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Université Sidi Mohamed Ben Abdellah

Ecole Normale Supérieure

MODULE
LINGUISTIQUE 2

Semestre 4
Année universitaire: 2023-2024
Pr : D. AHAJJI 1
Présentation du programme
I. Introduction aux courants de recherche en études françaises et romaines
A. Principes épistémologiques et méthodologiques
B. Panorama des approches contemporaines en linguistique française et romaine
1. Approche structurale
2. Approche comparative
3. Approche historique
4. Approche variationniste
II. Approches contemporaines en linguistique
1. Le structuralisme
2. Le fonctionnalisme
3. Distributionnalisme de L. Bloomfield
4. Glossématique de L. Hjelmslev
5. Le générativisme Pr : D. AHAJJI
2
I. Introduction aux courants de recherche en études
françaises et romanes
 Qu’est-ce que la recherche ?
 D’après Le Grand Robert la recherche est :
o « action de chercher, de rechercher. » ;
o « effort de l’esprit pour trouver (une connaissance, une vérité…) » ;
o « ensemble des travaux, des activités intellectuelles qui tendent à la
découverte de connaissances nouvelles (sciences), de moyens d’expression
(arts, lettres). »
• La recherche est un processus qui vise à explorer de nouvelles connaissances, à les
développer et à les diffuser auprès d’un large public, en priorité la communauté
scientifique. Son objectif consiste à élargir l’ensemble des connaissances de
l’humanité dans les domaines physique, biologique et social, au-delà de ce qui est
déjà connu.
3
Pr : D. AHAJJI
 En d’autres termes, la recherche est une démarche méthodique et organisée qui a
pour but de générer de nouvelles connaissances, de résoudre des problèmes
existants ou d’explorer des domaines inconnus. Elle comprend la collecte,
l’analyse et l’interprétation d’informations pertinentes afin de répondre à des
questions de recherche spécifiques ou d’atteindre des objectifs définis.

 Qu’est-ce qu’un courant de recherche ?


 Un courant de recherche désigne une tendance ou une approche dominante dans
un domaine de recherche spécifique. Il englobe un ensemble de concepts, de
théories, de méthodologies et de perspectives partagés par les chercheurs
travaillant sur un sujet donné.
 Les courants de recherche peuvent varier selon les disciplines académiques.
Chaque courant de recherche se caractérise par son approche méthodologique
particulière et ses questions de recherche spécifiques.
4
Pr : D. AHAJJI
 Il est important de souligner que les courants de recherche ne sont pas
immuables et peuvent évoluer au fil du temps à mesure que de nouvelles idées
émergent et que de nouvelles preuves sont découvertes. Les chercheurs peuvent
également remettre en question les paradigmes établis et proposer de nouveaux
courants de recherche pour aborder différemment un domaine spécifique.

 Quels sont les courants de recherche en études françaises et romaines ?

 Les courants de recherche en études françaises et romaines sont des domaines


d’étude qui se consacrent à l’exploration approfondie de la langue, de la
littérature, de la culture et de l’histoire de la France et de la Rome antique.

 Ces courants de recherche sont souvent interdisciplinaires, combinant des


approches linguistiques, littéraires, historiques, philosophiques et culturelles afin
de mieux appréhender les différentes périodes de l’histoire française et romane.
Pr : D. AHAJJI 5
 Les courants de recherche en études française se focalisent sur la langue et la
culture françaises. Les chercheurs examinent l’évolution de la langue française au
fil du temps, l’impact des mouvements littéraires et des écrivains français majeurs,
ainsi que les manifestations culturelles telles que l’art, la musique et le cinéma. Ils
s’intéressent également à la sociologie de la littérature, à la théorie littéraire et à
d’autres approches critiques pour analyser les textes et les contextes culturels.

 Quant aux courants de recherche en études romaines, elles se concentrent sur


divers domaines tels que l’histoire, la langue, la littérature et la culture de la
Rome antique. Les chercheurs explorent les différentes périodes de l’histoire
romaine, allant de la fondation de la ville à la chute de l’Empire romain d’Occident.
Ils analysent les textes classiques célèbres tels que les œuvres de Cicéron, Virgile et
Jules César, et examinent les aspects socioculturels de la vie romaine, tels que la
religion, la politique, l’art et l’architecture.

6
Pr : D. AHAJJI
 Les courants de recherche en études françaises et romaines sont très variés, couvrant
un large éventail de sujets. Ils s’appuient sur différentes méthodologies afin
d’approfondir notre compréhension de la langue, de la littérature, de la culture et de
l’histoire de la France et de la Rome antique. Nous focaliserons notre intention sur
les principaux courant de recherche liés à ces trois disciplines :

7
Pr : D. AHAJJI
La linguistique
 La linguistique est l'étude scientifique du langage humain.
 La linguistique est une science qui a pour objet l'étude des
phénomènes linguistiques en général ; c'est une science de
la langue et des langues.
 Ferdinand De Saussure, linguiste considéré comme
fondateur de la linguistique, l'a définie comme une
« science qui a pour objet la langue envisagée en elle-
même et pour elle-même » (P. Robert 1991).

8
Pr : D. AHAJJI
 Il s'agit donc de considérer la langue comme objet
d'analyse scientifique qui s'éloigne de tout contexte
social qui peut lui accorder des jugements de valeur.

 A ce propos, André MARTINET déclare qu’« une


étude est scientifique lorsqu'elle se fonde sur
l'observation des faits et s'abstient de proposer un
choix parmi ces faits au nom de certains principes
esthétiques ou moraux » (Martinet cité dans Leclerc
1989:7)
9
Pr : D. AHAJJI
1. Objectifs de la linguistique :
 La linguistique aborde, comme problème, l'adéquation du langage à la pensée,
c'est-à-dire le rapport entre la notion et le mot qui la désigne.
 La linguistique se veut donc un outil de description scientifique neutre qui ne
tient pas compte des valeurs personnelles associées à la perception d'une langue
ou d'une population.
 L'approche linguistique s'écarte absolument de toute idée de norme comme de
tout parti pris esthétique, moral ou évaluatif.
 D'une façon générale, la linguistique s'interroge autour des questions telles que
les suivantes :
 Comment est apparu le langage ?
 Quelle est la nature du langage ?
 Comment sont structurées les langues ?
 Comment le langage transmet le sens entre deux individus ?
10
Pr : D. AHAJJI
2. Domaines de la linguistique :

Domaines internes

La forme Le sens
La
phonologie La La La
/ La La syntaxe sémantique pragmatique
morphologie
phonétique

11
Pr : D. AHAJJI
Domaines internes

La psycholinguistique

La sociolinguistique

L’ethnolinguistique

L’aménagement linguistique

La lexicologie / La lexicographie

La neurolinguistique

L’analyse de discours

La dialectologie

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Pr : D. AHAJJI
Principes épistémologiques et
méthodologiques de la linguistique

Objectivité • La linguistique considère que l'étude du langage doit être


basée sur des faits observables et vérifiables plutôt que sur

scientifique des opinions subjectives. Les linguistes s'efforcent


d'adopter une approche scientifique rigoureuse dans leur
travail.

Méthode • La linguistique se base sur des données empiriques


collectées à partir de l'observation, de l'expérimentation et
de l'analyse des langues. Les linguistes utilisent diverses
empirique méthodes pour recueillir des données, telles que
l'enregistrement de discours, les questionnaires, les
expériences psycholinguistiques, etc.

Méthode • La linguistique vise à décrire et à expliquer les structures et


les règles du langage tel qu'il est utilisé par les locuteurs
descriptive natifs. Elle privilégie les descriptions objectives plutôt que
les jugements de valeur ou les prescriptions normatives.
13
Pr : D. AHAJJI
La • La linguistique étudie les langues dans leur ensemble et
prend en compte tous les aspects du langage, y compris
la phonétique (sons), la phonologie (systèmes de sons),
systématicité la morphologie (structure des mots), la syntaxe
(structure des phrases), la sémantique (signification) et
la pragmatique (utilisation du langage dans le contexte).

Méthode • La linguistique utilise la comparaison entre différentes


langues pour identifier les similitudes et les différences
entre elles. Cette approche comparative permet de
comparative formuler des généralisations sur les caractéristiques
universelles du langage humain, ainsi que sur les
particularités propres à chaque langue.

• La linguistique entretient des liens étroits avec d'autres


disciplines, telles que la psychologie, l'anthropologie, la
Interdisciplinarité sociologie et la neurologie. La linguistique s'intéresse
aux aspects cognitifs, sociaux et culturels du langage, et
la collaboration avec d'autres domaines permet
d'approfondir la compréhension du langage humain
14
Pr : D. AHAJJI
dans son ensemble.

15
Pr : D. AHAJJI
La littérature
 Selon Le Grand Robert, la littérature désigne :

o « Ensemble des connaissances, culture générale, en particulier en ce qui


concerne les lettres. »

o « Les œuvres écrites, dans la mesure où elles portent la marque de


préoccupations esthétiques reconnues pour telles dans le milieu social où
elles circulent ; les connaissances, les activités qui s’y rapportent. »

o « L’ensemble des œuvres, des textes littéraires. »

o « Ce qu’on ne trouve que dans les œuvres littéraires (par opposition à la


réalité). »

o « Ensemble des connaissances concernant les œuvres littéraires, leurs


auteurs. »
16
Pr : D. AHAJJI
La littérature

désigne ce qui est


écrit.
renvoie a une forme
d’érudition, de savoir.
suppose un travail de
recherche notamment
esthétique.
relève d’un artifice.

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Pr : D. AHAJJI
 La littérature fait référence à toutes les créations artistiques ou intellectuelles, qu’elles soient
écrites ou orales, dans une langue spécifique. Elle englobe un large éventail d’œuvres et est
caractérisée par son expression de l’imagination, de la créativité et de l’esthétique. La littérature joue
un rôle essentiel dans la transmission des idées, des émotions et des expériences humaines.

 La littérature se présente sous diverses formes, telles que les romans, les poèmes, les pièces de
théâtre, les essais, les nouvelles, les biographies, les mémoires, etc. Chacune de ces formes
littéraires possède ses propres caractéristiques et conventions, et elle peut être appréciée à la fois
pour son contenu et pour les qualités stylistiques et artistiques de son écriture.

 La littérature est communément perçue comme une forme artistique qui offre un miroir et une
interprétation de notre réalité. Elle se plonge dans des sujets universels tels que l'amour, la mort,
la justice, la société, la nature humaine, etc. Elle peut également servir de véhicule des idées
politiques, sociales ou philosophiques, et pour remettre en question les normes et les valeurs établies
en les critiquant.

18
Pr : D. AHAJJI
Principes épistémologiques et
méthodologiques de la littérature

Subjectivité • La littérature est souvent considérée comme une forme


d'expression subjective qui reflète les expériences, les
et émotions et les perspectives des auteurs et des lecteurs.
L'interprétation joue un rôle essentiel dans l'analyse
interprétation littéraire, car les textes peuvent être ouverts à différentes
significations et à des interprétations multiples.

• Comprendre le contexte historique et culturel dans lequel


Contexte une œuvre littéraire a été écrite est crucial pour son
interprétation. Les écrivains sont influencés par leur
historique et époque, leur société, leurs valeurs et leurs croyances, et ces
facteurs peuvent être explorés pour mieux comprendre les
culturel thèmes et les idées d'une œuvre.

Analyse formelle
19
Pr : D. AHAJJI
• La métaphores.
littérature
peut être
analysée
sur le plan
formel, en
examinant
la structure,
le style, la
rhétorique
et les
techniques
littéraires
utilisées.
Cela inclut
l'étude des
éléments
tels que la
narration,
les
personnage
s, les
dialogues,
les figures
de style, les
motifs
récurrents,
les
symboles et
les
20
Pr : D. AHAJJI
Approches • Différentes approches théoriques sont utilisées pour
analyser la littérature, telles que le formalisme, le
structuralisme, le poststructuralisme, le féminisme, le
théoriques marxisme, etc. Ces approches fournissent des cadres
conceptuels et des outils d'analyse spécifiques pour
examiner les œuvres littéraires.

