0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
Marie Lambert
(/!lu a lino
lt4§(tj,tJ.)édit ions]
0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
TVA
u
....
.c
Cl
t:
>-
a.
8
Marie Lambert
(i'lua/ino
1i4!ilfo •M•iéd iti ons)
Du même auteur, chez le même éditeur
- Droit en Poche Contrôle fiscal. Tout connaître des procédures et du
contentieux fiscal, 2e éd. 2016 (en coll. Candice Zanatta).
, 1,
0
.s
ro:J
l.:l
....
\D
0
N
u
.._,
.s::.
Marie Lambert, avocat membre de l'Institut des Avocats
°'
·c
>- Consei ls Fiscaux, est titulaire d'un Master Il de Droit fiscal et
0.
u
0
du diplôme Cadre Dirigeant de l'École Supérieure de Corn-
merce de Paris. Elle est chargée d'enseignement de la TVA
pour le DJCE de l'Université des Sciences sociales de Toulouse.
Suivez-nous sur C
® •
PHOTOCOPIUAGE
TUE lf LIVRE
© Gualino éditeur, Lextenso éditions 20 16
70, rue du Gouverneur Général Éboué
92 13 1 Issy-les-M o ulineaux cedex
ISB N 978-2-297-055 19-2
ISSN 1962-6428
Fonctionnement de la TVA ...... ...... ...... ...... ......... ...... ...... .... 4
Champ d'application de la TVA ..... ...... ...... ...... ...... ... ... ... ... . 7
Précisions sur les opérations taxables ... ...... ... ...... ...... ...... . 1
Fait générateur et exigibilité de la TVA ... ...... ...... ...... ... ...... 10
Précisions sur l'exigibilité ..... ...... ...... ...... ...... ......... ...... ....... Il
Dispositions spéciales ...... ...... .... ...... ...... ...... ......... ...... ...... 13
La TVA collectée ...... ...... ...... ...... ...... ...... ...... ...... ...... ......... 17
0
Règles de déduction de la TVA ........................................ 20
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
Calcul de la TVA déductible .................................. ...... ..... 23
N
@
.._,
.c
0\
·c
Régularisation du coefficient de déduction .. .................. .. 2g
>-
0.
0
u
Détermination de la TVA à payer ou à imputer ................. 31
Territorialité de la TVA ...................................................... 33
Échanges de biens au sein de l'UE .......... ...... ...... ...... ..... 3b
Prestations de services au sein de l'UE ........................... 3g
Dérogations pour certaines prestations de services ........ 40
Règles de facturation ....................................................... 42
Régimes déclaratifs ......................................... ...... ...... ..... 44
Régimes spéciau x : opérations immobilières
et activités financières des holding ........... ...... ...... ...... ..... 4b
D FONCTIONNEMENT DE LA TVA
La TVA est une invention française qui date de 1954. Il s'agit d'une taxe calculée
sur le chiffre d'affaires. À ce jour, de nombreux États étrangers l'ont adoptée.
En France, les recettes de TVA représentent environ 50 % des recettes fiscales
de l'État.
• LES SOURCES DE LA TVA
• Directives européennes
Il s'agit de la " directive TVA " 2006/112/CE du 28/11 /2006 sur la territorialité
des opérations intracommunautaires, de la directive 2008/8/CE du 12/02/2008
portant particulièrement sur les prestations de services, et de la directive
2010/45/UE du 13 juillet 2010 qui concerne les règles de facturation. La Com-
mission européenne a publié un communiqué le 30 octobre 2014 qui présente
des options pour simplifier le futur régime de TVA concernant le redevable de la
TVA et le lieu de taxation des livraisons de biens.
Chaque État de l'Union européenne a instauré un système de TVA conforme
aux directives européennes transposées en droit interne.
0
.!:
CO
::i
l9
•La loi
\D
..-<
0
N Les lois de finances édictent les textes qui sont ensuite retranscrits dans le
@
.._, Code général des impôts .
.c
0\
·c
>-
0.
0
u • La doctrine administrative
Il convient également de tenir compte des précisions données par l'adminis-
tration quant à l'interprétation des textes, des réponses ministérielles et des
rescrits. La doctrine administrative est publiée au BOFIP (voir le site internet du
ministère des Finances : [Link]).
• La jurisprudence
La jurisprudence joue un rôle important car elle donne les positions du juge sur
cet impôt technique, formaliste et qui a des conséquences fortes sur le budget
de l'État. Elle fixe les limites du pouvoir de rehaussement dont dispose l'admi-
nistration fiscale. Il convient de se référer non seulement à la jurisprudence
française, mais également aux décisions rendues au niveau européen par la
CJUE. Celle-ci sanctionne les incompatibilités du droit interne avec le droit com-
munautaire et s'appuie, davantage que la jurisprudence interne, sur les grands
principes qui régissent la TVA. Elle est moins stricte sur le plan du formalisme.
• LA TVA EST UN IMPÔT INDIRECT SUR LA VALEUR AJOUTÉE
DE L'ENTREPRISE
La TVA est levée à chaque étape de la production. L'entreprise productrice est
un consommateur intermédiaire. Elle facture à ses clients la TVA sur son chiffre
d'affaires hors taxes et déduit la TVA qu'elle a acquittée sur ses dépenses.
• LA TVA EST SUPPORTÉE PAR LE CONSOMMATEUR FINAL
La charge de la TVA est supportée en définitive par le consommateur final,
c'est-à-dire en général par un particulier.
• LA TVA EST UN IMPÔT NEUTRE POUR L'ENTREPRISE
ASSUJETTIE
La TVA est en principe neutre pour l'entreprise qui est un consommateur inter-
médiaire. L'objectif est que la TVA ne soit subie qu'une fois, au moment de la
consommation finale du bien ou du service.
L'entreprise soumet ses ventes à la TVA, et supporte la TVA sur ses dépenses.
Le droit à déduction dont elle dispose entraîne la neutralité de la TVA sur ses
opérations économiques.
Cela n'est pas le cas quand la TVA n'est pas déductible, en tout ou partie .
• LE FONCTIONNEMENT DE LA TVA
0
.!:
CO
::i Le mécanisme de la TVA consiste à faire en sorte que, sur un bien ou sur un
l9
\D
..-<
service déterminé vendu à un consommateur final , l'addition de la TVA nette
0
N (TVA facturée - TVA déduite) appliquée à toutes les étapes intermédiaires
@
.._, de production et de vente corresponde en définitive la TVA que décaisse le
.c
0\
·c consommateur final.
>-
0.
0
u
• EXEMPLE ILLUSTRANT LE FONCTIONNEMENT DE LA TVA
Un fabricant de tissu achète des bobines de fil à un producteur de fil pour
un prix de 120 euros TTC, décomposé en 1OO euros HT et 20 euros de TVA
(taux = 20 %).
Il vend le tissu qu 'il a fabriqué à une usine de confection pour un prix de 240 eu-
ros TTC, soit 200 euros HT et 40 euros de TVA (taux= 20 %). Il déduit la TVA de
20 euros qu'il a payée à son fournisseur sur la TVA de 40 euros qu'il a collectée
auprès de son client. Il reverse donc au trésor Public 20 euros de TVA, ce qui
correspond à 20 % de sa valeur ajoutée de 1OO euros (200 - 1OO).
L'usine de confection fabrique un costume qu 'elle vend à une boutique pour un
prix TTC de 360 euros, soit 300 euros HT et 60 euros de TVA (taux= 20 %).
Elle déduit la TVA de 40 euros qu'elle a payée à son fournisseur sur la TVA de
60 euros qu'elle a collectée auprès de son client. Elle reverse donc 20 euros à
l'État, ce qui correspond à 20 % de sa valeur ajoutée de 1OO euros (300 - 200).
Fonctionnement de Io TVA
La boutique vend le costume à un particulier pour un prix de 600 euros TIC,
soit 500 euros HT et 1OO euros de TVA. Elle déduit la TVA de 60 euros de TVA
qu'elle a payée à son fournisseur sur la TVA de 1OO euros qu'elle a collectée
auprès de son client, qui est un particulier et donc le consommateur final. Elle
reverse 40 euros à l'État, ce qui correspond à 20 % de sa valeur ajoutée de
200 euros (500 - 300).
Dans cet exemple , l'État a successivement reçu :
- 20 euros du producteur de fil ;
- 20 euros du fabricant de tissu ;
- 20 euros de l'usine de confection ;
- 40 euros de la boutique de vêtements.
Le total, soit 100 euros, correspond à la TVA supportée par le consommateur
final.
La TVA est neutre pour les entreprises qui déduisent à chaque étape la TVA
qu'elles ont payée de la TVA qu'elles ont collectée pour le compte de l'État.
• LA TVA EST UN IMPÔT FORMALISTE
La TVA doit être déclarée périodiquement et apparaître sur des documents jus-
tificatifs. Les régimes d'exonérations ou dérogatoires sont soumis à des condi-
tions de forme particulières .
• L'ENTREPRISE JOUE LE RÔLE DE PERCEPTEUR
0 La TVA est perçue par l'entreprise pour le compte du Trésor Public à qui elle
.!:
CO est due. L'entreprise reverse au Trésor public l'excédent de la TVA facturée sur
::i
l9 la TVA qu'elle a payée et qui est déductible. Elle le fait dans les délais prévus
\D
..-<
0 par la loi.
N
@ Si la TVA déductible est supérieure à la TVA collectée, l'entreprise dispose d'un
.._,
.c
0\
·c
crédit de TVA qu'elle peut imputer sur la TVA due future, ou elle peut en deman-
>-
0.
0
der le remboursement.
u
• LE RÉGIME EN MATIÈRE DE TVA A UNE INCIDENCE
SUR LA TAXE SUR LES SALAIRES
Si les sociétés ne sont pas assujetties à la TVA sur 90 % au moins de leur chiffre
d'affaires au titre de l'année civile qui précède celle du paiement des rémunéra-
tions, elles sont assujetties à la taxe sur les salaires.
[HAMP o'APPLICATION
D DE LA TVA
Articles 256 à 263 du CG 1.
• LE CHAMP D'APPLICATION DE LA TVA DÉSIGNE LES
OPÉRATIONS TAXABLES
L'assujetti facture la TVA sur les opérations qui sont dans le champ d'application
de la TVA.
Les opérations dans le champ de la TVA sont, d'une part, les opérations réa-
lisées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel , d'autre part,
certaines opérations désignées expressément par la loi.
• LES OPÉRATIONS TAXABLES SONT CELLES RÉALISÉES ÀTITRE
ONÉREUX PAR UN ASSUJETTI AGISSANT EN TANT QUE TEL
• Les opérations concernées sont les livraisons de biens
et les prestations de services
0
. • Les livraisons de biens
.!:
CO
::i
l9 Cela concerne les livraisons de biens meubles corporels, par exemple les voi-
\D
..-< tures, les immeubles, les meubles meublants, les animaux, etc.
0
N
@ En matière de TVA, la livraison d'un bien signifie que l'acheteur a le pouvoir de
...,
.c
0\
disposer du bien , c'est-à-dire d'agir comme un propriétaire.
·c
>- Il peut s'agir de ventes, d'apports, d'échanges, etc.
0.
0
u
• Les prestations de services
Il s'agit des opérations qui ne sont pas des livraisons de biens meubles corpo-
rels, notamment :
- les opérations de façon, de transport, de location, de travaux, d'études, de
réparation, de recherche, de conseil, d'expertise, de travaux immobiliers,
etc. ;
- les ventes à consommer sur place de produits alimentaires et de bois-
sons ;
- les cessions ou concessions de biens meubles incorporels, comme les
marques ou les brevets ;
- l'engagement de ne pas faire un acte, comme les clauses de non-concur-
rence ;
- les opérations réalisées par des intermédiaires transparents qui agissent
dans le cadre d'un mandat au nom de leur commettant.
Il ne faut pas les confondre avec l'intervention d'un intermédiaire opaque, qui
fait un véritable achat-revente, avec taxation sur le prix de vente total.
Champ d'application de la TVA
Certaines opérations globales doivent être dissociées entre livraisons de biens
et prestations de services.
• Les opérations sont réalisées ù titre onéreux
• Existence d'une contrepartie
Le fournisseur du bien ou du service reçoit une contrepartie ou un avantage
direct, qui peut être de l'argent, un bien ou un service. Les opérations les plus
courantes sont des ventes de biens ou de services contre paiement d 'une
somme d'argent. Les échanges sont concernés.
Il n'est pas nécessaire de réaliser un bénéfice, mais si le prix est inférieur au
prix du marché, le caractère économique de l'opération pourrait être remis en
cause par l'administration.
En principe, les remboursements de frais à prix coûtant sont soumis à TVA,
sauf exception sous conditions, pour certains groupements ou remboursements
dans le cadre d'un mandat.
• Lien direct entre le bien ou le service fourni et la contrepartie
(CJUE 8/03/1988, Aff. 102/86, Apple and Pear Development Council, Doctrine
administrative)
Ce lien direct est nécessaire pour que l'opération soit taxable. Il doit être constaté:
- entre celui qui fournit le service et le bénéficiaire qui doit être clairement
déterminé;
- entre le niveau des avantages reçus et la contre-valeur versée.
0
.!: • L'opération doit être réalisée par un assujetti agissant en
CO
::i
l9
tant que tel
\D
..-<
0
N L'assujetti est défini comme celui qui effectue de manière habituelle des opéra-
@
..., tions économiques, en étant indépendant et en agissant en tant que tel.
