Prise en charge de l'anxiété
Prise en charge de l'anxiété
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ECOLE DE PHARMACIE
SAINT CHRISTOPHER IBA MAR DIOP
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THÈSE
POUR OBTENIR LE GRADE DE DOCTEUR EN PHARMACIE
(DIPLÔME D’ETAT)
Présentée et soutenue publiquement
Le 06 Mai 2023
PAR
Oumar BA
A LA FAMILLLE SY
A leur mère DIARRY SOW pour son attachement et son attention particulière
envers ma personne et à toute sa famille particulièrement à MAMADOU SY qui
n’a cessé de me motiver et de m’apporter le soutien moral, financier et matériel
pour ma réussite
Je leur souhaite une longue vie et qu’ALLAH leur rétribue aux centuples
A LA FAMILLE SOW
A leur MARIEME DIENE, à DIARRY SOW et mention spéciale à MATAR
SOW un ami, un frère de sang qui m’a toujours soutenu
Je leur souhaite une santé de fer, beaucoup de bonheur et de réussite dans leurs
entreprises.
A MES ONCLES
A mes oncles du fouta et de Dakar qui ne cessent de formuler des prières à chaque
fois que l’occasion se présente
A MAMOUDOU SANOKHO qui a sacrifié beaucoup de choses pour ma mère et
ses enfants, respect et reconnaissance pour cette personne
A IBRAHIMA DIOL
Un enseignant à qui un de mes frères m’avait envoyé pour des cours de
renforcement. Déjà qu’il ne me faisait pas payer déjà à l’élémentaire. N’ayant pas
les moyens pour nous payer ce luxe au collège mais il se demerdait pour nous
trouver des professeurs qu’il prenait à sa charge pour nous accompagner dans nos
études moi et bons nombres de jeunes dans notre quartier jusqu’au lycée
Il occupe une place spéciale dans mon cœur pour tout ce qu’il a fait pour moi et
je prie pour qu’il aille une santé de fer beaucoup de bonheur et de réussites dans
sa vie
Je ne le remercierai jamais assez !
A MA TEAM
Pour la plupart des camarades de classe devenus d’inséparables amis DR
MOHAMED KASSE, AMADOU SARR , BABACAR NDIAYE, SAER CISSE ,
DR GORY CAMARA ,DR DAOUDA DIBA , MADICKE SANE , GORGUI
NDAO ,ABDOULAYE GUEYE ,HENRY PIERRE DIOUF ,EL MALICK
BA,MALAN SAMOURA, MAMADOU BEYE
Compagnons de galére du Cem Banque Islamique au Lycée Seydina
Limamoulaye de Guédiawaye .que le bon DIEU nous unifie et garde cette belle
cohésion jusqu’à la fin des temps
INTRODUCTION ................................................................................................. 1
2.2.2. La sophrologie..................................................................................... 40
OBJECTIF : ......................................................................................................... 76
1/METHODOLOGIE .......................................................................................... 76
2 /RESULTATS .................................................................................................. 77
2-7 /Répartition selon les manifestations cliniques de l’anxiété chez les patients
.......................................................................................................................... 81
CONCLUSION ................................................................................................... 87
Annexe............................................................................................................... 113
INTRODUCTION
L’anxiété est souvent considérée, à tort, comme synonyme du stress. Cependant,
il existe bien une différence entre ces deux notions. L’anxiété se manifeste tout
d’abord sous une forme d’émotion, c’est la crainte, l’appréhension d’un problème
ou d’une situation qu’une personne redoute. Contrairement au stress qui lui se
produit sous forme de réaction face à une agression. Si cette anxiété devient trop
envahissante, elle peut alors devenir pathologique, on parle de troubles anxieux.
Dans une première partie, nous aborderons les mécanismes physiologiques de
l’anxiété avec le rôle des différents neurotransmetteurs et hormones, ainsi que
l’implication de l’axe cerveau-intestin dans ces états pathologiques. Ensuite, nous
parlerons des différentes classes thérapeutiques prescrites par les médecins pour
pallier ces situations. Enfin, nous étudierons le comportement du pharmacien
d’officine face à cette situation et éventuellement ses conseils.
1
Thalassothérapie
2
1. Rappel bibliographiques
1.1 Physiopathologie et traitement de l’anxiété
1.1.1. Mécanisme de l’anxiété
L’anxiété se distingue du stress par sa définition, c’est une émotion, un ressenti
qu’une personne se crée selon ses appréhensions, ou d’après un problème qui
pourrait arriver. Le mécanisme de l’anxiété n’est pas encore totalement élucidé.
Il semblerait que l’acide gamma-aminobutyrique (GABA) et la sérotonine soient
les principaux neurotransmetteurs impliqués. La noradrénaline pourrait aussi
jouer un rôle en lien avec l’amygdale dans l’anxiété. Il y aurait une diminution
des transmissions de GABA et à l’inverse, une augmentation des transmissions
sérotoninergiques, ce qui expliquerait les traitements par anxiolytiques avec les
benzodiazépines qui agissent sur les récepteurs GABA et les antidépresseurs de
type ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de sérotonine) ainsi que les IRSNA
(Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline), qui en plus de
la sérotonine ont une action également sur la noradrénaline. Ce sont deux familles
d’antidépresseurs pouvant être indiquées dans les troubles anxieux (stress post
traumatique, panique, TAG). (17-19)
La mesure de l’activité cérébrale par des études d’imagerie a permis de donner
des informations sur la neuroanatomie de l’origine des troubles anxieux. Plusieurs
structures cérébrales seraient impliquées dans la physiologie de l’anxiété. Parmi
elles, nous pouvons retrouver :
• La substance grise périaqueducale : c’est une partie du mésencéphale où se
regroupent des neurones. Cette structure reçoit et intègre les informations à
caractère émotionnel. Les neurones de cette substance peuvent alors envoyer des
informations à différents noyaux, dont les noyaux de raphé qui contiennent
principalement les neurones à sérotonine. Lorsque cette structure est stimulée, il
semblerait que le processus de la peur, de l’anxiété, se manifeste.
• L’amygdale : c’est une structure située en dessous du cortex, au niveau du
lobe temporal. Elle est constituée de plusieurs noyaux : basolatéraux,
3
corticomédians et central. Chaque information sensorielle envoyée vers les
noyaux amygdaliens sera intégrée puis il y aura une projection vers
l’hypothalamus et la substance grise périaqueducale, ce qui entraînera un
comportement de fuite. Elle aura un rôle important dans la régulation des états
émotionnels et principalement au processus de la peur.
• L’hippocampe : c’est une partie cérébrale qui va intégrer une information
sensorielle qui sera projetée vers l’hypothalamus en passant par le fornix qui est
un faisceau de fibres. L’hippocampe a un rôle notamment dans la mémorisation.
• Locus coeruleus : Il contient des cellules à noradrénaline impliquées dans
le contrôle de l’éveil, de l’attention et de la vigilance tout comme les noyaux de
raphé avec la sérotonine. Ce groupe de cellules, innervent principalement le cortex
cérébral, le thalamus, l’hypothalamus. En cas d’anxiété, on peut observer une
hyperactivité de la noradrénaline. Cette structure est importante, car lors de cette
réaction apparaît une recrudescence de la vigilance face au danger potentiel.
La réception des informations provenant du système limbique et du locus
coeruleus à l’hypothalamus, lui permet de gérer la sécrétion ou l’inhibition des
neurohormones.
L’amygdale et l’hippocampe permettent de réguler l’axe hypothalamo-
hypophysaire corticotrope. Lors d’analyses d’imagerie cérébrale, des
observations ont mis en évidence que lors de troubles anxieux, l’amygdale serait
en hyperactivité, ce qui augmenterait la synthèse de cortisol. Contrairement à
l’hippocampe avec une diminution de son activité car il possède des récepteurs
aux glucocorticoïdes et a un effet inhibiteur sur cet axe. Lors d’une concentration
trop importante de cortisol, il y a un rétrocontrôle négatif ce qui diminue la
sécrétion de CRH et donc de cortisol. Toutefois, il est possible que les troubles
anxieux soient à l’origine d’une hyperactivité du cortex préfrontal. (Figure 1)
(2,6,18,20)
4
Figure 1: Schéma récapitulatif du stress et de l'anxiété (21)
5
• DSM-5 : il s’agit de la 5ème édition du Manuel diagnostique et statistique
des troubles mentaux de l’Association Américaine de Psychiatrie. Cet ouvrage
permet une classification précise de ces troubles permettant un meilleur
diagnostic, ce qui engendrera une amélioration de la prise en charge
thérapeutique. (24)
• CIM-10 : c’est la 10ème édition de la classification internationale des
maladies écrite par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle rassemble
les pathologies selon leurs symptômes, leurs facteurs de risques ainsi que des
chiffres sur la morbidité et la mortalité. D’après cette classification, les troubles
anxieux sont répertoriés dans les troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs
de stress. (25,26)
[Link]. Le trouble anxieux généralisé
C’est une anxiété, une inquiétude, à caractère excessif. Ce trouble se différencie
des autres par sa chronicité. Pour parler d’un TAG, le diagnostic comprend une
évolution sur un minimum de 6 mois. Les symptômes ne sont pas spécifiques,
l’anxiété est présente quasiment chaque jour et est disproportionnée. Elle survient
lors d’un évènement précis, la personne est inquiète pour elle et pour ses proches.
Elle ne sait pas gérer la situation et ne possède aucun contrôle dessus. Cette
anxiété est souvent caractérisée comme « flottante ». Les origines de ce trouble
doivent au minimum aborder deux problématiques différentes. Les plus courantes
sont les situations de la vie quotidienne : les problèmes financiers, les problèmes
de santé, le travail, la famille (divorce par exemple). Ces caractéristiques sont en
général associées à des symptômes physiques, comme des insomnies, des maux
têtes, une hypertonie musculaire, une hyper vigilance, des réactions cutanées, des
palpitations, des troubles digestifs, des mains moites et des tremblements.
(8,17,22,27,30)
[Link]. Le trouble panique avec ou sans agoraphobie
Il se caractérise par une attaque inattendue, intense et répétée. La personne se sent
plus que jamais en danger et ne pense qu’à cela. C’est un trouble qui se manifeste
6
par poussées. Une fois la peur redescendue, il y a la notion d’anticipation qui est
importante. Le patient va tenter de tout faire pour éviter de revivre cette situation
selon le contexte dans lequel l’attaque s’est passée. C’est un moment très
marquant pour lui, il va appréhender chaque nouvelle crise par peur de subir à
nouveau ce trouble. Il va être attentif au moindre signe pouvant l’alerter de la
prochaine crise. Par exemple, lors d’une attaque de panique dans un lieu
regroupant beaucoup de monde, il va alors tout faire pour éviter ces lieux très
fréquentés. La fréquence et le ressenti sont différents d’un individu à un autre.
Lors d’une attaque, une personne ressent une accélération du rythme cardiaque
avec des palpitations, une sensation d’oppression, de gêne respiratoire,
l’impression d’être ailleurs, des vertiges, la perte du contrôle de soi. Une attaque
est assez longue, en moyenne une trentaine de minutes qui varient selon les
circonstances. Elle peut se manifester à la suite d’un traumatisme, à l’absorption
de médicaments, de substances psychoactives ou lors d'un état pathologique déjà
présent comme la démence, la dépression.
C’est un trouble qui touche en général les jeunes adultes et en particulier les
femmes. La prise en charge de ce genre de pathologie est nécessaire, car l’impact
sur la qualité de vie est important, mais aussi pour limiter les complications. Ces
attaques de panique peuvent se transformer en phobies par exemple. (8,17,27,30)
[Link]. Le trouble de l’anxiété sociale
L’anxiété sociale est la peur, l’appréhension du regard des autres sur soi.
L’individu se crée une peur intérieure qui le ronge, il se sent gêné face aux autres.
On retrouve ce trouble lors d’une période d’examen à l’oral, du fait de jouer un
spectacle, ou de parler avec des inconnus. On peut rejoindre cette notion avec la
timidité et le trac par exemple.
C’est la manière de paraître devant les autres, comment vont-ils me juger, que
vont-ils penser de moi, suis-je à la hauteur. Toutes ces questions, l’individu se les
pose, ce qui entraîne la peur de rougir, de perdre le contrôle de soi, de ne pas
réussir à s’exprimer comme il le veut. L’anxiété sociale est présente chez tout le
7
monde, mais d’intensité variable. Lorsque cela devient trop envahissant, que la
qualité de vie est impactée, alors il est possible de parler de phobie sociale qui est
cette appréhension du contact avec les autres. L’individu a conscience de son
anxiété irrationnelle et fera tout pour éviter les situations lui faisant ressortir sa
phobie. Si la personne n’arrive plus à gérer ses émotions, les symptômes peuvent
prendre le dessus et cela pourrait entraîner une attaque de panique. (8,17,25,27-
30)
[Link]. La phobie spécifique
La phobie spécifique aussi appelée phobie isolée, qui comme son nom l’indique
est une anxiété intense tournée sur quelque chose de bien particulier (ex :
arachnophobie, claustrophobie). En général on parle beaucoup de la peur des
araignées, c’est une phobie spécifique. On retrouve la peur des animaux mais
aussi des objets, des évènements naturels (le bruit du tonnerre, l’orage), de
certaines situations comme le fait d’être enfermé dans un ascenseur, dans un
avion, d’être dans le noir… C’est une peur irrationnelle et irraisonnée pouvant
tourner en attaque de panique ou de phobie sociale. L’individu ne contrôle plus la
situation mais est conscient du caractère excessif de la situation, il est
complètement submergé par sa peur et n’a qu’une envie, fuir. La phobie et la peur
sont deux notions liées, la seule différence est l’intensité que la personne va
ressentir. Plus la peur sera forte et intense et plus il cherchera à éviter les situations
qui engendrent cette peur, plus on parlera de phobie.
I.1.2.5. Le trouble obsessionnel compulsif
C’est un trouble associant des obsessions comme des pensées ou des envies
répétitives, excessives, incontrôlables, occupant l’esprit pendant un certain temps.
