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Année 2011-12,

Master de Physique M1,


Travaux dirigés de Mécanique Quantique
Les exercices marqués *, **, . . .sont plus difficiles. Ils permettent de pousser un peu plus loin les
investigations.

Table des matières


1 TD0 2

2 TD1 5

3 TD2 6

4 TD3 7

5 TD4 9

6 TD5 11

7 TD6 12

8 TD7 14

1
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique, TD -0-

Rappels et révisions

Exercice 1

Une particule de masse m, dans un espace à une dimension, est soumise à un potentiel V (x) qui est nul
dans un intervalle de longueur a et infini ailleurs. Écrire l’équation de Schrödinger, et trouver les niveaux
d’énergie et les fonctions d’ondes propres correspondantes. Justifier le choix de l’origine des axes adoptée.
Vérifier l’orthogonalité.

Exercice 2

On considère l’oscillateur harmonique à une dimension


2 2
Pop KXop
H= + .
2m 2
1) Écrire l’équation de Schrödinger pour la fonction d’onde dépendant du temps Ψ(x, t).
2) On cherche un état stationnaire d’énergie E sous la forme

Ψ(X, t) = ψ(X) exp(−iEt/h̄)

Écrire l’équation différentielle satisfaite par ψ(X).


3) Expliquer qualitativement pourquoi seules certaines valeurs de E permettent d’avoir une fonction d’onde
normalisable Z +∞
|ψ(X)|2 < +∞ .
−∞

4) On pose X = (Km/h̄2 )1/4 x et ψ(X) = φ(x). Montrer que φ satisfait hφ = φ, avec h = −d2 /dx2 +
x2 et préciser la relation entre h et H ainsi que  et E.
√ √
5) On pose p = −id/dx, a = (x + ip)/ 2 et a† = (x − ip)/ 2, ainsi que N = a† a. Donner les relations
de commutation entre ces opérateurs. Montrer que h = 2N + 1 = 2a† a − 1.
6) On note n une valeur propre de N et |ni un vecteur propre associé, supposé normalisé. Montrer que n
est forcément réel et non négatif.
7) Montrer que a† |ni est vecteur propre de N avec la valeur propre n + 1. Quelle est sa norme ?
8) Montrer que a|ni est soit nul, soit vecteur propre de N avec la valeur propre n − 1. Quelle est sa norme ?
9) Montrer que le spectre de N est formé des entiers positifs ou nuls, n = 0, 1, 2, . . .. En déduire le spectre
de H.
10) On cherche une solution paire de −φ00 (x) + x2 φ(x) = x comme

φ(x) = f (x) exp(−x2 /2) .

Écrire l’équation différentielle satisfaite par f (x). Si on cherche une solution comme série entière f (x) =
a0 + a1 x2 + · · · + an x2n + · · · , quelle est la relation de récurrence entre les an ?
11) Montrer qu’en général an+1 /an ' 1/n quand n est grand, et que f (x) ∼ exp(x2 ) quand x → ∞.
12) Retrouver ainsi les énergies des états pairs.
13) Procéder de même pour les états impairs.

1
14) Les polynômes de Hermite Hn (x) satisfont

Hn (x) = 2n xn + · · · , Hn00 − 2xHn + 2nHn = 0


Z +∞

Hn Hm exp(−x2 ) dx = δnm π2n n! .
−∞

Exprimer les fonctions propres de h en termes des Hn .

Exercice 3

Dans la molécule d’ammoniac NH3 , l’azote peut osciller par effet tunnel d’un coté à l’autre du plan des
atomes d’hydrogène. Classiquement, le potentiel est trop répulsif au milieu des deux points d’équilibre et
la transition est interdite.
Soit x la distance algébrique de N au plan H3 , et µ la masse réduite N–H3 . Le potentiel (= énergie
potentielle) est décrit très schématiquement comme


+∞ si x > b ,
V (x) = 0 si a < x < b ,


V0 si 0 ≤ x < a ,

et symétriquement pour x < 0, où V0 > 0 est la hauteur de la barrière, (a + b)/2 > 0 l’abscisse du point
d’équilibre classique, 0 < b − a la largeur du puits, et 2a la largeur de la barrière.
1) Représenter ce potentiel.
2 2
2) Écrire
p la forme de la fonction d’onde d’énergie E = h̄ k /(2µ) dans chacune des régions. On posera
K = 2µ(V0 − E)/h̄.
3) Écrire les conditions de raccordement.