.c
0\
·c
>-
Les opérations économiques comprennent les ventes, les prestations de ser-
0.
0
u
vices et les locations.
Les domaines concernés sont vastes : activités industrielle, commerciale, agri-
cole, libérale, civile, extractive.
Un assujetti ne peut pas être un salarié ou un dirigeant personne physique
agissant pour le compte de la société qui le rémunère.
L'assujettissement est déterminé uniquement au regard de la TVA, indépendam-
ment d'autres notions. Il ne dépend pas, notamment, des éléments suivants :
- statut juridique : personne physique ou société ;
- statut fiscal pour ce qui concerne l'imposition des bénéfices ;
- le fait de payer ou pas de l'IR ou de l'IS;
- le fait de réaliser des opérations exonérées de TVA dans le champ d'appli-
cation de la TVA .
• D'AUTRES OPÉRATIONS SONT DANS LE CHAMP D'APPLICA-
TION DE LA TVA PAR DÉSIGNATION EXPRESSE DE LA LOI
Il s'agit notamment des livraisons à soi-même de biens ou de services visées
par l'article 257 du CGI. Ces livraisons sont, en effet, assimilées aux opérations
à titre onéreux réalisées entre assujettis.
Il
D PRÉCISIONS SUR
LES OPÉRATIONS TAXABLES
• CERTAINES OPÉRATIONS DANS LE CHAMP D'APPLICATION
DE LA TVA SONT EXONÉRÉES PAR LA LOI (articles 261ô263
du CGI)
La loi dispense expressément de TVA certaines opérations, dont la liste est limi-
tative. Il s'agit notamment des exportations, des livraisons intracommunautaires,
de certains transports internationaux, de certaines acquisitions intracommunau-
taires, de certaines activités d'enseignement, des locations d'immeubles nus et
de terrains non aménagés, des locations de terres et bâtiments à usage agri-
cole, de certaines activités sanitaires, médicales ou paramédicales (analyses
de biologie, transport sanitaire, etc.), des opérations d'assurance, de certaines
opérations bancaires ou financières, de certaines opérations immobilières, etc.
L'exonération a en principe pour conséquence la perte du droit à déduction de
la TVA ayant grevé les dépenses correspondantes. La loi prévoit cependant un
droit à déduction pour certaines opérations exonérées comme, par exemple,
les exportations.
Sauf disposition contraire, les opérations exonérées ne peuvent pas être sou-
mises volontairement à la TVA par l'entreprise.
~· L'ENTREPRISE PEUT OPTER POUR LA TVA SUR CERTAINES
~ OPÉRATIONS EXONÉRÉES SI LA LOI LE PRÉVOIT EXPRESSÉ-
~ MENT (articles 260 à 260 CA du CGI)
@
.C
0\
Sur disposition expresse de la loi, certaines opérations exonérées peuvent être
·~ soumises volontairement à la TVA par le contribuable qui fait une option en ce
o.
8 sens. Le contribuable peut ainsi optimiser la déduction de la TVA ou la taxe sur
les salaires. Pour prendre cette décision, il est opportun de prendre en compte
la possibilité pour les clients de déduire, ou pas, la TVA facturée. Cela concerne,
par exemple, les locations de locaux nus à usage professionnel ou certaines
opérations immobilières comme la livraison d'immeubles achevés depuis plus
de 5 ans ...
• LES OPÉRATIONS HORS DU CHAMP D'APPLICATION DE LA
TVA NE SONT JAMAIS SOUMISES À LA TVA
Sont visées notamment les opérations réalisées par un particulier en dehors
de toute activité économique ou , en principe, les opérations réalisées dans le
cadre patrimonial.
• SEULES LES OPÉRATIONS DANS LE CHAMP D'APPLICATION
DE LA TVA PEUVENT OUVRIR DROIT À DÉDUCTION
L'entreprise qui réalise uniquement des opérations hors du champ d'application
de la TVA ne peut pas déduire la TVA sur les dépenses y afférentes. Elle doit
distinguer parmi ses opérations celles qui sont réalisées dans le champ d'appli-
cation de la TVA, et les autres.
Précisions sur les opérations taxables
FAIT GÉNÉRATEUR
• ET EXIGIBILITÉ DE LA TVA
Article 269 du CGI et articles 62 s. de la directive TVA 2006/112 .
• L'EXIGIBILITÉ DE LA TVA CORRESPOND AU MOMENT OÙ
LA TVA EST DUE
L'exigibilité est définie comme « le droit que le Trésor peut faire valoir aux termes
de la loi, à partir d'un moment donné, auprès du redevable pour le paiement de
la taxe, même si le paiement peut en être reporté "·
La date d'exigibilité varie selon l'opération en cause. Le droit à déduction, pour
celui qui a payé la TVA, prend naissance à la date d'exigibilité pour le fournisseur.
• LE FAIT GÉNÉRATEUR EST LE FAIT PAR LEQUEL SONT
RÉALISÉES LES CONDITIONS LÉGALES NÉCESSAIRES POUR
QUE LA TVA SOIT EXIGIBLE
Cet événement détermine la période au titre de laquelle les opérations doivent
être déclarées et la date à laquelle le Trésor public peut faire valoir son droit
pour obtenir le paiement de la TVA correspondante.
Cette date est utilisée en cas de changement de législation.
0
.!:
CO
::i
l9
\D
• DANS LA PRATIQUE, C'EST L'EXIGIBILITÉ QUI EST
..-<
0
N
IMPORTANTE
@
,...,
.c Le Trésor Public surveille la date à laquelle la TVA doit lui être reversée.
0\
·c
>-
0.
Selon l'opération, exigibilité et fait générateur coïncident ou diffèrent :
0
u - livraisons de biens meubles corporels : fait générateur et exigibilité
interviennent à la délivrance du bien, c'est-à-dire à la livraison ;
- prestations de services et travaux immobiliers : fait générateur et exi-
gibilité diffèrent. Le fait générateur est l'exécution de la prestation de ser-
vice ; l'exigibilité intervient, en principe, à l'encaissement du prix ou des
acomptes. Ce principe comporte une exception en cas d'option expresse
pour les débits ;
- travaux immobiliers : les entrepreneurs de travaux immobiliers peuvent,
sous conditions, opter pour le paiement de la TVA lors de la livraison des
travaux;
- importations : fait générateur et exigibilité interviennent lors du dédoua-
nement ;
- acquisitions intracommunautaires : le fait générateur est la délivrance
du bien. L'exigibilité intervient le 15 du mois suivant celui du fait générateur
ou bien à la date de la facture lorsque celle-ci est délivrée à l'acquéreur
avant;
- ventes d'immeubles : la TVA est exigible au moment de la livraison avec
une disposition particulière qui vise les échéances pour les ventes en état
futur d'achèvement (art. 269, 2 a bis du CGI) ;
- prestations business to business (B to B) article 283.2 du CGI : pour
la TVA autoliquidée selon l'article 283.2 du CGI sur des prestations de
services B to B, l'exigibilité intervient lors du fait générateur ou lors de
l'encaissement des acomptes.
• PRÉCISIONS SUR L'EXl61BILITÉ
• LIVRAISONS DE BIENS
•L'exigibilité de la TVA intervient à la livraison du bien
Peu importent les dates de conclusion du contrat, du transfert de propriété ou
de paiement du prix, seule la livraison du bien entraîne l'exigibilité de la TVA.
• Paiement avant la livraison
Aucune TVA n'est facturée à raison d'un paiement avant la livraison du bien.
Seule la facture définitive indique le montant de la TVA ou bien les références
de son exonération si la vente est exonérée.
• Transfert de propriété avant la livraison
La TVA n'est pas exigible tant que le bien n'est pas livré.
• Clause de réserve de propriété
0
.!:
CO
::i La clause de réserve de propriété retarde le transfert de propriété, après la
l9
\D livraison, jusqu 'au paiement intégral du prix. La TVA est exigible dès la livraison
..-<
0
N du bien à l'acheteur.
@
~>- • La location-vente
0.
0
u
Ce contrat prévoit qu'à l'expiration d'un contrat de location, la propriété du bien
loué est transférée au locataire. La TVA s'applique lors de la remise matérielle
sur le montant cumulé des loyers prévus ou sur le prix prévisionnel contractuel
du bien.
•Exemple
Exigibilité de la TVA sur une livraison payée en plusieurs fois: l'entreprise Alpha
doit livrer une machine à son client Beta selon le devis suivant :
Prix hors taxes : 20 000 €
TVA 20 % : 4 000 €
Prix de vente TTC : 24 000 €
Conditions de règlement :
20 % à la date de la commande le 1er avril 2015, soit avant la livraison.
50 % à la date de livraison le 1er mai 2015.
30 % un mois après la livraison, soit le 1er juin 2015.
Précisions sur l'exigibilité
Malgré l'étalement du paiement, l'exigibilité de la TVA intervient à la livraison,
soit le 1er avril 2015. L'entreprise Alpha doit facturer l'intégralité de la TVA à cette
date. Elle fait l'avance de la TVA sur le montant de TVA qui lui est payé après
la livraison.
• Livraison de bien intracommunautaire (article 269 du CGI,
directive 2010/"5/UE)
L'exigibilité de la TVA sur les livraisons intracommunautaires exonérées inter-
vient le 15 du mois qui suit celui du fait générateur.
• PRESTATIONS DE SERVICES
• Le principe : l'encaissement du prix déclenche l'exigibilité
L'encaissement du prix peut prendre la forme de versement d'acomptes, du
paiement du solde ou du règlement de la totalité du montant de la facture . Le
fait générateur, qui est constitué par l'exécution du service ou des travaux, ne
coïncide pas avec l'exigibilité.
• Exception : le contribuable peut opter pour les débits
Cela signifie que l'exigibilité de la TVA intervient au moment de la facturation qui
coïncide avec l'inscription comptable de la somme due au débit du compte du
client, c'est-à-dire, en général, une fois que la prestation est exécutée.
0
.!: En cas d'encaissement du prix avant la date de la facturation, la TVA est exigible
CO
::i
l9
au moment de l'encaissement.
\D
..-<
0
L'entreprise formalise son option pour les débits par un courrier adressé au
N
@ service des impôts de l'entreprise.
...,
.c
0\
·c
La TVA étant exigible plus tôt chez le prestataire, elle est déductible plus tôt
>- chez le client.
0.
0
u
•Exemple
La société Oméga a opté pour le paiement de la TVA d'après les débits.
Elle réalise une étude pour un prix hors taxes de 4 500 €, avec une TVA de
900 €, soit un prix TTC de 5 400 €. Les conditions de règlement sont les sui-
vantes : 1O % à la commande, 20 % au commencement des travaux, 50 % à la
fin des travaux et 20 % un mois après la fin des travaux.
La société Omega doit la TVA au moment où l'écriture de débit est passée, étant
rappelé que l'option pour les débits ne peut pas avoir pour effet de retarder le
paiement de la TVA. La TVA est due :
- à la commande : 900 x 1 O % = 90 € ;
- au commencement des travaux : 900 x 20 % = 180 € ;
- au moment de la facturation à la fin des travaux : 900 x 70 % =630 € .
• LA LIQUIDATION DE LA TVA (article 270 du CGI)
La TVA est liquidée au vu des déclarations de l'entreprise. Elle intervient pério-
diquement selon le régime d'imposition de l'entreprise.
Il DISPOSITIONS SPÉCIALES
Des dispositions particulières sont prévues pour de nombreuses situations, dont
les principales sont abordées dans cette fiche .
• LIVRAISONS À SOI-MÊME (LASM) (article 257 du CGI)
La livraison à soi-même est une opération par laquelle une entreprise obtient un
bien ou un service à partir d'éléments qui lui appartiennent.
Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une opération effectuée à titre onéreux
par un assujetti. La loi assimile ces opérations à des opérations à titre onéreux
réalisées entre assujettis. Le redevable est l'entreprise qui se livre à elle-même
le bien ou le service. La loi 2014-1545 du 20 décembre 2014 a modifié ce régime
qui a été jugé incompatible avec le droit communautaire sur certains points.
• Livraison à soi-même de biens : taxation des biens
fabriqués par l'entreprise
• Livraison à soi-même de biens affectés aux besoins de l'entreprise
0
.!: La LASM n'est taxée que si la TVA sur la même opération réalisée auprès d'un
CO
::i
l9
autre assujetti n'ouvrirait pas droit à déduction complète en raison d'une exclu-
\D
..-< sion ou d'une limitation. Les stocks et les immobilisations ne sont pas distin-
0
N gués. La LASM de biens affectés à des opérations hors champ n'est pas exigée.
@
...,
.c
·[ • Livraison à soi-même de biens initialement affectés aux besoins
8 de l'entreprise et ultérieurement affectés à des besoins autres que
ceux de l'entreprise
La livraison à soi-même est taxée si la TVA d'origine a été déduite en tout ou
partie.
Les échantillons prélevés pour les besoins de l'entreprise ne donnent pas lieu
à LASM si le conditionnement de l'échantillon est différent de celui du produit
vendu et si l'échantillon est impropre à la revente, par exemple au moyen de
la mention apparente « vente interdite ». Les spécimens bénéficient du même
régime s'ils mentionnent très clairement« spécimen ,, et si le nombre de spéci-
mens remis est justifié.
