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Le Prophète Ésaïe : Souveraineté et Confiance

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A la découvte de l’Ancien Testament Leçon 2 – Le prophète Ésaïe (suite)

Comme nous l’avons déjà mentionné dans notre leçon d’introduction, le nom même du
prophète Ésaïe souligne le thème le plus important du livre : « L’Éternel sauve ». C’est la
même racine que « Josué » et « Jésus ». Ce que l’homme n’arrive à faire ni par ni pour lui-
même, Dieu le fera.

Dans cette deuxième étude, après avoir constaté le grand écart entre la condition spirituelle du
peuple et les exigences de Dieu, et après avoir assisté à l’appel du prophète, en quelque sorte
comme un microcosme de l’expérience future du peuple, nous sommes prêts à entrer dans la
substance du message. Nous allons découvrir qu’on pourrait résumer le message essentiel du
prophète Ésaïe en deux volets : 1) « Moi, votre Dieu, le Dieu saint et souverain, j’accomplirai
mon œuvre de salut sur la terre » ; et 2) « Faites-moi confiance ». Nous retrouvons ce double
thème de souveraineté-confiance, avec toutes les implications qui en découlent, dans les 60
chapitres qui restent.

La confiance s’apprend. Pour que le peuple apprenne à faire confiance à son Dieu, il faut garder
une grande vision de tout ce qu’il est. Dans les chapitres 7 à 39, nous verrons comment il est
souverain sur les nations, sur sa promesse à la maison de David, sur les épreuves de son peuple,
et même sur la mort. Nous allons aussi rencontrer un autre personnage mystérieux, né d’une
vierge ou d’une jeune femme, qui semble posséder des qualités extraordinaires pour mener à
l’accomplissement le dessein de Dieu.

Dans les chapitres 40-66, nous verrons comment Dieu est souverain même sur la captivité
future de son peuple. Rien ne sera laissé au hasard. Le châtiment viendra au moment nécessaire,
et le retour dans le pays aussi. Même les décrets d’un roi païen sont sous la direction souveraine
de l’Éternel. Mais nous allons aussi rencontrer un personnage mystérieux, énigmatique, qui
sera fidèle au service de Dieu, mais qui paiera cette fidélité par des souffrances atroces, et
même de sa vie. Pourquoi ? Qu’espérait-il accomplir par cette souffrance ? Pourrait-il y avoir
un rapport avec la purification nécessaire du peuple, prévue dans la purification du prophète
Ésaïe ? Est-il possible qu’il y ait un lien entre ce personnage méprisé, et l’autre personnage
majestueux de la première partie du livre ?

Avant de plonger les regards dans les textes d’Ésaïe, je vous livre d’abord un petit plan du livre,
ultra-simplifié mais utile, inspiré par l’excellent commentaire de John Oswalt dans la série
New International Commentaries on the Old Testament. Oswalt a écrit l’article sur Ésaïe dans
le Dictionnaire de théologie biblique, et je vous le recommande vivement, pour votre étude
future.

Chapitres

1à5 Israël, serviteur de l’Éternel : son état actuel, son état futur

6 Ésaïe : un appel à devenir serviteur

7 à 39 Les tests du serviteur


7 à 12 : L’épreuve d’Ahaz : Confiance en l’Éternel ?
13 à 35 : Révision : L’Éternel est-il digne de confiance ?
36 à 39 : L’épreuve d’Ézéchias : Confiance en l’Éternel ?

40 à 48 Qui est ce Dieu que nous sommes appelés à servir ?

49 à 55 Qui nous rendra purs pour servir l’Éternel ?

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A la découvte de l’Ancien Testament 56 à 66 Comment servirons-nous l’Éternel ?

Je vous demande de vous arrêter ici, et de lire maintenant, l’« Introduction au livre d’Ésaïe »
de Sylvain Romerowski dans la Bible d’étude du Semeur, reproduite pour le cours. Annotez-la,
et puis revenez ici pour prendre la suite.

*****

Je vous ai demandé de faire cette lecture préalablement pour deux raisons. D’abord, parce que
le contexte historique que nous allons voir dans un instant, au chapitre 7, est bien expliqué
au début de cette introduction, et je voulais que cela soit bien frais dans votre esprit.

Deuxièmement, je voulais dire deux mots sur cette question importante de « l’unité du livre ».
De quoi s’agit-il, et est-ce une question importante ?

L’unité du livre

Nous n’avons pas le temps dans ce cours d’examiner cette théorie en détail et de présenter les
arguments pour et contre. M. Romerowski le fait très bien dans cette section de son article.
Pour ceux qui s’y intéressent, Gleason Archer, dans son Introduction à l’Ancien Testament
(1991, Éditions Emmaüs) y consacre plus de 24 pages !

En résumé, un très grand nombre de spécialistes bibliques, généralement de tendance libérale,


surtout depuis la fin du XVIIIe siècle, considèrent que les chapitres 40 à 66 du livre ne
peuvent pas venir de la plume d’Ésaïe au VIIIe siècle av. J.-C. Quelqu’un d’autre, au moins
deux siècles plus tard, aurait écrit ces chapitres. On l’appelle couramment « Deutéro-Ésaïe ».
Certains ont même vu un « Trito-Ésaïe » pour les derniers chapitres du livre.

J’aborde la question avec vous tout simplement parce que vous allez rencontrer cette idée, un
peu partout, en dehors des cercles les plus conservateurs et/ou évangéliques. C’est aussi vrai
pour les ouvrages d’érudition (Bibles d’étude protestantes et catholiques, commentaires) que
pour les livres populaires, même pour les jeunes et les enfants. Par exemple, dans la dernière
édition (2010) de la TOB, nous lisons dans l’introduction :

Sous le nom d’Ésaïe se trouve réuni un ensemble de 66 chapitres qui ne sont pas tous de
la même époque... Pendant longtemps, on a défendu l’unité d’auteur en supposant que le
prophète du VIIIe siècle pouvait avoir vu et annoncé ce qui arriverait trois siècles plus tard...
Cette position est aujourd’hui abandonnée par beaucoup, car il est évident qu’avec le chapitre
40 commence un nouvel écrit qui nous situe dans le contexte de l’exil à Babylone et qui fait
mention explicite du roi des Mèdes et des Perses, Cyrus. (p. 473).

Ce qui gêne les critiques, c’est l’idée que le prophète Ésaïe dans les années 700 aurait pu
prévoir l’exil et même expliciter un futur roi, Cyrus (44.28 ; 45.1), qui sera l’instrument de
la délivrance pour le retour du peuple après l’exil. Prévoir de tels détails, selon ces gens, c’est
impossible. Donc, cette partie du livre doit venir, obligatoirement, de l’époque de l’exil et de
Cyrus, dans les années 500. C’est logique, n’est-ce pas ?

