M112 Chap4 AU 2023-2024
M112 Chap4 AU 2023-2024
Jawad SALHI
A.U. 2023/2024
1 Systèmes linéaires
2 Matrices
Les scalaires aij (i ∈ J1, nK, j ∈ J1, pK) sont les coefficients du système.
Les scalaires b1 , · · · , bn forment le second membre du système.
Les scalaires x1 , · · · , xp sont les inconnues que l’on cherche à
déterminer.
On note généralement Li la i e équation.
Jawad SALHI Module M112: chapitre 4 A.U. 2023/2024 4 / 64
Systèmes linéaires : Définitions et vocabulaire
Remarque
Les opérations élémentaires préservent les équivalences, donc ne modifient
pas l’ensemble des solutions d’un système linéaire, car on peut toujours les
défaire. L’opération : Li ↔ Lj se défait elle-même par exemple,
1
l’opération : Li ← λLi est défaite par l’opération : Li ← Li et
λ
l’opération : Li ← Li + λLj par l’opération : Li ← Li − λLj .
Remarque
Les opérations élémentaires préservent les équivalences, donc ne modifient
pas l’ensemble des solutions d’un système linéaire, car on peut toujours les
défaire. L’opération : Li ↔ Lj se défait elle-même par exemple,
1
l’opération : Li ← λLi est défaite par l’opération : Li ← Li et
λ
l’opération : Li ← Li + λLj par l’opération : Li ← Li − λLj .
Remarque
Les opérations élémentaires préservent les équivalences, donc ne modifient
pas l’ensemble des solutions d’un système linéaire, car on peut toujours les
défaire. L’opération : Li ↔ Lj se défait elle-même par exemple,
1
l’opération : Li ← λLi est défaite par l’opération : Li ← Li et
λ
l’opération : Li ← Li + λLj par l’opération : Li ← Li − λLj .
Définition
Deux systèmes (Σ) et (Σ0 ) sont dits équivalents si l’un se déduit de l’autre
par une succession d’opérations élémentaires.
(Σ) ⇔ (Σ0 ).
Remarque
Trois cas de figure se présentent :
Si tous les coefficients d’une ligne sont nuls et que le second membre
bi correspondant est non nul, le système n’admet pas de solution, il
est incompatible.
Si lors de la remontée, il reste des inconnues dont la valeur n’est pas
imposée, le système admet une infinité de solutions.
Sinon, le système admet une unique solution.
Remarque
Trois cas de figure se présentent :
Si tous les coefficients d’une ligne sont nuls et que le second membre
bi correspondant est non nul, le système n’admet pas de solution, il
est incompatible.
Si lors de la remontée, il reste des inconnues dont la valeur n’est pas
imposée, le système admet une infinité de solutions.
Sinon, le système admet une unique solution.
Proposition
Un système échelonné admet 0, 1 ou une infinité de solutions.
Étape 2
À l’aide de ce premier pivot, on annule les coefficients de la première
inconnue dans les autres équations :
x − y + 2z − t =3 x − y + 2z − t = 3
L3 ←L3 −2L1
3y + 2z + t =1 L4 ←L4 −5L1
3y + 2z + t = 1
⇐⇒
2x + 4y + 6z =2
6y + 2z + 2t = −4
5x + y + 9z − 3t =4
6y − z + 2t = −9
Étape 3
On fixe ensuite la première ligne et on réitère avec la seconde inconnue,
puis avec la troisième, et ainsi de suite. On aboutit de proche en proche à
un système échelonné.
x − y + 2z − t = 3 x − y + 2z − t = 3
L3 ←L3 −2L2
3y + 2z + t = 1 L4 ←L4 −2L2
3y + 2z + t = 1
⇐⇒
6y + 2z + 2t = −4
−2z = −6
6y − z + 2t = −9
−5z = −11
x − y + 2z − t = 3
L4 ←L4 − 25 L3
3y + 2z + t = 1
⇐⇒
−2z = −6
0=4
Conclusion
Le système est donc incompatible. L’échelonnement du système a été
mené à terme mais on aurait pu s’arrêter à l’étape précédente car les deux
11
dernières équations du système précédent donnent z = 3 et z = . (Σ)
5
n’admet donc pas de solution.
