Cours d'Algèbre 1ère Année
Cours d'Algèbre 1ère Année
COURS
2017-2018
Table des matières
1.1.1 Assertions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.1.3 Diérence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.1.6 Cardinal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1
3 les applications 25
3.0.4 Dénitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3.1.2 Bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
4.1.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.1.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5.2.1 Argument . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
6.1.1 Addition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
2
6.1.2 Multiplier un polynôme par un scalaire . . . . . . . . . . . . . . . 45
7 Les matrices 55
7.1 Rappels et notions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
7.2.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
7.2.3 remarques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
7.2.9 La transposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
7.2.10 La trace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
7.3.1 Dénition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
7.3.2 Exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
7.3.3 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3
7.4.1 Matrices 2×2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4
0.1 Avant Propos
Ce polycopié est un document de base dans le module d'algèbre destiné aux étudiants
de premières années école supèrieur d'économie. Il peut aussi être utilement utilisé par
les étudiants d'autres paliers aussi bien en sciences et sciences et techniques que ceux de
Biologie ou autre.
Cette polycopie est un peu les mathématiques générales .Il sera composé de 7 cha-
pitres : Les éléments de logiques ;les ensembles et les relations binaires ;les applications
linéaires ;les structures algèbriques ;les nombres complexes ;les polynomes et les fractions
rationnelles et Le dernier chapitre est le calcul matriciel. Toutes les remarques et com-
mentaires sont les bienvenus de la part des étudiants ainsi que de la part d'enseignants ou
de la version nale.
Pr. Ch chellali
5
Chapitre 1
1.1 Logique
1.1.1 Assertions
Une assertion est une phrase soit vraie, soit fausse, pas les deux en même temps.
2+2=4
2×3=7
Pour tout x ∈ R; x2 ≥ 0.
Si la proposition est vraie on lui aecte la valeur 1 ou "V",si elle est fausse on lui aecte
la valeur 0 ou "F". ces deux valeurs sont appellées valeurs de vérité de la [Link] les
places dans un tableau qui s'appelle la table de vérité .On note généralement la proposition
logique par P ou Q.
fausse si P est vraie ;et vraie si P est [Link] table de vérité est présentée comme suit
p p
1 0
0 1
6
ou bien
P V F
non P F V
universel "All" (A renversée ) Le symbole ∃ qui signie "il existe" représente le quanti-
∀n ∈ N, n + 2 ∈ N.
2. la somme de deux nombres positifs quelconques est un nombre positif se traduit par
∀a ≥ 0, ∀b ≥ 0, a + b ≥ 0
3. le carré de n'importe quel nombre réel est un nombre positif se traduit par
∀x ∈ R, x2 ≥ 0
4. "tout nombre réel positif est le carré d'un nombre réel se traduit par
∀x ∈ R+ , ∃y ∈ R; x2 = y
7
En eet la négation de x2 ≥ 1 est non(x
2
≥ 1) mais s'écrit plus simplement x2 < 1.
L'ordre des quanticateurs est très important. Par exemple les deux phrases logiques
L'équivalence ⇐⇒
L'équivalence notée par : P ⇐⇒ Q
On dira P est équivalent à Q ou P équivaut à Q ou P si et seulement si Q. Cette
assertion est vraie lorsque P et Q sont vraies ou lorsque P et Q sont fausses i-e : si elles
P \Q V F
V V F
F F V
Exemples :
8
p q p et q
1 1 1
1 0 0
0 1 0
0 0 0
P \Q V F
V V F
F F F
2. 3 × 2 = 9 ∧ 2 × 6 = 12 proposition fausse.
La disjonction
La disjonction de deux propositions P et Q est la proposition notée P ∨Q
P ∨Q qui est vraie dès que l'une au moins des deux propositions est vraie.
p q p ou q
1 1 1
1 0 1
0 1 1
0 0 0
P \Q V F
V V V
F V F
2. 3 × 2 = 9 ∨ 2 × 6 = 12 proposition vraie.
9
Proposition 1.1.1. Lois de Morgan Soient P et Q deux propositions logiques ; alors :
P ∧ Q ⇐⇒ P ∨ Q
P ∨ Q ⇐⇒ P ∧ Q
preuve.
p q p q p∨q p∧q
1 1 0 0 0 0
0 0 1 1 1 1
1 0 0 1 0 0
0 1 1 0 0 0
Denition 1.1.2. Si p et q sont deux propositions, alors l'implication si p alors q est une
proposition qui est vraie si p est fausse, ou bien si p et q sont simultanément vraies. Cette
Proposition 1.1.2.
P =⇒ Q ⇐⇒ P ∨ Q
P \Q 1 0
1 1 0
0 1 1
preuve.
Proposition 1.1.3. Etant donnée deux propositions logiques P et Q,alors ;
P =⇒ Q ⇐⇒ Q ∨ P
preuve.
p q p p =⇒ q p∨q
1 1 0 1 1
0 0 1 1 1
1 0 0 0 0
0 1 1 1 1
10
Denition 1.1.3. Soient P et Q deux propositions logiques ,alors
1. (O ∨ P ) ∨ Q = O ∨ (P ∨ Q)
2. (O ∧ P ) ∨ Q = O ∧ (P ∧ Q)
11
1.2 Types de raisonnement
Dans notre programme on s'intresse de 5 types de raisonnement
Solution 1.2.1. Prenons a∈Q et b∈Q ,rappelons que les rationnels sont les nombres
p ∗ p p0
s'écrivant q avec p ∈ Z et q ∈ N , alors :a = q pour certain p et q ,de même b= q0
donc
0 0
a + b = pq qq+qp
0 = p”
q”
∗
avec p” ∈ Z et q” ∈ N .Ainsi a + b ∈ Q
montre l'assertion pour les x dans une partie A de E ,puis pour les x n'appartenant pas
∀x ∈ R, |x − 1| ≤ x2 − x + 1
P =⇒ Q ⇐⇒ Q =⇒ P
12
Solution 1.2.3. Nous supposons que n est impair et on montre que n2 est impair ,donc
∃k ∈ N, n = 2k + 1
Alors :
n2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1 = 2l + 1
suppose à la fois que P est vraie et Q est fausse et on cherche une contraduction, ainsi si
Exemple 8. Soit
a b
a, b ≥ 0; montrer que si =
1+b 1+a
Solution 1.2.4. Nous raisonnons par l'absurde : supposons que
a b
= eta 6= b
1+b 1+a
a b
Comme 1+b = 1+a
alors :a(1 + a) = b(1 + b) donc a + a2 = b + b 2 d'ou a2 − b 2 = b − a
cela conduit à (a − b)(a + b) = −(a − b) comme a 6= b alors :on peut diviser par a−b
on obtient a + b = −1 la somme des deux nombres positifs ne peut pas ètre né[Link]
E il faut montrer que P (x) est vraie .Par contre pour montrer que cette assertion est
fausse alors il sut de trouver x∈E telque P (x) soit [Link] x c'est trouver un
contre exemple.
Exemple 9. Tout entier positif est somme de trois carrées non nuls.
Solution 1.2.5. L'assertion est fausse contre exemple :7 on ne peut pas l'écrire comme
13
l'initialisation on prouveP (0) ,pour l'étape de l'hérédité ;on suppose n≥0 donné avec
Solution 1.2.6. Pour n = 0; 20 = 1 > 0 supposons que P (n) est vraie et montrons que
n+1
P (n + 1) est vraie . On a :2 = 2n + 2n > n + 2n > n + 1 > n Donc ∀n ∈ N, 2n > n
1.3 Exercices
Soient les quatre assertions suivantes :
vraie. Étant donné x∈R il existe toujours un y∈R tel que x + y ≤ 0, par exemple
est ∃x ∈ R ∃y ∈ R x + y ≤ 0.
4. (d) est vraie, on peut prendre x = −1. La négation est : ∀x ∈ R ∃y ∈ R y 2 ≤ x.
Soit f une application de R dans R. Nier, de la manière la plus précise possible, les
14
Correction. 1. Cette assertion se décompose de la manière suivante : ( Pour tout
x ∈ R) (f (x) ≤ 1). La négation de ( Pour tout x ∈ R)" est Il existe x ∈ R" et
la négation de (f (x) ≤ 1)" est f (x) > 1. Donc la négation de l'assertion complète
de la première partie est : (il existe un couple de réels (x1 , x2 ))" et la négation de la
deuxième partie est : (x1 ≤ x2 et f (x1 ) > f (x2 ))". Donc la négation de l'assertion
complète est : Il existe x1 ∈ R et x2 ∈ R tels que x1 ≤ x2 et f (x1 ) > f (x2 )".
