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Mutation de l'habitat à Abidjan

Brève présentation de la problématique de l'habitat en côte d'ivoire

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Brève présentation de la problématique de l'habitat en côte d'ivoire

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;ii L"HABITAT..

\A ABIDJAN 'k
\
'\

Abidfa augmente de 40 à 50 000 habitants par an. Ceci signifie que, en plus du renouvellement
du patri&ve immobilier, qui commence à être nécessaire; 8 à 10 000 logements sont à cons-
truire chaque année pour la seule population nouvelle." et que les terrains correspondants (de
l'ordre de 200'k minimum), doivent être mis à la disposition de ces actions d'habitat.
Ceci représentkun effort considérable, d'autait que la politique du Gouvernement ivoirien est
nettement orientéehers un habitat sain e t durable.
B1 /
Dans le même tempsyles particuliers investissent de plus en plus dans la construction.
L'étude des dépenses d a v s é e s dans le domaine de l'habitat, permet de constater :
- que les dépenses par tête sont plus élevées dans les villes qu'à l'intérieur : 2.5 milliards
étaient dépensés en 1965 pdr> citadins, soit 3750 F par personne, 4.8 milliards par
/
3 300 O00 ruraux;
- que ces dépenses-vont la dépense d'habitat en Côte-d'Ivoire représente
4,5 % de la consommation des ménages (I-VO F par personne); en 1975, on estime qu'elle repré-
sentera 7 % de,la consommation des ménagesJ4 500 F par habitant), 25 milliards consacrés à la
construction (1).
Comment cette masse monétaire est-elle utilisée?\,
M. Haeringer dresse ici un tableau de la problématique urbaine.
\
l' '"\
(1) Les chiffres ne tiennent pas compte des dépenses de I'État et des entpprises.
G*RS.P.O.M.
"-FQ~I+ nA-- =%3
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N" Y(6-26
,
cote:
I
u-
'- L
Alors que souvent les grandes villes africaines n e sont que d'énormes
villages, Abidjan cherche sa voie à un niveau de vie urbaine relativement
1- - élevé. On y voit notamment -les- pouvoirs publics prendre résolument
en charge un€ évolution d'où a disparu tout laisser-faire, toute noncha- Habitat spuntang Lotissements cono^ Principaux campe-
existant. miques à lots indiwi- ments ruraux anciens
lance. Mais la nonchalance, sous les tropiques, arrange souvent bien les duels.
choses. Les responsables du développement d'Abidjan ont cru devoir y de population alloch-
Ensembles immobi- tone.
renoncer. Ce faisant ils ont ouvert la voie à des progrès qui s'inscrivent Habitat spontané di. liers iconomiques.
guerpi au cours des
déjà sur le terrain, mais en mÉime temps, en infléchissant le cours naturel six derniiras années. Grandes plantations,
des choses, ils ont pris le risque de provoquer de graves déséquilibres. Autres espaces Ur-
C'est précisément ce grand jeu de quitte ou double dans lequel Abidjan, bains.
Habitat spunlane re-
par sa volonté de modernisation, s'est engagé, que j e voudrais ici évo- structuré. F o r b classies.
quer (1). Communaur6s villa-
u geoises autochtones.
-
I LA GRANDE M U T A T I O N DE L'HABITAT
DANS LES LOTISSEMENTS OFFICIELS
Depuis un peu plus d'une décennie on assiste àAbidjan à une mutation
très spectaculaire de l'habitat africain dans les quartiers légalement
lotis (2). Aux matériaux périssables ont succédé le ciment et la tôle, et
l'anarchie dans la mise en valeur des lots a fait place à des agencements
agréés par les services dù permis de construire. II faut voir deux raisons à "
cette évolution : d'une part l'accroissement du niveau de vie consécutif - -
ci LJ I-'
au percement du canal de Vridi et la mise en service du nouveau port,
o o c
d'autre part la volonté des pouvoirs publics, qui s'est notamment traduite
sur le plan de la réglementation foncière.
a) L'évolution du cadre juridique
Le point de départ de cette évolution est l'ancien régime foncier du
(( permis d'habiter D, commun à toute l'Afrique franqaise d'autrefois.
Concu à une époque où la ville n'était encore qu'un poste adminis-
tratif et commercial européen autour duquel se groupait une population
africaine encore étrangère au mode de vie urbain, ce permis d'habiter
laissait à ceux qui en bénéficiaient toute latitude pour la construction des
habitations. Ce droit était acquis gratuitement mais, par contre, ne valait
pas propriété.
Au fil des années le permis d'habiter évolua. II devint cessible, ce qui
permis aux attributaires de vendre, en cas de départ, les constuctions qu'ils
y avaientfaites. Puis, en 1943, dans le principal quartier africain d'Abidjan,
Treichville, l'administration donna aux titulaires du permis d'habiter la
possibilité de transformer ce droit d'usage en titre de propriété. C'était
N.D.L.R. Etude, carte et photos de Ph. HAERINGER, charge de recherches à l'Office
de la Recherche Scientifique et Technique outre-mer.
(1) II ne sera question dans cet article que de ce qui a trait à l'habitat, à l'exclusion de
toutes les autres fonctions qui échoient à la capitale. Comme on le verra par ailleurs dans
cette brochure, Abidjan assume fort bien son rôle de capitale.
F. .,u
(2) Je n'aborderai que les questions relatives au logement du pluSIgrand nombre.
o
F

