Contentieux et enjeux de la CEDH
Contentieux et enjeux de la CEDH
30 septembre 2021
René Cassais épaulé par Éléonore Roosevelts et un asiatique. Au fond les chs sont allées très
vite car le texte a été déclaré la déclaration universelle des droits de l’homme présentée en
1946 à l’assemble des droits de l’homme à Paris ; sa spécificité est de garantir à la fois des
droits civils et politiques et des droits sociaux culturels, elle a été traduite dans plus de 500
langues et dialectes et il sert de référence de nombreuses organisations internationales et
OMG.
Ce texte a une faille juridique profonde, c’est une simple résolution des nations unies ie elle
a bien une valeur juridique en revanche elle n’a pas de force obg au sens où les États ne sont
pas contraints.
Donc le seul moyen est de s’adresser à la force obg du traité international qui peut
éventuellement engager la resp internationale de l’État, en d’autres termes il faut conclure
des traités et il faudra attendre 1966 et deux pactes de NY relatifs d’une part aux droits civils
et d’autre part aux droits économiques et culturels.
Le traité de Versailles de 1919 est celui qui fonde les droits de travail et sociaux.
Constats :
- Tout suite au niv de l’union de 1966 on distingue selon la nature de droits le pacte de
NY de droits civils et politiques est assorti d’un protocole additionnel et facultatif,
dans le pacte on crée un communiqué de droits de l’H et dans le protocole on permet
à ce comité de recevoir des réclamations indv ie forme juridique plus nette de droits
civils et politiques car on a un organe de contrôle (comité de droits de l’H), cet
organe s’est judiciarisé mais ce n’est pas une juridiction. Ces droits civils et politiques
sont des droits justiciables.
- A côté on a le pacte de NY des droits économiques sociaux et culturels, ces des droits
dont on doute de la justiciable ex : comment invoquer des droits sociaux ?
Par le traité de Londres de 1949 est né le conseil de l’Europe, et le premier texte qui
a été élaboré en 1950 c’est la convention européenne de droits de l’homme ou
convention de sauvegarde de DH et libertés fondamentales. Désormais ce projet
politique est mené par 47 États (la Turquie fait bien partie du conseil de l’Europe).
1 octobre 2021
Ces arrêts originellement art 46 sont des arrêts déclaratoires ie on est dans une
analyse in concreto de la situation juridique qui est soumise à la CEDH, mais la CEDH
a été victime de son succès, elle est probablement la plus pauvre elle manque de
moyens.
Il y a un champ politique qui fait des crispations diplomatiques mais aussi un champ
matériel qui impose à la cour de développer des stratégies procédurales pour lutter
contre son engorgement ie stratégie procédurale découlant des TI d’un travail par
l’intermédiaire de son règlement interne.
(Travailler avec la convention de la CEDH et le règlement de la CEDH).
La convention est un texte qui se compose d’un corps et qui se compose aussi des
protocoles additionnels ce texte originel a été modifié par le protocole
d’amendement, et il a été complété par des protocoles additionnels.
Dans le premier titre de la convention, on a tous les droits et les libertés qui sont
énoncées, ce sont des droits civils et politiques ex : art 11 de la convention EDH qui
garantie la liberté d’association et syndicale.
Les droits intangibles on les trouve aussi dans le noyau dure de la convention, ils sont
mentionnés dans l’art 15 de la convention ; cet art est un texte qui autorise les
dérogations en période de guerre ou en période d’État d’urgence.
Pour les droits intangibles (ils sont 7) on n’a pas le droit d’y porter atteinte :
Contentieux devant la CEDH
Tous les autres droits sont donc conditionnels, soit qu’ils vont être affectés par des
clauses d’ordre public (paragraphe 2) soit qu’ils ont une condition spéciale. Ces droits
permettent à l’État de lors que l’ingérence doit être prévue par la loi, avec un but ultime
et l’atteinte au droit doit être proportionnée au motif qui la guide ex : des écoutes
téléphoniques mais la loi ne doit pas être disproportionnée au regard de la cause.
Ce texte est frappé par le principe de subsidiarité (et le protocole N.15 d’amendement),
ce principe explique que le mécanisme de la convention n’est là qu’en cas de faillite de
l’État ie c’est le dernier recours ie l’État n’est pas en capacité de redresser par ses
propres moyens un tort qui lui est reproché, la subsidiarité a deux dimensions :
- Une subsidiarité procédurale ie que l’on ne peut saisir le juge européen que si on a
épuisé le droit interne
- Une subsidiarité substantielle ie on peut travailler sur des textes qui sont dans le
droit national mais aussi des textes qui soit dans la convention.
