Lycée CALASANZ
1ere S
GROUPE DE
PHILOSOPHIE
Thème : Etude de deux
courants philosophiques
Membres du groupe :
Chargé du cours :
-IGUE WORA Bryan
-WADA Eugene Jaklyn M. MADINGOU
-NTSAME BOUNANG
Yasmine
-BONGO Daniel Sylver
-ANGUE FOSTIN
Marie-Lucy
Année Académique : 2024-2025
PLAN DETAILLÉ :
Introduction
I-ÉPICURISME
1-Qu’est ce que
l’épicurisme ?
2- Lucrèce
A-Biographie
B-Impact sur l’épicurisme
3- Hermarque de
Mytilène
A-Biographie
B-Impact sur l’épicurisme
II- STOICISME
1-Qu’est-ce que le
stoïcisme ?
2- Marc Aurèle
A-Biographie
B-Impact sur le stoïcisme
3-Sénèque
A-Biographie
Introduction
B-Impact sur le stoïcisme
Conclusion
La philosophie s'intéresse aux questions essentielles de
l'existence, de la connaissance, de la vérité, de la morale et de
la beauté. De nombreux courants philosophiques ont vu le jour
au cours des siècles, chacun offrant des points de vue uniques
et souvent contradictoires sur ces questions cruciales.
L'épicurisme et le stoïcisme se distinguent parmi ces courants
philosophiques, car ils proposent des approches
complémentaires sur la façon de mener une vie épanouissante.
De quelle manière l'épicurisme et le stoïcisme offrent-ils des
réponses concernant la recherche du bonheur et la gestion de
nos désirs et émotions ?
Pour répondre à cette problématique, nous présenterons dans
un premier temps l’épicurisme et, dans un second temps le
stoïcisme.
I- L’ÉPICURISME
1- QU’EST-CE QUE L’ÉPICURISME ?
L'épicurisme est une doctrine fondée par Épicure et ses
disciples, notamment Lucrèce. L'épicurisme s'appuie sur une
physique matérialiste qui pense que le vide et les atomes sont
réels. Ces éléments forment les corps et les univers qui
s'agrègent et se désagrègent de façon inattendue. Le savoir est
basé sur la sensation engendrée par la rencontre des atomes du
corps sensible avec les atomes périphériques, dits simulacres,
de l'objet sensible. L'âme, qui est elle-même constituée
d'atomes, est à mort. Les dieux, dont les atomes ne peuvent
pas se dissocier, sont intemporels et habitent les mondes
multiples, sans prendre en compte le destin des hommes.
La sagesse implique de vivre dans le présent, de ne pas avoir
peur de la mort ni des dieux, de supporter la douleur et
d'atteindre le bonheur en cherchant à satisfaire les désirs
naturels et nécessaires afin d'éprouver les plaisirs stables que
procure une vie saine, c'est-à-dire un hédonisme ascétique.
C'est dans cette optique que Épicure affirmait : « Quand nous
disons que le plaisir est le but de la vie, nous ne parlons pas
des plaisirs des débauchés... mais de l'absence de douleur dans
le corps et de trouble dans l'âme. » (Lettre à Ménécée
d'Épicure). Autrement dit, l'épicurisme repose sur deux
principes essentiels : l'aponie et l'ataraxie, tout comme Lucrèce,
le disciple d'Épicure, affirmait : « Tant que les hommes ne
connaissent pas la nature de l'âme, ils craignent la mort
comme un mal redoutable, ils ne peuvent jamais savourer de la
vie une pure et franche volupté. » (De Rerum Natura, Lucrèce).
On peut définir la mort ici comme la dégradation des atomes.
En conséquence, elle « (...) est la perte de toute sensibilité. »
(Épicure, Lettre à Ménécée). Cela signifie qu'elle est une
libération de toutes les richesses et de tous les malheurs. Ce qui
nous permet déjà de ne pas la redouter, c'est que lorsque l'on
meurt, on ne ressentira plus rien, plus aucune souffrance. En
d'autres termes, lorsque nous aurons cessé d'être, nous aurons
cessé de ressentir.
Diderot et Holbach s'inspirent de son matérialisme au siècle des
Lumières, tout comme Karl Marx, qui rédige sa thèse de
doctorat sur la philosophie de la
nature de Démocrite et d'Épicure au
XIXe siècle. Enfin, au XXe siècle, le
poète phénoménologue Francis Ponge
se fait passer pour Lucrèce.