3. La négation est : l'application f n'est pas croissante ou n'est pas positive. On a déjà
positive" : il existe x ∈ R, f (x) < 0". Donc la négation de l'assertion complète
seconde est :(f (x) > 0)". Donc la négation de l'assertion complète est : Pour tout
+
x∈R , f (x) > 0".
5. Cette assertion se décompose de la manière suivante : (∃x ∈ R)(∀y ∈ R)(x < y ⇒
f (x) > f (y))". La négation de la première partie est (∀x ∈ R), celle de la seconde
est (∃y ∈ R), et celle de la troisième est (x < y et f (x) ≤ f (y)). Donc la négation
expressions suivantes :
1. f est majorée ;
2. f est bornée ;
3. f est paire ;
4. f est impaire ;
5. f ne s'annule jamais ;
6. f est périodique ;
15
7. f est croissante ;
Correction. 1. ∃M ∈ R ∀x ∈ R, f (x) ≤ M ;
2. ∃M ∈ R , ∃m ∈ R , ∀x ∈ R m ≤ f (x) ≤ M ;
3. ∀x ∈ R, f (x) = f (−x) ;
4. ∀x ∈ R, f (x) = −f (−x) ;
5. ∀x ∈ R, f (x) 6= 0 ;
6. ∃a ∈ R∗ ∀x ∈ Rf (x + a) = f (x) ;
7. ∀(x, y) ∈ R2 , (x ≤ y ⇒ f (x) ≤ f (y)) ;
8. ∀(x, y) ∈ R2 , (x ≤ y ⇒ f (x) > f (y)) ;
9. ∃x ∈ R , f (x) 6= 0 ;
10. ∀(x, y) ∈ R2 , (x 6= y ⇒ f (x) 6= f (y)) ;
11. ∀n ∈ N , ∃x ∈ R f (x) = n ;
12. ∀x ∈ R, f (x) ≤ g(x) ;
13. ∃x ∈ R, f (x) > g(x).
Montrer par disjonction des cas que pour tout n ,n(n + 1) est un entier pair
Tous les entiers peuvent se séparer en deux parties : les pairs et les impairs . On va donc
Montrer :
n
X n(n + 1)
k= ∀n ∈ N∗ .
k=1
2
16
Correction. Rédigeons la deuxième égalité. Soit An , n ∈ N∗ l'assertion suivante :
n
X n(n + 1)(2n + 1)
(An ) k2 = .
k=1
6
n+1
X n
X
2
k = k 2 + (n + 1)2
k=1 k=1
n(n + 1)(2n + 1)
= + (n + 1)2
6
n(n + 1)(2n + 1) + 6(n + 1)2
=
6
(n + 1)(n(2n + 1) + 6(n + 1))
=
6
(n + 1)(n + 2)(2(n + 1) + 1)
=
6
rence :
(Hn ) : xn > 3.
∀n ∈ N Hn ⇒ Hn+1
17
et comme H0 est vraie alors Hn est vraie quelque soit n. Ce qui termine la dé-
monstration.
3 2xn 2 − 3 3 1 xn 2 + 3xn + 12
xn+1 − 3 − (xn − 3) = − (xn − 3) =
2 xn + 2 2 2 xn + 2
1. (x = 1) ∨ (x = −1)
2. (x ≥ −2) ∧ (x < 1)
3. 0≤x≤1
4. (x = 0) ∨ (x2 = 1 ∧ x ≥ 0)
5. (3 ≤ x ≤ 7) =⇒ (10 ≤ x ≤ 17)
18
Chapitre 2
2.1 Ensemble
Denition 2.1.1. On appelle ensemble E toute colletion d'objets appelés éléments de
l'ensemble E ,si le nombre de ces objets est ni on l'appelle cardinal de E et on le note
CardE
à 1.
et un ensemble.
que l'ensemble est donné par Extension, ou bien on connait seulement les relations
qui lient les éléments et qui nous permettent de les retrouver tous, on dit alors que
19
2.1.2 Opérations sur les ensembles
Inclusion, union, intersection, complémentaire
1. L'inclusion On dit qu'un ensemble A est inclus dans un ensemble B, ou que A est
A⊂ B ⇐⇒ ∀x(x ∈ A =⇒ x ∈ B)
P (A) = {∅, {1}, {α}, {2}, {1, α}, {1, 2}, {α, 2}, A}
A = B ⇐⇒ ∀x(x ∈ A ⇐⇒ x ∈ B)
3. Complémentaire. Si A ⊂ E,
{E A = x ∈ E | x ∈
/A
4. Union. Pour A, B ⊂ E ,
A ∪B = x ∈ E | x ∈ A ou x∈B
20
Proposition 2.1.1. Soit A un ensemble, alors ∅ ∈ P (A) et A ∈ P (A).
2.1.3 Diérence
La diérence de deux sous-ensembles F et G de E, c'est l'ensemble des éléments de F
qui n'appartiennent pas à G,
F\G = {x ∈ E | ((x ∈ F ) ∧ (x ∈
/ G))} = F ∩ CE G.
F∆G = (F \ G) ∪ (G \ F ) = (F ∪ G) \ (F ∩ G)
Exemple 16. Soit F ⊂Z l'ensemble des entiers divisibles par 2 et G⊂Z l'ensemble des
entiers divisibles par 3. Alors F ∆G est l'ensemble des entiers divisibles par 2 ou 3 mais
pas par 6, F ∆G = {. . . , −9, −8, −4, −3, −2, 0, 2, 3, 4, 8, 9, 14, 15, . . .}.
21
2.1.6 Cardinal
Dénition 2.1.1. Soit E Un ensemble ; le nombre d'éléments de E est noté E = n. cet
entier n est unique et s'appelle le cardinal de E (ou le nombre d'éléments) et est noté
CardE .
1. Si A est un ensemble ni et B⊂A alors B est aussi un ensemble ni et CardB ≤
CardA.
2. Si A, B sont des ensembles nis disjoints (c'est-à-dire A ∩ B = ∅) alors
A ∪ B = A ∪ B \ (A ∩ B)
Card(A ∪ B) = CardA + Card B \ (A ∩ B) = CardA + CardB − Card(A ∩ B)
E × F = {(x, y}, x ∈ E ∧ y ∈ F }
Exemple.
1. Vous connaissez R2 = R × R = (x, y) | x, y ∈ R .
2. Autre exemple [0, 1] × R = (x, y) | 0 ≤ x ≤ 1, y ∈ R
22
3. [0, 1] × [0, 1] × [0, 1] = (x, y, z) | 0 ≤ x, y, z ≤ 1
entre eux certains elements de cet ensemble. Plus proprement, une relation binaire R sur
un ensemble E est d'énie par une partie G de E × E. Si (x, y) ∈ G on dit que x est en
1. réexive si ∀x ∈ E, xRx
2. transitive si ∀x, y, z ∈ E, (xRy etyRz) =⇒ xRz
3. symétrique si ∀x, y ∈ E, (xRy) =⇒ (yRx)
4. antisymétrique si ∀x, y ∈ E, (xRy etyRx) =⇒ x = y
∀x, y ∈ R; xRy ⇐⇒ x2 − 1 = y 2 − 1
Solution 2.2.1. Pour qur R soit une relation d'équivalence ; il faut montrer qu'elle soit
23
2.2.2 Relations d'ordre
Denition 2.2.2. Une relation binaire R sur un ensemble E qui est réexive, transitive
et antisymétrique est appelée relation d'ordre sur E. Deux elements xet y d'un ensemble
E muni d'une relation d'ordre R sont dits comparables si xRy ou yRx. Si tous les éléments
de E sont deux á deux comparables la relation d'ordre est dite totale.C'est l'ordre n'est
pas totale alors on dit que c'est une reletion d'ordre partielle.
Exemple 19. 1. la relation d'ordre usuelle≤ ou ≥ sur R (ou sur Q) est une relation
d'ordre totale.
2. la relation d'inclusion entre parties d'un ensemble E est une relation d'ordre partielle.
∀A, B ∈ P(E) (A ∩ B = A ∪ B) =⇒ A = B
1. Tout d'abord de façon directe". Nous supposons que A et B sont deux parties de E
telles que A ∩ B = A ∪ B. Nous devons montrer que A = B.
Pour cela étant donné x∈A montrons qu'il est aussi dans B. Comme x∈A alors
élément de A est dans B et tout élément de B est dans A. Cela veut dire A = B.
2. Ensuite, nous pouvons démontrer par contraposition. Nous supposons que A 6= B et
x∈A∪B mais x∈
/ A ∩ B. Donc A ∩ B 6= A ∪ B .
