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GeoGuide - Tout Paris

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Comprendre Paris

Géographie
Environnement
Histoire
Les enceintes de Paris
Urbanisme et architecture
Grands travaux du XXIe siècle
Le métro
Beaux-arts
Paris romanesque
Paris, capitale intellectuelle et artistique
Paris, capitale de la mode et du luxe
Paris, capitale de la nuit
Paris, capitale gastronomique

Informations utiles de A à Z
Aller à Paris en avion
Aller à Paris en train
Aller à Paris en car
Aller à Paris en voiture
Assurances
Budget et saisons touristiques
Cartes et plans
Enfants
Fêtes et manifestations
Galeries et ateliers d’ artistes
Handicapés
Hébergement
Horaires
Informations touristiques
Internet
Marchés
Médias
Musées et monuments
La nuit à Paris
Parcs et jardins
Puces, antiquaires et brocantes
Quand visiter Paris ?
Restauration
Spectacles
Sports et loisirs
Transports en commun
Transports individuels
Urgences et sécurité
Visites guidées et circuits commentés

Le Louvre
Un jour au Louvre

Tuileries, Palais-Royal
Les Tuileries
Autour de la place Vendôme
Le Palais-Royal et ses environs

Madeleine, Opéra, Grands Boulevards


La Madeleine
Le quartier de l’ Opéra
Les Grands Boulevards

Châtelet, les Halles


Une traversée du Vieux Paris en une journée
Châtelet
Les Halles

Le Marais
L’ hôtel de ville et ses abords
Beaubourg
Le quartier des Archives
La place des Vosges et ses environs
Le haut Marais et le quartier du Temple
Saint-Paul et Saint-Gervais

Les îles
Paris au fil de l’ eau
L’ île de la Cité
L’ île Saint-Louis

Quartier latin
Saint-Michel
Sorbonne et Panthéon
Mouffetard et Jussieu
Le Jardin des Plantes
Le quartier du Val-de-Grâce

Luxembourg, Odéon
Le jardin du Luxembourg
Odéon

Saint-Germain-des-Prés
Le Paris du promeneur
Saint-Germain
Saint-Sulpice
Faubourg Saint-Germain
Sèvres-Babylone
Le musée d’ Orsay et ses environs
Le quartier des ministères

Invalides, Champ-de-Mars, Tour Eiffel


Les Invalides
Le quartier du Gros-Caillou
La tour Eiffel et le Champ-de-Mars

Le 16e et le bois de Boulogne


Le Trocadéro
Passy
Auteuil
Le bois de Boulogne

Champs-Élysées
Paris monumental en une journée
De la Concorde au rond-point des Champs-Élysées
Le triangle d’ or
Du rond-point des Champs-Élysées à l’ Étoile
Autour de la place de l’ Étoile
Une incursion à la Défense

Ternes, Monceau, Batignolles


Les Ternes
Monceau
Les Batignolles

Montmartre, Pigalle, Barbès


Une journée dans le Paris populaire
La butte Montmartre
Pigalle
Barbès et la Goutte-d’ Or

République, Strasbourg–Saint-Denis,
canal Saint-Martin
République et Strasbourg-Saint-Denis
Autour du canal Saint-Martin

Villette, Buttes-Chaumont
Le bassin de la Villette
Le parc de la Villette
Les Buttes-Chaumont

Belleville, Ménilmontant
Belleville
Ménilmontant
Oberkampf

Bastille
La Promenade plantée en 2 heures
Autour de la place de la Bastille
Le faubourg Saint-Antoine
Bercy

Père-Lachaise – Charonne
Le cimetière du Père-Lachaise
Charonne

Nation et le bois de Vincennes


La Nation
Le bois de Vincennes

Le quartier de la BnF
L’ art fait le mur !
Autour de la BnF
À l’ est de la BnF
Vers la gare d’ Austerlitz, les Docks

Gobelins, Butte-aux-Cailles, Chinatown


Les Gobelins
La Butte-aux-Cailles
Chinatown

Montparnasse et le 14e
Montparnasse
Denfert-Rochereau et Montsouris

Le 15e
Entre Grenelle et Vaugirard
Autour du parc Georges-Brassens
Le 15e ardt, côté Seine

Shopping
Tuileries, Palais-Royal
Opéra, Grands Boulevards
Trois jours d’ emplettes !
Châtelet, les Halles
Le Marais
Où acheter made in Paris ?
Quartier latin
Odéon, Saint-Germain-des-Prés, faubourg Saint-Germain
Les Champs-Élysées et l’ Ouest parisien
Montmartre, Abbesses, Barbès
République, Strasbourg-Saint-Denis, canal Saint-Martin
Ménilmontant, Oberkampf
Shopping vert : pour un plaisir durable
Bastille
Le Sud parisien

Cafés, bars et lieux de sortie


Tuileries, Palais-Royal
Opéra, Grands Boulevards
Châtelet, les Halles
Le Marais
Quartier latin
Saint-Germain-des-Prés, Odéon
Des Champs-Élysées aux berges de Seine
Montmartre, Pigalle, Barbès, Batignolles
Paris en trois nuits
Canal Saint-Martin, République, Strasbourg-Saint-Denis
Villette, Buttes-Chaumont
Géographie du noctambule
Belleville, Ménilmontant
Oberkampf
Bastille
Bercy, le quartier de la BnF, les “Docks”
Butte-aux-Cailles, Gobelins
Montparnasse
Salles de spectacle

Restauration
Le 1er ardt
Le 2e ardt
Le 3e ardt
Le 4e ardt
Le 5e ardt
Le 6e ardt
Le 7e ardt
Le 8e ardt
Le 9e ardt
Le 10e ardt
Le 11e ardt
Le 12e ardt
Le 13e ardt
Le 14e ardt
Le 15e ardt
Le 16e ardt
Le 17e ardt
Le 18e ardt
Le 19e ardt
Le 20e ardt

Hébergement
Le 1er ardt
Le 2e ardt
Le 3e ardt
Le 4e ardt
Le 5e ardt
Le 6e ardt
Le 7e ardt
Le 8e ardt
Le 9e ardt
Le 10e ardt
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Le 16e ardt
Le 17e ardt
Le 18e ardt
Le 19e ardt
Le 20e ardt

Pour en savoir plus


Bibliographie
Discographie
Filmographie

Cahier cartographique
Index
Légende des cartes et des plans
SOMMAIRE DES CARTES ET DES
PLANS
Les enceintes de Paris
Aéroports
Accès
6 balades à Vélib’
Circuler à Paris
Plan 1 Les Halles, le Marais, î le de la Cité, Quartier latin
Plan 2 Le Marais, î le Saint-Louis, Oberk ampf
Plan 3 Quartier latin, Gobelins, BnF-les Dock s, bassin de
l’Arsenal
Plan 4 Montparnasse, le 14 e, Odéon, Luxembourg
Plan 5 Faubourg Saint-Germain, Invalides, Saint-
Germain-des-Près, Palais-Royal
Plan 6 Palais-Royal, Madeleine, Opéra, Grands-
Boulevards, bas Montmartre, Champs-Élysées
Plan 7 Grands Boulevards, le 10e ( Strasbourg-Saint-Denis) ,
le Marais, les Halles, Palais-Royal
Plan 8 Le 10e ( canal Saint-Martin) , République, le haut
Marais
Plan 9 Belleville, Ménilmontant, Père-Lachaise
Plan 10 Le 12e
Plan 11 Bercy, BnF-les Dock s, Chinatow n
Plan 12 Gobelins, Butte-aux-Cailles, le 14 e

