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Les Grands Conciles Christologiques

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Mais est-il si sûr que ce nouveau problème intéresse

l'Evangile ? N'est-ce pas une affaire de théologie « subal-


LES GRANDS CONCILES CHRISTOLOGIQUES
terne », de technique du langage ou de spéculation sa-
vante ? C'est en effet l'impression première que nous font
NICEE; "II est Dieu... engendré, non pas créé, de même ces débats. Cependant l'Église de ce temps y a vu la mise
nature que le Père. CHALCEDOINE: "Un seul et même en cause de l'identité même du Sauveur. Elle a estimé que
Fils... Dieu vraiment et homme vraiment." (extrait de B. la victoire de ceux qui soutenaient que Jésus était un dieu
SESBOUE: "L'Evangile dans l'Eglise", éd. Centurion, Col- inférieur constituerait une véritable perversion de l'Évan-
lection "Croire et comprendre", 1975, pp. 40-57) gile reçu des apôtres. Par Église n'entendons pas seulement
les évêques : il s'agissait bel et bien de l'ensemble d'un
peuple, capable de prendre fait et cause dans ce débat et de
dire, parfois avec violence, où allaient ses préférences. De
ses luttes, inexpiables par certains aspects, nous étonnent
La question qui se pose alors porte sur la personne même aujourd'hui. II ne s'agit pas d'en justifier les modalités,
du Christ. Comment et jusqu'où faut-il comprendre la pro- mais de reconnaître qu'elles traduisaient un puissant intérêt
fession de foi traditionnelle selon laquelle Jésus est le Fils du peuple chrétien pour les choses de la foi. Le croyant
de Dieu? Le scandale de l'Évangile trouve là un nouveau d'alors percevait concrètement le lien entre la foi qu'il vi-
point d'application. Certains avaient auparavant mis en vait subjectivement et la foi officiellement professée dans
doute que le Verbe de Dieu ait pu réellement devenir un l'Église.
homme. Mais la réaction avait été vigoureuse et constante
depuis les écrits johanniques du Nouveau Testament. Que A la réflexion la chose n'est pas tellement étonnante.
« Jésus Christ soit venu dans la chair » (1 Jn 4, 2), c'est le Puisque la question posée concerne l'identité du Christ,
cœur de l'Évangile. La foi chrétienne ne peut tolérer aucun « Sauveur absolu », son enjeu est immédiatement salutaire.
doute sur l'humanité de Jésus. La qualité du salut dépend immédiatement de l'identité du
Sauveur. En Jésus est-ce Dieu lui-même qui nous fait en-
Il s'agit maintenant d'un choc en retour : il semble impos- trer en communion avec lui et nous libère du mal et du
sible qu'un homme, « comme vous et moi », soit Dieu au péché ? Ou n'est-ce qu'un « intermédiaire » qui maintient la
sens fort et plein du terme, d'autant plus que cet homme a distance entre Dieu et nous ? L'Église a toujours vu en
proclamé Dieu son Père, ce qui ferait alors deux dieux. N'y Jésus « l'unique médiateur entre Dieu et les hommes » (1
aurait-il pas une possibilité de conciliation si l'on disait que Tm 2, 5) du fait de sa double solidarité avec Dieu et avec
Jésus est Dieu sans doute, mais qu'il demeure par rapport à les hommes. Quelle révision déchirante, s'il fallait tomber
Dieu le Père dans une situation d'infériorité ? Cette affir- de la foi en un médiateur à l'acceptation d'un intermédiaire.
mation respecterait le monothéisme et rendrait plus accep-
table l'incarnation. Le Verbe ne serait pas éternel comme le Le conflit ouvert par Arius (318)
Père, il aurait été « fait » comme une créature très élevée, Comment les choses se sont-elles passées ? Un certain
bien supérieure aux anges, et cette créature divine se serait Arius, prêtre de la paroisse du port d'Alexandrie en Egypte,
unie à une chair humaine pour nous communiquer la vie de prêchait l'Évangile à son peuple comme tout bon curé. Il
Dieu. Une telle interprétation n'aurait-elle pas le mérite de essayait aussi — et en cela il avait tout à fait raison —
rendre compte de bien des données évangéliques où l'on d'actualiser cette prédication en fonction de la culture de
voit Jésus priant le Père, souffrant de son abandon dans la ses auditeurs. Il se met donc à interpréter ces paroles du
passion et ressuscité par lui ? Jésus n'avoue-t-il pas lui- Credo : nous croyons en Jésus Christ, son Fils, Notre Sei-
même que le Père est plus grand que lui (Jn 14, 28) ? Le gneur, etc. Le Fils de Dieu, dit Arius, est bien dieu, mais
message de l'Évangile souffrirait-il tellement de cette inter- c'est un dieu fait, c'est-à-dire un dieu créé par le Père avant
prétation du mystère de Jésus ? tous les temps. Il n'est donc pas coéternel au Père, ni vrai-
Les chrétiens de l'époque apostolique ne s'étaient pas posé ment « engendré » de lui. Cette créature très parfaite, sem-
une telle question. Ils avaient proclamé Jésus « Seigneur », blable à Dieu sans être vraiment Dieu par origine, a été
nom proprement divin; ils avaient annoncé l'Évangile de adoptée par le Père comme Fils et donc comme dieu. Voilà
Dieu concernant « son Fils, issu selon la chair de la lignée en quel sens il est légitime de le confesser comme Dieu.
