Survie des petites villes de montagne
Survie des petites villes de montagne
MÉMOIRE DE MASTER II
ARCHITECTURE ET PROJET URBAIN
Encadrée par ;
Mer. SEDDOUD ALI
Le présent travail de recherche dans le cadre du Master 2 interroge sous un angle précis,
l’un des phénomènes les plus spectaculaires de nos villes ; Les petites villes de montagne Ce
phénomène qui a perdue son visage depuis l’apparition de l’urbanisme moderne.
L’urbanisation accéléré privilégie par les instruments d’urbanisme a impliquée des nouvelle
formes urbaines non maitrisées et elle a engendrée des ruptures urbaine dans les tissus urbains
par l’ignorance de l’histoire, la forme urbaine et l’espace public. Au-delà de cette
problématique notre mémoire est intitulé :
Notre travail de recherche est constitue de trois chapitre essentielles : chapitre introductifs,
chapitre de l’état des connaissances et le chapitre des synthèses de la recherche et enfin une
conclusion générale.
Pour introduire notre travail de recherche nous présentons dans le premier chapitre
l’introduction générale, la problématique, l’hypothèse du travail, les objectifs et la démarche
de la recherche.
Le deuxième chapitre de l’état des connaissances est constitué de deux parties : une partie
théorique pour définir les concepts et les mots clés de la recherche tel que : le projet urbain,
l’étalement urbain et les instruments d’urbanisme. La deuxième partie est pratique, portée sur
l’analyse thématique afin de comparer entre les exemples français traitent La survie des
petites villes de montagne et comment contenir l’étalement urbain par le projet urbain
dans le cadre des instruments d’urbanisme.
Le troisième chapitre est le chapitre des synthèses de la recherche, dans le quel nous
confirmons ou infirmons les hypothèses du travail à travers la connaissance des relations entre
l’étalement urbain et les petites villes de montagne et l’histoire et la forme urbaine. La
compréhension de cette relation nous permet de mettre de voir l’impact des instruments
d’urbanisme sur cette dernière et comprendre pourquoi le projet urbain vient comme la
solution la plus pratique pour cette figure de problématique urbaine.
Au delà et pour une recherche ultérieure nous pouvons proposer une ligne de recherche.
I
SUMMARY
The present research of 2nd year master degree investigates precisely the most spectacular
phenomena of our villages; Small mountain towns these phenomena lost its face because
of the appearance of modern urbanism.
Urbanization accelerated privilege by the instruments of urban planning involved which
implies new forms not mastered and it has engendered break in the urban tissue by the
historical ignorance. Urban form and public space is the problematic of our research:
Our research contains three important chapters: an introductory chapter; an expository chapter
and finally a general conclusion.
To introduce our work, we include in the 1st chapter a general introduction, statement of
purpose and a hypothesis, the objectives and work procedures.
The 2nd chapter of the expository work consists of two parts: one part is theoretical and it
defines the concepts and keywords of the research concerning the urban project, urban
sprawl and urban instruments. The2nd part is practical as a part of thematic analysis after
comparing between two examples, French in term of The survival of small mountain towns
and how to contain urban sprawl, how it is treated by urban project management and the
instruments used.
The 3rd chapter is about synthesizing our work in which we confirm and infirm the
hypothesis of our research through demonstrating the relation between urban sprawl and small
mountain towns and urban history without neglect the urban form also. The understanding of
this relation may help to clarify the impact of urban instruments on urbanism in general and to
understand why the urban projects tends to be the most practical solution for the urban
problem.
Finally we finish our work with a general conclusion, this later helps us to make a total
synthesis, so by the end, our recommendations will tackle these points:
- Extend the objectives and challenges of planning instruments, making use of the
results and the urban project approach, which can sometimes be considered as a
complement to the planning instruments and other times as an alternative.
II
REMERCIEMENTS :
Ce travail est le résultat et le fruit de beaucoup de travail et d’efforts pour lequel, j’offre ce
mémoire, mes prières et mes vifs remerciements :
- A dieu ; le tout puissant pour la volonté qu’il nous a donné, santé et patience durant nos
années d’études.
- A ceux qui m’ont donnés la vie et m’ont soutenu toujours ,je vais essayer d’exprimer ma
reconnaissance et ma gratitude, je les remercie pour avoir toujours étaient la pour moi et pour
avoir toujours partager avec moi,mon bonheur, ma joie mais aussi ma peine et mon chagrin
surtout pendant ce projet, mes parents océan de tendresse ; fleuve de gentillesse que dieu
les protègent.. Un hommage appuyé revient à eux pour leur soutien moral et matériel durant
ma carrière « ma mere BENNADJI LALIA et mon père HANNOUCENE
BOUALEME »…merci.
- A ma grande sœur SAMIRA , MERIEM , SARA, et mes frères REDA ,AMINE,
ABD ALLAH, mes nièces CHIHAB AL DINE ,ABD AL AZIZE, RAWAN , BAYLASSAN
et MARAM que j’adorent .
Je voudrais remercier avant tout, mon encadreur Monsieur SEDOUD Ali de m’avoir
orientée, conseillée, et critiquée quand le besoin se faisait sentir, mais surtout pour sa
disponibilité.
Et enfin, un grand merci à tous ceux et celles qui m’ont aidé de prés ou de loin à
l’élaboration de ce travail.
III
TABLE DES MATIERES :
Chapitre introductif : ______________________________________________________ IV
Introduction :_________________________________________________________ 11
IV
.Introduction : ________________________________________________________
III. 2. Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?: 66
III.3. les nouveaux modes d'urbanisation: 69
III.4. Le S.D.A.T de la wilaya de blida: __________________________________:72
Conclusion : __________________________________________________________ 81
Recommandations : _________________________________________________ 82
Pistes de recherche : _________________________________________________ 83
V
CHAPITRE I : Chapitre introductif
Elle s’insère dans le large corpus des recherches urbanistiques critiques sur le contrôle et la
production des formes urbaines en réaction à l’approche fonctionnaliste de production de la
ville des années 1950-70 qui recourrait aux modèles de l’urbanisme moderne.
1
CHAPITRE I : Chapitre introductif
Plus qu’un concept ou qu’une grille de lecture historique des phénomènes urbains, la notion
de Projet Urbain sera dans les années 70 l’expression qui « cristallisera les divers aspects de
la critique de l’urbanisme fonctionnaliste, et simultanément, celle qui exprimera la
revendication par les architectes d’un retour dans le champ de l’urbanisme opérationnel»1.
Au cours de la décennie qui suivra, parmi les différents auteurs et théoriciens du projet
urbain, Christian Devillers se distinguera sur la scène architecturale comme auteur – et
acteur- dont la contribution épistémologique sur le thème du projet urbain sera la plus
conséquente2.
Après avoir rappelé les principales qualités qui font la ville : sédimentation, complexité,
perdurance des formes pour de nouveaux usages, etc., Devillers développera trois aspects3
:
le premier concerne une théorie de la forme urbaine, le deuxième aborde les méthodes du
projet urbain, alors que le troisième s’attaque à la difficile question des logiques
institutionnelles etprocédurales.
Il conclura par affirmer que le projet urbain « est une pensée de la reconnaissance de ce qui
est là (...) des fondations sur lesquelles on s’appuie pour établir des fondations pour
d’autres qui viendront après »: une conception de l’architecture dans son rapport au lieu et
à l’histoire, assurant la durabilité et la continuité historique
Dans les faits, le projet urbain est aujourd’hui un ensemble de projets et de pratiques qui
gèrent notamment de l’espace public et privé, du paysage urbain.
« Sans refléter une doctrine au sens étroit du terme, l’idée de projet urbain renvoie cependant
à un point de vue doctrinal qu’on s’efforce de substituer à un autre : l’urbanisme
opérationnel, et qui peut s’exprimer plus ou moins en fonction de seuils»4.
1. Bonillo J. L., Contribution à une histoire critique du projet architectural et urbain, Thèse d’H.D.R., Laboratoire INAMA,
E.N.S.A.Marseille, (Mars 2011)
2
Devillers, Ch., « Le projet urbain », in Architecture : recherche et action, Actes du colloques des 12 et 13 mars 1979 àMarseille/Palais
des Congrès, Paris, Ministère de l'Environnement et du cadre de vie, CERA/ENSBA. Concernant cet auteur, voir également:
Devillers, Ch., Pour un urbanisme de projet, mai 1983 ; et Conférences paris d’architectes, pavillon de l’arsenal 1994 – Christian
Devillers, Le projet urbain, et Pierre Riboulet, La ville comme œuvre, Paris, éd. du Pavillon de l’arsenal, 1994.
3
InterventiondeCh.DevillersenMars1979aucolloqueintituléArchitecture :RechercheetActionauPalaisdesCongrèsdeMarseille
4
BonilloJ.L.,L’analysemorphologiqueetleprojeturbaindansIntergéo-Bulletin,1995,n°118
2
CHAPITRE I : Chapitre introductif
Il s’agira alors, d’une part, de développer les outils de définition, de gestion et de contrôle
de la forme urbaine et de réintroduire la dimension architecturale et paysagère dans les
démarches d’urbanisme, et, d’autre-part, situer la démarche du projet urbain entre
continuité avec les données de la ville historique et référence à l’expérience de la
modernité.
Dans la démarche du master ‘Architecture et Projet Urbain’, le passage analyse-projet a
constitué une préoccupation pédagogique majeure dans l’enseignement du projet
architectural et urbain.
Dans ce registre, on citera Albert Levy et Vittorio Spigai [1989] dans leur ‘Contribution au
projet urbain’, qui privilégieront la dimension historique pour assurer le passage entre
analyse et projet : la continuité historique devant permettre d’assurer la ‘conformation’ du
projet à (et dans) sonmilieu.
Cette même préoccupation est abordée par David Mangin et Pierre Panerai [1999] sous une
autre optique : celle de la réinsertion des types bâtis, majoritairement produit par l’industrie
du bâtiment, dans une logique detissus.
L’histoire des villes, quant à elle, nous enseigne la permanence des tracés (voieries,
parcellaires…) et l’obsolescence parfois très rapide des tissus. Il convient donc à partir de la
production courante d’aujourd’hui (types, programmes, financements et procédés
constructifs habituels des maitres d’œuvre moyens) de travailler dans une perspective
nouvelle qui intègre dés l’origine une réflexion sur les évolutions et les transformations
possible, d’origine publique et privée. Cette tentative d’actualiser les mécanismes et les
techniques qui ont permis de produire les villes, débouche ici sur des indications très
pragmatiques et pratiques (tracés, trames, dimensionnements, découpage, terminologie…).
