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Talmud de Babylone en Français PDF

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ANDOVER-HARVARD LIBRARY

AH 5999 G
Talm

$
7

210.70 Fr.
Chiarini

Theological School
IN

HARVARD UNIVERSITY .

Received Dec. 20th 1879

Dr. Charles Pickering


LE

T ALMUD
DE

BABYLONE

TRADUIT

EN LANGUE FRANÇAISE

ET

COMPLÉTÉ PAR CELUI

DE JÉRUSALEM

ET PAR D'AUTRES

MONUMENS DE L'ANTIQUITÉ JUDAÏQUE

PAR
Warr
L'ABBÉ L. CHIARINI

PROFESSEUR DE LANGUES ET D'ANTIQUITÉS ORIENTALES à L'UNIVER-


SITE ROYALE DE VARSOVIE , MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DES
LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE LA MÊME VILLE , DE LA SOCIÉTÉ
ASIATIQUE ET DE LA GÉOGRAPHIQUE DE PARIS , DE L'ATHÉNÉE ITA-
LIEN ET DE PLUSIEURS AUTRES SOCIÉTÉS SAVANTES , ETC.

PREMIER VOLUME.

LEIPZI C ,

EN COMMISSION CHEZ J. A. G. WEIGEL.

1 8 3 1.
EITY
D IVI

LIBRARY

KARYARD UNWERCITY
‫ויאמר ארני יען כי נגש העם הזה בפיו ובשפתיו כבדוני ולנו‬
: ‫רחק ממני ותהי יראתם אתי מצות אנשים מלמדה‬
‫לכן הנני יוסף להפליא את העם הזה הפלא ופלא ואבדה חכמת‬
: ‫חכמיו ובינת נבניו תסתתר‬
: ‫ישעיה כט‬

Et le Seigneur dit : ce peuple s'approche (de moi) et m'honore de


ses lèvres ; mais il a éloigné son coeur de moi , et la crainte qu'il a
de moi est un commandement d'hommes appris par coeur :
A cause de cela , voici que je continuerai de faire à l'égard de ce
peuple, des merveilles et des prodiges étranges : c'est que la sapience de
ses sages périra et l'intelligence de ces hommes entendus disparaîtra.
Esa. XXIX .
PROLEGOMÈNES

DE LA

VERSION DU TALMUD.

1. A
Sachez , dit Maimonides ¹ ), que Moïse reçut de Dieu les
préceptes de la loi avec leur explication. S'il demeura sur
le mont Sinaï aussi long temps qu'il est dit dans la Bible 2 )
ce ne fut pas seulement pour en rapporter le texte de la
Loi écrite ; mais pour apprendre par coeur, de la bouche
de l'Eternel, l'interprétation de ce même texte, ou ce qu'on
appelle plus communément Loi orale. Dieu qui pouvait
dire tout simplement à Moïse : Je te donnerai la loi, s'est
servi de ce pléonasme³) : Je te donnerai les tables de pierre
et la loi et les commandemens que j'ai écrits pour les in-
struire, afin de signifier qu'il confiait à son envoyé l'une
et l'autre loi ensemble. C'est comme s'il lui avait dit
en propres termes : Je te donnerai le Pentateuque, les Pro-
phètes , les Hagiographes , la Mischna et la Ghemara 4).
Ainsi la loi écrite n'a été qu'un index de préceptes géné-
raux, et la loi orale un recueil de prescriptions particuliè-
res propres à expliquer avec précison la première. Ser-
vons nous d'un exemple : Dieu après avoir commandé à
Moïse d'écrire le précepte : Vous demeurerez sept jours
dans des tentes 5 ) lui ordonna d'enseigner de vive voix,
que ce précepte n'oblige ni les femmes, ni les malades , ni
les voyageurs ; que les tentes ne devaient être couvertes
ni de laine, ni de soie, ni de nattes ; mais seulement de ce

1) La plus grande partie de cette préface sera tirée de la disserta-


tion de ce savant rabbin sur l'ordre talmudique intitulée Seraïm, ainsi
que des Bibliothèques de Bartolocci , de Wolf et de Buxtorf et de plu-
sieurs autres monumens de l'antiquité judaïque. Je ne m'astreins pas à
tout transcrire ou à tout traduire à la lettre ; mais je tâche de mettre
par tout l'ordre et la clarté qui manquent dans les sources auxquelles
je puise.
2) Exod. XXIV , 18. XXXIV, 28. Cf. Buxt. Recensio operis tal-
mudici.
3) Ib. XXIV, 12.
4) Voy. Beracoth fol. 5, a.
5) Levit. XXIII, 42.
A2
qui germe de la terre ; qu'on devait y manger , boire et
dormir sept jours entiers ; qu'elles ne devaient pas avoir
moins de sept paumes en longueur et en largeur, ni moins
de dix en hauteur. Ce que nous disons du précepte des.
tentes ou des Tabernacles il faut l'entendre de tous les
613 préceptes qui se trouvent consignés dans le Pentateu-
que ; c'est - à - dire, il faut entendre que Moïse les reçut de
Dieu sur le Sinaï chacun avec son interprétation respective .
Cette histoire de l'origine du Talmud est évidemment
fabuleuse si on l'applique avec les Rabbins au Talmud tel
'qu'il est aujourd'hui , considéré dans toutes ses parties.
Mais si on l'applique à la tradition primitive et si on se
borne à soutenir qu'elle a été conservée dans quelques
fragmens du même code religieux , tout ce raisonnement
devient très-probable et digne de notre attention ") .
Lorsque Moïse , continue Maimonides , descendit du
mont Sinaï , Ahron son frère fut le premier à le voir.
Moïse lui récita une fois le texte qu'il venait de recevoir
de Dieu , en ajoutant à chaque précepte son explication .
Après quoi Ahron prit place à sa droite. Alors les deux
fils d'Ahron, Eleazar et Ithamar étant entrés , Moïse leur
récita les mêmes choses qu'à leur père. A peine étaient
ils rengés l'un à la gauche de Moïse et l'autre à la droite
d'Ahron, que les LXX vieillards entrèrent à leur tour, et
Moïse leur récita ce dont il avait déjà entretenu Ahron et
ses fils. Le peuple fut le dernier à se présenter à Moïse
qui ne se refusa pas de reprendre encore une fois son récit
du commencement. Il se trouva par là que ce rapport de
Moïse avait été entendu quatre fois par Ahron , trois fois
par ses fils , deux fois par les vieillards et une seule fois
par le peuple. Mais Moïse s'étant retiré , Ahron répéta
tout ce qu'il avait entendu quatre fois et qu'il savait déjà
par coeur. De cette manière ses fils aussi entendirent la
même chose quatre fois, savoir : trois fois de Moïse et une
fois d'Ahron, et lorsque celui - ci se fut retiré comme son
frère , ils se trouvèrent en état de la répéter par coeur à
leur auditoire. C'est pourquoi les vieillards eux - mêmes

6) Voy. ma Théorie du Judaïsme. III, Part. Règle Ire,


- 5 -

l'entendirent quatre fois , deux fois de Moïse , une fois


d'Ahron et une fois de ses fils, et lorsque ceux - ci eurent
quitté leur place, les vieillards répétèrent cette histoire par
coeur au peuple pour faire que lui aussi l'eût entendue qua-
tre fois et apprise par coeur.
Tous ceux donc qui se trouvèrent présens à cette as-
semblée générale entendirent quatre fois le texte de la loi
avec son explication ) et se trouvèrent à même d'en en-
tretenir ceux qui avaient été absens jusqu'à leur faire ap-
prendre par coeur l'un et l'autre. Mais le texte fut enfin
couché par écrit, et l'on se contenta de retenir par coeur
son explication.
Le fondement de toute cette histoire est un passage
de la Bible ) que Maimonides a embelli selon son ordi-
naire et dont les Rabbins ont profité pour nous expliquer
l'origine de cette espèce de tradition à laquelle ils croient.
Selon eux, les auteurs et compilateurs du Talmud, au lieu
de nous donner le fruit de leurs méditations et veilles lit-
téraires , n'ont fait que nous transmettre par écrit ce qu'ils
savaient par coeur , l'ayant entendu de leurs précepteurs
ou de leurs ancêtres et ceux-ci à leur tour de leurs pré-
cepteurs et de leurs ancêtres jusqu'aux LXX vieillards,

7) Maimonides est bien obscur sur ce point. Il commence par


nous dire que Moïse apporta du Sinaï la loi écrite et la loi orale. I
passe ensuite à nous indiquer comment il expliqua l'une et l'autre à
tout le peuple d'Israël. Mais en se tenant à ses paroles on pourrait
croire qu'Ahron seul apprit de lui le texte et son explication , et que
tous les autres n'en apprirent que le premier. Cependant si l'on exa-
mine avec attention toute la teneur et le but de son discours on verra
qu' Ahron ainsi que ses fils , les LXX vieillards , aussi bien que ceux
d'entre le peuple israëlite qui se présentèrent à l'assemblée , apprirent
par coeur la loi écrite et la loi orale également. En effet Moïse
n'avait pas besoin de perdre un temps si long et si précieux pour leur
faire apprendre par coeur le texte de la loi seulement qu'il devait leur
communiquer par écrit. Voy. la Préf. de sa main forte.
8) Exod. XXXIV, 31. 32. où il est dit que Moïse de retour du
mont Sinaï appela Ahron et tous les principaux de l'assemblée pour
parler avec eux. Après quoi tous les enfans d'Israël s'approchèrent,
et il leur commanda toutes les choses que l'Eternel lui avait dites sur
la montagne.
- -

jusqu'aux fils d'Ahron et à Ahron et à Moïse lui - mê-


me 9 ) . Ceux donc , qui ont écrit le Talmud tant de siè-
cles après Moïse n'ont pas eu besoin d'une nouvelle révé-
lation ; mais seulement de se rappeler ce qu'ils savaient
déjà. L'assistance du ciel ne leur a été nécessaire que
pour ne pas être trompés par leur mémoire.
Dans notre Théorie du Judaïsme qui , comme nous
l'avons déjà dit, sert en même temps d'ouvrage préparatoire
à la version du Talmud, nous avons signalé tous les effets
de la mauvaise influence que ce livre a exercée et exerce
toujours sur les esprits des Juifs de la dispersion . Mais
nous sommes trop justes et trop impartiaux pour nous dissi-
muler un avantage marquant que les mêmes Juifs en ont
retiré en tant qu'ils le regardent comme un corps de tra-
ditions divinement inspirées. Nous nous arrêtons à relever
cet avantage avec d'autant plus d'empressement que nous
remarquons qu'il est échappé à tous les apologistes les plus
zélés du Talmud.

La Loi orale, qui a la même autorité qui la loi écrite,


parce que toutes les deux dérivent de la bouche de Dieu,
contient les détails les plus minutieux sur la pratique de
chaque précepte et cérémonie. Il suit de là que, selon les
Docteurs de la Synagogue, tout dans le Talmud est prévu
d'avance et décidé par une autorité qui n'est pas sujette
à exception. C'est pourquoi depuis que ce code est en
vigueur , les Juifs n'ont pas eu besoin d'un chef visible
ou de Synodes pour interpréter l'Ecriture , définir les dog-
mes, fixer la discipline de leur culte etc. Ils ont été même
à l'abri de ces convulsions religieuses qui ne servent qu'à
enfanter ou à multiplier les sectes, au détriment de la tran-
quillité publique 10 ) ; car celles des Juifs n'ont jamais été
en aussi grand nombre que celles des autres peuples , et
leur sujet de discorde a été plutôt la philosophie sophisti-

9) Voy. Théorie du Judaïsme, Ire Part.


10) Les sectes attestent le mouvement progressif d'une nation vers
la vérité ; mais les dogmes de la religion ne devraient pas engendrer
des sectes parce que leur vérité reste toujours la même.
7 ―
-

que ou cabalistique, que la véritable intelligence de la loi.


Ayons de nouveau recours à un exemple.
Dieu défend dans la Bible 11 ) de travailler le septième
jour de la semaine ; mais dans le Talmud 12 ) il est censé
déterminer trente neuf espèces d'oeuvres serviles défen-
dues pendant le Samedi ; et indiquer sous chacune de ces
espèces principales un nombre infini d'autres oeuvres secon-
daires également défendues. Il suffit donc que les Juifs
soient en état de lire dans le Talmud pour savoir ce que
Dieu a voulu commander ou défendre dans la Bible rela-
tivement à l'observance du Samedi. Ainsi une seule et
même autorité suprême ordonne aux Israélites et interprète
ce qu'elle leur ordonne.
En observant que les Juifs d'avant la captivité de Ba-
bylone ont été plus enclins à l'idolâtrie, à la rébellion etc.
que ceux qui vecurent après cette même captivité et qui
vivent maintenant dans l'état de dispersion , on s'est de-
mandé et on se demande encore la cause qui a pu pro-
duire cette altération dans le caractère d'un peuple si opi-
niâtre d'ailleurs 13 ). Nous accorderons sans aucune diffi-
culté aux véritables connaisseurs de l'antiquité hébraïque
que d'un côté l'accomplissement des prophéties et de l'au-
tre l'établissement des écoles et des Synagogues ont dû
beaucoup contribuer à changer son coeur et ses penchans.
Nous croyons cependant que la cause principale qui a pro-
duit ce phénomène est l'ascendant que la tradition Talmu-
dique a toujours exercé sur la masse des Juifs depuis cette
époque. Les Docteurs de la loi qui dans les écoles et
dans les synagogues prêchaient et enseignaient la divinité
de la tradition, finirent par élever dans le Talmud un rem-
part contre toute sorte d'innovation. Ils établirent cet or-
dre de choses stationnaire et pacifique qui dure jusqu'à nos
jours.
Tant que , comme nous l'avons dit dans notre Théo-
rie , les esprits des docteurs israélites furent pénétrés de

11) Exod. XX, 8-10.


12 ) Schabbath 73, 1.
13) Voy. Jahn Archaeologia biblica. P. II . §. 312.

la maxime qu'il ne falloit pas coucher par écrit la tra-


dition de crainte que tôt ou tard les idolâtres ne vins-
sent à s'en emparer et à la corrompre 14) le texte de
la loi fut appelé tout uniment (Loi) ou
anaw (Loi écrite) ; de même on nommait son expli-
cation traditionnelle (Loi orale) 15) . Mais
lorsqu'on commença à écrire la tradition pour empêcher
que les Juifs en but aux calamités et devenant plus tièdes
d'esprit de jour en jour ne l'oubliassent , le premier essai
de ce genre fut intitulé (Mischna) devtέowσis (seconde
loi) 16). Comme la racine en hébreux signifie répéter
et lire et apprendre en rabbinique, on s'est partagé d'avis
sur le véritable sens qu'il faut attacher à cette dénomina-
tion. Il y a des Critiques qui soutiennent que Mischna
veut dire Loi répétée, ou Loi secondaire ; tandis que d'au-
tres s'obstinent à croire que ce nom désigne tout simple-
ment un corps de lois qu'il faut étudier avec soin et à plu-
sieurs reprises pour se pénétrer de son esprit 17) .
Il nous paraît que le premier qui s'est servi du mot
Mischna pour indiquer la tradition a été un bon esprit, qui
lui a accordé seulement la seconde place au tribunal de l'
autorité divine en l'appellant seconde loi, et ce bon esprit
a été peut- être un des fondateurs de la secte des Karaïtes.
Quant à l'autre dénomination devrέowoc nous la croyons
dérivée de l'usage d'intituler de la même manière 18) le der-

14) Voy. Jo. Christoph. Wolfii Bibliot. Hebr. P. II . L. IV . de Tal-


mud C. I. p. 664 et 665. R. Josua Hallevit auteur de l'Halicoth Olam
ou de la Clef du Talmud , en donne pour raison que la loi écrite con-
tient des mystères , dans les lettres , qui périraient s'ils étaient confiés
seulement à la tradition et que la loi traditionnelle deviendrait équi-
voque et sujette à des discussions si elle était seulement couchée par
écrit.
15) Voy. Schabbath 31 , 1 .
16) August. L. II . C. 1. contra adversarium legis et prophet. Nescit,
dit- il, habere praeter scripturas legitimas et propheticas, Judaeos quas-
dam traditiones suas , quas non scriptas habent sed memoriter `tenent
et alter in alterum loquendo transfundit, quam Sevrégwoir vocant.
17) Wolf ib, p. 660 - 662.
18 C'est-à-dire δευτέρωσις ου δευτερονόμιον comme nous le pouvons
9 ___

nier livre de la loi écrite où Moïse fait par ordre de Dieu,


une espèce d'épilogue des lois qu'il avait exposées dans
les livres précédens et a l'air de les soumettre encore une
fois à l'examen pour mieux expliquer les prescriptions ob-
scures, inculquer celles dont la pratique était plus difficile,
et en modifier d'autres qui n'étaient plus de saison . Mais
nous avons déjà traité ce point de doctrine dans la Théo-
rie du Judaïsme en parlant de l'usure. On lit dans l'Aruch
(Dictionnaire Talmudique) ces paroles , qui confirment no-
tre conjecture : Pourquoi porte-t- elle le nom de Mischna ?
Parcequ'elle est la seconde des deux lois (écrite et
orale). Car la loi, que tout le peuple d'Israël entendit
sur le mont Sinai est la loi écrite. Mais Moïse entendit
la Mischna de la bouche de Dieu une seconde fois
et ce fut la loi orale. Il est donc évident qu'elle est la
seconde , relativement à la première. C'est-à-dire à la loi
écrite. Les Talmudistes appellent aussi (Mischna)
chaque section dont elle se compose, et pour désigner plu-
sieurs de ces sections ils disent (Les Mischnes) en
dialecte chaldeen ‫ מַתְנִיתָא‬au singulier et ‫ מַתְנְיָן‬ou ‫מַתְנְיָתָא‬
au pluriel.
La seconde des deux parties du Talmud qui , comme
nous allons le voir a été ajoutée à la Mischna s'appelle
(Ghemara) du verbe 23 qui en hébreux veut dire
perfectionner et apprendre en talmudique. C'est pourquoi
le nom , selon quelques savans , signifie complément
ou supplément, et selon d'autres , discipline ou doctrine.
Nous préférons la première interprétation parce qu'elle
répond parfaitement au but qu'on s'est proposé dans la
Ghemara de remplir les lacunes de la Mischna et de don-

conjecturer par un passage de S. Epiphane que nous citerons tout à


l'heure. Il est à remarquer que ce livre de Moïse a aussi été appelé
M (répétition) nom , qui selon quelques savans israélites est dérivé
du passage de la Bible (Deut. XVII , 18.) où on ordonne au roi de se
procurer une copie de la loi. Observons aussi que les
grecs ont appliqué l'expression devregovoμior aux traditions de la Syna-
gogue et que et N veulent signifier quelque fois leçon du texte
talmudique, de même que P et signifient leçon du texte sacré,
Voy. Wolf ib. p. 664, en note.
10

ner plus de latitude et de clarté aux questions qui y sont


touchées en passant ou très -obscurément. Ajoutons, qu'au-
tant de fois que le Talmud compare ensemble la Bible, la
Mischna et la Ghemara il établit entre ces trois choses une
espèce de gradation qui trouve son entier accomplissement
dans la dernière 19 ). Marshame est de notre avis lorsqu'il
traduit le mot 83 par tekɛiwois (complementum) ainsi que
Wolf nous l'apprend dans sa Bibliothèque 20).
La Mischna et la Ghemara réunies ensemble dans
un seul corps de lois portent communément le nom de
75 (Talmud ) mot qui dérive du verbe : apprendre.
Celui qui imposa ce nom au recueil entier des doctrines
traditionnelles paraît l'avoir fait après la composition de la
Mischna et de la Ghemara et ayant égard précisément à
la signification de ces deux noms que nous avons regardée
comme la moins probable, c'est - à - dire à la signification
d'apprendre ou d'enseigner. Mais il n'est pas rare dans
l'antiquité qu'un seul et même mot à double signification ,
ait été différemment interprété à différentes époques sans
respecter le sens qu'on y avoit attaché dans son origine.
Nous observerons en outre que celui qui s'avisa d'intituler
Talmud ou doctrine la loi orale voulut peut- être la rap-
procher, même par ce nom , de la loi écrite qui s'appelait
Thora , c'est - à - dire doctrine ou discipline propre à nous
tenir constamment sur le bon chemin 21 ) . Nous rencontrons
d'autres noms qui ont été donnés au Talmud et qu'il faut
apprendre à reconnaître. Ainsi on l'a appelé bapa 700
livre des traditions car il est censé les contenir toutes de-
puis Moïse jusqu'à ses rédacteurs 22). Enfin on l'a nommé

19) Voy. Théorie du Judaïsme 1º P.


20) Wolf ib. p. 662.
21 ) Pour éviter toute espèce d'équivoque il est à savoir que le mot
Talmud se trouve souvent substitué aux deux expressions Mischna et
Ghemara de sorte que ce n'est que par le sens ou par l'histoire qu'on
peut reconnaître s'il vient pour la première ou pour la seconde , prise
séparément ou pour l'une et pour l'autre ensemble. Voy. Bartolocci .
Tom. III. p. 349,
22) C'est dans ce sens que Maimonides ( commentaire sur le Traité
Avoth C. I.) accuse les Saducéens, les Baïthoséens et les Karaïtes d'avoir
11 -

0 et par abréviation ' z les six ordres pour


indiquer que toutes ces matières sont comprises sous six
grandes cathégories dont nous parlerons bientôt 23).
Il est évident que malgré la maxime de ne point écrire
la tradition, les Docteurs de la loi, les Prophètes, les Ju-
ges, les Paraphrastes, les Maîtres d'école, les Scribes, enfin
les Pharisiens ont dû travailler à plusieurs recueils des
lois traditionnelles, tout en se disant qu'il valait mieux vio-
ler cette maxime qu'oublier la loi 24). Nous le déduisons
principalement de la différence du style qui règne dans le
Talmud, ainsi que de divers degrés de pureté qui caracté-
risent sa langue. Mais St Epiphane nous en a laissé des
preuves plus directes encore en nous indiquant jusqu'aux
noms de ceux auxquels ces recueils étaient attribués par
les Juifs de son temps. Voici ses paroles 25). Les Juifs
ont eu quatre genres de ces traditions qu'ils appellent ré-
pétitions (dEVTEQwσεis). Les premières portent le nom de
Moïse le prophète ; ils attribuent les secondes à un Do-
cteur appelé Akiva ou Bar Akiva. Les troisièmes passent
pour être d'un certain Andan ou Annan que l'on nomme

pour maxime : j'admets la loi (777) mais je ne reconnais pas la Cabale


( ap) c'est-à-dire la tradition.
23) Le mot n ( Halaca) aussi , peut être regardé comme une
des différentes dénominations qui servent à désigner le Talmud , car on
donne le nom d'Halaca à toutes les questions qui sont agitées dans ce
livre. Voy. Buxtorf. Recensio Operis Talmudici. p. 249.
24) Josua Hallevi nous dit expressément (ib. ) qu'avant Juda le Saint,
les disciples des savans ne fesaient que noter leurs doctrines par des
signes d'abréviation , propres à les leur rappeler - signes dont il reste
aujourd'hui plusieurs traces dans le Talmud,
25) Haeresi XV. Judaïca p. 32. cf. Haer. XIII . XXXIII . p. 224. Il
est clair, selon nous, que comme S. Epiphane parle des traditions de R.
Akiva dans les mêmes termes que de celles de Juda le Saint, il doit faire
allusion à des monumens couchés par écrit , ainsi que l'était alors la
Mischna ; d'autant plus qu'à proprement parler les Juifs ne reconnaissent
pour auteur de leurs traditions orales que Moïse. Il nous paraît aussi
que malgré l'autorité de St Augustin , par les deux mots et dev-
régwois on a toujours signifié quelque monument écrit, car la tradition
n'a pas besoin d'un autre nom pour être désignée.
12

aussi Judas, et ils soutiennent que les fils d'Assamonée ont


été les auteurs des quatrièmes. C'est de ces quatre sour-
ces que sont dérivées parmi eux toutes ces doctrines qui,
quoique futiles pour la plupart , leur paraissent de la
science la plus profonde , et dont ils nous parlent avec
ostentation . Dans un autre passage 26) à ces quatre gen-
res ou recueils de traditions il en ajoute un cinquième at-
tribué comme il dit à David, quoiqu'il eût été fait après le
retour de la captivité. Cette confusion d'époques reparaît
dans plusieurs autres monumens de l'antiquité judaïque. Il
observe en outre que le travail d'Akiva remontait jusqu'au
delà de la même captivité de Babylone , et que les tradi-
tions des fils d'Assamonée , remontaient aux temps d'Ale-
xandre et d'Antioque. Sans entrer ici dans des discussions
chronologiques qui sont étrangères à notre sujet, nous re-
marquerons seulement qu'on peut déduire avec beaucoup de
probabilité du témoignage de S. Epiphane que les Juifs
ont eu de tous temps un corps de traditions couchées par
écrit, et que c'est à tort que plusieurs Rabbanites s'obsti-
nent aujourd'hui à regarder un de leurs Ecrivains du se-
cond siècle de l'Eglise comme le premier auteur de la
Mischna 27 ) . Les Karaïtes s'éloignent bien moins qu'eux de
la vérité historique en soutenant que la tradition , telle
qu'elle se trouve consignée dans le Talmud , tire son ori-
gine de Jehuda ben Tabbaï et de Simeon ben Schetuch qui
furent contemporains de J. Hircan et dont le premier di-
sait qu'il fallait se conformer seulement à la Loi écrite tan-
dis que l'autre vouloit lui faire marcher de pair la loi orale.
Mais comme nous avons déjà donné l'origine critique du
Talmud dans notre Théorie du Judaïsme, nous nous borne-
rons à exposer ici ce qu'en pensent les Rabbins.

26) Haeres. XIII. p . 332.


27) Nous verrons dans le Traité talmudique Taanith quelques tra-
ces d'anciens recueils de traditions perdues. Jo . Selden (in Prolegome-
nis ad uxorem hebraeam p. 17.) est d'avis qu'avant J. Ch. existait un
abrégé des six ordres de la Mischna écrit par le célèbre Hillel et nous
allons entendre parler Maimonides de Juda le Saint non comme un au-
teur, mais comme un simple compilateur.
13

Ils accordent unanimement le titre de premier compila-


teur de la Mischna à un certain Juda qu'ils nomment tan-
tôt Prince (Nan) tantôt Saint (217p7) tantôt Rabbi ( 27)
on Docteur et au sujet duquel Maimonides s'exprime de
cette manière dans la préface de sa main forte (7pm 77) :
,,Depuis Mose, notre docteur, jusqu'à notre Rabbi le Saint,
personne n'avait réuni dans un seul corps de doctrine ce
que l'on enseignait publiquement de la loi orale ; mais dans
chaque génération le Prince du Consistoire ou le Prophète
de ce temps là notait par écrit pour son propre usage et
comme pour aider sa mémoire, les traditions qu'il avait en-
tendues de ses précepteurs ; mais il ne les enseignait que
de vive voix en public. De la même manière chacun tran-
scrivait la partie des commentaires et des expositions de
la loi qui lui convenait le mieux et qu'il avait entendue.
Quant aux choses qui , dans chaque génération souffraient
quelque changement, par rapport aux formes judiciaires, et
dérivaient plutôt du raisonnement que de la tradition, elles
dépendaient de l'autorité du Grand Consistoire. Tel fut le
mode de procédure jusqu'à notre Rabbi le Saint, qui recueil-
lit le premier toutes les traditions, tous les jugemens , les
sentences, les expositions de la loi entendues de Moïse no-
tre maître et enseignées dans chaque génération 28) . C'est
de tous ces matériaux qu'il composa le livre de la Mischna
et le lit publiquement pour le faire connaître à tous les

28) Voici comment dans un autre endroit Maimonides rattache en-


semble les fils de la tradition de tous le temps depuis Moïse jusqu'à Juda
le Saint. Juda le Saint , dit-il, rapportait ce qu'il avait appris de Si-
méon son père, comme celui- ci de Gamaliel son père, et celui-ci de Si-
méon son père , celui- ci de Gamaliel son père , celui-ci de Siméon son
père , celui-ci de Hillel son père , celui- ci de Chemaïah et Abtalion ses
précepteurs , ceux- ci de Juda fils de Tabbée et de Siméon fils de Cha-
tah , ceux-ci de Josua fils de Pherakée et de Nathée Arbelite , ceux-ci
de Jose fils de Joezer et de Jose fils de Johanan ; ceux- ci d'Antigone
le Sokéen, celui-ci de Siméon le Juste, celui-ci d'Ezra, Ezra de Baruc
fils de Nérié et Baruc fils de Nérie de Jérémie , comme Jérémie Va-
vait appris sans doute des Prophètes qui l'avaient entendu l'un de l'au-
tre jusqu'aux vieillards qui enseignaient ce qu'ils tenaient de Josua qui
avait été instruit par Moïse lui-même. Cf. Pirke Avos passim.
- 14

enfans d'Israël. Alors tout le monde s'empressa de le tran-


scrire et de l'expliquer par tout afin d'empêcher qu'on n'ou-
bliât la loi orale 29 )." Dans la préface de l'Ordre Zeraïm
Maimonides ajoute que Juda se détermina à écrire la
Mischna parce qu'il voyait que le nombre de ses disciples
diminuait chaque jour tandis que les calamités augmentaient,
et que le royaume de l'impiété ( le christianisme) se propa-
geait de plus en plus. Il aurait donc tâché d'opposer ce
corps de traditions aux progrès du christianisme.
Presque tous les historiens juifs placent le temps pen-
dant lequel vécut et écrivit Juda le Saint entre l'an 190 et
220 de l'Ere chrétienne 30). Mais quelques écrivains non-
Juifs à la tête desquels est Jean Morinus soutiennent que
la Mischna a dû être recueillie vers la fin du cinquième
siècle, parceque les pères de l'Eglise n'en font pas mention
et que seulement on en parle, pour la première fois , dans
un arrêt de Justinien qui en défend la lecture pendant le
sixième siècle 31 ) . Nous n'hésitons pas de préférer , dans
cette queston, l'avis des premiers à celui des seconds.
1º. Parceque S'. Epiphane et S. Jerôme ont parlé des
traditions judaïques de manière à faire supposer qu'ils
ont eu quelques notions de la Mischna 32).

29) Josua Hallevi ajoute (ib .) que Juda le Saint rassembla tous les
Docteurs contemporains pour profiter de leurs lumières et qu'il écrivit
les traditions sur lesquelles ces docteurs furent unanimes , én termes gé-
néraux , sans indiquer leurs auteurs ; tandis qu'il indiqua les noms des
auteurs de toutes les traditions controversées.
30) Voy. Chalchelet Hakkabbala et Sepher Juhasin.
31) Cet arrêt se trouve dans la novella 146 et porte comme il suit :
Nous défendons la lecture du Livre appelé seconde loi , qui n'a aucun
fondement dans les livres sacrés et qui ne vient pas du ciel , c'est-à-
dire des prophètes ; mais qui a été forgée par des hommes dépourvus
de toute assistance divine.
32 ) Nous avons déjà rapporté ci -dessus le passage de St. Epiphane.
Quant à St. Jerome il nous suffira de citer ici l'allusion qu'il paraît faire
à un recueil de traditions tel que celui de Juda par ces paroles (Quaest.
X. in Epist. ad Algasiam) : Quantae traditiones Pharisaeorum sint, quas
hodie vocant SEVTEQUOELS et quam aniles fabulae , evolvere nequeo : ne-
que euim libri patitur magnitudo, et pleraque tam turpia sunt ut erube-
scam dicere.
15 --

2. Et que , si le silence des Ecrivains postérieurs ou la


manière peu exacte dont les non-Juifs parlent ordinai-
rement des monumens de la Synagogue , devaient suf-
fire pour en révoquer en doute l'existence , on pour-
rait soutenir même aujourd'hui que la Mischna n'a été
composée que quelque temps avant les deux Buxtorfs,
Eisenmenger et quelques autres savans Orientalistes
d'une date encore plus récente ³ 3 ) .
3º. Enfin parceque le style de la Mischna est générale-
ment plus pur que celui qu'on pourrait attendre des
Docteurs de la loi du Ve ou du VIe siècle.

Ayant le projet, poursuit Maimonides, de composer ce


recueil de Lois , Juda le Saint trouva à propos de le divi-
ser en six parties. Il renferma dans la première l'explica-
tion de tous les préceptes qui , selon la loi écrite doivent
être observés relativement à la culture et aux produits de
la terre, et dans la seconde tout ce qui a rapport à la cé-
lébration et au rituel des fêtes. Il consacra la troisième
à l'interprétation des droits que l'homme a sur la femme
et vice-versa, et la quatrième aux jugemens et aux conte-
stations qui peuvent avoir lieu entre les hommes dans le
commerce , dans des conventions mutuelles , dans l'acquisi-
tion de quelque fonds , il traita dans la cinquième des of-
frandes et de tous les rits qui les regardent et dans la si-
xième enfin des puretés et impuretés légales. Il débute
par l'agriculture, car l'homme ne peut rien faire pas même
rendre un culte quelconque à la Divinité , s'il n'a de quoi
se nourrir. Et s'il parle des fêtes après l'agriculture, c'est
pour garder le même ordre que la Bible observe à ce sujet,
en disant : Pendant six ans tu semeras la terre et en re-
cueilleras le revenu ; mais en la septième année tu lui don-
neras du relâche. Tu travailleras six jours , mais tu te
reposeras au septième 34). Pour une raison presque sem-

33) Wolf (Ib . p . 658 en note) cite l'exemple de quelques auteurs qui
ont pris le Talmud pour un homme , et j'ai entendu de mes propres
oreilles des Lettrés distingués tomber dans la même méprise.
31) Exod. XXIII , 1012. C'est - à - dire commedans la Bible on
16

blable il place les jugemens relatifs aux femmes avant les


autres causes judiciaires , les sacrifices avant les purifica-
tions . Il a tiré de l'Exode les quatre sujets de l'agricul-
ture, des fêtes , des femmes , des endommagemens ; et du
Lévitique les deux autres des choses saintes et des puri-
fications. Après avoir distribué dans ces six parties prin-
cipales tous les préceptes de la loi, Juda le Saint subdivisa
chacune de ces parties en plusieurs Masectes ou Traités,
chaque Masecte en plusieurs Pereks ou Sections, et cha-
que Perek en plusieurs Mischnes ou Halakes, c'est-à-dire,
en plusieurs discussions 35 ).
En compilant tout ce que les anciens docteurs avaient
laissé sur la tradition et qui se trouvait dans les archives
de la Synagogue ou dans l'enceinte des écoles , Juda le
Saint paraît avoir seulement substitué son style à celui des
fragmens qu'il a rassemblés . Sa diction est à la vérité aussi
pure et plus pure encore qu'on ne peut l'attendre de son
siècle , mais elle est en même temps aride, et concise jus-
qu'à l'obscurité. Il écrit pour le petit nombre des Rabbins
ou des Précepteurs en état de le comprendre et dans le
projet de faire un choix méthodique il a fait probablement

parle du labourage des champs et du travail en général avant de par-


ler de la célébration du repos de la terre et des hommes, de même Juda
le + Saint voulut que l'ordre des semences précédât celui des fêtes dans
la Mischna.
35) Les Rabbins ont trouvé deux expédiens pour se familiariser avec
le titre des six parties principales de la Mischna ; le premier est de s'ima-
giner qu'Isaï a fait allusion à chacune de ces parties dans chacune de
ces paroles (XXXIII
, .6( ‫והיה אמונת עתיך חוסן ישועות חכמת דעת‬
DIN N N 1. et la fermeté 2. de ton temps 3. la force
4. des délivrances 5. sera la sagesse 6. la science. La crainte de
l'Eternel sera son trésor. L'autre expédient consiste dans cette abré-
viation 227 de six lettres dont chacune désigne un ordre de la
Mischna savoir :
I. (Zeraim) des Semences.
II. 2 (Moed ) des Fêtes.
III. D˜ ] (Naschim) des Femmes.
IV. 7P75 (Nesikin) des Endommagemens.
V. D (Kodaschim) des Choses saintes,
VI. (Tahoroth) des Purifications.
17

celui d'omettre aussi plusieurs explications qu'il n'a pas cru


à propos de révéler ou qui étaient superflues relativement
à l'état d'esclayage et de dispersion où vivaient alors ses
coréligionnaires en Occident aussi bien qu'en Orient,
Il s'appliqua d'abord lui-même à lire et à expliquer
l'ouvrage qu'il venait de composer en ajoutant de vive
voix les éclaircissemens qu'il avait omis exprès ou oubliés.
Et comme il jouissait d'une réputation générale 36) son
travail devint le livre classique de toutes les Ecoles et Aca-
démies qui florissaient alors en Palestine et à Babylone 37 ).
Tous ses collaborateurs et disciples se mirent à interpréter
la Mischna, et publièrent à part plusieurs autres recueils
de traditions et de remarques, qu'ils tenaient de la bouche
de leurs maîtres ou qu'ils devaient à leurs propres recher-
ches, et ils en firent autant de gloses du texte qui était le
sujet de leurs discussions . Les principales de ces gloses
sont parvenues jusqu'à nous sous le titre de nb (Me-
kiltoth) neon (Tosaphtoth) (Baraitoth) 38 ) et
elles dérivent toutes de l'école de Juda.

Ayant remarqué que l'auteur de la Mischna avait laissé


quelques passages de la loi écrite sans explication, et que
les explications qu'il avait recueillies tournaient presqu'ex-
clusivement sur le sens littéral de cette même loi, ses dis-
ciples reprirent le Pentateuque de Moïse pour compléter le

36) Maimonides nous rapporte à ce sujet qu'il passait pour l'homme


le plus savant , le plus riche et le plus pieux de son temps ; de sorte
qu'on a pu dire de lui : Depuis Moïse jusqu'à Rabbi nous n'avons pas
eu d'hommes remplis d'autant de science et de dignité qu'eux, et après
sa mort a cessé l'humilité et la crainte du péché, Le chef de ses écu-
ries était plus riche que le roi Sapor.
37) Voy. Buxt. Recen . Operis Talm. Nous parlerons un peu plus
tard de ces Ecoles et Académies. On prétend que Juda lui - même alla
en Orient pour y expliquer la Mischna.
38) Sur le noms des auteurs de ces livres voy. les Bibliothèques
de Bartolocci et de Wolf, car nous voulons éviter autant que possible
de toucher à des questions qui seront toujours interminables dans l'an-
tiquité judaïque. Il est même probable que chacun de ces livres est
l'ouvrage d'une école ou société entière plutôt que d'un seul individu.
B
18

commentaire que venait d'y ajouter Juda le Saint, et pour


l'expliquer aussi d'après le sens allégorique.
La première partie de ces gloses qui s'appelle propre-
ment (Mekilta) a été exclusivement consacrée à
éclaircir le second livre de Moïse, c'est-à -dire, l'Exode.
La seconde se dit tantôt 5 (Siphra , Livre) à cause
de sa dignité , tantôt 27 (Siphra dibe Rav) livre
de la maison de Rav, de Rav son auteur 39) tantôt enfin
bm (Torath Cohanim, Loi des prêtres) parce qu'elle
est un commentaire du Lévitique ou du troisième livre de
Moïse où l'on parle des prêtres et des Lévites.
La troisième enfin porte le titre de (Siphri) et
sert à expliquer les deux derniers livres de Moïse, savoir :
les Nombres et le Deuteronome.
Le Siphra et le Siphri, selon Bartolocci, viennent sous
le nom de Mekiltoth et se publient ordinairement ensemble
avec la Mekilta. Mais les Mekiltoth sont de nouvelles in-
terprétations de la Bible , qui n'ont qu'un rapport indirect
ou secondaire avec la Mischna. Les gloses qui y ont un
rapport plus intime sont celles qu'on attribue à Hochaja
Rabba bar Chama bar Bisna et à son compagnon d'étude
et de travail Haija, l'un et l'autre contemporains et disci-
ples de Juda le Saint ; c'est-à-dire :
1º. La Tosaphta ou les Tosaphtoth 40) qui sont des
additions faites aux conclusions de la Mischna dans le
but de la rendre plus complète et plus claire en même
temps.
2º. La Baraita ou les Baraitoth , c'est-à-dire, un recueil
des traditions qui n'étant pas comprises dans les six

39) D'autres l'attribuent à R. Jehuda bar Elaï, Les auteurs du Si-


phri et de la Mekilta sont également incertains . Ce que nous savons
de certain sur les deux premiers de ces livres , c'est-à-dire, sur la Siphra
et sur le Siphri c'est que le Talmud en fait mention. Kiddu. 49. b.
40) Gardons nous de confondre les Tosaphtoth avec les Tosephoth
(niboin) qui sont un commentaire ajouté au Talmud vers " les temps
de R. Salomon Jarhi, et qui avec la glose de ce dernier, se publie à
droite et à gauche du texte du Talmud en lettres rabbiniques, Nous
en avons parlé dans notre Théorie du Judaïsme.
- 19 -

ordres de la Mischna portaient le nom d'Extravagan-


tes. Telle nous paraît à la vérité la signification la
plus juste du mot i que d'autres ont rendu par
traditions recueillies hors de l'école de Juda le Saint
ou hors de Jérusalem . D'autant plus que nous voyons 41 )
que cette même dénomination a été également appli-
quée aux Mekiltoth et aux Tosaphtoth tant qu'elles
n'ont pas été fondues dans la Ghemara 42).
3°. Le grand commentaire intitulé (Bere-
chith Rabba) où le but de Hochaja et de ses collabo-
rateurs a été plutôt de faciliter l'étude de la Mischna
que d'en remplir les lacunes 43) . Je suis d'avis , dit
Bartolocci , que cet ouvrage fut nommé Berechith
(dans le commencement) qui est la première parole
de la Genèse , parce qu'il est le premier ou le plus
ancien commentaire de la Mischna. On lui a aussi
donné l'epithète de Rabba pour faire allusion à l'auto-
rité dont il a joui parmi les Docteurs de la loi de ce
temps.
Tels furent à peu près les travaux que Juda le Saint

41) Dans la Bibliothèque de Bartolocci P. II. p. 348.


42) Les Mekiltoth , les Tosaphoth et les Baraitoth ont aussi porté
le titre de ‫ משניות‬ou de ‫ משניות גדולות‬parce qu'elles jouissaient de
la même autorité que la Mischna de Juda le Saint, et qu'elles étaient
plus réputées encore que cette dernière du côté de l'ordre et de la
clarté. Je le conjecture sur ce témoignage du Talmud (Hulin Ch. 12.
in fine) : Une Mischne quelconque qui n'est pas une doctrine tradition-
nelle de l'école de Haija et de l'école de R. Hochaja n'est que confusion.
43) Par ce but spécial de faciliter l'intelligence de chaque parole
de la Mischna, le Berechith Rabba différait 1 °. des Baraitoth qui n'é-
taient, pour la plupart, que des traditions oubliées ou négligées par Juda
le Saint, 2º des Tosaphtoth qui, selon Maimonides , n'étaient pas autant
des additions , que des déductions de plusieurs conséquences qui déri-
vaient immédiatement des doctrines recueillies dans la Mischna ; mais que
son auteur avait négligé de déduire. il y a un autre Berechith Rabba
plus moderne, attribué à Rav Nahmani, et qui est un commentaire al-
légorique du premier livre de Moïse, commentaire sur lequel on a moulé,
pour ainsi dire , tous ceux qui ont été écrits sur les autres livres du
Pentateuque, ayant, comme nous l'avons observé dans notre Théorie du
Judaïsme, le titre de Midrachim.
B2
20 -

occasionna par son exemple ainsi que par la manière in-


complète et un peu obscure dont il avait rédigé la Mischna.
Cependant toutes ces explications allégoriques et remarques
additionelles ne se trouvant pas à côté du texte qu'elles se
proposaient d'éclaircir, mais étant au contraire dispersées dans
plusieurs volumes , qu'on pouvait difficilement acquérir ou
transcrire, ne servaient qu'à rendre la science de la loi, le
patrimoine exclusif d'un petit nombre de docteurs. D'une
autre part , comme l'étude de cette même loi constituait
alors la seule occupation d'un peuple exilé de ses propres
foyers, et qui espérait d'y rentrer moyennant une plus stricte
observance de tous les préceptes que Dieu lui avait confiés,
comme à titre de prédilection , tous les esprits penchaient
vers des recherches de ce genre, et tâchaient de faire la
découverte d'autres traditions et interprétations inconnues,
.
ou en forgeaient eux-mêmes de nouvelles . Ce fut alors,
c'est-à-dire , un siècle environ après la rédaction de la
Mischna 44 ), que Rabbi Johanan, chef d'école dans la terre
d'Israël comme l'avait été Juda le Saint, s'appliqua à fon-
dre ensemble tous les recueils dont nous avons parlé et qui
étaient postérieurs à la Mischna. Il y ajouta en outre les
fruits de ses propres veilles et recherches et en fit un com-
mentaire méthodique de chaque ordre et traité ; de chaque
chapitre et article du livre de Juda , à l'exception de ces
parties de la loi qui comme nous l'avons dit ailleurs 45 ) ne
pouvaient être pratiquées hors de la ville sainte et du
Temple , ou qui présentaient des difficultés insurmontables

44) R. Gedatia, dans le Chalcheleth Hakkabbala , R. David Ganz, dans


le Zemach David, R. Serira Gaon, dans le livre Juhasin, rapportent la
rédaction de la Ghemara de Jérusalem vers la moitié et la fin du troi-
sième siècle. Mais Maimonides , Abarbanel Elie Levite et d'autres criti-
ques juifs la mettent un siècle plus tard , c'est-à-dire , entre l'année 350
et 370. Nous préférons cependant la première opinion, car elle cadre
mieux avec cette espèce d'impulsion que Juda le Saint avait communiquée
aux esprits des docteurs de la Palestine en écrivant la Mischna. C'est
pourquoi nous ne croyons pas que l'avis de quelques écrivains non-Juifs
qui la placent entre le Ve et le VIIIe siècle, mérite d'être réfutée sérieu-
sement. Voy. Wolf ib, p. 683.
45) Dans plusieurs endroits de la Théorie du Judaïsme.
21 -

dans l'état de dispersion. Il écrivit ce commentaire dans


le but:

1º. de faciliter et de propager l'étude de la tradition en


fesant de manière qu'un seul livre suffit à lui-même.
2º. d'interpréter la Mischna et de concilier les opinions
de ceux qui l'avaient interprétée avant lui.
3º. d'indiquer la dernière décision sur tous les points de
doctrine qui prêtent à la controverse, et qui n'avaient
pas été décidés par ses prédécesseurs.
4º. de développer toutes les raisons que les docteurs de
la loi avaient eu depuis Juda le Saint jusqu'à son temps
en déduisant de la Mischna plusieurs conséquences qui
avaient occasionné maintes constitutions nouvelles.
5º. d'expliquer le sens mystique de plusieurs symboles et
de plusieurs sentences allégoriques de la loi écrite et
de la loi orale.
6º. Enfin d'élever une muraille de séparation entre les
Juifs et les autres peuples de la terre, en présentant
à ses compagnons d'infortune des remparts plus solides
dans la haine et dans l'orgueil que ceux des villes dont
ils venaient d'être dépossédés 46).

46) Au lieu d'être douteux, comme les docteurs israélites voudraient


le persuader aux non-Juifs , ce projet de misanthropie paraît à grands
traits dans les deux Ghemara de Jérusalem et de Babylone , et nous
venons de voir que Maimonides en suppose même l'existence dans la
Mischna. Notre version lèvera toute espèce d'incertitude à ce sujet.
Mais nous avons besoin de nous appuyer ici de l'autorité des Midrachim
qui est presque aussi imposante que celle des deux Talmuds, et qui peut
servir à donner une juste idée de la tendance de ces derniers. Nous
nous contenterons d'en appeler au témoignage du Midrasch Voelle Che-
moth Rabba ou commentaire sur l'Exode. L'auteur de ce commentaire
tâche d'expliquer l'origine de la loi orale par ces paroles de la Bible
(Exod. XXXIV, 27. ) : L'Eternel dit aussi à Moïse : Ecris ces paroles,
car suivant leur teneur j'ai traité d'alliance avec toi et avec Israël.
Voici comment il s'y prend : Ecris ces paroles : cela est plus claire-
ment expliqué par Hosée (VIII, 12.) : Je lui ai écrit les choses princi-
pales de la loi qui ont été envisagées comme étranges. Lorsque Dieu
se manifesta sur le Sinaï pour donner sa loi à Israël il s'entretint avec
Moïse sur la Bible , sur la Mischna , la Ghemara , l'Ajada et sur les .
Midrachim,
comme il est dit (Exod. XX, 1. ) : Alors Dieu prononça tou-
22

Il est donc évident qu'aussitôt que la réputation de son


auteur eut élevé ce recueil à la même dignité que la
Mischna, et eut permis que le commentaire fût écrit dans
la même colonne que son texte , le premier a dû acquérir
le titre de Ghemara parce qu'il n'était que le com-
plément du recueil de Juda le Saint. Si R. Johanan a laissé
plusieurs traités de la Mischna sans commentaire il est à
savoir que les docteurs de ce temps avaient le même usage
que les Rabbins de nos jours ; c'est-à-dire, ils ne fesaient
point de tout le corps de la tradition l'objet de leurs cours
académiques ; ils ne suivaient pas non plus l'ordre d'après
lequel Juda le Saint avait arrangé son livre ; mais ils com-
mençaient par interpréter les traités mischniques les plus
indispensables en réservant les moins importans pour les
derniers. Or, comme nous venons d'observer que les trai-
tés où l'on parle de l'agriculture, des sacrifices et des puri-
fications intéressaient fort peu les Juifs de la dispersion,
on peut conjecturer que R. Johanan entreprit bien tard

tes ces paroles, c'est-à -dire il prononça jusqu'aux réponses que les dis-
ciples demanderont en tous temps à leurs précepteurs (voy. le Midrasch
Vaykra Rabba Sect. 22.) . Dieu dit à Moïse, après que celui-ci eut tout
appris de sa bouche : Enseigne Israël. Il répondit : Maître de l'univers,
je leurs écrirai tout cela. Il reprit : Je ne veux pas que tu écrives la
loi orale, car je prévois que les nations. de la terre domineront un jour
sur mon peuple, et qu'elles peuvent la lui ravir. Je lui donnerai par
écrit le seul volume de la Bible et de vive voix la Mischna, la Ghe-
mara et l'Agada, je les leur donnerai de vive voix afin que si les na-
tions du monde viennent à augmenter et rendent les Israélites esclaves ;
ceux-ci soient séparés d'elles. C'est pourquoi le Prophète a dit (selon
l'auteur de ce Midrasch) : Si j'écrivais les choses principales de la loi
elles pourraient passer entre les mains des étrangers. Que ferai -je
donc ? Je lui donnerai la Mikra (ou la Bible) couchée par écrit. Quant
à la Mischna, à la Ghemara et à l'Ajada c'est de vive voix que je les
lui communiquerai. Ainsi lorsque l'on dit (dans l'Exode) : an
écrit, on fait allusion à la Mikra (ou à la loi écrite) et lorsqu'on ajoute
).ib( ‫ כי על פי הרברים האלה‬car sur le bouche de ces paroles o
fait allusion à la Mischna et à la Ghemara (ou à la loi orale) moyen-
nant lesquelles les Israélites sont séparés des autres peuples Dw
‫מבדילים בין ישראל לבין האומות‬. C'est donc avec raison que nons
définissons le Talmud une muraille de séparation élevée entre les Juifs
elles non-Juifs de tous les temps et de tous les lieux.
23

d'éclaircir les trois ordres Zeraim , Kodachim et Tahoroth


et qu'il le fit de manière à laisser les ordres Tahoroth et
Kodachim pour les derniers. Il mourut peut-être pendant
qu'il travaillait à gloser le traité le plus important de l'Or-
dre Tahoroth, ce qui explique pourquoi il laissa les autres
traités de cet ordre et tout l'ordre Kodachim sans com-
mentaire 47 ). Il est même probable que comme l'état de
dispersion était toujours récent et qu'une grande partie des
Juifs n'était pas encore sortie de la Palestine, R. Johanan
qui écrivait pour ces derniers ne fut pas à même de tracer
une ligne de démarcation entre les préceptes plus ou moins
importans avec la même précision que le firent quelque
temps après les Docteurs orientaux . Cela a expliquerait
pourquoi il préféra d'expliquer le Traité Nidda de l'Ordre
Tahoroth avant de toucher au Traité Hulin de l'Ordre
Kodachin. Je suppose que c'est pour la même raison
1º. que la Ghemara de Jérusalem contient plusieurs trai-
tés qui ont été omis dans celle de Babylone et vice-versa.
2º. et que l'arrangement de ces deux commentaires dif-
fère, sous plusieurs rapports, dans les éditions que nous
en avons aujourd'hui 48 ).
La différence qui passe entre la langue de la Mischna
et celle de la Ghemara de Jérusalem relativement à la net-
teté d'expression est sans doute plus grande que celle qu'on
peut supposer dans l'intervalle d'un seul siècle. Mais il est
à remarquer que la pureté du langage dépose souvent pour
la capacité des écrivains plutôt que pour le caractère du
temps où ils ont écrit. De même que l'on peut croire
que Juda le Saint a surpassé son siècle par la correction
du style , de même on peut supposer que , sous ce même
rapport , R. Johanan a été beaucoup au - dessous du sien.
Il est bon aussi d'observer que Juda le Saint paraît avoir
écrit pour les Savans tandis que le but de R. Johanan a
été de populariser les explications de la loi, et que par con-
séquent, le premier a dû se rapprocher du langage hébraï-

47) Voy. L'introduction de la Théorie du Judaïsme.