Dialogue • La littérature est souvent étudiée dans le cadre d'un


dialogue critique, où les chercheurs et les critiques
s'engagent dans des discussions et des débats sur les
critique différentes interprétations et significations des œuvres.
Cela permet d'enrichir la compréhension et
l'appréciation de la littérature.

Analyse • La littérature peut également être étudiée à travers des


comparaisons entre différentes œuvres, différents
auteurs ou différentes traditions littéraires. La
comparative comparaison permet de mettre en évidence les
similitudes, les différences et les influences entre les
21
Pr : D. AHAJJI
textes littéraires, ce qui
contribue à une
compréhension plus
approfondie de la
littérature dans son
ensemble.

22
Pr : D. AHAJJI
La philologie
 « La philologie est une science historique qui a pour objet la connaissance des
civilisations passées par des documents écrits qu’elles nous ont laissés : ceux-ci
nous permettent de comprendre et d’expliquer ces sociétés anciennes. » (Jean
Dubois, 1973 : 358).

 Il s’agit d’une science qui étudie les langues et les textes anciens dans le dessein
de comprendre leur origine, leur évolution et leur signification. Elle s’intéresse
principalement à la littérature, à la linguistique, à la grammaire, à l’histoire
et à d’autres aspects culturels des langues et des textes anciens.

 « La philologie […] étudie surtout les témoignages écrits littéraires, elle est
donc d’abord une science auxiliaire de l’histoire. » (Jean Dubois, 1973 : 358).

23
Pr : D. AHAJJI
 « La philologie est critique des textes ; elle cherche à " établir le
texte " au moyen des critères internes et externes qui lui sont fournis à la
fois par ses techniques propres (comparaison des textes, des variantes,
histoires des manuscrits) et par des données externes que lui fournissent
d’autres techniques : la statistique linguistique pour la datation des
documents ou l’histoire littéraire, économique, sociale, etc. » (Jean
Dubois, 1973 : 358).
 L’objectif principal des philologues est bel et bien la publication des
textes. « Le texte à éditer a été longtemps l’écrit originel, considéré
comme l’unique source des copies ultérieures, d’où l’idée qu’il faudrait
corriger les écarts, les fautes dues aux scribes successifs. » (Jean Dubois,
1973 : 359).

24
Pr : D. AHAJJI
 Elle cherche à reconstituer et à interpréter les textes
anciens en utilisant des méthodes rigoureuses de
recherche.

 Les philologues scrutent les manuscrits anciens, les


inscriptions, les documents historiques et d’autres
sources afin d’analyser les langues anciennes, déterminer
l’authenticité des textes et étudier les contextes
historiques et culturels dans lesquels ces textes ont été
produits.
25
Pr : D. AHAJJI
Principes épistémologiques et
méthodologiques de la philologie

L’authenticité • La philologie s'efforce de déterminer l'authenticité


des textes étudiés, c'est-à-dire de vérifier s'ils sont
réellement attribués aux auteurs auxquels ils sont
traditionnellement associés.

• Les philologues accordent une grande importance au


contexte historique, culturel et linguistique dans lequel les
Contextualisation textes ont été produits. Ils étudient les langues anciennes,
les traditions littéraires, les pratiques sociales et les
événements historiques pour mieux comprendre les textes
dans leur ensemble.

Critique textuelle
26
Pr : D. AHAJJI
• La l'original.
philologie
utilise des
méthodes
de critique
textuelle
pour établir
le texte le
plus fiable
possible.
Cela
implique
l'examen
attentif des
manuscrits
et des
variantes
textuelles,
ainsi que
l'application
de principes
de
reconstructi
on pour
déterminer
le texte
original ou
le plus
proche
possible de
27
Pr : D. AHAJJI
Principe de • La philologie compare les textes entre eux, ainsi
qu'avec d'autres sources d'information

comparaison disponibles, telles que des inscriptions, des pièces


de monnaie, des artefacts archéologiques, etc.
Cela permet d'élargir la compréhension des textes
et de les situer dans un contexte plus large.

• La philologie s'intéresse à l'interprétation des


textes. Les philologues cherchent à comprendre le
L’interprétation sens des mots, des phrases et des discours, en
tenant compte des conventions linguistiques et
des pratiques d'écriture propres à une époque
donnée.

La • La philologie accorde une grande importance à la


documentation rigoureuse de toutes les étapes du
documentation processus de recherche. Cela comprend la
collecte de données, la description des sources, la
transcription des textes, la citation des références
28
Pr : D. AHAJJI
et la publication des
résultats.

29
Pr : D. AHAJJI
Les liens unissant la linguistique, la
littérature et la philologie

• Les trois domaines s'intéressent à l'étude du langage


sous différents angles. La linguistique se concentre
Etude du sur la structure, le fonctionnement et l'évolution des
langues, tandis que la littérature met l'accent sur
langage l'utilisation artistique et esthétique du langage dans
les œuvres littéraires. La philologie, quant à elle,
examine les textes anciens et étudie leur langue, leur
grammaire et leur signification.

• La linguistique, la littérature et la philologie partagent un


intérêt commun pour l'analyse des textes. La linguistique
étudie la structure grammaticale des phrases et des
Analyse discours, tandis que la littérature examine la façon dont les
auteurs utilisent les mots, les phrases et les figures de style
textuelle pour créer des œuvres littéraires significatives. La
philologie analyse les textes anciens dans leur contexte
historique et culturel, en se concentrant sur des aspects tels
que la traduction, l'interprétation et la critique des textes.
30
Pr : D. AHAJJI
• La philologie accorde une attention particulière
au contexte historique et culturel des textes, en
étudiant des langues anciennes et en examinant
Contexte les influences culturelles sur la formation et la
transmission des textes. La littérature, quant à
historique et elle, explore souvent les contextes historiques et
culturels dans lesquels les œuvres littéraires ont
culturel été produites. La linguistique peut également
prendre en compte le contexte historique et
culturel lors de l'étude de l'évolution des langues
et des changements linguistiques.

• Les trois domaines impliquent une interprétation


et une analyse approfondies. La philologie
s'intéresse à l'interprétation des textes anciens, en
utilisant des connaissances linguistiques et
culturelles pour comprendre et expliquer leur
Interprétation et signification. La littérature analyse les œuvres
analyse littéraires, en étudiant les thèmes, les motifs, les
symboles et les structures narratives. La
linguistique propose des outils et des méthodes
pour analyser et décrire les langues, ainsi que
pour étudier la signification et l'usage des mots
et des phrases.
31
Pr : D. AHAJJI
• Les trois domaines cherchent à comprendre et à
interpréter le sens des textes. La linguistique
étudie la sémantique, c'est-à-dire la manière dont
Etude du les mots et les phrases acquièrent un sens. La
littérature se penche sur la signification des
sens textes littéraires, en considérant les multiples
interprétations possibles. La philologie examine
également la signification des textes anciens, en
tenant compte du contexte culturel et historique
dans lequel ils ont été produits.

En résumé, la linguistique, la littérature et la philologie sont des disciplines


qui se complètent et se nourrissent mutuellement dans l'étude du langage, de
la littérature et des textes anciens. Elles partagent des objectifs communs,
tels que l'analyse, l'interprétation et la compréhension des formes et des
usages du langage dans différents contextes.

32
Pr : D. AHAJJI
Panorama des approches contemporaines en linguistique
française et romaine
1. L’approche structurale :

 On qualifie de structural ce qui étudie les structures, qui relève du structuralisme.

 Qu’est-ce que le structuralisme ?

 Le structuralisme consiste en l’étude des systèmes dont on essaie de mettre en


place la structure, c’est-à-dire les relations existant entre les éléments (la structure
est incluse dans un système).
• Les 3 principes fondateurs du structuralisme sont :

Primauté des relations entre les éléments sur les éléments eux-mêmes, « la langue est
envisagée en elle-même et pour elle-même. »

Priorité de l’analyse synchronique sur l’analyse diachronique.

Rejet des phénomènes individuels inconscients et des facteurs extralinguistiques de la


réalisation d’une phrase.
33
Pr : D. AHAJJI
 Principes essentiels du structuralisme :
 Le linguiste travaille sur un corpus qui est la manifestation matérielle de la
compétence linguistique d’un ou de plusieurs individus. Le fonctionnement d’une
langue dépend en effet de règles que les locuteurs appliquent individuellement sans
avoir une conscience explicite du système dont elles dépendent.
 Pour décrire ce système et en dégager les règles de fonctionnement, le linguiste
observe tout d’abord les comportements linguistiques. En cela, la linguistique est une
science empirique. Mais elle est également une science théorique ; sur la base de ses
observations, le linguiste construit une théorie ou un modèle destinés à expliquer le
fonctionnement de la compétence linguistique. Il doit par conséquent :
o observer attentivement des manifestations linguistiques concrètes ;
o les décrire avec un maximum de détails ;
o construire, à partir des faits observés, des hypothèses, des règles et des lois ;
o élaborer un modèle linguistique cohérent expliquant le fonctionnement de la
langue en s’appuyant sur l’ensemble des hypothèses, règles et lois.

34
Pr : D. AHAJJI
 Le linguiste étudie la langue. Son objectif est de faire l’inventaire de ses
unités constitutives et d’en dégager les règles de fonctionnement à
différents niveaux de structures (phonologiques, morphologiques,
syntaxiques). La linguistique structurale est toujours taxinomique.

 Pour cela, il faut travailler sur ce qui est commun aux usagers d’une
langue donnée. La langue est sociale et indépendante de l’individu. La
parole, au contraire, est la partie individuelle de la langue. Elle est
soumise à diverses variations (régionales, idiosyncrasiques, etc.).

 La langue est un système. Elle est composée d’unités de différents


niveaux. Chaque unité est définie par les relations qu’elle entretient avec
les autres unités et l’ensemble du système. Chaque unité se définit par
les rapports de hiérarchie, de solidarité et d’opposition par rapport à
toutes les autres unités. « Dans la langue il n’y a que des différences »
35
disait Saussure. Pr : D. AHAJJI
 Pour certaines écoles relevant du structuralisme, la langue présente un
caractère immanent : elle doit être étudiée pour elle-même. Le
système linguistique est un système fermé où tous les rapports sont de
dépendance interne. Il convient donc d’étudier uniquement des phrases.
Tout ce qui relève de la situation de communication ou de l’intention du
locuteur est « extralinguistique » et se situe en dehors du domaine de
l’analyse structurale.

 La langue est envisagée comme un code linguistique, soit un système


conventionnel (admis par tous) de symboles et de règles permettant de
produire et de transmettre un message à un interlocuteur possédant le
même code.

36
Pr : D. AHAJJI
 C’est pour cela que certains linguistes structuralistes dépassent le
principe de l’immanence et considèrent qu’une langue naturelle est un
système de communication par excellence. Le locuteur utilise un
système restreint de signes vocaux –phonèmes- commun à tous les
membres de la communauté linguistique. La combinaison des phonèmes
selon les règles propres à la langue permet de former des unités de rang
supérieur –morphèmes-. La combinaison des morphèmes en « mots »
engendre des syntagmes qui se combinent en phrases.
 Ces linguistes considèrent que la fonction première de la langue est de
permettre la transmission de messages entre les membres d’une même
communauté linguistique.

37
Pr : D. AHAJJI
2. L’approche comparative :
 L’approche comparative (ou encore linguistique comparée ou grammaire comparée) est l’une des branches de
la linguistique.
 Son élaboration commença avec J. G. HERDER, J. VON HUMBOLDT, qui en jetèrent les bases théoriques,
mais surtout avec F. BOPP, A. SCHELEICHER et la découverte de la parenté des langues indo-européennes.
 « La grammaire comparée confronte les mots (surtout le vocabulaire usuel) de deux langues ou de plusieurs
langues données. » (Jean Dubois, 1973 : 102).
 Il peut y avoir ressemblance pour la forme et le sens entre certains mots, comme en anglais et en allemand :

Son Sohn Mother Mutter Brother Bruder

Six Sechs Seven Sieben have habe

 On pose alors pour chacun de ces mots l’hypothèse qu’ils remontent à une forme unique qui a évolué de deux
manières différentes.