L’objectif principal du master ‘Architecture et Projet Urbain’ s’inscrit dans une construction
théorique qui fait de l’abandon de l’utopie de la ville fonctionnelle du mouvement moderne
et de l’acceptation de la ville concrète héritée de l’histoire, la référence essentielle de la
démarche du master. La ville héritée de l’histoire est le contexte obligé d’inscription de
l’architecture. En retour l’architecture…. construit la ville.
Le retour à l’histoire ne signifie cependant pas le rejet ‘simpliste’ de la modernité pour une
attitude nostalgique envers la production urbaine ancienne : les productions architecturales et
urbaines du XXe siècle nécessitent en effet une plus large évaluation critique de leurs
modèles et méthodes, suscitant de nombreuses voies de recherche
3
CHAPITRE I : Chapitre introductif
A travers la thématique du projet urbain, les étudiants pourront alors proposer un territoire
de réflexion et d’expérimentation sur la ville.
4
CHAPITRE I : Chapitre introductif
I.1.Introduction à la recherche :
La disparition de la ville d’hier qui distingue dans son espace le centre et la périphérie a
injecté un nouveau type de ville. Le processus de formation et transformation des villes
montre qu’elles sont passées du système villes- campagnes au système ville éclatée et
déversée, les espaces périphériques généralement agricoles étaient, malheureusement,
sacrifiés
C’est une notion récente apparue avec la croissance et l’extension des villes en dehors de leurs
remparts.
L’urbanisme moderne et pour une longue période était une réponse rapide aux besoins des
pays en matière de construction après la deuxième guerre mondiale. Maintenant la ville
moderne n’est plus fonctionnelle, même avec les textes et les lois de l’urbanisme
réglementaire.
Notre travail sera porté sur trois chapitres : Chapitre introductif, Chapitre d’état de
connaissance, Chapitre des synthèses de la recherche et enfin la conclusion générale.
Le premier chapitre de ce mémoire est le chapitre introductif. Il est consacré pour
présenter l’introduction de ce travail, la problématique générale, méthodologie de la
recherche, les hypothèses du travail et présenter le cas d’étude.
Le deuxième chapitre l’état de l’art, il est composé de deux volets :
1. Le premier consiste à définir les concepts, les idées et les notions de notre
recherche tels que : le projet urbain –l’étalement urbain - et les instruments d’urbanisme.
2. Le deuxième volet de ce chapitre est la recherche thématique consiste à faire une
analyse comparative des exemples traitent les petites villes montagnard par le projet urbain et
l’étalement d’urbanisme.
Dans le troisième chapitre, nous étudions le processus de formation et de transformation de
la ville de LARBAA ,au-delà nous pouvons confirmer ou infirmer les hypothèses de travail
après une recherche menée sur les petites villes montagnard et sa relation avec le processus
de formation et de transformation des villes, avec les instruments d’urbanisme et le projet
urbain.
5
CHAPITRE I : Chapitre introductif
I.2. Problématique :
Après l’indépendance, le déséquilibre régional de la population algérienne a dégradé le
cadre urbain de nos villes. Des zones d’habitation qui ne finissent pas, des zones industrielles
étalées sur des grandes surface ; aucun respect de la réglementation urbaine. Tous les
instruments d’urbanisme promulgués durant la période postindépendance ont accentués cette
déstructuration urbaine, pour répondre aux besoins de logement, de services et d’emplois de la
population.
L’urbanisation accélérée a engendré des nouvelles formes urbaines non maitrisées. Elle a
ignoré l’aspect esthétique et urbain des villes.
L’essor démographique et les facteurs économiques entraînent nécessairement le
développement d’une ville qui peut se faire par différentes manières :
6
CHAPITRE I : Chapitre introductif
La main d’œuvre assurée ici par des centaines de milliers d’agriculteurs, venus des
montagnes de l'Algérois
Après l'indépendance du pays, des périmètres irrigués ont été créés, une série de gros
villages de création coloniale ou nés à partir des douars assurent à la plaine une très forte
densité
Les phénomènes de croissance démographique, de changement de paysage et de
fonctionnalité ont un rôle très important à la transformation de la ville. Ils ont agit
négativement sur son épanouissement.
L’ARBAA, présente pratiquement les mêmes symptômes de la crise que vivent les
périphéries des villes algériennes après avoir franchi leurs murailles .L’urbanisation après
1962 s’est fait d’une manière anarchique.
La croissance s’effectue d’une façon « spontanée », des constructions qui ont été faites à
l’extension du périmètre urbain dans des terrains encore comptabilisées comme « terres
agricoles ».
Dans ce cas, nous pouvons dire de tout ce qui précède sont les raison de s’intéresser aux
petites villes montagnard et à leur rôle dans les processus d’urbanisation et cela, sous le
prisme de la durabilité c'est le moment de LA SURVIE DES PETITES VILLES DE
MONTAGNE
Figure 01: La ville de Larbaa durant la Figure 02: la ville de larbaa actuel
période coloniale. Source : Google Earth
Source : vitaminedz.org
7
CHAPITRE I : Chapitre introductif
I.3. Hypothèses :
Pour essayer de comprendre la problématique prédéfinie, nous avons établi deux
hypothèses de travail :
1. UNE inefficacité de la gestion urbaine actuelle du fait l’idiologie anti-urbaine néglige
le territoire et le processus de formation et transformation des villes :
8
CHAPITRE I : Chapitre introductif
I.4. Objectifs :
Est de s’intéresser aux petites villes et à leur rôle dans les processus d’urbanisation et cela,
sous le prisme de la durabilité. Ce terme Renvoie dans nos propos à deux acceptions : une
pérennité temporelle et une référence au développement durable tel que l’entend le Rapport
Brundtland
Chercher dans l’historique des instruments d’urbanisme pour sélectionner les causes de leurs
échecs ;
Définir les stratégies nécessaires pour introduire les petites villes montagnardes par un autre
outil complémentaire aux instruments d’urbanisme, c’est le Projet Urbain (P.U).
• Consiste à définir les différentes notions de notre recherche: l'etalement urbain ,les
instrument d'urbanisme,Projet urbain, - et présenter le fondement de l’urbanisme
Phase 1 et l’urbanisme en Algérie
• Enfin, à travers nos synthèses et nos conclusions, nous espérons aider et participer
dans l’évolution urbaine en Algérie, notamment dans l’amélioration de la qualité de
nos FORMES URBAINS des relations villes- campagnes et LA SURVIE DES
PETITES VILLES MONTAGNARD
10
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Introduction :
Le deuxième chapitre de cette étude porte sur une étude conceptuelle et théorique partagé
en deux parties. La première partie vise d’abord à définir et clarifier les concepts, idées et
notions clés de la recherche et dans la deuxième partie nous avons établis une analyse
thématique sur les projets qui traitent la même problématique de recherche.
En premier lieu, il nous a été impératif de comprendre les concepts clés, de les définir et
dégager les principes fondamentaux. Nous n’avons pas pu étudier tous les paramètres autour
les quels cette recherche s’est articulée, seuls les plus pertinents et ceux qui nous intéressent
ont été retenus.
Les concepts dont il s’agit tournent autour, du projet urbain qui est la stratégie la plus
adéquate pour aménager nos villes ; la relation ville-compagne qui est un élément structurant
de la forme urbaine des villes et enfin les instruments d’urbanisme en Algérie qui sont les
seuls outils de la planification urbaine algérienne.
Ensuite dans la deuxième partie, nous présentons une analyse thématique pour comparer
nos exemples : des exemples français afin de tirer les particularités de chaque projet et
extraire les solutions les plus efficaces pour nous aider dans notre recherche.
L’urbanisme du plan fonctionnaliste a été supplanté par le projet urbain quand les
décideurs institutionnels ont pris conscience de la situation causée par l’urbanisation rapide.
Après les Trente Glorieuses, l’espace urbain devient flou. Cette notion de projet urbaina
été menée la première fois en Italie en 1960, avec l’attachement de l’Etat à leur centre
historique par une démarche qui implique une grande importance à la participation des
citoyens et par l’analyse « typo-morphologique qui y est effectué contribue à l’établissement
d’une culture du projet qui aurait conduit à la nouvelle notion. »1. L’initiation de revaloriser
Bologne, a porté des nouvelles notions tel que : friches urbaines et industrielles, démarche
participative…etc. Donc l’urbanisme, sortira de son cadre scientifique vers l’urbanisme de
projet. En Europe il fallut attendre jusqu’à le début des années 70, pour que ce concept se
généralise sur tous le territoire européen. La première fois en France à la fin de 1970 par
l’architecte Ch. Devillers (Architecte/urbaniste français 1946), qui déclenche le débat sur le
projet urbain. Après les difficultés de traiter le quartier des Halls, il insiste pour remplacer
l’urbanisme rigide réglementaire par le projet urbain. Après cette date le débat est ouvert pour
1
P.INGALLINA. Le projet urbain, une notion floue. Presses Universitaires de France. P. 7. N° 128.
11
CHAPITRE III: L’état des connaissances
les urbanistes et les architectes et cette notion de P.U prend plus de place dans la manière de
faire la ville.
2
E.AZZAG. "Urbanisme d’idées : la sagesse face aux enjeux". in Vies de villes hors séries n°04-Décembre 2012.
P. 12 ;
3
Dictionnaire Larousse ;
4
Idem
5
E.AZZAG. "Urbanisme d’idées : la sagesse face aux enjeux". in Vies de villes hors séries n°04-Décembre 2012.
P. 12-13 ;
6
R. SIDI BOUMEDIENE.. Echec des instruments ou instruments de l’échec ? Alternative urbaine, Alger 2013.
P. 154.N°228 ;
7
P.INGALLINA. Le projet urbain, une notion floue. Presses Universitaires de France. P. 8. N° 128.
12
CHAPITRE III: L’état des connaissances
forcément changeable dans la duré. Les experts des projets urbains ne peuvent jamais décider
une durée de réalisation de projet urbain au préalable, mais il doit accompagner la ville dans
ses changements.
- Démarche participative :Nous ne pouvonspas parler du projet urbain sans citer qu’il
est participatif et sa démarche est basée sur la participation entre les acteurs imbriqués. Si on
veut définir la participation ; selon les dictionnaires c’est l’action de faire participer plusieurs
personnes (habitants, décideurs, institutionnels, et opérationnels) pour le même intérêt. Pour
la participation, « il faut une mission de partage, d’information et d’écoute, elle se fait par le
dialogue entre les gens concernés à travers différents outils de la communication. »8
Les acteurs du projet urbain :
Plusieurs acteurs sur plusieurs plans se manifestent dans le déroulement de projet urbain,
qui s’appuie sur la spécificité de la ville. Il analyse ses données, il prend en considération les
conjonctures politiques,sociales, environnementaleset économiques de la ville pour améliorer
le cadre de vie des citoyens. Selon le classement trouvé dans de nombreux livres nous
pouvons classer les acteurs en cinq (05) catégories:
1. Décideurs: Il s’agit des élus (communaux) concernés, ainsi que des chefs de service
des administrations ayant un pouvoir décisionnel sur le projet, que ce soit en
termes de financement, d’orientation stratégique ou de validation. Leur rôle est de
donner une orientation au projet et de mettre à disposition les ressources
nécessaires.
