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Mycologie médicale : Histoplasmoses expliquées

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REPUBLIC OF CAMEROON

REPUBLIQUE DU CAMEROUN
Peace-work-fatherland
Paix-travail-patrie
UNIVERSITY OF NGAOUNDERE
UNIVERSITE DE NGAOUNDERE
FACULTY OF SCIENCES
FACULTE DES SCIENCES
DEPARTMENT OF BIOMEDICALS
DEPARTEMENT DES SCIENCES
SCIENCES
BIOMEDICALES

LICENCE 2 SCIENCES BIOMEDICALES


UNITÉ D’ENSEIGNEMENT : PARASITOLOGIE II ET MYCOLOGIE II
PARTIE MYCOLOGIE II

THÈME : HISTOPLASMOSES

Rédigé par :
MENYOU GEORGES YANNICK
MATRICULE 22B936FS

Encadreur : Dr. IWEWE

Année universitaire : 2023-2024


L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Table des matières


INTRODUCTION ................................................................................................................................... 3
A. GÉNÉRALITÉS SUR LA MYCOLOGIE MEDICALE ........................................................... 3
1- Classification des micromycètes .............................................................................. 4
2- Les facteurs favorisants ......................................................................................... 5
3- Contamination ....................................................................................................... 5
B. HISTOPLASMOSE ...................................................................................................................... 7
1. Généralités sur l’histoplasmose ............................................................................. 7
2. Physiopathologie.................................................................................................. 10
3. Clinique ............................................................................................................... 10
4. Diagnostic Biologique ........................................................................................... 12
5. Traitement ........................................................................................................... 16
6. Pronostic ............................................................................................................. 17
7. Prévention ........................................................................................................... 18
8. Facteurs de risques ............................................................................................... 18
CONCLUSION ..................................................................................................................................... 19
Bibliographie ......................................................................................................................................... 20

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

INTRODUCTION
Les histoplasmoses sont des mycoses dues à Histoplasma capsulatum dont il existe deux
variantes : Histoplasma capsulatum var. capsulatum, agent de l’histoplasmose à petites formes
ou « maladie de Darling » et l’Histoplasma capsulatum var. duboisii, agent de l’histoplasmose
africaine à grande forme.

L’histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. capsulatum est la plus fréquente et la plus


redoutable des deux histoplasmoses. Un tiers des observations provient de cas de sida

L’histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. duboisii est la deuxième histoplasmose


humaine. Nettement moins fréquente que la précédente elle diffère par sa symptomatologie
clinique (localisation cutanée et osseuse surtout) et sa répartition géographique (limitée au
continent Africain et à Madagascar). Contrairement à l’histoplasmose à Histoplasma
capsulatum var. capsulatum elle semble moins influencée par le VIH

Ces deux histoplasmoses se distinguent par leur épidémiologie, leur symptomatologie


clinique et l’aspect de l’histoplasme dans le tissu infecté.

A. GÉNÉRALITÉS SUR LA MYCOLOGIE MEDICALE

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

La mycologie est la partie de la botanique qui étudie les champignons. La mycologie


médicale est l'étude des champignons susceptibles de provoquer des maladies chez l'humain ou
chez l'animal. Les champignons peuvent provoquer des affections chez l’homme. Ces affections
sont très répandues dans notre environnement. Connaître les champignons faciliterait leur mise
en évidence et leur prise en charge. Les champignons constituent un règne bien individualisé
dans le monde du vivant. Au paravent, leur morphologie, leur comportement (absence de
motricité) et leur nutrition qui semblait se faire par les racines les confondais aux végétaux.

Les champignons sont des organismes eucaryotes, hétérotrophes, immobiles, se nourrissant


par absorption. Les champignons sont classés en deux grands groupes : Champignons
macroscopiques et champignons microscopiques

1- Classification des micromycètes


Ils sont classés selon plusieurs critères :
- La taxonomie
- Morphologie de l’agent fongique
- Localisation dans l’organisation
- Production des spores
- Types de reproduction (Sexuée/Asexuée)

 Classification selon la taxonomie


La taxonomie, taxinomie ou systématique est la science des lois de classification des règnes
vivant. Elle permet de designer les êtes vivant à partir de six taxons (Embranchement ou
division, Classe, Ordre, Famille, Genre, Espèce)

Le règne des Fungi


 Comprend des divisions (-mycotina)
Classes (-mycètes)
Ordres (-ale)
Familles (-aceae)
Sous-familles (-adeae)
Genres qui englobent les espèces

 Formation de spore

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Cette classification ressort deux types de champignons : les endospores (Champignons qui
produisent des spores internes) et les exospores (Champignons qui produisent des spores
externes).