38
Pr : D. AHAJJI
 C’est là qu’on a fait intervenir les lois phonétiques qui contribuent à retracer les phases successives par
lesquelles la forme unique est passée pour aboutir aux formes modernes.

 C’est ainsi qu’on a établi la parenté qui permet de dire que deux langues se sont développées à partir
d’une même langue (parenté générique).

 Il est important de noter que : « la famille indo-européenne, représentée par la plupart des langues
d’Europe (famille de langue), a fourni à la grammaire comparée la meilleure matière de recherche. »
(Jean Dubois, 1973 : 102).

 En appliquant à l’étude des langues indo-européennes les méthodes éprouvées, les linguistes
comparatistes ont pu se passer de tout texte ancien pour établir d’autres parentés.

 Les linguistes utilisent la comparaison entre les langues pour différentes raisons :

Ils comparent les langues pour dégager les universaux du langage.

Ils utilisent la comparaison pour mettre en évidence les différences entre


les langues et dont leurs particularités respectives.

Ils comparent les langues dans une perspective génétique ou historique.


39
Pr : D. AHAJJI
 La comparaison historique peut avoir au moins trois orientations différentes :

Elle peut être pratiquée afin de mettre en évidence une éventuelle parenté
historique entre plusieurs langues, qui remonteraient ainsi à une même
proto-langue commune dont elles représenteraient, chacune, un
développement évolutif dans un contexte historique particulier.

On peut aussi pratiquer la comparaison historique, pour reconstruire la proto-


langue dont sont issues les différentes langues apparentées génétiquement.

La comparaison historique peut enfin être utilisée pour retrouver l’histoire


qui sépare la proto-langue et les différentes langues qui en sont issues.

40
Pr : D. AHAJJI
 La grammaire comparée s’intéresse particulièrement au problème de la parenté
entre les langues, avec la découverte du sanskrit par l’Anglais sir William Jones
(1746-1794).

 La découverte du sanskrit a permis à l’Allemand Franz Bopp (1791-1867) de


tirer au clair, à partir de certaines formes de mots, des relations génétiques
définissant une origine commune entre le sanskrit, le grec, le latin et des langues
modernes européennes comme l’anglais, l’allemand, l’espagnole, le russe, le
français, etc.

 Le travail de Franz Bopp marque le début de recherches minutieuses faites à


partir de la comparaison des textes anciens très divers, qui ont pour objet
d’établir des correspondances entre les langues qui ne sauraient être dues au
hasard et qui relèvent par conséquent une filiation génétique.

41
Pr : D. AHAJJI
 Conditions de la comparaison :

 La comparaison génétique ou historique ne se fait pas n’importe comment ; elle


se pratique selon des règles bien précises, qui constituent ce que les linguistes
ont appelé « la méthode comparative ».

 Pour être rigoureuse :

 La comparaison doit en effet respecter un certain nombre de conditions.


D'abord et avant tout, il ne s'agit pas de trouver de vagues ressemblances
plus ou moins approximatives entre les langues, mais des correspondances
rigoureuses au niveau de la forme et du sens, qui reposent sur ce qu'on
appelle des formules de correspondances. « Ce n'est pas avec des
ressemblances de formes qu’on opère, disait Meillet, quand on compare des
langues d'une même famille, mais uniquement avec des règles de
correspondances » (Meillet, 1907 : 31).
42
Pr : D. AHAJJI
 Les comparatistes ont souvent négligé l'aspect sémantique de la comparaison, ce que Meillet
regretta expressément plusieurs fois, estimant à juste titre que « la différence de sens entre les
mots rapprochés doit être expliquée par des raisons précises » (Meillet, 1958 : 31), et de
préférence « par des raisons tirées de faits positivement attestés, car il n'existe pas de règles
sémantiques, disait-il, permettant de dire que tel ou tel développement de sens est exclu »
(Meillet, 1958 : 31).

En somme :
o l’approche comparative est une méthode d’analyse qui consiste à comparer les langues entre
elles afin de déterminer leurs similitudes et leurs différences. Cette approche permet aux
linguistes de mieux comprendre les structures et les caractéristiques des langues, ainsi que les
processus de changement linguistique.
o Elle implique généralement l’identification de correspondances phonétiques, lexicales et
grammaticales entre les langues étudiées.
o Les linguistes examinent les similarités et les différences dans la prononciation des mots, la
signification des mots et les règles grammaticales afin de déterminer les relations entre les
langues.
o Elle est utilisée également pour classer les langues dans des familles linguistiques, regroupant
ainsi les langues apparentées.

38
Pr : D. AHAJJI
3. L’approche historique :

 C’est au Danemark avec Rasmus Rask (1787-1832) et en Allemagne avec Jacob Grimm
(1785-1863) que se précise l’exigence d’une analyse méthodique et historique des faits de
langues.

 Des travaux sont entrepris également sur les langues romanes par Friedrich Diez (1794-
1876).

 En même temps que se développe aussi en France la linguistique comparative historique,


introduite par Michel Bréal (1832-1915) vers 1870, l’école des néo-grammairiens se
constitue en Allemand.

 Les linguistes qui ont formulé les principes théoriques de la linguistique historique sont bel
et bien August Leskien (1840-1916) et Hermann Paul (1846-1921). La langue pour eux :

« un organisme vivant qui se développe, croît et meurt indépendamment des hommes qui la
parlent. On doit l’étudier comme n’importe quel autre organisme soumis à des
transformations, elles-mêmes dues à un processus historique. La connaissance qu’on peut en
avoir dépend de la description des changements qui l’ont affectée au cours des siècles. »
(Dubois et al., 1977 : 9).
39
Pr : D. AHAJJI
 La linguistique historique, s’appuyant sur les résultats fournis par la méthode
comparée, interprète les changements manifestés par les langues comme
dépendants du contexte que constitue l’histoire des civilisations humaines.

 L’interprétation susmentionnée associe l’évolution de la langue à celle des


sociétés qui l’utilisent ; « elle est alors à la fois reflet et manifestation d’une
culture et de son histoire. » (Dubois et al., 1977 : 9).

 Les linguistes comme Otto Jespersen (1860-1943), reprenant les thèses


évolutionnistes propres aux sciences naturelles, interprète les phénomènes de
changement linguistique dans le sens d’un progrès général dans le langage.

 La méthode historique a permis à la linguistique de se constituer en tant que


science en rejetant l’interprétation subjective ou l’imagination étymologique et
en marquant la volonté de ne travailler que sur des faits.

40
Pr : D. AHAJJI
 On peut déduire alors de ce qui précède :

 La linguistique historique est l’étude de stades historiques distincts de l’évolution d’une


langue particulière ou d’une famille de langues. C’est le cas, par exemple, des langues
romanes, pour lesquelles on peut reconstruire empiriquement l’évolution du latin en
multiples langues filles.

 Elle étudie le développement de la langue sur la base du fait qu'elle change de génération
en génération, et de temps en temps, au fur et à mesure que des mots naissent et que
d'autres s'éteignent à la suite du développement historique de la langue.

 Les sources dont la méthode historique tire son matériel, ce sont l'héritage linguistique
ancien des manuscrits, des textes linguistiques et autres.

 La méthode historique considère la langue comme faisant partie de l'histoire humaine. Le


langage contribue au développement de l'histoire humaine, et c'est pourquoi cette
approche est parfois appelée description historique du langage et de ses différentes
évolutions dans le temps, que ce soit au niveau phonémique, syntaxique ou lexical.

41
Pr : D. AHAJJI
42
Pr : D. AHAJJI
4. L’approche variationniste :
 La variation langagière obéit à des régularités relevant de :

contraintes linguistiques

facteurs historiques et
sociaux (extralinguistique)

 L'approche variationniste est un cadre théorique et méthodologique utilisé en linguistique


et en sociolinguistique pour étudier la variation linguistique. Elle a été développée par
William Labov dans les années 1960 et s'est avérée être une approche influente dans ces
domaines de recherche.
 L'approche variationniste considère que la langue est intrinsèquement variable et que cette
variation peut être observée à différents niveaux linguistiques, tels que la phonétique, la
morphologie, la syntaxe et le lexique. Elle met l'accent sur l'étude des facteurs sociaux qui
influencent la variation linguistique, tels que l'âge, le sexe, l'appartenance sociale,
l'éducation et le contexte de communication.
43
Pr : D. AHAJJI
 Selon l'approche variationniste, les locuteurs d'une langue ont accès à un ensemble de
variantes linguistiques possibles pour exprimer la même signification. Ces variantes
peuvent être influencées par des facteurs linguistiques internes, tels que les règles
phonologiques ou grammaticales, ainsi que par des facteurs externes, tels que les
normes sociales et les attitudes linguistiques.

 Les chercheurs utilisant l'approche variationniste collectent souvent des données


linguistiques à partir d'enquêtes sociolinguistiques, telles que des :

entretiens questionnaires

enregistrements
de parole
spontanée

 Ils analysent ensuite ces données pour déterminer les modèles de variation et identifier
les facteurs qui influencent les choix linguistiques des locuteurs.
44
Pr : D. AHAJJI
 Labov distingue les variations stables des changements en cours dans une communauté. Dans le
premier cas, les facteurs sociaux ne jouent en aucun cas sur les phénomènes linguistiques. Ce sont
des contraintes linguistiques, et non la diversité sociale, qui conditionnent la variation. Au contraire,
les changements en cours au sein d'une communauté tendent à démontrer une variation linguistique
dépendante des différences sociales (sexe, âge, classe sociale, etc.) entre les locuteurs.

 La méthode variationniste met en relation directe des variables linguistiques (par exemple,
l'utilisation partielle ou non de la négation « ne... pas », l'utilisation du tutoiement, etc.) et des
variables extralinguistiques (le sexe, l'âge ou encore la classe sociale des individus) de manière
quantitative.

 Les variables linguistiques sont sélectionnées et réparties au sein d'une communauté de locuteurs, et
tiennent compte des diverses situations discursives.

 La méthodologie variationniste essaie de démontrer les comportements différentiels entre des


catégories sociales spécifiques :

hommes femmes riches pauvres jeunes vieux

45
Pr : D. AHAJJI
 Une stratification en classes sociales indique une hiérarchie de valorisation de
certaines formes langagières.

 Une stratification en classes d’âges souligne éventuellement un changement en


cours dans une communauté linguistique donnée.

 Les enquêtes de Labov lui ont permis dégager des comportements gestuels, des
habitudes langagières et phonétiques qui sont soumises à des variations en
fonction des milieux sociaux.

 Les principaux facteurs sociaux sont : la classe sociale, le sexe, la profession, le


degré d’instruction, etc.

 La linguistique variationniste n'apparaît plus comme une discipline autonome de


la sociolinguistique (au sens labovien). Selon Encrevé, elle devient l'ultime
approche pour observer les corrélations entre des phénomènes linguistiques et la
variation sociale.
46
Pr : D. AHAJJI
 En 1963, William Labov conduit une étude sur la variation du phonème /r/ rétroflexe
dans les grands magasins de New York, afin de fournir des preuves de la stratification de
l'anglais dans cette mégapole.
 Labov a choisi trois grands magasins représentant les trois types de classes sociales :
généralement admises dans les études sociologiques :

Les classes supérieures

Les classes moyennes

Les classes inférieures


• Labov part de l'hypothèse principale suivante : plus on grimpe dans la hiérarchie
sociale new-yorkaise, plus la production du /r/ rétroflexe se maintient. Inversement,
plus on descend dans l'échelle, plus la production du /r/ rétroflexe tend à s'effacer.

47
Pr : D. AHAJJI
 Afin de valider son hypothèse, Labov envoie des observateurs chargés d'interviewer les
employés des trois magasins ciblés.

 Les contraintes sociales que Labov retient sont respectivement : le magasin, l'emploi du
répondant, l'étage du magasin, le sexe, l'âge, la race, puis l'accent étranger, si présent
dans la prononciation du sujet.

