Engorgement de l'enseignement supérieur
Engorgement de l'enseignement supérieur
Magali JAOUL
LAMETA / CNRS1
Résumé :
1
LAMETA, Université Montpellier I, Faculté des Sciences Economiques, Espace Richter, Avenue de la
Mer, B.P. 9606, 34054 Montpellier Cedex 1, France. Tél. [Link].16, fax. [Link].67.
E-mail : [Link]@[Link].
Je remercie Claude Diebolt pour ses remarques et commentaires ; je demeure, néanmoins seule
responsable de l’approche développée ici.
1
INTRODUCTION
2
Selon Freeman, ceci est le résultat de divers phénomènes :
- il existe un excès d’offre due aux générations du baby-boom alors que la demande
d’emplois de cadres a ralenti ;
- il y a eu une diminution du taux de rendement des études supérieures de par
l’augmentation du coût de ces études.
Il formalise cette idée en 1971 par un « modèle en toile d’araignée » (Cobweb).
1- LA THEORIE DE L’ENGORGEMENT
Dans ses travaux précurseurs (1994, 1995, 1997), C. Diebolt fait l’hypothèse que
le comportement des étudiants dans leurs choix de carrière dépend des revenus espérés
et des disponibilités au cœur du secteur professionnel.
La répartition des étudiants, par exemple, dans les différentes universités dépend des
avantages comparatifs de ces dernières en terme de salaires espérés et de travail
disponible dans les secteurs professionnels correspondants. Ainsi, les revenus espérés
pour un étudiant sont représentés par les salaires sur le marché du travail à un moment
donné.
Dans ce contexte, les salaires jouent un effet d’attraction apparaissant pour
certaines carrières quand une pénurie de main d’œuvre se produit dans certains secteurs
professionnels. Une fois la pénurie couverte, l’effet de demande se poursuit à cause
d’un délai de perception de la situation par les individus. Ceci entraîne petit à petit une
sur production de jeunes diplômés. Cette situation déséquilibrée détourne les étudiants
vers d’autres secteurs d’éducation et peut causer une nouvelle pénurie. Finalement, il
résulte une cyclicité fonction de la disponibilité de travail.
3
En ne considérant qu’une seule faculté, on peut représenter la situation comme sur la
figure 1.
Nombre d’étudiants
B
A
C
E
D
Temps
4
Figure 2. Schéma de l’engorgement dans le cas de plusieurs facultés.
Nombre d’étudiants
B D’
Filière X
A’
E
C’
A Filière Y
B’
D E’
Temps
Dans l’optique de modéliser ces phénomènes, l’auteur développe, au début des années
2000 (Diebolt 2001, Diebolt & El Murr 2003) un modèle d’équilibre partiel d’économie
de l’éducation et du travail, en situation de concurrence parfaite et de rationalité des
agents. Il utilise pour cela, la fonction transcendantale logarithmique (Translog) créée
par L. Christensen, D. Jorgenson et L. Lau (1973).
Q = F (T, D, S, L, P, A, M, E)
5
L= lettres
P = effectifs de pasteurs.
A = effectifs d’avocats et juges.
M= de médecins.
E= des professeurs.
En supposant que les facultés sont faiblement séparables de leurs débouchés respectifs,
on peut réécrire l’offre comme une fonction de deux sous-groupes U et V, linéairement
homogènes :
Q = F [ U = f (T, D, S, L) , V = f ‘ (P, A, M, E) ]
L’auteur pose comme hypothèse supplémentaire que cette fonction est positive,
doublement différenciable et strictement quasi-concave ce qui signifie que les filières
s’organisent pour produire U et les professions correspondantes apparaissent en V. U et
V produisent finalement l’output global.
Du point de vue économique, cela implique que la répartition optimale au sein de
chaque sous-groupe dépend seulement des revenus relatifs de ses propres inputs.
