III) DESCRIPTION DE LA TERRE
3.1) Les dimensions de la Terre :
La Terre, planète du Système solaire, troisième dans l’ordre des distances par rapport au Soleil,
est une sphère presque parfaite. Elle est légèrement aplatie aux deux pôles à cause de son
mouvement de rotation. Grâce à de nombreux calculs, les scientifiques ont pu mesurer ses
dimensions.
Caractéristiques de la Terre
Cinquième planète du Système solaire en termes de taille, la Terre est la seule à posséder de
l’eau liquide en abondance, ainsi qu’une atmosphère riche en oxygène.
3.2) La structure de la terre
Elle comprend une structure externe et une structure interne.
3.2.1) Structure externe de la Terre :
Elle comprend trois composantes :
a) L’atmosphère terrestre (enveloppe externe gazeuse)
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La Terre est entourée par une atmosphère gazeuse d’environ 10 000 km d’altitude. Toutefois,
99 % de sa masse se concentrent dans ses 30 premiers kilomètres. C’est pourquoi, si on
représentait la Terre sous la forme d’une pêche, l’atmosphère aurait l’épaisseur de sa peau.
L’atmosphère est principalement composée d’azote (78 %) et d’oxygène (21 %) ; le 1 % restant
est constitué de nombreux autres gaz (argon, dioxyde de carbone, ozone, etc.), présents en
quantités extrêmement faibles. La présence de l’oxygène dans l’atmosphère est vitale, puisque
c’est ce gaz qui permet aux êtres vivants de respirer.
L’atmosphère comprend plusieurs couches :
La troposphère (de 0 à 6 km au niveau des pôles, de 0 à 12 km aux latitudes moyennes
et de 0 à 18 km au niveau de l’équateur), siège des phénomènes météorologiques. La
température y décroît avec l’altitude d’environ 0,6 ˚C par 100 m.
La stratosphère (de 6, 12 ou 18 à 50 km). Elle contient la couche d’ozone (O³) qui
protège les êtres vivants en arrêtant certains rayons ultraviolets.
La mésosphère de (50 à 85 km). Elle arrête l’essentiel des météorites.
Au-dessus de la mésosphère, se trouve la thermosphère qui atteint 1200 ˚C. ces deux
dernières couches constituent l’ionosphère. La partie la plus éloignée de l’atmosphère est
l’exosphère.
Sans atmosphère, la vie n’existerait pas sur Terre. En effet, l’atmosphère, et plus précisément la
couche d’ozone de l’atmosphère, filtre les rayonnements nocifs du Soleil (les ultraviolets). C’est
pour cela que la protection de la couche d’ozone est un sujet qui concerne toute l’humanité.
Par ailleurs, un autre phénomène atmosphérique inquiétant à l’échelle de la planète s’est
développé depuis le début du XXe siècle : l’effet de serre. Ce phénomène naturel, amplifié par
les activités polluantes des hommes, accentue le réchauffement de la planète.
L’atmosphère est aussi le lieu où se produisent les phénomènes météorologiques (formation des
nuages, des précipitations, des aurores polaires, circulation des vents, etc.). Elle est donc le sujet
d’étude privilégié des météorologues et des climatologues.
b) L’hydrosphère (enveloppe externe liquide)
70,8 p. 100 de la surface terrestre est recouverte d’eau, sous forme d’océans, de mers intérieures,
de lacs, de rivières et d’eaux souterraines. Cette partie superficielle est appelée hydrosphère. La
Terre est la seule planète où l’eau se trouve sous ses trois états : solide (glace), liquide (eau) et
gaz (vapeur d’eau). C’est aussi la seule planète à disposer de l’eau liquide indispensable aux
êtres vivants. Bien que les mers et les océans paraissent immenses, l’hydrosphère ne représente
qu’une infime partie du volume de la Terre.
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L’eau circule sous les états gazeux et liquides : l’énergie solaire permet la vaporisation de l’eau
qui se condense ensuite sous forme de précipitations. Les eaux de surface ruissellent et
s’infiltrent en fonction de la perméabilité des terrains rencontrés et de la densité du couvert
végétal. Celui-ci absorbe une partie de l’eau, qui est vaporisée pour l’essentiel par la
transpiration et immobilisée pour le reste dans la constitution du couvert végétal. L’autre partie
alimente les cours d’eau superficiels et les nappes d’eau souterraines.
c) La biosphère
Elle concerne l’ensemble des êtres vivants autour de l’écorce terrestre. C’est le domaine de tout
ce qui vit : homme, animal ou plante.
