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Université Cheikh Anta Diop de DAKAR: Faculté Des Sciences Et Techniques

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Thèmes abordés

  • Analyse des résultats,
  • Collecte de données,
  • Transmission,
  • Dielmo,
  • Bandafassi,
  • Dynamique des populations,
  • Facteurs de transmission,
  • Méthodes de capture,
  • Techniques ELISA,
  • Antigène circumsporozoïtique
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  • Dielmo,
  • Bandafassi,
  • Dynamique des populations,
  • Facteurs de transmission,
  • Méthodes de capture,
  • Techniques ELISA,
  • Antigène circumsporozoïtique

n° d'ordre 181

Université Cheikh Anta Diop de DAKAR

Faculté des Sciences et Techniques

MEMOIRE DE D.E.A DE BIOLOGIE ANIMALE

Présenté par

Mamadou Ousmane NDIATH

Comparaison de trois méthodes de captures pour l'échantillonnage


des populations anophéliennes et la détermination du taux d'infection
plasmodiale à Dielmo et à Bandafassi, Sénégal.

soutenu le 08 novembre 2003 devant la commission d'examen:

Président: Mr. Bhen Sikina TOGUEBAYE


Membres : MM. Karamoko DIARRA
Lassana KONATE
Cheikh Sadibou SOKHNA
Je

dédie

ce travail à
- ~[(ali, {é tout Puissant et ~iséricordieux ;

- Son Proyhète 'Mouhamed PSL ;

- Ma mère Coudy Wane (in mémorium)

Mon souhait le plus ardent a toujours été de te sentir à mes côtés en ce jour
solonnel et combien important de ma vie, mais hélas, nul ne peut s'opposer à la
volonté divine. Le sens de la piété, de l'humilité que nous avons reçu de toi
nous a beaucoup guidé dans cette vie.
Qu'Allah le tout Puissant,le Miséricordieux pour qui tu as consacré toute ta vie
sur terre t'accueille dans son Paradis. Amen

- Mon père fi)aha rNdiath,


Omniprésent par ses prières es, son attention et surtout sa grande disponibilité
envers ses enfants. Ce travail est le fruit de l'éducation et de l'instruction que tu
as cultivées en nous. Que le tout Puissant Allah t'accorde longue vie pleine de
santé

_______ ..__ Matrèschère femmeMsrfe _


Pour le soutient constant et sans faille. Merci pour tout

- Ma tante Ouieumata rNdiath


Le temps est venu pour moi de te rendre hommage et de te témoigner mon
immense affection et ma profonde reconnaissance. Pour toute l'estime et
l'admiration que j'ai pour toi. Ce travail n'est que le reflet de mon indéfectible
affection.

- Mes jeunes frères: ~~ha, Œa6a 'Dahirou, 'l6rahima :


Je ne voudrais surtout pas représenter pour vous un exemple à suivre, mais
plutôt à dépasser. Nous serons toujours à mes côtés pour vous assister et vous
conseiller. Bon courage
- Mes petites sœurs: 1feneCherif, lVlby , f]-{acgia, 'Marième, 'J(hardiatou,

Couro, llïcha, COUdy, 'Maïmouna.

Mon affection à votre égard ne saurait se traduire par des mots. Puisse ce travail
vous comblez de joie et vous inciter à aller de l'avant et à faire plus.

- mes grands parents: 'Marième fJbra Wane et :Effiatiji fJssa Wane, tMamadou

Wane etfamiffe.

- Mes parents: 13aba Oumar, 'Racine 1fdiath, 13aba Soufeymane, 13aba

f]-{amidou

- Mes oncles t]-{ady, llbfaye Wane

- Mes cousines : 1fene 'Dia, 'Khardiata 13affe, Oumy lVlby, ...

- Mes tantes Couro [Link], 'Farmata 13a, GOBa lVlby, 'Khady 13â, 'J(hadia

1fdiath..
iJtViJt']{'f-P'ROPOS

Ce travail a été réalisé au Laboratoire de Paludologie Afrotropicale (Unité de Recherche


077) du Centre IRD Hann de Dakar sous la direction du Dr. C.S. SOKHNA, et au laboratoire
d'Ecologie Vectorielle et Parasitaire du Département de Biologie Animale de la Faculté des
Sciences et Techniques de l'UCAD, sous la direction du Dr. Lassana Konaté.

ÀMonsieur le Représentant de l"IRD au Sénégal, J.R. DURAND, pour nous avoir accueilli
au sein de l'Institut

Au Dr. J. F. TRAPE qui a bien voulu nous accueillir dans son Unité de Recherche. Nous
sommes heureux de pouvoir lui exprimer toute notre vive reconnaissance pour les conseils et les
encouragements qu'il n'a cessé de nous prodiguer.

Au Dr. C.S. SOKHNA, qui nous a proposé ce sujet très intéressant. Vous avez guidé ce travail
avec une grande rigueur scientifique. Vous nous avez toujours accueilli avec beaucoup de
sympathie et de disponibilité. Malgré vos multiples occupations, vous n'avez jamais ménagé vos
efforts pour nous aider à réaliser ce travail. Nous profitons de l'occasion pour vous témoigner de
toute notre reconnaissance et de notre gratitude.

Au Dr. L. KONATE, qui par ses suggestions et ses directives a participé à l'élaboration de ce
mémoire. Nous garderons de vous ce sens élevé du travail parfait. Soyez assuré de notre ferme
détermination à rester fidèle à cet esprit de rigueur.

Au Dr. C. BOUDIN, auprès de qui nous avons toujours trouvé disponibilité et compréhension.
Votre suivi constant de nos travaux, vos suggestions et vos qualités humaines nous ont été d'un
très grand réconfort. Nous vous en sommes très reconnaissant.

Au Pro B. S. TOGUEBAYE qui nous a fait l'honneur d'accepter la présidence de ce jury,


malgré ses nombreuses charges administratives et professorales. Nous tenons à lui exprimer
notre profonde gratitude.
SOMMAIRE

INTRODUCTION Page 1

Chapitre 1: GENERALITÉS SUR LES VECTEUR.....................•..•...•........Page 4

1. Le complexe Anopheles gambiae '" " '" '" Page 5


2. Le groupe Anophelesfunestus " " Page 6
3. Anopheles nili , ,., Page 7

Chapitre Il: MATÉRIEL ET MÉTHODES..................................•.............•Page 8

1. Sites d'études Page 9


1. Le village de Dielmo... ... ..... . ... .. . .. . .. ... . ... . Page 9
1.1. Données physiques et climatiques ,.. . .. . . " Page 9
1.2. Données démographiques '" Page 9
2. La zone de Bandafassi Page 9
2.1. Données physiques et climatiques............... . Page 9
2.2. Données démographiques ' , Page 10
2.3. Choix des sites d'études Page Il
2.4. Collecte des données météorologiques...... . Page 12
II. Techniques d'échantillonnage.................. . Page 12
1. Capture nocturne sur homme .. Page 12
2. Capture par piège lumineux .. Page 13
3. Récolte de la faune matinale résiduell e. . '" Page 14
III. Matériel de capture................................. .. Page 15
1. Captures sur homme . Page 15
2. Piège lumineux....................................... . Page 15
3. Faune matinale résiduelle . Page 15
4. Mode opératoire Page 15
4.1. Capture sur homme . Page 15
4.2. Pièges lumineux....................................... . Page 16

1
4.3. Faune matinale résiduelle . Page 17
5. Traitement des moustiques. . '" '" Page 17
5.1. Traitement sur le terrain . Page 17
5.2. Traitement au laboratoire........................ . Page 17
5.2.1. Détection des anophèles infectés: Technique ELISA '" Page 17
[Link]. Principe Page 17
[Link]. Réactifs ELISA Page 19
[Link]. Mode opératoire Page 20
[Link]. Seuil de positivité Page 22
6. Analyse des résultats Page 22

Chapitre III. RESULTATS Page 23

1. Données météorologiques Page 24


1.1. Pluviométrie............................................................ Page 24
1.2. Températures moyennes............................................. . '" Page 24
2. Données entomologiques................................................ . Page 24
2.1. Richesse anophé1ienne comparée. . . . .. . .. . ... . . . . . .. . . . .. .. .. . ...... . Page 24
2.2. Abondance spécifique .. .., Page 25
2.2.1. Résultats globaux , " " .,. . .. . . Page 25
2.2.2. An. gambiae s.l. " Page 25
2.2.3. An. funestus , Page 25
2.2.4. An. nili Page 26
3. Fréquence anophé1ienne Page 27
4. Densités comparées selon la méthode de capture...... . Page 28
4.1. Densités anophé1iennes moyennes à Die1mo... . Page 28
4.2. Densité anophé1iennemoyenne à Bandafassi... . Page 29
4.3. Densité par espèce anophélienne à Dielmo...... . '" Page 30
4-3-1 An. gambiae s.l. Page 30
4-3-2 An. funestus... .. . Page 31
4.4. Densité par espèce anophélienne à Bandafassi . Page 33
4-4-1 An. gambiae s.l. ., Page 33
4-4-2 An. funestus Page 34
4-4-3 An. nili. , Page 35

2
5. Taux d'infestation , .., '" . Page 37
5.1. Taux d'infestation à Die1mo Page 37
5.1.1. Taux moyens d'infestation '" Page 37
5.1.2. Taux d'infestation d'An. gambiae s.l. '" '" '" . Page 38
5.1.3. Taux d'infestation d'[Link]... . Page 38
5.2. Taux d'infestation à Bandafassi Page 39
5.2.1. Taux moyen d'infestation... . '" Page 39
5.2.2. Taux d'infestation d'An. gambiae s.l. . Page 40
5.2.3. Taux d'infestation d'[Link] . Page 41
5.2.4. Taux d'infestation d'An. nili......... . Page 41

Chapitre IV: DISCUSSION Page 43

1. Richesse anophé1ienne ... ... . Page 44


2. densité anophé1ienne '" '" Page 45
3. Taux d'infections Page 46

CONCLUSION Page 48

BIBLIOGRAPIDE Page 50

3
INTRODUCTION

Le paludisme humain reste la maladie parasitaire la plus fréquente au monde: environ 41 %


de la population mondiale, soit 2,3 milliards de personnes sont exposées au risque et l'on
compte 300 à 500 millions de cas par an dont près de 80 % en Afrique sub-saharienne (OMS,
1994). Il s'agit d'une des plus meurtrières de toutes les affections parasitaires humaines; elle
tue chaque année 1,5 à 2,7 millions de personnes, dont 1 million d'enfants de moins de 5 ans.
Aucun vaccin n'ayant encore été mis au point à ce jour, la lutte contre le paludisme repose
alors essentiellement sur deux moyens :
- le traitement des parasites par des médicaments, et
- la lutte contre les anophèles.
La lutte contre les vecteurs nécessite une bonne connaissance de leurs comportements et de
leur implication dans la transmission des Plasmodium humains. Cette dernière passe par la
détermination spécifique des taux de piqûres, d'infection, de parturité etc. (MACDONALD,
1957) qui pose des problèmes méthodologiques (HAMON & COZ, 1966), nécessitant la mise
au point de techniques d'échantillonnage adaptées au comportement des anophèles.

