Les formulations réalisées à partir de sous-fractions de
mâchefers obtenues par tamisage sont soumises à des incertitudes importantes, mais les
résultats indiquent que leurs résistances sont comparables à celles du MA. Par ailleurs, le
mortier réalisé avec des MIDND belges se distingue de son homologue tchèque par une
résistance aux contraintes de flexion plus élevée, en lien avec sa masse volumique plus
élevée.
La résistance à la compression du MN est plus de deux fois plus élevée que celle du MA. Un
développement important de 32 % des résistances en compression entre les jours 7 et 14 est
à noter pour le mortier normalisé. Une stabilisation autour de la valeur maximale
(53,6 ± 3,6 MPa) est observée à partir du 14ème jour. Cette valeur de résistance en
compression est cohérente avec les valeurs attendues compte tenu du ciment utilisé (CEM I
52,5R).
Le mortier aéré montre une résistance au 28ème jour de 19,7 ± 1,43MPa. Ses résistances en
compression se développent principalement avant le 7ème jour, puisqu’à ce moment-là sa
résistance est déjà de 17,0 ± 0,6 MPa. Seul un léger développement est observé par la suite
entre le 14ème et le 21ème jour, ce qui est plus tardif que pour le MN.
Au 7ème jour de cure, une différence significative entre les échantillons réalisés à différents
taux de MIDND est visible, mais cette différence s’estompe et n’est plus significative à partir
du 28ème jour de cure. La quantité de mâchefers introduit dans les formulations est donc un
paramètre déterminant pour la vitesse de développement des résistances en compression
au cours du temps, mais influence peu la valeur finale de résistance.
Ainsi, les mortiers réalisés avec 20 et 35 % de MIDND atteignent dès le 7ème jour une résistance
proche de leur résistance finale. Celle-ci n’augmente que de respectivement 1 et 5 % pour
0,55-Cz20B-A et 0,55-Cz35B-A entre le 7ème et le 28ème jour. Sur cette même période, le mortier
0,55-Cz50B-A voit sa résistance à la compression augmenter de 46 %, ce qui lui permet
d’atteindre des valeurs comparables aux autres formulations avec MIDND. Cette
augmentation a principalement lieu entre le 21ème et le 28ème jour, ce qui est plus tardif que
pour le MA ou le MN.
Ce retard dans le développement des résistances est probablement à mettre sur le compte
de la présence de matière organique dans les MIDND. De fait, l’augmentation de la teneur en
mâchefers entrainerait une augmentation de la teneur en matière organique dans les
formulations, ce qui générerait un retard d’autant plus important. Les résistances maximales
atteintes par les mortiers à différents taux de MIDND étant comparables, cela indique que la
matière organique des MIDND jouerait seulement un rôle de retardateur de prise mais pas
d’inhibiteur.
Figure 4- 23 : Résistance à la compression à 28 jours en fonction des prétraitements des MIDND (tamisage,
broyage) – comparaison avec les mortiers de référence
Une fois encore, les résistances en compression des trois mortiers de MIDND sont
comparables entre elles. La formulation réalisée avec la fraction S montre une résistance
comparable à celle du mortier aéré tandis que les deux autres échantillons sont légèrement
moins résistants. Ces trois échantillons présentent une masse volumique comparable qui
permettrait d’expliquer leur comportement proche (Baranova et al., 2022).
Les deux formulations, réalisées respectivement avec des MIDND broyés et non broyés,
montrent toutes les deux des résistances en compression inférieures à celle du MA. Ce résultat
n’est pas étonnant compte tenu de leur plus faible masse volumique comparativement au MA.
Pour les mêmes raisons, il n’est pas surprenant que la résistance en compression du mortier
réalisé à partir de mâchefers broyés soit supérieure à celles des mortiers incorporant des
MIDND non broyés.
A 28 jours de cure toutefois, ces deux mortiers présentent une masse volumique comparable,
ne permettant pas de justifier l’écart de résistance observé. Ce même phénomène ayant été
observé en flexion, il semblerait donc que le broyage induise un gain de réactivité menant à
un meilleur développement des résistances mécaniques, et ce, probablement grâce à un
réseau d’hydrates plus développé. L’étude de la minéralogie des mortiers présentées II.3.2.6
ne permet cependant pas de confirmer cette hypothèse.
Celles-ci sont inférieures à la résistance du mortier aéré et du mortier normalisé pour les deux
échantillons. Comme cela a été décrit pour la flexion dans la section précédente (voir II.2.2.4
et II.2.3.5) la résistance des mortiers réalisés avec des MIDND tchèques est inférieure à celle
des MIDND belges. Néanmoins, les résistances des deux échantillons sont proches
notamment à cause de leur masse volumique.
Comme pour le mortier aéré, les mortiers de mâchefers atteignent dès 7 jours de cure une
résistance à la compression proche de leur résistance maximale, et ce, quelle que soit l’origine
des MIDND. Néanmoins, un léger développement des résistances (comparable à celui du MA)
est observé entre le 14ème et le 21ème jour pour l’échantillon belge.
II.2.3.6. Conclusions
De nombreux phénomènes précédemment observés au cours de l’analyse des résistances en
flexion impactent également le développement des résistances en compression. Le premier
est l’influence de la masse volumique sur les résistances mécaniques. La Figure 4- 26 permet
de visualiser l’évolution de la résistance en compression en fonction de la masse volumique.
Il semblerait toutefois que la masse volumique soit moins déterminante pour la résistance en
Afin d’être utilisé comme matériau structurant, un béton léger doit montrer une résistance en
compression supérieure à 15,0 MPa (RILEM, 1972). Ici, 7 des 8 mortiers de mâchefers
remplissent ces conditions d’utilisation en matériau de structure. Les trois formulations
réalisées à partir de MIDND bruts (c’est-à-dire 0,5-Be35NB-A ; 0,5-Cz35NB-A et
0,55-Cz35NB-A) ne remplissent pas cette condition.
Le mortier réalisé avec 20 % de MIDND est celui présentant la conductivité thermique la plus
élevée (λ = 1,82± 0,1 W.m-1.K-1). Celle-ci se stabilise avec l’augmentation de la quantité de
MIDND puisque 0,55-Cz35B-A (λ = 1,67 ± 0,1 W.m-1.K-1) et 0,55-Cz50B-A
(λ = 1,71 ± 0,1 W.m-1.K-1) ont des conductivités thermiques comparables entre elles et avec
celle du MA. Ce résultat est à mettre en lien avec la masse volumique à 28 jours relativement
proche de ces deux échantillons alors que celle de 0,55-Cz20B-A est plus élevée.
Les formulations avec MIDND étudiées ici ont toutes une conductivité thermique comparable
ou inférieure à celle du mortier aéré. L’échantillon 0,55-Cz50M-A, avec une conductivité
thermique de 1,28 ± 0,1 W.m-1.K-1 est le plus isolant des formulations réalisées au cours de
cette étude.
des formulations réalisées avec la fraction fine totale des MIDND, et ce, quel que soit le taux
de mâchefers incorporés. Une fois encore la faible densité de cette formulation permet
d’expliquer ce résultat.
Ici, le mortier réalisé avec des mâchefers belges est moins isolant que celui produit avec des
mâchefers tchèques. Ce dernier démontre une conductivité thermique comparable à celle du
MA et inférieure au mortier de MIDND belge. L’écart entre ces deux mortiers de mâchefers
est de 10 % et peut, en partie, être expliqué par la différence de masse volumique des deux
échantillons.
II.2.4.6. Conclusions
Comme l’atteste la Figure 4- 31, la masse volumique des mortiers permet d’expliquer une
partie des résultats de conductivités thermiques présentés ici. Toutefois, de nombreux écarts
sont observés et sont supposément dus à des variations d’abondance, de taille, de forme et
de répartitions des pores entre les mortiers étudiés. L’étude de la porosité, présentée section
II.3.3 de ce chapitre, sera donc mise à profit afin d’approfondir le lien entre la porosité et la
conductivité thermique. En outre, l’absence de séchage des mortiers avant les mesures de
conductivité thermique peut induire de légères différences entre les échantillons.
A l’état frais, le temps de prise est allongé pour les mortiers incorporant des MIDND du fait de
la présence de matière organique, d’ions sulfate et de cations métalliques. Le retard induit est
d’autant plus long qu’une quantité importante de MIDND est utilisée. Les mesures
d’étalement indiquent qu’il est possible de produire des pâtes de même ouvrabilité que celles
des mortiers conventionnels. Ces mesures confirment également qu’il est judicieux de
prendre en compte la quantité de MIDND et de ciment pour le calcul de la quantité d’eau
entrant dans les formulations. En effet, les faibles variations observées entre les différents
étalements s’expliqueraient par des variations de teneur en matière organique des MIDND,
connue pour sa capacité à retenir l’eau.
Toutes les formulations de MIDND étudiées ont une masse volumique inférieure ou
comparable à celle du mortier aéré de référence. De plus, sept des huit mortiers de MIDND
peuvent être considérés comme « légers » selon la recommandation RILEM (1972) (masse
volumique sèche inférieure à 1800 kg.m-3). La résistance en flexion des formulations de
MIDND est très influencée par la quantité de MIDND et leur pré-traitement. Seules les
formulations contenant des MIDND broyés à hauteur de 20 %, et des MIDND tamisés (à
hauteur de 50 %) ont une résistance en flexion comparable au mortier aéré. La variation de la
résistance en flexion est bien décrite par la variation de la masse volumique. Aucune
corrélation claire ne peut cependant être établie entre la résistance en compression et la
masse volumique des formulations. Par ailleurs la résistance en compression des formulations
de MIDND est inférieure à celle du mortier aéré pour six des huit mortiers étudiés (excepté
pour 0,55-Cz20B-A et 0,55-Cz50S-A). Ces résistances en compressions sont généralement
suffisantes pour permettre une utilisation comme matériaux de structure (contrainte
maximale supérieure à 15,0 MPa). Seules les formulations réalisées à partir de MIDND bruts
ne répondent pas à ce critère. Leur plus faible résistance mécanique peut être attribuée à une
moins bonne cohésion due à la plus grande hétérogénéité de la taille de leurs particules.
Aucun critère permettant l’évaluation de l’isolation des bétons légers de construction n’est
défini dans le document RILEM (1972). Les conductivités thermiques des mortiers de MIDND
mesurées ici sont comprises entre 1,94 ± 0,1 et 1,28 ± 0,1 W.m-1.K-1 (respectivement
0,5-Be35NB-A et 0,55-Cz50M-A). Ces valeurs sont comparables ou inférieures à celle du
mortier aéré de référence de cette étude (1,71 W.m-1.K-1) mais supérieures à celles attendues
pour un matériau d’isolation. En effet, dans thèse de Nguyen (2013), les conductivités
thermiques des bétons légers de structure (fabriqués à partir de granulats légers
conventionnels) sont comprises entre 1,60 W.m-1.K-1 et 0,43 W.m-1.K-1). D’autre part, les
carreaux de Siporex®, ont une conductivité thermique de 0,14 W.m-1.K-1 . Cependant, ce béton
cellulaire industriel peut être utilisé comme cloison mais pas comme matériau structurant.
Cette étude démontre toutefois qu’à condition de cure équivalente, il est possible de produire
des mortiers de MIDND démontrant un pouvoir isolant comparable voire supérieur à celui de
mortier aéré conventionnel.
II.3.1. Morphologie
La surface des échantillons de mortier est observée à l’aide d’un Microscope Electronique à
Balayage (MEB) utilisé à faible grossissement. Les surfaces étudiées sont celles de cassures
fraiches représentatives de l’intérieur des échantillons. L’étude de ces surfaces permet
d’observer la forme des pores et leur répartition. La Figure 4- 32 présente les clichés obtenus
pour les mortiers de références (Figure 4- 32(a) et Figure 4- 32 (b)) et pour les mortiers de
mâchefers (Figure 4- 32(c) à Figure 4- 32(h)).
Figure 4- 32 : Observation de la surface des mortiers à faible grossissement (x 200) à l'aide du MEB. (a) Mortier
normalisé ; (b) Mortier aéré ; (c) 0,55-Cz50S-A (grossissement x 150); (d) 0,55-Cz50M-A ; (e)0,35CzB-A;(f)
0,55-Cz35NB-A ; (g) 0,5-Be35NB-A et (h) 0,5-Cz35NB-A
Le type de MIDND et leur quantité influence la porosité des mortiers de mâchefers. Les
porosités de 0,55-Cz50M-A sont de tailles très variables, relativement sphériques mais sont
réparties uniformément sur l’ensemble de la surface (voir Figure 4- 32(c)). A l’inverse,
l’échantillon 0,55-Cz50S-A (Figure 4- 32(d)) contient principalement des pores de diamètre
inférieur à 50 µm. La surface parait constituée de grains assez peu densément répartis dans
l’ensemble et qui laissent apparaitre un volume important de microporosités. Cette surface
granuleuse a également été observée sur l’échantillon 0,55-Cz50M-A à plus fort grossissement
(voir Annexe 4- 1).
Peu de différences sont à noter entre les échantillons 0,55-Cz35B-A et 0,55-Cz35NB-A (voir
Figure 4- 32(e) et Figure 4- 32 (f)). Leurs surfaces possèdent toutes deux des porosités de tailles
variables, de forme régulière, et réparties sur l’ensemble de la surface.
L’échantillon réalisé avec des mâchefers belges (voir Figure 4- 32(g)) présente des porosités
de plus grandes tailles que celui réalisé avec les mâchefers tchèques 0,5-Cz35NB-A (Figure 4-
32 (h)) qui semble constellé de petites porosités.
l’utilisation de la sous-fraction S ne semble générer que des pores de petites tailles, tandis que
l’incorporation de mâchefers belges limiterait leur développement en faveur de la formation
de pores de plus grande taille. Notons cependant que les observations MEB ne permettent
pas de conclure de manière certaines sur la taille des pores et leur abondance dans l’ensemble
de l’échantillon. Les résultats de porosité présentés section II.3.3, permettront de quantifier
avec plus de précision la taille et le volume des pores des mortiers de MIDND.
II.3.2. Minéralogie
La composition minéralogique des mortiers est influencée par la composition des matières
premières et leurs réactions. Elle est, de fait, un bon indicateur des interactions entre les
MIDND et le ciment. La composition minéralogique des MIDND et des matières premières est
présentées dans le Chapitre 3 (voir Tableau 3-6 et Figure 3-5).
Cette partie s’intéresse donc à la composition minéralogique des mortiers de MIDND dans le
but de comprendre les facteurs favorisant les interactions entre les MIDND et le ciment.
L’étude de la minéralogie est réalisée à l’aide d’analyse de Diffraction des Rayons X (DRX).
Les analyses de Diffraction des Rayons X réalisées ont permis d’obtenir les diffractogrammes
des mortiers de référence et des mortiers avec mâchefers. L’utilisation de la fonction FPM Eval
a, en outre, permis d’évaluer de manière semi-quantitative la proportion des phases en
présence. Les fiches JCPDS utilisées sont disponibles Annexe 4- 2.Les résultats bruts de
quantification peuvent être trouvés en Annexe 4- 3.
La DRX étant réalisée sur des quantités de matière très faibles (de l’ordre de quelques mg), il
est difficile d’obtenir des échantillons représentatifs de l’assemblage minéralogique du
matériau étudié. C’est pourquoi, afin de pouvoir comparer les résultats de quantification des
phases cristallines, le choix a été fait de normaliser les proportions mesurées par rapport à la
quantité de quartz contenu théoriquement dans les échantillons.
Comme attendu, la phase cristalline la plus visible est le quartz. De par la quantité de sable
introduit dans les formulations, le quartz est la phase la plus abondante. Des pics associés à la
présence de portlandite (Ca(OH)2), de diopside (CaMgSi2O6), de calcite (CaCO3) et de larnite
(Ca2SiO4), résidus de ciment anhydre, sont également observés. Par ailleurs, la composition
des deux mortiers de référence est comparable, les espèces cristallines étant observées dans
des proportions similaires.
Tableau 4-8 : Résultats de quantification des phases cristallines en présence des mortiers de
référence MN et MA à 28 jours de cure
Mortier Mortier
Phase Formule
normalisé aéré
Quartz SiO2 75 % 75 %
Calcite CaCO3 3,6 % 2,9 %
Portlandite Ca(OH)2 6,3 % 5,9 %
Ettringite Ca6Al2(SO4)3 (OH)12·26H2O - -
Dolomite CaMg(CO3)2 3,0 % 2,0 %
C-S-H (CaO)x(SiO2)y (H2O)z 4,9 % 5,6 %
Gehlenite Ca2Al.AlSiO7 - -
Larnite Ca2SiO4 4,3 % 4,2 %
Effenbergerite BaCuSi4O10 - -
Hydrocalumite Ca2Al(OH)6 [Cl1-x (OH)x] (H2O)3 - -
Diopside CaMgSi2O6 2,9% 4,3 %
Ratio Ca(OH)2 / C-S-H 1,3 1,0
Sur tous les diffractogrammes, les pics les plus intenses sont les pics de diffraction du quartz.
Figure 4- 33 : Diffractogrammes des Rayons-X de mortiers contenant des MIDND – comparaison avec
les mortiers de référence à 28 jours de cure (a) mortiers contenant différentes teneurs de MIDND ; (b)
mortiers de MIDND pré-traités (tamisage, broyage) ; (c) mortier de MIDND broyés et non broyés ; (d)
mortier de MIDND d’origine différentes
Leur intensité est telle qu’elle écrase les pics liés à la présence d’autres espèces minérales.
Ceci est dû au fait que la teneur en quartz est importante dans tous les échantillons. Il
représente plus de 60 % des phases cristallines.
directement des MIDND. L’ettringite, quant à elle, est un produit d’hydratation couramment
observé dans les matériaux cimentaires. Sa formation nécessite la présence de sulfate, ce qui
explique donc sa production dans les mortiers contenant des MIDND, qui contiennent des
sulfates (Chinchon-Paya et al., 2011). C’est également une phase couramment observée dans
les MIDND carbonatés, mais elle n’a pas été retrouvée dans les MIDND de cette étude (voir
Tableau 1-2, Tableau 3-6; Saikia et al., 2015 ; Blanc et al., 2018 ; Hammoud, 2019).
En outre, tous les mortiers étudiés présentent de faibles teneurs en larnite, témoignant d’une
hydratation avancée dans toutes les formulations. La teneur en larnite des mortiers de
MIDND est par ailleurs plus faible que celle des mortiers de référence. Cela peut être expliqué
par la diminution de la part de ciment lorsque des MIDND sont ajoutés dans les formulations.
Les résultats de la Figure 4- 34 montrent une faible teneur en larnite associée à des
pourcentages de portlandite, de C-S-H et d’ettringite non négligeable confirmant que
l’hydratation du ciment est possible en présence de MIDND. Toutefois, l’augmentation de la
teneur en MIDND entraîne une diminution de la teneur en C-S-H, en ettringite et une
augmentation de la teneur en larnite. Ces variations traduisent une moins bonne hydratation
du ciment. L’augmentation importante du ratio Ca(OH)2/C-S-H avec la teneur en mâchefer
suggère également une interaction entre les MIDND et les produits d’hydratation. Celle-ci est
associée à une diminution de la teneur en C-S-H mais n’affecte pas la proportion de
portlandite. Pour Chinchon-Paya et al. (2011), la réaction du sulfate avec le ciment produit de
l’ettringite ou de la thaumasite. Cela justifierait alors la diminution de la quantité de C-S-H
observée en parallèle de l’augmentation de la quantité d’ettringite, lorsque la teneur en
MIDND augmente. Cette diminution de la teneur en C-S-H est observée en parallèle de la
diminution de résistance mécanique, bien qu’aucun lien de proportionnalité n’ait été trouvé.