Habités depuis plusieurs dizaines d'années, les lots


de Treichville sont tres inégalement mis en valeur.
Des immeubles 21 étages apparaissent, mais les
(( cours 1) restent prépondérantes. Les villas sont
rares : en général l a densité de logements est très
élevée. Quant aux matériaux, l a plupart des habi-
tations sont construites en dur, mais il existe encore
d'assez nombreuses cases en bois ou en argile.
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_l____-l_-__--
-I__-
-

La '' cour " est aussi un salon

faite, l'administration exige, avant toute attribution, le versement d'une


caution équivalente à la moitié du coût d'une très modeste maison en dur,
caution qui est remboursée à mesure de l'avancement de la construction.
b) Les résultats
Les résultats diffèrent évidemment selon que l'on considère les lotis-
sements récents ou les lotissements anciens.
Dans les lotissements anciens (250 ha, de 1929 à 1955), les permis
d'habiter demeurent en partie. Les titulaires de lots ne se résolvent que
peu à peu à faire table rase des constructions non conformes qu'ils
habitent ou qu'ils louent. La mutation est d'autant plus malaisée qu'elle
ne signifie pas le simple remplacement d'une habitation par une autre,
mais le bouleversement de tout u n microcosme.
En effet, ce qu'on appelle de facon un peu impropre la concession tra-
ditionnelle a depuis longtemps perdu, indépendamment de la mutation
dont il est maintenant question, son caractère monofamilial originel.
L'énorme afflux de population et la relative abondance de numéraire ont
conduit à un développement considérable de la spéculation locative,
tout particulièrement dans les quartiers centraux, c'est-à-dire dans les
lotissements anciens. En même temps, les mêmes raisons, ajoutées à une
les inviter à mettre leur lot en valeur conformément aux réglementations grande diversité ethnique, ont multiplié, dans des proportions étonnantes,
du permis de construire. Le régime foncier en vigueur en Côte d'Ivoire, activités commerciales et artisanales ; activités auxquelles n'éChappe
hors le régime d'exception du permis d'habiter, était en effet et demeure aucune rue, voire aucun lot. Aussi vit-on les lots se couvrir de construc-
encore celui de la concession, attribuée àtitre définitif après mise en valeur. tions, d'abord sur leurs quatre côtés, isolant une cour fermée, puis
Mais cette tentative de fusion des deux régimes était venue trop tôt. souvent en cette cour même, jusqu'à comprendre 5, 1O et parfois 20 uni-
Peu nombreux furent ceux qui en profitèrent. Ce n'est qu'au bout des tés d'habitation, boutiques et ateliers. Les lots mesurent en général 20 m
années 1950 que l'administration, dans son désir de moderniser l'habitat sur 20 m et exceptionnelles étaient, jusqu'à ces dernières années, les
africain, trouva du répondant auprès de la population. Encore lui fallut-il constructions à étages. C'est dire l'exiguité des logements et l'.encombre-
déployer bien des efforts de persuasion. Mais une certaine couche de la ment des lots sur lesquels se côtoient parfois près de cent personnes.
population était désormais prête, culturellement et économiquement, à La modernisation se fait selon des modes très divers : parfois d'un seul
franchir le pas. L'administration prépara des catalogues de plans types et, coup mais le plus souvent progressivement, ce qui conduit à des résultats
dans certains quartiers pilotes, fournit une aide matérielle et technique aux très hétérogènes avec, dans un même lot, des bâtiments datant de plu-
attributaires de lots. sieurs époques. II n'est plus rare maintenant de trouver des immeubles à
Depuis peu d'années, le régime du permis d'habiter est abandonné dans étages, sans que cela entraîne nécessairement la disparition de construc-
tout nouveau lotissement. Les lots sont attribués, comme ils le furent tions moins évoluées dans la partie arrihre du lot. Dans l'ensemble, les
toujours dans les quartiers européens, sous forme de concessions provi-
soires (3),avec obligation de mise en valeur avant deux ans. Cette mise en (3) L'attribution n'est donc plus gratuite. Cependant, des tarifs très modiques sont
valeur est soumise à permis de construire et un constat est effectué avant appliqués, qui sont bien inférieurs à la valeur vénale du terrain : 100 F le mètre carré en
l'attribution définitive. Pour s'assurer que la mise en valeur sera réellement règle générale.

