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Survie des petites villes de montagne

Urbanisme

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UNIVERSITE DE BLIDA 1

INSTITUT D’ARCHITECTURE ET D’URBANISME

MÉMOIRE DE MASTER II
ARCHITECTURE ET PROJET URBAIN

LA SURVIE DES PETITES VILLES DE MONTAGNE


CAS : LA DAIRA DE LARBAA

Par : Melle HANNOUCENE RADHIA MERIEM

Encadrée par ;
Mer. SEDDOUD ALI

BLIDA, Juin 2017


RESUME

Le présent travail de recherche dans le cadre du Master 2 interroge sous un angle précis,
l’un des phénomènes les plus spectaculaires de nos villes ; Les petites villes de montagne Ce
phénomène qui a perdue son visage depuis l’apparition de l’urbanisme moderne.
L’urbanisation accéléré privilégie par les instruments d’urbanisme a impliquée des nouvelle
formes urbaines non maitrisées et elle a engendrée des ruptures urbaine dans les tissus urbains
par l’ignorance de l’histoire, la forme urbaine et l’espace public. Au-delà de cette
problématique notre mémoire est intitulé :

LA SURVIE DES PETITES VILLES DE MONTAGNE.

Notre travail de recherche est constitue de trois chapitre essentielles : chapitre introductifs,
chapitre de l’état des connaissances et le chapitre des synthèses de la recherche et enfin une
conclusion générale.
Pour introduire notre travail de recherche nous présentons dans le premier chapitre
l’introduction générale, la problématique, l’hypothèse du travail, les objectifs et la démarche
de la recherche.

Le deuxième chapitre de l’état des connaissances est constitué de deux parties : une partie
théorique pour définir les concepts et les mots clés de la recherche tel que : le projet urbain,
l’étalement urbain et les instruments d’urbanisme. La deuxième partie est pratique, portée sur
l’analyse thématique afin de comparer entre les exemples français traitent La survie des
petites villes de montagne et comment contenir l’étalement urbain par le projet urbain
dans le cadre des instruments d’urbanisme.

Le troisième chapitre est le chapitre des synthèses de la recherche, dans le quel nous
confirmons ou infirmons les hypothèses du travail à travers la connaissance des relations entre
l’étalement urbain et les petites villes de montagne et l’histoire et la forme urbaine. La
compréhension de cette relation nous permet de mettre de voir l’impact des instruments
d’urbanisme sur cette dernière et comprendre pourquoi le projet urbain vient comme la
solution la plus pratique pour cette figure de problématique urbaine.

Au delà et pour une recherche ultérieure nous pouvons proposer une ligne de recherche.

I
SUMMARY

The present research of 2nd year master degree investigates precisely the most spectacular
phenomena of our villages; Small mountain towns these phenomena lost its face because
of the appearance of modern urbanism.
Urbanization accelerated privilege by the instruments of urban planning involved which
implies new forms not mastered and it has engendered break in the urban tissue by the
historical ignorance. Urban form and public space is the problematic of our research:

The survival of small mountain towns.

Our research contains three important chapters: an introductory chapter; an expository chapter
and finally a general conclusion.
To introduce our work, we include in the 1st chapter a general introduction, statement of
purpose and a hypothesis, the objectives and work procedures.
The 2nd chapter of the expository work consists of two parts: one part is theoretical and it
defines the concepts and keywords of the research concerning the urban project, urban
sprawl and urban instruments. The2nd part is practical as a part of thematic analysis after
comparing between two examples, French in term of The survival of small mountain towns
and how to contain urban sprawl, how it is treated by urban project management and the
instruments used.

The 3rd chapter is about synthesizing our work in which we confirm and infirm the
hypothesis of our research through demonstrating the relation between urban sprawl and small
mountain towns and urban history without neglect the urban form also. The understanding of
this relation may help to clarify the impact of urban instruments on urbanism in general and to
understand why the urban projects tends to be the most practical solution for the urban
problem.

Finally we finish our work with a general conclusion, this later helps us to make a total
synthesis, so by the end, our recommendations will tackle these points:

- Extend the objectives and challenges of planning instruments, making use of the
results and the urban project approach, which can sometimes be considered as a
complement to the planning instruments and other times as an alternative.

This position deserves to be developed as part of a future research.

II
REMERCIEMENTS :

Ce travail est le résultat et le fruit de beaucoup de travail et d’efforts pour lequel, j’offre ce
mémoire, mes prières et mes vifs remerciements :
- A dieu ; le tout puissant pour la volonté qu’il nous a donné, santé et patience durant nos
années d’études.
- A ceux qui m’ont donnés la vie et m’ont soutenu toujours ,je vais essayer d’exprimer ma
reconnaissance et ma gratitude, je les remercie pour avoir toujours étaient la pour moi et pour
avoir toujours partager avec moi,mon bonheur, ma joie mais aussi ma peine et mon chagrin
surtout pendant ce projet, mes parents océan de tendresse ; fleuve de gentillesse que dieu
les protègent.. Un hommage appuyé revient à eux pour leur soutien moral et matériel durant
ma carrière « ma mere BENNADJI LALIA et mon père HANNOUCENE
BOUALEME »…merci.
- A ma grande sœur SAMIRA , MERIEM , SARA, et mes frères REDA ,AMINE,
ABD ALLAH, mes nièces CHIHAB AL DINE ,ABD AL AZIZE, RAWAN , BAYLASSAN
et MARAM que j’adorent .

Je voudrais remercier avant tout, mon encadreur Monsieur SEDOUD Ali de m’avoir
orientée, conseillée, et critiquée quand le besoin se faisait sentir, mais surtout pour sa
disponibilité.

Je remercie : Messieurs ZERARKA pour le précieuse aide, contribution et soutien.

Et enfin, un grand merci à tous ceux et celles qui m’ont aidé de prés ou de loin à
l’élaboration de ce travail.

III
TABLE DES MATIERES :
Chapitre introductif : ______________________________________________________ IV

Introduction à la thématique générale du master ‘architecture et projet urbain’ ___________ 1

I.1.Introduction à la recherche :_____________________________________________ 5

I.2. Problématique : ______________________________________________________ 6

I.3. Hypothèses : ________________________________________________________ 8

I.4. Objectifs : __________________________________________________________ 9

I.5. Démarche méthodologique : ____________________________________________ 9

I.6. Présentation de la ville de Blida : _______________________________________ 10

ChapitreII : L’etat des connaissances : _______________________________________ 10

Introduction :_________________________________________________________ 11

II.1 Définition des concepts, idées et notions clés de la recherche : _____________ 11


II.1.1. Introduction : _________________________________________________ 11
II.1.2. Le projet urbain : ______________________________________________ 11
II.1.3. Connaissance de l’étalement urbain : ______________________________ 14
II.1.4. Les instruments d’urbanisme :____________________________________ 26
II.1.4.1. Présentation des instruments d’aménagement et d’urbanisme (PDAU/POS) :
34
II.1.4.2 Conclusion : _________________________________________________ 26
II.2. L’analyse thématique : _____________________________________________ 39
II.2.1. Introduction __________________________________________________ 39
II.2.2. Exemple I : Politique de ceinture verte._____________________________ 40
II.2.3. Exemple II : Politique de la survie des petites villes montagnardes _______ 45
II.2.4.Lecture comparative entre les exemples :________Erreur ! Signet non défini.
II.2.6.Conclusion de l’analyse thématique : _______________________________ 50
Conclusion : __________________________________________________________ 50
Chapitre III: Quelles politiques publiques en matière d’étalementurbain ?
les petites villes des
agentsd’urbanisationdurable Erreur !
Signet non défini.
Introduction :______________________________________ Erreur ! Signet non défini.

III.1. Processus de formation et de transformation des villes : ________________ 54

IV
.Introduction : ________________________________________________________
III. 2. Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?: 66
III.3. les nouveaux modes d'urbanisation: 69
III.4. Le S.D.A.T de la wilaya de blida: __________________________________:72

III.5. Les petites villes : des agents d’urbanisation durable 78


III.6. L’approche territoriale du développement durable : quelle échelle ?
transformation des villes : ______________________________________________ 79
III.7. Réfléchir à l’échelle des Pôles d’Equilibre Territoriaux et Ruraux (PETR) : 80

Conclusion : __________________________________________________________ 81
Recommandations : _________________________________________________ 82
Pistes de recherche : _________________________________________________ 83

V
CHAPITRE I : Chapitre introductif

INTRODUCTION À LA THÉMATIQUE GÉNÉRALE DU MASTER


‘ARCHITECTURE ET PROJET URBAIN’

La problématique générale du master ‘Architecture et Projet Urbain’ s’inscrit dans


le cadre des études concernant le contrôle des transformations de la forme urbaine, au sein
de l’approche morphologique de la ville et du territoire.

Elle s’insère dans le large corpus des recherches urbanistiques critiques sur le contrôle et la
production des formes urbaines en réaction à l’approche fonctionnaliste de production de la
ville des années 1950-70 qui recourrait aux modèles de l’urbanisme moderne.

Elle privilégie le fonds territorial comme fondement de la planification des ensembles


urbains et support (réservoir, matrice affecté par des structures multiples) pour définir et
orienter leur aménagement : les forces naturelles qui ont assuré par le passé le
développement organique des villes seront mises en évidence pour constituer le cadre
nécessaire à la compréhension des rapports qu’entretiennent ces villes avec leur territoire.

S’appuyant sur le considérable capital de connaissances produit et accumulé au cours du


temps par la recherche urbaine, la recherche urbanistique investit actuellement, d’une
manière particulière, le domaine des pratiques nouvelles et des instruments nouveaux de
projet ainsi que les nouveaux moyens de contrôle de l’urbanisation et de ses formes.
Dans ce vaste domaine (de contrôle de l’urbanisation et de ses formes), le master
‘Architecture et Projet Urbain’ soulève tout particulièrement la problématique spécifique de
la capacité des instruments d’urbanisme normatifs et réglementaires en vigueur à formuler et
produire des réponses urbaines adéquates aux transformations que connaissent les villes dans
leurs centres et périphéries.

Les pratiques de l’urbanisme opérationnel (à finalité strictement programmatique et


fonctionnaliste) nécessitent une attitude critique de la part des intervenants sur la ville : c’est
le projet urbain qui constituera l’apport spécifique de l’architecte dans la pratique plurielle
de l’aménagement de la ville, correspondant à une nouvelle manière de penser l’urbanisme.
Le projet urbain devient alors un élément de réponse possible pour la reconquête de la
fabrication de la ville face à la crise de l’objet architectural et à la crise de l’urbanisme,
devenu trop réglementaire.

1
CHAPITRE I : Chapitre introductif

Plus qu’un concept ou qu’une grille de lecture historique des phénomènes urbains, la notion
de Projet Urbain sera dans les années 70 l’expression qui « cristallisera les divers aspects de
la critique de l’urbanisme fonctionnaliste, et simultanément, celle qui exprimera la
revendication par les architectes d’un retour dans le champ de l’urbanisme opérationnel»1.
Au cours de la décennie qui suivra, parmi les différents auteurs et théoriciens du projet
urbain, Christian Devillers se distinguera sur la scène architecturale comme auteur – et
acteur- dont la contribution épistémologique sur le thème du projet urbain sera la plus
conséquente2.
Après avoir rappelé les principales qualités qui font la ville : sédimentation, complexité,
perdurance des formes pour de nouveaux usages, etc., Devillers développera trois aspects3
:
le premier concerne une théorie de la forme urbaine, le deuxième aborde les méthodes du
projet urbain, alors que le troisième s’attaque à la difficile question des logiques
institutionnelles etprocédurales.
Il conclura par affirmer que le projet urbain « est une pensée de la reconnaissance de ce qui
est là (...) des fondations sur lesquelles on s’appuie pour établir des fondations pour
d’autres qui viendront après »: une conception de l’architecture dans son rapport au lieu et
à l’histoire, assurant la durabilité et la continuité historique

C’est l’alternative à l’urbanisme au travers de la notion de ‘Projet Urbain’, qui se définit en


filigrane de l’ensemble de ces propos qui nous permettront de construire une démarche de
substitution au sein de laquelle l’histoire et le territoire constitueront les dimensions
essentielles.

Dans les faits, le projet urbain est aujourd’hui un ensemble de projets et de pratiques qui
gèrent notamment de l’espace public et privé, du paysage urbain.
« Sans refléter une doctrine au sens étroit du terme, l’idée de projet urbain renvoie cependant
à un point de vue doctrinal qu’on s’efforce de substituer à un autre : l’urbanisme
opérationnel, et qui peut s’exprimer plus ou moins en fonction de seuils»4.

1. Bonillo J. L., Contribution à une histoire critique du projet architectural et urbain, Thèse d’H.D.R., Laboratoire INAMA,
E.N.S.A.Marseille, (Mars 2011)
2
Devillers, Ch., « Le projet urbain », in Architecture : recherche et action, Actes du colloques des 12 et 13 mars 1979 àMarseille/Palais
des Congrès, Paris, Ministère de l'Environnement et du cadre de vie, CERA/ENSBA. Concernant cet auteur, voir également:
Devillers, Ch., Pour un urbanisme de projet, mai 1983 ; et Conférences paris d’architectes, pavillon de l’arsenal 1994 – Christian
Devillers, Le projet urbain, et Pierre Riboulet, La ville comme œuvre, Paris, éd. du Pavillon de l’arsenal, 1994.
3
InterventiondeCh.DevillersenMars1979aucolloqueintituléArchitecture :RechercheetActionauPalaisdesCongrèsdeMarseille
4
BonilloJ.L.,L’analysemorphologiqueetleprojeturbaindansIntergéo-Bulletin,1995,n°118

2
CHAPITRE I : Chapitre introductif

Il s’agira alors, d’une part, de développer les outils de définition, de gestion et de contrôle
de la forme urbaine et de réintroduire la dimension architecturale et paysagère dans les
démarches d’urbanisme, et, d’autre-part, situer la démarche du projet urbain entre
continuité avec les données de la ville historique et référence à l’expérience de la
modernité.
Dans la démarche du master ‘Architecture et Projet Urbain’, le passage analyse-projet a
constitué une préoccupation pédagogique majeure dans l’enseignement du projet
architectural et urbain.
Dans ce registre, on citera Albert Levy et Vittorio Spigai [1989] dans leur ‘Contribution au
projet urbain’, qui privilégieront la dimension historique pour assurer le passage entre
analyse et projet : la continuité historique devant permettre d’assurer la ‘conformation’ du
projet à (et dans) sonmilieu.
Cette même préoccupation est abordée par David Mangin et Pierre Panerai [1999] sous une
autre optique : celle de la réinsertion des types bâtis, majoritairement produit par l’industrie
du bâtiment, dans une logique detissus.
L’histoire des villes, quant à elle, nous enseigne la permanence des tracés (voieries,
parcellaires…) et l’obsolescence parfois très rapide des tissus. Il convient donc à partir de la
production courante d’aujourd’hui (types, programmes, financements et procédés
constructifs habituels des maitres d’œuvre moyens) de travailler dans une perspective
nouvelle qui intègre dés l’origine une réflexion sur les évolutions et les transformations
possible, d’origine publique et privée. Cette tentative d’actualiser les mécanismes et les
techniques qui ont permis de produire les villes, débouche ici sur des indications très
pragmatiques et pratiques (tracés, trames, dimensionnements, découpage, terminologie…).
L’objectif principal du master ‘Architecture et Projet Urbain’ s’inscrit dans une construction
théorique qui fait de l’abandon de l’utopie de la ville fonctionnelle du mouvement moderne
et de l’acceptation de la ville concrète héritée de l’histoire, la référence essentielle de la
démarche du master. La ville héritée de l’histoire est le contexte obligé d’inscription de
l’architecture. En retour l’architecture…. construit la ville.
Le retour à l’histoire ne signifie cependant pas le rejet ‘simpliste’ de la modernité pour une
attitude nostalgique envers la production urbaine ancienne : les productions architecturales et
urbaines du XXe siècle nécessitent en effet une plus large évaluation critique de leurs
modèles et méthodes, suscitant de nombreuses voies de recherche

3
CHAPITRE I : Chapitre introductif

Au courant de l’année universitaire 2017/2018 et parmi les différentes optiques à partir


desquelles le projet urbain a été abordé et développé, trois thèmes ont été privilégiés :
 Le Projet Urbain et les Instruments d’urbanisme
 Le Projet Urbain en centre historique
 Le Projet Urbain en périphérie

A travers la thématique du projet urbain, les étudiants pourront alors proposer un territoire
de réflexion et d’expérimentation sur la ville.

Dr. Arch. M. Zerarka Porteur du master ‘Architecture et Projet Urbain 2017

4
CHAPITRE I : Chapitre introductif

I.1.Introduction à la recherche :

La disparition de la ville d’hier qui distingue dans son espace le centre et la périphérie a
injecté un nouveau type de ville. Le processus de formation et transformation des villes
montre qu’elles sont passées du système villes- campagnes au système ville éclatée et
déversée, les espaces périphériques généralement agricoles étaient, malheureusement,
sacrifiés

C’est une notion récente apparue avec la croissance et l’extension des villes en dehors de leurs
remparts.
L’urbanisme moderne et pour une longue période était une réponse rapide aux besoins des
pays en matière de construction après la deuxième guerre mondiale. Maintenant la ville
moderne n’est plus fonctionnelle, même avec les textes et les lois de l’urbanisme
réglementaire.
Notre travail sera porté sur trois chapitres : Chapitre introductif, Chapitre d’état de
connaissance, Chapitre des synthèses de la recherche et enfin la conclusion générale.
Le premier chapitre de ce mémoire est le chapitre introductif. Il est consacré pour
présenter l’introduction de ce travail, la problématique générale, méthodologie de la
recherche, les hypothèses du travail et présenter le cas d’étude.
Le deuxième chapitre l’état de l’art, il est composé de deux volets :
1. Le premier consiste à définir les concepts, les idées et les notions de notre
recherche tels que : le projet urbain –l’étalement urbain - et les instruments d’urbanisme.
2. Le deuxième volet de ce chapitre est la recherche thématique consiste à faire une
analyse comparative des exemples traitent les petites villes montagnard par le projet urbain et
l’étalement d’urbanisme.
Dans le troisième chapitre, nous étudions le processus de formation et de transformation de
la ville de LARBAA ,au-delà nous pouvons confirmer ou infirmer les hypothèses de travail
après une recherche menée sur les petites villes montagnard et sa relation avec le processus
de formation et de transformation des villes, avec les instruments d’urbanisme et le projet
urbain.

5
CHAPITRE I : Chapitre introductif

Dans la conclusion générale nous dictons la synthèse globale de ce travail et liston


quelques recommandation et essaierons d’esquisser une piste de recherche à la lumière de
notre investigation pour une recherche ultérieure.

I.2. Problématique :
Après l’indépendance, le déséquilibre régional de la population algérienne a dégradé le
cadre urbain de nos villes. Des zones d’habitation qui ne finissent pas, des zones industrielles
étalées sur des grandes surface ; aucun respect de la réglementation urbaine. Tous les
instruments d’urbanisme promulgués durant la période postindépendance ont accentués cette
déstructuration urbaine, pour répondre aux besoins de logement, de services et d’emplois de la
population.
L’urbanisation accélérée a engendré des nouvelles formes urbaines non maitrisées. Elle a
ignoré l’aspect esthétique et urbain des villes.
L’essor démographique et les facteurs économiques entraînent nécessairement le
développement d’une ville qui peut se faire par différentes manières :

- soit par densification.