L'échantillonnage des anophèles vecteurs de Plasmodium humains est un problème difficile à


résoudre car il ne suffit pas seulement de les capturer mais il faut en plus qu'ils soient
représentatifs du peuplement vectoriel et des populations constitutives de chaque vecteur
(VERVENT, 1969). En raison de la variation du peuplement ainsi que de celle des
populations anophéliennes en fonction de la méthode de capture, l'obtention d'un échantillon
représentatif est difficile à partir d'une seule méthode de capture.

Habituellement, les prélèvements d'anophèles procèdent selon deux modalités générales:


• emploi de « captureurs » :
capture manuelle des femelles au repos, le matin dans les habitations,
capture « totale» par aspersion de pyréthrine,
capture de nuit sur homme,
capture directe d'adultes dans les abris naturels extérieurs.

• utilisation de différents systèmes de piégeage :


moustiquaires-pièges avec appât humain,

1
cases-pièges, vérandas-pièges,
abris artificiels,
pièges lumineux.
Chacune de ces méthodes a ses avantages et ses inconvénients et le choix d'une entre elles
dépend des objectifs de l'étude, de l'environnement et des moyens disponibles (LE GOFF et
al., 1993). En ne fournissant qu'une fraction sélectionnée de la population anophélienne à
étudier, chaque méthode de capture influence les résultats (CARNAVALE et al., 1973).

L'échantillonnage des populations anophéliennes « AGRESSIVES VIS-À-VIS DE


L'HOMME» repose essentiellement sur des captures nocturnes sur appâts humains. Cette
méthode présente plusieurs avantages: elle donne des renseignements sur le cycle
d'agressivité et sur le nombre de piqûres infestantes par individu, mais elle présente des
inconvénients majeurs: nécessité de maintenir plusieurs hommes éveillés dans l'obscurité et
immobiles, toutes les piqûres ne sont pas ressenties avec la même intensité et possibilité
d'engorgement de plusieurs moustiques entraînant des risques d'arboviroses ou d'accès
palustres pour le « captureur ». Pour cette dernière raison, les captures nocturnes sur appâts
humains posent un problème « ÉTHIQUE ». Enfin, les « captureurs » n'attirent pas de
manière équivalente les moustiques, entraînant du coup un manque de reproductibilité de la
méthode.

La capture des moustiques en faune résiduelle matinale par aspersion de pyréthrine ne donne
qu'une idée partielle de la population anophélienne (CHOUMARA et al., 1959). Les
anophèles sont actifs de nuit et la fraction de la population trouvée le matin, au repos dans les
habitations n'est pas forcément représentative de la population globale. Tout en sous estimant
la population exophile, cette méthode s'avère cependant très efficace pour échantillonner les
populations anophéliennes endophiles.

Les pièges lumineux simples « CDC miniature light trap» ont théoriquement pour but
d'échantillonner valablement la population anophélienne. Pour ODETOYINBO et
GARRETT-JONES (1966), cette technique peut être considérée comme très efficace, car
facilement reproductible. Cependant, de nombreux facteurs affectent l'efficacité des pièges
lumineux qui dépend du type de piège, du lieu de capture mais aussi de la procédure utilisée,
ce qui pose le problème de la standardisation de cette méthode.

2
Dans la présente étude, le piège lumineux a été associé à un donneur sous moustiquaire. Le
recours à cette combinaison optimise ainsi l'attraction (lumière + odeur du donneur) des
moustiques qui sont capturés par le piège. L'efficacité de cette combinaison dans
l'échantillonnage des anophèles vecteurs et dans la détermination des principaux paramètres
de la transmission anophélienne des Plasmodium humains a été comparée à celle des
classiques captures nocturnes sur appâts humains et des récoltes de la faune matinale
résiduelle dans deux zones bio-écologiques caractérisées par une dynamique de population et
des niveaux de transmission différents.

Après les généralités, les zones d'études ainsi que les matériels et méthodes utilisés seront
décrits. Les résultats obtenus seront présentés et discutés avant de dégager des conclusions et
des perspectives.

3
" ,
Chapitre 1 : GENERALITES
SUR LES VECTEURS

4
Sur 400 espèces d'anophèles répandues dans le monde, seule une soixantaine sont des
vecteurs de Plasmodium humains dont une vingtaine, à elles seules sont à l'origine de la
plupart des cas de paludisme (DANIS & MOUCHET, 1991).

En Afrique tropicale, le complexe Anopheles gambiae et l'espèce Anophelesfunestus assurent


l'essentiel de la transmission anophélienne. Anopheles nili et Anopheles moucheti ne jouent
un rôle important que dans des régions limitées. D'autres espèces peuvent avoir un rôle de
vecteur secondaire dans les régions où elles abondent même si le rôle majeur est assuré par les
espèces pré-citées.

1. Le complexe Anopheles gambiae

Les différentes espèces du complexe An. gambiae ont en commun une morphologie très
semblable, voire identique. Elles constituent des espèces jumelles. Les déterminations à
l'intérieur du complexe gambiae se fondent essentiellement sur 3 critères (ROBERT, 2001) :
-des critères de reproduction en insectarium.
-des critères cytogénétiques.
-des critères moléculaires.
Sept espèces sont actuellement dénombrées dans le complexe An. gambiae (ROBERT,
2001) : An. gambiae sensu stricto (forme Met S), An. arabiensis, An. quadriannulatus A et
B, An. bwambae, An. melas et An. merus.

An. gambiae s.s. et An. arabiensis présentent les plus vastes aires de répartition. Ces deux
espèces ont une grande capacité d'adaptation. D'une manière générale, An. gambiae s.s.
domine en zone de forêt et de savane humide tandis qu'An. arabiensis est avantagé dans les
savanes sèches, les steppes et parfois les villes (BRENGUES & COZ, 1973). Les gîtes
larvaires sont des collections d'eau peu profondes et ensoleillées: empreinte de pas, de
sabots, flaques, petites mares, marécages aménagés, rizières (GILLIES & DE MEILLON,
1968). Les deux espèces sont nettement anthropophiles, sauf si l'abondance du bétail (bœufs
surtout) à proximité des habitations favorise la zoophagie (MOUCHET & GARIOU, 1957;
ROBER & CARNAVALE, 1984). Elles aiment également séjourner à l'intérieur des cases,
les mettant en étroit contact avec l'homme: on parle d'endophilie. La densité des populations

5
varie selon la saison en fonction de la pluviométrie. Elle s'accroît rapidement dès les
premières pluies et la densité maximale est atteinte dans la seconde moitié de la saison
pluvieuse. Elle décroît ensuite (GILLIES & DE MEILLON, 1968).

Parmi les autres espèces du complexe, seuls An. melas et An. merus jouent un rôle secondaire
dans la transmission des Plasmodium. Ces deux espèces colonisent des gîtes larvaires à forte
teneur en sel, la première étant rencontrée dans les mangroves d'Afrique de l'Ouest tandis que
la seconde est surtout observée en Afrique de l'Est. An. bwambae et An. quadriannulatus ont
des aires de répartition très localisées.

Au Sénégal, seuls An. gambiae S.S., An. arabiensis et An. melas sont impliqués dans la
transmission. En effet, An. gambiae s.s. et An. arabiensis sont sympatriques dans l'ensemble
du pays avec une dominance d'An. gambiae s.s. dans le sud (FAYE et al.,1987 ; DIA et al.,
2003) alors qu'An. arabiensis prédomine dans le nord (LEMASSON et al., 1994). An. melas
est inféodé à l'écosystème de mangrove, (GIGLIOLI, 1964; PETRARCA et al., 1987;
FAYB, 1987 ; DIOP et al., 2002).

2. Le groupe Anopheles funestus

C'est un groupe d'espèces proches décrites dans les années 1930 (GILLIES & DE
MEILLON, 1968) à partir de la morphologie larvaire. L'espèce An. funestus est très répandue
dans toute l'Afrique subsaharienne et est considérée comme le second vecteur majeur de
Plasmodium humains après les membres du complexe gambiae (GILLIES & DE MEILLON,
1968 ; GILLIES & COETZEE, 1987).

Le développement pré-imaginaI est relativement long (20 à 30 jours) et se fait dans des gîtes
d'eau profonde et claire, ombragés, à caractère plus ou moins permanent avec une végétation
émergente ou flottante, à faible salinité et peu riche en matières organiques. Ce sont
généralement les marécages herbeux, les rizières enherbées, les bords des lacs, des ruisseaux
et des rivières (HAMON et al., 1955, 1956; ABONNEEC, 1956) et exceptionnellement dans
les réserves d'eau à usage domestique (SYrVIES, 1936).

6
1

ILa densité de la population imaginale varie avec la pluviosité, avec un certain retard par
!rapport à An. gambiae s.l. . Ce retard est dû à deux facteurs: d'une part, la création des gîtes
id'eaux profondes et d'autre part au développement pré-imaginal relativement long (GILLIES
& DE MEILLON, 1968). Dans les zones de coexistence avec An. gambiae s.l., l'apparition
tardive d'An. funestus lui permet d'assurer la continuité de la transmission. Tout comme
/An. gambiae s.l., An funestus préfère piquer l'homme mais on observe parfois une déviation
Itrophique en faveur du bétail, lorsque celui-ci est accessible en quantité (ROBERT &
CARNAVALE,1984).