 Localisation dans l’organisme


On a les champignons à mycoses profondes, les champignons à mycoses sous-cutanées et
les champignons à mycoses superficielles.

 Morphologie du micromycète
Selon la structure du thalle, qu’il soit uni- ou pluricellulaire, on distingue :
- Les champignons levuriformes (unicellulaires
- Les champignons filamenteux (pluricellulaires)
- Les champignons dimorphiques (unicellulaires ou pluricellulaires selon les conditions
du milieu)

 Type de reproduction
La reproduction peut se faire par reproduction :
- Sexuée
- Asexuée
- Bipartition

2- Les facteurs favorisants

Ce sont des éléments prédisposant au développement des champignons microscopiques dans


l’organisme. Ils sont regroupés en deux grands groupes :

 Les facteurs favorisants intrinsèques qui peuvent être physiologique (âge, sexe,
grossesse) ou pathologiques (toute pathologie pouvant entrainer une
immunodépression).
 Les facteurs favorisants extrinsèques qui sont liés à la prise de médicaments, les
conditions de vie ou la chirurgie.

3- Contamination

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Les infections fongiques se contractent principalement par 2 voies :

 Voie endogène : lorsque l’immunocompétence est amoindrie


 Voie exogène : inhalation de spores, épines souillées, contact direct ou indirect

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

B. HISTOPLASMOSE
1. Généralités sur l’histoplasmose
 Découverte

En 1905, Samuel Taylor Darling, en essayant de comprendre le paludisme a identifié par


hasard un micro-organisme ressemblant à un protozoaire dans un échantillon d'autopsie. Il a
nommé ce micro-organisme Histoplasma capsulatum parce qu'il envahissait le cytoplasme
(plasma) des cellules ressemblant à des histiocytes (Histo) et avait un halo réfractif imitant une
capsule (capsulatum).

 Classification taxonomique

Règne Fungi

Division Ascomycota
Classe Eurotiomycetes

Sous-classe Eurotiomycetidae
Ordre Onygenales

Famille Ajellomycetaceae
Genre Histoplasma

Espèce

Histoplasma capsulatum
Darling, 1906

 Description

Histoplasma capsulatum est une espèce de champignons pathogènes ascomycètes


microscopiques, responsable d'une infection respiratoire, l'histoplasmose. Elle est qualifié de
dimorphique puisqu'elle peut se présenter sous forme filamenteuse dans l'environnement et in
vitro, et sous forme de levure dans les tissus.

Histoplasma capsulatum se multiplie en produisant de petites spores appelées conidies qui


ne mesurent que deux microns de diamètre. Ces spores sont assez fines pour s'infiltrer dans les
poumons par la respiration et s'y loger. Elles peuvent alors déclencher une infection, qui passe
parfois inaperçue parce que ses symptômes sont très bénins ou même inexistants.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Histoplasma capsulatum prospère dans un milieu humide à des températures modérées. La


fiente de poulet, de pigeon, d'étourneau, de merle et de chauve-souris entretient sa croissance.
Les oiseaux ne s'infectent pas à cause de la température élevée de leur corps, mais ils
transportent ce microorganisme dans leur plumage. Les chauves-souris, qui ont une température
corporelle plus basse, peuvent être infectées par ce champignon et l'éliminer dans leur fiente.

Il existe deux variétés principales de l'espèce capsulatum :

 Histoplasma capsulatum variété capsulatum provoquant l'histoplasmose américaine


(ou maladie de DARLING).
 Histoplasma capsulatum variété duboisii provoquant l'histoplasmose africaine.

