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Ar9am FP 2019

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Finances publiques
Introduction générale

A travers l’histoire, les finances publiques se présentent comme un instrument de création de sociétés
politiques organisées. En effet, toutes les sociétés, développés, émergent ou en développement, sont
confrontés à la réforme de leurs finances publiques et, par effet systémique, ces réformes rétroagissent, se
répercutent de pays à pays si bien que l’ont peut constater un rapprochement progressif des dispositifs.

Par conséquent, la réforme de l’état est devenue une nécessité. On distingue 3 types d’état :

➢ L’état hiérarchique : les citoyens sont à la fois acteurs (électeurs) et objet du processus politique
(destinataires des politiques publiques); les contrôles sont politiques sur les élus et hiérarchique sur
les fonctionnaires.
➢ L’état providence en temps de crise : état producteur de services pour des citoyens devenus des
consommateurs-clients.
➢ L’état médiateur : arbitrer entre les intérêts plus ou moins contradictoires des citoyens. Face à un tel
système complexe, une nouvelle réflexion s’impose sur la doctrine de la gouvernance financière
publique. Cette complexité des phénomènes financiers est due à l’hétérogénéité des acteurs :
politique, économiques, sociaux…

Aujourd’hui, en termes de politique budgétaire, on distingue 3 principales fonctions :

➢ Fonction d’allocation des ressources : affectation de la qualité ou de la quantité des facteurs de


production disponibles dans l’économie ou leur répartition sectorielle ou régionale.
➢ Fonction de stabilisation macroéconomique : face aux chocs exogènes qui éloignent l’économie
nationale de l’équilibre (prix stables et plein emploi des facteurs de production).
➢ Fonction de redistribution : la modification de la répartition des revenus (les politiques de taxation
progressive et les transferts sociaux).

Chapitre I : Fondement de la loi de finance


I. Structure de la loi des finances
La loi organique de finance (LOF) définit l’objet et le contenu de la loi des finances, ses règles de
présentation, ses modalités de vote ainsi que certaines règles relatives à son exécution, son
fondement juridique est posé par la constitution et stipule : le parlement vote la loi des finances.
Dans les conditions prévues par la loi organique.

1. Définitions des lois de finances :


La loi des finances prévoit, évalue, énonce, et autorise, pour chaque année budgétaire, l’ensemble
des ressources et des charges de l’état dont la limite d’un équilibre économique et financier qu’elle
définit.
Il existe 3 sortes de lois de finances :
➢ La loi des finances pour l’année : elle prévoit et autorise pour chaque année budgétaire,
l’ensemble des ressources et des charges de l’état (L.F 2019)

➢ Les lois des finances rectificatives : elles peuvent, au cours de l’année, notifier les dispositions des
lois de finances initiales, compte tenu de l’évolution de la conjoncture économique et financière.

➢ Loi de règlement : elle vient à posteriori pour constater la différence des écarts entre les prévisions
et les réalisations.
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2. La structure de la loi des finances :


a. Structure juridique de la loi des finances :
➢ La première partie : est consacré au coefficient financier, puisqu’elle arrête les données
générales de l’équilibre financier.

➢ La deuxième partie : arrête, par chapitre, les dépenses du budget général par compte, les
dépenses des comptes spéciaux de trésor (CST).
b. Structure comptables de la loi des finances :
➢ Le budget général (BG) :
Le budget général représente les dépenses et les recettes annuelles de l’état qui ne font pas l’objet de
l’intégration spéciale en prenant la forme d’un budget annexe ou d’un CST.
• Les dépenses :
❖ Dépenses de fonctionnement : sont des dépenses de consommation nécessaire à la marche
du service publique de l’état (salaire du personnel).
❖ Dépenses du matériel et divers : des dépenses courantes des administrations telle que les
consommables, les locations, les redevances d’eau et d’électricité et de maintenance.
❖ Dépenses d’investissement : sont des dépenses nécessaires pour réaliser des objectifs de
croissance et de développement économique et social. A ce niveau, la LF précise les
concepts d’autorisation du programme de crédits d’engagement (pluriannuels) et de crédit
de paiement (annuels).

NB : La loi programme définit, par secteur d’intervention, les objectifs à atteindre et les moyens à mettre en
œuvre. Elle permet la traduction du plan en terme financier. Elle constitue la passerelle entre le plan et la loi
des finances.
❖ Dépenses au titre de la dette :
✓ Les dépenses pour intérêts et commissions.
✓ Les dépenses relatives aux amortissements de la dette publique à moyens et long
terme.

• Les recettes :
❖ Recettes fiscales : impôts directes et taxes, IS/IR, TVA, droit de douane.
❖ Recettes non fiscales : participation financière de l’état, produit de monopole (ONCF).

➢ Services de l’état gérés d’une manière autonome (SEGMA) :


Ils décrivent les opérations financières des services de l’état dont le but est la production des biens
et services en contrepartie d’un paiement.

➢ Les comptes spéciaux du trésor (CST) :


Ils permettent soit l’individualisation de certaines opérations, soit l’affectation des recettes à des
dépenses définies, soit le report et la continuité d’une année à l’autre. On distingue plusieurs CST :

• Les comptes d’affectation spéciale (CAS) : ils retracent les opérations qui sont financés au
moyen de ressources particulières.
• Les comptes d’opérations bancaires et commerciales : ils décrivent des opérations à
caractère industriel ou commercial effectués à titre accessoire par les services publics de
l’état.
• Les comptes de règlement avec les gouvernements étrangers : ils tracent les opérations
faites en application d’accords internationaux approuvés par la loi.
• Les comptes d’adhésion aux organismes internationaux :
❖ Les comptes des opérations monétaires : ils retracent les pertes et les bénéfices de
change, les opérations avec le FMI.
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❖ Les comptes d’investissement.


❖ Les comptes de prêts.
❖ Les comptes d’avances
❖ Les comptes de dépenses

II. Préparation de la loi des finances


Sous l’autorité du chef du gouvernement, le ministre des finances publiques prépare le projet de LF.
Cette tache implique l’ensemble des directions du ministère et s’accomplie en collaboration avec
l’ensemble des départements ministériels sous une démarche collégiale.
La technique de préparation vise un objectif constant qui est celui de la détermination d’une adéquation
entre les recettes et les dépenses, permettant un niveau de croissance acceptable, en tenant compte des
possibilités de financement. Pour ce faire, on établit d’ abord un cadrage macroéconomique.
1. Evaluation des dépenses :
a. Evaluation des dépenses de fonctionnement :
Se fait à partir de la situation des postes budgétaires en procédant à des actualisations qui tiennent
compte des postes vacants, des titularisations, des transformations d’emplois et des mesures prévues
par les textes nouvellement adoptés.
b. Evaluation des dépenses du matériels et divers :
Cette estimation se fait selon une démarche incrémentale
c. Evaluation des dépenses d’investissements :
Elle se fait par référence aux prévisions du plan de développement économique et social. Cette
estimation veille à assurer une adéquation des besoins aux possibilités du financement du trésor.
Dans la conception traditionnelle, les prévisions des dépenses précédent les prévisions des recettes. Ces
derniers évoluent en fonction des premiers. Généralement il existe 3 types de crédit :
• Les crédits limitatifs : la dotation accordée par l’état représente un plafond à ne pas
dépasser.
• Les crédits évaluatifs : leur montant n’est retenu qu’à titre indicatif dans le cadre du
projet de L.F. des modifications peuvent avoir lieu au cours d’exécution du budget
pour rectifier le tir.
• Les crédits prévisionnels : ils sont prévus pour couvrir les dépenses imprévues dont
on ignore le montant ou la durée.
2. Evaluation des recettes :
a. La méthode de reconduction automatique :
Le budget de l’année écoulée sera considéré comme régulier d’évaluation des recettes.
b. Le système d’antiennes de majoration :
Elle consiste à préparer les prévisions budgétaires en fonction de la moyenne des plus-values des
recettes des 5 exercices écoulés.
c. La méthode d’évaluation prévisionnelle directe :
Elle consiste à utiliser les statistiques et les études les plus récentes, elle se base sur les éléments
suivants :
• les dernières comptabilités fiscales ;
• L’évaluation probable du PNB ;
• Les études des services financières.
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III. Les règles budgétaires :


Le budget de l’état n’obéit pas seulement à des principes juridiques de base, il se conditionne aussi à des
règles techniques :
1. La règle de l’unité budgétaire :
Elle stipule que toutes les dépenses et toutes les recettes de l’état doivent figurer dans un document unique
soumis au parlement. A condition :
• Le budget doit recentrer l’ensemble des recettes et des dépenses de l’état sans exclusion d’aucune
sorte.
• Il doit y avoir une unité de la prévision et de l’autorisation financière.
Cette règle à une double justification :
➢ Justification politique : si on lui permettait plusieurs plans financiers partiels. Le parlement ne peut
être en mesure d’assurer son arbitrage.
➢ Justification technique : le respect de la règle de l’unité permet de mesurer l’ampleur exacte du
déficit.
2. La règle de l’universalité budgétaire :
Elle implique deux exigences :
• Principe de non-compensation : elle suppose que soient inscrites dans le budget toutes les dépenses
et les recettes de l’état sans qu’il puisse y avoir contraction entre les unes et les autres. Ce qui impose à
l’exécution du budget que :
✓ Toute opération de dépense doit être imputée sur le montant des crédits disponibles.
✓ Tout produit d’une recette devra être reversé au budget général, sans pouvoir être utilisé pour
le service générant.
• Principe de non-affectation : elle exige aussi qu’à l’intérieur du budget, les dépenses et les recettes
forment deux masses autonomes, isolées l’une de l’autre, sans que soit établie à l’avance une
corrélation entre certaines dépenses et certaines recettes.
Cette règle à trois justifications :
➢ Une justification d’ordre juridique : si on permettait, d’une façon courante, d’effectuer telle dépense
à concurrence de telle recette, le montant du crédit ne serait plus rigidement fixé à l’avance, et
l’autorisation de dépenses aurait ainsi un caractère simplement évaluatif.
➢ Une justification d’ordre politique : l’affectation met en cause la notion de l’intérêt général et de la
solidarité nationale. En effet, l’état est une entreprise d’ensemble, les ressources dont il dispose
doivent être mise en commun.
3. La règle de l’annualité :
• Signifie que l’état choisit de limiter à un an son horizon financier ;
• Elle interdit d’inscrire dans la loi des finances des autorisations portant sur plusieurs années ;
• Le gouvernement doit utiliser dans l’année les autorisations accordées.
Or, dans la réalité on arrive à des conclusions, par exemple : la création d’un emploi dans la fonction
publique et la charge de la dette publique sont des engagements pluriannuels. Par conséquent, on peut dire
que la pluriannualité est la conséquence nécessaire du déficit budgétaire.
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Chapitre II : Fonctionnement de la politique budgétaire


Le budget des administrations publiques, qui recouvre les budgets de l’état, des administrations locales
et des administrations de sécurité sociale, remplit à la fois les fonctions d’allocation, de redistribution et de
stabilisation. Cependant le terme de politique budgétaire renvoie essentiellement à la fonction de
stabilisation : selon le prix Nobel d’économie Paul Samuelson, c’est le processus consistant à manipuler les
impôts et les dépenses publiques aux fins :
➢ De contribuer à amortir les oscillations du cycle économique.
➢ De favoriser le maintien d’une économie progressive, assurant un degré d’emploi élevé,
affranchie de toutes poussés excessives d’inflation ou de déflation.