- soit par extension du périmètre de l’agglomération.
- soit par création d’autres pôles.
Cette mutation est à la fois démographique et spatiale influence négativement sur la forme
urbaine de la ville. Elle est traduite par une consommation rapide et anarchique des espaces
adjacents à la ville dans la plupart des cas des terrains à grande potentialité agricole. La
Création d’instruments et d’outils juridiques, dans le but de freiner et contrôler ce phénomène
de périurbanisation, n’a pas pu maîtriser son processus d’évolution.
Quel que soit le type d’instrument et quel que soit la localité concernée, il y’a toujours un
décalage entre ce qui était prévu dans le cadre des plans et ce qui se passait réellement sur le
terrain. Il existe toujours une distorsion entre l’étude théorique et la réalisation sur le terrain.
La ville de LARBAA comme cas d’étude a subi des transformations urbaines
remarquables
La particularité de son site cœur de la Mitidja traversée par la RN 29 et la RN 8 faisant
d'elle un passage obligé pour la traversée vers les hauts plateaux puis vers le sud pour de
nombreux voyageurs. D'ailleurs plusieurs restaurateurs venus des quatre coins d'Algérie se
sont installés juste à l'entrée sud de la ville ; Ces centres urbains sont nés dans leur majeure
partie pendant la colonisation française pour le besoin d’encadrer les exploitations agricoles et
d’assurer les biens et services parce que les colons ont compris la relation villes- campagnes

6
CHAPITRE I : Chapitre introductif

La main d’œuvre assurée ici par des centaines de milliers d’agriculteurs, venus des
montagnes de l'Algérois

 Après l'indépendance du pays, des périmètres irrigués ont été créés, une série de gros
villages de création coloniale ou nés à partir des douars assurent à la plaine une très forte
densité
 Les phénomènes de croissance démographique, de changement de paysage et de
fonctionnalité ont un rôle très important à la transformation de la ville. Ils ont agit
négativement sur son épanouissement.

L’ARBAA, présente pratiquement les mêmes symptômes de la crise que vivent les
périphéries des villes algériennes après avoir franchi leurs murailles .L’urbanisation après
1962 s’est fait d’une manière anarchique.
La croissance s’effectue d’une façon « spontanée », des constructions qui ont été faites à
l’extension du périmètre urbain dans des terrains encore comptabilisées comme « terres
agricoles ».
Dans ce cas, nous pouvons dire de tout ce qui précède sont les raison de s’intéresser aux
petites villes montagnard et à leur rôle dans les processus d’urbanisation et cela, sous le
prisme de la durabilité c'est le moment de LA SURVIE DES PETITES VILLES DE
MONTAGNE

Figure 01: La ville de Larbaa durant la Figure 02: la ville de larbaa actuel
période coloniale. Source : Google Earth
Source : vitaminedz.org

Face à cette situation la problématique de notre recherche s’articule autour :


 Qu’est-ce que l’étalement urbain ? Comment se manifeste-t-il ?
 Peut- il faire l’objet de politique(s) publique(s) ?

7
CHAPITRE I : Chapitre introductif

 La survie des petites villes montagnardes, leur relation avec le processus de


formation et de transformation des villes et le territoire.
 Des lacunes des instruments d’urbanisme, malgré qu’ils sont censés apporter des
solutions pour améliorer le cadre bâti et urbain des villes.
 Du projet urbain, sa capacité de compléter ou remplacer les instruments
d’urbanisme.
A la lumière de ce qui vient d’être cité, la problématique est traduite par une question
principale :
Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?
Les petites villes : des agents d’urbanisation durable ?

I.3. Hypothèses :
Pour essayer de comprendre la problématique prédéfinie, nous avons établi deux
hypothèses de travail :
1. UNE inefficacité de la gestion urbaine actuelle du fait l’idiologie anti-urbaine néglige
le territoire et le processus de formation et transformation des villes :

- la nécessité de produire des connaissances et des savoirs sur l’espace montagnard,


parent pauvre de la recherche universitaire, plus versée dans la problématique
urbaine. beaucoup plus préoccupant, la montagne fait l’objet d’un oubli qui n’est
ni un phénomène propre à l’Algérie, ni un fait contemporain, dans l’histoire de
l’humanité. En effet, les chercheurs ne s’en sont préoccupés que tardivement. En
tant que champ d’exploration scientifique, la montagne a été investie à l’époque
de la renaissance. En effet, longtemps assimilé à un vide culturel, à un espace de
pauvreté, à une zone fermée sur l’extérieur fonctionnant en véritable autarcie
- Des constructions théoriques sont élaborées sur la pauvreté de ce milieu qui
propulse ses forces vives sur les plaines et les villes. La montagne est assimilée à
« une fabrique d’hommes pour autrui» selon l’expression consacrée de Braudel
(1994).
- Cette perception négative de l’espace montagnard ne serait-elle pas à l’origine de
sa marginalisation dans les politiques de l’aménagement du territoire? Corollaires
des politiques de développement plus axées sur l’industrie et l’agriculture,
- A l’espace montagnard sont appliqués des instruments élaborés pour le milieu
urbain qui s’avèrent de ce fait caduques. D’où la nécessité d’élaborer des outils
spécifique
- La technique du zonage, largement utilisée dans les différents instruments
d’urbanisme et d’aménagement (PDAU, POS) est aussi inopérante dans l’espace
montagnard, la communauté montagnarde ayant un rapport identitaire à l’espace
habité.
- La rigidité des instruments d’urbanismes réglementaires, et leur dépassement par
les nouveaux concepts du projet urbain.

8
CHAPITRE I : Chapitre introductif

2. Le projet urbain peut ramener des éléments complémentaires aux instruments


d’urbanisme pour éviter certaines erreurs dans leur élaboration et application.

I.4. Objectifs :
Est de s’intéresser aux petites villes et à leur rôle dans les processus d’urbanisation et cela,
sous le prisme de la durabilité. Ce terme Renvoie dans nos propos à deux acceptions : une
pérennité temporelle et une référence au développement durable tel que l’entend le Rapport
Brundtland
Chercher dans l’historique des instruments d’urbanisme pour sélectionner les causes de leurs
échecs ;
Définir les stratégies nécessaires pour introduire les petites villes montagnardes par un autre
outil complémentaire aux instruments d’urbanisme, c’est le Projet Urbain (P.U).

I.5. Démarche méthodologique :


Afin de répondre à la problématique et aux questions soulevées, de confirmer ou d’infirmer
les hypothèses prédéfinies, et concrétiser nos objectifs de travail, nous avons opté pour la
méthodologie suivante basé sur quatre phases :

• Consiste à définir les différentes notions de notre recherche: l'etalement urbain ,les
instrument d'urbanisme,Projet urbain, - et présenter le fondement de l’urbanisme
Phase 1 et l’urbanisme en Algérie

• C’est la recherche thématique. Cette recherche est l’analyse comparative des


expériences différentes:Londre,les alpes de france. Nous avons choisi ces
exemples parce qu'ils ont marqué que les petites villes ont un rôle à jouer dans le
Phase 2 cadre d’une urbanisation raisonnée du territoire,allant davantage vers une
répartition plus équilibrée de la population et des emplois.

• Nous présentons le processus de formation et de transformation de la ville de


LARBAA pour comprendre sa relation avec les petites ville de montagnes et voir
l’impact de l’instrument d’urbanisme sur ses derniers pour proposer un
Phase 3 complément ou une nouvelle alternative qui est le projet urbain

• Une conclusion générale avec de nouvelles pistes de recherche afin d’approfondir


ce thème au cours des études de doctorat
Phase 4

Figure 03 : Organigramme de la méthodologie de recherche.


Source : Par l’auteur
9
CHAPITRE I : Chapitre introductif

• Enfin, à travers nos synthèses et nos conclusions, nous espérons aider et participer
dans l’évolution urbaine en Algérie, notamment dans l’amélioration de la qualité de
nos FORMES URBAINS des relations villes- campagnes et LA SURVIE DES
PETITES VILLES MONTAGNARD

I.6. Présentation de la commune de larbaa :

larbaa est l’une des importantes communes de la


wilaya de blida grace a sa situation
geographique, sa vocation agricole et son role
economique.
elle se situe a l’est de la wilaya de blida. a 38 km
de distance du chef lieu de wilaya ainsi qu’a 30
km de la wilaya d’alger.
* elle s’etend sur une superficie de 8525 ha.
* elle est composee du chef lieu, de
elle est limitee :
au nord par : la wilaya d’alger
a l’est par : les communes de meftah et sohane
au sud par: les communes de sohane et bougara
al’ouest par : les communes de bougara et ouled
slama
la commune de larbaa est traversee par une voie
express, trois axes qui sont la rn29 ,rn 8 et rn 8d
qui font d’elle un lieu de transit. Figure 04: Carte de situation de la ville de
elle est egalement traversee par plusieurs types larbaa (traité par moi)
de voies notamment les chemins de wilaya: Source : Google Earth
le cw115 et le cw 117 qui assurent la liaison
avec les communes limitrophes .

10
CHAPITRE III: L’état des connaissances

CHAPITREII : L’ETATDES CONNAISSANCES :

Introduction :
Le deuxième chapitre de cette étude porte sur une étude conceptuelle et théorique partagé
en deux parties. La première partie vise d’abord à définir et clarifier les concepts, idées et
notions clés de la recherche et dans la deuxième partie nous avons établis une analyse
thématique sur les projets qui traitent la même problématique de recherche.
En premier lieu, il nous a été impératif de comprendre les concepts clés, de les définir et
dégager les principes fondamentaux. Nous n’avons pas pu étudier tous les paramètres autour
les quels cette recherche s’est articulée, seuls les plus pertinents et ceux qui nous intéressent
ont été retenus.
Les concepts dont il s’agit tournent autour, du projet urbain qui est la stratégie la plus
adéquate pour aménager nos villes ; la relation ville-compagne qui est un élément structurant
de la forme urbaine des villes et enfin les instruments d’urbanisme en Algérie qui sont les
seuls outils de la planification urbaine algérienne.
Ensuite dans la deuxième partie, nous présentons une analyse thématique pour comparer
nos exemples : des exemples français afin de tirer les particularités de chaque projet et
extraire les solutions les plus efficaces pour nous aider dans notre recherche.

II.1 Définition des concepts, idées et notions clés de la recherche :


II.1.1. Introduction :
Notre recherche tourne autour de trois concepts, liés l’un à l’autre. Ces concepts sont : le
projet urbain- l’étalement urbain et les instruments d’urbanisme.
La première partie du chapitre deux est la partie théorique. Nous allons définir chaque
concept et notion. Ces définitions nous permettent de comprendre quel’Équilibre
Territoriaux et Ruraux - structures où espace urbain et espace rural sont perdue dans les
textes et les lois réglementaires de l’urbanisme nécessite des solutions particulières par un
nouvel outil qui est le projet urbain.
II.1.2. Le projet urbain :
Introduction :

L’urbanisme du plan fonctionnaliste a été supplanté par le projet urbain quand les
décideurs institutionnels ont pris conscience de la situation causée par l’urbanisation rapide.
Après les Trente Glorieuses, l’espace urbain devient flou. Cette notion de projet urbaina
été menée la première fois en Italie en 1960, avec l’attachement de l’Etat à leur centre
historique par une démarche qui implique une grande importance à la participation des
citoyens et par l’analyse « typo-morphologique qui y est effectué contribue à l’établissement
d’une culture du projet qui aurait conduit à la nouvelle notion. »1. L’initiation de revaloriser
Bologne, a porté des nouvelles notions tel que : friches urbaines et industrielles, démarche
participative…etc. Donc l’urbanisme, sortira de son cadre scientifique vers l’urbanisme de
projet. En Europe il fallut attendre jusqu’à le début des années 70, pour que ce concept se
généralise sur tous le territoire européen. La première fois en France à la fin de 1970 par
l’architecte Ch. Devillers (Architecte/urbaniste français 1946), qui déclenche le débat sur le
projet urbain. Après les difficultés de traiter le quartier des Halls, il insiste pour remplacer
l’urbanisme rigide réglementaire par le projet urbain. Après cette date le débat est ouvert pour

1
P.INGALLINA. Le projet urbain, une notion floue. Presses Universitaires de France. P. 7. N° 128.

11
CHAPITRE III: L’état des connaissances

les urbanistes et les architectes et cette notion de P.U prend plus de place dans la manière de
faire la ville.

« Le terme Projet Urbain est typiquement français »2, dans le dictionnaire ;


- projet : « nom masculin (de projeter):Tracé définitif, en plans, coupes et élévations,
d'une construction à réaliser (machine, équipement, bâtiment, aménagement urbain, etc.) »3.
- La définition de mot urbain : « adjectif (mot latin: URBANUS) : Qui appartient à la
ville. »4.
- toutes les politiques urbaines se réfèrent au projet urbain vu « sa capacité de cadrage
des actions, grâce au caractère-éco systématique, historique, multidimensionnel,
transversal, pluridisciplinaire, concerté, négocié, flexible, évolutif, adaptable,
méthodique et itératif de sa démarche.»5.
Les urbanistes utilisent d’autre concept comme synonyme au projet urbain. Parmi ces
concepts on peut citer à titre indicatif :
- L’urbanisme de projet : il est le contraire de l’urbanisme de plan et des
réglementations dictées par les instruments d’urbanisme, il vise à faire passer le
projet avant la règle.
- L’urban design : on ne peut pas dire que ce terme est le synonyme de projet
urbain par ce qu’ « il n’est qu’une partie des préoccupations du projet urbain »6, ce
qui veut dire le dessein, la composition architecturale, et la représentation
graphique.
Les démarches du projet urbain :
- Démarche récursive :La démarche du projet urbain n’est pas linaire comme celle de
l’urbanisme des années 40. Sa démarche est récursive. Elle fait le lien entres les différentes
échelles de l’analyse et d’intervention. Cette démarche n’est pas dans un seul sens. Le projet
urbain peut intervenir sur plusieurs échelles par différentes manières particulières pour chaque
cas. Le caractère récursif du projet urbain le rend souple et non pas rigide comme les
instruments d’urbanisme.
- La démarche multidisciplinarité :Le projet urbain doit rendre la ville active et
attractive. Il doit répondre à la crise urbaine engendrée par l’urbanisme de mouvement
moderne. Puisque la crise est urbaine, donc les disciplines environnementales, économiques et
sociales sont touchées par cette crise. Pouréviter cette rupture les architectes et les urbanistes
sont loin d’être les seuls acteurs de l’opération. Mais il faut des spécialistes de l’économie, de
l’environnement, sociologues et des ingénieurs des secteurs technique et bien sûr les acteurs
décideur et les usagers. Pour un projet urbain réussi, il faut une concertation avec toutes les
disciplines de la ville par leurs agents compétant.
- La démarche temporelle :La ville est un phénomène complexe, elle est considérée
comme « des formes matérielles et formes sociales liées dans des relations qui se sont établies
dans le temps »7. Le projet urbain intervient sur la ville, et sur ses fragments, donc il est

2
E.AZZAG. "Urbanisme d’idées : la sagesse face aux enjeux". in Vies de villes hors séries n°04-Décembre 2012.
P. 12 ;
3
Dictionnaire Larousse ;
4
Idem
5
E.AZZAG. "Urbanisme d’idées : la sagesse face aux enjeux". in Vies de villes hors séries n°04-Décembre 2012.
P. 12-13 ;
6
R. SIDI BOUMEDIENE.. Echec des instruments ou instruments de l’échec ? Alternative urbaine, Alger 2013.
P. 154.N°228 ;
7
P.INGALLINA. Le projet urbain, une notion floue. Presses Universitaires de France. P. 8. N° 128.

12
CHAPITRE III: L’état des connaissances

forcément changeable dans la duré. Les experts des projets urbains ne peuvent jamais décider
une durée de réalisation de projet urbain au préalable, mais il doit accompagner la ville dans
ses changements.
- Démarche participative :Nous ne pouvonspas parler du projet urbain sans citer qu’il
est participatif et sa démarche est basée sur la participation entre les acteurs imbriqués. Si on
veut définir la participation ; selon les dictionnaires c’est l’action de faire participer plusieurs
personnes (habitants, décideurs, institutionnels, et opérationnels) pour le même intérêt. Pour
la participation, « il faut une mission de partage, d’information et d’écoute, elle se fait par le
dialogue entre les gens concernés à travers différents outils de la communication. »8
Les acteurs du projet urbain :
Plusieurs acteurs sur plusieurs plans se manifestent dans le déroulement de projet urbain,
qui s’appuie sur la spécificité de la ville. Il analyse ses données, il prend en considération les
conjonctures politiques,sociales, environnementaleset économiques de la ville pour améliorer
le cadre de vie des citoyens. Selon le classement trouvé dans de nombreux livres nous
pouvons classer les acteurs en cinq (05) catégories:
1. Décideurs: Il s’agit des élus (communaux) concernés, ainsi que des chefs de service
des administrations ayant un pouvoir décisionnel sur le projet, que ce soit en
termes de financement, d’orientation stratégique ou de validation. Leur rôle est de
donner une orientation au projet et de mettre à disposition les ressources
nécessaires.
2. Opérationnels: C’est l’ensemble des urbanistes, architectes, sociologues,
économistes, les ingénieurs des différentes spécialités et chef de projet. Leur rôle
est de mener à bien le projet, en réalisant les objectifs fixés par les décideurs et
impliquer les différents services concernés.
3. Les propriétaires : Il peut s’agir de simple propriétaire privé ou de propriétaires
institutionnels.
4. Les usagers: Les habitants ne constituent pas un groupe d’acteurs homogène. Ils se
distinguent par leurs attitudes (pour ou contre le projet), par leurs niveaux de
participation (présents ou absents), par les enjeux qu’ils défendent (privés,
collectifs, sociaux, environnementaux, etc.). C’est une diversité d’intérêts :
représentants des jeunes, des commerçants, des parents d’élèves …etc.
5. Les associations: Sont des interlocuteurs clés pour la gestion des projets urbains.
Non seulement elles amènent de précieuses connaissances sur le contexte local,
mais elles proposent souvent un regard pointu et complémentaire sur des
thématiques particulières : gestion de la mobilité, protection de l’environnement,
vie du quartier, etc. Leur rôle est notamment de nourrir la réflexion sur le projet.
On peut distinguer les associations à base territoriale (association de quartier, de
village) très impliquées localement et les associations à base thématique qui
peuvent amener une expertise dans un domaine particulier.
Les opérations du projet urbain :
Le projet urbain est une action vaste, peut aller d’une grande action de planification
urbaine étalée dans le temps et l’espace à un projet architectural ponctuel, passant par les
différentes échelles de la planification urbaine. Il peut se manifester dans les quartiers, les
villes ou les agglomérations.

8
Mme DJELATTA. Cours de spécialité Projet urbain M2. "Développement durable et projet urbain". Institut
d’architecture ; université Saad Dahleb ; Blida. 2016/2017

13
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Les aspects du projet urbaine sont variés, citons : la reconstruction, la restauration, la


rénovation urbaine, la requalification urbaine, le renouvellement urbain, le réaménagement
urbain, la réhabilitation urbaine…etc.
Le projet urbain vise dans toutes ses interventions le développement social, économique et
environnemental. Pour cela il englobe les différentes composantes de la ville : les petites
villes de montagne, les centres historiques, les friches urbaines, les périphéries, les zones
industrielles et rurales, les grands ensembles, les voies rapides, la structure urbaine de la ville
et les nouvelles centralités.
Conclusion :
« Le projet urbain n’est pas une chose close qui répond à un ensemble de concepts….. Le
projet urbain n’est pas un outil définitif, figé, qui conclut une phase de programmation et de
définition des objectifs. C’est un outil de réflexion.»9.
Dans ce sens plusieurs portes s’ouvrent sur les petites villes de montagnes son
emplacement dans le projet urbain. Pour cela il faut comprendre comment le projet urbain
défini sa stratégie de produire uneville de qualité au niveau des périphéries urbain et des
montagnes pour assurer la cohésion économique, sociale et durable du territoire.

