Cours Glucide Pass
Cours Glucide Pass
Glucides
1- Introduction 2
1.1- Définition
Toute molécule organique qui contient à l’état libre ou combiné une molécule d’ose, c’est-à-dire une molécule d’un sucre simple non
hydrolysable.
1.2- Formule brute d’un ose
CnH2nOn
1.3- Rôles
- Energétiques : immédiat (glucose, fructose, galactose) ou de réserve (glycogène, amidons, inuline)
• Pouvoir sucrant : représente la valeur sucrante (édulcorante) d’un composé chimique par rapport à un autre.
• Index glycémique (IG) : mesure la capacité d'un glucide donné à élever la glycémie après le repas par rapport à un standard de référence
qui est le glucose pur.
IG élevé : glucose (100), saccharose (70) ; IG modéré : pain complet (65), riz blanc (64) ; IG bas : lactose (45), fructose (10)
1.4- Vocabulaire
Glucides
oses monomériques (monosaccharides) et leurs polymères
Source d’énergie
Sucres simples : glucose, fructose, saccharose, Oligosides (oligosaccharides) Polyosides (polysaccharides)
lactose, maltose, … jusqu’à 10 à 20 molécules d’oses > 20 molécules d’oses
Sucres complexes : amidons, glycogène, …
2- Monosaccharides 4
2.1- Définition
Molécule d’un sucre simple non hydrolysable, constitué par une chaîne hydrocarbonée dont tous les atomes de carbone portent une fonction
alcool sauf un qui porte un groupement carbonyle C=O (fonction aldéhyde ou fonction cétone).
2.2- Fonctions chimiques d’un ose
carbone asymétrique
de 0 à plusieurs alcools
secondaires
Aldoses Cétoses
2x-2 stéréoisomères 2x-3 stéréoisomères
2- Monosaccharides 5
Oses naturels
=
Série D
(sauf dihydroxyacétone)
D-glucose L-glucose
* rotation du plan de polarisation d’une lumière polarisée, dans le sens des aiguilles d’une montre (dextrogyre, +) ou en sens inverse (lévogyre, ‐)
2- Monosaccharides 6
2.3.2- Diastéréoisomères
Deux isomères de configuration qui ne sont pas énantiomères sont diastéréoisomères.
2.3.3- Epimères
Diastéréoisomères ayant au moins deux carbones asymétriques et qui ne diffèrent entre eux que par la configuration d’un seul et unique carbone
asymétrique.
NB : Un épimère est un diastéréoisomère particulier. Donc, tous les épimères sont diastéréoisomères mais la réciproque est fausse !
Diastéréoisomères
Diastéréoisomères
Epimères
2- Monosaccharides 7
1
2.4- Filiation des oses et série D de Fischer
2 Cétotriose
2.4.1- Cétoses 3
Tout cétose dérive théoriquement d'une dihydroxyacétone par une ou
plusieurs étapes d'insertion d'un chaînon asymétrique H‐C‐OH.
1
2
Cétotétrose
3
4
1
2
3 Cétopentoses
4
5
1
2
3
Cétohexoses
4
5
6
2- Monosaccharides 8
1
2.4.2- Aldoses 2
Aldotriose
Tout aldose dérive théoriquement 3
d’un glycéraldéhyde par une ou
plusieurs étapes d'insertion d'un 1
chaînon asymétrique H‐C‐OH.
2
3
Aldotétroses
4
1
2
3 Aldopentoses
4
5
1
2
3
Aldohexoses
4
5
6
2- Monosaccharides 9
2.4.3- Hexoses
g
g
d
d
D-mannose
d d
g épimères en C4 g
g d
d d
D-galactose D-glucose
g
d
d
D-fructose
2- Monosaccharides 10
D-mannose
ènediol*
D-fructose
galactokinase galactose-1-P-uridyltransférase
D-glucose D-mannose
Sorbitol :
Xylitol (5C) - Le plus répandu des polyalcools
- Edulcorant - Fruits (sorbier, pruneaux)
- « Rafraichissant » - Laxatif
- Laxatif - Edulcorant
- Calorie < glucose - Elève peu la glycémie
- Non cariogène - Calorie ≈ glucose
Mannitol :
- Champignons
- Réduction des œdèmes cérébraux
(osmotiquement actif)
D-fructose
sorbitol mannitol
2- Monosaccharides 15
b-D-glucopyranose a-D-glucopyranose
2/3 b et 1/3 a
D-glucose
D-glucose D-fructose
*
*
Pont
oxydique Pont
oxydique
- C1 devient un carbone asymétrique : carbone anomérique - C2 devient un carbone asymétrique : carbone anomérique
a-D-mannopyranose b-D-mannopyranose
a-D-galactopyranose b-D-galactopyranose
a-D-ribofuranose b-D-ribofuranose
2- Monosaccharides 20
b-D-glucopyranose 1,2,3,4,6-penta-O-méthyl-b-D-glucopyranose
2.8.5.2- Hydrolyse acide
L’hydroxyle hémiacétalique a des propriétés différentes des autres groupements hydroxyles : très réactif, réducteur, capable de créer des liaisons
osidiques ou des liaisons ester-phosphates. Dans ce cas, il se déméthyle par hydrolyse acide.