Aujourd’hui la politique budgétaire fait la une des grandes problématiques sur la relance de
l’économie.
• Les relances budgétaires sont-elles efficaces pour stimuler l’activité, notamment lorsque la
dette atteint un niveau élevé ?
• A l’inverse une contraction budgétaire a toujours un effet dépressif sur la demande ?
• Enfin est-il possible et souhaitable de définir des principes de politique budgétaire et s’y
tenir ?

I. Concepts de base de la politique budgétaire :


De tout temps, les gouvernements ont engagés des dépenses de fonctionnement, d’investissement, de
transferts sociaux, de guerre qu’il a bien fallu financer. Ils disposent pour cela trois moyens :
➢ Les impôts et autres revenus publics : dont les revenus liés à la gestion du patrimoine public,
ou d’éventuelles ventes d’actifs publics.
➢ La création monétaire :
➢ L’emprunt :

1. Le budget :

Le budget d’une entité publique est un document prévisionnel qui précise l’origine et le montant de ses
recettes ainsi que l’emploi qu’elle compte en faire à travers son programme de dépenses.

➢ Les dépenses : expriment à la fois les couts de fonctionnements de l’entité publique et son
action dans les différents domaines de sa sphère d’intervention (défense, éducation, santé,..)
➢ Les ressources : les principales ressources du secteur public comprenant les prélévements
obligatoires directes et indirectes, ainsi que les contributions de sécurité sociale et des ressources
non-fiscales : recette commerciales des administrations, produits de cession d’actifs publics.
a) Le solde budgétaire :
Le solde budgétaire est la différence entre recettes et dépenses. Ce calcul peur se faire au niveau d’une
administration publique particulière (état, collectivité locale) ou en excluant certaines dépenses.
On parle d’excédant budgétaire lorsque le solde budgétaire est positif, et de déficit budgétaire dans le cas
contraire. Les excédants sont, en générale, utilisés pour rembourser la dette publique. Les déficits doivent
être financés, soit par emprunts auprès de la banque centrale nationale, qui donne lieu à l’émission de la
monnaie (inflation), soit par emprunts auprès des agents privés ou auprès états, ou, dans le cas des pays
pauvres par des dons au titre de l’aide publique au développement.
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L’emprunt consiste pour le gouvernement à vendre à des investisseurs des titres de créances, ou comme le
cas de plusieurs pays émergents, à emprunter auprès des banques et des institutions financières.
La dette publique est souvent rapportée au PIB qui détermine l’assiette des impôts et cotisations levés au
cours d’une année donnée. La dette des administrations publiques principalement vis-à-vis des ménages, des
banques et des non résidants ne doit pas être confondue avec la dette extérieure (les engagements de
l’ensemble des résidents vis-à-vis du reste du monde). Ces deux concepts ont bien sur des composantes
communes : les obligations d’état détenus par des investisseurs non-résidents, font partie à la fois de la dette
publique et de la dette extérieur.
b) Les différentes mesures du déficit public :
Le calcul des soldes publics nécessite de faire des choix, à la fois quant au périmètre retenu et quant à la
nature des dépenses et des recettes prises en compte, en fonction des informations recherchés.
• b.1 : déficit de l’état ou déficit publique :
Seul le budget de l’état est géré par le gouvernement et les intérêts des différents niveaux de
gouvernements (administrations publiques : état, collectivités locales, établissements publics,...) ne
coïncident pas nécessairement. Certes, ce sont les données agrégées qui déterminent la pression fiscale à
laquelle le contribuable est soumis. Mais l’utilisation des chiffres agrégés pour le secteur public dans son
ensemble peut gommer des situations constatées entre différents sous-secteurs.
• b.2 : déficit total ou déficit primaire :
Le solde budgétaire (solde financier) est la différence entre les dépenses du secteur publics et ses revenus.
Il représente le besoin de financement du gouvernement en tenant compte des intérêts versés sur la dette. Or,
ces intérêts dépendent, d’une part du niveau d’endettement, et d’autre part, du niveau des taux d’intérêt à
long terme. Deux variables, à court terme, échappent au contrôle des gouvernements. C’est pourquoi on
calcule un solde primaire définit comme le solde budgétaire hors paiement des intérêts.

Solde budgétaire = solde primaire – intérêts sur la dette

Une expansion de l’activité réduit le déficit public à la politique budgétaire inchangée, du fait de la
sensibilité des dépenses et des recettes au niveau d’activité : les recettes augmentent tandis que les dépenses
d’assurance chômage diminuent, l’inverse se produit en phase de ralentissement : c’est pourquoi on parle de
stabilisateurs économiques.

On peut construire un solde budgétaire corrigé du cycle (solde structurel). L’évolution du solde se
décompose ainsi en une composante conjoncturelle, indépendante de la volonté du gouvernement et une
composante discrétionnaire (variation du solde structurel) appelée « impulsion budgétaire » car elle
fournit une bonne mesure de l’orientation de la politique budgétaire.

Solde budgétaire = solde conjoncturel + solde structurel

Les intérêts sur la dette n’ayant pas de caractère cyclique marqué :

Solde budgétaire = S. primaire conjoncturel + S. primaire structurel – intérêts sur la dette


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Le secteur public n’a pas besoin de rembourser ses dettes intégralement car il a une durée de vie infinie.
Cependant, si la dette croit trop rapidement, les investisseurs qui achètent des obligations d’état pourront
avoir des craintes. Ce qui peut faire augmenter le taux auquel le gouvernement emprunte.

Cependant, un même rythme d’accumulation de la dette ne signifiera pas la même chose dans un pays à
croissance faible ou dans un pays à croissance élevée. Par ce que la capacité d’un gouvernement à lever des
impôts et à assurer le service de la dette dépend globalement du PIB nominal. La stabilité de ce ratio
signifiera que la dette publique n’est pas dans une dynamique explosive menaçant la solvabilité de la l’état.

Or le déficit budgétaire compatible avec la stabilité du ratio de dette publique est d’autant plus élevé que
la croissance du revenu national est forte et que le taux d’intérêt réel est faible. Lorsque le taux de croissance
et plus élevé que le taux d’intérêts un pays peut stabiliser son taux d’endettement, et plus le taux d’intérêt est
supérieur du taux de croissance plus l’excédant primaire sera important.

On soustrait alors la composante cyclique ɛ ((y-y¯)) du solde budgétaire pour obtenir le solde structurel.

S* = S - ɛ ((y-y¯)) avec ɛ = 𝑑(𝑦−𝑦¯)


𝑑𝑠
ɛ>0

S* : Solde primaire structurel


Y : La production effectif
Y¯: La production potentielle

Si par exemple ɛ = 0,5 cela implique que Y ↑1% par rapport à Y¯ => S ↑ 0,5 point de PIB

La production : yt = Ft (Kt ; Nt) avec F : fonction de production / K : stock capital / N : emploi

→ À court terme :
- Kt = Kt¯
- Nt¯= (1-ut¯) Lt¯ Lt¯: Population active / ut¯ : taux de chômage d’équilibre

Donc => yt ¯= Ft (Kt¯ ; Nt¯)


L’écart de production (output gap) est la différence entre la production déterminé par la demande (y t) et
la production potentielle déterminée par l’offre (yt¯).

𝐲𝐭
Ecart de production : -1
𝐲𝐭¯

• écart de production négatif : signifie que la production est inférieur à son potentielle, ce qui implique
un chômage supérieur au chômage d’équilibre.

• Ecart de production positif : signifie que la production est supérieur à son potentielle (heures
supplémentaires, robotisation,..) ce qui impliquent un accroissent du cout marginal de production et
donc une hausse du prix du produit.
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• b.3 : le solde budgétaire au Maroc :

L’analyse de la décomposition du solde budgétaire fait ressortir un déficit structurel de 4,8% du PIB en
moyenne sur la période 2002-2005 expliquant largement le creusement du déficit su cette période.
Entre 2009 et 2012, la tendance à la hausse du déficit budgétaire est attribuable, à l’augmentation du déficit
structurel et à la baisse de l’excédant conjoncturel. L’augmentation du déficit structurel est du à la persistance
du poids des subventions, qui a été alourdi sous l’effet de l’envolée des cours mondiaux des produits
énergétique et de dépenses salariales, parallèlement à la volonté de poursuivre l’effort d’investissement et au
comportement modéré des recettes.

II. Efficacité de la politique budgétaire :

La politique budgétaire agit sur la courbe IS. Selon Keynes, pour un niveau donné du taux d’intérêt, toute
augmentation des dépenses publiques (G) ou toute modification des impôts (T) se manifestera par une
augmentation dans le niveau du revenu réel disponible. Ceci se traduira par le glissement de la courbe IS vers
la droite.
Cette affirmation va être critiquer par d’autre courants, quant à l’efficacité de la politique budgétaire à LT :
➢ Selon les monétaristes : notamment Friedman, qui met en avant qu'un financement des dépenses
publiques par l'endettement entraîne un effet d'éviction privé de stabilisation conjoncturelle.

➢ pour les nouveaux classique : (Barro et Lucas), cette thèse à été confronter avec leur hypothèse
d'anticipation rationnelle. une augmentation de dépenses publiques financées par l'emprunt laisse la
consommation et l’investissement inchangés, les agents anticipent une hausse future de la pression
fiscale pour rembourser la dette.

➢ Les théoriciens de l’offre : (Laffer, Mundelle) établissent une relation entre le niveau de la pression
fiscale, et celui de la croissance de long terme. Le poids des prélèvements obligatoires contribue à
pénaliser le travail à LT. Une réduction de ce poids est le meilleur moyen de renforcer la croissance.

