Opérations de répartition du revenu et patrimoine
Opérations de répartition du revenu et patrimoine
EN BASE 95
VIII - AJUSTEMENT POUR VARIATION DES DROITS DES MENAGES SUR LES p.125
FONDS DE PENSION (D8) (SEC § 4.141 à 4.144 ; SCN § 9.14 à 9.16)
ANNEXES p.145
ANNEXE 1- Opérations de répartition, comparaison avec le SECN p.147
ANNEXE 2 - Nomenclature détaillée des opérations de répartition p.161
Dans les comptes nationaux, la notion de revenu ne se confond pas avec celle de ressources. Le revenu
disponible d'une unité -ou d'un regroupement d'unités- est, au cours d’une période donnée, la part de la
valeur créée dans l'économie nationale dont elle dispose pour la consommation finale et l'épargne. Le revenu
disponible ajusté est la part de la valeur créée dans l’économie dont dispose cette unité -ou un groupement
d’unités- pour ses dépenses de consommation et son épargne.
Les opérations de répartition sont des opérations par lesquelles la valeur ajoutée engendrée par la production
est répartie entre le travail, le capital et les administrations publiques, et des opérations impliquant la
redistribution du revenu et du patrimoine. Seules certaines opérations de répartition retracent la formation
des revenus -primaire, disponible, disponible ajusté- des différentes unités.
Pour définir le revenu primaire, les opérations de répartition (rémunération des salariés, impôts nets liés à la
production, revenus de la propriété) apparaissent dans les comptes d'exploitation et d’affectation du revenu
primaire.
Pour définir le revenu disponible, les opérations de répartition (impôts courants sur les revenus, cotisations,
prestations sociales hors transferts sociaux en nature et autres transferts courants) sont enregistrées dans les
comptes de distribution secondaire du revenu.
Enfin, pour définir le revenu disponible ajusté, l’opération de répartition transferts sociaux en nature est
inscrite dans le compte de redistribution du revenu en nature.
Toutes ces opérations de répartition reçoivent le qualificatif d’opération de répartition du revenu c’est-à-dire
qu’elles influencent le revenu et les possibilités de consommations, soit l’épargne, les dépenses de
consommation et la consommation finale effective des différentes unités.
Dans l'économie nationale, l'origine des revenus est la création de valeur ajoutée au sein des unités de
production plus le solde des revenus échangés avec le Reste du Monde.
La somme des valeurs ajoutées brutes des unités de production résidentes, des impôts sur les produits nets
des subventions de même nature est égale au Produit Intérieur Brut. Le PIB est l'agrégat représentatif des
revenus primaires que la production a généré. Ce revenu est réparti entre des unités résidentes, mais aussi
non-résidentes (revenus versés au Reste du Monde).
De manière symétrique, les unités résidentes reçoivent non seulement les revenus issus de la production
intérieure, mais aussi des revenus issus de la production d'unités non-résidentes (revenus reçus du Reste du
Monde). Ceci conduit à la définition du Revenu national brut. Ce RNB est égal à la somme des revenus
primaires bruts à recevoir par les unités institutionnelles résidentes.
Les revenus primaires à recevoir par les unités institutionnelles peuvent en partie être utilisés pour effectuer
des transferts à destination d’unités non-résidentes, et inversement des unités résidentes peuvent recevoir
des transferts provenant des revenus primaires du Reste du Monde. Ceci conduit à la définition du Revenu
national disponible brut. Ce RNDB est, au cours d’une période donnée, la part de la valeur créée dans
l'économie nationale dont elle dispose pour la consommation finale effective et l'épargne.
Au terme de ces distributions, chaque unité résidente dispose d'un revenu disponible (et disponible ajusté).
Leur formation est décrite dans les comptes d'exploitation et des revenus (affectation du revenu primaire,
distribution secondaire du revenu, redistribution du revenu en nature) selon une nomenclature d'opérations
présentées dans la partie A.
6.04 Les revenus primaires sont les revenus qui échoient aux unités institutionnelles du fait de leur
participation aux processus de production, revenus d’activité ou, parce qu'elles possèdent des actifs qui
peuvent être nécessaires pour produire, revenus de la propriété. Les revenus primaires -rémunération des
salariés (D1), impôts liés à la production et aux importations (D2) et subventions (D3)- sont prélevés sur la
valeur ajoutée créée par la production. Les revenus de la propriété (D4) sont des revenus primaires qui
résultent du prêt ou de la location, à d'autres unités, d'actifs financiers ou d'actifs corporels non produits,
terrains compris, pour qu'ils soient utilisés dans la production. Les impôts liés à la production et aux
importations (D2) sont traités comme des revenus primaires des administrations publiques, même si tous ne
sont pas enregistrés comme des prélèvements sur la valeur ajoutée des entreprises. Les revenus primaires ne
comprennent pas les transferts courants, cotisations et prestations sociales, les impôts courants sur le revenu,
etc. Les revenus primaires sont enregistrés dans les comptes d’exploitation et d’affectation des revenus
primaires des différentes unités.
6.05 Un transfert est une opération dans laquelle une unité institutionnelle fournit un bien, un service ou
un actif à une autre unité, sans en recevoir de contrepartie (bien, service ou actif). Les transferts peuvent être
en espèces ou en nature. Un transfert en espèces correspond à un paiement en monnaie sans contrepartie,
d'une unité à une autre. Un transfert en nature correspond au transfert de la propriété d'un bien ou d'un actif
(autre que des espèces), à la remise d'une dette ou, à la fourniture d'un service sans qu’existent de
contreparties. Les transferts peuvent être courants ou en capital. Un transfert en capital est un transfert au
cours duquel la propriété d'un actif est transférée, ou qui oblige une partie, ou les deux parties, à acquérir, ou
à céder un actif. Un transfert sans transmission de propriété d’un actif est un transfert courant.
6.06 La répartition secondaire des revenus est décrite par les transferts courants. Le système distingue
trois grands types de transferts courants : les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5), les
cotisations et prestations sociales et transferts sociaux en nature (D6), et les autres transferts courants (D7).
Ces derniers regroupent : les primes nettes ou indemnités d’assurance-dommages (D71 et D72), les
transferts courants entre administrations publiques (D73), la coopération internationale courante (D74), et
les transferts courants divers (D75).
A l’exception des transferts sociaux en nature (D63), les transferts courants sont enregistrés dans le compte
de distribution secondaire du revenu. Ils participent à la définition du revenu disponible. Les transferts
sociaux en nature sont enregistrés dans le compte de redistribution du revenu en nature. Ils conduisent
l’évaluation du revenu disponible ajusté.
Interprétation La rémunération des salariés enregistre les dépenses effectuées par les employeurs en
contrepartie directe de l'emploi de travail salarié : versements directs aux salariés, en espèces ou en nature,
ainsi que les versements aux organismes qui fournissent aux salariés des prestations sociales (régimes privés
d’assurance sociale ou administrations de sécurité sociale) ou des avantages sous forme de produits gratuits
ou à prix réduit (comités d'entreprise).
6.08 L'opération D1 correspond à une optique "coût salarial" pour l'employeur et non "revenu disponible"
des salariés. Elle enregistre l'essentiel de ce que les employeurs versent comme charge d'exploitation de
l'unité de production au titre du coût du facteur travail. Elle constitue pour les ménages un revenu primaire.
Nota : Le coût du travail comprend, en plus de la rémunération des salariés, les impôts sur les salaires et la
main d’œuvre (D291 - Cf. § 6.89), les versements, dus au titre du 1% logement, comptabilisés pour
l’essentiel dans l’opération transferts en capital (D993 - participation des employeurs à l’effort de
construction - Cf. § 6.529 à 6.532) et de façon annexe dans l’opération transferts courants divers (D754 -
amendes et pénalités reprenant la cotisation aggravée de 2% pour défaut d’investissement dans la
construction dit "1% logement" - Cf. § 6.456). Les subventions sur rémunération (D391 - Cf. § 6.137)
viennent en réduction du coût du travail. Il convient de noter que le coût du travail temporaire n’apparaît pas
directement puisqu’il est englobé, dans les consommations intermédiaires, comme consommation de service
produit par l'activité "Etudes, conseil, assistance". La rémunération du personnel intérimaire est enregistrée
dans le poste "rémunération des salariés" (D1) des unités exerçant cette activité.
6.11 Contenu L'opération D11 se décompose en salaires et traitements bruts en espèces (D111) et
en nature (D112). Ces opérations bien que définies par le SEC (respectivement aux § 4.03 et 4.04) ne sont
pas imposées par la nomenclature européenne.
6.12 Définition Les salaires et traitements bruts en espèces incluent en plus des salaires nets les
cotisations sociales, impôts sur le revenu, etc. à la charge du salarié, même si l'employeur les retient à la
source et les verse directement pour le compte du salarié aux régimes d’assurance sociale (notamment
administrations de sécurité sociale), aux autorités fiscales et autres.
6.14 Application La distinction entre salaires et traitements en espèces directs et indirects vise à
séparer les versements directement liés à la prestation de travail (individuelle ou collective) de ceux qui sont
versés indépendamment de l'engagement productif direct des salariés. Les tableaux VI-01 et VI-02 précisent
le contenu des opérations D1111 et D1112.
TABLEAU VI-01 - Contenu de l’opération D1111 : Salaires et traitements bruts directs en espèces
Primes et majorations : liées aux besoins et conditions Aides à la famille, allocations familiales, indemnités de
de travail (nuit, pénibilité, rendement, assiduité, vie chère, ménage, d’éducation ou toute autre allocation ou
expatriation), liées aux résultats (primes de bilan, de indemnité en rapport avec les personnes à charge ainsi que
productivité), liées à la situation personnelle (ancienneté, sous forme de services médicaux (autres que ceux
prime pour événement familial). nécessités par le travail) fournis gratuitement aux salariés
et à leur famille (D623, prestations d'assurance sociale
directes d’employeurs)
Rémunération des journées non ouvrées (congés payés, Salaire garanti ou maintenu par l’employeur en cas de
jours fériés) y compris versement aux caisses de congés maladie, maternité, accident du travail, invalidité etc.,
payés du bâtiment et des travaux publics. indemnités de licenciement et de préavis non pris (D623 -
prestations d’assurance sociale directes d’employeurs,
figurant pour le même montant en D122 -cotisations
sociales imputées à la charge des employeurs- diminué, le
cas échéant, des cotisations effectives à la charge des
salariés - Cf. D6 § 6.346)
Versements au titre des régimes, obligatoires et Distribution gratuite d’actions aux salariés des sociétés
facultatifs, d'intéressement des salariés : participation des financières (D1121, avantages en nature).
salariés aux fruits de l’expansion, association ou Distribution exceptionnelle d’actions aux salariés des
intéressement des travailleurs à l’entreprise, plan sociétés non financières (D999, transferts en capital Nda).
d’épargne d’entreprise, système d’options de souscription
ou d’achats d’actions par les salariés.
6.15 Frontière Les salaires et traitements en espèces indirects s’apparentent aux salaires en nature
lorsqu’il s’agit d’indemnité forfaitaire pouvant compenser une dépense effectuée par le salarié en tant que
consommateur. Cependant, ces indemnités forfaitaires sont assimilées aux salaires en espèces (D111) car
elles sont versées indépendamment de la valeur de la consommation du salarié et, en général, n’ont pas de
lien avec le montant de la dépense de consommation supportée par le salarié. Les remboursements au franc
le franc par l’employeur de dépense de consommation supportée par le salarié en tant que consommateur
sont en revanche classés en avantages en nature (D112).
Primes de transport (déplacement domicile-travail) et Remboursement pour frais de voyage dans l’exercice
remboursement par l'employeur d’une quote-part des frais des fonctions professionnelles, "ramassage" des salariés
de transports collectifs domicile-travail. organisés par l’employeur (P2, consommation intermédi-
aire).
Indemnités forfaitaires d’habillement (agents civils de Vêtements fournis aux militaires (D112, avantages en
l’Etat). nature).
Vêtements de travail fournis aux salariés (P2, consom-
mation intermédiaire).
6.16 Définition L’opération D112 "Salaires et traitements en nature" concerne l’ensemble des
compléments de rémunération sous forme de biens, de services ou d’autres avantages fournis gratuitement
ou à prix réduit, aux salariés en tant que consommateurs, par les employeurs ou par un tiers dont l’activité
est majoritairement financée par l’employeur.
6.17 Contenu Les salaires et traitements en nature regroupent les avantages en nature (D1121) et
les autres avantages salariaux (D1122). Cette décomposition est absente du SEC.
Interprétation La distinction entre autres avantages salariaux et avantages en nature repose respectivement
sur l’intervention ou la non-intervention d’un tiers dans la mise à disposition des avantages au salarié. Le
tableau VI-03 précise le contenu des opérations D1121 et D1122.
6.18 Définition Les avantages en nature (D1121) correspondent aux biens, services et autres
avantages fournis gratuitement ou à prix réduit par les employeurs à leurs salariés et que ceux-ci peuvent
utiliser à leur convenance pour satisfaire leurs besoins ou ceux des autres membres de leur ménage. Ces
biens, services et autres avantages constituent un revenu supplémentaire pour les salariés puisque ceux-ci
auraient dû les payer s'ils avaient voulu les acquérir par eux-mêmes.
6.19 Application Le plus fréquemment, la fourniture d’un bien ou d’un service par l’employeur au
salarié est subordonnée à un remboursement partiel du salarié à l’employeur. Lorsque le produit est acheté
par l’employeur, l’avantage en nature correspond uniquement à la partie non remboursée de la valeur du
produit. La partie remboursée n’est pas comptabilisée en avantage en nature ; elle correspond néanmoins,
tout comme la partie remboursée, à une dépense de consommation finale (P3) du salarié. Lorsque le produit
est fabriqué par l’entreprise, la production correspond à la totalité de la valeur mais l’avantage en nature ne
reprend là aussi que la partie non remboursée.
6.20 Contenu • Tous les biens et services qui peuvent faire l’objet d’une dépense de consommation
6.21 Application Les sources statistiques existantes, qui sont pour l'essentiel d'origine fiscale, ne
classent pas toujours les avantages en nature conformément aux besoins des comptes nationaux. On est
conduit à procéder à des estimations (Cf. Encadré VI-01).
6.22 Définition L’opération D1122 "Autres avantages salariaux" concerne l’ensemble des
compléments de rémunération sous forme de biens, de services ou d’autres avantages fournis gratuitement
ou à prix réduit aux salariés en tant que consommateurs par un tiers dont l’activité est majoritairement
financée par l’employeur.
6.23 Contenu Les autres avantages salariaux (D1122) concernent les versements des employeurs
aux comités d'entreprise et assimilés (associations sportives et culturelles, cantines, etc.).
Interprétation Traiter cette contribution patronale en élément de la rémunération des salariés présente
3. Evaluation des salaires et traitements bruts (D11) (SEC § 4.12, 4.05, 4.06)
6.24 Moment d’enregistrement Les salaires et traitements bruts (D11) sont enregistrés au moment
où ils sont dus (au cours de la période où le travail est effectué).
Les primes et autres paiements exceptionnels, treizième mois, etc. (D111) sont enregistrés au moment où
ils doivent être payés.
Montant à enregistrer Les avantages en nature (D112) consistant en des biens et services produits
par les unités de production et cédés à leurs salariés sont enregistrés au prix de base ; ceux qui sont acquis
par les unités de production sont évalués à leur prix d'acquisition : dans certains cas, cette évaluation repose
sur des barèmes forfaitaires retenus par la Sécurité Sociale pour le calcul des cotisations sociales.
- Les actions distribuées gratuitement aux salariés sont évaluées au cours de marché.
- Les bonifications d'intérêt, consenties par les employeurs à leurs salariés lorsqu'ils leur accordent des prêts
à taux réduit ou nul, sont enregistrées au moment où les intérêts sont dus.
6.25 Méthode d’évaluation La valeur des salaires et traitements en nature (D112) correspond à leur coût
pour l’employeur. Il s’agit de la valeur totale des biens, services et autres avantages lorsqu’ils sont fournis
gratuitement, ou de la différence entre leur valeur et les montants payés par les salariés lorsqu'ils sont
fournis à prix réduits.
La valeur de l’avantage lié aux bonifications d’intérêt peut être estimée en calculant la différence entre le
montant des intérêts que le salarié devrait normalement payer s'il se voyait appliquer le taux usuel des prêts
hypothécaires (en cas d'acquisition de logements) ou des prêts à la consommation (en cas d'achat d'autres
biens et services) et le montant des intérêts qu'il a effectivement payé.
1. Cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D121) (SEC § 4.09 et 4.12).
6.29 Définition Sont enregistrés dans l’opération D121 les versements effectués par les employeurs
pour le compte de leurs salariés aux administrations de sécurité sociale ou régimes privés d’assurance
sociale. Ces versements, nécessaires à l'ouverture des droits à prestations, constituent des contributions
légales, conventionnelles, contractuelles ou volontaires. L'obligation de cotiser dépasse les seules
contributions légales : nombre de cotisations conventionnelles voire contractuelles n'en sont pas moins
obligatoires, du moins à un taux plancher.
Interprétation La prise en compte de l'ensemble des charges salariales, quelles qu'en soient les formes
prises pour l'employeur, dans la définition des rémunérations (D1) rend comparables des modes de
rémunération du travail différents compte tenu de la couverture sociale. L'inclusion des charges patronales
dans la rémunération du personnel est également pratiquée en comptabilité d’entreprise (classe 64 du plan
comptable). Certains employeurs les font figurer formellement sur les bulletins de paie.
6.30 Contenu Les contributions légales de sécurité sociale correspondent, dans le Régime Général,
à quatre branches, juridiquement dénommées : assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès),
assurance vieillesse, prestations familiales, prestations accidents du travail et maladies professionnelles.
Parmi les charges conventionnelles, les charges obligatoires concernent essentiellement les versements aux
caisses de retraites complémentaires et à l'assurance chômage (ASSEDIC1, Fonds de garantie des salaires...).
6.31 Exception D'autres contributions, comme celles dues au titre de la formation professionnelle
continue ou de la participation à l'effort de construction résultent également d'une obligation de versement,
mais n'ouvrent pas droit à prestation. Elles sont exclues des cotisations sociales et respectivement classées
en impôts sur les salaires et la main-d’œuvre (D291 - Cf. § 6.89), amendes et pénalités (D754 - Cf. § 6.456)
et participation des employeurs à l’effort de construction (D993 - Cf. § 6.529 à 6.532).
6.32 Enregistrement Bien qu’en pratique, elles soient versées directement par les employeurs aux
organismes assureurs, les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D121) sont considérées
comme un élément de la rémunération des salariés. Ces derniers les reversent ensuite aux organismes
concernés, notamment aux administrations de sécurité sociale (Cf. D612 § 6.339 et Encadré VI-09).
Interprétation Ce traitement permet de distinguer les versements qui relèvent de la distribution primaire du
revenu (rémunération des salariés (D1), qui lie l'employeur et le salarié) de ceux qui participent à la
distribution secondaire du revenu (cotisations ou prestations sociales (D6), qui lient le salarié et les systèmes
d'assurance et d'assistance sociales).
• Dans la séquence des comptes, les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D121) sont
ainsi enregistrées :
- en emplois du compte d’exploitation des secteurs employeurs ;
- en ressources du compte d’affectation des revenus primaires des ménages ;
- en emplois et en ressources du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, elles sont enregistrées en emplois (compte d’exploitation) et en ressources (compte d’affectation
des revenus primaires) du compte de l’économie nationale2.
1
ASSEDIC : Associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce.
2
Dans le TEE, les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D121) ne sont pas isolées au sein du D1 mais apparaissent dans le
compte de distribution secondaire du revenu l’économie nationale.
6.35 Application Le SFCN retient en pratique les droits constatés, soit le moment d’enregistrement
utilisé dans les documents comptables des régimes d’assurance sociale (administrations de sécurité sociale
ou régimes privés) qui correspond à l’évaluation recherchée. Toutefois, la méthode d’enregistrement des
cotisations sociales dans la comptabilité des ASSEDIC selon le principe des cotisations dues n’a été
appliquée qu’en 1992. Pour assurer l’homogénéité des séries dans les comptes, un écart dû-versé a été
estimé et vient modifier les évaluations antérieures issues de la comptabilité des ASSEDIC.
6.36 Enregistrements induits Les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs qui ne
sont jamais versées (pour cause de faillite par exemple) aux administrations de sécurité sociale sont d'abord
enregistrées comme si elles avaient été effectivement acquittées dans les opérations D121 et D61111 (Cf.
§ 6.318). Ensuite, le Système enregistre une annulation de dette d’un commun accord entre le régime
d’assurance sociale créancier et son débiteur. Cette annulation de dette donne lieu à deux écritures distinctes
dans la séquence des comptes. Elle est enregistrée dans les transferts en capital (impôts et cotisations dus
non recouvrables -D995) à payer par le régime d’assurance sociale au débiteur dans le compte de capital et
simultanément comme extinction d'une créance dans le compte financier.
6.37 Définition Les cotisations sociales imputées (D122) représentent la contrepartie des prestations
d’assurance sociale fournies directement par les employeurs à leurs salariés, anciens salariés et ayants droit,
sans qu'il y ait à cet effet recours à une société d'assurance ou à un fonds de pension autonome ou
constitution d'un fonds spécifique ou d'une réserve distincte.
Nota : Le § 4.10 du SEC définit les cotisations sociales imputées comme la contrepartie des prestations
directes d’employeurs qui sont délivrées en dehors de tout circuit de cotisations. En cela, le SEC suit le
SCN. Pour ce dernier, les régimes directs d’employeurs sont exclusivement financés par les cotisations
sociales imputées à la charge des employeurs (SCN § 8.72). En France, ce n’est pas le cas. Les régimes
directs d’employeurs gérés par les administrations publiques pour leur propre personnel perçoivent des
cotisations sociales effectives à la charge des salariés (retenues pour pensions).
6.38 Contenu Les cotisations sociales imputées (D122) sont équivalentes aux cotisations que
paierait l'employeur s'il passait par un régime d'assurance sociale. Elles concernent majoritairement les
retraites versées par l’Etat
Interprétation Ce traitement revient à supposer l'existence d'un régime d'assurance sociale, dont les
ressources sont les cotisations imputées des employeurs et les retenues éventuelles sur les rémunérations des
salariés, et les emplois les prestations directes des employeurs. Un tel régime, dont les comptes ne sont pas
isolés de ceux de l'employeur, fonctionnerait par hypothèse selon un système de répartition.
6.40 Méthode d’évaluation Les cotisations sociales imputées (D122) sont évaluées par le montant des
prestations directes versées, diminué de la retenue éventuellement demandée aux salariés et, le cas échéant,
des transferts reçus de l'Etat et des versements au titre de la compensation démographique (Cf. D612 § 6.344
à 6.346). Cette méthode d'évaluation ne se justifie que dans certaines conditions de rapport démographique
entre cotisants et prestataires (Cf. SCN § 8.72 et 8.73).
6.41 Enregistrement Leur circuit est analogue à celui des cotisations effectives (Cf. D6 Encadré
VI-09) : l'employeur verse aux ménages des cotisations sociales imputées (D122), les ménages versent à
l'employeur des cotisations sociales imputées (D612), l'employeur sert aux ménages des prestations
d’assurance sociale directes (D623).
Interprétation La rémunération des salariés comprenant l'ensemble des charges salariales, quelles qu'en
soient les formes prises pour l'employeur, les coûts salariaux entre activités mais également les différents
modes de financement de la protection sociale sont comparables dans le temps et dans l’espace.
• Dans la séquence des comptes, les cotisations sociales imputées (D122) sont ainsi enregistrées :
- en emplois du compte d’exploitation des secteurs employeurs ;
- en ressources du compte d’affectation des revenus primaires des ménages ;
- en emplois et en ressources du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, elles sont enregistrées en emplois (compte d’exploitation) et en ressources (compte d’affectation
des revenus primaires) du compte de l’économie nationale3.
6.42 Moment d’enregistrement Les cotisations sociales imputées (D122) sont enregistrées :
- au cours de la période pendant laquelle le travail est effectué si elles représentent la contrepartie de
prestations d’assurance sociale directes obligatoires ;
- au moment où les prestations d’assurance sociale directes volontaires dont elles sont la contrepartie sont
versées.
6.44 Application Les cas les plus délicats d'application des critères de délimitation du territoire
économique et de résidence concernent les rémunérations versées par les administrations publiques
françaises, par celles de pays étrangers ou par des organismes internationaux. Le tableau VI-04 détaille les
principaux cas et leur traitement.
3
Dans le TEE, les cotisations sociales imputées (D122) ne sont pas isolées au sein du D1 mais apparaissent (sous D612), en emplois et en ressources,
dans le compte de distribution secondaire du revenu de l’économie nationale.
6.45 Cas particulier Les travailleurs frontaliers, saisonniers, etc. restent résidents de leur pays
d'origine. Les salaires et rémunérations qu'ils perçoivent sont enregistrés dans le compte extérieur des
revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde :
- en ressources du Reste du Monde pour les travailleurs non-résidents travaillant en France ;
- en emplois du Reste du Monde pour les résidents français travaillant à l'extérieur.
6.46 Enregistrement Le tableau VI-05 précise l'enregistrement de l'opération D1 dans les comptes
des secteurs institutionnels suivant la situation des unités verseuses et receveuses au regard du territoire
économique. L’encadré VI-01 rappelle les sources statistiques et les méthodes utilisées lors de l’évaluation
de l’opération "rémunération des salariés".
(1) et en emplois des comptes d'exploitation des branches auxquelles appartiennent les employeurs.
En outre, la rémunération des salariées(D1) et ses composantes est enregistrée en emplois (compte
Encadré VI-01.
Sources :
L’évaluation de la rémunération des salariés (D1) repose sur l’exploitation des données issues des plans comptables
disponibles pour chaque secteur institutionnel. Il s’agit ainsi du plan comptable général pour les sociétés non
financières, des plans comptables de l’assurance et des établissements de crédits (PCEC) pour les sociétés financières,
des documents budgétaires pour l’Etat et différents documents comptables pour les autres administrations publiques (tels
le plan comptable des organismes de sécurité sociale du régime général, les états M14 pour les communes, etc.). De
façon générale, le document comptable individuel n’est pas utilisé pour mener à bien ces évaluations. Ce sont des
synthèses ou agrégations de documents individuels qui sont en fait exploitées (Système intermédiaire d’entreprise (SIE),
Rapport de la Commission de contrôle des assurances, banque de données sur les agents financiers (BAFI), Balance des
paiements, etc.).
Méthodes :
Ces données comptables permettent d’établir une première évaluation de l’opération D1 versée par chaque secteur
institutionnel. La ventilation de l’opération D1, selon ses différentes composantes, repose alors sur les résultats de
l’enquête quadriennale sur les coûts de la main-d’œuvre. Ces évaluations sont confrontées aux évaluations des comptes
d’opération. A l’issue de ces arbitrages de synthèse, reposant principalement sur le montant des cotisations sociales
perçues par les administrations de sécurité sociale, sont arrêtées les évaluations de la rémunération des salariés versée.
Ces chiffrements constituent le montant de la rémunération des salariés perçue par le secteur des ménages ou le Reste du
Monde.
SFCN SEC
D12 Cotisations sociales à la charge des employeurs D.12 Cotisations sociales à la charge des employeurs
• D121 Cotisations sociales effectives à la charge des • D.121 Cotisations sociales effectives à la charge des
employeurs employeurs
• D122 Cotisations sociales imputées à la charge des • D.122 Cotisations sociales imputées à la charge des
employeurs employeurs
6.48 Définition du SEC § 4.14 Les impôts sur la production et les importations (D2) sont des
versements obligatoires sans contrepartie, en espèces ou en nature, prélevés par les administrations
publiques ou par les Institutions communautaires, qui frappent la production et l'importation de biens et de
services, l'emploi de main-d’œuvre et la propriété ou l'utilisation de terrains, de bâtiments et d’autres actifs
utilisés à des fins de production ; ces impôts sont dus indépendamment de la réalisation de bénéfices
d'exploitation.
6.49 Contenu Les impôts sur la production et les importations (D2) regroupent les impôts sur les
produits (D21) et les impôts sur la production (D29).
Interprétation La distinction entre les différents impôts repose sur l'interaction de trois facteurs : -(1) la
nature de l'impôt ; -(2) l’unité institutionnelle qui acquitte l'impôt ; -(3) les circonstances dans lesquelles
l'impôt est dû. Ainsi, le paiement d'un même impôt peut être enregistré sous deux opérations différentes. Un
impôt annuel sur l’utilisation des véhicules automobiles est enregistré en Impôts sur la production (D2) ou
en Impôts courants sur le revenu, le patrimoine etc. (D5), selon qu'il est acquitté par une entreprise4 (y
compris les entreprises individuelles des ménages) ou un ménage. Concernant les impôts sur la production et
les importations (D2), un impôt grevant un produit (D21) est considéré comme étant à la charge effective de
l’acquéreur du produit alors qu'un impôt sur la production (D29) est analysé comme un coût, parfois variable
selon l’implantation géographique, entrant dans le calcul économique du producteur.
6.50 Enregistrement Les produits étant valorisés au prix de base, la production est enregistrée en
excluant les impôts sur les produits (D21) et en incluant les subventions sur les produits (D31) (Cf. D31
§ 6.116 à 6.134). Ainsi, les impôts sur les produits (D21) ne sont pas enregistrés comme une charge en
emplois du compte d'exploitation des producteurs alors que les impôts sur la production (D29) le sont.
6.51 Comptabilisation Les impôts sur la production et les importations (D2) sont comptabilisés pour
un montant, incluant les pénalités et frais accessoires éventuels de recouvrement et d'assiette5, et diminué
des remboursements d'impôts, que ceux-ci résultent d'une restitution effective en cas de perception indue ou
de mesures de politique économique (SEC § 4.28).
Théoriquement, les intérêts de retard et les amendes fiscales devraient être exclus des évaluations des impôts
et enregistrés dans les opérations intérêts -D41 ou amendes et pénalités -D754. Cependant, dans les
statistiques fiscales françaises, les pénalités ne sont pas toujours isolables du prélèvement fiscal auquel elles
sont liées. Aussi dans le SFCN, sont-elles systématiquement comptabilisées avec l’impôt auquel elles se
rapportent.
Interprétation Un impôt grevant les produits frappe le bien ou le service quand il est produit, vendu ou
4
Le terme entreprise s’entend "entreprises y compris entreprises individuelles des ménages" et inclut l’ensemble des sociétés financières et non
financières, classées respectivement dans les secteurs institutionnels S12 et S11. Corrélativement le terme "ménage" exclut les entreprises
individuelles.
5
Les frais d’assiette ou de recouvrement sont notamment perçus par l’Etat lorsqu’il recouvre des impôts pour le compte des administrations locales
ou de sécurité sociale ou des institutions communautaires - Cf. D73 § 6.440.
6.53 Contenu Les impôts sur les produits (D21) se décomposent en impôts de type TVA (D211),
impôts sur les importations autres que TVA (D212) et autres impôts sur les produits (D214). La
nomenclature du SFCN se distingue de celle du SEC car elle ne retient pas, pour un contenu et une
définition équivalente, les mêmes intitulés aux sous postes de l’opération D21 (Cf. § 6.107).
Nota : Comme dans le SEC, le poste D213 n’existe pas dans la décomposition des impôts sur les
produits (D21) ; il concerne dans la nomenclature du SCN les impôts sur les exportations. Ceux-ci ont été
considérés comme non significatifs au sein de l’Union, aussi les montants compensatoires monétaires
prélevés à l’exportation sont-ils inclus dans l'opération D214 "autres impôts sur les produits".
6.54 Définition L’agrégat impôts nets sur les produits (D21N) s’obtient en déduisant des impôts sur
les produits (D21) les subventions sur les produits (D31 - Cf. D3 § 6.116 à 6.118). Il intervient dans le calcul
du produit intérieur brut dans l’optique de l’offre. Dans ce cas, PIB = Somme des valeurs ajoutées brutes (au
prix de base) + Impôts nets sur les produits (D21N = D21 - D31)
6.55 Définition Un impôt de type TVA (D211) est un impôt grevant les produits (biens et services),
collecté par étapes par les entreprises, et supporté en dernier ressort intégralement par l'acheteur final.
Un impôt est un impôt de type TVA si son assiette concerne un produit d’origine marchande, qu’il soit
national ou importé.
6.56 Contenu L'opération D211 regroupe des recettes fiscales recouvrées par l'Etat pour son propre
compte ou pour le compte des Institutions communautaires (S212) ; il s'agit de la plupart des prélèvements
définis par la législation fiscale comme taxe à la valeur ajoutée et de la taxe forestière perçue au profit du
Fonds Forestier National.
6.57 Exclusion Parmi les prélèvements fiscalement définis comme taxe à la valeur ajoutée sont
exclus de l'opération D211 :
- la TVA qui frappe l'achat et la vente de terrains : autres impôts sur les produits frappant les services de
notaires (D214) ;
- la TVA sur les subventions qui concernent certaines activités non marchandes effectuées par des
organismes de droit public ou certaines activités d’entreprises publiques partiellement financées par des
transferts publics : impôts divers sur la production (D292) ;
- la sous-compensation de TVA résultant de l'application du régime forfaitaire agricole : impôts divers sur la
production (D2926 - Cf. D3 Encadré VI-057).
1.1 Mécanisme fiscal et enregistrement de la TVA et des taxes assimilées grevant les produits
6.58 Définition La TVA frappant les produits d’origine marchande est collectée par les producteurs,
y compris les commerçants : elle est facturée par ceux-ci à leurs clients à l'occasion de leurs ventes. La TVA
frappant leurs propres achats de biens et services (consommations intermédiaires et formation de capital)
peut en général être déduite en tout ou partie par les entreprises : la part qui peut être déduite est nommée
TVA déductible. La TVA grevant les produits (non déductible), est alors la différence entre la TVA
facturée (par les entreprises aux clients) et la TVA déductible (payée sur les achats).
6
La prise en compte de la sous-compensation de TVA au sein des impôts sur la production (D29) rend le calcul de la TVA non déductible
(enregistrée en D211 impôts de type TVA) indépendant du régime d’imposition des exploitations agricoles (Cf. § 6.97 à 6.99).
7
Si l'application du régime forfaitaire agricole engendrait une sur-compensation de TVA, celle-ci serait classée en subventions d'exploitation (D39)
(Cf. D39 § 6.153).
MECANISME
FISCAL
ETAT
TVA TVA
10 15 (=25-10) TVA 25
TVA 10
110 110 275 275
HTVA HTVA
Entreprise A Entreprise B Utilisateur
100 250
TRAITEMENT
SFCN
ETAT
25
TVA
25
250
6.61 Comptabilisation La TVA grevant les produits, ainsi définie, enregistrée sous D211, est évaluée
à partir du montant de la TVA effectivement perçue par l’Etat au cours de l’année civile corrigé d’un écart
"dû - versé". Ce dernier rend compte du décalage entre les montants dus au titre des opérations économiques
de la période et les montants effectivement perçus compte tenu des dates de versements imposées aux
assujettis.
6.62 Enregistrement L'opération D211 n'apparaît en emploi d'aucun secteur. Son montant est
inclus dans la valeur au prix d'acquisition des biens et services sur lesquels elle porte, et enregistré de ce fait
dans les opérations sur biens et services correspondantes : consommations intermédiaires ou finales,
formation de capital.
L'opération D211 apparaît en ressources dans les comptes des biens et services qui retracent l'équilibre des
opérations sur biens et services, dans les comptes d’affectation des revenus primaires des administrations
publiques (S13) et le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du
Monde (Institutions communautaires - S212) et, dans le compte de l’économie nationale, en emplois du
compte d’exploitation et en ressources du compte d’affectation des revenus primaires8.
C'est en outre une des composantes du produit intérieur brut dans l'optique de l'offre (Cf. § 6.73).
6.63 Application dans les comptes d’opérations Dans les comptes de biens et services, les équilibres
ressources-emplois sont établis (Cf. Encadré VI-03) :
- pour les ressources, hors TVA facturée : production au prix de base, importations au prix CAF9 ;
- pour les emplois, hors TVA déductible : prix d'acquisition pour les emplois intérieurs, prix FAB pour les
exportations.
Définition : "Hors TVA déductible" est équivalent à "TVA grevant les produits incluse" ou "Y compris
TVA non déductible" : le prix d'acquisition de certains emplois comprend la TVA qui n'a pas été déduite.
Pour chaque produit, l'équilibre comptable entre ressources et emplois impose alors de compter en
ressources la TVA le grevant.
6.64 Application dans les tableaux de synthèse L’opération D211 apparaît en colonne dans le tableau
"Ressources en produits" du TES, permettant pour chaque produit le passage des ressources hors TVA
facturée aux emplois hors TVA déductible.
Le montant total est repris dans le tableau économique d’ensemble (TEE), en ressources dans le compte de
biens et services et, dans le compte de l’économie nationale10, en emplois du compte d’exploitation et en
ressources du compte d’affectation des revenus primaires.
1.2 Recettes dérivées de l’assiette TVA au profit des Institutions communautaires (SEC § 4.25)
6.65 Définition Une quote-part de la TVA perçue par l'Etat est versée par celui-ci aux Institutions
communautaires (S212). L'évaluation de ce montant est réalisée à partir de l'assiette de la TVA
communautaire harmonisée, dont la définition et l'extension s'écartent sensiblement des règles fiscales
nationales.
8
Dans le TEE, le compte de l’économie nationale ne retrace de fait que l’opération D21 (sans ses composantes) en emplois dans le compte
d’exploitation et en ressources dans le compte d’affectation des revenus primaires et l’agrégat D21N (Cf. § 6.73) dans les ressources du compte de
production.
9
Dans les ERE, les importations sont évaluées à partir des montants CAF. Dans le TES est incluse une correction CAF/FAB afin que les flux
globaux de commerce extérieur soient évalués FAB.
10
Dans le TEE, le compte de l’économie nationale ne retrace de fait que l’opération D21.
Encadré VI-03.
Systèmes de prix
Le prix d'un produit se définit :
lorsqu’il est produit sur le territoire économique
au prix de base
+ Impôts sur la production nets des subventions de même nature
(indépendants des quantités produites) (D29-D39)
au prix d'acquisition
+ Marges commerciales et de transports (prix de base)
+ TVA (D211)
prix d'acquisition
+ Marges commerciales et de transport (prix de base)
+ TVA (D211)
(a) Dans les ERE, les évaluations CAF sont utilisées pour mesurer les importations. Dans le TES, une correction CAF/FAB est incluse afin que les
flux globaux de commerce extérieur soient évalués FAB.
2. Impôts sur les importations autres que TVA (D212) (SEC § 4.18)
6.67 Définition du SEC § 4.18 Les impôts et droits sur les importations, à l'exclusion de la
TVA (D212), comprennent les versements obligatoires prélevés par les administrations publiques ou par les
Institutions communautaires sur les biens importés, à l'exclusion de la TVA, afin de mettre ceux-ci en libre
pratique sur le territoire économique, et sur les services fournis à des unités résidentes par des unités non-
résidentes.
6.68 Contenu Les impôts sur importations autres que TVA (D212) sont principalement recouvrés
par les services des Douanes et du Trésor pour le compte de l'Etat (S13111), des administrations publiques
locales (S1313) ou des Institutions communautaires (S212).
6.69 Application Les impôts sur les importations autres que TVA (D212) comprennent :
- les droits de douane prélevés sur la base du tarif intégré des Communautés européennes (TARIC) ;
- les recettes fiscales dérivées de la politique agricole commune frappant les importations (prélèvements sur
les produits agricoles importés et montants compensatoires monétaires prélevés à l'importation) ;
- l’octroi de mer ;
- diverses recettes des Douanes, telle la fiscalité portuaire.
6.70 Enregistrement Les impôts sur importations relevant de politiques communautaires (TARIC, PAC)
sont perçus par les services de l’administration française mais rétrocédés par l'Etat aux Institutions de
l’Union. Le SFCN retrace ces prélèvements comme des recettes directes des Institutions
communautaires (S212) et, le cas échéant, enregistre des frais d’assiette.
Les autres produits des douanes perçus au profit de l'Etat, l’octroi de mer perçu au profit des administrations
locales, sont enregistrés en tant que tels dans le SFCN.
6.71 Nota : Selon la politique économique à la base de tels prélèvements, le SEC au § 4.18 définit deux
sous-opérations distinctes au sein des impôts sur les importations :
- les droits sur importations qui sont des impôts issus du tarif douanier communautaire et uniquement ceux-
ci (D2121) ;
- les impôts sur les importations à l'exclusion de la TVA et des droits sur importations qui regroupent tous
les autres prélèvements sur les importations et notamment ceux issus de la politique agricole
commune (D2122).
Ces sous-opérations n'ont pas été retenues dans la nomenclature du SFCN mais sont isolables dans le
compte d'opération (qui-à-qui).
6.72 Exclusion L'opération D212 ne reprend ni la TVA sur importations, incluse dans le poste
D211 - Impôts de type TVA, ni les autres impôts frappant les produits importés au même titre que les
produits nationaux : ceux-ci sont repris sous D214 - Autres impôts sur les produits.
Interprétation L'ensemble de ces impôts, D211+D214, est analysé comme grevant la mise à la
consommation des produits, qu’ils soient nationaux ou importés, et non comme des taxes protectrices vis-à-
vis des importations, puisque les taux en vigueur sont les mêmes sur les importations et sur la production
intérieure. A fortiori, la répartition des ressources des administrations publiques entre D212 et D211+D214
ne dépend-elle pas du service assurant le recouvrement (Douanes, Impôts, Trésor, ...).
6.73 Définition L’agrégat impôts nets sur les importations (D212N) s’obtient en déduisant des impôts
sur les importations autres que TVA (D212) les subventions sur les importations (D311). C’est une
composante du produit intérieur brut dans l’optique de l’offre. Dans ce cas, l'équation détaillée de calcul est
la suivante : PIB = Somme des valeurs ajoutées brutes (au prix de base) + Impôts sur les importations nets
des subventions à l'importation (D212N = D212 - D311) + Impôts de type TVA (D211) + Autres impôts sur
les produits (D214) - Autres subventions sur les produits (D319).