4
matériaux légers ont considérablement régressé, les constructions ont plus LOTISSEMENTS RÉCENTS
de finí, les agencements sont plus géométriques, mais les concessions ))
ou (( cours )) ont souvent conservé une structure tourmentée. Nord d'Adjamé : toutes les constructions se référent B un modele type qui
Plus éclairant sur l'habitat nouveau est l'examen des lotissements ré- allie l a formule devenue traditionnelle du bâtiment long B usage locatif au
cents (350 ha, depuis 1958) qui ont été directement mis en valeur selon respect des normes minimales du permis de construire. Si l a viabilité s'en
les normes administratives. Ici, cent pour cent des constructions sont trouve améliorée, on aboutit toutefois 5 une certaine monotonie.
_ -
conformes sinon toujours rigoureusement à ces normes- les installations
sanitaires notamment sont souvent escamotées -, du moins au style
qu'elles ont engendré. Certes ce style s'inspire largement du modèle
devenu traditionnel de la ((cour )) urbaine : en particulier, il prévoit la co-
habitation de nombreux ménages dans un même lot et conserve leur
organisation autour d'une cour centrale. Mais il interdit une exploitation
abusive, pléthorique de l'espace et, bien sûr, il exige une certaine qualité
de construction.
Le modèle le plus courant est le suivant. Deux bandes de logements
s'allongent sur deux côtés du lot : facade rue et fond de cour. Sur les
deux autres côtés de la cour s'alignent cuisines (4), douchières el commo-
dités. La cour proprement dite est libre de tout bâtiment, sinon d'abris
ouverts où une bonne part des travaux ménagers se font. Comme dans le
modèle dit traditionnel, l'unité d'habitation reste soit la chambre simple
soit une chambre double dite (( chambre-salon )). Chacun de ces compar-
timents s'ouvre sur la cour. Une seule entrée fait communiquer l'ensemble
avec la rue.
Mais une évolution se fait sentir dans les secteurs les plus récemment
construits. Sur beaucoup de lots, des modèles plus élaborés apparaissent,
le bâtiment de facade prenant de l'importance au détriment des autres
jusqu'à prendre parfois la forme d'une villa. Le logement n'est donc plus
toujours une simple cellule. On ne cherche plus toujours à réaliser le plus
grand nombre de mini-logements : une clientèle plus exigeante - et plus
aisée - est apparue. Dans cette ligne, un phénomène intéressant se pro-
duit en deux ou trois points de la ville et notamment à Marcory, où de
nombreuses villas habitées par des Européens ont pour propriétaires des
Africains.
La villa n'est pas le seul sommet de I'évolution. L'habitat en hauteur Cette vue d'une ((cour)) toute neuve de Koumassi montre mieux l a facon dont
représente une transformation au moins aussi radicale des habitudes. l a disposition ((traditionnelle)) a BtB revue par l e service de l'habitat. Seules
Même quand une cour demeure, les activités ménagères ne peuvent plus deux bandes de logements subsistent : en général (1 chambre-salon)) en facade
aisément s'y porter. Si la (( chambre-salon )) se perpétue dans une cer- e t chambres simples au fond de l a cour. A chaque fenêtre correspond un lo-
taine mesure dans les immeublesà étages, elle cède le pas, de plus en plus, gement et les portes donnent sur l a cour, sauf ici, celles de deux futures
à de véritables appartements. Cette mutation ne signifie pas seulement une boutiques.
différence de niveau de vie. La notion de logement change de sens : de
lieu de dépôt des biens personnels et de gîte pour le repos nocturne, il
devient cadre de vie, ainsi qu'on le comprend en Europe.
- Dans cette évolution les promoteurs de grands ensembles ont certaiz
nement joué un rôle important. Leurs réalisations parsèment la ville
(300 ha) et représentent une suite d'expériences très riche. De formules
très simples, expérimentées dans les années 1950, on s'est rapproché
peu à peu de l'appartement moderne en suivant plusieurs voies : logements
en bande avec cours individuelles, partis à patio, formules duplex, im-
meubles à plusieurs niveaux, villas (5).
II - LA RÉPLIQUE DES MOUVEMENTS SPONTANÉS
..
Les pouvoirs publics ont donc misé sur la qualité e t ont réussi à donner
aux habitants le goût de celle-ci. Et l'on remarque volontiers que la Côte
.c
d'Ivoire est en avance sur nombre de ses voisins africains. Mais n'est-elle
pas aussi un peu en avance sur elle-même?
Abidjan n'est pas encore parvenu à éliminer ce qui tournente bien des
villes du tiers-monde : l'habitat illégal, les mouvements d'urbanisation
spontanés (450 ha). Ce phénomène dont d'autres villes s'accomodent
paisiblement, les responsables d'Abidjan lui ont déclaré la guerre pour
deux raisons : par idéal d'abord, car il engendre un habitat qui n'a pas
sa place dans une ville moderne; puis par souci de garder l'initiative en
matière de croissance urbaine. Mais, en engageant la lutte contre l'habitat
spontané, l'administration a profondément modifié les formes sous les- . . .. . . . . . .%-.

