Di
Enoncé du cas « Futuroscope »
Malgré leur grande diversité, les parcs de loisirs présentent de nombreuses
caractéris-
tiques communes : une approche thématique, un espace clos à prix d'entrée
généralement
forfaitaire, un équilibre entre animations passives, animations actives et
activités annexes,
enfin, l'accueil d’un public familial pour une durée d’une journée ou plus.
1. Le Futuroscope : un parc de loisirs consacré aux technologies du futur
En 2007, le parc de loisirs du « Futuroscope » a fêté ses vingt ans d'existence.
Depuis
son ouverture en mai 1987, le parc a accueilli plus de 34 millions de visiteurs,
constituant
ainsi le deuxième parc de loisirs en France derrière Disneyland Resort Paris et
devant le
parc Astérix. Le Futuroscope est un parc de loisirs qui est consacré aux
technologies du
futur, et plus particulièrement aux technologies de l’image. Ancré dans le présent
et rour-
né vers l'avenir, il nourrit la créativité et l'imaginaire de ses visiteurs en leur
proposant de
vivre des expériences originales et inédites. Né d'un projet d'aménagement du
territoire, il
est localisé dans le département de la Vienne (qui a financé une grande partie du
projet),
à proximité de la ville de Poitiers. La création du parc était destinée à
promouvoir le tou-
risme dans la région, ce qui explique la mise en place d'une gare TGV (gare TGV-
Futuroscope) en 2000. Il convient cependant de remarquer que l'éloignement du
Futuroscope des grandes agglomérations françaises présente un risque assez
important, car
le parc peut paraître plus difficile d'accès que ses deux principaux concurrents
(Disneyland
Resort Paris et Parc Astérix).
Suite à son ouverture en 1987, le Futuroscope connaît un grand succès et la
fréquen-
tation annuelle augmente de manière régulière pour atteindre 2,8 millions de
visiteurs en
1997. À partir de 1999, le parc enregistre une baisse de la fréquentation qui
s'explique en
partie par l'accroissement de la concurrence et le manque de renouvellement de
l'offre pro-
posée. Il rencontre des difficultés financières importantes qui coûtent cher au
département
de la Vienne (dont il a absorbé presque la moitié des dépenses durant 15 ans). En
2000,
le parc est vendu au groupe Amaury (spécialiste des médias et de l'organisation
d'événe-
ments sportifs), mais la fréquentation continue à chuter (1,6 million de visiteurs
en 2002)
et les pertes s'accumulent. En 2002, lorsque le groupe Amaury annonce son retrait
du pro-
jet, le département de la Vienne intervient pour éviter la fermeture du parc. Il
décide de
reprendre le parc, en s’associant avec de nouveaux actionnaires (la Caisse des
dépôts, éta-
blissement financier public et 1-Parks, société concevant des projets de loisirs
innovants).
Certe reprise s'accompagne d'un plan drastique de réduction des coûts (de 25 % pour
chaque visite effectuée, avec pour effet le licenciement de 250 sur 620 salariés).
Parallèlement, la direction mer en place une nouvelle stratégie fondée sur un
business model
appelé « modèle du 10/20/60 » : chaque année, 10 % du chiffre d'affaires est
investi pour
renouveler 20 % de l'offre afin de faire revenir 60 % des visiteurs.
Depuis l'adoption de la nouvelle stratégie, le parc a évolué d’une offre centrée
sur les
technologies de l’image vers une offre plus diversifiée, intégrant routes sortes
d'expériences
à vivre et à partager. Le renouvellement de l'offre s'effectue autour de trois axes
: diversi-
fier l'expérience de visite, choisir dans le présent ce qui est porteur de futur et
divertir tous
les publics. Aujourd'hui, le parc possède plus de 20 pavillons à thème, répartis
sur 60 hec-
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tares, où les visiteurs peuvent vivre plus de 30 expériences sensorielles et
innovantes pour
s'amuser en famille ou entre amis : des expériences pour vivre des sensations
fortes, des
expériences pour explorer le monde autrement et des expériences pour rêver er
imaginer ce
que sera le monde de demain. L'objectif est de conjuguer plaisir et découverte.