➢ Les économistes de l’école des choix publics : (Nordhaus, Tullock) mettent en évidence
l’opportunisme des gouvernements qui augmentent les dépenses publiques et relancent l’économie
avant les échéances électorales afin d’être réélus, mais au mépris du respect des équilibres
macroéconomiques.

1. Modèle IS-LM dans une économie fermée :

Modèle IS-LM
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→ Si la courbe LM ne varie pas, l’équilibre passera de E0 à E1, les pouvoirs publics auront ainsi les
choix entre 3 grandes politiques :
• Modifier les dépenses publiques (G) sans toucher au montant des impôts (T) ΔT=0.
• Modifier les recettes fiscales sans toucher au montant des dépenses ΔG=0.
• Modifier les deux à la fois.

a) Considérons une variation de la dépense publique :


→ΔG≠0 ΔT=ΔI=0
On a Y = C+I+G avec C = a + c (Y-T)
G = Y-C-T
= Y- a – cY + cT – I
= (1- c) Y – a + cT – I
ΔG = (1- c) ΔY – Δa + cΔT –Δ I
ΔG = (1- c) ΔY car Δa = ΔT = Δ I = 0
𝟏 𝟏
D’ où ΔY= ( ) ΔG avec k = ( ) le multiplicateur simple
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄
L’augmentation de la consommation publique entraine une augmentation plus importante du produit national
sous l’effet du multiplicateur.
b) Considérons une variation dans les impôts :

→ΔT≠0 ΔG=ΔI=0
On a Y = C+I+G avec C = a + c (Y-T)
Y = a + cY –cT + I + G
➢ cT = Y- a – cY – I - G
= (1- c) Y – a – I – G
➢ c ΔT = (1- c) ΔY – Δa –Δ I – ΔG
➢ c ΔT = (1- c) ΔY car Δa = ΔI = Δ G= 0
−𝒄 −𝒄
D’ où ΔY= ( ) ΔT avec k = ( ) le multiplicateur fiscal
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄
On peut dire que la modification du montant des impôts entraînera une variation du volume produit national.

c) Considérons les variations égales dans les dépenses publiques et les impôts :

→ΔI=0 ΔG=ΔT
On a Y = C+I+G avec C = a + c (Y-T)
Y = a + cY –cT + I + G
(1-c) Y = G – cT + a + I
𝟏
Y=( ) (G – cT + a + I)
𝟏−𝒄
10

𝟏 𝒄 𝟏 𝟏
Y=( )G–( )T+( )a+( ) I
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄 𝟏−𝒄 𝟏−𝒄
𝟏 𝒄 𝟏 𝟏
ΔY = ( ) ΔG – ( ) ΔT + ( ) Δa + ( ) ΔI
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄 𝟏−𝒄 𝟏−𝒄

Or d’après l’hypothèse on a : a = I = 0
𝟏 𝒄
Alors on aboutie ΔY = ( ) ΔG – ( ) ΔT
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄
𝟏 𝒄
Puisque ΔG=ΔT ΔY = ΔG ( – )
𝟏−𝒄 𝟏−𝒄

Finalement : ΔY = ΔG = ΔT
On peut conclure donc qu’une modification identique dans la dépense publique et dans le montant des
impôts entrainera une variation semblable dans le produit national, C’est le théorème de Haavelmo.
L’objectif de cette politique peut être d’exercer une influence sur le niveau de l’activité économique tout en
préservant l’équilibre du budget de l’état.
→L’efficacité de la politique budgétaire dépend de la position de la courbe LM. On distingue là aussi trois
zones :

➢ Dans la zone de la trappe à la liquidité :


Dans cette zone la politique budgétaire qui entraine un déplacement de la courbe IS vers la droite ,
présente une grande efficacité.
En effet, l’accroissement de la dépense publique exerce un effet multiplicateur sur le revenu. Ainsi, le
niveau de revenu augmente, alors le taux d’intérêt reste constant à son minimum. Par conséquent, la
dépense d’investissement ne subit pas de réduction.
➢ Dans la zone intermédiaire :
L’accroissement de la dépense publique fait augmenter le revenu mais moins que dans la zone de la
trappe à la liquidité. Cela s’explique par le fait que l’accroissement du taux d’intérêt réduit les dépenses
d’investissement.

➢ Dans la zone classique :


Le déplacement de la courbe IS, suite à l’accroissement des dépenses publiques, ne modifie pas le niveau
du revenu. Par la suite, la politique budgétaire à ce niveau est totalement inefficace. Elle contribue
seulement à élever le taux d’intérêt qui a pour conséquence de réduire l’investissement privé au profit de
l’investissement public. C’est-à-dire, l’investissement public se substitue à l’investissement privé d’un
montant égal à celui de l’accroissement de la dépense publique, car la demande de monnaie dans cette
zone est indépendante du taux d’intérêt.
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2. Modèle IS-LM dans une économie ouverte :


Le modèle Mundell Fleming est une extension du modèle IS-LM à une économie ouverte . nous aurons
deux courbes : IS’-LM’ (les « ‘ » expriment le caractère modifié des courbes.
Hypothèse 1 : R=R*, avec R et R* les taux d’intérêt domestique et mondial ( parfaite mobilité des
capitaux ).
Hypothèse 2 : les prix sont supposés constants.
a) Marché des biens et services :
On a par définition : Y=C+I+G+X–M
Y = C (Y-T) + I (R) + G + XN (E)
R : le taux d’intérêt national
E : le taux de changer pour la monnaie nationale
→ la fonction C croit avec (Y-T), décroit avec R, XN décroit avec E
→ Quand la monnaie nationale s’apprécie E ↑, Y vont diminuer => la balance commerciale se détériori.
La courbe IS’ se déplace vers la droite (toutes choses égales par ailleurs)
Quand :
➢ G augmente
➢ T diminue via la consommation
➢ R* diminue via l’investissement

b) Marché monétaire :
Demande de monnaie L(Y,R) = L(Y,R*) par hypothèse R=R*
→L est une fonction décroissante de R et croissante de Y.
→ M/P encaisses réelles en circulation M/P = L1 (Y) + L2 (R)
Avec M l’offre de la monnaie et P le niveau des prix domestiques, supposé constant (le modèle de base
Mundell-Fleming était conçu pour étudier les fluctuations de cour terme).
→ à l’équilibre sur le marché L(Y,R*) = M/P (LM’).
→ la courbe LM (traditionnelle) est croissante dans l’axe (Y,R). Cependant, il suffit de connaitre R* (et donc
R) pour connaitre le revenu d’équilibre.
→ Le revenu d’équilibre ne dépend pas donc du taux de change. La courbe LM’ dans l’axe (Y,E) est donc
une droite verticale.

→ cette courbe LM’ n’est pas liée à E mais dépend


uniquement de Y et R*.
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c) L’équilibre global dans le marché des biens et services et dans le marché


Monétaire :
L’équilibre est donné par le croissement des courbes IS’ et LM’ : c'est-à-dire l’égalité entre la marché
des biens et services et le marché monétaire.

➢ c.1 : effet d’une politique budgétaire :


la politique budgétaire expansionniste (via ↑G ou ↓T) va entrainer un déplacement de la courbe IS1
vers IS2 càd : ↑G => ↑Y et ↓ T => ↑Y
Mais voici les effets en différenciant les charges flexibles et les charges fixes.

➢ c.1.1 : en changes flexibles :


la politique budgétaire expansionniste se traduit par une hausse de la demande intérieur
↑G ou ↓T => ↓D des biens et services ???
Car ↑G => ↑ création des postes d’emplois et des revenus => ↑C ↑D B&S
↓T => ↑revenues ↑ pouvoir d’achat => ↑C ↑D B&S
→ en économie fermée, cette hausse se traduisait par une ↑ Dde monnaie => ↑i . Or, nous sommes en
économie ouvert et toute ↑ R attire des capitaux, faisant revenir R au niveau mondial R*.

Mais cet afflux de capitaux n’est pas sans effet : il augmente la demande de monnaie nationale, faisant
s’apprécier celle-ci (E1 à E2). Cette appréciation à un effet négatif sur la balance commerciale, annulant
l’effet positif de la relance budgétaire sur la production (Y1=Y2)

→ En changes flexibles, la politique budgétaire est


inefficace dans le modèle Mundell-Fleming de base :
l’appréciation de la monnaie et son effet sur la balance
commerciale annule l’effet sur le revenu de la relance
budgétaire.

➢ c.1.1 : en changes fixes :

La première partie est identique du raisonnement est identique au raisonnement en changes flexibles. On se
retrouverait avec une appréciation de la monnaie nationale est un revenu inchangé.
→ Or, E1=E2 (change fixe), les autorités monétaires permettent à celui-ci de revenir à son niveau
d’équilibre. Il existe deux possibilités :
➢ soit la banque centrale ↑ l’offre de monnaie (achat des titres /devises) jusqu’à ce que le cours
retourne à sa valeur cible.

➢ Soit la banque centrale laisse faire les arbitragistes : ceux-ci afin de faire un profit vont acheter des
devises contre de la monnaie nationale sur le marché des échanges, puis revendre ces devises contre
de la monnaie nationale à la banque centrale. La banque centrale finance ces achats de devises par la
création monétaire.
13

Dans ces deux 2 cas, la masse monétaire augmente, poussant LM’


vers la droite (de LM1’ à LM2’), ceci jusqu’à ce qu’on ait
E1=E2=E.

En changes fixes, la politique budgétaire est donc efficace : E est


inchangé mais y augmente (Y2>Y1).

d) Triangle des incompatibilités :

Le triangle des incompatibilités ( Mundell ) nous enseigne que l’on ne peut avoir conjointement :
➢ Des changes fixes
➢ Une parfaite mobilité des capitaux
➢ Une politique monétaire indépendante (fixation de M au niveau désiré)

➢ d.1.1 : politique monétaire indépendante :

Montrons que si on a mobilité des capitaux et des changes fixes, on ne peut pas avoir une politique monétaire
indépendante.
→ Tout choc venant perturber l’équilibre initiale oblige les autorités monétaires à agir sur la masse monétaire
afin de retourner aux taux de change fixe. Ainsi, si on a mobilité des capitaux et des changes fixes, on peut ne
pas avoir une politique monétaire indépendante.