On est auj dans une logique d’hyper individualisation des droits de l’homme ie qu’on voit
l’ineffectivité de certains États ex : la Pologne, la Turquie avec des arrêts/ condamnations
qui sont inexécutables.
Dans les années 70 avec l’arrêt Airey contre Irlande du 9 octobre 1979 ; la Cour a dit que
ce qu’elle garantie ce ne sont pas des droits th et illusoires mais des droits concrets et
effectifs ie d’une part on décloisonne et d’autre part ses outils s’interprètent à la lumière
de conditions d’auj ie on admet le revirement de jurisprudence.
Elle a décidé de décloisonner l’instrument, ce qui l’a conduit à tout mettre dans la
convention on y trouve des droits économiques, sociaux, de la bioéthique etc, elle
englobe tout.
bcp des droits particulièrement les art 2 et 3 on trouve un volet matériel et un volet
procédural.
Volet matériel signifie dire qu’il ne faut de traitement in humains et dégradants.
Volet procédural ie on peut dire qu’il n’y a pas eu de traitement in humains mais pour
être sûrs, il faut lancer des enquêtes
Les violations peuvent être donc sur le plan du volet matériel ou sur le volet procédural
(ie qu’on n’a pas lancé les enquêtes).
7 octobre 2021
La procédure telle qu’elle existe auj est le fruit d’une évolution commandée par les
élargissements et le succès innavigable du recours à l’individuel, auj la cour est une
juridiction permanente, elle a son siège au palais de Droits de l’homme.
La CEDH est une juridiction obg et indépendante pour ceux qui y adhérent (le recours à
l’individuel date de 81) celui accepte la convention accepte la Cour on ne peut pas
distinguer les deux.
Le protocole N.11 : c’est un protocole sur lequel on fondait énormément d’espoir car à
l’époque le conseil a commencé à mesurer une situation d’engorgement de la Cour Ex :
depuis qu’elle a été instituée la Cour a eu à statuer sur 866 requetés.
Dès l’entrée en vigueur du protocole N.11, la cour met en place des stratégies
notamment avec la convention elle-même et le règlement, dans le protocole on crée une
nouvelle structure qui est le comité de 3 juges.
Toutefois, cela ne suffit pas donc protocole additionnel du 13 mai 2004 entrée en vigueur
le 1er juin 2010, il institue la nouvelle formation judiciaire qui est la formation de juge
unique (qui aborde seule les questions de recevabilité).
Certains pays ont accepté le juge unique avant c’était le protocole N.14bis mais pas la
France.
Le protocole N.14 entre en vigueur le 1 juin 2014 et constitue une période de transition
jusqu’à l’entrée en vigueur du protocole N.15. Le protocole N.14 ne va pas bouleverser le
fonctionnement de la Cour mais il va plus loin dans la fluidification des procès en agissant
sur deux leviers :
- Le premier celui du juge unique qui peut déclarer les requêtes irrecevables, ce travail
est mené en parallèle avec une section de filtrage qui dépend du greffe et qui est
chargée d’aiguiller les requêtes des plus grands pourvoyeurs : Ukraine, Russie,
Turquie, Roumaine, Pologne.
Pour pouvoir saisir la Cour auj, il faut que le requérant ait subi un préjudice
important.
Contentieux devant la CEDH
- Dans sa globalité peut rendre des jugements : décisions (traite sur la recevabilité) et
des arrêts (traite sur la recevabilité et le fond), des règlements amiables etc.
- Elle est composée de pls formations : la cour plénière (réunit les 47 juges) auj ne se
réunit que pour des questions adm ou d’élection et la grande chambre (formation
judiciaire)
- Le Pr est islandais, il s’appelle Robert Spano, il est élu pour une durée de 3 ans, il
représente la cour au niv du conseil de l’Europe, il assure sur le plan de formations
deux présidences : la présidence de la cour plénière et la présidence de toutes les
Contentieux devant la CEDH
affaires qui passent en grande chambre. Il siège aussi en qualité de juge de l’État
défendeur (il est appelé pour les affaires qui concerne l’Islande), il est assisté d’un
bureau dans lequel il y a le greffe en chef.