Cela peut concerner plusieurs sujets comme le fait de devoir faire le ménage
plusieurs fois par jour, des envies sexuelles, la peur en conduisant d’avoir un
accident, par exemple. La deuxième notion est la compulsion qui est une action,
un comportement répétitif permettant à l’individu de minimiser son obsession ou
son anxiété. Par exemple la peur de tomber malade, la personne va se laver les
8
mains plusieurs fois par jour mais de manière exagérée, l’obsession que tout soit
toujours bien fermé comme les portes, les fenêtres, la compulsion sera de vérifier
que tout soit bien fermé. Les obsessions et les compulsions peuvent s’effectuer de
façon individuelle ou en simultanée. C’est un trouble assez compliqué à gérer car
certaines personnes peuvent perdre une demi-journée à cause de cette pression
intérieure. Bien qu’en ayant conscience de la situation, l’individu se sent comme
prisonnier et a beaucoup de mal à sortir de ces troubles. (8,25,27,29,30)
I.1.2.6. L’état de stress post-traumatique (ESPT)
Ce trouble se manifeste en continuité d’un traumatisme vécu tel qu’un accident,
un attentat, un incendie, des menaces, des agressions, une catastrophe naturelle…
L’individu a vécu quelque chose qui l’a marqué, et durant lequel lui ou ses proches
auraient été en danger, blessés ou mourants. Il ressent après ce traumatisme, des
symptômes qui sont récurrents comme des troubles du sommeil, de l’anxiété, des
idées négatives et des flashs comme s’il revivait le moment. Il craint alors toute
situation dans laquelle ce scénario pourrait se reproduire. Il développe une hyper
vigilance, une attention accrue pour être le plus réactif possible et donc des
difficultés dans le développement du lien social et professionnel. (17,27-29)
9
suffisante. Une fois libéré, le neurotransmetteur se retrouve dans la fente
synaptique.
1.2.1. Dopamine
La dopamine est un neurotransmetteur non peptidique, il dérive d’un seul acide
aminé, la tyrosine. (Figure 2)
• D’un point de vue structural, la dopamine fait partie de la famille des
catécholamines, avec un noyau catéchol.
• Elle est importante chez l’humain, car elle joue un rôle dans la motivation,
l’attention, le plaisir, le système de récompense, dans la motricité. Elle est
impliquée dans les états psychotiques, l’anxiété, la dépression, les émotions, les
addictions mais aussi dans la lactation. C’est un des neurotransmetteurs qui va
donner de l’énergie.
10
• La dopamine a pour précurseur la tyrosine, qui grâce à une réaction
d’hydroxylation avec la tyrosine hydroxylase va permettre de synthétiser la L-
DOPA. Cette dernière sera métabolisée en Dopamine par l’intermédiaire de la
dopa décarboxylase (figure 3). Une fois synthétisée, la dopamine est stockée dans
des vésicules synaptiques grâce à des transporteurs VMAT2. La L-DOPA est la
molécule qui est administrée dans la maladie de Parkinson, qui est une maladie
dégénérative dû à un manque de dopamine, car la tyrosine et la L-DOPA
franchissent la barrière hémato-encéphalique contrairement à la dopamine.
Une fois libérée dans la fente synaptique, la dopamine peut être soit rescapée soit
catabolisée. En cas de recapture, un pourcentage de la dopamine libérée va être
rescapé par un transporteur sélectif : le DAT, qui est le même que celui par lequel
est libérée la dopamine au niveau présynaptique. Lors du catabolisme, il peut y
avoir 2 situations, la dopamine peut être soit dégradée par une MAO (Monoamine
Oxydase) dans le milieu intracellulaire soit par la COMT (Catécholamine-O-
Méthyl Transférase) au niveau de la fente synaptique. Finalement la dopamine
11
deviendra un seul et unique métabolite : l’acide homovanillique, qui pourra être
mis en évidence dans les urines. (Figure 8)
12
d’observer des changements de comportements avec un développement des
addictions, par exemple aux jeux ou aux drogues
o Voie méso-corticale
Il s’agit de la voie impliquée dans les réactions émotionnelles comme le stress et
l’anxiété. Les neurones dopaminergiques sont retrouvés au niveau du
mésencéphale (une partie du tronc cérébral). Leurs axones vont se projeter au
niveau du cortex frontal et ventral, ainsi que certaines structures impliquées dans
le mécanisme du stress et de l’anxiété comme l’hippocampe ou l’amygdale.
Lorsque cette voie dysfonctionne, l’apparition de symptômes tels que des troubles
psychotiques est possible.
o Voie tubéro-infundibulaire
La dopamine peut agir aussi comme une neurohormone, c’est-à-dire qu’elle va
être produite par un neurone et pour agir, il faudra qu’elle passe par la circulation
sanguine pour rejoindre sa cible comme une hormone. La dopamine a une action
inhibitrice sur la lactation. Cette voie implique alors l’hypothalamus et
l’hypophyse qui vont alors réguler la sécrétion de prolactine. (17,37,39)
1.2.2. Sérotonine
La sérotonine correspond à la 5-hydroxytryptamine (5-HT). C’est un
neurotransmetteur non peptidique comme la dopamine. Elle dérive du
tryptophane. C’est un neurotransmetteur au niveau central et une hormone au
niveau périphérique. (Figure 5)
• Concernant sa structure, la sérotonine est une monoamine et plus
particulièrement une indo lamine.
13
Figure 5: Structure de la sérotonine (40)
14
Figure 6: Synthèse de la sérotonine (41)
15
neurotransmetteur mais l’accumulent lors de leur passage au niveau de l’intestin.
La libération dans la fente synaptique se déroule de la même manière que pour la
dopamine. (Figure 7) (2,19,37,42,43)
• Pour la recapture, c'est le même mécanisme également, mais la sérotonine
comporte ses propres transporteurs sélectifs présynaptiques les SERT. S’il n’y a
pas de recapture, il peut se produire le catabolisme du neurotransmetteur. Ce sont
les Monoamines Oxydases (MAO) qui dégradent la sérotonine, en oxydant la
fonction amine. Il y a 2 types de MAO :
o MAO A : qui concernent plus particulièrement les neurones sérotoninergiques
o MAO B : concernent davantage les neurones dopaminergiques.
16
• Une fois libérée dans la fente synaptique, la 5-HT peut agir sur de nombreux
récepteurs. Il existe plusieurs voies qui lui permettent d’agir sur différents
organes. Concernant les émotions, on s’intéressera à la voie ascendante qui relie
les noyaux du raphé au thalamus, à l’hippocampe, l’amygdale, à l’hypothalamus,
au cortex frontal. On va alors se pencher sur les récepteurs agissant plus
précisément sur l’anxiété et le stress (19,42) :
o 5-HT1A : Ce sont des récepteurs qui seront situés notamment au niveau des
noyaux du raphé, du système limbique et des intestins. Ils seront impliqués dans
la régulation de l’anxiété, un dysfonctionnement du récepteur ne permettant plus
à la sérotonine de s’y fixer, va entraîner une augmentation de l’anxiété.
o 5-HT2B : Il est notamment exprimé au niveau de l’hypothalamus et de
l’amygdale. Lorsqu’il sera activé, la diminution de l’anxiété pourra alors être
observé. C’est pourquoi, il existe des traitements anxiolytiques agissant sur ce
récepteur en tant qu’agoniste.
o 5-HT2C : Ce récepteur sera localisé au niveau du système limbique. Lorsque la
sérotonine va s’y fixer, cela va réduire l’appétit, une diminution de la douleur ainsi
qu’une augmentation de l’anxiété. (42)
1.2.3. GABA
L’acide gamma-amino-butyrique plus communément appelé GABA, est un
neurotransmetteur inhibiteur très important au niveau du SNC.
• Il joue un rôle notamment dans l’épilepsie, l’anxiété, le sommeil et la
décontraction musculaire.
• Sa synthèse se déroule à partir du glutamate métabolisé par une enzyme, la
glutamate décarboxylase. Le stockage est toujours sous forme vésiculaire et la
libération est identique à celle des autres neurotransmetteurs.
• Pour la recapture, le GABA est pris en charge par des transporteurs
spécifiques : GAT. Ils sont situés au niveau pré et postsynaptique ainsi que sur les
cellules gliales. Pour le catabolisme, il y a l’intervention de la GABA
17
transaminase qui métabolise le GABA en acide glutamique. (Figure 8)
(2,19,37,45)
Lors d’un traitement pour l’épilepsie, le but est d’augmenter les concentrations
de GABA, il va falloir alors agir en administrant des médicaments permettant le
blocage de la recapture, ce qui augmentera au niveau synaptique les
18
concentrations du neurotransmetteur. Il est possible également que des
médicaments agissent sur une autre cible, comme par exemple en inhibant la
GABA transaminase, ce qui empêche la dégradation du GABA.
• Les récepteurs du GABA sont les cibles principales des médicaments,
comme les benzodiazépines qui agissent au niveau des GABA A.
• La carence en GABA entraînant l’anxiété, va pouvoir être traitée avec des
benzodiazépines. Ce sont des médicaments qui vont permettent d’augmenter les
concentrations de GABA et donc l’organisme pourra retrouver un apaisement en
rééquilibrant le manque de ce neurotransmetteur. Les benzodiazépines (BZD) ne
peuvent agir qu’en présence du GABA. Elles se fixent sur des sites proches mais
ce ne sont pas des agonistes directs du GABA. On parle d’effet allostérique. C’est-
à-dire que lorsque qu’une molécule de BZD se fixe sur son récepteur GABA A
spécifique, cela entraînera une modification de la conformation des récepteurs
proches et augmentera la sensibilité des autres sites au GABA. C’est le cas pour
les BZD mais aussi pour l’alcool et les barbituriques. (2,19,37,45)
1.2.4. Noradrénaline
La norépinephrine ou noradrénaline est comme la dopamine, un
neurotransmetteur non peptidique ayant comme précurseur la tyrosine. Il s’agit
également d’une hormone, qui sera sécrétée par la médullo-surrénale en situation
de stress.
• D’un point de vue structural, elle appartient également à la famille des
catécholamines.
• La noradrénaline est impliquée dans les phénomènes de mémorisation,
d’apprentissage, de vigilance, de concentration, la régulation de l’humeur. Lors
de la phase d’alarme dans le stress, la noradrénaline va être exprimée avec la
stimulation du système sympathique. Elle entraînera des modifications de la
pression artérielle notamment.
• Elle est obtenue à partir de la tyrosine, qui subit exactement les mêmes
réactions que celles permettant la synthèse de la dopamine. Cette dernière va être
19
métabolisée par une enzyme la dopamine béta-hydroxylase pour former la
noradrénaline. Ce neurotransmetteur, comme tous les autres, sera contenu dans
des vésicules en attendant le prochain influx nerveux. (Figure 9)
20
1.2.5. Acétylcholine
21
Figure 11 : Synapse cholinergique (51)
• L’acétylcholine est le neurotransmetteur utilisé par les neurones pré
ganglionnaires dans le système nerveux sympathique et parasympathique. Dans
ce dernier système, les neurones post-ganglionnaires sont aussi concernés par
l’ACh. Au niveau du SNS, les neurones post ganglionnaires utilisent
majoritairement la noradrénaline. (Figure 16)
22
Concernant la première étape du mécanisme du stress, l’activation du système
nerveux sympathique, passe par l’action de l’acétylcholine, qui se fixe sur les
récepteurs nicotiniques. Les récepteurs muscariniques concernent le système
nerveux parasympathique. L’ACh aura un effet excitateur lors de son action sur
les récepteurs nicotiniques comme par exemple la contraction musculaire. (2,39)
1.2.6. Glutamate
Le glutamate, ou acide glutamique, est un acide aminé excitateur très important
du système nerveux central. Il est en équilibre dans l’organisme avec l’acide
aminé inhibiteur, le GABA. Il est non essentiel, c’est-à-dire que l’organisme le
synthétise.
• C’est un neurotransmetteur impliqué dans les réactions dues au stress, dans la
mémorisation et dans des pathologies neurologiques.
• Il est synthétisé à partir de deux composants. L’alpha-cétoglutarate qui provient
du cycle de Krebs, qui en action avec une transaminase permet d’obtenir du
glutamate. Le glutamate peut être également synthétisé à partir de la glutamine
avec une glutaminase.
• Le glutamate peut agir sur plusieurs types de récepteurs que l’on peut retrouver
notamment au niveau de l’hippocampe, de l’amygdale, du thalamus, du striatum
et du noyau accumbens.
• Lors d’une réaction de stress, il y a une hypersécrétion de cortisol. Les
glucocorticoïdes seraient à l’origine de la régulation du glutamate. Il est important
de souligner, que le glutamate, lorsqu’il est en quantité trop important dans
l’organisme, devient neurotoxique. S’il y a une augmentation de la synthèse de
glucocorticoïdes, il y a alors une augmentation des concentrations de glutamate.
Les conséquences sur les différents sites du glutamate sont des modifications de
structures notamment au niveau de l’hippocampe et de l’amygdale, qui auront des
impacts directs sur la mémoire, le comportement, la peur, l’anxiété. (1,11,19,37)
23
Figure 13: Les principaux neurotransmetteurs et leurs actions (53)
24
I.3.2. Rôle du micro biote intestinal
Le micro biote intestinal représente l’ensemble des micro-organismes (bactéries,
champignons, virus, etc.) présents au niveau du tractus digestif. On ne dénombre
pas moins de 100 000 milliards de bactéries rien qu’au niveau intestinal. Cela
représente un poids de deux kilos, c’est-à-dire que proportionnellement, il est plus
lourd que le cerveau. Le corps possède plus de bactéries que de cellules. Les
bactéries renferment des gènes qui n‘appartiennent pas à l’être humain, ils sont
propres à la bactérie, on parle de métagénome. Elles ont comme caractéristiques
d’être anaérobies. Elles ont pour rôle de protéger l’organisme. Le fait que
l’homme héberge autant de micro-organismes, permet de considérer que ces deux
éléments vivent en symbiose, ou que l’Homme est symbiotique car chacun
apporte à l’autre pour vivre sainement. Lorsque le micro biote se porte bien, on
parle d’eubiose, tandis que s’il y a un dysfonctionnement, c’est une dysbiose. (54-
60)
Le micro biote intestinal va agir à différents niveaux :
• Digestif : il va assurer la digestion afin qu’elle se déroule correctement, il
va dégrader les fibres végétales et la cellulose. Le micro biote peut également
produire de l’énergie avec des acides gras à chaînes courtes. C’est à ce niveau
également, qu’il va produire des vitamines comme la vitamine B ou K. Il va être
également impliqué dans le développement de la muqueuse intestinale pour
augmenter la perméabilité et donc favoriser l’absorption des nutriments. D’après
l’INRA, des chercheurs ont mis en évidence qu’une alimentation riche en fibres
permet de produire des Acides Gras à Chaînes Courtes (AGCC) qui ont un rôle
important pour le système immunitaire et qui ont des propriétés anti-
inflammatoires.