Un dernier exemple
x − 3y + 4z − 2w = 5
L2 ←L2 −L1
L3 ←L3 −L1
x − 3y + 4z − 2w = 5
x − y + 9z − w = 7 ⇐⇒ 2y + 5z + w = 2
x − 2y + 7z − 2w = 9
y + 3z = 4
x − 3y + 4z − 2w = 5
L3 ←2L3 −L2
⇐⇒ 2y + 5z + w = 2
z −w =6
Le système est sous forme échelonnée. En donnant à w une valeur
arbitraire λ, on trouve : w = λ, z = 6 + λ, y = −14 − 3λ, x = −61 − 11λ.
Le système admet donc une infinité à un paramètre de solutions.
Exemple
Le rang du système
3y + 2z + t = 1
2x + 4y + 6z = 2
(Σ)
x − y + 2z − t = 3
5x + y + 9z − 3t = 4
Definition
Un système carré est dit de Cramer s’il admet une unique solution.
Théorème
Un système carré à n équations et à n inconnues est de Cramer si et
seulement si son rang est égal à n.
Exercice
On considère le système suivant :
x + y + mz = m
(S) x + my − z = 1 (m ∈ R)
x +y −z =1
Remarque
À vrai dire, une matrice M de taille n × p à coefficients dans K n’est
jamais qu’un élément de KJ1,nK×J1,pK , i.e. une famille (mij )(i,j)∈J1,nK×J1,pK
d’éléments de K indexée par J1, nK × J1, pK, c’est-à-dire encore une
application (i, j) 7−→ mij de J1, nK × J1, pK dans K.
En résumé : Mn,p (K) = KJ1,nK×J1,pK
In =
..
.
1
Pour toute matrice A ∈ Mn,p (K) : In A = AIp = A.
Exercice
1 1 1
On considère la matrice : A = 0 1 1 et on pose B = A − I3 .
0 0 1
n
Calculer B pour n ∈ N et en déduire l’expression de An .
Définition (Transposée)
Soit A ∈ Mn,p (K). On appelle transposée de A la matrice (aji ) 16j6p de
16i6n
T t
Mp,n (K), notée A ou A.
Exemple
On a :
!> 3 5
3 0 1
= 0 2
5 2 7
1 7
>
λ1
..
et pour tous λ1 , . . . , λn ∈ C : . = λ1 · · · λn
λn
Démonstration.
Seule l’assertion sur le produit mérite une preuve. Pour tout
q
(i, j) ∈ J1, r K × J1, pK, on a : (AB)>
X
= (AB)ji = ajk bki =
ij
k=1
q q
B> A> = B > A>
X X
bki ajk = .
ik kj ij
k=1 k=1
Exemple
1 2 3 0 1 −5
2 5 0 est symétrique et −1 0 2 est antisymétrique.
3 0 6 5 −2 0
Remarque
La diagonale d’une matrice antisymétrique est toujours nulle car tout
coefficient diagonal est égal à son opposé.
Jawad SALHI Module M112: chapitre 4 A.U. 2023/2024 35 / 64
Matrices : Transposition
Exercice
Montrer que l’ensemble Sn (K) des matrices symétriques et l’ensemble
An (K) des matrices antisymétriques de Mn (K) sont des sous-espaces
vectoriels supplémentaires de Mn (K).
Explication :
a11 a12 · · · a1n
Matrice
a22 · · · a2n
triangulaire .. ..
supérieure
. .
ann
a11
a21
a22
Matrice
.
. .. .. triangulaire
. . .
inférieure
an1 an2 ··· ann
Remarque
Les matrices diagonales sont exactement les matrices À LA FOIS
triangulaires supérieures ET triangulaires inférieures.