- Concernant les formations judiciaires : la cour s’organise en section, tous les juges
appartiennent à une section mais il y en a qui doivent se détacher de leur section
pendant un an pour devenir juge unique.
Une fois définis les juges de section soit vont participer à la grande chambre mais
principal deux formations judiciaires : comité de 3 juges et la chambre de 7 juges
Le juge de l’État va dans toutes les sections et quand il y a une affaire qui concerne
son État il va à la section qui a l’affaire, il est indépendant mais il a un rôle de juge
expert donc il éclaire les autres juges sur l’affaire.
La chambre peut rendre des arrêts mais elle peut statuer sur la recevabilité si c’est
une affaire complexe de recevabilité et donc dans ce cas-là on pourra avoir une
décision.
(Voir les organigrammes du site de la Cour).
Le juge de l’État défendeur ne peut pas être juge unique si l’affaire est de son État,
il peut être présent sur le comité de 3 juges si on en a besoin en termes d’expertise.
(La cour ne peut pas réexaminer une affaire que s’il y a des faits nouveaux).
Résumé :
Le juge unique peut se dessaisir sur le comité de 3juges, le comité de 3 juges peut se
dessaisir en faveur de la chambre et la chambre peut se dessaisir en faveur de la
grande chambre.
Le Juge unique peut rendre des décisions, le comité de 3juges peut rendre des arrêts
et des décisions, la chambre peut rendre des arrêts et de décisions et la grande
chambre aussi.
Contentieux devant la CEDH
A la CEDH on peut trouver de juge ad-hoc qui intervient au titre de l’État défendeur si
l’État défendeur ne peut pas agir, pour respecter l’impartialité objective qu’on
impose aux États.
18 novembre 2021
La requête individuelle
Le cheminement est d’abord adm et il permet une alternative au contentieux.
Pour saisir la CEDH avant on la saisissait d’une simple lettre puis les greffiers de la
cour devaient vérifier s’il y avait des causes patentes d’irrecevabilité.
Site de la CEDH, saisir la cour, les formulaires, formulaire de requête que l’on peut
télécharger et sur un formulaire de pouvoir.
Pour la saisir auj, il faut passer par le remplissage du dit formulaire de requête, ce
formulaire va se diviser 3 grandes thématiques :
- Une relative à la personne du requérant
- Les dispositions conventionnelles susceptibles d’être violées dans le cadre de la
requête
- Les épuisements de voies de recours interne
Pour remplir le formulaire il n’y a pas besoin d’avoir un avocat, le ministère d’avocat
n’est imposé qu’à partir du moment que lorsque la requête est attribuée à une formation
judiciaire.
Exception à la rigueur posée par l’art 47, 4 hyp vont contrebalancer cette vigueur :
Si la personne est en détention ou on ne lui permet pas un bon accès au SP , la
cour peut s’affranchir aux exigences du formulaire
Si le requérant demande des mesures provisoires, ici on n’exige pas un formulaire
Si la requête soulève des questions d’interprétation qui peuvent avoir une
incidence sur la cour pas besoin de formulaire
auj les requêtes sont hiérarchisées elles ne sont plus traitées par ordre chronologique,
dans l’art 41 du règlement intérieur de la cour une des catégories de requêtes, il y en a 7
et elles doivent aller jusqu’à la requête manifestement irrecevable.
Depuis environ 3 ans les requêtes inter étatiques ne sont plus intégrées dans les
requêtes de priorisation (politique de priorisation).
Dans la deuxième catégorie on a toutes les affaires qui relèvent des problèmes
systémiques /structurels dans un État
Une fois qu’on a catégorisé l’affaire on décide de … mais attention les juges peuvent se
dessaisir au profit de, ex : une chambre de 7 juges peut se dessaisir au profit d’une
grande chambre, une chose est sure si un juge unique ou un comité prend une décision
d’un arrêt il n’y a pas de recours possible.
En revanche, les décisions ou les arrêts de chambre ie formation de 7 juges peuvent faire
l’objet d’un recours en grande chambre ie un recours en interne.