Plan 13 Le 15e, Auteuil


Plan 14 Trocadéro, le 16e, bois de Boulogne, Champ-de-
Mars
Plan 15 Ternes, Monceau, Batignolles
Plan 16 Pigalle, Barbès, canal Saint-Martin, bassin de la
Villette
Plan 17 La Villette, le 19 e

Plan 18 Zoom Montmartre


Plan 19 Zoom Saint-Germain-des-Prés
Plan 20 Zoom Palais-Royal
Plan 21 Zoom Oberkampf
Plan 22 Zoom Bastille
Plan 23 Zoom Champ-de-Mars
Plan 24 Zoom Champs-Élysées
Plan 25 Nation et le bois de Vincennes
Voyagez à la carte
Passionné d’architecture, amateur de bonnes tables, adepte
des découvertes en famille ou inconditionnel du shopping ?
GEOGuide a sélectionné pour vous des lieux de séjour, des
sites à visiter et des adresses-plaisir. Choisissez ce qui vous
ressemble et goûtez pleinement votre voyage…

… au gré de vos envies


Visites
Paris, ville d’art et de culture, star mondiale du tourisme, vous
dévoile ses plus beaux atours : musées, monuments, lieux de
mémoire et autres sites d’où l’embrasser du regard, voici des
visites… capitales !
À chacun son musée
Musées gratuits
Les monuments de Paris les plus visités
Panoramas sur Paris

À deux
Divaguer le long des quais, fuguer au cœur de jardins isolés, se
cacher à l’abri d’une porte cochère ou d’une contre-allée ombragée,
l’éblouir en “allumant”, à minuit pile, les feux de la tour Eiffel, flâner,
main dans la main, de Notre-Dame au pont des Arts en pensant que
ce décor fabuleux a été créé pour vous seuls, Paris, côté alcôves,
tient ses promesses. Des musées à visiter en duo – et en nocturne
–, aux hauteurs romantiques d’une butte d’où voir le soleil se
coucher, vibrez à l’unisson !
Bréviaire du Paris en amoureux
Un verre à deux
Danse à deux
En amoureux

Lieux de sortie
Elle bouge, elle bouge cette satanée nuit parisienne qu’on veut voir
morte régulièrement. Il est même des lieux où elle ne se couche pas.
Pigalle change, Oberkampf se maintient et à l’est, que du nouveau :
désormais, on peut faire la fête en extérieur nuit… sous la voûte
étoilée, la ville Lumière ensorcelle.
Soirées en musique
Plutôt gay
Au théâtre ce soir
Clubs électroniques
Cinémas

Shopping
Visiter Paris en optant pour le lèche-vitrines sera l’occasion de
découvrir la capitale (de la mode) sous toutes ses coutures… Mais
une virée shopping dans les rues de la capitale ne se limite pas au
seul monde de la confection : animaux empaillés, perceuses, vins
chiliens, matériel de rando, jeux de billes, macarons de rêve, saint-
honorés à se damner, poulet rôti en peluche, lunettes en bois,
galettes vinyles, ustensiles danois ou sabots suédois, du bar à fleurs
à la grande épicerie, on trouve de tout, tout de suite, à Paris !
Aux petits soins
Paris, royaume de la mode
Grands magasins
Ouvert le dimanche
Où acheter made in Paris ?
Top disquaires
We shop green !
Shopping gourmand
Déco, design, cadeaux rigolos
Antiquités, brocantes, puces, salles des ventes
Petits prix et bons plans
Shopping vert : pour un plaisir durable
Pour grignoter (presque) dans la cabine d’essayage

Promenades
Tout le monde dehors ! Parce que Paris est un musée à ciel ouvert,
prenez un bon bol d’air au fil de l’eau, le long de jardins suspendus
ou parmi des sculptures outdoor avant de prendre un verre à
la fraîche, en terrasse ou dans un parc ombragé.
Paris au fil de l’eau
Le Paris du promeneur
Parcs et jardins de Paris
La Promenade plantée
Les cimetières de Paris

Pour les petits… et les grands


Réviser sa leçon d’histoire au Louvre (et en profiter pour aller voir
cette Joconde pour de vrai) ou faire de la balançoire au Luco ou du
skate au Trocadéro, savourer un cornet Bertillon en bravant les
gargouilles de Notre-Dame ou se prendre pour un héros en
gravissant les 1 665 marches de la tour Eiffel, se sentir tout petit
dans les Grands Magasins ou passer pour un grand à la cité des
Sciences, remonter mille boîtes à musique près de la Comédie
Française ou monter un cheval de bois au pied du Sacré-Cœur,
jouer à la marelle sur les quais rive gauche ou plonger “au-dessus”
de la Seine, croire au prince charmant dans l’escalier d’apparat
du Palais Garnier ou se faire filmer comme une star sur les Grands
Boulevards, passer une nuit rigolote dans une cabane écolo ou
saliver devant les bocaux multicolores d’une école de bonbons…
Paris a tout pour se forger des souvenirs et retrouver le(s) goût(s) de
l’enfance !
Paris est un jeu d’enfants
On touche avec les yeux !
Les enfants, à table !
Bons plans pour les familles

Paris cosmopolite
Paris est un carrefour… Explosion de couleurs des boubous
africains, senteurs exotiques, préciosité des décors d’Asie, voyagez
à travers le monde sans perdre de vue le bout du nez de la tour
Eiffel.
L’art oriental à Paris
Quartiers cosmopolites
Shopping d’ailleurs
Saveurs d’ailleurs

Architecture et urbanisme
Paris a du style ! Paris a tous les styles ! Depuis les vestiges de
Lutèce, elle a inventé le gothique, le classicisme et l’urbanisme
moderne. Un répertoire architectural unique.
Places royales
Les plus beaux passages couverts
Paris, répertoire d’architectures
Les vestiges des fortifications médiévales
La Voie triomphale
La rive gauche d’ouest en est
La rive droite d’ouest en est

Hôtels
Des auberges de jeunesse aux boutiques-hôtels, une sélection
d’adresses à réserver… les yeux fermés !
Chambres avec vue…

Cafés et bars
Paname sera toujours Paname et les bars chics comme les petits
rades de quartier continuent à faire le plein. On aime à s’y retrouver
pour croiser nos congénères malgré nos réseaux sociaux. Et ça,
c’est plutôt une bonne nouvelle.
Cafés cachés
Les cafés à la carte
Bars avec terrasse
Un café siouplé !
Cafés littéraires
Pour l’apéro
Bars lounge…
Lieux hype
Cafés ouverts tard
Bars à vin
Concerts au café

Restaurants
Qu’il s’agisse de tortorer une andouillette au coude à coude, de lever
le petit doigt en attaquant des cannellonis aux truffes et au foie gras
ou de jouer les aventuriers du goût à la recherche de langues
de canard dans Chinatown, Paris a un sacré répondant : à l’image
de la ville, la scène gastronomique a, d’évidence, de la gueule et de
la gouaille. On passe à table ?
Une envie de salé ?
Une envie de sucré ?
Les terroirs à Paris
Saveurs d’ailleurs
Options végétariennes
Pour grignoter (presque) dans la cabine d’essayage
En amoureux
Démarrer la journée du bon pied
Petits et grands bistrots
Les meilleures cartes des vins
S’attabler en terrasse
Poissons, coquillages et crustacés
Grands chefs et grandes tables
Ouvert le dimanche
Les enfants, à table !
Produits du marché
Vive les cantines !
Brasseries
Saveurs bio
Cuisine actuelle
Option steak-house
COMPRENDRE PARIS
Géographie
Environnement
Histoire
Les enceintes de Paris
Urbanisme et architecture
Le métro
Beaux-arts
Paris, capitale intellectuelle et artistique
Paris, capitale de la mode et du luxe
Paris, capitale de la nuit
Paris, capitale gastronomique
Géographie
Le Bassin parisien
Il y a plus de 30 millions d’ années, la mer Stampienne, qui s’ étend alors
entre la Manche et l’ Atlantique, se retire et découvre son œuvre, le Bassin
parisien. Né de l’ accumulation de dépôts alluvionnaires pendant plus de
250 millions d’ années, il témoigne d’ une rare stabilité géologique, excluant
les risques volcaniques et sismiques. Il jouit également de terres parmi les
plus fertiles d’ Europe, de surcroît sous un climat tempéré. Avec ses larges
plateaux d’ altitude modeste (100m en moyenne), il constitue surtout un
remarquable carrefour entre le Massif armoricain à l’ ouest, le Massif central
au sud, les Vosges à l’ est et le massif de l’ Ardenne au nord-est. Il bénéficie
en outre d’ une large ouverture sur la Manche et la mer du Nord. Enfin, son
cœur se distingue particulièrement : des millénaires d’ érosion le creusent de
larges vallées et de pentes douces qui possèdent un unique point de
jonction, l’ emplacement de la ville lui-même, inscrit dans un des larges
méandres de la Seine entre les embouchures de la Marne et de l’ Oise, une
convergence fluviale unique. Le site de Paris était prédestiné !