de David, établi, selon l'Esprit Saint, Fils de Dieu avec Derrière cette explication il y a un préjugé philosophique
puissance par sa Résurrection d'entre les morts » (Rm 1, 3- issu de la sagesse grecque : puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu
4)-Puis ils avaient reconnu plus explicitement Jésus comme en définitive, il ne peut y avoir qu'un seul principe vrai-
Fils, du côté de son origine en Dieu : il était avant tous les ment éternel et « inengendré ». Le mystère chrétien ne peut
siècles, avant la création du monde (Co i, 15-18; Ep 1.4-10; nous proposer un message qui fasse craquer cette donnée
Jn 17,5)- Il était « au commencement », auprès de Dieu et solide de la raison. D'autre part, Arius trahit aussi un préju-
Dieu lui-même (Jn 1, 1), « unique engendré » (Jn i, 18) du- gé culturel qui recule devant le scandale de l'incarnation.
Père. Ils avaient donc exprimé spontanément leur foi en la Quand on sait tous les abaissements auxquels le Christ a
divinité de Jésus à travers un certain nombre de catégories été soumis de sa naissance à sa mort, on ne peut admettre
bibliques, sans entrevoir de conflit tant avec le mono- que ces passions humiliantes aient été le fait de Dieu lui-
théisme de l'Ancien Testament qu'avec la raison philoso- même, qui en tout état de cause ne peut pas changer ni rien
phique. subir.
C'est donc une question nouvelle qui se pose en des termes Devant cette « catéchèse » le peuple d'Alexandrie réagit en
nouveaux. En effet la culture ambiante se sert des catégo- faisant un beau tapage. L'évêque est vite obligé de s'en
ries grecques, pour interroger des affirmations de l'Écriture mêler. Mais Arius a de chauds partisans. Bien loin de ré-
qui s'expriment dans l'horizon de la culture sémitique. La soudre la crise dans les limites de sa bonne ville, l'évêque
difficulté présente témoigne donc d'un double change- voit le débat essaimer dans toutes les grandes cités de
ment : émergence d'une question vraiment neuve qui met l'Orient chrétien. Partisans et adversaires de la doctrine
en cause les énoncés anciens; émergence d'une autre cul- d'Arius se combattent partout. La paix religieuse est mena-
ture qui veut dire la foi dans ses propres catégories. cée. Dès son arrivée au pouvoir, Constantin, le premier
1
empereur converti au christianisme, estimera qu'une de ses ler, au sens où un écrivain appelle un livre cher « son en-
tâches prioritaires est de réunir un concile, afin que les fant », et pratiquement comme l'adoption après coup d'un
évêques tranchent le cas et ramènent la paix et l'unité dans être primitivement créé ?
l'Église.
Pour y voir clair on relit l'Écriture; on interroge les textes
Voici donc que la confession du Seigneur Jésus, émise à où Jésus est appelé le Fils, ceux qui soulignent l'originalité
partir du même Symbole de foi et appuyée sur les mêmes absolue de sa relation au Père, ceux qui scrutent son ori-
Écritures, donne lieu à des interprétations incompatibles. gine en Dieu et plus généralement la portée de la titulature
D'un côté, s'exprime la conviction chrétienne selon laquelle du Christ. On compare en particulier les termes de Fils et
« notre Dieu est un Dieu qui s'approche », selon un mot de Verbe, le second étant complémentaire du premier et
ancien de Clément d'Alexandrie. De l'autre, il lui envoie renvoyant à une autre expérience de la génération : celle de
des serviteurs. Car si le Fils est inférieur au Père, ne faut-il la pensée que nous formons en notre esprit, distincte de lui
pas comprendre que l'Esprit, le don de Dieu par excellence, sans pour autant se séparer de lui. Schème tout spirituel,
l'âme de la vie ecclésiale, est à son tour une créature du capable de corriger les éléments trop matériels de celui de
Fils ? Ce sera la logique de l’arianisme radical de la deu- la génération animale. Avec ces deux mots employés par le
xième génération. Comment sortir d'une situation où la foi Nouveau Testament, avec ces béquilles qui s'appuient sur
risque de perdre son sens et l'Église son unité ? notre expérience, notre intelligence peut, non pas exprimer
le fin mot du rapport du Fils au Père, mais situer en vérité
La solution ne peut consister cette fois à reprendre le lan-
l'origine du Fils.