Les observations réalisées au MEB confirment la présence d’hydrates dans les formulations
avec MIDND. La Figure 4- 35 atteste notamment de la présence de portlandite, de C-S-H sous
forme alvéolaire et d’ettringite.
Figure 4- 35 : Observation à fort grossissement (x 5 000) au MEB des hydrates de l'échantillon 0,55-Cz35B-A
Le rapport Ca(OH)2/ C-S-H est plus faible pour les formulations contenant des MIDND tamisés
0,55-Cz50S et 0,55-Cz50M que pour les formulations de référence MN et MA. Cela pourrait
traduire un comportement pouzzolanique des mâchefers tamisés, ces derniers réagissant
avec la portlandite pour former des C-S-H. Ce comportement n’est pas observé pour le mortier
contenant des mâchefers broyés, ce qui en fait une spécificité des mâchefers tamisés. Ce
comportement des mâchefers tamisés est à mettre en lien avec leur petite taille de particules
et leurs indicateurs empiriques de réactivité, comparables à ceux du laitier de haut-fourneaux
(voir Chapitre 3 section II.1.2). Les résultats présentés dans le chapitre précédent ont en effet
démontré, que seules les sous-fractions tamisées S et M ont une activité proche de celles des
additions conventionnelles. Comme évoqué précédemment, le ratio Ca(OH)2/C-S-H élevé de
l’échantillon contenant les MIDND broyés traduit une interaction des MIDND avec les produits
d’hydratation du ciment. Ces différences de ratio portlandite/ C-S-H ne sont toutefois pas
accompagnées de résistance mécanique différente.
Il est à souligner que la teneur en C-S-H estimée, des mortiers 0,55-Cz50S-A et 0,55-Cz50M-A
est presque deux fois plus élevée que celle des mortiers de références. Les C-S-H étant
principalement amorphes, ce résultat ne permet cependant pas d’affirmer avec certitude que
les mortiers de MIDND tamisés contiennent effectivement plus de C-S-H que MA et MN. Cela
indique cependant que la forme des C-S-H des mortiers de MIDND diffère certainement de
celle des mortiers de référence.
L’impact du broyage des MIDND avant incorporation sur la minéralogie des mortiers peut être
observé avec les résultats présentés Figure 4- 33(c). La Figure 4- 37 met en avant l’impact du
broyage sur le développement des phases hydratées cristallines et sur la consommation de la
larnite.
Les teneurs en portlandite et C-S-H du mortier contenant des MIDND broyés (voir Figure 4-
37) sont plus faibles que celles du mortier réalisé avec des mâchefers non broyés. Le broyage
pourrait alors favoriser la réactivité des phases permettant la formation d’hydrates mais
aussi de celles des phases délétères à leur développement. Cette thèse est appuyée par la
quantité d’ettringite plus importante dans l’échantillon contenant des MIDND broyés, et dont
la formation est possible par réaction avec le gypse présent dans les mâchefers.
Seule une faible différence en larnite ratio Ca(OH)2/ C-S-H est à noter entre les deux
échantillons contenant des MIDND. Le rapport légèrement plus faible du mortier de
mâchefers broyés, indique que ces derniers ont un comportement pouzzolanique plus
important, ce qui, cette fois corrobore les observations de Cheng (2012) et Li et al. (2012). Les
deux rapports sont néanmoins supérieurs à ceux des mortiers de référence.
Le mortier de MIDND belges est plus riche en phases hydratées que le mortier de MIDND
tchèques (voir Figure 4- 38), ce qui pourrait expliquer ses meilleures performances
mécaniques. Il est à souligner que le mortier belge a des teneurs en portlandite et C-S-H
supérieures à celles observées dans les mortiers de référence. Le faible pourcentage
d’ettringite mesuré dans le mortier 0,5-Cz35NB-A indique que la présence de sulfate dans les
MIDND tchèques n’est pas la cause du mauvais développement des C-S-H ou de la portlandite.
De plus, les rapports Ca(OH)2/C-S-H des deux échantillons sont comparables entre eux et avec
le mortier normalisé. Le taux de larnite des mortiers de MIDND belges et tchèques est faible,
ce qui, combiné au rapport Ca(OH)2/C-S-H proche de 1, tend à montrer que l’interaction des
mâchefers non-broyés belges et tchèques avec le processus d’hydratation est faible. Ce
résultat n’est cependant pas en adéquation avec les observations du paragraphe précédent
(II.3.2.5) sur l’échantillon 0,55-Cz35NB-A.
II.3.2.7. Conclusions
L’analyse DRX a permis d’identifier les phases majeures constituant les mortiers de référence
et des mortiers de MIDND. Tous présentent une teneur importante en quartz et en produits
d’hydratation. Tous les échantillons réalisés avec des MIDND contiennent en outre de
l’ettringite dont le développement est favorisé par la présence de sulfates dans les mâchefers.
Des phases caractéristiques des mâchefers, précédemment observées sur les
diffractogrammes des différents types de MIDND dans le Tableau 3-6, sont visibles sur tous
les échantillons contenant des mâchefers. En effet, l’effenbergerite et le diopside sont
observés dans tous les mortiers de MIDND, tandis que l’hydrocalumite et la gehlenite ne sont
retrouvés que sur certains échantillons. Par ailleurs, les nouvelles phases décrites par An et al.
(2021) lors de l’incorporation de MIDND dans des bétons, telles que la jahnsite, la geminite ou
la lahnsteinite n’ont été observées dans aucun échantillon de cette étude.
Bien que les mêmes phases cristallines composent les mortiers de MIDND de cette étude, elles
ne sont pas retrouvées dans les mêmes proportions dans tous les échantillons. Ce constat
souligne le rôle crucial des paramètres de formulations pour produire des matériaux
cimentaires stables. L’augmentation de la teneur en MIDND altère l’hydratation du ciment
ce qui se traduit par une teneur en larnite résiduelle plus importante dans les échantillons
contenant davantage de mâchefers, et une diminution de la part de C-S-H et d’ettringite. Le
taux de MIDND influence donc fortement le teneur en hydrates responsables de la cohésion
de la matrice cimentaire. Il s’agit d’un paramètre déterminant lors du choix de la formulation.
Le tamisage, en réduisant la taille des particules et augmentant la part de CaO, favorise le
développement des réactions pouzzolaniques. Le broyage, à l’inverse ne semble pas
bénéfique pour la production de phases hydratées, malgré les résultats de la littérature à ce
propos et les meilleures performances mécaniques présentées dans les parties II.2.2.3 et
II.2.3.4 (Cheng, 2012, Li et al., 2012). Enfin, les mortiers contenant des MIDND belges sont
plus riches en phases hydratées que ceux fait à partir de MIDND tchèques, sans que cela ne
se traduisent par des différences importantes de résistances mécaniques.
II.3.3. Porosités
Une étude de la porosité des mortiers est réalisée dans le but d’observer dans quelle mesure
l’incorporation de MIDND impacte le développement des pores. Par ailleurs, certaines
propriétés, comme la conductivité thermique par exemple, sont fortement influencées par la
forme et la taille des pores (Ganjian, 1990 ; Chandra et Berntsson, 2003 ; Kreft et al., 2011 ;
Sun et al., 2017 ; Asadi et al., 2018 ; Chen et al., 2021). Cette étude a donc également pour
vocation de vérifier si un lien entre la porosité et la conductivité thermique est observé pour
les mortiers de MIDND.
Les volumes de porosités des différents mortiers ont été estimés à l’aide d’un porosimètre à
mercure (MIP) et d’un tomographe. Le porosimètre à mercure évalue le volume de pores
ayant un diamètre d’accès compris entre 0,003 et 300 µm de diamètre, tandis que la
Celle-ci est déterminée en sommant le volume de pores mesurant entre 0,003 et 50 µm,
obtenu à l’aide du porosimètre à mercure, et le volume de pores de plus de 50 µm mesuré au
tomographe. A partir des données MIP, il est possible de connaître le volume de mercure
introduit entre 300 et 59 µm ainsi qu’entre 300 et 47 µm. Une interpolation linéaire entre ces
deux valeurs permet alors d’estimer le volume de mercure introduit entre 50 et 300 µm, et
donc de connaître le volume de pores dans cet intervalle. De fait, le volume de porosité totale
est calculé comme suit :
Poro. tot. (%) = Vol. MIP 0,003 - 300µm - Vol. MIP estimé50 - 300 µm +Vol. tomo.< 50µm (4-1)
Avec Poro. tot. le volume de porosité total ; Vol. MIP 0,003 – 300 µm le volume de pores mesuré
au Porosimètre à mercure (MIP) (en %) ; Vol. MIP estimé50 – 300 µm : volume de pores mesurant
entre 50 et 300 µm estimé à partir des mesures MIP (en %) et Vol. tomo.<50µm : volume de
pores mesuré au tomographe (en %).
Mortier Mortier
normalisé aéré
Volume de porosité mesurant plus
3,8 31,8
de 50 µm (% du volume total)
Volume de porosité mesurant
entre 0,003 et 300 µm 13,1 21,8
(% du volume total)
Volume total de porosité
15,8 42,7
(% du volume total)
Les volumes de porosité sont très différents en fonction de la gamme de tailles étudiée.
Toutefois, comme cela était attendu, le MN est l’échantillon le moins poreux, toute échelle
confondue. Avec une porosité totale de 15,8 %, le mortier normalisé se positionne dans la
gamme (≈ 12 – 20 %) avancée par Kim et al. (2014). Le mortier aéré a une porosité totale de
42,7 %, ce qui est inférieur au volume de pores des bétons aérés autoclavés (proche de 80 %),
mais comparable à la gamme de 30 % à 80 % avancée par Hoff (1972)
(Narayanan & Ramamurthy, 2000b ; Schober, 2011 ; Fatré, 2013).
Figure 4- 39 : Coupe de tomographie des mortiers de référence (a) mortier normalisé ; (b) mortier aéré
A l’échelle du tomographe, le mortier aéré est l’échantillon contenant le plus gros volume de
porosité, ce qui traduit la présence de nombreuses porosités de diamètre supérieur à 50 µm
(voir Figure 4- 39). Sa porosité à cette échelle est plus de 8 fois supérieure à celle du MN. La
Figure 4- 41 met en évidence que plus de 50 % du volume de porosité mesurable au MIP, de
MA ont un diamètre supérieur à 100 µm. Ce résultat confirme les observations à faible
grossissement au MEB (voir Figure 4- 32). Ces porosités mesurent plusieurs mm de diamètre
et ont un périmètre très irrégulier. Leur forme irrégulière provient du phénomène de
coalescence qui mène au regroupement des pores de petites tailles pour en former de plus
grands. Il s’agit des pores générés au cours du phénomène d’aération du matériau notamment
par l’oxydation de l’aluminium (Narayanan & Ramamurthy, 2000(b) ; Schober, 2011). Pour
Schober (2011), ce type de pores, appelés pores « air », mesure entre 100 µm et 3 mm. Ces
pores représentent moins de 10 % de la porosité du MN. Ce faible volume de pores
macroscopiques peut être constaté Figure 4- 39. Les quelques pores visibles sur cette coupe
mesurent moins d’un mm et sont de forme circulaire très régulière. Ils proviennent de
l’occlusion de bulles d’air ayant lieu au cours du malaxage pour les plus gros, et de
l’évaporation d’eau au cours de la cure pour les plus petits (Schober, 2011).
Bien que très peu poreux à l’échelle macroscopique, 13,1 % du volume de MN est composé
de pores de moins de 300 µm. Près de 70 % des pores du MN mesurent moins de 0,1 µm de
diamètre. Ces porosités de petites tailles sont liées à la présence d’hydrates comme les C-S-H
qui ont une importante porosité interne (Liu et al., 2020). Elles sont également présentes dans
MA mais ne comptent que pour 20 % du volume de pores quantifiable au MIP.
Tableau 4-10 : Evolution de la porosité en fonction de la quantité de MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Par ailleurs, à toutes les échelles de l’étude, l’échantillon contenant 50 % de MIDND est le
moins poreux. Il semblerait donc qu’au-delà d’un certain taux, l’ajout de MIDND ne mène
pas à l’augmentation de l’aération. Ce résultat est contraire à ce qui était attendu. En effet,
la porosité des matériaux cimentaires aérés est décrite comme proportionnelle à la quantité
d’aluminium métallique introduit (Song et al., 2015). Or, plus la quantité de MIDND est grande,
plus il y a d’aluminium métallique présent dans la formulation, et donc meilleure est supposée
l’aération. La Figure 4- 40(e) montre une coupe de l’échantillon 0,55-Cz50B-A. Sur celle-ci, des
pores de plusieurs mm de diamètres sont visibles. Ils sont moins nombreux que sur la coupe
de 0,55-Cz35B-A mais plus gros que sur 0,55-Cz20B-A (voir respectivement Figure 4- 40(c) et
Figure 4- 40(d)). Comparativement aux formulations contenant 20 et 35 % de MIDND,
l’échantillon 0,55-Cz50B-A contient moins de petites porosités et semble donc plus compact.
L’ajout de MIDND au-delà d’un certain taux semble mener à « une compaction » de la matrice
par le remplissage des petites porosités.
Le volume de pores mesuré au porosimètre à mercure suit la même tendance. Il est maximal
pour un taux de MIDND de 35 % et minimal pour une teneur de 50 %. A cette échelle
cependant, il est à noter que le volume de pores de 0,55-Cz35B est supérieur à celui de la
référence aérée. De fait, l’incorporation de MIDND entraîne un changement de la taille des
pores, mais permet d’obtenir des mortiers avec un volume de pores comparable à celui du
mortier aéré conventionnel. Ce résultat est en adéquation avec les observations réalisées au
MEB, qui suggéraient que la morphologie des pores des mortiers de MIDND différait de celles
du MA.
Figure 4- 40 : Observations au tomographe à rayon X des échantillons : (a) Mortier normalisé ; (b)
Mortier aéré ; (c) 0,55-Cz20B-A ; (d) 0,55-Cz35B-A et (e) 0,55-Cz50B-A
Les pores « air », typique du mortier aéré sont présents dans tous les échantillons contenant
des MIDND, leur forme diffère toutefois en fonction du taux de mâchefers de la formulation.
Ils sont plus petits et moins nombreux dans 0,55-Cz20B-A, de forme allongée et irrégulière
dans 0,55-Cz35B-A et sont peu nombreux et relativement sphériques dans 0,55-Cz50B.
Les pores liés à l’évaporation de l’eau (de moins d’un mm) et à l’occlusion d’air au cours du
malaxage sont également visibles dans tous les échantillons. Dans les mortiers contenant des
MIDND, une partie de ces petites porosités de moins d’un mm peuvent être mises sur le
La distribution de la taille des pores entre 0,003 µm et 300 µm est représentée Figure 4- 41.
Trois distributions se distinguent :
Le mortier aéré est composé de près de 50 % de pores « air » de plus de 100 µm, et d’environ
20 % de pores de moins de 0,1 µm, attribués aux porosités internes des C-S-H.
Le mortier normalisé, est quant à lui quasi-exclusivement composé de pores liés à la présence
d’hydrates, puisque 70 % de sa porosité est constituée de pores de moins de 0,1 µm.
Figure 4- 41 : Evolution de la distribution de la taille des pores mesurant entre 0,3 et 300 µm en
fonction de la quantité de MIDND – comparaison avec les mortiers de référence
Ces porosités de tailles intermédiaires sont peu présentes dans les MN et MA mais constituent
près de 40 % du volume de pores des mortiers avec MIDND. Celles-ci sont décrites dans la
littérature comme étant des porosités inter-hydrates (Schober, 2011). Cette présence accrue
de porosités inter-hydrates dans les mortiers de mâchefers pourrait traduire la présence d’un
réseau d’hydrates moins dense, perturbés par l’ajout de MIDND, ce qui expliquerait les
résistances mécaniques relativement faibles de ces mortiers.
En mettant ces observations en lien avec les résultats de conductivité thermique décrits
précédemment (voir II.2.4.2), il vient naturellement que la formulation de mâchefers la plus
poreuse, à savoir 0,55-Cz35B, est également la plus isolante. Cela est en accord avec de
nombreuses études à ce sujet (Chandra et Berntsson, 2003 ; Sun et al., 2017 ; Asadi et al.,
2018).
En outre, l’échantillon 0,55-Cz50B est plus isolant que l’échantillon 0,55-Cz20B, bien qu’il soit
également légèrement moins poreux. Ce faible écart pourrait toutefois être expliqué par la
plus petite taille des pores du mortier contenant 50 % de MIDND. En effet, la littérature
associe généralement, à volume de pores constant, la réduction de leur taille à une diminution
de la conductivité (Ganjian, 1990 ; Kreft et al., 2011 ; Chen et al., 2021). Ce phénomène,
observé sur des matériaux cimentaires aérés semble également valide pour les mortiers
réalisés avec des MIDND.
Tableau 4-11 : Evolution de la porosité en fonction des prétraitements des MIDND – Comparaison
avec les mortiers de référence
A l’échelle du tomographe, tous les mortiers avec MIDND, quel que soit le prétraitement, sont
au moins deux fois moins poreux que le mortier aéré. La tendance s’inverse toutefois pour les
mesures au MIP puisque les deux échantillons réalisés avec des MIDND tamisés ont un volume
de pores plus important sur la gamme 0,003 – 300 µm. Le mortier 0,55-Cz50B-A quant à lui
présente une porosité plus faible.
Les coupes obtenues à l’aide du tomographe démontrent que la forme des pores diffère
grandement en fonction du prétraitement effectué (voir Figure 4- 42).
Figure 4- 42 : Observations au tomographe à rayons X de (a) mortier normalisé ; (b) mortier aéré ; (c)
0,55-Cz50S-A ; (d) 0,55-Cz50M-A et (e) 0,55-Cz50B-A
Les deux formulations réalisées avec des mâchefers tamisés (Figure 4- 42(c) et Figure 4- 42(d))
ont très peu de porosités de grande taille comparable à celle du MA (Figure 4- 42(b)). Au
contraire, elles semblent constituées d’un grand nombre de pores d’un mm ou moins, parfois
difficilement distinguables de manière indépendantes. La formulation contenant des MIDND
broyés présente, quant à elle, davantage de pores « air », analogues à ceux présents dans le
MA.
Comme c’était le cas pour les mortiers contenant différents taux de MIDND, les mortiers
réalisés avec des mâchefers pré-traités ont un comportement intermédiaire à celui du MA et
du MN (voir Figure 4- 43). Ici toutefois, une différence est observée entre 0,55-Cz50B-A et les
deux échantillons contenant des MIDND tamisés 0,55-Cz50S-A et 0,55-Cz50M-A.