• Les différences entre ces trois magasins sont flagrantes. Le magasin qui représente les
classes sociales élevées, affiche un taux de production de /r/ nettement supérieur aux
deux autres. Les résultats obtenus pour le magasin représentant les classes moyennes, se
situent tel que prédits dans l'hypothèse générale, c'est-à-dire entre les classes supérieures
et les classes inférieures.

• L'hypothèse de Labov est vérifiée et les conclusions paraissent très claires : l'emploi du
/r/ à New York est effectivement stratifié en fonction des classes sociales. Plus on
grimpe dans l'échelle sociale, pour le /r/ rétroflexe est présent et plus on descend, plus
il tend à s'amenuiser.

48
Pr : D. AHAJJI
La notion cruciale dans l'approche variationniste est la

variable linguistique : la variation entre deux, ou plus

de deux, formes linguistiques (« variantes ») qui ont des

distributions sociales différentes et qui, selon le

jugement de l'analyste, ne changent pas le sens d'un

mot ou d'un énoncé.

49
Pr : D. AHAJJI
Approches contemporaines en linguistique
(Ecoles linguistiques
1. Le structuralisme (rappel) :
 Le structuralisme est une approche théorique qui a émergé au début du
XXe siècle, principalement grâce aux travaux de Ferdinand de Saussure.
Cette approche met l'accent sur l'étude de la structure interne des systèmes
linguistiques et sur les relations qui existent entre les différentes parties de
ces systèmes.
 Selon le structuralisme linguistique, la langue est considérée comme un
système autonome, indépendant des facteurs externes tels que la
psychologie individuelle des locuteurs ou les aspects sociaux de
l'utilisation de la langue. L'objectif principal du structuralisme est de
découvrir les règles et les principes sous-jacents qui régissent le
fonctionnement des langues.
50
Pr : D. AHAJJI
 Une idée fondamentale du structuralisme est celle de la langue comme un système
de signes. Saussure a introduit la distinction entre le signifiant (la forme acoustique
ou graphique) et le signifié (le concept ou l'idée associée au signifiant). Selon lui, le
lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de
relation intrinsèque entre la forme du mot et son sens. Au lieu de cela, le sens d'un
mot est déterminé par sa position et ses relations au sein du système linguistique.

 En effet, Ferdinand de Saussure, fondateur du courant structuraliste, considère la


langue comme une structure où tous les éléments se définissent
réciproquement. D’après le structuralisme, la valeur de chaque élément de la
langue est déterminée par ses relations avec d’autres éléments.

 Ferdinand de Saussure a établi le principe fondamental suivant :

La langue est une structure à l’intérieur de laquelle tous


les éléments se définissent, se délimitent réciproquement.
51
Pr : D. AHAJJI
 Le structuralisme opte pour le principe d’immanence selon lequel :

Le linguiste se limite à l’étude des énoncés réalisés (corpus) et


tente de définir leur structure (l’architecture, l’indépendance
des éléments internes. (Jean Dubois, 1973 : 453).

Tout ce qui touche à


l’énonciation est laissé
hors de la recherche

 Pour les structuralistes, « l’énoncé est étudié comme une série de rang hiérarchisés où
chaque éléments est déterminé en fonction de ses combinaisons avec le rang supérieur.
Les phonèmes sont considérés par leurs combinaisons au rang du morphème et les
morphèmes par leurs combinaisons dans la phrase. » (Jean Dubois, 1973 : 453).
52
Pr : D. AHAJJI
 La méthode du structuralisme est inductive :

« La méthode inductive consiste, en linguistique, à recueillir un corpus


d’énoncés et à en tirer, par segmentation et substitution, des classes (ou
liste) d’éléments et de règles qui permettent de rendre compte de toutes les
phrases. » (Jean Dubois, 1973 : 257).

 La linguistique structurale se définit également par la recherche des différences qui aboutit au
binarisme. Les oppositions peuvent être d’ordre :

syntagmatique • Opposition d’une unité avec celles qui précèdent ou avec


celles qui suivent.

paradigmatique • Opposition avec toutes les unités qui auraient été


possibles au point de la chaîne où se trouve l’unité
étudiée.

En somme, le structuralisme a posé les bases théoriques de la science du langage


53
Pr : D. AHAJJI
dans la mesure où il a tendu à en décrire le fonctionnement.

54
Pr : D. AHAJJI
Exercices d’application

Pr : D. AHAJJI 55
1. Définissez le signe linguistique selon Saussure et présentez ses caractéristiques.

 Pour Saussure, la langue est un tout organisé ou un système. À l’intérieur de ce système,


chaque terme est défini par les relations qu’il entretient avec tous les autres. Les éléments
qui constituent le système sont des signes. Ainsi, Saussure définit l’objet de la
linguistique comme l’étude des systèmes de signes que constituent les états de langue.

2. Quelle est la différence entre le signifiant et le signifié ?

 Selon Saussure, le signe linguistique unit, « non pas un nom et une chose, mais un
concept et une image acoustique». Le signe est donc formé de deux parties :

 une partie matérielle : le SIGNIFIANT (image acoustique, la représentation sonore).


 une partie immatérielle : le SIGNIFIÉ (partie conceptuelle du signe, idée, notion).

 Le signifiant et le signifie(le Sa /le Sé) sont les deux faces du signe linguistique. Elles
sont indissociables comme les faces d’une même pièce de monnaie ou le recto verso
d’une feuille de papier.

56
Pr : D. AHAJJI
3. Que signifie le caractère linéaire du signifiant ?

 Les éléments des signifiants se présentent donc obligatoirement les uns après les autres, selon une
succession linéaire : ils forment une chaîne. Deux unités se présentent toujours l’une après l’autre, donnant
ainsi vie à la chaîne parlée.

 En linguistique structurale et distributionnelle la linéarité, soulignée par Saussure, est une des propriétés
fondamentales du langage.

 Une phrase viendra toujours avant ou après une autre phrase, un mot avant ou après un autre mot, un
phonème (ou une lettre, dans la langue écrite) toujours avant ou après un autre phonème (ou lettre).

4. Donnez la définition des notions suivantes : Langue vs parole

 Dans l’ensemble des manifestations du langage, il faut distinguer ce qui relève de l’action individuelle,
variable, unique, imprévisible, abstraite que Saussure nomme la parole, de ce qui est constant, commun
aux sujets parlants, concret, la langue.

 Le langage,(selon Saussure) = langue + parole.

 Opposée à la parole, la langue est un phénomène social, le code commun à tous les membres d’une
communauté linguistique (bien qu’il ne soit jamais totalement représenté chez un individu), une pure
passivité (un « trésor » déposé chez les sujets).
57
Pr : D. AHAJJI
Dichotomie langue/parole
 Saussure (structuralisme)

Langue système abstrait social

Parole Réalisation/exécution concret individuel

5. Donnez les dichotomies analogues à « langue vs parole » chez Louis Hjelmslev


(glossématique), chez André Martinet (fonctionnalisme), chez Gustave Guillaume
(fonctionnaliste) et chez Noam Chomsky (générativisme).

 Louis Hjelmslev (glossématique): schéma/ usage


 André Martinet (fonctionnalisme): code / message
 Gustave Guillaume: (fonctionnaliste) : langue / discours
 Noam Chomsky (générativisme) : compétence / performance

Pr : D. AHAJJI 58
6. Commentez l’extrait suivant :

• « La langue est notre « outil » de communication privilégié. Chaque langue est un système
de signes conventionnels et de règles de combinaison de ces signes, qui forment un tout
complexe et structuré. »

 En linguistique la langue est considérée comme un système en ce sens qu'à un niveau


donné (phonème, morphème, syntagme) ou dans une classe donnée, il existe entre les
termes un ensemble de relations qui les lient les uns par rapport aux autres, si bien que, si
l'un des termes est modifié, l'équilibre du système est affecté.

 On donne aussi le nom de système à tout ensemble de termes étroitement co-reliés entre
eux à l'intérieur du système général de la langue.

 Le terme système recouvre tout ensemble de règles reliées entre elles ou tout groupe de
termes associés entre eux.

58
Pr : D. AHAJJI
7. Selon Saussure, l’opposition « langue vs parole » peut aussi s’envisager comme une opposition :

a) Synchronie vs Diachronie b) Social vs Individuel

c) Signifié vs Signifiant d) Ecrit vs Oral

 Social vs Individuel.
8. Précisez à quelle approche (synchronique ou diachronique) on a affaire dans les cas suivants :
a. Le substantif français « chef » vient du latin « caput » où il signifiait « tête ». En ancien français, le
mot « chieef » avait conservé le sens latin. Aujourd’hui, le mot « chef » renvoie à la notion d’autorité
ou de perfection (par ex. chef d'État, chef d'orchestre, chef de file, chef-d'œuvre…) mais le sens primitif
a survécu dans l’expression « couvre-chef. »

b. La langue française possède de nombreuses expressions pour désigner la quantité : un kilo de, un
nombre de, un bon nombre de, la plupart de, une foule de, une multitude de, une myriade de, une
bouchée de, une gorgée de, etc. Toutefois, contrairement aux linguistes anglais, les linguistes français
ne rangent pas ces éléments de la langue dans la classe des « quantifieurs » mais dans la classe de
« déterminants indéfinis », auprès d’autres éléments de la langue aussi variés que : aucun, nul, pas un,
plus d’un, maint, beaucoup de, peu de, chaque, tout, certain, plusieurs, autre, même, quelque,
différents...

 Synchronie désigne l’étude d’un état de langue, tel qu’on peut l’isoler à un moment déterminé (exemple 2),
et diachronie l’étude de l’évolution historique de cette même langue (exemple 1).
Pr : D. AHAJJI
9. Comment expliquez-vous le caractère arbitraire du signe ?

 Le lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire (sans aucune motivation),


car un même concept peut être associé à des images acoustiques différentes selon
les langues.

 Par exemple, le choix du mot "bureau" ne repose sur aucun critère qui aurait pu
favoriser le choix d'un tel mot plutôt qu'un autre.

 Le mot arbitraire appelle aussi une remarque. Il ne doit pas donner l'idée que le
signifiant dépend du libre choix du sujet parlant. Il n'est pas au pouvoir de
l'individu de modifier un signe une fois établi dans un groupe linguistique.

 Le signe est arbitraire signifie qu'il est immotivé, c'est-à-dire arbitraire par rapport
au signifié, avec lequel il n'a aucune attache naturelle dans la réalité.

60
Pr : D. AHAJJI
10. Les signes linguistiques sont-ils tous arbitraires ?

 Dans le cas des onomatopées, les mots utilisés sont relativement proches
du son que l'on veut décrire, et ce, dans toutes les langues.

 Par exemple, les expressions « cui-cui » et « piou-piou » sont les


onomatopées désignant le cri de l'oisillon, « crac » évoque le bruit d'une
branche que l'on rompt ou d'un arbre qui tombe au sol, « plaf » et
« plouf » correspondent au bruit d'un plongeon, etc.

 Les onomatopées auraient été, avec le langage gestuel, une des premières
manifestations des potentialités de communication linguistique de
l'homme.

61
Pr : D. AHAJJI
11. Dites si les mots suivants sont motivés ou arbitraires en justifiant vos réponses :
 Glouglou ; verre ; gargouiller ; toit ; queue (de lettre) ; redevenir ; lave-vaisselle ;
éducation.

62
Pr : D. AHAJJI
12. « Le rapport syntagmatique est in praesentia ; il repose sur deux ou plusieurs termes
également présents dans une série effective. Au contraire le rapport associatif
(paradigmatique) unit des termes in absentia dans une série mnémonique virtuelle. »

• Ferdinand de Saussure, Cours de linguistique générale.

• A la lumière de cette citation, expliquez clairement la différence entre le rapport


syntagmatique et le rapport paradigmatique en justifiant votre réponse par un
exemple illustrant chacun des deux rapports.

