COURS DE PROCEDURE PRATIQUE
STAGE CAT. 2 - SG / 2024
INSTRUCTEUR C/E ® EKANI NJANA MAURICE Tél.677524035-690793162
CARNET DE
DECLARATIONS
Base juridique : - Article 90 du Code de Procédure Pénale
-NDS n°027782/DGG/ETD/2 du 21.11.1972.
Le carnet de déclarations est un document officiel reconnu par le code de procédure pénale
et les textes particuliers de l’exécution du service de la Gendarmerie Nationale.
En principe dès la prise de service d’un Gendarme dans une unité de la Gendarmerie
Territoriale (Brigade), le Chef d’unité après l’enregistrement du carnet de déclarations dans un
cahier ad hoc, le remet à son utilisateur.
Définition : On peut définir le carnet de déclarations comme un document officiel de
service qui permet au Gendarme d’enregistrer :
- Tous les renseignements recueillis ;
- Les déclarations des plaignants, témoins, suspects ;
- Les constatations de l’état des lieux, (meurtre, vol aggravé, accident, etc…)
- Les notifications des droits aux personnes concernées et autres.
-I- CONTEXTURE DU CARNET DE DECLARATIONS
Le carnet de déclarations a été conçu avec un format moyen (14x21) permettant à son
utilisateur de l’emporter facilement. Il est à noter que pour les unités de Gendarmerie implantées
dans des centres urbains, avec l’avènement de l’outil informatique, ce document est de moins en
moins utilisé. Par contre dans toutes les unités implantées dans les zones enclavées, ce document
reste impérieux dans tous les actes de police judiciaire posés par les Gendarmes.
11- Page de Garde.
Elle sert de couverture, faite en chemise cartonnée rigide comportant les rubriques :
Gendarmerie Nationale – Région n° - Légion – Groupement – Compagnie – Unité. Le sigle carnet de
déclaration tenue par…………… (Gade, nom et prénom……).
12- Premier Feuillet :
Il comporte le numéro du carnet de déclarations (voir rubrique enregistrement).
Les mêmes prescriptions que la page de garde. Contenant 80 feuillets qui doivent être cotés et
paraphés par la signature du Commandant d’unité. Le lieu et la date doivent être également
portés. Verso du premier feuillet. Il comporte des instructions sommaires pour son utilisation et
classement.
13- Autres pages.
Sous forme de papier Ministre, elles sont divisées en deux colonnes. La Colonne de Gauche.
Est destinée à l’inscription du numéro, date et l’analyse sommaire du procès-verbal. Colonne de
droite. Elle est réservée à l’inscription des constatations, déclarations et renseignements.
-II- EMPLOI DU CARNET DE DECLARATIONS
En principe chaque Gendarme est responsable de son carnet de déclarations (tenue- perte-
classement). Les inscriptions sont faites à l’encre (stylo bille). Chaque affaire est séparée de la
précédente par un trait plein qui part de la marge du feuillet. Préciser le jour, l’heure et si possible
les noms des militaires qui ont assisté aux opérations effectuées.
A la marge on doit indiquer succinctement en tête de chaque affaire, le numéro du PV
correspondant, l’analyse sommaire, les noms des personnes intéressées. Ex. PV n° 140 c/
BOUBA Paul, Assassinat. Les mots rayés nuls sont approuvés à la marge.
Les inscriptions des constatations de l’état des lieux et corps du délit font l’objet d’un
condensé en faisant l’usage d’un style télégraphique. Il est strictement interdit d’utiliser les
feuilles volantes.
Dans le cadre du croquis, on n’a pas besoin de le mettre à l’échelle, mais tous en respectant
d’inscrire toutes les mesures permettant de réaliser sur le PV un croquis exact qui sera à
l’échelle.
Lors de la prise de déclarations, on doit noter la date, l’heure, le lieu de la prise de
déclarations, L’état civil du déclarant. Inscrire sur le carnet le récit fait par le témoin, on
peut poser des questions et noter les réponses. On peut également faire parfois la mentions
SI « sur interpellation, Réponse SIR ».
Les mots rayés ou ajoutés sont numérotés et approuvés à la marge. Ne pas laisser les blancs
dans les lignes et tirer d’un trait plein.
A la fin de la déclaration, faire lire la déclaration en approuvant le nombre de mots rayés
nuls, ou ajoutés tout en portant la mention lecture faite, persiste et signe.
Faire signer la déclaration au déclarant en prendre en compte les dispositions du CPP en
matière de minorité, des infirmes et personnes âgées ou illettrées.