II.1.3.Connaissance de l’étalement urbain :


Définitions de l’étalement urbain et autres notions
L’étalement urbain est la propension des agglomérations urbaines à croître et se
développement sur de beaucoup plus larges périmètres. Si certains utilisent indifféremment ce
terme et celui de périurbanisation, d’autres font la distinction : l’étalement urbain est une
extension urbaine en continuité avec la ville compacte, la périurbanisation une extension
urbaine en discontinuité.
L’Agence Européenne de l’Environnement décrit l’étalement comme la forme physique
d’une expansion en faible densité des grandes régions urbaines, sous l’effet de conditions de
marché, et principalement au détriment des surfaces agricoles avoisinantes.
D’autres termes peuvent apparaître pour rendre compte, à quelques nuances près, des
phénomènes d’artificialisation des sols et d’étalement urbain : tache urbaine, desserrement
urbain, périurbanisation, rurbanisation.
La notion d’étalement urbain est souvent utilisée en urbanisme pur décrire une extension
des surfaces urbanisées, souvent sous la forme d’un habitat pavillonnaire de faible hauteur
avec des jardins. Mais ce phénomène ne se traduit pas forcément par la transformation de
communes rurales en communes urbaines, car l’habitat d’une commune peut s’étendre sans
accroissement de sa population.
L’étalement urbain est une forme de croissance urbaine mais ne doit pas être confondu
avec elle : la croissance urbaine peut se réaliser sans nécessaire augmentation de la surface de
l’aire urbaine, mais par densification du tissu urbain existant.
L’étalement urbain implique une artificialisation de sols, mais l’inverse n’est pas vrai
puisque l’artificialisation des sols concerne des espaces bon bâtis (espaces verts urbains,
équipements sportifs et de loisirs, etc.) qui peuvent se situer en hors des aires urbaines ou à la
périphérie des villes ou des villages.10

9
P.GODIER&G.TAPIE & C. SORBET. « Bordeaux, métropole un future sans rupture ». Edition Parenthèse
2004. Pp.50 ;
10
- « Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p.,CDU 64502 ;
CDU 10-FORM URB01 - 64502

14
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Etalement = dé-densification ,L’étalement urbain se traduit par une diminution de la


densité de population de l’espace urbain

CAUSES DE L’ÉTALEMENT URBAIN :


L’étalement urbain se produit sous l’effet d’interactions socio-économiques avec des
contraintes spatiales et environnementales locales. Il s’accélère avec l’amélioration des
réseaux de transport et de la mobilité. Des facteurs micro- et macro-socio-économiques
interagissent : les moyens de transport, le marché foncier, les préférences individuelles de
localisation résidentielle, les évolutions démographiques, l’attractivité des régions urbaines, et
l’application de politiques de planification d’utilisation des sols aux échelles locale et
régionale.

Moteurs de l’étalement urbain [20]


Facteurs macro économiques Facteurs démographiques Problèmes urbains
• Croissance économique • Croissance démographique • Mauvaise qualité de l’air
• Mondialisation • Augmentation de la taille du • Bruit
•Intégration européenne ménage • Appartements petits
Facteurs micro-économiques Préférences résidentielles • Insécurité
• Augmentation du niveau de • Plus d’espace par personne • Problèmes sociaux
vie • Préférences de logement • Manque d’espaces verts
• Coût du foncier Transports • Mauvaise qualité des
• Disponibilité de terres • Possession d’une automobile établissements scolaires
agricoles bon marché • Disponibilité des routes Cadre réglementaire
• Compétition entre • Coût faible du carburant • Faible planification
municipalités • Mauvaise qualité des d’utilisation du sol
transports • Faible mise en œuvre des
plans
• Manque de coordination
verticale et horizontale
L’étalement urbain montre une responsabilité partagée entre les acteurs économiques qui
exploitent les tout automobiles, le coût moindre de la construction pavillonnaire et
l’externalisation des coûts d’infrastructure, et la puissance publique qui ne régule pas les
phénomènes d’étalement à l’échelle où ils se produisent.11

11
-« Comment questionner l’étalement urbain ? », Paris : FNCAUE, 2010.- 61p.,

15
CHAPITRE III: L’état des connaissances

1.Les logiques économiques :


Chaque acteur économique a sa logique économique propre. Ces logiques peuvent être des
moteurs ou des facteurs de renforcement de l’étalement urbain.

L’étalement dans la logique des activités économiques :


l’étalement des activités économiques est un phénomène majeur qui a souvent été négligé.
L’analyse des permis de construire montre que l’habitat représente certes, en moyenne
annuelle, la moitié environ des surfaces autorisées, pour l’industrie ou le stockage dans des
communes rurales ou des unités urbaines de faibles habitants.

Ces grands utilisateurs d’espaces sont les zones logistiques, les infrastructures majeures
(aérodromes, pôles d’échanges intermodaux) et les industries qui ont été progressivement
chassées des villes depuis pour diverses raisons (besoins de surfaces, nouveaux processus,
normes de protection environnementale) et sont venues s’implanter là où l’offre était
intéressante (prix du terrain, desserte routière ou ferroviaire, etc.). Ces activités économiques
impulsent le développement d’un habitat individuel, mais aussi une certaine migration des
ouvriers vers des zones rurales.

L’étalement dans la logique de choix résidentiel :

Du côté du volet résidentiel, le prix de revient d’une maison individuelle est nettement
moins cher, au m² construit habitable, que celui d’un appartement en immeuble collectif en
ville. De plus, dans le cas d’une maison individuelle, il est possible d’étaler les travaux dans
le temps et ainsi de diminuer la charge financière.

L’étalement dans la logique des collectivités locales :

Enfin, il est notable que les collectivités publiques tirent bénéfice de l’étalement urbain.
Les communes rurales bénéficient des taxes foncières et d’habitation et les rares
investissements complémentaires nécessaires sont subventionnés en grande partie les autres
collectivités territoriales, notamment le département.

L’étalement dans la logique du monde rural


Le monde agricole et rural est le grand bénéficiaire financier de l’étalement urbain. Le
volume des terres vendues annuellement à des fins d’artificialisation est évalué à 5 milliards
d’euros annuels alors que le « revenu net d’entreprise agricole » est de 12,8 milliards d’euros
après le versement de 7,5 milliards d’euros de subventions d’exploitation. 12

2.La demande de maison individuelle :


Alors 90% des ménages souhaitent devenir propriétaires d’une maison individuelle même
si ce désir varie selon les catégories socioprofessionnelles. Dans le même temps, ils aspirent à
une certaine proximité des services (écoles, gardes d’enfants, commerces, médecins).

12
« Les déterminants économiques de l’étalement urbain ? », PIRON, Olivier ; Etudes foncières. No 129, sept.-
oct. 2007.- pp. 24-26,

16
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Les ménages choisissent de s’installer loin des agglomérations parce qu’ils n’ont pas
trouvé un habitat dont les caractéristiques (prix, confort, taille, équipements, voisinage)
étaient équivalentes plus près de leur lieu de travail. Ils ne cherchent pas à minimiser leurs
déplacements, mais à en optimiser l’utilité, et beaucoup de facteurs interviennent dans leur
arbitrage. De façon plus réductrice, dans les modélisations de ville mono-centrique, le choix
de la localisation résidentielle s’effectue selon un arbitrage entre coûts des déplacements
quotidiens domicile-travail et coût du logement.
Si les deux tiers des logements neufs sont effectivement constitués de maisons
individuelles, seulement 35% de ces maisons font partie d’un lotissement. Les maisons hors
procédure représentent 30% des logements et 70% des surfaces, et sont 14 fois moins denses
que l’habitat collectif. Ceci illustre le fait que l’urbanisation opère de manière beaucoup plus
diffuse sur l’ensemble du territoire, ce qui rend plus difficile le suivi et le traitement du
phénomène.
Autre facteur porteur pour la maison individuelle : selon plusieurs études, les coûts de
construction sont plus élevés pour le logement collectif que pour le logement individuel, en
raison des techniques de construction, des normes plus exigeantes, des coûts de transaction et
de gestion supplémentaires, et de l’industrialisation de la production de logements individuels.
Les ménages choisiront donc d’autant plus naturellement une maison individuelle, même
éloignée, plutôt qu’un appartement dans un environnement parfois insatisfaisant. Du point de
vue du développement urbain, ces mécanismes ne conduisent donc pas à de fortes densités,
sauf si les valeurs immobilières sont élevées.13
3.Les marchés immobilier et foncier:
Le coût de l’immobilier est bien évidemment un facteur de choix dans la localisation des
accédants à la propriété, et notamment des primo-accédants : le rapport peut être environ de 1
à 4 entre la ville et une zone pavillonnaire périurbaine. Mais cet aspect contribue plus à une
forme de ségrégation sociale entre les villes et leur périphérie qu’à l’étalement urbain
proprement dit.
L’étalement urbain joue en quelque sorte un rôle de soupape des marchés immobiliers et
fonciers. Mais il apparaît que l’étalement urbain n’a pas suffi pour empêcher une crise du
logement car il devient nécessaire aux ménages d’aller fort loin pour trouver des prix fonciers
compatibles avec leurs ressources, au moment où la hausse des coûts des déplacements
s’accélère avec le prix du pétrole et grève de façon toujours plus lourde le budget des
ménages.14

4.Une mobilité facilitée:


Le développement des infrastructures de transport et la généralisation des transports
motorisés, en premier lieu l’automobile, ont augmenté les vitesses de déplacement. Ceci a
tendu à étendre la zone d’influence de l’agglomération et ainsi à nourrir l’étalement urbain.
L’irruption de la mobilité facilitée et la banalisation de l’automobile ont ainsi permis de
retrouver l’espace. Mais si la mobilité facilitée est à l’origine de l’étalement urbain, il ne
s’agit pas d’une relation univoque qui lierait mécaniquement les deux phénomènes,
indépendamment des autres paramètres. La relation est d’ordre systémique car
l’agglomération urbaine est le résultat d’un équilibre entre des forces de concentration et des

13
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p
14
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p.,

17
CHAPITRE III: L’état des connaissances

forces de dispersion qui dépendent elles-mêmes de divers paramètres d’ordre économique ou


sociologique par exemple.
5.Les politiques foncières locales
Les communes rurales et périurbaines désirent à la fois accueillir un nombre d’habitants
suffisants pour maintenir les services de base (poste, école, boulangerie, etc.) et optimiser
leurs équipements (eau, assainissement) et en même temps ne pas dépasser un certain seuil de
population qui les obligerait à de nouveaux investissements, d’où un refus de certaines
mairies d’ouvrir de nouvelles zones à urbaniser, ce qui entraîne des formes de mitage du
territoire, une croissance urbaine discontinue, éparpillée.15
EFFETS DE L’ÉTALEMENT URBAIN :
Plusieurs critiques sont formulées contre ces effets de l’étalement urbain. Elles ne sont pas
toujours fondées et sont l’objet de discussion. Certaines critiques sont d’ordre :
• culturel : les habitants de maisons individuelles seraient individualistes, fermées aux
valeurs de la ville ;
• économique : la ville étalée coûterait plus cher que la ville dense (bien que discuté, cet
argument est sans doute exact mais a peu de portée politique) ;
• environnemental en termes de consommation d’espaces : ce point qui peut se révéler
important dans d’autres pays, est à relativiser en France où l’espace disponible est très grand,
mais où, en revanche, la cohabitation des usages du sol peut effectivement poser problème ;
• environnemental en termes de consommation d’énergie : l’équivalence entre la ville
dense et la ville durable est loin d’être établie. 16
Dans l’autre sens, une étude menée aux Etats-Unis a mis en évidence quelques avantages
de l’étalement urbain : la localisation de l’emploi dans la région métropolitaine, des prix à la
consommation moins élevés en zone suburbaine, un effet de compétition entre gouvernements
locaux, sécurité.17

1.Densité et consommation d’énergie :


le lien entre forme urbaine et énergie, les auteurs ont effectué un bilan énergétique de la
mobilité métropolitaine à partir du nombre de kilomètres réalisés en automobile, du taux
moyen d’occupation des automobiles, d’une estimation de la consommation énergétique du
parc automobile, du nombre de voyageurs pour chaque mode de transport collectif, des
distances moyennes parcourues par voyage en transport collectif, et d’une estimation de la
consommation énergétiques des différents modes de transport collectif
Ils ont en effet reconnu que la densité n’est pas une condition suffisante de transformation
écologique des villes. Mais, rien n’indique que la densification aboutisse obligatoirement à la
réduction de la mobilité automobile. Par ailleurs, les auteurs ne prennent pas en compte les
déplacements de marchandises, ni la mobilité des habitants vers des espaces extérieurs (la
mobilité longue distance qui représente une part importante des déplacements et génère des
gaz à effet de serre quand ils sont faits en avion par exemple), ni les bâtiments, ni l’industrie,
ni l’énergie intégrés dans les biens et services consommés. Enfin, les auteurs semblent donner

15
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p.
16
« Faut-il lutter contre l’étalement urbain ? », Entretien avec Erich Charmes,
17
« Economie de l’étalement urbain – Points de repère », La Défense : MEDAD-DAEI, 2008.- 112 p.

18
CHAPITRE III: L’état des connaissances

un rôle prépondérant à la dépendance automobile alors que l’accessibilité offerte aux non
automobilistes est un facteur important pouvant en limiter l’usage. 18
2.L’artificialisation des sols:
L’étalement urbain correspond à une consommation d’espace et cette extension des
espaces urbains se fait au détriment d’espaces naturels ou agricoles alors que les besoins
alimentaires de la planète nécessitent des espaces agricoles.

La répartition de l’occupation des sols


• % par du tissu urbain discontinu
• % par des zones industrielles et commerciales
•% par des équipements sportifs et de loisirs
• % par des activités d’extraction de matériaux
• % par du tissu urbain continu
• % par les réseaux routiers et ferroviaires

réduction des surfaces agricoles:


la surface agricole utile a diminué entre 1960 et 2009, L’artificialisation des terres est le
deuxième facteur de réduction des terres agricoles après le boisement lié à une déprise
agricole.
progression de l’artificialisation:
L’artificialisation tend à changer de visage car on observe désormais une urbanisation
beaucoup plus diffuse sur tout le territoire, des zones de plus en plus reculées des grandes
agglomérations et du littoral s’urbanisant à leur tour.
Artificialisation pour construire quoi ?
L’avancée des terres artificialisées s’est accélérée ces dernières années. La moitié des
terres gagnées sur les zones agricoles et naturelles est destinée à l’habitat, généralement
pavillonnaire, un tiers aux activités économiques et équipements (ZAC ou Zone
d’aménagement concerté, zone commerciale ou artisanale, équipements sociaux, scolaires,
sportifs et de loisirs) et le reste aux infrastructures routières ou ferroviaires ou aux espaces
verts situés en zone urbanisée. Il s’agit d’un processus quasiment irréversible
La surface occupée par l’habitat individuel:
La construction de maisons individuelles est le moteur de l’artificialisation des espaces
périurbains. L’espace à dominante rurale est davantage concerné que les couronnes
périurbaines. L’habitat individuel occupe 4% de la surface des couronnes périurbaines et 5,1%
de celle de l’espace à dominante rurale. Entre 1992 et 2003, cette surface occupée par
l’habitat individuel a augmenté de 23% dans les couronnes périurbaines, donc au même
rythme que sur l’ensemble du territoire, et de 30% dans l’espace à dominante rurale. 19
3.Les émissions de gaz à effet de serre:
Par les déplacements et les transports
Du fait des déplacements contraints domicile-travail ou domicile-études, notamment dans les
zones les moins denses où il est nécessaire d’utiliser l’automobile, la mobilité ne cesse

18
-« La densification en débat : effet de mode ou solution durable ? », CHARMES, Eric (coord.) ; Etudes
foncières. No 145, mai-juin 2010.- pp. 19-38,
19
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil : Réseau Action
Climat, 2011.- 34p

19
CHAPITRE III: L’état des connaissances

d’augmenter avec l’étalement urbain. Ceci s’accompagne de phénomènes de congestion dans


les transports. Autant de facteurs qui contribuent à l’augmentation des émissions de gaz à
effet de serre.

Plusieurs études mettent en évidence la corrélation entre densité urbaine, distances de


déplacement et pollution. Plus la densité humaine est élevée, plus la distance de déplacement
par personne et par jour est faible et plus la pollution causée par les déplacements quotidiens
par personne est faible. Toutefois, les densités élevées ont un effet cumulatif important et
favorisent aussi la congestion routière.

Si l’étalement urbain semble bien générateur d’une augmentation des déplacements, il n’est
pas la seule explication au nombre de kilomètres parcourus. En effet, il apparaît que la
mobilité non locale (plus de 100 km) croit plus vite que la mobilité locale (moins de 100 km).
La mobilité non locale est liée au développement du tourisme et des loisirs et des échanges
interentreprises. En ce sens, l’accroissement du nombre de kilomètres parcourus peut être mis
en relation avec le PIB.

Par les bâtiments :

Un tissu dense consomme en règle générale moins d’énergie qu’un tissu peu dense. Toutefois
un tissu urbain récent et peu dense peut consommer beaucoup moins qu’un tissu urbain
ancien et très dense mais mal ou pas isolé. De ce point de vue, du fait du faible taux de
renouvellement du bâti, le mieux est de porter les efforts sur la réhabilitation énergétique du
parc existant.20

4.Impacts économiques et sociaux :


Une des critiques de l’étalement urbain concerne l’accessibilité aux équipements et à
l’emploi, l’allongement de distances de trajets, avec des effets sur la pollution et le coût des
déplacements. D’un point de vue économique, l’étalement urbain est pratiquement la forme la
plus coûteuse de développement urbain car il implique de plus grandes dépenses de
déplacement domicile-travail pour les ménages, des coûts économiques dus à la congestion
des zones urbaines et à des transports inefficaces, et des coûts d’extension des infrastructures
urbaines.
Des coûts d’aménagement :
Une étude réalisée sur l’agglomération rennaise a montré que les coûts d’aménagement
diminuent avec l’augmentation de la densité, alors que les coûts de production de services
publics locaux augmentent avec la densité. D’autres études ont démontré le surcoût de
l’étalement urbain sur les réseaux d’infrastructures (électricité, eau potable, eaux usées,
voirie).
Des coûts pour les ménages :
Au niveau des ménages, l’étalement urbain a d’abord un coût dans les déplacements (frais
d’automobile notamment, prix du carburant en augmentation). De plus, les prêts immobiliers
constituent une part importante de leur endettement.
Des effets de ségrégation sociale :

20
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions », Montreuil :
Réseau Action Climat, 2011.- 34p.

20
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Comme on l’a déjà indiqué, l’évolution du marché foncier et du marché immobilier


contribue à renforcer la ségrégation spatiale en excluant certaines populations du centre des
villes, notamment 11 des quartiers réhabilités (gentrification ou embourgeoisement). A une
échelle plus large, l’étalement urbain génère ainsi une plus grande ségrégation des
développements résidentiels en fonction des revenus et exacerbe les divisions sociales et
économiques, ce qui se traduit par une polarisation sociale.
D’autres inconvénients et handicaps sociaux de l’éparpillement urbains sont liés aux
politiques de l’habitat, de l’emploi et d’aide à l’enfance : fragmentation temporelle de
l’emploi (horaires irréguliers ou atypiques), insuffisance ou coût des possibilités de garde des
enfants. De ces points de vue, l’étalement urbain est facteur de ségrégation ou d’iniquité
sociale.
Des impacts positifs théoriques :
Certaines études montrent que la densité de population est un moteur de la productivité
globale. Toutefois, ces études se fondent souvent sur un modèle de ville mono-centrique alors
que ce modèle recule de plus en plus au profit de structures polycentriques. 21
5.Effets sur la biodiversité, les ressources naturelles, les sols :
De façon évidente, la consommation d’espace au profit de l’artificialisation implique la
destruction ou le dérangement d’espaces naturels. L’étalement urbain et le développement des
réseaux de transports génèrent une dégradation et une fragmentation des habitats, engendrant
isolement des populations, perte de diversité génétique et homogénéisation des espèces. Ces
dégradations sont particulièrement notables dans les zones côtières et leurs écosystèmes.
La croissance urbaine entraîne la consommation de plusieurs ressources naturelles. La
transformation de terres agricoles en logements ou en routes tend à être permanente et n’est
réversible qu’avec des coûts très élevés. L’étalement urbain implique aussi le transport de
matières premières utilisées pour la construction, l’ouverture de carrières à proximité de
réserves naturelles, une extraction excessive des graviers des lits de rivière. Il modifie les
propriétés des sols en réduisant leurs fonctions essentielles (perméabilité, puits de carbone). Il
modifie les interactions entre eaux superficielles et eaux souterraines.
L’artificialisation des sols s’accompagne de leur imperméabilisation, donc d’une
amplification du ruissellement des eaux de pluies, augmentant donc le niveau des crues.
Celles-ci deviennent d’autant plus dangereuses du fait de l’augmentation du nombre de
logements construits dans des zones inondables. 22

21
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p.
22
-« Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions »,
Montreuil : Réseau Action Climat, 2011.- 34p.