Ils seront critiqués par les stoïciens
qui, en caricaturant leur pensée,
qualifieront les épicuriens de « idiots
». Selon les épicuriens, chaque
individu est une personne unique qui
agit et réfléchit de manière différente. En revanche, les
stoïciens estiment que chaque être correspond à un tout et que
les choses arrivent nécessairement comme elles arrivent.
2- LUCRÈCE
A- BIOGRAPHIE
Lucrèce (en latin Titus Lucretius Carus) est un philosophe poète
latin. Il serait né vers 98 avant J.C. Il mourut vers 55.
On sait très peu de choses sur sa vie. Il est l'auteur du "De
rerum natura", un long poème passionné qui décrit le monde
selon les principes d'Épicure. C’est surtout grâce à lui que nous
connaissons l'une des plus importantes écoles philosophiques
de l'Antiquité, l'épicurisme.
Lucrèce a été très jeune témoin de luttes politiques atroces
causant de véritables massacres (massacres de Marius,
proscriptions de Sylla, révolte de Spartacus, conjuration de
Catilina). De ces expériences, le philosophe a tiré une grande
méfiance envers le pouvoir, la cupidité et autres passions.
Parfois considéré comme le précurseur du matérialisme, il a
lutté contre les superstitions et l'emprise des divinités sur la vie
de ses contemporains.
B- IMPACT SUR LÉPICURISME
Lucrèce, avec son poème “De Rerum Natura”, a eu un impact
majeur sur la diffusion et la compréhension de l’épicurisme,
notamment dans le monde romain. Son œuvre a non seulement
transmis les idées d’Épicure, mais les a aussi enrichies en les
rendant accessibles à un public plus large à travers la poésie.
Dans “De Rerum Natura”, Lucrèce a rendu les doctrines
d’Épicure accessibles à un large public. Son style poétique et sa
clarté ont permis de vulgariser des concepts complexes tels que
la physique atomiste et l’éthique épicurienne. Il a transmis
l’idée qu’il n’y a pas de création divine du monde, mais que tout
résulte de processus naturels, comme il l'exprime : « L'univers
n'a été fait pour nous par aucune puissance divine ; tant de
défauts l'accusent. » (Lucrèce, De Rerum Natura, Livre 1.)
Lucrèce reprend l’idée centrale d’Épicure selon laquelle la
libération de la peur, notamment celle de la mort et des dieux,
est essentielle pour atteindre la paix de l’esprit. Il insiste sur le
fait que la mort n’est pas à craindre, car elle ne concerne ni les
vivants ni les morts : « La mort n’est rien pour nous, car tant
que nous existons, la mort n’est pas, et quand la mort est, nous
ne sommes plus. » (Épicure, Lettre à Ménécée).
Lucrèce approfondit la théorie épicurienne du matérialisme en
expliquant que tout dans l’univers est constitué d’atomes et de
vide. Il rejette toute intervention divine, expliquant que la
nature fonctionne selon des lois physiques : « Tout se fait par
les coups et les chocs des atomes ; il n'est point d'être qui
naisse du néant. » (Lucrèce, De Rerum Natura, Livre 1.), et
Lucrèce dénonce fermement les superstitions religieuses,
affirmant qu'elles engendrent des peurs irrationnelles et des
actions nuisibles. Il critique les croyances religieuses, les
considérant comme une source d’angoisse et d’ignorance : « La
religion a souvent produit des actions criminelles et impies. »
(Lucrèce, De Rerum Natura, Livre 2.) et il dit aussi « Notre vie
est un enfer : et si nous en faisions un paradis ? » met en
lumière ce qui nous gâche la vie : nous avons peur de la mort ;
nous imaginons les tourments de l’enfer ; nous craignons que
les dieux nous envoient des malheurs pendant notre existence ;
nous devenons superstitieux ; nous sommes dévorés par
l’ambition, le désir de richesses et de pouvoir et sommes
angoissés par la peur de tout perdre ; nous souffrons des
tourments de la passion ; nous culpabilisons dès que nous nous
accordons un peu de plaisir ; nous sommes sans cesse
préoccupés, agités, inquiets.
