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Cours Philo ART

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ART

 Teknê
 Beaux arts (= production d’œuvres belles)

Problème : La beauté = objectif : critères mathématiques / subjectif :


goût personnel ; goût du sujet ; goût qui diffère aux niveaux des espaces
(critères spatio-temporel)

A quoi distingue-t-on une œuvre d’art ?

INTRO :

La distinction entre ce qui relèvent de l’art et ce qui ne l’est pas, n’est


nullement évidente. Parce que depuis le 20e siècle, l’art a cessé d’être
défini par les 6 beaux-arts traditionnels, qu’étaient la peinture, la
sculpture, la littérature, la musique, l’architecture et la danse. Depuis cette
période est apparu le 7ème art : le cinéma. Le problème, c’est qu’il faut
distinguer l’œuvre d’art de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’art
contemporain » .

Œuvre d’art  c Art contemporain


contemplation / esthétique
M.Duchamp (ex. Fontaine (urinoir)
Cf Hannah Arendt : c’est
Brouilles les pistes des codes
l’œuvre qui fait « le plus
esthétiques classiques autour de la
intensément monde » Elle
beauté : les objets vulgaires ont leur
s’inscrit dans la durée et
place dans le musée + performance
elle fixe les moments de
artistique (ex. Orlan  faire de son
l’histoire et les grands
corps une œuvre d’art)
moments de l’humanité
(ex. Michel Ange)

D’après le poète Paul Eluard (poète surréaliste) : « l’art donne à voir »


comme si nous n’avions jamais rien vu. L’art nous donne une optique
inédite (perception nouvelle) de la réalité, par exemple, Les vieux souliers
aux lacets de Van Gogh – 1886, représentent de vieilles chaussures usées,
de paysans. Dans la vie quotidienne nous ne prêterions aucune attention à
cette usure, ici l’art nous rend attentif à des objets du monde que nous ne
percevons plus (nous sommes dans un rapport utilitaire avec les choses).
« L’art rend visible l’invisible » (Paul Klee)  ce qu’on ne perçoit pas (ou
plus) ordinairement.

PROBLEMATIQUE :

L’intitulé du sujet nous demande sur quels critères précis se baser pour
définir, pour reconnaître une œuvre d’art ?
(Toute la problématique réside dans le verbe reconnaître). Reconnaître
c’est connaître doublement, car la connaissance demande le fait de
voir et le « déjà-vu ». Quand on croise quelqu’un dans la rue, la
reconnaissance nous amène à la perception d’une allure, d’un style, d’une
originalité, propre à une œuvre (quand je vois un Van Gogh, je reconnais
son style). A première vue, les réponses apportées à cette question
peuvent être très différentes parce qu’il va être mis en question la notion
de beauté, qui est une notion subjective (tout le monde ne qualifiera pas
ceci comme une œuvre d’art  relève de mes critères de beauté, de mes
perceptions), exemple : « Art » pièce de théâtre de Yasmina Reza. (la
beauté ne se prouve pas comme une équation mathématique). Comment
donc définir cette notion de beauté quand les critères sont si différents
pour chacun et donc comment qualifier ce que nous voyons, ce que nous
admirons d’œuvre d’at ou pas.

PLAN :

I. L’œuvre d’art est une œuvre humaine


Kant, Critique de la faculté de juger, 1790
II. L’œuvre d’art est œuvre du génie
Débat Kant / Nietzsche + Alain, Système des Beaux-Arts, 1920
III. L’œuvre d’art est alétheia (opération de dévoilement)
Hegel et Bergson

I. L’œuvre d’art est une œuvre humaine


1/ L’œuvre d’art se distingue d’un produit de la nature

Œuvre d’art Produit de la nature


Relève de la raison Ex. Construction de la ruche d’abeilles
humaine, du libre-arbitre, Kant : « La nature produit des effets
de la volonté/du choix spectaculaires mais ce n’est jamais rien
que des effets » (pas volontaire). Les
abeilles construisent leur ruche de
manière mécanique, instinctive (survie
de l’espèce).