6.74 Comptabilisation Etant prélevés lors de l'entrée du produit sur le territoire économique, les
impôts sur les importations (D212) constituent un élément du prix d'acquisition des produits pour les
utilisateurs intermédiaires (y compris les importateurs spécialisés) ou finals. Le prix de libre pratique ajoute
au prix CAF, qui régit la valorisation des importations à l'entrée du territoire national, les impôts nets sur
importations (D212N = D212 - D311) (Cf. Encadré VI-03).
6.75 Enregistrement Les impôts sur importations autres que TVA (D212) sont enregistrés en
ressources des comptes de biens et services, comme les impôts de type TVA et les autres impôts sur les
produits. En outre, les impôts sur importations sont un élément du Produit Intérieur Brut. Ils constituent
enfin une ressource pour les administrations publiques (S13) et les Institutions communautaires (S212).
6.76 Application Les impôts sur les importations autres que TVA (D212) apparaissent dans les
comptes :
- en colonne dans le tableau "Ressources en produits" du TES : ils y sont répartis par produit afin de réaliser
pour chacun le passage du prix CAF au prix de libre pratique sur le territoire économique11 ;
- en ressources du compte d’affectation des revenus primaires des administrations publiques (S13) et du
compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde (Institutions
communautaires - S212) ;
- en emplois (compte d’exploitation) et en ressources (compte d’affectation des revenus primaires) du
compte de l’économie nationale12.
Ils interviennent en outre dans le calcul du Produit Intérieur Brut dans l’optique de l’offre (Cf. § 6.73).
3. Autres impôts sur les produits (D214) (SEC § 4.19 à 4.21, 4.25)
6.77 Définition Les autres impôts sur les produits (D21413), sont des impôts sur les biens et services
qui sont dus sur la production, l'exportation, la vente, le transfert, la location ou la livraison de biens et de
services ou sur l'utilisation de ceux-ci pour usages finals propres du producteur (consommation finale ou
formation de capital).
6.78 Champ L'assiette de ces impôts est constituée d'opérations relatives aux produits : vente ou
stockage de biens, prestation de services, quelle que soit leur origine (nationale ou importée). Ils sont
prélevés proportionnellement à la quantité ou la valeur des biens et services produits.
6.79 Contenu Les autres impôts surs les produits (D214) sont des recettes fiscales et non fiscales, le
cas échéant des taxes parafiscales, perçues au profit de l'Etat (S13111), des Institutions
communautaires (S212), des organismes divers d’administration centrale (S13112) des administrations
publiques locales (S1313) et de sécurité sociale (S1314). Ils sont recouvrés principalement par les services
des Impôts, du Trésor ou des Douanes.
6.80 Cas particulier La Contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S) est collectée par
14
l’ORGANIC pour le compte de l’Etat et participe au financement de certaines dépenses des régimes
d’assurance sociale. Pour le SFCN, elle est perçue par un ODAC d’intervention sociale qui se résume au
compte de tiers géré par l’ORGANIC pour le compte de l’Etat au titre des services dits "de participations
extérieures". Cet ODAC assure principalement, à partir des encaissements et de leur placement financier, le
financement, enregistré sous D73, de dépenses spécifiques de certains régimes d’assurance sociale.
11
Cf. Encadré VI-03 "systèmes de prix".
12
Dans le TEE, le compte de l’économie nationale ne retrace de fait que l’opération D21.
13
La traduction française du § 4.19 du SEC définissant l’opération D214 s’éloigne du texte anglais initial.
14
Caisse de compensation de l’organisation autonome nationale de l’industrie et du commerce (ORGANIC).
6.82 Comptabilisation Lors de l’évaluation de l’opération D214, les impôts suivants sur les produits
agricoles font l’objet d’une correction pour droits et obligations : taxe de solidarité sur les céréales et taxe
sur les produits forestiers, perçues par le Budget Annexe des Prestations Sociales Agricoles (BAPSA), taxe
ANDA sur divers produits agricoles17, taxe FASC sur les transactions céréalières perçue au profit de
l’ONIC18, prélèvement pour dépassement des quotas laitiers recouvré au profit des Institutions
communautaires (S212).
6.83 Application Le SEC, au § 4.20-d, classe dans l’opération D214 les taxes à l’immatriculation des
véhicules. Dans le SFCN, quand le certificat d’immatriculation des véhicules automobiles et autres
véhicules à moteur (carte grise) est payé par un ménage (hors entreprise individuelle) c’est un impôt courant
sur le revenu, le patrimoine, etc. (D59), quand il est acquitté par une entreprise c’est un impôt sur les
facteurs de production (D292) ainsi que les prélèvements de même nature : taxe différentielle sur les
véhicules à moteur (vignette automobile), taxe spéciale sur les véhicules routiers (taxe à l'essieu), taxe sur
les véhicules de tourisme des sociétés.
15
Le SEC au § 4.20-i définit les monopoles fiscaux comme suit : Un monopole fiscal est une entreprise publique disposant d'un monopole légal, sur
la production ou la distribution d'un type particulier de biens ou de services, pour collecter des recettes publiques et non participer à une politique
économique ou sociale déterminée. Lorsqu'une entreprise publique se voit accorder un monopole, dans le cadre de la politique économique et sociale,
en raison de la spécificité d'un bien, d'un service ou d'une technologie de production (organismes reconnus d'utilité publique, postes et
télécommunications, chemins de fer, etc.), ce monopole ne peut être considéré comme fiscal. Généralement, les monopoles fiscaux produisent des
biens ou des services qui sont fortement taxés dans d'autres pays ; ils tendent donc à se limiter à la production de certains biens de consommation
(boissons alcooliques, tabac, allumettes, etc.) et de carburants.
16
Le flux inverse "montants compensatoires monétaires reçus à l’exportation" est enregistré en subventions sur les exportations (D319A).
17
Sont notamment concernés, les céréales, les fruits et légumes, les viandes bovines, ovines et porcines, etc..
18
Office national interprofessionnel des céréales.
6.84 Contenu Parmi les autres impôts sur les produits (D214), le SFCN enregistre en tant que
recettes des Institutions communautaires (S212) les impôts recouvrés par les administrations publiques
nationales pour le compte des Institutions communautaires. Il s’agit notamment des cotisations à la
production sur les sucres, des taxes sur les isoglucoses, des taxes de co-responsabilité sur le lait et les
céréales, des prélèvements pour dépassement des quotas laitiers, des redevances frappant les activités
viticoles recouvrées par l’ONIVIN, et des montants compensatoires monétaires prélevés à l'exportation.
Pour mémoire, selon le SEC, le prélèvement CECA19 sur les entreprises charbonnières et sidérurgiques,
versé directement par les unités productrices résidentes aux Institutions communautaires (S212) entre
également dans cette catégorie.
3.2 Comptabilisation et enregistrement des autres impôts sur les produits (D214)
6.85 Enregistrement L'opération D214 n'apparaît en emploi d'aucun secteur. Son montant est
inclus dans la valeur au prix d'acquisition des biens et services sur lesquels elle porte, et enregistré de ce fait
dans les opérations sur biens et services correspondantes : consommations intermédiaires ou finales,
formation de capital.
Comme les impôts de type TVA (D211) et les impôts sur les importations autres que TVA (D212),
l'opération D214 apparaît en ressources dans les comptes des biens et services qui retracent l'équilibre des
opérations sur biens et services, dans les comptes d’affectation des revenus primaires des administrations
publiques (S13) et les comptes extérieurs des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du
Monde (Institutions communautaires - S212). Enfin, elle est enregistrée en emplois (compte d’exploitation)
et en ressources (compte d’affectation des revenus primaires) du compte de l’économie nationale20.
• C'est en outre une des composantes du Produit Intérieur Brut dans l'optique de l'offre (Cf. § 6.73).
Interprétation L'assiette des ces impôts est constituée d'opérations relatives à l'activité productive et à la
mise en oeuvre de facteurs de production.
6.87 Contenu Les impôts sur la production (D29) se décomposent en impôts sur les salaires et la
main-d’œuvre (D291) et impôts divers sur la production (D292). Cette décomposition est absente du SEC.
6.88 Enregistrement • Charges pour le producteur, les impôts sur la production (D29) apparaissent
en emplois du compte d'exploitation des branches d'activité et des secteurs institutionnels qui les versent et
en ressources du compte d’affectation des revenus primaires des administrations publiques nationales (S13).
• En outre, ils sont enregistrés en emplois (compte d’exploitation) et en ressources (compte d’affectation des
revenus primaires) du compte de l’économie nationale.
19
Communauté économique pour le charbon et l’acier.
20
Dans le TEE, le compte de l’économie nationale ne retrace de fait que l’opération D21.
6.89 Définition A la charge des employeurs, les impôts sur les salaires et la main-d’œuvre (D291)
comprennent tous les impôts et taxes dus au titre de l'emploi de main-d’œuvre salariée, assis soit sur la
rémunération versée, soit sur l'effectif employé.
6.90 Contenu Les impôts sur les salaires et la main-d’œuvre (D291) sont des recettes fiscales et non
fiscales perçues au profit de l'Etat (S13111), des administrations publiques locales (S1313) ou de sécurité
sociale (S1314), des taxes parafiscales et des recettes non fiscales perçues au profit des personnes morales
de droit public (S13112 - ODAC). Elles sont principalement recouvrées par les services des Impôts ou du
Trésor. Les administrations publiques (S13) peuvent tout à la fois recevoir et verser des impôts sur les
salaires et la main-d’œuvre (D291).
6.91 Application Les impôts sur les salaires et la main-d’œuvre (D291) comprennent notamment :
- la taxe d'apprentissage (quote-part versée au Trésor) ;
- la taxe sur les salaires ;
- les versements au Trésor des entreprises n'ayant pas réalisé les dépenses dues au titre de la participation
des employeurs à la formation professionnelle continue ;
- le produit du versement de transport dans la Région parisienne et les autres agglomérations au profit des
systèmes de transports publics ;
- le prélèvement de 0,1% sur les salaires pour le Fonds National d'Aide au Logement (FNAL).
6.92 Définition Sont enregistrés en impôts divers à la production (D292) des impôts et taxes frappant
l'activité de production soit directement, soit au travers de l'utilisation de biens de capital, de terrains ou
l'accomplissement de formalités administratives.
6.93 Contenu L'opération D292 comprend des recettes fiscales et non fiscales, le cas échéant des
taxes parafiscales, perçues au profit de l'Etat (S13111), des organismes divers d’administration
centrale (S13112), des administrations publiques locales (S1313) et de sécurité sociale (S1314). Elles sont
principalement recouvrées par les services des Impôts ou du Trésor. Les administrations publiques (S13)
peuvent tout à la fois recevoir et verser des impôts divers sur la production (D292).
6.94 Cas particulier La taxe sur les surfaces de locaux de vente au détail (TS) dite "taxe sur les
grandes surfaces" est collectée par l’ORGANIC21 pour le compte de l’Etat et participe au financement de
certaines dépenses des régimes d’assurance sociale. Pour le SFCN, elle est perçue par un ODAC
d’intervention sociale qui se résume au compte de tiers géré par l’ORGANIC pour le compte de l’Etat au
titre des services dits "de participations extérieures". Cet ODAC assure principalement à partir des
encaissements et de leur placement financier, le financement, enregistré sous D73, de dépenses spécifiques
de certains régimes d’assurance sociale.
6.95 Application Les impôts divers sur la production (D292) comprennent notamment :
a) les impôts sur la propriété ou l'utilisation de terrains, bâtiments et autres constructions utilisés par des
entreprises (y compris des propriétaires-occupants de logements) à des fins de production ;
- Taxe foncière sur les propriétés bâties ou non bâties et taxes additionnelles liées, telle la contribution
additionnelle au foncier non bâti perçue au profit du Budget Annexe des Prestations Sociales
Agricoles, taxe professionnelle perçue par les collectivités locales et taxes additionnelles liées, telle la
contribution perçue par les Chambres de Commerce22 et d'Industrie (organismes consulaires) ;
21
Caisse de compensation de l’Organisation Autonome Nationale de l’Industrie et du Commerce (ORGANIC).
22
Le SEC classe (Cf. § 2.23 et 4.126) dans les sociétés non financières (S11), en tant qu’ISBL marchandes au service des entreprises, les chambres
de commerce. Dans le SFCN, elles sont classées avec les chambres d’industrie, d’agriculture et des métiers en ODAL (S13132).
6.96 Frontière Les impôts divers sur la production (D292) incluent certains impôts acquittés par les
entreprises qui frappent de fait les consommations intermédiaires (frais généraux) et devraient être des
impôts sur les produits mais qui statistiquement n’ont pas pu être affectés à des produits (contribution de 1%
des institutions financières - Cf. § 6.95(g)).
6.97 Frontière Bien qu’incluse fiscalement dans les recettes de TVA de l’Etat, la sous-compensation
de TVA est un impôt divers sur la production (D292) et non un impôt de type TVA (D211). Elle se définit
comme l’écart entre la TVA restant à la charge des exploitations agricoles soumises au forfait d’imposition
et la TVA qui resterait à la charge de ces mêmes exploitations si elles étaient redevables de la TVA (Cf. D3
Encadré VI-05).
Définition : La TVA à la charge des exploitations agricoles soumises au forfait d’imposition est la
différence entre la TVA payée sur les achats (de consommation intermédiaire ou de FBCF) et le
remboursement forfaitaire agricole de TVA (RFA).
Comme pour n’importe quel assujetti à cette taxe, la TVA à la charge des exploitations agricoles redevables
de la TVA se définit comme la TVA facturée sur les ventes diminuée de la TVA payée sur les achats.
6.98 - En toute rigueur, la sous-compensation de TVA devrait être un impôt sur la production (D292)
pour la charge de TVA imputable aux consommations intermédiaires et un impôt en capital (D91) pour la
charge de TVA imputable à la FBCF. Néanmoins, le SEC recommande un enregistrement unique de la sous-
compensation de TVA en impôt sur la production (D2924).
Nota : Dans certains cas le régime d’imposition forfaitaire agricole et le RFA peuvent conduire à une sur-
compensation de TVA (Cf. D3 Encadré VI-05).
6.99 - La sous-compensation de TVA peut s’analyser comme un écart de déductibilité fiscale selon le
régime d’imposition des exploitations agricoles. La sous-compensation TVA représente alors la différence
23
Même lorsqu’elle est assurée par les pouvoirs publics.
24
Dans le SFCN, le cadre central suit l’enregistrement proposé par le SEC, mais le compte spécifique de l’agriculture décompose ce prélèvement en
deux taxes enregistrées respectivement sous D292 et D91.
6.100 Frontière La distinction entre un impôt sur une autorisation d’exercer des activités
professionnelles ou commerciales (D292) et l'achat d'un service à une administration publique repose sur le
critère suivant :
- si l'autorisation est accordée automatiquement sur paiement du montant dû, il s'agit d'un impôt (D292) ;
- si l’administration publique utilise la procédure d'attribution d'une autorisation pour mettre en oeuvre une
fonction régulatrice déterminée (par exemple la vérification de conformité ou contrôle de qualité), il s’agit
de l'achat d'un service à l’administration publique en question25, à moins que le montant versé soit à
l'évidence disproportionné par rapport au coût de la fourniture du service26.
6.101 Exclusion Quand elles sont acquittées par un ménage (hors entreprise individuelle), les taxes
frappant la possession de terrains (taxe sur le foncier non bâti et taxes additionnelles liées) ou de véhicules
(certificat d’immatriculation des véhicules automobiles et autres véhicules à moteur (carte grise), taxe
différentielle sur les véhicules à moteur (vignette automobile)) sont des autres impôts courants (D59 - Cf.
§ 6.261) et non des impôts divers sur la production (D292).
6.103 Montant à enregistrer En pratique (Cf. Encadré VI-04), le Système ne comptabilise les
montants dus que s'ils sont matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout document probant créant pour le
contribuable une obligation incontestable de payer l'impôt (avis de mise en recouvrement).
Certaines activités économiques, opérations ou faits qui, en vertu de la législation fiscale, imposent aux
unités concernées d'acquitter l'impôt, échappent systématiquement à l'observation des autorités fiscales. Il
n’est pas réaliste de partir de l'hypothèse que ces activités, opérations ou faits engendrent des actifs ou
passifs financiers sous la forme de montants à payer ou à recevoir.
Les impôts non matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout document probant créant pour le
contribuable une obligation incontestable de payer l'impôt ne sont a priori pas imputés "dus" par le Système.
Ils sont enregistrés pour le montant du versement et à la date ultime à laquelle ils peuvent être payés sans
pénalités (qui peut s’assimiler au moment du versement).
6.104 Enregistrements induits Les impôts matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout autre
document équivalent, qui ne sont jamais versés (en cas de faillite par exemple) sont d'abord enregistrés
comme s'ils avaient été effectivement acquittés dans l’opération D2. Le SFCN enregistre alors une
annulation de dette d’un commun accord entre l’administration publique et le contribuable débiteur. Cette
annulation de dette donne lieu à deux écritures distinctes dans la séquence des comptes. Elle est enregistrée
dans les transferts en capital (impôts et cotisations dus non recouvrables -D995) à payer par l’administration
publique au contribuable débiteur dans le compte de capital et simultanément comme extinction d'une
créance dans le compte financier.
25
Le SFCN retrace alors une vente résiduelle de l’administration.
26
Le SFCN retrace dans ce cas des paiements partiels, en général acquittés par les ménages.
27
Modifié par le règlement du Conseil n°37/2000 du 26 juin 2000.
6.106 Application La plupart des impôts sur la production et les importations sont acquittés
spontanément par le contribuable (droits de timbre et d’enregistrement, taxe de publicité foncière, taxe
d’apprentissage, taxe sur les salaires, participation des employeurs au développement de la formation
professionnelle continue, vignette automobile, taxe sur les voitures particulières des sociétés, carte grise,
taxe sur les locaux à usage de bureau en île de France, etc.). En pratique moment et montant
d’enregistrement se confondent avec ceux du versement.
- Pour la partie des impôts recouvrés par voie de rôle (principalement taxe professionnelle, taxes foncières
sur les propriétés bâties ou non bâties, taxes recouvrées au profit des organismes consulaires, redevance sur
les mines), le montant d’enregistrement repose sur les émissions et non sur les recettes effectivement
perçues par l’Etat.
- Pour certaines taxes frappant les produits agricoles (D214) le montant d’enregistrement repose sur une
évaluation des impôts dus et non sur les recettes effectivement encaissées. Il s’agit principalement de taxes
perçues par les organismes divers d’administration centrale ou le Budget Annexe des Prestations Sociales
Agricoles (BAPSA) (Cf. D214 § 6.82).
L’encadré VI-04 rappelle les sources statistiques et résume les méthodes utilisées pour évaluer l’opération
D2.
Encadré VI-04.
Sources :
Les impôts sur la production et les importations (D2) sont évalués à partir des documents comptables retraçant les
recettes fiscales et non fiscales perçues par les administrations publiques.
Dans ces statistiques, les pénalités ne sont pas toujours isolables du prélèvement fiscal auquel elles sont liées. Aussi
sont-elles systématiquement comptabilisées avec l’impôt auquel elles se rapportent, alors qu’en pratique certaines
d’entre elles auraient pu être isolées et enregistrées en amendes et pénalités (D754).
Les impôts sur la production et les importations (D2) sont comptabilisés pour un montant incluant les pénalités et frais
accessoires éventuels de recouvrement et d'assiette, et diminué des remboursements d'impôts, que ceux-ci résultent d'une
restitution effective en cas de perception indue ou de mesures de politique économique.
Les impôts sur la production et les importations (D2) sont enregistrés dus, soit au moment où ont lieu les activités,
opérations ou autres faits donnant naissance à la créance fiscale. Toutefois, le Système ne comptabilise les montants dus
que s'ils sont matérialisés par un document probant créant pour le contribuable une obligation incontestable de payer
l'impôt. Les impôts non matérialisés de la sorte ne sont a priori pas imputés "dus" par le Système ; ils sont simplement
enregistrés pour le montant du versement et à la date ultime à laquelle ils peuvent être payés sans pénalités (qui peut
s’assimiler au moment où ils sont versés).
Application :
Bien qu’en général, recouvrés par les services des Impôts, des Douanes, et du Trésor, les impôts sur la production et les
importations (D2) sont enregistrés dans le SFCN comme perçus au profit de l’Etat (S13111), des ODAC (S13112), des
administrations publiques locales (S1313) et de sécurité sociale (S1314) ou des Institutions communautaires (S212).
Cas particulier : La C3S et la taxe sur les grandes surfaces sont pour le SFCN des impôts, classés en D2, qui bien que
Pour les impôts sur les produits (D21) en général, le Système occulte le rôle de recouvrement de l’Etat pour le
compte d’autres unités des administrations publiques. Il enregistre ces prélèvements comme des recettes directes des
unités des administrations bénéficiaires et pour le montant des impôts versés. En pratique le moment et le montant
d’enregistrement sont ceux liés au versement. En particulier, tous les impôts sur les produits reversés aux organismes de
sécurité sociale sont enregistrés de la sorte.
Exceptions notables : (a) la TVA (D211) n’est pas évaluée à partir des recettes effectivement perçues par l’Etat au
cours de l’année civile mais sur la base d’un montant "du" au titre des opérations économiques de l’année concernée ;
(b) la comptabilisation de certains impôts frappant les produits agricoles (D214) intègre un écart du-versé rendant
compte du moment d’enregistrement sur la base des droits constatés (Cf. § 6.82) ; (c) les taxes sur les droits de mutation
acquittées lors de l’achat ou la vente de biens immobiliers (D214) supportent des frais d’assiette et sont enregistrées
pour le montant versé mais en tenant compte du service de recouvrement assuré par l’Etat (Cf. infra (2)).
Pour les impôts sur la production D29, le cas échéant, le SFCN retient le moment où les impôts sont dus et rend
compte du service de recouvrement rendu par l’Etat lorsqu’il perçoit des impôts pour le compte d’autres unités des APU
et prélève pour se faire des frais d’assiette.
(1) Les impôts matérialisés par un rôle ou tout autre document équivalent sont enregistrés pour le montant dû et non
celui des recettes effectivement perçues. C’est notamment le cas de la taxe sur les salaires (D291), et des taxes sur le
foncier bâti et non bâti, de la taxe professionnelle, des taxes perçues au profit des organismes consulaires (D292).
Pour ces impôts, le SFCN enregistre une annulation de dette d’un commun accord entre l’administration publique et le
contribuable débiteur. Cette annulation de dette vis-à-vis du contribuable (admission en non-valeur dans la comptabilité
de l’Etat corrigée d’un éventuel écart résiduel à la base caisse) est enregistrée dans les transferts en capital à payer par
l’administration dans l’opération D995 impôts et cotisations dus non recouvrables.
(2) En cas de frais d’assiette "facturés" par l’Etat le circuit effectif est le suivant. L’Etat perçoit des impôts pour le
compte des administrations locales. Le montant des impôts locaux dus par les contribuables inclut les frais d’assiette
représentatifs du service de recouvrement rendu par l’Etat au bénéficiaire. L’Etat conserve les frais d’assiette et reverse
aux APUL le montant des impôts perçus diminués des frais de recouvrement mais majorés des éventuels dégrèvements
que l’Etat prend à sa charge.
- Dans le SFCN, les impôts locaux dus nets des dégrèvements sont retracés comme des versements directs à payer par
les contribuables aux APUL. Les dégrèvements pris en charge par l’Etat sont retracés en transferts de recettes fiscales
(D733) entre l’Etat et les APUL. Comme les montants enregistrés en D2 dans le compte des APUL incluent les frais de
recouvrement liés, le service de recouvrement de l’impôt assuré par l’Etat pour le compte des collectivités locales est
alors retracé dans la production de l’Etat (P11 : production marchande représentative du service de recouvrement rendu
égale au montant des frais d’assiette) et la consommation des APUL (P2 - consommation intermédiaire égale aux même
frais d’assiette). Cette démarche est utilisée pour l’évaluation de la taxe professionnelle, des taxes foncières et des taxes
perçues au profit des organismes consulaires, toutes enregistrées dans l’opération D292.
• Le poste D213 est absent des nomenclatures du SFCN et du SEC. Il concerne dans la nomenclature du
SCN les impôts sur les exportations. Ceux-ci ont été considérés comme non significatifs au sein de la
Communauté, aussi les montants compensatoires prélevés à l'exportation sont-ils inclus dans le poste D214.
• La nomenclature du SFCN se distingue néanmoins de celle du SEC. Elle ne retient pas, pour un contenu et
une définition équivalente, les mêmes intitulés aux sous postes de l’opération D21. Systématiquement ceux-
ci ont été écourtés.
En outre, la nomenclature du SFCN apporte un plus grand détail à l’analyse des impôts sur la
production (D29). C’est la situation inverse qui prévaut pour les autres impôts sur les importations (D212).
Selon la politique économique à la base de tels prélèvements, le SEC au § 4.18 définit deux sous-opérations
distinctes au sein de ces impôts :
- les droits sur importations qui sont des impôts issus du tarif douanier communautaire et uniquement ceux-
ci (D2121) ;
- les impôts sur les importations à l'exclusion de la TVA et des droits sur importations qui regroupent tous
les autres prélèvements sur les importations et notamment ceux issus de la politique agricole
commune (D2122).
Ces sous-opérations n'ont pas été retenues dans la nomenclature du SFCN mais sont isolables dans les
comptes d'opération (qui-à-qui).
SFCN SEC
D2 Impôts sur la production et les importations D.2 Impôts sur la production et les importations
D2 = D21 + D29 D.2 = D.21 + D.29
D21 Impôts sur les produits D.21 Impôts sur les produits
• D211 Impôts de type TVA • D.211 Taxes de type TVA
• D212 Impôts sur les importations autres que TVA • D.212 Impôts et droits sur les importations à l'exclusion
de la TVA
- D.2121 Droits sur les importations
- D.2122 Impôts sur les importations à l'exclusion de la
TVA et des droits sur les importations
• D214 Autres impôts sur les produits • D.214 Impôts sur les produits à l'exclusion de la TVA et
des impôts sur les importations
6.108 Définition Les subventions (D3) sont des transferts courants sans contrepartie versés, par les
administrations publiques nationales (S13) ou communautaires (S212), à des producteurs ou des
importateurs résidents, pour influencer leurs niveaux de production, leurs prix ou la rémunération des
facteurs de production.
Unités concernées
6.109 Définition Seules les administrations publiques (S13) et les Institutions communautaires (S212)
sont susceptibles de verser des subventions.
Application En pratique, les Institutions communautaires versent des fonds aux administrations publiques
nationales. Celles-ci jouent alors un simple rôle d'organisme répartiteur auprès des unités ou produits
bénéficiaires. Aussi dans le SFCN, ces versements sont-ils traités, lorsqu’il est possible de reconstituer les
circuits de financement, en subventions versées par le Monde du Monde (S212) directement aux secteurs ou
produits destinataires.
6.110 Définition Pour leur plus grande partie, les subventions visent la production ou l’importation de
biens ou de services issus de processus de production marchands.
Application Tous les secteurs institutionnels résidents peuvent comporter des unités de production
marchandes et recevoir de ce fait des subventions.
En outre, les autres producteurs non marchands, dans le cadre de leur production non marchande, peuvent
recevoir des subventions d’exploitation (Cf. § 6.135), si ces subventions sont accordées dans le cadre de
politiques économiques et sociales générales s’appliquant tant aux activités marchandes que non
marchandes.
En revanche, s’il s’agit de mesures spécifiques concernant les unités de production non marchandes, de tels
transferts seront traités, selon le secteur d'appartenance des unités verseuses et receveuses, en transferts
courants entre administrations publiques (D73), transferts courants aux institutions sans but lucratif au
service des ménages (ISBLSM) (D751), coopération internationale courante (D74) ou autres transferts
courants divers (D759).
Opérations concernées
6.111 Contenu L'opération Subventions (D3) se décompose en subventions sur les produits (D31) et
subventions d’exploitation (D39). La nomenclature du SFCN se distingue de celle du SEC. Elle ne retient
pas, pour un contenu et une définition équivalente, le même intitulé à l’opération D39. Par référence à son
enregistrement dans le compte d’exploitation des unités bénéficiaires, la dénomination "Subvention
d’exploitation" est utilisée en lieu et place de l’intitulé "Autres subventions sur la production" du SEC (Cf.
§ 6.160).
Interprétation De façon générale, une subvention (D3) vise à abaisser le prix d’acquisition par rapport à ce
qu’il aurait été en l’absence de subvention. Cependant, le Système distingue parmi les subventions celles qui
cherchent à abaisser directement le prix du produit (subventions sur les produits), des autres versements
(subventions d’exploitation), qui ont pour objet d’abaisser le coût de la combinaison productive.
6.112 Comptabilisation Dans les comptes de biens et services, les subventions sur les produits (D31)
sont incluses dans le prix de base de la production des produits, et elles sont un élément du passage du prix
de base au prix d’acquisition du produit. Elles n’apparaissent donc pas dans les comptes des secteurs qui les
reçoivent. En revanche, les subventions d’exploitation (D39) s'ajoutent chez l'unité qui les reçoit, au revenu
6.113 Exclusion Les subventions (D3) ne sont pas destinées à financer l'accumulation d'actifs, ni à
couvrir des pertes exceptionnelles ou accumulées lors des périodes précédentes. Ne sont donc pas considérés
comme des subventions :
- les versements destinés à financer des opérations de formation brute de capital fixe ou d'achat de
terrains (Aides à l'investissement D92) ;
- les annulations de dettes, les dommages en cas de calamités, les dotations en capital ne comportant pas
l'acquisition ou la cession de droits de propriété (Autres transferts en capital D99) ;
- les participations et actions souscrites par les administrations publiques dans le capital des
sociétés (Actions et autres participations AF51).
6.114 Exclusion Plus précisément, les versements suivants ne sont pas des subventions (D3) mais des
autres transferts en capital (D99) :
- les versements extraordinaires à des fonds d'assurance sociale, dans la mesure où ils sont destinés à
accroître les réserves actuarielles de ces fonds ;
- les transferts opérés par les administrations publiques aux sociétés (financières ou non financières) ayant
pour objet de couvrir des pertes accumulées au cours de plusieurs exercices ou des pertes exceptionnelles
dues à des causes extérieures à l'entreprise ;
- les annulations de dettes que les unités productrices avaient contractées envers les administrations
publiques (résultant, par exemple, d'avances accordées par une administration publique à une entreprise non
financière ayant accumulé des pertes d'exploitation sur plusieurs exercices) ;
- les dédommagements par les administrations publiques ou par le Reste du Monde des propriétaires de
biens de capital du fait de la destruction ou des dégâts subis par ceux-ci à la suite de faits de guerre, d'autres
événements politiques ou de calamités naturelles.
6.117 Contenu L'opération Subventions sur les produits (D31) se décompose en Subventions sur les
importations (D311) et Autres subventions sur les produits (D319).
6.118 Définition L’opération subventions sur les produits participe à la définition de l’agrégat "impôts
nets sur les produits (D21N - Cf. D2 § 6.54)". Cet agrégat se calcule en déduisant des impôts sur les
produits (D21) les subventions de même nature (D31).
6.119 Définition du SEC § 4.34 Les subventions sur les importations (D311) sont des subventions
dues lorsque des biens franchissent la frontière du territoire économique ou quand des services sont fournis
par des non-résidents à des unités institutionnelles résidentes. Cette opération inclut les pertes encourues
délibérément par les organismes commerciaux publics dont la fonction est d'acheter des produits à des unités
non-résidentes et de les revendre à un prix inférieur à des unités résidentes.
6.120 Application L’opération D311 enregistre uniquement les aides européennes agricoles
spécifiquement liées au fait d'importer (montants compensatoires monétaires à l'importation), versées par le
FEOGA (Fonds européen d’orientation et de garantie des marchés agricoles) et ce, jusqu’en 1992.
6.121 Comptabilisation Les subventions à l'importation (D311) sont retranchées du prix CAF pour
définir le prix de libre pratique sur le territoire économique (Cf. D2 Encadré VI-03). Elles jouent un rôle
symétrique à celui des impôts sur les importations (D212). Elles participent à la définition de l’agrégat
impôts nets sur les importations : D212N = D212 - D311 (Cf. D2 § 6.73).
6.122 Définition Les autres subventions sur les produits (D319) sont :
(1) des subventions accordées proportionnellement à la quantité ou la valeur des biens et services produits,
commercialisés sur le marché intérieur, ou exportés par les unités productrices résidentes ;
(2) les subventions d’équilibre couvrant les pertes des entreprises publiques liées à l’application d’une
politique économique nationale (ou européenne) qui conduit à pratiquer des tarifs inférieurs au coût moyen
de production, que ces tarifs concernent l’ensemble ou une catégorie déterminée d’acheteurs.
6.123 Comptabilisation L’opération D319 joue un rôle symétrique à l’opération D214 (Cf. D2
Encadré VI-03). Pour un produit donné de la nomenclature de produits, issu d’une branche donnée, le prix
de base se calcule en déduisant du prix départ-usine hors TVA les autres impôts sur les produits (D214) et
en ajoutant les autres subventions sur les produits (D319).
6.124 Frontière Quand ils ne correspondent pas à la couverture des risques ou besoins sociaux (Cf.
D6 § 6.273), les transferts abaissant le prix d'un produit pour une catégorie déterminée d'acheteurs
représentent une subvention versée à l’unité productrice pour couvrir une perte de gestion ; ils sont classés
en autres subventions sur les produits (D319).
Notamment, lorsqu’un service de transport est fourni à un ménage qui bénéficie d’un tarif réduit, le transfert
visant à en abaisser le prix est traité en prestation sociale (D631) s'il correspond à un risque de la protection
sociale (réductions pour les familles nombreuses et pour les étudiants, respectivement risque famille et
éducation) ; dans les autres cas (cartes orange ou hebdomadaires, réductions de tarif SNCF compensées par
les administrations publiques) le transfert est classé en autres subventions sur les produits (D319).
Interprétation La décomposition de l’opération D319 permet de distinguer l’opération par laquelle transite
la subvention du produit, production du produit (D3191), commercialisation et utilisation sur le marché
intérieur (D3199) ou exportation (D319A). En outre, elle s’appuie sur la source statistique utilisée pour
évaluer ces subventions, d'où les dénominations retenues.
6.126 Définition Les subventions sur les exportations (D319A) sont des subventions "versées"
directement aux producteurs résidents lorsque des biens quittent le territoire économique ou que des services
sont fournis à des non-résidents.
6.127 Contenu L’opération D319A enregistre les restitutions à l’exportation versées par le Fonds
européen d’orientation et de garantie des marchés agricoles (FEOGA - S212), destinées, en cas
d’exportation des produits agricoles vers les pays extérieurs à la Communauté, à compenser l’écart entre le
prix communautaire et celui du marché mondial en général moins élevé.
Pour mémoire, l’opération D319A comprend également jusqu’en 1994, les montants compensatoires
monétaires reçus à l’exportation. Le flux inverse "montants compensatoires monétaires prélevés à
l’exportation" est enregistré en D214 autres impôts sur les produits.
6.128 Exclusion L’opération D319A exclut le remboursement aux frontières douanières d'impôts sur
les produits précédemment acquittés et la remise d'impôts qui auraient dû être acquittés si les produits
avaient été vendus ou utilisés sur le territoire économique. Elle exclut également les subventions assurant la
consolidation des crédits à l’exportation qui sont enregistrées dans la comptabilité des établissements
financiers et de la COFACE. Ces versements sont des subventions sur les produits financiers (D3191).
2.2 Subventions sur les produits enregistrées dans la comptabilité du producteur (D3191)
6.129 Définition Les subventions sur les produits enregistrées dans la comptabilité du
producteur (D3191) sont des subventions, liées à la quantité ou à la valeur du bien ou service produit,
concernant potentiellement l’ensemble des utilisations du produit.
6.130 Contenu - application L’opération D3191 est versée principalement par l’Etat (S13111) et les
Institutions communautaires (S212) via le Fonds européen d’orientation et de garantie des marchés
agricoles.
Sur budget communautaire, le Fonds européen d’orientation et de garantie des marchés agricoles (FEOGA)
verse des restitutions ou aides à la production agricole (bovins, oléagineux, fourrages, bananes...) ou des
industries agroalimentaires (vins...).
Sur budget national, l’opération D3191 enregistre notamment les subventions concernant le transport de
presse, les produits financiers, l’enseignement privé et les services de transports. Sous cette dernière
rubrique, est incluse la plus grande partie des subventions d’équilibre (Cf. § 6.122).
6.131 Inclusion Les versements des administrations publiques à des Institutions financières destinés à
rééquilibrer globalement leurs comptes suite à l'octroi de prêts à faible intérêt (inférieur au taux du marché
voire au taux de refinancement) sont des subventions sur les produits financiers et non des bonifications
d'intérêts (D392 - Cf. § 6.142). Calculés par différence entre les ressources et les emplois de l'institution
financière, ils sont traités en Subventions sur les produits enregistrées dans la comptabilité du
6.132 Méthode d’évaluation Lorsque les prises en charges de différentiels d’intérêts sont enregistrées
comme subventions sur les produits financiers (D3191), elles sont absentes de la valeur de la production. Le
Système ne doit pas établir de correction sur les intérêts versés. Ces derniers sont comptabilisés au taux
effectivement payé par l’emprunteur et non au taux plein, comme c’est le cas lorsque les bonifications
d’intérêts sont classées dans les subventions d’exploitation (D392 - Cf. § 6.144).
2.3 Subventions sur les produits enregistrées dans la comptabilité de l’utilisateur (D3199)
6.133 Définition L’opération D3199 regroupe les subventions versées lors de la commercialisation
d’un produit sur le marché intérieur : soit le transport ou le stockage du produit, ou son utilisation en tant
que consommation intermédiaire.
6.134 Contenu - application L’opération D3199 est versée majoritairement par le Fonds européen
d’orientation et de garantie des marchés agricoles (FEOGA - S212). Elle concerne les produits agricoles.
Ceux-ci sont subventionnés soit lors de leur utilisation par l’agriculture elle-même ou les industries d’aval
agroalimentaires, textiles ou chimiques, soit au cours de leur stockage par les offices régulateurs ou de leur
transport.
6.136 Contenu L'opération Subventions d’exploitation (D39) regroupe les subventions sur
rémunérations (D391), les bonifications d’intérêts (D392), les prises en charges d’autres coûts (D393) et les
autres subventions d’exploitation (D399). Cette décomposition n’existe pas dans la nomenclature
d’opération du SEC. Toutefois, le SEC définit au § 4.37 les subventions sur les salaires et la main-d’œuvre
et les bonifications d’intérêts.
6.137 Définition Les subventions sur rémunérations (D391) sont les versements effectués dans le
cadre de leur politique économique et sociale par les administrations publiques (S13) ou les Institutions
communautaires (S212) aux unités productrices en vue de réduire certaines charges salariales. Il s’agit de
subventions liées à la masse salariale ou à l’emploi de catégories déterminées de personnes (handicapés,
chômeurs de longue durée, etc.).
6.138 Frontière L’opération D391 ne correspond pas exactement aux subventions sur les salaires et la
main-d’œuvre, définies par le SEC au § 4.37a. Elle exclut les subventions concernant la formation des
personnels. Ces dernières sont classées en Prises en charge d’autres coûts de production (D393) quand il
s’agit de mesures ciblées sur la formation du personnel d’une entreprise particulière, en autres subventions
d’exploitation (D399) quand il s’agit de mesures plus générales concernant par exemple l’apprentissage
quelle que soit l’entreprise employeur.
6.140 Méthode d’évaluation Il n’a pas été possible de recomposer totalement le circuit de financement des
subventions versées par le Fonds social européen, aussi ces subventions apparaissent-elles dans le SFCN
comme versées par le budget général (Etat - S13111).
6.141 Exclusion Les subventions sur rémunérations (D391) excluent les prises en charge, totales ou
partielles, par l'Etat des cotisations sociales à la charge des employeurs. Elles sont classées en transferts
courants entre administrations publiques (D73).
6.142 Définition Les bonifications d'intérêts (D392) constituent des transferts courants dont le but est
d'alléger les charges d'intérêts des producteurs bénéficiaires de prêts. Le Système considère que les
administrations publiques se substituent au débiteur dans le paiement d'une partie des intérêts.
6.143 Frontière Les bonifications d'intérêts accordées aux unités productrices résidentes, même si
elles ont pour objet de faciliter des opérations d’investissement, sont comptabilisées en D392. Toutefois
lorsqu’une aide concourt en même temps à financer l’amortissement de la dette contractée et le paiement des
intérêts sur le capital et qu’il n’est pas possible de la scinder en ces deux éléments, elle est comptabilisée
dans son intégralité comme aide à l’investissement.
6.144 Méthode d’évaluation Calculées à partir de la différence entre le taux réduit supporté par les
débiteurs et un taux de référence, les bonifications d'intérêts (D392) sont comptabilisées comme des
subventions allant au producteur bénéficiaire de prêt, même lorsque la différence d'intérêt est versée
directement par l’administration publique à l'institution financière créancière des prêts. Les intérêts versés
par le débiteur à l'institution financière créditrice sont enregistrés "à taux plein", c'est-à-dire majorés du
montant de la bonification.
6.145 Contenu Les bonifications d’intérêt (D392) sont majoritairement versées par l’Etat (S13111)
aux ménages et aux entreprises. Elles concernent principalement les emprunts pour l’acquisition d’un
logement. Reliquat de la politique d’accession à la propriété menée dans les années 70, leur montant devient
quasiment négligeable avec le temps. Les financements utilisés dans la dernière décennie privilégient les
aides à l’investissement (D92) au détriment de la prise en charge partielle d’intérêt.