48) Ib.
24

que pur, et le second a été obligé de se servir d'un de ses


dialectes, c'est-à-dire, du dialecte Hiérosolimitain . Mais si
la Ghemara de Jérusalem contient beaucoup d'expressions
et de noms barbares 49) qui ne peuvent nullement se rap-
porter au temps que l'on est forcé d'assigner à sa rédaction,
il ne faut pas perdre de vue qu'elle a dû être souvent in-
terpolée par les docteurs de la loi qui l'ont transcrite ou
adoptée comme livre classique. R. Johanan est aussi aride
et souvent même plus obscur que R. Juda , de sorte que
Lightfoot en le parcourant a dû s'écrier à plusieurs repri-
ses : ,, Quid sibi haec omnia velint non datur vel conjectari ;
imo vix datur quid aliqua horum sibi velint : nec adest Oe-
-
dipus nec Sphinx ipsa. “
R. Johanan préoccupé de l'étendue de son entreprise
passe légèrement sur plusieurs objets d'une haute impor-
tance. La langue de la Ghemara de Jérusalem diffère de
celle de la Ghemara de Babylone en ce que dans la pre-
mière dominent le Syriac et le Chaldéen mêlés ensemble tan-
dis que dans la seconde le Chaldéen domine presqu'exclu-
sivement. Mais il faut avouer à l'avantage de R. Johanan
qu'il ne penche pas vers la subtilité , les sophismes et les
fables autant que les docteurs babyloniens.
Il suit de tout ce que nous venons d'exposer que par
Talmud de Jérusalem ( b ) of ne doit entendre autre
chose que la Mischna de Juda le Saint et la Ghemara de
R. Johanan, réunies ensemble et rédigées dans la Palestine
après la totale dispersion des Juifs 50) . Nous avons ren-

49) On y rencontre plusieurs tournures de phrases qui sentent,


comme dit Wolf, Gothicam Barbariem , on y rencontré aussi le nom
des Turcs, ce qui a donné occasion à Morinus de rapporter sa rédaction
vers le VHe ou le VIIIe siècle.

50) Nous pensons comme plusieurs autres antiquaires que les deux
Talmuds de Jérusalem et de Babylone ont pris leurs noms des capitales
du pays où ils ont été rédigés. D'autres rapportent ces dénominations
à la langue, et disent que le premier a été appelé Talmud de Jérusalem
parce qu'il a été rédigé dans un dialecte qui devait se nommer hiero-
solymitain de la ville de Jérusalem, de même qu'on nommait Samaritain
le langage dont on se servait alors à Samarie et dans les villes circon-
25

contré une telle hésitation et même confusion d'idées dans


la plupart des écrivains qui parlent de ce Talmud que nous
nous imposons la tâche de rapporter ici tout ce qui pourra
en donner une juste notion et le séparer à jamais de celui
de Babylone.
La Mischna ou la première partie de la loi orale est
précisement la même dans le Talmud de Jérusalem que
dans celui de Babylone si l'on en excepte pourtant un nom-
bre infini de variantes, et plusieurs additions et retranche-
mens dûs d'une part aux copistes et de l'autre à la colli-
sion d'opinions qui a existée de tout temps entre les écoles
israélites d'Orient et celles d'Occident 51 ). Voyons main-
tenant l'arrangement de la Ghemara de Jérusalem qui con-
fronté avec celui de la Ghemara du Talmud de Babylone
pourra donner une idée adéquate de l'une et de l'autre. Le
plan que nous en avons rapporté dans notre Théorie n'est
qu'une esquisse de celui-ci.
En se tenant à ce qu'en dit Maimonides dans la pré-
face à l'Ordre Zeraïm , le Talmud de Jérusalem compren-
drait cinq ordres entiers. Il est cependant certain que les
éditions que nous en avons aujourd'hui n'en contiennent que
les quatre premiers ordres seulement et un seul traité du
sixième, savoir : les Ordres Zeraïm, Moed, Nachin, Nezi-
kin et le Traité Nidda de l'Ordre Tahoroth. Tel qu'il est
maintenant il manque donc du cinquième Ordre Kodachin
et de tous les traités du sixième, excepté le Traité Nidda.
Nous lisons dans l'édition qu'on en a faite à Venise et dont
nous allons nous occuper bientôt , qu'avant de publier le
Talmud de Jérusalem ses éditeurs n'ont épargné aucun soin
pour recueillir tout ce qui en existait alors en manuscrit.

voisines. Le Talmud de Jérusalem porte aussi le nom de Talmud des


occidentaux (N277 27) pour le distinguer de celui de Babylone qui
a été composé en Orient.
51) Nous indiquerons ces variantes ainsi que ces additions ou re-
tranchemens dans les parties du Talmud de Jérusalem que nous tradui-
rons pour compléter celui de Babylone. Quant aux autres parties on
pourra consulter les notes critiques que Surenhusius a ajoutées à sa
version de la Mischna.
-- 26

On pourrait pourtant conjecturer qu'ils n'ont pas été com-


plètement heureux dans leurs recherches, et que quelques
parties de ce Talmud demeurent toujours cachées dans les
Bibliothèques des Juifs. Ce qui nous dicte une pareille sup-
position, c'est qu'il est aujourd'hui incomplet dans plusieurs
traités qui par leur extrême importance devaient avoir été
interprétés les premiers par R. Johanan 52 ). Mais voici les
traités et les chapitres contenus dans les Ordres qui exi-
stent maintenant.
Dans l'Ordre Zeraïm les Traités :
I. Berakoth de 9 Chapitres.
II. Peha de 8 Chapitres.
III. Demaï de 7 Chapitres.
IV. Kilaim de 9 Chapitres.
V. Cheviith de 10 Chapitres.
VI. Trumoth de 11 Chapitres.
VII. Maaseroth de 8 Chapitres.
VIII. Maaser Cheni de 5 Chapitres.
IX. Halla de 4 Chapitres.
X. Orla de 3 Chapitres.
XI. Biccurim de 3 Chapitres.
La Mischna est accompagnée de la Ghemara de R. Jo-
hanan dans tous ces Traités 53).
Dans l'Ordre Moed les Traités :
I. Chabboth de 20 Chapitres.
II. Eruvin de 10 Chapitres.
III. Pesahim de 10 Chapitres.

52) Tel est par exemple le Traité Hulin où l'on parle des animaux
purs et impurs et de la manière de tuer les premiers, qui seuls peuvent
servir de nourriture aux Juifs. Le Traité est un de ceux par lesquels
les juifs de Pologne débutent maintenant dans leurs études talmudiques.
Voy. Théorie du Judaïsme.
53) Bartolocci , Lightfoot et Wolf ne se trouvent pas d'accord sur
l'arrangement des Traités de chaque Ordre , car apparemment chacun a
consulté d'autres manuscrits ou d'autres éditions. Les éditions du Tal-
mud de Jérusalem ne sont pas , sous ce rapport , aussi uniformes entre
elles que celles du Talmud de Babylone . Wolf a omis en outre plu-
sieurs de ces traités, et altéré les nombres de plusieurs chapitres , ce qui
n'est peut- être que la fante du typographe.
27 --

IV. Joma de 8 Chapitres.


V. Chekalim de 8 Chapitres.
VI. Succa de 5 Chapitres.
VII. Rosch Hachana de 4 Chapitres.
VIII. Betsa ou Jom Tov de 5 Chapitres.
IX. Taanith de 4 Chapitres.
X. Meghilla de 4 Chapitres.
XI. Haghiga de 3 Chapitres.
XII. Moed Katon de 3 Chapitres.
La Ghemara de R. Johanan se trouve dans tous ces
traités comme dans ceux du premier Ordre.
Dans l'Ordre Nachim les Traités :
I. Jevammoth de 15 Chapitres.
II. Sota de 9 Chapitres.
III. Ketuvoth de 13 Chapitres.
IV. Nedarim de 12 Chapitres.
V. Gittin de 9 Chapitres.
VI. Nazir de 9 Chapitres.
VII. Kidduchin de 4 Chapitres.
La Ghemara de R. Johanan comme dans les deux Or,
dres précédens.
Dans l'Ordre Nezikin ou Jechuoth les Traités :
I. Bava Kama de 10 Chapitres.
II. Bava Metsia de 10 Chapitres.
III. Bava Bathra de 10 Chapitres .
IV. Sanhedrin de 11 Chapitres.
V. Makkoth de 3 Chapitres.
VI. Chevuoth de 8 Chapitres .
VII. Avoda Zara de 5 Chapitres.
VIII. Horaïoth de 3. Chapitres.
La Ghemara de R. Johanan manque ici dans le dernier
chapitre du Traité Makkoth et dans les deux Traités
Edijoth et Avoth ou pour mieux dire ces deux traités
manquent entièrement dans le Talmud de Jérusalem ainsi
que l'Ordre Kodachim qui est le cinquième du Talmud de
Babylone.
Dans l'Ordre Tahoroth enfin il contient le Traité
Nidda mais avec la Ghemara de R. Johanan dans les qua-
tre premiers chapitres seulement.
- 28 -

Il nous reste à parler maintenant des principales édi-


tions du Talmud de Jérusalem et de divers fragmens de
version que nous en avons déjà. Mais nous ne toucherons
à ces deux choses qu'autant que le demande la nature de
notre entreprise. Nos Lecteurs pourront en chercher une
notice plus détaillée dans les différentes Bibliothèques rab-
biniques que nous avons plusieurs fois citées, soit dans cette
préface, soit dans la Théorie du Judaïsme.
Lorsque le Talmud n'était pas imprimé , les savans
non-Juifs travaillaient toute leur vie, et dépensaient des
sommes considérables pour se procurer la satisfaction de le
voir et quelquefois celle aussi de le feuilleter. Plus tard
cette extrême difficulté d'en prendre connaissance ne fut
levée qu'en partie par l'art typographique 54 ), et l'on peut
bien avancer que, sous un certain rapport, elle dure même
aujourd'hui , malgré plusieurs éditions qu'on en a publiées.
En effet, si l'on distingue entre les éditions du Talmud an-
ciennes et modernes ; entre les complètes ou celles qui n'ont
pas subi la Censure , et les incomplètes , ou celles qui en
ont été mutilées , ainsi que nous l'avons dit dans notre Théo-
rie , on trouvera que les premières sont aussi rares au-
jourd'hui que les manuscrits du Talmud l'étaient autrefois.
Nous avons entrepris dernièrement un voyage en Prusse,
en Hollande, en France et en Saxe précisément dans le des-
sein de rechercher de telles éditions. A cet effet nous n'au-
rions pas manqué de visiter Hambourg, și on ne nous avait
pas prévenus que la fameuse Bibliothèque qui y était en
vente depuis long temps, et qui seule réunissait toutes les
éditions qui nous sont nécessaires pour notre travail , avait
déjà trouvé de généreux Acheteurs et qu'elle était passée
en Angleterre. —
Ayant remarqué que Venise est l'endroit où les Juifs
ont joui autrefois d'une plus grande liberté d'impression
que par tout ailleurs, notre projet a été et est toujours de
former une Bibliothèque de tous les livres obligatoires de
la Synagogue 55 ) qui ont été imprimés dans cette ville vers

54) Voy. Wolf, ib. p. 913.


55) On peut en voir le Catalogue dans la le Partie de notre Théorie,
29 -

l'époque où cette espèce de liberté était en vigueur. Nous


aurons occasion d'indiquer dans la suite de cette préface
jusqu'à quel point nous avons réussi dans ce projet , ou,
espérons y réussir.

Je suppose complète ou pour mieux dire sans lacunes


l'édition du Talmud de Jérusalem faite à Venise et soi-
gnée par Daniel Bomberg. Elle est in folio en joli papier
et en jolis caractères , mais sans date. Elle revient peut-
être vers l'année 1524. Je la suppose complète pour la
raison déjà énoncée , c'est-à-dire , parcequ'il paraît que les
livres des Juifs n'étaient pas censurés à Venise du temps de
Bomberg, soit qu'on doive attribuer ce fait historique à la
tolérance ou à la négligence ou même à l'ignorance des
Chrétiens. Nous penchons beaucoup pour la dernière parce
que nous avons eu lieu de voir dans notre Théorie qu'aus-
sitôt que les Juifs commencèrent à s'apercevoir qu'un petit
nombre de savans non-Juifs pouvait déchiffrer les logogry-
phes de leurs monumens religieux , ils ne comptèrent plus
sur la tolérance ou sur la négligence des censeurs , mais
ils prirent le parti de cacher eux-mêmes aux yeux des
Chrétiens les passages du Talmud qui contenaient des at-
taques manifestes contre leur religion. Nous ne pouvons
parler de cette édition qu'avec incertitude , car nous ne
l'avons trouvée que dans les Bibliothèques publiques sans
avoir eu autant de loisir qu'il fallait pour la collationner
avec d'autres éditions. Mais nous avons les espérances les
mieux fondées que nous pourrons bientôt la posséder ou
en disposer pour tout le temps que durera notre entreprise.

L'autre édition , sur laquelle nous travaillerons dans


le but de rendre notre version du Talmud aussi complète
que possible , est celle publiée à Cracovie en 1609 par
Isaac ben Ahron dans un in folio et contenant quelques
gloses. Elle n'est pas aussi correcte que celle de Venise,
qui paraît lui avoir servi de norme, et par ses fautes nom-
breuses elle enchérit beaucoup sur l'obscurité qui caracté-
rise le texte. Nous verrons tout à l'heure qu'il y a même
de bonnes raisons pour y soupçonner des lacunes, quoique
que la persuasion du contraire soit générale. Nous en avons
30

deux exemplaires à notre disposition , l'un trouvé à Metz, et


l'autre acheté des Juifs de Varsovie.
Nous possédons un autre exemplaire du Talmud de
Jérusalem en quatre volumes in folio qui nous sera de
beaucoup d'utilité à cause de commentaires qu'il contient,
et parce que l'impression en est moins fautive que celles des
deux éditions précédentes. Chacun de ces volumes est
sorti des presses de divers typographes à diverses époques,
et dans des lieux différens. Ainsi p. ex.
Le 1. qui contient tout le premier ordre et le Traité
Chekalim du second ordre 56) a été imprimé à Amster-
dam en 1710 par Elie fils de R. Jehuda Löw dans le
but d'en corriger le texte et de l'éclaircir en même
temps , moyennant plusieurs commentaires qui y sont
ajoutés.
Le II . qui renferme le second ordre seulement , a été
imprimé à Dessau en 1743 par Elie fils de Moses Des-
sau dans le même but que le précédent.
Le III . qui ne contient que le troisième ordre a été pu-
blié à Berlin en 1757 et est aussi riche en commen-
taires que les deux autres.
Le IV . enfin renfermant tout le quatrième Ordre et le
Traité Nidda du sixième a été publié à Livourne en
1770 avec plus de gloses que les autres.
Wolf est d'opinion 57 ) que les Chrétiens se sont occu-
pés plus du Talmud de Jérusalem que de celui de Babylone
parce que le premier, dit-il , aide à éclaircir la Bible plus
que le second. Il entend parler probablement de la lecture
et non de la version de ce Talmud, car il ne cite que deux
savans qui ont tâché de nous en indiquer le contenu et
d'en traduire quelques traités , savoir : Jean Lightfoot et
Theodore Dassove. Mais de même que pour avoir réuni

56) Réunion bizarre qu'on ne saurait expliquer autrement qu'en sup-


posant , que son éditeur , ayant mis en tête du second ordre , le Traité
Chekalim , l'édition a été interrompue au moment que l'impression de
ce traité a été achevée ; car nous ignorons si les autres volumes de
cette édition ont été jamais publiés.
57) Ib. p. 893.

"
31 -

ensemble tous ces travaux entrepris jusqu'ici , afin de tra-


duire la Mischna , il suffit de posséder les deux versions
qui en ont été faites en latin par Surenhuse 58) et en al-
lemand par Rabe 59) de même il est assez de parler briè-
vement de différens essais de version du Talmud de Jéru-
salem que nous en ont laissés Ugolin et le même Rabe pour
donner une idée de tout ce que nous possédons dans ce
genre.
Nous sommes redevables au premier , d'un grand tré-
sor d'antiquités sacrées 6º ) qui sert principalement à l'in-
telligence de la Bible . Dans ce but, Ugolin a cru indispen-
sable de consulter l'antiquité judaïque qui est comme le
reflet de l'hébraïque. Il a donc traduit autant de traités
des deux Talmuds que son plan en demandait, et quant au
Talmud de Jérusalem il a traduit en latin :

1º. Les cinq derniers traités du premier Ordre Zeraïm,


version qui se trouve à côté du texte dans le 20° vo-
lume de son ouvrage 6.1).

58) Mischna sive totius Hebraeorum juris, rituum, antiquitatum ac


legum oralium systema , cum clarissimorum Rabbinorum Maimonidis et
Bartenorae commentariis integris : quibus accedunt variorum auctorum
notae ac versiones in eos quos ediderunt codices : latinitate donavit ac
netis illustravit Guilielmus Surenhusius. Dans le catalogue alphabéti-
que des Traités du Talmud (Ib. p. 700-724. ). Wolf cite tous les Auteurs
qui se sont appliqués à traduire la Mischna avant Surenhuse et dont
les travaux se retrouvent aujourd'hui dans la version de ce dernier.
Surenhuse lui-même avoue qu'il en a profité et que souvent il n'a rien
changé ni à leur style ni à leur manière de traduire. (Voy. Pref. ad
Lectorem du le Vol .)
59) Mischnah oder der Text des Talmuds , das ist , Sammlung der
Aufsätze der ältesten und mündlichen Ueberlieferungen oder Traditio-
nen, als der Grund des heutigen Pharisaeischen Judenthums aus dem
Hebraeischen übersetzt, umschrieben und mit Anmerkungen erläutert von
Johann Jakob Rabe. Onolzbach, 1760.
60) Thesaurus antiquitatum sacrarum complectens selectissima
clarissimorum virorum opuscula, in quibus veterum Hebraeorum mores,
leges, instituta, ritus sacri et civiles illustrantur. Opus ad illustratio-
nem utriusque Testamenti et ad Philologiam sacram et profanam uti-
lassimum, maximeque necessarium, auctore Blasio Ugolino. Venetiis, 1757.
61) Ce volume est dédié au Cardinal Alberici Secrétaire du Pape
- 32 -

2º. Les dix derniers traités du second Ordre Moed pu-


bliés également avec le texte dans le 18° volume 62) .
3º. Les deux Traités Sanhedrin et Maccoth du troi-
sième, et les trois Traités Kesuvoth , Kidduschim et
Sota du quatrième. Mais cette version étant pure-
ment littérale, et sans notes, est souvent plus obscure
que le texte même.
Il paraît que le projet de Jacob Rabe, a été de nous
donner autant de parties de la Ghemara, que les deux Tal-
muds en continnent. Je le conjecture , d'après sa version
du premier traité Berakoth , qui se trouve déjà imprimée,
et où la Ghemara de Jérusalem a été ajoutée à celle de
Babylone 63 ) . Il a fait aussi imprimer la version du Traité
Pea, mais à part, dans un petit in 4t que j'ai eu occasion
de voir dans la bibliothèque royale de Berlin . Mais je
ne me souviens pas , si son manuscrit de la Ghemara de
Babylone, que j'ai vu dans la même bibliothèque , contient
quelques autres traités ou fragmens de celle de Jérusalem .
Quoique ce Talmud ait été rédigé le premier, et dans
la terre Sainte, il a été et est toujours peu estimé par les
Juifs de la dispersion. Les critiques ont raison de s'en de-
mander la cause , et l'entrevoient , tantôt dans son obscu-
rité, qui dérive de la langue aussi bien que de la manière
dont il a été rédigé ; tantôt du petit nombre de juifs pour
lesquels il a été rédigé, et du peu de détails qu'il renferme ;
tantôt enfin , de la rivalité qui existait déjà entre les éco-
les d'Orient et celles d'Occident. Je suis d'opinion que
cette cause consiste principalement en ce que le Talmud
de Babylone convient plus que celui de Jérusalem , à l'état

Benoît XIV. Nous fesons cette remarque afin d'appaiser la conscience


de ceux qui craignent que l'Eglise Romaine ne s'oppose à la publica-
tion de la version du Talmud .
62) Dedié au Cardinal Chigi.
63) Der Talmudische Tractat Berachoth von den Lobsprüchen, als
das erste Buch im ersten Theil nach der hierosolymitan- und babyloni-
schen Gemara. Aus dem Hebräischen übersetzt und mit Anmerkungen
erläutert von Johann Jacob Rabe , Archidiacono zu Onolzbach. Halle
bey Johann Jacob Gebauer, 1777.
33

de dispersion où vivent maintenant les Juifs. Comme l'au-


teur de ce dernier le rédigea en Palestine , il fut séduit
par tout ce qui l'entourait. Il ne s'étendit pas beaucoup
sur les parties de la loi dont les lieux qu'il voyait , retra-
çaient le souvenir et indiquaient la pratique. L'espérance 1
même de rester toujours dans la terre de promission et de
rentrer bientôt dans la Ville-Sainte, lui en imposa. Cette
conjecture s'appuie sur le plan de son recueil, qui est sou-
vent l'inverse de celui qu'ont suivi les compilateurs d'Orient.
En effet, R. Johanan explique les parties de la Mischna
que ces derniers laissent sans aucune explication et vice-
versa. Elle s'appuie également sur ce que la Ghémara de
Jérusalem, est depouillée de toutes ces subtilités et minu-
ties légales, qui, dans celle de Babylone attestent combien
de difficultés la pratique de la loi rencontrait, hors du sol
auquel elle avait été attachée pendant si long temps . Bref
le Talmud de Jérusalem a rempli sa mission en Palestine
et ne peut pas être d'un usage très-étendu , hors de ce
pays. Je conjecture aussi que ce Talmud inspire de l'aver-
sion aux Phariséens parce qu'il est souvent favorable à J.
Ch. ainsi que nous le verrons par la suite.
Il suit donc de tout ce que nous venons d'exposer sur
la rédaction du Talmud de Jérusalem , que ceux qui en-
treprirent un ouvrage semblable en Orient , non seulement
eurent devant les yeux tous les motifs qui avaient déter-
miné à écrire R. Johanan , mais ils furent aussi pénétrés
de la nécessité imposante , de mettre , entre les mains de
leurs coréligionaires, un corps de lois plus complet, et plus
analogue à leur position. Lorsque les titres , et les attri-
butions de grand - prêtre et de ministre du temple , de
président et d'assesseur du grand Sanhédrin , se confondi-
rent avec ceux d'administrateur de synagogues et de di-
recteur ou chef d'écoles , il est simple que ceux qui en
étaient décorés , devaient se donner beaucoup de mouve-
ment pour reculer autant que possible les obstacles qui les
génaient 64) . Il leur fallut se créer une terre de promis-

64) Nous verrons dans la version du Talmud que la place d'an


chef d'école ou d'Académic s'appelle Royaume.
1. C
34 -

sion imaginaire où toutes leurs ambitions fussent à leur


aise. On la trouva dans l'étude et dans la pratique de la
loi. Mais tout dans cette nouvelle découverte fut imagi-
naire : autel , temple , Ville - Sainte , la résidence de diffé-
rens corps législatifs , les époques des assemblées nationa-
les , les familles , les tribus , les armées et même les com-
bats. Mais comme les auteurs de cette découverte renon-
çaient à regret à la réalité des choses, on voit leurs esprits
dans une réaction continuelle et pénible. Ils s'efforcent à
la fois de ne point céder le terrain et de se faire illusion
sur les pertes qu'ils ont faites. La raison qui passe du
monde réel dans une région idéale, croit avancer lorsqu'elle
recule ; se roidit contre la nécessité , se trouble et outré
tout. Chaque docteur, chaque précepteur exige qu'on l'ap-
pelle grand , sublime , prince et roi , malgré les haillons
qui le couvrent. Il prend son vieux fauteil pour la chaire
de Moïse , et chacun de ses disciples s'imagine entendre
Dieu parler sur le Sinaï. Voici en peu de mots l'état des
choses qui a enfante le Talmud de Babylone ) ‫( תלמוד בבלי‬
et qui a été perpétué jusqu'à nous , moyennant l'étude de
ses doctrines. Il est à présumer que les écoles d'Orient
fournirent tous les matériaux pour commenter la Mischna
de Juda le Saint, ainsi que venaient de le faire celles d'Oc-
cident ; mais les deux Ghémares conservent entr'elles tant
de points d'analogie qu'elles paraissent dérivées en grande
partie de la même source.
Tous les historiens juifs qui parlent de la compilation
de la Ghémara de Babylone 65 ) sont presque unanimes sur
trois circonstances principales :
1°. Qu'un directeur d'école nommé R. Ache fut le pre-
mier à compiler ce commentaire , mais que la mort
l'empêcha de le conduire à son terme.
2°. qu'il eut pour collaborateur un autre docteur de la
loi appelé R. Avina ou Ravina.

65) Voy. les livres Chalcheleth Hakkabala fol. 35. p. 1. Halikoth


Olam C. 1. §. 10 et 13. Juhasin p. 75. b. et 117. b. Zemach David à
l'année 4260 et autres.
35 -

3º. qu'un certain R. Jose y mit la dernière main 73 ans


après la mort de R. Ache ; car dans cet intervalle de
temps les calamités furent trop grandes pour penser à
continuer ce travail.
L'opinion plus reçue porte que R. Ache est mort l'an
de J. Ch. 427 et que par conséquent R. Jose a fait la clô-
ture du Talmud de Babylone vers la fin du Ve siècle ou
vers le commencement du VI 66 ) .
Ce qui peut confirmer cette opinion et rectifier en
même temps la chronologie du Talmud de Jérusalem, c'est
que le Koran a été évidemment composé après la Ghé-
mara de Babylone, car on lit les mêmes fables dans l'un et
dans l'autre code . Telles sont p. ex. la fable du mont Si-
naï suspendu sur la tête des Israélites et prêt à les ensé-
velir sous ses ruines , s'ils osaient refuser d'accepter la loi
de Dieu et l'autre des démons qui prêtèrent leur main
d'oeuvre à la construction du temple de Salomon 67). II
est même probable que Mahomet a voulu faire allusion au
Talmud lorsqu'il a fait dire à Dieu en parlant des Juifs :
J'ai apporté à Moïse le livre , et l'Alfarcan pour vous
servir de guide 68), car c'est comme s'il avait dit : je lui ai
confié la loi écrite et la loi orale qui sert à expliquer la
première. Ces passages , ainsi que plusieurs autres sem-
blabes, suffisent pour nous convaincre que Morinus n'a pas
raison de mettre la rédaction du Talmud de Babylone dans
le VIIIe siècle, lorsqu'il est certain qu'elle a été faite avant
le Koran qui tombe nécessairement entre les années 571
et 625 de J. Ch . Il suit de là également que le Talmud
de Jérusalem, dont la composition précède d'un siècle, en-
viron, celle du Talmud de Babylone ; rentre naturellement
dans l'époque que nous lui avons assignée. Si ce dernier
aussi contient des expressions qui n'ont été en usage qu'
après le VII siècle c'est qu'elles ont dû passer de quelque
glose postérieure dans le texte.

66) Wolf ib. p. 685-691 .


67) Chabb. 88. a. Sura VII, 172. Gittin 168. a. Sura XXXVIII, 39.
ef. Sura XXI, 82 etc.
68) Sura II, 53.
C 2
- 36 -

Le Chaldéen était la langue qu'on parlait dans le


pays où la Ghémara de Babylone a été compilée ; mais les
Chaldéens eux - mêmes, en avaient déjà beaucoup altéré les
formes primitives. Il ne nous sera pas difficile d'imaginer
combien les Juifs ont dû enchérir sur cette altération ; en
jetant un coup d'oeil sur ce qu'ils font maintenant lorsqu'ils
adoptént les langues des non-Juifs pour familières. Qu'on
n'aille pas m'objecter que cette illation du vulgaire des
temps modernes aux docteurs de la loi des temps anciens
est exagerée ; car il est incontestable que les auteurs du
Talmud de Babylone ont presque aussi peu respecté les
règles grammaticales, que la masse des Juifs d'aujourd'hui.
De là vient, comme nous l'avons fait remarquer dans notre
Théorie , que la langue talmudique n'a presque pas de
grammaire et que difficilement elle pourrait en avoir. En
lisant ce Talmud on est tenté de soupçonner qu'il n'a pas
été tiré des écoles, mais des ateliers de tout genre. Ses
rédacteurs sont des marchands de vin , des charbonniers,
des forgerons etc. etc. qui non seulement y ont inséré les
idiotismes et les proverbes du peuple, mais ils y ont versé
aussi beaucoup de contes et de traditions populaires.
Cependant c'est par trois qualités principales qu'il se
distingue du Talmud de Jérusalem, savoir :
1º. par la confusion qu'il répand sur toutes ses doctrines
et qui pourrait bien lui avoir valu le nom de
(babli).
2º. par la subtilité ou la souplesse que les esprits des
docteurs de la loi de ce temps déploient dans la lutte
inégale qu'ils avaient à soutenir contre la violence et
une dure nécessité.
30. par l'amertume et la haine qu'il respire contre toutes
les nations qui avaient contribué à l'esclavage des Juifs,
et sur-tout contre les Chrétiens dont le culte s'enra-
cinait et se propageait de plus en plus vers le qua-
trième siècle, en élevant des prétentions et des plain-
tes contre la Synagogue.
Quoique nous ayons déjà donné l'arrangement du Tal-
mud de Babylone dans la Théorie du Judaïsme nous cro-
yons indispensable de le répéter ici , mais sous un autre
37 -

point de vue. Nous le présenterons ici en forme de cata-


logue alphabétique propre à familiariser nos lecteurs avec
la nomenclature de toutes les parties d'un code aussi com-
pliqué, et à leur servir comme de répertoire. En effet par
ce catalogue on pourra reconnaître à quel ordre du Tal-
mud chaque traité appartient , où on doit le chercher et
combien de Sections et de Mischnes il contient.

Mischna-
Titre. Ordre. Traité. Section.
ioth.

‫א‬
N (Avoth, Peres). Nesikin X. VI. 95.
nb ( Oholoth , Ta-
bernacles). Tahoroth II. XVIII. 133.

‫)א קמא‬‫ בב‬Bava Kama


,
Porte première). Nesikin I. X. 29.
‫)בא מציעא‬ ‫ ב‬-Bava Me
zia, Porte du milieu). Nesikin II. X. 101 .
‫)א בתרא‬ ‫ בב‬Bava Batra
,
Porte dernière). d°. III. X. 85.
8 (Beza, Oeuf) . Moed VII. V. 41.
Becoroth, Pre- Koda-
mier nids). chim IV. IX. 73.
‫)ורים‬
‫ בכ‬-Biccurim
, Pri
mices). Zeraïm XI. III. 34.
‫)כות‬
‫ בר‬-Beracoth
, Be
nédictions). d. I. IX. 57.

‫ג‬
(Gittin, Divorces) . Nachim | IV. IX . | 75.
‫ד‬
N ( Demai, Dimes
douteuses). Zeraïm III. 1 VII. 53.
‫ה‬
‫)וריות‬
‫ ה‬-Horaio
,Doth
cumens) . Nesikin | VIII. | III. | 20.

(Zevahim, Sacri- Koda-


fices). chim I. | XIV. | 101 .
38

Mischna-
Titre. Ordre. Traité. Section. ioth.

07 (Zavim, Pollués) . | Tahoroth IX. | V. │ 32.


‫ח‬

(Haghiga, Fete) . Moed XII. III. 23 .


(Hulin, Profanes) . Koda- II. XII. 74.
chim
n (Halla, Tourteau). Zeraïm IX. IV. 38 .

‫ ט‬Teoul ,
‫)בול יום‬ Jom
Lavé le même jour). Tahoroth X. IV. 26.
‫)הרות‬‫ ט‬-Tahoroth
,Pu
rifications). do. V. X. 92.

‫)במות‬
‫י‬ ,
Jerammoth
Droits des belle
soeurs). Nachim I. XVI. 130.
‫ ( ירים‬Jadaïm , Les
mains). Tahoroth XI. IV. 22 .
*
1 (Joma, Jour d'ex-
piation). Moed V. VIII . 61.
)
‫ יום טוב‬Joma Tov , Jour Voyez
de fête). ‫ביצא‬

‫ כ‬-Kil
‫)ילאים‬ , Cho aim
ses hétérogènes ). Zeraïm IV. IX. 76.
(Kelim, Vases) . Tahoroth I. XXX. 137.
(Keritoth, Ex- Koda-
tirpation des âmes). chim VIII. VI. 38.
(Ketuvoth, Con-
trats de mariage). Nachim II. XIII. 3.

‫מ‬
a ( Meghilla , Vo-
lume d'Esther) . Moed X. IV. 32 .
(Middoth, Mesu- Koda-
res). chim X. V. 33.
(Maccoth, Coups). Nesikin མ. III. 34.
1 39 -

Mischna-
Tilre. Ordre. Traité. Section. ioth.

‫)שירין‬‫ מכ‬Makchirin ce,


qui dirige ou dispose). Tahoroth IX. VI. 34.
(Menahoth, Of Koda-
frandes). chim III. XIII. 93.
‫)ועד קטון‬ ‫ מ‬-Mo Kaed
ton , Fête de second
ordre. Moed XI. III. 24.
b (Meila, Prév a- Koda-
rication). chim VII. VI. 38.
‫)מעשרות‬ Maaseroth
,
Zeraim VII. V. 40.
Dimes).
‫ ) מעשר שני‬Maaser
Cheni, Secondes di-
do. VIII. V. 57.
mes).
‫ואות‬ ‫ק‬ ‫מ‬ ) Miku vaot
, h
VI. X. 71.
Bains). Tahoroth
‫ג‬
02 (Negaïm, Plaies). Tahoroth III. XIV. 115.
(Nidda, Femme qui
a ses règles). do. VII. X. 71.
D77 (Nedarim, Voeux) Nachim V. XI. 90.
712 (Nazir, Nasiréen). do. VI. IX. 60.

no (Sota , Femme
229

soupçonnée). Nachim VII. IX. 67.


10 (Succa, Taberna-
cle). Moed VI. V. 53.
. ‫סנהדרין‬ ) Sanhedrin
Nesikin IV. XI. 71.
Juges). V

‫)בודה זרה‬ ‫ ע‬-Avoda


Za
ra, Idolâtrie). Nesikin IX. V. 50.

173 (Edioth, Témoi-


do. VII. VIII. 79.
gnages).
‫ עוק‬Okezin , Queue
‫)צין‬
des fruits). Tahoroth XII. III. 28.
40 -

Mischna-
Titre. Ordre. Traité. Section .
ioth.

777 (Eruvin , Com-


munications). Moed II. X. 96.
757 (Erakin , Esti- Koda-
mations). chim V. IX. 50.
‫)רלה‬
‫ע‬ Orla , Prépuce
des arbres). Zeraïm X. III. 35.

888888
‫) פאה‬Pea , Coin de
champ). Zeraïm II. VIII . 69.
‫)פסחים‬ ,
Pesahim På-
ques). Moed III. X.
D (Para, Vache). Tahoroth IV. XII. 97.
‫פרקי אבות‬ ) Pirke
Avoth). | Voy. ‫| אבות‬
‫ק‬
‫)קדושין‬ Kidduchi
, n
Epousailles). Nachim III. IV. 47.
DP (Kinnim, Nids). Koda- XI. III.
chim

‫)אש השנה‬ ‫ ר‬-Rosch Ha


chana , Nouvelle an-
née). Moed VIII. IV. 35.

‫ שב‬-Cheowo
‫)ועות‬ th
,Ser
mens). Nesikin VI. VIII. 62.
‫ שב‬-Chemii
‫)יעית‬ , Sep
th
tième année). Zeraïm V. X. 89.

na (Chabbath , Same-
di). Moed I. XXIV. 76.
‫ שק‬-Checalim
‫)לים‬ ,Si
cles). do. IV. VIII. 52.

(Thamid, Sacrifice Koda-


quotidien). chim IX. VI. 34.
(Temura , Sub-
stitution). do. VI. VII. 35.
(Tanith, Jeûne) . Moed IX. IV. 34.
‫ ) תרומות‬Trumoth ,
Oblations). Zeraïm VI. XI. 101.
41

Je finis ce catalogue en fesant quelques observations


qui peuvent le rendre plus intelligible et plus utile en
même temps. Je remarque donc :
1º. que l'arrangement du Talmud de Babylone diffère en
plusieurs points de celui du Talmud de Jérusalem et
de la Mischna, sans qu'on puisse assigner d'autre cause
de cette différence que la volonté des commentateurs ,
des copistes et des typographes.
2º. que la Ghémara de Babylone manque dans les trai-
tés suivans : 1. Pea, 2. Demaï, 3. Kilaïm, 4. Chevith,
5. Trumoth, 6. Maaseroth, 7. Maaser Cheni, 8. Halla ,
9. Orla, 10. Bikkurim, 11. Edioth, 12. Avoth, 13. Ta-
mid, 14. Middoth, 15. Kinnim, 16. Kelim, 17. Oholoth,
18. Negaïm, 19. Para, 20. Tahoroth , 21. Mikuvaoth,
22. Makchirin, 23. Zavim, 24. Tevul Jom, 25. Jadaïm,
26. Oketzin. Le traité Chekalin à la Ghémara de Jé-
rusalem au lieu de celle de Babylone.
3°. que comme le traité Avoth n'a point de Ghémara
parce qu'il est trop clair pour en avoir besoin on peut
conjecturer également que plusieurs traités de l'Or-
dre Tahoroth sont demeurés sans Ghémara pour la
même raison.
4°. qu'enfin on a fait plusieurs additions au Talmud de
Babylone en les tirant pour la plupart de ce que nous
avons appelé Baraïtha , additions qui consistent dans
le quatrième chapitre du traité Biccurim et dans cinq
petits traités, dont voici les titres :
a. Masseketh Avoth R. Nathan ou sentences des Pères
de la Synagogue en 41 sections.
b. Masseketh Sopherim ou de la manière d'écrire les
livres de la loi sur parchemin, 21 sections.
c. Masseketh Semahoth ou Ebel Rabbete des cérémo-
nies du deuil , 14 sections.
d. Masseketh Calla ou de l'épouse, 1 section .
e. Masseketh Derek eretz ou traité des moeurs , 16
sections.
in
Il suit donc de tout ce catalogue que le Talmud de
Babylone tel qu'il est aujourd'hui contient six Ordres ( 770)
42

68 Traités (nn ) et 617 Sections ( p ) et que 26 de


ces Traités sont sans Ghémara 69).
J'en viens maintenant aux éditions de ce Talmud, et
je me propose de m'arrêter plus particulièrement sur celles
qui présentent quelque but d'utilité pour mon travail.
La première est l'édition de Venise de 1520 publiée
par Daniel Bomberg en XII in folios. Soit que tel ait été.
l'arrangement du manuscrit sur lequel elle a été faite, ou
le bon plaisir de son éditeur, et de ses collaborateurs, elle
est divisée en feuilles chacune de deux pages 70) et cha-
que page est subdivisée en trois colonnes verticales. La
colonne de milieu contient la Mischna et la Ghémara en
lettres quarrées ou hébraïques et les deux colonnes latéra-
les, les deux commentaires Tosephoth et Raschi en lettres
rondes ou rabbiniques. A la fin de chaque traité on a
placé plusieurs conclusions tirées des Tosephoth et appelées
par conséquent Piske Tosephoth (mono ) , ainsi que
l'exposition de la Mischna par Maimonides et les observa-
tions de R. Acher. Cet arrangement de la première édi-
tion du Talmud a été religieusement gardé dans toutes les
autres, jusqu'au point que les feuilles et les pages sont par
tout les mêmes, ce qui me porte à croire qu'il existait déjà
dans les manuscrits du Talmud quelque chose de pareil et
que cela dérive d'une espèce de tradition massorétique 71) .
Je remarque en outre qu'on y a rempli les lacunes de la
Ghémara de Babylone par celle de Jérusalem dans les deux
Traités Chekalim et Horaioth , ce qui nous a suggéré le

69) Les Juifs ne comptaient pas autrefois plus de 60 traités dans leur
Talmud, parce qu'ils n'avaient pas égard aux additions, et qu'ils prenaient
les deux traités Sanhedrin et Maccoth pour un seul , et les trois traités
qui sont connus sous le titre de Porte également pour un seul, Ils
indiquaient ce nombre par le mot 7783 dont les lettres signifient 60
d'après leur valeur numérique.
70) On est accoutumé à distinguer ces deux pages entr'elles par
les numéros 1 , 2 ou par les lettres a, b. Nous avons suivi la pre-
mière méthode dans notre Théorie et nous suivrons la seconde dans la
version du Talmud.
71 ) Voy. Théorie du Judaïsme.
43

projet de faire la même chose, toutes les fois que cela sera
praticable.
La II . est également de Venise , commencée en 1546
et achevée en 1550 par Marc. Ant. Justiniani avec l'index
des citations de la Bible de tous les endroits semblables du
Talmud et plusieurs autres additions. J'ai retrouvé ces
deux éditions de Venise, soit complètes, soit dépareillées,
dans la bibliothèque royale à Berlin et dans celle du roi
à Paris. J'en ai aussi acheté plusieurs volumes à Franc-
fort sur l'Oder et à Metz, et j'ai chargé différens libraires
de me procurer les autres. Mais dans tous les cas j'ai la
permission de m'adresser à M. le bibliothécaire de la bi-
bliothèque royale de Berlin pour en obtenir les volumes
qui me manquent jusqu'à présent, et je m'empresserai d'en
profiter , car ces deux éditions peuvent contribuer plus
que les autres à compléter mon ouvrage.
La III . est l'édition de Bâle faite sur les deux pré-
cédentes, mais dont Marc. Morinus, par ordre du concile de
Trente 12) a retranché tous les passages où l'on parle peu
favorablement de J. Ch., des Chrétiens et de leurs mystè-
res. C'est pour cette raison qu'elle manque de tout le
Traité Avoda Zara. Mais Jean Müller nous avertit dans
son Judaïsme que les Juifs s'empressèrent de réimprimer
ce traité à Cracovie et de l'insérer dans l'Ordre Nesikin
de la même édition de Bâle. Elle sortit des presses d'Am-
broise Frobenius pendant les années 1578 , 1579 et 1580.
J'ai trouvé un exemplaire de cette édition à Posen, et plu-
sieurs volumes entre les mains des Juifs de Metz.
La IV . édition est celle de Cracovie en 13 in folio

72) Elle porte en bas de chaque titre ces paroles ou d'autres pa-
roles semblables : recognitum a Marco Morino Cano, Regul. D. Serva-
toris et ab omnibus iis , quae contra religionem christianam sunt,
juxta mentem Concilii Tridentini expurgatum , adeo ut non modo citra
impietatem , verum etiam cum fructu legi possit. Cette circonstance
sert à démontrer que l'Eglise Romaine en veut seulement aux erreurs
et aux blasphemes contenus dans le Talmud, et nous verrons plus tard
qu'elle en veut à ces erreurs et blasphemes seulement dans le cas qu'ils
soient publiés sans aucune réfutation.
44

faite sur l'édition Justiniani de Venise, et publiée entre les


années 1603 et 1605. Gerson nous rapporte que les juifs
de Pologne l'entreprirent dans le dessein de s'indemniser
des torts que Marc Morinus venait de faire à leur code re-
ligieux dans l'édition de Bâle. Excité par cette autorité
aussi bien que par les catalogues de plusieurs bibliothè-
ques publiques où l'on en parle comme d'une édition sans
lacunes , je l'ai recherchée avec autant de soins que celles
de Venise. J'ai eu le bonheur de la trouver à Paris dans
la bibliothèque particulière de M. le duc d'Otrante , qui a
bien voulu me la céder. Mais l'ayant collationnée avec
l'édition Justiniani de la bibliothèque du roi j'ai pu recon-
naître qu'elle n'est pas aussi complète que cette dernière,
car elle ne contient pas le passage où l'on parle de la mort
de J. Ch. et de ses disciples, passage que nous avons pu-
plié dans notre premier article sur la nécessité de traduire
le Talmud de Babylone. On ne peut pas donc adopter
pour règle générale que les éditions des deux Talmuds qui
ont été faites à Cracovie sur celles de Venise , les repré-
sentent fidèlement dans toutes leurs parties. Cependant
l'édition dont nous parlons est bien précieuse pour nous
parce qu'elle a été très-soignée par ses éditeurs 73) .
La Ve édition du Talmud de Babylone est celle de
Lublin qui a été également faite à l'instar de l'édition Ju-
stiniani, commencée l'année 1617 et achevée en 1622. Nous
en avons vu plusieurs volumes dans la bibliothèque royale
de Berlin.
La VI est celle d'Amsterdam in quarto majori com-
mencée par Emanuel Bembeniste en 1644. Wolf prétend
qu'elle représente exactement l'édition de Cracovie. Mais
elle contient le passage sur la mort de J. Ch. qui manque
dans la dernière, comme nous venons de le voir, et est en
outre moins correcte que celle de Cracovie. Elle repré-
sente plutôt l'édition Justiniani comme il est dit dans son
titre et plus exactement que ne le fait celle de Cracovie.
Nous en avons acheté trois exemplaires parce qu'elle est

73) Dans le Siphte Jechenim on parle encore d'une autre édition


de Cracovie de l'an 1616.
45

aussi complète que les éditions de Venise par rapport aux


passages éliminés par Marc Morinus, et que nous voulons
nous assurer si les nombreuses variantes qu'elle renferme
confirment réellement le soupçon que deux éditions aient
été faites à Amsterdam dans le même format et avec les
mêmes caractères .
La VII et la VIIIe sont de Francfort sur l'Oder , la
première de 1697 par Michel Gottschalk, et la seconde com-
mencée en 1715 par le même typographe et achevée à Ber-
lin par Jablonski en 1721. L'une et l'autre portent le
même titre que l'édition de Bâle mais elles contiennent le
Traité Avoda Zara qui manque dans celle - ci. Elles con-
tiennent aussi le petit Traité Avoth de R. Nathan que nous
avons indiqué à la fin du catalogue.
La IX enfin fut commencée à Amsterdam en 1714 et
achevée à Francfort sur le Mein en 1721. Elle est remar-
quable principalement par ses corrections et additions ; mais
autant que je me rappelle , elle ne contient pas les pas-
sages retranchés dans celle de Bâle.
Depuis la moitié du XVIIIe siècle on a fait plusieurs
autres éditions du Talmud de Babylone à Sulzbach, à Di-
renfurt , à Stawuta, à Vienne etc. qui circulent entre les
mains des juifs polonais. Ces éditions ne méritent de fixer
notre attention qu'en tant qu'on y a laissé en blanc les en-
droits occupés jadis par les passages que les Chrétiens ont
éliminés les premiers, et que les Israélites eux-mêmes s'ac-
cordent maintenant à supprimer pour les raisons que nous
avons exposées dans notre Théorie du Judaïsme.
Nous ne passerons pas sous silence que plusieurs Or-
dres et Traités du Talmud ont été imprimés à part en dif-
férens formats , dans d'autres villes et à d'autres époques,
et que Wolf et Bartolocci nous en ont donné le catalogue.
Mais de tous ces fragmens d'éditions nous ne souhaiterions
avoir que les deux Traités Beracoth et Beza publiés à
Soncino en 1484 ou 89 et que le celèbre Oppenheimer ap-
pelait le premier essai de typographie hébraïque , car ils
doivent prêter à plusieurs remarques piquantes. Nous vou-
drions aussi posséder tout ce qui a été imprimé , dans ce
genre, à Thessalonique et à Constantinople et qui doit con-
- 46

tenir beaucoup de traits fort curieux sur le caractère des


juifs domiciliés sous un autre ciel et l'influence d'un autre
gouvernement 74).
En résumant en peu de mots tout ce que nous ve-
nons d'exposer sur les différentes éditions du Talmud de
Babylone nous pouvons élever en maxime , que quoique
toutes puissent plus ou moins favoriser le succès de notre
entreprise quatre cependant lui sont indispensables parce
qu'elles sont les plus complètes et les plus correctes à la
fois, savoir :
1º. L'édition Justiniani de Venise.
2º. Celle d'Amsterdam de 1644.
3º. L'édition de Cracovie.
4°. Celle enfin qui a été faite en partie à Amsterdam et
en partie à Francfort sur le Mein.
Sur le point d'exposer brièvement les travaux que d'au-
tres interprètes ont entrepris avant nous pour traduire le
Talmud de Babylone, nous nous fesons un devoir de recti-
fier l'opinion que nous avons émise ailleurs 15 ) sur une
version arabe de ce même code faite en Espagne pendant
le Xe siècle. En avançant que le Talmud se trouvait déjà
traduit dans cette langue nous avons peut-être accordé trop
de poids à l'autorité de Basnage qui avait été séduit à son
tour par celle d'autres historiens 76) . Nous rencontrons à
la vérité aujourd'hui la même assertion dans le Chalchelet
Hakkabbala¹¹). Cependant il est à craindre que le mot
Talmud qui , comme nous avons dit plus haut, peut servir 1

à désigner la Mischna ainsi que la Ghémara prises sépa-

74) Nous avons démontré dans notre Théorie comment un livre de


prières des Juifs d'Orient pourrait nous aider à découvrir la véritable
tendance du Judaïsme.
75) Voy. mon premier article sur la nécessité de traduire le Tal-
mud de Babylone en langue française. Cette opinion a été aussi recti-
fiée dans la Théorie du Judaïsme.
76) Cette erreur paraît être derivée d'une tradition historique qui
se trouve dans l'ouvrage de Bernard Aldrede sur l'origine de la lan-
gue espagnole et qui porte : i dizen que estonces (c'est- à-dire dans le
Xe siècle) se traduxo toto el Talmud en Aravigo etc.
77) p. 38. b.
- 47 ―

rément n'en ait imposé à celui qui le premier a répandu


ce bruit. En effet Wolf78 ) paraît appliquer seulement à
une version de la Mischna ce qu'on conte d'une version
de tout le Talmud faite par R. Joseph fils d'Isaac Satanes
vers la fin du X° siècle, et il est improbable qu'un Juif ait
entrepris, comme on le dit, une version de tout le Talmud
pour plaire à un roi ismaélite . Il serait plus juste de
croire que R. Joseph a traduit ceux d'entre les traités de
la Ghémara de Babylone qui sont indispensables pour la
première éducation d'un rabbin. Nous parlons ici de cette
version parce qu'elle est incertaine et qu'on la croit déjà
perdue 79).
Wolf et Rabe qui ont fait toutes les recherches qu'on
pouvait faire dans ce genre jusqu'à la moitié du XVIIIe
siècle, nous assurent 8º ) que Bashuysen, Houting, Wagen-
seil et Coccejus ont traduit et imprimé seulement quelques
extraits de la Ghémara de Babylone dans le but d'éclair-
cir différens endroits de la Mischna ; qu'Eliezer Edzard a
également traduit et publié en latin la Ghémara de la pre-
mière section du Traité Beracoth et des deux premières
sections du Traité Avoda Zara 81 ) qu'enfin le prosélyte
Christian Gerson est l'auteur d'une version en allemand de
la Ghémara de la dixième section du Traité Sanhedrin pu-
bliée en 1610 à Helmstädt. Mais tous les deux avancent

78) Ib. p. 718.