Topographie de Paris
UN PAYSAGE MODELÉ PAR LA SEINE De forme à peu près circulaire
(11km d’ est en ouest, 9,5km du nord au sud), la ville est traversée par la
Seine, qui y pénètre par le sud-est, y décrit une boucle vers le nord sur
12,7km et s’ en éloigne par le sud-ouest. Avant la hausse des températures
qui a suivi les dernières glaciations, le fleuve présentait un lit très large
creusé par ses divagations depuis la rive gauche jusqu’ aux actuels Grands
Boulevards. Cette cuvette forme aujourd’ hui une large partie de la rive
droite, longtemps restée à l’ état de marécage comme le rappelle le nom du
quartier du “Marais”, drainé et mis en culture au XIVe siècle. En creusant un
nouveau lit au cœur de l’ ancien, la Seine a dévoilé un chapelet d’ îles, dont
les îles de la Cité (1km sur 300m) et Saint-Louis (600e sur 170m) sont les
plus importantes. L’ étroite île aux Cygnes, au pied de la tour Eiffel, reste
méconnue avec ses 850m de longueur sur 11m de largeur. Quant à l’ île
Louviers, elle a tout simplement
disparu : elle fut incorporée à la
rive droite en 1843 et forme Carte d’identité
aujourd’ hui le quai Henri-IV, dont Population
on comprend ainsi la drôle de
11,7 millions d’habitants (26e
protubérance. Assise sur la rive
rang mondial) dont 26%, soit
gauche face à l’ île de la Cité et
2,2millions d’habitants, pour
préservée des crues de la Seine, la
Paris intra-muros
montagne Sainte-Geneviève (61m)
Superficie
a constitué le cœur originel de la
105 km2
ville gallo-romaine, Lutèce. Vers
Densité
l’ ouest, la rive droite se soulève
21 200 hab./km2 intra-muros
progressivement selon un axe
(6e rang mondial)
repris par le Grand-Cours – actuels
Économie
Champs-Élysées –, percé en
PIB régional : 552 milliards
1670 jusqu’ à la butte de l’ Étoile,
dont l’ écrêtement par Perronet à d’euros (6e rang mondial)
partir de 1768 visait à atténuer la Fréquentation touristique
déclivité de cette voie triomphale. 29 millions de visiteurs annuels
Dimensions
LE COL DE LA CHAPELLE Périmètre : 35km (hors bois de
Plus au nord, les hauteurs Boulogne et de Vincennes)
préservées de la butte Montmartre Longueur est-ouest : 18km
(130m) et de la colline de Longueur nord-sud : 9,5km
Belleville (qui abrite au 40, rue du Points culminants
Télégraphe le point culminant de Butte Montmartre : 128,21m
la capitale, 148m) forment une Colline de Belleville : 128,15m
crête unique fendue par un col Internet et réseaux sociaux
naturel, le “col de La Chapelle”. www.paris.fr ;
Situé à la hauteur de l’ île de la www.facebook.com/paris ;
Cité, qui présentait le point de twitter.com/paris
passage le plus aisé sur la Seine (la
largeur du fleuve est de 30m au
niveau du Petit-Pont contre 200m au niveau du pont de Grenelle), celui-ci a
joué un grand rôle pour le développement de la ville : en lien avec les cols
du Midi et du Nord, il la plaçait dans l’ axe le plus favorable de la
romanisation, de la christianisation et des échanges commerciaux
médiévaux.

Sous-sol ou gruyère ?
Paris vit au-dessus du vide ! Constitué d’ un
O ARGILE AUX PIEDS DE
COLOSSE empilement de couches géologiques tantôt
La butte Montmartre est meubles (marnes, argiles ou sables), tantôt
si entaillée de plâtrières cohérentes (grès, gypse ou calcaires), le
qu’il fallut prévoir des Bassin parisien a fourni dès l’ époque gallo-
fondations colossales romaine tous les matériaux nécessaires à sa
sous le Sacré-Cœur construction, plâtre et pierres. La campagne
lors de son édification à d’ extraction fut telle que le sous-sol de la ville
la fin du XIXe siècle : reste truffé de plus de 770ha de carrières
celles-ci traversent comptant 330km de galeries et représentant
toute la hauteur de la 6 millions de m3 de matériaux excavés ! La
colline pour prendre plupart d’ entre elles sont concentrées sous la
appui sur le sol des rive gauche, notamment à l’ aplomb du jardin
carrières. On dit ainsi du Luxembourg et du Val-de-Grâce, dont les
que c’est le Sacré- liais ont permis la construction, entre autres,
Cœur qui soutient la de Notre-Dame. Les effondrements ne furent
butte et non l’inverse ! pas rares. En 1774, la route d’ Orléans se
déroba ; en 1910, la rue Saint-Lazare fut
éventrée par un trou béant ; en 2003, la cour d’ une école rue Auguste-Perret
(13e arrondissement) s’ affaissa ! L’ arrêt de l’ exploitation du sous-sol
parisien fut décidé dès la fin du XVIIIe siècle, ce qui favorisa la création de
deux entités célèbres : les Catacombes, le plus morbide des ossuaires, en
1786, et les champignonnières, où furent cultivés au cours du XIXe siècle les
fameux “champignons de Paris” (on en a produit jusqu’ à 25t par jour !).
Depuis, le comblement des carrières a été entrepris et se poursuit de nos
jours : chaque année, ce sont des milliers de m3 de béton liquide qui sont
injectés sous les trottoirs parisiens. Aujourd’ hui, l’ Inspection générale des
carrières estime que les risques d’ effondrement des galeries sont infimes, la
principale source de danger étant représentée par la nature elle-même. En
1975, des géologues ont découvert sous la gare du Nord une poche grande
comme l’ Arc de triomphe, formée par des infiltrations d’ eau dans des filons
de gypse. De même, les remous de la nappe phréatique, située en moyenne
à 10m au-dessous du niveau du sol, déstabilisent les fondations de
nombreux immeubles. Pour le seul Opéra Bastille, ce sont plus de
100m3 d’ eau qui doivent être pompés chaque heure afin d’ en contrecarrer
les effets…