Dans un environnement donné, les êtres vivants établissent entre eux de nombreuses relations de
nature alimentaire en particulier, appelées relations trophiques. Les végétaux sont ainsi
consommés par des phytophages, eux-mêmes chassés par les prédateurs carnivores.
Un milieu de vie donné, avec les êtres qui le peuplent, constituent un écosystème. Celui-ci
comprend un ensemble de niches écologiques occupées par des organismes différents. De
nombreux écosystèmes existent ainsi à la surface de la Terre : ils sont aquatiques comme les
écosystèmes océaniques ou terrestres, comme les écosystèmes forêts ou les écosystèmes prairies,
etc.
3.2.2) La structure interne de la Terre
La Terre est une sphère presque parfaite. Son rayon est d’environ 6 400 km. La structure de
l’intérieur de la Terre est composée de trois couches superposées. De la surface jusqu’au centre
de la Terre, ces couches sont :
– la croûte (ou écorce) terrestre : c’est une couche solide, dont l’épaisseur moyenne est de
30 km sous les continents (croûte continentale) et de 10 km sous les océans (croûte océanique) ;
– le manteau : c’est une couche globalement solide, qui s’étend jusqu’à 2 900 km de
profondeur. Il présente des zones plus visqueuses (plastiques) dans sa partie inférieure, où la
température et la pression sont plus élevées ;
– le noyau : c’est une boule d’environ 3 500 km de rayon. Le noyau se décompose en deux
parties : un noyau externe qui est liquide, et un noyau interne (appelé graine) qui est solide. La
température au sein du noyau est d’environ 6 000 °C ; les roches en fusion (ou magma) qui
constituent le noyau sont très riches en métaux (essentiellement du fer et du nickel). Les
mouvements rapides de ce magma métallique au cœur du noyau sont à l’origine du champ
magnétique de la Terre : c’est pourquoi la Terre se comporte comme un immense aimant, avec
un pôle Sud et un pôle Nord.
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[Link]) Caractéristiques des couches internes de la Terre :
Caractéristiques des couches internes de la Terre
La sismologie, qui étudie la propagation des ondes sismiques,
donne de précieux renseignements sur la constitution interne de
la Terre. Cette dernière est composée de couches concentriques
de constitutions chimiques différentes : la croûte ou écorce,
solide, s’étend du niveau zéro jusqu’à 980 km de profondeur ; en
dessous, le manteau s’étend jusqu’à 2 900 km de profondeur ;
sous le manteau, on trouve le noyau, qui représente le cœur de la
Terre. Le manteau et le noyau constituent la majeure partie de la
masse terrestre.
La croûte. Sa partie supérieure correspond aux continents. Elle a une densité moyenne de 2,7 et
est formée de roches éruptives et de roches sédimentaires, dont la composition chimique est
proche de celle du granite. La croûte profonde a une densité de 3. Elle est constituée de roches
plus denses, les roches basaltiques, qui constituent le fond des bassins océaniques.
Structure interne de la Terre
Le manteau. La densité du manteau augmente avec la profondeur : elle varie de 3,3 à 6. Le
manteau est divisé en 2 parties : le manteau externe et le manteau interne. Le manteau externe est
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solide. Il est séparé de la croûte supérieure par une discontinuité sismique, la discontinuité de
Mohorovičić, et du manteau interne par l’asthénosphère, zone semi-fluide. Le cisaillement des
roches plastiques et en partie fondues de l’asthénosphère, de 100 km d’épaisseur, rend possible la
dérive des continents à la surface de la Terre.
Le manteau externe est constitué de silicates de fer et de silicates de magnésium, tels que
l’olivine. Il est possible que la partie inférieure du manteau externe soit formée d’un mélange
d’oxydes de magnésium, de silicium et de fer.
Le noyau. Des études sismiques ont montré que le noyau se divise en deux parties : le noyau
externe fluide, de 2 225 km d’épaisseur et de densité moyenne égale à 10, et le noyau interne
solide, couche concentrique de 1 275 km d’épaisseur. Il semble que ces deux couches soient
principalement composées de fer, avec un faible pourcentage de nickel et d’autres éléments.