79) Je rapporte aux versions du Talmud de Babylone incertaines
ou perdues celle dont Wolf nous parle dans son IVe et dernier volume
(p. 327. ) en ces termes : Petrum Allixium totum Talmud latine inter-
pretatum et versionem illam novem constare voluminibus in fol, refer-
tur in Compleat Library anno 1692. Novemb. p . 480. Car Rabe qui
a écrit 30 ans après Wolf et qui le copie ne fait aucune mention de
ce travail et paraît envisager par là comme purement chimérique cette
notice littéraire.
80) Le premier dans sa Bibl. rabbinique ib. p. 721 et le second dans
la Préface à la version de la Mischua et du Traité Beracoth.
81) Dans le II et IV volume de sa Bibliothèque Wolf ajoute que
le même Edzard a traduit les deux Traités Beracoth et Avoda Zara en en-
tier, mais que le reste n'a pas été encore publié, et s'arrête avec complai-
sance sur les avantages que les lettres rabbiniques pourraient en retirer.
48

d'un commun accord que personne n'avait encore traduit et


publié un traité entier de la Ghémara de Babylone. Vers
le temps où Rabe travaillait à sa version , le même Ugo-
linus dont nous avons déjà parlé , traduisit en latin et fit
insérer dans son Trésor d'antiquités ces trois traités du
Talmud de Babylone :
1º. Sanhedrin ou des Jugemens
2º. Zevahim ou des Sacrifices
3°. et Menahoth ou des Offrandes 82).
Mais cette version présente souvent le défaut de choi-
sir parmi les différentes significations qui sont communes
à un seul et même mot , celle qui est la plus éloignée de
l'esprit de l'auteur qui s'en sert , ou pour mieux dire elle
est faite le dictionnaire à la main , au hasard et sans ja-
mais pénétrer dans l'état véritable de la question . Elle est
en outre dépourvue de notes , ainsi que celle que le même
auteur a publiée de la Ghémara de Jérusalem . La publi-
cation de ces trois traités tombe dans les années 1756 et
1762. En 1777 Rabe fit imprimer sa version allemande
du traité Beracoth que nous avons citée plus haut , et qui
à la rigueur doit être appelée plutôt une paraphrase qu'une
version. Le Talmud est un monument du moyen âge, où
le caractère d'un des plus anciens peuples de la terre est
empreint à grands traits. Mais il l'est dans la langue,
dans le style et dans les formes dialectiques de ce code
ainsi } que dans l'esprit de ses lois et dans la nature
de ses discussions . Or, substituer un mot à un autre , al-
térer la tournure d'une seule phrase, négliger de saisir la
subtilité d'un seul de ses sophismes, c'est frotter une mé-
daille à fleur de coin pour s'assurer si elle ne cache par
hasard de l'or sous les apparences d'un métal moins pré-
cieux. Voici justement ce que Rabe s'efforce de faire con-
tinuellement dans son travail en oubliant que la version
d'un code doit être au texte ce qu'un portrait est à son

82) Il n'est pas hors de propos d'avertir que les deux volumes où
se trouvent insérés ces trois traités du Talmud de Babylone ont été
dediés par Ugolin , le premier à un Evêque, et à un Archevêque le
second.
- 49

original . Ajoutons qu'il devrait tâcher de résoudre plu-


sieurs questions au lieu de les deviner comme il le fait
souvent sans nous indiquer en note les motifs qui l'ont dé-
terminé à suivre plutôt une opinion qu'une autre. Ces dé-
fauts qu'on peut facilement reconnaître dans son traité
Beracoth qui est déjà publié , sont infiniment plus nom-
breux et plus sensibles dans son manuscrit que j'ai décou-
vert dans la bibliothèque royale de Berlin , sur des indi-
ces qui m'en ont été communiqués par le célèbre et respec-
table David Friedländer 83 ).
Je donne ici le catalogue des traités de la Ghémara
que contient son manuscrit pour payer un hommage désin-
téressé à la mémoire d'un homme qui a reconnu avant moi
l'extrême importance d'une version du Talmud de Baby-
lone. Ces traités sont, autant que j'ai pu m'en assurer :
1º. Chabbath. 12°. Haghiga.
2º. Eruvin. 13°. Jevammoth.
30. Pesahim . * 14°. Kesuvoth.
4º. Chekalim. 15°. Kidduchim.
5º. Joma. 16°. Ghittin .
6º. Sukka. 17°. Nedarim.
7°. Betza . 18°. Nazir .
8°. Rosch Hachana . 19º. Sota.
9°. Taanith . 20°. Bava Kama .
21°. Bava Metzia .
10°. Meghilla.
11º. Moed Katon . 22°. Bava Bathra .
23°. Avoda Zara.
La version de Rabe considérée par rapport à la Ghé-
mara de Babylone manque donc des traités suivants:
1°. Sanhedrin. 5º. Zevakin .
h
2º. Makkot . 6º. Hulin.
th
3º. Chevuo . 7°. Menahoth .

4°. Koraioth. 8°. Becoroth.

83) J'ai parlé de lui dans notre Théorie du Judaïsme comme de


l'écrivain le plus sincère et le plus impartial que je connaisse parmi
les savans israélites . Ce sont ses ouvrages qui m'ont suggéré cet avis ,
mais le long entretien que j'ai eu avec lui m'a confirmé dans mon opi-
nion et a redoublé l'estime que je lui porte.
D
1.
- 50

9º. Erakin. 14º. Nidda.


10º. Temura . 15°. Avoth R. Nathan.
11°. Meila. 16º. Masseketh Sopherim.
12º. Keritoth. 17º. Ebel Rabbethe.
13º. Kimin. 18°. Kalla.
19°. Masseketh Derek Erels.
Et considérée relativement à notre travail elle manque
encore des 24 autres traités qui n'ont pas d'explication et
auxquels nous comptons l'ajouter. Elle manque aussi des
éclaircissemens et des réfutations que la Ghémara demande
nécessairement, et qui constitueront presque un tiers de no-
tre ouvrage. Bref, dans l'hypothèse qu'il me soit permis de
consulter cette paraphrase de Rabe , ainsi que l'extrême
complaisance de M. le bibliothécaire de la bibliothèque
où je l'ai retrouvée, me le fait espérer , je ne pourrais en
tirer qu'une bien faible lumière et beaucoup de distractions.
Nous ne passerons pas sous silence, dit Wolf 84 ) , que dans
les relations théologiques innocentes de l'an 1710 nous
sommes informés que les frères Cnollen Adam Andrée et
Jean Nicolas avaient traduit, soit en latin, soit en allemand,
plus de la douzième partie de la Ghémara avec le com-
mentaire de Raschi , c'est - à - dire, les Traités Zevahim et
Meïla de 141 feuilles en latin, et les Traités Rosch Ha-
chana de 35 feuilles , et Haghiga de 27 avec la première
section du Traité Ketuvoth de 15 feuilles en allemand. Ces
deux frères ayant calculé ensemble tous leurs travaux avec
ceux de Gerson, d'Edzard, de Wagenseil, Coccejus etc. trou-
vèrent qu'il y avait déjà de traduit 293 feuilles de la Ghé-
mara et qu'il en restait encore 2300 à traduire, car ils comp-
taient 2600 feuilles dans la Ghémara toute entière 85). Ils

84) Ib. p. 717 et 718.


85) Souvenons-nons que tout ce calcul ne regarde que la Ghémara
de Babylone, et que nous comptons traduire celle de Jérusalem aussi
autant qu'elles peuvent se compléter mutuellement . Souvenons-nous en-
core que nous ne connaissons rien aujoud'hui des travaux des frères
Cnollen ou parce qu'ils se sont perdus ou parce qu'ils demeurent cachés
dans quelque bibliothèque particulière ou publique. Les frères Cnollen
n'ont donc rien su des versions arabe et latine de tout le Talmud de
51 ---

étaient d'avis qu'on pourrait traduire ces 2300 feuilles dans


l'espace d'un an, si vingt hommes savans voulaient s'asso-
cier pour exécuter cette entreprise, et que par conséquent
tout le Talmud ainsi traduit, n'aurait compris que 120 al-
phabets. Nous aurions pu attendre beaucoup , continue
Wolf, des travaux de ces deux hommes, d'autant plus qu'
Adam Andrée avait fréquenté trois ans entiers les écoles
des Juifs pour y assister aux leçons du Talmud. Mais je
ne me rapelle pas , (c'est toujours Wolf qui parle) qu'on
ait depuis parlé de ce projet , et il se trouve maintenant
interrompu par la mort de ces deux auteurs. Sur le té-
moignage de Rich. Simon et des nouvelles littéraires de
Leipsig (an 1718) Wolf compte parmi ceux qui ont re-
connu la nécessité de traduire le Talmud, et qui en ont eu
l'idée, un certain Jones Salvador, savant israélite, et Jean
Christ. Clodius. Mais comme tous ces traducteurs ont

ignoré les travaux l'un de l'autre jusqu'à Rabe, il ne nous


paraît pas improbable que la Synagogue les ait tantôt em-
pêchés de les conduire à leur terme , et que tantôt elle
ait réussi à faire disparaître et même à anéantir le fruit
de leurs veilles. Le fait est que la république des lettres
n'en possède aujourd'hui qu'un petit nombre de fragmens
épars ça et là, et peu dignes d'attention 86).
86

Babylone dont nous avons parlé au commencement ; ce qui prouve en-


core une fois qu'elles n'ont jamais existé ou qu'elles sont perdues.
86) Nos lecteurs aimeront peut-être à avoir la preuve de cette as.
sertion dans le passage suivant de la bibliothèque de Wolf (Vol. II.
p. 721. ) que nous rapporterons à la lettre. " Has aliasque difficultatés
puto effecisse ut multi versionem Gemarae pro re desperata habentes, ne-
gotium prorsus non sint aggressi ; alii iique peritissimi v. c. Coccejus
et Wagenseilius in excerptis initium fecerint , pauci admodum ut Cl.
Edzardus integra capita transtulerint , nemo vero hactenus integrum co-
dicem (traité) in lucem ( nam Dossovium codicem Menachoth , Cl. Ed-
zardum vero Berachoth et Avoda Zara Cnollenios denique alies tra-
clatus per totum conversos in scrinios habere supra memoratum est)
protulerit. "
Les deux Buxtorfs , Eisenmenger et Bartolocci réclament de notre
impartialité d'être placés parmi les traducteurs du Talmud de Babylone,
car ils en ont traduit chacun pour son objet , tant des passages , que
réunis ensemble ils peuvent constituer trois ou quatre sections. Les
D 2
52 -

Les deux Talmuds de Babylone et de Jérusalem que


nous avons le projet de traduire de manière à les compléter

deux Buxtorfs ont inséré ces versions partielles dans plusieurs de leurs
ouvrages rabbiniques, mais principalement dans celui qui a pour titre :
Lexicon Chaldaicum , Talmudicum et Rabbinicum . Eisenmenger en
fait autant dans son Judaïsme dévoilé (Entdeckten Judenthum) et Bar-
tolocci dans sa Grande Bibliothèque Rabbinique. Tous ces auteurs
n'ont pas manqué de reproduire le texte de presque tous les endroits
qui ont toujours alarmé l'église catholique, et de les traduire dans une
langue européenne. Cependant l'ouvrage du dernier a été imprimé à
Rome Superiorum permissu dans la typographie , Sacrae congregationis
de propaganda fide, et dédié :
Le 1er volume Enimentissimo ac Reverendissimo Principi Palutio
Cardinali de Alteris S. R. E. Camerario , Sac. Congr. de prop.
Fide Praefecto etc.
Le Ild Sanctissimo ac Beatissimo D. Innocentio XI. Pontifici maximo.
Le IIIe Carolo Ilº Potentissimo Hispanorum Regi.
Le IV enfin Eminentissimis ac Reverentissimis Dominis DD. Sae.
Congr. de prop. Fide Cardinalibus :
D. Alderano Cybo. D. Stephano le Camus.
D. Palutio Alterio Praefecto . D. Joanni Goessen .
D. Emmanueli Bullionio, D. Michaeli Radziejowski.
D. Francisco Maidalchiño. D. Joanni Casimiro de Nhoff.
D. Carolo Barberino, D. Fortunato Caraffae.
D. Gaspari Carpineo. D. Jacobi Cantelmo.
D. Caesari Estraeo. D. Fortunato de Abdua.
D. Francisco Nerlio. D. Tussano de Janson.
D. Hieronymo Casanate. D. Joanna Baptistae Rubino.
D. Fabricio Spadae. D. Urbano Sacchetto.
D. Philippo Huvardo de Norfolicia, D. Benedicto Pamphilio.
D. Opitio Pallavicino. D. Dominico Mariae Cursio.
D. Marco Antonio Barbarigo. D. Francesco Mariae Mediceo .
D. Carolo Ciceri. D. Rainaldo Estensi.
D. Leopoldo Knollonitz . D. Petro Olthobono et
D. Francisco Barbarino.
Or, si on nous demande , pourquoi , malgré tant de bulles et de
mesures coërcitives émanées du siège apostolique contre le Talmud
(Voy. Wolf ib. de fatis Talmudis inter Christianos) les Papes eux-
mêmes avec tout le collége des Cardinaux , ont accepté la dédicace
d'un livre qui contient précisément les erreurs et les blasphemes qui
ont mérité leur animadversion. Nous n'hésitons pas à répondre que
c'est parce que ce livre contient la réfutation à côté de l'erreur, et que
les bulles des Papes condamnent les erreurs et non leurs réfutations.
Cela doit valoir également pour notre version en tant qu'elle sera en
53

l'un par l'autre, contiennent aujourd'hui beaucoup de varian-


tes et de lacunes qui n'ont jamais été remarquées. Nous
avons le projet de noter les premières, et de remplir les
secondes dans notre version . A cet effet, outre les éditions
les plus anciennes et les plus accréditées des mêmes Tal-
muds nous consulterons :

1º. L'abrégé du Talmud intitulé Ain Jakob ( por yay)


fait par R. Jacob Aben Habib, fils de Salomon, et pu-
blié à Venise par Marc Ant. Justiniani en 1546. Cette
édition est pour nous préférable à toutes les autres
parce qu'elle est très-soignée, et qu'elle n'a pas été mu-
tilée par la censure. Nous en avons acheté deux ex-
emplaires.
2º. Le dictionnaire talmudique de R. Nathan ben Jehiel
ben Abraham intitulé Aruch (1777) également de l'édi-
tion de Venise faite par Daniel Bomberg. Il sert à
expliquer les deux Ghémares de Babylone et de Jéru-
salem, et cite souvent les passages retranchés par la
censure. Nous en possédons également deux exem-
plaires.
3º. Le commentaire de Raschi sur les cinq livres de
Moïse, imprimé à Venise sans aucun retranchement ; li-
vre qui nous sera souvent utile, parce qu'il glose con-
stamment la Bible par le Talmud. Nous en avons un
exemplaire en hébreu et un autre en latin.
4°. Un manuscrit très-ancien des prières journalières des
Juifs avec un commentaire qui doit contenir plusieurs
renseignemens sur l'influence que les doctrines talmu-
diques exercent dans la Synagogue. Nous avons ac-
quis ce manuscrit à Francfort sur le Mein.
5°. Le lexicon talmudico -rabbinique des deux Buxtorfs.
6°. Le Judaïsme dévoilé d'Eisenmenger.

même temps la réfutation de toutes les erreurs contenues dans les


deux Talmuds. Elle aura en outre l'avantage inappréciable d'offrir , ré-
uni en six volumés in-folio tout ce qui se trouve dispersé aujourd'hui
dans un nombre infini de livres et de manuscrits , que nous devons aux
interprètes et controversistes des siècles passés.
- 54

7º. La grande bibliothèque de Bartolocci.


8°. La bibliothèque rabbinique de Wolf.
Ces quatre ouvrages que nous possédons depuis long
temps , nous aideront à la fois à exécuter et à compléter
notre version .

Nous n'oublierons pas de rechercher l'ouvrage qui a


pour titre : Schoettgenii Horae hebraicae et talmudicae, et
dont Rabe s'est servi , comme il le dit dans la préface du
traité Berakoth , pour remplir les lacunes de l'édition de
Francfort sur l'Oder de 1697. Ce livre nous a été inconnu
jusqu'à présent 87). Mais ce qui pourrait répandre le plus
de lumière sur les variantes et les lacunes des deux Tal-
muds, ce serait un manuscrit de l'un et de l'autre, qui re-
montât à une époque antérieure à toutes leurs éditions ;
car de pareils manuscrits ne devraient pas se ressentir de
la crainte que la censure a , plus ou moins , inspiré à la
Synagogue depuis la découverte de l'imprimerie. Nous nous
étions flattés d'abord de les trouver dans la bibliothèque
du roi, mais elle n'en contient pas même un seul fragment
comme nous en avons été assurés par M. Reinaud, employé
au cabinet des manuscrits orientaux . La fameuse biblio-
thèque rabbinique d'Oppenheimer, transférée aujourd'hui
de Hambourg à Oxford, est la seule peut-être qui possède
quelques précieux restes de ce genre. Nous ne manque-
rons pas de nous en informer , et comme nous sommes ré-
solus de n'épargner ni soins ni frais pour rendre la ver-
sion du Talmud de Babylone aussi digne de l'attention du
public éclairé qu'il nous sera possible, nous avons lieu d'espé-
rer que les savans orientalistes , les bibliothécaires , typo-
graphes, antiquaires et libraires des différens pays de l'Eu-
rope ne se refuseront pas à nous aider de leurs conseils
en nous communiquant tout ce qui pourra contribuer à
remplir un but aussi honorable.
Passons maintenant de la partie historique du Talmud

87) Je le possède maintenant avec le Novum Testamentum ex


Talmude illustratum de Meuschen , qui me fournira beaucoup de ma-
tériaux pour le même objet.
-- 55

à celle que nous appelons exégétique parce qu'elle contient


tout ce qu'il faudra savoir d'avance pour bien comprendre
notre version.
Dans notre Théorie du Judaïsme nous avons traité
des difficultés qui accompagnent la lecture et l'interpréta-
tion du Talmud, mais comme ces difficultés sont en grande
partie les mêmes par rapport à la lecture et à l'intelligence
de sa version il est indispensable de nous répéter ici au-
tant que notre sujet le demande.
Le Judaïsme dont le Talmud est le foyer , peut être
considéré comme doctrine antisociale ou comme culte re-
ligieux, et sous l'un et l'autre aspects il n'est que
l'opposé du Mosaïsme. Nous l'avons examiné sous le
premier point de vue dans notre Théorie en nous étayant
continuellement de l'autorité des talmudistes , de sorte que
nous n'avons besoin d'en retracer ici la tendance qu'en
rapportant les derniers résultats auxquels nous a amené
cet examen impartial.
Le Judaïsme est un systême de misanthropie qui en
veut à tous les peuples de la terre, sans aucune exception,
et qui finit toujours par nuire principalement à ceux qui le
professent. I consiste dans plusieurs altérations faites à
la loi de Moïse, dont voici les plus importantes :
1º. Il n'étend l'amour du prochain qu'aux seuls Juifs,
tandis que le Mosaïsme l'étend à tous les hommes,
sans aucune distinction 88 ). Il commande en outre qu'on
envisage tous les autres peuples de la terre comme di-
gnes de haine et de mépris pour la seule raison qu'ils
n'ont pas été ou qu'ils ne sont pas juifs.
2º. Il change la partie historique de la Bible en partie

88) Cette vérité se trouve clairement exposée et mise hors de toute


contestation dans notre Théorie du Judaïsme. Mais tous ceux qui ai .
ment à en acquérir la conviction sur l'autorité d'un homme qui peut
bien inspirer une entière confiauce , par ses profondes connaissances
sur l'esprit véritable du Mosaïsme , peuvent consulter le commentaire
de Rosenmüller (Scholia in vetus Testamentum) sur ces passages de la
Bible Exod. II , 13. XI , 2. XXII , 20 - 25. XXIII , 9. Levit. XIX,
1518 et 34. Deut, X , 19. etc. etc.
56

légale en proposant toutes les actions des ancêtres des


Juifs comme dignes d'imitation, et en rendant permanens
et généraux certains traits d'intolérance qui n'ont été
que l'effet d'une représaille momentanée et spéciale 89 ) .
3º. Il fait disparaître toute espèce de distinction entre
les dogmes et les cérémonies, et élève même les secon--
des au-dessus des premiers par des sophismes ridicules.
4º. Il s'obstine à regarder la loi mosaïque comme im-
muable et stationnaire dans toutes ses parties , quoi-
que Moïse y ait fait lui-même plusieurs changemens 9º) .

89) Le subterfuge de Jacob et de ses fils ( Gen. XXVII, 35. XXXIV,


13.). La restriction mentale moyennant laquelle les Hébreux emprun-
tèrent des Egyptiens les vases d'or et d'argent (Exod. III, 22. ) les vio-
lences à la suite desquelles ils rentrèrent en possession de la terre de
Canaan (Jesa. XI.) tout cela fut exécuté d'ordre de l'Eternel , selon la
manière dont les Juifs expliquent la Bible aujourd'hui , et doit se prati-
quer encore contre les non-Juifs , car la parole de Dieu est immuable.
Cependant la même Bible expliquée d'après les règles d'une saine cri-
tique nous fait entendre :
1º. qu'elle ne relève en Jacob les qualités de tromper et de supplan-
ter (Gen. XXVII, 35-36.) que pour les désapprouver, et qu'elle lui
change le nom de Jacob en celui d'Israël (Ib. XXXII, 28. ) pour l'exci-
ter à commencer une nouvelle vie en comptant sur le secours de
Dieu et non sur son adresse.
2º. qu'après avoir changé de manière de voir, Jacob condamne en mou-
rant la perfidie exercée par ses deux fils Siméon et Lévi contre les
Sichemites (ib. XLIX, 5.).
3º. que les Hébreux , au lieu de demander en emprunt aux Egyptiens,
n'ont fait que changer avec eux des immeubles qui leur appartenaient
contre des meubles précieux qu'ils pouvaient transporter (Gen. XLVII,
11. - Exod. III, 21–22. XI, 2—3. XII, 35. 36.) .
4º. qu'enfin ils sont rentrés en possession de leur ancienne demeure
à la suite de représailles provoquées par les Cananéens, que le texte
sacré nous laisse entrevoir. (Exod . XVII, 8. etc. Voy. Jahn Archaeol.
Biblica §. 297.) et que la position géographique de la terre de Gissen
et de la Palestine nous fait envisager comme inévitables.
Bref nous ne trouvons rien dans la Bible qui favorise la tromperie,
le mensonge et la violence , et s'il y a par hasard quelques expressions
qui , au premier coup d'oeil , paraissent le faire , nous aimons mieux
avouer que nous ne les comprenons pas que de les ériger en règle de
conduite comme on le fait dans le Talmud.
90) Exod. XIII , 2. et XVIII , I. Voy. ce que nous disons dans
- 57 -

50. Il substitue le commerce à l'agriculture.


6º. et l'étude superficielle et pernicieuse de la loi orale
à toutes les autres études et professions utiles.
Mais la misanthropie qu'on reproche aux adeptes de
la Synagogue sur toute la surface du globe a pour objet :
a . Tous les peuples non-Juifs en général.
b. Les Chrétiens et les Ismaélites en particulier
c. et souvent encore les Juifs eux-mêmes.

La première espèce de misanthropie a été puisée dans


l'orgueil que leur inspirent quelques fausses applications
des paroles de la Bible, c'est-à- dire, les bénédictions des pa-
triarches, et sur tout la bénédiction d'Abraham qui porte :
Je bénirai ceux qui te béniront et maudirai ceux qui te
maudiront , et toutes les familles de la terre seront bé-
nies en toi 91 ). Les titres qu'on leur donne dans l'Ecriture
Sainte de fils , de premiers nés , du plus précieux joyau
entre tous les peuples , de la terre, de royaume, de sacri-
ficateur , de nation sainte etc. 92) . Le dépôt de la loi
qu'ils ont reçu de Dieu, la terre de promission et d'autres
prérogatives qu'il serait long de citer et que l'on connaît
d'ailleurs. Elle a été aussi puisée dans la haine et dans
l'horreur que Moïse a été forcé d'inspirer aux Juifs contre
l'idolatrie 93 ) et que les fondateurs du Judaïsme ont appli-
quées aux idolâtres, c'est-à-dire, à tous les peuples non-Juifs,
qui, selon eux, ne sont qu'autant d'idolâtres.
La seconde a été déduite en partie de la Bible, c'est-
à-dire, de l'histoire d'Isaac, père des Juifs, et de celle d'Is-
maël, père des Ismaélites ; de l'histoire de Jacob qui repré-
sente les Juifs, et de celle d'Esau, qui , selon les talmudi-
stes, est le père des Chrétiens 94 ) ; en partie de l'aversion

notre Théorie sur l'usure. Il y a même plusieurs lois proposées par


Moïse dans le but de les changer eu temps et lieu p. ex. Exod . XII, 3.
11. 24. XXI, I. XXII , 24. etc.
91) Genes. XII , 3. cf. IX, 25 29.
92 ) Exod. IV, 22. XIX, 4-6.
93) lb. XX, 3-5 . etc.
94) lb. XXV , 23. où l'oracle de l'Eternel doune cette réponse à
Rebecca qui le consultait : Deux nations sont dans ton ventre et deux
― 58 -

que les Juifs nourrissent contre leurs frères apostats , car


ils ont regardé les premiers Chrétiens et les Ismaélites comme
autant de déserteurs de leur culte ; en partie enfin, de la
jalousie excitée par la prospérité de deux religions rivales
ainsi que de l'état de représailles où les ont continuelle-
ment entretenus les sectateurs du Christianisme et de l'Is-
lamisme 95
Les rivalités enfin qui existent entre les Juifs eux-
mêmes dérivent pour la plupart de différens degrés de soin,
qu'ils mettent dans l'étude ainsi que dans la pratique de
la loi orale, selon les pays où ils habitent , et selon d'au-
tres circonstances locales, auxquelles ils se conforment vo-
lontairement ou sont forcés de se conformer.
Cette partie du Judaïsme, qui a été, comme nous ve-
nons de le dire, suffisamment développée dans notre Théorie,
ne sera malheureusement que trop confirmée par un nom-
bre infini de passages de notre version qui se trouveront
indiqués dans l'index de chaque volume. Cet ouvrage non-
seulement viendra à l'appui de toutes les maximes, de tou-
tes les règles que nous avons établies dans la Théorie du
Judaïsme ; mais elle mettra aussi en évidence que nous y
avons été plus mesurés dans les expressions, plus modérés
dans le choix des citations , qu'on ne pouvait attendre de
celui qui écrit en se tenant fidèlement attaché au texte

peuples sortiront de tes entrailles ; et un peuple sera plus fort que


l'autre peuple, et le plus grand sera asservi au moindre, Dans la hé-
nédiction que Jacob obtint de son père par surprise , il est dit (ib .
XXVII , 29. ) que les peuples te servent et que les nations se proster-
nent devant toi. Sois le maître de tes frères , et que les fils de ta
mère se prosternent devant toi. Quinconque te maudira soil maudit,
et quiconque te bénira soit béni, Nous rapportons ces passages qui
peuvent répandre un grand jour sur plusieurs parties de notre version .
95) Les codes religieux des Chrétiens et des Mahometans four-
millent de renseignemens qui démontrent la justesse de ce que nous
avançons ici et que nous citerons dans le cours de notre version. Nous
tirerons aussi de tous les codes civils qui ont été rédigés un peu
après la rédaction et la clôture du Talmud , toutes les lois qui décèlent
un esprit de réaction contre les doctrines antisociales de la Syna-
gogue.
- 59

des livres religieux de la Synagogue. Nous y avons suivi


l'exemple de ces médecins qui, appelés à traiter une mala-
die révoltante, ferment les yeux sur ce qui les rebute pour
l'amour du malade , et s'ils sont obligés de parler de la
même maladie ils le font d'une manière mystérieuse et sous
les enveloppes d'un langage peu connu 96 ).
Le Talmud est le code sacré du Judaïsme considéré
sous le second point de vue, c'est-à-dire, comme culte reli-
gieux , parce qu'il contient la loi écrite et la loi orale
réunies ensemble dans un seul corps de doctrine, ou pour
parler avec plus de précision il explique la première par
la seconde au nom de l'Eternel. Tel a été l'avis de la plus
grande partie de ceux qui ont rédigé la Ghémara , tel est
aujourd'hui celui des rabbins et de la masse des Juifs de
la dispersion. Selon eux, de même que la Bible renferme
la parole infaillible de Dieu, et donne des règles de con-
duite dans sa partie historique aussi bien que dans sa par-
tie légale 97 ), de même le Talmud a été inspiré de Dieu et

96) C'est ici le lieu de prévenir le public que quoique nous tra-
duisions le Talmud en français, nous nous servirons du latin pour toutes
les expressions indécentes qui souillent plusieurs pages de ce code pha-
risaïque. Nous voudrions bien omettre de pareilles expressions , si un
semblable retranchement pouvait les rayer de l'esprit des Juifs . Mais
il ne servirait qu'à les cacher à ceux d'entre les non -Juifs , qui sont
appelés à coopérer de tout leur pouvoir à la guérison des premiers,
entreprise dans laquelle ils ne pourront réussir sans connaître à fond
la maladie qu'ils doivent traiter.
97) Quiconque ne distingue pas entre la loi et l'histoire de la
Bible , suit une maxime du Judaïsme sans le savoir. Il est vrai que
l'une et l'autre ont été divinement inspirées , mais la première seule-
ment dépose de la volonté de Dieu , et la seconde de la liberté des
hommes . Dans la première on voit comment les ancêtres des Juifs de-
vaient agir, et dans la seconde comment ils ont agi. Abraham est peut-
étre digne d'excuse mais non d'approbation lorsque , par une équivo-
que , il trouve le moyen de s'enrichir et de sauver sa vie au péril même
de compromettre l'honneur de sa femme (Gen. XII , 13. etc. ). Il mérite
notre admiration seulement lorsqu'il refuse de s'approprier les dépouil-
les de ses alliés malgré les droits qu'il pouvait y avoir (Ib. XIV, 21–
24.) . Moïse à son tour , n'est pas à imiter , lorsque , par un coup pré-
médité il tue un égyptien (Exod . II , 12.) . Mais il doit être obéï lors-
que à plusieurs reprises il recommande aux Hébreux de conserver une
60 -

est obligatoire dans ses lois aussi bien que dans son hi-
stoire. Il n'admet aucune distinction entre l'ordre civil et
religieux , entre les cérémonies et les dogmes , entre les
choses plus ou moins importantes ; tout y est religion, tout
y est dogme, tout y est d'une égale importance. Les con-
tradictions mêmes y sont débitées sous le titre de parole
de Dieu 98 ) . Mais Maimonides et quelques autres docteurs
de la Synagogue du premier ordre distinguent les doctrines
contenues dans le Talmud :
1º. en préceptes ( x ) ou pratiques (nn) qui ne se
trouvent écrits nulle part , mais qui sont dérivés du
mont Sinaï.
2º. en lois écrites (nan).
3º. en décisions ( 1 ), cérémonies (mana ) et constitu-
tions ( p ) que les prophètes, les scribes et les rab-
bins ont adaptées aux temps et aux circonstances.
4º. enfin en rits ( D7777) et usages (puw” ) qui sont comme
autant de légitimes conséquences de la loi écrite, aux-
quelles on est parvenu par la voie de l'examen et de
la discussion.
Ces savans israélites ont donc pensé très-prudemment
qu'on devait envisager le Talmud comme un commentaire
des dogmes et des lois qui doivent rester toujours les mê-

éternelle reconnaissance pour l'asyle qu'ils avaient en Egypte. La sin-


cérité qui règne dans l'histoire de la Bible et qui arrive jusqu'à retracer
les faiblesses et les crimes de ceux dont Dieu s'est servi pour l'écrire,
est une raison de plus pour croire à la divine inspiration ainsi qu'à la
bonté de ses lois dans les lieux et dans les temps où elles ont été
publiées. Cette distinction une fois admise entre la loi et l'histoire de
la Bible , l'une doit expliquer l'autre, et si la première commande aux
Juifs d'aimer les non-Juifs comme eux - mêmes , ils ont tort d'aller
puiser dans la seconde , des exemples de la conduite des Patriarches, qui
ne répond pas toujours à cet amour. Les Chrétiens sont tenus de leur
côté d'en faire autant à l'égard des Juifs , et ceux qui ne le font pas,
confondent l'histoire avec la morale et altèrent le nouveau Testament
plus encore que les auteurs des deux Talmuds n'ont altéré l'ancien, -
98) Voy. notre Théorie du Judaïsme II® partie où nous parlons du
principe de contradiction d'après la manière de penser des non- Juifs ,
car les Juifs cherchent à concilier dans le Talmud , toute espèce de
contradiction , aux frais du bon sens.
- 61 -

mes (n ) comme une glose des pratiques et des


cérémonies qui sont sujettes à changer ( b ). Ce-
pendant nous ne cesserons pas d'exhorter tous ceux qui
n'aiment point à se faire illusion sur la véritable tendance
de ce code, à vouloir bien se garder d'accorder une aveu-
gle confiance à des distinctions trop savantes qui ne ca-
drent presque jamais avec sa teneur.
Dans une question d'une aussi haute importance il ne
s'agit pas de savoir apprécier l'avis de deux ou trois com-
mentateurs , mais de pénétrer dans le véritable esprit du
texte , mais de voir ce qu'en pense le plus grand nombre
de ses interprètes , et de ceux qui en pratiquent les lois.
Qui juge les masses sur les idées et la conduite de quel-
ques individus, prend la périphérie pour le centre, et tourne
éternellement sur un cercle de funestes illusions. Je dis
funestes parce que la cause du Judaïsme serait déjà déci-
dée, et la nation juive reformée, si on n'avait pas pris et
donné continuellement le change , par une erreur aussi in-
concevable.
La doctrine du Talmud a trois voiles comme le Ta-
bernacle de Moïse. Levez le premier et vous en êtes dans
le vestibule : au delà du second vous en trouvez le Saint ;
déchirez le troisième et vous entrez dans le Saint des
Saints. J'entends parler de ce que j'ai appelé dans la Théo-
rie du Judaïsme Halaca , Agada et Cabale. Mais tout ce
que j'en ai dit dans cet ouvrage ne sert qu'à donner une
idée quelconque des difficultés qu'on rencontre lorsqu'on se
propose de comprendre le Talmud en le lisant dans son
texte original. Je dois donc revenir ici sur ce même sujet
pour en exposer brièvement tout ce qu'il faut en savoir
pour être en état de comprendre le même Talmud dans
notre version.
L'Halaca ( bn, anon) est l'expression fidèle de la
logique ou de l'art de raisonner des talmudistes , car ils
ont eu , eux aussi , leur méthode de démonstration, et ont
mis un soin tout particulier à la suivre, dans chaque que-
stion pour décider de tout péremptoirement. Il est vrai-
semblable qu'ils se sont servis du mot Halaca , qui dérive
de la racine (aller) pour signifier deux choses à la
62

fois, savoir : la manière dont il faut procéder pour prouver


ou décider ; et la nécessité ou l'obligation de se conformer
dans la pratique à ce qui a été déjà prouvé ou décidé.
Nous empruntons cette idée au dictionnaire talmudique
Baal Aruch où il est dit que l'Halaca est une chose qui
va et qui vient depuis le commencement jusqu'à la fin ou
le chemin sur lequel les Israélites doivent marcher conti-
nuellement.
Quant aux choses , la règle fondamentale de l'Halaca
est que toutes les preuves ne dérivent pas de la raison,
mais de l'autorité divine ; car Dieu a tout prévu, tout dé-
cidé d'avance , dans la révélation aussi bien que dans la
tradition ; de sorte que le mont Sinaï, est le corps et ipse
dixit, l'âme de la devise des talmudistes.
Quant aux paroles , sa règle fondamentale est que,
comme elles sont sorties de la bouche de Dieu , elles doi-
vent signifier tout à la fois , au propre et au figuré , avec
toutes les nuances étymologiques dont elles sont suscepti-
bles, car l'intelligence divine n'a pas de limites comme celle
de l'homme , et est au-dessus de toutes les règles gram-
maticales.
Quant à la méthode enfin , l'Halaca doit prendre son
essor du sommet du mont Sinaï, et faire le tour des éco-
les d'Orient et d'Occident , avant que d'en venir à la der-
nière décision, car quoique dans le Talmnd tout soit parole
de Dieu , il est cependant indispensable qu'entre plusieurs
avis différens, on désigne celui qui doit servir de règle de
conduite pour la nation entière, et que cette conduite ou
pratique , se trouve conforme à l'avis du plus grand nom-
bre ou à l'autorité la plus imposante .
Tâchons maintenant de nous expliquer plus clairement
sur cette règle fondamentale , qui est comme la clef de
toute notre version.
L'Halaca puise donc l'autorité dont elle s'appuie
1º. dans les constitutions de Moïse dérivées du mont
Sinaï.
2º. dans les citations de la loi écrite faites d'après les
treize modes d'argumentation , que Moïse reçut de Dieu
sur la même montagne.
- 63

3º. dans le témoignage de ceux d'entre les dépositaires


de la tradition , qui furent les plus suivis et les plus
réputés dans chaque siècle.
On dit Constitution de Moïse dérivée du mont Sinaï
(~ on nubb nɔn) une pratique dont l'origine revient aux
temps de Moïse tout au moins, et qui a été adoptée géné-
ralement sans aucune difficulté quoiqu'on n'en trouve aucune
trace dans la Bible.
Comme nous voyons que le législateur des Hébreux ,
au lieu de constituer de nouvelles lois , tâche souvent de
confirmer celles qui existaient déjà et qui étaient confor-
mes aux moeurs et au caractère de son peuple 99 ) de même
on peut présumer qu'il ne parle pas de plusieurs constitu-
tions parce qu'elles étaient trop connues pour penser à en
consacrer l'usage , en en fesant une mention spéciale dans
son code. De ce nombre furent peut-être les constitutions
dont traite Maimonides dans la préface de l'ordre Zeraïm
et qu'il fait monter jusqu'à 18, savoir :
1º. La mesure exacte de l'huile qu'il faut pour le sacri-
fice d'action de grâces et pour celui des Nazariens
ainsi que le nombre des jours qu'une femme doit res-
ter séparée de son mari en cas que ses règles ou un
autre flux de sang quelconque durent au delà des li-
mites ordinaires 100).

99) Voy. Rosenmüller Gen. II, 2 et 3. IV, 3 et 4. VII , 2. VIII, 20.


IX, 4 6. XXIV, 3. XXVII, 46. XXXI, 35. XXXVIII, 8. Exod . XIX,
22. XXI, 13. 24. XXXII , 7. etc.
100) C'est-à-dire la loi de Moïse avertit seulement que dans les sa-
crifices d'action de grâces et des Nazariens (Lėvit, VII , 12. et Num. VI,
15.) on offre des tourteaux paitris à l'huile et oints , sans indiquer la
quantité d'huile qu'il fallait employer pour cela. Or cette quantité ou
mesure se trouve exactement déterminée par la pratique ou par la pre-
mière des constitutions qu'on dit dérivées du mont Sinaï, Elle se
trouve déterminée à un demi log pour le sacrifice d'action de grâces et
à un quart , pour celui du Nazarien. Quant aux femmes atteintes par
les indispositions susmentionnées (cf. Levit. XV, 25.) nous préférons de
renvoyer nos lecteurs à l'endroit de notre version où il en sera ques-
tion expressément , plutôt que de nous hâter de les entretenir sur des
matières aussi peu agréables ; d'autant plus que , dans une préface, on
ne peut donner que la nomenclature de ces 18 pratiques traditionnelles.
- 64 -

2º. La portion de muraille et d'une autre élévation quel-


conque qui peut faire envisager un endroit comme pro-
priété particulière ou publique ) , et la muraille ou le
paroi qui cessent de mériter ce nom parce qu'ils pen-
chent trop d'un côté.
3º. La mesure des choses qu'il est défendu de manger 2),
les empêchemens qui peuvent rendre sans effet un bain
de purification ³ ). Les dimensions que doit avoir une
muraille pour être regardée comme telle d'après la loi.
4º. Les divers emplois des branches de saule 4 ) et l'effu-
sion de l'eau dans la fête des Tabernacles 5 ).
5. Les différentes espèces de parchemin sur lesquels
doivent être écrits les Tephillin ou les frontaux que
les Juifs portent aujourd'hui pendant la prière du ma-
tin ; la Mezuza ou le petit rouleau qu'ils attachent
à côté de leurs portes 6 , et le volume de la loi qu'ils
gardent dans les Synagogues .
6. La lettre Chin ) , le noeud , les courroies noires , la
forme quarrée, et le trou des mêmes Tephillin.
7°. que les Tephillin doivent être enveloppés dans du
poil et cousus avec les nerfs d'une bête pure.
8°. que le volume de la loi doit être écrit avec de l'en-
cre et sur un parchemin soigneusement réglé.

1) Cela regarde l'observance du samedi , car nous verrons dans


le traité Cabbath que selon les rabbins il est défendu de porter pen-
dant le samedi une chose quelconque d'un lieu appartenant à un par-
ticulier à un autre lieu qui appartient au public et vice-versa.
2) C'est - à - dire la quantité des choses défendues qui peut suffire
pour enfreindre la loi lorsqu'on en mange.
3) Comme p. ex. une bague au doigt, un os entre les dents etc.
rendent invalable le bain qu'une femme est obligeé de prendre après
ses ordinaires.
4) Lev. XXIII , 40.
5) L'effusion de l'eau était au jour de fête consacrée à l'allgéresse
publique comme nous le verrons dans le traité des Tabernacles.
6) Exod. XIII, 16. Deut. VI, 9.
7) Cette lettre est tracée deux fois sur les côtés des maisonnettes
extérieures des Tephillin de la manière que nous le dirons dans les
traités Beracoth et Menachoth,
65 -

9. qu'on ne peut pas porter atteinte à la virginité d'une


fille en ayant commerce avec elle avant qu'elle ait l'âge
de trois ans.
10°. que si l'on réunit dans une seule aire à battre les
grains , deux espèces de froment , on les considère
comme une seule espèce relativement à la portion
qu'on doit en donner aux pauvres, selon la loi 8 ), mais
on les regarde comme deux espèces si on les place
sur deux aires différentes .
11°. que pour former un mélange qui soit interdit par
la loi ) il suffit de mêler avec autant de fròment qu'il
en faut pour ensemencer une terre d'une Sea 1º), la
vingt- quatrième partie d'un Cab des graines que l'on
cultive dans un potager, et qui produisent des herbes
qui ne sont pas bonnes à manger.
12°. Si on trouve dix plantes dispersées ça et là sur un
espace de terrain d'une Sea, on peut labourer ce ter-
rain tout entier pour conserver les plantes lorsque la
culture des champs est défendue 11)
13°. que pour une masse ronde de figues devenue impure
d'un côté, on peut donner le truma ou l'offrande com .
mandée par la loi 12 ), de l'autre côté qui n'est pas
impur.
14°. que le prépuce des arbres fruitiers doit être observé
même hors de la terre de Palestine ¹³ ).
15°. que les enfans peuvent lire à la lampe du samedi,
seulement dans le cas que leur précepteur , étant pré-
sent, puisse les empêcher de l'éteindre par mégarde.

8) Levit, XIX , 9.
9) Car Moïse a interdit toute espèce de mélange. Ib. 19.
10) Nous traiterons un peu plus tard des poids et des mesures du
Talmud.
11) C'est-à-dire entre la Pentecôte de la 6º année et le commen-
cement de la 7º,, temps où les Rabbins défendent le labourage des
champs, mais non la culture des plantes , ainsi que nous aurons occa-
sion de le voir dans le traité Cheviith.
12) Ib. XXII , 12 etc.
13) Quoique la loi ( ib. XIX , 23-25 .) relativement à cette circon-
stance , ne fasse mention que de la terre de Palestine.
1. E
- 66

16°. que la femme qui , le jour de samedi , porte quel-


que chose sur une espèce de ceinture appelée Senar,
pêche toujours, attendu la mobilité de cet habillement
qu'elle connaît d'avance, et qui par conséquent lui ôte
toute excuse sur la violation du repos commandé 14 ) .
17°. qu'il est permis de mêler le vin de deux qualités
différentes lorsque ce mélange est à l'avantage de celui
qui l'achète.

18°. enfin que dans la partie de la terre de Palestine,


qui était occupée jadis par les Ammonites et par les
Moabites, on devait payer la dîme aux pauvres, pen-
dant la septième année, c'est- à - dire , pendant qu'on cé-
lébrait le repos de la terre 15 ), et qu'il était défendu
de la payer par tout ailleurs.

Toutes ces constitutions sont d'une autorité majeure


même selon les docteurs de la Synagogue, qui distinguent
entre les lois stables et celles qui ne le sont pas ; et l'opi-
nion qu'elles ne sont nullement fondées sur la loi écrite,
va si loin , que , si pour les expliquer on en appelle , par
hasard, à la Bible , Maimonides a l'air de tenir pour ma-
xime, que ces citations ne prouvent rien, mais qu'elles ser-
vent uniquement pour rafraîchir la mémoire. Nous ver-
rons cependant, dès les premières pages de notre version ,
que même les citations de ce genre , ont une force bien
plus grande que celle que leur attribue ce savant.
On appelle aussi Halaca dérivée du mont Sinaï les
treize modes d'argumentation wi ou les treize
règles d'interprétation de la loi écrite que voici :
1º. A minori ad majus et vice-versa comme p. ex.: Si un
père a raison d'être fâché contre son fils, d'autant plus
Dieu lui-même 16) , et lorsque Dieu dit à un père de
famille : J'ai donné cette ordonnance perpétuelle à toi,
à tes fils , à tes filles , à tous ceux qui seront purs
dans ta maison 11), il parle a majori ad minus. De

14) On trouvera dans le traité Cabbath tout le développement que


demande ce point de doctrine que nous n'avons pu qu'effleurer ici,
15) lb. XXV, 2-7 . 16) Voy. Nomb. XII, 14. 17) Ib. XVIII, 11 .
67

même le ministre de la cour d'Egypte qui fouilla


les frères de Joseph depuis le plus grand jusqu'au plus
petit18) en agit a majori ad minorem.
2º. A simili, p. ex .: il est dit 19 ) : Ne nous rasez point
entre les yeux pour aucun mort, et ailleurs 20 ) : Ils
n'arracheront point les cheveux de leur tête pour la
rendre chauve. Or comme dans ce dernier passage,
qui est en quelque sorte semblable au premier, on parle
de la tête toute entière, je dois conclure a simili que
dans le premier aussi on parle de toute la tête quoi-
que cela n'y soit pas dit expressément.
3º. A structura principali, c'est-à-dire, ce qui est claire-
ment établi une fois , dans un ou deux versets de la
Bible , doit servir de règle pour tous les autres cas
pareils , que le législateur n'a pas développés avec la
même précision. P. ex.: la fête de Pâques est la seule
dont il soit écrit explicitement : il ne se fera aucune
oeuvre en ce jour là ; seulement on vous apprètera à
manger ce qu'il faudra pour chaque personne 21 ). Ce-
pendant on doit conclure de ce passage que les autres
fêtes aussi sont sujettes à la même caution , quoique
l'Ecriture- Sainte ne l'ait dit nulle autre part. Nous di-
sons un ou deux versets parce qu'on rapporte à cette
espèce d'argumentation, tout autre cas où le second de
deux versets , qui sont très-près l'un de l'autre , spé-
cifie et détermine le premier. Comme p. ex .: on dé-
fend dans un verset de choisir des prêtres qui aient
quelque défaut dans leurs corps, et l'on explique dans
le verset suivant que par l'expression défaut il faut
entendre que le prêtre ne soit ni aveugle ni boiteux
ni camus 22) . Mais tous ces cas rentrent en quelque
façon dans le mode d'argumentation qui suit.
4º. A generali et speciali. C'est- à-dire, le genre est tou-
jours déterminé par l'espèce qui suit. Lorsque la loi
ordonne p . ex.: de faire une offrande d'une bèle à

18) Gen. XLIV , 12. 19) Deut. XIV , 1. 20) Levit. XXI , 5.
21) Exode XII , 16. 22) Lev. XXI, 17–18.
E2
- 68 ---

quatre pieds 23) on pourrait croire qu'elle parle de tou-


tes les bêtes sans aucune distinction ; mais en lisant
plus loin on s'aperçoit qu'elle ne parle que du gros
et du menú bétail, et plus particulièrement des boeufs ,
des brebis et des chèvres.
„15º. A speciali et generali, ce qui est précisément l'inverse
du mode précédent. En effet, si l'écriture sainte com-
mence par indiquer plusieurs espèces, et finit par citer
le genre, on doit dire qu'elle ne parle que par induc-
tion. Ainsi lorsqu'elle dit 24 ) : Tu feras la même
chose de son âne et tu feras ainsi de son vêtement,
et tu feras ainsi de toute chose que ton frère aura
perdue. C'est comme si elle s'était exprimée de cette
autre manière : Tu rendras à ton frère tout ce qu'il
aura perdu, comme p. ex. son boeuf, son âne, son vê-
tement etc.
6º, Generale , speciale et rursus generale , c'est-à-dire,
lorsque le législateur énonce d'abord une loi , en ter-
mes généraux, la spécifie ensuite, et après l'avoir spé-
cifiée il revient encore une fois aux expressions géné-
rales. Ce n'est pas d'après ces dernières expressions
qu'il faut l'entendre, mais d'après la spécification qu'il
en a déjà faite 25). Ainsi lorsque Dieu dit dans la
Bible 26) : Et tu emploieras l'argent en tout ce que
ton âme souhaitera (c'est le général), soit gros ou menu
bétail , soit vin ou autre boisson enivrante (c'est le
spécial), et en toute autre chose que ton âme désirera
(c'est encore une fois le général) . La teneur de son
discours a pour but non les biens meubles et immeu-
bles en général, mais les premiers seulement selon ce
que porte la spécification.
7°. Generale quod opus habet speciali et speciale quod
opus habet generali. Un exemple servira pour éclair-
cir cette formule qui demanderait de longs préliminai-

23) Lev. I, 2. 24) Deut. XXII , 3.


