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Economie / Droit Première G

SOMMAIRE
ECONOMIE GENERALE………………………..…………………………………….……2
1ère partie : Les formes d’organisations économiques………..…………………….……....3
Chapitre 1 : les formes précapitalistes d’organisation économique……..…..…….……….… 3
Chapitre 2 : le capitalisme……………………………………………….…...…………..…… 4
Chapitre 3 : le socialisme…………………………………………………….…..…………… 6
2ème Partie : Eléments de comptabilité nationale… ……. .………………….....………….7
Chapitre 1 : la comptabilité nationale…………………………………………....…………… 7
Chapitre 2 : les interdépendances et le circuit économique……….....……………………… 11
Chapitre 3 : les agrégats économiques………..……………………….……….………..……15
3ème Partie: Les mécanismes de la vie économique…………… .……….…………….….17
Chapitre 1 : la monnaie …………………………………………………….………..……….17
Chapitre 2 : le crédit…………………….……………………..………………………..…….21
Chapitre 3 : les marchés et les prix………………………………………….………….…… 22
4ème Partie: L’intervention de l’Etat….…………………..………………...……………..25
Chapitre 1 : le budget de l’Etat……………………………………………....……………… 25
Chapitre 2 : l’action de l’Etat………………………………………………...……………… 28
Chapitre 3 : les déséquilibres économiques et leur correction……….………..………..…… 29

ECONOMIE ET ORGANISATION DES ENTREPRISES……………………….……..31


1ère partie : La fonction commerciale….....................…………………….……………......31
Chapitre 1 : la notion d’entreprise….……………………………….…………..…………… 32
Chapitre 2 : l’approvisionnement………….……….…………………………...…………… 33
Chapitre 3 : la vente……………..…………………………………………………………... 36
2ème Partie : La fonction finance…………...…………………………………………….....42
Chapitre 1 : les moyens de financement……………………………………………………...42
Chapitre 2 : les moyens de règlement ou de payement…….…………………………..……..45
3ère partie : La fonction administrative…………………………………………………….48
Chapitre 1 : les formes d’organisation des entreprises………………………………….…….48
Chapitre 2 : la direction générale……………………………….…….………………………52
4ème Partie : La fonction technique…………………………………………………………54
Chapitre 1 : les problèmes de la production…….……..……………………….…….……….54
Chapitre 2 : organisation de la production……………………………………………………56
Chapitre 2 : organisation du travail……………………………………………...…..………..58

DROIT……………………………………………………….…………………...…………..61
1ère partie : Structure juridique de l’entreprise…...............................................................62
Introduction : l’entreprise…..……..…………...……………………..……………………….62
Chapitre 1 : le commerçant…………………………..……………………………………….64
Chapitre 2 : les sociétés commerciales….….……….……..…………………………………70
2ème Partie : Les obligations……….………………………..……………...………………..80
Chapitre 1 : définition et sources des obligations…………….……………..………………..80
Chapitre 2 : les contrats……………………………………………………………………….82
Chapitre 3 : la responsabilité civile délictuelle……….………………………………………91

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Economie / Droit Première G

ECONOMIE GENERALE

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PREMIERE PARTIE : LES FORMES D’ORGANISATION ECONOMIQUE


CHAPITRE 1 : LES FORMES PRECAPITALISTES D‘ORGANISATION ECONOMIQUE

I-LE SYSTEME PRE-ECONOMIQUE


Un système est dit pré-économique lorsque les fonctions économiques sont
confondues avec les fonctions politiques, sociales et religieuses.
Dans un tel système, l’économie est influencée par les liens de parenté, la politique
et la religion. Les rapports fonctionnent sous forme de rapports de production. Les taches de
production sont exécutées et contrôlées par le groupe qui produit tout ce qu’il consomme.
La propriété y est collective. Il n’ya pas de véritable échange : le principe essentiel des
échanges est le don réciproque sous forme de troc.

II-LE SYSTEME D’ECONOMIE DOMANIALE


L’économie est domaniale parce que le cadre dans lequel l’économie se réalise est le
domaine qui est soit rural soit féodal c’est-à-dire que l’essentiel des moyens de production
appartiennent soit à la communauté rurale soit aux seigneurs. Cette économie qui se suffit à
elle-même est fermée : aucun échange n’est possible avec l’extérieur.
La société domaniale vit en autarcie et est caractérisée par l’autosuffisance ou
l’autosubsistance.

III-L’ECONOMIE ARTISANALE
Cette forme d’économie s’explique par :
 La renaissance des villes marquée par une plus grande sécurité
 la décadence de l’économie domaniale
 la formation et l’essor d’une classe sociale nouvelle: la bourgeoisie
 le développement de l’esprit d’association
L’économie artisanale est une économie basée sur l’activité professionnelle accomplit dans
un cadre associatif dont le champ de réalisation est la ville : c’est une économie urbaine par
excellence. Les moyens de production appartiennent aux artisans indépendants regroupés
en corps de métier ou corporation qui fonctionne suivant des règles : le corporatisme.

IV-L’ECONOMIE PASTORALE
C’est une économie axée prioritairement sur l’agriculture et l’élevage. Les moyens de
production y sont rudimentaires et archaïques.
La propriété des moyens de production est collective et la société est organisée en castes.

CONCLUSION

Les économies précapitalistes sont caractérisées par une absence de recherche du


profit et l’usage de la monnaie est limitée voire inexistante.

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Economie / Droit Première G

CHAPITRE 2 : LE CAPITALISME : SYSTEME ET REGIMES ACTUELS

Un régime économie est l’organisation réelle et concrète de l’activité économique qui


s’inspire d’un système correspondant de façon plus ou moins homogène. C’est l’application
concrète des principes d’un système économique à la réalité d’un pays.
Un système économique est un ensemble cohérent de principes selon lequel l’économie est
organisée. Il se caractérise par ses institutions (politiques, juridiques et sociales), ses
mécanismes économiques et son idéologie.
Les systèmes n’existent jamais en pratique à l’état doctrinal (état pur).

I-DEFINITION DU CAPITALISME
Le capitalisme est la manifestation du libéralisme, doctrine économique qui affirme qu’il
faut « laisser faire les hommes et laisser passer les marchandises». Autrement dit, on
donne caution aux mécanismes du marché pour organiser les activités des hommes sans
aucune entrave.

II-LES FONDEMENTS DU CAPITALISME


L’édification du capitalisme repose sur cinq (5) piliers fondamentaux :

1- la liberté d’entreprise
Chaque individu est libre d’entreprendre une activité économique sans aucune restriction:
c’est l’initiative privée.

2- la propriété privée des moyens de production


C’est le droit sacré et inviolable en vertu duquel les moyens de production appartiennent
aux particuliers dans la perspective de réaliser le maximum de profit.

3- la libre concurrence
Tous les producteurs sont concurrents, chacun s’efforçant de mettre à la disposition des
consommations des produits de qualité à des prix compétitifs.

4- la non intervention de l’Etat dans l’activité économique


L’Etat ne doit prendre en charge ni la création ni la gestion des entreprises. Il doit se
confiner dans ses fonctions régaliennes c’est-à-dire assurer la sécurité intérieure, la défense
extérieure et la justice.

5- le libre échange
Les échanges entre les acteurs de l’économie se font selon le consentement des partenaires
en présence sur les marchés. Sur ces marchés, se met en place la » loi de l’offre et de la
demande » : c’est l’économie de marché

III- LES MECANISMES DU SYSTEME CAPITALISTE


Ils s’articulent autour de trois (3) notions fondamentales : l’entreprise, le marché et la
neutralité de l’Etat

1-L’entreprise
C’est la cellule de base de l’activité économique.

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2-Le marché
C’est le lieu de rencontre de l’offre et de la demande où se forment les prix. Le marché
concentre les mécanismes de l’échange commandés par la « loi de l’offre et de la
demande ».

3-La neutralité de l’Etat


L’Etat n’intervient pas dans l’économie ; il joue le rôle de gendarme.

IV- L’EVOLUTION DU CAPITALISME


1-processus fondamental propre à l’évolution du capitalisme
a- le progrès technique
La concurrence oblige chaque acteur économique à rechercher des techniques
nouvelles capables de permettre la production de bien et services de qualité.

b- la concentration
C’est une tendance aux regroupements des entreprises. La production est alors réalisée par
un nombre d’entreprises de plus en plus réduit de taille de plus en plus grande.

c-la multinationalisation
C’est une tendance par laquelle une grande entreprise nationale appelée maison-mère
possède ou contrôle plusieurs firmes dans d’autres pays.

2-la socialisation croissante des économies capitalistes


Au regard de la formation initiale de l’économie et vu l’évolution de celle-ci, on constate que
les principes fondamentaux décrits ont été profondément aménagés. Cela se ressent dans le
rôle tenu par l’Etat.

a- le développement du secteur public


Des formes de propriété collective apparaissent avec une prépondérance du secteur public
produisant des biens et services marchands et non marchands (électricité, santé, éducation).

b-L’accroissement des prélèvements obligatoires


Au moyen de sa politique fiscale, l’Etat intervient dans l’économie par l’impôt qu’il
prélève en vue de financer ses actions. Cela lui permet de soutenir certains secteurs
d’activités (par des subventions) et certaines classes sociales (par des allocations diverses).

c-L’interventionnisme économique croissant de l’Etat : La planification indicative.


L’Etat élabore des plans et des programmes en vue d’impulser le développement
économiques. Il intervient également en réglementant les relations économiques et sociales
(droit du travail, contrôle des prix et du niveau des salaires, réglementation de la
concurrence, l’interdiction de la production, de l’importation et de la consommation de
certains biens).

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CHAPITRE 3 : LE SOCIALISME : DOCTRINE ET REGIMES ACTUELS

I-DEFINITION
Le socialisme est un système économique issu de la doctrine économique et politique
appelée le marxisme (doctrine de Karl Marx) qui recherche une société égalitaire dans
laquelle aucun groupe social ne dominerait l’autre. De sorte que l’intérêt collectif aurait la
primauté sur l’intérêt individuel.

II-FONDEMENTS DU SYSTEME SOCIALISTE


1-La propriété collective des moyens de production
La propriété privée est bannie et remplacée par l’appropriation collective des moyens
de production (sols, sous-sols, entreprises etc.). Car la propriété privée est perçue comme un
facteur d’exploitation des travailleurs et d’accumulation injuste des profits.

2-la planification autoritaire et centralisée


Le plan est le régulateur de l’activité économique socialiste. Il détermine et fixe les
biens et services à produire, les prix et les quantités, l’investissement et la distribution. Le
plan est impératif d’où la notion d’économie planifiée.

III-L’EVOLUTION DU SYSTEME SOCIALISTE


A la chute du mur de BERLIN en 1989, le modèle socialiste a connu une évolution
marquée de plus en plus par l’adoption des fondements du système capitaliste. Deux
modèles ou régimes apparaissent principalement en Europe et ils caractérisent les pays en
transition. Ce sont le socialisme de marché et le socialisme autogestionnaire.

1-le socialisme de marché : Hongrie-Pologne


La transition vers l’économie de marché ne se fait pas au même rythme; deux
conceptions s’affrontent :
 la thérapie de choc à la polonaise qui consacre l’immersion brutale dans le
capitalisme par l’adoption des mécanismes du marché.
 le gradualisme à la hongroise qui préconise des réformes de façon progressive.

2-le régime économique yougoslave ou socialisme autogestionnaire


L’omniprésence de l’Etat par ses interventions dans les activités économiques est de
plus en plus limitée et une certaine liberté est accordée aux entreprises et aux collectivités
locales dans le choix de leur activité et même pour fixer les prix sur les marchés : on parle de
décentralisation.
Les entreprises sont de plus en plus autonomes puisqu’elles détiennent les moyens
de production : c’est l’autogestion.

CONCLUSION
Le passage d’un mode de production à un autre se fait difficilement en raison de certains
blocages politiques et de structures de remplacement qui n’étaient pas prêtes. De façon
générale, tous les pays socialistes au départ ont fini par se rapprocher du capitalisme ou
connaissent une transition de plus en plus accentuée de leurs économies vers les
mécanismes du marché. On observe par ailleurs, une forte socialisation des économies
capitalistes. Il n’y a donc plus d’économie capitaliste ou socialiste à la mode doctrinale.

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DEUXIEME PARTIE : ELEMENTS DE COMPTALITE NATIONALE

CHAPITRE 1 : LA COMPTABILITE NATIONALE

I-DEFINITION
La Comptabilité Nationale est une technique de synthèse statistique permettant de
présenter l’ensemble de phénomènes économiques d’une nation dans un cadre comptable
cohérent en vue de préparer la prise de décisions politiques.

II-LES ACTEURS DE LA COMPTABILITE NATIONALE : LES SECTEURS INSTITUTIONNELS


Ils sont classés en fonction de leurs ressources principales et de leurs fonctions
principales. Ce sont :

1-Les Sociétés et Quasi-Société Non Financières (SQSNF)


Ce sont les entreprises dont l’activité principale est de produire des biens et services
marchands non financiers. Leurs ressources proviennent du montant de la vente de leurs
produits et des subventions.

2-Les Ménages y compris les entreprises individuelles


On appelle ménage un ensemble d’individus ayant des liens de parenté ou non, qui
vivent sous un même toit ou qui réalisent ensemble leur consommation (avec le même
revenu). Leur fonction principale est la consommation ou la production de biens et service
marchands. Leurs ressources principales sont constituées de la rémunération des facteurs de
production en intérêts, dividendes, salaires, transferts et la vente de services marchands.

3-Les Institutions Financières bancaires ou non bancaires


 Les institutions non bancaires : elles jouent le rôle d’intermédiaires financiers entre
les agents à capacité de financement et les agents à besoin de financement. Leur fonction
principale est la collecte de l’épargne et l’octroi des crédits.
 Les Institutions financières bancaires : en plus de la collecte des dépôts et de leur
transformation en crédit, elles bénéficient d’un pouvoir de création monétaire nécessaire au
financement de l’économie (par leurs opérations d’escompte). Elles se composent de deux
catégories :
 Les banques centrales
 Les banques commerciales

4-Les entreprises d’Assurance


Elles ont pour activité principale d’assurer c’est-à-dire de garantir le paiement d’une
indemnité en cas de réalisation d’un sinistre. Leurs principales ressources proviennent de la
collecte des primes contractuelles ou volontaires.

5-Les Administrations publiques


Leur fonction principale est la production de services non marchands destinés à la
collectivité et la redistribution des revenus et des richesses nationales (allocations familiales,
allocations chômage, pensions de retraite, bourses d’étude). Leurs ressources principales
proviennent des prélèvements obligatoires (impôts) et des versements effectués par les
autres secteurs tels que la CNPS, les mairies, la CGRAE, le Trésor Public.

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6-Les Administrations privées


Leur fonction principale est de réaliser des prestations de services non marchands
destinés à certaines catégories de personnes ou la production de services marchands sans
but lucratif. Leurs ressources principales sont constituées des cotisations de leurs membres
ou des revenus de leurs ventes (ONG, Associations, partis politiques etc.).

7-Le Reste du Monde


C’est une catégorie d’agents économique résidents en dehors du territoire national
et qui entretiennent des relations économiques avec les agents économiques nationaux.

III-LES OPERATIONS RETENUES PAR LA COMPTABILITE NATIONALE


Les opérations économiques des secteurs institutionnels comprennent : les
opérations sur les biens et services, les opérations de répartition et les opérations
financières.

A- Les opérations sur les biens et services


Elles concernent deux catégories d’opérations qui s’équilibrent entre elles : les
ressources et les emplois. Ces opérations décrivent l’origine des ressources et la destination
des emplois.

1-les ressources
Ce sont les opérations qui ont pour objet la mise à la disposition de l’économie les
biens et services dont elle a besoin. Il s’agit principalement de la production des biens et
services marchands ou non réalisée par les unités résidentes (P) mais aussi des importations
de biens et services provenant de l’extérieur en direction du territoire national(M).

2-Les emplois
Ce sont les opérations qui sont traduites par l’utilisation de tous les biens et services
dont dispose l’économie à un moment donné. On a:
-la Consommation Finale(CF)
-la Consommation Intermédiaire(CI)
-la formation Brute du Capital Fixe(FBCF)
-les Variations de Stocks(∆S)
-les Exportations (X)

3-L’équilibre Ressources-Emplois
Il s’établit entre ressources et emplois l’équilibre suivant :
P + M = CF + CI + FBCF + ∆S + X

B- Les opérations de répartition


Elles consistent à analyser la formation et l’utilisation du revenu par les différents
acteurs de l’économie. La Comptabilité Nationale retient deux grandes catégories
d’opérations : opérations de répartition du revenu et opérations de transfert en capital.

1-Les opérations de répartition du revenu


C’est une forme de répartition appelée répartition primaire ; elle correspond à la
rémunération due pour une participation directe à la production.

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2-Les opérations de transferts en capital


Ces opérations agissent directement sur les revenus des auteurs ou des bénéficiaires.
Elles ont pour objet de modifier le patrimoine des agents économiques. Elles comprennent
les aides à l’investissement (subventions d’équipement, primes…) et d’autres transferts
(impôts spécifiques, discrimination positive etc.).

C- Les opérations financières


Elles sont relatives à la création et à la circulation des moyens de règlement ou de
financement nécessaire à l’activité économique. Elles se traduisent par les variations de
créances et de dettes des secteurs institutionnels. On distingue :
-Les opérations de paiement
-Les opérations de placement
-Les opérations de financement
-Les opérations sur les réserves techniques d’assurance

IV-LES COMPTES DE LA COMPTABILITE NATIONALE ET LES TABLEAUX ECONOMIQUES


L’activité des secteurs institutionnels est retracée à l’aide de compte et ces comptes
servent à dresser les tableaux économiques.

A- Les Comptes
Un compte est un document qui regroupe les flux annuels générés par l’activité des
différents secteurs institutionnels. La comptabilité nationale en utilise plusieurs :

1-Le compte de production


Son solde appelé valeur ajoutée permet de mesurer la contribution du secteur
productif au Produit Intérieur Brut (PIB) : cette valeur ajourée est hors taxe.
Valeur Ajoutée = Production – Consommations Intermédiaires, (évalués en hors taxe)

2-le compte d’exploitation


Ce compte décrit la répartition primaire (répartition de la valeur ajoutée augmentée
des subventions d’exploitation reçues). Il fait apparaître un solde qui est l’Excédent Brut
d’Exploitation (EBE).
Excédent Brut d’Exploitation = V A + Subvention d’Exploitation
- Rémunération des Salariés
- Impôt sur la Production
3-Le compte de revenu
Il décrit la répartition secondaire du revenu. Il fait apparaître un solde qui est le
Revenu Disponible Brut (RDB).
Revenu Disponible Brut = EBE + Impôts sur les sociétés
+Impôts versés
+Dividendes
-Intérêts versés

4-Le compte d’utilisation du revenu


Il décrit l’utilisation du revenu disponible brut par le secteur productif pour la
consommation et l’épargne. Le solde qui apparaît est appelé Epargne Brut (EB).
Epargne Brut = RDB – Consommation Finale

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5-Le compte du Capital


Il décrit la formation et l’accumulation du capital. En ressource on a, l’épargne brute
augmentée des transferts en capital reçus (TKR). Son solde permet de mettre en lumière
l’épargne dégagée (ED).
Epargne Dégagée = EBE + TKR
-Investissements publiques réalisés par le secteur ou FBCF
+ TKV +Variation de Stocks)

Remarque : Lorsque l’épargne dégagée est supérieure au montant des investissements


réalisés, on parle de capacité de financement dans le cas contraire, on parle de besoin de
financement.

B- Les tableaux économiques


1-Le tableau économique d’ensemble ou tableau d’entrés-sorties
Il est conçu pour décrire les phénomènes de consommation intermédiaires : « les
entrées » et le produit final « les sorties » de l’appareil de production au niveau des
branches. C’est le compte de résultat de la nation. Il enregistre pour une année les
ressources et les emplois de chaque secteur.
Le secteur d’activité regroupe toutes les entreprises qui exercent la même activité
principale.
La branche est constituée de l’ensemble des activités qui concourent à la fabrication
d’un produit donné ; elle regroupe les unités de production homogènes. Alors que le
secteur, recouvre une réalité hétérogène.

2-Le tableau des opérations financières


C’est une représentation synthétique des flux financiers réalisés par chaque secteur
au niveau des branches d’activité au cours d’une période donnée. Il permet de mettre en
évidence les principaux circuits de financement de l’économie.

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CHAP 2 : LES INTERDEPENDANCES ET LE CIRCUIT ECONOMIQUE

Les interdépendances traduisent l’ensemble des échanges, des relations réciproques et


nécessaires qui s’établissent entre les différents agents économiques. Les activités
engendrent des flux qui se déroulent dans un cadre appelé circuit économique.

I- LES FLUX ECONOMIQUES


1-Définition
On appelle flux tout mouvement d’un ensemble d’objets ou de valeur d’un pôle vers un
autre. Le flux est dit économique lorsque ce mouvement concerne des biens économiques.

2-Les différents types de flux


On distingue deux types de flux : flux financiers ou monétaires et flux matériels ou réels.

a- les flux matériels ou réels


Ce sont des flux de marchandises, de matières premières, de produits finis ou semi-
finis. C’est le cas du déplacement du cacao d’une zone de production vers le port d’Abidjan.

b- les flux monétaires ou financiers


Ce sont des mouvements de capitaux (création ou circulation d’instruments
monétaires) entre les agents économiques.
Exemple : le paiement des salaires des ouvriers, le versement de dividendes aux associés.
On remarque de plus en plus, le développement de flux mixte qui sont à la fois réels
et financiers.

II-LES AGENTS ECONOMIQUES ET LEUR ROLE


1-Les flux des Ménages
 achat de biens et services
 épargne
 l’investissement
2-Les flux des Entreprises
 production de biens et services marchands
 achat de biens et services
 épargne
 emprunt de capitaux

3-Les flux des Administration


a- les flux des Administrations publiques
 production de biens et services non marchands destinés à la collectivité
 emprunt de capitaux
 redistribution de revenus sans contrepartie

b- les flux des Administrations privées


 production de biens et services marchands ou non destinés à un groupe particulier
de population.
 emprunt de capitaux

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4- Les flux des Institutions financières


a- les flux des banques
 octroi de prêts et crédits
 réception de dépôts
 paiement des salaires
b- les flux des Assurances
 réception de dépôts financiers
 paiement des indemnités
 paiements des salaires

5-Les flux de l’Extérieur (RDM)


 importations ou Exportations
 transferts de capitaux
 emprunts et Remboursements

III-LE CIRCUIT ECONOMIQUE


1-Définition
On appelle circuit économique le chemin parcouru par l’ensemble des flux réels et
monétaires nés de l’activité des agents économiques. On distingue circuit réel et circuit
financier. Le circuit réel comprend les flux de biens et services entre les agents économiques
et le circuit monétaire, le flux de capitaux.

2-Identification des circuits économiques


a- le circuit économique simplifié
C’est un circuit imaginaire dans lequel les agents économiques sont réduits à deux
groupes qui sont les Ménages et les Entreprises non financières. Il n’y a donc pas
d’administration ni d’Institution financière. L’économie est dite coupée de toutes relations
avec l’extérieur : on parle d’économie fermée.

Dépense de consommation

Offre de produits

Ménage Entreprise
Offre de travail

Salaire

Circuit économique simplifié dans une économie monétaire

b- le circuit économique complexe ou circuit intérieur

Ce circuit comporte les flux économiques résultant des échanges qui s’établissent
entre les seuls agents économiques nationaux.

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Administration publique
Entreprise
non Ménage
financière

Institution financière

Le circuit économique intérieur dans une économie monétaire

c-l’Extérieur ou le Reste du Monde et sa place dans le circuit économique


On entend par Extérieur ou Reste du Monde l’ensemble des agents économiques
situés hors du territoire national et qui exécutent avec les agents économiques nationaux
des relations d’échange économique. Il s’agit essentiellement des opérations d’importation
et d’exportation des biens et services ainsi que mes mouvement d’entré et de sorties de
capitaux.