quelles il se manifeste.
La modernisation de l'habitat est déjà en un certain sens une forme de Dans cette rue de Marcory, on a oublié les normes minimales e t l a diversité
lutte contre l'habitat spontané. Elle s'attaque en effet à ce qu'on pour- réapparaît. La Chéreté des terrains de ce lotissement privé a trié les acqué-
rait appeler un habitat spontané légal, puisqu'avant qu'elle ne soit imposée reurs. Ceux-ci sont généralement africains, mais il n'est pas rare que leurs
les habitants pouvaient, sur un lot officiel et en toute légalité, construire locataires soient européens.
comme ils l'entendaient, e t notamment au moindre coût. Jusqu'ici les
quartiers spontanés reflétaient seulement l'insuffisance de l'effort public
en matière de lotissement. Désormais, à ce facteur il s'en ajoute un autre :
l'incapacité financière d'une importante couche de la population à assu-
mer l'habitat nouveau, soit en qualité de propriétaire, soit en qualité de
locataire. Célibataire, un manœuvre peut s'offrir une chambre en dur
qu'il partagera avec un ou plusieurs camarades. Marié et père de famille
il ne le peut plus et se tourne vers les locations en planches ou en argile
des quartiers spontanés (6). Locations en planches ou en argile, oui, car
l'habitat spontané lui aussi s'est densifié à outrance : planter sa maison
hors des lotissements officiels n'est plus une chose simple.
Les pouvoirs publics se montrent en effet vigilants. Tout établissement

(4) Mais on continue de faire le plus souvent la cuisine en plein air.