• Livraison à soi-même d'immeubles
La livraison à soi-même d'immeubles construits par l'entreprise est taxable à
la TVA dans les mêmes conditions que les autres biens. Des particularités sont
prévues en cas d'utilisation de l'immeuble avant sa vente (régularisation de la
déduction).
Dispositions spéciales
• Livraison à soi-même de prestations de services
La loi assimile à des prestations de services effectuées à titre onéreux taxables
les prestations de services réalisés à partir de moyens appartenant à l'entre-
prise si :
- les prestations sont réalisées à titre gratuit pour des besoins autres que
ceux de l'entreprise ;
- la prestation a utilisé des éléments ayant ouvert droit à déduction.
• Base d'imposition
La base d'imposition est constituée par le prix d'achat ou la valeur vénale des
biens concernés ou, à défaut, par le prix de revient.
• Exigibilité de la TVA
Le fait générateur et l'exigibilité interviennent à la date de la première utilisation
du bien autre qu'un immeuble, ou du changement d 'affectation de ce bien.
Pour les services, la date d'exigibilité est celle de la réalisation des prestations.
Pour les LASM d'immeubles, le fait générateur et l'exigibilité interviennent à la
déclaration de l'achèvement de l'immeuble.
• Déduction de la TVA
La déduction de la TVA est possible selon les conditions de droit commun :
0 pour les livraisons à soi-même de biens effectuées pour les besoins de
.!:
CO
::i
l'entreprise, la TVA est déductible ;
l9
\D
..-<
- pour les livraisons à soi-même de biens effectuées pour des besoins
0
N autres que ceux de l'entreprise, la TVA n'est pas déductible.
@
.._,
.c
0\
·c
>-
• Exemples de livraisons à soi-même
0.
0
u
On peut citer l'utilisation partielle d'un matériel de l'entreprise pour les besoins
privés d'un employé, la fourniture de repas par un restaurant à des amis ou à
des employés, les prestations de conseil rendues gratuitement par un cabinet
d'avocats à l'un de ses employés, etc.
• Activités libérales
Les activités libérales sont des opérations économiques comme les autres.
Elles sont donc, en principe, taxables, mais plusieurs dérogations existent.
Les professions médicales ou paramédicales sont en principe exonérées sans
possibilité d'option. Pour s'assurer de l'exonération, on se réfère notamment au
remboursement des actes par l'assurance-maladie.
L'activité d'enseignement est, en principe, soumise à la TVA, mais des exonéra-
tions sont prévues. On note ainsi que :
- l'enseignement scolaire ou universitaire, les cours particuliers donnés par
des personnes physiques sont exonérés de TVA sans possibilité d'option ;
- l'enseig nement dispensé par les auto-écoles ou les écoles de langues
est taxable ;
- les opérations qui entrent dans le cadre de la formation professionnelle
continue (FPC) relèvent d'un régime spécifique : les organismes publics
sont exonérés ; les organismes privés agréés peuvent être exonérés sous
conditions.
Des particularités s'appliquent aux professions juridiques ou judiciaires .
• SUBVENTIONS, INDEMNITÉS
Ces sommes sont soumises à la TVA si elles constituent la contrepartie d'une
opération , comme la fourniture d'un bien ou d'un service identifié. Un lien direct
doit être constaté entre le bien ou le service rendu et la subvention ou l'indem-
nité reçue.
Les subventions complément de prix sont taxables : cela peut être le cas, par
exemple, d'une subvention versée à une entreprise qui baisse le prix de ses
produits en relation avec le montant de la subvention reçue.
Les subventions de fonctionnement ou d 'équilibre ne sont en principe pas
taxables. Si la subvention est versée, par exemple, pour le financement d 'un
investissement, il n'y a pas de lien direct avec un produit ou service vendu.
Une indemnité versée en réparation d'un préjudice n'est pas taxable.
Pour se prononcer sur le caractère taxable, il convient de se référer aux élé-
ments de fait détaillés et à la dernière jurisprudence sur la caractérisation du
lien direct.
• OPÉRATIONS DE LOCATION
0
.!:
CO Le principe est la taxation à la TVA des opérations de location, avec des excep-
::i
l9 tions selon l'objet de la location.
\D
..-<
0
~ • Locutions d'immeubles
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
8 • Locations taxées
La location d'immeubles aménagés est taxée à la TVA.
• Locations exonérées
La location de locaux nus et de terrains non aménagés est en principe exonérée
de TVA. Cependant, sont soumises à la TVA les locations d'immeubles nus qui
sont réputées commerciales, ou celles d'emplacements pour le stationnement
de véhicules qui ne sont pas étroitement liées à une location d'un local exoné-
rée.
• La location de terrains et bâtiments agricoles est exonérée de TVA
• Locutions exonérées uvec possibilité d'option
Certaines locations d'immeubles exonérées peuvent être sou mises à la TVA sur
option expresse auprès du service des impôts, ce qui ouvre droit à déduction de
la TVA su r les dépenses du bailleur. Cela concerne, par exemple, les locations
Dispositions spéciales
d'immeubles nus à usage professionnel et, sous conditions, les locations de
terres et de bâtiments d'exploitation à usage agricole. L'option est distincte par
immeuble, ce qui peut entraîner la création de secteurs distincts d'activité. L'op-
tion ne peut pas être exercée pour les locaux nus loués à usage d'habitation.
• Locations de biens incorporels
Les locations de biens incorporels sont, en principe, imposables à la TVA. Ces
locations ont pour objet le fonds de commerce, la clientèle, le droit au bail , les
brevets d'invention, les marques de fabrique, les licences et autorisations admi-
nistratives, les droits d'exploitation de mines ou de carrières, etc.
• Locations en meublé à usage d'habitation
0
(article 261 D ~ du CGI)
Les locations en meublé, occasionnelles ou permanentes, sont exonérées de
TVA, sans possibilité d'option.
Exceptions : sont imposables, sous conditions, les locations en meublé assor-
ties de prestations hôtelières comme un service de réception, la fourniture du
petit-déjeuner, le nettoyage régulier des locaux et la fourniture du linge de mai-
son. Sont ainsi concernées les mises à disposition d'un local meublé dans un
hôtel de tourisme classé, dans un village de vacances classé ou agréé, dans
certaines résidences de tourisme classées, ou l'hébergement fourni dans cer-
tains villages résidentiels de tourisme .
0
• TRANSMISSION D'UNE UNIVERSALITÉ DE BIENS
.!:
CO
::i
(article 257 bis du CGI)
l9
\D
..-<
0
Le transfert entre redevables de la TVA de biens et services dans le cadre de la
N
@ transmission d'une universalité de biens n'est pas soumis à TVA.
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
• PERSONNES MORALES DE DROIT PUBLIC
(article 256 B du CGI)
Elles sont soumises à la TVA sur certaines activités expressément désignées
par la loi.
D LA TVA COLLECTÉE
• LA TVA EST COLLECTÉE PAR L'ENTREPRISE POUR LE
COMPTE DU TRÉSOR PUBLIC (articles 283 à 285 A du CGI)
La TVA collectée par l'entreprise doit être reversée au Trésor Public .
• TOUTE TVA FACTURÉE, MÊME À TORT, EST DUE DU SEUL
FAIT DE SA FACTURATION (article 283-3 du CGI)
L'entreprise doit veiller à ne facturer que la TVA qui est due par son client et
qu'elle doit reverser.
• REDEVABLE DE LA TVA
La TVA est en principe acquittée par les personnes qui réalisent les opérations
imposables. Le fournisseur du bien ou du service est, en général, le redevable
de la TVA. C'est toujours le cas lorsqu 'il vend à un particulier.
Dans certaines situations, c'est l'entreprise en tant que cliente qui autoliquide
0
la TVA. L'autoliquidation de TVA signifie que l'entreprise paie spontanément la
.!:
CO
TVA au Trésor Public, alors que la TVA ne lui a pas été facturée. Cela concerne,
::i
l9 par exemple, les acquisitions intra-communautaires, certaines prestations de
\D
..-<
0
services réalisées au sein de l'Union européenne, le preneur assujetti pour les
N
@
travaux effectués dans le secteur du bâtiment par une entreprise sous-traitante
.._, ou les livraisons à soi-même. L'entreprise mentionne la TVA sur sa déclaration
.c
0\
·c
>-
de TVA sur une ligne prévue à cet effet. Si la TVA est intégralement déductible,
0.
0
u
cette mention obligatoire n'a pas d'incidence financière, mais si l'entreprise
l'omet, elle est passible d'une amende égale à 5 % des sommes omises. Les
assujettis à la TVA dans l'UE relevant de la procédure POU peuvent opter pour
l 'autol iqu idation .
• BASE IMPOSABLE À LA TVA (articles 266 à 268 ter du CGI)
• Prix de l'opération
La base imposable est en principe constituée par le prix de l'opération, c'est-à-
dire le montant reçu en contrepartie de la livraison du bien ou de la prestation de
service. Ce montant peut être une somme d'argent, mais également des biens
ou des services. La base imposable est égale à la somme :
- du prix de vente hors TVA ;
- des compléments de prix ;
- des frais accessoires à la vente (commissions, frais d'emballage, d'assu-
rance, de transport, etc.).
La TVA collectée
En cas d'échange, chaque partie à l'échange doit émettre une facture avec la
TVA, car il n'y a pas de compensation des opérations entre elles du point de vue
de la TVA. La TVA est due sur la valeur du bien ou du service reçu en paiement
augmenté, le cas échéant, du montant de la soulte reçue .
• Exclusions de la base taxable
Sont exclus de la base imposable à la TVA :
- la TVA elle-même ;
- les frais à la charge du client, qui sont générés par un contrat lié à la vente,
mais indépendant de celle-ci, et qui sont réglés directement par ses soins ;
- les rabais, remises, ristournes, réductions de prix effectives.
• Le régime de la TVA sur la marge
Le régime dit « de la marge » prévoit que le revendeur du bien d'occasion
n'applique la TVA que sur la marge, c'est-à-dire sur la différence entre le prix
de vente et le prix d'achat. Le bien a en effet subi la TVA lors de sa première
cession en tant que bien neuf. Ce régime n'est applicable que si, en particulier,
la TVA d'origine n'a pas été déduite.
Il concerne notamment les assujettis revendeurs qui réalisent des opérations
sur des biens d'occasion , antiquités, objets de collection ou œuvres d'art. Des
conditions de fond et un formalisme stricts sont à respecter, surtout s'il s'agit
de biens acquis auprès d'assujettis situés dans d 'autres États de l'Union euro-
péenne, compte tenu de la fraude dans ce secteur.
0
.!:
CO
::i
• LA TVA EST APPLIQUÉE SUR LA BASE AU MOYEN D'UN
l9
\D
..-<
TAUX DE TVA
0
N
@
.._, Ce taux est déterminé au regard de l'opération en cause et, le cas échéant pour
.c
0\
·c
les opérations bénéficiant d'un taux réduit, du respect de certaines conditions.
>-
0.
0
u
• LES DIFFÉRENTS TAUX DE TVA (articles 278 à 281 du CGI)
Depuis le 1er janvier 2014, les taux de TVA sont en France :
- le taux normal de 20 % ;
- le taux réduit de 5,5 % ;
- le taux réduit de 1O %, appelé aussi taux intermédiaire.
Des conditions peuvent être exigées afin de bénéficier d'un taux réduit.
En outre, il existe un taux particulier de 2, 1 % qui concerne certains biens
comme les médicaments remboursables, les produits sanguins ou la presse,
etc.
Enfin, des taux spécifiques sont prévus pour la Corse et les DOM.
• Le taux normal de 20 % (article 278 du CGI)
C'est le taux de droit commun qui s'applique à la majorité des biens et services,
lorsqu'aucun taux particulier n'a été expressément prévu.
• Le taux réduit de 5,5 % (article 278-0 bis du C61)
De manière générale, il concerne les produits de première nécessité, qui sont
précisés par la loi. Il vise la majorité des produits alimentaires (à l'exclusion, no-
tamment, des boissons alcooliques qui sont définies, depuis septembre 2014,
comme les boissons dont le titre alcoométrique est supérieur ou égal à 1,2 %
vol., 0,5 % vol. pour les bières, des margarines et des graisses végétales, de
la confiserie ou de certains produits chocolatés, du caviar), les abonnements
au gaz ou à l'électricité, certains appareillages ou équipements spéciaux pour
handicapés, les livres (dont les livres numériques malgré un avis contraire de la
CJUE 5-3-2015 Aff. 479/13), certains spectacles comme le théâtre, les réunions
sportives, les concerts ou le cirque, les livraisons d'œuvres d 'art par l'auteur ou
ses ayants droit, certaines prestations fournies par les maisons de retraite et
les établissements d 'accueil des personnes handicapées, certaines prestations
de services effectuées au profit de personnes handicapées ou dépendantes, la
fourniture de repas dans les cantines scolaires des établissements d 'enseigne-
ment du premier et second degré, certains travau x d 'amélioration de la qualité
énergétique des logements achevés depuis plus de 2 ans, avec des particula-
rités pour les travaux de construction et de rénovation des logements sociaux,
etc.
• Le taux réduit de 10 % (article 278 bis s du C61)
Il s'applique à certains produits limitativement désignés par la loi comme,
notamment, les médicaments non remboursables, les ventes à emporter ou à
livrer de produits alimentaires préparés en vue d'une consommation immédiate
0
ou les ventes à consommer sur place (à l'exception des boissons alcoolisées),
.!:
CO
les transports de voyageurs, les services d 'aide à la personne à l'exception
::i
l9 de celles au profit des personnes handicapées ou dépendantes, certaines
\D
..-<
0
livraisons de logements sociaux, certains travaux de rénovation portant sur
N
@
des locaux d 'habitation, certains spectacles jeux ou divertissements comme le
..., cinéma, les musées, les expositions, etc .