Est-ce vraiment un débat important ? A mon avis, oui, oui et encore oui. Lisez les textes
suivants, qui sont tous les trois de la plume du soi-disant « Deutéro-Ésaïe », écrits, selon eux,
pendant l’exil :

© IBG 2012-2016. Tous droits réservés. Les prophètes : leçon 2 2


A la découvte de l’Ancien Testament Présentez votre cause, dit l’Éternel ; produisez vos preuves, dit le roi de Jacob. Qu’ils les
produisent. Et qu’ils nous annoncent ce qui doit arriver. Les événements du début, déclarez-
nous ce qu’ils ont été, et nous y prêterons attention pour en connaître la suite ; ou bien, faites-
nous entendre l’avenir. Annoncez les événements derniers, et nous saurons que vous êtes des
dieux ; faites seulement quelque chose de bien ou de mal, pour que nous ouvrions les yeux et
qu’ensemble nous le voyions. (41.21-23)

Souvenez-vous des premiers événements ; car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, je suis
Dieu, et rien n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement (ce qui vient par) la suite
et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli. Je dis : Mon projet tiendra bon, et
j’exécuterai tout ce que je désire. J’appelle de l’orient un oiseau de proie, d’une terre lointaine
l’homme qui accomplira mes projets, ce que j’ai dit, je le fais arriver ; ce que j’ai conçu, je
l’exécute. (46.9-11)

Sachant que tu es dur, que ton cou est une barre de fer, et que tu as un front de bronze, je t’ai
annoncé dès longtemps (ces événements), je te les ai fait entendre avant qu’ils arrivent, afin
que tu ne dises pas : C’est mon idole qui les a faits, c’est ma statue ou mon image de métal
fondu qui les a ordonnés. (48.4-5)

L’argument de l’Éternel dans ces textes s’appuie justement sur sa capacité de prévoir et de
déterminer l’avenir, chose impossible pour les idoles. Dieu dit à son peuple, qui se trouvera
un jour en exil, « J’ai annoncé, longtemps d’avance, les événements que vous vivez, pour que
vous sachiez que je suis le seul vrai Dieu ».

Or, si la thèse libérale est vraie, Dieu n’a rien prévu du tout, il n’a rien annoncé du tout, et
l’argument est bidon, fabriqué de chimères dans l’imagination d’un « prophète » anonyme
qui, lui, se retrouverait en exil, mais qui voudrait écrire pour encourager ses compatriotes.
Et si les soi-disant « prophéties » de l’exil, de Cyrus et du retour ne sont pas vraiment des «
prophéties », alors que faut-il croire sur les « prophéties » du Messie à venir, des siècles même
après « Deutéro-Ésaïe » ? (Certain de ces spécialistes ont « l’honnêteté » de rester conséquents
; ils prétendent que les « accomplissements des prophéties » que nous lisons dans les évangiles,
ne sont pas vrais, mais qu’ils sont plutôt la production des premiers chrétiens, qui fabriquaient
ces histoires pour faire croire que c’étaient des « accomplissements ». Voyez-vous, ça va loin!)

Cette thèse si répandue depuis longtemps, commence aujourd’hui à perdre un petit peu de
son influence. Mais attention : ne soyez pas surpris quand vous la rencontrerez.

L’épreuve d’Ahaz, roi de Juda, chs 7 à 12

Revenons maintenant à l’essentiel du livre, la relation de foi, de confiance qui existe ou qui
devrait exister entre le peuple et son Dieu. Nous commencerons par le roi Ahaz (ou Achaz
dans certaines Bibles, avec un « ch » allemand, comme « Bach »), petit fils du roi Ozias (6.1).
Ahaz est donc de la maison royale, un descendant de David. Mais hélas, pour un descendant
de David, il ne fait que refléter – et peut-être contribuer à – la dégradation spirituelle de son
époque. Lisez, par exemple, 2 R 16.1-4 pour faire sa connaissance, et mettez-y un signet ;
nous y reviendrons.

L’histoire des trois souris et du chat


Lisez 7.1-25

La situation politique est un peu complexe, et il vous sera utile d’avoir une carte sous les yeux
ici. Nous sommes vers l’année 735 av. J.-C. La super-puissance de cette période est l’Assyrie,
avec sa capitale, Ninive (sans doute, une nouvelle génération qui a oublié la prédication de
Jonas).

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A la découvte de l’Ancien Testament Les Assyriens ont une politique d’expansion et mettent une pression militaire sur les deux
nations au nord de Juda, c’est-à-dire, sur Israël, aussi appelé Éphraïm, avec sa capitale Samarie,
et sur la Syrie, avec sa capitale Damas (ne confondez pas « l’Assyrie » et « la Syrie » ; c’est
difficile lorsqu’on présente ce matériel oralement).

Pour se protéger contre les Assyriens redoutables, la Syrie et Israël se liguent pour résister.
Et ils voulaient obliger le royaume de Juda, au sud, « derrière » eux, à se joindre à eux.
Apparemment, Ahaz ne l’a pas voulu, et les deux autres rois ont envahi Juda dans le but de
remplacer Ahaz – et la dynastie davidique – par un roi fantoche inconnu (voir Ésa 7.4-5).
C’est à ce moment que se situe le texte que nous voulons voir.

• Quel en est l’enjeu ici ? Quelles seraient les conséquences pour le dessein de Dieu dans le
monde si la maison de David disparaissait ?

• Quelle est la première réaction du roi Ahaz au v2 ?

• Comment voyez-vous l’omniscience et la protection divines déjà à l’oeuvre au v3 ?

• Le nom du fils d’Ésaïe veut dire « un reste reviendra ». Le voyez-vous comme une promesse,
ou un avertissement, ou les deux ?

• Notez bien l’endroit exact de l’action du v3. Vous verrez que c’est un détail important.
Ahaz est ici dans « la salle d’examens » !

• Quelle est l’exhortation donnée à Ahaz par le prophète Ésaïe aux vv4-9 ? (La fin du v9
joue sur le mot hébreu « a’men », être ferme, utilisé deux fois ; comparez les traductions.)

• Aux vv10-11, Ahaz reçoit une invitation incroyable de la part de son Dieu, pour consolider
et affermir sa confiance. Á votre avis, pourquoi Dieu lui fait-il cette offre ?

• Que pensez-vous de sa réponse au v12 ? Est-ce vraiment de la piété et de l’humilité (il cite
De 6.16, comme Jésus a fait contre le diable) ?

• Lisez l’arrière-plan de ce texte en 2 R 16.5-16. Maintenant, comprenez-vous le refus


d’Ahaz en Esa 7.12 ?

Le contexte historique montre clairement qu’Ahaz avait déjà choisi de placer sa confiance, sa
loyauté, sa fidélité, et son adoration ailleurs qu’en Dieu. Et sa décision aura des conséquences
profondes sur son pays. C’est un peu comme une souris (Ahaz), menacée par deux autres
souris (Israël et la Syrie), et qui va demander au chat (l’Assyrie) de la protéger contre les deux
autres souris. Qui sera le gagnant dans cette affaire ?

Le prophète Ésaïe ne se méprend pas sur les intentions d’Ahaz, ce qui explique sa réaction au
v13. Et c’est dans ce contexte que nous trouvons la prophétie du v14, bien chère à nos cultes
de Noël, car le verset est présenté comme accompli dans l’évangile de Luc et explicitement cité
en Mt 1.22-23. Mais comment faut-il le comprendre dans le contexte d’Ésaïe 7 ?

Il est clair qu’Ahaz craint pour lui-même et pour son règne. Le souci de Dieu est plus large,
car au v2 et au v13, Dieu s’adresse à « la maison de David », donc dans un sens, à la dynastie.
Dieu maintiendra sa promesse à David, malgré Ahaz, l’infidèle représentant de la lignée de
David. Dieu promet un signe, un enfant, mais qui naîtra d’une « ‘alma », traduit comme
« vierge », « jeune femme », et « jeune fille ». La Septante (traduction grecque de l’Ancien
Testament » l’a traduit par « parthenos », « vierge », tout comme Matthieu dans le NT. Le mot
veut dire « une jeune fille non mariée » et présuppose sa virginité. Henri Blocher traduit « une
vraie jeune fille ». Mais qui est cette fille, et qui est cet enfant ?