25) On doit suivre à peu près la même règle lorsque les termes
se trouvent entre deux spécifications.
26) Deut. XIV , 26.
69

res. Dieu dit à Moïse 27) : Fais le dénombrement de


tous les premiers nés mâles. Mais s'il n'avait pas ajouté
la spécification mâles à l'expression générale tous les
premiers nés on aurait pu croire que les femelles aussi
devaient entrer dans ce dénombrement. Cette spécifi-
cation même laisse encore un doute sur les mâles qui
sont premiers nés seulement par rapport à d'autres
mâles , mais non relativement aux femelles qui pour-
raient être nées avant eux. C'est pourquoi la loi ex-
plique 28) la spécification mâles par l'autre expression
générale tout male qui ouvre la portière ce qui écarte
toute sorte d'équivoque en désignant avec précision les
premiers nés mâles qui sont le premier fruit des en-
trailles de leurs mères.
8°. Omnis res in generali summa comprehensa et alibi
inde excipitur ad certi aliquid docendum , tunc non
ut de se ipsa aliquid doceat, excipitur, sed ut doceat
aliquid de generali summa . Exemple : Quiconque don-
nera de sa lignée à Moloc sera puni de mort; le
peuple du pays l'assommera de pierres 29 ) . Or l'ido-
lâtrie envers Moloc est comprise dans le précepte gé-
néral de ne point laisser vivre celui qui sacrifie à d'au-
tres dieux qu'à l'Eternel 30). Si on l'excepte ici , ce
n'est pas pour apprendre qu'elle soit digne d'un plus
grave châtiment que les autres espèces d'idolâtrie, mais
pour indiquer que le genre de mort réservé à toutes
est la lapidation. Cette circonstance avait été omise
dans le précepte général.
9. Res in generali summa comprehensa et alibi ab ea
excepta ad arguendum aliquid simile isti negotio, le-
vandi, non gravandi causa excipitur. Exemple : Si
quelqu'un tue son prochain dans une forêt avec sa
cognée pendant qu'il coupe le bois il s'enfuira dans
un lieu d'asile 31 ). Ce cas particulier est compris dans
la loi générale 32 ) : Si quelqu'un frappe un homme et
qu'il en meure , on le fera mourir de mort ; il lui est

27) Num III , 40. 28) Exod. XIII , 15. 29) Levit. XX , 2.
30) Exod. XXII , 20, 31 ) Deut. XIX, 5. 32) Exod.XXII , 12.
70

même parfaitement semblable , excepté la circonstance


qu'il peut être l'effet du hasard. Or c'est justement
cette circonstance qui , loin d'augmenter la peine exigée
par la loi générale, la change en droit d'asile pour cette
espèce de meurtriers.
10°. Res in generali summa comprehensa ut alibi inde
egrediens ad arguendum aliquid diversum a generali
summa; egreditur et ad diminuendum et ad gravandum.
Exemple: Si tu achètes un esclave hébreu, il te servira
six ans et au septième il sortira pour être libre sans
rien payer 33). C'est là la loi générale. Mais le lé-
gislateur excepte un peu après 34 ) une esclave juive en
disant : Si quelqu'un vend sa fille pour être esclave elle
ne sortira pas comme les autres esclaves. Il fait cette
exception pour nous apprendre quelque chose qui n'est
pas ordinaire dans la condition d'esclave, mais qui lui
est en partie favorable et en partie défavorable , c'est-
à-dire, il veut nous apprendre que cette esclave pourra
sortir de son état de servitude avant la sixième année,
et qu'elle peut être contrainte à épouser son maître
ainsi qu'on peut le recueillir par le texte de la loi
tout entier.
11º. Res in generali aliqua summa comprehensa et ex ea
egrediens rursus ad novum aliquid indicandum , non
potes eam reducere in summam suam nisi versus aliquis
id expresse faciat. Exemple : Quand le sacrificateur
aura acheté quelque personne de son argent, elle man-
gera de sa viande ainsi que celui qui sera né dans sa
maison 35 ). Mais un moment après 36 ) le législateur
excepte de ce nombré la fille du sacrificateur mariée
à un étranger et l'on devrait tenir ferme à cette ex-
ception, si le même législateur n'avait pas prévu le cas
de veuvage en ajoutant expressément 37 ) : Si lafille
du sacrificateur étant veuve retourne dans la maison
paternelle, elle mangera de la viande de son père.
12°. Res discitur ex textu suo et res est quae discitur e

33) Exod. 2. 34) Ib. 7. 35) Levit. XXII , 11. 36) lb. 12. 37) lb. 13.
- 71

fine suo. C'est-à -dire, il faut prêter attention à ce qui


précède et ce qui suit dans le texte de la loi pour
bien pénétrer son esprit. P. ex.: il est dit 38 ) du sou-
verain sacrificateur qu'il ne doit point sortir du san-
ctuaire , non pour indiquer qu'il doit y demeurer tou-
jours , mais qu'il ne doit pas en sortir pour s'occuper
de funérailles ou pour s'exposer à être souillé par l'ap-
proche d'un cadavre , comme on peut le déduire de ce
qui précède 39). De même on lit plus haut 40) : que nul
ne doit s'approcher de celle qui est sa proche parente
pour découvrir sa nudité. Or l'ensemble de ce qui
suit, détermine avec précision ce qu'il faut entendre
par proche parente.
13º. Duo versus sibi invicem repugnantes si sint, veniet
tertius et conciliabit eos. Ainsi p. ex. un verset de la
Bible porte 1 ) que Dieu parla à son peuple sur la
montagne de Sinai. Cependant nous trouvons dans un
autre verset 42 ) relatif à la même circonstance : vous
avez vu que je vous ai parlé des cieux. Or parler
du sommet du mont Sinaï ou du haut des cieux pa-
raissent deux choses contradictoires. Mais voici un
troisième verset 43 ) qui lève cette contradiction. Il t'a
fait entendre sa voix des cieux lorsqu'il a voulu t'in-
struire, et il t'a montré son grandfeu sur la terre lors-
que tu as entendu ses paroles. D'où il faut conclure
que dans cette occasion l'Eternel baissa les cieux sur
le mont Sinaï et fit entendre les accens de sa voix d'un
lieu où le ciel et le Sinaï se touchaient mutuellement.
C'est pourquoi il est dit autre part 44) : 1l baissa donc
les cieux et descendit, ayant l'obscurité sous ses pieds.
Nous avons donné les formules de ces treize modes
d'argumentation en hébreu dans notre Théorie du Judaïsme
parce qu'elles peuvent faciliter la lecture du Talmud. Nous
y avons aussi exposé la raison qui nous détermine à les -
traduire plutôt en latin qu'en français. Or l'Halaca se sert

38) Lev. XXI, 12. 39) ib. 11 . 40) Ib. XVII, 6. 41) Exod. XIX, 20.
42) Ib. XX, 22. 43) Deut. IV, 36 . 44) I1 Sam. XX, 10.
-- 72 -

avec tant de confiance de ces treize règles d'argumentation


pour citer et éclaircir en même temps la loi de Moïse qu'elle
les appelle les colonnes et les supports de tout l'édifice
légal, c'est-à-dire, de tout l'échafaudage qu'elle a su dresser
autour de la loi mosaïque.
Elle puise enfin son autorité dans le témoignage des
dépositaires de la tradition, c'est-à -dire , dans l'autorité des
pères de famille et des docteurs du premier et du second
ordre. En d'autres mots elle fait remonter la tradition de
père en fils, des disciples aux précepteurs et des docteurs
à d'autres docteurs moyennant le prestige de quelques noms
qu'elle emprunte , au hasard , à des généalogies et à des
chroniques très-obscures. Elle dit p . ex.: que Juda le Saint
est un écrivain digne de foi parce qu'il n'a fait que cou-
cher par écrit ce qu'il avait entendu de Siméon, son père ;
et Siméon de Gamaliel, son père ; et Gamaliel d'un autre Si-
méon, son père ; et ce Siméon d'un autre Gamaliel, son père ;
et ce Gamaliel d'un troisième Siméon, son père ; et ce troi-
sième Siméon de Hillel, son père. Arrivée à Hillel elle
observe qu'il n'enseignait que ce qu'il avait appris de Che-
maïa et Abbalion qui furent ses précepteurs, et ainsi du
reste, comme nous l'avons déjà dit , jusqu'à ce qu'elle re-
trouve le moyen de rattacher ces noms à ceux des prophè-
tes, des souverains pontifes, des juges et des vieillards jus-
qu'à Ahron et Moïse eux-mêmes. Elle répéta à peu près
la même opération en descendant , mais alors elle passe
par tous les chefs d'école et leurs adhérans de la manière
que Maimonides nous l'explique en détail, dans la préface
de son abrégé du Talmud intitulé Jad Hazaka 45) . Quant
à la loi écrite, dit-il, Moïse en déposa lui-même un exem-
plaire dans l'arche, et en distribua douze autres exemplai-
res aux tribus avant sa mort. Mais quant à la loi orale
il en confia le dépôt de vive voix à Eleazar, à Phinéa, à
Josua, aux vieillards, bref, à tous les Israélites. Josua et
Phinéa l'enseignèrent eux aussi de vive voix , pendant leur
vie , de sorte que plusieurs vieillards qui ne l'avaient pas

45 , Voy. Théorie du Jud. P. II. Max. Ire.


73 -

entendue de Moïse purent l'apprendre d'eux. Heli la reçut


des vieillards et de Phinéa ; Samuel de Heli et de son con-
sistoire ; David, de Samuel et de son consistoire ; Ahie Si-
lonite, de David et de son consistoire 46 ) . Elie, de Ahie
Silonite et de son consistoire ; Elisée , d'Elie et de son con-
sistoire ; le prêtre Jehojada, d'Elisée et de son consistoire ;
Zacarie, de Jehojada et de son consistoire ; Hosée, de Zaca-
rie et de son consistoire'; Amos, de Hosée et de son consi-
stoire ; Jesaïe, d'Amos et de son consistoire ; Mikée, d'Isaïe
et de son consistoire ; Joël, de Mikée et de son consistoire ;
Nahum, de Joël et de son consistoire ; Habacuc, de Nahum
et de son consistoire ; Sophonie, de Habacuc et de son con-
sistoire ; Jérémie, de Sophonie et de son consistoire : Baruch,
fils de Nérie, de Jérémie et de son consistoire ; Ezras et
son consistoire 47 ) , de Baruc, fils de Nérie, et de son consi-
stoire ; Siméon le juste, d'Ezras et de son consistoire 48) ;
Antigone le Sokéen et son consistoire, de Siméon le juste
et de son consistoire ; Jose, fils de Joazar, de Tserira et Jose,
fils de Johanan de Jérusalem, avec leur consistoire, d'Anti-
gone et de son consistoire ; Josue, fils de Parahie et Na-
thaï l'Arbélite, avec leur consistoire, de Jose fils de Joazar
et de Jose fils de Johanan et de leur consistoire ; Jehuda,
fils de Tabée, et Siméon, fils de Chatech, et leur consistoire,
de Josua fils de Parahie , de Nathaï l'Arbélite et de leur
consistoire ; Chemaïa et Abtalion proselytes de la justice
et leur consistoire, de Jehuda, de Siméon et de leur consi-
stoire ; Hillel et Chammaï et leur consistoire, de Chemmaïa
d'Abtalion et de leur consistoire ; Rabban Johanan, fils de
Zakaï, et Rabban Siméon, fils de Hillel le vieux, de Hillel
de Chammaï et de leur consistoire.

46) Maimonides observe que cet Ahie Silonite a pu apprendre la


tradition de ceux qui étaient sortis d'Egypte.
47) Par consistoire d'Ezras Maimonides entend la Grande- Synago-
gue ( 1737 nɔɔɔ) dont Ezras était le président, et Haggée , Zacarie,
Malakie, Daniel, Hananie , Misaïl , Azarie , Néhémie, fils d'Hekelie , Mar-
dokée , Belsar , Zorobabel et plusieurs autres vieillards au nombre de
120 les membres ou les assesseurs.
48) Siméon le Juste créé grand-prêtre après Ezras a été le dernier
d'entre les membres de la Grande- Synagogue.
74 -

Maimonides ajoute que Rabban Gamaliel le vieux re-


çut la tradition de Rabban Siméon, son père et fils de Hil-
lel le vieux ; que Rabban Siméon, fils de Gamaliel, la reçut
de son père ; que Rabban Gamaliel , fils de Siméon , la reçut
de son père , qu'enfin Rabban Siméon, fils de Gamaliel, la
reçut également de son père. Or R. Jehuda le Saint, au-
teur de la Mischna, a été le fils de ce dernier Rabban Siméon .
Nous avons soigneusement recueilli cette chaîne des
dépositaires de la tradition parce qu'elle est comme le fil
d'Ariadne dans le labyrinthe où nous allons nous renfer-
mer. Elle contribuera aussi beaucoup à aider la mémoire
dans la biographie des docteurs qui parlent dans la Mischna
et dans la Ghémara, et dont nous nous occuperons tout à
l'heure. Mais tenons pour règle certaine que toutes ces tra-
ditions de père en fils et des précepteurs aux disciples ont
dû être nécessairement altérées à plusieurs reprises. En
effet nous avons indiqué plusieurs motifs de cette altéra-
tion dans notre Théorie et entre autres la maxime qui se
trouve dans la Mischna et qui porte, qu'un fils peut renon-
cer aux traditions de son père autant de fois que plusieurs
docteurs s'accordent à les infirmer par d'autres traditions
contraires. Nous trouverons aussi bien souvent dans la
Ghémara que ses auteurs, tout en croyant à la divinité de
la tradition, sont obligés d'élever en principe que les disci-
ples peuvent corrompre et ont réellement corrompu les tra-
ditions de leurs précepteurs.
·
R. Isaac dit dans le Talmud 49) : La correction des
scribes et ce qu'on lit dans la Bible sans qu'il y soit écrit,
et ce qu'on y écrit sans qu'il doive être lu , forment une
constitution de Moïse dérivée du mont Sinai ( b
). Quoique ces paroles aient constitué en origine le
langage de la critique , les talmudistes en ont étrangement
abusé par la suite. Ils en ont fait le fondement de l'opi-
nion que le texte sacré de la loi a été dicté à Moïse de

49) Nedarim 37 " b. c'est de ce passage qu'est dérivée , comme je


crois , la Massora ou la lecture traditionnelle de la Bible dont j'ai déjà
parlé dans la Théorie du Judaïsme, et qui revient à peu près vers la
clôture du Talmud.
75 -

la bouche de Dieu avec toutes les minuties grammaticales


qui regardent l'etymologie des mots , la forme des lettres,
les accens et tout le système graphique et orthographique
que les grammairiens israélites ont enfanté à différentes
époques après que leur langue a commencé à tomber en
désuétude. Mais il faut se rappeller que l'Halaca prend la
grammaire de la Bible 50) dans une acception toute parti-
culière, qui se trouve dans le nom qu'elle lui donne p
subtilité. Tout ce qui, dans les paroles de la loi ne prête
pas à la subtilité, lui est parfaitement indifférent, de sorte
que , si depuis ce moment , nous nous fesons une loi de
croire que les talmudistes non seulement ont ignoré la
partie scientifique de la langue hébraïque, mais qu'ils l'ont
même négligée à dessein, nous pouvons être sûrs que pres-
que tout le Talmud viendra à l'appui de cette assertion.
Ils ont pensé , peut-être , que ce n'est pas le bon sens qui
a inventé la grammaire, mais l'esprit borné des hommes, et
que par conséquent Dieu devait avoir une grammaire toute
à lui , qui fût supérieure , et souvent même contraire au
bon sens .
Cela fait qu'on ne doit pas regarder comme hy-
perbolique, la sentence du traité Sopherim, que Dieu donna
à Moïse, la loi, avec l'art prodigieux de déclarer chaque
chose de 49 manières pures et de 49 manières impures, et
nos lecteurs pourront facilement en convenir en se péné-
trant d'avance de l'idée que dans chaque passage de la loi
mosaïque l'Halaca considère les paroles du texte sacré :
1º. d'après leur nombre ,
20. d'après leur nature ou forme intérieure
3º. et d'après leur forme extérieure 51 ).

50) Je dis la grammaire de la Bible pour la distinguer de celle


du Talmud dont nous avons parlé dans la Théorie du Judaïme , P. fro.
51) On pourrait trouver digne d'approbation cette extrême sollici -
tude que l'Halaca exerce continuellement sur les paroles d'un monument
religieux si la pratique était toujours aussi raisonnable que la théorie. B
Mais il est un fait des plus avérés ; c'est que cette même sollicitude a to-
talement défiguré la physionomie de la Bible, et nous ne nous lasserons pas
de répéter qu'il ne faut point juger l'esprit des talmudistes sur leurs
maximes générales, mais sur les applications qu'ils en font à chaque
occasion.
76 -

En effet, un des plus savans écrivains israélites de


nos jours 52 ) s'est cru en devoir de commencer à parler
des treize modes d'argumentation en passant en règle gé-
nérale que ces modes servent aux talmudistes pour inter-
préter la Bible dans le but de rendre compte de chaque
parole avec une rigueur qui dépasse toute imagination.
Rien de superflu dans la parole de Dieu. Cette pensée
juste en elle même veut signifier dans la bouche des au-
teurs du Talmud
1º. que si Moïse , au lieu de l'expression très-simple :
Dieu vous donne la loi, s'est servi d'une tournure pro-
verbiale, qui répète la même chose deux ou trois fois,
il a voulu symboliser par là, que Dieu confia aux Is-
raélites la loi écrite , telle qu'elle est dans le Penta-
teuque et la loi orale, telle qu'elle est dans le Talmud.
2º. que lorsque Jesaïe qui parle en prophète et en poète
en même temps , cumule ensemble plusieurs substan-
tifs à peu près synonymes, cela demande une explica-
tion, et leur nombre de six fait allusion aux six or-
dres des matières talmudiques.
3º. que si Jérémie enfin se sert trois fois du mot N
rugir comme un lion 53 ) dans un seul et même ver-
set , ce n'est pas l'art poétique des orientaux qui l'a
porté à faire cette répétition , mais le dessein de nous
apprendre que la nuit a trois veilles, et que dans cha-
cune de ces veilles Dieu rugit comme un lion.
Nous n'avons pas besoin de porter plus loin les exem-
ples de ce genre , car nous traduisons le Talmud qui en
est rempli ; mais nous prions nos lecteurs de ne point ou-
blier qu'une des raisons principales qui ont forcé les tal-
mudistes à tourmenter leur esprit pour rattraper à leur
manière le sens des paroles de la Bible , moyennant les
treize modes d'argumentation, c'est qu'ils ont vu le nombre

52) Peter Beer - Geschichte , Lehren und Meinungen aller bestande-


nen und noch bestehenden religiösen Sekten der Juden und der Geheim-
lehre oder Cabbalah.
53) XXV , 30. On retrouvera l'explication de ce passage dans les
premières pages de la version du traité Beracoth.
- 77

et la composition où il n'y avoit que l'unité et la simplicité


la plus rigoureuse 54).
Il y a, pour ainse dire, des familles et des colonies de
mots , comme il y a des familles et des colonies d'hommes.
C'est pourquoi les premiers sont ou primitifs ou dérivés,
indigènes ou étrangers, et offrent un grand nombre de nu-
ances , sur tout dans les langues orientales, où les formes
des noms et des verbes respectent les droits de l'analogie
plus encore que dans les langues d'Occident. Leur signifi-
sation est tantôt étymologique , tantôt logique, tantôt gram-
maticale, tantôt enfin littérale, et cette dernière se subdivise
en propre et figurée. C'est à l'aide de la critique et des
antiquités que l'on tâche communément de se mettre dans
les mêmes circonstances que les auteurs qui nous ont parlé,
à des époques plus ou moins reculées, et de ne point pren-
dre le change sur le sens qu'ils ont attaché à leurs paro-
les. Le but ordinaire d'un interprète est de rechercher si
le monument dont il s'occupe doit être expliqué au propre
ou au figuré et , tout au plus, au propre et au figuré en
même temps. Mais les talmudistes ont cru déroger au
respect dû à la divinité, en renfermant leurs interprétations
de la Bible dans des bornes aussi étroites. Il paraît qu'ils
se sont dit : que comme la pensée de Dieu est infiniment
plus étendue que la parole, elle a consigné dans chaque mot
de la Bible autant de prescriptions légales qu'il peut avoir
de significations, autant d'idées qu'il a de nuances. Et si ce
systême exégétique entraîne avec lui des contresens et des
contradictions sans nombre , ce n'est que l'effet de notre
faible intelligence. Le devoir de chaque docteur de la loi
est de le croire parfait, et de travailler à le justifier dans
toute son étendue. Voilà ce que n'ont pas manqué de faire
les rédacteurs du Talmud avec toute la contention de leurs
esprits. Toutes leurs explications de la loi mosaïque sont

54) Le seul sens de la Bible sur lequel l'Halaca glisse avec indif-
férence , ou qu'elle néglige ouvertement , est celui que nous appelons
proprement grammatical, et qui se retrouve dans les formes des noms et
des verbes étudiées par principes.
78 -

autant d'énigmes pour quiconque respecte les limites de la


raison, et ne s'enfonce pas avec eux, dans la bourbe des so-
phismes les plus ridicules. Nous en avons donné plusieurs
exemples dans notre Théorie.
Il est vrai que le Talmud parle d'un ordre de docteurs
appelés Scribes qui ont eu un temps la bonne idée de sup-
poser des variantes dans le texte sacré, et de les dériver de
l'ignorance de ceux qui ne l'ont ni bien transcrit ni bien
prononcé. Mais tous les autres docteurs talmudiques ont
rarement partagé cet avis. Nous voyons au contraire qu'ils
ont rendu raison de tous les mots écrits ou prononcés d'une
manière irrégulière , de toutes les lettres ajoutées, retran-
chées ou changées contre d'autres , qui ont à peu près la
même conformation ; des lettres mêmes, que les copistes ont
transposées ou renversées par mégarde. L'Halaca trouve
dans tout cela des mystères ; elle y voit tout au moins des
sujets dignes d'exercer son esprit de recherche.
Nous avons jusqu'ici personnifié l'Halaca , et nous conti-
nuerons à le faire à l'avenir, car nous avons remarqué qu'elle
soutient seule dans le Talmud le rôle de la loi orale. En
effet, dans le dialogisme perpétuel, qui va d'un bout à l'au-
tre des douze in-folio dont se compose ce code religieux ,
on aperçoit trois interlocuteurs bien distincts , que je dési-
gnerai avec le nom de premier et second témoin et de Juge
pour me faire entendre de mon mieux. Le Juge est un
personnage qu'on ne peut définir, ni désigner avec précision.
Il n'est ni Juda le Saint, ni R. Ache , ni Ravina, mais, l'Ha-
laca qui propose ses questions au nom de la tradition ; et
les témoins sont toujours deux docteurs de la loi, qui sor-
tent de deux rangs de jurisconsultes qui diffèrent d'avis
sur chaque point de doctrine. Or l'Halaca les écoute avec
résignation jusqu'à la fin de leurs tirades interminables,
quelquefois décide de quel côté doit se ranger la pratique,
quelquefois le donne à deviner et continue son train en que-
stionnant de nouveau les témoins . Son genre est socrati-
que, elle exige d'eux , qu'ils passent de la Bible à la Mischna
et de la Mischna à la Baraïtha etc. , en tâchant de concilier
et d'expliquer les nombreuses contradictions qui existent en-
tre ces deux corps de doctrines traditionnelles , et qu'elle
- 79

envisage comme purement apparentes. Elle veut qu'ils don-


nent la règle, et à côté de la règle l'exemple, sans jamais
leur permettre de raisonner, si ce n'est pour sauver le re-
spect dû à l'autorité majeure de la tradition. Son genre
est socratique, nous le répétons, mais son chemin est tou-
jours tortueux et spiral , au point qu'elle a de la peine à
se souvenir après tout, du point d'où elle est partie. Elle
s'écarte souvent de la question en mettant , comme l'a dit
le poète , les poissons sur les montagnes et les oiseaux
dans la mer.

Elle tire souvent de la parole de Dieu de nouvelles


interprétations par la voie des comparaisons et des allu-
sions, et s'imagine qu'elle ne déroge pas au précepte de ne
rien ajouter à la loi de Moïse 55 ) en multipliant les con-
stitutions , parce qu'elles sont contenues , à son avis , dans
le texte sacré , et qu'elle croit de sa compétence de les en
déduire. Elle se permet d'enchérir sur la rigueur de cette
même loi, pour lui faire une haie comme elle dit (
‚¬¿), c'est-à -dire , pour éloigner les hommes du danger
de la transgresser. Lorsqu'elle veut approfondir le sens
véritable de la Bible elle propose à ses témoins de rame-
ner leur témoignage au principe mathématique : quae sunt
eadem uni tertio , ea sunt eadem inter se et viceversa, et
ils le font avec tant d'acharnement , que chacune de leurs
expressions contient une sentence toute entière qu'il faut
savoir sous-entendre. Lorsqu'elle a par hasard quelque
doute sur l'esprit de la loi de Moïse elle devient casuiste
et se sert des formules reçues : Dubium legis ad gravio-
rem vergere partem : dubium Magistrorum vero ad mino-
rem : dubii dubium, est si ipsius legis, ad leviorem. Lorsqu'
enfin elle ne peut pas résoudre une difficulté elle en ap-
pelle à ce qu'en dira un jour Tisbi ou Elie 56 ). Les té-
moins qu'elle interroge ont à tout propos les paroles de la
Bible sur les lèvres , mais elle, elle professe de regarder leurs
citations tantôt comme argumens démonstratifs, tantôt comme

55) Voy. Théorie du Judaïsme. III. Part.


56) Ib. II. Part.
80

de simples souvenirs, quoiqu'elle ne soit pas toujours de la


même opinion sur ce sujet 57) . Enfin elle permet à ces
mêmes témoins d'exposer au long et au large leurs avis
contraires et souvent même contradictoires, parce que , s'il
faut en croire Juda le Saint et Maimonides, elle envisage
leurs disputes comme un monument qui peut attester aux
siècles à venir , que les dépositaires de la tradition méri-
tent d'être crus et obéis aveuglément, parce qu'ils ont dis-
cuté , sur chaque point de doctrine , sur chaque pratique,
avec autant de recherche que d'impartialité et de calme.
Mais quiconque s'en rapporte à l'examen attentif de son
génie peut facilement se convaincre qu'elle exige de ces
mêmes témoins qu'ils entassent l'un sur l'autre tant d'avis
opposés, dans l'intime conviction que les contradictions mê-
mes sont la parole de Dieu 58) .
Les docteurs de la loi nous ont donné tant de notions
différentes de la nature de l'Agada qu'il est difficile au-
jourd'hui de s'en former une idée assez précise. Mais
comme il est certain que la définition que nous en avons
proposée dans notre Théorie en l'appelant la Rhétorique
du Talmud, renferme et explique le plus grand nombre de
ces notions nous nous gardons de lui en substituer une
autre dans cette préface.
Nos lecteurs s'apercevront par leur propre expérience
que si l'Agada ne paraissait pas de temps en temps sur
les champs arides de l'Halaca sa soeur, il serait impossible
d'y faire trois pas de suite sans en ressentir un ennui mor-
tel. La lecture du Talmud est un voyage dans le désert
où l'on ne rencontre que du sable parsemé de plantes sté-
riles et de quelques herbes altérées. L'Agada seule rompt
cette monotonie et amuse par fois le voyageur en lui con-
tant les anecdotes et les aventures des bons vieux temps.
Mais tout en y ayant recours comme à une espèce de ré-
création d'esprit , les talmudistes se servent de ces anec-

57) Nous trouverons la preuve de cette inconstance dès le com-


mencement du traité Beracoth.
58) On peut lire plusieurs citations relatives à cette maxime ainsi
qu'à l'origine de l'Halaca , dans la Ile Partie de notre Théorie.
81

dotes comme d'autant d'exemples qui confirment la règle


par la pratique en donnant des leçons de morale et en pro-
pageant la corruption des moeurs la plus inouie. L'Agada
aussi parle au nom de la tradition, ce qui l'élève au même
degré d'autorité que l'Halaca. Nous avons prouvé cela
dans notre théorie , et on le verra confirmé bien souvent
dans la version du Talmud. Elle doit être prise tantôt au
propre tantôt au figuré, et lorsqu'elle parle par symboles
on aurait de la peine à la distinguer de la Midracha ou
de l'explication allégorique de la Bible 5º ) , ce qui nous dis-
pense de faire ici un article à part pour cette dernière.
L'Agada en appelle au témoignage du texte sacré, à
l'aide des mêmes règles que l'Halaca. Mais elle en a aussi
qui lui sont particulières et dont voici les principales ou
celles qui peuvent rendre plus intelligible notre version 6º) .
Elle raisonne donc :

1º. Ab augmento ( 7 ) , c'est-à-dire , s'il y a quelque


particule du discours dans la Bible qui paraisse inutile,
il faut croire que Dieu s'en est servi pour diriger
notre attention au delà de la teneur du texte sacré.
Ces particules sont ordinairement Eth (ns) caractéri-
stique du quatrième cas et quelquefois conjonction
copulative, Gam (D ) encore et Aph (DN) ainsi. P. ex .:
si par les paroles : Et l'Eternel visita Sara 61 ) l'Ecri-
ture avait voulu dire que Dieu visita Sara seulement
elle pouvait bien se passer de la particule Eth qui pré-
cède le mot Sara ; mais elle y a ajouté cette particule
pour nous faire entendre que Dieu visita Sara et tou-

59) Théorie du Jud. le Part.


60) Nous ne rapportons ces règles à l'Agada que sur l'autorité de
Peter Beer, qui après avoir expliqué les treize modes d'argumentation
ajoute ces paroles : "9 Auch R. Josse der Galliläer giebt zwei und dreis-
sig solcher Auslegungsregeln an , wovon aber die meisten bloss auf den
zweiten Theil des Talmuds , nämlich die Hagadath oder Sagen sich be-
ziehen. " Ib. T. I. pag. 242.
61) Gen. XXI, 1. La particule Eth avant Sara a la force de la
copulative et selon les Talmudistes et alors il faut lire : L'Eternel vi-
sita et Sara et sous -entendre et d'autres femmes avec Sara
1. F
82

tes les autres femmes qui étaient stériles dans le même


temps que Sara.
2º. A diminutione (p ), c'est-à-dire, par les particu-
les rak (p ) seul emeut ; ac (78) seulement , min (77 )
excepté, qui tendent à diminuer la force de la phrase
précédente autant que possible : ainsi p. ex.: l'Ecriture
dit 62 ) qu'au temps du déluge tout ce qui existait sur
la terre fut exterminé excepté Noë. Mais cela ne
veut pas dire qu'il échappa entièrement aux effets de
cette catastrophe , mais qu'il en fut quitte pour une
forte attaque de rhume.
3º. Ab augmento post augmentum ( ~ 108 1117%),
c'est-à-dire, lorsque deux particules augmentatives sont
réunies ensemble p. ex.: dans le passage 63 ) ton ser-
viteur a tué et un lion et un ours, on trouve les deux
particules gam , eth jointes ensemble avant les mots
lion et ours pour nous faire entendre qu'avec le lion
et l'ours leurs petits aussi furent tués.
4º . A diminutione post diminutionem ( Þ ¬08 019 % ).
Lorsque deux particules diminutives précèdent le même
mot. Ainsi comme les paroles 64) : Est-ce que l'Eter-
nel a parlé seulement par Moïse ? contiennent les
deux particules rak, ac placées l'une à côté de l'autre ,
elles veulent dire que Dieu avait déjà parlé à Ma-
rie et à Ahron avant de parler à Moïse.
5º. A vocum convenientia (wan). P. ex.: il est dit de
Samuel 65 ) : et aucun rasoir ne passera sur sa tête, ce
qu'il faut expliquer : et il sera Nazarien ; car l'expres-
sion rasoir se trouve aussi appliquée à Samson , dont
la Bible dit expressément qu'il était Nazarien 66 ).
6°. A compendio ( 77 ) ou par réticence , comme
p. ex.: Mais j'ai été de tabernacle en tabernacle et
de pavillon il faut sous- entendre nécessairement (en
pavillon 67 ) et expliquer pourquoi on a fait cette ré-
ticence.
7º. E re immutaṭa ( 27 ) . P. ex.: R. Jose, fils de

62) Gen. VII , 23. 63) I. Sam. XVII , 36. 64) Num. XII , 2.
65) I. Sam. I, 11. 66) Juges XVI , 17. 67) 1 , Chroniques XVII , 5, .
83

Hanina, disait que la famine en Egypte devait durer


42 ans , car dans le texte sacré on parle trois fois de
7 vaches et de 7 épis, ce qui fait le nombre de 42.
Mais lorsque Jacob descendit en Egypte il réduisit la
famine à 7 ans seulement; cependant les 42 ans de di-
sette reparurent du temps d'Ezéchiel, car il est écrit 8) :
Elles seront en désolation (les villes d'Egypte) durant
40 ans.
8°. Ex ordine diviso (pònɔw ¬1770 ), c'est- à-dire, lorsque
deux versets de la Bible qui devraient se lire ensem-
ble sont séparés l'un de l'autre et présentent quelque
confusion 69 ).
9º. Ex eo quod suo loco non explicatur, sed explicatur
loco alio ) ‫ ( מדבר שאינו מתפרש במקומו ומתפרש במקום אחר‬.
Exemple : pour avoir une juste notion de l'Eden il
faut confronter ensemble tous les passages de la Bible
où l'on en parle, car l'auteur de la Genèse 70 ) nous le
dépeint comme une terre plantée d'arbres désirables
à la vue et bons à manger, et Ezéchiel 11 ) nous en parle
comme d'un lieu rempli de pavillons dorés et couverts
de pierres précieuses. Il faut donc conclure de ces
deux passages que l'Eden se fesait remarquer par l'une
et par l'autre qualité conjointement.
10. Ex eo quod etsi de hoc dicatur etiam in compari
siveadjuncto locum , habet ‫שדבר שנאמר בזה והה לחבירו‬
Exemple : Le Psalmiste a dit 72 ) : La lumière est se-
mée pour le juste, et la joie pour ceux qui sont droits
de coeur. Comme on ne peut pas croire que la lu-
mière soit de la compétence du juste , sans la
joie , ni la joie de celle des droits du coeur
sans la lumière , il faut conclure que les droits du
coeur et le juste doivent prétendre également à l'une
et à l'autre.
Comme nous avons déjà dit dans notre Théorie que
les avis sont extrêmement partagés sur le véritable sens

68 ) Ezéch. XXIX, 12. 69) II. Chron. XXX, 18. 19. 70) 11, 8-9.
71) XXVIII , 13. 72 ) Psalm. XCVII , 11 .
F 2
- 84 -

de l'Agada il ne nous reste qu'à emprunter à Maimonides


un exemple de la méthode d'après laquelle il faudrait y
chercher des symboles en se conformant à l'avis de ceux
qui en font l'apologie. Il y a dans le Talmud , dit-il 73),
des allégories et des explications mystiques qui par leur
extérieur paraissent contraires à la raison. Les talmudi-
stes y ont eu recours d'une part pour aiguiser l'esprit des
savans, et de l'autre pour ne point éblouir les yeux des
idiots en leur présentant dans tout leur éclat des vérités
profondes ; car selon l'expression du sage¹4) il ne faut
pas parler lorsque le fou l'écoute qui ne peut que mépriser
la prudence de ton propos. Autant de fois donc que les
énigmes et les paraboles nous sont incompréhensibles , on
doit l'imputer à la faiblesse de nos facultés et non à leurs
auteurs. Croyons-nous que celui qui n'a conversé qu'avec sa
mère et avec sa femme sera jamais à même de sonder les
mystères de la nature ? Mais les vérités de la théologie
sont encore plus difficiles que celles de la physique et sans
beaucoup de pénétration et d'études préparatoires il est
impossible de les aborder , d'autant plus que le coeur de
nos ancêtres était comme l'entrée d'un portique , et que
celui de leurs neveux est devenu plus étroit que le trou
d'une aiguille. Prenons pour exemple cette parole des
docteurs de la loi : Dieu n'a dans le monde que quatre
coudées d'Halaca. Si l'on s'avise de vouloir expliquer cette
sentence à la lettre ,elle nous conduira nécessairement à
la conclusion qu'on ne doit s'occuper que de l'étude du
Talmud, et que les autres sciences et professions ne peu-
vent être d'aucune utilité. Mais si nous la considérons
d'après le sens caché qu'elle renferme, loin d'y trouver une
absurdité aussi palpable nous y découvrons une vérité pro-
fonde et utile en même temps. Voici son explication qui
peut être appliquée en quelque sorte à toutes les autres
fables et Agadas du Talmud 75). Rien d'inutile, rien sans

73) Dans la Préf. de l'Ordre Zeraïm. Voy. aussi More Nevukim.


74) Prov. XXIII , 9.
75) L'explication de Maimonides est une longue dissertation que
- 85

raison dans le monde ; chaque chose y a son but déterminé,


et si le forgeron fabrique la scie pour scier et la hache
pour hacher, croirons nous que Dieu a crée la moindre des
choses sans un but déterminé ? Les pierres et les métaux,
les plantes et les animaux ainsi que tous les autres objets
terrestres , et surtout les corps célestes favorisent l'exi-
stence de l'homme et servent à ses besoins. Or, si nous
cherchons le but de la création de l'homme nous trouve-
rons en dernière analyse qu'il a été fait pour tâcher
d'éclaircir et de perfectionner sa raison par l'étude, et que
la théologie peut éclaircir la raison humaine plus que tou-
tes les autres sciences , car elle les comprend toutes, ou
pour mieux dire, elle les a toutes à sa suite. Mais comme
l'Halaca et la théologie sont deux choses parfaitement
identiques il suit de là que Dieu a crée le monde pour
les théologiens, et que lorsqu'on dit qu'il n'a dans le monde
que quatre coudées d'Halaca , l'expression quatre coudées
désigne la taille d'un homme , et cet homme est un théo-
logien. En d'autres termes : Dieu n'a dans le monde que
les théologiens qui répondent aux vues qu'il s'est propo-
sées dans la création. Mais , dira-t-on , continue Maimo-
nides , pourquoi a-t-il crée les idiots ? Je réponds que les
idiots ont été crées pour deux raisons :
1º, pour être les domestiques des savans , car s'il n'y
avait que des sages la terre serait un désert , c'est-à-
dire, il n'y aurait personne pour la cultiver et pour
s'adonner aux autres professions qui sont indispensa-
bles dans le cours ordinaire de la vie. C'est pourquoi
Ben Zoma , le phénix des théologiens de son temps,
disait , en fixant les yeux sur le reste des Israélites :
Béni soit celui qui a crée tous ces hommes pour me
servir.
2º. pour leur tenir compagnie parce que les savans sont
toujours en petit nombre comme toutes les choses de
première nécessité p. ex.: les élémens , les planètes et
les sphères célestes. C'est pourquoi R. Chiméon Ben

nous ne ferons qu'abréger pour servir à la brièveté et à la clarté que


nous nous sommes proposées dans cette Préface.
- 86 -

Johaï était accoutumé à dire en faisant allusion à l'ex-


trême rareté des théologiens du premier ordre : J'ai
vu que les fils du banquet sont bien peu (Voy. l'Evan-
gile) et s'il faut en porter le nombre jusqu'à deux il
n'y a que moi et mon fils qui puissions prétendre à
ce titre. Or, nous assisterions seuls en convives de ce
bas monde , s'il n'avait pas d'idiots.

On croira peut-être, conclut Maimonides , cette raison


un peu frivole, cependant elle est même plus solide que la
précédente, car nous voyons que le bon Dieu a retenu les
infidèles dans la terre de Palestine pour y tenir compagnie
aux fidèles. En effet , il a dit des Cananéens 16) : Je ne
les chasserai point de devant ta face en une année , de
peur que le pays ne devienne une solitude. Maimonides
infère de tout son raisonnement (qui est à la vérité très-
forcé et très-embrouillé dans l'original) que l'Agada : Dieu
n'a que quatre coudées d'Halaca dans le monde, prise au
propre est contraire aux études profanes, tandis que si on la
considère au figuré elle recommande qu'il ne faut négliger
aucune des connaissances humaines. Cependant nous vo-
yons que malgré son explication, tous les plus savans théo-
logiens israélites sont demeurés étangers à ces mêmes
connaissances et n'ont étudié que le Talmud. Nous pou-
vons donc inférer à notre tour de ce fait universellement
reconnu qu'ils ont pris à la lettre l'Agada dont il s'agit.
Mais quoiqu'il en sait rappelons nous :

1º. que lorsqu'il s'agit du code religieux de la Synagogue


nous ne devons pas prendre en considération ce qu'en
pense Maimonides, mais ce qu'il faut en penser d'après
l'influence qu'il a exercée et qu'il exerce toujours sur
le caractère de la masse des juifs.

2º. et que le devoir d'un traducteur n'est pas le même


que celui d'un interprète ; car le premier cherche à
transmettre dans une autre langue la signification gram-
maticale et littérale du texte qu'il traduit ; tandis que

76) Exod. XXIII, 29.


87

le second tâche de rattraper tous les sens dont cette


signification grammaticale et littérale est susceptible.
Nous terminerons ce qui regarde l'Halaca et l'Agada
du Talmud en transcrivant ici six autres règles que, selon
les rabbins ), elles ont en commun dans les allusions qu'el-
les font aux saintes écritures.

1º. Principium statuitur in Mikra et principium statui-


tur in Massora ) ‫ ( דין אם למקרא ודין אם למסורת‬, -c'est
à-dire, on doit expliquer les paroles de la Bible comme
on les lit dans le texte et on peut les expliquer aussi
comme la Massora 78) dit en marge qu'il faut les pro-
noncer. Exemple: On trouve dans un même chapitre
du Lévitique 79) le mot tabernacle trois fois , deux
fois écrit de la même manière et une fois autrement,
ce qui peut donner lieu à plusieurs allusions .
2º. Duo scripta eodem recidentia aliud docent (" "
Jan ) , c'est-à-dire, plusieurs
versets de la Bible où l'on dit à peu près les mêmes
choses , ne peuvent pas constituer une répétition inu-
tile. Ainsi le précepte du levain qui se rencontre plu-
sieurs fois dans le même endroit de l'Exode 80) peut
prêter également à différentes allusions selon la teneur
de cette règle.
3º. Confunduntur sectiones (577), c'est- à-dire,
lorsque deux versets de la Bible ont quelque rapport
entr'eux , et nonobstant ce rapport , ils sont éloignés

77) Je dis selon les Rabbins , car en effet il serait très - difficile
de tracer une ligne de démarcation entre les droits que l'une ou l'autre
peut avoir de préférence sur les règles d'interprétation que nous avons
expliquées jusqu'à présent.
78) Mais il faut distinguer la Massora du Talmud de celle qui a
été en vigueur après sa clôture. La première professe , apprendre à
lire la Bible d'après la tradition, et note les différentes leçons seulement
en disant ne lisez pas ainsi, mais lisez d'une autre manière ; la se-
conde fixe cette seconde manière par des points -voyelles , ainsi que
nous l'avons fait observer dans notre Théorie du Judaïsme,
79) XXIII , 34 , 42–43.
80) XII, 15, 19.
88 -

l'un de l'autre , il faut les rapprocher pour mieux les


comprendre 81 ).
4°. Inverte scripturam et expone eam ( pan
1777). Exemple : Les paroles du Psalmiste : Il est
temps d'adorer le Seigneur ils ont aboli ta loi 82)
doivent être disposées de cette manière. Ils ont aboli
ta loi parce qu'ils ont su qu'il était temps d'adorer
le Seigneur.
5°. Praeceptum pellit interdictum ( wyn & 17 MUN 717),
c'est-à-dire , lorsque deux préceptes , l'un affirmatif et
l'autre négatif, concourent ensemble, il faut tâcher de
les pratiquer tous les deux, mais si on ne peut pas le
faire, l'affirmatif doit avoir le pas sur le négatif 8 3 ).
6°. Loquitur lex phrasibus filiorum hominum ( 7727777
DN ), c'est - à - dire , on trouve dans la
Bible des phrases proverbiales , dont les mots sont su-
perflus seulement pour nous ; mais ils ne l'étaient point
pour les anciens, et on doit par conséquent en tirer
une allusion ou allégorie quelconque. Telles sont les
phrases : en l'aidant tu l'aideras 84), en le relevant tu
le releveras etc. 85). Mais dans cette règle comme
dans beaucoup d'autres les avis des talmudistes sont
partagés, car il y en a aussi qui disent qu'on ne peut
pas allégoriser dans cette circonstance 86) .

81) Voy. Exod. XXII, 9. et 25. où l'on parle de l'emprunt.


82) Psal. CXIX , 126.
83) Voy. Exod. XXXI , 14. et Num. XXVIII , 9. sur l'observance
du Sabbath ,
84) Exod. XXX, 5.
85) Deut. XXII, 4 .
86) Nous nous servirons souvent du mot allégoriser pour rendre
l'expression talmudique qui est si fréquemment dans la bouche des
Rabbins, lorsqu'il s'agit d'exposer la Bible dans un sens mystique et al-
légorique. C'est de cette racine que dérive l'autre mot N (Mi-
dracha) qui comme nous l'avons déjà dit , désigne une exposition al-
légorique du texte sacré, et rentre plutôt dans l'esprit de l'Agada que
dans celui de l'Halaca. Si nous n'avons donné qu'un petit extrait
des règles de la logique et de la rhétorique du Talmud , c'est qu'elles
sont rarement intelligibles détachées du texte de ce code ; et qu'elles
n'y jouent presque jamais le rôle de règles constantes et générales,
89 -

En voilà assez , je pense, pour donner à nos lecteurs


une juste idée de l'Halaca et de l'Agada, et pour accoutu-
mer en même temps son oreille aux tournures de leur lan-
gage. Venons maintenant à la Cabale du Talmud.
Les anciens orientaux ont distingué dans la vaste ma-
chine de l'univers deux mondes différens , l'inférieur et le
supérieur ou le sublunaire et le superlunaire, et ont supposé
une harmonie et une correspondance parfaite entre ces deux
régions, ou, pour mieux dire, entre les parties de l'une con-
sidérées relativement aux parties de l'autre. On croit com-
munément que les orientaux ont été stationnaires à cause
de leurs castes et de leurs théocraties, qui les empêchaient
de rien changer aux formes extérieures de leur culte,
ainsi qu'à la routine de certaines professions qui étaient
transmises de père en fils. Mais il nous paraît que cette
opinion ne se trouve vraie que par rapport au premier de
ces deux mondes, c'est-à-dire, au monde inférieur , car ces
peuples se sont adonnés à l'étude et à la comtemplation
du supérieur , avec d'autant plus d'abandon , que leurs fa-
cultés étaient sous le joug de la contrainte et de la cen-
sure publique, pour tout ce qui les entourait de près . Nous
nous flattons que notre avis ne paraîtra pas inadmissible
à tous ceux qui ont des notions justes sur cette partie de
la philosophie des anciens qui a pour objet le monde su-
périeur qui , dans l'origine a été appelé Cabale.
Depuis l'être le plus chétif ou le plus imperceptible de
la création il y a une gradation, un enchaînement d'objets qui
va jusqu'à l'homme, mais depuis l'homme jusqu'à l'être su-
prême il n'existe qu'un vide immense que l'esprit humain ne
croit qu'apparent, et qu'il éprouve continuellement le besoin
de remplir. Les anciens philosophes se sont constamment
occupés d'une oeuvre aussi difficile , et les derniers résul
tats de leurs longues recherches ont été :
1º. que l'homme est un petit monde renfermé dans le
grand, dont la forme gigantesque est celle d'un vieil-
lard 87).