.c
0\
·c
>-
8• Les taux sont ventilés sur les factures
La facture distingue par taux de TVA, le montant hors taxes (la base imposable)
et la TVA pour les biens ou services facturés soumis à un taux différent.
La TVA collectée
D RÈGLES DE DÉDUCTION
DE LA TVA
Article 271 à 273 septies C du CG 1.
• LA TVA EST EN PRINCIPE DÉDUCTIBLE POUR L'ENTREPRISE
ASSUJETTIE QUI EST UN CONSOMMATEUR INTERMÉDIAIRE
La TVA d'amont, qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable
est déductible de la TVA d'aval, facturée sur cette opération. Ce système vise à
garantir pour l'entreprise la neutralité de la TVA, supportée en définitive par le
consommateur final. Il est nécessaire d'être un assujetti agissant en tant que tel
pour pouvoir déduire la TVA .
• LA DÉPENSE DOIT EN PRINCIPE ÊTRE RÉALISÉE EN VUE
D'OPÉRATIONS IMPOSABLES À LA TVA
Les biens ou services dont on souhaite déduire la TVA doivent être utilisés pour
la réalisation d'opérations imposables à la TVA: il y a un lien direct et immédiat
entre la dépense et l'opération imposable. La dépense peut être réalisée au titre
des frais généraux.
0
.!:
CO
::i
l9 • CERTAINES OPÉRATIONS EXONÉRÉES OUVRENT CEPENDANT
DROIT À DÉDUCTION (article 271 du CGI)
\D
.-<
0
N
@
...,
.c
0\
Les opérations ouvrant droit à déduction sont en principe des opérations qui
·c
>- sont effectivement soumises à la TVA. Les opérations qui ne sont pas dans
0.
0
u le champ de la TVA, ou qui sont exonérées, n'ouvrent en général pas droit à
déduction. Des exceptions sont prévues pour certaines opérations, comme les
exportations ou les livraisons intra-communautaires, qui sont traitées comme
des opérations soumises à la TVA pour les besoins du droit à déduction .
• LA DÉDUCTION DE LA TVA PEUT ÊTRE PARTIELLE SELON
L'AFFECTATION DU BIEN OU DU SERVICE
Le bien ou le service concerné est parfois affecté simultanément à une opéra-
tion imposable et à une opération non imposable ou hors du champ d'applica-
tion de la TVA. Cela limite sa déduction pour les redevables .
• LA DÉDUCTION EST SOUMISE À DES CONDITIONS GÉNÉ-
RALES
La déduction de TVA, exigible chez le fournisseur, n'est possible que si les biens
ou services concernés remplissent les conditions suivantes :
- ils sont utilisés pour les besoins d'une opération économique réalisée à
titre onéreux et ouvrant droit à déduction ;
- ils sont nécessaires à l'exploitation et engagés dans l'intérêt de l'exploi-
tation;
- il doit s'agir de biens ou de services dont la déduction n'est pas interdite
par une disposition légale ;
- il convient de pouvoir justifier le montant de la TVA déductible, notamment
au moyen de la facture ou de la déclaration d'importation. La facture doit
identifier l'entreprise qui opère la déduction.
En cas de fraude, des exclusions sont prévues lorsque le client ne pouvait igno-
rer participer à un circuit de fraude (article 272,3 du CGI) .
• CERTAINES OPÉRATIONS SONT EXCLUES EXPRESSÉMENT
DU DROIT À DÉDUCTION (articles 205 et 206 de l'annexe Il
au CGI)
La TVA n'est pas déductible pour les biens et services suivants :
- biens cédés à titre gratuit ou pour une valeur inférieure à leur prix normal ;
- services liés aux biens exclus ;
- biens ou services utilisés à plus de 90 % à des fins étrangères aux besoins
de l'entreprise ;
- dépenses de logement, occasionnel ou permanent, au profit des dirigeants
ou salariés de l'entreprise, sauf certaines exceptions (gardiennage, hôte-
liers, logement sur des chantiers, etc.) ;
- véhicules de transport de personnes (exception faite des entreprises de
transport de voyageu rs ou les auto-écoles) ;
0
- acquisition de biens dans le cadre d'une participation à un circuit de
.!: fraude.
CO
::i
l9 Les produits pétroliers suivent des règles particulières.
\D
..-<
0
N
~· CAS PARTICULIERS
0\
·c
>-
0.
0
u • Frais de réception et de déplacement
Les dépenses de réception , de restauration ou de spectacle ouvrent droit
à déduction de la TVA, qu 'elles soient engagées au profit de personnes
extérieures à l'entreprise ou au profit des membres du personnel, à condition
de pouvoir justifier qu'elles sont exposées dans l'intérêt de l'entreprise. Les
factures de restaurant doivent indiquer la dénomination de l'entreprise avec ses
coordonnées ainsi que le détail de la TVA, ventilée par taux.
La TVA ayant grevé les transports de personnes, par exemple les frais de lo-
cation d'un véhicule pour le déplacement d 'un salarié, ne peut donner lieu à
déduction.
La TVA ayant grevé les frai s d'hôtel occasionnés lors du déplacement d'un
salarié ou d'un dirigeant n'est pas déductible. La TVA sur les frais d'hôtel
supportés par l'entreprise au profit de tiers, comme ses clients, est déductible.
Règles de déduction de Io TVA
• Cadeaux, objets publicitaires
La TVA sur un cadeau offert à un client est déductible s'il est fait dans l'intérêt de
l'entreprise et si le cadeau est de faible valeur, c'est-à-dire si sa valeur unitaire
n'excède pas actuellement 65 euros toutes taxes comprises, par année et par
bénéficiaire.
Les objets de nature publicitaire peuvent ouvrir droit à déduction si le bénéfi-
ciaire joue un rôle dans la commercialisation des produits de l'entreprise qui
remet les biens, et qui en assume le coût pour les besoins de son activité.
• Exemples de TVA non déductible
La TVA n'est pas déductible, par exemple, sur les opérations suivantes :
- achat d'une voiture pour le directeur commercial qui l'utilise pour des dé-
placements, y compris professionnels ;
- frais d'hôtel pour un employé à l'occasion d'un déplacement, y compris
professionnel ;
- frais de location d'une voiture afin de transporter un client ;
- cadeaux pour une valeur supérieure à 65 euros TTC .
• EXIGIBILITÉ ET DROIT À DÉDUCTION VONT DE PAIR
Le droit à déduction prend naissance à la date d'exigibilité de la TVA d'amont
chez le redevable de la TVA, c'est-à-dire dans le cas général chez le fournis-
seur.
0
.!:
C'est le même événement, c'est-à-dire en général pour les biens la livraison ou
CO
::i
pour les services l'encaissement du prix ou l'écriture de débit selon les cas, qui
l9
\D entraîne l'exigibilité de la TVA chez le fournisseur, et qui ouvre droit à déduction
..-<
0
N
chez son client.
@
...,
.c
Exemple: l'entreprise Omega livre à la société Sigma une machine au cours du
0\
·c mois de juin. Le fait générateur et l'exigibilité interviennent en juin :
>-
0.
0
u
- le fournisseur rattache la vente aux opérations imposables au titre du mois
de juin ;
- le client déduit la TVA qui lui est facturée au titre du mois de juin .
• LA TVA DOIT ÊTRE MENTIONNÉE SUR UN DOCUMENT JUSTI-
FICATIF
La déduction est toujours soumise à la mention de la TVA sur un document justi-
ficatif, en principe la facture pour l'achat d'un bien ou une prestation de services.
Le document peut être un document douanier s'il s'agit d'une importation, une
déclaration de l'entreprise s'il s'agit d'une livraison à soi-même ou d'une autoli-
quidation de TVA, ou encore un acte notarié pour les ventes d'immeuble .
• DÉLAI POUR MENTIONNER LA TVA OMISE (article 2081
Annexe Il au CGI)
Si le contribuable a omis de déduire la TVA au titre de la période sur laquelle
il aurait dû la déclarer, il a jusqu 'au 31 décembre de la deuxième année qui
suit celle de l'omission pour la mentionner distinctement sur une déclaration
ultérieure de TVA.
Il [ALCUL DE LA TVA DÉDUCTIBLE
Articles 205 et 206 1de l'annexe Il au CGI.
• L'APPLICATION DE COEFFICIENTS DÉTERMINE LE MONTANT
DE LA TVA DÉDUCTIBLE
La possibilité de déduire la TVA résulte d'un raisonnement qui prend en compte
l'affectation du bien ou du service :
- à une activité dans le champ d'application de la TVA;
- à des opérations taxables pour lesquelles la déduction de la TVA d'amont
est autorisée ;
- à des biens ou services qui ne sont pas exclus du droit à déduction par
un texte spécifique.
Chacune de ces affectations est traduite par le calcul d'un coefficient par bien
et par service. Ces trois coefficients sont multipliés afin de donner le coefficient
de déduction. Si l'un des trois coefficients est nul, la déduction est nulle. Si l'un
d'eux est inférieur à 1, la déduction est partielle .
0
.• TVA DÉDUCTIBLE =TVA D'AMONT x COEFFICIENT DE
•
-~ DEDUCTION
::i
l9
\D
..-<
0
Le calcul de la TVA déductible par bien et par service nécessite l'application
N
@ d'un coefficient de déduction qui résulte de la combinaison de trois coefficients :
.._,
.c
0\
- le coefficient d'assujettissement qui traduit l'exclusion ou pas du champ
·c
>-
0.
d'application de la TVA;
0
u - le coefficient de taxation qui est lié au droit à déduction ;
- le coefficient d'admission qui est fixé par des textes spécifiques .
• LE COEFFICIENT DE DÉDUCTION EST D'ABORD PROVISOIRE
Il est d'abord calculé au moment de l'acquisition du bien ou du service.
Il peut devoir être régularisé ultérieurement.
• LE COEFFICIENT EST DÉFINITIVEMENT ARRÊTÉ AVANT
LE 25 AVRIL DE L'ANNÉE SUIVANTE (article 206 V 2
de l'annexe Il au CGI)
Le coefficient est définitivement arrêté avant le 25 avril de l'année suivante, ou
le 31 décembre de l'année suivante pour les contribuables qui deviennent rede-
vables de la TVA en cours d'année. L'utilisation réelle du bien peut varier par
rapport à ce qui était prévu lors de son acquisition. Il convient de vérifier l'impact
Cuicui de Io TVA déductible
de l'utilisation réelle du bien sur son coefficient de déduction. Le cas échéant,
une régularisation de la différence constatée doit être effectuée, soit sous forme
de reversement de la TVA, soit sous forme d'une déduction complémentaire .
• CALCUL DU COEFFICIENT DE DÉDUCTION
• Coefficient de déduction =coefficient d'assujettissement
x coefficient de taxation
x coefficient d'admission
Le coefficient de déduction est calculé pour chaque bien ou service.
Très souvent, il est égal à un. Il est inférieur à un lorsqu'un des coefficients per-
mettant le calcul est inférieur à un, c'est-à-dire lorsqu 'un bien ou un service est
utilisé pour des opérations non imposables et/ou pour des opérations n'ouvrant
pas droit à déduction et/ou est visé par un texte excluant la déduction.
• Incidence du coefficient de déduction
Si le coefficient de déduction est égal à 1, l'entreprise peut déduire 1OO %
de la TVA, ce qui est le cas de la majorité des entreprises, sauf circonstances
particulières à identifier.
Si le coefficient de déduction est inférieur à 1, elle ne peut déduire que par-
tiellement la TVA payée.
Si le coefficient de déduction égal à 0, la déduction de TVA est nulle.
0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
• LE COEFFICIENT D'ASSUJETTISSEMENT
0
N
@
.._,
.c
0\
·c
• Il détermine la proportion d'affectation d'un bien ou d'un
>-
0.
0
service à des opérations imposables
u
Il convient de procéder à l'affectation du bien :
- si le bien ou le service est affecté exclusivement à des opérations non
imposables hors champ de la TVA, par exemple à une activité privée , le
coefficient est de O ;
- si le bien ou le service est intégralement affecté à des opérations dans le
champ de la TVA, même si elles sont exonérées, le coefficient est de 1 ;
- si le bien ou le service est affecté en partie à une activité privée, et en par-
tie à une activité professionnelle imposable, un prorata est établi selon la
proportion d'utilisation du bien ou du service à des opérations imposables.
Cette proportion doit traduire l'utilisation réelle du bien ou du service, selon
des critères de fait, comme les surfaces, ou la durée.
Le coefficient est en principe calculé pour chaque bien ou service, mais il est
possible , sous conditions de justification, de déterminer un coefficient d'assu-
jettissement forfaitaire unique pour l'ensemble des biens et services de l'entre-
prise.
•Exemple
Une entreprise achète une machine pour un prix TTC de 12 000 €, dont une
TVA de 2 000 €.
Elle affecte cette machine à un usage professionnel 70 % du temps et à un
usage privatif 30 % du temps. Le coefficient d'assujettissement est donc de
70/100, c'est-à-dire de 0,7.
Si les autres coefficients sont égaux à 1, le coefficient de déduction est de 0,7 x
1 x 1, c'est-à-dire de 0,7.