gage de l'Écriture, puisque tous l'acceptent mais l'interprè-
tent différemment. S’en tenir au statu quo reviendrait prati- C'est exactement le sens et la portée de la décision prise au
quement à accepter le « hémorragie de sens » des expres- concile de Nicée en 325. Les évêques rassemblés dans
sions du credo et des textes de l'Écriture. Leurs mots véné- cette ville d'Asie Mineure par l'empereur Constantin déci-
rés deviendraient alors comme de la fausse monnaie, der- dèrent, dans un acte qui ne voulait être qu'une reconnais-
rière laquelle il n'y a nulle encaisse. Il faut donc se ré- sance de l'Évangile, que la révélation de Jésus Fils de Dieu
soudre à employer les termes plus philosophiques de la doit être prise au sens fort. Pour cela ils reprirent à leur
culture grecque, afin de prendre nettement position sur le compte les expressions scripturaires des Symboles en
point contesté. Dans un premier temps on opère une vérifi- usage et les glosèrent de quelques autres, qui utilisaient le
cation du langage de l'Écriture en la matière : que veut-elle schème de la génération et excluaient celui de la fabrica-
dire en définitive quand elle nous enseigne que Jésus est tion (ou de la création). D'un langage à l'autre joue le c'est-
Fils de Dieu ? Puis on consigne le résultat de cette vérifica- à-dire. Une présentation du texte sur deux colonnes mani-
tion dans le langage philosophique grec (qui va servir en feste cette construction :
l'occurrence, selon les linguistes, de « métalangage »), afin
Nous croyons en un seul Sei-
d'établir une correspondance précise entre ce que parler gneur Jésus Christ,
veut dire dans l'Ecriture et parler veut dire dans le monde le Fils de Dieu,
grec. Il s'agit, si l'on veut, d'un problème de traduction unique engendré du Père,
d'une langue dans une autre. A la question — Fils de Dieu, c'est-à-dire de la substance
qu'est-ce à dire ? On répond par un — c'est-à-dire... Mais du Père,
une traduction est toujours une interprétation, si l'on veut Dieu de Dieu,
traduire un sens avant de traduire des mots. Lumière de lumière,
vrai Dieu de vrai Dieu,
La décision du concile de Nicée (325) engendré non pas créé,
Quelles étaient les références culturelles d'une telle traduc- consubstantiel au Père1
tion ? La philosophie grecque connaissait deux schémas de par qui tout a été fait...
production d'un être : la génération ou la fabrication. L'ex-
périence de la génération était celle du vivant à partir du Le terme qui fut vite le plus controversé et demeura le plus
vivant, dont la loi est que l'engendré est toujours de la célèbre fut celui de « consubstantiel », qui essayait d'ex-
même nature et espèce que l'engendrant : un cheval en- primer une identité complète de nature, sans séparation,
gendre un cheval; un homme engendre un homme. De plus entre le Père et le Fils. Nous le proclamons ou le chantons
c'est la « substance » des parents qui sert à former l'em- encore dans le Credo de l'eucharistie dominicale. Spécula-
bryon de l'enfant. L'expérience de la fabrication est celle de tivement parlant, ces expressions « philosophiques » res-
l'artisan qui se sert d'outils et de matière première étrangère tent très modestes : elles actualisent la confession de Jésus
à lui-même, pour produire un objet différent de lui-même. Christ Seigneur, elles ne disent rien de plus, mais disent
Loi d'intériorité et de similitude dans le premier cas, d'exté- autrement une vérité de toujours. Elles répondent à la con-
riorité et de différence dans l'autre. Il n'existe pas de troi- testation d'Arius qui, selon Athanase d'Alexandrie, cham-
sième possibilité. pion de la foi de Nicée, était en train de lui voler son Sau-
Quand il s'agit de Dieu, être purement spirituel, de tels veur.