87) Voy. ce que nous disons du livre Zohar dans la seconde


partie de notre Théorie,
- 90 -

2º. que depuis le trône de la divine Majesté , jusqu'à la


surface de la terre, tout est rempli de sphères célestes
habitées par des créatures d'un ordre supérieur , qui
tendent leurs mains secourables à l'homme , pour le
faire monter graduellement vers la divinité 88).
3°. que par les lettres et par les nombres différemment
combinés on a produit le monde et on peut produire
des effets surprenans 89).
Les docteurs de la loi ont en usage d'appeler le monde
inférieur, l'oeuvre de la création (♫ wn¬ɔ m ) en fesant
allusion à la cosmogonie de Moïse, et le monde supérieur,
oeuvre du charriot (na n ) en fesant allusion à celle
d'entre les visions d'Ezéchiel où la glorie de Dieu est ap-
parue à ce prophète assise sur une sphère à quatre roues
ou à quatre cercles 90 ) . Ils regardent selon Maimoni-

88) Voy. ce que dit Mosheme dans son histoire ecclésiastique sur
le système de Basilide, prince des Gnostiques . Nous sommes en devoir
d'avertir qu'on aurait tort de croire que les anciens philosophes orien-
taux , en s'abandonnant à des recherches de ce genre , ne se sont ja
mais rencontré sur le chemin des découvertes. La Cabale contient le
germe de plusieurs vérités étonnantes dont la philosophie de nos jours
n'a pas manqué de se parer sans indiquer la source où elle est allée
les puiser. L'astronomie aussi lui doit beaucoup plus qu'on ne le croit
communément ainsi , que nous le verrons tout à l'heure.
89) Voy. les travaux sur la Cabale de M. le Prof. Molitos et la
sacra scrittura illustrata con monumenti Fenico-Assirici ed Egiziani
da Michel- Angelo Lanci Fanese. Roma, 1827. Je suis loin de trouver
justes dans toutes leurs parties les diverses interprétatious de la Bible
que l'on donne dans ce dernier ouvrage , à l'aide de la Cabale an-
cienne ; mais si les paroles des anciens n'ont pas été telles que M.
Lanci les leur met en bouche , la tendance de leur esprit a été sans
doute telle qu'il nous la représente.
90) Ezéch. I et X. M. Lanci laisse entrevoir au chapitre 1er de la
IIIe Part. de son ouvrage ( p. 145. ) qu'il est tenté de regarder comme
un symbole des sphères célestes les roues d'Ezechiel (presso le ruote
o celesti sfere . Mais j'ose espérer de son impartialité qu'il voudra re-
-connaître que cette idée m'appartient et que je la lui ai communiquée
dans une courte entrevue que nous avons eue ensemble à Varsovie en
1822 ou 23. Quelques mois après cette entrevue je fis publier en Italie
un mémoire sur la nouvelle explication que je proposais du Gharriot
d'Ezéchiel en l'envisageant comme un système planétaire emprunté aux
91 -

des 91 ) la science du Maase Mercuba comme le nec plus


ultra du savoir humain , comme une doctrine mystérieuse

Chaldéens. En effet , Ezéchiel qui par son érudition se distingue au


dessus de tous les autres prophètes , eut cette vision parmi les Chal-
déens (I , 1.) et la rapporte dans le but de condamner le culte que ce
peuple rendait au soleil, et qui avait été une des causes principales de
la ruine du temple et de la captivité d'Israël (V, 4-11 . VI , 6. 13.
VII, 20. 24. VIII, 3-16 etc). Dans ce but reconnu , le Prophète place
l'Eternel sur un symbole de la sphère, et met le symbole du soleil,
c'est-à-dire, une lampe ou une cassolette remplie de charbons ardens
(l, 13 et X, 2.) au centre de la sphère, pour dénoter que cet astre n'est
pas le maître du monde comme on le croyait communément , mais le
ministre du maître du monde, et qu'il reste sous ses pieds. Que le
charriot à quatre roues d'Ezechiel ne soit autre chose qu'un symbole
d'une sphère céleste, je le déduis :
1º. de ce que le Prophète dit expressément (I, 15-17 . X, 10. ) que
quatre cercles placés l'un au dedans de l'autre constituaient une seule
et même roue ou sphère à quatre côtés et ayant à chacun de ces
côtés un animal mystérieux.
2º. de ce que les Chérubins qui dans l'origine n'ont été autre chose que
animaux sacrés de l'Egypte , dont Moïse s'est servi symboliquement
pour marquer que les divinités des autres peuples méritaient à peine
l'honneur d'être les marchepied du trône de l'Eternel , signifient chez
le Prophète , par leur position , les quatre vents (Voy. le Psalm .
XVIII, 11 , et CIV, 4.) et par leur forme , les quatre génies de la na-
ture , d'où il suit nécessairement que le char auquel ils sont attelés
doit être à son tour , un symbole de toute la nature (Universitatis
currus).
3º. de ce que les yeux dont Ezéchiel dit que cette sphère ainsi que le
corps de ses quatre moteurs étaient parsemés dans tous les sens
(I, 18. et X, 12.) sont , d'après le témoignagne de toute l'antiquité sa-
crée et profane , le symbole des étoiles.
4º. de ce qu'il appuie à plusieurs reprises sur la circonstance , que
le roues ou les cercles qui constituaient la grande roue ou la sphère
étaient animés (1, 20. 21. etc. ) ce qui est une manifeste allusion à
Pâme du monde des anciens astronomes.
5º. de ce qu'enfin les noms de Galgal (b3b3r) et d'Ophanim (Q'IDINT)
dont le Prophète se sert pour désigner l'ensemble ainsi que les par-
lies de son charriot symbolique ( X, 13. ) ont dû toujours signifier
dans la langue chaldéenne la sphère céleste et les cercles dont elle
se compose , non seulement parce qu'ils sont restés dans la langue
chaldéenne moderne avec la même signification , mais parce qu'il pa-
raît que dans l'hébreux d'une époque très-reculée ils ont voulu die
à peu près la même chose (Voy, Psalm. LXXVII, 19.).
92 -

qu'on ne peut révéler qu'à un certain nombre d'adeptes.


Voici en peu de mots en quoi consiste cette science selon
l'auteur du livre Jetsira 92).
Dieu a créé le monde par trois Sephirim ( 0),
c'est-à-dire, par sa conception ( ), par son verbe (1150)
et par son écriture (10 ) . Dieu a conçu l'archétype du
monde avec nombre , poids et mesure, il l'a tiré du néant
par la puissance de sa parole, et l'a peuplé des créatures
qui sont l'écriture de Dieu ; et l'écriture , le verbe et la
conception sont une seule et même chose en Dieu.
La langue hébraïque est divine parce que Dieu s'en
est servi pour communiquer avec les hommes, et son écri-
ture est parfaite et renferme des mystères dans ses traits
les plus imperceptibles de ses caractères.
Il y a 32 voies cachées de la sapience, savoir : 10 Se-
phiroth (no) ou attributs de la divinité 93) et 22 lettres
de l'alphabet qui sont les types ou les formes de la ma-
nière dont les choses passent du néant à l'existence, et qui
se divisent en 3 mères, 7 doubles et 12 simples.
Comme la providence de Dieu est la même dans le
macrocosme (l'univers) le microcosme (l'homme et les sphères

Ezechiel qui se montre toujours empressé de puiser dans les arts


et dans les moeurs des Chaldéens ( IV, 1. etc. ) en leur empruntant le
symbole du monde ou la sphère céleste nous apprend que leurs astrono-
mes plaçaient le soleil au centre du système planétaire. Cette vérité
qui n'avait pas été trop clairement démontrée jusqu'ici acquiert un nou-
veau poids par ce que Maimonides (More Nebukim III, 29. ) nous rap-
porte d'avoir lu dans un vieux livre des Sabéens intitulé 7771297
07 qu'il y avait un temple à Babylone dédié au soleil où l'image
de cet astre était suspendue entre le ciel et la terre , c'est-à-dire, au
centre de l'édifice et au milieu des sept planètes. C'est donc sur l'au-
torité d'Ezéchiel et de Maimonides que nous attribuons aux anciens la
connaissance du véritable système du monde. Mais nous prouvons en
même temps que Copernic non seulement n'a pas profité de leurs lu-
mières , mais qu'il ne pouvait pas même en profiter et que son génie
le dispensait d'y avoir recours.
91) Préface de l'Ordre Zeraïm.
92) Dans la Théorie du Judaïsme nous avons indiqué en abrégé le
plan et l'esprit de l'autre livre cabalistique appellé Zohar.
93) Voy. Théorie du Judaïsme 1 Part.
93 -

célestes) , il suit de là que les témoins les plus fidèles de


l'unité de Dieu sont le monde, l'âme et l'année. En effet :
Les trois lettres mères :
‫א מ"ש‬
sont :
dans le monde l'air, l'eau, le feu.
dans l'âme ou dans l'homme les parties génitales, j
le ventre, & et la tête.
dans l'année le printemps et l'automne, le froid
ou l'hiver, on la chaleur ou l'été 94).
Les sept lettres doubles :
‫ב ג ד כ פ ו ת‬
sont :
dans le monde : Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus,
Mercure, la Lune.
dans l'âme ou dans l'homme : La sapience, les richesses,
l'autorité, la vie, la grâce, la semence, la paix.
dans l'année : les sept jours de la semaine.
Les douze lettres simples :

77, 7, 7, 17, 19, 7, 3, 2, 0 , 1, 1, P


sont :
dans le monde : les douze signes du Zodiaque.
dans l'âme ou dans l'homme : les douze membres princi-
paux.
dans l'année enfin les douze mois.
Il suit de là que Dieu étant unique se trouve sur
trois , trois sur sept et sept sur douze, c'est-à- dire, il pré-
side à tout , dirige tout et fait du grand tout un ensemble
qui excite notre admiration et qui exerce de haut en bas
ses influences célestes.

Il suit aussi que l'homme peut remonter jusqu'à la

94) Il faut remarquer que les trois lettres ne s'appellent mè-


res que parce qu'elles produisent tous les phénomènes indiqués dans le
texte et chacune d'après l'élément dont elle est l'abréviation p. ex.: Ja
lettre abréviation du mo: N feu produit dans l'homme la tête, et
la chaleur dans l'année et ainsi des autres.
94 --

Divinité et l'interroger sur les secrets de la nature à l'aide


des lettres et des chiffres numériques, sur-tout lorsqu'il ha-
bite dans la Palestine, qui est le nombril de la terre ayant
le temple au milieu du nombril.
Le livre Jetsira apprend en outre que la seule dif-
férence qui passe entre la formation du mâle et celle de
la femelle consiste en ce que le premier a été crée par
' N et la seconde par 2 , c'est-à-dire, par la transpo-
sition d'une seule lettre pour indiquer que les membres
de la femme sont les mêmes que ceux de l'homme, à l'ex-
ception que la première les a tournés en dedans et le se-
cond en dehors. I observe aussi que l'extrême degré du
bonheur est le (ou la volupté) et que l'extrême degré
du malheur est le (le coup ou la blessure) .
Ce livre porte le nom de (formation) parce que
le but principal de son auteur est d'expliquer la création
ou formation du monde par les quatre lettres du nom inef-
fable de Dieu différemment combinées , lettres qui
sont comme l'esprit de toutes les autres. Dieu a com-
mencé , dit-il , par la formation des créatures et des sphè-
res célestes en les fesant émaner les unes des autres . Il
a tiré Johu 95) des colonnes immenses composées d'air,
et une ligne verte qui entoure l'univers , le Bohu 96 ) n'est,
selon * lui qu'un tas de pierres ou de rocs jetés dans l'a-
byme d'où jaillissent toutes les sources des eaux. La
sphère du soleil va en avant et en arrière et produit par
ce mouvement perpétuel la variété , de même que les let- 、
tres de l'alphabet se croisant les unes les autres, dans tous
les sens , font sortir le discours par 231 portes diverses.
Le style du Jetsira ainsi que celui du Zohar et des
livres Raziel et Bahir 97 ) est sombre et mystique au der-
nier point , non seulement à cause des matières extrême-
ment abstraites dont ils s'occupent, mais à cause qu'ils ren-
ferment cette partie de la doctrine hiéroglyphique ou figu-
rative qui a disparu des monumens de l'antiquité lorsqu'on
a substitué les lettres de l'alphabet qui ne représentent

95) Voy. Gen. I , 2. 96) Ib.


97) Voy. Théorie du Judaïsme.
- 95 1

que les sons de la voix , aux hiéroglyphes qui représen-


taient les choses et les sons en même temps , ainsi que
nous l'avons expliqué dans notre Théorie.
Tâchons maintenant d'encadrer pour ainsi dire l'esprit
de toutes les maximes cabalistiques dans quelques règles
générales , qui soient en harmonie avec les doctrines ex-
posées dans le Talmud , et qui répandent par conséquent
un peu de lumière dans l'obscurité qui doit accompagner
nécessairement notre version.
1º. La Cabale talmudique a 4 alphabets différens , sa-

voir l'alphabet ordinaire que nous appellerons
(Abgad) et les trois alphabets nas (Atbach) , b
(Albam) et war (Athbasch) que nous avons dévelop-
pés dans la Théorie du Judaïsme 98) . Il est donc in-
dispensable de savoir déterminer avant tout l'alphabet
d'après lequel elle exprime ses pensées et croit péné-
trer le sens le plus caché de la Bible tout en chan-
geant la physionomie de chacune de ses paroles.
2º. Il faut appeler Cabale figurative ( ) celle qui
accorde une force hieroglyphique aux figures des let-
tres , telles qu'elles sont aujourd'hui , et qui décèle par
cet empressement combien de soin elle a dû mettre,
jadis , à recueillir cette partie de doctrine sacrée , qui
était indubitablement cachée dans les hiéroglyphes, ou
dans les peintures qui ont précédé l'usage des lettres
de l'alphabet , comme on peut le voir dans la préface
de notre grammaire hébraïque.
3º. On dit Cabale spéculative ( y) celle qui inter-
prète la Bible en considérant ses paroles selon la va-
leur numérique des lettres dont elles sont composées,
(Ghematria ) en prenant les lettres de cha-

98) Je conjecture que M. Lanci ( ib. p. 235.) a été porté à soup-


Conner que les lettres de l'alphabet hébraïque ont dû être autrement
arrangées avant Moïse parce que la Cabale leur suppose un autre arran-
gement à une autre époque quelconque. Son explication de l'Urim et
Tummim du Grand - Prêtre des Juifs est également puisée en grande
partie dans la Cabale de la Synagogue , mais elle ne cesse point par là
d'être assez juste et fort ingénieuse.
96 —

cune de ses paroles pour autant d'initiales d'autres


mots qu'elle imagine à son gré , (Notericon pnn )
en transposant enfin les lettres de chaque mot pour
y chercher de nouvelles significations éloignées de
celle qui leur est propre et naturelle ( Temura
‫ תמורה‬99(.
4°. On appelle Cabale pratique ( ) un genre de su-
perstition juive , qui consiste à faire des talismans, des
charmes, des évocations etc. moyennant le nom de Dieu,
Tetragrammaton ou les et moyennant
d'autres paroles ou procédés magiques dont nous ver-
rons plusieurs exemples dans le Talmud.
5º. On donne enfin le nom de dogmatique à cette Ca-
bale ancienne dont nous venons de parler et qui con-
tient beaucoup de dogmes de la philosophie orientale
et traite de la création du monde , des émanations
des choses , de bons ou mauvais esprits , des 32 voies
de la sapience , des 50 portes de la prudence , des
noms sacrés , des anges et de Dieu.
Nous avons touché à toutes ces différentes espèces
de Cabales, non parce que l'on en parle ex professo dans
le Talmud , mais parce qu'il en contient plusieurs vesti-
ges et je dirais presque les fondemens , et que sans ces
notions préliminaires notre version resterait indéchiffrable
ou demanderait des notes plus volumineuses que le texte.
L'étude des antiquités tend continuellement à trans-
porter nos pensées des temps et des lieux où nous vivons
aux temps et aux lieux où ont vécu les auteurs dont
nous cherchons à saisir les idées. Elle rend par là un
service très-signalé à la critique , celui de lui apprendre
la géographie et la chronologie des monumens dont elle
s'occupe. Mais dans ce genre de recherches il y a un
écueil que doivent soigneusement éviter les interprètes des
monumens sacrés. Ils ne doivent point confondre les com-
pilateurs avec les auteurs de ces monumens et les lieux
et les temps des premiers avec les temps et les lieux des

99) V. Théorie du Jud, le Part.


97

seconds. Nous tâcherons de ne point tomber dans une


erreur aussi grave en traduisant le Talmud, et nous envi-
sagerons Juda le Saint , R. Johanan , R. Ache etc. plus
souvent comme rédacteurs que comme auteurs des matiè-
res contenues dans ce code.
C'est aussi pour la même raison que sur le point de
fixer la géographie et la chronologie du Talmud moyen-
nant un cours historique des écoles , des sectes et des
docteurs de la tradition , nous remonterons à des siècles
bien antérieurs aux temps où il a été rédigé.
Je place la première école de la tradition à Naioth
à Rama, où demeurait Samuel et où il dirigeait une école des
prophètes 100). Cet établissement était probablement fort
ancien 1 ) et destiné à y apprendre la musique , la poésie
et la loi de Moïse. Mais comme la royauté eut son ori-
gine sous le prophète Samuel, et empiéta tout de suite sur
les droits du Sacerdoce 2 ), il est simple que les prophètes
durent avoir recours à la tradition pour apprendre à leurs
élèves que le roi ne devait pas s'arroger l'autorité sacer-
dotale. Ils appelaient leurs apprentis du nom de fils ³ ) et
en recevaient en échange le titre de pères *).
Nous voyons pendant la captivité de Babylone les
restes de Juda se rassembler autour des prophètes comme
autour des prêtres et des docteurs de la nation 5 ) , et nous
sommes autorisés à en conclure qu'on avait l'habitude de
les consulter pour tout ce qui regardait l'intelligence et la
pratique de la loi . Ce furent probablement les prophètes
qui changèrent leurs écoles en synagogues et qui intro-
duisirent l'usage d'y lire et d'y expliquer le texte de la
Bible. Après la captivité nous voyons Ezras le scribe
s'occuper à lire et à expliquer la Bible dans de pareilles
assemblées " ), et en parcourant les divers fragmens d'ex-
plications de ce genre qui nous ont été conservés dans
les paraphrases chaldéennes 7 ) nous remarquons que la tra-

100) I Samuel XIX , 16-24. 1) Ib. X, 5- 11 . 2) Ib. X ,


1. 8. XIII, 8-13. 3) II Rois II, 7. 4) Ib. v . 12. 5) Ezéch .
XIV, 1. et XX, 1. Dan. VI, 11. 6) Néhemie VIII, 1-18.
7) Car les auteurs des Targumim ont réuni les interprétations
1. G
98 -

dition entrait pour beaucoup dans l'interprétation de la loi


écrite après la captivité de Babylone.
La grande-synagogue ainsi que le grand et les pe-
tits Sanhedrins doivent être envisagés comme autant d'éco-
les de la tradition d'après plusieurs témoignages du Tal-
mud que nous avons rapportés dans notre Théorie.
Pendant la dispersion des Juifs ou pour parler avec
plus de précision , depuis Alexandre jusqu'à la clôture
du Talmud , nous voyons leurs docteurs forcés par les cir-
constances à fonder plusieurs écoles en Egypte, en Pales-
tine, à Babylone et ailleurs. Nous comprendrons tous ces
établissemens sous la double catégorie d'écoles d'Occident
et d'écoles d'Orient ), où est née la Mischna avec les
deux Ghémaras de Babylone et de Jérusalem .
Voici les principales d'entre les écoles d'Occident qui
peut-être ont été les plus anciennes 9 ) :
1º. L'école Alexandrine qui subsistait encore après la de-
struction du II temple, mais dont l'origine est bien plus
ancienne , car l'on croit que c'est d'elle que sont sor-
tis les interprètes de la Bible qu'on appelle communé-
ment les LXX .
2º. L'école de Bitter, ville située tout près de Jérusalem 10).
Elle a été très - célèbre pour le nombre de ses docteurs
et de leurs disciples .
30. L'école de Cesarée qui a été une de plus fameuses
académies de la Palestine.
40. L'école de Jérusalem où ont enseigné une grande

de la Bible qu'on avait faites dans les Synagogues jusqu'aux temps où


ils vivaient.
8) La terre d'Israël étant à l'Occident de Babylone le Talmud de
Babylone se sert de l'expression on dit dans l'Occident (
78) pour signifier la Palestine.
9) Je dis peut-être car il n'est nullement improbable que la partie
des Juifs de la captivité qui préféra le pays de son exil à sa patrie
n'ait jamais cessé d'entretenir des écoles de la tradition,
10) Nous omettons les époques des fondations de ces écoles parce
qu'elles sont ordinairement très-incertaines, et qu'on pourra les retrou-
ver dans les catalogues des docteurs de la tradition dont nous allons
nous occuper.
99 -

partie des docteurs de la Mischna avant la destruc-


tion de cette ville.
5°. L'école de Javne fondée bientôt après la ruine de
Jérusalem .
6º. L'école de Lydda ou Diospolis.
7°. Celle de la ville Magdalen qui était près de Tibé-
riade.
8°. Celle de Nisibi.
9°. L'école de Tibériade qui paraît avoir eu plus de cé-
lébrité que toutes les autres écoles d'Occident.
10°. L'école enfin de Zippora ou Sephora dans la Ga-
lilée .

On peut déduire d'un passage du traité Sanhedrin 11 )


que les juifs occidentaux avaient plusieurs autres écoles
outre celles que nous venons de nommer, car il y est re-
commandé de suivre l'exemple du plus savant d'entre les
docteurs de chaque académie , en ces termes : Suivez R.
Eliéser à Lud , Rabban Johanan ben Saccaï à Beror-Haïl,
R. Josua à Pekia , R. Gamaliel à Javne , R. Akiba à Bne-
berek , R. Mathias en Perse , R. Sethia à Rome, R. Hana-
nie ben Tardijon à Sicane , R. Jose à Chypre , R. Jehuda
ben Bethira à Nisibi , R. Josua à Pumbeditha, R. Juda le
Saint à Beth Chearim.
La mort de Juda le Saint et les troubles qui la sui-
virent en Palestine donnèrent l'idée à plusieurs docteurs
occidentaux d'émigrer et de transporter avec eux le siége
de l'enseignement public à Babylone. Ils y fondèrent dif-
férentes académies organisées à la manière des écoles
d'Occident, et dont les principales étaient :
1º. L'académie de la ville de Sora, qui est aussi nom-
mée Mehasia la ville des combats ou des débats.
2º. L'académie de Pumbeditha , ville placée entre l'Eu-
phrate et le Tigre.
3º. L'académie de Nehardea , ville située sur l'Euphrate
et dont le nom signifie fleuve de la science.
4. Celle de Naresch, ville très-voisine de Sora.

11) Fol. 32. b.


G 2
100 -

5º. Celle de Mahuza 12).


6º. Celle enfin de Peruz Chibbur.
L'académie de Sora était plus réputée que celle de
Pumbeditha , comme l'histoire nous l'atteste , car on accor-
dait le pas au recteur de Sora et à son college sur le
recteur et le collége de Pumbeditha. Cette dernière avait
à son tour le droit de prééminence sur l'académie de Na-
hardea. R. Mose Makozi est d'opinion qu'il existait à Na-
hardea une académie juive même pendant la captivité.
La ville de Pumbeditha est appelée dans le Talmud Gola
(7 ) ou le lieu de la captivité à cause du rôle impor-
tant qu'elle a joué dans l'histoire des juifs orientaux.
Comme on doit le Talmud de Jérusalem aux écoles
d'Occident 13 ) , et celui de Babylone aux écoles d'Orient
nous devons nous attendre à voir reparaître l'empreinte
des circonstances locales dans chaque ligne de ces deux cé-
lèbres monumens de l'antiquité judaïque, et nous verrons
par la suite la justesse ainsi que l'utilité de cette remarque.
Je place les sectes des Juifs immédiatement après leurs
académies, car une secte à la rigueur ne diffère pas beau-
coup d'une école , et ces deux noms sont souvent synony-
mes dans l'histoire ancienne. Il est d'ailleurs indubitable
qu'on peut regarder comme deux sectes différentes les éco-
les orientales et occidentales si on les considère sous le
rapport des rivalités et des représailles qu'elles ont exer-
cées mutuellement , ou bien sous celui de leurs diverses
méthodes de lire 14 ) et d'expliquer la Bible.

12) Les deux noms ) ‫ ( מחסיא‬Mehasia et ) ‫ ( מחוז‬Mahuza ont di


être pris quelquefois l'un pour l'autre , attendu la ressemblance qui
existe entre leur orthographie et leur prononciation .
13) Nous devons aussi aux écoles occidentales l'origine de la Mas-
sora et du systême des points -voyelles (voy, ma Grammaire hébraïque),
et plus particulièrment à l'école de Tiberiade, où on attachait beaucoup
d'importance à la pureté de la langue et à l'exacte prononciation du
texte sacré. On n'est pas encore certain si les deux Talmuds contien-
nent quelques traces du systême des points-voyelles, mais on verra dans
notre version à quoi il faut s'en tenir sur cette controverse gramma-
ticale,
14) De là les leçons orientales et occidentales dans la critique sa-
-101 -

En parcourant les prophètes de l'ancien Testament on


peut apprendre à distinguer ceux qui ont écrit pendant et
après la captivité d'avec ceux dont les prophéties remontent
à une époque antérieure , par le style, par les visions pro-
phétiques ainsi que par la doctrine sur l'intervention des
créatures célestes ou des anges dans les affaires de ce bas
monde. En effet, ces trois choses se présentent sous un
caractère tout-à-fait différent dans les écrits des premiers ;
car ils les ont rédigés hors de la Palestine et sous l'in-
fluence d'un peuple et d'un gouvernement étrangers 15).
La doctrine de l'existence des anges fondée sur la ré-
vélation a été beaucoup modifiée par les opinions des peu-
ples qui habitaient sur les rivages du fleuve Cobar, dans
la Babylonie et dans les autres pays de l'Orient, où les
deux royaumes d'Israël et de Juda furent dispersés. Sous
ce point de vue on peut regarder les Mehestani ou les
sectateurs de Zoroastre comme ceux qui ont appris beau-
coup de choses aux dépositaires de la tradition, et dont les
maximes se retrouvent aujourd'hui dans les deux Talmuds.
Or , comme mon projet est d'indiquer les principales
d'entre les sectes dont les principes ont troublé, pour ainsi
dire, la source pure de la tradition, je commencerai par les
disciples des Mehestani, que j'appellerai Mehestanites, et je
passerai ensuite aux Juifs d'Egypte , que je désignerai par
le titre de Misraïmiles, et qui ne doivent pas être confon-
dus avec les Hellénistes.

crée. (Voy. Jahn Indroductio in libros sacros veteris foederis, Ic Part.


§. 109.
15) Cette maxime laisse subsister le dogme de l'inspiration divine
dans toute son intégrité , car nous voyons que Dieu a fait parler tous
les prophètes, selon leur éducation et la mesure de leurs talens. Et
comme je professe sincèrement la religion chrétienne je suis en devoir
de protester d'avance contre toute expression anticatholique qui pourrait
m'échapper par inadvertance et comme à mon insu. Je respecte pour
la même raison le Mosaïsme, et je ne me déclare contre le Judaïsme
qu'en tant qu'il altère le Mosaïsme et dirige continuellement ses atta-
ques contre le Christianisme. Quant à la tradition , non seulement je
la respecte , mais je la crois même indispensable, et si j'en veux à la
loi traditionnelle des Juifs d'aujourd'hui c'est seulement sous le point de
vue qu'elle a souvent corrompu la source des traditions primitives.
102

Les matières talmudiques paraissent avoir été influen-


cées par douze sectes différentes dont voici les noms et
les dogmes fondamentaux :
1º. La secte des Mehestanites, dont l'origine remonte à
la captivité de Babylone, joue son rôle presque dans
tous les passages du Talmud où les bons et malins
esprits paraissent sur la scène des événemens humains,
et où l'on traite des influences des planètes et de quel-
ques pratiques superstitieuses , relatives à la nouvelle
lune.
2º. La secte que nous appelons de Misraïmites, et qui
a commencé un peu après la mort d'Alexandre le
Grand, parle dans tous les endroits du Talmud où la
Cabale est numérique ou graphique , car telle a été la
Cabale égyptienne, qui est née, comme nous avons dit,
au moment que les lettres de l'alphabet ont été sub-
stituées aux hieroglyphes .
3º. La secte des Hellénistes, qui du temps d'Antiochus
Epiphane adopta les dogmes de Platon , d'Aristote et
d'Epicure et sur - tout le mysticisme et les subtilités
dont les philosophes grecs se sont servis en disputant.
On doit aussi lui attribuer beaucoup de cérémonies pa-
yennes qui sont recommandées dans le Talmud, et quel-
ques sentences qui élèvent la langue grecque au même
degré de dignité que l'hébreu.
4. La secte des Saducéens née, selon les talmudistes de
Sadok et de Baithos , vers l'an 300 avant J. Ch ., et
qui nonobstant l'aversion qu'elle inspirait au reste
des Juifs a joui de trop d'autorité pour que l'on se
persuade qu'elle n'a pas influencé la tradition. Il pa-
raît qu'on lui doit en outre l'indifférence que les tal-
mudistes mettent souvent sur les recherches de l'im-
mortalité de l'âme.
5. La secte des Karaïtes dont l'origine est incertaine
mais que le Talmud envisage comme un rejeton de
la secte des Saducéens. Elle regarde la Bible et non
la tradition comme parole divinement inspirée et ra-
rement se sert de la dernière pour interpréter la pre-
mière. Il paraît que c'est de la bouche de quelques
- 103

docteurs Karaïtes que sont sorties plusieurs remarques


critiques sur la manière de lire et d'interpréter la
Bible, que l'on rencontre par intervalles dans les deux
Talmuds et que l'on attribue aux scribes .
6". La secte des Pharisiens qui remonte aux premiers
temps des Maccabées et qui est née de la réaction
exercée contre les Sadducéens et les Karaïtes , élève
dans le Talmud la lettre au-dessus du véritable es-
prit de la loi , la loi orale au-dessus de la loi écrite,
et les cérémonies au-dessus de la morale 16).
7°. La secte des Gaülonites ou des Zélateurs qui dérive
de celle des Pharisiens et qui enseigne, dans le Tal-
mud, que les Juifs ne peuvent être sujets et tributai-
res d'un autre roi que l'Eternel.

8°. Les Herodiens ont jeté dans le code de la Synago-


gue les premiers germes de la maxime : qu'il est per-
mis de changer de culte par des vues purement mon-
daines et principalement lorsqu'on s'y trouve contraint
par la force.
9º. Les Esséniens qui professaient entre autres maxi-
mes celle de ne voir dans toute la loi de Moïse qu'une
sorte d'allégorie, doivent être regardés comme les au-
teurs d'une grande partie de ce que nous avons ap-
pelé Agada et Midracha du Talmud.

10. Les Therapeutes, qui fesaient consister le suprême


bonheur dans la contemplation , sont peut- être les pre-
miers propagateurs de la Cabale dogmatique qui se
fait remarquer de temps en temps parmi les autres
matières talmudiques .
11 °. Les Hilleliens qui fesaient servir la tradition à ali-
menter cette espèce de rivalité qui les tenaient sépa-
rés des Chamméens .
12° . Enfin les Chamméens qui fesaient valoir seulement
cette partie des doctrines traditionnelles qui étaient dia-

16) Dans la Théorie du Judaïsme nous avons spécifié avec plus de


détail les dogmes de la secte des Pharisiens, et nous avons indiqué
toutes les nuances dont elle est susceptible.
104 -

métralement opposées aux décisions et aux opinions


des Hilleliens 17).
Il résulte donc de tout ce que nous venons d'exposer
relativement aux écoles et aux sectes des auteurs du Tal-
mud , que ce code religieux a été enfanté dans plusieurs
pays à la fois, et que pour en approfondir le caractère il
faut aller étudier ses traits principaux en Palestine , en
Grèce et dans l'Egypte ; en Chaldée, en Assyrie et dans la
Perse. Et si on veut le considérer par rapport à ses doc-
trines antisociales il ne sera pas inutile de le méditer à
Samarie , à Rome , à Antioche , à Constantinople et dans
plusieurs villes de l'Arabie . Ce qu'il y aura de plus re-
marquable dans cet examen local, c'est qu'on trouvera que
le Judaïsme est né non pendant les temps de persécution
mais lorsque les souverains des pays où les dépositaires de
la tradition ont professé leurs doctrines , se sont montrés
favorablement disposés envers eux , et ont laissé vivre en
repos la nation israélite 18).
R. Juda le Saint , R. Johanan et R. Ache ont placé
toute leur industrie à recueillir les traditions de leurs an-
cêtres ou de leurs professeurs en citant leurs noms avec
une exactitude qui tient du scrupule. Il est donc évident
que s'il y avait moyen de fixer leur âge avec la même exac-
titude nous pourrions suivre l'ordre des temps , et rien ne
nous manquerait pour en tirer toute cette lumière chrono-
logique qui relève le prix des monumens de l'antiquité.
Mais comme les époques déterminées par les historiens
juifs 19) sont ordinairement si fautives qu'elles peuvent

17) Voy. ce que nous disons d'Hillel et de Chammaï , chefs de ces


deux sectes , dans notre Théorie du Judaïsme.
18) Il est vraisemblable, dit Peter Beer (ib. 1e Partie pag. 224.), que
la secte des Talmudistes a pris le dessus sur les autres, par la protec-
tion dont ses auteurs ont joui auprès de ceux qui avaient l'autorité
entre les mains , comme p. ex. Hillel auprès d'Herode , R. Johanan au-
près de Vespasien et R. Jehuda auprès d'Antonie.
19) On peut retrouver le catalogue des docteurs de la tradition dans
les chroniques juives qui portent les titres de Sepher Jekasin , de Se-
pher Hakkabala , de Chalcheleth Hakkabala , de Tsemach David et de
Seder Hadoroth.
105

troubler les idées du critique au lieu de les éclaircir, nous


préférons à tout autre systême celui de Bartolocci, de Wolf
et d'autres savans antiquaires qui ont disposé les noms des
docteurs ta'mudiques par ordre d'alphabet en notant seu-
lement les époques les moins incertaines. Tous ceux qui
voudront s'appliquer à la lecture de la version du Talmud
pourront retirer de cet arrangement deux avantages très-
précieux, savoir :
1º. Ils pourront y retrouver avec la même facilité que
dans un dictionnaire biographique les noms et les ti-
tres des auteurs qui excitent leur attention .
2º. Ils y auront en même temps l'époque à laquelle ces
mêmes auteurs ont vécu , notées à côté de leurs noms
respectifs, et lorsqu'elle n'est pas indiquée ils pourront
la conjecturer d'après celle de leurs parens , de leurs
maîtres ou de leurs contemporains. -

Catalogue
des docteurs qui parlent dans la Mischna et qui portent le
nom de Tanaïtes (Dan) depuis Siméon le Juste (an 300 avant
J. Ch.) jusqu'à Juda le Saint (an de J. Ch , 200).
‫א‬
.10• ‫ אבא אלאעזר בן דולעאי‬Abba Eleazar ben Dolai que Ju-
hasin fait contemporain de R. Meïr et de R. Juda et
qu'il place vers l'an du monde 3880, de J. Ch. 120.
2º. N7 N8 Abba Goria et Abba Gurion Isch Zaiidon.
.39 ‫א יוסי חליק ופרי‬-A
‫אב‬ Jose Halik bb
Uperi de la mai a
son d'Hillel.
4º. mpin xan Abba Helkija neveu d'Onie Hammagal qui
vivait au temps de R. Nehonie ben Hakkana avant la
ruine du temple.
.5 ‫ אבא יוסי בן חנן‬Abba Jose ben Hanen , contemporain de
R. Eliéser ben Jacob. Bartolocci le confond avec Abba
Jose ben Johanan de Jérusalem , qui parle dans la Ghé-
mara au nom de R. Meïr, et qui par conséquent lui se-
rait postérieur. R. Meïr a vécu vers l'an 121 de J. Ch.
.6 ‫ אבא שאול בן בטנית‬Abba Chaul benn Bothith qui semble
postérieur à Abba Jose ben Hanen , car il parle en son
nom dans la Ghémara.
106

.7 ‫מרמשא‬ ‫מבית‬ ‫שאול‬ ‫אבא‬ Abba Chaul de la maison o


de la famille Marmecha, qui souvent est appelé dans la •
Mischna tout simplement Abba Chaul.
8º. 7 Abtalijon, contemporain de Chemaja qui vivait
l'an 38 avant J. Ch., prosélyte de la justice et père du
Sénat.
9º. 71278 Admon qui a été juge avec Hanen ben Avicha-
lom et contemporain d'Abtalijon.
10º. Ela, savant de la ville de Javne.
.110 ‫יבנה‬ ‫אליטס איש‬
.El ville de Javne us
de la ith

12º. Elijoeni ben Hakkoph, contemporain


de Juda ben Tabbai et de Siméon ben Chetach.
130 ‫ליעזר הגדול בן הורקנוס‬-El
‫א‬ ies
Haggadol fils d'Hyr e
can, parent de Siméon le vieux et de Rabban Gamaliel,
et disciple de R. Johanan . On parle de lui dans la
Mischna lorsque le nom d'Elieser y est placé sans aucune
addition. Il fut célèbre après la ruine du temple, et sa
mort revient vers l'année 73 de J. Ch.
14º. Elieser ben Harsom, contemporain
d'Antigone.
.159 ‫ליעזר בן יוסף הגלילי‬Elieser
‫א‬ ben Joseph le Galileen
contemporain de R. Siméon ben Gamaliel , père de Juda
le Saint. Il vivait donc vers le commencement du Ild
siècle. Il passe pour être l'auteur des 32 modes d'ar-
gumentation de l'Agada.
.160 ‫ אליעזר בן יעקב‬Elieser ben Jacob qui vivait encore
sous le IId temple et dont la mort paraît être arrivée vers
l'an 130 de J. C. On le surnomme aussi pp Kav
venaki.
.170 ‫ אליעזר קראי‬Elieser Karat ou le biblique parait avoir
été contemporain de R. Johanan.
.180 ‫אלישע בן אבויה‬ Elicha ben Avuja surnomme ‫אחר‬
l'autre à cause de son apostasie, et précepteur de R. Meïr.
19º. NSN 20) Eleazar ben Dama que l'on con-
fond avec ce Josue ben Dama, fils de la soeur de R. Is-

20) On pourra chercher sous le nom 7 ( Eleazar) les Tanaïles


qu'on ne trouvera pas sous l'autre dénomination (Elieser).
- 107 -

maël qui préféra mourir de la morsure d'un serpent plu-


tôt que d'en être guéri par l'intercession de J. Ch. comme
il est dit dans le traité Avoda Zara.
.200 ‫חזקיה‬ ‫חנניה בן‬ ‫בן‬ ‫אלעזר‬ Eleazar ben Hanania ben
Hizkija qui vit probablement le II temple : ce Hanania
est le même qui interpréta Ezéchiel dans le but de prou-
ver aux Juifs l'authenticité de ce prophète ."
21º . nyom 719ò Eleazar Hisma disciple de R. Akiva vers
le commencement du IId siècle.
220.17 Eleazar ben Harsum disciple de R.
Johanan ben Saccaï.

.230 ‫ אלעזר בן יהודה‬Eleazar ben Jehuda natif de Bartota


et contemporain de R. Akiva.
24º. 1978 Eleazar Hammodaï disciple de R. Jo-
hanan ben Saccaï et compagnon de R. Tarphon.
.259 ‫ אלעזר בן מתיא‬Eleazar ben Mattige un des quatre
sages de la ville de Javne.
.26 ‫הכהן‬ ‫לעזר בן עזריה‬-E
‫א‬ Cohen dis ar
ben Asarja az
le
ciple de R. Johanan ben Saccaï , mort vers l'an 82 de
J. Ch. On le dit substitué à Rabban Gamaliel dans la
préfecture de l'académie de Javne.
.270 ‫ערך‬ ‫בן‬ ‫אלעזר‬ Eleazar ben Arach surnomme aussi
(Bila) et 72 (Ben Phabi) contemporain de R.
Akiba.
28°. 7 Eleazar ben Partha disciple de R. Mo-
daï et mort l'an 52 de la destruction du temple.
29. 19 Eleazar ben R. Tsadoc contemporain
de R. Meïr qui vivait vers l'an 121 de J. Ch. et 53 de
la destruction du temple.
.300 ‫ אלעזר הקפר‬Eleazar Haccuphar qui parait avoir vecu
après la destruction du temple et avoir été disciple de
R. Josue ben Levi.
.319 ‫ אלעזר בן שמוע‬Eleazar ben Chemua precepteur de
Rabbenu Haccadosch ou de Juda le Saint. Il faut enten-
dre qu'on parle de lui dans la Mischna lorsque le nom
d'Eleazar y est employé absolument ( no), c'est - à - dire,
sans l'addition d'autres épithètes.
.320‫ אלעזר בן שמעון בן יוחי‬Eleazar ben Chimon ben Johat
compagnon de Rabbenu Haccadosch et dont l'on conte qu'il
108 -

demeura caché dans une grotte avec son père pendant


13 ans. Il mourut avant Juda le Saint.
.339 ‫ אנטיגונוס איש סוכו‬Antigone le Sokken appeld ainsi
·
de Soco, ville de la Judée. Il fut disciple de Siméon le
Juste et contemporain de R. Elieser, trois siècles avant
J. Ch.
34º. Onkelos que l'on confond ordinairemeut avec
le paraphraste et dont on rapporte une Barajtha dans
le traité Bava Bathra.
35º. N les savans Medavites ou d'une académie
de la Palestine qui portait ce nom.

‫ב‬

36º. Nuia 7ª N22 Bava ben Botha , ` disciple de Chammaï le


vieux .
37°. Baithos, disciple d'Antigone le Sokéen.
.38 ‫ בן בג בג‬Ben Bug Bag qui selon le Juhasin est le
même que R. Johanan ben Bag Bag, contemporain d'Hil-
lel et de Chammaï.
39º. ' m Beruria fille de R. Hananja, femme
de R. Meïr et aussi savante que son mari.
40º. Ben He He que l'on confond ordinairement
avec Ben Bag Bag.

‫ג‬

.410 ‫ גביהא בן פסיסא‬Ghevia ben Pesist contemporain de


Simeon le Juste et que l'on nomme aussi ‫גביה בן קוסם‬.
42°. pin bb Gamaliel le vieux, fils de Rabban Siméon
que l'on confond avec le Siméon qui reçut Jesus Christ
entre ses bras.
43º. m bæ Gamaliel de Javne, neveu de Gamaliel
le vieux et fils de R. Siméon ben Gamaliel , mort vers
l'an 82 de J. Ch .
44°. Gamaliel le Grand, fils ainé de Rab-
benu Haccadosch et le dernier des docteurs mischniques.

‫ד‬

45º. 7 Dosa ben Harkinas, docteur qui a joui


d'une grande autorité et qui a vécu, selon le Juhasin , pen-
- 109 -

dant tout le temps du IId temple, savoir : 432 ans. Il est


mort vers l'an 80 de J. Ch .
46°. No Dostaï natif du village Ithma,
disciple de Chammaï.
47°. Dostaï ben R. Jannaï, disciple de R.
Meïr.

‫ה‬

.489 ‫ הושעיא רבא‬Hochaja Rabba contemporain de Rabbenu


Haccadosch. Dans le Talmud de Babylone il est appelé
‫בריבי‬.fi ls
de Ribbi
49°. pin bbm Hillel le vieux, disciple de Chemaja et d'Ab-
talion, né à Babylone de la famille royale de David. Il
vint à Jérusalem âgé de 40 ans, où il paraît qu'il sim-
plifia la doctrine de la tradition , car on trouve écrit
dans le Juhasin que depuis Moïse jusqu'à Hillel 600
étaient les ordres de la Mischna et qu'Hillel fut le
premier à le réduire à 6 seulement. Juda le Saint ne fit
donc qu'adopter pour son ouvrage le plan qui avait été
déjà proposé par Hillel. Il fut disciple de Chemaja avec
Chammaï vers l'an 32 avant J. Ch . , il est le chef de la
secte ou de l'école appelée (la maison d'Hillel).
50º . arwan bin Hillel Hannasi ou le Prince, fils de R. Je-
huda Nasi qui était neveu de R. Juda le Saint.
51º. b in Haraghe Malcuth , c'est-à -dire , les tués
du royaume , ou dix docteurs qui perdirent la vie par
ordre des empereurs romains , savoir : Siméon ben Ga-
maliel, R. Hananja, Ismaël ben Elisa, R. Akiba, R. Juda
ben Baba, R. Hananja ben Tardejon, R. Hozpith, R. Je-
chubab , R. Elieser ben Chemua et R. Juda ben Tima
ou selon d'autres R. Elieser ben Dama.
520 benrca
‫ הורקנוס בן ר ' אליעזר בן הורקנוס‬-Hy R. Elie n
ser fils d'Hyrcan.

530 ‫ זכריה בן קבוטל‬Zacarja ben Kamuthal qui vivait un


peu avant la ruine du temple.
.540 ‫ זכריה בן הקצב‬Zacarja ben Haccazal dont on dit
qu'il vécut avant le temple parce qu'il jure par le temple.
110 --

‫ח‬

55º. Honie Hammagal, contemporain d'Aristo-


bule et d'Hyrcan vers l'an 63 avant J. C.
56 . Hozpith Hatturgaman, interprète du
Prince Rabban Gamaliel.
57°. Helpeta ou Halaphta, père de R. Jose qui vit
la ruine du temple. Il faut distinguer de celui-ci un
autre Halpeta Isch Kephar Hananja, disciple de R Meïr
qui vivait vers l'an 120 de J. C.
.580 ‫חנינא בן רבן גמליאל דיבנה‬-Hben an Rabban in
Gama a
liel de Javne qui paraît avoir été contemporain de R.
Meir.
59º. I л Hanina ben Dosa, contemporain de Rab-
ban Gamaliel et témoin de la ruine du temple arrivée
l'an de J. C. 68. Il est aussi appelé Hananja 21 ).
.609 ‫חכינאי‬ ‫חנינא בן‬
Hanina ben Hakinai vivait vers l'an
de J. C. 121. Il a été disciple de R. Akiba et l'un
des 5 juges dont on dit qu'ils jugèrent devant les suges
wan, savoir : Ben Asai , Ben Zoma,
Elea Zar ben Matthia , Hananie Isch Ono et notre
Hanina. Mais d'autres rapportent autrement tous ces
noms.
.610 ‫חנינא בר חמא‬ Hanina par Hamma qui apres la
mort de Rabbenu Haccadosch était à la tête de ce col-
lége de savans qui composèrent la Tosaphtha, la Baraj-
tha et la Mekilta. C'est en lui et dans ses collègues
R. Osaja, R. Siméon , R. Gamaliel et R. Elieser que se
termine l'ordre des docteurs mischniques.
62º. ‫ חנמאל המצרי‬Hanamel Hammitsri ou l'Egyptien,
Grand-Prêtre du II temple.
63º. Dis J Hanan fils d'Abchalon a été juge avec
Admon pendant le IId temple.
64°. Hanan Hannahba, neveu d'Onie Hammagal.
.650 ‫ חנניה איש אונו‬Hanania Isch Ono un des cing juges
qui jugeaient devant les sages.

21) Les nom de N ( Hanina) et de 2 ( Hananja) sont son-


vent pris l'un pour l'autre dans le Talmud.
111

66º. 072 72 mɔɔ Hananja fils d'Antigone, contempo-


rain de R. Akiba, vers l'an de J. C. 120.
.670 ‫ חנניה בן חזקיה בן גרון‬Hananja ben Hiskija ben Garon
qui vivait pendant le II temple et qui interpréta, dit on,
Ezéchiel dans le but d'empêcher les Juifs d'en défendre
la lecture .

68º. Hanania vicaire des (grands) prê-


tres, contemporain de R. Meïr et de R. Jose.
69( ‫חנניה בן עקביה‬ Hanania ben Akveja vivait vers l'an
120 de J. C.
.700 ‫ חנניה בן עקשיה‬Hanania ben Akachija qui est aussi
nommé R. Hanina.

.710 ‫ חנניה בן תרדיון‬Hanania ben Tardijon tué par ordre


des Romains vers l'an 120 de J. C.

72º . Tabi domestique de Rabban Gamaliel qui le com-


pare à un disciple savant.
73º. 777 Tarphon ou Tryphon, contemporain de R. Akiba
vers l'an 120 de J. C. , le même peut- être que le Try-
phon dont parle Justin le martyr dans le dialogue qui
porte le nom de ce Tanaïte.

74º . bam 997 Jaddua le Babylonien disciple de R. Meïr


vers l'an de J. C. 121 .
75°. NEN 7 Jehuda ben Abba contemporain de R.
Juda Haccohen un peu après la ruine du temple.
76º. NYỀN DE Jehuda bar Elai précepteur de R.
Eleazar ben Asaria vers l'an de J. C. 121. C'est à lui
que se rapporte le nom de Jehuda lorsqu'il est employé
sans aucune autre addition.
77º. J Jehuda ben Baba, contemporain de R. Je-
huda ben Elai. Lorsqu'on dit dans le Talmud
787 il est arrivé à un homme pieux cela doit s'en-
tendre de R. Jehuda ben Raba ou de son contemporain
R. Jehuda ben Elai.
.780 ‫ יהודה בן ביתירה‬Jehuda ben Bethera successeur de
Chemaja et d'Abtalion dans la chaire de Jérusalem et
112 C

qui passa ensuite à Babylone. Il a vécu après la ruine


du temple.
790. Jehuda ben Tabbaï, compagnon de Si-
méon ben Chetach vers l'an 139 avant J. C. On le croit
Caraïte.
80º. Jehuda Cohen compagnon de R. Aba vers
l'an de J. C. 125.
.810 ‫ודה בן רבן שמעין‬-
‫יה‬ J bene h
Rabban u
Chimeo n surd
nommé (précepteur) à cause de sa doctrine www : (le
Prince) à cause de sa dignité, et wip ( notre maî-
tre le Saint) à cause de sa sainteté , naquit dit- on , le
jour que R. Akiva fut tué , l'an 52 après la ruine du
temple, de J. C. 120 à Sephora, et jouit de la faveur des
trois empereurs romains Antonin le pieux , Marc An-
tonin et Comode. Bartolocci 22 ) est d'avis qu'il mit la
main à la compilation de la Mischna sous les auspices
d'Antonin à l'âge de 30 ans, et qu'il l'acheva la 7e année
de l'empire de Comode, âgé de 69 ans.
82º. 27 Jehuda ben Chemua, disciple de R. Meïr.

.820 ‫דה בן תימא‬-Jehud


‫יהו‬ ben Tema un des dix qui fu
rent tués par ordre des Romains ( b ).
.840 ‫ יהושע בן ביתירא‬Josua ben Bethera qui est appele dans
la Mischna Ben Bethera ( 7 ) sans autre addition,
et qui a été contemporain d'Hillel et de Chammaï avec
Siméon ben Bethera et Juda ben Bethera. Il paraît
avoir été un des premiers qui obtinrent le titre de Rabbi.
85º. Josua fils d'Hyrcan, précepteur de
R. Akiba.
.860 ‫ יהושע בן חנניה‬Josua benn Hanania qui s'appelle aussi
Josua tout simplement, a été disciple de R. Johanan ben
Saccaï, et contemporain de Rabban Gamaliel le Prince.
870. Josua ben Levi, contemporain de R. Ha-
nina bar Hama et précepteur de ce R. Johanan qui com-
pila le Talmud de Jérusalem .
880. Josua ben Mattija, contemporain de
R. Ismaël, vers l'an de J. C. 80.

22) lb. Tom. III. p. 79.