Correction. étant donné x ∈ C montrons qu'il est aussi dans B . Si x ∈ C alors x ∈ A∪C
et puisque A∪C ⊂ A∪B donc x ∈ A∪B On a :x ∈ A∪C et x ∈ A∪B alors x∈A ou
bien x ∈ B, Si x∈A alors x ∈ A∩C et puisque A∩C ⊂ A∩B donc x ∈ A∩B ainsi
x∈B .
24
Chapitre 3
les applications
3.0.4 Dénitions
1. une application est une relation entre deux ensembles pour laquelle chaque élément
second (l'ensemble d'arrivée ou but). Le terme est concurrencé par celui de fonction,
bien que celui-ci désigne parfois plus spéciquement les applications dont le but est un
ensemble de nombres et parfois, englobe plus largement les relations pour lesquelles
d'arrivée
Nous représenterons les applications par deux types d'illustrations : les ensembles
patates , l'ensemble de départ (et celui d'arrivée) est schématisé par un ovale ses
éléments par des points. L'association x 7→ f (x) est représentée par une èche.
L'autre représentation est celle des fonctions continues de R dans R (ou des sous-
ensembles de R).
L'ensemble de départ R est représenté par l'axe des abscisses et celui d'arrivée par
l'axe des ordonnées. L'association x 7→ f (x) est représentée par le point (x, f (x)).
2. Égalité. Deux applications f, g : E → F sont égales si et seulement si pour tout x ∈ E,
f (x) = g(x). On note alorsf = g.
n o
3. Le graphe de f : E → F est Γf = x, f (x) ∈ E × F | x ∈ E
4. Composition. Soient f :E→F et g:F →G alors g◦f : E → G est l'application
dénie par g ◦ f (x) = g f (x) .
5. Antécédents Fixons y ∈ F. Tout élément x∈E tel que f (x) = y est un antécédent de
y.
En termes d'image réciproque l'ensemble des antécédents de y est f −1 ({y}).
25
Exemple 20. 1. L'identité, IdE : E → E est simplement dénie par x 7→ x et sera très
2. Dénissons f, g ainsi
1
−1
1 x 1−x
g ◦ f (x) = g f (x) = g = 1 = = −g(x).
x x
+1 1+x
f(A) = f(x) |x∈A
−1
f (B) = x ∈ E | f (x) ∈ B
26
Denition 3.1.1. f est injective si pour tout x, x0 ∈ E avec f (x) = f (x0 ) alors x = x0 .
Autrement dit :
Denition 3.1.2. f est surjective si pour tout y ∈ F, il existe x∈E tel que y = f (x).
Autrement dit :
∀y ∈ F ∃x ∈ E y = f (x)
Remarque. Une autre façon de formuler l'injectivité et la surjectivité est d'utiliser les
antécédents.
éventuellement aucun).
Par contre f1 n'est pas surjective. Il s'agit de trouver un élément y qui n'a pas d'an-
técédent par f1 . Par exemple y=2 n'a pas d'antécédent. Ainsi f1 n'est pas surjective.
2. Soit f2 : Z → N dénie par f2 (x) = x2 . Alors f2 n'est pas injective. En eet on peut
0
trouver deux éléments x, x ∈ diérents tels que f2 (x) = f2 (x0 ). Il sut de prendre
antécédent. Par exemple y=3 : si y=3 avait un antécédent x par f2 , nous aurions
2
√
f2 (x) = y , c'est-à-dire x = 3, d'où x = ± 3. Mais alors x n'est pas un entier de Z.
Donc y=3 n'a pas d'antécédent et f2 n'est pas surjective.
3.1.2 Bijection
Denition 3.1.3. f est bijective si elle injective et surjective. Cela équivaut à : pour
tout y∈F il existe un unique x∈E tel que y = f (x). Autrement dit : ∀y ∈ F ∃!x ∈
E y = f (x)
bijective donc elle est inversible i-e : il existe une application g:F →E telle que f ◦ g =F
et g ◦ f =E . g est l'application inverse de f et vice versa.
27
Denition 3.1.5.
Proposition 3.1.1.
Si f est inversible alors l'application g
est unique et elle aussi est bijective. L'application
−1 −1 −1
g s'appelle aussi la bijection réciproque de f et est notée f . De plus (f ) = f.
∀y ∈ F f g(y) = y.
∀x ∈ E g f (x) = x.
Exemple 22. f : R →]0, +∞[ dénie par f (x) = exp(x) est bijective, sa bijection ré-
ciproque est g :]0, +∞[→ R dénie par g(y) = ln(y). Nous avons bien exp ln(y) = y ,
pour tout y ∈]0, +∞[ et ln exp(x) = x, pour tout x ∈.
28
Chapitre 4
Denition 4.0.6. Soit E un ensemble. Une loi de composition interne (LCI) sur E est
2. Le produit sur N, Z, Q, R .
∃e ∈ E, ∀a ∈ E; e ∗ a = a
respectivement(∃e ∈ E, ∀a ∈ E; a ∗ e = a)
neutres respectifs ∅, F, ∅.
associative (et admet un élément neutre) et si x admet un symétrique pour ∗, celui-ci est
unique.
29
4.1 Groupe
4.1.1 Dénition
Denition 4.1.1. Un groupe (G, ?) est un ensemble G auquel est associé une opération
pour tout x, y ∈ G, x ? y = y ? x,
L'élément neutre e est unique. En eet si e0 vérie aussi le point (3), alors on a e0 ? e = e
(car e est élément neutre) et e0 ? e = e0 (car e0 aussi). Donc e = e0 . Remarquez aussi que
l'inverse de l'élément neutre est lui-même.
Un élément x∈G ne possède qu'un seul inverse. En eet si x0 et x00 vérient tous les
00 0 00 0
deux le point (4) alors on a x?x = e donc x ? (x ? x ) = x ? e. Par l'associativité
(2) et la propriété de l'élément neutre (3) alors (x0 ? x) ? x00 = x0 . Mais x0 ? x = e donc
4.1.2 Exemples
1. (R∗ , ×) est un groupe commutatif, × est la multiplication habituelle. En eet :
(a) Si x, y ∈ R∗ alors x × y ∈ R∗ .
(b) Pour tout x, y, z ∈ R∗ alors x × (y × z) = (x × y) × z , c'est l'associativité de la
30
(e) Enn x × y = y × x, c'est la commutativité de la multiplication des réels.
Denition 4.1.4. (Caractérisation d'un sous groupe) Soient (G, ∗) un groupe et H une
H = {(x, y) ∈ R2 , 2x + y = 0}
(x, y) − (x0 , y 0 ) = (x − x0 , y − y 0 ) ∈ H
En eet 2(x − x0 ) + (y − y 0 ) = 0
3. Pour tout ensemble G ;l'ensemble {e} et G tout entier sont des sous groupes de G.
4. Tout sous groupe d'un groupe abélien est un groupe abélien.
Hommomorphisme de groupe
Soient (G; ∗) et (G0 ; ◦) deux groupes ; et soit f une application de (G; ∗) vers (G0 ; ◦) est
31
Si f bijective,on dit que f est un isomorphisme
Si G = G0 on dit que f endomorphisme ,si de plus f bijecive on dit que f est un auto-
morphisme.
Exemple 26.
f : (R, +) −→ (R∗ , ×).
x 7→ exp(x)
Anneaux
Soit A un ensemble non vide ayant au moins deux éléments muni de deux lois de compo-
(a, b) ⊕ (a0 , b0 ) = (a + a0 , b + b0 )
Corps
Soit (K, +, ×) un anneau. (K, +, ×) est un corps si et seulement si tout élément non
nul de K admet un inverse (pour ×) dans K. Si × est commutative, le corps est dit
commutatif.
32
Exemple 28. (Q, +, ×), (R, +, ) sont des corps commutatifs.
33
Chapitre 5
5.0.4 Dénition
Denition 5.0.5. Un nombre complexe est un couple (a, b) ∈ R2 que l'on notera a + ib
2
avec i = −1
Cela revient à identier 1 avec le vecteur (1, 0) de R2 , et i avec le vecteur (0, 1). On note C
l'ensemble des nombres complexes. Si b = 0, alors z=a est situé sur l'axe des abscisses,
que l'on identie à R. Dans ce cas on dira que z est réel, et si b 6= 0 et a = 0, z est dit
imaginaire est nulle. Un nombre complexe est nul si et et seulement si sa partie réelle et
suivantes :
34
5.0.7 L'opposé et l'inverse d'un nombre complexe
L'opposé de z = a + ib est −z = (−a) + i(−b) = −a − ib.
