Chapitre 3 : Nombres réels et intervalles de R
Un peu d’histoire ...
La tablette ci-contre a la forme d’un disque d’environ 8 cm de
diamètre et 8 mm d’épaisseur et sa datation est estimée e entre
1900 et 1600 av. J.-C.
Une face représente un carré et ses diagonales. Elle comporte des
nombres écrits en numération babylonienne.
Elle est la plus ancienne représentation connue d’une valeur
√ ap-
prochée de la racine carrée de deux, notée aujourd’hui 2.
a
a
a
Contenus et capacités attendues :
Ensemble R des nombres réels, droite numérique.
Intervalles de R. Notations +∞ et −∞.
Notation |a|. Distance entre deux nombres réels.
Représentation de l’intervalle [a − r; a + r] puis caractérisation par la condition |x − a| 6 r.
a
a
Associer à chaque point de la droite graduée un unique nombre réel et réciproquement.
Représenter un intervalle de la droite numérique. Déterminer si un nombre réel appartient
à un intervalle donné.
Donner un encadrement, d’amplitude donnée, d’un nombre réel par des décimaux.
Dans le cadre de la résolution de problèmes, arrondir en donnant le nombre de chiffres
significatifs adapté à la situation étudiée.
I) Les ensembles de nombres
1) La droite numérique
a) Illustration
On a une notion intuitive des nombres qui peut se résumer avec la droite numérique :
unité M
| | ×
−∞ 0 1 x +∞
aaaaaaaaaaa
Pour chaque point M il correspond une unique abscisse. Si l’on considère, globalement, toutes les
abscisses obtenues pour toutes les positions possibles de M, on obtient un ensemble : l’ensemble des
nombres réels noté R.
Les symboles +∞ et −∞ signifient que la droite s’étend autant que l’on veut vers la droite et vers
la gauche.
2) Les nombres réels
a) L’ensemble R
Le schéma ci-dessous illustre les ensembles de nombres rencontrés depuis l’école élémentaire jus-
qu’à la fin du collège.
× π
√
× 2
1
×
3
R
× 6, 9 Q
15 −13 D
× − ×
100 1 Z q
1
× −(−1) N ×
49
× −5
√
× 0 × − 9
× 12, 0
√
× 0, 81
× ...
b) Propriété
√
2 6∈ Q.
Preuve en activité
a
c) Les intervalles de R
Notation de l’intervalle Inégalité vérifiée par les Représentation graphique
éléments x de l’intervalle
]a ; b[ a<x<b
a b
[a ; b[ a6x<b
a b
]a ; b] a<x6b
a b
[a; +∞[ a6x
a
]a; +∞[ a<x
a
] − ∞; a] x6a
a
] − ∞; a[ x<a
a
II) Opérations A ∩ B, A ∪ B, A et relation E ⊂ F sur les ensembles
Dans tout ce qui suit A et B sont des sous-ensembles de Ω, ensemble dit « univers ».
L’emploi du signe « = », entre ensembles signifie que ces ensembles ont les mêmes éléments.
Dans cette partie : Ω = {1; 2; 3; 4; 5; 6}, A = {1; 4; 5} et B = {3; 4; 5; 6}.
1) Intersection d’ensembles : A ∩ B
a) Définition
Les éléments de A ∩ B sont ceux qui appartiennent à A et qui appartiennent à B.
Dans le langage mathématique, x ∈ A et x ∈ B signifie que les deux conditions x ∈ B, x ∈ A sont
réalisées.
b) Illustration
B
2
A
6
1 4
A ∩ B = {4; 5}
5
3
A∩B
2) Union d’ensembles : A ∪ B
a) Définition
Les éléments de A ∪ B sont ceux qui appartiennent à A ou à B.
Dans le langage mathématique, x ∈ A ou x ∈ B signifie qu’au moins une des conditions x ∈ B,
x ∈ A est réalisée.
! Le « ou » des mathématiques est différent du « ou » du langage courant.
Dans le langage courant c’est exclusif : « Fromage ou dessert » est compris comme soit l’un, soit
l’autre mais pas les deux.
b) Illustration
B
2
A
6
1 4
5
A ∪ B = {1; 3; 4; 5; 6}
3
A∪B
3) Complémentaire d’un ensemble : A
a) Définition
Les éléments de Ā sont ceux qui n’appartiennent pas à A (mais appartiennent à Ω).
b) Illustration
Ω
A
6
1 4
A = {2; 3; 6}
5
3
Ā
c) Remarque
Soit C une partie de Ω, on a : C ∪ C = Ω et C ∩ C = ∅.