2,3,4,6-tétra-O-méthyl-b-D-glucopyranose
3- Oses et dérivés d’oses d’intérêts biologiques 21
3.1- Trioses
- Glycéraldéhyde-3-phosphate et dihydroxyacétone-phosphate : dérivés phosphorylés (trioses phosphates) obtenus lors des premières
étapes de la glycolyse (catabolisme du glucose → énergie).
3.2- Pentoses
- D-ribose et D-2-désoxyribose : sucres constituants des nucléotides de l’ARN et de l’ADN.
3.3- Hexoses
- D-glucose : source d’énergie du monde vivant, retrouvé dans le miel, les fruits, obtenu par hydrolyse du sucre de canne, des amidons, du
glycogène (a polymères), par hydrolyse de la cellulose (b polymères).
- D-galactose : retrouvé dans le lactose et d’autres polyosides.
- D-mannose : retrouvé dans les végétaux, les glycoprotéines végétales, …
- D-fructose (lévulose) : retrouvé dans le miel, les fruits, obtenu par hydrolyse du sucre de canne, …
3- Oses et dérivés d’oses d’intérêts biologiques 22
3.4- Osamines
Une fonction amine primaire substitue une fonction alcool (souvent sur le C2). C’est le cas de la D-glucosamine (GlcNH2) dont la fonction
amine peut-être acétylée et donner la N-acétyl-D-glucosamine (GlcNac). On trouve également des dérivés équivalents pour le galactose (D-
galactosamine et N-acétyl-D-galactosamine).
On retrouve ces dérivés : b-D-glucosamine
- comme constituant principal de la chitine formant la carapace des insectes ;
- dans les peptidoglycanes constituant les parois des bactéries ;
- dans les structures des glycoprotéines, des glycolipides ;
- dans les glycosaminoglycanes (GAG) constituant le tissu conjonctif ;
- dans les groupes sanguins.
réducteur réducteur
Différents types de liaisons :
- OH hémi-acétalique + OH alcool Iaire
→ Disaccharide réducteur
- OH hémi-acétalique + OH hémi-acétalique
a-D-glucopyranose → Disaccharide non réducteur
4- Osides 24
= C1−O −C4
1 4
= extrémité réductrice, donc possibilité de mutarotation
représente les deux anomères
4.2.3.1- Maltose
a-D-glucopyranosyl (1-4) D-glucopyranose
Produit de dégradation des amidons et du glycogène.
Hydrolysé dans l’intestin grêle par une a-glucosidase (maltase).
4.2.3.1- Isomaltose
a-D-glucopyranosyl (1-6) D-glucopyranose
Produit de dégradation des amidons et du glycogène.
Hydrolysé dans l’intestin grêle par une a-glucosidase (isomaltase).
a
D-galactopyranose D-glucopyranose D-glucopyranose
D-galactopyranose Lactose
+ +
Maltose D-glucopyranose
4- Osides 28
ICH3
Ag2O, H2O
HCl, H2O
+ 2
2,3,4,6-tétra-O-méthyl-D-galactopyranose 2,3,6-tri-O-méthyl-D-glucopyranose
4- Osides 29
= unité de maltose
= unité d’isomaltose
4- Osides 30
4.3.1.2- Amidons
Réserve énergétique de glucose chez les végétaux (graines, tubercules) et source alimentaire de glucose pour les animaux.
Mélange de deux a-D-glucanes : amylose et amylopectine, dont la proportion au sein des amidons varie avec l’espèce végétale.