La multiplication par un scalaire λ ∈ R : λ · z = (λa) + i(λb).
L'inverse : si z 6= 0, il existe un unique z0 ∈ C tel que zz 0 = 1 (où 1 = 1 + i × 0).T ” T n −
T n T ” ≥A 0
Pour la preuve et le calcul on écrit z = a + ib puis on cherche z 0 = a0 + ib0 tel que
(
aa0 − bb0 = 1 (L1 )
ab0 + ba0 = 0 (L2 )
En écrivant aL1 + bL2 (on multiplie la ligne (L1 ) par a, la ligne (L2 ) par b et on
( (
a0 (a2 + b2 ) = a a0 = a
a2 +b2
donc
b0 (a2 + b2 ) = −b b0 = b
− a2 +b 2
1
L'inverse de z, noté z , est donc
1 a −b a − ib
z0 = = 2 2
+i 2 2
= 2 .
z a +b a +b a + b2
z 1
La division : z 0 est le nombre complexe z × z0
.
2 n
Puissances : z = z × z , z = z × · · · × z (n fois, n ∈ N). Par convention z0 = 1 et
n
z −n = z1 = z1n .
z + z 0 = z̄ + z 0 , z̄ = z , zz 0 = z̄z 0
z = z̄ ⇐⇒ z ∈R
35
|z| = 0 ⇐⇒ z = 0
|z + z 0 |2 = (z + z 0 ) (z + z 0 )
= z z̄ + z 0 z 0 + zz 0 + z 0 z̄
= |z|2 + |z 0 |2 + 2<(z 0 z̄)
≤ |z|2 + |z 0 |2 + 2|z 0 z̄|
≤ |z|2 + |z 0 |2 + 2|zz 0 |
≤ (|z| + |z 0 |)2
Proposition 5.1.1. Soit z un nombre complexe, alors z admet deux racines carrées, ω
et −ω .
Si z 6= 0 ces deux racines carrées sont distinctes. Si z = 0 alors ω = 0 est une racine
double.
ω 2 = z ⇐⇒ (x + iy)2 = a + ib
(
x2 − y 2 = a en identiant parties réelles
⇐⇒
2xy = b et parties imaginaires.
Petite astuce ici : nous rajoutons l'équation |ω|2 = |z| (qui se déduit bien sûr de ω 2 = z ) qui
36
√
s'écrit aussi x2 + y 2 = a2 + b 2 . Nous obtenons des systèmes équivalents aux précédents :
√ p√
2 2 2 = 2 + b2 + a x = ± √1 a2 + b2 + a
x −y =a 2x a
2p
√ √
2xy = b ⇐⇒ 2y 2 = a2 + b2 − a ⇐⇒ y = ± √12 a2 + b2 − a
x2 + y 2 = √a2 + b2
2xy = b
2xy = b
Discutons suivant le signe du réel b. Si b > 0, x et y sont de même signe ou nuls (car
2xy = b ≥ 0) donc
√ √
q q
1
ω = ±√ a2 + b2 +a+i 2 2
a +b −a ,
2
et si b60
√ √
q q
1
ω = ±√ a2 + b2 +a−i a2 + b2 −a .
2
√
En particulier si b = 0 le résultat dépend du signe de a, si a > 0, a2 = a et par
√ √ √ p
conséquent ω = ± a, tandis que si a < 0, a2 = −a et donc ω = ±i −a = ±i |a|.
√ √
Exemple 29. Les racines carrées de i sont + 2
2
(1 + i) et − 2
2
(1 + i).
En eet :
ω 2 = i ⇐⇒ (x + iy)2 = i
(
x2 − y 2 = 0
⇐⇒
2xy = 1
2 2 2 √1
x −y =0 2x = 1 x=± 2
2xy = 1 ⇐⇒ 2y 2 = 1 ⇐⇒ y = ± √12
x2 + y 2 = 1
2xy = 1
2xy = 1
Les réels x et y sont donc de même signe, nous trouvons bien deux solutions :
1 1 1 1
x + iy = √ + i √ ou x + iy = − √ − i √
2 2 2 2
37
Et si ∆=0 alors la solution z = z1 = z2 = −b/2a est unique (elle est dite double).
√
Exemple 30. z 2 + z + 1 = 0, ∆ = −3, δ = i 3,
les solutions sont √
−1 ± i 3
z=
2
.
√
1−i 2
z2 + z + 4
= 0, ∆ = i, δ = 2
(1 + i),
les solutions sont √ √
2
−1 ± 2
(1 + i) 1 2
z= =− ± (1 + i)
2 2 4
.
On retrouve aussi le résultat bien connu pour le cas des équations à coecients réels :
Corollaire 5.1.1. Si les coecients a, b, c sont réels alors ∆∈R et les solutions sont de
trois types :
b
si ∆ = 0, la racine double est réelle et vaut − ,
√ 2a
−b ± ∆
si ∆ > 0, on a deux solutions réelles ,
2a √
−b ± i −∆
si ∆ < 0, on a deux solutions complexes, mais non réelles, .
2a
preuve. On écrit la factorisation
2 !
2
b c b b c
az 2 + bz + c = a z2 + z + =a z+ − 2+
a a 2a 4a a
2 ! 2 !
δ2
b ∆ b
= a z+ − 2 =a z+ − 2
2a 4a 2a 4a
b δ b δ
= a z+ − z+ +
2a 2a 2a 2a
−b + δ −b − δ
= a z− z− = a (z − z1 ) (z − z2 )
2a 2a
38
En d'autres termes il existe des nombres complexes z1 , . . . , zn (dont certains sont éven-
P (z) = an (z − z1 ) (z − z2 ) · · · (z − zn ) .
sur le cercle unité du plan, et son abscisse x est notée cos θ, son ordonnée y est sin θ, où
θ est (une mesure de) l'angle entre l'axe réel et z. Plus généralement, si z 6= 0, z/|z| est
preuve.
donc arg (zz 0 ) ≡ arg(z) + arg (z 0 ) (mod 2π). On en déduit les deux autres propriétés, dont
la deuxième par récurrence.
39
5.2.2 Formule de Moivre, notation exponentielle
La formule de Moivre est :
cette preuve est hors programme mais on vas le faire comme même
Nous dénissons la notation exponentielle par eiθ = cos θ + i sin θ et donc tout nombre
iθ
complexe s'écrit z = ρe où ρ = |z| est le module et θ = arg(z) est un argument.
0
Avec la notation exponentielle, on peut écrire pour z = ρeiθ et z 0 = ρ0 eiθ
0 0
zz 0 = ρρ0 eiθ eiθ = ρρ0 ei(θ+θ )
z n = ρeiθ n = ρn eiθ n = ρn einθ
iθ
1 −iθ
1/z = 1/ ρe = ρe
−iθ
z̄ = ρe
n
La formule de Moivre se réduit à l'égalité : eiθ = einθ .
0
Et nous avons aussi : ρeiθ = ρ0 eiθ (avec ρ, ρ0 > 0) si et seulement si ρ = ρ0 et θ ≡ θ0
(mod 2π).
ωn = z.
iθ+2ikπ
ωk = ρ1/n e n , k = 0, 1, . . . , n − 1
40
preuve. Écrivons z = ρeiθ et cherchons ω sous la forme ω = reit tel que z = ωn.
it n
Nous obtenons donc ρeiθ = ω n
= (re ) = rn eint . Prenons tout d'abord le module :
iθ n int n 1/n
ρ = ρe = |r e | = r et donc r = ρ (il s'agit ici de nombres réels). Pour les
arguments nous avons eint = eiθ et donc nt ≡ θ (mod 2π) (n'oubliez surtout pas le modulo
θ 2kπ
2π !). Ainsi on résout nt = θ + 2kπ (pour k ∈ Z) et donc t= n
+ n
. Les solutions de
iθ+2ikπ
l'équation ωn = z sont donc les ωk = ρ1/n e n . Mais en fait il n'y a que n solutions
Par exemple pour z = 1, on obtient les n racines n-ièmes de l'unité e2ikπ/n , k = 0, . . . , n−1
qui forment un groupe multiplicatif.
Linéarisation. On exprime cosn θ ou sinn θ en fonction des cos kθ et sin kθ pour k allant
de 0 à n.
n
eiθ −e−iθ
Méthode : avec la formule d'Euler on écrit sinn θ = 2i
. On développe à l'aide du
Exemple 31.