Capitaux placés à terme


Economie
Dépenses d’importation Extérieur
Nationale
Recettes de tourisme
Transferts publics et privés

Revenus monétaires

Circuit économique des échanges entre l’économie nationale et le Reste Du Monde

 Capitaux placés à court terme : titres, prêts à moins d’un an.


 Recettes d’exportation : sortie de monnaies relative à l’acquisition de biens et
services étrangers.
 Recettes et dépenses de tourisme : acquisition de biens et services par un touriste
étranger.
 Revenu monétaire : intérêts, dividendes, redevances pour l’exploitation d’un brevet.

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 Transferts privés : transferts de l’épargne réalisée par les travailleurs étrangers à


leurs familles restée dans leur pays d’origine.
 Transferts publiques : Aide économique et financière d’un pays à un autre.

d-le circuit économique complet


Il représente l’ensemble des flux économiques entre les agents économiques
nationaux d’une part et entre le Reste du Monde d’autre part .

AdministrationPublique

Enteprises RDM
Ménages
Non

Financières

Institutions Financières

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CHAPITRE 3 : LES AGREGATS ECONOMIQUES

Au sens de la Comptabilité Nationale, il est important pour une nation ou un état de


connaitre la valeur réelle des revenus qu’elle génère. On désigne l’ensemble de ces revenus
par le terme Revenu Global ou encore richesse nationale. La richesse nationale est
appréhendée sous forme de grandeurs synthétiques mesurant l’activité de l’ensemble des
secteurs résidents. Ces grandeurs sont appelées agrégats économiques. Les principaux
agrégats économiques sont le produit intérieur brut (PIB), le produit national brut (PNB), la
dépense nationale.

I-LE PRODUIT INTERIEUR BRUT


1-La Valeur ajoutée
Pour réaliser une production, chaque unité de production utilise des matières
premières dont l’ensemble constitue la consommation intermédiaire qui représente la
valeur des biens et services marchands détruits au cours d’une période dans le processus
courant de production. Lorsqu’on retranche de la valeur totale de la production la valeur des
consommations intermédiaires, on obtient la valeur ajoutée.
Valeur ajoutée = Production – Consommations Intermédiaires.
A partir de la valeur ajoutée, on peut définir d’une part la production intérieure brute et
d’autre part le produit intérieur brut (PIB).

2-La production intérieure Brute


La production intérieure brute(Pib) est constituée par la somme des valeurs ajoutées
de tous les secteurs de la vie économique nationale sauf l’Administration.
Production intérieure brute = Σ Valeur ajoutée.
Production intérieure nette = Production intérieure brute – amortissement.
N B : La constatation de l’usure du capital fixe tout au long du processus de production
s’appelle amortissement économique qui apparait comme une forme de consommation
intermédiaire à réduire de production intérieure brute.

3-Le produit intérieur brut


a- l’optique de la production
Le PIB est calculé à partir du solde des comptes de production
PIB = Σ Valeur ajoutée brutes + TVA + Droits de douane
-Intérêts bancaires

b-l’optique du revenu
Le PIB est obtenu à partir du compte d’exploitation. Il correspond donc à la somme des
revenus distribués à l’occasion de la production.
PIB = EBE + Rémunération des salariés + Impôts liés à la production
-Subvention d’exploitation

c-l’optique de la dépense
Ici, le PIB est calculé à partir de la somme des emplois finals des biens et services dont on
déduit les importations.
PIB = Consommation finale sur le territoire économique
+EBE + Exportations - Importations.

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II-LE PRODUIT NATIONAL


Selon que l’on considère le critère de la territorialité, production nationale et
production intérieure s’opposent. La production nationale est à cet effet, l’ensemble des
biens et services produits par les nationaux qu’ils soient résidents ou non.
Le produit national brut = Σ Valeur ajoutée des nationaux résidents ou non.
Le produit national net = produit national brut – Amortissement

III-LA DEPENSE NATIONALE


La Dépense nationale est la somme des différents achats effectués par les agents
économiques nationaux en valeur au cours d’une année.
Dépense nationale = Dépenses Publiques + Dépenses privées.

IV-LES LIMITES DES AGREGATS ECONOMIQUES : CAS DU PIB


Le calcul du PIB permet d’évaluer les revenus de l’ensemble de l’économie mais il
présente deux limites : au niveau du calcul et au niveau de l’interprétation.

1-Au niveau du calcul


 Il ne mesure pas l’évolution qualitative des biens et services
 certaines activités ne sont pas prises en compte dans le calcul parce que non
déclarées (trafics illicites, secteur informel, travail des servantes et gens de ménage)
 la lutte contre les effets pervers de la croissance est comptée positivement.

2-Au niveau de l’interprétation


Le PIB n’est pas synonyme de progrès de la société étudiée. L’impact écologique n’est
pas pris en compte non plus. C’est pourquoi l’Organisation des Nations Unies (ONU) a
élaboré un indicateur de la qualité de la vie appelé Indice de Développement Humain (IDH)
qui comprend lui-même trois indicateurs :
 le niveau de vie
 l’espérance de vie à la naissance
 le niveau d’éducation des filles et des enfants de moins de 20 ans.

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TROIXIEME PARTIE : LES MECANISMES DE LA VIE ECONOMIQUE


CHAPITRE 1 : LA MONNAIE

La monnaie est un moyen d’échange ou de paiement des échanges généralement


acceptée pour le règlement des créances et des dettes.

I- LES DIFFERENTES FORMES DE MONNAIE


Dans les économies modernes, la monnaie est l’instrument économique accepté par
tous et l’Etat agit pour imposer son utilisation : on dit que la monnaie a un cours légal. En
réalité, la nature de la monnaie varie avec l’histoire.

1- les formes anciennes de la monnaie


Ce sont principalement la monnaie marchandise et la monnaie métallique.

a- la monnaie marchandise
La monnaie marchandise est un objet ou tout autre bien dont la valeur repose
essentiellement sur leur utilisation en tant que marchandise. Cette marchandise doit être
connue de tous et facilement acceptable et complètement divisible. Exemple : sel, cauris

b- la monnaie métallique
La monnaie métallique est constituée de métaux précieux (or, argent et cuivre) qui
présente par rapport aux autres monnaies un triple avantage :
 leur production est limitée et stable dans le temps
 elles sont non périssables
 leur utilisation en tant que marchandise est réservée à des usages restreints
(bijouterie et quelques applications industrielles)

2-Les nouvelles formes de monnaies


On distingue de nos jours, trois types de monnaie:
 la monnaie fiduciaire
 la monnaie scripturale
 la monnaie électronique

a- la monnaie fiduciaire
Ce sont les pièces et les billets de banque. Elle est appelée monnaie espèce ou
numéraire. Son usage réclame la confiance (fiduce) des détenteurs des instruments de
paiement que sont les pièces (monnaie divisionnaire) et les billets de banque (papiers
monnaies)

b-La monnaie scripturale


C’est la monnaie qui circule à travers les chèques, les virements bancaires, les
prélèvements automatiques et les bons de caisse. Elle est constituée des provisions et les
dépôts dans les comptes en banque.

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Economie / Droit Première G

c-la monnaie électronique


Il est préférable de parler de « nouveaux moyens de paiement » ou de « transferts
électronique de fonds » puisqu’il s’agit de l’utilisation de techniques modernes de
circulation de monnaie scripturale constituée par les cartes de crédit ( pour les achats dans
les magasins ou les espaces munis de terminaux électroniques) et les cartes de retrait de
billets de banque. Elle est toutefois considérée comme la monnaie du futur ; on l’appelle
également monnaie technologique.

II-LES FONCTIONS DE LA MONNAIE


On reconnait à la monnaie trois caractéristiques ou fonctions :
 intermédiaire des échanges
 unité de compte
 réserve de valeur.
1-La fonction d’intermédiaires des échanges
La monnaie facilite et permet les échanges.

2-La fonction d’unité de compte


Les biens à échanger sont évalués en monnaie ce qui représente leur prix. On
l’appelle également étalon de mesure de la valeur des biens et services.

3-La fonction de réserve de valeur


Les biens peuvent être transformés en monnaie pour garantir une consommation
future : elle sert de moyen de reporter un pouvoir d’achat dans le temps

III-LES COURS DE LA MONNAIE


Pour soutenir la confiance placée dans la monnaie, l’instrument monétaire a un cours
légal et un cours forcé.

1-Le cours légal


C’est l’obligation faite à tous les créanciers d’accepter la monnaie pour le règlement
des dettes.

2-Le cours forcé


C’est l’impossibilité pour tout détenteur de monnaie de convertir l’instrument
monétaire en métaux précieux.

NB : La monnaie est à la fois liquide, fongible et universelle.

IV-LA MASSE MONETAIRE


La masse monétaire est la quantité de monnaie offerte et en circulation dans une
économie à un moment donné. Elle concerne la diversité des moyens de paiement et des
formes de monnaie qui en sont proche. On les appelle également agrégats monétaires. Elle
s’étend des plus liquides M1 et M2 aux moins liquides M3 et L ou M4.
 L’agrégat M1 regroupe les éléments monétaires immédiatement disponibles ou
encore disponibilités monétaires.
M1= pièces métalliques + billets de banque + dépôts à vue

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 L’agrégat M2 est constitué en plus des disponibilités monétaires, des quasi-monnaies.


M2 = M1 + Comptes sur livrets + Comptes d’épargne logement
 L’agrégat M3 comprend en plus de M2 les placements à terme
M3 = M2 + les Avoirs en devises + les Placements à terme + les Certificats de dépôt
 L’agrégat L ou M4 comprend
M4= M3 + l’Epargne contractuelle + les Bons du Trésor + les Billets de trésorerie

V-LA CREATION MONETAIRE


Elle consiste à accroitre la quantité de la monnaie.
1-Les sources de la création monétaire
On observe globalement trois sources de création monétaire :

a- la création de monnaie fiduciaire


C’est la plus commune ; on l’appelle également émission monétaire. Elle se
caractérise en plus du remplacement des billets usagés par la mise en circulation de
nouvelles coupures ou de nouveaux modèles.

b-la création monétaire liée aux échanges extérieurs


Après une vente à l’étranger, l’entreprise peut transférer les devises obtenues à sa
banque. Celle-ci crédite par la banque centrale le compte de son correspondant local créant
ainsi de la monnaie et augmentant la masse monétaire du pays.

c-la création monétaire par le crédit


Lorsqu’un client prend l’engagement de rembourser dans un délai futur, une somme
d’argent à lui concédée augmentée d’intérêts : cela augmente la quantité de monnaie
scripturale d’où la masse monétaire en circulation : il ya ainsi création monétaire.

2-Les contreparties de la monnaie


En réalité, la monnaie ne se crée pas à partir de rien : elle possède des contreparties
dont trois principales qui s’analysent essentiellement en créances.
 les créances sur l’économie : Ce sont les crédits aux ménages et aux entreprises.
 les créances sur l’Etat : Ce sont les crédits au système bancaire par le biais des bons
du Trésor, titres et dettes émises par l’Etat et souscrit par les banques.
 les créances sur l’étranger : C’est la création monétaire en contrepartie des devises
qui figurent dans les comptes des banques centrales et qui constituent les réserves
de change.
Lorsque donc opérations inverses (remboursements des avances, des crédits etc.) se
dénouent, il y a destruction monétaire.

VI-LA POLITIQUE MONETAIRE


La politique monétaire est l’ensemble des actions et des mesures prises par les
autorités monétaires en vue de la règlementation de l’économie par le contrôle de la masse
monétaire. La politique monétaire est dotée d’instruments particuliers pour la réalisation de
ses objectifs.

1-les objectifs de la politique monétaire


La politique monétaire a pour objectif :

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 fournir aux agents économiques la liquidité (billets et pièces) nécessaire pour assurer
les différentes opérations financières nées des transactions économiques.
 protéger la monnaie locale par un contrôle de la masse monétaire.

2-Les instruments de la politique monétaire


Les instruments de la politique monétaire sont principalement :
 la politique de réescompte
 la politique d’open market
 la politique des réserves obligatoires

a- la politique de réescompte
Lorsqu’elles éprouvent un besoin de financement, les banques commerciales
présentent les effets de commerce qu’elles détiennent à la banque centrale. Celle-ci à son
tour va réescompter ces effets c’est-à-dire remettre le montant de ces effets sur lequel elle
prélève un taux de réescompte.

b- la politique d’open market


Elle consiste pour une banque centrale d’acheter des titres de créances sur les
marchés financiers ou à vendre des titres selon qu’elle veut éponger ou injecter un surplus
de liquidité.

c- la politique des réserves obligatoires


Obligation est faite aux banques commerciales par la banque centrale de déposer
chez elle en compte un certain montant sur les encaissements. Cette quantité de monnaie
ne devra être utilisée par ces banques.

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CHAPITRE 2 : LE CREDIT

Le crédit est une opération consistant à mettre à la disposition des agents économiques un
bien ou une somme d’argent en échange d’une promesse de remboursement dans un délai
bien déterminé majorée d’un intérêt . C’est un acte basé sur la confiance.

1- Les différents types de crédit


On distingue plusieurs types de crédits que l’on classe selon la durée, l’objet ou
encore selon la garantie.

a-Selon la durée
On connait les crédits à court terme généralement de moins de trois (3) ans, les
crédits à moyen terme entre trois (3) et cinq (5) ans puis les crédits à long terme de plus de
cinq (5) ans.

b-Selon l’objet
Le crédit doit servir à financer une opération particulière. Celle-ci peut être la
production, la trésorerie, l’immobilier, l’investissement, l’import-export, l’équipement etc.

c-Selon la garantie
On distingue à cet effet, le crédit personnel et le crédit réel.
Un crédit est dit personnel lorsque c’est la personnalité de l’emprunteur qui constitue la
garantie. Il est dit réel quand c’est un bien qui constitue la garantie. Le bien peut être un
meuble, on parle de gage, ou encore un immeuble, on parle d’hypothèque.

2-Le système financier national


Le système financier national est composé d’institutions ou d’organisation qui
assurent la fonction d’intermédiaire financier. Il est composé de deux secteurs : le secteur
bancaire et le secteur non bancaire.
 Le secteur bancaire est composé des banques d’émission et des banques
commerciales.
 La banque centrale ou banque d’émission: c’est la banque des banques et
des Etats. Elle crée la monnaie fiduciaire et c’est elle seule qui met en circulation les billets
de banque et les pièces. On dit qu’elle émet la monnaie ou encore qu’elle est une banque
d’émission Huit Etats de l’Afrique de l’ouest ont la même banque d’émission et forment la
communauté économique et financière sous régionale UEMOA qui partage la même unité
monétaire, le Franc de la Communauté Financière d’Afrique (FCFA.)
 Les banques commerciales sont les banques qui créent la monnaie
scripturale. Elles sont caractérisées par le fait qu’elles émettent des chèques qui sont utilisés
comme moyens de paiement.
 Le secteur non bancaire est constitué par l’ensemble des établissements financiers
autres que les banques. Elles ont pour activité principale de favoriser la circulation de
la monnaie dans le pays.

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CHAPITRE 3 : LES MARCHES ET LES PRIX

I- NOTION D’OFFRE, DE DEMANDE ET DE PRIX


Le marché est un lieu de rencontre réel ou abstrait entre l’offre et la demande. De
cette confrontation résulte un prix et une quantité d’équilibre c’est-à-dire un prix et une
quantité pour lesquels le consommateur obtient le maximum d’utilité et le producteur le
maximum de profit.
L’offre est constituée par l’ensemble des quantités mises en vente par l’ensemble des
producteurs ou vendeurs d’un bien. Les quantités offertes augmentent lorsque les prix
s’élèvent comme représenté ci-dessous.
Prix
Offre

Quantités

La demande du bien est constituée de l’ensemble des quantités consommées ou des


intentions d’achats formulées par les consommateurs. A l’inverse de l’offre, les quantités
diminuent quand les prix baissent comme représentée ci-dessous.

Prix

Demande

Quantités

Théoriquement, le prix est déterminé par la « loi de l’offre et la demande ». Cette loi
stipule que le prix d’équilibre unique qui s’impose sur le marché est celui qui réalise
l’équilibre entre l’offre et la demande.
Prix

Offre
E
Pe

Demande
Quantités
Qe
Ainsi en cas d’excès de la demande sur l’offre, on assiste à une hausse des prix ; en cas
d’excès de l’offre sur la demande, on observe une baisse des prix. Ainsi, le marché
s’autorégule et réalise à chaque moment l’adéquation entre l’offre et la demande.

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II-CLASSIFICATION MES MARCHES


On distingue différentes sortes de marchés selon que l’on retient le critère
d’homogénéité, d’espace ou de nombre.

1-le critère d’homogénéité


Les biens présents sur le marché ont les mêmes caractéristiques principales.
On classe donc ainsi les marchés de biens et services, le marché du travail, le marché des
capitaux, le marché des matières premières etc.

2-le critère d’espace


Ici, la notion de marché n’est valable que par rapport à un espace bien déterminé :
marché local, régional, national, mondial qui à leur tour sont soumis au temps.

3-le critère du nombre


C’est le critère le plus retenu pour classer les marchés en ce sens que les principaux
intervenants sont les acheteurs et les vendeurs. Ce classement peut se résumer dans le
tableau de STACKELBERG.

Offreurs Un très grand


Demandeurs Un seul vendeur Quelques uns nombre

Un seul acheteur Monopôle Monopsone Monopsone


bilatéral contrarié
Quelques uns Monopôle Oligopole oligopsone
Contrarié bilatéral
Un très grand Concurrence
nombre Monopôle Oligopole parfaite

Tableau de Stackelberg

Dans ce tableau, on peut tirer deux grands types de marchés : les marchés parfaits et les
marchés imparfaits.

a- les marchés parfaits


On les appelle également marché de concurrence pure et parfaite (CPP). Ces
marchés doivent respecter des conditions de pureté ou de perfection de la concurrence.

 Les conditions de pureté de la concurrence:


 l’atomicité des intervenants
Elle suppose un très grand nombre d’offreurs et de demandeurs de petite taille de sorte que
chacun n’exerce qu’une influence négligeable sur le marché.
 l’homogénéité du produit
Les produits présents sur le marché sont identiques les uns les autres. Ils ne sont pas
significativement différentiés de sorte que le consommateur est indifférent à l’un ou à
l’autre.
 la liberté d’entrée et de sortie sur le marché

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De nouveaux intervenants peuvent entrer ou sortir à n’importe quel moment sur le marché.

 les conditions de la perfection de la concurrence


 la transparence du marché
C’est lorsque vendeurs et acheteurs sont pleinement et identiquement informés sur les
éléments qui caractérisent un marché. Les informations portent par exemple sur l’état de
l’offre, de la concurrence, de la demande et les prix.
 la mobilité parfaite des facteurs de production
On doit noter une libre circulation des facteurs travail et capital toute chose devant
permettre au marché d’adapter l’offre et la demande.

b- les marchés imparfaits


Les marchés de concurrence imparfaite laissent distinguer : le monopôle, l’oligopole
et la concurrence monopolistique.
 le monopôle : C’est un marché qui met en présence un vendeur unique et
plusieurs acheteurs. Dans le cas contraire, on parle de monopsone.
 l’oligopole : C’est un marché sur lequel un petit nombre de vendeurs est
confronté une multitude d’acheteurs. Lorsqu’elles ne sont que deux, on parle de duopole.
 la concurrence monopolistique : C’est un marché sur lequel il existe de
nombreux offreurs et demandeurs mais une des conditions de la CPP n’est pas présente: ici,
le produit n’est pas homogène ; il est très différentié.

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QUATRIEME PARTIE: L’INTERVENTION DE L’ETAT DANS LA VIE ECONOMIQUE

CHAPITRE 1- LE BUDGET DE L’ETAT

I-NOTION DE BUDGET
1-Définition du budget
Le terme « budget » exprime l’idée de prévision de dépenses et de recettes. Certains
ménages par exemple, recensent ainsi chaque mois les recettes qu’ils pensent percevoir
(salaires et allocations diverses etc.) et les dépenses envisagées (alimentation, loyers,
factures etc.). Ce budget est appelé budget familial. La différence si elle est positive pourra
être épargnée. Les entreprises agissent de la même façon dans le cadre de procédures plus
complexes. La gestion budgétaire consiste à traduire les décisions prises par les dirigeants de
l’entreprise sous forme de programmes chiffrés appelés les budgets de l’entreprise. On
distingue ainsi le budget des ventes, le budget de la production, le budget de trésorerie.
L’Etat lui aussi est amené à établir un budget qui récence et fixe l’ensemble des
ressources et des charges prévisionnelles pour une période donnée.

2-Le Budget de l’Etat


L’Etat est composé en premier lieu de l’ensemble des services liés aux ministères
(Premier Ministre, Education Nationale, Justice, Intérieur etc.) dont les opérations sont
rattachées au Budget général et en second lieu d’Administrations autonomes qui disposent
de leur propre budget (Poste et télécommunication, Imprimerie Nationale etc.).
Au départ, le Budget est au stade de projet préparé par le ministère des finances ou
le ministère du Budget sur la base de prévisions de recettes et des dépenses en recherchant
en principe l’équilibre. L’examen du Budget par les députés commence le premier mercredi
du mois d’Octobre au cours de la deuxième session parlementaire appelée session
budgétaire et dure plusieurs semaines. Il s’en suit le vote d’une loi particulière que l’on
nomme « loi des finances ». C’est ce vote qui confère son caractère exécutoire au Budget.
Les recettes de l’Etat proviennent des impôts et taxes pour l’essentiel et de recettes
non fiscales. Les dépenses quant à elles, concernent les montants versés en direction des
ménages sous forme de rémunérations d’activités (pensions et traitements versés aux
fonctionnaires) ainsi que des transferts à caractère social et culturel et ceux versés aux
entreprises soit sous forme d’achat de fournitures et de matériels, soit sous forme de
subventions.

II-LES CARACTERISTIQUES DU BUDGET DE L’ETAT


C’est l’ensemble des comptes qui décrivent toutes les ressources et charges de l’Etat
pour une année civile.

1-Les différentes catégories de Budget de l’Etat


En principe, l’autorisation donnée par les députés porte sur toutes les recettes et les
dépenses de l’Etat selon le principe de l’universalité budgétaire. Mais ce principe connait des
exceptions. On distingue donc trois catégories de Budget de l’Etat :
 le Budget Général
 Les Budgets Annexes
 Les Comptes Spéciaux du Trésor.

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a- le Budget Général
Il s’agit du Budget le plus important qui regroupe les dépenses et les recettes des
services publics administratifs. Il se caractérise par le principe selon lequel les recettes
perçues forment un « tout » destiné à financer l’ensemble des dépenses. C’est ce que l’on
appelle le principe de « la non affectation des ressources aux dépenses ». Autrement dit, il
n’ya pas de recette particulière qui serait réservée à un type de dépense donnée.

b- les Budgets annexes


Ils concernent les dépenses et les recettes d’un service de l’Etat dont l’activité tend
essentiellement à produire des biens et services donnant lieu à paiement. Ces recettes et
dépenses se situent en dehors du Budget Général et en constituent des annexes. Les services
concernés bénéficient d’une certaine autonomie mais ils n’échappent pas au contrôle
parlementaire. Ce sont généralement les établissements publics.

c- les Comptes spéciaux du Trésor


Ils sont relatifs à des opérations spécifiques pour lesquelles on veut établir une
relation entre dépense et recettes. Certains comptes concernent des opérations à caractère
définitif (cas de la redevance RTI). D’autres par contre ne couvrent que des opérations
temporaires telles que les Comptes d’avance qui constatent les avances consenties aux
collectivités.

