0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues68 pages

Content

Transféré par

Gloire
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Thèmes abordés

  • systèmes de culture durables,
  • systèmes de culture de fèves,
  • changement climatique,
  • nutrition,
  • pratiques culturales,
  • systèmes de production,
  • technologies de stockage,
  • systèmes de culture de riz,
  • malnutrition,
  • impact socio-économique
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
14 vues68 pages

Content

Transféré par

Gloire
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Thèmes abordés

  • systèmes de culture durables,
  • systèmes de culture de fèves,
  • changement climatique,
  • nutrition,
  • pratiques culturales,
  • systèmes de production,
  • technologies de stockage,
  • systèmes de culture de riz,
  • malnutrition,
  • impact socio-économique

Légumes secs et exploitations

durables en Afrique subsaharienne


Légumes secs et exploitations durables
en Afrique subsaharienne

par

SIEGLINDE SNAPP
Department of Plant, Soil and Microbial Sciences
Université de l’État du Michigan
East Lansing, (les États-Unis d’Amérique)

MARYAM RAHMANIAN
Division de la production végétale et de la protection des plantes (AGP)
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Rome (Italie)

et

CATERINA BATELLO
Division de la production végétale et de la protection des plantes (AGP)
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Rome (Italie

Sous la direction de:

TEODARDO CALLES
Division de la production végétale et de la protection des plantes (AGP)
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Rome (Italie)

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE


Rome, 2018
Citation recommandée: Snapp, S., Rahmanian, M., Batello, C. 2018. Légumes secs et exploitations durables
en Afrique subsaharienne, sous la direction de T. Calles. Rome, FAO.

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui
y figurent n’impliquent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation
et l’agriculture (FAO) aucune prise de position quant au statut juridique ou au stade de
développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs autorités, ni quant au tracé de
leurs frontières ou limites. La mention de sociétés déterminées ou de produits de fabricants, qu’ils
soient ou non brevetés, n’entraîne, de la part de la FAO, aucune approbation ou recommandation
desdits produits de préférence à d’autres de nature analogue qui ne sont pas cités.

Les opinions exprimées dans ce produit d’information sont celles de l’auteur/des auteurs et ne
reflètent pas nécessairement les vues ou les politiques de la FAO.

ISBN: 978-92-5-130332-0

© FAO, 2018

La FAO encourage l’utilisation, la reproduction et la diffusion des informations figurant dans


ce produit d’information. Sauf indication contraire, le contenu peut être copié, téléchargé et
imprimé aux fins d’étude privée, de recherches ou d’enseignement, ainsi que pour utilisation
dans des produits ou services non commerciaux, sous réserve que la FAO soit correctement
mentionnée comme source et comme titulaire du droit d’auteur et à condition qu’il ne soit
sous-entendu en aucune manière que la FAO approuverait les opinions, produits ou services
des utilisateurs.

Toute demande relative aux droits de traduction ou d’adaptation, à la revente ou à d’autres


droits d’utilisation commerciale doit être présentée au moyen du formulaire en ligne disponible
à www.fao.org/contact-us/licence-request ou adressée par courriel à [email protected].

Les produits d’information de la FAO sont disponibles sur le site web de la FAO (www.fao.org/
publications) et peuvent être achetés par courriel adressé à [email protected].

Photographies de couverture (première et quatrième): © Sieg Snapp


iii

Table des matières


Avant-propos v
Remerciements vii
Abréviations, sigles et acronymes viii
Résumé ix
1. Introduction 1
1.1 Importance des légumes secs pour l’agriculture durable
et l’agroécologie 1
1.2 Importance des légumes secs dans la nutrition familiale 4
1.3 Importance des légumes secs en tant que source de
revenus 5
2. Légumes secs en Afrique 6
2.1 Classification des légumes secs 6
2.2 Culture des légumes secs en Afrique 10
2.3 Déterminants de la culture des légumineuses 12
2.4 Types de croissance des légumes secs / légumineuses
et services assurés 12
3. Légumes secs / légumineuses et systèmes agricoles
de niche 14
3.1 Présentation des systèmes agricoles de niche 15
3.2 Possibilités offertes par la génétique 19
3.2.1 Zones tropicales de climat chaud à très chaud et
semi-aride à subhumide 19
3.2.2 Zones tropicales de climat frais subhumide à humide 22
3.2.3 Hauts plateaux tropicaux 23
3.2.4 Zones tropicales humides 23
3.3 Possibilités en matière de gestion 24
3.3.1 Zones tropicales semi-arides 24
3.3.2 Zones tropicales subhumides à humides 26
3.5 Possibilités en matière de stockage et de technologie
des semences 27
4. Promotion des légumes secs et des légumineuses 29
4.1 Systèmes semenciers 29
4.2 Vulgarisation axée sur la promotion des légumineuses 31
4.3 Vulgarisation axée sur la gestion des cultures 32
iv

5. Priorités de recherche 33
5.1 Priorités de recherche sur les légumes secs des zones
tropicales semi-arides et subhumides 38
5.1.1 Haricot commun (Phaseolus vulgaris L.) 38
5.1.2 Niébé [Vigna unguiculata (L.) Walp.] 39
5.1.3 Arachide (Arachis hypogaea L.) 40
5.1.4. Pois d’Angole [Cajanus cajan (L.) Walp.] 41
5.2 Priorités de recherche sur les légumes secs des zones
tropicales humides 42
5.3 Priorités de recherche sur les légumes secs des hauts
plateaux tropicaux 43
5.4 Priorités de recherche sur les légumes secs dans
les systèmes rizicoles irrigués 43
5.5 Nouvelles orientations de recherche 43
6. Conclusions et recommandations 44
7. Recommandations clés 45
Références 46
v

Avant-propos

Les légumes secs font depuis longtemps partie des cultures de base des petits
exploitants agricoles d’Afrique subsaharienne. Le niébé [Vigna unguiculata
(L.) Walp.], par exemple, est utilisé depuis des millénaires en Afrique, et est
actuellement considéré comme le légume sec le plus important des zones arides
de l’Afrique tropicale. C’est l’une des plus anciennes plantes cultivées, elle est
capable de pousser dans des conditions difficiles (dans des sols sableux et en se
contentant de précipitations rares).
Les légumes secs, et les légumineuses en général, ont également joué un rôle
important dans la préservation de la santé des sols et l’amélioration des sols
africains pauvres en nutriments. Cependant, au fil du temps, les préférences
des consommateurs se sont portées vers les plantes amylacées principales
(riz, manioc, maïs, par exemple), qui font l’objet de vastes recherches et sont
soutenues par de nombreuses politiques dans le monde. La superficie de
terres arables consacrée aux légumes secs est bien inférieure à celle allouée aux
grandes céréales, ce qui a des conséquences néfastes sur l’équilibre nutritif des
sols du continent. Les légumes secs contribuent à améliorer la fertilité des sols
du fait de leur capacité à fixer biologiquement l’azote atmosphérique et, pour
certains d’entre eux, à améliorer le renouvellement biologique du phosphore.
Du fait de leur grande valeur nutritionnelle, les légumes secs occupent
une place importante dans une alimentation équilibrée et saine. Ils sont une
bonne source de protéines et de micronutriments (fer et zinc, par exemple). Ils
peuvent contribuer de manière essentielle à la lutte contre l’anémie ferriprive,
l’une des plus importantes carences en micronutriments constatées en Afrique
subsaharienne, et contre les carences protéo-énergétiques, à la fois quantitatives
et qualitatives, souvent à l’origine d’une malnutrition généralisée qui se
manifeste par le retard de croissance ou l’émaciation. En outre, les légumes
secs sont pauvres en graisses et riches en fibres alimentaires, lesquelles ont
pour effets, entre autres, de ralentir l’absorption des lipides, d’abaisser le taux
de cholestérol sanguin et de favoriser la digestion. Les avantages nutritionnels
des légumes secs peuvent jouer un rôle important dans la réduction de la
faim et l’amélioration de la santé humaine, et contribuer ainsi à la réalisation
des objectifs de développement durable des Nations Unies. Cependant, ces
avantages sont souvent sous-estimés, ce qui a amené l’Assemblée générale des
Nations Unies à déclarer l’année 2016 Année internationale des légumineuses,
initiative qui a pour objet de faire reconnaître la contribution des légumes secs
à l’agriculture durable, au bien-être humain et à l’environnement.
Au sein de la FAO, le Bureau régional pour l’Afrique (Ghana) et la
Division de la production végétale et de la protection des plantes (Siège de
l’Organisation, Rome) aident les pays à intensifier durablement la production
agricole en Afrique, et les légumes secs font souvent partie des actions menées
vi

dans ce cadre. Parmi les objectifs de l’initiative régionale intitulée Intensification


durable de la production et développement des chaînes de valeur en Afrique
figurent l’accroissement de la diversification de l’agriculture et la promotion
de pratiques culturales innovantes. Dans cette optique, on peut envisager
d’intégrer des légumes secs dans les systèmes de production de manioc, de
maïs et de riz, trois cultures très importantes puisqu’elles représentent 40
pour cent environ des denrées alimentaires sur le continent. Une meilleure
intégration des légumes secs contribue à l’intensification durable de ces
systèmes de production et au développement des chaînes de valeur.
Des recherches considérables ont été menées pour élaborer des stratégies
d’appui à la culture et à l’utilisation des légumes secs dans les petites
exploitations agricoles d’Afrique subsaharienne, et elles ont généré une
grande quantité de données, publiées ou non. Il manque toutefois une étude
faisant autorité dans ce domaine. Pour combler cette lacune et sensibiliser
à l’importance des légumes secs en Afrique subsaharienne, les auteures ont
rassemblé et synthétisé les informations disponibles dans le présent document,
qui fournit un état des lieux complet et présente les stratégies les plus à même
d’améliorer les systèmes de culture clés en Afrique subsaharienne.
La présente étude renforce les connaissances dont nous disposons sur les
légumes secs et les techniques qui y sont associées en Afrique subsaharienne,
et est également destinée à inciter à accroître leur utilisation dans la production
végétale. Elle constitue une référence utile pour les chercheurs, les agents de
vulgarisation, les responsables de l’élaboration des politiques et les donateurs.

Bukar Tijani Hans Dreyer


Sous-Directeur général Directeur
Représentant régional pour l’Afrique Division de la production végétale et de la
Bureau régional pour l’Afrique protection des plantes
Organisation des Nations Unies Organisation des Nations Unies
pour l’alimentation et l’agriculture pour l’alimentation et l’agriculture
vii

Remerciements

Nos sincères remerciements vont à tous les esprits visionnaires qui travaillent
aux côtés des agriculteurs, ou qui sont eux-mêmes agriculteurs, et dont le
dévouement contribue au développement d’une agriculture et de systèmes
alimentaires durables, communauté par communauté. Vos indications
précieuses et votre engagement ont été notre source d’inspiration pour cette
étude. L’auteur principal tient à remercier sincèrement Teodardo Calles,
qui s’occupe tout particulièrement des légumineuses, et qui a fait partie des
nombreuses personnes qui ont travaillé sans répit pour faire de l’Année
internationale des légumineuses une belle réussite. Mais il n’est qu’un exemple
de l’appui constant de tous les scientifiques et membres du personnel de
l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le
directeur de publication souhaite exprimer sa gratitude à Claudia Nicolai,
Diana Gutiérrez, Michela Baratelli, Ricardo del Castello, Maria Xisiti et
aux nombreuses autres personnes qui ont contribué à l’élaboration de cette
publication. Les auteures et le directeur de publication souhaitent remercier les
trois réviseurs externes anonymes, dont les suggestions ont permis d’apporter
des améliorations importantes au document final. L’auteure principale voudrait
remercier les membres de sa famille pour leur soutien et leur compréhension,
sans lesquels cette étude n’aurait pas vu le jour.
Les auteures et le directeur de publication adressent leurs remerciements à
Thorgeir Lawrence pour la révision finale du document aux fins de conformité
au style rédactionnel de la FAO, à Chrissi Smith pour la mise en page et à
Suzanne Redfern pour la maquette de la couverture.
viii

Abréviations, sigles et acronymes

C Carbone
CGIAR Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
FAO Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture
FBA Fixation biologique de l'azote
N Azote
ONG Organisation non gouvernementale
P Phosphore
PABRA Alliance panafricaine de recherche sur le haricot
PI Protection intégrée
QD Qualité déclarée
SDCL Système à double culture de légumineuses
ix

Résumé

En Afrique subsaharienne, l’insécurité alimentaire touche 153 millions de


personnes (soit 25 pour cent environ de la population). Le problème pourrait
encore s’aggraver du fait de la dégradation constante des sols entraînée par la
diminution du taux de matière organique et les apports insuffisants en éléments
nutritifs. Plus de 75 pour cent des terres agricoles africaines pourraient être
classées comme «dégradées» d’ici à 2020. Cette situation est susceptible de
mettre en péril la production alimentaire en Afrique subsaharienne, tant
que le plan quantitatif que qualitatif, ainsi que la durabilité des systèmes de
production agricole existants.
L’utilisation d’engrais pourrait renverser la tendance; or l’Afrique a
une capacité de production d’engrais presque inexistante (elle dispose
principalement d’installations qui effectuent des mélanges de produits
fertilisants). Les engrais proviennent d’autres régions que l’Afrique et sont
transportés à grands frais sur de longues distances. L’accès des agriculteurs
d’Afrique subsaharienne aux engrais est de ce fait très limité, ce qui accroît
encore le risque de dégradation des sols.
Appréciés pour leurs multiples avantages, les légumes secs sont cultivés
depuis longtemps en Afrique subsaharienne. Les légumes secs, et les
légumineuses en général, peuvent être très utiles du fait de leur capacité à
fixer biologiquement l’azote atmosphérique et à améliorer le renouvellement
biologique du phosphore; ils pourraient donc devenir la pierre angulaire de
l’agriculture durable en Afrique. À cet égard, un corpus de travaux publiés
souligne l’importance de la diversification des systèmes de production
existants, et notamment avec des légumineuses, qui apportent des services
environnementaux essentiels – en matière de lutte contre l’érosion du sol et
de reconstitution des stocks de nutriments des sols, par exemple. La présente
publication s’intéresse à certaines des stratégies prometteuses qui s’attachent
à promouvoir la culture et l’utilisation des légumineuses dans les petites
exploitations agricoles d’Afrique subsaharienne. Elle s’inscrit dans le sillage
de l’Année internationale des légumineuses, initiative ayant pour objet de
mettre en avant la contribution des légumes secs au bien-être de l’humain et à
l’environnement.
L’un des problèmes rencontrés à l’échelle mondiale tient au fait que les
statistiques ne reflètent pas bien la diversité des légumes secs. On ne sait
pas précisément quels légumes secs sont cultivés, ni où ils sont cultivés. De
ce fait, leur importance pour l’Afrique subsaharienne est sous-estimée, et
on a tendance à moins investir dans la recherche sur les légumineuses. Les
systèmes de production agricole existants sont dominés par les céréales,
et se prêtent donc bien à une diversification par l’utilisation de variétés
locales ou nouvelles de légumineuses. Le système de culture mixte basé sur
x

le maïs se développe rapidement et est un exemple de diversification de ce


type, notamment avec des variétés de haricot. Cela s’explique en partie par
le nombre élevé de variétés de haricots qui ont été mises au point, dans le
cadre de partenariats menés sur des décennies et soutenus par l’Alliance
panafricaine de recherche sur le haricot, afin de répondre aux demandes des
marchés locaux et régionaux. Ces recherches sur le haricot ont notamment
permis de lancer des activités pionnières de sélection végétale participative
et de vulgarisation, en association avec des organisations communautaires et
des chaînes de valeur participatives, et de s’intéresser aux systèmes semenciers
informels. Cet exemple montre comment la recherche sur les légumes secs
peut changer la donne pour les petites exploitations d’Afrique subsaharienne,
en élargissant l’éventail de possibilités offertes par la génétique et en soutenant
l’innovation. De nombreuses variétés privilégiées par les agriculteurs méritent
d’être mises en avant, de même que certaines techniques, telles que l’innovant
système à double culture de légumineuses (SDCL) récemment annoncé par
le Gouvernement malawien. Parallèlement, la présente étude met en évidence
un retard dans le lancement de variétés s’agissant de certains légumes secs et
la nécessité de mener sans délai de nouvelles recherches sur l’adoption, les
obstacles à l’adoption et l’impact de l’adoption de nouvelles variétés.
Parmi les priorités de recherche figurent les travaux destinés à mieux faire
connaître et à diffuser les propriétés associées aux types de légumes secs
polyvalents, qui sont très appréciés en Afrique subsaharienne. Les différents
types de légumes secs remplissent différentes fonctions et, de manière générale,
les légumes secs polyvalents sont ceux qui répondent le mieux aux divers
besoins des agriculteurs (produits alimentaires, combustible, fourrage et
services écosystémiques comme la pollinisation). Un compromis est nécessaire
entre l’indice de récolte et les autres fonctions, trop souvent négligées par les
chercheurs et les décideurs, qui ont tendance à se soucier presque exclusivement
de l’augmentation des rendements en graines. Une autre question sur laquelle il
faudrait se pencher sans délai est celle de la résistance aux organismes nuisibles
et des approches éducatives et conseils agronomiques visant à renforcer
la protection intégrée (PI) contre les ravageurs. Enfin, le rôle de certaines
légumineuses et de leurs propriétés biochimiques dans la promotion de la
santé des écosystèmes et des communautés est un domaine d’étude crucial, qui
apportera des solutions urgentes nécessaires aux agricultrices et à la pérennité
des communautés.
1

1. Introduction
L’Organisation des Nations Unies a proclamé l’année 2016 Année internationale
des légumineuses, et a ainsi donné une occasion exceptionnelle de déterminer
les contributions majeures apportées par cette famille de plantes et la manière
de les renforcer. On entend par «légumes secs» les légumineuses qui produisent
une graine sèche utilisée pour l’alimentation humaine ou animale (FAO, 1994).
Les légumes secs appartiennent à la famille des Leguminosae, ou Fabaceae,
troisième famille de plantes à fleurs, dans laquelle on trouve des espèces dotées
de caractéristiques uniques qui contribuent de manière essentielle aux moyens de
subsistance, à la nutrition et aux systèmes de production durables. Dans le monde
entier, les légumineuses participent à l’entretien de la fertilité des sols, ainsi qu’à la
production de produits végétaux et de fourrages diversifiés et riches en protéines.
Le présent rapport porte sur une étude de documents qui a permis
d’évaluer les solutions prometteuses offertes par les légumes secs en matière
de préservation de la sécurité alimentaire, de nutrition et de conservation de
l’environnement dans les petites exploitations agricoles africaines. Nous nous
sommes principalement intéressées aux cinq légumineuses les plus cultivées
en Afrique subsaharienne, à savoir le haricot commun (Phaseolus vulgaris L.),
le pois chiche (Cicer arietinum L.), le niébé [Vigna unguiculata (L.) Walp.],
l’arachide (Arachis hypogaea L.) et le pois d’Angole [Cajanus cajan (L.) Huth].
Cette étude se penche donc sur quatre espèces de légumes secs, ainsi que
sur l’arachide (qui n’est pas considérée comme un légume sec). Nous avons
sélectionné l’arachide du fait de sa très importante production en Afrique [près
de 14 millions de tonnes d’après la FAO (2016)], où elle représente la deuxième
légumineuse à graines et une source majeure de protéines d’origine végétale,
d’huile et de revenus pour de nombreux petits exploitants agricoles. Le même
raisonnement a motivé le choix des légumes secs et de l’arachide pour une
récente étude de la FAO consacrée au commerce régional des légumineuses
(Koroma et al., 2016).
Nous avons structuré cette étude autour des zones agroécologiques. Le
recensement des cultures de légumineuses et des systèmes de gestion a été
réalisé en fonction des systèmes agricoles de niche, des zones tropicales
arides aux zones tropicales humides. Les principales perspectives et lacunes
en matière de vulgarisation et de recherche ont également été examinées
en suivant cette structure. Pour terminer, nous avons exposé les solutions
recommandées en matière de promotion des cultures de légumineuses et
d’ajustement des politiques publiques.

1.1 Importance des légumes secs pour l’agriculture durable et


l’agroécologie
Les systèmes agricoles intégrés qui sont principalement fondés sur les
processus biologiques sont fondamentaux pour la production alimentaire
2 Snapp, Rahmanian et Batello

agroécologique (Marinus et al., 2016). Les légumineuses représentent la seule


solution de substitution aux engrais synthétiques, lesquels requièrent des
combustibles – pour leur production à l’aide du procédé Haber Bosch (engrais
azotés) – ou des ressources minières rares (engrais phosphorés) (Drinkwater
et Snapp, 2008). L’utilisation d’engrais est associée à de graves problèmes
environnementaux, notamment la présence de plus en plus fréquente d’espèces
végétales envahissantes, l’altération de la qualité de l’eau et la contribution aux
émissions de gaz à effet de serre, ainsi que l’apparition de «zones mortes» dans
de grandes étendues d’eau (Rockström et al., 2016). Il est également important
de noter que les engrais sont des produits très onéreux pour les agriculteurs
d’Afrique, continent dont la capacité de production de fertilisants est presque
inexistante. Les usines de production d’engrais en Afrique se limitent à
des activités de mélange de fertilisants produits sur d’autres continents et
transportés à grands frais sur de longues distances.
La dégradation des sols, problème mondial dû à des apports insuffisants
en éléments nutritifs et à la diminution des taux de matière organique,
menace la production alimentaire en Afrique et dans d’autres régions
(Bekunda, Sanginga et Woomer, 2010). D’après une étude, plus de 75 pour
cent des terres agricoles africaines seront classées comme «dégradées» d’ici
à 2020 (Scherr, 1999). Un corpus de travaux publiés souligne l’importance
de la diversification, notamment avec des légumineuses – groupe d’espèces
végétales qui apportent des services environnementaux essentiels, par exemple
en matière de lutte contre l’érosion des sols et de reconstitution des stocks
de nutriments de ces derniers (Fornara et Tilman, 2008; Powell, Pearson et
Hiernaux, 2004). S’agissant de la gestion intégrée des engrais, les techniques
reposant sur le taux matière organique dépendent à la fois directement et
indirectement de la présence de légumineuses, car les effluents d’élevage sont
une source importante d’amendements organiques, mais leur qualité et leur
quantité sont fonction de l’alimentation des animaux, et la qualité des aliments
pour animaux est elle-même tributaire des légumineuses (Snapp, Mafongoya et
Waddington, 1998). Des arguments solides montrent que, pour une agriculture
durable, il faut réserver une part substantielle des terres arables à la culture de
légumineuses (Barrios, Buresh et Sprent, 1996; Koutika et al., 2005). À cette fin,
on fait souvent appel à des polycultures ou à des systèmes de cultures mixtes
comprenant des légumineuses. Cependant, les caractéristiques biologiques et
le type de croissance des légumineuses sont également des facteurs importants.
Ainsi, une légumineuse caractérisée par une forte croissance végétative et une
longue durée de croissance sera très efficace sur le plan de la conservation des
sols et de l’amélioration de leur fertilité. À l’inverse, une légumineuse précoce,
à croissance rapide et à indice de récolte élevé, telle que le haricot nain, ne sera
pas très intéressante pour les sols. On peut avancer que, plus une légumineuse
a une durée de vie importante, plus elle contribuera à la remise en état des sols;
cet argument a été utilisé dans un appel récent à des solutions plus pérennes
aux défis agricoles en Afrique (Glover, Reganold et Cox, 2012). Parallèlement,
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 3

le contexte environnemental et socioéconomique détermine la proportion


de cultures de légumineuses, et les types de légumineuses choisis par les
agriculteurs. Le contexte influe également sur la proportion de légumineuses
qui sera nécessaire pour assurer des services environnementaux.
Les légumineuses sont essentielles à une production durable, du fait qu’elles
contribuent à la productivité des sols par des apports directs d’azote fixé
biologiquement et par des apports indirects d’azote provenant des effluents
d’élevage (Giller et Cadisch, 1995). Toutes les espèces de légumineuses n’ont pas
de relations symbiotiques avec les rhizobiums, mais ce caractère important est
commun à toutes les légumineuses cultivées. Si un système radiculaire est bien
nodulé, grâce à des rhizobiums efficaces, la quantité d’azote fixée est généralement
comprise entre 30 et 40 kg par tonne de biomasse produite (Peoples et al., 2009).
De nombreux facteurs influent sur la quantité d’azote fixé biologiquement, mais
la croissance de la plante est l’un des principaux (une fois la symbiose établie).
L’inoculation d’espèces rhizobiales appropriées dans des légumineuses est une
pratique agricole intéressante, notamment lorsque les rhizobiums autochtones
ne sont pas présents en quantité suffisante ou lorsqu’ils ne sont pas bénéfiques.
Tout dépend cependant des espèces cultivées car souvent, les légumineuses
autochtones ne répondent pas à l’inoculation. C’est le cas du niébé en Afrique.
Les légumineuses sont l’une des principales sources d’aliments de haute
qualité pour animaux, et sont essentielles à l’intensification durable des
systèmes d’élevage, et notamment des chaînes de valeur du secteur laitier et
des systèmes d’engraissement en milieu confiné. En outre, les légumineuses
sont l’une des composantes essentielles de toute initiative visant à diversifier
et à améliorer l’alimentation des animaux d’élevage qui ont accès à des
parcours ou à des pâturages. L’élevage en Afrique est en général plus extensif
qu’intensif, et beaucoup de travaux publiés se sont penchés sur la faisabilité
des cultures fourragères dans le contexte des petites exploitations africaines.
Les agriculteurs africains suivent en général des pratiques agricoles extensives
qui sont très éloignées de la nature intensive de la production fourragère et,
de fait, on estime que leur adoption des légumineuses fourragères est à ce jour
très faible, voire nulle (Sumberg, 2002).
Il existe des obstacles à l’adoption de pratiques agricoles qui nécessitent
d’investir dans une production végétale spécifiquement destinée à l’alimentation
animale – notamment la capacité à générer des revenus et des rendements
suffisants pour effectuer un tel investissement; ce sont souvent les chaînes de
valeur du secteur laitier ou de la production de viande de grande valeur qui
sont en mesure de le faire (Tarawali et al., 1999). Cependant, la mise au point de
techniques rentables n’est pas la seule difficulté. Il apparaît clairement nécessaire
de mener des recherches pour comprendre les autres obstacles, et déterminer les
niches socioéconomiques dans lesquelles les cultures fourragères et les cultures
polyvalentes pourraient offrir des perspectives intéressantes aux agriculteurs.
Des questions importantes, telles que les préférences des agriculteurs et les
techniques de ciblage, doivent être prises en compte dans le cadre de domaines
4 Snapp, Rahmanian et Batello

de recommandation et/ou d’une meilleure compréhension de la demande


(Sumberg, 2002). Les résidus de cultures de légumineuses utilisés comme
fourrage ont été présentés comme l’une des options techniques envisagées pour
améliorer la qualité des aliments pour animaux tout en assurant aux agriculteurs
des revenus convenables du fait de la double utilisation des légumineuses
(comme culture vivrière ou commerciale et comme source de fourrage)
(Powell, Pearson et Hiernaux, 2004). Le recyclage des éléments nutritifs issus
des légumineuses via l’ingestion par les animaux et la gestion des effluents
nécessite en outre d’investir dans des connaissances, des infrastructures et des
moyens de transport. L’adoption des légumineuses implique donc plusieurs
étapes, notamment si cette pratique est envisagée dans le cadre d’un processus
d’intensification des cultures et de l’élevage et de développement agricole.