3
eiθ − e−iθ
3
sin θ =
2i
1
(eiθ )3 − 3(eiθ )2 e−iθ + 3eiθ (e−iθ )2 − (e−iθ )3
=
−8i
1
e3iθ − 3eiθ + 3e−iθ − e−3iθ
=
−8i
1 e3iθ − e−3iθ eiθ − e−iθ
= − −3
4 2i 2i
sin 3θ 3 sin θ
= − +
4 4
41
5.3.1 Équation complexe d'une droite
Soit
ax + by = c
l'équation réelle d'une droite D : a, b, c sont des nombres réels (a et b n'étant pas tous les
2
deux nuls) d'inconnues (x, y) ∈ R .
Écrivons z = x + iy ∈ C, alors
z + z̄ z − z̄
x= , y= ,
2 2i
donc D a aussi pour équation a(z + z̄) − ib(z − z̄) = 2c ou encore (a − ib)z + (a + ib)z̄ = 2c.
Posons ω = a + ib ∈ C∗ et k = 2c ∈ R alors l'équation complexe d'une droite est :
ω̄z + ωz̄ = k où ω ∈ C∗ et k ∈ R.
42
|z−a|
tion |z−b| = k.
|z − a|
= k ⇐⇒ |z − a|2 = k 2 |z − b|2
|z − b|
⇐⇒ (z − a)(z − a) = k 2 (z − b)(z − b)
⇐⇒ (1 − k 2 )z z̄ − z(ā − k 2 b̄) − z̄(a − k 2 b) + |a|2 − k 2 |b|2 = 0
Donc si k = 1, on pose ω = a−k 2 b et l'équation obtenue z ω̄+z̄ω = |a|2 −k 2 |b|2 est bien celle
d'une droite. Et bien sûr l'ensemble des points qui vérient MA = MB est la médiatrice
a−k2 b −|a|2 +k2 |b|2
de [AB]. Si k 6= 1 on pose ω = 1−k2
alors l'équation obtenue est z z̄−z ω̄− z̄ω = 1−k2
.
−|a|2 +k2 |b|2
C'est l'équation d'un cercle de centre ω et de rayon r satisfaisant r2 − |ω|2 = 1−k2
,
|a−k2 b|2 −|a|2 +k2 |b|2
soit r2 = (1−k2 )2
+ 1−k2
.
43
Chapitre 6
6.0.4 Polynômes
Denition 6.0.1. On désigne par K le corps R ou C ,on appel polynôme toute expression
de la forme P (x) = a0 + a1 x + a2 x2 + a3 x3 ...... + an xn
Un polynôme quelconque s'écrit donc sous la forme
n
X
P (X) = ak X k
k=0
L'ensemble des polynômes à coecients réels est noté R[X]. L'ensemble des polynômes à
coecients complexes est lui noté C[X]. Le polynôme nul est donné par P (x) = 0, ∀X
de degré 0 les polynômes constants : ils sont de la forme P (X) = a0 avec a0 un réel ou un
complexe non nul. On notera Kn [X] l'ensemble des polynômes de degré inférieur ou égale
à n.
Exemple 34. Calculer suivant les valeurs de λ le degré de P avec P (x) = (λ2 + 2λ +
1)X 3 + (λ + 3)X + 5
1. Si λ = −1 , le degré de P égale à 1
2. Si λ = −1et λ = −3 , le degré de P égale à 0
3. Si λ 6= −1et λ 6= −3 , le degré de P égale à 3
44
6.1 Opérations sur les polynômes
6.1.1 Addition
Considérons P (X) = 2X + 1 et Q(X) = 1 + X − X 2
On peut additionner des polynômes
3 × P (X) = (3 · P )(X) = 6X + 3
Proposition 6.1.1.
deg(P + Q) = sup(deg(P ), deg(Q))
deg(P · Q) = deg(P ) + deg(Q)
deg(P ◦ Q) = deg(P ) + deg(Q)
45
A X5 + X4 − X3 + X − 1 X3 + X2 + 2
_________
BQ1 X5 + X4 + 2X 2 X 2 |{z}
|{z} −1
Q1
Exemple 35. A = A − BQ .
Q2
3 2
1 1 − X − 2X + X − 1
BQ2 . − X3 − X2 −2
2
R = A1 − BQ2 . −X +X +1
X 5 + X 4 − X 3 + X − 1 = (X 3 + X 2 + 2)(X 2 − 1) − X 2 + X + 1
multiple de B.
Par contre, vous connaissez les nombres premiers : ce sont les nombres entiers supérieurs
à 2 qui ne sont divisibles que par 1 et eux-mêmes. Nous avons besoin d'une dénition
1. deg(P ) = 1
2. les seuls diviseurs de P sont 1, P, et leurs associés.
Cela revient à dire qu'un polynôme irreductible ne peut pas s'écrire sous la forme P1 · P 2
avec P1 et P2 des polynômes de degré supérieur ou égal à 1.
Exemple 36.
(X-3)
(X-i)
46
Polynômes irreductibles dans R[X]
Les polynomes irréductibles de R[X] sont
Exemple 37. 1. P (X) = X 2 + X + 5 est un polynôme irréductible dans R[X] puisque son
discriminant est négatif.
Denition 6.1.1. Si a est une racine de P, alors X−a divise P, c'est à dire qu'il
P (X) = (X − a) × Q(X).
(X − a)k diviseP
et si
En eet, puisque les seuls polynomes irréductibles de C[x] sont les polynomes de degré
1, tout polynôme non constant de C[x] peut s'écrire comme produit de polynômes de
degré 1 : tout polynôme non constant peut donc s'écrire sous la forme (X − a)Q qui
47
6.2 Division selon les puissances croissantes
Nous verrons dans la section suivante qu'il peut être utile d'écrire un polynôme A sous
la forme
A 1 − 2X + X3 + X4 1 + X + X2
_________
2
BQ1 1+X +X 1 − 3X − 2X 2
A − BQ1 . − 3X − X 2 + X 3 + X 4 Q1 Q2 Q3
BQ2 . − 3X − 3X 2 − 3X 3
A − BQ1 − BQ2 . 2X 2 + 4X 3 + X 4
BQ3 . 2X 2 + 2X 3 + 2X 4
A − BQ1 − BQ2 − BQ3 . 2X 3 − X 4
On a donc A = (1 − 3X + 2X 2 ) B + (2 − X) X 3
| {z } | {z }
S T
48
6.3 Fractions rationnelles
Denition 6.3.1. Une fraction rationnelle est un quotient de deux polynômes. Autre-
ment dit, c'est une fraction dont le numérateur et la dénominateur sont des polynômes.
Le numérateur peut être une constante et les polynômes peuvent être écrits sous diverses
formes.
X 3 −3X+1 (X 3 −3X+1)(X+1)
Par exemple, F (X) = X 2 −1
est une fraction rationnelle ; F (X) = (X 2 −1)(X+1)
est
(le degré du numérateur est plus petit que le degré du dénominateur).E est appellé la
X 5 + X 4 − X 3 + X − 1 = (X 3 + X 2 + 2)(X 2 − 1) − (X 2 − X − 1)
et donc que
X5 + X4 − X3 + X − 1 2 X2 − X − 1
= X − 1 −
X3 + X2 + 2 X3 + X2 + 2
49
En eet, la division euclidienne de A par B s'écrit
c'est à dire
A R R
=Q+ avec deg <0
B B B
, et donc le quotient de la division euclidienne de A par B est bien la partie entière de
A/B .
polynôme qu'on sait intégrer. Pour la partie R/B , qu'on appelle la partie polaire,
ce n'est pas toujours évident d'en trouver une primitive. Pour nous aider, on va la
P bij
E s'appelle la partie entière de et les s'appellent des éléments simples.
Q (X − ai )j
λ(X −a1 )p1 (X −a2 )p2 . . . (X −ak )pk (X 2 +b1 X +c1 )q1 (X 2 +b2 X +c2 )q2 . . . (X 2 +b` X +c` )q` ,
50
où les pi et qi sont des entiers et les ai , bi ,ci et λ des réels tels que b2i − 4ci < 0.