Ainsi, Lucrèce a non seulement diffusé l’épicurisme, mais il l’a
aussi enrichi en soulignant l’importance de la rationalité, de la
libération de la peur et de la tranquillité intérieure, tout en
s'opposant aux superstitions religieuses.
L’épicurisme était une doctrine. Lucrèce en fait
un chant.
3- HERMARQUE DE MYTILÈNE
A- BIOGRAPHIE
Né vers 340 av. J.-C., Hermarque de Mytilène est un disciple
d'Épicure et l'un des premiers épicuriens. Né à Lesbos, il entra
dans le « jardin » d'Épicure, où il se démarqua par son
engagement envers les enseignements épicuriens. Hermarque
fut le chef de l'école épicurienne après la mort d'Épicure en 270
av. J.-C., continuant à propager la philosophie du plaisir et de
l'ataraxie.
Hermarque rédigea principalement des œuvres polémiques, à
l'encontre des philosophes adverses tels que Platon et Aristote,
même si ces écrits sont perdus aujourd'hui. Il
défenda les conceptions d'Épicure, mettant en
évidence l'importance de connaître les lois
naturelles afin de faire disparaître les craintes
irrationnelles, en particulier celles de la mort et
des entités divines.
Hermarque, successeur d'Épicure, joua un rôle essentiel dans la
transmission et la préservation de l'héritage épicurien,
permettant ainsi à l'école de survivre à la mort de son
fondateur.
B- IMPACT SUR L’ÉPICURISME
Après la mort d'Épicure, Hermarque de Mytilène a joué un rôle
essentiel dans la préservation et la transmission de
l'épicurisme. Successeur direct d'Épicure à la tête de l'école
épicurienne, il a renforcé les bases de la doctrine, en défendant
les notions d'ataraxie et d'aponie, principes fondamentaux de
l'épicurisme pour atteindre le bonheur.
Successeur direct d'Épicure, Hermarque a garanti la pérennité
de l'école et de ses enseignements. Il a favorisé la continuité
des idées d'Épicure en mettant l'accent sur l'importance de
l'ataraxie et de l'aponie. Selon Épicure : « Le plaisir est le
fondement et la fin de la vie bienheureuse » (Épicure, Lettre à
Ménécée), Hermarque a poursuivi cette approche axée sur la
quête du bonheur par le biais de la recherche du bonheur.
L'épicurisme a été défendu par Hermarque contre les attaques
d'autres écoles philosophiques. Il a dénoncé des doctrines
opposées telles que celles de Platon et des stoïciens, en
mettant l'accent sur l'importance de ne pas craindre les
craintes irrationnelles. Il a donc repris l'expression d'Épicure : «
La mort n'est rien pour nous, car ce qui se dissout n'a plus de
sensation » (Épicure, Lettre à Ménécée), afin de mettre en
évidence le fait que la crainte de la mort n'est pas fondée sur
des bases rationnelles. En réponse à l'affirmation d'Épicure : «
Les dieux ne se préoccupent ni ne se mêlent des affaires
humaines » (Epicure, Lettre à Hérodote), Hermarque a affirmé
que la connaissance de la nature permettait de se débarrasser
des superstitions et des craintes infondées. La conception
matérialiste et non théologique du monde avait pour objectif de
libérer l'esprit humain des préoccupations superflues.
Hermarque a été le chef du jardin et a transmis les idées
d'Épicure. Malgré la perte de ses écrits, des philosophes tels
que Diogène Laërce évoquent son rôle dans l'élaboration et la
conservation des doctrines épicuriennes. Il a renforcé la
tradition épicurienne en mettant l'accent sur la pratique du
plaisir réfléchi et stable comme moyen de trouver le bonheur.
II- STOÏCISME
1- QU’EST-CE QUE LE STOÏCISME ?
Au IIIe siècle av. J.-C., Zénon de Citium a fondé le stoïcisme, une
doctrine qui met l'accent sur la raison, la vertu et l'harmonie
avec la nature. À la différence de l'épicurisme, fondé sur une
physique matérialiste, le stoïcisme repose sur une conception
du monde où tout est régi par un ordre rationnel. Selon les
stoïciens, 0toutes les choses sont déterminées par une logique
universelle, et il est essentiel que les individus vivent en
harmonie avec cette nature afin d'atteindre le bonheur.