En utilisant la transformation translog et les travaux de R. Berndt et O. Wood, il est
possible de faire apparaître les élasticités nettes et croisées des inputs d’un même sous-
groupe.
lnU =lnΛU + ∑α H
H ln H +
1
2 ∑α
H
HH (ln H)²+ ∑∑α
H J
HJ ln H ln J H, J = T, D, S, L
lnV =lnΛV + ∑α
X
X ln X +
1
2 ∑α
X
XX (ln X)²+ ∑∑α
X Y
XYJ ln X lnY X, Y = P, A, M, E
Les fonctions étant homogènes et symétriques, on peut vérifier les relations suivantes :
∑α
H
H =1 ; ∑α
H
HJ = ∑α
J
JHJ = ∑∑α
H J
HJ =0
∑α
X
X =1 ; ∑α
X
XY = ∑α Y
YX = ∑∑α
X Y
XY =0
α HJ =α JH ; α XY =α YX
6
Afin d’éviter le risque de multicolinéarité, c’est l’estimation des équations des parts des
facteurs qui est réalisée.
A partir du Lemme de Shepard, les parts de T, D, L, S dans U sont représentées sous la
forme réduite :
WHU = ∂lnU =α H +
∂ln H ∑α
J
HJ ln J H, J = T, D, L, S
WXV = ∂lnV =α X +
∂ln X ∑α
Y
XY lnY X, Y = P, A, M, E
∂lnT
()
L L
( ) L
()
WTU = ∂lnU =α T +α TT ln T +α TDln D +α TS ln S +ε T
∂ln D L
() L
( )
WDU = ∂lnU =α D +α DT ln T +α DDln D +α DS ln S +ε D
L
()
∂ln S L
() L
( )
WSU = ∂lnU =α S +α SDln T +α SDln D +α SS ln S +ε S
L
()
∂ln P E
() E
()
WPV = ∂lnV =α P +α PPln P +α PAln A +α PM ln M +ε P
E
( )
WAV = ∂lnV =α A+α
∂ln A
APln (EP )+α ln(EA )+α
AA (ME )+ε
AM ln A
∂ln M E
() E
()
WMV = ∂lnV =α M +α MPln P +α MAln A +α MM ln M +ε M
E
( )
où les εi sont des résidus aléatoires.
7
Soit encore :
lnQ = ln Λ'+ ∑β
Z
Z ln Z +
1
2 ∑β
Z
ZZ (ln Z)² + ∑∑β
Z I
ZI ln Z ln I
Z, I = T, D, S, L, P, A, M, E avec ∑β Z
Z =1 ; ∑β
Z
ZI =0 .
Les relations entre les sous-fonctions et la fonction générale sont telles que :
βH = αU αH ; βX = αV αX ;
βHH = αU αHH ; βXX = αV αXX ;
βHJ = βJH = αU αHJ = αU αJH ; βXY = βYX = αV αYX = αV αXY
En dérivant la fonction translog générale par rapport aux effectifs des huit inputs, nous
obtenons huit équations à quatre variables de la forme :
∂lnQ
WZ =
∂ln Z
=β Z + ∑β
I
ZI ln I Z, I = T, D, S, L, P, A, M, E
Après l’estimation des paramètres βZI , on peut les utiliser pour estimer les élasticités
croisées nettes (des différents couples d’inputs d’un même groupe) au sens de Hicks-
Allen. Ces dernières se calculent de la manière suivante :
β HJ +WH WJ β JH +WJ WH
η HJ = ≠ =η JH H, J = T, D, L, S
WJ WH
β XY +WX WY β YX +WJY WX
η XY = ≠ =η YX X,Y = P, A, M, E
WY WX
Ces élasticités permettent de calculer l’impact net d’une variation des gains d’un input
sur l’attrait d’un autre input du même sous-groupe. Elles résultent de deux
phénomènes : les élasticités brutes (*) et les effets d’échelle.