On se concentre désormais sur les deux premiers niveaux. Le premier est symétrique, d’énergie Es et
de fonction d’onde ψs (x), le second d’énergie Ea et de fonction d’onde impaire ψa (x) antisymétrique.
4) Montrer qu’à la limite où V0 → ∞, ces deux états sont dégénérés. Donner leur énegie commune et leurs
fonctions d’onde.

5) On suppose que V0 est grand, mais fini, de sorte que k  K et Ka  1. On pose K0 = 2µV0 /h̄. On
utilisera les approximations bien connues tanh X ' 1 − 2 exp X pour X grand et tan(π + ) '  pour 
petit. Montrer qu’en première approximation
 
Ea + Ea h̄2 π2 2
Em = = 1− .
2 2µ (b − a)2 (b − a)K0
Ea − Es h̄2 π 2 4 exp(−2K0 a)
A= = .
2 2µ (b − a)2 (b − a)K0

6) Dans quel problème similaire trouverait-on un facteur exp(−2K0 a) impliquant la hauteur et la largeur
de la barrière ?

7) On suppose que ψ√
a (x) < 0 pour x < 0. Décrire qualitativement l’allure des états ψg = (ψ −s−ψa )/ 2
et ψd = (ψs + ψa )/ 2.
8) Décrire l’évolution en temps d’un état φ(t) qui à t = 0 serait φ(0) = ψd . Identifier la pulsation des
oscillations et la calculer en fonction des caractéristiques du problème.
√ 2
9) Vérifier
√ que ψ(x) = (1 + 2x ) exp(−x /4) est solution de −ψ (x) + (x − 7x )ψ(x) = ψ(x) avec
4 00 6 2

 = −2 2. Représenter la fonction d’onde et le potentiel. Est-ce l’état fondamental ?

2
Exercice 4

1) Un système à deux niveaux |1i et |2i, d’énergies respectives E1 < E2 est modifié par une contribution
non diagonale constante (et réelle) si bien que l’hamiltonien devient
 
E1 b
H=
b E2

Trouver les nouveaux états propres et leur énergie. Montrer sans calcul que l’écart entre les énergies est
amplifié. Généraliser ce résultat.
2) Au temps t = 0, le système est dans l’état |ψ(0)i = |1i. Calculer la probabilité de le trouver dans l’état
|2i au temps t.
3) On modélise l’excitation par laser par un terme non diagonal oscillant, soit
 
a b exp(+iωt)
H=
b exp(−iωt) c

On pose |ψ(t)i = x(t)|1i + y(t)|2i. Écrire le système différentiel satisfait par x(t) et y(t). Le résoudre
en utilisant le changement de fonction X(t) = x(t) exp(−iωt/2) et Y (t) = y(t) exp(+iωt/2). Au temps
t = 0, le système est dans l’état |ψ(0)i = |1i. Calculer la probabilité de le trouver dans l’état |2i au temps t.