L'idée fondamentale de la philosophie stoïcienne est que la
sagesse est la distinction entre ce qui nous dépend et ce qui ne
nous dépend pas. Dans ce sens, il est nécessaire de se focaliser
sur nos pensées, nos actions et nos réactions, tout en acceptant
avec tranquillité ce qui échappe à notre contrôle. Épictète met
en évidence cette idée : « Ce qui gêne les hommes, ce n'est
pas ce qu'ils en pensent, mais ce qu'ils en pensent. » (Épictète,
Manuel). Cette acceptation favorise l'épanouissement de la
sérénité, un état que les stoïciens désignent sous le nom
d'ataraxie. Sénèque, l'un des principaux représentants du
stoïcisme, affirme : « La véritable liberté consiste à ne pas être
soumis à ses passions. » (Sénèque, La vie épanouissante).
Le stoïcisme affirme aussi que la vertu est la seule source de
bonheur. Les qualités essentielles telles que la sagesse, le
courage, la justice et la tempérance sont les bases d'une vie
épanouissante. Selon les stoïciens, la vertu permet d'atteindre
l'eudaimonia, qui est souvent traduit par « bonheur » ou « bien-
être », mais qui signifie littéralement « bonne âme ». Cette
pensée est résumée par Épictète : « Si tu veux être libre, ne
sois soumis à aucun désir. » (Épictète, Manuel).
Le stoïcisme est aussi caractérisé par sa condamnation des
sentiments irrationnels et des superstitions. Les stoïciens
refusent les convictions qui conduisent à la peur et à l'anxiété,
en privilégiant la rationalité et la logique. Selon eux, la douleur
émotionnelle découle de perceptions erronées de la réalité et
d'attachements excessifs aux objets matériels. Comme le met
en évidence Marc Aurèle : « Ne te laisse pas perturber par le
futur, car il ne vient pas entièrement. » Marc Aurèle, réflexions.
Inspirant le christianisme par sa morale de la vertu et son
détachement des biens matériels, le stoïcisme est néanmoins
critiqué à la Renaissance. Montaigne le considère impraticable,
jugé inhumain de ne pas exprimer la douleur, tandis que Pascal
et Malebranche lui reprochent son orgueil. Malgré ces critiques,
son influence perdure : Descartes et Spinoza s'inspirent de ses
préceptes, Hegel voit en lui une étape nécessaire dans le
développement de la raison, et Nietzsche, bien qu'il rejette
l'ascétisme stoïcien, adopte leur concept d'« amour du destin »
(amor fati).
2-MARC AURÈLE
A-BIOGRAPHIE
Marc Aurèle (en latin : Marcus Aurelius), né le 26 avril
121 à Rome et décédé le 17 mars 180 à Sirmione ou à Vindobona,
est à la fois un empereur et un philosophe romain, appartenant
à la dynastie des Antonins. Il a été consul à trois reprises,
en 140, 145 et 161, et a exercé son pouvoir en tant qu'empereur
de 161 à 180.
Considéré comme le dernier des « cinq bons empereurs »
selon Machiavel, Marc Aurèle est également le dernier souverain
de la période de la « paix romaine », une époque de stabilité
relative qui a débuté sous le règne d'Auguste, allant de -26 à 14
A.V Jésus-Christ, et qui a succédé à une période tumultueuse de
guerres civiles, de -49 à -31 A.V Jésus-Christ.
Marc Aurèle naît sous le règne de Hadrien. Orphelin de père, il
est élevé par sa mère et ses grands-parents. Après la mort de
Lucius Aelius, Hadrien adopte Antonin le Pieux, l'oncle de Marc
Aurèle, qui adopte ensuite Marc Aurèle et Lucius Aurelius Verus.
À la mort d'Hadrien, Antonin devient empereur, et Marc Aurèle
se consacre aux études des lettres avec des tuteurs renommés.
En 145, il épouse Faustine la Jeune. Suite à la mort d'Antonin en
161, Marc Aurèle accède au trône avec son frère adoptif,
Lucius.
Le règne de Marc Aurèle est marqué par des conflits militaires.