1.2 Importance des légumes secs dans la nutrition familiale


L’un des objectifs primordiaux en matière de développement durable est
de mettre fin à toutes les formes de malnutrition, et notamment de réduire
sensiblement le retard de croissance chez l’enfant. Le manque de protéines,
problème très répandu en Afrique, est à l’origine de l’une des formes
de malnutrition les plus pernicieuses. Les légumineuses alimentaires sont
particulièrement appréciées pour leurs produits riches en nutriments,
notamment la graine et, très souvent, la partie végétale (feuilles et gousses)
(Dixon et Sumner, 2003). Les produits végétaux à teneur élevée en protéines
issus des légumineuses sont également utilisés pour l’alimentation animale.
Ces produits comprennent les tiges, les feuilles, ainsi que les gousses et les
graines mûres ou immatures. Les avantages nutritionnels des légumineuses
ne s’arrêtent pas à la teneur élevée en protéines. Ces plantes apportent
également un complément unique d’acides aminés (tryptophane et lysine,
notamment) (Asif et al., 2013). Ces acides aminés sont très peu présents dans
les céréales. Celles-ci présentent également une teneur insuffisante en zinc et
en acide folique (importante source de fer), contrairement à la plupart des
produits issus des légumineuses. Les légumineuses alimentaires sont donc très
complémentaires des céréales, lesquelles constituent la plus grande source de
calories dans les régimes alimentaires du monde entier.
Les légumes secs apportent la diversité alimentaire nécessaire. Ils contribuent
ainsi de manière cruciale à la nutrition humaine, en offrant une source
extrêmement importante de protéines, de divers acides aminés et de vitamines
du groupe B, de fer, de zinc, de magnésium et de calcium (Messina, 1999). La
diversité des acides aminés est essentielle, car les combinaisons d’acides aminés
qui entrent dans la composition des protéines des céréales et dans celles des
légumineuses sont à la base de régimes alimentaires équilibrés dans le monde
entier, notamment dans les régions où la nutrition des familles est dépendante
de produits alimentaires d’origine végétale. Les composés phytochimiques et
les fibres alimentaires figurent également parmi les avantages nutritionnels
d’une alimentation riche en légumineuses.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 5

La teneur élevée en nutriments des légumineuses tient à leurs propriétés


complexes et très particulières au plan biochimique. Au cours de l’évolution,
de nombreuses légumineuses ont développé des ensembles uniques de
composés biochimiques, qui sont autant de mécanismes de défense face à
la préférence manifestée par les insectes et d’autres animaux pour les tissus
riches en nutriments et, dans certains cas, de mécanismes d’adaptation
au stress dans des environnements marginaux (Cullis et Kunert, 2016). Il
n’est donc pas surprenant de trouver dans les graines et autres produits
alimentaires issus des légumineuses à la fois des propriétés antinutritionnelles
et nutritionnelles. Il s’agit notamment d’inhibiteurs d’enzyme, de lectines, de
polyphénols et, dans certains cas, de tanins (Odeny, 2007). De tels composés
sont souvent associés à une moindre valeur nutritionnelle des aliments, car ils
entraînent une diminution de la digestibilité, ainsi que de la biodisponibilité
de certains minéraux. Un traitement des graines de légumineuses par des
moyens mécaniques ou biologiques (fermentation, par exemple) ou par la
chaleur est souvent nécessaire pour éliminer ces propriétés antinutritionnelles
(Deshpande et al., 1982) et améliorer la biodisponibilité de certains minéraux.
La sélection végétale joue également un rôle important, et a notamment permis
de mettre au point des cultivars de légumes secs présentant une teneur élevée
en micronutriments. Parallèlement, il est indispensable de tenir compte des
préférences des agriculteurs dans le contexte de l’amélioration des propriétés
nutritionnelles. L’histoire de l’amélioration des haricots en Afrique offre un
bon exemple. Les recherches menées sur les haricots des Andes se sont révélées
déterminantes – le germoplasme andin est à l’origine d’un type de graine d’une
grosseur et d’une qualité qui a emporté l’adhésion d’une écrasante majorité
d’agriculteurs en Afrique subsaharienne. L’attention portée à ce germoplasme
auparavant négligé a été cruciale pour l’introduction de haricots à plus forte
teneur en fer, en zinc et en phosphore (Cichy et al., 2009).
On sait qu’il peut être difficile de démontrer les incidences des légumineuses
sur la nutrition des familles, étant donné que le type d’alimentation a une
incidence sur la santé et la nutrition par de nombreuses voies, directes et
indirectes. C’est la raison pour laquelle peu d’études se sont penchées sur
cette question importante. L’une d’elles, menée en Ouganda, a montré que la
promotion de cultivars de haricots améliorés avait fait progresser la sécurité
alimentaire – mais pas les revenus (Larochelle et al., 2015). Une autre étude,
réalisée dans le nord du Malawi, a permis de constater une diminution
du retard de croissance chez l’enfant dans les villages où des recherches
participatives associant éducation nutritionnelle et diversification des cultures
de légumineuses avaient été menées (Bezner-Kerr, Berti et Shumba, 2011). Ces
observations appellent clairement des recherches supplémentaires.

1.3 Importance des légumes secs en tant que source de revenus


Le rôle des légumineuses à graines dans les systèmes agricoles africains est
multidimensionnel, et de nombreux légumes secs représentent une source
6 Snapp, Rahmanian et Batello

de revenus importante, car ils se vendent à bon prix sur les marchés locaux
ou internationaux. Le prix est souvent lié à la nature nutritive des graines de
légumineuses (forte teneur en protéines, compléments en acides aminés sans
équivalent et composés biochimiques spécifiques variant selon les espèces).
Parallèlement, une enquête auprès des ménages malawiens a montré que
les agriculteurs ne dégageaient pas toujours un profit de leurs ventes de
légumineuses, du fait de la main-d’œuvre nécessaire, des problèmes d’accès à
des semences de qualité et des variations énormes des prix des légumineuses
(Snapp et al., 2002). En outre, des études réalisées en Inde ont permis de
constater que les prix des légumineuses étaient rarement réglementés ou
soutenus par les pouvoirs publics et qu’ils variaient considérablement d’un
marché à l’autre et dans le temps – variations qui contrastent avec la stabilité
générale des prix des céréales (Rao, 2000). Des études de marché seront
nécessaires pour évaluer dans quelle mesure les légumineuses peuvent être
considérées comme pouvant être vendues à un prix plus élevé – que les céréales
de base –, pour mesurer les fluctuations des prix et pour déterminer en quoi
ceci est de nature à inciter les agriculteurs à cultiver des légumineuses.
La manutention après récolte ainsi que le stockage et la transformation sont des
aspects essentiels des chaînes de valeur des graines de légumineuses. Ils ont tous
d’importantes incidences sur le potentiel de création de revenus. Une attention
particulière doit être portée à la sensibilisation à ces questions, ainsi qu’aux
infrastructures qui permettent aux petits exploitants de participer aux différents
stades de la chaîne de valeur des légumineuses. Cela est particulièrement vrai
pour les agricultrices. L’encadré 1 souligne les avantages – et les défis – liés à une
activité de transformation du niébé en un en-cas nutritif. En Afrique de l’Ouest,
ce type d’activité peut être une source importante de revenus agricoles.

2. Légumes secs en Afrique


2.1 Classification des légumes secs
Cette section propose une brève introduction à la classification des
légumineuses, ainsi qu’une présentation de la culture et de l’utilisation des
légumineuses en Afrique. Elle fournit les éléments de contexte importants
associés à cette étude.
La famille des Leguminosae se scinde en trois sous-familles: Caesalpinioideae,
Mimosoideae et Papilionoideae (Lewis et al., 2005). D’après cette source, la
sous-famille des Papilionoideae est la plus importante, avec 28 tribus. Elle
comprend toutes les espèces considérées comme des légumes secs, ainsi que
d’autres légumineuses à graines importantes. Comme indiqué au tableau 1,
d’après la FAO (1994), le terme «légume sec» désigne le grain sec issu du
haricot (différentes espèces de Phaseolus et de Vigna), du pois cultivé (Pisum
sativum L.), du pois d’Angole, du niébé, du pois chiche, de la lentille (Lens
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 7

Encadré 1
Niébé en Afrique de l’Ouest: défis et possibilités

Le niébé est une «graine en or» pour de nombreuses entrepreneuses en Afrique


de l’Ouest, qui l’utilisent pour préparer un beignet frit doré appelé «kosai». Ce
beignet nutritif vient compléter les céréales de base en apportant des protéines
de grande qualité (lesquelles représentent, en poids, 25 pour cent environ de la
graine de niébé). Les revenus tirés de cette activité dépendent de l’expérience
de l’agricultrice / chef cuisinière / responsable de la commercialisation, et de la
demande locale de kosai, mais les recettes qu’elle génère sont bien supérieures
au salaire minimum. La demande de niébé, comme en-cas et source de protéines
de base, est en constante augmentation. Sa production en Afrique de l’Ouest,
du Niger au Nigéria, a progressé d’environ 10 pour cent par an sur la dernière
décennie. Parmi les nouvelles variétés de niébé, on trouve un certain nombre de
variétés à double usage très appréciées, qui constituent des sources extrêmement
importantes de fourrage de grande qualité pour l’engraissement des animaux
d’élevage. Elles offrent ainsi une nouvelle possibilité de création de revenus, car
l’engraissement des animaux en prévision des fêtes religieuses est une source
relativement stable de revenus agricoles en Afrique de l’Ouest, dans un contexte
marqué par l’irrégularité des précipitations et les fluctuations des marchés. La
production de niébé pose de nombreux défis, car une plante aussi nutritive est une
proie de choix pour les ravageurs comme les pucerons et les foreurs des gousses.
Des problèmes liés à des niveaux dangereux de résidus de pesticides dans le niébé
ont été mis en évidence et soulignent l’urgence de renforcer la sensibilisation à des
moyens de lutte moins toxiques contre les ravageurs. Il est clairement nécessaire
de mettre au point des variétés plus résistantes aux ravageurs et d’encourager des
méthodes de stockage non toxiques, telles que les sacs «PIC».

culinaris Medik.), de la fève (Vicia faba L.), du lupin (différentes espèces de


Lupinus L.), de la vesce commune (Vicia sativa L.), du pois bambara [Vigna
subterranea (L.) Verdc.] et des légumes secs NDA1 (catégorie regroupant
des espèces d’importance mineure au plan international). Parmi les autres
légumineuses cultivées en Afrique, on peut citer le soja [Glycine max (L.)
Merr.], l’arachide et de nombreuses espèces fourragères comme la luzerne
brésilienne [Stylosanthes guianensis (Aubl.) Sw.] et le faux mimosa [Leucaena
leucocephala (Lam.) de Wit].
La présente étude porte sur le haricot commun, le pois chiche, le niébé et le
pois d’Angole, ainsi que sur l’arachide, légumineuses de base cultivées dans les
petites exploitations africaines. Elle s’intéresse également à des légumineuses
qui sont cultivées de manière plus occasionnelle en Afrique, mais qui sont

1 «Non désigné ailleurs».


8 Snapp, Rahmanian et Batello

Tableau 1. Classification des légumes secs d’après la FAO (1994)


Code FAO Produit Notes1

176 Haricots (secs) Cette catégorie générale comprend les espèces suivantes: 1) haricot commun
(Phaseolus vulgaris), 2) haricot de Lima (Phaseolus lunatus), 3) haricot d'Espagne
(Phaseolus coccineus), 4) haricot tépary (Phaseolus acutifolius), 5) haricot adzuki
(Vigna angularis), 6) haricot velu de la Basse Nubie (Vigna radiata), 7) haricot
urd (Vigna mungo), 8) haricot riz (Vigna umbellata) et 9) haricot mat (Vigna
aconitifolia).
191 Pois chiches Cette catégorie ne comprend que le pois chiche (Cicer arietinum).
187 Pois (secs) Cette catégorie ne comprend que le pois (Pisum sativum).
195 Niébé (sec) Cette catégorie ne comprend que le niébé (Vigna unguiculata).
201 Lentilles Cette catégorie ne comprend que la lentille (Lens culinaris).
197 Pois d'Angole Cette catégorie ne comprend que le pois d'Angole (Cajanus cajan).
181 Fèves Cette catégorie ne comprend que la fève (Vicia faba).
210 Lupins Cette catégorie comprend plusieurs espèces appartenant au genre Lupinus L.
205 Vesces Cette catégorie ne comprend que la vesce commune (Vicia sativa).
203 Pois bambara Cette catégorie ne comprend que le pois bambara (Vigna subterranea).
211 Légumes secs, Cette catégorie générale comprend des espèces qui revêtent une importance
NDA2 mineure au niveau international: 1) dolique d'Égypte (Lablab purpureus),
2) pois sabre (Canavalia ensiformis), 3) pois ailé (Psophocarpus tetragonolobus),
4) guar (Cyamopsis tetragonoloba), 5) pois mascate (Mucuna pruriens) et 6) pois
tubéreux africain (Sphenostylis stenocarpa).
1. Les noms scientifiques proviennent de la base de données taxonomiques actualisée Tropicos (MBG, 2016).
2. «Non désigné ailleurs».

souvent importantes à l’échelle locale. Vous en trouverez une description plus


détaillée ci-après. Il est important de noter que les légumineuses sont souvent
cultivées à plusieurs fins – fourrage, combustible ligneux, produits à usage
médicinal, vente directe et alimentation humaine. Le soja est également une
légumineuse qui prend de plus en plus d’importance dans toute l’Afrique, mais
cette plante est rarement utilisée en tant que produit alimentaire et a fait l’objet
d’autres analyses (Gasparri et al., 2016); elle n’a donc pas été intégrée dans la
présente étude.
En 1994, la FAO a publié des catégories pour faciliter l’établissement
de rapports sur les légumes secs, lesquelles n’ont pas évolué de manière
substantielle depuis lors (tableau 1). Ce système de classification comprend
huit éléments clairement définis (espèces uniques) et trois classes regroupant
plusieurs espèces («haricots (secs)», «lupins» et «légumes secs NDA»).
L’utilisation de ces classes regroupant plusieurs espèces est source de confusion.
La catégorie des «haricots (secs)», par exemple, conduit à faire entrer le haricot
velu de la Basse Nubie [Vigna radiata (L.) R. Wilczek] et le haricot commun
dans une seule et même classe, alors que ces plantes appartiennent à des genres
distincts et sont associées à des niches environnementales et commerciales assez
différentes. La confusion augmente encore du fait que certains utilisateurs des
statistiques de la FAO partent du principe que la catégorie «haricots (secs)»
comprend uniquement les espèces de Phaseolus (comme cela était prévu à
l’origine) ou, ce qui est plus problématique, uniquement les espèces de haricot
commun couramment cultivées (Deshpande et al., 1982; Eitzinger et al., 2016).
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 9

Les problèmes entraînés par ce flou dans la nomenclature sont légion, et


de nombreuses plantes sont rattachées à un même type de «haricot» alors
qu’elles n’ont pas de liens étroits entre elles. On ne dispose donc que d’un
suivi incomplet et imprécis des légumineuses qui sont cultivées et de l’endroit
où elles sont cultivées. Cette situation est peut-être l’un des facteurs qui
expliquent que l’importance et la diversité des légumineuses utilisées dans
le monde sont mal évaluées. En effet, ces problèmes de classification ont
entraîné des communications de données insuffisantes et, au final, un sous-
investissement dans la recherche, la vulgarisation et des politiques tenant
compte de la place des légumineuses dans les systèmes de production agricole.
Il est difficile de déterminer dans quelle mesure ce flou dans la nomenclature
est révélateur du manque d’attention portée à cette famille de plantes, ou si
elle en est la cause. Le suivi inadéquat des légumineuses qui sont cultivées
et de l’endroit où elles sont cultivées, le réel manque d’études sur l’adoption
et l’absence générale d’investissements dans l’amélioration des légumineuses
figurent parmi les constatations surprenantes issues d’une récente étude
portant sur les recherches du CGIAR sur les légumineuses (Pachico, 2014).
L’un des facteurs importants qui contribuent à ce qui apparaît comme une
sous-représentation des légumineuses dans les statistiques agricoles est le fait
que de nombreuses espèces sont exploitées comme cultures intercalaires par
les petits exploitants dans le monde entier. Les systèmes de polyculture et les
cultures destinées à la consommation locale sont souvent négligés au profit
des monocultures, notamment de produits qui sont vendus sur les marchés
d’exportation (produits de base). De nombreuses légumineuses tropicales
entrent dans la catégorie générale «non désigné ailleurs» ou «haricot», et ne
font pas l’objet d’un suivi individuel. C’est notamment le cas du pois mascate
[Mucuna pruriens (L.) DC.], du dolique d’Égypte [Lablab purpureus (L.) Sweet]
et du pois tubéreux africain [Sphenostylis stenocarpa (Hochst. ex A. Rich.)
Harms], du haricot de Lima (Phaseolus lunatus L.) et du haricot d’Espagne
(Phaseolus coccineus L.). Ces «légumineuses mineures» sont principalement
cultivées sur de petites exploitations, pour la consommation familiale ou la
vente sur les marchés locaux. Cela pourrait contribuer à expliquer le manque
de suivi et la médiocrité des statistiques sur de nombreuses légumineuses
que nous avons évoqués ci-dessus. Ces facteurs, pris dans leur ensemble,
nous conduisent à soulever un problème constant de sous-représentation des
légumineuses mineures dans les statistiques nationales de production agricole,
qui expliquerait pourquoi ces cultures ont rarement figuré parmi les priorités
d’investissement dans la recherche. D’aucuns ont récemment suggéré d’utiliser
des outils génomiques pour caractériser et améliorer ces cultures, mais cela
nécessiterait des investissements très importants, car elles ont fait l’objet de
très peu de recherches jusqu’à aujourd’hui (Cullis et Kunert, 2016).
Une étude qui a fait date a mis en évidence plus de deux cents légumineuses
tropicales qui justifieraient des recherches du fait du rôle qu’elles pourraient
jouer dans le développement agricole (NAS, 1979). La présente étude
10 Snapp, Rahmanian et Batello

ne couvre qu’une petite partie de ces espèces, à savoir celles qui étaient
traditionnellement cultivées dans la majeure partie de l’Afrique, mais qui ont été
négligées ces dernières années. On sait que la base de ressources génétiques des
légumineuses tropicales est gigantesque, et qu’elle mériterait une plus grande
attention de la part des obtenteurs. Cela appelle des recherches d’une portée
bien plus importante que celle des études actuelles, qui se limitent souvent à
identifier une nouvelle résistance aux agressions biotiques et abiotiques en vue
de la transférer à une petite sélection de variétés. C’est le cas du haricot tépary
(Phaseolus acutifolius A. Gray) qui est étudié pour sa tolérance à la sécheresse
et à la chaleur, mais dans un but d’amélioration génétique du haricot commun
(Beebe et al., 2011). Il faudrait d’urgence des efforts de recherche soutenus,
dotés de ressources suffisantes, pour améliorer les légumineuses tropicales
mineures elles-mêmes (Cullis et Kunert, 2016).

