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Analyse Dimensionnelle et Incertitudes

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Chapitre 1

Analyse dimensionnelle et incertitudes

1 Analyse dimensionnelle
Dans l’enseignement supérieur scientifique, les calculs sont établis sous forme littérale : on
désigne les quantités physiques, c’est-à-dire les grandeurs physiques, par un symbole et non
plus directement par leur valeur numérique. Ceci permet de pouvoir analyser et comprendre
la relation liant plusieurs grandeurs physiques entre elles.
L’analyse dimensionnelle, introduite par Reynolds vers 1883, présente plusieurs avantages :

 vérifier qu’un résultat n’est pas absurde du point de vue dimensionnel


 intuiter ou retrouver (au moins partiellement) une loi physique, si on connaît les
grandeurs en jeu
 obtenir des ordres de grandeurs

1.1 Grandeur physique et dimension


On appelle grandeur physique une quantité qui se rapporte à une propriété et qui peut se
mesurer. Une grandeur physique possède une dimension qui correspond à sa nature
(longueur, énergie, température…). Sa mesure consiste à comparer la grandeur d’intérêt à une
grandeur étalon ayant la même dimension. Il existe des propriétés non quantifiables par
manque d’étalon. Par exemple, on peut mesurer la hauteur du tableau La Joconde de Léonard
de Vinci en la comparant à un mètre mais on ne peut pas mesurer sa beauté. La beauté est
non quantifiable, ce n’est donc pas une grandeur physique.
La mesure d’une grandeur physique consiste donc à quantifier une propriété en lui associant
une grandeur mathématique, la mesure, et une unité qui dépend de l’étalon utilisé. Une
grandeur physique peut être scalaire (une masse), vectorielle (une vitesse) ou même
matricielle.
Historiquement, certaines grandeurs physiques sont rapidement apparues comme plus
fondamentales que les autres : la longueur, la masse, le temps… Les physiciens ont donc défini
des grandeurs fondamentales à partir desquelles découlent toutes les autres. On en compte
classiquement sept et on les nomme les grandeurs de base :

1
Grandeur Symbole
Temps T
Longueur L
Masse M
Courant électrique I
Température 𝛩
Quantité de matière N
Intensité lumineuse J

Les autres grandeurs physiques ont des dimensions qui se déduisent de ces sept dimensions
de base. On parle de grandeurs dérivées.
Certaines grandeurs sont sans dimensions. C’est le cas des angles par exemple, qui peuvent
être compris comme le quotient de deux longueurs. On parle de grandeur adimensionnée et
on écrit : [𝐺] = 1.
En réalité, il a été montré par Mike Duff en 2003 qu’on peut se ramener à une unique
dimension de base, la masse, pour en déduire toutes les autres. Toutefois, on s’en tiendra aux
sept dimensions de base dans ce cours.

1.2 Equation aux dimensions


L’équation aux dimensions est l’équation qui relie la dimension d’une grandeur dérivée notée
[𝐺] aux sept grandeurs de base. Sa forme générale est :
[𝐺] = 𝐿 𝑀 𝑇 𝛩 𝐼 𝑁 𝐽
où les coefficients 𝛼 , … , 𝛼 sont les exposants des sept dimensions de base. Ils peuvent
positifs, nuls ou négatifs. Pour une grandeur adimensionnée, ils sont tous nuls.
Voici quelques exemples d’équations aux dimensions :

 Si 𝐺 est un temps, sa dimension s’écrit : [𝐺] = 𝑇


 Si 𝐺 est une vitesse, sa dimension s’écrit : [𝐺] = = 𝐿. 𝑇 , c’est une dimension
dérivée.
 Si 𝐺 est une accélération, sa dimension s’écrit : [𝐺] = = 𝐿. 𝑇 , c’est aussi une
dimension dérivée.

1.3 Homogénéité
1.3.1 Homogénéité dimensionnelle

On ne peut comparer des grandeurs physiques que si elles ont la même dimension ; on dit
qu’elles sont homogènes. Ainsi, une équation n’a de sens que si les deux membres sont
homogènes. Par exemple : 𝐺 = 𝐺 + 𝐺 nécessite que [𝐺 ] = [𝐺 ] = [𝐺 ].