8
Les élasticités brutes se calculent telles que :
L’effet d’échelle se calcule en faisant le produit de la part de l’input dans son sous-
groupe par l’élasticité prix (gain) du sous groupe :
η HJ =η* HJ +WHU .η UU H, J = T, D, L, S
η XY =η* XY +WXV .η VV X,Y = P, A, M, E
9
Quand ces trois aspects coïncident, leurs effets se cumulent entraînant un effet
d’aspiration considérable. Ce dernier, agit principalement sur les couches de la
population ayant les plus faibles positions sociales ; en effet, elles saisissent les
opportunités offertes afin de se diriger vers les carrières en déficit numérique. Ainsi,
chaque carrière s’ouvre momentanément aux individus dont l’origine sociale est la plus
éloignée d’un cursus universitaire (Jaoul, 2002).
OA ≥ DA WA
WA
WA
D A > OA WB
WA DB >OB
WB
OB ≥ DB WB
WB
10
2- ANALYSE ECONOMETRIQUE DE LA RELATION ENTRE EFFECTIFS SCOLARISES ET
EFFECTIFS DES PROFESSIONS CORRESPONDANTES
Afin de tester la présence d’une relation causale entre les effectifs scolarisés
dans les différentes facultés d’une part, et les effectifs des professions correspondantes
d’autre part, nous utilisons la base de données sur l’Allemagne (Prusse) issue des
travaux d’histoire quantitative de C. Diebolt (1994, 1997).
Pour cela, nous considérons, entre 1820 et 1941, les indicateurs suivants pris en
logarithme :
- effectifs scolarisés dans les facultés de sciences (SCIEN) ;
- effectifs scolarisés dans les facultés de lettres (LETT) ;
- effectifs scolarisés dans les facultés de droit (DROIT) ;
- effectifs scolarisés dans les facultés de théologie protestante (THEO) ;
- effectifs de médecins (MED) ;
- effectifs d’enseignants (ENS) ;
- effectifs d’avocats (AVOC) ;
- effectifs pasteurs protestants (PAST) ;
L’objectif de l’analyse causale va être de mettre en évidence les interactions d’une part
entre effectifs et professions correspondantes et d’autre part, les interactions entre les
effectifs de facultés différentes.
11
L’utilisation de ce type de modélisation implique de tester au préalable certaines
hypothèses. Tout d’abord, il est nécessaire de travailler avec des variables
stationnaires2 ; ensuite, il faut tester la présence éventuelle d’une relation de
coïntégration entre les variables3. En effet, la coïntégration (tendance de long-terme
commune entre les variables) peut conduire à des régressions fallacieuses.
Au niveau théorique, la mise en évidence de relations causales entre les variables
économiques permet une meilleure appréhension des phénomènes économiques et
amène des informations supplémentaires quant à l’antériorité des événements entre eux
et, par là même, permet la mise en place d’une politique économique optimisée.
Nous utilisons ici la notion de causalité développée par Granger : la variable y1t cause la
variable y2t, si la prévision de cette dernière est améliorée en incorporant à l’analyse des
informations relatives à y1t et à son passé.
Soit le modèle VAR(p) :
[y ] = [Ao] + [A
i ,t
i
1 ] [ ] [ ][ ]
B1i [yi ,t −1 ] + A2i B2i [yi ,t −2 ] + .... + Aip B ip yi ,t − p + [ε i ,t ]
(i*1) (i*1) (i*i) (i*1) (i*i) (i*1) (i*i) (i*1) (i*1)
On teste Ho : y2t ne cause pas y1t c’est à dire que les coefficients des blocs matriciels B
sont nuls.
On teste H’o : y1t ne cause pas y2t c’est à dire que les coefficients des blocs matriciels A
sont nuls.
Si on est amené à accepter les deux hypothèses alternatives H1 et H’1, on parle de boucle
rétroactive.