• Immunitaire : le micro biote joue un rôle dans le renforcement immunitaire
en synthétisant des lymphocytes T, des immunoglobulines spécifiques, des
cytokines. Parmi ces cytokines, certaines sont des substances pro-inflammatoires
25
qui interagissent avec le cerveau et pourraient avoir un rôle dans le
dysfonctionnement de certaines fonctions cérébrales.
• Métabolique : Il pourrait avoir un impact dans l’obésité, le diabète et le
syndrome métabolique. C’est lui qui va nous permettre d’assimiler au mieux les
aliments pour être toujours dans un équilibre énergétique correct. Cependant
lorsqu’il y a un dysfonctionnement avec une alimentation trop riche en sucres,
graisses, le micro biote ne peut plus assurer sa fonction de régulation, il y aura
alors un excès de bactéries Gram négatif qui sont très riches en
lipopolysaccharides (LPS) inflammatoires. Au niveau local au début, les
antigènes vont alors déclencher la réponse immunitaire et les macrophages
pourront produire des substances pro-inflammatoires ce qui va entraîner une
augmentation de la perméabilité intestinale, donc le passage des bactéries et le
développement de pathologies, une circulation est possible ensuite dans le sang.
Cette inflammation chronique va alors favoriser l’apparition d’insulinorésistance
qui peut évoluer vers le diabète. L’organisme va, par exemple, stocker ses graisses
dans les adipocytes, ce qui va entraîner l’obésité.
• Neuropsychiatrie : un déséquilibre de l’axe intestin-cerveau pourrait être
en lien avec des maladies neurologiques comme la schizophrénie, les maladies
d’Alzheimer ou de Parkinson mais aussi dans la dépression, le stress et l’anxiété.
(54-60)
Le micro biote d’une personne en bonne santé comparé à celui d’un individu
affecté par une pathologie métabolique ou de l’intestin, permet de remarquer
qu’ils sont complètement différents, et que chacun des micro biotes n’aura pas les
mêmes bactéries.
Pour les bébés, il est important de savoir que, dès l’accouchement, ils sont
colonisés par les bactéries. Si l’accouchement se fait par voie basse ou par
césarienne, le micro biote du nouveau-né sera déjà différent. En général, les
enfants ayant eu une hygiène assez stricte ont un micro biote très peu développé
car les bactéries n’ont pas pu pénétrer l’organisme et donc être au contact du micro
26
biote pour développer ses défenses immunitaires. Dans ces cas-là, il est souvent
observé, que ces enfants développent par la suite des allergies, assez importantes
car leur organisme n’a pas l’habitude de recevoir des corps étrangers et donc de
se défendre. Il est alors important que l’enfant puisse être en contact avec des
bactéries dès la naissance pour lui permettre de charger son micro biote au
maximum et pouvoir dans la vie se défendre face à une infection en limitant les
conséquences.
C’est pourquoi, il est important d’avoir une alimentation saine et variée, une
hygiène correcte, avoir une diversité dans les traitements que l’on donne aux
enfants ainsi que changer d’environnement pour permettre au micro biote de se
composer avec des quantités et une qualité suffisante de micro-organismes dès le
début de la vie. Il est connu que les antibiotiques agissent sur les bactéries de
l’infection mais également sur des « bonnes » bactéries, il est donc important de
conseiller certaines souches de bactéries lors d’un traitement pour permettre à la
flore intestinale de se renouveler. (Figure 14) (54-60)
27
Figure 14: Le micro biote intestinal (55)
29
de stress et d’anxiété. Il est important de savoir que ce sont des médicaments qui
traitent uniquement les conséquences, c’est pourquoi il est très recommandé
d’associer une thérapie alternative permettant de traiter la cause.
Les BZD vont agir par action sur un neurotransmetteur, le GABA. Elles vont
potentialiser l’action inhibitrice du GABA, permettant de réduire les symptômes
de l’anxiété. L’apparition de leur effet sera ressentie selon la demi-vie. Plus elle
sera petite, plus l’action sera rapide. C’est un paramètre qui est important, car plus
la demi-vie est longue, plus il y a de risque d’accumulation de métabolites actifs,
ce qui pourrait entraîner un surdosage. Ce qui explique pourquoi chez les
personnes âgées, il est important de privilégier les demi-vies courtes. (Tableau 1)
(1,8,61-70)
30
Ces médicaments sont indiqués dans le traitement symptomatique des
manifestations anxieuses qui impactent la vie quotidienne et ne peuvent se rétablir
avec uniquement un accompagnement psychologique.
Ces molécules doivent être prescrites à la plus petite dose efficace et sur une durée
la plus brève possible. Ce ne sont pas des médicaments qui ont pour but
thérapeutique un traitement de fond. La posologie doit être augmentée par palier.
La prescription ne doit pas excéder 12 semaines pour les benzodiazépines
anxiolytiques, cette durée comporte le temps de diminution de posologie pour
éviter l’effet rebond et le syndrome de sevrage, il ne faut pas arrêter le traitement
brutalement. Si la réduction de dose n’est pas suivie, le patient va alors ressentir
les symptômes de sevrage, se manifestant par une hypersudation, une tachycardie,
une réapparition de l’anxiété associée à de l’irritabilité, une agressivité et des
troubles digestifs.
Lors d’un traitement à base de BZD, il est possible de voir apparaître des effets
indésirables comme une somnolence, une sédation, des vertiges, des maux de tête,
une fatigue, des troubles mnésiques et gastro-intestinaux. (1,8,61-70)
En cas de traitement prolongé, il est possible de développer une certaine
dépendance physique et/ou psychique à ces substances. Tout dépendra de la dose
et de la durée. Il existe des facteurs de risque pour lesquels la survenue d’une
dépendance augmente, tels qu’un traitement pendant plus de 3 mois, en cas de
dosage élevé et selon le profil du patient. Une personne ayant des antécédents
d’addictions ou actuellement dépendante à d’autres substances peut ainsi favoriser
la survenue de ce phénomène.
Ce sont des molécules qui peuvent entraîner une détresse respiratoire, c’est
pourquoi elles sont contre-indiquées en cas d’insuffisance respiratoire sévère, de
syndrome d’apnée du sommeil, mais aussi en cas d’insuffisance hépatique ou de
myasthénie.
Voici les conseils à donner aux patients lors d’une délivrance de BZD :
• les informer sur les potentiels effets indésirables, les plus fréquents.
31
• bien les prévenir de l’importance de la diminution progressive de la posologie à
voir avec leur médecin.
• informer tout professionnel de santé du traitement pour éviter les interactions,
par exemple avec les opioïdes qui sont aussi des dépresseurs du système nerveux
central, pouvant provoquer une dépression respiratoire et un coma.
• éviter toute consommation d’alcool.
• proposer des thérapies alternatives pour être suivi par un professionnel de santé
dans le domaine de la psychologie.
• il est recommandé d’éviter la conduite de tous véhicules après une
administration de BZD. (1,8,61-70)
[Link]. Hydroxyzine – ATARAX ®
L’Hydroxyzine est une molécule ayant la même propriété anxiolytique que les
BZD. Cependant son mécanisme d’action est complétement différent. C’est un
antihistaminique antagoniste des récepteurs H1 de 1ère génération présentant
d’importants effets sédatifs et anticholinergiques.
C’est un médicament qui existe sous forme de comprimés mais également en
sirop. Il peut être administré chez l’enfant (> 6 ans) en cas de troubles du sommeil
liés à de l’anxiété. (22,71,72)
Elle est contre-indiquée en cas de glaucome par fermeture de l’angle et de
rétention urinaire en raison de ses propriétés anticholinergiques mais également
chez les patients présentant un allongement de l’intervalle QT ou ayant des
problèmes cardiovasculaires et en cas d’association avec une autre molécule
torsadogène (escitalopram, pimozide et autres neuroleptiques, anti-arythmiques,
etc…). Il faudra être également particulièrement vigilant avec tout facteur de
risque de développement de torsades de pointes tels qu’une hypokaliémie ou une
bradycardie.
Les effets indésirables sont souvent liés aux effets antihistaminiques, effets
sédatifs et aux effets anticholinergiques périphériques et centraux (sécheresse
32
buccale, tachycardie, rétention urinaire, confusion). Cependant, l’Hydroxyzine
n’entraîne pas de dépendance.
Ce n’est pas un médicament utilisé en 1ère intention dans les manifestations de
l’anxiété. Sa durée de prescription est limitée à 12 semaines. (22,71,72)
[Link]. Buspirone – BUSPAR ®
La Buspirone est un anxiolytique qui va agir sur les récepteurs sérotoninergiques,
notamment sur les 5HT1-A en tant qu’agoniste partiel. Elle est moins sédative
que les BZD mais son délai d’action est plus long, elle peut ainsi permettre un
relais lors de l’arrêt progressif d’une BZD. De la même façon que l’Hydroxyzine,
elle ne crée pas de dépendance. Il ne doit pas être prescrit aux insuffisants
hépatiques et rénaux sévères, ainsi qu’aux patients épileptiques. (1,22,73,74)
[Link]. Prégabaline – LYRICA ®
La Prégabaline, analogue de GABA, est principalement indiquée pour l’épilepsie,
en augmentant l’activité de ce neurotransmetteur. Elle possède également une
indication dans les troubles anxieux généralisés (TAG). Ce n’est pas une molécule
utilisée en première intention, notamment à cause de ses effets indésirables
(somnolences, confusions, augmentation de l’appétit) qui sont fréquents. Depuis
le 24 mai 2021, les conditions de prescriptions et de délivrance de la Prégabaline
ont été modifiés au vu de l’augmentation du nombre de déclarations de mésusage.
Le LYRICA® et ses génériques doivent à présent être prescrits sur une
ordonnance sécurisée et pour une durée limitée à 6 mois maximum. (75-77)
2.1.2. Les antidépresseurs
Il s’agit d’une classe médicamenteuse utilisée dans les troubles dépressifs
majeurs. Contrairement aux benzodiazépines qui vont agir vite, les
antidépresseurs auront un délai d’action beaucoup plus long (2 à 4 semaines). Une
association avec des benzodiazépines anxiolytiques en début de traitement est
souvent retrouvée pour éviter la levée d’inhibition liée aux traitements
antidépresseurs et au risque suicidaire. Certains antidépresseurs ci-dessous sont
également indiqués dans la prise en charge des troubles anxieux. (22,29,78-83)
33
[Link]. Les Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de
Sérotonine (ISRS)
Les ISRS comme les IRSNA sont les médicaments prescrits en première intention
car ce sont des médicaments plutôt bien tolérés. Leur mécanisme d'action entraîne
une inhibition de la recapture de la sérotonine, c’est-à-dire qu’au niveau de la
fente synaptique, il n’y aura pas de récepteurs qui vont permettre le recyclage de
la sérotonine pour qu’elle puisse être stockée dans des vésicules présynaptiques.
Ils vont bloquer les transporteurs SERT. Il y aura une augmentation des
concentrations sérotoninergiques pour permettre de réguler les troubles
émotionnelles. Quelques troubles digestifs peuvent se manifester en début de
traitement mais disparaissent assez rapidement. La paroxétine, l’escitalopram et
la sertraline sont les molécules inhibitrices de la recapture de sérotonine indiquées
dans les troubles anxieux, plus précisément dans les troubles obsessionnels
compulsifs, le trouble panique avec ou sans agoraphobie, la phobie sociale et le
trouble anxieux généralisé. Bien que cette classe thérapeutique soit bien tolérée,
quelques effets indésirables sont connus comme des troubles digestifs, une
hyponatrémie, des troubles sexuels et un allongement de l’intervalle QT pour
l’escitalopram. Pour limiter l’apparition de ces effets, il est conseillé de prendre
le comprimé pendant ou à la fin du repas et de bien s’hydrater. (78,80-82,84)
[Link]. Les Inhibiteurs de la Recapture de la Sérotonine
et de la Noradrénaline (IRSNA)
Les IRSNA ont les mêmes caractéristiques et le même mécanisme d’action que
les ISRS sauf qu’en plus d’agir sur les transporteurs sérotoninergiques, ils vont
agir sur les transporteurs noradrénergiques et légèrement sur ceux impliqués pour
la dopamine. Leur but étant d’augmenter au niveau synaptique les concentrations
des neurotransmetteurs concernés. Parmi les IRSNA, on retrouve la venlafaxine
et la duloxétine qui ont pour indication les troubles anxieux. Les effets
indésirables sont semblables aux ISRS, on peut tout de même ajouter quelques
34
effets cardiovasculaires avec une tachycardie, et des possibilités d’hypertension,
cela est due à l’effet amphétamine-like. (22,78,80,82,85)
2.1.3. Les autres traitements
[Link]. Les antipsychotiques
Les antipsychotiques ou neuroleptiques sont prescrits dans les troubles
psychotiques, la schizophrénie. Ce sont des antagonistes des récepteurs
dopaminergiques. La cyamémazine commercialisée sous le nom commercial
TERCIAN ® possède une AMM lui permettant d’être administrée pendant une
courte durée dans le traitement symptomatique des états anxieux en cas d’échec
aux thérapeutiques de première intention.
Au-delà de ses propriétés anti dopaminergiques la cyamémazine va avoir des
propriétés antihistaminiques et anticholinergiques impliquant une contre-
indication en cas de rétention urinaire par troubles urétro-prostatiques et de risque
de glaucome aigu par fermeture d’angle.