-III- CONTROLE DES CARNETS DE DECLARATIONS
Le Commandant d’unité doit veiller à la tenue des carnets de déclarations de son
personnel si possible les contrôler une fois par semaine, pour faire des observations
qui s’imposent et les visent. A cet effet il doit imposer à son personnel que les
déclarations consignées dans le carnet soient semblables à celles des procès-verbaux.
Le Commandant de Compagnie exerce le contrôle d’efficacité dans l’objectif de
vérifier si le CB fait son devoir dans ce domaine. Dans ce cas, il effectue des contrôles
obligatoires lors des inspections annoncées ou chaque fois qu’il juge utile.
Les Magistrats. Le Président du tribunal au cours du jugement, le Magistrat instructeur
au cours de l’information judiciaire, peuvent en cas de contestation faites par un
témoin ou l’auteur d’une infraction, demander le carnet de déclarations pour
comparer la déclaration inscrite au carnet de déclaration à celle transcrite sur le
procès-verbal. Il en est de même des constatations.
MINDEF (Semil) - SED (Inspecteurs – Officiers désignés par M. le SED) –Comrégion –
Colégion –Cogroupement GT.
-IV- CLASSEMENT DES CARNETS DE DECLARATIONS
41. Enregistrement des carnets de déclarations.
Dans chaque unité, un cahier ad hoc est ouvert pour l’enregistrement des carnets de
déclarations. Les numéros sont utiles pour l’identification des enquêteurs dans le registre des
procès-verbaux. Le cahier comporte les rubriques ci-après :
Numéro d’ordre, nom et prénom du détenteur, date de remise, date de restitution, année de
classement. Ex. Voir tableau ci-dessous.
Numéro Date Date
d’ordre Nom et prénoms du détenteur de remise de restitution Année de classement
01 MDLC. Abanda Jean 02.01.2011 26.12.2011 2011
02 MDL. BOUBA Pierre 02.01.2011 04.07.2012 2012
03 AT. KONG Paul 24.07.2011 01.03.2013 2013
04 GEND. AYONGO Pierre 12.01.2012 28.09.2012 2012
05 AT.BELINGA Henri (2) 04.10.2012 15.05.2013
GEND. KAMGA Richard (2) 06.07.2013
06 A/C MPANS Joseph 10.10.2013
(2) Carnet non terminé par l’AT. Belinga affecté et remis au GEND. KAMGA
42. Classement des carnets de déclarations.
Les carnets de déclarations ainsi que les procès-verbaux établis sont des documents à classer
aux archives de la 3ème catégorie, c’est-à-dire à conserver pendant 10 ans avant de procéder à leur
incinération.
Le classement a lieu annuellement (voir le catalogue des archives). Leur conservation revêt une
importance particulière, car les carnets de déclarations peuvent être demandés après plusieurs
années de classement par les autorités judiciaires et militaires en cas de contentieux.
-V- SANCTIONS EN CAS DE COPIES-PERTES-DESTRUCTION OU VOL.
Le carnet de déclarations est un document reconnu par le CPP, dès lors qu’il est doté à un
Gendarme, coté et paraphé, devient un document administratif. Sa copie, perte, destruction ou vol,
l’auteur des faits peut être poursuivi et sanctionné pénalement nonobstant des sanctions
administratives susceptibles d’encourir.
51. Cas d’un Citoyen qui copie, détruit ou vol le carnet de déclarations.
Un Citoyen de quelque manière que ce soit qui copie, détruit ou vole un carnet de déclarations
peut être poursuivi de :
- Copie des documents administratifs art.189 du CP.
- Soustraction et destruction des pièces publiques art. 188 du CP.
52. Cas d’un Gendarme qui copie, détruit ou vole le carnet de déclarations.
- Copie des documents administratifs art.189 du CP.
- Soustraction et destruction des pièces publiques art. 188 du CP.
- Violation du secret professionnel art.310 du CP
- Faux dans un acte art.144 du CP (déformation d’audition)
- Suppression et fabrication des preuves art.168 du CP. (Constatations d’un accident avec
changement de la position des véhicules dans un croquis).
- Refus d’un service dû art.148 du CP (Refus d’accomplir devoir).
NOTA : S’agissant d’un Gendarme, les peines sont doublées art.132 du CP. (Circonstances
aggravantes) Les sanctions administratives, disciplinaires, statutaires et judiciaires peuvent être
prises à son encontre.