6.146 Exclusions • Les versements des administrations publiques à des Institutions financières destinés
à rééquilibrer globalement leurs comptes suite à l'octroi de prêts à faible intérêt (inférieur au taux du marché
voire au taux de refinancement) ne sont pas des bonifications d’intérêts (D392) mais des subventions sur les
produits financiers (D3191 - Cf. § 6.131).
• Les bonifications d’intérêt sur prêts accordés par l’employeur aux salariés des sociétés financières sont des
avantages en nature comptabilisés dans l’opération D1121.
6.147 Définition L’opération D393 regroupe tous les versements destinés à alléger un coût de
production particulier n’entrant pas dans les catégories précédemment définies.
6.148 Contenu - application Tous les sous-secteurs des administrations publiques -nationales ou
communautaires- versent de telles subventions d’exploitation. Sont classées dans cette opération les prises
6.149 Inclusion Sont également classées en prises en charge d’autres coûts les subventions versées
aux organismes régulateurs quand la subvention concerne l’activité de l’organisme (dépréciation des stocks
par exemple) et non un produit particulier.
6.150 Définition L’opération D399 regroupe les autres subventions destinées à minorer le coût de la
combinaison productive et qui n’entrent pas dans une des catégories précédemment définies.
6.151 Contenu - application Les autres subventions d’exploitation (D399) sont principalement versées par
l’Etat (S13111) et les organismes divers d’administration centrale (S13112). Sont notamment classées dans
cette opération les subventions liées à l’apprentissage.
6.152 Inclusion L’opération D399 peut inclure, le cas échéant, les subventions "à l'exportation", liées
à l'acte même d'exporter, c’est-à-dire dont l'objet est d'abaisser le prix à l'exportation au-dessous du prix du
marché intérieur. Ces subventions à l'exportation sont alors enregistrées en emplois négatifs de l'unité qui les
encaisse : branche commerce ou producteur si celui-ci exporte directement.
Elles demeurent toutefois très peu nombreuses. En effet, dans la plupart des cas, la subvention est attachée
au produit, indépendamment de l'emploi final de celui-ci. Par exemple, l'essentiel des restitutions à
l'exportation reçu par la branche commerce est enregistré en subventions sur les produits dans la sous-
opération subventions sur les exportations (D319A) et non en autres subventions d’exploitation (D399).
6.153 Inclusion L’opération D399 peut inclure, le cas échéant, la sur-compensation de TVA issue de
l’application du Remboursement Forfaitaire Agricole (RFA) (Cf. Encadré VI-05, D2 § 6.97 à 6.99).
Encadré VI-05
Pour les exploitations assujetties à la TVA, la TVA effective à leur charge (TVA non déductible pour les comptables
nationaux) est égale à la TVA facturée sur les ventes nette de la TVA déductible sur les achats.
Les exploitations soumises au régime forfaitaire agricole ne facturent pas de TVA sur leurs ventes mais la payent
comme toutes les entreprises qui effectuent des achats (CI ou FBCF). Dans un premier temps, la TVA à leur charge est
donc égale à la TVA qu’elles payent sur leurs achats. Cependant le régime d’imposition forfaitaire agricole permet à ces
exploitations une déduction partielle de TVA, le remboursement forfaitaire agricole (RFA). La TVA nette effective
acquittée par ces exploitations est donc égale à la TVA payée sur les achats diminuée du RFA.
Cependant pour les comptables nationaux, ce prélèvement fiscal dépendant du régime forfaitaire agricole n’est pas dans
sa totalité une taxe de type TVA. En effet, pour rendre le calcul de la TVA non déductible indépendant du régime
d’imposition des exploitations agricoles, les comptables nationaux font la distinction suivante.
La TVA nette effective acquittée par les exploitations agricoles soumises au régime forfaitaire d’imposition se
décompose en TVA non déductible (comme si elles étaient assujetties à la TVA) et sous-compensation de TVA, lorsque
le mécanisme du RFA est moins favorable que l’assujettissement à la TVA.
Exemple : Sur 100 de TVA payée sur les achats par les exploitations soumises au forfait d’imposition, le RFA (50)
vient minorer cette charge fiscale qui nette s’élève à 50.
Cependant si ces exploitations, soumises au forfait, étaient assujetties à la TVA, leur charge de TVA non déductible ne
serait que de 30.
Autrement dit, la sous-compensation de TVA est égale à la TVA effective nette à la charge des exploitations soumises
au forfait d’imposition agricole diminuée de la TVA non déductible que ces exploitations auraient eu à payer si elles
étaient assujetties au régime de la TVA.
Dans ce contexte, la TVA non déductible est une taxe de type TVA (D211), la sous-compensation de TVA est un impôt,
distinct du précédent, frappant les coûts de production et non la création de richesse inhérente à l'activité de production.
La sous-compensation de TVA est un impôt sur la production (D292).
En revanche, lorsque le mécanisme du RFA est plus favorable que l’assujettissement à la TVA, les comptables
nationaux définissent une sur-compensation de TVA qui est alors classée en subvention d’exploitation (D39).
Exemple : Sur 100 de TVA à la charge des exploitations agricoles soumises au forfait d’imposition, le RFA (50) vient
minorer cette charge fiscale qui nette s’élève à 50.
Cependant si ces exploitations, soumises au forfait, étaient assujetties à la TVA, leur charge de TVA non déductible
serait de 60.
L’impôt retracé en taxe de type TVA (D211) par les comptables nationaux serait alors de 60. La sur-compensation de
TVA, classée en subvention d’exploitation (D39), viendrait minorer cette charge fiscale imputée, et s’élèverait à 10. In
fine, dans les comptes des exploitations agricoles, seul le solde (taxe de type TVA diminuée des subventions
d’exploitation), D2N égal au prélèvement fiscal effectif (50) demeurerait à la charge de ces exploitations.
Nota : l’ensemble des calculs exposés ici repose sur l’hypothèse que les exploitations agricoles ont la même structure
d’achat qu’elles soient assujetties à la TVA ou au régime du forfait de TVA.
6.155 Cas particuliers . Les subventions qui correspondent à la différence entre le prix d'achat et le
prix de vente pratiqué par un organisme commercial public (D319) sont enregistrées au moment où les biens
sont achetés par cet organisme si le prix de vente est connu à ce moment.
. Les subventions ayant pour objet la couverture d'un déficit encouru par un producteur (D319 ou D393)
sont enregistrées au moment où l’administration publique décide de couvrir ce déficit.
6.156 Application En pratique, les subventions sont majoritairement enregistrées au moment où elles
sont versées. Certaines subventions concernant l’agriculture sont enregistrées au moment où elles sont dues.
6.157 Cas particuliers Lors de l’évaluation de l’opération D31, les subventions suivantes sur les
produits agricoles (D319) font l’objet d’une correction pour droits et obligations : prime au maintien du
troupeau des vaches allaitantes, prime spéciale aux bovins mâles, prime compensatrice ovine, aide
compensatrice à la production d’oléagineux, aide à la production de fourrages séchés, aide à la production
de bananes, aide à la production de canne à sucre, ainsi qu’une subvention d’exploitation (D39) compensant
les retraits de fruits et légumes du marché.
6.158 Enregistrement Les subventions sur les produits (D31), lors de leur enregistrement dans les
comptes de secteur ou de branche, sont comptabilisées négativement.
6.159 Enregistrement Les subventions d’exploitation (D39), lors de leur enregistrement dans les
comptes de secteur ou de branche, sont toujours comptabilisées négativement, comme un emploi négatif
pour le bénéficiaire ou une ressource négative pour le verseur. Cette contrainte n’existe pas pour
l’établissement des comptes d’opération (qui à qui).
. L’opération D39, subventions d’exploitation, est un emploi négatif du compte d’exploitation des branches
et des secteurs institutionnels qui en bénéficient, une ressource négative des comptes d’affectation des
revenus primaires des administrations publiques (S13) et du compte extérieur des revenus primaires et des
transferts courants avec le Reste du Monde (S212) qui les versent.
. En outre, l’opération D39 apparaît dans le compte de l’économie nationale, en emploi négatif du compte
d’exploitation et en ressource négative du compte d’affectation des revenus primaires.
Nota : Les administrations publiques (S13) peuvent, tout à la fois, verser des subventions (D3), enregistrées
comme une ressource négative, et recevoir des subventions d’exploitation (D39), enregistrées comme un
emploi négatif.
• En outre, le SFCN décompose les subventions sur les produits (D319) et les subventions
d’exploitation (D39). En la matière, le SEC propose des définitions pour les sous-opérations "subventions
sur les exportations", "bonifications d’intérêts", "subventions sur les salaires et la main-d’œuvre",
respectivement aux paragraphes 4.35d, 4.37c et 4.37a. Cependant le champ de l’opération subventions sur
rémunérations du SFCN est plus restreint que celui de l’opération subventions sur les salaires et la main-
d’œuvre du SEC.
• Le tableau VI-08 fait le point sur les correspondances entre les deux nomenclatures.
28
Cf. Encadré VI-03 "Système de prix".
SFCN SEC
D31 Subventions sur les produits D.31 Subventions sur les produits
• D311 Subventions sur les importations • D.311 Subventions sur les importations
• D319 Autres subventions sur les produits • D.319 Autres subventions sur les produits
- D319ASubventions sur les exportations
- D3191 Subventions sur les produits enregistrées dans la
comptabilité du producteur
- D3199 Subventions sur les produits enregistrées dans la
comptabilité de l’utilisateur
6.161 Définition Les revenus de la propriété (D4) sont les revenus que reçoit le propriétaire d'un actif
financier ou d'un actif corporel non produit en échange de la fourniture de fonds à une autre unité
institutionnelle ou de la mise à sa disposition de l’actif corporel non produit.
La nomenclature du SFCN se distingue de celle du SEC. Elle ne retient pas, pour une définition équivalente,
le même intitulé à l’opération D45. La dénomination "Revenus des terrains et des gisements" est utilisée en
lieu et place de l’intitulé "Loyers" du SEC (Cf. § 6.218). Par ailleurs, elle code D4A l’ajustement pour
service d’intermédiation financière indirectement mesuré (ASIFIM) bien qu’il ne soit pas une composante
des revenus de la propriété (Cf. § 6.214 à 6.216).
Ces actifs financiers sont tous des créances de créanciers sur des débiteurs. Les créanciers prêtent aux
débiteurs des fonds qui conduisent à la création de l'un ou de l'autre des instruments financiers énumérés ci-
dessus. Le montant de la dette du débiteur envers le créancier à n'importe quel moment peut être appelé
principal en cours. C'est le montant que le débiteur doit rembourser pour se libérer de sa dette, et voir ainsi
s'éteindre la créance du créancier sur lui.
Définition Selon les conditions prévues dans l'instrument financier qui fait l'objet d'un accord passé
entre eux, les intérêts sont les montants que le débiteur est tenu de payer à son créancier sur une période
donnée sans que soit réduit le montant du principal en cours.
Interprétation Il arrive que les intérêts ne soient pas exigibles avant une date tardive ou avant l'échéance du
prêt ou d'un autre instrument financier. Les intérêts peuvent être une somme d'argent fixée à l'avance ou un
pourcentage du principal en cours. Si les intérêts revenant au créditeur ne sont pas payés, en partie ou en
totalité, au cours de la période en question, ils peuvent être ajoutés au montant du principal en cours, ou ils
peuvent constituer une dette distincte supplémentaire encourue par le débiteur.
1.1 Intérêts sur dépôts, crédits, comptes à recevoir et à payer (SEC § 4.44 ; SCN § 7.96)
6.164 Définition Les intérêts à recevoir et à payer sur ces actifs et passifs financiers -dépôts, crédits,
comptes à recevoir et à payer- sont calculés en appliquant le taux d'intérêt ad hoc au principal en cours à
chaque date concernée de la période comptable.
1.21 Intérêts sur bons et sur instruments similaires à court terme (SEC § 4.45 ; SCN § 7.97 à 7.99)
6.165 Définitions Les bons sont des titres à court terme qui donnent au détenteur (le créancier) le droit
inconditionnel de recevoir une somme fixe à une date déterminée. Ils sont émis et négociés sur des marchés
organisés, avec un escompte qui dépend des taux d'intérêt à court terme en vigueur et de la date d'échéance.
En général, l'échéance des bons est comprise entre un mois et un an.
Soit L le prix payé pour un bon au moment de son émission : L représente le montant des fonds que
l'acquéreur (le créancier) procure à l'émetteur (le débiteur), et il mesure la valeur de la dette initiale encourue
par le débiteur. Soit F la valeur faciale du bon : F représente la somme payée au détenteur du bon (le
créancier) lorsqu'il arrive à échéance. La différence, F - L, ou escompte sur le bon, mesure les intérêts à
payer sur la durée de vie du bon.
Les bons sont négociés sur les marchés monétaires à une valeur qui augmente progressivement pour refléter
les intérêts courus sur les bons au fur et à mesure qu'ils approchent de l'échéance. L'augmentation de la
valeur d'un titre due à l'accumulation des intérêts courus ne constitue pas un gain de détention, puisqu'elle
est due à un accroissement du principal en cours et non à une variation du prix de l'actif.
6.166 Définitions Les obligations, garanties ou non, sont des titres à long terme qui donnent au porteur
le droit inconditionnel de recevoir :
- un revenu fixe ou variable spécifié contractuellement et payable sous forme de coupons ;
- une somme fixée à l'avance à une ou plusieurs dates déterminées auxquelles le titre est remboursé ;
- une combinaison entre les deux formules précitées.
Les montants des revenus monétaires fixes ou variables, ou coupons, exigibles au cours de la période
comptable sont traités comme des intérêts à recevoir par le créditeur et à payer par le débiteur.
Méthode d’évaluation Lorsqu'une obligation est émise au-dessous du pair, la différence entre la valeur
faciale, ou prix de remboursement, et le prix d'émission représente les intérêts rapportés par l'obligation au
cours de sa durée de vie, comme pour un bon. Cependant, les comptes étant élaborés pour des périodes
normalement beaucoup plus courtes que la durée de vie des obligations, il faut répartir les intérêts entre ces
périodes. La méthode à suivre est expliquée ci-dessous.
Si L est le prix d'émission et F le prix de remboursement, la différence F - L représente la valeur des intérêts
à payer et à recevoir sur la durée de vie de l'obligation. Ces intérêts doivent être répartis entre les années
jusqu'à l'échéance.
Méthode d’évaluation Une méthode envisageable pour répartir les intérêts à payer et à recevoir sur la de vie
de l’obligation consiste à faire l'hypothèse que les intérêts sont crédités à la fin de chaque année à un taux
annuel constant sur la durée de vie de l'obligation.
Les intérêts courus chaque année sont en fait réinvestis dans l'obligation par son détenteur. Par conséquent,
il faut enregistrer des écritures de contrepartie égales à la valeur des intérêts courus dans le compte financier
sous la forme d'une acquisition supplémentaire d'obligations par le détenteur et d'une émission
supplémentaire d'obligations par l'émetteur (débiteur).
* Autres obligations, y compris les obligations à prime d'émission élevée (SCN § 7.103)
Définitions La plupart des obligations procurent un revenu monétaire fixe ou variable. Elles peuvent
également être émises au-dessous du pair ou, éventuellement, assorties d'une prime.
Dans ces cas, les intérêts que doivent recevoir les détenteurs des obligations ont deux composantes :
(a) le montant de revenu monétaire à recevoir des coupons chaque période ;
plus
(b) le montant des intérêts courus chaque période, attribuables à la différence entre le prix de
remboursement et le prix d'émission.
Méthode d’évaluation Cette seconde composante est calculée de la même manière que pour les bons à
coupon zéro, décrite ci-dessus.
Cas particuliers Dans le cas des obligations à forte prime d'émission, le montant des revenus
monétaires payés chaque période est relativement faible et la majeure partie des intérêts est imputable à la
différence entre le prix de remboursement et le prix d'émission. A l'autre extrémité, il existe des obligations
qui procurent un flux perpétuel de revenus, et qui ne sont jamais remboursées.
Méthode d’évaluation Quand les coupons sont indexés, leur montant est intégralement traité comme des
intérêts à recevoir et à payer, comme le sont les intérêts à recevoir et à payer sur n'importe quel autre titre
donnant lieu au paiement d'un revenu variable convenu par contrat.
Quand la valeur du principal est indexée, la différence entre le prix de remboursement final et le prix
d'émission est traitée comme un montant d'intérêts courus sur la durée de vie de l'actif, comme pour un titre
dont le prix de remboursement est fixé à l'avance. En pratique, la variation, entre le début et la fin d'une
période comptable déterminée, de la valeur du principal en cours qui est due à l'évolution de l'indice utilisé
peut être traitée comme les intérêts courus sur cette période, qui viennent s'ajouter aux intérêts
éventuellement exigibles au cours de cette période. Les intérêts résultant de l'indexation sont en fait
réinvestis dans le titre, et cet investissement supplémentaire doit être enregistré dans les comptes financiers
du détenteur-porteur et de l'émetteur.
6.167 Définitions Les swaps sont des arrangements contractuels passés entre deux unités
institutionnelles qui s'accordent pour échanger des charges d'intérêt à payer dans le temps sur le même
montant d'endettement. Les swaps les plus courants portent sur les taux d'intérêt et les devises.
Les swaps de taux d'intérêt consistent à échanger des paiements d'intérêt de nature différente, par exemple :
- des paiements à taux fixe contre des paiements à taux flottant ou variable ;
- des paiements à taux flottant d'un certain type contre un autre ;
- des paiements à taux fixe dans une devise contre des paiements à taux flottant dans une autre devise.
Méthode d’évaluation Les flux de paiement d'intérêts résultant d'accords de swap doivent être enregistrés
nets des paiements entre les deux parties. Dans ce traitement, aucune des parties ne fournit un service à
l'autre, mais les paiements éventuellement effectués à des tiers, par exemple à des courtiers spécialisés, pour
organiser le swap sont enregistrés comme des achats de services.
Le traitement des swaps est actuellement en cours de révision sur le plan international.
Cas particuliers Le même principe s'applique aux opérations effectuées dans le cadre d'accords de
taux futurs (FRA : Forward Rate Agreement). Par ces arrangements, deux parties, afin de se protéger contre
les variations de taux d'intérêt, se mettent d'accord sur un taux d'intérêt à payer à une date de règlement
déterminée sur un montant nominal de principal qui n'est jamais échangé. Le seul paiement qui a lieu porte
sur la différence entre le taux qui a été convenu dans le FRA et le taux du marché en vigueur à la date du
règlement. L'acheteur du FRA reçoit un versement du vendeur si le taux en vigueur dépasse le taux convenu,
tandis que le vendeur reçoit un versement de l'acheteur si le taux convenu dépasse le taux en vigueur. Ces
règlements seront enregistrés comme des intérêts à payer et à recevoir.
Comme celui des swaps, le traitement des accords de taux futurs est actuellement en cours de révision sur le
plan international.
Interprétation Dans le Système, pour rendre compte des relations économiques nées avec ce contrat, l'actif
fixe est traité comme s'il était acheté par le preneur, et non par le bailleur, à l'aide de fonds fournis par ce
dernier. Pour le Système le bailleur accorde au preneur un prêt égal à la valeur du prix d'acquisition de
l'actif, ce prêt étant remboursé progressivement et en totalité sur la durée de la location.
Méthode d’évaluation Pour le Système, le loyer payé, chaque période, par le preneur a deux composantes :
- la première est le remboursement du principal ;
- la seconde (solde) est traitée comme un versement d'intérêts.
Le taux d'intérêt sur le prêt imputé est implicitement déterminé en calculant le rapport entre le total des
loyers payés pendant la durée de vie du bail (le prêt pour le système) et le prix d'acquisition de l'actif. Il est
calculé au moyen des formules d’actualisation habituelles.
Sous l’hypothèse d’un loyer constant d'une période à l'autre, la part correspondant aux intérêts diminue
progressivement au cours de la durée de vie du bail, au fur et à mesure du remboursement du principal.
L'emprunt initial contracté par le preneur, et les remboursements ultérieurs du principal sont enregistrés dans
les comptes financiers du preneur et du bailleur. Les paiements d'intérêts sont enregistrés sous D41 dans les
comptes respectifs de distribution primaire du revenu du preneur et du bailleur.
2. Enregistrement de l’opération D41 (SEC § 4.50 à 4.52 ; SCN § 7.94 et 7.95, 7.109 à 7.111)
6.171 Moment d'enregistrement Les intérêts (D41) sont comptabilisés sur la base des droits et
obligations, c'est-à-dire qu'ils échoient de façon continue aux créanciers sur le montant du principal en
cours. Les intérêts courus correspondent au montant à recevoir par le créancier et à payer par le débiteur. Le
montant des intérêts courus peut différer non seulement du montant des intérêts effectivement payés pendant
une période donnée, mais aussi du montant exigible pour cette période. Certains instruments financiers sont
conçus de telle façon que le débiteur est obligé d'effectuer des versements réguliers d'intérêts, période après
période, au fur et à mesure que les intérêts courent, mais dans d'autres cas, il n'y a pas d'obligation de ce
type.
Certains instruments financiers, comme les bons et les obligations à coupon zéro, sont tels que le débiteur
n'est pas tenu d'effectuer de paiement au créancier avant que l'actif n'arrive à échéance. En fait, aucun intérêt
n'est exigible avant la fin de la vie de l'actif, moment auquel le débiteur se libère de sa dette par un
versement unique, qui couvre à la fois le montant des fonds fournis à l'origine par le créancier et les intérêts
accumulés sur toute la durée de vie de l'actif.
Dans le Système, les intérêts courus pendant chaque période comptable doivent être enregistrés, qu'ils soient
ou non effectivement versés ou ajoutés au principal en cours. Lorsque les intérêts ne sont pas payés,
l'accroissement du principal doit aussi être enregistré dans le compte financier, comme une nouvelle
acquisition de ce type d'actif financier par le créancier, et comme un accroissement égal de la dette du
débiteur.
6.172 Comptabilisation Les intérêts (D41) sont enregistrés bruts avant déduction des impôts qui les
frappent. La retenue à la source ou, le cas échéant, le prélèvement libératoire sont un revenu du créancier qui
est réputé reverser l'impôt au Trésor. Le cas échéant, les intérêts reçus et payés sont toujours comptabilisés
6.176 Définition Les dividendes (D421) constituent une forme de revenu de la propriété à laquelle ont
droit les actionnaires qui ont mis des capitaux (AF.5) à la disposition d'une société. L'émission d'actions
constitue pour une société une façon de se procurer des fonds en n’ayant pas recours à l'emprunt.
Contrairement au capital emprunté, le capital-actions ne donne pas naissance à une dette fixe en termes
monétaires ; il ne donne pas aux porteurs des actions le droit de percevoir un revenu fixe ou pré-défini.
6.177 Contenu Les dividendes (D421) sont les produits des actions, parts sociales et titres de
participation répartis entre actionnaires ou associés, y compris les versements des filiales aux sociétés-
mères, les redistributions de résultats effectuées par les coopératives à leurs adhérents, les produits et
revenus de titres ou valeurs détenus par l'Etat au titre de ses participations financières etc.
6.178 Frontière • Les actions distribuées aux actionnaires en paiement du dividende de l'exercice sont
incluses dans l’opération D421. Sont toutefois exclues les actions gratuites distribuées aux actionnaires
proportionnellement à leur apport et représentant la capitalisation de fonds propres sous la forme de réserves
et de bénéfices non distribués.
• Les dividendes que les organismes de placement collectif (OPC) tirent de leurs placements et qui sont
attribués aux actionnaires, même s'ils sont capitalisés, font partie de l’opération D421. N'en font pas partie
les gains ou pertes de détention sur les instruments financiers appartenant aux organismes de placement
collectif qui ne sont pas enregistrés comme revenus de la propriété.
6.179 Moment d'enregistrement Les dividendes (D421) sont enregistrés en théorie au moment où ils
doivent être payés, c'est-à-dire distribuables, ainsi que déterminé par l'entreprise. Ce moment est
nécessairement postérieur à l'exercice qui a permis de dégager un bénéfice à distribuer.
6.181 Comptabilisation Les dividendes (D421) sont comptabilisés bruts avant déduction des impôts
qui les frappent. La retenue à la source, le prélèvement libératoire ou l’avoir fiscal (Cf. D5 § 6.254 à 6.257
et Encadré VI-06) qui leurs sont, le cas échéant, attachés sont un revenu du créancier qui est censé reverser
l'impôt au Trésor.
6.182 Définition Les autres revenus distribués des sociétés (D423) sont les montants que les
entrepreneurs prélèvent effectivement pour leurs propres besoins sur les bénéfices réalisés par les quasi-
sociétés qui leur appartiennent.
Interprétation Bien qu'une quasi-société soit traitée dans le système comme si elle était une société, elle ne
peut pas distribuer de revenus en versant des dividendes à son propriétaire. Néanmoins, le propriétaire, ou
les propriétaires, d'une quasi-société peut décider de prélever une partie ou la totalité du revenu d'entreprise.
D'un point de vue conceptuel, le prélèvement de ce revenu est équivalent à la distribution du revenu d'une
société au moyen de dividendes, et il est traité comme si c'était un type de dividende. Il doit être identifié de
façon à pouvoir distinguer le revenu de la quasi-société de celui de son propriétaire.
6.183 Comptabilisation Les autres revenus distribués des sociétés (D423) sont à enregistrer avant
déduction des impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc., lesquels sont réputés être toujours payés par
les propriétaires.
6.184 Lorsqu'une quasi-société réalise des bénéfices d'exploitation, l'unité qui en est propriétaire peut lui
en laisser, en partie ou en totalité, la disposition, notamment à des fins d'investissement. Ces revenus laissés
à la disposition des quasi-sociétés apparaissent comme une épargne propre de ces dernières, seuls les
bénéfices effectivement prélevés par les unités propriétaires sont comptabilisés dans l’opération autres
revenus distribués des sociétés (D423).
6.185 Cas particulier Dans le cas où des actifs immobiliers détenus par des unités non-résidentes
seraient utilisés pour la production d'un service de location de biens immobiliers, les revenus nets produits
sont transférés de la quasi-société résidente fictive, productrice du service, au propriétaire non-résident et
sont considérés comme des autres revenus distribués des sociétés (D423). L’opération D423 inclut donc
l'excédent net d'exploitation que reçoivent les résidents en tant que propriétaires de terrains et bâtiments
situés dans le Reste du Monde et les non-résidents en tant que propriétaires de terrains et de bâtiments situés
29
Dans le TEE, les dividendes (D421) n’apparaissent pas en tant que tels dans le compte de l’économie nationale, seuls les revenus distribués des
sociétés (D42), sont enregistrés en emplois et en ressources du compte d’affectation des revenus primaires.
Enregistrements induits La valeur locative des logements occupés par leurs propriétaires à l'étranger
est comptabilisée en importation de services, l'excédent net d'exploitation correspondant étant traité comme
des revenus primaires reçus du Reste du Monde; la valeur locative des logements de propriétaires-occupants
non-résidents est enregistrée en exportation de services, l'excédent net d'exploitation correspondant étant
considéré comme des revenus primaires versés au Reste du Monde.
6.186 Frontière Lorsque les bénéfices sont réalisés dans le Reste du Monde par des succursales,
agences, bureaux ou autres, d'entreprises résidentes, pour autant que ceux-ci soient considérés comme des
unités non-résidentes, les revenus non distribués sont comptabilisés comme bénéfices réinvestis des
investissements directs étrangers (D43). Seuls les revenus effectivement transférés à l'entreprise mère sont
comptabilisés comme Autres revenus distribués des sociétés (D423) reçus du Reste du Monde. Un
traitement symétrique est suivi pour retracer les relations entre les succursales, agences, bureaux ou autres
opérant dans le pays et les entreprises mères non-résidentes dont ils dépendent.
Nota : les autres revenus distribués des sociétés (D423) excluent les transferts de revenus relatifs à des
grands chantiers à l’étranger qui sont enregistrés sous D422 Prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés.
6.187 Exclusion Les autres revenus distribués des sociétés (D423) ne comprennent pas :
- les prélèvements de fonds réalisés par la vente ou la cession des actifs de la quasi-société : par exemple, la
vente de stocks, d'actifs fixes, de terrains ou d'autres actifs non produits ; ces ventes sont enregistrées
comme des cessions dans le compte de capital de la quasi-société, et le transfert de fonds qui en résulte est
enregistré comme un prélèvement sur le capital des quasi-sociétés dans les comptes financiers de la quasi-
société et de son (ses) propriétaire(s) ;
- les fonds prélevés à la suite de la liquidation de montants importants d'épargne accumulée non distribuée
ou d'autres réserves de la quasi-société, y compris des provisions pour consommation de capital fixe ; ils
sont traités comme des prélèvements sur le capital. De façon symétrique, les fonds fournis par le(s)
propriétaire(s) d'une quasi-société pour acquérir des actifs ou réduire ses passifs doivent être traités comme
des accroissements du capital de la quasi-société. De même qu'il ne peut pas y avoir de distribution négative
du revenu d'entreprise d'une société sous forme de dividendes négatifs, il ne peut pas y avoir de distribution
négative du revenu d'entreprise des quasi-sociétés sous forme de prélèvements négatifs. Cependant, si la
quasi-société appartient à une administration publique et qu'elle connaît un déficit d'exploitation persistant
consécutif à un choix délibéré de politique économique et sociale, tout transfert de fonds effectué
régulièrement par l'administration publique à l'entreprise pour couvrir ses pertes doit être traité comme une
subvention (Cf. D319 § 6.122).
6.189 Moment d'enregistrement Les autres revenus distribués des sociétés (D423) sont enregistrés au
moment où ils sont effectués par les propriétaires.
30
Investissements immobiliers autres que l'acquisition d'une résidence secondaire pour sa jouissance exclusive. Dans ce cas l'unité résidente fictive
ne peut être qu'un ménage. Son passif ne peut être considéré comme "Autres participations" mais doit être traité en prêt à long terme. Toutefois tous
les investissements immobiliers des non-résidents sont, en pratique, traités en "autres participations".
31
Jusqu’en 1993 étaient également comptabilisés les bénéfices nets de l'exploitation des Postes et Télécommunication affectés aux recettes du
Budget Général.
6.191 Définition Sont enregistrés sous D422 "prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés" les
revenus transférés aux sociétés et quasi-sociétés résidentes provenant des grands chantiers de bâtiment,
génie civil et agricole, dans le Reste du Monde et, le cas échéant, les flux symétriques.
Interprétation Le classement des transferts de revenus relatifs à des grands chantiers à l’étranger sous D422
présente l’avantage de les inclure dans le montant du revenu national33.
6.192 Moment d'enregistrement Les prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés (D422) sont
enregistrés au moment où ils sont effectués par les propriétaires.
6.193 Enregistrement Les prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés (D422) sont enregistrés :
- en emplois du compte d'affectation des revenus primaires des secteurs où sont classées les quasi-sociétés ;
- en ressources du compte d'affectation des revenus primaires des secteurs propriétaires ;
- en emplois et en ressources du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, les prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés (D422) sont enregistrés en emplois et en
ressources du compte d’affectation des revenus primaires de l’économie nationale34.
6.194 Méthode d’évaluation et application Les transferts de revenus relatifs à des grands chantiers à
l’étranger sont évalués à partir de la rubrique "Grands Travaux" de la Balance des Paiements. Ils constituent
une ressource pour le compte de revenu d'affectation des revenus primaires des sociétés non financières, un
emploi du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde.
6.196 Définition Une entreprise d'investissements directs étrangers est une entreprise, constituée ou
non en société, dans laquelle un investisseur étranger a réalisé un investissement direct. Une entreprise
d'investissements directs étrangers peut être :
32
Dans le TEE, les autres revenus distribués des sociétés (D423) n’apparaissent pas en tant que tels dans le compte de l’économie nationale, seuls les
revenus distribués des sociétés (D42), sont enregistrés en emplois et en ressources du compte d’affectation des revenus primaires.
33
En base 80, ils étaient classés en transferts courants divers ce qui les excluaient de l’évaluation de cet agrégat.
34
Dans le TEE, les prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés (D422) n’apparaissent pas en tant que tels dans le compte de l’économie
nationale, seuls les revenus distribués des sociétés (D42), sont enregistrés en emplois et en ressources du compte d’affectation des revenus primaires.
6.198 Le revenu d'entreprise d'une entreprise d'investissements directs étrangers peut faire l'objet d'une
distribution effective sous la forme de dividendes (D421) ou de prélèvements sur les revenus d'une quasi-
société (D43).
Dans le Système, les bénéfices non distribués sont traités comme étant distribués et transférés aux
investisseurs directs étrangers proportionnellement à leur participation dans le capital de l'entreprise pour
être ensuite réinvestis par eux. En d'autres termes, deux enregistrements supplémentaires sont nécessaires
dans les comptes des entreprises et de leurs propriétaires étrangers : d'une part, le versement imputé des
bénéfices non distribués (D43), d'autre part, le réinvestissement imputé de ces bénéfices (F5). Dans le
Système, le versement imputé de ces bénéfices non distribués est classé comme une forme de revenu
distribué (sous D43) qui est distinct, et complémentaire, des paiements effectifs de dividendes ou de revenus
prélevés sur les quasi-sociétés. Les bénéfices réinvestis d'investissements directs étrangers peuvent être
positifs ou négatifs.
6.197 Méthode d’évaluation Les bénéfices "non distribués" réinvestis d’investissements directs
étrangers (D43) se calculent comme suit :
• excédent d'exploitation de l'entreprise d'investissements directs étrangers ;
• plus les revenus de la propriété ou les transferts courants à recevoir ;
• moins les revenus de la propriété ou les transferts courants à payer, y compris les versements effectifs aux
investisseurs étrangers, et les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc., à payer par l'entreprise
d'investissements directs étrangers.
Les bénéfices non distribués sont donc égaux au revenu d'entreprise de l'entreprise d'investissements directs
étrangers, plus ou moins les transferts courants à recevoir et à payer, y compris les impôts courants à payer
sur le revenu, le patrimoine, etc.
Si l'entreprise d'investissements directs étrangers appartient en totalité à un seul investisseur direct étranger
(c'est le cas, par exemple, d'une succursale d'une entreprise étrangère), la totalité des bénéfices non
distribués est censée être d'abord versée à cet investisseur, et ensuite réinvestie par lui, auquel cas l'épargne
de l'entreprise doit être nulle. Lorsqu'un investisseur direct étranger ne détient qu'une partie du capital de
l'entreprise d'investissements directs, le montant qui est censé être versé à l'investisseur étranger, pour
ensuite être réinvesti par lui, est proportionnel à sa participation dans le capital.
6.199 Moment d'enregistrement Les bénéfices réinvestis d'investissements directs étrangers (D43) sont
enregistrés au moment où ils sont générés par l'entreprise d'investissements directs étrangers.
Interprétation Les réserves techniques détenues par les entreprises d'assurance se composent :
- des réserves mathématiques pour risques en cours relatives aux polices d'assurance-vie -y compris les
réserves pour participation des assurés aux bénéfices- qui s'ajoutent à la valeur à l'échéance des assurances à
capital différé avec participation aux bénéfices ou des assurances analogues ;
- des réserves-primes et des réserves-sinistres.
Bien que les réserves techniques soient détenues et gérées par les entreprises d'assurance, elles le sont pour
le compte des assurés, ou pour le compte des bénéficiaires, dans le cas des réserves-sinistres.
Dans le Système, les réserves sont donc considérées comme des actifs des assurés ou des bénéficiaires, et
comme des passifs des entreprises d'assurance. Dans les comptes financiers, les créances des détenteurs de
polices d'assurance-vie et d'assurance-dommages sur les entreprises d'assurance sont qualifiées de droits des
ménages sur les réserves d'assurance-vie et sur les fonds de pension, de réserves-primes et de réserves-
sinistres.
Les réserves techniques d'assurance sont investies par les entreprises d'assurance de différentes manières.
Elles sont communément utilisées pour acquérir des actifs financiers, des terrains ou des bâtiments. Les
entreprises d'assurance perçoivent des revenus de la propriété de ces actifs financiers et de ces terrains ; elles
tirent un excédent net d'exploitation de la location de bâtiments résidentiels ou d'autres bâtiments. Les
revenus primaires totaux qu'elles reçoivent ainsi du placement des réserves techniques d'assurance, sont
qualifiés de revenus de placement35. Ils ne comprennent donc pas les revenus éventuellement tirés du
placement des actifs propres des entreprises d'assurance.
6.202 Comme les réserves techniques sont des actifs qui appartiennent aux assurés, les revenus de
placement reçus par les entreprises d'assurance doivent apparaître dans le Système comme étant versés par
celles-ci aux assurés. Les revenus payés de cette façon aux assurés par les entreprises d'assurance sont
qualifiés de revenus de la propriété attribués aux assurés (D44). Ces revenus sont, en pratique, conservés par
les entreprises d'assurance. Dans le Système, ils sont donc traités comme s'ils étaient remboursés aux
entreprises d'assurance sous forme de suppléments de primes, qui viennent s'ajouter aux primes effectives à
payer dans les conditions des polices d'assurance.
Les suppléments de primes sur les polices d'assurance-dommages classique, les suppléments de cotisations
sur les polices d’assurance-dommages ou d’assurance-vie contractées dans le cadre de régimes privés
d’assurance sociale, participent à l’évaluation des primes nettes d’assurance-dommages (D71) et cotisations
effectives (D611) enregistrées dans les comptes de distribution secondaire du revenu des unités assurées. Ils
viennent s’ajouter respectivement aux primes effectives à payer dans les conditions des polices d’assurance
ou aux cotisations appelées.
Les suppléments de primes sur les assurances-vie individuelles contractées en dehors d'un régime
35
Les revenus que les entreprises d'assurance tirent du placement des réserves techniques sont normalement enregistrés dans leur compte de
distribution primaire du revenu. Les excédents nets d'exploitation tirés de l'activité de location de bâtiments sont enregistrés dans le compte
d'exploitation, tandis que les revenus de la propriété provenant des investissements en actifs financiers ou en terrains apparaissent dans le compte
d'affectation du revenu primaire. Un montant égal à la valeur totale des revenus de placement est alors inscrit en emplois du compte d'affectation du
revenu primaire, comme étant à payer aux assurés en tant que revenus de la propriété attribués aux assurés (D44). Ainsi, le solde des revenus
primaires et le revenu disponible des entreprises d'assurance ne sont pas influencés par le montant des revenus tirés du placement des réserves
techniques.
6.203 Moment d'enregistrement Les revenus de la propriété attribués aux assurés (D44) sont
enregistrés au moment où ils sont générés.
6.204 Enregistrement • Les revenus de la propriété attribués aux assurés (D44) sont enregistrés :
- en ressources du compte d'affectation des revenus primaires des assurés ;
- en emplois du compte d'affectation des revenus primaires des sociétés d'assurance ;
- en ressources et en emplois du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, les revenus de la propriété attribués aux assurés (D44) sont enregistrés en emplois et en
ressources du compte d’affectation des revenus primaires de l’économie nationale.
6.206 Au sein de l’opération D45, le SEC dénombre deux catégories de revenus distincts, les revenus des
terrains et les revenus des gisements.
1.1 Revenus des terrains (SEC § 4.72 et 4.73 ; SCN § 7.128 à 7.131)
6.207 Définition Le revenu que reçoit un propriétaire foncier d'un locataire constitue une forme de
revenu de la propriété.
Cette opération inclut également les revenus à payer aux propriétaires des rivières et plans d'eau pour avoir
le droit de les utiliser à des fins récréatives ou autres, notamment la pêche.
Moment d’enregistrement Le revenu des terrains est enregistré sur la base des droits et obligations, c'est-
à-dire que le loyer est traité comme revenant de façon continue au propriétaire foncier tout au long de la
durée du contrat convenu entre le propriétaire et le locataire. Le revenu des terrains enregistré pour une
période comptable déterminée est donc égal à la valeur des loyers à payer accumulés au cours de cette
période, par opposition au montant des loyers dus (qui peuvent inclure des provisions) pour cette période ou
des loyers effectivement payés.
36
Cf. D7 Encadré VI-10 "Réserves techniques d’assurance".
6.208 Frontière En principe, les revenus des terrains ne comprennent pas les loyers des bâtiments et
logements qui y sont situés. Ceux-ci sont considérés comme paiement d'un service marchand fourni par le
propriétaire au locataire du bâtiment ou du logement et sont comptabilisés dans la consommation
intermédiaire ou finale de l'unité locataire. S'il n'existe aucune méthode objective permettant de décomposer
le loyer global entre le loyer d'un terrain et le loyer du bâtiment qui s'y trouve, la totalité du montant sera
considérée comme un revenu de terrain lorsque la valeur du terrain sera supposée supérieure à celle du
bâtiment, et comme un loyer de bâtiment dans le cas contraire.
6.209 Application Dans le SFCN, l’opération D45 recouvre les revenus des terres agricoles (fermages
notamment) et non agricoles (droits d’occupation du domaine public).
• Revenus des terres agricoles - Les revenus des terres agricoles comprennent stricto-sensu les loyers relatifs
aux terrains : loyers des terres et bâtiments incorporés effectivement dus aux propriétaires. Il n’a pas été
possible en pratique de séparer le loyer du terrain et des bâtiments agricoles de celui du logement quand la
location d'une ferme inclut celle d'un logement. Les revenus des terres agricoles enregistrés correspondent
donc à l'ensemble des fermages et métayages37. Dans le cadre du métayage ou de situations analogues, la
valeur du revenu des terres agricoles à payer n'est pas fixée à l'avance en termes monétaires ; elle est
mesurée par la valeur aux prix de base des récoltes que le métayer est tenu de fournir au propriétaire foncier
en vertu du contrat qu'ils ont passé.
• Revenus des terres non agricoles - Ils comprennent des loyers et redevances de concession dus pour
l'utilisation des terres non agricoles : redevances d'exploitation de zones forestières et de lieux de pêche,
droits de construction de bâtiments et de voies de communication, redevance d'occupation du domaine
public (terrasses des cafés, concessions dans les cimetières etc.).
