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Introduction aux études médiévales et à la matière

Le Moyen Âge est une période historique qui a fait l’objet d’une vulgarisation considérable sur différents
supports (d’abord livres, puis cinéma et séries, dernièrement jeux vidéos) et qui de ce fait pose un problème :
le Moyen Âge des historiens n’a pas grand chose à voir avec celui du grand public.
Les historiens travaillent sur la base de sources, et les sources médiévales ont plusieurs caractéristiques qui
compliquent leur maniement :
1) elles sont très souvent en latin (pour le haut Moyen Âge, exclusivement en latin),
2) elles sont écrites à la main d’une écriture difficilement lisible [l’art du déchiffrage de ces écritures est
appelé paléographie]
3) elles sont généralement d’une nature pas immédiatement compréhensible pour un profane. Il n’existe
pas de périodiques, pas ou pratiquement pas de textes écrits à la première personne, mais beaucoup de genres
spécifiques à la période comme les chartes, notices, pénitentiels, gesta…
1) et 2) impliquent que les documents écrits sur lesquels nous allons travailler ont été déchiffrés (pas rare
qu’il y ait plusieurs lectures possibles) et traduits.
Il va falloir assimiler quelques dates et repères essentiels, et surtout des notions nouvelles : un vocabulaire
spécifique et un type de société et de vision du monde qui n’a rien à voir avec celles d’aujourd’hui. Les
fictions contemporaines ne prennent absolument pas en compte le fait que les médiévaux ne pensent pas
comme nous. Quand on commence juste l’étude du Moyen Âge, on en a très peu conscience, mais c’est un
aspect qui doit devenir de plus en plus clair au long de la Licence. Au haut Moyen Âge cela n’a pas de sens
de parler de bourgeoisie, il n’y a pas de séparation entre l’Église et l’État, le pape ne joue pas un rôle
directeur dans l’Église, le lien entre amour et mariage est extrêmement problématique, etc.
***
Le Moyen Âge, artificiellement découpé dans l’histoire de l’Occident par les hommes de la Renaissance,
occupe environ 10 siècles. Les bornes de début et de fin sont conventionnelles et peuvent varier ; on parle
souvent de 476 (fin de l’Empire romain en Occident) et de 1453 (chute de Constantinople) ou 1492
(découverte de l’Amérique). Mais les historiens qui considèrent que le Moyen Âge ne commence qu’au VII e
siècle ne manquent pas d’arguments. L’énorme période médiévale, qu’il ne faut surtout pas s’imaginer
immobile et uniforme, est traditionnellement divisée en trois, suivant une analogie entre l’écoulement du
temps et celle d’un cours d’eau :
le haut Moyen Âge (Ve-Xe)
le Moyen Âge central ou classique (XIe-XIIIe siècle)
le bas Moyen Âge (XIVe-XVe siècle)
Pour cette année de L1, nous avons choisi de diviser le Moyen Âge en deux parties, au S1 le Premier Moyen
Âge, qui nous fera entrer un peu dans le XI e siècle, et au S2 le Second Moyen Âge, qui inclura le Moyen Âge
central et le bas Moyen Âge, du XIe jusqu’au XVe siècle.
Le haut Moyen Âge est la phase de transition entre l’Antiquité et le Moyen Âge, et une partie s’en confond
avec l’Antiquité tardive (qui s’arrête au plus tard aux VI-VII e). Les historiens s’affrontent encore, à l’heure
actuelle, sur la question de la continuité historique éventuelle au-delà de la fin politique de l’empire romain
en Occident : le débat rupture / continuité est encore d’actualité, et il est lié à la question du moment où
commence le Moyen Âge. Pour notre part nous commençons ce cours au V e siècle pour des raisons de
commodité, sans que ce choix signifie une prise de position tranchée dans le débat.
Quand on travaille sur le monde franc au sens large (ce qui équivaudrait à France, Italie, Benelux, Allemagne
actuelles, mais l’utilisation de dénominations contemporaines est formellement prohibée en histoire du haut
Moyen Âge), on peut subdiviser le haut Moyen Âge en deux parties :
- période mérovingienne (Ve-VIIe siècle)
- période carolingienne (VIIIe-Xe siècle)
en référence aux deux dynasties royales qui se succèdent chez les Francs, les Mérovingiens (fin V e - 751) et
les Carolingiens (751-Xe siècle). Néanmoins cette terminologie n’est pas valable pour l’histoire des Îles
Britanniques ou de la péninsule Ibérique. Du point de vue de la délimitation géographique de ce cours, nous
allons certes donner plus d’importance aux Francs, mais sans négliger le reste de l’Occident ; en revanche
nous ne tiendrons pas compte de l’Afrique, bien qu’elle fasse partie de l’Occident au même titre que la rive
nord de la Méditerranée.
Le XIe siècle, siècle de rupture entre nos deux semestres, correspond à ce que l’on appelle l’époque féodale
ou seigneuriale. C’est le cœur du Moyen Âge, une période que l’on définit avant tout sur la base des
relations sociales qui s’établissent entre les dominants (qu’on peut appeler « les seigneurs », attention, c’est
une expression à proscrire avant l’époque féodale) et les dominés, presque exclusivement des paysans.
L’ordre féodal, qui repose sur le prélèvement seigneurial (dominants-dominés) et sur les liens d’homme à
homme = lien féodo-vassalique (entre dominants), est à la fois social et territorial : encadrant les hommes, il
est à l’origine d’un maillage du territoire encore visible de nos jours en milieu rural (villages groupés autour
d’un château, d’une église).

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