L’eau à Paris
LA SEINE La Seine prend sa source en Côte-d’ Or, sur le plateau de
Langres, à une altitude de 471m. Avec pour affluents principaux l’ Yonne, le
Loing, l’ Eure, la Marne et l’ Oise, elle traverse l’ ensemble du Bassin
parisien et se jette dans la Manche après un parcours de 776km qui en fait le
deuxième fleuve de France, derrière la Loire. Au cœur de Paris, son niveau
moyen (l’ échelle de référence se situe sur le quai de la Tournelle) la situe à
seulement 26m au-dessus du niveau de la mer : elle ne s’ y écoule qu’ à la
vitesse moyenne de 2km/h ! Ce débit mesuré (273m3/s en moyenne) la rend
praticable toute l’ année, particulièrement en aval de Paris. Elle a ainsi
constitué dès l’ époque gallo-romaine l’ une des plus intenses voies
commerciales du pays. Même si le transport par route l’ a aujourd’ hui
détrôné, le port de Paris, situé à Gennevilliers, reste le deuxième port fluvial
d’ Europe et le troisième port de France après Le Havre et Marseille : un peu
plus de 20 millions de tonnes de marchandises y transitent annuellement. La
température moyenne du fleuve est de 14 °C mais peut varier de 5 °C en
hiver à 24 °C en été : on pourrait s’ y baigner ! De fait, il a récemment
retrouvé un degré de qualité biologique honorable grâce aux progrès
réalisés en matière de traitement des eaux usées. Sa couleur opaque paraît
douteuse, mais elle résulte simplement des particules minérales qui y sont
en suspension. Celles-ci déroberont toujours le fond de la Seine à nos
regards (sa profondeur varie de 3,40m au pont National à 5,70m au pont
Mirabeau) et surtout ses poissons ! Si elle n’ en abritait plus que quatre ou
cinq espèces il y a 50 ans, on en recense aujourd’ hui une vingtaine au cœur
même de la ville : brochets, perches, tanches, ablettes, anguilles, gardons,
goujons, chevesnes et, plus inattendus, poissons-chats et silures. Ces
derniers, espèces carnivores, furent introduits dans les années 1980 afin de
lutter contre la prolifération des brèmes et des écrevisses américaines.
Certains individus mesurent aujourd’ hui 2m ! Bien qu’ elle forme la plus
belle avenue de Paris, franchie dans le périmètre de la ville par 37 ponts, la
Seine n’ en reste pas moins un couloir naturel de choix au cœur de la
capitale.

O L’eau
UN FLEUVE EN TUYAU
potable est
LE SPECTRE DE LA CRUE
CENTENNALE Les crues de la Seine ne
aujourd’hui acheminée
sont pas rares en hiver : le débit du fleuve peut
au domicile des
atteindre 2 500m3/s en cas de précipitations
Parisiens par près de
prolongées. La plus redoutée d’ entre toutes est
1 800km de
la centennale ; elle est le produit de la funeste
canalisations, où
conjugaison de pluies intenses et d’ une longue
transitent chaque jour
période de froid qui a gorgé d’ eau les sols en
en moyenne
amont de Paris. La dernière s’ est produite en
680 000m3 d’eau. Le 1910 et est restée dans les annales ! La Seine
volume débité par la submergea l’ ensemble des quais, le rez-de-
Seine en 40min ! chaussée du Louvre, la gare d’ Orsay ;
reprenant son ancien cours, elle parvint même
jusqu’ à la gare Saint-Lazare ! De petites plaques sur les façades portant la
mention “1910” rappellent le niveau que les flots atteignirent dans certaines
rues. Cette crue motiva un projet d’ aménagement du fleuve qui se
poursuivit jusque dans les années 1980 : quatre lacs-réservoirs (Pannecière,
Seine, Marne et Aube) furent aménagés, et une quarantaine de barrages,
écluses et retenues. Ce sont ainsi 800 millions de m3 d’ eau qui sont régulés
chaque année, écrêtant les crues en hiver et soutenant le débit du fleuve en
été. Pour autant, il est avéré que ce dispositif ne pourra pas empêcher la
survenue de la prochaine crue centennale ! La Ville a récemment établi un
plan d’ urgence en vue d’ en limiter les inéluctables dégâts : endiguement des
berges, murage de 400 bouches de métro, évacuation des œuvres des
musées du Louvre et d’ Orsay… Toutefois, rien n’ indique que la crue
advienne prochainement : Paris pourrait ne pas en connaître pendant deux
siècles avant d’ être touchée deux années consécutives.
Zouave, mode d’emploi
Depuis 1856, le Zouave du pont de l’Alma signale tous les excès
de la Seine aux Parisiens grâce à des repères visuels familiers.
L’eau recouvre-t-elle le socle de la statue ? L’état d’alerte est
déclenché, car cela signifie que le niveau de la Seine a dépassé
de 3m sa cote normale ; à partir de 3,5m, le Zouave a les pieds
mouillés, les quais sont inondés et les voies sur berge fermées à
la circulation, ce qui se produit en général une fois par an ; à
4,30m, le courant vient lui lécher les mollets : bateaux-mouches et
péniches doivent rester à quai, la hauteur sous les tabliers des
ponts ne permettant plus leur passage. Ces crues importantes
(jusqu’à 6m) ont lieu tous les 25 ans environ. Mais lors de la
dernière crue centennale, en 1910, le Zouave eut de l’eau…
jusqu’aux épaules !

