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Droit Bancaire 2

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Droit bancaire

Professeur Oualji Imane


u DEUXIÉME PARTIE
u LES OPÉRATIONS BANCAIRES
Les axes

u Les comptes bancaires


u Les transferts de fonds
u Les opérations de crédit
Les Comptes bancaires
u On distingue traditionnellement trois espèces
d'opérations de banque :
u Les opérations de crédit
u Les services
u Les opérations de caisse
u Ces dernières permettent la circulation de la monnaie,
souvent à l'aide d'un compte ouvert par la banque au
nom du client. Mais en réalité, le compte sert de cadre
à l'ensemble des relations entre banque et clients. Dès
lors, le compte est l'une des notions essentielles du
droit bancaire car il est le support par excellence des
opérations de clientèle
u Le compte bancaire est également destiné à enregistrer
les remises faites entre ces correspondants – et l'on
entend par remise la créance de l'un des correspondants
sur l'autre. Ces remises vont alimenter le compte dont
le banquier assure la gestion matérielle et, à chaque
fois que le client devient pour une cause quelconque
créancier ou débiteur de la banque, le montant de
cette créance ou de cette dette est passé en compte et
forme un article du compte.
u La loi distingue entre deux types de comptes bancaires ;
le compte à vue et le compte à terme.
Les règles communes aux
divers comptes
u L’ouverture d’un compte bancaire donne lieu à une
convention régie à la fois par le droit commun des
contrats et par un ensemble de règles spéciales. Le jeu
de liberté contractuelle y est encadré. La conclusion du
contrat lui imposant aussi certaines obligations.
u Il n’existe en principe aucune obligation de se faire
ouvrir un compte bancaire. L’étendue de la liberté de
contracter étant très large, la banque reste libre de
refuser l’ouverture d’un compte pour un demandeur.
u 1- L’étendue de la liberté de contracter
u A priori, chacun est libre d’ouvrir un compte auprès de
qui il le souhaite et, inversement, les établissements
bancaires sont libres d’avoir pour clients qui ils veulent.
u Toutefois, cette liberté est atténuée par le principe du
« droit au compte » qui après avoir été consacré par
l’ancienne loi bancaire est confirmé par la nouvelle loi
bancaire.
u Art 150 de la loi 103-12 « Toute personne ne disposant
pas d'un compte à vue et qui s'est vu refuser, par une ou
plusieurs banques, l'ouverture d'un tel compte après
l'avoir demandé par lettre recommandée avec accusé
de réception, peut demander à Bank Al-Maghrib de
désigner un établissement de crédit auprès duquel elle
pourra se faire ouvrir un tel compte ».
u Lorsqu'elle estime que le refus n'est pas fondé, Bank Al-
Maghrib désigne l'établissement de crédit auprès duquel
le compte sera ouvert. Ce dernier peut limiter les
services liés à l'ouverture du compte aux opérations de
caisse ».
u La liberté de se faire ouvrir un compte bancaire se
mesure aussi quant aux personnes pouvant bénéficier de
l’ouverture de compte bancaire. Un compte ne peut
être ouvert qu’aux personnes physiques et morales ,
c'est-à-dire un client disposant de la personnalité
juridique.
u Les obligations du banquier à l’ouverture du compte
u L’ouverture du compte bancaire génère pour le
banquier une obligation de contrôle et d’information .
u L’obligation de contrôle préalable
u Lors de l’ouverture d’un compte, l’établissement de
crédit doit procéder à un certain nombre de
vérifications. Ces dernières sont imposées aussi bien
dans l’intérêt de l’établissement de crédit qui doit
connaître la personne de son cocontractant que dans
l’intérêt des tiers, les comptes pouvant être un
instrument commode pour réaliser des opérations
illicites.
u
u Ces vérifications, initialement imposées par la jurisprudence, ont
été consacrées par les textes. Selon l’article 488 du code de code
de commerce, « L'établissement bancaire doit, préalablement à
l'ouverture d'un compte, vérifier :
u - En ce qui concerne les personnes physiques, le domicile et
l'identité du postulant au vu des énonciations de sa carte d'identité
nationale, de la carte d'immatriculation pour les étrangers
résidents ou du passeport ou toute autre pièce d'identité en tenant
lieu pour les étrangers non-résidents;
u -En ce qui concerne les personnes morales, la forme et la
dénomination, l'adresse du siège, l'identité et les pouvoirs de la ou
des personnes physiques habilitées à effectuer des opérations sur le
compte ainsi que le numéro d'inscription à l'impôt sur les sociétés,
au registre du commerce ou à l'impôt des patentes.
u Les caractéristiques et les références des documents présentés
sont enregistrées par l'établissement ».
u Lorsque le représenté est une personne morale, le
banquier doit s’assurer sa réalité juridique en exigeant
la justification de sa constitution dans les formes
légales.
u La publicité légale, l’immatriculation au registre du
commerce fournissent des garanties suffisantes.
u Cour de cassation, chambre civile 27/05/2008
Cas pratique

Une personne X a demandé un crédit pour financer l’achat d’un


bien immobilier. Sa demande a été rejetée au motif que son nom
figure dans la liste détenue par le service de centralisation des
risques géré par Bank Al-Maghrib. Après investigation, il a
découvert qu’un prêt de 50.000,00 dhs a été octroyé en son nom à
une tierce personne, et que faute de règlement, la banque a déjà
saisi le tribunal de commerce et un jugement qui le condamne à
payer la créance a été rendu.
u X a interjeté appel devant la cour d’appel de commerce de
Casablanca en soulevant qu’il n’a jamais ouvert un compte
chez la banque, ni demander un crédit, et que tous les
documents sur lesquels l’établissement de crédit s’est basé
pour l’octroie de crédit, sont falsifiés. La cour d’appel a
ordonné une expertise, qui a confirmé les propos de l’appelant.
Le jugement de première instance a été annulé.
X décide alors, d’ester en justice contre la
banque en évoquant sa négligence de
contrôler et de vérifier l’identité du
demandeur de prêt, lors de l’ouverture de
compte bancaire, en demandant des
dommages et intérêts.
Le tribunal de commerce de Casablanca, par
son jugement rendu le 14/01/2016, lui donne
gain de cause en affirmant le responsabilité de
l’établissement de crédit en motivant sa
décision comme suite:
‫» و ﺣﯿﺚ إن اﻟﺜﺎﺑﺖ ﻣﻦ ﺧﻼل اﻟﻘﺮار اﻻﺳﺘﺌﻨﺎﻓﻲ اﻟﻤﺸﺎر إﻟﯿﻪ رﻗﻢ ‪ 2197‬ﻓﻲ‬
‫اﻟﻤﻠﻒ رﻗﻢ ‪ 2841/8221/2012‬اﻟﺼﺎدر ﺑﺘﺎرﻳﺦ ‪ ،22/04/2014‬أﻧﻪ ﺟﺎء ﺑﺤﯿﺜﯿﺎﺗﻪ‬
‫أن اﻟﺒﻨﻚ اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﻪ ﻟﻢ ﻳﺘﺤﻠﻰ ﺑﺎﻟﻘﺪر اﻟﻜﺎﻓﻲ ﺑﻮاﺟﺐ اﻟﯿﻘﻈﺔ ﻗﺒﻞ ﻓﺘﺢ‬
‫اﻟﺤﺴﺎب و اﻟﺘﺤﻘﻖ ﻣﻦ ھﻮﻳﺔ اﻟﻌﻤﯿﻞ ﻛﻤﺎ ھﻮ ﻣﻨﺼﻮص ﻋﻠﯿﻪ ﻓﻲ ﻣﻨﺸﻮر واﻟﻲ‬
‫ﺑﻨﻚ اﻟﻤﻐﺮب‪ ،‬ﺑﺤﯿﺚ إن اﻟﺒﯿﺎﻧﺎت اﻟﻤﺒﯿﻨﺔ ﻓﻲ اﺳﺘﻤﺎرة ﻓﺘﺢ اﻟﺤﺴﺎب و ﺑﻄﺎﻗﺔ‬
‫اﻟﺘﻌﺮﻳﻒ اﻟﻮطﻨﯿﺔ اﻟﺘﻲ اﻋﺘﻤﺪھﺎ اﻟﺒﻨﻚ ﻻ ﺗﻨﻄﺒﻖ ﻋﻠﻰ اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻛﻤﺎ أن‬
‫ﺷﮫﺎدة اﻷﺟﺮ اﻟﺘﻲ اﻋﺘﻤﺪ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻓﻲ ﻣﻨﺢ اﻟﻘﺮض ﺗﺤﻤﻞ أرﻗﺎﻣﺎ وھﻤﯿﺔ ﻛﺮﻗﻢ‬
‫اﻟﻤﺆﻣﻦ و رﻗﻢ اﻧﺨﺮاط اﻟﺸﺮﻛﺔ ﻟﺪى اﻟﺼﻨﺪوق اﻟﻮطﻨﻲ ﻟﻠﻀﻤﺎن اﻻﺟﺘﻤﺎﻋﻲ‪ ،‬و‬
‫أﻧﻪ ﺑﺬﻟﻚ ﺗﻜﻮن اﻟﻮﺛﺎﺋﻖ اﻟﻤﻌﺘﻤﺪ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻓﻲ ﻓﺘﺢ اﻟﺤﺴﺎب و ﻣﻨﺢ ﻟﻘﺮض‪ ،‬ﻻ‬
‫ﺗﻨﻄﺒﻖ ﻋﻠﻰ اﻟﻤﺪﻋﻲ ﻓﻲ اﻟﺪﻋﻮى اﻟﺤﺎﻟﯿﺔ‪ ،‬ﻣﻤﺎ ﻳﺸﻜﻞ ﺧﻄﺄ ﺛﺎﺑﺘﺎ ﻓﻲ ﺣﻖ‬
‫اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﮫﺎ‪ ،‬ﻟﻜﻮﻧﮫﺎ ﻗﺪ ﺟﺎﻧﺒﺖ اﻟﺤﺬر اﻟﻤﻔﺘﺮض ﻓﯿﮫﺎ‪ ،‬و ﻳﺸﻜﻞ ﺧﻄﺄ ﺑﻨﻜﯿﺎ‬
‫ﻛﺎن ﻋﻠﯿﮫﺎ ﺗﻔﺎدﻳﻪ ﻟﻮ اﻟﺘﺰﻣﺖ اﻟﺪﻗﺔ ﻓﻲ ﺗﻔﺤﺺ اﻟﻤﻌﻠﻮﻣﺎت اﻟﻤﺘﻮﻓﺮة ﻟﺪﻳﮫﺎ و‬
‫اﻟﺘﻲ ﺗﺨﺺ زﺑﻨﺎﺋﮫﺎ«‬
‫‪Tri,com- 14/01/2016- Jugement n°272- doss n°10702/8220/2015.‬‬
Dans un cas similaire au précédent le même tribunal a confirmer,
par son jugement rendu le 31/10/2019, la faute de l’établissement
bancaire qui ne vérifie pas suffisamment les pièces qui lui sont
fournies dans le cadre de l’ouverture de compte, en motivant sa
décision comme suite:
‫‪u‬‬ ‫» و ﺣﯿﺚ إﻧﻪ ﺑﺎﻟﺮﺟﻮع إﻟﻰ اﻟﻮﺛﺎﺋﻖ اﻟﻤﺪﻟﻰ ﺑﮫﺎ ﻣﻦ ﺟﺎﻧﺐ‬
‫اﻟﻤﺪﻋﻲ‪ ،‬ﻳﺘﺒﯿﻦ ﻣﻨﮫﺎ أن اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻟﻢ ﺗﺘﺤﻠﻰ ﺑﺎﻟﻘﺪر اﻟﻜﺎﻓﻲ‬
‫ﻣﻦ واﺟﺐ اﻟﯿﻘﻈﺔ ﻗﺒﻞ إﺑﺮام ﻋﻘﺪ اﻟﻘﺮض ﺑﯿﻨﮫﺎ و ﺑﯿﻦ اﻟﻤﺪﻋﻰ‬
‫ﺗﺤﺖ ﻋﺪد ‪ ....‬اﻟﻤﺘﻌﻠﻖ ﺑﺎﻗﺘﺮاض ﻣﺒﻠﻎ ‪ 70.000‬درھﻢ‪ ،‬ﺑﺤﯿﺚ ﻟﻢ‬
‫ﺗﻌﻤﻞ ﻋﻠﻰ اﻟﺘﺤﻘﻖ ﻣﻦ ھﻮﻳﺔ اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻛﺎﻣﻠﺔ‪ ،‬ﻛﻤﺎ ھﻮ ﻣﻨﺼﻮص‬
‫ﻋﻠﻰ ذﻟﻚ ﻓﻲ ﻛﻞ ﻣﻦ اﻟﺪورﻳﺔ ﻋﺪد ‪/41‬و‪ 2007/‬ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬
‫‪ 02/8/2007‬ﻓﻲ ﻣﺎدﺗﮫﺎ ‪ 12‬و اﻟﺪورﻳﺔ ﻋﺪد ‪/1‬و‪ 2011/‬ﻓﻲ ﻣﺎدﺗﮫﺎ‬
‫‪ 6‬اﻟﺼﺎدرﺗﯿﻦ ﻋﻦ واﻟﻲ ﺑﻨﻚ اﻟﻤﻐﺮب اﻟﻤﺘﻌﻠﻘﺘﯿﻦ ﺑﻮاﺟﺐ اﻟﯿﻘﻈﺔ‬
‫اﻟﻤﻔﺮوض ﻋﻠﻰ ﻣﺆﺳﺴﺎت اﻻﺋﺘﻤﺎن‪....‬‬
‫و ﺣﯿﺚ إن اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﮫﺎ ﻟﻢ ﺗﺒﺎدر إﻟﻰ اﻹدﻻء ﺑﺄي وﺛﯿﻘﺔ ﻗﺪﻣﮫﺎ ﻟﮫﺎ‬
‫اﻟﻤﺪﻋﻲ ﺗﻔﯿﺪ رﻏﺒﺘﻪ ﻓﻲ اﻻﺳﺘﻔﺎدة ﻣﻦ اﻟﻘﺮض ﻣﻮﺿﻮع اﻟﻨﺰاع‪ ،‬ﻣﻤﺎ‬
‫ﻳﻜﻮن ﻣﻌﻪ اﻟﺒﻨﻚ ﻗﺪ ﻋﺠﺰ ﻋﻦ إﺛﺒﺎت اﻟﻈﺮوف اﻟﺘﻲ أﺑﺮم ﻓﯿﮫﺎ ﻋﻘﺪ‬
‫اﻟﻘﺮض‪ ،‬و أن إﺑﺮام ﻋﻘﺪ اﻟﻘﺮض ﺑﻤﻌﻠﻮﻣﺎت ﺷﺨﺼﯿﺔ ﺧﺎطﺌﺔ ﻣﻦ طﺮف‬
‫اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻳﺸﻜﻞ ﺧﻄﺄ ﻣﻦ ﺟﺎﻧﺒﮫﺎ و ﻣﺨﺎﻟﻔﺔ ﻟﻠﻀﻮاﺑﻂ و اﻟﻘﻮاﻋﺪ‬
‫اﻟﺘﻲ ﻳﺠﺐ أن ﺗﺘﺤﻠﻰ ﺑﮫﺎ اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﺑﺎﻋﺘﺒﺎرھﺎ ﻣﺆﺳﺴﺔ ﻣﻦ‬
‫ﻣﺆﺳﺴﺎت اﻻﺋﺘﻤﺎن ﺑﺼﻔﺘﮫﺎ ﺷﺮﻛﺔ ﺗﻤﻮﻳﻞ و اﻟﻤﺼﻨﻔﺔ ﻛﺸﺮﻛﺔ ﻣﻦ‬
‫ﺷﺮﻛﺎت ﻗﺮوض اﻻﺳﺘﮫﻼك ﻛﻤﺆﺳﺴﺔ اﺋﺘﻤﺎﻧﯿﺔ و اﺣﺘﺮاﻓﯿﺔ‪ ،‬ﺑﺤﯿﺚ‬
‫إﻧﮫﺎ ﻣﻠﺰﻣﺔ ﺑﺎﺗﺨﺎذ واﺟﺐ اﻟﺤﯿﻄﺔ و اﻟﺤﺬر أﺛﻨﺎء اﻟﻘﯿﺎم ﺑﺠﻤﯿﻊ اﻟﻌﻤﻠﯿﺎت‪،‬‬
‫و اﻟﺘﺄﻛﺪ ﺑﺸﻜﻞ ﺗﻠﻘﺎﺋﻲ و أوﺗﻮﻣﺎﺗﯿﻜﻲ ﻣﻦ ﻛﺎﻓﺔ اﻟﺒﯿﺎﻧﺎت اﻟﺨﺎﺻﺔ‬
‫ﺑﺎﻟﺰﺑﻮن‪«.‬‬
‫‪[Link]- 31/10/2019-‬‬ ‫‪Jugement‬‬ ‫‪n°‬‬ ‫‪10258-‬‬ ‫‪doss‬‬ ‫‪n°‬‬
‫‪8031/8209/2019.‬‬
u Vérification de la capacité et des pouvoirs du
demandeur :
u Lorsque l’ouverture du compte est demandée par une
personne physique, cette dernière doit en principe être
majeure et dotée de la capacité d’exercice. Parce qu’il
est doté de la capacité, un mineur émancipé peut se
faire ouvrir un compte et le faire fonctionner.
u Le contrôle de la capacité a pour but d’éviter que les
actes passés par le titulaire du compte ne soient
entachés de nullité. Quant à la vérification des
pouvoirs, elle s’impose chaque fois que le postulant
prétend agir pour le compte d’autrui afin qu’il ne puisse
pas créer une fausse apparence de pouvoir dont il
servirait pour tromper les tiers.
u A- Les personnes physiques :
u Le statut de certaines personnes physiques doit attirer la vigilance
du banquier.
u 1- Le mineur représenté: Il peut être ouvert un compte bancaire
à un mineur à l’initiative de son tuteur légal ou testamentaire,
étant précisé que si le compte ne fonctionne pour les retraits que
sous la signature du tuteur, le mineur peut, cependant, effectuer
seul des dépôts sur son compte.

