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INTRODUCTION
1. ETAT DE LA QUESTION
La question de l’entrepreneuriat a fait l’objet des plusieurs
études et analyses parmi les chercheurs. Elle occupe une place indispensable
dans le développement socio-économique des Etats.
Ainsi Assumpta Mundeke se penchant sur l'entrepreneuriat
en ville de Butembo est arrivé à conclure que la population de Butembo a un
esprit d'entreprise, une fois un petit revenu trouvé elle songe à le fructifier soit
par un petit commerce soit en investissant dans l'amélioration de ses
équipements pour ceux qui font l'artisanat où la créativité bat le record pour
cette population. A part l'activité principale il y a aussi à coté une ou plusieurs
activités secondaires. Celles-ci sont bénéfiques tant pour la personne que pour la
société. L'auteur poursuit en soulignant que les entrepreneurs de Butembo, à
partir de leurs initiatives créent des richesses en produisant des biens et des
services et redistribuent les revenus en payant les facteurs qu'ils utilisent. Quand
une personne veut entreprendre, elle imite les autres au début en menant d'abord
les investigations sur les avantages et les difficultés de l'activité choisie 1.
Bola Pembe Leida nous renseigne qu’en République
Démocratique du Congo, le nombre d’études empiriques faites dans ce domaine
est encore très faible. Celle de portée réellement scientifique, observant la même
méthodologie n’a pas été identifiées. Cette situation serait peut-être due d’une
part au fait que la culture entrepreneuriale chez les jeunes n’a vu le jour que
tardivement en RDC ; et d’autre part au fait que le domaine de la recherche est
négligé et par conséquent, produit du moins en moins des études empiriques 2.
Dans le cadre de notre travail, notre étude est plus
spécifique car elle traite de l’entrepreneuriat féminin, un sujet qui attire encore
beaucoup d’attention surtout dans des pays pauvres et en crise récurrente comme
1
Assumpta Mundeke, L’entrepreneuriat féminin, Université Libre des pays de Grand Lac, Licence 2010, p5
2
Bola Pembe Leida, L’intention entrepreneuriale des étudiants finalistes : cas des étudiants finalistes de
l’UPC/FASE, Université Protestante au Congo, p2
2|Page
la RDC. Dans ce contexte, l’entrepreneuriat féminin représente aujourd’hui un
moteur important de la croissance économique. En effet, il joue un rôle de
grande envergure dans la réduction du taux de chômage et de la pauvreté, mais
également en matière d’égalité des sexes3.
La particularité de notre travail repose sur une étude
empirique de l’entrepreneuriat féminin dans le cadre de la jouvence après l’ère
estudiantine.
2. PROBLEMATIQUE
La création d’entreprise constitue une voie professionnelle
plus épanouissante que le salariat. L’entrepreneuriat jouit d’une image de plus
en plus positive, il est associé à une image d’indépendance et de liberté à
laquelle notre société est de plus en plus attachée ainsi qu’à la promesse de
donner corps aux idéaux d’égalité des chances, quel que soit son capital social 4.
Pour Charles KOSI KAYINZA, l’entrepreneuriat est une
dynamique de création et d’exploitation d’une opportunité d’affaires par un ou
plusieurs individus via la création de nouvelles organisations à des fins de
création de valeur5. Ceci explique la centralité et l’importance majeure de
l’entrepreneuriat dans le développement socio-économique surtout dans des
pays en développement.
Dans un contexte économique et financier mondialement
morose, marqué par un ralentissement de la croissance, la dégradation des
conditions de vie, et la montée du chômage. La réflexion sur les opportunités de
création d'emploi et de relance des activités sont sans doute au menu de tous les
programmes de développement économique national. Et la lutte contre la
3
Kawtar Tijari et Rachid Smouni, Entrepreneuriat féminin dans les économies émergentes : quelles réalités en
Afrique, IJAFAME, 2023, p2
4
Eva Escadron, Femme et entrepreneuriat : les études du conseil économique, social et environnemental, les
éditions des journaux officiels, 2020, p. 8
5
Charles Kosi Kayinza, L’entrepreneuriat, une voie de développement, Université de Lubumbashi, Graduat
2016, p2
3|Page
pauvreté est devenue sans doute l'un de principal objectif des pays du monde en
général et de l'Afrique sub-saharienne.
Sthevy LUKOKI nous renseigne que dans les pays en
développement de manière générale et en RDC en particulier, cette situation
pauvreté est principalement causée par : la faiblesse des revenus ( le cas de la
RDC où le revenu moyen par habitant est estimé à 220 dollars en 2012 alors que
dans certains pays riches comme la Norvège, les Etats-Unis, le Canada etc., le
revenu moyen par habitant est supérieur à 20.000 dollars), mais aussi par les
fortes inégalités dans la répartition des revenus ; car dans ces pays la plus grande
partie du Produit Intérieure Brut (PIB) est souvent accaparé par une infime
partie de la population. Tandis que la plus grande partie de la population vit dans
une pauvreté extrême6.
Dans bon nombre de pays en voie de développement en
général, en RDC en particulier, la femme joue un rôle économique indéniable,
étant donné sa traditionnelle fonction de ménagère, ses multiples initiatives
économiques et son apport dans le développement de la société, contribution
pourtant contestée ou mal appréciée par les adeptes d’une idéologie masculine
valorisant la supériorité de l’homme et consacrant l’infériorité de la femme. Sur
le marché du travail comme dans l’entrepreneuriat, la participation des femmes à
l’économie est longtemps restée invisible. Leur situation a certes évolué mais
des déséquilibres existent toujours.
Pour Jackson MUHINDO MATUMO, la femme kinoise,
grâce à son accès à l’instruction et aux diverses formations qu’elle a suivies, est
devenue très active dans différents domaines. Suite au manque d’emploi dans le
dans le secteur formel, nombreuses sont ces femmes qui ont créé leurs propres
unités de production dans le secteur informel ; elles gèrent de petites et
moyennes entreprises (PME)7.
6
Sthevy LUKOKI KAPITA, Analyse de l’impact de l’entrepreneuriat sur la réduction de la pauvreté dans la Cité de
Kimpese : cas des petits entrepreneurs, Université Kongo, Sciences économiques et de gestions, 2014, p3
7
Jackson MUHINDO MATUMO, La femme entrepreneur en RDC, Université de Kinshasa, 2011, p2
4|Page
Au regard de ce qui précède, l’entrepreneuriat parait comme
un outil de lutte contre la pauvreté, surtout pour les étudiantes au sortir de leur
vie académique. Il sera utile dans le cadre de ce travail faire une étude empirique
de l’entrepreneuriat féminin post universitaire, plus précisément le cas de Abi
event. Pour mieux élucider notre réflexion, nous essaierons de donner quelques
éléments de réponses aux questions suivantes :
Quels sont les facteurs motivationnels de l’entrepreneuriat féminin
Quel est le résultat empirique de l’entrepreneuriat féminin
Quel est l’impact socio-économique de l’entrepreneuriat
3. HYPOTHESES
Dans le but de répondre aux questions qui émane de notre recherche, nous
formulons les hypothèses suivantes :
L’autonomisation de la femme est le premier facteur qui motive
l’entrepreneuriat féminin, à celle-ci s’ajoute d’une manière contextualisée
la lutte contre la pauvreté.
Le cas de Abi event est un résultat empirique de l’entrepreneuriat féminin.
Le plus grand impact socio-économique et lutte contre la pauvreté en
réduisant sensible le taux de chômage.
4. METHODOLOGIE
Pour mener à bien ce travail, nous avons fait le choix de la
méthode sociologique avec une approche comparative.
La méthode sociologique nous permettra de mettre en
exergue la facette sociologique de la notion de la féminité dans l’entrepreneuriat,
surtout que ce dernier est une conception essentiellement socio-économique.
De temps à autre, notre approche sera comparative, pour ce
faire nous allons faire éventuellement une étude comparative des nos sociétés
avec celles d’autres cieux sur l’implication de la femme dans le développement
socio-économique.
5|Page
5. DELIMITATION DU SUJET
Dans le but de mieux cerner notre travail, notre étude se
borne sur l’entrepreneuriat des jeunes femmes sortants des universités dans la
ville province de Kinshasa, allant de 2024.
6. OBJECTIFS D’ETUDE
Notre étude vise trois objectifs :
Élucider les facteurs qui motivent l’entrepreneuriat féminin après
l’université ;
Faire empirique de l’entrepreneuriat féminin post-universitaire ;
Voir l’apport au développement socio-économique de l’entrepreneuriat.
7. CANEVAS
Notre travail intitulé L’entrepreneuriat féminin :
Evidences empiriques de Abi events, comporte une introduction et deux
chapitres dont le premier est l’analyse du cadre conceptuel de l’entrepreneuriat
féminin, et la deuxième Evidences empirique de Abi events, puis nous allons
chuter avec une conclusion.
CHAPITRE I : ANALYSE DU CADRE CONCEPTUEL DE
L’ENTREPRENEURIAT
Ce premier chapitre est consacré à la présentation des
concepts théoriques de notre thème. Ce chapitre fait intervenir un certain
nombre de concepts que nous estimons nécessaires de clarifier en vue de
permettre à nos lecteurs d’en saisir le contenu et de mieux comprendre les idées
sous-jacentes.
6|Page
Il sera important d’épingler les notions autour des concepts
clés dont l’entrepreneuriat, et l’entrepreneuriat féminin.