Elle ne peut donc déduire que 0,7 de 2 000 €,c'est-à-dire 1 400 €sur la TVA
payée de 2 000 € .
• LE COEFFICIENT DE TAXATION
• li traduit l'utilisation du bien ou du service pour des
opérations ouvrant droit à déduction
Si le bien ou le service est intégralement utilisé pour des opérations ouvrant
droit à déduction, le coefficient est de 1.
Si le bien ou le service n'est pas du tout utilisé pour des opérations ouvrant droit
à déduction, le coefficient est de O.
Si le bien ou le service est utilisé à la fois pour des opérations ouvrant droit
à déduction et des opérations n'ouvrant pas droit à déduction, c'est-à-dire de
façon mixte, on détermine un coefficient forfaitaire de taxation, c'est-à-dire un
0
.!: « prorata » de taxation .
CO
::i
l9 Ce coefficient est déterminé, en principe, par bien ou service par le rapport
\D
.-<
0 présentant au numérateur le total du chiffre d'affaires annuel hors TVA ouvrant
N
@ droit à déduction, et au dénominateur le total du chiffre d'affaires annuel hors
...,
.c
0\
TVA des opérations imposables. Les opérations hors champ sont exclues du
·c
>-
0.
numérateur et du dénominateur.
0
u Certaines sommes dans le champ de la TVA sont expressément exclues du
calcul comme, par exemple, les cessions de certains biens d'investissement.
Ouvrent en principe droit à déduction :
- les opérations soumises à la TVA;
- certaines opérations dans le champ de la TVA et exonérées, à condition
que cela soit prévu expressément par les textes (par exemple, exporta-
tions et livraisons intracommunautaires, services liés aux échanges in-
tracommunautaires) , les transports internationaux, certaines opérations
effectuées selon un régime suspensif de suspension de taxes.
N'ouvrent en principe pas droit à déduction : les opérations dans le champ d'ap-
plication mais exonérées, en l'absence de disposition contraire.
•Exemple
Le chiffre d'affaires de l'entreprise est réparti de la façon suivante :
- location de bureaux soumise à la TVA: 30 000 € ;
- formation professionnelle exonérée de TVA : 8 000 €;
- recettes financières dans le champ de la TVA et exonérées de TVA :
2 000 €.
Cuicui de Io TVA déductible
Pour déterminer le coefficient de taxation , on porte au numérateur 30 000 €et
au dénominateur 40 000 €. Le coefficient de taxation est donc de 0,75.
Si les autres coefficients sont égaux à 1 , le coefficient de déduction est égal à
1 x 0,75 x 1, c'est-à-dire à 0,75.
Si ses dépenses sont d'un montant hors taxes de 20 000 €avec une TVA de
4 000 €, la TVA déductible est égale à 3 000 € au lieu de 4 000 €.
• Le coefficient de taxation est en principe calculé pour
chaque bien ou service
Il est cependant possible de déterminer un coefficient de taxation unique pour
l'ensemble des biens et services de l'entreprise, calculé de façon forfaitaire .
• LE COEFFICIENT O'ADMISSION (article 206 IV annexe Il
au Clil)
• Biens dont Io déduction est exclue ou restreinte par un
texte spécifique
Ce coefficient vise les biens et les services pour lesquels un texte prévoit ex-
pressément une exclusion ou une restriction du droit à déduction. L'administra-
tion précise que, contrairement aux deux autres coefficients qui dépendent de
l'activité de l'assujetti et de l'utilisation qu 'il fait des biens et services qu'il achète,
le coefficient d'admission d'un bien ou d'un service dépend uniquement de la
0 réglementation en vigueur.
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
• Il est compris entre Oet 1
0
N
@
.._, Il est égal à 1 si aucune mesure d'exclusion ne vise le bien ou le service concer-
.c
0\
·c
né .
>-
0.
0 Il est égal à 0, en présence d'une mesure d 'exclusion du droit à déduction.
u
Une exclusion totale de la déduction de TVA est prévue, sauf cas particulier,
notamment dans les cas suivants :
- bien ou service est utilisé à plus de 90 % à des fins étrangères à l'entre-
prise;
- véhicule de transport de personnes, sauf exceptions comme les véhicules
destinés à être revendus à l'état neuf, ou à être donnés en location, com-
portant, outre le siège du conducteur, plus de huit places assises et utilisés
par des entreprises pour amener leur personnel sur les lieux du travail , ou
ceux affectés de façon exclusive à l'enseignement de la conduite ;
- biens fournis sans rémunération ou pour une rémunération très inférieure
au prix normal, sauf cadeaux de très faible valeur selon textes en vigueur ;
- transport de personnes et opérations accessoires ;
- dépenses de logement au profit du dirigeant ou du personnel, sauf per-
sonnel spécifique comme le personnel de surveillance ;
- prestations de services de toute nature, notamment la location, afférentes
aux biens dont le coefficient d'admission est nul ;
- opérations imposées sur la marge.
Il est compris entre Oet 1 si une mesure de restriction vise le bien ou le service
concerné. Cela concerne, par exemple, certains gazoles ou gaz de pétrole et
autres hydrocarbures .
• LES SECTEURS DISTINCTS D'ACTIVITÉ
Lorsqu'une entreprise exerce plusieurs activités qui ne sont pas soumises aux
mêmes dispositions en matière de TVA, elle peut les ventiler dans des secteurs
distincts d'activité où elles seront gérées différemment. Elle doit déclarer les
secteurs distincts à l'administration fiscale.
Un suivi comptable est prévu par secteur afin de calculer les coefficients au sein
de chacun d'eux.
0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
Cuicui de Io TVA déductible
RÉliULARISATION
DU COEFFICIENT DE DÉDUCTION
En principe, la déduction de la TVA est définitive, sauf dans certaines situations.
L'évolution de l'utilisation du bien en cause ou certaines opérations peuvent
entraîner une régularisation .
• LA RÉGULARISATION CONCERNANT LES IMMOBILISATIONS
(article 207 annexe Il au CGI)
Le coefficient de référence retenu pour la déduction initiale de la TVA sur des
immobilisations peut varier dans le temps. La période de régularisation qu 'il
convient de surveiller est de 20 ans pour les immeubles, et de 5 ans pour les
biens meubles. Ce délai est décompté à partir de l'année au cours de laquelle
le bien a été acquis, importé, utilisé pour la première fois.
• La régularisation est annuelle lorsque le coefficient de
référence varie dans le temps
Si le coefficient de déduction adopté une année donnée diffère d'un dixième
par rapport à celui retenu l'année de référence, une régularisation doit être opé-
rée avant le 25 avril de l'année suivante. Pour les immeubles, la régularisation
0
.!: s'opère par vingtièmes, et pour les biens meubles par cinquièmes .
CO
::i
l9 Elle peut générer un versement complémentaire de TVA par le contribuable, ou
\D
..-<
0
au contraire un reversement de TVA au contribuable par le Trésor Public.
N
@
.._, Le montant de la régularisation est égal :
.c
0\
·c
- pour les immeubles : TVA initiale x (coefficient de l'année - coefficient de
>-
0.
0
déduction de référence)/ 20 ;
u
- pour les autres immobilisations : TVA initiale x (coefficient de l'année -
coefficient de déduction de référence) / 5.
Exemple : l'entreprise A achète le 1er avril 2014 une machine pour un prix hors
taxes de 1O 000 € . La TVA est de 2 000 €.
Lors de son acquisition , le coefficient de déduction est de 0,5 car l'entreprise
pense affecter la machine pour la moitié de son utilisation à son activité taxable :
l'entreprise déduit donc sa TVA selon ce coefficient, soit: 2 000 x 0,5 = 1 000 € .
Avant le 25 avril 2015, elle recalcule son coefficient de déduction selon l'utili-
sation réelle de la machine qui, en définitive, a été affectée à 1OO % à l'activité
taxable. Ce coefficient est passé de 0,5 à 1.
Elle opère chaque année un complément de déduction d'un cinquième de
1 000 €afin d'obtenir en définitive 2 000 € de déduction totale.
• La réqularisation du coefficient de référence est globale
en presence de certains événements
Certains événements remettent en cause le calcul des coefficients de référence
qui avaient justifié la déduction de la TVA sur les biens immobilisés :
- cession ou apport non soumis à la TVA sur le prix total ;
- cession ou apport soumis à la TVA sur le prix total ;
- transfert d'un bien entre secteurs d'activités ;
- modification des textes applicables ;
- utilisation du bien pour des opérations imposables n'ouvrant pas droit à
déduction ou pour des opérations non imposables, et inversement.
L'entreprise doit recalculer son coefficient de déduction au regard de cet évé-
nement. Elle doit alors soit reverser globalement en une fois la TVA déduite
excédant le montant déterminé par ce nouveau calcul, soit bénéficier d'une
déduction complémentaire globale. La régularisation globale est égale à la
somme théorique des régularisations qui auraient dû être effectuées annuelle-
ment jusqu'au terme des 20 ou 5 ans selon qu 'il s'agit d'un immeuble ou d'une
autre immobilisation.
Si le bien est cédé à un assujetti qui l'immobilise, l'entreprise peut lui transfé-
rer un droit à déduction sur la TVA initiale, mentionnée sur une attestation. Ce
montant est égal au montant de la TVA initiale multiplié par le nombre d'année
restant à courir, par rapport au nombre total d'années de la période de régula-
risation .
.• RÉGULARISATION POUR LES BIENS AUTRES QUE LES
~ IMMOBILISATIONS ET POUR LES SERVICES (article 271111
~ du CGI)
..-<
0
N
@ Il convient d'opérer une régularisation :
.._,
.c - lorsque le bien vient à être utilisé pour des opérations ouvrant droit à
0\
·c
>-
0. déduction, par exemple dans le cas d'un nouveau redevable. Cela ouvre
0
u alors droit à déduction complémentaire ;
- pour disparition de marchandises, exceptions faites des disparitions dû-
ment justifiées comme en cas de vol. Un reversement de TVA doit être
opéré ;
- lorsque les biens ou services sont utilisés pour des opérations n'ouvrant
pas droit à déduction : un reversement de TVA est opéré .
• LA RÉGULARISATION DES OPÉRATIONS RÉSILIÉES,
ANNULÉES OU IMPAYÉES
Le client qui reçoit une note d'avoir, ou une facture rectificative, de la part de son
fourni sseur rectifie le montant de la déduction initiale de la TVA.
• Opérations annulées ou résiliées, réductions de prix
La TVA acquittée à l'occasion d'opérations qui sont par la suite résiliées, annu-
lées ou qui font l'objet d 'un rabais, remise, ou ristourne ultérieu rs, peut être
récupérée par le fournisseur qui a reversé la TVA.
Régularisation du coefficient de déduction
Le fournisseur impute la TVA concernée sur la TVA due ligne 21 de l'imprimé
Cerfa n° 331 O-CA3.
Il convient pour cela qu'il adresse à son client :
- soit une nouvelle facture qui annule et remplace la précédente, et qui
indique la référence précise à la facture initiale ;
- soit une note d'avoir qui fait référence à la facture initiale et sur laquelle est
indiqué le montant hors taxe de l'opération annulée ou du rabais, ainsi que
le montant de la TVA correspondante.
Le client rectifie alors le montant de la déduction initiale de la TVA.
• Opérations impayées (article 272 1 du CGI)
Le fournisseur peut récupérer la TVA qu'il a reversée au Trésor Public dans
le cas où il n'a pas été payé par son client. Il doit pour cela pouvoir prouver le
caractère irrécouvrable de sa créance. Il doit également adresser à son client
défaillant un duplicata de la facture initiale avec les mentions initiales auxquelles
est ajoutée la mention expresse « Facture demeurée impayée pour la somme
de ... €prix net et pour la somme de ... €en ce qui concerne la TVA corres-
pondante qui ne peut faire l'objet d'une déduction selon l'article 272 du CGI "·
• LA CESSATION O'ACTIVITÉ PEUT ENTRAÎNER DES RÉGULARI-
SATIONS
Il convient, le cas échéant, de régulariser la TVA déduite pour chaque immobi-
lisation, bien ou service concerné, si le délai de régularisation n'est pas expiré.
0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
...,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
DÉTERMINATION DE LA TVA
~ ~
A PAYER OU A IMPUTER
• TAXES D'AVAL ET D'AMONT
À chaque stade de la production ou de la distribution, l'entreprise est concernée
par deux postes de TVA :
- la TVA collectée, ou TVA d'aval , c'est-à-dire la TVA facturée aux clients ;
- la TVA déductible, ou TVA d'amont, c'est-à-dire, selon le cas, tout ou par-
tie de la TVA payée sur les charges déductibles, que récupère l'entreprise
assujettie .
• IMPUTATION DE LA TAXE DÉDUCTIBLE
La TVA déductible est imputée sur la TVA collectée.
La déduction de la taxe ayant grevé les biens et les services est opérée par
imputation sur la taxe due par le redevable au titre du mois pendant lequel le
droit à déduction a pris naissance.
La différence entre les deux génère soit une TVA à payer, soit un crédit de
TVA. L'entreprise calcule ce montant sur sa déclaration de TVA.
~·TVA À PAVER= TVA COLLECTÉE -TVA DÉDUCTIBLE
::i
l9
\D
..-<
0
La TVA à payer résulte d'une TVA facturée sur le chiffre d'affaires supérieur à
N
@ celle payée et déductible sur les dépenses.