Naguère présent dans l'ensemble du pays (VERCRUYSE et JANCLOES, 1981 ; CAMICAS


et al., 1987 ; FAYB et al., 1993), An. funestus a disparu de nombreuses localités en raison du
déficit pluviométrique enregistré au cours des dernières années. Des études cytogénétiques
effectuées par DIA et al. (1999), ont montré une hétérogénéité génétique des populations
d'An. funestus avec deux unités taxonomiques dont l'une serait monomorphe et l'autre
polymorphe avec une situation d'allopatrie complète.

3. Anopheles nili

Localisé aux environs des cours d'eau permanents dans lesquels se développent ses larves
(GILLIES & DE MEILLON, 1968), An. nili est très répandu dans tout le continent africain,
surtout en forêt. Cette espèce pique volontier l'homme. L'activité de piqûre se manifeste assez
rapidement après la tombée de la nuit et le pic d'agressivité est plus précoce que ceux
d'[Link] s.l. et d'An. funestus. Cependant il est nettement plus exophage et exophile que
ces deux derniers, expliquant son rôle de vecteur secondaire dans la majorité des cas. Le rôle
d'An. nili dans la transmission du paludisme au Sénégal a été mis en évidence par DIA et al.
(2003) dans la zone de Kédougou.

7
,
Chapitre II : MATERIEL
,
ET METHODES

8
1. Sites d'études

1. Le village de Dielmo

1.1. Données physiques et climatiques

Le village de Dielmo (13°45'N, 16°25'W) est situé à 280 Km au sud-est de Dakar, dans la
région de Fatick, à quelques kilomètres de la frontière gambienne, près du littoral atlantique
(figure 1). Il appartient à la zone soudanienne caractérisée par l'alternance d'une longue saison
sèche (novembre à juin) et d'une courte saison des pluies qui dure généralement quatre mois
Guillet à octobre). Pendant la saison des pluies, les villageois cultivent essentiellement le mil
et l'arachide. En saison sèche, ils pratiquent le maraîchage et la riziculture grâce à la présence
d'une petite rivière d'eau douce permanente aux rives marécageuses située à proximité
immédiate du village nommée Néma. Cette rivière constitue un gîte permanent pour les larves
d'anophèles. En raison de la permanence des gîtes larvaires et de la proximité des habitations
(les cases les plus proches sont à moins de 100 m de la rivière), le paludisme est
holoendémique à Dielmo et la transmission anophélienne pérenne. Le village de Dielmo est
composé de deux entités distantes de 300 m: Dielmo village et Sinthe Mouride. L'habitat se
compose de cases en briques de banco ou de ciment au toit en armature de bois recouvert de
paille ou de tôle. Le village a été décrit en détail par TRAPE et al., (1994) et KONATE et al.,
(1994).

1.2. Données démographiques

Les 300 habitants de Dielmo sont à majorité (78 %) des Serer. Les mandingues représentent
13 % de la population, les wolofs 3 % et les autres ethnies 6 %.

2. La zone de Bandafassi

2.1. Données physiques et climatiques

9
La zone de Bandafassi (l2 D33'N, 12D l 7 ' W ) est située à 730 Km au Sud-Est de Dakar, dans la
région de Tambacounda et à une quinzaine de Km de Kédougou (figure 1). Cette zone
appartient à la zone soudano-guinéenne, caractérisée par des précipitations annuelles variant
entre 1200 mm et 1500 mm. La saison des pluies y dure 6 à 7 mois (mai-juin à novembre). La
zone est traversée par le fleuve Gambie sur de vastes surfaces. Le relief est très accidenté avec
des collines et le sous-sol riche en matières premières (calcaire, marbre, or). La transmission y
est généralement saisonnière et longue.

2.2. Données démographiques

La zone Bandafassi compte 10000 habitants regroupés dans 49 villages. La densité de la


population est très faible avec moins de 2,5 habitants/km'. La population est composée
essentiellement de trois ethnies :
* Les Bassaris : Ils représentent 7 % de la population et sont très conservateurs. Ils
habitent dans les villages les plus inaccessibles de la région. Cachés dans les montagnes, on
ne peut souvent les atteindre qu'à pied. Leur langue n'est connue que d'eux seuls. Certains ont
été évangélisés par les missionnaires présents dans la zone depuis 1975. Chasseurs émérites,
ils sont également d'habiles apiculteurs.
* Les Tendas Bédick : Ils constituent 26 % de la population. Animistes de montagne,
ils ont les mêmes rites que les Bassaris. Ils habitent dans les villages perchés sur les
montagnes. Ils vivent de cueillette, de chasse et cultivent le Fonio pendant la saison des
pluies.
* Les peuhls: Musulmans orthodoxes, ils sont à l'origine de l'islamisation des autres
ethnies. Ils représentent 57 % de la population. Leur activité principale reste l'élevage. Ils
s'adonnent également à la culture du maïs, du coton et de l'arachide.
* Les autres ethnies: Elles représentent moins de 10 % de la population. Ce sont les
Coniaguis (très proches des Bassaris et des Tendas Bédick, leurs langues présentent des
similitudes), les Diakhankés, les Malinkés et les Dialonkés.

Même si les communautés s'entendent parfaitement, elles ne se mélangent pas. L'habitat se


compose de cases rondes dont les murs sont en banco et le toit en paille.

10
2.3. Choix des sites d'études

L'approche méthodologique utilisée consistait à effectuer chaque mois un tirage au sort pour
choisir le village d'étude parmi les 49 que compte la zone. Ainsi, de juin 2001 à janvier 2002,
5 villages avaient été tirés au hasard. Ce sont respectivement les villages de Bantata (l2 D40'N,
12D20'W), Etyar (12°33'N, 12D18'W), Sinthroudji Kurunkoto (12°42'N, 12D29'W), Ndebu
(12°31'N, 12D26'W) et Lande Runde (12 D33'N, 12D24'W). Dans chaque village, des cases ont
été sélectionnées avec la complicité du chef de village.
Les appâts humains « captureurs» sont tous originaires du village de Silli (12 D33'N,
12°14'W) situé à 12 Km de Kédougou sur la route de Bandafassi. Ce sont des « captureurs»
qui ont plus de 15 ans d'expérience. Les dormeurs ont été directement choisis dans le village
d'étude.

14· 13' 12'

IvIAURITANIE
16' H

14'

13'

GUINEE

Figure 1 : Carte du Sénégal montrant la localisation des sites d'études

11
2.4. Collecte des données météorologiques

Dans les sites d'études, la température maximale et minimale a été mesurée à l'aide d'lm
thermom ètre mural (MULTI-TIMER SPlRAMIX 5). Un pluviomètre (RlCHARD- PEKL y
NG 5538) a permis de mesurer la pluviométrie.

II. Techniques d'échantillonnage

1. Capture nocturne sur homme

Cette méthode a longtemps été considérée par l'OMS comme la méthode de référence pour
l'échantillonnage des populations anophéliennes agressives vis-à-vis de l'homme. Développée
par KERR (1933) en Afrique de l'Ouest, elle a été améliorée et standardisée par KUMJvl et
NOVIS (1938) en Amérique Latine puis par HADDOW (1954) en Afrique de l'Est. Le
principe est simple, l'homm e sert à la fois d'appât et de « captureur ». Assis sur une chaise et
muni d'une lampe torche, il attrape les moustiques qui se posent sur ses jambes dénudées à
l'aide de tubes individuels ou d'un aspirateur à bouche ou électrique, sans attendre
l'engorgement (figure 2).

Figure 2 : Capture nocturne sur appât humain

12
2. Capture par piège lumineux

Le piège lumineux (figure 3) comporte le plus souvent deux dispositifs principaux:


- Une source lumineuse destinée à attirer les moustiques, soutenue par un ventilateur
qui les pousse vers le récipient collecteur. Plusieurs sources lumineuses peuvent être
utilisées: lampes à vapeur de mercure, à lumière corrigée ou non, à incandescence, à
ultraviolet.
- Un récipient collecteur en tulle moustiquaire qui permet de collecter les
moustiques. L'ensemble du dispositif est alimenté par des accumulateurs généralement
constitués par des batteries rechargeables de 6 volts. La lampe située dans le manchon sous le
ventilateur attire les insectes jusqu'au col de l'appareil. De là, la dépression engendrée par
l'hélice d'un petit ventilateur leur fait franchir la longueur du manchon jusqu'à la nacelle de
tulle. Ils y restent prisonniers sous l'influence du courant d'air.

Figure 3 : Piège lumineux avec un dormeur sous moustiquaire

13
3. Récolte de la faune matinale résiduelle

Cette méthode consiste à récolter tôt le matin les moustiques au repos dans les chambres.
Deux procédés sont généralement utilisés:
- Pulvérisation intradornicilaire de pyrétlrrine et dérivés qui tue les moustiques. Ceux-
ci sont récupérés sur des draps blancs préal ablement étalés sur tout le plancher de la pièce
(figure 4).
- la récolte directe sur les parois intérieures des murs à l'aide d'un aspirateur à bouche
est également possible mais elle exige une grande densité anophélienne.

Figure 4 : Séance de récolte de la faune matinale résiduelle

14
Hl, Matériel de capture

1. Captures sur homme

- Tubes à hémolyse
- Sachets collecteurs
- lampes torches
- Chronomètres
- Coton
- tabourets

2. Piège lumineux

- Cylindres motorisé avec hélice et lampe électrique


- Batteries de 6 volts
- Pilets en tulle moustiquaire ou nasse
- Moustiquaires

3. Faune matinale résiduelle

- Insecticide (Yotox suractivé)


- Draps blancs
- Pinces
- Pots pour recueillir les moustiques

4. Mode opératoire

4.1. Capture sur homme

Les captures nocturnes de moustiques ont été faites par deux équipes de deux captureurs
volontaires formés pour ce travail, travaillant chacun une heure sur deux. Le « captureur »
reste dans l'obscurité, assis et jambes nues, muni d'une lampe torche qu'il allume dès qu'il
perçoit le contact d'un moustique prêt à se gorger. C'est en ce moment qu'il surprend le

1
moustique avec un tube à hémolyse qu'il bouche avec du coton avant de l'introduire dans le
sachet correspondant à l'heure et au lieu de capture.

A Dielmo, trois séances mensuelles de captures sur appâts humains totalisant 6 hommes nuits
mensuels avaient été organisées d'octobre 2001 à janvier 2002, soit un total de 24 hommes
nuits. A Bandafassi, les captures ont été effectuées de juin 2002 à octobre 2002, à raison de 2
séances mensuelles totalisant 4 hommes nuits, soit un total de 20 hommes nuits.