2
1.3.1.1 Validité d’une équation

Vérifier l’homogénéité dimensionnelle d’une équation est très utile pour vérifier qu’on n’a pas
écrit d’absurdité. Un exemple avec un pendule simple :

La période propre de balancement du pendule pour de petits angles est : 𝑇 = 2𝜋

où 𝑇 est la période propre, 𝑙 la longueur du pendule et 𝑔 l’accélération terrestre. On cherche


à vérifier que cette formule est homogène. La dimension du membre de gauche est un temps :
[𝑇 ] = 𝑇. Regardons maintenant la dimension du membre de droite. Le facteur numérique 2𝜋
est sans dimension : [2𝜋] = 1. La grandeur 𝑙 est une longueur donc [𝑙] = 𝐿 et 𝑔 est une
.
accélération donc [𝑔] = 𝐿. 𝑇 . Ainsi la dimension du quotient est = =𝑇 et sa

racine carrée aura pour dimension =𝑇 . Les deux membres ne sont pas homogènes, un
temps ne peut pas être égal à l’inverse d’un temps. La formule est donc fausse et on sait qu’on
a commis une erreur dans notre calcul. La bonne expression était : 𝑇 = 2𝜋 .

L’analyse dimensionnelle est donc un outil de réfutation, pas de validation :


Si l’homogénéité dimensionnelle est vérifiée, l’équation est juste dimensionnellement (mais
n’inclut pas les facteurs numériques). Si l’homogénéité dimensionnelle n’est pas vérifiée,
l’équation est obligatoirement fausse.

1.3.1.2 Ordre de grandeur

L’analyse dimensionnelle peut aussi être utilisée pour approcher l’ordre de grandeur d’un
résultat. Revenons à l’exemple du pendule simple et cherchons l’ordre de grandeur de sa
période propre 𝑇 . On suppose que la physique du pendule est gouvernée par trois grandeurs :
sa longueur 𝑙, sa masse 𝑚 et l’accélération terrestre 𝑔. On se sert de l’équation aux
dimensions :

[𝑇 ] = [𝑙] [𝑚] [𝑔] ⇔ 𝑇 = 𝐿 𝑀 (𝐿. 𝑇 ) ⇔𝑇 =𝐿 𝑀 𝑇


Pour obtenir l’homogénéité de l’équation, on doit donc résoudre le système suivant :
𝛼+𝛾 =0 𝛼=
𝛽=0 ⇔ 𝛽=0
−2𝛾 = 1 𝛾=−

On reporte ces valeurs dans l’équation aux dimensions : [𝑇 ] = [𝑙] [𝑚] [𝑔] , et on en déduit
l’égalité suivante : 𝑇 = 𝑘 ×

où 𝑘 est une constante sans dimension. On retrouve bien la formule correcte donnée
précédemment au facteur numérique 𝑘 = 2𝜋 près, qui pourra être déterminé par
l’expérience ou retrouvé par un calcul théorique.

3
Retrouver un ordre de grandeur à partir de l’analyse dimensionnelle demande de l’expérience
afin d’identifier les grandeurs physiques pertinentes du problème qu’on considère. Il est
important de se rappeler qu’elle ne donne pas accès aux facteurs numériques.
Un cas célèbre d’application d’analyse dimensionnelle pour approcher un ordre de grandeur
est celui du physicien britannique Geoffrey Taylor. A la sortie de la Seconde Guerre Mondiale,
il a pu estimer la puissance de la première bombe nucléaire testée par les Etats-Unis, une
information classée secret-défense, à partir d’un film de l’explosion rendu public par les
américains.

1.3.2 Homogénéité tensorielle

La nature mathématique (scalaire, vecteur…) des grandeurs physiques doit être la même dans
les deux membres de l’équation. On peut ainsi écrire une égalité scalaire : 𝑎 + 𝑏 = 𝑐, ou
vectorielle : 𝑢⃗ + 𝑣⃗ = 𝑤⃗.
En revanche, il n’est pas possible d’avoir des natures différentes pour les deux membres. Ainsi
les équations : 𝑢⃗ = 𝑎 ou encore 𝑣⃗ + 𝑏 = 𝑤⃗ n’ont aucun sens.

1.4 Unités
Mesurer correspond à comparer la grandeur physique d’intérêt avec une grandeur étalon de
même dimension. Chaque grandeur physique a une dimension unique mais le choix des unités
est a priori à la discrétion de l’utilisateur. Par exemple, une longueur peut être exprimée en
mètres, en centimètres, en kilomètres, en pouces, en angströms, en milles nautiques, en
années-lumière etc... Néanmoins, dans un souci d’universalité, les physiciens ont développé
un référentiel commun d’unités appelé système international d’unités (abrégé SI). Il est tenu
à jour par le Bureau International des Poids et Mesures (BIPM) qui est situé à Paris. Les sept
dimensions de base sont donc associées à sept unités de base :