En Orient, l'Empire romain affronte avec succès l'Empire parthe
et le royaume rebelle d'Arménie. Il remporte des victoires lors
des guerres marcomanes contre les Marcomans, Quades, et
Sarmates Iazyges. Cependant, des tribus germaniques
continuent de menacer l'Empire, entraînant une reprise des
hostilités malgré une trêve. En 166, la peste antonine éclate,
ravageant la population pendant plusieurs décennies.
Le co-empereur Lucius Verus meurt en 169. Contrairement à
d'autres empereurs, Marc Aurèle ne désigne pas d'héritier.
Parmi ses enfants, Lucilla épouse Lucius et Commode est au
centre de débats historiques concernant sa succession. À Rome,
la colonne et la statue équestre de Marc Aurèle témoignent de
ses victoires militaires. Ses Pensées pour moi-même constituent
également un monument du stoïcisme et une source précieuse
pour la compréhension de la
philosophie antique.
B-IMPACT SUR LE STOÏCISME
Le philosophe stoïcien Marc Aurèle
est l'un des plus grands
représentants du stoïcisme,
empereur romain et philosophe
stoïcien. La série de pensées qu'il a écrites, Pensées, a joué un
rôle essentiel dans la diffusion et l'application des principes
stoïciens à la vie quotidienne. En écrivant, il a non seulement
assimilé les leçons de ses prédécesseurs, mais a aussi donné
une vision originale de la façon de vivre en harmonie avec les
valeurs stoïciennes dans un contexte de pouvoir et de
responsabilité.
Un des apports majeurs de Marc Aurèle au stoïcisme réside
dans son accent mis sur la mise en pratique de la philosophie
dans la vie. Il dit : « Ne t'abandonne pas aux passions
tumultueuses, mais fais appel à ta raison. » (Marc Aurèle,
Pensées, Livre VI). L'importance de la maîtrise de soi et de
l'utilisation de la raison est mise en évidence dans cette citation
pour surmonter les difficultés de la vie. Selon Marc Aurèle, la
philosophie ne se résume pas à une simple théorie abstraite,
mais constitue une pratique fondamentale pour mener une vie
digne de vertu.
Marc Aurèle souligne aussi l'importance de l'acceptation de la
nature et du destin. Selon lui, la mort est un phénomène
naturel. « Tout ce qui existe est en perpétuelle évolution. » Marc
Aurèle, Pensées, Livre IV, p. 7. Cette vision stoïcienne de la mort
incite à vivre pleinement le moment présent tout en
reconnaissant l'inéluctable mort. En adoptant cette perspective,
Marc Aurèle encourage à ne pas avoir peur de l'avenir et à
savourer chaque instant. De plus, il met en évidence
l'importance de la solidarité entre les individus et de la
communauté. Il écrit dans ses réflexions : « Nous sommes
conçus pour travailler ensemble, comme les doigts d'une main.
» (Marc Aurèle, Pensées, Livre II,). Ce passage met en évidence
la croyance stoïcienne selon laquelle chaque personne a un rôle
à jouer dans le grand ordre de l'univers. Marc Aurèle souligne
que, en dépit des difficultés et des souffrances, il est essentiel
de se soutenir mutuellement et de collaborer pour le bien
commun.
Finalement, sa vision de la sagesse et de la vertu repose sur
l'idée que le bonheur se trouve dans la vertu et l'harmonie avec
soi-même et avec le monde. Selon lui, « La vraie joie est de
vivre selon la vertu. » (Marc Aurèle, Pensées, Livre IX). Cette
affirmation résume l'essence même du stoïcisme, qui voit dans
la vertu la seule véritable source de bonheur.
.En résumé, l'influence de Marc Aurèle sur le stoïcisme est
importante, car il a réussi à adapter et à mettre en pratique les
principes stoïciens dans sa vie d'empereur. Ses pensées
fournissent une approche concrète pour mener une vie
vertueuse, équilibrée et pleine de sens, tout en soulignant
l'importance de l'acceptation, de la collaboration et de la
maîtrise de soi.
3- SÉNÈQUE
A- BIOGRAPHIE
Le philosophe stoïcien, dramaturge et homme d'État romain
Sénèque, né vers 4 av. J.-C. à Cordoue et mort en 65 apr. J.-C. à
Rome. Fils de l'orateur Sénèque l'Ancien, il grandit à Rome où il
étudia la philosophie stoïcienne, où il se distingua par ses
compétences intellectuelles.
