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Croissance démographique et inégalités coloniales

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CM 05 Croissance 09/10/2024

- Le premier XXe siècle : La situation des colonies et des


semi-colonies avant les indépendances
Avant les indépendances :
Au début du XXe siècle, les colonies et les semi-colonies ne connaissaient pas réellement
de développement économique, car les métropoles exploitaient essentiellement les
ressources naturelles sans investir dans les infrastructures locales. Cependant, on observe
une explosion démographique dans ces régions. Pourquoi ?

● L’introduction des règles de base de l’hygiène et des mesures sanitaires a permis


une chute drastique de la mortalité, surtout infantile. Cela inclut des avancées
comme la vaccination, la généralisation de l'eau potable et l'amélioration de la
gestion des déchets.
● Les taux de natalité restaient très élevés, avec souvent plus de 5 à 6 enfants par
femme, ce qui contribuait à cette croissance démographique rapide.
● L’exode rural s’intensifie avec l’arrivée massive des populations vers les villes, où
elles espèrent trouver de meilleures opportunités. Cependant, cette urbanisation
rapide se fait sans planification, créant un urbanisme chaotique et des bidonvilles
insalubres.

Cette combinaison d'éléments – forte natalité et baisse de la mortalité – entraînait une forte
pression sur les infrastructures (santé, logement, éducation) et exigeait d'importants
investissements dans l'urbanisation, l'éducation et les services publics, mais ces
investissements restaient largement insuffisants.

Les écarts de richesse se creusent :


● L'écart de développement entre les pays colonisés et les pays développés ne cessait
de se creuser. Cet écart, qui s'était déjà ouvert au XIXe siècle, s'accentue encore
durant la première moitié du XXe siècle.
● Entre 1900 et 1953, la croissance annuelle du PIB par habitant dans les pays en
développement était d’environ 0,4 % par an, contre 1,47 % pour les pays
développés.
● En 1900, les écarts de richesse entre pays développés et pays en développement
étaient dans un ratio de 1 à 3, mais cet écart passe à 1 à 5,5 en 1953.

Après les indépendances : Des traits communs dans le tiers monde

Après la vague d’indépendances dans les années 1940-1960, les pays du tiers monde –
terme désignant les pays non alignés sur le bloc occidental ou soviétique – partageaient un
certain nombre de caractéristiques communes :

● Un passé colonial commun : la plupart avaient été victimes de la colonisation, ce


qui leur donnait une identité collective. Cela s'est particulièrement manifesté lors de
la conférence de Bandung en 1955, où les pays non alignés ont affirmé leur
solidarité face aux anciennes puissances coloniales.
● Une croissance démographique continue : malgré les indépendances, la
croissance de la population reste très forte. Dans certains pays, les populations
doublent voire triplent en l’espace de quelques décennies.

Croissance économique et écart avec les pays industrialisés :


● Certains pays du tiers monde connaissent des taux de croissance significatifs, mais
dans l'ensemble, l'écart avec les pays industrialisés continuait de se creuser. Le ratio
de richesse entre ces deux groupes passe de 1 à 3 au début du XXe siècle à 1 à 8
dans les années 1990.
● Certains pays du tiers monde réussissent à se développer, mais d’autres restent
stagnants ou régressent, ce qui conduit à un éclatement du tiers monde à partir
des années 1970.

Dislocation du tiers monde : Les raisons


Le terme "tiers monde" tend à perdre son sens à partir des années 1970, car ces pays
suivent des trajectoires de plus en plus diverses. Plusieurs raisons expliquent cet éclatement
:

1. Facteurs géopolitiques : De nombreux mouvements indépendantistes étaient


idéologiquement proches du bloc socialiste, en particulier en Afrique, où des leaders
comme Thomas Sankara au Burkina Faso prônaient un socialisme africain.
Cependant, avec la crise du bloc socialiste à partir des années 1970, ces pays se
retrouvent sans soutien. Certains leaders, comme Sankara, sont assassinés, tandis
que d'autres abandonnent leurs ambitions de développement faute de moyens.
2. Crise économique des années 1970 :
○ Les chocs pétroliers et la récession mondiale frappent durement les pays du
tiers monde, qui dépendent souvent de l’exportation de matières premières
(pétrole, café, coton, etc.). La baisse des prix des matières premières sur le
marché mondial fragilise considérablement leurs économies.
○ Ces pays se retrouvent endettés et doivent faire face à des ajustements
structurels imposés par des institutions comme le FMI et la Banque mondiale,
souvent au détriment de leur population.
3. Trajectoires divergentes :
○ Dans les années 1950, des pays comme la Chine et certains pays africains
étaient à des niveaux de développement très similaires. Cependant, dans les
années 70 et 80, la Chine poursuit une trajectoire de croissance rapide, alors
que la plupart des pays africains stagnent.
○ Par conséquent, le terme "tiers monde" devient inadapté, car il regroupe des
pays aux évolutions très différentes. Certains réussissent à sortir de la
pauvreté, tandis que d'autres restent embourbés dans la crise économique.