Grandeur Symbole Unité SI Symbole


Temps T seconde s
Longueur L mètre m
Masse M kilogramme kg
Courant électrique I ampère A
Température 𝛩 kelvin K
Quantité de matière N mole mol
Intensité lumineuse J candela cd

Le 20 mai 2019, toutes les unités du SI ont été redéfinies à partir de sept constantes de la
nature ce qui lui confère une grande stabilité. Toutes les autres unités sont issues de ces sept
constantes fondamentales ; on parle d’unités dérivées. Un exemple d’unité dérivée est l’unité
SI d’une force, le Newton, qui peut s’exprimer à l’aide des unités de base : 1 𝑁 = 1 𝑘𝑔. 𝑚. 𝑠 .

4
Il existe des unités pour les grandeurs adimensionnées que sont les angles et les angles solides.
Les premiers sont exprimés en radian (symbole rad) et les derniers en stéradian (symbole sr).
Un résultat de mesure doit être présenté avec une unité sinon il ne veut rien dire ! De plus,
on l’écrit sous forme scientifique avec un nombre de chiffres significatifs donné multiplié par
une puissance de 10. Par exemple, une longueur 𝑙 de 204 mètres s’écrira : 𝑙 = 2,04 × 10 𝑚.
Par commodité, on a donné des noms aux puissances de 10 :

Valeur 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10
Préfixe yocto zepto atto femto pico nano micro milli centi déci
Symbole y z a f p n 𝜇 m c d

Valeur 10 10 10 10 10 10 10 10 10 10
Préfixe déca hecto kilo méga giga téra péta exa zetta yotta
Symbole da h k M G T P E Z Y

1.5 Exercices
Exercice 1 : Dimensions et unités
1. Etablir les dimensions et les unités des grandeurs suivantes : vitesse, accélération, force,
vitesse angulaire, énergie, puissance, charge électrique, tension électrique.
2. Etablir la dimension de la constante de gravitation G de Newton ; en déduire son unité.
Rappel : 𝐹 = 𝐺
3. Parmi les relations suivantes, lesquelles sont dimensionnellement homogènes ?
 𝑣= où 𝑔 est l’accélération terrestre et ℎ une hauteur
 𝜆 = 𝑣𝑓 où 𝜆 est une longueur d’onde, 𝑣 une vitesse et 𝑓 une fréquence
 = 4𝜋 𝐺𝑀 (3ème loi de Kepler) où 𝑇 est une période, 𝑎 un rayon et 𝐺 la constante
de gravitation de Newton.
Exercice 2 : Vibration d’une goutte d’eau
On cherche à déterminer la fréquence 𝑓 de vibration d’une goutte d’eau par analyse
dimensionnelle. On suppose que les paramètres dominants sont le rayon de la goutte 𝑅, sa
masse volumique 𝜌 et une constante 𝐴 liée à la tension superficielle dont la dimension est
celle d’une force par unité de longueur. On écrit donc :

𝑓 = 𝑘𝑅 𝜌 𝐴
avec 𝑘 une constante sans dimension. En déduire les valeurs des exposants 𝑎, 𝑏 et 𝑐.

5
Exercice 3 : Equation des gaz parfaits
L’équation des gaz parfaits est la suivante : 𝑃𝑉 = 𝑛𝑅𝑇
où 𝑃 est la pression du gaz, 𝑉 son volume, 𝑛 sa quantité de matière, 𝑇 sa température et 𝑅 la
constante des gaz parfaits.
1. Donner les dimensions et les unités des variables 𝑃, 𝑉, 𝑛, 𝑇.
2. En déduire la dimension et l’unité de la constante des gaz parfaits 𝑅.
Exercice 4 : Coefficients d’une vitesse
On exprime la vitesse d’un corps par l’équation 𝑣 = 𝐴𝑡 − 𝐵𝑡 où 𝑡 représente le temps.
Déterminer les dimensions et les unités des coefficients 𝐴 et 𝐵.

6
2 Incertitudes
Il n’y a pas de mesure parfaite. Même dans un cas aussi simple que déterminer la longueur
d’une table, tous les élèves d’une classe n’obtiendront pas le même résultat. On obtient donc
un ensemble de valeurs différentes les unes des autres. Il s‘agit alors de choisir le résultat
qu’on estime être le meilleur et estimer la dispersion des valeurs de mesure obtenues.
Lorsqu’on réalise une mesure, il est impossible d’accéder à la « valeur vraie ». On commet
obligatoirement une erreur lors de cette mesure. Il s’agit alors d’estimer cette erreur afin de
conserver un œil critique sur l’obtention du résultat issu de la mesure.