L'année
2008 est marquée par le lancement d’une nouvelle attraction, « Les Animaux du Futur
»,
qui associe la technologie de la « réalité augmentée » à un scénario possible de
l'évolution
des espèces.
En 2007, le parc a accueilli 1,6 million de visiteurs (contre 1,5 million de
visiteurs en
2006) et réalisé un chiffre d'affaires de 70 millions d'euros (contre 60 millions
d'euros en
2006). Le renouvellement des attractions a permis d'accroître le nombre de
revisiteurs qui
s'élève à un million en 2007 (contre 500.000 en 2003). Les visiteurs et revisiteurs
se mon-
trent particulièrement sensibles aux changements apportés : ainsi, 8 des 10
attractions les
plus appréciées ont été introduites durant les trois dernières années. Après avoir
enregistré
des pertes significatives pendant plusieurs années, le parc parvient à dégager des
bénéfices
de 1,5 million d'euros en 2007. Ce résultat positif peut être attribué à la
stratégie de recon-
quête des visiteurs, portée par le renouvellement des attractions, et à une
politique de
charges maîtrisées. En effet, si le parc devait accueillir 2,2 millions de
visiteurs en 2002
pour atteindre l'équilibre financier, la maîtrise des charges a permis d'établir ce
point
d'équilibre à 1,5 million de visiteurs.
Le parc est ouvert durant toute l’année, mais la fréquentation est concentrée sur
la
période d'avril à août, notamment pour les visiteurs individuels. En 2008, le
billet d'en-
trée pour une journée est fixé à 33 euros pour un adulte et à 25 euros pour un
enfant de
5 à 16 ans (l'entrée étant gratuite pour les enfants de moins de 5 ans). Des offres
forfai-
taires sont proposées pour les visiteurs qui souhaitent séjourner dans l’un des dix
hôtels qui
se trouvent à proximité du parc (capacité d'hébergement : 1.900 chambres), avec la
possi-
bilité de réserver également le déplacement en TGV.
Parmi les visiteurs du parc, on trouve 70 % de clients individuels, 22 % de groupes
(groupes scolaires et groupes adultes) er 5 % de tourisme d'affaires. Les familles
avec
enfants représentent 52 %, les jeunes adultes 25 % et les seniors 10 % des
visiteurs. La
clientèle est essentiellement d'origine française, avec une forte représentation
des régions
de l'Ouest (cf annexe 1). Si, dans le passé, la plupart des visiteurs venaient pour
une seule
journée, on peut observer une augmentation des séjours sur 2 jours : en 2007, 60 %
des
visites individuelles s'effectuaient dans le cadre d’une visite sur 2 jours, ce qui
a eu pour
effet une progression de 26 % du nombre de nuitées d'hôtels sur le site (par
rapport à
2006). La clientèle semble satisfaite des prestations offertes : la note moyenne de
satisfac-
tion sur une année est supérieure à 8 sur 10 (96 % des visiteurs envisagent de
recomman-
der la visite du parc à leurs proches).
2. La France : premier marché des parcs de loisirs en Europe
Depuis la fin des années 1980, de nombreux parcs de loisirs ont été créés dans les
pays
européens. Aujourd'hui, l'Europe compte près de 300 parcs de loisirs, dont 50 sont
loca-
lisés en France. Après une croissance annuelle de 8 % durant les années 1990, le
marché
européen des parcs de loisirs est désormais arrivé à maturité. Il en va de même
pour le mar-
ché français qui constitue le premier marché des parcs de loisirs en Europe.
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La France compte une dizaine de grands parcs de loisirs qui accueillent une
audience
nationale voire internationale, la plupart des parcs ayant principalement une
clientèle
i . Seulement trois parcs proposent également un hébergement intégré dans le site :
« Disneyland Resort Paris » (cf annexe 2), « le Futuroscope » et «le Parc Astérix »
(cf
annexe 3). Les tarifs d'entrée affichés varient d'un parc à l’autre (cf annexe 4).
Dans cette
optique, il convient de rappeler que chaque parc propose régulièrement des offres
promo-
tionnelles, suivant la période et la durée de séjour.