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A la découvte de l’Ancien Testament Ici, même à l’intérieur de la tradition évangélique, il y a deux courants d’interprétation.
Le premier voit un double accomplissement, d’abord à l’époque d’Ahaz, et un futur
accomplissement en Jésus. Dans un premier temps, la jeune fille serait peut-être la femme
d’Ahaz, et l’enfant le futur roi Ézéchias. Mais si on fait le calcul, Ézéchias est déjà né en 735,
et il a au moins cinq ans. Ou peut-être la jeune fille serait la femme d’Ésaïe, et l’enfant un
signe comme son autre fils Chear-Yachoub (v3, voir 8.3). Mais le ministère futur de cet «
Emmanuel » (voir 8.8, et probablement le même en 9.5-6) semble mal cadrer avec un fils du
prophète. Ou est-ce quelqu’un d’autre de l’époque ? Ce n’est pas impossible, mais c’est très
difficile à déterminer.

Dans le deuxième courant d’interprétation, on vise un accomplissement unique, celui du


Messie, Fils de David. Henri Blocher1 penche pour cette interprétation traditionnelle, qui voit
ici la prophétie d’un enfant, Emmanuel, qui naîtra bel et bien d’une « vraie jeune fille », d’une
vierge de la maison de David (voir Lu 1.26-32). Les vv15-16 peuvent s’interpréter de plusieurs
manières, et n’excluent pas cette hypothèse. J’avoue que M. Blocher m’a convaincu.

Mais dans les deux cas, Dieu promet que son dessein se maintiendra, et que ces deux rois
n’arriveront pas à bouleverser la maison de David et le plan de Dieu pour le monde. Ahaz
a échoué son épreuve de confiance : 0/20, échec total. Pire, aux vv17-20, nous voyons bien
que c’est le chat qui gagnera. « Tu voulais ‘louer’ les Assyriens pour venir t’aider ? Alors, tu les
auras, et tu le paieras très cher. » Dans les chapitres suivants, le peuple de Dieu sera obligé de
« faire ses révisions ».

Parcourez rapidement les chapitres 8 à 12

L’alliance Israël-Syrie ne résistera pas aux Assyriens (8.4), qui déborderont dans le pays de ce
futur enfant promis, Emmanuel (8.7-8). Le roi et le peuple ont négligé, méprisé, la Parole
de Dieu (8.19-20), et en conséquence, le pays sera plongé dans les ténèbres spirituelles
(8.21- 22). Mais …

• Au v23 [9.1 dans certaines Bibles], quel changement voyez-vous se dessiner à l’horizon ?
Et plus particulièrement, d’où vient ce changement ? (Cherchez sur une carte où se
trouvent les territoires de Zabulon et de Nephthali.) Comment la « gloire » peut-elle
venir de ces régions-là ?

• La dernière ligne en hébreu se lit : « galil ha-goyim », c’est-à-dire, « la circonscription des


nations ». « Galil » a donné plus tard le nom à cette région: la Galilée. Quel sera l’effet de
cette « gloire », selon le verset suivant (9.1, ou 9.2 pour certains) ? Mettez un signet ici,
et lisez Mt 4.12-16. Qu’en pensez-vous ?

Prenez quelques minutes pour méditer 9.5-6 (9.6-7 pour certains). Je vous invite même à
prendre une pause et à écouter ce texte, mis en musique par Haendel dans Le Messie : (8). En
plus de la musique de Haendel, vous devez y entendre des sons de cloche % dans tous les sens,
remontant dans le passé à la grande promesse faite à David (2 S 7.11, 14, 16) et s’étendant
dans l’avenir, à l’annonce de Gabriel à Marie (Lu 1.31-33).

A noter dans ce texte que la plupart des traductions, suivant le texte hébreu, y voient quatre
double-noms, et non pas cinq noms : « Admirable-Conseiller, Dieu puissant, Père éternel,
Prince de la Paix ».

Le zèle de Dieu fera qu’un jour cet enfant, ce fils de la maison de David, hyper-qualifié,
exercera une souveraineté absolue, pour toujours. Qui est-il ? On ne le sait pas encore … mais
on verra bien.

1 La Bible au microscope, Volume 1, Édifac, 2006, pp. 223-241 ; publié en trois parties dans Théologie évangélique 2, 2003/1-
3.

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A la découvte de l’Ancien Testament Notez, en traversant ce paysage, ce petit aperçu au chapitre 10 sur la souveraineté de Dieu :

• Selon 10.5-7 et vv13-14 comment les Assyriens voyaient-ils leurs conquêtes ? Mais
comment Dieu considérait-il les Assyriens au v5 et au v15 ?

• Les Assyriens agissaient librement selon leurs desseins destructifs. Mais derrière ces
desseins, Dieu agissait souverainement pour accomplir sa volonté. Comment est-ce
possible ? Car il nous semble que c’est l’un ou l’autre : la responsabilité des hommes ou la
souveraineté de Dieu. Mais ce chapitre, et bien d’autres dans la Bible, maintiennent les
deux vérités à la fois.

• Comment cette confiance dans notre Dieu souverain devrait-elle réconforter le peuple
de Dieu ? Avons-nous besoin d’apprendre à appliquer cette même vérité dans notre vie
devant Dieu ?

Arrêtez-vous un peu sur « l’aire de repos », 11.1-10

Nous avons déjà rencontré l’idée du « reste » en 1.9 et du « germe » en 4.2. Ajoutons maintenant
un troisième mot du même genre, ici au v1 : « rameau » et « rejeton ». Pourquoi un « rameau »
et pourquoi du « tronc d’Isaï » (le père de David (1 S 16.1) ? Nous avons ici l’idée de quelque
chose de tout petit, humble, presque négligeable, mais qui aura un impact incroyable, un rôle
central à jouer dans le dessein de Dieu.

• Entendez-vous les cloches % avec cette référence à Isaï ? C’est l’alliance davidique qui
sera soulignée dans les versets suivants, avec l’arrivée d’un personnage mystérieux mais ô
combien compétent !

• Prenez une petite pause sur cette aire, et, en lisant la suite du texte, écoutez un des
plus beaux et des plus vieux chants de l’Avent, basé sur le v1. Il est d’origine allemande
(premier lien) ; mais il est bien connu en français (paroles légèrement différentes dans A
Toi la Gloire) > allemand (8) / français (8) / anglais (8)

• Aux vv6-8, ce changement dans le monde naturel évoque-t-il des sons de cloches % (voir
Ge 3.17 et Ge 9.2, et le commentaire de Paul en Ro 8.20-22) ?

• Entendez-vous aussi des sons de cloches % au v9, quant à l’intention de Dieu pour ce
monde (voir Ge 1.27-28 et No 14.21, ainsi que Ésa 6.3) ? Quel lien voyez-vous entre
cette vision glorieuse et le petit « rameau » du v1 ?

• Les cloches %%% du v10 nous assourdissent! Regardez encore cette « Racine d’Isaï »,
une bannière pour « les peuples » et « les nations » (entendez-vous Ge 12.3 ?), comme
cette force « centripète » d’Ésa 2.2-3. De plus, la dernière ligne, « son emplacement sera
glorieux » dans la Colombe, se lit en hébreu : « Son repos sera gloire » %%% !