Dans le noyau interne, les températures peuvent atteindre 6 650 °C et la densité moyenne est
de 13.
[Link]) Flux interne de chaleur
Une chaleur intense, issue du noyau interne, est émise en permanence vers les différentes
couches concentriques qui forment la partie solide de la planète. D’après les scientifiques, la
source de cette chaleur est l’énergie libérée par la désintégration radioactive de l’uranium et
d’autres éléments radioactifs. Des courants de convection au sein du manteau transfèrent la
majeure partie de cette énergie calorifique du noyau de la Terre vers la surface. Ces courants
provoquent la dérive des continents. Ces flux de chaleur fournissent des roches chaudes en
fusion aux dorsales océaniques (voir océan) et alimentent en lave les volcans terrestres en
éruption.
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IV) LA TERRE DANS LE SYSTÈME SOLAIRE
La Terre tourne autour du Soleil à une vitesse proche de 108 000 km/h et à une distance
moyenne de 149,6 millions de km. Elle effectue un tour complet quasi-circulaire autour du Soleil
(révolution) en une année, soit environ 365 jours. Elle tourne aussi sur elle-même (rotation) en
23 h 56 min, soit environ un jour.
La Terre possède un seul satellite naturel : la Lune. Ce satellite tourne autour de la Terre en un
peu plus de 27 jours, à environ 384 000 km d’altitude.
4.1) Age et origine de la terre
Par datation radiométrique, l’âge de la Terre a été estimé à 4,6 milliards d’années (voir méthodes
de datation). En effet, les météorites, qui ont la même constitution géologique que le noyau
terrestre, datent d’environ 4,6 milliards d’années. On considère que la cristallisation du noyau et
des météorites a eu lieu à la même époque, quelque 150 millions d’années après que la Terre et
le Système solaire se sont formés (voir Système solaire).
Après sa condensation originelle à partir des poussières et des gaz cosmiques et par attraction
gravitationnelle, la Terre devait être homogène et relativement froide. Cependant, la contraction
continue de ces poussières et de ces gaz, ainsi que les rayonnements radioactifs émis par certains
éléments lourds, ont provoqué le réchauffement de la planète. La Terre est ensuite entrée en
fusion sous l’effet de la gravité. Il y a eu ainsi formation de la croûte, du manteau et du noyau,
les silicates plus légers remontant pour former le manteau et la croûte, et les éléments plus
lourds, principalement le fer et le nickel, atteignant le centre de la Terre pour constituer le noyau.
En raison des éruptions volcaniques, des gaz et des vapeurs légers s’échappaient continuellement
du manteau et de la croûte. Certains d’entre eux, en particulier le gaz carbonique et l’azote, ont
été retenus par la gravité terrestre et ont constitué l’atmosphère primitive. La vapeur d’eau s’est
condensée pour former les premiers océans terrestres.
4.2) La formation et l’évolution de la terre
La Terre, âgée de 4,6 milliards d’années, s’est formée par l’agglomération (accrétion) des
« restes » de poussières et de gaz qui n’ont pas servi à la formation du Soleil. Ces grains de
matière tourbillonnant autour du Soleil ont aussi servi à former les autres planètes du Système
solaire.
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Lorsque la Terre était toute jeune (âgée de quelques millions d’années seulement), elle n’avait
pas encore d’atmosphère (indispensable à la vie sur Terre), et sa température dépassait les
2 000 °C. Elle était entièrement recouverte de volcans. Puis ces volcans ont commencé à
expulser des gaz de l’intérieur de la Terre et, surtout, de la vapeur d’eau. Après 150 millions
d’années de dégazage intensif, une atmosphère primitive s’est formée. La Terre s’est refroidie
et la température de son atmosphère est descendue sous les 100 °C, permettant ainsi à toute la
vapeur d’eau de l’air de se transformer en eau liquide (condensation) : des pluies diluviennes se
sont alors abattues sur la Terre et ont formé les premiers océans.
Aujourd’hui, les océans occupent 71 % de la superficie de la Terre. C’est pour cela qu’on appelle
la Terre la « planète bleue ». Ce sont dans les océans que les premières formes de vie sont
apparues. Ces premiers êtres vivants ont évolué pendant plusieurs milliards d’années avant de
sortir des océans. La colonisation de la terre ferme par les êtres vivants (tout d’abord simplement
de petites plantes primitives et des mille-pattes) a commencé il y a seulement 440 millions
d’années environ. Des centaines de millions d’années d’évolution biologique sont à l’origine
des animaux et des plantes que nous connaissons aujourd’hui. L’homme moderne (l’Homo
sapiens), quant à lui, est le produit de millions d’années d’évolution de primates africains. Il est
apparu il y a à peine 150 000 ans environ.