SECTION I : L’ENTREPRENEURIAT
1. Aperçu
L’entrepreneuriat fait l’objet d’un engouement médiatique
et politique pouvant conduire à des amalgames. Il est parfois utilisé dans des
formes adjectives surprenantes : création d’affaires, activité etc. en effet
l’entrepreneuriat est étudié par des économistes, des sociologues, des
anthropologues, des historiens et des chercheurs d’autres disciplines. D’où
l’entrepreneuriat peut correspondre à une ou plusieurs terminologies selon la
discipline du chercheur. Pour nous, nous le considérons comme une activité
économique.
2. Définitions
2.1. Entrepreneuriat
Le concept « entrepreneuriat » existe depuis longtemps,
mais il reste difficile de proposer une définition unanime compte tenu de la
complexité du concept. Il y a beaucoup de chemins différents où
l’entrepreneuriat peut être défini. Une vue possible de la nature d’un phénomène
entrepreneurial est de le considérer comme phénomène d’organisation. Dans
cette vision, l’analyse de l’entrepreneuriat revient à étudier la naissance de
nouvelles organisations ou les activités permettant à un individu de créer une
nouvelle entité.
Pour Charles KOSI, l’entrepreneuriat est une dynamique de
création et d’exploitation d’une opportunité d’affaires par un ou plusieurs
individus via la création de nouvelles organisations à des fins de création de
valeur8.
8
Charles KOSI KAYANZA, op.cit p5
7|Page
Juste pour dire que c’est une idée créatrice, un esprit
d’innover, de faire quelque chose de nouveau, ou encore quelque chose qui
existait mais qui n’existe plus pendant un moment, ou encore quelque chose qui
existe aussi dans le marché.
Robert PATUREL cité par Sthevy LUKOKI propose une
définition syncrétique de l'entrepreneuriat Celui-ci « est, à partir d'une idée,
l'exploitation d'une opportunité dans le cadre d'une organisation impulsée, créée
de toute pièce ou reprise dans un premier temps, puis développée ensuite, par
une personne physique seule ou en équipe qui subit un changement important
dans sa vie, selon un processus qui aboutit à la création d'une valeur nouvelle ou
à l'économie de gaspillage de valeur existante ». Dans cette perspective,
l'entrepreneuriat est indissociable de l'approche projet9.
Pour K. Knight et Peter Drucker cités par ASSUMPTA
MUNDEKE, l’entrepreneuriat consiste à prendre des risques. L’entrepreneur est
une personne qui est prête à mettre en jeu sa carrière et sa sécurité financière
pour mettre en œuvre une idée, à mettre son temps et son capital dans une
entreprise risquée10.
Dans la vision économiste, notamment celle de Karl
VESPER cité par Sthevy LUKOKI, l’entrepreneuriat est le processus dynamique
qui consiste à créer de la richesse supplémentaire. Cette richesse est créée par
des individus qui assument les risques principaux en termes de capitaux, de
temps, et d’implication professionnelle afin de donner de la valeur à un bien ou
à un service11. Il considère que définir l’entrepreneuriat constitue un exercice
difficile, vu que les entrepreneurs et les activités entrepreneuriales ne sont guère
aisées à identifier et à étudier, et le phénomène est hétérogène, complexe et
équivoque. Il a lieu donc de tenir compte des paramètres tels que : l’incertitude,
le risque, la création de valeur, le changement, l’innovation etc. l’acte productif
peut ou n’est pas être nouveau ou exclusif, mais la valeur doit y être en partie
9
Sthevy LUKOKI, op cit p6
10
ASSUMPTA MUNDEKE, op cit p9
11
STHEVY LUKOKI, op. cit p10
8|Page
installé par l’entrepreneur dans la mesure où il ressemble et alloue les
compétences et ressources nécessaires.
MCCLELLAND comme nous le rapporte Chackroun
MARZOUKI WAFA, a défendu l’idée qu’être entrepreneur n’est pas forcément
un preneur des risques ni un innovateur, mais qu’il faut surtout un fort besoin
d’accomplissement. Cependant, de nombreux chercheurs ont étudié le besoin
d’accomplissement, sans pouvoir établir un lien direct entre ce concept et la
réussite de l’entrepreneur12.
Gatner tels que rapporté par ASSUMPTA MUNDEKE,
s’est beaucoup intéressé à la question de définition de l’entrepreneuriat. Il a
interrogé des experts avec la méthode Delphi en essayant de répondre à la
question suivante « What are we talking about when we talk about
entrepreneuship ? ». Il a déterminé à la suite de cette étude, huit thèmes relatifs à
l’entrepreneuriat13 :
L’entrepreneuriat touche à l’entrepreneur comme un individus ayant des
caractéristiques particulières ;
L’entrepreneuriat a trait à l’innovation en général ;
L’entrepreneuriat c’est la création d’une organisation ;
L’entrepreneuriat c’est la création de valeur ;
Certains réservent l’entrepreneuriat au seul secteur privé, d’autres
estiment qu’il peut concerner le secteur public ;
L’entrepreneuriat intéresse les organisations à fortes croissances ;
L’entrepreneuriat implique chose unique ;
L’entrepreneuriat concerne les dirigeants propriétaires.
A notre compréhension, l’entrepreneuriat est l’effet de
matérialiser une idée conçue dans le but de mettre à jour une nouvelle entreprise
12
Chakroun MARZOUKI WAFA, Dynamique entrepreneuriale féminine et son accompagnement : cas de la
Tunisie, Université de Sousse, 2007, p4
13
ASSUMPTA MUNDEKE, op. cit. p10
9|Page
que ce soit dans le but de la création des richesses, ou soit pour une finalité
sociale.
2.2. Entrepreneur
Pour Charles KOSI KAYANZA, un entrepreneur en le
définissant autrement est un individu qui a le courage de concrétiser ses rêves,
d’ignorer les risques et d’utiliser son plein potentiel de créativité pour innover.
D’une manière trop simple c’est une personne qui passe à l’action14.
Notons ici que devenir entrepreneur, c’est se donner la
liberté de se dépasser. Il est encore quelqu’un qui sent un besoin dans le marché
et veut apporter quelque chose de nouveau.
Joseph SCHUMPTER tel que cité par Jackson MUHINDO,
pense que l’entrepreneur incarne le pari de l’innovation ; son dynamisme assure
la réussite de celle-ci. L’entrepreneur est un homme dont les horizons
économiques sont vastes et dont l’énergie est suffisante pour bousculer la
propension à la routine et réaliser des innovations15.
L’entrepreneur ne doit pas être confondu avec le chef
d’entreprise, simple administrateur gestionnaire ou le rentier-capitaliste, simple
propriétaire des moyens de production. Il est un véritable aventurier qui n’hésite
pas à sortir des sentiers battus pour innover et entraîner les autres hommes à
faire autre chose que ce que la raison, la crainte ou l’habitude leur dictent de
faire. Il doit vaincre les résistances qui s’opposent à toute nouveauté risquant de
remettre en cause le conformisme ambiant.
2.3. Entreprise
L’entreprise est une unité économique, juridiquement
autonome dont la fonction principale est la production des biens et services
14
Charles KOSI KAYANZA, op.cit. p5
15
Jackson MUHINDO, op.cit. p6
10 | P a g e
marchand c’est-à-dire vendus à un prix égal au supérieur à leur coût de
production16.
Il existe de nombreuses définitions et approches de
l’entreprise. Jackson MUHINDO n’en retient que trois : une définition d’ordre
juridique, d’ordre économique et d’ordre organisationnel17.
D’ordre juridique : l’approche juridique définit l’entreprise comme une
société, c’est-à-dire une fiction légale conférant à une entité économique
formée de plusieurs personnes qui mettent en commun des biens, des
droits, des capitaux ou des services en vue d’un objet que leurs
conventions déterminent. La société peut avoir un objet ou un objet
commercial.
D’ordre économique classique : cette approche présente l’entreprise d’un
point de vue externe et définit l’entreprise comme un agent économique
dont la fonction principale est la production de biens et services destinés à
être vendus sur un marché.
D’ordre sociale ou organisationnel : cette dernière approche présente
l’entreprise d’un point de vue interne et la définit comme une organisation
mettant en œuvre différents moyens dans le but de produire et
commercialiser des biens et services.
L’entreprise privée était considérée par certains détracteurs
comme une entité faisant primer les intérêts particuliers au détriment de l’intérêt
général. Cette critique a notamment été théorisée par Karl MARX. En effet, la
critique socialiste apparue aux XIXe siècle portait sur les conséquences
économiques avec la question de la répartition inégalitaire des richesses créées
par l’entreprise au profit des capitalistes et au détriment des salariés 18.
3. Types d’entrepreneuriat
16
Charles KOSI KAYINZA, op.cit. p6
17
Jackson MUHINDO, op.cit. p18
18
Faida WATHAUT BITANGOLO, op.cit. p18
11 | P a g e
Si nous prenons les critères comme la légalité, le nombre
d’entrepreneurs, la durée d’activité, le sexe, le statut juridique de l’entrepreneur,
nous pouvons classifier l’entrepreneuriat comme suit :
3.1.1. Entrepreneuriat formel et entrepreneuriat informel
L’entrepreneuriat formel comprend les activités relatives à
l’économie formalisée, c’est-à-dire les activités autorisées et reconnues par
l’Etat alors que l’entrepreneuriat informel est relatif aux activités qui s’exercent
dans le noir, non enregistrées par l’Etat. On peut avoir aussi l’entrepreneuriat
souterrain, par analogie à l’économie souterraine qui concerne les activités
prohibées et illicites.