2/ Distinction entre 2 types de savoir-faire ou d’activité


Savoir-faire mercantile Savoir-faire libéral
Relève du métier, de l’artisanat Activité Activité artistique = activité
contraignante animée par son effet : le purement désintéressée
salaire. Travail sans jeu / activité
Travail avec jeu /
désagréable
amusement Production libre
« Activité qui est en elle-même
de l’esprit
désagréable, pénible et qui n’est
atteinte que par son effet (le salaire)
Remarque : ce critère kantien ne va pas de soi. Premièrement pendant
longtemps l’artiste était considéré comme un artisan, le savoir-faire
mercantile ne se distinguait pas du savoir-faire libéral. Par exemple, Michel
Ange, pour la chapelle Sixtine, son œuvre a été commandité par l’Eglise,
Michel Ange était un artisan. Le statut d’artiste s’est imposé seulement au
XIXe. Aujourd’hui ce critère n’est pas valide non plus, l’artiste doit aussi
vivre et manger et pour se faire à attendre des commandes.

3/ La beauté artistique

Hume (empiriste = les idées naissent de


l’extérieur) a fait de la beauté une idée / un
Affaire de norme (ds l’antiquité)
goût entièrement subjectif, propre à
 renvoie à une objectivité
chacun. Tranche avec l’Antiquité Réponse
(universalité) parce qu’elle
de Kant
renvoie à des critères
mathématiques précis (beauté Kant : « Est beau ce qui plaît
= perfection)  Leonard de universellement sans concept »  ce qui
Vinci construit ses œuvres à plaît = le beau est un jugement de goût
partir du nombre d’or sans concept = je ne peux prouver la
beauté (pas d’objectivité) universellement

Kant : distinction agréable et beau

vAgréable Beau
Lié au désir, intérêt. Ex. est Jugement esthétique purement
agréable tel vin  ex. Mépris de désintéressé
Goddard

Depuis l’Antiquité, beauté = harmonie.

« L’art n’est pas la représentation d’une belle chose, mais la belle


représentation d‘une chose » Kant

Représentation (artistique) Chose représentée

Le style, l’originalité, la marque De sorte que cette chose peut


de la subjectivité être très hideuse / laide 
Goya a peint des monstres / E.
Schiele / L. Freud

Faire de quelque chose


d’hideux de l’art
Texte 1 de Kant, Critique de la faculté de juger, 1790

Peut-on convaincre autrui de la beauté d’un édifice ou d’un


poème ?

Jugement de goût Jugement de connaissance


(objectivité)
Jugement subjectif et qui implique
la singularité de chacun d’entre Jugement logique et empirique
nous  Il est impossible (observation physique). Jugement
d’adhérer à l’assentiment des qui prouve de la validité d’un
autres si on juge cet édifice énoncé.
« laid » : on ne peut persuader
quelqu’un de la beauté d’une
œuvre. D’où l’exclusion d’une
communauté de goût qui me

Néanmoins pour Kant nous avons le devoir de discuter de la beauté, c’est


ce qui va permettre l’ouverture d’esprit et la compréhension de l’autre.
Nous devons discuter des goûts et des couleurs. Le jugement de goût nous
ouvre à une éthique de la discussion (maxime kantienne : penser en se
mettant à la place de tout autre).

TRANSITION :

Nous avons vu dans cette première partie que l’œuvre d’art est une œuvre
humaine, émanant de la réflexion et de la liberté. Elle est aussi
désintéressée. Néanmoins pourquoi accorde-t-on à l’œuvre d’art une
valeur supérieure à celle des autres objets ?