4.3) Forme et constitution de la terre
En raison de la force centrifuge due à la rotation de la Terre, notre planète n’est pas une sphère
parfaite. En effet, elle est légèrement aplatie dans la direction des axes polaires : son diamètre
équatorial (environ 12 756 km) est supérieur à son diamètre polaire (environ 12 713 km), ce qui
correspond à un aplatissement relatif de l’ordre de 1/300.
La Terre est entourée par l’atmosphère, enveloppe gazeuse de 1 100 km d’épaisseur. Le relief de
la Terre est irrégulier ; son étude est l’objet de la géographie et de la géomorphologie.
70,8 p. 100 de la surface terrestre est recouverte d’eau, sous forme d’océans, de mers intérieures,
de lacs, de rivières et d’eaux souterraines. Cette partie superficielle est appelée hydrosphère. Les
océans ont une profondeur moyenne de 3 794 m et les plus hauts reliefs terrestres dépassent
8 000 m, la surface des mers représentant le niveau zéro.
Terre
Une atmosphère riche en oxygène et qui
constitue un écran aux rayonnements solaires
dangereux, des températures modérées, de l'eau
en grande quantité et une composition chimique
variée font de la Terre la seule planète du
Système solaire à pouvoir entretenir la vie. Cette
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photo, prise par le vaisseau Apollo 17 en 1972, montre l'Arabie, le continent africain et
l'Antarctique (la zone blanche sur l'extrémité inférieure).
NASA/Science Source/Photo Researchers, Inc.
4.4) Les mouvements de la terre : rotation et révolution
Mouvement apparent des étoiles
Cette photographie, prise avec un temps de pose très long, représente en premier plan la
stupéfiante Delicate Arch du parc national des Arches en Utah et en arrière-plan le mouvement
apparent des étoiles dans le ciel, engendré par la rotation de la Terre. Au centre de l'arche, le
« sillon » le plus brillant et de plus petit rayon correspond au mouvement apparent de l'étoile
Polaire (constellation de la Petite Ourse), située dans le prolongement de l'axe de rotation de la
Terre, à proximité du pôle Nord céleste.
David Nunuk/Photo Researchers, Inc.
4.4.1) Rotation
La Terre tourne autour de son axe de rotation en un jour, soit 23 h 56 min 4,1 s. Un point de
l’équateur tourne à une vitesse légèrement supérieure à 1 600 km/h et un point situé à 45° de
latitude nord tourne à environ 1 073 km/h.
4.4.2) Révolution
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La distance moyenne de la Terre au Soleil est d’environ 149,6 millions de kilomètres. La Terre et
son satellite naturel, la Lune, se déplacent sur une orbite elliptique autour du Soleil.
L’excentricité de cette orbite étant faible, la trajectoire est pratiquement circulaire. Une année
correspond au temps mis par la Terre pour effectuer un tour complet autour du Soleil, soit
environ 365 jours.
4.5) Impacts de ces mouvements à la surface de la Terre
La rotation a pour conséquences :
La détermination du jour correspondant à une période de 24 heures ;
L’apparition ou l’alternance du jour et de la nuit ;
La détermination des fuseaux horaires qui donnent les heures légales ;
L’existence de la force de Coriolis ;
La détermination de coordonnées terrestres (parallèles et méridiennes) à partir desquelles
on calcule les coordonnées géographiques (latitude et longitude).
Latitude et longitude
La latitude d'un lieu donné est l'angle formé par la verticale de ce lieu avec le plan de l'équateur.
Exprimée en degrés, elle est comptée de 0° à 90° à partir de l'équateur vers les pôles,
positivement vers le nord et négativement vers le sud. La longitude d'un lieu donné correspond à
l'angle formé par le méridien de ce lieu avec le méridien d'origine (méridien de Greenwich). À
partir de cette origine, elle varie entre 0° et 180°, positivement vers l'ouest et négativement vers
l'est.