3.1.2. Entrepreneuriat individuel et entrepreneuriat collectif
L’entrepreneuriat individuel, c’est la volonté d’une personne
de se démarquer, d’acquérir plus d’indépendance et de liberté sans
qu’intervienne une autorité. Les individus qui empruntent ces vices cherchent à
se réaliser sur le plans personnel, professionnel et financier. L’entrepreneuriat
collectif ou communautaire est caractérisé par un groupe d’individus qui
décèlent un même besoin et qui choisissent d’unir leurs efforts afin de répondre
à ce besoin. Dans l’entrepreneuriat collectif, les individus partagent les bénéfices
et les risques. Ils ont envie d’entreprendre ensemble et non d’être en
concurrence.
3.1.3. Entrepreneuriat occasionnel et entrepreneuriat durable
Selon la durée de l’activité, l’entrepreneuriat occasionnel
reprend les activités temporaires journalières, alors que l’entrepreneuriat durable
correspond aux activités et surtout les sociétés dont l’exploitation dure
longtemps.
3.1.4. Entrepreneuriat féminin et l’entrepreneuriat masculin
Certaines activités peuvent être exclusivement exercées par
les femmes alors que d’autres peuvent être spécifiques aux hommes.
12 | P a g e
3.1.5. Entrepreneuriat privé et entrepreneuriat public
Ici le critère est le statut juridique de l’entreprise. Le privé
concerne les entreprises du secteur privé ; et le public, les entreprises du secteur
public.
4. Caractéristiques de l’entrepreneuriat
Dans la littérature, il y a plusieurs caractéristiques de
l’entrepreneuriat, parmi elles nous pouvant citer entre autres :
Il y a un « leader », l’entrepreneur qui est la force de motrice à l’origine
des faits économiques ;
Dans l’esprit de cet entrepreneur, il y a une vision de l’avenir qui est
préférable à celle de l’état présent ;
Tout au long d’un processus partiellement conscientisé d’intuitions et de
perspicacité qui trouvent leurs racines dans l’expérience, l’entrepreneur
développe une vision ainsi qu’une stratégie afin de mettre en pratique ;
Cette vision est mise en œuvre rapidement et avec enthousiasme par
l’entrepreneur. Le travail réalisé peut procurer le sentiment de vivre
pleinement ou la satisfaction de rendre service à la société.
La stratégie est délibérée et la vision d’ensemble est claire en revanche les
détails sont malléables, incomplets et émergents.
Les stratégies entrepreneuriales s’accompagnent souvent de structures
simples et centralisées qui répondent rapidement aux directions que donne
l’entrepreneur.
Les stratégies entrepreneuriales tendent à se développer dans des marchés
de niche qui ne sont pas pris en compte par les acteurs dominants du
marché.
Nous constatons que l’entrepreneur est visionnaire, un
stratège. Etant visionnaire (il doit savoir où il faut aller, ses vues étant plus
13 | P a g e
vastes que la réussite) ; il se doit être capable de susciter l’engagement d’autrui,
avoir une évaluation lucide de soi-même, connaître ses forces et ses limites 19.
5. Différents aspects d’une démarche entrepreneuriale
Selon HERNANDEZ cité par Sthevy LUKOKI, la
démarche entrepreneuriale peut être comprise sous divers aspects, à savoir :
La création ex-nihilo : il s'agit de créer une entreprise à partir de rien.
Cette disposition n'est pas une situation facile. Il faudra du temps pour
arriver à implanter son produit dans un marché, pour convaincre les
consommateurs et les chercheurs et c'est d'autant plus que le degré
d'innovation sera élevé. Il exige de bien dimensionner les besoins
financiers et d'obtenir les ressources suffisantes. La création ex-nihilo
exige beaucoup de travail, de rigueur, de ténacité et par conséquent,
entraine que les risques doivent être particulièrement bien évalués ;
La création par essaimage : il est question de créer une entreprise par un
salarié qui bénéficie de l'aide de son entreprise. Cette pratique est réalisée
par les grandes entreprises qui proposent des mesures et des dispositifs
destinés à inciter et à accompagner leurs salariés dans des créations
d'entreprise. Les projets peuvent être variés et comprendre la création d'un
commerce ou d'une entreprise industrielle. Il y a lieu de noter que
l'accompagnement matériel, intellectuel, commercial et financier d'une
entreprise peut être de nature à réduire le niveau de risque de
l'entrepreneur ;
La création par franchise : cette sorte d'entrepreneuriat met en relation
un franchiseur, entreprise qui souhaite se développer en utilisant cette
modalité, et un franchisé, individu qui veut créer une entreprise en
appliquant cette formule. Ce type de création consiste à imiter un
fonctionnement qui existe dans un contexte géographique donné. La
création en franchise bénéficie d'un accompagnement important, mais
19
Raymond ATANDELE, Etude de l’entrepreneuriat féminin dans la ville de Bukavu, Afric Mémoire, p15
14 | P a g e
payant, de la part du franchiseur. Elle peut permettre à celui qui n'a pas
d'idées propres ou qui n'a pas une capacité à innover de réaliser son
objectif de création d'entreprise.
La reprise d'entreprise : la reprise d'entreprise ou d'activité présente une
différence de taille avec la création d'entreprise. L'organisation existe, elle
n'a pas à être crée. Si elle existe, il est alors possible de s'appuyer sur des
données qui la décrivent dans son présent, son histoire, sa structure et son
fonctionnement. Dans ces conditions, l'incertitude est généralement
moindre et les niveaux de risque beaucoup plus faibles. Comme pour la
création d'entreprise, la reprise peut être réalisée par un individu pour son
propre compte ou par une entreprise existante. Au moins, deux cas de
reprise d'entreprise peuvent être examinés :
La reprise d'entreprise ou d'activité en bonne santé : la principale
difficulté pour acquérir ce type d'entreprise est vraisemblablement d'avoir
suffisamment vite l'information qu'une telle entreprise est en vente.
Ensuite, il faut pouvoir disposer de ressources financières importantes, car
le prix de marché de ces entreprises est souvent très élevé. Il est
indispensable d'avoir, par ailleurs, de bonnes compétences générales et
une expérience de management réussie, pour ne pas perdre trop de temps
dans l'apprentissage du métier de chef d'entreprise ;
La reprise d'entreprise ou d'activité en difficulté : il peut s'agir d'une
entreprise en redressement judiciaire, et si les difficultés sont déclarées, il
est indispensable de connaître le cadre légal de reprise d'entreprise en
difficulté et avoir des relations avec des acteurs clés dans ce milieu. Si le
prix d'acquisition de ce type d'entreprise est sans commune mesure avec
celui des entreprises en bonne santé, il ne faut jamais perdre de vue que
ces structures nécessitent généralement une très forte recapitalisation
financière. En outre, reprendre une entreprise en difficulté nécessite
également une bonne connaissance des situations de crise. Car il sera
15 | P a g e
question de restaurer rapidement la confiance à tous les niveaux :
personnel, clients, fournisseurs, partenaires...
L’intrapreneuriat : Gifford PINCHOT (1985) introduit le terme
d'Intrapreneuring transposé en « intrapreneuriat » en français pour décrire
les activités entrepreneuriales au sein même d'une grande organisation. «
L'intrapreneuriat est aussi le processus par lequel un individu ou un
groupe d'individus, en association avec une organisation existante, crée
une nouvelle organisation ou génère le renouvellement ou l'innovation au
sein de cette organisation. ». Cette définition est intéressante à plus d'un
titre : d'abord, elle met en évidence la dimension individuelle du
processus intrapreneurial et souligne l'existence d'une association entre
individu et organisation. Elle inclut, parmi les finalités du processus
intrapreneurial, non seulement la création de nouvelles activités, mais
également toute innovation ou transformation majeure de l'organisation.
Les relations entre les deux « associés » (individu ou groupe d'individus et
l'organisation) aussi asymétriques et interdépendant sont forcément
complexes. L'intrapreneur qui agit apparemment de façon autonome et
s'engage personnellement, reste un employé soumis à des obligations
contractuelles et morales, dont celle d'agir pour le bénéfice de son
employeur. De son côté, l'organisation qui « délègue » certaines tâches et
transfère certains risques à l'intrapreneur constitue à la fois son milieu
nourricier et son juge.
De tout ce qui précède, il se dégage que l'entrepreneuriat est
un phénomène qui se produit partant des actes posés par l'entrepreneur, qui est
l'acteur principal de l'entrepreneuriat. Car, l'idée de création provient
nécessairement de l'individu qui est dit entrepreneur20.
6. Importance de l'entrepreneuriat
20
Sthevy LUKOKI, op.cit. p7
16 | P a g e
L'importante place qu'occupe l'entrepreneuriat dans les recherches et les
politiques économiques revient essentiellement aux intérêts qu'il apporte à
l'économie et à la société.
- Entrepreneuriat et croissance économique :
L'activité entrepreneuriale n'a pas peut être un effet direct sur la croissance
économique mais l'accélère, grâce à la présence d'une population nombreuse
d'individus entreprenants et ce résultat était prouvé par une étude de GEM :
Global Entrepreneurship Monitor qui a proposé un modèle comparant entre
différents pays sur diverses dimensions sociales et culturelles. Ce programme a
montré que dans les payes à activité entrepreneuriale élevée, la proportion du
PIB qui provient des projets entrepreneuriaux progresse chaque année.