 Épidémiologie :
o Mode de transmission : L'infection se produit par inhalation de microconidies.
Elle peut également survenir par contact avec une muqueuse ou la peau lésée.
o Période d’incubation : Les symptômes débutent une à trois semaines après
l'infection initiale. En cas de réinfection, les symptômes apparaissent plus
rapidement, entre quatre et sept jours.
o Transmissibilité : Aucune transmission d'une personne à une autre, sauf dans
les cas de donneurs et de receveurs de tissus et d'organes.
o Réservoirs : Les terres riches en azote constituent le principal réservoir d'
Histoplasma capsulatum. Les fientes d'oiseaux et de chauves-souris augmentent
le taux d'azote dans la terre et sont donc souvent contaminées par Histoplasma
capsulatum.
o Zoonose : Histoplasma capsulatum ne se transmet pas des animaux à l'humain,
même si la transmission par la terre contaminée par des fientes d'oiseaux ou de
chauve-souris est possible.
o Sensibilité aux désinfectants : Histoplasma capsulatum est sensible aux
solutions d'hypochlorite de sodium à 1 %, de phénol à 2 % et de glutaraldéhyde
à 2 %, à l'alcool isopropylique et au formaldéhyde.
o Inactivation physique : Les spores d' Histoplasma capsulatum et le
champignon sous forme de levures sont inactivés lors d'une longue exposition à
une température supérieure à 40 ºC. La croissance est inhibée à un pH inférieur

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

à 5 et supérieur à 10. Les conditions sèches facilitent également l'inactivation


des spores.
o Survie à l’extérieur de l’hôte : Histoplasma capsulatum est essentiellement
présent dans la terre riche en azote dont le pH est compris entre 5 et 10. Les
terres humides aux températures comprises entre -18 et 37 ºC permettent la
croissance du champignon. On sait également que le champignon survit plus de
10 ans dans la terre.
o Cycle évolutif : Après contamination, la spore est phagocytée par le système
macrophagique et prend la forme d’une grande levure de 8-15 μm de longueur
qui s’y multiplient. Cette espèce dissémine par voie lymphatique et envahit
surtout la peau, les ganglions et le tissu osseux.
o Zones d’endémies : Etats-Unis (exception faite des Etats de l’ouest), Amérique
centrale et Amérique du Sud (dont Caraïbes et Guyane), Afrique intertropicale
et du Sud, Asie et Océanie (notamment Nouvelle-Calédonie) pour la variante
capsulatum et l’Afrique sub-sahélienne ainsi que l’île de Madagascar pour la
varianteduboisii.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Cycle évolutif de l'histoplasmose à Histoplasma capsulatum .

2. Physiopathologie

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. capsulatum

Les spores d'Histoplasma sont phagocytées par les macrophages où elles se transforment en
petits éléments levuriformes (« petites formes ») et se multiplient. L'immunité anti-histoplasme
est sous la dépendance des lymphocytes T, en particulier des CD4, et des cytokines pouvant
stimuler la fonction macrophagique (rôle important de l'IFNα). Chez les patients VIH avec un
taux de CD4 bas, l'histoplasmose peut se réactiver de nombreuses années après la primo-
infection. Les monocytes permettent la dissémination du champignon à tout l'organisme.

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. duboisii

Phagocytée par le système macrophagique, la spore prend la forme d'une grande levure de
8 μm à 15 μm de long, qui se multiplie dans la cellule. Histoplasma duboisii est dissémine par
voie lymphatique et envahit principalement la peau, les ganglions et le tissu osseux.

3. Clinique

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. capsulatum

L'histoplasmose a 3 formes principales.

 Forme pulmonaire aiguë primitive de primo-infection

o Incubation : 5-10 jours


o Syndrome pseudo-grippal avec fièvre, toux, dyspnée
o Réaction immunoallergique (érythème noueux)
o Myalgie
o Douleur thoracique
o Sensation de malaise
o Parfois une pneumonie aigue peut se developper (évident à l’examen clinique
et à la radio du thorax)

 Forme disséminée

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

o Survient plusieurs semaines, mois, voire années (jusqu’à plus de 50 ans) après
la forme primitive sur un terrain : fragilisé, immunodéprimé (sida par ex)
o Atteintes viscérales multiples : adénopathies, hépatomégalie, splénomégalie
o Lésions buccales
. Chute des dents
. Ulcère de la langue et du palais
o Signes cutanés disséminés (papules ombiliquées)
o Dénutrition importante
o Localisation plus profondes : surrénalienne ++, digestive, hépatique, cardiaque,
neurologique.