21
CHAPITRE III: L’état des connaissances

6.Impacts sur le paysage :


L’étalement urbain est notamment critiqué pour ses effets sur le paysage dont la défense a
eu pour effet d’interdire la constructibilité de certains espaces. Cette interdiction est donc
censée rendre moins visible l’éparpillement urbain. Protéger le paysage pourra se faire par
canalisation de la périurbanisation sur un nombre restreint de lieux. 23
7.Impacts territoriaux :
Deux grandes dynamiques urbaines sont à l’œuvre : la périurbanisation et la
métropolisation. La première est une déconcentration à la petite échelle, un étalement de la
ville, et la seconde est au contraire une concentration du peuplement, à une autre échelle, dans
les grandes régions urbaines. Ces deux dynamiques, bien qu’opposées, sont liées. L’étalement
urbain peut en effet apparaître comme la nouvelle modalité de la croissance urbaine.
Les entreprises se déconcentrent avec un retard sur l’habitat et avec un certain décalage
spatial, la plupart préférant se localiser aux franges des agglomérations. Les premières
activités concernées sont les commerces et services résidentiels ou de proximité, qui se
dupliquent dans l’espace dès que les populations sont en quantité suffisante.24

II.1.4. Les instruments d’urbanisme :


Introduction :
L’urbanisme réglementaire en Algérie est lié à la colonisation française. Le produit
d’urbanisme a été marqué et continue à l’être par le fait français parce que jusqu’à nos jours
l’urbanisme français reste une référence pour les autorités professionnelles du domaine en
Algérie.
Après l’indépendance le gouvernement se préoccupe par le développement économique et
l’urbanisme n’était pas parmi leurs priorités. Ce qui a engendré un déséquilibre régional après
la croissance accélérée en absence de la gestion urbaine.
La période entre 1970 et 1980 été marquée par l’apparition des nouveaux outilsde
planification urbaine : les ZHUN et ZI. Ils ont entraîné plusieurs conséquences négatives
notamment :
- Le gaspillage du foncier et terres agricoles ;
- Le déséquilibre entre l’existant et les projets projetés ;
- Le déséquilibre régional et l’insuffisance des infrastructures et d’équipements.
En 1980, les instruments d’urbanisme montrent leur dysfonctionnement. De nouveaux
instruments à toutes échelles caractérisés par la prise de conscience étaient promulgués :
SNAT, SRAT et PAW. La fin des années 80 était marquée par une évolution politique
économique s’annonce pour limiter le rôle de l’état décideur à celui régulateur et contrôleur.

La période 1990 à nos jours : l’adoption des nouveaux instruments d’urbanisme PDAU et
POS parallèlement à la libration du marché foncier. Ils sont approuvés pour contrôler
l’utilisation des sols.
Les autorités continuent à fournir des efforts pour rattraper le retard en matière
d’urbanisme et adopter les nouveaux concepts telsque le développement durable. Mais malgré

23
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française,
2010.- 86 p

24
-« Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française, 2010.- 86 p

22
CHAPITRE III: L’état des connaissances

la disposition de toute cette gamme d’outils de gestion urbaine, il y a toujours des lacunes
dans les instruments d’urbanisme : le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le plan
d’occupation des sols. Pour mieux comprendre les raisons de cette défaillance nous allons
présenter ces instruments dans le titre suivant.

II.1.4.3. Présentation des instruments d’aménagement et


d’urbanisme (PDAU/POS) :
Introduction :
Dans cette partie, nous allons présenter les plans d’urbanisme en Algérie actuels, définis
dans la loi 90-29 relative à l’aménagement et l’urbanisme : le plan directeur d’aménagement
et de l’urbanisme (PDAU) et le plan d’occupation des sols (POS). « L’article 10 de la loi 90-
29 définit les PDAU et le POS comme un nouvel instrument d’urbanisme »25 qui va
supplanter le plan d’urbanisme directeur (PUD). En théorie, le PDAU et le POS doivent
inclure dans leurs élaborations différentes d’acteurs et ils exigent la faisabilité des projets, ce
qui les distingue par rapport au PUD.
Ces deux instruments d’urbanisme ayant force loi. Ils « fixent les orientations
fondamentales d’aménagement…et déterminent les prévisions et les règles
d’urbanisme… »26.

Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) :


Définition :
Le PDAU est un instrument de planification et de gestion urbaine. C’est « un plan
classique »27. Son échelle d’intervention peut être une commune ou plusieurs commune, « Le
PDAU…. Peuvent concerne une association de commune présentant une communauté
d’intérêts économiques et sociaux,… »28 Il est opposable aux tires, c’est-à-dire que toute
opération d’usage de sol ou de construction doit respecter ses dispositions. Il est initié par
les collectivités locales (APC). Il suit les recommandations du PAW, SRAT et SNAT. Il est à
moyen et long terme (15-20 ans). Le PDAU peut être révisé si son territoire d’intervention est
en voie d’être saturé ou la commune change de vocation.
Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme partage son aire d’intervention en quatre
(04) secteurs selon l’occupation et la nature du sol :
1. Secteur urbanisé (U) : « inclut les parties de territoire urbanisées à rénover, à restaurer
ou à protéger. »29
2. Secteur à urbaniser (AU) : « inclut les terrains destinés à être urbaniser à court et
moyen terme, à un horizon de dix (10) ans» 30
3. Secteur d’urbanisation future (UF) : « inclut les terrains destinés à être urbaniser à long
terme, à un horizon de vingt (20) ans »31

25
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 10. p 1409 ;
26
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 11. p 1409 ;
27
M.SAIDOUNI. « Elément d’introduction à l’urbanisme : Histoire, méthodologie, réglementation». Casbah
édition. Alger 2000.P. 145. Pp.260,
28
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article12. p 1409 ;
29
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 20. p 1410 ;
30
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 21. p 1410
31
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 22. p 1410

23
CHAPITRE III: L’état des connaissances

4. Secteur non urbanisable (NU) : inclut les parties de territoires qui ne sont pas destinées
à être urbanisées pour des raisons particuliers : zone à protéger, risque naturel ou
technique.
Les objectifs :
Les principaux objectifs du PDAU sont :
- Organiser la production du sol urbanisable, la formation et la transformation du bâti ;
- Satisfaire les besoins ;
- La rationalisation d’utilisation des sols ;
- Produire un cadre bâti en meilleur rapport qualité-cout.
Les procédures d’élaboration :
La procédure d’élaboration est arrêtée selon deux textes législatifs principaux :
1. Le décret n°91/177 du 28 mai 1991 fixant la procédure d’élaboration et d’approbation,
des PDAU et le contenu des documents y afférents.
2. Instruction ministérielle n°02 du 07 avril 1996 relative à la mise en œuvre de la
procédure d’approbation des PDAU.
Nous résumons les procédures d’élaboration et d’approbation du PDAU dans
l’organigramme suivant et deviser cette procéduresous forme de phases : phase de mise en
place, phase de conception du PDAU et phase d’approbation et de mise en application.

Phase 1 : Phase 2 : Phase 3 :l’approbation et la mise en


la mise en place la conception du PDAU application

Délibération de l’APC : Choix du bureau d’étude : Notification à l’APC :


- Orientation ; Entame le PDAU - Modification ou
- Liste des équipements adoption du PDAU
d’intérêt public.

Consulté les Réponse


services publics en 60 jrs Notification au Wali
Notification au Wali :
Délimitation du
territoire du PDAU
Avis de l’APW
Notification au Wali Notification
Affiché durant 1 mois dans 15 jours
à l’APW

Notification aux Réponse Enquête durant 45 jours


acteurs concernés : en 15 jrs
- Chambre de Approbation par :
commerce et - Arrêté du Wali (-200 000
d’agriculture ; Observation habitants) ;
- Les organisations - Arrêté des ministres (-500 000
professionnelles ; habitants) ;
- Associations - Décret exécutif (+500 000
locales d’usagers Clôture de l’enquête habitants).

Notification aux acteurs


Arrêté précisant la liste de
personnes consultées

24
Arrêté précisant la liste de
personnes consultées
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Le plan d’occupation des sols(POS) :

Définition :
Le POS un instrument réglementaire de détail. Il est le dernier niveau de la gestion et
l’aménagement urbain, il dépend du PDAU. Le POS intervient à l’échelle du quartier et de la
parcelle. Avant 1990 y’avait plusieurs lacunes dans ce qui concerne l’occupation des sols,
alors « Dans les dispositions du PDAU, le plan d’occupation des sols fixe de façons détaillée
les droits d’usage des sols et des constructions »32.
Comme le PDAU, le POS est opposable aux tiers, force de loi. Les différents POS et leurs
limites sont définis préalablement par le PDAU.
« Le POS est l’instrument d’urbanisme le plus proche des préoccupations de
l’architecte »33. C’est l’instrument qui assure le passage de l’urbanisme à l’architecture. Il
définit les modalités morphologique et fonctionnelle de l’occupation de la parcelle, les
principale caractéristique du bâti et dans certain cas même le style architectural.
Les objectifs :
Le plan d’occupation des sols a pour objectif d’assurer et préciser :
- Les différents espaces publics ;
- Les emprises réservées aux ouvrages publics, aux installations d’intérêt général ;
- Les conditions d’occuper les parcelles et les activités ;
- Les droits de construire appliqués (C.O.S ; C.E.S et style architecturale) ;
- Les droits à construire : ce qui autorisé et ce qui est interdit ;
Les procédures d’élaboration :
« Les procédures d’élaboration de plan d’occupation des sols est semblable à celle du plan
directeur d’aménagement et d’urbanisme. »34. Les points différencient le POS du PDAU sont:

32
Le journal official de la république algérienne n°52, du 29 décembre 1990. Article 31. p 1411 ;
33
M.SAIDOUNI. « Elément d’introduction à l’urbanisme : Histoire, méthodologie, réglementation». Casbah
édition. Alger 2000.P. 156. Pp.260,
34
R. SIDI BOUMEDIENE.. « L’urbanisme en Algérie : Echec des instruments ou instruments de l’échec ? ».
Edition : Les alternatives urbaines. Alger 2013. P. 71. Pp 288 ;

25
CHAPITRE III: L’état des connaissances

- La liste des équipements d’intérêt public peut ne pas être publiée ;


- La durée de l’enquête est a 60 jours au lieu de 45 jours prévus pour le PDAU ;
- L’APC est la seul autorité qui approuve le POS ;
- Le POS n’est exécutoire que 60 jours après sa mise à la disposition du public.
Le contenu du POS :
« Le plan d’occupation des sols se traduit pas un dossier écrit et autre graphique :
1) Un règlement écrit qui contient :
a) Une note de justification de la comptabilité des dispositions du POS avec celles
du PDAU et le programme retenu pour le territoire concerné ;
b) La partie du règle fixant pour chaque zone homogène et les zones particuliers :
la natures et la destination des constructions autorisées ou celles interdites, les
droits de construire exprimés par le COS et le CES… il précise les conditions
d’occupation des sols…
2) Un document graphique qui se compose notamment :
a) Un plan de situation éch : 2000ème ou 5000ème ;
b) Un plan topographique éch : 500ème ou 1000ème ;
c) Une carte des contraintes géotechniques éch : 500ème ou 1000ème ;
d) Un plan d’état de fait éch : 500ème ou 1000ème ;
e) Un plan d’aménagement général éch : 500ème ou 1000ème. »35
Conclusion :
A travers la présentation des procédures d’élaboration et d’approbation du PDAU et POS
promulgués par les décrets exécutifs 91-177 et 91-178 du 28 mai 1991, nous pouvons
souligner que ces deux instruments sont des règlements et non pas des études ou procédures
d’aménagement. Ce qui explique leurs rigidités.
PDAU et POS sont des instruments que chaque commune doit mettre en œuvre. Ils sont
établis à l'initiative et sous la responsabilité des P/APC. Durant notre stage à l’URBAB, nous
avons constatées que les études de PDAU et POS sont menées d’abord en partant de l’analyse
d’un état de fait avec une enquête socio-économique, pour projeter les besoins quantitatifs sur
les terrains disponible.
Le PDAU définit les secteurs de son territoire, ainsi les limites des POS mais il ne précise
sous aucune forme l’obligation de la cohérence entre eux. Ce qui fait que l’aménagement de
l’extension de la ville est spécifique au bureau d’étude et ses compétences.
Les instruments d’urbanisme et par la démarche de vérification des projets après
l’exécution (certificat de conformité) veille sur le respect de leurs dispositions seulement. De
ce point il possible de constater la rupture entre la ville existée et projetéeen absence de la
cohérence et la vision de la continuité. La généralisation des lois même dans le POS ne traite
pas les cas particuliers des villes sauf s’ils sont liés à la nature du sol. Alors comme
conséquence l’assiette d’intervention est considérée comme un support au construction, sa
localisation et formation est totalement ignorée.
II.1.4. Conclusion :
Nous avons démarré notre travail en développant un état de connaissance conceptuel
concernant les notions : projet urbain, la survie des petites villes montagnard et instruments
d’urbanisme. Pour déduire l’effet des instruments d’urbanisme sur les petites villes de
montagne et l’avantage du projet urbain pour cette dernière. Ce point sera développé dans le
chapitreIII.

35
De l’article 18 du décret exécutif N° 91-177. Du journal officiel de la république algérienne n°26 p 813/814 ;

26
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Le premier concept est relatif au projet urbain. Un terme aussi riche et souple, qui touche
les différents secteurs de la planification urbaine et implique les différents acteurs de la
société.
Nos lectures nous ont amenées à distinguer la différence entre la ville et village .
Ce phénomène de petites villes de montagne n’est pas lié à la dimension spatiale. les
petites villes ont un rôle à jouer dans le cadre d’une urbanisation raisonnée du territoire allant
davantage vers une répartition plus équilibrée de la population et des emplois. En outre, nous
estimons que les pays/PETR (Pôles d’Équilibre Territoriaux et Ruraux - structures où
espace urbain et espace rural sont réunis) sont la bonne échelle pour assurer la
cohésion économique, sociale et durable
La troisième notion de ce travail est les instruments d’urbanisme. Ces derniers restent un
règlement juridique et un plan dessiné à calquer sur nos territoires, loin d’une étude
qualitative urbaine.
Une maitrise de l’aménagement des villes passe essentiellement par la maitrise de ses
extensions spatiales et urbaines et ce la ne peut pas se faire dans les limites strictes des
instruments d’urbanisme et son idéologie sectorielle. La définition du projet urbain nous a
permet de conclure qu’il est la procédure la plus particulière pour chaque problématique.
Donc une maitrise des villes peut être réussite par la démarche du projet urbain et réussir une
telle maitrise veut dire maitrise et réussir les petites villes de montagnes comme une des
figures majeures de la transformation et la formation des villes.
Enfin, l’étude de ces concepts nous permet de cerner et identifier les relations entre eux.
L’intégration d’une nouvelle stratégie qui vise à aménager ou consolider lespetites villes de
montagne parfois par l’amélioration des instruments d’urbanisme ou par un changement
radical.
Ces dans ce sens l’analyse thématique des exemples internationaux et nationaux présentée
ci-après, nous parait nécessaire, parce que chaque projet consiste en une mise en œuvre d’une
nouvelle stratégie urbaine pour les petites villes .

II.2. L’analyse thématique :


II.2.1. Introduction
Dans ce volet de ce chapitre on va passer de la théorie à l’application et voir l’étalement
urbain et les petites villes de montagnes durant l’urbanisation des villes pour confirmer ou
infirme notre hypothèse de travail, et montrer ce que le projet urbain a ramené de nouveau
pour ce concept.
Nous avons sélectionné ces projets d’aménagement parce qu'ils touchent le même thème
de notre recherche en termes de la problématique et l'objectif principal de leurs réalisations,
Leur objectif ne serait pas nécessairement de grossir mais de se stabiliser en offrant une
bonne qualité de vie , et répondent au souci de dépasser la vieille dichotomie
ville/campagne .
Le choix des exemples français basé sur que l’Algérie étais colonisée pour une longue
période par l’état français qui a laissé son influence sur la politique urbaine algérienne jusqu’à
présent. Le troisième choix est un exemple Londres pour voir les effets de l’étalement urbain
et les nouvelles tendances en matière d’urbanisme
La méthodologie d’analyse de chaque exemple peut être schématisée comme suit :

27
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Processus de structuration de la ville: Voir la rupture


dans la forme historique des relations villes-
campagnes par rapport à l’extension de la ville.
"l'etalement urbain"
les petites villes montagnard face aux instruments
d’urbanisme: voir si la petites villes montagnard
existe dans les dispositifs des instrument
d'urbanisme classique.

Présenter le type d’aménagement des petites villes


montagnard, pour montrer qu’elle est liée à la
qualité et à la mixité fonctionnelle et sociale.

Figure 06 : organigramme de la méthodologie de l’analyse


thématique
Source : Par l’auteur

II.2.2. Politique de ceinture verte:


II-2.4.2- Exemple : Londres

 Localisation :
Londres, située dans le sud-est de la
Grande-Bretagne, est la capitale et la plus
grande ville de l'Angleterre et du Royaume-
Uni. Longtemps capitale de l'Empire
britannique, elle est désormais le siège du
Commonwealth of Nations.

Figure : 2.8 situation géographique de Londres source : Google map

28
CHAPITRE III: L’état des connaissances

 Critère du choix ;
À partir des années 1990, la ville et la banlieue redeviennent attractives et gagnent de
nouveaux des habitants.

 Les réponses spécifiques apportées par Londres


Une ville aux fonctions diversifiées au rayonnement mondial, fonctions de la ville
(économique, politique, culturelle) :Siège du parlement britannique, Aéroports Village
olympique, Quartiers des affaires
Une accessibilité constamment améliorée :
 à l’échelle régionale et nationale : -Réseau autoroutier
-Voies ferrées
 à l’échelle européenne et mondiale : -ligne de l’Eurostar
-Aéroports internationaux

 Problématique:
SÉGRÉGATION ET ÉTALEMENT URBAIN
A. Étalement Urbain De Londres

La ville de Londres s'est constituée sur les bords de la Tamise. La ville s'est étalée
progressivement pour atteindre les limites de la ville centre à la fin du XIXe siècle. Mais c'est
au XXe siècle que cet étalement fut spectaculaire avec la constitution de banlieues (p. 174)
accueillant une population ayant des difficultés pour se loger en ville.
À partir des années 60, la ville et sa banlieues sont moins attractives : elles perdent de la
population au profit des espaces plus éloignés de l'aire métropolitaine voire le Grand Sud-Est
de l'Angleterre. La population va se loger de plus en plus loin afin de trouver un logement à
moindre coût : ce phénomène est qualifié d'étalement urbain.