schèmes doivent être évidemment purifiés. Mais par analo- Rebondissement du conflit
gie — comme tout ce que nous disons de Dieu — ils peu-
vent s'appliquer et viser, bien grossièrement sans doute, Loin de régler la question et de ramener la paix, la décision
une réelle vérité. On dit par exemple que le monde a été de Nicée fit scandale dans le monde chrétien. Non seule-
créé par Dieu : c'est le schème artisanal corrigé qui est ment les principaux Ariens se mirent à la combattre vigou-
utilisé. Dieu a façonné le monde non à partir de lui-même reusement, mais la plupart des communautés chrétiennes,
mais à partir du néant, et le monde n'est pas Dieu. orthodoxes sur l'essentiel, furent profondément choquées
de voir l'introduction des mots de la philosophie grecque
A partir de quel schème fallait-il donc penser la production dans le Symbole de foi. Alors les termes consacrés de
dans l'être du Fils de Dieu ? Quand l'Écriture nous dit que l'Écriture ne suffisaient plus ? De plus ces mots grecs
Jésus est « le Fils » du Père, doit-on comprendre ce terme étaient les mots de la sagesse humaine, prétentieuse et im-
au sens fort, selon le schème d'une génération, purement pie, à laquelle s'opposait la folie de la croix. N'étaient-ils
spirituelle s'entend ? Ou bien comme une manière de par- pas le cheval de Troie en pleine cité de l'Évangile? L'objec-
2
tion était conservatrice, comme on le voit. Nicée venait qui vous blesse, si, blessé, l'on est tombé, votre compagnon
d'apporter une nouveauté pour beaucoup inacceptable. Le d'armes passe sur vous !...
concile avait accompli une petite révolution.
« Une nuit noire, sombre et triste, s'étend sur les églises,
D'autre part, ces mots grecs ne sont pas si clairs que cer- car les lumières du monde, placées par Dieu pour illuminer
tains veulent le faire croire. Si on se met à les scruter, on y l'âme des peuples, ont été exilées...
trouve bien des ambiguïtés. Le « consubstantiel » en parti-
« Une terrible anarchie... s'est emparée des peuples, aussi
culier respecte-t-il la distinction entre le Père et le Fils ?
l'appel des chefs reste-t-il parfaitement inefficace et vain :
Certaines interprétations en font douter. D'un autre côté, il
chaque individu estime, dans la fumée de son ignorance,
risque de suggérer une séparation entre eux. Voilà beau-
qu'il n'est pas plus tenu d'obéir à quelqu'un que de com-
coup d'obscurités : le vocabulaire grec est loin d'être mûr
mander à d'autres. » (Basile de CESAREE, Sur le Saint Es-
pour le rôle qu'on lui fait jouer et l'on est peut-être allé un
prit, XXX, 76-77,)
peu vite en besogne.
La gestation du langage dogmatique, dont nous pouvons
Prenons une comparaison : quand un missionnaire vient
lire les résultats sereins dans les livres, ne fut pas une af-
annoncer l'Évangile dans une région qui ne l'a jamais reçu,
faire d'écoles ou d'universitaires exerçant leurs loisirs. Ce
il en apprend la langue et cherche les meilleurs correspon-
fut une lutte douloureuse, une affaire de chair et de sang
dants possibles pour exprimer les termes clés du mystère
comme les grands conflits de l'humanité, ce fut un témoi-
chrétien : Dieu, Trinité, Salut, Grâce, etc. Par hypothèse il
gnage pouvant aller jusqu'au martyre.
ne peut trouver des mots tout faits qui conviennent exacte-
ment. Il peut être tenté de transcrire matériellement les Au terme des luttes et au seuil de la réconciliation, au con-
termes français, latins ou grecs. Il ira alors au plus sûr, cile de Constantinople I en 381, on s'aperçut que la défini-
mais au prix de faire de la foi une pure abstraction pour ses tion de Nicée était allée à la fois trop loin et trop peu loin :
auditeurs, puisque ces termes ne rejoindront aucun aspect trop loin en franchissant le pas de l'introduction du langage
de leur expérience humaine. La seule solution authentique philosophique, trop peu loin en n'introduisant qu'un seul
est de choisir dans la langue indigène les mots qui lui pa- terme technique, celui de substance, qu'il était impossible
raîtront les plus proches du contenu chrétien. Puis il va de définir sans le situer dans un ensemble sémantique ho-
déployer sa catéchèse, afin de faire évoluer sémantique- mogène. Car un mot n'a de sens que relativement aux
ment ces termes dans la conscience de ses auditeurs, en les autres mots de la même langue. Pour forger un nouveau
corrigeant par d'autres et en établissant divers rapproche- terme à un sens chrétien précis, il fallait donc le fixer dans
ments. Progressivement ces expressions prendront à l'inté- un ensemble de rapports à d'autres termes de la même
rieur de la foi un sens différent de leur usage courant anté- langue technique, qui subissaient de leur côté un travail
rieur. Un tel travail est délicat et long. Mais nul prédicateur analogue. De proche en proche on en venait à construire
de la foi ne peut y échapper, pour peu qu'il veuille aider à une formule grecque capable de rendre compte complète-
une expression indigène du message chrétien. Et derrière ment du rapport du Fils au Père, sans oublier le Saint Es-
les mots, c'est toute la culture qui est en jeu. prit, dans le mystère trinitaire de Dieu. C'est ainsi qu'on
aboutit à l'énoncé bien connu : une seule nature en trois
Ce fut le problème auquel se heurtait la décision de Nicée.