• Croyez-vous qu’il y ait un lien entre ce personnage, ce « rameau/racine » et le «fils » qui


nous est donné en 9.5, et même avec l’« enfant » Emmanuel en 7.14 ? Comprenez-vous
pourquoi les Juifs ont vu, surtout dans ce texte d’Ésaïe 11, une image du Messie et des
temps messianiques ?

• (Si vous êtes de ceux qui trichent pour savoir la fin d’un roman, allez regarder Ap
22.16.)

Enfin, après avoir vu l’échec spirituel dans la vie d’Ahaz, et après avoir vu comment Dieu avait
toujours la situation bien en main, en quoi le petit psaume au chapitre 12 serait-il un bon
résumé des leçons à apprendre pour le peuple … et pour nous ?

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A la découvte de l’Ancien Testament Entendez-vous un petit écho (%) de la promesse tripartite, en 12.6 ? Ah, si seulement ce
peuple pouvait saisir les privilèges de sa vocation ! Mais n’avons-nous pas le même problème ?
Nous aussi, trop souvent, nous devons « faire nos révisions ».

L’Éternel est-il vraiment digne de confiance ? Regardez les alternatives !


Parcourir rapidement Ésaïe 13 à 35, en diagonale

Après avoir gravement échoué à un examen, il n’y a qu’une chose à faire. Réviser. Revoir toute
la matière et retourner le sujet dans notre tête sous tous les angles, jusqu’à ce que cela devienne
limpide. Cette partie du livre sert, en suivant notre image, de matière à réviser.

Les chapitres 13 à 35 passent en revue toutes les nations environnantes, et le jugement de


Dieu tombera sur chacune. Ahaz, et les rois avant et après lui, étaient toujours tentés de se
confier plutôt dans ce qu’on voit, qu’on peut quantifier, ou mesurer, plutôt qu’en leur Dieu.
Et ceci malgré les invitations divines inlassables à se confier en l’Éternel.

Feuilletez ces chapitres et vous verrez à quel point le Dieu d’Israël exerce son rôle comme
Le Souverain de l’univers. Il est au courant de tout ce qui se passe chez les différents peuples,
et tous passeront devant lui pour le jugement, tôt ou tard, selon sa volonté suprême. De plus,
notre Dieu n’est pas impressionné par les « qualités » de ces nations, les points forts de chacune,
qui impressionnent tellement les autres pays et qui font la réputation de chaque peuple. Que
cela soit leur gloire ou leur force militaire (Assyrie ou Babylone), leur réputation relative à la
sagesse humaine (Égypte), leurs richesses commerciales (Tyr et Sidon), leur influence politique
(Éthiopie), ou même leur héritage religieux privilégié (Israël et Juda), tout, absolument tout,
passera en jugement devant Dieu.

Or, si tel est le cas, pourquoi se confier dans un être humain (rappelez-vous 2.22) ? Pourquoi
chercher des alliances auprès des autres (30.1-5) ? Pourquoi se fier à la force militaire (31.1),
tout en négligeant le Saint d’Israël ?

C’est dans ce contexte que nous allons trouver aussi des textes qui parlent d’un jugement
universel et cosmique, voire même « eschatologique », c’est-à-dire, qui concerne les choses de
la fin des temps. Ceci est un sujet relativement nouveau dans l’Ancien Testament. Cette partie
du livre contient deux groupements de chapitres, ce qu’on appelle « la grande apocalypse
d’Ésaïe » aux chapitres 24 à 27, et « la petite apocalypse » au chapitres 34 et 35. Ici nous
voyons que la terre entière a été « profanée » (24.5) par ses habitants. On pourrait aussi
traduire par « polluée » (oui, il y a une pollution bien pire que les émissions des produits
chimiques et le CO2). Á partir de 24.21, ce jugement prend un caractère cosmique, touchant
les astres et les puissances célestes qui y sont identifiés dans les religions païennes.

Oui, le Dieu d’Israël est entièrement souverain sur sa création, comme le déclare le prophète
dans son psaume au chapitre 25. Là il déclare, dans un texte bouleversant (25.8) qu’un jour,
Dieu va définitivement anéantir la mort ! (Ce texte sera repris dans Ap 21.1-4).

Juste pour notre cours, pouvons-nous tirer l’essentiel de cette partie du livre ? Bien sûr, cela
vaudra bien la peine de lire ces chapitres lentement, « dans la spirale », avec une bonne Bible à
références ou quelques commentaires. Mais où le prophète en voulait-il venir ? Quelle réponse
visait-il dans le cœur de ses auditeurs ?

Je crois que nous pouvons résumer son objectif dans les versets suivants :

En ce jour l’on dira : Voici notre Dieu, c’est en lui que nous avons espéré et c’est lui qui nous a
sauvés ; c’est l’Éternel, en qui nous avons espéré ; soyons dans l’allégresse, et réjouissons-nous
de son salut ! (25.9)

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A la découvte de l’Ancien Testament A celui qui est ferme dans ses dispositions, tu assures la paix, la paix, parce qu’il se
confie en toi. Confiez-vous en l’Éternel pour toujours, car l’Éternel, l’Éternel est le
rocher des siècles. (26.3-4)

Fortifiez les mains languissantes et affermissez les genoux qui chancellent. Dites à
ceux dont le cœur palpite : Fortifiez-vous, soyez sans crainte ; voici votre Dieu, la
vengeance viendra, la rétribution de Dieu ; il viendra lui-même et vous sauvera.
(35.3-4)

Voyez-vous le thème de la confiance ? Et avant de pousser plus loin dans notre étude, arrêtons-
nous quelques instants pour réfléchir sur ce thème. Pourquoi notre Dieu a-t-il autant de
joie à voir son peuple se confier en lui ? Croyez-vous que ce soit toujours vrai, pour nous
aujourd’hui ? Y a-t-il des domaines de ma vie, de la vôtre, où notre Père nous invite ici et
maintenant à lui faire confiance ?

La maison de David, sous Ahaz, a échoué. Il est temps de repasser l’examen.

Lisez Ésaïe 36 et 37

Nous sommes maintenant en l’an 701 av. J.-C., et le fils d’Ahaz, Ézéchias, est sur le trône. Si
vous connaissez ce nom, vous savez qu’il s’agit d’un roi exceptionnel, non pas sans faille, mais
humble et fidèle dans l’ensemble. Ézéchias ici et Josias plus tard, à l’époque de Jérémie, seront
les deux grandes lumières dans la maison de David.

Mais les temps sont difficiles, et le gros chat assyrien rôde toujours, cherchant qui dévorer. Le
royaume du nord, Israël (appelé aussi Éphraïm) a disparu, il y a plus de 20 ans, vers 722-721.
Les deux souris que craignait le roi Ahaz ont été achevées par le chat, selon la Parole de Dieu
donnée par Ésaïe à l’époque. Mais les Assyriens avec leur nouveau roi Sennachérib (« ch »
allemand), après n’avoir fait qu’une bouchée des autres pays, ont fixé les yeux sur Jérusalem.

• Le rouleau compresseur assyrien traverse le pays de Juda et arrive aux portes de Jérusalem.
Lisez 36.1-2 et écoutez bien le son de cloche %. L’entendez-vous ? Où se passe cette
nouvelle épreuve de la foi (voir 7.3) ? Ce petit détail donné par Ésaïe nous montre
qu’effectivement, il voit cette situation comme une sorte d’« examen de rattrapage ». La
maison de David a-t-elle appris la confiance ?

• En quel sens cette épreuve est-elle encore plus sévère que celle de son père (voir 36.1- 7, 20,
pour voir l’affront assyrien) ?