B. Un espace marqué par les ségrégations

Contrairement à Paris, les populations pauvres sont concentrées dans la ville centre dans
des quartiers précis formant la moitié de cette ville centre. Ces quartiers pauvres sont
ceux qui accueillent des populations étrangère ne se mélangeant pas au reste de la
population. Finalement les communautés vivent entre elles, avec peu de relations avec le
reste de la population dans des situations précaires. A la ségrégation sociale, s'ajoute
donc une ségrégation ethnique.
Londres a connu au XXe siècle un étalement urbain qui a conduit sa population à habiter
de plus en plus loin alors que son centre restait occupé par les populations les plus
pauvres.
Ces mouvements de populations ont donc favorisé une ségrégation spatiale.

C. Si la mise en place d’une zone tampon non constructible peut freiner l’étalement
urbain, ce n’est généralement que temporaire ; tôt ou tard, le développement urbain
franchira cette barrière. Sans que d’autre mesures orientent la façon dont se développe
la collectivité à l’intérieur de la ceinture et la manière dont les municipalités de
l’extérieur se développent.
Le phénomène de franchissement, parfois appelé (saute-mouton).

29
CHAPITRE III: L’état des connaissances

 Objectifs :
A. L’application de la ceinture verte à Londres :

Au départ, les objectifs des ceintures vertes étaient d'empêcher l'étalement, afin de protéger le
site de ville historique et empêcher les villes voisines de fusionner. Elles se caractérisent
principalement par leur permanence.
Le succès même de la ceinture verte qui vise à limiter le développement de la ville est un
facteur important de résistance à d'autres changements.
La Loi sur la Commission des terres de 1973 a été adoptée pour préserver le territoire
agricole et encourager l’agriculture.
L’idée de base est simple ; créer une zone tampon composée de terres agricoles ou de milieux
naturels. Les objectifs associés sont multiples et prennent plus ou moins de place selon les
époques et les modes :
 Assurer une capacité de production alimentaire à proximité de la zone populeuse,
 Préserver le patrimoine rural et l’accès à «la nature» pour les citadins (notamment à
des fins récréatives).
 Conserver la biodiversité,
 Bénéficier des effets bénéfiques de la proximité d’espaces verts (qualité de l’air,
régulation climatique…), et bien entendu
 Limiter l’étalement urbain et favoriser une utilisation plus optimale du territoire.

B. LES EFFORTS D'AMÉNAGEMENT EN MATIÈRE DE TRANSPORT


1. UN RÉSEAU DE TRANSPORTS EN EXTENSION

Parce que la population vit de plus en plus loin du centre, le réseau de transport a dû être
étendu et densifié pour répondre aux besoins de la population. Ainsi, le Grand Londres est au
centre d'un maillage (découpage de l'espace qui en permet l'appropriation) d'autoroutes et de
lignes ferroviaires qui relient l'agglomération aux autres grandes villes du pays.
L'agglomération est également en relation avec les autres grandes villes mondiales par
l'intermédiaire d'aéroports internationaux implantés dans le Grand Londres.
Afin de limiter les pollutions, les efforts récents portent plus particulièrement sur les
transports en commun qui permettent des circulations plus rapides par le biais du train ou du
métro automatique.
2. LES LIMITES DU RÉSEAU DE TRANSPORT

L'inconvénient de ces transports en commun c'est qu'ils ne relient que les principales villes
entre elles. Le reste de l'agglomération est alors essentiellement desservi par l'automobile. Les
axes sont alors congestionnés en direction de Londres.
La seule solution trouvée pour améliorer les circulations est de diminuer le trafic automobile
en instaurant un péage à l'entrée dans Londres. Effectivement les temps de parcours ont été
réduits car un certain nombre d'habitants ont préféré utiliser les transports en commun comme
les bus. L'exemple de ce péage apparaît donc comme efficace.

30
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Pour répondre à l'étalement urbain, les autorités ont dû faire un gros effort pour développer les
transports et plus particulièrement les transports en commun qui respectent davantage le pilier
environnemental du développement durable.
C. LES EFFORTS ENTREPRIS DANS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

1. DES PROJETS DE VILLE DURABLE

La ville de Londres est exemplaire dans le développement durable pour au moins deux
quartiers. Un des premiers éco-quartiers construit l'a été dans le sud du Grand Londres : il
s'agit de Bedez. Il visait tout d'abord à répondre au pilier environnemental en produisant
l'énergie que consommerait ce quartier. Les efforts ont particulièrement porté sur le
chauffage : les appartements sont exposés au soleil avec l'utilisation de panneaux solaires
mais aussi une petite centrale électrique dont la chaleur est réutilisée. Cela passe également
par des économies d'énergie et d'eau. Par exemple, le quartier a interdit l'utilisation de
l'automobile. Enfin, le pilier social n'est pas oublié : 50 % des constructions sont des
logements sociaux
Plus récemment, pour les JO de 2012, Londres a commencé la construction d'un éco-quartier
à Stratford, dans la ville centre. Tout d'abord, cela correspond à une politique sociale :
redynamiser un quartier en crise, favoriser le développement de l'Est de la ville. Cet éco-
quartier fait une grande place aux espaces verts avec une circulation des voitures interdite.

31
CHAPITRE III: L’état des connaissances

2. LES LIMITES DE CES CONSTRUCTIONS

L'éco-quartier de BedZed s'est révélé plus cher que prévu, son fonctionnement est aussi trop
complexe pour la population et les bureaux qui y étaient prévus ne se sont pas installés : du
coup, la population doit se déplacer pour aller travailler. Au niveau social, les populations
plus pauvres ne se mélangent pas vraiment avec les autres habitants. Même le pilier
environnemental est parfois remis en cause : la voiture apparaît par exemple nécessaire pour
vivre dans un quartier éloigné de la ville centre.
Les mêmes problèmes risquent de se poser à Stratford où la voiture paraît également
indispensable. Certains craignent également qu'une nouvelle population riche séduite par le
projet vienne chasser les populations plus modestes habitant le quartier.
Ccls :
Londres est exemplaire des défis qui se posent à une ville du Nord.
I. Le premier de ces défis vient de l'étalement et de la ségrégation que continue de
connaître l'aire métropolitaine.
II. Pour faire face à cette croissance rapide, les pouvoirs public ont porté leurs efforts sur
les transports mais en laissant de côtés les problèmes sociaux créés.
III. Aujourd'hui, l'attention est davantage tournée vers les questions environnementales
avec la création d'éco-quartiers qui semblent renforcer la ségrégation sociale.

32
CHAPITRE III: L’état des connaissances

33
CHAPITRE III: L’état des connaissances

II.2.2. Politique de la survie des petites villes montagnardes :


Exemple II : les alpes de France :

les les Alpes sont une chaîne de montagnes qui


s'étend en Europe, recouvrant la frontière
nord de l'Italie, le Sud-est de la France,
Monaco, la Suisse, le Liechtenstein,
L’Autriche le Sud de l'Allemagne et la
Slovénie.

Quelques études récentes permettent de disposer de bases chiffrées et d'aboutir à certaines


conclusions:

Alpes du Nord.

Une étude, ville par ville, montre que les fortes progressions de population sont liées aux
activités de tourisme d'hiver, à la fonction régionale et à certains types d'industrie (industries
diversifiées, mais ni minières ni textiles).

Alpes du Sud

Les villes sud-alpines semblent donc en assez bonne santé el pourraient être un exemple de ce
qu'il faut faire, mais les difficultés ne manquent pas et le maintien de la vitalité économique et
démographique est souciant.

critère de choix

La montagne est le domaine de la petite ville, centre local ou ville spécialisée;La faible
densité de population, le morcellement, les distances mènent au développement de petits
organismes que l'on s'accorde à limiter aux vingt à vingt-cinq mille habitants, Le thème de la

34
CHAPITRE III: L’état des connaissances

petite ville est classique en géographie montagnarde, qu'il s'agisse des grands massifs de type
alpin ou des ensembles plus modestes de l'Europe hercynienne.
Or, l'existence de ces petits organismes semble avoir une base mal assurée. cela apparaît dans
les statistiques démographiques qui révèlent souvent de belles croissances, mais aussi des
stagnations ou même des déclins. Dans leurs conversations, les responsables municipaux ne
cachent pas leurs soucis devant la difficulté de trouver de nouveaux emplois pour leur
population. Le problème est général en France pour les petites villes, mais il se pose de façon
particulière en montagne, par suite de son relief, de son économie spécifique, de sa densité
réduite.
Quelles sont les difficultés et les menaces qui pèsent sur ces centres montagnards et quelles en
sont la nature et les causes ? C'est la première question à se poser. Il faudra voir, alors, quelles
solutions sont possibles pour sauvegarder, et développer, ces petites villes.
Il convient donc de bien chercher à comprendre la nature et les causes des difficultés des
petites villes et des menaces qui, maintenant ou à échéance, pèsent sur elles.

Problématique particulier :
1. Nature et causes des menaces.
Puisque les villes sont menacées dans leurs activités, examinons successivement les villes
spécialisées et les villes polyvalentes à fonction plutôt régionale.
Les problèmes sont plus graves dans le premier cas que dans le second.

-Les villes spécialisées : il s'agit essentiellement des centres industriels et touristiques.


Beaucoup d'industries sont nées en montagne de conditions autrefois favorables, mais qui
appartiennent aujourd'hui au passé. les industriels préfèrent de nos jours s'installer dans des
plaines, où l'espace ne leur est pas mesuré, où les transports sont meilleurs et où l'électricité
arrive tout aussi bien et pratiquement au même prix; aussi, actuellement encore, on annonce
de nouvelles fermetures d'usines (Péchiney, O.N.E.R.A., Calypso).

-L'industrie textile, dans les massifs comme ailleurs, est touchée par une crise générale, et
les petits établissements dispersés en montagne se sont trop souvent laissé surprendre par une
conjoncture qu'ils n'arrivent pas à surmonter. Les villes des vallées sous- vosgiennes ont
fermé beaucoup d'usines, et l'industrie cotonnière s'est plutôt concentrée dans la plaine.

-Les centres touristiques qui s'élèvent au niveau de la petite ville ne sont pas très nombreux,
mais sont tous en progrès.
C'est vrai des villes thermales, mais ce l'est aussi de celles du ski. L'essor de ces dernières,
comme Chamonix et Megève, se ralentit peut-être,mais il n'est pas arrêté. Saint-Moritz 10,
station d'été et d'hiver, n'a pas fini de se développer. Toutefois, à propos de ces villes de la
neige, on peut se demander si leur expansion, à partir d'un certain niveau d'équipement, ne
doit pas être limitée pour qu'elles conservent des dimensions humaines : ne vaut-il pas mieux
quelques
Stations moyennes, encore proches de la nature, plutôt qu'une grande ville des neiges en
macadam et béton ?

Les villes polyvalentes, à dominante régionale.

La montagne offre beaucoup d'exemples de petits organismes urbains, qui vivent par et pour
leur campagne environnante, tout en y ajoutant une ou deux autres fonctions, industrielle ou

35
CHAPITRE III: L’état des connaissances

touristique. Ces villes paraissent vivaces et ce sont elles qui ont le mieux progressé : il est
certain que la hausse du niveau de vie du Français et le développement des diverses activités
économiques offrent des débouchés aux commerces et services des villes.
Mais les menaces ne sont pas absentes et risquent d'affecter gravement l'existence même de
ces centres. En premier lieu, l'exode rural, qui n'est pas terminé, réduit la clientèle constituée
par les montagnards, et limite donc les ressources de la ville, ce qui n'estpas toujours
compensé par un accroissement des achats de ceux qui restent.
Si un village de sports d'hiver s'ouvre dans la zoned'influence d'une petite ville, il n'y a pas
fatalement bénéfice pour cette dernière.
En effet, et c'est là une seconde difficulté, lemontagnard, aujourd'hui motorisé et plus aisé
qu'autrefois, n'hésite pas à se déplacer et « saute » volontiers la petite ville pour en
gagner une plus grande, mieux équipée, peut-être plus agréable.
Quel est le seuil en dessous duquel une ville n'en est plus une
et devient une bourgade, et de quelle clientèle doit-elle disposer
dans son aire d'attraction ? Il n'y a pas encore d'études
systématiques faites à ce sujet. Nous avons cherché à mesurer, si ce n'est
le souhaitable, du moins la réalité dans les Alpes du Sud n, mais,
par suite de la faible densité de cette montagne, il est probable
que nous ne sommes guère au-dessus du seuil commandant lasurvie de la cité. Le niveau
supérieur de la petite ville "population /clientèle extérieure" est souvent retenu comme le seuil
minimal pour faire vivre une ville et ses équipements.

Ces difficultés ne doivent pas faire oublier qu'il y a beaucoup de petites villes en plein essor,
qu'elles soient industrielles ou régionales. Il y a donc des solutions.

OBJECTIFS :Les Solutions Possibles:

Que cherchent les responsables d'une ville ? Des emplois nouveaux; c'est-à-dire qu'ils désirent
des activités nouvelles et, parmi celles-ci, celles qui exigent beaucoup de main-d'œuvre, de
préférence à celles qui ont une forte productivité. En effet, ces emplois,36
compte tenu de la famille de chaque travailleur, permettront à la ville de maintenir sa
population ou d'affirmer une croissance démographique. En outre, ces nouvelles activités
seront créatrices de richesses, en sollicitant d'autres activités (bâtiment, commerces, services)
et en apportant de l'argent à la municipalité (patentes, notamment industrielles).
Toutes les activités n'ont pas le même pouvoir créateur d'emplois. L'agriculture moderne
recourt de plus en plus aux services urbains, pour la production et pour la vente; il faut donc
la maintenir dans la campagne, pour que la ville en profite indirectement, mais le nombre
d'emplois créés dans les commerces est limité, d'autant plus que l'exode rural se continue.
L'industrie est plus intéressante, directement et par ses effets induits, et elle paie de bonnes
patentes, mais la mécanisation de plus en plus poussée du secteur secondaire limite ses
besoins en main-d'œuvre. Par contre, le secteur tertiaire, par définition peu ouvert à la
mécanisation (cf. J. Fourastié), a besoin de beaucoup de personnel : les services offrent donc
un grand intérêt, en particulier ceux d'origine publique (hôpitaux, établissements
d'enseignement...) et le tourisme. Une première question se pose alors : les petites villes de la
montagne sont-elles susceptibles de séduire des chefs d'entreprise en quête d'implantations ?

36
-11 Cf. B. Barbier, op. cit. 12 R. Dugrand, Villes et campagnes en Bas-Languedoc
(Thèse, P.U.F., 1963).

36
CHAPITRE III: L’état des connaissances

1. Les possibilités des petites villes de montagne:

Avant d'examiner l'intérêt particulier que peut offrir chaque type d'activité, il convient
d'examiner les atouts dont dispose la petite cité montagnarde. Ils sont nombreux, parce qu'elle
offre des paysages pittoresques, des ressources touristiques proches, des dimensions à
l'échelle humaine. Mais toutes les villes n'ont pas les mêmes chances.
La position géographique de la ville est toujours un élément déterminant. Le carrefour,
permettant de communiquer facilement, reste un atout précieux, qu'il soit au contact de la
plaine ou dans la montagne.
On sait aussi que les beautés du cadre naturel et les possibilités offertes par la neige sont des
attraits puissants qu'offrent certains types de montagne et que la plaine ne possède pas.
Les montagnes riches fournissent aux petites villes un environnement économique utile, parce
que ce sont des réserves declients
L'éventail limité des enseignements locaux risque de ne pas offrir la main-d'œuvre qualifiée
nécessaire et, trop souvent, l'enseignement général offre des chances de carrière dans le
tertiaire et exclut l'industrie : on peut assister à un exode de jeunes non formés aux carrières
du secondaire alors qu'une industrie cherche de la main-d'œuvre.
Enfin, tout dépend du dynamisme des dirigeants locaux. Certains sont actifs, ont des relations,
de l'ambition et arrivent à leurs fins. D'autre sont des gestionnaires tranquilles, qui manquent
d'initiative ou qui redoutent une irruption de nouveaux habitants changeant des habitudes ou
une majorité politique. A cette échelle, le facteur humain a plus d'importance qu'au niveau de
grandes villes dont les attraits objectifs sont plus indépendants de l'initiative humaine.

2.Les solutions industrielles.

Les petites cités montagnardes ont donc des possibilités intrinsèques, mais avec leurs limites.
Or les activités à la recherche d'implantations ont aussi leurs exigences.
On sait qu'une industrie ne peut se créer dans n'importe quel milieu; elle a besoin d'un
environnement constitué par une main- d'œuvre qualifiée, par des moyens de transport
satisfaisants, par des commerces et services appropriés, « enclavés » ou non, etc., il lui faut
une « masse critique » que lui offre l'existence d'autres industries; elle a besoin d'espaces plats,
vastes et bien équipés. Enfin, une tradition industrielle lui donne la garantie de dirigeants
locaux et de personnes habitués à penser industrie. Cette somme de conditions est
difficilement réunie dans une petite ville, à cause de ses faibles dimensions. Que dire quand il
s'agit d'une cité de montagne ! Créations et conversions d'industries y seront plus incertaines
qu'ailleurs, du fait de l'obstacle supplémentaire que constitue le relief.
Si la ville n'a jamais eu d'industrie, elle a peu de chances d'en attirer; on sait les difficultés
qu'a rencontrées la décentralisation industrielle. Beaucoup de greffes n'ont pas réussi sur des
milieux mal préparés.
L'opération a pu avorter, avant même de commencer, ou échouer ensuite.les situations et site,
conditionnés par la nature du sous-sol ou par la forte dénivellation nécessaire, sont rarement
satisfaisants pour d'autres industries (fonds de vallées étroits, encaissement sous de longs
versants). Comment attirer des industriels dans une région mal placée, dans un cadre peu
souriant, pour utiliser une main-d'œuvre inadaptable à de nouveaux travaux ?

37
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Les villes jurassiennes, dont l'industrie est partie du bois des forêts montagnardes, se
maintiennent grâce à une adaptation constante aux exigences du marché et se sont
remarquablement spécialisées chacune dans une activité moderne. En Forêt-Noire, une étude
récente 15 a montré la remarquable réussite industrielle des villes de Villingen, St-Georgen et
Triberg et de leur région, qui ont débuté autrefois avec la fabrication artisanale d'horloges
entièrement en bois et qui sont arrivées aujourd'hui à de délicates fabrications de téléviseurs
en couleur ou de matériel électronique, tout en conservant les structures familiales et le
contrôle local de leurs activités; quoique la population ait doublé 37
. L'industrie peut n'être pas la seule ressource d'une ville. C'est le cas de villes polyvalentes qui

ajoutent la fonction secondaire aux autres. Les problèmes sont comparables, parce que les
exigences industrielles sont les mêmes, mais la différence tient à ce qu'un échec y est moins
grave : les différentes activités s'y compensent..