➢ d.1.2 : Absence des changes fixes :

Montrons que si on a mobilité des capitaux et une politique monétaire indépendante, on ne peut avoir des
changes fixes.
→ Vers la droite, la banque centrale décide d’augmenter sa masse monétaire déplaçant LM1’ en LM2’. Cette
politique va immédiatement faire baisser E avant même d’avoir un effet sur la balance commerciale, la
banque centrale doit agir pour retrouver le taux de change fixe. Pour cela elle doit baisser sa masse monétaire
(vente de devises). LM’ se déplace donc vers la grande jusqu’à ce qu’on retrouve le taux de change fixe : en
retourne en LM1’.
14

Chapitre III : Activisme budgétaire au Maroc


L’activisme budgétaire est mesuré par l’ampleur de la réaction de la politique budgétaire aux
variations de l’activité économique (cycle économique).il s’agit d’examiner dans quelle mesure la politique
budgétaire exerce une influence stabilisatrice ou déstabilisatrice sur l’activité économique.

Cependant, le simple jeu des stabilisateurs automatiques ne permet pas de caractériser une politique
budgétaire d’activiste. Une politique contra-cyclique peut aller plus loin, et impliquer un creusement
volontaire du déficit en période de récession, par la baisse des impôts ou l’accroissement des dépenses.

Mais, à partir des années 1970 avec le ralentissement de la croissance économique, l’accélération de
l’inflation et l’accentuation des déséquilibres externes, cette politique a été remise en cause et les finances
publiques sont devenus l’objet de nombreux critiques.

➢ Par les monétaristes, avec leur chef de file, Milton Friedman, stipulent d’une part, que la
régularisation de l’économie par un activisme budgétaire est une illusion. Et d’autre part, que les
modalités de financement des déficits publics ont des effets pervers, qui se traduisent soit par
l’inflation, soit par l’éviction financière de la dépense privée.

➢ Par les précurseurs de la théorie des anticipations rationnelles et plus particulièrement par les
travaux de Barro et Ricardo sur « l’équivalence ricardienne » qui avancent l’idée que les actions
discrétionnaires de l’état seront vouées à l’échec par ce qu’elles sont déjouées par les anticipations
rationnelles des autres agents économiques qui selon eux « l’emprunt d’aujourd’hui est synonyme
d’accroissement de demain »

De ce fait l’analyse des indicateurs financiers de la politique budgétaire permet de savoir si vraiment la
politique de contraction budgétaire adoptée par le Maroc a aboutit parfaitement à une croissance économique
forte et soutenable. ou au contraire, elle as été vouée à l’échec et donc les finances publiques demeurent
toujours en état de crise, d’où la nécessité d’un profond changement et des mesures d’accompagnement tant
sur le plan structurel que macro-économique.

En d’autres termes du fait qu’il est attendu de plus en plus aujourd’hui de l’état de relancer et de
soutenir la croissance économique à travers une politique budgétaire saine et solide, notre problématique est
de traiter comment l’activisme des finances publiques peut-il avoir des effets d’entrainement au niveau de
l’économie nationale ? à quel degré d’activisme se situe notre pays et quel est son évolution ?

Tout d’abord, une présentation générale des soubassement théoriques de la politique budgétaire au
Maroc depuis l’indépendance jusqu'à nos jours. Ensuite nous allons analyser la situation actuelle des finances
publiques pour en sortir avec les mesures nécessaires aboutissant à une politique budgétaire au service d’une
croissance économique forte et soutenable

I. Soubassement théorique de la politique budgétaire :


La question du rôle de la politique budgétaire dans la régulation de l’activité économique n’a jamais cessé
d’être le lien des controverses, de révolution et de contre-révolution.

1. L’équilibre financier dans les finances classiques :

Les grandes auteurs classiques du libéralisme économique de XIX siècle (A.SMITH, D.RICARDO,
J.B.SAY,..) ont fondé la théorie des finances publiques sur le principe de l’équilibre budgétaire considéré
comme la règle d’or d’une gestion financière saine.
15

a) L’apport classique : (XIX → début XX siècle)


ADAM SMITH avançait qu’un budget en déséquilibre ne pourrait que drainer les ressources du commerce et
de l’industrie au profit du gouvernement.
D’après RICARDO l’emprunt n’est qu’un impôt différé dans le temps, dans la mesure ou sa charge, en
intérêt et en capital, sera supportée par les générations futures, par le biais d’un accroissement futur des
impôts ou le recours à des nouveaux emprunts par le financement des emprunts antérieurs.

b) Les critiques de l’école classique :

On reproche souvent aux financiers du XIX siècle, le fait qu’ils exagèrent aussi bien les dangers du déficit
que les avantages de l’équilibre budgétaire. En effet, si l’emprunt est investi par le trésor dans la production.
L’accroissement du revenu national sera par l’effet du multiplicateur d’investissement supérieur à celui de la
dette publique.

2. L’approche interventionniste :

a) L’apport keynésien :

Selon KEYNES, un changement des dépenses publiques provoque une variation amplifiée des dépenses
d’équilibre et du PIB réel.
L’accroissement des dépenses d’équipement peut déclencher ce que keynes appelle « les ondes de
dépenses ». Une dépense d’investissement donnée peut créer un pouvoir d’achat supérieur au montant initial
de l’investissement.

b) Théorie de croissance endogène :

Différents facteurs qui peuvent expliquer l’existence d’une croissance auto-entretenue ou endogène. Des
estimations empiriques élaborées par P.ARTUS et M.KAABI, sont arrivés à la conclusion que les dépenses
publiques dites de fonctionnement avaient un effet négatif sur la croissance. Par contre pour les
dépenses « d’avenir » telles que la recherche scientifique, l’innovation technologique, l’éducation, … ils ont
une relation profonde et positive entre leur progression et le taux de croissance de l’économie.

c) Les limites du courant interventionnistes :

Pour les financiers modernes, le déficit budgétaire ne se justifie que si les conditions du marché monétaire et
financier permettent au trésor de dégager des ressources que les organismes de crédit n’auraient pas utilisées.
L’état se substitue ainsi à l’initiative privée défaillante.

Effet d’évection : c’est une baisse de l’investissement et de la consommation privées qui est provoqué
par une hausse des dépenses d’investissement publics.

D’après les économistes libéraux, il faut donner plus d’importance aux deux secteurs privés et publics pour
pouvoir augmenter le taux de croissance économique.

3. Les monétaristes et le financement des déficits budgétaires :

a) L’apport des monétaristes :

Les arguments keynésiens en faveur du déficit budgétaire avaient fait l’objet de plusieurs critiques,
spécialement par les monétaristes. Ces derniers stipulent, d’un coté que, le déficit budgétaire ou les politiques
budgétaires expansionnistes n’ont aucun effet expansionniste. De l’autre coté que le financement monétaire
des déficits budgétaires serait la source principale d’inflation.
16

b) Les critiques de l’analyse monétariste :

Les keynésiens reprochent aux monétaristes de ne pas s’interroger sur les conditions conjoncturelles qui
excluent l’effet d’évection. Dans ces conditions, l’expansion peut toujours suivre les dépenses publiques
supplémentaires dans un délai assez bref et produire à temps l’épargne publique nécessaire au
développement ultérieur de l’investissement.

4. Les néoclassiques et les anticipations rationnelles :


a) Anticipations rationnelles et inefficacité des finances publiques :

En adoptant la théorie des anticipations rationnelles, la nouvelle macroéconomique dont les principaux
auteurs sont R.LUCAS et T.SARGET . Considère que les dépenses publiques nouvelles, liées à une politique
budgétaire expansionniste seront compensées dans l’avenir par un accroissement des prélèvement fiscaux.
Dés lors, elle envisage à la suite que la totalité des sommes distribuées par l’état se trouvera épargnée ce qui
bloquera totalement les effets du multiplicateur budgétaire.

b) Des hypothèses peu réalistes :

Supposons que les ménages, les chefs d’entreprise et les responsables de la politique économique ont une
culture économique et une capacité de traitement de l’information suffisante pour anticiper les effets d’une
politique économique sur le chômage, l’inflation ou le déficit public défie l’intuition.

II. La situation actuelle des finances publiques au Maroc :


1. Les principales orientations de la politique budgétaire au Maroc :

Nous allons essayer dans cette partie d’analyser les principales orientations de la politique budgétaire au
Maroc afin de savoir son impact éventuel sur la croissance économique du pays.

a) La politique budgétaire du Maroc indépendant :

a.1 : une politique budgétaire relativement sous contrôle :

Au lendemain de l’indépendance, le Maroc avait besoin de recruter son économie pour faire face aux
impératifs de croissance. Ainsi il a mis en place des plans d’équipement et d’industrialisation (le plan biennal
1955-1959 et le plan quinquennal 1960-1964), ces plans se sont traduits par une ↑ des dépenses publiques.

a.2 : Plan quinquennal 1973-1977 :

À partir de 1973, les dépenses d’investissement commencent à s’accroitre de manière alarmante en atteignant
un taux de progression de 131% alors que celui des dépenses de fonctionnement était de 44%.

Le Maroc avait des ambitions plus grandes que ses propres capacités. Ce qui le pousserait à s’endetter pour
couvrir l’excédent des dépenses destinés à investir dans les grandes projets industriels mis en place (Maroc
phosphore 1, 2,3 et 4) et ont mis le pays dans l’incapacité d’honorer ses dettes.

a.3 : Politique de stabilisation des dépenses :

↓ G ↓ Déficit budgétaire ↓ Déséquilibre financier ↓ Cout de la dette publique => ↑ épargne nationale
En 1977, les déséquilibres financiers engendré par l’accroissement des dépenses d’investissement
commencent à se faire sentir, de ce fait dés 1978, une politique d’austérité budgétaire est mise en place. Cette
politique a permis de baisser le montant des dépenses des investissement de 40% en 1978, ce qui as conduit à
des déficits chroniques situés à des seuils alarmants ( 7 milliards de DH en 1978 à 12,83 milliards de DH en
1981) .
17

b) Période d’austérité budgétaire et mise en place PAS 1983-1992 :

b.1 : L’accroissement des recettes budgétaires : (↑T)

Étant donné la faiblesse des recettes exceptionnelles, se sont donc les ressources ordinaires, notamment les
recette fiscales, qui ont été mobilisés pour réduire le déficit des finances publiques ( création d’un nouvel
impôt PSN, relèvement de certains taux de taxation ).

b.2 : Compression des dépenses : (↓G)

L’effort de compression des dépenses courantes a été alimenté essentiellement par le plafonnement des
recrutements et la réduction des dépenses d’investissements.