Parallèlement à l'élargissement de l'offre des parcs existants, de nouveaux sites
ont été
ouverts, par exemple Vulcania en Auvergne sur le thème du volcanisme et le Bioscope
en
Alsace sur le thème des sciences de la vie. Le développement de nouveaux projets,
sou-
vent soutenus par les collectivités publiques, est susceptible de générer des
risques de satu-
ration dans certaines régions. Face à la multiplication des parcs de loisirs sur le
territoire
français, les parcs existants sont contraints de renouveler en permanence l'offre
proposée
afin d'attirer les visiteurs. Avec l'augmentation du temps libre et le
développement des
courts séjours, certains parcs ont désormais pour ambition de devenir des
destinations
touristiques à part entière et proposent des forfaits comprenant le transport,
l'héberge-
ment et l'entrée au parc.
Depuis la fin des années 1980, le marché français des parcs de loisirs a connu une
crois-
sance soutenue, Avec plus de 55 millions de visiteurs par an (contre seulement 1
million
en 1987, 3 millions en 1990 et 6 millions en 1995), les parcs de loisirs
connaissent un suc-
cès sans précédent : un Français sur trois déclare effectuer au moins une visite
par an dans
un parc de loisirs (et s’y rend en moyenne 2 à 3 fois par an). L'intérêt des
consommateurs
français pour les parcs de loisirs peut être attribué à plusieurs facteurs : la
recherche de
divertissement et de découverte dans les loisirs, un attrait pour les activités à
faire et les
expériences à vivre plutôt que les choses à voir ou à visiter, le besoin de réduire
le stress de
la vie quotidienne, la volonté de créer des moments de partage et de détente en
famille ou
entre amis, une mutation de loisirs individuels vers des loisirs collectifs,
l'augmentation des
séjours de courte durée. Il paraît cependant important de remarquer que les
dépenses de
loisirs des ménages sont étroitement liées à la conjoncture économique qui a
récemment
entraîné une baisse du budget consacré aux loisirs.
Les visiteurs des parcs de loisirs affichent des comportements variés et peuvent
être
répartis en cinq catégories principales :
(1) « les Pragmatiques » (40 % des visiteurs) : pour ces consommateurs, le choix
d’un
parc de loisirs ne s'explique par aucun critère particulier. Clientèle
enthousiaste, elle est
aussi opportuniste, c'est-à-dire ouverte à différents types de parcs, sans préjugé
à leur égard,
elle visite régulièrement des parcs de loisirs ;
(2) « les Culturels » (10 % des visiteurs) : ce groupe montre une préférence pour
les
parcs éducatifs et culturels. Il affiche des attentes particulières : pour être
attrayant, un parc
doit avant tout proposer une dimension éducative et culturelle, il doit transmettre
des
valeurs culturelles aux enfants, leur permettre d'apprendre en s'amusant, et de la
même
manière, permettre aux adultes de « s'amuser » en toute légitimité ;
(3) «les Grands Enfants … avec Enfants » (20 % des visiteurs) : ce type de
clientèle
recherche avant tout un univers de rêve qui implique les enfants mais aussi les
adultes. Les
parcs doivent offrir de multiples attractions et spectacles. Amateurs de parcs
féeriques et
purement divertissants, ils assument totalement leur situation de « grands enfants
» ;
(4) « les Consommateurs d’Attractions » (18 % des visiteurs) : amateurs de parcs,
ces
personnes sont essentiellement tournées vers les quantités d’attractions et le
dépaysement
plutôt que vers la recherche d’un univers particulier ;
(5) « les Inconditionnels » (12 % des visiteurs) : très impliquée à l’égard des
parcs, cette
clientèle a des attentes multiples qui relèvent aussi bien de l’éducatif, du
divertissement et
de la multiplicité des attractions. Si les personnes appartenant à ce groupe
affichent des
attentes fortes, elles n’exigent pas tout d’un seul et même parc. Toutefois, elles
souhaitent
pouvoir trouver un ou plusieurs intérêts dans chaque parc visité.