3
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique. TD -1-

Ex. 1 : Modèle en couche du noyau atomique 3.2) En supposant la série infinie, établir une re-
lation de récurrence sur les coefficients Cp . Mon-
L’étude de la structure des noyaux atomiques trer alors que le comportement de cette série pour
conduit à un modèle dans lequel les nucléons se ρ → +∞ est le même que celui de la fonction
meuvent indépendamment les uns des autres dans ρ2 exp(ρ2 ). Que pensez-vous de cette solution ?
un potentiel attractif qui les confine à l’intérieur
du noyau. Lorsqu’on cherche les premiers niveaux 3.3) Déduire du résultat précédent les états
d’énergie du noyau, ce potentiel peut être décrit en d’énergie du nucléon.
bonne approximation par un potentiel harmonique 4) Donner la dégénérescence des états de plus basse
à trois dimensions. L’hamiltonien d’un nucléon de énergie. Retrouver le résultat obtenu pour les pre-
masse M dans le noyau est alors donné par : mières valeurs propres et leur dégénérescence, en
P~ 2 1 résolvant le problème en coordonnées cartésiennes.
H= ~2
+ M ω2 R
2M 2 5) Quand on étudie les énergies nécessaires pour
où P~ et R~ sont respectivement les opérateurs posi- extraire un nucléon du noyau, on constate des dis-
tion et quantité de mouvement dans l’espace à trois continuités pour des valeurs particulières du nombre
dimensions. La théorie générale sur les potentiels de nucléons (2, 8, 20, 28, 50,...) appelées “nombres
centraux a permis de montrer à partir du fait que magiques”. Le calcul effectué dans l’approximation
le hamiltonien commute avec les opérateurs de mo- harmonique permet d’interpréter les trois premiers
ment cinétique L ~ et L2 , que l’étude de la partie ra- “nombres magiques”. Voyez-vous pourquoi ?
diale φ(r) de la fonction d’onde peut être séparée
de celle de la partie angulaire Yl m (θ, Φ). Le chan- Ex. 2. Lois d’échelle
gement de fonction U (r) = rφ(r) permet alors
d’écrire l’équation vérifiée par la partie radiale sous Une particule de masse µ subit le potentiel central
une forme équivalente à l’équation de Schrödinger V (r) = (α)grα , où  est la fonction signe et g > 0
d’une particule mobile dans un espace à une dimen- (ce qui assure que l’interaction est attractive). A
sion : priori l’énergie d’un niveau de nombres quantiques
 
h̄2 ∂2 l(l + 1) {`, m, n} dépend des constantes g, µ et h̄ qui inter-
− 2+ U (r)+ viennent dans l’équation de Schrödinger.
2M ∂r r2
1)* Montrer que pour chaque niveau {`, m, n},
M ω2 r2
U (r) = EU (r) , l’énergie est de la forme
2
mais avec les conditions limites U (0) R ∞ =2 0 et E = (m/h̄2 )β g γ η ,
limr→+∞ U (r) = 0 (il faut en fait que U (r)dr
converge)
où η est l’énergie pour g = m = h̄ = 1, en préci-
1) On définit un changement de variables : ~r = a~ ρ, sant la valeur des exposants β et γ en fonction de α.
où a est un constante dimensionnée et ρ ~ une va- Retrouver les résultats familiers de l’oscillateur har-
riable. Montrer qu’un choix approprié de a permet monique et du potentiel coulombien comme cas par-
d’écrire l’équation radiale pour u(ρ) = a1/2 U (r) ticuliers.
l(l + 1) 2)** Montrer que pour un potentiel g ln r, un chan-
−u00 (ρ) + 2
u(ρ) + ρ2 u(ρ) = u(ρ) , gement de la masse µ décale l’ensemble du spectre
ρ
d’une constante.
et préciser la valeur de a et le lien entre E et .
3)*** Montrer que les fonctions d’onde radiales ré-
2) On effectue un changement de fonction inconnue duites pour les états S (` = 0) d’un potentiel linéaire
en posant : u(ρ) = f (ρ)exp(−ρ2 /2). Déterminer V (r) = gr peuvent se déduire de la fonction d’Airy
l’équation vérifiée par f (ρ). Ai(x), solution rǵulière à x → +∞ de l’équation
3) On cherche la solution de cette équation d’Airy
P∞ sous lap
forme d’une série entière : f (ρ) = ρ s
p=0 Cp ρ −y 00 (x) + x y(x) = 0 .
où s est choisi pour que l’on ait C0 6= 0.
3.1) En considérant les termes de plus basses Relier les énergies propres de V (r) = gr aux zéros
puissances, démontrer les relations : s = l + 1 et de Ai(x) (situés sur le demi-axe x < 0).
C1 = 0.
1
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique TD-2-

Moment cinétique
Exercice 1

Soit J = L + S l’opérateur de moment cinétique d’un système physique. Les vecteurs propres de J 2 , Jz
sont représentés par |j, mi. On définit les opérateurs :

J± = Jx ± iJy

1) Calculer la norme des vecteurs J ± |j, mi.