Il existe aussi devant la CEDH des règlements alternatifs au contentieux, ici on ne peut
pas avoir de médiation ou de conciliation. Devant la CEDH il y a possibilité d’envisager
des mécanismes alternatifs au contentieux, ces mécanismes sont au nombre de deux :
- Le règlement amiable
- La déclaration unilatérale
Une fois que l’affaire est attribuée à des procédures judiciaires le but est de parvenir un
accord entre les parties ie chaque structure de la CEDH au niv du greffe ou au niv de la
CEDH elle-même vont tenter d’organiser un règlement amiable entre les parties.
Comme le règlement amiable existe dans la convention, il est placé sous le contrôle
comité des ministres, la déclaration unilatérale elle n’existe que dans l’art 62 A du
Contentieux devant la CEDH
règlement intérieur de la cour et par csq c’est une procédure qui n’est pas confiée au
comité de ministre.
Le règlement amiable
Durant toute la procédure les parties peuvent trouver un accord ie que durant toute la
procédure d’une part la cour doit les aider dans ce sens (art 62 du règlement intérieur) et
les parties peuvent faire des propositions (art 54 du règlement intérieur) cela marche
pour toute type d’affaire particulièrement pour l’arrêt pilote.
Affaire CEDH Mandile et autres, ici on proposait de l’argent à titre indv à chaque
faucheur volontaire, certains disaient que l’E cherchait à acheter leur silence la
requête a été rejetée et donc le règlement amiable a été arrêté.
Quand on veut un règlement amiable et cela vaut, il faut une logique d’objectivisation du
contentieux si la question n’est pas très centrée mais au contraire concerne un grand
nombre d’indv, il faut que le règlement amiable apporte une solution et plus largement
au bénéficie de toute personne qui peut avoir une violation similaire.
Pour que l’affaire soit rayée du rôle il faut que le règlement amiable apporte une solution
et plus largement au bénéficie de toute personne qui peut avoir une violation similaire.
La déclaration unilatérale est une procédure née dans la CEDH art 62 A du règlement
intérieur de la CEDH, elle est là pour contourner l’échec d’un règlement amiable, on fait
une déclaration unilatérale parce que l’E se rend compte que l’on va être condamné et
donc ça ne sert à rien d’aller devant les avocats, c’est donc un aveu de violation de la
convention.
Cet aveu ne conduira à une radiation du rôle que si l’E trouve des solutions lui
permettant de remédier à la violation subie de façon totale et que s’il propose des
engagements d’ordre général (démarche d‘objectivisation du contentieux).
Il arrive qu’il y ait un échec du règlement amiable, puis une déclaration unilatérale puis
que le requérant l’accepte dans ce cas-là on rebascule dans une procédure de règlement
amiable.
Si la personne est valablement titulaire d’un droit de recours il est possible de prendre
dès la saisine des mesures provisoires (pour raccourcir le délai du recours).
La représentation :
Dans des circonstances exceptionnelles la cour admet qu’ne requete soit déposée pour
le compte de la victime directe et elle admet alors même que le déposant ne dispose pas
d’un pouvoir car quelquefois on ne sait pas où est la victime par ex les cas de disparition
ou quand les personnes sont des personnes extrêmement vulnérables.
Dans l’arrêt CEDH Valentin Câmpuanu affaire rendu contre la Roumanie en grande ch le
17 avril 2014, il est né handicapé en Roumanie sans famille et on se rendu compte qu’il
était zéro positif et il a été placé dans une institution qui a été maltraitante à son égard,
une association (centre de ressources juridique au nom de Valentin) s’est créé à son
bénéfice et la Cour a admis que cette assos personne morale puisse saisir la Cour, cette
association a été créée juste pour valentin.
Cette affaire française a été portée l’arrêt association innocence en danger et association
partage contre France du 4 juin 2020 (commenté par le Pr Marchedier concerne les
violences faites aux enfants).
Pour la victime indirecte elle a subi une atteinte à ses droits du fait de la violation de ceux
d’autrui. Quand admet-on cette qualité ? quand la victime directe est décédée ie quand il
y a des atteintes au droit à la vie, le plus souvent les proches sont les héritiers et cette
qualité on a le trouver sur les proches ie les parents des victimes du droit intangible.
Ce que la cour admet aussi, c’est que la requête se poursuive lorsque la victime est
décédée après l’introduction du recours, mais en principe pour que l’action soit
Contentieux devant la CEDH
maintenue il faut que les proches démontrent un intérêt légitime à la faire (parfois
même la cour maintient la requête parce qu’il y a un intérêt dans l’arrêt alors même qu’il
n’y a n’a plus pour les proches ex : arrêt dans la requête KARNER c/ Autriche 24 juillet
2013).