(5) Voir l'article sur l'action des sociétés immobilières.
(6) Un manœuvre gagne en moyenne 10000 F. Une ((chambre-salon)) coûte à
Treichville ou à Koumassi de 5 à 6 O00 F, et de 2 à 3 O00 F dans les constructions légères
des quartiers illégaux.
spontané est, au si de tout le monde, menacé d'une destruction pure et
simple. Beaucoup irent effectivement détruits, certains dès leur appari-
tion, d'autres aprèi une longue existence. D'autres résistent cependant,
qui ne sont pas IUS d'anciens établissements comme Port-Bouet ou
Adjamé-Ebrié. De nombreux ensembles d'habitat spontané se sont
créés au cours des dernières années (Marcory 3, Abobo) et, par la discré-
tion puis la rapidité fulgurante de leur développement, ont réussi à
s'imposer comme des pièces qui pèsent lourd et qu'il sera difficile d'ôter
du jeu. L'administration se résigne, pour un temps, à l'existence de ces
zones incontrôlées qui ne sont pas toutes suburbaines et vers lesquelles
afflue tout le trop plein de la ville légale.
Traqué, l'habitat illégal se concentre sur les espaces qui lui restent
acquis ou qu'il acquiert de haute lutte. Comme dans les autres quartiers
de l a ville, les locataires y constituent l'essentiel de la population (7).
L'habitat spontané n'est donc plus, 5 Abidjan, cet habitat aéré, libre,
convenant si bien aux besoins d'une population indigente, ainsi qu'il se
présente encore dans des villes tropicales plus indolentes. Le terme même
de spontané n'est plus I'épithète le plus approprié. On a à faire avant tout
à un habitat illégal.
Cela est si vrai que sa morphologie porte la marque profonde de cette
situation précaire. On s'ingénie à investir le moins possible dans l a cons-
truction des habitations, surtout dans cette zone dite Marcory 3, la plus
menacée parce que la plus centrale et la plus récente. Le matériau de récu-
pération, dont la zone portuaire est prodigue, est roi. Et le résultat, de
piètre allure, est une cohue de cabanes disjointes, étroites et basses.
Ainsi, en pourchassant, pour des raisons louables, l'habitat spontané,
l'administration a involontairement aidé à sa dégénérescence. Tel qu'il se
présente maintenant, il est moins que jamais tolérable, mais en même
QUARTIERS IRRÉGULIERS temps, le dénuement derrière lequel il se replie, donne la mesure de son
aptitude à suivre.
Une " c o u r " dans un quartier spontané peut avoir un aspect Cependant, un phénomène nouvellement apparu semble apporter une
plaisant en dépit d e sa pauvreté ... éclatante contradiction B l'analyse qui vient d'être faite. Non pas dans la
...m a i s les années Oeuvrent cruellement pour un quartier qui, d è s ville ni à ses abords immédiats, mais franchement en dehors d'elle (8),
s a genèse, s ' e s t mis en marge d e la cité moderne. Ici, un quartier de vastes espaces se couvrent d'un habitat illégal qui, loin de s'inspirer
d'bdjamé construit en argile sur une pente qui s'érode. du bidonville, rivalise avec les quartiers les mieux construits d'Abidjan.
Certes, l'agencement du parcellaire et de la voirie est très défectueux bien
que, fait également nouveau dans l'agglomération abidjanaise, un effort
a été fait pour prévoir une voirie et un certain ordre, grâce au concours
de géomètres privés.
Quelle est la signification d'un tel mouvement? On voit d'abord qu'il
s'agit d'une réaction inverse à celle qui vient d'être décrite : plutôt que
d'opposer, à un déguerpissement jugé inévitable, une mise en valeur ré-
duite au minimum, on cherche au contraire à prévenir ce déguerpissement
en réalisant un habitat qui puisse trouver grâce auprès de l'administration.
- e ~ e t t é - a t t i t u ~ ë ~ e s r p o sble--qu'-à-ILécart-de-l$gglom6ration;-mais
si elle
est le fait d'Abidjanais de longue date, non de nouveaux immigrants.
Mais il faut remarquer autre chose : c'est que désormais l'habitat spontané
n'est plus seulement une solution pour les couches indigentes de la popu-
lation, mais aussi pour des citadins aisés mais démunis de lots officiels et
qui, cependant, désirent investir dans la construction au point de le faire
en prenant d'énormes risques (9).
Donc, phénomène indépendant du précédent, mais qui pourtant peut
lui être relié d'une certaine facon. S'il y a très évidemment pénurie de
lots, cela est certes imputable au retard d'équipement commun à presque
toutes les villes du monde, mais ce retard serait peut-être moindre si
l'administration se résolvait à ouvrir des lotissements sommaires et rapide-
ment concus Or elle entend bien préparer pour l'avenir une ville digne de
la réputation qu'elle s'est déjà faite, et mûrit longuement un plan direc-
teur qui fut précédé de longues études. C'est donc, là encore, l'opinion
prise pour une urbanisation de qualité qui, dans une certaine mesure,
est responsable d'un déséquilibre.

-
111 ATOUTS ET PÉRILS DE LA CROISSANCE ABIDJANAISE :
A Marcory 3. sur I'lle de Petit-Bassam, il n'y a p a s d'argile. Par LA DIFFICILE RECHERCHE D'UN ÉQUILIBRE
contre on e s t près du Port, oc les matériaux de récupération s o n t
nombreux. Mais cette situation a u cœur des zones d'emploi est Plus encore que les succès obtenus dans les lotissements récents'
aussi précaire que commode. Aussi n'a-t-on p a s à l'esprit d e et dans une certaine mesure dans les quartiers anciens, le dernier phé-
s'installer durablement et les dépenses d'habitat s o n t réduites au nomène analysé donne la mesure de l'étonnante chance dont Abidjan
minimum. dispose : compter dans sa population un nombre important de citadins
- désireux et capables de bâtir des habitations modernes, à f i n de location
autant que pour y habiter. Voilà un avantage exceptionnel en Afrique.
L'administration peut, si elle veut, s'appuyer sur les particuliers pour
l'aider à construire le parc de logements dont la ville a besoin.
Abidjan peut aussi, grâce au niveau relativement élevé des revenus,
compter sur l'aide étrangère en matière d'investissements immobiliers :
témoins les grands ensembles déjà réalisés et ceux qui sont projetés.