2- La structure du Budget de l’Etat


a- la présentation organique
Le Budget de l’Etat est structuré selon un critère essentiellement organique qui
laissent apparaitre d’une part le Budget Général de fonctionnement (BGF) et d’autre part le
Budget Spécial d’Investissement (BSIE)
Mais cette représentation organique comportait plusieurs faiblesses d’où la
nécessité d’une réforme budgétaire qui privilégie une présentation fonctionnelle.

b-la présentation fonctionnelle


Cette présentation regroupe toutes les dépenses de l’Etat en « fonctions » et met
ainsi en évidence l’importance respective des grands domaines d’intervention de la
puissance publique. Une fonction étant perçue comme un ensemble d’activités contribuant
à un même but. Dans le cadre du Budget, la fonction est vue comme l’objectif que les
dépenses doivent viser. Ainsi, les activités de l’Etat sont classées en neuf (9) secteurs :
-Secteur 1 : Souveraineté
-Secteur 2 : Défense et Sécurité
-Secteur 3 : Affaires Générales et Administratives
-Secteur 4 : Education, Formation, Recherche
-Secteur 5 : Culture et Loisirs
-Secteur 6 : Santé et Action Sociale
-Secteur 7 : Infrastructures Socio économiques
-Secteur 8 : Commerce et Production
-Secteur 9 : Dépenses non ventilées

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III-ANALYSE DU BUDGET DE L’ETAT


1-Les recettes de l’Etat
Elles proviennent des impôts pour une très large part et d’origine non fiscale. Parmi
les recettes fiscales, il est courant de distinguer les impôts directs et les impôts indirects.
Les impôts directs sont perçus par voie de « rôle nominatif » c’est-à-dire qu’une liste
unique est établie prenant en compte tous les contribuables et cette liste indique le montant
de l’impôt dû par contribuable (exemple l’impôt sur le revenu). Les impôts indirects sont
perçus à l’occasion d’opérations spécifiques et ceci indépendamment de la situation
financière et sociale de la personne (paiement de la TVA lors d’un achat).

2-Les dépenses
Les dépenses de l’Etat concernent principalement l’éducation, le secteur social, la
santé, l’emploi et la défense. Elles concernent également des dépenses non fonctionnelles
qui traduisent l’accroissement de l’endettement de l’Etat.

3-La recherche de l’équilibre budgétaire : le solde budgétaire


L’ajustement des recettes et des dépenses de l’Etat pose le problème de l’équilibre
budgétaire c’est-à-dire que le montant des dépenses doit être égal à celui des recettes.
Ainsi, tout Budget devrait en principe se présenter en équilibre.
Mais l’équilibre financier du Budget ne signifie plus nécessairement une égalité
mathématique entre recettes et dépenses de l’Etat. Entre les deux apparait un substrat
appelé solde budgétaire.
Lorsque les ressources dépassent les dépenses on parle d’excédent budgétaire. Dans
le cas contraire, on parle de déficit budgétaire. Le déficit ou découvert budgétaire est
l’excédent des dépenses sur les recettes du Budget Général et les Comptes Spéciaux du
Trésor. Le financement du déficit est réalisé par création monétaire (avances de la BCEAO au
Trésor, émission de bons du Trésor) ou par emprunt à moyen et long terme (émission
d’obligations).

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CHAPITRE 2 : L’ACTION DE L’ETAT SUR LA VIE ECONOMIQUE

I-LE ROLE DE L’ETAT


L’Etat est un véritable agent économique qui participe à la vie économique dans le
cadre du circuit économique. A ce titre, il doit remplir plusieurs fonctions.

1-Un rôle classique


Ce rôle se retrouve dans la fonction première de l’Etat appelée fonction régalienne
où il joue le rôle d’un Etat gendarme. Ici, l’Etat doit veiller à la sécurité des biens et des
personnes, à la défense, garantir l’ordre et la justice sociale.

2-Le rôle actuel


En plus de ses fonctions régaliennes, l’Etat a une fonction économique en tant
qu’agent économique. Il doit assurer la régulation de l’activité économique et la création
d’infrastructures socioéconomiques. Il s’agit principalement d’organiser l’activité
économique, de la planifier et de solutionner les déséquilibres économiques.

II-L’INTERVENTION DE L’ETAT
L’Etat représenté par les Administrations publiques et le gouvernement intervient et
agit sur des pans de l’économie choisis par lui. Plusieurs instruments s’offrent à lui pour
assurer une bonne intervention. Il s’agit des politiques budgétaires, monétaires, des revenus
et de la politique fiscale.

1-La politique budgétaire


Elle consiste pour l’Etat à agir sur les dépenses publiques en augmentant ou en les
réduisant.

2-La politique monétaire


Elle est axée essentiellement sur la manipulation de la masse monétaire. L’idée
maîtresse est que toute hausse de la quantité de monnaie en circulation réduit le taux
d’intérêt. Cette réduction du taux d’intérêt stimule les investissements qui à leur tour
induisent une hausse des dépenses de consommation. Ces dépenses additionnelles sont
sensées provoquer une augmentation du produit global.

3-La politique des revenus


Elle consiste pour une large part en des opérations de répartition secondaire par des
transferts sans contrepartie sous forme d’assistance, de subventions, de dons, de
dommages divers dans le but d’améliorer la situation financière et économique des secteurs
institutionnels en situation de précarité ou en difficulté.

4-La politique fiscale


La politique fiscale se résume principalement à la manipulation de la structure de
l’assiette fiscale, du taux des impôts. Cette politique est employée pour relancer l’économie
en cas de crise.

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CHAP 3 : LES DESEQUILIBRES ECONOMIQUES ET LEUR CORRECTION

Lorsque l’on examine sur une certaine période l’évolution des principales grandeurs
économiques d’une nation à savoir la production, l’emploi, les prix, le revenu national, les
dépenses de consommation et d’investissement, on constate des mouvements tantôt en
hausse tantôt en baisse. Ces fluctuations des indicateurs de l’activité économique
correspondent à des déséquilibres économiques : ce sont principalement le chômage et
l’inflation.

A-L’INFLATION
1-Définition
L’inflation est un désordre économique qui se traduit par une hausse continue et
généralisée du niveau des prix sur les marchés.

2-Les causes de l’inflation


Plusieurs situations sont à l’origine de l’inflation. Ce sont entre autres :
 le déséquilibre entre l’offre et la demande sur un marché : l’inflation résulte donc
d’un excès de la demande sur l’offre.
 la hausse des coûts de production : Une augmentation du coût de revient des
facteurs de production obligerait les entreprises, dans le but d’assurer leur survie, à
opérer une augmentation des prix.
 l’augmentation de la masse monétaire : lorsqu’il y a trop de monnaie en circulation
 des dépenses publiques excessives par rapport aux ressources

3-La mesure de l’inflation


Pour mesurer l’inflation, on utilise généralement l’indice des prix qui est le rapport
du prix de la période actuelle et du prix de la période de référence ou de base. On considère
toujours que le prix de la période de base est 100.
De ce qui précède, on déduit ce qui suit : il y a inflation lorsque l’indice des prix est
supérieur à 100. Et le taux d’inflation correspond au supplément par rapport à 100 de
l’indice des prix. Exemple (à présenter)

4-Les conséquences de l’inflation


Du point de vue économique, l’inflation fausse les calculs économiques, affaiblit
l’économie devant la concurrence étrangère et plombe la croissance intérieure,
Au niveau social, l’inflation entraine une baisse du pouvoir d’achat des ménages,
toute chose qui peut entrainer une situation ou un climat social défavorable.

5-Les mesures de lutte contre l’inflation : le désinflation


De façon globale, lutter contre l’inflation revient à adopter une politique rigoureuse
en vue d’un meilleur encadrement des prix par un contrôle de celui-ci. Cela revient à
rechercher deux situations sur les marchés :
 une situation de stabilité des prix
 une situation caractérisée par une chute des prix appelée la déflation

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B –LE CHOMAGE
1-Définition
On appelle chômage, la situation de sous emploi de la population active. Elle est
représentée par la part de la population active non employée.

2-Les causes du chômage


Les principales causes du chômage sont dues soit à l’inadaptation la structure de
l’économie soit à la conjoncture économique.

a- le chômage dû à la structure de l’économie


L’inadaptation de la structure de l’économie résulte de l’évolution rapide des
technologies de l’information et à la robotisation poussée dans certains secteurs d’activités
ou de certains équipements. Il faut noter également le manque de qualification adéquate ou
la qualification inadaptée de la main d’œuvre.

b- le chômage dû à la conjoncture
L’instabilité économique et les politiques économiques adoptées par les pays
peuvent générer du chômage. Il en est ainsi des chocs économiques (crises financières,
crises des matières premières, crises de la bourse, du pétrole etc.).
L’internationalisation croissante des économies dans le contexte de la mondialisation
peut également être source de chômage accru dans les économies du fait de la concurrence
internationale qui commande parfois la délocalisation des entreprises.

3-La mesure du chômage


Une seule grandeur permet de mésuser la valeur chômage : c’est le taux de chômage.
𝑃op.acive non employée
Taux de chômage = 𝑝𝑜𝑝.𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒 ∗ 100

4-Les politiques de lutte contre chômage


Elles portent essentiellement sur des actions énergiques sur la durée du travail, la
qualité de la main d’œuvre de même que sa rémunération.
 Sur la durée du travail, on préconisera :
 un allègement de la durée de travail, la réduction de l’âge de départ à la retraite
 la réduction de la durée journalière de travail
 Sur la qualité de la main d’œuvre : Il faut œuvrer à une amélioration de la
qualification des travailleurs en garantissant une formation continue aux adultes et
aux salariés.
 Sur la rémunération des travailleurs : Il faut instaurer des salaires minimum très bas
afin d’inciter à l’embauche de nouveaux travailleurs.

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Economie / Droit Première G

ECONOMIE ET ORGANISATION DES


ENTRPRISES

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PREMIERE PARTIE : LA FONCTION COMMERCIALE

CHAPITRE I : LA NOTION D’ENTREPRISE

I-DEFINITIONS
L’entreprise est une organisation qui combine des facteurs humains, matériels et financiers
pour produire des biens et services destinés à être vendus sur un marché en vue d’en tirer
profit. L‘entreprise reste l’unité économique de production par excellence. Sa fonction
principale est donc la production ou la commercialisation des produits .

II-APPROCHE SYSTEMIQUE DE L’ENTREPRISE


1-Définition d’un système
On appelle système un ensemble d’éléments en interaction et interdépendants qui
fonctionnent de manière à réaliser un objectif bien déterminé. Comme tout système,
l’entreprise possède les caractéristiques suivantes : elle est ouverte, dirigée, organisée et
finalisée.

2-L’entreprise : un système ouvert


L’entreprise entretient avec son environnement de nombreuses relations de façon
permanente. Aucune entreprise n’est pour ainsi dire recluse sur elle-même. Elle s’adresse
tantôt à des fournisseurs tantôt elle reçoit des clients.

3-L’entreprise : un système dirigé


L’entreprise a besoin d’une direction générale chargée de la prise de décision
nécessaire afin de mieux orienter l’activité en son sein.

4-L’entreprise : système organisé


Pour le bon fonctionnement de l’activité de l’entreprise, il est impérieux de situer les
responsabilités en sons sein afin que chacun des acteurs puisse connaitre et agir suivant les
attributions qui sont les siennes dans son rayon de compétence.

5-L’entreprise : un système finalisé


Lorsqu’un système est articulé afin d’être caractérisé par la recherche d’un but ou
d’une fin, on dit qu’il est finalisé, qu’il a une finalité. La finalité de toute entreprise est donc
de produire et de commercialiser des biens et services.

III-APPROCHE FONCTIONNELLE
1-Définition d’une fonction
On appelle fonction, une charge, une activité, un rôle rempli par un organe. C’est un
ensemble d’activités souvent de même nature regroupées en un ou plusieurs services et
placés sous la même direction.

2-Les différents types de fonctions


Dans une entreprise, on rencontre plusieurs types de fonctions ; les plus communes sont :
 la fonction administrative :Elle a en charge l’administration de l’entreprise c’est-à-
dire de coordonner et de définir les différentes taches et responsabilités au sein de
l’entreprise.

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 la fonction commerciale : Elle est chargée de réaliser les approvisionnements en


fournitures et en matières premières puis à assurer la vente des divers produits
fabriqués par l’entreprise.
 la fonction financière : Elle est chargée de trouver l’essentiel des moyens financiers
dont aura besoin l’entreprise pour assurer son bon fonctionnement.
 la fonction technique : Elle règle les problèmes liés à la production des biens et
services.

;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;

CHAPITRE 2 : L’APPROVISIONNEMENT

I-Définition
L’approvisionnement peut être définit comme l’ensemble des opérations par lesquelles sont
mis à la disposition de l’entreprise, à la date convenable, dans les quantités et qualité
requises et à moindre coût, des biens et services nécessaires à son fonctionnement régulier.

II-LES OBJECTIFS DE L’APPROVISIONNEMENT


L’objectif primordial de toute entreprise est non seulement de produire des biens et
services mais aussi de garantir son fonctionnement régulier afin d’assurer sa pérennité.
L’approvisionnement répond essentiellement à un tel souci.

III-LE PROCESSUS DE L’APPROVISIONNEMENT : la Décision d’achat et sa mise en œuvre


Le processus d’achat comprend quatre grandes étapes qui sont:
 la demande d’achat
 la rédaction du bon de commande
 la réception des commandes
 le stockage des marchandises

1-La demande d’achat


Elle concerne essentiellement la détermination des besoins qui peut être soit
qualitative (marchandises de premier choix, d’origine ou d’une marque bien déterminée)
soit quantitative c’est-à-dire en quantité bien précise (nombre de kg, litres ou d’unités).

2-La rédaction du bon de commande


La rédaction du bon de commande impose le choix des fournisseurs auxquels
l’entreprise devra s’adresser. Cette dernière peut signer des contrats d’exclusivité en ne
retenant qu’un seul fournisseur ou au contraire diversifier en retenant des fournisseurs
multiples.
De toute évidence, plusieurs critères peuvent aider au choix des fournisseurs. Ce sont
par exemple :
 les délais de livraison
 les prix
 La réputation du fournisseur ou sa capacité à faire varier le stock
 les possibilités de négociation directe
 les délais clients etc.

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Economie / Droit Première G

3-La réception des marchandises


Elle suit la passation de la commande. Elle peut être automatique ou au contraire
obéir aux conditions fixées par les parties.

4-Le stockage des marchandises


C’est la dernière étape du processus d’approvisionnement mais surtout la plus
caractéristique. L’entreprise peut demander à son fournisseur de gérer le stock de
marchandises commandées auquel cas celui-ci lui facture des frais supplémentaires ou au
contraire gérer elle-même ses stocks de fournitures.

IV-ETUDE ECONOMIQUE DE L’APPROVISIONNEMENT


1-la notion de stock
Selon la période d’analyse du stock et en fonction du cycle d’exploitation de
l’entreprise, on distingue plusieurs types de stocks. Au tout début du cycle d’exploitation, le
stock observé est appelé stock initial, et en fin de période, le stock disponible est appelé
stock final. Tout au long de l’exploitation, on peut mesurer le stock comme étant celui qui a
prévalu pendant la durée du cycle d’exploitation : on l’appelle stock moyen : c’est surtout la
quantité de marchandises disponible entre deux commandes.

stock initial+Stock final


Stock moyen = 2

2-Le coût des stocks


La gestion économique des stocks vise deux objectifs :
 premièrement maximiser la rentabilité de l’entreprise en réduisant les coûts de
stockage et de passation des commandes
 deuxièmement, éviter les ruptures de stocks qui occasionnent l’arrêt ou le
ralentissement de l’activité de l’entreprise ;

3-La prévision des approvisionnements


Du fait de l’écoulement régulier des stocks et des incertitudes liés aux délais de
livraison, les entreprises se doivent de déterminer des niveaux de stocks indispensables à
une bonne gestion économique. On distingue : le stock minimum, le stock de sécurité et le
stock d’alerte.

a- le stock minimum
C’est la quantité de fournitures ou de matières premières que l’entreprise doit
consommer entre la date de passation de la commande et la date effective de livraison.

b- le stock de sécurité
Il permet d’éviter toute surprise désagréable inhérente à un retard de livraison ou
encore à une livraison de marchandises non conformes (mauvaise qualité) ou encore à une
insuffisance de livraison (quantité insuffisante). Il est calculé en pourcentage soit des
commandes soit du stock minimum.

c- le stock d’alerte
C’est le niveau de stock qui une fois atteint exige de passer une nouvelle commande
car une fois dépassée, l’entreprise pourrait se retrouver en situation de rupture de stock.

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Economie / Droit Première G

Stock d’alerte = Stock de sécurité + Stock minimum


Pour maintenir son niveau de stock dans les limites du seuil critique, l’entreprise se
doit de renouveler régulièrement ses approvisionnements. Elle doit donc définir un taux de
rotation de ses commandes.

d-le taux de rotation des commandes


Il mesure le nombre de commandes passées au cours d’un cycle d’exploitation.

Quantités annuelles de machandises consommées


Taux de rotation =
quantités de marchandises reçues par commande
(On suppose les quantités commandées constantes et identiques à chaque fois.)

V. LE CHOIX DES PRODUITS A GERER (Méthode ABC et méthode 20/80)

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Economie / Droit Première G

CHAPITRE 3 : LA VENTE
Au sens large du terme, la vente recouvre l’ensemble des opérations par lesquelles un
produit est mis à la disposition des consommateurs ou des utilisateurs.
Au sens réduit, elle désigne le fait d’échanger un bien ou un service contre de la monnaie
sur un marché.

I-LE MARCHE DE L’ENTREPRISE


1-Définition
On appelle marché d’une entreprise l’ensemble des personnes ou des organisations
qui achètent ou qui sont susceptibles d’acheter les produits de l’entreprise. Alors que le
marché de façon générale, peut être définit comme étant le lieu de rencontre entre l’offre et
la demande pour un bien où se forme le prix de ce bien.

2-les différents types de marché de l’entreprise

(Schéma)

3-La connaissance du marché


La connaissance du marché d’une entreprise est repose sur la détermination les
besoins des consommateurs, leur motivation d’achat et les contraintes économiques et
sociales qui les conditionnent.
De tous les facteurs qui influent la décision de consommer, on note certains qui sont
intrinsèques tandis que d’autres sont extrinsèques à la nature du consommateur.
Les facteurs intrinsèques sont ceux relatifs à la psychologie du consommateur lui-
même : ce sont sa motivation, ses besoins, sa perception du produit, son attitude, sa
personnalité, les freins ou inhibitions etc.
Les facteurs extrinsèques concernent la sociologie du consommateur c'est-à-dire la
culture, la classe sociale, son groupe de référence, la famille, les stimuli commerciaux et de
l’environnement (la publicité).
Connaitre donc un marché suppose de détenir des informations fiables le
concernant. Cela passe nécessairement par une étude de celui-ci.

4-L’étude de marché
a-définition de l’étude de marché
L’étude de marché peut se définir comme étant un ensemble organisé d’activité de
collecte et d’analyse d’informations relatives au marché. L’étude conjecturale est basée sur
des apparences, sur des suppositions, des probabilités des hypothèses car évoluant en
milieu incertain.

b-objectif poursuivi par l’étude de marché


Les informations recueillies auront pour but de servir de base ou d’aide à la décision
marketing afin d’adapter les produits d’une entreprise aux nombreux besoins de la clientèle.

c- les méthodes de l’étude de marché


La réalisation d’une étude de marché passe nécessairement par :

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Economie / Droit Première G

 l’identification du problème
Il faut cibler le problème supposé être à l’origine de la perte de compétitivité de
l’entreprise sur le marché.
 dresser la liste des informations à recueillir
Il est entendu ici un panel d’informations dont la vérification permettra de confirmer
ou non la pertinence du problème.
 faire le choix des techniques de collecte
C’est -à-dire à travers des échantillons aléatoires, des quotas ou des panels de
personnes choisies dans le public où sera réaliser la collecte.
 la collecte des informations
La collecte des informations est réalisée par le biais de questionnaires. Il peut être
postal, par téléphone ou par interviews directes. Il doit retenir également un type particulier
de questions de qualité à travers des questions fermées (oui-non) , ouvertes (si oui,
pourquoi ;si non pourquoi ), à choix multiples ou mixtes. Il faut surtout que toutes les
questions auxquelles des réponses ont été apportées fassent l’objet d’une analyse d’une
analyse profonde : c’est ce qu’on appelle le dépouillement.
 la rédaction du rapport d’enquête et sa publication des résultats.

II-LA POLITIQUE COMMERCIALE (les 4P)


La politique commerciale l’ensemble ds actions portant sur les quatre variables
marketing qui sont : le Produit, le Prix, la Place (distribution) et la Promotion
(communication).

A- La politique de produit
La politique de produit regroupe toutes les décisions relatives à la vie d’un produit
notamment le cycle de vie et les caractéristiques du produit (le conditionnement,
l’emballage, la gamme, la marque, le design).

1-Définition d’un produit


On appelle produit tout ce qui est fabriqué ou manufacturé par une entreprise ou
encore tout ce qui est susceptible de faire l’objet d’une vente par une entreprise pour la
satisfaction des besoins des consommateurs. Le produit peut être un bien ou un service.

2-Le cycle de vie du produit


Un cycle de vie du produit est l’ensemble des phases que le produit traverse depuis
sa conception (naissance) jusqu’à sa disparition (retrait du marché).

Ventes

A B

(1) (2) (3)

0 Temps
Cycle de vie du produit

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Depuis le lancement (0), la vie d’un produit passe par une phase de croissance ou décollage
(1), puis une phase de ralentissement de la croissance des ventes appelée maturité (2)
suivie à son tour par une phase de déclin (3) au terme de laquelle doit intervenir l’abandon
ou la reformulation du produit (C).

3- La gamme de produit
La gamme de produit est un ensemble de biens ou de services de même nature et
répondant au même besoin. La gamme est caractérisée par sa longueur, sa largeur et la
profondeur des lignes de produits.

4-La marque
La marque est un signe distinctif servant à distinguer le produit d’une entreprise de
ceux de concurrents. La marque peut être un nom, un symbole, un dessin, un nombre une
couleur ou toute combinaison de ces couleurs.

5-le conditionnement
C’est le premier contenant du produit permettant de constituer des unités pour la
vente en détail. Il permet de protéger le produit et facilite les manipulations et l’emploi du
produit. L’emballage est le contenant du produit déjà conditionné.

B- La politique de prix
1-Définition
La politique de prix est l’ensemble des mécanismes utilisés par l’entreprise pour fixer
la valeur marchande de ses produits..

3-La fixation du prix


Plusieurs facteurs influencent la fixation du prix : certains sont internes à
l’entreprise tandis que d’autres sont externes.

a-les facteurs internes


Ils concernent la couverture des coûts supportés par l’entreprise tout au long du processus
de production mais aussi, il doit être celui capable de générer des profits.

b-les facteurs externes


Ils touchent le pouvoir d’achat des consommateurs, les prix des autres concurrents etc.

c- la stratégie commerciale
Tous les facteurs qui débouchent sur la fixation du prix offrent un éventail de choix quant à
la stratégie commerciale. On distingue :
 La stratégie d’alignement sur la concurrence
Elle permet à l’entreprise de pratiquer les même prix que les concurrents. La différentiation
s’appuie ici sur la qualité du produit, sur l’image de l’entreprise elle-même ou encore sur son
service après vente.
 La stratégie de pénétration
Elle commande de pratiquer des prix relativement bas afin de rendre le produit accessible à
toutes les couches sociales, d’atteindre un grand nombre de consommateurs et de
positionner le produit comme étant un produit de grande consommation.

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 La stratégie d’écrémage
En fixant des prix très élevés, seule une clientèle choisie pourra s’intéresser au produit. Tout
se passe comme si l’entreprise réservait son produit à des clients au pouvoir d’achat élevé :
les riches. C’est le cas des produits haut de gamme, des produits de luxe ou les nouveaux
produits.

