PARTIE I.
DÉFINITION ET GRANDS
ENJEUX DE L’ÉCONOMIE SOCIALE
ET SOLIDAIRE
LICENCE INTERVENTION SOCIALE 2020-21
LAURENT GARDIN
PLAN
1. Qu’est ce que l’ESS ?
1. Approche juridique
2. Approche statistique
3. Approche conceptuelle
2. Les enjeux actuels et les
réponses de l’ESS
SOUS-PARTIE I.
L’ÉCONOMIE SOCIALE ET
SOLIDAIRE C’EST QUOI ?
I. APPROCHE JURIDIQUE
LES STATUTS DE L’ESS
L’ ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE
L’économie sociale et solidaire est un mode d’entreprendre adapté
à tous les domaines de l’activité humaine auquel adhèrent des
personnes morales de droit privé qui remplissent ces conditions :
1° Un but poursuivi autre que le seul partage des bénéfices ;
2° Une gouvernance démocratique, prévoyant la participation, des
associés et parties prenantes aux réalisations de l’entreprise ;
3° Une gestion conforme aux principes suivants :
• a) Les bénéfices sont majoritairement consacrés à l’objectif
de maintien ou de développement de l’activité de l’entreprise ;
• b) Les réserves obligatoires constituées, impartageables, ne
peuvent pas être distribuées.
(Article 1, Loi du 21 juillet 2014)
LES COOPÉRATIVES
• Ce sont des groupements de personnes poursuivant des
buts économiques, sociaux ou éducatifs communs.
• Elles sont gérées par leurs propres membres, à leurs
risques et sur la base de l’égalité des droits et obligations entre
chaque sociétaire.
• Quelques exemples : coopératives de commerçants (Système
U, Édouard Leclerc, Optic 2000, Intersport, Biocoop…),
coopératives agricoles (Sodiaal : Candia, Yoplait),
coopératives d’épargne et de crédit (Crédit agricole, Crédit
mutuel, Groupe Banque populaire dont est membre le Crédit
coopératif, Caisse d’épargne), coopératives de production
(Groupe Chèque Déjeuner…), coopératives d’activités et
d’emploi, société coopérative d’intérêt collectif (Scic).
LES ASSOCIATIONS
• La loi de 1901 définit une association comme étant "une
convention par laquelle deux ou plusieurs personnes
mettent en commun de façon permanente leurs
connaissances ou leurs activités dans un but autre que de
partager des bénéfices".
• Les associations représentent la majorité des établissements
du domaine de l’économie sociale.
• Elles sont présentes partout, dans le monde sportif, culturel,
éducatif, familial, sanitaire et social, environnement, défense
des droits...
LES MUTUELLES
• Elles regroupent des personnes qui choisissent de répartir
collectivement les coûts de la prévention et de la réparation
des risques auxquels elles sont soumises. Leur principe
fondateur est donc la solidarité entre les membres.
• Les mutuelles sont constituées de deux branches : les
mutuelles d’assurances (Maif, Macif, Groupama…) et les
mutuelles de santé (Mutuelle générale de l’Éducation nationale
– Mgen, Mutualité sociale agricole – Msa…)
LES FONDATIONS
• La loi du 23 juillet 1987 sur le développement du mécénat
définit la fondation comme
« L'acte par lequel une ou plusieurs personnes physiques ou
morales décident l'affectation irrévocable de biens, droits ou
ressources à la réalisation d'une œuvre d'intérêt général et à but
non lucratif. »
• Exemples : Institut Pasteur, Fondation de France, Fondation
Abbé Pierre, Fondation Caisse d’épargne pour la solidarité…
CERTAINES SOCIÉTÉS COMMERCIALES
Les statuts des sociétés commerciales souhaitant être reconnues
comme entreprises de l’ESS doivent contenir les mentions
suivantes :
Une définition de l'objet social de la société répondant à titre
principal à l'une au moins des trois conditions, que sont, leur
contribution à travers leur activité :
• au soutien à des personnes en situation de fragilité du fait de leur situation
économique, sociale ou du fait de leur situation personnelle
• à la lutte contre les exclusions et les inégalités sanitaires, sociales, économiques,
culturelles, à l'éducation à la citoyenneté
• au développement durable (condition venant en complément des deux
premières) ;
La mise en œuvre des principes de gestion définis à l'article 1er de
la loi du 31 juillet 2014.
Reconnaissance par l’Etat : Agrément ESUS (échelle de
rémunération)
II. APPROCHE STATISTIQUE
QUELQUES CHIFFRES
L’économie sociale et solidaire est composée de :
• 2,38 millions de salariés,
• 10,5 % de l’emploi salarié en France :
• les associations (à 77,7%),
• les coopératives (12,9%),
• les mutuelles (5,8%)
• les fondations (3,6%).
(Source Clap 2015)
• et contribue à hauteur de 8 % environ au PIB.
Un secteur en croissance :
• 2001-2009 le dynamisme de création d’emplois (2,6 % / an
contre 1,1 % dans le secteur privé (hors ESS).