( 7 ) La généralisation de l'habitat en location et la concentration de nombreuses fa-


milles dans une même cour ont pour conséquences, entre d'autres, la mauvaise tenue des
cours, aussi bien dans les quartiers lotis que dans les quartiers illégaux. En brousse ou en
ville. une cour monofamiliale est toujours bien tenue.
(8) A 10 km B la ronde en plusieurs points, mais surtout à Abobo qui, il y a quatre ans,
n'était au'une Detite localité de wDe semi-urbain. Bien reliée A la ville Dar route et Dar fer.
elle a servi de catalyseur au dé?eloppement brutal d'une vaste zone dortoir (plus de
20 O00 habitants actuellement).
(9) L'attrait d'un terrain gratuit ne joue pas. Les terrains sont achetés chèrement
(environ 100 O00 F le lot de 400 mZ) aux détendeurs coutumiers de la terre, lesquels n'ont
aucun droit de lotir. Ces cessions sont considérées comme nulles et non avenues Dar
l'administration.
C'est donc deux formes de développement urbain qui lui sont accessibles,
avec la possibilité de les combiner avec bonheur.
Un premier problème est de permettre à ces atouts de jouer pleinement.
Cela suppose que les options urbanistiques soient prises- et les équipe-
ments de terrains réalisés - à un rythme égal à celui de la croissance
démographique et économique de la ville. Or cette croissance est très
rapide (1 O). Ce n'est donc facile ni administrativement ni financièrement.
A ce premier problème correspond un premier péril, préfiguré par
Abobo, celui d'un gaspillage désolant de capitaux privés et d'énergies
qui, au lieu de participer à la réalisation des projets inscrits dans le plan
directeur, remettraient constamment en cause ces projets en modifiant
de facon incontrôlée les données d'occupation de l'espace. D'un atout
exceptionnel, on risque de faire un élément perturbateur particulièrement
embarrassant car, comment se résoudre à raser des centaines ou des
milliers de bonnes constructions malheureusement mal disposées ?
Mais là n'est pas le plus grave péril. On devine bien que ce qui est le
plus à craindre est un plus grand développement de l'autre type d'habitat
illégal et la perte de contrôle définitive de ce phénomène par les pouvoirs
publics. Autrement dit, une aggravation progressive de la situation ac-
tuelle jusqu'à un point de non-retour au-delà duquel le mal ne pourrait
plus être efficacement combattu, comme cela est souvent le cas dans les
villes géantes d'Amérique du Sud.
Bien heureusement, l'agglomération d'Abidjan. n'en est pas là. Mais
elle porte en elle, comme toutes les villes en pleine croissance du tiers-
monde, les éléments qui pourraient conduire à une telle évolution. Popu-
lation mouvante, peu enracinée, forte immigration, grande proportion de
travailleurs peu qualifiés, de petits commerFants et de petits artisans.
Ces catégories professionnelles, qui représentent plus de la moitié de la
population active (1 I), ont des revenus encore trop faibles pour ne pas
être naturellement portées à bouder l'habitat moderne, même en qualité
de locataire (1 2). II est légitime de craindre que, l'habitat légal d'Abidjan
s'améliorant encore, ce qui est dans la logique des choses, ces catégories
professionnelles ne se reportent, plus encore qu'elles ne le font maintenant,
sur l'habitat illégal. Or leur importance numérique permet les hypothèses UNE EXPÉRIENCE HEUREUSE A ABOBO
les plus alarmantes, surtout si l'on sait que les mouvements spontanés Un petit secteur de la nouvelle agglomération suburbaine d'ABOBO a été
actuels ne sont pas uniquement le fait de ces catégories, que d'autres équipé très sommairement. Mais les constructions, d'excellente tenue, sont en
citadins plus aisés y trouvent aussi avantage. ordre e t toute amélioration ultérieure de I'équipement public reste possible.
Actuellement l'habitat illégal abrite, bon an mal an, environ le quart de L'unité d'habitation demeure le plus souvent l a " chambre-salon ".
la population urbaine. II pourrait demain en abriter la moitié et même
plus et il en serait fini des espoirs d'un urbanisme intégré. Or les années
passées ont montré, en de multiples exemples, que plusieurs milliers de
personnes pouvaient apparaître brutalement en un terrain qu'on croyait forcer de reprendre à l'habitat spontané, une à une et par une destruction
vierge, et qu'un délai de deux ans suffisait pour en rassembler plus de
dix mille. L'administraTion s'est trouvée brusquement débordéeen deux
complète, les zones qu'il a conquises. 2 O Remodeler un à un ces mêmes
q u a t i e r s _ p o u r L e s _ r ~ n ~ ~ - c ~ ~ o&la
r m enorme.
s :j
3O-Prendre les devants-et
canaliser les mouvements spontanés dès leur formation, afin que cette
ou trois points de l'agglomération. Qu'elle le soit un jour dans des propor-
tions plus redoutables n'est pas du domaine de l'impossible. normalisation se fasse sans heurt.
La première, celle que l'administration adopte le plus souvent, est la
C'est en effet un indice particulièrement inquiétant que cette rage avec moins ambiguë. Elle a le mérite de signifier clairement aux citadins que
laquelle, dès qu'une possibilité d'établisssement illégal apparaît -
ce mode d'installation n'est pas admis. Elle limite très certainement I'am-
c'est-à-dire lorsqu'un premier noyau s'est constitué - semble se préci-
pleur de ce mouvement, mais en même temps, on l'a vu, elle accentue
piter une foule venue d'autres quartiers, et non pas du dehors. Un autre
ses défauts. D'autre part elle n'est pas plus agréable pour les pouvoirs