6.210 Définition du SEC § 4.74 Cette opération inclut les redevances perçues par les propriétaires de
gisements de minéraux et de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) en échange de leur
location pendant une période déterminée à d'autres unités institutionnelles qui souhaitent les prospecter ou
les exploiter.
6.211 Application En France, les sous-sols sont juridiquement la propriété de l’Etat, mais les permis
d’exploiter sont accordés gratuitement. L’opération D45 du SFCN n’inclut donc pas de "revenus de
gisements".
6.212 Moment d'enregistrement Les revenus des terrains et gisements (D45) sont comptabilisés au
cours de la période pendant laquelle ils sont dus, à défaut peut être utilisé le moment où ils sont payés.
37
Les fermages et métayages sont comptabilisés nets des impôts fonciers, ceux-ci étant à la charge du locataire-exploitant.
6.215 Dans le SEC, l’ajustement pour SIFIM (codé P119) est enregistré dans le compte du revenu
d’entreprise et dans le compte d’affectation des revenus primaires des sociétés financières38. Il est exclu de
l’opération D4 qui s’obtient par sommation des seules opérations D41, D42, D43, D44, D45.
Dans les comptes économiques intégrés, il est toujours enregistré sous le code P119. Dans le compte de
production, il apparaît dans la consommation intermédiaire de l’unité fictive en emplois pour un montant
positif. Il est donc inclus dans le calcul des consommations intermédiaires de l’économie nationale39. Dans
le compte d’affectation des revenus primaires il est enregistré en ressources négatives des sociétés
financières40. Pour l’économie nationale, le montant de l’ajustement pour SIFIM enregistré dans le compte
d’affectation des revenus primaires est nul ; l’ajustement négatif comptabilisé dans le compte des sociétés
financières vient annuler l’ajustement pour SIFIM positif enregistré en ressources dans la colonne "unité
fictive"41.
6.216 Application - méthode d’évaluation Le SFCN se distingue du SEC sur le point suivant.
L’ajustement pour SIFIM (D4A) est égal au montant de la production de service d’intermédiation financière
indirectement mesuré (SIFIM : P11942) majoré par le montant de la TVA non déductible frappant l’activité
de crédit bail.
38
Cf. SEC - Annexe IV : Nomenclatures et comptes, Tableau [Link].4 séquence complète des comptes des sociétés financières.
39
Elles se calculent de la façon suivante : consommations intermédiaires des secteurs résidents plus consommations intermédiaires de la branche
fictive (enregistrée positivement).
40
Cf. SEC Tableau 8.4 "compte d’affectation des revenus primaires"
41
Dans le SEC, dans la colonne "unité fictive", l’ajustement pour SIFIM (P119) est enregistré dans le compte de production en emplois pour un
montant positif, dans le compte d’affectation des revenus primaires en ressources pour un montant positif.
42
Le SFCN utilise le code P119 uniquement pour enregistrer la production de service d’intermédiation financière indirectement mesuré (SIFIM).
Cette dernière est une composante de la production des institutions financières (S12A). Sa mesure se distingue de celle de l’ajustement pour service
d’intermédiation financière indirectement mesuré (D4A) car, comme toutes les évaluations de la production dans le Système, elle est établie en
excluant les impôts sur les produits c’est-à-dire ici hors TVA.
• Le tableau VI-09 présente les correspondances entre les nomenclatures du SFCN et du SEC.
SFCN SEC
D42 Revenus distribués des sociétés D.42 Revenus distribués des sociétés
D43 Bénéfices réinvestis d'investissements directs D.43 Bénéfices réinvestis d'investissements directs
étrangers étrangers
D44 Revenus de la propriété attribués aux assurés D.44 Revenus de la propriété attribués aux assurés
Pour mémoire : D4A Ajustement SIFIM Pour mémoire : P.119 Ajustement SIFIM
6.218 Définition du SEC § 4.77 Les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5)
comprennent tous les versements obligatoires, sans contrepartie, en espèces ou en nature, prélevés
périodiquement par les administrations publiques (S13) ou par le Reste du Monde (S2) sur le revenu et le
patrimoine des unités institutionnelles, ainsi que certains impôts périodiques qui ne sont basés ni sur le
revenu, ni sur le patrimoine.
6.219 Contenu Les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5) regroupent les impôts sur
les revenus (D51) et les autres impôts courants (D59).
La nomenclature du SFCN se distingue de celle du SEC car elle ne retient pas, pour un contenu et une
définition équivalente, le même intitulé à l’opération D51. La dénomination "impôts sur les revenus" est
utilisée en lieu et place de l’intitulé du SEC "impôts sur le revenu", pour éviter tout quiproquo avec l’impôt
sur le revenu (IR) qui dans la législation fiscale française concerne les revenus des personnes physiques (Cf.
§ 6.238 à 6.241).
6.221 Moment d'enregistrement Les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5), sont
enregistrés au moment où ils sont dus, soit au moment où ont lieu les activités, opérations ou autres faits
donnant naissance à la créance fiscale.
6.222 Montant à enregistrer En pratique, le Système ne comptabilise les montants dus que s'ils
sont matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout document probant créant pour le contribuable une
obligation incontestable de payer l'impôt (avis de mise en recouvrement, etc.).
Certaines activités économiques, opérations ou faits qui, en vertu de la législation fiscale, imposent aux
unités concernées d'acquitter l'impôt, échappent systématiquement à l'observation des autorités fiscales. Il
n’est pas réaliste de partir de l'hypothèse que ces activités, opérations ou faits engendrent des actifs ou
passifs financiers sous la forme de montants à payer ou à recevoir.
Les impôts non matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout document probant créant pour le
contribuable une obligation incontestable de payer l'impôt ne sont a priori pas imputés "dus" par le
Système ; ils sont enregistrés à la date ultime à laquelle ils peuvent être payés sans pénalité, assimilable au
moment où ils sont versés, et pour le montant du versement.
6.223 Enregistrements induits Les impôts matérialisés par un rôle, une déclaration ou tout autre
document équivalent, qui ne sont jamais versés (pour cause de faillite par exemple) sont d'abord enregistrés
comme s'ils avaient été effectivement acquittés dans l’opération D5. Le SFCN enregistre alors une
43
Modifié par le règlement du Conseil n°37/2000 du 26 juin 2000, Cf. Manuel SEC-95 pour le déficit public et la dette publique. Edition 2000.
44
Les frais d’assiette facturés par l’Etat concernent principalement les impôts locaux.
6.224 Interprétation - cas limite Si l'obligation d'acquitter l'impôt sur le revenu ne peut être établie
qu'au cours d'une période comptable ultérieure à celle ayant donné naissance à la créance fiscale entrent en
conflit les principes régissant le moment et le montant d’enregistrement. Le moment d’enregistrement peut
encore être interprété comme la date ultime à laquelle l’impôt peut être payé sans pénalité, le montant
enregistré reposant sur le document définissant l’impôt à payer.
Ainsi, les impôts sur le revenu prélevés à la source (précompte fiscal, impôts précomptés) peuvent être
enregistrés au cours de la période pendant laquelle ils sont versés, alors qu’une créance fiscale définitive sur
le revenu peut l'être au cours de la période au cours de laquelle elle est établie.
6.225 Application En pratique dans le SFCN, le moment d’enregistrement est la date ultime à laquelle
les impôts sur le revenu, le patrimoine, etc. sont payés sans pénalités. Le montant d’enregistrement est le
montant versé sauf pour les impôts sur rôle. Pour ces derniers (principalement l’impôt sur le revenu,
marginalement l’impôt sur le bénéfice des sociétés) les montants enregistrés sont les émissions (nettes
d’éventuels dégrèvements) et non les recettes effectivement perçues par les services en charge du
recouvrement.
6.228 Contenu Dans le SFCN, les impôts sur les revenus (D51) sont des impôts et taxes ou des
recettes non fiscales, perçus au profit de l’Etat (S13111), des organismes divers d’administration
centrale (S13112), des administrations publiques locales (S1313) ou de sécurité sociale (S13141), qu’ils
soient collectés directement par les administrations bénéficiaires ou par l’intermédiaire de l’Etat pour le
compte de ces dernières.
6.229 Interprétation D’un point de vue économique, un impôt est un versement sans contrepartie
prédéterminée pour le contribuable, qui vise à couvrir les dépenses publiques et la réalisation d’objectifs
économiques et sociaux fixés par la puissance publique. Les impôts se distinguent des cotisations sociales
qui, tout en étant des versements sans contrepartie prédéterminée, ouvrent à ceux qui les versent et à leurs
ayants droits, des droits à des prestations sociales. En cela, elles sont dans le domaine de l’assurance sociale,
l’équivalent des primes de l’assurance classique. Cependant, les nécessités du financement de la Sécurité
6.230 Exclusion Les gains réalisés à l’occasion de la participation à des jeux de hasard ne constituent
pas des revenus imposables à l’impôt sur le revenu dans la législation fiscale française. Ils peuvent
néanmoins faire partie de l’assiette des contributions sociales (CRDS, CSG).En général, seule est taxée la
participation à ces jeux, au travers des sommes engagées, par différents droits de timbre qui sont des autres
impôts sur les produits D214 (Cf. D2 § 6.81).
6.231 Evaluation L’évaluation des impôts sur les revenus repose principalement sur les données
fiscales. Elle s’en écarte cependant en raison du moment d’enregistrement retenu dans le Système -droits
constatés- et du traitement de l'avoir fiscal (Cf. D51 § 6.254 à 6.257 et Encadré VI-06).
6.232 Contenu Les impôts sur les revenus hors contributions sociales regroupent l’impôt sur le
revenu et l’impôt sur le bénéfice des sociétés et les prélèvements équivalents (impôts, taxes, recettes non
fiscales) acquittés par les ménages ou les sociétés qui ne sont pas pré-affectés à la couverture collective des
besoins sociaux (Cf. § 6.246).
6.233 Champ L'impôt sur le bénéfice des sociétés (dit impôt sur les sociétés - IS) est prélevé sur l'ensemble
des bénéfices ou revenus réalisés par les sociétés de capitaux et autres personnes morales désignées à
l'article 206 du Code Général des Impôts.
45
Auxquelles sont assimilées fiscalement les sociétés par actions simplifiées.
6.234 Application. Dans le SFCN, à l’exclusion du secteur des ménages, tous les secteurs institutionnels
peuvent acquitter l’impôt sur le bénéfice des sociétés.
6.235 Assiette Le bénéfice imposable est le bénéfice net, établi à partir des résultats d'ensemble des
opérations de toutes natures effectuées par les entreprises, y compris les cessions d'éléments d'actifs. L'impôt
sur les sociétés comprend notamment l'impôt relatif aux plus values à long terme auxquelles des taux
spécifiques sont appliqués.
Territorialité Seuls sont pris en compte les bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France,
ainsi que ceux dont l'imposition est attribuée à la France en vertu d'une convention internationale sur la
double imposition. Il en résulte que les bénéfices réalisés par une société française dans des entreprises
exploitées à l’étranger ne sont pas soumis à l’impôt sur le bénéfice des sociétés et qu’une société étrangère
est imposable à l’IS à raison des bénéfices tirés des entreprises qu’elle exploite en France.
6.236 Enregistrement : Moment L’impôt sur le bénéfice des sociétés est enregistré au moment où il est
dû, c’est-à-dire à la date ultime à laquelle il est payé sans pénalité. En pratique, chaque acompte est
enregistré à la date ultime à laquelle il est dû.
Montant L’impôt sur le bénéfice des sociétés est calculé et payé spontanément par les sociétés selon
un système d’acomptes provisionnels qui fait l’objet de régularisations lorsque les résultats de l’exercice
sont établis de façon définitive. En conséquence, pour le SFCN le fait générateur de l’impôt est son calcul,
aussi l’impôt sur les sociétés dû enregistré dans le Système en D51 est l’impôt payé.
Cas particulier L’impôt sur le bénéfice des sociétés dû par les sociétés à la suite d’un redressement
fiscal fait l’objet d’un rôle. Dans ce cas, le montant de l’impôt sur les sociétés enregistré en D51 est évalué à
partir des émissions (nettes des dégrèvements) et non des recettes effectivement perçues par l’Etat.
6.237 Evaluation Compte tenu de la règle d’enregistrement de l’impôt sur le bénéfice des sociétés et du
traitement de l'avoir fiscal (Cf. Encadré VI-06 et D51 § 6.254 à 6.257), le montant de l'impôt sur les sociétés,
repris dans les comptes en D51, est distinct de l’impôt sur le bénéfice des sociétés enregistré par la
comptabilité publique, comme de celui enregistré comme dû par les comptabilités privées.
6.238 Définition L'impôt sur le revenu (IR) est un impôt annuel unique qui frappe le revenu net global
des personnes physiques (Article 1 du Code Général des Impôts).
Le revenu net global servant d'assiette à l'impôt sur le revenu peut être constitué des catégories de revenus
suivantes :
- salaires (y compris avantages en nature), traitements, indemnités et émoluments ;
- pensions et rentes viagères ;
- revenus fonciers ;
- bénéfices des professions non commerciales ;
- bénéfices industriels et commerciaux (non assujettis à l’impôt sur le bénéfice des sociétés) ;
- rémunérations des dirigeants de sociétés ;
- revenus des capitaux mobiliers ;
- bénéfices agricoles ;
- profits immobiliers (marchands de bien, lotisseurs, opérations de construction...) ;
- plus-values de cession.
Nota : Pour certains revenus (notamment les produits des placements à revenu fixe) ou pour les non-
résidents, une retenue à la source ou un prélèvement forfaitaire (ou éventuellement les deux) peuvent se
substituer à l’impôt sur le revenu (Cf. § 6.244).
6.239 Application Tous les secteurs institutionnels peuvent acquitter l’impôt sur le revenu.
6.241 Evaluation Le montant de l'impôt sur le revenu enregistré en D51 est supérieur à l'impôt sur le
revenu enregistré par les statistiques fiscales. La différence repose sur l'avoir fiscal utilisé par les ménages
pour s'acquitter de l'impôt sur le revenu (Cf. Encadré VI-06 et D51 § 6.254 à 6.257), sur les annulations en
non-valeur -enregistrées dans la comptabilité de l’Etat- et sur l’écart résiduel à la base caisse, comptabilisés
dans l’opération D995 (Cf. D9 § 6.535 et suivants.).
6.242 Le tableau VI-10 recense les revenus pour lesquels les deux impositions sont concevables (Impôt sur
le revenu ou Impôt sur les sociétés). Il indique, en outre, pour les Sociétés non financières et les entreprises
individuelles, lorsque l’information est disponible, la répartition du chiffre d’affaires (de 1994) selon
l’impôt acquitté.
TABLEAU VI-10 : Répartition des revenus imposés selon le régime d’imposition et l'impôt acquitté
Impôts Impôts
sur le revenu (IR) sur les sociétés (IS)
Revenus Régimes Entreprises Sociétés
imposés d’imposition individuelles (EI) (financières ou non financières)
Bénéfices Impôt sur le bénéfice
des sociétés des sociétés (IS) Impossible Impossible 100 %
de capitaux
Bénéfices Forfait 100 % Impossible Impossible
industriels et Régime simplifié
commerciaux d’imposition (RSI) 76,8 % 3,4 % 19,8 %
(BIC) Bénéfice réel normal
(BRN) 3,3 % 4,4 % 92,3 %
Bénéfices Forfait 100 % Impossible Impossible
Agricoles (BA) Réel Existe Existe Impossible
1.14 Autres prélèvements obligatoires assimilables à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu
6.244 Contenu Sont également comptabilisés dans l’opération D51 les impôts perçus au profit de
l’Etat dont sont redevables les personnes physiques :
- contribution d’Etat complémentaire de l’impôt sur le revenu de 1% sur les revenus des capitaux mobiliers
non soumis au prélèvement forfaitaire libératoire de l’impôt sur le revenu ;
- retenue à la source et/ou prélèvement forfaitaire libératoire de l’impôt sur le revenu sur les produits de
placement à revenu fixe (y compris le prélèvement libératoire perçu par l'Etat sur les dividendes versés à des
non-résidents - Cf. § 6.257) ;
- prélèvement spécial sur les bons anonymes ;
- prélèvements libératoires de l’impôt sur le revenu sur les profits immobiliers réalisés par des non-
résidents ;
- retenues à la source sur les revenus de non-résidents (bénéfices non commerciaux, traitements salaires et
rentes...).
6.246 Le financement de la Sécurité Sociale repose depuis sa création pour une large part sur des
cotisations prélevées sur les revenus professionnels (Cf. D6 § 6.282). Les pouvoirs publics ont élargi
l’éventail de ce financement en instaurant des contributions, complémentaires aux cotisations sociales, telles
la contribution sociale généralisée (1991) et la contribution au remboursement de la dette sociale (1996).
Ces contributions ont toutes les caractéristiques juridiques d’un impôt46 malgré leur affectation à la Sécurité
Sociale. Ces contributions sociales ainsi que les versements assimilés sont comptabilisés dans l’opération
D51.
6.247 Moment d’enregistrement et montant à enregistrer Recouvrées en partie par l’Etat pour le
compte des bénéficiaires, ces contributions supportent partiellement des frais d’assiette. Dans le Système, le
cas échéant, il est retracée une production de l’Etat (service de recouvrement) consommée par les
administrations bénéficiaires (Cf. D5 § 6.269). En outre, le SFCN n’établit pas de corrections pour droits et
obligations au titre de ces versements. Ces impôts sont enregistrés pour le montant (y compris le cas échéant
frais d’assiette) et au moment où ils sont versés.
6.248 Définition La contribution sociale généralisée (CSG), créée à titre permanent en 1991, repose
sur trois types de prélèvements fiscaux distincts (assiette et mode de recouvrement différents) frappant
respectivement les revenus d’activité et de remplacement, les revenus du patrimoine et les produits de
placements à revenu fixe soumis au prélèvement libératoire.
Pour les revenus d’activité, la CSG est versée par l’employeur aux organismes chargés du recouvrement des
cotisations de sécurité sociale (URSSAF47 et MSA) en même temps et suivants les mêmes règles que les
cotisations sociales. Pour les revenus de remplacement la CSG est précomptée par l’organisme débiteur et
recouvrée par les URSSAF. Pour les revenus du patrimoine et de placements, la CSG est recouvrée
directement par l’administration fiscale.
Jusqu’en 1997, ces trois prélèvements ont en commun leur taux et une déductibilité à hauteur de 1% des
revenus ou des bénéfices au titre desquels ils sont acquittés. Depuis 1998, le taux appliqué aux revenus de
remplacement s’écarte des autres (6.2% ou 3.8% pour le taux réduit contre 7.5% sur les autres revenus). Les
46
La CSG est pour partie seulement déductible (Cf. § 6.248). Cette part déductible est, vis-à-vis de la fiscalité des assujettis, plus proche d’une
cotisation sociale que d’un impôt.
47
Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF)
6.250 Définition La contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) est une recette fiscale
exceptionnelle et temporaire frappant l’ensemble des revenus. Instituée en 1996 pour 13 ans, la loi de
financement de la Sécurité Sociale pour 1998 a prolongé sa durée d’application de 5 ans.
6.253 Enregistrement Les autres contributions sociales ou versements assimilés sont recouvrés en
même temps que les impôts sur les revenus (services fiscaux) ou les cotisations sociales (URSSAF, CNAM,
Etat en tant qu’employeur,...). Dans le SFCN, ils sont acquittés par les ménages, ou le cas échéant les
sociétés, et constituent une recette fiscale des organismes divers d’administration centrale (Fonds de
solidarité chômage) ou des régimes des administrations de sécurité sociale (S13141).
48
Ainsi la CRDS sur les revenus d’activité est collectée par les URSSAF ou la MSA, quand elle concerne les revenus du patrimoine elle est
recouvrée par l’Etat.
49
La CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale) a été créée par ordonnance en 1996 afin d’apurer le déficit du Régime Général de la
Sécurité Sociale. Elle est classée dans le SFCN au sein des organismes divers d’administration centrale (ODAC - S13112).
50
Le Fonds de solidarité chômage est, dans le SFCN, un organisme divers d’administration centrale (ODAC - S13112).
6.254 Les actionnaires de sociétés françaises perçoivent un dividende auquel est attaché un avoir fiscal, en
général égal à la moitié du dividende reçu. L'objet de cet avoir est d'atténuer la charge fiscale résultant, pour
les bénéfices distribués, de l'application successive de deux impositions. La première est l'impôt sur les
sociétés, la seconde est, selon les cas, l'impôt sur les sociétés (si l'actionnaire est une société imposée à l'IS)
ou l'impôt sur le revenu (si l'actionnaire est un ménage). L'assiette de la seconde imposition est la valeur
brute du dividende, c'est à dire avoir fiscal inclus mais, en contrepartie, le bénéficiaire peut utiliser l'avoir
dont il bénéficie pour régler l'impôt dont il est redevable (Cf. Encadré VI-06).
6.256 Cas particuliers Le traitement général exposé ci-dessus ne s'applique pas dans tous les cas.
Des règles particulières doivent en effet être prises en compte.
•(1) Lorsqu'une société reçoit des dividendes d'une autre société à laquelle elle n'est pas liée, l'avoir fiscal
attaché à ces dividendes doit être utilisé pour payer l'impôt sur les sociétés de l'année. Si l'impôt est inférieur
à l'avoir fiscal, l'excédent d'avoir fiscal tombe en non-valeur (autrement dit, n'est pas remboursé52).
•(2) Lorsqu’une société touche des dividendes provenant d’une de ses filiales au titre desquels l’impôt sur le
bénéfice des sociétés n’a pas été acquitté, l’avoir fiscal qui accompagne normalement la distribution des
dividendes n’aurait pas pour effet de supprimer le cumul d’imposition des dividendes mais permettrait a
contrario un cumul d’exonérations. Aussi ces distributions donnent-elles lieu au paiement d’un impôt -le
précompte mobilier- égal au montant de l’avoir fiscal.
Les disponibilités statistiques ne permettent pas toujours un enregistrement effectif conforme à cette règle :
51
Le montant de l'impôt sur les sociétés, hors pénalités et contrôle fiscal, enregistré par la direction de la Comptabilité publique correspond à l'impôt
effectivement payé.
52
En revanche, lorsqu'un ménage dispose d'un excédent d'avoir fiscal, il peut en obtenir le remboursement.
6.257 Lorsqu'une société verse à des non-résidents des dividendes, ceux-ci transitent par une banque qui
effectue pour l'Etat un prélèvement libératoire et règle le solde au bénéficiaire non-résident. L'usage de la
procédure de l'avoir fiscal est fonction de l'existence d'une convention fiscale entre la France et le pays du
non-résident (c'est le cas notamment pour les pays de l’Union).
Quand il n'y a pas de convention fiscale, la banque paie à l'Etat le montant du prélèvement libératoire et
verse au Reste du Monde le solde (dividende net moins prélèvement libératoire). Toutefois, si le bénéficiaire
du dividende est résident d'un pays ayant signé une convention fiscale avec la France, il est traité comme un
résident (Cf. § 6.254 et 6.255) : l'assiette de l'impôt est la valeur brute du dividende, avoir fiscal inclus. La
banque lui verse l'intégralité du dividende brut et récupère auprès de l'Etat l'avance d'impôt ainsi effectuée.
Le prélèvement libératoire effectivement perçu par l'Etat est enregistré en "Impôts sur les revenus (D51)"
reçus par l'Etat et versés par le Reste du Monde.
Encadré VI-06.
Avoir fiscal : des versements des contribuables aux enregistrements du SFCN
Tout se passe donc comme si le dividende était versé en deux fois à son bénéficiaire : une partie est versée directement
par la société, une autre est ristournée à l'actionnaire l'année suivante par le fisc sous forme d'avoir fiscal.
COMPTES DE REVENUS
Emplois Ressources
6.259 Contenu L’opération D59 regroupe des recettes fiscales ou non fiscales perçues au profit de
l’Etat (S13111) et des administrations publiques locales (S1313), des taxes parafiscales ou des recettes non
fiscales perçues au profit des organismes divers d’administration centrale (S13112).
6.260 Contenu Pour le SEC (§ 4.79), les autres impôts courants (D59) comprennent :
- (a) les impôts courants sur le capital, c'est-à-dire les impôts qui sont dus périodiquement sur la propriété ou
l'utilisation des terrains ou des bâtiments par les propriétaires, ainsi que les impôts courants sur le
patrimoine net et sur d'autres actifs (bijoux, autres signes extérieurs de richesse), à l'exclusion de ceux
mentionnés sous D29 (qui sont acquittés par les entreprises du fait de leurs activités de production) et sous
D51 (impôts sur le revenu) ;
- (b) les impôts de capitation dont les montants sont fixés par adulte ou par ménage indépendamment du
revenu ou du patrimoine ;
- (c) les impôts sur la dépense, basés sur la dépense totale de la personne physique ou du ménage ;
- (d) les taxes acquittées par les ménages pour la détention ou l'utilisation (autrement qu'à des fins
productives) de véhicules, bateaux ou avions, l'obtention de permis de tir, de chasse ou de pêche53, etc. ;
- (e) les impôts sur les transactions internationales (voyages et envois de fonds à l'étranger, investissements
étrangers, etc.), à l'exclusion de ceux payés par les producteurs et des droits sur les importations acquittés
par les ménages.
6.261 Frontière • La taxe différentielle sur les véhicules à moteur (vignette automobile) et le certificat
d’immatriculation (carte grise) sont classées en D59 s’ils sont acquittés par un ménage (hors entreprise
individuelle), en D292 s’ils le sont par une unité productrice. Sont également traitées en "impôts divers sur
la production - D292" d'une part les taxes frappant les véhicules routiers ou de tourisme des sociétés,
considérés comme du capital productif et d’autre part les taxes frappant certains frais généraux déductibles
de l'assiette de l'impôt sur les sociétés.
• De même, quand elles sont acquittées par les ménages (hors entreprises individuelles) la taxe sur le foncier
non bâti et les taxes additionnelles liées sont des autres impôts courants (D59) et des impôts divers sur la
production (D292) quand elles sont versées par les entreprises.
• En revanche, la taxe sur le foncier bâti et les taxes additionnelles liées sont toujours des impôts divers sur
la production (D292) -quelles que soient les unités qui les acquittent. Elles sont en effet à la charge du
propriétaire qui, pour le Système, est réputé être avant tout producteur d’un service de logement.
6.262 Application Les impôts classés en D59 perçus au profit des administrations centrales (S1311)
comprennent notamment :
- l'impôt sur les grandes fortunes (IGF) puis l’impôt sur la fortune (ISF) ;
- l'imposition additionnelle au foncier non bâti perçue au profit du budget annexe des prestations sociales
agricoles (BAPSA) pour la partie acquittée par les ménages54 ;
53
Alors que le SEC au § 4.79 les classe en "autres impôts courants -D59", pour le SFCN, les permis de chasse et de pêche sont des autres transferts
courants divers - D759, Cf. D7 § 6.475.
54
Quand cet impôt est acquitté par une unité productrice il est classé en impôt divers sur la production - D292, Cf. D2 § 6.91.
6.263 Frontière La rémunération régulière de la garantie de l’Etat accordée aux dépôts (des caisses
d’épargne et de l’épargne populaire) est dans le SFCN un impôt courant sur le revenu. En revanche, les
prélèvements exceptionnels au profit de l’Etat touchant les fonds de réserves ou de garantie de ces mêmes
dépôts sont classés en impôts en capital. Cette répartition peut être sujette à révision, certains prélèvements
exceptionnels devenant réguliers avec le temps.
6.264 Application Les autres impôts courants (D59) perçus au profit des Collectivités locales (S13131)
comprennent principalement des impôts à payer par les ménages (hors entreprises individuelles) :
- la taxe d'habitation (contribution mobilière) ;
- la taxe différentielle sur les véhicules à moteur (vignette automobile) ;
- la taxe foncière sur les propriétés non bâties ;
- le certificat d’immatriculation des véhicules automobiles et autres véhicules à moteur (carte grise) ;
- diverses taxes comme la taxe sur les chasses gardées, etc.
6.265 Exclusion Les taxes et redevances qui ne résultent pas d'une obligation générale imposée par les
pouvoirs publics et dont le produit n'est pas obligatoirement affecté à des unités du secteur administrations
publiques ne sont pas des "autres impôts courants", mais des achats de services ou des autres transferts
courants divers.
• Elles peuvent être traitées en achats de services produits par une société : ainsi la redevance pour le droit
d'usage des appareils de radio et de télévision est traitée comme un achat de services marchands de
radiodiffusion et télévision, produits par le secteur des sociétés non financières (GP21 activité audiovisuelle,
services de télévision).
• Elles peuvent être traitées en achats de services produits par une administration publique : les droits,
redevances, participations aux frais, versés obligatoirement aux administrations publiques, à l'occasion de
prestations fournies par celles-ci dans le cadre de leur politique générale, sont traités en ventes de services
par l’Administration (Cf.§ 6.271). Ils comprennent les redevances pour passeport, permis de conduire,
permis de port d'armes, licences de pilotage, droits d'inscription aux examens, droits d'entrée dans les
musées et bibliothèques, taxes ou redevances pour l'enlèvement des ordures ménagères, taxes de balayage,
etc. :
- ces ventes de services peuvent être des ventes résiduelles de service "marchand55" produit par une
administration publique : la taxe de balayage dont le montant est fonction de la longueur de la façade des
bâtiments est une vente résiduelle de service "marchand" par les communes ;
- si le montant perçu est très faible par rapport au coût du service rendu, cette vente de service sera un
paiement partiel de service "non marchand56", tels les droits d'inscription à l'université, les versements des
ménages aux hôpitaux publics (ticket modérateur).
• Elles peuvent être traitées en autres transferts courants divers"(D759 - permis de chasse ou de pêche).
6.266 Enregistrement • Les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5) sont enregistrés :
- en emplois du compte de distribution secondaire du revenu des secteurs imposés ;
- en ressources du compte de distribution secondaire du revenu des administrations publiques ;
- en emplois et en ressources du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, les impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. (D5) sont enregistrés en emplois et en
55
Le qualificatif de "marchand" ou "non-marchand" pour un produit est à proscrire. En toute rigueur, il faut utiliser, en lieu et place, les termes
"d’origine marchande" ou "d’origine non marchande".
56
Cf. note précédente.
57
Modifié par le règlement du Conseil n°37/2000 du 26 juin 2000.
6.267 Enregistrement Bien que recouvrés par les services des Impôts et du Trésor ou les URSSAF,
les impôts sur le revenu, le patrimoine, etc. sont enregistrés dans le SFCN comme perçus au profit de
l’Etat (S13111), des organismes divers d’administration centrale (S13112), des administrations publiques
locales (S13131) et des régimes des administrations de sécurité sociale (S13141).
6.269 Comptabilisation En revanche, lorsque l’Etat perçoit des impôts pour le compte d’autres unités
des administrations publiques et prélève pour ce faire des frais d’assiette, le Système rend compte du service
de recouvrement rendu par l’Etat.
• Le circuit effectif est le suivant. L’Etat perçoit des impôts pour le compte des administrations locales. Le
montant des impôts locaux dus par les contribuables inclut des frais d’assiette représentatifs du service de
recouvrement rendu par l’Etat au bénéficiaire. L’Etat conserve les frais d’assiette et reverse aux
administrations locales le montant des impôts perçus diminués des frais de recouvrement mais majorés des
éventuels dégrèvements que l’Etat prend à sa charge.
• Dans le SFCN, les impôts locaux dus nets des dégrèvements sont retracés comme des versements directs à
payer par les contribuables (ménages, sociétés le cas échéant) aux administrations locales. Les dégrèvements
pris en charge par l’Etat sont retracés dans l’opération transferts de recettes fiscales (D733) entre l’Etat et
les administrations publiques locales. Comme les montants enregistrés en D5 dans le compte des
administrations publiques locales incluent les frais de recouvrement liés, le service de recouvrement de
l’impôt assuré par l’Etat est alors retracé dans la production de l’Etat (P11 : production marchande
représentative du service de recouvrement rendu égale au montant des frais d’assiette) et la consommation
des administrations publiques locales (P2 : consommations intermédiaires égales aux même frais d’assiette).
Le traitement est identique pour les impôts perçus par l’Etat pour le compte des administrations de sécurité
sociale lorsque l’Etat prélève des frais d’assiette et de recouvrement (par exemple, contribution sociale
généralisée sur revenus du patrimoine).
6.271 Frontière La distinction entre un impôt pour l’obtention d’un permis par un ménage (D59) et
l'achat d'un service à une administration publique est fondée sur le même critère que celui appliqué pour les
paiements effectués par les entreprises (Cf. D292 § 6.100) :
- si l'autorisation est accordée automatiquement sur paiement du montant dû, il s'agit d'un impôt (D59) ;
- si l’administration publique utilise la procédure d'attribution d'une autorisation pour mettre en oeuvre une
fonction régulatrice déterminée (par exemple la vérification de la compétence ou des qualifications de la
58
Alors que le SEC les classe en "autres impôts courants -D59", dans le SFCN les permis de chasse et de pêche sont enregistrés en autres transferts
courants divers (D759 - Cf. D7 § 6.475).
59
Dans le SFCN, la redevance de radiotélévision est un achat de service marchand de radiodiffusion et télévision produit par le secteur des sociétés
non financières (GP21 activité audiovisuelle (services de télévision) Cf. D5 § 6.265).
• En outre, la méthode de calcul des impôts sur les revenus permet de ré-affecter à chacun des secteurs
institutionnels concernés (ménages, SNF, SF) sa charge d’imposition compte tenu de l’avoir fiscal. Elle
conduit à retenir deux sous-opérations sans équivalent dans le SEC : Avoir fiscal (D51A) et Impôts sur les
revenus nets de l’avoir fiscal (D51B).
SFCN SEC
D5 Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. D.5 Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc.
D5 = D51 + D59 D.5 = D.51 + D.59
La liste des risques ou besoins sociaux est conventionnellement fixée par le SEC au § 4.84 comme suit :
(a) maladie, (b) invalidité et infirmité, (c) accidents du travail et maladies professionnelles, (d) vieillesse,
(e) survie, (f) maternité, (g) famille, (h) promotion de l’emploi, (i) chômage, (j) logement, (k) éducation,
(l) indigence.
6.274 Pour faire face à de telles éventualités, la collectivité a mis en place des mécanismes de couverture
sociale collective basés sur l’assurance et l’assistance sociale.
L’assurance sociale est un système organisé autour de "régimes". Un régime est un ensemble de règles
définissant l’assurance sociale, qui détermine les cotisations sociales à payer pour que soient délivrées des
prestations sociales quand survient un des risques ou besoins sociaux. Un régime n’est pas obligatoirement
une unité institutionnelle et il peut être géré par une ou plusieurs unités institutionnelles. La gestion de ces
règles peut être la fonction principale de l’unité qui les met en oeuvre. Mais il existe également des régimes
gérés par les employeurs pour le compte de leurs salariés, qui ne sont pas des unités institutionnelles. Ainsi,
la fonction principale d’un régime est toujours l’assurance sociale mais cette activité peut être secondaire
pour l’unité institutionnelle qui administre ces règles. Les régimes d’assurance sociale gèrent les affiliations,
collectent les cotisations et servent des prestations.
L’assistance sociale n’est pas organisée en système. Le versement de prestations ne présuppose pas de
contribution préalable de la part du bénéficiaire. L’assistance sociale est gérée par des unités des
administrations publiques, centrales (S1311) ou locales (S1313), des institutions sans but lucratif au service
des ménages (ISBLSM - S15), dont la fonction principale n’est pas l’assurance sociale.
La couverture sociale collective est financée par des cotisations sociales, des ressources propres provenant
des employeurs, des impôts "affectés" ou d’autres recettes des administrations publiques, ou, dans le cas des
ISBLSM, par des dons ou des revenus de la propriété.
1. L’assurance sociale
6.275 L’assurance sociale est un ensemble de mécanismes dans lesquels, des cotisations sociales sont
versées par les salariés, les non-salariés ou par les employeurs pour le compte des salariés, en vue de
garantir, pour les périodes courantes ou à venir, le droit à des prestations d'assurance sociale aux salariés,
aux autres cotisants, aux personnes dont ils ont la charge ou à leurs survivants. Les régimes d'assurance
sociale peuvent être organisés de manière privée (Cf. § 6.287) ou par des unités appartenant aux
administrations publiques (Cf. § 6.281). Les prestations d'assurance sociale peuvent être servies en espèces
ou en nature (Cf. § 6.353 à 6.355). Dans le second cas, elles sont définies par la délivrance d’un bien ou
d’un service. Elles sont à payer quand survient un des risques ou besoins sociaux (Cf. § 6.273). Les
éventualités couvertes sont susceptibles de varier d'un régime d’assurance sociale à l'autre.
6.276 • Les régimes d’assurance sociale sont destinés à couvrir les affiliés et, le cas échéant, leurs ayants
droit, durant leur vie professionnelle et généralement pendant leur retraite, qu'ils soient salariés, employeurs,
travailleurs pour leur propre compte ou sans emploi. L'éligibilité aux prestations d'assurance sociale suppose
que des cotisations sociales aient été payées par les bénéficiaires, ou pour leur compte, dans la période
comptable courante ou lors de périodes précédentes.
• Les régimes d'assurance sociale sont organisés collectivement pour des groupes de travailleurs, ou
accessibles, en vertu de la loi, à l'ensemble des travailleurs ou à des catégories désignées de travailleurs,
comprenant des salariés et des non-salariés. Cette organisation collective couvre des situations très
différentes. Un régime d’assurance sociale peut aussi bien être un régime privé organisé pour des groupes
particuliers de salariés employés par un seul employeur, qu’un régime organisé par les administrations de
sécurité sociale couvrant l'ensemble des travailleurs d'un pays.
• La participation des ayants droit aux régimes d’assurance sociale peut être volontaire, mais elle est plus
fréquemment obligatoire. Ainsi, la participation aux régimes organisés par les employeurs peut être exigée
par le contrat de travail passé collectivement entre les employeurs et leurs salariés. La participation aux
régimes des administrations de sécurité sociale organisés par les pouvoirs publics peut être imposée par la
loi à l'ensemble des travailleurs, sauf éventuellement aux personnes qui sont déjà couvertes par des régimes
privés.
6.277 Frontière Certains régimes d'assurance sociale peuvent permettre, voire imposer, aux
participants de souscrire des polices en leur nom propre. Pour qu'une police individuelle soit considérée
comme faisant partie d'un régime d'assurance sociale, les faits et circonstances contre lesquels les
participants sont assurés doivent correspondre aux risques et besoins sociaux (Cf. § 6.273), et il faut en outre
qu’une ou plusieurs des conditions ci-après, définissant le régime, soient satisfaites :
(a) la participation au régime est obligatoire, soit en vertu de la loi pour une catégorie particulière de
travailleurs, qu'ils soient salariés ou non-salariés, soit par les termes du contrat de travail d'un salarié ou d'un
groupe de salariés ;
(b) le régime est collectif et organisé au bénéfice d'un groupe désigné de travailleurs, qu'ils soient
salariés ou non-salariés, la participation étant limitée aux membres de ce groupe ;
(c) un employeur verse une cotisation (effective ou imputée) au système pour le compte du salarié, que
celui-ci verse ou non une cotisation.
Les primes à payer et les indemnités à recevoir en vertu de polices individuelles souscrites dans le cadre d'un
régime d'assurance sociale sont enregistrées en cotisations sociales (D61) et en prestations d'assurance
sociale (D622) (Cf. § 6.319, 6.325, 6.367).
6.278 Exclusions • Lorsque des particuliers souscrivent des polices d'assurance en leur nom propre,
sous leur propre initiative et indépendamment de leurs employeurs ou des administrations publiques, il ne
s’agit pas d’assurance sociale, même si les polices sont souscrites pour couvrir les mêmes éventualités ou
situations que celles qui sont couvertes par les régimes d'assurance sociale. Les primes à payer et les
indemnités à recevoir en vertu de ces polices individuelles restent classées comme des opérations
d’assurance - non sociale : elles sont classées en transferts courants dans le compte de distribution
secondaire du revenu quand il s'agit d'assurance-dommages, en acquisitions ou cessions d'actifs financiers
dans le compte financier lorsqu’il s’agit d'assurance-vie.
• La nature de la prestation n'est pas suffisante pour déterminer la nature sociale de l’assurance. Le fait de
recevoir des services médicaux gratuits ne constitue pas toujours une prestation sociale. Les soins dispensés
aux salariés sur le lieu de travail sont enregistrés en consommation intermédiaire (P2) de l'employeur.
6.279 Définition Le SEC et le SCN distinguent trois types de régimes d'assurance sociale :
(a) les régimes des administrations de sécurité sociale. Ils couvrent l'ensemble de la collectivité, ou
d'importantes parties de la collectivité, et sont imposés, contrôlés et financés par les administrations
publiques ;
(b) les régimes privés avec constitution de réserves. Il en existe deux catégories :
(b1) les régimes dans lesquels les cotisations sociales sont versées à des entreprises d'assurance ou à
des fonds de pension autonomes, qui sont des unités institutionnelles distinctes à la fois des employeurs et
des salariés. Les entreprises d'assurance et les fonds de pension autonomes sont responsables de la gestion
des fonds ainsi rassemblés et du versement des prestations sociales ;
(b2) les régimes dans lesquels les employeurs gèrent des provisions spéciales, qui sont distinctes de
leurs autres réserves, même si ces fonds ne constituent pas des unités institutionnelles distinctes des
employeurs. Ce sont des fonds de pension non autonomes. Les provisions sont traitées dans le Système
comme des actifs qui appartiennent aux bénéficiaires et non aux employeurs ;
(c) les régimes sans constitution de réserves, dans lesquels les employeurs paient des prestations
sociales à leurs salariés et anciens salariés, ou à leurs ayants droit, à partir de leurs propres ressources, sans
créer de provisions spéciales à cet effet.