Cette politique a eu des résultats financiers positifs indéniables. Cependant, le souci d’assurer une
stabilisation macroéconomique a poussé les pouvoirs publics à sacrifier la croissance économique afin de
réussir la politique d’austérité et diminuer l’ampleur de la dette publique.

c) La période 1993-2010 : après ajustements des équilibres budgétaires

c.1 : L’accroissement des recettes budgétaires :

À partir de 1996, une gestion active de la dette extérieure à commencer dont les objectifs sont le
renforcement de la mobilisation des fonds nécessaires pour financer l’économie nationale. Cette stratégie
s’est basée sur trois techniques à savoir :
a) Refinancement
b) Remboursement anticipé
c) La conversion de la dette en investissement

c.2 : La politique de privatisation et croissance économique : ( 1993-2007)

D’une manière générale, la privatisation a eu des effets positifs appréciables sur l’ensemble des entreprises
cédées. Ainsi, le processus de privatisation a permis au royaume de drainer des investissements extérieurs
vers des secteurs industriels des télécommunications, du tourisme et d’énergie.

2. Une nouvelle politique budgétaire pour une croissance soutenable :

a) L’état de santé des finances publiques :

a.1 : l’illusoire redressement des finances publiques :

Après plusieurs années de contraction budgétaire, on constate que l’amélioration statistique des ratios
budgétaires est illusoire. L’évolution des recettes et des dépenses publiques caractérisent toujours une
situation budgétaire figée et fragile.

a.2 : évolution des recettes et des dépenses publiques :

Durant la période entre 1998 et 2009, les dépenses du budget général ont connus un rythme d’augmentation
élevé de l’ordre de 101,3%, qui dépasse celui des recettes durant la même période qui atteint 96,2%, cette
structure du budget marocain montre que l’état des finances publiques est loin d’être sain.

a.3 : l’aggravation du déficit financier :

Le solde économique reste positive à partir de 1987 jusqu’en 2000 ou il a connu une diminution de 109% et
une chute de 232,8% en 2005. Ce qui as conduit à une détérioration de 172% du taux de couverture de la
dette et une aggravation importante du solde financier.
18

b) La nécessité d’un nouveau cadre macroéconomique tourné vers la croissance : la


réforme des finances publiques

C’est la mesure la plus importante et la plus urgente à traiter. Elle consiste à maitriser les dépenses de l’état
et à rationaliser leur affectation, à réformer le système fiscal, et enfin stimuler la croissance pour un déficit
approprié.

b.1 : Une affectation plus rationnelle et un contrôle plus strict des dépenses
publiques :

En analysant la structure des dépenses totales, nous pouvons facilement remarquer la part croissante des
dépenses ordinaires et plus particulièrement celles des B & S (76% des dépenses ordinaire netre 2000-2009)
quant aux dépenses d’investissement, ils ont marqué une évolution de 216% dans la meme période afin de
stimuler la croissance économique du pays.

b.2 : Réformer la fiscalité :

La question est de savoir quels sont les objectifs de la réforme et comment la mener, car « tout impôt a des
effets complexes tant sur l’efficacité globale de l’économie que sur la répartition des richesses et des
revenus »
Une fiscalité directe hétérogène, difficile à orienter suivant les exigences de la conjoncture et de la
croissance économique, nécessite une réforme en plus celle axés sur l’abaissement des taux, il faut opter pour
l’élargissement du champ d’application de l’impôt.

b. 3 : Stimuler la croissance pour un déficit approprié et renforcer l’investissement


public :

La fixation du déficit budgétaire doit, désormais, se faire en rapport étroit avec les élasticités du système
productif. Il faut remarquer que le taux 4% ou 5% du PIB ne doit pas constituer une nouvelle norme et une
nouvelle contrainte de la politique budgétaire. Chaque pays à ses propres caractéristiques et ses propres
besoins, et doit avoir son propre déficit.

c) Les mesures d’accompagnement à la nouvelle politique budgétaire :

Le Maroc devrait résoudre les problématiques structurelles à travers l’application de nouvelles règles de
conduite. En se basant sur trois orientations majeurs, qui constituent une base solide de la réforme des
finances publiques et donc pourraient constituer une base d’une feuille de route nationale.

c. 1 : Consolider le lien social à travers une réforme des politiques sociales :

La démocratie et la bonne gouvernance ainsi que la solidité des systèmes de solidarité constituent des atouts
majeurs pour une résilience politique et sociale plus grande. Dans le domaine social, en dépit des acquis
impressionnants des ces dernières années, un certain nombre d’indicateurs sociaux restent faibles. Pour y
remédier, une profonde refonte des politiques sociales devrait être opérée.

c. 2 : Relever le défi de compétitivité et préserver les équilibres macroéconomiques :

Le Maroc doit redresser son commerce extérieur, à travers deux chantiers :


- La compétitivité de l’offre exportable du Maroc
- L’efficacité des dispositifs de promotion du Maroc à l’étranger. Les enjeux de productivité, de qualité
et de différenciation sont au cœur de cette ambition.
19

L’action des pouvoirs publics devrait rester centrée sur la recherche, pas à pas, de compromis viables entre
trois objectifs principaux : un ajustement toujours difficile à la concurrence internationale, la préservation
d’un degré élevé de stabilité macroéconomique, et la défense d’une société qui n’est pas, à priori, la mieux
armée pour répondre aux risques et aux opportunités de la globalisation.

c. 3 : Améliorer la gouvernance des politiques publiques :

Au plan institutionnel, il est proposé de mettre en place un cadre approprié de coordination des politiques
publiques. Ce cadre aurait notamment pour 1er mission de piloter d’une part, la cohérence des grandes
stratégies sectorielles (Maroc vert, plan azur,..) et de mettre en place les processus nécessaires à sa
déclinaison au plan opérationnel.

L’accélération des transferts de pouvoirs, de responsabilités et d’autonomie dans le cadre des processus en
marche de décentralisation et décentralisation pourrait aider à aller dans ce sens.

3. Evaluation empirique de l’activisme budgétaire au Maroc

L’activisme budgétaire est mesuré par l’ampleur de la réaction de la politique budgétaire aux variations de
l’activité économique (cycle économique). Il s’agit d’examiner dans quelle mesure la politique budgétaire
exerce une influence stabilisatrice ou déstabilisatrice sur l’activité économique.

La mesure du cycle économique ( la position de l’économie dans le cycle à un certain instant ) est appréciée
en comparant le PIB mesuré à un instant donné et le PIB potentiel, ce dernier correspond à une utilisation
« normale » des capacités de production (K,L). Donc, l’écart correspondant est appelé output gap. De même,
on sait bien que la croissance, à CT, dépend avant tout de la demande, par contre à MLT, elle dépend
essentiellement des facteurs d’offres, on parle ici de la croissance potentielle.

La mesure d’équilibre peut se faire selon trois approches différentes : d’abord c’est l’approche des soldes
théoriques, puis l’approche de la comptabilité nationale, ensuite l’approche de la comptabilité publique.
Durant ce présent travail, on va essayer de le mesurer par la 1er approche afin de calculer le solde structurel
par l’une de deux démarches principales.

Pour certains économistes, la politique budgétaire devrait participer de façon active à la gestion du cycle,
en répondant aux chocs de demande par des politiques discrétionnaires qui ont aussi un impact sur l’activité,
car elles soutiennent la croissance.

En effet, un budget peut avoir les effets d’atténuation des fluctuations de l’activité (la politique contra-
cyclique) mais s’avérer avec le temps pro-cyclique car entre le moment ou le budget de l’état est voté au
parlement et celui ou il est mis en œuvre, un retournement de la conjoncture à un certain moment reste
toujours possible.

Pour savoir si les gouvernements utilisent au non la politique budgétaire dans la gestion du cycle et dans
quelle mesure, on se fonde sur l’observation des pays de l’OCDE et celle de l’Égypte qu’on peut le
considérer comme un modèle similaire à celui du Maroc.

a) Le déficit structurel :

On peut le définir notamment par le solde négatif des finances publiques lorsque l’on retire les facteurs liés à
la conjoncture.
→ Pour le cas marocain, il est à noter que le calcul du solde structurel par différence entre le solde effectif et
celui conjoncturel, n’intègre pas l’effet des recettes de privatisation et d’autres éléments qui ne présentent pas
un caractère structurel. Ainsi, il convient de procéder à la décomposition hors privatisation au lieu du solde
budgétaire globale.
20

b) Le calcul du solde structurel :

Le calcul du solde structurel par la méthode de l’OCDE consiste à partager les variations des soldes effectifs
en deux parties : la première concerne les variations subie et la deuxième partie concerne la composante
résultant d’actions discrétionnaires des pouvoirs publics.

𝑻𝟎 𝑮𝟎
S1 - S0 = (T ( ) - g ( ) ) dy0 + ΔT – ΔG + m (c-p) Y0
𝒀𝟎 𝒀𝟎

- S1 - S0 : les soldes budgétaires effectifs de la période de 1 à 0


𝑻𝟎
- T ( ) dy0 : L’élasticité des impôts par rapport à la croissance tendancielle
𝒀𝟎
- ΔT et ΔG: Les variations respectives du rendement des impots et des dépenses dues aux
modifications délibérés de la politique budgétaire dans la période 1.
𝑮𝟎
- g ( ) dy0 : L’élasticité des dépenses par rapport à la croissance tendancielle.
𝒀𝟎
- m (c-p) Y0 : Taux marginal des impôts et des cotisations sociales nettes des prestations sociales (m)
en fonctions de la différence entre la croissance effective et la croissance tendancielle (p) de la
production.

Le solde structurel mesuré par les économistes de l’OCDE considérant les variations du déficit budgétaire
comme une cause et non comme un effet des variations de l’activité économique. D’ailleurs, le SS indique
une impulsion expansionniste sur la demande alors qu’un solde excédentaire indique une impulsion
restrictive sur celle-ci comme on a déjà cité auparavant.

c) Le déficit conjoncturel :

Le solde conjoncturel correspond à celui qui résulte d’un écart de production, cela veut dire le déficit
budgétaire cyclique est obtenu en faisant la soustraction des composantes cycliques du déficit de son niveau
initial.