 Ferdinand de Saussure a montré que tout signe linguistique entrait dans deux sortes
de rapports qu’il appelait “rapports syntagmatiques” et “rapports
paradigmatiques.”

a. Rapports syntagmatiques et rapports paradigmatiques. D'une part les rapports


(dits in praesentia) entre les différentes unités qui se succèdent sur la chaîne parlée,
et d'autre part les rapports virtuels (dits in absentia) entre les unités de la langue
appartenant à une même classe morphosyntaxique ou sémantique.
Pr : D. AHAJJI
 Les rapports in praesentia sont également appelés par Saussure rapports syntagmatiques.
 Dans le discours, des relations unissent les unités successives, qui se combinent entre elles pour former des
syntagmes.
 Les rapports in absentia, appelés rapports associatifs par Saussure, ont par la suite reçu le nom de rapports
paradigmatiques.
 Exemple
• Soit la chaine parlée suivante :
• Le cheval boit de l’eau
• Sur l’axe syntagmatique (horizontal)
• Tous ces éléments entretiennent des rapports syntagmatiques. D’ailleurs, si l’on modifie « le » par « les », on
modifie « cheval » par « chevaux » et « boit » par « boivent ».
• Sur l’axe paradigmatique (vertical)
• Plusieurs élément peuvent être substitués au mot cheval :
• Le cheval boit de l’eau;
• Le chien boit de l’eau;
• Le garçon boit de l’eau;
• Le lion boit de l’eau;
• *Le verre boit de l’eau…
• Cheval, chien; garçon; lion entretiennent un rapport paradigmatique.
64
Pr : D. AHAJJI
13. Quelles sont les substitutions paradigmatiques possibles pour les phrases suivantes :

 Je prépare sérieusement un examen de linguistique.

 Le professeur explique intelligiblement la leçon.

 La belle femme porte une robe fleurie.

 a. Je prépare sérieusement un examen de linguistique.

• Elle ……………………………………………………

• Tu prépares…………………………………………...

b. Je prépare sérieusement un examen de linguistique.

• Je révise ………………………………………………

• Je travaille…………………………………………….

c. Je prépare sérieusement un examen de linguistique.

• Je……….difficile+ment………………………………

• Je……….courageuse+ment………………………….

65
Pr : D. AHAJJI
2. Le fonctionnalisme :

 On regroupe sous le terme « fonctionnalisme » un ensemble de courants qui,


insistant sur le rôle essentiel de la langue comme instrument de communication, se
donnent pour objectif de caractériser dans cette perspective les diverses fonctions
des éléments linguistiques.

 Le fonctionnalisme linguistique, fondé initialement sur la notion de marque chez


Troubetzkoy (1939), a connu dans les vingt dernières années du XXe siècle des
développements remarquables dans différentes directions.

 On peut citer en particulier la lexématique fonctionnelle d'E. Coseriu (cf. Coseriu


2002) ou les théories désignées par W. Croft (1995) comme « fonctionnalistes-
formalistes », à savoir la Functional Grammar de S. Dik (1978, 1997) et la
grammaire des rôles et de la référence (cf. Van Valin et LaPolla 1997), et avant tout
la typologie fonctionnelle des langues développées en majorité par des chercheurs
américains, australiens et allemands.
66
Pr : D. AHAJJI
 Que veut dire le fonctionnalisme en linguistique ?
 Le fonctionnalisme en linguistique, né des travaux du Danois Louis Hjelmslev et du Français André
Martinet, prône une grammaire fondée sur la reconnaissance de « fonctions ». Cette démarche,
reprise par Simon C. Dik de l’Université d’Amsterdam dans les années 1970, a encore subi
plusieurs modifications. Son expression la plus achevée est exposée dans l’édition posthume en
deux volumes de « The theory of Functional Grammar » de 1997.

 La notion de « fonction » généralise la classification habituelle entre sujet et objet : la grammaire


fonctionnaliste reconnaît dans les éléments du discours trois types (ou niveaux) de fonction :

1. Fonction sémantique (agent / patient / récepteur / etc.), qui décrit le rôle des unités
dans la situation ou l’action exprimée ;

2. Fonction syntaxique (sujet / objet), qui définit les différents points de vue
dans la
présentation d’une expression linguistique ;

3. Fonction pragmatique (thème principal et thème secondaire, contexte,


orientation), qui définit le contenu informatif des unités, déterminée par le
contexte des interactions entre mots.
67
Pr : D. AHAJJI
 La linguistique fonctionnelle :
 On pourrait définir la linguistique fonctionnelle comme une variante de la linguistique
structurale où la fonction occupe une place importante, voire prépondérante. Encore faut-
il s’entendre sur ce qu’on entend par la fonction et dans quel rapport on la situe avec
d’autres phénomènes.
 Là, se pose déjà un ensemble de problèmes. La fonction peut être conçue comme une
relation entre éléments. Dans cette acception, elle constitue l’un des principes partagés
par tous les courants de linguistique structurale ; ceux-ci considèrent la langue comme
une structure (ou un système), c’est-à-dire un ensemble dont les éléments
constitutifs entretiennent des relations les uns aux autres : ils sont solidaires et se
définissent mutuellement.
 Ainsi conçue, la fonction ne peut caractériser un courant déterminé de la linguistique
structurale. La linguistique fonctionnelle a sa spécificité en ce qu’elle accorde une place
plus importante à la fonction ; elle considère qu’un phénomène n’a pas d’existence en
qualité d’élément linguistique tant qu’il n’a pas une fonction.

68
Pr : D. AHAJJI
 Principes fondateurs :
 A. Martinet a défini la langue comme : « un instrument de communication selon lequel
l’expérience humaine s’analyse différemment dans chaque communauté (…), en unités
douées d’un contenu sémantique et d’une expression phonique : les monèmes ; cette
expression phonique s’articule à son tour en unités distinctives et successives ; les
phonèmes, en nombres déterminé dans chaque langue, dont la nature et les rapports
mutuels diffèrent eux aussi d’une langue à l’autre. » (Martinet, 1974, p. 20).
 Le premier trait définitoire de la linguistique fonctionnelle est que la fonction est le
facteur déterminant de la structure linguistique ; c’est elle qui donne forme à la
substance, et qui crée un objet complexe unissant forme et substance.
 Une langue est, selon A. Martinet, instrument de communication doté d’une double
articulation, auquel correspond une organisation particulière des données de
l’expérience.
 Martinet propose que la langue contienne des unités minimales significatives (les
monèmes) et des unités distinctives (les phonèmes).
69
Pr : D. AHAJJI
 Pour mieux comprendre la fonction de ces unités significatives et distinctives on pose la
question suivante :

Qu’est-ce que la double


articulation du langage ?

 Double articulation du langage : On dit que le langage humain est articulé.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Il s’agit de l’existence dans le langage de diverses petites unités qui servent


elles-mêmes à composer des unités plus importantes. Cette relation entre le signifié et le
signifiant nous amène à faire une autre distinction qui nous parait importante du point
de vue linguistique. Il s’agit de la double articulation du langage (deux types d’unités
découpées sur deux niveaux distincts).
70
Pr : D. AHAJJI
 Selon André Martinet, la double articulation désigne la propriété linguistique selon laquelle
toute production langagière peut se découper à deux niveaux (tout énoncé dans le langage
humain s’articule sur deux plans ou deux articulations).

La première articulation : niveau des unités significatives

a. Monèmes : qu’est-ce qu’un monème ?

 Un monème est une petite unité qui présente un sens et une forme vocale ou graphique. Un
énoncé est une succession d’unités minimales de signification qu’on appelle des
monèmes. Chaque monème à une face formelle (le signifiant) et une face significative (le
signifié). Ces unités minimales peuvent être des noms, des verbes, des adjectifs…
(Montagne, acheter, beau…) ou un groupe de mots (boites-aux-lettres).
 Un monème peut comporter une partie lexicale : le lexème et un morphème à valeur
purement grammaticale. Exemple : Dans la forme achètera. Achèt↔lexème
Era↔morphème, Martinet établit le découpage suivant des monèmes.

71
Pr : D. AHAJJI
Les monèmes • Les adverbes sont des monèmes autonomes car
ils peuvent figurer en toutes positions :
autonomes • Ex : Nous organisons une fête aujourd’hui.
Nous organisons aujourd’hui une fête.
Aujourd’hui, nous organisons une fête.

Les • Les prépositions sont des monèmes


fonctionnels qui servent d’articuler sur d’autres
monèmes monèmes. Les conjonctions de subordination
servent à articuler des énoncés sur d’autres
fonctionnels énoncés.

Les monèmes • Tous les autres mots de la langue (nom, verbe,


adjectif qualificatif) sont des monèmes dépendants.
dépendants • Exemple : Mes parents sont partis en France la
semaine passée. Mes parents, France, partis :
72
Pr : D. AHAJJI
monèmes
dépendants. En :
monème
fonctionnel. La
semaine passée :
monème autonome.

73
Pr : D. AHAJJI
Monèmes
Unité minimale de sens

Lexèmes Morphèmes
(renvoient à un (renvoient à une
concept empirique ou catégorie grammaticale
abstrait, comme des exprimant le nombre,
noms, des verbes et le temps, le genre, le
des adjectifs. La liste mode, l’aspect ou les
en est ouverte). connexions logiques).
74
Pr : D. AHAJJI
Exercices d’application

Pr : D. AHAJJI 74
1. Commentez ces propos d’André Martinet en définissant clairement les concepts suivants : phonème, monème,
première articulation du langage, deuxième articulation du langage et économie du langage.

« Les unités que livre la première articulation, avec leur signifié et leur signifiant, sont des signes, et des signes
minima puisque chacun d’entre eux ne saurait être analysé en une succession de signes. Il n’existe pas de terme
universellement admis pour désigner ces unités. Nous emploierons ici celui de monème.
Comme tout signe, le monème est une unité à deux faces, une face signifiée, son sens ou sa valeur, et une face
signifiante qui la manifeste sous sa forme phonique et qui est composée d’unités de deuxième articulation. Ces
dernières sont nommées des phonèmes. […]
Le type d’organisation que nous venons d’esquisser existe dans toutes les langues décrites jusqu’à ce jour. Il
semble s’imposer aux communautés humaines comme le mieux adapté aux besoins et aux ressources de l’homme.
Seule l’économie qui résulte des deux articulations permet d’obtenir un outil de communication d’emploi général et
capable de transmettre autant d’information à son bon compte.
Si la première articulation […] n’existait pas, toute émission correspondrait à un type défini d’expérience de telle
sorte qu’une expérience nouvelle, inattendue, serait incommunicable.»
• André Martinet, Éléments de linguistique générale, 1970.

 Les monèmes constituent la première articulation du langage. Ce sont les plus petits éléments linguistiques qui
possèdent à la fois une forme et un sens. Les phonèmes constituent la deuxième articulation du langage. Ce sont les
éléments non significatifs. Ils ont une forme mais aucun sens.
 Le concept d’économie de la langue désigne le fait que toutes les langues permettent de construire à partir d’un
nombre limité d’éléments de la 2ème articulation (phonèmes) un nombre illimité d’éléments de la 1ère articulation
(morphèmes, mots, syntagmes, phrases). Ces concepts nous aident à comprendre que la langue est un système
combinatoire dont la spécificité est de permettre à partir d’un nombre limité d’éléments la construction d’un nombre
illimité de mots et de phrases.

75
Pr : D. AHAJJI
2. Quels sont les types de monèmes ? Citez-les en les définissant.

Les monèmes • Les adverbes sont des monèmes autonomes car


ils peuvent figurer en toutes positions :
autonomes • Ex : Nous organisons une fête aujourd’hui.
Nous organisons aujourd’hui une fête.
Aujourd’hui, nous organisons une fête.

Les • Les prépositions sont des monèmes


fonctionnels qui servent d’articuler sur d’autres
monèmes monèmes. Les conjonctions de subordination
servent à articuler des énoncés sur d’autres
fonctionnels énoncés.