2.2 Culture des légumes secs en Afrique


La situation de la production de légumes secs en Afrique est difficile à évaluer;
comme nous l’avons évoqué plus haut, les statistiques agricoles mondiales
sont particulièrement lacunaires s’agissant des légumineuses. Cela est dû en
partie à l’énorme diversité des espèces de légumineuses; celles-ci sont en outre
souvent cultivées dans le cadre de systèmes de cultures mixtes ou intercalées,
ce qui conduit parfois à les négliger au profit de la céréale ou de la plante
racine également présente. On constate aussi des problèmes de définition
dans les statistiques agricoles: de nombreuses espèces sont mal identifiées ou
classées dans des catégories générales composées d’espèces assez différentes. Il
y a en effet un flou considérable dans la nomenclature au niveau local comme
au niveau international; des noms comprenant les termes «haricot» et «pois»
sont souvent utilisés de manière interchangeable pour désigner des espèces
complètement différentes, qui sont de ce fait intégrées de manière inappropriée
dans les statistiques. Ce problème concerne les publications techniques et
l’ensemble de la chaîne de production des légumineuses, du champ au marché.
Il est urgent d’étudier la distribution des germoplasmes de légumineuses – y
compris les variétés cultivées, et les endroits où elles sont cultivées. Les lacunes
dans les connaissances sur les légumineuses sont énormes, et le retard pris par
rapport aux autres cultures alimentaires est considérable (Pachico, 2014).
De manière générale, la consommation de légumes secs a diminué dans
les régions à revenu élevé (Amériques et Europe, par exemple). En Afrique,
en revanche, la zone de production de légumes secs continue de s’étendre, à
un rythme rapide dans certains cas (figure 1). Cette expansion pourrait être
largement «tirée» par la demande du marché, aux niveaux local et international
(Koroma et al., 2016). On peut notamment citer à titre d’exemple la croissance
constante de la superficie consacrée à la production de haricots. Les superficies
ensemencées en niébé et en arachide ont diminué dans les années 80, avant
d’augmenter de nouveau. Aujourd’hui, elles sont en expansion rapide dans toute
l’Afrique. La culture du pois d’Angole et du pois chiche est principalement
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 11

Figure 1
Superficie du continent africain consacrée à la production de cinq légumineuses,
de 1961 à 2014

14

12
Superficie (million d’hectares)

10

8 Haricot
Pois chiche
6 Niébé
Arachide
Pois d’Angole
4

0
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010 2020
Durée (annéés)
Source: statistiques de la FAO sur la production végétale: http://faostat.fao.org/beta/fr/#data

limitée à des régions spécifiques d’Afrique australe et orientale, et notamment à


l’Éthiopie pour le pois chiche. La superficie consacrée à la culture du pois chiche
est restée de manière générale inchangée, même si les rendements ont augmenté
récemment, notamment en Éthiopie (FAO, 2014). Le pois d’Angole est cultivé
depuis de nombreuses années, mais seulement sur de petites superficies en
Afrique (figure 1). Les données disponibles pourraient en partie refléter la
sous-estimation de cette plante qui est presque toujours utilisée comme culture
intercalaire associée au maïs ou, dans certains cas, au sorgho ou à d’autres
cultures. Les cultures associées sont donc susceptibles d’être sous-estimées dans
les statistiques agricoles. Parallèlement, la superficie occupée par le pois d’Angole
augmente rapidement dans de grandes régions du Malawi, de la République-Unie
de Tanzanie et du Mozambique (Walker et al., 2015). On constate une forte
demande d’espèces de légumineuses mineures dans certains endroits, comme en
témoignent le prix de vente élevé du dolique d’Égypte (N. Miller, entretien, 2016)
et les nouveaux marchés qui s’ouvrent au pois mascate en relation avec les ventes
aux enchères de chèvres au Zimbabwe (Kee-Tui et al., 2015).
Les rendements des légumes secs n’ont pas vraiment suivi le rythme
d’expansion des superficies des systèmes de culture. Cela implique que
l’accroissement de la superficie consacrée aux légumineuses n’est dû qu’en
partie à l’augmentation de la demande. Les systèmes agricoles extensifs qui
12 Snapp, Rahmanian et Batello

continuent de dominer en Afrique pourraient être l’un des principaux facteurs


expliquant l’augmentation de la superficie occupée par les légumineuses, car on
n’observe d’intensification des cultures que dans quelques régions seulement.
Le système de production mixte maïs-haricot que l’on trouve dans la zone sud
du centre de la République-Unie de Tanzanie et dans la plus grande partie de
l’Afrique australe est un exemple d’intensification qui permet d’augmenter les
rendements de légumineuses, parallèlement à ceux du maïs (Blackie et Dixon,
2016).

2.3 Déterminants de la culture des légumineuses


Les agriculteurs choisissent souvent les cultures qu’ils pratiquent en fonction
des préférences alimentaires de la famille, de facteurs culturels, d’impératifs
liés à la sécurité alimentaire et des débouchés commerciaux. Parmi les autres
facteurs importants qui influent sur les types de légumineuses cultivés figurent
la connaissance des pratiques de production et des pratiques post-production,
ainsi que l’accès aux semences (Mhango, Snapp et Kanyama-Phiri, 2013).
On constate un certain nombre d’obstacles à la production de légumineuses,
notamment l’accent mis sur les céréales et les cultures de rapport, d’où les
légumineuses sont souvent absentes, comme le montrent les priorités retenues
par nombre de pays et d’institutions de recherche (Isaacs et al., 2016b). La
nécessité de répondre sans délai aux besoins en calories avec de petites surfaces
cultivées explique en partie l’attention généralement portée aux céréales.
Une approche reposant sur la chaîne de valeur considère cette dernière
dans son ensemble, et cherche à améliorer les technologies, les connaissances
et les infrastructures à toutes les étapes, de la plantation à la production de
graines, sans oublier la transformation après récolte et la commercialisation
(Steele, 2011). Ce type d’approche a permis aux agriculteurs et aux groupes
d’agriculteurs d’exploiter différentes possibilités: vente directe de légumineuses
de haute valeur (arachide, par exemple) ou vente en vue d’un stockage ou
d’une transformation, et liens avec les marchés locaux, régionaux et mondiaux
(haricot commun et pois d’Angole, par exemple) (Kaoneka et al., 2016). Les
approches de vulgarisation et les moyens de soutenir le développement des
systèmes semenciers formels et informels sont examinés plus loin, dans la
section consacrée à la promotion de la culture des légumineuses en Afrique.

2.4 Types de croissance des légumes secs / légumineuses et


services assurés
Le type de croissance de la légumineuse détermine les types de services
qu’elle assure. Les légumineuses cultivées vont de plantes à cycle court (deux
à trois mois) à des plantes dont le cycle peut durer deux ans ou davantage.
Les légumineuses qui ont un cycle court et qui offrent des rendements élevés
en graines contribuent à la sécurité alimentaire, mais n’augmentent pas les
niveaux d’azote dans les sols (Giller et Cadisch, 1995). D’autres types très
différents de légumineuses ont un cycle de vie long (croissance sur 6 à 9 mois
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 13

ou davantage) et produisent de grandes quantités de biomasse, offrant ainsi


de multiples avantages. Ces plantes développent des systèmes radiculaires
profonds et un vaste appareil symbiotique qui contribuent à la fixation
biologique de l’azote (FBA) et à la mobilisation du phosphore pendant de
nombreux mois, et renforcent ainsi la fertilité des sols. Ce type de légumineuse
à cycle long produit souvent de grandes quantités de biomasse en surface, qui
est utilisée comme fourrage mais qui contribue aussi à l’alimentation humaine,
à la génération de revenus et à l’augmentation de la fertilité des sols.
Un certain nombre d’espèces de légumineuses présentent une capacité
exceptionnelle à accroître la solubilisation du phosphore, mécanisme
important pour l’amélioration de la fertilité des sols (Drinkwater et
Snapp, 2008). Les exsudats racinaires des légumineuses améliorent le
renouvellement biologique du phosphore dans certains types de sol, en
transformant les réserves de phosphore «peu disponibles» en réserves
«solubles» assimilables par d’autres plantes. Ces mécanismes dépendent des
espèces, mais sont notamment observés avec de nombreuses légumineuses
alimentaires tropicales, telles que le pois chiche, l’arachide et le pois d’Angole
(Richardson et al., 2011).
La gestion des résidus est un aspect largement méconnu et négligé,
néanmoins important, des contributions des légumineuses à l’agriculture
mondiale. La modélisation du bilan du carbone terrestre nécessite de
s’intéresser aux pratiques agricoles, et un certain nombre d’études ont mis
en évidence l’incertitude engendrée par de grandes inconnues, telles que
l’ampleur et l’intensité de l’utilisation des résidus de récolte (Bondeau et al.,
2007). Il y a aussi des compromis à prendre en compte, en général dans les
zones agroécologiques caractérisées par une production primaire nette élevée
des cultures, avec les résidus y associés. Ces zones sont également celles où
les résidus de récolte sont utilisés pour l’alimentation des animaux d’élevage
ou d’autres usages (combustible, par exemple), ce qui en laisse peu pour
l’amendement des sols. Les sols bénéficient donc moins des résidus produits
dans les environnements à régime de précipitations mésique, à potentiel
élevé; quant aux environnements marginaux à faible potentiel, où les résidus
sont rarement prélevés, la quantité utilisable est peu importante, étant donné
que la croissance primaire des cultures et des résidus est faible (Valbuena et
al., 2012).
Les services que peuvent assurer les légumineuses sont nombreux, et nous
venons de présenter quelques-uns de leurs principaux avantages. Nous avons
souligné la relation entre le type de croissance et les services assurés, ainsi que
l’importance de la gestion pour maximiser les bénéfices de l’intégration des
légumineuses. Cependant, l’adoption des légumineuses dépend dans une large
mesure du contexte, notamment de l’environnement socioéconomique et des
conditions biophysiques. Nous allons maintenant examiner les légumineuses
appropriées aux différents systèmes agricoles de niche, le contexte étant l’un
des principaux critères de sélection favorisant l’adoption.
14 Snapp, Rahmanian et Batello

3. Légumes secs / légumineuses


et systèmes agricoles de niche
L’introduction d’un plus large éventail de variétés est un volet essentiel des
initiatives visant à aider les agriculteurs à mener des expérimentations et à
encourager la production de légumineuses. Les cultivars modernes et les
variétés locales traditionnelles peuvent être considérés comme deux sources
importantes de diversité. En encourageant des essais participatifs d’une grande
diversité de variétés sur le lieu d’exploitation, il est possible d’introduire
dans une communauté ou une famille agricole des légumineuses dotées
de caractères génétiques nouveaux ou manquants, à des fins telles que la
résistance aux maladies ou la tolérance de types de sol pauvres. Cet accès à un
large éventail de germoplasmes permettra aux exploitations de se diversifier,
surtout s’il s’accompagne d’une sensibilisation à l’importance de la diversité
et à l’agroécologie. Cependant, il n’est pas possible de cultiver toutes les
légumineuses dans tous les environnements. C’est la raison pour laquelle nous
avons opté pour une approche consistant à analyser les niches biophysiques et
Tableau 2. Niches écologiques des systèmes agricoles, et variétés de légumineuses associées qui ont
fait l’objet d’essais et qui sont prêtes à être diffusées dans le cadre d’actions de vulgarisation. Des
détails supplémentaires sont fournis au tableau 3.
Niche Génétique Système agronomique Gestion agronomique Après récolte
Zone aride Variétés locales de Niébé-millet et niébé-
niébé+1, adaptées sorgho
aux milieux difficiles,
alimentation et
fourrage
Zone semi-aride Niébé précoce2 Niébé tolérant Préparation des EPA
céréalière l'ombre, culture relais semences
Niébé+ Systèmes
Variétés d'arachide semenciers -
résistantes aux niébé
maladies
Niébé – sacs PIC
Mixte-maïs Haricot précoce Culture intercalaire Systèmes mixtes Arachide
de haricot tolérant céréale-légumineuse
l'ombre et microdosage des Sacs PIC
engrais EPA4
Recépage - pois
d'Angole
SDCL3 pois d'Angole-
arachide
Haut plateau Pois d'Angole+
tropical
Zone tropicale Haricot résistant aux Traitement des
humide maladies et haricot de semences de haricot
Lima (notamment pour les
sols lourds)
1. Les légumineuses à graines polyvalentes (souvent appelées «légumineuses à double usage») sont désignées ici par le
signe + (type indéterminé de niébé, par exemple). Les sélections locales de pois d'Angole ont été abrégées.
2. Les variétés de niébé, d'arachide et de haricot à maturation précoce ont été désignées comme «précoces».
3. SDCL: Système à double culture de légumineuses, associant la culture de deux légumineuses à une culture principale,
par rotation.
4. EPA: école pratique d'agriculture. Les sujets abordés comprennent la gestion intégrée des cultures (protection contre le
striga, par exemple), la nutrition familiale et les liens avec les chaînes de valeur commerciales.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 15

socioéconomiques pour les variétés de légumineuses et les systèmes de gestion


qui offrent des possibilités prometteuses de diffusion dans le cadre d’actions de
vulgarisation (tableau 2).
L’identification des légumineuses qui présentent de bonnes perspectives
de réussite est grandement facilitée par la prise en compte initiale de
l’environnement du système d’exploitation, selon le concept de niche
socioécologique (Ojiem et al., 2006). Le contexte social et économique et
les propriétés biophysiques sont donc utilisés pour définir une niche et
déterminer les techniques qui pourraient convenir. En tant que première étape
dans l’identification des légumes secs prometteurs, il est utile de s’intéresser à
un système d’exploitation de niche et de déterminer les «meilleures options»
pour cette niche. Cette approche ne vise pas à trouver la meilleure solution.
Elle consiste à proposer une série d’options appropriées sur le plan biologique,
qui peuvent être évaluées au moyen d’un processus faisant intervenir les
agriculteurs ou d’après des indicateurs de performance reposant sur des
critères socioéconomiques, en vue de juger de leur adéquation ou de définir les
adaptations nécessaires. Les préférences sexospécifiques seront probablement
un aspect important des niches socioécologiques pour les légumineuses en
Afrique, notamment parce que les femmes jouent souvent un rôle majeur
dans la production des légumineuses et dans les activités post-production
(Ferguson, 1994).

3.1 Présentation des systèmes agricoles de niche


Dans cette section, nous allons commencer par analyser les gradients
de température et de précipitation qui définissent les principales zones
agroécologiques dans lesquelles des légumineuses sont cultivées. Dans les zones
tropicales arides, les précipitations sont extrêmement variables et inférieures à
500 mm par an; ce type d’environnement n’est généralement pas favorable à
la culture de végétaux, et les systèmes agropastoraux y sont dominants. Un
accent considérable est mis sur l’élevage dans les zones tropicales arides, mais
certains légumes secs extrêmement résistants à la sécheresse y sont également
produits; c’est le cas du niébé, qui est cultivé dans le cadre de systèmes
mixtes en association avec le millet et le sorgho (Moussa et al., 2016). Les
légumineuses fourragères sont parfois importantes dans ces environnements,
en tant que source d’aliments de bonne qualité pour les animaux – c’est le
cas du Burkina Faso, où l’intérêt des agriculteurs pour ces légumineuses
a récemment progressé. Il s’agit toutefois d’une exception dans les zones
tropicales arides. À mesure que les précipitations augmentent et présentent
un niveau de fiabilité plus élevé (zones tropicales semi-arides et subhumides),
les légumineuses deviennent des cultures plus importantes. Les plus courantes
sont le haricot commun dans les milieux frais à chauds, et le niébé, l’arachide
et le pois d’Angole dans les milieux chauds à très chauds. Dans les contextes
où l’élevage prédomine, notamment dans les régions tropicales semi-arides, la
production de fourrage peut être aussi importante que celle de graines. C’est
16 Snapp, Rahmanian et Batello

Tableau 3. Techniques fondées sur des légumes secs considérées comme des «solutions
prometteuses» dans le cadre de la vulgarisation. (Ces légumineuses et systèmes de gestion devraient
être largement accessibles et encouragés au moyen d’actions de sensibilisation participatives et
de politiques permettant leur utilisation par un grand nombre de communautés, d’organisations
paysannes et d’agriculteurs.)
Conditions
Technique Milieu Principes Adoption Références
socioéconomiques

Possibilités offertes par la génétique

Variétés Zones Insécurité Diversité, Adoption Muthoni et


de haricot céréalières et alimentaire connaissances de variétés Andrade, 2015
(résistance aux systèmes arbres/ et orientation des agriculteurs résistantes Sperling et al.,
maladies) tubercules, commerciale aux ravageurs, 1993
climat frais privilégiées par
subhumide à les agriculteurs
humide dans toute
l'Afrique
Variétés de Zones Insécurité Diversité, Nouveaux critères Cichy et al.,
haricot (temps céréalières et alimentaire connaissances de sélection pour 2015
de cuisson, systèmes arbres/ des agriculteurs les sélectionneurs;
caractères de tubercules, et orientation utilisation par les
qualité des climat commerciale agriculteurs
graines) subhumide à
humide
Haricot Zones tropicales Forte densité Intensification Adoption sur tous Sperling et
d'Espagne + de haute de population, les hauts plateaux Munyanesa,
tuteurage altitude, climat pénurie de d'Afrique de 1995
frais subhumide terres l'Est, adoption
potentielle
sur tous les
hauts plateaux
tropicaux peuplés
Variétés de Zones tropicales Orientation Intensification Éthiopie, Pachico, 2014
pois chiche de haute commerciale contraintes de
résistantes aux altitude marché ailleurs
maladies
Variétés Zones tropicales Insécurité Diversité, Croissance rapide Ae et al., 1990
polyvalentes de semi-arides à alimentaire polyvalence en République- Orr et al., 2015
pois d'Angole subhumides et orientation (alimentation, Unie de Tanzanie,
commerciale revenus, au Malawi et en
combustible, P Mozambique
du sol, N) (moins courantes
en Afrique
centrale et en
Afrique de
l'Ouest)
Variétés Zones semi- Insécurité Diversité, Afrique de Alene et
polyvalentes de arides alimentaire polyvalence l'Ouest Manyong, 2006
niébé et orientation (fourrage, Singh et al.,
commerciale alimentation, 2003
revenus)
Systèmes possibles

Systèmes Tous Toutes Diversité, Nouvelles Abate et al.,


semenciers- connaissances variétés de 2012
haricot des agriculteurs haricot adoptées Pachico, 2014
par 3 millions Rubyogo et al.,
Systèmes de d'agriculteurs en 2010
semences de Afrique
qualité déclarée
(QD) République-Unie
de Tanzanie,
système de QD
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 17

Table 3 cont'd
Conditions
Technique Milieu Principes Adoption Références
socioéconomiques

Systèmes possibles

Mélanges de Zones tropicales Insécurité Diversité, Pratiques Abate et al.


légumineuses à subhumides alimentaire connaissances agricoles 2012
graines (variétés des agriculteurs traditionnelles Ssekandi et al.,
cultivées en très répandues; 2016
mélanges et recherche encore
légumineuses limitée
cultivées avec
des céréales)
aux fins de
lutte contre les
ravageurs
Cultures Zones semi- Orientation Intensification Adoption avec Snapp,
intercalaires de arides à commerciale ciblée des haricots dans Aggarwal et
haricot, niébé, subhumides certaines régions Chirwa, 1998
céréale avec de République- Twomlow et
micro-dosage Unie de Tanzanie al., 2010
des engrais et du Zimbabwe
Culture relais de Zones semi- Insécurité Diversité, Pratique agricole Kamara et al.,
niébé avec une arides alimentaire résilience traditionnelle 2011
céréale Nederlof et
Dangbégnon,
2007
Préparation des Zones semi- Insécurité Intensification Pratique agricole Abdalla et al.,
semences arides à alimentaire ciblée traditionnelle 2015
subhumides Harris et al.,
2001
Techniques Zones semi- Insécurité Diversité, Centaines Chikowo et al.,
faisant appel arides à alimentaire polyvalence de milliers 2014
au système de subhumides et orientation (alimentation, d'agriculteurs au Snapp et al.,
double culture commerciale revenus, Malawi 2010
de légumineuses combustible,
(SDCL1) P du sol,
(arachide ou N, matière
haricot associés organique
en culture du sol),
intercalaire au intensification
pois d'Angole)
Résilience
Conservation Zones semi- Insécurité Diversité, Pratique agricole Aune et
physique des arides à alimentaire polyvalence traditionnelle, Bationo, 2008
sols/ subhumides et orientation (alimentation, utilisation ciblée Sanginga et al.,
commerciale revenus, des intrants dans 2003
combustible, les zones de
P du sol, conservation des
N, matière eaux et des sols
organique
du sol),
intensification
Sacs PIC Zones semi- Orientation Intensification Rapports Baoua et al.,
arides à commerciale ciblée contradictoires, 2012
subhumides rentabilité Sudini et al.,
supérieure avec 2015
les légumineuses,
mais risque de
coûts
1 SDCL: Système à double culture de légumineuses, associant la culture de deux légumineuses à une culture principale, par

rotation
18 Snapp, Rahmanian et Batello

Figure 2
La diversification des cultures peut renforcer la résilience des systèmes des petites
exploitations. Les types de croissance des légumineuses vont de variétés à cycle court et à
maturation précoce, qui produisent des graines en 60 jours environ, à des variétés à cycle
long, de type indéterminé, qui produisent des graines pendant six mois ou davantage, ainsi
que d’autres produits comme un fourrage de grande qualité. Lorsqu’elles sont cultivées
avec d’autres plantes, par rotation ou en concomitance, les légumineuses allongent la
période de production
Résilience Maturation précoce
• Revenus
Faible • Résistance à la sécheresse
• Nourriture pendant la période de soudure
Polyvalence
• Nourriture

© Sieg Snapp
Moyenne • Fertilité des sols
• Fourrage
• Combustible
Mélanges
Élevée • Atténuation des effets des invasions d'organismes
nuisibles ou des phénomènes météorologiques
• Nourriture tout au long de l'année

pour cette raison que le niébé et le pois d’Angole sont largement appréciés
en tant que légumineuses à double usage ou polyvalentes – qui favorisent la
croissance végétative –, par opposition aux légumineuses associées à un indice
de récolte élevé – qui favorisent la croissance des graines.
On observe en effet une grande diversité dans les habitudes de croissance
des légumes secs, et l’intégration de types différents est l’un des moyens de
renforcer la résilience des systèmes agricoles (figure 3). Les types de légumes
secs à maturation précoce, tels que le haricot commun ou le niébé à 60 jours,
permettent d’obtenir de grandes quantités de protéines en peu de temps, du
fait de la production rapide de graines. Leur potentiel en matière de génération
de revenus est souvent élevé; ils peuvent être vendus sous forme d’en-cas
ou comme légume à teneur élevée en protéines (haricots frais, par exemple).
D’autres types de légumineuses ont une croissance plus longue et assurent
de multiples services: fourrage pour les animaux, combustible ligneux et
renforcement de la fertilité des sols, auxquels s’ajoute une petite production
alimentaire (Snapp, 2017). Les agriculteurs apprécient cette diversité et
cultivent souvent intentionnellement des plantes présentant différents types
de croissance. En outre, les agriculteurs, soucieux d’élargir leur portefeuille de
cultures, ne demandent généralement qu’à expérimenter de nouvelles variétés.
Des enquêtes auprès des ménages au Malawi portant sur le maïs et l’arachide
ont fait apparaître que les agriculteurs se disaient souvent intéressés par les
variétés modernes à maturation précoce, non pas pour remplacer, mais pour
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 19

compléter leurs variétés traditionnelles associées à un cycle plus long (Fisher


et Snapp, 2014).

Légumineuses polyvalentes
Ce type de légumineuse associe une croissance végétative abondante à une
production de denrées alimentaires, et répond ainsi aux besoins immédiats
de nourriture et de revenus, ainsi qu’à des besoins à plus long terme –
enrichissement des sols, combustible ligneux et fourrage pour le bétail (Orr et
al., 2015). Les légumineuses polyvalentes ont besoin d’une longue période de
croissance pour produire la biomasse qui offrira des services supplémentaires,
et ne comprennent donc pas d’espèces à cycle court. Les variétés précoces de
légumineuse rendent des services importants aux agriculteurs, en fournissant
des produits alimentaires et une source de revenus en début de saison et en
contribuant à atténuer les effets de conditions météorologiques très variables.
C’est le cas notamment des types d’arachide, de niébé et de haricot à cycle
court et à maturation rapide qui permettent d’éviter les périodes de sécheresse.
On peut mélanger les espèces pour renforcer la résilience, en associant
délibérément des légumineuses polyvalentes à cycle long et des espèces à
maturation rapide (céréales ou autres légumineuses) (figure 3; Chikowo et
al., 2014;). Ce principe agroécologique de diversification peut être mis en
œuvre dans le cadre des pratiques agricoles (cultures associées/intercalaires,
polycultures et rotations, par exemple).

