RADIOPROTECTION
Pr Ag ADAMBOUNOU Kokou (MD, PhD)
Médecin Radiologue, Biophysicien et Médecin nucléaire
1 Pr Ag ADAMBOUNOU Kokou Cours de Biophysique / FSS
OBJECTIFS
1- Décrire les sources naturelles des RI
2- Décrire les sources artificielles des RI
3- Enoncer les 3 principes de la radioprotection
4- Décrire les 3 règles de base de la radioprotection
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PLAN
Introduction
1-Rappels
2-Sources d’irradiation
3-Principes et règles de base de la radioprotection
4-Généralités sur la radioprotection en milieu médical
Conclusion
3 Pr Ag ADAMBOUNOU Kokou Cours de Biophysique / FSS
INTRODUCTION
• Définition
La radioprotection est l’ensemble des mesures prises pour protéger l’homme et l’environnement
contre les effets délétères des rayonnements ionisants.
• Intérêt
Elle est très importante pour une utilisation sure et contrôlée des applications médicales des RI.
• Historique
La radioprotection s'est imposée naturellement par rapport à l'utilisation croissante des
radiations ionisantes et au constat des risques associés. Au cours du siècle dernier, elle a profité
régulièrement de l'évolution des connaissances scientifiques (physique des radiations,
radiobiologie, dosimétrie) et des moyens technologiques pour permettre aux autorités d'adapter
périodiquement la réglementation.
Au début du xxe siècle, au vu des effets secondaires à l'utilisation répétée des rayonnements
ionisants, les médecins radiologistes ont compris la nécessité de « mesurer » les radiations
ionisantes et de « rationaliser » leur utilisation.
À leur initiative, différents débats et congrès ont été organisés en Europe afin de confronter les
pratiques.
Au premier congrès international de radiologie (Londres, 1925), sur proposition d'Antoine
Béclère (1856–1939), le « Roentgen » est défini comme unité internationale et la création d'une
Commission internationale des unités de mesures est proposée.
Le deuxième congrès (Stockholm, 1928) a vu naître la Commission exécutive des congrès
internationaux de radiologie, la Commission des unités et mesures et le concept d'un Comité de
protection qui deviendra la Commission internationale de protection radiologique (CIPR)
À partir d'études scientifiques, la CIPR élabore et publie les grands principes de radioprotection
; après consultation d'experts, ceux-ci sont repris par la Commission européenne qui en tire des
directives retranscrites ensuite dans la réglementation des pays membres et transposés en droit
national sous le contrôle des autorités selon les États.
1- RAPPELS
1.1-Dosimétrie
1.2-Radiobiologie
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2- Sources d’irradiation
Origine des irradiations
L'irradiation de la matière vivante a des origines multiples. Les sources de rayonnement peuvent
êtres naturelles : elles peuvent alors provenir de la terre ou du ciel, ou résulter de notre
nourriture.
Il existe également des sources de rayonnement artificielles : ce sont les rayonnements
médicaux ionisants utilisés en diagnostic ou en thérapie, les centrales nucléaires, les essais
nucléaires ou les accidents tels que celui de Tchernobyl.
En France, le taux moyen d'irradiation de l'homme est de 2,5 mSv par an.
2-1. Sources d'irradiation naturelles
- Rayonnements telluriques
Il s'agit d'émissions y provenant directement des radionucléides naturels ou de leurs
descendants présents dans le sol :
• uranium ;
• thorium ;
• actinium ;
• potassium 40.
La filiation de l'uranium 238 donne aussi naissance à un gaz radioactif, le 222Rn (Radon), dont
l'inhalation peut être nocive car il émet un rayonnement alpha. Ces produits de désintégration,
également radioactifs contaminent les poumons.
Ce radon-222 est la principale source de radioactivité naturelle à laquelle l'homme est exposé.
Le taux moyen d'irradiation est en effet de l'ordre de 1 mSv/an en France. Il est cependant très
variable suivant les régions. Les doses de rayonnement les plus élevées sont observées dans les
régions granitiques telles que le Massif central et la Corse.
- Rayonnements cosmiques
La Terre est en permanence bombardée par des rayons cosmiques. Ce rayonnement est
essentiellement constitué de particules de très hautes énergies, éjectées lors des explosions de
supernova, c'est-à-dire d'étoiles massives parvenues en fin de vie. Ces particules sont
essentiellement des noyaux d'hydrogène (protons), des noyaux d'hélium (particules alpha), et
aussi des noyaux plus lourds comme le fer et le nickel. L'atmosphère terrestre fournit une
importante protection contre les rayons cosmiques. Au moment où les rayons cosmiques
atteignent le sol, leur intensité a considérablement diminué.