- Entrepreneuriat et création d'emploi :
L'entrepreneuriat constitue un moyen pour la résorption du chômage, il est
considéré comme source potentielle de création et de sauvegarde d'emplois où
entreprendre est devenu une nécessité pour l'intégration sociale pour
l'entrepreneur et pour ses membres de famille.
- Entrepreneuriat et renouvellement du parc d'entreprises :
L'entrepreneuriat permet de renouveler et reconstruire le tissu économique par la
création des entreprises ex-nihilo ou par la reprise des entreprises et même par la
réactivation et le redémarrage d'entreprises ce qui permet de constituer un
contrepoids et une compensation aux disparitions et l'échec d'autres entreprises
existantes.
- Entrepreneuriat et Innovation :
La fonction d'innovation est importante, d'après SCHUMPETER, les
entrepreneurs constituent le moteur de l'innovation en identifiant les
opportunités que les autres acteurs ne voient pas et en développant les
17 | P a g e
technologies et les concepts qui vont donner naissance à des nouvelles activités
économiques.
SECTION II : L’ENTREPRENEURIAT FEMININ
1. Approche théorique
L'entrepreneuriat féminin est donc cet esprit d'initiative des
femmes qui se manifeste de manière prépondérante ; les femmes ont tendance à
s'organiser compte tenu des ressources disponibles pour satisfaire leurs besoins.
NDONGO et OUDRAOGO cité par Josette NGONO le définissent comme un
ensemble d'activités mises sur pieds et gérées par les femmes elles-mêmes
indépendamment de la taille de l'entreprise. L'entrepreneuriat féminin désigne
enfin de comptes les activités des femmes qui se prennent en charge, qui
s'organisent pour créer des activités économiques rentables dans les secteurs
formel et/ou informel21.
Définit l’entrepreneuriat féminin comme la création et le
développement d’entreprises par les femmes, ce concept a pris depuis une
dizaine d’année une importance croissante dans la plupart des pays aussi bien
industrialisés que ceux en développement. Force est de constater
malheureusement que le micro-entreprise visent plus la survie et la stabilité
sociale que le développement compris comme modernisation et changement
social.
L'entrepreneuriat féminin vise par conséquent l'amélioration
des conditions de vie individuelles et collectives, en un mot le développement
qui de nos jours connaît une diversité des définitions.
2. Importance de l’entrepreneuriat
21
Josette NGONO ABENGMONI, Entrepreneuriat féminin et participation des femmes au développement socio-
économique, Institut National de la jeunesse et des sports de Yaoundé, 2008, p5
18 | P a g e
L’entrepreneuriat féminin est très important, car il est un
espace d’évaluation des efforts de l’Etat en faveur de la promotion des femmes
22
aussi un cadre pour valoriser le partenariat entre les institutions publiques et le
mouvement associatif féminin afin de mieux répondre aux attentes des femmes
et des jeunes filles.
La femme joue un rôle non négligeable dans la société en
tant qu’opératrice incontournable dans la lutte contre la pauvreté. La lutte ainsi
amorcée se révèle une des stratégies efficaces de riposte à la crise économique et
financière couplée avec une crise sans précédent de l’emploi.
De plus, dans leur grande majorité dans notre société, les
activités rémunératrices des femmes se situent dans le secteur non structuré.
3. Esprit entrepreneurial féminin
D’après Albert et Marion tels que cité par ASSUMPTA
MUNDEKE, ils considèrent que l'esprit entrepreneurial consiste à identifier des
opportunités et à réunir des ressources suffisantes et de natures différentes pour
les transformer en entreprises.
Beaucoup de facteurs et des variables interagissent
ensemble pour jouer un rôle d’incitation et d’attraction à la création
d’entreprises par les femmes. S’agissant des déterminants de l’efficacité de
l’esprit d’entreprise, en général plusieurs retiennent des facteurs qui ne sont pas
eux-mêmes des phénomènes économiques mais qui relèvent beaucoup plus de
changement de valeurs, d’optique, d’attitudes démographique et
institutionnelles.
De ce fait, un grand nombre de recherches se sont penchés
sur la question pour identifier les facteurs sous-jacents et retracer le parcours des
entrepreneures femmes. Les recherches ont montré que la dynamique
22
Faida WATHAUT BITANGOLO, L’entrepreneuriat féminin une stratégie alternative de lutte contre la
pauvreté : cas des couturières du quartier Lumumba en commune de Bagira, Institut Supérieur de
Management, 2010, p19
19 | P a g e
entrepreneuriale féminine est expliquée par plusieurs facteurs, tout sur le niveau
économique, social, culturel, psychologique et même politique 23.
Bien que la plupart de ces facteurs soient parfois communs
et indissociables aux deux sexes, ils ont tendance, dans beaucoup de cas, à être
plus marqués pour les entrepreneures femmes.
Dans le chapitre suivant, nous allons traiter de ce sujet
d’une manière plus approfondie.
Conclusion partielle
Le premier chapitre de notre travail, nous l’avons intitulé
analyse du cadre conceptuel de l’entrepreneuriat. Dans ce chapitre il a été
question d’une part de présenter et de définir les concepts théoriques liés à notre
sujet de recherche. Pour ce faire, le présent chapitre était subdivisé en deux
sections : la première a défini le cadre général de notre étude, la deuxième
section portait sur cadre spécifique de notre sujet de recherche.
Ce chapitre avait pour objectif principal de présenter et
définir les concepts de notre travail tels que : les bases existantes sur la notion de
l’entrepreneuriat et ses déterminants, de l’entrepreneuriat féminin.
Dans ce chapitre, nous avons analysé les différentes
approches de l’entrepreneuriat avant de parler l’entrepreneuriat féminin. Nous
avons également vu l’esprit entrepreneurial féminin, toutefois nous allons
approfondir cette étude au chapitre suivant.
CHAPITRE II IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DE
L’ENTREPRNEURIAT FEMININ
23
Chakroun MARZOUKI WAFA, op.cit. p12
20 | P a g e
Section I : L’ENTREPRENEURIAT FEMININ DANS LES
REALITES SOCIALES
1. L’entrepreneuriat féminin comme facteur social
L’entrepreneuriat en tant que facteur social a révélé une
littérature très commune liée aux réseaux et au capital social. Le capital est un
terme d’origine reconnu par plusieurs personnes célèbres, qui a établi la
conception économique et individualiste. Le capital social est bien défini comme
des ressources virtuelles et tangibles qui aident à l’accomplissement des
objectifs des acteurs. Une ressource précieuse est la relation constitutive des
réseaux. L’activité entrepreneuriale relative à la théorie du capital peut être
trouvée dans la littérature des réseaux sociaux. Un ensemble d’acteurs est défini
comme des réseaux sociaux en termes généraux comme les organisations, les
individus et les liens de ces acteurs entre ces ensembles. De nombreux
chercheurs mettent en lumière de nombreux thèmes des PME et de
l’entrepreneuriat dans les approches institutionnelles et expliquent également les
difficultés de l’entrepreneuriat dues aux problèmes d’intégration des analyses
des facteurs culturels et sociaux.
L’entrepreneuriat féminin est reconnu comme une méthode
efficace pour construire une société entrepreneuriale en offrant des opportunités
d’emploi égale basées sur les valeurs d’égalité des sexes et d’autonomisation des
femmes. Il s’agit d’un outil impératif pour promouvoir le bien-être social et
économique de la nation en tant que déclencheur du phénomène de l’innovation
sociale. La principale force de l’entrepreneuriat féminin est de transformer la
société en brisant la structure sociétale dominée par les hommes qui prévaut
autour de nous. Il ne résoudra pas seulement les problèmes sociaux, mais peut
également contribuer à réduire la pauvreté et à construire un pays supérieur
économiquement. Le rapport du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) sur
les femmes a souligné qu’entre 2005 et 2017, environ 163 millions de femmes
ont créé leur propre entreprise dans 73 économies du monde entier (nations
21 | P a g e
développées et en développement) et 111 millions de femmes ont déjà créé des
entreprises. Le spectre de la croissance de leurs entreprises varie de moyen à
élever en surpassant les hommes qui améliorent le niveau de vie, créent de la
richesse, contribuent au bien-être de la nation ont un impact sur les entreprises
de l’économie mondiale. Les faits susmentionnés attirent notre attention sur
l’importance et l’impact de l’implication des femmes dans les activités
économiques du pays, mais malheureusement la situation des femmes dans les
pays émergents ou en développement est assez alarmante en raison des normes
et valeurs sociétales et culturelles24.