Notation
Pour tous α1 , . . . , αn ∈ K, on note généralement diag (α1 , . . . , αn ) la
α1
matrice diagonale : D :=
.. . Par exemple :
.
αn
In = diag(1, . . . , 1). Avec cette notation, pour tous
α1 , . . . , αn , β1 , . . . , βn , λ ∈ K, on a :
Exercice
Soit λ1 , · · · , λn des éléments de K, deux à deux distincts, et
D = diag (λ1 , . . . , λn ). Déterminer les matrices de Mn (K) commutant
avec D.
Théorème
1 Linéarité : Pour tous A, B ∈ Mn (K) et λ, µ ∈ K, on a :
tr(λA + µB) = λ Tr(A) + µ Tr(B).
2 Effet sur un produit : Pour tous A ∈ Mnp (K) et B ∈ Mpn (K) :
tr(AB) = tr(BA).
Exemple
L’équation matricielle : AB − BA = In d’inconnue (A, B) ∈ Mn (K)2 n’a
pas de solution car pour toutes matrices A, B ∈ Mn (K) :
tr(AB − BA) = tr(AB) − tr(BA) = 0 6= n = tr (In ).
Démonstration.
Si B et B 0 sont deux inverses de A :
B = BIn = B(AB 0 ) = (BA)B 0 = In B 0 = B 0 .
Remarque
GLn (K) n’est pas un espace vectoriel ! En effet, la matrice nulle n’est pas
inversible. Si c’était le cas, il existerait B telle que 0n × B = B × 0n = In ,
absurde !
Remarque
Pourquoi oblige-t-on par définition les matrices inversibles à être carrées ?
Qu’est-ce qui empêche une matrice A ∈ Mn,p (K) avec : n 6= p de
posséder un inverse, i.e. une matrice B ∈ Mp,n (K) pour laquelle : AB = In
et BA = Ip ? Une première réponse simple peut être donnée tout de suite :
n = tr(In ) = tr(AB) = tr(BA) = tr(Ip ) = p.
Démonstration.
1 On a : A × A−1 = A−1 × A = In , donc par définition de l’inversibilité,
A−1 est inversible d’inverse A.
2 On a :
AB × B −1 A−1 = A × BB −1 × A−1 = A × In × A−1 = AA−1 = In et
B −1 A−1 × AB = In , donc AB est inversible d’inverse B −1 A−1 .
3 Par récurrence à partir de l’assertion (2).
> > >
4 On a : A> A−1 = A−1 A = In> = In et A−1 A> = In , donc
>
A> est inversible d’inverse A−1 .
Théorème
Si deux matrices A, B ∈ Mn (K) vérifient AB = In alors BA = In .
∀X ∈ Kn , AX = 0 =⇒ X = 0.
Exercice
Soit N une matrice de Mn (R)(n ≥ 2) nilpotente, i.e. telle qu’il existe
p ≥ 1 tel que N P = 0.
Montrer que la matrice A = In − N est inversible et déterminer son inverse.
Exercice
Soit N une matrice de Mn (R)(n ≥ 2) nilpotente, i.e. telle qu’il existe
p ≥ 1 tel que N P = 0.
Montrer que la matrice A = In − N est inversible et déterminer son inverse.
Exercice
n
X
Soit A = (ai,j )16i,j6n ∈ Mn (R) telle que ∀i ∈ J1, nK, |ai,i | > |ai,j |.
j=1
j6=i
Soit X ∈ Mn,1 (R) tel que AX = 0, et soit i0 ∈ J1, nK tel que
|xi0 | = max |xi | .
i∈J1,nK
Montrer que xi0 = 0, et en déduire que A est inversible.
Exercice
On considère la matrice :
!
−1 −2
A= .
3 4
Exercice
Soit A, B ∈ Mn (K) deux matrices qui commutent.
1 On suppose que A est inversible. Justifier que les matrices A−1 et B
commutent.
2 On suppose que A et B sont inversibles. En déduire que les matrices
A−1 et B −1 commutent.