II. L’œuvre d’art est œuvre du génie


1/ L’œuvre d’art relève du miracle

« Le mot génie est vraisemblablement dérivé de ‘genius’ (latin), l’esprit


particulier donnée à un homme à sa naissance pour le protéger et le
diriger et qui est source d’inspiration dont procède ses idées originales »
Texte 2 de Kant, Critique de la faculté de juger, 1790

Génie =

1) Un talent 2) Exemplarité 3) Inspiration 4) Conclusion


Don de la nature Ces œuvres, L’artiste génial Pour Kant, il
qui est une même si elles est incapable n’existe de
disposition innée sont absurdes, d’enseigner ses génie que dans
(la nature sont des œuvres : « c’est le domaine des
s’exprime à modèles pour en tant que Beaux-Arts et
travers l’artiste), les jeunes nature qu’il non dans la
il s’en suit que artistes à venir. donne la règle » science et
ce sui fais la Elles servent de (c’est la nature autres
spécificité d’un critères qui s’exprime en domaines.
artiste, c’est son normatifs lui, il n'y peut Inventer =
originalité = esthétiques rien) Découvrir *
c’est quelqu’un (incontournables
d’unique ).
Quelque chose
qu’on n’a pas
appris par la
teknê

* Inventer Découvrir

Création. Ex. Si Picasso n’avait Les lois de la nature sont


pas existé jamais nous cachées, il suffit de les dévoiler
n’aurions connu le cubisme. c (pas d’originalité dans la science,
seulement dans l’art)

Distinction découvrir et inventé (invention = unique) exemple. Si


Christophe Colomb n’avait pas découvert les USA, quelqu’un d’autre
l’aurait fait, alors que si Picasso n’avait pas existé, nous n’aurions pas
connu le cubisme.

2/ Le génie : une explication superflue

Texte 3 de Nietzsche, Humain trop humain, 1878, qui répond au « génie


kantien »

« Croyance à l’inspiration » =préjugé qui exige l’analyse d’un généalogiste

Ce qui caractérise l’artiste (comme le penseur) c’est qu’il est un


« travailleur acharné » 2 caractéristiques :

Passion  l’énergie que l’artiste qui déploie / il produit beaucoup ( en


grande quantité)
Goût  travail de trie / jugement sévère (perfectionniste)

Nietzsche prend en guise d’exemple les Carnets de Beethoven qui étaient


truffés de ratures et de pages arrachées (« mille fois recommencé ») pour
faire naître l’œuvre géniale.

Artiste  Travailleur L’improvisateur  Aucun travail


acharné / strict envers lui
même
3/ La création artistique comme imprévisible nouveauté

Cf : l’élan vital analogie constante avec l’artiste comme « création


continue d’imprévisible nouveauté »

Alain, Système des Beaux-Arts, 1920

Production artisanale Œuvre d’art

Planifiée, dessinée à Ex. peintre de portrait


l’avance par l’artisan, et Il « est spectateur de son œuvre en
aussi production train de naître ». L’artiste n'a rien
industrielle (« tirage à planifié  Beauté dans l’œuvre
mille exemplaires ») d’art : imprévisibilité

Exemple artistes : Cindy Sherman, Jeff Koons / Stanley Kubrick


(réalisateur : Orange mécanique), Quentin Tarantino (dimension
cathartique), Tim Burton (mort et temps), Ken Loach, Michael Haneke (le
ruban blanc)

TRANSITION :

A la question à quoi reconnaît-on une œuvre d’art, nous venons de voir


que l’art se distingue quant à ses moyens d’exécution avec la notion de
génie, à la différence du métier, ne s’apprend pas. Et si la création
artistique relève d’un travail acharné elle reste quand même un mystère
par son imprévisibilité. Néanmoins, ne reconnait-on pas une œuvre d’art à
la puissance qu’elle a de nous montrer/révéler ce que l’œil ordinairement
ne voit pas. Autrement dit, quel lien l’art entretien-t-il avec la vérité ?