Il existe alors un polynôme E, des éléments dij de R et des polynômes Aij de degré
A1 A2
, ,
x−1 (x − 1)2
• le pôle x = −2 de multiplicité 1 1 élément simple
A3
x+2
B1 x + C1
x2 + x + 1
Soit F (x) = A(x)/B(x) une fraction rationnelle alors F se décompose dans R(X) de
manière unique en somme de tous les éléments simples relatifs à B comme suit :
51
R(x) x3 − 21 x − 7 A1 A2 A3 B1 x + C1
= = + 2
++ +
B(x) (x + 2)(x − 1)(x + x + 1) x − 1 (x − 1) x+2 x+x+1
5 x − 29
F(x) =
(x + 3) (x − 8)
F (x) présente deux pôles simples :−3 et 8 . La forme de sa décomposition est donc :
α β
F(x) = +
x+3 x−8
4 1
F(x) = +
x+3 x−8
38 x + 30 + 2 x3 + 15 x2
F(x) =
(x + 2)3 (x + 1)
α β γ δ
F(x) = 3
+ 2
+ +
(x − 2) (x + 2) x+2 x+1
52
2 h − 2 + 2 h3 + 3 h2
F(h − 2) =
h3 (h − 1)
Je divise le numérateur obtenu par h−1 suivant les puissances croissantes à l'ordre
2 h − 2 + 2 h3 + 3 h2 = (h − 1) (2 − 3 h2 ) + 5 h3
Pour revenir à F (h − 2) je divise les deux membres de cette égalité par h3 (h − 1) ce qui
me donne aussitôt
2 3 5
F(h − 2) = − +
h3 h h − 1
2 3 5
F(x) = 3
− +
(x + 2) x+2 x+1
Autres méthodes
On peut souvent se débrouiller autrement : parité, limite en l'inni, valeurs particulières.
de garder les puissances les plus élevées). Ainsi, on a dans le membre de droite la
somme des coecients qui correspondent à cette puissance, qui permet de déterminer
Exemple : Considérons
x3 − 21 x − 7 A1 A2 A3 B1 x + C1
F (x) = = + 2
+ + 2
(x + 2)(x − 1)(x + x + 1) x − 1 (x − 1) x+2 x +x+1
x4
lim = 0 = A1 + A3 + B1
x5
53
et donc B1 = −A1 − A3 = −2 − 1 = −3
4. Méthode des valeurs particulières
Une autre méthode consiste à simplement prendre des valeurs particulières pour x (dif-
férents des pôles) et ainsi d'avoir un système d'équations qui permettra de déterminer
−7 A3
= −A1 + A2 + + C1
2 2
et donc
7 A3 7 1
C1 = − + A1 − A2 − = − + 2 + 3 − = −4 + 5 = 1
2 2 2 2
Remarque : dans le cas général, il faut ainsi créer un système d'autant d'équations
5. Par identication
La méthode générique qui marche toujours mais qui n'est pas toujours pas la plus rapide,
consiste à réécrire la somme des éléments simples sur le dénominateur commun qui est
(coecients de R(x)) et du membre de droite (les A, B, C multipliés par une partie des
facteurs de B(x)).
Ainsi on obtient un système d'équations linéaires dont la solution donne les coecients
(manquants).
Résumé
Pratique de la décomposition
(b) On détermine les pôles de Q avec leur ordre de multiplicité et on dresse la liste des
R
(c) On écrit la décomposition théorique de Q dans R ou dans C .
(d) On choisit la méthode que l'on va pour trouver les coecients de la décomposition
R
(e) Une fois Q décomposée, en lui ajoutant la partie entière .
54
Chapitre 7
Les matrices
L'ensemble des matrices à n lignes et p colonnes à coecients dans est noté Mn,p ().
Les éléments de Mn,p (R) sont appelés matrices réelles.
Si n = p (même nombre de lignes que de colonnes), la matrice est dite matrice carrée.
On note Mn (K) au lieu de Mn,n (K).
55
a1,1 a1,2 . . . a1,n
a2,1 a2,2 . . . a2,n
. .. .. ..
.. . . .
an,1 an,2 . . . an,n
Une matrice qui n'a qu'une seule ligne (n = 1) est appelée matrice ligne ou vecteur
ligne. On la note
A = a1,1 a1,2 . . . a1,p .
De même, une matrice qui n'a qu'une seule colonne (p = 1) est appelée matrice
a1,1
a2,1
A = . .
..
an,1
La matrice (de taille n × p) dont tous les coecients sont des zéros est appelée la
matrice nulle et est notée 0n,p ou plus simplement 0. Dans le calcul matriciel, la
même taille n × p. Leur somme C =A+B est la matrice de taille n×p dénie par
56
!
−2
Par contre si B0 = alors A + B0 n'est pas dénie.
8
simplement αA).
Exemple 42.
! !
1 2 3 2 4 6
Si A= et α=2 alors αA = .
0 1 0 0 2 0
La matrice (−1)A est l'opposée de A et est notée −A. La diérence A−B est dénie par
A + (−B).
Exemple 43.
! ! !
2 −1 0 −1 4 2 3 −5 −2
Si A= et B= alors A−B = .
4 −5 2 7 −5 3 −3 0 −1
4. (α + β)A = αA + βA,
5. α(A + B) = αA + αB .
preuve. Prouvons le quatrième point. Le terme général de (α + β)A est égal à (α + β)aij .
D'après les règles de calcul dans K, (α+β)aij est égal à αaij +βaij qui est le terme général
de la matrice αA + βA.
57
−6
21
C= 0 3
−3 12
1 1 0 1
D= 0 1 0
2 111
1 2
E = −3 0
−8 6
Denition 7.2.1 (Produit de deux matrices) . Soient A = (aij ) une matrice n×p et
B = (bij ) une matrice p × q. Alors le produit C = AB est une matrice n×q dont les
×
×
←B
×
×
|
|
A→
× × × ×
− − − c
← AB
ij
58
Avec cette disposition, on considère d'abord la ligne de la matrice A située à gauche du
coecient que l'on veut calculer (ligne représentée par des × dans A) et aussi la colonne
de la matrice B située au-dessus du coecient que l'on veut calculer (colonne représentée
par des × dans B ). On calcule le produit du premier coecient de la ligne par le premier
coecient de la colonne (ai1 × b1j ), que l'on ajoute au produit du deuxième coecient de
la ligne par le deuxième coecient de la colonne (ai2 × b2j ), que l'on ajoute au produit du
troisième. . .
7.2.2 Exemples
Exemple 44.
! 1 2
1 2 3
A= B = −1 1
2 3 4
1 1
1 2 1 2 1 2
−1 1 −1 1 −1 1
1 1 1 1 1 1
! ! ! ! ! !
1 2 3 c11 c12 1 2 3 2 c12 1 2 3 2 7
2 3 4 c21 c22 2 3 4 c21 c22 2 3 4 3 11
Remarque. Le produit d'un vecteur ligne par un vecteur colonne si on a deux vecteurs u
et v avec
b
1
b2
u = a1 a2 · · · an v=.
..
bn
Alors u×v est une matrice de taille 1×1 dont l'unique coecient est a1 b1 +a2 b2 +· · ·+an bn .
7.2.3 remarques
Le produit de matrices n'est pas commutatif en général.
59
En eet, il se peut que AB soit déni mais pas BA, ou que AB et BA soient tous deux
dénis mais pas de la même taille. Mais même dans le cas où AB et BA sont dénis et
Exemple 45.
! ! ! ! ! !
5 1 2 0 14 3 2 0 5 1 10 2
= mais = .
3 −2 4 3 −2 −6 4 3 3 −2 29 −2
Exemple 46.
! ! !
0 −1 2 −3 0 0
A= B= et AB = .
0 5 0 0 0 0
Exemple 47.
! ! ! !
0 −1 4 −1 2 5 −5 −4
A= B= C= et AB = AC = .
0 3 5 4 5 4 15 12
rapport à la somme,
3. A·0=0 et 0 · A = 0.
preuve. Posons A = (aij ) ∈ Mn,p (), B = (bij ) ∈ Mp,q () et C = (cij ) ∈ Mq,r (). Prouvons
que A(BC) = (AB)C en montrant que les matrices A(BC) et (AB)C ont les mêmes
coecients.
p
X
Le terme d'indice (i, k) de la matrice AB est xik = ai` b`k . Le terme d'indice (i, j) de
`=1
la matrice (AB)C est donc
q q p
!
X X X
xik ckj = ai` b`k ckj .
k=1 k=1 `=1
60
q
X
Le terme d'indice (`, j) de la matrice BC est y`j = b`k ckj . Le terme d'indice (i, j) de
k=1
la matrice A(BC) est donc
p q
!
X X
ai` b`k ckj .
`=1 k=1
1 0 ... 0
0 1 ... 0
In = . . .
.
.. .. . . ..
0 0 ... 1
Ses éléments diagonaux sont égaux à 1 et tous ses autres éléments sont égaux à 0. Elle
analogue à celui du nombre 1 pour les réels. C'est l'élément neutre pour la multiplication.
En d'autres termes :
In · A = A et A · Ip = A.
Denition 7.2.2. Pour tout A ∈ Mn (K), on dénit les puissances successives de A par
61
1 0 1
Exemple 48.
On cherche à calculer Ap avec A=
0 −1 0.