• Comment Ézéchias gère-t-il cette crise, selon 37.1-20 ? Qu’a fait le Seigneur en
37.33- 38 ?

Cette histoire de la foi et de la confiance d’Ézéchias est racontée trois fois dans la Bible : ici,
en 2 R 18-19, et en 2 Ch 32. Dans ce dernier texte, nous pouvons comprendre la foi de ce
roi et pourquoi Dieu a pris plaisir en lui :

Il [Ézéchias] les exhorta en ces termes : « Fortifiez-vous et prenez courage ! Soyez sans crainte
et sans effroi devant le roi d’Assyrie et devant toute la multitude qui est avec lui ; car avec vous
il y a plus qu’avec lui : avec lui il y a un bras de chair, et avec nous l’Éternel, notre Dieu, qui
nous aidera et qui soutiendra nos combats. » Le peuple s’appuya sur les paroles d’Ézéchias, roi
de Juda. (2 Ch 32.6b-8)

Oui, Ézéchias a réussi son examen. Mais il est un homme, descendant d’Adam, tout comme
son ancêtre David. Lisez rapidement les chapitres 38 & 39.

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A la découvte de l’Ancien Testament Notez que ces chapitres sont déplacés chronologiquement, par rapport aux chapitres 36 & 37 ;
38.6 se passe avant les événements de la fin du chapitre 37. Pourquoi ? Beaucoup pensent que
c’est voulu dans la structure du livre. En effet, les chapitres 36 & 37 concluent l’histoire de
la confiance, entamée au chapitre 7, tandis que les chapitres 38 & 39 nous orientent vers la
nouvelle menace future, les Babyloniens, chez qui le royaume de Juda s’en ira en exil, prévu
dans les chapitres 40 à 66.

Ézéchias, par son orgueil (39.2) et son attitude égoïste et insouciante (vv7-8), montre sa
faiblesse, un homme aux pieds d’argile, comme nous tous. Bien sûr, il n’est pas lui-même
personnellement responsable de toute la captivité future à Babylone (v6). Le peuple, depuis
toujours, s’obstine à s’égarer loin de son Dieu. Mais si les meilleurs, comme Ézéchias,
n’arrivent pas toujours à se maintenir dans la foi et dans la confiance, qui peut être sauvé ?
Heureusement, « le salut vient de l’Éternel ! »

Le livre de consolation
&
Le Serviteur de l’Éternel
(Ésaïe 40 à 66)

N’oubliez pas la vocation du peuple : Dieu voulait créer un peuple d’adorateurs, de serviteurs
fidèles, qui devait exprimer la gloire de Dieu au monde entier, en vivant avec son Dieu dans la
confiance totale. Dieu voulait que le monde voie la réalité concrète de la promesse tripartite :
Je serai votre Dieu, vous serez mon peuple, et j’habiterai au milieu de vous.

Mais jusqu’ici dans l’histoire du peuple, et dans le livre d’Ésaïe, nous sommes bien loin de cette
réalité. Le problème de fond persiste : le péché, le cœur mauvais de l’homme, la rébellion. S’il
y a eu quelques petits rayons lumineux d’obéissance et de bénédiction, dans l’ensemble, on
voit venir plutôt l’orage de la malédiction, de la destruction, de l’exil. L’horizon est sombre.

Et la question se pose : que faire ? La réponse, d’une certaine manière, est « Repentez-vous,
humiliez-vous, reconnaissez votre tort et revenez ! » « Malheur à moi ! » s’exclamait le prophète
lui-même lors de son appel. Mais ce peuple semble bien trop récalcitrant. En fait, la réponse la
plus véridique est : « Vous ne pouvez rien faire ! » Si salut il y a pour ce peuple, il ne peut venir
de sa propre initiative. Encore une fois : le salut vient de l’Éternel ; c’est lui qui sauve.

Cette deuxième grande partie du livre se situe bel et bien dans la perspective de l’exil. Les
critiques libéraux croient, comme nous l’avons vu, que cette partie du livre est de la main d’un
auteur inconnu, « Deutéro-(ou Second) Ésaïe » qui vit l’exil du VIe siècle. Mais il n’y a aucune
raison de ne pas accepter ce texte tel quel, de la plume d’Ésaïe au VIIIe siècle, au moins un
siècle et demi avant l’exil. Même au niveau textuel, aucun manuscrit hébreu ne sépare les
parties du livre. Dans les manuscrits de la Mer Morte (que vous avez vus dans la vidéo de
la Leçon 1), le texte du chapitre 39 du grand rouleau d’Ésaïe descend presque à la fin d’une
colonne, et Ésaïe 40 commence à la ligne suivante en bas, et continue en haut sur la colonne
suivante. Aucune rupture, aucune séparation.

Dieu avait très bien fait d’annoncer cette captivité si longtemps à l’avance. En effet, l’exil
comme conséquence de la désobéissance du peuple était déjà annoncée dans la Torah (par
exemple, Lé 26.33, De 28.36). Mais le message de cette partie du livre d’Ésaïe est plutôt celui
de la consolation, d’où le titre et les sous-titres dans presque toutes les Bibles.
Après tout, regardez les premiers versets de cette partie, 40.1-2, et puis comparez 66.13-14,
dans le dernier chapitre. Votre conclusion ?

Notre Dieu a très bien fait de préparer son peuple à cette grande épreuve de la destruction de

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A la découvte de l’Ancien Testament son pays et la captivité. Il a bien dosé les accusations et le jugement, ainsi que les promesses
pour redonner l’espoir.

Imaginez les Israélites, presque deux siècles après Ésaïe, à Babylone, avec leurs enfants, soumis
à cette puissance étrangère, loin de leur héritage promis. Ils sont en droit de se demander si
Dieu n’en avait peut-être pas fini avec eux pour toujours, ou si le dessein de Dieu pour le
monde a dû être abandonné. Si le temple et le Lieu Saint sont détruits, comment serait-il
possible de revenir à Dieu ? Comment Dieu pourrait-il pardonner et purifier un tel peuple
avec un cœur aussi dur ?

Imaginez maintenant l’effet sur le peuple, en lisant la vieille prophétie d’Ésaïe, écrite (de
leur point de vue) si longtemps auparavant. « Consolez, consolez mon peuple, dit votre
Dieu. » Avez-vous remarqué les possessifs et les expressions ici ? % « Mon peuple … votre
Dieu ». Non, la promesse tripartite n’est pas du tout abrogée. Au contraire, c’est dans cette
partie du livre que nous allons voir un grand développement de cette promesse, l’expression
incalculable de l’amour et de la grâce de Dieu. Nous trouverons des promesses parmi les plus
sublimes de l’Écriture. Et nous verrons jusqu’à quel point Dieu est prêt à aller pour sauver son
peuple. Personne n’aurait pu inventer ou imaginer ce que nous lirons dans ces pages. Quelle
consolation en effet, et quelle joie, pour le peuple de Dieu. Accrochez-vous !

Un paysage semé de pépites d’or

Il nous faudrait une bonne année de cours IBG Online, trois trimestres au moins, juste
pour commencer à creuser ce livre. Contentons-nous pour l’instant de voir rapidement deux
choses : 1) quelques textes remarquables, que nous voulons poser comme des jalons, en vue
de votre étude future dans la spirale, et 2) les textes sur cet autre personnage mystérieux, le
Serviteur de l’Éternel.