REMARQUE : La maladie prend habituellement une forme subaiguë ou chronique, avec


seulement des symptômes non spécifiques (fièvre, fatigue, perte de poids, asthénie et sensation
de malaise) ; l'état des patients porteurs du VIH peut s'aggraver de manière inexplicable. On
peut observer une atteinte du système nerveux central, entraînant une méningite ou des lésions
cérébrales focalisées. L'infection surrénale est rare mais peut être à l'origine d'une maladie
d'Addison. Le patient qui souffre du SIDA peut développer une pneumonie aiguë sévère avec
hypoxie, ainsi qu'une hypotension, des troubles mentaux, une coagulopathie ou une
rhabdomyolyse.

 Forme tertiaire ou pulmonaire chronique :

Elle se manifeste par des lésions pulmonaires souvent apicales qui ressemblent à une
tuberculose cavitaire et une aggravation de la toux, hémoptysie, dyspnée pouvant
évoluer vers une insuffisance respiratoire.

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. duboisii

 Atteintes cutanées

o Les plus fréquentes


o Aspect de papules ou de nodules souvent pédiculés sur les membres et le
visage
o Ulcères au niveau des plis ++

 Atteintes sous-cutanées

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

o Forme d’abcès ou de masses sous-cutanées parfois volumineuses sur le thorax


o Parfois forme d’adénopathie axillaires, cervicales, inguinales) pouvant être
volumineuses.

 Atteintes osseuses : atteintes lytiques au niveau du maxillaire mais aussi du crâne, du


genou ou de la colonne vertébrale.
 Atteintes viscérales : localisations pulmonaire, hépatiques, spléniques et
surrénaliennes.

REMARQUES :

 La médiastinite fibrosante est une forme chronique rare de l'histoplasmose, qui finit par
entraîner une atteinte circulatoire. La médiastinite fibrosante est due à une réaction
immunitaire excessive à la présence persistante d'un antigène fongique non viable,
entraînant des cicatrices et une obstruction des vaisseaux sanguins médiastinaux ou des
voies respiratoires.
 Le patient présentant une histoplasmose peut évoluer vers la cécité, mais les
champignons ne sont pas retrouvés dans la lésion.

4. Diagnostic Biologique

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. capsulatum

 Prélèvements

o Moelle osseuse
o Peau
o Muqueuse
o Sérosité
o Expectorations
o Lavage bronchiolo-alvéolaire
o Liquide cérébrospinal
o Biopsies
o Sang
o Urine

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Les prélèvements doivent être rapidement acheminés au laboratoire.


Note : le laboratoire doit être informé de la possibilité d’une histoplasmose pour ne pas ouvrir
les tubes de culture.

 Diagnostic mycologique

o Examen direct (frottis, apposition de tissus)

 Réalisé au moyen d’une coloration May-Grünwald Giemsa (MGG)


 Diagnostic immédiat, met en évidence le champignon sous forme de petits éléments
arrondis (petites formes), ovoïdes, sphériques, de 3-5 μm de diamètre, colorés
intensément en violet et entourés d’un halo clair (membrane non colorée par le MGG)
 Ces éléments ne produisent pas de filament et sont habituellement intracellulaires
 Ils sont aussi visualisés par la coloration de Gram (Gram-positifs) et le PAS (colorés
en rouge).

Frottis de ponction médullaire : petits éléments ovoïdes d'Histoplasma capsulatum var.

capsulatum (MGG ; × 1 000)

o Cultures
 Laboratoire de sécurité type NSB3 (agent infectieux de classe 3)
 Culture sur milieu de Sabouraud entre 25-30°C : forme de colonies blanches duveteuses

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

 Examen microscopique permet l’observation de mycélium et de grosses spores


spiculées (macroconidies) caractéristiques associées à des petites spores(microconidies)

Histoplasma capsulatum, aspect microscopique (forme filamenteuse) (coloration au bleu coton ; × 400).