2. Opérationnels: C’est l’ensemble des urbanistes, architectes, sociologues,
économistes, les ingénieurs des différentes spécialités et chef de projet. Leur rôle
est de mener à bien le projet, en réalisant les objectifs fixés par les décideurs et
impliquer les différents services concernés.
3. Les propriétaires : Il peut s’agir de simple propriétaire privé ou de propriétaires
institutionnels.
4. Les usagers: Les habitants ne constituent pas un groupe d’acteurs homogène. Ils se
distinguent par leurs attitudes (pour ou contre le projet), par leurs niveaux de
participation (présents ou absents), par les enjeux qu’ils défendent (privés,
collectifs, sociaux, environnementaux, etc.). C’est une diversité d’intérêts :
représentants des jeunes, des commerçants, des parents d’élèves …etc.
5. Les associations: Sont des interlocuteurs clés pour la gestion des projets urbains.
Non seulement elles amènent de précieuses connaissances sur le contexte local,
mais elles proposent souvent un regard pointu et complémentaire sur des
thématiques particulières : gestion de la mobilité, protection de l’environnement,
vie du quartier, etc. Leur rôle est notamment de nourrir la réflexion sur le projet.
On peut distinguer les associations à base territoriale (association de quartier, de
village) très impliquées localement et les associations à base thématique qui
peuvent amener une expertise dans un domaine particulier.
Les opérations du projet urbain :
Le projet urbain est une action vaste, peut aller d’une grande action de planification
urbaine étalée dans le temps et l’espace à un projet architectural ponctuel, passant par les
différentes échelles de la planification urbaine. Il peut se manifester dans les quartiers, les
villes ou les agglomérations.
8
Mme DJELATTA. Cours de spécialité Projet urbain M2. "Développement durable et projet urbain". Institut
d’architecture ; université Saad Dahleb ; Blida. 2016/2017
13
CHAPITRE III: L’état des connaissances
9
P.GODIER&G.TAPIE & C. SORBET. « Bordeaux, métropole un future sans rupture ». Edition Parenthèse
2004. Pp.50 ;
10
- « Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p.,CDU 64502 ;
CDU 10-FORM URB01 - 64502
14
CHAPITRE III: L’état des connaissances
11
-« Comment questionner l’étalement urbain ? », Paris : FNCAUE, 2010.- 61p.,
15
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Ces grands utilisateurs d’espaces sont les zones logistiques, les infrastructures majeures
(aérodromes, pôles d’échanges intermodaux) et les industries qui ont été progressivement
chassées des villes depuis pour diverses raisons (besoins de surfaces, nouveaux processus,
normes de protection environnementale) et sont venues s’implanter là où l’offre était
intéressante (prix du terrain, desserte routière ou ferroviaire, etc.). Ces activités économiques
impulsent le développement d’un habitat individuel, mais aussi une certaine migration des
ouvriers vers des zones rurales.
Du côté du volet résidentiel, le prix de revient d’une maison individuelle est nettement
moins cher, au m² construit habitable, que celui d’un appartement en immeuble collectif en
ville. De plus, dans le cas d’une maison individuelle, il est possible d’étaler les travaux dans
le temps et ainsi de diminuer la charge financière.
Enfin, il est notable que les collectivités publiques tirent bénéfice de l’étalement urbain.
Les communes rurales bénéficient des taxes foncières et d’habitation et les rares
investissements complémentaires nécessaires sont subventionnés en grande partie les autres
collectivités territoriales, notamment le département.
12
« Les déterminants économiques de l’étalement urbain ? », PIRON, Olivier ; Etudes foncières. No 129, sept.-
oct. 2007.- pp. 24-26,
16
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Les ménages choisissent de s’installer loin des agglomérations parce qu’ils n’ont pas
trouvé un habitat dont les caractéristiques (prix, confort, taille, équipements, voisinage)
étaient équivalentes plus près de leur lieu de travail. Ils ne cherchent pas à minimiser leurs
déplacements, mais à en optimiser l’utilité, et beaucoup de facteurs interviennent dans leur
arbitrage. De façon plus réductrice, dans les modélisations de ville mono-centrique, le choix
de la localisation résidentielle s’effectue selon un arbitrage entre coûts des déplacements
quotidiens domicile-travail et coût du logement.
Si les deux tiers des logements neufs sont effectivement constitués de maisons
individuelles, seulement 35% de ces maisons font partie d’un lotissement. Les maisons hors
procédure représentent 30% des logements et 70% des surfaces, et sont 14 fois moins denses
que l’habitat collectif. Ceci illustre le fait que l’urbanisation opère de manière beaucoup plus
diffuse sur l’ensemble du territoire, ce qui rend plus difficile le suivi et le traitement du
phénomène.
Autre facteur porteur pour la maison individuelle : selon plusieurs études, les coûts de
construction sont plus élevés pour le logement collectif que pour le logement individuel, en
raison des techniques de construction, des normes plus exigeantes, des coûts de transaction et
de gestion supplémentaires, et de l’industrialisation de la production de logements individuels.
Les ménages choisiront donc d’autant plus naturellement une maison individuelle, même
éloignée, plutôt qu’un appartement dans un environnement parfois insatisfaisant. Du point de
vue du développement urbain, ces mécanismes ne conduisent donc pas à de fortes densités,
sauf si les valeurs immobilières sont élevées.13
3.Les marchés immobilier et foncier:
Le coût de l’immobilier est bien évidemment un facteur de choix dans la localisation des
accédants à la propriété, et notamment des primo-accédants : le rapport peut être environ de 1
à 4 entre la ville et une zone pavillonnaire périurbaine. Mais cet aspect contribue plus à une
forme de ségrégation sociale entre les villes et leur périphérie qu’à l’étalement urbain
proprement dit.
L’étalement urbain joue en quelque sorte un rôle de soupape des marchés immobiliers et
fonciers. Mais il apparaît que l’étalement urbain n’a pas suffi pour empêcher une crise du
logement car il devient nécessaire aux ménages d’aller fort loin pour trouver des prix fonciers
compatibles avec leurs ressources, au moment où la hausse des coûts des déplacements
s’accélère avec le prix du pétrole et grève de façon toujours plus lourde le budget des
ménages.14
13
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p
14
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p.,
17
CHAPITRE III: L’état des connaissances
15
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p.
16
« Faut-il lutter contre l’étalement urbain ? », Entretien avec Erich Charmes,
17
« Economie de l’étalement urbain – Points de repère », La Défense : MEDAD-DAEI, 2008.- 112 p.
18
CHAPITRE III: L’état des connaissances
un rôle prépondérant à la dépendance automobile alors que l’accessibilité offerte aux non
automobilistes est un facteur important pouvant en limiter l’usage. 18
2.L’artificialisation des sols:
L’étalement urbain correspond à une consommation d’espace et cette extension des
espaces urbains se fait au détriment d’espaces naturels ou agricoles alors que les besoins
alimentaires de la planète nécessitent des espaces agricoles.
18
-« La densification en débat : effet de mode ou solution durable ? », CHARMES, Eric (coord.) ; Etudes
foncières. No 145, mai-juin 2010.- pp. 19-38,
19
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p
19
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Si l’étalement urbain semble bien générateur d’une augmentation des déplacements, il n’est
pas la seule explication au nombre de kilomètres parcourus. En effet, il apparaît que la
mobilité non locale (plus de 100 km) croit plus vite que la mobilité locale (moins de 100 km).
La mobilité non locale est liée au développement du tourisme et des loisirs et des échanges
interentreprises. En ce sens, l’accroissement du nombre de kilomètres parcourus peut être mis
en relation avec le PIB.
Un tissu dense consomme en règle générale moins d’énergie qu’un tissu peu dense. Toutefois
un tissu urbain récent et peu dense peut consommer beaucoup moins qu’un tissu urbain
ancien et très dense mais mal ou pas isolé. De ce point de vue, du fait du faible taux de
renouvellement du bâti, le mieux est de porter les efforts sur la réhabilitation énergétique du
parc existant.20
20
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil :
Réseau Action Climat, 2011.- 34p.
20
CHAPITRE III: L’état des connaissances
21
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p.
22
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions »,
Montreuil : Réseau Action Climat, 2011.- 34p.
21
CHAPITRE III: L’état des connaissances
La période 1990 à nos jours : l’adoption des nouveaux instruments d’urbanisme PDAU et
POS parallèlement à la libration du marché foncier. Ils sont approuvés pour contrôler
l’utilisation des sols.
Les autorités continuent à fournir des efforts pour rattraper le retard en matière
d’urbanisme et adopter les nouveaux concepts telsque le développement durable. Mais malgré
23
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française,
2010.- 86 p
24
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p
22
CHAPITRE III: L’état des connaissances
la disposition de toute cette gamme d’outils de gestion urbaine, il y a toujours des lacunes
dans les instruments d’urbanisme : le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le plan
d’occupation des sols. Pour mieux comprendre les raisons de cette défaillance nous allons
présenter ces instruments dans le titre suivant.
25
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 10. p 1409 ;
26
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 11. p 1409 ;
27
M.SAIDOUNI. « Elément d’introduction à l’urbanisme : Histoire, méthodologie, réglementation». Casbah
édition. Alger 2000.P. 145. Pp.260,
28
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article12. p 1409 ;
29
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 20. p 1410 ;
30
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 21. p 1410
31
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 22. p 1410
23
CHAPITRE III: L’état des connaissances
4. Secteur non urbanisable (NU) : inclut les parties de territoires qui ne sont pas destinées
à être urbanisées pour des raisons particuliers : zone à protéger, risque naturel ou
technique.
Les objectifs :
Les principaux objectifs du PDAU sont :
- Organiser la production du sol urbanisable, la formation et la transformation du bâti ;
- Satisfaire les besoins ;
- La rationalisation d’utilisation des sols ;
- Produire un cadre bâti en meilleur rapport qualité-cout.
Les procédures d’élaboration :
La procédure d’élaboration est arrêtée selon deux textes législatifs principaux :
1. Le décret n°91/177 du 28 mai 1991 fixant la procédure d’élaboration et d’approbation,
des PDAU et le contenu des documents y afférents.
2. Instruction ministérielle n°02 du 07 avril 1996 relative à la mise en œuvre de la
procédure d’approbation des PDAU.