- 113 -

890. Josua ben Perahia, précepteur de R.


Siméon ben Chetach et mort vers l'an 90 avant J. C.,
selon l'auteur du Chalcheleth. Les Talmudistes sou-
tiennent que J. Ch. a appris de lui la magie, sans s'in-
quiéter des difficultés chronologiques que présente cette
opinion singulière.
90 °. Josua ben Corha, fils de R. Akiba et
précepteur de Rabbenu Haccadosch.
910. Johanan ben Broka, père de R. Ismaël
et contemporain de R. Elieser ben Asaria vers l'an 80
de J. C.

920 ‫ יוחנן בן גודגדה הלוי‬Johanan ben Gudgada Halevi


vivait pendant le IIa temple dont il a été le portier.
930 ‫וחנן בן זכאי הכהן‬Johanan
‫י‬ ben ,
Zaccat Haccohen
disciple d'Hillel le vieux et de Chammaï, mort l'an 70
ou 73 de J. C. après une vie de 120 ans. Il obtint de
Tite la permission de transporter à Javne le Grand- San-
hédrin. Les Juifs lui attribuent le livre Toldos Jechu 23).
.940 ‫ יוחנן בן החורני‬Johanan ben Hahorani vivait un peu
avant la destruction du temple et eut pour disciple R.
Eleazar ben Tsadoc.
95 . Johanan ben Jechua , fils du beau-père
de R. Akiba. Il vivait par conséquent un peu après la
ruine du temple.
96 . Johanan ben Mattija , contemporain de
R. Akiba.
.970 ‫חנן בן מתתיה כהן גדול‬-Johanan
‫יו‬ bena Matatja grand
prêtre et frère de Juda Maccabée, l'an 132 avant J. C.
On le confond avec St Jean Baptiste.
980. Johanan ben Nuri, contemporain et rival
de R. Josua et de R. Elieser.
99º. Johanan Hassandlar, disciple de R.
Akiba.
n
.1000 ‫ יונתן‬Jonathan que l'on croit contemporai de R.
Akiba.
.1010‫ יוסי‬Jose sans autre addition, c'est Jose ben Chel-

23) Voy. Théorie du Jud.


1. H
114 -

petha compagnon de R. Siméon , de R. Juda , de R.


Meïr et de R. Elieser ben Chammaï , qui fleurirent dans
la même académie jusqu'à Rabbenu Haccadosch.
102º . * * Jose ben Broka que l'on croit contem-
porain de R. Elieser, fils d'Hyrcan.
103°. Jose le Galiléen , contemporain de R.
Akiba vers le commencement du IId siècle.
104°. Jose ben Dormaskith , disciple de
R. Elieser Haggadol.
.1050 ‫ יוסי בן החוטף אפרתי‬Jose ben Hahothepit Euphra
téen, disciple de R. Ismaël et contemporain de R. Meïr.
106°. Jose ben Honi dont l'on dit qu'il disputa
avec Siméon, frère d'Asaria, qui vivait un peu avant la
destruction du temple.
107º. Jose ben Haluka, contemporain de Elie-
ser et de R. Josua.
.1089‫וסי בר יהודה בר אלעאי‬Jose
‫י‬ bar Jehuda bar Elai
compagnon de Rabbenu Haccadosch. Il est dit tout sim-
plement dans la Mischna ‫בר יהודה‬
.1090‫וסי בן יוחנן איש ירושלים‬-J
‫י‬ os
ben Johanan de Je e
rusalem, compagnon de R. Jose, fils de Joëser. Ces deux
docteurs sont les premiers parmi ceux qui jusqu'à Hil-
lel et Chammaï présidèrent deux à deux , l'un avec le
titre de ‫יא‬Prince
‫נש‬ '
et l'autre avec celui d ‫אב בית דין‬
père de la maison du jugement, et qui ne portèrent pas
le titre de Rabban ou de Rabbi, parce que la dignité de
de leur nom propre leur suffisait.
.1100 ‫וסי בן יועזר איש צרידה‬Jose
‫י‬ ben Joiser de Tserida
compagnon du précédent. Il reçut la tradition d'Anti-
gone le Sokéen, et son avis a toujours plus de poids que
celui des autres docteurs plus récens qui disputent dans
la Mischna.
.1110‫ יוסי הכהן‬Jose Haccohen surnomme le pieux ) ‫חסיד‬
fut disciple de R. Johanan et fameux mystique.
112°. Jose ben Mechullan , contemporain de
Rabbenu Haccadosch vers l'an de J. C. 160.
113º. Jose Katnutha, surnommé le pieux , pa-
raît avoir vécu un peu après R. Meïr , selon le Talmud
de Jérusalem. Il est le dernier parmi les quatre docteurs
- 115

surnommés les pieux. Les trois autres sont R. Iuda


bar Elai, R. Juda, fils de Babu, et R. Iuda Haccohen.
.1149‫ יוסי בן קיסמא‬Jose ben Kisma a ete temoin de la
destruction du temple.
.115‫ יוסף מארימטיאה‬Joseph d'Arimalde dont il est fait
mention dans l'Evangile 24).
1160. Joseph ben Gorion que l'on croit frère
de Nicodème et contemporain de J. C., on le confond
aussi avec Joseph l'historien des Juifs.
.1170‫ יועזר איש הבירה‬Joiser Isch Habbera de l'école de
Chammaï.
118º. * ◄ Jannaï, contemporain de R. Akiba et de R. Meïr.
‫ יעק‬Jacob qui paraît avoir été un des précepteurs
119°. ‫ב‬p
de Rabbenu Haccadosch.
120º . 'N DP Jakim Isch Hadid, contemporain de
R. Josua ben Hanania, vers l'an 50 de J. C.
121º. Ischbab Hassopher (le scribe ) , com-
pagnon de R. Akiba.
122º . byw Ischmaël, compagnon de R. Akiba. Il a écrit
sur les treize modes d'interpréter la loi .
.1239 ‫ ישמעאל בן אלישע‬Ischmail ben Elicha Grand - Prétre
qui reçut la tradition de Nehonia ben Haccana.
.1240 ‫שמעאל בן ר'יוחנן בן ברוקא‬-Is
‫י‬ chm ael
fils de R. Ioha
nan ben Broka, compagnon de Rabbenu Haccadosch.
.1250 ‫שמעאל בן ר ' יוסי בן חלפתא‬Ismael
‫י‬ , fils de,
R. Jose
fils de Helpetha adjoint de Rabbenu Haccadosch dans
l'académie.
1260. 8 72 Ischmaël ben Phiabi Grand-Prêtre
pendant le IIª temple.

127º . m n o Levitas de Javne vivait vers l'an 40


de J. C. selon Bartolocci.

128º . ¬ Meër que quelques - uns ont confondu avec R.

24) Les deux noms Jose et Joseph sont pris l'un pour l'autre dans
le Talmud.
H 2
- 116 -

Néhémie 25) et qui était vice-président sous le président


Siméon, fils de Gamaliel II . Sa mort tombe vers l'an
130 de J. C. On emploie l'expression ns, d'au-
tres disent au lieu de son nom parce qu'il a enseigné
des erreurs .
129º. N Meïcha dont Nahum Hallivlar reçut la tra-
dition, et qui vivait pendant le II temple. On le con-
fond quelquefois avec R. Meïr dans le Talmud.
130°. Menahem que l'on croit fils de Jose. On ren-
contre aussi un autre Menahem qui a été compagnon d'
Hillel.
131 . Menahem ben Signaï, contemporain
de R. Johanan ben Gudgada.
132º. Mattija ben Harasch, disciple de R.
Elieser le Grand, et contemporain de R. Siméon ben Johaï.
.133 ‫שמואל‬ ‫מתיא בן‬ Mattias den Chemuel ou Matathias
qui vivait vers la fin du II temple.
‫ג‬

134° . Nehoraï surnom donné à plusieurs Rabbins


et plus particulièrement à R. Nahmia qui vivait avant
Rabbenu Haccadosch.
135º. Nahum Hallivlar scribe, disciple de R.
Meicha . Il vivait un peu avant la destruction du IId
temple.
.1369‫נחום המדי‬ Nahum Hammadi qui vit la destruction du
IId temple.
.1370‫נחוניא בן אלנתן‬ Nehonia ben Eluathan qui vivait vers
l'an 73 de J. C.
138 °. Nehonia ben Haccana, disciple de
R. Johanan ben Saccaï et précepteur de R. Ismaël ben
Elisa. On lui attribue le livre Bahir.
139º. Nehemja , compagnon de R. Meïr. "
140º . W`s Nehemia natif de Beth Dale, con-
temporain de R. Akiba.

25) On les distingue l'un de l'autre par la règle : le titre Rabbi em-
ployé sans aucune addition dans la Mischna signifie R. Meïr , et dans la
Tosaphta R. Néhémie.
- 117 -

141°. 777777 Nicodemon ben Gorion, frère de Jo-


seph Gorion, le même peut-être que celui de l'Evangile.
Il était aussi surnommé (Bonaï), surnom que le Tal-
mud donne à un disciple de J. C.
142º. Nikanor qui employa des sommes considéra-
bles à orner le IId temple.
143º . ¯ND ` N Nitaï Haarbeli, compagnon de Josua
ben Parahia. Il vivait vers l'an 200 avant J. C.
1440 ‫ נתן בבלי‬Nathan le Babylonien qui de Babylone
passa ensuite à Jérusalem. Il était contemporain de R.
Siméon ben Gamaliel vers l'an 121 de J. C. On lui at-
tribue le Pirke Avoth.
‫ס‬
145º. Somakus vel Symmachus ben Jose,
disciple de R. Meïr.
+

146°. mapy Akbija ben Mahalalel, contempo-


rain de R. Hillel le vieux.
1470. Trp Akiba ben Joseph né la première an-
née de notre ère. Il vécut 120 ans, et consacra, dit-on,
40 ans de sa vie au commerce , 40 à l'étude et 40 à
l'enseignement de la loi. Il mourut à Bitter l'an 120
de J. C. Entre autres ouvrages cabalistiques on lui at-
tribue aussi le livre Jetsira.

‫פ‬

148. DD Paphos ben Jehuda, contemporain de


R. Akiba.
149º. Papias qui vit le temple détruit, et disputa
avec R. Akiba et R. Elieser.

150°. Tsadac qui vivait avec son fils avant et après


la destruction du temple. On ne doit pas le confondre
avec l'autre Tsadoc qui fut disciple d'Antigone le So-
kéen.

P
151 . Kattia bar Chalom, prosélyte et con-
temporain de R. Akiba .
118

152º. Rabbi. Ce titre employé tout seul dans la Mischna


signifie quelquefois R. Meïr , et plus souvent Rabbenu
Haccadosch.

153" , " Chammaï condisciple , disciple , collégue et ri-


val d'Hillel le vieux . On l'appelle colère dans le Talmud.
154º . Jip ba Chemuel Haccaton ou le petit, ainsi
appelé relativement à Samuel le Prophète. On le con-
fond avec l'Apôtre S. Paul et avec le Samlaï dont il
est question dans le Talmud de Jérusalem.

.1550‫ שמעון איש הטצפה‬Channon de Mizpa qui vivait sous


le II temple.

.1560 ‫ שמעון בן אלעזר‬Chimon ben Eleazar , compagnon de


Rabbenu Haccadosch et disciple de R. Meïr. On l'appela
aussi (Raschba) par abréviation.
157.7 7 Chimon ben Bethera, contemporain
d'Hillel.

158°. Chimon ben Gamaliel, père de Rab-


benu Haccadosch , on le nomme aussi w (Raschbag)
par abréviation.

.1599‫ שמעון בן גמליאל הזקן‬Chimon ben Gamaliel le vieur


tué dans la destruction de Jérusalem.

160º . pin bbw Chimon, fils d'Hillel le vieux,


contemporain de J. C. Le premier qui ait pris le titre
de ‫רבן‬.

.1610‫ שמעון בן זומא‬Chimon ben Zoma qui vecut avant et


après la destruction du temple ; contemporain de R.
Akiba, et fameux par ses sermons.
.1620‫ שעון בן חלפתא‬Chimon ben Helpetha frere cadet de
Jose ben Helpetha , contemporain de Rabbenu Hacca-
dosch.

163º. Chimon ben Jehuda, compagnon de


Rabbi.
- 119 -

164º . ^ 87 JJ19 Chimon ben Johaï qu'on appelle aussi


tout simplement Chimon ; 182 (grande lumière),
nb ( étincelle de Moïse ) et par abréviation
(Raschbaï), vivait vers l'an 120 de J. C. et composa,
dit-on , le livre Zohar dans une caverne où il demeura
caché pendant 12 ans.
165°. Chimon ben Menasia, contemporain
de Chimon ben Johaï.

.1660 ‫ שמעון בן ננס‬Chimon ben Nanas vivait vers la fin


du Ier siècle. Il est appelé dans la Mischna ben Nanas.
.167 ‫ שמעון בן נתנאל‬Chimon ben Nathanuel un des cinq
disciples de R. Johanan, fils de Saccaï, qui virent le tem-
ple avant et après sa destruction.

.1680‫ שמעון בן הסגן‬Chimon benn Hassagan vivait pendant


le II temple vers les temps de J. C.
1690.777 Chimon ben Asaï, compagnon de R.
Akiba.

170º. Mups Jaw Chimon ben Akohija, contemporain de


R. Josua.

171 °. Chimon Happakuli institua 18 bénédic-


tions devant Rabban Gamaliel le vieux .

172º . J Chimon le juste , successeur d'Esdras et


grand - prêtre, qui survécut à tous les membres de la
Grande-Synagogue, et qui alla à la rencontre d'Alexan-
dre le grand, 40 ans après la restauration du temple.
173°. 77 Chimon ben Rabbi, c'est-à-dire, fils de
Rabbenu Haccadosch.

174º . now 72 71 Chimon ben Chetach, compagnon de


Jehuda ben Tabbaï, ennemi déclaré des Saducéens.

175º . an ju Chimon Hattemani, un des quatre doc-


teurs de l'école de Jaone, qui sont outre lui R. Elieser,
R. Akiba et R. Josua.
176º. ‫ שמעיה‬Chemaja , disciple de Siméon Chetahide et
compagnon d'Abtalion.
- 120 -

+
Catalogue alphabétique

des principaux docteurs 26) Amoraïm ( DN¬728 ) qui parlent


dans la Ghémara depuis Juda le Saint (an de J. C. 200) jusqu'à
la clôture du Talmud (an de J. C. 500).

‫א‬

1º. 8 Abba, titre des Amoraïm comme Rabbi est celui


des Tanaïm. On croit qu'employé absolument il désigne
plus communément Abba Aribba ou Rav.
2º. N N Abba bar Cohana. Il y a deux docteurs
de ce nom, l'un vivait du temps de R. Johanan , compi-
lateur du Talmud de Jérusalem , c'est- à -dire , vers l'an

26) Sur les Tanaïles , les Amoraïm et les autres docteurs de la


Tradition voy. la IIde Partie de la Théorie du Judaïsme. Ce catalogue
des Amoraïm sera ausi peu étendu et moins étendu encore que celui
de Bartolocci et de Wolf pour des raisons très-plausibles dont voici les
principales :
1º. Comme le but de cette Préface est de préparer à la lecture de la
version du Talmud par un résumé de tous les moyens qui peuvent
jeter quelques rayons de lumière dans son obscurité, il nous faudrait
remplir 100 pages au moins des seuls Amoraïm des deux Talmuds
tels qu'ils se trouvent indiqués dans la Chronique 777 770 (Se-
der Hadoroth).
2º. Et comme d'autre part le but de ce catalogue n'est que de fixer
les principales époques dans lesquelles les dépositaires de la Tradi-
tion ont travaillé , de toutes leurs forces , à expliquer et à altérer
en même temps les doctrines de leurs ancêtres , ce but peut être suffi-
samment rempli par le catalogue que nous donnons et qui contient les
principaux d'entre ces docteurs.
3º. Nous observerons en outre que plusieurs Tanaïtes reparaissent dans
les deux Ghémares de Jérusalem et de Babylone, et qu'ils sont ou
les pères ou les précepteurs des Amoraïm ; de sorte que par le titre
de fils et par la formule il disait au nom d'un autre il n'est pas dif-
ficile de conjecturer l'âge de celui qui parle d'après l'âge de l'autre
sur l'autorité duquel il appuie ses paroles. Au reste la chronologie
des Amoraïm est souvent très-compliquée.
Quiconque veut se contenter d'avoir la simple nomenclature des
Tanaïtes et des Amoraïm , peut la retrouver , partagée en âges , dans
le Ild Volume des Antiquités hébraïques de Georg Vaehner, ouvrage qui,
outre ce catalogue presque complet , contient plusieurs renseignemens
fort utiles pour tous ceux qui cherchent à s'initier dans les doctrines
talmudiques. -
- 121

250 de J. C. , et l'autre contemporain de Rav Joseph, vers


l'an 322 de J. C.
3º. 28 Abhu, compagnon de R. Hija bar Abba, disciple
de Rabbenu Haccadosch et aïeul de R. Samuel Jarhinée.
40. NIM ME Abbu bar Cohana le même peut-être qu'
Abba bar Cohana, et selon d'autres le compagnon de R.
Ame et de R. Asse, et disciple de R. Johanan.
5º. Abhu bar Ihé, contemporain de R. Samuel
vers l'an 240 de J. C.
60. Abthilas bar Jose , un des cinq fils de
Jose.
7°. NO SEN Avithol Scribe, ministre de Rav.
80. Avije ou Avaï , neveu de Rabba bar Nahmani et
recteur de l'académie de Pompeditha vers l'an 325 de J. C.
9º. Avimi fils de R. Rahve (N ) de Pompeditha
vivait vers l'an 325 de J. C.
.100 ‫ אבין בר רב אדא‬Abbin bar Rav Ada vivait vers la
moitié du 3e siècle .
11º. NɔɔN Avina. On rencontre plusieurs docteurs de ce
nom dans la Ghémara sans aucune addition ou avec l'ad-
dition de Rab.
12º . NEON 2 NI8 Ada þar Ahava , disciple de Rav, vers la
moitié du 3e siècle .
13º. Aha. Il y a 50 docteurs dans la Ghémara qui
portent ce même nom .
14º . NNN Aha bar Hanina paraît antérieur à R.
Jacob bar Idi, à Rav Nahman et à R. Tavla qui parlent
en son nom , et Rav Nahmana était directeur de l'école
de Nahardée vers l'an 230 de J. C.
15º. Aha ben R. Jochija, contemporain de
R. Dosthaï ben Jannaï et de R. Jose ben Kephar.
16º. 8 Aha fils de Rava, ministre ou compa-
gnon de R. Ache vers l'an 410 de J. C.

17º . Elieser, ce nom placé absolument dans la Ghé-


mara signifie R. Eleazar ben Podath.
18º. Elijachib , contemporain de R. Johanan, rédac-
teur du Talmud de Jérusalem, vers l'an 230 de J. C.
19º. Eleazar ben Iose le même peut-être que
- 122

R. Eleazar ben Jose ben Helpetha qui alla à Rome avec


R. Siméon ben Johaï.
20°. Eleazar ben Tsadoc ou bar Isaac vi-
vait après Rav vers l'an 250 de J. C.
21º. * Ame, prêtre et disciple de R. Johanan auquel il
succéda dans le rectorat de l'académie de Tibériade et
qui mourut l'an 300 de J. C.
22º . NAN DA V8 Ame bar Abba vivait vers l'an 250 de J. Ch .
23º . "Ɗ Ase, prêtre et compagnon de R. Ame et recteur
de l'académie de Tibériade. Dans le Talmud de Jérusa-
lem il est appelé & Rav Jesa.
24º . N Ache , c'est-à-dire , Rav Ache, premier rédacteur
de la Ghémara de Babylone, né l'an de J. C. 367 et mort
en 426.

25º. 22 Bibi bar Giddel. Son père parle au nom


de Rav et de Samuel, d'où on peut déduire qu'il vivait
vers l'an 220 de J. C. et que son fils a touché l'an 279.
26º . Banea, précepteur de R. Johanan, auteur du Tal-
mud de Jérusalem .
27°. Berakia, contemporain de R. Banea vers l'an
de J. C. 200.

3
‫ג‬

28°. Giddel, disciple de R. Samuel Jarhinée et précep


teur de R. Sira vers la moitié du 3° siècle.
29º. Gamaliel, fils de Rabbenu Haccadosch qui ex-
pliquait la Mischna dans l'académie de Tibériade vers
l'an 219 de J. C.

‫ד‬

30º . “ Dimi de la terre d'Israël, disciple de R. Johanan


et qui passa ensuite à Babylone. Abraham ben Dior
parle d'un autre Rav Dimi qui fut recteur de l'académie
de Pompeditha vers l'an 383 de J. C.

‫ה‬

31º. Huna, prince de la captivité et contemporain de


Rabbenu Haccadosch.
123 -

32º. № Huna, directeur de l'académie de Sora vers l'an


290 de J. C.
33°. Hoschaja qui parle au nom de Rav et qui par
conséquent à dù vivre vers l'an de J. C. 219. D'autres
le confondent avec R. Ochaja (NN), disciple de Rab-
benu Haccadosch.
.340 ‫הכל הנשיא‬ Hillel le Prince qui vivait probablement
vers l'an 360 de J. C.
35º. Hammenuna, compagnon de R. Sira.
T

36º. Zutra, recteur de l'académie de Pompeditha vers


l'an 410 de J. C. et qui ne doit pas être confondu avec
R. Zuta ( 7) contemporain de R. Ache , et qui était
recteur de l'académie de Sora vers l'an 427 de J. C.
37°. Zutra bar Tobija, contemporain de R.
Juda, vers la moitié du 3e siècle.
38º. Zira le Babylonien qui fut élevé dans la terre
d'Israël et disciple de Rav Hanna. Il paraît que de Ba-
bylone il revint enfin en Palestine parce qu'on le dit
mort à Tibériade dans le 4e siècle.
‫ח‬
39º. Hija surnommé Rubba (7 ) auteur de la To-
siphta avec Hoschaja Rabba et fils de R. Abba Sela.
On l'appelle aussi R. Hija bar Abba.
40º . " Hija bar Ache , c'est- à- dire, fils de ce R.
"
Ache qui fut disciple de Rav et de Samuel.
41º. Hija bar Joseph, contemporain de R. Jo-
hanan et de Samuel vers l'an 230 de J. C.
42°. Halbo, disciple de Rav Hunna vers l'an 250 deJ. C.
43º . § Hamme, recteur de l'académie de Nehardea, depuis
l'an de J. C. 357 jusqu'à l'an 372.
44 . Hana bar Bisna, contemporain de R. Chi-
meon Hasida .
45º . Hanilaï, contemporain de R. Johanan.
46º . Hanina . On cite dans la Ghémara plusieurs doc-
teurs de ce nom dont les plus connus sont R. Hanina
ben Gamla, R. Hanina ben Josua et R. Hanina ben Papa.
47°. on Hasda, recteur de l'académie de Sora vers l'an 290.
- 124

48°. Jehuda, recteur de l'académie de Nahardea vers


la moitié du 3e siècle .
49°. Jehuda ben Gherim , disciple de R. Si-
méon ben Johaï , né de parens prosélytes. Dans le
Talmud de Jérusalem on le nomme R. Jodan.
50º. Jehuda fils de Hija, disciple de R.
Siméon ben Rabbi.
51°. Johanan ben Elieser, né l'an 184 de J.
C. dans la terre d'Israël et auteur de la Ghémara de Jé-
rusalem. Il eut pour précepteurs Rabbenu Haccadosch,
R. Jannaï, R. Oschaja Rabba et Ezéchie, fils de R. Hija.
.520 ‫תן בן עוזיאל‬-Jonatha
‫יונ‬ ben Usiel le Paraphraste chal
déen.
53°. Isaac Naphha, contemporain de R. Ame et
de R. Ache.
.540 ‫ ירמיה‬Jeremie qu'on appelle dans le Talmud ‫בעל הבעיות‬
(auteur des questions ) a été disciple de R. Hunna. Il
disputait souvent avec les docteurs de Babylone et il l'em
portait sur leur avis.
55º. NON 7¬ Jérémie bar Abba , disciple et collégue de
Rav.
56º. Ismaël, on lui attribue une école sous le titre
de maison d'Ismaël ( 8 ).
‫כ‬

570. Cohana le premier, collégue et disciple


de Rav ; on l'appelle le premier par rapport à un autre
Cohana contemporain de Rav Ache.
‫ל‬

58°. Levi, sans autre addition veut dire Levi bar Siri,
disciple de Rabbenu Haccadosch.
59º. Levi bar Hitta, contemporain de R. Johanan .
60º. Levi bar Hama, contemporain de R. Ha-
nina bar Hama et de R. Aphes, vers l'an 220 de J. C.
‫מ‬

61º. Mar ou Mor employé simplement signifie Rabba


bar Nahmani onche d'Avije.
125 ―

62º. Mecharchija probablement fils de Rava et


disciple d'Avije.
‫ג‬
.639 ‫ נחמן בר יצחק‬.Nah man
bar Isaac
a

64°. ‫ ספרא‬Saphra qui parle au nom de R. Josua fils de


Hanina,
‫ע‬
.650 ‫ עיניני בר ששון‬Enene bar ,
Sason
‫פ‬
66º. NDD Papa sans autre addition signifie plus probable-
ment un recteur de ce nom de l'école de Naresch vers
l'an 353 de J. C.

P
67°. Kaphra, précepteur d'Oschaja ben Rabba. Il re-
cueillit quelques traditions qui portent le nom de Mischna
bar Kaphra ou de Tosaphta.
‫ר‬

.680 ‫ רב‬Rav , ce titre sans autre addition signifie ‫אבא אריבא‬


Abba Aribba, disciple de Rabbenu Haccadosch et de R.
Hija dans la terre d'Israël. Il passa enfin à Babylone et
y fonda l'académie de Sora dont il fut le recteur jusqu'à
l'an de J. C. 243. On le croit aussi auteur du Siphre et
de la Siphra dont nous avons déjà parlé.
69º. Raba, compagnon d'Abie et disciple de Rav Hasda
vers l'an de J. C. 353.
.700 ‫ רבא בר ( רבה ) בר חנא‬Raba bar ( Rabba ) 27 ) bar Hanna
disciple de R. Johanan.
71°. Raba bar Lema, contemporain d'Abie.
72º. Ravina le vieux et le jeune, le premier a été
disciple de Rav Joseph vers l'an de J. C. 322 , et le se-
cond est le dernier des docteurs ghémaristes , mort l'an
474 de J. C.

27) Selon Josua Hallevi il faut faire sentir deux ben et un


seul en , car ces deux noms désiguent souvent deux docteurs dif-
férens.
126 -

‫ש‬
73°. Chemuel. Ce nom employé simplement indique
R. Samuel Jarhinée ou le calculateur des mouvemens de
la lune. Il eut pour père Abba bar Abba , pour patrie
Nehardea, et mourut vers le milieu du 3e siècle .
74º. Samlaï, contemporain de R Johanan .
75°. NEN 7 Cheman bar Abba, disciple de R. Johanan.
.760 ‫ שמעון בן לקיש‬Chimon Ben Lakisch par abréviation
(Raschbal) naquit d'une soeur de R. Johanan. Son
père est appelé wps (Chef- larron).
77°. no Chechath, disciple de Rav Hunna vers l'an 285
de J. C.

‫ת‬
.780 ‫ תנחום בר חייא‬Tanahum bar Hija le meme probablement
que R. Hija bar Abba.
Lorsque les noms des Amoraïm que nous venons de
rapporter dans ce catalogue ne donnent pas l'âge que l'on
cherche, on doit consulter, ainsi que nous venons de le dire,
les articles de leurs parens ou de leurs précepteurs dans ce
même catalogue ou dans celui des Tanaïm pour obtenir
des résultats chronologiques plus précis. Quant aux épo-
ques les plus marquantes de la tradition et des écoles où
elle a été propagée , on peut collationner avec fruit la
table de M. Jost , que nous avons copiée dans la seconde
partie de notre Théorie.
Comme les deux Talmud ne constituent , à rigoureu-
sement parler , que deux grands commentaires de la Mi-
kra ou de la Bible, il est indubitable que leur intelligence
doit dépendre principalement d'une notion exacte 28) des
paroles du texte qu'ils expliquent. En d'autres termes il
faut adopter pour principe fondamental que quiconque veut
comprendre le Talmud doit être aussi versé dans la Bible

28) Je dis une notion exacte des paroles et non de la signification


des paroles , car j'ai déjà démontré dans ma Théorie du Judaïsme que
la manière d'interpréter la Bible des docteurs de la Synagogue est tou-
jours traditionnelle et nullement critique, et qu'ils puisent daus une tra-
dition qu'ils ont eux-mêmes corrompue à plusieurs reprises .
- 127 G

que les talmudistes , c'est-à-dire, il doit la savoir presque


par coeur ou être tout au moins en état de se rappeler le
contenu d'un chapitre entier en lisant dans le Talmud un
seul verset, et le contenu d'un verset entier par la citation
d'un seul mot. Nous avons déjà fait quelques remarques à
ce sujet dans notre Théorie tout en promettant :
1º . que comme c'est pour les non-Juifs et non pour les
Juifs que nous traduisons ce code et que les premiers
connaissent la Bible bien moins que les seconds , nous
commencerons par établir l'état de chaque question en
rapportant les paroles du texte avant que d'en donner
la glose ou le commentaire de la Mischna et de la Ghé-
mara.
2º. que dans le corps de la glose ou du commentaire nous
indiquerons soigneusement les chapitres et les versets
sur lesquels appuient leurs opinions ou leurs décisions
les talmudistes . Mais comme d'autre part la loi de Moïse
est l'objet principal des discussions talmudiques et qu'
elle présente beaucoup de confusion dans le Pentateu-
que parce qu'elle y est mêlée à l'histoire , et qu'elle y
est plusieurs fois répétée et même modifiée , nous regar-
dons comme indispensable de donner ici le catalogue de
613 préceptes affirmatifs et négatifs 2 ) qu'y ont trou-
vés les dépositaires de la tradition et dont ils s'occu-
pent continuellement dans le Talmud.
On peut regarder ce catalogue comme le compendium
de toute la Bible et le foyer de toutes les doctrines de la Syn-
agogue, car les prophètes antérieurs et postérieurs se sont
occupés de leur explication avant les Tanaïtes et les Amo-
raïm. Il servira aussi à distinguer dans le Talmud les pré-
ceptes de Moïse des prescriptions ou constitutions des Rab-
bins (77 ) . Maimonides est peut-être le premier qui
ait pensé à faire cet extrait de la loi mosaïque dans la préface
à son abrégé du Talmud, appelé Jad Hasaka , et son travail,
tout inexact qu'il est, peut rendre le même service que le
soin que l'on prend ordinairement de marquer sur une lon-
gue route les espaces déjà parcourus et ceux qui restent à

29) Voy. Théor, du Jud. Ire et II Part.


128

parcourir. C'est pourquoi nous n'hésitons pas à l'inscrire


dans cette préface tel qu'il est dans l'original, en le tradui-
sant fidèlement et en y ajoutant les citations de la Bible que
Maimonides a négligées parce qu'il n'écrivait que pour ses
confrères.
‫עשה‬ ‫מצות‬
ou
: Les Préceptes affirmatifs
de la Loi de Moïse.

1º . Précepte affirmatif est, de croire que Dieu existe , car


il est dit 30 ) : je suis l'Eternel ton Dieu.
2º. et qu'il est un ; car il est dit 31 ) : l'Eternel notre Dieu
est un.
3º. de l'aimer , car il est dit 32) : tu aimeras l'Eternel ton
Dieu.
4º. de le craindre, car il est dit 3 ) : tu craindras l'Eternel
ton Dieu.
5º. de prier, car il est dit 34) : vous servirez l'Eternel votre
Dieu.
6º. d'être attaché à l'Eternel, car il est dit 35) : tu lui se-
ras attaché.
7º. de jurer par lui, car il est dit 36 ) : tu jureras par son nom.
8º. de tâcher autant que possible de ressembler à Dieu
dans notre conduite morale, car il est dit 37 ) : tu marche-
ras dans ses voies.
9º. de sanctifier son nom, car il est dit 38 ) : je serai sanc-
tifié entre les enfans d'Israël.
10º . de faire la lecture du Chema deux fois par jour, c'est-
à-dire, le soir et le matin , car il est dit 39 ) : quand tu
te coucheras et quand tu te leveras.

30) Exod. XX , 2. 31) Deut. VI, 4. 32) Ib 5. 33) Ib. 13.


34) Exod. XXIII , 25. Ce service commandé envers Dieu , ajoute
Maimonides , signifie la prière.
35 ) Deut. X, 20.
36) Ib. voy. VI , 13. ce qui n'est pas à la rigueur autant un pré-
cepte affirmatif qu'une défense de jurer par le nom d'une autre di-
vinité.
37) Ib. XXVIII, 9. 38) Levit. XXII, 32. 39) Deut. VI , 7 .
- 129 -

11º . d'apprendre la loi et de l'enseigner, car il est dit 40) :


tu les enseigneras à tes enfans.
12º. de lier les Tephillin autour de la tête, car il est dit 41 ) :"
ils seront comme des fronteaux entre tes yeux.
13º. de lier les mêmes Thepillin autour de la main , ou
du bras, car il est dit 42 ) : tu les lieras comme un signe
sur tes mains.
14º . de faire les Tsitsith, car il est dit 43) : qu'ils se fas-
sent des Tsitsith etc.
15º. de faire la Mezuza, car il est dit 44) : tu les écriras
sur les poteaux de la maison.
16º . de rassembler le peuple à la fin de la septième an-
née pour qu'il entende la loi , car il est dit 45 ) : rassem-
ble le peuple.
17º. que chacun transcrive un exemplaire de la loi pour
son usage , car il est dit 46 ) : écrivez -vous ce cantique.
18°. que chaque roi transcrive un autre exemplaire de la
même loi outre celui qu'il avait déjà transcrit comme
particulier, car il est dit 47 ) : il écrira dans un livre un
double de cette loi.
19º. de faire la bénédiction après le repas, car il est dit 48) :
tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras PEter-
nel ton Dieu.
20º. de bâttir le temple , car il est dit 49 ) : et ils me fe-
ront un sanctuaire.
21°. de respecter la maison de Dieu , car il est dit 50) :
vous aurez en révérence mon sanctuaire.
22º. que les prêtres y fassent toujours le * service divin,

40) Deut. VI, 7.


41) lb. v. 8. Nous parlerons des fronteaux ( 19 ) dans la li
turgie. 42) Ib.
43) Nomb, XV, 38. Nous parlerons des " tout à l'heure dans
la liturgie.
44) Deut. VI, 9. Il sera question de la Mezuza ci- dessous.
45) lb. XXXI, 12.
46) Ib. v. 10. ce cantique, c'est-à-dire, ce Deuteronome ou tous les
cinq livres de Moïse selon les Talmudistes.
47) Ib. XXII, 18. 48) Ib. VIII, 10. 49) Exod. XXV, 8 . 50) Lévit.
XIX , 30.
1. I
-130

car il est dit 51 ) : toi et tes fils avec toi devant le Ta-
bernacle du témoignage.
23º. que les Lévites en fassent autant , car il est dit 52 ) :
les Lévites s'emploieront au service du Tabernacle.
24º . que les prêtres sanctifient (ou lavent) les mains et
les pieds au moment du service , car il est dit 53 ) : et
Ahron et ses fils en laveront leurs mains et leurs pieds.
25º . qu'ils préparent les lampes du sanctuaire , car il est
dit 54 ) : Ahron avec ses fils l'arrangera.
26°. qu'ils donnent la bénédiction aux Israélites , car il
est dit 55 ) : Vous bénirez ainsi les enfans d'Israël.
27°. qu'ils arrangent le pain et l'encens devant Dieu cha-
que samedi , car il est dit 56 ) : le pain de proposition
continuellement devant moi.
28°. qu'ils brûlent l'encens deux fois par jour , car il est
dit 57 ) : et Ahron fera fumer sur l'autel le parfum.
29º. qu'ils entretiennent continuellement le feu allumé sur
l'autel de l'holocauste , car il est dit 58) : et le feu brù-
lera sur l'autel.
30° . qu'ils otent les cendres de l'autel , car il est dit 59 ) :
et il levera les cendres.
31º. d'éloigner les impurs du camp ou du lieu où réside
la majesté de Dieu , car il est dit 6º ) : qu'ils mettent
hors du camp tout lépreux , tout homme découlant et
tout homme souillé pour un mort.
32º. d'honorer la semence d'Ahron et de lui accorder le
pas dans tout ce qui regarde la religion , car il est
dit 61 ): tu les sanctifieras.
33° . que les prêtres s'habillent des habits sacerdotaux pen-
dant le ministère , car il est dit 62) : tu feras de saints
vêtemens.
34° . que ceux qui portent l'arche la soutiennent sur les
épaules , car il est dit 63 ) : le service du sanctuaire est
de leur charge , ils porteront sur les épaules.

51) Nomb. XVIII, 2. 52) lb. XVIII, 23. 53) Exod. XXX, 19.
54) Ib. XXVII, 21. 55) Nomb. VI, 23. 56) Exod. XXV, 30.
58) Lévit. VI, 13. 59) Ib. vs. 10. 60) Nomb.
57) lb , XXX , 7.
V, 2, • 61) Lév. XXI, 8. 62) Exod. XXVIII , 2. 63) Nomb. VII, 9.
131 1

35º. d'oindre le grand-prêtre et les rois avec l'huile de


l'onction , car il est dit 64) : l'huile de la sainte onction.
36º. que même les prêtres et les Lévites qui sont de ser-
vice accomplissent leurs fonctions à tour de rôle , mais
qu'ils les accomplissent tous ensemble dans les solenni-
tés, car il est dit 65) : et quand le Lévite viendra etc. il
aura vendu sur les pères.
37°. que les prêtres doivent se souiller pour la mort de
leurs proches parens et en porter le deuil , car il est
dit 66) : il se contaminera pour elle.
38°. que le grand-prêtre se marie avec une vierge , car
il est dit 67 ) : il prendra pour femme une vierge.
39º. qu'il fasse le sacrifice perpétuel chaque jour , car il
est dit 58) : chaque jour un holocauste continuel.
40°. qu'il apporte l'offrande de farine chaque jour , car il
est dit 69 ) : c'est l'offrande d'Ahron et de ses fils.
41°. d'ajouter un autre sacrifice chaque samedi , car il est
dito) : et le jour de samedi deux agneaux.
42°. d'en faire autant chaque premier jour du mois, car il
est dit 71 ): et au commencement de vos mois.
43°. et pendant la fête de Pâque , car il est dit 72) : pen-
dant sept jours vous offrirez à l'Eternel des offrandes
faites par feu.
44°. d'apporter l'offrande de l'Omer ( poignée ) avec un
agneau le second jour de Pâque, car il est dit 73 ) : Vous
apporterez au sacrificateur une poignée des premiers
fruits de votre moisson.
45º. d'ajouter un autre sacrifice outre le quotidien , dans
la fête de la moisson ou dans la Pentecôte , car il est
dit ¹¹) ; et au jour des premiers fruits.
46°. d'apporter deux pains avec les sacrifices dans la même

64) Exod. XXX, 31. 65) Deut. XVIII, 6 et 8.


66) Levit. XXI, 3. C'est-à-dire , il se contaminera à l'occasion de
la mort de sa soeur.
67) Ib. vs. 13. 68) Num. XXVIII, 3. 69) Lévit. VI, 29.
70) Nam. XXVIII , 9, 71) lb. vs. 11. 72) Lévit. XXIII , 39 .
73) Ib. vs 10 et 12. Omer ( 7 ) veut dire poignée d'épis
74) Nomb. XXVIII, 26,
I2
- 132 -

fête, car il est dit 75 ) : vous apporterez de vos demeures


deux pains, pour en faire une offrande.
47°. d'ajouter un autre sacrifice le premier jour de l'année,
car il est dit 76 ) : au septième mois le premier du mois.
48 °. d'ajouter un sacrifice le jour d'expiation , car il est
une
dit ?) : le dixième du septième mois , vous aurez
sainte convocation.
49°. que le grand-prêtre fasse soigneusement le service du
jour d'expiation, car il est dit 78 ) : Ahron entrera en cette
manière dans le sanctuaire , etc.
50°. d'ajouter un autre sacrifice dans la fête des Taberna-
cles, car il est dit 19 ) : vous apporterez un holocauste en
suave odeur à l'Eternel.
51°. d'ajouter un autre sacrifice dans le huitième jour de
cette même fête, qui est une fête à part, car il est dit 8º ) :
au huitième jour vous aurez une assemblée solennelle etc.
52° . de célébrer trois fois par an la fête du pélérinage à
Jérusalem , car il est dit 81 ) : trois fois par an tu me cé-
lébreras une fête solennelle.
53°. de se présenter pendant ces trois fêtes devant Dieu,
car il est dit 82) : trois fois l'an tous les mâles se pré-
senteront.
54°. de se réjouir pendant ces mêmes solennités , car il
est dit 83 ) : et tu te réjouiras en la fête solennelle.
55°. de tuer l'agneau pascal , car il est dit 84) : et toute
l'assemblée le tuera etc.
56°. d'en manger la chair rôtie la nuit du 15 de Nisan,
car il est dit 85) : et ils en mangeront ta chair.
57°. de faire le mois suivant une seconde fête de Pâque
pour ceux qui n'ont pu célébrer la première, car il est
dit 86) : le 14e jour du second mois.
58°. de manger la chair du second agneau pascal avec du
pain sans levain et des herbes amères comme le premier,

75) Lévit. XXIII, 17. 76) Ib. vs. 24. voy. Nomb. XXIX, 1. 77) lb.
vs. 17. 78) Ib. XVI , 3. 79) Nomb. XXIX, 13. 80) lb. vs. 35.
81) Exod. XXIII , 14. 82) Ib. v. 17. voy. Deut. XVI, 16. 83) Deut,
XVI, 14, 84) Exod . XII, 6 , 85) Ib. vs. 8. 86) Nomb. IX, 11.
133 -

car il est dit 87) : ils le mangeront avec du pain sans le-
vain et des herbes amères.

59º. de sonner des trompettes pendant les sacrifices et dans


les temps de détresse , car il est dit $ 8 ) : vous sonnerez
des trompettes sur vos holocaustes, etc.
60º. de sacrifier des animaux qui aient huit jours au moins,
car il est dit 89 ) : depuis le huitième jour et les suivans.
61º . de sacrifier des animaux sans défaut, car il est dit 90) :
ce qui sera sans tare sera agrée.
62º. d'employer du sel dans chaque sacrifice, car il est
dit 91 ) : tu apporteras du sel avec toutes les oblations.
63º. de faire le service de l'holocauste , car il est dit 92) :
quand son offrande sera un holocauste.
64°. le service de la victime pour le péché, car il est dit 93) :
voilà la loi du sacrifice pour le péché.
65°. le service de la victime pour le délit, car il est dit 94) :
voilà la loi du sacrifice pour le délit.
66°. le service de la victime de prospérité, car il est dit 95 ) :
voilà la loi du sacrifice de prospérité .
67º. le service de l'offrande de farine ou du gâteau, car il
est dit96) : et quand quelque personne offrira l'offrande
du gâteau.
68°. que le Beth-din apporte un sacrifice lorsqu'il s'est
trompé en jugeant, car il est dit 97 ) : et si toute l'assem-
blée d'Israël a péché par erreur.
69º. que chaque particulier doit apporter un sacrifice lors-
qu'il a contrevenu par erreur à un précepte négatif au-
quel est attachée l'extermination , car il est dit 98 ) : et
quand quelqu'un aura péché.
70º . que chaque particulier apporte un sacrifice lorsqu'il
doute s'il a commis un péché pour lequel il faudrait off-

87) Nomb. X, 11 . 88) Ib. X , 10. 89) Lévit. XXII, 27. 90) Ib.
V. 21. 91 ) Ib. II, 13. 92) lb. I, 3. 93) Ib. VI, 25.
94) Ib. VII, 1. La différence entre le péché et le délit n'est pas
encore déterminée.
95) Ib. v. 11. 96) Ib. II , 1 , 97) Ib. IV, 13. 98) Ib. IV, 27 et V, 1 .
134

rir la victime pour le péché, car il est dit 9 ) : quand il


ne sait pas, etc. il apportera le sacrifice pour son délit.
71º. que celui qui commet une erreur dans une prévarica-
tion (Lev. V, 15. 16.), ou qui aura péché dans un cas de
´vol (ib. VI, 2.), ou avec une esclave fiancée , ou qui nie
un gage (ib. VI, 2. ) et fait serment (ib. vs. 3. ) doit ap-
porter le sacrifice du délit 100).
72º. d'apporter un sacrifice selon ses moyens , car il est
dit¹ ) : et s'il n'a pas le moyen, etc.
73º . de confesser devant Dieu tout péché commis dans le
temps et hors du temps du sacrifice, car il est dit 2 ) : ils
confesseront les péchés qu'ils auront faits.
74º. que celui qui découle apporte un sacrifice lorsqu'il
sera purgé de son flux, car il est dit³ ) : quand celui qui
découle, etc.
75°. que la femme qui découle apporte un sacrifice lors-
qu'elle sera nette, car il est dit *) : mais si elle est purgée
de son flux.
76º. que le lépreux apporte un sacrifice aussitôt qu'il sera
guéri, car il est dit 5 ) : le huitième jour il prendra, etc.
77°. qu'une femme qui vient d'accoucher apporte un sacri-
fice après sa purification , car il est dit ' ) : et quand les
jours de la purification seront accomplis.
78º. de donner la dîme du bétail , car il est dit7 ) : mais
toute dîme de boeufs, de brebis et de chèvres, etc.
79º. de sacrifier le premier né des bêtes pures et de l'off-
rir à Dieu , car il est dit 8 ) : tout premier né mâle de
ton gros et menu bétail.

80º . de racheter le premier né des hommes, car il est dit ' ) :


on ne manquera pas de racheter le premier né de l'homme.
81 " . de racheter le premier né de l'àne , car il est dit 10) :

99) Lév. V, 6 et 17. ce qui s'appelle "bn DUN saerifice pour le dé-
lit suspendu ou douteux.
100) qui s'appelle "NT" DUN sacrifice pour le délit certain,
1 ) Lév. V , 7 et 11. 2) Nomb. V, 7. 3) Lévit. XV , 13.
4) Ib. vs. 28. 5) lb. XIV, 10. 6) lb. XII, 6. 7) Ib. XXVII, 32.
8) Deut. XV, 19. 9) Nomb. XVIII, 15. 10) Exod. XIII, 13.
- 135 -

tu racheteras la première portée d'ànesse avec un agneau


ou avec le petit d'une chèvre.
82º. de couper le cou à toute première portée d'ânesse,
lorsqu'on ne la rachète pas, car il est dit ¹¹ ) ; si tu ne la
rachètes tu lui couperas le cou.
83º. d'apporter l'offrande nécessaire ou volontaire au temple
à la prochaine fête du pélerinage , car il est dit 12) : tu
viendras là et tu y apporteras, etc.
84º . d'offrir toutes sortes de sacrifices dans le temple , car
il est dit 13 ) : tu feras là tout ce que je t'ordonne.
85º. que tous ceux qui s'obligent à faire un sacrifice hors
de la Palestine se rendent au temple lorsqu'ils veulent
l'effectuer, car il est dit 14) : mais tu prendras les choses
que tu auras consacrées ou vouées, et viendras, etc.
86º. de racheter les choses consacrées qui ont quelque tare,
pour les manger ensuite , car il est dit 15 ) : tu pourras
tuer et manger selon les désirs de ton âme.
87°. que lorsqu'on change une offrande contre une autre
toutes les deux soient saintes , car il est dit 16 ) : tant
celle-ci que l'autre qui aura été mise à sa place sera
sainte.
88°. que les prêtres mangent le reste de l'offrande de fa-
rine, car il est dit ¹7 ) : mais ce qui restera du gâteau sera
pour Ahron et sesfils.
89º . et la chair des victimes pour le péché et pour le délit,
car il est dit 18) ; ils mangeront les choses par lesquelles
la propiciation aura été faite.
90º. de brûler la chair d'une bête consacrée qui est devenue
impure, car il est dit 19) : la chair qui aura touché quel-
que chose de souillé sera brûlée aufeu.

11) Exod. XIII , 13. 12) Deut. XII, 5 et 6. 13) Ib. vs. 14.
14) Ib. vs. 26. C'est seulement par tradition que l'on sait que ce
verset doit être entendu des Juifs qui demeuraient hors de la terre de
promission.
15) Ib. vs. 15. Car c'est ainsi que la tradition explique ce passage.
16) Lévit, XXVII, 10. Sainte, c'est-à-dire , appartenante à Dieu.
17) ib. II, 3 et 10. voy. VI, 16. 18 ) Exod . XXIX , 33. 19 , Lé.
vit. VII, 9.
136

91º . de brûler les restes du sacrifice , car il est dit 20):


mais ce qui sera demeuré de reste de la chair du sa-
`
`crifice sera brûlé le troisième jour.
92º . que le Nazarien laisse croître ses cheveux , car il est
dit 21 ) : et il laissera croître les cheveux de sa tête.
93 ° . qu'il les coupe à la fin de son Nazaréat en fesant
un sacrifice , ou pendant les temps de son Nazaréat
quand il est devenu impur , car il est dit 22 ) : que si
quelqu'un vient à mourir auprès de lui, etc.
94º. que chacun remplisse ses voeux concernant les sacri-
fices des aumônes etc., car il est dit 23) : tu prendras
garde de faire ce que tu auras proféré de ta bouche.
95º . de se conformer à toutes les prescriptions légales qui
concernent les voeux annullés 24 ) .
96º. que quiconque touche une bête morte d'elle - même
soit impur , car il est dit25 ) : et quand quelqu'une des
bêtes qui vous sont pour viande sera morte, etc.
97º. que huit espèces de reptiles rendent impur , lorsqu'ils
sont morts, car il est dit 26) : ceci aussi vous sera souillé
entre les reptiles.
98°. que les alimens sont sujets à devenir impurs, car il est
dit 27 ) : de tous les alimens qui peuvent être mangés, etc.
99º . qu'une femme qui a ses règles soit impure et rende
impur 28).
100 °. qu'une femme dans ses couches soit impure comme
une femme pendant ses règles 29 ) .
101 ° . qu'un lépreux soit impur et rende impur 30).
102 ° . qu'un vêtement infecté de la lèpre soit impur et
rende impur 31) .
103 °. que la maison infectée de la lèpre rende impur 32).
104 ° . que celui qui découle ou qui a un flux rende im-
pur 33).
105º . celui qui accouche de semence (pollution) rende
impur 34) .