2
Un processus Xt est dit stationnaire si tous ses moments sont invariants pour tout changement de
l’origine du temps. Il existe deux types de processus non stationnaires : les processus TS (Trend
Stationary Processes) qui présentent une non-stationnarité de type déterministe et les processus DS
(Difference Stationary Processes) pour lesquels la stationnarité est de type aléatoire. Ces processus sont
respectivement stationnarisés par écart à la tendance et par un filtre aux différences. Dans ce dernier cas,
le nombre de filtre aux différences permet de déterminer l’ordre d’intégration de la variable. Une variable
sera dite intégrée d’ordre « d » s’il est nécessaire de la différencier d fois pour la rendre stationnaire. Les
variables sont stationnarisées ici à l’aide des tests de Dickey-Fuller.
3
Une condition nécessaire de coïntégration est que les variables soient intégrées du même ordre. Pour
tester la coïntégration, on procède ici au test de Johansen.
12
2.2 Résultats
4
Après avoir effectué les tests de Dickey-Fuller, nous arrivons à la conclusion que la variable THEO suit
un processus autorégressif d’ordre 2 (AR (2)).
13
Nous procédons ensuite à divers tests de causalité : dans un premier temps, nous testons
les variables deux à deux, en ne considérant que les effectifs des facultés et les
professions correspondantes. Ensuite, nous considérons le système faculté – marché du
travail comme un tout.
Les tableaux des tests de causalité sont présentés en annexe.
THEOLOGIE DROIT
LETTRES SCIENCES
AVOCATS PASTEURS
ENSEIGNANTS
Comme pour les effectifs des facultés, l’ensemble des professions apparaît
comme un système. Si les étudiants de théologie et droit n’étaient reliés que par une
relation allant des premiers vers les seconds, les professions correspondantes sont liées
par une boucle rétroactive. Notons enfin une liaison enseignants / pasteurs alors que les
effectifs universitaires correspondant ne présentaient qu’une liaison de second rang.
14
2.2.3. Effectifs des facultés et professions correspondantes
THEO PASTEURS
Les autres systèmes ne présentent pas de relation entre les variables deux à deux
(Cf. Annexe). En revanche, l’évolution des différentes variables au cours de la période
d’études laisse supposer des relations « croisées ». En effet, d’après le graphique 1, les
étudiants en Droit (D) et Théologie (TP) d’une part, et ceux en lettres (L) et sciences (S)
d’autre part semblent liés de manière inverse.
10
9,5
8,5
8
TP
D
7,5
S
L
7
6,5
5,5
5
20
24
28
32
36
40
44
48
52
56
60
64
68
72
76
80
84
88
92
96
00
04
08
12
16
20
24
28
32
36
40
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
18
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
19
Nous allons donc tester la présence de relations de causalité les divers secteurs :
juridique, religieux, littéraire et scientifique.
15
2.2.4. Les secteurs juridiques et religieux
PASTEURS AVOCATS
THEOLOGIE DROIT
MEDECINS ENSEIGNANTS
SCIENCES LETTRES
Le phénomène observé ici est semblable au précédent : une liaison double entre
les effectifs étudiants et une relation croisée entre les effectifs d’une filières et ceux de
la profession « concurrente ».
16
2.2.6. Médecins, pasteurs et étudiants en théologie et en sciences
MEDECINS PASTEURS
SCIENCES THEOLOGIE
Les relations qui suivent attestent certes d’une liaison, mais les phénomènes mis en
évidence dans les secteurs précédents n’apparaissent pas tous.
ENSEIGNANTS PASTEURS
THEOLOGIE
MEDECINS AVOCATS
SCIENCES DROIT
17
EN GUISE DE CONCLUSION : PRISE EN COMPTE DU SYSTEME DANS SON ENSEMBLE
ENSEIGNANTS
THEO.
La prise en compte du système dans son ensemble et les liens de causalité qui en
découlent, attestent de la complexité des relations existant entre enseignement supérieur
et marché du travail. La persistance de certaines relations, quel que soit le système de
variables considéré, semble aller dans le sens d’une confirmation de la théorie de
l’engorgement. D’une part le lien entre effectifs et professions correspondantes
(illustrant l’adéquation entre formation et marché du travail), d’autre part les relations
croisées entre effectifs et professions (mettant en évidence la substituabilité entre
filières), confirment les choix d’orientation des étudiants, sensibles à l’évolution des
débouchés universitaires.