Nous résumons les procédures d’élaboration et d’approbation du PDAU dans
l’organigramme suivant et deviser cette procéduresous forme de phases : phase de mise en
place, phase de conception du PDAU et phase d’approbation et de mise en application.
24
Arrêté précisant la liste de
personnes consultées
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Définition :
Le POS un instrument réglementaire de détail. Il est le dernier niveau de la gestion et
l’aménagement urbain, il dépend du PDAU. Le POS intervient à l’échelle du quartier et de la
parcelle. Avant 1990 y’avait plusieurs lacunes dans ce qui concerne l’occupation des sols,
alors « Dans les dispositions du PDAU, le plan d’occupation des sols fixe de façons détaillée
les droits d’usage des sols et des constructions »32.
Comme le PDAU, le POS est opposable aux tiers, force de loi. Les différents POS et leurs
limites sont définis préalablement par le PDAU.
« Le POS est l’instrument d’urbanisme le plus proche des préoccupations de
l’architecte »33. C’est l’instrument qui assure le passage de l’urbanisme à l’architecture. Il
définit les modalités morphologique et fonctionnelle de l’occupation de la parcelle, les
principale caractéristique du bâti et dans certain cas même le style architectural.
Les objectifs :
Le plan d’occupation des sols a pour objectif d’assurer et préciser :
- Les différents espaces publics ;
- Les emprises réservées aux ouvrages publics, aux installations d’intérêt général ;
- Les conditions d’occuper les parcelles et les activités ;
- Les droits de construire appliqués (C.O.S ; C.E.S et style architecturale) ;
- Les droits à construire : ce qui autorisé et ce qui est interdit ;
Les procédures d’élaboration :
« Les procédures d’élaboration de plan d’occupation des sols est semblable à celle du plan
directeur d’aménagement et d’urbanisme. »34. Les points différencient le POS du PDAU sont:
32
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 31. p 1411 ;
33
M.SAIDOUNI. « Elément d’introduction à l’urbanisme : Histoire, méthodologie, réglementation». Casbah
édition. Alger 2000.P. 156. Pp.260,
34
R. SIDI BOUMEDIENE.. « L’urbanisme en Algérie : Echec des instruments ou instruments de l’échec ? ».
Edition : Les alternatives urbaines. Alger 2013. P. 71. Pp 288 ;
25
CHAPITRE III: L’état des connaissances
35
De l’article 18 du décret exécutif N° 91-177. Du journal officiel de la république algérienne n°26 p 813/814 ;
26
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Le premier concept est relatif au projet urbain. Un terme aussi riche et souple, qui touche
les différents secteurs de la planification urbaine et implique les différents acteurs de la
société.
Nos lectures nous ont amenées à distinguer la différence entre la ville et village .
Ce phénomène de petites villes de montagne n’est pas lié à la dimension spatiale. les
petites villes ont un rôle à jouer dans le cadre d’une urbanisation raisonnée du territoire allant
davantage vers une répartition plus équilibrée de la population et des emplois. En outre, nous
estimons que les pays/PETR (Pôles d’Équilibre Territoriaux et Ruraux - structures où
espace urbain et espace rural sont réunis) sont la bonne échelle pour assurer la
cohésion économique, sociale et durable
La troisième notion de ce travail est les instruments d’urbanisme. Ces derniers restent un
règlement juridique et un plan dessiné à calquer sur nos territoires, loin d’une étude
qualitative urbaine.
Une maitrise de l’aménagement des villes passe essentiellement par la maitrise de ses
extensions spatiales et urbaines et ce la ne peut pas se faire dans les limites strictes des
instruments d’urbanisme et son idéologie sectorielle. La définition du projet urbain nous a
permet de conclure qu’il est la procédure la plus particulière pour chaque problématique.
Donc une maitrise des villes peut être réussite par la démarche du projet urbain et réussir une
telle maitrise veut dire maitrise et réussir les petites villes de montagnes comme une des
figures majeures de la transformation et la formation des villes.
Enfin, l’étude de ces concepts nous permet de cerner et identifier les relations entre eux.
L’intégration d’une nouvelle stratégie qui vise à aménager ou consolider lespetites villes de
montagne parfois par l’amélioration des instruments d’urbanisme ou par un changement
radical.
Ces dans ce sens l’analyse thématique des exemples internationaux et nationaux présentée
ci-après, nous parait nécessaire, parce que chaque projet consiste en une mise en œuvre d’une
nouvelle stratégie urbaine pour les petites villes .
27
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Localisation :
Londres, située dans le sud-est de la
Grande-Bretagne, est la capitale et la plus
grande ville de l'Angleterre et du Royaume-
Uni. Longtemps capitale de l'Empire
britannique, elle est désormais le siège du
Commonwealth of Nations.
28
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Critère du choix ;
À partir des années 1990, la ville et la banlieue redeviennent attractives et gagnent de
nouveaux des habitants.
Problématique:
SÉGRÉGATION ET ÉTALEMENT URBAIN
A. Étalement Urbain De Londres
La ville de Londres s'est constituée sur les bords de la Tamise. La ville s'est étalée
progressivement pour atteindre les limites de la ville centre à la fin du XIXe siècle. Mais c'est
au XXe siècle que cet étalement fut spectaculaire avec la constitution de banlieues (p. 174)
accueillant une population ayant des difficultés pour se loger en ville.
À partir des années 60, la ville et sa banlieues sont moins attractives : elles perdent de la
population au profit des espaces plus éloignés de l'aire métropolitaine voire le Grand Sud-Est
de l'Angleterre. La population va se loger de plus en plus loin afin de trouver un logement à
moindre coût : ce phénomène est qualifié d'étalement urbain.
Contrairement à Paris, les populations pauvres sont concentrées dans la ville centre dans
des quartiers précis formant la moitié de cette ville centre. Ces quartiers pauvres sont
ceux qui accueillent des populations étrangère ne se mélangeant pas au reste de la
population. Finalement les communautés vivent entre elles, avec peu de relations avec le
reste de la population dans des situations précaires. A la ségrégation sociale, s'ajoute
donc une ségrégation ethnique.
Londres a connu au XXe siècle un étalement urbain qui a conduit sa population à habiter
de plus en plus loin alors que son centre restait occupé par les populations les plus
pauvres.
Ces mouvements de populations ont donc favorisé une ségrégation spatiale.
C. Si la mise en place d’une zone tampon non constructible peut freiner l’étalement
urbain, ce n’est généralement que temporaire ; tôt ou tard, le développement urbain
franchira cette barrière. Sans que d’autre mesures orientent la façon dont se développe
la collectivité à l’intérieur de la ceinture et la manière dont les municipalités de
l’extérieur se développent.
Le phénomène de franchissement, parfois appelé (saute-mouton).
29
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Objectifs :
A. L’application de la ceinture verte à Londres :
Au départ, les objectifs des ceintures vertes étaient d'empêcher l'étalement, afin de protéger le
site de ville historique et empêcher les villes voisines de fusionner. Elles se caractérisent
principalement par leur permanence.
Le succès même de la ceinture verte qui vise à limiter le développement de la ville est un
facteur important de résistance à d'autres changements.
La Loi sur la Commission des terres de 1973 a été adoptée pour préserver le territoire
agricole et encourager l’agriculture.
L’idée de base est simple ; créer une zone tampon composée de terres agricoles ou de milieux
naturels. Les objectifs associés sont multiples et prennent plus ou moins de place selon les
époques et les modes :
Assurer une capacité de production alimentaire à proximité de la zone populeuse,
Préserver le patrimoine rural et l’accès à «la nature» pour les citadins (notamment à
des fins récréatives).
Conserver la biodiversité,
Bénéficier des effets bénéfiques de la proximité d’espaces verts (qualité de l’air,
régulation climatique…), et bien entendu
Limiter l’étalement urbain et favoriser une utilisation plus optimale du territoire.
Parce que la population vit de plus en plus loin du centre, le réseau de transport a dû être
étendu et densifié pour répondre aux besoins de la population. Ainsi, le Grand Londres est au
centre d'un maillage (découpage de l'espace qui en permet l'appropriation) d'autoroutes et de
lignes ferroviaires qui relient l'agglomération aux autres grandes villes du pays.
L'agglomération est également en relation avec les autres grandes villes mondiales par
l'intermédiaire d'aéroports internationaux implantés dans le Grand Londres.
Afin de limiter les pollutions, les efforts récents portent plus particulièrement sur les
transports en commun qui permettent des circulations plus rapides par le biais du train ou du
métro automatique.
2. LES LIMITES DU RÉSEAU DE TRANSPORT
L'inconvénient de ces transports en commun c'est qu'ils ne relient que les principales villes
entre elles. Le reste de l'agglomération est alors essentiellement desservi par l'automobile. Les
axes sont alors congestionnés en direction de Londres.
La seule solution trouvée pour améliorer les circulations est de diminuer le trafic automobile
en instaurant un péage à l'entrée dans Londres. Effectivement les temps de parcours ont été
réduits car un certain nombre d'habitants ont préféré utiliser les transports en commun comme
les bus. L'exemple de ce péage apparaît donc comme efficace.
30
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Pour répondre à l'étalement urbain, les autorités ont dû faire un gros effort pour développer les
transports et plus particulièrement les transports en commun qui respectent davantage le pilier
environnemental du développement durable.
C. LES EFFORTS ENTREPRIS DANS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
La ville de Londres est exemplaire dans le développement durable pour au moins deux
quartiers. Un des premiers éco-quartiers construit l'a été dans le sud du Grand Londres : il
s'agit de Bedez. Il visait tout d'abord à répondre au pilier environnemental en produisant
l'énergie que consommerait ce quartier. Les efforts ont particulièrement porté sur le
chauffage : les appartements sont exposés au soleil avec l'utilisation de panneaux solaires
mais aussi une petite centrale électrique dont la chaleur est réutilisée. Cela passe également
par des économies d'énergie et d'eau. Par exemple, le quartier a interdit l'utilisation de
l'automobile. Enfin, le pilier social n'est pas oublié : 50 % des constructions sont des
logements sociaux
Plus récemment, pour les JO de 2012, Londres a commencé la construction d'un éco-quartier
à Stratford, dans la ville centre. Tout d'abord, cela correspond à une politique sociale :
redynamiser un quartier en crise, favoriser le développement de l'Est de la ville. Cet éco-
quartier fait une grande place aux espaces verts avec une circulation des voitures interdite.
31
CHAPITRE III: L’état des connaissances
L'éco-quartier de BedZed s'est révélé plus cher que prévu, son fonctionnement est aussi trop
complexe pour la population et les bureaux qui y étaient prévus ne se sont pas installés : du
coup, la population doit se déplacer pour aller travailler. Au niveau social, les populations
plus pauvres ne se mélangent pas vraiment avec les autres habitants. Même le pilier
environnemental est parfois remis en cause : la voiture apparaît par exemple nécessaire pour
vivre dans un quartier éloigné de la ville centre.