C- LA POLITIQUE DE COMMUNICATION
1-Objectif
La politique commerciale est l’ensemble des signaux ou messages émis par une
entreprise et qui sont susceptibles d’accroitre les ventes ou d’améliorer son image. Plusieurs
approches permettent de réaliser cet objectif : les approches AIDA, DIDADA et CCC.

a- L’approche AIDA
Elle se réalise en quatre étapes :
A attirer l’Attention du client
I susciter l’Intérêt du client
D provoquer le Désir chez le client
A entraîner l’Achat du produit.

b-L’approche DIDADA
C’est une approche qui comporte six étapes :
D Définir les besoins du client
I Identifier les biens et les produits qui y correspondent
D faire la Démonstration
A faire Accepter le produit
D éveiller le Désir d’acquérir le produit
A susciter l’Achat du produit.

c- L’approche CCC
C’est une approche agressive c’est-à-dire directe.
C Connaître les besoins du client
C Convaincre le client d’acheter
C Conclure la vente.

2-Les moyens de la communication


La communication commerciale se réalise principalement par la publicité, la
promotion des ventes et le sponsoring ou mécénat.

a- la publicité
La publicité est l’ensemble des techniques ou des activités de communication ayant
pour but d’exercer un effet psychologique sur les consommateurs potentiels afin de faire
connaître une entreprise ou d’inciter à l’achat d’un produit. Trois éléments essentiels
fondent la stratégie par la publicité. Ce sont le message, le support et la cible.
 le message publicitaire n’est rien d’autre que le spot publicitaire accepté par les
gouvernements par le biais des autorités de régulation de la publicité commerciale. Il peut
être audio ou visuel.

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Economie / Droit Première G

 le support utilisé pour véhiculer et répandre le message est généralement les mass-
médias ou encore tout autre espace réservé à cet effet : panneaux, murs etc.
 la cible est la population ou la clientèle vers laquelle la publicité est dirigée

b-la promotion des ventes


La promotion des ventes repose essentiellement sur l’octroi d’avantages
exceptionnels ou particuliers accordés temporairement à un public bien précis.
Les techniques promotionnelles de ventes sont constituées entre autre de remises,
ristournes et de rabais accordés, des échantillons gratuits distribués, les jeux de loteries ou
de tombola. La promotion des ventes est une action concrète réalisée sur le lieu même de la
vente.

c- le sponsoring
Il consiste pour une entreprise à accroitre sa renommée ou une de ses marques par
des financements adéquats à une publication, une émission ou une activité socioculturelle
donnée. On reconnait dans le sponsoring la technique du parrainage ou encore le mécénat.

D-LA POLITIQUE DE DISTRIBUTION


La distribution est l’ensemble des opérations qui assurent l’acheminement d’un
produit ou d’un service depuis son lieu de production jusqu’à son lieu de consommation ou
d’utilisation finale.
1-Le réseau de distribution
Les opérations qui concourent à la distribution sont réalisées par des personnes
physiques ou morales appelées intermédiaires. La taille c’est-à-dire le nombre plus ou moins
élevé des intermédiaires constitue le réseau ou le circuit de distribution.
2-Le choix du réseau de distribution
La conduite de la politique de distribution consiste essentiellement dans le choix du
réseau de distribution qui convient à l’entreprise. Les circuits de distribution sont tantôt
direct, court tantôt long. Et ils comportent des avantages comme des inconvénients.

a- le circuit direct
Il permet à l’entreprise commerciale d’adresser directement aux consommateurs
définitifs les produits qu’elle fabrique. Cela lui permet de maîtriser les prix à la vente. Mais la
multiplication des transactions du fait de ses nombreux clients lui fait supporter des charges.
Producteurs…………………. consommateurs

b- le circuit court
Ici, l’entreprise se tourne vers une seule catégorie d’entreprise à qui elle donne la
charge de s’adresser à ses clients-consommateurs : ces entreprises sont appelées
détaillants. Dans ce circuit, les charges de distribution sont partagées entre les producteurs
et les détaillants. Le fabricant maîtrise toujours la distribution, et les prix au niveau du
consommateur final peuvent être relativement supportables
L’inconvénient majeur est que le commerce de détail échappe au fabricant de même
que les prix à la consommation. Producteurs……..détaillants………consommateurs

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c- le circuit long
L’augmentation de la taille des intermédiaires obligent ces derniers à se spécialiser.
D’autres le sont dans le commerce de gros c’est-à-dire qu’ils achètent les produits en
énormes quantités et chez qui doivent s’approvisionner les autres intermédiaires pour les
quantités relativement importantes : c’est le commerce de demi-gros.
L’avantage est que le producteur ne traite plus avec les consommateurs. Mais surtout
les frais de stockage sont entièrement supportés par les grossistes.
L’inconvénient d’un tel circuit est que le producteur ne maîtrisant pas le commerce
de détail, il n’a aucun contrôle sur les prix à la consommation.
Producteurs…….Grossistes……….Détaillants…….Consommateurs

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DEUXIEME PARTIE : LA FONCTION FINANCIERE

CHAPITRE 1 : LES MOYENS DE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE


Les principales dépenses que l’entreprise doit opérer concernent les dépenses
d’investissement et les dépenses liées au cycle d’exploitation.

I- LES MOYENS DE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS


Un investissement peut être défini comme l’emploi durable de capitaux dans le but
d’obtenir des revenus futurs. Pour financer ses investissements, l’entreprise dispose de son
capital, sa capacité d’autofinancement, ou recourir à l’emprunt.

1-Le capital de l’entreprise


a-définition
Le capital d’une entreprise représente l’ensemble les capitaux propres ou ressources
propres composé du capital social apporté par les actionnaires, de la réserve comptable, du
report à nouveau. Il peut comprendre :
 le capital physique qui se décompose en capital fixe, en capital circulant
 le capital technique constitué de l’ensemble des biens de production y compris le
progrès technique
 le capital financier : ensemble des actifs, les titres de créance (actions et obligations)
 le capital humain : ensemble des aptitudes physiques et intellectuelles de la main-
d’œuvre

b-la formation du capital d’une entreprise
Elle peut se faire par un apport en numéraires ou en nature par les associés lors de la
création de l’entreprise. Elle peut se faire également par une augmentation décidée par
l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) sur proposition du Conseil d’Administration. Elle peut
également se faire par incorporation des réserves, apports nouveaux des associés (appel
du second, du troisième ou du quatrième quart), compensation avec une créance, appel
public à l’épargne en émettant des actions, des obligations ou des parts sociales.

2-L’Autofinancement
L’autofinancement constitue la possibilité pour une entreprise de ses investissements
ou son développement par ses propres moyens. Elle est représentée par la capacité
d’autofinancement (CAF).
C A F = E B E – Charge financières + Produits financiers.
Auto Financement = C A F - Dividendes

a- les avantages de l’autofinancement


 garantie certaine de réalisation des investissements
 indépendance financière car il rend l’entreprise moins dépendante du crédit.
 il est moins coûteux car il n’y a aucun intérêt.

b- les inconvénients du recours à l’autofinancement


Le recours courant à l’autofinancement peut réduire la rentabilité des capitaux investis.

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3-Les emprunts à moyens et long terme


Devant la faiblesse du capital ou de l’autofinancement, l’entreprise pour financer ses
investissements, est obligée de faire recours à des emprunts à moyen et long terme.

a- les emprunts à long et moyen terme


Les emprunts à long terme ont un délai de remboursement qui excède cinq (5) ans
alors que les emprunts à moyen terme, un délai de remboursement compris entre trois (3)
et cinq (5) ans.

b- les emprunts obligataires


Les emprunts obligataires sont une sorte de collecte de l’épargne auprès du public
par émission de titres appelés obligations. Ces titres sont garantis par un établissement
bancaire avec un délai fixe de remboursement à un taux bien déterminé connu avant son
achat.

c- le crédit-bail
Le crédit-bail ou leasing est un contrat de location portant sur un bien meuble ou
immeuble assorti d’une promesse de vente à un prix convenu d’avance.

3
Société de crédit-bail Fournisseur du bien
5
6 1
2 4

Entreprise locataire

Schéma du fonctionnement du crédit-bail


1)-le client choisit le matériel auprès du fournisseur.
2)-le client demande à la société de crédit-bail de mettre le matériel à sa disposition.
3)-le fournisseur reçoit la commande de la société de crédit-bail.
4)-le fournisseur livre le matériel à l’entreprise locataire.
5)-le fournisseur envoie la facture à la société de crédit-bail.
6)-la société de crédit-bail loue le matériel à l’entreprise locataire.

II-LES MOYENS DE FINANCEMENTDU CYCLE D’EXPLOITATION


Le cycle d’exploitation d’une entreprise commence par l’achat des matières
premières ou de services nécessaires à la mise en œuvre de l’activité pour s’achever à la
vente des produits fabriqués. Les dépenses liées au cycle d’exploitation sont donc des
dépenses en matières premières et le règlement des charges concernant l’exploitation
courante de l’entreprise (salaires, taxes etc.).
Ici On distingue deux grands types de moyens de financement: le crédit fournisseur et le
crédit bancaire.

1-Le crédit fournisseur


Il représente le délai de règlement accordé par le fournisseur à son client et qui court
depuis la date de livraison jusqu’à celle du règlement de la facture commerciale.

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Il peut être matérialisé par un effet de commerce (document constatant l’existence


d’une créance à court terme au profit d’un porteur).

2-Le crédit bancaire


C’est lorsqu’une banque faisant confiance à son client lui accorde le concours de ses
capitaux ou sa garantie. Il existe une multitude de crédits bancaires pour le financement du
cycle d’exploitation. On reconnait entre autres, le crédit de campagne, le crédit relais, la
facilité de caisse, le découvert, l’escompte, l’affacturage et les crédits de mobilisations de
créances commerciales.

a- le crédit de campagne
Il sert uniquement à financer une campagne bien circonscrite dans le temps. C’est un
crédit que recherchent les entreprises agricoles, les coopératives ou toute autre entreprise
spécialisée dans une activité saisonnière.

b- le découvert bancaire
C’est la possibilité pour l’entreprise de pouvoir continuer de faire des opérations
bancaires même avec un compte au solde débiteur.

c- l’escompte bancaire
C’est un crédit à court terme accordé par une banque contre le transfert de propriété
de créances négociables (effets de commerce). L’entreprise reçoit en échange de ces effets
de commerce, une somme qui correspond au nominal diminué des agios.
2
Acheteur Vendeur
1

6 3 4
7

Banque A Banque V
5

Schéma du mécanisme de l’escompte

1)-vente de marchandises et création de l’effet de commerce


2)-retour de l’effet signé donc accepté
3)-remise de l’effet à l’escompte
4)-le vendeur reçoit les fonds diminués des agios
5)-présentation de l’effet à l’échéance
6)-l’Acheteur paye
7)-paiement de la banque de l’acheteur à la banque du vendeur.

d-les crédits de mobilisation des créances commerciales (CMCC)


Pour déterminer et réduire le coût administratif de l’escompte, l’entreprise peut
regrouper toutes ses factures (créances) à une échéance voisine (autour de dix jours d’écart
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Economie / Droit Première G

au maximum) et créer pour leur montant total un billet à ordre qu’elle remet à l’escompte
dans sa banque. En fait, la banque lui avance les fonds contre présentation des factures
comme preuve de vente donc d’existence réelle de créances.
A l’échéance, les clients règleront l’entreprise qui pourra à son tour rembourser la
banque. L’avantage qu’il présente est que son coût est bien plus faible que celui d’un
découvert ou de l’escompte. Malheureusement, ce crédit s’est très peu développé car les
garanties offertes sont moindres que celles de l’escompte classique.

e- la facilité de caisse
C’est un crédit de très courte durée permettant à l’entreprise de faire face aux
décalages entre ses encaissements et ses décaissements. Il permet de répondre à un besoin
ponctuel tel que les salaires de fin de mois.

f- l’affacturage
On l’appelle également factoring. IL représente un transfert de la gestion du compte
Clients de l’entreprise à une société (le factor) qui se chargera d’encaisser les factures. La
société d’affacturage rachète les factures clients et libère ainsi l’entreprise du souci
d’encaissement. Ce service se paye par une rémunération très élevée.
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;

CHAP 2 : LES MOYENS DE PAIEMENT OU DE REGLEMENT DE L’ENTREPRISE

Les engagements financiers de l’entreprise (l’apurement des montants en numéraires


dus à ses fournisseurs et autres créanciers) peut se faire par l’utilisation d’espèces ou de
cash ou par l’implication d’un intermédiaire très souvent un établissement financier ou une
banque. cette deuxième catégorie d’instruments utilisée par l’entreprise pour honorer ses
règlements concerne entre autres le virement, la lettre de change, le billet à ordre, le
chèque et le récépissé-warrant.

I-LA LETTRE DE CHANGE


1-Le contenu
La lettre de change est un écrit par lequel le tireur donne l’ordre au tiré de payer une
certaine somme d’argent à une personne qu’il désigne (le bénéficiaire).
La lettre de change doit contenir un certain nombre de mentions obligatoires tandis
que d’autres sont facultatives.

a- les mentions obligatoires


1- la dénomination « lettre de change »
2- l’ordre pur et simple de payer une somme déterminée
3- l’indication de l’échéance
4- le nom du bénéficiaire à l’ordre duquel l’ordre est crée
5- le nom et l’adresse du tiré
6- la date et le lieu de la création de la traite
7- la signature du tireur qui peut être manuelle ou à la griffe

b- les mentions facultatives


Ce sont la domiciliation, l’acceptation et l’aval.
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Economie / Droit Première G

2- L’usage de la lettre de change


L’utilisation de la lettre de change est souhaitable dans plusieurs cas :
 On peut la conserver jusqu’à son échéance si elle est attachée à une échéance ou
également la conserver en portefeuille car elle est un élément d’actif financier
 On peut la faire circuler c’est-à- dire la faire changer de bénéficiaire par la technique
de l’endossement.
 On peut surtout pour résoudre les problèmes de trésorerie et de liquidité la négocier
auprès d’une banque : c’est ce que l’on appelle l’escompte.

II- LE BILLET A ORDRE


Le billet à ordre est un écrit par lequel le souscripteur s’engage à payer à une certaine
date une somme déterminée au bénéficiaire. Il contient un certain nombre de mentions :
1)-la promesse pure et simple de payer une somme d’argent à une échéance donnée
2)-la clause à ordre ou la dénomination billet à ordre inscrite dans le texte même, de
manière à éviter toute confusion avec une simple promesse de paiement
3)-l’indication de l’échéance
4)-l’indication di lieu où le paiement doit s’effectuer
5)-le nom de celui à l’ordre duquel le paiement doit être effectué
6)-l’indication de la date et du lieu où le billet a été souscrit
7)-la signature du souscripteur

III- LECHEQUE
Le chèque est un écrit par lequel le client d’une banque ou d’un organisme assimilé
donne l’ordre à cette banque ou cet organisme de payer une certaine somme d’argent à une
personne qu’il désigne.
On appelle tireur celui qui établit le chèque. La banque sur laquelle est tracée le
chèque est appelée le tiré ; et bénéficiaire la personne en faveur de qui le chèque établi. Il
est nécessaire de posséder un compte en banque ou dans un organisme et de posséder sur
ce compte une provision suffisante pour le paiement car la loi punit très sévèrement
l’émission de chèques sans provision ou avec une provision insuffisante.

IV-LE VIREMENT
Le virement est l’opération par laquelle le banquier, sur ordre de son client prélève
une somme d’argent sur le compte dudit client pour la porter soit à un autre compte du
même donneur d’ordre soit au compte d’un tiers.
Il est le plus souvent rédigé sur papier libre comme il plait au donneur d’ordre de le
faire pourvu qu’il exprime clairement sa volonté.

V- L’ACCREDITIF
Il arrive parfois qu’une entreprise désire disposer de fonds sur une place autre que
celle où a tenu son compte et demande à être accréditée auprès d’une autre succursale ou
d’un correspondant. Il peut être simple c’est-à-dire réalisé en une seule fois avant une date
limite, permanent ou périodique c’est -à-dire une somme déterminée par jour, par mois, par
semaine etc.
A l’opposé de la lettre de change ou des autres formes de crédit, l’ouverture d’un
accréditif ne comporte pas la remise de titre au client ; la succursale ou le correspondant

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Economie / Droit Première G

sont avisés directement ce qui supprime dans une assez large mesure les problèmes de
falsification.

VI- LE RECIPISSE-WARRANT
Le récépissé-warrant est un titre double dont les deux parties portant les mêmes
indications sont réunis au moment de la délivrance. Il est toujours à ordre et les deux parties
peuvent circuler ensemble ou séparément. Le récépissé donne un droit de propriété sur les
marchandises déposées et le warrant est un bulletin de gage que le déposant peut endosser
à l’ordre d’un prêteur pour garantir le remboursement d’une avance.
Le warrant reste attaché au récépissé tant que le propriétaire des marchandises
n’éprouve pas le besoin d’emprunter. Dans le cas contraire, il met en circulation le warrant
en l’endossant à l’ordre du prêteur. L’endossement doit énoncer :
 le montant intégral es capital et intérêts de la créance garantie
 le nom, la profession et le domicile du créancier
 la date de remboursement
Le warrant devient après l’endossement un effet de commerce. Le bénéficiaire de
l’endossement par lequel le warrant est mis en circulation a l’obligation de le faire transcrire
sur les registres du magasin général qui est un entrepôt contrôlé par l’Etat recevant des
matières premières et autres marchandises.
La formalité de l’enregistrement revêt un double intérêt :
 informer le magasin général du montant des avances consenties et désintéresser le
porteur du warrant.
 interdire les oppositions des créanciers du déposant ou d’un concessionnaire du
récépissé.

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TROISIEME PARTIE : LA FONCTION ADMINISTRATIVE

CHAPITRE 1 : LES DIFFERENTES FORMES D’ORGANISATION DES ENTREPRISES

I- LE DECOUPAGE DE L’ENTREPRISE EN FONCTIONS ET EN SERVICES


1-Les grandes fonctions de l’entreprise
Une fonction est la réunion d’un ensemble d’activités de même nature. Au sein d’une
entreprise, on rencontre nécessairement six (6) grandes fonctions. Parmi elles certaines
sont dites principales ce sont : les fonctions Direction, Approvisionnement, Production et
Distribution. Elles sont liées au cycle d’exploitation de l’entreprise et sont chargées d’assurer
le fonctionnement normal et régulier de celle-ci. Les autres en revanche sont appelées
fonctions de soutien : on a les fonctions Financement, Personnel ou Ressources Humaines.
On peut y ajouter la Comptabilité, l’Audit et le Contrôle de gestion.

2-Les services de l’entreprise


Un service est une activité ou une tâche élémentaire d’une fonction.

3-La structuration des entreprises : l’organigramme


La structure d’une entreprise se ressent mieux à travers son organigramme.
L’organigramme est un schéma qui retrace l’ensemble des organes de l’entreprise et les
relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres. L’organigramme montre la répartition
des taches au sein de l’entreprise et renseigne sur les niveaux de décisions. Plusieurs
structures s’offrent aux entreprises : les structures hiérarchique, fonctionnelle, en relation
de conseil (état-major), divisionnaire par produit, composite, mixte ou matricielle.

a- la structure hiérarchique
la structure hiérarchique est celle dans laquelle un subordonné ne reçoit d’ordres
que d’un seul chef à qui il rend compte. Elle est commandée par les principes suivants:
 unité de commandement
 clarté de la hiérarchie
 l’autorité et responsabilité clairement dégagées
 la centralisation du pouvoir

Direction Générale

Direction de la production Direction de la commercialisation

Directeur Directeur Directeur Directeur des Directeur du


Usine A Usine B Usine C exportations Marché intérieur

Organigramme d’une entreprise à structure hiérarchique

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Economie / Droit Première G

b-la structure fonctionnelle


Dans cette structure, les responsables des fonctions sont des spécialistes dans leur
domaine respectifs. Mais un subordonné peut recevoir des ordres de plusieurs supérieurs
hiérarchiques.

Division Usine

Sécurité Contrôle Ordonnancement Chef d’atelier

Chef d’équipe 1 Chef d’équipe 2

Organigramme d’une entreprise à structure fonctionnelle

c-la structure mixte hiérarchico-fonctionnelle ou staff and line


Cette structure cherche à lier autorité et compétence en associant au chef ou
supérieur hiérarchique des conseillers qui sont des spécialistes dans des domaines précis.
Les chefs sont assistés de conseillers appelés fonctionnels tandis que les organes
opérationnels (line) ont un pouvoir hiérarchique.
En clair, les organes opérationnels (line) ont un pouvoir hiérarchique alors que les
organes fonctionnels (staff) conseillent les opérationnels.

DIRECTION GENERALE Contrôleur de gestion


Conseiller fiscal

Expert DIRECTEUR Expert de DIRECTEUR DRECTEUER Expert


publicitaire COMMERCIALE la DE LA FINANCIER comptable
production PRODUCTION

Administrateur Force de Usine Usine Comptabilité Finances


des ventes vente 1 2

Organigramme d’une entreprise à structure staff and line

La structure staff and line cumule les avantages et limite les inconvénients des
structures fonctionnelle et hiérarchique en reposant sur deux principes ou lignes :
-une ligne de décision appelée line incarnée par les chefs disposant d’un pouvoir
hiérarchique et d’un pouvoir de commandement
-une ligne de conseil : staff qui est une aide à la décision en étudiant et en proposant.
Rien de plus.

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Economie / Droit Première G

d- la structure divisionnaire
Ici, l’entreprise est organisée autour des produits fabriqués, de la catégorie des
clients et du type de secteurs géographiques. Cette structure est décentralisée car chaque
division est dirigée par un responsable qui peut déléguer des pouvoirs de décisions. Elle est très
utilisée dans le cas de conduite des organismes internationaux tels que l’ONU, le FMI etc.

DIRECTION GENERALE

OMO BUE BAND B. F

Comptabilité Comptabilité Comptabilité

Commercialisation Commercialisation Commercialisation

Usine Usine Usine

Organigramme d’une entreprise à structure divisionnaire

d- la structure matricielle
C’est une structure basée sur l’existence de plusieurs commandements. Elle doit
permettre une meilleure adéquation entre les travaux à réaliser et la centralisation des
pouvoirs. Elle est très souvent utilisée dans le cas de conduite de projets.

DIRECTEUR DIRECTEUR DIRECTEUR


COMMERCIAL FINANCIER TECHNIQUE

Chef de produit A commercial produit A Comptable produit A Technicien produit A

Chef de produit B commercial produit B Comptable produit B Technicien produit B

Chef de produit C commercial produit C Comptable produit C Technicien produit C

Organigramme d’une entreprise à structure matricielle

Un chef de projet dirige une équipe pluridisciplinaire chargée de faire aboutir le


projet. L’équipe disparait après la réalisation de celui-ci.

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4-Les structures réelles de l’entreprise


Pour Henry Mintzberg, toute entreprise ou organisation est constituée de six
éléments de base :
 un sommet stratégique
 un centre opérationnel
 une ligne hiérarchique
 une technostructure
 un support logistique
 une idéologie.
Le sommet stratégique est composé des décideurs, des entrepreneurs ou des
managers qui font en sorte que l’entreprise remplisse sa mission.
Le centre opérationnel est constitué des ouvriers, des employés et de tous ceux qui
sont chargés d’accomplir le travail dans l’entreprise.
La ligne hiérarchique est représentée par les chefs de services, les cadres et relie le
centre opérationnels au sommet stratégique.
La technostructure est composée des analystes, des spécialistes, des experts et elle
représente l’état-major de l’entreprise.
Le support logistique fournit le matériel et les services nécessaires au bon
déroulement du travail et du fonctionnement de l’entreprise.
L’idéologie imprime et traduit la culture de l’entreprise.

II-LES CRITERES DE CHOIX ENTRE LES STRUCTURES


Le choix entre les types d’organisation d’une entreprise est guidé par le souci de
celle-ci de garantir un fonctionnement optimal. Il doit aider à une division efficace du travail
de sorte à garantir sa rentabilité et sa survie mais également à assurer l’unicité et la
permanence du commandement en son sein.
L’organisation à choisir dépendra donc des caractéristiques propres à chaque
entreprise à savoir sa taille, le degré d’innovation en son sein de même que sa stratégie
globale.