2. L’entrepreneuriat féminin dans les économies émergentes
Le processus entrepreneurial est le même pour les hommes
et femmes dans le monde entier. Cependant, dans la pratique, il existe une
différence significative dans le taux de poursuite des activités entrepreneuriales
par les hommes et les femmes. Ces différences sont plus répandues dans les
économies émergentes. Les sociétés de ces régions ont remplacé les femmes
d’être indépendantes. L’environnement commercial de ces pays n’est pas
favorable aux femmes entrepreneurs dans les pays en développement. Dans une
étude menée par Aidis et Al (2007), les femmes résidantes dans différents pays
émergents sont confrontées à différents types d’obstacles. Divers facteurs
sociaux, culturels, religieux, éducatifs et économiques favorisent de manière
disproportionnée les hommes par rapport aux femmes. Tous ces obstacles
empêchent les femmes de réaliser leur potentiel. Les femmes de ces pays
représentent une grande partie du potentiel inexploité des femmes entrepreneurs,
qui, s’il est correctement entretenu, peuvent participer au développement
économique de leur pays. L’entrepreneuriat féminin est devenu un phénomène
en pleine expansion. Il est observé comme une tendance émergente dans tous les
pays à revenu élevé, moyen et faible. L’entrepreneuriat féminin a attiré une
attention croissante ces dernières années et pour avoir créé l’importance de
l’innovation dans les affaires ainsi que la croissance et le développement
24
Kawtar TIJARI et Rachid SMOUNI, op.cit. p8
22 | P a g e
économique. Les rôles des femmes dans la société, sur le lieu de travail et à la
maison, influencent le choix du travail indépendant. Les traits personnels tels
que l’éducation, les compétences, les connaissances, l’expertise, l’expérience,
l’attitude envers la prise de risque et de nombreux autres facteurs socio-culturels
affectent l’intensité de l’entrepreneuriat féminin.
3. Caractéristiques des femmes entrepreneures
La motivation de l’attitude d’un individu à l’égard d’une
question est généralement propulsée par l’espoir que son effort conduira à un
résultat souhaité. En appliquant cela à l’entrepreneuriat féminin, cela suggère
que le niveau avec lequel les femmes créent des entreprises dépend
généralement de deux choses : à quel point elles veulent se développer et à quel
point elles sont confiantes que leur effort conduira à la croissance attendue.
Certains individus possèdent certaines caractéristiques personnelles qui
favorisent l’entrepreneuriat. Ces caractéristiques jouent un rôle énorme dans la
détermination de la croissance de l’entreprise. Une femme entrepreneur typique
a tendance à être le premier enfant, cela explique généralement par le fait que le
premier enfant a une attitude différente, grandit plus vite et a un plus grand sens
de responsabilités que les autres enfants. Ces phénomènes illustrent la capacité
entrepreneuriale des premiers enfants. Les femmes plus âgées, qui ont peu ou
pas d’éducation, qui sont incertaines et qui n’ont pas de pouvoir financier
important pour démarrer leur entreprise, préfèrent généralement une forme
collective d’entreprise et traitent avec un secteur d’activité qu’elles connaissent
bien. Ce type de femme est généralement prudent lorsqu’il s’agit de traiter avec
les organismes de financement et il est probable qu’elle crée une entreprise qui
n’est pas très dynamique et qui lui procure un petit revenu. Ce type
d’entrepreneur se consacre principalement à l’agriculture et la coopérative est la
principale opportunité commerciale à laquelle elle peut s’identifier. Ce type
d’entreprise présente un risque d’échec minimum, car elles partagent le risque
personnel et la charge financière avec les autres membres du groupe.
23 | P a g e
En Ethiopie, environ 22% des femmes entrepreneurs étaient
mariés, 24% étaient célibataires, 17% étaient divorcées et 26% étaient veuves.
L’étude a montré que 26% des femmes chefs d’entreprise avaient un niveau
d’éducation primaire, 19% une éducation secondaire, 23% le BAC, 14% un
diplôme universitaire et 18% étaient analphabètes. La majorité de ces femmes
ont des enfants et leurs familles dépendent d’elles.
Au Nigéria, une étude a constaté que l’âge moyen des
femmes entrepreneurs dans les micro-entreprises est d’environ 30 à 40 ans,
qu’elles sont pour la plupart mariées et ont des enfants et qu’elles ont fait des
études secondaires ou primaires. L’étude a également révélé qu’un nombre
considérable des femmes entrepreneurs prospères appartiennent à des clubs et à
des sociétés et qu’elles ont reçu une formation avant de lancer leur entreprise.
Ces femmes comprennent la langue locale, ont en moyenne 3 ans d’expérience
professionnelle et ont en moyenne 3 enfants. La réussite, la prévoyance et la
motivation sont des facteurs importants de la réussite entrepreneuriale.
Au Maroc, l’association des femmes chefs d’entreprises au
Maroc (AFEM), la première instance associative marocaine qui s’intéresse de
près à l’entrepreneuriat féminin, entend par « femme chef d’entreprise » (FCF)
une femme occupant l’une des fonctions suivantes : président-directeur général,
vice-président directeur général, président du conseil de surveillance, président
ou membre du directoire, administrateur directeur général, directeur général,
directeur général adjoint, gérant ou cogérant.
L’entrepreneuriat féminin au Maroc est également entendu
comme l’acte de création ou de développement des entreprises par les femmes
dans le cadre de la politique de l’égalité. Cette vision de l’entrepreneuriat
féminin est stimulée par quatre logiques différentes : la recherche de
l’intégration de l’entreprise dirigée par la femme au circuit économique (secteur
formel ou secteur informel), le choix délibéré du statut d’entrepreneur
(employeur ou indépendant), une trajectoire transmissible de l’entrepreneuriat
24 | P a g e
dans le cadre familial ou encore les déterminants psychosociaux de l’initiative
entrepreneuriale (la nécessité de satisfaire les besoins personnels ou familiaux,
ou la recherche de l’aboutissement d’un cursus d’éducation et de formation, ou
encore un fort besoin d’accomplissement personnel).
4. Motivation entrepreneuriale des femmes
La motivation des femmes à créer une entreprise n’est pas
totalement différente de celle des hommes. Cependant, des différences ont été
enregistrées au niveau des conditions liées à la création d’entreprise, notamment
les rôles au sein du foyer en tant que mères, filles ou épouses et la nécessité de
générer des revenus pour la famille. Les femmes entrepreneurs sont également
motivées par les facteurs socio-économiques tels que le désir de travailler à leur
compte, le besoin d’être leur propre patron et l’opportunité d’utiliser leurs
compétences. La motivation des femmes à créer leur propre entreprise est
généralement une combinaison de plusieurs facteurs et non un facteur isolé. Les
motivations psychologiques telles que le désir de pouvoir et d’argent, la
motivation d’améliorer leur communauté et le besoin de s’épanouir peuvent
conduire certaines femmes à l’entrepreneuriat.
Les facteurs de motivation peuvent être classés en facteurs
d’incitation et d’attraction. Cela implique que les circonstances externes et
personnelles jouent un rôle énorme dans la décision des femmes entrepreneurs
de créer une entreprise. L’étude explique que les facteurs positifs poussent les
femmes entrepreneurs à créer leur propre entreprise, tandis que les facteurs
négatifs les y obligent. Les facteurs d’incitation sont, par exemple le chômage,
le déploiement, la frustration, les mauvaises conditions de travail et les tâches
domestiques, tandis que les facteurs positifs qui poussent les femmes à créer leur
entreprise sont le désir d’indépendance, de devenir son propre patron,
l’autonomie, l’augmentation des possibilités financières, l’épanouissement
personnel, et l’expérience. Ces facteurs d’attraction et de répulsion peuvent être
classés en motivation personnelles, économiques et sociales.
25 | P a g e
Tableau 1 : motivations des femmes entrepreneurs dans les économies
émergentes
Motivations personnelles Auteurs
Le besoin de satisfaction professionnelle Parvin et al.
Le désir d’atteindre un statut sociétal plus élevé (2012)
L’épanouissement personnel Coughlin
L’équilibre personnel (2002)
Le sentiment de fierté Babalola
L’estime de soi (2009)
L’indépendance et la liberté
Motivations économiques Auteurs
La nécessité de générer plus de revenus Ekpe (2011)
L’obligation de subvenir aux besoins de base de leur famille Coughlin
La création de la richesse (2002)
L’autonomie financière Lawn (2017)
L’apport d’un soutien à la famille Souhail
Les conditions financières difficiles (2005)
Motivations sociale Auteurs
Le chômage Coughlin
La frustration sur le lieu de travail (2002)
La disparité entre les salaires masculins et féminins
Les conditions de travail difficiles
Les structures d’accueil inadéquates pour les enfants
Le désir de pouvoir contrôler son temps
Source : Kawtar TIJARI et Rachid SMOUNI, IJAFAME
D’après la littérature examinée, il est évident que ce qui
motive les femmes entrepreneurs diffère d’une personne à l’autre. Divers
facteurs sont liés à la création d’entreprises appartenant à des femmes, qui
peuvent être personnelles, externes ou psychologique. Ces facteurs contribuent
26 | P a g e
au choix fait par ces entrepreneurs qui n’ont pas d’influence sur la taille, mais
sur la réalisation de leurs objectifs entrepreneuriaux. De même, ces facteurs
varient selon les individus, selon les pays et selon les cultures. Toutefois, il est
important de préciser que des facteurs similaires peuvent exister dans différents
pays.
5. Défis rencontrés par les femmes entrepreneurs
D’une manière générale, la création d’une entreprise
comporte de nombreux obstacles et défis. Les entrepreneurs rencontrent de
nombreux problèmes lors de la création et du développement d’une entreprise.
Plusieurs recherches menées dans les pays en développement ont permis de
découvrir plusieurs problèmes auxquels les femmes entrepreneurs sont
confrontées et qui entravent leurs activités et leur croissance entrepreneuriale.
Parmi ces problèmes, nous citons l’équilibre entre vie professionnelle et vie
privée, le manque d’information et de formations adéquates et l’accès aux
ressources financières.
5.1. Les stéréotypes de genre
Pour Eva ESCADRON, l’entrepreneuriat en lui-même,
conserve une connotation très masculine dans l’imaginaire collectif. Jusqu’à
aujourd’hui, les figures le plus souvent valorisées et associées à
l’entrepreneuriat, sont majoritairement masculines. Les femmes en reconversion
professionnelle, ne se projettent pas aussi spontanément que les hommes vers la
création d’entreprise25.