2.1 Rappels
Supposons que cinq binômes d’étudiants d’une classe réalisent chacun une mesure de la
longueur d’une table avec un mètre. Voici les résultats qu’ils obtiennent :

Binôme Binôme 1 Binôme 2 Binôme 3 Binôme 4 Binôme 5


Mesure 1,96 m 2,04 m 1,98 m 2,02 m 2,00 m
On introduit alors des indicateurs de position (moyenne) et de dispersion (variance, écart-
type) afin de caractériser l’ensemble des résultats obtenus à l’issue des mesures.

2.1.1 Valeur moyenne

Quand on a 𝑛 résultats de mesure notés 𝑥 d’une même grandeur, la moyenne est retenue
comme meilleure estimation de la valeur de la grandeur mesurée :

1
𝑥̅ = 𝑥
𝑛

Si le nombre de répétitions 𝑛 tend vers l’infini, la valeur moyenne tend vers l’espérance
mathématique.
Dans notre cas, la valeur moyenne est :
1
𝑥̅ = × (1,96 + 2,04 + 1,98 + 2,02 + 2,00) = 2,00 𝑚
5

2.1.2 Variance et écart-type

Pour estimer la dispersion de 𝑛 mesures, on calcule la moyenne du carré de l’écart à la


moyenne afin d’obtenir la variance :

1
𝑠 (𝑥) = (𝑥 − 𝑥̅ )
𝑛−1

On définit alors l’écart-type :

𝑠(𝑥) = 𝑠 (𝑥)

7
qui a la même dimension que la grandeur mesurée. Plus les résultats sont dispersés, plus les
termes (𝑥 − 𝑥̅ ) sont grands et plus la variance et l’écart-type sont grands. L’écart-type d’un
échantillon de population est un indicateur de la dispersion des mesures autour de la
moyenne de cet échantillon.
En réalité, les quantités 𝑠 (𝑥) et 𝑠(𝑥) sont des estimateurs de la variance et de l’écart-type
car le nombre de mesures qu’on réalise est fini.
Dans notre cas, la variance vaut :
1
𝑠 (𝑥) = [(1,96 − 2,00) + (2,04 − 2,00) + (1,98 − 2,00) + (2,02 − 2,00)
(5 − 1)
+ (2,00 − 2,00) ] = 0,001 𝑚
et l’écart-type :

𝑠(𝑥) = 0.001 𝑚 ≃ 0,03 𝑚

2.2 Loi de propagation des incertitudes


On mesure rarement la grandeur physique qui nous intéresse. Par exemple, pour la surface
d’un rectangle, on doit mesurer une longueur et une largeur puis faire un calcul. Si on connaît
les incertitudes sur la longueur et la largeur, quelle sera l'incertitude sur la surface ?
Supposons que la grandeur qui nous intéresse, appelée 𝑦 et notée grandeur de sortie,
dépende de deux grandeurs d’entrée 𝑥 et 𝑥 . Les incertitudes respectives de 𝑥 et 𝑥 sont
notées 𝑢(𝑥 ) et 𝑢(𝑥 ) (𝑢 pour uncertainty). La relation entre ces grandeurs s’exprime
mathématiquement à l’aide d’une fonction 𝑦 = 𝑓(𝑥 , 𝑥 ). Dans le cas général où les
grandeurs d’entrée sont indépendantes et les incertitudes sont petites devant les valeurs des
grandeurs, l’incertitude composée notée 𝑢(𝑦) est donnée par :

𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑢 (𝑦) = 𝑢 (𝑥 ) + 𝑢 (𝑥 )
𝜕𝑥 𝜕𝑥
Ce résultat est généralisable à 𝑁 grandeurs d’entrées indépendantes. On a alors :

𝜕𝑓
𝑢 (𝑦) = 𝑢 (𝑥 )
𝜕𝑥

On ne distingue pas ici les incertitudes de type A ou de type B qui sont traitées de la même
façon.

8
2.3 Exemples d’application
2.3.1 Produit simple

Considérons la loi d’Ohm où la résistance 𝑅 peut être obtenue à partir de la mesure de la


tension 𝑈 et de l’intensité 𝐼 : 𝑅 = . On a donc une grandeur de sortie 𝑅 qui dépend de deux
grandeurs d’entrée 𝑈 et 𝐼, dont les incertitudes sont notées 𝑢(𝑈) et 𝑢(𝐼) respectivement. On
applique la loi de propagation des incertitudes :

𝜕𝑅 𝜕𝑅 1 𝑈 𝑅 𝑅
𝑢 (𝑅) = 𝑢 (𝑈) + 𝑢 (𝐼) = 𝑢 (𝑈) + 𝑢 (𝐼) = 𝑢 (𝑈) + 𝑢 (𝐼)
𝜕𝑈 𝜕𝐼 𝐼 𝐼 𝑈 𝐼
et on obtient finalement l’incertitude de 𝑅 :

𝑢 (𝑈) 𝑢 (𝐼)
𝑢(𝑅) = 𝑅 +
𝑈 𝐼

On pourra présenter le résultat sous la forme : 𝑅 = 𝑅 ± 𝑢(𝑅).