u 2- Le majeur incapable: Le majeur incapable sous tutelle peut se


faire ouvrir un compte par son tuteur . Comme pour le mineur
incapable représenté le compte ne fonctionne pour les retraits que
sous la signature du tuteur, alors que le majeur sous tutelle peut
effectuer seul des dépôts sur son compte.
u B- Les personnes morales :
u Lorsque le compte est ouvert à une personne morale, le banquier doit
s’assurer de sa réalité́ juridique par la production du document
attestant de sa constitution (publicité́ légale, immatriculation au
registre du commerce et des sociétés...) et vérifier les pouvoirs de son
représentant légal. Lorsque l’activité́ exercée par la société́ relevé
d’une profession règlementée et que le banquier ne peut l’ignorer à la
lecture des statuts, il doit faire preuve d’une vigilance particulière
u La banque doit, lors de l’ouverture de ce compte comme en cours de
fonctionnement, lors d’un changement de mandataire, vérifier la
conformité des pouvoirs de ce dernier à la loi et aux statuts de la
personne morale
u Un compte peut etre ouvert à un groupement dépourvu de personnalité
morale , mais il est juridiquement ouvert soit aux fondateurs de ce
groupement, soit à l’ensemble de ses membres, le compte fonctionnant
alors comme une indivision.
u
u Finalement pèse sur l’établissement de crédit un devoir
général de prudence lors de l’ouverture d’un compte.
Ainsi par un circulaire n° 41/G/2007 du 2 août 2007
relative à l’obligation de vigilance incombant aux
établissements de crédit, Bank Al- Maghreb définit les
obligations incombant à l’établissement de crédit en ce
qui concerne notamment l’identification, le suivi et la
surveillance de la clientèle.
u 2- L’obligation d’information
u En réalité, le besoin d’information de la clientèle
est double. Il existe un besoin que l’on pourrait
qualifier « pédagogique », d’explications des opérations
les plus complexes, ce qualificatif ayant, bien entendu,
un contenu relatif. Les formules de placement et
d’épargne offertes au grand public sont un exemple
d’opérations requérant des explications précises et
claires.
u Article 151 Toute ouverture d’un compte à vue ou à
terme ou d’un compte titres doit faire l’objet d’une
convention écrite entre le client et son établissement
de crédit dont une copie est remise au client
u L’information doit, naturellement, être assurée, non
seulement lors de l’entrée en relation, mais
ultérieurement, lorsque la banque entend modifier ses
conditions. En une telle hypothèse doit être établie,
non seulement l’information du client, mais son
acceptation des nouvelles dispositions. La preuve de
cette acceptation est souvent difficile.
u L’article 154 prévoit une information sur les conditions
générales de la banque, il indique également que « Les
conditions appliquées par les établissements de crédit à
leurs opérations, notamment en matière de taux
d’intérêt débiteurs et créditeurs, de commission et de
régime de dates de valeur, doivent être portées à la
connaissance du public selon les modalités fixées par
circulaire du wali de Bank Al-Maghrib, après avis du
comité des établissements de crédit ».
u Sanction pécuniaire égale au plus au 1/5 du capital
minimum auquel il est assujetti, indépendamment de la
mise en garde ou de l’avertissement
u Article 155 de la loi bancaire
u Toute fermeture, par un établissement de crédit, d’une
agence doit être portée à la connaissance de la
clientèle par tout moyen approprié, deux mois au moins
avant la date de fermeture effective. L’établissement
de crédit concerné doit porter à la connaissance de la
clientèle les références de l’agence à laquelle ses
comptes seront transférés. Il doit donner aux clients qui
le souhaitent la possibilité de clôturer leurs comptes ou
de transférer leurs fonds, sans frais, soit auprès de
toute autre agence de son réseau, soit auprès d’un
autre établissement de crédit.
u III: Fonctionnement des comptes
u La question se pose maintenant de savoir quelles sont
les règles communes au fonctionnement des comptes
bancaires ?
u Le banquier assure la gestion effective du compte, c'est
lui qui enregistre les opérations passées avec le
titulaire, c'est également lui qui en tient la
comptabilité par inscription de leur montant – soit au
crédit soit au débit – et enfin c'est lui qui réalise la
balance afin de dégager le solde provisoire qui change à
chaque entrée en compte. Si le fonctionnement d'un
compte dépend de la catégorie à laquelle il appartient,
il existe néanmoins des règles communes
u La tenue du compte :
u Le compte bancaire est tenu par l'EDC qui doit respecter
les instructions de son client et les exécuter avec
ponctualité, exactitude et une grande vigilance. Un
simple retard dans la passation d'une opération peut
être jugé fautif et générateur de responsabilité envers
le client qui aura subit un dommage du fait de cette
négligence.
u En quoi consiste cette tenue matérielle des comptes ?
u L'entrée en compte prend date au jour de la remise si la
créance est certaine, liquide et exigible.
u Les opérations effectuées sur le compte
u Les dépôts: Le dépôt peut entre effectué par
l’inscription au crédit du compte d’un versement
d’espèces, d’un virement, d’un chèque, d’un effet de
commerce ou de toute autre créance. En principe, un
reçu est remis au client, mais la preuve d’un dépôt, qui
incombe au client, peut être faite contre le banquier
par tous moyens
u Les retraits: Le retrait peut être effectué par caisse,
chèque, effet de commerce ou tout autre instrument de
paiement. Toute opération de débit suppose
nécessairement une grande vigilance de la part du
banquier.
u C’est par conséquent sur le banquier que pesé la charge
de la preuve de sa libération ( Com. 8 mars 2005, n° 02-
11154 ; Com. 10 février 2010, n° 09-12853. )
u Lorsque l’ordre n’est pas faux dès l’origine mais a été
falcifié, la responsabilité du banquier n’est engagée que
si la falsification est apparente
u
u Les opérations effectuées par un mandataire
u – Outre les cas où il se trouve représenté par l’effet de
la loi, le titulaire du compte peut donner mandat à un
tiers pour effectuer des opérations sur son compte. Le
pouvoir ainsi donné obéit aux règles de preuve de droit
commun et peut même etre tacite et résulter de son
exécution par le mandataire
u Lorsque le mandat est révoqué, le banquier, qui en est
informé, doit rembourser à son client le montant des
opérations ordonnées par le mandataire révoqué
Le banquier assure la gestion effective du compte, c'est lui qui
enregistre les opérations passées avec le titulaire, c'est également
lui qui en tient la comptabilité par inscription de leur montant –
soit au crédit soit au débit – et enfin c'est lui qui réalise la balance
afin de dégager le solde provisoire qui change à chaque entrée en
compte.
Dans la gestion du compte bancaire l’établissement bancaire est
tenue de respecter les instructions de son client et les exécuter avec
ponctualité, exactitude et une grande vigilance. Un simple retard
dans la passation d'une opération peut être jugé fautif et générateur
de responsabilité envers le client qui aura subit un dommage du
fait de cette négligence.
‫» ﻟﻜﻦ‪ ،‬ﺣﯿﺚ إﻧﮫ ﻟﻤﺎ ﻛﺎن اﻟﺜﺎﺑﺖ ﻟﻘﻀﺎة اﻟﻤﻮﺿﻮع ﻣﻦ اﻟﻮﺛﺎﺋﻖ اﻟﻤﺪﻟﻰ ﺑﮭﺎ‪ ،‬أن‬ ‫‪u‬‬
‫اﻟﻤﻄﻠﻮﺑﺔ ﺿﺎع ﻣﻨﮭﺎ دﻓﺘﺮ ﺷﯿﻜﺎﺗﮭﺎ‪ ،‬و ﺑﺮرت ذﻟﻚ ﺑﻮﺿﻌﮭﺎ ﺗﺼﺮﯾﺢ ﻟﺪة اﻟﺠﮭﺔ اﻷﻣﻨﯿﺔ‬
‫اﻟﻤﺨﺘﺼﺔ إﺛﺒﺎﺗﺎ ﻟﺴﻼﻣﺔ ﻣﻮﻗﻔﮭﺎ‪ ،‬و درءا ﻟﻤﺎ ﻗﺪ ﺗﺘﻌﺮض ﻟﮫ ﺷﯿﻜﺎت ذﻟﻚ اﻟﺪﻓﺘﺮ ﻣﻦ‬
‫اﺳﺘﻌﻤﺎل ﺿﺎر ﺑﮭﺎ و ﺑﻐﯿﺮھﺎ‪ ،‬ﺛﻢ ﺗﻌﺮض ﻟﺪى اﻟﺒﻨﻚ اﻟﻤﺴﺘﻮطﻦ ﺑﮫ ﺣﺴﺎﺑﮭﺎ ﻋﻠﻰ‬
‫ﺻﺮف أي ﺷﯿﻚ ﻣﻦ ﺷﯿﻜﺎﺗﮫ‪ ،‬ﻓﺈﻧﮫ ﻛﺎن ﻋﻠﻰ ھﺬا اﻷﺧﯿﺮ ﻟﻤﺎ ﻗﺪم ﻟﮫ اﻟﺸﯿﻚ ﻣﻮﺿﻮع‬
‫اﻟﻨﺰاع ﻟﻼﺳﺘﺨﻼص‪ ،‬و ﻹﺑﻌﺎد أي ﻣﺴﺆوﻟﯿﺔ ﻋﻨﮫ‪ ،‬أن ﯾﻀﻤﻦ ﺑﻮرﻗﺔ اﻟﻤﻌﻠﻮﻣﺎت و‬
‫ﺑﺼﻔﺔ أﺳﺎﺳﯿﺔ ﻋﺒﺎرة »ﺷﯿﻚ ﻣﺘﻌﺮض ﻋﻠﯿﮫ« ﺗﻨﻔﯿﺬا ﻟﺘﻌﻠﯿﻤﺎت زﺑﻮﻧﺘﮫ‪ ،‬و إن أراد‬
‫ﯾﻤﻜﻨﮫ إﺿﺎﻓﺔ ﻣﻼﺣﻈﺘﻲ ﻋﺪم وﺟﻮد اﻟﻤﺆوﻧﺔ‪ ،‬و ﻋﺪم ﻣﻄﺎﺑﻘﺔ اﻟﺘﻮﻗﯿﻊ‪ ،‬و ھﻤﺎ‬
‫ﻣﻼﺣﻈﺘﺎن داﻋﻤﺘﺎن ﻟﻠﻤﻼﺣﻈﺔ اﻷوﻟﻰ‪ ،‬إذ أن ادﻋﺎء اﻟﻤﻄﻠﻮﺑﺔ ﺿﯿﺎع دﻓﺘﺮ ﺷﯿﻜﺎﺗﮭﺎ‪،‬‬
‫ﯾﺴﺘﺘﺒﻌﮫ ﺣﺘﻤﺎ ﻋﺪم ﻧﺴﺒﺔ اﻟﺘﻮﻗﯿﻊ اﻟﻤﻀﻤﻦ ﺑﺄﺣﺪ أوراﻗﮫ إﻟﯿﮭﺎ‪ ،‬و اﻟﻤﺆوﻧﺔ ﻗﺪ ﺗﻜﻮن‬
‫ﻣﻮﺟﻮدة و ﻗﺪ ﻻ ﺗﻜﻮن‪ ,‬و ﻓﻲ ھﺬه اﻟﺤﺎﻟﺔ ﺳﯿﻜﻮن ﺗﻌﺎﻣﻞ اﻟﻨﯿﺎﺑﺔ اﻟﻌﺎﻣﺔ ﻣﻊ اﻟﺸﻜﺎﯾﺔ‬
‫اﻟﻤﺮﻓﻘﺔ ﺑﺬﻟﻚ اﻟﺸﯿﻚ‪ ،‬ﻏﯿﺮ ﺗﻌﺎﻣﻠﮭﺎ ﻣﻊ اﻟﺸﻜﺎﯾﺔ اﻟﺘﻲ أدت ﻹداﻧﺘﮭﺎ اﺑﺘﺪاﺋﯿﺎ ﺛﻢ ﺑﺮاءﺗﮭﺎ‬
‫ﻓﻲ اﻟﻤﺮﺣﻠﺔ اﻻﺳﺘﺌﻨﺎﻓﯿﺔ‪ ،‬و ﺳﯿﻜﻮن ﻣﻮﻗﻒ اﻟﺴﻠﻄﺎت اﻟﻤﺎﻟﯿﺔ ﻏﯿﺮ ذﻟﻚ‪ ،‬اﻟﺸﻲ اﻟﺬي‬
‫أدى ﻟﻤﺎ ﺣﺎق ﺑﮭﺎ ﻣﻦ أﺿﺮار ﻓﺼﻠﺘﮭﺎ ﻓﻲ ﻣﻄﺎﻟﺒﮭﺎ اﻻﻓﺘﺘﺎﺣﯿﺔ‪ .‬و اﻟﻤﺤﻜﻤﺔ ﺑﺎﻋﺘﻤﺎدھﺎ‬
‫ﻣﺠﻤﻞ ﻣﺎ ذﻛﺮ و إﺛﺒﺎﺗﮭﺎ أن ﺧﻄﺄ اﻟﻄﺎﻟﺐ ﻛﺎن ھﻮ اﻟﺴﺒﺐ ﻓﯿﻤﺎ ﺣﺪث ﻟﻠﻤﻄﻠﻮﺑﺔ ﻣﻦ‬
‫ﺿﺮر‪ ،‬ﺗﻜﻮن ﻗﺪ ﻋﻠﻠﺖ ﻗﺮارھﺎ ﺑﻤﺎ ﯾﻜﻔﻲ و ﺑﺸﻜﻞ ﺳﻠﯿﻢ و اﻟﻮﺳﯿﻠﺔ ﻋﻠﻰ ﻏﯿﺮ أﺳﺎس‪«.‬‬
‫‪u‬‬ ‫‪[Link]- Arrêt n°66- doss n° 959/3/1/2012- 05/02/2015.‬‬
u La question de la date de valeur .
u La date de valeur est la date prise en considération pour le
calcul d’intérêts débiteurs ou créditeurs consécutifs à
l’exécution d’une opération sur un compte. Elle ne doit pas
être confondue avec la date comptable qui détermine les
avoirs d’un compte à un instant donné.
u les banques pratiquent ce que l'on appelle les dates de
valeur pour retenir une date différente de celle de
l'inscription des opérations au compte. Dans les faits, la
plupart des opérations de crédit sont donc enregistrées sur
le compte à une date de valeur postérieure à la date de
l'opération, tandis que la plupart des opérations de débit
sont enregistrées sur le compte à une date de valeur
antérieure à la date de l'opération.
u l’article L. 133-14 du code monétaire et financier non
écrite toute stipulation contraire, précise que la date
de valeur d’une somme portée au crédit du compte du
bénéficiaire ne peut être postérieure à celle du jour
ouvrable au cours duquel le montant de l’opération de
paiement, effectuée à l’aide d’un moyen de paiement
autre que le cheque, une lettre de change ou un billet à
ordre, est crédité́ sur le compte du prestataire du
bénéficiaire. La date de valeur du débit inscrit au
compte de paiement du payeur ne peut être antérieure
au jour où le montant de l’opération de paiement est
débité́ de ce compte.
L’information des clients

u Le relevé de compte : Le banquier adresse


périodiquement au titulaire du compte un relevé chiffré
indiquant pour chaque opération sa nature, sa date, son
montant et la modification du solde provisoire qui en
résulte. Le relevé permet :
u D'assurer l'information du client sur l'état de son
compte, d'être averti sur les opérations effectuées, sur
les modifications des conditions de banque et
notamment sur les frais de commission et les taux
d'intérêt débiteur.
u D'autre part, le relevé permet au client de contrôler les
erreurs qui auraient pu être commises. En cas d'erreur,
ces dernières seront souvent corrigées par une écriture
en sens inverse que l'on appelle la contre-passation.
u Les relevés de compte doivent-ils être approuvé
u Article 491 : « Une copie du relevé est envoyée au
client au moins tous les trois mois ».
u Article 156 En matière judiciaire, les relevés de
comptes, établis par les établissements de crédit selon
les modalités fixées par circulaire du wali de Bank Al-
Maghrib, après avis du comité des établissements de
crédit, sont admis comme moyens de preuve entre eux
et leurs clients, dans les contentieux les opposant,
jusqu’à preuve du contraire.
u Le relevé périodique joue aussi un rôle non négligeable
dans la preuve des opérations. Certes, certaines opérations
donnent lieu à l’établissement d’un écrit spécial, soit sous
la forme d’un ordre donné au banquier (par exemple un
chèque, un ordre de virement…), soit sous la forme d’un
bordereau ou avis adressé par la banque au client
(bordereau de remise d’effets à l’encaissement, avis de
crédit …). Mais il est des opérations à l’occasion desquelles
il n’est pas adressé d’avis particulier. Le relevé a alors une
fonction essentielle. En l’approuvant, le client marque son
acceptation des écritures qui y figurent
u Tribunal de première instance de Casablanca, jugement
n°9217 rendu le 07/03/2007 « Les relevés de banque
constituent des moyens de preuve devant les tribunaux.
u L’approbation du compte peut être expresse ou tacite.
Lorsqu’elle est expresse, cela ne suscite aucune
difficulté. Mais qu’en est-il de l’approbation tacite,
résultant uniquement du silence gardé par le client ?

u En cas de contestation du client des opérations figurant


sur son relevé de compte, c’est à ce dernier
qu’incombe la charge de la preuve. Le silence du client
implique reconnaissance de l’existence et de
l’exécution des opérations figurant dans un relevé de
compte même s’il n’est pas commerçant.
u Arrêt de la C. Cass, ch com du 20 Juin 2007 n° 698
Doss n° 07/473 revue de jurisprudence de la cour
suprême n°113 Page 109
u Toutefois, la réception des relevés de compte sans
contestation par le client ne peut, toutefois, être
interprété comme créant un délai de forclusion et ce,
même lorsque ce délai est prévu contractuellement. En
effet le silence dudit client engendre simplement une
présomption d’accord qui peut être remise en cause
pendant toute la durée légale de la prescription s’il
apporte, bien entendu, les éléments contradictoires à
même d’exclure son consentement tacite
u Cham Com [Link] française arret du 3 nov 2004 pourvoi
n° 01-16238
u En revanche, il faut retenir que les
relevés bancaires ne sont pas considérés
comme preuve irréversible, vu que le
client peut prouver le contraire.
u D’ailleurs, la jurisprudence, exige
toujours que la contestation du client
soit sérieuse afin d’écarter les relevés et
d’ordonner une expertise.
‫‪On peut citer par exemple deux arrêts rendus par la cour d’appel de‬‬
‫‪commerce de Casablanca, le premier en date du 04/02/1999, selon‬‬
‫‪lequel :‬‬
‫» ﻟﻜﻦ ﺣﯿﺚ أن اﻟﻜﺸﻮف اﻟﺤﺴﺎﺑﯿﺔ اﻟﺒﻨﻜﯿﺔ ﻳﻮﺛﻖ ﺑﺎﻟﺒﯿﺎﻧﺎت اﻟﻮاردة‬
‫ﻓﯿﮫﺎ وﺗﺸﻜﻞ ﺣﺠﺔ ﺗﻌﺘﻤﺪ ﻓﻲ اﻟﻤﻨﺎزﻋﺎت طﺎﻟﻤﺎ ﻟﻢ ﻳﻘﻊ اﻹدﻻء‬
‫ﺑﻌﻜﺴﮫﺎ‪ ،‬وذﻟﻚ ﺣﺴﺒﻤﺎ ﺗﻘﻀﻲ ﺑﺬﻟﻚ ﺻﺮاﺣﺔ ﻣﻘﺘﻀﯿﺎت اﻟﻔﺼﻞ‬
‫‪ 106‬ﻣﻦ اﻟﻈﮫﯿﺮ اﻟﻤﺆرخ ﻓﻲ ‪ 6/7/93‬اﻟﻤﺘﻌﻠﻖ ﺑﻤﺆﺳﺴﺎت‬
‫اﻻﺋﺘﻤﺎن‪.‬‬
‫ﺣﯿﺚ إن ﻣﻨﺎزﻋﺔ اﻟﻄﺮف اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻓﻲ اﻟﻔﻮاﺋﺪ اﻟﻤﺪرﺟﺔ ﺑﻜﺸﻒ‬
‫اﻟﺤﺴﺎب ﺟﺎءت ﺳﻠﺒﯿﺔ إذ ﻟﻢ ﻳﻌﺰزھﺎ ﺑﺄﻳﺔ ﺣﺠﺔ أو وﺛﯿﻘﺔ ﻣﻦ‬
‫ﺷﺄﻧﮫﺎ أن ﺗﺜﺒﺖ اﻟﻌﻜﺲ‪«.‬‬
‫‪[Link]- 04/02/1999- arrêt n°107/99- doss n° 785/4/98.‬‬
‫‪Tandis que le deuxième arrêt rendu le 28/02/2006 énonce que:‬‬
‫» و ﺣﯿﺚ إﻧﻪ ﺑﺨﺼﻮص ﻣﺎ ﻋﺎﺑﻪ اﻟﻄﺮف اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻋﻠﻰ اﻟﺤﻜﻢ ﻛﻮﻧﻪ‬
‫رد اﻟﺪﻓﻊ اﻟﻤﺘﻌﻠﻖ ﺑﺎﻟﻤﻨﺎزﻋﺔ ﻓﻲ اﻟﻤﺪﻳﻮﻧﯿﺔ و ذﻟﻚ ﺑﻌﻠﺔ ﻋﺪم اﻷداء‬
‫داﺧﻞ اﻷﺟﻞ‪ ،‬ﻓﺈن ذﻟﻚ ﻣﺮدود ﻋﻠﻰ اﻋﺘﺒﺎر أن اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻋﻠﯿﻪ اﻋﺘﻤﺪ‬
‫ﻓﻲ إﺛﺒﺎت اﻟﺪﻳﻦ ﻋﻠﻰ ﻋﻘﺪ اﻟﺮھﻦ و ﻛﺸﻒ ﺣﺴﺎب و اﻟﺬي أﻋﻄﻰ ﻟﻪ‬
‫اﻟﻤﺸﺮع ﺣﺠﯿﺔ ﻓﻲ اﻹﺛﺒﺎت‪ ،‬و ذﻟﻚ طﺒﻘﺎ ﻟﻠﻔﺼﻞ ‪ 106‬ﻣﻦ ظﮫﯿﺮ‬
‫ﻣﺆﺳﺴﺎت اﻻﺋﺘﻤﺎن‪ ،‬و أن اﻟﻤﻨﺎزﻋﺔ ﻓﯿﻪ ﻻ ﻳﻤﻜﻦ أن ﺗﻜﻮن ﻋﺎﻣﺔ و‬
‫ﻣﺠﺮدة ﺑﻞ ﻻﺑﺪ أن ﻳﺨﺺ ﻋﻤﻠﯿﺔ أو ﻋﻤﻠﯿﺎت ﻣﻌﯿﺒﺔ أو إﻗﺤﺎم أو اﻗﺘﻄﺎع‬
‫ﻏﯿﺮ ﻣﺒﺮر أو ﻋﺪم ﺻﺤﺔ دﻓﻊ أو أداء ﻣﻌﯿﻦ و أن اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻔﯿﻦ ﻟﻢ ﻳﺪﻋﻤﻮا‬
‫ھﺬا اﻟﺪﻓﻊ و ﻟﻢ ﻳﻮﺿﺤﻮه ﺑﺼﻮرة ﺗﺆدي إﻟﻰ ھﺪم اﻟﻘﺮﻳﻨﺔ اﻟﻤﻨﺼﻮص‬
‫ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻓﻲ اﻟﻔﺼﻞ اﻟﻤﺬﻛﻮر أﻋﻼه‪ ،‬ﻣﻤﺎ ﻳﺘﻌﯿﻦ ﻣﻌﻪ رد اﻟﺪﻓﻊ ﻟﻌﺪم‬
‫ارﺗﻜﺎزه ﻋﻠﻰ أﺳﺎس‪«.‬‬
‫‪[Link]- 28/02/2006- arrêt n°1041/06- doss n° 927/8/2005.‬‬
Le régime juridique du Compte
à vue

u Le compte à vue regroupe le compte sur carnet et le


compte chèque, appelé aussi compte courant
u 1 : les éléments constitutifs du Compte à vue
u Appelé aussi compte courant, Le de Compte à vue est
caractérisé par la possibilité de remises réciproques
s'incorporant dans un solde pouvant dans la commune
intention des parties varier alternativement au profit de
l'une ou de l'autre.
u Article 493 du code de commerce « Le compte à vue est
un contrat par lequel la banque convient avec son client
d'inscrire sur un relevé unique leurs créances
réciproques sous forme d'articles de crédit et de débit,
dont la fusion permet de dégager à tout instant un solde
provisoire en faveur de l'une des parties ».
u Le CC suppose la réunion de 2 éléments
u L'intention des parties de travailler en CC :
u Pour le CC comme dans tout contrat, la volonté des parties d'être
en CC est indispensable. Cette commune intention est nécessaire
non seulement pour qualifier le contrat, mais également pour
bénéficier de ses effets spécifiques. Cette volonté commune de
soumettre les créances réciproques au CC constitue donc l'élément
intentionnel essentiel de ce dernier qui est matérialisé par la
convention de compte.
u Directive n° 3/G/2010 du 03 mai 2010 relative aux clauses
minimales de la convention de compte de dépôts
u Article premier Toute ouverture de compte de dépôts, à vue ou à
terme, auprès d’un établissement de crédit doit faire l’objet d’une
convention écrite avec le client. Cette convention comporte les
conditions générales d’ouverture, de fonctionnement et de clôture
dudit compte3
u Les remises réciproques :
u Les remises constituent l'élément matériel du CC, elles
visent les créances destinées à être réglées en compte. Le
critère matériel n'implique donc pas un formalisme
quelconque.
u Quelles sont les créances disponibles ?
u . Le CC comporte deux parties : le disponible et le différé.
Au différé sont portées les créances non échues ou celles
assorties d'une condition suspensive. Quant au disponible
du compte, il se compose des créances qui présentent 3
caractéristiques : liquidité, exigibilité et certitude.
L'inscription en compte étant un procédé de règlement,
seules les créances ayant ces qualités peuvent en être
l'objet. En outre, la jurisprudence a distingué 3 caractères
que doivent présenter ces remises en CC :
uLa réciprocité des remises
:

u la qualification de CC est subordonnée à la réciprocité


des remises, et le compte doit donc être conçu de telle
manière qu'il puisse recevoir des remises des deux
parties. Chacun des correspondants doit pouvoir
prendre la qualité de remettant et de réception. Selon
une jurisprudence constante, il ne s'agit pas ici
d'imposer aux parties de faire fonctionner le compte sur
une base de réciprocité, il suffit que simplement que la
réciprocité des remises soit possible, c'est à dire que la
convention ne l'exclue pas.
u Ainsi, la simple écriture en compte d'intérêts ou de
commissions suffit à caractériser la réciprocité des
remises
u Article 497 du code de commerce La créance d'intérêt
de la banque, arrêtée tous les trimestres, est reportée
au débit du compte ; elle contribue, éventuellement, à
la formation d'un solde en faveur de la banque qui porte
à son tour intérêt.
u L’enchevêtrement
u les remises en compte doivent émaner des 2 parties dans le
même temps. En conséquence, il ne leur est pas permis de
décider que, pendant un certain temps les remises émaneront
de l'une d'elles, et que pendant un autre temps les remises
seront effectuées par l'autre partie. Les remises doivent au
contraire être enchevêtrées. La jurisprudence précise en
outre qu'un compte n'est pas un CC si la nature et l'ordre des
opérations sont prédéterminés dans la convention, et ce
même si les remises sont matériellement enchevêtrées.
u Comme pour la condition de réciprocité, il suffit donc
que la convention laisse la possibilité d'un
enchevêtrement même si cet enchevêtrement n'est pas
effectif dans la réalité. C'est ce qui est prévu au contrat
qui compte, pas les faits.
u Enfin, il ne faut pas confondre réciprocité des remises
et découverts. Il peut en effet y avoir CC même si le
solde du compte est toujours créditeur.
u L'effet novatoire du CC :
u Le Compte à vue produit un effet novatoire et ce selon l'article
489 du code de commerce Article 498 Les créances inscrites en
compte perdent leurs caractères spécifiques et leur individualité
propre. Elles sont réputées payées et dès lors ne peuvent plus faire
l'objet, à titre distinct, d'un paiement, d'une compensation, d'une
poursuite, d'une voie d'exécution ou de prescription.
u Les sûretés personnelles ou réelles attachées aux créances passées
en compte s'éteignent, sauf leur report, de convention expresse,
sur le solde du compte .
u En effet, il y a dans le CC un lien entre la disparition de la créance
primitive et la formation du solde, tout comme il y a dans la
novation au sens civiliste un lien entre disparition de l'obligation
ancienne et naissance de l’obligation nouvelle. Ainsi donc, la
créance, dès lors qu'elle est entrée en compte, est novée car elle
disparaît pour devenir un simple article de compte passé au crédit
de l'un et au débit de l'autre.
u Quelles en sont les conséquences ?
u La remise en CC porte extinction de la créance, considérée comme
réglée par incorporation en un solde. Et l'extinction de la créance
ainsi disparue vaut paiement. C'est dire que la créance est réputée
payée du fait de son entrée en compte. Disparaissent alors toutes
les actions juridiques attachées à la créance, toutes les actions en
paiement du créancier, ainsi que les suretés et les intérêts
attachés à la créance. Les intérêts de la créance cessent en effet
de courir puisque le créancier est considéré désintéressé.
u On voit bien l'effet direct et extinctif ainsi que l'importance
pratique de l'entrée en CC d'une créance. Cette analyse classique a
suscité de nombreuses réserves de la part de ceux qui ont proposé
de recourir plutôt à la compensation, ou encore qui ont refusé
d'analyser la convention de CC à partir des principes du droit des
obligations. Selon ce courant, si l'on constate bien l'effet extinctif
caractéristique de la novation, en revanche il n'y a pas naissance
en contrepartie d'un lien d'obligation déterminé. Pour eux, il se
produit seulement une incorporation au compte de la créance
disparue et une modification du solde de ce compte.
u Le caractère d'indivisibilité du CC :
u le solde du CC est indivisible, c'est à dire qu'il est impossible d'y
extraire un article pour lui faire subir un sort différent. Autrement dit,
la créance participe à un bloc dont les éléments sont inséparables, et
tout se passe comme s'il n'y avait plus ni créance ni dette, et ce jusqu'à
la clôture du compte. Le solde n'est pas disponible jusque là.
u A titre d'exemple, une fois entrée en compte, une créance ne peut plus
être saisie. Seul le solde du compte peut l'être au moment de la clôture,
et tant que la clôture n'est pas intervenue le créancier du solde ne peut
pas en réclamer le paiement. Une fois le compte clôt, le solde est
disponible mais indivisible. Autrement dit, le solde provisoire n'a pas
d'existence juridique en tant que tel. Toutefois, s'il est vrai qu'il n'est
pas immédiatement exigible, l'indivisibilité connait tout de même des
limites en matière de saisies comme en matière de suretés :
u Article 500 Le client peut disposer à sa convenance du solde
provisoire en sa faveur. Ce solde est saisissable par tout créancier
du client.
La rémunération du banquier