Les femmes sont présentes dans des nombreux secteurs de
l’entrepreneuriat, mais cette présence n’est pas suffisamment valorisée. De plus,
le fait qu’un secteur d’activité soit stéréotypé comme féminin, peut contribuer à
le dévaloriser. La perception des secteurs d’activité est encore marquée par des
logiques de genre. Ainsi, les femmes créant leur entreprise dans un secteur dit
féminin se retrouvent confrontées à une double dévalorisation, celle liée à leur
25
Eva ESCADRON, op.cit. p48
27 | P a g e
sexe et celle associé à la qualification de leur secteur d’activité comme
féminin26.
5.2. Conciliation entre vie familiale et vie professionnelle
Un défi majeur pour les femmes entrepreneurs dans les pays
en développement est d’essayer de concilier le travail et les rôles familiaux. Être
chef d’entreprise et les défis qui en découlent sont déjà suffisant pour une
femme, mais si l’on ajoute à cela le rôle d’épouse, de fille ou de mère, la
situation devient encore plus difficile. Tenir l’un des rôles mentionnés ci-
dessous signifie que cette personne doit gérer les tâches ménagères
quotidiennes. De même, les femmes entrepreneurs doivent également s’occuper
d’autres activités personnelles telles que leur propre santé qu’elles négligent
souvent en raison du manque de temps et de la surcharge de travail. Toutes ces
situations peuvent conduire à la manifestation de nombreux problèmes liés à la
vie professionnelle et, dans certains cas extrêmes, à une absence totale
d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, compromettant ainsi la
réussite de l’entreprise.
Une vie équilibrée est décrite comme une vie dans laquelle
on peut avoir une expérience satisfaisante dans tous les domaines de la vie.
Cependant, on observe que les femmes entrepreneurs des pays en
développement ont du mal à assumer tous les rôles simultanément dans la
société actuelle. Il en résulte que certaines femmes entrepreneurs s’épuisent
mentalement et physiquement pour mener à bien leurs activités en raison des
exigences découlant à la fois de la famille et du travail. Cela conduit souvent à
l’insatisfaction, à des problèmes de santé et à une diminution générale de
l’engagement dans les activités professionnelles et personnelles.
5.3. Information et formation insuffisantes
L’information, l’éducation et la formation sont essentielles à
la réussite entrepreneuriale. Cependant, dans les économies émergentes, de
26
Idem, p49
28 | P a g e
nombreuses informations font défaut et des compétences particulières ne sont
pas mises en place pour aider ou promouvoir le comportement entrepreneurial,
en particulier pour les femmes d’affaires. Cela suggère que leurs compétences
managériales et entrepreneuriales sont insuffisantes. Cela va de pair avec le
problème général d’identification des marchés idéaux et des réseaux de
distribution. La majorité des femmes entrepreneurs africaines n’ont pas les
compétences requises pour aider à suivre l’évolution du monde des affaires, de
la mondialisation et des processus technologiques en constante évolution. Ce
manque d’accès au savoir-faire technologique pose un énorme défi aux femmes
entrepreneurs. Les études de Ukonu & Ehiabhi suggèrent qu’il y a un énorme
manque de compétences professionnelles et un faible niveau d’éducation chez
les femmes entrepreneurs. Ce manque de compétences tend à orienter les
femmes entrepreneurs vers la création d’entreprises qui n’ont généralement pas
besoin des techniques modernes pour promouvoir et commercialiser leurs
produits. Ce manque de formation signifie également que les entreprises
commerciales détenues par les femmes entrepreneurs n’utilisent pas les
équipement modernes tels que les technologies de gestion et d’organisation et
l’utilisation de systèmes de production et de contrôle de la qualité.
5.4. Obstacles financiers
Le financement est un élément clé de toute activité
entrepreneuriale. En même temps, il représente un énorme défi pour les femmes
entrepreneurs, surtout dans les économies émergentes. Les femmes
entrepreneurs sont confrontées au défi des ressources financières. L’accès au
financement est un inconvénient majeur pour les femmes entrepreneurs.
Plusieurs chercheurs ont expliqué que dans les pays en développement et
émergents, beaucoup de femmes entrepreneurs sont confrontées à des énormes
obstacles pour obtenir un capital abordable et suffisant pour lancer une nouvelle
entreprise ou pour développer une entreprise existante. En conséquence, la
plupart des femmes entrepreneurs préfèrent utiliser des sources de financement
personnelles pour lancer leur propre entreprise. Les sources personnelles
29 | P a g e
peuvent être des économies ou des prêts d’amis proches et de membres de la
famille immédiate. Cependant, un très faible pourcentage de femme
entrepreneurs a pu obtenir des fonds auprès d’institutions financières. En
Ethiopie, les femmes entrepreneurs, en particulier celles des petites entreprises,
estiment que les prêts financiers proposés par les institutions financières ne sont
pas adaptés à leurs besoins, car elles utilisent une méthode de prêt collectif.
Adesua-Lincoln a expliqué qu’environ 80% des femmes entrepreneurs
nigérianes dépendent de leur épargne personnelle pour lancer leur entreprise,
tandis que 20% d’entre elles ont recours aux prêts de leurs amis proches et de
leurs familles. Selon l’étude, aucune des femmes entrepreneurs qui ont participé
à l’étude n’a eu accès à des sources financières pour démarrer leur entreprise 27.
5.5. Réprobation de la société
Selon Coughlin (2002), pour être acceptée dans la société,
une femme entrepreneur doit prouver ses capacités et sa crédibilité, rivaliser et
réussir dans un environnement dominé par les hommes et surmonter le sexisme,
la discrimination et les stéréotypes. En d’autres termes, la société a tendance à
soutenir davantage les entrepreneurs masculins que les femmes entrepreneurs.
5.6. L'absence d'un environnement incitatif
Les interventions destinées à promouvoir l'entrepreneuriat
féminin n'obtiennent pas de résultats satisfaisants car l'environnement
économique n'est pas propice. Il s'agit particulièrement des politiques générales
de développement, des politiques fiscales et monétaires et de la législation.
Les politiques générales de développement, les politiques
fiscales et monétaires sont importantes lorsqu'il s'agit de développer
l'entrepreneuriat féminin. Les micro-entreprises croupissent sous le poids de la
fiscalité, ce qui décourage généralement les femmes. Les règlements et
procédures administratifs qui conduisent à l'enregistrement au registre du
27
Kawtar TIJARI & Rachid SMOUNI, op.cit. p9
30 | P a g e
commerce représentent un goulot d'étranglement pour les jeunes entreprises. Les
représentations des organisations fournissant des services financiers sont très
faibles dans la ville. Cet état de choses réduit considérablement les capacités des
femmes du fait de la rareté des capitaux28.
6. Modes de financement
Le financement correct d'un projet est une des conditions de
réussite de ce projet. Il distingue 3 sources des capitaux dont les capitaux
propres, les capitaux empruntés et les aides. Les capitaux propres comprennent
le capital social et l'autofinancement (on le trouve dans les comptes réserves,
reports à nouveau, provisions, amortissement). Les capitaux empruntés sont
constitués des dettes à long et moyen terme. Ces fonds peuvent provenir des
institutions financières bancaires et non bancaires (banques commerciales et de
caisses d'épargne et de crédit) ; mais aussi des obligations. Les aides, sont
généralement distribuées par l'Etat ou la collectivité locale. Elles sont de nature
financière (subventions, avances remboursables, garanties d'emprunt), fiscale
(exonération d'impôt, réductions et abattement fiscaux) ou encore sociale
(exonération des charges sociales).
Charles HOANG estime que pour démarrer son entreprise, le
créateur doit faire un choix optimal de ses ressources financières. Il distingue
ainsi deux ressources principales : les fonds propres et les dettes.
Les fonds propres représentent les apports effectués par les associés et les
subventions obtenues par les organismes gouvernementaux. Pour lui, les
subventions deviennent aussi directement des fonds propres.
Les dettes, l'endettement représentent les montants qu'il faudra emprunter
(à court terme, moyen et long terme) pour compenser l'insuffisance de
fonds propres.
28
ASSUMPTA MUNDEKE, op.cit. p13
31 | P a g e
Nous avons essayé d'évoquer dans ce point les principaux
moyens de financement d'une entreprise. Il existe aussi d'autres qui sont
spécifiques à l'entrepreneuriat féminin.
D'après des études récentes, environs 5 % seulement de la
population africaine bénéficie d'un emploi rémunéré dans le secteur formel de
l'économie. La majorité est ainsi condamnée à vivre dans l`informel, en exerçant
des petites activités de survie telles que le petit commerce, l`agriculture
périurbaine (particulièrement le maraîchage), l'élevage, la vente des produits
agricoles, les alimentations, etc. Les personnes exerçant ce genre d`activités, en
majorité les femmes, sont confrontées aux problèmes de financement. Du fait
qu'elles ne disposent pas de fonds propres et ne peuvent pas fournir aux banques
les garanties usuelles, elles n'ont pratiquement pas accès au système de crédit
formel. Cependant il existe d'autres sources de financement telles que l'épargne
personnelle et familiale, les tontines et le crédit accordé aux micros entreprises
par les IMF.