ET LA BIÈVRE ? Le deuxième cours d’ eau parisien est particulièrement


méconnu. Et pour cause, il a été transformé en égout ! Drôle de destin pour
une petite rivière qui semble devoir son nom aux castors (bever en gaulois)
qui prospéraient sur ses rives… La Bièvre pénétrait dans Paris par la porte
d’ Italie, elle poursuivait son cours sur 8km pour se jeter dans la Seine au
niveau de la gare d’ Austerlitz. Contournant par le sud la Butte aux Cailles,
elle se divisait en deux bras qui enserraient des prairies submersibles :
l’ hiver, on y récoltait la glace formée par les eaux – ce qui donna son nom à
la rue “de la Glacière”. Elle coulait ensuite à travers les Gobelins, où elle fit
prospérer à partir du XVe siècle de nombreux tanneurs, mégissiers et
teinturiers qui, hélas, en polluèrent le cours. Devenue un véritable cloaque,
elle fut couverte au début du XXe siècle et perdit même son confluent :
emprisonnée dans un siphon d’ égouts, elle passe sous la Seine dans un sens
puis dans un autre avant de finir dans un champ d’ épandage de banlieue !
Ce désastre écologique a récemment motivé de nombreux projets de
réhabilitation qui permettraient à la rivière de voir s’ améliorer la qualité de
son eau et de retrouver l’ air libre sur près de 2km, notamment dans le
13e arrondissement.
LE CANAL SAINT-MARTIN ET L’ADDUCTION D’EAU Donnée
fondamentale pour la survie de la ville, l’ approvisionnement en eau potable
a toujours été l’ occasion de travaux titanesques dans Paris. Les Romains
sont les premiers à capter l’ eau de source (à Rungis et à Wissous, en
banlieue sud) et à l’ acheminer vers la ville par un aqueduc long de 20km.
Remis en état au XVIIe siècle, il débouche encore de nos jours sous les
jardins de l’ Observatoire. Au XIIIe siècle, de nouvelles captations d’ eau de
source sont effectuées dans les collines de Ménilmontant et de Belleville,
véritable château d’ eau naturel qui conserve de nombreux puits, dits
“regards” (rue des Cascades, des Rigoles et de la Mare). Avec l’ essor
démographique de la cité au début du XVIe siècle, Henri IV commande la
construction d’ une machine hydraulique demeurée célèbre, la pompe de la
Samaritaine, accolée au Pont-Neuf et ingénieusement actionnée par le
courant de la Seine lui-même. Elle fonctionna jusqu’ en 1813 ! Vers 1800,
en raison de la faible qualité des eaux du fleuve, Napoléon Ier décide la
dérivation d’ une rivière, l’ Ourcq, à 100km de Paris. Ainsi naquirent le canal
de l’ Ourcq et son débouché dans la ville, le canal Saint-Martin, avec ses
charmantes écluses, si célèbres. Achevé en 1825, le dispositif alimenta la
capitale en eau potable jusqu’ au Second Empire. Aujourd’ hui, il couvre la
moitié des besoins journaliers de la ville en eau non potable (550 000m3),
l’ autre moitié étant pompée dans la Seine elle-même. Enfin, le préfet
Haussmann et l’ ingénieur Belgrand réalisèrent un programme colossal,
l’ installation de l’ actuel réseau d’ eau potable. L’ eau de sources souterraines
captées jusque dans le Massif central est acheminée dans d’ immenses
conduites qui forment un véritable fleuve souterrain. À son entrée dans la
ville, le précieux liquide est stocké dans de gigantesques réservoirs, aux
Lilas, à Montsouris, à Ménilmontant et à Saint-Cloud notamment. Ce
dernier, achevé en 1886, est le plus grand d’ Europe avec une capacité de
426 000m3 d’ eau. Le réservoir de Montsouris, mis en service en 1874, n’ est
pas en reste, avec ses 200 000m3 d’ eau et sa forêt de piliers, au nombre de
3 600 et hauts de 5,60m. Ces captations de sources couvrent 53% des
besoins journaliers actuels de la ville, les 47% restants étant issus désormais
du retraitement des eaux pompées dans la Seine et dans la Marne.
O Les
TÉLÉGRAMME-FUSÉE
égouts parisiens
LA VILLE SOUTERRAINE DES
ÉGOUTIERS Elle est le plus fascinant legs
véhiculaient également
du Second Empire à Paris, une véritable
les fameux tubes
réplique inversée de la cité : ses galeries
pneumatiques mis en
souterraines épousent, sur 2 400km, le tracé
scène de façon très
de la plupart des rues et sont ornées des
amusante par François
mêmes plaques émaillées qui permettent aux
Truffaut dans Baisers
égoutiers de se repérer. Avant Haussmann, le
volés. Créés en 1879,
réseau des égouts parisiens ne comptait que
ils permettaient de faire
160km de galeries non reliées aux habitations.
circuler à l’aide d’air
Comme au Moyen Âge, les rues drainaient les
comprimé des plis
eaux sales jusqu’ à la Seine, transformée en
express à travers toute
égout à ciel ouvert ! Eugène Belgrand arrêta le
la ville.
projet du grand égout en 1856. Il s’ agit d’ un
réseau unitaire qui reçoit les eaux de pluie
comme les eaux usées mais, en cas d’ orages ou de fortes précipitations, des
déversoirs permettent d’ envoyer vers la Seine le trop-plein d’ eau accumulé
dans les galeries afin d’ empêcher les inondations. Chaque jour, 1,2 million
de m3 d’ eau sont transportés par le réseau pour un débit de 14 m3/s, soit le
vingtième du débit moyen de la Seine ! Les émissaires, des canalisations de
plusieurs mètres de diamètre, les conduisent jusqu’ aux grands collecteurs
situés aux portes de la ville. De là, les eaux sont envoyées vers des plaines
d’ épandage ou vers les usines d’ épuration de banlieue (Seine Aval à
Achères, Seine Centre à Colombes, Seine Amont à Valenton, Marne Aval à
Noisy-le-Grand), où elles sont entièrement retraitées avant d’ être rejetées
dans le fleuve.

Environnement
La flore parisienne
Paris est une ville relativement verte : elle inclut près de 2 200ha d’ espaces
verts, soit environ 20% de sa superficie totale, répartis entre 400 parcs,
jardins et promenades et les bois de Boulogne (845ha) et de Vincennes
(995ha).
LA CAPITALE LA PLUS BOISÉE D’EUROPE Paris compte plus de
484 000 arbres, dont 300 000 dans les bois de Boulogne et de Vincennes,
70 000 dans ses jardins et cimetières et surtout 96 500 le long des avenues.
Ces arbres d’ alignement qui font le charme de la ville présentent une palette
végétale riche de près de 160 essences, au premier rang desquelles viennent
le platane (39% ), le marronnier (16% ), le tilleul (9% ), le sophora (9% ) et
l’ érable (6% ). Les bois sont peuplés à plus de 50% de chênes, mais les
hêtres et les érables viennent également en bonne place. Les marronniers,
les platanes, les ifs, les tilleuls, les ormes et les cèdres sont les rois des parcs
et jardins parisiens, lesquels conservent, fruits de quatre siècles de politique
paysagère, plus de 10 000 espèces de végétaux rapportés du monde entier,
parfois très rares, en particulier au Jardin des Plantes. Paris possède
également trois petits vignobles, jolis témoins des innombrables coteaux qui
le cernaient au Moyen Âge : l’ un dans le parc de Belleville, le deuxième sur
la méconnue butte Bergeyre (19e arrondissement) et le troisième à
Montmartre. La cuvée de ce dernier (800 bouteilles environ de 50cl par an)
est célèbre.

UNE VÉGÉTATION HERBACÉE SPONTANÉE Partout, sur les


murets, dans les interstices des façades, entre les pavés ou les plaques
d’ égout et sur les terrains abandonnés, prospère toute une végétation
relativement riche : lierre, pissenlits, plantain, clématite des haies (aux fruits
plumeux), sureau noir (aux baies appréciées des oiseaux), buddleia (aux
grappes fleuries violacées), bryone dioïque (aux baies rouges), grande
chélidoine (aux fleurs jaunes), ruine-de-Rome (aux jolies petites fleurs
violettes)… Quant aux berges de la Seine, même empierrées, elles restent
propices à l’ épanouissement des végétaux aquatiques : salicaires pourprées,
mousses, algues, sagine… Deux jardins permettent d’ observer le
développement naturel de la flore parisienne : l’ un au cœur du Jardin des
Plantes, le second à Montmartre (jardin sauvage Saint-Vincent).

La faune parisienne
La densité du bâti et l’ agitation qui règne dans les rues ont impliqué un
profond reflux de la faune sauvage, au profit des animaux domestiques :
Paris abrite 200 000 chiens, qui produisent 16t de déjections par jour ! La
vie sauvage est mieux préservée dans les bois de Boulogne et de Vincennes.
Musaraignes, campagnols, écureuils, grenouilles, chauves-souris, hérissons,
chouettes et corneilles y sont nombreux. Quelques couples de hérons
cendrés et de piverts y ont même été recensés. Les cervidés qu’ aimaient y
chasser les rois de France en ont disparu. Outre ses poissons, la Seine attire
chaque hiver des mouettes et des goélands, qui donnent à la ville un air
océanique inattendu. De nombreuses familles de canards colverts ont élu
domicile sur ses rives, et il est possible d’ y apercevoir, au printemps et à
l’ automne, des martins-pêcheurs d’ Europe y faisant une halte au cours de
leur migration. Toutefois, la faune prospère essentiellement dans les espaces
délaissés par les hommes. Lézards, escargots, hérissons et fouines ont
trouvé refuge en particulier dans les parcs, les cimetières et la Petite
Ceinture (cette voie de chemin de fer à demi enterrée qui cerne la ville et est
aujourd’ hui désaffectée). Les insectes aussi : bourdons, abeilles, gendarmes,
andrènes fouisseurs et papillons (petite-tortue, piéride du chou, paon de
jour), et les oiseaux : chouette hulotte, mésange huppée ou noire, troglodyte
mignon, serin cini, fauvette à tête noire, pie bavarde, rouge-gorge familier,
pouillot véloce, gobe-mouches gris… Cependant, les rois des toits
parisiens, ce sont les hirondelles, les rouges-queues noirs, les moineaux
domestiques et les pigeons surtout. Leur population est estimée à
80 000 individus, soit un pour 25 Parisiens ! Plus rares, une trentaine de
couples de faucons crécerelles ont été recensés dans la ville ; l’ un d’ eux
niche sur une gargouille de Notre-Dame ! Enfin, le sous-sol parisien n’ est
pas en reste. Souris grises, rats, cafards, araignées et chauves-souris
prolifèrent dans les caves d’ immeubles et les tunnels du métro. La chaleur
de ces derniers profite particulièrement aux grillons domestiques, grands
amateurs de mégots de cigarette ! Les anciennes carrières quant à elles
recèlent dans leurs poches d’ eau des espèces particulièrement rares :
gammares (petites crevettes blanches d’ eau douce) et Cyclops fimbriatus
(minuscules invertébrés, ainsi nommés en raison de leur unique œil rouge).