Note : ces formes saprophytiques filamenteuses très infectieuses représentent un réel danger
pour le personnel des laboratoires.

o Examen anatomopathologique
On distingue deux formes selon l’état immunitaire du sujet :
 Forme tuberculoïdes (réponse immunitaire de l’hôte efficace): infiltrats
lymphohistiocytaires ou granulomateux riches en macrophages activés et en
lymphocytes T CD4. Les rares histoplasmes entourés d’un halo clair observés à
l’intérieur des cellules histiocytaires : la coloration argentique (Gomori-Grocott)
contribue au diagnostic.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

 Forme anergique (patients séropositifs au VIH) : une réaction tissulaire faible ou nulle
est observée l’aspect typique est caractérisée par une abondance de levures
intracellulaires mais aussi extracellulaires. Beaucoup d’organes touchés (foie, rate, tube
digestif, surrénales, os, moelle osseuse)

 Détection d’antigènes circulants


o Test antigénique spécifique (antigène galactomannane)
o Méthodes de PCR développés

L’antigène d'Histoplasma est présent dans le sérum chez 80% des patients présentant une
histoplasmose disséminée et est présent dans l'urine chez > 90% de ces patients. Cependant,
une réactivité croisée avec d'autres champignons (Coccidioides immitis, Blastomyces
dermatitidis, Paracoccidioides brasiliensis et Penicillium marneffei) a pu être observée.

 Diagnostic indirect

o Sérologie réalisée uniquement dans les laboratoires spécialisés


o Souvent négative chez les patients immunodéprimés

 Histoplasmose à Histoplasma capsulatum var. duboisii

 Examen direct

Met en évidence à l’état frais ou après coloration au MGG à partir des prélèvements (pus,
sérosités) ou des appositions de ganglions, les « grandes formes » qui sont des éléments
ressemblant à des levures de 10-15 μm à paroi en double contour en forme de « 8 », de sablier.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Expectoration : Histoplasma capsulatum var. duboisii (examen direct ; × 1 000).

 Culture

o Milieu de Sabouraud à 25°C ou 35°C


o Idem que H. capsulatum var. capsulatum (les caractères macroscopiques et
microscopiques des cultures sont identiques à ceux de la variété capsulatum)

 Examen anatomopathologique : réaction granulomateuse à « cellules géantes »


contenant de grands éléments arrondis ou ovalaires en position intrahistiocytaire.

5. Traitement

Histoplasmose à H. capsulatum var. capsulatum


Histoplasmose primaire aiguë

L'histoplasmose primitive aiguë ne nécessite aucun traitement antifongique, sauf si aucune


amélioration spontanée n'est constatée après 1 mois. Si l'infection ne se résout pas, le traitement
par l'itraconazole 200 mg par voie orale est administré 3 fois/jour pendant 3 jours, puis 2
fois/jour pendant 6 à 12 semaines.

Le fluconazole est moins efficace, et d'autres azoles n'ont pas été parfaitement étudiés, mais
ont été utilisés avec succès.

Les pneumonies sévères doivent être traitées plus agressivement par l'amphotéricine B.

Histoplasmose cavitaire chronique


En cas d'histoplasmose cavitaire chronique, on administre itraconazole 200 mg par voie
orale 3 fois/jour pendant 3 jours, puis 2 fois/jour pendant 12 à 24 mois.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

D'autres dérivés azolés ou l'amphotéricine B sont utilisés en cas d'atteinte sévère ou si le


patient ne répond pas ou ne tolère pas l'itraconazole.

Histoplasmose disséminée sévère

En cas d'histoplasmose disséminée sévère, le traitement de choix consiste à administrer de


l'amphotéricine B liposomale 3 mg/kg IV 1 fois/jour (privilégié) ou de l'amphotéricine B 0,5 à
1,0 mg/kg IV 1 fois/jour pendant 2 semaines ou jusqu'à ce que le patient soir cliniquement
stable. Le patient peut alors passer à l'itraconazole 200 mg par voie orale 3 fois/jour pendant 3
jours, puis 2 fois/jour pendant 12 mois, quand il est devenu apyrétique et ne nécessite plus
aucune assistance respiratoire ou tensionnelle.