20) Lév. VII, 17. 21) Nomb. VI, 5. 22 ) Ib . vs. 9. 23) Deut. XXIII, 23 .
24) Nomb. XXX, 3. etc. 25) Lévit. XI , 39. 26 ) Ib. vs. 29. 27) Th. vs. 34.
28) Ib. XV, 19 et 33. 29) Ib. XII, 2. 30) Ib. XIII, 3 et 44. 31 ) vs. 47. '
32) Ib. XIV, 34 etc. 33 ) Ib. XV, 2. 34) Ib . vs , 16.
- 137

106°. que la femme qui découle , hors du temps de ses


règles, rende impur 35 ) .
107°. qu'une personne morte rende impur 36).
108°. que l'eau de la séparation ou de cendres de la vache
rousse rende impur l'homme pur, et purifie celui qui est
devenu impur par l'attouchement d'un mort 37) .
109 ° . que toute purification se fasse en se plongeant en-
entièrement dans l'eau de source , car il est dit 38) : il
lavera sa chair avec de l'eau vive.
110°. que toute purification de la lèpre d'homme ou de
maison se fasse par du bois de cendre , par de l'hysope,
du cramoisi et par deux passereaux et par l'eau vivante,
car il est dit 39 ) ; voici la loi du lépreux.
111º . que le lépreux rase tout son poil, car il est dit 4º ) :
et le septième jour il rasera tout son poil.
112º . que le lépreux se fasse connaître de tout le monde
par ses habits déchirés, par sa tête nue, etc. et que les
autres impurs aussi se fassent connaître de quelque ma-
nière 41 ).
113º. de faire la cérémonie de la vache rousse et que ses
cendres soient toujours prètes , car il est dit 42) : et el-
les seront gardées pour l'assemblée des enfans d'Israël.
114º . que celui qui promet en voeu autant que vaut un
homme en donne le prix fixé par la loi, car il est dit 43 ) :
quand quelqu'un aura fait un voeu important etc.
115º. que celui qui promet en voeu autant que vaut une
bête souillée en paie la valeur, car il est dit 44) : il pré-
sentera la bête devant le sacrificateur.
116º. que celui qui promet en voeu autant que vaut sa
maison paie d'après l'estimation du sacrificateur , car il
est dit45) : et le sacrifiacateur l'estimera.
117º . que celui qui sanctifie par un voeu son champ doit
donner l'estimation fixée par la loi , car il est dit 46) :
et ton estimation sera selon ce qu'on y sème.

35) Lév. XV, 25. 36) Nomb. XIX, 14. 37) Ib. vs. 8. 9 et 10.
38) Lév. XV , 13 et 16. On tient cela de la tradition. 39) Ib. XIV,
2 ele. 40) Ib. vs. 9. 41) Ib. XIII, 45 etc. 42.) Nomb. XIX , 2 et 9.
43) Lévit. XXVII , 2 etc. 44 ) Ib . vs. 11. 45) lb. vs. 14. 46) Ib . vs. 16 .
- 138 -

118 °. que celui qui retient par erreur une chose consacrée
à l'Eternel doit la restituer et y ajouter un cinquième par
dessus , car il est dit 47 ) : il restituera et ce qu'il aura
péché, etc.
119º. que pour celui qui plante des arbres fruitiers , les
fruits de la quatrième année soient saints (appartien-
nent à Dieu), car il est dit 48) : mais en la quatrième an-
née tout son fruit sera une chose sainte.
120º . de laisser le bout de son champ sans moissonner 49) .
121º . d'y laisser les épis sans les glaner 50) .
122º . d'y laisser la gerbe oubliée 51 ) .
123º. de laisser la vigne sans la grapiller 52).
124º . et sans recueillir les raissins tombés 53) .
125º . d'apporter les prémices au temple, car il est dit 54 ) :
les prémices des premiers fruits de la terre.
126º. de séparer des premiers fruits de la terre une grande
offrande pour les prêtres , car il est dit 55 ) : tu lui don-
neras les prémices de ton froment, etc.
127° . de séparer les dîmes pour les Lévites , car il est
dit 56) : toutes les dîmes de la terre, etc.
128° . de séparer les secondes dimes pour les manger de-
vant l'Eternel à Jérusalem, car il est dit 57 ) : decimando
decimabis, etc.
129º . que les Lévites séparent la dîme des dîmes qu'ils
ont reçues des Israélites, et qu'ils la donnent aux prêtres,
car il est dit 58 ) : tu parleras aussi aux Lévites etc.
130 ° . de séparer dans la troisième et sixième année du
repos de la terre les dîmes pour les pauvres au lieu des

47) Lévit. XXV, 16. 48) Ib. XIX , 24. 49) Ib. vs. 9. 50) Ib.
51) Deut. XXIV, 19. 52) Lévit. X, 10.
53) Ib. Les cinq derniers préceptes sout accompagnés d'une néga-
tive dans le texte (ib .) , mais la formule affirmative tu les laisseras au
pauvre et à l'étranger , qui suit immédiatement (ib.) les change tous
en affirmatifs .
54) Exod. XXIII, 19. 55) Deut. XVIII , 4. 56 ) Lévit.XXVII , 30.
57) Deut. XIV, 22. On tient par tradition qu'il s'agit dans ce pas-
sage des secondes dîmes,
58) Nomb. XVIII , 26.
- 139 -

secondes dîmes, car il est dit 59) : au bout de la troisième


année, etc.
131 ". de faire la confession des dîmes en déclarant les
avoir payées toutes exactement, car il est dit 60) : et tu
diras en la présence de l'Eternel , j'ai emporté de ma
maison ce qui était sacré, etc.
132º . de faire la déclaration de coutume en apportant les
prémices , car il est dit 61 ) : et tu prendras la parole
et diras devant l'Eteruel ton Dieu, etc.
133º. de séparer en pétrissant un tourteau pour les prê-
tres, car il est dit 62 ) : vous offrirez en offrande élevée
un tourteau pour les prémices de votre pâte.
134º . de laisser reposer la terre la septième année (de ne
point en recueillir le produit), car il est dit 63) : mais en
la septième année tu lui donneras du relâche.
135 °. et de point la labourer, car il est dit 64) : tu te re-
poseras au temps du labourage de la moisson.
136º. de sanctifier l'année du jubilé par le repos et par
le relâche , car il est dit 5 ) : vous sanctifierez la 50e
année.
137º. de sonner la trompette dans l'année du jubilé , car
il est dit ) : puis tu feras sonner de la trompette de
jubilation.
138°. de donner le droit de rachat pour la terre pendant
le jubilé , car il est dit 67 ) : dans tout le pays de votre
possession vous donnerez le rachat pour la terre.
139º . que le vendeur jouisse pendant un an du droit de
racheter des maisons situées dans des villes entourées
de murailles , car il est dit 68) ; et si quelqu'un a vendu
une maison, etc.
140º. de compter les années du jubilé par années et par
semaines d'années , car il est dit 69 ) : tu compteras aussi
sept semaines d'années, etc.

59) Deut. XIV, 28, 60) Ib. XXII, 13 61) lb. vs. 5. 62) Nomb.
XV, 20. 63) Exod. XXIII, 11 .
64) Ib. XXXIV, 21. II paraît qu'il est plutôt ordonné dans ce
verset d'observer le samedi même pendant le labourage et la moisson
65) Lévit. XXV, 10. 66) Ib. vs. 9. 67) Ib . vs. 24. 68 ) Ib. vs. 29.
69) lb. vs. 8.
140

141 °. de faire la rémissiou des dettes chaque septième


année , car il est dit 70) : que tout homme ayant droit
d'exiger.
142º. de les exiger seulement de l'étranger , car il est
dit 71 ) : tu pourras exiger de l'étranger, etc.
143º . de donner aux sacrificateurs l'épaule , les mâchoires
et le ventre de chaque victime , car il est dit 72) : on
donnera au sacrificateur l'épaule, etc.
144º . de donner aux sacrificateurs les prémices de la toi-
son , car il est dit 13 ) : tu lui donneras les prémices de
la toison de tes brebis.
145º . d'adjuger une partie de l'interdit à ( n) Dieu, et
une partie aux prêtres, car il est dit 14) : Or, tout inter-
dit qu'on aura dévoué, etc.
146 ° . d'exercer la boucherie du gros et du menu bétail
d'après certaines règles prescrites , car il est dit75 ) :
tu tueras de ton gros et menu bétail, etc.
147°. de couvrir avec la poussière le sang d'une bête ou
d'un oiseau , car il est dit 76 ) : il répandra leur sang et
le couvrira de poussière .
148 ° . de laisser aller la mère d'un nid d'oiseaux dont on
se saisit , car il est dit 17 ) : mais tu ne manqueras pas
de laisser aller la mère, et tu prendras les petits.
149º. d'examiner avec attention les marques par lesquel-
les on reconnaît les bêtes qu'on peut manger , car il
est dit 18 ) : ce sont ici les animaux dont vous mangerez.
150°. d'en faire autant pour les oiseaux , car il est dit 79) :
vous mangerez tout oiseau net.
151 °. et pour les sauterelles qu'on peut manger , car il
est dit 80 ) : ayant des jambes sur ses pieds.
152º. d'examiner de la même manière les poissons , car il
est dit 81 ) : vous mangerez de ceci d'entre tout ce qui
est dans les eaux.

70) Deut. XV, 2. 71) Ib. vs. 3. 72) Ib. XVIII, 3. 73) Ib. vs. 4.
74) Lévit. XXVII, 28. L'interdit ( n) est une espèce de voeu
qui n'admet pas le droit de rachat,
75) Deut. XII , 21. 76) Lév. XVII , 13. 77) Deut. XXII , 7.
78) Lév. XI, 2. 79) Deut. XIV, 11. 80) Lév. XI, 21 , 81 ) Ib . vs. 9.
141

153º. de sanctifier les premiers jours du mois, et de faire


que les ans et les mois soient comptés seulement par
les membres du Sanhédrin , car il est dit 82 ) : ce mois-ci
vous sera le commencement des mois , il vous sera le
premier des mois de l'année.
154º . de reposer dans le jour du sabbat , car il est dit 83) :
tu reposeras au septième jour.
155º. de sanctifier ou de fêter le sabbat, car il est dit 84) :
souviens-toi du jour du repos pour le sanctifier.
156º. d'ôter le levain de la maison , pendant la pâque , car
il est dit 85 ) : et dès le premier jour vous ôterez le le-
vain de vos maisons.
157º. de s'entretenir sur la sortie d'Egypte la première
nuit de Pâques , car il est dit 86 ) : et en ce jour là tu
feras entendre ces choses à ton fils.
158 ° . de manger les matses ou les pains sans levain dans
cette même nuit , car il est dit 87 ) : au soir vous mange-
rez les pains sans levain .
159º . de reposer le premier jour de Pâques , car il est
dit 88 ) : au premier jour il y aura une sainte convo-
cation.
160º . de reposer aussi dans le septième jour de cette même
fête , car il est dit 9) : il y aura de même au septième
jour une sainte convocation.
161 " . de compter sept semaines entières ou 49 jours de-
puis la moisson , de l'Omer ou de la gerbe , car il est
dit 90) : vous le compterez aussi dès lendemain du sab-
bat, etc.
162º. de reposer dans le 50 jour ou dans la Pentecôte,
car il est dit 91) : vous publierez en ce jour là une sainte
convocation.
163º de reposer dans le premier jour du septième mois,
car il est dit 92 ) : au septième mois le premier jour du
mois il y aura un repos pour vous.

82) Exod. XII, 2. 83) Ib . XXIII, 12.84) Ib. XX, 8. 85) Ib. XXII, 15 .
86) Ib. XIII, 8. 87) lb. XII, 18. 88) Ib. vs. 16. 89) Ib. 90) Lévit.
XXIII , 15, 91 ) Ib. vs 21 , 92) Ib. vs. 24.
142

164º . de jeûner le dixième de ce même mois , car il est


dit 93 ) : le dixième jour , etc. vous affligerez vos âmes.
165º . de célébrer le repos dans ce même jour , car il est
dit 94) : ce sera pour vous un sabbat de repos.
166º . de reposer le premier jour de la fête des Taber-
nacles , car il est dit 95 ) : au premier jour une sainte
convocation.
167 °. de reposer le huitième jour de cette même solen-
nité , car il est dit 96 ) ; et au huitième jour vous aurez
une sainte convocation.
168º. de demeurer sept jours dans les Tabernacles , car il
est dit 97 ) : vous demeurerez sept jours dans des tentes.
169º. de tenir entre les mains les branches d'un pal-
mier pendant cette fête, car il est dit 98 ) : et au premier
jour vous prendrez du fruit d'un bel arbre, des branches
de palmier , etc.
170º. d'entendre la voix de la trompette le premier de
l'année, car il est dit 99 ) : ce vous sera le jour de jubi-
lation.
171º. de donner la moitié d'un sitle chaque année , car il
est dit 100 ) : tous ceux qui passeront par le dénombrement
donneront un demi sicle.
1720. de prêter l'oreille aux prophètes de chaque généra-
tion pourvu qu'ils n'ajoutent et ne retranchent rien à la
loi de Moïse, car il est dit¹ ) : vous l'écouterez.
173º . de choisir un roi , car il est dit 2 ) : tu ne manqueras
par d'établir pour roi, etc.
174º. d'écouter les juges du Grand-Sanhédrin , car il est
dit 3 ) : selon le droit qu'ils t'auront déclaré , etc.
175º. de suivre la pluralité des suffrages quand il y aura
disparité d'avis dans le Sanhedrin, car il est dit¹) : iu te
conformeras à la pluralité.
176° d'établir des juges et des prévôts dans chaque com-

93) Lév. XVI, 29. 94) lb.vs. 32. 95) Ib . vs. 35. 96) Ib. vs. 36.
97) lb. vs. 42. 98) Ib, vs. 40. 99) Nomb. XXIX, 1. 100) Exod .
XXX, 13. 1) Deut. XI , 15, 2) P. XVI , 15. 3) Ib . vs. 11 .
4) Exod. XXIII, 2. ce verset porte précisment le contraire.
143

mune d'Israël, car il est dit 5 ) : tu établiras des juges et


des prévôts, etc.
177°. d'être impartial avec les deux parties constituées en
jugement , car il est dit ) : tu jugeras justement ton
prochain.
178°. de rendre témoignage lorsqu'on est instruit d'un fait
quelconque , car il est dit ) : quand quelqu'un aura été
témoin, soit qu'il l'uit vu ou qu'il l'ait su, etc.
179º. d'examiner les témoins avec beaucoup d'attention ,
car il est dit 8) : alors tu chercheras et l'informeras et
t'enquerras soigneusement.
180º . d'appliquer aux faux témoins la même peine qu'ils
voulaient attirer sur les autres , car il est dit " ) : tu lui
feras comme il avait dessein de faire à son frère.
181 ° . de couper le cou à une jeune vache dans l'endroit
où l'on trouve un homme tué sans savoir qui est l'au-
teur de ce meurtre, car il est dit 10 ) : et lù ils couperont
le cou à la jeune vache dans la vallée.
182º . d'établir six villes de refuge pour les meurtriers, car
il est dit 11 ) : tu dresseras le chemin et tu diviseras en
trois parties, etc.
183°º . d'assigner aux Lévites des villes pour leur demeure
parmi lesquelles soient aussi les villes de refuge , car il
est dit 12 ) : qu'ils donnent des villes aux Lévites.
184º . de faire des défenses autour du toit en bâtissant une
maison, car il est dit 13 ) : tu feras des défenses, etc.
185 °. d'exterminer le culte et les adorateurs des astres,
car il est dit 14) : vous détruirez entièrement, elc.
186º . de brûler une ville juive et d'en tuer les habitans,
lorsqu'ils s'adonnent à l'idolâtrie, car il est dit 15) : et tu
brûleras entièrement au feu cette ville, etc.
187°. d'exterminer les sept peuples de Canaan , car il est
dit 16) : tu ne manqueras pas de les détruire à la façon
de l'interdit, etc.

5) Deut. XVI, 18. 6) Lévit. XIX , 15. 7) Ib. V, 1 . 8) Deut.


XIII, 14. 9) Ib. XIX, 19. 10) Ib . XXI, 4. 11) Ib. XIX, 3- 12) Nomb.
XXXV, 2 et 6, 13) Deut, XXII, 8. 14) lb. XII, 2. 15, (b. XIII,
13 et 16. 16) Ib. XX, 17.
---- 144

188°. d'exterminer la semence d'Amalec , car il est dit 17 ) :


alors tu effaceras la mémoire d'Amalec, etc.
189°. de se souvenir à jamais de ce qu'Amalec fit aux
Juifs lorsqu'ils sortaient d'Egypte, car il est dit 18) : qu'il
te souvienne de ce qu'Amalec t'a fait en chemin.
190°. de se comporter dans une guerre qui n'est pas avec
les sept peuples de Canaan , d'après les préceptes écrits
dans la loi , car il est dit 19) : quand tu t'approcheras
d'une ville, etc.
191°. d'oindre un prêtre pour la guerre ou pour accompa-
gner l'armée en temps de guerre , car il est dit 20) : le
sacrificateur s'avancera et parlera au peuple, etc.
192°. d'avoir un lieu hors du camp (pour les besoins cor-
porels), car il est dit 21 ) : tu auras quelque endroit hors
du camp, etc.
193°. d'avoir toujours sur soi un instrument en forme de
poignard pour cacher dans la terre le superflu du ven-
tre, car il est dit 22) : tu auras un pic entre tes ustensi·
les, etc.
194°. de rendre les choses ravies, car il est dit 23 ) : il ren-
dra la chose qu'il aura ravie, etc.
195°. de donner des aumônes, car il est dit 24) : mais tu ne
manqueras pas de lui ouvrir ta main.
196°. de faire des cadeaux aux esclaves juifs, lorsqu'on les
renvoie, car il est dit 25 ) : et tu ne manqueras pas de le
charger de quelque chose de ton troupeau.
197°. de prêter de l'argent au pauvre, car il est dit 26 ) : si
tu prêtes de l'argent à mon peuple, etc.
198°. de prêter à un idolâtre avec usure, car il est dit 27 ) :
tu prêteras bien à usure à l'étranger.
199º. de rendre le gage à son possesseur lorsqu'il en a

17) Deut. XXV, 19. 18) Ib. vs. 17. 19) Ib. XX, 10. 20) Ib. vs. 2.
21) lb. XXIII, 12, 22) Ib. vs. 13. 23) Lév. VI, 4. 24) Deut. XV, 8 et 11.
25) Ib. vs. 14. Cela s'applique aussi à une femme esclave voy. vs. 15.
26) Exod. XXII, 25. La particule si (DN) observe Maimonides,
n'indique pas une permission , mais un précepte. Voy. Deut. XV, 8.
27) Deut. XXIII, 20. Nous tenons par tradition, dit le même Mai-
monides, que ces paroles constituent un précepte affirmatif.
145

besoin, car il est dit ) : mais tu ne manqueras pas de


lui rendre le gage, etc.
200. de donner le salaire au mercenaire dans son temps,
car il est dit 29) : tu lui donneras son salaire le jour
même qu'il aura travaillé.
201°. de permettre que le mercenaire mange des fruits du
champ dans lequel il travaille , car il est dit 30) : quand
tu entreras dans la vigne de ton prochain, etc. quand tu
entreras dans les blés de ton prochain, etc.
202°. de secourir son compagnon de voyage ou le sommier
de son compagnon de voyage , car il est dit 31 ) : tu ne
manqueras pas de l'aider.
203°. d'aider son prochain à remettre sur le sommier la
charge tombée , car il est dit 32) : et tu ne manqueras
point de relever avec lui, etc.
204°. de rendre une chose perdue, car il est dit 33) : tu ne
manqueras point de les ramener à ton frère.
205°. de donner des avertissemens au pécheur , car il est
dit 34) : tu reprendras soigneusement ton prochain, etc.
206°. d'aimer tout homme qui est fils de l'alliance , car il
est dit 35): mais tu aimeras ton prochain comme toi-même.
207°. d'aimer le Gher (étranger ou prosélyte) , car il est
dit 36 ) : vous aimerez donc le Gher.
208°. d'avoir des balances et des poids justes, car il est dit 37):
vous aurez les balances justes et les pierres à peser
justes.
209º. d'honorer les sages , car il est dit 38 ) : lève-toi de-
vant les cheveux blancs, etc.
210°. d'honorer le père et la mère, car il est dit 39) : ho-
nore ton père et ta mère.

28) Deut. XXIV, 13. 29) Ib. vs. 15. 30) Ib. vs. 24 et 25. 31) Exod.
XXIII, 5. 32) Deut. XXII, 4. 33) Ib. vs. I. 34) Lév. XIX, 17.
35) Ib. vs. 18,
36) Deut. X, 19. Je dis étranger ou prosélyte , car j'ai déjà dé-
montré dans ma Théorie du Judaïsme que le mot (Gher) a l'une
et l'autre signification, et que les Talmudistes lui donnent plus volontiers
La seconde que la première.
37) Lév. XIX, 36. 38) Ib. vs. 32. 39) Exod. XX, 12,
I. K
146

211°. de craindre le père et la mère , car il est dit 40) :


vous craindrez chacun sa mère et son père.
212°. de se propager , car il est dit 41 ) : croissez et multi-
pliez.
213°. de faire suivre le mariage aux fiançailles , car il est
dit 42) : quand quelqu'un aura pris une femme, etc.
214°. que le jeune marié s'amuse avec sa femme la pre-
mière année du mariage , car il est dit 43 ) ; mais il en
sera exempt pendant un an, et sera en joie à la femme
qu'il aura prise.
215°. de circoncire les mâles , car il est dit 44) : tout en-
fant mâle de huit jours sera circoncis.
216°. d'épouser la veuve de son frère mort sans enfans,
car il est dit 45) : et la prendra pour femme et l'épousera
comme étant son beau-frère.
217°. que la belle- soeur ôte le soulier du beau-frère lors-
qu'il ne veut pas l'épouser , car il est dit 46 ) : et il lui
ôtera le soulier du pied.
218°. que celui qui viole une fille en lui fesant violence
soit obligé de la prendre pour femme, car il est dit 47 ) :
et elle lui sera pour femme, etc.
219°. que celui qui fait courir un faux bruit sur sa femme
demeure avec elle toute sa vie , car il est dit 48) : et il
ne la pourrapas renvoyer tant qu'il vivra.
220º . que celui qui séduit une fille paie 50 sicles et se con-
forme aux autres prescriptions énoncées dans la loi , car
il est dit 49) : si quelqu'un suborne une vierge , etc.
221º , de traiter une belle captive , comme il est écrit dans
la loi, car il est dit 50) : si tu vois entre les prisonniers
quelque belle femme, etc.
222°. de renvoyer sa femme moyennant le livre du divorce,
car il est dit 51 ) : il lui donnera par écrit la lettre de
divorce, etc.
223°. de traiter la femme sotha, ou soupçonnée d'infidélité,

40) Lév. XIX, 3. 41 ) Gen. I, 28. 42) Deut. XXIV, 1. 43) Ib. vs. 5.
44) Gen. XVII, 12. Lév. XII, 3. 45) Deut. XXV, 5. 46) Ib. vs. 9.
47) Ib. XXп, 29. 48) Ib. v. 19. 49) Exod. XXII, 16. 50) Dent.
XXI, 11. 51) lb. XXIV, 1.
147

d'après ce qui est écrit dans la loi, car il est dit 52 ) ; et


que le sacrificateur aura fait à l'égard de cette femme
tout ce qui est ordonné par la loi.
224° . de punir par des coups un criminel (qui n'a pas com-
mis un crime capital), car il est dit 53 ) : le juge le fera
jeter par terre et battre devant soi.
225°. de faire que celui qui commet un meurtre par mé-
garde s'enfuie dans une ville de refuge, car il est dit 54) :
et il y demeurera jusqu'à la mort du souverain sacrifi-
cateur.
226°. que les juges tuent avec un glaive les criminels,
car il est dit 55) : on ne manquera pas d'en faire punition
227°. que les juges fassent étrangler les criminels , car il
est dit 56) : on fera mourir de mort l'homme et la femme
adultères.
228°. que les juges brûlent les criminels , car il est dit 57) :
il sera brûlé au feu avec elle, etc.
229°. que les juges fassent lapider les criminels , car il est
dit 58) ; vous les assommerez de pierres.
230°. que les juges fassent pendre les criminels, car il est
dit 59) : tu le pendras à un bois.
231°. d'enterrer celui qu'ils auront fait tuer le même jour
qu'il aura été exécuté, car il est dit 6º) : tu ne manque-
ras pas de l'ensévelir le même jour.
232°. de traiter un esclave juif d'après les règles prescrites,
car il est dit 61 ) : si tu achètes un esclave hébreu, etc.
233°. que le maître épouse l'esclave juive, car il est dit 62 ) :
si elle déplaît à son maître qui ne l'aura point fiancée, etc.
234°. qu'elle soit rachetée, car il est dit 63 ) : il la fera ra-
cheter.
235°. de faire servir un esclave cananéen à jamais , car il
est dit 64) : et vous vous servirez d'eux à perpétuité.
236°. que celui qui blesse un autre paie une amende , car
il est dit 65 ) : si quelques-uns ont eu querelle, etc.

52) Nomb. V , 30. '53) Deut. XXV , 2. 54) Nomb. XXXV , 25.
55) Exod. XXI, 20. 56) Lévit, XX, 10. 57) Ib. vs. 14. 58) Deut.
XXII , 24. 59) Ib. XXI , 22. 60) Ib. vs. 23. 61) Exod. XXI , 2.
62) Ib. vs. 8. 63) Ib. 64) Lév. XXV, 46. 65) Exod. XXI, 18.
K 2
- 148 ---

237°. de réparer un dommage fait par une bête , d'après


les règles prescrites, car il est dit 66 ) : et si le boeuf de
quelqu'un blesse le boeuf de son prochain, etc.
238. de réparer les dommages causés par une fosse, d'après
les règles prescrites , car il est dit67 ) : si quelqu'un dé-
couvre une fosse, etc.
239°. de punir un voleur par une amende ou par la mort,
car il est dit (Exod. XXII, 1. ) : si quelqu'un dérobe, (ib.
vs. 2.) si le larron est trouvé en fracture, (ib. XXI, 16.)
si quelqu'un dérobe un homme, etc.
240°. de juger les dommages causés par le pâturage , d'a-
près les règles prescrites, car il est dit 68 ) : si quelqu'un
fait manger champ ou vigne, etc.
241°. de juger les dommages d'un incendie, d'après les rè-
gles prescrites, car il est dit 69 ) ; si le feu sort et trouve
des épines, etc.
242°. de juger de la même manière les dommages causés
par celui qui garde gratis un dépôt , car il est dit 70) :
si quelqu'un donne à son prochain de l'argent, etc.
243°. d'en agir de même en vers celui qui est payé pour
garder le dépôt, car il est dit 1 ) : si quelqu'un donne à
garder à son prochain un âne ou un boeuf, etc.
244°. de juger d'après les règles prescrites la cause d'un
emprunteur , car il est dit 12 ) : si quelqu'un a emprunté
de son prochain, etc.
245°. de juger les causes d'achat et de vente , d'après les
règles prescrites, car il est dit 73 ) ; et si tu fais quelque
vente à ton prochain, etc.
246°. de juger dans les causes du mien et: du tien , d'après
les règles prescrites , car il est dit ' 4 ) : quand il sera
question de quelque chose où il y ait prévarication tou-
chant un boeuf, un âne ou une brebis, etc.
247°. de sauver le persécuté même au prix de la vie du
persécuteur , car il est dit 75 ) : alors tu lui couperas la
main, etc.

66) Exod. XXI, 35. 67) Ib. vs. 33- 68) Ib. XXII, 5. 69) lb. vs. 6.
70) Ib. vs. 7. 71) Ib. vs. 9. 72) Ib. vs. 13. 73) Lévit. XXV, 14.
74) Exod. XXII, 8. 75) Deut. XXV, 12,
149

248°. de juger dans les causes d'héritage, d'après les règles


prescrites , car il est dit 76) : quand quelqu'un mourra
sans avoir un fils.

‫תעשה‬ ‫לא‬ ‫מצות‬


ou

Préceptes négatifs
de la Loi de Moïse.
On ordonne dans le premier précepte négatif :
1º. de ne point croire qu'il y ait un autre Dieu, outre Jehova,
car il est dit 77) : tu n'auras point d'autres dieux devant
ma face.
2º. de ne point faire soi-même une image quelconque et
de ne point commander qu'on en fasse, car il est dit 18) :
tu ne feras point d'image taillée, etc.
3º . de ne point faire quelque image des astres et des pla-
nètes , ni pour soi-même ni pour les autres , car il est
dit19): tu ne te feras aucun dieu de fonte.
4º. de ne point faire des images pour un Cuthéen quoi-
qu'il ne l'adore pas , car il est dit 80 ) : vous ne ferez
point avec moi de dieux d'argent.
5º. de ne point s'incliner devant une idole quand même on
ne regarderait pas cet acte comme une marque d'adora-
tion , car il est dit 81 ) : tu ne te prosterneras point de-
vant elles.
6º . de ne point adorer les idoles d'après les formes de leur
culte, car il est dit 82 ) : et ne les serviras point.
7º. de ne point faire passer son fils devant Moloc , car il
est dit 83) : tu ne donneras point de tes enfans pour les
faire passer par le feu devant Moloc.

76) Nomb, XXVII, 8.


77) Exod. XX, 3. Le sens de ce premier précepte négatif est à
peu près le même que celui du premier précepte affirmatif. Cependant
les Juifs qui n'admettent point de répétitions inutiles dans la Bible re-
gardent ces deux préceptes et d'autres semblables comme distincts l'un
de l'autre.
78) Ib. 4. 79) Ib. XXXIV, 17. 80) Ib. XX, 23. 81) Ib. vs. 5,
82) Ib. 83) Lévit. XVIII, 21.
- 150

8º . de ne point exercer la profession de Python, car il est


dit 84) : ne vous détournez point après ceux qui ont
l'esprit de Python.
9º. ni celle des devins, car il est dit 85 ) : ni après les de-
vins.
10º. de ne point se tourner vers les idoles, car il est dit 86) :
vous ne vous tournerez point vers les idoles.
11º. de ne pas se dresser des statues , car il est dit 81 ) :
tu ne dresseras pas non plus de statues.
12º. de ne point faire une effigie en pierre, car il est dit 88 ) :
vous ne ferez point de pierres sculptées dans votre pays.
13º. de ne pas planter un arbre dans le lieu saint , car il
est dit 89 ) : tu ne planteras point de bocage de quelque
arbre que ce soit auprès de l'autel de l'Eternel.
14º . de ne point faire un serment par une idole à ceux
qui l'adorent et de ne point faire qu'ils jurent par elle,
car il est dit 9º) : vous ne ferez point mention du nom
des dieux étrangers.
15º. de ne point forcer les enfans d'Israël à adorer les
idoles , car il est dit 91 ) : on ne l'entendra point de ta
bouche.
16º . de ne point leur persuader d'adorer les idoles , car
il est dit 92 ) : qu'il ne fasse plus une si méchante action
au milieu de toi.
17º. de ne pas aimer un séducteur , car il est dit 93 ) : tu
n'auras point de complaisance pour lui.
18º. de ne point cesser de le haïr, car il est dit 94) : et ne
l'écoute point.
19º. de ne pas épargner le séducteur , mais d'être avide
de son sang , car il est dit 95 ) : et que ton oeil ne l'épar-
gne point.
20° . que celui qui a été séduit ne tâche pas de défendre
le séducteur , car il est dit 96 ) ; et ne lui fais point de
grâce.

84) Lév. XIX, 31. 85) Ib. 86) Ib. vs. 4. 87) Deut. XVI, 22. 88)
Lév. XXVI, 1. 89) Deut. XVI, 21. 90) Exod. XXIII, 13.
91 ) Ib. C'est ainsi qu'on parle au séducteur.
92) Deut. XIII, 12. 93) Ib. 8. 94) Ib. 95) Ib. 96) Ib.
151

21 °. que le séduit ne cesse pas d'accuser le séducteur,


tant qu'il en a les moyens , car il est dit 97 ) : et ne le
cache point.
22º. de ne profiter d'aucune manière de l'or et de l'ar-
gent qui est sur les idoles , car il est dit 98 ) : et tu ne
convoiteras ni ne prendras pour toi l'argent ou l'or
qui sera sur elles.
23º . de ne point rebâtir telle qu'elle a été une ville qui
a apostasié , car il est dit 99) : sans être jamais rebâtie.
24º . de ne point tirer de profit des richesses d'une telle
ville , car il est dit 100 ) : et rien de l'interdit ne demeu-
rera en ta main.
25º. de ne tirer nul profit des idoles ni de tout ce qui
leur appartient ou qui leur est offert , ni du vin des li-
bations , car il est dit¹ ) : tu n'introduiras point d'abo-
mination dans ta maison.
26°. de ne point prophétiser en leur nom , car il est dit² ) :
ou qui aura parlé au nom des autres dieux.
27. de ne pas prophétiser faussement , car il et dit³ ) :
mais le prophète qui osera dire en mon nom ce que je
ne lui aurai point commandé, etc.
28°. de ne point écouter celui qui prophétise au nom d'une
idole , car il est dit 4 ) : tu n'écouteras point les paroles
de ce prophète.
29. de ne point négliger de tuer un tel prophète et de ne
pas le craindre , car il est dit 5 ) ; ainsi n'aie point peur
de lui.
30. de ne point se conformer aux loix et aux moeurs
des idolâtres , car il est dit ) : vous ne suivrez point les
ordonnances des nations.
31°. de ne pas faire de divinations , car il est dit 7 ) : il
ne se trouvera au milieu de toi aucun devin.
32°. de ne point pronostiquer , ·
car il est dit 8 ) : vous ne
pronostiquerez point le temps.

97) Deut, XIII, 8. 98) Ib. VII, 25. 99) Ib. XIII, 16. 100) Ib. vs. 17,
1) Ib. VII, 26. 2) Ib. XVIII, 20. 3) Ib. 4) Ib. XIII, 3. 5) Ib . XVIII , 22.
6) Lév. XX, 23. 7) Deut. XVIII , 10. 8 ) Lév. XIX, 26.
152

33°. de ne point faire d'augures , car il est dit ' ) : vous


n'userez point d'augures.
34°. de ne pas faire de sorcelleries , car il est dit ¹º) : ni
aucun sorcier.
35°. de ne pas faire d'enchantemens , car il est dit¹1 ) :
ni d'enchanteur.
36°. de ne pas consulter les pythons , car il est dit¹2 ) :
ni celui qui consulte l'esprit de Python.
37°. de ne pas consulter les diseurs de bonne aventure, car
il est dit 13 ) : ni de diseur de bonne aventure.
38°. de ne pas interroger les morts , car il est dit¹4) ; ni
aucun qui interroge les morts.
39°. qu'une femme ne prenne pas les habillemens d'un
homme , car il est dit 15 ) : la femme ne portera point
Thabit d'un homme.
40°. qu'un homme ne prenne pas la parure d'une femme,
car il est dit 16) : ni un homme ne se vétira point d'un
habit de femme.
41°. de ne pas écrire sur sa chair comme les idolâtres, car il
est dit 17 ) : vous n'imprimerez point de caractères en
vous.
42°. de ne point s'habiller d'un drap tissu de diverses ma-
tières ainsi que le fesaient les prêtres des idolâtres , car
il est dit18 ) : tu ne te vétiras pas d'un drap tissu de
diverses matières.
43°. de ne point tondre les coins de la tête , comme les
prêtres des idolâtres , car il est dit 19 ) : vous ne tonderez
pas en rond les coins de votre tête.
44°. de ne point gâter la barbe comme les idolâtres , car
il est dit 20 ) : et vous ne gâterez point les coins de
votre barbe.
45°. de ne point se faire d'incisions , comme les idolâtres,
car il est dit 21 ) : ne vous faites aucune incision.

9) Lévit. XIX, 26. 10) Deut. XVIII, 10. 11) Ib. vs. 11. 12) Ib.
13) Ib. 14) Ib. 15) Ib. XXII , 5.
16) Ib. car c'est l'usage des idolâtres , dit Maimonides.
17) Lév. XIX, 28. 18) Deut. XXII, 11. 19) Lév. XIX, 27. 20) Ib.
21) Deut. XIV, 1.
- 153

46°, de ne plus jamais aller habiter le pays d'Egypte , car


il est dit 22 ) : vous ne retournerez jamais dans ce che-
min là .
47º . de ne point suivre les désirs du coeur et des yeux,
car il est dit 23) : et que vous ne suiviez point, etc.
48° . de ne point faire alliance avec les sept peuples de
Canaan , car il est dit 24) : tu ne traiteras point alli-
ance avec eux.
49º. de ne laisser vivre aucun individu de ces mêmes
peuples , car il est dit 25 ) : mais tu ne laisseras vivre
personne, etc.
50º. de ne point exercer de miséricorde envers les ido-
lâtres , car il est dit 26) : et ne leur feras point de grâce.
51º. de ne point laisser habiter les idolâtres dans le pays
d'Israël , car il est dit 27 ) : ils n'habiteront point en ton
pays.
52º. de ne point contracter de mariages avec les idolâ-
tres , car il est dit 28) : tu ne t'allieras point par ma-
riage avec eux.
53°. qu'un Ammonite et un Moabite n'épousent jamais une
fille d'Israël , car il est dit 29) : Hammonite et le Moa-
bite n'entreront point dans l'assemblée de l'Eternel.
54º. de n'éloigner la semence d'Esau de la commune d'Is-
raël que pendant trois générations , car il est dit 30) :
tu n'auras point en abomination l'Iduméen.
55º . de n'éloigner un Egyptien de la commune d'Israël,
que pendant trois générations , car il est dit 31 ) : tu n'au-
ras point en abomination l'Egyptien.
56º. de ne pas inviter à la paix les Ammonites et les
Moabites avant le combat , comme on le fesait avec les
autres peuples , car il est dit 32 ) : tu ne chercheras ja-
mais tant que tu vivras leur paix ni leur bien.
57º. de ne pas détruire les arbres fruitiers d'une ville as-
siégée, car il est dit 33 ) : tu ne détruiras point ses arbres.

22) Deut.. XVII, 16. 23) Nomb. XV, 39. 24) Exod. XXIII, 32.
25) Ib. XX, 16. 26) Deut. VII, 2. 27) Exod . XXIII , 33. 28) Deut.
VII, 3. 29) lb. XXIII, 4. 30) Ib. vs. 8. 31) Ib. vs. 7. 32) Ib.
XXIII, 7. 33) Ib. XX, 19.
154

58° . que les guerriers ne doivent point craindre leurs en-


`nemis pendant la guerre , car il est dit 34 ) : tu ne t'ef-
fraieras point à cause d'eux.
59º . de ne pas oublier le mauvais traitement reçu d'Ama-
lek, car il est dit 35 ) : ne l'oublie point.
60º. de ne point maudire le nom de Dieu, car il est dit 36 ) :
tu ne maudiras point Dieu.
61º . de ne pas enfreindre un serment témérairement , car
il est dit 37 ) : vous ne jurerez point par mon nom en
mentant.
62º. de ne pas jurer en vain, car il est dit 38 ) ; tu ne pren-
dras point le nom de l'Eternel ton Dieu en vain.
63º. de ne pas profaner le nom de Dieu, car il est dit39 ) ;
et ne profanez point le nom de ma sainteté.
64° . de ne pas tenter Dieu, car il est dit 40 ) : vous ne ten-
terez point l'Eternel votre Dieu.
65º. de ne ruiner ni le sanctuaire , ni une synagogue , ni
une école, et de ne pas effacer les noms saints et de ne
point laisser périr les Saintes Ecritures, car il est dit 41 ) :
vous ne ferez pas ainsi à l'Eternel votre Dieu.
66º . de ne pas laisser dans le bois , le pendu pendant la
nuit , car il est dit 42 ) : son corps mort ne demeurera
point la nuit sur le bois.
67º . de ne jamais cesser de veiller autour du temple , car
il est dit 43) : vous garderez donc ce que j'ai ordonné
de garder.
68°. que le prêtre n'entre pas dans le temple à tout mo-

34) Deut. XX, 3 et. VII, 21. et III, 22. 35) Ib. XXV, 19.
36) Exod XXII, 37. Maimonides prend le mot DN qui se trouve
dans ce passage pour le nom du vrai Dieu et en déduit le précepte,
de ne point blasphemer le nom de l'Eternel (voy. Lévit. XXIV , 16.),
Philon et Joseph l'ont pris à leur tour pour le nom des faux Dieux et
en ont conclu qu'il n'est pas permis aux Juifs de maudire le nom des
idoles. Mais il est évident , par le verset tout entier , qu'il signifie les
Magistrats (voy. Exod. XXI, 6.).
37) Lév. XIX , 12. 38) Exod. XX, 7. 39) Lévit. XXII , 32.
40) Deut. VI, 16. 41) Ib. XII, 2-4. 42) lb. XXI, 23. 43) Lév.
XVIII, 30. voy. Nomb. XVIII, 5.
155

4
ment, car il est dit¹¹) ; qu'il n'entre pas en tout temps
dans le sanctuaire.
69º. qu'un homme avec quelque défaut dans son corps ne
dépasse pas l'autel , car il est dit 45 ) : mais il n'entrera
point vers le voile.
70°. que celui qui a un défaut permanent ne fasse pas le
service divin , car il est dit 46) ; si quelqu'un a quelque
défaut.
71 ° . que celui qui a un défaut passager ne fasse pas le
service divin , car il est dit 47 ) : aucun homme en qui il
y aura quelque défaut n'en approchera.
72º . que les Lévites ne s'occupent pas du service des prê-
tres et vice-versa, car il est dit 48) ; mais ils n'approche-
ront point des vaisseaux du sanctuaire ni de l'autel,
ni vous, ni eux.
73º . que celui qui a bu du vin n'entre pas dans le sanc-
tuaire et n'enseigne point la loi , car il est dit 49) : Vous
ne boirez point de vin ou de cervoise, etc. afin que vous
enseigniez aux enfans d'Israël.
74º . qu'un profane ne fasse pas le service dans le sanc-
tuaire , car il est dit 50 ) : et nul étranger n'approchera
de vous.
75º. qu'un prêtre impur ne fasse pas le service, car il est
dit 51 ) : qu'ils s'abstiennent des choses saintes des en-
fans d'Israël.
76°. que le prêtre qui doit se baigner ne fasse pas le ser-
vice divin jusqu'au coucher du soleil, du jour où il doit
se laver, car il est dit 52 ) ; et ne souillera point le sanc-
tuaire.
77º. qu'un prêtre impur n'entre pas dans le parois du tem-
ple, car il est dit 53 ) : afin qu'il ne souille point le camp.
78°. qu'un impur n'entre pas dans le camp des Lévites,
car il est dit 54) : et n'entrera pas dans le camp.

44) Lév. XVI, 2. 45) Ib. XXI, 23. 46) Ib . vs. 17. 47) Ib. vs.
18 et 21. 48) Nomb. XVIII, 3. 49) Lév. X, 9 et 11. 50) Nomb.
XVIII, 4. 51) Lév. XXII , 2. 52) Ib. XXI, 12 et XXII , 2.
53) Nomb. V, 3. C'est-à-dire, le camp où était le Tabernacle.
54) Deut. XXIII, 11 , où était la majesté de Dieu.
156

79º. de ne pas bâtir un autel de pierres taillées , car il


est dit 55 ) : que si tu me fais un autel de pierres, ne
les taille point.
80º. de ne point lever les pieds pour monter sur l'autel,
car il est dit 56) : et tu ne monteras point à mon autel
par des degrés.
81º. de ne pas parfumer et sacrifier sur l'autel d'or, car il
est dit 57 ): vous n'offrirez sur cet autel aucun par-
fum étranger, ni d'holocauste, etc.
82º . de ne pas éteindre le feu de l'autel, car il est dit 58 ) :
on tiendra le feu continuellement allumé sur l'autel, et
on ne le laissera point éteindre.
83º . de ne point imiter la composition de l'huile sainte, car
il est dit 59) : et vous n'en ferez point d'autre de même
composition.
84º . de ne point oindre un profane avec l'huile sainte, car
il est dit 6º ) : on n'en oindra point la chair » d'aucun
homme..
85º . de ne pas imiter la composition du parfum, car il est
dit 61) : vous ne ferez point pour vous de semblable com-
position.
86º. de ne pas retirer les barres des anneaux de l'Arche,
car il est dit 62) : en on ne les en tirera point.
870. de ne point faire de manière le pectoral du grand-
prêtre qu'il ne reste pas fixe sur l'Ephod, car il est dit 63 ) :
et que le Pectoral ne bouge point de dessus l'Ephod.
88 °. que l'Ephod ne se déchire pas , car il est dit 64 ) :
comme l'ouverture d'un corselet et ne se déchirera point.
89º . de ne point offrir de sacrifices hors du temple, car il
est dit 65 ) : prends garde à toi pour ne point sacrifier les
holocaustes dans tous les lieux.
90º . de ne pas égorger les sacrifices hors du temple , car

55) Exod. XX, 25. 56) Ib. vs. 26. 57) Ib. XXX, 9. 58) Lév.
VI, 6. 59) Exod. XXX, 32. 60) Ib. 61) Ib. vs. 37. 62) Ib.
XXV, 15.
63) Ib. XXVIII, 28. deux parties des habits sacerdotaux.
64) Ib. vs. 32. 65) Deut. XII, 13.
157 -

il est dit66) : quiconque aura égorgé un boeuf, etc. hors


du camp.
91º. de ne pas sanctifier pour l'autel des bêtes avec des
tares, car il est dit 67 ) : vous n'offrirez aucune chose qui
ail quelque tare.
92º. de ne pas égorger une bête avec quelque tare , sous
le titre d'offrande, car il est dit 68 ) : vous n'offrirez point
à l'Eternel ce qui sera aveugle, etc.
93º . de ne point asperger l'autel du sang d'une bête avec
des tares, car il est dit 69 ) : vous n'offrirez point à l'Eter-
nel et ne sacrifierez point en votre pays, etc.
94º. de ne point en brûler les membres sur l'autel , car il
est dit70) : vous n'en donnerez point pour le sacrifice
qui se fait par feu.
95º. de ne pas sacrifier une bête qui a quelque tare pas-
sagère, car il est dit 11 ) : tu ne sacrifieras à l'Eternel ni
boeuf, ni brebis ou chèvre qui ait en soi quelque tare, etc.
96º. de ne pas donner exprès quelque tare aux bêtes à
sacrifier, car il est dit 72) : il n'y doit avoir aucune tare.
97º . qu'on ne doit pas sacrifier une bête avec tare d'un
Couthéen , car il est dit 73) : vous ne prendrez point
de la main de l'étranger, etc.
98º . de ne point brûler du levain ou du miel , car il est
dit 14) : vous ne ferez point fumer de levein ni de miel.
99º . de ne pas faire une offrande sans sel, car il est dit 75) :
tu ne laisseras point manquer le sel, etc.
100º . de ne point offrir le salaire de la prostitution, car il
est dit 16) : tu n'apprêteras point dans la maison de
l'Eternel ton Dieu pour aucun voeu le salaire d'une pail-
larde ni le prix d'un chien.
101 °. de ne pas égorger une bête avec son petit, le même
jour , car il est dit 77 ) : vous n'égorgerez point en un
même jour la vache, etc. avec son petit.

66) Lév. XVII, 3 et 4. 67) Ib. XXII, 20. 68) Ib. vs.22 . 69) Ib. vs. 24.
70) Ib. vs. 22. Les membres, c'est-à-dire, les parties de chaque vic-
time qu'on devait brûler dans chaque sacrifice.
71) Deut. XVII, 1 . 72) Lév. XXII, 21. 73) Ib. vs. 25. 74) Ib.
II, 11. 75) Ib. vs. 13. 76) Deut. XXIII, 19. 77) Lév. XXII, 28.
-- 158 -

102º . de ne point répandre de l'huile sur l'offrande de fa-


rine d'un pécheur , car il est dit 78) : il ne mettra pas
sur elle de l'huile.
103º. de n'y pas mettre dessus de l'encens, car il est dit79) :
ni l'encens.
104º . de ne pas donner de l'huile sur l'offrande d'une femme
soupçonnée d'adultère , car il est dit 8º) : il ne répandra
point d'huile dessus.
105º . de ne pas y ajouter de l'encens, car il est dit 81 ) : et
il n'y mettra point d'encens.
106 ° . de ne pas substituer une chose sanctifiée à l'autre,
car il est dit 82 ) : il ne le changera point et n'en mettra
point une autre à sa place.
107º . de ne pas destiner une chose sanctifiée tantôt à un ,
tantôt à un autre sacrifice , car il est dit 83 ) : nul ne
pourra sanctifier, etc.
108º . de ne pas racheter le premier né d'une bête pure,
car il est dit 84 ) : mais on ne rachètera point le premier
né de la vache, etc.
109º . de ne pas vendre les dîmes du bétail , car il est
dit 85 ) : et ne sera point rachetée.
110º . de ne pas vendre un champ , consacré par l'inter-
dit, car il est dit 86 ) : or nul interdit, etc, ne se vendra.
111º . de ne pas racheter un champ soumis à l'interdit,
car il est dit 87 ) ; ni ne se rachètera. 1
112º . de ne pas détacher la tête d'un oiseau destiné à
être victime pour le péché , car il est dit 88 ) : et lui en-
tamera la tête avec l'ongle.
113º . de ne pas labourer avec les bêtes sanctifiées ; car
il est dit 89) : tu ne laboureras point avec le premier de
ta vache, etc.
114º . de ne pas les tondre , car il est dit 90) : tu ne ton-
dras point le premier né de tes brebis.
115º . de ne pas égorger l'agneau pascal pendant qu'il se
trouve encore du levain dans la maison , car il est

78) Lév. XXII , 11. 79) Ib. 80) Nomb. V, 15. 81) Ib. 82) Lév.
XXVII, 10. 83) Ib. vs. 26. 84) Nomb. XVIII, 17. 85) Lév. XXVII , 33.
86) Ib. vs. 28. 87) Ib. 88) Ib. V, 8. 89) Deut. XV, 19. 90) Ib.
159

dit 1 ) : tu n'offriras point le sang de mon sacrifice avec


du pain levé.
116. de ne pas conserver des parties de l'agneau pascal,
jusqu'à ce que la nuit les ait rendues profanes ou
jusqu'au matin , car il est dit 92) : et la graisse de ma
fete solennelle ne passera point la nuit jusqu'au matin.
117º . de ne laisser aucun reste de la chair de l'agneau
pascal , car il est dit 93 ) : et n'en laissez rien de reste
jusqu'au matin.
118° . de ne pas en laisser de reste depuis le premier jour
de Pâque (depuis le moment où on a tué l'agneau) jus-
qu'au troisième , car il est dit 94 ) : et on ne gardera rien
de la chair, etc. jusqu'au matin.
119º . de ne rien laisser de reste de la chair de l'agneau
pascal de la seconde Pâque jusqu'au matin , car il dit 95) :
ils n'en laisseront rien jusqu'au matin.,
120º . de ne rien laisser de la chair du sacrifice d'action de
grâce jusqu'au lendemain , car il est dit 96 ) : et vous
n'en réserverez rien jusqu'au matin.
121º . de ne pas casser un os de l'agneau pascal , car il
est dit 97 ) : et vous n'en casserez point les os.
122º . de ne pas casser un os à l'agneau de la seconde
Pâque , car il est dit 98 ) : et n'en cassez point les os.
123º . de ne pas porter la chair de l'agneau pascal hors de
la maison , car il est dit 99) : et vous n'emporterez point
de sa chair hors de la maison.
124° . de ne point faire fermenter les restes des offrandes
de farine , car il est dit 100 ) : on ne cuira point avec du
levain.
125º . de ne manger la chair de l'agneau pascal ni à demi

91) Exod. XXXIV, 25. voy. XXIII , 18. 92) Ib. 93) Ib. XII , 10.
94) Deut. XVI, 4. Ce qui est expliqué , dans ce sens, par la tradi-
dition.
95) Nomb. IX, 12.
96) Lév. VII. 15. XXII, 30. et Exod. XII, 10. Ce qui a lieu pour
toutes les choses consacrées qu'on peut manger.
97) Exod. XII, 46. 98) Nomb. IX, 12. 99) Exod. XII, 46,
100) Lév. VI, 17.
- 160 -

rôtie ni bouillie dans l'eau , car il est dit ¹ ) : n'en man-


gez rien à demi- cuit , etc.
126 ° . de ne donner à manger de sa chair ni à un étran-
ger ni à un mercenaire , car il est dit 2 ) : l'étranger et
le mercenaire n'en mangeront point.
127°. que l'incirconcis aussi n'en mange pas , car il est
dit ³) : mais aucun incirconcis n'en mangera.
128º. ni l'israélite Apostat , car il est dit 4 ) : aucun Apo-
stat n'en mangera.
129° . que l'impur ne mange pas des choses sanctifiées,
car il est dit 5 ) : et celui qui mangera de ta chair du sa-
crifice de prospérité , etc.
130 ° . de ne pas manger des choses consacrées devenues
impures , car il est dit ) : et la chair qui aura touché
quelque chose de souillé ne se mangera point.
131º . de ne pas manger ce qui reste des choses sanctifiées,
jusqu'au troisième jour , car il est dit ' ) : quiconque en
mangera, portera son iniquité, etc. et cette personne là
sera retranchée d'entre ses peuples.
132º . de ne pas manger le 30 (puanteur) , car il est
dit 8 ): il ne lui sera point alloué , ce sera une puanteur.
133 ° . qu'un étranger ne mange pas d'offrandes , car il
est dit⁹) : nul étranger ne mangera des choses saintes.
134. que le forain d'un prêtre et le mercenaire n'en man-
gent non plus , car il est dit 10) : le forain logé chez le
sarificateur et le mercenaire ne mangeront point des
choses saintes.