• Le chapitre 40 s’ouvre (vv1-5) par ce texte bien connu, par Le Messie de Haendel, et cet
appel à préparer le chemin pour « votre Dieu » qui viendra en personne chercher son
peuple. On le verra dans sa gloire !

• Le v3, promesse de réconfort pour le peuple exilé, prévoit aussi l’arrivée de Jean-Baptiste,
dans tous les évangiles. Ce n’est pas sans raison que l’évangile de Jean parle de la « gloire »
de la Parole (Jn 1.14 ; voir ici 40.5).

• Ce même texte (40.6-11) présente un double contraste : d’abord entre la fragilité


éphémère de l’homme et la parole éternelle de Dieu (voir Mt 24.35) ; et ensuite, plus
surprenant, entre la grande puissance, dominatrice, de notre Dieu, et son caractère doux,
le Berger qui porte des agneaux dans son sein (voir Jn 10.11).

• La suite du chapitre 40.12-31 nous fait voyager dans l’espace, avec le recul de Google
Earth sur la petitesse de la Terre. C’est ce texte qui était lu dans le clip des Chariots de Feu.
Quelle consolation pour les croyants de tout âge de contempler la grandeur de Dieu !
Et ce qui est encore plus remarquable, c’est que ce grand Dieu s’intéresse intimement
à son peuple, v27 (notez encore le possessif ). Le v31 est depuis des siècles une source
d’encouragement pour les croyants fatigués.

Tout cela dans le premier chapitre de cette partie ! Nous n’arriverons jamais à la fin !

• En 41.8-10 notez l’accent sur le peuple comme « serviteur » (et, en passant, Abraham
comme « l’ami » de Dieu. Quelle promesse au v10 !

• Le texte de 43.1-7 souligne le soin pastoral, même l’amour paternel, de Dieu pour son
peuple. Notez au v7 dans quel but Dieu nous a créés (% avec Ge 1, n’est-ce pas ?).

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A la découvte de l’Ancien Testament • En 44.9-20, Ésaïe lance une diatribe violente contre l’idolâtrie. En effet, après la captivité,
les Juifs ne sont jamais retombés dans l’idolâtrie, au moins pas l’idolâtrie flagrante comme
ici. Hélas, il y en a d’autres formes, jusqu’à nos jours.

• Deux surprises à la fin de 44.28 et le verset suivant 45.1 : c’est ici que nous trouvons
le nom de Cyrus, annoncé presque deux siècles avant le Cyrus qui permettrait à Israël
de rentrer. Il se peut, selon certains spécialistes, que « Cyrus » soit un nom de dynastie,
comme « Pharaon », et pas forcément un nom personnel. Mais l’autre surprise, ce sont les
titres que Dieu lui donne : « Mon berger » et « son messie » ! À un roi païen ? Absolument.
Dieu va utiliser ce grand roi puissant, annoncé bien longtemps avant, pour accomplir
son dessein à l’égard de son peuple. (Imaginez un groupe de Juifs en exil à Babylone,
apprenant qu’on vient de changer de dynastie, et que le nouveau roi s’appelle « Cyrus ».
On les voit courir au rouleau d’Ésaïe.)

• Encore en Ésa 45 : le v9 est repris par Paul dans son discours sur l’élection en Ro 9.14ss ;
le v22 est celui par lequel le jeune Spurgeon s’est converti, un froid matin de janvier en
1850 ; et le v23, qui s’applique ici à Yahvé, est cité par Paul en Ph 2.10-11 pour parler de
Jésus (difficile à expliquer pour les Témoins de Jéhovah).

• Au chapitre 46, en contraste avec les pauvres Babyloniens qui doivent porter leurs dieux
(v1), notre Dieu porte lui-même son peuple (vv3-4), du sein maternel jusqu’à la vieillesse
(ah, ces versets-là deviennent de plus en plus précieux pour moi). Une idée similaire
reviendra en 49.14-16.

• Nous sautons quelques textes importants, mais nous y reviendrons sous peu. Mais en
54.4-10 nous avons un des passages les plus touchants de l’Ancien Testament. Et le v10
me donne envie de chanter... et vous ?

Maintenant, un des chapitres le plus souvent utilisé par des évangélistes pour leurs messages,
mais que nous devons tous connaître sur le bout du doigt, le chapitre 55.

• Que pensez-vous de cette invitation à acheter, sans argent ? Comment voyez-vous la grâce
de Dieu dans les vv1-2 ?

• Au v3 Dieu déclare que cette offre de salut est enracinée dans une alliance. Entendez-vous
des sons de cloche % ?

• Aux vv4-5 remarquez le rôle que Dieu a donné à la maison de David. Est-ce que cela vous
rappelle cette mission centripète %(voir Ésa 2.2-3 et même Ge 12.3) ?

• L’invitation est renouvelée au v6. Mais la suite établit comment l’homme doit chercher,
car il y a une manière de s’approcher de Dieu. Que demande Dieu au v7 ? Avec quelle
assurance ?

• Les vv8-9 sont très souvent utilisés pour souligner que les voies de Dieu sont
mystérieuses et insondables. Il y a des textes bibliques qui parlent de cette vérité,
comme Job 38-41 ou Ro 11.33-35. Mais ce texte d’Ésaïe est souvent utilisé à tort.
Notez bien qu’il commence par « car » et donne une explication. Explication de quoi
? Dieu explique pourquoi l’homme doit abandonner sa voie et ses pensées, au v7.

« Car » il y a en effet, un décalage énorme (voir le v9) entre les pensées et les voies de
Dieu d’un côté, et celles des hommes de l’autre. Pour chercher l’Éternel dans la sincérité,
l’homme est invité à abandonner ses voies et à recevoir la Parole de Dieu (vv10-11 ; voir
le commentaire de Pierre en 1 P 1.22- 25) et à aligner ses voies et ses pensées sur celles de
Dieu. Le résultat (55.12-13 donne encore envie de chanter, n’est-ce pas ? (8)

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A la découvte de l’Ancien Testament Le Serviteur de l’Éternel, et le point culminant de l’histoire

Il nous reste un sujet très, très important, dans notre étude du livre du prophète Ésaïe. Si
dans la première partie de son livre, il nous a présenté un enfant, un bébé, qui va grandir
pour régner un jour dans la puissance et la gloire, dans cette deuxième partie du livre, il nous
présente un autre personnage. Celui-ci est encore plus mystérieux. Et le rôle qu’il aura dans le
dessein de Dieu nous laisse ébahis.

Dans l’Église primitive il y avait beaucoup de titres, d’appellations, pour Jésus : le Fils de
l’homme (sa préférée pour lui-même), le Fils de Dieu, Rabbi, Maître, le Messie, le Christ,
Seigneur, et bien d’autres. Mais il y a un titre qui a tendance à passer un peu inaperçu pour
nous. Regardez les textes suivants :

Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus,
que vous avez livré et renié devant Pilate qui avait jugé bon de le relâcher. (Ac 3.13)

Vous êtes les fils des prophètes et de l’alliance que Dieu a traitée avec nos pères, en disant
à Abraham : Toutes les familles de la terre seront bénies en ta descendance. C’est à vous
premièrement que Dieu, après avoir suscité son serviteur, l’a envoyé pour vous bénir, en
détournant chacun de vous de ses iniquités. (Ac 3.25-26)

Car en vérité, contre ton saint serviteur Jésus, à qui tu as donné l’onction, Hérode et Ponce
Pilate se sont ligués, dans cette ville, avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire
tout ce que ta main et ton conseil avaient déterminé d’avance. Et maintenant, Seigneur, sois
attentif à leurs menaces, et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole en toute assurance :
étends ta main, pour qu’il se produise des guérisons, des signes et des prodiges, par le nom de
ton saint serviteur Jésus. (Ac 4.27-30)

Le voyez-vous ? Jésus, le Serviteur de l’Éternel. Ce titre vient directement du livre d’Ésaïe,


surtout de quatre textes qui sont appelés, dans la tradition judéo-chrétienne : « Les chants2
du Serviteur3 » . Nous ne pouvons par terminer notre survol d’Ésaïe sans nous arrêter un peu
sur ces trésors de notre foi.