...,
.c
0\
·c
L'entreprise la règle au Trésor public avec le dépôt de sa déclaration, dans les
>- délais prévus selon son régime déclaratif.
0.
0
u
• LE CRÉDIT DE TVA
Si le résultat de la différence entre la TVA collectée et la TVA dépensée est
négatif, c'est-à-dire si l'entreprise n'a pas perçu de recettes imposables à la
TVA supérieures à ses dépenses déductibles, elle dispose d'un crédit de TVA.
Le crédit de TVA peut être soit imputé sur la prochaine TVA due, soit remboursé
sur demande expresse de l'entreprise.
L'entreprise peut se faire rembourser la TVA exposée dans un autre pays de
l'UE selon une procédure automatisée.
• Les possibilités d'imputation du crédit TVA
L'entreprise peut imputer ce crédit de TVA sur la TVA exigible le mois d'après et,
le cas échéant, les mois suivants.
Détermination de la TVA à payer ou à imputer
• Le remboursement du crédit TVA
L'entreprise peut demander le remboursement du crédit de TVA sur un imprimé
N° 3519, auquel est jointe la copie de la dernière déclaration CA3. Le rembour-
sement est annuel, mensuel ou trimestriel selon son montant et selon le régime
déclaratif de l'entreprise.
Des particularités sont prévues notamment pour les nouveaux redevables ou
pour les entreprises qui réalisent des opérations exonérées relevant du com-
merce extérieur.
• REMBOURSEMENT DE LA TVA EXPOSÉE DANS UN AUTRE
ÉTAT DE L'UNION EUROPÉENNE (Directive 2008/9/CE, Ins-
truction 3 D-2-10 du 29 juillet 2010)
Les entreprises peuvent obtenir le remboursement de la TVA payée dans un
membre de l'UE en suivant une procédure prévue à cet effet : elles utilisent le
portail électronique accessible à partir de l'espace « abonnés ,, de la rubrique
« Professionnels,, du site [Link]. Ce système informatisé contrôle
les informations saisies et les transmet à l'État concerné avec la demande de
remboursement.
Le remboursement peut être demandé en principe jusqu'au 30 septembre de
l'année qui suit celle au cours de laquelle le droit à déduction est né.
• Les délais de prescription
0
.!: Les délais de prescription sont les suivants :
CO
::i
l9
- délai de reprise de l'administration fiscale : article L 176 du Livre des
\D
..-<
Procédures Fiscales ;
0
N
@
- délai de réclamation du contribuable : délai général de l'article R 196-1
.._, du LPF, ou délai spécial de l'article R 196-3 du LPF en cas de procédure
.c
0\
·c
>-
de reprise.
0.
0
u
m ÎERRITORIALITÉ DE LA TVA
Articles 258 à 259 D du CG 1.
• LA TVA EST SOUMISE À DES RÈGLES DE TERRITORIALITÉ
Ces règles sont déterminées strictement par la loi en se référant au lieu où
l'opération en cause est réputée se situer.
Lorsque la TVA française n'est pas due, il convient de déterminer si une TVA
étrangère est due.
• Livraisons de biens
L'opération de livraison est en principe située en France, et la TVA applicable
en France, lorsque les biens sont expédiés ou transportés à partir de la France,
sous réserve des cas d'exonération notamment pour les livraisons intracommu-
nautaires et les exportations.
• Prestations de services
0
Le critère de territorialité de la TVA est déterminé par référence au lieu où ces
.!:
CO
opérations sont réputées se situer. Il peut être combiné avec le caractère d'as-
::i
l9 sujetti, au sens des règles de territorialité, du preneur, et avec le lieu d'établis-
\D
..-<
0
sement du prestataire .
N
@
->- OPÉRATIONS CONSIDÉRÉES COMME RÉALISÉES EN FRANCE
0.
0
u
Il s'agit des opérations réalisées en France continentale, en Corse, dans la Prin-
cipauté de Monaco, dans les eaux territoriales et sur le plateau continental.
La Corse et les DOM sont soumis à des règles particulières .
Les opérations réalisées sur le territoire français sont imposables à la TVA fran-
çaise si elles entrent dans son champ d'application .
• OPÉRATIONS AU SEIN DE L'UNION EUROPÉENNE
(Directives 2012/112/CE du 28/11/2006, 2008/8/CE du
12 février 2008)
Les directives européennes ont établi des règles pour répartir l'attribution de la
TVA entre les États.
• Liste de 28 États membres de l'UE avec leur code pays
Allemagne (DE) ; Autriche (AT) ; Belgique (BE) ; Bulgarie (BG) ; Chypre (CY) ;
Croatie (HR) ; Danemark (OK) ; Espagne (ES) ; Estonie (EE) ; Finlande (FI) ;
France (FR) ; Grèce (GR) ; Hongrie (HU) ; Irlande (IE) ; Italie (IT) ; Lettonie (LV) ;
Territorialité de la TVA
Lituanie (LT) ; Luxembourg (LU) ; Malte (MT) ; Pays-Bas (NL) ; Pologne (PL) ;
Portugal (PT); République tchèque (CZ); Roumanie (RO); Royaume-Uni (GB);
Slovaquie (SK) ; Slovénie (SI) ; Suède (SE).
Certains territoires sont exclus de cette liste au regard de la TVA et sont consi-
dérés comme des pays tiers (collectivités d'autre-mer de Saint-Pierre-et-Mique-
lon, de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, de Nouvelle-Calédonie de Wallis-et-
Futuna et de la Polynésie française, Canaries, lies anglo-normandes, etc.).
• Le numéro intracommunautaire (article 286 ter du CGI)
Les entreprises assujetties à la TVA dans un État de l'Union européenne sont
identifiées par un numéro national de treize caractères qui est mentionné sur
les factures, les déclarations d'échanges de biens et de services, et les décla-
rations de TVA.
Il est composé en France du code pays FR indiqué en préfixe, d'une clé infor-
matique à deux chiffres, et du numéro SIREN à neuf chiffres de l'entreprise.
• Le formalisme des opérations intracommunautaires
Les opérations intracommunautaires sont soumises à un formalisme particulier
qui se cumule aux règles de forme de droit commun :
- mention spécifique sur les factures : le fournisseur qui ne facture pas
la TVA de son pays indique sur la facture, selon le cas , les références
du texte de loi qui prévoit l'exonération de TVA ou la mention spécifique
exigée;
- déclaration européenne de biens (DES) et de services (DES) (Articles
0
.!: 289 B et 289 C du CGI) : les échanges de biens sont répertoriés sur la
CO
::i
l9
DEB remise chaque mois au service des douanes. Les prestations de
\D
..-< services relevant de la règle B to B sont déclarées sur la déclaration
0
N d'échange de services ou DES. La sanction pour défaut de déclaration ou
@
.._, pour omission est une amende de 750 euros par déclaration manquante,
.c
0\
·c qui peut être portée à 1 500 euros si le contribuable ne régularise pas
>-
0.
0 après mise en demeure par l'administration fiscale. Chaque omission ou
u
erreur est sanctionnée par une amende de 15 euros .
• OPÉRATIONS AVEC LES PAYS TIERS
Il s'agit des pays autres que la France ou que les autres États membres de
l'Union européenne, et des territoires exclus de la liste des États membres de
l'UE.
• Les exportations vers les pays tiers (article 262 du CGI)
Le terme exportation vise les livraisons de biens expédiés ou transportés par
le fournisseur, ou pour son compte , de la France en dehors de l'Union euro-
péenne, et les livraisons de biens expédiés ou transportés hors de France par
l'acheteur non établi en France, ou pour son compte.
À condition de respecter certaines conditions, notamment la justification de la
réalité de l'exportation, les exportations sont exonérées de TVA française.
• Les importations en provenance des puys tiers (article 291
ô 293 A bis du Clil)
Les importations en France sont soumises à la TVA française. La TVA est due
lors de l'entrée du bien en France lors du dédouanement, ou lors de la mise à la
consommation du bien antérieurement placé sous un régime douanier.
Des exonérations sont prévues, sous conditions, dans certaines situations, par
exemple si le bien est destiné à une exportation.
• Services liés oux importations ou oux exportations
Les services se rapportant aux importations dont le prix est compris dans la
base d'imposition à l'importation sont exonérés de TVA.
Les services liés aux exportations sont, en principe, exonérés de TVA.
• Régime des achats en fronchise de TVA
Le régime d'achat en franchise concerne les biens, et les services portant sur
ces biens, acquis en France ou dans l'Union européenne, ou importés, et qui
sont destinés à faire l'objet d'une exportation, d'une livraison intracommunau-
taire exonérée ou d'une vente à distance dans un autre État membre de l'Union
européenne.
Un contingent annuel d'achat en franchise de TVA est déterminé. L'entreprise
communique à ses fournisseurs une attestation.
_g •Le régime fiscal« suspensif» de TVA
CO
::i
l9
\D
Le régime suspensif de TVA repose sur la création d'un entrepôt fiscal sur auto-
..-<
0
N
risation administrative pour une durée déterminée, ce qui permet de reporter
@
..., l'imposition à la TVA à un stade ultérieur comme la sortie du régime ou le retrait
.c de l'autorisation .
0\
·c
>-
0.
0 • •
u • Transports mternot1onoux
Les transports internationaux suivent des règles particulières qui dépendent
de la qualité d'assujetti du preneur, de la distance parcourue en France, du
caractère intracommunautaire du transport, de l'objet du transport, du lieu de
départ, etc.
• Entreprises étrangères
En principe, elles sont soumises aux mêmes obligations que les entreprises
françaises. Pour les entreprises non établies en France, il existe une possibilité
d'autoliquidation de la TVA par le client, et de remboursement de la TVA expo-
sée. Certaines doivent désigner un représentant fiscal.
Territorialité de la TVA
~
m ECHANGES DE BIENS
AU SEIN DE L'UE
• LE RÉGIME DES OPÉRATIONS INTRACOMMUNAUTAIRES
On distingue les livraisons intracommunautaires des acquisitions intracommu-
nautaires, qu'il ne faut pas confondre avec les exportations et les importations.
La TVA applicable dépend du lieu de livraison et de l'assujettissement du client
à la TVA.
• Le régime des livraisons intracommunautaires
(article 262 ter du CGI)
La livraison intracommunautaire est la livraison à destination d'un autre État de
l'Union européenne d'un bien expédié ou transporté hors de France.
La livraison intracommunautaire à titre onéreux par un vendeur assujetti d'un
bien est exonérée de TVA française , et taxée à la TVA dans le pays de destina-
tion, à condition que le client de l'autre État de l'UE soit identifié par son numéro
intracommunautaire. Des mentions obligatoires sont apposées sur la facture qui
est établie hors taxes. La déclaration de TVA mentionne l'opération.
Si le client est un particulier, ou ne communique pas son numéro intracommu-
nautaire, la TVA française est due.
0
.!:
CO
::i
l9
• Le régime des acquisitions intracommunautaires
\D
..-<
0
(article 256 bis du CGI)
N
@
.._, L'acquisition intracommunautaire est l'acquisition d'un bien qui provient d'un
.c
0\
·c
autre État de l'Union européenne et qui est livré en France .
>-
0.
0 Sauf exception concernant des biens particuliers, l'acquisition intracommunau-
u
taire à titre onéreux d'un bien est taxée en France, si l'entreprise cliente fran-
çaise est identifiée à la TVA par son numéro intracommunautaire ou NIC.
La TVA française n'apparaît pas sur la facture. Le client est redevable de la TVA.
Il l'autoliquide, c'est-à-dire qu 'il la mentionne sur sa déclaration de TVA comme
de la TVA due. li la déduit dans les conditions de droit commun. Le défaut d'au-
toliquidation entraîne une pénalité de 5 % des sommes non déclarées.
Si le client français est un particulier ou ne communique pas son NIC, le fournis-
seur établi dans un autre État de l'UE doit appliquer la TVA du pays de départ.
• PERSONNES BÉNÉFICIANT D'UN RÉGIME DÉROGATOIRE
PBRD (articles 256 bis, 12° et 260 CA du CGI, article 34 de
la directive 2006/112/CE)
Certaines personnes, dites PBRD, qui réalisent des acquisitions intracommu-
nautaires d'un montant inférieur à 1O 000 euros par an peuvent, sous condi-
tions, bénéficier d'un régime dérogatoire leur permettant de ne pas soumettre
les opérations à la T VA. La taxation se situe alors au niveau du fournisseur.
Les acquisitions intracommunautaires de moyens de transport neufs en sont
exclues .
• LES VENTES À DISTANCE DE BIENS À DES NON ASSUJETTIS
ou À DES PBRD (article 258 A et B du [(il)
Les ventes à distance de biens sont des livraisons portant sur des biens expé-
diés ou transportés à destination de l'acquéreur par le vendeur assujetti ou pour
son compte, de la France vers un autre État membre de l'Union européenne,
ou inversement, à destination d'un particulier ou d'une personne bénéficiant du
régime dérogatoire dit PBRD.
Par dérogation au principe ci-dessus rappelé, et à certaines conditions, la taxa-
tion peut être localisée dans le pays d'arrivée en fonction du chiffre d'affaires
relatif à ces ventes.
En dessous d'un seuil de ventes à distance réalisées dans l'État membre
destinataire des biens, égal en France à 35 000 euros hors taxes depuis le
1er janvier 2016, le lieu de livraison et de taxation est réputé être l'État de dé-
part. Un seuil de 1 OO 000 euros a été fixé par la directive et peut être réduit à
35 000 euros dans le cas où l'État membre craint de sérieuses distorsions de
concurrence .