• Stabilité de l’emploi depuis 2012
Total
Coopérative Mutuelle Association Fondation économie Total
Secteur sociale
Agriculture, sylviculture et pêche 6 868 0 4 757 18 11 643 259 670 4,5%
Industrie + construction 45 607 c c c 50 497 4 527 315 1,1%
Commerce, transports, hébergement et
restauration 60 334 4 636 26 019 671 91 660 5 416 468 1,7%
Activités financières et d'assurance 166 772 87 606 c c 255 852 856 840 29,9%
Information et comm, act immob, soutien aux
eses 21 870 1 541 125 563 6 826 155 800 3 495 005 4,5%
Administration, enseign, santé humaine et
action sociale c c 1 384 293 75 636 1 508 951 7 386 497 20,4%
dont enseignement
c c 340 689 9 366 352 854 1 891 131 18,7%
dont santé
humaine
c c 132 628 27 184 181 832 1 554 559 11,7%
dont action sociale
1 821 22 382 910 976 39 086 974 265 1 612 710 60,4%
Autres services c c 305 381 2 592 310 398 806 905 38,5%
dont arts, spectacles et activités récréatives
c 0 123 783 c 125 647 297 215 42,3%
Total 308 532 138 415 1 852 083 85 771 2 384 801 22 748 700 10,5%
c : données
confidentielles 12,9% 5,8% 77,7% 3,6% 100,0%
Impossible d'afficher l'image. Votre ordinateur manque peut-être de mémoire pour ouvrir l'image ou l'image est endommagée. Redémarrez l'ordinateur, puis ouvrez à nouveau le fichier. Si le x rouge est toujours affiché, vous devrez peut-être supprimer l'image avant de la réinsérer.
III. APPROCHE CONCEPTUELLE
I. L’ECONOMIE SOCIALE
Approche statutaire (coopérative, mutuelle, association
voire fondation), « comment on le fait ? » ses
principes :
• La liberté d’adhésion
• La non lucrativité individuelle
• La solidarité entre les membres
• La gestion démocratique selon le principe
« une personne = une voix »
• L’indépendance à l’égard des Pouvoirs publics
• L’intérêt collectif avant l’intérêt particulier
2. L’ÉCONOMIE SOLIDAIRE
Economie solidaire, « pourquoi on le fait ? » :
• les rapports sociaux de solidarité priment sur l’intérêt
individuel ou le profit matériel
• fonctionnement économique fondée sur une hybridation des
ressources (du marché, de la redistribution et de la
réciprocité)
• contribution à la démocratisation de l’économie à partir
d'engagements citoyens
3. L’ENTREPRENEURIAT SOCIAL
Finalité sociale et performance économique
• Formes juridiques variables
• Absence d’actionnaires mais accent mis sur « l’entrepreneur
social » et démarche entrepreneuriale
• Mixité d’objectifs économiques et sociaux plus que sur le
fonctionnement démocratique
• Financement mixte, viabilité économique, et respect des règles
du marché
SOUS-PARTIE II. LES
ENJEUX ACTUELS ET DES
RÉPONSES
DE L’ÉCONOMIE SOCIALE
ET SOLIDAIRE
1. UNE CRISE ÉCOLOGIQUE
—> la préservation des matières premières : des
initiatives dans la gestion des déchets, la maîtrise
de l’énergie, l’éco-construction, les transports, la
relocalisation des activités …
—> la biodiversité : l’agriculture biologique, l’entretien
des espaces verts, …
2. UNE CRISE ÉCONOMIQUE
—> tertiarisation de l’économie : nombreux services (de
la vie quotidienne, de la culture, des loisirs, de la
santé…) domaines fortement créateurs d’emplois
—> l’accès à l’emploi : les structures d’insertion par
l’activité économique, l’appui à la création d’activités…
—> le maintien de l’emploi : les récupérations, les reprises
et transmissions d’entreprises
—> de nouveaux rapports économiques au niveau
international (commerce équitable) et local (AMAP)
3. UNE CRISE FINANCIÈRE ET
MONÉTAIRE
—>face à la spéculation : les finances solidaires
(épargne solidaire, épargne salariale solidaire,
placements solidaires dans la terre…)
—> face au manque de monnaie : monnaies
sociales, monnaies locales…
4. UNE CRISE SOCIALE ET DE
NOUVELLES DEMANDES SOCIALES
—> évolution du travail des femmes, vieillissement de la
population : service de la vie quotidienne…
—> en direction de la jeunesse : services de sports, culture,
loisirs, médiation
—> face à l’exclusion : expériences d’insertion sociale,
autoproduction…
—> le « lien » importe autant que le « bien » : monnaies sociales
—> au niveau international : les initiatives de solidarité
internationale.
5. UNE CRISE DÉMOCRATIQUE
—>déficit d’engagement dans les organisations
collectives : « vitalité » du mouvement associatif
—> démocratie économique au sein des
organisations de l’ESS
—> capacité d’intervention dans l’économie en lien
avec les collectivités
CONCLUSION
• des réponses pratiques ancrées dans le local,
ESS inscrite dans le paradigme « penser global,
agir local »
• foisonnement de l’économie sociale et solidaire sur
l’ensemble des continents
• mouvement au niveau international pour une
« autre économie » en lien avec une « autre
mondialisation » (Ripess)
BIBLIOGRAPHIE
• DEMOUSTIERS D., 2001, L’économie sociale et solidaire, Paris : La
Découverte et Syros (Alternatives économiques).
• FRÉMEAUX P., 2011, La nouvelle alternative ? Enquête sur l'économie
sociale et solidaire, Paris, Les Petits matins.
• GARDIN L., 2006, Les initiatives solidaires, La réciprocité face au marché
et à l’Etat, Editions Erès.
• GARDIN L., Laville J.-L., Nyssens M., 2012, Entreprises sociales et
insertion, Desclée de Brouwer.
• LAVILLE J.-L., (sous la direction de), 2007, L’économie solidaire, une
perspective internationale, Hachette Littératures Collection Pluriel.
• LAVILLE J.-L., 2016, L’économie sociale et solidaire, pratiques, théories,
débats, Editions du Seuil, Points.
• LAVILLE J.-L. et CATTANI A. D. (sous la direction), 2005, Dictionnaire de
l’autre économie, Paris, Desclée de Brouwer, réédition en livre de poche
Folio Actuel.