Isomaltose
4- Osides 31
Dextrine Maltotriose
a-D-glucopyranosyl (1-4) a -D-glucopyranosyl (1-4) D-glucopyranose
4.3.1.3- Inulines
Réserve énergétique chez les plantes (chicorée, ail, poireau, …).
Polymères non réducteurs de fructofuranoses (fructanes ou fructosanes) en b2-1 lié à une molécule de glucose en a1-2.
Polymères pouvant contenir 2 à 60 voire jusqu’à 100 unités de fructose.
4.3.2.2- Chitine
Polymère de N-acétylglucosamines liées en b1-4.
Exosquelette des insectes et des arthropodes (crustacées, …).
Paroi cellulaire de certains champignons et algues.
Son dérivé désacétylé (chitosane) a des applications
industrielles (cosmétique, fils chirurgicaux, …). Chitine Chitosane
N-sulfate-α-D-glucosamine
acide L-iduronique C5-épimérase
N-acétyl-O-sulfate-α-
acide L-iduronique-O-sulfate O-sulfotransférases D-glucosamine
N-sulfate-O-sulfate-α-D-glucosamine
4- Osides 36
Acide hyaluronique
Liquide synovial, corps vitré de l’œil,
tissus conjonctifs lâches.
Utilisé en médecine esthétique (anti- Kératane sulfate II Chondroïtine sulfate
rides), rhumatologie ( viscosité du Tissu conjonctif lâche Cartilage
liquide synovial), ophtalmologie.
4.4- Hétérosides
4.4.1- Liaisons hétérosidiques
Il s’agit de l’association covalente de glucides à des molécules non glucidiques (aglycones).
Les liaisons avec le sucre se font par le carbone anomérique et donnent des jonctions a ou b.
→ α-hétérosides ou β-hétérosides
• Liaison O-osidiques → O-hétérosides :
- En général entre la N-acétylgalactosamine et le groupement OH de Ser ou Thr.
- Autres oses : Glu, bMan, …, autres acides aminés : Tyr, Hlys, Hpro.
- Lipides.
• Liaison N-osidiques → N-hétérosides :
- Entre la N-acétylglucosamine et la fonction amide de Asn ou amine de Lys.
• Liaison S-osidiques → S-hétérosides :
- Avec un groupement thiol (−SH).
4- Osides 38
Protéine de
liaison
Agrécane Protéine charpente
Cartilage (de soutien)
4- Osides 39
4.4.2.2- Glycoprotéines
- Courtes chaînes glucidiques (≈ 1 à 20 %) greffées par glycosylation (réaction enzymatique) sur des protéines.
- Chez l’Homme, toutes les protéines plasmatiques (sauf l’albumine essentiellement) sont des glycoprotéines.
- Certaines hormones sont des glycoprotéines comme l’hormone folliculostimulante (FSH) dont on connait 20 isoformes circulantes dues à
un polymorphisme de glycosylation.
4.4.2.3- Peptidoglycanes
- Réseau de polyosides reliés par de petits peptides (paroi bactérie = muréine ou mucopeptide).
- Polymère de N-acétylglucosamine (NAG) et d’acide N-acétylmuramique (NAM) reliés en β1-4.
- Les pénicillines inhibent la formation des liens inter peptidoglycanes.
Le lysozyme hydrolyse les liaisons entre NAG et NAM
(enzyme retrouvée dans le mucus, la salive, les larmes, …)
4- Osides 40
Céramide
Liaison O-osidique
- Métabolisme Glucidique -
42
1- Généralités
1.1- Problématique
Comment maintenir un apport glucidique constant aux tissus dépendants de ce substrat et dont l’activité est continue (ex : cerveau) ?
1.2- Stratégies :
❖ En cas d’apport élevé :
Stocker
❖ En cas de carence :
Mobiliser
Produire de novo
Epargner le glucose en mobilisant des substrats de remplacement
Chez l’Homme, les glucides représentent 50 à 55 % de l’apport énergétique et sont stockés sous forme de glycogène. Le glucose est le seul ose
qui permet de produire de l’adénosine triphosphate (ATP) en anaérobie et est indispensable aux cellules glucodépendantes (globules rouges).
43
1- Généralités
,
2- Digestion et absorption des glucides 45
Sucrase-isomaltase
Maltase-glucoamylase (a-D-glucosidase)
Hydrolyse les liaisons a(1-4) terminales (exoglucosidase) du maltose, du
maltotriose et des oligodextrines.
Lactase
b(1-4)-D-galactosidase.