Au-dessus de ce seuil, le lieu de livraison et de taxation est réputé être l'État
d'arrivée.
Ce régime ne s'applique pas aux moyens de transport neufs .
• OPÉRATIONS TRIANGULAIRES (article 258 D du CGI)
Une opération triangulaire est une opération dans laquelle un assujetti X, identi-
fié dans un État membre x de l'Union européenne, vend un bien à un assujetti Y,
0
.!: établi dans un État membre y, qui revend ce bien à un client Z identifié dans un
CO
::i
l9 autre État membre z, le bien étant directement expédié ou transporté de l'État
\D
..-< membre x à l'État membre z.
0
N
@ En principe, l'assujetti Y doit s'identifier à la TVA soit dans l'État x pour faire une
.._,
.c
0\
livraison intracommunautaire vers l'État z, soit dans l'État z pour y réaliser une
·c
>-
0.
acquisition intracommunautaire puis une livraison interne.
0
u Afin de simplifier le circuit de TVA, il est admis que, sur option , l'acheteur-reven-
deur Y soit dispensé du paiement de la TVA. Il n'a pas à s'identifier dans l'État z
pour réaliser une acquisition intracommunautaire puis une livraison interne.
Seul le client Z est redevable de la TVA dans l'État z.
Les trois entreprises doivent notamment être identifiées à la TVA, l'entreprise Y
ne doit être établie ni dans l'État x ni dans l'État z, la mention « Application de
l'article 141 de la directive 2006/112 CE modifiée ,, est apposée sur les fac-
tures ... échanges de biens au sein de l'UE.
Échanges de biens au sein de l'UE
PRESTATIONS DE SERVICES
AU SEIN DE L'UE
Articles 259-0 à 259 D du CG 1.
Le lieu de taxation des prestations de services à l'intérieur de l'Union euro-
péenne dépend de l'assujettissement du client à la TVA, de la nature des ser-
vices rendus et du formalisme suivi.
• TERMINOLOGIE
Assujetti : personne qui accomplit des opérations entrant dans le champ d'ap-
plication de la TVA.
Autoliquidation de la TVA : indication spontanée de la TVA due sur la déclara-
tion de TVA CA3, alors qu 'elle n'est pas facturée par le fournisseur.
Lieu d'établissement : siège de l'activité économique, ou établissement stable,
ou domicile, déterminé selon les règles du droit fiscal international.
Opération« B to B » (Business to Business), ou d'un prestataire assujetti vers
un preneur assujetti.
Opération« B to C» (Business to Consume(), ou d'un prestataire assujetti vers
un preneur non assujetti.
0
Preneur : le preneur d'une prestation de services est le client.
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
• LES PRINCIPES
N
@
...,
.c
0\
·c
>-
• Opérations Bto B, ou entre assujettis (article 259-1°
0.
0
u
du CGI)
Le lieu de taxation des prestations de services est celui de l'établissement du
preneur, c'est-à-dire du client direct.
Le prestataire établit une facture sans TVA. Le preneur autoliquide la TVA sur
sa déclaration de TVA : il mentionne la TVA sur sa déclaration de TVA sur la
ligne prévue à cet effet. Il la déduit dans les conditions de droit commun, en
l'indiquant sur la ligne prévue à cet effet.
À titre dérogatoire, certaines prestations, fixées par une liste limitative, peuvent
ne pas être soumises à la TVA en France si elles sont utilisées hors de l'UE,
comme les prestations de transport de marchandises.
• Opérations Bto C, ou entre un assujetti et un non-assujetti
(article 259, 2e et 259 Cdu CGI)
Le principe du lieu de taxation est celui de l'établissement du prestataire. Le
fournisseur facture la TVA dont il est le redevable.
• CES PRINCIPES CONNAISSENT DES DÉROGATIONS
Des règles particulières, précisées fiche 15, sont applicables à certaines presta-
tions. Certaines sont communes aux opérations B to B et B to C, ou spécifiques
aux opérations B to B ou aux opérations B to C.
• Il convient de prendre en compte la qualité du preneur
Pour déterminer le régime applicable, il convient de vérifier si le preneur est un
client assujetti dit « B " pour business ou non assujetti dit « C " pour consumer.
Cette qualité doit être vérifiée par le prestataire notamment au moyen du NIC,
c'est-à-dire du numéro intracommunautaire, mais également, compte tenu de
l'existence de circuits de fraude, par tout moyen permettant de vérifier l'exis-
tence économique du client.
• Les dérogations concernent uniquement certains services
Il convient également de qualifier la prestation précisément afin de déterminer si
une disposition particulière lui est applicable. Le présent guide ne peut décliner
tous les cas particuliers, et n'aborde fiche 15 que les cas principaux afin de
préciser les axes de réflexion.
Exemple des services fournis par voie électronique : l'exemple des services
fournis par voie électronique rendus à des personnes non assujetties, visé par
l'article 58 de la directive TVA, illustre le degré de détail à vérifier ainsi que la
nécessité de surveiller la mise à jour des textes, compte tenu en particulier de
l'évolution technologique.
0
.!:
CO Ces services correspondent à des prestations immatérielles. Ce sont les ser-
::i
l9 vices fournis par voie d'Internet ou de réseaux électroniques, qui sont fortement
\D
..-<
0 automatisés et impossibles à réaliser en l'absence de réseau informatique .
N
@
.._, La directive TVA en donne une liste indicative. Elle précise que lorsque le pres-
.c
0\
·c
tataire de services et le preneur communiquent par courrier électronique, cela
>- ne signifie pas en soi que le service est un service fourni par voie électronique.
0.
0
u
Le CGI donne une liste de ces services qui comprend par exemple la fourniture
de logiciels et la mise à jour de ceux-ci.
Le BOFIP précise que les logiciels, standards ou spécifiques, et leur mise à jour,
lorsqu 'ils sont téléchargés, correspondent à un service électronique.
L'administration exclut les CD-ROM, disquettes et supports matériels analo-
gues.
Les services fournis par voie électronique ainsi que les services de télécommu-
nication, de radiodiffusion et de télévision sont taxables en France lorsque le
preneur est une personne non-assujettie établie en France, quel que soit le lieu
d'établissement du prestataire.
Prestations de services au sein de l'UE
DÉROGATIONS POUR CERTAINES
PRESTATIONS DE SERVICES
• DÉROGATIONS COMMUNES AUX OPÉRATIONS B TO B
ETB TOC
Ces dérogations concernent aussi bien les prestations rendues à des assujettis
qu 'à des non-assujettis :
- prestations se rattachant à un immeuble : le lieu de taxation est en
France (ou dans l'État membre) si l'immeuble est situé en France (ou dans
l'État membre). Ces prestations, présentant un lien étroit avec l'immeuble,
sont très larges : prestation d'experts, d'agents immobiliers, d'architecte,
de gardiennage, de nettoyage, etc. ;
- transport de passagers: le lieu de taxation est en France (ou dans l'État
membre) selon la distance parcourue en France (ou dans l'État membre),
avec des exonérations spécifiques en matière de transport international ;
- ventes à consommer sur place: elles sont taxées en France (ou dans
l'État membre) si elles sont exercées ou matériellement exécutées en
France (ou dans l'État membre) ;
- locations de moyens de transport de biens de courte durée, c'est-
à-dire inférieures à trente jours pour les véhicules terrestres : le lieu de
taxation est en France (ou dans l'État membre) si le preneur en prend
0
.!: possession en France (ou dans l'État membre) .
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N • DÉROGATIONS POUR LES OPÉRATIONS B TO CUNIQUEMENT
@
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
• Prestations immatérielles de l'article 259 B du CGI
u
Il s'agit notamment des prestations de publicité, conseillers (avocats par
exemple), ingénieurs, bureaux d'étude, des opérations bancaires, financières
ou d'assurances, de mise à disposition de personnel, des prestations de
télécommunications, des cessions et concessions de droits d'auteurs, brevets,
licences, marques, des locations de biens meubles autres que les moyens de
transport, des traitements de données, services rendus par voie électronique,
etc.:
- si elles sont réalisées par un prestataire établi en France, et si le preneur
est établi en France ou dans un autre État de l'Union européenne : le lieu
de taxation est en France ;
- quand le prestataire est établi en dehors de l'UE et que le preneur est éta-
bli dans l'UE, et si le service est utilisé en France, elles sont aussi taxables
en France. Pour les services électroniques, la TVA est due en France si le
preneur est en France, même si le service n'y est pas utilisé ;
- dans les autres cas, elles ne sont pas taxables en France.
•Tableau illustrant les cas d'application de la TVA française
pour les prestations immatérielles
Ce tableau est établi selon le lieu d'établissement du prestataire et du preneur
non assujetti, sous réserve du changement à compter de 2015 pour les services
fournis par voie informatique, les services de télécommunication, de radiodif-
fusion et de télévision, qui sont taxables en France si le preneur est établi en
France, quel que soit le lieu d'établissement du prestataire.
- Prestations des intermédiaires transparents autres que celles se rat-
tachant à un immeuble, c'est-à-dire des personnes qui agissent au nom
et pour le compte d'une autre personne : le lieu de taxation est en France
(ou dans l'État membre) si l'opération principale sur laquelle porte l'entre-
mise est située en France (ou dans l'État membre).
- Transports intracommunautaires de biens, c'est-à-dire d'un État de
l'UE vers un autre État de l'UE : le lieu de taxation est en France (ou dans
l'État membre) si le lieu de départ est en France (ou dans l'État membre).
- Transport de biens autres qu'intracommunautaires : le lieu de taxa-
tion est en France (ou dans l'État membre) pour la distance parcourue en
France (ou dans l'État membre).
- Prestations accessoires aux transports de biens ou de personnes,
c'est-à-dire chargement, manutention, déchargement, et activités simi-
laires : le lieu de taxation est en France (ou dans l'État membre) si elles
sont matériellement exécutées en France (ou dans l'État membre).
- Travaux à façon et expertises sur un bien meuble corporel : le lieu de
taxation est celui de réalisation de la prestation, donc la France (ou l'État
membre) si la prestation est matériellement exécutée en France (ou dans
0
.!: l'État membre).
CO
::i
l9
- Prestations culturelles, artistiques, sportives, éducatives, de diver-
\D
..-< tissement et similaires : le lieu de taxation est la France si elles y sont
0
N matériellement exécutées.
@
...,
.c
.• DÉROGATIONS APPLICABLES AUX OPÉRATIONS B TO B
8
UNIQUEMENT
Prestations des services consistant à donner accès à des manifestations cultu-
relles, artistiques , sportives, scientifiques, éducatives, et de divertissement :
elles sont taxées en France (ou dans l'État membre) si elles sont exercées ou
matériellement exécutées en France (ou dans l'État membre). Les prestations
culturelles elles-mêmes relèvent de la règle générale B to B.
Dérogations pour certaines prestations de services
Il RÈGLES DE FACTURATION
Article 289-0 et 289 du CG 1.
• LA FACTURE EST OBLIGATOIRE (article L. lili1-3 du Code
de commerce, article 289, article 2li2 nonies de l'annexe Il
du CGI)
Tout achat d'un produit ou toute prestation de services pour une activité profes-
sionnelle doit faire l'objet d'une facture établie en double exemplaire, dont l'u n
est remis au client .
• PARTICULARITÉS DE LA RÉGLEMENTATION FISCALE
•L'assujetti à la TVA est soumis à une obligation fiscale
de facturation pour certaines opérations
Cela concerne notamment les livraisons ou prestations au profit d'un assujetti,
ou celles qui ne sont pas exonérées au profit d'une personne morale non assu-
0 jettie, les livraisons intracommunautaires, etc.
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
• Les mentions sur la facture ont une incidence directe
0
N
@
en matière de TVA
.._,
.c
0\
·c La facture est l'instrument sur lequel sont basés l'exigibilité de la TVA et l'exer-
>-
0.
0
cice du droit à déduction. Elle doit être émise dès la réalisation de la livraison ou
u
de la prestation de service.
•Sanctions
Une amende de 15 euros est due pour chaque omission de certaines mentions,
même facultatives selon le Conseil d'État, ou inexactitudes.
En cas d'infraction grave, les amendes sont calculées en fonction du montant
des opérations en cause. Le bénéficiaire de la facture peut être privé du droit à
déduction, ou du bénéfice d'un régime spécifique.
Les factures sont des pièces justificatives de la comptabilité.
• Formalisme
La facture est établie soit sur un support papier en double exemplaire, soit sur
un support électronique agréé.
• MENTIONS OBLIGATOIRES (article 242 nonies A,
1de l'annexe Il au CGI)
• Mentions générales
Sont indiquées les mentions suivantes :
- nom, ou dénomination sociale, et adresse du fournisseur et du client ;
- forme juridique du vendeur, montant du capital social, mentions d'identi-
fication ;
- date de la facture et, si elle diffère, date de l'opération ;
- numéro de la facture établi chronologiquement selon une série continue ;
- quantité et dénomination précise des biens livrés ou des services rendus ;
- prix hors taxes ;
- taux de TVA, et par taux, le total hors taxes et le montant de la TVA;
- montant des rabais, remises, ristournes ou escomptes ;
- date de règlement et conditions d'escompte ;
- taux des pénalités de retard ;
- numéro d'identification à la TVA du fournisseur et/ou du client.