Au Maroc, le problème est que depuis sept ans, il n’y a jamais d’excédent, pas même durant les années
marqués par une forte croissance. Donc, là on peut dure que le retour aux soldes positifs paraissait irréel, il
était donc urgent de mieux qualifier notre déficit public, de lui accorder de nouveaux attributs pour mieux le
comprendre (l’output gap non agricole)

4. Méthode, données et résultats :

A travers cette partie empirique, nous voulons tester la relation entre le solde budgétaire structurel et l’écart
de production. Pour cela, on as utilisé un panel composé de dix pays dont ceux de l’OCDE (8), l’Égypte et le
Maroc sur une période 1995-2014. Nous avons utilisé un modèle économétriques sur des données de panel
avec comme objectifs :
- Evaluer directement le degré d’activisme budgétaire.
- Mesurer l’orientation de la politique budgétaire.

a) Données et méthodologie :

Nous avons menés une analyse détaillé afin d’évaluer les composantes conjoncturelle et structurelle du
déficit budgétaire.
21

Nous avons utilisé un modèle de régression linéaire :

Solde structurel (t) = α + β écart de production (t) + ɛ


Yt = α + β Xt + ɛ
Avec :
α : La constante ;
β : Le paramètre de la variable à estimer ;
ɛ : Terme d’erreur ;
Xt : écart de production= variable explicative ;
Yt : Solde budgétaire structurel = variable à expliquer ;
→ On parle ici du coefficient qui nous indique le degré de pro-cyclicité ou de contra-cyclicité de la politique
budgétaire.

→ Il s’agit de l’économie de reprise quand l’output gap est positif et négatif quand l’économie est en
récession.

→ Plus β est élevé et positif, plus le déficit structurel primaire se creuse lorsque l’économie est en relance et
plus il se contracte lorsque l’économie est en récession.

→ En d’autres termes, plus le coefficient sur l’output gap est élevé et positif, plus la politique budgétaire est
pro-cyclique, et plus ce coefficient est bas et négatif, plus la politique budgétaire est contra-cyclique.

→ La politique budgétaire est contra-cyclique (pro-cyclique) si la corrélation entre les deux variables (solde
structurel et l’écart de production ) est positive (négative).

Période cyclique Ralentissement Reprise


Récession (E.P négatif) Croissance (E.P positif)
Politique budgétaire
Politique restrictive PRO CONTRA
(↓ dépenses,↑ solde, ↓ dettes) Privatisation importante Privatisation
Politique expansive CONTRA PRO
(↑ dépenses,↓ solde, ↑ dettes) Relance

En conclusion :
SS primaire ↓ (↑ Dép) Corrélation négative pro-cyclique
➢ E.P ↑ et > 0
(Croissance)
SS primaire ↑ (↓ Dép) Corrélation positive contra-cyclique

SS primaire ↓ (↑ Dép) Corrélation positive contra-cyclique


➢ E.P ↓ et < 0
(Croissance)
SS primaire ↑ (↓ Dép) Corrélation négative pro-cyclique
22

Chapitre IV : Problématique de la dette publique au Maroc


Préserver la soutenabilité des finances publiques est devenu l’un des défis majeurs auquel sont confrontés
les états. Pour le cas du Maroc, l’accroissement moyen de la dette publique en % du PIB a été prés de 5
points chaque année depuis les années 80. Ensuite, le Maroc enregistre une déficit de –7,3% à la fin 2012, de
– 5,1% en 2013 et de – 4,5% en 2014 avec un taux d’endettement de 62,5%, dépassant ainsi les critères de
convergence du traité de Maastricht (déficit public ne peut être) à 3% PIB, dette publique ne peut excéder
60% du PIB qui constituent des conditions principales d’une bonne santé des finances publiques.

Au Maroc, le financement des déficits budgétaires importants a été assuré essentiellement par le recours
aux emprunts extérieurs, jusqu’à ce qu’il se trouvait incapable de faire face à ses échéances, de ce fait le
trésor s’est orienté de plus en plus vers les ressources internes pour financer ses déficits, ce qui as abouti à
l’accumulation d’une dette extérieure de plus en plus contraignante

La soutenabilité de la politique budgétaire est d’une importance capitale dans la gestion


macroéconomique. Une dette publique excessive engendre des vulnérabilités qui peuvent avoir des
conséquences néfastes sur la performance économique à travers ses effets sur la pression fiscale, les taux
d’intérêt et la flexibilité de la politique budgétaire. Une dette publique élevée décourage aussi les
investissements à travers les anticipations défavorables sur les perspectives économiques.

Ainsi, la question de soutenabilité de la politique budgétaire est une question d’actualité. Son examen
consiste à s’intéresser, dans une perspective dynamique aux conséquences sur la dette publique d’une
accumulation des déficits budgétaires. Est-ce que la politique budgétaire adoptée par le Maroc ces dernières
années a permis d’avoir une dette soutenable? Compte tenu du niveau d’endettement actuel dépassant 60%
du PIB, quel effort budgétaire doit fournir l’état marocain de façon à réduire la dette et à revenir à un taux
d’endettement modéré ?

Pour apporter quelques éléments de réponse à ces questions, il convient tout d’abord d’analyser l’efficacité
de la politique budgétaire menée. Ensuite à travers une analyse empirique, de savoir et connaitre si vraiment
la dette publique au Maroc a été soutenable depuis les années 80 jusqu’au aujourd’hui.

I. Fondement théorique de l’endettement :

Le concept de l’endettement a fait l’objet de plusieurs débats et controverses depuis son déclenchement
accéléré notamment pendant la période des années 70.

1. Théorie de l’endettement :

Le but de cet axe est de comprendre la problématique de l’endettement selon les conceptions de la théorie
classique et la théorie keynésienne. C’est ainsi que certains économistes pensent que la dette peut être
nécessaire et même efficace pour le développement d’un pays alors que d’autres pensent que tout emprunt
public ne peut qu’être nuisible pour les agents économiques.

2. Définition de la dette :

S’agissant de la dette publique, en droit financier et fiscal, au sens le plus employés, l’ensemble des fond
empruntés par l’état ou déposés auprès de lui.

Economiquement, la dette publique se définit comme étant un ensemble d’engagement financier contracté
par l’état net des remboursements réalisés. Financièrement, il s’agit d’un ensemble d’engagement interne
et externe à titre d’emprunts ou non encore remboursés.
23

D’une façon générale, l’endettement public se constitue par une dette à long terme sous forme d’émission
des obligations sur la marché boursier, de la dette à court terme constitué par des bon de trésor et la dette à
vue.

3. La dette publique selon les classiques :

Les classiques assimilent l’endettement public à un report de l’impôt sur les générations futures et
imputent à l’état une connotation négative.

→ Selon RICARDO (1817), les citoyens voient dans l’emprunt un impôt différé dans le temps et se
comportent comme s’ils sont contraints de payer un impôt ultérieurement, pour rembourser cet emprunt
quel que soit le décalage intergénérationnel. En d’autres termes, le comportement des agents économiques
est guidé par une anticipation à la hausse des impôts.

→ Pour ADAM SMITH (1759), la dette est pernicieuse et ne doit pas être encouragée, elle incite le
souverain à des dépenses inutiles et favorise l’irresponsabilité.

→ J. B. SAY (1799) pense qu’il faut limiter l’emprunt public, par ce qu’en plus d’alimenter la
consommation publique destructrice de richesse et de valeur, il faut intervenir le paiement des intérêts.

→ HAYEK (1989) dénonce l’endettement comme étant une croissance artificielle, fondée sur un
investissement supérieur à l’effort d’épargne de la nation.

→ selon des études empiriques dont celles de Krugman (1989), Sashs (1989), Froot(1989) et Calvo (1989)
ont montré que l’accumulation de la dette et son service constituent une taxe sur la production future et
décourage l’investissement par l’effet d’éviction.

→ Ainsi, pour les classiques l’état doit tout simplement assurer sa mission régalienne à partir de
ressources générées par l’activité économique. Tout intervention de l’état dans l’économie est source de
sous optimalité, de nuisance. Aucun déficit budgétaire n’est justifiable et par conséquent, l’emprunt public
n’est pas envisageable.

→ Cependant d’autres écoles contestent cette pensée et pensent à l’efficacité du financement par
l’emprunt, d’un déficit budgétaire justifié et maitrisé.

4. La conception de la dette selon KEYNES :

Contrairement aux classiques, les keynésiens pensent que l’endettement public en général n’entraine pas
de couts ni pour les générations présentes, ni pour les générations futures du fait des nouveaux
investissements qu’il génère. Ils pensent que le principe de l’équilibre budgétaire ne doit pas toujours être
respecté.

→ Un déficit budgétaire justifié et maitrisé peut être un facteur de relance économique, de lutte contre le
chômage : stimulation de la demande et/ou de la consommation globale (infrastructures), qui par le biais
de l’effet multiplicateur, sont capables de promouvoir une croissance durable. Dans cette approche,
l’endettement public favorise la relance de la demande qui par son effet accélérateur, entraine une
augmentation plus que proportionnelle de l’investissement qui provoque à son tour une hausse de la
production, permettant ainsi de créer les emplois et de lutter contre la pauvreté.

→ Selon HAROOD et DOHAR, il peut toujours y avoir croissance. Un état, pour atteindre le taux de
croissance garanti, peut être amené à créer un déficit budgétaire et financer par un emprunt extérieur. En
effet, l’hypothèse de base de ce modèle de croissance est qu’il n’y a pas de croissance si un pays n’investit
pas et que le taux de croissance de la production est une fonction croissante du K.
24

5. L’hypothèse de la complémentarité et ses limites

L’hypothèse de l’existence d’une relation positive entre l’endettement extérieur et l’épargne interne a
constitué la matière de base à un nombre important de travaux, connu généralement sous le nom de la théorie
de l’absence ou de l’insuffisance de l’épargne.

a) Les cercles vicieux de l’offre / demande justifiant l’effet de levier de


l’endettement :

L’absence de l’épargne ou son insuffisance dans les PVD est due, selon NEURKSE, à l’existence des cercles
vicieux du coté de l’offre et de la demande.

Pour NEURKSE, la faible productivité du travail explique le bas niveau du revenu qui est du à son tour du
manque du K dans les PVD, la médiocrité du niveau du revenu dégagé ne peut en aucun cas permettre de
former l’épargne nécessaire pour réaliser le niveau de l’investissement projeté.

Du coté de la demande, NEURKSE a importé l’insuffisance de l’épargne à la dimension du marché, celle-ci


et en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat dans les pays en voie de développement ne peut être une
incitation à investir.

La solution passe obligatoirement par le recours à l’épargne étrangère, les dons, prêts et investissement
doivent être affectés à l’acquisition des biens d’équipement et de consommation de l’étranger afin d’orienter
le pays à la production des produits pour lesquels il détient un avantage comparatif ( M.1ère, Pdts agricoles)

L’auteur n’a pas tenu compte également des mesures protectionniste et de l’éventuelle détérioration
structurelle des termes de l’échange des produits exportés.