3.2 Possibilités offertes par la génétique


3.2.1 Zones tropicales de climat chaud à très chaud et semi-aride à
subhumide
L’arachide et le niébé sont des légumineuses particulièrement bien adaptées
aux zones chaudes à très chaudes des savanes tropicales semi-arides et
subhumides (tableau 2). Des variétés à maturation rapide qui donnent un
produit en 60 jours environ ont été mises au point pour le niébé; elles peuvent
être intégrées directement dans les systèmes de culture existants en tant que
cultures intercalaires, cultures relais ou doubles cultures séquentielles (Singh
et al., 2003). Des variétés d’arachide à maturation précoce sont également
disponibles, quoique le nombre de cultivars mis sur le marché soit bien
inférieur à celui des cultivars de niébé. Les agriculteurs se montreront souvent
très intéressés par des écotypes à maturation lente, rapide ou de différentes
durées, selon le matériel génétique déjà disponible et les objectifs locaux. Les
cultures associées à des durées de maturation différentes constituent souvent un
moyen important de renforcer la sécurité alimentaire, car les variétés précoces
peuvent donner des produits rapidement en cas de disponibilités alimentaires
limitées, tandis que les variétés tardives, dont le type de croissance est souvent
indéterminé, donnent plusieurs récoltes sur une période étendue (Snapp, 2017).
Elles offrent ainsi une possibilité de stockage et d’allongement de la saison de
récolte – l’une des difficultés majeures dans les régions sèches, à précipitations
20 Snapp, Rahmanian et Batello

variables. Cependant, elles peuvent également poser problème dans les milieux
humides, où le stockage peut être hasardeux. Dans les environnements exposés
à l’insécurité alimentaire, un allongement de la saison de récolte de graines de
légumineuses très nutritives sera de toute façon bienvenu.
L’arachide est une culture importante en Afrique, et est tout particulièrement
bien adaptée aux zones tropicales subhumides et aux sols sableux. C’est
en Afrique de l’Ouest que l’arachide a traditionnellement joué un rôle
majeur; plus récemment, on a vu sa production augmenter en Afrique de
l’Est, principalement en raison d’une expansion de la superficie consacrée
à cette légumineuse (figure 1). L’arachide est une source essentielle d’huile
et de protéines dans de nombreuses communautés, et une source majeure
de revenus agricoles. Cependant, la production d’arachide se heurte à un
problème majeur, à savoir l’incidence des aflatoxines – de nombreux marchés
ont en effet adopté une politique de tolérance zéro face à ces substances à
origine fongique hautement toxiques. Les aflatoxines représentent un risque
majeur pour la santé humaine, et le problème est accentué par les mauvaises
conditions de stockage des graines dans les milieux chauds et humides.
Quelques variétés d’arachide améliorées génétiquement ont été mises au
point en vue de faciliter la lutte contre les aflatoxines, et la sélection végétale
se poursuit dans ce sens (Waliyar et al., 2016; tableau 2). Actuellement, les
pratiques de gestion agronomique et le stockage après récolte sont des moyens
de contrôle importants (Johnson, Atherstone et Grace, 2015). Des solutions
de stockage ont fait l’objet d’essais sur le terrain, non seulement pour lutter
contre la contamination par les aflatoxines, mais aussi pour protéger les
produits contre la prédation des insectes et une mauvaise germination des
semences. On peut notamment citer des techniques de stockage hermétique,
comme le sac GrainSafe Mini, ultrahermétique, et le sac PICS (Sudini et al.,
2015; Williams et al., 2014). Il est cependant important de prévoir des actions
de sensibilisation en parallèle: si l’humidité n’est pas correctement gérée avec
ce type de stockage, les graines peuvent se détériorer. D’autres approches
mises en place pour lutter contre les aflatoxines ont donné de bons résultats
sur le plan technique et mériteraient un soutien dans le cadre des politiques
publiques, assorti d’actions de sensibilisation, car les dangers pour la santé
que représentent ces substances nécessitent une attention immédiate (Wu et
Khlangwiset, 2010).

Cultivars résistants à la sécheresse et aux maladies, et adoptés par les


agriculteurs
Plus de 100 génotypes d’arachide présentant ces caractères ont été mis au
point et lancés, mais un grand nombre des variétés les plus utiles a vu le jour
il y a plus de 20 ans (tableau 4). Un certain nombre de variétés résistantes aux
maladies ont été lancées récemment; elles se répandent peu à peu dans certaines
régions – mais on constate aussi un manque d’adoption (Pachico, 2014), que
nous examinerons plus loin dans la section consacrée à la recherche. Les
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 21

Tableau 4. Lancement de cultivars pour les légumineuses les plus importantes en Afrique
subsaharienne
Avant les Années 70 Années 80 Années 90 Années 2010–2013 Total
années 70 2000

Haricot 1 6 22 73 130 80 312


Pois chiche 0 3 2 9 12 7 33
Niébé 3 8 49 65 32 12 169
Arachide 20 23 25 21 48 7 144
Pois d'Angole 0 0 3 2 12 4 21
Source: d'après une étude de Pachico (2014) actualisée avec les données fournies par Monyo et Varshney (2016).

variétés prometteuses comprennent plusieurs variétés d’arachide résistantes


aux maladies (notamment à la maladie virale rosette), qui ont été introduites
avec succès dans certains districts d’Ouganda et du Kenya (Okello et al.,
2014). De même, il existe des variétés à cycle plus court, dont les gousses plus
concentrées nécessitent moins de main-d’œuvre au moment de la récolte que
les variétés traditionnelles, qui s’étalent davantage, et qui résistent en outre à
la sécheresse; deux de ces variétés (JL24 et CG7) sont maintenant largement
utilisées au Malawi (Tsusaka et al., 2016).
Une autre légumineuse importante dans les milieux semi-arides et
subhumides est le pois d’Angole. Cette plante s’adapte très bien aux
milieux secs, à précipitations variables; cette espèce est toutefois cultivée
principalement en Afrique australe et en Afrique de l’Est, où les chaînes
de valeur commerciales sont bien développées et reliées aux populations
asiatiques urbaines, et ce jusqu’en Inde. En Éthiopie, en Afrique centrale et en
Afrique de l’Ouest, le pois d’Angole est parfois cultivé, mais essentiellement
dans les potagers familiaux ou en lisière de champ, en tant que culture de
bordure (tableau 2).
Souvent, les petits agriculteurs cultivent de préférence du maïs ou du sorgho
sur la plupart de leurs terres, afin de répondre à leurs besoins en matière de
sécurité alimentaire. Cela a fait obstacle à l’adoption de nombreux légumes secs,
et a conduit certains agriculteurs à privilégier les cultures intercalaires où sont
associées légumineuses et céréales par rapport aux systèmes de rotation. En
Afrique australe et en Afrique de l’Est, la culture intercalaire de pois d’Angole
et de maïs s’est révélée être le seul moyen durablement rentable accepté par
les agriculteurs de cultiver cette légumineuse dont les propriétés contribuent
à la conservation des sols, car ce système assure une fourniture constante de
maïs (Rusinamhodzi et al., 2012). De fait, la superficie occupée par le système
maïs-pois d’Angole a augmenté de 10 pour cent environ par an depuis 2010
au Mozambique, au Malawi et en la République-Unie de Tanzanie (Walker
et al., 2015). Cette évolution pourrait être due en partie à l’adoption rapide
d’une variété de croissance moyenne de pois d’Angole à grande tige, utilisée
comme combustible et réputée résistante aux coléoptères anthophages (Orr
et al., 2015). La production de pois d’Angole reste exposée à des problèmes
importants liés aux charançons et à d’autres insectes nuisibles, mais un certain
22 Snapp, Rahmanian et Batello

nombre de variétés à cycle moyen ou long présentent un remarquable potentiel


dans des systèmes de cultures mixtes, en association avec le maïs, le sorgho ou
d’autres légumineuses (Monyo et Varshney, 2016; Roge et al., 2016). Le nombre
de lancements de variétés de pois d’Angole est minime comparé à d’autres
légumes secs (tableau 4), mais un certain nombre de variétés approuvées par les
agriculteurs mériteraient d’être beaucoup plus largement diffusées.

3.2.2 Zones tropicales de climat frais subhumide à humide


Le haricot commun est la légumineuse la plus adaptée aux milieux subhumides
et humides, notamment dans les zones plus fraîches. On observe une diversité
énorme de variétés cultivées par les agriculteurs, favorisée par les centaines de
variétés de haricot lancées par les pouvoirs publics en Afrique – plus que pour
toute autre légumineuse (Pachico, 2014). La résistance aux maladies, les caractères
de qualité des graines et un temps de cuisson plus court font partie des caractères
d’amélioration des cultures sur lesquels les sélectionneurs de haricot se sont
penchés ces dernières années (tableau 3; Cichy, Wiesinger et Mendoza, 2015). Ces
questions intéressent particulièrement les femmes, qui sont la plupart du temps
celles qui cuisinent les légumes secs, et qui expriment souvent de nettes préférences
pour certains caractères de qualité (Isaacs et al., 2016). L’intérêt considérable porté
aux avantages liés à un temps de cuisson plus court (en matière d’économies de
combustible et de réduction de la charge de travail) a été récemment documenté à
propos de variétés locales d’Afrique de l’Est et d’Afrique centrale, et ces caractères
sont actuellement intégrés dans d’autres lignées de haricot en vue d’une diffusion
à plus large échelle. L’éventail de possibilités dont disposent les petits exploitants
agricoles s’en trouve élargi; s’ajoute à cela l’intégration de la recherche-action
participative en matière d’amélioration des haricots, qui s’attache à soutenir les
systèmes semenciers locaux (point abordé plus en détail ci-après, voir également
David et Sperling, 1999; Rubyogo et al., 2010).
Globalement, comme le montre le tableau 3, il existe de nombreuses
variétés et de nombreux systèmes de culture qui offrent des solutions fondées
sur le haricot très prometteuses, et prêtes à être diffusées dans le cadre
d’actions de vulgarisation. Des progrès considérables ont été réalisés dans la
mise au point de variétés et de mélanges de variétés présentant une meilleure
résistance aux maladies et une plus grande tolérance aux insectes (Ssekandi
et al., 2016). Il est important d’apporter aux agriculteurs un portefeuille
de variétés à expérimenter dans le cadre des actions de vulgarisation, afin
d’accroître la diversité génétique disponible au niveau des communautés. La
diversification des solutions informelles et formelles en matière de semences
est importante, car elle permet une large disponibilité de variétés commerciales
et non commerciales. Les systèmes semenciers et les techniques basées sur les
semences sont examinés dans la suite de ce document. Ce type de vulgarisation
devrait s’accompagner d’un soutien des innovations agronomiques, telles que
la culture de haricots en association avec des bananes, du manioc ou d’autres
plantes vivaces qui prospèrent dans les milieux très humides (tableau 3).
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 23

3.2.3 Hauts plateaux tropicaux


Particulièrement adapté aux parties les plus fraîches des zones tropicales, sur
les hauts plateaux d’Afrique de l’Est, le haricot d’Espagne montre qu’une
adoption rapide est possible lorsque les petits exploitants trouvent un intérêt
à utiliser un nouveau type de ressource génétique (Sperling et Munyanesa,
1995). Il nécessite de la main-d’œuvre (tuteurage ou mise en place d’un autre
type de support), mais les agriculteurs ont rapidement appris la technique, et
ont adopté ce nouveau haricot au cours des dernières décennies (tableaux 2
et 3). Cette popularité semble due aux rendements extrêmement élevés que
permet cette plante à cycle long, ainsi qu’à sa capacité à produire de grandes
quantités de biomasse feuillue. Le haricot d’Espagne donne plusieurs produits:
haricots frais et secs, et feuilles (comestibles, consommées en tant que légume).
Ses propriétés en matière d’amendement des sols sont bien supérieures à celles
du haricot de petite taille. Le haricot d’Espagne ne peut être cultivé que dans
des régions froides de haute altitude, ce qui a limité jusqu’à présent sa zone
de production aux hauts plateaux tropicaux d’Afrique de l’Est. En vingt-cinq
ans, le haricot d’Espagne s’est répandu sur tous les hauts plateaux du Rwanda,
d’Ouganda et du Kenya. Des améliorations génétiques récentes ont ouvert
de nouvelles perspectives stimulantes en adaptant le haricot d’Espagne aux
zones de moyenne altitude. Ces améliorations comprennent une plus grande
tolérance à la chaleur, l’une des caractéristiques clés de l’adaptation de ces
plantes grimpantes de moyenne altitude (tableau 4; Checa et Blair, 2012). Ces
variétés sont encore en phase d’essai, mais sont des solutions importantes
qu’il faudrait envisager d’intégrer dans le portefeuille de diversification face à
l’évolution du climat et d’utiliser dans d’autres endroits.
Des variétés de pois chiche résistantes aux maladies ont été largement
adoptées en Éthiopie et méritent d’être mentionnées ici, en tant que solution
adaptée aux hauts plateaux et aux zones plus fraîches des tropiques (tableau
3). La disponibilité et l’utilisation de nouvelles variétés de pois chiche
ont apparemment contribué à l’augmentation de la production de cette
légumineuse en Éthiopie; cependant, ces variétés ne semblent pas avoir
été adoptées ailleurs pour le moment (Pachico, 2014). Les recherches ont
jusqu’ici porté principalement sur la résistance aux maladies et la mise au
point de variétés à maturation précoce et à indice de récolte élevé (Bantilan
et al., 2014). Comme on l’a vu pour d’autres légumineuses à graines, un large
éventail de variétés de pois chiches améliorées pourrait être nécessaire pour
répondre aux besoins de différents marchés et aux exigences et objectifs au
niveau local (Ashby, 2009).

3.2.4 Zones tropicales humides


Le haricot de Lima est une espèce étroitement apparentée à Phaseolous
vulgaris (haricot commun) qui pourrait stimuler la production de haricots
dans les milieux chauds et humides. Cette capacité est en partie due au fait
que les variétés traditionnelles de haricot de Lima présentent une tolérance
24 Snapp, Rahmanian et Batello

élevée aux maladies, caractéristique cruciale pour une adaptation aux


milieux humides. Jusqu’à présent, peu de recherches ont été consacrées à
l’amélioration du haricot de Lima; il faudra donc planifier avec soin les
activités de vulgarisation nécessaires pour procéder à des essais au niveau
local. Il conviendra de travailler sur les variétés utilisées par les agriculteurs,
et de tenir compte des systèmes locaux complexes dans lesquels ces derniers
ont intégré le haricot de Lima. Dans les zones tropicales humides du Nigéria,
par exemple, le haricot de Lima est cultivé avec le pois tubéreux africain et le
manioc (Ibeawuchi, 2007).

3.3 Possibilités en matière de gestion


3.3.1 Zones tropicales semi-arides
Le mélange de variétés et d’espèces est une pratique agricole courante, dont
il convient de tenir compte. Elle contribue à atténuer les risques liés à la
variabilité des précipitations, aux perturbations des marchés et aux écarts
extrêmes de température. Les autres avantages liés aux systèmes de cultures
mixtes comprennent la sensibilisation aux insectes bénéfiques, l’atténuation
des contraintes abiotiques et biotiques et, dans de nombreux cas, la régulation
des maladies. Parallèlement, les cultures mixtes peuvent présenter certaines
contraintes, comme la nécessité de procéder à plusieurs récoltes et, souvent, de
trier les produits.
La résilience aux risques météorologiques est particulièrement importante
dans les zones tropicales arides à semi-arides. La culture d’une plante comme
le niébé – qui tolère des températures extrêmes et une faible humidité – joue
le rôle d’une assurance, en tant que culture intercalaire relais ou en cas d’échec
d’une culture céréalière après un événement météorologique extrême. Le pois
d’Angole est particulièrement indiqué, du fait de sa phénologie: sa croissance
initiale lente permet de l’associer en culture intercalaire au sorgho ou au maïs,
car il n’entre pas en concurrence avec la céréale. Le pois d’Angole commence
à se ramifier tardivement dans la saison de végétation, ce qui est un mode
de croissance parfaitement adapté aux régimes pluviométriques irréguliers,
dans lesquels les pluies arrivent souvent après la maturation des cultures
céréalières. En outre, la culture intercalaire de pois d’Angole rend un certain
nombre de services à la céréale: fixation biologique de l’azote, propriétés
d’amendement des sols via la solubilisation du phosphore et conservation de la
matière organique du sol lors de la chute des feuilles en milieu de saison. Elle
a également un effet régulateur sur la production vivrière, étant donné que les
récoltes sont réparties sur toute la saison dans les systèmes mixtes: les feuilles
de niébé peuvent être consommées comme légume tôt dans la saison, tandis
que les plantes à cycle long comme le pois d’Angole donnent des produits tard
dans l’année.
De nombreuses variétés de pois d’Angole peuvent offrir un important
rempart face à la sécheresse, grâce à la pratique du recépage. Même si cette
pratique ne figure pas dans les recommandations agronomiques officielles et
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 25

n’a pas été analysée de manière systématique au cours des dernières décennies
(Kane, Rogé et Snapp, 2016), elle est considérée comme efficace par certains
agriculteurs, comme le montre une récente enquête menée au Malawi (Rogé
et al., 2017). Le recépage consiste à couper les tiges après la première récolte,
en vue d’une deuxième saison de culture; cette pratique devrait être évaluée
et encouragée plus largement, car elle permet d’économiser de la main-
d’œuvre et apporte d’énormes avantages en matière de renforcement des
sols et de préservation de la diversité des insectes bénéfiques (tableau 2). Les
possibilités de recépage devraient être étudiées dans le cadre du programme de
vulgarisation consacré au pois d’Angole, cette technique permettant d’apporter
des aliments pour animaux de meilleure qualité et d’atténuer les risques, tout
en nécessitant une main-d’œuvre minime (il est toutefois important de garder
à l’esprit que l’élevage d’animaux en liberté peut limiter cette pratique). De
manière générale, le pois d’Angole est une espèce qui fixe très efficacement
l’azote et qui tire 90 pour cent environ de son azote de la fixation biologique;
il a également été démontré qu’il s’agissait de l’une des espèces augmentant
le plus efficacement la disponibilité du phosphore, par l’intermédiaire des
exsudats racinaires qui accroissent la solubilisation du phosphore dans certains
types de sols. En revanche, le haricot est une plante qui fixe très mal l’azote
(taux de fixation biologique de 50 pour cent environ), du moins pour la grande
majorité des variétés de haricot, qui sont de petite taille.
La gestion zonale des sols est une autre pratique traditionnelle très
importante, qui implique de cibler la gestion des sols, de l’eau et des nutriments
sur la zone de croissance des plantes, et qui associe souvent une utilisation
limitée d’intrants et des pratiques de conservation du sol telles que le zaï
(tableau 2; Aune et Bationo, 2008). Il convient toutefois de noter qu’une étude
réalisée au Burkina Faso a permis de déterminer que les agriculteurs utilisaient
le zaï et le paillage pour améliorer les sols pour les cultures de céréales, mais
qu’ils ne se servaient pas de ces techniques pour les légumineuses (Slingerland
et Stork, 2000). Le fait que les techniques d’amendement des sols soient
réservées de préférence aux céréales est un problème important, souligné
par de nombreuses études, et l’amélioration agronomique de la production
de légumes secs en Afrique nécessite de s’intéresser de près au contexte
socioéconomique et aux processus décisionnels des agriculteurs. Il s’agit en
effet d’un obstacle aux pratiques de production durables, car la culture de
légumes secs doit s’accompagner d’une conservation des sols afin de restaurer
la santé de ces derniers et de les protéger. De fait, on a constaté que les systèmes
de production diversifiés intégrant des légumineuses contribuaient de manière
essentielle à la mise en œuvre d’une agriculture de conservation.
L’une des options consiste à envisager la production de légumineuses
dans le cadre de systèmes: les agriculteurs investissent dans des pratiques de
renforcement de la fertilité dont tirent profit les légumineuses cultivées avec des
céréales, séquentiellement ou simultanément (cultures associées) (Snapp, 2017).
Une autre forme de concentration zonale, ciblée, des nutriments issus de sources
26 Snapp, Rahmanian et Batello

inorganiques ou organiques est le microdosage des engrais (par exemple, un


bouchon d’engrais versé dans chaque poquet, où l’on fait pousser deux espèces
ou davantage). Cette approche consiste souvent à associer une application ciblée
de petites doses d’engrais azoté ou phosphaté à un paillis constitué de résidus
de récolte ou à un amendement complémentaire de fumier ou d’autres matières
organiques (tableau 3; Sanginga et al., 2003).

3.3.2 Zones tropicales subhumides à humides


La lutte contre les organismes nuisibles est un problème important dans les
zones où les précipitations sont suffisamment abondantes pour favoriser une
croissance vigoureuse des adventices. De nombreux insectes et organismes
pathogènes prospèrent également dans certaines conditions d’humidité et
de température. La diversification des cultures encouragée dans le cadre
des systèmes de cultures intercalaires ainsi que les mélanges ou mosaïques
de plantations au niveau des champs et des paysages constituent l’un des
principaux moyens de prévention des dégâts dus aux ravageurs. Il est possible,
en travaillant sur la conception des systèmes de culture et sur des associations
de plantations différentes et complémentaires, de mieux réguler les populations
de ravageurs et de compliquer ou d’empêcher leur accès aux plantes sensibles
(Snapp, 2017). Les cultures intercalaires permettent souvent de supprimer
des adventices, car elles entrent en concurrence avec ces dernières pour les
ressources (notamment la lumière du soleil). On peut citer à titre d’exemple les
combinaisons maïs-haricot et maïs-pois d’Angole, qui sont deux associations
importantes largement utilisées dans les zones tropicales subhumides (Rao,
Rego et Willey, 1987).
La diversification est essentielle à de nombreux titres, car elle offre
d’importants services d’atténuation aux petits exploitants agricoles qui
cherchent à renforcer la résilience de leurs systèmes face aux phénomènes
météorologiques et aux perturbations des marchés. Les cultures intercalaires
sont pratiquées depuis longtemps, mais ont reculé ou ont été fortement
découragées dans certains pays (Isaacs et al., 2016a, b). Cependant, elles
commencent à être reconsidérées dans les travaux publiés, et on voit leurs
principaux avantages recensés dans des méta-analyses ainsi que dans des
études complètes (Yu et al., 2016). Les milieux où les précipitations sont
suffisantes, notamment les régimes bimodaux que l’on observe dans nombre
de zones tropicales subhumides à humides, se prêtent particulièrement bien
aux systèmes de cultures intercalaires et de cultures relais. La plantation
de deux ou trois plantes complémentaires du point de vue de leur type de
croissance est l’un des moyens les plus efficaces de capter la lumière du
soleil et de maximiser l’utilisation de l’eau et des nutriments (Kanyama-
Phiri, Snapp et Minae, 1998).
Les techniques permettant d’améliorer la fixation biologique de l’azote
en associant le pois d’Angole à d’autres légumineuses à cycle court sont
examinées ci-après.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 27

Le système à double culture de légumineuses (SDCL) consiste à associer,


par rotation: la première année, deux espèces ayant des types de croissance
complémentaires, en mode intercalaire, et, l’année suivante, une céréale, qui
nécessite de grandes quantités d’azote, et qui profitera ainsi des nutriments
apportés par les deux légumineuses. En diversifiant les espèces cultivées,
le système à double culture de légumineuses (SDCL) améliore également
la résilience de l’ensemble du système de culture du fait de l’«assurance»
que procure la culture de plantes qui ont des besoins différents en matière
d’humidité et de répartition des précipitations (voir l’encadré 2; Mhango et
al., 2013; Smith et al., 2016).
Dans le système à double culture de légumineuses (SDCL), le pois d’Angole
est la plante polyvalente occupant l’étage supérieur, qui fournit du combustible
ligneux, du fourrage et des produits alimentaires (gousses vertes et grains secs)
et qui améliore la fertilité des sols. L’arachide (ou le soja ou le haricot commun),
plantée en même temps, occupe l’étage inférieur et fournit des produits
précoces et très nutritifs. Comme le décrivent Mhango et al. (2013), l’arachide
et le pois d’Angole sont plantés sur chaque rang selon un ratio de deux à un;
le pois d’Angole dans des poquets (deux plants par poquet, avec un large
espacement entre chaque poquet), et l’arachide en une ou deux lignes selon la
gestion des terres (lignes jumelées généralement pour les cultures en terrasse, ou
lignes largement espacées dans les systèmes de billons ou de billons cloisonnés).