6.280 A partir de la typologie définie par le SEC et le SCN, le SFCN dénombre trois catégories (Cf.
Encadré VI-07) de régimes d’assurance sociale : (a) les régimes des administrations de sécurité sociale ; (b)
les régimes privés d’assurance sociale ; (c) les régimes directs d’employeurs.
• Les deux premières catégories [(a) et (b)] sont des regroupements d’unités institutionnelles. Leur activité
principale, l’assurance sociale, se confond avec la fonction des régimes qu’elles gèrent.
- Cependant, les régimes des administrations de sécurité sociale (a) sont des administrations publiques, elles
produisent à ce titre une production non marchande, évaluée conventionnellement par la somme des coûts.
Aussi, le Système n’enregistre-t-il pas pour ces régimes une production spécifique de service d’assurance
sociale représentative de la gestion des fonds collectés.
- En revanche, les régimes privés d’assurance sociale (b) assurent, outre le versement des prestations
d’assurance sociale, la gestion des fonds collectés. Ce service est enregistré dans leur production et fait
l’objet d’une dépense de consommation finale des ménages (P3). Les cotisations versées, par les affiliés aux
régimes privés, sont donc enregistrées diminuées du service de gestion rendu, et majorées par les revenus de
la propriété, attribués aux assurés (D44 - Cf. § 6.201 à 6.204).
• Les régimes directs d’employeurs (c) ne sont pas des unités institutionnelles distinctes de celles des
employeurs. Leurs coûts de gestion et d'administration font partie des coûts généraux de production ou
d’exploitation des employeurs et ne sont pas comptabilisés séparément. Ainsi, le Système n’enregistre-t-il
pas, pour les régimes directs d’employeurs, de service lié à la gestion de l’assurance sociale.
6.281 Définition Les régimes d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale sont des
régimes, imposés et contrôlés par les pouvoirs publics, destinés à verser des prestations sociales aux
membres de la collectivité dans son ensemble ou à des sous-ensembles particuliers. Ces régimes sont des
unités institutionnelles distinctes, organisées et gérées séparément des autres unités des administrations
publiques. En France, ils opèrent quasi-exclusivement par répartition. Ils constituent dans le SFCN un sous-
secteur des administrations de sécurité sociale (S13141).
Nota : Le SEC et le SCN utilisent la terminologie "régimes de Sécurité sociale" pour qualifier les régimes
Encadré VI-07 - Couverture collective des besoins sociaux individuels dans le SFCN et les Comptes de la
Protection Sociale par rapport aux Comptes de la Sécurité Sociale
la
Régimes directs obligatoires
d’employeurs complémentaires
Sociale
Assistance Administrations centrales et locales
6.282 Les ressources de ces régimes se composent essentiellement des cotisations versées par les
particuliers et par les employeurs pour le compte de leurs salariés. Elles peuvent également comprendre des
impôts affectés (contributions sociales - Cf. D51 § 6.246 et suivants) ou des transferts provenant d'autres
unités des administrations publiques. Le paiement des cotisations de sécurité sociale par -ou pour le compte
de- certains individus déterminés, comme les salariés, peut être rendu obligatoire par la loi ; d'autres
individus peuvent choisir de cotiser volontairement pour avoir droit au versement de prestations de sécurité
sociale.
6.283 • Les prestations servies aux affiliés ne sont pas nécessairement déterminées par le montant des
6.284 Frontière Les régimes d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale sont
caractérisés par la réunion de trois critères :
- l’obligation légale ou réglementaire de cotiser pour certains groupes ;
- la responsabilité des administrations publiques dans la fixation ou l’approbation des cotisations sociales et
des prestations d’assurance sociale ;
- la garantie apportée par les administrations publiques sur le versement des prestations.
6.285 Cas particulier Les opérations de France Télécom concernant les retraites sont retracées dans
le compte de l’Etat. A ce titre, l’Etat reçoit des cotisations sociales effectives et agit comme un régime
d’assurance sociale.
6.286 Exclusion Les régimes d'assurance sociale organisés par des unités des administrations
publiques pour leur propre personnel ne sont pas des régimes des administrations de sécurité sociale mais
des régimes directs d’employeurs (Cf. § 6.303 à 6.306).
6.287 Définition Etant donné la typologie des régimes d’assurance sociale proposée par le SEC (Cf.
§ 6.279), les régimes privés français d’assurance sociale sont considérés comme des régimes privés avec
constitution de réserves, classés au sein des Sociétés d’assurance et fonds de pensions (S125 - Cf. Encadré
VI-08) même s'ils n’en ont pas toutes les caractéristiques. Les régimes d’assurance sociale privés français
sont des unités institutionnelles distinctes des salariés et des employeurs qui gèrent un régime d’assurance
sociale pour lequel l’adhésion n’est pas obligatoire en raison de la loi, mais ils peuvent fonctionner sans
constituer de réserves importantes.
6.288 Contenu Le SFCN dénombre quatre catégories de régimes privés d’assurance sociale reposant
sur des caractéristiques juridiques ou techniques distinctes : les mutuelles du Code de la Mutualité, les
caisses autonomes mutualistes (CAM), les institutions de retraite supplémentaire (IRS), les institutions de
prévoyance (IP).
6.289 Les caractéristiques communes des régimes privés d’assurance sociale sont les suivantes.
1- Ce sont des unités institutionnelles distinctes des assurés et des cotisants. Ils assurent une couverture
collective de risques ou besoins sociaux (Cf. § 6.273). Ils sont tenus, par la loi ou leurs statuts, de réserver
leurs services à des groupes déterminés de salariés ou de non-salariés. Ils sont responsables des fonds
collectés et du versement des prestations d’assurance sociale. Le versement des cotisations ouvre droit aux
prestations (ce sont des régimes d’assurance sociale).
2- Ils rendent aux affiliés un service lié à la gestion des fonds collectés (ce sont des sociétés financières). Ce
service est enregistré dans leur production. Il est ensuite enregistré en dépense de consommation finale (P3)
des ménages (pour les assurés résidents) et en exportations de services (pour les assurés non-résidents).
3- Le versement des cotisations sociales se fait essentiellement sur la base du volontariat (ce ne sont pas des
Encadré VI-08.
Le SEC et le SCN font systématiquement référence aux fonds de pensions pour définir les régimes privés d’assurance
sociale. Un fonds de pension est un organisme paritaire créé librement à l’instigation des entreprises ou des syndicats de
travailleurs en vue de servir des retraites constituées par capitalisation. Très répandus aux Etats-Unis, en Allemagne et
au Royaume-Uni, les fonds de pensions sont peu développés en France. Pourraient être assimilés aux fonds de pensions,
les fonds d’épargne retraite "issus" de la loi Thomas (97-277) du 25 mars 1997. En définissant les "plans d’épargne
retraite", la loi Thomas précise dans quels cadres juridiques de tels plans peuvent être octroyés. Les fonds d’épargne
retraite sont ainsi des organismes gérant les plans d’épargne retraites souscrits par les employeurs ou des groupements
d’employeurs au profit de leurs salariés. Ils doivent prendre la forme d’une société d’assurance (Code des Assurances),
d’une institution de prévoyance (titre III du livre IX de la Sécurité Sociale) ou d’une mutuelle du Code de la Mutualité
par le biais de sa caisse autonome mutualiste. Ils interviennent uniquement dans le troisième étage du système de retraite
des salariés du secteur privé. Les "plans d’épargne retraite" sont à adhésion facultative, leur fonctionnement, basé sur
l’épargne volontaire, est celui de la capitalisation.
Le SEC et le SCN définissent également les fonds de pensions non autonomes. Il s’agit de régimes privés avec
constitution de réserves, fonctionnant par capitalisation, dans lesquels les employeurs conservent des provisions
spéciales, distinctes de leurs autres réserves, même si ces fonds ne constituent pas des unités institutionnelles distinctes
des employeurs.
Parmi les caisses de retraites existantes en France et fonctionnant en capitalisation (caisse de retraite de la Banque de
France ou caisse de retraite de la SEITA), aucune n’a été considérée comme un fonds de pension. En effet, participant
au mécanisme collectif de compensation entre caisses de retraites défini par les pouvoirs publics, elles sont alors
classées au sein des régimes des administrations de sécurité sociale.
6.290 Définition Une mutuelle est un régime d’assurance sociale intervenant librement dans le
domaine de la couverture sociale collective complémentaire. C’est un groupement volontaire de ménages
ayant pour objet principal d'assurer une gestion collective de risques sociaux limitativement énumérés. En
pratique, le SFCN se réfère aux sociétés fonctionnant sous le régime du Code de la Mutualité, y compris
leurs fédérations et unions, mais exception faite des mutuelles pour lesquelles l'adhésion est obligatoire et
des caisses autonomes mutualistes (Cf. § 6.294 à 6.296). Elles sont considérées par les textes législatifs
européens comme des entreprises d’assurance. Elles sont sous la tutelle de la Commission de contrôle des
Institutions de Prévoyance et des Mutuelles.
6.291 Contenu Les mutuelles sont définies, par l’article L111.1 du Code de la Mutualité, comme des
"groupements à but non lucratif qui, essentiellement, au moyen des cotisations de leurs membres, se
proposent de mener, dans l'intérêt de ceux-ci ou de leurs familles, une action de prévoyance, de solidarité et
d'entraide en vue d'assurer notamment :
1- la prévention des risques sociaux liés à la personne et la réparation de leurs conséquences ;
2- l'encouragement de la maternité et la protection de l'enfance, de la famille, des personnes âgées ou
handicapées ;
3- le développement culturel, moral, intellectuel et physique de leurs membres et l'amélioration de leurs
conditions de vie".
6.292 Les unités des régimes mutualistes sont des groupements de prévoyance à but non lucratif qui n’ont
le droit d’assurer, dans les domaines précités, que des "risques courts" c’est-à-dire des risques assurés
6.293 Les ressources principales des régimes mutualistes sont des cotisations sociales volontaires des
ayants droit. Les versements des employeurs sont enregistrés en transferts courants divers (D75). Elles
versent à leurs adhérents des prestations d’assurance sociale, sans constituer en général des réserves
importantes, car elles fonctionnent par répartition. Les prestations d’assurance sociale servies s’ajoutent à
celles versées par les régimes des administrations de sécurité sociale, telles les prestations d’assurance
maladie complémentaires (couverture du ticket modérateur, etc.).
6.294 Définition Une caisse autonome mutualiste est un régime d’assurance sociale intervenant
librement dans le domaine de la couverture sociale collective complémentaire. Il s’agit d’une caisse
d’assurance obligatoirement créée, par une mutuelle du Code de la Mutualité, pour couvrir des risques que
cette mutuelle n’est pas en droit d’assurer elle-même. Le SFCN se réfère au Code de la
Mutualité (Article L321-1) pour qui, seule une caisse autonome mutualiste peut assurer les "risques longs",
tels accidents corporels, vieillesse, invalidité, vie-décès, qui nécessitent un fonctionnement en capitalisation
et la création de provisions mathématiques. Elles sont considérées par les textes législatifs européens comme
des entreprises d’assurance. Elles relèvent du Code de la Mutualité. Elles sont sous la tutelle de la
Commission de contrôle des Institutions de Prévoyance et des Mutuelles.
6.295 Contenu Les caisses autonomes mutualistes ne disposent pas d’une personnalité juridique
distincte des groupements mutualistes dont elles sont issues. En revanche, elles sont soumises à des
contraintes de solvabilité, liées à leur fonctionnement en capitalisation, plus strictes que les mutuelles.
Aussi, disposent-elles obligatoirement d’une comptabilité séparée de la mutuelle dont elles sont issues. Ce
sont des unités institutionnelles distinctes des mutuelles au sens de la comptabilité nationale.
6.296 Les caisses autonomes mutualistes sont financées par les cotisations volontaires de leurs membres.
Elles versent des prestations d’assurance sociale en complément des plafonds légaux, telles des rentes ou
des capitaux correspondant aux risques "vie" (vie-décès et vieillesse), des indemnités journalières et des
rentes pour les risques "non-vie" (accident, invalidité).
6.297 Définition Les institutions de prévoyance sont des régimes d’assurance sociale paritaires
intervenant librement dans le domaine de la couverture sociale collective complémentaire. Il s’agit des
institutions de prévoyance régies par le titre III du livre IX du Code de la Sécurité Sociale et l’article 1050-II
du Code Rural. Ces institutions sont soumises depuis le 1er juillet 1994 aux dispositions des directives
européennes relatives à l’assurance. Elles sont sous la tutelle de la Commission de contrôle des Institutions
de Prévoyance et des Mutuelles.
6.298 Contenu Les institutions de prévoyance sont des organismes à but non lucratif à gestion
paritaire. Elles limitent leur activité à la prévoyance collective soit la couverture collective des risques
suivants : maladie et accidents corporels, maternité, nuptialité-natalité, incapacités de travail (indemnités
journalières), invalidité, décès, chômage.
6.299 Les ressources principales des institutions de prévoyance sont des cotisations sociales contractuelles
versées par les salariés et leurs employeurs. Elles servent des prestations d’assurance sociale s’ajoutant à
celles versées par les régimes des administrations de sécurité sociale (notamment pour le risque maladie).
60
Elles peuvent néanmoins, sous certaines conditions, attribuer dans ces domaines des allocations accessoires.
6.300 Définition Les institutions de retraites supplémentaires sont des régimes d’assurance sociale
paritaires intervenant librement dans le domaine de la protection sociale complémentaire. Il s’agit des
institutions de retraites supplémentaires régies par le Code de la Sécurité Sociale (titre IV du livre IX). Elles
participent au troisième étage du système de retraite des salariés (encore appelé retraite sur-complémentaire
ou facultative ou volontaire d’initiative professionnelle ou d’entreprise). Dans ce cadre, elles ont des
fonctions équivalentes à celles des mutuelles, des institutions de prévoyance et de certaines sociétés
d’assurance gérant des contrats collectifs relevant de l’article L441-1 du Code des Assurances ("régime
441"). Depuis 1994, elles sont soumises aux directives européennes relatives à l’assurance. Elles sont sous
tutelle de la Commission de contrôle des Institutions de Prévoyance et des Mutuelles.
6.301 Contenu Les institutions de retraites supplémentaires sont créées par les entreprises et
financées majoritairement par l’employeur. Elles gèrent des contrats collectifs assurant les risques de retraite
et d’invalidité. Certaines offrent également des couvertures spécifiques de survivants ou des primes de fins
de carrière. L’adhésion du salarié est de fait obligatoire à partir du moment où l’entreprise l’a créée.
6.302 Les ressources principales des institutions de retraites supplémentaires sont les cotisations
contractuelles versées par les salariés et leurs employeurs. Dans le cadre de l’entreprise ou de la profession,
elles servent des prestations d’assurance sociale s’ajoutant à celles versées, au titre des risques de retraite ou
d’invalidité, par les régimes obligatoires, de base ou complémentaires, gérés par les administrations de
sécurité sociale.
6.303 Définition Les régimes directs d’employeurs sont des régimes d’assurance sociale, sans
constitution de réserves, dans lesquels les employeurs versent directement, sans recours à un tiers, des
prestations d’assurance sociale à leurs salariés, anciens salariés ou ayants droit, à partir de leurs propres
ressources, sans créer de provisions spéciales à cet effet (Cf. Encadré VI-09).
6.304 Dans le Système, par analogie avec le fonctionnement des autres régimes d'assurance sociale, ces
régimes sont financés par les cotisations sociales imputées versées par l’employeur (D122 - Cf. § 6.37) et, le
cas échéant, par les cotisations sociales effectives à la charge des salariés (D6112 - Cf. § 6.342). Ils servent
des prestations d’assurance sociale directes d’employeurs (D623 - Cf. § 6.368 et 6.369).
6.305 De tels régimes, fonctionnant par hypothèse selon un système de répartition, ne constituent pas une
unité institutionnelle distincte de l’employeur. Le Système n’enregistre pas de service lié à la gestion de
l’assurance sociale. Leurs coûts de gestion et d'administration font partie des coûts généraux de production
ou d’exploitation des employeurs et enregistrés en tant que tels.
6.306 Inclusion Les régimes directs d’employeurs comprennent les régimes d'assurance sociale
organisés par les administrations publiques pour leur propre personnel. Ainsi, le régime direct d’employeur
de l’Etat se substitue aux régimes des administrations de sécurité sociale pour le versement des retraites. Il
assure, dans certains cas, une couverture supplémentaire en ce qui concerne les autres risques (maladie,
famille).
3. L’assistance sociale
6.307 Définition L’assistance sociale est un ensemble de mécanismes basés sur la solidarité nationale
assurant la couverture collective des risques et besoins sociaux (Cf. § 6.273) en dehors de tout système de
cotisations ou de lien de travail. Ces mécanismes sont gérés par des unités des administrations publiques,
6.308 Les mécanismes d’assistance sociale sont caractérisés par le versement de prestations d'assistance
sociale, transferts sociaux en nature versés aux ménages par des administrations publiques ou des ISBLSM,
pour répondre aux besoins sociaux, couverts par ailleurs par les prestations d’assurance sociale. Les
prestations d’assistance sociale sont versées en complément ou en lieu et place des prestations d’assurance
sociale quand ces dernières ne couvrent pas les besoins sociaux de façon adéquate (risque éducation,
indigence...). Elles excluent donc toutes les prestations versées par les administrations de sécurité sociale.
Elles peuvent être en espèces ou en nature. Les prestations en nature font partie des transferts sociaux en
nature (Cf. § 6.372 et suivants), et sont enregistrées dans le compte de redistribution du revenu en nature.
6.309 Exclusion Les prestations d'assistance sociale ne comprennent pas les transferts courants payés
en contre partie d’événements ou de situations qui ne sont normalement pas couvertes par les systèmes
d'assurance sociale. Ainsi, les transferts en espèces ou en nature, opérés en réponse à des catastrophes
naturelles comme les sécheresses, les inondations, ou les tremblements de terre sont enregistrés dans les
autres transferts courants (D75).
6.310 Les cotisations et les prestations sociales présentent diverses caractéristiques qui affectent leur
classement :
(a) Les prestations sociales peuvent être décomposées en prestations d'assurance sociale, versées dans le
cadre de régimes d'assurance sociale, et en prestations d'assistance sociale, versées en dehors de tels
régimes ;
Parmi les prestations d’assurance sociale, étant donné le régime assureur, le Système distingue les
prestations de sécurité sociale, les prestations de régimes privés (avec ou sans constitution de réserves) et les
prestations de régimes directs d’employeurs (sans constitution de réserves) ;
(b) Parmi les cotisations sociales, le Système isole celles qui sont payées par les employeurs pour le
compte de leurs salariés, et celles qui sont payées pour leur propre compte par les assurés, salariés ou non-
salariés ;
Parmi les cotisations sociales à la charge des employeurs, étant donné le régime bénéficiaire, il est
légitime de séparer les cotisations effectives, payées dans le cadre de régimes des administrations de sécurité
sociale ou de régimes privés, et les cotisations imputées, enregistrées pour les régimes directs
d’employeurs ;
(c) Parmi les cotisations sociales, il est possible de distinguer celles qui sont rendues obligatoires par la
loi, et celles qui ne le sont pas ;
(d) Parmi les prestations sociales, il est possible de séparer celles qui sont payées en espèces, et celles
qui sont délivrées en nature.
(1) Les employeurs versent aux régimes d’assurance sociale (administrations de sécurité sociale et régimes privés) les cotisations sociales assises sur les salaires, part salariale et part
employeur.
(2) Les travailleurs indépendants (ménages) versent aux régimes d’assurance sociale des cotisations sociales de non salariés.
(3) Les régimes privés d’assurance sociale et les administrations de sécurité sociale versent des prestations d’assurance sociale aux assurés (ménages).
Ces versements représentent une partie des recettes des régimes d’assurance sociale (cotisations sociales effectives) et l’ensemble des prestations d’assurance sociale versées par ces organismes aux
assurés.
CIRCUIT DES COTISATIONS EFFECTIVES ET PRESTATIONS D’ASSURANCE SOCIALE : ENREGISTREMENT DANS LES COMPTES NATIONAUX
(1) Les employeurs versent aux salariés les salaires bruts (D11) incluant la part salariale des cotisations et les cotisations employeurs (D121).
(2) Les salariés reversent aux régimes d’assurance sociale l’ensemble des cotisations assises sur les salaires (D6111 + D6112).
Ainsi, ces cotisations sur salaires sont enregistrées à la fois comme un revenu primaire dans la rémunération des salariés (D1) et comme un transfert lié à la distribution secondaire du revenu dans les
cotisations sociales effectives des employeurs (D6111) et des salariés (D6112).
(3) Les travailleurs indépendants versent à ces même régimes leurs cotisations de non salariés (D6113).
(4) Les régimes privés d’assurance sociale et les administrations de sécurité sociale versent des prestations d’assurance sociale aux assurés. Ces versements sont enregistrés en tant que
prestations d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale (D621 + D6311 + D6312) et des régimes privés (D622).
VERSEMENTS EFFECTIFS :
(1) Les employeurs versent à leurs salariés des prestations directes sans avoir recours aux régimes d’assurance sociale.
(1) Les employeurs versent à leurs salariés, en tant que revenus primaires, des cotisations sociales imputées (D121).
(2) Les salariés reversent à leur employeur ces cotisations imputées dans les transferts liés à la redistribution secondaire du revenu (D612), (D612 = D121).
(3) Les employeurs versent, à leurs salariés, des prestations sociales directes d’employeurs (D623), (D623 = D612 = D121).
En effet, par analogie avec les régimes d’assurance sociale, la comptabilité nationale retrace un régime direct d’employeur financé par des cotisations imputées (D612) et versant des prestations directes
d’employeur (D623). Ces versements sont enregistrés dans les comptes de distribution secondaire du revenu des employeurs et des salariés. En outre, pour assurer l’homogénéité de l’opération D1 selon
les différents modes de financement des prestations sociales, la comptabilité nationale retrace les cotisations sociales imputées dans les revenus primaires (D122) au sein de la rémunération des salariés.
L’évaluation de ces flux repose sur l’identité comptable : D122 = D612 = D623.
Nota : en ce qui concerne le régime direct des fonctionnaires, l’égalité comptable D112 = D612 = D623 n’est pas vérifiée (Cf. D6 § 6.344 et 6.346).
CIRCUIT DES COTISATIONS ET PRESTATIONS D’ASSURANCE SOCIALE : ENREGISTREMENT DANS LES COMPTES NATIONAUX
Relations entre ménages, employeurs et régimes d’assurance sociale, unités institutionnelles résidentes
(1) Les employeurs versent aux ménages la rémunération des salariés (D1), qui inclut, outre les cotisations effectives sur salaires, les cotisations imputées.
(2) Les assurés (ménages) reversent aux régimes d’assurance sociale privés et des administrations de sécurité sociale (2a) et aux régimes directs d’employeur (2b) ces cotisations.
(3) Les régimes privés d’assurance sociale et les administrations de sécurité sociale (3a) ainsi que les régimes directs d’employeur (3b) versent des prestations d’assurance sociale aux assurés (ménages).
6.312 Enregistrement Dans le SFCN, tous les secteurs institutionnels peuvent percevoir des
cotisations sociales (D61). Cependant, les cotisations sociales sont la ressource principale des seuls régimes
d’assurance sociale classés parmi les Sociétés d’assurance (S125) ou les administrations de sécurité
sociale (S13141). En outre, seuls les ménages, résidents (S14) et non-résidents (S2), versent les cotisations
sociales (D61) en tant que transferts liés à la distribution secondaire du revenu (Cf. Encadré VI-09).
6.313 Contenu L’opération cotisations sociales (D61) regroupe les cotisations sociales
effectives (D611) et les cotisations sociales imputées (D612).
6.314 Définition Les cotisations sociales effectives (D611) comprennent tous les versements que les
personnes assurées ou leurs employeurs font à des régimes accordant des prestations d’assurance sociale
afin d'acquérir et de maintenir le droit à ces prestations.
Les cotisations peuvent résulter d'obligations légales ou réglementaires, de conventions collectives, d'un
accord d'entreprise, du contrat de travail. Elles peuvent également résulter d'un choix individuel volontaire
de participation à des mécanismes collectifs de protection sociale.
6.315 Frontière La base ou l’assiette de calcul de la cotisation ne constitue pas un critère pour la
définition des cotisations sociales effectives (D611). L'élément essentiel qui les différencie d'un impôt sur le
revenu ou d'une taxe sur les salaires, pourtant affectés au financement de la protection sociale, est que le
versement ouvre ou crée le droit à prestation (Cf. Encadré VI-09 : circuit des cotisations effectives et des
prestations sociales).
6.316 Contenu Les cotisations sociales effectives (D611) comprennent les cotisations sociales
effectives à la charge des employeurs (D6111), les cotisations sociales effectives à la charge des
salariés (D6112), les cotisations sociales effectives des non-salariés (D6113).
6.317 Définition Les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D6111) sont des
versements effectués par les employeurs, à un tiers qui administre un régime d'assurance sociale, pour
garantir à leurs salariés le droit à des prestations sociales. Ces versements constituent des contributions
légales, conventionnelles, contractuelles ou volontaires. L'obligation de cotiser dépasse les seules
contributions légales : nombre de cotisations conventionnelles, voire contractuelles, n'en sont pas moins
obligatoires, du moins à un taux plancher.
6.318 Contenu La nomenclature opère une distinction entre les cotisations sociales effectives à la
charge des employeurs qui sont obligatoires en vertu de la loi (D61111), et celles qui ne le sont
pas (D61112). Toutes les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs acquittées aux régimes
d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale (S14131) sont considérées comme obligatoires.
Toutes les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs versées aux régimes privés (S125) sont
considérées comme volontaires (Cf. § 6.347).
6.321 Enregistrement • Dans le Système, les cotisations sociales effectives à la charge des
employeurs constituent également un élément de la rémunération des salariés (D121 - Cf. § 6.29). Elles sont
donc retracées par deux opérations : une opération D121, composante du revenu primaire et une opération
D6111, transfert lié à la distribution secondaire du revenu (Cf. Encadré VI-09).
• Lorsque salarié, employeur et régime assureur sont résidents, l’opération D121 est enregistrée en emplois
du compte d'exploitation de l'employeur et en ressources du compte d’affectation des revenus primaires du
salarié, l’opération D6111, pour le même montant, est inscrite en emplois du compte de distribution
secondaire du revenu du salarié et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu de
l'organisme assureur.
• Lorsque le salarié est non résident, l’enregistrement des opérations D121 (reçu) et D6111 (versé)
s’effectue dans le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde.
Symétriquement, lorsque employeur et assureur sont non-résidents, l’enregistrement des opérations
D121 (versé) et D6111 (reçu) se fait dans le compte extérieur des revenus primaires et des transferts
courants avec le Reste du Monde.
6.322 Enregistrements induits Les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs qui ne
sont jamais versées (en cas de faillite par exemple) aux administrations de sécurité sociale sont d'abord
enregistrées comme si elles avaient été effectivement acquittées dans les opérations D121 et D61111. Le
SFCN enregistre alors une annulation de dette d’un commun accord entre le régime d’assurance sociale
créancier et son débiteur. Cette annulation de dette donne lieu à deux écritures distinctes dans la séquence
des comptes. Elle est enregistrée dans les transferts en capital (impôts et cotisations dus non recouvrables -
D995) à payer par le régime d’assurance sociale au débiteur dans le compte de capital et en même temps
comme extinction d'une créance dans le compte financier.
6.323 Définition Les cotisations sociales effectives à la charge des salariés (D6112) sont des
contributions à payer, par les salariés ou par les employeurs pour le compte de leurs salariés, aux différents
régimes d’assurance sociale (régimes des administrations de sécurité sociale, régimes privés et régimes
directs d’employeurs).
Nota : Pour le SEC (§ 4.98) comme pour le SCN (§ 8.72) les régimes directs d’employeurs sont
exclusivement financés par les cotisations sociales imputées à la charge des employeurs. En France, ce n’est
pas le cas. Les régimes directs d’employeurs gérés par les administrations publiques pour leur propre
personnel perçoivent des cotisations sociales effectives à la charge des salariés (retenues pour pensions).
6.324 Contenu La nomenclature opère une distinction entre les cotisations sociales effectives à la
charge des salariés qui sont obligatoires en vertu de la loi (D61121) et celles qui ne le sont pas (D61122).
Les cotisations à la charge des salariés à payer aux organismes de sécurité sociale sont généralement
obligatoires, parfois volontaires. Les salariés peuvent, en outre, verser des cotisations volontaires ou
contractuelles aux régimes privés d’assurance sociale. Par extension, toutes les cotisations sociales perçues
par les régimes des administrations de sécurité sociale (S13141) sont considérées comme obligatoires, et
toutes les cotisations sociales reçues par les régimes privées (S125) sont enregistrées comme des cotisations
6.325 Frontière Les cotisations sociales effectives à la charge des salariés (D6112) incluent, le cas
échéant, les primes à payer en vertu de polices individuelles souscrites dans le cadre d'un régime d'assurance
sociale (Cf. § 6.277). En contrepartie, les indemnités à recevoir sont enregistrées en prestations d'assurance
sociale de régimes privés (D622 - Cf. § 6.365 à 6.367).
6.327 Enregistrements induits Les cotisations sociales effectives à la charge des salariés qui ne sont
jamais versées (pour cause de faillite par exemple) aux administrations de sécurité sociale sont d'abord
enregistrées comme si elles avaient été effectivement acquittées dans l’opération D61121. Le SFCN
enregistre alors une annulation de dette d’un commun accord entre le régime d’assurance sociale créancier
et son débiteur. Cette annulation de dette donne lieu à deux écritures distinctes dans la séquence des
comptes. Elle est enregistrée dans les transferts en capital (impôts et cotisations dus non recouvrables -
D995) à payer par le régime d’assurance sociale au débiteur dans le compte de capital et en même temps
comme extinction d'une créance dans le compte financier.
6.328 Enregistrement et évaluation Bien qu'en pratique, prélevées à la source par les employeurs
et versées directement aux organismes assureurs, les cotisations sociales effectives à la charge des
salariés (D6112) ne sont pas, dans le Système, retracées selon ce schéma (Cf. Encadré VI-09). Les salaires et
traitements sont enregistrés bruts, avant toutes déductions de cotisations sociales, dans l’opération D111.
Incluses dans le revenu primaire du salarié (Cf. § 6.10), les cotisations sociales effectives à la charge des
salariés sont ensuite acquittées par les ménages aux différents régimes d’assurance sociale en tant que
transferts liés à la distribution secondaire du revenu (D6112 - Cf. § 6.312).
6.329 Définition Les cotisations sociales effectives des non-salariés (D6113) sont les contributions
payées, pour eux-mêmes ou leurs ayants droit, par les travailleurs indépendants (employeurs et travailleurs
pour leur propre compte) ou par les personnes n'occupant pas d'emploi.
6.330 Contenu Les cotisations des non-salariés peuvent être des cotisations obligatoires ou
volontaires aux régimes des administrations de sécurité sociale ou à d'autres régimes d'assurance sociale. La
nomenclature distingue les cotisations qui sont obligatoires en vertu de la loi (D61131), et celles qui ne le
sont pas (D61132). Par extension, toutes les cotisations perçues par les régimes d’assurance sociale des
administrations de sécurité sociale (S13141) sont enregistrées comme des cotisations obligatoires, celles qui
sont reçues par les régimes privés (S125) sont considérées comme des cotisations volontaires (Cf. § 6.347
D61 et régimes bénéficiaires).
6.331 Moment d’enregistrement et montant à enregistrer Les cotisations sociales effectives des
non-salariés (D6113) sont enregistrées au moment où naît l'obligation de payer. Les cotisations à payer à des
régimes privés d’assurance sociale (D61132) sont égales aux cotisations versées, diminuées des frais de
gestion du service d’assurance sociale, et majorées par les revenus de la propriété, attribués aux
assurés (D44). Les cotisations acquittées aux régimes des administrations de sécurité sociale (D61131) sont
évaluées brutes (Cf. § 6.280).
6.332 Enregistrements induits Les cotisations sociales effectives des non-salariés qui ne sont jamais
versées (pour cause de faillite par exemple) aux administrations de sécurité sociale sont d'abord enregistrées
L'assiette des ces cotisations est, pour la plupart des entrepreneurs individuels, constituée de revenus issus
de la production. Mais, certaines cotisations sont également assises sur des revenus issus de la propriété
(droits d’auteurs, revenus des gérants majoritaires des SARL) ou de la redistribution (cotisations sur
prestations vieillesse ou chômage). Certaines, enfin, sont déconnectées de toute perception de revenu
(étudiants, assurés volontaires).
1.4 Enregistrement des cotisations sociales effectives (D611) (SEC § 4.95 à 4.97)
6.334 Méthode d’évaluation Les cotisations sociales effectives (D611) à payer aux administrations de
sécurité sociale sont enregistrées pour leur montant total. Les cotisations sociales effectives versées aux
régimes privés par les ayants droit (salariés et non-salariés) sont enregistrées, diminuées du coût de gestion
lié au service rendu, et majorées du montant des revenus de la propriété attribués aux assurés (D44). Le coût
de gestion est toujours considéré comme à la charge des bénéficiaires, il ne peut être déduit des cotisations
sociales effectives à la charge des employeurs (Cf. § 6.280).
6.335 Moment d'enregistrement Les cotisations sociales effectives à la charge des employeurs -D6111-
et les cotisations sociales effectives à la charge des salariés -D6112- sont enregistrées au moment où est
effectué le travail donnant naissance à l'obligation de les verser. Les cotisations sociales effectives à la
charge des non-salariés -D6113- sont enregistrées au moment où naît l'obligation de versement.
6.336 Enregistrement • Les cotisations sociales effectives (D611) et leurs composantes, transferts
liés à la distribution secondaire du revenu, sont enregistrées (Cf. Encadré VI-09) :
- principalement, dans le compte de distribution secondaire du revenu pour les unités résidentes, en emplois
pour les ménages et en ressources pour les régimes d’assurance sociale (administrations de sécurité sociale -
S1314 et sociétés d’assurance -S125) ;
- mais également, dans le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du
Monde, en ressources pour les assureurs non-résidents et en emplois pour les ménages non-résidents.
• En outre, les cotisations sociales effectives (D611) sont enregistrées en emplois et en ressources du compte
d’affectation des revenus primaires de l’économie nationale.
6.337 Enregistrements induits Les cotisations sociales effectives (D611) qui ne sont jamais versées
(pour cause de faillite par exemple) aux administrations de sécurité sociale (S1314) sont d'abord enregistrées
comme si elles avaient été effectivement acquittées dans l’opération "D611.1". Le SFCN enregistre alors
une annulation de dette d’un commun accord entre le régime d’assurance sociale créancier et son débiteur.
Cette annulation de dette donne lieu à deux écritures distinctes dans la séquence des comptes. Elle est
enregistrée dans les transferts en capital (impôts et cotisations dus non recouvrables -D995) à payer par le
régime d’assurance sociale au débiteur dans le compte de capital et en même temps comme extinction d'une
créance dans le compte financier.
L’annulation de dette d’un commun accord entre le créancier et le débiteur n’est prise en compte dans
l’opération D995 que lorsque le créancier est une administration publique. En d’autres termes, les
6.338 Définition Les cotisations sociales imputées (D612) mesurent la contribution des employeurs au
financement du régime d'assurance sociale qu'ils organisent eux-mêmes pour leurs propres salariés. Elles
sont égales au flux D122 qui est un élément constitutif de la rémunération des salariés (Cf. D122 § 6.34).
Elles représentent la contrepartie des prestations d’assurance sociale délivrées directement par les
employeurs à leurs salariés, ex-salariés et autres ayants droit (diminuée le cas échéant des cotisations
sociales effectives à la charge des salariés).
Nota : Le § 4.98 du SEC définit les cotisations sociales imputées comme la contrepartie des prestations
directes d’employeurs qui sont délivrées en dehors de tout circuit de cotisations. En cela, le SEC suit le
SCN. Pour ce dernier, les régimes directs d’employeurs sont exclusivement financés par les cotisations
sociales imputées à la charge des employeurs (Cf. SCN § 8.72). En France, ce n’est pas le cas. Les régimes
directs d’employeurs gérés par les administrations publiques pour leur propre personnel perçoivent des
cotisations sociales effectives à la charge des salariés (retenues pour pensions).
6.339 Application Les ménages, qui ont reçu un flux D122 dans la rémunération des salariés, enregistré
dans le compte d’affectation des revenus primaires, reversent à leur employeur un flux de cotisations
sociales imputées (D612), enregistré dans le compte de distribution secondaire du revenu. L'employeur
verse, alors, des prestations d’assurance sociale directes d’employeurs (D623 - Cf. § 6.368 et 6.369),
enregistrées-elles aussi dans le compte de distribution secondaire du revenu (Cf. Encadré VI-09b).
6.340 Moment d’enregistrement En théorie, les cotisations sociales imputées (D612) qui représentent
la contrepartie de prestations sociales directes obligatoires sont enregistrées au moment où naît l'obligation
de verser ces prestations. Les cotisations sociales imputées qui représentent la contrepartie de prestations
sociales directes volontaires sont enregistrées au moment où les prestations sociales sont délivrées.
En pratique, les cotisations sociales imputées sont enregistrées au moment où les prestations sociales
directes dont elles constituent une contrepartie sont délivrées (Cf. § 6.342 à 6.346). En effet, à l’exclusion
du risque vieillesse, les cotisations sociales imputées "couvrent" généralement une prestation sociale ayant
un caractère non obligatoire ou extra légal.
Interprétation Cette méthode d'évaluation n'est justifiée que dans la mesure où le régime ainsi reconstitué
n'aboutit pas à des "taux de cotisations apparents" économiquement non significatifs. En effet, on peut
imaginer un employeur public gérant un régime dans lequel le déséquilibre serait de fait financé par une
subvention globale. Dans ce cas, mesurer les cotisations par les prestations diminuées des transferts publics
n'a pas raison d'être, car conduit à estimer un excédent d’exploitation sans signification.
En conséquence, en dehors des régimes de retraite et d'accidents du travail, la valeur des cotisations sociales
imputées est identique à celle des prestations d’assurance sociale directes d’employeurs. C'est le cas en
particulier pour les indemnités complémentaires de maladie, les prestations familiales complémentaires etc..
6.344 Application Dans le cas du régime des pensions de retraites de l'Etat, les égalités suivantes sont à
la base des évaluations :
D122 = D612 =
D623 prestations d’assurance sociale directes d'employeurs
- Retenues pour pension (incluses dans les cotisations sociales effectives à la charge des salariés,
D6112)
+ Solde des transferts au titre du régime de retraite (transferts courants entre administrations
publiques, D73).
6.345 Les entreprises de droit privé qui versent des retraites ou pensions de survie, le font, par hypothèse,
suivant un système de répartition, c'est-à-dire sans constituer de provisions à cet effet. Les cotisations
sociales imputées sont alors égales au montant des prestations de retraite effectivement versées.
6.346 Les administrations publiques et entreprises publiques dont le personnel statutaire bénéficie du statut
de fonctionnaire ou assimilé versent des pensions de retraite et de survie :
- quand le rapport entre le nombre d'agents en activité et le nombre de pensionnés est considéré comme
normal et stable, le montant des cotisations de retraite imputées est égal à celui des retraites versées, moins
les retenues pour pensions prélevées sur les traitements bruts, plus le solde des versements au fonds de
compensation démographique entre tous les régimes de retraite ;
- quand le rapport entre effectifs de salariés et de retraités est considéré comme "anormal", le financement
des prestations directes est assuré pour partie par un transfert de l'Etat à l'unité concernée, enregistré en
transferts courants. Le montant des cotisations sociales imputées s'obtient alors par solde entre les pensions
versées diminuées des retenues pour pensions, plus le transfert de l’Etat et les versements du fonds au titre
de la compensation démographique.
D122 = D612 =
D623 prestations d’assurance sociale directes d'employeurs
- Retenues pour pension (cotisations sociales effectives à la charge des salariés, D6112)
+ Solde des transferts au titre du régime de retraite (autres transferts courants divers - D759, si
l’employeur est une société -financière ou non financière ; transferts courants entre administrations
publiques - D73, si l’employeur est une administration publique).
D122 = D612 =
D623 prestations d’assurance sociale directes d'employeurs
- Retenues pour pension (cotisations sociales effectives à la charge des salariés, D6112)
+ Transfert de compensation de l’Etat (autres transferts courants divers - D759, si l’employeur est
une société -financière ou non financière ; transferts courants entre administrations publiques - D73,
si l’employeur est une administration publique)
+ Versement du fonds au titre de la compensation démographique (autres transferts courants divers -
D759, si l’employeur est une société -financière ou non financière ; transferts courants entre
administrations publiques - D73, si l’employeur est une administration publique).
6.347 La nomenclature détaillée des cotisations sociales (obligatoires ou volontaires) permet de définir, a
priori, le régime bénéficiaire. En effet, les cotisations à payer aux régimes d’assurance sociale des
administrations de sécurité sociale sont, pour la plus grande part, obligatoires de par la loi bien que certains
assurés le soient de façon volontaire (régimes spéciaux de salariés et non-salariés). Quant au caractère
obligatoire des cotisations perçues par les régimes privés, il émane avant tout du contrat de travail liant
employeur et salarié et non de dispositions générales légales.
Cependant, par extension toutes les cotisations sociales perçues par les administrations de sécurité sociale
sont considérées dans le SFCN comme obligatoires et toutes les cotisations sociales prélevées par les
régimes privés sont enregistrées comme des cotisations volontaires. Le tableau VI-12 reprend l’ensemble
des conventions retenues en la matière.
6.349 L'absence de contrepartie équivalente et simultanée implique en particulier que le bénéficiaire n'est
pas soumis, contrairement au cas des assurances classiques, au versement de primes ou de cotisations
établies en fonction de risques spécifiques qu'il présente (âge, morbidité antérieure, antécédents familiaux,
etc.). C'est pourtant du vocabulaire des assurances que provient le terme "risque", utilisé toutefois ici en
référence à la notion la plus communément admise de "besoin ou handicap social".