• Mentions relatives à une exonération ou à un régime
dérogatoire
Il convient d'indiquer la mention du CGI , ou de la directive 2006/112/ CE, qui
édicte l'exonération, ou toute autre mention exigée par les textes.
0
.!:
CO
0 •Mentionrelative à l'autoliquidation et à la TVA sur la
8 marge (directive 2010/45/UE du 13/07 2010)
N
@
.._,
.c
0\
Pour les cas d'autoliquidation ou de TVA sur la marge, il convient d'indiquer :
·c
>-
0. - régime d'autoliquidation : mention " autoliquidation ,, ;
0
u - régime particulier de l'article 297 A pour les biens d'occasion, objets d'art,
de collection ou d'antiquité : mention « Régime particulier - Biens d'occa-
sion ,, ou " Régime particulier - Objets d'art ,, ou " Régime particulier -
Objets de collection et d'antiquité ,, ;
- régime particulier des agences de voyages : mention " Régime particulier
- Agences de voyages ,, .
Règles de facturation
m RÉGIMES DÉCLARATIFS
• REDEVABLE DE LA TVA (article 283 du CGI)
Le fournisseur est redevable de la TVA qui a été collectée pour le compte du
Trésor Public.
L'entreprise cliente est redevable de la TVA qu'elle autoliquide .
• OBLIGATIONS DÉCLARATIVES (articles 286 du CGI)
L'entreprise déclare son existence dans les quinze jours du commencement de
son activité, les éventuelles modifications des conditions d'exercice en cours
d'existence, et sa cessation d'activité dans un délai de trente jours.
Elle dépose une déclaration de TVA CA3 (télédéclarée) selon une périodicité
qui dépend de son régime d'imposition et du cadre juridique de l'exercice de
son activité. L'entreprise peut opter pour un régime de «catégorie supérieure ».
Le déclarant mentionne le détail de ses opérations, le taux de la TVA, la TVA
déductible, la TVA collectée, la TVA due ou le crédit de TVA.
La TVA due est téléréglée lors de la télédéclaration. Des sanctions sont appli-
quées en cas de défaut de déclaration ou de retard de paiement.
0
.!:
CO
• RÉGIME RÉEL NORMAL, DIT RN
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
.._,
.c
0\
• Le régime de droit commun
·c
>-
0.
0
u Ce régime concerne les entreprises qui ont opté pour ce régime et les entre-
prises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 783 000 € (activités de ventes
de marchandises à emporter ou à consommer sur place, et de fourniture de
logement) ou 236 000 € (activités de prestations de services).
L'entreprise dépose une déclaration CA3 mensuelle. Si la TVA due est inférieure
à 4 000 € par an, la périodicité peut être trimestrielle.
• Le régime des acomptes provisionnels
En cas de difficultés pour établir la déclaration dans le délai légal, il est possible
de demander un délai supplémentaire sous réserve de verser dans les délais un
acompte d'au moins 80 % du montant réellement dû .
• GROUPES DE SOCIÉTÉS (article 1693 ter du CGI)
À certaines conditions, les groupes de sociétés peuvent opter auprès de la
Direction des Grandes Entreprises (DGE) pour la centralisation du paiement de
la TVA au niveau de la société mère.
• CERTAINS RÉGIMES SONT ADAPTÉS AUX PETITES ENTREPRISES
• La franchise en base (articles 293 B à 293 Gdu CGI)
L'entreprise ne facture pas la TVA, ne la déduit pas et ne dépose pas de décla-
ration de TVA.
Ce régime concerne les entreprises dont le chiffre d'affaires HT de l'année N-1
n'excède pas 82 200 € (activité de ventes de marchandises à emporter ou à
consommer sur place ou de fourniture de logement) ou de 32 900 € (autres
prestations de services) ; ou dont le chiffre d'affaires de l'année N-1 n'excède
pas la limite majorée de 90 300 €(ou 34 900 €pour les prestations de services)
si le chiffre d'affaires de l'année N-2 n'excède pas la limite normale de 82 200 €
(ou 32 900 €pour les prestations de services).
Ce régime n'est plus applicable lorsque le seuil est dépassé. Certaines opéra-
tions spécifiques sont exclues de la franchise. Les entreprises bénéficiant de la
franchise peuvent opter pour le paiement de la TVA.
• Dispositions particulières pour les avocats, auteurs,
artistes-interprètes
Une franchise spécifique d'un montant de 42 600 € est appliquée aux avocats
(pour les opérations relevant de leur activité réglementée), aux auteurs et aux
artistes-interprètes (pour la livraison de leurs œuvres, la cession ou l'exploita-
tion de leurs droits reconnus par la loi).
Une deuxième franchise spéciale de 17 500 € s'applique au titre des opérations
qui ne sont pas couvertes par la franchise particulière, à condition de bénéficier
de la première franchise.
0
.!:
~· LE RÉGIME RÉEL SIMPLIFIÉ OU RSI
\D
..-<
0
N L'entreprise verse deux acomptes semestriels à compter de 2015, régularisés
@
..., lors du dépôt de l'unique déclaration annuelle CA 12/CA 12 E .
.c
0\
·c
>-
Cela concerne en principe :
0.
0
u - les entreprises qui dépassent les limites de la franchise en base, et dont le
chiffre d'affaires de l'année précédente n'excède pas 783 000 € (activités
de ventes de marchandises à emporter ou à consommer sur place ou de
fourniture de logement) et 236 000 € (autres prestations de services) ;
- les entreprises qui relèvent de la franchise en base de TVA, et qui ont opté
pour le paiement de la TVA au RSI. Certaines opérations sont exclues de
ce régime (entreprises nouvelles dans le secteur du bâtiment, importa-
tions, etc.).
Si le seuil est dépassé, le régime du réel normal succède au RSI. L'article 302
septies A Il du CGI prévoit que le RSI demeure applicable pour la TVA due au
titre de la première année au cours de laquelle le chiffre d 'affaires limite est
dépassé, dans la mesure où le chiffre d 'affaires n'excède pas 863 000 €(ventes
de marchandises) ou 267 000 € (prestations de services) . Les entreprises dont
la TVA exigible au titre de l'année précédente dépasse 15 000 € relèvent du
régime normal en matière de TVA, quel que soit leur chiffre d'affaires.
• LE RÉGIME MINI-RÉEL
Les entreprises au RSI pour les déclarations de bénéfices peuvent opter pour le
régime réel normal pour la TVA.
Régimes déclaratifs
RÉGIMES SPÉCIAUX :
OPÉRATIONS IMMOBILIÈRES
ET ACTIVITÉS FINANCIÈRES
DES HOLDIN6
• OPÉRATIONS IMMOBILIÈRES
Article 257 1du CGI.
• Les livraisons d'immeubles sont traitées comme les
livraisons de biens corporels de droit commun
Il convient qu'elles soient réalisées à titre onéreux par un assujetti agissant en
tant que tel.
Les opérations réalisées par des vendeurs non assujettis en dehors d 'une acti-
vité économique sont hors champ d'application de la TVA.
• Elles sont cependant soumises à des règles particulières
• Le régime de TVA applicable dépend de la nature de l'immeuble
cédé
On distingue :
0
.!:
CO
- les terrains à bâtir : terrains situés dans un secteur désigné comme
::i
l9 constructibles par la réglementation de l'urbanisme ;
\D
..-<
0
- les immeubles neufs: ceux qui ne sont pas achevés depuis plus de cinq
N
@ ans;
...,
.c
0\
- les immeubles anciens : ceux achevés depuis plus de cinq ans .
·c
>-
0.
0
Sont assimilés aux immeubles les droits portant sur les immeubles.
u
Les opérations de crédit-bail et les immeubles en stock qui sont exploités avant
leur vente suivent un régime particulier.
• La TVA est appliquée de plein droit (article 257, 1-1et2 du C61)
La TVA s'applique :
- aux livraisons de terrains à bâtir. L'assiette de la TVA diffère selon le cas :
• elle est égale au prix total lorsque le terrain a ouvert droit à déduction
lors de son acquisition ;
• elle correspond à la marge réalisée si le terrain n'a pas ouvert droit à
déduction lors de son acquisition ;
- aux livraisons d'immeubles achevés depuis moins de cinq ans : l'assiette
est égale au prix total ;
- aux livraisons à soi-même d'immeubles neufs : l'assiette est égale au
montant taxable de la LASM.
• Une exonération de TVA est prévue avec une possibilité d'option
(articles 261, S et 260, S bis du CGI]
0
Cette exonération concerne :
- les livraisons de terrains non à bâtir : l'option pour la TVA sur le prix total
est possible ;
- les immeubles achevés depuis plus de cinq ans : une option pour la TVA
est possible avec une assiette différant selon le cas :
• l'assiette est égale au prix total lorsque l'immeuble a ouvert droit à dé-
duction lors de son acquisition ;
• l'assiette est égale à la marge lorsque l'immeuble n'a pas ouvert droit à
déduction lors de son acquisition.
• Les règles d'exigibilité
La TVA est, en principe, exigible à la date du fait générateur, c'est-à-dire à la
livraison de l'immeuble.
Pour les ventes en l'état futur d'achèvement, l'exigibilité intervient au fur et à
mesure des encaissements du prix.
Pour les livraisons à soi-même, la TVA peut être payée jusqu'au 31 décembre
de la deuxième année qui suit l'achèvement de l'immeuble .
• ACTIVITÉS FINANCIÈRES DES SOCIÉTÉS HOLDING
Articles 261 C du CGI , 206 111-3-3° annexe Il au CGI.
0
.!:
~ • Les produits financiers ont une incidence à la baisse sur le
:e coefficient de déduction
0
N
@
.._,
.c La perception de dividendes ne constitue pas une activité économique et est
0\
·c
>- donc hors du champ d'application de la TVA.
0.
0
u La cession de titres de participation ne relève pas, en principe, du champ d'ap-
plication de la TVA, sauf s'il s'agit pour le holding de l'exercice habituel d'une
activité de transaction de titres.
Les intérêts sur les opérations de prêt entrent dans le champ d'application de la
TVA, et sont exonérés de TVA.
Une tolérance légale permet de ne pas prendre en compte, dans le calcul
du coefficient de taxation, les opérations financières qui sont dans le champ
d'application de la TVA et exonérées, à condition qu 'elles aient un caractère
accessoire (lien avec l'activité taxable sans en constituer le prolongement di-
rect, permanent et nécessaire, et utilisation limitée des moyens matériels de
l'entreprise). Le Conseil d 'État précise strictement le caractère accessoire (CE
1-10-2015 n°369846). Le CGI vise les opérations financières dont la réalisa-
tion nécessite l'utilisation de 10 % maximum des biens et services acquis par
l'entreprise.
La doctrine administrative admet cette tolérance lorsque le produit des opé-
rations financières exonérées n'excède pas 5 % du chiffre d'affaires TTC de
l'entreprise.
Régimes spéciaux
• Particularités des sociétés holding
Ce sujet doit être apprécié au regard des circonstances de fait précises, et selon
la dernière jurisprudence, abondante en la matière.
• Une société holding pure n'a aucune possibilité de déduction
de la TVA
La société holding pure a une activité strictement financière d'acquisition et de
détention de titres de participation , et n'est pas considérée comme un assujetti
(CJUE du 22/06/1993 Aff. 333/91, SA Satam) .
• Une société holding mixte peut, sous conditions, déduire la TVA
en tout ou partie
La société holding doit avoir une activité économique. Si la société holding s'im-
misce dans la gestion de ses filiales, et leur rend des services, elle est considé-
rée comme ayant une activité économique qui lui permet de déduire la TVA en
tout ou partie (CJCE 20-9-2001 , Aff. 16/00, Cibo Participations SA, CJUE 16-07-
2015 Aff. 108/14 et 109/14, 2e ch., Beteiligungsgesellschaft Larentia).
• Déduction de la TVA sur les frais relatifs aux opérations sur titres
(CJUE 20-10-2009 Aff. 29/08, AB SKF, CE 23-12-2010, n° 307698,
Société Pfizer Holding France, CE i./02/2015 n°370525 SA Nexity)
En présence d 'une activité économique et en l'absence d'un lien direct et immé-
0
.!: diat, la jurisprudence, s'appuie sur la notion de frais généraux pour admettre
CO
::i
l9
la déduction en tout ou partie de la TVA. Les frais ne doivent pas être inclus
\D
..-< dans le prix de cession des titres, et l'opération ne doit pas revêtir un caractère
0
N patrimonial
@
...,
.c
0\
·c
>-
0.
• Droit à déduction pour un holding percevant des dividendes (CE
0
u 27/06/2012 n° 350526, Société Ginger, CJUE 6/09/2012, Décision
Portugal Telecom)
La jurisprudence considère qu 'il n'y a pas droit à déduction intégrale dans la
mesure où la TVA grève des dépenses exposées pour des opérations écono-
miques et des opérations non économiques, même si ce sont des frais géné-
raux.
Cet ouvrage a été achevé d'imprimer
dans les ateliers de Leitzaran (Espagne)
Numéro d'impression : 305 - Dépôt légal : Janvier 201 6
0
.!:
CO
::i
l9
\D
..-<
0
N
@
.._,
.c
0\
·c
>-
0.
0
u
~rie ~~bett est avocat membre de l'Institut
des Avocats Conseils Fl9ça•,,,. Elle est ch.-gée
d'enseignement de la lVA pour le DJCE de
l'Université de Toulouse.
Prlx:-4,IOC
ISIN : 97&-2-37--0551N
--.[Link]