(Ce qu’en 2010 qu’on a admis que le couple seul était une famille, homosexuel ou bi
sexuel qq soit la nature ou le statut juridique du couple).
Cette notion de victime potentielle s’est fait aussi dans l’arrêt fondateur Open door c/
Irlande 29 ami 1992 cet arrêt a révélé une forme d’action populariste devant la CEDH, ce
pays a été très exclusif répression pénale de l’homosexualité, prohibition de
l’avortement donc ici l’association qui aidait les femmes à aller à l’étranger pour avorter
elle donnait donc une documentation utile aux femmes, on a saisi ces documentation on
a considéré que c’était une atteinte au droit a la documentation pour toutes les femmes
qui n’avaient pas eu cette info.
Il faut simplement que les individus puissent justifier d’un risque suffisamment réel pour
être qualifié de victime potentielle ce qui a été rappelé dans l’affaire Burdeo en grande
chambre du 29 avril 2018.
19 novembre 2021
La première des situations d’urgence à laquelle on pense c’est la question des expulsions
et extradition des personnes en situation irrégulière.
Lire des rapports du Conseil de l’Europe sur la Turquie. Il faut lire les fiches techniques
sur le site de la Cour.
La cour a institué des mesures provisoires. Elle est intervenue dans l’affaire Soering. Ça
fonctionne sous l’autorité des PR de section ou les vices-présidents qui sont désignés en
qualité de juge de permanence.
la nature juridique des mesures provisoires (leur autorité): au départ ça n’existait pas
dans la convention, il n’y pas le ppe pacta sunt servanda, l’autorité conventionnelle, elles
avaient une valeur consultative) arrêt Cruz Varas et autre c./ Suède, la cour a opéré un
revirement de jurisprudence en février 2005 Mamatkulov et Askarov c./ Turquie, elle
Contentieux devant la CEDH
Affaire concernant une femme qui allait être extradée vers l’Iran et ses enfants restaient
en France, on a aucun risque d’atteinte quant à ses droits intangibles la cour s’est
servie de l’article 8, on ne pouvait pas la renvoyer sans analyser sa situation. Idem aussi
pour la restitution d'enfants possibilité de prendre des mesures provisoires.
Il faut aller voir quelques arrêts : LR c./ Macédoine du Nord, 23 janvier 2020, Strand
Lobben et autres c./ Norvège, Grande chambre, 10 septembre 2019.
Une fois qu’on a déposé la requête, on a été identifié comme requérant (condition de
recevabilité) il faut analyser les autres conditions de recevabilité. Pour qu'une requête
soit recevable il y a la condition qui tient à la compétence territoriale de la cour.
La compétence territoriale de la cour. On a l’article 1 qui dit que toute personne
(physique ou ONG) peut saisir la cour dès lors qu’elle est placée sous la juridiction d’un
des États parties. On n’a pas de condition de nationalité (on peut être ressortissant d’un
État tiers à l’UE). on ne dit cependant pas exactement ce qu’est être placé sous la
juridiction d’un des États parties. La juridiction, en principe, on pose une présomption sur
le territoire, càd qu’un État exerce sa juridiction sur son territoire, sauf que cette
présomption doit nécessairement être limitée dans la mesure où un État peut être
occupé. Quand on est dans une situation où on est flottant sur notre propre territoire, la
cour va devoir pondérer cette notion de juridiction et elle le fait par la théorie des
obligations positives (l’État ne se contente pas de s’abstenir mais il agit aussi, l’exigence
de la cour ne sera pas la même que dans l’obligation négative). Ce qu'on exige de l’État
qui est occupé, c’est l’obligation de tout mettre en œuvre par l’intermédiaire de la voie
diplomatique ou légale (s’il en existe) pour restaurer sa propre juridiction. La cour l’a
rappelé à l'Azerbaïdjan SARGSYAN du 16 juin 2015. Dans le cas où deux États se
disputent un territoire et qu'il y a atteinte aux droits fondamentaux (DF) des individus
alors ceux-ci poursuivent les deux États.