u Le régime des intérêts :


u L'établissement bancaire perçoit comme rémunération de ses
services, des intérêts mais également des commissions. Du fait de
la spécificité du CC, les intérêts suivent un régime dérogatoire au
droit commun.
u Les Commission sur CC, de quoi s'agit-il ?
u En rémunération de son travail, l'établissement bancaire touche
des commissions. Ces commissions de mouvement ou de compte
sont calculées sur le montant total des remises. Le banquier a
l'obligation d'informer son client de la perception d'une commission
ainsi que de l'éventuelle modification de cette commission.
u Article 496 du code de commerce Le relevé de compte indique de
façon apparente le taux des intérêts et des commissions, leur
montant, et leur mode de calcul.
u
u Quant aux intérêts en CC, ils font l'objet d'une
règlementation dont le fonctionnement est singulier. En
effet, il faut rappeler que le fonctionnement du CC peut
donner lieu à des intérêts qui courent au profit de la
banque – intérêts débiteur – . Ces intérêts sont réglementés
et calculés à chaque arrêté de compte suivant la
périodicité convenue par les parties. L’arrêt de compte a
pour objet de déterminer la position du solde du compte :
créditeur ou débiteur. Ainsi, de provisoire il passe à
définitif lors de la clôture du compte. Les intérêts
débiteurs perçus par le banquier sur le découvert de son
client ont pendant longtemps relevé des usages bancaires,
le code de commerce a légalisé la capitalisation des
intérêts ( Article 497 du code de commerce : La
créance d'intérêt de la banque, arrêtée tous les trimestres,
est reportée au débit du compte ; elle contribue,
éventuellement, à la formation d'un solde en faveur de la
banque qui porte à son tour intérêt.)
u - Les comptes courants
u Pour ces comptes , les intérêts courent de plein droit en
faveur de la banque (Art 495 du Ccom) . La loi a limité
le cours normal des intérêts dans les comptes à vue au
seul profit de la banque, lorsque le solde de son client
est débiteur, et n’a guère prévu, réciproquement, le
même avantage, en faveur du titulaire du compte
lorsque le solde de celui-ci est créditeur , à la
différence de ce que l’article 872 du DOC avait prévu
«les intérêts des sommes portées en compte courant
sont dus de plein droit par celle des parties au débit
de laquelle ils figurent, à partir du jour des avances
constatées».
u A défaut d'accord entre les parties sur les intérêts
applicables à la clôture du compte, seuls les intérêts de
droit seront alloués (Arrêt de la cour de cassation , N°
255 du 14 janvier 1998)
u la capitalisation des intérêts qui produit-elle même des
intérêts est admise sous réserve de l'accord des parties.
Cette capitalisation n'est pas admise en matière de
compte à terme ou de contrat de crédit ordinaire, cette
règle étant impérative( Arrêt de la cour de cassation,
chambre com , décision N° 223 du 11 février 2010,
doss n° 586/3/1/2008)
u 1/- Les comptes à terme :
u Un compte à terme n’est renouvelé à l’échéance qu’à la demande expresse
du client, et sous réserve de l’accord de la banque. Les intérêts stipulés en
faveur du client sont versés qu’à l’échéance. Parallèlement aux comptes ; les
comptes à terme sont aussi exclusivement mouvementés :
u Au crédit :
u • par les opérations de versements de fonds ;
u • par les virements reçus du ou des autres compte(s) à vue ouverts au nom du
titulaire sur les livres de la banque ;
u • et par les opérations relatives au règlement des intérêts ;
u Au débit :
u • par les remboursements du capital et des intérêts y afférents.
u De surplus, La rémunération des comptes à terme est libre. Les intérêts servis
sur les comptes à terme dont la durée est supérieure à un an sont payables
annuellement.
u
u Aucun retrait de fonds d’un compte à terme ne peut être autorisé
avant l’échéance.
u Toutefois, les titulaires de comptes à terme peuvent bénéficier
d’avances en compte garanties par les fonds déposés dans lesdits
comptes. Ces avances doivent être comptabilisées dans des
comptes distincts.
u Les avances sur comptes à terme supportent des intérêts débiteurs
décomptés sur la base du taux d’intérêt créditeur appliqué au
compte à terme correspondant, majoré de deux points de
pourcentage.
u Le montant, l’échéance, le taux d’intérêt ainsi que les conditions
de fonctionnement du compte à terme doivent être fixés dans la
convention de compte dont un exemplaire est remis au client.
u L’article 15 du circulaire n° 2/G/11 du 28 octobre 2011 relative
aux intérêts créditeurs.
u Les Taux d’intérêts débiteurs
u Les intérêts débiteurs sont des intérêts perçus en
rémunération d’un prêt consenti sous forme d’escompte ou
d’avance en compte.
Ils sont calculés par les banques lorsqu’elles accordent à
leur clientèle des crédits à court terme de durée variable
qui s'étendent de la simple facilité de caisse de quelques
jours, au financement d'opérations commerciales pouvant
aller jusqu'à deux ans.
u A/- Le taux effectif global :
u Le taux effectif global comprend, outre les intérêts
proprement dits calculés sur la base du taux contractuel,
les frais, commissions ou toutes autres rémunérations liés à
l’octroi du crédit. C’est un taux annuel et à terme échu
La clôture du compte bancaire

u Les causes de la clôture


u Les causes de clôture traduisent la dualité de nature du
compte bancaire, à la fois convention et support d’un
dépôt en monnaie scripturale. Certaines causes sont
l’application du droit commun des contrats. D’autres
sont la conséquence d’un changement intervenu dans la
condition juridique du client, affectant la détention des
sommes inscrites sur le compte.
u A- Arrivé du terme :
u Si le compte est ouvert pour une durée déterminée, il
prend fin automatiquement à l’échéance. Rien ne
s’oppose à ce que le compte soit maintenu, même par
la volonté tacite des parties, pour une durée qui sera en
pratique dans ce cas, indéterminée.
u Le compte à terme peut être résilié avant terme par le
client avec l'accord de la banque. Cette résiliation
anticipée entraîne l'application des pénalités stipulées à
l'ouverture du compte Art 508 du Ccom).
u B- Dénonciation unilatérale d’un compte à durée indéterminée :
u La plupart des comptes ne comportent pas d’échéance.
Conformément aux principes généraux, chacune des parties peut y
mettre fin par sa seule volonté à la condition de la notifier au
cocontractant. Si le titulaire du compte est frappé d’incapacité,
c’est son représentant légal qui est habilité à clôturer le compte.
La décision est considérée comme un acte d’administration. Cass.
1ère civ française, 13 Oct. 1998 : JCP 1999, II, 10035.

u Le compte à vue prend fin par la volonté de l'une des parties, sans
préavis lorsque l'initiative de la rupture a été prise par le client,
sous réserve du préavis prévu au chapitre régissant l'ouverture de
crédit lorsque la banque a pris l'initiative de la rupture.
u Article 503 du code de commerce.
‫‪Le tribunal de commerce de Marrakech a affirmé par son jugement rendu le 13/11/2017, que la banque est obligé de‬‬
‫‪clôturé le compte qui ne connait pas de mouvement dans la colonne de crédit pendant une année, en motivant sa décision‬‬
‫‪comme suite:‬‬

‫»و ﺣﯿﺚ ﺗﻨﺺ ﻣﻘﺘﻀﯿﺎت اﻟﻤﺎدة ‪ 503‬ﻣﻦ ﻣﺪوﻧﺔ اﻟﺘﺠﺎرة ﻋﻠﻰ أﻧﻪ ﻳﻮﺿﻊ ﺣﺪ‬
‫ﻟﻠﺤﺴﺎب ﺑﺎﻻطﻼع ﺑﺈرادة أي ﻣﻦ اﻟﻄﺮﻓﯿﻦ ﺑﺪون إﺷﻌﺎر إذا ﻛﺎﻧﺖ اﻟﻤﺒﺎدرة ﻣﻦ اﻟﺰﺑﻮن‬
‫و ﻣﻊ ﻣﺮاﻋﺎة اﻹﺷﻌﺎر اﻟﻤﻨﺼﻮص ﻋﻠﯿﻪ ﻓﻲ اﻟﺒﺎب اﻟﻤﺘﻌﻠﻖ ﺑﻔﺘﺢ اﻻﻋﺘﻤﺎد إذا ﻛﺎﻧﺖ‬
‫اﻟﻤﺒﺎدرة ﻣﻦ اﻟﺒﻨﻚ‪ .‬ﻏﯿﺮ أﻧﻪ وﺟﺐ ﻋﻠﯿﻪ أو ﻳﻀﻊ ﺣﺪا ﻟﻠﺤﺴﺎب اﻟﻤﺪﻳﻦ إذا ﺗﻮﻗﻒ‬
‫اﻟﺰﺑﻮن ﻋﻦ ﺗﺸﻐﯿﻞ ﺣﺴﺎﺑﻪ ﻣﺪة ﺳﻨﺔ ﻣﻦ ﺗﺎرﻳﺦ آﺧﺮ ﻋﻤﻠﯿﺔ داﺋﻨﺔ ﻣﻘﯿﺪة ﺑﻪ‪...‬‬
‫و ﺣﯿﺚ إﻧﻪ ﻓﻲ ﻧﺎزﻟﺔ اﻟﺤﺎل ﻓﻘﺪ ﻛﺎن ﻋﻠﻰ اﻟﺒﻨﻂ أن ﻳﻘﻔﻞ ﺣﺴﺎب اﻟﻤﺪﻋﻰ ﻋﻠﯿﻪ‬
‫ﺧﻼل أﺟﻞ ﺳﻨﺔ ﻣﻦ ﺗﺎرﻳﺦ آﺧﺮ ﻋﻤﻠﯿﺔ إﻳﺠﺎﺑﯿﺔ أي ﻓﻲ ‪ 01/04/2012‬و ھﻮ اﻟﺘﺎرﻳﺦ‬
‫اﻟﺬي ﻛﺎﻧﺖ ﻓﯿﻪ ﻣﺪﻳﻮﻧﯿﺔ ھﺬا اﻷﺧﯿﺮ ﺑﻤﺒﻠﻎ ‪ 162,265,85‬درھﻤﺎ‪ ،‬و اﺳﺘﻤﺮار اﻟﺒﻨﻚ‬
‫ﻓﻲ اﺣﺘﺴﺎب اﻟﻔﻮاﺋﺪ ﺑﻌﺪ اﻟﺘﺎرﻳﺦ اﻟﻤﺬﻛﻮر ﻳﻌﺘﺒﺮ ﻋﺪﻳﻢ اﻷﺳﺎس اﻟﻘﺎﻧﻮﻧﻲ‪ ،‬ﻣﻤﺎ ﻳﻜﻮن‬
‫ﻣﻌﻪ ﻣﻄﺎﻟﺒﺘﻪ ﺑﺎﻟﻔﻮاﺋﺪ اﻟﻘﺎﻧﻮﻧﯿﺔ اﻟﻼﺣﻘﺔ ﻟﻠﺘﺎرﻳﺦ اﻟﻤﺬﻛﻮر و ﻟﻠﻤﺼﺎرﻳﻒ اﻟﻨﺎﺗﺠﺔ ﻋﻨﮫﺎ‬
‫ﻏﯿﺮ ذات ﻣﻮﺿﻮع‪«.‬‬
‫‪[Link]- 13/11/2017- jugement n°2831- doss n°1765/8210/2017.‬‬
u C- Modification de la condition juridique d’une partie :
u La question de savoir si une modification de la condition juridique
d’une partie a une incidence sur les comptes ne se pose guère du
coté du banquier qui est une personne morale. En cas de cession de
l’entreprise de banque, la continuation des relations avec le nouvel
exploitant résulte de l’absence d’initiative du client pour y mettre
fin.
u Si l’on se place du côté du client, le dernier alinéa de l’article 503
du code de commerce prévoit les cas de modification de la
situation juridique du client. En effet, le décès est, certainement,
une cause de clôture, mais rien n’empêche les parties de convenir
que le compte sera maintenu pour les besoins de la liquidation
successorale. Les héritiers en seront les titulaires. Généralement
on ouvrira un compte nouveau
u Dernier alinéa de l’article 503. « Le compte est également
clôturé par le décès, l'incapacité, le redressement ou la
liquidation judiciaire du client ».
‫‪La cour d’appel de commerce de Marrakech affirme par son arrêt‬‬
‫‪rendu le13/07/2016, que la banque est obligée de clôture le compte‬‬
‫‪bancaire dés qu’elle a eu connaissance du décès du titulaire du‬‬
‫‪compte, en motivant sa décision comme suite:‬‬
‫»ﺣﯿﺚ إﻧﻪ ﺧﻼﻓﺎ ﻟﻤﺎ ﻳﺘﻤﺴﻚ ﺑﻪ اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ‪ ،‬ﻓﺈن ﻣﻘﺘﻀﯿﺎت اﻟﻔﺼﻞ‬
‫‪ 503‬ﻣﻦ م‪,‬ت اﻟﺘﻤﺴﻚ ﺑﮫﺎ واﺿﺤﺔ ﻓﻲ أن اﻟﺤﺴﺎب ﻳﻘﻔﻞ ﺑﺎﻟﻮﻓﺎة‪ ،‬إذ‬
‫أﻧﻪ ﺑﻤﺠﺮد وﻓﺎة ﺻﺎﺣﺐ اﻟﺤﺴﺎب ﻳﺘﻌﯿﻦ إﻗﻔﺎﻟﻪ ﻣﻦ أﺟﻞ ﺗﺼﻔﯿﺘﻪ و‬
‫ﺗﺤﺪﻳﺪ رﺻﯿﺪه اﻟﻨﮫﺎﺋﻲ إﻣﺎ داﺋﻨﺎ أو ﻣﺪﻳﻨﺎ‪ ،‬و أن ﻣﺎ ﻳﺘﻤﺴﻚ ﺑﻪ اﻟﺒﻨﻚ ﻣﻦ‬
‫أﻧﻪ ﻟﯿﺲ ھﻨﺎك ﻣﺎ ﻳﻤﻨﻊ ﻣﻦ ﺗﺮك اﻟﺤﺴﺎب ﻣﻔﺘﻮﺣﺎ إﻟﻰ ﻏﺎﻳﺔ ﺗﺼﻔﯿﺔ‬
‫اﻟﺘﺮﻛﺔ ﻻ ﻳﻠﺘﻔﺖ إﻟﯿﻪ ﻷن ذﻟﻚ ﻓﻲ اﻟﺤﺎﻟﺔ اﻟﺘﻲ ﻳﺘﻔﻖ ﻓﯿﮫﺎ ﻣﻊ اﻟﻮرﺛﺔ و‬
‫ﻳﺒﻘﻰ اﻟﺤﺴﺎب ﻣﻔﺘﻮﺣﺎ ﺑﺎﺳﻤﮫﻢ ﻻ ﺑﺎﺳﻢ اﻟﻤﻮروث‪«.‬‬
‫‪[Link]- 13/07/2016- arrêt n° 1065- doss n° 1670/15/2013.‬‬
u La survenance des de l’incapacité est aussi considérée
comme une cause de clôture. Le représentant légal
peut, toutefois, demander que le compte reste ouvert.
Il fonctionnera dans les conditions conformes au régime
légal auquel est soumis le titulaire.
u La dissolution d’une personne morale est une condition
de clôture mais, à la demande du liquidateur, al banque
peut accepter que le compte continue à fonctionner
jusqu’à la fin de la liquidation.
u D- Saisie du compte :
u La saisie n’est pas une cause de clôture mais jusqu’à
sa main levée le banquier ne peut imputer de sommes
au débit. Il lui faut, d’autre part, distinguer les remises
du client antérieures à la saisie qui sont comprises dans
celle-ci et les remises postérieures qui y échappent. En
fait, un compte « bis » doit être provisoirement ouvert.
u quand il s’agit d’un établissement habilité à tenir des
comptes de dépôt, et compte tenu que ce genre des
établissements sont obligés de détenir des livres
comptables, et que l’argent saisi déposé parfois dans un
compte courant qui est à la libre disposition du client,
le banquier doit, en plus de son obligation de faire une
déclaration bien détaillée, contenant tous les
renseignements qui lui paraissent nécessaire pour
l’exécution des sommes saisies (A), procéder
immédiatement et dès sa signification par l’huissier de
justice à la saisie des comptes appartenant au saisi, de
façon à rendre toute opération qui pourrait y porter
impossible (B).
u L’article 494 de code de procédure civile oblige le tiers
saisi de faire une déclaration affirmative devant le
tribunal, et de la renouveler le cas échéant.
u cette déclaration ne doit être faite que devant le juge
de conciliation et renouvelée devant le juge de
validation de saisie
u Pourtant, les informations à y contenir doivent
remonter au jour de la signification de l’acte de saisie,
parce que c’est à partir de ce moment-là où est née
l’obligation du tiers saisi
u Le banquier auquel est notifiée une saisie bloque
l’ensemble des comptes du débiteur
u lorsque le tiers saisi est une banque, elle ne peut se
contenter de mentionner que le solde du saisi est
créditeur ou débiteur, mais il doit en donner le
montant, et faire un dénombrement de tous comptes
enregistrant des sommes d’argent, ouverts dans
l’établissement en nom de ce dernier, jusqu’à
concurrence du montant saisi.
u Cette exigence pesée sur la banque dispense le
saisissant du devoir de fournir le numéro de compte de
son débiteur saisi ‫ـ ﻗﺮار ﺻﺎدر ﻋﻦ ﻣﺤﻜﻤﺔ اﻻﺳﺘﺌﻨﺎف‬
‫ ﻣﻨﺸﻮر ﺑﺎﻟﻤﺠﻠﺔ‬1115 ‫ ﺗﺤﺖ ﻋﺪد‬1984/06/07 ‫ﺑﻤﺮاﻛﺶ ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬
‫ وﻣﺎ ﻳﻠﯿﮫﺎ‬174 ‫ ص‬،1987 ‫ ﺳﻨﺔ‬13 ‫اﻟﻤﻐﺮﺑﯿﺔ ﻟﻠﻘﺎﻧﻮن ﻋﺪد‬
u A contrario, c’est la banque qui serait déchargée de
déclarer les autres comptes, si le solde d’un seul était
égal ou plus que le montant appréhendé. De même, elle
n’est pas tenue de déclarer le solde de chaque compte
séparément, mais il lui suffit de dégager le solde global
envisagé par rapport à l’ensemble des comptes, en
effectuant les calculs nécessaires. Ce qui fait du
banquier un tiers saisi pas tout à fait comme les autres
u Pourtant, le fait pour le tiers saisi de manquer à un
détail important dans sa déclaration pourrait valoir un
défaut de déclaration qui engagera sa responsabilité
civile, et par voie de conséquence, il sera condamné à
payer les causes de la saisie dans la limite des retenues
non opérées , les frais et éventuellement des
dommages-intérêts, conformément aux règles de droit
commun,
Cas pratique

u si le montant de la dette du créancier saisissant sur le


débiteur saisi est de 20100 DH en principal et
accessoires et celui du débiteur saisi sur le banquier est
de 10000 DH, ce dernier sera condamné en cas de
défaut de déclaration ou de déclaration inexacte,
incomplète ou tardive, à payer 10000 DH comme cause
de la saisie. Ainsi, s’il déclare par exemple 6000 DH
contrairement à la réalité, sa responsabilité sera
engagée dans la limite du montant restant qui est 4000
DH.
u La cour de cassation subordonne la condamnation du
tiers saisi aux retenus non opérées en cas du défaut de
déclaration, à l’existence d’une preuve établissant une
relation juridique ou contractuelle entre le saisi et le
tiers saisi, mettant du deuxième débiteur du premier,
et tant qu’il lui a été prouvé que le saisi n’a aucun
compte inscrit aux livres du tiers saisi, elle a déclaré
que les dispositions de l’article 494 du code de
procédure civile restaient sans effets à l’encontre de ce
dernier.
u ‫ـ ﻗﺮار ﺻﺎدر ﻋﻦ اﻟﻤﺠﻠﺲ اﻷﻋﻠﻰ )ﻣﺤﻜﻤﺔ اﻟﻨﻘﺾ ﺣﺎﻟﯿﺎ( ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬
‫ ﻣﻨﺸﻮر‬،2002/1/3/427 ‫ ﻓﻲ اﻟﻤﻠﻒ اﻟﺘﺠﺎري ﻋﺪد‬،2005/04/06
،‫ ﻣﻄﺒﻌﺔ اﻷﻣﻨﯿﺔ‬،65 ‫ ـ‬64 ‫ اﻟﻌﺪد‬،‫ﺑﻤﺠﻠﺔ ﻗﻀﺎء اﻟﻤﺠﻠﺲ اﻷﻋﻠﻰ‬
‫ وﻣﺎ ﻳﻠﯿﮫﺎ‬54 .‫ ص‬،2006 ‫ﺳﻨﺔ‬.
u Ainsi, ladite cour n’a pas considéré la déclaration négative
du tiers saisi comme mensongère, tant qu’il lui a été établi
que le compte du saisi n’enregistrait aucun solde créditeur
le jour de la signification de l’ordonnance de saisie, et que
les facilités de caisse que la banque lui était accordées
entre la date de la notification et celle de la déclaration
négative n’ont pas pour effet de rendre la banque débitrice
de ces fonds qu’elle s’est engagée à fournir. Elle en a
conclu qu’elle n’avait pas la qualité de débiteur du
débiteur, et par conséquent elle n’était pas tenue de
présenter une déclaration affirmative.
u 2016/11/10 ‫ ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬430 ‫ـ ﻗﺮار ﺻﺎدر ﻋﻦ ﻣﺤﻜﻤﺔ اﻟﻨﻘﺾ ﺗﺤﺖ ﻋﺪد‬
‫ ﻣﻨﺸﻮر ﺑﻤﺠﻠﺔ ﻗﻀﺎء‬،2015/1/3/397 ‫ﻓﻲ اﻟﻤﻠﻒ اﻟﺘﺠﺎري ﻋﺪد‬
‫ وﻣﺎ‬97 ‫ ص‬،2017 ‫ ﺳﻨﺔ‬،‫ ﻣﻄﺒﻌﺔ اﻷﻣﻨﯿﺔ‬،82 ‫ اﻟﻌﺪد‬،‫ﻣﺤﻜﻤﺔ اﻟﻨﻘﺾ‬
‫ﻳﻠﯿﮫﺎ‬.
u Il en va de même pour la déclaration négative du tiers
saisi, quand il est établi que les fonds provenant
d’ouverture de crédit ne peuvent pas être librement
utilisés par le bénéficiaire (le débiteur saisi), qui est
tenu, selon le contrat de crédit, de les affecter
exclusivement au financement d’une opération de
construction. En effet, il y a un engagement personnel
du saisi envers la banque, qui interdit à ses créanciers
de se substituer à lui pour en demander la disposition.
u B - L’obligation de maintenir l’indisponibilité.
u L’article 494 du code de procédure civile dispose dans
son dernier alinéa que « le détenteur des fonds saisis
remet immédiatement à qui de droit, les sommes fixées
par le juge, dans la limite du montant déclaré, après
clôture de la procédure prévue aux alinéas 1 et 2 du
présent article ».
u le banquier, qui est devenu un auxiliaire de l’exécution
forcée mettra les sommes saisies sous sa garde et
empêchera le débiteur saisi de les réduire par des
opérations nouvelles ; en ce sens, le débiteur saisi ne
pourra pas soustraire une partie du solde déclaré au
créancier saisissant, en opérant un retrait de fonds, en
tirant un chèque, ou même en émettant un ordre de
virement
u Toutefois, cette indisponibilité ne touche que le
montant appréhendé, et toute somme d’argent qui
l’excède doit rester disponible. En ce qui concerne sa
durée, elle débute dès l’instant où l’acte de saisie est
notifié au tiers saisi, et finit normalement par la remise
du tiers saisi des sommes fixées par le juge entre les
mains du saisissant créancier, dans la limite du montant
déclaré, car cette remise est le but principal de
l’indisponibilité.
u En conséquence, tout paiement fait au débiteur par le
tiers saisi au cours de la procédure est réputé nul, et
engagera en effet la responsabilité de ce dernier qui
devra payer de nouveau ce montant au vrai créancier
qui est le saisissant
u ‫ ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬46 ‫ﺣﻜﻢ ص ﻋﻦ اﻟﻤﺤﻜﻤﺔ اﻹدارﻳﺔ ﺑﺄﻛﺎدﻳﺮ ﺗﺤﺖ ﻋﺪد‬
‫ ﻣﻨﺸﻮر ﺑﺎﻟﻤﺠﻠﺔ اﻟﻤﻐﺮﺑﯿﺔ ﻟﻺدارة اﻟﻤﺤﻠﯿﺔ واﻟﺘﻨﻤﯿﺔ‬،22/06/1995
109 ‫ ص‬،18 ‫ﻋﺪد‬
u Il résulte également de cette indisponibilité que les
autres créanciers du même débiteur saisi n’ont pas le
droit de saisir-arrêter les sommes saisies
précédemment, car ils ont seulement le droit de
s’opposer à leur remise au saisissant créancier après la
présentation d’un titre exécutoire valable [ ‫ـ ﻗﺮار ﺻﺎدر‬
‫ ﻓﻲ اﻟﻤﻠﻒ‬،2013/01/3 ‫ ﺑﺘﺎرﻳﺦ‬7 ‫ﻋﻦ ﻣﺤﻜﻤﺔ اﻟﻨﻘﺾ ﺗﺤﺖ ﻋﺪد‬
‫ ﻣﻨﺸﻮر ﺑﻤﺠﻠﺔ ﻗﻀﺎء ﻣﺤﻜﻤﺔ‬،2011/1/3/1215 ‫اﻟﺘﺠﺎري ﻋﺪد‬
‫ وﻣﺎ‬161 .‫ ص‬،2013 ‫ ﻣﻄﺒﻌﺔ اﻷﻣﻨﯿﺔ ﺳﻨﺔ‬،76 ‫ اﻟﻌﺪد‬،‫اﻟﻨﻘﺾ‬
‫ﻳﻠﯿﮫﺎ‬., sauf dans le cas où les actes de saisie sont faits et
signifiés au cours de la même journée. En effet, ils sont
réputés être exécutés simultanément
u 2 : Les effets de la clôture
u Le client ne peut accomplir de nouvelles opérations. En
particulier, il ne peut plus émettre de chèques. Le
banquier est fondé à lui demander la restitution des
formules de chèques non encore utilisées. Les chèques
antérieurement émis doivent, toutefois, être payés s’ils
sont provisionnés. La contre-passation des effets
escomptés revenus impayés reste possible.
u Les commissions rémunérant la tenue du compte ne
sont plus dues par le client.
u A- Sort du solde créditeur :
u Après liquidation des opérations en cours, le solde
doit, s’il est créditeur, être remis au client ou à ses
ayants droit. En cas de contestation, le solde à la
clôture résulte des relevés de compte que le client a
approuvés. Sauf convention contraire, la banque ne
saurait retenir le montant d’effets escomptés
susceptible de revenir impayés à leur échéance.
u [Link] française, 10 oct.2000, arrêt n° 1441 D-D,
Saint Jores c / Banque populaire de l’Ouest : Juris-Data
n° 006425).
u B- Sort du solde débiteur :
u Le montant du solde débiteur est dû au banquier par le client ou
ses ayants cause. Le régime de la prescription est identique à celui
applicable au solde créditeur mais la prescription joue
naturellement au profit de l’ancien client.
u Le taux de l’intérêt dû sur le solde débiteur d’un compte clôturé
et non soldé a été vivement controversé. Faut-il appliquer le taux
légal ou maintenir le taux conventionnel ?
u La cour de cassation française a jugée que seul le taux légal est
dû sauf si une convention, qui n’est pas forcément formelle, a
prévu que le taux conventionnel continuerait à jouer.
u Cass. Com., 9 nov.1982 : [Link]. IV, n°341 ; JCP 1983, IV, 31).
u La creance bancaire y figurant devant des lors , une
creance normal asujettie au taux legal sauf, bien
entendu, si le contrat liant les parties, en a decide
autrement
u Cour de cassation n 776 du 11/04/2001
Les transferts de fonds