3.5 Possibilités en matière de stockage et de technologie des


semences
Préparation des semences
Dans les milieux semi-arides, l’investissement agricole en nature est souvent
limité, du fait des risques importants liés à la variabilité des précipitations.
Un type d’investissement associé à un risque minimal peut offrir une certaine
protection dans ce type d’environnement: il s’agit des technologies fondées sur
les semences, telle que la préparation. Le tableau 2 décrit un certain nombre
d’innovations importantes en matière de semences, telles que la préparation
des semences avant la plantation (prégermination, à l’aide d’eau, puis séchage
à l’air, après quoi la semence peut être stockée pendant plusieurs mois). Une
fois prégermée, une semence germe plus vigoureusement et rapidement, et
permet un meilleur établissement de la culture. Les coûts étant minimes, cette
technologie est accessible à la grande majorité des petits exploitants agricoles.

Stockage de légumineuses à l’aide de sacs PICS


Les sacs PICS et les technologies de stockage connexes offrent un milieu
hermétique. Ils permettent de prolonger le stockage pendant de nombreux mois,
tout en offrant une excellente protection de la qualité des semences. La rentabilité
varie du fait des coûts initiaux associés à l’achat des sacs, qui sont généralement
plus intéressants pour les variétés de grande valeur très sensibles aux organismes
nuisibles, comme les légumineuses à graines (Baoua et al., 2012; Sudini et al., 2015).
28 Snapp, Rahmanian et Batello

Encadré 2.
Systèmes à double culture de légumineuses

Dans toute l’Afrique, les petits agriculteurs pratiquent des cultures mixtes associant le
maïs, le sorgho et le millet à des légumineuses alimentaires. Le sorgho est ainsi souvent
planté en alternance avec des pieds très espacés de niébé, sur le même rang ou un rang
sur deux. Le maïs et l’arachide ou le haricot commun sont également utilisés en tant
que cultures intercalaires. Une approche relativement nouvelle consiste à associer en
culture intercalaire deux légumineuses ayant des types de croissances différents mais
compatibles. Par exemple, dans une culture intercalaire de pois d’Angole et d’arachide,
les deux espèces sont plantées en même temps, mais le pois d’Angole pousse
lentement au début, ce qui limite les interférences avec l’arachide. Lorsque l’arachide
arrive à maturité, le pois d’Angole décolle; il atteint la taille d’un buisson juste au
moment où l’arachide est récoltée. Ainsi, l’étage supérieur et l’étage inférieur sont
occupés par deux légumineuses différentes, ce qui double les produits et la fixation
biologique de l’azote, et assure un couvert de feuilles continu et complémentaire qui
protège le sol de l’érosion. Cette approche consistant à associer deux légumineuses
en culture intercalaire à une autre culture est appelée «système à double culture de
légumineuses»; elle a été récemment introduite par le Gouvernement malawien en tant
que solution agroécologique visant à améliorer la fertilité des sols tout en maintenant
deux cultures vivrières dans les champs des petits exploitants. Elle est de plus en plus
adoptée au Malawi. Les agriculteurs procèdent à leurs propres expérimentations et
proposent de nouveaux modes de gestion des doubles cultures. Par exemple, après la
double récolte d’arachide et de pois d’Angole, certains agriculteurs recèpent ce dernier
(coupent les tiges) afin de le cultiver une année supplémentaire, souvent en tant que
culture intercalaire associée au maïs la deuxième année. D’autres exploitants ajoutent
une troisième culture à l’ensemble, en faisant par exemple pousser des potirons à
croissance basse entre les rangs ou en ajoutant des rangs de maïs. Quel que soit le
système à double culture de légumineuses qu’ils utilisent, les agriculteurs intègrent les
principes agroécologiques suivants dans leur exploitation:

• augmentation durable de la production, par un système de double culture de


légumineuses sur une parcelle;
• renforcement de la biodiversité agricole face au changement climatique;
• soutien de la couverture vivante des sols à l’aide de résidus de récolte qui améliorent
la biologie de ces derniers, renforcent leur état nutritionnel et les protègent contre
l’érosion.
© Jim Richardson

Système à double culture de


légumineuses utilisé au Malawi
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 29

4. Promotion des légumes secs et


des légumineuses

4.1 Systèmes semenciers


Il est très important de veiller à améliorer le fonctionnement des systèmes
semenciers pour les variétés qui ne sont pas disponibles sur le marché officiel
des semences. C’est le cas en Afrique pour les légumineuses: 95 pour cent des
semences de légumineuses utilisées par les petits exploitants proviennent de
systèmes semenciers informels (McGuire et Sperling, 2016). Il s’agit notamment
de semences de ferme, de graines achetées localement en vue d’être utilisées
comme semences, et de réseaux constitués avec des proches pour mettre en
commun des semences. Dans certains cas, les aides de l’État, sous la forme de
subventions ou de distribution de semences après une catastrophe, peuvent
être très importantes. Les décideurs publics et les responsables qui définissent
les priorités de recherche doivent tenir compte du rôle vital joué par les
systèmes semenciers informels, qui doivent donc être soutenus et renforcés.
Les petits exploitants agricoles achètent souvent des semences de légumineuses,
principalement sur les marchés locaux; il serait donc possible d’utiliser les
canaux existants pour promouvoir de nouveaux cultivars, ainsi que des semences
de meilleure qualité, distribuées sous forme de petits paquets, par exemple.
À long terme, il sera clairement nécessaire de créer des systèmes semenciers
officiels, qui permettront aux petits agriculteurs d’accéder à des semences de
bonne qualité. Les actions visant à soutenir les systèmes semenciers formels
et informels doivent être coordonnées, et s’inscrire dans des initiatives de
sélection végétale participative afin de mettre au point des cultivars qui seront
bien accueillis par les agriculteurs (Ashby, 2009). En Afrique de l’Ouest, des
approches novatrices en matière d’amélioration des cultures ont intégré les
exploitants et les coopératives agricoles du stade de la conceptualisation à
l’élaboration de systèmes semenciers viables, en passant par l’amélioration des
variétés (Weltzien, vom Brocke et Rattunde, 2005).
Le renforcement des systèmes semenciers informels est au cœur d’un
vaste débat. L’une des approches prometteuses consiste à améliorer la
production d’une catégorie de semences de «qualité déclarée» (QD), qui
implique des systèmes de certification des semences locales moins stricts
que ceux associés aux systèmes formels de production de semences certifiées
(Abate et al., 2012). Ce système peut encourager une production de semences
plus décentralisée et à plus petite échelle, et aboutir à des prix de semences
moins élevés, susceptibles d’élargir l’accès à ces dernières. Le soutien de la
production de semences QD passe par des politiques de sensibilisation et de
soutien, ce qui n’est pas encore le cas dans la plus grande partie de l’Afrique
australe. Cependant, on note des exemples positifs, tels que la production
30 Snapp, Rahmanian et Batello

généralisée de semences QD en la République-Unie de Tanzanie, facilitée


par des agents de vulgarisation. On peut ainsi encourager efficacement la
diversité et améliorer l’accès aux variétés de légumineuses, notamment en
recensant et en promouvant les variétés auxquelles les agriculteurs donnent
leur préférence.
Divers problèmes de qualité des semences ont été recensés, et certains,
potentiellement graves, concernent les conditions de production, de
manutention et d’entreposage. On peut citer en particulier les dommages causés
par les ravageurs et les causes physiques; la présence de maladies véhiculées
par les semences; une nutrition inadéquate des semences; une mauvaise
germination; et une moindre vigueur des plants. D’autres problèmes de qualité
sont liés à la pureté génétique de la semence, laquelle nécessite d’éliminer les
types aberrants (plants qui présentent un phénotype différent de la variété
produite). Ce problème se pose lorsque les marchés exigent une uniformité
des produits; la gestion de la pureté génétique nécessite de savoir comment les
espèces se reproduisent, et de connaître les distances de séparation à respecter
pour produire des semences pures. Les problèmes de qualité des semences de
légumineuses sont souvent liés à la haute teneur en nutriments des semences,
qui les expose davantage aux altérations et aux dégâts provoqués par les
ravageurs, comme l’indique une récente étude sur les systèmes semenciers de
pois d’Angole au Malawi (Jere, Orr et Simtowe, 2013).
L’amélioration des systèmes semenciers informels passe par le soutien
des capacités locales de production et de stockage. Cette approche repose
sur le développement des connaissances et l’amélioration de la formation
des agriculteurs, des négociants et des autres parties prenantes des systèmes
semenciers locaux, en vue d’accroître leurs compétences en matière de production,
d’inspection et de stockage des sources de semences locales et d’améliorer la
qualité (Abate et al., 2012). Elle s’est montrée efficace pour améliorer la qualité
des sources de semences locales (graines utilisées comme semences, semences
cultivées localement et semences de ferme). Des exemples venant du Kenya et
d’Éthiopie montrent que la qualité des semences de haricot peut progresser de
manière considérable avec la formation des agriculteurs, des négociants, ainsi
que du personnel agricole des organisations non gouvernementales (ONG).
Cette formation concerne notamment la production de semences exemptes
de contaminants et, après la production, l’inspection visuelle et la sélection
manuelle en vue d’identifier des semences non abîmées, exemptes de maladies
(en apparence), à l’aide de tests simples permettant de déterminer la teneur en
humidité et la germination des semences ainsi que la présence de champignons
(Odhiambo et al., 2016; Oshone, Gebeyehu et Tesfaye, 2014). Les efforts
sont notamment concentrés sur la saison sèche, pendant laquelle on peut faire
appel à l’irrigation pour produire des semences de grande qualité, exemptes
d’organismes nuisibles; cependant, peu de recherches ont été communiquées
sur cette approche, et il faudrait disposer d’éléments probants pour évaluer cette
solution (Kadyampakeni et al., 2013).
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 31

Pour finir, on peut citer les activités visant à améliorer la qualité et de


l’adéquation des cultivars utilisés pour les distributions de semences après
une catastrophe. En outre, des foires aux semences sont utilisées dans les
opérations de secours pour donner accès à des cultures et des génotypes
plus diversifiés (McGuire et Sperling, 2016). Des foires de ce type sont
également organisées en dehors des situations d’urgence par des ONG ou des
organisations agricoles, dans le cadre d’actions éducatives visant à mieux faire
appréhender la diversité génétique.

4.2 Vulgarisation axée sur la promotion des légumineuses


La vulgarisation s’est révélée plus efficace lorsqu’elle était centrée sur le client,
c’est-à-dire lorsqu’elle soutenait les expérimentations menées par les agriculteurs
et privilégiait les approches participatives (Johnson, Lilja et Ashby, 2003). On
dispose de nombreux moyens d’appuyer les expérimentations des agriculteurs,
l’adaptation locale et l’adoption de solutions techniques. Ce processus peut
être encouragé par des initiatives dans le domaine de la sensibilisation et des
politiques. Les solutions exposées au tableau 2, et plus en détail au tableau 3,
devraient être prises comme base pour lancer un processus de vulgarisation
participative et d’apprentissage actif (école pratique d’agriculture, par exemple;
voir Davis et al., 2012). Le processus de vulgarisation devrait prendre la forme
d’une approche d’apprentissage actif qui permette aux exploitants et aux
communautés agricoles d’accéder à des solutions, et non imposer un ensemble
de techniques rigides. Cette nouvelle approche tranche avec la manière dont
les techniques sont souvent encouragées en Afrique, les conditions locales y
étant rarement prises en compte (Snapp et al., 2003).
La présente étude se penche sur les techniques nouvelles et traditionnelles,
en s’attachant aux plus prometteuses (tableau 2). Les approches de vulgarisation
participatives, qui intègrent les expérimentations des agriculteurs, sont
essentielles pour adapter les légumineuses aux milieux locaux. Une collection de
variétés locales et de matériel génétique divers est l’un des moyens de renforcer
la diversité locale des ressources génétiques à l’appui des expérimentations
menées par les agriculteurs. Un autre moyen consiste à s’intéresser à une niche
où les légumineuses sont peu présentes. On peut citer à titre d’exemple les
paysages dominés par le maïs en Afrique australe (Snapp et al., 2010), ainsi que
les systèmes irrigués (officiels et informels) dans lesquels le riz paddy pourrait
être associé à des légumineuses, la production de semences de légumineuses
pouvant avoir lieu pendant la saison sèche, où la pression des maladies est plus
faible. De nouveaux germoplasmes de pois chiche et de haricot velu de la Basse
Nubie adaptés aux systèmes irrigués ont été mis au point. Ils comprennent des
variétés à maturation précoce et très précoce; celles-ci ont été introduites en tant
que cultures d’assolement en vue d’améliorer les performances des systèmes de
riziculture en Asie du Sud (Rashid et al., 2004).
Une autre technique très peu coûteuse, que les agriculteurs sont susceptibles
d’adopter, est la préparation des semences. Elle se rapporte à des pratiques
32 Snapp, Rahmanian et Batello

traditionnelles telles que le trempage des semences et la sélection des meilleures


graines en vue de la plantation, et pourrait être encouragée de manière
systématique, en particulier dans les zones semi-arides où les sols sont dégradés
et où l’établissement des cultures pose problème, ainsi que dans les zones où
elle pourrait être combinée à des cultures à cycle court et à croissance rapide
comme la culture relais de variétés précoces de niébé (Rashid et al., 2004).
Les approches participatives peuvent contribuer à élargir l’éventail de
lignées de légumes secs et offrir ainsi davantage de choix aux agriculteurs et
aux consommateurs. La sélection végétale participative, par exemple, fait appel
à un processus qui rassemble souvent des parties prenantes très diverses, et
qui repose sur un engagement à lancer un grand nombre de lignées différentes
répondant à la fois aux préférences locales et à celles du marché s’agissant de la
saveur mais aussi d’autres caractéristiques des graines (Witcombe et al., 2005).
On peut notamment citer l’exemple de l’investissement dans la recherche sur
le haricot aux niveaux international et national (Rubyogo et al., 2010; Sperling
et al., 1993; voir également le tableau 2). Des scientifiques, vulgarisateurs,
étudiants et autres parties prenantes ont travaillé pendant plus de deux
décennies dans des dizaines d’universités et dans le cadre du réseau organisé
«PABRA» consacré au haricot. Il semble que les établissements publics de
recherche ont beaucoup moins investi dans les autres légumes secs, tels que
le pois d’Angole: peu d’activités ont été consacrées à la collecte des variétés
locales ou à l’évaluation des milliers de lignées de germoplasme et, de fait, seuls
quelques cultivars de pois d’Angole ont été mis en circulation pour les petits
exploitants agricoles africains. Il est nécessaire d’intensifier les activités dans
ce domaine.

4.3 Vulgarisation axée sur la gestion des cultures


La formation en matière de gestion des cultures et d’approches intégrées
revêt une importance essentielle pour la promotion des légumineuses, car les
caractéristiques qui leur donnent leur grande valeur nutritionnelle peuvent
également être à l’origine de problèmes très importants dans le cadre de la
production (Snapp et al., 2002). On peut notamment citer leur capacité limitée
à concurrencer les adventices, du moins durant leur phase de croissance
initiale, leur sensibilité aux dommages causés par des insectes (due en partie à
l’attraction exercée par leurs tissus végétaux de grande valeur nutritionnelle)
et leur rendement modeste par rapport à de nombreuses autres cultures.
Les agriculteurs doivent donc avoir mis en place un plan de surveillance et
des mesures de lutte contre les insectes et les organismes pathogènes qui
s’attaquent fréquemment à ces plantes. Dans cette optique, ils ont besoin d’une
formation en agroécologie, et notamment de connaissances sur les systèmes
de cultures intercalaires et les pratiques de protection intégrée. Il faut être
conscient du fait que la plupart des légumes secs sont difficiles à cultiver dans
les milieux humides, en raison de la pression des ravageurs. La production de
niébé sans moyens de lutte contre les pucerons et les foreurs des gousses est
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 33

ainsi presque impossible dans les zones subhumides (Agunbiade et al., 2014).
Il est donc important de former les agriculteurs à la protection intégrée des
légumineuses, et particulièrement du niébé. L’utilisation et le stockage des
légumes secs après la production posent également des problèmes qui doivent
être traités de manière globale.
Des approches intégrées en matière de formation, couvrant les aspects
avant et après production comme la nutrition et le stockage, peuvent donc
être essentielles pour encourager une plus large adoption des cultures de
légumineuses, notamment dans le cadre d’écoles pratiques d’agriculture (voir le
tableau 1). Elles entrent toutefois dans un cadre plus large d’apprentissage par
l’action. Une grande attention doit être portée aux priorités locales dans toutes
les approches participatives du développement (Obaa, Mutimba et Semana,
2005), et il faut tenir compte du fait que les légumineuses sont peu appréciées
dans certains endroits. Dans ce cas, on peut envisager une formation sur la
nutrition humaine, qui aura peut-être pour effet de renforcer la demande locale
de légumineuses. Il s’agit cependant d’un processus à long terme, répétitif, et
les techniques ne doivent pas être présentées comme une solution, mais plutôt
comme s’inscrivant dans un processus intégré (Neef et Neubert, 2011). Au
Mali, des agriculteurs ont cultivé un large éventail de génotypes de niébé et
de sorgho dans le cadre d’une initiative intégrée de formation aux techniques
avant et après production (école pratique d’agriculture) qui a mis l’accent sur
les difficultés recensées par les exploitants, telle que la lutte contre les adventices
parasites, le traitement après récolte et les liens avec les marchés. L’apprentissage
entre agriculteurs faisait également partie de ce programme, qui a suivi une
approche intégrée et a favorisé une participation importante des agricultrices.
Des approches reposant sur des écoles pratiques d’agriculture, axées notamment
sur l’intégration des filières commerciales, ont été récemment expérimentées en
Ouganda, et semblent prometteuses (Davis et al., 2012).

5. Priorités de recherche
La présente section expose les lacunes de la recherche, ainsi que les perspectives
déterminantes pour le renforcement de la culture de légumineuses en Afrique.
Il faudra tenir compte de ces priorités de recherche si l’on veut que les
légumineuses et les micro-organismes avec lesquels elles entretiennent des
relations symbiotiques puissent contribuer aux services environnementaux et
constituer la base d’une agriculture durable.

Nutrition humaine
La nutrition humaine et l’intégration de l’agriculture et de l’élevage sont toutes
deux dépendantes de la teneur en protéines et en divers acides aminés des
légumineuses, parallèlement aux graminées Étant donné ce rôle central, il est
34 Snapp, Rahmanian et Batello

étonnant qu’on ait si peu investi dans la recherche sur les légumineuses tropicales.
En témoignent les budgets alloués à la recherche agricole internationale, par
exemple le montant dérisoire consacré à la recherche sur les légumes secs dans
le financement des activités de base du CGIAR (Pachico, 2014). L’un des autres
obstacles est le manque d’informations sur les légumineuses cultivées, et les
endroits où elles sont cultivées dans les systèmes agroécologiques, comme nous
l’avons vu plus haut. Les études sur l’adoption des variétés de légumineuses
sont bien peu nombreuses, et les études d’impact extrêmement rares. Il faudrait
encourager ce type de recherches, en étroite corrélation avec des investissements
dans les systèmes de sélection végétale participative et dans les systèmes
semenciers, afin d’élargir l’accès au matériel génétique amélioré privilégié par
les agriculteurs. Enfin, il manque des recherches systématiques sur les services
écosystémiques associés aux légumineuses.
Cette section est consacrée aux priorités de recherche pour une série
de légumineuses de base, s’agissant de la génétique, de la production, des
systèmes post-production et du contexte (tableaux 5 à 9). Établi à partir
d’un examen des travaux publiés, ces tableaux présentent les domaines qui
constituent des priorités de recherche, et les techniques bientôt prêtes à être
diffusées mais qui nécessitent une recherche appliquée. L’accent a été mis sur
le haricot commun, le niébé, l’arachide et le pois d’Angole; le pois chiche n’a
pas été pris en compte, l’Éthiopie étant pratiquement le seul pays africain
où il est cultivé. S’agissant des légumineuses mineures, les travaux publiés
Tableau 5. Haricot. Priorités de la recherche sur le haricot dans les petites exploitations agricoles
africaines
Technique Recherche à long terme Recherche appliquée Références

Génétique Rendement, tolérance à la Type déterminé, maturation Checa et Blair, 2012


chaleur et à la sécheresse précoce
Rodríguez De Luque et
Tolérance aux maladies Feuilles pour la Creamer, 2014
consommation en tant que
Amélioration de la fixation légume Román-Avilés etBeaver, 2016
de l'azote
Haricot d'Espagne de Isaacs et al., 2016a
Variétés de haricot moyenne altitude avec une
utilisables en culture Kamfwa, Cichy et Kelly, 2015
tolérance à la chaleur
intercalaire Ssekandi et al., 2016
Feuilles pour la
consommation en tant que
légume
Mélanges de variétés
Production Agriculture de conservation Bananiers fournissant de Amare et al., 2014
– techniques l'ombre aux haricots
agronomiques Beebe et al., 2012
Systèmes de tuteurage pour
les variétés grimpantes Isaacs et al., 2016a

Variétés adaptées aux TerAvest et al., 2015


cultures intercalaires
Études de séquençage
Lutte contre les maladies
Cuisson / Variétés à temps de cuisson Cichy et al., 2015.
transformation court
après récolte
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 35

Tableau 6. Niébé. Priorités de la recherche sur le niébé dans les petites exploitations agricoles
africaines
Technique Recherche à long terme Recherche appliquée Références

Génétique Tolérance aux ravageurs Type déterminé, maturation Agunbiade et al., 2014
polyphages précoce
Kitch et al., 1998
Tolérance aux ravageurs Types permettant une double
monophages utilisation Kristjanson et al., 2005

Niébé avec de grands Types résistants aux maladies Sprent et Gehlot, 2010
systèmes radiculaires Geleti et al., 2014
Fixation de l'azote par le
niébé dans les zones arides
Production Tolérance aux pucerons, Microdosage des engrais Buerkert et Schlecht, 2013
– techniques pour éliminer les limitations
agronomiques actuelles à l'adoption
dans les zones tropicales
subhumides à humides
Stockage après Mise au point de types de Sudini et al., 2015
récolte stockage améliorés
Cuisson et Transformation Feuilles pour la Geleti et al., 2014
traitement consommation en tant que
après récolte légume Polreich, Becker et Maass, 2016

Produits à valeur ajoutée

Tableau 7. Arachide. Priorités de la recherche sur l’arachide dans les petites exploitations agricoles
africaines
Technique Recherche à long terme Recherche appliquée Références

Génétique Types de variétés nécessitant Résistance aux maladies Pasupuleti et al., 2013
moins de main-d'œuvre
(faciles à récolter et à Résistance aux nématodes Tsusaka et al., 2016
transformer)
Contraintes abiotiques
Production Séquençage et gestion pour Systèmes de cultures Buerkert et Schlecht, 2013
– techniques une production durable et intercalaires
agronomiques l’amélioration des sols Harris et al., 2001
Séquences de gestion
intégrée de la fertilité des Nezomba et al., 2015
sols Snapp et al., 2010
Microdosage des engrais
Préparation des semences
Stockage après Amélioration génétique Gestion des aflatoxines Johnson, Atherstone et
récolte afin de lutter contre les Grace, 2015
aflatoxines Sacs PIC et systèmes de
stockage connexes Waliyar et al., 2016
Sudini et al., 2015
Cuisson / Produits à valeur ajoutée Dépistage amélioré et peu Dalton et al., 2012
transformation coûteux des aflatoxines
après récolte
Contexte Facteurs favorisant Études tenant compte de la Ashby, 2009
(marchés, climat, l'adoption parité hommes-femmes
parité) Pachico, 2014
Systèmes semenciers
Snapp et al., 2002

sont peu nombreux, alors que les besoins en recherche sont très importants
(tableau 9). Nous invitons les chercheurs à traiter en priorité les génotypes qui
sont particulièrement adaptés à différents milieux et qui assurent des services
polyvalents, à savoir le haricot de Lima tropical, le haricot d’Espagne, le pois
36 Snapp, Rahmanian et Batello

Tableau 8. Pois d’Angole. Priorités de la recherche sur le pois d’Angole dans les petites exploitations
agricoles africaines
Technique Recherche à long terme Recherche appliquée Références

Génétique Types à cycle plus long et Pois d'Angole adapté à Wendt et Atemkeng 2004
tolérants aux insectes différents types de sol
et climats – semi-aride à Waldman et al., 2017
humide
Systèmes semenciers Besoin de systèmes Variété polyvalente Orr et al., 2015
semenciers pour le pois combustible-alimentation
Approvisionnement d'Angole humaine prête à être Waldman et al., 2017
diffusée à grande échelle
Production Solubilisation du phosphore Séquence de rotation pour Ncube et al., 2009
– techniques et stabilisation de la matière augmenter la disponibilité
agronomiques organique du sol d'eau et d'azote Snapp et al., 2010

Technique utilisant le FAO, 2016


système de double culture
de légumineuses (pois
d'Angole avec légumineuse
alimentaire en sous-étage)
Stockage après
récolte
Cuisson / Transformation Utilisation comme légume Snapp et al., 2003
transformation après
récolte
Contexte (marchés, Adaptation au changement Ménages dirigés par une Snapp et al., 2010
climat, parité) climatique et atténuation femme très favorables aux
des risques systèmes fondés sur le pois Mhango et al., 2013
d'Angole Smith et al., 2016

Tableau 9. Légumineuses mineures polyvalentes et sous-utilisées


Technique Recherche à long terme Recherche appliquée Références

Génétique Dolique d'Égypte Dolique d'Égypte comme Maass et al., 2010;


légume-feuille
Lupin changeant Geleti et al., 2014
Identifier des variétés de
Pois tubéreux africain dolique d'Égypte pour une Varshney et al., 2010
(améliorer la qualité des double utilisation (fourrage
graines, raccourcir le temps de et alimentation humaine)
cuisson, mettre au point des
graines commercialisables)
Production Suppression des adventices Techniques utilisant le Chikowo et al., 2014
– techniques système de double culture de
agronomiques Agronomie du pois tubéreux légumineuses (SDCL) Ibeawuchi, 2007
africain et du haricot de Lima
Caractérisation des systèmes Snapp et al., 2010
agricoles des zones tropicales
humides (haricot de Lima,
pois tubéreux)
Cuisson / Pois mascate et dolique Gilbert et al., 2004
transformation d'Égypte – transformation des
après récolte graines
Contexte (marchés, Marchés pour de nouveaux Dolique d'Égypte – Maass et al., 2010
climat, parité) types de légumineuses adaptation à la sécheresse
N. Miller, entretien, 2016

tubéreux africain, le pois mascate et le dolique d’Égypte. Peu d’attention a été


portée au recensement de la diversité génétique ni d’ailleurs à la conservation
in situ de ce germoplasme si intéressant.
Les recherches sur la caractérisation de la diversité et sur l’amélioration de
la qualité des graines et des attributs liés au rendement font partie des actions
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 37

prioritaires à mener pour renforcer l’adoption de ces légumineuses mineures.