Les États se déplacent. Ex des Britanniques. On a eu quand même des actes ponctuels en
Iraq qui pour un pays garantissant les droits de l’homme n’est pas correct. Il faut respecter à
l’étranger les droits fondamentaux, CEDH Hassan c./ Royaume-Uni. On peut remarquer que
quand on a une opération à l’étranger qui se déroule sous l’égide d’une organisation
internationale, la cour est plus bienveillante, cas des interventions en ce qui concerne
l’OTAN, ça a été le cas récemment pour des opérations en Afghanistan, sous l'égide du
conseil de sécurité des nations unies arrêt Hanan du 16 février 2016.
la coordination des procédures : on est face à un instrument subsidiaire, càd que la Conv
EDH n’a vocation à être mise en œuvre qu’à partir du moment où l’État a tout mis en œuvre
pour restaurer la violation des droits fondamentaux. Sur le plan procédural cela signifie qu’il
faut épuiser les règles de voies de recours internes, art 35 §1 de la convention. On Parle de
subsidiarité procédurale.
Attention! Il faut relativiser cette règle parce que la cour la relativise. Il faut que les voies de
recours aient déjà des chances de prospérer. Il y a des États qui ont comme pratique de
multiplier les voies de recours. La cour va avoir une évaluation des voies de recours à
épuiser, il faut que ces voies de recours soient accessibles et effectives, la cour dit qu’il faut
qu’il y ait un degré de certitude suffisant en pratique comme en théorie. On a eu des
problématiques en France sur cette question qui sont vieilles et n’ont plus aucun intérêt, sur
le recours en cassation, doit-on épuiser la cour de cassation ? La réponse est oui. Doit-on
absolument poser une QPC? Non pas nécessairement. En revanche, il faut avoir invoqué la
ConvEDH devant les juridictions internes. On invoque la convention dès le début de la
procédure sinon ce n’est pas sûr que ça passera en cassation.
Beizaras et Levikas c./ Lituanie, 14 janvier 2020 la cour a rejeté les voies de recours
internes.
Le protocole étant en vigueur, on a 4 mois pour agir après l’épuisement des voies de recours
internes.
Il reste quand même une problématique sur la rétroactivité de la convention et sur les
violations continues des droits de l’homme. La cour peut être flexible, arrêt Mocanu et
autres c./ Roumanie. Cet arrêt concernait les manifs anti-gouvernementales qui se sont
déroulées à Budapest en 1990, la Roumanie n’a ratifié la convention qu’en 1994, on a un pb
d’application ratione temporis de la convention, la requête est déclarée recevable. La cour
dit que la convention n’a pas d’effet rétroactif mais va considérer que la violation a continué
parce qu’il n’y a jamais eu d’enquête et donc la cour condamne la Roumanie pour ce qui
s’est passé avant la ratification de la convention.
Il faut aussi respecter le principe non bis in idem. Il se traduit à deux niveaux (interne et
externe) cela signifie qu’on ne peut pas présenter 2 fois une requête devant la CourEDH.
Pour faire réexaminer une requête, la base factuelle ne doit pas être la même (ça peut
revenir parce qu’il y a refus d’application de l’arrêt ou encore l’Etat a bien appliqué l’arrêt
mais prend des actes qui violent la convention).
Contentieux devant la CEDH
Affaire Harkins c./Royaume Uni, 10 juillet 2017: 2012 Harkins était déjà venu devant la CEDH
avec Edwards, la CEDH avait décidé qu’une peine de prison à perpétuité incompressible
n’était pas contraire à la ConvEDH (la prof n’est pas d’accord ) et en 2014, la cour opère un
revirement de JP très net dans l’affaire Trabelsi contre Belgique 13 septembre 2014, et dans
cette affaire, elle décide que les peines de prison, à vie, incompressibles sont contraires à
l’article 3 de la convention. L’avocat d’Harkins décide de saisir à nouveau la cour, la cour se
trouve dans une situation périlleuse, parce qu’on n’a pas de fait nouveau en revanche on a
une évolution de sa jurisprudence, et donc l’affaire part en grande chambre même si c’est
une question de régularité et la requête est déclarée recevable.
Parfois on a des cours qui garantissent les mêmes droits CourEDH, c’est aussi le cas du
Comité européen des droits de l’homme.
Pour que la règle de non bis in idem s’applique il faut choisir soit une instance inter
d’enquête et de règlement ??? CEDH 22 décembre 2020 Sesahattin Deurtas c./ Turquie.