Les mêmes problèmes risquent de se poser à Stratford où la voiture paraît également
indispensable. Certains craignent également qu'une nouvelle population riche séduite par le
projet vienne chasser les populations plus modestes habitant le quartier.
Ccls :
Londres est exemplaire des défis qui se posent à une ville du Nord.
I. Le premier de ces défis vient de l'étalement et de la ségrégation que continue de
connaître l'aire métropolitaine.
II. Pour faire face à cette croissance rapide, les pouvoirs public ont porté leurs efforts sur
les transports mais en laissant de côtés les problèmes sociaux créés.
III. Aujourd'hui, l'attention est davantage tournée vers les questions environnementales
avec la création d'éco-quartiers qui semblent renforcer la ségrégation sociale.
32
CHAPITRE III: L’état des connaissances
33
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Alpes du Nord.
Une étude, ville par ville, montre que les fortes progressions de population sont liées aux
activités de tourisme d'hiver, à la fonction régionale et à certains types d'industrie (industries
diversifiées, mais ni minières ni textiles).
Alpes du Sud
Les villes sud-alpines semblent donc en assez bonne santé el pourraient être un exemple de ce
qu'il faut faire, mais les difficultés ne manquent pas et le maintien de la vitalité économique et
démographique est souciant.
critère de choix
La montagne est le domaine de la petite ville, centre local ou ville spécialisée;La faible
densité de population, le morcellement, les distances mènent au développement de petits
organismes que l'on s'accorde à limiter aux vingt à vingt-cinq mille habitants, Le thème de la
34
CHAPITRE III: L’état des connaissances
petite ville est classique en géographie montagnarde, qu'il s'agisse des grands massifs de type
alpin ou des ensembles plus modestes de l'Europe hercynienne.
Or, l'existence de ces petits organismes semble avoir une base mal assurée. cela apparaît dans
les statistiques démographiques qui révèlent souvent de belles croissances, mais aussi des
stagnations ou même des déclins. Dans leurs conversations, les responsables municipaux ne
cachent pas leurs soucis devant la difficulté de trouver de nouveaux emplois pour leur
population. Le problème est général en France pour les petites villes, mais il se pose de façon
particulière en montagne, par suite de son relief, de son économie spécifique, de sa densité
réduite.
Quelles sont les difficultés et les menaces qui pèsent sur ces centres montagnards et quelles en
sont la nature et les causes ? C'est la première question à se poser. Il faudra voir, alors, quelles
solutions sont possibles pour sauvegarder, et développer, ces petites villes.
Il convient donc de bien chercher à comprendre la nature et les causes des difficultés des
petites villes et des menaces qui, maintenant ou à échéance, pèsent sur elles.
Problématique particulier :
1. Nature et causes des menaces.
Puisque les villes sont menacées dans leurs activités, examinons successivement les villes
spécialisées et les villes polyvalentes à fonction plutôt régionale.
Les problèmes sont plus graves dans le premier cas que dans le second.
-L'industrie textile, dans les massifs comme ailleurs, est touchée par une crise générale, et
les petits établissements dispersés en montagne se sont trop souvent laissé surprendre par une
conjoncture qu'ils n'arrivent pas à surmonter. Les villes des vallées sous- vosgiennes ont
fermé beaucoup d'usines, et l'industrie cotonnière s'est plutôt concentrée dans la plaine.
-Les centres touristiques qui s'élèvent au niveau de la petite ville ne sont pas très nombreux,
mais sont tous en progrès.
C'est vrai des villes thermales, mais ce l'est aussi de celles du ski. L'essor de ces dernières,
comme Chamonix et Megève, se ralentit peut-être,mais il n'est pas arrêté. Saint-Moritz 10,
station d'été et d'hiver, n'a pas fini de se développer. Toutefois, à propos de ces villes de la
neige, on peut se demander si leur expansion, à partir d'un certain niveau d'équipement, ne
doit pas être limitée pour qu'elles conservent des dimensions humaines : ne vaut-il pas mieux
quelques
Stations moyennes, encore proches de la nature, plutôt qu'une grande ville des neiges en
macadam et béton ?
La montagne offre beaucoup d'exemples de petits organismes urbains, qui vivent par et pour
leur campagne environnante, tout en y ajoutant une ou deux autres fonctions, industrielle ou
35
CHAPITRE III: L’état des connaissances
touristique. Ces villes paraissent vivaces et ce sont elles qui ont le mieux progressé : il est
certain que la hausse du niveau de vie du Français et le développement des diverses activités
économiques offrent des débouchés aux commerces et services des villes.
Mais les menaces ne sont pas absentes et risquent d'affecter gravement l'existence même de
ces centres. En premier lieu, l'exode rural, qui n'est pas terminé, réduit la clientèle constituée
par les montagnards, et limite donc les ressources de la ville, ce qui n'estpas toujours
compensé par un accroissement des achats de ceux qui restent.
Si un village de sports d'hiver s'ouvre dans la zoned'influence d'une petite ville, il n'y a pas
fatalement bénéfice pour cette dernière.
En effet, et c'est là une seconde difficulté, lemontagnard, aujourd'hui motorisé et plus aisé
qu'autrefois, n'hésite pas à se déplacer et « saute » volontiers la petite ville pour en
gagner une plus grande, mieux équipée, peut-être plus agréable.
Quel est le seuil en dessous duquel une ville n'en est plus une
et devient une bourgade, et de quelle clientèle doit-elle disposer
dans son aire d'attraction ? Il n'y a pas encore d'études
systématiques faites à ce sujet. Nous avons cherché à mesurer, si ce n'est
le souhaitable, du moins la réalité dans les Alpes du Sud n, mais,
par suite de la faible densité de cette montagne, il est probable
que nous ne sommes guère au-dessus du seuil commandant lasurvie de la cité. Le niveau
supérieur de la petite ville "population /clientèle extérieure" est souvent retenu comme le seuil
minimal pour faire vivre une ville et ses équipements.
Ces difficultés ne doivent pas faire oublier qu'il y a beaucoup de petites villes en plein essor,
qu'elles soient industrielles ou régionales. Il y a donc des solutions.
Que cherchent les responsables d'une ville ? Des emplois nouveaux; c'est-à-dire qu'ils désirent
des activités nouvelles et, parmi celles-ci, celles qui exigent beaucoup de main-d'œuvre, de
préférence à celles qui ont une forte productivité. En effet, ces emplois,36
compte tenu de la famille de chaque travailleur, permettront à la ville de maintenir sa
population ou d'affirmer une croissance démographique. En outre, ces nouvelles activités
seront créatrices de richesses, en sollicitant d'autres activités (bâtiment, commerces, services)
et en apportant de l'argent à la municipalité (patentes, notamment industrielles).
Toutes les activités n'ont pas le même pouvoir créateur d'emplois. L'agriculture moderne
recourt de plus en plus aux services urbains, pour la production et pour la vente; il faut donc
la maintenir dans la campagne, pour que la ville en profite indirectement, mais le nombre
d'emplois créés dans les commerces est limité, d'autant plus que l'exode rural se continue.
L'industrie est plus intéressante, directement et par ses effets induits, et elle paie de bonnes
patentes, mais la mécanisation de plus en plus poussée du secteur secondaire limite ses
besoins en main-d'œuvre. Par contre, le secteur tertiaire, par définition peu ouvert à la
mécanisation (cf. J. Fourastié), a besoin de beaucoup de personnel : les services offrent donc
un grand intérêt, en particulier ceux d'origine publique (hôpitaux, établissements
d'enseignement...) et le tourisme. Une première question se pose alors : les petites villes de la
montagne sont-elles susceptibles de séduire des chefs d'entreprise en quête d'implantations ?
36
-11 Cf. B. Barbier, op. cit. 12 R. Dugrand, Villes et campagnes en Bas-Languedoc
(Thèse, P.U.F., 1963).
36
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Avant d'examiner l'intérêt particulier que peut offrir chaque type d'activité, il convient
d'examiner les atouts dont dispose la petite cité montagnarde. Ils sont nombreux, parce qu'elle
offre des paysages pittoresques, des ressources touristiques proches, des dimensions à
l'échelle humaine. Mais toutes les villes n'ont pas les mêmes chances.
La position géographique de la ville est toujours un élément déterminant. Le carrefour,
permettant de communiquer facilement, reste un atout précieux, qu'il soit au contact de la
plaine ou dans la montagne.
On sait aussi que les beautés du cadre naturel et les possibilités offertes par la neige sont des
attraits puissants qu'offrent certains types de montagne et que la plaine ne possède pas.
Les montagnes riches fournissent aux petites villes un environnement économique utile, parce
que ce sont des réserves declients
L'éventail limité des enseignements locaux risque de ne pas offrir la main-d'œuvre qualifiée
nécessaire et, trop souvent, l'enseignement général offre des chances de carrière dans le
tertiaire et exclut l'industrie : on peut assister à un exode de jeunes non formés aux carrières
du secondaire alors qu'une industrie cherche de la main-d'œuvre.
Enfin, tout dépend du dynamisme des dirigeants locaux. Certains sont actifs, ont des relations,
de l'ambition et arrivent à leurs fins. D'autre sont des gestionnaires tranquilles, qui manquent
d'initiative ou qui redoutent une irruption de nouveaux habitants changeant des habitudes ou
une majorité politique. A cette échelle, le facteur humain a plus d'importance qu'au niveau de
grandes villes dont les attraits objectifs sont plus indépendants de l'initiative humaine.
Les petites cités montagnardes ont donc des possibilités intrinsèques, mais avec leurs limites.
Or les activités à la recherche d'implantations ont aussi leurs exigences.
On sait qu'une industrie ne peut se créer dans n'importe quel milieu; elle a besoin d'un
environnement constitué par une main- d'œuvre qualifiée, par des moyens de transport
satisfaisants, par des commerces et services appropriés, « enclavés » ou non, etc., il lui faut
une « masse critique » que lui offre l'existence d'autres industries; elle a besoin d'espaces plats,
vastes et bien équipés. Enfin, une tradition industrielle lui donne la garantie de dirigeants
locaux et de personnes habitués à penser industrie. Cette somme de conditions est
difficilement réunie dans une petite ville, à cause de ses faibles dimensions. Que dire quand il
s'agit d'une cité de montagne ! Créations et conversions d'industries y seront plus incertaines
qu'ailleurs, du fait de l'obstacle supplémentaire que constitue le relief.
