ETUDE DE L'EQUILIBRE LIQUIDE VAPEUR
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I - PRINCIPE
L'étude expérimentale montre qu'à chaque température un liquide et sa vapeur coexistent sous
la pression ps de vapeur saturante.
Cet équilibre est représenté dans le plan (p, V) par la courbe ci-dessous :
p
liquide
Liquide
+ gaz
gaz
ps
O V
II - RAPPELS THEORIQUES
II - 1 - Courbe de vaporisation
La courbe de vaporisation représentée sur la figure ci-dessous est limitée par deux points : le point
triple (K) et le point critique (C).
P
fusion
Liquide C
Solide vaporisation
K Gaz
sublimation
O T
1
II - 1 - 1 - Point critique (C)
Si on représente l'état d'un corps dans le plan (p, v) pour des températures différentes, on obtient le
réseau de courbes (voir figure ci-après) appelées courbes d'Andrews.
Pour des températures supérieures à Tc, quelle que soit la pression, on n'a que de la vapeur.
}
T4
> Tc
T3
Tc
T2
T1 } < Tc
O v
On a un équilibre liquide vapeur à l'intérieur de la courbe en pointillé (courbe de saturation). En outre
on remarquera que dans ce domaine pour une température donnée, la pression régnant au dessus du liquide
reste constante.
II - 1 - 2 - Point triple (K)
K est le point correspondant à l'équilibre entre les trois états. Pour T < TK il ne peut exister de phase
liquide. On passe directement de la phase solide à la phase vapeur (sublimation).
II - 2 - Lois de l'ébullition et applications
- A l'ébullition la pression de vapeur saturante est égale à la pression au-dessus du liquide.
- Sous pression constante la température d'ébullition d'un liquide pur est constante.
- La chaleur latente massique de vaporisation est donnée par application de la loi de Clapeyron :
dp s
L = T (u2 - u1)
dT
2
- T est la température d'équilibre sous la pression ps.
- (u2 - u1) est la variation de volume massique au cours du changement d'état (liquide vapeur) ; u2
est le volume massique du gaz, u1 celui du liquide.
dp s
- est la pente de la tangente à la courbe de vaporisation au point de coordonnées (ps, T).
dT
dp s
Loin du point critique on a : u2 >> u1 d'où L = T u2
dT
RT
En outre, si on assimile la vapeur saturante à un gaz parfait : ps u2 =
M
(M étant la masse molaire du gaz)
RT 2dps
⇒ L=
MdT ps
ML
en intégrant : Ln ps = − + Cte
RT
B ML
⇒ Ln ps = A - avec B =
T R
Connaissant la variation de ps en fonction de T, on pourra facilement déterminer B et en
déduire L.
III - MANIPULATION
Pour étudier ps en fonction de T, il suffit donc d'étudier la température d'ébullition d'un liquide pour
diverses pressions régnant au-dessus du liquide.
III - 1 - Montage
Le liquide est contenu dans le ballon B. Un thermomètre plongeant dans la vapeur indique la
température de cette dernière. Le réfrigérant C condense la vapeur du liquide qui revient dans le ballon. On fait
un vide partiel au-dessus du liquide à l'aide d'une trompe à eau.
3
h
C
Vers trompe à eau
- La pression régnant au-dessus du liquide, donc la pression de vapeur saturante, est donnée par
la différence h entre les hauteurs du mercure dans le tube manométrique relié au ballon.
- Afin de pouvoir obtenir différentes pressions, un robinet R permet de faire entrer, à débit constant, de l'air.
L'équilibre entre le débit de la trompe à eau et celui du robinet R correspond à une pression bien
déterminée. On pourra obtenir une autre pression en modifiant le débit du robinet R.
- Le ballon contenant de l'eau est chauffé par un chauffe ballon dont on peut régler la puissance de chauffage
par un régulateur.
III - 2 - Mode opératoire
- Etudier le montage et essayer de comprendre le rôle de chaque appareil.
- Faire circuler l'eau dans le réfrigérant.
- Faire le vide. Pour cela fermer le robinet R et faire circuler l'eau dans la trompe.
- Une fois le vide limite atteint, (le niveau du mercure se stabilisant dans le tube manométrique), chauffer
légèrement le ballon. Il ne faut absolument pas chauffer trop fort pour éviter d'avoir une
ébullition trop importante, le réfrigérant dans ces conditions ne pouvant pas condenser toute la
vapeur.
- Lorsque le liquide bout, noter la température T1 ainsi que la pression ps1 correspondante. Ouvrir
très légèrement le robinet R de manière à faire entrer à faible débit de l'air. La différence des hauteurs du
mercure dans le manomètre diminue. Régler R pour obtenir une variation (∆h) d'environ 5 cm. Noter à
nouveau la température d'ébullition (prendre soin d'attendre l'équilibre). On sera peut-être obligé
d'augmenter légèrement la puissance de chauffage pour obtenir l'ébullition. En manœuvrant avec soin le
robinet R on fera ainsi varier la pression jusqu'à la pression atmosphérique, on notera à chaque
fois la température d'ébullition correspondante.
4
Remarque : Il est possible que la hauteur de la colonne de mercure ne soit pas fixe mais oscille entre
deux positions extrêmes. On notera ces positions. On prendra alors pour h la valeur moyenne et on
estimera l'erreur.
III - 3 - Résultats expérimentaux
Question préliminaire : Tracer dans le diagramme (p, v) pour 1 mole de gaz parfait, les isothermes
273 K, 373 K et 1000 K en faisant varier les pressions entre 105 et 106 Pa.
θ ) où θ représente la température en degrés Celsius. Que représente
a) Tracer la courbe ps = f (θ
cette courbe ?
b) Tracer la courbe Ln ps = f . Nature de la courbe ?
1
T
c) De la courbe précédente, déduire la valeur de la constante B. Préciser son unité.
d) En déduire la valeur de L, aux incertitudes près. Préciser l'unité de L.