1-le critère de la taille


La taille d’une entreprise est fonction du nombre de salariés qu’il y a en son sein. On
distingue ainsi de petites de moyennes et de grandes entreprises.
L’essentiel dans le choix d’une structure est de rechercher celle qui aidera au mieux à
assurer une meilleure répartition du pouvoir dans l’entreprise. Mais lorsque l’entreprise
s’agrandit, le risque de dissolution du commandement est à craindre.

2-Le degré d’innovation


Selon que l’entreprise est portée ou non sur la fabrication de produits nouveaux, ses
dirigeants devront choisir une organisation qui laisse librement s’exprimer l’esprit de
création ou d’innovation. Les structures qui englobent les lignes de recherche
développement peuvent être adoptées.

3-la stratégie de l’entreprise


Le positionnement de l’entreprise dans son environnement fonde le projet de
direction des responsables. Le choix d’une structure bien pensée peut aisément aider à
assurer cet objectif.

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CHAPITRE 2 : LA DIRECTION GENERALE

La Direction Générale représente l’échelon supérieur de la hiérarchie dans une


entreprise. Elle est assurée par un Directeur Général qui le plus souvent peut être aidé par
un Directeur Général Adjoint. Elle veille à l’élaboration et à la prise de décision qui obéit à un
processus bien précis.

I-LE PROCESSUS DE DECISION


Il obéit à quatre (4) étapes :
 rassembler les informations
 traiter les informations recueillies
 mettre en œuvre la décision
 contrôler son exécution.

1-Rassembler les informations


Dans son environnement comme en son sein, on dénombre un grand nombre d’informations
qui intéressent les dirigeants. La prise de décision commande de ne négliger aucune.

2-Traiter les informations recueillies


Les informations recueillies devront faire l’objet d’une analyse pertinente de sorte qu’à la fin
du traitement, on ne retienne que celles qui pourront conduire au résultat projeté.

3-Mettre en œuvre la décision


Cela consiste à arrêter et à faire connaitre la décision retenue. Elle se fait par le biais
de décrets, d’arrêtés, de circulaires et de notes de service.

4-Le contrôle de l’exécution de la décision


Une décision revêt surtout un caractère exécutoire et impératif. Emanant de la Direction
Générale, elle doit s’appliquer aussi bien à toutes les autres directions comme à la Direction
Générale elle-même. Il faut alors s’assurer de la prise en compte et du respect de la décision
par tous. D’où, l’importance de contrôler son exécution et de s’assurer de son efficacité.

II-LES NIVEAUX DE DECISION


On distingue deux niveaux de décisions ou de pilotage de l’entreprise : un niveau
stratégique et un niveau tactique ou opérationnel.
Le niveau stratégique a pour but de préparer l’entreprise dans la maîtrise de l’avenir
c’est-à-dire pour le long terme.
Le niveau tactique est également appelé niveau opérationnel. Ici, on s’intéresse
spécialement au court terme avec pour dispositif essentiel la gestion et l’optimalisation du
fonctionnement de l’entreprise. Et tous les décideurs y participent quelque soit leur rang.

III-LES TACHES DE LA DIRECTION ET LEUR EVOLUTION


1-Le pilotage de l’entreprise
C’est une tache de régulation car elle se charge de conduire et de diriger afin de
garantir sa rentabilité et sa survie.
Elle a en charge l’administration effective de l’entreprise car elle coordonne et définit
les diverses activités et responsabilités au sein de celle-ci.

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2-Evolution de la fonction de direction


Dans le temps, la fonction de direction a connu des aménagements qui ont coïncidé
avec l’évolution des mentalités et des entreprises elles-mêmes.
Dans le passé, les entreprises étaient de création unipersonnelle ou familiale et la
peur de voir déposséder a conduit à une forte centralisation du pouvoir. Cette technique de
direction a été accompagnée par un haut niveau d’hiérarchisation des travailleurs. Toute
chose qui a permis de lutter contre l’émiettement et la dissolution du pouvoir.
Mais devant l’évolution rapide des mentalités et la complexité de la fonction de la
fonction de direction, il est apparu nécessaire de la confier à des professionnels qualifiés en
la matière.. Désormais il faut recourir à la technicité.

3-La place croissante du management


Le management est de création récente. C’est un ensemble d’activité de gestion des
entreprises et de son personnel. Son objectif est la recherche de l’optimisation de
l’entreprise par l’intégration de dimensions nouvelles sur la prise de décisions. On distingue
également un marketing stratégique, un marketing opérationnel et un marketing de contrôle
de gestion

4-L’allègement des taches de la Direction Générale


L’évolution rapide de la fonction de direction de même que l’environnement
concurrentiel des entreprises ont conduit à une révision des techniques traditionnelles de
direction. De plus en plus, on assiste sans dépossession de droits, à un allègement des taches
assumées par les directions générales. Cela se ressent à travers plusieurs techniques dont :
 la délégation de pouvoir
 la décentralisation et
 la direction par objectif

a- la délégation de pouvoir
C’est une technique administrative qui consiste pour un supérieur hiérarchique à
transférer à un subordonné certains de ses pouvoirs pour une période bien déterminée à
l’avance.

b- la décentralisation
Au sein d’une entreprise, cela se remarque lorsque les pouvoirs de la Direction
Générale sont répartis entre les autres directions.

c-la Direction par objectif


L’objectif principal de l‘entreprise peut faire l’objet d’un éclatement en divers sous
objectifs et chacun de ces sous objectifs est confié à une sous Direction. Au total, la Direction
générale ne contrôle uniquement que les sous Directions ; les sous objectifs quant à eux
doivent aider à la réalisation de l’objectif général.

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QUATRIEME PARTIE : LA FONCTION TECHNIQUE

CHAPITRE 1 : LES PROBLEMES DE LA PRODUCTION

La production consiste en la transformation des matières premières en produit finis


ou semi-finis par la combinaison de facteurs de production.

I- LES OBJECTIFS DU SYSTEME DE PRODUCTION


1-La capacité de production
Quand une entreprise décide de produire un bien, elle doit s’assurer de disposer des
capacités de production nécessaires pour réaliser cette activité. Cela passe par la prise en
compte de ses capacités techniques ou sa technologie avant même de songer à la
disponibilité des sources d’approvisionnement encore moins des quantités à produire.

2-Le coût de la production


Les coûts de la production sont à considérer pour une entreprise car ils doivent
correspondre à ceux les plus faibles possibles afin de s’assurer une marge ou des profits
conséquents. L’entreprise cherchera à acquérir les marchandises ou les matières premières
aux prix les plus bas possibles ou à négocier avec les fournisseurs, des conditions meilleures
d’acquisition des facteurs de production et les matières premières.

3-La qualité
La production de biens de haute qualité suppose l’utilisation d’inputs également de
qualité mais surtout à partir de la technologie adéquate.

4-Le délai
L’entreprise doit être capable de fournir dans un délai raisonnable les produits qu’elle
entend proposer à sa clientèle. C’est un critère de la renommée et de la responsabilité d’une
entreprise.

5-La flexibilité
C’est une technique ou un procédé qui permet d’adapter à tout moment la
production à l’évolution de la demande. Il exige l’utilisation de la conception assistée par
ordinateur (CAO) et de la production assistée par ordinateur (PAO).
En clair, c’est un procédé entièrement automatisé et contrôlé par ordinateur. La
production devient donc beaucoup plus technique et l’intervention directe de l’homme
moins importante.

II-LES POLITIQUES DE FABRICATION


Les politiques de fabrication tiennent compte de la méthode de production utilisée.
On distingue :

1-La production unitaire


Ce mode de production est retenu pour des produits qui ne peuvent consister qu’en
un seul par commande. Exemple : un pont, une fusée, un porte-avion etc.

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2-La production en série


Ici, la standardisation du produit permet par ce procédé, une production de biens
identiques à tout point de vue en très grand nombre. Cette méthode est beaucoup utilisée
pour la fabrication de produits de grande consommation.

3-La production en continu


C’est une méthode de production dans laquelle les étapes de production s’achèvent
ou s’enchaînent les unes aux autres sans aucun temps mort. Cette production hautement
automatisée obéit à une programmation et elle est intensive en capital.

III-LES ETAPES DE LA PRODUCTION


Le processus de production passe par cinq étapes (5):
-l’achat des matières premières
-l’usinage des pièces
-l’assemblage des pièces
-le montage des sous ensembles
-le conditionnement du produit

1-L’achat des matières premières


Elle est assurée par le service approvisionnement et porte sur des quantités
importantes de diverses matières premières.

2-L’usinage des pièces


C’est au cours de cette étape que sont transformées les matières premières en sous
produits de la chaîne de fabrication. Elle se passe dans les usines. Les pièces sont le résultat
de la décomposition ou de la fragmentation du produit en élément premier ou en
composantes élémentaires.

3-L’assemblage des pièces


Cette étape se passe dans une première catégorie d’ateliers où les pièces détachées
connaissent un premier assemblage pour donner des structures intermédiaires appelées
sous produits.

4-Le montage des sous ensembles


Les sous ensembles transitent dans un deuxième atelier pour être assemblés à leur
tour à d’autres sous ensembles afin de donner en définitive un produit.

5-Le conditionnement du produit


Le produit qui vient des ateliers de montage n’est pas encore le produit fini de
l’entreprise ; il doit recevoir sa forme définitive une fois que son conditionnement sera
attribué. C’est la forme définitive sous laquelle le produit de la fabrication sera vendu au
public et aux clients. Il prend en compte l’état du produit (gaz, solide, liquide), sa couleur
(jaune, vert, rouge etc.) mais également son contenant (métal, plastique, papier, verre etc.).

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CHAPITRE 2 : L’ORGANISATION DE LA PRODUCTION

L’activité de production en entreprise est organisée en services qui doivent assumer


des fonctions précises.

I-LES SERVICES DE LA PRODUCTION ET LEURS FONCTIONS


Il s’agit essentiellement des services de conception et de contrôle d’exécution c’est-à-
dire des services qui permettent de répondre à des préoccupations du genre : quel produit
fabriquer, comment le fabriquer et quand le faire.

1-Le service d’étude et de recherche


On le reconnait également sous le nom de bureau des études. Ce service a pour rôle
de définir les caractéristiques techniques du produit à fabriquer. Il doit pour cela :
 établir le plan des pièces composant le produit
 définir les matières à utiliser et procéder aux essais en laboratoire
 suivre de façon permanente la production
 susciter les évolutions technologiques qui modifient la conception du produit.
Ce service permet de répondre à la question du choix du produit à fabriquer.

2-Le bureau des méthodes


Son rôle est de définir les modalités d’exécution du travail par :
 la détermination du processus de fabrication
 la définition des machines à utiliser
 l’implantation de l’atelier
 le choix des méthodes de travail
 la détermination des qualifications requises pour le travail et la formation du
personnel à mettre en œuvre
 la définition du temps d’exécution pour chaque tâche.
Ce service s’attarde à répondre au souci de comment et dans quelles conditions produire le
bien.

3-Le service de lancement et d’ordonnancement


Ce service a pour mission de coordonner les taches de production. Cela suppose :
 la bonne répartition du travail entre les différentes unités productrices
 l’approvisionnement régulier des ateliers en fournitures
 le lancement du processus de fabrication
Le service de lancement et d’ordonnancement permet de répondre à la question du
moment du démarrage de la production c’est-à-dire quand produire.

II-LE CONTROLE DE LA PRODUCTION


Les biens produits par les entreprises sont essentiellement destinés à la
consommation. Ils doivent donc être capables de procurer une satisfaction totale aux
consommateurs. Il est par conséquent nécessaire que les entreprises interviennent à tous les
niveaux du processus de production afin d’en contrôler les différents aspects. Le contrôle de
la production s’analyse donc en un contrôle d’avancement, de qualité de productivité et de
gestion.

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1-Le contrôle d’avancement


Il consiste à s’assurer du bon déroulement du processus de production en contrôlant
la réalisation des taches d’usinage et de montage. Cela passe par :
 l’entretien de l’outillage
 la manutention et le stockage des matières premières et des produits intermédiaires.
Ce type de contrôle est réalisé par le service logistique.

2-Le contrôle de qualité


On appelle qualité la conformité des produits et services aux conditions techniques
de production retenues et de leur adéquation avec les besoins et attentes de la clientèle. Le
contrôle de qualité permet de résoudre les méventes et donc des baisses du chiffre d’affaire
pour un défaut de qualité occasionné par un très grand nombre de rebuts, retouches et de
retours de produits.
Les rebuts sont des produits fabriqués inutilisables par ce que non conformes aux
normes de fabrication et de qualité exigées.
Les retouches sont des produits qui présentent un défaut de qualité mais qui
néanmoins peuvent être améliorés si retouchés.
Les retours sont dans le cas de mévente, les produits ramenés par le client après
constatation d’un défaut de qualité ou de retard de livraison.
De plus en plus, les contrôles de qualité sont exécutés par des structures
indépendantes qui éditent elles-mêmes des normes à partir desquelles elles accomplissent
leur tâche de contrôle. Ce sont les entreprises telles que ACE-CI, SGS, UNICONTROL et les
normes ISO 2000, ISO 2001 etc.

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CHAPITRE 3 : ORGANISATION DU TRAVAIL ET SON EVOLUTION

I-ORGANISATION DU TRAVAIL
1-Exemple
Tidiane Sarr est couturier à Treichville. Il embauche des maitres tailleurs à qui il verse
un salaire toutes les fins de mois. Il loue un local qui lui sert d’atelier et de bureau. Il
s’approvisionne en tissus et autres éléments de mercerie chez Charara Tissus. Il reçoit de
nombreuses commandes qu’il livre après avoir confectionné les vêtements.
Pour un meilleur fonctionnement de son activité, il se charge lui-même de la découpe
des différents tissus ; un premier groupe de tailleurs exécute chacun une pièce ou une
portion du vêtement et le second groupe se charge de les assembler.

2-Les postulats fondamentaux


La nécessité d’organiser le travail trouve sa justification dans les théories x et y de
Mc GREGOR.
 la théorie x
Selon elle, l’homme n’aime foncièrement pas le travail et a tendance à fuir la responsabilité.
Mais il recherche la sécurité. Si malgré cela il est amené à travailler, c’est essentiellement
pour pouvoir satisfaire ses nombreux besoins. Ainsi donc, pour le pousser à s’adonner au
travail, il faut le contraindre par un système de sanctions et le motiver par des récompenses.

 la théorie y
Selon elle, tout homme peut s’épanouir par le travail. Il peut accepter de travailler
volontairement c’est-à-dire sans y être contraint dès lors que les conditions de travail lui
permettent de satisfaire ses besoins. Et il recherchera plutôt la responsabilité. IL faut donc
lui donner l’opportunité de s’exprimer.

II-ORGANISATION SCIENTIFIQUE DU TRAVAIL : LE TAYLORISME


1-Contexte historique
Le développement de l’industrie au XIXème siècle est accompagné par une puissante
vague de mutations technologiques. La fonction de production à son tour en est affectée.
De plus en plus, la mécanisation des structures de production voit le jour. Il s’agit de
procédés ou d’équipements qui complètent l’action humaine sans pour autant la remplacer
totalement ou la supprimer.
C’est le cas par exemple, pour l’augmentation de la force humaine, on a dû inventer
les grues, les marteaux piqueurs, des bulldozers, des chargeuses, les chariots etc.
En 1911, Frederick Winslow TAYLOR (1856-1915) formula les principes de
l’Organisation Scientifique du Travail (OST). La méthode préconisée avait pour but
d’améliorer l’efficacité de la production c’est-à-dire d’organiser le travail industriel
jusqu’alors resté très anarchique en vue d’augmenter son rendement car pour lui il est
impossible de réaliser une production de masse sans un minimum d’organisation et de
discipline.
Selon lui, le travail d’organisation pour être complet doit se déployer suivant deux
dimensions :
 une dimension verticale qui établit une distinction entre taches de conception et de
formation et celles d’exécution

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Economie / Droit Première G

 une dimension horizontale qui décompose le processus de production d’un bien en


une suite de taches simples confiées chacune à un ouvrier spécialisé par la méthode de la
rationalisation des taches (chronométrage des mouvements, définition d’un temps optimal
pour chaque stade utilisation des meilleurs outils etc.)
TAYLOR a introduit dans le monde du travail une séparation radicale entre ceux qui
conçoivent et ceux qui exécutent.

2-Les principes de l’OST


Les principes de l’OST ou taylorisme sont :
1-la séparation des fonctions d’exécution, de préparation et de contrôle
2-la décomposition du travail jusqu’au stade d’opérations élémentaires
3-la répartition des taches entre les exécutants de façon à ce que le travail
4-l’analyse des mouvements nécessaires pour accomplir une opération
5-le chronométrage du temps de travail
6-l’attribution de primes de rendement en fonction de l’écart entre le temps alloué et le
temps mis par l’exécution.
7-la standardisation des outils de production et leur contexte d’utilisation ainsi les gestes et
les mouvements de chaque travailleur
8-l’utilisation de systèmes mnémoniques pour répertorier les produits fabriqués
9-l’utilisation de systèmes modernes d’analyse des coûts
Au total, les principes de l’OST sont basés sur la rationalisation des taches, la division
du travail et la standardisation des gestes.

III-LES CONSEQUENCES DU TAYLORISME


1-La notion de condition de travail
Les conditions de travail recouvrent tout ce qui touche à la réalisation du travail
proprement dit. Il s’agit de l’application pratique des décisions retenues par les services
d’ordonnancement des taches mais également des conditions dans lesquelles ces taches
sont réalisées c’est-à-dire l’ambiance de travail, le cadre, le rythme ou la cadence de travail,
l’implication du travailleur dans l’élaboration des taches de travail.
2-L’amélioration des conditions de travail
L’OST a fortement contribué à améliorer les conditions d’exercice du travail. On le
ressent à travers :
-la réduction de la charge du poste.
Un travailleur ne réalise pas seul tout le travail. Avec la rationalisation des taches, il ne
réalise plus qu’une partie.
-l’adaptation du poste
Le poste est pensé prioritairement pour faciliter le travail à l’homme comme si cela
était un « poste sur mesure » : on parle d’ergonomie.
-l’aménagement de l’environnement du poste
Le travailleur est placé dans les conditions idoines qui favorisent le travail ; absence
de bruit ou de tout de tout facteur ambiant susceptible de distraire le travailleur et faire
baisser sa productivité.

3-La remise en cause de l’héritage taylorien


De toute évidence, l’OST a permis à partir d’une amélioration des conditions de
travail, une efficacité économique remarquable (gains de productivité, baisse des coûts de

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Economie / Droit Première G

production, production en série, consommation de masse). On note néanmoins en


contrepartie un bilan social désastreux.
Les effets pervers de l’OST résultent tant du travail lui-même (trop restreint) que des
conditions de travail. Ce sont entre autres, une situation de dépendance dans laquelle sont
plongés les opérateurs exécutants, l’absentéisme, l’indifférence et le désintéressement du
travailleur, la difficile compatibilité des rythmes de travail, les grèves, la médiocre qualité du
travail avec les nombreux déchets.
Face à cette situation, on a préconisé la modification des taches en instituant :
-la rotation des postes qui veut que régulièrement le travailleur change de poste c’est-à-dire
que le travailleur devra successivement occuper différents postes de travail afin d’éviter la
routine et avoir une vision plus globale du processus de production
-l’enrichissement des taches.
Ici, le travail n’est plus décomposé en mouvements élémentaires stéréotypés ou
standards mais en un certain ensemble de mouvements. Il s’étend à d’autres taches telles
que le réglage et l’entretient des machines ce qui implique une responsabilisation du
travailleur.

4-La suppression du travail à la chaine et le retour au travail recomposé


Dans le but d’améliorer aussi bien les conditions de travail que le contenu du travail
lui-même on a songé à transformer l’OST. Le travail à la chaine qui imposait un rythme
effréné au travail source de stress et de surmenage est donc remplacé par un travail
recomposé qui permettra au travailleur de réaliser à la fois plusieurs taches et donc de varier
ses gestes et ses interventions.

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DROIT

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Economie / Droit Première G

PREMIERE PARTIE : LES STRUCTURES JURIDIQUES DE L’ENTREPRISE

INTRODUCTION : COMPARAISON : ENTREPRISE INDIVIDUELLE, ENTREPRISE SOCIETAIRE

Théoriquement, l’entreprise peut se définir comme l’affectation de biens matériels à


l’exercice d’une activité dans le but de réaliser un profit. De ce point de vue, l’entreprise est
également égale à la société. A l’examen, certaines entreprises sont individuelles et d’autres
sont sociétaires.

I. L’entreprise individuelle
Les entreprises individuelles se distinguent entre elles par leur type d’activité. Leur point
commun est d’être dirigées par une personne physique qui est personnellement
propriétaire de l’entreprise.

A. Les caractéristiques des entreprises individuelles

1. L'entreprise est dirigée par une seule personne: (Le chef d'entreprise)
Il s'agit du propriétaire de l'affaire, Il n'a de compte à rendre à personne en ce qui concerne
sa gestion, il travaille seul ou avec un nombre réduit de salariés.

2. Les biens de l'entreprise font partie du patrimoine du chef d'entreprise


L'ensemble des biens (professionnels, ou non) constitue la garantie de tous les créanciers du
chef d’entreprise. Cela a comme conséquence notamment que:
 Le créancier impayé d'un commerçant pourra faire saisir la maison
d'habitation de ce dernier.
 En cas de décès du chef d'entreprise, les héritiers reçoivent cette entreprise
en héritage même s'ils n'ont aucune compétence pour la gérer.

3. L'entreprise individuelle n'a pas de personnalité juridique


La personnalité juridique de l'entreprise individuelle se confond avec celle du chef
d'entreprise.

B. Les avantages et les inconvénients de l’entreprise individuelle


1. Les avantages
Elle présente l’avantage de la liberté pour le chef d’entreprise puis également un avantage
au plan fiscal qui est de l’ordre :
 l’entreprise individuelle est dispensée des droits d’enregistrement à sa création
 Les bénéfices réalisés par l’entreprise individuelle sont imposés à un taux très bas
(l’impôt synthétique ou la patente)
 Seul le chef d’entreprise paye l’impôt et non l’entreprise elle-même.

2. Les inconvénients
Elle présente l’inconvénient d’être à la merci du chef d’entreprise. Ces inconvénients sont
liés essentiellement à la confusion des patrimoines privés et professionnels.

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Economie / Droit Première G

II. Les entreprises sociétaires


A. LES CARACTERISTIQUES
 L’entreprise sociétaire a une personnalité juridique, distincte de celle de ses
créateurs.
 Elle a un patrimoine privé qui constitue son capital.
Il existe plusieurs types de société qu’on peut classer en deux groupes : Les sociétés de
capitaux et les sociétés de personnes.

B. AVANTAGES ET INCONVENIENTS
1. Les sociétés de capitaux
Une société est dite de capitaux lorsque la responsabilité des associés ou actionnaires
est limitée au montant de leurs apports. On dit que les sociétés de capitaux sont opaques.
Exemple : les sociétés anonymes (SA) et les sociétés à responsabilités limitée (SARL)
Concrètement en cas de difficulté, les créanciers de la société ne peuvent saisir que la
somme des apports c'est-à-dire le capital social. S’il est insuffisant pour désintéresser les
créanciers ceux-ci ne peuvent pas saisir les biens personnels des associés ou actionnaires.

B - Les sociétés de personnes


Dans ces dernières, la responsabilité des associés est illimitée et indéfinie cela veut dire que si
le capital d'une de ces entreprises est insuffisant pour satisfaire les créanciers, ceux-ci vont saisir les
biens personnels de chaque associé. On dit qu'il s'agit de sociétés transparentes. Cette
responsabilité illimitée dans les sociétés de personnes se fonde sur la notion d'intuitu personae c'est-
à-dire la considération de la personne des associés. En d'autres termes, la confiance mutuelle que
les associes ont entre eux est un élément important. Au nom de cette confiance mutuelle n'importe
qui ne peut entrer dans une société de personnes sauf clauses contraires.