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La révolution a pour impacts :
La division de l’année en quatre (4) saisons (printemps, été, automne et hiver) sur la
majeure partie de la surface de la Terre ;
L'alternance des saisons qui se traduit principalement par des changements de
températures, de précipitations (pluie, neige) et de longueur du jour.
Saisons
En plus de ces mouvements principaux, il existe d’autres composantes du mouvement de la
Terre : la précession des équinoxes (voir écliptique) qui est le lent changement de direction de
l’axe de rotation de la Terre et la nutation (modification périodique de l’inclinaison de l’axe de la
Terre due aux attractions gravitationnelles du Soleil et de la Lune).
La précession et la nutation
Le principe de la précession dûe au changement de direction de l'axe de rotation de la Terre
Crédit : ASM/Jean-Eudes Arlot et Gilles Bessou
Le ralentissement de la rotation terrestre nous a montré le caractère irrégulier de cette rotation.
De plus, l'axe de rotation ne reste pas fixe au cours du temps : les perturbations gravitationnelles
de la Lune, du Soleil et des planètes entraînent différents mouvements de cet axe. D'abord un
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mouvement oscillant "périodique" rapide de petite amplitude autour d'une position moyenne,
c'est la nutation. Ensuite, un mouvement lent, "séculaire" : tout en restant incliné à peu près de
23° 26' sur l'écliptique (le plan orbital de la Terre), l'axe va effectuer une rotation complète en 26
000 ans. C'est la précession : dans 13 000 ans, l'étoile polaire aura changé. C'est l'étoile Véga
vers laquelle pointera l'axe de rotation de la Terre et 13 000 ans plus tard il sera à nouveau dirigé
vers notre étoile polaire. La précession entraîne le déplacement rétrograde du point γ (équinoxe)
le long de l'équateur céleste : il fera un tour en 26 000 ans. Les constellations vont donc sembler
changer de place le long du zodiaque. Pour conserver les saisons à leur place chaque année nous
devons donc considérer un équinoxe mobile.
L'axe de rotation de la Terre subit de petites variations périodiques de sa direction : c'est la
nutation. Elle se réalise suivant une courte période de 18,6 ans.
(Sources : UFE, Observatoire de Paris, PSL, ressources libres - Lumières sur l’Univers,
19/09/2020)
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Bon à savoir sur la précession des équinoxes et la nutation !
Précession des équinoxes
La précession des équinoxes est le lent changement de direction de l'axe de rotation de la Terre.
Ce changement de direction est provoqué par le couple qu'exercent les forces de marées de la
Lune et du Soleil sur le renflement équatorial de la Terre. Ces forces tendent à amener l'excès de
masse présent à l'équateur vers le plan de l'écliptique. La Terre étant en rotation, ces forces ne
peuvent changer l'angle entre l'équateur et l'écliptique mais provoquent un déplacement de l'axe
de rotation de la Terre dans une direction perpendiculaire à cet axe et au couple. Ce déplacement
s'appelle précession et a pour résultat que l'axe de rotation de la Terre décrit un cône dont un tour
complet est effectué en environ 25 800 ans.
Une des conséquences de ce déplacement est que la position des étoiles sur la sphère céleste
change aussi. Actuellement, l'étoile brillante la plus proche du pôle nord céleste est α Ursae
Minoris (m 1,97), dite aussi l'étoile polaire, dont elle n'est distante que d'environ 1°. Dans le
passé, vers 3000 av. J.-C., c'était l'étoile Thuban qui servait d'étoile polaire mais elle était
beaucoup moins lumineuse que l'étoile polaire. Par contre, dans environ 12 000 ans la très
brillante Véga (m 0,03) sera l'étoile polaire. Dans l'hémisphère sud, les ciels nocturnes sont
relativement dépourvus d'étoiles brillantes dans la région des pôles : l'étoile Sigma Octantis,
quoique fort proche du pôle est vraiment trop faible pour être visible (5,5 m).
Comme l'orbite de la Lune est inclinée par rapport à l'écliptique, l'action de la Lune vient
légèrement perturber la précession en y ajoutant de petites oscillations dont la période est de 18,6
ans. Cet effet s'appelle la nutation.
Hipparque, aux environs de -130, fut le premier à estimer la précession de la Terre. En
comparant ses mesures de la position de Spica, une étoile proche de l'écliptique, par rapport au
point vernal avec celles effectuées par les astronomes des siècles précédents, comme Timocharis
d'Alexandrie et les astronomes babyloniens et chaldéens, il montra que le point vernal s'était
déplacé de 2° par rapport à Spica. Il montra aussi que ce mouvement concernait aussi d'autres
étoiles et valait au moins 1° par siècle. La valeur actuelle est d'environ 1° pour 72 ans.
