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Complement 2009

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2/03/09

Le complément

Guerric EPRON [email protected]

INSERM U917

Définition du complément

• Découverte scientifique (1895 Jules Bordet – Institut Pasteur- Nobel 1919) :

- Sérum immun : bactéricide (sérum immun peut tuer bactéries)


- Sérum immun chauffé : bactéries survivent (Ac seuls insuffisants, nécessité élément thermolabile)
- Sérum non-immun : bactéries survivent (Ac indispensables)
- Sérum immun chauffé + Sérum non-immun : bactéricide (élément thermolabile + Ac = bactéricidie)

• Alexine puis Complément = élément thermolabile du sérum, non spécifique de l’antigène,


capable de « complémenter » les Ac pour éliminer bactéries

• Branche de l’immunité innée

• Complément = ensemble de plus de 30 protéines :


– plasmatiques (5% des protéines sériques)
– de surface cellulaire

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Définition du complément
• Protéines du complément produites par :
– Foie (très majoritairement à l’état basal)
– Macrophages (production utile dans les OLS)
– Épithéliums muqueux et fibroblastes (faible)

• Inactif dans le sérum, clivages en cascade des zymogènes confèrent activités enzymatiques

• Deux types d’activateurs du complément :


– complexes immuns (Ac-dépendant)
– sucres associés aux pathogènes (Ac-indépendant)

• Trois voies :
– classique (via Ac)
– des lectines (sans Ac)
– alterne (sans Ac)

• Finalité : assurer la mort mécanique du pathogène par rupture membranaire et choc osmotique
ou en l’opsonisant (Gram+ chez qui CAM ne peut se former du fait de la paroi) !

I- Nomenclature

Composants de la voie classique : C + chiffre « C1 » (selon ordre chronologique de leur découverte)

Composants de la voie alterne : facteurs, lettre majuscule « B »

Composants de la voie effectrice commune: C + chiffre « C5 à C9 »

Fragments de clivage enzymatique : lettre minuscule « C4a »

Molécule inactive : désignée par i « C3bi ou iC3b »

Formes enzymatiques actives : recouvertes d’une barre horizontale « C1r »

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II- Les voies d’activation


La présence d’Ac spécifiques indique qu’une
réponse contre l’Ag a déjà été initiée !
A- La voie classique (nécessite Ac)
C1q C1-estérase (Ca2+-dpdte)
C1r C1s sérine-protéases C1r et C1s activées

IgG
(IgG1 et IgG3)
IgM
IgG IgM Surface de la cible

• C1 estérase fixe partie Fc de complexes immuns

• Activation par des complexes immuns à IgM pentamérique (3 sites pour C1) ou IgG (1
site pour C1 et donc plusieurs IgG nécessaires)

• IgM 1000 x plus efficaces que les IgG pour activer C1 (passage forme plane à agrafe)

II- Les voies d’activation


A- La voie classique

1- Activation

covalent

Groupement thioester dévoilé permet


• Fixation C1q à l’activateur (anticorps, IgM naturelles …) ancrage membranaire

• Activation autocatalytique du proenzyme C1r en C1r

• C1r convertit C1s en C1s

• C1s va cibler C4 C4a + C4b (qui s’ancre dans la membrane cible via thioester R-S-CO-R’)

• C1s va cibler C2 C4bC2 donne C4bC2a (Mg2+-dpdt) (+C2b)

• Formation de C4b2a = C3 convertase « classique » qui clive C3 en C3a + C3b (expose un thioester)

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C1-inh (détache C1r et C1s du complexe)

II- Les voies d’activation


A- La voie classique

2- Régulation

• Contrôle de la C1-estérase par C1-inh :


- empêche activation de C1r en phase liquide
- peut inactiver le C1r activé

• Thioester C3b et C4b hyper-réactif est hydrolysé en qqes ms par l’eau si non-fixé = obligation de se lier
covalement au voisinage immédiat (= pas d’effet collatéral)

• Complexe C4b2a instable = dissociation spontanée

• Contrôle de la C3 convertase (C4b2a) :

- C4-bp inhibe l’association C4b / C2


- CD55 = DAF « decay-accelerating factor » dissociation C4 / C2 (protection de l’hôte)
- CR1 = C3b-R peut titrer le C3-b
- Facteur I : clive C3b en iC3b

II- Les voies d’activation


B- La voie des lectines : Ficoline et MBL (court-circuitent les Ac)