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Economie / Droit Première G

CHAPITRE 1 : LE COMMERÇANT

I. LES ACTES DE COMMERCE


Les actes de commerce sont énumérés par l’article 3 et 4 de l’acte uniforme de l’OHADA
(Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires) relatif au droit
commercial général. Mais plutôt que de proposer une définition de l’acte de commerce,
l’acte uniforme s’est contenté de les citer. En outre, quel peut être le critère de
détermination d’un acte de commerce ?

A. La classification des actes de commerce


Il existe :
 Des actes de commerce par nature,
 Des actes de commerce par la forme ou actes objectifs,
 Des actes de commerce accessoires ou actes de commerce subjectifs,
 Des actes mixtes.

1. Les actes de commerce par nature


Ce sont des actes qui sont commerciaux par eux-mêmes, en raison de leur objet. Le
prototype de l’acte de commerce par nature, c’est l’achat de biens meubles ou immeubles
pour la revente, mais pour qu’il en soit ainsi, il faut que certaines conditions soient remplies :
 Achat préalable du bien à vendre
 Intention de revente
 Volonté de réalisation d’un profit

a. Achat préalable du bien à vendre


Sans cet achat, il n’y a pas d’acte de commerce par nature. C’est pourquoi la vente des
produits agricoles est exclue du domaine commercial. Ainsi le paysan qui vend les produits
de son champ ne fait pas des actes de commerce car les produits vendus viennent du sol.
Toutefois lorsqu’un agriculteur achète les produits des autres pour les transformer et les
revendre dans une proportion plus grande que sa propre production, il accompli des actes
de commerce. Il en est de même lorsqu’il loue ses machines aux autres.
En matière d’élevage, on peut acheter des bœufs pour les revendre : c’est un acte de
commerce par nature. Mais il n’y a plus d’acte de commerce dès que les animaux achetés
ont séjourné sur terre et ont tiré profit de la force de la nature avant d’être vendus. L’activité
d’élevage devient aussi commerciale lorsqu’avant d’être vendus les animaux sont engraissés
exclusivement ou en grande partie avec des produits achetés hors de l’exploitation.

b. Intention de revente
Il faut que l’intention de revente se traduise chez l’acheteur par la recherche d’un profit. Peu
importe qu’il ait eu perte ou non à la suite de la revente. C’est pourquoi celui qui achète
pour revendre sans intention de profit ne fait pas d’acte de commerce.
Comme acte de commerce par nature nous pouvons citer les opérations suivantes :
Les opérations de vente, de banque de bourse, de change, de courtage, d’assurance, de
transit, de location de meubles, de manufacture, de transport et de télécommunication et
les opérations des intermédiaires.

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2. Les actes de commerce par la forme ou objectifs


La signature des documents suivants constitue des actes de commerce ; que l’acte soit fait
par un commerçant ou un civil et quels que soient l'objet et la finalité de l'acte. Il s'agit des
documents suivants, la lettre de change, le billet à ordre, le warrant.
Les actes accomplis par les sociétés commerciales que sont la SA, la SARL, la SNC et la SCS
sont aussi des actes de commerce par la forme.

3. Les actes de commerce accessoires ou actes subjectifs


Ce sont des actes qui sont à l'origine civils et qui deviennent commerciaux parce
qu'accomplis par un commerçant dans l'exercice de sa profession. Ainsi, l'achat d'un véhicule
par le commerçant pour son usage personnel demeure un acte civil mais si l'achat est
effectué pour les besoins du commerce, il devient un acte de commerce par accessoire.
La commercialité par accessoire suppose certaines conditions et elle a son domaine propre.

a. Les conditions de la commercialisation par accessoire


Toutes les opérations accomplies par un commerçant sont présumées exécutées pour les
besoins de son commerce. Pour que ces actes aient un caractère commercial il faut que:
 L’auteur de l’acte soit commerçant
 S’il s’agit d’une obligation contractuelle, elle doit être née d’un contrat conclu pour
les besoins de son commerce.
 S’il s’agit d’une obligation extra contractuelle, elle doit être née à l’occasion de
l’exercice du commerce.

b. Le domaine de la commercialisation par accessoire


La commercialité par accessoire s’étend au domaine contractuel et extra contractuel.
 Le domaine contractuel
Tous les contrats passés par le commerçant sont présumés être faits pour les besoins de son
commerce (les contrats d’achat de marchandises, les contrats de vente, les contrats de
location etc.)
 Le domaine extra contractuel
Il s’agit de tous les délits et quasi-délits faits par le commerçant.
Exemple : le commerçant blesse un de ses clients.

4. Les actes de commerce mixtes


Il s’agit des actes qui sont commerciaux pour l’une des parties et civils pour l’autre partie.
Ainsi, en est-il de l’achat effectué dans un magasin. Cet acte est commercial pour le vendeur
(commerçant) et civil pour l’acheteur (non-commerçant).
L’intérêt de l’étude des actes mixtes se situe au niveau de leur régime juridique. Ainsi en
matière de :

a- La compétence du tribunal en cas de litige


Si le demandeur (celui qui engage ou saisit le tribunal en premier) est civil, il a le choix entre
tribunal civil et tribunal commercial.
Si le demandeur est commerçant, il ne peut que saisir le tribunal commercial.

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b- La preuve
Si la preuve est faite par le non commerçant contre le commerçant, il dispose de la liberté de
preuve ; c'est-à-dire qu’il peut faire la preuve par tous les moyens (témoignages, reçus etc.)
SI la preuve est faite par le commerçant contre le non-commerçant: ce sont les règles de
droit civil qui s'appliquent c'est-à-dire qu'il faut un écrit ou un commencement de preuve par
écrit.

c- La mise en demeure
Le commerçant qui veut mettre en demeure le non-commerçant doit le faire par acte extra
judiciaire c'est-à-dire par acte d'huissier ou de notaire.
Le non-commerçant peut mettre en demeure le commerçant par tous moyens (téléphone,
lettre etc.)

d- La solidarité
La solidarité ne se présume pas entre codébiteurs civils d'un commerçant. Mais elle se
présume entre codébiteur, commerçants d'un créancier civil.

B. La détermination d'un critère général de l'acte de commerce


L’acte uniforme relatif au droit commercial général a procédé à une énumération des actes
de commerce sans traiter le problème du critère général. C'est pourquoi les critères qui
avaient été proposés par la doctrine sont toujours en vigueur même si aucun de ces critères
ne suffit en lui-même. Ainsi l'acte de commerce devrait être reconnu par la spéculation, la
circulation ou le critère d'entreprise.

1- le critère de la spéculation
Selon ce critère, l’acte de commerce est celui sur lequel on spécule c'est-à-dire un acte
accomplit dans le but de réaliser un profit. Mais ce critère est insuffisant puisque de
nombreuses activités civiles ont aussi un but de profit.
Exemple : Les activités agricoles.

2- Le critère de l'entreprise
Dans cette hypothèse l'acte de commerce serait accomplit par une entreprise. Ce critère est
très insuffisant puisque plusieurs actes de commerce ont ou peuvent être accomplis de
façon isolée par des personnes physiques. Exemple : L'achat de biens pour la revente

3- Le critère de la circulation
Selon ce critère l'acte de commerce serait celui entrepris dans la circulation des richesses
depuis la production jusqu'à la consommation. Ce critère est juste en grande partie sauf à
préciser que l’entreprise d'édition ne répond pas toujours à l’idée de circulation.

Remarque
Au total, aucun de ces critères ne suffit à lui seul et il convient de conclure qu’il n’existe pas
un critère général de l’acte de commerce. Il s’agit plutôt de plusieurs critères (trois au moins)
dont la combinaison permet d’appréhender l’acte de commerce lorsqu’il n’a pas été déjà
énuméré.

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II – LA QUALITE DE COMMERCANT
Selon l’article 2 de l’acte uniforme de l’OHADA relatif au droit commercial général : ‘’Sont
commerçants ceux qui accomplissent des actes de commerce et en font leur profession
habituelle’’.
De cette définition, on a relevé qu’il faut trois conditions pour avoir la qualité de
commerçant :
 l’accomplissement d’actes de commerce
 l’accomplissement de ces actes à titre de profession habituelle
 l’exercice de la profession à titre indépendant

A – L’accomplissement d’actes de commerce


Il s’agit des actes de commerces par nature. C’est la répétition habituelle ou professionnelle
d’actes de commerce par nature qui confère la qualité de commerçant.
Ex : achat de chaussures pour la revente.

B – L’accomplissement de ces actes à titre de profession habituelle


La notion de profession suppose la répétition habituelle des actes. En effet,
l’accomplissement de quelques actes isolés ne confère pas la qualité de commerçant. La
répétition habituelle doit véritablement constituer une activité traduisant la volonté de tirer
de celle-ci tout ou partie des ressources nécessaires à l’existence. C’est pourquoi même si
l’activité commerciale est clandestine, elle confère la qualité de commerçant.

C – L’exercice de la profession commerciale à titre indépendant


Pour avoir la qualité de commerçant, il faut exercer la profession commerciale en son nom
et pour son compte en toute indépendance.
Ainsi, ceux qui bien que participant à une activité commerciale, ne jouissent pas d'une
indépendance suffisante ne sont pas commerçants mais des mandataires du commerçant.

III - LES OBLIGATIONS D'UN COMMERÇANT


Le commerçant est tenu de plusieurs obligations, Les plus importantes sont au nombre de
quatre:
 L'immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM)
 La tenue des livres de commerce,
 La concurrence loyale
 La déclaration fiscale et sociale d'existence,

A. L’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier


1. la nécessité de l’immatriculation
Tout commerçant doit s’inscrire au registre du commerce et du crédit mobilier tenu au
greffe de chaque juridiction. Il en est de même pour les sociétés. Inscrit le commerçant se
verra attribuer un numéro d’immatriculation. Ainsi l’immatriculation permet au commerçant
d’inspirer confiance vis-à-vis de ceux qui veulent traiter avec lui.

2. les effets de l’immatriculation ?


Dans tous les cas, l’immatriculation fait présumer la qualité de commerçant et elle confère
également des droits et des obligations à celui qui s’inscrit.

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B - La tenue des livres de commerce


Le commerçant doit tenir des livres de commerce parmi lesquels nous avons le grand livre, le
livre journal et le livre d’inventaires qui sont obligatoires.
 Le livre journal : Il enregistre jour par jour les opérations de l'entreprise (paiements
effectués ou reçus, les ventes, les achats). A défaut de tenir le livre au jour le jour on peut
récapituler au moins une fois par mois les totaux des opérations effectuées.
 Le livre d'inventaire: Chaque année le commerçant doit faire l’inventaire de son
entreprise. Cela consiste à recenser les éléments actifs et passifs en vue de l’établissement
du bilan.
 Le grand livre : il est tenu compte par compte en fonction des opérations de
l’entreprise. Lorsqu’une opération est passée avec un client, elle est immédiatement
reportée sur son compte.

C – L’obligation de loyale concurrence


En régime d’économie libérale, la concurrence constitue la loi du commerce. Toutefois, la
concurrence doit être loyale c’est-à-dire conforme à la loi sous peine de sanction. Ainsi, la
concurrence déloyale serait-elle l’utilisation par un commerçant de pratiques illicites pour
détourner la clientèle de ses concurrents.

1 – Les manifestations (ou formes) de la concurrence déloyale


Elles sont nombreuses, on peut citer :
 l’atteinte au nom commercial ou à la raison-sociale : elle consiste à usurper le nom
d’un commerçant dans le but de semer la confusion dans l’esprit des clients en vue d’induire
la clientèle en erreur.
 l’atteinte à l’enseigne : l’enseigne est un élément d’identification d’un fonds de
commerce, il peut s’agir du nom commercial, d’un symbole, d’un emblème qui sert à
individualiser ou à caractériser un établissement commercial. Il doit être spécifique et non
générique.
A côté de ces deux cas, on peut citer comme manifestation de concurrence déloyale :
 le dénigrement des produits des autres
 la désorganisation générale du marché par l’utilisation de la vente

2- La protection contre la concurrence déloyale


Elle est combattue de deux façons:
 par l'action en concurrence déloyale
 par une convention entre les concurrents

a- L'action en concurrence déloyale


Elle consiste à porter plainte devant le juge pour obtenir la condamnation du concurrent
déloyal à payer des dommages et intérêts au cas où son acte a pu détourner la clientèle ou
dans le cas contraire à prendre des mesures préventives pour éviter le préjudice ou
dommage. Cette action en concurrence déloyale est exercée sur la base de l'article 1382 du
code Civil qui exige la réunion de trois conditions :
 Une faute commise par le concurrent : Il s'agit de l'une des manifestions de la
concurrence déloyale.
 Un préjudice ou dommage : C'est le cas lorsque l'acte de concurrence déloyale a eu
pour effet de détourner la clientèle entrainant ainsi une baisse du chiffre d’affaire.

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 Un lien de cause à effet entre la faute et le préjudice : C’est l’acte de concurrence


déloyale qui a entrainé le détournement de la clientèle et la baisse du chiffre
d’affaire.

b- La protection conventionnelle contre la concurrence déloyale


Malgré la libre concurrence prévue par la loi de décembre 1999, il n’est pas exclu que les
parties puissent par convention limiter leur activité afin d’éviter de se faire concurrence.
 Les clauses de non-concurrence : ce sont les clauses insérées dans un contrat de
travail par lesquelles un employeur fait prendre à son employé l’engagement de ne pas lui
faire concurrence si d’aventure il partait de son entreprise mais une telle clause est
désormais nulle car le code du travail n’autorise plus un tel contrat.
 Les clauses de non-établissement : ce sont des clauses insérées dans les contrats de
vente d’un fonds de commerce par lesquelles le vendeur s’engage à ne pas s’établir dans un
certain espace et pour un temps.

D – La déclaration fiscale et sociale d’existence


1 – La déclaration fiscale
Tout commerçant doit être déclarer à l’administration des impôts pour avoir un numéro de
compte contribuable. Il devra verser sur ce compte au bénéfice de l’Etat ses impôts ou ses
contributions fiscales.

2 – La déclaration sociale
Le commerçant doit également déclarer à la CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale)
tous ses employés afin de s’acquitter de ses cotisations sociales. En effet, tout employeur
doit verser à la CNPS des sommes d’argent dites cotisation-employeur pour la retraite de ses
travailleurs.

IV. LES CONDITIONS D’ACCES A LA PROFESSION COMMERCIALE

 Les conditions de capacité et de pouvoir (le cas des mineurs, des majeurs incapables
et de la femme mariée)
 Les conditions de moralité (les incompatibilités, les déchéances et les interdictions)

V. LA DISTINCTION ENTRE COMMERÇANT ET ARTISAN


L’artisan est un professionnel qui a un travail essentiellement manuel. Il emploie en général
un personnel familial dont le nombre n’excède pas dix (10). Il utilise des moyens limités et il
ne doit spéculer ni sur la main d’œuvre, ni sur les machines importantes ni sur les stocks. Il
n’est pas soumis aux obligations des commerçants.

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CHAPITRE 2 : LES SOCIETES COMMERCIALES

INTRODUCTION
La société est un groupement de personnes ou la volonté d'un seul individu qui se présente
sous la forme d'une personne morale pour exercer une activité:
Au départ lorsque l'objet de l'activité était de faire du commerce, on parlait de société
commerciale et dans le cas contraire de société civile.
De cette même façon, la société ne pouvait être créée que par plusieurs personnes. Mais
aujourd'hui avec l'acte uniforme relatif aux droits des sociétés commerciales et du
groupement d'intérêt économique, il y a eu plusieurs innovations :
 La qualification de société commerciale ou civile ne dépend plus de l'objet de
l'activité. En effet, la société commerciale est désormais celle qui a adopté une des formes
prévues par l'acte uniforme à savoir SA, SARL, SNC, SCS. Quelque soit l'objet de la société,
elle est commerciale dès lors qu'elle adopte une des formes précitées.
 Une seule personne peut créer une société. Il n’est plus nécessaire qu’une société
soit créée par plusieurs personnes. Cette société unipersonnelle ne peut être qu’une SA ou
une SARL. Pour les autres (SNC et SCS) il faut absolument plusieurs personnes.
Les sociétés commerciales peuvent être regroupées en deux ensembles,
 Les sociétés de capitaux
 Les sociétés de personnes.

I. LES SOCIETES DE CAPITAUX


Les sociétés de capitaux, sont celles dans lesquelles les droits des associés encore appelés
actionnaires sont représentés par des actions ou des parts et dans lesquelles la
responsabilité des associés ou actionnaires est limitée au montant de leurs apports. Cela
signifie qu'en cas de difficulté et si le capital social de la société (Ensemble des apports en
nature et en numéraire) est insuffisant pour satisfaire les créanciers, les associés ne
pourront pas être poursuivis sur leurs biens personnels: on dit que les Sociétés de capitaux
sont des sociétés opaques. Il existe deux types de sociétés de capitaux :
 les sociétés à responsabilité limitée (SARL
 les sociétés anonymes (SA)

A. LA SOCIETE A RESPONSABILITE LIMITEE OU SARL


1 – Définition
La société à responsabilité limitée (SARL) est une société dans laquelle les associés ne sont
responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et dont les droits sont
représentés par des parts sociales.
La société à responsabilité limitée est donc une société de type hybride (intermédiaire ou
mixte) parce qu’elle ressemble pour partie aux sociétés de capitaux (la responsabilité des
associés est limitée à leurs apports) et pour partie aux sociétés de personnes (les apports
sont représentés par des parts sociales).
La SARL ressemble beaucoup plus aux sociétés de capitaux qu’aux sociétés de personnes
mais il lui est interdit d’émettre des titres négociables.

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2 – LA CONSTITUTION
a – Généralités

a1 – Les associés
Une ou plusieurs personnes peuvent être associées. Lorsque la société est constituée par
une seule personne, on parle de SARL unipersonnelle. Lorsque la société est constituée par
plusieurs personnes, on parle de SARL pluripersonnelle. Les associés n'ont pas la qualité de
commerçants, aucune capacité particulière n'est exigée d'eux. Ainsi un incapable, un mineur
et deux époux peuvent être associés dans une SARL. Les personnes morales peuvent être
associées dans les SARL.

a2 - L’objet social
La SARL est toujours commerciale par sa forme et quelque soit son objet qui doit être
possible, licite et morale. Les SARL ne peuvent pas exercer toutes les activités. Ainsi les
banques des pays membres de l'UEMOA et les sociétés d'assurance ne peuvent être
constituées sous forme de SARL.

a3 - La dénomination sociale
Elle peut être composée du nom d'un ou plusieurs associés ou d'un nom de fantaisie. Elle
doit être suivie de société à responsabilité limitée ou du sigle SARL puis du terme « capital
social» et de son montant.

a4 - Le capital social
Le capital social minimum est de 1.000.000 F CFA. Il n’est pas prévu de maximum. Le capital
est divisé en parts sociales de valeur minimale de 5.000 F CFA.

a5 - Les apports
Seuls les apports en numéraire et en nature sont permis dans la SARL. Lorsque la valeur des
apports est supérieure à 5.000.000 FCFA, l’intervention d’un commissaire aux apports est
nécessaire.
Dans la SARL, les parts sociales qui sont les rémunérations des apports représentent les
droits des associés. Elles ne sont pas matérialisées par un certificat. Cependant, on peut les
transmettre entre personnes vivantes (ou entre vifs) et pour cause de décès.
Cette transmission nécessite un écrit. Les statuts organisent généralement les modalités de
transmission des parts sociales entre vifs.
A défaut les parts sociales sont librement transmissibles entre les intéressés.Pour la
transmission pour cause de décès, les statuts prévoient qu’un ou plusieurs héritiers peuvent
devenir associés à condition que les associés représentant les trois quarts (3/4) des parts
soient d’accord.

a6 - La responsabilité
La responsabilité des associés est limitée au montant de leurs apports.

b– Les formalités de constitution


Pour la constitution de la SARL, les formalités suivantes sont nécessaires
b1 – L’élaboration des statuts
Les statuts peuvent être rédigés soit par acte authentique ou par acte sous seing-privé.

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b2 – L’immatriculation
La société doit être immatriculée au registre du commerce et du crédit mobilier dans le mois
de sa constitution et dans la juridiction du siège social.

b3 – Le retrait des fonds


Après l’immatriculation de la société, les fonds sont retirés et mis à la disposition du gérant.

b4 – La publication
Dans les 15 jours qui suivent l’immatriculation un avis est inséré dans un journal d’annonces
légales du siège social.

3– LA GERANCE
La SARL, est gérée par un ou plusieurs gérants. Un mineur émancipé peut être gérant. Un
mineur non-émancipé ne peut pas gérer une SARL.
Le gérant est nommé soit dans les statuts soit par acte postérieur. On peut donc dire que le
gérant est statutaire ou non statutaire. Le gérant accomplit tous les actes de gestion dans
l’intérêt de la société et engage la société vis-à-vis des tiers sauf en cas de limitation de
pouvoir.
Dans les rapports entre associés, le gérant accomplit tous les actes de gestion dans l’intérêt
de la société.
Les gérants sont responsables individuellement ou solidairement envers la société ou envers
les tiers pour des infractions aux lois applicables aux SARL pour les violations des statuts et
pour les fautes commises dans leur gestion.
Les fonctions du gérant peuvent cesser pour l’une des causes suivantes :
 L’arrivée à terme de l’acte de nomination (ex : 4 ans)
 La révocation du gérant
 La démission du gérant
 Les cas d’interdiction ou d’incompatibilité avec la fonction de gérant.

4 – LA TRANSFORMATION
On peut transformer la SARL en SA, en SNC et en société en commandite simple.
Pour transformer la SARL en SA les conditions suivantes sont nécessaires.
 Le capital de la SARL doit être égal au capital minimum exigé pour la SA
 Le nombre des associés doit correspondre à celui d’une société anonyme.
 La valeur nominale de la part sociale doit être égale à 10.0000 F CFA et l’objet de la
société doit être licite.
Pour que la SARL soit transformée en SNC ou en SCS, il faut que les décisions des associés
soient prises et acceptées à l’unanimité.

5 – LA DISSOLUTION
La société prend fin à :
 L’expiration du terme de la société
 La déclaration de la liquidation des biens de la société
 Et lorsque le capital devient inférieur au minimum légal
La dissolution est alors publiée par insertion dans un journal d’annonces légales et par
modification au registre du commerce et du crédit mobilier.

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B. LA SOCIETE ANONYME (SA)


1 – DEFINITION
La société anonyme est la société dans laquelle deux ou plusieurs associés ne supportent les
pertes qu’à concurrence de leurs apports et dont le capital est divisé en actions.