Chez les patients qui ont un SIDA, on administre de l'itraconazole pour une durée
indéterminée, afin d'éviter les récidives ou jusqu'à ce que la numération des CD4 soit >
150/mcL.

Histoplasmose à H. capsulatum var. duboisii


 Amphotécérine B 2g/cure (0,7-1 mg/kg/jour)
 Relais par itraconazole 200-400 mg/kg pendant 1 an
 Drainage et mise à plat d’un abcès ou d’une masse sous-cutanée facilement extirpable
(diminution de la charge fongique)

6. Pronostic

Le pronostic est en général sombre surtout pour H. capsulatum var. capsulatum. La mortalité
de l'histoplasmose disséminée évolutive non traitée est > 90%.

L’atteinte pulmonaire chronique liée à H. capsulatum var. capsulatum peut se compliquer


d’une insuffisance respiratoire et d’un cœur pulmonaire chronique.

Toutefois, chez l’immunocompétent, les formes pulmonaires aiguës isolées de primo-


infection ou paucisymptomatiques guérissent spontanément., de très rares cas de mort sont
rapportés à la suite d'une infection massive.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

7. Prévention

On prévient l'histoplasmose en évitant de s'exposer aux poussières d'un milieu contaminé.


Avant de nettoyer les poulaillers ou de travailler sur un terrain contaminé, il est conseiller
d'arroser avec de l'eau pour réduire le soulèvement de poussières.

Les gens qui travaillent dans une zone contaminée devraient porter des combinaisons et des
gants de protection ainsi qu'un appareil respiratoire muni d'un filtre absolu (HEPA) capable de
filtrer des particules aussi petites que 2 micromètres. Pour les grands nettoyages ou les
expositions prolongées, il peut être nécessaire de porter un appareil respiratoire à adduction
ou à purification d'air.

Dans les régions endémiques (concerne H. capsulatum var. capsulatum) :

 Prophylaxie primaire par itraconazole pour personne vivant avec les VIH à raison de
200 mg/jour si taux de CD4 < 150/mm³
 Prophylaxie secondaire tant que persiste l’immunodépression: itraconazole 200-400
mg/jour

8. Facteurs de risques

Les facteurs de risque d'histoplasmose sévère comprennent les suivants

 Exposition lourde et prolongée


 Âge ≥ 55 ans
 Enfance

Immunité à médiation cellulaire T réduite (p. ex., sujets infectés par le VIH/SIDA ou porteurs
d'une greffe d'organe ou qui prennent des immunosuppresseurs tels que les corticostéroïdes ou
les inhibiteurs du Tumor Necrosis Factor [TNF]).

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

CONCLUSION
L’histoplasmose est une infection fongique due à un champignon dimorphique nommé
Histoplasma capsulatum. Deux variétés sont incriminées en pathologie humaine : Histoplasma
capsulatum var. capsulatum pour la maladie Américaine et Histoplasma capsulatum var.
duboisii pour la maladie Africaine. La maladie Américaine étant la forme la plus dangereuse
de la maladie, elle à un pronostic sombre chez les immunodéprimés notamment chez les patients
souffrant du VIH-SIDA. Le diagnostic de l’histoplasmose est surtout biologique et le risque de
contaminations du manipulateur est élevé à cause de la dispersion dans l’air des spores produits
par l’agent pathogène raison pour laquelle les échantillons pour le diagnostic de l’histoplasmose
doivent être traités avec la plus grande prudence.

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L2 SBM TRAVAIL PERSONNEL DE L’ÉTUDIANT : HISTOPLASMOSES

Bibliographie
 PARASITOSES ET MYCOSES des régions tempérées et tropicales 5e édition
(ANOFEL)
 Histoplasmose (Association Française des Enseignants de Parasitologie et Mycologie
ANOFEL) UMVF - Université Médicale Virtuelle Francophone 2014
 HISTOPLASMOSE AFRICAINE À HISTOPLASMA DUBOISII (HISTOPLASMA
CAPSULATUM VAR. DUBOISII) J. Mycol. Méd., 1993, 3 : 67-73. Article original.
 Manuel MSD version pour Professionnels de la santé
 [Link]
laboratoire/fiches-techniques-sante-securite-agents-pathogenes-evaluation-
risques/[Link]
 [Link]
 [Link]

20

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