À cause de la précession des équinoxes, la durée du cycle des saisons (année tropique) est
environ 20 minutes plus courte que le temps que met la Terre pour occuper la même position par
rapport aux étoiles (année sidérale). Cette différence est importante pour les calendriers et leurs
règles concernant les années bissextiles (Techno Sciences, consulté le 19/09/2020, 3h45 a.m.).
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L’équinoxe :
L'équinoxe est le moment exact de l'année où le Soleil traverse le plan équatorial de la Terre,
c'est-à-dire est perpendiculaire à l'axe terrestre. Le jour et la nuit ont alors exactement la même
durée. Une année connaît deux équinoxes par an : la première entre le 20 et le 22 mars, la
seconde entre le 21 et le 23 septembre. C'est à cette période de l'année que se produisent les
grandes marées.
Utilisons l'exemple de la toupie pour comprendre ce phénomène. Lorsqu'on lance une toupie, son
axe de rotation se déséquilibre sous l'action de la pesanteur. Au lieu de tourner autour de son axe
vertical, elle tourne avec un axe incliné, et décrit alors un cône sur le sol. C'est ce qu'il se produit
lors de la précession des équinoxes. L'axe d'inclinaison de la Terre est de 23,5 degrés, une valeur
plutôt faible, expliquant le fait que ce phénomène soit très lent. Il se déroule en 25 670 ans
environ. En une année, son mouvement est de moins d'un degré, ce qui le rend presque
imperceptible.
Les forces des marées sont à l’origine du décalage de l’axe de rotation de la Terre © User
Herbye (German Wikipedia). Designed by Dr. H. Sulzer
On attribue la découverte de ce phénomène à l'astronome grec Hipparque en -130 av. J.-C., bien
que d'autres peuples comme les Aztèques ou les Égyptiens aient laissé des traces de travaux à ce
sujet. C'est d'ailleurs Hipparque qui a créé le terme de « précession », initialement utilisé pour
parler d'un décalage vers l'avant. Ce terme est aussi utilisé pour des objets comme les satellites,
les gyroscopes, ou encore le pendule de Foucault. Hipparque serait parvenu à cette découverte en
remarquant un décalage de position des astres dans le ciel.
Pourquoi les marées sont-elles à l’origine de ce phénomène ? Quelles en sont les
conséquences ?
La Lune exerce une force d'attraction sur l'eau des océans et provoque les marées. Le jour de
l'équinoxe, le Soleil est parfaitement perpendiculaire à l'Équateur et vient ajouter sa force à celle
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de la Lune. Leurs forces d'attraction s'additionnent et entraînent des marées plus fortes. Ces
forces de marées tentent d'amener l'excès de masse présent au niveau de l'Équateur vers le plan
orbital terrestre. Ainsi, elles engendrent un déplacement de l'axe de rotation de la Terre, c'est ce
qu'on appelle la précession des équinoxes.
Ce phénomène de rotation de l'axe terrestre est à l'origine d'un changement de position des
étoiles, qui ne seraient plus fixes dans la sphère céleste comme l'attestaient les précédentes
recherches. Du point de vue des saisons, les changements sont pratiquement nuls, mais du point
de vue astronomique, ils impactent les travaux des experts. En effet, de nos jours, les équinoxes
se produisent lorsque le Soleil est positionné au-dessus de la constellation des Poissons. En
revanche, dans l'Antiquité, il aurait été positionné sur la constellation du Bélier.
La précession des équinoxes engendre également une modification du temps de rotation de la
Terre sur elle-même. Ainsi, la durée des saisons est 20 minutes plus courte que la durée
nécessaire à la Terre pour occuper la même position. Tous les 2000 ans, cela représente un
décalage de 1 mois. C'est ce décalage qui est à l'origine des années bissextiles. En effet, si l'on
ajoute un jour au calendrier tous les 4 ans, c'est pour rattraper ce décalage de rotation de la Terre.
Sans celui-ci, nos saisons actuelles avanceraient chaque année dans le temps. (Extrait de Futura
Sciences, consulté le 19/09/2020, 3:37 a.m.)
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