3.Les solutions touristiques:

Le tourisme est l'espoir de beaucoup de villes. Les vacances sont, en effet, devenues une
habitude bien ancrée dans les mœurs et le citadin réduira d'autres dépenses avant de limiter
celles de ses loisirs d'été ou d'hiver. L'apport d'argent dans une région touristique est
considérable par suite de la vente de terrains ou de maisons, de la construction de résidences
secondaires, des dépenses quotidiennes des clients, etc.
Le multiplicateur touristique est élevé La création d'emplois est appréciable (un pour huit
touristes,. Quelle ville ne songerait pas à profiter de ce pactole ?
Or, s'il y a beaucoup de stations, il y a peu de villes touristiques, c'est-à-dire de villes vivant
uniquement du tourisme et en tirant une importante population permanente.
Ce sont des villes thermales et de villégiature, et surtout de grandes stations alpines, d'été et
d'hiver. Il n'est pas facile d'en créer un grand nombre, car cela nécessite un cadre de qualité,
des possibilités étendues sur un plan sportif (notamment pour les surfaces skiables), de gros
investissements et une savante publicité capable de faire jouer le snobisme.
En fait, pour une petite ville, le tourisme est un complément d'activité. Gela peut concerner un
centre, d'altitude moyenne, dont la situation permet d'en faire un lieu de passage fréquenté,
dont le cadre pittoresque autorise les séjours en hôtel ou en résidence secondaire. Cela n'est
pas possible partout, et cela ne s'accorde pas avec les sports d'hiver, mais il y a là une
ressource secondaire appréciable. Les exemples sont nombreux dans les Alpes et les Pyrénées,
mais aussi dans les montagnes moyennes. Briançon et Sallanches sont représentatifs, mais le
tourisme n'est pas leur seule activité.

4. Les autres activités tertiaires. Le rôle de l'État:

Si une ville n'a pas de talents particuliers pour développer l'industrie ou le tourisme et en faire
la ressource essentielle, il lui reste les activités tertiaires. S'il s'agit, comme c'est généralement
le cas, d'une petite cité à fonction régionale, il lui faut renforcer son assise par celles-ci. En
montagne, c'est le cas le plus fréquent.
Les villes polyvalentes à fonction régionale, qu'elles disposent ou non de revenus accessoires
grâce aux secteurs secondaire et touristique, qu'elles soient au sommet ou à la base de la
hiérarchie des petites villes, redoutent toutes la réduction de leur clientèle qui atteindrait leurs
commerces et services. Aussi se tournent-elles vers certaines activités tertiaires qui sont

37 -15 Cf. A. Thomas, L'industrie dans le cercle de Villingen (Forêt-Noire) (Annales de Géographie, juillet-août 1971, p. 440-450).

38
CHAPITRE III: L’état des connaissances

grosses consommatrices d'emplois : hôpital, hospice pour vieillards, établissement


psychiatrique, centre médico-social, collège d'enseignement secondaire, général ou technique,
etc. Ces organismes ont l'avantage d'exiger chacun un important personnel de quelques
dizaines, ou de plus de cent employés. Cela se traduit, en y incluant les familles, par un
supplément de quelques centaines d'habitants. Les salaires sont distribués régulièrement.
L'implantation une fois acquise n'est plus remise en question, comme ce serait possible pour
une industrie. Chaque établissement reçoit des visiteurs, parents ou amis, qui dépensent dans
la ville. Tout cela sollicite l'activité tertiaire et remplace les clients, extérieurs, de la campagne
par ceux, intérieurs, de la ville.
Bien sûr, c'est l'Etat qui investit. C'est une garantie d'indépendance pour une petite ville qui
n'a pas de moyens et qui appelle, en la redoutant, une industrie décentralisée dont le siège est
à Paris. L'Etat ne peut être derrière chaque petit centre, mais, dans sa politique
d'Aménagement du Territoire, doit soutenir les fragiles unités rurales campagnardes et leurs
centres, améliorer les liaisons de ceux-ci et leurs équipements publics afin de retenir les
habitants sur place. En fin de compte, l'implantation de ces établissements si recherchés est
surtout fonction du dynamisme, des relations personnelles ou du poids politique des élus
locaux.
Un cas particulier mais intéressant est celui des retraités qui quittent les grandes villes et
recherchent des cités modestes, aux prix modiques, bien équipées, agréables. Il y a là, dans la
ville d'accueil, des revenus assurés très régulièrement pour de nombreuses professions. Une
municipalité gérant une ville bien placée et convenablement équipée ne devrait pas négliger
l'appoint des gens du troisième âge.
II.2.6.Conclusion de l’analyse thématique :
La gestion stratégique de l’aménagement urbain est le synonyme du projet urbain. Le
projet urbain n’est pas un règlement mais une démarche. Il s'agit de constituer une équipe
pluridisciplinaire, de dépasser les logiques sectorielles. La participation des différents acteurs
prend plusieurs formes et s’étale sur le temps (temporalités).

la gestion économe de l’espace l’un des point clés. spécifie que les Parties contractantes
devront prendre des mesures appropriées pour assurer une utilisation économe et rationnelle
des sols. Les Parties contractantes devront également prendre des mesures appropriées pour
réduire les préjudices quantitatifs et qualitatifs causés au sol, notamment en limitant
l’imperméabilisation. Le protocole « Aménagement du territoire et développement
durable » spécifie que les collectivités territoriales compétentes devront établir des Plans
et/ou programmes d’aménagement du territoire et de développement durable comprenant, à
chaque fois que cela sera approprié, des mesures garantissant : (i) une « délimitation adéquate
et économe des territoires à urbaniser, y compris les mesures visant à assurer que les
surfaces ainsi délimitées seront effectivement construites », (i) une « limitation des résidences
secondaires », et (iii) une « orientation et concentration de l’urbanisation sur les axes
desservis par les infrastructures de transports et/ou en continuité avec les constructions
existantes ».

Plus que les grandes, les petites villes sont soumises aux aléas de la conjoncture. Même si rien
ne semble les menacer, elles sont tenues de songer à l'avenir et de prévoir de nouvelles
ressources. La spécialisation est dangereuse et la diversification des activités est une
nécessité.
En effet, le petit centre local est le soutien de sa région, la condition du maintien de ses
habitants, de leurs activités agricoles; toute régression de l'un est suivie d'un recul de l'autre. Il
y a, évidemment, l'interaction ville-campagne, mais il ne faudrait pas oublier le rôle essentiel

39
CHAPITRE III: L’état des connaissances

du premier maillon de l'armature urbaine. En outre, la petite ville est l'organisme urbain qui,
par habitant, a le coût le moins élevé en infrastructure (eau, égout, gaz, électricité), c'est aussi
celui qui a le prix de revient le moins élevé quant aux services communaux.
Le colloque sur les « grandes et petites villes » l'a montré. La petite ville est à défendre Mais
faut-il pour autant sauver toutes les petites villes montagnardes ? Cela semble difficile. Et
pourtant ! Ce sont presque toujours des cités anciennes, dignes d'intérêt, peuplées d'habitants
qui ont dû lutter pour vivre.
Cependant, dans la plupart des cas, la petite ville de montagne joue un rôle trop important vis-
à-vis de son bassin ou de ses vallées pour que l'on néglige de la soutenir et de l'aider à remplir
sa mission pour laquelle elle est irremplaçable.

40
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Chapitre III: Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?


Les petites villes : des agents d’urbanisation durable ?

III.1. Processus de formation et de transformation des villes :

Introduction :
Toutes les villes du monde ne cessent de se développer et de changer leur forme urbaine
suivant les changements politiques, sociaux, culturels et économiques. La localisation du
premier noyau de la ville est imposée par certaines conditions, par exemple la proximité des
cours d’eau, certaines exigences militaires et le territoire.
De ce fait chaque ville a ses caractéristiques, elle possède sa forme urbaine spécifique
souvent liée aux données naturelles de son site.
A travers ce titre nous allons étudier la façon dont le paysage urbain de la ville de
LARBAA s’est développé. Ce développement est lié au territoire et l’histoire, il a eu lieu
parallèlement aux conjonctures sociales, politiques et économiques. Cette ville sera le support
pour le cadre pratique de notre mémoire.

III-2-Présentation de la ville de l’Arbaa


III-2-1- Situation géographique :
La commune de L’Arbaa, chef-lieu de daïra. Se situe à 38 km de distance de chef-lieu de
wilaya (Blida) ainsi qu'à 30 km d'Alger, et à l’intersection de deux axes routiers: RN 29 et RN
08. La commune de L’Arbaa à une superficie totale de 85.25 km².

III-2-2-Situation territoriale :
Elle est limitée au Nord par les communes de Sidi Moussa et d'El Harrach, à l'Est par la
commune de Meftah, au Sud par la commune de Tablat et à l'Ouest par l'oued Djemaa qui
constitue sa limite avec les communes de Bougara et d’OuledSlama.

41
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure 3.1 limite de la commune de l'Araba Source: PDAU de l'Araba 2007

III-2-3-Accessibilité :
La commune de l'Arbaa est traversée par plusieurs axes de communication lui permettant la
relation avec les communes avoisinantes.
 La route nationale n° 29 (RN29), axe routier assez important au niveau régional
(Assurant la liaison entre deux pôles administratif et économique : Blida et Alger).
 La route nationale n° 08 (RN08), aussi un axe routier assez important au niveau
Régional(assurant la liaison entre la partie nord de l'Algérie et sud).
 Le chemin de wilaya n° 115 qui relie l'Araba à la commune de Baraki
 Le chemin de wilaya n°117 relie l'Arbaa à la commune de Sidi Moussa

Figure :3.2 carte d’accessibilité de la ville de l'Arbaa Source: carte d'état-major de l'Arbaa

42
CHAPITRE III: L’état des connaissances

III-2-4-Climat de la ville:
Le climat est de type méditerranéen caractérisé par un été chaud et un hiver froid et humide.
III-2-5-Relief:
Le territoire communal de L’Arbaa est composé de deux types de reliefs :
Au nord, la plaine avec un potentiel agricole qui favorise l'implantation de la ville ;Au sud, le
piedmont, avec une activité agricole importante et à l'extrême sud et au sud-est les montagnes
de Souhane et de Zerouala.
III-2-6-L’hydrographie :
Le réseau hydrographique de L’Arbaa est constitué principalement par Oued El Djemaa, qui
se situe à l'ouest de la ville

III-3-Lecture typo-morphologique du territoire et de la ville de l’Arbaa

III-3-1-Lecture de la mutation de la structure du territoire de l'Arbaa :


Pour assister à la naissance de la ville il faut remonter à l'origine des établissements humains.
L'étude de la structure de territoire consiste à retrouver les parcours qui ont organisé le
territoire de la ville au fil de temps.
Le parcours dans le territoire peut s’assumer comme une première structuration.
La règle générale est le fait qu’une aire traversée par un parcours accueillera plus tard une
production, donc un établissement.Ceci nous mène à présenter les quatre phases de formation
et de transformation du territoire.
Cela consiste, à déterminer l’ordre chronologique de la formation des parcours, qui structurent
la ville de l’Arbaa.
Il existe alors quatre phases principales :
 1er phase : le premier parcours structurant le territoire de l’Araba est le chemin de
crête (Premier chemin crée par l’homme), qui est le plus sécurisant, et qui lui permet
de faire ses déplacements (chasse, cueillette, Etc.).
 2émephase : elle se caractérise, par la formation d’agglomération du promontoire tout
le long du chemin du promontoire, qui se dérivent du chemin de crête et qui évitent
toujours les cours d’eau.
 cours d’eau.

43
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure 3.3 la 1er et la 2eme phase de la consolidation du territoire source : auteur, carte d’état-major
 3eme phase : elle se représente par la formation d’agglomération dans la plaine, et qui
sont reliées avec les agglomérations des promontoires par les chemins de plaine.
 4eme phase : elle est bien après l’arrivée des colons, qui ont commencé à occuper les
terres agricole et les posséder et ont commencé par la création des agglomérations
intermédiaire, afin de mieux contrôler la plaine et le piémont.

Figure 3.4la 3eme et la 4eme phase de la consolidation du territoire source : auteur, carte d’état major

44
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure 3.5 la synthèse de développement territoriale source : auteur , carte d’état-major

Figure 3.6 schéma de prospective de développement territoriale source : auteur

III-3-2-la lecture diachronique:


III-3-2-1- Epoque coloniale:
Le site de l’Araba est choisi par les colons en 1849 après l’assèchement de la Mitidja,
cependant elle ne furet établis comme village rien qu’en 1851 par le décret impérial du 22
aout de la même année. L’histoire de la colonisation algérienne, se divise en trois périodes:
 Phase 01 :
1/ La création d'un centre de population sur la croisement de deux routes nationaux.
Il était peuplé de 41 familles.
45
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Au point d‘intersection, ils ont créé deux placettes complètement plantées.

Figure 3.7 Carte de l’évolution de la ville époque coloniale phase 1 1850 Source : auteur

 Phase 02 :
La nécessite de construire des hangars sur la partie arrière de chaque parcelle ce qui donne
une construction occupant toute la parcelle (maison, cour, hangar).

Figure 3.8 Carte de l’évolution de la ville époque Coloniale phase 2 1850-1900 Source : auteur

 Phase 03 :
Cette phase a connu une densification par l'apparition des nouvelles maisons, ainsi la
surélévation de quelques habitats pour laisser les hangars et les cours.

46
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure 3.9 Carte de l’évolution de la ville époque Coloniale phase 3 1900-1961 Source : auteur

III-3-2-2- Epoque postcoloniale:


 Phase 01
Etablissement d'un nouveau plan d'urbanisme directeur, il y a eu 2 extensions :
 La première vers le sud suivant l'axe RN08.
 La deuxième vers l'Est suivant l'axe RN29, et la naissance de plusieurs quartiers de
façon anarchique.

Figure 3.10 Carte de l’Araba 1961-1977 source : auteur

 Phase 02 :
Une nouvelle méthode d'urbanisme est apparue après l'indépendance.

47
CHAPITRE III: L’état des connaissances

C’est l'urbanisation anarchique et à un rythme rapide : urbanisation incontrôlée avec une


consommation rapide des terres agricoles. Le centre-ville est délaissé.
Les extensions périphériques sont éparpillées, en zones, et en bornes et s’étalent de plus en
plus avec une rupture flagrante entre le centre et la périphérie.

Figure 3.11 Carte de l’Araba 1977-2009 source : auteur

III-3-2-3- Synthèse de l’évolution :


 L’histoire de l’Arbaa ne peut être dissociée du reste des villes de la Mitidja. même si cette
ville a gardé des caractères urbains plus anciens. Elle est considérée comme une création
coloniale.
 La guerre, puis l’indépendance de l’Algérie y ont porté des modifications sur le plan de la
population et sur l’image du paysage urbain de l’Arbaa, « il y avait toute une série de
glissement, du rural vers l’urbain et du dispersé vers l’aggloméré ».
Le phénomène de transformation de la ville de l’Arbaa peut être synthétisé sous 3 périodes
qui sont :
1. Période coloniale: L’implantation du noyau à l’intersection des deux axes structurant
2. Période postcoloniale : Elle se caractère par les différentes extensions sur les
différentes directions.
3. Période actuelle : Apparition des nouveaux quartiers ainsi la présence des barrières
naturelles (oued et les montagnes) et des barrières artificielles

48
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure : 3.12 La synthèse d’évolution du tissu de la ville de l’araba source :auteur

III-3-3.lecture synchronique :
III-3-3.1.Structure formelle :

Figure : 3.13les tissues de la ville de l’Arbaa source : Google earth / auteur

Le changement sur le plan typo-morphologique peut être conséquence de :

49
CHAPITRE III: L’état des connaissances

-la destruction des centres historiques pour des raisons de salubrité et leur remplacement par
des constructions qui ne présente aucune relation avec l’existant.
 le changement typologique sur une grande échelle.
 un laisser-faire démesuré conjugué à une extension sans limites de la périphérie.
III-3-3.2.Structure viaire :

Figure : 3.14 la structure viaire à l’échelle de la ville source : auteur, PDAU 2007

L'Araba garde toujours ses deux axes structurant Sud-Nord (TABLAT-ALGER)et Est-
Ouest (BLIDA-MEFTAH) à l'échelle territorial

III-3-3.3.Structure fonctionnelle :
Notons que le noyau historique de la ville contient uniquement des activités
commerciales. Par contre elles sont réduites à la périphérie de la ville, On remarque aussi que
les équipements majeurs sont au Nord-ouest et moindre dans les autres parties de la
périphérie, c’est un déséquilibre dans la répartition d’équipements constatés.

50
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure : 3.15 la structure fonctionnelle de la ville de L’araba source : auteur ,PDAU 2007

III-3-3.4. Typologique du cadre bâti :


Par rapport à cette carte de typologie du cadre bâtis on remarque que la densité de
l’habitat beaucoup plus supérieure que les équipements, alors il y a un manque d’équipement
dans la ville de l’araba

Figure : 3.16 la typologie des bâtis de la ville de L’araba source : auteur, PDAU L’arbaa 2007

51
CHAPITRE III: L’état des connaissances

III-3-3.4. Typologique d’habitat :


Vu que le noyau de la ville n’a jamais été renouvelé, la densité de l’habitat individuel
domine, il y a peu d’habitats collectifs ou d’équipements, par contre les périphéries de la ville
sont dominées par l’habitat collectif.

Figure : 3.17 la typologie d’habitat de la ville de L’Arbaa source : auteur, PDAU L’arbaa 2007

III-3-3.5. Gabarit de la ville de l’Arbaa :


On remarque que le gabarit de type (R+1) domine, où les niveaux supérieurs sont
inoccupés ou juste squattés illégalement à cause de leur dégradation. La périphérie de la ville
(en R+5 et R+9) indique l’évolution de ces derniers par rapport au centre-ville.
Cet inconvé pose problème pour la rentabilité du foncier de la ville.

52
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure : 3.18gabarit de la ville de L’arbaa source : auteur, googleearth

III-3-3.6. Structure permanente :


Le jardin public et la placette de la mairie restent toujours des éléments permanents et aussi
les deux axes structurant de la ville.

Figure : 3. 19la structure


III-3-3.7.Schéma permanente dede
de perspective la ville de L’arbaa
la ville Source : auteur,PDAU L’arbaa 2007
de l’Arbaa:

53
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Figure : 3. 20 perspective de la ville de L’Arbaa Source : auteur,Google earth

III-4 Problématique générale :


A propos des villes actuelles, l’un des changements les plus notables qui affecte les villes
algériennes a trait en effet à l’extension spatiale des agglomérations.
La quasi-totalité des organismes urbains est aujourd’hui concernée par l’étalement
urbain. C’est autour des grandes agglomérations que ce phénomène, d’une ampleur inconnue
jusqu’à présent, est le plus remarquable, la constitution de périphéries de plus en plus
lointaines.
Plusieurs évolutions continues ont progressivement poussé à l’étalement urbain:
 La demande de consommation de logements plus importante, a éloigné la frontière de
la ville en déplaçant les ménages vers la périphérie des agglomérations.
 La saturation dans les centres villes provoquent des extensions vers la périphérie, et
qui a conduit à une baisse cohérence entre l’espace construit et le tissu existant.
Cette baisse de cohérence résulte de:
 Rupture entre le tissu existant et les différentes extensions.
 Absence schéma d’organisation de la ville.
 Manque de continuité de la structure viaire entre le noyau et l’extension.

54
CHAPITRE III: L’état des connaissances

 Extensions non contrôlées.


A ce propos, la question suivante se pose :

Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?


Les petites villes : des agents d’urbanisation durable ?

Quelles politiques publiques en matière d’étalement urbain ?

-La maîtrise de l’étalement urbain a été affirmée comme un objectif politique fort dans des
traités internationaux (convention alpine), dans la loi (loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbain) et dans la soft law charte de Leipzig sur la ville européenne durable
(stratégie nationale de développement durable, stratégie thématique de l’Union européenne
pour l’environnement urbain). Cet objectif a été réaffirmé dans les propositions visant à
endiguer l’étalement urbain et l’artificialisation de l’espace, à l’issue des propositions des
groupes de travail du Grenelle de l’environnement .