Il prit une grande place à la cour de l'empereur Néron,
initialement comme précepteur, puis comme conseiller. Ils se
séparèrent cependant, et en 65 apr. J.-C., Sénèque fut accusé
de complot contre Néron, ce qui le conduisit à se suicider.
Philosophe, Sénèque est principalement célèbre pour ses
œuvres stoïciennes, comme Lettres à Lucilius et De la brièveté
de la vie, où il aborde des thèmes tels que l'éthique, le contrôle
des passions et l'acceptation de la mort. Il prône la vie en
harmonie avec la nature et la préparation aux défis inévitables
de la vie. Des penseurs ont été influencés par ses idées,
laissant une empreinte dans l'histoire de la philosophie et de la
littérature occidentale.
B- IMPACT SUR LE STOICISME
Le stoïcisme a été profondément influencé par Sénèque, qui l'a
rendu plus accessible et adapté aux défis de la vie quotidienne
romaine. Sa pratique stoïcienne était axée sur l'éthique
personnelle et la façon de vivre avec vertu face aux obstacles
de la vie. Il a introduit les concepts stoïciens dans la culture
romaine à travers ses écrits, en mettant l'accent sur la
résilience, la maîtrise de soi et l'acceptation de la nature
humaine.
Sénèque a apporté une touche plus humaine et empathique à
certaines des idées les plus rigides du stoïcisme. Souvent, il a
mis en évidence l'importance de reconnaître et d'accepter ses
propres défauts tout en cherchant à atteindre la vertu. Dans ses
Lettres à Lucilius, il affirme : « Un vent favorable n'est pas pour
celui qui ne sait pas où il va » (Sénèque, Lettres à Lucilius),
incitant les personnes à établir des objectifs précis afin de
surmonter les difficultés de la vie.
Sénèque a souligné l'importance de se préparer mentalement
aux épreuves afin de surmonter les obstacles. Il a insisté sur la
« préparation à l'infortune » (praemeditatio malorum), qui
implique de prévoir les difficultés à surmonter afin de ne pas
être pris au dépourvu. Il déclare que : « La difficulté révèle ce
que les individus sont. » (Sénèque, De la constance du sage),
cette idée incite à considérer les épreuves comme des
opportunités de mettre en évidence la puissance intérieure.
Selon Sénèque, il était essentiel d'accepter la mort comme une
composante naturelle de la vie afin de vivre pleinement. Il
recommandait de réfléchir à la mort pour se libérer de la peur,
ce qui entraîne une vie plus paisible. Il écrit : « La vie, si on sait
l'exploiter, est suffisamment longue » (Sénèque, De la brièveté
de la vie), mettant en évidence que c'est notre perception du
temps qui détermine notre épanouissement.
La question de la maîtrise des
passions et des émotions a
également été approfondie par
Sénèque, qui a enseigné qu'il ne
faut pas les éliminer
complètement, mais les réguler
afin de ne pas être dominé par
elles. Il a affirmé que la raison
devait transformer les émotions
destructrices : « Ce n'est pas
parce que les choses sont
difficiles que nous n'osons pas ;
c'est parce que nous n'osons pas
qu'elles sont difficiles » (Sénèque,
Lettres à Lucilius) mettant en
évidence l'idée que le véritable obstacle est souvent notre
propre perception.
Sénèque a exercé une influence qui s'est prolongée bien au-
delà de son temps, contribuant ainsi à la diffusion du stoïcisme
en tant que philosophie de la vie pratique et durable. Il continue
d'inspirer, non seulement les philosophes, mais aussi ceux qui
cherchent des conseils pour mener une vie résiliente et
équilibrée.
Conclusion
Pour résumer, l'épicurisme et le stoïcisme sont deux courants
philosophiques qui offrent des perspectives sur la recherche du
bonheur et la gestion des désirs et émotions. L'épicurisme met
l'accent sur la quête de plaisirs simples et durables, tout en
évitant les excès, tandis que le stoïcisme prône l'acceptation
des événements extérieurs et la maîtrise des émotions.
Ensemble, ces courants philosophiques enrichissent notre
compréhension de la condition humaine et nous aident à
naviguer dans les complexités de la vie.
Ainsi, la confrontation entre stoïcisme et épicurisme ouvre la
voie à une réflexion plus large sur la diversité des courants
philosophiques.