Figure 4- 43 : Evolution de la distribution de la taille des pores mesurant entre 0,3 et 300 µm en fonction
du prétraitement des MIDND (tamisage, broyage) – comparaison avec les mortiers de référence
La porosité des mortiers contenant des MIDND tamisés augmente drastiquement entre 0,1 et
7 µm. Cette porosité intermédiaire a déjà été discutée dans la section précédente, et a été
attribuée à la porosité inter-C-S-H (voir II.2.4.3). Les résultats de l’étude minéralogique ont par
ailleurs démontré que les mortiers 0,55-Cz50M-A et 0,55-Cz50S-A sont beaucoup plus riches
en C-S-H que l’échantillon 0,55-Cz50B-A, ce qui vient appuyer l’idée selon laquelle ces
porosités sont liées à la présence de C-S-H.
La formulation 0,55-Cz50M-A est la plus isolante et la plus poreuse. Son assemblage de pores
de différentes tailles : peu de pores grossiers typiques des MA, un volume conséquent de
porosités de taille intermédiaire, et quelques porosités fines liées à la présence d’hydrates,
est bénéfique à l’obtention d’un matériau isolant. Malgré un assemblage poral comparable,
le volume total de pores plus faible de la formulation 0,55-Cz50S-A induit une conductivité
thermique supérieure à celle de 0,55-Cz50M-A.
Tableau 4-12 : Evolution de la porosité en fonction du broyage des MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Les deux formulations ont des volumes de porosités relativement comparables, et ce, quelle
que soit l’échelle de l’étude. Leurs volumes de pores totaux est comparable à celui du mortier
aéré, bien qu’ils présentent un taux de porosité de plus de 50 µm plus faible.
Bien que la porosité des deux échantillons de MIDND soit proche, il est intéressant de noter
que la porosité fine (i.e. quantifiable au MIP) de l’échantillon 0,55-Cz35B-A (contenant des
MIDND broyés), est légèrement plus faible que celle de 0,55-Cz35NB-A. En effet, le broyage
conduit à une diminution de la porosité interne des MIDND, ce qui se traduit par une légère
augmentation de leur masse volumique réelle (cf Tableau 3-3). La porosité interne des MIDND
participant à la porosité globale du mortier, il est possible que le broyage explique la légère
diminution de porosité de moins de 300 µm. Des essais de porosimétrie mercure sur les
MIDND ont été réalisés afin de vérifier cette idée. Les résultats obtenus ne permettent
toutefois pas de la confirmer avec certitude.
Les coupes obtenues au tomographe et présentées Figure 4- 44 suggèrent que les porosités
de l’échantillon 0,55-Cz35NB (Figure 4- 44(d)) seraient moins grandes et plus homogènes que
celles du mortier de MIDND broyés (Figure 4- 44(c)). Ce dernier présente de nombreux pores
de plus de 5 mm de diamètre et de forme irrégulière, probablement causés par la coalescence
de pores de plus petites tailles. La présence de ces grandes porosités (mesurant jusqu’à 1 cm
de longueur) dans le mortier 0,55-Cz35B traduit une génération rapide de gaz qui favorise la
coalescence des pores. En effet, les résultats présentés Figure 3-7 ont démontré que le
broyage favorisait le dégagement rapide d’un plus grand volume de gaz.
D’autre part, la distribution de la taille des porosités (voir Figure 4- 45) confirme que le
broyage a bien un impact sur la distribution de la taille des petites porosités.
Figure 4- 45 : Evolution de la distribution de la taille des pores mesurant entre 0,3 et 300 µm en fonction du
broyage des MIDND – comparaison avec les mortiers de référence
En effet, l’échantillon 0,55-Cz35B présente, comme tous les échantillons avec MIDND un
volume important de pores mesurant entre 5 µm et 0,1 µm. Néanmoins, sur cet intervalle, le
profil de distribution des porosités de 0,55-Cz35B-A est linéaire tandis que l’échantillon
contenant des MIDND non-broyés montre un profil plus courbé avec une augmentation rapide
du volume de pores jusqu’à environ 0,7 µm, puis une augmentation plus faible par la suite.
Cette cloche pourrait être associée aux porosités intrinsèques des MIDND. Cette différence
peut également être expliquée par la teneur en C-S-H de l’échantillon 0,55-Cz35NB-A, qui est
plus élevée que celle de 0,55-Cz35B-A. A partir de 0,1 µm et jusqu’à 0,003 µm, les mortiers
avec mâchefers retrouvent un profil similaire à celui du MN, avec une augmentation rapide
du volume de pores.
Les proportions de porosités à différentes échelles des échantillons réalisés avec des MIDND
belges et tchèques sont regroupées dans le Tableau 4-13. Ici, les deux échantillons contenant
des mâchefers d’origine différente ont des volumes de pores comparables à toutes les
échelles. Leur porosité totale est comparable à celle du mortier aéré, bien que comme tous
les échantillons de MIDND présentés précédemment, ils contiennent moins de pores de plus
de 50 µm mais davantage de pores quantifiables au MIP.
Tableau 4-13 : Evolution de la porosité en fonction de l’origine des MIDND – Comparaison avec les
mortiers de référence
Figure 4- 46 : Observations au tomographe à rayons-X de (a) Mortier normalisé ; (b) mortier aéré ;
(c) 0,5-Be35NB-A et (d) 0,5-Cz35NB-A
L’observation de leur coupe au tomographe à rayons X (voir Figure 4- 46) suggère que ces
deux échantillons sont globalement composés du même type de pores, à savoir, des pores
de grandes tailles formés par coalescence, et de nombreux petits pores sphériques. Ainsi, à
l’échelle du tomographe, quelle que soit l’origine des mâchefers, les mortiers contiennent des
pores comparables à ceux observables dans le MN et dans le MA.
La Figure 4- 47 confirme une fois encore que la distribution de la taille des pores est très
variable en fonction du type de mortiers étudié.
Figure 4- 47 : Evolution de la distribution de la taille des pores mesurant entre 0,3 et 300 µm en
fonction de l'origine des MIDND – comparaison avec les mortiers de référence
Les mortiers aérés sont toujours ceux présentant, de loin, la plus grosse proportion de pores
mesurant plus de 100 µm. Dans cette gamme, les mortiers avec MIDND ont un comportement
à rapprocher à celui du MN, bien que la proportion de pores de grande taille soit légèrement
inférieure pour l’échantillon belge, et légèrement supérieure pour le tchèque. Une
augmentation rapide du volume de porosité a lieu entre 7 et 0,9 µm pour le mortier contenant
des MIDND tchèques, puis entre 0,1 et 0,02 µm avec un palier intermédiaire. Quant à
l’échantillon belge, il a une augmentation de sa porosité quasi linéaire entre 3 et 0,05 µm. Il
contient davantage de petites porosités que l’échantillon tchèque. Ici, le taux de C-S-H des
deux mortiers étant relativement proche, il semblerait que la différence dans la forme de la
distribution de la porosité intermédiaire soit influencée par l’origine des mâchefers via leur
porosité intrinsèque. Toutefois, les essais de porosimétrie par intrusion de mercure, réalisés
durant cette étude sur les mâchefers n’ont pas permis d’obtenir des réponses à ce propos.
Enfin, ces résultats très comparables entre les deux mortiers de mâchefers ne permettent pas
d’expliquer convenablement la différence de conductivité thermique observée entre ces deux
échantillons.
II.3.3.6. Conclusions
La porosité des mortiers a été évaluée à différentes échelles. Le mortier aéré est
principalement composé de pores mesurant plus de 50 µm de diamètre, tandis que les
mortiers contenant des mâchefers sont plus poreux sur l’intervalle 0,003 – 300 µm. Par
ailleurs, certaines formulations ont démontré une porosité totale comparable à celle du
mortier aéré, confirmant la possibilité de réaliser des mortiers aérés avec des MIDND
comme seul agent porogène.
La distribution de la taille des porosités mesurant entre 0,003 et 300 µm des mortiers de
mâchefers est très caractéristique. Toutes les formulations contenant des mâchefers sont
largement composées de pores mesurant entre 0,01 et 7 µm. Celles-ci sont décrites dans la
littérature comme provenant de la porosité inter-hydrates, et pourraient donc être plus
présentes dans les mortiers de mâchefers à cause d’un réseau d’hydrates moins dense
(Schober, 2011). Lo et Cui (2014) associent également les pores de cette taille à la présence
d’ettringite, ce qui a été confirmé par l’analyse minéralogique. La porosité interne des
mâchefers pourrait également jouer un rôle important dans le développement de cette
porosité intermédiaire. En effet, bien que tous les mortiers avec mâchefers soient riches en
pores de taille intermédiaire, des profils différents de développement sont observés lorsque
des mâchefers d’origine différentes ou ayant subi des traitements différents sont utilisés.
Figure 4- 48 : Corrélation entre la porosité fine (mesurable au MIP entre 0,003 et 300 µm) et la
conductivité thermique
Enfin, une tendance linéaire entre la porosité fine et la conductivité thermique met en
évidence le lien entre ces deux propriétés (voir Figure 4- 48). Cette observation rejoint les
conclusions de Kreft et al. (2011), qui observent une diminution de la conductivité thermique
avec l’augmentation du volume de pores de moins de 50 µm. La formulation la plus isolante
de cette étude est 0,55-Cz50M-A, il s’agit d’une des formulations les plus poreuses toute
échelle confondue. C’est également la formulation la plus riche en pores de 0,003 à 300 µm.
La valorisation des MIDND en France est encadrée par l’arrêté du 18 novembre 2011 qui limite
leur utilisation en technique routière. Cet arrêté définit les conditions dans lesquelles les
MIDND peuvent effectivement être valorisés : lixiviation des MIDND inférieure à certains
seuils, lieu et forme de valorisation. Cependant, il ne comprend pas de préconisation quant à
la qualité du produit final contenant les MIDND. Le Soil Quality Decree, arrêté néerlandais,
impose quant à lui des critères environnementaux applicables aux matériaux de construction
contenant des déchets. Les performances environnementales des mortiers de MIDND réalisés
au cours de cette étude seront donc comparées aux seuils définis par le Soil Quality Decree
pour les matériaux non moulés (Un-moulded building materials). Les tests de lixiviation sont
réalisés conformément à la norme NF EN 12457-2 : les échantillons sont ainsi placés dans un
récipient hermétique et agités durant 24 heures avec un rapport Liquide / Solide= 10.
Pour tous les éléments, la concentration dans les éluats du mortier normalisé est largement
inférieure aux limites du SQD. Seule la concentration en baryum (1,54 mg.L-1) se rapproche du
seuil (2,2 mg.L-1), sans pour autant le dépasser.
Le relargage du mortier aéré est supérieur à celui du MN pour tous les éléments, sauf le zinc,
pour lequel les deux mortiers ont une concentration inférieure à la limite de détection. Par
ailleurs, le mortier aéré présente des concentrations en Ba et en Cu supérieures aux limites
du SQD.
La différence de relargage entre le mortier aéré et le mortier normalisé est expliquée par la
différence de surface spécifique de ces deux échantillons. Le mortier aéré, riche en porosités
grossières, a une surface spécifique supérieure à celle du MN ce qui favorise les échanges avec
l’agent de lixiviation. Il est également important de souligner que le mortier aéré de référence,
produit avec des matières premières conventionnelles, ne remplit pas les conditions
d’utilisation définies par le SQD. Ce résultat met en lumière le potentiel polluant des matières
premières conventionnelles.
La Figure 4- 49 présente la concentration dans les éluats des mortiers incorporant différentes
teneurs de MIDND et confirme que, quel que soit le taux de MIDND incorporés dans les
mortiers, leur lixiviation est conforme aux seuils du SQD.
La concentration en aluminium est présentée sur la Figure 4- 49 bien qu’aucun seuil ne soit
défini dans le SQD pour cet élément. Dans le cadre de cette étude, il semble en effet pertinent
d’étudier le comportement de l’aluminium lors d’un essai de lixiviation, puisque celui-ci est
ajouté en différentes quantités, via de la poudre d’aluminium ou à travers l’augmentation de
la quantité de mâchefers. La concentration en aluminium dans les éluats est similaire pour
tous les mortiers, avec ou sans MIDND (0,31 – 0,38 mg.L-1). Ainsi, l’ajout d’aluminium, sous
quelque forme qu’il soit, n’influence pas sa lixiviation
Figure 4- 50 : Evolution des concentrations en polluants lixiviés en fonction des prétraitements des
MIDND (tamisage, broyage) – Comparaison avec les limites du Soil Quality Decree et les mortiers de
référence
Les échantillons 0,55-Cz50S-A et 0,55-Cz50B-A ont un relargage conforme aux seuils du SQD
et pourraient donc être utilisés comme matériaux de construction non-moulés. A l’inverse, le
mortier 0,55-Cz50M-A, ne répond pas aux critères de valorisation imposés par le SQD à cause
de la concentration en baryum de ses éluats (3,01 mg.L-1). Cette concentration est toutefois
inférieure à celle du MA (3,52 mg.L-1).
Globalement, des variations de concentrations dans les éluats relativement importantes sont
observées. Ainsi, la sous-fraction granulométrique utilisée pour la production de mortier
impacte significativement le relargage des polluants, sans qu’un lien clair avec la teneur
élémentaire de ces sous-fractions puisse être établi. La porosité de l’échantillon, en
accroissant la surface d’échange avec l’agent de lixiviation, facilite le relargage des polluants.
Figure 4- 52 : Evolution des concentrations en polluants lixiviés en fonction de l’origine des MIDND –
Comparaison avec les limites du Soil Quality Decree et les mortiers de référence
Pour sept des douze éléments étudiés, à savoir Ba, Cr, Cu, Hg, Mo, Ni et Se, la lixiviation des
mortiers de MIDND est inférieure à celle du MA. Dans le cas du mercure, la concentration dans
les éluats de mortiers de MIDND est inférieure à la limite de détection.
Le relargage des échantillons de mortiers avec MIDND est globalement comparable. Il est
toutefois possible de distinguer le comportement de As, Cu et Ni qui lixivient davantage dans
le mortier réalisé avec des MIDND tchèques, sans que cela ne soit associé à une teneur plus
importante dans ces mâchefers.
II.4.6. Conclusions
Les essais de lixiviation ont démontré que l’incorporation de mâchefers dans des mortiers
pouvait être compatible avec les seuils définis par le Soil Quality Decree, et qu’ils pouvaient
ainsi être utilisés comme matériau de construction.
La quantité de mâchefers utilisée dans les mortiers impacte la concentration dans les éluats,
bien que les augmentations observées ne puissent pas être imputées directement aux
concentrations de ces éléments dans les MIDND. Toutefois, dans la gamme de variation de
cette étude (20 – 50 %) l’augmentation de la quantité de mâchefers n’induit pas de
dépassement des seuils du SQD. Les essais de lixiviation montrent que le broyage et l’origine
des mâchefers ne sont pas des facteurs impactant de manière importante la concentration
dans les éluats. Ce résultat encourageant suggère que les formulations étudiées ici pourrait
être mise avec des MIDND d’autres installations. Le choix de la sous-fraction granulométrique,
de par les variations de porosité qu’il induit, semble être crucial pour produire des mortiers
conformes aux attentes du Soil Quality Decree.
L’étude des propriétés des mortiers à l’état frais a démontré que l’incorporation de MIDND
entraine un retard de prise, sauf lors de l’utilisation de la fraction tamisée S (0 – 0,106 mm),
grâce à sa teneur importante en CaO. L’étalement est principalement influencé par l’origine
et les prétraitements des MIDND, notamment via leur impact sur la teneur en matière
organique. La masse volumique fraîche de toutes les formulations avec MIDND est inférieure
à celle des références, en partie grâce à la masse volumique des MIDND.
La diminution des résistances mécaniques lors de l’ajout de MIDND peut être expliquée par
leur interaction avec le ciment. Cet ajout induit, dans la plupart des cas, une diminution de la
teneur en C-S-H, principaux responsables des propriétés mécaniques des mortiers. L’ajout de
MIDND tamisés provoque à l’inverse une augmentation de la teneur en C-S-H grâce à leur
bonne réactivité, mais elle ne permet pas pour autant l’obtention de résistances mécaniques
supérieures.
Par ailleurs, toutes les formulations avec MIDND contiennent un volume important de
porosités, parfois comparable à celui du mortier aéré (proche de 40 %). La taille de ces pores
est néanmoins différente de celle du mortier aéré de référence. Ce dernier est principalement
composé de pores mesurant plus de 50 µm de diamètre, généré par l’agent porogène. Les
mortiers de MIDND contiennent moins de pores de grande taille, mais sont caractérisés par
un volume important de pores plus petits, mesurant entre 0,1 et 7 µm. Dans la littérature, ces
pores sont associés à la présence d’hydrates mal cristallisés ou d’ettringite (Schober, 2011 ;
Lo et Cui, 2014). Le volume de pores est principalement influencé par la teneur en MIDND, et
est maximisé à 35 % de MIDND.
Au cours des tests de lixiviation, deux formulations avec MIDND présentent un relargage
supérieur aux seuils du SQD pour un élément. Notons toutefois que le mortier aéré a lui aussi
un relargage en baryum supérieur au seuil de l’arrêté. La lixiviation semble principalement
influencée par la quantité de MIDND, bien que l’origine et le prétraitement des MIDND jouent
également un rôle.
Les résultats présentés dans chapitre permettent de choisir de manière éclairée les
formulations de bétons à mettre en œuvre. Ainsi, les bétons produits à la suite de cette étude
sont réalisés en incorporant un taux de MIDND de 35 %. La sous-fraction granulométrique M,
qui démontre des performances thermiques très intéressantes, sera incorporée dans les
bétons. Les mâchefers seront également utilisés broyés et non-broyés (dans le but de limiter
les étapes avant incorporation des MIDND).
Introduction
L’objectif final de ce travail de thèse est la fabrication de bétons légers, produits à l’aide de la
fraction fine des MIDND. Cependant, la production et l’étude de bétons demande des
quantités de matières et des durées d’expérimentations conséquentes. Afin de faciliter
l’optimisation des bétons, une démarche en trois étapes a été mise en place. Le Chapitre 4
présente les deux premières étapes cette démarche, à savoir :
Au cours de l’étude préliminaire sur pâte de ciment, l’impact de quatre paramètres a été
évalué :
En sus, l’influence de l’origine des MIDND sur les propriétés des mortiers a également été
étudiée. Des analyses microstructurales ont par ailleurs été mises en place dans le but de
comprendre les variations dans les propriétés d’usages des mortiers, en fonction des
paramètres de formulation utilisés.
Les résultats obtenus au cours de ces études préliminaires ont ainsi permis de choisir les
formulations de bétons à mettre en œuvre. Ainsi, toutes les formulations de béton présentées
dans ce chapitre, hormis les formulations de références, contiennent une quantité de
mâchefers de 35%. Ce taux a permis d’obtenir des mortiers d’une conductivité thermique et
d’une porosité intéressante tout en limitant les effets néfastes sur les résistances mécaniques
et les interactions entre le ciment et le MIDND (voir Tableau 4-14). Les formulations choisies
diffèrent par le type de mâchefers introduits. Une formulation contient la fraction M des
mâchefers tchèques tamisés (0,1 – 0,250 mm) car l’étude sur mortier a démontré que son
utilisation permet d’obtenir une masse volumique et conductivité thermique faibles (grâce à
une porosité comparable à la référence aérée), tout en favorisant le développement des C-S-H
(Silicates de Calcium Hydratés) responsables des résistances mécaniques. Pour les mêmes
raisons, la fraction fine des MIDND tchèques est également utilisée broyée (< 0,5 mm). Une
formulation est réalisée à partir de MIDND tchèques traités (tamisés entre 0,5 et 1 mm puis
passés à la table vibrante en voie humide à l’ICPF). Son étude permettra de vérifier que les
traitements physiques réalisés sur les MIDND par les partenaires du projet génèrent une
fraction valorisable en construction. De plus, une formulation contenant la fraction fine des
MIDND tchèques bruts (0 – 2 mm) est mise en œuvre, afin de vérifier que l’utilisation de pré-
traitements tels que le broyage et le tamisage permettent l’obtention de propriétés plus
intéressantes, comme c’était le cas sur mortiers. Enfin, dans le but d’évaluer la robustesse de
la formulation face à des provenances de mâchefers diverses, une formulation contenant des
mâchefers belges a été réalisée. Afin de comparer les résultats des bétons de MIDND avec
ceux de matériaux connus, deux formulations de référence (sans mâchefers) ont été réalisées.