Reconnaît les sucres des pathogènes


différents de ceux de l’hôte

• Activation : Mannose Binding Lectine (MBL) ou Ficoline reconnaissant sucres des


pathogènes (mécanisme analogue à la C1 estérase qui reconnaît les complexes immuns)

• Molécules effectrices : MBL-associated proteases = MASP (analogues à C1r/s)

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II- Les voies d’activation


B- La voie des lectines (Ficoline et MBL)

1- Activation

• MBL ou ficoline sur sucres cibles = MASP clivées / réarrangées et autoactivées (Ca 2+-dpdt)

• MASP2 clive C4 en C4a + C4b (s’ancre dans membrane)

• MASP2 clive C2 en C2a : C4bC2 donne C4bC2a (+C2b)

• Formation de C4b2a = C3 convertase qui donne C3a + C3b

• MASP1 pourrait cliver directement C3 en C3a + C3b

• MASP3 (splicing alternatif de MASP1) : rôle encore flou

C1-inh
II- Les voies d’activation
B- La voie des lectines (Ficoline et MBL)

2- Régulation

• C3b doit se fixer à un groupe hydroxyl (-OH) de son voisinage immédiat (sucre / prot memb)

• Si absence de fixation, molécule H2O fixe C3b = ne peut plus lier une membrane cellulaire

« But : éviter accumulation de C3b actif qui pourrait être délétère pour l’hôte (vrai aussi pour le
C3b issu de la voie classique) »

• MBL : forte affinité pour sucres bactériens (levures, virus) :


– Mannose
– N-acétyl-glycosamine
– Fucose

• Mais MBL peu affine pour sucres de mammifères (propriétés stériques des sucres) :
– Acide sialique
– Galactose

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II- Les voies d’activation


C- La voie alterne Interagit avec groupes –OH ou –NH2

« La voie tourne au ralenti »

Hydrolyse lente
dans plasma

C3

• Initiation indépendante d’activateurs = clivage spontané / lent de C3 à bas bruit en C3a + C3b

• Phase d’amplification par particule activatrices = déclenchement réel, « explosion » de la voie

II- Les voies d’activation


C- La voie alterne
protéase
1- Activation

• C3 hydrolysé à bas bruit et donnant C3b-like = C3(H2O)

• Liaison facteur B à C3(H2O) (Mg2+- dpdt)


• C3(H2O)B reconnu et clivé par protéase facteur D

• Clivage de C3(H2O)B en C3(H2O)Bb = C3 convertase alterne initiale : FAIBLE

• C3bBb clive C3 en C3a et C3b = constituant de la C3 convertase : AMPLIFICATION

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II- Les voies d’activation


C- La voie alterne

2- Régulation

• Stabilisation du C3bBb par la properdine (P) au C3b (demi-vie 90 secondes vs 30 minutes)

• Facteur H : dissociation C3bBb puis clivage, cofacteur du facteur I

• Facteur I : clivage C3b en C3bi puis en C3dg + C3c, d’où pas de liaison au facteur B

« De façon générale, dissociation complexes de convertases (C3 ou C5) est irréversible et


permet de down-réguler la réponse du complément »

• En dépit d’initiateurs différents, les 3 voies convergent vers une C3 convertase :

– C4b2a pour la voie classique et la voie des lectines


– C3bBb pour la voie alterne

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III- De la C3 convertase au complexe d’attaque membranaire :


la voie effectrice commune

Voie classique Voie alterne


Voie des lectines

C3 convertases

C5 convertases

• Un fragment C3b s’associe aux C3 convertases et forme :

– C4b2a3b
Les C5 convertases permettant de cliver C5 en C5a + C5b (solubles)
– C3bBb3b

III- De la C3 convertase au complexe d’attaque membranaire :


la voie effectrice commune

• C5b soluble s’associe à C6 et C7, le complexe hydrophobe ainsi formé s’insère dans la
membrane cible via C7

• C5b67 ancré dans une membrane = récepteur à C8 ce qui aboutit à C5b678 qui initie une
réaction lente de lyse

• C9 (x environ 12) est recruté au complexe membranaire C5b678 pour constituer le MAC
« membrane-attack complex »

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III- De la C3 convertase au complexe d’attaque membranaire :


la voie effectrice commune

C9 10
nm

Composition du MAC hétérogène :


C5b6789n , n = 1 à 18

• Perte de l’équilibre osmotique

• Mort mécanique de la cible

Gram-negative bacterium Shigella dysenteriae

III- De la C3 convertase au complexe d’attaque membranaire :


la voie effectrice commune
Régulation

Régulation des voies d’activation est majoritaire mais la voie commune est aussi régulée :