Les risques ou besoins sociaux, pouvant donner lieu à paiement de prestations sociales, sont
conventionnellement regroupés comme suit dans les analyses des prestations sociales proposées par le
SFCN :
* Santé : maladie, invalidité, infirmité, accidents du travail, maladies professionnelles ;
* Vieillesse-survie : vieillesse, survie ;
61
Le caractère obligatoire de la cotisation pour le salarié repose sur la création de l’IRS et non sur la loi, le contrat qui le lie avec l’IRS lui procure
une retraite supplémentaire par rapport aux prestations obligatoires (de base et complémentaires) servies par les régimes des administrations de
sécurité sociale.
6.350 Frontière - exclusion La référence aux risques ainsi déterminés conduit à exclure des prestations
sociales des avantages susceptibles d'être accordés à des personnes ne subissant aucun des handicaps
sociaux retenus.
- (1) Ainsi les contreparties des réductions tarifaires de transport sont traitées en prestations sociales dans le
cas des familles nombreuses (risque "famille") ou des étudiants (risque "éducation"), en subventions sur les
produits (D319) dans les autres cas (carte orange ou hebdomadaire, réduction de tarif SNCF pour les congés
payés ou pour les militaires - Cf. D319 § 6.124).
- (2) De même, les tarifs préférentiels dans les cantines d'entreprises ne sont pas considérés comme des
prestations, mais comme un élément de la rémunération des salariés (D112 - Cf. Tableau VI-03).
- (3) Enfin, les allocations diverses (bourses de voyage, versements au titre de secours (catastrophes
naturelles, ...), etc.), distribuées aux ménages résidents et non-résidents par les administrations publiques ou
les Institutions sans but lucratif au service des ménages sont des autres transferts courants divers (D759 - Cf.
§ 6.466).
6.352 La prestation sociale se caractérise également par l'absence de contrepartie équivalente et simultanée
de la part du bénéficiaire. Cette double condition distingue les prestations sociales des éléments constitutifs
de la rémunération du travail (Cf. § 6.07 et 6.08). En particulier, elle caractérise les retraites comme
prestations sociales et non comme salaire ou traitement différé.
6.353 Définition Pour chaque risque, les prestations sociales peuvent être allouées en espèces et ou en
nature :
- les prestations en espèces visent à augmenter globalement les ressources des ménages sans lien
d'affectation à la couverture de dépenses particulières ;
- les prestations en nature sont des remboursements ou des prises en charge de certains débours, engagés par
les ménages lors de la réalisation d’un des risques sociaux.
6.354 Contenu • Les prestations en espèces peuvent être versées périodiquement (retraites,
allocations familiales, bourses d'élève) ou en une fois (capital décès).
• Elles peuvent constituer un remplacement de revenu, compensant une perte de revenu (retraites, allocations
chômage, indemnités journalières de maladie) ou la compensation forfaitaire de charges particulières liées à
un nouveau besoin (allocations familiales, capital décès). Elles peuvent enfin constituer des aides aux
personnes dans l'incapacité de se procurer un revenu considéré comme normal (handicapés, victimes de
guerre, personnes âgées sans droits à la retraite, RMIstes).
6.355 Contenu Les prestations en nature sont des remboursements ou des prises en charge de
débours qui sont comptabilisés dans la consommation finale effective des ménages (P4). Si ces prises en
charge prennent la forme de fourniture "gratuite" de biens ou de services (colis aux personnes âgées par
exemple), la valeur de ces biens et services est ajoutée aux dépenses de consommation finale des
ménages (P3) pour évaluer leur consommation finale effective (P4). Il en est de même si les prestations en
nature revêtent la forme d'avantages tarifaires pour le transport des familles nombreuses ou des étudiants.
Nota : Bien que les prestations sociales servies par les régimes privés et les régimes directs d’employeurs
puissent être délivrées en espèces ou en nature, par convention, elles sont enregistrées, dans la séquence des
comptes, avec les prestations en espèces versées par les régimes des administrations de sécurité sociale.
6.356 Selon le mécanisme de prévoyance collective en cause (Cf. tableau VI-13), les prestations sociales se
décomposent-en :
- prestations d’assurance sociale délivrées par les régimes d’assurance sociale et les organismes dépendant
des régimes d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale (S13142), notamment hôpitaux
publics et privés participant au service public hospitalier ;
- prestations d’assistance sociale versées par les administrations publiques (hors administrations de sécurité
sociale) et les organismes caritatifs (ISBLSM).
En outre, parmi les prestations d’assurance sociale, la nomenclature distingue l’unité ou le régime verseur
administration de sécurité sociale, régime privé et régime direct d’employeur.
6.357 En combinant trois critères, nature de la prestation, mécanisme de couverture collective, régime
d’assurance sociale gestionnaire, la nomenclature des prestations et transferts sociaux en nature s’établit
comme suit :
D62 Prestations sociales autres que transferts sociaux en nature
D621 Prestations de sécurité sociale en espèces
D622 Prestations d'assurance sociale de régimes privés
D623 Prestations d'assurance sociale directes d'employeurs
D624 Prestations d'assistance sociale en espèces
D63 Transferts sociaux en nature
D631 Prestations sociales en nature
D6311 Remboursements de sécurité sociale
D6312 Autres prestations de sécurité sociale en nature
D6313 Prestations d'assistance sociale en nature
D632 Transferts de biens et services individuels non marchands
Les prestations d’assurance sociale des régimes privés ou directs peuvent être servies en espèces ou en
nature. Cependant, la nomenclature du Système les classe avec les prestations de sécurité sociale en espèces
au sein des prestations sociales autres que transferts sociaux en nature (D62). En effet, par convention, elles
n’interviennent pas dans la définition du revenu disponible ajusté. En revanche, entrent dans la définition de
cet agrégat les transferts sociaux en nature (D63) qui comprennent, outre les prestations sociales en
nature (D631), les transferts de biens et services non marchands individuels (D632).
6.358 Le tableau VI-13 fait le lien entre les mécanismes de couverture sociale collective (assurance ou
assistance) et la nature de la prestation sociale versée (espèces ou nature). Dans le cadre de l’assurance
sociale, l’encadré VI-09 rappelle les différents circuits de cotisations et prestations d’assurance sociale.
Assurance sociale :
Assistance sociale :
6.360 Contenu Dans la nomenclature d’opération, les prestations sociales en espèces versées par les
administrations publiques et les institutions sans but lucratif au service des ménages regroupent les
prestations de sécurité sociale en espèces (D621) et les prestations d'assistance sociale en espèces (D624).
Les autres prestations d'assurance sociale concernent les prestations d'assurance sociale de régimes
privés (D622) et les prestations d'assurance sociale directes d'employeurs (D623).
Nota : Par convention, le Système inclut dans l’opération D62 l’ensemble des prestations en nature et des
autres transferts sociaux versés au Reste du Monde.
6.361 Moment d'enregistrement Les prestations sociales en espèces sont enregistrées au moment où le
droit à la prestation est établi ; les prestations sociales en nature sont enregistrées au moment où elles sont
délivrées.
6.363 Définition Les prestations de sécurité sociale en espèces (D621) sont des prestations d'assurance
sociale versées, en espèces, aux ménages, par les régimes des administrations de sécurité sociale (S13141).
Elles couvrent les risques suivants (1) les assurances sociales (maladie, maternité, invalidité, décès), (2) les
accidents du travail et les maladies professionnelles, (3) la vieillesse, (4) la famille et (5) le non-emploi.
Elles sont enregistrées dans le compte de distribution secondaire du revenu ou, le cas échéant, dans le
compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde (Cf. § 6.362).
6.364 Contenu Les prestations de sécurité sociale en espèces (D621) comprennent notamment :
- des prestations de maladie et d'invalidité (indemnités journalières) ;
- des allocations de maternité ;
- des allocations familiales, aides à la famille, et autres allocations pour ayants droit ;
- des prestations de chômage ;
- des pensions de retraite et de survie ;
- des prestations en cas de décès, etc.
6.365 Définition Les prestations d’assurance sociale de régimes privés (D622) sont des prestations
servies aux ménages par les régimes mutualistes, les institutions de prévoyance ou de retraites
supplémentaires, régimes privés d’assurance sociale, classés au sein des sociétés d'assurance (S125). Elles
couvrent les mêmes risques que les prestations versées par les régimes des administrations de sécurité
sociale. A la différence des précédentes, la nomenclature ne distingue pas les prestations en espèces des
prestations en nature ; les prestations délivrées par ces régimes ne peuvent pas être des transferts sociaux en
nature. Ainsi, toutes les prestations servies par les régimes privés, en espèces et en nature, sont enregistrées
dans le compte de distribution secondaire du revenu ou, le cas échéant, dans le compte extérieur des revenus
primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde (Cf. § 6.362).
6.366 Contenu Les prestations d’assurance sociale de régimes privés (D622) sont, en général,
définies comme un complément par rapport aux prestations servies par les régimes des administrations de
sécurité sociale.
6.368 Définition Les prestations d’assurance sociale directes d’employeurs (D623) sont des
prestations sociales délivrées à leurs salariés, à leurs ayants droit ou à leurs survivants, par les employeurs
qui administrent leur propre régime d'assurance sociale. Elles couvrent les mêmes risques que les prestations
versées par les régimes des administrations de sécurité sociale. En outre, toutes les prestations directes,
qu'elles soient délivrées en espèces ou en nature, sont enregistrées dans le compte de distribution secondaire
du revenu ou, le cas échéant, dans le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec
le Reste du Monde (Cf. § 6.362).
6.369 Contenu Les prestations d’assurance sociale directes d’employeurs (D623) comprennent
notamment :
(a) le paiement de pensions de retraite et de survie aux anciens salariés ou à leurs survivants,
d'indemnités aux salariés ou à leurs survivants en cas de licenciement, d'invalidité, de décès accidentel, et les
prestations analogues quand elles sont liées à des conventions collectives ;
(b) le versement d'aides à la famille (aide aux vacances, aide ménagère), d’allocations d'éducation et
d'autres allocations pour ayants droit (supplément familial de traitement) ;
(c) le maintien du paiement de salaires normaux ou réduits pendant les périodes d'absence du travail
pour maladie, accident, maternité, etc. ;
(d) les soins médicaux généraux fournis en dehors de la médecine du travail ;
(e) l’accès aux maisons de retraite et de convalescence.
6.370 Définition Les prestations d'assistance sociale en espèces (D624) sont des transferts courants
payés aux ménages, par des administrations publiques centrales (S1311) ou locales (S1313) ou des
Institutions sans but lucratif au service des ménages (S15), pour répondre aux risques ou besoins sociaux
(Cf. § 6.273), mais qui ne s'inscrivent pas dans un système d'assurance sociale comprenant des cotisations
sociales et des prestations d'assurance sociale. Elles excluent donc toutes les prestations versées par les
administrations de sécurité sociale. Elles sont enregistrées dans le compte de distribution secondaire du
revenu ou, le cas échéant, dans le compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde (Cf. § 6.362).
6.371 Contenu Les prestations d'assistance sociale en espèces (D624) sont délivrées quand les
prestations d'assurance sociale ne couvrent pas les besoins sociaux de façon adéquate. Elles peuvent être
ainsi versées en complément d’une prestation d’assurance sociale ou pour couvrir un besoin exclu du
système d’assurance sociale (éducation par exemple). Elles peuvent enfin constituer des aides aux personnes
dans l'incapacité de se procurer un revenu considéré comme normal (handicapés, victimes de guerre,
personnes âgées sans droits à la retraite, RMIstes).
Application Elles comprennent notamment : l’allocation temporaire du FNS (risque chômage), les
garanties de ressources aux handicapés, les pensions versées aux victimes de guerre, la majoration de
l’allocation de rentrée scolaire, le revenu minimum d’insertion (RMI).
6.373 Définition Les "services individuels" sont des services rendus personnellement aux ménages,
par les administrations publiques et les Institutions sans but lucratif au service des ménages, gratuitement ou
à des prix économiquement non significatifs. Ils sont qualifiés d’individuels pour les distinguer des services
"collectifs" rendus à la collectivité dans son ensemble ou à d’importants sous-ensembles de celle-ci.
Les services individuels concernent principalement la santé et l’éducation quoique d’autres domaines
puissent être concernés tels l’action sociale, le logement, la culture ou les loisirs.
Nota : Par convention, même si certains services rendus par les Institutions sans but lucratif au service des
ménages présentent certaines caractéristiques de services collectifs, tous les services rendus par les
ISBLSM, étant donné leur nature, sont classés parmi les services individuels et enregistrés dans les
transferts sociaux en nature (D63).
6.374 Enregistrement Les transferts sociaux en nature (D63), respectivement versés par les
administrations publiques ou les Institutions sans but lucratif au service des ménages, correspondent à la
dépense de consommation individuelle (P31) des administrations publiques ou des ISBLSM. Les transferts
sociaux en nature (D63) sont enregistrés :
- en emplois du compte de redistribution du revenu en nature des secteurs qui les délivrent ;
- en ressources du compte de redistribution du revenu en nature des ménages.
La consommation des biens et services transférés (consommation individuelle effective des ménages) est
enregistrée dans le compte d’utilisation du revenu disponible ajusté.
6.375 Contenu Les transferts sociaux en nature (D63) comprennent les prestations sociales en
nature (D631) et les transferts de biens et de services non marchands individuels (D632).
Nota : Par convention, le Système n’enregistre pas de transferts sociaux en nature versés au Reste du
Monde, lorsqu’ils ont lieu, de tels transferts sont enregistrés dans l’opération D62 prestations sociales autres
que transferts sociaux en nature.
6.376 Définition Les prestations sociales en nature (D631) sont des transferts sociaux en nature
destinés à alléger la charge financière que représente pour les ménages la protection contre un certain
nombre de risques ou besoins sociaux (Cf. § 6.273). Dans le Système, elles sont délivrées par les
administrations publiques (S13) et les Institutions sans but lucratif au service des ménages (S15). Incluses
dans les transferts sociaux en nature, elles sont enregistrées dans le compte de redistribution du revenu en
nature.
6.377 Contenu L’opération D631 recouvre deux cas de figure distincts : (1) celui où les ménages
bénéficiaires achètent eux-mêmes les biens et services et se font ensuite rembourser, et (2) celui où les biens
et services sont cédés directement aux bénéficiaires. Dans ce dernier cas, le Système considère que
l’administration publique ou l’ISBLSM payent, en totalité ou en partie, des biens et services à leur
producteur qui les cède alors, gratuitement ou quasi-gratuitement, directement aux bénéficiaires.
6.379 Définition Les remboursements de sécurité sociale (D6311) sont des remboursements, par les
régimes des administrations de sécurité sociale (S13141), des débours, agréés, effectués par les ménages
pour acquérir des biens ou des services déterminés par un des risques ou besoins sociaux.
6.380 Lorsqu'un ménage achète un bien ou un service pour lequel il obtiendra le remboursement, partiel ou
total, par un régime des administrations de sécurité sociale, le Système considère que le ménage agit pour le
compte de l'organisme en cause. Pour le Système, le ménage concède au régime un crédit à court terme qui
s’éteint avec le remboursement.
6.381 Application Le montant de la dépense remboursée est enregistré comme étant supporté
directement par le régime des administrations de sécurité sociale au moment où le ménage effectue
l'achat (D631), tandis que la seule dépense enregistrée pour le ménage (P31) est la différence, le cas échéant,
entre le prix d'acquisition payé et le montant remboursé.
6.382 Contenu Les remboursements de sécurité sociale (D6311) comprennent exclusivement les
débours, engagés par les ménages, pris en charge par les régimes des administrations de sécurité sociale,
portant sur des biens ou services d’origine marchande.
Application Il s’agit notamment de remboursements relatifs aux soins de santé concernant les
médicaments, les lunettes ou articles d’optique, les traitements médicaux, ophtalmologiques ou dentaires, les
frais d'hospitalisation, les appareils ou équipements médicaux liés à la fourniture de soins de
santé (prothèses et assimilés) etc..
6.383 Définition Les autres prestations de sécurité sociale en nature (D6312) sont des transferts
sociaux en nature, à l'exclusion des remboursements précités, effectués par les administrations de sécurité
sociale (S1314) aux ménages.
Il s’agit de prises en charge directes par les administrations de sécurité sociale de biens et de services
d’origine marchande ou non marchande. Les ménages n’effectuent pas de paiement (ou un paiement partiel
non représentatif du prix ou du coût) lors de la délivrance des biens ou services en cause. C’est
l’administration qui se substitue à eux, le cas échéant, pour régler le tiers qui produit le bien ou le service.
6.384 Contenu Au sein des autres prestations de sécurité sociale en nature le SFCN distingue deux
sous-opérations sans équivalent dans le SEC. Il s’agit des prestations marchandes et en nature de sécurité
sociale (D6312A) et des prestations non marchandes et en nature de sécurité sociale (D6312B). Les
premières concernent les prises en charge de biens ou de services d’origine marchande par les
administrations de sécurité sociale. Les secondes sont les prises en charge de biens ou de services d’origine
non marchande par les administrations de sécurité sociale.
6.385 Définition Les prises en charge de biens ou services d’origine marchande (D6312A) concernent
les mêmes produits que les remboursements de sécurité sociale. En effet, la décomposition des prestations
en nature délivrées par les administrations de sécurité sociale repose pour partie sur le mécanisme de
financement de la prestation qui diffère entre les remboursements (D6311) et les prises en charge (D6312).
En pratique, les statistiques disponibles ne permettent pas de distinguer les deux modes de financement.
Ainsi, dans le SFCN, les prises en charge de biens ou services d’origine marchande concernent
6.386 Définition L’opération D6312 inclut également les prestations, non marchandes et en nature,
délivrées par les administrations de sécurité sociale (D6312B). Il s’agit de la prise en charge et du transfert
de biens et services d’origine non marchande répondant à la couverture des besoins sociaux. Les prestations
non marchandes et en nature de Sécurité sociale concernent principalement la fourniture directe de biens ou
services de santé par le service hospitalier public (S14142 - Organismes dépendant des régimes des
administrations de sécurité sociale).
6.388 Définition Les prestations d’assistance sociale en nature (D6313) sont des transferts en nature
délivrés aux ménages par les administrations publiques, centrales (S1311) ou locales (S1313), ou par les
Institutions sans but lucratif au service des ménages (S15) qui, par essence, sont semblables aux prestations
de sécurité sociale en nature, mais qui ne sont pas attribués dans le cadre d'un système d'assurance sociale.
Elles excluent donc toutes prestations versées par les administrations de sécurité sociale (S1314). Elles sont
enregistrées dans le compte de redistribution du revenu en nature.
6.389 Interprétation Les prestations d’assistance sociale en nature apparaissent alors comme des prises en
charge directes par les Administrations, à l’exclusion des administrations de sécurité sociale, et les ISBLSM
de biens et de services d’origine marchande ou non marchande incluant leur transfert aux bénéficiaires.
6.390 Contenu Au sein des prestations d’assistance sociale en nature le SFCN distingue deux sous-
opérations sans équivalent dans le SEC. Il s’agit des prestations marchandes et en nature d’assistance
sociale (D6313A) et des prestations non marchandes et en nature d’assistance sociale (D6313B). Les
premières concernent les prises en charge de biens ou de services d’origine marchande par les Institutions
sans but lucratif au service des ménages, ou les administrations publiques à l’exclusion des administrations
de sécurité sociale. Les secondes sont les prises en charge de biens ou de services d’origine non marchande
par les Institutions sans but lucratif au service des ménages, ou les administrations publiques à l’exclusion
des administrations de sécurité sociale.
6.391 Application Relèvent de l’opération D6313A, à condition de ne pas faire partie d'un système
d'assurance sociale, deux allocations logement62 (ALS, APL), l’accès aux logements sociaux, crèches ou
garderies, les formations professionnelles, les réductions sur les titres de transport poursuivant un objectif
social.
6.392 Application Relèvent de l’opération D6313B, à condition de ne pas faire partie d'un système
d'assurance sociale, les biens et services d’origine non marchande fournis dans le cadre de la protection
contre les risques et besoins sociaux, notamment les services annexes d’éducation (ramassage scolaire) ou
d’action sociale, rendus par les administrations publiques locales.
62
L’allocation de logement à caractère familial (ALF) est versée dans le cadre des prestations familiales par la CNAF ; elle est comptabilisée en
autres prestations de sécurité sociale en nature (D6312).
6.394 Définition Les transferts de biens et services non marchands individuels (D632) portent sur des
biens et services délivrés gratuitement ou à des prix économiquement non significatifs à des ménages par
des producteurs non marchands des unités des administrations publiques ou des Institutions sans but lucratif
au service des ménages. Ils correspondent à la dépense de consommation individuelle (P31) des
administrations publiques et des institutions sans but lucratif au service des ménages diminuée, le cas
échéant, de la part de cette consommation comptabilisée en prestation sociale en nature (D631) lorsqu’elle
est accordée aux ménages dans le cadre de systèmes d’assurance sociale ou de mécanismes d'assistance
sociale.
Nota : Bien que certains des services non marchands produits par les Institutions sans but lucratif au service
des ménages présentent des caractères de services collectifs, tous les services non marchands produits par
les ISBLSM sont, par convention et pour simplifier, traités comme des services individuels par nature.
6.395 Contenu Les transferts de biens et services individuels concernent principalement les services
d’éducation mais aussi les loisirs, la culture... Sont également inclus les services d’administration de sécurité
sociale et d’action sociale.
6.396 Moment d’enregistrement et montant à enregistrer Les services cédés dans le cadre d’un
transfert de biens et de services non marchands individuels (D632) aux ménages sont enregistrés au moment
de leur fourniture, c'est-à-dire au moment où ils sont produits. Les biens cédés directement aux ménages par
des producteurs non marchands doivent être enregistrés au moment du changement de propriété.
63
Le qualificatif de "marchand" ou "non-marchand" pour un produit est à proscrire. En toute rigueur, il faut utiliser, en lieu et place, les termes
"d’origine marchande" ou "d’origine non marchande".
SFCN SEC
D62 Prestations sociales autres que transferts sociaux D.62 Prestations sociales autres que transferts sociaux
en nature en nature
D62 = D621 + D622 + D623 + D624 D.62 = D.621 + D.622 + D.623 + D.624
•D621 Prestations de sécurité sociale en espèces •D.621 Prestations de sécurité sociale en espèces
•D622 Prestations d'assurance sociale de régimes privés •D.622 Prestations d'assurance sociale de régimes privés
•D623 Prestations d'assurance sociale directes •D.623 Prestations d'assurance sociale directes
d’employeurs d'employeurs
•D624 Prestations d'assistance sociale en espèces •D.624 Prestations d'assistance sociale en espèces
6.399 Définition Les autres transferts courants (D7) sont des opérations, qui ne reposent pas sur la
transmission de la propriété d’un actif, dans lesquelles une unité institutionnelle fournit un bien, un service
ou un actif à une autre unité, sans en recevoir de contrepartie (Cf. § 6.05 et 6.06, D9 § 6.482 et 6.483). Ils
réduisent le revenu et les possibilités de consommation de l’unité qui les délivre et ont des effets inverses
pour les unités qui les perçoivent. Ils comprennent tous les transferts courants entre unités institutionnelles
résidentes, ou entre résidents et non-résidents, à l'exception des cotisations, prestations sociales, transferts
sociaux en nature (D6) et des impôts courants sur le revenu et le patrimoine (D5). Les autres transferts
courants sont des opérations de répartition qui participent à la redistribution secondaire du revenu.
6.400 Contenu Les autres transferts courants (D7) couvrent des transferts courants spécifiques à
l’activité d’assurance-dommages (primes et indemnités, D71 et D72) et à des relations entre administrations
publiques (transferts entre administrations publiques résidentes -D73- ou avec des administrations publiques
non-résidentes -D74). Ils concernent enfin les transferts courants divers (D75) qui interviennent entre unités
institutionnelles résidentes ou entre unités résidentes et non-résidentes pour lesquels le SEC n’a pas jugé
nécessaire d’imposer des rubriques séparées.
6.402 Contenu Les opérations d’assurance-dommages comprennent les primes nettes d’assurance-
dommages (D71) et les indemnités d’assurance-dommages (D72).
6.403 Exclusion Les opérations d’assurance-dommages ne couvrent pas le risque "vie". La couverture
de ce risque est décrite dans les opérations d’assurance-vie. Elles comprennent des primes et des indemnités.
• Les primes d’assurance-vie ne sont pas retracées par une opération unique dans le Système. Elles
concernent :
- les primes qui constituent une forme de cotisation sociale ;
- les primes d’assurance-vie individuelle.
Les premières sont des cotisations sociales effectives volontaires (D611.2) payées par les employeurs et les
salariés dans le cadre de régimes privés d’assurance sociale. Les secondes ne sont pas des opérations de
répartition mais des opérations financières. Ces deux catégories de primes d’assurance-vie augmentent les
réserves techniques d’assurance, opération enregistrée dans les comptes financiers et de patrimoine.
• Les indemnités d'assurance-vie ne sont pas enregistrées en autres transferts courants (D7). Elles
regroupent :
- des indemnités qui constituent une des formes de prestation sociale ;
- des indemnités d'assurance-vie individuelle.
Les premières sont des prestations d’assurance sociale de régimes privés (D622). Les secondes ne sont pas
des opérations de répartition mais des opérations financières. Les deux catégories d'indemnités d'assurance-
vie réduisent les réserves techniques d'assurance, opérations enregistrées dans le compte financier et dans le
compte de patrimoine.
• Au total, les primes et les indemnités d’assurance-vie sont retracées pour leur solde dans les comptes
financiers des compagnies d'assurances et des ménages comme variation des réserves mathématiques (Cf.
Encadré VI-10).
6.404 Définition La prime nette d'assurance-dommages (D71) est la partie de la prime destinée à
couvrir, pendant la période sous revue, la part du risque non encore couverte par les revenus nets de
placements, déduction faite du service rendu par les sociétés d’assurance. Les primes nettes d'assurance-
dommages comprennent à la fois les primes effectives payées par les assurés pour bénéficier de la
couverture d'assurance au cours de la période comptable (primes acquises) et les suppléments de primes
correspondant aux revenus de la propriété attribués aux assurés après déduction du service fourni par la
société d'assurance.
6.405 Interprétation Les primes nettes d'assurance-dommages (D71) sont des versements effectués dans le
cadre de polices souscrites par des unités institutionnelles. Lorsqu’elles sont souscrites par des ménages, les
polices sont des contrats passés à leur propre initiative et pour couvrir leurs propres besoins,
indépendamment de leurs employeurs ou des administrations publiques et en dehors de tout régime
d'assurance sociale.
6.406 Définition Par primes d'assurance déduction faite du service, il faut entendre la fraction du total
des primes versées au cours de la période courante ou des périodes antérieures qui couvre les risques,
pendant la période courante, non encore couverts par les revenus nets des placements64.
6.407 Définition Les primes acquises au cours de la période courante doivent être distinguées des
primes émises ou exigibles durant cette période qui sont susceptibles de couvrir des risques tant pendant la
période en question que pendant des périodes futures.
Une prime émise en cours d'exercice se décompose en :
- une partie acquise qui couvre le risque jusqu'à la fin de l'exercice ;
- une partie non acquise, mise en réserve au paiement de la prime, qui couvrira le risque du début de
l'exercice suivant jusqu'à l'échéance.
6.408 Exclusion Les primes nettes d'assurance-dommages ne comprennent pas les versements aux
organismes d'assurance sociale (régimes des administrations de sécurité sociale ou régimes privés
d’assurance sociale) qui sont des cotisations sociales effectives.
6.409 Evaluation • La prime nette d’assurance-dommages est une opération de répartition car il n'y a
pas d'engagement accumulé des assureurs envers les assurés lorsque le risque ne se réalise pas au cours de
l'exercice. Les primes nettes (D71) sont en conséquence égales aux indemnités (D72 - Cf. § 6.416).
• La méthode d’évaluation de l’opération D71 découle des équations comptables suivantes65:
Primes nettes (D71) = Indemnités (D72)
Primes nettes (D71) = Primes acquises + Revenus nets des placements (D44) - Service d’assurance
6.410 Comptabilisation Les opérations sont comptabilisées sur la base de leur fait générateur :
enregistrement, au titre d'une période, des primes acquises à cette période qui comprennent une partie des
réserves-primes constituées antérieurement ; la partie non acquise de la prime versée constitue une créance
de l'assuré sur la compagnie.
6.411 Moment d'enregistrement Les primes nettes d'assurance-dommages (D71) sont enregistrées au
moment où elles sont acquises.
64
La traduction française du SEC est ambiguë car elle omet dans la définition des primes d’assurance déduction faite du service (§ 4.110) les
revenus nets des placements.
65
L’identité comptable primes nettes = indemnités n’était pas vérifiée en base 80. Les équations suivantes étaient à la base de l’évaluation des primes
nettes : (1) Primes nettes = indemnités - revenus nets des placements. (2) Primes nettes = primes acquises - service d’assurance.
6.413 Définition Les indemnités d'assurance-dommages (D72) comprennent les sommes qu'en vertu de
contrats d'assurance-dommages, les sociétés d'assurance sont tenues de verser pour le règlement de sinistres
survenus à des personnes ou des biens (y compris les biens de capital fixe).
6.414 Frontière • Sont incluses dans l’opération D72 toutes les sommes dues en vertu des contrats
d’assurance-dommages aux sinistrés, y compris, dans le cas des ménages, les sommes que les
administrations de sécurité sociale ou les régimes privés ont initialement payées et pour lesquelles sont ou
seront intentés des recours contre les compagnies d'assurance (Cf. D759 § 6.466).
• En revanche, les indemnités d'assurance-dommages (D72) ne comprennent pas les versements qui
constituent des prestations d’assurance sociale de régimes privés (D622) si aucun recours vis-à-vis des
compagnies n’est envisagé.
6.416 Evaluation Comme le service d'assurance-dommages est calculé en soustrayant les indemnités
dues de la valeur cumulée des primes acquises et des suppléments de primes, le total des primes nettes
d’assurance-dommages (D71) perçu par la société d’assurance doit être égal au total des indemnités
dues (D72) par la société au cours de la même période comptable. Cette identité comptable des opérations
D71 et D72 fait bien ressortir le fait que la fonction principale de l'assurance-dommages est la redistribution
des ressources.
6.417 Comptabilisation Certaines indemnités sont dues pour des dommages occasionnés par les
assurés à des tiers ou à la propriété de tiers. Dans ce cas, les indemnités sont comptabilisées comme si elles
étaient payées directement par la société d'assurance au tiers ayant subi le préjudice et non indirectement par
l'intermédiaire de l'assuré.
Encadré VI-10.
5.98 Définition La catégorie réserves techniques d'assurance (F.6) couvre toutes les opérations sur réserves
techniques d'assurance (AF.6), c'est-à-dire les provisions constituées par les sociétés d'assurance et les fonds de
pension (autonomes et non autonomes) (S125) à l'égard des preneurs et des bénéficiaires de polices d'assurance telles
que définies dans la directive du Conseil 91/674/CEE du 19 décembre 1991 concernant les comptes annuels et les
comptes consolidés des entreprises d'assurance (Journal officiel des Communautés européennes n° L 374 du 31
décembre 1991, pp. 7 à 31).
Les réserves ou fonds similaires constitués par les employeurs pour garantir des pensions à leurs salariés (fonds de
pension non autonomes) sont classés dans la catégorie AF.6 uniquement s'ils sont calculés en appliquant les mêmes
critères actuariels que ceux utilisés par les sociétés d'assurance et les fonds de pension autonomes. Dans le cas contraire,
ces réserves ou autres fonds sont couverts par les actions ou autres participations émises par l'unité institutionnelle qui
les constitue.
5.102 La catégorie AF.6 ne comprend pas les réserves constituées par des unités institutionnelles relevant du sous-
secteur des administrations de sécurité sociale (S1314), le Système ne considérant pas ces réserves comme des
engagements de ce sous-secteur.
Droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie et sur les fonds de pension (F.61)
5.104 Définition La sous-catégorie droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie et sur les
fonds de pension (F.61) couvre toutes les opérations relatives aux droits nets des ménages sur les réserves techniques
d'assurance-vie et sur les fonds de pension (AF.61), c'est-à-dire les provisions constituées par les sociétés et quasi-
sociétés concernées pour couvrir le règlement des sinistres et l'exécution des prestations prévues lorsque certaines
conditions sont remplies.
Droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie (F.611)
5.106 Définition La sous-position droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie (F.611)
couvre toutes les opérations relatives aux droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie (AF.611),
c'est-à-dire les provisions pour risques en cours et les réserves pour participation des assurés aux bénéfices qui s'ajoutent
à la valeur à l'échéance des assurances à capital différé avec participation aux bénéfices ou assurances analogues.
5.107 La sous-position AF.611 englobe les réserves d'assurance-vie, les réserves pour participation aux bénéfices et
ristournes, ainsi que les réserves relatives à l'assurance-vie lorsque le risque de placement est supporté par le preneur
d'assurance, telles que définies aux articles 27, 29 et 31 de la directive du Conseil 91/674/CEE du 19 décembre 1991
concernant les comptes annuels et les comptes consolidés des entreprises d'assurance (qui utilise le terme "provisions"
au lieu de "réserves").
5.108 Les opérations relatives aux droits nets des ménages sur les réserves techniques d'assurance-vie comportent des
augmentations et des diminutions de ces droits, qu'il convient de distinguer des gains ou pertes nominaux de détention,
réalisés par les sociétés d'assurance sur leurs placements (SEC § 6.57).
5.109 Les réserves techniques d'assurance-vie constituent des actifs financiers de ménages résidents ou non-résidents
et des passifs de sociétés d'assurance résidentes ou non-résidentes.
Dans le cas d'un contrat collectif (assurance de groupe) souscrit, par exemple, par une société au bénéfice de ses
salariés, ce sont ces derniers -et non l'employeur- qui sont considérés comme créanciers. Pour le Système, les salariés
sont les preneurs effectifs de l'assurance.
5.110 Définition La sous-position droits nets des ménages sur les fonds de pension (F.612) couvre toutes les
opérations relatives aux droits nets des ménages sur les fonds de pension (AF.612), c'est-à-dire les réserves des fonds de
pension autonomes et non autonomes constituées par des employeurs et/ou des salariés ou des groupes de travailleurs
indépendants pour garantir des pensions à ces derniers.
5.111 Les opérations relatives aux droits nets des ménages sur les fonds de pension comportent des augmentations et
des diminutions de ces droits, qu'il convient de distinguer des gains ou pertes nominaux de détention, réalisés par les
fonds de pension sur leurs placements (SEC § 6.57).
5.112 Les opérations relatives aux droits nets des ménages sur les fonds de pension ne couvrent pas les fonds
transférés de fonds de pension non autonomes à des fonds de pension autonomes relevant du sous-secteur des sociétés
d'assurance et des fonds de pension (S125) à la suite de la conversion des premiers en les seconds ; cette opération doit
être comptabilisée sous la catégorie changements de classement sectoriel ou de structure (K.12.1) dans le compte des
autres changements de volume d'actifs (SEC § 6.30).
5.113 Les réserves des fonds de pension constituent des actifs financiers de ménages résidents ou non-résidents et non
des unités institutionnelles qui les gèrent.
5.114 Définition La sous-catégorie réserves-primes et réserves-sinistres (F.62) couvre toutes les opérations sur
réserves-primes et réserves-sinistres (AF.62), c'est-à-dire les réserves constituées par les sociétés d'assurance et les fonds
de pension (autonomes et non autonomes) pour couvrir :
- la partie des primes brutes émises qui doit être allouée à la période comptable suivante (réserves-primes) ;
- le coût total final estimé du règlement de tous les sinistres, déclaré ou non, consécutifs à la réalisation de risques
survenus au cours de la période comptable, diminué des montants déjà payés au titre de ces mêmes sinistres (réserves-
sinistres).
5.115 Les réserves-primes trouvent leur origine dans le fait que, d'une manière générale, les primes d'assurance
doivent être payées au début de la période couverte, qui ne coïncide habituellement pas avec la période comptable
proprement dite. Par conséquent, lorsque le bilan est établi à la fin d'une période comptable, une partie des primes
d'assurance devant être versée au cours de celle-ci est destinée à couvrir des risques au cours de la période suivante. Les
réserves-primes sont déterminées sur la base de la proportionnalité des risques par rapport au temps pour la durée restant
à courir jusqu'à l'échéance du contrat.
Dans le compte financier, le montant des réserves-primes enregistré au titre des opérations entre preneurs d'assurance et
sociétés d'assurance correspond à la partie des primes versées au cours d'une période qui est destinée à couvrir les
risques assurés pendant la période suivante.
5.116 Les réserves-primes constituent des actifs financiers des preneurs d'assurance. Si elles sont en rapport avec
l'assurance-vie, le preneur est un ménage résident ou non résident ; si elles concernent l'assurance-dommages, le preneur
peut appartenir à n'importe quel secteur de l'économie ou au Reste du Monde. Les primes d'assurance ou les cotisations
sociales versées par les preneurs d'assurance peuvent servir de référence pour répartir les réserves-primes entre les
secteurs de l'économie et le Reste du Monde.
5.117 Les réserves-sinistres sont constituées par les sociétés d'assurance afin de couvrir les indemnités qu'elles
s'attendent à devoir verser au titre de sinistres qui n'ont pas encore été réglés, notamment parce qu'ils font l'objet de
litiges. Le Système considère que les sociétés d'assurance donnent suite aux demandes d'indemnité valides qu'elles ont
acceptées à la date à laquelle survient le fait générateur, quel que soit le temps pris pour régler les demandes litigieuses.
5.118 Les réserves-sinistres constituent des actifs financiers des bénéficiaires qui peuvent appartenir à n'importe quel
secteur de l'économie ou au Reste du Monde.
5.119 La sous-catégorie AF.62 comprend les provisions pour primes non acquises, les autres provisions techniques,
les provisions pour sinistres et les provisions pour égalisation telles que définies aux articles 25, 26, 28 et 30 de la
directive du Conseil 91/674/CEE du 19 décembre 1991 concernant les comptes annuels et les comptes consolidés des
entreprises d'assurance.
6.420 Contenu Les transferts courants entre administrations publiques (D73) se décomposent en :
- transferts courants entre sous-secteurs des administrations publiques (D731) ;
- transferts courants internes aux sous-secteurs des administrations publiques (D732) ;
- transferts de recettes fiscales (D733).
Le SEC n’impose pas de décompositions à l’opération D73 mais définit au § 4.118 les "transferts de recettes
fiscales".
6.421 Moment d'enregistrement Les transferts courants entre administrations publiques (D73) sont à
enregistrer au moment où les réglementations en vigueur stipulent qu'ils doivent être opérés.
6.422 Enregistrement L’opération transferts courants entre administrations publiques (D73) est
enregistrée en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu des sous-secteurs
des administrations publiques. Bien que le SEC prévoie au § 4.120, qu’en tant que flux internes au secteur
des administrations publiques, ces flux disparaissent lors de la publication du compte consolidé des
administrations publiques, l’application française est un peu différente.
Application Dans le SFCN, l’enregistrement de l’opération D73 et de ses composantes est le suivant :
• Les transferts courants entre sous-secteurs des administrations publiques (D731) apparaissent en emplois
ou en ressources du compte de distribution secondaire du revenu du sous-secteur, respectivement verseur ou
receveur. Ces transferts ne sont pas consolidés dans le compte du secteur S13.
• Les mouvements courants internes aux sous-secteurs des administrations publiques (D732) sont toujours
consolidés dans les comptes de sous-secteur publiés, mais apparaissant dans des tableaux détaillés
préalables à la constitution des comptes de chaque sous-secteur.
• Les transferts de recettes fiscales (D733) apparaissent comme une ressource négative du verseur, le plus
souvent l'Etat (compte de distribution secondaire du revenu), et en ressources du compte de distribution
secondaire du revenu des sous-secteurs auxquels les recettes sont affectées.
• En outre, le tableau économique d’ensemble (TEE) présente l’ensemble des transferts courants entre
administrations publiques (D73) en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu
des administrations publiques sans les consolider.
6.423 Exclusion Les transferts courants entre sous-secteurs des administrations publiques (D731) ne
comprennent pas les opérations pour compte. Elles sont à enregistrer une seule fois en ressources de l'unité
bénéficiaire pour le compte de laquelle l'opération est réalisée.
1. Transferts courants entre sous-secteurs (D731) et internes aux sous-secteurs (D732) des
administrations publiques
6.424 Définition Les transferts courants entre sous-secteurs (D731) et internes aux sous-
secteurs (D732) des administrations publiques sont des transferts à caractère général et d'utilisations
multiples ou indéterminées qui ont lieu respectivement entre les sous-secteurs des administrations publiques
(administrations publiques centrales - S1311, administrations publiques locales - S1313, administrations de
sécurité sociale - S1314) ou au sein d’un même sous-secteur tels qu’ils sont précédemment énumérés.
Nota : Le SFCN présente systématiquement le compte des administrations publiques (S13) en quatre sous-
6.425 Contenu Les transferts courants entre sous-secteurs (D731) comprennent les subventions de
fonctionnement, les subventions pour diminution de recettes ou charges exceptionnelles versées par l’Etat
aux administrations publiques locales et aux régimes d’assurance sociale. Ces transferts comprennent aussi
des participations des administrations publiques locales aux dépenses du budget général, des provisions
versées aux comptables du Trésor par les organismes de sécurité sociale et diverses opérations entre les
comptes spéciaux du trésor et les administrations publiques locales.
6.426 Frontière Les transferts à caractère général et d'utilisations multiples ou indéterminées, même
s’ils sont utilisés en partie pour couvrir des dépenses d’investissement, sont enregistrés en "transferts
courants entre (D731), voire le cas échéant internes (D732) aux administrations publiques. Seuls sont
expressément exclus les transferts opérés par l’Administration centrale aux administrations locales ayant
pour objet spécifique de financer leur formation brute de capital fixe (D92) (Cf. D9 § 6.508).