6.1. L'épargne personnelle et familiale
Depuis une trentaine d'années, le financement des micro
entreprises, tenues par les femmes ou non, n'a pas changé. Plus de 90% de ces
entreprises sont financées par l'épargne personnelle et familiale, la plupart des
chefs d'entreprises ayant des problèmes pour trouver les fonds initiaux. Aide-toi
et le ciel t'aidera ! Telle est la maxime du micro entrepreneur qui doit dans les
deux tiers des cas trouver seul le financement de son entreprise avant d'espérer
compléter sa mise par un apport familial, éventuellement tontinier ou des IMF.
6.2. Les tontines
Il est difficile de définir les tontines africaines car il existe
plusieurs variantes. La plus connue en République Démocratique du Congo est
le « likelemba ». Originairement, il s'agissait d'une pratique très ancienne qui
32 | P a g e
consistait autrefois à confier le trésor du clan entre les mains du « lemba » en lui
imposant d'effectuer les dépenses indispensables. C'est devenu surtout dans les
villes une association dans laquelle les membres mettent en commun tout ou
partie de leur « salaire », leur avoir et le confient à l'un d'eux, à tour de rôle.
Cette pratique, surtout observée chez les femmes, présente un certain nombre de
caractéristiques.
Avant tout, ce phénomène tontinier a un caractère informel. Les tontines
africaines reposent sur la personnalisation des relations qui unissent les
membres. Cette personnalisation des membres permet de mieux situer la finance
informelle par rapport à la finance institutionnelle. La finance informelle
présente ainsi les caractéristiques suivantes :
Absence des conditions : pas d'autorisation à solliciter, pas des démarches
à effectuer, pas des garanties à apporter, pas des formalités à remplir, pas
de délais à respecter ;
Absence de frais de gestion : l'administration est réduite au minimum, un
cahier où sont inscrits les noms et les sommes versées et rendues suffit ;
Absence de cadre fixé : les tontines peuvent regrouper quelques membres
ou quelques centaines et durer quelques semaines ou plusieurs années ;
Absence de contrôle par la Banque centrale.
Le phénomène tontinier a aussi un caractère financier. Bien
que les tontines mutuelles ne soient assorties d'aucun intérêt, le membre qui
verse sa part dispose en contrepartie d'une créance équivalente qui va augmenter
à chaque tour. Les créances et les dettes qui se compensent parfaitement pendant
tout le cycle s'annulent au dernier tour.
Dans les tontines commerciales au contraire, le client qui
met son argent en sûreté entre les mains du tontinier voit sa créance augmenter
chaque fois. Le tontinier voit sa dette progresser d'autant. Ces tontines
33 | P a g e
commerciales s'accompagnent donc d'un intérêt. La dette du tontinier et la
créance de ses clients progressent parallèlement jusqu'au remboursement.
6.3. Les micro crédits accordés par les IMF
Les conditions d'octroi de micro crédit exigées par les
différentes Institutions de Micro Finance (IMF) peuvent être classées en ordre
d'importance décroissant de la manière suivante : être membre de la coopérative,
avoir une caution (épargne dans l'IMF), être propriétaire d'un terrain, faire partie
d'un groupe solidaire, être bon producteur et avoir une ancienneté d`au moins six
mois dans une activité génératrice de recettes.
Comme on peut le constater, ces conditions excluent déjà un
certain nombre des micro entrepreneurs qui ne peuvent pas remplir telle ou telle
autre condition. Comme souvent l`objectif interne des institutions de micro
finance est d'avoir un bon taux de remboursement, elles souhaiteraient plutôt
s'assurer que le prêteur est potentiellement solvable. Ce faisant elles laissent de
côté toute une catégorie des demandeurs qui pourraient peut-être se révéler
performant dans la gestion du prêt. C'est pourquoi les femmes en particulier
recourent aux tontines.
6.4. Autres sources de financement
Les autres sources de financement de la micro et petite
entreprise peuvent être classées selon la typologie suivante : famille élargie,
épargne associative, épargne sociétaire, prêteurs et usuriers.
SECTION II L’IMPACT DE L’ENTREPRENEURIAT FEMININ
1. La lutte contre la pauvreté
L'entreprenariat féminin est aussi un moyen de lutte contre la
pauvreté, d'augmenter les opportunités d'emploi et de permettre aux groupes
défavorisés ou sous-représentés de se prendre en charge. Un peu partout dans le
34 | P a g e
monde, on prend progressivement conscience du potentiel que l'entreprenariat
peut offrir pour promouvoir l'insertion sociale.
Dans toute société chaque personne joue des rôles et remplit
des fonctions diverses, les femmes sont appelées jouer un grand rôle
communautaire. C'est ainsi, le pouvoir public peut porter de l'aide aux
entrepreneurs, en créant des structures de micro finance à faible taux d'intérêt
pour les facilités les financements29.
Nous pouvons également parler de l'entrepreneuriat sociale
lorsque les entreprises créées par les entrepreneurs, n'ont pas une finalité
lucrative seulement, mais aussi sociale : il s'agit de répondre à des besoins
sociaux peu ou pas couverts par le marché.
2. Création d’emploi et réduction du chômage
L'activité entrepreneuriale peut créer des emplois étant
donné que les entrepreneurs sont à la recherche de débouchés et de profits,
cherchent à concrétiser leurs ambitions, voire à œuvrer à leur épanouissement
personnel. Ajoutons que cette activité contribue au maintien et à la sécurisation
des emplois existants en plus d'en créer de nouveaux30.
Comme ce dernier constitue une priorité pour les
gouvernements de presque tous les pays au monde, la capacité de création
d'emplois des entrepreneurs présente donc un intérêt majeur pour la plupart
d'entre eux. Des emplois sont créés lorsque des entreprises voient le jour où
s'agrandissent.
3. Autonomisation
L’autonomisation des femmes peut donc se définir comme
un processus par lequel celles-ci augmentent leur capital humain, financier et
29
Faida WATHAULT BITANGALO, op.cit. p17
30
Sthevy LUKOKI, op.cit. p13
35 | P a g e
matériel, au fur et à mesure qu’elles bénéficient des opportunités économiques.
La Banque Interaméricaine pour le Développement (BID) définit
l’autonomisation des femmes en termes d’expansion des droits, des ressources,
et de la capacité des femmes à prendre des décisions et à agir de façon
indépendante dans les sphères sociales, politiques et économiques. Jusqu’ici, les
définitions ne mettent pas un accent particulier sur l’action du concerné, c’est-à-
dire la place de la femme elle-même dans le processus. Le sentiment de l’estime
de soi pour les femmes, le droit de faire montre la richesse du concept et son
vaste champ d’appréhension. De toute façon, ces définitions ne s’opposent pas,
mais plutôt se complètent31.
Conclusion partielle
Dans notre deuxième chapitre, nous avons approfondi la
question de l’entrepreneuriat féminin.
Dans la première section, nous avons étudié
l’entrepreneuriat féminin face aux réalités dans la société. Nous avons vu les
caractéristiques et les motivations de l’entrepreneuriat féminin, mais aussi
nous avons vu les différents facteurs qui se sont avéré comme des obstacles
et les différentes sources de financement.
Dans la deuxième section, nous avons étudié l’impact de
l’entrepreneuriat féminin dans cette réalité.
Ce chapitre avait pour objectif de faire une analyse
contextuelle de l’entrepreneuriat féminin, une empirique pour en cerner la
réalité socio-économique. Malgré les défis face à laquelle elle fait face,
l’apport et la place de la femme de l’entrepreneuriat reste indispensable dans
les économies émergentes comme la RDC.
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Mathata Mireille Pulchérie-Laure OUATTARA et Théophile DZAKA-KIKOUTA, Entrepreneuriat féminin et
autonomisation des femmes : état de l’art, Université de Montréal, 20191, p15
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CHAPITRE III ETUDE EMPIRIQUE DE ABI EVENT
SECTION I PRESENTATION
1. Présentation du secteur événementiel
Les événements ont toujours existé et ponctué l’histoire des
civilisations. Le besoin de rupture du quotidien, de rencontre et de fête reste
important, voire vital pour mieux vivre au sein d’une société de plus en plus
virtuelle.
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L’événement fait rêver plus d’un, grâce au fait de partager
les mêmes valeurs, une même philosophie, une même lutte, un mouvement ou
encore tout genre de choses commun à un groupe. En effet, par sa diversité, il
permet de regrouper bon nombre d’atouts attractifs qui fait que chaque
événement est différent. Il est toujours nécessaire de faire marcher l’esprit
créatif car il faut adapter l’organisation et le message à chaque événement et se
démarquer des autres.
Par définition, une société de l’événementiel propose des
prestations et des services se rapportant à un ou plusieurs aspects de la
réalisation d’événements. L’organisation et la planification, proprement dites, ne
représente qu’un volet de l’événementiel. Il faut communiquer, assurer la
logistique, restaurer les participants etc.
Dans le secteur événementiel, il n’est pas seulement
question de créer ou de gérer des événements. Il est aussi, et surtout, question de
fournir des prestations professionnelles et des compétences variées pour
permettre aux différents événements d’exister.
Ce secteur sollicite, en fonction des projets, une multitude
de ressources qualifiées et professionnelles. Chaque projet implique des besoins
spécifiques auxquels il faut répondre en tenant compte de l’envergure, de la
durée et des objectifs de l’événement. Les entreprises du secteur de
l’événementiel regroupent donc :
Des concepteurs et des organisateurs d’événements ;
Des agents de communication ;
Des chargés de la logistique ;
Des traiteurs ;
Un infographe ;
Un sérigraphe ;
Du personnel d’accueil ;
Des manutentionnaires ;
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Des animateurs
Des agents de sécurité, etc.