u Considéré comme service primordial, le transfert de fonds


est l’une des prérogatives essentielles dont bénéficient les
établissements de crédit. Le banquier est le point de
passage de tous les transferts de fonds.
u Les moyens de paiement englobent, en application de
l’article 6 de la loi bancaire, tous les instruments qui, quel
que soit le support ou le procédé technique utilisé,
permettent à toute personne de transférer des fonds.
u Les établissements de crédit ont le monopole de la mise à
disposition et de la gestion de ces moyens de paiement.
Eux seuls sont en charge du transfert de fonds par
virement, chèque, carte de crédit, effet de commerce
u les instruments de paiement Sont des modes d’opérations
permettant d’aboutir à la délivrance, par une personne à
une autre, d’une qualité déterminée d’unités monétaires.
On comprend par là que l’instrument de paiement est un
produit de la monnaie scripturale. Celle-ci étant par
hypothèse dématérialisée et, au surplus, stockée dans des
comptes tenus exclusivement par les établissements de
crédit, ne peut faire l’objet d’une remise au comptant.
Force est donc, pour la commodité de son usage, de
recourir à des moyens de transfert entre les comptes ou
elle se loge : c’est à cette fonction de mouvement de la
monnaie scripturale que pourvoient les instruments de
paiement.
u Selon l’Article1 de la loi bancaire seuls les établissements
de crédit sont habilité à mettre à la disposition de la
clientèle de tous moyens de paiement, ou leur gestion.
u On déduit que la réalisation d’un transfert de fonds à
l’aide d’un moyen de paiement quelconque nécessite
une double opération : une inscription au débit d’un
compte et une inscription au crédit d’un autre compte
u L’instrument utilisé constate un ordre donné par le
titulaire du compte, au teneur de celui-ci, de transférer
une somme au bénéficiaire désigné. Le dispositif est
alors articulé sur deux types de mandat :
u Un mandat pour débiter également appelé ordre de
paiement, dans une première application, le mandat est
donné par le client de façon spéciale et pour un
montant déterminé : c’est le cas dans l’ordre de
virement. Mais il est fréquent que le mandat soit
donnée de façon permanente et pour un montant
déterminable, au bénéfice d’une personne déterminée :
telle est la figure qui s’observe dans l’avis de
prélèvement délivrée au profit des créanciers
institutionnels. Quant à la manipulation d’une carte de
paiement, la loi oblige à l’analyser comme un mandat
de payer donnée par le titulaire de la carte au teneur
du compte correspondant; son utilisation s’assimile
donc, légalement, à un ordre de virement.
u Le mandat d’encaissement : il peut résulter notamment
de l’endossement d’un effet de commerce à titre de
procuration
u L’exécution des transferts des fonds n’est cependant
possible, sauf en cas de crédit, que si le banquier a à sa
disposition des fonds déposés par ses clients. La
réalisation d’un transfert de fonds a des incidences sur
la relation unissant le déposant au dépositaire, et le
banquier doit prendre toutes les mesures nécessaires
pour le bon déroulement de l’opération
u L’instrument de paiement opère en effet transfert de la
propriété de la provision correspondante. Laquelle est
constituée par l’actif monétaire figurant au compte du
client utilisateur de l’instrument, ou disponible par
ledit compte auprès de l’établissement de crédit.
u Le banquier doit procéder à une double vérification :
d'une part, il doit s’assurer que son client est en droit
d'obtenir la restitution des fonds déposés et que l'ordre
de paiement émane bien de celui-ci : d'autre part il
doit vérifier que la personne qui demande le paiement
est bien celle désignée comme la bénéficiaire du
transfert de fonds
Le virement

u Le virement est régi par les articles 519 a 523 du code de


commerce. II est défini comme suit : le virement est I
'opération bancaire par laquelle Ie compte d'un déposant
est, sur l’ordre écrit de celui-ci, débité pour un montant
destine a être porte au crédit d'un autre compte. Cette
opération permet :
u 1. d'opérer des transferts de fonds entre deux personnes
distinctes ayant leurs comptes chez Ie même établissement
bancaire ou chez deux établissements bancaires différents
;
u d'opérer des transferts de fonds entre comptes différents
ouverts par une même personne chez Ie même
établissement bancaire ou chez deux établissements
bancaires différents (article 519).
u Le dénouement du virement
u L'exécution d'un virement comporte donc trois étapes
u • Le client, donneur d'ordre remet un ordre a sa
banque, qui débite son compte.
u • La banque s'exécute en débitant Ie compte de son
client pour en créditer celui du bénéficiaire soit dans la
même banque soit auprès d'une autre banque, auquel
cas Ie virement sera envoyé a la banque du bénéficiaire
via un système de compensation centralise a Bank AI-
Maghrib qui sera décrit plus loin.
u • La banque du bénéficiaire crédite Ie compte de celui-
ci.
u Juridiquement, il y a une différence entre le virement et le chèque.
Alors que dans le chèque, la propriété est transmise au bénéficiaire des
la création du cheque, au contraire, l'ordre de virement ne produit
aucun effet au profit du bénéficiaire tant que I 'exécution n'est pas
achevée. Tant que le donneur d'ordre n'a pas été débité, I 'ordre de
virement peut être révoqué. L'article 521 du code de commerce stipule
a cet effet : « Le bénéficiaire d'un virement devient propriétaire de la
somme a transférer au moment ou l'établissement bancaire en débite le
compte du donneur d'ordre. L'ordre de virement peut être révoqué
jusqu'a ce moment. »
u En outre, contrairement au chèque ou la provision doit être préalable et
disponible, I 'ordre de virement est valablement donné soit pour des
sommes déjà inscrites au compte du donneur d'ordre, soit pour des
sommes devant y être inscrites dans un délai préalablement convenu
avec I 'établissement bancaire (article 520).
u La créance pour le règlement de laquelle un virement est établi subsiste
avec toutes les sûretés et accessoires jusqu'au moment ou le compte du
bénéficiaire est effectivement crédité du montant de ce virement.
devoir et responsabilité du
banquier

u Les devoirs du banquier :


u Ils peuvent se résumer ainsi : non ingérence, vigilance,
information, discrétion.
u La non-ingérence : cela signifie que le banquier qui
enregistre sur le compte les opérations de son client n'a pas
à se préoccuper de l'origine ni de la destination des fonds,
pas plus que de la licéité ou de l'opportunité des opérations
réalisées par son client. Ce principe peut être opposé aussi
bien au client qu'aux tiers. Cependant, il connait des
limites fixées par la loi, qui impose notamment au banquier
un contrôle particulier pour toute opération importante se
présentant dans des conditions inhabituelles de complexité
et ne paraissant pas avoir de justification économique ou
d'objet licite . Loi anti blanchiment
u La vigilance : elle débute à l'ouverture du compte et se poursuit
dans le temps. En effet, lors de l'ouverture du compte, le banquier
est soumis à une obligation de vigilance dès lors que le compte
peut devenir le support d'incidents de paiement ou de
comportements illicites – cette vigilance doit par ailleurs être
accrue si l'opération est réalisée par un représentant du titulaire
du compte. Après l'ouverture, la vigilance du banquier doit rester
intacte même s'il n'est tenu que de surveiller la régularité des
opérations. En principe, en effet, il n'a pas à procéder à des
investigations sur l'origine des fonds versés ni à considérer comme
anormales les rentrées de fonds autres que les salaires de
l'intéressé. Partant, la jurisprudence distingue deux types
d'anomalies pouvant affecter les opérations sur le compte bancaire
et susceptibles d'engager la responsabilité du banquier – même si
pour que la responsabilité du banquier soit engagée il faut surtout
que l'anomalie soit manifeste :
u
u L'information : le secret professionnel du banquier doit
être respecté puisqu'il s'agit là d'un autre de ses devoirs
essentiels, imposé en outre par la loi. Ainsi, une obligation
légale est faite aux employés de banque, aux conseils
d'administration, aux conseil de surveillance et aux
salariés de l'entreprise de ne pas révéler certaines
informations concernant les affaires des clients dont ils
peuvent avoir connaissance. Ce secret ne vise cependant
que des renseignements confidentiels qui ont un caractère
précis, et le secret institué au profit des clients peut
toutefois être levé dans certains cas précis également
prévus par la loi. Il en est ainsi, par exemple, lorsqu'il
s'agit de lutter contre le blanchiment des capitaux.
u Dans le cas d'erreur d'imputation d'une somme, le banquier
doit bien sûr la rectifier. Mais comme il n'est pas possible
d'effacer purement et simplement l'erreur, il va alors
devoir passer une écriture en sens inverse, la contre-
passation.
u Sur ce point la jurisprudence est claire, elle n'exige pas que
l'erreur soit démontrée mais elle admet que si le banquier
a commis une faute le client peut mettre en jeu sa
responsabilité. Toutefois, pour cela il faut pouvoir avancer
un abus à charge du banquier. Or, selon la jurisprudence,
le simple fait pour un banquier de contre-passer le montant
d'un effet de commerce passé par erreur au compte d'un
client ne constitue pas une faute ni un abus en soi.
u
u Dès lors, on comprend qu'il existe un contentieux
important sur le contrôle de la signature et sur la part
de responsabilité du banquier dans l'exercice de ce
contrôle. Mais en quoi consiste exactement ce contrôle
des signatures ?
u Précisions d'abord que c'est pour les opérations de
débit du compte que le banquier doit se montrer
particulièrement vigilent. En effet, c'est là que le
contrôle de la signature – et des pouvoirs de celui qui
agit au nom du titulaire du compte – est indispensable
et même incontournable.
u En outre, la jurisprudence indique que le banquier doit
contrôler la conformité apparente de la signature et, le
cas échéant, la représentation du titulaire du compte. Il
doit par ailleurs vérifier que cette représentation est
légale ou qu'il s'agit d'un mandat.
: Opérations de crédit

u Définition de crédit bancaire :