Pour chaque village, les séances de capture ont été effectuées à l'intérieur des chambres
d'habitations, de 19 heures à 7 heures du matin. Les mêmes cases ont été choisies pour toute
la période d'étude, avec cependant une rotation des équipes de capture.

4.2. Pièges lumineux

Les pièges ont été placés à environ 10 à 15 mètres des « captureurs », dans une case voisine,
la réalisation simultanée des deux captures dans une même chambre perturbant les résultats.
Le piège a été placé à 1,50 m du sol, sur le lit et au dessus de la tête du dormeur. Comparables
par le sexe, la taille, le poids et l'âge, les dormeurs, protégés par une moustiquaire, étaient tous
issus du même village. Ils ont été inter-changés à une (l) heure, au milieu de la nuit.

A Dielmo, 3 séances mensuelles de capture aux pièges ont été organisées en même temps que
les captures sur homme, à raison de 4 pièges nuits par séance, soit au total 48 pièges nuits
placés.

A Bandafassi, ce sont 2 séances mensuelles de capture qui ont été simultanément organisées
avec les captures sur homme à raison de 4 pièges nuits par séance, totalisant ainsi 40 pièges
nuits placés.

16
4.3. Faune matinale résiduelle

Après étalement de draps blancs sur toute la surface de la pièce et fermeture de toutes les
issues (portes et fenêtres fermées pour empêcher éventuellement les moustiques de
s'échapper), deux personnes pulvérisent simultanément (l'un à l'intérieur, l'autre à l'extérieur)
une solution de pyréthrine sur les parois intérieures et sur le toit des chambres. Dix Cl 0)
minutes après la pulvérisation, les moustiques tombés sur les draps sont recueillis à l'aide de
pinces souples dans des pots portant la date et le numéro de la pièce.

A Dielmo, 7 chambres mensuelles ont été traitées d'octobre 2001 à janvier 2002 soit un total
de 28 chambres traitées.

A Bandafassi, ce sont 4 chambres mensuelles qui ont été traitées de juin 2002 à octobre 2002,
soit un total de 20 chambres traitées.

5. Traitement des moustiques.

5.1. Traitement sur le terrain

Après chaque séance de capture, les moustiques ont été acheminés au laboratoire où ils ont été
tués au chloroforme, puis identifiés à partir de clés de détermination (DIAGNE et al., 1994).
Les anophèles femelles ont ensuite été dénombrées et classées selon le lieu et l'heure de
capture avant d'être individuellement placées dans des tubes Eppendorf numérotés contenant
du silicage1 et gardées au frais.

5.2. Traitement au laboratoire: détection des anophèles


infectés par la technique ELISA

5.2.1. Principe

Il s'agit de détecter l'antigène circumsporosoïtique (CSP) de Plasmodium humains chez les


moustiques grâce à des anticorps monoclonaux spécifiques d'espèce et de stade. La technique
utilisée est celle de "l'ELISA sandwich" indirecte de BURKOT et al., (1984) modifiée par

17
WIRTZ et al., (1987). Elle consiste à coincer l'antigène circumsporozoïtique (CSP) entre un
anticorps monoclonal de capture anti-CSP (fixé sur les parois de la plaque) et un autre
anticorps monoclonal anti-CSP conjugué à la peroxydase (figure 5). L'identification est faite
en deux phases. La première est un "screen" qui permet d'identifier les moustiques infectés
sans tenir compte de l'espèce plasmodiale. La seconde est monospécifique et permet de
confmner l'infestation et d'identifier l'espèce plasmodiale en cause.

Substrat de la peroxydase

M - - - - - - - - Anticorps monoclonal
conjugué a la peroxydase

Protéine circumsporozoïtique

Anticorps monoclonal
de capture

Puits (support polystyrène)

Figure 5: Principe de l'ELISA sandwich

18
5. 2.2. Réactifs ELISA

• Reconstitution du PBS
Mettre 10 pastilles PBS dans un litre d'eau puis agiter pendant 10 minutes

• Reconstitution du tampon de broyage BB


Dans un litre PBS, ajouter
* 5 g de Caséine (Sigma C 5890)
* 0,1 g de Thiomérosal (Sigma T 5125)
* 0,04 g de Phenol red (Sigma P 4758)
* 10 g de BSA (Sigma A 7905)
Agiter pendant 2 heures et conserver à 4 0 C

• Reconstitution du TWEEN 20
Mettre 500!l1 de Tween 20 (Sigma P 1379) dans 1 litre PBS puis agiter

• Reconstitution des anticorps monoclonaux (ACm)


Milieu de reconstitution: 1/2 volume H20 + 1/2 volume Glycérol (Sigma G 9012)
0.5 mg ACm + 1 ml de mileu de reconstitution
0,5 mg ACm + 0,5 ml de milieu de reconstitution

• Quantité d'ACm de capture


Sensibilisation pour 1 plaque
[Link] 20!l1/ 5ml PBS
P. malariae 40 !ll/ 5ml PBS

• Quantité d'ACm conjugué à la peroxydase


Révélation pour une plaque
Pi falciparum lO!ll / 5ml BB
P. malariae 10 ul / 5ml BB

19
• Préparation du substrat Peroxydase
Préparation du Tampon Citrate pH 4
Dissoudre 4,48 g d'hydroxyde de sodium (Réf. VWR 28244.295) dans 200ml
d'eau bidistillée.
Puis ajouter Il,77 g d'Acide citrique (Réf. VWR 20275.298) dans cette solution
Ajouter 400ml d'eau bidistillée.
Ajuster le pH à4 avec de l'Acide Chloridrique 1 N.
Compléter à 1 litre avec de l'eau bidistillée.
Conservation au frigo.
Préparation du substrat pour 3 plaques
5 mg d'Ortho-tolidine (Sigma T 3501) dans 0,25 ml de N, N-diméthyl fonnamide
(Sigma D 4254), conserver à l'abri de la lumière.
Ajouter 30 ml de Tampon Citrate.
Ajouter 4 III de H202 à 30%.

5. 2.3. Mode opératoire

• ELISA Screen

Préparation des moustiques à tester.


- Séparer les têtes thorax des moustiques et les mettre dans de nouveaux tubes numérotés.
- Mettre 20lll de NP 40 dans chaque tube puis laisser incuber sur la paillasse pendant au
moins 1 heure.
- Broyer les moustiques à tester dans 2 fois 190 III de BB puis conserver les suspensions au
congélateur.

Sensibilisation des plaques avec les anticorps monoclonaux de capture.


-Préparer les fiches conformément à la figure 6.
- Mettre 100 III du mélange « screen» dans chaque puits. Laisser incuber la nuit sur la
paillasse.

20
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
A
B

D
E

G
H

Colonne 1, puits H 10 et H 12 = témoins négatifs; Puits H 11 = témoin positif

Figure 6: Schéma d'une plaque ELISA CSP

- Vider les plaques sans les laver.


- Ajouter 250 III de BB dans les puits afm de saturer les sites non occupés par les anticorps
anti-CSP de capture puis laisser incuber 1h sur la paillasse.
- Vider les plaques sans laver.

Cottage des plaques par les broyats de moustiques.

- Mettre 50 III de broyat de moustique par puits à raison d'un moustique par puits. Pour les
témoins positifs, ajouter 50 III d'une solution d'antigène CSP synthétique. Pour les témoins
négatifs, mettre 50 III de BB par puits.
- Laisser incuber pendant 2 h sur la paillasse.
- Laver 2 fois au PBS /Twen 20.
- Mettre 100 III du mélange d'anticorps conjugués dans chaque puits et laisser incuber sur la
paillasse pendant 1 h.
- Laver 4 fois au PBS / Tween 20.
- Mettre 100 III de substrat peroxydase dans chaque puits et laisser incuber à l'obscurité
pendant 30 mn.

21
- Ajouter 50 ,.11 d'acide sulfurique 4N pour arrêter la réaction enzymatique.
- Lire les résultats au spectrophotomètre à 450 nID.

• ELISA monospécifique

Pour tous les moustiques positifs en screen, la détermination de l'espèce plasmodiale a été
faite pour P. falciparum et P. malariae. Ainsi, pour chaque moustique infecté, 2 plaques de
détermination plasmodiale (une plaque réservée à P. falciparum et une autre réservée à P.
malariae) ont été établies. Les plaques ont été sensibilisées avec l'anticorps de capture de
l'espèce recherchée et cotée avec 50JlI de broyats de chaque moustique positifs en « screen ».
Pour le reste de la manipulation, on procède de la même manière que pour l'ELISA «
screen ».

5.2.4. Seuil de positivité

Sont considérés comme positifs en «screen» comme en ELISA mono spécifique, les
échantillons dont la densité optique est supérieure à 2 fois la moyenne de la densité optique
des témoins négatifs.

6. Analyse des résultats

Toutes les références des moustiques ainsi que les résultats des différentes analyses ont été
saisis dans une base de données. Les taux d'agressivité, d'infestation ainsi que les densités au
repos ont été calculés en utilisant les méthodes standard décrites (FONTENILLE et al.,1997a,
1997b, LEMASSON et al., 1997). Les tests d'homogénéité des pourcentages ont été effectués
par le test classique du -l et le seuil de signification fixé à 0,05.

22
Chapitre III : RESULTATS

23
1. Données météorologiques

1.1. Pluviométrie

A Dielmo, la pluviométrie moyenne en 2001, année de l'étude, a été de 798 mm ainsi


répartis: 54,7 mm en juin; 235,1 mm en juillet; 163 mm en août; 313,8 mm en septembre et
31,4mm en octobre.
A Bandafassi, la pluviométrie moyenne en 2002, année de l'étude, a été de 1959,6 mm
répartis comme suit: mai = 18,2 mm ; juin =109,9 mm; juillet = 256 mm; août = 341,6 mm ;
septembre = 172 mm: octobre = 127,4 mm; novembre = 34,4 mm

1.2. Températures moyennes

A Dielmo, la température moyenne annuelle a été de 26°e avec des maxima en début et en fin
de saison sèche (novembre, juin) et des minima en milieu de saison sèche (décembre, janvier,
février).
A Bandafassi, la température moyenne annuelle a été de 28,96°C. L'amplitude thermique est
de 20 0 e avec des températures maximales de 35°e et 30 0 e en juin et octobre et des
températures minimales de 15°e et 25°e en décembre-janvier et août.