motif d'inquiétude est le dénuement et l'extrême insalubrité ambiante
publics que pour les intéressés. Guère plus agréable est la seconde s o h -
acceptée par cette population qui s'entasse en marge des équipements et
tion, à laquelle l'administration se résout lorsque la situation du quartier
des services publics, alors même que dans les quartiers légaux de nou- incriminé ne met pas en cause d'autres projets (1 5).
velles habitudes d'un relatif confort s'établissent. Ces deux indices mon-
Mais si la lutte contre l'habitat spontané se révélait en dernière analyse
trent qu'on est en face non d'un banal phénomène d'indiscipline, mais
comme une course sans fin, ne vaudrait-il pas mieux adopter la troisième
de réactions provoquées par un profond déséquilibre ; une importante
solution qui, tout en sauvegardant les conditions d'un urbanisme pla-
couche de la population urbaine ne trouve plus, dans la ville légale, des
nifié, permettrait à Abidjan de recouvrer une quiétude perdue? Cela
possibilités de logement à la mesure de ses moyens.
reviendraità accepter qu'une partie de la ville soit soumiseà une réglemen-
Doit-on en conclure que l'habitat nouveau est trop beau pour elle? tation plus légère. Au lieu de rejeter l'habitat spontané, on travaillerait à le
Pas obligatoirement. II est significatif de constater que, dans une cour rendre acceptable et susceptible d'évolution, en lui ouvrant de larges
d'un quartier comme Treichville, le loyer d'une (( chambre-salon )) dépour- espaces sommairement équipés mais pourvus d'un plan de lotissement
vue de tout équipement atteint souvent le niveau de celui d'un petit loge- qui rendrait possible toute amélioration ultérieure. Treichville qui, autre-
ment dans un ensemble immobilier, pourvu d'une cuisine, de commo- fois, ne fut pas autre chose qu'un plan, joue actuellement très bien son
dités, de l'eau et de I'électricité, et d'un carré de jardin. La solution serait- rôle de quartier central.
elle dans la multiplication de ces réalisations? Peut-être, mais à condition Apparemment idéale e t simple, cette solution n'est pas forcément
que l'on consente à abaisser d'un cran- ou de deux- le niveau des loge- facile à mettre en ceuvre. Comment, pratiquement, diriger vers de tels
ments les plus nombreux, à l'exemple de ce qui fut construit il y a quinze lotissements la clientèle habituelle des quartiers irréguliers et rien qu'elle ?
ans. Mais la construction d'un tel logement par un particulier - qui D'autre part, en facilitant ainsi l'installation des couches les moins inté-
emploie des tâcherons e t n'a pas de frais généraux - n'est pas plus oné- grées, les moins enracinées, ne va-t-on pas accentuer le flux migratoire?
reuse, et probablement beaucoup moins (13), que dans le cadre d'un On pourrait ainsi disserter à l'infini sur des options qui ne peuvent se
grand ensemble. C'est dire l'anomalie que représente le niveau des loyers justifier à priori tant est complexe la sauvegarde de I'équilibre d'une ville,
pratiqués par les particuliers. Cela confirme l'impression, ressentie par quelle qu'elle soit (1 6).
ailleurs, d'une pénurie manifeste d'espace loti.
L'impatience de nombreux citadins à investir dans la construction
( I O ) Un doublement tous les six ans en moyenne depuis les origines.
locative de bonne qualité doit, de toute évidence, être exploitée; d'abord (11) Chômeurs non compris. Le nombre de ceux-ci - relativement modéré - n'influe
parce que, nous l'avons vu, non satisfaite elle constitue une menace en pas sur les mouvements spontanés, aussi surprenant que cela puisse paraître. En règle
elle-même, mais aussi parce que si elle trouvait à s'exprimer, elle assai- générale, ils sont hébergés par des parents ou des compatriotes, et on les trouve donc dans
n'importe quel quartier. L'habitat illégal n'est donc pas le fait d'une population marginale,
nirait le marché locatif. Ce n'est que lorsque offre et besoins seront' parasite.
équilibrés que l'on pourra utilement mener une politique de contrôle des (12) Quand elles ne le boudent pas, c'est pour s'en accommoder par une utilisation
loyers. On peut même espérer que ceux-ci baisseront d'eux-mêmes, ne excessive de la surFace habitable - jusqu'à dix célibataires dans une seule pi,&ce, ou
deux familles dans une (( chambre-salon B. Les mêmes catégories sociales, pourtant plus
serait-ce que parce que les nouveaux quartiers seront plus éloignés des indigentes dans la ville évoquée en tête de cet article, y sont cependant beaucoup plus
zones attractives. On observe déjà actuellement une nette tendance en ce sainement logées.
sens dans les nouveaux quartiers d'Abobo (14). (1 3) Des estimations ont été faites, qui ont conclu à un coût deux fois moindre.
(14) 2 500 B 3 500 F pour une (( chambre-salon )) en dur et de construction récente,
S'il n'est pas douteux qu'une action en ce sens peut désamorcer la contre 5 O00 à 6 O00 F e n ville.
menace que fait peser sur l'avenir de la ville la potentialité des mouvements 115) Ce fut le cas du auartier dit Abidian-Nord. . il v. a une dizaine d'année.. et.. .DIUS
réckmment, celui d'une pahie du nouvel Ahobo.
spontanés, il est moins sûr que l'on puisse arriver ainsi à la suppression (1 6 ) N.D.L.R. Du mêma auteur :(( Structures foncières et création urbaineà Abidjan )),
totale de ces mouvements. Trois attitudes restent alors possibles. 1 o S'ef- Cahiers $Etudes Africaines, nO.34, 1969.