2- Digestion et absorption des glucides 46
Pôle basal
2.3- Absorption des oses Pôle apical Sang
Cellule épithéliale
de l’intestin
SGLT1 : cotransporteurs glucose sodium dépendant (actif secondaire)
Le système SGLT1 fonctionne dans le sens du gradient de concentration du sodium, et fait rentrer ce dernier dans les entérocytes (au niveau du
plateau strié), accompagné du glucose (et du galactose) qui pénètre lui contre son gradient de concentration. La protéine SGLT1 possède deux
sites de fixation distincts pour chacune de ces deux molécules. Le sodium sera ensuite expulsé de la cellule par une pompe Na+/K+ ATP
dépendante.
L’absorption du fructose se fait suivant un mécanisme différent, mettant en jeu le transporteur GLUT5. Ce dernier se situe sur la paroi
intestinale et ne peut faire entrer le fructose dans les entérocytes que dans le sens de son gradient de concentration.
Le système des GLUT fonctionne dans le sens du gradient de concentration des sucres, et permet à ces derniers de sortir
des entérocytes pour se retrouver dans la circulation sanguine. Au niveau de l’intestin, le transporteur est le GLUT2.
3- Transport sanguin et cellulaire du glucose 47
3 réactions irréversibles: CM
- Glc → G-6-P
- F-6-P → F-1,6-bP
- Phosphoénolpyruvate → Pyruvate
Mg2+
a-D-glucopyranose Glucose-6-phosphate
Fructose-1,6-bisphosphate Fructose-6-phosphate
❖ Glucokinase (foie et cellules b du pancréas) : spécifique du Glc mais faible affinité, Km assez élevée (10 mM) et Vm élevée, pas de
régulation allostérique ni covalente. Répond au besoin du foie en période post-prandiale et permet le stockage sous forme de glycogène.
❖ Hexokinase (tous les tissus) : forte affinité pour le Glc, Km très basse (0,1 mM) et Vm faible.
Adaptée au besoins des tissus périphériques en période de jeûne. Rétrocontrôle par le G-6-P.
❖ Phosphofructokinase-1 (PFK-1) : enzyme allostérique régulée négativement par une forte concentration d’ATP.
4- Glycolyse 50
Fructose-1,6-bisphosphate Phosphodihydroxyacétone
Phosphoglycéraldéhyde Phosphoglycéraldéhyde
(Glycéraldéhyde-3-phosphate) (Glycéraldéhyde-3-phosphate)
L’isomérisation du PDHA en PGA (G-3-P) permet par la suite l’oxydation de deux molécules de PGA par molécule de glucose initiale.
4- Glycolyse 51
×2
Mg2+
Glucose-6-phosphate Glucose-1-phosphate
UDP-glucose
Tyr glycogénine
Uridine diphosphate (UDP)
5- Glycogénogenèse 55
Tyr Glycogénine
Enzyme de ramification
Tyr Glycogénine
6- Voie des pentoses-phosphates 56
NADPH, H+
- Synthèses lipidiques
- Détoxication hépatique
(cytochrome P450)
- Maintien du glutathion
réduit dans le globule rouge
6- Voie des pentoses-phosphates 57
Glucose-6-phosphate
Synthèse des
nucléotides
6-phosphogluconolactone
PGA E-4-P
Su-7-P F-6-P
gluconolactonase
Glycolyse
Le galactose est apporté dans l’organisme par le lactose (seul apport glucidique du nouveau-né).
10-1. Glycémie
Elle correspond à la concentration du glucose dans le sang. La valeur normale à jeun est aux alentours de 5,5 mmol.L-1 (≤ 1g.L-1).
10-1-1. Mesures de la glycémie au laboratoire (méthodes enzymatiques)
glucose-6-phosphate
Glucose-6-phosphate + NAD+ Gluconate-6-phosphate + NADH,H+
déshydrogénase*
* Cette G6PDH utilise du NAD+ et non du NADP+. Mesure du NADH,H+ libéré à 340 nm
✓ Méthode Trinder :
glucose oxydase Le fluorure de sodium et l’oxalate
Glucose + O2 Acide gluconique + H2O2
de potassium permettent d’inhiber
la glycolyse pendant 24 h à
peroxydase
2 H2O2 + Phénol + Amino-4-antiyrine Quinonéimine + 4 H2O température ambiante.
Résultat en mg.dl-1
10-2. Glycosurie
Elle correspond à la présence de glucose dans les urines.
Le glucose est normalement absent dans les urines.