– C5b67 doit s’ancrer très vite dans cible sinon, site d’ancrage est inactivé
• par hydrolyse
• par fixation à protéines plasmatiques (protéine S = vitronectine ou clusterine)

– C8 en se liant à C5b67 en phase liquide bloque le site d’ancrage dans la membrane

– Plupart des membranes de l’hôte expriment CD59 qui se loge dans le CAM en
cours d’assemblage = empêche la liaison de C9 = empêche formation du pore

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IV- Le complément dans l’Évolution

V- Récepteurs cellulaires des composants du complément

A- Récepteur fragments « majeurs »

– CR1 = CD35 : Récepteur du C3b et du C4b (GR, Leucocytes, FDC)

• Cibles opsonisées + phagocytose par macrophages et PN

– CR2 = CD21 : Récepteur de iC3b/C3d (LB CD19-CD21-CD81, FDC)

• Reconnaissance de l’EBV
• CD19-CD21-CD81 diminue seuil d’activation BCR et favorise survie B

Reconnaissance via BCR Reconnaissance via BCR + CR2

B Activation + Activation +++ (1000x plus efficace)

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V- Récepteurs cellulaires des composants du complément

B- Récepteur fragments « mineurs »

– CR3 : Récepteur iC3b (Majorité des leucocytes)

• Molécule d’adhérence

– Opsonisation / phagocytose bactéries ou cellules recouvertes de C3bi


– Facilitation des contacts cellulaires

– CR4 : Récepteur iC3b (Cellules myéloïdes et certains lymphocytes activés)

• Molécule d’adhérence
• Rôle physiologique peu connu

C- Autres récepteurs

- C3aR (éosninophiles, basophiles et neutrophiles)


- C5aR (leucocytes et qqes autres types cellulaires)
- C1qR

VI- Les autres rôles du complément


Outre son rôle de lyse du non-soi, le complément intervient dans :
- l’opsonisation
- l’activation de la réponse inflammatoire

Ceci est permis par les 4 récepteurs aux fragments C3 du complément

A- L’opsonisation Reconnaissance accrue via CRs


Phagocytose 100 x plus efficace

Reconnaissance
cible phagocyte moyenne phagocyte
cible

Reconnaissance
accrue via les R-Fc
cible phagocyte

cible phagocyte

- En facilitant la reconnaissance de l’Ag par les futures APC, le


Reconnaissance « maximale »
complément fait le lien immunité innée / adaptative cellulaire via R-Fc + CR

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VI- Les autres rôles du complément

B- L’activation de la réponse inflammatoire

• Les fragments de clivage C3a, C4a et C5a du compléments ne sont pas inactifs !

• Ces molécules sont nommées « anaphylatoxines » et permettent :

- des modifier la perméabilité vasculaire (rôle dans l’extravasation)


- d’activer la dégranulation des polynucléaires et des mastocytes (histamine…)
- la contraction des muscles lisses
- le chimiotactisme / recrutement des cellules de l’inflammation

VII- Échappement au complément

RCA = régulateurs de l’activation du


complément (ex : DAF)
Produits par l’hôte, ils peuvent être
capturés à la surface du pathogène
par des protéines spécialisées

Protéine virale
- Recrutement / mimicking des régulateurs du complément
- Modulation du complément (CD59-like, Ig inactivating-proteine…)
DAF humain
- Dégradation enzymatique : bactéries uniquement (C1q, Ac, C5a, P…)
Gène viraux peuvent coder pour des
- Evasion passive : paroi bactérienne des Gram+ ! analogues de RCA ! « mimétisme
moléculaire »

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VIII- Pathologies associées au complément

Maladies liées à un déficit en complément sont rares :

• déficits protéines de la voie classique souvent associés au lupus


• déficits protéines de la voie lectines et alterne : infection récurrentes
• déficits protéines du MAC accompagnés d'infections à Neisseria (bactérie)
• déficits inhibiteurs donnent infections

IX- Découvertes récentes … complément et tumeur


• Complément pourrait favoriser croissance tumorale via anaphylatoxine C5a
(Markiewski et al, Nature Immunol, 2008)

Extravasation / chimiotactisme

C5a Cellules suppressives


d’origine myéloïde

NO / ROS

Cellule tue
T8
tumorale
Cellules suppressives
d’origine myéloïde

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