Pour qu'une requête soit recevable, il faut analyser la qualité de la prétention, art 35 §3
modifié à la faveur du protocole d'amendement n°15. La requête doit être bien fondée, doit
révéler un préjudice important.
L’article 17 de la ConvEDH, la cour risque de déclarer irrecevables toutes les requêtes qui
manipulent ??? Arrêt belkacem c./ Belgique 20 juillet 2017, touchait un salafiste radical qui
tenait des propos haineux par l’intermédiaire d’une radio qui a été fermée par les autorités
belges, il a saisi la CEDH pour atteinte à la liberté d’expression, la Cour constatant les propos
haineux et racistes de cet homme a déclaré irrecevable la requête.
La requête ne doit pas être manifestement mal-fondée et abusive. Une requête abusive est
chicanière.
La requête mal-fondée est plus intéressante car la cour fait passer la charrue avant les
bœufs. C’est aussi une logique de gestion du flux du contentieux pour la prof. Par
l'intermédiaire d’une décision d'irrecevabilité, la cour va statuer sur une question
d’irrecevabilité. Affaire Canon c./France, 2 juin 2015, Mr Canon (père) c’est le créateur de la
pastille Valda, le monsieur a eu des enfants et l’un d’eux est devenu représentant monde
mais il y avait aussi une représentante France, les deux avaient une logique de
rationalisation de dépenses très effective. Chambre au twin ils étaient ensemble, une petite
fille est née, cherchant son père => c’est Mr Canon, il a refusé de respecter les dispositions
de l’article concernant la filiation qui dispose que la filiation biologique est de droit. Ils ont
conclu qu’il était le père, il a saisi la CEDH qui dit que c’est manifestement abusif.
Le préjudice important : pour qu’une requête soit recevable il faut que le requérant ait subi
un préjudice important. La cour semble faire une distinction pas toujours très nette entre
violation et préjudice.
violations qui ne créent pas un gros préjudice matériel mais qui sont particulièrement
infamantes. David Szymczak rationalise la JP de la cour. Cette disposition conventionnelle qui
exige le préjudice important était acceptable car encadrée par deux clauses de sauvegarde
qui soulignent qu’on n’en devait pas tenir compte de l'importance du préjudice dans 2 cas
- Si l’affaire n’avait pas été dûment examinée par un tribunal interne, c’était pour éviter le
déni de justice. Cette seconde clause de sauvegarde vient de sauter avec l’entrée en vigueur
du protocole n°15. La première clause de sauvegarde existe toujours, on a bâti sur elle
l’affaire, Eon c./ France de 2013.
L’arrêt de la CEDH
La décision n’est pas un terme générique pour ce qui concerne les jugements de la CEDH car
le terme « décision « concerne toutes les affaires qui n’abordent que des questions de
recevabilité et pas de fond.
On droit être attentif au fonctionnement de la cour, car elle est un organe qui est à cheval
sur pls traditions civilistes et des traditions de commandement dans un arrêt ou une décision
on a :
- Une partie qui est consacrée à la décision
- Une partie consacrée aux options séparées
Ie que la solution est bien prise par les juges et de manière majoritaire, mais et
contrairement à ce que l’on rencontre dans les E civiliste la cour ne forme pas un tout
indivisible ie que chaque juge dispose des droits de la possibilité d’émettre des options
divergentes, concordantes, partiellement concordantes partiellement divergentes à un ou à
pls.
On a le corps des jugements et on a les décisions séparées. Les opinions séparées laissent
entrevoir les différents courants de pensées qui ont animé la cour jusqu’à la prise de
décision aide aussi à comprendre la cour lorsqu’il y a des faibles majorités, quand il y a une
décision prise à l’unanimité des juges et qu’il n’y a pas d’opinions séparées, on a une
décision qui a des faibles chances de succès de recours auprès de la grande chambre.
Dans certains affaires phares, on a constaté que les E ne cherchent pas à former de recours
devant la CEDH.
Chaque juge à la CEDH a une fonction d’expert du droit de son État mais demeure
indépendant du moins à l’égard de celle-ci, cette position du juge Coste montre un courant
démocratique pour l’E, ici le juge de l’E ne représente pas l’E, il doit agir en parfaite
indépendance de son E.