-Au niveau de l’Union européenne, la stratégie thématique pour l’environnement urbain


devrait être suivie d’une directive-cadre sur les sols.
-Plusieurs pays ont déjà mis en place des politiques pour faire face au phénomène de
l’étalement. L’Allemagne notamment, qui s’est fixée, en 1997, un objectif de division par dix
de la consommation annuelle d’espace naturel ou les Etats-Unis d’Amérique, pourtant pays à
faible densité démographique, avec leur Brownfield program (programme de réhabilitation
des friches urbaines et sols pollués). Quant aux Pays-Bas, ils ont institué la politique ABC
(Accessibility profile of urban location), favorisant la ville compacte, la densification, la
combinaison des politiques de construction et de transport et la localisation dense des activités
à fort flux à proximité des transports collectifs. En Grande-Bretagne, les Planning Policy
Guidance fixent aux autorités locales un cadre global pour augmenter la densité, freiner
l’étalement et les commerces en périphérie.
-Mais les politiques de maîtrise de l’étalement urbain se conduisent aussi à l’échelon local.
De fait, plusieurs villes ont obtenu des résultats et certaines ont même vu leur densité
résidentielle s’accroître entre le milieu des années 1950 et la fin des années 1990 (Bilbao,
Munich). Ces politiques ont généralement utilisé des outils de planification du territoire et de
l’urbanisme, de préservation de l’agriculture périurbaine, de limitation de la consommation
d’espaces naturels et de réhabilitation des friches industrielles. L’exemple de Munich est
connu. Il tire son origine de la décision prise après-guerre de reconstruire le centre historique,
entouré à la fois d’une ceinture verte et d’un périphérique. Des politiques de développement
intégrées ont ensuite été mises en place, centrées sur l’objectif explicite de conserver la
compacité et les espaces verts de la région, et comprenant réutilisation des friches
industrielles, développement des zones mixtes résidentielles et commerciales, des transports
publics et du vélo, limitation de l’extension du réseau routier, coopération régionale avec les
municipalités voisines, surtout rurales 38

1.Organiser la croissance de l’agglomération


– Estimer précisément les besoins en logements et les possibilités de renouvellement
urbain. Le Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de Montpellier, par exemple, planifie la
croissance de l’agglomération en s’appuyant sur une estimation des futurs besoins en

38
European Environmental Agency, op. cit.

55
CHAPITRE III: L’état des connaissances

logements neufs, qui tient compte des projections démographiques, de la décohabitation, des
effets du vieillissement et de l’évolution de la demande de confort.
– Limiter l’offre foncière destinée à l’urbanisation. Dans le souci de limiter l’extension
périphérique de la ville, de protéger les espaces naturels et de mieux rentabiliser les réseaux
existants, la municipalité de Frontignan a choisi de déclasser 250 ha urbanisables (soit 25 %
de l’espace bâti ou à urbaniser) et de valoriser les friches industrielles au sein des limites
actuelles de la ville. Afin de limiter l’augmentation des prix fonciers qui pourrait en découler,
ces mesures s’accompagnent de politiques de densification, de mobilisation des friches
urbaines et de relance de l’habitat social. Le SCOT de Montpellier prévoit un objectif
d’espace à consommer annuellement divisé par deux.
– Promouvoir un développement multipolaire. Dès le début des années 1980, l’agglomération
de Rennes a choisi un développement polycentrique, privilégiant la densification des bourgs
anciens autour desquels sont préservées des ceintures vertes. Cette stratégie a conduit à un
modèle multipolaire, de type « ville archipel », souvent cité en exemple.
– Fixer des normes de densité, notamment le long des voies de transports en
commun.L’extension du réseau de tramway, prévue dans le nouveau projet de PDU de
Grenoble, est conçue comme un outil d’aménagement urbain. L’autorité organisatrice de
transport conclura une charte d’objectifs et un contrat d’axe avec les communes concernées,
pour convenir de politiques foncière, d’habitatsocial et de stationnement automobile. Des
centres d’activité compacts seront créés autour des axes de transport et les secteurs comptant
moins de 6 000 habitants par km2 devront être densifiés. Une stratégie de densification autour
des stations de train et de tram est aussi déclinée, par exemple, dans le SCOT de Nantes-
Saint-Nazaire et dans celui de Montpellier, comme dans le projet de Schéma directeur de la
Région Ile-de-France (SDRIF).

2.Investir dans le renouvellement urbain


– Financer et organiser la mise en valeur des friches urbaines. En lançant son projet de
reconquête urbaine, la communauté de Lille Métropole prévoit que, d’ici 2015, deux tiers des
logements construits ou réhabilités le seront dans les quartiers existants, ce qui passe
notamment par le traitement des friches industrielles urbaines. La politique de la ville
renouvelée concerne aujourd’hui 45 quartiers dans 20 communes. Dans son récent Agenda
21, Lille Métropole a aussi annoncé la création d’un futur éco-quartier de 10 000 habitants,
sur 80 hectares d’anciennes friches industrielles, qui respecte les critères de Haute qualité
environnementale (HQE), tout en assurant une mixité sociale. Un important effort de
dépollution sera nécessaire. Dunkerque prévoit aussi de freiner l’étalement grâce à la
rénovation des friches portuaires.
– Recréer des centres-villes denses, socialement mixtes et vivants, en banlieue. A Villeparisis,
en grande banlieue nord-est de Paris, on a reconstruit un centre-ville dense à l’image d’un
village ancien. Le nouveau quartier, composé d’un habitat très diversifié, est articulé autour
d’une petite place commerçante centrale et situé à proximité d’une gare de RER. Cette
opération est considérée comme une piste pour densifier les banlieues. L’établissement public
d’aménagement de Marne-la-Vallée s’en est inspiré à Bailly-Romainvilliers, en essayant de
renforcer encore la proximité des commerces et des services. Dans la communauté urbaine de
Rennes, Saint-Jacques-de-la-Lande est aussi cité comme un bon exemple de création, a
posteriori, d’un centre urbain dense dans une commune de banlieue peu structurée .

3. Accompagner les communes périphériques


– Promouvoir un habitat dense, agréable et adapté aux besoins. L’agglomération de Rennes
s’est engagée dans la formation et la sensibilisation des élus et techniciens des communes
périphériques aux exigences de la qualité urbaine et du développement durable. Un groupe de
56
CHAPITRE III: L’état des connaissances

travail intitulé « formes urbaines » crée des circuits de « promenades urbaines » présentant
des opérations exemplaires et anime un appel à projets sur l’habitat innovant. A Nantes, ce
sont des ateliers d’information pour prouver aux communes périphériques qu’il est possible
de construire un habitat agréable plus dense.
– Accompagner les communes périphériques dans leurs opérations d’urbanisme. A Nantes,
comme à Rennes, cet effort de sensibilisation se double d’un dispositif d’accompagnement
des communes périphériques dans leurs opérations d’urbanisme. A Montpellier, un guide des
PLU et un guide des projets d’urbanisme assisteront les communes dans la déclinaison du
Scot sur leur territoire.

4. Mettre en place des outils économiques


– Prêts à taux zéro spécifiques. Pour limiter l’effet du prêt à taux zéro sur l’étalement urbain,
Nantes Métropole, Orléans, Caen, Paris, Toulouse, les Hauts-de-Seine ont mis en place un
prêt à taux zéro spécifique avec des plafonds plus élevés pour les habitants qui investissent en
centre ville.
– Appui au maintien de l’agriculture périurbaine. Lille, Nantes et Rennes, par exemple,
investissent dans le maintien de l’agriculture périurbaine ou des ceintures vertes.
Tous ces exemples étrangers et français montrent que la maîtrise raisonnée de l’étalement
urbain est possible et que de nombreux outils existent déjà. Pour renforcer ces possibilités il
faut une meilleure articulation de ces mesures, et aussi de nouveaux outils. Il convient
notamment de mieux expliquer l’étalement urbain, d’articuler les compétences de manière
plus efficace, de mieux utiliser les documents de planification, de renforcer la fiscalité de
l’urbanisme.

5. Mieux expliquer l’étalement urbain


– En informant sur ses conséquences environnementales et sociales (les élus, les investisseurs,
les locataires) ; en évaluant mieux – et en informant sur – les vrais coûts de l’étalement urbain
et de l’urbanisation diffuse ; en distinguant densité urbaine et cours ou densité urbaine et
habitat collectif ; en habilitant le petit collectif.
Mieux articuler les compétences entre politiques de l’urbanisme et des transports ; entre
politiques de la biodiversité et de l’urbanisme ; entre politiques de l’agriculture et de
l’urbanisme ; entre politiques de l’habitat et de l’urbanisme.

6. Mieux utiliser les documents de planification


C’est-à-dire, généraliser les SCOT, notamment dans les zones sensibles ; leur permettre de
fixer des zones de densification prioritaires ; y inclure l’évaluation de l’étalement urbain ; y
introduire des objectifs en termes de décroissance de la consommation d’espace ou de
découplage de celle-ci d’avec la croissance démographique.
Renforcer la fiscalité de l’urbanisme pour inciter à la densification, à la reconstruction et à la
réhabilitation des friches urbaines et industrielles

7.Les nouvelles tendances en matière d’urbanisme


I.les nouveaux modes d'urbanisation
Au court des dernières années ,plusieurs approches ont été proposées en Amérique du Nord et
ailleurs pour revoir le mode d'urbanisation selon les principes du développement durable.

57
CHAPITRE III: L’état des connaissances

les principales approches sont la croissance intelligente "smart growth" ,le nouvel urbanisme
"new urbanism" et le développement pense en fonction du transport en commun "transit_
oriented development ou TOD"

1. La croissance intelligente :
La croissance intelligente propose essentiellement de diriger la croissance vers les zones urbaines existantes
plutôt que de poursuivre l'étalement de l'urbanisation. Cette approche implique une mixité des fonctions
urbaines et une densité globale plus élevée, tout en offrant une diversité de logements. Cette approche
vise donc avant tout à freiner l'étalement urbain pour ainsi limiter les coûts collectifs reliés à cet
étalement (pollution, investissements publics, etc.) et assurer une utilisation optimale des infrastructures
existantes. Les orientations gouvernementales en matière d'aménagement du territoire 39 s'inspirent
fortement de cette approche en demandant aux MRC de consolider les zones urbaines existantes, de
déterminer des périmètres d'urbanisation en fonction des besoins réels et de favoriser le redéveloppement
des zones urbaines existantes.

10 principes de la croissance intelligente40

*Offrir une grande variété de logements


*Offrir des logements de qualité pour toutes les classes sociales est essentiel dans l'optique d'une
stratégie de croissance.

*Créer un environnement piétonnier


Les collectivités axées sur la marche sont des endroits agréables pour vivre, travailler, étudier, et
pratiquer des activités de loisir, et sont ainsi une composante clé d'une croissance intelligente.

*Encourager la collaboration de la collectivité et des intervenants du milieu


La croissance développe de vastes espaces pour vivre, travailler et pratiquer des activités de
loisir, si elle répond à la façon dont la collectivité veut se développer et dans quel sens.

*Caractéristique d'accueil, endroit attirant avec un esprit du Heu


La croissance intelligente incite les collectivités à développer une vision et à définir des règles de
développement et de construction qui répondent aux valeurs de la collectivité en termes
d'architecture distinctive de même que des choix plus variés en termes de logement et de
transport.

*S'assurer que les décisions soient viables, équitables et économiques


La participation du secteur privé est essentielle au succès d'une démarche de croissance
intelligente puisque c'est ce secteur qui produit le développement.

*La mixité des usages


La mixité des usages est une composante essentielle dans l'atteinte d'un meilleur milieu de vie
puisqu'elle favorise la convivialité et elle diminue la dépendance au transport motorisé.

39
MAM, Les orientations du gouvernement en matière d'aménagement du territoire, 1994, Les orientations du
gouvernement en matière d'aménagement du territoire, document complémentaire, 1995
40
www.smartgroth.org/about/principles/default.asp

58
CHAPITRE III: L’état des connaissances

*Préserver les terres agricoles les espaces naturels esthétiques ainsi que les aires de conservation
La préservation de milieux naturels répond aux objectifs de la croissance intelligente en
renforçant l'économie locale, préservant les aires de conservation, améliorant la qualité de vie
des collectivités et en intégrant les nouveaux développements avec ceux déjà existants.

Offrir des choix variés en matière de transport


Offrir plus de choix en matière d'habitation de magasinage et de transport à la population,
estun élément clé à une croissance intelligente.

*Renforcer et orienter le développement vers des collectivités existantes

La croissance intelligente oriente le développement près des collectivités qui disposent déjà
d'infrastructures et de services, de manière à mieux tirer profit des ressources du voisinage et
à conserver des espaces et des ressources naturelles dans la frange urbaine.

*Favoriser la densité
La croissance intelligente justifie une plus forte densité de construction plutôt que des
développements conventionnels qui sont caractérisés par une très grande utilisation de terrain.

2.Le nouvel urbanisme :

Contrairement à la croissance intelligente, le nouvel urbanisme ne rejette pas le développement des


banlieues. Il rejette cependant le modèle classique de la banlieue développée à partir de 1950 orienté
vers l'utilisation de l'automobile (centres commerciaux, grands stationnements, boulevards et
séparation des fonctions résidentielles des autres fonctions urbaines). Le nouvel urbanisme propose
d'aménager ce développement autrement, de façon à favoriser la marche comme principal moyen de
transport. Les principales règles du nouvel urbanisme sont une mixité des fonctions et des densités,
une offre résidentielle diversifiée, répondant aux besoins des différents types de ménages et un
aménagement conçu autour de noyaux d'activités et de places publiques. Par exemple, selon
l'approche du nouvel urbanisme, les ensembles résidentiels ne devraient pas être situés à plus de cinq
(5) minutes de marche (400 mètres) d'un noyau d'activités comprenant des commerces, des lieux de
travail, des écoles et des centres de loisirs. Les gens vivant à plus de 400 mètres d'un noyau d'activités
devraient avoir accès à un service de transport en commun avec un arrêt à moins de 400 mètres de
leur lieu de résidence. Le nouvel urbanisme favorise également des insertions de projets de
réaménagement à l'intérieur de milieux urbains existants.

En résumé, le nouvel urbanisme cherche à recréer des collectivités moins dépendantes du transport
motorisé, un peu à l'image des quartiers et des villages d'avant-guerre. Le but visé est de créer des
environnements agréables et sécuritaires.

3. La stratégie d’aménagement pensée en fonction du transport en commun (TOD) :

Le TOD préconise une densification le long des infrastructures de transport en commun, de manière à
augmenter la part des déplacements en transport en commun et à ainsi améliorer la rentabilité des
investissements de ce type d'infrastructures. Comme pour le nouvel urbanisme, le TOD vise
également à créer des environnements plus conviviaux et propices aux déplacements à pied.
Toutefois, cette approche n'est pas limitée aux banlieues et elle peut s'appliquer dans les secteurs
centraux. En banlieue, le TOD s'apparente au nouvel urbanisme en terme de convivialité et de mixité
des fonctions et des densités. Toutefois, le développement est principalement structuré autour d'un

59
CHAPITRE III: L’état des connaissances

équipement de transport en commun plutôt qu'en fonction d'un noyau central d'activités.

-La maîtrise de l’étalement urbain a été affirmée comme un objectif politique. « La


première des orientations à donner à la gestion des paysages est de réduire la consommation
de l’espace. Il n’est pas normal que, chaque année, des hectares de terres nouvelles soient
urbanisés, alors que, dans le même temps, tant d’espaces urbains restent en friche. Il faut
cesser de croire inéluctable l’artificialisation croissante des sols comme leur extension
déraisonnée et d’une manière générale la banalisation de l’espace. »
Ainsique« Territoires» , contenir l’extension périurbaine et relocaliser les activités
humaines, « est manifestement l’un des plus fondamentaux. Chaque année des hectares sont
artificialisés en Algérie. C’est une priorité environnementale mais également sociale que de
réduire ces extensions. nos concitoyens passent chaque jour près de 1 heure 30 dans les
transports. Et ce temps perdu est d’autant plus important pour les foyers modestes qui n’ont
pas les moyens d’habiter près de leur lieu de travail. Il est donc impératif de tirer les leçons du
passé pour imaginer un nouvel urbanisme, de reconstruire la vile sur la vile, d’utiliser les
friches industrielles et les terrains vagues dans les banlieues qui accroissent aujourd’hui le
sentiment d’éloignement et d’abandon, de récréer des centres viles au sein de ces cités afin
que chacun puis se vivre et travailler près de son domicile. »

« Plutôt que de vouloir construire les viles à la campagne, pourquoi ne pas construire une
vraie vile dans nos Montagnes ?, Nous allons envisager un programme national de lutte
contre l’artificialisation des sols. »

Les petites villes : des agents d’urbanisation durable ?

L’objectif est de s’intéresser aux petites villes et à leur rôle dans les processus d’urbanisation
et cela, sous le prisme de la durabilité. Ce terme renvoie dans nos propos à deux acceptions :
une pérennité temporelle et une référence au développement durable tel que l’entend le
Rapport Brundtland. Nous posons l’hypothèse que les petites villes ont un rôle à jouer dans le
cadre d’une urbanisation raisonnée du territoire, c'est-à-dire une urbanisation ne tendant pas à
des phénomènes de macrocéphalie urbaine mais au contraire allant davantage vers une
répartition plus équilibrée de la population et des emplois. En outre, nous estimons que les
pays/PETR (Pôles d’Équilibre Territoriaux et Ruraux - structures où espace urbain et espace
rural sont réunis) sont la bonne échelle pour assurer la cohésion économique, sociale et
durable du territoire.

2. les petites villes à l’heure du développement urbain durable:


Rendre la ville durable, ce n’est pas uniquement penser à un nouvel urbanisme ; c’est
travailler également sur trois dimensions. « La conception française donne à la notion de
durabilité du développement urbain trois dimensions : une dimension territoriale (le
développement urbain doit ménager l’organisation du territoire national, ses équilibres ville -
campagne, grandes villes – petites villes, activités industrielles – activités agricoles), une
dimension environnementale (l’organisation de l’espace doit modérer la consommation
d’espace et surtout rationaliser la demande de déplacements) et une dimension d’équilibre

60
CHAPITRE III: L’état des connaissances

social (la ville n’a pas d’avenir durable si elle discrimine et exclut) »41 Ce cadre conceptuel
basé, nous souhaitons réfléchir au rôle que la petite ville pourrait tenir dans le cadre d’une
structure urbaine excluant des concentrations urbaines trop importantes dans lesquelles
l’étalement urbain est source de nombreuses nuisances. Mais cette réflexion ne peut pas se
faire au seul niveau de la petite ville ; il est nécessaire de prendre en compte son espace
environnant et de se focaliser sur les pays, désormais appelés Pôles d’Equilibre Territoriaux et
Ruraux.

. 2.1. Les petites villes : une alternative à l’urbanisation massive autour des grandes villes

Notre position est claire : les petites villes sont une alternative à l’urbanisation massive
autour des grandes villes. Elle s’inscrit dans la lignée de J. Lévy qui, dans un article de 1994,
proposait sa vision de l’aménagement du territoire et n’hésitait pas à utiliser le slogan resté
célèbre : « Oser le désert ». Si dans ses propos, la concentration urbaine n’avait rien de
dramatique, il la nuançait toutefois par son refus de voir apparaître en France des espaces de
banlieue démesurément étendus : « Si la France est complètement urbanisée, ne vaut-il pas
mieux qu’elle le soit avec de vraies villes et non, comme les agglomérations Nord-
américaines, en de monotones banlieues interminablement étirées »42Certaines de ces
« vraies villes » sont pour nous les petites villes.
Comme nous l’avons vu dans la première partie, et malgré un ralentissement ces dernières
années, les petites villes des espaces interstitiels se sont maintenues démographiquement et
arrivent même pour certaines à gagner des emplois malgré la crise économique qui sévit en
Europe et particulièrement en France. En outre, elles se positionnent encore comme des villes
ayant une relative capacité de commandement sur l’espace environnant.
Dans ce contexte, les pouvoirs publics ne devraient-t-ils pas forcer le destin et engager une
politique volontariste en faveur des petites villes afin de créer de vrais pôles d’urbanisation ?
Pour que celles-ci participent pleinement au mouvement d’urbanisation et aident en cela au
décongestionnement des plus grands centres urbains, notre hypothèse serait de les favoriser en
y concentrant des emplois et en les dotant de commerces et services. Cette croissance
économique est également un préalable pour parler de « ville durable », concept renvoyant à
la capacité des hommes à se ravitailler, à trouver des emplois, à profiter d’équipements
urbains, etc. (Paulet, 2000). De même, si nous prenons en compte le volet social du
développement durable, la petite ville est reconnue comme un élément urbain ayant gardé une
identité et offrant un cadre de vie de qualité (ville à la campagne, sécurité, convivialité43…).