Si la ville n'a jamais eu d'industrie, elle a peu de chances d'en attirer; on sait les difficultés
qu'a rencontrées la décentralisation industrielle. Beaucoup de greffes n'ont pas réussi sur des
milieux mal préparés.
L'opération a pu avorter, avant même de commencer, ou échouer ensuite.les situations et site,
conditionnés par la nature du sous-sol ou par la forte dénivellation nécessaire, sont rarement
satisfaisants pour d'autres industries (fonds de vallées étroits, encaissement sous de longs
versants). Comment attirer des industriels dans une région mal placée, dans un cadre peu
souriant, pour utiliser une main-d'œuvre inadaptable à de nouveaux travaux ?
37
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Les villes jurassiennes, dont l'industrie est partie du bois des forêts montagnardes, se
maintiennent grâce à une adaptation constante aux exigences du marché et se sont
remarquablement spécialisées chacune dans une activité moderne. En Forêt-Noire, une étude
récente 15 a montré la remarquable réussite industrielle des villes de Villingen, St-Georgen et
Triberg et de leur région, qui ont débuté autrefois avec la fabrication artisanale d'horloges
entièrement en bois et qui sont arrivées aujourd'hui à de délicates fabrications de téléviseurs
en couleur ou de matériel électronique, tout en conservant les structures familiales et le
contrôle local de leurs activités; quoique la population ait doublé 37
. L'industrie peut n'être pas la seule ressource d'une ville. C'est le cas de villes polyvalentes qui
ajoutent la fonction secondaire aux autres. Les problèmes sont comparables, parce que les
exigences industrielles sont les mêmes, mais la différence tient à ce qu'un échec y est moins
grave : les différentes activités s'y compensent..
Le tourisme est l'espoir de beaucoup de villes. Les vacances sont, en effet, devenues une
habitude bien ancrée dans les mœurs et le citadin réduira d'autres dépenses avant de limiter
celles de ses loisirs d'été ou d'hiver. L'apport d'argent dans une région touristique est
considérable par suite de la vente de terrains ou de maisons, de la construction de résidences
secondaires, des dépenses quotidiennes des clients, etc.
Le multiplicateur touristique est élevé La création d'emplois est appréciable (un pour huit
touristes,. Quelle ville ne songerait pas à profiter de ce pactole ?
Or, s'il y a beaucoup de stations, il y a peu de villes touristiques, c'est-à-dire de villes vivant
uniquement du tourisme et en tirant une importante population permanente.
Ce sont des villes thermales et de villégiature, et surtout de grandes stations alpines, d'été et
d'hiver. Il n'est pas facile d'en créer un grand nombre, car cela nécessite un cadre de qualité,
des possibilités étendues sur un plan sportif (notamment pour les surfaces skiables), de gros
investissements et une savante publicité capable de faire jouer le snobisme.
En fait, pour une petite ville, le tourisme est un complément d'activité. Gela peut concerner un
centre, d'altitude moyenne, dont la situation permet d'en faire un lieu de passage fréquenté,
dont le cadre pittoresque autorise les séjours en hôtel ou en résidence secondaire. Cela n'est
pas possible partout, et cela ne s'accorde pas avec les sports d'hiver, mais il y a là une
ressource secondaire appréciable. Les exemples sont nombreux dans les Alpes et les Pyrénées,
mais aussi dans les montagnes moyennes. Briançon et Sallanches sont représentatifs, mais le
tourisme n'est pas leur seule activité.
Si une ville n'a pas de talents particuliers pour développer l'industrie ou le tourisme et en faire
la ressource essentielle, il lui reste les activités tertiaires. S'il s'agit, comme c'est généralement
le cas, d'une petite cité à fonction régionale, il lui faut renforcer son assise par celles-ci. En
montagne, c'est le cas le plus fréquent.
Les villes polyvalentes à fonction régionale, qu'elles disposent ou non de revenus accessoires
grâce aux secteurs secondaire et touristique, qu'elles soient au sommet ou à la base de la
hiérarchie des petites villes, redoutent toutes la réduction de leur clientèle qui atteindrait leurs
commerces et services. Aussi se tournent-elles vers certaines activités tertiaires qui sont
37 -15 Cf. A. Thomas, L'industrie dans le cercle de Villingen (Forêt-Noire) (Annales de Géographie, juillet-août 1971, p. 440-450).
38
CHAPITRE III: L’état des connaissances
la gestion économe de l’espace l’un des point clés. spécifie que les Parties contractantes
devront prendre des mesures appropriées pour assurer une utilisation économe et rationnelle
des sols. Les Parties contractantes devront également prendre des mesures appropriées pour
réduire les préjudices quantitatifs et qualitatifs causés au sol, notamment en limitant
l’imperméabilisation. Le protocole « Aménagement du territoire et développement
durable » spécifie que les collectivités territoriales compétentes devront établir des Plans
et/ou programmes d’aménagement du territoire et de développement durable comprenant, à
chaque fois que cela sera approprié, des mesures garantissant : (i) une « délimitation adéquate
et économe des territoires à urbaniser, y compris les mesures visant à assurer que les
surfaces ainsi délimitées seront effectivement construites », (i) une « limitation des résidences
secondaires », et (iii) une « orientation et concentration de l’urbanisation sur les axes
desservis par les infrastructures de transports et/ou en continuité avec les constructions
existantes ».
Plus que les grandes, les petites villes sont soumises aux aléas de la conjoncture. Même si rien
ne semble les menacer, elles sont tenues de songer à l'avenir et de prévoir de nouvelles
ressources. La spécialisation est dangereuse et la diversification des activités est une
nécessité.
En effet, le petit centre local est le soutien de sa région, la condition du maintien de ses
habitants, de leurs activités agricoles; toute régression de l'un est suivie d'un recul de l'autre. Il
y a, évidemment, l'interaction ville-campagne, mais il ne faudrait pas oublier le rôle essentiel
39
CHAPITRE III: L’état des connaissances
du premier maillon de l'armature urbaine. En outre, la petite ville est l'organisme urbain qui,
par habitant, a le coût le moins élevé en infrastructure (eau, égout, gaz, électricité), c'est aussi
celui qui a le prix de revient le moins élevé quant aux services communaux.
Le colloque sur les « grandes et petites villes » l'a montré. La petite ville est à défendre Mais
faut-il pour autant sauver toutes les petites villes montagnardes ? Cela semble difficile. Et
pourtant ! Ce sont presque toujours des cités anciennes, dignes d'intérêt, peuplées d'habitants
qui ont dû lutter pour vivre.
Cependant, dans la plupart des cas, la petite ville de montagne joue un rôle trop important vis-
à-vis de son bassin ou de ses vallées pour que l'on néglige de la soutenir et de l'aider à remplir
sa mission pour laquelle elle est irremplaçable.
40
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Introduction :
Toutes les villes du monde ne cessent de se développer et de changer leur forme urbaine
suivant les changements politiques, sociaux, culturels et économiques. La localisation du
premier noyau de la ville est imposée par certaines conditions, par exemple la proximité des
cours d’eau, certaines exigences militaires et le territoire.
De ce fait chaque ville a ses caractéristiques, elle possède sa forme urbaine spécifique
souvent liée aux données naturelles de son site.
A travers ce titre nous allons étudier la façon dont le paysage urbain de la ville de
LARBAA s’est développé. Ce développement est lié au territoire et l’histoire, il a eu lieu
parallèlement aux conjonctures sociales, politiques et économiques. Cette ville sera le support
pour le cadre pratique de notre mémoire.
III-2-2-Situation territoriale :
Elle est limitée au Nord par les communes de Sidi Moussa et d'El Harrach, à l'Est par la
commune de Meftah, au Sud par la commune de Tablat et à l'Ouest par l'oued Djemaa qui
constitue sa limite avec les communes de Bougara et d’OuledSlama.
41
CHAPITRE III: L’état des connaissances
III-2-3-Accessibilité :
La commune de l'Arbaa est traversée par plusieurs axes de communication lui permettant la
relation avec les communes avoisinantes.
La route nationale n° 29 (RN29), axe routier assez important au niveau régional
(Assurant la liaison entre deux pôles administratif et économique : Blida et Alger).
La route nationale n° 08 (RN08), aussi un axe routier assez important au niveau
Régional(assurant la liaison entre la partie nord de l'Algérie et sud).
Le chemin de wilaya n° 115 qui relie l'Araba à la commune de Baraki
Le chemin de wilaya n°117 relie l'Arbaa à la commune de Sidi Moussa
Figure :3.2 carte d’accessibilité de la ville de l'Arbaa Source: carte d'état-major de l'Arbaa
42
CHAPITRE III: L’état des connaissances
III-2-4-Climat de la ville:
Le climat est de type méditerranéen caractérisé par un été chaud et un hiver froid et humide.
III-2-5-Relief:
Le territoire communal de L’Arbaa est composé de deux types de reliefs :
Au nord, la plaine avec un potentiel agricole qui favorise l'implantation de la ville ;Au sud, le
piedmont, avec une activité agricole importante et à l'extrême sud et au sud-est les montagnes
de Souhane et de Zerouala.
III-2-6-L’hydrographie :
Le réseau hydrographique de L’Arbaa est constitué principalement par Oued El Djemaa, qui
se situe à l'ouest de la ville
43
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Figure 3.3 la 1er et la 2eme phase de la consolidation du territoire source : auteur, carte d’état-major
3eme phase : elle se représente par la formation d’agglomération dans la plaine, et qui
sont reliées avec les agglomérations des promontoires par les chemins de plaine.
4eme phase : elle est bien après l’arrivée des colons, qui ont commencé à occuper les
terres agricole et les posséder et ont commencé par la création des agglomérations
intermédiaire, afin de mieux contrôler la plaine et le piémont.
Figure 3.4la 3eme et la 4eme phase de la consolidation du territoire source : auteur, carte d’état major
44
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Figure 3.7 Carte de l’évolution de la ville époque coloniale phase 1 1850 Source : auteur
Phase 02 :
La nécessite de construire des hangars sur la partie arrière de chaque parcelle ce qui donne
une construction occupant toute la parcelle (maison, cour, hangar).
Figure 3.8 Carte de l’évolution de la ville époque Coloniale phase 2 1850-1900 Source : auteur
Phase 03 :
Cette phase a connu une densification par l'apparition des nouvelles maisons, ainsi la
surélévation de quelques habitats pour laisser les hangars et les cours.
46
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Figure 3.9 Carte de l’évolution de la ville époque Coloniale phase 3 1900-1961 Source : auteur
Phase 02 :
Une nouvelle méthode d'urbanisme est apparue après l'indépendance.