Le soleil est aussi à l'origine du rayonnement cosmique. Lors d'éruptions solaires, le soleil émet
en effet des particules telles que les protons qui peuvent également contribuer au rayonnement
cosmique. Les particules émises ont cependant une énergie plus faible que celles d'origine
galactique, seule une petite part d'entre elles atteint la Terre.
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Aux altitudes des vols en avion, le rayonnement cosmique est nettement plus intense qu'au sol.
Cependant, même si l'exposition peut être cent fois plus élevée en altitude qu'au sol, elle
demeure relativement faible : le débit de dose en avion transatlantique est de l'ordre de 5 μSv /
heure.
- Irradiation interne
L'irradiation interne d'une personne s'effectue en cas d'inhalation ou d'ingestion d'éléments
radioactifs (exemple : contact avec des déchets radioactifs). Elle peut se produire également en
cas de blessure transcutanée.
Tous nos aliments sont légèrement radioactifs, car ils contiennent des éléments comme le
carbone 14 et le potassium 40 qui sont des isotopes radioactifs inséparables du carbone et du
potassium naturels.
L'eau de source que nous buvons est aussi radioactive. Avant de jaillir du sol, elle a dissous des
sels minéraux venant des roches dont certaines contiennent des radioéléments.
2.2-Sources d'irradiation artificielles
-Sources non médicales
Les centrales nucléaires de production d'électricité et les usines de retraitement des déchets qui
génèrent ou gèrent des éléments radioactifs relâchent dans l'environnement des rayonnements
radioactifs. Cependant, en raison des précautions prises, les doses de rayonnement sont très
faibles. Notons aussi que l'irradiation liée à l'accident de Tchernobyl s'est aussi fortement
atténuée au cours du temps.
Il faut également tenir compte des doses de radioactivité dues aux essais militaires de bombes
atomiques. Celles-ci ont fortement diminué au cours de ces dernières décennies. Ces trois
contributions représentent au total, l'équivalent de moins de 1% de la radioactivité naturelle.
-Sources d’irradiation en pratique médicale
La principale source d'exposition aux rayonnements en dehors de la radioactivité naturelle est
due aux diagnostics médicaux et aux thérapies. Les principales techniques d'irradiation utilisées
ont été décrites précédemment (- les rayonnements utilisés en diagnostic et thérapie »). Dans
les pays développés, elle représente environ 30 % en moyenne de l'exposition totale et
pratiquement toute l'exposition hors radioactivité naturelle.
Différentes publications, portant sur l'irradiation de l'homme dans son environnement,
convergent sur un point : l'exposition médicale est la principale source d'exposition artificielle
(figure 14).
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Figure 1 Importance des différentes sources d'exposition pour l'homme.
Le nombre d'examens radiologiques pratiqués dans le monde a pratiquement triplé en 15 ans.
L'exposition médicale a induit une augmentation de près de 50 % de la dose moyenne annuelle
reçue par habitant (de 0,83 mSv à 1,3 mSv entre 2002 et 2007) ; les examens de scanographie
représentent 10 % des actes réalisés et 58 % de la dose délivrée à la population.
À partir de ce constat, on peut comprendre les campagnes de sensibilisation et la mobilisation
des pouvoirs publics pour le respect de la réglementation en matière de radioprotection,
notamment par rapport à la radioprotection des patients.
La médecine est également le secteur dans lequel on observe régulièrement les plus fortes
expositions professionnelles, bien que leur nombre soit en diminution (tableau 1).
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Tableau 1 : Répartition des expositions professionnelles par intervalle de dose efficace (en
mSv).
6 < 15 <
Nombre de
1 < E E E E >
Secteur d'activité personnes < Seuil E < 1
<6 < < 20
suivies
15 20
Activités 222 975 180 897 39 066 2 750 250 6 6
médicales
et vétérinaires
Industrie nucléaire 68 509 47 287 14 416 5 938 865 2 1
3. Principes et règles de base de la radioprotection
3-1. Principes de base (JOLI)
• Les trois principes de base légaux de la radioprotection
La justification
Les sources de rayonnements ionisants ne doivent être utilisées que s’il n’existe pas d’autres
alternatives. Dans le cas du diagnostic ou de la thérapie, c’est au médecin d’évaluer le bénéfice
et le risque de chaque opération.