2. Données entomologiques

2.1. Richesse anophélienne comparée

A Dielmo, 3 (An. gambiae s.l., An. funestus et An. pharoensis), 5 (An. gambiae s.l., An.
funestus, An. ziemani, An. pharoensis, et An. rufipes) et 2 (An. gambiae [Link] An. fùnestus)
espèces anophéliennes ont été respectivement capturés sur homme, dans les pièges lumineux
et en faune matinale résiduelle.
A Bandafassi, ce sont 6 (An. gambiae s.l., An. funestus, An. coustani, An. domicola, An. nili et
An. ziemanîï, 9 (An. gambiae s.l., An. funestus, An. coustani, An. domicola, An. nili , An.
ziemani, An. pharoensis, An. paludis et An. rujipes) et 4 (An. gambiae s.l., An. funestus, An.

24
nili et An. rufipes) espèces anophéliennes qui ont été respectivement capturées sur homme,
dans les pièges lumineux et en faune matinale résiduelle.

2.2. Abondance spécifique

2.2.1. Résultats globaux.


• Dielmo
D'octobre 2001 à janvier 2002, 909 anophèles femelles ont été capturées sur homme (ARN),
2212 en pièges lumineux (PL) et 543 en faune matinale résiduelle (FMR) soit un total de 3664
anophèles femelles collectées par les 3 méthodes de capture (tableau 1).

• Bandafassi
De juin 2002 à octobre 2003, 1881 anophèles femelles ont été capturées sur homme, 2257 en
piège lumineux et 488 en faune matinale (tableau 1) soit un total de 4626 anophèles femelles
collectées par les 3 méthodes.

2.2.2. An. gambiae s.l.

A Dielmo, An. gambiae s.l a représenté 20,8 % des 3664 anophèles collectés (toutes
méthodes confondues). Il a représenté respectivement 25,6% (n = 909); 15,2% (n = 2212) et
35,4 % (n = 543) des anophèles capturés sur appâts humains (ARN), dans les pièges lumineux
(PL) et dans les récoltes de la faune matinale résiduelle (FMR).

A Bandafassi, An. gambiae s.l. a représenté 85,6 % des 4626 anophèles femelles collectées.
La proportion d'An. gambiae s.l dans les AHN, PL et la FMR a été respectivement de 84,7%
(n = 1881), 87,1% (n = 2257) et 82,9% (n = 488).

2.2.3. An. funestus

An. funestus a représenté respectivement 74,3 % et 3,2 % des anophèles capturés sur homme à
Dielmo et à Bandafassi. Pour les pièges lumineux, les proportions correspondantes ont été
respectivement de 84,7 % et 6,9 % à Dielmo et à Bandafassi. La proportion d'An. funestus
dans les récoltes de la FMR a été respectivement de 64,7% et 8,9% à Dielmo et à Bandafassi.

25
2.2.4. An. nili

An. nili n'a été capturé qu'à Bandafassi où il a représenté en moyenne 3,7 % des collectes,
avec Il,9% des captures sur appâts humains, 3,4% des collectes des pièges lumineux et 2,1%
des récoltes de la FMR. Les autres espèces anophéliennes rencontrées étaient très faiblement
représentées dans les collectes à la fois à Bandafassi (2,1%) et à Dielmo (0,1 %).

En somme, l'abondance spécifique a varié selon la méthode et la localité de collecte des


anophèles. An. funestus (qui a prédominé dans les collectes de Dielmo) et An. gambiae s.l.
(qui a été l'espèce anophélienne prédominante dans celles de Bandafassi) ont été les plus
abondants. Les autres espèces d'anophèles ont été faiblement représentées dans les captures.

Tableau 1 :
Richesse et abondance spécifiques selon la localité et la méthode de collecte des anophèles.

DIELMO BANDAFASSI

AHN PL FMR Total AHN PL FMR Total

Total collecté 909 2212 543 3664 1881 2257 488 4626

% An. gambiae s.l. 25,6 15,2 35,4 20,8 84,7 87,1 82,9 85,6

% An. funestus 74,3 84,8 64,6 79,1 3,18 6,8 8,8 5,7

% An. nili 0 0 0 0 11,8 3,4 2,05 6,7

% An. ziemani 0 0,04 0 0,02 0,2 2,4 0 1,2

% An. coustani 0 0 0 0 0,05 0,04 0 0,04

% An. domicola 0 0 0 0 0,05 0,04 0 0,04

% An. pharaonsis 0,1 0,04 0 0,04 0 0,04 0 0,02

% An. rufipes 0 0,04 0 0,02 0 0,04 6,79 0,7

% An. paludis 0 0 0 0 0 0,04 0 0,02

26
3. Fréquence anopbéIienne.

La fréquence F est le rapport P/p dans lequel P est le nombre de relevés dans lesquels une
espèce X est présente et p le nombre total de relevés. Chaque poste de captureurs, chaque
piège et chaque case traitée est considéré comme étant une capture. Elle pennet de subdiviser
un peuplement d'espèces en : espèces très communes (F ~ 50%), espèces communes (25% ~

F:s 50%), espèces rares (1O%:S F ~ 25%) et espèces accidentelles ou très rares (F< 10%)
An. gambiae s.l. et An. funestus ont été très fréquents dans les collectes des 3 méthodes de
capture aussi bien à Dielmo qu'à Bandafassi (Tableau 2).
Très commun dans les captures sur homme et dans les collectes des pièges lumineux, An. nili
est par contre moins fréquent dans les récoltes de la faune matinale résiduelle.
Les autres espèces anophéliennes on été très rares dans les collectes des 3 méthodes de
captures aussi bien à Dielmo qu'à Bandafassi.

Tableau: 2
Fréquence des espèces anophéliennes en fonction de la méthode de capture et de la localité

FREQUENCES
DIELMO BANDAFASSI
ADN PL FMR AHN PL FMR
% An. gambiae si 95,8% 87,5% 92,8% 100% 100% 100%

% An. funestus 83,3% 100% 89,3% 90% 100% 95%

% An. nili 0% 0% 0% 60% 55% 25%

% An. ziemani 0% 4,1% 0% 15% 23,5% 0%

% A n. coustani 0% 0% 0% 5% 2,5% 0%

% An. domicola 0% 0% 0% 0% 2,5% 0%

% An. pharaonsis 4,1% 2% 0% 0% 2,5% 0%

% An. rujipes 0% 6,25% 0% 0% 5% 1%

% An. paludis 0% 0% 0% 0% 2,5% 0%

27
4. Densités comparées selon la méthode de capture

4.1. Densités anophéliennes moyennes à Dielmo

Pour les 24 hommes-nuits de capture, les 48 pièges-nuits placés et les 28 chambres traitées à
Dielmo, la densité agressive moyenne, le nombre moyen d'anophèles femelles par piège-nuit
et par chambre traitée ont été respectivement de 37,9 piqûres par homme-nuit (PHN), 46,1
femelles par piège-nuit (FPN) et de 17,0 femelles au repos par chambre traitée (FRC).

Les pièges lumineux et les récoltes de la faune matinale résiduelle ont respectivement
présenté les plus fortes et les plus faibles densités. Les ratios des densités moyennes PL/ARN,
PLIFMR et AHNIFMR ont été respectivement de 1,22, 2,72 et 2,23.

Le nombre maximum de femelles par piège-nuit et par homme-nuit, respectivement de 83,0


FPN et 65,4 PlIN, ont été notés en janvier tandis que le nombre maximum de femelles au
repos par chambre, 27,8 FRC, l'a été en octobre (figure 4).

-,
uu,
60
zc,
u,
40
Z
::I:
c,
20

0
octobre novembre decembre janvier
mois

Figure 4
Variations mensuelles du nombre moyen d'anophèles femelles par homme-nuit (AHN), par piège-

nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Dielmo, octobre 2001-janvier 2002, 24 hommes-nuits, 48

pièges-nuits de capture et 28 chambres traités.

28
4. 2. Densité anophélienne moyenne à Bandafassi

A Bandafassi, la densité agressive moyenne, le nombre moyen d'anophèles femelles par


piège-nuit et par chambre traitée ont été respectivement de 94,5 PHN (20 hommes-nuits), 56,4
FPN (40 pièges-nuits placés) et de 12,15 FRC (20 chambres traitées).

Les captures sur homme et les récoltes de la faune matinale résiduelle ont respectivement
présenté les plus fortes et les plus faibles densités. Les ratios des densités moyennes PLiAHN,
PLIFMR et AHNIFMR ont été respectivement de 0,60, 4,60 et 7,75.

Le nombre maximum de femelles par homme-nuit et par piège-nuit, respectivement de 164,0


PHN et 130,12 FPN, ont été notés en Août tandis que le nombre maximum de femelles au
repos par chambre, 18,4 FRC, a été noté en juillet (figure 5).

@AHN
.PL
-"-)
U DFMR
LL

zc...
LL

Z
l
c... 40
20
o
juin juillet août septembre octobre
mois

Figure 5
Variations mensuelles du nombre moyen d'anophèles femelles par homme-nuit (AHN), par piège-

nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Bandafassi, juin -octobre 2002, 20 hommes-nuits, 40

pièges-nuits de capture et 20 chambres traités.

29
4.3. Densité par espèce anophélienne à Dielmo

4-3-1 An. gambiae s.l.

Le nombre moyen de femelles d'An. gambiae s.1. par homme-nuit, par piège-nuit et par
chambre traitée a été respectivement de 9,7 PHN , 7,0 FPN et de 6,0 FRC.

Maximales en octobre, les densités d'An. gambiae s.l ont drastiquement diminué dès le mois
de novembre. Pour tous les mois étudiés, le nombre de femelles d'An. gambiae s.l. capturées a
été relativement plus important sur homme et plus faible dans les collectes de la faune
matinale résiduelle (figure 6).

25

...., 20
U I3AHN
u,
15 .PL
Z
0..
u,
DFMR
10
Z
l
0..
5

0
octobre novembre decembre janvier

mois

Figure 6
Variations mensuelles du nombre moyen de femelles d'An. gambiae s.l. par homme-nuit (AHN), par

piège-nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Dielmo, octobre 2001-janvier 2002, 24 hommes-

nuits, 48 pièges-nuits de capture et 28 chambres traités.