Par ailleurs, elle est également contre-indiquée en cas d’antécédents
d’agranulocytose et avec les médicaments allongeant l’intervalle QT (notamment
le citalopram, l’escitalopram et l’Hydroxyzine). Ce médicament présente les
effets secondaires caractéristiques de la famille des antipsychotiques
phénothiaziniques. (86,87)
[Link]. Les bêtabloquants
Nous avons vu que lors d’une manifestation d’un état de stress ou d’anxiété, il y
avait une augmentation de la pression artérielle et une tachycardie. Les
bêtabloquants vont pouvoir jouer un rôle dans la régulation au niveau
cardiovasculaire.
Au niveau de leur structure, les bêtabloquants sont relativement proches de la
structure de l’adrénaline, ce qui explique qu’ils vont pouvoir intervenir pour
contrer l’action des catécholamines. Ils auront alors des propriétés anti
hypertensives et permettront de diminuer la symptomatologie du stress et de
l’anxiété.
35
Parmi les bêtabloquants, le propranolol est la molécule la plus utilisée. Elle sera
indiquée en prévention, pour éviter les palpitations, la tachycardie caractéristique
de l’état de stress. Il faudra alors anticiper la prise du médicament au moins une
heure avant que le stress se déclenche. Le propranolol va agir comme antagoniste
compétitif des catécholamines avec les récepteurs bêta-adrénergiques. Ce sont des
récepteurs qui sont principalement situés au niveau du cœur et des vaisseaux. Ce
qui explique ces effets antihypertenseurs. (1,8,86,88)
La prescription de molécules pour les troubles anxieux ou le stress est très
fréquente. En tant que pharmacien, il est important de conseiller, de suivre et
d’orienter les patients pour les aider au mieux afin d’avoir une prise en charge
pluridisciplinaire et individualisée. A l’heure actuelle, de nombreuses thérapies
non conventionnelles se développent et constituent une bonne alternative ou
complémentarité dans l’accompagnement de ces troubles.
2.2. Traitements non médicamenteux
Les thérapies complémentaires apportent, d’après l’Académie nationale de
médecine, un supplément dans la prise en charge de pathologies impactant la vie
au quotidien. Parmi elles, on retrouve l’ostéopathie, l’acupuncture, la
mésothérapie par exemple.
Dans l’époque actuelle, une recrudescence des soins non conventionnels est
observée. Les patients recherchent davantage des « manières » douces et plus
recentrer sur le corps. Qu’elles soient différentes ou en complémentarité avec leur
traitement, le but étant une prise en charge globale, traiter les conséquences tout
en prenant en compte les causes.
Les pratiques qui seront développées auront comme point commun le fait de
retrouver son soi intérieur, une énergie, ses sens. Cela permet de reconnecter,
recentrer le corps et l’esprit. Il est important pour une pathologie comme le stress
ou l’anxiété, de comprendre comment et pourquoi le patient en est arrivé là. C’est
pourquoi, en plus des traitements médicamenteux ou des médecines alternatives
(aromathérapie, phytothérapie…), il est nécessaire de pouvoir orienter et
36
conseiller au comptoir, les patients vers des pratiques de soins non
conventionnelles pour leur permettre de comprendre leur mal-être. (89,90)
2.2.1. Les différentes pratiques
[Link]. La méditation
La méditation est pratiquée depuis des siècles, c’est une technique très ancienne
et connue grâce au bouddhisme. Elle permet de recentrer son esprit avec le corps.
Cette connexion permet au soi de retrouver un équilibre intérieur. L’objectif est
de se calmer, d’être attentif, de relâcher les tensions musculaires et nerveuses pour
pouvoir se relaxer dans le but de se mettre dans un état de bien-être qui favorisera
un rééquilibre psychologique. La méditation est un terme qui regroupe plusieurs
pratiques, cependant, elles ont quelques points communs. Elles doivent s’exercer
dans un environnement calme avec le moins de bruits possible, avec une posture,
une position où la personne est à l’aise. Il faut également se concentrer sur un mot,
une image, un objet sur lequel le patient va porter son attention durant la séance.
Et pour finir, il est important de ne pas être sensible aux distractions pour vivre
l’entraînement en pleine conscience. La méditation possède de nombreux effets,
c’est une technique qui permet au patient de se plonger dans un instant de repos
afin de se détendre. Elle possède des propriétés positives sur l’organisme
notamment concernant la mémoire, la concentration, l’équilibre de la pression
artérielle et la gestion des émotions. (91)
Parmi les méthodes de méditation pratiquées pour réduire le stress et l’anxiété, on
peut notamment retrouver le yoga, la méditation en pleine conscience ainsi que la
respiration. Ces techniques sont également recommandées par la Haute Autorité
de Santé (HAS) en cas de burn out, qui peut se manifester sous forme de stress
intense dû au travail par exemple. (23,92–94)
[Link].1. Le yoga
Le yoga est une pratique indienne connue depuis plusieurs siècles. Elle est arrivée
plus tard en Occident, mais elle se développe de plus en plus. Le yoga peut se
37
réaliser sous différentes formes. La plus courante en Occident est le hatha yoga
décrit par Swami Swatamarama au 15ème siècle.
Cette technique a pour but de relier le corps, l’esprit, le spirituel et le mental
(émotions, l’énergie), le tout en formant une harmonie. Elle renferme une
association d’exercices avec des postures, un contrôle de la respiration et de la
méditation pour entraîner le corps dans une relaxation profonde.
C’est une pratique non conventionnelle qui peut se faire seul chez soi, il est
possible d’apprendre des techniques sur des livres, ou des vidéos ou lors de cours
collectifs. Il est conseillé de le pratiquer en associant un mode de vie sain et le
faire de façon régulière pour réduire le rythme cardiaque et la tension artérielle,
augmenter ses capacités respiratoires et musculaires. Certains médecins la
recommandent pour se détendre ou diminuer le stress, il est aussi conseillé pour
le renforcement musculaire et la souplesse. Le yoga a des effets bénéfiques
comme une meilleure oxygénation du sang, une amélioration du cycle veille-
sommeil et une augmentation du tonus. Il peut être exercé à tout âge cependant
un avis médical est fortement conseillé en cas de pathologies respiratoires et
cardiaques. (95,96)
[Link].2. La méditation de pleine conscience
La méditation en pleine conscience est aussi appelée Mindfulness-Bases Stress
Réduction (MBSR). Comme toutes les formes de méditation, elle permet de
retrouver son soi, en relaxant le corps et le mental.
La MBSR a été développée principalement par un américain de l’Université de
médecine de Massachusetts, John Kabat-Zinn, qui en 1979 va créer ce programme
qui cible la diminution du stress en pleine conscience. Il va alors mettre en
évidence les bienfaits de la méditation en pleine conscience par des études et des
recherches sur les patients. Il va utiliser la MBSR comme un traitement adjuvant
aux médicaments. Le but étant de ressentir les émotions et pensées habituelles
tout en les acceptant et en ne portant aucun jugement.
38
Il y a un autre médecin, de l’Université de Harvard, Herbert O. Benson qui va
travailler également sur la méditation. Tous deux vont alors démontrer les
bénéfices de cette pratique dans certaines pathologies ainsi que dans le bien-être
des patients. A l’aide d’imagerie, le médecin d’Harvard, va démontrer
l’augmentation de l’activité de certaines régions cérébrales qui auront été
impliquées dans la pratique de la méditation de pleine conscience. Il va également
montrer des recherches sur les modifications structurales et chimiques du cerveau,
ainsi que l’impact sur le débit sanguin et donc la tension artérielle par exemple.
C’est un soin non conventionnel qui peut être pratiqué seul, ce qui est simple
d’accès. Il permettra alors une réduction du stress et une diminution de l’anxiété.
(95,97–100)
Une pratique régulière permet de développer son attention, son activité cérébrale.
Comme nous l’avons vu dans le mécanisme du stress, il y a une implication du
SNS qui grâce à la méditation va voir son activité diminuée.
Comme le yoga, la méditation peut s’apprendre à l’aide de livre, de vidéos, de
cours sur Internet ou de cours collectifs. Le but d’un entraînement est de relâcher
le corps et l’esprit pour permettre une concentration optimale pour obtenir une
relaxation profonde. Il est essentiel de stopper toutes les préoccupations et les
problèmes quotidiens pour pouvoir se plonger complètement dans les exercices et
ressentir les effets positifs. Il faut vivre l’instant présent. Le but de la MBSR est
de réussir à gérer et donner une vision différente aux émotions négatives.
D’autres formes de méditations existent comme le Vipassana, la méditation
transcendantale et la méditation zen. L’objectif reste le même, seuls les exercices
et les pratiques changent. Certaines vont être centrées sur la respiration d’autres
sur un mot, etc. La méditation peut être pratiquée pour d’autres pathologies telles
que l’hypertension, les AVC, les dépendances, le psoriasis, la fibromyalgie et
pleins d’autres. (95,97–100)
39
2.2.2. La sophrologie
La sophrologie est un soin non conventionnel pouvant être recommandé en cas de
stress, d’anxiété et de douleurs. Pour expliquer comment se pratique la
sophrologie, il est intéressant de savoir qu’en grec ancien la sophrologie signifie
: SOS, qui correspond à l’harmonie, phren, la conscience ou l’esprit et logos qui
veut dire la science. La sophrologie est une méthode psychocorporelle. Elle a pour
but d’harmoniser le corps et l'esprit par des techniques occidentales et orientales.
Parmi elles, on retrouve le contrôle de la respiration, la méditation, la
concentration, la relaxation, le yoga et la visualisation. Cette pratique a été créée
par un neuropsychiatre colombien, Alfonso Caycedo. Contrairement aux autres
thérapies complémentaires vues précédemment, la sophrologie va s’apprendre
avec un praticien diplômé. Cela permettra d’avoir une prise en charge
personnalisée en fonction des besoins du patient. En général, il est nécessaire de
faire au moins 5 séances avec un praticien pour pouvoir acquérir les bases. Une
séance dure environ 60 minutes.
Elle permet de découvrir ou de réactiver les capacités et les ressources que notre
corps possède pour faire face aux difficultés rencontrées et au mieux les gérer.
La sophrologie a pour but de placer le patient dans un état de conscience modifié,
c’est-à-dire un relâchement musculaire pour se détendre, ainsi qu’une
concentration permettant d’apprendre à gérer ses émotions et donc à réduire son
stress et son anxiété. Il est important d’aider le patient à accepter le changement
lui permettant de positiver et de devenir autonome dans la gestion des situations
stressantes, afin de les vivre plus sereinement. Une fois le corps détendu, l’esprit
sera alors plus apaisé et le patient va alors pouvoir harmoniser cet ensemble. Cet
état de relaxation physique et mental, est appelé par les sophrologues : état
sophronique.
La sophrologie va apporter une vision positive et augmenter les ressources de
l’organisme pour permettre une meilleure adaptation et une meilleure réactivité
face aux situations stressantes.
40
Une séance de sophrologie va être adaptée en fonction de la personne. Elle peut
être pratiquée en position assise, debout ou allongée. Plusieurs techniques sont
utilisées, en commençant par un travail sur le corps avec une relaxation
dynamique et la sophronisation, qui permet de ressentir chaque partie de notre
organisme pour se plonger dans un état de bien-être. Cette pratique va également
s’exercer avec des exercices sur la respiration qui va permettre de gérer ses
émotions. C’est une technique efficace et qui permet de contrôler son stress. Il est
important lors d’une séance de sophrologie comme dans la méditation, de vivre
l’instant présent, de permettre à l’esprit de s’évader, de prendre du recul sur les
problèmes de la vie et arriver à un lâcher-prise. Tout cela entraînera un état de
relaxation permettant une mise au repos du système sympathique qui est actif en
cas de stress, et une activation du parasympathique. Le sophrologue va guider le
patient pour lui permettre de visualiser des choses positives, des souvenirs. La
méditation peut être un exercice pratiquer lors d’une séance pour éliminer et gérer
les émotions et pensées négatives. Le prix de la séance va varier selon les
praticiens, en général on retrouve entre 35 et 55 euros lorsque l’on exerce la
sophrologie individuellement. Les enfants peuvent également avoir recours à ces
soins.
Comme toutes les thérapies complémentaires vues jusqu’ici, elles ne sont pas
remboursées par la sécurité sociale. Il est important de le notifier en cas de conseil
au patient. Cependant pour la sophrologie, une partie peut être prise en charge
selon la mutuelle.
La sophrologie est une thérapie pouvant accompagner la prise en charge du stress,
elle ne prend en aucun cas la place des traitements médicamenteux. Lorsqu’un
patient souhaite consulter un professionnel de sophrologie, il est important de
vérifier qu’il fait bien parti d’une fédération ou d’un organisme qui regroupe les
sophrologues diplômés. (95,101–103)
41
2.2.3. L’art-thérapie
L’art-thérapie regroupe un ensemble de pratiques permettant aux patients de
s’exprimer librement à travers les arts. On peut qualifier cette technique d’auto
thérapie, car c’est le patient qui exécute durant la séance, le thérapeute aura un
rôle d’accompagnateur et d’interprète pour comprendre ce que veut retranscrire
le patient à travers différentes techniques. Elle va permettre d’accompagner des
personnes souffrant de maladies psychologiques, physiques et sociales qui
s’exprimeront à travers des œuvres plastiques, musicales, corporelles. L’art-
thérapie ne va pas permettre de guérir de maladie chronique, elle va être un
complément dans le soin, pour mieux le vivre, mais aussi de se découvrir, de
comprendre qui nous sommes et de permettre au corps d’être soulagé des
problèmes de la vie comme le stress.
C’est dans les années 1930 que l’art-thérapie a vu le jour. Adrian Hill avait fait
des études dans le but de devenir artiste. Malheureusement il a contracté le virus
de la tuberculose et a dû être placé en isolement pendant plusieurs mois. Durant
ce séjour, il se met à dessiner les différents éléments qui constituait sa chambre.
Puis plus le temps passait, plus le médecin qui s’occupait de lui observait une
amélioration de la maladie. Il en conclut que le fait de mettre en marche sa
créativité favorisait la guérison. Puis par la suite, il a commencé à développer la
« thérapeutique par l’art » en intervenant dans des structures accueillant des
malades.
Plusieurs pathologies peuvent être prises en charge par l’art-thérapie en
compléments des soins et traitements conventionnels. Le but étant d’apaiser les
maux des patients en leur laissant libérer leurs émotions sous une forme artistique.