Les monèmes • Tous les autres mots de la langue (nom, verbe,


adjectif qualificatif) sont des monèmes dépendants.
dépendants • Exemple : Mes parents sont partis en France la
semaine passée. Mes parents, France, partis :
Pr : D. AHAJJI
monèmes
dépendants. En :
monème
fonctionnel. La
semaine passée :
monème autonome.

Pr : D. AHAJJI
3. Etudiez les unités de la première articulation dans les énoncés
suivants :

1. Pierre a envie de pleurer.

2. Les étudiant travaillent bien.

3. L’enfant dormira.

4. Combien de mots d’une seule syllabe pouvez-vous former qui se


terminent par le son : [ͻʁ] et [uʁ] ?

77
Pr : D. AHAJJI
3. Le distributionnalisme :

 Le distributionnalisme est une théorie du langage développée par Leonard Bloomfield


et Z. Harris. Cette théorie a largement dominé la linguistique américaine jusqu’à 1950.
Les théories distributionnalistes ont beaucoup de points communs avec le structuralisme,
elles apparaissent aux États-Unis alors que les travaux de Ferdinand de SAUSSURE
commencent à peine à être connue en Europe.

Origine : Cette école tire son nom de la « distribution » des unités que l’on
étudie.

L’objectif du distributionnalisme : appliquer à la langue anglaise, de


manière mécanique, les techniques mises au point pour les langues
amérindiennes (Les langues amérindiennes sont les langues indigènes
d'Amérique, parlées par les différents peuples amérindiens depuis l'Alaska et le
Groenland jusqu'à la Terre de Feu.

78
Pr : D. AHAJJI
 Les linguistes qui en sont spécialistes sont appelés américanistes. Cette école est issue du
béhaviorisme avec l’idée du comportement langagier, autrement dit, Bloomfield est
influencé par la théorie du comportement appelée béhaviorisme (de « béhaviour » ; le
comportement).

 Le béhaviorisme appelé « psychologie du comportement » se présente comme une étude


objective de l’homme. Il rejette toutes les analyses qui font appel à l’intuition pour s’en
tenir à une observation rigoureuse des manifestations extérieures du comportement du
sujet, c’est-à-dire l’objet principal des béhavioristes est le comportement et non la
conscience. On ne peut donc parler que des choses observables.

 La tâche du linguiste sera de décrire les rapports entre stimulus et réponse. En effet, dans
la perspective béhavioriste, un stimulus donné correspond à une réponse donnée. Or, le
sens est une chose instable pour les distributionnalistes, qui dépend de la situation, et qui
n’est pas observable. Il doit donc être éliminé comme élément d’analyse de la langue.

79
Pr : D. AHAJJI
 La caractéristique fondamentale du distributionnalisme concerne le rejet total du
sens. Alors la plupart des linguistes considèrent que la langue met en relation
forme phonique (signifiant selon Saussure) et sens (signifié).

 L’objectif des distributionnalistes consiste à vouloir rendre compte du


fonctionnement linguistique par la seul prise en compte de la forme phonique,
sans aucun recours au sens véhiculé par la phrase.

 Pour Bloomfield, la tâche immédiate à laquelle doit s’attacher le linguiste est une
description des langues, description qui doit éviter tout mentalisme et ne pas tenir
compte du sens des énoncés considérées.

 Bloomfield appelle sa thèse mécanisme : elle est donc fondamentalement


mécaniste et antimentaliste étant clair que le mentalisme considère que la parole
structure la pensée du locuteur.

80
Pr : D. AHAJJI
 Présupposés théoriques du distributionnalisme : Qu’ils soient explicites ou implicites, les
présupposés théoriques du distributionnalisme sont très comparables à ceux que Ferdinand de
Saussure a formulés :

L’objet de la langue, par opposition à la parole est la langue (elle est souvent appelée code).

Cette étude doit être synchronique (on a surtout affaire à des langues sans écriture,
dont le passé est inconnu).

La langue est composée d’unités discrètes, que la segmentation permet de dégager.

Chaque langue constitue un système spécifique.

Les éléments se définissent par leurs relations à l’intérieur d’un système, c’est –à-
dire leurs rapports avec les autres éléments, mais le distributionnalisme insiste
surtout sur les relations syntagmatiques.

Pour cette théorie, le comportement humain, dans tous les domaines, peut-être décrit à
partir de la relation fondamentale stimulus-réponse.

81
Pr : D. AHAJJI
Sémantique distributionnelle

Distributionnalisme : les unités de la langue sont commutables

pinson

merle

oiseau a fait son nid


Le moineau

pic-vert même classe


*chien

*chat classe différente

Les unités apparaissant dans des contextes similaires sont sémantiquement


proches.
82
Pr : D. AHAJJI
Récapitulation et pratique

Pr : D. AHAJJI 83
 Le behaviorisme (ou psychologie du comportement) :

 La théorie distributionnaliste se développe sur un fond de « Psychologie du Comportement »


développée par Skinner et qui se donne pour objectif de mettre de côté « l’introspection » et d’étudier
la personnalité humaine à partir des comportements observables des êtres humains.

 La célèbre formule du behaviorisme pour tout comportement humain est :

Stimulus Réponse

Exemple : je vois une pomme et j’en ai envie est un stimulus et je


vais
prendre la pomme est la réponse.
 Bloomfield reprend la formule du behaviorisme et l’adapte au langage. Il raconte l’histoire suivante :

Jill et Jack se promènent dans le jardin. Jill voit la pomme et en a envie. Mais au lieu d’aller
chercher la pomme, elle demande à Jack d’aller la chercher pour elle. Donc Jill transforme le
stimulus d’origine en une réponse en langage qui deviendra le stimulus dont la réponse sera
l’obtention de la pomme pour Jill. Cela veut dire que le stimulus-réponse incrusté est le
comportement linguistique observable.
84
Pr : D. AHAJJI
 L’antimentalisme :

 L’antimentalisme est le nom donné à la position de Bloomfield pour son projet


d’analyse théorique. Celui-ci affirme que tout ce qui est mental est inobservable,
par conséquent non mesurable. Et le sens est une dimension mentale que l’on ne
peut ni observer, ni mesurer.

 Selon lui, le sens d’un message n’est observable que comme étant un élément de
l’ensemble de la situation dans laquelle le locuteur emploie cette forme et dans
laquelle apparait la réponse manifestée par l’auditeur.

 Pour lui, parler du signifié c’est parler de quelque chose qui n’est pas mesurable.
Dans son analyse, le linguiste ne peut utiliser le sens.

 Il va donc effectuer des descriptions objectives et rigoureuses des faits de langues


observables.

85
Pr : D. AHAJJI
 Le corpus :

 La notion de « corpus » est utilisée par les tenants de la théorie distributionnaliste dans la
perspective de « description » des langues autochtones amérindiennes.

 Qu’est-ce qu’un corpus ?

 Un corpus est un ensemble d’énoncés recueillis auprès des « locuteurs natifs » d’une langue en
vue de la description de cette langue.

 Ces énoncés sont considérés comme caractéristiques du type de langue à étudier, et sont donc
réunis pour servir de base à la description et, éventuellement, à l’élaboration d’un modèle
explicatif de cette langue.

 Corpus ouvert vs corpus fermé :

 Le corpus ouvert est un corpus auxquels sont ajoutés de nouveaux documents chaque fois que
l’analyse en cours l’exige.

 Le corpus fermé obéit à des critères définis au préalable comme, par exemple, les limites de
temps et de lieu. Au-delà de ces limites, le corpus est fermé à toute modification et ne peut pas
recevoir d’ajout de documents.
86
Pr : D. AHAJJI
 La distribution :

 La distribution est la somme des environnements linguistiques dans lesquels peut apparaître un
élément analysé. Chaque élément va ainsi dégager son identité en fonction des restrictions qui
gouvernent son apparition dans tel ou tel environnement. Certains éléments « n’acceptent pas
n’importe quelle relation de contiguïté. »

 Principes de base de l’analyse distributionnelle :

 Elle a été développée par Z. Harris. Elle tire son principe de la constatation empirique que les parties
d’une langue ne se rencontrent pas arbitrairement les unes par rapport aux autres ; chaque élément se
rencontre dans certaines positions particulières par rapport aux autres.

 C’est une approche formelle qui écarte toute considération relative au sens. Enfin, cette méthode se
veut purement descriptive et inductive.

 Son principe repose sur la constatation que les unités constitutives d’une langue peuvent être
caractérisées par les positions qu’elles occupent les unes par rapport aux autres :

 Le syntagme par rapport à la phrase.

 Le morphème par rapport au syntagme.

 Le phonème par rapport au morphème.


87
Pr : D. AHAJJI
 En relevant à chaque niveau les environnements d’un élément, on peut définir sa
distribution.

 La comparaison des distributions permet de regrouper dans une même classe


distributionnelle les éléments qui présentent des environnements communs.

 Ses outils d’analyse sont la segmentation des éléments, comparaison et


commutation.

 Elle se propose d’étudier au moyen du critère de commutation (substitutions


d’éléments dans un contexte) les propriétés distributionnelles des éléments de la
langue que l’on pourra alors ranger dans des classes aux propriétés nettement
distinguées.

 Les classes distributionnelles :

 Classe distributionnelle est formée par les éléments qui ont une même distribution
et qui sont considérés comme équivalents.
88
Pr : D. AHAJJI
 L’analyse en Constituants Immédiats :

 La théories des Constituants Immédiats est une méthode d’analyse distributionnelle dont
l’objet est la première articulation du langage.

 Elle est basée sur le principe suivant : « Tout énoncé peut être analysé, à plusieurs
niveaux, en éléments constituants de chaque niveaux, depuis la phrase jusqu’au
morphème, considéré comme la plus petite unité de première articulation, donc
analysable. »

 Les niveaux sont déterminés par les segmentations successives de l’analyse. Chaque
segmentation sépare généralement deux constituants immédiats.

 On établit une hiérarchie de constituants immédiats, en partant de la phrase qui est le


constituant maximal, pour aboutir au morphème qui est le constituant minimal.

 A chaque segmentation, on isole deux constituants immédiats. Cette segmentation


s’appuie sur des règles de réécritures proposées par les linguistes distributionnalistes
appelées règles syntagmatiques ou grammaires syntagmatiques.

89
Pr : D. AHAJJI
 Les règles syntagmatiques :

 L’analyse distributionnelle est basée sur les grammaires syntagmatiques qui,


comme leur nom l’indique, agissent au niveau de l’axe syntagmatique, donc
uniquement sur le niveau combinatoire. Elle privilégie la notion de
SYNTAGME.

o Règle numéro 1 : P = SN + SV.

o Règle numéro 2 : SN = Det. + Nom.

o Règle numéro 3 : SV = V + SN.

 Exemple : Analyse de la phrase : Le vent Courbe Les Blés.

o {Ph{SN{Dét. Le } {N. vent}} {Sv{V. courbe} {SN{Dét. les} {N. blés}}}}

 Chaque système d’accolade (parenthèse ou crochet) représente un niveau


d’analyse.
90
Pr : D. AHAJJI
 Les boîtes de Hockett :

 Charles F. Hockett a proposé une représentation graphique de cette structure de phrase


sous la forme de boîtes enchâssées, dont l’ensemble est appelé « boîtes de Hockett ».

 Exemple d’analyse en constituants immédiats avec les « boîtes de Hockett ».

 La phrase a été analysée en constituants immédiats en quatre niveaux. Cette analyse est la
plus simple : elle peut aussi se compliquer selon le degré de complexité de la phrase.

LE VENT COURBE LES BLES


LE VENT COURBES LES BLES
LE VENT COURBES LES BLES
LE VENT COURBES LES BLES
LE VENT COURBE LES BLES

 Nous pouvons remarquer que l’analyse selon les boîtes de Hockett est beaucoup plus
lisible que la précédente.

91
Pr : D. AHAJJI
Exercices d’application

Pr : D. AHAJJI 92
1. En quoi consiste l’analyse distributionnelle ?

 La caractéristique fondamentale du distributionnalisme concerne le rejet


total du sens.

