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Spagyrie : Alchimie et Médecine Naturelle

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Patrick Rivière, praticien, répond volontiers à quelques questions essentielles sur la

spagyrie et d'abord, selon la Méthode, sur ce qui la fonde, l'alchimie, une Tradition bien
vivace qui, aujourd'hui, suscite un regain d'intérêt.

Qu'est-ce que l'alchimie ?

C'est une science et une philosophie qui viennent du fond des âges. Elle nous est parvenue par
le courant arabe, mais l'alchimie méditerranéenne lui préexistait largement puisqu'on retrouve
à Alexandrie, durant la période hellénistique, des courants égyptiens et mésopotamiens.
A la Renaissance, on verra surgir la pensée de Pic de la Mirandole qui se nourrit des idées
platoniciennes, néoplatoniciennes et néo-pythagoriciennes.
Paracelse arrive à la fin du Moyen Âge, de 1493 à 1541 ; et c'est lui qui va effectuer la grande
synthèse entre ce système philosophique et la médecine. L'alchimie, déjà, menait à la Pierre
Philosophale, et donc à la transmutation des métaux vils en or, mais aussi à la confection de la
médecine universelle. Et Paracelse, poursuivant plus particulièrement dans ce sens, appliquera
les théories alchimiques dans le domaine thérapeutique.

En quoi consiste la philosophie de l'alchimie ?

Elle nous dit globalement que l'être humain se situe dans un rapport entre le Divin et la nature.
En fait, elle définit la place de l'homme dans ce monde où le Divin est présent et où Il
imprègne la nature de Sa marque.
D'où l'idée, chez un certain nombre de magistes comme Cornélius Agrippa - et qu'on
retrouvera chez Paracelse - de la théorie des signatures, des signatures de Dieu dans la nature.
Ainsi l'alchimie nous apprend comment retrouver dans le végétal, le minéral ou l'animal, des
sceaux divins, notamment par le jeu des astres, car cette empreinte est stellée.

Quel est le but de l'alchimie ?

C'est l'évolution de l'être ; une évolution non seulement spirituelle mais temporelle et
concrète. Il y a une matérialité de l'alchimie.
Et c'est là l'idée extraordinaire de Paracelse selon lequel il existe une lumière qui luit
beaucoup plus que celle du soleil la lumière de la Nature. Dans cette lumière, les choses
invisibles deviennent visibles; des signes apparaissent qui constituent autant de directions.
Dès lors, la démarche des alchimistes va consister à s'adonner à l'observation de la Nature
pour y relever quelques signes que Dieu aurait posés.
La confection de la Pierre Philosophale, quant à elle, va transfuser une lumière nouvelle dans
les métaux dits lépreux - parce qu'ils sont oxydables - pour les rendre semblables au soleil et à
la lune, autrement dit à l'or et à l'argent qui sont parfaitement purs et inoxydables.
C'est donc tout un aspect spirituel et philosophique qui intervient dans la transmutation
alchimique ; ce que Jung a parfaitement relevé puisqu'il a vu, dans ce processus d'évolution
psychique, les grandes étapes de ce qu'il appellera l'individuation, comment l'être peut
atteindre la connaissance du moi, mais aussi la connaissance du Soi, de Dieu.

Et l'aspect matériel ?

On transforme les métaux vils en or, d'une part ; et d'autre part on confectionne la médecine
universelle.

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Mais ne dit-on pas que la Pierre Philosophale apporte l'immortalité ?

L'immortalité n'est pas la longue vie. Ce n'est que dans l'imaginaire populaire que la longue
vie peut conduire à l'immortalité.

Alors, n'y a-t-il pas au moins une utilisation médicale de la Pierre Philosophale ?

La médecine universelle n'est pas une médecine qui conduit à l'immortalité, mais à la longue
vie.
On sait aujourd'hui que le vieillissement est un processus d'oxydation des cellules. Or, la
médecine universelle a une action anti-oxydante. Les alchimistes connaissent bien une
"certaine matière" pourvue d'une puissante action anti-oxydante. Toutes proportions gardées,
on peut la comparer au sélénium.
Et, à condition que cette " matière " - que je ne nommerai pas - ait été travaillée d'une certaine
manière, elle permet une détoxication de l'organisme.

Pouvez-vous tout de même nous dire de quelle nature est cette " matière " ?

Nous avons affaire à une matière qui, vraisemblablement, est très soufrée. On sait que le
soufre joue un rôle primordial dans les processus de détoxication vis-à-vis du catabolisme
endogène mais aussi de certaines substances endogènes polluantes comme les métaux lourds.
Cette action détoxiquante du soufre s'effectue par l'intermédiaire des processus de
sulfoconjugaison et de sulfatation au niveau du foie. Les substances toxiques, devenues
solubles, sont alors éliminées par les reins.
Par ailleurs, le soufre est un puissant réducteur, comme le sélénium, et contribue à lutter
contre les mécanismes de peroxydation et de stress oxydatif.
Voilà quel pourrait être le rôle du soufre contenu dans la médecine universelle, notamment le
soufre métallique issu d'une "certaine matière". Cette matière, l'organisme ne la contient pas
naturellement. Et c'est probablement parce qu'il réagit à cette substance étrangère que le
système immunitaire serait renforcé.
L'idée que défendait Paracelse, et Basile Valentin avant lui, c'est que "rien n'est poison, ou
tout devient poison". Ce n'est donc qu'une question de dosage ; et il faut libérer la
quintessence de cette matière pour neutraliser sa toxicité... ou pour rendre sa toxicité
assimilable par l'organisme. Mais attention l'alchimie parle d'un soufre incombustible, qu'il ne
faut pas confondre avec le soufre combustible commun. Le soufre incombustible est lié à
l'existence d'une teinture que recèle la matière, et que l'on ne pourra arriver à résoudre par la
calcination. Et cette teinture, il faut la libérer !

Venons-en à la spagyrie. En quoi consiste-t-elle ?

Parler de spagyrie quand on ignore l'alchimie, c'est un non sens ! Pour faire de la bonne
spagyrie, il faut préalablement s'être posé les véritables problèmes de conscience d'ordre
alchimique.
D'autre part, extraire les quintessences, c'est tout un travail ! Cela n'a rien a voir avec les
dilutions homéopathiques.
L'aphorisme alchimique, c'est "solve et coagula", dissous et coagule. Or, le terme de
"spagyrie" signifie "extraire et rassembler". Pour extraire, il faut dissoudre ; et pour
rassembler, on coagule.
La spagyrie nous enseigne que dans les règnes minéral, végétal et animal, on peut extraire les
principes essentiels de la matière en question.

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Dans le végétal, on extraira son soufre et son mercure, que l'on purifiera séparément. Le
soufre est l'ensemble des huiles ; et le mercure est la plante fermentée qui libérera des alcools,
des esters, des cétones, etc.
Puis on calcinera la plante, et on extraira les sels des cendres. On cristallisera ces sels, qui
vont revêtir la teinture vitale (l'huile et l'alcool), c'est-à-dire le soufre et le mercure du
composé.
Cette teinture vitale représente symboliquement l'âme et l'Esprit du composé. Et le corps, c'est
le sel.
La spagyrie est donc bien une médecine "corps-âme-Esprit"

Propos recueillis par Bernard Klein

__________________

La spagyrie, mise au point par le célèbre Paracelse au XVIème siècle, est une médecine
traditionnelle et naturelle issue de l'alchimie qui s'attache à mettre l'accent sur le principe vital
des plantes et minéraux qu'elle utilise comme bases de ses remèdes.

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