Définition du transport fluvial :
Le transport fluvial est un mode de transport qui utilise le réseau des voies
navigables national et international. Il présente de nombreux atouts en termes de
logistique, de sécurité et de respect de l'environnement.
Documents de transport :
Les documents de transport désignent un document faisant preuve d’un contrat de
transport et constatant la prise en charge ou la mise à bord des marchandises par un
transporteur, établi sous la forme d’un connaissement ou d’une lettre de voiture de la
Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en
navigation intérieure du 22 juin 2001 ainsi que la déclaration de chargement portant
sur la nature et le poids de la marchandise.
Le Code des transports n’imposant pas une forme d’écrit particulière. Le contrat de
transport prend ainsi le plus souvent la forme d’une lettre de voiture ou d’un
connaissement fluvial.
Lors d’un transport, la lettre de voiture (ou le connaissement) et la déclaration
de chargement doivent obligatoirement se trouver à bord du bateau.
a) La lettre de voiture :
Elle constitue un contrat tripartite liant le transporteur, l’expéditeur et le destinataire,
le commissionnaire pouvant s’ajouter comme quatrième personne. il doit comporter
les mentions suivantes, en vertu de
:
la date : c’est à compter de la date que les effets juridiques débutent,
la nature, les poids ou la contenance des objets transportés,
le lieu de chargement,
le délai dans lequel le transport doit être effectué,
le lieu de déchargement,
le nom du destinataire de la marchandise,
le nom et le domicile du transporteur (et du commissionnaire s’il y en a un),
le prix,
l’indemnité due pour cause de retard.
Le chargement et le déchargement ne sont considérés comme terminés que
lorsque le transporteur a reçu à bord la lettre de voiture avec ou sans réserve,
dûment signée de l’expéditeur ou du destinataire ou de leur mandataire.
b) Le connaissement fluvial :
Le connaissement fluvial peut remplacer la lettre de voiture. Il constitue un titre de
propriété qui, autorisant à disposer de la marchandise (vente, dépôt, gage), est
négociable (contrairement à la lettre de voiture) et transmissible par
endossement.
Il est rédigé en deux originaux, un pour l’expéditeur, l’autre pour le transporteur. Il est
également établi deux doubles du connaissement destinés l’un à l’expéditeur, l’autre
au courtier.
Le connaissement original remis à l’expéditeur est seul négociable. Le
connaissement doit être établi aussitôt après le chargement, et au plus tard dans les
24h qui suivent le chargement.
Ce contrat détermine notamment les délais de planche au déchargement et les taux
de surestaries.
Les mentions qui doivent obligatoirement figurer sur le connaissement fluvial, ces
mentions sont les suivantes :
• le contrat de transport en vertu duquel il est passé, c’est-à-dire le contrat au
voyage, au tonnage ou à temps,
• le nom et l’adresse de l’expéditeur,
• le nom et l’adresse du transporteur,
• le nom et l’adresse du courtier de fret,
• la devise et le numéro d’immatriculation du bateau,
• la nature, le poids ou la quantité de la marchandise,
• le lieu de départ,
• le lieu de la destination,
• le délai approximatif normal de transport,
• les modalités de règlement du fret et des frais,
• les délais de planche au déchargement,
• les taux de surestaries,
• la compagnie d’assurances couvrant la responsabilité du transporteur et le numéro
de la police
c) La déclaration de chargement :
Il s’agit de la déclaration de la nature et du poids des chargements transportés sur
les voies de navigation intérieure.
Avant ou pendant chaque transport de marchandises, les transporteurs fluviaux
sont tenus d’établir cette déclaration destinée au suivi des statistiques et à la
facturation des péages marchandises.
Cette déclaration doit être transmise à l’autorité gestionnaire du domaine
public fluvial (VNF). Le transporteur doit être capable de prouver sa déclaration lors
du franchissement des écluses et lors de contrôles sur le réseau.
Les documents de transport, tels que la lettre de voiture ou le connaissement,
peuvent être demandés afin de vérifier leur concordance avec les mentions inscrites
sur la déclaration de chargement présentée.