2) Donner l’expression de ces vecteurs dans la base |j, mi.
3) Dans le cas où j = 1, donner la représentation de Jx dans la base |j, mi.
4) On suppose que le système se trouve dans l’état |j = 1, mz = 1i. Quelle est la probabilité de le trouver
dans l’état |j = 1, mx = 1i.
5) Quelles sont les valeurs de j possibles lorsque l = 1 et s = 1/2.
6) Exprimer, dans ce dernier cas, les vecteurs de la base couplée |j, mi à l’aide des vecteurs de la base
découplée |l, ml , s, sz i.
7) Montrer que l’opérateur L.S est un opérateur diagonal dans la base |j, mi.

Exercice 2
Un système a pour fonction d’onde :

Ψ(x, y, z) = N (x + y + z) exp(−r2 /a2 )

où a, réel, est donné et N est une constante de normalisation.


1) On mesure sur ce système les observables Lz et L2 . Quelle probabilité a-t-on de trouver 0 pour la
première et 2h̄2 pour la deuxième ? On rappelle que : Y10 (θ, φ) = (3/(4π))1/2 cos θ.
2) En utilisant également le fait que :
 1/2
3
Y1± (θ, φ) =± (− sin θ) exp(±iφ),

peut-on prévoir directement les probabilités de tous les résultats possibles des mesures de Lz et L2 sur
l’état de fonction d’onde de Ψ(x, y, z) ?
Exercice 3
On considère les matrices de Pauli
     
0 1 0 −i 1 0
σx = , σy = , σz = .
1 0 i 0 0 −1

1) Calculer la trace et le déterminant de chacune. En déduire leurs valeurs propres.


2) On pose σ1 = σx , etc. Calculer σj σk . Vériifer que σj σk = δjk + iijk σk en précisant la signification
du tenseur .
3) En déduire que pour des vecteurs constants A et B, on a l’identité

(σ.A)(σ.B) = A.B + i σ.(A ∧ B) .

4) Calculer σkn pour tout entier positif n. En déduire une expression simplifiée de exp(aσk ) et de exp(iaσk ),
R
si a ∈ . 5) Soit R = exp(iπσy /4). Vérifier que R σx R† = σz et donner l’interprétation physique.

1
Master de Physique M1, Travaux dirigés de Mécanique Quantique, TD -3-

Moment cinétique et rotation

Exercice 1 Exercice 4

1) Quelles sont les valeurs possibles du spin total S 1) Vérifier que les trois matrices [3×3] définies par :
~ = ~s1 + ~s2 ?
dans l’addition de deux spins 1/2, soit S [Si ]jk = −ih̄ijk satisfont les relations de commu-
2) On fixe la phase de sorte que tation du moment angulaire.
2) Trouver 3 matrices [2 × 2] qui satisfont ces rela-
|(1/2, 1/2)1, 1i = |1/2, 1/2i |1/2, 1/2i tions.
3) Calculer S~ 2 dans les deux cas. Conclusion ?
En déduire la décomposition des états S = 1 avec
Sz = 0 et Sz = −1.
3) Par orthogonalité, quelle doit être, à une phase Exercice 5
près, la décomposition de
1) Soit un vecteur ~r auquel on applique une rotation
|(1/2, 1/2)0, 0i ?
infinitésimale d’angle  autour de n̂. Exprimer le ré-
Comment la phase est-elle fixée par convention ? sultat de cette rotation à l’aide de ~r, n̂ et .
4) Récapituler les coefficients de Clebsh-Gordan 2) Soit R() = 1 − (ih̄) n̂.J~op , l’opérateur repré-
pour le couplage de deux spins 1/2. sentant cette rotation dans l’espace de Hilbert d’une
5) Indiquer les symétries ( m ↔ −m, s1 ↔ s2 ). particule, avec J~op l’opérateur moment angulaire. Si
6) Vérifier que la matrice des coefficients est ortho- la particule est dans état propre |~ri de la position ~rop ,
gonale. En déduire son inverse. quel doit être la valeur propre de l’état R()|~ri qui,
par définition, représente l’état de la particule après
la rotation, En déduire que l’on doit avoir :
Exercice 2
R−1 ()~rop R() = ~rop + n̂ × ~rop + O(2 )
Reprendre l’exercice précédent pour l’addition d’un
Faire le même raisonnement pour l’impulsion p~op .
spin 1 et d’un spin 1/2.
3) En déduire les relations de commutation :
i j k
Exercice 3 [Jop , rop ] = ih̄ijk rop ,
i
[Jop , pjop ] = ih̄ijk pkop ,
Reprendre l’exercice précédent pour l’addition de
deux spins 1. 4) Montrer alors que l’on a :