6.427 Application • Entre l’Etat et les administrations publiques locales, l’opération D731 enregistre
principalement la dotation globale de fonctionnement aux collectivités locales.
• Entre l’Etat et les administrations de sécurité sociale sont notamment comptabilisées les prises en charge,
totales ou partielles, par l’Etat, dans le cadre de politique économique ou sociale, de cotisations sociales à la
charge des employeurs pour certaines catégories de salariés et/ou certaines activités, les flux liés au système
de compensation démographique inter-régimes ayant pour objet de couvrir des charges anormales de
retraite.
• Entre les organismes divers d’administration centrale et les administrations de sécurité sociale l’opération
D731 enregistre notamment le financement de certaines dépenses de régimes d’assurance sociale reposant
sur la contribution de solidarité des sociétés (C3S - Cf. D214 § 6.80) et sur la taxe sur les grandes surfaces
(TS - Cf. D292 § 6.94).
6.428 Application Les mouvements internes aux sous-secteurs (D732) regroupent notamment pour les
administrations de sécurité sociale d’une part les flux entre les régimes d’assurance sociale (S13141) et les
hôpitaux (S13142) et d’autres part les flux de financement intra régimes (S13141) tels les flux de
compensation à la base du système français d’assurance sociale et les prises en charge de prestations.
Les mécanismes de compensation institués depuis 1963 visent à atténuer les disparités financières qui
existent, entre régimes, du fait de leur démographie différente (effectifs des cotisants et des allocataires). Ils
interviennent au titre de la maladie et de la vieillesse au sein des régimes de salariés, entre régimes de
salariés et non salariés et enfin pour la vieillesse seulement au sein des régimes spéciaux.
Les prises en charge de prestations recouvrent un financement par le Fonds de solidarité-vieillesse (FSV)
des avantages de vieillesse non contributifs et une prise en charge par les régimes d’indemnisation du
chômage du coût de l’abaissement de l’âge de la retraite.
6.429 Définition du SEC § 4.118 Les transferts de recettes fiscales (D733) constituent une opération de
transfert indifférencié de ressources de l’Administration centrale en faveur des autres administrations
publiques. Ces transferts ne correspondent à aucune catégorie d'impôts particuliers et ne se font pas
automatiquement, mais principalement par l'intermédiaire de certaines réserves et selon des clés de
répartition fixées par l’Administration centrale.
6.430 Exclusion Les transferts de recettes fiscales ne comprennent pas les opérations pour compte.
Elles sont à enregistrer une seule fois en ressources de l'unité bénéficiaire pour le compte de laquelle
l'opération est réalisée. Ce cas se présente lorsque l’administration centrale perçoit des impôts dont la
6.431 La description de cette opération nécessite une présentation du mode d'obtention des ressources
fiscales par les administrations.
• Certaines administrations (principalement l'Etat) fixent le mode de perception et le taux de leurs impôts et
en assurent elles-mêmes le recouvrement. La description en est faite dans les opérations D2, D5, D91.
• Certaines administrations fixent leurs recettes, mais n’assurent que partiellement le recouvrement. Ce cas
concerne les Institutions communautaires (S212). La description en est faite dans les opérations D2 et D5.
Les impôts sont pour partie recouvrés par l’Etat pour le compte des Institutions communautaires. Dans le
Système, les Institutions communautaires perçoivent directement les impôts qui leur sont reversés nets des
dégrèvements éventuels pour perceptions indues, mais en y ajoutant les frais d'assiette. Ces frais d'assiette
sont considérés d'une part comme une recette des bénéficiaires de l'impôt (Institutions communautaires),
d'autre part comme l'achat par ceux-ci d'un service marchand à l'Etat66.
• Certaines administrations fixent le taux de leurs recettes, celles-ci étant recouvrées par un tiers. Ce cas
concerne principalement les Collectivités locales67, dont les impôts sont recouvrés par l'Etat. Le Système
considère que les administrations locales bénéficiaires perçoivent directement les impôts qui leur sont
reversés nets des dégrèvements éventuels pour perceptions indues, mais en y ajoutant les frais d'assiette. Ces
frais d'assiette sont considérés d'une part comme une recette des bénéficiaires de l'impôt (APUL), d'autre
part comme l'achat par ceux-ci d'un service marchand à l'Etat.
En pratique, l'Etat verse par avance -grâce au jeu du compte spécial du Trésor "Avances sur le produit des
impositions revenant aux départements, communes, établissements et divers organismes"(compte 903.5468)-
les recettes prévues aux collectivités locales et ajuste en fin d'exercice les versements aux perceptions qu'il a
effectuées. Si l'Etat décide d'accorder des dégrèvements pour d'autres causes que des perceptions indues, il
les prend en charge sur le budget général. Le transfert qui en résulte est un transfert de recettes
fiscales (D733).
66
En outre, dans l’équilibre ressources emplois correspondant, ce service est enregistré à la fois dans la production et dans les exportations.
67
Celles-ci fixent leurs recettes en respectant, le cas échéant, des marges pré-définies par l’Etat.
68
Par ailleurs le SFCN comptabilise le solde du compte 903-54 dans l’opération "impôts et cotisations dus non recouvrables" au titre de l’écart
résiduel à la base caisse. Cf. à ce sujet l’opération D995.
69
L’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) coordonne et centralise les opérations menées par les Unions de recouvrement
des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF).
6.432 Application Les transferts de recettes fiscales (D733) sont ainsi les dégrèvements d’impôts locaux
pris en charge par le budget général. Il s’agit des dégrèvements accordés au titre de la taxe professionnelle et
des exonérations de la taxe d’habitation et des taxes foncières sur les propriétés bâties et non bâties. Est
également inclus dans l’opération D733 le financement par le Budget Annexe des Prestations Sociales
Agricoles (BAPSA) des régimes d’assurance sociale agricole (MSA).
Ce traitement a l'avantage de conserver la qualification de recettes fiscales à des ressources dont les
bénéficiaires ont le libre usage dans la limite de leurs compétences et donc de ne pas les considérer comme
des "subventions" entre administrations, préaffectées à des dépenses explicitement spécifiées.
L’enregistrement de l'opération D733 en ressource négative de l'Etat rend les comptes de ce dernier
"transparents" à l'égard de recettes dont il a décidé de ne pas contrôler directement l'utilisation.
Pour le Système, les organisations internationales (PNUD, PAM, CNUCED, OMS, FAO,...) tirent leur
pouvoir des Etats qui en sont membres soit directement soit par l’intermédiaire d’autres organisations
internationales dont ils sont membres. Les organisations internationales n'étant pas considérées comme des
unités institutionnelles résidentes du pays dans lequel elles sont établies, la coopération internationale
courante inclut également les transferts entre les administrations publiques d'un pays et les organisations
internationales qui y sont installées.
6.434 Inclusion En particulier, sont enregistrées en coopération internationale courante (D74), toutes
les prises en charge par les administrations publiques, de facteurs de production opérant à l’extérieur du
territoire économique (sauf dans le cas de quasi-unités résidentes), même si ces versements ne transitent pas
de fait par une administration non-résidente. Ainsi, les salaires payés par le budget général aux coopérants et
au personnel des lycées français à l’étranger sont enregistrés dans l’opération coopération internationale
courante de même que les subventions versées à des entreprises "purement" non-résidentes au titre de l’aide
au développement.
6.435 Contenu L’opération coopération internationale courante (D74) couvre un champ plus large
que la notion courante de coopération comprise comme aide aux pays en développement.
Outre les salaires des coopérants (Cf. D1 Tableau VI-04), elle comprend :
- les transferts courants que les Etats s'accordent entre eux, soit par des versements en espèces (par exemple,
le versement destiné à financer le déficit budgétaire d'un pays en développement), soit par des dons en
nature (par exemple, contrepartie des dons de surplus agricoles au titre de l'aide alimentaire, de matériel
militaire, aides d’urgence en cas de catastrophes naturelles sous forme de nourriture, vêtements,
médicaments, etc.) ;
- les transferts courants entre les administrations publiques et les Institutions communautaires ou les
organisations internationales, à l'exclusion de la quatrième ressource et des impôts prélevés par
l’Administration centrale pour le compte des institutions communautaires. La quatrième ressource est
comptabilisée au sein des transferts courants divers (D755 - Cf. D755 § 6.460). Les impôts (y compris la
"TVA communautaire") sont traités en impôts liés à la production et à l'importation (D2) perçus directement
par le Reste du Monde (Cf. D211 § 6.65 et D214 § 6.84). Les transferts courants que les Institutions
communautaires effectuent directement aux unités productrices résidentes sont enregistrées en
subventions (D3) versées par le Reste du Monde (S212) (Cf. D3 § 6.108 et 6.109) ;
6.436 Moment d'enregistrement La coopération internationale courante (D74) doit être enregistrée au
moment auquel les réglementations en vigueur stipulent que les transferts doivent avoir lieu (transferts
obligatoires) ou au moment auquel les transferts sont effectués (transferts volontaires).
Interprétation La décomposition de l’opération D75 repose pour partie sur les définitions des composantes
de l’opération D75 données par le SEC. Elle omet deux rubriques les indemnités compensatoires et les gains
résultants des jeux de hasard (loterie et paris). Ainsi, l’opération du SFCN "autres transferts courants
divers (D759)" a un champ plus vaste que le poste "divers" tel qu’il est défini par le SEC au § 4.139. Elle
inclut de fait les gains de loterie et paris et les indemnités compensatoires.
1. Transferts courants aux institutions sans but lucratif au service des ménages (D751)
(SEC § 4.125 à 4.128)
6.440 Définition Les transferts courants aux institutions sans but lucratif au service des
ménages (D751) comprennent toutes les contributions volontaires (autres que legs et donations, classés en
transferts en capital - D9), cotisations, aides et subsides que les Institutions sans but lucratif au service des
ménages (ISBLSM) résidentes reçoivent sans contrepartie. Ces versements sont principalement effectués par
les ménages (résidents et non-résidents), mais les entreprises et les administrations publiques participent de
façon annexe au financement des ISBLSM.
6.442 Exclusion Les transferts aux institutions sans but lucratif au service des ménages (D751) ne
comprennent pas :
- les transferts courants versés à des ISBLSM non-résidentes, ces versements au Reste du Monde sont des
autres transferts courants divers (D759) ;
- les legs et donations perçus par les ISBLSM classés en transferts en capital (D999) ;
- les paiements de cotisations ou de droits d'inscription à des ISBL marchandes au service des entreprises,
tels les groupements professionnels71, qui sont traités comme rémunération de services rendus par une
société non financière.
A fortiori, l’opération D74 ne comprend pas les flux versés par les institutions sans but lucratif au service
des ménages. Dans ce cas : les transferts courants des ISBLSM aux administrations publiques n'ayant pas le
caractère d'un impôt sont classés en transferts courants divers (D75), les versements à titre gracieux
effectués par des unités des ISBLSM aux victimes de catastrophes naturelles sont classés en transferts en
capital (D99) quand les bénéficiaires sont résidents, en transferts courants divers (D75) lorsqu’il s’agit de
non-résidents.
6.443 Moment d'enregistrement Les transferts courants aux institutions sans but lucratif au service des
ménages (D751) sont enregistrés au moment où ils sont effectués.
6.444 Enregistrement • L’opération transferts courants aux institutions sans but lucratif au service
des ménages (D751) est enregistrée :
- en emplois du compte de distribution secondaire du revenu des secteurs donateurs ;
- en emplois du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le Reste du Monde ;
- en ressources du compte de distribution secondaire du revenu des institutions sans but lucratif au service
des ménages.
• En outre, l’opération D751 est enregistrée en emplois et en ressources du compte de distribution
secondaire du revenu de l’économie nationale72.
70
Ce n’est pas tout à fait ce que dit le SEC quand il définit l’opération transferts courants aux ISBLSM au § 4.126. Il ne fait pas explicitement
référence au champ de l’opération D62 tel qu’il le définit au § 4.108 "par convention, il n’y a pas de transferts sociaux en nature avec le RDM,
lorsqu’ils existent de tels transferts sont enregistrés en D62".
71
Le SEC classe aux § 2.23 et 4.126, dans les sociétés non financières (S11), en tant qu’ISBL marchandes au service des entreprises, les Chambres
de commerce qui sont classées par le SFCN avec les Chambres d’industrie, d’agriculture et des métiers en ODAL (S13132).
72
Dans le TEE, les transferts courants aux ISBLSM (D751) n’apparaissent pas en tant que tels dans le compte de l’économie nationale. Seuls les
autres transferts courants (D75) sont enregistrés en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu.
6.445 Définition Les transferts courants entre ménages (D752) comprennent tous les transferts, en
espèces ou en nature, que les ménages résidents reçoivent ou délivrent à d’autres ménages résidents ou non-
résidents.
6.447 Application En l’absence d’une partition du compte des ménages par catégories
socioprofessionnelles, l’opération D752 enregistre uniquement la partie des salaires que les travailleurs
migrants envoient à leur famille demeurée dans leur pays d’origine ainsi que la part des salaires versés aux
coopérants français à l’étranger qui demeure sur un compte résident.
6.448 Exclusion Les transferts courants entre ménages (D752) ne comprennent pas les legs et
donations entre ménages classés en transferts en capital NDA (D999), les gains des jeux de hasard (loterie,
paris) perçus par les ménages et les transferts courants des institutions sans but lucratif au service des
ménages aux ménages non-résidents qui sont des autres transferts courants divers (D759).
6.449 Moment d'enregistrement Les transferts courants entre ménages (D752) sont comptabilisés au
moment où ils sont effectués.
6.450 Enregistrement • L’opération transferts courants entre ménages (D752) est enregistrée :
- en ressources et en emplois du compte de distribution secondaire du revenu des ménages ;
- en ressources et en emplois du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, l’opération D752 est enregistrée en emplois et en ressources du compte de distribution
secondaire du revenu de l’économie nationale73.
6.451 Définition L’opération transferts courants internes aux sous-secteurs D753 concerne, a priori,
les Sociétés financières (S12), les Sociétés non financières (S11), et les Institutions sans but lucratif au
service des ménages (S15). Elle retrace, pour ces secteurs, les transferts entre unités appartenant au même
sous-secteur.
6.452 Exclusion Les transferts courants entre ménages résidents (transferts inter-générationels ou
transferts entre catégories socioprofessionnelles dans le cas d’une partition de ce secteur) sont classés dans
l’opération D752.
6.453 Application L’opération D753 pourrait inclure les transferts courants internes aux sous-secteurs
des Sociétés non financières lorsque la partition de ce secteur sera effective. Il n’existe pas de telles
évaluations pour les établissements de crédit ni pour les institutions sans but lucratif au service des ménages.
6.455 Théoriquement, les intérêts de retard et les amendes fiscales imposés par les autorités fiscales pour
fraude ou retard dans le paiement d’impôts devraient être exclus de l’évaluation des impôts et enregistrés
respectivement dans les opérations "amendes et pénalités -D754" et "intérêts -D41". Cependant dans les
statistiques fiscales françaises, les pénalités ne sont pas toujours isolables du prélèvement fiscal auquel elles
sont liées. Aussi dans le SFCN, sont-elles systématiquement comptabilisées avec l’impôt auquel elles se
rapportent (D2, D5, D91).
6.456 Contenu L’opération D754 reprend les amendes payées par les ménages (amendes de police,
etc.), et les entreprises (amendes pour infraction à la législation sur les prix, cotisation aggravée de 2% pour
défaut d'investissement dans la construction, dit "1% patronal", etc.). Elles sont perçues par les
administrations centrales et locales (Etat, communes et région île de France).
6.457 Exclusion L’opération D754 exclut les droits, redevances, participations aux frais versés par les
unités institutionnelles aux administrations publiques qui n’ont pas le caractère de pénalités.
• Lorsque de tels versements sont effectués par les ménages (Cf. D59 § 6.265), ils sont soit traités en
rémunération de services rendus par les administrations publiques ou paiements partiels de services "non
marchands74" (redevances pour passeport, pour permis de conduire, permis de port d'armes, licences de
pilotage, droits d'inscription aux examens, droits d'entrée dans les musées et bibliothèques, taxes ou
redevances pour l'enlèvement des ordures ménagères, taxes de balayage, etc.), soit considérés comme "autre
transfert courant divers" (D759 - redevances pour permis de chasse et de pêche), soit classés en impôts (D59
- certificats d’immatriculation), soit des achats de services produits par une société (redevance de
radiotélévision).
• Lorsque de tels versements sont acquittés par les entreprises (redevances pour passeport, taxes ou
redevances pour l'enlèvement des ordures ménagères, taxes de balayage, etc.) ils sont soit traités en
rémunération de services rendus par les administrations publiques soit classés en impôts (D29 - certificats
d’immatriculation).
6.458 Moment d'enregistrement Les amendes et pénalités (D754) sont comptabilisées au moment où
naît l'obligation de les payer.
74
Le qualificatif de "marchand" ou "non-marchand" pour un produit est à proscrire. En toute rigueur, il faut utiliser, en lieu et place, les termes
"d’origine marchande" ou "d’origine non marchande".
75
Dans le TEE, les amendes et pénalités (D754) n’apparaissent pas en tant que telles dans le compte de l’économie nationale. De fait, seuls les autres
transferts courants (D75) sont enregistrés en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu.
6.460 Définition du SEC § 4.138 La "quatrième ressource propre" ou "ressource basée sur le PNB"
créée par la décision du Conseil du 24 juin 1988 relative au système des ressources propres des
Communautés constitue un transfert courant versé par les administrations publiques de chaque Etat membre
aux institutions de l'Union.
6.461 Contenu La quatrième ressource est une des ressources propres de l’Union. C’est une
76
contribution résiduelle au budget des Institutions communautaires (S212). Elle est calculée comme le solde
entre un % fixe du niveau du PNB de chaque Etat membre (à hauteur de 1.27%) et le montant des impôts sur
la production et les importations (D2) déjà reversés aux Institutions communautaires.
Interprétation Pour le SEC, elle n’a pas le statut d’une recette fiscale (elle n’est enregistrée ni en impôts ni
en transferts de recettes fiscales) ni celui d’un transfert courant sans contrepartie entre les administrations
publiques nationales et les Institutions communautaires (elle n’est pas comptabilisée dans les opérations de
coopération internationale courante).
6.462 Moment d'enregistrement La quatrième ressource (D755) est comptabilisée au moment où elle
doit être versée.
6.464 Définition Les autres transferts courants divers (D759) reprennent des opérations de répartition
que leur caractère ne permet pas d’isoler sous une rubrique spécifique du compte de redistribution du
revenu.
6.465 Interprétation L’opération "autres transferts courants divers" (D759) du SFCN a un champ plus
vaste que le poste "divers" tel qu’il est défini par le SEC au § 4.139. Elle comprend les indemnités
compensatoires et les gains résultant des jeux de hasard (loterie et paris) qui sont exclus du poste "divers"
dans le SEC.
• des transferts versés par les institutions sans but lucratif au service des ménages :
- les transferts courants des institutions sans but lucratif au service des ménages aux administrations
publiques n'ayant pas le caractère d'un impôt ;
- les transferts courants des institutions sans but lucratif au service des ménages vers le Reste du
Monde ;
76
Se référer à la version anglaise du § 4.138 car la traduction française peut prêter à quiproquos.
77
Dans le TEE, la quatrième ressource (D755) n’apparaît pas en tant que telle dans le compte de l’économie nationale. Seuls les autres transferts
courants (D75) sont enregistrés en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu.
6.468 Moment d'enregistrement Les autres transferts courants divers (D759) sont enregistrés au
moment où ils sont versés, sauf ceux des ou aux administrations publiques, à enregistrer au moment où ils
doivent avoir lieu. Les indemnités compensatoires sont enregistrées au moment où les transferts sont
effectués (transferts volontaires) ou doivent avoir lieu (transferts obligatoires).
6.469 Enregistrement • L’opération "autres transferts courants divers (D759)" est enregistrée :
- en ressources et en emplois du compte de distribution secondaire du revenu de tous les secteurs ;
- en ressources et en emplois du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants avec le
Reste du Monde.
• En outre, l’opération D759 est enregistrée en emplois et en ressources du compte de distribution
secondaire du revenu de l’économie nationale78.
78
Dans le TEE, les autres transferts courants divers (D759) n’apparaissent pas en tant que tels dans le compte de l’économie nationale. Seuls les
autres transferts courants (D75) sont enregistrés en emplois et en ressources du compte de distribution secondaire du revenu.
SFCN SEC
D73 Transferts courants entre administrations D.73 Transferts courants entre administrations
publiques publiques
6.471 Définition du SEC § 4.141 L'ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de
pension (D8) est destiné à faire apparaître dans l'épargne des ménages la variation des réserves
mathématiques de retraite sur lesquelles ces derniers ont un droit certain (droit enregistré dans les comptes
financiers comme créance sous F.61 - Cf. D7 Encadré VI-09) et qui sont alimentées par des primes et
cotisations enregistrées comme cotisations sociales dans le compte de distribution secondaire du revenu.
6.472 Dans les comptes financiers et les comptes de patrimoine du Système, les ménages sont considérés
comme étant propriétaires des réserves des régimes privés tant autonomes que non autonomes. Il est donc
nécessaire d'introduire un poste d'ajustement afin d'éviter qu'un éventuel excédent des cotisations sur les
prestations (c'est-à-dire des "transferts" à payer sur les "transferts" à recevoir) n'affecte l'épargne de ces
ménages.
De ce fait, l'épargne des ménages est identique à ce qu'elle serait si les cotisations de pension et les pensions
versées n'étaient pas comptabilisées comme transferts courants dans le compte de distribution secondaire du
revenu. Ce poste d'ajustement est indispensable pour faire concorder l'épargne des ménages avec la variation
de leurs droits nets sur les fonds de pension comptabilisée dans le compte financier du Système. Des
ajustements de contrepartie doivent être opérés dans les comptes d'utilisation du revenu des sociétés
d'assurance et des autres unités institutionnelles gérant des fonds de pension non autonomes.
6.473 Moment d'enregistrement L'ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de
pension (D8) est comptabilisé en fonction des différents flux qui le composent.
6.474 Enregistrement L'ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de
pension (D8) est enregistré :
- en emplois des comptes d'utilisation du revenu (disponible ou disponible ajusté) du secteur des sociétés
d'assurance et des autres secteurs gérant des fonds de pension non autonomes ;
- en emplois du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants (pour les organismes non-
résidents) ;
- en ressources des comptes d'utilisation du revenu (disponible ou disponible ajusté) du secteur des
ménages ;
- en ressources du compte extérieur des revenus primaires et des transferts courants (pour les ménages non-
résidents).
6.475 Application Dans le SFCN (Cf. D6 Encadré VI-08) aucun régime d’assurance sociale privé n’a
reçu le qualificatif de fonds de pensions. En conséquence, l’opération D8 n’est pas évaluée.
6.476 Les opérations de répartition de l’épargne et du patrimoine regroupent les transferts en capital (D9).
Transferts non contractuels, ils sont d'ordinaire considérés soit par le bénéficiaire soit par l'organisme
verseur comme ne s'ajoutant pas ou ne se soustrayant pas de leur revenu courant. Ils ont une incidence
directe sur les niveaux du patrimoine, de l'investissement ou de la fortune des bénéficiaires, indirecte sur
ceux de leur consommation et de leur épargne.
6.477 Un transfert est une opération dans laquelle une unité institutionnelle fournit un bien, un service ou
un actif à une autre unité, sans en recevoir de contrepartie. Un transfert en capital est un transfert entre
unités institutionnelles au cours duquel la propriété d'au moins un actif est transférée ou qui oblige au moins
une des unités, à acquérir ou à céder, au moins un actif.
6.478 Un transfert en capital est une opération de répartition du patrimoine, sans influence directe sur le
revenu courant (disponible ou ajusté) du verseur ou du bénéficiaire. Pour au moins une de ces deux unités, il
n'a aucun caractère "courant", c'est-à-dire qu'il n'a pas d’incidence sur son revenu ou ses dépenses de
consommation, mais sur son patrimoine. Un transfert en capital induit toujours une variation correspondante
des actifs financiers ou non-financiers présentés dans les comptes de patrimoine des deux unités concernées
par l'opération.
6.480 Définition Un transfert en capital en espèces est le transfert d'un montant en espèces qu'une des
parties à l'opération a obtenu en cédant un ou des actifs (autres que des stocks) ou que l'autre partie est
supposée ou tenue d'utiliser pour acquérir un ou des actifs (autres que des stocks). Cette seconde partie - ou
bénéficiaire - est souvent obligée d'utiliser les espèces en question pour acquérir un ou des actifs comme
condition de la réalisation du transfert.
6.481 Interprétation Un transfert en capital en espèces a le même objectif que le transfert effectif d'un
actif, dans la mesure où il aboutit, soit à une diminution des actifs de la première unité, soit à une
augmentation des actifs de la seconde, soit aux deux effets simultanés.
6.483 Application Sur la base des informations disponibles, il peut être difficile de classer un transfert
en espèces en transfert courant ou en transfert en capital. Dans le doute, le transfert doit être classé en
transfert courant plutôt qu'en transfert en capital. Cependant, le choix du classement d'un transfert a des
conséquences importantes sur l'affectation de l'épargne entre les secteurs et les sous-secteurs, et
éventuellement entre l'économie dans son ensemble et le Reste du Monde. Toutes choses égales par ailleurs,
un transfert courant accroît l'épargne du bénéficiaire et réduit celle du donateur, alors qu'un transfert en
capital n'affecte le montant de l'épargne d'aucune partie. En conséquence, si le classement des transferts en
espèces est biaisé, le comportement d'épargne décrit pour les unités ou pour les sous-secteurs concernés est
erroné.
6.485 Comptabilisation Le transfert d'un actif non financier est valorisé par le prix estimé auquel cet
actif, qu'il soit neuf ou usagé, pourrait être vendu sur le marché, augmenté des frais éventuels de transport,
d'installation ou des autres coûts de transfert de propriété supportés par le donateur, mais à l'exclusion des
charges analogues éventuelles incombant au bénéficiaire. Les transferts d'actifs financiers, y compris les
annulations de dettes, sont valorisés de la même façon que les autres acquisitions ou cessions d'actifs ou de
passifs financiers.
6.486 Enregistrement Les transferts en capital à recevoir et à payer sont enregistrés du côté droit du
compte de capital positivement ou négativement dans les variations des passifs et de la valeur nette. En
outre, le compte de capital est présent dans la séquence des comptes, dans le tableau économique
d’ensemble et les comptes de patrimoine.
Nota : Le SEC prévoit une partition du compte de capital en deux sous comptes, respectivement compte des
variations de la valeur nette dues à l’épargne et aux transferts en capital et compte des acquisitions d’actifs
non financiers. Dans ce cadre détaillé, les transferts en capital à recevoir et à payer sont enregistrés dans le
compte des variations de la valeur nette dues à l’épargne et aux transferts en capital. Cette partition du
compte de capital n’est pas utilisée dans les publications françaises.
6.488 Définition • Les impôts en capital (D91) sont des prélèvements obligatoires perçus par les
administrations publiques de manière non périodique sur le capital ou le patrimoine des unités
institutionnelles. Ils frappent de façon occasionnelle soit la valeur des actifs (ou valeur nette) détenus par les
unités institutionnelles soit la valeur des actifs transférés entre unités institutionnelles.
• Théoriquement, les intérêts de retard et les amendes fiscales devraient être exclues des évaluations des
impôts et enregistrées dans les opérations Intérêts (D41) et Amendes et pénalités (D754). Cependant dans
les statistiques fiscales françaises, les pénalités ne sont pas toujours isolables du prélèvement fiscal auquel
elles sont liées. Aussi dans le SFCN, sont-elles systématiquement comptabilisées avec l’impôt auquel elles
se rapportent.
6.490 Inclusion Sont inclus dans les prélèvements exceptionnels sur le capital (D91) :
- les impôts sur plus-values foncières frappant l'accroissement de valeur des terrains agricoles constaté lors
de l'octroi de permis de bâtir à des fins commerciales ou résidentielles ;
- les prélèvements exceptionnels touchant les fonds de réserve ou de garantie de dépôts des sociétés
financières bénéficiant de la garantie de l’Etat.
6.491 Frontière En revanche, les impôts frappant régulièrement les gains en capital sont des impôts
courants sur le revenu et patrimoine. Ainsi, la rémunération annuelle de la garantie de l’Etat accordée aux
dépôts (des livrets d’épargne, de l’épargne populaire) est un autre impôt courant sur le revenu (D59).
Néanmoins la répartition de la garantie de l’Etat accordée aux dépôts entre impôts courants (D59) et impôts
en capital (D91) peut être sujette à révision, certains prélèvements exceptionnels devenant réguliers avec le
temps.
6.492 Application L'opération D91 comptabilise, chaque année, les produits de l'enregistrement relatifs
aux mutations à titre gratuit79 entre vifs (donations) et par décès (droits de succession). Elle enregistre
également des prélèvements exceptionnels opérés sur des actifs patrimoniaux des unités de production
(prélèvements sur les fonds de réserves des établissements financiers, institutions financières ou sociétés
d’assurance).
6.493 Moment d'enregistrement et montant à enregistrer Les impôts en capital (D91) doivent
être enregistrés au moment où naît la créance fiscale. En pratique, ils sont enregistrés pour le montant et au
moment où ils sont payés. Le SFCN n’établit pas de correction pour droits et obligations au titre de ces
versements.
79
En revanche, les droits d’enregistrements sur les mutations immobilières à titre onéreux sont comptabilisés sous D214 - Cf. § 6.81.
6.495 Définition Les aides à l'investissement (D92) sont des transferts en capital, en espèces ou en
nature, effectués par des administrations publiques (S13) ou par le Reste du Monde (S2) à des unités
institutionnelles résidentes ou non-résidentes pour leur permettre de financer en partie ou en totalité le coût
de l'acquisition d'actifs fixes.
Nota : Les administrations publiques peuvent tout à la fois verser et recevoir des aides à l’investissement.
6.496 Définition Les aides à l'investissement en nature sont des transferts de matériel de transport,
machines ou autres matériels d'équipement effectués par des administrations publiques à d'autres unités
résidentes ou non-résidentes, ainsi que la mise à disposition de bâtiments ou autres constructions à des
unités résidentes ou non-résidentes.
6.497 Exclusion Sont exclus des aides à l'investissement les transferts d'équipements militaires sous
forme d'armes ou d'équipements dont la seule fonction est de lancer ou larguer ces armes, ceux-ci n'étant pas
dans le Système des actifs fixes mais des consommations intermédiaires.
6.498 Frontière Le montant des investissements réalisés par les administrations publiques au profit
d'autres secteurs de l'économie est une aide à l'investissement lorsque le bénéficiaire est individualisable et
acquiert la propriété des investissements réalisés. Dans ce cas, les investissements sont enregistrés en
variations des actifs dans le compte de capital des bénéficiaires et sont financés par une aide à
l'investissement qui apparaît dans le même compte en variations des passifs et de la valeur nette.
6.499 Evaluation Les aides à l'investissement incluent non seulement des versements uniques destinés
à financer des investissements au cours de la même période, mais aussi des paiements, échelonnés dans le
temps, relatifs à des opérations d'investissement réalisées au cours d'une période antérieure. Ainsi les
versements annuels des administrations publiques pour la partie qui représente des termes d'amortissement
de dettes contractées par des entreprises en vue de la réalisation de projets d'investissement et dont les
pouvoirs publics assument en tout ou en partie la charge d'amortissement sont également considérés comme
des aides à l'investissement.
6.500 Frontière Les aides à l’investissement excluent les bonifications d'intérêt accordées par les
administrations publiques, même lorsqu'elles ont pour objet de faciliter des opérations d'investissement. En
effet, la prise en charge par les pouvoirs publics d'une partie de la charge d'intérêt constitue, comme les flux
d'intérêts eux-mêmes, une opération courante de répartition. Néanmoins, lorsqu'une aide concourt en même
temps à financer l'amortissement de la dette contractée et le paiement d'intérêts sur le capital et qu'il n'est pas
possible de la scinder en ces deux éléments, l'ensemble de l'aide est comptabilisé comme une aide à
l'investissement.
6.501 Application Les aides à l'investissement (D92) comprennent les versements sans contrepartie des
administrations publiques ou du Reste du Monde (Institutions Communautaires essentiellement), destinés à
financer, en totalité ou en partie, des opérations expressément désignées de formation brute de capital fixe
ou d'achats de terrains d'autres unités institutionnelles.
Elles comprennent notamment :
6.502 • La contrepartie des investissements réalisés par les administrations publiques au profit d'unités
d'autres secteurs ou sous-secteurs, lorsque le bénéficiaire est individualisable et acquiert la propriété des
investissements réalisés. Sous cette rubrique, sont comptabilisées les immobilisations réalisées par l'Etat
pour le compte de tiers.
6.503 • Les paiements échelonnés relatifs à des opérations d'investissement réalisées antérieurement à la
période sous revue : sont ainsi considérées comme aides à l'investissement les annuités d'amortissement de
dettes provenant de la réalisation d'investissements prises en charge en tout ou partie par les administrations
6.504 • Les aides à l'investissement en provenance du Reste du Monde : elles incluent celles versées
directement par le Fonds européen d’orientation et de garantie des marchés agricoles (FEOGA - S212) dans
le cadre de la section orientation aux unités résidentes.
6.505 • Les aides à l'investissement, à recevoir par les différents secteurs, telles qu’elles sont définies aux
paragraphes suivants :
6.506 - Les aides à l'investissement aux sociétés non financières ou financières (S11 et S12) comprennent,
outre celles accordées aux sociétés privées, les apports en capital fournis aux entreprises publiques ayant la
personnalité juridique pour autant que l’administration publique qui verse les fonds ne conserve pas une
créance sur l'entreprise publique.
6.507 - Les aides à l'investissement aux ménages (S14) comprennent les primes d'équipement et de
modernisation à payer aux entreprises individuelles. Elles incluent les primes à la construction de logement
assorties d'une obligation expresse de construction, d'achat ou d’aménagement de logements : primes non
convertibles en bonifications d'intérêts, primes d'épargne-logement versées aux ménages sous condition
d'achat ou de construction (les primes d'épargne-logement à recevoir indépendamment de la réalisation
d’investissement sont des autres transferts en capital -D992, les primes d’épargne périodiques des autres
transferts courants divers -D759).
6.508 - Les aides à l'investissement aux administrations publiques (S13) couvrent tous les versements (à
l’exception des bonifications d’intérêt) accordés à ce titre aux sous-secteurs des administrations publiques :
primes d'adaptation, subventions d'équipement, de décentralisation, versées par l'Etat aux collectivités
locales, etc. Le cas le plus important concerne les transferts opérés par l’Administration centrale aux
administrations locales ayant pour objet spécifique de financer leur formation brute de capital fixe. Les
transferts à caractère général et d'utilisations multiples ou indéterminées, même s’ils sont utilisés en partie
pour couvrir des dépenses d’investissement, sont enregistrés en "transferts courants entre administrations
publiques" (D73 - Cf. § 6.426).
Nota : Les aides à l’investissement entre administrations publiques sont des flux internes au secteur des
administrations publiques qui disparaissent lors de l’établissement du compte consolidé de ce secteur (S13).
6.509 - Les aides à l'investissement délivrées par les administrations publiques ou par le Reste du Monde
aux ISBLSM (S15) sont des transferts ayant pour objet de financer exclusivement des opérations
d’investissement. Elles excluent les transferts opérés à des fins indéterminées, même s’ils sont utilisés en
partie pour couvrir des dépenses d’investissement, qui sont des transferts courants aux institutions sans but
lucratif (D751).
6.510 - Les aides à l'investissement délivrées au Reste du Monde (S2) sont limitées aux transferts ayant
pour objet spécifique de financer des opérations d'investissement des unités non-résidentes. Elles concernent
par exemple les versements à fonds perdu pour la construction de ponts, routes, usines, hôpitaux ou écoles
dans les pays en développement ou pour la construction d'immeubles destinés aux organisations
internationales. Elles peuvent comprendre aussi bien des versements uniques que des paiements échelonnés
dans le temps. Elles incluent enfin la fourniture gratuite de biens de capital fixe.
• En pratique, le moment d'enregistrement est celui où elles sont versées, le montant à enregistrer est celui
du versement.
6.513 Définition Les autres transferts en capital (D99) regroupent toutes les opérations de transfert en
capital, autres que les aides à l'investissement (D92) et les impôts en capital (D91), qui opèrent une
redistribution de l'épargne ou du patrimoine entre les différents secteurs ou sous-secteurs de l'économie ou
avec des unités non-résidentes.
Ils se distinguent, s'il y a lieu, de l'opération financière actions et autres participations (F51) par le fait qu'ils
ne procurent à l'unité verseuse aucun droit sur le patrimoine de l'unité bénéficiaire.
6.514 Contenu Les transferts en capital (D99) regroupent les sous-opérations suivantes :
- Garanties et remises de dettes (D991) ;
- Primes d’épargne (D992) ;
- Participation des employeurs à l’effort de construction (D993) ;
- Transferts en capital, internes aux sous-secteurs (D994) ;
- Impôts et cotisations dus non recouvrables (D995) ;
- Transferts en capital NDA (D999).
La nomenclature du SFCN décompose les autres transferts en capital (D99) en sous-opérations sans
équivalent dans le SEC, à l’exception des garanties et remises de dettes (D991). Cette partition isole certains
transferts en capital en général quand un problème de frontière est sous-jacent à la définition de plusieurs
transferts. Elle inclut aussi l’opération "impôts et cotisations dus non recouvrables -D995" issue des choix
de valorisation des recettes des administrations publiques en droits constatés.
6.516 Inclusion L’opération garanties et remises de dettes (D991) enregistre dans les transferts en
capital la contrepartie des reprises de dette et des annulations de dette par les pouvoirs publics de dettes qui
figurent au passif des entreprises publiques dans le cadre de restructurations80.
Une reprise de dette est un accord entre trois parties -un créancier, un premier débiteur et un nouveau
débiteur- par lequel le nouveau débiteur reprend la dette en cours du premier débiteur envers le créancier. Le
nouveau débiteur prend la place de l’ancien vis-à-vis du créancier et est tenu de rembourser la dette. Après
sa reprise, la dette qui était à l’origine un passif du premier débiteur devient un passif du nouveau débiteur.
C'est le cas notamment quand la dette du premier débiteur est garantie par le nouveau débiteur.
Une reprise de dette est définie par la substitution du débiteur quels que puissent être les enregistrements
effectués dans les comptabilités propres aux parties à l’opération. En revanche, il n’y a pas de reprise de
dettes s’il n’y a pas de changement de débiteur mais une substitution d’un type de passif à un autre de même
montant.
Une annulation de dette est un accord bilatéral conclu entre un créancier et un de ses débiteurs pour annuler
ou pour remettre tout ou partie d’un passif existant, la dette, souscrit par le débiteur auprès du créancier. La
dette qui est annulée, figurait au passif du débiteur et à l’actif du créancier : après annulation, elle n’existe
plus.
80
Cf. "Manuel SEC-95 pour le déficit et la dette publique" II.4.1 Reprise de dettes et annulation de dettes.
6.517 Inclusion L’opération garanties et remises de dettes (D991) enregistre notamment dans les
transferts en capital la garantie de l’Etat, effectivement mise en jeu, apportée à des entreprises publiques83
ou des institutions financières (par exemple dans le cadre de défaisance financière - Cf. Encadré VI-11).
L’appel de la garantie représente un transfert de l’engagement financier vers l’Etat. Il peut concerner tout ou
partie de la dette garantie. Ainsi, l’exercice de la garantie revient à une reprise de dette par l’Etat (par accord
mutuel). Il donne lieu à un enregistrement dans l’opération D991 pour le montant appelé, à payer par les
administrations publiques (S13) à recevoir par les unités concernées (S12 ou S11).
Encadré VI-11.
Défaisance financière84
Au cours des dernières années, les pouvoirs publics sont intervenus quand des institutions financières -banques,
compagnies d’assurance ou groupes financiers- ont rencontré des difficultés du fait de leur engagement sur des actifs qui
se sont révélés être de mauvaise qualité. Les exemples connus se rapportent à des entreprises publiques mais il n’est pas
impossible que des entreprises privées puissent se trouver concernées.
L’intervention de l’Etat peut prendre des formes variées.
- (1) L’Etat accorde sa garantie aux institutions financières. Cette garantie peut être accordée directement aux
institutions financières, à des unités qu’elles contrôlent ou à des unités publiques créées pour gérer et vendre les actifs
dépréciés, unités qui restent classées hors du secteur des APU. La garantie peut être accordée directement par l’Etat ou
par l’intermédiaire de l’unité en charge de la défaisance. Cette garantie est appelée lorsque ces unités subissent des
pertes du fait de la vente d’actifs dépréciés ou après avoir annulé certains des crédits accordés à des débiteurs
défaillants.
- (2) L’Etat achète directement les actifs douteux aux institutions financières.
- (3) D’autres dispositions peuvent se présenter. L’Etat crée des organismes publics pour financer et/ou pour gérer les
ventes d’actifs.
Les deux dernières situations constituent ce qui est couramment désigné comme une défaisance financière.
6.518 Exclusion Les répudiations de dette par un débiteur (annulation unilatérale de sa propre dette
par le débiteur) ne sont pas reconnues par le Système. Il ne s’agit pas d’opérations entre unités
institutionnelles, elles ne peuvent donner lieu à des transferts en capital de contrepartie.
6.519 Exclusion Les annulations de dettes fiscales par l’Etat vis-à-vis d’un contribuable sont
considérées par le Système comme des annulations de dettes d’un commun accord et sont dans le SFCN des
admissions en non-valeur enregistrées dans l’opération D995 (Cf. § 6.535 et suivants).