Intermédiaires de transport fluvial :
Lorsque l’intermédiaire conclut le contrat de transport pour le compte de l’expéditeur
et au nom de ce dernier, il sera qualifié de courtier alors que s’il agit en son nom et
organise librement le transport, il sera qualifié de commissionnaire.
a) Le courtier de fret fluvial
« a la qualité de courtier de fret fluvial la personne physique ou morale qui est
mandatée pour mettre en rapport des donneurs d’ordre et des transporteurs publics
de marchandises par bateau en vue de la conclusion entre eux d’un contrat de
transport. »
Le courtier de fret fluvial est un intermédiaire chargé de mettre en rapport des
expéditeurs de marchandises et des transporteurs publics de marchandises
par voie navigable intérieure, en vue de la conclusion d’un contrat de transport.
Le rôle du courtier consiste à représenter l’expéditeur, notamment dans les
opérations de chargement et de déchargement dont il assure le contrôle
Le courtier de fret fluvial est doté d’un statut réglementaire qui l’oblige, entre autres,
à s’inscrire à un registre professionnel.
b) Le commissionnaire de fret fluvial
« Le commissionnaire est celui qui agit en son propre nom ou sous un nom social
pour le compte d’un commettant. » Ce commissionnaire « est tenu d’inscrire sur son
livre-journal la déclaration de la nature et de la quantité des marchandises, et, s’il en
est requis, de leur valeur. » Sauf cas de force majeure, il est responsable de
l’arrivée des marchandises dans les délais fixés par la lettre de voiture et, sauf
cas de force majeure ou stipulation contraire, « il est garant des avaries ou pertes de
marchandises ».
Sont considérées comme commissionnaires de transport « les personnes qui
organisent et font exécuter, sous leur responsabilité et en leur propre nom, un
transport de marchandises selon les modes de leur choix pour le compte d’un
commettant ». Le commissionnaire de transport est donc celui qui se charge,
moyennant un prix forfaitaire par tonne, de faire transporter des marchandises
par voie fluviale.
Règlementation :
Le contrat de transport international de marchandises par voie fluviale est régi
par la Convention de Budapest relative au contrat de transport de marchandises en
navigation intérieure du 22 juin 2001 (CMNI).
Cette Convention s’applique aux " transports pour lesquels le port de chargement ou
le lieu de prise en charge et les ports de déchargement ou le lieu de livraison sont situés
dans deux États différents dont l’un au moins est un État partie à la convention.” Son objectif
est de faciliter le transport fluvial transfrontalier. La loi de ratification du 5 mars 2007 a ainsi
institué un régime uniforme au contrat de transport fluvial international.
La Convention pose des limitations et des cas d’exonération de la responsabilité du
transporteur. Le texte instaure ainsi des plafonds de responsabilité du transporteur de
marchandises par voie fluviale.
Le plafond maximal de responsabilité du transporteur est fixé à 2 unités de compte
par kilogramme de marchandise.
Le transporteur peut toutefois s’exonérer dans certaines circonstances, constituant
des “cas exceptés” énumérés par la Convention (article 18). Des clauses d’exonération,
empruntées au droit maritime, plus favorable au transporteur, y ont été ajoutées.
Dans les domaines du transport fluvial et fluvio-maritime, la Convention ne s’applique
ni aux bateaux remorqués ou poussés, ni aux bagages ou véhicules de passagers.
Contrats relatifs au transport de marchandises :
Dans le secteur fluvial, les chargeurs et les transporteurs fluviaux de marchandises ont le
libre choix entre trois types de contrats :
a) Le contrat à temps
Il consiste pour le transporteur à mettre un ou plusieurs bateaux et leur équipage à la
disposition exclusive d’un donneur d’ordre pour une durée déterminée afin de
transporter les marchandises que lui confie ce dernier contre le paiement d’une
somme d’argent déterminée à la journée.
b) Le contrat au tonnage
Le contrat au tonnage est un contrat de transport par lequel le batelier s’engage à
transporter pendant une période fixée par le contrat un tonnage déterminé contre le
paiement d’un fret à la tonne
c) Le contrat de voyage simple ou multiple
Le contrat au voyage consiste pour le transporteur à déplacer la marchandise
sur un voyage déterminé ou sur une série de voyages par un même bateau
contre une rémunération. Le contrat-type au voyage s’applique à tout transport de
marchandises générales ou spécialisées, en vrac ou conditionnées.