personnes. Cette formule abstraite fut au moment de sa
Pour dire en termes humains la venue du Christ, les auteurs
genèse une formule bien concrète, puisqu'elle marquait, en
du Nouveau Testament disposaient de toutes les prépara-
même temps qu'une réconciliation du langage, une réconci-
tions de l'Ancien, lentement accumulées au plan du langage
liation entre Églises divisées. Chaque camp reconnaissait
comme aux autres. Mais au début du IVe siècle la langue
en effet que la vérité de 1" Évangile exigeait que sa for-
technique grecque n'était pas encore assez christianisée
mule soit complétée et corrigée par la formule de son par-
pour proposer des termes adéquats. Le concile de Nicée
tenaire. Le témoignage rendu à la vérité était tout ensemble
était pris dans la contradiction d'une décision à la fois né-
un témoignage de charité et d'unité. L’artisan acharné de
cessaire et urgente, mais en même temps prématurée. Il
cette réconciliation fraternelle fut Basile de Césarée, que
fallait bien trancher entre les doctrines opposées qui se
l'on peut saluer comme un représentant avant la lettre clé
répandaient. Mais on ne disposait pas du matériel linguis-
l'esprit œcuménique.
tique nécessaire. Il faudrait donc l'élaborer après coup.
Nous reviendrons dans la conclusion de ce chapitre sur les
C'est ce qui va se produire, douloureusement, à travers
enseignements que nous pouvons tirer aujourd'hui de cette
cinquante années de conflits et de schismes, où l'on put
histoire tragique et passionnante, qui n'est autre que celle
croire à certains moments que l'existence même de l'Église
de 1’Evangile au milieu des hommes.
était en danger. La confusion des positions était extrême et
les partis se multipliaient, de l'extrême droite à l'extrême
gauche si l'on peut dire, en passant par un centre aux L’INCARNATION SELON L'ÉVANGILE
nuances infinies où pullulent des formules de foi qui sem-
blaient plus satisfaisantes que celle de Nicée. Si l'on pou- Un processus était enclenché. La décision de Nicée repré-
vait se consoler des difficultés d'aujourd'hui en contem- sentait une option grosse de conséquences pour l'avenir du
plant les crises de l'Église passée, il y aurait vraiment de discours de l'Eglise. Elle devait faire longtemps jurispru-
quoi se réjouir. Voici ce que disait alors Basile de Césarée : dence. Si une nouvelle crise remettait en cause l'essentiel
de 1’Evangile, on reprendrait la même méthode et on se
« A quoi donc comparer la situation présente ?... Cette livrerait à une nouvelle traduction interprétative de l'Écri-
agitation des Églises n'a-t-elle pas quelque chose de plus ture et des articles du Credo. Savait-on bien jusqu'où le
farouche qu'une tempête en mer ? Par elles toutes les processus mènerait, et quels seuils il ferait franchir ? Évi-
bornes des Pères se trouvent déplacées, tous les fonde- demment non. C'est pourquoi on ne peut rendre compte
ments, tout ce qui sert de rempart aux doctrines sont ébran- d'une telle aventure qu'après coup. Celle-ci nous paraît
lés. Tout ce qui s'érigeait sur des bases pourries est empor- aboutir à une intellectualisation toujours plus grande de la
té, renversé à la moindre secousse : tombant les uns sur les foi; en fait elle est motivée par la nécessité inéluctable de
autres, nous sommes renversés les uns par les autres ! Si maintenir vivante la Parole de Dieu et donc de dire du neuf
l'ennemi n'a pu vous frapper le premier, c'est votre assistant pour rester fidèle à l'Evangile.
3
Prenons un nouvel exemple avec une autre crise exem- de la distance entre la nature humaine et la nature divine.
plaire, puisqu'il s'agit encore de l'identité du Christ. Un L'homme n'est pas Dieu et Dieu n'est pas homme. Ce qui
siècle a passé depuis le concile de Nicée : lentement l'una- arrive à l'homme ne peut pas arriver à Dieu. Comment dire
nimité de la foi s'est reconstituée autour de la divinité du alors que Dieu s'est fait homme, sans blesser cette donnée
Christ. Mais en même temps il a fallu lutter contre ceux qui d'évidence ? Peut-on concevoir en effet que Dieu se sou-
cherchaient d'une manière ou d'une autre à amputer l'hu- mette à toutes les limites de la condition humaine, sans
manité du même Christ. Ce combat sur un autre front avait renier sa propre existence divine ? L'idée d'une telle pro-
été mené en fonction des préoccupations et des moyens miscuité entre Dieu et l'homme fait horreur à l'esprit grec.