Cela permet d’éviter de parler, de décrire ce que l’on ressent, c’est difficile pour
certaines personnes d’exprimer leur souffrance. L’art-thérapie va leur permettre
de transcrire les choses, de retrouver une confiance en soi, et une autonomie pour
vivre avec sa maladie avec un esprit apaisé et serein. Elle peut être indiquée en
complément pour le stress, mais aussi dans la polyarthrite rhumatoïde, la douleur,
42
etc. Par exemple, France Alzheimer, qui est une association nationale
recommande l’art-thérapie car elle permet aux personnes âgées d’exprimer des
émotions qu’elles ne ressentaient plus, tout en les faisant réfléchir sur la création
lors de l’exécution du dessin ou de la peinture. En plus des pathologies
psychiatriques, l’art-thérapie peut apporter du mieux-être en cas de dépendances,
d’addictions, de maladies neurodégénératives ainsi que des handicaps. (95,104–
108)
L’art peut s’exprimer sous différentes formes, parmi ceux qui sont mis en
application dans les thérapies complémentaires on retrouve :
• • Les arts plastiques : on y retrouve principalement le dessin et la peinture,
mais aussi la gravure, la calligraphie, le collage, le modelage, la sculpture… Il
existe dans les magasins culturels, des carnets avec de nombreux dessins,
mandalas à colorier et qui permettrait de pratiquer cette technique chez soi en cas
de stress.
• Les arts de la scène : • Danse thérapie : elle permet d’exprimer en mouvements
et par des gestes, des émotions. La danse est un moyen de communication ne
nécessitant aucune parole. Avec les mouvements il est possible de dire plusieurs
choses, des gestes brutaux ou plutôt doux, peuvent ainsi exprimer un mal être, un
état de colère. La danse peut permettre d’évacuer, de se défouler l’esprit à travers
le corps.
• Psychodrame : il s’agit d’un jeu de rôles. Il a été mis en lumière par le docteur
Jacod Levy Moreno. C’est une forme de thérapie qui s’exécute en groupe avec
des applications théâtrales. Pour lui, les Hommes jouent un rôle constamment de
par leur vie au quotidien et l’environnement. Le but d’un exercice de cette thérapie
complémentaire est d’improviser soit en jouant un rôle fictif, imaginaire, soit un
rôle de la vie habituelle. Puis l’art-thérapeute pourra leur demander de changer de
rôle, ce qui permettra de les voir dans un autre registre et les découvrir autrement.
Le but pour les patients est de vivre la séance et d’être soi-même. Une séance
débute en choisissant un thème qui doit aborder une des problématiques d’un des
43
patients. Après les mises en scène, une discussion entre les participants et le
thérapeute à propos de ce qu’il vient de se passer, clôt l’exercice.
• Le mime : c’est une technique associant la gestuelle et l’expression du corps.
Contrairement à la danse, le mime va permettre au corps d’exprimer des choses
symboliques.
• La musicothérapie : cette pratique peut se dérouler sous deux formes, soit active
c’est-à-dire que le patient exerce une action permettant de faire un son, un bruit,
par exemple en jouant un instrument ou en chantant. Soit passive c’est-à-dire que
le corps ne va pas être en mouvement, il peut écouter des sons, discuter de ce qu’il
entend.
• L’écriture : au-delà de l’histoire imaginée, c’est un moyen de percevoir
l’inconscient. Elle permet de se libérer de toutes souffrances, de souvenirs, de
fantasmes. Cela laisse place à ce que le patient n’arrive pas à extérioriser.
Une séance d’art-thérapie peut durer entre 1 et 2 heures selon l’activité, selon les
patients (95,104–107).
2.2.4. Les psychothérapies
La psychothérapie est pratiquée en cas de désordres d’ordre psychologique,
émotionnel ou corporel. Elle représente une alliance entre le thérapeute et le
patient, car l’écoute est une qualité très importante dans cette thérapie
complémentaire. Le but étant d’accompagner une personne pour qu’elle puisse
vivre plus facilement les obstacles du quotidien, adopter un bon comportement
pour affronter les difficultés et ne pas se laisser submerger. La psychothérapie est
une forme de prise en charge, il en existe plusieurs centaines. Les méthodes sont
différentes, certaines vont être fondées sur des discussions, des réflexions, des
apprentissages. Les psychothérapies peuvent agir en fonction de la technique, sur
les ressources de chacun, ou modifier la perception des choses afin de réduire les
désordres psychologiques et physiques. Pour qu’une psychothérapie soit
optimale, il faut un thérapeute qualifié, un patient ayant une motivation et une
envie de changements pour se sentir mieux, et une écoute respective. Le patient
44
joue un rôle important, lors de la première consultation, il est vivement
recommandé de définir des objectifs pour permettre d’observer les améliorations
au fur et à mesure des séances. Selon le motif de consultation, il sera alors possible
de déterminer quelle psychothérapie sera la plus adaptée pour apaiser le problème.
Un nombre minimum de séance peut être fixé. Le patient doit faire confiance au
professionnel de santé qui le prend en charge, pour qu’il puise donner le maximum
d’informations comme ses symptômes, son ressenti, comment il aimerait traiter
ses tracas. Le thérapeute pourra alors lui proposer une prise en charge
personnalisée. Cette relation patient/thérapeute a été défini par Horvath et Bédi en
2002 comme étant « la quintessence du terrain commun que se partagent la
plupart des psychothérapies ». Cette alliance thérapeutique signifie que les 2
acteurs ont un seul et même objectif ensemble. En plus de cette liaison, il est
important que le psychothérapeute soit empathique, ce qui lui permet de se mettre
à la place du patient afin de lui proposer des réponses à ses questions. Nous allons
donc étudier trois psychothérapies qui peuvent être conseillées pour traiter ou
atténuer les troubles anxieux et le stress.
[Link]. L’hypnose
L’hypnose est une psychothérapie dite moderne. Elle est arrivée en Europe au
19ème siècle. Cette technique vise à mettre le patient dans un état de conscience
modifié aussi appelé transe. Selon Erickson, psychiatre américain, c’est une
dominance de l’inconscient sur le conscient. Le but de cet état hypnotique est de
réduire les perceptions extérieures pour permettre au patient de se focaliser sur
ses ressources internes, pouvoir travailler sur son soi et faire ressortir ses émotions
les plus marquées. La pratique de l’hypnose permet d’augmenter son attention sur
ce que la personne ressent en elle et la fixation sur une seule unique chose
d’extérieur comme un bruit, une image, qui lui permettra de se concentrer.
Cette thérapie complémentaire peut être utilisée en cas de stress, troubles anxieux
et autres troubles psychologiques, dans la prise en charge de la douleur et dans le
milieu de la chirurgie en préopératoire. (23,86,95,109,111–113)
45
Une séance d’hypnose va se dérouler en plusieurs temps. Tout d’abord à la
première consultation il y a un entretien entre le patient et l’hypno thérapeute afin
de rassurer le patient sur ce qu’est l’hypnose et comment elle se pratique. Il est
nécessaire aussi de recueillir les données du patient pour connaître son motif de
consultation et quelles sont ses attentes. Le but de cette première séance est,
qu’avant toute pratique sur le patient, d’établir ensemble un objectif ainsi que le
nombre de consultations nécessaires. Il faut compter environ une heure par
séance. Puis c’est le moment où le patient va s’allonger, maintenir son attention
sur un point et écouter l’hypno thérapeute pour entrer dans une phase de
relaxation. Cette première phase c’est l’induction, c’est l’étape où le patient va
être dans un état de conscience modifié, aussi dit de relaxation profonde. Ensuite
le thérapeute va faire en sorte d’amener la personne vers un état hypnotique, état
durant lequel le thérapeute pourra avoir des actions thérapeutiques. Une fois jugé
nécessaire, il y a un retour à la conscience normale et le réveil du patient. Pour
terminer, le patient et le thérapeute vont discuter ensemble sur ce qu’il s’est passé
durant la séance. Pour ce qui est du remboursement, il s’agit d’une thérapie
complémentaire qui n’est pas prise en charge par la sécurité sociale. Mais si les
séances sont dispensées par des psychiatres, médecins généralistes, sages-femmes
ou chirurgiens-dentistes formés, alors les séances sont des actes médicaux qui
peuvent être pris en charge au même taux que d’habitude le patient a une
prescription de son médecin traitant et que cela rentre dans son suivi du parcours
de soins. (113,114)
[Link]. L’Eye Movement Desensitization and
Reprocessing (EMDR)
L’EMDR signifie en français, désensibilisation et retraitement par les
mouvements oculaires. C’est une technique de psychothérapie dite neuro-
émotionnelle qui peut être conseillée dans certains troubles. Le but est de réussir
à éliminer les images ou les symptômes d’un évènement passé douloureux
toujours ancré dans un endroit du cerveau, afin de libérer les émotions pour vivre
46
avec un esprit plus serein, apaisé. C’est une psychologue américaine, Francine
Shapiro qui a développé le thérapie EMDR. Après plusieurs études qu’elle a
menées afin de prouver son efficacité, elle a permis de mettre au point une
nouvelle stratégie pour prendre en charge des difficultés de la vie comme des
traumatismes (viol, accident, agression…). Le but de cette pratique est de faire
revivre un moment traumatisant qui n’a jamais été oublié et qui empêche la
personne de vivre correctement. Elle se pratique par une stimulation sensorielle
bi-alternée, c’est-à-dire que le praticien va positionner ses doigts devant les yeux
du patient et faire des mouvements de gauche à droite pendant un certain temps,
et le patient devra uniquement à l’aide de ses yeux suivre le mouvement. Cet
exercice peut également se faire à l’aide de sons avec un casque qui émet des
bruits à gauche et à droite, ou sous la forme du toucher soit avec des tapotements
au niveau des genoux ou du dos ou à l’aide d’objets vibrants.
(109,110,112,115,116)
C’est une thérapie qui est de plus en plus recherchée et qui a prouvé ses effets.
C’est pourquoi la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande depuis le mois de
Juin 2007 pour les indications suivantes : état de stress post-traumatique (ESPT),
troubles anxieux et comorbidités qui peuvent leur être associés et selon
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) depuis 2013 dans les états de stress.
Pour finir, l’INSERM a mis en ligne une confirmation de l’efficacité de 2
psychothérapies dont l’EMDR, mais aussi l’hypnose. (115)
L’EMDR va être principalement indiquée dans l’anxiété, notamment en cas d’état
de stress post-traumatique (ESPT) mais également dans les autres troubles
anxieux, de l’humeur, psychotiques, les addictions, en cas de deuil et de
traumatismes récents.
Une séance d’EMDR est assez complexe, elle comporte 8 phases. La première
séance va permettre de créer une alliance thérapeutique, pour permettre au patient
de donner des informations sur ses symptômes, son passé. Il est important de
savoir si l’EMDR sera efficace selon l’indication et de déterminer si le patient
47
sera réceptif à la thérapie. Une fois que le professionnel de santé a toutes les
informations nécessaires, il peut débuter la pratique des mouvements. Il va alors
demander au patient de se remémorer la situation, par exemple s’il s’agit d’un
accident de voiture, d’essayer de revoir les quelques minutes juste avant le choc.
L’objectif ici est de refaire sortir les émotions, les images et les sensations qu’il a
perçues au moment même. Une fois que le patient est dans cette « bulle », le
praticien va commencer à faire des mouvements de droite à gauche avec ses doigts
que le patient devra suivre uniquement en bougeant les yeux. L’action dure entre
30 secondes et une minute. Ensuite il y a un petit temps de pause où le patient va
respirer, et le thérapeute peut lui demander d’évaluer son niveau de stress sur une
échelle allant de 1 à 10. Puis c’est une répétition de ses différentes étapes qui
permet de maîtriser les émotions passées en essayant de décharger le côté
traumatisant et stressant. Le cerveau va alors permettre la modification de la
perception des émotions qui bloquait le patient. Il est important de savoir que les
diplômes universitaires concernant l’hypnose et l’EMDR ne sont pas reconnus par
l’Ordre des médecins, c’est pourquoi il ne leur est pas possible d’inscrire sur leurs
ordonnances ou leurs plaques la pratique de ces spécialités. L’EMDR n’est pas
remboursée par l’assurance maladie si la consultation est faite par un psychologue
mais elle peut être prise en charge si le patient effectue ses séances au sein d’un
centre agréé comme un hôpital ou un centre médico-psychologique. Si la
consultation est réalisée par un psychiatre, elle peut être remboursée par
l’assurance maladie, mais il est obligatoire de suivre le parcours de soin en ayant
une prescription initiale du médecin traitant. (109,110,112,115,116)
[Link]. La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC)
La TCC est un soin non conventionnel destiné à aider les personnes ayant des
pathologies psychiques. Elle va agir au niveau de trois composantes :
• Le comportement : comment agit le patient face à cette situation.
• La cognition : comment est traitée l’information erronée.
• L’émotion : que ressent la personne.
48
Cette pratique a pour objectif de modifier la perception, les pensées et le
comportement face à une situation stressante. Elle utilise la méthode de
l’apprentissage. Cela permet au patient d’avoir les connaissances nécessaires pour
savoir comment faire face aux prochains scénarios semblables, en modifiant son
comportement et ses émotions qui y sont associés. Les réactions exagérées sont
dues à un apprentissage antérieur de son comportement, de ses émotions et de ses
pensées devant un stress. Il est alors important d’identifier les causes de ces
situations afin de comprendre les schémas de ces informations erronées à l’origine
de comportements non adaptés. La TCC va alors lui permettre de prendre
conscience de ces sur-réactions et tenter de lui apprendre à réagir d’une façon
moins excessive à l'aide d’une stratégie thérapeutique. La TCC pratique la théorie
du conditionnement c’est-à-dire de mettre le patient dans une situation stressante
afin de le sensibiliser pour dorénavant renforcer un comportement plus adapté.
Elle peut être exercée par des médecins généralistes, des psychiatres ou des
psychologues ayant reçu une formation leur permettant de la pratiquer.
Cette thérapie complémentaire est reconnue par l’HAS. Plusieurs études ont été
menées afin de prouver l’efficacité de pratiquer cette méthode pour certaines
indications. Parmi elles, on retrouve les troubles anxieux, les addictions, les
insomnies et la dépression.