u "constitue une opération de crédit tout acte par lequel
une personne agissant à titre onéreux met ou promet de
mettre des fonds à la disposition d’une autre personne
ou prend dans l’intérêt de celle-ci un engagement ou
une garantie".
u En effet, le crédit bancaire est toute opération par laquelle
le banquier faisant confiance à son client, accorde à celui-
ci le concours de ses capitaux.
u Ces crédits peuvent servir à financer l’activité courante de
l’entreprise c’est à dire son cycle d’exploitation : ce sont
les crédits de fonctionnement.
u Ils peuvent aussi servir à financer les biens d’équipements :
ce sont des crédits d’investissement.
u Ainsi le crédit bancaire est un moyen de financement des
entreprises et des ménages qui ont un besoin de
financement dont le leurs permet de disposer de l’argent
immédiatement moyennant le paiement d’un intérêt et
d’obligation de rembourser le crédit dans un délai limité.
u Article 524 du code de commerce
u L'ouverture de crédit est l'engagement de la banque de
mettre des moyens de paiement à la disposition du
bénéficiaire ou de tiers, désigné par lui, à concurrence
d'une certaine somme d'argent.
u Un solde débiteur occasionnel n'emporte pas ouverture
de crédit.
Les conditions de formations
du contrat de crédit
u Les conditions de fond de droit commun
u Les règles du droit bancaire
u Les règles précontractuelles posées par la pratique
bancaire sont en quelque sorte des dérivés des
obligations du banquier. En effet, avant tout octroi de
crédit, le banquier est dans l'obligation de bien
s'informer et sélectionner son client et doit par la suite
l'informer et le conseiller avant son consentement.
u 1- La sélection du client :
u En raison de la fonction économique du crédit, le
banquier n'est pas tenu d'accorder un crédit à toute
personne qui le lui demande, quelle qu'en soit la forme.
De ce fait, le client doit faire l'objet d'une appréciation
et donc d'une sélection « au moyen d'informations
diverses et grâce à des traitements informatisés » par
les banques. Nous allons dans ce cadre vous exposer le
tableau sur lequel se base les établissements de crédits
marocains pour établir une fiche de notation client9 :
Modalité 1 Modalité 2 Modalité 3 Modalité 4 Modalité 5
Réputation et Expérience Expérience De 5 à 10 ans De 1 à 5 ans Promoteur
antécédents du dépassant 10 dépassant 10 d'expérience. d'expérience. Les débutant
client ans. ans. Bonne réputation projets ou Problème
Réputation très Réputation immobiliers dans la
solide. solide antérieurement gestion
Promoteur menés ne Immobilière
menant des suscitent aucune dans le passé
programmes à préoccupation
l'échelle
nationale
Surface Patrimoine très Patrimoine Patrimoine Patrimoine Patrimoine
patrimoniale du Important et confortable et moyen moyen insignifiant,
promoteur diversifié dominé diversifié dominé constitué de constitué de situation
par des biens par des biens biens valeurs financière
immobiliers immobiliers immobiliers mobilières médiocre
Qualité de la Client ne Client dont les Client dont les Société Client ayant des
relation crédit présentant impayés sur les incidents de récemment créances en
avec les autres information 12 paiement sur les crée par un souffrance non
banques négative derniers mois 12 derniers mois promoteur régularisées OU
sont sont régularisés débutant Client interdit de
rares et aucune / Indisponibilité chéquier
de ses créances d'information
n'est classée en
souffrance
Volume des V> 100MDH 50MDH=<V<100M 20MDH=<V<50MD 5MDH=<V<20MDH V<5MDH
crédits DH H
remboursés
Dénouement Remboursement crédits dénoués crédits dénoués crédits dénoués Contentieux/
des anciens des Crédits dans mais avec un mais avec un avec des Report de date
crédits les délai dépassement des dépassement des difficultés de
délais délais remboursement/
(inférieur à 3 (inférieur à 6 Crédit en
mois) mois) souffrance
Incidents de Aucun 1 incident sur les 2 incidents sur 3 incidents sur Incidents non
paiement 12 derniers mois les 12 derniers les 12 derniers régularisés
u Par la suite, une analyse juridique d'une demande de
crédit est établie, présentant le promoteur, les
garanties proposées ainsi que l'avis des différentes
directions de l'établissement de crédit et est envoyé au
comité adéquat et ce en fonction du montant demandé
pour délibération.
u 2- L'information et le conseil préalable
u Les conditions de forme
u La plus part des contrats bancaires sont des contrats
consensuels où les parties sont liées les une aux autres
par le seul accord de leur volonté ; il s'agit du principe
du consensualisme ou solo consensus. Toutefois, ce
principe ne suffit pas d'où l'obligation de faire constater
cet accord par écrit. En effet, dans un souci de sécurité
juridique et de protection des clients et des tiers, de
nombreuses conventions bancaires tels les contrats de
crédits, sont assujetties à des conditions de forme.
u le droit bancaire contemporain et par souci de protection
du consommateur, introduit dans la relation banque-client,
certains éléments de formalisme. C'est le cas en matière
d'octroi de crédit où une offre préalable écrite est
désormais obligatoire.
u C'est ainsi qu'en matière bancaire, on s'est référé à un type
précis de formalisme regroupant aussi bien le formalisme
de la mention que celui de l'acte, on parle alors de
formalisme informatif qui regroupe l'ensemble des
dispositions qui prescrivent à l'un des contractants de
rédiger le contrat par écrit et d'y insérer un certain nombre
de mentions obligatoires, destinées a informer son
cocontractant sur les éléments jugés essentiels du contrat
et les dispositions légales protectrices dont il bénéficie.
u L'article 77 de la loi 31-0812 impose au professionnel de
remettre à tout consommateur demandant un crédit
une offre préalable, en double exemplaire, et qui
contient une série de mentions obligatoires.13 Ces dites
mentions informatives, ont pour but d'éclairer le
consentement du consommateur, évitant ainsi le recours
à des sanctions postériori qui entrainent dans certains
cas la nullité pour vice de consentement.
u
u Sanctions de la violation des règles de forme :
u La violation d'une règle de forme, et plus précisément en
l'absence d'offre régulière n'entraine pas ipso facto la
nullité de l'acte mais généralement une amende a
l'encontre du professionnel. En effet, en vertu de l'article
187 alinéa 1er de la loi n°31-08 : « Le prêteur qui omet de
respecter les formalités prescrites aux articles 77 à 83 et
de prévoir un formulaire détachable dans l'offre de crédit,
en application de l'article 85, sera puni d'une amende de
6000 à 20.000 dirhams». Cependant cette peine est trop
faible pour être dissuasive. C'est pourquoi, la loi prévoit
une sanction civile qui, elle, est fortement décourageante :
le contrat de crédit dépourvu des mentions obligatoire
déchoit le professionnel de son droit aux intérêts15.
u
u Article 89 : « Le prêteur qui accorde un crédit sans
saisir l'emprunteur d'une offre préalable satisfaisant aux
conditions fixées par les articles 77 à 83 est déchu du
droit aux intérêts et l'emprunteur n'est tenu qu'au seul
remboursement du capital suivant l'échéancier prévu.
Les sommes perçues au titre des intérêts, qui sont
productives d'intérêts au taux légal à compter du jour
de leur versement, seront restituées par le prêteur ou
imputées sur le capital restant dû. »
u Article 525
u L'ouverture de crédit est consentie pour une durée limitée
renouvelable ou non, ou illimitée.
u L'ouverture de crédit à durée illimitée, expresse ou tacite, ne peut
être résiliée ou réduite que sur notification écrite et à l'expiration
d'un délai fixé lors de l'ouverture de crédit, ce délai ne peut être
inférieur à 60 jours.
u L'ouverture de crédit à durée limitée prend fin de plein droit au
terme fixé sans que la banque ait l'obligation d'en avertir le
bénéficiaire.
u Qu'elle soit à durée limitée ou illimitée, l'établissement bancaire
peut y mettre fin sans délai en cas de cessation notoire de
paiements du bénéficiaire ou de faute lourde commise à l'égard
dudit établissement ou dans l'utilisation du crédit.
u Le non respect de ces dispositions par l'établissement bancaire
peut engager sa responsabilité pécuniaire.
u la convention de crédit présente au moins deux
caractères
u Un caractère consensuel : les conventions bancaires et
en particulier les conventions de crédit relèvent peu de
la liberté contractuelle, ce qui implique que la
négociation entre la banque et son client n'est pas
totalement libre du fait de la standardisation des
formules de contrat imposées par la banque. De plus, ce
sont des contrats d'adhésion soumis à un certain
formalisme. Néanmoins, le contrat de crédit reste un
contrat de droit privé librement aménageable dans la
limite des impératifs d'OP et des clauses standardisées.
Sur le terrain de la preuve, il faut dire qu'elle peut être
établie par tout moyen par le client contre la banque.
u Un caractère personnel : il découle du fait que les contrats
de crédit reposent implicitement sur la confiance. Ces
contrats conclus intuitu personae interdisent par
conséquent aux tiers de bénéficier du crédit sans l'accord
du prêteur – ce qui a des répercutions immédiates sur les
conditions de la dénonciation du crédit. Par ailleurs, le
crédit est insaisissable du fait de ce caractère personnel, il
n'est pas transmissible à un tiers. Toutefois, le caractère
personnel du crédit est affecté dans certaines situations.
Ainsi, la loi écarte t-elle les conséquences de l'intuitu
personae lorsqu'elle impose que le crédit soit maintenu
après le redressement judiciaire du client, pendant la
période dite d'observation.
u
u La preuve de l'existence du contrat d'ouverture ou
encore le montant du crédit : ces deux points doivent
être envisagés séparément :
u Les difficultés se retrouvent souvent quand le banquier s'est
engagé à autoriser un découvert. Dès que l'opération est
commerciale – ce qui est toujours le cas à l'égard du banquier
– la preuve de l'ouverture du crédit peut être ramenée par
tout moyen, conformément au droit commun de la preuve. Le
plus souvent, l'existence de l'ouverture sera prouvée grâce à
certains indices tels que la fréquence des découverts, la
constitution de suretés ou encore la perception d'une
commission d'engagement. En revanche, la perception d'une
simple commission de découvert ne suffira pas à établir la
preuve.
L’article 499 du code de commerce énonce que:
« La convention de compte n'emporte pas à elle seule ouverture de crédit en
faveur du client.
Le solde débiteur occasionnel doit être remboursé sans délai par le client, sauf
accord de l'établissement bancaire. »
Il en résulte que le fait que la banque accepte d’effectuer des opérations malgré
l’insuffisance de la provision du client, ne peut pas être interpréter comme une
ouverture de crédit de sa part, tant que ceci revêt le caractère occasionnel.
Il faut souligner que l’article 499 a conditionné le solde débiteur par le caractère
occasionnel, Il ajoute aussi, une deuxième exception, c’est le consentement de
l’établissement bancaire. Alors, qu’il convient de se demander est ce l’abstention
de la part de l’établissement bancaire de demander le remboursement du solde
débiteur pendant une certaine durée, ne vaut pas un consentement tacite de sa
part de donner une ouverture de crédit au client?
Le client d’une banque avait émis trois chèques malgré l’insuffisance de la
provision, mais vu la nature de sa relation avec le chef d’agence, celui-ci a
accepter de payer la somme des trois chèques. Alors, le client voulais profiter de
cette situation, en essayant de refaire la même chose, mais cette fois ci la banque
a rejeté les chèques qui sont retournés impayés, Il décida alors, d ’ester en
justice en invoquant la responsabilité de la banque pour résiliation abusive de
l’ouverture de crédit,
La cour de cassation, rejette les moyens soulevant par le requérant, et affirme
que l’acceptation de payer les trois chèques ne signifie pas qu’elle a consentie
une ouverture de crédit, tant que ceci n’a pas était fait à titre permanant et
habituel. La motivation adoptée est comme suite:
‫" ﻟﻜﻦ ﺣﯿﺚ إن اﻟﻤﺤﻜﻤﺔ ﻣﺼﺪرة اﻟﻘﺮار اﻟﻤﻄﻌﻮن ﻓﯿﻪ ﻗﻀﺖ ﺑﺮد ادﻋﺎء اﻟﻄﺎﻋﻨﺔ ﺑﻨﺎء ﻋﻠﻰ ﻣﻼﺣﻈﺘﮫﺎ ﻋﻦ ﺻﻮاب ﺑﺄن اﻟﺒﻨﻚ‬
‫ ﻣﻦ ﻣﺪوﻧﺔ‬525 ‫اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻋﻠﯿﻪ اﺣﺘﺮم اﻟﻘﻮاﻋﺪ اﻟﺨﺎﺻﺔ ﺑﺈﻧﮫﺎء ﻋﻘﺪ ﻓﺘﺢ اﻻﻋﺘﻤﺎد ﻏﯿﺮ ﻣﺤﺪد اﻟﻤﺪة ﻛﻤﺎ ﺗﻨﺺ ﻋﻠﻰ ذﻟﻚ اﻟﻤﺎدة‬
‫اﻟﺘﺠﺎرة و أن وﻓﺎءه ﺑﺜﻼث ﺷﯿﻜﺎت ﻣﺴﺤﻮﺑﺔ ﻋﻠﯿﻪ ﻻﺣﻘﺎ ﻣﻦ ﻗﺒﻞ اﻟﻄﺎﻋﻨﺔ ﻻ ﻳﻌﺘﺒﺮ ﺗﺮاﺟﻌﺎ ﻋﻦ ﻗﺮار اﻟﻔﺴﺦ اﻟﺬي اﺗﺨﺬه و أن‬
‫ و ﺑﺬﻟﻚ‬،‫ذﻟﻚ ﻣﺠﺮد ﺗﺴﺎﻣﺢ ﻋﺮﺿﻲ ﻣﻦ ﻗﺒﻠﻪ ﻗﺪ ﻳﺘﺤﻮل ﺑﺎﻟﺪﻳﻤﻮﻣﺔ و اﻻﻧﺘﻈﺎم إﻟﻰ اﺗﻔﺎق ﺿﻤﻨﻲ ﻋﻠﻰ ﻓﺘﺢ اﻻﻋﺘﻤﺎد ﺟﺪﻳﺪ‬
‫ﻳﻜﻮن ﻣﺎ ﺗﻤﺴﻜﺖ ﺑﻪ اﻟﻄﺎﻋﻨﺔ ﻏﯿﺮ ﻣﺆﺳﺲ و أن أﻳﺔ ﻣﺴﺆوﻟﯿﺔ ﻓﻲ ﻣﻮاﺟﮫﺔ اﻟﺒﻨﻚ ﺗﺒﻘﻰ ﻣﻨﻌﺪﻣﺔ إذ ﻣﻦ ﺣﻘﻪ رﻓﺾ أداء ﻗﯿﻤﺔ‬
".‫ اﻷﻣﺮ اﻟﺬي ﻳﺘﻌﯿﻦ ﻣﻌﻪ ﺗﺄﻳﯿﺪ اﻟﺤﻜﻢ اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ‬،‫اﻟﺸﯿﻜﯿﻦ اﻟﺴﺎﺑﻘﯿﻦ ﻻﻧﻌﺪام اﻟﺮﺻﯿﺪ‬
[Link] de Fès- 29/01/2008- Arrêt n° 176- doss n° 1218/2007.
‫‪La cour de cassation marocaine a confirmé elle aussi le même principe‬‬
‫‪par son arrêt rendu le 24/05/2006, on exigeant soit un acte écrit pour‬‬
‫‪prouver l’existence d’une ouverture de crédit, soit que la situation du‬‬
‫‪client doit demeurer débitrice d’une façon permanente et non‬‬
‫‪occasionnellement. La motivation adoptée est la suivante:‬‬
‫" ﻟﻜﻦ‪ ،‬ﺣﯿﺚ إن ﻓﺘﺢ اﻋﺘﻤﺎد ﻣﻦ اﻟﺒﻨﻚ ﻟﻔﺎﺋﺪة زﺑﻮﻧﻪ ﻓﻲ ﺷﻜﻞ ﺗﺴﮫﯿﻼت‬
‫ﻟﻠﺼﻨﺪوق ﻻ ﻳﻤﻜﻦ اﻟﻘﻮل ﺑﻮﺟﻮده ﻓﻲ ﻣﻔﮫﻮم اﻟﻤﺎدة ‪ 525‬ﻣﻦ ﻣﺪوﻧﺔ‬
‫اﻟﺘﺠﺎرة‪ ،‬إﻻ إذا ﻛﺎن ھﻨﺎك ﻋﻘﺪ ﻛﺘﺎﺑﻲ ﺑﺬﻟﻚ‪ ،‬أو أن ﻳﺘﻜﺮر وﺟﻮد اﻟﺮﺻﯿﺪ ﻓﻲ‬
‫ﺣﺎﻟﺔ ﻣﺪﻳﻨﯿﺔ ﻣﻦ أﺟﻞ ﺗﻠﻚ اﻟﻐﺎﻳﺔ‪ ،‬أﻣﺎ إن أﺻﺒﺢ اﻟﺮﺻﯿﺪ ﻣﺪﻳﻨﺎ ﺑﺼﻔﺔ ﻋﺮﺿﯿﺔ‬
‫ﻓﻼ ﻳﻌﺪ ذﻟﻚ ﻓﺘﺤﺎ ﻟﻼﻋﺘﻤﺎد‪ ،‬واﻟﻄﺎﻟﺒﺔ اﻟﺘﻲ و إن أدﻟﺖ ﺑﺨﺒﺮة ﺣﺮة ﺗﻀﻤﻨﺖ‬
‫ﻋﺮﺿﺎ ﻟﺘﺪرج ﻣﻔﺮدات ﺣﺴﺎﺑﮫﺎ اﻟﺠﺎري‪ ،‬إﻻ أﻧﮫﺎ ﻟﻢ ﺗﺜﺒﺖ ﻟﻠﻤﺤﻜﻤﺔ وﺟﻮد‬
‫ﻋﻘﺪ ﺑﻔﺘﺢ اﻋﺘﻤﺎد ﺑﯿﻨﮫﺎ و ﺑﯿﻦ اﻟﺒﻨﻚ‪ ،‬أو أن رﺻﯿﺪ ﺣﺴﺎﺑﮫﺎ اﻟﺴﻠﺒﻲ اﻟﺬي‬
‫ﺳﺠﻞ ﺑﺘﺎرﻳﺦ ‪ 29/02/96‬ﻣﺒﻠﻎ ‪ 124.125,53‬درھﻤﺎ ﻛﺎن ﺑﺴﺒﺐ اﻋﺘﯿﺎد‬
‫ﻋﻠﻰ ﻣﻨﺤﮫﺎ ﺗﺴﮫﯿﻼت ﻟﻠﺼﻨﺪوق ﺑﺤﺴﺎﺑﮫﺎ‪«.‬‬
‫‪[Link]- 24/05/2006- Arrêt n°560- doss n° 571/3/1/2004.‬‬
La cour de cassation française a confirmé elle aussi le même
principe par son arrêt rendu le 11/07/20006, selon lequel:
« Mais attendu, en premier lieu, que les parties ayant elles-mêmes
admis que le montant du découvert tacitement autorisé à la société
ASA s'était établi à 1 200 000 francs, il s'en déduisait
nécessairement, sans qu'il y ait lieu de suivre les parties dans le
détail de leur argumentation, que les dépassements tolérés au cours
du fonctionnement du compte de l'intéressée n'avaient jamais pu
constituer que des concours occasionnels que la société Sofib était
libre d'interrompre à tout moment ;»
[Link]- 11 juillet 2006- n° 04-18.810.
L’établissement bancaire est tenu d’exécuter tous les ordres du client
qui ne dépassent pas le plafond:
Il est évident que lors de l’ouverture de crédit, on doit abandonné
l’idée classique de la provision, car même si la situation du client est
débitrice, il a toujours de la provision vis-à-vis les tiers, tant qu’il a sa
disposition les moyens de paiement qui peuvent les utiliser.
Cas pratique :
Une banque a consentie à son client une ouverture de crédit d’un
million de dirhams, tout en sachant que son compte bancaire est
créditeur de 100.000,00 dirhams. A l’occasion de son activité
commerciale, il a émis deux chèques, le premier d’une valeur qui
s’élève à 500.000,00 dhs et le deuxième d’une valeur qui s’élève à
550.000,00 dhs.
Dans ce cas, la banque est obligé de payer les deux chèques sous
peine d’engager sa responsabilité, tant que le client n’a pas dépasse
le plafond, Il faut signaler là aussi, que même si la somme des
deux chèques dépasse 1.000.000,00 dhs, mais il faut prendre en
considération les 100.000,00 qu’avait le client comme solde
provisoire. En payant les deux chèques, le client deviendra
débiteur de la somme de 950.000,00 dhs, ce qui reste au-dessous
du plafond.
Dans un cas similaire, la cour d’appel de Casablanca a confirmé,
par son arrêt rendu le 01/10/2013, la responsabilité de la banque
qui rejeté un chèque et deux lettres de change, et un aval, même si
la totalité des sommes ne dépasse le plafond, selon lequel:
‫» و ﺣﯿﺚ ﺑﺨﺼﻮص اﻷﺧﻄﺎء اﻟﻤﻨﺴﻮﺑﺔ ﻟﻠﺒﻨﻚ اﻟﻄﺎﻋﻦ‪ ،‬ﻓﺈﻧﻪ ﺑﺎﻟﺮﺟﻮع‬
‫إﻟﻰ اﻟﺤﺠﺞ اﻟﻤﺪﻟﻰ ﺑﮫﺎ ﻓﻲ اﻟﻤﻠﻒ‪ ،‬و ﺧﺎﺻﺔ ﻣﻨﮫﺎ اﻟﻤﺮﻓﻘﺔ ﺑﺘﻘﺮﻳﺮ‬
‫اﻟﺨﺒﺮة و إﻗﺮار اﻟﺒﻨﻚ أﻣﺎم اﻟﻤﺤﻜﻤﺔ اﺗﻀﺢ ﺑﺄن ھﺬا اﻷﺧﯿﺮ اﻣﺘﻨﻊ ﻋﻦ‬
‫ﺻﺮف ﺷﯿﻚ ﺑﻘﯿﻤﺔ ‪ 62,500‬درھﻢ ﻣﺴﺤﻮب ﻋﻠﻰ اﻟﺤﺴﺎب اﻟﺠﺎري‬
‫ﻟﻠﺸﺮﻛﺔ اﻟﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻋﻠﯿﮫﺎ‪ ،‬ﻛﻤﺎ اﻣﺘﻨﻊ ﻋﻦ ﺧﺼﻢ ﻛﻤﺒﯿﺎﻟﺘﯿﻦ ﺑﻤﺒﻠﻎ‬
‫‪ 17.000‬و ‪ 35.000‬درھﻢ‪ ،‬و اﻣﺘﻨﻊ ﻋﻦ ﺿﻤﺎن اﺣﺘﯿﺎطﻲ ﺑﻤﺒﻠﻎ‬
‫‪ 88.502,40‬درھﻢ ﻟﻜﻞ واﺣﺪة رﻏﻢ أن وﺿﻌﯿﺔ ﺧﻄﻮط اﻻﺋﺘﻤﺎن‬
‫اﻟﻤﻤﻨﻮﺣﺔ ﻟﻠﻤﺴﺘﺄﻧﻒ ﻋﻠﯿﮫﺎ ﻛﺎﻧﺖ ﺗﺴﻤﺢ ﺑﺈﻧﺠﺎز ھﺪه اﻟﻌﻤﻠﯿﺎت‪،‬‬
‫ﻓﯿﻜﻮن اﻟﺒﻨﻚ ﻗﺪ أﺧﻞ ﺑﻤﻘﺘﻀﯿﺎت اﻻﺗﻔﺎﻗﯿﺔ اﻟﺮاﺑﻄﺔ ﺑﯿﻨﻪ و ﺑﯿﻦ ھﺬه‬
‫اﻷﺧﯿﺮ‪.‬‬
‫‪CA de Casablanca- 01/10/2013- Arrêt n° 4268- doss n°‬‬
‫‪749/16/2013.‬‬
I- Le critère pour qualifié la situation débitrice du client comme
une ouverture de crédit:

La cour de cassation française a considéré par sont arrêt rendu le


30/03/1994 Que le fait d’accepter que le client reste débiteur
pendant trois mois, signifie que la banque lui a consentie une
ouverture de compte, en motivant sa décision comme suite:
« Mais attendu que, lorsqu'une banque consent à son client des
avances de fonds pendant plus de 3 mois, ce découvert en compte
constitue une ouverture de crédit soumise aux dispositions d'ordre
public de la loi n° 78-22 du 10 janvier 1978;»
A notre sens, on ne peut pas poser des critères précis qui seront
appliquer dans tous les cas, mais le juge doit gérer cas pas cas, on
cherchant l’intention des parties, tout en servant des éléments
précités à savoir le caractère habituel et permanant, ou
l’occasionnel.
II- Le plafond de l’ouverture
tacite du crédit:
Si on admet que l’ouverture de crédit peut être faite d’un façon tacite, on se
demande alors, quel sera son plafond? Est-ce que ça sera le seuil des fonds
utilisé par le client, ou bien la moyenne?
La cour de cassation française nous répond à travers son arrêt rendu le
04/03/1997, en jugeant qu’il n y a pas un critère à appliquer, mais le juge doit
gérer cas par cas en cherchant la commune intention des parties, selon lequel:
« Attendu, d'autre part, que la cour d'appel, qui, à juste titre, ne s'est pas fondée,
pour fixer le montant du découvert convenu, sur des méthodes de calcul
abstraites, telles que celles dites du plus fort découvert ou du découvert moyen, a
retenu que le montant du découvert autorisé ne saurait être déterminé à partir des
plus forts débits enregistrés par le compte de M. X..., qui ne reflétaient que des
débordements unilatéraux de ce dernier, seulement tolérés par la banque qui les
subissait, étant observé qu'après ces débordements, le compte était à nouveau
crédité pour être ramené à une somme avoisinant 1 000 000 de francs et que par
ailleurs, ces plus forts découverts correspondaient à des anticipations de rentrées
d'argent ;
qu'ayant ainsi concrètement recherché la commune intention des
parties à travers l'analyse des variations du solde débiteur du
compte courant depuis 1987, du comportement de M. X... après les
dépassements occasionnels de la somme de 1 000 000 de francs,
ainsi que du contenu de la lettre envoyée par la banque le 19 mai
1989, la cour d'appel a pu décider qu'il convenait de retenir un
découvert verbal de 1 000 000 de francs consenti à M. X...;»
[Link]-4 mars 1997- n° 95-10.507.
Les obligations du banquier

u La responsabilité du prêteur, souvent banquier, sera


engagée sur le terrain contractuel, ou délictuel. Ce
régime de responsabilité de droit commun s'applique
tant pour les personnes morales, que les personnes
physiques, professionnelles ou non.
u Dans cette présente section, nous allons dans un
premier lieu différencier entre la responsabilité pour
octroi ou rupture abusif de crédit, et dans un second
analyser les obligations issues de la remise de l'offre de
crédit.
La rupture abusif de crédit

u Le principe générale c'est qu'il n'ya point de droit au crédit.


Nul ne peut donc en vertu de ce principe forcer un
banquier à accorder son concours contre son gré. Le refus
de crédit ne peut alors engendrer ni la responsabilité
contractuelle ni la responsabilité délictuelle du banquier.
u On peut donc exclure du champ de responsabilité le refus
légitime puisqu'il se produit avant la formation du contrat,
ce qui n'est pas le cas de la rupture, qui au contraire,
intervient après puisqu'elle exige qu'un concours ait déjà
été accordé.
u Cependant, pour qualifier la rupture d'abusive, elle droit
intervenir alors que la situation financière de la personne
morale ou physique n'est pas irrémédiablement
compromise, si celle-ci n'a pas commis de faute grave, ou si
certaines formes ne sont pas respectées.
u Les conditions de la rupture du contrat de crédit.
u A- Le délai de préavis :
u
L'article 63 de la loi bancaire exigeait le respect d'un délai
de préavis fixé à l'octroi du crédit, sans toutefois donner
d'autres indications, laissant ainsi la voie libre aux
interprétations de la part des autorités monétaires, s'il y a
lieu, et surtout des établissements de crédit.
L'article 525 du Code de Commerce a levé le doute en
fixant ce délai à 60 jours au minimum.
En pratique, la preuve de satisfaction de cette obligation
d'information du client sur le délai de préavis est difficile à
apporter pour les concours ne donnant pas toujours lieu à
un écrit (facilités de caisse par exemple).
u Nous pensons que la formule générale de l'article 525 du
Code de Commerce, «délai de préavis fixé lors de l'octroi
du crédit», ne contraint pas le banquier à fixer ce délai
client par client lors de la mise en place de chaque dossier.
Toute autre procédure d'information, quelle qu'en soit la
forme, peut suffire dès lors qu'elle permet l'information
précise des clients sur les délais de préavis en usage dans
l'établissement pour chaque concours ou catégorie de
concours.
Cette information peut donc être consignée dans:
· les conventions de comptes signées par les clients et dont
une copie leur est remise;
· les relevés de compte qui leur sont adressés;
u
u Tout document adressé ou remis au client tel que les
mailings ou toutes autres formes comme les publicités
écrites ou radiodiffusées, ou encore l'affichage dans les
agences.
Dans ce cas, l'établissement de crédit doit conserver
une preuve de cette information.
Bien entendu, les délais «standard» ainsi déterminés
n'empêchent pas l'établissement de crédit de fixer
d'autres délais plus longs à l'occasion de concours
spécifiques consignés par un écrit approprié.
u Nous pensons même que d'un commun accord les
banquiers peuvent convenir avec leurs clients de délais
plus courts, si l'on considère que l'article 525 du Code
de Commerce n'est pas d'ordre public.
En France par exemple, l'Association Française des
Banques à publié une note n°84/228A du 11 juillet 1984
précisant les modalités de préavis et consacrant les
délais relevés en pratique, à savoir 30 jours pour les
opérations d'escompte et de mobilisation des créances
commerciales et 60 jours pour les autres crédits.
u L’article 525 de la loi 15-95 formant code de commerce « Article
525 : L'ouverture de crédit est consentie pour une durée limitée
renouvelable ou non, ou illimitée.
u L'ouverture de crédit à durée illimitée, expresse ou tacite, ne peut
être résiliée ou réduite que sur notification écrite et à l'expiration
d'un délai fixé lors de l'ouverture de crédit, ce délai ne peut être
inférieur à 60 jours.
u L'ouverture de crédit à durée limitée prend fin de plein droit au
terme fixé sans que la banque ait l'obligation d'en avertir le
bénéficiaire.
u Qu'elle soit à durée limitée ou illimitée, l'établissement bancaire
peut y mettre fin sans délai en cas de cessation notoire de
paiements du bénéficiaire ou de faute lourde commise à l'égard
dudit établissement ou dans l'utilisation du crédit.
u Le non respect de ces dispositions par l'établissement bancaire
peut engager sa responsabilité pécuniaire. »
u Les exceptions à l'obligation de préavis
u
L'alinéa 2 de l'article 63 et l'alinéa 4 de l'article 525 du Code de
Commerce posent des exceptions au principe de préavis avant la
réduction ou la rupture d'un concours à durée indéterminée.
En effet, l'établissement de crédit n'est tenu de respecter aucun
délai de préavis, que l'ouverture de crédit soit à durée déterminée
ou indéterminée dans les cas suivants:
· lorsque la situation du bénéficiaire est irrémédiablement
compromise, notamment à la suite de l'accumulation de créances
impayées, de la détérioration sensible de la situation financière ou
de la cessation d'activité prolongée sans perspective de reprise
dans un délai raisonnable;
· ou lorsque le bénéficiaire a commis une faute grave à l'égard de
l'établissement de crédit intéressé, dont l'appréciation relève des
tribunaux.
u
u La chambre commerciale de la cour de cassation a jugé le
20 juin 2006 que la volonté de masquer à la banque des
difficultés financières, en inscrivant au bilan des profits
inexistants, était un comportement gravement
répréhensible.
u Elle en a jugé de même le 5 novembre 2002 à propos de
faire disparaître de son patrimoine des garanties consenties
à la banque.
u Enfin, le 2 novembre 1994, la chambre commerciale de la
Cour de Cassation a jugé que les dépassements importants
et répétés d'autorisations de trésorerie, malgré les mises
en garde du banquier, et ce, en l'absence de présentation
des comptes sociaux de l'entreprise étaient un
comportement gravement répréhensible.
u La situation irrémédiablement compromise est plus
rarement retenue, en effet, la chambre commerciale de
la Cour de Cassation a jugé dans un arrêt du 25 mars
2003 que l'état de cessation des paiements ne
permettait pas de qualifier la situation de l'entreprise d'
« irrémédiablement compromise ».
u Il semble donc difficile d'atteindre la « situation
irrémédiablement compromise », puisque cela signifie
que l'entreprise ne doit plus avoir aucune chance de
survie ; et qu'à ce stade, la liquidation judiciaire
intervient A moins que l'entreprise ait dissimulé à la
banque sa situation Ce qui nous renvoie au
comportement gravement répréhensible du bénéficiaire
u Inspirées de l'article 139 du dahir portant Code des
Obligations et des Contrats (DOC), ces dispositions de la loi
bancaire et du Code de Commerce auraient pu ajouter le
cas de changement de patronage comme exception au
principe de préavis, car les concours consentis à des
entreprises reposent, entre autres, sur la qualité des
dirigeants et la confiance qu'ils inspirent dans leurs
rapports avec l'établissement de crédit.
u L'intuitu personnae imprégnant ces rapports pouvait
justifier une telle exception. Toutefois, la systématisation
de cette exception, si elle avait été prévue, aurait conduit
à vider le principe de préavis de sa substance à cause de
son caractère subjectif, d'autant que le changement des
dirigeants n'altère pas toujours la structure et la solidité de
l'entreprise. Au contraire, parfois ce changement est
souhaitable.
u Notification écrite
u
L'article 63 de la loi bancaire et l'article 525 du Code de Commerce
exigent une notification écrite avant la réduction ou la rupture d'un
concours à durée indéterminée.
u L'objet d'une telle notification étant, d'une part, de porter à la
connaissance du client, avec certitude et sans ambiguïté, la
décision de l'établissement de crédit de réduire ou de rompre le
concours et, d'autre part, de marquer le point de départ du délai
de préavis, nous pensons que la notification par lettre
recommandée avec accusé de réception s'impose.
u Soulignons enfin que le non-respect des dispositions de l'article 525
du Code de Commerce peut engager la responsabilité pécuniaire de
l'établissement de crédit concerné.
2- la responsabilité pour crédit
inconsidéré :

u Les tribunaux français déterminent l'octroi abusif de


crédit en tenant compte de trois éléments objectifs et
d'un élément subjectif.
u Les trois éléments objectifs qui sont liés les uns aux
autres, visent à démontrer le caractère inopportun de
l'octroi de crédit et son ultime objectif, l'accroissement
de l'insuffisance d'actif.
u > Le premier élément objectif pris en considération d'où
sont déduits les deux autres éléments objectifs est la
situation de l'entreprise ; celle ci doit être
irrémédiablement compromise au moment où le crédit
a été consenti. Par contre, il n'apparaît pas de faute
pour favoriser un redressement présentant des chances
raisonnables de succès, au moment de l'octroi ou au
moment du maintien des crédits ;
u > Le deuxième élément objectif pris en considération
est l'incapacité de l'entreprise de rembourser le crédit
consenti par ses propres forces d'exploitation. Exemple :
consentir un crédit alors que l'entreprise est en
liquidation judiciaire. Ainsi, l'utilité de la constatation
de ce second élément objectif a pour objet non
seulement de mettre en relief le caractère inopportun,
voire insensé de l'octroi du crédit, mais également de
démontrer la carence et l'imprudence du banquier.
u Le troisième élément objectif pris en considération est
la conséquence naturelle des précédents, il s'agit de
l'accroissement de l'insuffisance d'actif engendrée par
l'octroi de nouveaux crédits. L'exigence de ce troisième
élément objectif vise à démonter que le but ultime
atteint par l'octroi de ce crédit inopportun consiste dans
l'aggravation du passif de l'entreprise qui se traduit par
un accroissement de l'insuffisance d'actif disponible.
u > L'élément subjectif quant a lui consiste dans la
connaissance par le banquier des trois éléments
objectifs au moment où il a consenti le crédit. L'utilité
de la constatation de cet élément subjectif par le
tribunal vise à démonter le caractère abusif du crédit
puisqu'il a été consenti en connaissance de causse par le
banquier.
u Ainsi la mise en jeu de cette responsabilité exige
l'existence d'une faute qui a causé un préjudice à autrui
et d'un lien de causalité entre la faute et le préjudice.
u La défaillance de l'emprunteur
u Le temps, la promesse et la confiance qui sous-tendent
l'acte de crédit « couvent » un risque majeur : le risque
de non remboursement, appelé également risque
d'insolvabilité de l'emprunteur.50 Ce risque est inhérent
à toute opération de crédit et le banquier doit
nécessairement l'évaluer avant de décider de la suite à
donner à la demande de financement.
u La loi n°31-08 édictant des mesures de protection du
consommateur, considère comme défaillant l'emprunteur qui n'a
pas payé trois mensualités successives après leur échéance et qui
n'a pas répondu à la mise en demeure qui lui a été adressée.
u C'est dans ce cadre que le banquier peut exiger le remboursement
immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais
non payés, ce remboursement peut être cependant accompagné
par le paiement d'indemnités de retard. Par ailleurs, l'article 110
de la loi 31-08, autorise le créancier de réclamer le remboursement
sur justification, des frais dû qui lui auront été occasionnés par
cette défaillance, à l'exclusion de tout remboursement forfaitaire
des frais de recouvrement. Cependant la déchéance du terme ne
peut être déclarée acquise pour le créancier sans la délivrance
d'une mise en demeure, qui précise le délai dont dispose le
débiteur pour y faire obstacle.
Les incidents liés à l'exécution
du contrat

u Les actions liées à cette dite demande de paiement


doivent être engagées devant le tribunal dont relève le
domicile ou le lieu de résidence de l'emprunteur dans
les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance
à peine de forclusion du droit de réclamer des intérêts
de retard. Cependant Si le défaut de paiement des
échéances résulte d'un licenciement ou d'une situation
sociale imprévisible, l'action en paiement ne peut être
formée qu'après opération de médiation.
u C'est dans ce sens que l'article 149 de la loi consumériste,
et 243 du DOC permettent au juge de prendre des mesures
en faveur des débiteurs qui ont des difficultés financières.
Ce dernier peut en effet, compte tenu de la situation du
débiteur et considération des besoins financiers suspendre
le paiement des mensualités. Cette ordonnance peut
décider que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne
produiront point d'intérêts.
u La décision du juge, qui peut subordonner ces mesures à
l'accomplissement par le débiteur d'actes propres à faciliter
ou à garantir le paiement de la dette, suspend les
procédures.
u
Crédit-bail
u L’opération de crédit-bail met, en principe, trois parties en
présence :L’entreprise (le preneur ou le crédit-preneur) qui choisit chez
un fournisseur donné un bien dont elle a besoin et dont elle aura la
charge de l’entretien ; Le fournisseur qui reçoit de la société de crédit-
bail la commande et le règlement du bien après accord du preneur sur sa
conformité ; La société du crédit-bail (le bailleur ou le crédit bailleur)
qui loue à l’entreprise le bien dont elle est propriétaire.