culturels du temps. Quand nous disons aujourd'hui que Fallait-il dire qu'en Jésus Dieu était mort, qu'il avait souf-
Jésus est vraiment homme, nous comprenons qu'il a assu- fert les outrages de la passion et connu l'abandon de l'ago-
mé une condition humaine intégrale, excepté le péché, nie ? Encore y avait-il dans la manière de mourir de Jésus
c'est-à-dire qu'il est né, qu'il a grandi, souffert, travaillé, une grandeur qui en impose. Mais bien d'autres humilia-
aimé, partagé les solidarités d'une famille et d'un peuple, tions de l'existence humaine ne présentent pas cette contre-
jusqu'à la mort inclusivement. Jésus a vécu le projet d'une partie de noblesse. On pensait en particulier à tout ce qui
vie d'homme et affronté la destinée commune d'être pour la entoure la naissance, réalité de chair et de sang marquée
mort. Les anciens disaient la même chose en soulignant d'infirmités, pour ne pas dire de souillures. Reculant devant
que Jésus possédait tout ce qui constitue l'homme, un corps de telles conséquences, Nestorius, archevêque de Constan-
comme chacun d'entre nous et non une quelconque appa- tinople et héritier extrémiste de l'école d'Antioche, l'homme
rence fantomatique et une âme humaine identique à la qui a eu le mérite de poser une question vraie, mais pour
nôtre, c'est-à-dire non seulement un principe spirituel, mais lui donner une réponse malheureuse, s'écriait : il est impen-
aussi une liberté et une volonté d'homme. Aussi devant sable d'affirmer que le Verbe de Dieu a été allaité par le
chaque tentative de réduction de l'humanité de Jésus, la sein de Marie ! Telle est la raison pour laquelle il refusait
conscience des croyants percevait que le coup porté au d'appeler la Vierge « Mère de Dieu ». Dans sa manière de
réalisme de l'incarnation ruinait en fait l'Évangile du salut, présenter le lien entre les deux natures du Christ, Nestorius
la Bonne Nouvelle de Dieu fait homme. Cette conscience refusait en fait le scandale de l'incarnation dans toute sa
s'exprimait dans un principe de solidarité entre le Christ et brutalité. Depuis Arius le lieu du scandale évangélique
nous que l'on peut résumer ainsi : Le Fils est venu sauver devant le front des questions humaines s'est déplacé. Nes-
l'homme tout entier, c'est pourquoi il a assumé une humani- torius ne peut admettre qu'en définitive Dieu soit person-
té complète. Il a sauvé ce qu'il a assumé lui-même; il a nellement homme.
sauvé tout ce qu'il a assumé; il n'a sauvé que ce qu'il a as-
Ce faisant il porte gravement atteinte à des affirmations
sumé.
centrales du Nouveau Testament, en particulier à celles de
Dès lors une nouvelle question se posait : comment un seul l'hymne aux Philippiens (2,5-11), qui décrit « l'anéantisse-
et même Christ pouvait-il être à la fois vrai Dieu et vrai ment » et 1' « abaissement » de celui qui, étant de condition
homme ? A insister sur son unité on venait de remettre divine, a vécu la condition de serviteur, reconnu comme un
successivement en cause la vérité de sa divinité et celle de homme, jusqu'à la mort de la croix. Il contredisait la ri-
son humanité. A insister sur la distinction du « vrai Dieu » gueur de l'affirmation nue du prologue de Jean : le Verbe
et du « vrai homme », ne risquait-on pas de porter atteinte à s'est fait chair, c'est-à-dire il s'est fait homme avec toute la
leur unité concrète dans le même être ? Comment conce- faiblesse et la fragilité visible de notre chair. Mais n'est-ce
voir la relation de l'humanité et de la divinité dans le pas le cœur même du message évangélique qui est subtile-
Christ ? Comment respecter l'enseignement du Nouveau ment évacué derrière les faux-fuyants du langage ?
Testament qui nous présente Jésus comme un homme et
D'Éphèse (431) à Chalcédoine (451)
qui le confesse comme Dieu, mais qui jamais ne le fait
paraître comme un personnage double, un personnage « à Le concile d'Éphèse s'employa tout d'abord à donner la
deux niveaux » avec passerelle communicante ? Mais sur- traduction interprétative de la formule clé à laquelle il faut
tout comment rendre compte de l'affirmation exorbitante de toujours revenir : le Verbe s'est fait chair. Il est remar-
Jean : « Le Verbe s'est fait chair» ? quable que cette expression très élaborée et qui représente
le point d'arrivée du Nouveau Testament dans son discours
La question s'envenimait du fait qu'elle se posait en termes
sur Jésus, a constitué le point de départ et le point de retour
grecs qui n'étaient pas encore adaptés à exprimer la foi
constant de la réflexion des Pères sur le Christ.
chrétienne. Pour les théologiens de l'école d'Antioche dire
que Jésus est vrai homme, c'est dire qu'il a une « nature Le Verbe s'est fait chair : il est devenu personnellement
humaine»; dire qu'il est vrai Dieu, c'est dire qu'il possède la chair, c'est-à-dire homme. Comment comprendre cela ?