2 – LA CONSTITUTION
a– Les généralités
a1 – Les actionnaires
Les actionnaires ne sont pas des commerçants. Généralement, ce sont des personnes
physiques ou personnes morales. Un mineur ou des époux peuvent être associés dans une
société anonyme. Selon l’OHADA, on peut créer une société anonyme avec un seul
actionnaire. C’est la société anonyme unipersonnelle.

a2 – Les apports
Sont constitués des apports en numéraire et en nature. Toute autre forme d’apport est
interdite.

a3 – Objet social
L’objet de la société anonyme doit être possible, licite et moral. Toute entreprise peut
utiliser la forme sociale de la société anonyme.

a4 – Le capital social
Le capital minimum exigé est de 10 000 000 F CFA, si la société ne fait pas appel public à
l’épargne. C’est-à-dire si elle se constitue dans le cadre restreint de quelques personnes qui
se connaissent; 100 000 000 FCFA, si elle fait appel public à l’épargne c’est-à-dire si la société
recherche ses actionnaires et ses capitaux dans la masse des épargnants. Dans ce cas, la
société a toujours recours aux banques ou aux établissements financiers qui font souscrire
les actions de la société par leurs clients.

a5 – L’action
L’action est une fraction du capital. C’est un titre dont la valeur nominale ne peut être
inférieure à 10.000 FCFA.
L’action porte des noms différents selon les apports. On parle d’action en numéraire
lorsqu’il représente les apports en espèce et d’action en nature lorsqu’elle représente les
apports en nature.
L’action est aussi un titre qui confère à l’associé des droits extra-pécuniaires et des droits
pécuniaires.
Les droits extra-pécuniaires sont des droits de vote aux assemblées, le droit de contrôle de
la gestion de l’entreprise, le droit à l’information, le droit de souscrire aux actions nouvelles
émises durant la vie de l’entreprise et en vue d’une augmentation du capital.
Les droits pécuniaires sont les droits aux dividendes, les droits aux réserves des entreprises,
le droit au partage de l’actif net et le droit au boni de liquidation.
L’action de transmission varie selon la forme du titre. Selon cette forme, on distingue :
l’action nominative et l’action au porteur
 L’action nominative est l’action qui porte le nom d’un titulaire. La transmission de ce
titre se fait par virement entre le compte du cédant et celui du cessionnaire

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 l’action au porteur : la société ignore l’identité du titulaire. Seules les sociétés cotées
en bourse peuvent émettre des actions au porteur. La transmission se fait de main en
main. L’action est identifiée par un numéro.

a6 – La responsabilité des associés


Les actionnaires ne sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports.

b – Les formalités de constitution


Le capital doit être entièrement souscrit avant la signature des statuts ou avant la tenue de
l’assemblée générale constitutive. L’acte de souscription est un acte qui permet à
l’actionnaire de s’engager à faire les apports en nature ou en espèce. Un bulletin de
souscription est donc rempli et établi en deux exemplaires.
 La libération des apports
La libération est l’acte qui permet de mettre les biens à la disposition des sociétés. L’apport
en espèce est libéré d’un quart lors de la souscription du capital. Les ¾ restants sont libérés
dans un délai qui ne doit pas dépasser 3 ans à partir de l’immatriculation au registre du
commerce et du crédit mobilier selon les modalités définies par les statuts. Les apports en
nature sont libérés intégralement lors de la constitution de la société.
Les fonds provenant de la souscription et la liste des souscripteurs sont déposés chez un
notaire ou dans une banque du siège social.
En retour un certificat de dépôt est remis au déposant.
 Les statuts sont établis par un acte notarié ou sous-seing-privé.
 L’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier dans le mois de la
constitution, c’est-à-dire à partir de l’élaboration des statuts.
 L’insertion d’un avis dans un journal d’annonces légales dans les 15 jours qui suivent
l’immatriculation.

3– LES ASSEMBLEES DES ACTIONNAIRES


L’assemblée générale des actionnaires est l’organe souverain de la société. Tout actionnaire
a le droit d’y participer. Il existe quatre catégories d’assemblées générales.

a – L’assemblée générale constitutive


Elle ne se réunit que pour la constitution de la société pour vérifier un certain nombre
d’opérations et de nommer les premiers organes de gestion et de contrôle de la société.

b – L’assemblée générale ordinaire


Elle prend toutes les décisions ordinaires relatives à la société.

c – L’assemblée générale extraordinaire


Elle est compétente pour les décisions qui concernent la modification des statuts.

d– L’assemblée générale spéciale


Elle modifie les droits des membres titulaires d’action d’une catégorie déterminée.

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4 – LA TRANSFORMATION
a – Définition
La transformation est l’opération par laquelle une société change de forme juridique par
décision des associés.

a1– Les conditions générales


 Les statuts doivent prévoir la possibilité d’une transformation.
 L’objet social ne doit pas changer à l’occasion de la transformation.
 Les associés doivent être les mêmes ou si la transformation s’accompagne d’une
ouverture du capital à d’autres personnes, les modifications ne doivent pas être trop
importantes.

a2 – Les conditions de transformation en SARL


La SA doit avoir 2 ans d’existence à partir de son immatriculation au registre du commerce et
du crédit mobilier.
 Toutes les actions de la SA doivent être intégralement libérées dès la souscription
comme cela se fait dans la SARL.
 Le capital social minimum doit être égal à 1.000.0000 FCFA et la valeur nominale de
la part sociale doit être égale à 5.000 FCFA
 L’activité de la SA doit être permise par la loi.

5 – LA DISSOLUTION DE LA SOCIETE ANONYME


La dissolution est prononcée par l’assemblée générale extraordinaire dans les cas suivants :
 Arrivée à terme de la société
 Dissolution anticipée par l’AG extraordinaire
 Capital inférieur au minimum légal
 Jugement déclarant une liquidation des biens.

II : LES SOCIETES DE PERSONNES


Sont celles dans lesquelles les droits des associés sont représentés par des parts sociales et
dans lesquelles la responsabilité des associés (SNC) et des commandités (SCS) est illimitée ou
indéfinie et solidaire. Cela veut dire qu’en cas de difficulté, si le capital de la société est
insuffisant pour désintéresser les créanciers sociaux, ceux-ci pourront saisir les biens
personnels des associés, les vendre et se payer sur le prix de vente.
Il existe deux types de société de personnes :
 La Société en Nom Collectif (SNC)
 La Société en Commandite Simple (SCS)

A– LA SOCIETE EN NOM COLLECTIF


1– Généralités
a– Les associés
La société en nom collectif (SNC) ne peut être créée que par deux ou plusieurs personnes. Il
n’existe pas de limite supérieure du nombre des associés. Ces associés doivent tous avoir la
qualité de commerçant.
En dehors des majeurs incapables, des mineurs et des personnes ayant fait l’objet
d’interdiction, d’incompatibilité et en dehors des époux, toute personne peut être associé en

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nom collectif. Egalement les associés en nom collectif sont tenus indéfiniment et
solidairement des dettes sociales.

b – L’objet social
La société en nom collectif est commerciale en raison de sa forme et quelque soit son objet.

c – Le capital social
La société doit avoir un capital égal à celui indiqué dans les statuts. Aucun minimum n’est
exigé par l’acte uniforme de l’OHADA.

d – Les apports
Les associés peuvent faire des apports :
 En numéraire (argent espèce)
 En nature (des biens corporels ou incorporels)
 En industrie c’est-à-dire apporter les connaissances techniques professionnelles à
l’entreprise

e – Les parts sociales


Le capital social est divisé en parts sociales de même valeur nominale. Ces parts
représentent un pourcentage des apports des associés par rapport au capital social. Ces
parts ne peuvent être cédées qu’avec le consentement unanime des associés. A défaut
d’unanimité la cession ne peut avoir lieu. Cependant, les statuts peuvent prévoir une
procédure de rachat pour permettre le retrait d’un associé.
La cession des parts est constatée par écrit.

f – La dénomination sociale
La société en nom collectif est désignée par une raison sociale qui doit être immédiatement
précédée ou suivie de « société en nom collectif » ou du sigle « SNC ».
Les associés ne sont pas obligés de faire figurer leur nom dans la dénomination sociale.

g – La durée de la SNC
Elle doit être mentionnée dans les statuts. Elle ne doit pas excéder 99 ans.

h – La responsabilité
Les associés sont responsables solidairement et indéfiniment des dettes sociales. Les
créanciers de la SNC ne peuvent poursuivre le paiement des dettes contre un associé que 60
jours au moins après l’avoir vainement mise en demeure.

2 – LES FORMALITES DE CONSTITUTION


La SNC pour être constituée doit réaliser les formalités suivantes :

a – L’établissement des statuts par acte authentique ou par acte sous seing-privé.
La société est constituée à compter de la signature des statuts par les associés.

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b – La déclaration de régularité et de conformité


Dans cette déclaration, les fondateurs relatent toutes les opérations effectuées en vue de
constituer la société et ils affirment que la constitution de la société a été réalisée en
conformité avec l’acte uniforme de l’OHADA.

c – L’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier


Cette immatriculation se fait à la juridiction du siège social et dans le délai d’un mois à
compter de la constitution d la société.
La société jouit donc de la personnalité juridique à partir de son immatriculation au RCCM

d – L’insertion dans un journal d’annonces légales


Cette insertion doit se faire dans un journal du siège social dans le délai de 15 jours à
compter de l’immatriculation au registre du commerce et du crédit mobilier.

3 – LA GERANCE
C’est l’organe qui assure le fonctionnement courant et habituel de la société.

a – Qui peut être gérant d’une SNC ?


Une ou plusieurs personnes associées ou non peuvent être gérants. On distingue le gérant
statutaire du gérant non-statuaire. Le gérant statutaire est choisi par les statuts tandis que le
gérant non-statutaire est choisi par les associés par un acte postérieur. Ces deux types de
gérant peuvent être associés ou non. Si aucun gérant n’est nommé tous les associés sont
gérants.

b – Les pouvoirs du gérant


Le gérant peut accomplir tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société.
Vis-à-vis des tiers, il engage la société par les actes qui entrent dans l’objet de la société.
En cas de limitation de ses pouvoirs par les statuts, la société reste engagée envers les tiers
avec lesquels le gérant a contracté.
Lorsqu’il y a plusieurs gérants chacun détient les mêmes pouvoirs que s’il était seul gérant
de la société. Vis-à-vis des autres associés les actes accomplis par la gérance doivent l’être
dans le cadre de l’objet social et des limites fixées par les statuts.

c– La révocation du gérant
L’associé gérant statutaire ne peut être révoqué que par l’unanimité des autres associés.
En principe, cette révocation devrait entraîner la dissolution de la société, les statuts
prévoient parfois la continuation de la société en cas de révocation du gérant statutaire
associé. L’associé gérant non-statutaire peut être révoqué dans les conditions prévues par
les statuts ou à défaut par une décision des autres associés prise à la majorité du capital
social. Les parts du gérant associé ne sont pas prises en compte pour le vote.

d – La responsabilité des gérants


Chaque gérant est responsable individuellement envers les tiers des fautes qu’il commet
dans l’exercice de ses fonctions. Si plusieurs gérants ont participé aux mêmes fautes leur
responsabilité est solidaire à l’égard des tiers.

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e – L’assemblée des associés


La loi obligatoire la tenue d’une assemblée générale annuelle des associés pour statuer sur
les états financiers de synthèse, l’inventaire et le rapport de gestion établit par le gérant.
Les autres décisions peuvent être prises en consultation écrite des associés à condition
qu’elle soit prévue par les statuts. Les associés sont convoqués par le ou les gérants par
lettre au porteur ou par lettre recommandée au moins 15 jours avant la tenue de la réunion.
La convocation par avis dans un journal d’annonces légales par télex ou télécopie n’est pas
admise.
L’assemblée générale ne peut se tenir valablement que si elle réunit une majorité d’associés
représentant la moitié du capital social.
Elle est présidée par l’associé représentant le plus grand nombre de part sociale.

f – La transformation
On peut transformer la SNC soit en SARL soit en société en commandite simple.
Lorsque le SNC est transformée en SARL, on limite la responsabilité des associés à leurs
apports et la modification est portée dans les statuts et au registre du commerce et du crédit
mobilier. On transforme la SNC en société en commandite simple lorsqu’un associé meurt et
qu’il est remplacé par un héritier mineur non-émancipé. Cet héritier devient alors un associé
commanditaire ; il ne participera aux dettes sociales qu’à concurrence de ses parts de
succession.

g – La dissolution de la SNC
La SNC est dissoute pour toutes les causes de dissolution des sociétés commerciales.
Cependant, la SNC a des causes spécifiques de dissolution.
Ainsi, la société prend-elle fin par le décès d’un associé sauf disposition contraire des statuts,
par révocation du gérant associé statutaire, par l’arrivée du terme de la société ou par la
réunion de toutes les parts sociales entre les mains d’un seul associé.
Un des associés est frappé d’incapacité ou d’interdiction d’être commerçant la société est
dissoute sauf si la continuation est prévue dans les statuts.

B – LA SOCIETE EN COMMANDITE SIMPLE


1 – Généralités
a – Les associés
Deux ou plusieurs personnes peuvent former une société en commandite simple. On
distingue deux types d’associés dans une société en commandite simple :
 Les commandités qui ont la qualité de commerçants.
 Les commanditaires qui n’ont pas la qualité de commerçants
Les mineurs et les incapables peuvent être associés commanditaires et non associés
commandités. Les époux ne peuvent pas associés commandités mais peuvent être associés
commanditaires.

b – L’objet social
La SCS est commerciale en raison de sa forme et quelque soit son objet.
c – Le capital social
La société doit avoir un capital égal à celui indiqué dans les statuts. Aucun minimum n’est
exigé par l’acte uniforme de l’OHADA. Le capital est divisé en part sociale de même valeur
nominale. Aucune valeur minimale n’est exigée.

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d – Les apports
Les apports de la société sont constitués des apports en numéraire, en industrie et en
nature.

e - La cession des parts sociales


Les parts sociales ne peuvent être cédées qu’avec le consentement unanime des associés.
Toutefois, les statuts peuvent stipuler que les parts des associés commandités et
commanditaires soient librement cessibles entre associés. (Commanditaires entre eux et
commandités entre eux)
Les parts sociales des commandités et des commanditaires sont aussi cessibles à des tiers
étrangers à la société à condition que tous les associés commandités soient d’accord et que
la majorité des commanditaires soient d’accord.

6 – La dénomination
La société est désignée par une dénomination sociale qui doit être immédiatement précédée
ou suivie de l’expression « société en commandite simple» ou du sigle « SCS ». Le nom d’un
commanditaire ne doit pas figurer dans la dénomination.

f – La responsabilité
Les associés commandités sont responsables indéfiniment et solidairement des dettes
sociales dans la limite de leurs apports.

Remarque : Les formalités de constitution et la tenue de l’assemblée générale annuelle (AG)


sont les mêmes que celles de la société en nom collectif.

g – LA GERANCE
Le gérant ne peut être qu’un associé commandité. En principe, la gérance est organisée par
les statuts à défaut tous les associés commandités sont considérés comme gérants. Dans la
SCS, on distingue aussi le gérant statutaire du gérant non-statutaire.
La nomination du gérant est publiée au registre du commerce et du crédit mobilier.
Le gérant accomplit tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société et engage la société
vis-à-vis des tiers sauf en cas de limitation de pouvoir.

3 – LA TRANSFORMATION
On peut transformer la SCS en SARL ou en SA. Dans ce cas, on limite la responsabilité des
associés à leurs apports.
On peut également transformer la SCS en société en nom collectif à condition que la décision
soit prise à l’unanimité des associés.

4 – LA DISSOLUTION
La société est dissoute à l’arrivée du terme de la société ou par le décès d’un associé
commandité ou par la réunion de toutes les parts sociales entre les mains d’un associé.

NB : L’acte uniforme n’autorise pas la SCS avec un seul associé.

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Deuxième PARTIE : LES OBLIGATIONS

CHAPITRE I : DEFINITION ET SOURCES DES OBLIGATIONS

I – DEFINITION DE L’OBLIGATION
Le terme ‘’obligation’’ a deux sens :

A. Au sens large
L’obligation est un lien de droit entre deux personnes en vertu duquel l’une d’entre elles le
créancier peut exiger de l’autre, le débiteur l’exécution d’une prestation.
L’obligation est donc le rapport juridique établi entre le créancier et le débiteur. L’obligation
est donc un droit personnel.
Ex : le contrat de vente crée un rapport de droit entre l’acheteur et le vendeur.

B. Au sens restreint
L’obligation est une dette du débiteur (sujet passif) envers le créancier (sujet actif).
L’obligation, c’est ce que doit le débiteur au créancier.
Ex : l’acheteur doit payer le prix convenu, le vendeur doit assurer la livraison de la chose
vendue.

II – LES SOURCES DE L’OBLIGATION


L’obligation peut résulter :
 d’un acte volontaire de celui ou ceux qui s’obligent : Il s’agit :
 d’un acte unilatéral de volonté (cas des testaments)
 des contrats.
 non de la volonté de celui qui s’oblige : il s’agit :
 de la loi (Ex : Relation de voisinage, obligation de payer les impôts)
 d’un fait personnel de celui qui se trouve obligé (le délit et le quasi-délit)
Ex : Un vol, un accident
Et les quasi-contrats : ceux-ci concernent la gestion des affaires
Ex : une personne gère le bien d’autrui sans signer de contrat.

III – LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS


On classe les obligations d’après leur objet ou leur étendue

A. Classification d’après l’objet


On distingue trois types d’obligations :

1. L’obligation de donner
Cette obligation porte sur les corps certains (c’est un bien individualisé), des corps incertains
(sont des biens ou choses qui ne sont pas individualisées. Ex : un kilo de riz), une somme
d’argent. Ex : le vendeur doit transférer la propriété de la chose vendue à l’acheteur.

2. l’obligation de faire
Cette obligation est une obligation personnelle que le sujet doit exécuter.
Ex : le salarié est tenu d’exécuter le travail convenu

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3. L’obligation de ne pas faire


Cette obligation est une obligation d’abstention imposée au débiteur.
Ex : le vendeur du fonds de commerce ne doit pas faire concurrence à son acheteur

B. Classification d’après l’étendue des obligations


On distingue deux types d’obligation :

1. l’obligation de résultat
Cette obligation permet d’obtenir un résultat défini.
Ex : le transporteur est obligé de livrer la marchandise en bon état à la date et au lieu
convenu

2. L’obligation de moyen
Selon cette obligation malgré le savoir et les compétences mis en œuvre pour réaliser l’objet
prévu, le résultat peut ne pas être atteint.
Ex : le médecin qui soigne un malade peut ne pas le guérir.

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CHAPITRE 2 : LES CONTRATS

I – NOTION DE CONTRAT
Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’engagent envers une
ou plusieurs autres à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose.

II. CLASSIFICATION DES CONTRATS


On peut classer les contrats selon plusieurs critères.

A. Selon leurs conditions de formation


1. Contrats consensuels ; contrats solennels ; contrats réels
 Contrats consensuels : celui qui se forme par le seul accord de volonté des parties et
qui ne nécessite aucune formalité pour sa validité.
Ex : la vente d'un meuble

 Contrats solennel ou formel : celui qui nécessite pour sa validité, en plus de l’accord
de volonté des parties l’accomplissement de certaines formalités. Ces formalités
peuvent être par exemple la rédaction d’un acte notarié ou l’exigence d'un écrit.
Ex : la loi impose un acte notarié pour la vente d'un fonds de commerce ou d'un
immeuble.

 Contrat réel : celui dont la validité nécessite en plus de l'accord de volonté des parties
la remise effective de la chose objet du contrat.
Ex : le gage, le prêt, le dépôt ...

2. Contrat de gré à gré et contrat d'adhésion.


 Contrat de gré à gré : c'est un contrat dont le contenu est librement débattu par les
parties.
Ex : le contrat de vente : l'achat d'un habit au « BLACK MARKET »

 Contrat d'adhésion : c'est un contrat dont le contenu est imposé par l'une des parties
à l'autre qui ne peut que l’accepter ou le refuser.
Ex : achat d'un ticket de transport à « UTB »
Signature d'un contrat d'assurance chez «NSIA »

B. Selon l'étendue des obligations


1. Contrat commutatif et contrat aléatoire
 Le contrat commutatif est celui dans lequel les prestations sont connues et
déterminées au moment de sa formation
 Ex : contrat de vente, de location, de travail...
 Le contrat aléatoire est celui dans lequel la prestation à fournir par l'une des parties
dépend d'un événement incertain, d’un aléa.
Ex : contrat d'assurance, achat d'un ticket de loterie...

2. Contrat à titre onéreux et contrat à titre gratuit


 Contrat à titre onéreux : contrat dans lequel chaque partie reçoit de l’autre un
avantage en contrepartie de celui qu'elle lui procure.
Ex: contrat de travail, de location.

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 Contrat à titre gratuit : contrat dans lequel l'une des parties procure à l'autre un
avantage sans contrepartie. On parle aussi de contrat de bienfaisance.
Ex : contrat de donation, travail bénévole...

C. Selon la réciprocité des obligations


1. Contrat synallagmatique et contrat unilatéral
 Le contrat synallagmatique ou bilatéral est celui qui fait naître des obligations
réciproques à la charge de chacune des parties.
Ex : contrat de transport, contrat de travail…
 Le contrat unilatéral est celui qui crée des obligations à la charge d’une seule partie.
Ex : dans le contrat de prêt, le débiteur s'engage à rembourser la dette ; le créancier n'a
aucune obligation.

2. Contrat individuel et contrat collectif


 Le contrat individuel est celui qui produit des effets uniquement entre les parties au
contrat. Il n'a aucun effet à l'égard des tiers.
Ex : contrat de travail

 Le contrat collectif est celui qui s'applique non seulement aux parties au contrat mais
également tiers.
Ex : la convention collective interprofessionnelle

D. Selon la durée d'exécution du Contrat


1. Contrat à exécution instantanée et contrat à exécution successive.
 Le contrat successif est celui dont l’exécution des obligations s'échelonne dans le
temps (s’étend sur une certaine durée).
Ex : contrat de travail et contrat de location

 Le contrat instantané est celui dont l'exécution des obligations se fait en un trait de
temps et une seule fois.
Ex : la vente au comptant.

2. Contrat à durée déterminée et contrat à durée indéterminée.


 Le contrat est à durée déterminée quand les parties fixent un terme à leurs
obligations au moment de la formation du contrat. Ex : contrat de travail de 6 Mois.

 Le contrat de est à durée indéterminée lorsqu’aucun terme n'est fixé par les parties
au moment de la formation du contrat.
Ex : le contrat ordinaire de travail.

E. Selon la personne du cocontractant


 Le contrat conclu intuitu personae: c'est un contrat conclu en considération de la
personne du cocontractant.
Ex : le contrat de travail tel que le contrat de recrutement d'un joueur de football est
conclu en considération des aptitudes et des compétences professionnelles du travailleur.
 Le contrat conclu sans intuitu personae : peu importe ici la personnalité du
cocontractant.
Ex : une vente adressée au public

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F. Selon l'origine du contrat


 le contrat nommé est un contrat d’usage courant réglementé par la loi. La définition
et le régime correspondant ont été précisés par un texte.
Ex : le code civil détermine le contrat de vente ; de location, de société

 le contrat innommé est un contrat imaginé par les parties et qui n’a pas de
réglementation particulière prévue par la loi. Il est inventé par les usages et pratiques
commerciaux
Ex : contrat de location-vente, de franchise, l'affacturage...

NB : toutes ces classifications sont susceptibles de se combiner. Ainsi le contrat de travail est
à la fois synallagmatique, à titre onéreux, successif, consensuel, commutatif.

III. Les conditions de formation ou de validité des contrats


Il y a d'une part les conditions de fond (A) ; d'autre part les conditions forme (B) et enfin la
nullité des contrats (C).

A. les conditions de fond


Quatre conditions de fond sont nécessaires pour la validité d'un contrat :
 le consentement des contractants
 leur capacité de contracter
 l’objet certain qui forme la matière de l'engagement
 la cause licite dans l'obligation

1. le consentement des parties


Le consentement est l'accord de volonté des parties. Il constitue l'élément essentiel de la
formation des contrats. Il suppose :
 que chacune des parties manifeste sa volonté de contracter ;
 que ces volontés se rencontrent ;
 que le consentement d'une des parties ne soit pas vicié

1.1. La manifestation de la volonté


L'accord de volonté est composé de deux éléments : l'offre et l'acceptation.
a. L'offre ou pollicitation
L'offre est la proposition ferme et précise faite de conclure un contrat.
L'offre doit être ferme, précise et dépourvue d'équivoque. Par exemple dans une vente, décrire
la chose et le prix. Elle peut être expresse c'est à dire s'exprimer soit par écrit ou verbalement
(affichage, annonce dans la presse...) ou tacite c’est à dire résulter d'une attitude, d'un geste
exprimant une volonté de contracter. (Ex : Chauffeur de taxi en tête de stationnement ;
Marchandises dans une vitrine avec indication du prix)

b. l'acceptation
L’acceptation est la manifestation de volonté par laquelle le destinataire de l’offre accepte la
proposition qui lui est faite. Comme l'offre, l'acceptation peut être expresse ou tacite. Elle
est expresse lorsque l'acceptant exprime soit par écrit ou verbalement sa volonté d'adhérer à
l'offre. Elle est tacite quand la volonté de l’acceptant peut se déduire d'un comportement.
Ex : monter dans un taxi vaut acceptation du contrat de transport ; le bénéficiaire
d’une offre de vente paye le prix de l’objet , on en déduit qu’il a tacitement accepté de
l’acquérir.