155
Bien que financière cette opération revête un tissu juridique
qui est le contrat de louage mais un louage spécifique ambigu et
complexe.
A cet égard il est fondamental de s’interroger sur le
développement du crédit-bail au Maroc et dans quelle mesure le
crédit-bail constitue une sûreté pour le crédit-bailleur ?

156
1 : Cadre juridique du contrat de
crédit-bail :
› le contrat de crédit-bail a ses principes et ses caractéristiques et son
cadre légal.

› principes et caractéristiques:
› En principe le contrat de crédit-bail met en relation trois acteurs :
› Le crédit-preneur fixe le choix sur un bien déterminé et fixe les
conditions d’acquisition avant d’introduire une demande auprès d’un
établissement de crédit-bail ;
› Le crédit-bailleur s’il est d’accord, achète le bien, le livre au preneur et
perçoit des redevances périodiques ;
› Le distributeur.

157
o Au terme du contrat, l’option d’achat
engage le bailleur à vendre le bien si le
preneur lève l’option d’achat en manifestant
l’intention d’acheter. En effet, le preneur a
le choix entre :
o Acheter le bien moyennant le prix fixé
auparavant dans le contrat ;
o Prolonger le contrat moyennant une
redevance réduite ;
o Restituer le matériel à la société158de crédit-
bail.
u Le crédit-bail se distingue des autres techniques de financement
notamment la location pure et simple qui ne comporte pas d’option
d’achat, et la location-vente, la vente assortie de crédit ;(la vente à
tempérament).
u Avantage: Une trésorerie préservée, Une fiscalité attrayante, Une
grande souplesse.(Mohamed Azzouzi article « le crédit-bail comme
technique de financement de l’entreprise » revue semestrielle des juristes
d’affaires, numéro 1 février 2008 p 13.)
u Caractéristiques: Un contrat solennel, Un contrat synallagmatique, Un
contrat à titre onéreux, Un contrat commutatif, Un contrat de gré à gré,
Un contrat successif,
u la rédaction d'un écrit est donc nécessaire à la validité de ce contrat et
il crée des obligations réciproques à la charge de chacune des parties.

159
› Le contrat de crédit-bail est constitué :
› D’un contrat de vente entre le fournisseur du bien et la société de
financement par crédit-bail qui a acheté le bien choisi par le
preneur ;
› D’un contrat de location entre la société de crédit-bail (crédit
bailleur) et le preneur (locataire ou crédit-preneur) ;
› D’une promesse de vente entre la société de crédit-bail et le
preneur.
› les opérations de crédit-bail prévues par le législateur ne portent
que sur les objets mobilier ou immobilier. Il faut distinguer d’entre
les objets mobiliers qui ont le caractère de biens d’équipement et
le matériel outillage. Encore, il faut distinguer d’entre les biens à
caractère immobilier ceux à usage professionnel et ceux qui ne
présentent pas cette qualification.
› les opérations de crédit-bail prévues par le législateur
ne portent que sur les objets mobilier ou immobilier. Il
faut distinguer d’entre les objets mobiliers qui ont le
caractère de biens d’équipement et le matériel
outillage. Encore, il faut distinguer d’entre les biens à
caractère immobilier ceux à usage professionnel et ceux
qui ne présentent pas cette qualification.
› Alors, ils sont exclus du champ d’application de la loi,
les opérations portant sur des biens qui par leur nature
ne sont pas qualifiés de l’outillage ; du matériel
d’équipement ou des immeubles à usage professionnel.
u La jurisprudence marocaine s’est prononcée en la
matière à travers l’arrêt n° 2896 en date du 29-05-2012
de la Cour d’appel de commerce de Rabat. L’arrêt
évoque : « Il résulte des pièces du dossier que
l'ordonnance attaquée a fondé sa décision sur les
dispositions de la loi n°31-08 édictant les mesures de
protection du consommateur et a considéré que le
contrat liant l'appelante au défendeur est un contrat de
crédit à la consommation et qu'il nécessite l'application
de l'article 202 de la loi précitée qui accorde la
compétence territoriale au tribunal du domicile du
consommateur ».
2 : le cadre légal du crédit-bail :
› la loi bancaire 103-12: L’article 3 de la loi bancaire 103-12
relative aux établissements de crédit et organismes assimilés a déterminé
les opérations de crédit et parmi celles-ci, on trouve les opérations de
crédit-bail. Article 3 du Dahir n° 1-14-193 du 1er rabii 1er 1436 (24
décembre 2014) portant promulgation de la loi n 103-12 relative aux
établissements de crédit et organismes assimilés.
› l’article 4 de cette même loi a déterminé les différents types de crédit-
bail : Les opérations de location de biens meubles qui, quelle que soit
leur qualification, donnent au locataire la possibilité d’acquérir à une
date fixée avec le propriétaire tout ou partie des biens pris en location,
moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, de
versements effectués à titre de loyers,
› le code de commerce 15-95 : Les articles 431 à 442 de la loi n° 15-95,
formant code de commerce du 1er août 1996, ont confirmé la définition des
opérations de crédit-bail et a renforcé la protection des intérêts des parties de ce
contrat. Dans le cadre de cette loi, l’article 434 est considéré par les
163
professionnels du crédit-bail le principal ressort du développement du crédit-bail
immobilier.
u Le code de commerce marocain du 1er août 1996, dans ses douze
articles n’a pas précisé le sort des biens mobiliers et qui sont
attachés à un bien immobilier du crédit-preneur devenant ainsi un
bien immobilier par destination. Ce qui pose un problème sur la
qualification de l’opération toute entière ; est-ce que c’est un
contrat de crédit-bail mobilier ou un contrat de crédit-bail
immobilier. C’est vrai que la qualification de la nature juridique
de l’opération se détermine au moment de la signature du
contrat.
u Le code de commerce du 1er août 1996 a institué une publicité
juridique des contrats de crédit-bail permettant ainsi
l’identification des parties et des biens baillés. En effet, l’article
436 précise qu’en matière de crédit-bail mobilier, cette publicité
est faite à la requête du bailleur sur un registre ouvert à cet effet
au greffe qui tient le registre de commerce du crédit-preneur.
u Le greffe compétent est celui auprès duquel le locataire est
immatriculé à titre principal au registre de commerce.
164
u l’article 437 précise que les modifications affectant les
renseignements en cause sont publiées en marge de l’inscription
existante.
u l’article 438 précise les modalités de radiation et de prescription
de ces inscriptions.
u Le défaut de publication du contrat de crédit-bail entraine son
inopposabilité aux tiers,
u Alors, l’opposabilité du droit de propriété du crédit-bailleur aux
tiers est acquise lorsque toutes les formalités de publicité ont été
accomplies.
u l’article 441 du code de commerce du 1er août 1996, précise qu’en
matière de crédit-bail immobilier, le contrat de location ainsi que
toute modification qui lui est apportée sont publiés à la
conservation foncière conformément aux dispositions de la loi sur
l’immatriculation des immeubles. 165
2 : Les effets du contrat de crédit-bail :

› Le contrat de crédit-bail est un contrat synallagmatique ; ainsi le crédit-


bailleur et le crédit-preneur sont tenus par des obligations réciproques
(section1), et pour s’assurer de l’exécution de ces obligations des
garanties et sûretés sont établies (section 2).

› 1 : Obligations des parties :


› le crédit-preneur: Le paiement des loyers est bien sûr l’obligation
essentielle, A défaut de paiement des loyers, le crédit-bailleur peut
s’adresser à la justice quand le montant de la redevance est exigible, et
le bailleur justifie qu’il a épuisé toutes les modalités de règlement à
l’amiable des litiges.

166
u La Cour d’appel du tribunal de Casablanca s’est prononcée en
date 20/05/2014 sur l’affaire concernant le non-paiement des
loyers, entre Maghrebail et la société marocaine des travaux
électriques. Ainsi, le tribunal a ordonné la reprise du matériel par
le crédit-bailleur(Maghrebail).
u Cette obligation de payer les loyers est détachable de la
jouissance du bien financé. Les redevances des loyers sont
portables et non quérables.
u Le crédit-bail est marquée d’intuitu personae, elle n’est cessible
qu’en cas de stipulation de l’accord ultérieur des parties, il ne
peut en outre ni le louer ni le nantir ou l’hypothéquer puisqu’il
n’est pas le propriétaire. Cependant, le transfert de propriété du
bien par la société du crédit-bail est permis par la loi ; l’article
432 du code de commerce prévoit que : « En cas de cession du
bien compris dans une opération de crédit-bail, le cessionnaire
est tenu, pendant la même durée de l’opération, des mêmes
obligations que le cédant, lequel reste garant ».
167
u Entretenir la chose louée et de la conserver en bon état,
u souscrire une assurance pour couvrir les risques de destruction ou de
détérioration. Ainsi, le crédit-preneur assume une obligation générale
d’information du bailleur sur tous les incidents. (Cohen(A), le crédit-bail
immobilier, Dalloz, Paris, 1996, p : 57).
u restituer la chose louée au terme de la période convenue, sauf en cas de
la levée de l’option d’achat qui sera acquis en payant une valeur
résiduelle prédéterminée,
u Obligation comptable: le bien utilisé par une entreprise par voie
de crédit-bail, ne peut être appréhendé comme immobilisation de
l’entreprise prenante et par conséquent, ne peut pas figurer à son
actif tant qu’elle n’a pas levé l’option d’achat.

168
u les obligations du crédit-bailleur sont: selon les dispositions du
DOC, le bailleur est tenu d’une obligation de délivrance de la
chose louée. En réalité, le crédit-preneur bénéficie d’un mandat
de la part du crédit-bailleur pour retirer la chose louée, c’est
ainsi qu’il est usuel que le preneur renonce à tout recours contre
le bailleur en cas de défaut de livraison ou de livraison partielle
qui ne correspondrait pas aux spécificités contractuelles; la
société de crédit-bail est tenue de garantir une jouissance et une
possession paisible de la chose louée en se conformant aux
dispositions de droit commun, cependant, il faut bien voir que le
choix de la technique de bail est seulement pour l’établissement
du crédit au moyen d’avoir une garantie efficace en cas de non-
paiement des loyers. En pratique, la société de crédit-bail rejette
sur le fournisseur du bien loué ses obligations de garantie et la
responsabilité qui pourra être liée à son manquement.
169
u Le crédit-bailleur s’est interdit de résilier arbitrairement le contrat,
u Le crédit-bail fait courir un danger aux créanciers de l’entreprise
locataire, ils peuvent croire que cette dernière est propriétaire du
matériel alors qu’elle n’en a que la jouissance et dont la propriété reste
exclusivement de la société du crédit-bail. C’est dans un souci de
protection des tiers que le législateur a instauré une obligation de
publicité du contrat de crédit-bail selon les dispositions de l’article 436 du
code de commerce du 1er août 1996.

170
2 : garanties et sûretés :
u Les sûretés peuvent être définies comme l’affectation au
bénéfice du créancier d’un bien, d’un ensemble de biens ou
d’un patrimoine par l’adjonction d’un droit d’action
accessoire au droit de créance.
u Les conventions de crédit-bail sont en réalité des contrats
de crédit qui reposent sur la propriété juridique à titre de
garantie en faveur du crédit bailleur.
u La propriété est la mesure la plus grande des pouvoirs que
l’homme peut exercer sur les choses, elle peut être la plus
efficace des garanties. En retenant la propriété d’un bien à
titre de garantie, les créanciers privés ont cherché refuge et
sécurité ailleurs que dans le patrimoine de leurs débiteurs.
Ainsi, le droit de propriété est mis en œuvre pour servir de
garantie. 171
u la propriété utilisée à titre de garantie est une « super-
sûreté ». Elle est efficace dans la mesure où elle échappe
aux procédures collectives et à tous les tiers créanciers du
crédit-preneur.
u Les sociétés de crédit-bail, pour se prémunir contre toute
insolvabilité du crédit-preneur, exigent d’autres sûretés.
u La caution : L’intervention d’une personne physique ou
morale est envisagée par les sociétés de crédit-bail pour
cautionner les engagements contractés par le crédit-
preneur dans le cadre du crédit-bail.
u L’assurance des biens acquis en crédit-bail :L’assurance des
biens acquis en crédit-bail comporte l’assurance
responsabilité civile et l’assurance responsabilité dommage
et perte du matériel, 172
La cession de créances
professionnelles
u La cession de créances professionnelles est, comme
toute cession de créances, une convention par laquelle
un créancier (cédant) transmet à une autre personne
(cessionnaire) son droit contre le débiteur (cédé).
Toutefois, la cession de créances professionnelles
prévue par les articles 529 et suivants du Code de
Commerce se caractérise par un certain nombre de
règles dérogatoires du droit commun (les articles 189 et
suivants du Dahir formant Code des Obligations et des
Contrats (« DOC »)) et qui sont destinées à simplifier la
procédure de cession des créances détenues par des
professionnels contre d'autres professionnels au profit
des établissements bancaires.
u
u C'est un nouveau cadre juridique ainsi qu'un mécanisme
souple qu'introduit le Code de Commerce pour la
cession des créances professionnelles. A travers ce
nouveau dispositif, la cession des créances
professionnelles est simplifiée.
En effet, l'article 529 dispose que "toute personne, dans
l'exercice de son activité professionnelle, ou toute
personne morale, de droit privé ou de droit public, peut
céder, par la simple remise d'un bordereau à un
établissement bancaire, toute créance détenue sur un
tiers, personne physique dans l'exercice de son activité
professionnelle, ou personne morale de droit privé ou
de droit public".
u L'article 529 du Code permet la transmission d'une
créance professionnelle par la seule remise d'un
bordereau accompagnant ces supports. Ce bordereau,
est ici érigé en titre représentatif de créance.
u La cession transfère à l'établissement
cessionnaire la propriété de la créance cédée soit en
contrepartie de l'avance de tout ou partie de son
montant, soit en garantie de tout crédit que
l'établissement a délivré ou délivrera au cédant.
u
u La cession de créances professionnelles obéit à un
certains nombre de conditions relatives à la nature de
la créance cédée et au formalisme qui doit
obligatoirement être respecté lors de l'établissement du
bordereau pour lui permettre de produire ses effets (I).
La prise d'effet du bordereau régulièrement établi
dépendra de la notification de la cession au débiteur
cédé. Néanmoins, ces effets varieront selon que ce
dernier aura accepté ou non ladite cession (II)
u A- Conditions de fond
u En premier lieu, l'article 529 du code de
commerce dispose que ce régime de cession de
créances professionnelles ne s'applique que si le cédant
est une personne morale de droit public, ou privé, ou
une personne physique agissant dans le cadre de son
activité professionnelle. Le cessionnaire, quand à lui
doit être un établissement de crédit, selon la définition
de la loi n°34-03 relative aux établissements de crédit
et organismes assimilés.
u
u Il s'agit ensuite des conditions relatives à la nature des
créances pouvant faire l'objet d'une cession de créances
professionnelles.
u L'exigence d'une créance née dans l'exercice
d'une activité professionnelle n'est prévue que si le
crédit est consenti à une personne physique ou si le
débiteur de la créance cédée est une personne
physique. Cette exigence ne concerne par les personnes
morales qu'ils soient de droit privé ou de droit public.
Ainsi, par exemple, une société peut tout à fait céder
sa créance sur une personne morale n'exerçant aucune
activité professionnelle.
u
u Par dérogation à l'article 190 du DOC qui interdit la cession
d'une créance ayant pour objet des droits éventuels et à
l'article 192 du DOC qui rend nul le transfert d'un droit
litigieux à moins qu'il n'ait lieu avec l'assentiment du
débiteur (un droit est considéré comme litigieux lorsqu'il
y'a litige sur le fond même du droit ou de la créance au
moment de la vente ou cession, ou bien lorsqu'il existe des
circonstances de nature à faire prévoir des contestations
judiciaires sérieuses sur le fond même du droit), l'article
530 du Code de Commerce admet qu'est cessible, au titre
d'une cession de créances professionnelles, toute créance,
même résultant d'un acte à intervenir et dont le montant
et l'exigibilité ne sont pas encore déterminés.
u Par conséquent, à côté des créances liquides et
exigibles, peuvent faire l'objet d'une cession de créances
professionnelles des créances à termes, des créances
conditionnelles ou futures.
u B- Conditions de forme
u Sur le plan de la forme, la cession de créances
professionnelles obéit à un formalisme de rigueur afin
de pouvoir engendrer ses effets escomptés. Elle s'opère
par la seule remise du bordereau. Conformément aux
dispositions de l'article 533 du Code de Commerce, ce
bordereau peut être établi à ordre. Il est alors cessible
par simple endossement comme un effet de commerce.
Sauf qu'il n'est transmissible qu'à un autre établissement
bancaire.
u
u Le bordereau de cession de créances professionnelles
doit comporter un bon nombre de mentions obligatoires
sous peine de ne pas valoir comme acte de cession de
créances professionnelles. En effet, l'article 531 du
Code de Commerce prévoit que le bordereau est signé
par le cédant, daté par le cessionnaire et comporte les
énonciations suivantes.
u La dénomination « acte de cession de créances
professionnelles » ;
u La mention que l'acte est soumis aux dispositions du
présent chapitre ;
u Le nom ou la dénomination de l'établissement bancaire
bénéficiaire ;
u 4. La liste des créances cédées avec l'indication, pour chacune
d'elles, des éléments susceptibles de permettre son
individualisation, notamment par la mention du nom du débiteur,
de son lieu de paiement, de son montant ou de son évaluation, de
son échéance et, éventuellement, du numéro de la facture.
Toutefois, lorsque la transmission des créances cédées est
effectuée par un procédé informatique permettant de les
identifier, le bordereau peut se borner à indiquer outre les
mentions visées aux 1°, 2°, 3° et, éventuellement, au 5° du
présent article, le moyen par lequel elles sont transmises, leur
nombre et leur montant global.
En cas de contestation portant sur l'existence ou sur la transmission
d'une de ces créances, le cessionnaire peut prouver, par tous
moyens, que la créance objet de la contestation, est comprise dans
le montant global porté sur le bordereau.
u S'il s'agit d'une cession à titre de garantie, toutes indications
permettant d'identifier le crédit garanti.
u Le titre qui n'est pas signé du cédant ni daté par le
cessionnaire, et dans lequel une des mentions indiquées
ci-dessus fait défaut ne vaut pas comme acte de cession
de créances professionnelles ».
u A défaut pour ledit bordereau de comporter
l'ensemble desdites mentions, le cessionnaire ne pourra
opposer la cession aux tiers et notamment au débiteur
cédé. Dès lors, on peut admettre que cette exigence
formelle est une dérogation expresse au principe de la
liberté de la preuve en matière commerciale tel que
prévu par l'article 334 du Code de Commerce.
u
u Les deux premières mentions permettent de reconnaître
l'application du régime légal spécifique aux cessions de
créances professionnelles.
u Le quatrième énoncé permet l'individualisation de
la ou des créances cédées. L'article 531 du Code de
Commerce parle d' « éléments susceptibles de permettre
son individualisation » en en citant quelque uns.
L'utilisation de « notamment » par ledit texte permet
d'affirmer que lesdits éléments ne sont cités qu'à titre
indicatif. Il ne s'agit pas de mentions obligatoires. De
surcroît, ces éléments ne sont aucunement cumulatifs,
mais seraient plutôt alternatifs. Ce qui importe, c'est que
l'on arrive à identifier la créance à céder par la simple
lecture du bordereau.
u L'identification du débiteur cédé par l'indication de l'une
de ses enseignes serait une mention suffisante. A contrario,
un bordereau ne comportant pas suffisamment
d'informations permettant l'individualisation de la créance
serait inefficace comme, par exemple, un bordereau qui
viserait la totalité du poste client du cédant. A défaut de
préciser exactement quelle est la créance contenue dans
ce poste qui serait cédée, le bordereau en question ne
pourra être opposable pour non respect de l'une des
mentions obligatoires de l'article 531 du Code de
Commerce.
u Le bordereau est signé par le cédant comme
l'impose l'article 531 du Code de Commerce. Cette
signature doit être apposée dans les conditions de droit
commun. Elle peut être manuelle ou apposée par un
procédé non manuscrit.
u
u Pour ce qui est de la date du bordereau, celle-ci est
d'une importance capital. Cette date est indiquée par
l'établissement bancaire cessionnaire. A défaut, le
bordereau ne saurait prendre effet entre les parties ni
être opposable aux tiers. Selon l'article 534 al.1 du Code
de Commerce : « la cession prend effet entre les parties
et devient opposable aux tiers à la date portée sur le
bordereau ».
u A compter de cette date, le cédant ne peut,
sans l'accord du cessionnaire, modifier l'étendue des
droits attachés aux créances énumérées dans le
bordereau. »
u
u Par conséquent, la cession de créances
professionnelles prend effet entre les parties et devient
opposable aux tiers à la date apposée sur le bordereau
lors de sa remise, quelle que soit la date de naissante,
d'échéance ou d'exigibilité de la créance, sans qu'il soit
besoin d'autres formalités. Ni la preuve d'une autre date
effective de la cession ni la date de notification de la
cession au débiteur cédé ne sauraient se substituer à la
date apposée sur le bordereau lui-même.
u A-Effets de la cession dans les rapports entre cédant
et bénéficiaire
u Conformément aux dispositions de l'article 529
al.2 susvisé du Code de Commerce, la cession transfère
à l'établissement cessionnaire la propriété de la créance
cédée. La cession, selon l'article 532 al.1, a également
pour effet de transférer au bénéfice du cessionnaire les
sûretés qui garantissent la créance.
u
u Comme le précise ledit article 529 al.2, la cession est
consentie soit, en contrepartie de l'avance de tout ou
partie du montant de la créance, ce qui assimile ce type de
cession à une opération de crédit, soit en garantie de tout
crédit que l'établissement bancaire a délivré ou délivrera
au cédant. Selon qu'il s'agit de l'une ou de l'autre modalité,
c'est le bordereau qui doit indiquer l'étendue des droits
qu'il confère. Pour la première hypothèse, il s'agit d'un
transfert de propriété de la créance identifiée par le
bordereau. En ce qui concerne la seconde hypothèse, le
bordereau confèrera un droit de gage sur la créance. Dans
ce dernier cas, la créance cédée en propriété à titre de
garantie retourne dans le patrimoine du cédant sans
formalités particulières dès lors que l'établissement
bancaire n'a plus de créance à faire valoir contre le cédant
ou qu'il renonce à cette garantie.
u B-Effets de la cession à l'égard du débiteur
u La prise d'effet du bordereau dépend de la
notification de la cession de créance à l'attention du
débiteur cédé. En effet, selon l'article 535 du Code de
Commerce : « le cessionnaire peut, à tout moment,
interdire au débiteur de la créance cédée de payer entre
les mains du cédant. Le débiteur ne se libère alors
valablement qu'auprès du cessionnaire. ». A défaut d'une
telle notification, le débiteur cédé ne peut qu'ignorer que
la cession de sa créance a été consentie au profit de
l'établissement bancaire. Il ne connait que son créancier
initial. Par conséquent, il est tout à fait le droit de se
libérer entre les mains de celui-ci tant que l'établissement
bancaire cessionnaire ne lui a pas interdit de ce faire
conformément aux dispositions dudit article 535.
u
u En revanche, si le cessionnaire a procédé à la notification
de la cession au débiteur, c'est de ce dernier qu'il reçoit
normalement le paiement. A défaut, le cessionnaire pourra
exercer son recours contre le cédant en application de
l'article 532 du Code de Commerce qui dispose que le
cédant est garant solidaire du paiement de la créance
cédée.
u La loi ne prévoit pas une forme spécifique de ladite
notification. Il en résulte qu'elle pourra être faite par tout
moyen. Néanmoins, nous pensons que son contenu devrait
inclure un minimum d'information permettant une
notification valable notamment l'identité du créancier et
de l'établissement cessionnaire, la désignation de la
créance, l'indication du mode de règlement et la demande
expresse de cesser tout paiement au titre de ladite créance
au profit du cédant.
u Cette notification est facultative mais elle a l'avantage
de protéger l'établissement bancaire cessionnaire. En
effet, tout paiement qui serait fait par le débiteur cédé
en d'autres mains que celles du cessionnaire ne serait
pas opposable à ce dernier s'il venait à être fait après la
date de notification. A compter de ladite notification, il
serait interdit au débiteur cédé de payer la créance
entre les mains d'une personne autre que
l'établissement bancaire cessionnaire. Par voie de
conséquence, tout paiement fait par le débiteur cédé
en violation de l'interdiction exprimée par le
cessionnaire serait inopposable à ce dernier et
exposerait le débiteur à payer une deuxième fois.
u
u La créance est cédée telle qu'elle existe, avec ses
insuffisances et ses limites éventuelles. Par conséquent,
le débiteur, à qui notification a été faite, mais qui n'a
pas accepté la cession, est en droit d'opposer à
l'établissement bancaire les exceptions qu'il pourrait
opposer au cédant lorsqu'elles sont antérieures à la date
du bordereau.
u
u Ainsi, peuvent être opposables, les causes de minoration
de la créance ; les exceptions fondées sur l'inexécution du
contrat par le cédant ; l'exception d'inexécution en cas
d'inexistence totale ou partielle de la dette du débiteur du
fait de l'inexécution par le cédant de ses propres
obligations ; l'extinction de la créance intervenue par voie
de compensation légale réalisée avant la date du bordereau
à conditions que les créances réciproques du cédant et du
débiteur soient à la fois certaines, liquides et exigibles ;
etc. Les exceptions doivent être inhérentes à la créance
cédée et opposables au créancier initial. Le débiteur n'aura
pas, par exemple, le droit d'opposer au cessionnaire le vice
caché des marchandises livrées s'il n'a pas exercé, dans le
délai légal, l'action rédhibitoire contre son vendeur.
u En revanche, l'inopposabilité des exceptions n'est
admise que dans l'hypothèse d'une acceptation expresse
de la cession par le débiteur. En effet, selon l'article
536 du Code de Commerce : « sur la demande du
cessionnaire, le débiteur peut s'engager à le payer
directement ; cet engagement est constaté, à peine de
nullité, par un écrit intitulé « acte d'acceptation de la
cession d'une créance professionnelle ».
u Dans ce cas, le débiteur ne peut opposer au
cessionnaire les exceptions fondées sur ses rapports
personnels avec le cédant, à moins que le cessionnaire,
en acquérant la créance, n'ait agi sciemment au
détriment du débiteur ».
u
u L'acceptation est un véritable engagement pris par le
débiteur cédé vis-à-vis de l'établissement bancaire
ayant pour effet l'inopposabilité des exceptions fondées
sur les rapports personnels du débiteur avec le cédant.
Il est évident que cette acceptation ne pourra
intervenir qu'après la date du bordereau puisque la
cession ne prend effet entre les parties et ne devient
opposable aux tiers qu'à cette date. Il en résulte que
l'acceptation formulée par le débiteur avant la date du
bordereau n'a aucune valeur contraignante. Tant que le
débiteur n'a pas accepté la cession, il incombe à
l'établissement cessionnaire de prouver l'existence et le
montant de la créance prétendument cédée.
u
u Ainsi, lorsque l'acte d'acceptation est régulier, non
seulement le débiteur ne pourra se libérer valablement
qu'auprès de l'établissement bancaire bénéficiaire mais,
surtout, n'aura pas le droit d'opposer audit
établissement les exceptions fondées sur ses rapports
personnels avec le cédant (même celles nées après la
date de l'acceptation), à moins que l'établissement
bancaire, en acquérant ou en recevant la créance, n'ait
agi sciemment au détriment du débiteur.
u
L’AFFACTURAGE