J~op = ~rop × p~op + S


~op
Exercice 4
où S~op est un opérateur dont il faut préciser la na-
ture.
On considère l’addition de trois spins 1/2, soit
~ = ~s1 + ~s2 + ~s3 .
S
1) Quelle est la multiplicité de l’espace de ces trois Exercice 6
spins ?
2) Quelles sont les valeurs possibles de S ? ~.
Soit un opérateur vectoriel V
3) Constuire les états de spin total déterminé, notés 1) Rappeler comment se transforment les compo-
santes cartésiennes de cet opérateur lors d’une ro-
|(s12 , 1/2)S, Sz i
tation R. Trouver les relations de commutation de
vérifier la multiplicité et indiquer les propriétés de ces composantes avec l’opérateur moment angulaire
transformation de ces états vis-à-vis des permuta- en utilisant une rotation infinitésimale .
tions. 2) À l’aide des composantes standard de cet opéra-
4) Montrer que les états |(0, 1/2)1/2, 1/2i et teur vectoriel définies comme suit :
|(1, 1/2)1/2, 1/2i sont orthogonaux. 1
V 1,±1 = ∓ √ (Vx ± iVy ) , V 1,0 = Vz
2

1
~ se transforme comme un OTI de
Montrer que V où L~ et S
~ sont le moment angulaire total et le spin
rang 1. total du système et µB est le magnéton de Bohr :
µB = e/(2me ) avec e (< 0) et m la charge et la
masse de l’électron.
1) Montrer que le moment magnétique peut être re-
Exercice 7 lié au moment cinétique total du système J~ par la
relation
µB ~
L’opérateur vectoriel représentant le moment ma- µ
~ =g J

gnétique d’un système est défini par la relation sui-
vante : où g est un facteur appelé le facteur de Landé.
µB ~ ~
µ
~= (L + 2S) 2) Déterminer l’expression de g à l’aide de J, L et S.

2
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique
TD -4-

Matrices de rotation

Exercice 1

La rotation R d’un système peut être paramétrée à l’aide des angles d’Euler α, β et γ. Dans ce cas là,
l’opérateur rotation s’écrit :

D(R) = D(α, β, γ) = exp(−iαJz /h̄) exp(−iβJy /h̄) exp(−iγJz /h̄) ,

où J~ est le moment angulaire total du système. On définit les matrices de rotation :


j 0
Dmm 0 (α, β, γ) = hjm|D(α, β, γ)|jm i

et les matrices de rotation réduites :


j
djmm0 (β) = Dmm 0 (0, β, 0)

~ Montrer que l’on a :


1) Soit a l’ensemble des valeurs propres des opérateurs qui commutent avec J.
j
hajm|D(α, β, γ)|a0 j 0 m0 i = δ(a − a0 )δ(j − j 0 )Dmm 0 (α, β, γ)

où les états {|ajmi} sont supposés être normalisés. En déduire :