L’épargne extérieure contribue à l’affaiblissement de l’effet multiplicateur budgétaire, suite à l’augmentation


des transferts de revenus à l’étranger, en termes de remboursement de dettes, ou pour financer les
importations.

b) L’épargne externe un compliment de l’épargne interne :

L’endettement a été recommandé par ROTOW et MILLICAN pour faire face à l’insuffisance de l’épargne
intérieur et stimuler le processus du développement économique du pays à condition que :

L’affectation de l’excédant des biens dégagés aux secteurs à forte productivité


La mise à la disposition des entrepreneurs des capitaux extérieurs en quantité suffisante et à bon marché.
La nécessité de développer les secteurs porteurs capables d’induire d’autres, et susceptibles de favoriser la
genèse d’un processus d’industrialisation au sein du pays.

Les plus importants critique faites à l’analyse de ROSTOW, se fondent sur le fait qu’il défend l’idée d’un
développement universel, sans tenir compte de la particularité des PVD.

Selon des nouvelles lectures de la théorie de développement ( DENIS KESLLER, DOMINIQUE STRAUSS-
KHAN) les capitaux étrangers peuvent combler la différence structurelle entre l’épargne intérieur dans les
PVD et les opportunités d’investissement. Les PVD vu leur réserve importante en main d’œuvre, en
disposant du capital nécessaire pour financer le niveau de l’investissement souhaité dans les secteurs
productifs, peuvent stimuler une croissance forte te durable.

6. L’hypothèse de la substituabilité et l’effet d’éviction

Il semble que la théorie de la substituabilité entre les capitaux étrangers et l’épargne interne tenait sa force du
fait qu’elle partait des faits réels dans les PVD, puisque les fonds collectés sont plutôt destinés à financer les
dépenses de fonctionnement et rembourser les services de la dette.
25

La thèse de la substituabilité fut émis en 1963 par HAVELMO, et elle a été développé par un certain nombre
d’auteurs dont les plus connu sont : (A) RAHMAN et (L) LANDAU. Ces deux auteurs ont plutôt soutenu
l’hypothèse de l’effet d’éviction que peuvent exercer les capitaux extérieurs sur l’épargne intérieure ce qui
n’élimine pas la forte possibilité de la réduction de l’épargne interne.

7. Risques liées à l’endettement public


a) Risque de transfert intergénérationnel inéquitable

Pour RICARDO, les citoyens voient dans l’emprunt un impôt différé dans le temps et se comportent comme
s’ils allaient avoir à payer un impôt ultérieurement pour rembourser cet emprunt. RICARDO ne rejette pas
toute distinction entre l’impôt et l’emprunt, notamment la distinction entre la contribution volontaire ( achat
des titres de la dette publique) et obligatoire (impôts). Cependant, la dette publique n’est pas condamnable si
les dépenses publiques portent sur des investissements d’infrastructures dont bénéficieront également les
générations de demain.

b) Risque d’éviction de la dépense privée

Le méfait essentiel de l’excès d’endettement est la réduction des dépenses privées, conséquence de la hausse
des taux d’intérêt lorsque le stock des titres publiques augmente relativement par rapport à la richesse privée.
Cette modification implique que le rendement des titres soit accru, de sorte que leur détention est plus
attrayante.

La hausse du taux d’intérêt qui apparait alors décourage la dépense privée en particulier l’investissement.
Ceci est dommageable puisque la chute de l’investissement, qui entraine celle de l’offre de biens, survient
alors de la demande de biens est stimulée par la hausse des dépense publiques qui est à l’origine de la
progression de la dette.

Il faut noter aussi que l’effet d’éviction est réduit dans la mesure où la mobilité croissante des capitaux à
l’échelle internationale permet de financer un déficit sans hausse du taux d’interet et sans application
automatique du taux de change.

c) Risque d’effet de boule de neige :

Le phénomène de « boule de neige » est mieux connu. Il se résume comme suit : le montant des déficits
accroit les besoins de financement par l’emprunt, ce qui augmente les charges de la dette, qui accroissent à
leur tour les déficits et aussi s’éclanche les processus d’exploitation de la dette publique qui entraine une
augmentation exponentielle du ratio DETTE / PIB. Il est à signaler que le principal facteur de la dérive de la
dette publique réside dans le fait que les taux d’intérêts nominaux sont supérieurs aux taux de croissance du
PIB.

II. La politique budgétaire, instrument de pilotage conjoncturel :


1. La politique budgétaire au service de la croissance :
L’analyse keynésienne a montré que cette politique constitue un instrument indispensable pour la relance et
la stimulation de l’activité économique et donc remède à l’insuffisance de la demande.

En période de crise ou de mauvaise conjoncture, les recettes fiscales commencent à régresser. A l’aide d’une
augmentation de la dépense publique, l’état peut faire face à cette situation par la relance de l’activité en
générant alors de nouvelles ressources et également de propulser le PIB. Ce mécanisme est appelé l’effet
multiplicateur keynésien.

→ M. Boucetta dans son étude empirique sur le multiplicateur budgétaire réalisée sur la période 1968-1993 a
conclu qu’il est faible et se situe en moyenne à 1.4. Pour lui ceci prouve l’inefficacité de la politique des
déficits liés à la forte propension marginale à importer qui interrompe la propagation du revenu monétaire
provoqué par l’augmentation de la dépense publique mais également suite à l’importance de financement par
l’emprunt dont les charges aggravent les déficits publics.
26

2. Les limites de la politique des déficits :


Cette politique peut se montrer parfois nuisible à l’économie sur le long terme, elle n’est efficace que
pour des crises conjoncturelles de court terme afin de limiter les effets pervers de l’accumulation des
déficits et de l’inflation.

La politique budgétaire n’est pas toujours garantie en termes d’efficacité. En effet l’état n’est pas en
mesure parfois de prévoir le retour sur investissement pour mesurer cette efficacité.

Cette politique peut également conduire à un problème d’équité concernant le partage des dépenses des
dépenses publiques. En effet, les agents peuvent créer des rentes pour le gain des uns au détriment des
autres.

La théorie ricardienne reprise par barrot et les classiques dans le cadre des anticipations rationnelles,
dresse une limite à la théorie keynésienne en supposant qu’une politique de relance reste neutre et n’a
aucun influence par ce que les agents anticipent un accroissement des impôts et donc vont utiliser des
revenus supplémentaires pour accroitre l’épargne et non pas la consommation ou l’investissement comme
le prévoit la théorie keynésiennes.

3. La soutenabilité budgétaire et distinction entre solvabilité et liquidité :


a) Définition et conditions de la soutenabilité :

D’un premier vue, on remarque que la notion de soutenabilité accomplit de diverses définitions et
interprétations, elle demeure une terminologie que chacun comment il tente de la résoudre à sa façon et à sa
propre idéologie.

→ toutefois, l’idée commune sous-jacente c’est le maintien à terme de la solvabilité (une notion qu’il ne faut
pas confondre avec la soutenabilité ) et les conditions à remplir pour qu’il en soit ainsi.

→ Il existe un point commun entre ces différents approches c’est que la dette actuelle doit être remboursée
par des excédents budgétaires futurs. Elle est dite soutenable si l’apparition de ces excédents ne nécessite
aucun changement drastique dans l’évolution des recettes ou des dépenses c'est-à-dire elle ne nécessite pas
une hausse considérable de la pression fiscale ou des coups draconiennes dans les dépenses publiques.

b) La distinction entre liquidité, solvabilité et soutenabilité


b.1 : la liquidité :

On dit que l’état est exposé à un problème de liquidité si elle se trouve en difficulté d’honorer ses
engagements pour rembourser une dette arrivant à son échéance. Autrement dit, si les actifs immédiatement
disponibles ne sont pas suffisants pour assurer aujourd’hui le cout de la dette et le refinancement du principal
qu’arrive à l’échéance.

→ la liquidité vise généralement le court terme, elle reste un indicateur pertinent de mesure surtout pour les
pays émergents pour accéder au marché de crédit.

b.2 : la solvabilité

Selon huarat.f : la solvabilité est la capacité à rembourser ses dettes alors que la soutenabilité est une notion
plus difficile à appréhender, qui renvoie à l’idée de rester solvable sans modification radicale économique.

→ On peut conclure que qu’une politique budgétaire est soutenable s’elle assure à terme la solvabilité de
l’état sous condition qu’il n’y ait pas d’ajustement ou de changement dans la politique dans le futur.
27

→ La solvabilité caractérise alors la santé financière de l’état, tandis que la soutenabilité s’intéresse d’abord à
la cohérence de la politique budgétaire. Un état peut alors avoir une politique budgétaire. Un état peut alors
avoir une politique budgétaire non soutenable mais solvable à tout moment du moins qu’il peut ajuster les
recettes et les dépenses actuelles ou à l’avenir pour pouvoir honorer sa dette.

→ Ainsi, l’absence de soutenabilité n’est pas synonyme d’impasse budgétaire mais d’une situation
traduisant la nécessité d’un ajustement budgétaire pour respecter la contrainte budgétaire inter-temporelle.

b.3 : l’état et sa contrainte budgétaire :

Comme tout agent économique, l’état est confronté à une contrainte budgétaire inter-temporelle qu’il doit
respecter chaque année et contribue à son financement par l’impôt ou par la dette.

L’idée de base de la CBI c’est que la variation de la dette est égale au déficit public qui est égal à la somme
du déficit primaire et les intérêts. On peut exprimer cette contrainte d’une manière comptable sous l’hpothèse
que les titres par l’état ont tous une maturité d’une période.

Gt + i Bt-1 – Tt = Bt – Bt-1 (1)

L’état doit donc chaque année pour faire face à cette contrainte, collecter des ressources fiscales ( Tt) pour
les affecter en dépenses publiques courantes et transfert (Gt) et également par le paiement des charges
d’intérêts de la dette intérieure (i Bt-1).

Bt : l’encours de la dette publique en fin d’année (t)


Gt : les dépenses publiques hors intérêts de l’année (t)
Tt : le montant des recettes fiscales en fin d’année (t)
i : le taux d’intérêt nominal supposé constant

Alors on peut écrire :

Gt– Tt + i Bt-1 = Dt (2)


Gt– Tt : 𝑫𝒑 t (Déficit primaire)

Gt– Tt + i Bt-1 : Déficit budgétaire

4. Les modèles d’évaluation de la soutenabilité de la dette :


Notre objectif est de déterminer si la politique budgétaire menée par les autorités publiques marocaines
depuis 1980 a assuré la soutenabilité de la dette publique.

a) L’approche comptable :

La méthode comptable consiste en des évaluations pas à pas, année par année, et qui permet des simulations
pour le futur proche (c’est la méthode suivie par les experts du FMI pour les étudier).