Le ratio des densités moyennes AHNfPL, AHNIFMR et PLIFMR a été respecti vement de 1,4,
1,6 et ],2. Le ratio Al-IN/PL a été de 1,2, 1,2, 1,3 et 1,7 respectivement en octobre, novembre,

30
décembre 2001 et janvier 2002. Les valeurs correspondantes ont été de 1,3, 1,3, 2,4 et 6,8
pour le ratio AHNIFMR et de 1,1, 1,1, 1,9 et 4,0 pour le ratio PLIFMR (tableau 3). Les ratios
de densités, relativement plus élevés en décembre et surtout en janvier, varient ainsi dans le
temps.

Tableau 3
Variation mensuelle des ratios des densités moyennes d'An. gambiae s.l. et d'An. funestus à

Dielmo. Octobtre 200l-Janvier 2002.

An. gambiae s.l. An. funestus


MOIS AHNIPL AHNIFMR PLIFMR AHNIPL AHNIFMR PLIFMR
octobre 1,2 1,3 1,1 0,44 0,74 1,67
novembre 1,2 1,3 1,1 0,95 2,28 2,39
décembre 1,3 2,4 1,9 0,73 2,52 3,45
janvier 1,7 6,8 4 0,76 4,12 5,46

4-3-2 An. funestus

Le nombre moyen de femelles d'[Link] par homme-nuit, par piège-nuit et par chambre
traitée a été respectivement de 28,1 PHN, 39,0 FPN et de 11,1 FRC. Il a régulièrement
augmenté pour atteindre en janvier un maximum de 60,2 Plll~, 79,7 FPN et 14,6 FRC.
Pour tous les mois étudiés, le nombre de femelles d'[Link] capturées a été relativement
plus important pour l'association piège lumineux! donneur et plus faible dans les collectes de
la faune matinale résiduelle (figure 7).

31
-. 60 cAHN
u
u, .PL
DFMR
z 40
0..
U.

20
z
l
0..

0
octobre novembre decembre janv ier
mois

Figure 7
Variations mensuelles du nombre moyen de femelles d'An. funestus par homme-nuit (AHN), par

piège-nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Dielmo, octobre 2001-janvier 2002, 24 hommes-

nuits, 48 pièges-nuits de capture et 28 chambres traités

Le ratio des densités moyennes AHN/PL, AHN/FMR et PL/FMR a été respecti vement de 0,7,
2,25 et 3,11. Le ratio AHN/PL a été de 0,44, 0,95, 0,73 et 0,76 respectivement en octobre,
novembre, décembre 2001 et janvier 2002. Les valeurs correspondantes ont été de 0,74, 2,28,
2,52 et 4,12 pour le ratio AHN/FMR et de 1,67, 2,39, 3,45 et 5,46 pour le ratio PL/FMR
(tableau 3). Comme pour An. gambiae s.l., il a été noté une variation mensuelle des ratios de
densités d'[Link] obtenues avec les différentes méthodes d'échantillonnage.

32
4.4. Densité par espèce anophélienne à Bandafassi

4-4-1 An. gambiae s.l.

Le nombre moyen de femelles d'An. gambiae s.l. par homme-nuit, par piège-nuit et par
chambre traitée a été respectivement de 76,7 PHN, 49,2 FPN et de 10,0 FRC.

Maximales en août, les densités d'An. gambiae s.l. ont nettement diminué dès le mois de
septembre. A l'instar de Dielmo, le nombre de femelles d'An. gambia e s.l. capturées a été
plus important sur homme et plus faible dans les collectes de la faune matinale résiduelle
(figure 8).

.....,
U
u,

Z
a,
u, 80

Z
I 40
oc:{

0
j u in août octobre
mois

Figure 8 :
Variations mensuelles du nombre moyen de femelles d'An. gambiae s.l.. par homme-nuit (AHN),

par piège-nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Bandafassi, novembre 2001- octobre 2002, 20

hommes-nuits, 40 pièges-nuits de capture et 20 chambres traités.

Le ratio des densités moyennes AI-INIPL, AHN/FMR et PLlFMR a été respectivement de 1,6,
7,7 et 4,9. Le ratio AHNIPL a été de 2,7, 2,3, 1,4, 1,3 et 6,4 respectivement en juin, juillet,
août, septembre et octobre 2002. Les valeurs correspondantes ont été de 9,3, 8,6, 9,0,4,4 et 9,3
pour le ratio AHN/FMR et de 3,4, 3,8, 6,6, 3,5 et 1,5 pour le ratio PL/FMR (tableau 4). Il
existe donc une variation temporelle des ratios de densités.

33
4-4-2 [Link]

Le nombre moyen de femelles d'An. funestus par homme-nuit, par piège-nuit et par chambre
traitée a été respectivement de 3,0 PHN, 3,87 FPN et de 1,07 FRC. Il a progressivement
augmenté pour atteindre en août un maximum de 5,5 PHN, 10,1 FPN et 1,8 FRC (figure 9).
Comme observé à Dielmo, pour tous les mois étudiés, le nombre de femelles d'An. funestus
capturées a été relativement plus important pour l'association piège lumineux/donneur et plus
faible dans les collectes de la faune matinale résiduelle.

12
,
u
u,
10 IJAHN
.PL
8
DFMR
z
a,
u, 6

4
z
:r:
<{ 2

0
juin août octobre
mois

Figure 9
Variations mensuelles du nombre moyen de femelles d'An. funestus par homme-nuit (AHN), par

piège-nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Bandafassi, novembre 2001- octobre 2002, 20

hommes-nuits, 40 pièges-nuits de capture et 20 chambres traités.

Le ratio des densités moyennes AHNfPL, AHNIFMR et PLIFMR a été respectivement de 0,8,
2,8 et 3,6. Le ratio AHNfPL a été de 0,25, 0,55, 0,54, 0,67 et 0,96 respectivement en juin,
juillet, août, septembre et octobre 2002. Les valeurs correspondantes ont été de 0,30, 2,33,
3,06 et 3,50 et 3,00 pour le ratio AHNIFMR et de 1,14, 4,25, 5,62, 5,25 et 3,11 pour le ratio
PLIFMR (tableau 4).
Les ratios de densités d'[Link] obtenus avec les différentes méthodes d'échantillonnage
ont donc varié en fonction du mois de collecte.

34
Tableau 4 :
Variation mensuelle des ratios des densités moyennes d'An. gambiae s.1. et d'An. funestus à

Bandafassi, juin -octobre 2002.

DIELMO BANDAFASSI

MOIS AHNIPL AHNIFMR PLIFMR AHNIPL AHNIFMR PLIFMR

juin 2,7 9,3 3,4 0,25 0,30 1,14


juillet 2,3 8,6 3,8 0,55 2,33 4,25
août 1,4 9,0 6,6 0,54 3,06 5,62

septembre 1,3 4,4 3,5 0,67 3,50 5,25


octobre 6,4 9,3 1,5 0,96 3,00 3,11

4-4-3 An. nUi

Le nombre moyen de femelles d'An. nili par homme-nuit, par piège-nuit et par chambre
traitée a été respectivement de Il,2 PHN, 1,95 FPN et de 0,25 FRC. Les femelles d'An. nili
n'ont été capturées qu'à partir du mois d'août et les densités maximales, 32,5 PHN, 6,75 FPN
et 0,6 FRe, ont été notées en septembre. Comme pour An. gambiae s.l., il a été capturé plus
de femelles d'An. nili sur homme qu'avec les deux autres méthodes d'échantillonnage.

Le ratio des densités moyennes AHN/PL, AHNIFMR et PLIFMR a été respectivement de


5,7; 44,8 et 7,8. Le ratio AHN/PL a été de 13,0; 4,81 et 6,14, respectivement en août,
septembre et octobre 2002. Aucune femelle d'An. nili n'ayant été récoltée en faune matinale
résiduelle en octobre, le ratio AHNIFMR a été de 19,5 et 51,6 respectivement en août et
septembre 2002. Pour le ratio PLIFMR, les valeurs correspondantes ont été de 1,50 et 10,71.

35
.,
uu..
2S DAHN
.PL
Z DFMR
0-
u..
1S

Z 10
J:
« S

0
juin juillet août septembre octobre
mois

Figure 10
Variations mensuelles du nombre moyen de femelles d'An. nili par homme-nuit (AHN), par piège-

nuit (PL) et par chambre traitée (FMR), Bandafassi, novembre 2001- octobre 2002, 20 hommes-

nuits , 40 pièges-nuits de capture et 20 chambres traités.

Au total, dans les deux zones bio-climatiques étudiées, les collectes de la faune matinale
résiduelle, comparativement aux deux autres méthodes, ont constamment présenté le plus
faible rendement. Si à Dielmo les densités anophéliennes moyennes ont été plus importantes
avec la combinaison piège lumineux/dormeur, à Bandafassi par contre, il a été capturé en
moyenne plus d'anophèles sur homme que dans les pièges. A Dielmo comme à Bandafassi, le
nombre de femelles d'An. gambiae s.l. capturées a été plus important sur homme qu'avec les
deux autres méthodes d'échantillonnage. Il a également été capturé plus de femelles d'An. nili
sur homme qu'avec les deux autres méthodes de collectes. Pour An. funestus par contre, la
combinaison piège lumineux/donneur a donné le meilleur rendement tant à Dielmo qu 'à
Bandafassi .

36
5. Taux d'infestation

Plasmodium falciparum a été la seule espèce plasmodiale identifiée chez les femelles
infectées.

5.1. Taux d'infestation à Dielmo

5.1.1. Taux moyens d'infestation


Au total, les têtes et thorax de 3664 anophèles femelles ont été testées en ELISA CSP pour la
recherche de l'antigène circwnsporozoïtique (Tableau 5) qui a été trouvé chez 76 d'entre
elles, soit un indice circumsporozoïtique (lCSP) moyen de 2,07 %. L 'ICSP a été
respectivement de 1,32%,2,21% et 2,76% pour les anophèles femelles capturées de nuit sur
homme, avec les pièges lumineux et récoltées au repos dans les habitations (X2 = 5,04; P =
0,08). L'ICSP a varié selon les espèces anophéliennes.

Tableau 5
Taux moyend'infestation des femelles d'anophèles capturées de nuit sur homme(24 hommes-

nuits), avec des pièges lumineux (48 pièges-nuits placés) et récoltées au repos dans les

habitations (28 chambres traitées), Dielmo, octobre 2001-janvier 2002.