 L’objectif des distributionnalistes consiste à vouloir rendre compte du


fonctionnement linguistique par la seule prise en compte de la forme
phonique, sans aucun recours au sens véhiculé par la phrase.

 La tâche immédiate à laquelle doit s’attacher le linguiste est une


description des langues, description qui doit éviter tout mentalisme et ne
pas tenir compte du sens des énoncés considérées.

 Elle est donc fondamentalement mécaniste et antimentaliste étant clair


que le mentalisme considère que la parole structure la pensée du locuteur.

93
Pr : D. AHAJJI
2. Représentez les différents niveaux d’analyse des phrases suivantes à l’aide
du procédé des boîtes de Hockett :

 Nous achetions une grande maison.

 L’étudiant lit un livre.

Nous achetions une grande maison

Achetions une grande maison

Nous
achetions Une grande maison

achet ions une grande maison

94
Pr : D. AHAJJI
3. Appliquer un des trois modes de description syntagmatique (La boîte de
Hockett, l’arbre syntagmatique et la parenthèse) sur les phrases suivantes :

 Le frère de jack possède un cheval.

 Ce père est très fier de son fils.


 Le frère de jack possède un cheval.

 {Ph{SN{Dét. Le } {N. frère} {SP{Dét. de} {N. Jack}}} {Sv{V. possède} {SN{Dét. un}
{N. cheval}}}}

Le frère de Jack possède un cheval

Le frère de Jack possède un cheval

de Jack un cheval
Le frère possède
de Jack un cheval

95
Pr : D. AHAJJI
 Ce père est très fier de son fils.

 {Ph{SN {Sadj {Dét. Ce } {N. père}} {Sv{V. est} {Sadv{Adv. très} {Adj. fier} {SP{Dét.
de} {adj. son} {N. fils}}}}}

Ce père est très fier de son fils

Ce père est très fier de son fils

très fier de son fils

Ce père est de son fils


très fier

de son fils

96
Pr : D. AHAJJI
4. La glossématique :
 La glossématique est un mot créé par Hjelmslev d’après le grec « glossa » signifiant
langue pour désigner la théorie linguistique qui se donnerait la langue comme un but en
soi et non pas comme moyen.
 La glossématique implique une critique rigoureuse de la linguistique antérieure qui serait
transcendantale, se fonderait sur des données extérieures à la langue elle-même et se
ramènerait à la connaissance des faits historiques, physiques, sociaux, littéraires,
philosophiques ou psychologiques.
 La glossématique préconise une connaissance immanente du langage ; la langue est
considérée comme unité fermée sur elle-même.
 Cette théorie veut déterminer tout ce qui est commun à toutes les langues humaines et ce
qui fait qu’à travers divers changements une langue reste toujours identique à elle-même.
 Pour être acceptables, les résultats de la théorie doivent concorder avec les données de
l’expérience. Fondée sur le « principe d'empirisme », la description doit être sans
contradictions, exhaustive et la plus simple possible.

97
Pr : D. AHAJJI
 Dans cette école, le linguiste abandonne la méthode inductive, qui prétend aller du particulier (les
données) au général (les lois). La glossématique sera donc une méthode déductive, qui procède
d’un nombre restreint d’axiomes (lois) rigoureux à la détermination des classes.
 La langue est une forme est non une substance : C’est cette phrase de Saussure qui inspire
Hjelmslev pour construire sa théorie du signe. Aucune idée ni aucun objet ne précèdent à
l’organisation de la langue.

• La substance est la réalité phonique ou sémantique (une masse non


A structurée)

• La forme est la structuration, l’organisation de cette substance amorphe


B
selon les règles d’une langue donnée.

 Le matériel non structuré (les idées, les sons) n’est pas considéré comme faisant partie
de la langue jusqu’à ce qu’il soit structuré et organisé dans le cadre de cette langue,
c'est-à-dire selon des lois phonétiques, et des règles syntaxiques, grammaticales,
morphologiques, etc.
 Le signe selon Hjelmslev : Hjelmslev comme Saussure définit la langue comme un
98
système de signe. Pr : D. AHAJJI
 Le signe est une fonction dont les deux termes sont le contenu et l’expression.
Chacun de ces deux termes a une forme et une substance.

Substance (référent dans le monde réel)

Contenu

Forme (concept, sens)

Signe

Forme (réalité phonologique)

Expression

Substance (sons, matériel phonétique)

99
Pr : D. AHAJJI
 Le métalangage c’est à Hjelmslev que l’on doit la
théorie du métalangage. Il s’agit d’un lexique qui permet de parler du
langage lui-même. Dans la phrase « Le cheval est un mammifère »,
cheval est le sujet de la phrase. La deuxième utilisation parle de la
première, ce qui permet de la qualifier d’un point de vue grammatical.
On se situe à un niveau de langage différent de celui qui parle du monde.

 Le dépassement de la dichotomie langue/parole Hjelmslev


a rebaptisé les termes de la dichotomie saussurienne. À la place de
langue, il parle de schéma, et au lieu de parole ou discours, il utilise le
mot usage linguistique. Avec lui, on assiste à la naissance d’un nouveau
terme entre le schéma et l’usage, celui-ci est norme en quelque sorte
« une parole collective ». Il s’agit d’une généralisation de l’usage.
100
Pr : D. AHAJJI
5. Le générativisme :

 La grammaire générative est une théorie linguistique élaborée par Noam Chomsky entre
1950 et 1965. Critiquant le modèle distributionnel de la linguistique structurale qui décrit
seulement les phrases réalisées et ne peut expliquer un grand nombre de données
linguistiques (l’ambiguïté, les constituants discontinus), Chomsky définit une théorie
capable de rendre compte de la créativité du sujet parlant, sa capacité à émettre et à
comprendre des phrases inédites.
 Il formule l’hypothèse que le langage repose sur des structures universelles innées qui rend
possible l’acquisition / apprentissage par l’enfant de systèmes particuliers qui sont les
langues.
 Dans cette perspective, la grammaire est un mécanisme fini qui permet de générer
(engendrer) l’ensemble infini des phrases grammaticales d’une langue. Cette grammaire
est formée de règles qui définissent les suites de mots et de sons permis, elle constitue le
savoir linguistique des sujets parlant une langue, c’est-à-dire leur compétence, l’utilisation
particulière que chaque locuteur fait de la langue dans une situation particulière relève de
la performance.
101
Pr : D. AHAJJI
1. Les concepts de base de la grammaire générative :
A. Compétence / performance :
 Chomsky substitue à la dichotomie saussurienne langue /parole les deux concepts de compétence /
performance.
 La compétence du sujet parlant est le système intériorisé de règles qui lui donne la capacité de produire et de
comprendre des phrases nouvelles et qui lui permet d’émettre des jugements de grammaticalité et
d’acceptabilité à propos de phrases produites dans des mots de sa langue maternelle.
 La compétence linguistique est commune à tous les locuteurs d'une même langue, et permet d'interpréter
les phrases dotées de sens, les phrases ambiguës, etc.

 Elle permet en théorie à un locuteur de produire des phrases d'une longueur infinie, ce que ne permet
pas la performance linguistique en raison de notre limite mémorielle.
 Pour Chomsky, la compétence est un héritage biologique, quelque chose d’inné par opposition à
quelque chose d’acquis.
 De plus, la description de la compétence doit indiquer non pas simplement le système de règles
propres à chaque langue, mais les universaux du langage (les propriétés universelles communes à
toutes les langues).

 Le but de sa grammaire est ainsi d’approcher la description de la grammaire universelle.

102
Pr : D. AHAJJI
 N. Chomsky distingue une compétence universelle et une compétence particulière. Il établit cette
distinction en observant l’accès de l’enfant au langage.

 L’enfant, en naissant, n’est prédisposé à l’apprentissage d’aucune langue particulière : un petit


marocain en milieu francophone apprendra facilement le français. Le petit français, mis en milieu
arabophone, apprendra l’arabe aisément et sans difficultés particulières.

 L’apprentissage de la langue par l’enfant n’est pas opéré par imitation de modèles linguistiques ou
répétitions. L’enfant est capable de percevoir les principes de la langue et de produire lui-même des
phrases nouvelles. Pour ainsi dire, l’enfant va construire « sa propre grammaire » qui va l’aider à
comprendre et à construire de nouveaux énoncés autres que ceux qu’il a déjà entendus.

 Chomsky formule une double hypothèse dans l’apprentissage de la langue :

 L’homme possède, dès sa naissance, une structure mentale innée qui le prédispose au langage. Il
existe un système complexe de structures innées qui fait partie de l’équipement mental
intrinsèque de l’enfant et dont il se sert.

 Toutes les langues, malgré leurs diversités et leurs différences, reposent sur un système de lois
communes, universelles, sous-jacentes aux grammaires particulières à chacune d’elles. Ces lois
universelles sont ce que Chomsky appelle les « universaux du langage ».

103
Pr : D. AHAJJI
 Ainsi se trouve défini le concept de compétence universelle : elle est l’aptitude de
l’homme à saisir d’emblée les règles linguistiques fondamentales qui sous-tendent les
grammaires des diverses langues. Parmi ces règles fondamentales, on pourrait citer, par
exemple, la distinction entre le syntagme nominal et le syntagme verbal, la différence
entre le lexème et le morphème, le principe du phonème comme unité distinctive et le
fonctionnement de la double articulation.

 La compétence particulière est le savoir linguistique qui concerne les lois particulières
caractérisant telle ou telle langue et par lesquelles elles se différencient. Ces lois
particulières ne peuvent être qu’apprises grâce à l’environnement linguistique.

 La compétence universelle est innée alors que la compétence particulière est apprise. La
première est la condition de l’apprentissage de la seconde. La seconde est le lieu de
l’exercice de la première.

 Les deux compétences sont intuitives : le sujet n’est pas nécessairement conscient des
règles universelles ou particulières qu’il met en œuvre lorsqu’il parle.

104
Pr : D. AHAJJI
 La performance est la mise en application de cette compétence dans une situation de communication
concrète par un sujet parlant déterminé.

 La performance est l’exercice concret dans des situations précises de la compétence. La performance devient
alors la mise en œuvre de la compétence. Elle est l’acte par lequel la compétence est effectivement exercée
dans une suite d’énoncés.

B. La structure profonde et la structure de surface :

 La structure profonde fait référence à l'organisation sous-jacente des phrases dans l'esprit d'un locuteur. Elle
représente les concepts et les relations sémantiques qui sont exprimés par une phrase donnée. La structure
profonde est souvent considérée comme universelle, car elle est censée refléter les aspects innés et universels
du langage humain.

 La structure de surface se réfère à la forme linéaire ou à l'ordre des mots dans une phrase telle qu'elle est
prononcée ou écrite. La structure de surface est influencée par des facteurs tels que la syntaxe, la grammaire
et les contraintes linguistiques spécifiques à une langue donnée. Elle peut varier d'une langue à l'autre et
même au sein d'une même langue.

 Selon la théorie de Chomsky, la grammaire générative-transformationnelle suppose que la structure profonde


est transformée en structure de surface par des règles de transformation grammaticale. Ces règles permettent
de générer différentes formes de phrases à partir d'une structure profonde donnée, tout en maintenant la
signification essentielle de la phrase.
105
Pr : D. AHAJJI
 La structure profonde est une structure sous-jacente à toute phrase composée des règles
sémantiques et des règles syntaxiques. Elle comprend donc le lexique et les règles
syntaxiques de la langue. Cette structure profonde, par le biais des règles
transformationnelles, devient une structure de surface.

Structure profonde Structure de surface

La + mère + entendre + quelque chose. La mère entend que l’enfant chante.

Le + enfant + chanter. La mère entend l’enfant chanter.

La + mère + t + finir + le + ouvrage. La mère finit l’ouvrage.

La + mère + (passif) + finir + le + ouvrage. L’ouvrage est fini par la mère.

106
Pr : D. AHAJJI
Structure de surface

Filtres

Structure profonde

107
Pr : D. AHAJJI
2. Les composantes de la grammaire :

a. Une composante • Système de règles définissant les phrases permises


syntaxique dans une langue.

b. Une composante • Système de règles définissant l’interprétation des


sémantique phrases générées par la composante syntaxique.