Exercice
Soit A, B ∈ Mn (K) deux matrices qui commutent.
1 On suppose que A est inversible. Justifier que les matrices A−1 et B
commutent.
2 On suppose que A et B sont inversibles. En déduire que les matrices
A−1 et B −1 commutent.
Exercice
Soient A, B ∈ Mn (K) vérifiant AB = A + B. Montrer que A et B
commutent.
Exemple
1 4 3
Déterminer le rang de A = 2 5 3 .
3 6 3
Exemple
1 4 3
Déterminer le rang de A = 2 5 3 .
3 6 3
I On effectue pour cela une succession d’opérations élémentaires sur les
lignes :
1 4 3 L2 ←L2 −2L1 1 4 3
L3 ←L3 −3L1
rg 2 5 3 = rg 0 −3 −3
3 6 3 0 −6 −6
1 4 3
L3 ←L3 −2L2
= rg 0 −3 −3 = 2.
0 0 0
Pour les matrices carrées de taille 2, il est facile de trouver une condition
nécessaire et suffisante simple d’inversibilité ainsi qu’une formule pour le
calcul de l’inverse le cas échéant.
Définition (Déterminant, inversibilité et inverse d’une matrice carrée
de taille 2)
!
a c
Soient a, b, c, d ∈ K. On appelle déterminant de , noté :
b d
! !
a c a c a c
det ou , le scalaire ad − bc. La matrice est
b d b d b d
a c
inversible si et seulement si : 6= 0. Dans ce cas :
b d
!−1 !
a c 1 d −c
= .
b d ad − bc −b a
a b c
e f b c b c
d e f =a −d +g (dév./ première colonne)
h i h i e f
g h i
e f d f d e
=a −b +c (dév./ première ligne) .
h i g i g h
Exemple
1 2 3
On considère la matrice A = 4 5 6 .
7 8 9
!
1 2
∆23 = , le mineur de A de position (2, 3) vaut
7 8
1 2 1 2
= −6 et le cofacteur associé (−1)2+3 = 6.
7 8 7 8
1 −2 1
La comatrice de A est Com(A) = −3 −2 4 −2 .
1 −2 1
Exemple
Commençons par le plus simple, le cas des matrices triangulaires (et donc,
parmi elles, les matrices diagonales). Si A ∈ Mn (K) est triangulaire alors :
Théorème
Soient A, B ∈ Mn (K) et λ ∈ K.
1 le déterminant est n-linéaire par rapport aux colonnes. En particulier,
det(λA) = λn A.
2 det(AB) = det(A) × det(B).
3 A ∈ GLn (K) si, et seulement si, det(A) 6= 0. Dans ce cas,
1
det A−1 = .
det(A)
4 det A> = det(A).
Exemple
!
a c 1
Pour tout A = ∈ M2 (K) : A−1 = com(A)> =
b d det(A)
!
1 d −c
si : det(A) = ad − bc 6= 0. Résultat bien
ad − bc −b a
connu !
Exercice
Calculer le déterminant de la matrice :
5 4 2 1
2 3 1 −2
A=
−5 −7 −3 9
1 −2 −1 4
Solution
2 1
Les opérations L2 ← L2 − L1 , L3 ← L3 + L1 , L4 ← L4 − L1 donnent :
5 5
5 4 2 1 7 1 12
7 1 12 −
0 − 5 5 5
det(A) = 5 5 5 =5 −3 −1 10
0 −3 −1 10 14 7 19
14 7 19 − −
0 − − 5 5 5
5 5 5
7 1 −12 7 1 −12
11 1
=5 −3 −1 10 = −3 −1 10 .
55 5
−14 −7 19 −14 −7 19
Suite de la solution
3 14
Puis les opérations L2 ← L2 + L1 , L3 ← L3 + L1 = L3 + 2L1 donnent :
7 7
7 1 −12
1 4 34 1 2 −2 17
det(A) = 0 − = ·7· ·5
5 7 7 5 7 −1 −1
0 −5 −5
= 2 · 19 = 38.