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1.2. La réalisation de l'accord de volonté : le lieu et le moment


En principe, si les deux parties sont en présence le contrat se forme au moment où
l’acceptation est émise et au lieu où les parties se trouvent. Des difficultés peuvent se poser
quand le contrat se forme entre personnes éloignées (contrat par correspondance ou contrat
entre absent).
Ex : un grossiste à Abidjan propose des marchandises à un détaillant à Bouaké qui lui
expédie par email son acceptation le 5 juin. Le 10 juin le fournisseur prend connaissance de
l’acceptation. Où et quand le contrat est-il formé ?
Deux solutions sont proposées pour déterminer le lieu et le moment de formation du contrat :
ce sont la théorie de l'émission et la théorie de la réception.
 Selon la théorie de l'émission le contrat est formé au moment et au lieu où
l'acceptation est émise (donc à Bouaké le 5 juin).
 Selon le système de la réception le contrat est formé au moment et au lieu où
l'offrant reçoit l'acceptation (donc à Abidjan le10 juin).
Les juges retiennent plus fréquemment la théorie de l'émission.

1.3. Les vices du consentement


Pour être valable le consentement doit être intègre c’est à dire libre et éclairé. Il ne doit pas
être donné par erreur ou obtenu par tromperie (dol) ou extorqué par la violence.. Le code
civil y ajoute la lésion.

a. L'erreur
C'est une fausse appréciation de la réalité du contrat par l’une des parties. L’erreur porte sur
un élément essentiel du contrat et elle consiste à prendre pour vrai ce qui est faux ou pour
faux ce qui est vrai.
Toutes les erreurs ne constituent pas un vice du consentement et n'entraînent pas toute la
nullité des contrats. L’erreur n’est admise comme vice du consentement que dans deux cas :
 l'erreur sur la substance même de la chose qui est l'objet du contrat c’est à dire
sur une qualité essentielle de la chose qui a poussé l'errant à contracter.
Ex : je crois acheter un bijou en or ; alors qu'il n'est qu'en métal doré.
 l'erreur sur la personne dans les contrats conclus intuitu personae
Ex : un individu est confondu avec un autre en raison d'une homonymie

Pour entraîner la nullité du contrat, l'erreur vice du consentement doit remplir certaines
conditions :
- elle doit être grave c'est-à-dire être de telle sorte que l'errant n'aurait pas
contracté si elle l'avait sue.
- être excusable c'est-à-dire que la victime est pardonnable à l'avoir commise. C'est
pourquoi l'erreur commise par un spécialiste dans son domaine n'est pas excusable.
- être commune c'est-à-dire que le cocontractant savait que l'errant attachait une
importance particulière à la qualité qui fait défaut.

b. Le dol
Le dol est une manœuvre frauduleuse utilisée par l’une des parties pour tromper l’autre, afin
de l'amener à conclure un contrat.
Le dol suppose la réunion de deux éléments :
 un élément intentionnel : l'intention d'induire l'autre partie en erreur
 un élément matériel : usage de manœuvres frauduleuses ; de machination ; de mise en
scène de déclarations mensongères ... (on parle alors de dol constitué)
Le dol une fois constitué entraîne la nullité du contrat lorsque deux conditions sont réunies :

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- il doit être déterminant c’est-à-dire assez fort de sorte que la victime si elle l'avait
su n'aurait pas contracté ou aurait contracté mais à des conditions moins onéreuses.
- il doit émaner du cocontractant et non d'un tiers sauf si le tiers en question est le
représentant ou le complice du cocontractant.
NB : le dol du tiers complètement étranger au contrat n'entraînent pas la nullité du contrat
mais expose le tiers au dédommagement de la victime.

c. La violence
La violence est une contrainte physique ou morale exercée par l’une des parties sur l’autre
pour l’obliger à contracter.
Ex: des centaines de travailleurs assiègent le bureau de leur patron et l'obligent à leur accorder
une augmentation de salaire.

NB : la violence peut être physique ou morale. Seule la violence morale constitue un vice de
consentement. Quant à la violence physique, elle est cause d'inexistence du contrat.
Pour entraîner la nullité du contrat, la violence doit remplir certaines conditions :
 la violence doit être déterminante de sorte que la victime craigne un mal contre sa
personne, contre ses proches, contre ses biens ou contre les biens de ses proches.
 la violence doit être illégitime c a d ne pas être fondée en droit : le fait de menacer une
personne de recourir à la force publique si elle ne s'exécute pas n'est pas une violence.
La violence peut prévenir du cocontractant ou d'un tiers.

d. Le cas particulier de la lésion


La lésion est la disproportion entre la prestation fournie et celle reçue.
En principe la lésion n'est pas une cause générale d'annulation des contrats. Mais elle pourra
l'être à l'égard de certaines personnes et dans certains contrats.
 La lésion à l'égard de certaines personnes
Il s'agit des mineurs et des majeurs incapables sous sauvegarde de justice. La rescision pour
lésion du contrat à leur égard s'opère quelque soit l'importance de la lésion.
 La lésion dans certains contrats
 dans la vente d'un immeuble lorsque le vendeur reçoit un prix inférieur au 7/12 de
la valeur réelle de l'immeuble
 dans un partage lorsque l'un des copartageant a reçu moins du quart (1/4) de la
valeur de ce à quoi il a droit.

2. La capacité des parties.


La capacité est l'aptitude à être titulaire de droits et à pouvoir les exercer.
La capacité est la règle et l'incapacité l'exception. Les mineurs et les incapables majeurs
(déments, furieux, prodigues, faibles d'esprit, imbéciles...) ne peuvent contracter. Ils sont
protégés par la loi. Leur mode de protection est soit la représentation soit l'assistance

3. L’objet du contrat
L'objet désigne soit la chose sur laquelle porte le contrat soit la prestation que chacune des
parties s'engagent à fournir.
Pour qu'un contrat soit valable, il faut que son objet soit :
 déterminé ou être déterminable
 possible c'est-à-dire matériellement réalisable
 licite c'est-à-dire ne pas être contraire à l'ordre public, aux bonnes mœurs et à la loi.

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4. La cause du contrat
La cause c'est la raison pour laquelle chaque partie contracte. La notion de cause a deux
approches :
 la cause de l'obligation contractuelle ou cause objective ou cause immédiate : c'est
la raison pour laquelle chaque partie assume son obligation. Cette cause est la même
dans les contrats du même genre.
Ex : dans une vente si le vendeur donne sa chose c'est parce qu'il veut de l'argent. Si
l'acheteur paie c'est parce qu'il veut la chose.
 La cause du contrat ou cause subjective ou cause lointaine : ce sont les mobiles
personnels de l'une des parties.
Ex : j'achète une maison pour quoi faire ? Pour y dormir ; pour la revendre ; pour la
donner en location...
Pour qu'un contrat soit valable sa cause doit exister. En plus elle doit être licite et morale

B. Conditions de forme des contrats.


En la matière il y a un principe et une exception.

1. Le principe du consensualisme
En vertu du principe du consensualisme, le seul consentement suffit pour que le contrat se
forme quelque soit la forme utilisée.

2. les exceptions au principe du consensualisme


Certains contrats échappent au consensualisme et sont soumis à un formalisme. On distingue
deux sortes de contrats formalistes.

a. Le contrat solennel ou contrat formel.


La loi prévoit pour la validité de ces contrats, en plus du consentement des parties, la
rédaction d'un écrit. L'écrit peut être :
 un acte authentique : un acte rédigé par un officier ministériel (notaire, greffier,
huissier...) ou un officier public (maire, sous-préfet...)
Ex : une donation, un contrat de mariage, une constitution d'hypothèque...
 un acte sous-seing privé :c’est à dire un simple écrit rédigé par les parties elles-
mêmes et comportant leur signature précédée de la mention « lu et approuvé ».
Ex : contrat de travail à durée déterminée

b. Le contrat réel
En plus du consentement, les contrats réels se forment par la remise effective au cocontractant
de la chose objet du contrat.
Ex : le prêt, le gage, le dépôt...
c. La nullité des contrats
1. Notion
La nullité est la disparition rétroactive du contrat pour défaillance d'une des conditions de
formation.
La nullité se distingue de certaines notions voisines :
 la nullité est différente de la résolution : dans les deux cas il y a un effacement
rétroactif du contrat. Mais alors que la nullité sanctionne les irrégularités des conditions de
formation ; la résolution sanctionne la mauvaise exécution des contrats instantanés.
 la nullité se distingue de la résiliation : la nullité sanctionne la mauvaise formation
du contrat. La résiliation sanctionne la mauvaise exécution des contrats successifs. La nullité
est rétroactive alors que la résiliation ne s'applique que pour le présent et l'avenir.

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2. Les différentes sortes de nullité.


On distingue la nullité absolue de la nullité relative

a. La nullité absolue
La nullité absolue sanctionne une atteinte à l'intérêt général (un non-respect à la loi, à l'ordre
public, et aux bonnes mœurs). Elle sanctionne aussi l'absence de consentement, d'objet, de
cause et le non-respect des conditions de forme dans les contrats solennels. Elle peut être
invoquée par les contractants, leurs ayants causes, leurs créanciers chirographaires, le
ministère public et le juge lui-même. L'action en nullité absolue se prescrit en 30 ans.

b. La nullité relative
La nullité relative sanctionne les atteintes portées à l'intérêt privé des contractants tel un vice
du consentement, une lésion ou une incapacité.
Le droit d'agir en nullité relative appartient directement à la victime elle-même et
indirectement à son représentant légal si celle-ci est un incapable.
Sauf délai plus court l'action en nullité relative se prescrit en 5 ans.

c. Les effets de la nullité


Qu'elle soit absolue ou relative, la nullité produit les mêmes effets.
 l'acte annulé disparaît rétroactivement.
 Les parties se restituent réciproquement les prestations reçues.
NB : la restitution est impossible dans les Contrats à exécution successive.

IV. Les effets des contrats


Pour déterminer les effets des contrats, il convient de distinguer les parties aux contrats des
tiers. Entre les parties le contrat crée des obligations : c'est la force obligatoire des contrats. A
l'égard des tiers le contrat n'engendre aucune obligation : c'est l'effet relatif des contrats.

A. Les effets du contrat entre les parties : la force obligatoire du contrat


1. Entre les parties
a. L'obligation d'exécuter le contrat
Les parties sont tenues d'exécuter de bonne foi leurs obligations. Elles doivent se soumettre à
l'exécution du contrat comme à une loi impérative.

b. La révocation du contrat
Le contrat ne peut être révoqué unilatéralement par une partie. Seul l'accord commun des
parties permet d'y mettre fin.
Cependant la loi prévoit la révocation unilatérale du contrat à durée indéterminée.

c. La révision du contrat
Certains contrats successifs produisent des effets sur plusieurs années et il arrive que les
conditions ayant entraîné la conclusion du contrat aient considérablement changé avec le
temps. La partie défavorisée par ces changements peut-elle obtenir la révision du contrat ? En
droit civil une telle révision n'est pas possible. Mais les parties peuvent prévoir dans leur
contrat une clause permettant de réviser le contrat en cours d'exécution ce sont les clauses
d'indexation ou les clauses d’échelle mobile.

c. La simulation
Il y a simulation quand les parties cachent leur véritable accord connu d'elles seules derrière
une apparence visible de tous.

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Deux actes sont alors conclus : connu des parties seules (l'acte secret ou la contre-lettre),
l'autre visible par tous (l'acte apparent). La simulation n'est pas une cause de nullité des
contrats pourvu que l’acte secret ne soit pas contraire à la loi.
Exemple de simulation : donation déguisé en vente (il est prévu que l'acquéreur ne paiera
pas de prix).

2. Le principe de la force obligatoire s'impose au juge.


Le juge doit appliquer le contrat comme s'il appliquait une loi .Si le contrat est clair et précis,
le juge doit l'appliquer purement et simplement. Si le contrat est obscur, incomplet ou
contradictoire, le juge doit rechercher la commune intention des parties. Il ne peut en aucun
cas se substituer aux parties.

3. Les effets à l’égard des tiers : l'effet relatif des contrats


Les conventions n'ont d'effets qu'entre les parties contractantes ; elles ne nuisent pas au tiers et
ne lui profitent que dans le cas prévu pour la stipulation pour autrui.
Les parties au contrat ne peuvent rendre un tiers débiteur ou créancier. Mais le principe de
l'effet relatif ne s'applique pas aux tiers de la même manière.

a. Les tiers totalement étrangers au contrat ou « penitus extranéi »


Le contrat n'a aucun effet sur cette catégorie de tiers totalement étrangers au contrat et aux
parties. Le contrat ne peut leur nuire ni leur profiter. Ils ne doivent pas entraver la bonne
exécution du contrat sinon ils engagent leur responsabilité.

b. Les tiers intéressés


Il s'agit :
 des ayants cause universels (les héritiers) : l'héritier succède au défunt et s'il reçoit ses
biens, il reprend les contrats auxquels le défunt était partie.
 des personnes représentées c'est-à-dire les personnes au nom et pour le compte de qui
le contrat est conclu.
 des ayants cause à titre particulier : c'est-à-dire les personnes qui reçoivent de leur
auteur un droit déterminé. L'ayant cause à titre particulier est tenu par les contrats passés
antérieurement par son auteur.
Ex : A vend une maison à B
A est l'auteur
B est l'ayant cause à titre particulier de A
Si la maison était en location, B est tenu de respecter les contrats de bail.
 les créanciers chirographaires : ce sont les créanciers qui ne bénéficient d'aucune
garantie particulière pour le remboursement de leurs créances. Tous les biens du débiteur
constituent le gage général des créanciers. C'est pourquoi ils sont intéressés par les contrats
passés par leur débiteur car ceux-ci peuvent les enrichir ou les appauvrir. Pour atténuer le
risque d'appauvrissement la loi a prévu pour eux trois actions: l'action oblique, l'action
paulienne et la saisie conservatoire.

c. Les contrats pour autrui


Dans ces contrats il y a une exception au principe de l'effet relatif du contrat puisqu'une
personne qui était tiers lors de la conclusion du contrat devient par la suite une partie au
contrat. Deux cas peuvent se présenter.

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 la stipulation pour autrui


C'est un contrat par lequel une personne (le stipulant) fait prendre à une autre (le promettant)
l'engagement de fournir une prestation au profit d'une troisième personne (le bénéficiaire).
Dès lors qu'il accepte cet engagement le tiers devient directement créancier du promettant.
Ex : M. SERY contracte une assurance-vie avec la société « NSIA » au bénéfice de sa fille
LYDIE.
SERY est le stipulant, il verse une cotisation.
NSIA est le promettant ; elle s'engage à verser un capital à LYDIE à la mort de son père.
LYDIE est le bénéficiaire ; si elle accepte le contrat elle devient créancière de « NSIA ».

 la promesse de porte-fort
Il y a promesse de porte-fort quand une personne conclut un contrat avec une autre en
promettant qu'un tiers ratifiera plus tard le contrat.
Si le tiers refuse de ratifier, le contrat principal est nul et les prestations reçues sont restituées.
Le porte-fort devra indemniser son cocontractant du préjudice qu'il a subi, du fait de la non
ratification.
Si le tiers ratifie le contrat le porte-fort est libéré et le contrat produit effet entre le tiers et le
cocontractant du porte-fort.

 les conventions collectives


Ce sont des contrats pour autrui en ce sens que les conventions signées par les organisations
syndicales représentatives des salariés et un ou plusieurs employés s'appliquent à tous les
salariés (tiers à la convention) entrant dans le champ d'application de la convention.

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CHAPITRE III : LA RESPONSABILITE CIVILE DELICTUELLE

« Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute
de qui le dommage est arrivé à le réparer »

A – Les conditions générales


Pour qu’un fait entraîne réparation, il faut que la victime prouve un dommage qui soit la
conséquence directe du fait qui l’a provoqué.
Pour qu’il ait responsabilité, il faut qu’il y ait faute, dommage et une relation directe entre la
faute et le dommage.

1 – La faute
La faute est le fondement de la responsabilité.
La faute est un comportement anormal ou illicite susceptible de provoquer un dommage.
On distingue deux types de fautes : la faute volontaire et la faute involontaire.

a. La faute volontaire
La faute volontaire est un fait intentionnel. Lorsqu’elle est intentionnelle, on parle de faute
délictuelle.
Ex : le fait de frapper quelqu’un et de le blesser est un fait délictuel ou lorsqu’on tue
volontairement quelqu’un.

b. La faute involontaire
Une faute involontaire est une faute non intentionnelle (faute quasi-délictuelle).
Ex : le chasseur blesse quelqu’un en tirant maladroitement sur un oiseau.
Celui qui commet une faute non intentionnelle fait preuve d’imprudence et de négligence.

2. Le dommage (ou le préjudice)


a. Le dommage matériel
Le dommage matériel est l’atteinte aux biens de la victime.
Ex : destruction d’une maison par un incendie
Le dommage matériel est aussi le dommage subi sur le plan économique et sur le plan
professionnel.
On parle dans ces deux cas de dommage économique et de dommage professionnel.
Ex : de dommage économique : Perte de salaire dû à un arrêt de travail ou à la fermeture de
l’entreprise.
Ex : de dommage professionnel : Inaptitude partielle ou totale à travailler à cause d’un
accident provoqué par un véhicule.

b. Le dommage corporel
Le dommage corporel est l’atteinte à l’intégrité physique d’une personne.
 Le ‘’pretium doloris’’ ou le prix de la douleur
Il représente l’indemnisation de la souffrance physique subie
 Le préjudice d’agrément
Compense la perte d’un agrément ou d’un loisir.
Ex : l’impossibilité de pratiquer un sport habituel à la suite d’un dommage.

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c. Le dommage moral
Le préjudice moral est l’atteinte aux droits extrapatrimoniaux d’une personne.
Ex : le droit à l’honneur
La perte d’un parent proche est aussi considérée comme préjudice moral.

2 – Les caractères du dommage


Pour être reconnu par le juge, le dommage doit être direct et certain.
Un dommage est direct lorsqu’il est directement lié au fait dommageable ou à la faute.
Il est certain lorsqu’il n’ya aucun doute de la réalité du préjudice.

3 – Le lien de causalité entre la faute et le dommage


Le lien de causalité est un lien qui existe entre le préjudice et le fait dommageable.
Ce lien doit être direct et certain pour que la responsabilité de l’auteur du dommage soit
engagée.
Ex : un berger vend sciemment une vache malade à un autre berger. Cette vache contamine
toutes les autres vaches du berger acheteur, quelques jours après celui-ci perd une grande
partie des animaux infectés.

4 – Les causes d’exonération


On distingue trois cas d’exonération :

a. L’existence d’un cas de force majeure


La force majeure est évènement imprévisible, insurmontable et extérieur à la personne
responsable du fait dommageable. En d’autres termes, c’est un évènement inévitable et qui
n’a aucun lien avec la personne responsable.
Ex : une inondation, un incendie

b. La faute de la victime
La victime peut être en partie ou en totalité responsable à cause de son imprudence.
Ex : un piéton qui traverse sans regarder à gauche ou à droite et la voiture le percute.

c. Le fait d’un tiers


Une tierce personne peut être responsable d’un préjudice.

B – Les différents types de responsabilité


Selon la loi, on est responsable non seulement de ses propres actes mais aussi des actes des
personnes et des choses que l’on a sous sa garde.
On distingue donc 3 types de responsabilité :
 La responsabilité du fait personnel
 La responsabilité du fait d’autrui
 La responsabilité du fait des choses, des animaux et des bâtiments

1 – La responsabilité du fait personnel


Pour que, la responsabilité du fait personnel soit retenue trois éléments doivent être réunis.

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a. La faute
Dans le cadre de la faute, il ya responsabilité délictuelle lorsque l’auteur du dommage a agi
avec l’intention de nuire.
La faute commise est un délit civil et engage la responsabilité civile de l’auteur du dommage.
Ce délit ne doit pas être confondu au délit pénal qui est une infraction à la loi pénale.
Il ya responsabilité quasi-délictuelle lorsque la personne responsable a provoqué un
dommage par négligence ou par imprudence.

b. Le préjudice ou le dommage
Voir page … sur le dommage

c. Le lien de causalité entre la faute et le préjudice


La personne responsable a la possibilité de s’exonérer de toute responsabilité lorsque la
victime a fourni toutes les preuves qui condamnent cette personne.

2 – La responsabilité du fait d’autrui


Cette responsabilité concerne les personnes que l’on a sous sa charge. On distingue trois
cas :

a. Les parents vis-à-vis des enfants mineurs


Les parents sont civilement responsables de tous les dommages causés par leurs enfants
mineurs qui habitent chez eux. Leur responsabilité est retenue lorsque l’enfant commet une
faute.
Cette responsabilité est imputée aux parents en raison d’un défaut de surveillance ou d’une
mauvaise éducation. La loi permet que les parents puissent s’exonérer de cette présomption
en prouvant qu’ils ont correctement élevé et surveillé leur enfant mineur.

b. Les artisans vis-à-vis des apprentis


Les artisans ont un devoir de surveillance de leurs apprentis. Ils sont donc responsables des
dommages causés par ces apprentis même ci ceux-ci sont majeurs et n’habitent pas chez
leur maître.
Un régime de présomption de faute par défaut de surveillance s’applique également aux
artisans. Ils peuvent s’exonérer de toute responsabilité en prouvant qu’aucune faute ne peut
leur être reprochée parce qu’ils ont apportés toute la surveillance nécessaire et que la faute
provient soit d’un cas de force majeure soit de la victime.

c. Les commettants vis-à-vis des préposés


Le commettant est l’employeur et le préposé est le salarié ou employé.
L’état est le commettant des fonctionnaires.
Le commettant est relié au préposé par un contrat de travail. Généralement, l’employeur
tire profit de l’activité de son salarié. Il est donc tenu de supporter les risques. Les
commettants sont responsables du dommage causé par leurs proposés dans l’exercice de
leur fonction.
Ex : un chauffeur de camion employé dans une entreprise de transport routier effectue
régulièrement le trajet Korhogo-Abidjan et retour. Au cours d’un de ces voyages, il cause un
accident et le chauffeur qui venait en sens inverse est grièvement blessé.
Le chauffeur est-il tenu d’indemniser personnellement le dommage causé ?

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3 – La responsabilité du fait des choses, des animaux et des bâtiments


La responsabilité civile délictuelle s’étend également aux dommages causés par les choses,
les animaux et les bâtiments dont on est propriétaire ou qu’on a sous sa garde.

a. La responsabilité du fait des choses


La jurisprudence considère comme chose tout objet inanimé, qu’il soit dangereux ou
inoffensif, qu’il soit en mouvement ou inerte.
Ex : Une chaise cassée ou mal placée suffit pour engager la responsabilité de son auteur.
La responsabilité est attachée à la garde de la chose et non à sa propriété. Aussi toute
personne est-elle responsable des dommages-causés par des choses qu’elle a sous sa garde.
Le gardien est celui qui a l’usage, la direction et le contrôle de la chose au moment de
l’accident. Le propriétaire est sensé être le gardien de la chose lorsqu’il l’utilise
personnellement ou par l’intermédiaire d’un préposé.
Ex : la voiture
Le propriétaire peut perdre la garde de la chose lorsque cette garde est transférée à une
personne ou qu’il n’a pas d’autorité sur elle.
Ainsi le locataire, le transporteur, l’emprunteur ou même le voleur peuvent devenir les
gardiens d’une chose.
Des cas d’exonération permettent au propriétaire de prouver qu’il n’était pas le gardien au
moment de l’accident.

b. Les cas particuliers des animaux et des bâtiments

 Le cas des animaux


Chacun est responsable des dommages causés par les animaux qu’il a sous sa garde.
Le propriétaire de l’animal est aussi sensé être le gardien.

 Le cas des bâtiments


Le propriétaire d’un bâtiment est responsable lorsque la ruine partielle ou totale provient
d’un défaut d’entretien ou d’un vice de construction.
Sa responsabilité est aussi engagée lorsqu’il ya incendie. Des cas d’exonération permettent
au propriétaire de se dégager de toute responsabilité.

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