C. Une composante • Système de règles réalisant une séquence de sons


phonologique / pour les phrases générées par la composante
phonétique syntaxique.

 La composante syntaxique est formée de deux grandes parties :

La base qui définit les structures fondamentales.

Les transformations qui permettent de passer des structures profondes aux


structures de surface, des phrases qui reçoivent alors une interprétation phonétique.
108
Pr : D. AHAJJI
 La base est formée de deux parties :

La composante ou base catégorielle est l’ensemble des règles définissant une


relation grammaticale entre les éléments qui constituent la structure profonde et
qui sont représentés par les symboles catégoriels (SN+SV).

Le lexique ou dictionnaire de la langue est l’ensemble des morphèmes lexicaux


d’une langue.

 Mère = Nom + féminin + animé + humain


 La base définit la suite de symboles (Art + N + Prés + V + Art + N).
 Le lexique substitue à chacun des symboles un « mot » de la langue (La + mère + t + finir
+ le + ouvrage).
 Les règles de transformation convertissent cette structure profonde en structure de surface
: (La + mère + t + finir + le + ouvrage) et les règles phonétiques réalisent : la mère finit
l’ouvrage.

109
Pr : D. AHAJJI
• Les règles de transformation sont des opérations qui convertissent les structures
profondes en structures de surface. Les transformations comptent deux étapes :

L’analyse structurelle pour voir si cette structure est compatible


avec une transformation définie.

Le changement structurel de la suite, par addition, effacement,


déplacement, substitution, on aboutit alors à une suite transformée
correspondant à une structure de surface. Ainsi, la présence du
constituant (passif) dans la suite de base entraîne des modifications
qui font que la phrase : la mère finit l’ouvrage = L’ouvrage est
fini par la mère.

110
Pr : D. AHAJJI
 Projet de la grammaire générative et transformationnelle :

a. .
 La grammaire générative et transformationnelle se propose d’étudier la compétence. Son
projet est de rendre explicite le savoir linguistique implicite du locuteur.

 « La grammaire d’une langue se propose d’être une description de la compétence


intrinsèque du locuteur. Si la grammaire est, de plus, parfaitement explicite,- en d’autres
termes, si elle ne fait pas simplement confiance à la compréhension du lecteur intelligent,
mais fournit une analyse explicite de l’activité qu’il déploie- nous pouvons non sans
redondance, l’appeler grammaire générative ».

 Pour Chomsky, en élaborant cette théorie, il s’agira plus d’édicter des règles et des normes
à respecter et à ne pas transgresser, mais de mettre au point les lois que le sujet parlant
applique intuitivement. La grammaire générative ne se présente donc pas comme une
grammaire normative. On ne prescrit plus des normes, mais on fait prendre conscience de
ce qui est mis en œuvre dans l’activité linguistique.

111
Pr : D. AHAJJI
b.

 Le but de la grammaire est de construire un ensemble de règles


hiérarchisées et en nombre limité dont l’application selon un ordre strict
soit capable de produire un nombre illimité de phrases correctes.

 « Une grammaire doit être capable d’énumérer explicitement toutes les


phrases qui sont incontestablement grammaticales ou bien formées, dans
la langue étudiée et d’exclure explicitement toutes les séquences qui sont
incontestablement agrammaticales dans cette langue. Nous pouvons
représenter cette grammaire sous la forme d’un mécanisme d’une
certaine sorte analogue à une machine à calculer et qui énumère les
phrases grammaticales au moyen d’un ensemble d’instructions
(programme) qui sont l’équivalent de règles grammaticales. »
112
Pr : D. AHAJJI
c.

 Une grammaire générative d’une langue donnée est toujours une construction
hypothétique perfectible : le théoricien, à partir de l’observation, projette des
hypothèses et ensuite entame des procédures de vérification de ces hypothèses.
C’est dans cette relation dialectique entre la projection des hypothèses et leur
vérification que se constitue et se perfectionne la grammaire.

 Entre deux modèles grammaticaux hypothétiques, on tiendra compte de :

 Celui qui rend compte du plus grand nombre de phénomènes observés (critère
d’adéquation).

 Celui qui présente la solution la plus simple (critère de simplicité).

 Celui qui présente le plus haut degré de cohérence interne (critère de


Cohérence).

 Celui qui présente le plus d’élégance (critère d’esthétique).


113
Pr : D. AHAJJI
 Le fonctionnement de la grammaire générative et transformationnelle :
 La grammaire générative et transformationnelle se présente comme un ensemble fini
cohérent et hiérarchisé dont l’application en chaîne, par paliers successifs, depuis les
règles les plus générales jusqu’aux règles les plus particulières est capable d’énumérer un
ensemble infini de phrases correctes et aucune incorrecte.

 Elle est composée de quatre (4) séries de règles. Les deux premières constituent la
composante de base, les deux autres séries la composante transformationnelle.

1. Composante de base :

a. Les règles de réécriture :

 Les premières règles sont appelées règles de réécriture car il s’agit de réécrire un symbole
en d’autres symboles qui en constituent les branches. On part du symbole le plus abstrait ∑
(sigma désigne l’ensemble des règles de la grammaire non encore différenciées) jusqu’aux
symboles terminaux qui ne sont pas susceptibles de réécriture.

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Pr : D. AHAJJI
 Les règles qui constituent une grammaire générative sont de deux types :

Règles syntagmatiques qui engendrent des « indicateurs


syntagmatiques sous-jacents » par une série de « réécriture » ;
elles aboutissent à des séquences de symboles.

Règles transformationnelles qui s’appliquent à ces séquences


pour donner des « suites terminales ».

115
Pr : D. AHAJJI
 Soit par exemple, la phrase « le vent agite la mer ». L’application des règles syntagmatiques donne
d’abord l’indicateur syntagmatique suivant :

 Règles syntagmatiques :

P SN + SPréd

 SN Art + N

 SPred SV + SN

 SV V (Présent/Ind.)

 SN Art + N

SN SPred

SV SN
Art N V Art N

Le vent agite la mer


116
Pr : D. AHAJJI
 Mais une transformation facultative peut être effectuée selon la règle :

SN1 + SV + SN2 SN2 + SV (être + part. passé) + par + SN1

« La mer est agitée par le vent. »

 Des transformations analogues permettent de construire, à partir des phrases-


noyau, les phrases négatives, interrogatives, etc., ainsi que les phrases complexes
(composées de plusieurs propositions), les nominalisations (Jean part = le
départ de Jean / Cet immeuble est construit par l’entrepreneur = la
construction de cet immeuble par l’entrepreneur.)

117
Pr : D. AHAJJI
 Principales règles de réécriture :

∑ MOD + P

MOD énonciatif + (négatif) + (passif) + (emphase)

interrogatif

impératif
P SN + SV + (SN prép.)
SV Aux + GV
Aux Tps + Pers. + No
GV copule + SN
SA
SN prép.
Adv.
V
V + SN
V + SN prép.
V + SN + SP

118
Pr : D. AHAJJI
SN prép. Prép. + SN.
SN No + GN
No sing.
Plur.
GN Dét. + N + (Adj.) + (C de N)
 Aux : désigne les différents morphèmes du verbe : temps, personne, nombre.

 GV (groupe verbal) se réalise de manières très diverses : le chien est un animal – est tout content – est
sur la table – marche – mange une poire – donne un livre à son camarade – court après le lièvre.

 SN prép. (Syntagme nominal prépositionnel) s’insère dans la phrase à différents niveaux. Il fait partie
du groupe verbal : l’oiseau est sur la branche.

 Il dépend immédiatement du symbole P dans l’énoncé suivant : Dès l’apparition du soleil, l’oiseau
quitte son arbre.

 Les éléments mis entre parenthèses sont facultatifs.

 Les éléments mis entre crochets et disposés verticalement sont exclusifs les uns des autres. Par
exemple, si le constituant est énonciatif, il exclut les autres constituants interrogatif et impératif.

 Les règles de réécriture présentées ci-dessus sont incomplètes car la question des phrases complexes
n’est pas abordée.
119
Pr : D. AHAJJI
b. Les règles lexicales et les règles de sous-catégorisation :

 Cela suppose que l’on analyse en traits syntaxiques et sémantiques le lexique de telle sorte
que les insertions lexicales se fassent à bon escient. Les règles analysent le lexique en ses
différents traits sémantiques ou syntaxiques, c’est ce que l’on appelle les règles de sous-
catégorisation.

 Exemple :

 Table : inanimé – concret – comptable.

 Liberté : inanimé – abstrait.

 Livre : inanimé – concret – comptable.

 Les règles qui analysent le lexique en ses différents traits syntaxiques ou sémantiques sont
dites « règles de sous – catégorisation ».

 Exemple de sous – catégorisation syntaxique.

 V. transitif – SN (V est transitif s’il est suivi d’un SN complément de verbe).

 V. intransitif – V (est intransitif s’il ne peut être suivi d’un complément).


120
Pr : D. AHAJJI
2. Les types de phrase :

 Chomsky va prendre comme postulat au départ la phrase affirmative (assertive, déclarative,


énonciative).

 Phrase de base = phrase noyau = P.

 Il va considérer :

a. Les phrases de base qui sont susceptibles de générer un nombre infini de phrases
grammaticalement correctes et également susceptibles de transformation.

b. Les phrases de surface, c’est- à –dire celles ayant subit une transformation.

c. Les types de phrases.

1. P : SN + SV. (Il mange).

2. P : SN + SV + SN. (verbe transitif)

3. P : SN + SV + SP (Il obéit à son père)


4. P : SN + SV + SP + SP (parler de … à …)
SN
6. P : SN + copule SP
SA 121
Pr : D. AHAJJI
 Phrases ambiguës :

les ennemis (ceux-ci ont peur).


 La peur des ennemis bouleversa nos plans.

nous (nous avons peur des ennemis).

 « La vieille porte le masque ».

 Il s’agit d’une ambiguïté syntaxique qui réside dans le fait que les termes « porte » et « masque »
peuvent être caractérisés soit comme des verbes, soit comme des noms.

1. Si la forme « porte » est un nom, le syntagme « la vieille porte » est interprété comme sujet du
verbe « masquer », et le morphème « le » est pronom personnel, complément d’objet direct du
verbe « masquer ».

2. Si, par contre, la forme « porte » est un verbe, conjugué ici au présent de l’indicatif, alors le
syntagme « la vieille » est son sujet et le constituant « masque » son complément d’objet direct,
le morphème « le » est par conséquent article défini.
122
Pr : D. AHAJJI
Exercices d’application

Pr : D. AHAJJI 123
1. Réécrivez la phrase suivante en structure de base, puis appliquez les
règles syntagmatiques :

a. Le garçon qui porte un pantalon vert danse sur la scène.

2. Appliquez les transformations possibles aux phrases ci-dessous pour


obtenir les modalisations suivantes : certitude, incertitude, négation
et passivation (pour la 2ème, la 3ème et la 4ème phrase) :

a. La fille joue dans le jardin.

b. La fille porte un chapeau rouge.

c. Alice avait aidé Cécile.

d. Le vent agite la mer.

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Pr : D. AHAJJI
3. Analysez les phrases suivantes selon les principes de la grammaire générative
transformationnelle (G.G.T) :

a. L’entrée de cet escalier est fermée par une grille de fer.

b. Dans le jardin public, les bancs sont occupés par des jeunes gens qui devisent
gravement.

c. Au milieu de la nuit, elle fut réveillée par le bruit des cloches.

4. Eclairez les différentes interprétations possibles de la phrase ci-dessous et


reformulez-la de manière non ambiguë :

« Il y a une foule d’usages dans nos traditions qui sont ridicules. »

5. Appliquez les transformations possibles à la phrase ci-dessous pour obtenir les


modalisations suivantes : nominalisation + passivation et pronominalisation.

a. L’entrepreneur construit cet immeuble.

b. Une voiture renverse le passant.

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Pr : D. AHAJJI

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