De l’air et du silence !
Outre le problème des déchets (les Parisiens en produisent 2t/min !), la
pollution atmosphérique et le bruit constituent aujourd’ hui les principales
nuisances environnementales à Paris avec, pour cause commune et
écrasante, la circulation automobile ! Les
O LA PETITE REINE…
DU BITUME ! 35km du boulevard périphérique sont
Ça roule pour les vélos empruntés quotidiennement par plus de
à Paris : en dix ans, la 1,2 million de véhicules et les Champs-
petite reine est devenue Élysées par plus de 75 000 ! Depuis 1979,
l’icône ultra fashion du Airparif est chargé de mesurer
bitume parisien, quotidiennement la qualité de l’ air dans la
représentant 3% des ville. Par ailleurs, l’ Observatoire du bruit à
déplacements urbains. Paris, créé en 1999, a dressé une carte
Vélib’, ses exhaustive de l’ intensité des nuisances
250 000 abonnés pas sonores. En journée, les grands axes de
dégonflés pour 1€ (prix circulation sont exposés à un “fond” sonore de
e
de la 2 demi-heure de plus de 70 décibels (“niveau élevé à très
location), et les quelque élevé”). Cette donne justifie l’ engagement
200 coursiers en depuis 1999 d’ une politique de réduction de la
danseuse que compte circulation automobile : multiplication des
la capitale, n’y sont pas pistes cyclables, création de couloirs de bus
étrangers ! protégés, aménagement de “quartiers verts”
(avec limitation d’ accès pour les voitures),
transformation des grands axes en “espaces civilisés” (redistribution de
l’ espace public au profit des piétons, des cyclistes et de la végétation) et
accélération de la couverture du périphérique, lequel est doublé d’ une ligne
de tramway (mise en service en 2006 et étendue en 2013). Résultat : la
circulation automobile intra-muros a chuté de plus de 25% entre 2002 et
2012 (contre une baisse de 8% seulement pour le périphérique), entraînant
une baisse de 80% des taux de deux polluants majeurs.

Histoire
Les premières traces d’occupation
humaine
Les conditions favorables du site parisien furent très tôt mises à profit par
les hommes. Dès le paléolithique inférieur (-700 000) commencent de
prospérer sur les rives de la Seine des premiers groupes itinérants qui vivent
de la pêche, de la cueillette et du produit de leur chasse, comme l’ attestent
les os de mammouths, de cervidés et de rennes découverts dans la région.
Les premiers villages apparaissent au néolithique (vers 5000 av. J.‑C.) avec
le défrichement des forêts et la naissance de l’ agriculture. La population
locale développe une culture originale, identifiée par sa poterie “rubanée”,
dont on a découvert des vestiges notamment sous le jardin des Tuileries et
près de la place du Châtelet. Des fouilles réalisées dans le parc de Bercy en
1991 ont mis au jour, témoignage saisissant de cette vie préhistorique, un
village entier avec des traces de huttes en bois, des vestiges d’ un ponton sur
l’ ancien cours de la Seine et surtout, remarquablement conservées, une
dizaine de pirogues (4800 av. J.‑C. pour la plus ancienne), aujourd’ hui au
musée Carnavalet.

L’installation des Parisii


À l’ âge du bronze (1800-750 av. J.‑C.), le fleuve et ses affluents, en
permettant des contacts privilégiés avec des régions lointaines, s’ imposent
comme des voies commerciales particulièrement actives (transit des
céréales et du bois locaux, de l’ étain britannique qui permet la fabrication
du bronze, etc.). Les Celtes venus du sud-ouest de l’ Allemagne s’ installent
dans la région au cours du second âge du fer (à partir de 450 av. J.‑C.).
Parmi eux, la tribu des Parisii se fixe vraisemblablement vers 250 av. J.‑C. à
Lutetia, une petite cité qui serait d’ origine précelte. Ils en font un si puissant
oppidum, commerçant avec la Gaule du Sud comme avec la Gaule du Nord,
que César y convoque en 53 av. J.‑C. l’ assemblée générale des Gaules.
L’ année suivante, Vercingétorix appelle à leur soulèvement général, auquel
mettra fin la défaite que l’ on sait…

Lutèce sera toujours Lutèce, à moins


que…
À moins que… César n’ ait commis une grosse erreur ! En affirmant dans la
Guerre des Gaules que Lutèce était “située dans une île de la Seine”, il a
longtemps convaincu les historiens que l’ île de la Cité était le berceau de la
ville. Ce qui ne manque pas de vraisemblance : après la défaite des Parisii
contre le général Labienus, en 52 av. J.‑C., les Romains ont reconstruit
Lutèce ravagée sur la montagne Sainte-Geneviève, qui fait précisément face
à l’ île de la Cité. Cependant, on n’ a jamais retrouvé dans l’ île de traces
d’ oppidum gaulois… En 2003, des fouilles ont mis au jour les vestiges
d’ une ville gauloise étonnamment développée… à Nanterre, en banlieue !
Pour les archéologues, ce pourrait bien être Lutèce, la véritable capitale des
Parisii ! La ville paraît l’ une des plus riches de la Gaule d’ alors, avec ses
rues pavées, ses maisons alignées et ses remarquables produits de
céramique et de ferronnerie (bijoux, épées… ), et le site ne présente pas
moins d’ avantages que l’ île de la Cité : formant un réduit défensif naturel
inscrit dans l’ une des larges boucles de la Seine, il permet le contrôle du
trafic commercial sur le fleuve (soumis dès l’ époque à des taxes de
passage). Pour autant, que Lutèce soit située dans l’ île de la Cité ou à
Nanterre, les Parisii n’ ont pas cessé d’ en être les maîtres, conformément à
la politique d’ assimilation des Romains. Dans le domaine religieux, le
“pilier des nautes”, monument votif conservé au musée de Cluny, reste le
plus beau témoignage de ce syncrétisme : érigé sous le règne de Tibère (14-
37), il est sculpté de la représentation de dieux romains et celtes. Sous
l’ égide des Nautes, en charge du trafic commercial sur la Seine, la ville des
Parisii retrouve une certaine prospérité, avec sans doute 6 000 habitants à
son apogée.