Comme toutes les thérapies complémentaires vues précédemment, la TCC
nécessite également une alliance thérapeutique, une anamnèse et un objectif
défini.
Lors d’une séance, la stratégie thérapeutique va être axée sur les trois
composantes. Pour le comportement, le travail sera de replonger le patient à un
stimulus stressant ou angoissant. Au niveau cognitif, il sera intéressant de
comprendre les schémas de pensées négatives que le patient se crée en portant des
conclusions trop strictes et fermées. Pour la composante émotionnelle, il est
primordial d’apprendre à gérer ses émotions. Le thérapeute a recours à plusieurs
techniques lors d’une séance, comme par exemple des exercices sur la respiration
49
ou la relaxation, pour permettre une diminution des tensions et gérer son stress et
ses émotions. Il utilise aussi des techniques dites comportementales qui est le fait
de remettre le patient en immersion progressive dans la cause de ses réactions de
stress. Cette technique a pour but de désensibiliser le moment et le stress, et donc
un déconditionnement. Cette pratique sera réussie lorsque la personne se
retrouvera à nouveau dans une situation qui l’inquiétait auparavant et qui par la
suite, quand elle se reproduira, il n’y aura ni d’appréhension, de stress, ni de crises
d’angoisse. En plus des techniques comportementales, il y a les techniques
cognitives qui sont tournées sur les pensées négatives et erronées que se fait la
personne de façon irraisonnée et irrationnelle. Ici le thérapeute devra modifier les
schémas cognitifs en modifiant les idées créées. Il peut aussi y avoir des exercices
pour détendre le corps et le mental.
La TCC est une thérapie relativement courte, il est en général préconisé une
dizaine de séances. Le traitement peut durer quelques semaines voire quelques
mois selon le motif et son antériorité. Une séance va durer entre 30 minutes et une
heure. Le thérapeute peut apprendre des exercices que le patient devra refaire chez
lui entre les deux séances, c’est un complément dans la stratégie thérapeutique.
Le patient joue un rôle très important dans ce type de prise en charge, il doit aussi
se traiter de façon autonome en plus des séances avec le praticien.
• Ce soin peut être uniquement pris en charge par la sécurité sociale si
le praticien est un psychiatre. Autrement, il faut se renseigner auprès de la
mutuelle, certaines peuvent participer à la prise en charge.
(1,22,81,86,110,117–121)
[Link]. L’aromathérapie
Qu’est-ce que l’aromathérapie ?
Selon l’étymologie grecque, le mot « aromathérapie » correspond à l’utilisation
d’huiles essentielles dans un but thérapeutique. Il s’agit d’un ensemble de
composés aromatiques extraits d’une plante. Selon l’article R5121 du Code de la
Santé Publique, une huile essentielle est « considérée comme une préparation à
50
base de plante ». D’après la définition de l’Agence Nationale de Sécurité du
Médicaments et des produits de santé (ANSM) les huiles essentielles sont « des
produits odorants, généralement de composition complexe, obtenus à partir d’une
matière première végétale botaniquement définie ». (23,122,123)
Pour obtenir une huile essentielle de qualité, il existe différents procédés. Les
deux principaux sont la distillation à la vapeur d’eau, qui permet d’extraire à un
grand nombre de plantes leurs composés actifs. Cette technique consiste à mettre
en contact la vapeur d’eau avec la plante, cette vapeur d’eau va se charger d’actifs
puis par refroidissement il y aura une séparation de la phase aqueuse et huileuse.
Le deuxième procédé est l’expression à froid, qui sera utilisé pour les agrumes
(orange, citron), le produit final est appelé « essence ». (124)
Les huiles essentielles peuvent être administrées par différentes voies.
Pour la voie orale, il ne faut pas négliger la toxicité de ces produits, c’est pourquoi
ils sont très peu dosés pour cette administration. Il existe plusieurs formes
galéniques liquides ou solides permettant d’adapter le traitement en fonction du
patient. La voie rectale est également possible avec des suppositoires ou des micro
lavements, et il existe des ovules par voie vaginale. La voie cutanée est une des
voies les plus utilisées, car l’absorption est importante. Cependant le pharmacien
doit informer les patients sur le fait qu’ils doivent être vigilants car certaines huiles
essentielles sont photo toxiques, et d’autres contiennent des composés qui
pourraient augmenter le coefficient de perméabilité, ce qui influencerait la toxicité
ou l’apparition d’effets indésirables. La voie pulmonaire est conseillée en général
pour les pathologies ORL, les huiles essentielles agissent assez rapidement. Il est
possible d’utiliser également la voie rhinopharyngée et auriculaire. (125)
Pour garantir une conservation correcte des huiles essentielles, elles doivent être
stockées à l’abri de la lumière, à température ambiante, dans un flacon teinté avec
une fermeture étanche. Elle peut être conservée et utilisée pendant un an.
51
Le but de cette thérapie n’est pas d’arrêter les traitements allopathiques, mais
d’accompagner le patient dans une prise en charge globale, et envisager de
diminuer les doses de médicaments avec le temps.
Législation
Les huiles essentielles peuvent être vendues librement à condition qu’elles ne
soient pas mises en avant comme médicament. Selon l’article L-4211-1 6° du
Code de la Santé Publique, « la vente au détail et toute dispensation au public des
huiles essentielles dont la liste est fixée par décret, ainsi que leurs dilutions et
préparations ne constituant ni des produits cosmétiques, ni des produits à usage
ménager, ni des denrées ou boissons alimentaires appartiennent au monopole
pharmaceutique ».
Certaines huiles essentielles peuvent être vendues uniquement en officine en
raison de leur toxicité. Des textes de lois ont alors permis d’établir une liste dans
laquelle est retrouvée une quinzaine d’huiles essentielles comme l’huile
essentielle de rue, de thuya, de grande ou petite absinthe.
Le pharmacien d’officine doit contrôler la qualité des huiles essentielles qu’il
achète. Cela repose principalement sur les données du produit. L’étiquetage des
huiles essentielles doit répondre à une réglementation CE N°1272/2008, connue
sous le nom de la réglementation CLP (Classification, Labelling and Packaging)
afin qu’elle puisse être vendue sur le territoire européen. Sur l’emballage doit
figurer, le nom français et latin de la plante avec le genre, l’espèce et le chémotype
s’il y a, le numéro de lot, l’origine, la date de fabrication, la date de péremption et
la durée de conservation après ouverture, le poids, les conditions de conservation,
les pictogrammes de précautions d’emploi et si elle est bio, son numéro de
certification. L’huile essentielle doit être 100% naturelle, pure et intégrale. La
vérification de tous ces critères permet de garantir pour les patients une qualité
optimale des produits mis en vente. (126–130)
52
Les plantes à conseiller
Bergamote, Citrus aurantium L. sub sp. Bergamia – Rutacées
53
jusqu’à trois fois par jour. L’huile essentielle de bergamote peut être appliquée en
association à une huile végétale (peut être irritante si elle est pure) au niveau de la
face intérieure des poignets et de la voûte plantaire. Au-delà de son utilisation
médicale, la bergamote est aussi utilisée en parfumerie, en confiserie, et entre dans
la composition de thé.
Concernant les précautions d’emploi, il faudra déconseiller ce produit chez les
femmes enceintes, chez les enfants de moins de 6 ans ainsi que chez
l’asthmatique. Comme vu précédemment, l’huile essentielle possède un composé
photo sensibilisant, c’est pourquoi il sera nécessaire de prévenir le patient d’éviter
toute exposition au soleil les 12 heures suivant l’application. (132–136)
La Camomille est une plante souvent confondue avec la Matricaire aussi appelée
Camomille allemande. La Camomille romaine est d’origine européenne, elle est
cultivée également dans les zones tempérées. On peut la retrouver sur les chemins,
54
autour d’étendues d’eau, au niveau de lieux humides. C’est une herbacée vivace
et aromatique. Elle est caractéristique par ses fleurs, qui sont des capitules. Les
fleurs centrales sont jaunes et tubuleuses tandis que les fleurs périphériques sont
blanches et ligulées. Les tiges sont assez fines et ses feuilles sont très découpées.
Son huile essentielle est obtenue à partir des capitules floraux par le procédé de
l’entraînement à la vapeur d'eau. (Figure 16)
Au niveau de ses composés, on retrouve principalement à 36-40% de l’angélate
d’isobutyle, mais aussi du pinocarvone, des alcools terpéniques, des coumarines
et des flavonoïdes. C’est une plante qui possède des propriétés antispasmodiques,
sédatives, analgésiques, anti-inflammatoires, anti-allergisantes et antiparasitaires.
Elle sera alors conseillée en cas de troubles au niveau du système nerveux : stress,
troubles anxieux, agitation, insomnie. Mais aussi dans les troubles cutanés comme
les démangeaisons, les allergies. Elle peut être aussi administrée en cas de
douleurs dentaires, de migraines, d’infections parasitaires ainsi que pour les
troubles de la digestion (nausées, vomissements, ballonnements, douleurs
abdominales).
L’utilisation de la Camomille peut se faire sous différentes formes. Il est possible
d’appliquer localement quelques gouttes d’huile essentielle diluée dans une huile
végétale sur le plexus solaire et au niveau des faces internes du poignet. Elle peut
être utilisée sous forme d’inhalation (2 gouttes sur un mouchoir à respirer de
temps en temps ce qui permet une action rapide sur le système nerveux central).
L’huile essentielle peut aussi être mise sur un comprimé neutre, mais cela peut se
faire uniquement sur avis médical ou avec le conseil du pharmacien. On peut aussi
mettre 5 gouttes dans une base neutre que l’on verse ensuite dans un bain pour
favoriser la relaxation ou si la peau de l’organisme est irritée. Les capitules de
Camomille peuvent être vendus afin d’être consommés sous forme d’infusion.
Il n’est pas conseillé d’administrer cette plante aux enfants de moins de 12 ans
ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes. Il y a eu des déclarations d’effet
allergisant vis-à-vis de cette plante. Il faut également être prudent avec les
55
possibles interactions plante-médicament, la Camomille est un inhibiteur faible
des cytochromes CYP2C19, CYP2C9 et CYP3A4.
Il est également appelé Laurier-sauce. Il s’agit d’un arbuste que l’on retrouve sur
le pourtour méditerranéen. Il est caractéristique par son écorce foncée, grise, par
ses feuilles persistantes, vertes foncées brillantes sur la face supérieure et plus
pâles sur la face inférieure. Le contour des feuilles est légèrement ondulé. Les
fleurs sont blanches jaunâtres et se développent au niveau de l’aisselle des feuilles,
elles donnent des fruits qui sont de petites baies, non comestibles, qui deviennent
noires lorsqu’elles sont mûres. Tous les organes de cette plante, peuvent être
utilisés pour produire de l’huile essentielle. C’est une plante qui est aussi très
utilisée dans le domaine culinaire grâce à ses vertus aromatiques. (Figure 17)
L’huile essentielle de Laurier noble est obtenue à partir de la distillation des
feuilles par entraînement à la vapeur d’eau. Elle est composée principalement de
56
1-8 cinéole, de monoterpénols, de sesquiterpènes, d’esters et de lactones. Le
composant majoritaire (1-8 cinéole) va conférer au laurier des propriétés
antimicrobiennes, anti-inflammatoires, antispasmodiques et insecticides. L’huile
essentielle aura également des propriétés expectorantes, analgésiques,
antirhumatismales, antiseptiques, neurotoniques et aide à maintenir en équilibre
le système nerveux autonome sympathique et parasympathique. Elle pourra alors
être indiquée en cas de fatigue, de stress impliquant une baisse de la confiance en
soi (examen, oral par exemple,) en cas d’infections (bactériennes, virales ou
fongiques), rhumatismes, affections buccales, pulmonaires, cutanées ou
intestinales.
L’utilisation de cette huile essentielle peut se faire localement en dilution dans
une huile végétale ou en bain de bouche. Il existe aussi des pommades qui sont
faites à partir des baies de laurier qui sont utilisées dans les douleurs
rhumatismales. Cette huile essentielle très puissante requiert quand-même
quelques mises en garde. Son utilisation n’est pas recommandée chez les femmes
enceintes ou allaitantes, chez les enfants de moins de 7 ans, chez les personnes
ayant un terrain propice aux allergies. Il ne faut pas utiliser cette huile par voie
interne. Lors d’une application toujours mesurer de faibles quantités, car il peut y
avoir des risques de surdosage qui entraîneraient des effets indésirables.
L’utilisation par inhalation est contre-indiquée. (134–136,140)
57
. Lavande vraie, Lavandula angustifolia P. Mill. – Lamiacées
58
indiquée en cas de piqûres d’insectes, d’insomnies ou d’agitation, de douleurs
musculaires, pour faciliter la digestion en cas de flatulences, ballonnements.
Concernant son utilisation, l’huile essentielle de lavande peut être appliquée
localement (en massage par exemple) en mélange avec une huile végétale sur le
cuir chevelu en cas de piqûre ou de poux. Elle peut également être diffusée dans
l’atmosphère ce qui permet d’agir au niveau du système nerveux en cas d’anxiété
et de troubles du sommeil. Il est possible aussi de mettre quelques gouttes d’huile
essentielle sur un comprimé neutre, mais cela seulement sur avis médical. L’huile
essentielle n’est pas recommandée chez les enfants de moins de 12 ans et sans
avis médical. (134–136,138,140,141)
La mandarine est un fruit qui nous est commun, qui fait partie de la famille des
agrumes. Elle est issue du mandarinier, qui est un arbre provenant du continent
asiatique. On peut le reconnaître par ses feuilles vertes foncé aux nervures
59
marquées. Le fruit est entouré d’une fine écorce orange à maturité. C’est
principalement à partir des zestes du fruit et par un procédé d’expression à froid
qu’il est possible d’obtenir l’huile essentielle. (Figure 19) (135,143)
L’huile essentielle de mandarine est constituée de limonène en grande majorité.
On retrouve aussi du γ-terpinène, du sinensal et du linalol. Elle va avoir des effets
bénéfiques au niveau digestif, antioxydant, mais ce qui nous intéresse, c’est son
pouvoir relaxant, sédatif, elle va permettre de rééquilibrer le sommeil aussi bien
chez l’adulte que chez les enfants. Elle sera alors à conseiller facilement en cas de
stress, d’anxiété, d’agitation, de troubles du sommeil ou d’insomnies.