18
BIBLIOGRAPHIE
BERNDT, R., WOOD, O. (1975). “Technology, Prices, and the Derived Demand for
Energy”, Review of Economics and Statistics, 57 (3), pp. 259-268.
DICKEY, D.A & FULLER, W.A (1979) “Distribution of the estimators for
autoregressive time series with unit root”, Journal of the American Statistical
Association, 74, pp. 427-431.
DICKEY, D.A. & FULLER, W.A. (1981). "Likelihood Ratio Statistics for
Autoregressive Time Series with a Unit Root", Econometrica, 49, pp. 1057-1072.
19
DIEBOLT, C. & LITAGO, J. (1997) “Education and Economic Growth in Germany
before the Second World War. An Econometric Analysis of Dynamic Relations”,
Historical Social Research, 22, 2, pp. 132-149.
JAOUL, M. (2002) “Higher education and economic growth in France since the second
world war ”, Historical Social Research, Special Issue : Human and social capital in
Economic History, 27, 4..
20
ANNEXES : TEST DE CAUSALITE DE GRANGER
2- La liaison inter-professions
Lags: 4
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
21
Lags: 1
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
Lags: 1
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
Lags: 3
22
Les secteurs littéraires et scientifiques
Lags: 2
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
23
Les secteurs littéraires et religieux
Lags: 5
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
24
Les secteurs juridiques et littéraires
Lags: 3
Null Hypothesis: Obs F-Statistic Probability
25
DTHEO does not Granger Cause DENS 109 1.66898 0.08349
DENS does not Granger Cause DTHEO 0.47581 0.93227
DPAST does not Granger Cause DMED 108 1.21368 0.28509
DMED does not Granger Cause DPAST 0.88045 0.57613
DDROIT does not Granger Cause DMED 108 2.13665 0.02019
DMED does not Granger Cause DDROIT 2.00751 0.03022
DLETT does not Granger Cause DMED 108 1.77486 0.06133
DMED does not Granger Cause DLETT 0.97124 0.48639
DSCIEN does not Granger Cause DMED 108 1.15150 0.33022
DMED does not Granger Cause DSCIEN 1.19663 0.29699
DTHEO does not Granger Cause DMED 108 1.36245 0.19602
DMED does not Granger Cause DTHEO 1.28663 0.23814
DDROIT does not Granger Cause DPAST 108 4.64340 6.6E-06
DPAST does not Granger Cause DDROIT 0.88253 0.57403
DLETT does not Granger Cause DPAST 109 1.24717 0.26246
DPAST does not Granger Cause DLETT 0.34714 0.98154
DSCIEN does not Granger Cause DPAST 109 8.73393 7.3E-11
DPAST does not Granger Cause DSCIEN 2.23577 0.01464
DTHEO does not Granger Cause DPAST 109 3.57194 0.00019
DPAST does not Granger Cause DTHEO 0.94773 0.50903
DLETT does not Granger Cause DDROIT 108 0.70330 0.75481
DDROIT does not Granger Cause DLETT 0.89879 0.55762
DSCIEN does not Granger Cause DDROIT 108 0.68131 0.77574
DDROIT does not Granger Cause DSCIEN 0.80323 0.65494
DTHEO does not Granger Cause DDROIT 108 0.95995 0.49725
DDROIT does not Granger Cause DTHEO 0.72004 0.73854
DSCIEN does not Granger Cause DLETT 109 1.19936 0.29480
DLETT does not Granger Cause DSCIEN 1.20702 0.28943
DTHEO does not Granger Cause DLETT 109 1.43929 0.15948
DLETT does not Granger Cause DTHEO 0.75871 0.70017
DTHEO does not Granger Cause DSCIEN 109 1.76133 0.06360
DSCIEN does not Granger Cause DTHEO 1.24033 0.26691
26