Le Tableau 5-1 présente l’ensemble des formulations étudiées dans ce chapitre. Leur mode
d’élaboration et leur composition sont développés dans le Chapitre 2 (Tableau 2-9).
Tableau 5-2 : Propriétés d'usage des bétons de référence traditionnel et aéré : masse volumique,
conductivité thermique et résistance à la compression à 90 jours
Conductivité Résistance à la
Masse volumique
thermique compression
(kg.m-3)
(W.m-1.K-1) (MPa)
Béton traditionnel 2424 ± 13 3,4 ± 0,1 39,6 ± 1,4
Béton aéré 2125 ± 85 1,8 ± 0,1 12,3 ± 3,1
Le béton traditionnel a une masse volumique de 2424 ± 13 kg.m-3, qui se démarque largement
de celle du béton aéré. Celle-ci est caractéristique d’un béton normal puisqu’elle est comprise
entre 2 200 et 2 500 kg.m-3 (Les bétons spéciaux, 2005). La conductivité thermique élevée de
cette formulation n’est pas surprenante. Elle est à mettre en lien avec la masse volumique du
béton traditionnel et à son faible volume de pores ce qui facilite la conduction de la chaleur
dans le matériau (Cermak & Rybach, 1982 ; Ganjian, 1990 ; Asadi et al., 2018).
Une grande variation de masse volumique est observée entre les éprouvettes de bétons aérés
élaborées au cours de cette étude. En outre, la masse volumique du béton aéré est de
2125 ± 85 kg.m-3, ce qui supérieur aux recommandations RILEM (1800 kg.m-3) et aux seuils
définis par l’EN 206 (2000 kg.m-3). Plusieurs hypothèses pourraient justifier cet écart entre les
résultats obtenus et les résultats espérés.
De plus, pour la production de bétons aérés ou légers non autoclavés, les granulats
conventionnels sont généralement substitués par des granulats légers. La perlite expansée, la
pierre ponce ou l’argile expansée sont des granulats légers reconnus et ont une masse
volumique comprise entre 0,05 et 1 g.cm-3 (Chandra et Berntsson 2003 ; Sengul et al., 2011 ;
Lynn et al 2016 ; Fabien et al., 2019). Cependant, leur utilisation limite grandement les
résistances mécaniques. Dans cette étude, les granulats utilisés sont des granulats
traditionnels (masse volumique absolue proche de 2,6 g.cm-3). Deux raisons ont encouragé la
décision d’utiliser des granulats conventionnels. Premièrement, la réduction des résistances
mécaniques en présence de MIDND observée à l’échelle des mortiers rend nécessaire
l’utilisation d’autres matières premières les maximisant. Deuxièmement, ce genre de
formulation demande une répartition homogène des granulats. Or, les conditions de mises en
œuvre des bétons ne permettaient de vérifier cette homogénéité de manière certaine.
La masse volumique du béton aéré, inférieure à celle du béton traditionnel, indique qu’une
aération a bien eu lieu, même en l’absence d’autoclavage. La résistance à la compression du
béton aéré, inférieure à celle du béton traditionnel, peut être mise sur le compte de cette
porosité. Celle-ci sera discutée section II.2. Malgré une certaine porosité, la masse volumique
élevée du béton aéré induit une conductivité thermique supérieure aux valeurs attendues
pour un béton léger ( ≤ 0,68 W.m-1.K-1 pour un béton de 1550 kg.m-3) (Chandra et Berntsson,
2003).
La Figure 5-1 regroupe les résultats de masse volumique des bétons de référence et de ceux
contenant des MIDND. Comme c’est le cas du béton aéré de référence, aucun des bétons de
MIDND ne présente une masse volumique suffisamment basse pour être catégorisé comme
béton léger au sens de la norme EN 206, ou des recommandations RILEM (1972). Les raisons
explicitées dans le paragraphe précédent, à savoir l’utilisation de granulat conventionnel et la
cure sans étape d’autoclavage, peuvent également expliquer les performances de ces
échantillons.
Figure 5-1 : Masse volumique après 90 jours de cure des bétons de référence et bétons
contenant des mâchefers
Les formulations contenant des mâchefers ont toutes une masse volumique comprise entre
2202 ± 37 et 2255 ± 30 kg.m-3. Ces formulations ne sont pas significativement différentes les
unes des autres. Il vient alors qu’à formulation constante, la modification du type de
mâchefers influence peu la masse volumique du béton produit. Les formulations Cz35NB et
Cz35B diffèrent significativement de la référence aérée. A l’inverse, les données recueillies ne
permettent pas d’affirmer que les formulations Be35NB, Cz35M et Cz35Treated ont une
masse volumique différente de celle du béton aéré.
Malgré des masses volumiques expérimentales supérieures aux espérances, ces résultats sont
encourageants car ils suggèrent une certaine robustesse de la formulation. Ils montrent
également que le pré-traitement des MIDND ne favorise pas l’obtention de matériaux plus
légers, car la masse volumique des bétons de MIDND, est relativement stable. Cela pourrait
alors suggérer que les conditions de cures, et les proportions mises en œuvre seraient les
principaux déterminants de la masse volumique du matériau. En outre, les données recueillies
montrent que les formulations Be35NB, Cz35M et Cz35Treated ont une masse volumique
comparable à celle du béton aéré de référence. Cela indique que les mâchefers introduits dans
les formulations jouent effectivement le rôle d’agent porogène, et que la capacité porogène
des MIDND introduits à hauteur de 35 % est similaire à 0,5 % d’aluminium.
cours de l’étude des mortiers. La présence d’eau résiduelle dans les échantillons peut
toutefois induire des valeurs de conductivités thermiques supérieures à celles de la littérature.
Les bétons légers étant notamment utilisés pour leurs propriétés isolantes, une conductivité
thermique minimale est désirée.
Sans surprise et en lien avec leurs plus faibles masses volumiques, les conductivités
thermiques des bétons contenant des MIDND sont inférieures à celle du béton traditionnel.
Contrairement à la masse volumique, pour laquelle tous les bétons de MIDND démontraient
un comportement comparable, quelques différences de conductivités thermiques sont à
noter. Les formulations Be35NB et Cz35M sont comparables entre elles, et à la référence
aérée. Les bétons Cz35NB, Cz35B et Cz35Treated sont également comparables entre eux mais
sont significativement plus conducteurs que les deux autres formulations avec MIDND et que
le béton aéré.
Figure 5-2 : Conductivité thermique des bétons de références et des bétons contenant des
mâchefers après 90 jours de cure
Les formulations contenant des mâchefers ont des conductivités thermiques comprises entre
1,7 et 2,3 W.m-1.K-1. Ces résultats sont pour la plupart plus élevés que ceux obtenus sur les
mortiers réalisés avec des proportions et de types de mâchefers similaires. Le Tableau 5-3
regroupe les conductivités thermiques des bétons et des mortiers de formulations
comparables.
Tableau 5-3 : Comparaison des conductivités thermiques des mortiers et des bétons de formulations
comparables
Toutes les formulations avec ou sans mâchefers présentent des écarts importants entre la
conductivité mesurée sur bétons et sur mortiers. Seul le béton réalisé avec des MIDND belges
présente une conductivité inférieure au mortier équivalent. L’étude de la porosité permettra
de justifier cet écart.
La masse volumique est connue pour être un paramètre majeur de la conductivité thermique.
La Figure 5-3 représente ces deux grandeurs afin d’étudier si un tel lien est identifiable pour
les bétons de MIDND de cette étude.
La Figure 5-3 permet de différencier deux groupes de bétons de MIDND. Ainsi, les formulations
Be35NB et Cz35M ont des conductivités comparables entre elles et à celle du béton aéré. Elles
ont en outre, une conductivité thermique deux fois plus faible que celle du béton traditionnel,
ce qui pourrait provenir d’un réseau de porosité développé et complexe. L’étude des
porosités, présentée section II.2, confirme effectivement la présence substantielle de pores
dans les bétons de MIDND. A l’échelle des mortiers, la formulation contenant des mâchefers
tamisés M était déjà la formulation ayant la conductivité thermique la plus faible (mais celle-
ci avait été réalisée avec 50 % de MIDND). Cela avait été mis sur le compte de sa faible masse
volumique, et d’un réseau de porosités développé. Le deuxième groupe est constitué des
bétons Cz35NB et Cz35Treated, ils ont des conductivités comparables entre elles et une masse
volumique relativement proche.
Quoi qu’il en soit, les conductivités thermiques des bétons produits sont trop élevées pour
permettre leur utilisation en tant que matériaux isolants. L’utilisation de granulats légers
serait une piste intéressante pour tenter de réduire la conductivité thermique des bétons de
MIDND. En outre, la porosité est, au même titre que la densité, un facteur déterminant pour
la conductivité thermique. Son étude dans la section II.2 permettra de confirmer la présence
de pores et de vérifier si un lien avec la conductivité thermique peut être établi.
Les bétons avec MIDND sont globalement moins résistants que le béton traditionnel, mais
plus résistants que le béton aéré, ce qui est conforme aux résultats obtenus à l’échelle des
mortiers.
Figure 5-4 : Développement des résistances à la compression des bétons de référence et des
bétons contenant des mâchefers à 7, 28 et 90 jours de cure
Ces écarts sont significatifs pour tous les échantillons, excepté Be35NB, pour lequel les écarts-
types sont importants. Malgré un léger recouvrement de leurs écarts-types à 7 jours de cure,
la résistance de Be35NB (16 ,9 ± 6,1 MPa) semble inférieure à celle du béton aéré
(25,8 ± 4,2 MPa). Après 28 et 90 jours de cure, les résistances de ces deux échantillons sont
comparables (respectivement pour Be35NB et béton aéré : 13,8 ± 1,0 MPa et 11,9 ± 2,4 MPa
à 28 jours, et 16,3 ± 5,2 MPa et 12,3 ± 3,1 MPa à 90 jours de cure). La formulation contenant
des MIDND belges est en outre la seule formulation pour laquelle un développement des
résistances au cours de la cure n’est pas observé de façon claire. A l’échelle des mortiers, seul
un très faible accroissement des résistances au cours de la cure avait été observé pour
l’échantillon contenant des MIDND belges. Cela pourrait provenir de l’absence de particules
très fines (< 0,063 mm) dans les mâchefers belges, ce qui limiterait leur activité
pouzzolanique.
A l’inverse, toutes les formulations contenant des mâchefers tchèques voient leur résistance
à la compression croître au cours de la cure. Elles présentent toutes, des résistances proches
7 jours après formulation. Le développement de leurs résistances est toutefois plus ou moins
important en fonction du type de pré-traitement subi par les MIDND, ce qui creuse les écarts
entre les formulations au cours de la cure.
Par exemple, le béton Cz35Treated présente les résistances en compression moyennes les
plus élevées tout au long de la cure et est significativement plus résistant que les autres
formulations au 28ème jour de cure. Après 90 jours, cependant, sa résistance est comparable
à celle de l’échantillon réalisé à partir de mâchefers tchèques bruts Cz35NB (25,6 ± 1,3 MPa
pour Cz35Treated contre 24,2 ± 2,8 MPa pour Cz35NB) et à celui contenant des mâchefers
tamisés Cz35M (23,1 ± 1,1 MPa). Les autres formulations : Cz35B et Be35NB sont moins
résistantes. Les meilleures résistances mécaniques des bétons Cz35Treated, Cz35M et Cz5NB
ne peuvent pas être expliquées par les masses volumiques de ces échantillons, puisqu’elles ne
sont pas significativement plus élevées que celles des formulations moins résistantes : Cz35B
et Be35NB. Ces différences pourraient alors provenir d’un réseau de porosité différent
Par ailleurs, Cz35M démontre des résistances à la compression parmi les plus élevées alors
qu’il est le béton avec la masse volumique la plus faible en moyenne. Les propriétés
mécaniques de cet échantillon pourraient être expliquées par la réactivité hydraulique de la
fraction M des MIDND tchèques. Cette réactivité a été pressentie, grâce à la composition
chimique de ces mâchefers, au cours du Chapitre 3 (section II) et a été observée à l’échelle
des mortiers à travers des analyses DRX (voir Chapitre 4 II.3.2.4). En effet, cette étude
minéralogique a montré que les mortiers contenant des mâchefers tamisés ont un ratio
portlandite (Ca(OH)2) / C-S-H plus faible que celui des autres mortiers de MIDND, ce qui
indique une conversion de la portlandite en C-S-H (Pal et al., 2003).
Il est à noter que les écarts-types sur les résistances en compression des bétons contenant des
mâchefers pré-traités, (i.e. Cz35M avec des MIDND tamisés, Cz35B contenant des MIDND
broyés ou Cz35Treated avec des MIDND tamisés puis passés à la table vibrante), sont plus
faibles que celles des bétons contenant des MIDND bruts. Les pré-traitements favorisant
l’homogénéité des mâchefers traités, ils pourraient également permettre une « stabilisation »
des propriétés du matériau final.
Par ailleurs, contrairement à Alderete et al. (2021) qui notent un accroissement des
résistances mécaniques des bétons lors de l’incorporation de MIDND broyés, l’utilisation de
mâchefers broyés semble ici être délétère pour les propriétés mécaniques. En effet, la
résistance en compression du béton contenant des MIDND broyés, Cz35B, est
significativement inférieure à de Cz35NB à partir du 28ème jour de cure.
Les conclusions de Song et al. (2015), qui stipulent que la présence de mâchefers dans les
bétons augmenterait leur résistance mécanique à densité équivalente, sont ici aussi vérifiées.
En effet, malgré une masse volumique comparable à celle du béton aéré, les formulations
Cz35M et Cz35Treated présentent une résistance mécanique bien supérieure à celle de la
référence.
Pour être utilisés comme matériaux de structure, un béton léger doit démontrer une
résistance à la compression supérieure à 15 MPa (RILEM 1972). Après 28 jours, seules les
formulations Cz35NB, Cz35M Cz35TReated remplissent ce critère. Au 90 ème jour de cure tous
les bétons produits avec des MIDND tchèques ont une résistance à la compression supérieure
au seuil. Le béton contenant des mâchefers belges a une résistance moyenne supérieure à
15 MPa (17,9 ± 3,9 MPa), toutefois, les incertitudes importantes sur cette mesure ne
permettent pas de le garantir de manière certaine.
Trois des cinq formulations de bétons de MIDND présentent une masse volumique
comparable à celle du béton aéré de référence. En parallèle, toutes les formulations
contenant des MIDND ont des masses volumiques proches. Cela souligne l’impact limité des
pré-traitements des mâchefers incorporés, ce qui présage d’une certaine robustesse de la
formulation. La conductivité thermique des échantillons est supérieure aux valeurs attendues
pour des bétons légers, mais ne peut pas totalement être expliquée par la masse volumique
des formulations, bien qu’un lien semble exister entre ces deux grandeurs. En outre, il est
important de souligner que les bétons de MIDND Be35NB et Cz35M présentent une
conductivité thermique comparable au béton aéré de référence, et deux fois plus faible que
celle du béton traditionnel, indiquant que l’incorporation de MIDND génère effectivement
de la porosité. Cette dernière est étudiée dans la section suivante traitant des propriétés
microstructurales des bétons. La résistance mécanique des formulations contenant des
MIDND est supérieure à celle du béton aéré et se développe au cours de la cure, excepté pour
l’échantillon Be35NB. Par ailleurs, les bétons de MIDND tchèques ont tous une résistance
mécanique supérieure à 15 MPa au 90ème jour de cure, ce qui pourrait permettre leur
utilisation en tant que matériaux de structure selon le RILEM (1972).
Bien que la masse volumique des bétons de cette étude ne permette pas de les classifier
comme bétons légers, l’étude des propriétés d’usage indique qu’à conditions de cures
équivalentes, il est possible de produire des bétons de MIDND aux propriétés proches du
béton de référence aéré. L’étude microstructurale qui suit permettra de vérifier que la
similitude des propriétés d’usage est accompagnée d’une porosité et d’une minéralogie
comparables entre ces formulations.
II.1. Morphologie
La Figure 5-5 regroupe des observations réalisées à faible grossissement au microscope
électronique à balayage des bétons de références : béton traditionnel et béton aéré (Figure
5-5(a) et Figure 5-5(b)). Les bétons avec mâchefers sont présentés Figure 5-5(c) à Figure 5-5(g).
Ces photos ont été prises à un grossissement de 100. Seule l’observation de l’échantillon
Be35NB (Figure 5-5(c)) est présentée à un grossissement de 125.
Sur le cliché du béton traditionnel, une seule porosité d’environ 200 µm de diamètre est
visible. Celle-ci est sphérique et très régulière, et pourrait correspondre, comme cela avait
déjà été observé à l’échelle des mortiers, à une porosité induite par l’évaporation de l’eau ou
une bulle d’air introduite au cours du malaxage (Hoff, 1972 ; Schober, 2011).
A l’inverse, de très nombreuses porosités sont visibles sur la surface de l’échantillon de béton
aéré (Figure 5-5(b)). Celles-ci sont plus grandes et plus irrégulières que celles observées à la
surface du béton traditionnel. Elles mesurent plus de 500 µm et sont formées par coalescence
des bulles de gaz produites par l’oxydation de l’aluminium (Schober, 2011 ; Narayanan &
Ramamurthy, 2000a ; Qu & Zhao, 2017). Ces observations corroborent celles réalisées à
l’échelle des mortiers.
Bien que le grossissement ne permette pas de conclure de manière certaine, les pores de
l’échantillon Be35NB paraissent de plus grande taille que ceux de Cz35NB, et des bétons
contenant des MIDND tchèques en général. Deux pores de plus de 500 µm sont visibles sur la
Figure 5-5(c) alors qu’aucun pore de cette taille n’est observé sur les autres clichés. A la surface
de l’échantillon Cz35NB (Figure 5-5(d)), un pore d’environ 400 µm de diamètre est présent. En
outre, il est possible d’observer de nombreuses petites porosités de quelques dizaines de
micromètres à 200 µm de diamètre. Ces porosités sont très circulaires. Leur abondance
indique qu’elles ne sont pas causées par l’évaporation de l’eau ou le piégeage de gaz au cours
du malaxage, malgré une ressemblance avec le pore observé dans le béton traditionnel. Elles
sont certainement produites par le piégeage du gaz généré au cours de l’oxydation de
l’aluminium.
La surface des échantillons Cz35B et Cz35M (voir Figure 5-5(e) et Figure 5-5(f)) est couverte
d’un grand nombre de porosités, elles aussi causées par le piégeage du gaz issu de l’oxydation
de l’aluminium métallique des MIDND. Les pores de Cz35M sont légèrement plus grands mais
moins abondants que dans l’échantillon contenant des MIDND broyés.