2.3.2 Produit avec puissance

On calcule la puissance de l’effet Joule en régime continu qui est donnée par 𝑃 = 𝑅𝐼 . On
cherche l’incertitude sur la puissance notée 𝑢(𝑃) sachant qu’on connaît les incertitudes sur la
résistance 𝑢(𝑅) et sur l’intensité 𝑢(𝐼). On applique la loi de propagation des incertitudes :

𝜕𝑃 𝜕𝑃 𝑃 𝑃
𝑢 (𝑃) = 𝑢 (𝑅) + 𝑢 (𝐼) = 𝐼 𝑢 (𝑅) + 4𝑅 𝐼 𝑢 (𝐼) = 𝑢 (𝑅) + 4 𝑢 (𝐼)
𝜕𝑅 𝜕𝐼 𝑅 𝐼
et on obtient finalement l’incertitude pour 𝑃 :

𝑢 (𝑅) 𝑢 (𝐼)
𝑢(𝑃) = 𝑃 +4
𝑅 𝐼

On pourra présenter le résultat sous la forme : 𝑃 = 𝑃 ± 𝑢(𝑃).

2.3.3 Somme

On calcule une distance par la différence entre deux longueurs mesurées : 𝐷 = 𝐿 − 𝐿 . On


cherche l’incertitude sur la distance notée 𝑢(𝐷) sachant qu’on connaît les incertitudes sur les
deux longueurs 𝑢(𝐿 ) et 𝑢(𝐿 ). On applique la loi de propagation des incertitudes :

𝜕𝐷 𝜕𝐷
𝑢 (𝐷) = 𝑢 (𝐿 ) + 𝑢 (𝐿 ) = 1 𝑢 (𝐿 ) + (−1) 𝑢 (𝐿 ) = 𝑢 (𝐿 ) + 𝑢 (𝐿 )
𝜕𝐿 𝜕𝐿
et on obtient finalement l’incertitude pour 𝐷 :

𝑢(𝐷) = 𝑢 (𝐿 ) + 𝑢 (𝐿 )
On pourra présenter le résultat sous la forme : 𝐷 = 𝐷 ± 𝑢(𝐷).

9
2.4 Incertitudes et chiffres significatifs
Dans une valeur numérique, le premier chiffre non nul de gauche désigne le chiffre le plus
significatif et le dernier chiffre de droite le chiffre le moins significatif. Les nombres 3140, 3,140
et 0,003140 ont ainsi tous quatre chiffres significatifs. Le nombre de chiffres significatifs rend
compte de la précision d’un résultat et permet donc de se faire une idée de l’incertitude.
Ecrire un résultat sous la forme 𝑋 = (5,31622 ± 0,04) 𝑚 n’a aucun sens car l’incertitude
indique que nous n’avons pas d’information au-delà de la deuxième décimale. Il faut donc
arrondir le résultat au centième. On écrira plutôt 𝑋 = (5,32 ± 0,04) 𝑚.

2.5 Exercices
𝑑 = 10,00 ± 0,01 𝑚𝑚
Exercice 1 : On mesure le diamètre et la masse d’une bille en or : .
𝑚 = 9,9 ± 0,1 𝑔
a) Calculer le volume de la bille avec son incertitude relative et son incertitude absolue.
b) Calculer la masse volumique 𝜌 de la bille avec son incertitude relative et son
incertitude absolue.
Exercice 2 : On souhaite déterminer la hauteur ℎ d’un immeuble. Pour cela, on mesure la
distance 𝑑 à laquelle on se trouve de l’immeuble 𝑑 = 25,00 ± 0,01 𝑚, ainsi que l’angle sous
lequel on voit le sommet de l’immeuble sans incertitude 𝛼 = 54°.
a) Etablir la formule donnant ℎ en fonction de 𝑑 et 𝛼. Calculer ℎ.
b) Calculer l’incertitude relative et l’incertitude absolue de ℎ.
Attention : les angles doivent être convertis en radians !

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