« nature divine ». Or la philosophie enseigne qu'une nature Non pas au sens d'une transformation, mais au sens où le
est toujours quelque chose de concret qui existe à part en Verbe de Dieu a fait sienne une humanité, en l'assumant à
elle-même. Dès lors affirmer que le Christ a deux natures, partir de la génération selon la chair, de telle sorte que cette
n'est-ce pas faire éclater son unité, et considérer qu'il est un humanité ne soit pas pour lui un avoir, mais bel et bien son
homme d'un côté et Dieu de l'autre, unis de manière très être même. Le Verbe de Dieu est cet homme Jésus ; Jésus
spéciale mais sans constituer un être unique ? Pour cette est le Verbe. Le seul sujet de tout ce que vit et accomplit
raison les théologiens de l'école rivale d'Alexandrie refu- Jésus est le Verbe, Fils de Dieu. De même que nous
sent ce langage. Tout en affirmant la divinité et l'humanité n'avons pas un corps, mais que nous sommes notre corps,
de Jésus, dans toute leur différence, ils insistaient sur l'uni- de même que nous sommes le sujet de tout ce qui se passe
té personnelle du Christ, au point de parler parfois, comme en notre corps, le Verbe n'a pas une humanité, il est son
Cyrille d'Alexandrie, de son unique nature considérée humanité. Pour que cette unité dans l'être soit réelle, il faut
comme incarnée. Cet autre langage ne risque-t-il pas à son qu'elle ait commencé dès l'origine : aussi, dès le premier
tour de donner à penser à une confusion ou à un mélange instant de la conception de Jésus, le Verbe a fait sien tout
des deux natures ? ce qui concerne le développement de ce petit d'homme. A
aucun moment n'a existé un enfant qui n'aurait pas été per-
Les mots de la culture ne sont d'ailleurs pas neutres. Ils en
sonnellement le Verbe, et sur lequel le Verbe serait venu se
véhiculent les préjugés. Or la culture grecque a le sens aigu
poser après coup. C'est pourquoi-le langage sur le Christ ne
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doit jamais fonctionner comme s'il y avait en lui deux su-
jets distincts, le Verbe d'un côté et Jésus de l'autre. Ces
« Nous enseignons tous
deux noms désignent un seul et même existant, mais le
d'une seule voix qu'il faut
désignent selon un point de vue différent. En toute rigueur
confesser un seul et même
de termes la formule du prologue de l'évangile de Jean
Fils, Notre Seigneur Jésus
nous oblige à dire que Dieu est né sur notre terre, que les
Christ,
hommes ont vu Dieu (« Philippe, qui m'a vu a vu le Père »,
le même parfait en divinité,
Jn 14, 9), enfin et surtout que Dieu est mort sur la croix de
le même parfait en humani-
la main des hommes. Tel est le langage de l'Écriture et de
té,
la liturgie. Tel est le message exorbitant de l'Évangile.
Dieu vraiment, et le même
Tel est le message que voulait annoncer et confesser le homme vraiment…
concile d'Éphèse en 431, en le traduisant sans biaiser en consubstantiel au Père se-
quoi que ce soit avec l'anéantissement du Fils de Dieu dans lon la divinité, consubstan-
la condition d'homme-pour-la-mort. Pour ce faire il a ap- tiel à nous selon l'humanité,
prouvé contre les explications de Nestorius le langage in- ...
terprétatif de Cyrille d'Alexandrie : le Verbe s'est fait chair, engendré du Père avant les
c'est-à-dire il a assumé une humanité à l'intérieur de son siècles
acte d'exister ou de sa personne. Le terme technique grec,
déjà « forgé » à propos de la formule trinitaire, était celui d' quant à sa divinité,
« hypostase », c'est pourquoi l'union du Verbe à son huma- mais aux derniers jours,
nité est appelée « union hypostatique»; il faut comprendre pour nous et pour notre
en français» union personnelle ». Pour la même raison la salut, [engendré] de Marie,
foi proclame Marie « Mère de Dieu », puisque le Fils la Vierge, la Mère de Dieu,
qu'elle a conçu et mis au monde était personnellement le
Fils de Dieu (bien que Marie ne soit évidemment pas mère quant à son humanité,
de sa divinité). un seul et même Christ,
Il n'y a donc qu'une seule personne en Jésus, celle du Verbe Fils, Seigneur, unique en-
qui s'est humanisé. Il n'a donc pas de personne humaine, gendré
distincte de sa personne divine. Certains s'en offusquent que nous reconnaissons être
aujourd'hui, pensant que cette affirmation ampute le Christ en deux natures, sans con-
d'une personnalité humaine concrète et originale. Ils y fusion ni changement, sans
voient une entorse à l'affirmation de l'humanité intégrale de division ni séparation, ...