Ces espèces sont souvent considérées comme très importantes dans les cultures
et systèmes traditionnels, mais ne sont généralement pas très connues, et peu
d’investissements scientifiques leur ont été consacrés. Certaines de ces espèces
ont été largement utilisées par le passé, comme le dolique d’Égypte, et, sans
surprise, semblent être adaptées à un large éventail de milieux (tableau 9). Des
activités sont actuellement menées pour évaluer la diversité des germoplasmes
à l’aide d’outils moléculaires (Cullis et Kunert, 2016); cela étant, bien peu
d’attention a été portée à la caractérisation génétique phénotypique dans le
contexte des petites exploitations agricoles, à la conservation et à l’évaluation
des variétés locales (Dwivedi et al., 2016). Nous recommandons d’intégrer
des études systématiques – fondées sur des collections de variétés locales et le
matériel génétique des collections internationales – dans les grandes priorités
de recherche. Il faudra ensuite procéder à des études d’adaptation reposant
sur une évaluation du matériel génétique et du milieu; une expérimentation
participative sur le lieu d’exploitation sera également importante.

Figure 3
Incidences du changement climatique sur la production de trois légumineuses
importantes en Afrique, par zone – augmentation ou réduction des surfaces
cultivées, modélisation en fonction des conditions établies pour 2050 à l’aide
d’une projection évoluée des émissions

50

Haricot

25
Niébé

Arachide
0
Zones subhumides

Zones semi-arides

Zones humides
Hauts plateaux

–25

–50

–75

–100
Source: Ramirez-Villegas et Thornton (2015).
38 Snapp, Rahmanian et Batello

Les sections qui suivent étudient chaque légumineuse au regard des


principaux systèmes agricoles de niche.

5.1 Priorités de recherche sur les légumes secs des zones


tropicales semi-arides et subhumides
5.1.1 Haricot commun (Phaseolus vulgaris L.)
Adapté à des zones de haute à moyenne altitude, le haricot est très cultivé
en Afrique et est présent, dans une certaine mesure, dans presque toutes les
zones agroécologiques. Parallèlement, ses rendements sont très dépendants
des températures et des précipitations, et il est particulièrement vulnérable
au réchauffement climatique, comme le montrent les priorités définies par
les chercheurs, examinées ci-après (Redden et al., 2011). De fait, les modèles
prévoient une diminution de la zone de production de haricot en Afrique
comprise entre 20 pour cent et 80 pour cent d’ici à 2050, à moins que les
scientifiques parviennent à augmenter sa tolérance à la chaleur (figure
2; Ramírez-Villegas et Thornton, 2015). Des progrès ont néanmoins été
accomplis dans l’adaptation du haricot d’Espagne à la chaleur et à des altitudes
moyennes, et d’autres éléments disponibles montrent que des avancées rapides
sont possibles en matière de tolérance du haricot à la chaleur (Beebe et al., 2011;
Román-Avilés et Beaver, 2016). Les variétés locales de haricot et les plantes
apparentées présentent un important potentiel d’adaptation, et devraient être
intégrées dans les initiatives de recherche visant à mettre au point des variétés
de haricot adaptées aux conditions futures, qui seront marquées par de fortes
variations météorologiques et un accroissement des températures (Dwivedi et
al., 2016). La tolérance à la sécheresse requiert des investissements à plus long
terme que ceux à consacrer à la recherche sur la tolérance à la chaleur; ces deux
axes d’étude sont cependant clairement nécessaires.
Les priorités de la recherche sur l’amélioration des systèmes fondés sur le
haricot ont été recensées dans une enquête menée auprès de chercheurs africains.
En tête de ces priorités figurent l’accroissement des rendements sous des
contraintes abiotiques (tolérance à la sécheresse) et l’amélioration de la qualité
des graines (réduction du temps de cuisson) (Cichy, Wiesinger et Mendoza,
2015). La deuxième série de priorités la plus citée concerne les systèmes
semenciers et l’établissement de liens entre les agriculteurs et les marchés
(Rodríguez De Luque et Creamer, 2014). Les autres priorités comprennent la
tolérance aux maladies et aux insectes, et notamment aux vers qui s’attaquent
aux tiges de haricot. Ces priorités reflètent étroitement à celles exposées dans
une étude récente par des scientifiques travaillant sur l’amélioration végétale
(Beebe et al., 2012). Les activités de sélection végétale ont longtemps été axées
sur la résistance aux maladies, et ont enregistré de nombreuses réussites dans
ce domaine. Il est intéressant de noter que les principales priorités mises en
avant par ces deux études récentes portaient également sur les contraintes
abiotiques et les systèmes semenciers (Beebe et al., 2012; Rodríguez De Luque
et Creamer, 2014). Cela montre qu’il faut d’urgence de nouvelles compétences
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 39

et des investissements pour étudier la tolérance à la sécheresse, la tolérance à la


chaleur et l’efficience d’utilisation de l’eau des haricots, caractères complexes
qui requièrent d’importants investissements.
L’amélioration de la fixation biologique de l’azote ne faisait pas partie des
récentes priorités de la recherche sur le haricot, alors qu’il s’agit d’un service
environnemental important, dont on souhaite bénéficier, notamment dans les
systèmes écologiques fondés sur le maïs qui nécessitent beaucoup d’azote. Les
interactions entre la fixation biologique de l’azote et la sécheresse et d’autres
contraintes abiotiques constituent un domaine de recherche supplémentaire,
présenté par Beebe et ses collègues (2012) comme nécessitant une attention
importante et soutenue. Un autre domaine de recherche qui a été presque oublié
est celui du rendement des feuilles de haricot; pour les petits exploitants agricoles,
les feuilles de haricot sont un légume important et une source de protéines
non négligeable, mais ce caractère n’est pas systématiquement étudié par les
sélectionneurs. Des progrès rapides pourraient être enregistrés dans ce domaine.

5.1.2 Niébé [Vigna unguiculata (L.) Walp.]


La principale priorité des recherches destinées à améliorer le niébé reste la
tolérance aux insectes. Peu de progrès ont été réalisés à ce jour au moyen de
la sélection végétale, et il convient de s’intéresser d’urgence à ce problème.
Des recherches sont actuellement menées pour élaborer des approches de
protection intégrée, notamment d’importantes activités qui s’appuient sur
les mesures traditionnelles de lutte contre les ravageurs; cependant, peu
d’éléments à ce jour témoignent d’une adoption de la protection intégrée par
les agriculteurs, et il faut s’attacher à comprendre les obstacles à cette adoption
et à définir des méthodes de vulgarisation efficaces (Tamò et al., 2012). La
détermination des techniques agronomiques rentables et adoptables dans la
pratique est un autre domaine de recherche complexe, car les terres semi-
arides et marginales sur lesquelles le niébé est cultivé en Afrique nécessitent
une utilisation judicieuse des intrants et une gestion zonale afin d’optimiser
le rendement des nutriments (Buerkert et Schlecht, 2013).
On a observé une croissance rapide de la zone occupée par le niébé ces
dernières années en Afrique de l’Ouest, où ce produit est une importante
source de protéines et, dans certaines zones, de revenus (encadré 1). Le niébé
est de plus en plus apprécié en Afrique australe également (figure 1). Cela étant,
peu de recherches sont menées sur les variétés qui ont été adoptées, les écarts
de rendement, ou les barrières à l’adoption ou à l’amélioration des résultats
(Pachico, 2014). Une étude fondatrice a montré que les femmes s’intéressaient
souvent aux caractères de qualité des graines, notamment s’agissant des
propriétés de cuisson, du stockage, de la transformation et du goût – et
cela valait à la fois pour les consommateurs et les producteurs d’Afrique de
l’Ouest (Mishili et al., 2009). Ce type d’évaluation de la sélection génétique
participative, mené en collaboration avec les agriculteurs, femmes et hommes,
pourrait se révéler essentiel pour mettre au point des variétés correspondant aux
40 Snapp, Rahmanian et Batello

préférences des agriculteurs ainsi que des variétés correspondant aux préférences
des marchés (Ashby, 2009).

5.1.3 Arachide (Arachis hypogaea L.)


Les priorités de la recherche sur l’arachide doivent tenir compte du rôle de cette
plante en tant que source de protéines, d’huile et de revenus dans toutes les zones
tropicales subhumides, en particulier dans les régions où les températures sont
élevées. Cette espèce est également très importante en tant que culture exploitée
en rotation, car elle permet d’accroître de manière durable les rendements de
maïs, et elle est utilisée comme culture intercalaire dans de nombreuses régions
(Waddington et al., 2007). Les producteurs d’arachide sont confrontés à divers
problèmes, mais les plus importants, pour les petits exploitants, sont le manque
d’accès à des semences de qualité, la charge de travail importante liée à l’élimination
des adventices, à la récolte et aux opérations après récolte, et les questions de sécurité
sanitaire des aliments. Il a été estimé que la récolte, le battage et le décorticage
nécessitaient 75 jours-personnes par tonne (Ojiem et al., 2014). Une variété
caractérisée par une plus grande concentration des gousses a été largement adoptée
au Malawi, car plus facile à récolter et à battre que les variétés traditionnelles, et
nécessitant moins de travail, notamment pour les femmes (Tsusaka et al., 2016); ce
caractère pourrait être recherché dans d’autres programmes de sélection. L’un des
principaux axes de l’amélioration génétique de l’arachide a consisté à mettre au
point des variétés résistantes aux maladies. Cependant, une étude récente a révélé
de très faibles niveaux d’adoption des variétés mises au point au cours des deux
dernières décennies, ce qui semble indiquer qu’il est nécessaire que les chercheurs
accordent davantage d’attention aux obstacles à l’adoption (Pachico, 2014). Cela
est particulièrement vrai en Afrique de l’Ouest, où on a observé de manière
générale une stagnation des rendements de l’arachide.
La détermination des facteurs d’adoption doit être intégrée aux priorités
de la recherche, de manière à pouvoir mettre au point des variétés d’arachide
plus adaptées aux ensembles complexes de systèmes agricoles de niche et à
pouvoir différencier les besoins selon les sexes, le cas échéant (Ortega et al.,
2016). Il est important que les préférences des femmes et des hommes soient
considérées comme l’un des aspects clés de la sélection végétale participative;
cela permettra de mettre au point des variétés de légumes secs qui répondront
aux besoins locaux et qui seront susceptibles d’être largement adoptées
(Ceccarelli, Grando et Baum, 2007; Weltzien, vom Brocke et Rattunde, 2005).
La graine d’arachide est associée à un large éventail de facteurs de qualité –
notamment la teneur en huile et la qualité de cette dernière – lesquels influent
sur la durée de conservation ainsi que sur les préférences des marchés. Il faudra
peut-être s’attarder sur ce point dans un avenir proche afin de favoriser une
large adoption des variétés (Janila et al., 2013).
Il est important de prendre en compte les groupes de maturation pour
adapter une variété à une niche; une meilleure compréhension de l’éventail de
types de maturation ainsi que des habitudes de croissance de l’arachide aiderait
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 41

à répondre aux préférences complexes des petits exploitants en ce qui concerne


les caractères génétiques des légumes secs (Pachico, 2014). Les agriculteurs
souhaitent en outre souvent une diversité des types de graines: certains
types dotés de caractères de qualité recherchés par des marchés spécifiques
(condiment, huile) et d’autres présentant par exemple un calendrier de
production adapté aux besoins en matière de sécurité alimentaire et de nutrition
familiale. La stratégie consistant à s’intéresser aux systèmes semenciers et à
produire une gamme de cultivars correspondant aux classes recherchées pour
différents marchés et pour une utilisation personnelle a permis de développer
la culture des haricots en Afrique, et il conviendrait d’analyser cette réussite
afin de déterminer si l’on peut en tirer des enseignements intéressants pour
l’arachide (Rubyogo et al., 2010).

5.1.4. Pois d’Angole [Cajanus cajan (L.) Walp.]


Le pois d’Angole est une culture importante dans certaines régions d’Afrique
de l’Est et d’Afrique orientale, et la superficie qui y est consacrée a augmenté
rapidement (croissance de plus de 10 pour cent par an) au Malawi et au
Mozambique au cours des sept dernières années (FAOStat, site consulté le
20 octobre 2016). La phénologie du pois d’Angole est particulière, avec une
croissance lente au départ, les branches ne commençant à pousser à partir de
la tige centrale qu’au bout de trois ou quatre mois. Cet arbuste est compatible
pendant une certaine durée avec des plantes annuelles telles que le maïs, et est
presque toujours utilisé comme culture associée (Snapp, Blackie et Donovan,
2003). La sélection végétale et la recherche agronomique ont été principalement
axées sur la mise au point de variétés de pois d’Angole associées à un cycle plus
court et destinées à être cultivées seules, ce qui constitue une rupture majeure
avec l’utilisation habituelle de cette plante dans les exploitations africaines.
Les recherches ont rarement eu pour priorité d’étudier les propriétés du pois
d’Angole qui enrichissent les sols en nutriments, et notamment l’architecture
du système radiculaire et les caractéristiques physiologiques qui contribuent à
la fixation biologique de l’azote et à la solubilisation du phosphore. On pense
que les caractères liés aux exsudats racinaires et à la rhizosphère, auxquels
s’ajoute la longue durée de croissance, contribuent à la capacité (documentée
dans des travaux) du pois d’Angole de contribuer à transformer des réserves de
phosphore non disponibles et peu solubles en réserves assimilables par d’autres
plantes, mais on n’a pas étudié en détail les moyens d’améliorer ces caractères
(Myaka et al., 2006). Une étude récente a fourni des éléments montrant que le
rôle d’agrégation du sol assuré par le pois d’Angole via la rhizosphère pourrait
être un mécanisme intermédiaire crucial pour l’amélioration de la disponibilité
du phosphore (Garland et al., 2016); cette question mériterait des travaux
complémentaires.
L’augmentation et la stabilité des rendements de maïs cultivé en alternance
avec le pois d’Angole ont fait l’objet d’expériences sur le terrain au Malawi;
cependant, on ne dispose de presque aucune étude sur les mécanismes
42 Snapp, Rahmanian et Batello

correspondants (Snapp et al., 2010). En revanche, le pois d’Angole est


rarement associé à des rendements élevés en graines. Des études récentes sur
une sélection d’essais ont montré que les agriculteurs n’utilisaient pas tous le
pois d’Angole pour les mêmes services: certains privilégient les rendements,
tandis que d’autres cherchent à améliorer la fertilité des sols ou à produire du
combustible (Waldman et al., 2017).
De plus en plus d’éléments montrent une augmentation de la demande
de variétés de pois d’Angole résistantes aux insectes nuisibles et fournissant
plusieurs services (voir plus haut). Des témoignages confirment que les attributs
privilégiés par les agriculteurs sont ceux qui se rapportent à l’utilisation comme
combustible, à la tolérance aux insectes et à l’amélioration de la fertilité des sols.
Mthawajumi, une variété non commerciale de pois d’Angole, s’est rapidement
propagée au Mozambique et au Malawi (Orr et al., 2015). Des entretiens avec
les agriculteurs ont permis de déterminer que le recépage du pois d’Angole est
une pratique largement répandue dans les petites exploitations, ce qui plaide
en faveur d’une évaluation systématique de la possibilité de recépage et des
avantages environnementaux connexes (Rogé et al., 2016).
L’intérêt des agriculteurs se porte souvent sur la polyvalence, notamment dans
le contexte africain. Il est donc surprenant, et peut-être contre-productif, que les
recherches menées sur le pois d’Angole aient privilégié des caractères principalement
recherchés par les marchés (grosses graines, par exemple) et des variétés à cycle
extrêmement court et à port érigé, associées à un indice de récolte élevé (ICRISAT
Happenings, décembre 2015). Ce type de pois d’Angole ne produit pas les grandes
tiges utilisées comme combustible et donne des quantités modestes de feuillage
(utilisé à d’autres fins – comme fourrage, par exemple). On conçoit de plus en
plus la nécessité de disposer de types de pois d’Angole à double usage, mais cette
évolution ne transparaît pas encore dans les activités et les financements (Kaoneka
et al., 2016). Un effort concerté pour collecter le germoplasme des variétés locales
de pois d’Angole et documenter leur utilisation à des fins multiples compléterait
avantageusement les activités d’amélioration qui sont menées actuellement.
Compte tenu de ce qui a été observé en ce qui concerne la tolérance aux insectes
de la variété privilégiée par les agriculteurs au Mozambique et au Malawi, ce type
d’évaluation des résultats au niveau des exploitations, associé à une documentation
systématique des variétés utilisées par les agriculteurs, pourrait déboucher sur des
améliorations rapides (Orr et al., 2015).

5.2 Priorités de recherche sur les légumes secs des zones


tropicales humides
Très peu de légumineuses sont adaptées aux zones chaudes et humides, et la
mise au point de variétés de ce type devrait figurer dans les futures priorités
de recherche. Cela demandera un effort concerté, car la pression exercée par
les maladies et les insectes dans les conditions tropicales humides est élevée, et
les légumineuses sont particulièrement sensibles aux stress biotiques (voir plus
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 43

haut). Quelques espèces affichent un certain potentiel d’adaptation, comme le


haricot de Lima tropical et le pois tubéreux africain, cependant nous n’avons
trouvé aucun élément témoignant d’études systématiques d’adaptation, ou
d’activités visant à améliorer l’une de ces deux espèces en vue de son utilisation
dans un système agricole en zone tropicale humide (tableau 9).

5.3 Priorités de recherche sur les légumes secs des hauts


plateaux tropicaux
Les plantes adaptées aux hauts plateaux comprennent plusieurs espèces de
Phaseolus, notamment le haricot d’Espagne, qui peut être cultivé à de très
hautes altitudes (supérieures à 3 000 mètres au-dessus du niveau de la mer), et
que l’on trouve dans le monde entier dans les systèmes agricoles de niche des
hauts plateaux. De nombreux cultivars de Phaseolus vulgaris sont également
adaptés aux altitudes élevées, les types grimpants étant généralement cultivés
entre 2 000 et 3 200 mètres au-dessus de la mer. Le lupin changeant (Lupinus
mutabilis Sweet) est une autre légumineuse adaptée aux altitudes élevées, bien
qu’elle soit surtout cultivée en Amérique du Sud. Pour augmenter l’utilisation
de cette légumineuse polyvalente importante, il faudra mettre au point des
types de graines conformes à la demande des marchés et aux préférences locales
en Afrique (tableau 9). Le pois d’Angole peut être cultivé jusqu’à 3 000 mètres
au-dessus de la mer, bien que les températures plus basses en haute altitude
ne soient pas propices à des rendements élevés; il faudra mener d’urgence des
études d’adaptation, en parallèle avec les activités d’amélioration végétale et de
sélection génétique participative, si l’on veut encourager l’utilisation de cette
plante sur les hauts plateaux (tableau 8; Silim et al., 2007).

5.4 Priorités de recherche sur les légumes secs dans les systèmes
rizicoles irrigués
Très peu de recherches ont été menées sur la diversification du riz irrigué avec
des légumineuses en Afrique. Le potentiel du riz irrigué en matière de gestion
durable et rentable des sols a été démontré dans des études sur le terrain qui se
sont penchées sur l’intégration de légumineuses utilisées comme engrais vert
et l’alternance d’une culture de légumineuse et d’une culture de riz (Becker
et Johnson, 1999). Cette solution n’a été adoptée qu’à petite échelle en Asie
du Sud (Lauren et al., 2001), et on ne trouve aucune étude mentionnant
son adoption en Afrique. Les obstacles à l’adoption devraient figurer dans
les priorités de recherche, afin de déterminer le potentiel, les limites et les
possibilités associés à la diversification des systèmes rizicoles africains avec
des légumineuses.

5.5 Nouvelles orientations de recherche


Les légumineuses jouent un rôle écologique essentiel en raison de leur capacité
à fixer biologiquement l’azote et de leurs propriétés biochimiques connexes,
44 Snapp, Rahmanian et Batello

qui font d’elles une importante source de protéines et de divers autres


nutriments (Topps, 1992). Or on a accordé peu d’attention à l’exploitation de
ces capacités.
Du fait de leurs propriétés uniques, les légumineuses polyvalentes constituent
une option intéressante pour les agriculteurs; elles sont cependant été largement
négligées, mis à part les espèces fourragères ou agroforestières. On peut mettre
au point des légumineuses alimentaires à croissance longue, produisant des
quantités considérables de matière végétale et dotées de systèmes radiculaires
profonds, ou en sélectionner parmi les variétés traditionnelles (Snapp, 2017).
Les feuilles de certaines espèces (haricot ou niébé, par exemple) peuvent être
consommées en tant que légume. Dans presque tous les cas, elles peuvent
être utilisées comme fourrage. Le système radiculaire abrite des micro-
organismes, améliore l’agrégation du sol, et favorise ainsi l’accumulation de
carbone dans le sol et, dans de nombreux cas, produit des exsudats racinaires
qui solubilisent le phosphore (Ae et al., 1990). Ces phénomènes sont à la base
des ressources naturelles et du potentiel de production du système de culture
dans son ensemble. Dans cette optique, un investissement dans les activités de
sélection végétale sera essentiel pour mettre au point un plus large éventail de
génotypes de légumes secs dotés de ces nouveaux caractères génétiques, au sein
du germoplasme privilégié par les agriculteurs.