DIELMO
Méthode de capture Testés Positif ICSP
AHN 909 12 1,32 %
PL 2212 49 2,21 %
FMR 543 15 2,76 %
Total 3664 76 2,07%

37
5.1.2. Taux d'infestation d'An. gambiae s.l.

Des 761 femelles d'An. gambiae s.l. testées, 22 ont été trouvées porteuses de l'antigène CSP,
soit un ICSP moyen de 2,9% (Tableau 6). Ce dernier a été de 0,85% (233 femelles testées),
4,46 % (336 femelles testées) et 2,6% (192 femelles testées) respectivement pour les femelles
capturées sur homme, avec les pièges lumineux et les femelles endophiles trouvées dans les
habitations humaines (Tableau 6). Comparable entre femelles endophiles et femelles
capturées avec les pièges lumineux, l'ICSP a été significativement plus faible pour les
femelles capturées sur homme (l = 6,45 ; p = 0,039).

Tableau 6
Taux d'infestation des femelles d'An. gambiae s.l. en fonction de la méthode de capture, Dielmo,
octobre 2oo1-janvier 2002.

DIELMO
Méthode de capture Testés Positif ICSP
AHN 233 2 0,85%
PL 336 15 4,46%
FMR 192 5 2,6%
Total 761 22 2,9%

5.1.3. Taux d'infestation d'[Link]/us

Des 2899 femelles d'An. funestus testées, 54 ont été trouvées porteuses de l'antigène CSP,
soit un ICSP moyen de 1,86 % (Tableau 7). L'ICSP a été de 1,48% (675 femelles testées),
1,81 % (1873 femelles testées) et 2,84% (351 femelles testées) respectivement pour les
femelles capturées sur homme, avec les pièges lumineux et les femelles endophiles. Le taux
d'infection des femelles d'An. funestus a été comparable entre les 3 méthodes
d'échantillonnage (x2 = 1,95 ; P = 0,37)

38
Tableau 7
Taux d'infestation des femelles d'An. funestus en fonction de la méthode de capture, Dielmo,
octobre 2001-janvier 2002.

DIELMO
Méthode de capture Testés Positif ICSP
AHN 675 10 1,48%
PL 1873 34 1,81%
FMR 351 10 2,84%)
Total 2899 54 1,86%

La comparaison des taux d'infestation des différentes espèces anophéliennes montre qu'il y'a
pas eu de différence significative entre l'ICSP moyen d'An. gambiae s.l. (2,89%) et celui
d'[Link] (1,86%) (X2 = 3,16; p = 0,07).

5. 2. Taux d'infestation à Bandafassi

5.2.1. Taux moyen d'infestation

Sur 4624 femelles anophèles testées en ELISA CSP (captures sur homme: 1881 ; Pièges
lumineux: 2257; Faune matinale résiduelle: 486), 197 ont été trouvées porteuses de
l'antigène circumsporosoïtique (captures sur homme: 74; Pièges lumineux: 92; Faune
matinale résiduelle: 30), soit un ICSP moyen de 4,26% et des ICSP respectifs de 3,93 % ;
4,12 % et 6,58 % pour les captures sur homme, les collectes des pièges lumineux et les
récoltes de la faune matinale résiduelle (tableau 8). Les différences entre les taux moyens
d'infection n'ont pas été significatives (X 2 = 4,96 ; p = 0,08).

39
Tableau 8
Taux moyen d'infestation des femelles d'anophèles capturées de nuit sur homme(20 hommes-
nuits), avec des pièges lumineux (40 pièges-nuits placés) et récoltées au repos dans les
habitations (20 chambres traitées), Bandafassi, juin - octobre 2002.

BANDAFASSI
Méthode de capture Testés Positif ICSP
AHN 1881 74 3,93%
PL 2257 93 4,12%
FMR 486 30 6,58%
Total 4624 197 4,26%

5.2.2. Taux d'infestation d'An. gambiae s.l.

Sur 4624 femelles d'An. gambiae s.l. testées en ELISA CSP (captures sur homme: 1881 ;
Pièges lumineux: 2257; Faune matinale résiduelle: 486), 173 ont été trouvées porteuses de
l'antigène circumsporosoïtique (captures sur homme: 67; Pièges lumineux: 79; Faune
matinale résiduelle: 27), soit un ICSP moyen de 4,36 % et des ICSP respectifs de 4,20 % ;
4,01 % et 6,69 % pour les captures sur homme, les collectes des pièges lumineux et les
récoltes de la faune matinale résiduelle (tableau 9). Contrairement à Dielmo, le taux
d'infection des femelles d'An. gambiae s.l. a été comparable entre les 3 méthodes
d'échantillonnage (x2 = 5,92; P = 0,05).

Tableau 9
Taux d'infestation d'An. gambiaes./. en fonction des méthodes de capture à Bandafassi

BANDAFASSI
Méthode de capture Testés Positif ICSP
ADN 1881 67 4,20%
PL 2257 79 4,01%
FMR 486 27 6,99%
Total 4624 173 4,36%

40
5.2.3. Taux d'infestation d'[Link]

Des 258 femelles d'An. funestus testés en ELISA CSP (captures sur homme: 60; Pièges
lumineux: 155 ; Faune matinale résiduelle: 43), 14 ont été trouvées porteuses de l'antigène
circumsporosoïtique (captures sur homme: 3; Pièges lumineux: 9; Faune matinale
résiduelle: 2), soit un ICSP moyen de 5,42 % et des ICSP respectifs de 5,00 % ; 5,80% et
4,65% pour les captures sur homme, les collectes des pièges lumineux et les récoltes de la
faune matinale résiduelle (tableau 10). Comme à Dielmo, le taux d'infection des femelles
d'[Link] a été comparable entre les 3 méthodes d'échantillonnage (x2 = 0,15 ; P = 0,92).

Tableau 10
Taux d'infestation d'An. funestus en fonction des méthodes de capture à Bandafassi, juin-
octobre 2002.

BANDAFASSI
Méthode de capture Testés Positif ICSP
AHN 60 3 5%
PL 155 9 5,80%
FMR 43 2 4,65%
Total 258 14 5,42%

5.2.4. Taux d'infestation d'An. nili

Des 310 femelles d'An. nili testées en ELISA CSP (captures sur homme: 223; Pièges
lumineux: 77; Faune matinale résiduelle: 10), 9 ont été trouvées porteuses de l'antigène
circumsporosoïtique (captures sur homme: 4; Pièges lumineux: 4; Faune matinale
résiduelle: 1), soit un ICSP moyen de 2,90 % et des ICSP respectifs de 1,79 %; 5,19% et
10,00% pour les captures sur homme, les collectes des pièges lumineux et les récoltes de la
faune matinale résiduelle (tableau Il). Le taux d'infection des femelles d'An. nili a été
comparable entre les 3 méthodes d'échantillonnage (X2 = 4,19; p = 0,12).

41
Tableau Il
Taux d'infestation d'An. ni/i en fonction des méthodes de capture à Bandafassi.

BANDAFASSI
Méthode de capture Testés Positif ICSP

AHN 223 4 1,79 %


PL 77 4 5,19 %
FMR 10 1 10%
Total 310 9 2,9 %

Les différences entre les ICSP moyens d'An. gambiae s.l., d'An ..funestus et d'An. nili, n'ont
pas été significatives (X2= 2,52 ; p = 0,28).

42
Chapitre 10/ : 1J1SCVSS10fJ{.

43
1. Richesse anophélienne

Pour chacune des méthodes de capture utilisée, il a été collecté plus d'espèces anophéliennes
à Bandafassi qu'à Dielmo mais dans les deux localités, la richesse anophélienne a été plus
importante avec les pièges lumineux. La différence du peuplement anophélien entre les deux
localités est bien connue et a été prise en compte dans l'étude. En effet, en dehors d'An.
gambiae s.l. et d'An. funestus, quelques rares espèces anophélennes ont été signalées à
Dielmo (KONATE, 1991; DIAGNE, 1992; SOKHNA, 1994; FAYE, 1995). Par contre, la
diversité écologique de la zone de Bandafassi où il a été noté 17 (DIALLO, 1995) des 20
espèces anophéliennes signalées au Sénégal (DIAGNE et al., 1994), est favorable au
développement des larves d'anophèles (DIA et al, 2003). De manière générale, la richesse
anophélienne augmente du nord au sud du Sénégal, en rapport avec le climat, notamment ses
variantes précipitations, humidité relative et température moyenne qui peuvent influencer la
diversité faunistique. Les résultats obtenus confirment que le peuplement anophélien varie en
fonction de la méthode de capture. En raison de la collecte des principaux vecteurs de
Plasmodium (An. gambiae s.l., An. funestus et An. niliï par chacune d'entre elles, les 3
méthodes peuvent être utilisées dans les études de transmission anophélienne pour les sites
étudiés.
Dans la littérature, nous avons trouvé très peu d'étude relatives à la comparaison des 3
méthodes de capture. Les comparaisons ont souvent été faites entre captures sur homme et
faunes matinales résiduelles ou capture sur homme et pièges lumineux simples (CDC) sans
dormeur sous moustiquaire. Déjà en Octobre 1968, une étude conduite par COZ et al à
Somoussou (dans l'ancienne Haute-Volta) avait montré que les pièges lumineux étaient très
utilisables en faunistique, parce qu'ils permettaient la capture d'une grande variété d'espèces
anophéliennes, dont celles qui jouaient un rôle majeur dans la transmission du paludisme. Ces
conclusions ont été confirmées par les études ultérieures dans l'ancienne Haute-
Volta (VERVENT & COZ, 1969; COZ et al., 1971), au Congo (CARNAVALE & LE
PONT, 1973) et sont en accord avec nos observations.

44
2. densité anophélienne

A Die1mo comme à Bandafassi, l'étude a montré que le rendement anophélien moyen ainsi
que les rendements par espèce ont été plus faibles dans les récoltes de la faune matinale
résiduelle. Cela pourrait être dû à la dispersion et à l'échappement des moustiques par les
nombreuses ouvertures pendant la séance de pulvérisation ou à la suite de l'utilisation de
fumigène dans les chambres qui est une pratique courante.
Si à Dielmo les densités anophéliennes moyennes ont été plus importantes avec la
combinaison piège lumineux/dormeur, à Bandafassi par contre, il a été capturé en moyenne
plus d'anophèles sur homme que dans les pièges. A Dielmo comme à Bandafassi, le nombre
de femelles d'An. gambiae s.l. capturées a été plus important sur homme qu'avec les deux
autres méthodes d'échantillonnage. Il a également été capturé plus de femelles d'An. nili sur
homme qu'avec les deux autres méthodes de collectes. Pour An. funestus par contre, la
combinaison piège lumineux/dormeur a donné le meilleur rendement tant à Dielmo qu'à
Bandafassi.