Figure 5-5 : Observation à faible grossissement au MEB des porosités des bétons (a) béton
traditionnel ; (b) béton aéré ; (c) Be35NB ; (d) Cz35NB ; (e) Cz35B ; (f) Cz35M et (g) Cz35Treated
Des pores sont également visibles à la surface de l’échantillon Cz35Treated, ceux-ci sont
néanmoins moins nombreux que sur les autres échantillons. Les porosités observées sur cet
échantillon mesurent environ 100 µm. Cette moindre présence ne peut pas être mise sur le
compte de la quantité d’aluminium métallique contenue dans les mâchefers traités, puisque
celle-ci n’est pas significativement différente de celle des mâchefers bruts (cf Figure 3-6). Elle
est, en outre, supérieure à celle des mâchefers tamisés.
L’étude visuelle de la surface des bétons montre la présence de pores de trois morphologies
différentes, déjà observées au cours de l’étude sur mortiers (voir Chapitre 4 section II.3.1).
Des pores sphériques d’environ 200 µm de diamètre, dus à la présence d’air occlus lors du
malaxage ou de l’évaporation de l’eau, sont principalement visibles dans le béton traditionnel.
Les porosités du béton aéré ont des formes irrégulières et mesurent plus de 500 µm. Elles sont
causées par les bulles de gaz produites lors de l’oxydation de la poudre d’aluminium
métallique, dont la vitesse de réaction rapide favorise la coalescence. Les bétons de MIDND
contiennent un grand nombre de porosités, elles aussi dues au gaz formé lors de l’oxydation
de fragment d’aluminium métallique contenu dans les mâchefers. Leur plus petite taille
démontre une faible propension à la coalescence, et est expliquée par la réaction plus lente
de l’aluminium des MIDND (elle-même due à l’inclusion des particules d’aluminium au sein de
matrices peu réactives). Ces observations confirment que l’utilisation de la fraction fine des
MIDND permet de créer des porosités au sein de la matrice cimentaire. Les pores formés sont
plus petits mais plus nombreux que ceux observés dans le béton aéré de référence.
II.2. Porosité
La porosité des bétons est évaluée à l’aide d’observation au tomographe à rayon X et mesurée
au porosimètre à mercure (MIP). Les résultats obtenus au tomographe seront utilisés afin
d’étudier la forme, la taille et la position des pores de plus de 50 µm de diamètre. Les résultats
obtenus par intrusion au porosimètre à mercure (MIP) permettront d’observer la distribution
de la taille des pores, et d’estimer le volume de porosité mesurant entre 0,003 de 300 µm.
Sur la Figure 5-6 (a), une fissure de grande taille parcourt le béton traditionnel. Celle-ci est
causée par sa mise en place sur le porte échantillon. En effet, afin de limiter au maximum les
risques de contaminations du tomographe, les échantillons sont fixés fermement au porte-
échantillon, ce qui peut alors provoquer la fissuration des zones les plus fragiles. Hormis cette
fissure, quelques porosités circulaires et régulières sont visibles. Celles-ci sont légèrement plus
grandes que celles observées sur la coupe du mortier normalisé et proviennent probablement
de l’air occlus lors du malaxage. En outre, plusieurs très petites porosités générées lors de la
mise en forme sont regroupées (voir zone délimitée en bleu sur la Figure 5-6 (a)). L’échelle
d’observation ne permet cependant pas de les observer distinctement.
Les graviers sont particulièrement visibles sur la coupe du béton aéré (Figure 5-6 (b)), car ils
sont entourés d’une matrice cimentaire très poreuse qui permet d’avoir un fort contraste. La
présence de graviers semble favoriser le développement régulier des porosités et limiter leur
taille. Les porosités observées sur cette figure paraissent en effet plus petites et plus régulières
que celles contenues dans le mortier aéré (voir Chapitre 4 section II.3.3). Dans les zones où les
graviers sont davantage espacés, quelques gros pores plus irréguliers sont présents (voir zone
délimitée en vert Figure 5-6(b)). Ils sont formés par coalescence et sont induits par l’utilisation
d’agent porogène (Hoff 1972 ; Schober, 2011 ; Qu & Zhao, 2017). Ces pores correspondent à
ceux observés au MEB dans la section précédente (section II.1).
Figure 5-6 : Observation de coupe de béton réalisées au tomographe à rayons X (a) béton
traditionnel ; (b) béton aéré;(c) Be35NB ; (d) Cz35NB ; (e) Cz35B ; (f) Cz35M et (g) Cz35Treated
Les coupes de béton de MIDND sont regroupées Figure 5-6 (c) à Figure 5-6 (g). Dans ces
échantillons, comme c’était le cas à l’échelle des mortiers, deux types de porosités sont
observables :
- Des porosités circulaires de petites tailles (comparables aux porosités entourées sur
la Figure 5-6 (a)) provenant de l’évaporation d’une partie de l’eau de gâchage ou de
l’occlusion d’air au cours du malaxage.
- Des porosités irrégulières de l’ordre de plusieurs centaines de µm de longueur, dues
au piégeage du gaz généré par l’oxydation de l’aluminium métallique des MIDND.
Ces deux types de porosités sont très clairement visibles sur la coupe de l’échantillon Be35NB
(en bleu pour les porosités circulaires et en vert pour les porosités irrégulières Figure 5-6 (c)).
Par ailleurs, des porosités irrégulières et longilignes sont visibles sur la coupe des échantillons
Be35NB et Cz35Treated (zones délimitées en orange). La forme de ces pores pourrait être due
à la coalescence des bulles de gaz générées par une particules de MIDND particulièrement
riche en aluminium. Cette hypothèse est soutenue par l’observation de la Figure 5-6( d) (zones
délimitées en orange), sur laquelle une étude rapprochée montre une multitude de pores de
petites tailles alignés. L’alignement suggère que, comme dans Be35NB et Cz35Treated, une
grosse particule de MIDND, riche en aluminium a réagi. La présence de multiples porosités
traduit l’absence de coalescence. La coalescence limitée au sein de Cz35NB par rapport à
Be35NB, peut être expliquée par le temps d’oxydation des MIDND tchèques qui est supérieur
à celui des MIDND belges (voir Chapitre 3, II.3.1).
Sur les coupes des bétons Cz35B (Figure 5-6 (e)) et Cz35M (Figure 5-6 (f)) les pores observés
sont principalement de petites tailles. Aucun pore ne présente de forme longiligne. Cela
signifie que la coalescence au sein de ces matériaux est limitée et peut être expliquée par
l’oxydation rapide de l’aluminium des MIDND tamisés et broyés (voir Chapitre 3, II.3.2). Par
ailleurs, la réduction de la taille des particules de MIDND empêche la présence de grosses
particules réactives, mais facilite leur bonne répartition dans la pâte ce qui conduit à une
meilleure homogénéité de la porosité des matériaux produits.
Tableau 5-4 : Estimation du volume de pores mesurant entre 0,003 et 300 µm des bétons de
références et des bétons contenant des mâchefers
Par ailleurs, la distribution de la taille des pores (entre 0,003 et 300 µm) est également
déterminée et est présentée Figure 5-7.
Figure 5-7 : Distribution de la taille des pores des bétons de référence et bétons contenant des MIDND
entre 0,003 et 300 µm après 90 jours de cure
La distribution porale des bétons est comparable à celle des mortiers équivalents (voir
Chapitre 4 II.3.3). En effet, le béton aéré est composé à 30% de porosités de grandes tailles
(supérieures à 100 µm), dues à l’occlusion d’air dans la matrice cimentaire (Schober, 2011 ;
Narayanan & Ramamurthy, 2000a). Ces gros pores représentent moins de 10 % du volume de
porosités des bétons avec mâchefers et du béton traditionnel. Ce dernier contient près de
70 % de pores de moins de 0,1 µm, qui correspondent à la porosité interne des C-S-H (Schober,
2011 ; Liu et al., 2020). Les bétons contenant des MIDND présentent tous une distribution de
taille de pores comparable avec 30 à 40 % de leur volume de pores constitués de cavités de
0,1 à 3 µm. La porosité inter-hydrates ou la présence d’ettringite peut être à l’origine de ces
pores (Schober, 2011 ; Lo et Cui 2004).
Finalement, le type de mâchefers utilisé n’impacte que très peu le développement des petites
porosités. Le volume de pores mesuré est comparable entre tous les échantillons contenant
des MIDND, et comparable à celui du béton aéré. De plus, la distribution de la taille des pores
est similaire entre tous ces échantillons de bétons de MIDND.
A l’échelle macroscopique, quelques différences quant à la forme et taille des pores peuvent
être observées entre les différents bétons de mâchefers. Ainsi, les mâchefers belges génèrent
de grosses porosités connectées tandis que l’utilisation de mâchefers tchèques entraîne la
production de pores plus petits, et regroupés dans certaines zones.
II.3. Minéralogie
II.3.1. Bétons de référence
La Figure 5-8 regroupe des observations MEB réalisées sur les bétons de référence
(traditionnel à gauche soit Figure 5-8 (a), Figure 5-8 (c) et Figure 5-8 (e) , et aéré à droite, soit
Figure 5-8(b), Figure 5-8 (d), Figure 5-8 (f)). Les phases identifiées sont mises en évidence sur
les images, et la section II.4.2.2 du Chapitre 1 regroupe des exemples de morphologie des
hydrates des matériaux cimentaires.
Sur tous ces clichés, des hydrates caractéristiques sont distinctement observables. Des C-S-H
(Silicates de calcium hydratés) sont par exemple visibles dans les deux bétons de référence
sous des formes variables. Les observations du béton traditionnel montrent principalement
des C-S-H en forme de flocons (Figure 5-8 (e) et(c)), tandis que des C-S-H sous forme
réticulaires et aciculaires sont présents dans le béton aéré et visibles Figure 5-8 (b) (d) et (f)
(Franus et al., 2015).
Figure 5-8 : Observations MEB à moyen et fort grossissement des phases hydratés des
bétons de référence. (a) Béton traditionnel x 2 500 ; (b) Béton aéré x 2 500 ; (c) Béton
traditionnel x 5 000 ; (d) Béton aéré x 5 000 ; (e) Béton traditionnel x 7 000 et (f) Béton aéré
x 7 000
Comme cela était le cas pour les bétons de référence, les C-S-H couvrent une grande partie de
la surface des bétons contenant des MIDND. Ils sont visibles sur le béton Be35NB (Figure
5-9 (a)), entre deux pores de l’échantillon Cz35NB (Figure 5-9 (c)) ou encore sous forme de
flocons dans Cz35B et Cz35M (Figure 5-9 (d) et Figure 5-9 (f) respectivement). La présence de
C-S-H sous forme de flocons induit une importante porosité entre les grains. Ces porosités de
l’ordre de quelques micromètres, sont appelées, porosités inter-C-S-H, et correspondent à la
porosité intermédiaire observée au MIP dans les bétons contenant des MIDND
(Schober, 2011). Des C-S-H aciculaires, identiques à ceux décrits par Cizer et al. (2023), sont
présents dans tous les échantillons contenant des MIDND.
Des aiguilles relativement fines et longues d’une dizaine de micromètres sont visibles sur la
Figure 5-9 (c) et la surface de la Figure 5-9 (h), elles correspondent à la présence d’ettringite
(Ca6Al2(SO4)3(OH)12·26H2O). En outre, des aiguilles massives sont présentes à la surface de
l’échantillon Cz35Treated (Figure 5-9 (h)), mais ne sont observées dans aucun autre
échantillon. D’après Speiser et al. (2000), ces aiguilles correspondent à une forme d’hydrates
de calcium pouvant être formée au cours du stockage des MIDND (soit avant leur
incorporation dans les bétons). Les plaquettes couvrant la surface d’une particule de
l’échantillon Be35NB (Figure 5-9 (b)) ont une morphologie comparable à la calcite observée
par Speiser et al. (2000).
De plus, les échantillons Cz35B et Cz35Treated présentent des zones très poreuses, visibles
Figure 5-9 (e) et Figure 5-9 (g). Ces porosités sont plus grossières et couvrent une plus large
zone de l’échantillon produit avec des mâchefers traités, mais ont un aspect similaire dans les
deux échantillons. Elles pourraient être le résidu d’une phase scoriacée des MIDND, et
ressemblent particulièrement aux observations réalisées par Hashemi et al. 2018 lors de la
production d’un mortier dans lequel 100 % du sable était remplacé par des MIDND.
Figure 5-9 : Observations MEB à fort grossissement (a) et (b) Be35NB ; (c) Cz35NB ; (d) et
(e) Cz35B ; (f) Cz35M ; (g) Cz35Treated structure poreuse et (h) Cz35Treated hydrates.
L’étude à fort grossissement au MEB a confirmé la présence d’hydrates dans les bétons de
MIDND. Les hydrates observés dans les bétons de MIDND diffèrent par le type et la forme de
ceux des bétons de référence, ce qui confirme les résultats sur mortiers (voir Chapitre 4
II.3.2.7). Les principaux hydrates trouvés en présence de MIDND sont des C-S-H sous forme
aciculaire ou de flocons. La présence de C-S-H sous forme de flocons induit une forte porosité
inter-cristaux. Par ailleurs, des phases scoriacées, phases résiduelles des MIDND, se
distinguent du reste de la matrice cimentaire.
La norme stipule, en outre, que ces mécanismes (en particulier la dissolution), sont
grandement dépendants du pH. Ils ne peuvent être déterminés qu’à condition que la valeur
de pH soit stable tout au long de l’essai. Cette condition est remplie si l’écart-type de la valeur
de pH des éluats prélevés tout au long de l’essai est inférieure à 0,25.
Les valeurs de pH des éluats des bétons tout au long de l’essai de lixiviation sont présentées
Figure 5-10. Les essais étant réalisés en triplicata, chaque point présenté dans la suite de ce
chapitre correspond à la moyenne de ces triplicatas.
Dans cette étude, tous les échantillons analysés remplissent la condition de stabilité du pH,
bien que celui-ci augmente au cours du temps. Le pH des éluats des bétons de références
(aéré et traditionnel) est systématiquement supérieur à celui des éluats des bétons de MIDND
tchèques. Le pH des éluats de béton réalisé avec des MIDND belges est intermédiaire à celui
des bétons de référence et des bétons de MIDND tchèques, excepté après 2 jours de lixiviation
où il est le plus élevé.
Cette partie traite de la lixiviation des éléments majeurs, mineurs et traces et des anions dans
les bétons contenant des MIDND. Ces résultats sont comparés à ceux des bétons traditionnel
et aéré de référence, ainsi qu’aux seuils pour les matériaux moulés (Moulded building
materials) définis par l’arrêté néerlandais Soil Quality Decree. Cet arrêté ne définit pas de
limite pour la lixiviation des éléments majeurs, car leur relargage n’est pas dommageable pour
l’environnement. Toutefois, le comportement des éléments mineurs est lié à celui des phases
majeures des bétons, ce qui justifie l’attention apportée aux mécanismes de lixiviation des
éléments majoritaires. La lixiviation des anions, tels que les chlorures ou les sulfates, est une
information intéressante dans le cadre de l’étude des bétons car ces ions sont connus pour
affecter la durabilité des matériaux cimentaires.
Le Soil Quality Decree définit également des seuils pour le cadmium, le mercure, le vanadium
et le brome. Les concentrations en Cd et Hg dans les éluats à chaque renouvellement étant
inférieures aux limites de détection pour tous les échantillons, les résultats pour ces éléments
ne sont pas présentés dans la suite de ce chapitre. Il faut toutefois souligner que les limites de
détection de ces éléments sont largement inférieures aux seuils du SQD, ce qui permet de
certifier que leur relargage est inférieur aux limites réglementaires. Par exemple, en
considérant que la lixiviation du Cd est égale à la limite de détection tout au long de l’essai il
vient que la concentration cumulée en Cd = 0,0336 mg.m-2 alors que le seuil SQD = 3,8 mg.m-2.
Les mêmes calculs pour Hg indiquent une concentration cumulée maximale de 0,297 mg.m-2
pour une limite légale de 1,8 mg.m-2. Les teneurs en vanadium et brome des éluats n’ont pas
été mesurées en raison du manque d’équipement nécessaire à leur analyse au laboratoire.
Il est également important de noter que la porosité des bétons de MIDND et du béton aéré
de référence sont comparables, induisant des surfaces d’échange relativement proches
également. Seul le béton traditionnel se démarque avec une porosité plus faible. De fait, la
porosité, et donc la surface d’échange ne pourront permettre d’expliquer que les différences
observées entre le béton traditionnel et les autres formulations.
Les concentrations en éléments majeurs (Al, Ca, K, Mg, Na, Si) dans les éluats des bétons de
référence et des bétons avec mâchefers sont présentées Figure 5-11 et Figure 5-12. Ces figures
regroupent les concentrations cumulées au cours de l’essai, et les concentrations à chaque
renouvellement de lixiviant. Les concentrations en éléments traces métalliques et en anions
sont présentées en suivant la même logique, Figure 5-13, Figure 5-14, Figure 5-15 et Figure
5-16, respectivement.
Figure 5-11 : Concentrations en éléments majeurs : Al, Ca et K dans les éluats des bétons de
référence et bétons avec mâchefers.
Concentrations cumulées (à gauche) et à chaque renouvellement de lixiviant (à droite)
Figure 5-12 : Concentrations en éléments majeurs : Mg, Na et Si dans les éluats des bétons de
référence et bétons avec mâchefers. Cumulées (gauche), à chaque renouvellement (droite)
La lixiviation du calcium des formulations de référence est légèrement plus importante que
celles des formulations avec MIDND, car il est principalement amené par le ciment, et il est
donc plus concentré dans les bétons de référence. En outre, le pH des éluats des formulations
de référence (compris entre 12 et 12,4), est supérieur à celui des bétons de MIDND (inférieur
à 12,1 pour les bétons de MIDND tchèques), et traduit que la lixiviation du Ca des bétons de
référence est dirigée par la dissolution de la portlandite (Ca(OH)2). En outre, le béton aéré
lixivie davantage que le béton traditionnel car la porosité présente dans l’échantillon aéré
accroit sa surface d’échange et facilite donc la diffusion. Le mécanisme limitant la lixiviation
est la diffusion au sein de l’échantillon. En effet, celle-ci est plus lente que les réactions de
dissolution de la portlandite et de décomposition des C-S-H qui libèrent le calcium (Mainguy
et al., 2000).
Les formulations de référence lixivient 3 fois plus de potassium que les bétons de MIDND,
sans que cette différence ne puisse être expliquée par une teneur en potassium (total ou
soluble) plus élévée dans les matières premières conventionnelles. Müllauer et al. (2015)
présentent la diffusion comme étant le mécanisme limitant la lixiviation du K, c’est également
le cas ici.
En outre, l’aluminium est davantage lixivié par le béton aéré que par le béton traditionnel, ce
qui peut être mis sur le compte de l’augmentation de la surface d’échange induite par les
porosités du béton aéré. Cela peut également être expliqué par la formation d’hydroxyde
d’aluminium (Al(OH)4-), très soluble à pH basique, au cours de l’oxydation de la poudre
d’aluminium métallique. Sa lixiviation est, dans les deux cas, dirigée par la diffusion.