Partant de la contrainte budgétaire inter-temporelle définie plus haut, notre analyse s’est basé sur la définition
d’un solde primaire stabilisant l’évolution de la dette, ce solde est bel et bien constitue le solde budgétaire
soutenable.
28

L’équation (2) donne : Bt = (1+i) Bt-1 + 𝑫𝒑 t (3)

Notons :
Y : PIB réel
g : le taux de croissance du PIB réel
p : le niveau des prix
Π : le taux d’inflation

𝑩𝒕 𝐁𝐭−𝟏 𝒀𝒕−𝟏 𝒑𝒕−𝟏 𝑫𝒑 𝐭


Equation (3) :
𝒀𝒕𝑷𝒕
= (1+i)
𝒀𝒕−𝟏 𝒑𝒕−𝟏
+ 𝒀𝒕𝑷𝒕
𝒀𝒕𝑷𝒕

On sait que :
𝑌𝑡−𝑌𝑡−1 𝑌𝑡 𝑌𝑡
• G = 𝑌𝑡−1 = 𝑌𝑡−1 – 1 <=> 𝑌𝑡−1 = g + 1

𝑃𝑡−𝑃𝑡−1 𝑝𝑡 𝑌𝑡
• Π= = 𝑃𝑡−1 – 1 <=> =1+Π
𝑃𝑡−1 𝑌𝑡−1

En rapportant toutes les variables en % du PIB nominal à l’exception du taux d’intérêt et on prenant des
lettres minuscules pour les représenter, on peut exprimer le ratio dette publique /PIB de la façon suivante :

(𝟏+𝒊)
bt = (𝟏+𝒈)(𝟏+𝜫) bt-1 + 𝒅𝒑 t (4)

Le produit des deux termes (1+g) et (1+ Π) peut être simplifié par 1+g+ Π (car le produit g x Π négligeable
vu que se sont des pourcentage), on peut écrire alors :

t-1 - bt-1 + 𝒅𝒑 t
(𝟏+𝒊)
bt - bt-1 =
(𝟏+𝒈+𝜫)
b

bt - bt-1 =
(𝒊−𝜫+𝒈)
(𝟏+𝒈+𝜫)
bt-1 + 𝒅𝒑 t (5)

→Comme on le remarque dans la formule (5), l’évolution du ratio Dette publique/PIB dépend alors de l’écart
entre le taux d’intérêt nominal et le taux de croissance nominal du PIB 𝒊 − (𝜫 + 𝒈) ou de l’écart entre
le taux d’intérêt réel et le taux de croissance du PIB réel (𝒊 − 𝜫) + 𝒈 .

→ Toutes choses est égales par ailleurs, le ratio Dette publique/PIB augmente si :
➢ le taux d’intérêt réel r (𝒊 − 𝜫) est supérieur au taux de croissance du PIB réel (dans ce cas,
l’effet des intérêts de la dette sur les dépenses publiques est supérieur à celui de la croissance
économique sur le solde public, sachant qu’une croissance économique plus forte réduit en principe le
déficit public est le ratio dette publique/PIB) .
➢ la croissance du PIB nominal (𝜫 + 𝒈) diminue.
➢ Le déficit primaire 𝒅𝒑 t augmente.

→ Ainsi stabiliser la dette veut dire : bt - bt-1 = 0, d’après la relation (5) le déficit primaire comptable,
noté 𝒅𝒑∗ t est égal :
29

𝒅𝒑∗ t = − (𝟏+𝒈+𝜫)
(𝒊−𝜫)−𝒈
bt-1
→ On peut également raisonner avec le solde primaire au lieu du déficit primaire :

(𝒊−𝜫)−𝒈
−𝒅𝒑∗ t = (𝟏+𝒈+𝜫)
bt-1
→ Toutes choses est égales par ailleurs, plus le taux d’intérêt réel (𝒊 − 𝜫) est élevé et le taux de
−𝒅𝒑∗
croissance du PIB réel est faible, plus l’excédant primaire est nécessaire pour stabilisé la dette ( t)
doit être élevé pour compenser le niveau élevé de la charge de la dette et éviter ainsi une augmentation du
ratio Dette publique /PIB. En outre, pour un écart donné entre (𝒊 − 𝜫) et g, l’excédant primaire nécessaire
est d’autant plus élevé que le niveau de dette est élevé ( bt-1)
→ Enfin, on peut également exprimer le déficit public d (déficit primaire + intérêt de la dette) compatible
avec une stabilisation du ratio dette pub/PIB

𝒅∗ t = 𝒅𝒑 t + (𝟏+𝒈+𝜫)
𝒊 𝒈+𝜫
bt-1 =(𝟏+𝒈+𝜫) bt-1

Ce sont ces hypothèses (bt-1=60%, g=3%, 𝜫 = 𝟐%) qui ont été retenus pour exiger que le déficit ne doit pas
dépasser 3ù dans les critères de Maastricht.

Pour simplifier la relation, nous proposons de noter : n = 𝒈 + 𝜫 ( taux de croissance nominal du PIB) et
sachant que bt = bt-1 ( hypothèse de stabilité de la dette ) . on peut écrire notre formule de la façon
suivante :
∗ 𝒏−𝒊
𝒅 t=
𝟏+𝒏
b
t (6)

5. Evolution de la dette publique au Maroc :


En résumé, au Maroc, les autorités publiques ont adoptés une stratégie qui vise la substitution progressive de
l’endettement intérieur de l’état à l’endettement extérieur, et ce afin de sortir de la crise de l’endettement
extérieur, et ce afin de sortir de la crise de l’endettement extérieur qui s’est déclenché en 1982. Cette
nouvelle orientation en matière de financement de la dette publique à l’avantage d’être à l’origine de la
dynamique des marchés des capitaux nationaux et en particulier le marché des titres publics.

Dans ces conditions, le problème de la soutenabilité de la politique budgétaire se pose de lui-même dés lors
qu’au taux d’endettement devenu très élevé s’associe une croissance économique faible et inférieure aux taux
d’intérêt, Or dans les deux premiers chapitres qui précédent, nous avons montré justement que la
soutenabilité d’une politique budgétaire dépend étroitement des trois facteurs précités : le stock de la dette
accumulé ou « l’héritage du passé », et de l’écart entre le taux de la croissance économique et le taux
d’intérêt.
30

Dans le cas des pays en voie de développement caractérisé par un endettement extérieur important, le
problème se complique par l’obligation de régler le service de la dette en monnaie étrangère. Il en résulte que
les pays débiteurs de l’étranger doivent non seulement développer une croissance économique suffisante pour
alimenter les caisses de l’état, mais encore faut-il que cette croissance soit orientée vers des productions
exportatrices.

L’accroissement généralisé au cours des 3 dernières décennies de l’endettement public, autrefois considéré
comme moyen exceptionnel pour combler les déficits budgétaires qui connait à sont tour une tendance à la
hausse, inquiète à juste titre les pouvoirs publics. Non seulement le poids de la dette est devenu trop lourd à
supporter, mais le surcroit des moyens de financement alternatifs commencent à donner des signes de
saturation.
Le recours à la création monétaire (planche à billets) ou à l’inflation améliore la solvabilité de l’état en
élevant le seuil de soutenabilité de la politique budgétaire.

Toutefois, l’évolution sans cesse de la dette domestique accroit le risque de voir apparaitre une dynamique
auto-entretenue de la dette « effet boule de neige » et pose le problème de la soutenabilité de la dette et du
déficit, et par conséquent de la politique budgétaire dans sa globalité.

6. Evaluation de la soutenabilité de la dette par la méthode comptable :


La méthode comptable consiste en des évaluations année par année, et qui permet des simulations pour le
futur proche (c’est la méthode suivie par les experts du FMI pour les études par pays) .

Partant de l’équation de bas ci-dessous : 𝒅∗ t = 𝟏+𝒏


𝒏−𝒊
bt
Toutes choses égales par ailleurs, la stabilisation de la dette en % du PIB exige un excédant primaire à moins
que le taux de croissance nominal n’excède pas le taux d’intérêt apparent de la dette publique. Auquel cas on
peut se permettre un solde primaire négatif. Dans le cas ou le taux d’intérêt est supérieur au taux de
croissance économique, la stabilité du ratio d’endettement nécessite un excédent primaire positif d’autant
plus élevé que l’endettement est important et que la différence entre les 2 taux est forte :

Pour mettre en œuvre l’approche comptable et pour calculer le solde primaire stabilisant la dette, on as
besoin des données suivantes :
• La dette publique en % du PIB
• Le taux d’intérêt apparent de la dette
• Le taux de croissance du PIB
• Le déficit budgétaire
• Les intérêts de la dette publique
• Les dépenses hors intérêts de la dette
• Les recettes publiques

La condition comptable de soutenabilité étant que le solde primaire observé exprimé en % du PIB, soit
chaque année inférieure ou égal au ratio su solde budgétaire soutenable.

Entre 2010 et 2012, ces trois années ont connu un solde budgétaire effectif supérieur au solde stabilisant avec
un écart qui n’a pas cessé d’augmenter depuis 2010 pour atteindre 5,37 points, ce qui montre la non
soutenabilité de la politique budgétaire, une phase qui a été marqué par une croissance du taux d’endettement
pour atteindre 59,6% en 2012 et un déficit budgétaire de 7,3% du PIB, un déficit qui n’a pas été atteint depuis
1986 (8,7%).
31

En effet, ces dernières années ont été marquées par une politique budgétaire expansionniste, avec notamment
une augmentation considérable des dépenses de compensation liée au renchérissement des matières
premières au niveau international, ainsi que l’évolution importante des dépenses d’investissement. Cette
politique accompagné d’une décélération du taux de croissance économique ( de 6,3% en 2009 et il s’est
situé à 3,2% en 2012) ce qui a contribué au creusement du déficit budgétaire.

Malgré ce déficit, l’endettement public reste tout de même à un niveau maitrisable. Ceci a été également
confirmé par la confiance des partenaires et des marchés financiers internationaux. On peut citer à cet effet,
le renouvellement par le FMI de la ligne de précaution et de liquidité (LPT) et les dernières sorties du trésor à
l’international à un cout avantageux ainsi que la tendance remarquée à la baisse du taux d’intérêt apparent
de la dette tel qu’il a été de 5,8% en 2010 et il a passé à 4.8%

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