X j
D(R)|ajmi = Dm0 m (α, β, γ)|ajm0 i
m0

puis : X
Ylm (R−1 (r̂)) = l
Dm 0 m (α, β, γ)Ylm0 (r̂)

m0
2) Montrer que les matrices de rotation sont unitaires.
3) Montrer par récurrence que :

hjm|(Jy )n |jm0 i = hj − m0 |(Jy )n |j − mi

puis, en utilisant une rotation de π autour de l’axe z :


0
djmm0 (−β) = (−1)m−m djmm0 (β)

En déduire la relation : 0
j ∗ m−m j
Dmm 0 (α, β, γ) = (−1) D−m−m0 (α, β, γ)

4) En utilisant le fait qu’un vecteur unitaire d’angle (θ, φ) s’obtient par rotation du vecteur unitaire porté
par l’axe Oz, montrer que, pour ψ arbitraire :
r
∗ l 2l + 1
Ylm (θ, φ) = Dm0 (φ, θ, ψ)

5) En appliquant la même rotation à 2 systèmes indépendants, montrer que :

j1 j2
X j
Dm 0 (R)Dm m0 (R) =
1m 1 2 2
hj1 m1 , j2 m2 |jmihj1 m0 1 , j2 m0 2 |jm0 iDmm 0 (R)

jmm0
X   
j1 j2 j3 j1 j2 j3
= (2j3 + 1) D∗ jm3 m0 3 (R)
m1 m2 m3 m0 1 m0 2 m0 3
j3 m 3 m0 3

1
6) En déduire la relation :
r
X (2l1 + 1)(2l2 + 1)(2l + 1)
Yl1 m1 (θ, φ)Yl2 m2 (θ, φ) = ×

lm
  
l1 l2 l l1 l2 l ∗
Ylm (θ, φ)
m1 m2 m 0 0 0

2
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique
TD -5-

Système à deux nucléons

Exercice 1 7) S12 commute-t-il avec L2 et avec P ? Quelles


sont les conséquences sur la nature des états station-
Nous proposons d’étudier les états stationnaires naires ?
d’un système à deux nucléons. l’interaction entre 8) Le hamiltonien Hr est-il invriant en échangeant
~ ~
deux nucléons peut être donnée par le potentiel sui- les deux spins S1 et S2 ? Quelles sont les consé-
vant : quences sur l’état de spin du système ?
9) Le deuton est un système lié de deux nucléons
V = V1 (r) + V2 (r) S ~1 .S
~2 + V3 (r) L. ~ S~ + V4 (r) S12
avec un moment cinétique J = 1 et de parité po-
où r = |~r1 − ~r2 | est la distance entre les deux nu- sitive. Montrer que l’état fondemental du deuton
cléons et S~1 , S
~2 leurs spins. L, ~ S~ sont respective- lorsque la projection de moment cinétique dans la
ment le moment angulaire et le spin total du sys- direction Oz est égale à h̄, peut s’écrire sous la
tème. S12 est un tenseur d’ordre 2 donné par l’ex- forme : *
pression :
! ψ = f (r)Y0,0 χ1,1 + g(r) Y2,0 χ1,1 +
3S~1 . ~rS~2 .~r 
S12 = 4 −S~1 .S
~2 λY2,1 χ1,0 + µY2,2 χ1,−1
r 2

1) Donner l’expression du hamiltonien de ce sys- où f et g deux fonctions réelles.


tème. 10) Déterminer les valeurs de λ et de µ.
2) Montrer que l’étude des états stationnaires de ce 11) Donner la norme de ψ.
système peut se limiter à l’étude du hamiltonien re- 12) Dans la suite on remplace
√ f (r) par ψS (r) cos ω
latif Hr . et g(r) par ψD (r) sin ω/ 10 avec :
3) En l’absence du terme tensoriel, montrer que
Z∞ Z∞
le hamiltonien relatif réduit Hr0 commute avec 2
r ψS2 dr = r 2 ψD
2
dr = 1
S 2 , L2 , J 2 et Jz où J~ est le moment cinétique total
du système. 0 0