La fin du monde gallo-romain


Ces trois siècles de paix romaine s’ achèvent en 275 avec la première
incursion des peuples d’ outre-Rhin. L’ “Île-de-France” est ravagée en 276, et
les Parisii contraints de se réfugier sur l’ île de la Cité, qu’ ils fortifient face à
la ville antique bientôt ruinée. La Cité devient une véritable place forte
militaire, sans doute stratégique pour le maintien de l’ Empire romain : en
361, après être parvenu à expulser les Germains de Gaule, Julien, neveu de
Constantin Ier, s’ y fait proclamer empereur. À la même époque, Lutetia,
civitas Parisorium (“Lutèce, ville des Parisii”) devient simplement Parisius
(“Paris”) ! La société gallo-romaine subit également les assauts d’ un autre
ennemi, intérieur celui-ci : le christianisme. Vers 250, saint Denis, premier
évêque de la ville, est décapité au sommet de la butte Montmartre, qui
prend alors le nom que nous lui connaissons (“mont des Martyrs”). La
nouvelle religion, en prônant un salut inédit, conquiert rapidement les âmes
parisiennes, oppressées par la peur des envahisseurs. En 451, Attila et les
Huns menacent la ville : une petite bergère de Nanterre, Geneviève,
promise à un grand destin, invoque le Dieu chrétien pour qu’ ils s’ en
détournent, ce qui advient ! Les Parisiens conquis à la nouvelle religion en
font une sainte et leur patronne. Le monde gallo-romain va sombrer peu
après ! En 486, le roi Clovis, vainqueur à Soissons du Romain Syagrius,
fonde le royaume franc, qu’ il place sous les auspices du christianisme en se
faisant baptiser en 496 à Reims.

La difficile naissance d’une capitale


En 508, Clovis décide d’ installer à Paris la capitale de son royaume et de
résider dans le palais de la Cité. Il choisit de se faire enterrer dans une
basilique, qu’ il construit sur la colline (qui prendra plus tard le nom de
montagne Sainte-Geneviève), à proximité de l’ ancien forum de Lutèce,
tombé en ruines. Childebert Ier, son fils (mort en 558), roi de Paris, préfère
être enterré avec sa famille dans la basilique Saint-Vincent-Sainte-Croix
(future abbaye Saint-Germain-des-Prés), qu’ il a édifiée sur la rive gauche à
proximité de la Seine. Elle demeurera la nécropole royale jusqu’ à Dagobert
(mort vers 638). Sous le règne de Charlemagne, le centre politique se
déplace vers l’ est, à Aix-la-Chapelle. L’ arrivée des Vikings va porter un
coup terrible à Paris. En 885-886, la ville résiste au siège de quelque
40 000 Normands montés sur 700 vaisseaux, mais en sort exsangue. Il
faudra attendre l’ élection d’ Hugues Capet au trône de France en 987 pour
que Paris s’ affirme définitivement comme capitale. Robert le Pieux, son
fils, fait reconstruire le palais et Louis VI (1108-1137) y fixe sa résidence
principale. Des liens étroits se tissent alors entre la monarchie et l’ abbaye
de Saint-Denis, grâce à l’ abbé Suger.

Rive droite, rive gauche


Ce retour au calme permet un essor économique de Paris sans précédent,
qui profite non à la rive gauche mais à la rive droite jusqu’ alors délaissée. Il
s’ y développe une “ville neuve” grâce à une activité économique
exceptionnelle liée à la Seine. Un marché apparaît place de Grève, que le
roi transfère en 1137 à ce qu’ il est convenu d’ appeler le quartier des Halles,
déterminant ainsi la rive droite comme le cœur marchand de la ville. La rive
gauche subit une évolution bien différente. Dès le début du XIIe siècle, des
écoles éclosent sur la montagne Sainte-Geneviève, en concurrence avec la
cathédrale. Le légat du pape reconnaîtra l’ Université (Universitas
magistrorum et scholarium parisiensium) en 1215, et en 1257, Robert de
Sorbon fonde un collège, aussitôt prestigieux, la future Sorbonne.
Rapidement, le quartier devient le premier centre d’ enseignement de la
chrétienté, attirant tous les grands esprits de l’ époque (et jusqu’ à
5 000 étudiants dès le XIVe siècle). Aux abords de la “Sorbonne”, l’ abbaye
de Saint-Germain-des-Prés connaît un développement exceptionnel :
l’ excellence de ses moines copistes et la richesse de sa bibliothèque lui
valent de former un centre intellectuel de renommée européenne. Un fossé
est tracé : la rive gauche, avec le Quartier latin et Saint-Germain, sera
lettrée ; la rive droite, avec les Halles, commerçante. Paris est alors la ville
la plus vaste et bientôt la plus peuplée de l’ Europe occidentale. La
transformation par Philippe le Bel du palais de la Cité en une résidence, la
plus somptueuse de l’ époque, abritant le siège de l’ administration royale, se
signale comme l’ aboutissement de cette période favorable : Paris devient la
référence européenne, protégé par les reliques du Christ exposées dans la
Sainte-Chapelle, qui veille sur la ville mais aussi sur l’ ensemble de l’ unique
royaume centralisé d’ Europe. L’ aristocratie l’ habite, les artistes y abondent,
attirés par une activité créatrice permanente.

Le temps des révoltes


Alors que Paris devient l’ un des principaux centres financiers d’ Occident,
les bourgeois enrichis s’ organisent et manifestent un désir d’ indépendance
croissant vis-à-vis de la couronne, qui gère étroitement les affaires de la
capitale. Ils obtiennent du roi des privilèges commerciaux et des attributions
municipales, mais pas de charte communale : en 1261, Saint Louis confie
l’ administration de la ville à un fonctionnaire, Étienne Boileau.
L’ antagonisme entre les deux pouvoirs, économique et royal, va croissant,
notamment en matière monétaire et fiscale. En 1348, la peste décime la
population parisienne et entraîne une crise économique bientôt aggravée par
les débuts de la guerre de Cent Ans. Quand, à la bataille de Poitiers (1356),
les Anglais capturent le roi de France Jean le Bon, le dauphin Charles ne
peut plus contenir le mécontentement des bourgeois parisiens. Sous l’ égide
d’ Étienne Marcel, prévôt des marchands, la ville se soulève le 22 février
1358, le palais royal est envahi et deux conseillers du dauphin sont tués.
Étienne Marcel reste le maître de Paris pendant quelques mois, mais il est
assassiné le 31 juillet 1358 par les partisans de l’ autorité royale… Monté
sur le trône en 1364, Charles V se lance dans un réaménagement
spectaculaire et raisonné de la ville mais il n’ ouvre qu’ une parenthèse de
prospérité : le gouvernement de Charles VI, couronné en 1380, entraîne de
nouvelles émeutes en 1382. Alors que le roi sombre dans la folie, le pays
bascule dans la guerre civile : Paris prend fait et cause pour les
Bourguignons, menés par Jean sans Peur et soutenus par les Anglais (qui
contrôlent la majeure partie du pays après leur victoire à Azincourt, en
1415), contre les Armagnacs, soutiens de la dynastie légitime dont les
Parisiens massacrent les partisans en 1418. Jeanne d’ Arc assiège vainement
la ville en 1429. Alors que Charles VII reconquiert le royaume, Paris n’ est
repris qu’ en 1436. Le roi trouve une ville ruinée, ravagée par la famine, la
guerre et la peste ; en un siècle, sa population a diminué de moitié ! Se
méfiant des Parisiens, il choisit d’ installer sa résidence sur les bords de la
Loire. Paris conserve les organes du gouvernement central mais reste placé
sous son contrôle direct, avec une autonomie limitée.