Le relargage du Zn (supérieur pour les bétons de référence) n’est pas dû à la teneur en Zn des
matières premières conventionnelles (celles-ci sont moins riches en Zn que les MIDND). La
différence de lixiviation entre les références et les bétons avec mâchefers pourrait provenir
de la différence de pH observée entre ces échantillons. En effet, Engelsen et al. (2010), dans
le cadre de son étude sur la lixiviation de bétons produits à partir de granulats recyclés,
observe une augmentation de la lixiviation du Zn avec l’augmentation du pH entre les valeurs
11,6 et 12,8. Ce comportement est lié à la solubilité du zincate de calcium (CaZn2(OH)6-2H2O),
qui est l’espèce dirigeant la dissolution du Zn au pH naturel des échantillons (compris entre
11,6 et 12,8). Le pH des éluats de bétons de référence étant plus élevé que ceux contenant
des MIDND, il pourrait ainsi favoriser le relargage du Zn. Sa lixiviation dans les bétons de
référence est limitée par la diffusion.
Le relargage du baryum (Ba) est limité par la diffusion. La lixiviation par diffusion du baryum
est également observée par Vollpracht and Brameshuber, (2016) au cours d’une étude sur les
pâtes de ciment.
Le chrome (Cr) lixivie davantage dans les bétons de référence. Ici, sa lixiviation est limitée par
la diffusion, comme cela a été observé par Carevic et al. (2020) dans le cadre de leur étude sur
le comportement à la lixiviation de bétons réalisés avec des cendres volantes de biomasse.
La lixiviation de l’étain (Sn) ne peut pas être expliquée par sa teneur dans les matières
premières conventionnelles (< 1,5 µg.g-1) puisque les MIDND sont beaucoup plus riches en
étain (>190 µg.g-1). Sa lixiviation est contrôlée par la dissolution pour les bétons de MIDND
tchèques tandis qu’aucun mécanisme n’a été identifié pour Be35NB et les bétons de
référence.
Figure 5-13 : Concentrations en éléments mineurs : As, Ba, Cr et Cu dans les éluats des bétons de référence et bétons
avec mâchefers. Concentrations cumulées (à gauche) et à chaque renouvellement de lixiviant (à droite)
Figure 5-14 : Concentrations en éléments mineurs Fe, Mo, Ni et Pb dans les éluats des bétons de référence et
bétons avec mâchefers. Concentrations cumulées (à gauche) et à chaque renouvellement de lixiviant (à droite)
Figure 5-15 : Concentrations en éléments mineurs : Sb, Sn et Zn dans les éluats des bétons de référence et
bétons avec mâchefers. Concentrations cumulées (à gauche) et à chaque renouvellement (à droite)
Le magnésium (Mg) est relargué à des teneurs cumulées inférieures à 10 mg.m-2 quel que soit
l’échantillon étudié. Les concentrations dans les éluats à chaque renouvellement sont
également relativement proches, mais le relargage du béton Be35NB est systématiquement
supérieur à celui des autres échantillons. La diminution de son relargage au cours du temps
ne remplit pas les caractéristiques d’un épuisement selon les conditions de la norme
NF EN 16637-2, et le mécanisme dirigeant sa lixiviation n’a pas pu être déterminé en suivant
la méthodologie définie par cette même norme et présentée Annexe 5- 1.
La lixiviation du molybdène (Mo) est limitée par sa diffusion dans les formulations contenant
des MIDND. Pour Van der Sloot (2002), la rétention du Mo a lieu dans les phases de type
ettringitiques et est largement influencée par la présence de sulfates, avec lequel il est en
compétition pour les sites de rétention. Le sulfate n’entrant pas dans l’ettringite
(Ca6Al2(SO4)3(OH)12·26H2O) peut alors former du sulfate de baryum (BaSO4) qui limite la
lixiviation du baryum. Ici, aucun lien entre la lixiviation des sulfates et du molybdène ne peut
clairement être établi. Il est cependant intéressant de noter que la formulation Be35NB est
celle lixiviant le moins le baryum, ce qui appuie la thèse de Van der Sloot (2002).
Le plomb (Pb) est lixivié majoritairement dans le béton Be35NB, ce qui est relativement bien
corrélé avec les contenus totaux des MIDND en plomb, puisque les mâchefers belges
(614 µg.g-1 de Pb) sont les plus riches en plomb (la teneur en Pb des MIDND tchèques est
inférieure à 451 µg.g-1). Comme pour tous les bétons contenant des MIDND, la lixiviation du
plomb est contrôlée par sa diffusion.
L’échantillon Be35NB est le béton contenant des MIDND qui lixivie le plus le zinc (Zn). Deux
facteurs expliquent ce comportement :
La lixiviation du silicum, plus importante que dans les bétons de référence, est expliquée par
la présence de gehlénite dans les MIDND. Cette phase, beaucoup plus soluble que le quartz
(SiO2) est présente à hauteur de 7 % dans la fraction tamisée M (Hammoud, 2019). La
gehlénite a par ailleurs été observée dans les différentes fractions des MIDND tchèques (à
savoir la fraction fine totale 0 – 2 mm et dans les mâchefers traités CzTreated)
L’arsenic (As) et l’antimoine (Sb) sont plus concentrés dans la fraction M que dans le reste
des MIDND, expliquant leur lixiviation importante. Leur lixiviation est limitée par un
phénomène de dissolution. Ginés et al. (2009) notent que la solubilité de l’antimoine et de
l’arsenic peut être contrôlée par leur adsorption sur des hydroxydes de fer et d’aluminium, ce
qui explique leur comportement similaire. Meima et Comans (1998), Cornelis et al. (2006)
ajoutent que la lixiviation du Sb est également limitée par la solubilité des minéraux calciques,
telles que la portlandite et l’ettringite. Ils notent toutefois, que, dans le cas de l’incorporation
des MIDND dans des matériaux cimentaires, il est possible que l’antimoine soit désorbé au
cours de la formation de portlandite et d’ettringite via le procédé d’hydratation du ciment.
Le cuivre (Cu) et le fer (Fe), sont connus pour leur affinité avec la matière organique (Liu et
Millero, 1999 ; Zomeren & Comans, 2004 ; Dijkstra et al., 2006 ; Rendek et al., 2007 ; Arickx et
al., 2007). La fraction M n’est pas la plus riche en cuivre et en fer, mais elle démontre des
pertes aux feux de l’ordre de 20 % (voir Tableau 3-1), ce qui peut expliquer le relargage
important observé.
Le Cu est principalement amené par les MIDND (à plus de 89 % pour toutes les formulations
avec MIDND). Pour Overmann et al. 2021, le cuivre est moins disponible à la lixiviation dans
les formulations sans MIDND, car il est présent dans le ciment dans des formes très peu
solubles. En outre, la relativement bonne rétention du Cu pourrait être expliquée par sa
fixation au sein des C-S-H (Gineys et al., 2011). Sa lixiviation plus importante dans les
formulations avec MIDND pourrait donc provenir d’une cohésion moindre des C-S-H ou de son
affinité avec la matière organique. Le relargage du cuivre des bétons de MIDND tchèques
présente un profil caractéristique d’une lixiviation limitée par la diffusion.
Avec l’échantillon Be35NB, Cz35M est l’échantillon relarguant le plus de sodium (Na). Il est
apporté à 90 % par les MIDND, notamment via l’halite. Il n’est donc pas surprenant que les
bétons de MIDND lixivient davantage de Na. Ce profil est typique d’une lixiviation limitée par
la diffusion. Les bétons Be35NB et Cz35M sont ceux présentant des concentrations dans les
éluats les plus importantes.
Le nickel (Ni) est principalement lixivié par Cz35M et Cz35B tandis que les formulations de
référence démontrent les plus faibles concentrations cumulées. Dans les formulations
contenant des MIDND, la lixiviation est contrôlée par la diffusion comme cela a été décrit par
Carevic et al. 2020 (bien qu’une période de latence soit observée dans leur étude).
Globalement, les concentrations en Ni dans les éluats sont faibles, et pourraient être
expliquées par la précipitation du Ni(OH)2 pour des pH compris entre 10 et 12 (Djisktra et al.,
2006 ; Engelsen et al., 2010).
La sous-fraction M des mâchefers tchèques est celle présentant une teneur en soufre la plus
élevée (0,94 %). Il n’est donc pas surprenant que la formulation Cz35M soit celle relarguant le
plus de sulfates (SO42-).
Figure 5-16 : Concentrations en anions Cl-, F- et SO42- dans les éluats des bétons de référence et
bétons avec mâchefers.
Concentrations cumulées (à gauche) et à chaque renouvellement de lixiviant (à droite)
Il faut rappeler que les mâchefers Treated sont obtenus après le passage sur une table
vibrante en voie humide de la fraction 0,5 – 1 mm. Bien que l’objectif d’un tel procédé soit la
séparation par densité des particules de MIDND, il a également joué le rôle d’étape de lavage
des MIDND. Les éléments présents sous forme soluble dans les MIDND, comme le potassium
et le sodium, ont donc été solubilisés au cours de cette étape et ne sont plus contenus dans
les MIDND lors de leur incorporation dans des bétons (Lam et al., 2010 ; Lu et al., 2020). Cela
justifie le faible relargage en K et Na de l’échantillon Cz35Treated.
Les éluats de l’échantillon Cz35Treated, présentent également une faible teneur en Cl- qui est
à mettre sur le compte du lavage par lequel sont passés ces mâchefers au cours de leur
procédé de traitement. Lam et al. (2010) et Lu et al. (2020) observent des résultats similaires
lors du lavage à l’eau de MIDND. Il semblerait cependant que le lavage à l’eau ne permette
pas de réduire de manière aussi significative la lixiviation des fluorures et des sulfates.
Si les différences minéralogiques observées à l’échelle des mortiers entre les formulations
contenant des MIDND broyés et non-broyés sont également valables pour les bétons, la légère
augmentation de la lixiviation du calcium dans Cz35NB est à mettre sur le compte de sa teneur
en portlandite, très soluble, supérieure à celle de Cz35B. En effet, l’étude minéralogique (voir
II.3.2.5 du Chapitre 4) a démontré que l’échantillon Cz35NB contient plus de portlandite et
moins d’ettringite que Cz35B. Or, au pH naturel des échantillons, l’ettringite est moins à même
de lixivier que la portlandite. Par ailleurs, une faible mais systématique différence de pH est
mesurée entre les éluats de Cz35B et Cz35NB. La valeur de pH des éluats de Cz35NB,
légèrement supérieure à celle de Cz35B pourrait également être expliquée par la teneur plus
importante en portlandite de Cz35NB.
Les concentrations en éléments lixiviés pour tous les bétons sont bien en deçà des seuils du
SQD. Le relargage cumulé de l’arsenic, par exemple, est maximal pour l’échantillon Cz35M et
vaut 0,084 mg.m-2 alors que le seuil pour cet élément est de 200 mg.m-2. Il s’agit de l’élément
pour lequel la différence entre le relargage et le seuil du SQD est la plus importante, puisque
la concentration maximale mesurée en As équivaut à 0,04 % du seuil. L’antimoine est
l’élément lixiviant le plus par rapport à la législation, sa concentration dans les éluats de
Cz35M (les plus riches en Sb) est égale à 4,8 % de la limite (concentration cumulée de
0,42 mg.m-2 dans les éluats de Cz35M pour une limite de 8,7 mg.m-2).
La lixiviation en calcium des bétons de référence est contrôlée par la portlandite. Cela se
traduit par une concentration en calcium et une valeur de pH des éluats des bétons de
références supérieures à celles des bétons de MIDND. Le potassium (K) est le second élément
le plus présent dans les éluats. Il est principalement amené par les mâchefers mais est plus
stable dans les formulations en contenant. Un résultat similaire a été obtenu par
Müllauer et al. (2015).
- Le baryum présent sous la forme de sulfate de baryum (BaSO4) qui dirige et limite sa
lixiviation.
- La disponibilité du Cr est diminuée par la présence de réducteurs de chrome tels que
le FeSO4.(H2O)7 et SnSO4 , qui permettent de réduire le Cr(VI) très soluble, en Cr(III) qui
l’est moins
Tout au long de l’essai, les bétons avec mâchefers sont ceux lixiviants le plus le silicium. Le
silicium (Si) est l’élément le plus présent dans le béton principalement contenu sous forme de
quartz, qui est très stable et insoluble dans l’eau. Les MIDND, contiennent en plus du quartz
de la géhlénite, beaucoup plus soluble, ce qui peut expliquer leur relargage (Hammoud, 2019).
Les concentrations observées dans les éluats sont bien inférieures aux seuils du SQD pour tous
les échantillons, quelle que soit l’espèce anionique étudiée. En accord avec les résultats de
lixiviation des MIDND avant incorporation, les concentrations en chlorure (Cl-) des éluats des
bétons de mâchefers sont globalement significativement plus élevées que celles des bétons
de références (voir Annexe 5- 2). Sans surprise, les bétons de mâchefers relâchent davantage
de sulfates (SO42-) que les bétons de référence. Cela est à mettre en lien avec les teneurs
importantes en sulfates des MIDND.
L’étude de la concentration en aluminium (Al) des éluats permet de vérifier si son ajout sous
forme de poudre d’aluminium métallique pure, ou par l’intermédiaire des MIDND influence
sa lixiviation. Ici, le béton aéré présente une concentration en Al dans les éluats plus
importante que le béton traditionnel de référence, ce qui indique que l’incorporation de
poudre d’aluminium affecte la lixiviation de ce même élément. L’augmentation de la porosité,
et donc de la surface d’échange combinée à la formation d’hydroxyde d’aluminium Al(OH)4-
au cours de l’oxydation de la poudre d’aluminium, expliquent le relargage du béton aéré. La
lixiviation de l’aluminium varie également entre les différents bétons de MIDND. Les
formulations Be35NB et Cz35Treated, réalisées à partir de MIDND ne contenant pas
d’hydrocalumite (Ca2Al(OH)6,5Cl0,5(H2O)3), relarguent moins d’Al que les bétons Cz35M,
Cz35NB et Cz35B, pour lesquels une teneur d’hydrocalumite de 7 % et 9 % respectivement,
est mesurée dans les MIDND. La lixiviation de l’aluminium dans les bétons de MIDND pourrait
alors être fortement influencée par la présence de cette phase. Traditionnellement, la
solubilité de l’Al à pH élevé est associée à celle de l’ettringite (Müllauer et al., ,2015). Cela ne
semble pas être le cas ici.
Conclusions
Ce chapitre a développé et étudié les propriétés physiques, microstructurales et
environnementales de bétons réalisés avec la fraction fine des MIDND. Les performances des
bétons de MIDND ont été comparées à celles de bétons de référence (aéré et traditionnel)
produits pour l’étude.
Les résultats des essais dynamiques de lixiviation de surface réalisés conformément au projet
de norme pr-NF EN 16637-2 ont montré que les bétons réalisés avec la fraction fine des
MIDND répondent aux critères environnementaux imposés par le Soil Quality Decree,
auxquels ils ont été comparés en l’absence de norme française, et peuvent ainsi être utilisés
comme matériaux de construction aux Pays-Bas. Les concentrations en polluants dans les
éluats sont largement inférieures aux seuils du SQD. En effet, l’antimoine qui est l’élément
lixiviant le plus par rapport à la législation, démontre une concentration cumulée maximale
dans les éluats de Cz35M (les plus riches en Sb) égale à 4,8 % de la limite du SQD.
Finalement, bien que la masse volumique des bétons de cette étude ne permette pas de les
classifier comme bétons légers selon les termes de la norme, l’étude des propriétés d’usage
indique qu’à conditions de cure équivalentes, il est possible de produire des bétons de MIDND
aux propriétés proches du béton de référence aéré. Toutes les formulations contenant des
MIDND ont des propriétés d’usages, microstructurales et environnementales proches. Ces
résultats traduisent la robustesse de la formulation, quel que soit le type de mâchefers
incorporé.
Par le passé, de nombreuses études se sont intéressées à la valorisation des mâchefers au sein
de matériaux cimentaires (Pera et al., 1997 ; Bertolini et al., 2004 ; Ginés et al., 2009 ; Cheng,
2012 ; Hammoud, 2019 ; Alderete et al., 2021). Très peu sont toutefois consacrées au réemploi
de la fraction fine (Tang et al., 2016 ; Xuan et al., 2018 ; Loginova et al., 2021, Singh et al.,
2022). Les travaux traitant de la valorisation des MIDND (toutes fractions confondues)
soulignent les faibles résistances mécaniques de la part des matériaux produits, du fait
notamment d’un gonflement généré par la réaction d’oxydation de métaux réducteurs
contenus dans les MIDND. Ces études ont toutefois démontré qu’une bonne stabilisation des
polluants des MIDND était possible au sein de la matrice cimentaire (Jurič et al., 2006 ; Ginés
et al., 2009). Afin de mettre à profit le gonflement induit par la réaction d’oxydation de
l’aluminium métallique des MIDND, quelques études se sont intéressées à la valorisation des
Ainsi, l’objectif de cette thèse a été de chercher à produire des bétons légers à partir de la
fraction fine des MIDND, sans autoclavage et en limitant les pré-traitements, afin de réduire
les coûts énergétiques, environnementaux et économiques d’une telle valorisation. Ces
matériaux devaient être légers au sens de la norme NF EN 206 (c’est-à-dire de masse
volumique inférieure à 2000 kg.m-3), isolants et suffisamment résistants, pour pouvoir être
utilisés en tant que matériaux de structure (i.e. Résistance en compression > 15 MPa selon les
recommandations RILEM (1972)). En outre, en l’absence de réglementation française relative
à l’utilisation de MIDND dans des matériaux cimentaires, et afin de s’assurer que l’utilisation
des matériaux produits est envisageable et ne présente pas de risque pour l’environnement,
les résultats d’essais de lixiviation ont été comparés aux seuils environnementaux définis par
le Soil Quality Decree. Les temps d’expérimentations longs et les importantes quantités de
matières nécessaires à l’étude de bétons ont susciter le besoin de développer une méthode
d’optimisation des paramètres de formulation à des échelles d’étude plus petites.
La démarche d’optimisation mise en place demande une bonne connaissance préalable des
matières premières utilisées. Une caractérisation physico-chimique de la fraction fine des
MIDND, du ciment et du sable utilisés de l’étude a donc été effectuée. Elle a permis de
montrer, à travers des essais de lixiviation, qu’à l’exception de Cz 0 – 0,1 mm (sous-fraction
obtenue par tamisage de la fraction fine des MIDND tchèques), toutes les fractions fines de
mâchefers étudiées sont valorisables au sens de l’arrêté du 18 novembre 2011. L’étude des
masses volumiques réelles et apparentes indique que les MIDND sont moins denses que les
matières premières conventionnelles, ce qui confirme l’intérêt de leur utilisation dans des
matériaux de construction légers. Néanmoins, des teneurs en imbrûlés conséquentes, connus
pour leur effet délétère sur les matériaux cimentaires, ont été mesurées dans les sous-
fractions les plus fines des mâchefers (notamment dans les fractions <0,25 mm). Au sein de la
fraction fine des MIDND (0 – 2 mm), l’aluminium métallique est concentré dans les sous-
fractions les plus grossières. Ainsi les échantillons les plus riches en aluminium métallique sont
Cz 0 – 2 et Be 0 – 2, et contiennent respectivement 1,55 ± 0,33 % et 1,84 ± 0,54 % d’Al0. L’ajout
d’une étape de broyage permet d’augmenter la part d’aluminium réactif tout en diminuant
son temps de réaction, et pourrait favoriser l’aération des matériaux cimentaires.