6.520 Exclusion Les abandons de créance unilatéraux (ou write-off), situation dans laquelle le
créancier reconnaît qu’une créance ne peut plus être recouvrée, principalement du fait de la faillite du
débiteur et retire la créance de l’actif de son bilan ne sont pas enregistrées dans les transferts en capital car
pour le Système il ne s’agit pas d’opérations entre unités institutionnelles. Elles ne figurent ni dans le
compte de capital, ni dans le compte financier. Si le créancier accepte l'annulation ou la défaillance, il faut
l'enregistrer dans le compte des autres changements de volume des actifs du créancier et du débiteur. La
seule situation qui puisse donner lieu à un abandon unilatéral par l’Etat de créances qu’il possède sur une
81
On considère ici que l’Etat est a priori le sous-secteur des administrations publiques concerné par les garanties ou remises de dettes. Si un autre
sous-secteur des administrations publiques était partie prenante (une administration locale par exemple) le traitement en comptabilité nationale serait
identique.
82
Le premier débiteur dans le cas de la reprise de dette.
83
Cf. "Manuel SEC-95 pour le déficit et la dette publique" II.4.2 Dette des entreprises publiques garantie par l’Etat.
84
Cf. "Manuel SEC-95 pour le déficit et la dette publique" II.5.2 Défaisance financière.
6.521 Comptabilisation Les garanties et remises de dette sont enregistrées dans un transfert en capital
du créancier au débiteur, d'une valeur égale au montant de la dette en cours au moment de l'annulation.
6.522 Moment d’enregistrement et montant à enregistrer Les garanties et remises de dette sont
enregistrées au moment du transfert de la propriété de l’actif. Les annulations de dettes de l’Etat sont
enregistrées au moment de l'annulation de la dette par le créancier c’est-à-dire celui où l'Etat enregistre la
disparition de la créance. Ce moment ne correspond pas nécessairement au moment où le principe de
l’opération de garanties ou remises de dettes a été décidé. En outre, l’enregistrement doit être fait en une
seule fois : en particulier, les dates successives des échéances de remboursement qui étaient auparavant
prévues dans le cadre de la dette antérieure ne sont pas pertinentes. Le montant qu’il convient d’enregistrer
est le montant intégral de la dette en cours qui est reprise, garantie ou annulée.
6.523 Application Les garanties et remises de dettes comprennent les garanties d'emprunt par l'Etat, les
annulations de créances entre unités institutionnelles de secteurs ou sous-secteurs différents (par exemple
l’annulation de la dette d’une société non financière ou d’un pays étranger envers l’Etat ou encore les
versements à titre de garantie libérant un débiteur défaillant de ses engagements), les annulations de
créances irrécouvrables si cet abandon est volontaire. Dans le cas contraire, l'abandon de créance est traité
dans le compte des autres changements de volume des actifs du créancier et du débiteur. En pratique, il est
très difficile de déceler le caractère volontaire d'un abandon de créance. Ce critère est alors remplacé par le
caractère prévu ou subi de l'abandon.
6.526 Exclusion L’opération D992 ne comprend pas les primes d'épargne accordées périodiquement
par les administrations publiques aux ménages pour les récompenser des opérations d'épargne effectuées au
cours de la période comptable qui sont des transferts courants divers (D759) ni les primes conditionnées à
l’acquisition de logement qui sont des aides à l’investissement (D92).
6.527 Contenu - application Les primes d’épargne (D992) comprennent notamment les primes d’épargne
populaire, les primes d'épargne-logement n'ayant pas donné lieu à achat ou construction.
6.530 Ces versements viennent abonder des fonds qui permettent d’accorder des prêts immobiliers à des
taux préférentiels ou de financer la construction de logement par les employeurs. Pour le SFCN, les prêts
directs aux salariés sont des opérations financières (AF712 - crédits commerciaux à long terme), la
construction de logements par l'employeur une FBCF de l'entreprise.
6.531 Frontière La participation des employeurs à l’effort de construction est un autre transfert en
capital et non un impôt en capital car bien que le versement soit une obligation pour les employeurs, il n’est
pas collecté principalement par des administrations publiques mais des institutions financières (S12A : CIL
et SACI). Les autres organismes collecteurs qui interviennent minoritairement appartiennent
respectivement : aux organismes divers d’administration locale (S13132 - Chambres de commerce86), aux
régimes d’assurance sociale des administrations de sécurité sociale (S13141 - caisses d’allocations
familiales), aux organismes divers d’administration centrale (S13112 - Fonds d’action sociale des
travailleurs migrants), aux Sociétés non financières (S11- sociétés immobilières, organismes de HLM et
sociétés d’économie mixtes).
Frontière Ces mouvements de capital internes à un sous-secteur sont à distinguer des transferts de
85
Le terme de 1% patronal sur estime avec le temps la contribution versée. En 1978 elle représentait 0,9%. Elle s’élève à 0,45% depuis 1992.
86
Le SEC classe (Cf. § 2.23 et 4.126) dans les sociétés non financières (S11), en tant qu’ISBL marchandes au service des entreprises, les chambres
de commerce. Dans le SFCN, elles sont classées avec les chambres d’industrie, d’agriculture et des métiers en ODAL (S13132).
6.534 Enregistrement • L’opération D994 est enregistrée dans le compte de capital d’un sous-
secteur donné :
- négativement dans les variations des passifs et de la valeur nette (débit) des unités institutionnelles
verseuses ;
- positivement dans les variations des passifs et de la valeur nette (crédit) des unités institutionnelles
bénéficiaires.
• En outre, les transferts en capital internes aux sous-secteurs n'apparaissent pas dans les comptes des sous-
secteurs publiés car ceux-ci sont consolidés.
6.536 Application L’opération D995 enregistre les écarts d’évaluation pour les impôts sur rôle et les
cotisations sociales obligatoires entre l’enregistrement au moment où ces opérations sont dues et
l’enregistrement au moment où elles sont versées. L’opération D995 gère le passage entre la base caisse sur
laquelle s’appuie la comptabilité publique et les droits constatés retenus pour évaluer les recettes des
administrations publiques dans le Système.
L’opération D995 permet de calculer des prélèvements obligatoires effectifs et non des montants dus.
6.537 Les cotisations sociales effectives obligatoires (D611.1) perçues par les régimes des administrations
de sécurité sociale (S13141 - Cf. D61 § 6.347) sont évaluées dans le Système pour leur montant dû. De fait,
elles sont acquittées trimestriellement le mois suivant le trimestre dû. Certaines cotisations ne seront jamais
payées du fait de liquidations judiciaires ou autres faillites.
6.538 Contenu L’opération D995 enregistre, uniquement pour les cotisations émises par les régimes
des administrations de sécurité sociale, un flux tenant compte de la différence entre le montant de la
cotisation due et le montant effectivement encaissé par les administrations concernées.
6.539 Certains impôts sont évalués à partir des émissions et non des recettes effectivement perçues par les
administrations publiques. Il s’agit d’une part des impôts d’Etat sur rôle : l’impôt sur le revenu, l’impôt sur
les sociétés pour la partie contrôle et amendes fiscales, les impôts divers émis par voie de rôle et d’autre part
des impôts sur rôle perçus par l’Etat pour le compte des collectivités locales.
6.540 Définition Une admission en non-valeur est une annulation de dette/créance avec accord des
parties prenantes et s’inscrit en transfert en capital (D995). Dans la comptabilité de l’Etat, les admissions en
non-valeur correspondent à un abandon de la part de l’Etat de créances irrécouvrables sur certains
contribuables. Pour le Système, le contribuable est toujours d’accord pour l’annulation de sa dette fiscale.
Ce n’est pas toujours le cas de l’Etat. Il ne donne son accord que lorsqu’il annule effectivement la créance
qu’il détient sur le contribuable par son inscription en admission en non-valeur.
6.541 Enregistrement Les admissions en non-valeur de l’Etat sont toujours un emploi dans le
compte de l’Etat, comptabilisé en D995 versé, et une ressource pour le secteur concerné par l’impôt, inscrite
en D995 reçu dans le compte de capital.
6.542 Frontière Les admissions en non-valeur concernent les seuls impôts d’Etat sur rôle. Pour les
impôts locaux sur rôle les dégrèvements et admissions en non-valeur, non payés par les contribuables et
demeurant à la charge de l’Etat, sont classés en transferts de recettes fiscales (D733) versés par l’Etat aux
collectivités locales.
6.543 Méthode d’évaluation Le montant des admissions en non-valeur sur impôts d’Etat est inscrit en
dépenses du budget général au chapitre 15-01 "dépenses en atténuation de recettes". Elles sont réparties
entre les ménages (S14) et les Sociétés non financières (S11) au prorata de l’impôt sur le revenu et de
l’impôt sur le bénéfice des sociétés, issu de redressement ou de contrôle fiscal, recouvrés par l’Etat.
6.544 "L’écart résiduel à la base caisse" composante de l’opération D995 découle du choix de rapprocher
le solde non financier du compte des administrations (B9A) du solde budgétaire initial. L’écart résiduel à la
base caisse se définit différemment pour les impôts d’Etat et les impôts locaux.
6.545 Définition En ce qui concerne les impôts perçus par l’Etat pour le compte des collectivités
locales, l’écart résiduel à la base caisse de l’Etat correspond au solde du compte spécial "903-54" du Trésor,
"Avances sur le produit des impositions revenant aux départements, communes, établissements et divers
organismes".
Retour sur le fonctionnement du compte 903-54 : Ce compte enregistre en ressources les recettes d’impôts
sur rôle des collectivités locales en provenance des secteurs-contribuables. Il s’agit de la taxe
professionnelle, de la taxe d’habitation, des taxes sur le foncier bâti et non bâti et diverses autres taxes
perçues par l’Etat pour le compte des administrations locales. Le compte d’avance 903-54 enregistre en
emplois, les reversements de l’Etat aux collectivités locales au titre de ces impôts. En revanche, les
dégrèvements sur impôts locaux sont inscrits en dépenses du Budget général.
6.546 Enregistrement Dans le SFCN, les contribuables versent aux collectivités locales les
émissions nettes des dégrèvements (le débit du compte d’avance net des dégrèvements). Les dégrèvements
sont reversés par l’Etat aux collectivités locales sous forme de transferts de recettes fiscales. Le solde du
compte d’avance (différence entre les émissions et les versements des contribuables) est un flux non
financier "l’écart résiduel à la base caisse" entre l’Etat et les contribuables de façon à recaler le solde des
opérations non financières de l’Etat (S13111) sur le solde budgétaire.
6.547 Méthode d’évaluation Le solde du compte d’avance "l’écart résiduel à la base caisse" est réparti
entre les impôts sur rôle des collectivités locales au prorata des émissions. Il est affecté aux secteurs-
contribuables (ménages ou sociétés) selon l’impôt en cause.
6.548 Définition L’écart résiduel à la base caisse pour les impôts d’Etat est la différence entre les
émissions et les recouvrements nets après déduction des admissions en non-valeur.
6.549 Enregistrement Lorsque l’écart est positif, les recouvrements sont inférieurs aux émissions
nettes des admissions en non-valeur, le SFCN enregistre un transfert en capital à verser par l’Etat au secteur-
contribuable. Lorsque l’écart est négatif, les recouvrements sont supérieurs aux émissions nettes des
admissions en non-valeur, le SFCN décrit un transfert en capital en provenance du secteur-contribuable à
recevoir par l’Etat.
6.550 Méthode d’évaluation L’écart résiduel à la base caisse est calculé à partir de données transmises par
la Direction de la Comptabilité Publique. L’écart résiduel à la base caisse calculé pour l’impôt sur le revenu
est enregistré dans le compte des ménages. L’écart résiduel à la base caisse calculé dans le cadre des
redressements et contrôles fiscaux de l’impôt sur le bénéfice des sociétés et pour certains impôts sur les
facteurs de production (D292) est enregistré dans le compte des Sociétés non financières.
- (a) les dédommagements versés par les administrations publiques (ou par des unités non-résidentes) aux
propriétaires de biens de capital du fait de la destruction ou de dégâts consécutifs à des faits de guerre, des
événements politiques ou des calamités naturelles (inondations, etc.) ;
- (b) les transferts des administrations publiques aux sociétés non financières destinés à couvrir des pertes
accumulées au cours de plusieurs exercices ou des pertes exceptionnelles dues à des causes extérieures à
l'entreprise ;
- (c) les dotations et affectations en capital entre sous-secteurs des administrations publiques ayant en
général pour objet de faire face à des dépenses exceptionnelles ou de couvrir des déficits accumulés.
Versements à fonds perdus, ils se distinguent des aides à l'investissement (D92) par le caractère indéterminé
et non expressément désigné de leur emploi, et des actions et autres participations (F51) par le caractère de
versement à fonds perdus n'ouvrant aucun droit pour l'unité verseuse sur le patrimoine de l'unité bénéficiaire.
Ces transferts en capital entre sous-secteurs des administrations publiques sont à distinguer des transferts de
capital internes à un sous-secteur donné qui sont enregistrés sous D994.
Théoriquement ces transferts entre sous-secteurs des administrations publiques sont des flux internes au
secteur des administrations publiques qui disparaissent dans le compte consolidé de l’ensemble du secteur.
- (d) les legs et donations importantes entre vifs et entre unités appartenant à des secteurs différents. En
particulier, sont comptabilisés sous cette rubrique aussi bien les successions en déshérence et biens vacants
au profit de l'Etat que les legs ou donations importantes aux Institutions sans but lucratif (par exemple, les
dons versés à des ISBLSM pour leur permettre de couvrir les coûts de construction/rénovation de bâtiments,
- (e) les distributions exceptionnelles d'actions aux salariés de la part des sociétés non financières ;
- (f) la partie des gains (ou pertes) en capital réalisé(e)s qui est redistribuée à un autre secteur ;
- (g) les indemnisations importantes de dégâts ou dommages sérieux non couverts par une police d'assurance
(à l'exception des indemnisations opérées par les administrations publiques ou par le Reste du Monde,
décrites au paragraphe (a) ci-dessus). Les montants peuvent être accordés par des tribunaux ou avoir été
convenus de commun accord. Les versements peuvent être effectués par des unités résidentes ou non-
résidentes. Les fortes explosions, les déversements d'hydrocarbures ou les effets non désirés de médicaments
sont parmi les causes qui justifient semblables indemnisations ;
- (h) les versements extraordinaires à des fonds d'assurance sociale effectués par des employeurs (y compris
des administrations publiques) ou par des administrations publiques (dans le cadre de leur fonction de
protection sociale), dans la mesure où ces versements sont destinés à accroître les réserves desdits fonds.
Ces paiements sont enregistrés dans le compte de capital en tant que transferts en capital NDA (D999) à
payer par le secteur de l'employeur ou celui des administrations publiques et à recevoir par le secteur auquel
appartient le fonds. Les réserves des fonds d'assurance sociale étant considérées comme propriété des
ménages, il est nécessaire d'enregistrer un ajustement simultanément dans les comptes du secteur auquel
appartiennent les fonds et dans les comptes des ménages. L'ajustement correspondant des fonds d'assurance
sociale vers les ménages est également enregistré sous D999 transferts en capital NDA à payer par les
régimes privés et à recevoir par les ménages.
- (i) les effets d'une modification apportée en 1982, en France, aux pratiques comptables des entreprises
d'assurance-vie. Cette opération, appelée "zillmérisation", modifiait les règles d'évaluation des réserves
mathématiques, et a eu pour conséquences : (1) une diminution du montant des réserves, enregistrées sous
forme d'un transfert en capital versé par les ménages au secteur S125 ; (2) le versement à l'Etat d'une
contribution exceptionnelle, traitée comme un impôt en capital (D91).
6.552 Exclusion Les mouvements de patrimoine liés au passage d'une unité institutionnelle d'un
secteur à un autre ne sont pas des "transferts en capital NDA". Ils sont enregistrés dans les comptes des
autres changements de volume de la variation du patrimoine des secteurs (K12222).
6.554 Enregistrement Les transferts en capital NDA (D999) sont enregistrés dans les variations des
passifs et de la valeur nette (en débit et crédit) du compte de capital des secteurs institutionnels résidents, du
Reste du Monde et de l’économie nationale.
6.555 La nomenclature d’opération du SFCN retient pour les autres transferts en capital (D99) des sous-
opérations sans équivalent dans le SEC. Cette décomposition repose principalement sur les problèmes de
frontières entre différents transferts en capital. Elle inclut aussi l’opération D995 "impôts et cotisations dus
non recouvrables" issue des choix de valorisation des recettes des administrations publiques en droits
constatés. Le tableau VI-17 rapproche les classements opérés par le SEC et le SFCN.
SFCN SEC
Le champ de la rémunération des salariés subit, par rapport à la base 80, les modifications suivantes.
Il inclut parmi les versements bruts en espèces (D111) l’ensemble des systèmes d’intéressement des salariés. Une
partie d’entre eux, notamment la participation des salariés aux fruits de l’expansion, était considérée par la base 80
comme un revenu de la propriété et de l’entreprise. En outre, une meilleure déclaration, de la part des entreprises, de la
rémunération du travail et de la rémunération du capital au sein des revenus distribués par la société, permet d’inclure
dans les salaires et traitements bruts en espèces ceux perçus par les actionnaires des sociétés soumises à l’impôt sur le
revenu. L’exploitation du plan comptable général ne permettait pas, en base 80, d’isoler ces deux types de rémunération,
et l’ensemble des revenus distribués des sociétés étaient enregistrés en revenu de la propriété et de l’entreprise.
Il retient dans les salaires et traitements en nature (D112) les autres avantages salariaux soit les versements aux
comités d'entreprise et assimilés qui constituaient une sous-opération distincte des salaires et traitements bruts (espèces
ou nature) dans le SECN. En effet, pour le SECN, les comités d’entreprise étaient des Administrations privées. Ainsi, les
versements des employeurs aux comités d’entreprises étaient retracés par un double flux : (1) une opération "versements
des employeurs aux comités d’entreprises et assimilés -R113" des employeurs aux salariés, puis (2) une opération
"transferts courants aux Administrations privées -R66" des salariés (ménages) aux comités d’entreprise (Administrations
privées). Le classement, en base 95, des comités d’entreprise dans les entreprises non financières supprime ce double
enregistrement.
En outre, les salaires et traitements en nature excluent, en base 95, la prise en charge par l’Etat de la réduction consentie
aux militaires sur les tarifs SNCF. Cette prise en charge est classée en "autres subventions sur les produits (D319)" avec
les autres réductions de tarifs de transport, indépendantes des risques sociaux, (congés payés, carte hebdomadaire, carte
orange) consenties aux ménages.
Il exclut en outre de l'opération "cotisations sociales effectives à la charge des employeurs (D121)" les prises en
charge, totale ou partielle, par les administrations publiques, dans le cadre de politique économique ou sociale, de
cotisations sociales à la charge des employeurs pour certaines catégories de salariés et/ou certaines activités classées en
transferts courants entre l’Etat et les administrations de sécurité sociale (D731).
En base 80, les cotisations versées par les employeurs étaient enregistrées à taux plein. La part prise en charge par les
administrations publiques était en contrepartie traitée comme une subvention sur rémunérations versée par les
administrations publiques à l'unité de production, et enregistrée en ressource du compte d'exploitation de celle-ci.
Toutefois, ce traitement n'avait pu être appliqué pour certaines mesures ponctuelles prises avant 1980. Par exemple, les
dégrèvements de charges opérés dans le cadre de la convention sociale de la métallurgie (1979) étaient comptabilisés
comme une réduction directe des versements des employeurs aux organismes de sécurité sociale.
Enfin, le champ du territoire économique comprend les DOM. Ainsi, la rémunération des salariés (D1) versée par les
secteurs institutionnels résidents inclut l’ensemble des rémunérations versées dans les DOM aux résidents des
DOM (versements exclus du champ de la base 80) mais également les rémunérations versées par les administrations
publiques aux agents de l’administration civile en poste dans les DOM (versements comptabilisés en base 80 dans les
autres opérations de coopération internationale courante R672) et les rémunérations versées par Air France à ses salariés
dans les DOM (versements comptabilisés en base 80 dans les autres transferts courants divers R699). En conséquence,
le champ des cotisations sociales (D121) s’en trouve élargi.
Le tableau D1 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
• D121 Cotisations sociales effectives à la charge des R12. Cotisations sociales effectives à la charge des
employeurs employeurs (diminuées du R3122 Subventions sur
rémunérations)
• D122 Cotisations sociales imputées à la charge des R13. Cotisations sociales fictives
employeurs
La logique du classement interne des impôts sur la production et les importations (D2) a changé. Le contour de
l'opération a été modifié par l'élargissement du champ du territoire économique, par la redéfinition des activités non
marchandes et pour usage final propre.
Le critère premier de partage des impôts liés à la production et à l'importation en base 80 était l'origine du produit
taxé (nationale ou étrangère) ; en second lieu la base 80 cherchait à savoir qui avait la charge effective de l'impôt :
l'utilisateur du produit ou le producteur. Ainsi, la nomenclature des impôts déclinait successivement les impôts liés à la
production (TVA puis les autres impôts sur la production) et les impôts relatifs aux importations. La base 95 inverse le
rang de ces critères.
Le champ du territoire économique, en base 95, comprend les DOM. Ainsi, les impôts sur la production et les
importations versés par les secteurs institutionnels résidents incluent l’ensemble des impôts versés dans les
DOM (versements exclus de l'opération équivalente en base 80). Ils incluent également les recettes fiscales spécifiques
aux DOM (octroi de mer).
En outre, certains impôts liés à la production de la base 80 -notamment les impôts sur les autorisations d’exercer des
activités professionnelles ou commerciales- sont devenus des ventes de services de l’administration (droit de pesage,
services des instruments de mesure, frais de contrôle de protection de l’environnement, de gaz ou d’électricité, services
de conservation des hypothèques).
Le tableau D2 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
D2 Impôts sur la production et les importations R20. Impôts liés à la production et à l'importation
D2 = D21 + D29 R20 = R21 + R22 + R29
• D291 Impôts sur les salaires et la main-d’œuvre • R2221. Impôts sur les salaires et la main-d’œuvre
• D292 Impôts divers sur la production • R2222. Autres impôts divers liés à la production
• R212. Autres TVA (en partie)
Le champ de l’opération "subvention" s’élargit en base 95 ; plus d’unités institutionnelles sont concernées par la
perception de subventions. En base 80, seules les unités de production marchandes peuvent percevoir des subventions.
Corollaire, les unités de production non marchandes des APU, des APRI n’en recevaient pas. Cette exclusion est
partiellement levée en base 95. Les unités de production non marchande des ISBLSM et des APU, dans le cadre de leur
autre production non marchande (P13) peuvent recevoir des subventions d’exploitation, si ces subventions ont un
caractère général concernant les activités marchandes et non marchandes.
En outre, l’application faite de la définition est plus restrictive. En base 95, les prises en charge de cotisations sociales
par l’Etat ont été exclues des subventions. Elles sont dorénavant classées en transferts courants entre administrations
publiques (D73), versés par l’Etat (S13111) et reçus par les administrations de sécurité sociale (S1314).
L’élargissement du territoire économique en base 95 conduit à classer dans l’opération Subvention (D3) des transferts
classés en coopération internationale courante (R67) en base 80.
La re-définition des activités marchandes et non marchandes conduit à exclure du champ des APU certains
établissements publics marchands en tout ou partie. Ainsi des transferts codés transferts courants entre administrations
publiques (R65) sont dorénavant des subventions.
Enfin la définition plus restrictive du secteur des ISBLSM (ex Administrations privées) entraîne le classement de
certaines Administrations privées de la base 80 dans le secteur des sociétés non financières. Aussi, des versements
enregistrés transferts courants aux APRI (R66) sont-ils en base 95 des subventions.
Le tableau D3 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
• D319 Autres subventions sur les produits R311 Subventions sur les produits
+ R3123 Subventions sur consommation intermédiaire
+ R69. Transferts courants divers (en partie)
+ R66. Transferts courants aux APRI (en partie)
• D391 Subventions sur rémunérations R3122. Subventions sur rémunérations (nettes des prises en
charge de cotisations sociales)
• D392 Bonification d’intérêts R3121. Bonification d’intérêts
• D393 Prises en charges d’autres coûts R3129. Autres subventions d’exploitation (en partie)
• D399 Autres subventions d’exploitation R3129. Autres subventions d’exploitation (en partie)
R67. Coopération internationale courante (en partie)
R69. Transferts courants divers (en partie)
• Certains versements, tels en 1982 les prises en charge d'une partie des cotisations sociales patronales relatives aux salariés
rémunérés au SMIC ou à ceux concernés par le "plan textile", étaient considérés comme une aide aux entreprises. Dans d'autres cas,
les versements avaient pour les ménages des résultats analogues à ceux qu'auraient des systèmes de protection sociale. Visant des
populations spécifiques (emploi de certaines catégories de femmes ou de jeunes), ils fournissent aux intéressés des avantages proches
de ceux attribués au titre du risque d'inadaptation professionnelle. Néanmoins, pour éviter des choix arbitraires dans la description de
mesures de ce type et parce que ces prises en charge par l'Etat de cotisations sociales sur salaires n'entamaient pas l'autonomie des
ressources des administrations de sécurité sociale, l'ensemble des versements publics de cette nature était traité en subventions sur
rémunérations.
• Les cotisations effectives à la charge des employeurs (R12 et R621) étaient enregistrées à "taux plein" (prise en charge par l'Etat
incluse).
• L'Etat prenait également en charge des "cotisations sociales" au profit de personnes sans activité, leur procurant ainsi une
couverture sociale. Ces versements étaient traités en transferts courants entre administrations (R65) de l'Etat aux administrations de
sécurité sociale.
- Intérêts (D41)
Le champ de l’opération intérêts de la base 95 est équivalent à celui de l’opération "intérêts effectifs" de la base 80.
Cependant le principe d’enregistrement a été modifié entre les deux bases. Les intérêts effectifs dans le SECN reposaient
sur une évaluation des intérêts échus. En base 95 ils reposent sur une évaluation des intérêts courus.
En outre, l’application faite de la définition est plus large. En base 80, les Organismes de placement collectif (OPC)
reversaient uniquement des dividendes aux détenteurs de parts. En base 95, les OPC les rémunèrent en leur versant soit
des intérêts soit des dividendes.
- Dividendes (D42)
Le champ de l’opération dividendes de la base 95 est équivalent à celui de l’opération de même intitulé (R441) en
base 80. Cependant, le traitement retenu en base 95 pour évaluer les revenus versés par les Organismes de placement
collectif (OPC) minore les montants des dividendes versés par ces derniers au profit des intérêts. En base 80, les OPC
versaient aux détenteurs de parts uniquement des dividendes. En base 95, les OPC les rémunèrent en leur versant soit
des intérêts soit des dividendes.
En outre, les documents comptables utilisés pour évaluer les comptes des SNF en base 80 ne permettaient pas
l’évaluation au sein des autres revenus distribués des sociétés des revenus assimilables à un salaire. Cette information,
disponible en base 95, conduit à minorer d’autant les autres revenus distribués des sociétés.
- L’opération D4 revenus de la propriété exclut tous versements des entreprises au titre de la participation des salariés
aux fruits de l'expansion des entreprises (R46).
• L'opération R46 enregistrait en base 80 les versements réalisés au titre de dispositions légales ou conventionnelles
établissant une liaison contraignante entre le niveau des bénéfices de l'entreprise et celui de cette participation. Elle
pouvait prendre diverses formes : versements de primes, d'actions gratuites, constitution d'une réserve spéciale de
participation (fonds commun de placement) sur laquelle les salariés ne pouvaient faire jouer leur droit qu'au terme d'une
période arrêtée légalement ou conventionnellement.
En dehors d'une obligation légale ou conventionnelle ou quand le montant de l'intéressement des salariés résultait de la
seule volonté de l'entreprise, celui-ci est enregistré en rémunération des salariés.
• En base 95, tous les montants relatifs à l’intéressement versés par les entreprises sont inclus dans l’opération D1.
Le tableau D4 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
D42 Revenus distribués des sociétés R44. Dividendes et autres revenus distribués des sociétés
R693. Transferts courants relatifs à des chantiers à l’étranger
• D421 Dividendes R441. Dividendes
• D422 Prélèvements sur les revenus des quasi-sociétés R693. Transferts courants relatifs à des chantiers à l’étranger
• D423 Autres revenus distribues des sociétés R45. Revenus prélevés par les entrepreneurs de quasi-
sociétés
R442. Autres revenus distribués des sociétés (partie)
D43 Bénéfices réinvestis d'investissements directs étrangers (sans objet en base 80)
D44 Revenus de la propriété attribués aux assurés R42. Intérêts relatifs aux contrats d'assurance-vie
• Le champ de l’opération D5 est distinct de celui de l’opération équivalente (R61) de la base 80.
(1) Sortent du champ :
- Des impôts analysés comme frappant les revenus en base 80 sont dorénavant des impôts sur la production (D292). En
effet, la base 95 considère que les impôts fonciers sont à la charge de l’exploitant. Ainsi la taxe sur le foncier non bâti
est un impôt sur la production à la charge des entreprises agricoles. La taxe sur le foncier bâti est un impôt sur la
production à la charge du producteur de service de logement (y compris propriétaire occupant). Seul reste classée au
sein des impôts sur les revenus la part de la taxe sur le foncier non bâti acquittée par les ménages hors entreprises
individuelles ;
- Quelques taxes frappant les revenus en base 80 sont en base 95 des impôts sur les produits (D214) : taxe sur les
métaux précieux, taxe pour prestations des syndicats,... ;
- Certains prélèvements classés en impôts sur les revenus en base 80 sont analysés en base 95 comme des ventes de
service par l’administration (Cf. D59 § 6.265). Sortent ainsi du champ des impôts courants, les prélèvements suivants
taxe d’enlèvement des ordures ménagères, taxe d’affouage ou de pâturage, taxe sur les pylônes qui deviennent des
ventes de services des collectivités locales.
(2) Entrent dans le champ :
- Certains prélèvements classés en impôts sur le capital acquittés par les sociétés en base 80 sont dorénavant des impôts
sur les revenus. Il s’agit principalement des prélèvements sur les sociétés financières liés à la garantie apportée par l’Etat
aux dépôts (épargne sur livret, épargne populaire).
- Enfin, le territoire économique, en base 95, comprend les DOM. Ainsi, les impôts sur les revenus, le patrimoine, etc.
versés par les secteurs institutionnels résidents incluent l’ensemble des impôts versés dans les DOM (versements exclus
de l'opération équivalente en base 80).
• En outre, la décomposition des impôts courants de la base 80 n’est pas comparable à celle adoptée par le SEC.
- Le SECN définissait les différents impôts courants en fonction des caractéristiques fiscales françaises. Il distinguait
ainsi l’impôt sur le revenu (IR) l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS) et les autres impôts courants sur les revenus
"autres que l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu".
- La partition adoptée par le SEC a une portée plus générale. Elle distingue d'une part l’ensemble des impôts qui
frappent le revenu des différents secteurs institutionnels et d'autre part les autres impôts courants qui font partie de
l’opération D5 car ils sont prélevés périodiquement sur les revenus ou le capital de ces secteurs.
Ainsi la majorité des prélèvements classés en base 80 dans les autres impôts courants sont en base 95 des impôts sur les
revenus qu’ils soient à la charge des ménages ou des entreprises (prélèvement libératoire et/ou retenues à la source sur
• Le tableau D5 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
D5 Impôts courants sur le revenu, le patrimoine, etc. R61 Impôts courants sur le revenu et le patrimoine
D5 = D51 + D59 R61 = R611 + R612 + R613
D59 Autres impôts courants • R613. Autres impôts courants sur le revenu et le patrimoine
- Cotisations sociales
• La définition de l’opération cotisations sociales est identique entre les deux bases. La dénomination des contreparties
des prestations sociales directes d’employeur change. Les cotisations sociales perçues par les régimes directs
d’employeurs ne sont plus appelées cotisations fictives mais cotisations imputées. Par ailleurs, la décomposition des
cotisations est modifiée. Les différentes composantes des cotisations sociales des non-salariés disparaissent en base 95.
• En revanche, l’application faite de la définition est plus restrictive. Elle exclut de l'opération "cotisations sociales
effectives à la charge des employeurs (D6111)" les prises en charge, totales ou partielles, par les administrations
publiques, dans le cadre de politique économique ou sociale, de cotisations sociales à la charge des employeurs pour
certaines catégories de salariés et/ou certaines activités. En base 80, les cotisations versées par les employeurs étaient
enregistrées à taux plein. La part prise en charge par les administrations publiques était en contrepartie traitée comme
une subvention sur rémunérations versée par les administrations publiques à l'unité de production, et enregistrée en
ressource du compte d'exploitation de celle-ci.
• En outre, les conventions retenues par le Système concernant l’évaluation de la production des entreprises d’assurance
sociale conduisent à minorer le montant des cotisations perçues par ces régimes. Elles excluent désormais la part du
versement des bénéficiaires représentative du service de gestion rendu mais incluent les revenus de la propriété,
attribués aux assurés.
• En base 95, le champ du territoire économique comprend les DOM. Ainsi, les cotisations sociales incluent désormais
les versements relatifs aux résidents dans les DOM, versements exclus ou comptabilisés dans l’opération coopération
internationale courante en base 80 (Cf. encadré D1 comparaison avec la base 80).
• Enfin, l’exclusion des Institutions de retraite supplémentaire et des Institutions de prévoyance des régimes d’assurance
sociale des administrations de sécurité sociale modifie la répartition des cotisations entre administrations publiques et
entreprises d’assurance au profit de ces dernières.
- Les transferts de biens ou services individuels non marchands de la base 95 n’ont pas de correspondance
immédiate avec les opérations de la base 80. Ils correspondent à une partie de la production non marchande des
administrations publiques qui donne lieu à une consommation individualisée des ménages sans répondre à la couverture
des risques ou besoins sociaux.
Le tableau D6 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
• D611 Cotisations sociales effectives • R62. Cotisations sociales effectives (hors prises en charge de
cotisations par les APU)
- D6111 Cotisations sociales effectives à la charge des - R621. Cotisations sociales effectives à la charge des
employeurs employeurs (nettes des prises en charge de cotisations)
- D6112 Cotisations sociales effectives à la charge des salariés - R622. Cotisations sociales effectives à la charge des salariés
- D6113 Cotisations sociales effectives des non-salariés - R623. Cotisations sociales effectives des non-salariés
- R6231. Cotisations sociales des entrepreneurs individuels
- R6232. Cotisations sociales sur prestations sociales
- R6233. Autres cotisations sociales, inactifs étudiants
• D621 Prestations de sécurité sociale en espèces - R641. Prestations sociales liées à un circuit d'assurance sociale
(pour partie : en espèces versées par les administrations
de sécurité sociale, hors IRS et IP)
• D622 Prestations d'assurance sociale de régimes privés - R641. Prestations sociales liées à un circuit d'assurance sociale
(espèce et nature) (pour partie : en espèces et en nature, versées par les
régimes mutualistes, les IRS et les IP)
• D623 Prestations d'assurance sociale directes d’employeurs - R642. Prestations sociales directes d'employeurs
(espèce et nature)
• D624 Prestations d'assistance sociale en espèces - R643. Autres prestations sociales (pour partie : en espèces)
- R69. Transferts courants divers (bourses d’études)
• D632 Transferts de biens et services non marchands (sans correspondance directe, pour partie : R69, production non
individuels marchande des APU et APRI)
5.1 Transferts courants aux institutions sans but lucratif au service des ménages (D751)
• Le champ de l’opération transferts aux institutions sans but lucratif au service des ménages est identique à celui de
l’opération transferts aux administrations privées (APRI) de la base 80.
• Seule, la modification du champ du secteur (institutions sans but lucratif au service des ménages contre administrations
privées) modifie l’évaluation de l’opération. Ainsi, le classement des "comités d’entreprise" au sein des sociétés non
financières (S12) fait "disparaître" de l’opération D751 les versements des employeurs aux dits comités qui ne transitent
plus par des "contributions" versées par les ménages aux administrations privées.
En outre, la sectorisation du compte des Sociétés non financières ne reposant pas sur le sous-secteur d’activité, de tels
flux ne sont plus retracés en base 95.
Le tableau D7 établit une table de passage entre les nomenclatures des bases 80 et 95.
SFCN SECN
D73 Transferts courants entre administrations publiques R65. Transferts courants entre administrations publiques
• D731 Transferts courants entre sous-secteurs des APU • R651. Transferts courants entre sous-secteurs des APU
• D732 Transferts courants internes aux sous-secteurs des APU • R652. Mouvements courants internes aux sous-secteurs des
APU
• D733 Transferts de recettes fiscales • R653. Transferts de recettes fiscales
D74 Coopération internationale courante • R672. Autres opérations de coopération internationale courante
• D751 Transferts courants aux institutions sans but lucratif au R66. Transferts courants aux APRI
service des ménages - versements des entreprises au Comités d’entreprises
(ignorés en base 95)
• D752 Transferts courants entre Ménages R68. Transferts privés internationaux
- versements des APRI au RDM (classés en D759)
• D753 Transferts internes aux sous-secteurs • R694. Transferts internes aux sous-secteurs
• D754 Amendes et Pénalités • R69. Redevances obligatoires, amendes et pénalités
- Redevances obligatoires traitées en ventes de services
par les APU ou en impôts (D29 ou D59)
• D755 Quatrième Ressource • R671. Ressources propres de la CEE autres que TVA et droits
de douane (quatrième ressource)
• D759 Autres transferts courants divers • R699. Autres transferts courants divers
- flux ignorés en base 95 (contrepartie pour les SNF
commerciales des rehaussements des ventes opérés pour
rendre compte des vols, détournements et démarques
inconnues, contrepartie de la production des mutuelles).
- reclassements de flux en D1, D3, D6, D73
• R68. Transferts privés internationaux (partie : versements des
APRI au RDM)
VIII - Ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de pensions (D8)
L’ajustement pour variation des droits des ménages sur les fonds de pensions n’a pas d’équivalent dans les opérations de
répartition de la base 80.
SFCN SECN
En principe, la nomenclature européenne n’impose pas de décomposition aux opérations au-delà de deux positions de la
nomenclature. Certaines opérations échappent à la règle pour répondre à l’articulation interne du système, notamment
les impôts et subventions sur les produits (D21 et D31) et les cotisations, prestations sociales et transferts sociaux en
nature (D12 et D6).
Les "impôts sur les produits"(D21) et les "subventions sur les produits" (D31) sont déclinés sur trois positions pour
permettre de définir les agrégats d’impôts nets, respectivement Impôts nets sur les produits D21N = D21 - D31 et
Impôts nets sur les importations D212N = D212 - D311. Ceux-ci sont utilisés notamment dans la publication des
tableaux de synthèse Comptes Economiques Intégrés (CEI) pour le SEC et Tableau Economique d’Ensemble pour le
SFCN.
Les cotisations sociales sont présentées avec un détail variant entre trois (D12) et cinq positions (D61) pour rendre
compte des différents modes de financement des régimes d’assurance sociale.
Les prestations sociales et transferts sociaux en nature (D62 et D63) sont définis sur trois ou quatre positions afin
d’articuler les évaluations de la production des administrations publiques de leur consommation finale effective et de
celle des ménages.
Le SFCN suit le SEC mais l’aménage en créant des sous opérations supplémentaires. Certaines d’entre-elles, quoique
non imposées par la nomenclature européenne, sont toutefois définies dans le SEC (par exemple la quatrième ressource
incluse dans les transferts courants divers -D75).
Dans la nomenclature française présentée ici les opérations sans équivalent dans le SEC sont systématiquement repérées
par un astérisque (*).
En général, le SFCN reprend les intitulés du SEC qui peuvent toutefois être écourtés (opération D21) ou allongés (D61),
trois exceptions méritent cependant d’être soulignées :
- Opération D39 : par référence à son enregistrement dans le compte d’exploitation des unités bénéficiaires, pour un
contenu et une définition équivalente, la dénomination "Subvention d’exploitation" est utilisée en lieu et place de
l’intitulé "Autres subventions sur la production" du SEC.
- Opération D45 : pour un contenu et une définition équivalente, la dénomination "revenus des terrains et gisements" est
utilisée en lieu et place de l’intitulé "Loyers" du SEC.
- Opération D51 : pour éviter toutes confusions entre l’impôt sur le revenu "français" (IR) qui frappe les revenus des
personnes physiques et l’opération D51 du SEC "impôt sur le revenu" qui concerne l’ensemble des impôts sur le revenu
quelle que soit l’unité qui les acquitte, l’intitulé français de l’opération D51 inclut un pluriel "Impôts sur les revenus".
Pour mémoire : D21N Impôts nets sur les produits (D21N = D21 - D31)
D212N Impôts nets sur les importations (D212N = D212 - D311)
Nota : le poste D213 est absent de la nomenclature du SFCN et du SEC. Il concerne dans la nomenclature du SCN les impôts sur les exportations.
Ceux-ci ont été considérés comme non significatifs au sein de l'Union, aussi les montants compensatoires prélevés à l'exportation sont-ils inclus dans
le poste D214.
D3 Subventions
Pour mémoire : D21N Impôts nets sur les produits (D21N = D21 - D31)
D212N Impôts nets sur les importations (D212N = D212 - D311)
D4 Revenus de la propriété
- D41 Intérêts
- Pour mémoire : D4A Ajustement pour service d’intermédiation financière indirectement mesuré (ASIFIM)
(1) Par convention dans le SFCN toutes les cotisations à payer aux régimes des administrations de sécurité sociale sont enregistrées comme des
cotisations obligatoires, toutes les cotisations reçues par les régimes privés sont considérées comme des cotisations volontaires.
D8 Ajustement pour variations des droits des ménages sur les fonds de pensions (2)
(2) Dans le SFCN aucun régime d’assurance sociale privé n’a reçu le qualificatif de fonds de pensions (Cf. D6 encadré VI-08). En conséquence,
l’opération D8 n’est pas évaluée.
D9 Transferts en capital
INTRODUCTION
- Opérations de répartition du revenu p. 5
- Opération de répartition de l’épargne et du patrimoine p. 6