Certes, il ne s’agit pas d’aider toutes les petites villes mais de sélectionner parmi les centres
surabondants ceux qui assureraient le mieux le statut de ville relais de la métropole régionale
et des villes moyennes voisines. Pour cela, des études sur le dynamisme et la zone d’influence
exacte des pôles urbains devraient être engagées au niveau de chaque Direction
Départementale des Territoires ou Conseils Régionaux.

L’idée d’une politique volontariste d’aménagement n’est pas nouvelle ; nous la retrouvons en
effet dans les écrits de R. Dugrand (1963). Ce dernier préconisait, au nom de l’intérêt général,
une politique de sélection des centres urbains afin de lutter contre des concurrences sans

41
Tribillon, 2002 : 108
42
(Lévy, 1994 : 8).
43
Certains auteurs comme Roques (2009) mettent toutefois en garde contre l’image idéalisée
des petite (...)
61
CHAPITRE III: L’état des connaissances

lendemain et renforcer l’armature urbaine de base. De nos jours, certaines régions ont déjà
enclenché une telle politique de sélection. Dans le Limousin par exemple s’était mise en place
il y a quelques années une politique de soutien aux petites villes (Jacquinot, 2011). Le Conseil
Régional avait relevé le caractère déséquilibré de la structure urbaine de la région dominée
par Limoges et par le bassin de Brive. Pour remédier à cette imperfection, la collectivité avait
lancé, dans les années 1990, un programme d’armature urbaine destiné à renforcer le maillage
urbain et à soutenir 16 villes de deux types précis : celles ayant un rayonnement de 25 à 30
km et celles de plus de 2 500 habitants jouissant d’un positionnement favorable et constituant
des pôles de services. Ces dernières devaient bénéficier en priorité d’aides financières pour
mener des actions en matière d’économie, de tourisme, formation professionnelle, loisirs,
culture, sports… et devenir ou rester des pôles majeurs de structuration de l’espace régional.

Plus récemment, et même si cela n’est pas dit aussi explicitement hormis cette phrase tirée
du Schéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT)
(2009 : 50), « Le rôle des petites villes comme centre de services, relais des grandes villes
mais aussi foyers d’innovation devra être fortement soutenu » (2009 : 50), la Région
Languedoc-Roussillon soutient également quelques actions en faveur des petites villes,
comme par exemple l’implantation des Parcs Régionaux d’Activités Économiques à Lodève,
Mende, la Grand Combe et Bédarieux.

2.2. L’approche territoriale du développement durable : quelle échelle ?


S’interroger sur la capacité des petites villes à être des agents d’urbanisation durable s’inscrit
dans une approche territoriale du développement durable, sous les angles écologique,
économique et social.

Or le consensus autour d’un bon périmètre d’intervention n’existe guère. Les enjeux du
développement durable sont à l’échelle planétaire, que ce soit l’exploitation raisonnée des
ressources, la lutte contre le réchauffement climatique, l’amélioration du cadre de vie, la
réduction de la pauvreté… Il serait donc logique selon certains acteurs comme les organismes
internationaux d’intervenir au niveau global.

Pourtant, certaines voix se font entendre et prônent des actions au niveau local : « la
gouvernance est l’un des principes clés du développement durable et c’est probablement au
niveau local qu’elle trouve à se concrétiser le plus aisément » (Zuindeau, 2002 : 14) ; « les
scènes du développement durable n’ont pas seulement à composer du local au planétaire.
Elles ont aussi à assumer des solidarités territoriales intermédiaires plus proches du local »
(Godard, 1997 : 4). Dans le cadre de sa réflexion sur les « espaces de problèmes » et les
« espaces de solutions », Godard estime que les pays sont un bon échelon pour réfléchir à des
politiques de développement durable.

« Les pays sont des entités propices à la formation ou à la réhabilitation d’identités


culturelles, à l’appréhension et à la stimulation de dynamiques économiques et à la prise en
charge des nécessités de la coopération intercommunales pour l’organisation des services
clés comme l’assainissement, la collecte et le traitement des ordures ménagères ou le
transport ; il s’agit aussi d’espaces sociaux et politiques laissés jusqu’ici en un état de
latence et disponibles pour de nouveaux investissements sociaux » (Godard, 1997 : 7).

En ce qui nous concerne, nous pensons également que la bonne échelle pour intervenir est le
pays/PETR. Notre hypothèse s’appuie sur le fait que les pays correspondent à un schéma

62
CHAPITRE III: L’état des connaissances

christallérien et que sur le terrain les périmètres de ces structures intercommunales se


confondent pour la plupart aux zones de commandement des petites villes.

2.3. Réfléchir à l’échelle des Pôles d’Equilibre Territoriaux et Ruraux (PETR)


Au début de cette deuxième partie, nous avons souligné l’importance que nous accordions à
une politique de concentration des emplois et des services dans les petites villes.
Ces dernières ne devraient pas, bien évidemment, en être les seules bénéficiaires.
Plusieurs études comme celle de F. Aubert et al. (2002) ou celle de S. Dubuc témoignent des
effets positifs sur l’espace rural de la bonne tenue économique des centres urbains les plus
proches : les approches en termes de polarisation « reposent sur l’idée-force qu’il faut des
activités motrices concentrées, et de grande dimension, pour générer de la croissance dans
l’espace, par propagation et effets induits, à partir de ces pôles. Dans cette conception,
l’existence de pôles est une condition fondamentale du développement régional » 44
« La ville diffuse la croissance dans son aire d’influence grâce à un processus itératif et
interactif. Le maintien et l’augmentation de la population rurale induite par la ville
engendrent la croissance rurale et confortent l’emploi urbain en retour. L’accès aux petites
villes offre les meilleures conditions de maintien de la population rurale. Les principaux lieux
centraux ne stérilisent pas leur environnement rural, au contraire, ils ont un rôle moteur dans
le dynamisme et la préservation des campagnes vivantes »45.
Par ailleurs, en termes de développement durable, une telle politique de concentration autour
des petites villes aurait des effets positifs : raccourcissement des distances domicile-travail,
réductions d’émissions polluantes, préservation des zones agricoles, développement potentiel
de circuits courts…

44
Aubert et al., 2002 : 81).
45
Dubuc, 2004 : 84

63
CHAPITRE III: L’état des connaissances

Aujourd’hui, avec l’essor de la mobilité, il faut voir plus large et raisonner à l’échelle de la
ville-pays, concept déjà développé par J. Beauchard et d’autres chercheurs dans les années
1990 (Beauchard et al., 1996). Confrontés tous deux aux enjeux d’aménagement et de
développement durable que sont la centralité, la gestion des espaces fonciers, la maîtrise de
l’étalement urbain…, espace rural et espace urbain ont intérêt à s’associer. Et pour mieux
faire face à ces enjeux, il est indispensable que la démarche pays/PETR soit complémentaire
de celle d’un SCOT ; la loi Maptam du 27/02/2015 permet ainsi aux PETR de l’élaborer, de le
réviser ou de le modifier.

La vocation des pays, comme des nouvelles structures, est de coordonner la mise en œuvre
d’un projet de développement dont le P.O.S représente la traduction spatiale.

Le projet du pays/PETR doit intégrer les enjeux du développement durable et le P.O.S


permettre de les décliner de manière opérationnelle46. Pour cet article, nous ne nous sommes
pas penchées sur cette question des P.O.S. En revanche, pour notre thèse, nous avions été
amenées à nous intéresser aux pays du Montagne et à leur lien avec le monde urbain. Deux
paramètres principaux avaient été pris en compte : la conformité du périmètre du pays avec la
zone de commandement de la petite ville et les actions au sein de la structure intercommunale
pour soutenir la petite ville.

Conclusion
« une ville durable est une ville capable de se maintenir dans le temps en gardant une
identité et son dynamisme, capable aussi d’offrir une qualité de vie en tous lieux dans une
mixité sociale et fonctionnelle, capable enfin de se réapproprier un projet politique, à la
recherche d’un équilibre sur le plan écologique et social vis-à-vis du territoire et de la
planète »47. Ce cadre conceptuel renvoie à plusieurs facettes de la durabilité et permet
d’intégrer des problématiques qui tiennent aussi bien à la protection de l’environnement, aux
liens sociaux qu’aux activités économiques.

Sans écarter les problèmes dont elles souffrent (marché du travail incapable d’absorber les
crises, manque de personnels qualifiés, rareté des services aux entreprises, déficience des
infrastructures…), il faut reconnaître que les petites villes des espaces interstitiels
correspondent aux villes durables définies par C. Emélianoff. Nous estimons que ces
dernières possèdent les capacités pour devenir des agents d’urbanisation durable et qu’elles
sont la base d’une urbanisation raisonnée. Pour cela, leur enjeu est de réussir à capter les
ressources et à optimiser leur potentiel environnemental, récréatif, productif… Dans un
scénario de lutte contre le changement climatique et de l’efficacité énergétique, de la
domination de l’économie de la connaissance basée sur l’innovation, « les petites villes ayant
un potentiel économique basé sur l’agriculture, l’industrie, les services ou le tourisme (y
compris l’économie résidentielle) et s’inscrivant dans des stratégies de développement
durable, prospèreraient. Leur objectif ne serait pas nécessairement de grossir mais de se
stabiliser en offrant une bonne qualité de vie » 48. Cette dynamique est malheureusement
freinée par l’inexistence de politiques à leur égard. C’est pour cette raison que nous

46
QE n°13570 de J-P. plancade ;JO Sénat du 08/07/2010
47
C. Emélianoff (2003 : 27-28)
48
ASBL – Institut J. Destrée, 2012 : 30

64
CHAPITRE III: L’état des connaissances

partageons l’avis de M. Malvy (2014 : 122), ancien président de l’Association des Petites
Villes Françaises : « Les petites villes ont besoin d’une planification régionale qui organise la
complémentarité entre les métropoles et leur hinterland. Les futurs schémas régionaux
prescriptifs en seront les outils. Ensuite, la gouvernance des intercommunalités doit être
modernisée : les petites villes ne peuvent pas correctement animer leur bassin de vie si leur
poids politique est dilué à l’excès dans les assemblées intercommunales où chacun doit être
représenté mais où elles le sont insuffisamment ». Avec un diagnostic objectif sur la situation
urbaine, chaque Conseil Régional aurait tout intérêt à mener des politiques de soutien aux
petites villes afin que chaque partie du territoire régional soit animée économiquement. Ce
soutien passe notamment par des actions judicieusement choisies dans le cadre des contrats
de Pays49. Mais la réussite d’une telle entreprise repose sur une bonne dose de pédagogie
pour faire admettre aux élus des espaces ruraux la nécessité d’une politique de polarisation
et les convaincre des bienfaits qu’ils peuvent en retirer.

Recommandations :
Intégrer les dimensions énergétiques et climatiques :
-Dans les documents et politiques d’urbanisme de planification (P.O.S, P.D.A.U,…) ;
-Dans les documents et politiques d’urbanisme opérationnel (zones d’activité,opérations de
renouvellement urbain).
Contenir l’étalement urbain pour réduire les consommations d’énergie :
-Orienter, de façon volontariste, la localisation des activités, des équipements et des
zones résidentielles pour limiter l’étalement urbain ;
-Favoriser les opérations de renouvellement urbain, la réutilisation des friches
urbaines, la valorisation du patrimoine ;
-Sensibiliser les décideurs et le grand public en les informant clairement sur les
inconvénients de l’étalement urbain existant (coût des équipements urbains,
temps de transport, ségrégation spatiale, etc.) ;
-Limiter la dispersion des activités et des lieux de résidence, maintenir les écoles de
manière équilibrée sur le territoire au lieu de concentrer les établissements sur la
vile-centre ;
-limiter l’implantation des grands projets commerciaux, industriels et de loisirs sur des zones
périphériques et/ou non desservies efficacement par les transports en
Commun.
Le rapport note par ailleurs que : « Pour combattre ou organiser l’étalement urbain,
tous les effets pervers de la fiscalité doivent être corrigés » et que : « Les collectivités
territoriales doivent harmoniser leurs politiques régionales et départementales. »
Rapport d’orientation du Centre d’analyse stratégique
Le rapport d’orientation « Perspectives énergétiques de la France à l’horizon
2020-2050 », remis en 2007 par la commission « Energie » du Centre
d’analyse stratégique (rapport Syrota), émet, entre autres, la proposition
suivante : « Les collectivités locales compétentes en matière d’utilisation des sols
recevront du Parlement les pouvoirs de mettre en œuvre des péages urbains, de
permettre la prise en compte des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de
serre dans l’élaboration des règlements d’occupation des sols et d’imposer, lors de la
délivrance des permis de construire, des dispositions permettant des économies
d’énergie et l’utilisation d’énergies renouvelables. »

49
En 2009, le conseil régional languedoc roussillon avait d’ailleurs conditionné l’aide aux projets des pays au
respect des lignes directrices du SRADDT

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CHAPITRE III: L’état des connaissances

Le rapport précise également : « Un usage des sols inattentif aux problèmes de


trajets, de liaison entre habitat et activité, une mauvaise localisation des
équipements publics, peuvent compromettre le succès d’autres politiques ou annihiler
les effets attendus de normes plus contraignantes». « La possibilité d’assouplir (ou au
contraire de renforcer (…) certaines normes ou de déroger à des plafonds quantitatifs
pour encourager les projets qui réduisent ou du moins n’aggravent pas l’émission de
GES pourrait être étudiée : autoriser un aménageur à augmenter de 10 ou 20 % la
densité de la construction si celle-ci est autosuffisante en énergie, ou autoriser, pour
un permis de construire, un dépassement de COS significatif si le bâtiment est
autosuffisant en énergie, ou moindre mais appréciable s’il est en dessous d’une norme
de kW h par m2 pourrait ainsi être envisagé. Ce type de faculté (…) ne devrait être
autorisé qu’à une certaine échelle (vile importante ou communauté de communes ou
d’agglomérations de taille significative) afin d’être employé à un niveau où la
collectivité peut peser autant sur la nature des constructions que sur leur répartition
à l’échelle d’une vile centre ou d’un bassin d’emploi. »
« Il apparaît nécessaire (…) de rendre obligatoire la prise en compte du bilan en GES
de tout projet d’infrastructure, d’aménagement et de planification d’usage des sols
(…), au sein des études d’impact environnemental. »

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CHAPITRE III: L’état des connaissances

Annexe – Documents utilisés


Ouvrages et rapports
[1] « Etalement urbain et changements climatiques : état des lieux et propositions »,
Montreuil : Réseau Action Climat, 2011.- 34p.
[2] « Comment questionner l’étalement urbain ? », Paris : FNCAUE, 2010.- 61p.
[3] « Etalement urbain et mobilité », WIEL, Marc ; Paris : La Documentaion Française,
2010.- 86 p
[4] « Protéger les espaces agricoles et naturels face à l’étalement urbain », VERLHAC, Eric ;
BALNY, Philippe ; BETH, Olivier ; Paris : Conseil général de l’environnement et du
développement durable, 2009.- 49 p
[5] « Economie de l’étalement urbain – Points de repère », La Défense : MEDAD-DAEI,
2008.- 112 p.,
[6] « Etalement urbain en Europe », UHEL, Ronan (dir.) ; Copenhague : European
Environment Agency, 2006.- 4 p.
Articles de revues
[7] « France, état des lieux », Urbanisme. No 381, nov.-déc. 2011.- pp. 39-76
[8] « Quel rôle pour les activités économiques dans la maîtrise de l’étalement urbain »,
PETITET, Sylvain ; CAUBEL, David ; Etudes foncières. No 148, nov.-déc. 2010.- pp. 30-34,
[9] « Ville dense, ville diffuse », CASTEL, Jean-Charles ; Etudes foncières. No 147, sept.-oct.
2010.- pp. 14-20
[10] « La densification en débat : effet de mode ou solution durable ? », CHARMES, Eric
(coord.) ; Etudes foncières. No 145, mai-juin 2010.- pp. 19-38,
[11] « Etalement urbain et/ou polycentrisme ? », MIGNOT, Dominique ; BLOY, Danièle ;
VANCO, Florian ; Etudes foncières. No 137, janv.-fév. 2009.- pp. 9-13
[12] « Les déterminants économiques de l’étalement urbain ? », PIRON, Olivier ; Etudes
foncières. No 129, sept.-oct. 2007.- pp. 24-26
[13] « La croissance périurbaine depuis 45 ans : extension et densification », BACCAINI,
Brigitte ; SEMECURBE, François ; INSEE première. No 1240, juin 2009.- 4 p
[14] « Le nouveau zonage en aires urbaines de 2010. Poursuite de la périurbanisation et
croissance des grandes aires urbaines.», FLOCH, Jean-Michel ; LEVY, David ; INSEE
première. No 1375, octobre 2011.- 4 p.
[15] « Le découpage en unités urbaines de 2010. L’espace urbain augmente de 19% en une
décennie », CLANCHE, François ; RASCOL, Odile ; INSEE première. no 1364, août 2011.-
4p
[16] « Prospective urbaine et autres fabriques de territoires », Territoires 2040. No 2, 2010.-
156 p.,
Sur Internet
[17] « Le nouveau PLU issu de la loi Grenelle II : densifier, sans s’étaler ! », Charlotte
DENIZEAU, Métropolitiques.eu, 4 avril 2011, http://www.metropolitiques.eu/Le-nouveau-
PLUissu-de-la-loi.html
[18] « Grenelle II : la fin de l’étalement urbain », Vincent RENARD, Métropolitiques.eu, 6
juin 2011, http://www.metropolitiques.eu/Grenelle-II-la-fin-de-l-etalement.html
[19] « Limitation de la consommation d’espace et densification : les nouveaux outils », IAU-
Ilede-France, Note rapide Outils/méthodes, n° 553, jui n 2011, http://www.iau-idf/detail-
duneetude/etude/limitation-de-la-consommation-despace-et-densification.html
[20] « Urban sprawl in Europe », European Environment Agency, Copenhague, 2006,
http://www.eea.europa.eu/publications/eea_report_2006_10
[21] « Etalement urbain et artificialisation des sols en France », MEDDTL, 18 janvier 2010,
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Etalement-urbain-et.html

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[22] « Quelques définitions », MEDDTL, 18 janvier 2010,


http://www.developpementdurable.gouv.fr/Quelques-definitions.html
[23] « Comment a évolué l’artificialisation et quel visage a-t-elle aujourd’hui ? », MEDDTL,
18 janvier 2010, http://www.developpement-durable.gouv.fr/Comment-a-evolue.html
[24] « Les déterminants de l’étalement urbain », MEDDTL, 18 janvier 2010,
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-determinants-de-l-etalement.html
[25] « Les problèmes que pose l’étalement urbain et l’artificialisation des sols qui
l’accompagne ? », MEDDTL, 18 janvier 2010, http://www.developpement-
durable.gouv.fr/Lesproblemes-que-pose-l-etalement.html
[26] « Les outils pour limiter l’étalement urbain », MEDDTL, 18 janvier 2010,
http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-outils-pour-limiter-l.html
[27] « Faut-il lutter contre l’étalement urbain ? », Entretien avec Erich Charmes,
http://www.laviedesidees.fr/Faut-il-lutter-contre-l-etalement.html

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