L’identité du serviteur est facile pour nous, car nous vivons de l’autre côté de la croix. Mais
mettons nous à la place des Israélites à l’époque d’Ésaïe, ou même plus tard en l’exil, en
lisant ses écrits. La question est double : 1) Qui est ce serviteur ? et 2) Quel rapport entre ce
serviteur, et l’enfant/roi messianique au début du livre ? Car les deux personnages semblent
incompatibles, à tel point que certains Juifs attendaient deux « messies », deux personnages
distincts, avec deux ministères fort différents.

Quant à l’identité du serviteur, on a proposé : Moïse (Serviteur de l’Éternel). Ou peut-être Job


(« As-tu vu mon serviteur, Job ? »), ou un roi tel qu’Ézéchias ou Josias, ou Ésaïe lui-même ? Ou
peut-être Cyrus, appelé « mon berger » et « son messie (oint) » en 44.28 et 45.1 ?

Ou peut-être « le serviteur » est-il une idée collective pour « le peuple de Dieu », Israël ? Cela
semble assez plausible, par des textes tels que 41.8-9 ou 45.4. Oui, le peuple a été appelé
depuis son ancêtre Abraham à vivre comme un serviteur fidèle de son Dieu.

Mais le reste de l’Ancien Testament témoigne de sa faillite constante, et nous n’avons pas oublié
le « grand écart » dans les premiers chapitres même du prophète Ésaïe. Alors, le serviteur est-il

2 Je ne sais pas pourquoi, mais le nom « chant » remonte très loin ; il est vrai que les textes sont en vers.
3 Le meilleur petit commentaire que je connaisse sur ces textes est celui écrit par Henri Blocher en 1975. Bonne nouvelle :
le livre est toujours disponible. Mauvaise nouvelle : il n’existe qu’en anglais, Songs of the Servant, car M. Blocher donnait ces
conférences en anglais en Autriche en 1971.

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A la découvte de l’Ancien Testament Israël, ou quelqu’un d’autre ? Voyons.

Lisez le premier chant, 42.1-9

• Dieu parle ici du serviteur, à la troisième personne.

• Moïse, le serviteur de l’Éternel, a révélé la loi, la Torah, l’instruction, au peuple d’Israël.


Ici, le serviteur révélera le droit … mais à qui (vv1, 4) ? En quoi semble-t-il aller au-delà
du ministère de Moïse ?

• Que voyez-vous de surprenant dans le caractère de ce personnage important, aux vv2-3 ?


(Voir Mt 3.17 ; 17.5 ; Mt 12.15-21.)

• Attention dans la traduction du v6, car l’hébreu recèle des richesses :


o Semeur : je t’établirai pour conclure une alliance avec le peuple
o Colombe : je t’établis pour (faire) alliance avec le peuple
o Seg21 : je t’établirai pour que tu sois l’alliance du peuple
o NBS : je te préserve pour faire de toi l’alliance du peuple
o TOB : je t’ai destiné à être l’alliance du peuple
o Hébreu : « je te donne pour alliance »

• Autrement dit, le serviteur fait plus que Moïse. Car Moïse était le médiateur de l’ancienne
alliance ; il l’a conclue avec le peuple. Mais ici le serviteur sera lui-même l’alliance … c’est
très curieux, n’est-ce pas ?

Lisez le deuxième chant, 49.1-9 (certains pensent jusqu’au v13)

• Cette fois c’est le serviteur qui nous parle directement. Mais à qui s’adresse-t-il, au v1
? Juste à son propre peuple ? Pourquoi cette perspective si large (% Ge 12.3 encore) ?
Il semble que sa vie dès avant sa naissance avait été préparée pour la tâche qu’il aura à
accomplir.

• Premier paradoxe dans le chant : au v2, vous avez deux armes puissantes, redoutables
; mais comment sont-elles utilisées ? Pourquoi cette puissance cachée dans la faiblesse
apparente (un peu comme 42.3) ?

• Au v3, enfin, nous avons une déclaration claire sur son identité : le serviteur = Israël, la
parure, la splendeur de l’Éternel. Mais Israël était-il vraiment la splendeur, la gloire de son
Dieu ? Deuxième paradoxe.

• Au v4, troisième paradoxe : le serviteur, en contemplant les résultats de son ministère,


semble très découragé ; mais en même temps, il garde sa confiance en Dieu.

• Quatrième paradoxe, très grand, au v5. Car au v3 le texte dit que le serviteur est Israël.
Mais ici ? S’il est Israël, comment peut-il avoir comme mission de ramener Israël ?

• Au v6 la mission du Serviteur (mettons maintenant une majuscule) va prendre des


proportions universelles, car Dieu dit que c’est « trop peu » de n’avoir que les tribus de
Jacob. Si nous lisons littéralement l’hébreu de la fin du v6 : « Je te donne pour lumière
des nations, pour être mon salut, jusqu’aux extrémités de la terre ». (C’est ce verset qui
a été compris par le vieux Siméon dans le Temple, Lu 2.28-32 et appliqué même aux
missionnaires du Nouveau Testament en Ac 13.47.)

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A la découvte de l’Ancien Testament • Et puis au v7, encore un paradoxe : le Serviteur est présenté comme « méprisé », « qui
fait horreur », comme « esclave des dominateurs » ; et en même temps, des rois se lèvent
et les princes se prosternent devant lui. Très curieux. Les idées de faiblesse (v2) et de
découragement (v4) semblent aboutir ici à un rejet total du Serviteur. Mais un rejet qui
fermera la bouche des grands de ce monde ? Comment est-ce possible ?

Ici, une petite pause s’impose : Comment faut-il comprendre ce serviteur Israël, qui doit
ramener Israël ?

Dans son commentaire sur le livre d’Ésaïe, le commentateur luthérien Franz Delitzsch (1813-
1890) a évoqué l’image d’une pyramide. Commençons par le bas, et montons.

 
toutes les nations de la terre
les Samaritains Voir dans le livre
des Actes (p. ex. 1.8)
les Juifs
et jusqu’à nos jours
les 12
JC

le reste
La pyramide de
la famille de David Franz Delitzsch
Israël

l’humanité

Avant la chute, Dieu voulait que l’humanité entière vive comme ses enfants, « serviteurs »
fidèles de Dieu (dans le bon sens du mot). Après l’entrée du péché dans le monde, l’humanité
s’est détournée de Dieu. Alors, Dieu a appelé Abram et, par lui, la nation d’Israël, comme
serviteurs, pour que « toutes les nations de la terre » (Ge 12.3) puissent connaître Dieu. Mais,
hélas ! on connaît la suite… et le faisceau se rétrécit de plus en plus. Parmi tout Israël, Dieu
a choisi la tribu de Juda, puis la maison de David, pour faire avancer son plan. Mais « le reste
fidèle » continuait à se resserrer jusqu’au jour où Dieu lui-même a envoyé son Serviteur par
excellence, accomplir tout ce que les hommes ne pouvaient pas faire. Ce Serviteur incarne en
lui-même tout ce que le peuple d’Israël aurait dû être. Le Serviteur, Israël parfait, va ramener Israël
pécheur. Le voilà au point culminant du dessein de Dieu.