Ces dernières années, le comportement des consommateurs dans le domaine des loi-
sirs a profondément changé. En effet, compte tenu de la multiplication des offres
propo-
sées, la majorité des voyageurs n’est plus fidèle à un type de destination ou à un
type de
vacances. On peut également observer une augmentation des réservations de dernière
minute. Les professionnels du tourisme sont dès lors contraints d’être flexibles et
de déve-
lopper en permanence de nouveaux produits. Si les consommateurs exigent désormais
plus de qualité et de diversité, ils ne sont pourtant pas prêts à payer des tarifs
plus élevés :
leur exigence en termes de rapport qualité/prix a considérablement augmenté. Ainsi,
la
plupart des clients considèrent qu’un certain nombre d'équipements et de services
(orga-
nisation des repas, formation des personnels, etc.) doit faire partie de toute
offre touris-
tique. En même temps, ils recherchent aussi une certaine personnalisation de
l'offre.
Comme dans d’autres domaines, les comportements de consommation sont devenus
complexes et difficiles à analyser.
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Annexe 1 : La provenance géographique des visiteurs
Provenance géographique % du nombre total des visiteurs
Ouest de la France (Basse-Normandie,
Bretagne, Pays de la Loire, 38 %
Centre, Poitou-Charentes, Bordeaux)
Ile-de-France 18 %
Autres régions 34 %
Pays étrangers (Grande-Bretagne,
Belgique, Espagne) 10 %
Annexe 2 : Présentation de « Disneyland Resort Paris »
Situé à l’Est de Paris, le site « Disneyland Resort Paris » est devenu la première
desti-
nation touristique en Europe. Le site intègre deux parcs : le parc « Royaume
Enchanté »,
inauguré en 1992, où le visiteur peut découvrir la magie de l'univers de Disney, et
le parc
« Walt Disney Studios », ouvert en 2002 et consacré à la télévision, au cinéma et
au des-
sin animé. D'une superficie de 600 hectares, les deux parcs sont ouverts durant
toute l’an-
née. Le site offre un choix important d'hôtels, de restaurants et de boutiques. La
capacité
hôtelière est de 5 800 chambres. Deux centres de congrès permettent l'organisation
de
conférences et de séminaires. Le parc renouvelle régulièrement les attractions er
les spec-
tacles qui sont proposés aux visiteurs (Hertrich et Mayrhofer, 2001, 2004a). En
2007,
« Disneyland Resort Paris » a accueilli 14,5 millions de visiteurs (contre 12,8
millions de
visiteurs en 2006), venant de différents pays européens (France : 44 %, Royaume-Uni
:
16 % , Benelux : 13 %, Espagne : 11 %, Allemagne : 3 % , Italie : 3 % }, le chiffre
d'af-
faires réalisé par les deux parcs s'élève à 658,6 millions d'euros (contre 577,7
millions
d'euros en 2006).
Annexe 3 : Présentation du « Parc Astérix »
Ouvert en avril 1989, le parc Asterix est situé à 30 km au nord de Paris et à
proxi-
mité de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Les visiteurs peuvent y découvrir
vingt
siècles d'histoire revus par Asterix et sa bande de gaulois : tout est conçu autour
du
célèbre personnage Astérix qui est le personnage préféré de 93 % des Français.
D'une
superficie de 20 hectares, le parc propose 31 attractions et six grands spectacles.
Un hôtel
(« Hôtel des Trois Hiboux »), de catégorie trois étoiles et d’une capacité de
100 chambres, est intégré dans le site, et le parc a également noué des
partenariats avec
d’autres hôtels de la région. Le parc est ouvert d'avril à novembre. Il appartient
à la
Compagnie des Alpes, un groupe qui possède une vingtaine de parcs de loisirs et
plu-
sieurs domaines skiables dans différents pays européens (Hertrich et Mayrhofer,
2004b).
En 2007, le parc Astérix a enregistré 1,6 million de visiteurs (contre 1,7 million
en 2006)
et réalisé un chiffre d'affaires de 63 millions d'euros (contre 66 millions en
2006).
Annexe 4 : Les tarifs d'entrée des trois principaux parcs de loisirs en France (en
2008)
Parc de loisirs Tarif adulte* Tarif enfant*
Disneyland Resort Paris : 1 parc 47 € 39 €
Disneyland Resort Paris : 2 parcs 57 € 49 €
Futuroscope 33 € 25 €
Parc Asterix 37 € 27 €
* tarif forfaitaire 1 jour (sans réduction)
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