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A) Les difficultés de l’uniformisation nationale

1. La complexité de la construction nationale

- L'une des premières difficultés réside dans l'idée même d’uniformisation


nationale. Comme l'explique Juan Linz, la construction nationale ne se
résume pas à une simple création d’un État, mais inclut des dimensions
culturelles, linguistiques et institutionnelles complexes. Le paradoxe du
nationalisme, tel qu’analysé par Linz, réside dans le fait qu'une fois qu'une
conscience nationale émerge, les divisions internes, qu'elles soient politiques
ou ethniques, peuvent poser des obstacles à une uniformisation complète.

- Le processus de standardisation de la langue, par exemple, bien que


crucial pour la formation d'une identité nationale homogène, rencontre
souvent une résistance locale. C’est le cas en Espagne avec le catalan, le
basque, ou le galicien, qui ont résisté aux tentatives de centralisation
linguistique menées par Madrid. La pluralité linguistique pose donc des défis
constants à l'uniformisation, nécessitant un compromis entre les aspirations
locales et l'unité nationale.

2. La diversité ethnique et culturelle

- Les sociétés modernes sont souvent pluriethniques, ce qui rend


l’uniformisation nationale difficile. Linz montre que dans les États
multinationaux ou les territoires autonomes, comme ceux issus de l'ex-Union
Soviétique, les dirigeants nationalistes doivent jongler entre les
revendications autonomistes de minorités et la volonté de maintenir une
certaine cohésion nationale. Par exemple, la désintégration de la Yougoslavie
souligne l'échec de l’uniformisation forcée au profit d'une pluralité ethnique
mal gérée, ce qui a conduit à des conflits sanglants.

- Cette diversité rend la tâche des États encore plus ardue lorsqu’il s'agit de
créer une identité nationale commune sans exclure ou marginaliser certaines
communautés. Les politiques publiques d'intégration ou d'assimilation,
souvent mal perçues, peuvent exacerber les tensions entre communautés,
comme on l’a vu dans des pays européens face aux questions migratoires.
L’**uniformisation nationale** apparaît ainsi comme une tâche presque
utopique dans les sociétés contemporaines.
3. Les transitions démocratiques et les conflits internes

- La transition démocratique, en particulier dans les États anciennement


autoritaires, complique davantage l’uniformisation nationale. Les acteurs
politiques nationalistes, dans ces contextes, peuvent choisir des voies
pacifiques ou violentes pour atteindre leurs objectifs, ce qui peut conduire à
des scissions internes. Ce dilemme est particulièrement visible dans des cas
comme celui du Pays basque, où le mouvement nationaliste s’est fragmenté
entre ceux qui prônaient la violence à travers l’ETA et ceux qui optaient pour
une participation politique dans le cadre de l’État espagnol.

- Les **divisions internes** des mouvements nationalistes montrent qu’il


n’existe pas une seule voie vers l’uniformisation. Au contraire, les
divergences de stratégies, qui vont de la coopération avec l’État central à la
radicalisation, complexifient la réalisation d’un projet national commun.

B) La transformation des États-Nations à travers la mondialisation

1. L’érosion des souverainetés nationales

- La mondialisation représente un défi fondamental pour les États-nations,


car elle remet en question l'idée même de souveraineté nationale. Les
interdépendances économiques, les flux migratoires, ainsi que les
organisations supranationales comme l'Union européenne, érodent la
capacité des États à agir de manière autonome. Linz et d'autres chercheurs
ont souligné comment cette **transformation de l’État-nation** rend difficile
la gestion des affaires internes, notamment dans les régions autonomes ou
les États multinationaux.

- En effet, des structures supranationales comme l'UE redéfinissent les


relations entre les États et leurs citoyens. L'exemple de l’Espagne montre
que, tout en accordant une large autonomie à ses régions, l’UE est devenue
un acteur clé dans la régulation des relations entre le gouvernement central
et les régions autonomes. Cela introduit un nouvel acteur dans la
construction nationale, qui dilue le rôle traditionnel de l’État-nation.

2. La mondialisation culturelle et ses effets sur l’identité nationale

- Un autre aspect essentiel de la transformation des États-nations est


l’impact de la **mondialisation culturelle**. La diffusion rapide des idées, des
médias et des modes de vie internationaux remet en question la capacité de
l’État à façonner une identité nationale unifiée. Des éléments tels que la
musique, la mode, et les réseaux sociaux contribuent à la formation
d’identités transnationales, en particulier chez les jeunes, qui peuvent se
sentir moins attachés aux constructions traditionnelles de l’État-nation.

- La culture globale pousse les États à s’adapter en trouvant un équilibre


entre la préservation de leurs spécificités nationales et l’ouverture aux
influences extérieures. Ce défi est d’autant plus pertinent pour les **États-
nations multiculturels**, où la gestion de cette diversité devient une priorité
dans la construction nationale. Des modèles comme celui du Canada, qui se
présente comme un État multiculturel et bilingue, montrent que la
mondialisation peut également être une opportunité pour repenser les
relations entre l’État et ses citoyens, en intégrant différentes identités.

3. La montée des régionalismes et du populisme

- La mondialisation économique a accentué les inégalités régionales au sein


des États-nations, exacerbant le **sentiment de marginalisation** dans
certaines régions. Ce phénomène contribue à la résurgence de mouvements
régionalistes et nationalistes, comme en Catalogne ou en Écosse, où les
revendications indépendantistes s’inscrivent en réponse à la centralisation
perçue comme un obstacle au développement économique local. Ces
mouvements mettent en lumière la tension entre le cadre étatique
traditionnel et les aspirations de certaines régions à gérer leurs propres
affaires dans un monde globalisé.

- Parallèlement, la montée du **populisme** dans certains pays reflète une


réaction contre la mondialisation et la perte de contrôle des États-nations sur
leurs frontières, leur économie, et leur culture. Le Brexit est un exemple
frappant de la volonté de certains segments de la population de reprendre le
contrôle sur leur destin national, face à ce qu’ils perçoivent comme une
dilution de leur identité nationale au sein d’un projet supranational.

4. L’émergence des États post-nationaux

- Enfin, il est important de noter que la mondialisation encourage la


naissance de ce que certains chercheurs appellent des **États post-
nationaux**, qui ne sont plus fondés sur une identité nationale homogène
mais sur des principes de multiculturalisme, de démocratie, et de droits de
l'homme. Linz fait référence à cette possibilité lorsqu'il évoque la transition
vers un État multinational et multilingue capable d'intégrer plusieurs
identités nationales.

- L’État démocratique post-national, comme il émerge dans certaines


parties du monde, met en avant la coexistence de multiples identités au sein
d’un même cadre politique, remettant en question le modèle classique de
l’État-nation centré sur une seule identité nationale. Cela pourrait représenter
une réponse à l’échec des tentatives d’uniformisation nationale et offrir un
modèle d’État plus adapté aux réalités contemporaines.

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