La tarification du transport fluvial :
Le régime de la liberté des prix s’applique au transport fluvial avec des
adaptations propres à l’opération de transport professionnel :
1. Adaptation du prix à l’évolution du coût du carburant :
Sur le modèle du transport routier, un dispositif de répercussion du prix du
carburant au profit des entreprises de transport fluvial a été créé : « Le prix du
transport inclut les charges de carburant nécessaires à la réalisation du transport. ».
Dès lors, lorsque le contrat de transport précise le coût du carburant retenu pour la
détermination du prix, une révision de ce prix est possible « de plein droit » afin de
« couvrir la variation des charges de carburant liée à la variation du prix du carburant
entre la date du contrat et la date de la réalisation de l’opération de transport ».
A défaut d’accord entre les parties, le prix est révisé en appliquant la variation de
l’indice des prix à la consommation du fioul domestique à la part de carburant
qui a été contractuellement définie
.
A défaut d’une telle précision, les charges de carburant sont évaluées au jour de la
commande « par référence à la part moyenne que représentent les charges de
carburant dans le prix d’une opération de transport »
2. Lutte contre les prix abusivement bas.
À l’instar de ce qui a été mis en place pour les transports routiers et afin d’éviter des
pratiques d’éviction des concurrents, le code des transports interdit « d’offrir ou de
pratiquer un prix inférieur au coût de la prestation qui ne permet pas de couvrir
les charges entraînées par les obligations légales et réglementaires, notamment en
matière sociale et de sécurité, ainsi que les charges de carburant et d’entretien, les
amortissements ou les loyers des bateaux, les frais de péage, les frais de documents
de transport, les timbres fiscaux et, pour les entreprises unipersonnelles, la
rémunération du chef d’entreprise. ».
3. Les modalités de fixation du prix dans les contrats-types :
Il est important de noter que si les parties ne conviennent pas des modalités
permettant de déterminer le prix du transport, les modalités prévues par les
contrats-types s’appliquent de plein droit.
Sont pris notamment en considération pour le calcul du prix du transport proprement
dit le poids, le volume, la nature de la marchandise, la distance sur laquelle elle est
déplacée, le type de bateau utilisé et, éventuellement, les caractéristiques des voies
empruntées. Les péages et taxes portuaires s’ajoutent à ce fret principal.
Tout ces prix sont formulés hors taxes.
Les contrats types prévoient également des "prestations
supplémentaires" fournies par le transporteur qui sont rémunérées en plus du
transport (et sont donc distinctes du prix du fret) et font l’objet d’une
facturation distincte.
Entrent notamment dans le cadre de ces prestations : les frais de chargement et de
déchargement, les frais d’arrimage, l’indemnité de comptage des colis, l’indemnité de
bâchage et de débâchage, le coût de la protection particulière des marchandises…
Les délais de planche :
Ils correspondent aux délais impartis pour les opérations de chargement et de
déchargement d’une unité fluviale
Lorsque les parties, au cours des négociations, ne conviennent d’aucun délai
de planche, le délai prévu par le contrat type s’applique de plein droit. Ainsi, les
délais accordés pour le chargement et le déchargement des bateaux sont fixés
par :
• 2 jours ouvrables pour les chargements ou les déchargements de moins de 500
tonnes,
• 3 jours ouvrables pour les chargements ou les déchargements de 500 à 1 100
tonnes,
• 3.5 jours ouvrables pour les chargements ou déchargements de plus de 1 100
tonnes.
Le montant des surestaries :
Les surestaries sont des indemnités payées au transporteur, en cas de
dépassement du délai de planche. A défaut d’un montant négocié entre les parties,
on applique celui qui est déterminé par le contrat type.
A noter que :
Pour le contrat-type à temps il n’y a ni délai de planche ni surestaries, en raison
du mode de rémunération du transporteur (à l’année, au mois ou à la journée). La
notion de retard n’entre pas en compte.
Autres indemnités :
Les contrats-types prévoient également plusieurs autres catégories
d’indemnités dues par le chargeur ou le transporteur.
Exemple :
Non respect des horaires de mise à disposition des bateaux dans les lieux de
chargement et de déchargement par le transporteur, défaillance du donneur d’ordre
à la remise de la marchandise….