47
CHAPITRE III: L’état des connaissances
48
CHAPITRE III: L’état des connaissances
III-3-3.lecture synchronique :
III-3-3.1.Structure formelle :
49
CHAPITRE III: L’état des connaissances
-la destruction des centres historiques pour des raisons de salubrité et leur remplacement par
des constructions qui ne présente aucune relation avec l’existant.
le changement typologique sur une grande échelle.
un laisser-faire démesuré conjugué à une extension sans limites de la périphérie.
III-3-3.2.Structure viaire :
Figure : 3.14 la structure viaire à l’échelle de la ville source : auteur, PDAU 2007
L'Araba garde toujours ses deux axes structurant Sud-Nord (TABLAT-ALGER)et Est-
Ouest (BLIDA-MEFTAH) à l'échelle territorial
III-3-3.3.Structure fonctionnelle :
Notons que le noyau historique de la ville contient uniquement des activités
commerciales. Par contre elles sont réduites à la périphérie de la ville, On remarque aussi que
les équipements majeurs sont au Nord-ouest et moindre dans les autres parties de la
périphérie, c’est un déséquilibre dans la répartition d’équipements constatés.
50
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Figure : 3.15 la structure fonctionnelle de la ville de L’araba source : auteur ,PDAU 2007
Figure : 3.16 la typologie des bâtis de la ville de L’araba source : auteur, PDAU L’arbaa 2007
51
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Figure : 3.17 la typologie d’habitat de la ville de L’Arbaa source : auteur, PDAU L’arbaa 2007
52
CHAPITRE III: L’état des connaissances
53
CHAPITRE III: L’état des connaissances
54
CHAPITRE III: L’état des connaissances
-La maîtrise de l’étalement urbain a été affirmée comme un objectif politique fort dans des
traités internationaux (convention alpine), dans la loi (loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbain) et dans la soft law charte de Leipzig sur la ville européenne durable
(stratégie nationale de développement durable, stratégie thématique de l’Union européenne
pour l’environnement urbain). Cet objectif a été réaffirmé dans les propositions visant à
endiguer l’étalement urbain et l’artificialisation de l’espace, à l’issue des propositions des
groupes de travail du Grenelle de l’environnement .
38
European Environmental Agency, op. cit.
55
CHAPITRE III: L’état des connaissances
logements neufs, qui tient compte des projections démographiques, de la décohabitation, des
effets du vieillissement et de l’évolution de la demande de confort.
– Limiter l’offre foncière destinée à l’urbanisation. Dans le souci de limiter l’extension
périphérique de la ville, de protéger les espaces naturels et de mieux rentabiliser les réseaux
existants, la municipalité de Frontignan a choisi de déclasser 250 ha urbanisables (soit 25 %
de l’espace bâti ou à urbaniser) et de valoriser les friches industrielles au sein des limites
actuelles de la ville. Afin de limiter l’augmentation des prix fonciers qui pourrait en découler,
ces mesures s’accompagnent de politiques de densification, de mobilisation des friches
urbaines et de relance de l’habitat social. Le SCOT de Montpellier prévoit un objectif
d’espace à consommer annuellement divisé par deux.
– Promouvoir un développement multipolaire. Dès le début des années 1980, l’agglomération
de Rennes a choisi un développement polycentrique, privilégiant la densification des bourgs
anciens autour desquels sont préservées des ceintures vertes. Cette stratégie a conduit à un
modèle multipolaire, de type « ville archipel », souvent cité en exemple.
– Fixer des normes de densité, notamment le long des voies de transports en
commun.L’extension du réseau de tramway, prévue dans le nouveau projet de PDU de
Grenoble, est conçue comme un outil d’aménagement urbain. L’autorité organisatrice de
transport conclura une charte d’objectifs et un contrat d’axe avec les communes concernées,
pour convenir de politiques foncière, d’habitatsocial et de stationnement automobile. Des
centres d’activité compacts seront créés autour des axes de transport et les secteurs comptant
moins de 6 000 habitants par km2 devront être densifiés. Une stratégie de densification autour
des stations de train et de tram est aussi déclinée, par exemple, dans le SCOT de Nantes-
Saint-Nazaire et dans celui de Montpellier, comme dans le projet de Schéma directeur de la
Région Ile-de-France (SDRIF).
travail intitulé « formes urbaines » crée des circuits de « promenades urbaines » présentant
des opérations exemplaires et anime un appel à projets sur l’habitat innovant. A Nantes, ce
sont des ateliers d’information pour prouver aux communes périphériques qu’il est possible
de construire un habitat agréable plus dense.
– Accompagner les communes périphériques dans leurs opérations d’urbanisme. A Nantes,
comme à Rennes, cet effort de sensibilisation se double d’un dispositif d’accompagnement
des communes périphériques dans leurs opérations d’urbanisme. A Montpellier, un guide des
PLU et un guide des projets d’urbanisme assisteront les communes dans la déclinaison du
Scot sur leur territoire.
57
CHAPITRE III: L’état des connaissances
les principales approches sont la croissance intelligente "smart growth" ,le nouvel urbanisme
"new urbanism" et le développement pense en fonction du transport en commun "transit_
oriented development ou TOD"
1. La croissance intelligente :
La croissance intelligente propose essentiellement de diriger la croissance vers les zones urbaines existantes
plutôt que de poursuivre l'étalement de l'urbanisation. Cette approche implique une mixité des fonctions
urbaines et une densité globale plus élevée, tout en offrant une diversité de logements. Cette approche
vise donc avant tout à freiner l'étalement urbain pour ainsi limiter les coûts collectifs reliés à cet
étalement (pollution, investissements publics, etc.) et assurer une utilisation optimale des infrastructures
existantes. Les orientations gouvernementales en matière d'aménagement du territoire 39 s'inspirent
fortement de cette approche en demandant aux MRC de consolider les zones urbaines existantes, de
déterminer des périmètres d'urbanisation en fonction des besoins réels et de favoriser le redéveloppement
des zones urbaines existantes.
39
MAM, Les orientations du gouvernement en matière d'aménagement du territoire, 1994, Les orientations du
gouvernement en matière d'aménagement du territoire, document complémentaire, 1995
40
www.smartgroth.org/about/principles/default.asp
58
CHAPITRE III: L’état des connaissances
*Préserver les terres agricoles les espaces naturels esthétiques ainsi que les aires de conservation
La préservation de milieux naturels répond aux objectifs de la croissance intelligente en
renforçant l'économie locale, préservant les aires de conservation, améliorant la qualité de vie
des collectivités et en intégrant les nouveaux développements avec ceux déjà existants.
La croissance intelligente oriente le développement près des collectivités qui disposent déjà
d'infrastructures et de services, de manière à mieux tirer profit des ressources du voisinage et
à conserver des espaces et des ressources naturelles dans la frange urbaine.
*Favoriser la densité
La croissance intelligente justifie une plus forte densité de construction plutôt que des
développements conventionnels qui sont caractérisés par une très grande utilisation de terrain.
En résumé, le nouvel urbanisme cherche à recréer des collectivités moins dépendantes du transport
motorisé, un peu à l'image des quartiers et des villages d'avant-guerre. Le but visé est de créer des
environnements agréables et sécuritaires.
Le TOD préconise une densification le long des infrastructures de transport en commun, de manière à
augmenter la part des déplacements en transport en commun et à ainsi améliorer la rentabilité des
investissements de ce type d'infrastructures. Comme pour le nouvel urbanisme, le TOD vise
également à créer des environnements plus conviviaux et propices aux déplacements à pied.
Toutefois, cette approche n'est pas limitée aux banlieues et elle peut s'appliquer dans les secteurs
centraux. En banlieue, le TOD s'apparente au nouvel urbanisme en terme de convivialité et de mixité
des fonctions et des densités. Toutefois, le développement est principalement structuré autour d'un
59
CHAPITRE III: L’état des connaissances
équipement de transport en commun plutôt qu'en fonction d'un noyau central d'activités.
« Plutôt que de vouloir construire les viles à la campagne, pourquoi ne pas construire une
vraie vile dans nos Montagnes ?, Nous allons envisager un programme national de lutte
contre l’artificialisation des sols. »
L’objectif est de s’intéresser aux petites villes et à leur rôle dans les processus d’urbanisation
et cela, sous le prisme de la durabilité. Ce terme renvoie dans nos propos à deux acceptions :
une pérennité temporelle et une référence au développement durable tel que l’entend le
Rapport Brundtland. Nous posons l’hypothèse que les petites villes ont un rôle à jouer dans le
cadre d’une urbanisation raisonnée du territoire, c'est-à-dire une urbanisation ne tendant pas à
des phénomènes de macrocéphalie urbaine mais au contraire allant davantage vers une
répartition plus équilibrée de la population et des emplois. En outre, nous estimons que les
pays/PETR (Pôles d’Équilibre Territoriaux et Ruraux - structures où espace urbain et espace
rural sont réunis) sont la bonne échelle pour assurer la cohésion économique, sociale et
durable du territoire.
60
CHAPITRE III: L’état des connaissances
social (la ville n’a pas d’avenir durable si elle discrimine et exclut) »41 Ce cadre conceptuel
basé, nous souhaitons réfléchir au rôle que la petite ville pourrait tenir dans le cadre d’une
structure urbaine excluant des concentrations urbaines trop importantes dans lesquelles
l’étalement urbain est source de nombreuses nuisances. Mais cette réflexion ne peut pas se
faire au seul niveau de la petite ville ; il est nécessaire de prendre en compte son espace
environnant et de se focaliser sur les pays, désormais appelés Pôles d’Equilibre Territoriaux et
Ruraux.
. 2.1. Les petites villes : une alternative à l’urbanisation massive autour des grandes villes
Notre position est claire : les petites villes sont une alternative à l’urbanisation massive
autour des grandes villes. Elle s’inscrit dans la lignée de J. Lévy qui, dans un article de 1994,
proposait sa vision de l’aménagement du territoire et n’hésitait pas à utiliser le slogan resté
célèbre : « Oser le désert ». Si dans ses propos, la concentration urbaine n’avait rien de
dramatique, il la nuançait toutefois par son refus de voir apparaître en France des espaces de
banlieue démesurément étendus : « Si la France est complètement urbanisée, ne vaut-il pas
mieux qu’elle le soit avec de vraies villes et non, comme les agglomérations Nord-
américaines, en de monotones banlieues interminablement étirées »42Certaines de ces
« vraies villes » sont pour nous les petites villes.
Comme nous l’avons vu dans la première partie, et malgré un ralentissement ces dernières
années, les petites villes des espaces interstitiels se sont maintenues démographiquement et
arrivent même pour certaines à gagner des emplois malgré la crise économique qui sévit en
Europe et particulièrement en France. En outre, elles se positionnent encore comme des villes
ayant une relative capacité de commandement sur l’espace environnant.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics ne devraient-t-ils pas forcer le destin et engager une
politique volontariste en faveur des petites villes afin de créer de vrais pôles d’urbanisation ?