III. L’œuvre d’art est aléthéia (dévoilement)

Vérité = aléthéia (opération de dévoilement)

1/ La vérité du sensible à travers l’art

Pendant très longtemps a été une notion déconsidéré par la réflexion


philosophique, et ce notamment depuis Platon. Platon méprisait les
artistes et le monde sensible (= monde des apparences que nous
percevons avec nos sens). D’une part les poètes sont chassés de la cité
idéale inventée par Platon, ils sont apparentés aux sophistes (=
« menteurs ») et les peintres sont comparés à des illusionnistes (ex. 3
types de lit : le lit conçu par notre esprit  l’idée du lit = vérité / le lit
fabriqué par l’artisan  copie de l’idée / le lit peint par le peintre  copie
de la copie de l’idée (le plus éloigné de la vérité)).

C’est comme nous l’avons vu avec Kant, qui va s’intéresser à la réflexion


philosophique sur l’art (au sens de Beaux arts) mais à partir du jugement
de goût (=/ pas un jugement de connaissance – pas dans la vérité, trop
subjectif). C’est véritablement Hegel dans un
texte intitulé Esthétique qui a redonné à l’art « toutes ses lettres de
noblesse » et qui a réhabilité le concept à travers la notion de vérité. Il se
base sur une réflexion autour de la peinture hollandaise (ex. Vermer), la
peinture hollandaise à cette spécificité de représenter de scènes (banales)
de la vie quotidienne et des portraits. Quel est l’intérêt dans l’art de
représenter ces banalités ? (question hégélienne). L’art opère une
transfiguration du sensible, c’est-à-dire l’éphémère, le monde sensible
des apparences, le fugitif acquièrent par le fait même d’être représenté
une valeur spirituelle : l’art a vocation pédagogique, en ce sens que il nous
rend attentif à toutes ces banalités, à ces choses que nous ne percevons
pas ou plus dans la vie ordinaire, nous offre une perception inédite du réel,
de ces banalités dans cette quotidienneté. De plus, s’il existe des portraits
saisissant jusqu’à la nausée, c’est-à-dire que le peintre a saisi la vérité
psychologique de son sujet.

v
Reproduction Représentation artistique

Ex. carte postale  simple Capable de défier la nature


présentation de la nature – (concurrence avec elle tellement
copie Hegel : elle lui ressemble)
Copie = caricature de la vie S’il y a des portraits
saisissants jusqu’à la nausée c’est
qu’ils sont plus vrais que nature

2/ L’art rend visible l’invisible

Texte 4 : Henri Bergson, La pensée et le mouvement, 1938

« Plus nous sommes préoccupés de vivre, moins nous sommes enclin à


contempler, et que les nécessités de l’action tendent à limiter le champ de
la vision »

Q) Quel est le but de l’art ?

L’art a une puissance révélatrice, en ce sens qu’il nous permet


d’accéder à la connaissance de nous même et à celle d’autrui. Dans la
première partie du texte, Bergson rend hommage à la littérature qui
enrichit nos états de conscience, nos états d’âmes : métaphore de l’image
photographique qui se révèle quand on la plonge dans le bain. Attention :
Bergson = philosophe de la durée, donc seule la littérature d’accéder à
cette durée, qui est la perception de la variation de nos états de
conscience / âme.
Dans la deuxième partie du texte, Bergson distingue deux types de
perception :

Perception ordinaire Perception contemplative


/esthétique
Celle du commun des
mortels : l’intelligence Vision élargie  propre aux
humaine rétrécit notre
champ de vision parce
qu’elle est pragmatique
(utilitariste) ex. j’utilise mon
stylo sans y penser, seul
l’artiste en perçoit tout son

2e texte de Bergson :

Q) Quelle est la différence entre du grand art et de la pure


fantaisie ?

I
Grand Art Pure fantaisie

2 peintres impressionnistes Pas d’admiration ni de


(Corot et Turner) fascination  copie /
reprovocation
- Ils élargissent notre
perception du réel
- Ils créent quelque chose
de nouveau

Élan vital et création continue


d’imprévisible nouveauté

Conclusion :

Cours

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