4) Donner, dans ce cas, l’expression des états Montrer que :


propres en tenant compte de la question précédente.
5) Le hamiltonien Hr0 commute-t-il avec l’opéra- χ1,1  1
teur parité P ? Quelles sont les conséquences sur ψ=√ ψS (r) cos ω + √ 2 ψD (r) sin ωS12
4π 2 2h̄
la parité des états stationnaires du système ? Peut-
on exprimer la parité de ces états en fonction des 13) Écrire l’équation de Schrödinger satisfaite par
nombres quantiques associés ? ψ. En déduire que ψS et ψD satisfont deux équa-
tions différentielles couplées que l’on demande de
préciser.
Nous allons à présent étudier les conséquences 14) * Montrer que l’énergie du deuton est inférieure
du terme tensoriel. à celle obtenue dans l’approximation où le couplage
6) Montrer que S12 peut s’écrire sous la forme sui- S-D est négligé.
vante : 15) ** Quelle serait la simplification de la dyna-
~ 2 − S2)
S12 = 2(3(S.r̂) mique dans la limite où V4 (r) est très grand ?

1
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique
TD -6-
Méthode variationnelle
Exercice 1

On assimile la molécule HCl à un oscillateur harmonique linéaire. On ne s’occupera pas des vibrations
des noyaux de la molécule. L’hamiltonien qui représente le mouvement relatif des noyaux peut s’écrire :

1 2 µω 2 2
H0 = P + X
2µ x 2
où µ est la masse réduite des deux atomes de la molécule et ω la fréquence classique.
1) Recherche de l’état fondamental et du premier état excité :
a) On prend comme fonction d’essai de l’état fondamental :

ψ0α (x) = exp(−αx2 ) (α > 0)

En prenant α comme paramètre d’essai, déterminer l’énergie de l’état fondamental et la fonction d’onde
correspondante.
b) On choisit maintenant la fonction ψ1α (x) = x exp(−αx2 ). Cette fonction ψ1 étant orthogonale à la fonc-
tion d’onde de l’état fondamental, on peut obtenir une approximation du premier état excité. Déterminer
son énergie et la fonction d’onde correspondante.
2) On place la molécule dans un champ électrique E, ~ uniforme et constant. La molécule s’aligne avec le
champ. L’hamiltonien en présence du champ devient :

H = H0 + qEx

Soient u0 (x), u1 (x) les fonctions d’onde exactes respectivement de l’état fondamental et du premier état
excité en champ nul. On choisit la fonction d’essai :

ψ a0 ,a1 (x) = a0 u0 (x) + a1 u1 (x)

Quelle énergie trouve-t-on pour l’état fondamental de molécule en présence du champ ?


Quel est le sens de l’approximation ?
Quelle est la valeur approchée du premier niveau excité ?
Comparer avec la valeur exacte de ces deux niveaux.

1
Exercice 2

1) En négligeant l’interaction répulsive entre les deux électrons dans l’atome d’hélium, déterminer l’énergie
de l’état fondamental.

2) En utilisant la fonction d’essai


 
z3 r1 + r2 h̄
ψ(~r1 , ~r2 ) = exp −z a0 =
πa30 a0 mcα

avec z comme paramètre d’essai, déterminer l’énergie de l’état fondamental en tenant compte de l’interac-
tion entre les deux électrons.

3) Quelle est la contribution relative de ce terme à l’énergie de l’atome d’hélium ?

4) Quelle est l’interprétation physique de la valeur de z qui assure la meilleure énergie ?

5) Montrer que l’approximation sera meilleure si l’Hélium est remplacé par un ion à deux électrons de
charge nucléaire Z > 2.

6) On fait varier Z continûment. Montrer que l’approximation précédente est limitée à Z > Z0 , avec Z0
(que l’on calculera) supérieur à 1, et donc ne peut expliquer la stabilité de l’ion H− .

7) ** Montrer que la fonction d’onde (non normalisée)

φ(~r1 , ~r2 ) = exp(−αr1 /a0 − βr2 /a0 ) + exp(−βr1 /a0 − αr2 /a0 )

permet d’établir la stabilité de l’ion H− .