Les voies d’administration peuvent être différentes, on peut conseiller d’utiliser
cette huile essentielle en diffusion atmosphérique pour faciliter l’endormissement
ou se détendre avec une à deux gouttes pour les nourrissons à partir de 30 mois,
jusque 5 gouttes pour les enfants de plus de 7 ans et il est possible de mettre 15
gouttes après 15 ans, 3 à 4 fois par jour. La voie orale (uniquement sur avis
médical) n’est possible qu’à partir de 7 ans, il est possible de déposer l’huile
essentielle sur un comprimé neutre ou dans une cuillère de miel à raison de 1 à 3
gouttes 2 à 3 fois par jour chez l’adulte et une fois par jour chez l’enfant. La voie
cutanée n’est pas recommandée parce qu’il y a la présence de furanocoumarine
qui sont photo sensibilisantes, il faut donc éviter toute exposition au soleil. Cette
huile essentielle est déconseillée chez les patients asthmatiques et contre-indiquée
chez la femme enceinte, chez les nourrissons de moins de 30 moins et les patients
épileptiques. (23,135,136,143)
60
Marjolaine à coquille, Origanum majorana L. – Lamiacées
C’est une herbacée ligneuse, vivace et qui dégage une odeur lorsqu’on frictionne
ses feuilles, on dit qu’elle est une plante aromatique. Elle est originaire d’Orient
et principalement cultivée en France au niveau du pourtour méditerranéen. La
marjolaine à coquille est reconnaissable par sa tige quadrangulaire, ses feuilles
ovales et opposées ainsi que ses fleurs blanchâtres pouvant se colorer vers le
violet-bleu, que l’on retrouve à la base des feuilles (au niveau du pédoncule). Son
huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des sommités
fleuries. (Figure 20) (23,134–136,138)
Les sommités fleuries renferment principalement de la sabinène (40-80%) qui, au
cours du procédé de distillation donnera plusieurs composés comme du linalol, du
terpinéol-4 et du γ-terpinène. Le Docteur Valnet, ancien militaire et médecin, a
été un des premiers à réaliser des études dans le but de démontrer les effets
thérapeutiques des plantes sous la forme d’huile essentielle. Il préconise alors la
marjolaine à coquille pour ses vertus sédatives, hypotensives, antibactériennes,
antispasmodiques, vasodilatatrices, antiulcéreuses, anti-infectieuses et pour son
effet apaisant sur le système nerveux. C’est une plante qui pourra donc facilement
être conseillée dans les troubles composés de stress, d’anxiété, de troubles du
61
sommeil, de désordres digestifs, de palpitations ainsi que dans les déséquilibres
émotionnels. (23,86,134–136,138,144,145)
L’huile essentielle de marjolaine peut être administrée par voie orale
majoritairement en cas de troubles digestifs associés à de l’anxiété et de la
nervosité à raison de 1 goutte trois fois par jour sur un support neutre ou un sucre.
Le traitement ne doit pas excéder 7 jours. Il est nécessaire d’avoir un avis médical
avant toute administration. Il est possible de diffuser dans l’air quelques gouttes
pendant un quart d’heure environ ou par inhalation sèche (sur un mouchoir) ou
humide (2 gouttes dans un bol d’eau chaude). Il est également possible
d’appliquer quelques gouttes d’huile essentielle diluée dans une huile végétale et
à appliquer en massage au niveau interne des poignets, de la voûte plantaire ou du
plexus solaire. Il n’est pas recommandé d’utiliser l’huile essentielle en application
pure sur la peau. Elle est déconseillée chez la femme enceinte et les enfants de
moins de 7 ans. Il est important de rappeler au patient de respecter les doses, car
en cas de surdosage, la marjolaine à coquille possède des propriétés
neurotoxiques. (23,86,135)
62
L’oranger est un arbre qui provient du Sud-Est de l’Asie et qui est notamment
cultivé au niveau du pourtour méditerranéen mais également dans les régions et
les pays chauds. C’est un arbre fruitier composé d’épines. Les feuilles sont assez
grandes, jusqu’à 10 centimètres, les fleurs sont reconnaissables, blanches à 5
pétales. Le fruit serait à l’origine d’une hybridation du mandarinier et du
pamplemousse. Il est appelé « orange douce » pour ne pas être confondu avec
l’orange amère qui est le fruit du petit grain bigarade ou bigaradier. Les organes
distillés pour obtenir l’huile essentielle sont les zestes. Elle est obtenue par
pressage à froid. (Figure 21) (23,123,135,147)
La composition de l’huile essentielle de l’orange douce renferme principalement
du limonène (95-97%), du Mycènes, linalol, des alcools, aldéhydes et
furanocoumarine. Ces composés vont permettre à cette plante d’avoir une activité
au niveau du système nerveux central en exerçant des propriétés stimulantes,
apaisantes, sédatives. Mais aussi au niveau digestif en étant antispasmodique,
anti-nauséeux, antalgique, anti-inflammatoire, et ils peuvent avoir des activités
hépatiques (hépato protecteur, détoxifiant). Elle sera alors à conseiller en cas de
troubles nerveux (stress, anxiété, trouble du sommeil), troubles digestifs liés aux
troubles nerveux (nausées, ballonnements, reflux gastro-œsophagien) et en cas de
légers troubles hépatiques. On peut aussi l’utiliser en tant que désinfectant
atmosphérique. (23,123,135,136,147)
Du fait de la présence de furanocoumarine, l’application d’huile essentielle
d’orange douce, par voie cutanée n’est pas recommandée. Nous allons privilégier
la voie orale, après un avis médical, il sera conseillé de prendre une à deux gouttes
sur un comprimé neutre ou un sucre, à répéter 3 fois par jour, sans dépasser 7 jours
de traitement. Il est possible également d’administrer quelques gouttes (1 à 2) sur
un mouchoir en inhalation sèche ou en diffusion atmosphérique à raison de 20
minutes. La voie respiratoire est principalement recommandée dans les cas
d’anxiété. Il est possible d’appliquer l’huile essentielle par voie cutanée, soit
quelques gouttes dans un bain tiède ou en association à une huile végétale que
63
l’on applique en massage au niveau du ventre pour les troubles digestifs. Comme
vu précédemment, il sera fortement déconseillé aux patients de s’exposer au soleil
à la suite d’une application locale de cette huile, car elle est photo-sensibilisante
et allergisante. Elle est également déconseillée chez les femmes enceintes,
allaitantes, les enfants de moins de 8 ans et les personnes asthmatiques.
64
Mycènes et de α-terpinéol. Pour ce qui est des fleurs et des feuilles, on va retrouver
de l’acétate de linalyle et du linalol, ainsi que d’autres mono terpènes mais des
quantités moins importantes. L’huile essentielle à base de feuilles d’oranger amer,
sera davantage conseillée dans les troubles neurologiques comme le stress et
l’anxiété, parce qu’elles renferment le linalol qui a une action, sédative, calmante
et relaxante qui est intéressante. L’huile essentielle de bigarade va avoir plusieurs
propriétés thérapeutiques antalgiques, anti-inflammatoires, antispasmodiques,
anti-infectieuses. Elle sera alors à conseiller dans les cas de stress et de symptômes
associés (par exemple les palpitations, les spasmes), les tensions nerveuses, les
troubles du sommeil, les douleurs musculaires, et les troubles digestifs.
(23,86,135,136,138,148)
L’administration pourra se faire soit par diffusion dans l’air, environ 5 à 10
gouttes pendant 20 minutes, pour diminuer les tensions nerveuses. Il est possible
aussi de mettre 2 gouttes sur un mouchoir et de le sentir quelque fois dans la
journée quand le besoin s’en fait sentir. Si le patient préfère prendre par voie orale,
il est possible de mettre 1 goutte sur un comprimé neutre, ou un sucre ou dans une
cuillère de miel, à faire deux fois par jour. Comme vu précédemment, en cas de
prise par voie orale, il est nécessaire d’avoir un avis que ce soit du médecin ou du
pharmacien avant toute administration. Il est important de rappeler au patient que
l’utilisation de cette huile essentielle est fortement déconseillée chez la femme
enceinte ou allaitante mais aussi chez les enfants ayant moins de 6 ans. (23,135)
65
Ylang-Ylang, Cananga odorata (Lam.) Hook.f. & Thomson – Annonacées
66
liée au stress), en cas de douleurs et d’asthénie générale (sexuelle, physique,
émotionnelle ou mentale). (86,134–136,148)
L’Ylang-Ylang est très intéressant en administration par voie olfactive, il est
possible de mettre une goutte sur un mouchoir à respirer quand le besoin s’en fait
sentir. On peut également à l’aide d’un diffuseur, déposer entre 5 et 10 gouttes
d’huile essentielle ce qui permettra de créer une ambiance atmosphérique qui
pourra détendre et apaiser le patient. En association avec de l’huile végétale, il est
possible d’appliquer sur la peau quelques gouttes d’huile essentielle en massage
sur la face intérieure des poignets. Il existe une contre-indication chez la femme
enceinte notamment pendant le premier trimestre de grossesse, mais il n’est pas
recommandé de l’utiliser dans les trimestres suivants. L’utilisation est également
contre-indiquée lors de l’allaitement. (86,135,136,148)
De nombreuses huiles essentielles existent pour aider les patients à se sentir
mieux. Il faut prendre en compte leurs symptômes mais aussi leurs envies, il faut
que l’odeur leur plaise pour qu’ils soient réceptifs. (Tableau II)
67
Tableau II: tableau récapitulatif des plantes à conseiller en aromathérapie
68
[Link] L'hydrothérapie
L'hydrothérapie regroupe tous les traitements qui utilisent l'eau à des fins
thérapeutiques. Vous découvrirez dans cette fiche ce qu’est l’hydrothérapie, ses
principes, ses bienfaits et pleins d’autres choses encore.
L’hydrothérapie est un traitement basé sur l’utilisation de l'eau, peu importe le
type (de mer, de source, minérale, ou même celle du robinet), sous sa forme
liquide, mais aussi gazeuse, et à des températures variables. Cela comprend des
bains, des douches, des jets, des compresses, etc.
L'aromathérapie et l'herboristerie se combinent fréquemment à l'hydrothérapie par
l'ajout d'huiles essentielles ou d'extraits de plantes médicinales dans l'eau de
traitement. Le sel d'Epsom et le vinaigre de cidre font également partie des «
additifs » courants.
Les principes
L'eau possède deux caractéristiques mises à profit dans les exercices de
rééducation : la résistance uniforme que sa masse oppose au mouvement et la
relative apesanteur d'un corps qui y est plongé. Elle possède aussi quatre autres
propriétés très utiles en hydrothérapie :
elle maintient sa température;
elle communique cette température beaucoup mieux que l'air;
elle transporte des minéraux ou des essences végétales en suspension;
elle se transforme en jets, en bulles, en courants, etc.
Elle se pratique le plus souvent en centre de soin et chez certains naturopathes. Il
existe aussi plusieurs établissements n'ayant pas de prétentions thérapeutiques,
mais qui visent la remise en forme ou les soins de beauté comme les spas.
69
[Link]. 1. LA THALASSOTHÉRAPIE : LES SOINS PAR
L’EAU DE MER
Qu’est-ce que la Thalassothérapie ?
70
Dans un esprit préventif, la Thalassothérapie instaure également un état de bien-
être durable grâce à l’association des soins d’hydrothérapie, d’esthétique et des
conseils d’hygiène de vie et d’éducation physique
LA THALASSOTHÉRAPIE À DES FINS THÉRAPEUTIQUES
La Thalassothérapie est par définition l’utilisation de l’eau de mer mais aussi de
tous les éléments du milieu marin (algues marines, boue, sable, air et climat
marin…) dans un but thérapeutique. Elle est toujours pratiquée en bord de mer,
dans un centre spécialisé avec un bon suivi médical. L’eau de mer, comme le
plasma sanguin contient jusqu’à 92 minéraux et oligo-éléments qui sont
bénéfiques pour notre santé. Notre corps a la capacité d’absorber tous ses éléments
naturels car sa structure minérale est très ressemblante à la structure de l’eau de
mer : on parle alors de reminéralisation de l’organisme. L’eau de mer est chauffée
à plus de 32°C (comme lors des soins de thalassothérapie), pour permettre aux
minéraux de traverser l’épiderme, rejoindre la circulation sanguine puis les
différents organes. L’opération prend entre 10 et 15 minutes.
L’eau de mer : riche en oligo-éléments
Les oligo-éléments sont nécessaires au bon fonctionnement du corps humain.
Leur rôle est de renforcer le système immunitaire et de permettre un équilibre
physiologique.
Pour cela, ils se lient aux enzymes pour les activer. Les enzymes sont des protéines
responsables des réactions biochimiques de notre corps. Si la teneur en oligo-
élément diminue, l’activité enzymatique diminuera également, pouvant mettre à
mal l’équilibre de l’organisme. Les oligo-éléments jouent un rôle clé dans la
défense immunitaire de l’organisme. Ils peuvent agir de plusieurs façons possibles
:
• Comme activateur d’enzyme du système immunitaire
• Comme éléments activateurs d’hormones facilitant l’activation et/ou
la multiplication des cellules immunitaires (ex : le zinc active la thymuline)
71
• En participant à la lutte contre les radicaux libres de l’oxygène. Il
s’agit de molécules naturellement produites lors de la respiration cellulaire
qui, à forte dose, deviennent toxiques pour les cellules. C’est pour cela
qu’ils peuvent également être qualifiés d’antioxydants.
En grec, “oligo” veut dire “peu”. Les oligo¬éléments sont des minéraux présents
en infime quantité dans notre organisme. Pourtant, ils ont une fonction essentielle
: « Ils jouent un rôle de catalyseurs, un peu comme l’étincelle qui démarre le
moteur d’une voiture », explique Isabelle Hininger-Favier, biochimiste. Les oligo-
éléments assurent les réactions de l’organisme nécessaires pour bien se défendre
contre les virus, le stress ou à la fatigue. À son contact, l’organisme fatigué se
recharge naturellement. Il se nourrit des ions négatifs et de sels minéraux. Il faut
rester en moyenne 12 minutes dans l’eau pour permettre aux ions négatifs de
traverser la peau et de se diffuser dans le corps. Les ions potassium se dirigent
vers les muscles, pendant que les ions calcium renforcent les os. Une simple
baignade en mer participe donc à l’assainissement du corps tout entier.