u . L’affacturage, technique d’origine anglo-saxonne utilisée


en France depuis les années soixante, est un contrat par
lequel un établissement de crédit, désigné sous le terme de
factor, règle les créances de son client, dénommé
l’adhérent, moyennant le transfert de propriété de ces
dernières et le versement d’une rémunération, en
contrepartie desquels il se charge de leur recouvrement et
de les régler par anticipation. Il s’agit d’une opération de
crédit au sens de la loi bancaire car elle permet au client
d’obtenir immédiatement et définitivement des fonds lors
du transfert de créances puisque le factor règle les
factures de son client. Cette mise à disposition des fonds
est en principe définitive dans la mesure où le factor en
garantit la bonne fin, ce qui signifie qu’il assume le risque
de non-paiement de la créance transférée.
u Cette activité implique nécessairement de la part de
celui qui l’exerce le statut d’établissement de crédit ou
de société de financement. L’affacturage se présente
comme une forme de subrogation conventionnelle
utilisant le mécanisme du DOC En vertu de la
subrogation, le transfert de la créance est accompli dès
l’instant du paiement subrogatoire réalisé par
l’établissement de crédit et est opposable aux tiers sans
autre formalité.
u il présente ainsi des avantages indéniables sur la cession
de créance de droit commun en permettant d’échapper
aux lourdes formalités du Code civil. Il s’agit d’une
technique de gestion commerciale très courante car
tout en mobilisant ses créances, le client confie à
l’établissement de crédit la gestion de ses propres
comptes clients et n’assume pas la charge du
recouvrement des créances transmises, contrairement à
ce qui se pratique en matière de cession de créance
professionnelles.
u A. Les caractéristiques du contrat d’affacturage
u Comme toutes les opérations de crédit, le contrat
d’affacturage est un contrat conclu intuitu personae. C’est
aussi généralement un contrat d’adhésion. C’est enfin un
contrat-cadre car le contrat initial est en réalité le support
de multiples opérations. Le contrat va déterminer les
règles de traitement des opérations qui s’effectuent en
compte courant, la ligne de crédit ouverte à l’adhérent,
les règles d’approbation des créances et leur mode de
transfert, la rémunération du factor ainsi que les
obligations pesant sur les parties à la convention. Le
factor est rémunéré par l’adhérent sous la forme d’intérêts
et de commissions fixé par écrit conformément au droit
commun, le taux effectif global doit être indiqué
u Champ d’application de l’affacturage – L’affacturage
concerne les créances qui ont fait l’objet de factures et
qui correspondent à des opérations effectives de vente
à terme ou de prestations de service réalisées.
u Généralement, le contrat prévoit une clause dite de
globalité ou d’exclusivité. En vertu de cette clause,
l’adhérent doit offrir toutes ses factures au factor qui
dispose, lui, d’un pouvoir dit d’approbation ou de
sélection des créances qui lui sont présentées. Il est
ainsi libre, sous réserve d’abus, d’accepter ou de
rejeter les créances qui lui sont soumises.
u À cette fin, le contrat d’affacturage prévoit que les
factures présentées au factor doivent être
accompagnées de leurs pièces justificatives et réserve à
celui-ci un droit de contrôle qui permet d’avoir
communication de tous les documents commerciaux,
administratifs ou comptables destinés à vérifier la
sincérité ou l’exactitude des pièces fournies par
l’adhérent. Ce contrôle permet à l’établissement de
crédit d’évaluer le risque pesant sur le recouvrement de
la créance. En contrepartie, ce dernier supporte seul le
risque de non-paiement de la créance en étant subrogé
dans les droits de son client.
u Le régime juridique de l’affacturage
u 246. Le fonctionnement de l’affacturage – En
pratique, l’affacturage fonctionne sous la forme d’un
compte courant. L’adhérent remet au factor des
créances qu’il approuve, inscrit le montant de ces
factures au compte et débite les frais perçus. En effet,
l’adhérent doit remettre une quittance subrogative au
factor par laquelle il le subroge dans ses droits, actions,
privilèges ou hypothèques contre le débiteur : en
contrepartie et au même moment, le factor inscrit les
créances au crédit du compte.
u La subrogation a un effet translatif qui donne au factor
la propriété des créances. Elle prend effet et est
opposable aux tiers à la date du paiement. Cette
opposabilité résulte du seul paiement sans qu’aucune
formalité ne soit nécessaire. Il est cependant utile
d’informer le débiteur non pour la validité du transfert
mais pour lui interdire un paiement de bonne foi entre
les mains de son créancier initial.
u En pratique, le débiteur pourra opposer au factor les
exceptions qu’il aurait pu invoquer envers le client
subrogeant pour se libérer si ces exceptions sont
inhérentes à la dette ou antérieures à la subrogation. Le
débiteur peut ainsi toujours invoquer l’exception
d’inexécution. S’agissant des exceptions qui ne sont pas
inhérentes à la dette – comme l’exception de
compensation –, le débiteur ne peut les opposer que si
elles sont antérieures à la subrogation.
u Les conflits entre le factor et des tiers – Comme pour
toute opération de crédit fondée sur une mobilisation
de créances, le risque de double mobilisation par
l’adhérent n’est pas négligeable en pratique. De fait, le
factor peut se voir opposer lors du recouvrement
auprès de certains débiteurs d’autres droits sur les
créances cédées. Le principe qui gouverne la résolution
des conflits est identique à celui qui existe en matière
de cession Dailly : celui qui se prévaut du titre le
u plus ancien est préféré. Il a ainsi été jugé qu’un
banquier ayant bénéficié d’une cession Dailly dont le
bordereau est antérieur à la subrogation de créance
dont bénéficie le factor l’emporte sur ce dernier. Le
seul fait que le factor aitobtenu une exclusivité de son
adhérent ne lui donne aucun droit particulier vis-à-vis
des tiers. En cas de conflit avec le porteur d’une traite
acceptée, le factor ne peut prétendre au paiement si le
débiteur n’a pas été informé de la subrogation avant
l’acceptation
L’ESCOMPTE

u –L’escompte est la forme la plus ancienne de


mobilisation des créances
sont transférés au banquier qui, en contrepartie,
procède à un paiement immédiat, sous déduction de
commissions et intérêts. Cette opération permet aux
entreprises un paiement anticipé de leurs créances par
le transfert de monnaie scripturale au client. Elle
apparaît aussi avantageuse pour le banquier car il
bénéficie des garanties du droit cambiaire et de la
possibilité de se refinancer. Elle présente néanmoins un
inconvénient important car elle suppose une
manipulation de papier importante et s’avère donc
coûteuse.
u Caractéristiques de l’escompte – L’escompte des effets
de commerce résulte d’un accord entre le banquier et
son client. Ce contrat peut être ponctuel mais il
s’inscrit plus généralement dans le cadre d’un crédit
d’escompte qui s’analyse en une promesse du banquier
d’escompter les effets présentés par son client. Même
dans ce cadre, le banquier n’est jamais tenu d’accepter
l’escompte des effets présentés par son client : il
apprécie généralement la qualité de la signature du
tireur et celle des tirés. Toutefois, si elle entend
refuser de prendre un effet à l’escompte, la banque
doit en aviser le remettant rapidement et doit justifier
.
u Le crédit peut aussi etre limité à un montant
préalablement déterminé : certains effets pourront
ainsi, selon les termes de la promesse, être refusés à
l’escompte par le banquier. L’escompte peut porter sur
des effets de commerce, des effets publics, des chèques
et des créances ordinaires.
u Le banquier escompteur acquiert la propriété des effets
de commerce qui lui est transférée par voie d’endos. Le
transfert suppose la remise matérielle du bordereau qui
regroupe les créances cambiaires. C’est en principe à la
date de la remise matérielle du titre que le transfert de
propriété est acquis. Le banquier escompteur est investi
de la propriété des titres avec tous leurs accessoires et
garanties. Il a le devoir de procéder selon la loi aux
formalités de présentation dans les délais et doit avertir
le client remettant de l’éventuelle carence du débiteur.
u Dénouement de l’escompte – C’est à l’échéance de
l’opération qu’apparaît la caractéristique de
l’escompte, à savoir la superposition d’un rapport
cambiaire et d’un rapport contractuel.
u Le dénouement normal de l’escompte est
l’encaissement auprès du tiré. En cas de non-paiement,
le banquier qui a escompté a plusieurs possibilités : s’il
est de bonne foi, il dispose d’un recours cambiaire
contre les divers signataires, codébiteurs solidaires,
assorti des garanties , à savoir l’inopposabilité des
exceptions.
u Il bénéficie ainsi à défaut de paiement par le tiré d’un
recours contre tous les signataires de l’effet mais il
poursuivra d’abord son client remettant avant de se
retourner contre les autres signataires. Le banquier
escompteur a naturellement tout intérêt à recouvrer
l’effet dès l’échéance en se fondant sur le droit
cambiaire. Il en a même l’obligation vis-à-vis de son
client. Tout retard dans la présentation de l’effet au
débiteur pourrait compromettre ses recours contre les
garants et contre le remettant. Le banquier dispose, en
outre, d’un recours à l’encontre de son client fondé sur
la convention d’escompte
Les garanties du crédit

u Si le droit du crédit est aussi celui de la confiance, Il est


évident qu’il ne peut se satisfaire de l’incertitude. Ainsi
l’une des dimensions les plus importantes est celle qui va
restreindre cette incertitude en améliorant les chances du
créancier d’être payé et donc en réduisant le risque
d’impayé : c’est l’objet même du droit des sûretés. Les
sûretés apparaissent donc comme un moyen du crédit : il y
a confiance donc crédit parce qu’il y a sécurité donc
sûreté.
u C’est dire l’importance de la matière :
u •Sur le plan juridique, il tend à garantir au contrat sa force
obligatoire.
u •Sur un plan économique, il facilite l’obtention du crédit
par les particuliers et les entreprises et permet donc les
investissements.
u Le professeur Crocq propose 3 critères de distinction dont la
combinaison permet de distinguer les véritables suretés des simples
garanties.
u Le 1er critère est celui de la finalité : la sûreté aura pour finalité
d’améliorer la situation juridique du créancier par rapport au
créancier chirographaire qui bénéficie seulement du droit de gage
général sur les biens appartenant à son débiteur. La sûreté vise
donc à avantager directement le créancier en le plaçant dans une
situation privilégiée par rapport aux autres créanciers du débiteur.
(et non pas seulement le prix de la course).
u Le second critère se rapporte à l’effet de la sûreté car la mise en
œuvre de celle-ci présente un effet satisfaisant pour le créancier
par l’extinction totale ou partielle de sa créance.
u Troisième critère est celui de la technique car la sureté répond à
une technique particulière qui est celle de l’affectation d’un bien
à la satisfaction du créancier d’un ensemble de biens ou d’un
patrimoine. (Adjonction d’un second patrimoine – débiteur
accessoire).
Les garanties réelles

u Les garanties réelles du crédit peuvent être définies


comme étant un acte par lequel une personne (physique
ou morale) transfère à son créancier un bien déterminé
en garantie de sa créance ; c’est, en effet, un acte qui
consiste dans l’affectation d’un bien en garantie d’une
dette. C’est une sûreté qui porte sur un ou plusieurs
biens déterminés, meubles ou immeubles, appartenant
au débiteur ou à un tiers et consistant à conférer au
créancier, sur ce bien, un droit réel. Les sûretés réelles
reposent donc sur une même technique qui est
l’affectation d’un ou plusieurs biens en garantie d’une
dette, par la reconnaissance d’un droit réel au
créancier.
u Il exite différents types de suretés réelles
u Le gage qui peut être défini comme étant la convention
par laquelle le constituant accorde à un créancier le
droit de se faire payer par préférence à ses autres
créanciers sur un bien mobilier ou un ensemble de biens
mobiliers corporels, présents ou futurs ;
u Le nantissement qui consiste en l’affectation en
garantie d’une obligation, d’un bien meuble incorporel
ou d’un ensemble de biens meubles incorporels, présent
ou futur ;
u Le gage immobilier est une hypothèque avec
dépossession ; c’est une variété d’hypothèque qui
réside dans la dépossession du constituant. Le
bénéficiaire dispose non seulement d’un droit de
préférence et d’un droit de suite mais également de la
faculté d’user et jouir de l’immeuble le temps de
l’exécution de l’obligation garantie,
u L’hypothèque qui est une sûreté immobilière sans
dépossession du constituant, en vertu de laquelle le
créancier hypothécaire dispose de la faculté, en cas de
défaillance de son débiteur, soit de faire vendre
l’immeuble grevé en quelques mains qu’il se trouve
pour être payé en priorité sur le prix, soit de devenir le
propriétaire de l’immeuble,
u Le privilège qui est un droit de préférence que la loi
accorde sur les biens du débiteur à raison de la cause de
la créance. En effet, la créance privilégiée est préférée
à toutes autres créances, même hypothécaire,
u Les garanties assises sur la détention ou la propriété qui
regroupent le droit de rétention et le transfert de la
propriété au créancier.
u Chapitre 1 : Les garanties réelles mobilières du crédit.
u Les garanties réelles mobilières sont régies par la loi 21-
18 relative aux sûretés mobilières. Avant la
promulgation de cette loi, les garanties réelles étaient
régies par les dispositions du DOC et du code de
commerce.
u Cette loi est venue modifier et compléter certains
articles du DOC et du code de commerce et ce pour
l’établissement de certains principes
u L’élargissement du champ d’application des sûretés
mobilières et surtout l’application du nantissement sur
tout type de meubles n’entrant pas dans le domaine
professionnel ou commercial ;
Le renforcement de la liberté contractuelle des
parties ;
u La facilitation de la constitution des sûretés
mobilières ;
u L’établissement du Registre National Electronique des
sûretés mobilières (RNESM) ; Facilitation de la
réalisation des sûretés mobilières ;
u Et le renforcement du mécanisme de représentation
des créanciers.
u Le gage et le nantissement constituent deux types de
sûretés mobilières. Ils sont des contrats qui mettent un
bien en garantie en cas de non-paiement d’une dette.
u L’art. 1170 de la loi 21-18 définit le gage comme étant
u « un contrat par lequel le débiteur ou un tiers agissant
dans son intérêt affecte une chose à la garantie d’une
obligation, et qui requiert la dépossession de la chose qui
en fait l’objet ».
u Ainsi, il définit le nantissement comme étant
u « un contrat par lequel le débiteur ou un tiers agissant
dans son intérêt affecte une chose à la garantie d’une
obligation, et qui ne requiert point que le constituant soit
dépossédé de la chose ».
u La constitution du gage ou du nantissement nécessite la
réunion de certaines conditions que sont les suivantes :
u La constitution du gage ou du nantissement par écrit dans
un acte authentique ou sous seing privé. Cet acte
constitutif doit comporter les mentions suivantes :
- L’identité du constituant et du créancier gagiste ou
nanti ;
- Le montant de la créance garantie. Il convient de préciser
à ce niveau que si le montant de la créance n’est pas fixé
dans l’acte constitutif, les parties peuvent procéder à la
description des éléments de la créance et des obligations
qui lui donnent naissance ;
- L’acte donnant naissance à la créance objet du gage ou
du nantissement ;
- La description de la chose donnée en gage en énonçant la
qualité, le cas échéant, la quantité de ladite chose ainsi
que les caractéristiques pouvant rendre la chose, objet du
gage ou du nantissement, identifiable.
u Le gage ou le nantissement peuvent être constitués en
garantie de toute créance qu’elle soit présente ou
futur, de tout montant qu’il soit fixe ou variable, ainsi
qu’en garantie d’une obligation qu’elle soit éventuelle
ou suspendue à une condition.
u La constitution du gage ou du nantissement produit
certains effets tant à l’égard du créancier qu’à l’égard
du constituant du gage ou du nantissement.
u Du côté du créancier, il va disposer d’un droit de suite
sur la chose gagée ou nanti.
u Du côté du constituant du gage ou du nantissement, il
ne perd pas le droit d’aliéner la chose gagée ou nantie,
mais cette aliénation reste subordonnée au paiement de
la dette en principal et accessoires, sauf si le créancier
exprime son consentement à ratifier l’aliénation et ce
conformément aux dispositions de l’art. 1178 de la loi
21-18.
u On peut ajouter à ce qui a été précédemment noté que
si la ratification de l’aliénation a eu lieu, le gage ou le
nantissement se transporte sur le prix si la dette n’est
pas échue. Dans le cas contraire, le créancier exerce
son privilège sur le prix et il peut se retourner contre le
débiteur pour le surplus si le prix ne suffit pas à la
satisfaction.
u En ce qui concerne la remise de la chose nantie ou
gagée au créancier, on peut dire que si cette dernière
est détenue par un tiers, ce tiers est censé la détenir
pour le créancier dès qu’il est notifié. En effet, l’art.
1191 de la loi 21-18 énonce que
u « le gage est opposable aux tiers par la remise effective
de la chose qui en est l’objet au créancier gagiste ou à
un tiers convenu entre les parties », ainsi« « le
nantissement est opposable aux tiers par l’inscription
faite au registre national électronique des sûretés
mobilières ».
u Donc, qu’est-ce qu’un RNESM ? Qu’elles sont ses
fonctions ? Et qui est concerné ?
u Le nantissement peut porter sur les fonds de commerce,
les produits et matériels, les créances, les comptes
bancaires, ainsi que les comptes-titres.
u Le nantissement du fonds de commerce :
u Le nantissement du fonds de commerce est régi par
l’art. 106 et suivants du Code de commerce. Son
principe consiste à permettre aux commerçants,
moyennant une inscription au registre de commerce, de
donner leur fonds en garanties de leur dette, sans en
prendre ni la possession ni le droit de l’aliéner.
u Le nantissement du fonds de commerce présente
l’originalité de ne porter que sur un ensemble de biens
entrant dans la composition du fonds de commerce. Il
ne porte que sur la clientèle, au nom commercial, à
l’enseigne et au droit au bail.
u Le nantissement du fonds de commerce doit être
constaté par un acte écrit et doit faire l’objet d’une
inscription au registre de commerce à la diligence du
créancier gagiste et dans le délai de 15 jours à compter
de la date de l’acte constitutif.
u Le nantissement des produits et matières : L’art. 378 du
code de commerce énonce que
u « les produits et matières peuvent faire l’objet de la
part de leur propriétaire d’un nantissement ».
u Dans l’acte constitutif, l’emprunteur doit indiquer tous
les nantissements préexistant sur les mêmes produits et
matières , c’est ainsi qu’il doit mettre à la disposition
du créancier nanti, sur sa demande, un état des
produits et matières nantis et des assurances dont ils
font éventuellement l’objet, la comptabilité de toutes
les opérations les concernant, ainsi que les lieux où les
produits et matières sont conservés.
u Le créancier peut, à ses frais, faire constater l’état des
produits et matières nantis. Également, il peut faire
ordonner la constatation de l’état du stock donné en
nantissement et ce par le président du tribunal du
ressort duquel se trouve le lieu de conservation des
choses nanties. A ce niveau, on trouve qu’il convient de
noter deux points qui sont très importants :
u Si le créancier constate que le stock a subi certaines
diminutions, il peut assigner devant le juge des référés
à l’effet de prononcer l’exigibilité immédiate de la
créance ;
u « Les parties peuvent convenir qu’en cas de baisse de
la valeur des produits et matières nantis, le créancier
nanti peut mettre en demeure le constituant, à l’effet
de rétablir la valeur initiale des produits et matières
nantis à concurrence de la créance garantie, ou de
rembourser une partie de la créance garantie à
proportion de la diminution constatée. Si le constituant
ne diffère pas à la mise en demeure, le terme est
réputé échu et le créancier est en droit d’exiger le
remboursement total de la créance garantie ».
u Le nantissement des créances :
u Les créances peuvent également faire l’objet d’un
nantissement. En effet, quel que soit la nature de la
créance (présente ou future) et quel que soit la nature
du montant (certain, variable ou même résultant d’un
acte à intervenir et dont le montant n’est pas encore
déterminé) le nantissement peut être constitué. Ainsi,
on peut noter que le nantissement peut porter sur une
fraction de créance mais cette dernière ne doit pas être
indivisible.
u Le nantissement de la créance prend effet à compter de la date de
l’acte, et il devient opposable aux tiers par son inscription au
RNESM. Il convient de noter également que dès la constitution du
nantissement, le constituant ne peut modifier l’étendue des droits
attachés aux créances nanties sans l’accord du créancier nanti.
u Egalement et conformément à l’art.392-4 de la loi 21-18, lorsque le
nantissement de créances a lieu en vertu d’un acte de droit
étranger en garantie d’une ou de plusieurs autres créances, ledit
nantissement est rendu opposable au Maroc à l’égard du débiteur
qui y réside habituellement, dans les conditions prévues par la loi
applicable aux créances objet du nantissement, sous réserve des
conventions internationales relatives à la reconnaissance mutuelle
des procédures légales, judiciaires et administratives ratifiées par
le Royaume du Maroc ou auxquelles il a adhéré, ainsi que des
dispositions législatives relatives à l’ordre public.
u Le nantissement des comptes bancaires :
u Le nantissement de compte bancaire est un nantissement de créances. Dans ce cas, la créance
nantie s’entend du solde créditeur de ce compte à la date à laquelle le nantissement est réalisé.
u Bien évidemment, le nantissement du compte bancaire doit être inscrit sur le RNESM et il ne devient
opposable à l’égard de l’établissement bancaire teneur du compte que si ce dernier en est notifié
par le créancier nanti. A noter également que le compte bancaire peut être utilisé librement par le
constituant. Toutefois, le créancier nanti peut demander à l’établissement bancaire teneur du
compte nanti de bloquer le montant du nantissement du solde créditeur du compte mais cela doit
être prévu dans l’acte constitutif. Ce blocage prend fin à la date à laquelle le créancier nanti
adresse une notification de fin de blocage à l’établissement bancaire. Ainsi, on doit préciser que le
débit du solde du compte nanti n’entraine pas l’extinction du nantissement.