2
Master de Physique
Travaux dirigés de Mécanique Quantique TD -7-
Méthodes de perturbation

Exercice 1

Calculer au premier ordre en perturbation la correction à l’énergie de l’état fondamental d’un atome hydro-
génoïde due à la taille finie du noyau. On suppose que la charge du noyau est répartie uniformément dans
un volume sphérique de rayon R, où R est beaucoup plus petit que le rayon de Bohr.
Quel est le sens de l’approximation par rapport à ce que serait un calcul exact ?
Cette correction est-elle plus grande ou plus petite pour les atomes muoniques, où un électron est remplacé
par un muon environ 200 fois plus lourd.

Exercice 2

Un rotateur rigide sphérique ayant un moment d’inertie I et un moment dipolaire électrique d~ = dr̂ est
placé dans un champ électrique uniforme E. ~ En considérant le champ électrique comme une perturbation,
calculer la première correction non nulle aux niveaux d’énergie du rotateur.
On donne :
Z
dr̂Yl1 m1 (r̂)Yl2 m2 (r̂)Yl3 m3 (r̂) =
  
1 l1 l2 l3 l1 l2 l3
√ [(2l1 + 1)(2l2 + 1)(2l2 + 1)]1/2
4π m1 m2 m3 0 0 0
avec    1/2
l 1 l+1 l+m+1 (l + m + 1)(l − m + 1)
= (−1)
m 0 −m (2l + 1)(2l + 2)(2l + 3)

Exercice 3

Calculer au premier ordre en perturbation le déplacement des niveaux d’énergie d’un atome hydrogénoïde
produit par l’augmentation d’une unité de la charge nucléaire (émission d’un β − ). On rappelle que la valeur
moyenne de 1/r sur un état n de l’atome d’hydrogène est 1/(n2 a0 ) où a0 est le rayon de Bohr.

Exercice 4 (*)

Un système de masse réduite µ interagit au moyen du potentiel

V (r) = −a/r + br2 ,

où a et b sont deux constantes positives. Il pourrait s’agir d’un modèle pour les mésons composés d’un
quark et d’un antiquark. On se demande lequel des deux termes pourrait être traité comme une perturbation
par rapport à l’autre, pour évaluer l’énergie de l’état fondamental.
1) Si vous avez fait les deux calculs, lequel choisissez-vous ?
2) Quelle approximation sera la meilleure selon que µ est très grand ou très petit ?
3) Faire le calcul explicitement.

Exercice 5 (**)

Soit H0 + λV un hamiltonien perturbé, dont on suit l’évolution d’un état propre supposé non dégénéré,

E = E0 + λE1 + λ2 E2 + · · · ψ = ψ0 + λψ1 + · · ·

1
On suppose que hψ0 |ψn i = δn0 .
1) Montrer que E1 = hψ0 |V |ψ0 i.
2) * Montrer que E2 = hψ0 |V |ψ1 i.
3) **** Montrer que E3 = hψ1 |V − E1 |ψ1 i.
4) Un oscillateur harmonique est perturbé par un terme impair, soit après simplification (voir TD -1-)
H = −d2 /dx2 + x2 + λV (x) en représentation de configuration, E0 = 1 et ψ0 (x) = π −1/4 exp(−x2 /2).
Montrer que ψ1 (x) est solution d’une équation différentielle inhomogène (équation de Sternheimer ou de
Dalgarno-Lewis).
5) Résoudre cette équation pour V (x) = x. En déduire E2 .
6) Retrouver E2 par sommation sur les états non perturbés.
7) **Résoudre l’équation de Sternheimer pour V (x) = sin(αx), et en déduire la correction d’énergie au
deuxième ordre.
8) ***** Montrer que pour V quelconque
Z +∞ Z x Z +∞ 
dx0 00 00 2 00
E2 = − v(x)ψ0 (x)2 dx 0 2
v(x )ψ 0 (x ) dx .
−∞ 0 ψ0 (x ) x0

9) Discuter des mérites respectifs de la sommation sur les états non perturbés et de l’équation de Sternhei-
mer .

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