La démarche d’optimisation des matériaux cimentaires aérés est constituée de trois études à
des échelles différentes. La première a été réalisée à l’échelle des pâtes pures et avait pour
objectif d’identifier les paramètres de formulations influençant le plus les propriétés
d’usages des matériaux cimentaires. La simplicité de ces matériaux a rendu possible la
préparation et l’étude de seize échantillons. Les résultats ont été analysés grâce à une
méthode statistique fondée sur la théorie des plans d’expériences. A cette échelle, ils ont mis
en évidence l’impact majeur de la quantité d’eau et de MIDND sur le développement des
résistances mécaniques et le bon piégeage de gaz dans la matrice cimentaire. Le broyage des
MIDND est le seul paramètre permettant de conjointement réduire la masse volumique et
d’accroître la résistance en compression.
La deuxième étape de la démarche d’optimisation a été réalisée sur mortiers. A cette échelle,
les paramètres jugés intéressants sur pâtes pures, ont été mis en œuvre dans des
formulations de mortiers afin de vérifier leur pertinence et d’approfondir leur influence. Les
performances des mortiers contenant des MIDND ont été comparées à celles de mortiers de
référence normalisés et aérés. L’étude des propriétés à l’état frais a montré que
l’incorporation de MIDND entraine un retard de prise, causé par leur teneur importante en
matière organique. Seule l’utilisation de la fraction tamisée S (0 – 0,106 mm), riche en CaO,
induit une diminution du temps de prise par rapport aux mortiers de références. Cinq des huit
formulations avec MIDND ont une résistance en compression supérieure à 15,0 MPa, leur
permettant d’être utilisées comme matériau de structure selon le RILEM (1972). Les masses
volumiques de toutes les formulations contenant des MIDND sont inférieures ou comparables
à celle de la référence aérée, confirmant que les MIDND peuvent être utilisés dans la
production de matériaux légers. Par ailleurs, les conductivités thermiques de mortiers de
MIDND (comprises entre 1,3 ± 0,1 W.m-1.K-1 et 2,0 ± 0,1 W.m-1.K-1) sont supérieures aux
valeurs attendues pour un matériau isolant mais comparable à celle du mortier aéré de cette
étude (1,7 ± 0,1 W.m-1.K-1). L’étude microstructurale, a montré que la conductivité thermique
des mortiers de MIDND était fortement diminuée par la présence de pores de moins de
300 µm de diamètre. Ainsi, l’étude à l’échelle des mortiers a permis de mettre en relation les
propriétés d’usages avec les caractéristiques microstructurales des échantillons. Certains
mortiers de MIDND, tels que 0,55-Cz50M-A ou 0,55-Cz35B-A, ont développé des propriétés
comparables à celles du mortier aéré de référence, ce qui démontre l’efficacité de l’étude sur
pâte de ciment pour déterminer des paramètres de formulation intéressants.
La synthèse des résultats obtenus à l’échelle des mortiers a permis de choisir cinq
formulations prometteuses, contenant des MIDND, à mettre en œuvre sur des bétons. Cette
dernière étape a pour but de vérifier que la méthode d’optimisation développée permet
effectivement, d’obtenir des bétons légers, isolants et résistants. En sus des cinq formulations
précédemment citées, un béton traditionnel et un béton aéré ont été réalisés sans MIDND. Ils
ont été utilisés comme échantillons de référence afin d’évaluer les propriétés des bétons
contenant des mâchefers. Toutes les formulations, de référence et avec MIDND, ont des
masses volumiques supérieures aux valeurs attendues (2125 ± 85 kg.m-3 pour le béton aéré
de référence et > 2202 kg.m-3 pour les bétons de MIDND), qui peuvent être imputées à
l’utilisation de granulats conventionnels et à l’absence d’autoclavage. En lien avec ces masses
volumiques élevées, les formulations de bétons de MIDND tchèques (toutes significativement
plus résistantes que le béton aéré de référence) démontrent des résistances pouvant aller
jusqu’à 25,6 MPa, ce qui permet leur utilisation en tant que béton de structure (i.e. résistance
en compression supérieure à 15 MPa selon le RILEM (1972)). La conductivité thermique des
échantillons (> 1,7 W.m-1.K-1 pour les bétons de MIDND et 1,8 ± 0,1 W.m-1.K-1 pour le béton
aéré de référence), elle aussi très liée à la masse volumique, est largement supérieure aux
valeurs escomptées pour un béton léger isolant (proche de 0,7 W.m-1.K-1 pour un béton de
1550 kg.m-3)(Chandra et Berntsson, 2003). Le volume de porosité quantifiable au porosimètre
à mercure (de 0,03 à 300 µm) de toutes les formulations contenant des MIDND est
comparable à celle du béton aéré (proche de 24 %) ce qui permet d’expliquer leur conductivité
thermique proche. En outre, tous les bétons de MIDND contiennent un volume conséquent
de pores de 0,1 et 7 µm de diamètre, peu présents dans les bétons de références. Un couplage
de ces résultats avec l’analyse minéralogique a permis de montrer que ces pores (0,1 – 7 µm)
correspondent aux porosités inter-C-S-H. En effet, l’incorporation de MIDND induit une
réaction pouzzolanique qui favorise le développement de C-S-H sous forme de flocons,
caractérisés par une forte porosité entre leurs cristaux. Enfin l’étude de lixiviation dynamique
sur monolithes a démontré que toutes les formulations, avec ou sans MIDND, présentent des
relargages en polluants largement inférieurs aux seuils définis par le SQD, signifiant que les
bétons contenant des MIDND pourraient être utilisés aux Pays-Bas comme matériaux de
construction.
Dans la continuité des travaux de cette thèse, plusieurs axes d’études pourraient être
développés.
Au cours de cette thèse, l’utilisation de granulats conventionnels a été jugée comme étant le
principal facteur empêchant l’obtention d’un béton léger. Dans le cadre d’une étude future, il
serait intéressant de vérifier cette hypothèse en mettant en œuvre des formulations de
bétons de MIDND contenant des granulats légers. En conservant les proportions utilisées au
cours de cette étude, la substitution totale des granulats conventionnels (masse volumique
de 2600 kg.m-3 environ) par de la perlite expansée (masse volumique de 50 kg.m-3) permettrait
théoriquement d’obtenir une réduction de la masse volumique des bétons de MIDND de
l’ordre de 900 kg.m-3, soit des bétons de MIDND d’une masse volumique proche de
1200 kg.m-3. Une telle diminution rendrait possible la catégorisation des bétons de MIDND
comme bétons légers conformément à la norme NF EN 206, et pourrait également conduire à
une diminution de la conductivité thermique (donc à une amélioration des propriétés
isolantes). Toutefois, étant donné que la résistance mécanique des bétons est principalement
influencée par leur masse volumique, il est probable que leur résistance mécanique soit moins
bonne et que les matériaux obtenus ne puissent pas être utilisés en tant que matériaux
structurants. Le changement de type de granulats pourrait donc entraîner des modifications
de toutes les propriétés des bétons de MIDND, et rendrait nécessaire une caractérisation
complète de ces bétons.
Dans le cadre de cette thèse, un stage de Master portant sur l’impact des MIDND sur les
phénomènes d’hydratation a été proposé. Afin d’approfondir et de compléter les analyses
DRX, ATG-DSC et FT-IR réalisées au cours de ce stage, une étude au Microscope Electronique
à Balayage (MEB) pourrait être envisagée. En effet, les observations MEB des bétons de cette
étude font apparaître que l’ajout de MIDND pourrait entraîner un changement dans la
morphologie des hydrates. L’utilisation du MEB permettrait alors d’observer le type, la
répartition et la morphologie des hydrates formés en présence des mâchefers, et leur
développement au cours de la cure. Par ailleurs, au cours de la thèse
d’Alexandre Fantou (2023), réalisée au laboratoire MATEIS, et portant sur une étude multi-
physique et multi-échelle de la réaction d'hydratation du sulfate de calcium hémi-hydraté, des
méthodes de caractérisation microstructurale in situ ont été développées. A l’aide de cellules
encapsulantes, utilisées pour contenir la pâte de ciment fraîche, il a, par exemple, été possible
d’observer au microscope électronique à balayage et au micro-tomographe, les premiers
instants de la réaction d’hydratation, ainsi que la morphologie et la nucléation des premiers
hydrates formés. Ces techniques ont été mises en œuvre pour étudier des réactions
d’hydratation relativement simples, mais pourraient permettre, dans le futur d’étudier des
réactions plus complexes. La transposition de ces techniques à des pâtes contenant des
MIDND pourrait permettre d’appréhender les différents mécanismes ralentissant la prise lors
de l’incorporation de mâchefers.
Enfin, cette étude a été réalisée à partir de la fraction fine de MIDND belges et tchèques. Bien
que l’origine des MIDND ne semble pas impacter significativement les propriétés des bétons
produits, la transposition de cette étude à des MIDND locaux pourrait être envisageable et
permettrait de vérifier la robustesse des formulations et de la méthode d’optimisation mise
au point.
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Annexes
Annexe 1- 1 : Potentiel d'oxydo-réduction des éléments réducteurs présents dans les MIDND
Potentiel d’oxydo-
Eléments réduction
(E0 en V)
Li - 3,02
Ba - 2,90
Na - 2,71
Mg - 2,37
Al - 1,67
Ti - 1,63
Zn - 0,76
Cr - 0,74
Fe - 0,44
Cd - 0,40
As - 0,3
Ni - 0,25
Pb - 0,13
Sn -0,13
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ANNEXES
Annexe 2- 1 : Concentrations élémentaires dans les MIDND belges traités. Données fournies par VITO et obtenues à
l'aide d'un XRF
Éléments Concentrations
Si 23,5
Ca 11,3
Fe 6
Majeurs Al 4,92
(% Na 2,84
massique) Mg 1,53
K 0,84
P 0,77
Ti 0,69
S 7500
Zn 3500
Cr 3120
Cl 2580
Cu 1990
Ba 1370
Mn 1070
Pb 1030
Ni 952
Sr 449
Zr 232
Sn 208
Mineurs
Mo 183
(mg.kg.-1)
Sb 139
Co 90
V 64,1
Rb 26,6
Nb 13,8
Y 13,2
Tl 11,8
Br 9,7
Hg 5,8
As <5
Cd <5
Se <5
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ANNEXES
Annexe 2- 2 : Concentrations élémentaires dans les MIDND tchèques traités. Données fournies par l’ICPF et
obtenues à l'aide d'un XRF
Concentration
LE Fe Cu Zn Ca Si Al Pb Cr
(g.kg-1)
Fraction 0,5 – 1 mm
553,8 61,4 2,3 3,2 153,1 123,8 52,4 0,5 0,4
avant traitement
Fraction légère 0,5 – 1
569,0 32,1 1,2 3,2 168,6 108,3 60,5 0,3 0,3
mm
Fraction mixte 0,5 – 1
575,7 47,4 1,3 2,6 140,6 153,8 40,6 0,4 0,5
mm
Fraction dense 0,5 – 1
341,8 356,9 15,7 6,0 76,0 130,4 33,3 3,3 1,1
mm
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ANNEXES
Annexe 2- 3 : Résultats de l'analyse en contenu total des MIDND belges (SARM Nancy)
LD
Eléments Be 0 - 2 Be 0,5 - 2 Be 0,25 - 0,5 Be 0,1 - 0,25 Be 0 - 0,1
(µg.g-1)
As 0,5 11,7 ± 1,8 12 ± 1,8 11,4 ± 1,7 12,3 ± 1,8 15,4 ± 2,3
Ba 5,5 1216 ± 61 1339 ± 67 1214 ± 61 1252 ± 63 1759 ± 88
Be 0,05 1,22 ± 0,24 1,2 ± 0,24 1,5 ± 0,3 1,09 ± 0,22 0,94 ± 0,19
Bi 0,045 6,08 ± 0,61 4,26 ± 0,43 2,83 ± 0,28 6,27 ± 0,63 7,29 ± 0,73
Cd 0,02 5,1 ± 1,02 2,5 ± 0,5 6,2 ± 1,23 9,9 ± 1,99 13 ± 2,6
Co 0,08 309 ± 15 314 ± 16 130 ± 6 113 ± 6 174 ± 9
Cr 0,5 120,2 ± 6,01 115,2 ± 5,76 222,1 ± 11,11 183,1 ± 9,15 266 ± 13,3
Cs 0,02 638 ± 32 757 ± 38 826 ± 41 680 ± 34 874 ± 44
Cu 2 1,34 ± 0,2 1,42 ± 0,21 0,93 ± 0,19 0,95 ± 0,19 1,08 ± 0,22
Ga 0,02 9242 ± 739 13892 ± 1111 5948 ± 476 3029 ± 242 3954 ± 316
Ge 0,04 2,36 ± 0,24 2,36 ± 0,24 2,02 ± 0,2 2,46 ± 0,25 2,93 ± 0,29
Hf 0,03 1,61 ± 0,08 1,54 ± 0,08 1,3 ± 0,06 1,43 ± 0,07 1,55 ± 0,08
In 0,03 0,89 ± 0,09 0,79 ± 0,08 0,77 ± 0,08 1,06 ± 0,11 1,24 ± 0,12
Mo 0,5 10,92 ± 0,55 11,41 ± 0,57 7,71 ± 0,77 7,7 ± 0,77 8,74 ± 0,87
Nb 0,015 3,68 ± 0,37 3,44 ± 0,34 3,18 ± 0,32 3,78 ± 0,38 4,86 ± 0,49
Ni 2 1,43 ± 0,14 1,36 ± 0,14 1,48 ± 0,15 1,44 ± 0,14 1,58 ± 0,16
Pb 0,45 5,04 ± 0,5 6,87 ± 0,69 4,86 ± 0,49 5,46 ± 0,55 7,87 ± 0,79
Rb 0,15 0,47 ± 0,09 0,46 ± 0,09 0,53 ± 0,11 0,51 ± 0,1 0,55 ± 0,11
Sb 0,06 < L.D. < L.D. < L.D. 0,05 ± 0,01 0,08 ± 0,02
Sc 0,6 150,6 ± 7,5 163,7 ± 8,2 75,3 ± 3,8 67,5 ± 3,4 106,8 ± 5,3
Sn 0,3 0,18 ± 0,04 0,2 ± 0,04 0,15 ± 0,03 0,17 ± 0,03 0,19 ± 0,04
Sr 0,7 16,5 ± 2,5 27,3 ± 4,1 25,1 ± 3,8 25,7 ± 3,9 33,4 ± 5
Ta 0,004 10,8 ± 1,1 11,2 ± 1,1 10,2 ± 1 10,9 ± 1,1 12,4 ± 1,2
Th 0,015 20,8 ± 3,1 18,6 ± 2,8 21,6 ± 3,2 27 ± 4,1 35,2 ± 5,3
U 0,01 290,6 ± 14,5 242,3 ± 12,1 299,5 ± 15 223,3 ± 11,2 304,9 ± 15,2
V 0,85 614 ± 61 5865 ± 586 1396 ± 140 678 ± 68 803 ± 80
W 0,8 5,9 ± 1,2 5,3 ± 1,1 6 ± 1,2 7,7 ± 1,5 9,9 ± 2
Y 0,02 24,7 ± 3,7 25,1 ± 3,8 19,3 ± 2,9 19,2 ± 2,9 19,3 ± 2,9
Zn 7 94,3 ± 4,7 125,8 ± 6,3 110,7 ± 5,5 115,9 ± 5,8 158 ± 7,9
Zr 1,5 3,84 ± 0,58 4,31 ± 0,65 2,63 ± 0,39 2,8 ± 0,42 3,48 ± 0,52
La 0,02 3,39 ± 0,51 3,39 ± 0,51 2,99 ± 0,45 3,8 ± 0,57 5,22 ± 0,78
Ce 0,03 371 ± 19 226 ± 11 245 ± 12 177 ± 9 278 ± 14
Pr 0,004 536 ± 27 460 ± 23 497 ± 25 633 ± 32 826 ± 41
Nd 0,016 1,49 ± 0,15 1,23 ± 0,12 0,92 ± 0,18 1,48 ± 0,3 2,81 ± 0,56
Sm 0,005 0,5 ± 0,1 0,46 ± 0,09 0,39 ± 0,08 0,48 ± 0,1 0,57 ± 0,11
Eu 0,002 5,52 ± 0,55 6,24 ± 0,62 4,05 ± 0,41 4,11 ± 0,41 4,79 ± 0,48
Gd 0,005 0,17 ± 0,03 0,19 ± 0,04 0,15 ± 0,03 0,16 ± 0,03 0,19 ± 0,04
Tb 0,001 2,59 ± 0,39 2,52 ± 0,38 1,91 ± 0,29 2,24 ± 0,34 2,37 ± 0,36
Dy 0,004 58,6 ± 2,9 58,8 ± 2,9 49,4 ± 4,9 58,2 ± 5,8 60,3 ± 6
Ho 0,001 44,1 ± 4,4 50,5 ± 5,1 53,8 ± 5,4 73,6 ± 7,4 76,3 ± 7,6
Er 0,002 16 ± 2,4 15,1 ± 2,3 13,4 ± 2 15 ± 2,3 17,3 ± 2,6
Tm 0,001 1,26 ± 0,19 1,22 ± 0,18 1,06 ± 0,16 1,1 ± 0,17 1,31 ± 0,2
Yb 0,002 5854 ± 585 5855 ± 586 3229 ± 323 3656 ± 366 4879 ± 488
Lu 0,001 208 ± 10 280 ± 14 207 ± 10 234 ± 12 339 ± 17
Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés
ANNEXES
Annexe 2- 4 : Résultats de l'analyse en contenu total des MIDND tchèques (SARM Nancy)
LD
Eléments Cz 0 - 2 Cz 0,5 - 2 Cz 0,25 - 0,5 Cz 0,1 - 0,25 Cz 0 - 0,1
(µg.g-1)
As 0,5 10,5 ± 1,6 10,1 ± 1,5 10,8 ± 1,6 12,2 ± 1,8 16,1 ± 2,4
Ba 5,5 1310 ± 65 1182 ± 59 1279 ± 64 1497 ± 75 1590 ± 79
Be 0,05 2,26 ± 0,45 2,59 ± 0,52 2,54 ± 0,51 2,52 ± 0,5 1,65 ± 0,33
Bi 0,045 4,82 ± 0,48 1,64 ± 0,16 6,2 ± 0,62 5,85 ± 0,58 6,25 ± 0,63
Cd 0,02 6,1 ± 1,21 3,6 ± 0,72 7,5 ± 1,5 12,4 ± 2,49 13,3 ± 2,67
Co 0,08 43 ± 4 197 ± 20 44 ± 4 40 ± 4 37 ± 4
Cr 0,5 136,8 ± 6,84 25 ± 2,5 59,1 ± 5,91 80,6 ± 8,06 56,8 ± 5,68
Cs 0,02 375 ± 19 359 ± 18 361 ± 18 357 ± 18 404 ± 20
Cu 2 3,15 ± 0,63 3,81 ± 0,76 3,14 ± 0,63 2,84 ± 0,57 2,67 ± 0,53
Ga 0,02 2442 ± 195 1853 ± 148 1811 ± 145 1766 ± 141 1271 ± 102
Ge 0,04 2,06 ± 0,21 2,46 ± 0,25 2,2 ± 0,22 2,22 ± 0,22 1,75 ± 0,18
Hf 0,03 1,29 ± 0,06 2,05 ± 0,1 1,32 ± 0,07 1,23 ± 0,06 0,95 ± 0,1
In 0,03 0,81 ± 0,08 0,91 ± 0,09 0,81 ± 0,08 0,83 ± 0,08 0,7 ± 0,07
Mo 0,5 12,38 ± 1,24 13,99 ± 1,4 12,28 ± 1,23 12,67 ± 1,27 12,23 ± 1,22
Nb 0,015 2,54 ± 0,25 3,26 ± 0,33 2,69 ± 0,27 2,58 ± 0,26 2,25 ± 0,22
Ni 2 1,63 ± 0,16 1,65 ± 0,17 1,52 ± 0,15 1,63 ± 0,16 1,56 ± 0,16
Pb 0,45 4,06 ± 0,41 3,81 ± 0,38 3,71 ± 0,37 3,62 ± 0,36 3,6 ± 0,36
Rb 0,15 0,42 ± 0,08 0,48 ± 0,1 0,46 ± 0,09 0,41 ± 0,08 0,34 ± 0,07
Sb 0,06 < L.D. < L.D. 0,03 ± 0,01 0,03 ± 0,01 0,07 ± 0,01
Sc 0,6 21,3 ± 1,1 87,2 ± 4,4 22,4 ± 1,1 20,5 ± 1 20 ± 1
Sn 0,3 0,16 ± 0,03 0,2 ± 0,04 0,17 ± 0,03 0,16 ± 0,03 0,19 ± 0,04
Sr 0,7 9,4 ± 1,9 6,8 ± 1,4 9,5 ± 1,9 10,4 ± 2,1 11,2 ± 2,2
Ta 0,004 15,9 ± 1,6 19,1 ± 1,9 16,5 ± 1,6 15,8 ± 1,6 12,5 ± 1,3
Th 0,015 16,5 ± 2,5 19 ± 2,9 18,8 ± 2,8 17,6 ± 2,6 16,2 ± 2,4
U 0,01 153,8 ± 7,7 97,4 ± 4,9 125 ± 6,2 123 ± 6,2 106,3 ± 5,3
V 0,85 436 ± 44 451 ± 45 305 ± 30 365 ± 36 422 ± 42
W 0,8 4,5 ± 0,9 5,1 ± 1 4,9 ± 1 4,7 ± 0,9 4,4 ± 0,9
Y 0,02 32,9 ± 4,9 41,9 ± 6,3 35,2 ± 5,3 28,3 ± 4,2 22,5 ± 3,4
Zn 7 75,6 ± 3,8 47,9 ± 2,4 64 ± 3,2 82,3 ± 4,1 111,8 ± 5,6
Zr 1,5 6,35 ± 0,95 7,86 ± 1,18 6,53 ± 0,98 5,89 ± 0,88 4,91 ± 0,74
La 0,02 2,93 ± 0,44 3,42 ± 0,51 3,09 ± 0,46 2,88 ± 0,43 2,39 ± 0,36
Ce 0,03 468 ± 23 282 ± 14 179 ± 9 190 ± 10 266 ± 13
Pr 0,004 316 ± 16 313 ± 16 324 ± 16 372 ± 19 395 ± 20
Nd 0,016 2,8 ± 0,56 2,24 ± 0,45 2,96 ± 0,59 2,44 ± 0,49 4,48 ± 0,9
Sm 0,005 0,41 ± 0,08 0,47 ± 0,09 0,43 ± 0,09 0,41 ± 0,08 0,38 ± 0,08
Eu 0,002 6,22 ± 0,62 7,12 ± 0,71 6,16 ± 0,62 5,63 ± 0,56 5,03 ± 0,5
Gd 0,005 0,16 ± 0,03 0,19 ± 0,04 0,16 ± 0,03 0,16 ± 0,03 0,13 ± 0,03
Tb 0,001 2,02 ± 0,3 2,22 ± 0,33 2,01 ± 0,3 1,81 ± 0,27 1,67 ± 0,25
Dy 0,004 65,4 ± 6,5 74,1 ± 7,4 69,1 ± 6,9 62,9 ± 6,3 49,6 ± 5
Ho 0,001 7,6 ± 1,5 3,6 ± 0,7 6 ± 1,2 7,7 ± 1,5 10,8 ± 2,2
Er 0,002 15,7 ± 2,4 14,7 ± 2,2 14,1 ± 2,1 15 ± 2,3 13,8 ± 2,1
Tm 0,001 1,11 ± 0,17 1,24 ± 0,19 1,1 ± 0,16 1,07 ± 0,16 0,89 ± 0,18
Yb 0,002 3421 ± 342 2407 ± 241 2911 ± 291 3700 ± 370 3833 ± 383
Lu 0,001 167 ± 8 156 ± 8 151 ± 8 151 ± 8 146 ± 7
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ANNEXES
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ANNEXES
Annexe 2- 6 : Contenu en Soufre total (%), mercure (ppb) dans les MIDND et les matières premières
S total Hg
(%) (ppb)
Be 0 – 2 0,69
Be 0,5 – 2 0,55
Be 0,25 – 0,5 0,63
Be 0,1 – 0,25 0,85
Be 0 – 0,1 1,31
Non analysé
Cz 0 – 2 0,64
Cz 0,5 – 2 0,42
Cz 0,25 – 0,5 0,65
Cz 0,1 – 0,25 0,94
Cz 0 – 0,1 1,24
Sable 0,02 3,2
Ciment 0,83 0,65
Filler Calcaire < 0,01 3,4
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ANNEXES
Annexe 2- 7 : Limites de détection (LD) et de quantification (LQ) de l’ICP-OES, ICP-MS et IC pour la détection des
éléments lixiviés par les MIDND
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ANNEXES
Annexe 2- 8 : Limites de détection (LD) et de quantification (LQ) de l'ICP-OES, ICP-MS et IC pour la détection des
éléments lixiviés par le sable et le ciment
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ANNEXES
Annexe 2- 9 : Limites de détection de l'ICP-OES, ICP-MS et IC durant les différentes campagnes de lixiviations des
mortiers
Limites de détection
Eléments Unités Campagne 1 Campagne 2.1 Campagne 2.2 Campagne 3
Al mg/L 0,002 0,002 0,003 0,001
As µg/L 0,009 0,009 0,015 0,048
Ba mg/L 0,001 0,001 0,001 0,001
Ca mg/L 0,001 0,005 0,005 0,001
Cd µg/L 0,004 0,004 0,005 0,025
Cr µg/L 0,003 0,025 0,004 0,021
Cu mg/L 0,001 0,001 0,001 0,002
Fe mg/L 0,001 0,001 0,001 0,001
Hg µg/L 0,007 0,071 0,002 0,034
K mg/L 0,08 0,066 0,138 0,052
Mg mg/L 0,002 0,002 0,003 0,001
Mo µg/L 0,007 0,005 0,013 0,020
Na mg/L 0,003 0,004 0,013 0,004
Ni µg/L 0,031 0,042 0,019 0,062
Pb µg/L 0,003 0,004 0,007 0,010
Sb µg/L 0,002 0,003 0,007 0,009
Se µg/L 0,162 0,132 0,269 0,098
Si mg/L 0,002 0,003 0,004 0,003
Sn µg/L 0,004 0,024 0,015 0,017
Ti µg/L 1 0,832 1 0,092
Zn mg/L 0,001 0,001 0,001 0,001
F- mg/L 0,003 0,050 0,003 0,003
Cl- mg/L 0,2 0,025 0,020 0,020
SO4 2- mg/L 0,033 0,050 0,033 0,033
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ANNEXES
Annexe 2- 10 : Limites de détection de l'ICP-OES, ICP-MS et IC au cours de la lixiviation des bétons de
référence traditionnel et aéré et du béton de MIDND Be35NB
Limites de Détection
Eléments ICP (longueur d'onde et/ou masse) Unités
H+6 et J+1 J+2 J+4 J+9 J+16 J+32 J+64
Al OES (396,152 nm) mg/L 0,002 0,001 0,003
As MS 75 He µg/L 0,020 0,005 0,015 0,045 0,038 0,035 0,008
Ba OES (455,403 nm) mg/L 0,001
Ca OES (422,673 nm) mg/L 0,001
Cd MS 111 He µg/L 0,072 0,006 0,037 0,021 0,033 0,125 0,007
Cr MS 52 He µg/L 0,052 0,001 0,027 0,020 0,065 0,052 0,008
Cu MS 63 He µg/L 0,294 0,002 0,572 0,431 0,369 0,042 0,095
Fe OES (259,940 nm) mg/L 0,001
Hg MS (201 no gas) µg/L 1,800 0,001 0,026 0,008 0,020 0,005 0,007
K OES (766,491 nm) mg/L 0,134 0,079 0,085 0,171 0,102 0,121
Mg MS 24 no gas µg/L 0,030 0,003 0,056 0,034 0,056 0,030
Mo MS 95 He µg/L 0,004 0,001 0,006 0,002 0,003 0,012 0,004
Na OES (588,995 nm) mg/L 0,007 0,061 0,009 0,027 0,079 0,022
Ni MS 60 He µg/L 0,014 0,013 0,127 0,035 0,081 0,055 0,025
Pb MS 208 He µg/L 0,050 0,007 0,009 0,016 0,091 0,010 0,022
Sb MS 121 He µg/L 0,022 0,007 0,012 0,004 0,006 0,009 0,008
Se MS (78 He) µg/L 0,202 1,010 0,189 0,066 0,162 0,169 0,169
Si OES (251,611 nm) mg/L 0,007 0,001 0,003 0,001 0,003 0,001
Sn MS 118 He µg/L 0,028 0,017 0,004 0,011 0,071 0,016 0,009
Ti OES 336,122 nm mg/L 0,001
Zn OES (213,856 nm) mg/L 0,001
F- mg/L 0,045
Cl- mg/L 0,023
SO42- mg/L 0,045
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ANNEXES
Annexe 2- 11 : Limites de détection de l'ICP-OES, ICP-MS et IC durant la lixiviation des bétons de MIDND Cz35NB,
Cz35B, Cz35M et Cz35Treated
Limites de Détection
Elements ICP (longueur d'onde et/ou masse) Unités H+6 J+1 et J+2 J+4 J+9 J+16 J+32 J+64
Al OES (396,152 nm) mg/L 0,001 0,012 0,001 0,002 0,001 0,001
As MS 75 He µg/L 0,011 0,007 0,018
Ba OES et MS (455,403 nm ou1 37 He) µg/L 0,008 0,018 1,000
Ca OES (422,673 nm) mg/L 0,001 0,003 0,001
Cd MS 111 He µg/L 0,007 0,013 0,008
Cr MS 52 He µg/L 0,012 0,023 0,010 0,007 0,010 0,013
Cu MS 63 He µg/L 0,067 0,052 0,033 0,056 0,356 0,545
Fe MS 56 He µg/L 0,353 0,160 0,229 0,228 0,692 0,667
Hg MS (201 no gas) µg/L 0,016 0,075 0,048 0,030 0,060 0,039
K OES (766,491 nm) mg/L 0,142 0,027 0,088 0,090 0,049 0,036
Mg MS 24 no gas µg/L 0,022 0,013 0,016 0,013 0,016
Mo MS 95 He µg/L 0,003 0,006 0,009
Na OES (588,995 nm) mg/L 0,035 0,019 0,014 0,033 0,057
Ni MS 60 He µg/L 0,007 0,009 0,002 0,005 0,030 0,041
Pb MS 208 He µg/L 0,017 0,006 0,007 0,008 0,023
Sb MS 121 He µg/L 0,003 0,008 0,017
Se MS (78 He) µg/L 0,077 0,243 0,129 0,314 0,167 0,194
Si OES (251,611 nm) mg/L 0,001 0,002 0,004 0,002
Sn MS 118 He µg/L 0,009 0,004 0,002 0,005 0,012 0,013
Ti OES 336,122 nm mg/L 0,001
Zn OES (213,856 nm) mg/L 0,001
F- mg/L 0,045
Cl- mg/L 0,023
SO42- mg/L 0,045
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ANNEXES
Annexe 3- 1 : Contenu élémentaire du sable non conforme à la norme NF EN 196-1 utilisé dans certaines
formulations de mortiers
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Annexe 3- 3 : Résultats du calcul des indicateurs de réactivité des laitiers appliqués aux MIDND
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ANNEXES
Annexe 3- 4 : Fiches JCPDS utilisées pour l'identification des phases des MIDDN et des matières
premières conventionnelles
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ANNEXES
Annexe 4- 2 : Fiches JCPDS utilisées pour l'identification et la quantification des phases cristallines
des mortiers
Elément N° JCPDS
Quartz 01-085-1054
Portlandite 01-072-0156
Dolomite 00-036-0426
Calcite 01-072-1651
01-083-1762
Afwillite 00-029-0330
Larnite 00-033-0302
Diopside 00-041-1370
Thaumasite 00-046-1360
Ettringite 00-041-1451
Effenbergerite 00-047-1779
Hydrocalumite 01-078-2050
Tobermorite 01-083-1520
Gehelenite 01-072-2128
01-077-1146
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ANNEXES
Annexe 4- 3 : Résultats après normalisé de la quantification des phases à l'aide de la fonction FPM Eval du logiciel EVA
Mortiers de MIDND
Mortiers de référence Mortiers de MIDND broyés tamisés Mortiers de MIDND non broyés
Formule 0,55-Cz20B- 0,55-Cz35B- 0,55-Cz50B- 0,55-Cz50S- 0,55- 0,55- 0,5- 0,5-
MN MA
chimique A A A A Cz50M Cz35NB Cz35NB Be35NB
Quartz SiO2 75 75 71,4 68,9 66,6 66,6 66,6 68,9 68,9 68,9
Calcite CaCO3 3,6 2,9 1,4 2,4 1,6 2,0 1,7 1,9 1,5 3,1
Portlandite Ca(OH)2 6,3 5,9 6,6 5,6 7,0 5,1 5,5 9,1 6,5 7,4
Ca6 Al2
(SO4)3
Ettringite 0,0 0,0 4,2 2,7 2,3 1,8 1,6 1,5 1,5 4,1
(OH)12
·26H2O
Dolomite CaMg(CO3)2 3,0 2,0 3,9 4,1 9,3 5,2 8,4 6,8 4,3 2,8
CaOx SiO2y
C-S-H 4,9 5,6 3,2 2,4 1,6 10,4 8,3 3,1 4,4 5,9
H2Oz
Ca 2 Al
Gehlenite 0,0 0,0 0,5 2,1 1,0 0,0 0,0 1,8 0,0 1,4
[AlSiO 7]
Larnite Ca 2 SiO 4 4,3 4,2 1,7 1,8 2,2 1,8 2,4 1,9 1,4 1,3
Effenbergerite BaCuSi4O10 0,0 0,0 3,0 4,1 2,5 1,2 1,9 1,4 5,0 2,3
Ca2Al (OH)6
Hydrocalumit [Cl1-x
0,0 0,0 0,0 0,6 2,4 2,0 1,7 0,0 0,0 0,0
e (OH)x]•3
(H2O)
Diopside CaMgSi2O6 2,9 4,3 4,1 5,5 3,5 3,8 1,9 3,5 6,5 2,9
Ca(OH)2/CS
Ratio 1,3 1,1 2,1 2,4 4,5 0,5 0,7 3,0 1,5 1,3
H
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Annexe 5- 2: Lixiviation en anions Cl- et SO42- des MIDND
Cl- SO42-
mg.kg-1 MS
Be 0 – 2 Moyenne 5946,7 6392,0
Ecart-type 290,2 240,9
Be 0,1 – 0,25 Moyenne 5123,3 7136,0
Ecart-type 190,1 69,5
Be 0,063 – 0,1 Moyenne 7126,7 10603,5
Ecart-type 161,7 774,4
Cz 0 – 2 Moyenne 5460,0 8392,0
Ecart-type 52,9 123,2
Cz 0,1 – 0,25 Moyenne 6466,7 6670,0
Ecart-type 107,9 290,0
Cz 0 – 0,1 Moyenne 10730,0 15734,0
Ecart-type 1024,5 2659,0
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FOLIO ADMINISTRATIF
RESUME :
La fraction fine des MIDND (particules mesurant moins de 2 mm) représente 30 à 40 % de la masse des MIDND. Elle est rarement
valorisée, notamment à cause des teneurs élevées en éléments traces métalliques qu’elle contient. Sa composition chimique et
sa granulométrie en font néanmoins une candidate intéressante pour être utilisée comme matière première secondaire dans des
matériaux cimentaires. De plus, la présence d’aluminium métallique dans les MIDND pourrait permettre son utilisation en tant
qu’agent porogène pour la production de matériaux aérés. Cette thèse porte dans un premier temps sur la caractérisation physico-
chimique de la fraction fine des MIDND en vue de son utilisation comme agent porogène, et vise notamment à évaluer la quantité
et la réactivité de l’aluminium métallique. La démarche expérimentale de formulation des matériaux cimentaires est divisée en
trois étapes. Les paramètres influençant les propriétés d’intérêt ont tout d’abord été identifiés au cours d’une étude sur pâte de
ciment. L’optimisation de ces paramètres de formulation est réalisée sur mortier et est accompagnée de caractérisations
physiques, microstructurales et environnementales. Les formulations jugées optimales ont alors été mises en œuvre sur bétons
afin de vérifier la validité de la démarche expérimentale. Les résultats montrent que cette démarche permet de produire
effectivement des mortiers et des bétons de MIDND avec des masses volumiques, résistances à la compression et conductivité
thermique comparables à celles des matériaux aérés de référence. Les pores des matériaux avec MIDND diffèrent de ceux des
matériaux aérés de référence par leur plus petite taille et par leur forme irrégulière. Les tests de lixiviation à l’échelle des bétons
et de mortiers ont démontrés de faible relargage en polluants, compatibles, pour la grande majorité des matériaux, avec les seuils
environnementaux définis par l’Arrêté du 18 novembre 2011 et le Soil Quality Decree.
MOTS-CLÉS :
Mâchefers d’Incinération des Déchets Non-Dangereux (MIDND), Matière Première Secondaire, Matériaux Cimentaires aérés,
Economie circulaire, Béton
Composition du jury :
Directrice de thèse, Christine de BRAUER, Professeur, INSA Lyon
Rapporteur, Luc COURARD, Professeur, Université de Liège Rapporteur,
Yannick MAMINDY-PAJANY, Directeur de Recherche, Observatoire du Développement Durable, Nice Métropole
Examinatrice, Aveline DARQUENNES, Professeur, INSA Rennes
Examinateur, Stéphane BAUP, Professeur, Université Grenoble Alpes
Examinateur, Vincent CHATAIN, Maître de conférences, INSA Lyon
Examinatrice, Maria LUPSEA-TOADER, Maître de conférences, Genoble INP – Université Grenoble Alpes
Examinatrice, Elodie PRUD’HOMME, Maître de conférences, INSA Lyon
Invitée, Denise BLANC, Maître de conférences, INSA Lyon
Thèse accessible à l'adresse : https://theses.insa-lyon.fr/publication/2024ISAL0025/these.pdf © [M. Brossat], [2024], INSA Lyon, tous droits réservés