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U R E
DIRECTEUR FOlUDATEUR : J E A N ROYER
V U E F R rl N Ç kl I
ES E

SECRETAIRE GENERAL : ROBERT KCENIG


REDACTEUR EN CHEF : CLAUDE LELOUP - SECRETAIRE DE REDACTION : ANNE-MARIE J E N N E R - CONSEIL GRAPHIQUE : PIERRE R O B B E S

SOMMAIRE
Abidjan Côte d'Ivoire
3 Présentation
4 Un bref a p e r p de la Côte-d'Ivoire :
8 Structures administratives et moyens d'études - 9 Législation de
l'urbanisme et de la construction - 10 Régime domanial et foncier -
11 Les droits coutumiers.
Abidjan 12 Introduction.
14 Caractéristiques du site.
16 Densités.
18 Donnees sociologiques sur les immigrants récents,
a

20 Plans d'urbanisme :
20 Un peu d'histoire - 22 Les précédents plans d'urbanisme, 7952
et 1960 - 26 Les enquêtes de 1962 à 1967 - 28 Le plan
d'aménagement 1969. - 35 Etude de /bssainissement. - 35 Etude
des circulations.
37 Infrastructures :
37 Grands axes et ouvrages d'art - 42 Le port d'Abidjan et son hinter-
land - 44 Aéroport d'Abidjan - 46 Zones industrielles.
48 Quelques équipements urSains :
48 Une Université prévue pour 12 O00 étudimts en 1975 - 50 Centre
Hospitalier Universitaire - 51 Hôpital de Treichville - 52 Equi-
pements commerciaux - 54 Espaces verts - 56 Loisirs.
58 Services publics :
58 Mairie dAbidjan - 58 Alimentation en eau - 59 Electricité
_-60 Hygiène Publique - 60 Transports.
62 Etude des quartiers :
62 Le Plateau - 74 Le sud des Deux Ponts - 80 COCOdy -
83 Riviéra - 86 Plateau du Banco - 88 Plateau d'Abobo.
89 L'Habitat à Abidjan :
89 Quitte ou double :les chances de l'agglomération abidjanaise - 94
Les Sociétés immobilières.
Cete d'lvoirehl05 L'effort d'urbanisation.
105 Villes de l'intérieur. - 111 Habitat rural.
115 Aménagement régional :
115 Méthodes d'approche - 118 Deux grands projets : San Pedro et
Kossou - 125 Les incidences régionales.
1 26 Développement touristique.

3 8 e ANNEE (1969) No 1 7 1 /I12 XIX Informations Q X X l V Cinquante ans... taper sur le clou, par Jean Royer.
R é g i s s e u r de la P u b l i c i t é :
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62, rue Ampère - Paris-17" Phuios AURA, Biauijcautl. C;trval. Cultnar Du1irar. Fadeuillie, GALT. Gross. Minisrère de I'lnlormation. Normand.
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Comitb d e Rédaction : C h a r l e s D E L F A N T E , J e a n O U M I N Y , C h a r l e s G R O S S E T - G R A N G E , M a r c e l L A T H U I L L I E R E . G é r a r d P E R P E R E ,
Maurice-Francois ROUGE
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R. C. Seine 57 I3 7017 - C.C.P. Paris 7490-48 - L'abonnement ( 6 numéros) : France 100 F., Etranger 110 F. - Prix de ce numéro : 40 F.

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