Le cas particulier des Dragons asiatiques :


● Les Dragons asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong)
représentent un cas à part. À partir des années 1960, ils connaissent des taux de
croissance très rapides grâce à une industrialisation extravertie : ils se
spécialisent dans l’exportation de biens manufacturés.
● Leur succès repose sur une stratégie combinant industrialisation et libéralisation
commerciale, en profitant de l'ouverture des marchés occidentaux à leurs produits.
● Limites du modèle :
○ Cependant, cette stratégie ne peut pas être généralisée à l’ensemble des
pays du tiers monde. Si tous les pays tentaient de suivre ce modèle
d'exportation massive, l'économie mondiale serait déséquilibrée. Les pays
développés cesseraient de produire et se retrouveraient dans une situation
de désindustrialisation, car les exportations des uns dépendent des
importations des autres.
○ On peut faire un parallèle avec l'Allemagne dans la zone euro, qui a connu
une forte croissance basée sur les exportations, mais cette dynamique pose
la question : qui va consommer ces biens à long terme ?
● Les Dragons asiatiques finissent par sortir du groupe des pays en développement et
intègrent progressivement le cercle des pays riches.

La Chine et l'Inde dans la mondialisation : De Seattle à la crise de 2008


Contexte : Les vagues successives de la mondialisation

La mondialisation n'est pas un phénomène récent, et on peut identifier plusieurs grandes


phases historiques au cours desquelles des parties éloignées du monde ont été
connectées :

1. Les grandes découvertes (XVe-XVIIe siècles) : C'est la première fois que plusieurs
régions du monde sont mises en relation à une si grande échelle, principalement via
le colonialisme. Des empires comme ceux de l'Espagne, du Portugal, et plus tard la
France et la Grande-Bretagne, établissent des routes commerciales en exploitant les
ressources des Amériques, d'Afrique et d'Asie.
2. La Belle Époque (XIXe siècle - début du XXe siècle) : C’est une période de forte
croissance économique et de mondialisation des échanges commerciaux, mais
également de montée de l'impérialisme. Les puissances européennes se partagent
des territoires, notamment en Afrique lors de la Conférence de Berlin (1884-1885).
La colonisation se poursuit en Asie, comme en Indochine (aujourd'hui le Vietnam, le
Cambodge et le Laos) et en Cochinchine (partie sud du Vietnam), où l'Empire
français s'étend, tout comme dans d'autres régions du monde.
3. Troisième vague de mondialisation (seconde moitié du XXe siècle jusqu'à la
crise de 2008) : Cette phase est caractérisée par deux phénomènes principaux :
○ La "nomadisation" des capitalismes occidentaux : Après la Seconde
Guerre mondiale, les économies occidentales, qui s'étaient repliées sur des
marchés nationaux autocentrés, commencent à conquérir de nouveaux
marchés étrangers, ce qui déclenche une internationalisation accrue des
échanges.
○ L'émergence de l'Asie, notamment de la Chine et de l'Inde, comme
nouveaux acteurs incontournables de cette mondialisation. Les réformes
économiques et l'ouverture progressive de ces deux pays les placent
rapidement au cœur des chaînes de valeur mondiales.

La nomadisation des capitalismes occidentaux

L'internationalisation des économies ne commence pas dans les années 1980 comme
on pourrait le penser, mais dès les années 1950. Durant cette période, le commerce
international croît plus rapidement que la production mondiale.

● Croissance du commerce international : Entre 1950 et 1990, le commerce


mondial croît à un rythme moyen de 6 % par an, tandis que la production mondiale
augmente à un rythme plus lent. Cependant, dans un premier temps, c'est
essentiellement le commerce entre pays riches qui se développe rapidement. Les
économies nationales restent encore relativement fermées.
● Commerce interbranche : Dans les années 1950-1970, les échanges
internationaux sont majoritairement des échanges "interbranche" : les pays
échangent des produits différents, correspondant à des secteurs économiques
distincts. Par exemple, la France exporte du vin tandis qu'elle importe des avions des
États-Unis. Cette complémentarité s'explique par la supériorité industrielle des États-
Unis, tandis que les pays européens et le Japon commencent à rattraper leur retard
technologique.
● Rôle du GATT : Le GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce), signé en 1947, joue un rôle clé en réduisant progressivement les
barrières douanières, facilitant ainsi la libéralisation des échanges. En parallèle, la
circulation des capitaux devient plus facile avec le temps.

Cependant, cette internationalisation est encore lente dans les années 1950 et 1960, car les
marchés domestiques des pays industrialisés connaissent une croissance rapide. Les
entreprises ont peu de motivation à s’ouvrir à l'international, privilégiant d'abord la conquête
de parts de marché sur leur propre territoire.

Le basculement de la complémentarité à la concurrence entre pays

Dans les années 1970, la situation change avec le ralentissement des économies
domestiques, notamment au Japon. Jusqu'alors, les entreprises japonaises étaient
principalement concentrées sur leur marché intérieur. Mais à partir des années 1970, les
industries japonaises commencent à adopter une stratégie d'exportation pour maintenir leur
croissance.