Mais, continuons à monter ; car le ministère du Serviteur continue à s’étendre, dans une
pyramide inversée. Jésus est, en fait, le chef d’une nouvelle humanité. Après sa mort et sa
résurrection, le nouveau peuple d’adorateurs se compose des 12 apôtres et de leurs proches.
Puis le message est annoncé aux Juifs, dont un grand nombre l’acceptent (3000 le jour de la
Pentecôte). Puis l’Évangile franchit les barrières de races et de cultures, vers les Samaritains,
et enfin vers les païens, pour atteindre les nations du monde, exactement comme Dieu l’avait
annoncé à Abraham en Ge 12.3.

Remarquez bien deux choses : 1) Le dessein originel de Dieu s’accomplira (voir Ap 7.9-10) ;
et 2) le tout est centré sur une personne, le Serviteur par excellence. C’est par lui seul que le

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A la découvte de l’Ancien Testament dessein de Dieu pour le monde s’accomplit.

Lisez le troisième chant, 50.4-11

• C’est le Serviteur qui nous parle directement encore cette fois. Curieusement, il se présente
ici comme un disciple, soumis et docile, à l’écoute de son Dieu (v4, voir Jn 8.28 et Hé
5.7-9).

• Le Serviteur souligne qu’il veut bien accomplir la volonté de l’Éternel et qu’il ne se retire
pas en arrière (v5). Mais pourquoi serait-il tenté même de se retirer en arrière ? On
comprend mieux lorsqu’on voit les souffrances qui l’attendent (v6).

• Malgré cette mission douloureuse devant lui, le Serviteur exprime sa confiance dans le
secours de l’Éternel (v7), ce qui lui permet d’exprimer sa détermination : « C’est pourquoi
j’ai rendu mon visage semblable à un roc ». Nous retrouverons quasiment cette même
expression dans l’évangile de Luc 9.51 : « Lorsqu’approchèrent les jours où il devait être
enlevé du monde, il prit la ferme résolution [il endurcit son visage] de se rendre à Jérusalem
».

• Déjà dans le deuxième chant, nous avons rencontré des indices de la souffrance : « En
vain... pour le vide... méprisé … qui fait horreur ». Ici dans le troisième chant, ce ministère
douloureux se précise (v6). Mais tout ceci n’est que précurseur du quatrième chant.

Lisez le quatrième chant, 52.13 à 53.12

• Bien sûr, ce texte est le plus connu des « Chants du Serviteur », un des textes les plus
puissants de l’Ancien Testament (voir Ac 8.30-35). Nous devrions presque enlever les
sandales de nos pieds en le lisant, car nous sommes devant un texte très saint, dans la
présence du cœur de Dieu pour le monde.

• Le passage semble commencer positivement en 52.13, car le Serviteur « prospérera ; il


montera, il s’élèvera ». Ces deux dernières expressions pourraient se traduire littéralement
: « il sera haut, il sera élevé » : « haut et élevé ». Cela vous rappelle-t-il un autre texte du
prophète Ésaïe % ? Voir 6.1, lors de l’appel d’Ésaïe, où il a vu le Seigneur sur un trône «
haut et élevé » ; voir aussi Jn 12.41.

• Mais tout de suite après (52.14-15), le côté négatif et douloureux revient, amplifié plus
que dans le deuxième et le troisième chants. Le v15 est parfois traduit avec une idée de
« joie » (Segond, NEG) ou de « stupéfaction » (Jérusalen, Français Courant) ; mais la
plupart des versions traduisent le verbe avec une idée de sacrifice :
o « il purifiera par l’aspersion beaucoup de nations » (Colombe) ;
o « il accomplira le rite de l’aspersion » (Semeur) ;
o « il purifiera beaucoup de nations » (Seg21) ;
o « il purifiera par l’aspersion une multitude de nations » (NBS).

• Ce quatrième chant nous situe bien dans un contexte de sacrifice d’expiation et de


purification. Á suivre...

• Entendez-vous des sons de cloche %% au début de 53.2, avec les mots « racine » et
« rejeton » (voir Ésa 4.2 ; 11.1, 10 etc.). Ce qui est remarquable ici, c’est que ces mots
établissent un lien direct entre les « deux » personnages : le Roi messianique de la première
partie du livre, et le Serviteur souffrant dans la deuxième ? Serait-ce possible que cela soit
la seule et même personne ??!!

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A la découvte de l’Ancien Testament • Haendel a bien travaillé les textes des vv4-5 : (8); c’est un bon fond musical pour
méditer ces versets.

• Quel contraste voyez-vous, p. ex. au v4, entre la cause supposée de ses souffrances et
la cause réelle ? C’est-à-dire, selon « nos » observations au v4, nous avons pensé qu’il
souffrait pour quelque chose qu’il méritait lui-même, frappé par Dieu pour quelque chose
qu’il aurait fait. Mais qu’en était-il de la réalité, à notre insu, selon les vv4-6 ? S’il souffrait
atrocement, c’était pour quoi et pour qui ?

• Dans les vv7-10 on assiste au spectacle tragique de la mort du Serviteur, et puis à son
ensevelissement.

• Le v10 est remarquable : les tout premiers mots vous choquent-t-ils ? Cela devrait nous
laisser bouche bée. Comment les comprenez-vous ? (Personnellement, je crois que nous
avons ici l’équivalent dans l’Ancien Testament de Jn 3.16 dans le Nouveau.)

• La première moitié du v10 nous ramène à l’idée de sacrifice : expiation, purification.


Dans un sens réel, tout le grand système sacrificiel de l’Ancien Testament trouve son
accomplissement et son point culminant dans ce texte d’Ésaïe.

• Aux vv10b-12, voyez-vous des évidences de la résurrection, et du ministère futur du


Serviteur ? Et que fait-il aussi au v11 ?

Époustouflant ! Qui aurait jamais pu imaginer une telle chose ? Oui, on savait bien que « Le
salut vient de l’Éternel ». Mais qui aurait pensé que Dieu était prêt à aller jusque- là, jusqu’à
donner ce Serviteur, son Serviteur, cet enfant, son Fils, comme sacrifice ultime et définitif
pour son peuple égaré ?

Non, c’est un projet inconcevable, du point de vue humain. « Voici votre Dieu ! » Son plan
pour son peuple, et son plan par son peuple pour le monde entier, continuera … grâce au
ministère du Serviteur.

Nous devons nous arrêter quelque part dans ce livre, tôt ou tard. Mais j’espère que ce petit
survol du prophète Ésaïe vous a donné envie de pousser plus loin. Et, ce qui est beaucoup plus
important, que cela puisse vous encourager à mieux aimer, adorer et servir notre grand Dieu.
C’est lui qui nous a sauvés, pour sa gloire !

Alors, écoutez encore Haendel, le morceau le plus connu de son Messie, et en l’écoutant, lisez
ces quelques versets du reste d’Ésaïe.

Ésaïe 60.1-3
61.1-2, 6
62.1-5
66.10-13, 18-19

Hallelujah-Messiah , Haendel (8)

ou, si vous ne l’avez pas encore vu, dans la vie quotidienne :

Christmas Food Court Flash Mob, Hallelujah Chorus (8)

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