u Le nantissement des comptes-titres :


u Un compte titre est un compte qui permet de détenir des titres et des valeurs mobilières. Celui-ci
est rattaché à un compte courant espèces afin de réaliser des achats et des ventes.
u Le compte-titre peut faire l’objet d’un nantissement. Sont compris dans l’assiette de ce
nantissement, en garantie de la créance initiale, les titres financiers figurant lors de la constitution
du nantissement dans le compte nanti, ainsi que ceux qui sont inscrits ultérieurement.
u Le créancier nanti peut demander, auprès de l’établissement bancaire détenteur du compte, une
attestation de nantissement de compte-titre. Cette attestation comporte un inventaire des titres
financiers et leurs valeurs monétaires.
u Chapitre 2 : les garanties réelles immobilières du crédit.
u Les garanties réelles sont régies par la loi 39-08 portant
code des droits réels. Il existe, en effet, différents types
de garanties réelles immobilières, toutefois, celle qui est
souvent recourue par les banques c’est l’hypothèque.
u L’hypothèque est un droit réel accessoire établi sur un
immeuble immatriculé ou en cours d’immatriculation,
affecté à la garantie du paiement d’une créance. Elle est
indivisible et subsiste en entier sur les immeubles affectés
sur chacun et sur chaque portion de ces immeubles. Ainsi,
l’hypothèque concerne l’immeuble affecté et ses
accessoires et tous les ouvrages et améliorations réalisés
après la formation du contrat.
u La constitution de l’hypothèque est subordonnée à la
réunion de certaines conditions :
u Conditions relatives à l’acte constitutif : il faut préciser
dans l’acte l’identité des cocontractants, la désignation
de l’immeuble hypothéqué, sa dénomination, sa
situation, sa superficie, ses composantes, le numéro du
titre foncier ou de la demande de l’immatriculation, le
montant de la créance garantie ainsi que le délai de
paiement ;
u
u Conditions relatives au constituant de l’hypothèque : le
constituant doit être le propriétaire de l’immeuble
hypothéqué c’est ainsi qu’il doit avoir la capacité d’en
disposer.
u L’art 179 de la loi 39-08 énonce que « l’hypothèque
peut être consentie en garantie d’un crédit ouvert ou
pour l’ouverture d’un compte courant sous réserve que
le plafond maximum soit défini dans l’acte constitutif
d’hypothèque », ainsi, l’art. 180 de la même loi énonce
que « l’hypothèque consentie pour sûreté d’un crédit
ouvert à concurrence d’une somme déterminée prend
rang à la date de son inscription sans égard aux époques
successives de l’exécution des engagements pris par le
créditeur ».
u Le créancier hypothécaire doit procéder au dépôt de
l’acte constitutif de l’hypothèque avec le duplicata du
titre foncier à la conservation foncière et demander,
par écrit, au conservateur de d’inscrire son droit à titre
conservatoire, de conserver le titre foncier et de ne
déférer à aucune réquisition d’inscription et ce dans un
délai de quatre-vingt jours à compter de la date
d’inscription. Il convient de préciser à ce niveau que le
créancier hypothécaire doit demander l’inscription
légale de son droit avant l’expiration du délai précité. A
défaut, l’inscription conservatoire cesse de produire ses
effets et elle va être rayée automatiquement.
u La constitution de l’hypothèque produit certains effets que
sont les suivants :
u Les effets de la constitution de l’hypothèque à l’égard du
constituant :
u L’immeuble hypothéqué reste sous la main du constituant
mais ce dernier ne doit en aucun cas préjudicier le droit du
créancier hypothécaire ;
u Il peut faire tous les actes d’administration à l’égard de
l’immeuble hypothéqué ;
u Il est garant de son efficacité ; dans la mesure où il est
responsable de sa sauvegarde jusqu’au paiement de la
créance ;
u Il est responsable du préjudice que peut subir l’immeuble
hypothéqué.
u Les effets de la constitution de l’hypothèque à l’égard
du créancier hypothécaire :
En cas de vente de l’immeuble hypothéqué :
u Il peut se faire payer conformément aux formalités
prévues par la loi ;
u Il peut revenir sur les biens du constituant si le prix de
la vente ne suffit pas ;
u Il ne peut s’approprier l’immeuble hypothéqué qu’en
cas de non-paiement.
u Les effets de la constitution de l’hypothèque à l’égard
des tiers :
u Droit de préférence :
u En effet, le créancier hypothécaire est payé par préférence aux
autres créanciers de rang inférieur et aux créanciers
chirographaires.
u Il peut céder son rang au profit d’un autre créancier inscrit sur le
même immeuble mais dans la limite de sa créance garantie.
Droit de suite :
u Le créancier hypothécaire peut poursuivre l’immeuble hypothéqué
en quelque main qu’il se trouve pour le recouvrement de sa
dette ;
u Le tiers détenteur peut être subrogé au débiteur dans le paiement
de sa dette. Ainsi, il peut s’opposer à la vente de l’immeuble
hypothéqué qui lui a été transmis s’il existe d’autres immeubles
hypothéqués à la même dette dans la possession du principal
débiteur ;
u Si le tiers détenteur porte préjudice au droit du créancier
hypothécaire, il sera tenu de verser au profit de ce dernier
une indemnité.
On peut ajouter à ce qui précède que l’hypothèque peut
s’éteindre dans les quatre cas suivants tel qu’il est prévu
par l’art. 212 de la loi 39-08 :
- L’extinction de la créance garantie ;
- La mainlevée du créancier sur l’immeuble ;
- La perte totale de l’immeuble ;
- Par la confusion. Cette dernière, peut être regardée
comme une cause d’extinction des obligations car elle
empêche d’en réclamer l’exécution. En effet, la confusion
engendre plutôt une impossibilité d’exécution qu’une
véritable disparition de l’obligation et on peut considérer
que l’obligation est simplement paralysée et non atteinte.
Les garanties personnelles

u Le cautionnement en droit marocain est la seule sureté


personnelle envisagée par le DOC art 1117 et suivants,
même si la pratique contractuelle a depuis imaginé des
mécanismes s’apparentant plus ou moins aux sûretés
personnelles (c’est le cas des lettres d’intention et des
garanties autonomes

u Il convient de préciser qu’en droit français les


garanties autonomes sont réglementées au sein du code
civil par l’ordonnance du 23 Mars 2006.
u Section I : la notion de cautionnement

u Le cautionnement est défini à l’art 1117 du DOC qui


dispose que le cautionnement est un contrat par lequel
une personne s’oblige envers le créancier à satisfaire à
l’obligation du débiteur si celui-ci n’y satisfait pas lui
même. La rédaction adoptée par le code civile est
identique à celle de l’art 2288.
u A- Caractère du cautionnement :
u Présente 3 caractéristiques majeurs :
u Il s’agit d’un contrat, il est unilatéral et il est
accessoire (cette sureté est elle efficace).
u Il ne fait naître des obligations qu’à la charge de la
caution. En effet seule la caution prend un engagement
positif à l’égard du créancier en engageant son
patrimoine à la satisfaction de l’exécution de
l’obligation principale en cas de défaillance du
débiteur. Ainsi, le fait que la caution perçoive le cas
échéant une rémunération du débiteur, n’enlève pas à
son engagement envers le créancier son caractère
unilatéral. (Parfois ya des pers qui s’engagent pour
rendre service en tant qu’amis mais actuellement de
plus en plus c’est un service bancaire rémunéré, cette
rémunération ne porte pas atteinte au caractère
unilatéral mais n’est qu’une modalité d’exécution).
u 3- Un contrat accessoire :
u C’est là un critère essentiel et général du
cautionnement qui le distingue d’autres garanties,
surtout de celle à première demande. Ce caractère
accessoire est exprimé à l’art 2290 du code civil. La
cours de cassation souligne d’ailleurs systématiquement
le caractère indépendant de la garantie à première
demande pour la distinguer du cautionnement au sein
duquel, l’engagement du garant n’est qu’accessoire. (si
le débiteur n’est pas tenu, la caution ne l’est pas dans
les garanties autonomes : le garant est indépendant)
u De ce caractère, il découle un certain nombre de
conséquences : la caution est fondée à opposer au
créancier toutes les exceptions qui appartiennent au
débiteur principal (art 1140 du DOC.
u Le droit marocain est ici quelque peu différent du droit
français puisque la caution peut également opposer
toutes les exceptions qui sont exclusivement
personnelles au débiteur, telle que la remise de dette
bénéficiant au débiteur. (Remises volontaires,
judiciaires)
u Par ailleurs, le législateur marocain interdit au mineur
de se porter caution même avec l’autorisation de son
père ou de son tuteur, s’il n’a aucun intérêt dans
l’affaire qu’il garanti.
u (En jurisprudence, la caution doit avoir un intérêt
patrimonial à la réalisation de l’obligation principal en
droit des sociétés par ex).
u Le cautionnement ne peut excéder ce qui est dû par le
débiteur principal ni être contracté à des conditions
plus onéreuses.
u (Cautionnement omnibus qui n’est pas interdit par le
doit marocain, mais par le droit français, il faut alors
formaliser l’étendu de son consentement).
u Mais ce caractère accessoire est aussi le point faible du
cautionnement car il offre à la caution de nombreux moyens de
défense sur le terrain de l’opposabilité des exceptions ou lorsque le
débiteur principal fait l’objet d’une procédure collective (est ce
qu’il est possible dans ce cas de poursuivre la caution ?).
u A souligner qu’une controverse doctrinale existe sur le point de
savoir si le cautionnement en plus d’être accessoire est subsidiaire
: l’interprétation conjuguée des dispositions textuelles régissant la
matière, militent en ce sens ; en effet la dette in fine, est censée
peser en définitive sur le débiteur principal ainsi qu’en atteste
l’existence de recours ouvert à la caution. La caution reste un
débiteur secondaire qui ne s’engage que dans l’unique but de
renforcer le crédit du débiteur mais sans envisager d’avoir à subir
un jour les poursuites du créancier. Enfin la subsidiarité du
cautionnement apparaît nettement dans le cautionnement simple
en raison du bénéficie de discussion reconnu à la caution : en vertu
de ce bénéfice, le créancier devra préalablement agir contre le
débiteur avant de recourir contre la caution. (Consiste à exciper
une opposition, en pratique on renonce dans l’acte à ces bénéfices
: de division, de discussion).
u l’art 1123 du DOC : « le cautionnement ne se présume point, il doit
être exprès et on ne peut l’étendre au-delà des limites dans
lesquelles il a été contracté.
u Rares sont en droit marocain les cautionnements qui comportent
une limite chiffrée et précise à l’engagement de la caution, ce qui
va poser des difficultés d’interprétation. La caution va invoquer en
sa faveur l’absence de précision. En effet, elle n’a voulu et
entendu garantir que le montant chiffré et rien que celui-ci alors
que pour le créancier, le cautionnement doit remplir sa fonction de
sûreté et garantir les dettes dans toutes leur diversité (les intérêts,
les pénalités…) deux cas sont envisagés par le DOC : le premier à
l’art 1129 du DOC : il s’agit du cautionnement définit, cad celui qui
comporte une limite expresse de montant. Limite qui lui est propre
et qui peut donc être différente du montant de l’opération
principale. Le second est prévu à l’art 1130 al 1 du DOC, il s’agit du
cautionnement indéfini cad, sans précisions chiffrées qui lui soit
propre.
les garanties autonomes
Dans un premier temps la GA fut l’apanage des contrats internationaux. Le
concept demeurant inconnu du droit français et marocain. (Première
jurisprudence en 1997 au Maroc par une cours d’appel)
u Ce n’est qu’en 1982 que la cours de cassation française admis la
spécificité des garanties autonomes. Depuis la jurisprudence a bâti le
régime de ces garantie qui n’ont fait l’objet d’aucune règlementation
textuelle en droit français ni en droit marocain du reste. Aussi, les
sources du droit en matière de garanties autonomes sont celle du droit
commun des obligations et de jurisprudence. Certes la CCI a établi deux
modèles de règles uniformes en 78 et [Link] textes n’ont connu qu’un
succès limité. De même, la commission des nations unies pour le
développement du commerce international a élaboré une convention
internationale relative aux garanties indépendantes et entrée en
vigueur le 1er janvier 2000. A ce jour, très peu de pays ont ratifié cette
convention à laquelle les pays européen se sont opposés.
u Si son domaine de prédilection demeure les relations internationales, la
GA autonome reste également valable en droit interne. Même
lorsqu’elle est octroyée part une personne physique.
u Pour comprendre le mécanisme il apparaît souhaitable
de partir d’un exemple : une personne privée ou
publique étrangère désire construire une usine clé en
main. Une entreprise française, se propose de passer le
marché mais le contractant étranger veut être sûr avant
de s’engager que l’ese française est une entreprise
sérieuse et qu’elle exécutera sérieusement le contrat.
La pers pub ou privé demandera donc des garanties à
fournir. Un ets bancaire va donc s’engager à payer le
bénéficiaire sans pouvoir discuter du bien fondé de sa
demande.
u Le code civil français défini la GA comme « l’engagement
par lequel le garant s’oblige en considération de
l’obligation souscrite par un tiers (donneur d’ordre) à
verser une somme soit à première demande soit suivant les
modalités convenues. » la GA est donc le contrat par lequel
le garant (souvent une banque) s’engage à la demande du
donneur d’ordre à payer une certaine somme d’argent au
beneficiaire à titre de garantie de l’exécution d’un contrat
de base conclu entre le donneur d’ordre et le beneficiaire.
u La GA se distingue donc du cautionnement par le fait que le
garant assume sa propre dette alors que la caution s’oblige
à payer celle du débiteur principal. La GA est donc
détachée de la dette issue du rapport principal. (On paie
d’abord et on conteste ensuite)
u La garantie autonome est différente du cautionnement,
car d'une part elle vient renforcer le pouvoir de la
volonté individuelle, et d'autre part, les parties à la
convention ne sont plus les mêmes. De même, le juge
de fond peut faire usage de son droit de regard sur le
contrat en lui donnant sa vraie qualification ; ce que
rappelle l'Arrêt de la Cour Suprême n° 231 du
31/01/2001 Dossier civil n°369/3/2/99.
Cas pratique

u Wafabank s'est portée caution de la Société Nouvelle des Travaux et


d'Entreprise (SNTE), pour des travaux de bâtiment à réaliser au profit de
la CGI, Compagnie Générale Immobilière, filiale de la CDG et ce, par le
biais de divers cautionnements, pour un total de [Link] Dhs.
La SNTE ayant interrompu les travaux, la CGI introduit une requête
auprès du tribunal de Première Instance de Casablanca, sollicitant le
paiement par Wafabank du montant du cautionnement.
Le tribunal rend son jugement, condamnant la banque au paiement en
faveur de la CGI de la somme de 2.253.040 Dhs, correspondant aux
cautionnements réclamés. Ce jugement est confirmé en appel. La
banque, estimant le jugement mal fondé, se pourvoit en cassation
contre ce jugement.
La banque prétend en effet, que les juges ne pouvaient la condamner
au paiement sur la base du contrat de cautionnement ordinaire qui ne
peut être exécuté qu'en cas d'extinction de la dette principale, et
qu'aussi la Cour d'Appel ne peut donner une qualification différente de
celle donné au contrat par le Tribunal de première instance.
Il s'agit donc pour la Cour Suprême de savoir si le juge peut restituer au
document contractuel sa vraie qualification sans s'attarder sur la
dénomination qui lui a été donné par les parties et par conséquent
condamner la banque à payer le montant cautionné.
u La lettre de garantie constitue une garantie bancaire
autonome permettant de par sa nature au bénéficiaire
d'avoir une liquidité à la première demande et un
engagement de non-opposition au paiement pour
quelque motif que ce soit. Elle crée pour le bénéficiaire
un droit direct, définitif et indépendant de toute autre
relation. En conséquence, elle est différente du
cautionnement bancaire quant à ses effets entre les
parties.
u I- Les traits communs et distinctifs entre la lettre de
garantie autonome et le cautionnement
Le cautionnement est l'engagement pris par une
personne (la caution), au profit du créancier, d'exécuter
l'obligation en cas de défaillance du débiteur principal.
Le cautionnement et la garantie à première demande
ont des points communs (1) et des traits distinctifs (2).
u 1) Traits communs:
Il s'agit de deux sûretés personnelles, le cautionnement est
d'origine légale; c'est un contrat nommé qui obéit à des
règles strictes, et la garantie autonome est née de la
pratique, aménagée conventionnellement par les parties.
En effet, aux termes de l'article 1117 du DOC : " Le
cautionnement est un contrat par lequel une personne
s'oblige envers le créancier à satisfaire à l'obligation du
débiteur, si celui-ci n'y satisfait pas lui-même ". Ainsi, il
met en présence trois personnes : un créancier, un
débiteur et une caution et c'est cette dernière qui s'engage
à payer la dette du débiteur principal au cas où ce dernier
n'y satisfait pas lui même. Cela suppose donc l'existence
d'une obligation principale à propos de laquelle la caution
s'oblige.
u La garantie à première demande met elle aussi en
rapport trois protagonistes : donneur d'ordre,
bénéficiaire et garant. Tout comme pour la caution,
l'engagement du garant est destiné à assurer l'exécution
de l'obligation assumée par le donneur d'ordre au profit
du bénéficiaire.
Dans les deux cas, l'intervention effective du tiers
(caution ou garant) est incertaine car subordonnée à la
défaillance du débiteur.
Le cautionnement et la garantie à première demande
supposent tous deux un engagement unilatéral.
u Le cautionnement est un contrat unilatéral puisque
seule la caution prend un engagement à l'égard du
créancier. Il en est de même pour la garantie
indépendante puisque seul le garant s'engage vis-à-vis
du bénéficiaire. Ce caractère unilatéral est
fondamental. Ainsi, la qualité de l'engagement
unilatéral rapproche entre les deux suretés.
Cependant, les points de rapprochement entre la lettre
de garantie autonome et le cautionnement ne doivent,
d'aucune manière, cacher les points de divergence
entre ces deux institutions
u 2) Traits distinctifs:
Dans le cautionnement, la caution s'oblige à payer la
dette d'autrui, à exécuter l'obligation dont est tenu le
débiteur principal contrairement au garant dans la
garantie autonome qui contracte une dette personnelle
distincte de celle du donneur d'ordre, il ne s'engage pas
à payer sa dette au cas où celui-ci n'y satisfait pas.
En conséquence, la différence fondamentale au regard
de l'objet réside dans le fait que l'obligation assumée
par la caution et le garant n'est jamais la même, l'un
réalisant ce que le débiteur principal n'a pas réalisé lui-
même, l'autre indemnisant le bénéficiaire du
manquement reproché au donneur d'ordre.
u Ainsi, le cautionnement est dépendant de l'obligation principale tandis
que la garantie à première demande s'en détache pour devenir un
contrat principal, au même titre que le contrat originel. C'est pourquoi
la garantie à première demande est qualifiée de garantie autonome.
L'autonomie ou bien la dépendance sont deux critères qui déterminent
l'existence, la validité, l'étendue, les conditions d'exécution et
d'extinction pour les deux suretés.
L'étendue de l'engagement de la caution ne peut excéder celle de la
dette principale, ni être subordonnée à des conditions plus onéreuses
(article 1118 du DOC). En revanche, rien n'interdit au garant de
s'engager envers le bénéficiaire à des conditions plus onéreuses.
Le point de départ de la prescription de l'obligation assumée par la
caution est le même que celui de la dette principale et ce, quelle que
soit la date du contrat de cautionnement. Le sort des deux obligations
étant lié, la prescription ne pourra commencer à courir tant que
l'obligation principale ne sera pas exigible.
Pour la garantie à première demande, le délai de prescription ne
commencera à courir que du jour où celle-ci aura été exigible, c'est-à-
dire, du jour où le bénéficiaire a appelé la garantie et ce,
indépendamment du sort de l'obligation garantie.
u La garantie à première demande supposant deux
contrats distincts avec deux obligations distinctes
contrairement au cautionnement où Le débiteur
principal et la caution sont coobligés.
Enfin, les causes d'extinction de l'obligation principale
(paiement, compensation, remise de dette, confusion,
novation, résolution ou encore prescription) libèrent du
même coup la caution.
Pour la garantie à première demande, l'extinction de
l'obligation de base n'a aucune influence sur celle du
garant, et inversement. Chaque obligation est régie par
ses propres conditions et causes d'extinction.
u Par conséquent, le caractère accessoire du cautionnement est le
point clé de la distinction entre cette institution est la garantie à
première demande.
La Cour suprême a d'ailleurs confirmé, dans le cas d'espèce, la
qualification de la Cour d'Appel en énonçant que : " la cour a
apprécié à juste titre les termes du contrat, spécialement
imprimés au sein du document cacheté et signé par la banque
attaquante, lesquels disposent que cette dernière s'engage à payer
à première demande, dans les limites du montant cautionné, et
sans opposition pour quelque motif que ce soit, deux conditions
essentielles à la validité de la lettre de garantie autonome. Dès
lors, il est inutile de s'attarder sur l'expression " Déclaration de
cautionnement ", pré-imprimée en marge du document précité ".
L'interprétation, ainsi, faite par la cour d'appel a été contestée par
la banque devant la Cour Suprême en arguant la violation de
l'article 461 du DOC.

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