4) Relation E ⊂ F
a) Définition
Pour des ensembles E et F , écrire E ⊂ F est une notation pour résumer : pour tout x ∈ E, x ∈ F .
On dit alors que E est une partie de F .
b) Exemple
N⊂D
III) Valeur absolue
1) Définition et interprétation
a) Définition
( a un réel. La valeur absolue de a est le nombre noté |a| tel que :
Soit
a si a est positif
|a| =
−a si a est négatif
b) Exemples
• |8| = 8 • |π − 3| = π − 3 car π − 3 est positif
√ √ √
• |−5| = 5 • 1 − 2 = − 1 − 2 = −1 + 2 car
• |0| = 0 √
1 − 2 est négatif.
c) Interprétation
On considère la droite des réels munie du repère (O ; I).
• Si M est un point d’abscisse x, alors OM = |x|.
|x|
O I M
+ + + +
x
• Si A et B sont deux points d’abscisses respectives a et b, alors AB = |a − b| = |b − a|.
|b − a|
B O I A
× × × ×
b a
2) Valeur absolue et intervalles
a) Propriété
Soit a ∈ R et r un réel strictement positif. On a :
x ∈ [a − r; a + r] ⇐⇒ |x − a| 6 r
b) Exemples
• |x − 6| 6 0, 5 ⇐⇒ x ∈ [5, 5; 6, 5] ⇐⇒ 5, 5 6 x 6 6, 5
• |x + 3| 6 0, 1 ⇐⇒ x ∈ [−3, 1; −2, 9] ⇐⇒ −3, 1 6 x 6 −2, 9
• |x − 1, 4| 6 10−2 ⇐⇒ x ∈ [1, 39; 1, 41] ⇐⇒ 1, 39 6 x 6 1, 41
IV) Racine carrée
1) Définition et exemple
a) Définition et notation
√
Pour tout nombre réel a > 0, a est le nombre positif ayant pour carré a.
b) Exemples
√ √ √ √
• 121 = 11 • 64 = 8 • 144 = 12 • 10 000 = 100
2) Égalités avec des racines carrées
a) Propriété
Pour tous nombres réels a et b positifs, on a :
√ √ √ √
a a
r
• a×b= a× b • = √ avec b 6= 0
b b
b) Preuve
Soient a et b deux nombres réels positifs :
√ 2
√ √ 2 √ √ √ √
a×b = a×b et a× b = a× b × a× b
√ √ √ √
= a× a× b× b
√ 2 √ 2
= a × b
= a×b
√ √ √
De plus les nombres a × b et a × b sont des nombres positifs.
√ √ √
Puisqu’ils ont le même carré, ces deux nombres sont égaux : a × b = a × b.
L’autre égalité se démontre de la même manière.
c) Conséquence
√
Pour tout nombre réels a > 0 , on a : a2 = a.
d) Application
√ √ √ √ √ √
• 3 × 52 = 3 × 52 = 3 × 5 = 5 3
75 =
s √ √ √ √ √ √
8 8 2 × 22 2 × 22 2×2 2 2
• =√ = = = =
9 9 3 3 3 3
3) Inégalité avec des racines carrées
a) Propriété
√ √ √
Pour tous nombres réels a et b strictement positifs, on a : a+b< a+ b
b) Preuve
Soient a et b deux nombres réels strictement positifs :
On considère le triangle rectangle suivant :
b
√
√
a
• D’après le théorème de Pythagore : • D’après
√ l’inégalité
√ triangulaire :
√ 2 √ 2
ℓ2 = a + b ℓ< a+ b
= a √+ b
ℓ = a+b
√ √ √
Donc a + b < a + b
4) Racines carrée et valeur absolue
a) Propriété
√
Pour tout nombre réel a : a2 = |a|
b) Preuve
Soit a un nombre réel quelconque :
(
1. |a| est positif. a2 si a est positif
2. |a|2 =
(−a)2 si a est négatif
√
Puisque (−a)2 = a2 ,|a|2 = a2 , on a donc a2 = |a|
c) Exemples
√ q
• 122 = |12| = 12 • (−7)2 = | − 7| = 7