6. Conclusions et
recommandations
Les formateurs et les décideurs publics doivent s’intéresser à la manière dont ils
peuvent promouvoir les légumineuses. La première étape consiste à collecter des
données de bonne qualité afin de savoir où les légumineuses sont cultivées et à
quelles fins. Les statistiques agricoles ne sont pas très fournies pour les légumes
secs; elles regroupent notamment des espèces de haricot différentes, et ne reflètent
pas avec exactitude ce qui est réellement cultivé dans de nombreux pays. Des
règles et des protocoles sont nécessaires pour favoriser une étude plus détaillée des
systèmes de culture des petits exploitants, notamment un suivi des nombreuses
espèces et variétés de légumineuses négligées, ainsi que de la consommation, de
sorte que les statistiques agricoles indiquent plus précisément les légumineuses
cultivées, et où elles sont cultivées. La malnutrition est un problème pressant, et
les disponibilités de protéines végétales sont insuffisantes. L’évolution vers des
régimes alimentaires plus diversifiés et de plus grande qualité nécessite d’urgence
des actions de sensibilisation au rôle des légumineuses dans la nutrition familiale.
Les légumineuses sont à la base d’un développement agricole viable sur le
plan écologique et axé sur les besoins des agriculteurs du continent africain.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 45

La conservation de la matière organique du sol et l’accroissement durable de


la disponibilité de l’azote et du phosphore sont des questions fondamentales
pour l’amélioration de la productivité à l’échelle mondiale. Parmi les priorités
de recherche figure la nécessité d’investir dans des espèces de légumes secs
polyvalentes afin d’instaurer des systèmes agricoles résilients, l’accent mis
jusqu’ici sur les indicateurs de rendement n’étant pas suffisant pour profiter de
tous les avantages que peut apporter l’intégration de divers types de légumineuses
dans les systèmes de culture. Les phénomènes météorologiques extrêmes et la
sécheresse appellent un renforcement de la résilience des systèmes agricoles, et la
diversification des cultures avec différentes légumineuses contribuera à atténuer
les risques auxquels ces derniers sont exposés. Les types de niébé et de haricot à
maturation précoce et à croissance rapide donnent une récolte même en cas de
sécheresse, et les variétés de pois d’Angole et de dolique d’Égypte à cycle long
présentent l’avantage de produire des graines, des feuilles utilisables comme
légume et du fourrage dans des conditions météorologiques très variables.

7. Recommandations clés
• Renforcer les travaux consacrés à la communication de statistiques sur les
légumes secs et autres légumineuses
• Encourager les innovations dans le domaine des légumineuses, telles que
les systèmes à double culture de légumineuses (SDCL), l’utilisation du
haricot d’Espagne, la mise au point de haricots à temps de cuisson court,
la préparation des semences, et la promotion des variétés de légumes secs
privilégiées par les agriculteurs
• Renforcer la résilience des exploitations familiales face aux chocs climatiques
et aux perturbations des marchés grâce à une diversification avec des
légumineuses à cycle court et long
• Favoriser une diversification judicieuse avec des légumineuses en vue d’une
intégration de l’agriculture et de l’élevage et d’une gestion efficiente et
durable des engrais
• Donner la priorité à une sélection végétale axée sur les légumineuses de
type de croissance indéterminé, avec une production végétative abondante,
qui assurent différents services et présentent une résistance aux organismes
nuisibles, des propriétés biochimiques favorisant la nutrition, et des
caractères génétiques répondant aux besoins des différents acteurs
• Appuyer les recherches qui améliorent la qualité et la gestion des
légumineuses, afin de contribuer à des rendements plus durables tout en
favorisant l’accumulation de carbone, d’azote et de phosphore dans le sol
• Veiller à ce que les recommandations sur les politiques tiennent compte de
l’importance des légumineuses pour les femmes et les familles, en prêtant
46 Snapp, Rahmanian et Batello

une attention particulière à la nutrition, à la sécurité sanitaire des aliments


et aux activités de transformation

Références
Abate, T., Alene, A.D., Bergvinson, D., Shiferaw, B., Orr, A. & Aasfaw, S. 2012. Tropical grain legumes
in Africa and South Asia: Knowledge and opportunities. Research Report, ICRISAT, Nairobi.
Abdalla, E.A., Osman, A.K., Maki, M.A., Nur, F.M., Ali, S.B. & Aune, J.B. 2015. The response
of sorghum, groundnut, sesame, and cowpea to seed priming and fertilizer micro-dosing in
South Kordofan State, Sudan. Agronomy, 5(4): 476–490.
Ae, N., Arihara, J., Okada, K., Yoshihara, T. & Johansen, C. 1990. Phosphorus uptake by
pigeonpea and its role in cropping systems of the Indian subcontinent. Science, 248: 477–480.
Agunbiade, T.A., Coates, B.S., Datinon, B., Djouaka, R., Sun, W., Tamò, M. & Pittendrigh,
B.R., 2014. Genetic differentiation among Maruca vitrata F. (Lepidoptera: Crambidae)
populations on cultivated cowpea and wild host plants: implications for insect resistance
management and biological control strategies. PloS One, 9(3): e92072.
Alene, A.D. & Manyong, V.M. 2006. Farmer-to-farmer technology diffusion and yield variation
among adopters: the case of improved cowpea in northern Nigeria. Agricultural Economics,
35(2): 203–211.
Amare, A., Selvaraj, T. & Amin, M. 2014. Evaluation of various fungicides and soil solarization
practices for the management of common bean anthracnose (Colletotrichum lindemuthianum)
and seed yield and loss in Hararghe Highlands of Ethiopia. Journal of Plant Breeding and
Crop Science, 6(1): 1–10.
Ashby, J. 2009. The impact of participatory plant breeding. Pp. 649–671, in: S. Ceccarelli, E.P.
Guimaraes et E. Weltzien (eds), Plant breeding and farmer participation. Rome, Italy, FAO.
Asif, M., Rooney, L.W., Ali, R. & Riaz, M.N. 2013. Application and opportunities of pulses in
food system: a review. Critical reviews in food science and nutrition, 53(11): 1168–1179.
Aune, J.B. & Bationo, A. 2008. Agricultural intensification in the Sahel – the ladder approach.
Agricultural Systems, 98(2): 119–125.
Bantilan, M.C.S., Kumara Charyula, D., Guar, P., Moses Shyam, D. & Davis, J.S. 2014. Short
duration chickpea technology: Enabling legumes revolution in Andra Pradesh India. Research
Report No. 23. Patancheru, India, International Crops Research Institute for the Semi-Arid
Tropics. (www.icrisat.org/what-we-do/mip/SPIA/pdf)
Baoua, I.B., Amadou, L., Margam, V. & Murdock, L.L. 2012. Comparative evaluation of six
storage methods for postharvest preservation of cowpea grain. Journal of Stored Products
Research, 49: 171–175.
Barrios, E., Buresh, R.J. & Sprent, J.I. 1996. Organic matter in soil particle size and
density fractions from maize and legume cropping systems. Soil Biology and Biochemistry,
28(2): 185–193.
Becker, M. & Johnson, D. 1999. The role of legume fallows in intensified upland rice-based
systems of West Africa. Nutrient cycling in Agro-Ecosystems, 53: 71–81.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 47

Beebe, S., Ramírez, J., Jarvis, A., Rao, I.M., Mosquera, G., Bueno, J.M. & Blair, M.W. 2011.
Genetic improvement of common bean and the challenges of climate change. Pp. 356–370, in:
S.S. Yadav, R.J. Redden, J.L. Hatfield, H. Lotze-Campen et A.E. Hall (eds), Crop adaptation
to climate change. Wiley-Blackwell.
Beebe, S.E., Rao, I.M., Mukankusi, C. & Buruchara, R.A. 2012. Improving resource use
efficiency and reducing risk of common bean production in Africa, Latin America, and the
Caribbean. Pp. 117–134, in: C.H. Hershey et P. Nate (eds), Eco-efficiency: from vision to
reality. CIAT, Cali, Colombia.
Bekunda, M., Sanginga, N. & Woomer, P.L. 2010. Restoring Soil Fertility in sub-Sahara Africa.
Advances in Agronomy, 108: 183–236.
Bezner-Kerr, R.B., Berti, P.R. & Shumba, L. 2011. Effects of a participatory agriculture and
nutrition education project on child growth in northern Malawi. Public Health and Nutrition,
14(8): 1466–1472.
Blackie M. & Dixon J. 2016. Maize mixed farming systems: an engine for rural growth. Chapter
in: J. Dixon, D. Garrity, J.M. Boffa, T. Williams & T. Amede, avec C. Auricht, R. Lott, & G.
Mburathi, (eds). Farming Systems and Food Security in Africa: Priorities for science and policy
under global change. London and New York, USA, Routledge.
Bondeau, A., Smith, P.C., Zaehle, S., Schaphoff, S., Lucht, W., Cramer, W., Gerten, D., Lotze-
Campen, H., Müller, C., Reichstein, M. & Smith, B. 2007. Modelling the role of agriculture
for the 20th century global terrestrial carbon balance. Global Change Biology, 13: 679–706.
Buerkert, A. & Schlecht, E. 2013. Agricultural innnovations in small scale farming systems of
Sugano-Sahelian West Africa: Some prerequisites for success. Secheresse, 24: 322–329.
Ceccarelli, S., Grando, S. & Baum, M. 2007. Participatory plant breeding in water-limited
environments. Experimental Agriculture, 43: 411–435.
Checa, O.E., & Blair, M.W. 2012. Inheritance of Yield-Related Traits in Climbing Beans
(Phaseolus vulgaris L.). Crop Science 52(5): 1998–2013. DOI: 10.2135/cropsci2011.07.0368
Chikowo, R., Zingore, S., Nyamangara, J., Bekunda, M., Messina, J. & Snapp, S.S. 2014.
Approaches to reinforce crop productivity under water-limited conditions in sub-humid
environments in Africa. Pp. 235–253, in: R. Lal, D. Mwase et F. Hansen (eds), Sustainable
intensification to advance food security and enhance climate resilience in Africa. Springer.
Cichy, K.A., Caldas, G.V. Snapp, S.S. & Blair, M.W. 2009. QTL analysis of seed iron, zinc, and
phosphorus levels in an Andean bean population. Crop Science, 49: 1742–1750.
Cichy, K.A., Wiesinger, J.A. & Mendoza, F.A. 2015. Genetic diversity and genome-wide
association analysis of cooking time in dry bean (Phaseolus vulgaris L.). Theoretical and
Applied Genetics, 128(8): 1555–1567.
Cullis, C. & Kunert, K.J. 2016. Unlocking the potential of orphan legumes. Journal of
Experimental Botany, 68(8): 1895–1903 Special Issue S1. DOI: 10.1093/jxb/erw437
Dalton, T. K. Cardwell & T. Katsvario. 2012. External evaluation report on the peanut
collaborative research support programme. Bureau of Food Security, USAID.
David, S. & Sperling, L. 1999. Improving technology delivery mechanisms: lessons from bean seed
systems research in Eastern and Central Africa. Agriculture and Human Values, 16: 381–388.
Davis, K., Nkonya, E., Kato, E., Mekonnen, D.A., Odendo, M., Miiro, R. & Nkuba J. 2012.
Impact of farmer field schools on agricultural productivity and poverty in eastern Africa.
World Development 40(2): 402–413.
48 Snapp, Rahmanian et Batello

Deshpande, S.S., Sathe, S.K., Salunkhe, D.K. & Cornforth, D.P. 1982. Effects of dehulling on
phytic acid, polyphenols, and enzyme inhibitors of dry beans (Phaseolus vulgaris L.). Journal
of Food Science, 47(6): 1846–1850.
Dixon, R.A. & Sumner, L.W. 2003. Legume natural products: understanding and manipulating
complex pathways for human and animal health. Plant Physiology, 131(3): 878–885.
Drinkwater, L.E. & Snapp, S.S. 2008. Nutrients in agroecosystems: Rethinking the management
paradigm. Advances in Agronomy, 92: 163–186.
Dwivedi, S.L., Ceccarelli, S., Blair, M.W., Upadhyaya, H.D., Are, A.K. & Ortiz, R. 2016.
Landrace germplasm for improving yield and abiotic stress adaptation. Trends in Plant Science,
21(1): 31–42.
Eitzinger, A., Läderach, P., Rodriguez, B., Fisher, M., Beebe, S., Sonder, K. & Schmidt, A.
2016. Assessing high-impact spots of climate change: spatial yield simulations with Decision
Support System for Agrotechnology Transfer (DSSAT) model. Mitigation and Adaptation
Strategies for Global Change. DOI: 10.1007/s11027-015-9696-2
FAO. 1994. Definition and classification of commodities, 4. Pulses and derived products. Rome.
[Cited 22 September 2016]. http://www.fao.org/es/faodef/fdef04e.htm.
FAO. 2014. FAOSTAT: Statistics for the year 2014. Rome. [Cited 7 October 2016]. http://
faostat3.fao.org/home/E.
FAO. 2016. Agroecology profile ‘Integrating diverse grain legume for increased land productivity
on small farms in Malawi’. Rome. [Cited 4 October 2016]. http://www.fao.org/agroecology/
knowledge/practices/en/
Ferguson, A. 1994. Gendered science: a critique of agricultural development. American
Anthropologist 96: 540–552.
Fisher, M. & Snapp, S.S. 2014. Can adoption of modern maize help smallholder farmers manage
drought risk? Evidence from southern Malawi. Experimental Agriculture, 50: 533–548.
Fornara, D.A. & Tilman, D. 2008. Plant functional composition influences rates of soil carbon
and nitrogen accumulation. Journal of Ecology, 96(2): 314–322.
Garland, G., Bünemann, E.K., Oberson, A., Frossard, E. & Six, J. 2016. Plant-mediated
rhizospheric interactions in maize-pigeon pea intercropping enhance soil aggregation and
organic phosphorus storage. Plant and Soil, 415(1–2): 37–55.
Gasparri, N.I., Kuemmerle, T., Meyfroidt, P., Waroux, Y. & Kreft, H., 2016. The emerging
soybean production frontier in Southern Africa: Conservation challenges and the role of
south–south telecouplings. Conservation Letters, 9: 21–31.
Geleti, D., Hailemariam, M., Mengistu, A. & Tolera, A. 2014. Characterization of elite cowpea
(Vigna unguiculata L. Walp) accessions grown under sub-humid climatic conditions of
western Oromia, Ethiopia: Herbage and crude protein yields and forage quality. Journal of
Animal Science Advances, 4(1): 682–689.
Gilbert, R.A. 2004. Best-bet legumes for smallholder maize-based cropping systems of Malawi.
Pp. 153–174, in: M. Eilittä, J. Mureithi et R. Derpsch (eds), Green manure/cover crop systems
of smallholder farmers. Dordrecht, The Netherlands, Springer.
Giller, K.E. & Cadisch, G. 1995. Future benefits from biological nitrogen fixation: An ecological
approach to agriculture. Plant and Soil, 174: 255–277.
Glover, J. D., Reganold, J.P. & Cox, C.M. 2012. Plant Perennials to Save Africa’s Soils. Nature,
489 (7416): 359–361.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 49

Harris, D., Pathan, A.K., Gothkar, P., Joshi, A., Chivasa, W. & Nyamudeza, P. 2001. On-farm
seed priming: using participatory methods to revive and refine a key technology. Agricultural
Systems, 69(1): 151–164.
Ibeawuchi, I.I. 2007. Soil-chemical properties as affected by yam/cassava/landrace legumes intercropping
systems in Owerri Ultisols Southeastern Nigeria. International Journal of Soil Science, 2: 62–68.
Isaacs, K.B, Snapp, S.S., Chung, K.R. & Waldman, K.B. 2016a. Assessing the value of diverse
cropping systems under a new agricultural policy environment in Rwanda. Food Security,
8(3): 491–506. DOI: 10.1007/s12571-016-0582-x
Isaacs, K.B., Snapp, S.S., Kelly, J.D. & Chung, K.R. 2016b. Farmer knowledge identifies a competitive
bean ideotype for maize-bean intercrop systems in Rwanda. Agriculture & Food Security, 5(1): 1–6.
Janila, P., Nigam, S.N., Pandey, M.K., Nagesh, P. & Varshney, R.K. 2013. Groundnut
improvement: use of genetic and genomic tools. Frontiers in Plant Science, 4: Article 23.
Jere, P., Orr, A. & Simtowe, F. 2013. Assessment of smallholder seed groups performance and
market linkages in Southern Malawi. Series Paper Number 12. Nairobi, Kenya ICRISAT.
Johnson, N., Atherstone, C. & Grace, D. 2015. The potential of farm-level technologies and
practices to contribute to reducing consumer exposure to aflatoxins: A theory of change
analysis. IFPRI Discussion Paper 01452. Washington, D.C., USA, International Food Policy
Research Institute.
Johnson, N.L., Lilja, N. & Ashby, J.A. 2003. Measuring the impact of user participation in
agricultural and natural resource management research. Agricultural Systems, 78(2): 287–306.
Kadyampakeni, D.M., Mloza-Banda, H.R. Singa, D.D., Mangisoni, J.H. Ferguson, A. &
Snapp, S. 2013. Agronomic and socio-economic analysis of water management techniques for
dry season cultivation of common bean in Malawi. Irrigation Science, 31: 537–544.
Kamara, A.Y., Tefera, H., Ewansiha, S.U., Ajeigbe, H.A., Okechukwu, R., Boukar, O. &
Omoigui, L.O. 2011. Genetic gain in yield and agronomic characteristics of cowpea cultivars
developed in the Sudan savannas of Nigeria over the past three decades. Crop Science,
51(5): 1877–1886.
Kamfwa, K., Cichy, K.A. and Kelly, J.D. 2015. Genome-wide association analysis of symbiotic
nitrogen fixation in common bean. Theoretical and Applied Genetics, 128(10): 1999–2017.
Kane, D., Rogé, P. & Snapp, S. 2016. A systematic review of perennial staple crops literature
using topic modeling and bibliometric analysis. PLoS One, 11: e0155788
Kanyama-Phiri, G.Y., Snapp, S.S. & Minae, S. 1998. Partnership with Malawian farmers to
develop organic matter technologies. Outlook on Agriculture 27: 167–175.
Kaoneka, S. R., Saxena, R.K., Silim, S.N., Odeny, D.A., Ganga Rao, N.V.P.R., Shimelis, H.A.,
Siambi, M. & Varshney, R.K. 2016. Pigeonpea breeding in eastern and southern Africa:
challenges and opportunities. Plant Breeding, 135: 148–154. DOI: 10.1111/pbr.12340
Kee-Tui, S.H.K., Valbuena, D., Masikati, P., Descheemaeker, K., Nyamangara, J., Claessens,
L., Erenstein, O., Van Rooyen, A. & Nkomboni, D. 2015. Economic trade-offs of biomass
use in crop-livestock systems: Exploring more sustainable options in semi-arid Zimbabwe.
Agricultural Systems, 134: 48–60.
Kitch, L.W., Boukar, O., Endondo, C. & Murdock, L.L. 1998. Farmer acceptability criteria in
breeding cowpea. Experimental Agriculture, 34(4): 475–486.
Koroma, S., Molina, P.B., Woolfrey, S., Rampa, F. & You, N. 2016. Promoting regional trade in
pulses in the Horn of Africa. Accra, Ghana, FAO.
50 Snapp, Rahmanian et Batello

Koutika, L.S., Nolte, C., Yemefack, M., Ndango, R., Folefoc, D. & Weise, S. 2005. Leguminous
fallows improve soil quality in south-central Cameroon as evidenced by the particulate organic
matter status. Geoderma, 125: 343–354.
Kristjanson, P., Okike, I., Tarawali, S., Singh, B.B. & Manyong, V.M. 2005. Farmers’
perceptions of benefits and factors affecting the adoption of improved dual-purpose cowpea in
the dry savannas of Nigeria. Agricultural Economics, 32(2): 195–210.
Larochelle, C., Alwang, J., Norton, G.W., Katungi, E. & Labarta, R.A. 2015. Impacts of
improved bean varieties on poverty and food security in Uganda and Rwanda. Pp. 314–337, in:
T.S. Walker et J.R. Alwang (eds), Crop improvement, adoption and impact of improved varieties
in food crops in sub-Saharan Africa. Montpellier, France, CGIAR Consortium of International
Agricultural Research Centers and Wallingford, UK, CAB International.
Lauren, J.G., Shrestha, R., Sattar, M.A. & Yadav, R.L. 2001. Legumes and Diversification of the
Rice-Wheat Cropping System. Journal of Crop Production, 3: 67–102.
Lewis, G., Schrire, B., Mackinder, B. & Lock, M. 2005. Legumes of the world. Kew, UK, The
Royal Botanic Gardens.
Maass, B.L., Knox, M.R., Venkatesha, S.C., Angessa, T.T.,Ramme, S.B. & Pengelly, C. 2010
Lablab purpureus – A crop lost for Africa? Tropical Plant Biology, 3(3): 123–135.
Marinus, W., Ronner, E., van de Ven, G.W., Kanampiu, F.K., Adjei-Nsiah, S. & Giller, K.E.
2016. What role for legumes in sustainable intensification? – Case studies in Western Kenya and
Northern Ghana for PROIntensAfrica. [Cited 7 October 2016]. www.N2Africa.org.
McGuire, S. & Sperling, L. 2016. Seed systems smallholder farmers use. Food Security, 8: 179–
195. DOI: 10.1007/s12571-015-0528-8
Mhango, W., Snapp, S.S. & Kanyama-Phiri, G.Y. 2013. Opportunities and constraints to legume
diversification for sustainable cereal production on African smallholder farms. Renewable
Agriculture and Food Systems, 28: 234–244.
MBG [Missouri Botanical Garden]. 2016. Taxonomic database Tropicos. Saint Louis. [Cited 30
September 2016]. http://www.tropicos.org.
Messina, M.J. 1999. Legumes and soybeans: overview of their nutritional profiles and health
effects. The American Journal of Clinical Nutrition, 70: 439–450.
Mishili, F.J., Fulton, J., Shehu, M., Kushwaha, S., Marfo, K., Jamal, M., Kergna, A. &
Lowenberg-DeBoer, J. 2009. Consumer preferences for quality characteristics along the
cowpea value chain in Nigeria, Ghana, and Mali. Agribusiness, 25(1): 16–35.
Monyo, E.S. & Varshney, R.K. 2016. Seven seasons of learning and engaging smallholder farmers
in the drought-prone areas of sub-Saharan Africa and South Asia through Tropical Legumes,
2007–2014. Patancheru, India, International Crops Research Institute for the Semi-Arid
Tropics.
Moussa, B.M., Diouf, A., Abdourahamane, S.I., Axelsen, J.A., Ambouta, K.J. & Mahamane,
A. 2016. Combined traditional water harvesting (Zaï) and mulching techniques increase
available soil phosphorus content and millet yield. Journal of Agricultural Science, 8: 126–139.
Muthoni, R.A. & Andrade, R. 2015. The performance of bean improvement programmes in
sub-Saharan Africa from the perspectives of varietal output and adoption. Pp. 148–163, in: T.S.
Walker et J.R. Alwang (eds), Crop improvement, adoption and impact of improved varieties in
food crops in sub-Saharan Africa. Montpellier, France, CGIAR Consortium of International
Agricultural Research Centers and Wallingford, UK, CAB International.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 51