On calcule A2 , A3 et A4
0 0 2
et on obtient :
1 0 3 1 0 7 1 0 15
2
3
2
4 3
A = 0 1 0
A = A × A = 0 −1 0
A = A × A = 0 1 0
.
0 0 4 0 0 8 0 0 16
L'observation
de ces
premières puissances permet de penser que la formule est : Ap =
1 0 2p − 1
0 (−1)p 0 . Démontrons ce résultat par récurrence.
0 0 2p
Il est vrai pour p = 0 (on trouve l'identité). On le suppose vrai pour un entier p et on va
1 0 2p − 1 1 0 1 1 0 2p+1 − 1
Ap+1 = Ap × A =
0 (−1)
p
0 ×
0 −1 0 = 0 (−1)p+1
0 .
p p+1
0 0 2 0 0 2 0 0 2
seulement que
(A + B)2 = A2 + AB + BA + B 2 .
62
1 1 1 1 0 1 1 1
0 1 2 1
Exemple 49. Soit A = . On pose N = A−I = 0 0 2 1
. La matrice
0 0 1 3 0 0 0 3
0 0 0 1 0 0 0 0
k
N est nilpotente (c'est-à-dire il existe k ∈ tel que N = 0) comme le montrent les calculs
suivants :
0 0 2 4 0 0 0 6
2
0 0 0 6 3
0 0 0 0
N =
N =
et N 4 = 0.
0 0 0 0
0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 0 0
avec toutes les matrices), on peut appliquer la formule du binôme de Newton. On utilise
p 3
p
X p k p−k
X p p(p−1) 2 p(p−1)(p−2) 3
A = N I = N k = I + pN + 2!
N + 3!
N .
k=0
k k=0
k
D'où
1 p p2 p(p2 − p + 1)
p
0 1 2p p(3p − 2)
A =
0 0 1
.
3p
0 0 0 1
Exemple 50. 1.
2 1 0 8 2 5
0 2 −2
Soient A = 6 −4 0 , B = 2 −2 −3 , C =
0 1 0 −3 2 , D = 2
−1
, E =
−5 5
i < j =⇒ aij = 0.
63
Une matrice triangulaire inférieure a la forme suivante :
a11 0 · · · · · · 0
. ..
21 a22 . .
a .
. .. .. .. ..
.. . . . .
. .. ..
..
. . 0
an1 an2 · · · · · · ann
On dit que A est triangulaire supérieure si ses éléments en-dessous de la diagonale sont
i > j =⇒ aij = 0.
a11 a12 . . . . . . . . . a1n
0 a22 . . . . . . . . . a2n
.. . . . . ..
. . . .
.. .. .. ..
. . . .
. ..
.. ..
. . .
. .
0 . . . . . . . . . 0 ann
4 0 0 !
0 −1 0
5 0
1 −2
3 −2 3
1 −11
0 −1 −1
0 0 −1
Une matrice triangulaire supérieure
Une matrice qui est triangulaire inférieure et triangulaire supérieure est dite diagonale.
64
Exemple 52. Exemples de matrices diagonales :
−1 0 0 !
2 0
0 6 0 et
0 3
0 0 0
α1 0 ... ... 0 α1p 0 ... ... 0
α2p
0 α2 0 ... 0 0 0 ... 0
. .. .. .. .. . .. .. .. ..
D = .. . . . . =⇒ Dp = .. . . . .
0 p
... 0 αn−1 0
0
... 0 αn−1 0
p
0 ... ... 0 αn 0 ... ... 0 αn
7.2.9 La transposition
Soit A la matrice de taille n×p
a11 a12 . . . a1p
a21 a22 . . . a2p
A= . .. .
..
.. . .
an1 an2 . . . anp
a11 a21 . . . an1
a12 a22 . . . an2
At = . .. .
..
.. . .
a1p a2p . . . anp
Autrement dit : le coecient à la place (i, j) de At est aji . Ou encore la i-ème ligne de
t t
A devient la i-ème colonne de A (et réciproquement la j -ème colonne de A est la j -ème
ligne de A).
65
Exemple 54. t
1 2 3 −7 1 4
4 5 −6 = 2 5 8
−7 8 9 3 −6 9
t
0 3 ! 1
0 1 −1
1 −5 = (1 −2 5)t =
−2
3 −5 2
−1 2 5
L'opération de transposition obéit aux règles suivantes :
1. (A + B)t = At + B t
2. (αA)t = αAt
3. (At )t = A
4. (AB)t = B t At
7.2.10 La trace
Dans le cas d'une matrice carrée de taille n × n, les éléments a11 , a22 , . . . , ann sont appelés
66
7.2.11 Matrices symétriques
Denition 7.2.4. Une matrice A de taille n×n est symétrique si elle est égale à sa
transposée, c'est-à-dire si
A = At
ou encore si aij = aji pour tout i, j = 1, . . . , n. Les coecients sont donc symétriques par
rapport à la diagonale.
! −1 0 5
0 2
0 2 −1
2 4
5 −1 0
At = −A,
Exemple 57.
! 0 4 2
0 −1
−4 0 −5
1 0
−2 5 0
Remarquons que les éléments diagonaux d'une matrice antisymétrique sont toujours tous
nuls.
Exemple 58. Toute matrice est la somme d'une matrice symétrique et d'une matrice
antisymétrique.
! ! !
2 10 2 9 0 1
Pour A= alors A = + .
8 −3 9 −3 −1 0
| {z } | {z }
symétrique antisymétrique
67
Exercice 7.2.1. 1. Montrer que la somme de deux matrices triangulaires supérieures reste
A est diagonale ?
x1 !
x2
T
3. Soit A = .. . Calculer A · A, puis A · AT .
.
xn
T
4. Soit A = ( c db ). Calculer (A · A ).
a
5. Soit A une matrice de taille 2×2 inversible. Montrer que si A est symétrique, alors
−1
A aussi. Et si A est antisymétrique ?
AB = I et BA = I,
On verra plus tard qu'il sut en fait de vérier une seule des conditions AB = I ou bien
BA = I .
7.3.2 Exemples
Exemple 59. Soit A = ( 10 23 ). Étudier si A est inversible, c'est étudier l'existence d'une
68
à :
! ! ! ! !
1 2 a b 1 0 a + 2c b + 2d 1 0
AB = I ⇐⇒ = ⇐⇒ =
0 3 c d 0 1 3c 3d 0 1
a + 2c = 1
b + 2d = 0
3c = 0
3d = 1
2 1
Sa résolution est immédiate : a = 1, b =
2
− 3 , c = 0, d = 3 . Il n'y a donc qu'une
1 −3
seule matrice possible, à savoir B = . Pour prouver qu'elle convient, il faut aussi
0 1 3 !
1 − 23
montrer l'égalité BA = I . La matrice A est donc inversible et A−1 = 1
.
0 3
!
a b
Exemple 60. La matrice A = ( 35 00 ) n'est pas inversible. En eet, soit B= une
c d
matrice quelconque. Alors le produit
! ! !
a b 3 0 3a + 5b 0
BA = =
c d 5 0 3c + 5d 0
Exemple 61. Soit In la matrice carrée identité de taille n × n. C'est une matrice
7.3.3 Propriétés
Unicité
Proposition 7.3.1. Si A est inversible, alors son inverse est unique.
Inverse de l'inverse
Soit A une matrice inversible. Alors A−1 est aussi inversible et on a : (A−1 )−1 = A
69
Inverse d'un produit
Proposition 7.3.2. Soient A et B deux matrices inversibles de même taille. Alors AB
est inversible et (AB)−1 = B −1 A−1
A = B.
ecace. Cette méthode est une reformulation de la méthode du pivot de Gauss pour les
systèmes linéaires. Auparavant, nous commençons par une formule directe dans le cas
70
7.4.1 Matrices 2 × 2
!
a b
Considérons la matrice 2×2 : A= .
c d
!
d −b
Proposition 7.4.1. Si ad − bc 6= 0, alors A est inversible et A−1 = 1
ad−bc
−c a
Démonstration. 1 −b
d
On vérie que si B = ad−bc −c a alors AB = ( 10 01 ). Meme chose
pour BA.
alors à une matrice qui est A−1 . La preuve sera vue dans la section suivante.
En pratique, on fait les deux opérations en même temps en adoptant la disposition sui-
vante : à côté de la matrice A que l'on veut inverser, on rajoute la matrice identité pour
former un tableau (A | I). Sur les lignes de cette matrice augmentée, on eectue des
1. Li ← λLi avec λ 6= 0 : on peut multiplier une ligne par un réel non nul (ou un élément
de \{0}).