La prédominance d'An. gambiae s.l. et d'An. nili dans les captures nocturnes sur homme
serait probablement dûe à leur anthropophilie tandis que celle d'An. funestus dans les pièges
lumineux s'expliquerait par leur attraction à la fois par le dormeur et la lumière. En Nouvelle
Guinée des études effectuées par HII et al (2000) ont montré que l'attraction exercée par la
source lumineuse sur An. gambiae s.l. semblait peu importante par rapport à celle d'un appât
humain. C'est peut être l'une des raison essentielle qui fait que les pièges lumineux ont
capturé plus d'An. funestus et qu'il a été capturé plus de femelles d'An. gambiae s.l. sur
homme.

En 1974 une étude conduite par CARNAVALE a comparé les pièges lumineux simples, les
moustiquaires-pièges et les captures sur homme pour échantillonner la population d'An. nili ;
Elle a montré que les pièges sont à considérer avec prudence pour estimer la population
« endophage » et « anthropophi1e » mais à prendre en considération pour estimer l'ensemble
de la population anophélienne présente dans un village. Des études effectuées par LE GOFF
et al (1994) ont montré que le rendement des pièges lumineux par rapport à un captureur muni
de tubes était de 1,75 pour le genre Anopheles, mais ce rendement était variable en fonction

45
de l'espèce. Ces résultats sont très proches des nôtres, la différence pouvant être attribuée à
l'effet du donneur sous moustiquaire.

An. funestus a prédominé dans les captures à Dielmo contrairement à Bandafassi où An.
gambiae s.1. a été l'espèce prédominante. Ce fait est en rapport avec la présence à Dielmo
pendant la saison sèche de gîtes herbeux (abrités par la NEMA) favorable au développement
des larves d'[Link] (HAMON et al.,1956a; GILLIES & COETZEE, 1957). La faiblesse
des densités de populations d'An. funestus à Bandafassi serait due essentiellement au déficit
pluviométrique enregistré depuis les années 70, mais également aux traitements insecticides
utilisés dans les plantations de coton auxquels An. funestus serait très sensible (ESCUDIE &
ABONNENC, 1958 ; MICHEL, 1967 ; CHAUVET et al.,1968 ; GUEYE, 1969 ; mLVEZ et
al.,1998 ; MOUCHET et al., 1996, 1998 ; DIA et al., 1999).

3. Taux d'infections

Chez les vecteurs de Plasmodium, l'infection dépend non seulement de la compétence


vectorielle, mais également de la capacité vectorielle qui doit être suffisante. Pour cette étude,
le test ELISA de BURKOT et al. (1984) modifiée par WIRZT et al. (1987) a été utilisé pour
déterminer les taux d'infestation. Afm de limiter la surestimation des taux d'infection
(SOKHNA C.S., N. DIAGNE, L. LOCHOUARN, C. ROGIER, J.F. TRAPE, A. SPIEGEL
and D. FONTENILLE, 1988; et FONTENILLE D., MEUNIER J.Y., NKONDJNO C. A.
and TCHUINKAM T., 2001), seuls les têtes et thorax des moustiques ont été testés. P.
falciparum a été responsable de l'ensemble des infections. Quels que soient les lieux et les
méthodes de capture, les différences entre les taux moyens d'infestation (toutes espèces
confondues) n'ont pas été significatives. A Bignona (Sénégal), FAYE et al., (1992) ont
montré qu'il n'existe pas de différence significative entre les taux d'infestation des anophèles
femelles capturées par pièges lumineux simples et sur homme, ce qui est en accord avec nos
résultats. Les mêmes observations ont été faites par COSTANTINI et al., (1998) au Burkina
Fasso et par DAVIS et al., (1995) en Tanzanie.

Toutefois, à Dielmo, le taux d'infestation des femelles d'An. gambiae s.l. capturées sur
homme a été significativement plus faible que celui des femelles capturées dans les pièges et
des femelles endophiles. Cette différence pourrait s'expliquer par le fait que les pièges

46
lumineux captureraient des femelles moins âgées. Mais en l'absence de la détermination du
taux de parturité des femelles collectées par chaque méthode de collecte, cette hypothèse ne
peut être vérifiée.

De la même manière, la non détermination des espèces du complexe An. gambiae de chaque
échantillon ainsi que celle des formes moléculaires et de leur taux d'infestation respectif,
limite la comparaison entre les 3 méthodes.

47
CONCLUSION

Un certain nombre de faits ont été présentés et discutés au cours de cette étude. Il
ressort de cette étude que Les captures en faune matinale résiduelle ne sont pas suffisantes
pour estimer la densité anophélienne. Les pièges lumineux « CDC miniature light trap » avec
dormeur sous moustiquaire constituent une excellente méthode pour l'échantillonnage des
populations anophéliennes, puisqu'il capture des espèces rarement prises par les captures sur
homme et les faunes matinales résiduelles. Que les performances du piège soient inférieures à
celles des captureurs importe peu, car il est toujours possible d'obtenir des effectifs
suffisamment grands en multipliant le nombre des premiers dans les limites acceptables...
.Le matériel récolté par les pièges lumineux était trop souvent endommagé. Les anophèles
étaient mort et le plus souvent secs, donc difficilement exploitables pour la dissection des
ovaires. Pour palier ce problème, on pourrait changer très fréquemment les sachets en tulle
moustiquaire au milieu de la nuit. Pour la dissection des glandes salivaires, le problème ne se
pose pas parcequ'on peut obtenir l'indice circumsporozoïtique par les techniques
immunologiques modernes (ELISA) permettant l'exploitation du matériel biologique sec..
Le coût d'une nuit de capture est 7 à 8 fois moins élevées avec un piège lumineux
qu'avec la capture sur homme. Cependant les pièges lumineux présentent un inconvénient
majeur; comme la majorité des systèmes de piégeages, leurs efficacités dépendent
généralement de quatre facteurs :
- La densité de la population des moustiques.
- Les caractères éthologiques et physiologiques propres aux moustiques.
- Les conditions météorologiques du moment.
- Les qualités même du piège utilisé.
Pour des raisons éthiques, on peut admettre, avec WILLIAMS (1964), que dans tous les cas
ou cela est possible, l'utilisation de pièges est préférable aux estimations directes faites par les
captures sur appât humain
Enfm la comparaison des indices sporozoïtiques des principales espèces vectrices de
paludisme nous conduit à conclure que l'on peut considère les pièges lumineux avec dormeur
sous moustiquaire comme un moyen valable d'évaluation de la transmission du paludisme.
Ces conclusions intéressantes pour l'épidémiologiste ne peuvent pour le moment qu'être
limitées, elles n'intéressent qu'un secteur géographique déterminé. C'est dans ce cadre que le
réseau INDEPTH à travers un protocole commun à plusieurs pays africains membres du

48
réseau a financé un projet de recherche dénommé MTIMBA dont l'un des objectif est de
déterminer la relation entre les captures sur homme et les pièges lumineux afm de trouver un
coefficient de corrélation.
Dans une phase ultérieure, il serait sans doute intéressant d'étudier la comparaison de
l'âge physiologique vrai des anophèles capturés sur homme et dans les pièges lumineux par la
dissection des ovaires et élargir cette étude dans plusieurs zones biogéographiques. Il serait
également intéressant de faire la peR des membres du complexe An. gambiae pour voir si les
pièges lumineux peuvent être efficaces pour certaines sous espèces du complexe.

49
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Titre: Comparaison de trois méthodes de capture pour l'échantillonnage des
populations anopbéIiennes et l'évaluation de la transmission du paludisme au Sénégal.

Nom du candidat: Mamadou Ousmane NDIATH

Nature du mémoire: D.E.A. de Biologie Animale

Jury: Président: Mr BbenSikina TOGUEBAYE


Membres: MM Karamoko DIARRA
Lassana KONATE
Cbeikh Sadibou SOKHNA

- soutenue le: octobre 2003 à heures à


Résumé:

La composition spécifique et les indices circurnsporozoitiques des anophèles vecteurs capturés sur hommes, par
la combinaison dormeur/piège lumineux ainsi que de ceux collectés dans les récoltes de la faune matinale
résiduelle ont été déterminés et comparés à Dielmo (zone soudanienne) et à Bandafassi.(zone soudano-
guinéenne).En raison de l'existence d'une rivière d'eau douce, l'activité reproductrice des anophèles est pérenne
à Dielmo tandis qu'à Bandafassi, elle est limitée à la saison des pluies. Dans les deux localités, il a été noté que:
- La combinaison dormeur/piège lumineux a capturé plus d'espèces anophéliennes comparativement aux deux
autres méthodes d'échantillonnage.- An. gambiae s.l. et An. funestus ont été très fréquents dans les collectes de
toutes les méthodes de capture des femelles.- Les récoltes de la Faune matinale résiduelle ont présenté le plus
faible rendement.- L'abondance spécifique a varié selon la méthode de collecte des anophèles.- Le nombre de
femelles d'An. gambiae s.l, et d'An. nili capturées a été plus important sur homme contrairement à An. funestus
pour lequel le meilleur rendement a été obtenu par la combinaison piège lumineux/dormeur. A Dielmo, 1'ICSP
moyen des femelles d'An. gambiae s.l. agressives pour l 'homme a été significativement plus faible tandis qu'à
Bandafassi, les différences de l'ICSP moyen d'An. gambiae s. 1. et d'An. funestus n'ont pas été significatives
entre les méthodes de collecte des femelles.
Dans les localités étudiées, l'association pièges lumineux/dormeur sous moustiquaire peut donc valablement
remplacer les classiques captures sur appâts humains. Par contre, la méthode de la faune matinale résiduelle,
avec des rendements très faibles, reste peu efficace dans l'évaluation de la transmission anophélienne des
Plasmodium.

Mots clés: Anopheles - écbantillonnage - transmission - paludisme - taux d'infestation-

Sénégal

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