Investir dans des événements à Kinshasa peut être une
opportunité intéressante. Il est essentiel de tenir compte de la demande au
marché pour les types d’événements que l’on souhaite organiser et de la
concurrence existante dans la région. Il est également important de prendre en
compte les coûts opérationnels et les éventuels défis en termes d’infrastructure
et de logistique.
Généralement le secteur événementiel devient attrayant en
RDC, nombreux sont ceux qui se lancent dans ce domaine en autoentrepreneur
et ce, de manière indépendante. Parallèlement, nous constatons depuis quelques
années maintenant une expansion d’agences événementielles un peu partout
dans le pays.
2. Présentation de Abi Event
Abi Event est une agence évènementielle, son métier est de
concevoir et d’organiser des différents évènements tels que des événements
festifs comme l’organisation de mariage, anniversaire, des événements culturels
et autre. Ces événements peuvent être organiser pour les particuliers, les
personnalités publiques, aussi pour d’autres professionnels tels que les
entreprises, les collectivités ou encore des associations. Ces événements peuvent
être variés et avoir différents objectifs. Il propose des prestations de conception,
de gestion, d’organisation et de promotion d’événements répondant aux souhaits
et aux besoins de ses clients.
Plus qu’une simple agence événementielle, Abi Event est
une source d’idées originales et de prestations de qualité.
3. Création
Abi Event est une agence événementielle créée en 2024
par Agath BALEMBOLO IBILA, ancienne étudiante de l’Institut Supérieur
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Pédagogique (ISP), Département de Gestion des Entreprises, et dans le cadre de
l’entrepreneuriat féminin et en vue de marier la théorie apprise à l’auditoire aux
réalité culturelles, économique et sociales. D’où la création de cette entreprise
dont les initiaux des noms de sa fondatrice forme la dénomination sociale de
l’entreprise.
Elle est créée pour une durée indéterminée, sauf en cas de
dissolution anticipée.
4. Siège
Le siège est à Kinshasa sur l’avenue Kulumba n°72, Quartier 2, commune de
Masina. Il peut être transféré à tout moment à n’importe quelle partie du
territoire national.
5. Statut juridique
Pour son statut juridique, l’agence événementielle Abi
Event se constitue en Société Anonyme Unipersonnelle (SAU) selon les
différentes de société décrite dans les Actes Uniforme de l’OHADA. C’est sans
doute la forme sociale la plus appropriée pour une entreprise événementielle.
SECTION II : FONCTIONNEMENT
1. Structure organisationnelle envisagée
On évoque la notion de planification de ressources humaines. Elle regroupe
l’ensemble des activités permettant aux dirigeants d’une organisation, en
collaboration étroite avec les niveaux hiérarchiques, d’identifier, d’analyser,
d’évaluer, et de prévoir les besoins en effectif humain qui répondent à la fois
aux objectifs de l’organisation et aux objectifs particuliers des employés à
travers les stratégies à court, moyen et long terme.
1.1. Personnel
L’ampleur du besoin en personnel de Abi Event provient
des tâches à effectuer pour que les activités se déroulent bien, ces tâches
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regroupées en activités vont ensuite être classifiés au niveau d’un poste. Chacun
de ce dernier sera occupé par une personne ayant les compétences nécessaires à
l’accomplissement du travail.
Les activités de notre agence événementielle nécessitent la
présence de personnes ayant des connaissances et des expériences en l’art de la
décoration, communication, publicité, et autres. Les activités doivent bien être
repartis entre le personnel pour assurer une fluidité et efficience des actions.
1.2. Organigramme
La structure organisationnelle est la représentation
schématique des liens hiérarchiques et fonctionnels d’une entreprise ou d’une
organisation. Il permet de visualiser et de comprendre les niveaux de
responsabilités.
Directeur Général
Directeur des Directeur Administratif et Directeur des Directeur
relations financier Ressources Technique
extérieures Humaines
Responsable de Responsable de
Chef de projet
Marketing et logistique
événementiel
Communication
1.3. Attributions des postes
Dans Abi Event, les postes désignent à la fois l’ensemble
des moyens mis à la disposition d’un salarié pour effectuer les tâches qui lui sont
confiés ainsi que les fonctions de ce salarié. L’attribution des postes énumère de
manière précise les tâches assignées au poste. Elle permet à chacun de connaître
ses fonctions, les travaux qu’il peut exécuter ainsi que ses responsabilités.
1.3.1. Le Directeur Général
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En tant que Directeur Général, il doit représenter l’agence. Il
va gérer et être tenu de prendre des décisions :
Fixer la politique générale de l’entreprise ;
Fixer les objectifs de chaque service de l’entreprise ;
Gérer les contrats obtenus par l’agence ;
Suivre les activités et contrôler les résultats.
Ainsi, avoir des connaissances en gestion des entreprises est
indispensable.
1.3.2. Directeur des relations extérieures
Ses responsabilités principales sont l’application généralisée
de la méthode au sein de l’entreprise ainsi que la fourniture des informations
nécessaire pour le faire, la gestion des relations extérieures sur le réseau de
partenaire.
1.3.3. Responsable administratif et financier
Pour le cas de notre entreprise Abi Event, le responsable
administratif et financier a un profil plutôt généralisé rattaché directement au
gérant de l’entreprise. Il sera chargé de l’établissement des livres comptables, le
contrôle des opérations bancaires et l’élaboration des documents fiscaux.
1.3.4. Directeur des ressources humaines
Les pratiques bien établies de gestion des ressources
humaines sont essentielles à l’amélioration de la productivité, et celles-ci
doivent être prises en considération dans l’élaboration des orientations
stratégiques, de la structure, des systèmes et des processus. C’est ainsi que le
responsable des ressources humaines de l’entreprise va concevoir et proposer
une politique d’optimisation des ressources humaines.
1.3.5. Directeur technique
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Il joue un rôle central est très stratégique dans l’entreprise,
le directeur technique gère les opérations par ses deux branches à savoir :
Le chef de projet qui est chargé de mener le projet événementiel et de son
bon déroulement ;
Le responsable de logistique qui est chargé de mettre tous les matériels
nécessaires en disponibilité en vue de la réalisation du projet.
2. Organisation du travail
L’organisation du travail recouvre un vaste ensemble
d’éléments se trouvant en interaction, regroupée au sein d’une structure régulée
et disposant d’un système de communication pour faciliter la circulation
d’informations fans le but d’atteindre des objectifs déterminés.
2.1. Création d’événements
En amont, il importe de définir le projet. De même il faut
entreprendre une étude du marché, voir ce qui se fait dans le coin. Par la suite on
décide de la date de l’événement, puis on se lance à la recherche des
intervenants, des collaborateurs.
2.2. Définition d’objectifs
Dans la planification d’un événement, il est capital de
définir les objectifs quantitatifs et qualitatifs. Ainsi, on pourra suivre
efficacement les objectifs à atteindre.
2.3. Choix du type d’événement
Le choix du type de l’événement doit aussi être bien fait et
en cohérence avec les objectifs fixés, car les événements proposés par l’agence
sont déjà présentés en amont.
2.4. Réalisations d’un briefing
Il est essentiel de définir les envies et les besoins du client
de manière concrète. En d’autres termes, de discuter des idées. Ainsi, le briefing
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est le véritable point de départ de l’aventure événementielle. Au même titre que
n’importe quel projet, une ligne de conduite sera établie pour l’équipe de
réalisation avance dans la même direction. Le briefing, qu’il soit seulement pour
l’agence ou pour les collaborateurs se construit comme un cahier de charges,
donc devra être le plus précis.
2.5. Choix du lieu de l’événement
Bien en avance, le lieu de l’événement est ma pierre
angulaire de l’organisation. Il est un déterminant principal pour la suite de la
création de la manifestation. Idéalement, pour s’assurer de la disponibilité de
celui-ci, il faut prévoir la réservation très en amont.
CONCLUSION GENERALE
Dans ce travail de recherche, nous avons tenté d’étudier les
différents aspect théoriques et empiriques des facteurs de l’entrepreneuriat
féminin, c’est pour cela que nous avons pris un cas type ; celui de Abi Event.
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L’objectif principal de ce travail était de répondre à trois
questions : quels sont les facteurs motivationnels de l’entrepreneuriat féminin,
quel en est le resultat empirique, et quel est son impact socioéconomique.
Nous avons relevé au cours de cette étude trois facteurs qui
motive l’entrepreneuriat à savoir la motivation personnelle dans laquelle on peut
voir l’estime de soi, la motivation économique quand il s’agit de l’autonomie
financière, et enfin la motivation sociale ou on voit le chômage.
Nous avons vu l’impact socioéconomique de
l’entrepreneuriat dans un pays en émergence comme la RDC, la participation de
la femme de la création d’entreprise de l’entreprise, bien que faible, n’est
néanmoins invisible, car elle participe à la lutte contre la pauvreté par la création
de l’emploi.
Enfin, nous avons prix un cas pratique, celui de Abi Event,
une agence événementielle comme résultat empirique de l’entrepreneuriat
féminin.
Comme tout travail humain, scientifique de surcroit,
comporte des insuffisances dont il faudra tenir compte dans les recherches
futures. Nous n’avons pas pu repousser les limites de notre travail pour faute de
temps et des moyens.