135°. qu'un incirconcis ne mange pas des offrandes sa-

1) Exod. XII , 9. 2) Ib. 45. 3) Ib. vs. 48.


4) Ib. vs. 43. C'est ainsi que Maimonides explique l'expression
en se conformant à l'autorité d'Onkelos et de Rachi , mais R.
Lévi l'explique par Israélite excommunié,
5) Lév. VII , 20. 6) Ib. vs. 19. 7) Ib. XIX, 8.
8) Ib. VII, 18. 3 puanteur se dit dans les livres rabbiníques de
la chair des sacrifices qu'on conserve au-delà du temps prescrit pour
l'offrande , et chez Maimonides , au-delà du matin du troisième jour.
9) Lév. XXII, 10. 10) Ib.
-- 161 --

crées , car il est dit 11 ) : mais aucun incirconcis n'en


mangera.
136 °. qu'un prêtre impur ne mange pas des choses sa-
crées , car il est dit 12 ) : tout homme de la postérité
d'Ahron étant lépreux , etc.
137°. que la fille d'un prêtre mariée à un profane ou laï-
que n'en mange pas , car il est dit 13 ) : que si la fille
d'un sacrificateur est mariée à un étranger , etc.
138 °. qu'on ne mange pas l'offrande de farine d'un prêtre,
car il est dit 14) : et tout le gâteau du sacrificateur
sera consumé sans en manger .
139º. de ne pas manger de la victime pour le péché dont
on porte le sang dans le Tabernacle, car il est dit 15):
nulle victime pour le péché dont on portera du sang
dans le Tabernacle ne sera mangée.
140º . de ne pas manger des bêtes consacrées auxquelles
on aura donné quelque tare à dessein, car il est dit 16) :
tu ne mangeras d'aucune chose abominable.
141º. de ne pas manger les secondes dîmes du froment
hors de Jérusalem , car il est dit 17) : tu ne mangeras
dans aucune ville de ta demeure les dîmes de ton fro-
ment.
142º. ni celles du vin, car il est dit 18 ) : ni de ton vin.
143º. ni celles de l'huile, car il est dit 19) : ni de ton huile.
144º . ni les premiers nés du bétail, car il est dit º ) : ni
les premiers nés.
145 ° . que les prêtres ne mangent pas les victimes pour le
péché et pour le délit hors du parvis du temple , car il
est dit 21) : de ton gros et menu bétail. -
146º . de ne pas manger la chair de l'holocauste, car il est
dit 22) : ni ce que tu auras voué.

11) Exod. XII, 48. On parle dans ce passage de l'agneau pascal,


mais la tradition a étendu ces paroles à toutes les choses sacrées,
12 ) Lév. XXII, 4. 13) lb. vs. 12. 14) Ib . VI, 16. 15 ) Ib. vs. 23.
16 ) Deut. XIV , 3. passage que la tradition explique , comme vient
de dire Maimonides.
17) Ib . XII, 17. 18) Ib. 19) Ib . 20) lb.
21) Ib. Interprétation que l'on doit à la loi traditionnelle. 22) lb.
1. L
162

147°. de ne pas manger la chair des victimes de la seconde


espèce avant l'aspersion du sang , car il est dit 23) : ni
tes offrandes volontaires.
148 °. que nul profane ne mange de la chair des sacrifices
de la première espèce, car il est dit 24 ) : mais l'étranger
n'en mangera point parce qu'elles sont saintes.
149° . que les prêtres ne mangent pas les prémices avant
qu'on les ait déposées dans le parvis du temple, car il est
dit 25) : ni l'oblation élevée de ta main.
150º . de ne pas manger les secondes dîmes dans l'impu-
reté , même à Jérusalem , jusqu'à ce qu'on les rachète,
car il est dit 26 ) : et je n'en ai rien ôté pour l'appliquer
à quelque usage souillé.
151º . de ne pas manger les secondes dîmes dans l'afflic-
tion, car il est dit 27 ) : je n'en ai point mangé dans mon
affliction.
152º . de ne pas dépenser l'argent des secondes dîmes pour
des choses qui ne sont bonnes ni à manger ni à boire,
car il est dit 28) : et n'en ai point donné pour un mort.
153º . de ne point manger le produit de la terre dont on
doit donner la dîme, avant d'avoir satisfait à cette obli-
gation , car il est dit 29) : et ils ne souilleront point les
choses sanctifiées des enfans d'Israël qu'ils auront of-
fertes à l'Eternel.
154º . de ne point donner les offrandes avant les prémices,
ni les premières dîmes avant les offrandes ou les secon-
des dîmes avant les premières, car il est dit 30 ) : tu ne
différeras point à m'offrir de ton abondance et de tes
liqueurs.

23) Ib. Les sacrifices de la première espèce étaient , selon Maimo-


ni de s , l'holocauste , les victimes pour le péché et pour le délit et
les deux agneaux des pacifiques et les sacrifices ou les choses saintes
de la seconde , les pacifiques pour un seul , le premier né, la dîme
et l'agneau pascal.
24) Exod. XXIX, 33. 25) Deut. XII, 17. 26) Ib. XXVI, 14.
27) Ib. 28) Ib . 29) Lévit. XXII, 15.
30) Exod. XXII, 28. On devait donner des produits de la terre 10
les prémices, 2º les offrandes , 3º les premières dîmes, 4º et les secon-
des dîmes les unes après les autres dans ce même ordre.
- 163

155º . de ne pas différer les voeux et les dons volontaires ,


car il est dit 31 ) : tu ne tarderas point à l'accomplir.
156º . de ne pas aller à Jérusalem pour les fêtes solennel-
les sans le sacrifice , car il est dit 32) : nul ne se présen-
tera devant ma face à vide.
157º . de ne point violer la promesse d'un voeu qu'on se
sera imposé, car il est dit 33 ) : il ne violera pas sa parole.
158 ° . qu'un prêtre n'épouse pas une femme prostituée, car
il est dit 34) : ils ne prendront pas une femme paillarde.
159º. ni une femme déshonorée, car il est dit 35 ³5 ) : ou dés-
honorée.
160º. ni une femme répudiée , car il est dit 36 ) : ils ne
prendront pas non plus une femme répudiée par son mari.
161º. que le Grand- Prêtre n'épouse pas une veuve , car il
est dit 37 ) : il ne prendra point une veuve.
162º . qu'il ne se marie pas avec une veuve , lors même
qu'on pourrait omettre les fiançailles, et cela à cause qu'il
la déshonore, car il est dit 38 ) : il ne souillera point sa
race.
163 °. qu'un prêtre n'entre pas dans le sanctuaire la tête
découverte , car il est dit 39 ) : ne découvrez point vos
têtes.
164º . ni avec des habits déchirés, car il est dit 40) : et ne
déchirez point vos vêtemens.
165 ° . que le prêtre ne sorte pas du parvis du temple pen-
dant le service, car il est dit 41 ) : et ne sortez point de
T'entrée du Tabernacle d'assignation.
166 °. qu'un prêtre ne se souille pas par l'attouchement d'un
mort qui ne soit pas de ses proches parens, car il est
dit 4 ) : qu'il ne se contamine pas entre ses peuples pour
un mort.
167°. que le Grand -Prêtre ne se souille pas même par l'at-
touchement d'un mort de ses proches parens , car il est
dit 43) : il ne se rendra point impur pour son père ni
pour sa mère.

31) Deut. XXIII, 22. 32) Exod . XXIII, 15. 33) Nomb. XXX, 3.
34) Lév. XXI, 7. 35) lb. 36) lb. 37) Ib. vs. 14. 38) Ib. vs. 15 .
39) Lév. X, 6. 40) Ib. 41) Ib. vs. 7. 42) Ib . XXI, 1. 43) Ib. vs. 11 .
L 2
- 164

168 ° . qu'il ne doit point s'approcher d'un mort , car il est


dit 44) : il n'ira vers aucune personne morte.
169°. que toute la tribu , de Lévi n'ait pas une portion
déterminée de la terre promise , car il est dit45 ) : ils
n'auront donc point d'héritage entre leurs frères.
170º . qu'elle ne prenne pas part au butin , pendant qu'on
s'emparera de la terre de promission , car il est dit 46 ) :
la tribu de Lévi n'aura pas de part ni d'héritage.
171 °. de ne pas se raser pour un mort , car il est dit¹¹ ) :
ne vous rasez point entre les yeux pour aucun mort.
172º. de ne pas manger une bête impure, car il est dit 48) :
mais vous ne mangerez point de celles qui ruminent
seulement, etc.
173º. de ne pas manger un poisson impur, car il est dit 49 ) :
ils vous seront en abomination, vous ne mangerez point
de leur chair.
174" . de ne pas manger un oiseau impur, car il est di: 50) :
et d'entre les oiseaux vous tiendrez ceux-ci pour abo-
minables.
175º . de ne pas manger un reptile volant, car il est dit 51 ) :
et tout reptile volant vous sera en abomination.
176º. de ne pas manger les reptiles rampans , car il est
dit 52) : tout reptile qui rampe vous sera en abomination.
177º , de ne pas manger les vers de la terre , car il est
dit 53) : vous ne souillerez point vos personnes par un
reptile qui se traîne sur la terre.
178°. de ne point manger les vers des fruits dès qu'ils en
sortent, car il est dit 54) : entre tous les reptiles qui se
traînent sur la terre.
179º . de ne pas manger des vers dans l'eau , car il est
dit 55 ) ; ne rendez point vos personnes abominables par
aucun reptile.

44) Lév. XXI, 11. C'est par tradition qu'on déduit de ce verset
cette obligation pour le grand- prêtre.
45) Deut. XVIII, 2. 46) Ib. vs. 1. 47) Ib. XIV, 1. 48) Lév. XI, 4.
49) Ib. vs. 11. 50) Ib. vs. 13 .
51) lb. vs. 20. et Deut. XIV, 19. La formule : il vous sera unc
impureté, une abomination, etc, rend le précepte négatif.
52) Lév. XI, 41. 53) lb. vs. 44. 54) Ib . vs. 42. 55 , Ib. vs. 43.
165

180º. de ne pas manger de la charogne, car il est dit 56):


vous ne mangerez d'aucune bêle morte d'elle -même.
181º. de ne pas manger d'une bête déchirée , car il est
dit 57) : et vous ne mangerez point de la chair déchirée
aux champs.
182º . de ne pas manger un membre d'une bête qui est
encore en vie, car il est dit 58) : et tu ne mangeras point
l'âme avec la chair.
183 °. de ne pas manger le muscle de l'emboîture de la
hanche, car il est dit 59) : c'est pourquoi jusqu'à ce jour
les enfans d'Israël ne mangent point du muscle.
184º. de ne pas manger de sang , car il est dit 6º) : vous
ne mangerez point de sang.
185º. de ne pas manger de la graisse , car il est dit 61 ) :
vous ne mangerez aucune graisse de boeuf, etc.
186º. de ne pas cuire la chair dans le lait, car il est dit62) : tu
ne feras point cuire le chevreau dans le lait de sa mère.
187º. de ne pas manger de la chair dans le lait , car il
est dit 63) : tu ne feras pas cuire le chevreau au lait
de sa mère.
188º . de ne pas manger de la chair d'un boeuf qui a été
lapidé, car il est dit 64 ) : et on ne mangera point de sa
chair.
189º. de ne pas manger du pain de la nouvelle moisson
avant la Pâque , car il est dit 65 ) : et vous ne mangerez
ni pain, etc.
190º . ni des grains rôtis , car il est dit 66 ) : ni grain rôti.
191º . ni des grains en épis, car il est dit 67 ) : ni grains en
épis.
192º . de ne point manger les fruits des arbres pendant les
premiers trois ans, car il est dit 68 ) : il vous sera incir-
concis pendant trois ans et on n'en mangera point.

56) Deut. XIV, 21. 57) Exod. XXII , 30. 58) Deut. XII, 23. 59) Gen.
XXXII, 33. 60) Lév. VII, 26. 61) Ib. vs. 23. 62) Exod. XXIII, 19.
63) Deut. XIV, 21. C'est la tradition qui porte ainsi parce que la
même phrase est répétée deux fois dans la Bible où nulle répétition
ne peut être regardée comme inutile,
64) Exod . XXI , 28 , 65) Lév. XXIII , 14. 66) Ib. 67) Ib . 68) Ib.
XIX , 23.
166

193º . de ne point manger le produit de différentes espèces


de grains mêlés ensemble et semés dans une vigne, car
il est dit 69 ) : de peur que les grains que tu auras se-
més et le rapport de ta vigne ne soit souillé.
194º . de ne pas boire du vin des libations des idoles , car
il est dit70 ) : mangeons, la graisse de leurs sacrifices et
buvons le vin de leurs aspersions .
195º . de ne pas manger ni boire comme un gourmand et
un ivrogne , car il est dit 71 ) : il est gourmand et ivrogne .
196º. de ne pas manger le jour d'expiation , car il est
dit12) : car toute personne qui n'aura pas été affligée
sera retranchée d'entre ses peuples .
197º . de ne point manger de levain dans la Pâque , car il
il est dit 73 ) : on ne mangera pas de pain levé.
198°. ou quelque autre chose mêlée avec du levain , car il
est dit 14) : vous ne mangerez point de levain.
A
199º. ou manger le levain après la moitié du 14 ° jour,
car il est dit 75) : tu ne mangeras point avec elle de
pain levé.
200 ° . qu'on ne voie pas de pain levé dans la maison pen-
dant la Pâque, car il est dit 16 ) ; et il ne sera point vu
chez toi de pain levé.
201 ° . que le levain ne se trouve pas dans la maison pen-
dant la Pâque, car il est dit 77) : il ne se trouvera point
de levain dans vos maisons.
2020. que le Nazarien ne boive pas de vin , ni de ce qui
est mêlé avec du vin ou qui a le goût du vin, car il est
dit 78 ) ; ni ne boire d'aucune liqueur de raisins.
203 ° . qu'il ne mange pas des raisins frais, car il est dit 79) :
ni ne mangeras des raisins frais.
204º . ni des raisins secs, car il est dit 80) : ni des secs.

69) Deut. XXII, 9.


70) Ib. XXXII, 38. Ces paroles aussi ont force de précepte négatif.
71) Ib. XXI, 20. La teneur de ce verset est prohibitive.
72) Lév. XXIII , 29. La formule retranchée d'entre les peuples
rend le précepte négatif.
73) Exod. XIII, 3. 74) Ib. XII, 20. 75) Deut. XVI, 3. 76) Exod.
XIII, 7. 77) Ib . XII, 19. 78) Nomb. VI, 3 , 79) Ib. 80) Ib.
- 167

205º . qu'il ne mange pas les pépins des raisins , car il est
dit 81 ) : depuis les pépins, etc.
206 ° . qu'il ne mange pas la peau du raisin , car il est
dit 82): jusqu'à la peau.
207 ° . que le Nazarien ne se rende pas impur à cause d'un
mort quelconque, car il est dit 83 ) : il ne se contaminera
point pour son père, etc.
208 ° . qu'il n'entre pas dans une tente où est un mort , car
il est dit 84 ) : il n'ira vers aucune personne morte.
209º . qu'il ne se rase pas, car il est dit 85 ) : le rasoir ne
passera point sur sa tête.
210º . de ne pas moissonner tout le champ, car il est dit 86 ) :
tu n'achèveras point de moissonner le bout de ton champ.
211º . de ne point ramasser les épis qui tombent pendant
la moisson , car il est dit 87 ) : et tu ne glaneras point
ce qui reste à cueillir de ta moisson.
212º. de ne pas grapiller la vigne , car il est dit 88) : tu
ne grapilleras point ta vigne.
213º. de ne pas recueillir les grains de la vigne, car il est
dit 89) : ni ne recueilleras les grains.
214º . de ne pas prendre la gerbe oubliée, car il est dit 90) :
tu n'y retourneras point pour la prendre.
215º. de ne pas semer de grains mêlés , car il est dit 91 ) :
tu ne semeras point ton champ de diverses sortes de
grains.
216º . de ne pas semer le bled ou les herbes dans une vi-
gne, car il est dit 92 ) : tu ne semeras point dans ta vi-
gne diverses sortes de grains.
217º . de ne pas accoupler les bêtes de diverses espèces,
car il est dit 93 ) : tu n'accoupleras point les bêtes avec
d'autres de diverses espèces.

81) Nomb. VI, 4. 82) Ib. 83) Ib . vs. 7. 84) Ib. VI, 6 et Lév.
XXI, 11. 85) Nomb. VI, 5. 86) Lév. XIX, 9. 87) Ib. 88) Ib. vs. 10.
89) Ib.
90) Deut. XXIV, 19. Ce précepte doit être étendu aussi à tout
ce qui a été oublié sur les arbres , car il est dit ib. vs. 20.: tu n'y
retourneras point pour rechercher branche après branche.
91) Lév . XiX, 19. 92) Deut. XXII , 9. 93) Lév. XIX, 19 .
168

218º. de ne pas labourer avec des bêtes de deux espèces,


car il est dit 94) : tu ne laboureras point avec un àne
et un boeuf accouplés ensemble.
219º . de ne point emmuseler une bête pendant le travail ,
car il est dit 95 ) : tu n'emmuseleras point ton boeuf lors-
qu'il foule le grain.
220º . de ne pas labourer dans la septième année , car il
est dit 96 ) : tu ne semeras point ton champ.
221º . de ne pas cultiver les arbres pendant la septième
année, car il est dit 97 ) : et ne tailleras point ta vigne.
222º . de ne pas moissonner ce qui provient de soi-même
dans la septième année , car il est dit 98) : tu ne mois-
sonneras point ce qui sera provenu de soi-même, etc.
223º . de ne pas cueillir les fruits des arbres , pendant la
septième année , car il est dit 99 ) : et tu ne vendangeras
point les raisins.
224º . de ne cultiver ni la terre ni les arbres l'année du
jubilé, car il est dit 100 ) : vous ne semerez point.
225 ° . de ne pas moissonner l'année du jubilé , car il est
dit¹) : et ne moissonnerez point ce que la terre rappor-
tera d'elle-même.
226º . de ne point cueillir de fruits pendant le jubilé , car
il est dit 2 ) : vous ne vendangerez point les fruits de la
vigne non taillée.
227º. de ne pas vendre un champ dans le pays d'Israël à
jamais , car il est dit³ ) : la terre ne sera point vendue
absolument.
228º . de ne pas changer les faubourgs des Lévites , ni
leurs champs , car il est dit ¹ ) : mais le champ des
faubourgs de leurs villes ne sera point vendu.
229º . de ne pas oublier ou abandonner les Lévites , car
il est dit 5 ) : garde toi d'abandonner le Lévite.
230º . de ne pas exiger un prêt lorsque la septième année

94) Deut. XXII, 10. 95) lb. XXV, 4. 96) Lév . XXV, 4. 97) Ih.
98) Ib. vs. 5. 99) Ib. 100) Ib. vs. 11. 1) Ib . 2 ) Ib. 3) Ib. vs. 23.
4) Ib. vs. 34. Verset que la tradition explique comme il est dit
dans le précepte.
5) Deut. XXII, 19,
169 --

sera passée sur lui , car il est dit 6 ) : il ne l'exigera


point de son frère.
231 °. qu'on ne doit pas se refuser de prêter à un pauvre
à cause de l'année de relâche , qui s'approche , car il est
dit ' ): prends garde à toi que tu n'aies dans ton coeur, etc.
232º . de ne pas se refuser de prêter à un nécessiteux ce
qu'il lui faut , car il est dit ) : tu n'endurciras point
ton coeur.
233º. de ne pas renvoyer un esclave hébreu sans quel-
que présent , car il est dit ' ) : tu ne le renverras point
vide.
234º . de ne point presser le pauvre à payer une dette,
car il est dit 10 ) : tu ne te comporteras point avec lui
en usurier.
235º . de ne pas prêter à usure à un israélite , car il est
dit 11) : tu ne lui donneras point ton argent à usure.
236°. de ne pas emprunter avec usure , car il est dit 12) :
tu ne prêteras pas à usure à ton frère.
237º . de ne pas intervenir dans une affaire d'usurier comme
témoin, caution , etc. car il est dit 13 ) : vous ne mettrez
point sur lui d'usure.
238º. de ne pas différer la récompense d'un mercenaire,
car il est dit 14) : le salaire de ton mercenaire ne de-
meurera pas avec toi jusqu'au matin.
239º . de ne pas prendre un gage par force , car il est
dit 15) : tu n'entreras point dans sa maison pour pren-
dre son gage.
240º . de ne point refuser le gage à son maître lorsqu'il

6) Deut. XV, 2.
7) Ib. vs. 9. La formule : prends garde à toi change le précepte
affirmatif en négatif.
8) Ib. vs. 7. Ainsi qui donne l'aumône , dit Maimonides, pratique
un précepte affirmatif, et qui la refuse viole un précepte affirmatif et
négatif en même temps. Ce qui a lieu , selon le Talmud , dans tous les
cas semblables où Moïse a dit une fois de faire et une autre fois de
ne point faire une chose,
9) Ib . vs. 13. 10) Exod. XXII, 24. 11 ) Lév. XXV, 37.
12) Deut. XXIII, 19. On tient cela de la tradition.
13) Exod . XXII, 24. 14) Lév. XIX , 18. 15) Deut, XXIV, 10.
170

est pauvre et qu'il en a besoin , car il est dit 16 ) : et


si l'homme est pauvre tu ne te coucheras point ayant
encore son gage.
241 ° . de ne point prendre un gage d'une veuve , car il
est dit 17 ): tu ne prendras point pour gage le vélement
de la veuve.
242º . de ne point prendre en gage les ustensiles qui ser-
vent à préparer la nourriture , car il est dit 18 ) : on ne
prendra point pour gage les deux meules , non pas
même la meule de dessus.
243º . de ne pas commettre le vol d'un homme israélite,
car il est dit 19) : tu ne déroberas point.
244°. de ne pas voler de l'argent , car il est dit 20) : vous
ne déroberez point.
245º . de ne pas piller, car il est dit 21 ) : tu ne pilleras point.
246º . de ne pas déplacer les bornes des possessions , car
il est dit 22 ) : tu ne transporteras point les bornes de
ton prochain.
247º . de ne pas opprimer , car il est dit 23 ) : tu n'oppri-
meras point ton prochain.
248 ° . de ne pas nier l'argent de son prochain , car il est
dit 24 ) : vous ne nierez point.
249º . de ne point jurer afin de nier l'argent de son pro-
chain, car il est dit 25 ) : vous ne dénierez point.
250º . de ne pas tromper dans le commerce , car il est
dit 26) : que nul de vous ne foule son frère.
251 °. qu'on ne trompe pas même par des paroles , car il
est dit 27 ) : que nul de vous ne foule son prochain.

16) Deut. XXIV, 12. 17) Ib. vs. 17. 18 ) Ib . vs. 6.


19) Exod. XX, 15. C'est-à-dire de ne pas le priver de sa liberté
en commettant le crime appelé en latin plagium. Du reste comme la
phrase , tu ne voleras pas , est répétée dans la Bible , et que cette ré-
pétition serait inutile , selon les Talmudistes , si elle était prise deux
fois dans la même signification , on en déduit ici ce crime plagium ou
vol d'un homme.
23) Lév.
20) Lév. XIX, I. 21 ) Ib . vs. 13. 22) Deut. XIX, 14.
XIX, 13. 24) Ib. vs. 11 . 25) Ib. 26) Ib. XXV, 14 .
27) Ib. vs. 17. Les Talmudistes justifient ainsi la répétition de
cette phrase.
171

252º . de ne pas tromper le (le prosélyte ou l'étranger)


par des paroles , car il est dit 28 ) : tu ne fouleras pas
l'étranger.
253º . de ne pas le tromper non plus dans le commerce,
car il est dit 29 ) : ni ne l'opprimeras.
254 ° . de ne pas rendre à un maître qui demeure hors de
la Palestine , l'esclave qui s'est réfugié dans ce pays,
car il est dit 30) ; tu ne livreras point le serviteur à son
maître , etc.
255º . de ne pas tromper un esclave , car il est dit 31 ) :
mais il demeurera avec toi , etc. tu ne le molesteras
point.
256º . de n'affliger ni l'orphelin ni la veuve , car il est
dit 32 ) : vous n'affligerez point la veuve ni l'orphelin.
257°. de ne point faire travailler comme esclave un is-
saélite qui est contraint de servir , car il est dit 33 ) :
tu ne te serviras point de lui comme on se sert des
esclaves.
258° . de ne pas le vendre comme on vend un esclave,
car il est dit 34 ) : ils ne seront pas vendus comme on
vend les esclaves.

259º . de ne point le charger de travaux trop durs , ou de


ne point le traiter trop durement , car il est dit 35 ) : tu
ne domineras point sur lui rigoureusement.
260º . de ne pas permettre à un Couthéen idolâtre (à un
non-Juif) de charger de travaux trop difficiles un is-
raélite qui lui aura été vendu , car il est dit 36 ) : et il
ne dominera point sur lui rigoureusement en ta pré-
sence.
261º . de ne pas vendre une esclave israélite , car il est
dit 37 ) ; mais il n'aura point le pouvoir de la vendre.
262º . de ne pas refuser à une esclave israélite fiancée la
nourriture , les habits et les marques d'amour accoutu-

28) Exod. XXII, 21. 29) Ib. 30) Deut. XXIII, 15. 31) Ib. vs. 16.
32) Exod. XXII , 21 . 33) Lév. XXV, 39. 34) Ib. vs. 42. 35) Ib.
vs. 43. 36) Ib, vs. 53 . 37) Exod. XXI, 8.
172 --

més , car il est dit 38 ) : il ne retranchera rien de sa


nourriture , de ses habits et de l'amitié qui lui est due.
263º . de ne point vendre une jolie prisonnière comme es-
clave , car il est dit 39) : mais tu ne la pourras point
vendre pour de l'argent.
264º . de ne pas la forcer à devenir notre esclave , car il
est dit 40): ni en faire aucun trafic.
265º . de ne pas convoiter une femme mariée , car il est
dit 41 ) : tu ne convoiteras point la femme de ton pro-
chain.
266º . de ne pas souhaiter ce qui ne nous appartient pas,
car il est dit 42) : et ne sonhaiteras point la maison de
ton prochain.
267°. que le mercenaire ne mange de la moisson qui n'est
pas coupée pendant qu'il travaille dans le champ, car
il est dit 43 ) : mais tu ne mettras point la faux dans
les bleds.
268 ° . que le mercenaire ne prenne de fruits de la terre
où il travaille plus qu'il ne lui en faut pour manger,
car il est dit 44) : jusqu'à en être rassasié , mais tu n'en
mettras point dans ton vaisseau.
269º. de ne pas cacher une chose perdue , ou égarée (mais
d'aller la prendre pour la restituer à son maître), car
il est dit 45) : tu ne t'en pourras pas cacher.
270º . de ne pas laisser une bête tombée sous sa charge,
car il est dit 46) ; tu ne verras pas l'âne de ton frère, etc.
271º . de ne faire aucun tort concernant la mesure et le
poids , car il est dit 47 ) : vous ne ferez point d'iniquité
en jugement.
272º. de n'avoir ni deux sortes de poids ni deux mesures,
car il est dit 48) : il n'y aura point dans ta maison, etc.
273º. de ne pas faire un tort quelconque en jugement,

38) Exod. XXI , 10. Ce qui doit être entendu aussi de toutes les
femmes mariées .
39) Deut. XXI , 14. 40) Ib. 41) Exod. XX, 17. 42) Deut. V, 21.
43) lb. XXIII, 25. 44) Ib. vs. 24. 45) Ib . XXII, 3. 46) Ib. vs. 4.
47) Lév. XIX , 35 . On tient cela de la tradition.
48) Deut. XXV, 13 et 14.
- 173 -

car il est dit 49) : vous ne ferez point d'iniquité en ju-


gement.
274º . de ne point se laisser corrompré par des présens ,
car il est dit 50 ) : tu ne prendras point de présens.
275º . de ne pas être favorable plus à l'un qu'à l'autre .
en jugement , car il est dit 51 ) : ni n'honoreras la per-
sonne du grand.
276° . que les juges ne craignent pas un homme méchant
en le jugeant , car il est dit 52 ) : vous ne craindrez per-
sonne.
277º. de ne pas avoir trop de compassion pour un pauvre
en jugement , car il est dit 53) : tu n' honoreras point le
chétif en son procès.
278º . de ne pas pervertir le droit d'un pécheur , car il
est dit 54) : tu ne pervertiras point le droit de l'indigent.
279º . de ne pas avoir de compassion pour celui qui a
fait quelque dommage dans une cause sujette à amende,
car il est dit 55 ) ; ton oeil ne l'épargnera point.
280º . de ne point pervertir le droit de l'étranger et de
l'orphelin, car il est dit 56 ) : tu ne pervertiras point, etc.
le droit de l'étranger ou de l'orphelin.
281 °. que le juge n'écoute pas une partie sans que l'autre
soit présente , car il est dit 57 ) : tu ne leveras point de
faux bruit.
282º . de ne pas se conformer au plus grand nombre dans
une cause capitale , lorsque le nombre de ceux qui con-
damnent surpasse d'une seule voix le nombre de ceux
qui absolvent , car il est dit 58 ) : tu ne suivras point la
multitude pour malfaire.
283° . que le juge qui dans une cause capitale a commencé

49) Lév. XIX, 15. Ce qui est dit pour rendre raison de deux
phrases identiques .
50) Exod. XXIII , 8. 51) Lév. XIX , 15. 52) Deut. I , 17.
53) Exod . XXIII, 3.
54) Ib. vs. 6. explication que l'on doit à la tradition.
55) Deut. XIX, 13 et 21. 56) Ib. XXIV, 17. 57) Exod . XXIII, 1 .
58) Ib. vs. 2.
174 -

par être favorable au criminel, ne finisse pas par le con-


damner , car il est dit 59 ) : tu ne répondras point dans
un procès en sorte que tu te détournes.
284º . de ne point accepter pour juge un homme qui n'est
pas versé dans la loi , quoiqu'il le soit dans les autres
sciences, car il est dit 60) : vous n'aurez point d'égard à
l'apparence de la personne en jugement
285º. de ne point témoigner faussement , car il est dit 61 ) :
tu ne diras point faux témoignage contre ton prochain.
286°. que le transgresseur des lois (ou l'impie) ne témoi-
gne point , car il est dit 62) : tu ne te joindras point au
méchant pour être témoin.
287 ° . qu'un parent ne témoigne pas pour l'autre , car il
est dit 63 ) : on ne fera point mourir les pères pour les
enfans, ni les enfans pour les pères.
288º . de ne pas prononcer un arrêt sur la déposition d'un
seul témoin, car il est dit 64) : un témoin seul ne sera
point valable.
289º. de ne pas tuer l'innocent , car il est dit 65) : tu ne
tueras point.
290º . de ne pas prononcer un arrêt sur des, conjectures et
sans qu'on ait la déposition de deux témoins oculaires,
car il est dit 66) : tu ne feras point mourir l'innocent et
le juste.
291º . qu'on ne soit pas témoin et juge en même temps
dans une cause capitale , car il est dit 67 ) : mais un seul
témoin ne sera point reçu en témoignage, etc.
292º . de ne pas tuer un criminel digne de mort avant qu'il
se soit présenté devant le tribunal , car il est dit 68) : et
le meurtrier ne mourra point, etc.
293º . de ne pas ménager la vie d'un persécuteur lorsqu'il
tâche de porter atteinte à la vie ou à l'honneur d'un
autre , car il est dit 69 ) : alors tu lui couperas la main
et ton oeil ne l'épargnera point.

59) Exod. XXIII, 2. 60) Deut. I, 17. 61) Exod. XX, 16. 62) Ib.
XXIII, 1. 63) Deut. XXIV, 16. On tient cela de la tradition.
64) Ib. XIX, 15. 65) Exod. XX, 13. 66) Ib. XXIII, 7. 67) Nomb.
XXXV, 30. 68) Ib. vs. 12. 69) Deut, XXV, 12.
-- 175

294º . de ne pas punir celui qui a été forcé à faire le mal,


car il est dit 70) : mais tu ne feras rien à la jeune fille.
295º . de ne pas prendre de rachat d'un meurtrier , car il
est dit 1) : vous ne prendrez point de prix pour la vie
du meurtrier.
296º . ni de celui qui commet un meurtre involontairement
et qui doit s'enfuir dans une ville de refuge , car il est
dit 12) : ni vous ne prendrez point de prix pour le lais-
ser enfuir en la ville de son refuge.
297º . de ne pas s'élever contre le sang de son prochain,
car il est dit 73 ) : tu ne t'éleveras point contre le sang
de ton prochain.
298º . de ne pas laisser l'achoppement sans l'écarter , car il
est dit 74) : afin que tu ne rendes point coupable ta mai- •
son de sang.
299º . de ne pas mettre d'achoppement devant le simple,
car il est dit 15) : tu ne mettras point d'achoppement de-
vant l'aveugle.
300°. qu'on ne batte pas le criminel au delà de ce qui est
prescrit, car il est dit 16 ) : de quarante coups et non de
plus, de peur, etc.
301º. de ne pas médire d'autrui, car il est dit 77 ) : tu n'iras
point médisant parmi ton peuple.
302º . de ne pas haïr dans son coeur, car il est dit 78) : tu
ne haïras point ton frère, etc.
303º . de ne pas faire rougir un israélite, car il est dit 79) :
tu reprendras soigneusement ton prochain et ne souffri-
ras point, etc.
304º . de ne pas chercher la vengeance , car il est dit 8º) :
tu n'useras point de vengeance.
305º. de ne pas avoir de rancune, car il est dit 81 ) : et ne
la garderas pas aux enfans de ton peuple.
306°. de ne pas prendre la mère avec ses petits dans un

70) Deut. XXII, 26. 71 ) Nomb. XXXV, 31. 72) Ib . vs. 32. 73)
Lév. XIX , 16. 74) Deut. XXII , 8, 75) Lév. XIX, 14. 76) Deut.
XXV, 3. 77) Lév. XIX, 16. 78) Ib. vs. 17. 79) Ib. 80) Ib. vs. 18.
81) Ib.
-- 176

nid, car il est dit 82 ) : tu ne prendras point la mère avec


les petits.
307º . de ne pas raser le poil de la tigue, car il est dit 83 ) :
mais il ne rasera point l'endroit de la tigue.
308º . de ne pas couper les marques de la lèpre, car il est
dit 84) : prends garde à la place de la lèpre.
309º. de ne pas labourer ni semer la vallée de l'endroit
où on trouve un homme tué, car il est dit 85 ) ; dans une
vallée rude dans laquelle on ne laboure ni ne sème.
310º . de ne pas laisser vivre un sorcier, car il est dit 86 ) :
tu ne laisseras point vivre la sorcière.
311 ° . qu'un nouveau marié ne s'occupe pas des besoins de
la commune comme, de prendre les armes, de monter la
garde, etc. car il est dit 87) : il n'ira point à la guerre
et on ne lui imposera aucune charge.
312º. de ne pas désobéir aux ordonnances des juges , car
il est dit 88 ) : et tu ne te détourneras ni à droite ni à
gauche de ce qu'ils t'auront dit.
313º. de ne rien ajouter ni à la loi écrite ni à la loi orale
qui est son commentaire , car il est dit 89) : vous pren-
drez sur vous de faire tout ce que je vous commande,
tu n'y ajouteras rien.
314º. de ne rien retrancher aux ordonnances de la loi, car
il est dit 90 ) : et tu n'en diminueras rien.
315º. de ne pas maudire les juges, car il est dit ) : tu ne
maudiras point les juges.
316º . de ne pas maudire le prince ou le chef de la nation
israélite, car il est dit 92) : tu ne maudiras point le prince
de ton peuple.
317º. de ne maudire aucun israélite , car il est dit 93 ) : tu
ne maudiras point le sourd, etc.
318º . de ne maudire ni son père, ni sa mère , car il est

82) Deut. XXII , 6. 83) Lév. XIII , 33.


84) Deut. XXIV, 8. Cette manière de l'exprimer renferme une
prohibition.
85) lb. XXI, 4. 86) Exod. XXII , 17. 87) Deut. XXIV, 5. 88) Ib.
XVI, 11. 89) lb. XII, 32, voy. IV, 2. 90) Ib. 91 ) Exod. XXII, 27.
92) Ib. 93) Lév. XIX, 14.
177

dit 94) celui qui aura maudit son père sera puni de
mort.
319º . de ne battre ni son père , ni sa mère , car il est
dit 95 ) : celui qui aura frappé son père ou sa mère sera
puni de mort.
320º . de ne point travailler le samedi , car il est dit 96 ) :
tu ne feras aucune oeuvre.
321º. de ne pas violer la voie du samedi, car il est dit 97 ) :
et qu'aucun ne sorte du lieu où il sera le septième jour.
322º . de ne pas punir dans le jour du Sabbat , car il est
dit 98) : vous n'allumerez pas le feu dans vos demeures.
323º. de ne point travailler le premier jour de Pâque , car
il est dit 99 ) : vous ne ferez aucune oeuvre servile.
324º. ni le septième , car il est dit 100) : il ne se fera
aucune oeuvre.
325º . ni dans la fête de Pentecôte, car il est dit¹ ) : vous
ne ferez aucune oeuvre servile.
326º . ni dans le premier du septième mois, car il est dit 2) :
vous ne ferez aucune oeuvre servile.
327º, ni dans le jour de réconciliation , car il est dit 3 ) : en
ce jour là vous ne ferez aucune oeuvre.
328º . ni dans le premier jour de la fête des Tabernacles ,
car il est dit 4 ) : vous ne ferez aucune oeuvre servile.
329º. ni dans le huitième jour de cette même solennité,
car il est dit 5 ) : vous ne ferez aucune oeuvre servile.
330º, de ne point découvrir la nudité de sa mère , car il
est dit ) : c'est ta mère, tu ne découvriras pas sa nudité.
331º. ni la nudité de sa soeur, car il est dit ' ) : tu ne dé-
couvriras point la nudité de ta soeur.

94) Exod. XXI, 17. La peine de mort change le précepte d'affir-


matif en négatif.
95) Ib. vs. 15. 96) Ib. XX, 10 .
97) Ib. XVI, 29. C'est-à-dire , de ne point marcher le samedi plus
de deux mille pas.
98) Ib. XXXV, 3. On prend ici allumer le feu et punir pour deux
phrases synonymes.
99) Lév XXIII, 7. 100) Exod. XII , 16. 1) Lév. XXIII , 21 .
2) Ib. vs. 25. 3) Ib . vs. 28. 4) Ib. vs. 35, 5) Ib. vs. 36. 6) Ib.
XVIII, 7. 7) Ib. vs. 9.
1. M
178 -

332º . ni celle de la femme de son père , car il est dit 8 ) :


tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton
père.
333º. ni celle de sa soeur fille du même père , mais non
de la même mère ou vice-versa , car il est dit 9 ) : tu ne
découvrirás point la nudité de la fille de la femme de
ton père.
334° . ni celle de la fille de son fils , car il est dit 10 ) : tu
ne découvriras point la nudité de la fille de ton fils.
335º. ni celle de la fille de sa fille , car il est dit 11 ) : ou
de la fille de ta fille.
336º. ni celle de sa propre fille , car il est dit 12) : elles
sont ta nudité.
337º. ni celle d'une femme et de sa fille, car il est dit 13 ) :
tu ne découvriras point la nudité d'une femme et de sa
fille.
338°. ni celle d'une femme et de la fille de son fils, car il
est dit 14) : et ne prendras point la fille de son fils.
339º . ni celle d'une femme et de la fille de sa fille, car il
est dit 15 ) : ni la fille de sa fille.
340º. ni celle de la soeur de sa mère , car il est dit 16 ) :
tu ne découvriras point la nudité de la soeur de ta
mère.
341 °. ni celle de la soeur de son père , car il est dit¹7) :
tu ne découvriras point la nudité de la soeur de ton père.
342º. ni celle de la femme du frère de son père, car il est
dit 18) ; et ne t'approcheras point de sa femme.
343º. ni celle de la femme de son fils , car il est dit 19) :
tu ne découvriras point la nudité de ta belle -fille.
344º . ni celle de la femme de son frère, car il est dit 20) :
c'est la nudité de ton frère.
345º . ni celle de la soeur de sa femme, car il est dit 21 ) :
tu ne prendras point une femme avec sa soeur.

8) Lév. XVIII, 8. 9) Ib. vs. 11. 10) Ib . vs. 10. 11 ) Ib .


12) Ib. La tradition porte à ce sujet , que si la fille de notre fille
est notre nudité ; d'autant plus notre propre fille.
13) Ib. vs. 17. 14) lb. 15) Ib. 16) lb. vs. 13. 17) Ib. vs. 12.
18) Ib. vs. 14. 19) Ib. vs. 15. 20) Ib. vs. 16 , 21 ) Ib. vs. 18,
179

346º. ni celle de la femme qui a ses règles, car il est dit 22) :
tu n'approcheras pas de la femme durant la séparation
de la souillure.
347°. ni celle de la femme d'autrui , car il est dit 23) : tu
n'auras point la compagnie de la femme de ton prochain.
348º . de ne pas coucher avec une bête, car il est dit 24) :
tu ne t'approcheras point d'une bête.
349º . qu'une femme ne couche pas avec une bête , car il
est dit 25) : et la femme ne se prostituera point à une
bête.
350º . de ne point abuser d'un homme comme d'une femme,
car il est dit 26) : tu n'auras point la compagnie d'un
mâle.
351º . de ne point découvrir la nudité de son père , car il
est dit 27 ) : tu ne découvriras pas la nudité de ton père.
352º. ni celle du frère de son père , car il est dit 28 ) : tu
ne découvriras point la nudité du frère de ton père.
353º. de ne se permettre aucune liberté qui puisse conduire
à découvrir la nudité d'autrui , tels que les embrasse-
mens , les baisers , les oeillades , etc. , car il est dit 29) :
que nul ne s'approche de celle qui est sa proche parente
pour découvrir sa nudité.
354°. qu'un bâtard n'épouse pas une fille d'Israël, car il
est dit 30): le bâtard n'entrera point dans l'assemblée
de l'Eternel.
355 ° . qu'il n'y ait aucune femme prostituée en Israël , car
il est dit 31 ) : qu'il n'y ait point entre les filles d'Israël
aucune prostituée.
356º . que celui qui s'est séparé de sa femme ne la re-
prenne pas si elle s'est déjà mariée à un autre , car il
est dit 32 ): alors son premier mari qui l'avait renvoyée
ne pourra pas la reprendre.

22) Lév. XVIII, 19. 23) Ib. vs. 20 24) Ib. vs. 23. 25) Ib . 26)
lb. vs. 22. 27) Ib. vs. 7. 28) Ib . vs. 14.
29) Ib. vs. 6. On tient ceci de la tradition.
30) Deut. XXIII, 3. On entend par femme prostituée celle qui s'est
mariée sans lettres de contrat et sans fiançailles.
31) Ib. vs. 18. 32) lb. XXIV, 4.
M2
A

180

357° . que la femme du frère mort sans enfans ne se marie


qu'avec le frère du defunt , car il est dit 33) : la femme
du mort ne se mariera point dehors.
358° . que celui qui a fait violence à une fille ne puisse
pas se séparer d'elle , car il est dit 34 ) : il ne la pourra
pas laisser tant qu'il vivra.
359°. que celui qui répand un faux bruit sur une femme
ne puisse pas la répudier, car il est dit 35 ) : il ne pourra
pas la renvoyer tant qu'il vivra.
360 °. qu'un eunuque ne se marie pas avec une fille d'Is-
raël, car il est dit 36 ) : celui qui est eunuque n'entrera
point dans l'assemblée de l'Eternel.
361º . de ne rendre eunuques ni les hommes , ni les ani-
maux, car il est dit ³7) : et dans votre pays vous ne le
ferez point.
362º . de ne pas établir en chef de la nation israélite un
étranger , car il est dit 38 ) : et tu ne pourras point éta-
blir sur toi un homme étranger.
363 ° . que le roi n'ait pas beaucoup de chevaux , car il est
dit 39) ; il ne fera point amas de chevaux.
364 ° . qu'il n'ait pas beaucoup de femmes, car il est dit 4º) :
il ne prendra point plusieurs femmes.
365 ° . ni beaucoup d'argent et d'or, car il est dit 41 ) : et il
ne s'amassera point beaucoup d'argent ni beaucoup d'or.

Liturgie.

Nous avons plusieurs fois répété dans notre Théorie


que pendant que presque tous les autres peuples , parmi
lesquels les juifs vivent dispersés , reconnaissent trois or-
dres de choses , savoir , le religieux , le civil et le poli-
tique ; tout est religion aux yeux de ces derniers. Dieu
a été et est toujours leur roi immédiat ; les docteurs de
la loi ou les Rabbins sont ses envoyés, ses plénipotentiai-
res , ses premiers ministres et ses vicaires sur la terre,

33) Deut. XXV , 5. 34) lb. XXII, 29. 35) Ib. vs. 19. 36) Ib.
XXIII, 1. 37) Lév. XXII, 24, 38) Deut. XXVII , 15. 39) Ib , XVII, 16,
40) lb. vs. 17. 41) Ib.
181

comme l'ont été jadis Moïse , les Prophètes , les Grands-


Prêtres et les Présidens du Grand- Sanhédrin . Depuis la
naissance juqu'à la mort , depuis la pointe du jour jus-
qu'au lever des étoiles, dans leurs maisons ainsi que dans
la Synagogue, leur vie privée et publique n'est qu'une suite
de cérémonies minutieuses et des pratiques légales qui se
trouvent consignées dans le Talmud. II suit de là qu'il
serait même plus exact de dire que tout est liturgie aux yeux
des Juifs d'aujourd'hui, et que l'étude de leurs cérémonies
doit rendre moins compliquée celle des matières talmudi-
ques. Il nous est donc indispensable de faire succéder
à l'abrégé que nous venons de donner de la loi écrite, un
résumé de ceux entre les rits de la Synagogue qui sont
des plus en vigueur et dont l'origine est aussi ancienne et
plus ancienne encore que la rédaction des deux Talmuds.
Je commencerai par fixer les époques principales de leur
calendrier selon leurs années civiles et ecclésiastiques, et se-
lon leurs jeûnes et leurs fêtes les plus remarquables.
‫)תשרי‬ Tischre ( .
I. mois civil , VII. ecclésiastique depuis la nouvelle lune d'Octobre.
Jours.
1. Le commencement de l'année civile et la fête des trom-
pettes .
3. Jeûne à cause du meurtre de Godolias, gouverneur de
la Judée , après la conquête de Nabucodonosor.
5. Jeûne pour la mort de vingt israélites et pour celle
d'Akiba, fils de Joseph.
7. Jeûne à cause du péché du veau d'or, et de l'ordre que
Dieu avait donné de faire périr le peuple dans le désert.
10. Jour d'expiation.
15. Fête des Tabernacles.
20. Octave de cette fête.
23. Réjouissance de la loi ou des bénédictions que Moïse
donna au peuple avant sa mort.
‫)חשון‬ ‫ מר‬Marheschvan ( .
II. mois civil , VIII. ecclésiastique depuis la nouvelle lune de
Novembre.
7. Jeune à cause de Sédécias aveuglé par Nabucodonosor
après avoir vu la mort de ses enfans.
182 -

Jours.
20. Jeûne pour expier les fautes commises pendant la fête
des Tabernacles.
23. Fête instituée au temps des Asmonéens , lorsqu'on dé-
molit l'autel profané par les gentils et purifia le parvis
du temple.
25. Réjouissance pour les victoires que les Juifs remportè-
rent sur les Couthéens après la captivité de Babylone.
27. Jour de joie parce que R. Johanan, fils de Zakaï, triom-
" pha des Saducéens, qui voulaient manger ce qui était of-
fert à Dieu au lieu de le consumer sur l'autel.

‫)כסלו‬Kislew
(.
III. mois civil , IX. ecclésiastique depuis la nouvelle lune de
Décembre.
3. Jour de joie parce que les Asmonéens firent ôter du
parvis du temple les statues et les images que les gen-
tils y avaient placées pendant la persécution.
7. Jeûne parce que Jehoiakim brûla le livre prophétique
de Jérémie que Baruch avait écrit. Le même jour on
célébre aussi la mort d'Hérode le Grand.
21. Fête en mémoire du triomphe remporté sur les Sama-
ritains qui voulaient détruire le temple de Jérusalem du
temps d'Alexandre le Grand. On appelle cette fête le<