L’optimisation
C’est la recherche de l’exposition minimum nécessaire ; elle correspond au principe ALARA
(As Low As Reasonably Achievable).
La limitation
Le danger potentiel d’une exposition excessive aux rayonnements ionisants a amené à fixer des
normes réglementaires. Il existe des doses limites annuelles d’exposition à ne pas dépasser afin
d’éviter l’apparition d’effets stochastiques.
• Les règles de base
Précisons quelques règles simples d’application, basées sur un choix judicieux de trois
paramètres : la distance, le temps et les écrans.
L’atténuation des faisceaux de photons est très faible dans l’air. Dans le cas de faisceaux X ou
gamma divergents, si la source est ponctuelle, il est nécessaire de se tenir éloigné de la source.
La dose D de rayonnement reçu par le patient ou le personnel diminue en effet, en raison inverse
du carré de la distance d à la source.
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𝑫
D=𝒅
Il faut réduire au maximum le temps d’irradiation du sujet. Si le débit de dose de la source est
constant, la dose reçue est proportionnelle à la durée d’irradiation.
La source de rayonnement doit également être entourée par un blindage approprié, constitué,
par exemple d’un écran de plomb. La fenêtre de sortie du faisceau doit être diaphragmée afin
d’éviter la dispersion du faisceau dans toutes les directions et pour ne laisser passer celui-ci
que dans une direction bien déterminée.
Il également nécessaire d’éviter les rayonnements diffusés par le patient ou par des objets.
Dans le cas de l’utilisation des rayons X, les manipulateurs d’électroradiologie et les
radiologues doivent donc s’abriter derrière un écran de verre au plomb.
Il ne faut naturellement jamais toucher, directement de la main, une surface contaminée ou
une substance radioactive, mais utiliser des gants.
Les règles et principes se résument en TED est JOLi
4. Généralités sur la radioprotection en milieu médical
4.1-Radioprotection des travailleurs
L'objectif est de définir des niveaux de doses limites tels que le risque d'apparition de cancer
suite à une irradiation ne dépasse pas le risque naturel de développer un cancer. La CIPR fonde
ses recommandations sur des évaluations de risque provenant de plusieurs sources, mais surtout
sur des études épidémiologiques.
Ces limites ne s'appliqueront ni à l'exposition naturelle, ni aux expositions médicales. En effet,
il n'a jamais été démontré que le risque d'apparition de cancer était plus important dans les
régions où le taux de radioactivité est au-dessus de la moyenne et pour les expositions
médicales, le bénéfice l'emporte sur le risque. En revanche, ces limites seront modulées selon
trois catégories de personnes.
Catégories de personnes
À des fins de mise en place de la surveillance de l'exposition du travailleur, l'employeur procède
à une analyse des postes de travail qui est renouvelée périodiquement et qui doit comprendre
une étude dosimétrique de ces postes (article R. 4451-11 du Code du travail). Sur la base de ces
analyses, l'employeur procède au classement radiologique du travailleur :
– catégorie A ou personnes les plus exposées qui, dans les conditions normales de leur travail,
sont susceptibles de recevoir une dose supérieure à 6 mSv/an ou 3/10e d'une des limites
annuelles d'exposition. Les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les travailleurs de moins
de 18 ans ne peuvent relever de cette catégorie ;
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– catégorie B ou travailleurs moins exposés qui ne relèvent pas de la catégorie A, car les
conditions de travail sont telles qu'elles ne peuvent pas entraîner le dépassement de 3/10e d'une
des limites annuelles d'exposition.
Dès lors qu'il est classé en catégorie A ou B, le travailleur bénéficie d'un suivi dosimétrique
individuel et d'une surveillance médicale renforcée.
Le public comporte toutes les personnes non particulièrement exposées.
Doses limites
Au niveau européen, les normes légales de la radioprotection donnent :
-Une limite de dose efficace de 1mSv/an pour la population et de 20mSv/an en moyenne sur
5ans pour les personnes directement affectées aux travaux sous rayonnement ionisants
(radiologie médicale, médecine nucléaire, radiothérapie)
- une limite de dose équivalente annuelle de 15mSv pour le cristallin (œil) et de 50mSv pour la
peau, dans le cadre des expositions médicales de patients.