La mise en l’état
C’est un dialogue permanent entre la cour, l’E et le/les requérant(s), la cour revient une
juridiction d’inspection en grande partie grâce à son greffe.
Contentieux devant la CEDH
L’art 36 de la convention européenne des droits de l’homme, cet art défini les tiers
intervenant à la procédure devant la cour, on les appelle « les amicuscuriae », ils sont des
personnes qui sur invitation du Pr de la cour vont apporter leur expertise. En pratique on les
reconnait cela peut être des OMG ou des associations nationales, des congrégations, des
associations étudiants.
En pratique ces amicuscuriae ne sont pas tjs invités sauf un c’est le commissaire au droit de
l’homme, il est souvent invité.
Cette procédure se retrouve transcrite à l’art 44 du règlement intérieur de la CEDH.
L’examen de la violation
La cour rend un arrêt qui est motivé comme l’impose l’art 45 de la convention, il lui
appartient de démontrer in concreto s’il existe une violation parce que selon l’art 46 de la
convention bien qu’obg l’arrêt demeure déclaratoire, et la cour ne peut pas prendre de
mesures coercitives à l’encontre de l’E.
La principale difficulté que la cour a à supporter est son engorgement, donc la technique de
l’arrêt déclaratoire est inscrite dans la convention mais elle est forcée à l’analyse au cas par
cas pour la cour il est bien plus cohérant de se placer ou s’imaginer dans une posture
d’objectivisation du contentieux.
Cette structure claire de la CEDH mais on ressent que la cour a de moins en moins de
moyens et qu’elle fonctionne par l’intermédiaire du copié-collé.
Cela permet de faire varier la marge d’appréciation entre les États plus il y a des consensus
plus la marge nationale d’appréciation est importante et vice-versa.
Quand on travaille sur l’autorité de l’arrêt on travaille d’une part sur l’autorité de la ch jugée
ie sur l’autorité du requérant et d’autre part sur l’autorité de la jp à proprement parler.
Parfois la cour va considérer que le simple fait qu’il y a un constat de violation suffit à
réparer la situation du requérant, cela vaut pour ce qui concerne les arrêts qui sont sur des
victimes potentielles ou des arrêts d’action populariste.
La logique de la satisfaction équitable ce n’est pas sanctionner l’E mais de réparer, certains
auteurs qui travaillent sur ces questions, on a trouvé dans l’affaire du 25 juin 2013 Trevalet
C/ Belgique réparation-sanction satisfaction équitable.
Parfois dans ces arrêts à priori procédant d’une analyse in concreto, on découvre des
mesures dites d’ordre général ie que la CEDH va inviter l’État par délai le cas concrets à
reformer son droit au bénéfice de tous, et dans cette hyp on mesure à quel point on est loin
du caractère simplement déclaratoire pour l’essentiel de l’arrêt. Cela est parfois fait en
dehors de toute procédure d’arrêt pilote (on appelle ça le quasi l’arrêt pilote affaire Oriari C/
Italie et affaire JMB c/ France)
Jusqu’à là on est dans état logique entre l’E et le requérant placé sous sa juridiction.
Parce que pour les souverainistes on ne va pas aller au-delà de l’art 46, les
conventionnalistes considèrent qu’à partir du moment on a accepté la juridiction de la cour
on a accepté qu’elle soit l’interprète de la convention et cela vaut pour tous les E et sous
réserve de que ceux qui vaut pour l’un vaut pour l’autre et sous réserve de la marge
nationale d’appréciation de chaque E.
Ie ce qui est dit par la France doit être entendu par tous les E membres de l’Europe.
Dans l’arrêt Irlande contre le RU, c’est une requête interétatique, cette solution est réitérée
dans l’arrêt Max c/Belgique et Werner c/Belgique.
Dans tous les autres cas il n’y a pas de procédure de re examen en France, une fois cela on
confie l’arrêt au comité de ministre du conseil de l’Europe qui surveille l’exécution des arrêts
(surveillance dite classique et une autre dite renforcée).
La cour peut rendre des arrêts en manquement si elle l’E ne réagit pas elle peut être saisie
par le comité de l’Europe et rendre un arrêt en manquement art 49 P3 de la convention, elle
s’autorise aussi à vérifier que lorsqu’un E crée les mesures qu’elle a sollicité de lui et qu’il ne
viole pas de nouveau la convention (arrêt 30 juin 2009 VEGETTE c/ Suisse).