Jésus. Cette objection repose sur une confusion entre le les propriétés de chacune
terme de « personne » au sens ancien et le terme de « per- des deux natures restant
sonnalité » au sens actuel. Si le Christ est une personne sauves et se rencontrant en
divine vraiment humanisée, il est alors devenu personne une seule personne et une
humaine et de ce fait il a une personnalité humaine origi- seule hypostase1.
nale.
Comme après Nicée le problème de la traduction interpré-
tative de l'incarnation n'était qu'à moitié résolu. Le concile Il s'agit encore une fois d'une confession de foi, qui fait
n'était pas parvenu à une formule complète. La bataille l'objet d'un enseignement, et dont les expressions sont glo-
reprit entre ceux qui recensaient deux natures dans le sées d'un commentaire interprétatif insistant successive-
Christ et ceux qui n'en comptaient qu'une. Le mouvement ment sur l'unité concrète du Christ et sur la dualité mainte-
de balancier fit que le danger venait cette fois du camp de nue de sa divinité et de son humanité. Mais le mouvement
ces derniers. Un théologien simpliste comme le moine du texte part de l'unité : un seul et même Fils, y revient en
Eutychès interprétait les expressions de Cyrille d'Alexan- cours de route et s'y arrête définitivement. C'est à l'intérieur
drie au sens d'un mélange entre la divinité et l'humanité de ce mouvement qu'il ouvre la nécessaire parenthèse qui
dans le Christ. Les passions étaient telles qu'elles abouti- exprime en quoi le Christ est « deux ». La construction du
rent à un pseudo concile scandaleux que l'histoire a retenu texte donne ainsi à penser que cette distinction nécessaire
sous le nom de « brigandage d'Éphèse » (449). A travers est le fait d'une réflexion de l'esprit qui reconnaît deux
bien des luttes et des incompréhensions mutuelles le con- dimensions non confondues dans un être unique. Pour
cile de Chalcédoine en 451 arriva à trancher le débat en prendre une analogie très insatisfaisante, il en va comme de
donnant une formule équilibrée sur l'unité du Christ, vrai notre corps et de notre âme qui, sans se confondre, ne for-
Dieu et vrai homme, que l'on résume couramment dans ment qu'un seul homme.
l'expression : une personne en deux natures. Mais cette Du côté des gloses nous retrouvons le terme de consubs-
expression squelettique ne rend pas compte du mouvement tantiel, employé deux fois, pour souligner d'une part la
d'une définition dogmatique très construite, dont voici les parfaite identité du Fils avec le Père et d'autre part sa par-
passages essentiels (ce qui fait l'objet du c'est-à-dire se faite identité avec la nature de chaque être humain. Mais
trouve sur la colonne de droite) : les expressions vraiment neuves viennent à la fin du texte.
Le Christ est vraiment Dieu et vraiment homme, c'est-à-
dire il est en deux natures. Les quatre adverbes qui suivent
sont importants car ils précisent que ces natures ne sont ni
confondues (pas de « mélange »), ni séparées (comme si
chacune d'elles avait une existence à part) ; mais aussi le
Christ est un seul et le même, c'est-à-dire il est une seule
personne ou hypostase. Bref, dans le Christ un être totale-
ment divin a pris sur lui une condition totalement hu-
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maine : le Verbe s'est fait chair.
L'intention du concile de Chalcédoine est manifeste : il
veut enseigner « la doctrine inébranlable prêchée depuis le
commencement »; il veut rendre témoignage à l'Évangile
au cœur duquel se trouve l'annonce de l'incarnation du
Verbe. Malgré la technicité — pour nous rebutante — de
son langage, il n'explique pas le mystère, il en accuse plu-
tôt les données. Le scandale de l'Évangile devient au ni-
veau de la réflexion aporie. L'aporie est ici complètement
maintenue.
La définition de Chalcédoine, bien qu'elle ait en son temps
entraîné des schismes durables, demeure aujourd'hui une
importante plate-forme œcuménique entre Orient et Occi-
dent et à l'intérieur de l'Occident déchiré, en même temps
qu'un point de repère fondamental de la christologie. Elle
est actuellement soumise à une analyse critique d'un nou-
veau style. Critique légitime, car nulle formule n'est par-
faite et nous ne pouvons nous reposer sur le travail d'actua-
lisation et de recherche de nos Pères dans la foi pour nous
dispenser d'accomplir le nôtre. Le mystère du Christ est
toujours là, que l'Église doit inlassablement annoncer de
manière signifiante à chaque génération. La quête attentive
de sa nouveauté jamais prévisible est aussi un acte de fidé-
lité.

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