Comment gérer le risque professionnel ?
Quel que soit le risque dans le travail, la sécurité des personnes repose avant tout sur
l'organisation du travail et la formation du personnel. Pour ce qui concerne la radioprotection,
le balisage des zones à risque est une des premières mesures de prévention face au risque
d'exposition. Le suivi régulier et bien encadré des personnes travaillant dans les différentes
zones viendra renforcer cette mesure.
Zonage radiologique
La délimitation de zones de travail autour de toute installation radiologique est obligatoire et
codifiée, elle est réalisée au moyen de signalétiques de couleurs bien visibles (figure 2). Ce
balisage permet la maîtrise de la circulation des personnes dans les zones à risque, en réservant
l'accès aux personnes habilitées.
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Figure 2 : Signalisation de la salle de radiologie dans le couloir du service.
Le décret n° 2010-750 du 2 juillet 2010 du Code de la Santé publique Française indique que :
« Après avoir procédé à une évaluation des risques et recueilli l'avis de la personne compétente
en radioprotection, l'employeur détenteur, à quelque titre que ce soit, d'une source de
rayonnements ionisants délimite :
1° Une zone surveillée, dès lors que les travailleurs sont susceptibles de recevoir, dans les
conditions normales de travail, une dose efficace dépassant 1 mSv par an ou bien une dose
équivalente dépassant un dixième de l'une des limites fixées à l'article R. 4451-13 ;
2° Une zone contrôlée dès lors que les travailleurs sont susceptibles de recevoir, dans les
conditions normales de travail, une dose efficace de 6 mSv par an ou bien une dose équivalente
dépassant trois dixièmes de l'une des limites fixées à l'article R. 4451-13. »
Les nouvelles dispositions concernant le zonage conduisent en radiologie conventionnelle à :
– évaluer le risque en tenant compte de l'activité réelle réalisée et définir un zonage adapté :
zone surveillée, zone contrôlée, zone spécialement réglementée ;
– hiérarchiser le risque en fonction des domaines d'activité et des équipements radiologiques ;
– introduire les concepts de zone contrôlée jaune ou orange, de dimensions très variables selon
l'activité radiologique ;
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– mettre en œuvre une meilleure signalétique et information du risque aux accès des salles de
radiologie.
Cas particulier des femmes
Pour la femme enceinte, il n'y a pas de retrait systématique du poste, mais elle ne peut être
affectée en catégorie A. L'exposition du fœtus ne doit pas dépasser 1 mSv entre la déclaration
au médecin du travail et l'accouchement.
Les femmes qui allaitent ne peuvent être affectées à des postes comportant un risque
d'exposition interne.
Suivi et surveillance
Les travailleurs classés ne peuvent exercer qu'à condition de :
– être en possession d'un certificat médical spécifiant l'absence d'inaptitude ;
– se présenter aux visites médicales périodiques (au minimum une fois par an) ;
– faire l'objet d'une surveillance individuelle des expositions.
La surveillance individuelle des expositions est réalisée grâce aux mesures effectuées à l'aide
de dosimètres qui doivent être adaptés aux conditions d'exposition.
La dosimétrie passive consiste à porter un dosimètre :
– personnel ;
– durant toute la durée du travail, sur une période définie (1 mois pour les travailleurs de
catégorie A, 3 mois pour les travailleurs de catégorie B) ;
– capable de mesurer des doses à partir de 0,10 mSv quel que soit le rayonnement ;
– utilisé pour une mesure en temps différé ;
– utilisant différentes technologies : films photographiques remplacés progressivement par les
technologies TLD (thermo luminescent dosimeter) ou OSL (optically stimulated luminescence)
;
– placé au niveau de la poitrine pour les mesures corps entiers (sous les équipements de
protection) ;
– complété de dosimètres d'extrémités (doigt, poignet) lorsque l'exposition est inhomogène.
La dosimétrie active (ou opérationnelle) consiste à porter un dosimètre :
– individuel ;
– activé au cours de la durée d'une « opération » ;
– électronique avec écran d'affichage ;
– avec alarme sonore ou visuelle : le travailleur est informé en temps réel de la dose reçue pour
une activité ; il peut ainsi optimiser sa pratique ;
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– à lecture immédiate (les résultats étant périodiquement transmis au fichier central SISERI de
l'Institut national de recherche et de sécurité ou INRS).