● Rattrapage économique : Entre 1950 et 1970, des pays comme la France,


l'Allemagne, et le Japon connaissent une forte croissance, facilitée par des plans de
reconstruction comme le Plan Marshall. Ce rattrapage réduit l'écart avec les États-
Unis, entraînant une convergence technologique. Le commerce international
devient alors plus concurrentiel, évoluant d'un commerce de complémentarité
(échanges interbranche) à un commerce intra-branche (échanges de produits
similaires, comme les avions entre Airbus et Boeing).
● Concurrence accrue : Les firmes ne se contentent plus de se compléter, elles
deviennent concurrentes, cherchant à s’attaquer aux marchés des autres pays, à la
fois par l'exportation et par l'implantation directe à l'étranger.

Cela conduit à une remise en cause du modèle de croissance keynésienne fondé sur
l'augmentation des salaires pour stimuler la demande intérieure. Dans une économie
mondialisée, une augmentation des salaires ne stimule pas uniquement la demande mais
augmente aussi les coûts de production, ce qui réduit la compétitivité internationale des
entreprises. Pour pallier cela, les gouvernements des pays riches adoptent des politiques
d’offre pour améliorer la compétitivité, notamment en poursuivant la libéralisation
commerciale et des flux de capitaux.

● Politiques économiques : Des réformes visant à libéraliser les économies se


multiplient, avec la suppression progressive des droits de douane et des obstacles
non tarifaires. Les banques centrales deviennent plus indépendantes, se concentrant
sur le contrôle de l'inflation.

L'émergence de l'Asie : La Chine et l'Inde


La montée en puissance de la Chine et de l'Inde représente l'un des aspects les plus
marquants de cette nouvelle vague de mondialisation. Ces deux pays, autrefois
marginalisés sur la scène économique mondiale, atteignent aujourd'hui la frontière
technologique dans de nombreux secteurs clés.

● Technologie : La Chine surpasse désormais des leaders mondiaux comme Tesla


dans le secteur des voitures électriques et se positionne comme un acteur majeur de
la technologie 5G. L'Inde, de son côté, se distingue dans les secteurs des
biotechnologies et de la pharmacie.
● PIB par habitant : Malgré ces avancées technologiques, le PIB par habitant en
Chine et en Inde reste encore largement en dessous de celui des pays développés,
comme les États-Unis.

Les étapes du développement de la Chine et de l'Inde

1. Constitution d’un territoire national et d’un État souverain fort :


○ Inde : L'Inde obtient son indépendance de la Grande-Bretagne en 1947,
après un long processus pacifique. Cependant, l’indépendance est marquée
par la partition avec le Pakistan, qui entraîne des violences massives. Les
élites indiennes, souvent formées au Royaume-Uni, contribuent à la
modernisation du pays.
○ Chine : La Chine, quant à elle, connaît un processus beaucoup plus
complexe. Après des décennies de guerres civiles et d'invasions étrangères
(notamment l'invasion japonaise), le pays s’émancipe. Une guerre civile
oppose ensuite les communistes aux nationalistes, qui se termine par la
victoire des communistes en 1949.
2. Phase de modernisation dirigée par l'État :
○ Après l'indépendance, tant la Chine que l'Inde s'engagent dans des réformes
socialistes visant à moderniser rapidement leurs sociétés par l'intervention
directe de l'État. Ces réformes portent sur :
■ L'éducation, avec un investissement massif pour améliorer le niveau
d'instruction de la population ;
■ La santé et la nutrition, pour réduire les taux de mortalité et
améliorer la qualité de vie ;
■ L'industrialisation, pour accélérer le développement économique.
○ Chine : Les premières décennies sous Mao Zedong sont marquées par des
campagnes radicales comme le Grand Bond en avant (1958-1962) et la
Révolution culturelle (1966-1976), qui ont des effets dévastateurs à court
terme mais jettent les bases de l'industrialisation future. Après la mort de
Mao, les réformes de Deng Xiaoping à partir de 1978 introduisent des
éléments d'économie de marché.
○ Inde : Sous le leadership de Nehru, l’Inde adopte une économie mixte,
combinant des éléments de planification centralisée avec l'initiative privée.
Cependant, la croissance est lente jusqu'aux réformes de libéralisation des
années 1990.
3. Phase d’ouverture et d’intégration dans l’économie mondiale :
○ Chine : Les réformes économiques lancées par Deng Xiaoping ouvrent la
voie à une transformation rapide. En intégrant la main-d'œuvre bon marché
dans les chaînes de valeur mondiales, la Chine devient "l’usine du monde".
○ Inde : L'Inde, quant à elle, amorce ses réformes dans les années 1990, ce
qui entraîne une croissance rapide, notamment dans les secteurs de la
technologie et des services.
Cela donne une vue complète de la manière dont la mondialisation a évolué, en mettant en
lumière la montée en puissance de la Chine et de l'Inde.

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