2. Li ← Li + λLj avec λ∈ (et j 6= i) : on peut ajouter à la ligne Li un multiple d'une
autre ligne Lj .
3. Li ↔ Lj : on peut échanger deux lignes.
N'oubliez pas : tout ce que vous faites sur la partie gauche de la matrice augmentée, vous
1 2 1 1 0 0 L1
(A | I) =
4 0 −1 0 1 0
L2
−1 2 2 0 0 1 L3
71
On applique la méthode de Gauss pour faire apparaître des 0 sur la première colonne,
d'abord sur la deuxième ligne par l'opération élémentaire L2 ← L2 − 4L1 qui conduit à la
matrice augmentée :
1 2 1 1 0 0
0 −8 −5 −4 1 0 L2 ←L2 −4L1
−1 2 2 0 0 1
1 2 1 1 0 0
0 −8 −5 −4 1 0
0 4 3 1 0 1 L3 ←L3 +L1
1 2 1 1 0 0
0 1 5 1 −1 0 L2 ←− 81 L2
8 2 8
0 4 3 1 0 1
1 2 1 1 0 0
5 1
0 1
8
− 18 0
2
1
0 0 2
−1 21 1 L3 ←L3 −4L2
puis
1 2 1 1 0 0
0 1 5 1 −1 0
8 2 8
0 0 1 −2 1 2 L3 ←2L3
Il ne reste plus qu'à remonter pour faire apparaître des zéros au-dessus de la diagonale :
1 2 1 1 0 0
0 1 0 7 −3 −5 L2 ←L2 − 85 L3
4 4 4
0 0 1 −2 1 2
72
puis
1 0 0 − 12 1
2
1
2
L1 ←L1 −2L2 −L3
7
0 1 0
− 34 − 54
4
0 0 1 −2 1 2
Ainsi l'inverse de A est la matrice obtenue à droite et après avoir factorisé tous les coef-
1
cients par 4 , on a obtenu :
−2 2 2
1
A−1 =
7 −3 −5
4
−8 4 8
Pour se rassurer sur ses calculs, on n'oublie pas de vérier rapidement que A × A−1 = I .
Exercice 7.4.1. 1. 2 −3
Si possible calculer l'inverse des matrices : ( 37 12 ), −5 4 , ( 03 20 ), ( α+1 1
2 α ).
cos θ − sin θ
A(θ)−1 .
2. Soit A(θ) = sin θ cos θ . Calculer
!
1 3 0 2 −2 1 1 0 1 0
2 1 1 1
1 1 1 0 0
0 2 −2 0 1 0 0 1 0 1 2 0 0
3. Calculer l'inverse des matrices : 2 1 −1 , 3 0 5 , −1 2 0 1 , 0 1 −1 2 , −1 1 2 0 0 .
−2 1 1 1 1 2 0 1 1 0 0 0 0 2 1
0 2 1 3 0 0 0 5 3
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1p xp = b1
a x + a x + ··· + a2p xp = b2
21 1 22 2
...
an1 x1 + an2 x2 + · · · + anp xp = bn
a11 . . . a1p x1 b1
a21 . . . a2p x2 b2
.. .. = .. .
.
.. .
. .
an1 . . . anp xp bn
| {z } | {z } | {z }
A X B
73
On appelle A ∈ Mn,p (K) la matrice des coecients du système. B ∈ Mn,1 (K) est le vecteur
du second membre. Le vecteur X ∈ Mp,1 (K) est une solution du système si et seulement
si
AX = B.
Nous savons que : Un système d'équations linéaires n'a soit aucune solution, soit une
a11 . . . a1n x1 b1
a21 . . . a2n x2 b2
.. .. = .. .
.
.. .
. .
an1 . . . ann xn bn
| {z } | {z } | {z }
A X B
Alors A ∈ Mn (K) est une matrice carrée et B un vecteur de Mn,1 (K). Pour tout second
membre, nous pouvons utiliser les matrices pour trouver la solution du système linéaire.
bientôt que si la matrice n'est pas inversible, alors soit il n'y a pas de solution, soit une
innité.
Une matrice carrée A est inversible si et seulement si son déterminant est non nul. De
1
det A−1 =
det A
74
7.6.1 Le déterminant d'une matrice
Déterminant en dimension 2 et 3
En dimension 2, le déterminant est très simple à calculer :
!
a b
det = ad − bc.
c d
C'est donc le produit des éléments sur la diagonale principale (en bleuen gris foncé) moins
le produit des éléments sur l'autre diagonale (en orangeen gris clair).
7.6.2 Matrice 3 × 3
Soit A ∈ M3 () une matrice 3×3 :
a11 a12 a13
A=
a 21 a 22 a 23
.
a31 a32 a33
det A = a11 a22 a33 + a12 a23 a31 + a13 a21 a32 − a31 a22 a13 − a32 a23 a11 − a33 a21 a12 .
Il existe un moyen facile de retenir cette formule, c'est la règle de Sarrus : on recopie les
deux premières colonnes à droite de la matrice (colonnes grisées), puis on additionne les
(à gauche), et on soustrait ensuite les produits de trois termes regroupés selon la direction
det A = 2 × (−1) × 1 + 1 × 3 × 3 + 0 × 1 × 2
− 3 × (−1) × 0 − 2 × 3 × 2 − 1 × 1 × 1 = −6.
(i) le déterminant est linéaire par rapport à chaque vecteur colonne, les autres étant xés ;
(ii) si une matrice A a deux colonnes identiques, alors son déterminant est nul ;
75
On note le déterminant d'une matrice A = (aij ) par :
det A = C1 C2 · · · Cn = det(C1 , C2 , . . . , Cn ) .
Avec cette notation, la propriété (i) de linéarité par rapport à la colonne j s'écrit : pour tout
Exemple 64.
6 5 4 6 1 4
7 −10 −3 = 5 × 7 −2 −3
12 25 −1 12 5 −1
Car la seconde colonne est un multiple de 5.
3 2 4−3 3 2 4 3 2 3
7 −5 3 − 2 = 7 −5 3 − 7 −5 2
9 2 10 − 4 9 2 10 9 2 4
Par linéarité sur la troisième colonne.
76
det AT = det A
Nous lui associons la matrice C des cofacteurs, appelée comatrice, et notée Com(A) :
C C12 · · · C1n
11
C21 C22 · · · C2n
C = (Cij ) = .
.. ..
..
. .
Cn1 Cn2 · · · Cnn
1
A−1 = Ct
det A
1 1 0
Exemple 65.
SoitA= 0 1 1 . Le
calcul donne que det A = 2. La comatrice C
1 0 1
s'obtient en calculant 9 déterminants 2 × 2 (sans oublier les signes +/−). On trouve :
−1
1 1 1 −1 1
1 1
A−1 =
C= −1 1 1 et donc · CT = 1 1 −1
det A 2
1 −1 1 −1 1 1
tion de certains systèmes d'équations linéaires ayant autant d'équations que d'inconnues.
a11 x1 + a12 x2 + · · · + a1n xn = b1
a x + a x + ··· + a x = b
21 1 22 2 2n n 2
...
an1 x1 + an2 x2 + · · · + ann xn = bn
77
Ce système peut aussi s'écrire sous forme matricielle AX = B où
a a ··· a1n x b
11 12 1 1
a21 a22 · · · a2n x2 b2
A= . ∈ Mn (K), X= . et B = . .
.. ..
.. . . .. ..
an1 an2 · · · ann xn bn
a ... a1,j−1 b1 a1,j+1 . . . a1n
11
a21 . . . a2,j−1 b2 a2,j+1 . . . a2n
Aj = .
.. .. .. ..
.. . . . .
an1 . . . an,j−1 bn an,j+1 . . . ann
AX = B
x1 + 2x3 = 6
−3x1 + 4x2 + 6x3 = 30
−x − 2x + 3x = 8.
1 2 3
On a
1 0 2 6
A=
−3 4 6
B=
30
−1 −2 3 8
78
6 0 2 1 6 2 1 0 6
A1 =
30 4 6
A2 =
−3 30 6
A3 =
−3 4 30
8 −2 3 −1 8 3 −1 −2 8
et
La méthode de Cramer n'est pas la méthode la plus ecace pour résoudre un système,
79
Bibliographie
[1] Brahim oukacha et collectif ,Annales de mathématiques ,Algèbre 12. les annales bleues
internationales,janvier 2014.
[2] C. Baba Hamed, K. Benhabib, Algèbre 1, Rappels de cours et exercices corrigés. O.P.U.
Alger, 2007.
[6] Karine beaurpère,savoir faire en prépas,maths .PTSI. Ellipses 2016. 4ème édition
,Dunod 2007.
80