Le mieux-être de l’organisme
En cure de Thalasso, tout l’environnement marin rentre en adéquation pour
contribuer au mieux-être de l’organisme. Notamment l’air marin, également riche
en oligo-éléments, favorise la dilatation des vaisseaux sanguins et accélère les
échanges entre le corps humain et le milieu. Comme au contact de l’eau, le corps
se détend et se recharge en énergie. On recommande aussi l’eau de mer aux
personnes souffrant de problèmes respiratoires. Ce sont les aérosols marins
(diffusions de gouttelettes d’eau de mer) qui ont un effet décongestionnant sur les
voies aériennes. L’air marin est riche en ions chargés négativement, qui sont des
antioxydants puissants qui améliorent les capacités pulmonaires. Son inhalation
renforce l’immunité et la santé de chaque cellule du corps. Des études ont montré
que l’inhalation d’air salé améliore la fonction pulmonaire chez les personnes
atteintes de fibrose kystique.
72
[Link].2 La Balnéothérapie, définition du bien-être par le bain
73
nombreuses pathologies physiques, telles que l’arthrite, les rhumatismes, ou
encore les problèmes de circulation sanguin
La Balnéothérapie, définition du bien-être par le bain
D’origine grecque, le terme balnéothérapie signifie littéralement : soins par le bain
. Cela consiste en un bain d’eau douce, généralement chauffée entre 32 et 38°.
L’immersion du corps dans l’eau peut être totale, ou bien limitée à une partie
(pieds, jambes, mains…) selon l’objectif de la séance.
Plusieurs techniques de soins existent :
– Le bain à remous, dans lequel on s’immerge pour profiter d’un moment de
détente
– L’hydromassage, qui grâce à des hydrojets va réaliser un massage de tout
ou partie du corps
– Le bain de marche à contre-courant, qui consiste à marcher dans le sens
inverse du courant
La balnéothérapie est une technique ancestrale qui permet de vivre un véritable
moment de détente et procure de multiples bénéfices.
74
DEUXIEME PARTIE : NOTRE
ETUDE
75
OBJECTIF :
Cette enquête prospective a été réalisé dans le but de :
évaluer le degré d’anxiété des patients venant en pharmacie
déceler les troubles dont souffrent les patients
apprécier les relations qui existeraient entre l’anxiété et les facteurs
sociodémographiques (Age sexe etc.)
comment le pharmacien d’officine prend en charge les patients anxieux
1/METHODOLOGIE
1-1/ Population d’étude
Il s’agit d’une étude prospective portant sur 100 pharmaciens de sexe masculin et
féminin (de la 6éme année au pharmacien titulaire)
1-1-1/Critères d’inclusion
L’enquête concerne les pharmaciens titulaires, les pharmaciens assistants et les
étudiants ayant validé la 5eme année
1-1-2/ Critères d’exclusion
Les étudiants en 5éme année, les vendeurs en pharmacie et les délègues médicaux
sont exclus
1-2/ Collecte des données
La fiche d’enquête est composée de trois parties
La première partie de notre questionnaire porte sur le sexe et la fonction du
pharmacien
La deuxième partie porte sur le sexe, l’âge, les troubles et manifestations des
patients
En fin la troisième partie porte sur prise en charge que le pharmacien adoptera
pour la prise en charge du patient
1-3/Etude statistique
Nous avons recueilli l’avis de 100 pharmaciens sur une période de 3 mois
76
Tous les questionnaires ont été faites sous format électronique avec Google
formes, ce qui nous a permis d’envoyer le lien directement aux pharmaciens cibles
et nous permettre de recueillir toutes les réponses sous formes de diagramme avec
les pourcentages pour chaque réponse
2 /RESULTATS
2-1 Répartition des pharmaciens selon leur sexe
L’échantillon comporte 55% d’hommes et 45% de femmes
77
Figure 27: répartition des pharmaciens selon leurs fonctions
2-3/Répartition des patients selon le sexe
Sur l’échantillon étudié 85 % des patients sont de sexe féminin, 15% sont de
sexe masculin
78
2-4 / Répartition des patients selon l’âge
On note la tranche d’âge] 0-18] ans qui regroupe 1%
]18-36] ans qui regroupe 50%
]36-55] ans qui regroupe 45%
]55 et plus] qui regroupe 4%
79
Figure 30: Répartition selon la présence ou l’absence de signes d’anxiété
Figure 31: les types de troubles anxieux décelés chez les patients
80
2-7 /Répartition selon les manifestations cliniques de l’anxiété chez les
patients
38% des patients sont dans l’incapacité de gérer leurs inquiétudes
46% d’entre eux ont des difficultés à se détendre
11% des patients souffrent d’agitations et sont incapables de rester tranquille
91% souffrent de troubles du sommeil
31% sont facilement contrariés et irritables
Figure 32: Répartition selon les manifestations cliniques de l’anxiété chez les
patients
81
2-8/Délivrance des anxiolytiques par conseil
85% des pharmaciens délivrent les anxiolytiques en conseil contre 15%
82
2-9-1/ Traitement médicamenteux
Les pharmaciens conseillent à 4.3% les antidépresseurs, à 2.2 % les
antipsychotiques, à 12% les anxiolytiques et à 94% une cure de magnésium
83
Figure 36: types de traitement non médicamenteux
84
DISCUSSION ET COMMENTAIRES
Nous abordons ce chapitre en mettant l’accent sur les résultats les plus pertinents
de notre étude
ANXIETE ET SEXE
Notre échantillon a une prévalence plus élevée chez les femmes avec 85% de la
population et seulement 15% pour les hommes
La prévalence de l’anxiété chez les femmes est 5,6 fois supérieure à celle des
hommes. En comparant les scores des deux sexes, on note que la prédominance
féminine est statistiquement prouvée ce qui nous pousse à penser que l’anxiété est
liée au sexe
Ces résultats sont confirmés par un étude de l’OMS (2 septembre 2022 sur la santé
mentale) que l’anxiété et la dépression a augmenté de 25% tout particulièrement
chez les jeunes et les femmes
Ce qui peut s’expliquer par cette prédisposition chez les femmes à reconnaitre les
sentiments d’anxiété par une baisse du seuil de perception des émotions
ANXIETE ET AGE
On note que la tranche d’âge 18-36ans représente le plus grand pourcentage
d’anxieux avec 50% de la population étudiée suivi de la tranche d’âge 36-55ans
avec 45%, 55 ans et plus avec 4% et 1% chez les 0-18 ans
Les données statistiques ne montrent une différence énorme sur le taux d’anxiété
entre les tranches d’âges 18-36 ans et 36- 55ans mais elle regroupe entre autres la
population active
Ces chiffres confirment l’étude de l’OMS citée un peu plus haut (é septembre
2022 sur la santé mentale) sur prévalence de l’anxiété chez les jeunes, de ce fait
on peut dire que l’âge est facteur de l’anxiété chez les jeunes en quête de savoir
ou à la recherche d’emploi et c’est ce qui explique ce taux élevé d’anxiété chez
ces jeunes de 18-36ans soucieux de leur avenir
Les adultes aussi avec 45% avec la tranche d’âge 36-55ans
85
MANIFESTATIONS DE L’ANXIETE
Les patients anxieux consultés souffrent majoritairement de troubles du sommeil
avec 91%, des difficultés à se détendre avec 46%, 38% d’entre eux n’arrivent pas
à gérer leurs inquiétudes, 31% sont facilement irritable et 11% de patients agités
Le manque de sommeil est l’un des facteurs principaux d’un état d’anxiété chez
un patient doublé d’un inconfort
ANXIETE ET TRAITEMENT
On constate que 54% des pharmaciens utilisent un traitement médicamenteux en
conseil pour soigner ces patients anxieux contre 46% qui privilégient les
traitements non médicamenteux
Le choix du traitement est souvent dicté par l’état du patient
Le traitement médicamenteux repose essentiellement sur l’utilisation de la cure
de magnésium avec 94,6% suivi de la prise d’anxiolytiques avec 12% des cas,
d’antidépresseurs pour 4,3 % et d’antipsychotiques 2,2%
Le traitement non médicamenteux s’appuie des conseils par rapport à leur hygiène
de vie c’est-à-dire dormir régulièrement et suffisamment 88 ,5 % étant donné que
les statistiques montrent que ce manque est la principale cause d’anxiété en plus
d’une activité physique régulière 79,2% et d’une alimentation saine 57,3%
Selon une étude de l’INSERM de l’université Magendie Bordeaux, la prise en
charge soulage la plupart des patients
86
CONCLUSION
L’anxiété est une émotion souvent ressentie comme désagréable qui correspond à
l’attente plus ou moins consciente d’un danger ou d’un problème à venir.
L’anxiété est un phénomène normal, présent chez tous les individus. Elle peut
cependant prendre un caractère excessif et pathologique dans différentes
situations : on parlera alors de troubles anxieux.
Les sujets souffrant de troubles anxieux sont envahis par ce sentiment d’inconfort
ou de peur secondaire à une anticipation excessive d’éventuelles difficultés avant
même que les problèmes ne soient survenus, ou avant même que le sujet ait repéré
précisément ce qu’il redoute.
Les psychiatres parlent parfois de « peur sans objet ».
Parfois, l’anxiété n’est plus seulement réactionnelle face à des difficultés
quotidiennes, mais devient un trait de personnalité, une façon d’être : la personne
a alors une vision du monde marquée par l’anxiété, prévoyant toujours le pire, de
manière consciente ou non.
Être anxieux engendre le plus souvent des difficultés de fonctionnement qui vont
d’une gêne ponctuelle à un handicap sévère.
Être anxieux n’a cependant pas que des désavantages. De par l’hyper vigilance à
tout ce qui peut mal se passer et la somme de précautions prises, le sujet anxieux
peut se montrer plus performant dans certains domaines. Un patron s’appuiera par
exemple plus facilement sur un collaborateur anxieux, toujours soucieux de bien
faire et de prévoir les problèmes…
Mais les anxieux paient cher ces efforts constants par une tension quasi-
permanente souvent source d’une dégradation de leur qualité de vie. C’est
notamment le cas lorsque l’anxiété devient pathologique.
Notre étude avait pour but de mettre en lumière le rôle du pharmacien d’officine
dans la prise en charge de l’anxiété dans sa généralité
De ce fait nous avons concocté un questionnaire sous forme d’enquête destinés à
ces pharmaciens à partir de la 6éme année dont les questions nous édifient sur le
87
sexe, l’âge, les types de troubles, les manifestations et la prise en charge fournie
à travers des médicaments ou des conseils sur leur mode de vie
L’enquête s’est déroulée du 12 décembre 2022 au 7 avril 2023. L’échantillon
portant sur 100 personnes à travers la plateforme Google forms qui nous a permis
de recueillir et d’avoir les formes sous forme de diagrammes exprimés en
pourcentage
Après enquête nous avons collecté l’avis de 59% de pharmaciens assistants, 35%
d’étudiants en année de thèse et 6% de pharmaciens titulaires avec un sexe ratio
de 55% d’hommes et 45% de femmes
Notre échantillon a une prévalence plus élevée chez les femmes avec 85% et 15%
chez les hommes. On note une présence massive de femmes et de jeunes avec 18-
36ans 50%, 36-55ans avec 45%, les vieux de 65ans et plus 4% et la tranche 0 -
18ans avec 1%
L’anxiété est générale mais plus marquée chez les femmes et les jeunes ce qui
pourrait être dû à la recherche d’emploi, les responsabilités et le poids de la société
sénégalaise sur les femmes en particulier alliant ménage enfant entretien du mari
et pression de la belle famille
Leur état anxieux est souvent caractérisé par un manque de sommeil pour 91%
des cas, des difficultés à se détendre à 46%, une incapacité à gérer les inquiétudes
38%, 31% sont facilement irritables et 11% sont agités
Ce manque de sommeil fait partie des facteurs déclenchant des troubles anxieux
chez les personnes
Face à ce problème qui n’épargne aucune couche de la société les pharmaciens,
dans leur mission de sante public, prennent en charge ces patients en officine par
traitement médicamenteux pour 54% contre 46% qui optent pour un traitement
non médicamenteux
Le traitement médicamenteux s’appuie essentiellement sur la cure de magnésium
avec 94,6% au moment où 12% conseillent les anxiolytiques, 4,3% pour les
antidépresseurs et 2,2% pour les psychotiques.
88
Par contre le traitement non médicamenteux a pour but de soulager le patient à
travers des conseils sur son hygiène de vie à travers un sommeil régulier (88,5%),
une alimentation saine (57,3%), la pratique du sport (79,2%)
Aux pharmaciens : fort de leur proximité et leur position de sentinelle ils
doivent jouer un rôle primordial dans la sensibilisation, le conseil et surtout
orienter dans les structures spécialisées, si elle ne peut pas être assuré en
officine, afin de prendre la charge correctement ces patients anxieux. Une
vigilance accrue et un sens de la responsabilité quant à la délivrance des
anxiolytiques
Aux patients : prendre conscience que l’anxiété une fois négligée peut être
pathologique et causer beaucoup de dégâts psychologiques sur le bienêtre
de la personne et surtout savoir que l’anxiété a un caractère général et
universel et pas une honte pour une personne
Aux pouvoirs publiques : multiplier les structures spécialisées pour une
meilleure prise en charge de ces troubles et ainsi donner à tous ces patients
les conditions nécessaires à leur bien être
89
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par-le-
111
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112
Annexe
113
QUESTIONNAIRE SUR LA PRISE EN CHARGE DE L’ANXIETE EN
PHARMACIE
NIVEAU D’ETUDE
3eme année pharmacie
4 éme année pharmacie
5eme année pharmacie
Année de thèse
Doctorant
De quels troubles ?
Anxiété
Nervosité
Peur
Stress
Préconisez-vous un traitement ?
Médicamenteux
Non médicamenteux
d’honorer ceux qui m’ont instruit dans les préceptes de mon art et
de leur témoigner ma
Reconnaissance en restant fidèle à leur enseignement ;