Pour que celles-ci participent pleinement au mouvement d’urbanisation et aident en cela au
décongestionnement des plus grands centres urbains, notre hypothèse serait de les favoriser en
y concentrant des emplois et en les dotant de commerces et services. Cette croissance
économique est également un préalable pour parler de « ville durable », concept renvoyant à
la capacité des hommes à se ravitailler, à trouver des emplois, à profiter d’équipements
urbains, etc. (Paulet, 2000). De même, si nous prenons en compte le volet social du
développement durable, la petite ville est reconnue comme un élément urbain ayant gardé une
identité et offrant un cadre de vie de qualité (ville à la campagne, sécurité, convivialité43…).
Certes, il ne s’agit pas d’aider toutes les petites villes mais de sélectionner parmi les centres
surabondants ceux qui assureraient le mieux le statut de ville relais de la métropole régionale
et des villes moyennes voisines. Pour cela, des études sur le dynamisme et la zone d’influence
exacte des pôles urbains devraient être engagées au niveau de chaque Direction
Départementale des Territoires ou Conseils Régionaux.
L’idée d’une politique volontariste d’aménagement n’est pas nouvelle ; nous la retrouvons en
effet dans les écrits de R. Dugrand (1963). Ce dernier préconisait, au nom de l’intérêt général,
une politique de sélection des centres urbains afin de lutter contre des concurrences sans
41
Tribillon, 2002 : 108
42
(Lévy, 1994 : 8).
43
Certains auteurs comme Roques (2009) mettent toutefois en garde contre l’image idéalisée
des petite (...)
61
CHAPITRE III: L’état des connaissances
lendemain et renforcer l’armature urbaine de base. De nos jours, certaines régions ont déjà
enclenché une telle politique de sélection. Dans le Limousin par exemple s’était mise en place
il y a quelques années une politique de soutien aux petites villes (Jacquinot, 2011). Le Conseil
Régional avait relevé le caractère déséquilibré de la structure urbaine de la région dominée
par Limoges et par le bassin de Brive. Pour remédier à cette imperfection, la collectivité avait
lancé, dans les années 1990, un programme d’armature urbaine destiné à renforcer le maillage
urbain et à soutenir 16 villes de deux types précis : celles ayant un rayonnement de 25 à 30
km et celles de plus de 2 500 habitants jouissant d’un positionnement favorable et constituant
des pôles de services. Ces dernières devaient bénéficier en priorité d’aides financières pour
mener des actions en matière d’économie, de tourisme, formation professionnelle, loisirs,
culture, sports… et devenir ou rester des pôles majeurs de structuration de l’espace régional.
Plus récemment, et même si cela n’est pas dit aussi explicitement hormis cette phrase tirée
du Schéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT)
(2009 : 50), « Le rôle des petites villes comme centre de services, relais des grandes villes
mais aussi foyers d’innovation devra être fortement soutenu » (2009 : 50), la Région
Languedoc-Roussillon soutient également quelques actions en faveur des petites villes,
comme par exemple l’implantation des Parcs Régionaux d’Activités Économiques à Lodève,
Mende, la Grand Combe et Bédarieux.
Or le consensus autour d’un bon périmètre d’intervention n’existe guère. Les enjeux du
développement durable sont à l’échelle planétaire, que ce soit l’exploitation raisonnée des
ressources, la lutte contre le réchauffement climatique, l’amélioration du cadre de vie, la
réduction de la pauvreté… Il serait donc logique selon certains acteurs comme les organismes
internationaux d’intervenir au niveau global.
Pourtant, certaines voix se font entendre et prônent des actions au niveau local : « la
gouvernance est l’un des principes clés du développement durable et c’est probablement au
niveau local qu’elle trouve à se concrétiser le plus aisément » (Zuindeau, 2002 : 14) ; « les
scènes du développement durable n’ont pas seulement à composer du local au planétaire.
Elles ont aussi à assumer des solidarités territoriales intermédiaires plus proches du local »
(Godard, 1997 : 4). Dans le cadre de sa réflexion sur les « espaces de problèmes » et les
« espaces de solutions », Godard estime que les pays sont un bon échelon pour réfléchir à des
politiques de développement durable.
En ce qui nous concerne, nous pensons également que la bonne échelle pour intervenir est le
pays/PETR. Notre hypothèse s’appuie sur le fait que les pays correspondent à un schéma
62
CHAPITRE III: L’état des connaissances
44
Aubert et al., 2002 : 81).
45
Dubuc, 2004 : 84
63
CHAPITRE III: L’état des connaissances
Aujourd’hui, avec l’essor de la mobilité, il faut voir plus large et raisonner à l’échelle de la
ville-pays, concept déjà développé par J. Beauchard et d’autres chercheurs dans les années
1990 (Beauchard et al., 1996). Confrontés tous deux aux enjeux d’aménagement et de
développement durable que sont la centralité, la gestion des espaces fonciers, la maîtrise de
l’étalement urbain…, espace rural et espace urbain ont intérêt à s’associer. Et pour mieux
faire face à ces enjeux, il est indispensable que la démarche pays/PETR soit complémentaire
de celle d’un SCOT ; la loi Maptam du 27/02/2015 permet ainsi aux PETR de l’élaborer, de le
réviser ou de le modifier.
La vocation des pays, comme des nouvelles structures, est de coordonner la mise en œuvre
d’un projet de développement dont le P.O.S représente la traduction spatiale.
Conclusion
« une ville durable est une ville capable de se maintenir dans le temps en gardant une
identité et son dynamisme, capable aussi d’offrir une qualité de vie en tous lieux dans une
mixité sociale et fonctionnelle, capable enfin de se réapproprier un projet politique, à la
recherche d’un équilibre sur le plan écologique et social vis-à-vis du territoire et de la
planète »47. Ce cadre conceptuel renvoie à plusieurs facettes de la durabilité et permet
d’intégrer des problématiques qui tiennent aussi bien à la protection de l’environnement, aux
liens sociaux qu’aux activités économiques.
Sans écarter les problèmes dont elles souffrent (marché du travail incapable d’absorber les
crises, manque de personnels qualifiés, rareté des services aux entreprises, déficience des
infrastructures…), il faut reconnaître que les petites villes des espaces interstitiels
correspondent aux villes durables définies par C. Emélianoff. Nous estimons que ces
dernières possèdent les capacités pour devenir des agents d’urbanisation durable et qu’elles
sont la base d’une urbanisation raisonnée. Pour cela, leur enjeu est de réussir à capter les
ressources et à optimiser leur potentiel environnemental, récréatif, productif… Dans un
scénario de lutte contre le changement climatique et de l’efficacité énergétique, de la
domination de l’économie de la connaissance basée sur l’innovation, « les petites villes ayant
un potentiel économique basé sur l’agriculture, l’industrie, les services ou le tourisme (y
compris l’économie résidentielle) et s’inscrivant dans des stratégies de développement
durable, prospèreraient. Leur objectif ne serait pas nécessairement de grossir mais de se
stabiliser en offrant une bonne qualité de vie » 48. Cette dynamique est malheureusement
freinée par l’inexistence de politiques à leur égard. C’est pour cette raison que nous
46
QE n°13570 de J-P. plancade ;JO Sénat du 08/07/2010
47
C. Emélianoff (2003 : 27-28)
48
ASBL – Institut J. Destrée, 2012 : 30
64
CHAPITRE III: L’état des connaissances
partageons l’avis de M. Malvy (2014 : 122), ancien président de l’Association des Petites
Villes Françaises : « Les petites villes ont besoin d’une planification régionale qui organise la
complémentarité entre les métropoles et leur hinterland. Les futurs schémas régionaux
prescriptifs en seront les outils. Ensuite, la gouvernance des intercommunalités doit être
modernisée : les petites villes ne peuvent pas correctement animer leur bassin de vie si leur
poids politique est dilué à l’excès dans les assemblées intercommunales où chacun doit être
représenté mais où elles le sont insuffisamment ». Avec un diagnostic objectif sur la situation
urbaine, chaque Conseil Régional aurait tout intérêt à mener des politiques de soutien aux
petites villes afin que chaque partie du territoire régional soit animée économiquement. Ce
soutien passe notamment par des actions judicieusement choisies dans le cadre des contrats
de Pays49. Mais la réussite d’une telle entreprise repose sur une bonne dose de pédagogie
pour faire admettre aux élus des espaces ruraux la nécessité d’une politique de polarisation
et les convaincre des bienfaits qu’ils peuvent en retirer.
Recommandations :
Intégrer les dimensions énergétiques et climatiques :
-Dans les documents et politiques d’urbanisme de planification (P.O.S, P.D.A.U,…) ;
-Dans les documents et politiques d’urbanisme opérationnel (zones d’activité,opérations de
renouvellement urbain).
Contenir l’étalement urbain pour réduire les consommations d’énergie :
-Orienter, de façon volontariste, la localisation des activités, des équipements et des
zones résidentielles pour limiter l’étalement urbain ;
-Favoriser les opérations de renouvellement urbain, la réutilisation des friches
urbaines, la valorisation du patrimoine ;
-Sensibiliser les décideurs et le grand public en les informant clairement sur les
inconvénients de l’étalement urbain existant (coût des équipements urbains,
temps de transport, ségrégation spatiale, etc.) ;
-Limiter la dispersion des activités et des lieux de résidence, maintenir les écoles de
manière équilibrée sur le territoire au lieu de concentrer les établissements sur la
vile-centre ;
-limiter l’implantation des grands projets commerciaux, industriels et de loisirs sur des zones
périphériques et/ou non desservies efficacement par les transports en
Commun.
Le rapport note par ailleurs que : « Pour combattre ou organiser l’étalement urbain,
tous les effets pervers de la fiscalité doivent être corrigés » et que : « Les collectivités
territoriales doivent harmoniser leurs politiques régionales et départementales. »
Rapport d’orientation du Centre d’analyse stratégique
Le rapport d’orientation « Perspectives énergétiques de la France à l’horizon
2020-2050 », remis en 2007 par la commission « Energie » du Centre
d’analyse stratégique (rapport Syrota), émet, entre autres, la proposition
suivante : « Les collectivités locales compétentes en matière d’utilisation des sols
recevront du Parlement les pouvoirs de mettre en œuvre des péages urbains, de
permettre la prise en compte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de
serre dans l’élaboration des règlements d’occupation des sols et d’imposer, lors de la
délivrance des permis de construire, des dispositions permettant des économies
d’énergie et l’utilisation d’énergies renouvelables. »
49
En 2009, le conseil régional languedoc roussillon avait d’ailleurs conditionné l’aide aux projets des pays au
respect des lignes directrices du SRADDT
65
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