Myaka, F.A., Sakala, W.D., Adu-Gyamfi, J.J., Kamalongo, D., Ngwira, A., Odgaard, R.,
Nielsen, N.E. & Høgh-Jensen, H. 2006. Yields and accumulations of N and P in farmer-
managed maize-pigeonpea intercrops in semi-arid Africa. Plant and Soil, 285: 207–220.
NAS (National Academy of Sciences). 1979. Tropical Legumes: Resources for the Future.
Washington, D.C., USA, National Academy of Sciences.
Ncube, B., Dimes, J.P., van Wijk, M.T., Twomlow, S.J. & Giller, K.E. 2009. Productivity and
residual benefits of grain legumes to sorghum under semi-arid conditions in south-western
Zimbabwe: Unravelling the effects of water and nitrogen using a simulation model. Field
Crops Research, 110(2): 173–184.
Nederlof, E.S. & Dangbégnon, C. 2007. Lessons for farmer-oriented research: experiences from
a West African soil fertility management project. Agriculture and Human Values, 24: 369–387.
Neef, A. & Neubert, D. 2011. Stakeholder participation in agricultural research projects: a
conceptual framework for reflection and decision-making. Agriculture and Human Values,
28(2): 179–194.
Nezomba, H., Mtambanengwe, F., Chikowo, R. & Mapfumo, P. 2015. Sequencing integrated
soil fertility management options for sustainable crop intensification by different categories of
smallholder farmers in Zimbabwe. Experimental Agriculture, 51(1): 17–41.
Obaa, B., Mutimba, J., & Semana, A.R. 2005. Prioritizing farmer’s extension needs in a
publicly-funded contract system of extension: A case study from Mujono District, Uganda.
Agricultural Research and Extension Network Paper, 147.
Odeny, D.A. 2007. The potential of pigeonpea (Cajanus cajan (L.) Millsp.) in Africa. Natural
Resources Forum, 31(4): 297–305.
Odhiambo, W., Ngigi, M., Lagat, J., Binswanger, H.P. & Rubyogo, J.-C. 2016. Analysis of
quality control in the informal seed sector: case of smallholder bean farmers in Bondo Sub-
County, Kenya. Journal of Economics and Sustainable Development, 7(8): 8–29.
Ojiem, J.O., De Ridder, N., Vanlauwe, B. & Giller, K.E. 2006. Socio-ecological niche:
a conceptual framework for integration of legumes in smallholder farming systems.
International Journal of Agricultural Sustainability, 4: 79–93.
Ojiem, J.O., Franke, A.C. Vanlauwe, B. de Ridder, N. & Giller, K.E. 2014. Benefits of legume-
maize rotations: Assessing the impact of diversity on the productivity of smallholders in
Western Kenya. Field Crops Research, 168: 75–85.
Okello, D.K., Akello, L.B., Tukamuhabwa, P., Odong, T.L., Adriko, J. & Deom, C.M. 2014.
Groundnut rosette disease symptoms types distribution and management of the disease in
Uganda. African Journal of Plant Science, 8(3): 153–163.
Orr, A., Kambombo, B., Roth, C, Harris, D. & Doyle, V. 2015. Adoption of Integrated Food-
Energy Systems: improved cookstoves and pigeonpea in southern Malawi. Experimental
Agriculture, 51: 191–209.
Ortega, D.L., Waldman, K.B., Richardson, R.B., Clay, D. & Snapp, S.S. 2016. Sustainable
intensification and farmer preferences for crop system attributes: Evidence from Malawi’s
Central and Southern regions. World Development, 87: 139–151.
Oshone, K., Gebeyehu, S. & Tesfaye, K. 2014. Assessment of common bean (Phaseolus
vulgaris L.) seed quality produced under different cropping systems by smallholder farmers
in eastern Ethiopia. African Journal of Food, Agriculture, Nutrition and Development,
14: 8566–8584.
52 Snapp, Rahmanian et Batello

Pachico, D. 2014. Towards appraising the impact of legume research: A synthesis of evidence.
Rome Italy, Standing Panel on Impact Assessment (SPIA) and CGIAR Independent Science
and Partnership Council (ISPC).
Pasupuleti, J., Nigam, S.N., Pandey, M.K., Nagesh, P. & Varshney, R.K. 2013. Groundnut
improvement: Use of genetic and genomic tools. Frontiers in Plant Science, 4: 23.
Peoples, M.B., Brockwell, J., Herridge, D.F., Rochester, I.J., Alves, B.J.R., Urquiaga, S., Boddey,
R.M., Dakora, F.D., Bhattarai, S., Maskey, S.L., Sampet, C., Rerkasem, B., Khan, D.F.,
Hauggaard-Nielsen, H. & Jensen, E.S. 2009. The contributions of nitrogen-fixing crop legumes
to the productivity of agricultural systems. Symbiosis, 48: 1–17. DOI: 10.1007/BF03179980
Polreich, S., Becker, H.C. & Maass, B.L. 2016. Accession-specific effects of repeated harvesting
of edible cowpea leaves on leaf yield, stability, and reliability. International Journal of
Vegetable Science, 22(3): 295–315.
Powell, J.M., Pearson, R.A. & Hiernaux, P.H. 2004. Crop-livestock interactions in the West
African drylands. Agronomy Journal, 96(2): 469–483.
Ramírez-Villegas, J. & Thornton, P.K. 2015. Climate change impacts on African crop
production. CCAFS Working Paper No. 119. Copenhagen, Denmark, CGIAR Research
Program on Climate Change, Agriculture and Food Security (CCAFS).
Rao, M.R., Rego, T.J. & Willey, R.W. 1987. Response of cereals to nitrogen in sole cropping and
intercropping with different legumes. Plant and Soil, 101(2): 167–177.
Rao, V. 2000. Price heterogeneity and “real” inequality: A case study of prices and poverty in
rural South India. Review of Income and Wealth, 46: 201–211.
Rashid, A., Harris, D., Hollington, P.A. & Rafiq, M. 2004. Improving the yield of mungbean
(Vigna radiata) in the North West Frontier Province of Pakistan using on-farm seed priming.
Experimental Agriculture, 40(2): 233–244.
Redden, R.J., Yadav, S.S., Hatfield, J.L., Prasanna, B.M., Vasal, S.K. & Lafarge, T. 2011. The
potential of climate change adjustment in crops: A synthesis. America, 97: 147–152.
Richardson, A.E., Lynch, J.P., Ryan, P.R., Delhaize, E., Smith, F.A., Smith, S.E., Harvey,
P.R., Ryan, M.H., Veneklaas, E.J., Lambers, H. & Oberson, A. 2011. Plant and microbial
strategies to improve the phosphorus efficiency of agriculture. Plant and Soil, 349: 121–156.
Rockström, J., Williams, J., Daily, G., Noble, A., Matthews, N., Gordon, L., Wetterstrand,
H., DeClerck, F., Shah, M., Steduto, P. & de Fraiture, C. 2016. Sustainable intensification of
agriculture for human prosperity and global sustainability. Ambio, 46(1): 4–17. DOI: 10.1007/
s13280-016-0793-6
Rodríguez De Luque, J.J. & Creamer, B. 2014. Principal constraints and trends for common
bean production and commercialization; establishing priorities for future research. Agronomía
Colombiana, 32(3): 423–431.
Rogé, P., Snapp, S., Kakwera, M.N., Mungai, L., Jambo, I. & Peter, B. 2016. Ratooning and
perennial staple crops in Malawi. A review. Agronomy for Sustainable Development, 36(3): 50.
DOI: 10.1007/s13593-016-0384-8
Román-Avilés, B. & Beaver, J.S. 2016. Inheritance of heat tolerance in common bean of Andean
origin. The Journal of Agriculture of the University of Puerto Rico, 87: 113–121.
Rubyogo, J.C., Sperling, L., Muthoni, R. & Buruchara, R. 2010. Bean seed delivery for small
farmers in sub-Saharan Africa: The power of partnerships. Society and Natural Resources,
23(4): 285–302.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 53

Rusinamhodzi, L., Corbeels, M., Nyamangara, J. & Giller, K.E. 2012. Maize-grain legume
intercropping is an attractive option for ecological intensification that reduces climatic risk for
smallholder farmers in central Mozambique. Field Crops Research, 136: 12–22.
Sanginga, N., Dashiell, K.E., Diels, J., Vanlauwe, B., Lyasse, O., Carsky, R.J., Tarawali, S.,
Asafo-Adjei, B., Menkir, A., Schulz, S. & Singh, B.B. 2003. Sustainable resource management
coupled to resilient germplasm to provide new intensive cereal-grain-legume-livestock
systems in the dry savanna. Agriculture, Ecosystems & Environment, 100(2): 305–314.
Scherr, S.J. 1999. Soil degradation, a threat to developing-country food security by 2020? Food,
Agriculture and the Environment Discussion Paper 27. Washington, D.C., USA, International
Food Policy Research Institute.
Silim, S.N., Gwataa, E.T., Coeb, R. & Omanga, P.A. 2007. Response of pigeonpea genotypes of
different maturity duration to temperature and photoperiod in Kenya. African Crop Science
Journal 15: 73–81
Slingerland, M.A. & Stork, V.E. 2000. Determinants of the practice of Zaï and mulching in
North Burkina Faso. Journal of Sustainable Agriculture, 16: 53–76.
Singh, B.B., Ajeigbe, H.A., Tarawali, S.A., Fernández-Rivera, S. & Abubakar, M. 2003. Improving
the production and utilization of cowpea as food and fodder. Field Crops Research, 84: 169–177.
Smith, A., Snapp, S.S. Dimes, J. Gwenambira, C. & Chikowo, R. 2016. Doubled-up legume
rotations improve soil fertility and maintain productivity under variable conditions in maize-
based cropping systems in Malawi. Agricultural Systems, 145: 139–149.
Snapp, S.S. 2017. Agroecology: Principles and practice. Pp. 33–72, in: S.S. Snapp et B. Pound
(eds), Agricultural systems: Agroecology and rural innovation for development. Second
edition. San Diego, USA, Academic Press.
Snapp, S.S., Aggarwal, V.D., & Chirwa, R.M. 1998. Note on phosphorus and genotype
enhancement of biological nitrogen fixation and productivity of maize/bean intercrops in
Malawi. Field Crops Research, 58: 205–212.
Snapp, S.S., Blackie, M.J. & Donovan, C. 2003. Re-aligning research and extension services:
Experiences from southern Africa. Food Policy 28: 349–363.
Snapp, S.S., Blackie, M.J., Gilbert, R.A., Bezner-Kerr, R. & Kanyama-Phiri, G.Y. 2010.
Biodiversity can support a greener revolution in Africa. Proceedings of the National Academy
of Sciences of the United States of America, 107: 20 840–20 845.
Snapp, S.S., Mafongoya, P.L. & Waddington, S. 1998. Organic matter technologies to improve
nutrient cycling in smallholder cropping systems of Southern Africa. Agriculture, Ecosystems
& Environment, 71: 187–202.
Snapp, S.S., Jones, R.B., Minja, E.M., Rusike, J. & Silim, S.N. 2003. Pigeon pea for Africa: A
versatile vegetable – and more. HortScience, 38: 1 073–1 078.
Snapp, S.S., Rohrbach, D.D., Simtowe, F. & Freeman, H.A. 2002. Sustainable soil management
options for Malawi: can smallholder farmers grow more legumes? Agriculture Ecosystems &
Environment, 91: 159–174.
Sperling, L., & Munyanesa, S., 1995. Intensifying production among smallholder farmers: the
impact of improved climbing beans in Rwanda. African Crop Science Journal, 3: 117–125.
Sperling, L., Loevinsohn, M.E. & Ntabomvura, B. 1993. Rethinking the farmer’s role in plant
breeding: Local bean experts and on-station selection in Rwanda. Experimental Agriculture,
29(4): 509–519.
54 Snapp, Rahmanian et Batello

Sprent, J.I. & Gehlot, H.S. 2010. Nodulated legumes in arid and semi-arid environments: Are
they important? Plant Ecology and Diversity, 3(3): 211–219.
Ssekandi, W., Mulumba, J.W., Colangelo, P., Nankya, R., Fadda, C., Karungi, J., Otim, M.,
De Santis, P. & Jarvis, D.I. 2016. The use of common bean (Phaseolus vulgaris) traditional
varieties and their mixtures with commercial varieties to manage bean fly (Ophiomyia spp.)
infestations in Uganda. Journal of Pest Science, 89(1): 45–57.
Steele, P.E. 2011. Southern Africa Region legumes and pulses: Appraisal of the prospects and
requirements for improved food industry value addition and technical efficiency of the regional
food legumes Industry. Unpublished FAO Report. http://www.fao.org/fsnforum/sites/
default/files/discussions/ contributions/FoodLegumesSouthernAfricaVersion.doc
Sudini, H., Rao, G.R., Gowda, C.L.L., Chandrika, R., Margam, V., Rathore, A. & Murdock,
L.L. 2015. Purdue Improved Crop Storage (PICS) bags for safe storage of groundnuts. Journal
of Stored Products Research, 64: 133–138.
Sumberg, J. 2002. The logic of fodder legumes in Africa. Food Policy, 27(3): 285–300.
Tamò, M., Srinivasan, R., Dannon, E., Agboton, C., Datinon, B., Dabire, C., Baoua, I., Ba,
M., Haruna, B. & Pittendrigh. B.R. 2012. Biological control: a major component for the
long-term cowpea pest management strategy. Pp. 249–259, in: O. Boukar, C. Coulibaly,
K. Fatokun, M. Lopez et M. Tamò (eds), Improving livelihoods in the cowpea value chain
through advancements in science. Proceedings of the 5th World Cowpea Research Conference.
Tarawali, G., Manyong, V.M., Carsky, R.J., Vissoh, P.V., Osei-Bonsu, P. & Galiba, M. 1999.
Adoption of improved fallows in West Africa: lessons from mucuna and stylo case studies.
Agroforestry systems, 47: 93–122.
TerAvest, D., Carpenter-Boggs, L., Thierfelder, C. & Reganold, J.P., 2015. Crop production
and soil water management in conservation agriculture, no-till, and conventional tillage
systems in Malawi. Agriculture, Ecosystems & Environment, 212: 285–296.
Topps, J.H. 1992. Potential, composition and use of legume shrubs and trees as fodders for
livestock in the tropics. The Journal of Agricultural Science, 118(1): 1–8.
Tsusaka, T.W., Msere, H.W., Siambi, M., Mazvimavi, K. & Okori, P. 2016. Evolution and
impacts of groundnut research and development in Malawi: An ex-post analysis. African
Journal of Agricultural Research, 11: 139–158.
Twomlow, S., Rohrbach, D., Dimes, J., Rusike, J., Mupangwa, W., Ncube, B., Hove, L., Moyo, M.,
Mashingaidze, N. & Mahposa, P. 2010. Micro-dosing as a pathway to Africa’s Green Revolution:
Evidence from broad-scale on-farm trials. Nutrient Cycling in Agroecosystems, 88(1): 3–15.
Valbuena, D., Erenstein, O., Tui, S.H.K., Abdoulaye, T., Claessens, L., Duncan, A.J., Gérard,
B., Rufino, M.C., Teufel, N., van Rooyen, A. & van Wijk, M.T. 2012. Conservation
Agriculture in mixed crop-livestock systems: Scoping crop residue trade-offs in sub-Saharan
Africa and South Asia. Field Crops Research, 132: 175–184.
Varshney, R.K., Glaszmann, J.C., Leung, H. & Ribaut, J.M. 2010. More genomic resources for
less-studied crops. Trends in Biotechnology, 28(9): 452–460.
Waddington, S.R., Mekuria, M., Siziba, S. & Karigwindi, J. 2007. Long-term yield sustainability
and financial returns from grain legume-maize intercrops on a sandy soil in subhumid north
central Zimbabwe. Experimental Agriculture, 43(4): 489–503.
Waldman, K.B., Ortega, D.L., Richardson, R.B. & Snapp, S.S. 2017. Estimating demand for
perennial pigeon pea in Malawi using choice experiments. Ecological Economics, 131: 222–230.
Légumes secs et exploitations durables en Afrique subsaharienne 55

Waliyar, F., Kumar, K.V.K., Diallo, M., Traore, A., Mangala, U.N., Upadhyaya, H.D. &
Sudini, H. 2016. Resistance to pre-harvest aflatoxin contamination in ICRISAT’s groundnut
mini core collection. European Journal of Plant Pathology, 145(4): 901–913.
Walker, T.S., Alwang, J., Alene, A., Ndjuenga, J., Labarta, R., Yigezu, Y., Diagne, A.,
Andrade, R., Andriatsitohaina, R.M., De Groote, H. & Mausch, K. 2015. Varietal adoption,
outcomes and impact. Pp. 388–405, in: T.S. Walker et J. Alwang (eds), Crop improvement,
adoption and impact of improved varieties in food crops in sub-Saharan Africa. Montpellier,
France, CGIAR Consortium of International Agricultural Research Centers and Wallingforn,
UK, CAB International.
Weltzien, E., vom Brocke, K., & Rattunde, H.F.W. 2005. Planning plant breeding activities
with farmers. Pp. 123–152, in: A. Christinck, E. Weltzien et V. Hamann (eds), Setting breeding
objectives and developing seed systems with farmers. Weikersheim, Germany, Margraf Verlag
and Wageningen, The Netherlands, CTA.
Wendt, J.W. & Atemkeng, M.F. 2004. Soybean, cowpea, groundnut, and pigeonpea response
to soils, rainfall, and cropping season in the forest margins of Cameroon. Plant and soil,
263(1): 121–13.
Williams, S.B., Baributsa, D. & Woloshuk, C. 2014. Assessing Purdue Improved Crop Storage
(PICS) bags to mitigate fungal growth and aflatoxin contamination. Journal of Stored Products
Research, 59: 190–196.
Witcombe, J.R., K.D. Joshi, S. Gyawali, A.M. Musa, C. Johansen, D.S. Virk & Sthapit,
B.R. 2005. Participatory plant breeding is better described as highly client-oriented plant
breeding. I. Four indicators of client-orientation in plant breeding Experimental Agriculture,
41: 299–319.
Wu, F. & Khlangwiset, P. 2010. Evaluating the technical feasibility of aflatoxin risk reduction
strategies in Africa. Food Additives & Contaminants: Part A, 27: 658–676.
Yu, Y., Stomph, T.J., Makowski, D., Zhang, L. & van der Werf, W. 2016. A meta-analysis of
relative crop yields in cereal/legume mixtures suggests options for management. Field Crops
Research, 198: 269–279.
Appréciés pour leurs multiples avantages, les légumes secs sont cultivés depuis longtemps en Afrique
subsaharienne. Les légumes secs, et les légumineuses en général, peuvent être très utiles du fait de leur
capacité à fixer biologiquement l’azote atmosphérique et à améliorer le renouvellement biologique du
phosphore; ils pourraient donc devenir la pierre angulaire de l’agriculture durable en Afrique. À cet égard, un
corpus de travaux publiés souligne l’importance de la diversification des systèmes de production existants, et
notamment avec des légumineuses, qui apportent des services environnementaux essentiels – en matière de
lutte contre l’érosion du sol et de reconstitution des stocks de nutriments des sols, par exemple.

La présente publication s’intéresse à certaines des stratégies prometteuses qui s’attachent à promouvoir la
culture et l’utilisation des légumineuses dans les petites exploitations agricoles d’Afrique subsaharienne. Elle
s’inscrit dans le sillage de l’Année internationale des légumineuses, initiative ayant pour objet de mettre en
avant la contribution des légumes secs au bien-être de l’humain et à l’environnement.

ISBN 978-92-5-130332-0

9 7 8 9 2 5 1 3 0 3 3 2 0
I8300FR/1/02.18

Common questions

Alimenté par l’IA

Diverse germplasm and participatory trials are crucial for integrating legumes into agricultural systems. They provide a broader range of genetic material, allowing farmers to select varieties that are better adapted to local conditions, such as disease resistance or soil tolerance . Participatory trials engage farmers directly in the selection process, leveraging local knowledge to choose legume varieties that meet both ecological and socio-economic needs, thereby encouraging adoption and experimentation with new varieties . The combination of diverse genetic resources and participatory methodologies helps increase resilience and sustainability in farming systems .

The adoption of legumes in niche agricultural systems is heavily influenced by socio-economic and biophysical factors, which define the appropriate niches for growing different legume varieties. Socio-economic factors include the context of local farming practices and the involvement of community members in participatory trials, which can lead to the selection of varieties that meet market demands and local preferences . Biophysically, the soil quality, climate, and water availability are critical determinants of which legume species can thrive in a given environment. By understanding these factors, agricultural systems can identify promising legume varieties appropriate for the niches, which leads to their successful integration and adoption .

Seed preparation, such as priming and selecting high-quality seeds, plays a crucial role in the success of legume cultivation in degraded soils. These practices enhance seed germination and seedling vigor, increasing the likelihood of successful crop establishment in poor soil conditions . In semi-arid zones, where soil quality is often degraded, well-prepared seeds can make the difference in overcoming initial growth challenges and achieving satisfactory yields . By improving the initial growth phase, seed preparation helps legumes better compete with weeds and deal with variable climatic conditions.

The benefits of planting dual-purpose legumes in semi-arid zones include their ability to provide both food and fodder, thereby contributing to food security and livestock nutrition. These legumes are often drought-resistant, making them suitable for arid climates where rainfall is unpredictable . However, the limitations include potential competition with other crops for limited resources and the need for careful management to balance their dual uses. Moreover, the legume's ability to improve soil quality through nitrogen fixation is often limited by the poor soil conditions typical of semi-arid zones . Therefore, while dual-purpose legumes offer significant benefits, they require strategic management to realize their full potential in challenging environments.

Integrating legumes with cereal crops in mixed farming systems has several implications. Practically, it enhances soil fertility through nitrogen fixation, reducing the need for synthetic fertilizers and improving cereal crop yields . Beyond soil improvement, this mixed system increases biodiversity and resilience against pests and diseases. Economically, it offers farmers multiple revenue streams and improves food security by diversifying produce. However, the success of such integration depends on the careful selection of compatible crop varieties and management practices to address competition for resources and space . This approach underscores the importance of multi-crop systems in achieving sustainability in agriculture.

Legume-cereal crop rotations provide several benefits in sustainable agriculture systems. Legumes contribute to soil fertility through biological nitrogen fixation, which enriches the soil for subsequent cereal crops, reducing dependence on synthetic fertilizers . This process enhances soil health and increases cereal yields. Rotation also disrupts pest and disease cycles, reducing the incidence of infestations. Furthermore, this practice helps maintain biodiversity within the farm ecosystem and provides more balanced nutrition by diversifying the cropping system . These rotations thus enhance the ecological sustainability and resilience of agricultural systems.

Gender plays a significant role in the production and management of legumes in African farming systems. Women are often responsible for a large share of legume cultivation and post-harvest activities, thus influencing decisions on crop choice, management practices, and use of legume varieties . Their involvement is critical in ensuring that legume operations align with household nutritional needs and economic priorities. However, gender-based constraints, such as limited access to resources and decision-making power, can hinder women's productivity. Addressing these issues through gender-specific policies and interventions can enhance legume production and sustainability in farming systems .

The concept of socio-ecological niches is important in legume cultivation in Africa as it helps define the optimal conditions and strategies for growing legumes based on social, economic, and environmental factors. This approach acknowledges the diverse roles women play in agriculture, which influences how resources are allocated and managed . By adjusting cultivation practices to the specific socio-ecological context, farmers can choose legume varieties that increase yield and improve food security, taking into account factors like gender-specific preferences and roles in production and post-harvest activities . This comprehensive approach helps ensure that legume cultivation is sustainable and tailored to local needs.

Legumes in tropical arid zones face challenges such as extreme water scarcity, high temperatures, and poor soil fertility. These environmental stresses limit their growth and productivity. To address these challenges, farmers can adopt drought-resistant legume varieties like cowpea, which are better suited to harsh conditions . Additionally, utilizing soil conservation practices such as mulching and minimum tillage can help retain moisture and improve soil structure. Integrated agro-pastoral systems, where agriculture and animal husbandry complement each other, can also support legume cultivation by providing manure to enhance soil fertility and diversify farm outputs .

Participatory plant breeding initiatives significantly contribute to legume diversity and adoption by involving local farmers in the selection process, which ensures that newly developed varieties meet the specific needs and preferences of the community . This inclusivity enhances genetic diversity by incorporating various landraces and regional preferences into breeding programs. The result is a wider adoption of legumes due to improved crop characteristics such as taste, resilience to local pests, and adaptation to climatic conditions. Additionally, participatory breeding increases farmer buy-in and reduces resistance to new varieties, facilitating their integration into existing agricultural practices .

Vous aimerez peut-être aussi