En pratique
Le manipulateur dans sa pratique professionnelle est en permanence confronté au problème de
la radioprotection. Il doit appliquer les mesures spécifiques à sa spécialité (radiologie,
radiothérapie, médecine nucléaire) afin de limiter l'exposition des personnels et des patients,
mais il ne doit pas perdre de vue les règles de base incontournables. Ces règles sont
transversales, elles concernent l'organisation des locaux et du travail en général. Il sait que la
formation, l'implication et la communication lui permettront d'optimiser sa pratique dans ce
domaine.
La nomination d'une personne compétente en radioprotection (PCR) est une obligation
réglementaire du Code du travail (article R. 4456-1) en France pour tout établissement détenant
ou manipulant des sources de rayonnement ionisant.
4.2-Radioprotection des patients
Elle est essentiellement basée sur le principe de justification et d’optimisation.
La radioprotection des patients fait partie des obligations légales depuis l'ordonnance 2001-270
du 28 mars 2001 qui a transposé en droit français la directive 97/43 Euratom. Le décret
d'application 2003-270 du 24 mars 2003 a modifié le Code de la Santé Publique (CSP) en
introduisant au livre 1er, titre 1er, chapitre V-I, une section 6 relative à la protection des
personnes exposées à des rayonnements ionisants à des fins médicales ou médico-légales. Ce
texte rend désormais obligatoire pour les médecins demandant ou réalisant des examens
d'imagerie utilisant les rayonnements ionisants l'application des principes fondamentaux de
justification et d'optimisation.
-La justification des actes est le premier principe de la radioprotection : c'est l'opération
établissant le bénéfice net d'un examen par rapport au préjudice potentiel lié à l'exposition aux
rayonnements ionisants.
-L'optimisation des pratiques est le deuxième principe de la radioprotection. Lorsqu'un examen
utilisant les rayonnements ionisants est nécessaire (justifié), il doit être optimisé : c'est
l'opération permettant d'obtenir l'information diagnostique recherchée au moyen de la dose
d'exposition la plus faible possible.
Les méthodes d'optimisation en radiologie et en médecine nucléaire ne sont pas traitées dans ce
document : elles font l'objet de publications spécifiques, les Guides de procédures prévus à
l'article R. 1333.71 du code de santé publique.
Le Guide du bon usage des examens d'imagerie médicale est un outil essentiel pour la mise en
pratique du principe de justification. Il est destiné à tous les professionnels de santé habilités à
demander ou à réaliser des examens d'imagerie médicale.
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Les examens irradiants prescrits aux patients doivent être jugés utiles par les demandeurs avant
toute demande.
Questions préalables à la demande d'un examen d'imagerie médicale
Un examen utile est un examen dont le résultat - positif ou négatif - modifiera la prise en
charge du patient ou confortera le diagnostic du clinicien. Les principales questions que le
demandeur doit se poser sont les suivantes :
1. L'examen a-t-il déjà été pratiqué ? Par exemple dans un autre hôpital, dans un service de
soins externes, aux urgences.
Tout doit être mis en oeuvre pour obtenir les résultats des examens précédents. Attention à la
multiplication des examens !
2. Ai-je besoin de l'examen ? Non, si les résultats ne sont pas susceptibles de modifier la prise
en charge du patient, parce que le résultat positif attendu est généralement sans impact sur la
décision thérapeutique ou parce qu'un résultat positif est très improbable.
3. Ai-je besoin de l'examen maintenant ? C'est-à-dire avant que la maladie n'ait pu progresser
ou guérir. Des résultats immédiats sont-ils de nature à influencer le traitement ?
4. Est-ce l'examen le plus indiqué ? À impact clinique identique, il convient de privilégier les
techniques non irradiantes. Les techniques d'imagerie évoluant vite, il est souvent opportun de
discuter d'un examen avec un spécialiste de radiologie clinique ou de médecine nucléaire avant
de le demander. La possibilité d'une grossesse a-t-elle été envisagée ? L'existence d'une
grossesse, un allaitement, des antécédents d'intolérance aux produits utilisés, l'âge peuvent
influer le choix des techniques d'imagerie ; les enfants sont plus sensibles aux radiations
ionisantes.
5. Ai-je bien posé le problème ? Des informations cliniques inappropriées et une mauvaise
formulation des questions censées être résolues par l'imagerie peuvent conduire à réaliser un
examen inadapté (avec omission d'une vue essentielle, par exemple).
CONCLUSION
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