La nuit de la Saint-Barthélemy
La royauté itinérante ne s’ achève qu’ avec François Ier, qui fixe sa résidence
officielle à Paris en 1528. Ce retour de la Cour profite à la ville qui renoue
avec la prospérité. Les guerres de Religion freinent bientôt cet essor. La
Réforme prônée par le moine allemand Luther rencontre un vif succès
parmi les imprimeurs et les étudiants de la rive gauche et les élites
artisanale et marchande de la rive droite. En revanche, le petit peuple de
Paris reste attaché au pape et à la religion catholique défendue par la
Sorbonne. Entraîné par l’ affaire des Placards (campagne d’ affichage
virulente des protestants contre les catholiques) en 1534, François Ier est
contraint d’ afficher sa confession catholique et laisse l’ Université et le
Parlement de Paris se livrer à une répression fanatique : la ville se couvre de
bûchers, en particulier dans le Quartier latin, où le célèbre imprimeur
Étienne Dolet est mis à mort en 1546. Après l’ échec du colloque de Poissy,
en septembre 1561, qui tente une ultime conciliation, la guerre civile est
inévitable. Elle connaît son sommet à Paris dans la nuit du 23 au 24 août
1572 avec le tristement célèbre massacre de la Saint-Barthélemy : plus de
2 000 huguenots sont assassinés. Restés les soutiens indéfectibles de la
Ligue catholique, les Parisiens iront jusqu’ à se dresser contre Henri III, jugé
trop conciliant, lors de la “journée des Barricades” du 12 mai 1588. Quand
Henri IV, protestant, hérite le trône de France et reconquiert le pays, la
réconciliation avec la ville paraît impossible : après l’ avoir vainement
assiégée en 1589 et 1590, il lui faut abjurer pour en prendre possession. Ce
qui lui vaudra de lancer son fameux “Paris vaut bien une messe” ! Entré
dans la ville en 1594, il la relève rapidement de ses ruines. Les Parisiens
vont alors découvrir l’ un de leurs meilleurs rois. Dans les quarante années
qui suivent, la population parisienne double !

Paris frondeur
Les règnes d’ Henri IV et de Louis XIII permettent un essor remarquable de
Paris. Tous les pouvoirs politiques et administratifs du pays se concentrent
sur la seule personne du roi. Ce centralisme ne va pas sans résistances. En
1648, le Parlement de Paris tente de limiter le pouvoir royal mais, le
26 août, la régente Anne d’ Autriche et son ministre Mazarin font arrêter les
meneurs du mouvement. Aussitôt, les Parisiens couvrent la ville d’ un
millier de barricades : c’ est le début de la Fronde, bientôt ralliée, sous
l’ égide de Condé, par une partie de la noblesse provinciale soucieuse de
préserver ses prérogatives. La reine et le jeune Louis XIV sont contraints à
la fuite. L’ armée royale, menée par Turenne, assiège Paris. À l’ issue de la
bataille décisive, qui a lieu le 2 juillet 1652 au pied de la Bastille, dans le
faubourg Saint-Antoine, Condé parvient à entrer dans la capitale, mais
l’ alliance entre le Parlement de Paris et les princes insurgés s’ avère
rapidement intenable. Condé doit fuir à son tour. Finalement, le 21 octobre,
Anne d’ Autriche et Louis XIV fraîchement majeur entrent dans Paris sous
les acclamations d’ une foule lassée…

L’Est contre l’Ouest


La Fronde marque Louis XIV, qui se méfiera toujours des Parisiens. Dès
1661, il programme la construction du château de Versailles, où il
s’ installera en 1682, suivi par la Cour et le gouvernement. Paris n’ est plus la
capitale de la France. Pour autant, le roi
O UNE VILLE DE MAIRE
INCONNU n’ oublie pas la ville, où il multiplie les
Paris, ville capitale, a chantiers afin qu’ elle serve sa gloire.
toujours été étroitement Cependant, les Parisiens ne tardent pas à subir
surveillé par l’État… une crise économique terrible, due notamment
Après la courte aux guerres coûteuses entreprises par le roi.
indépendance gagnée Les disettes de 1692 et 1709 provoquent des
par Étienne Marcel, il émeutes et accroissent leur ressentiment à
faut attendre 1789 pour l’ égard d’ une monarchie jugée trop lointaine.
voir un maire à la tête Dans le même temps, Paris connaît une
de la ville, mais ségrégation sociale inédite : la noblesse et les
Napoléon a vite fait de classes aisées migrent dans les quartiers de
le remplacer par un l’ Ouest, plus proches de Versailles, tandis que
fonctionnaire d’État, le le petit peuple se concentre dans le cœur et
Préfet de Paris. La ville l’ est de la ville. La géographie des révolutions
ne jouira d’un statut à venir est tracée.
égal à toutes les autres
villes françaises La Révolution
qu’en… 1976, avec
17 89 Au début de l’ année, la banqueroute des
l’institution d’un exécutif
finances publiques contraint Louis XVI à
municipal et l’élection
réunir les états généraux à Paris. La ville
d’un maire.
compte alors 600 000 habitants, de plus en
plus gagnés aux idées révolutionnaires et des
philosophes des Lumières : journaux, clubs et cafés se multiplient. Avec le
spectre de la disette, l’ agitation s’ empare des faubourgs Saint-Antoine et
Saint-Marcel. Les 27-28 avril, la foule saccage la manufacture de Réveillon.
En juin, elle prend d’ assaut la prison de l’ abbaye de Saint-Germain-des-
Prés afin de libérer des gardes qui avaient refusé de tirer sur des ouvriers
grévistes. Dans le même temps, la fièvre sociale s’ empare des états
généraux : le tiers état ne montre pas la docilité escomptée par le roi et se
proclame Assemblée nationale le 17 juin. Bientôt, les Gardes-Françaises se
rangent du côté des Parisiens qui s’ en prennent alors au symbole de
l’ absolutisme royal, la Bastille, le 14 juillet. C’ est le début de la Révolution.
Louis XVI est contraint de regagner la ville et se voit coiffé de la cocarde
tricolore, symbole du nouveau pouvoir. Le mouvement insurrectionnel
décide la création d’ un conseil municipal et la nomination du premier maire
de Paris, Bailly. Pendant cinq ans, sous la conduite des Jacobins sans-
culottes dominés par Robespierre à partir de 1792, la capitale dicte sa loi au
reste de la nation. La nuit du 4 août 1789 voit l’ abolition des privilèges, le
26 août la “Déclaration des droits de l’ homme et du citoyen”, le
2 novembre la nationalisation des biens de l’ Église.

LA TERREUR En fuyant à Varennes, le roi précipite sa chute : le 10 août


1792, le peuple s’ empare des Tuileries et renverse la monarchie. La
Convention au pouvoir durcit le mouvement. Louis XVI est guillotiné le
21 janvier 1793, les Girondins sont évincés le 2 juin, le règne de la Terreur
est institué le 5 septembre : Paris subit les jours les plus sombres de la
Révolution. En avril 1794, les dantonistes sont eux-mêmes éliminés. Enfin,
en juillet 1794, la réaction thermidorienne conduit à leur tour les
robespierristes à la guillotine, à la grande satisfaction des Parisiens,
exténués par les outrances de la Terreur. Les émeutes de la faim de mars et
mai 1795 et l’ insurrection royaliste d’ octobre de la même année, réprimée
par Bonaparte devant l’ église Saint-Roch, marquent les derniers soubresauts
de la capitale exsangue…

Le siècle des révolutions


LA RESTAURATION Auréolé de gloire militaire, Bonaparte s’ impose au
pays, non sans priver Paris de tout pouvoir municipal par crainte de voir se
reproduire les excès antérieurs. Ville impériale et capitale de l’ Europe, la
cité concentre bientôt les richesses (et les œuvres d’ art) des pays annexés.
Toutefois, les crises financières de 1805 et de 1810 l’ agitent, et l’ épopée
napoléonienne s’ achève en fiasco : à deux reprises, après la chute de
l’ Empire en 1814 puis après le retour manqué de l’ Empereur – avec la
défaite de Waterloo en 1815 –, les armées anglaises et cosaques
bivouaquent sur les Champs-Élysées et ramènent les Bourbons au pouvoir.

LES TROIS GLORIEUSES Cependant, un tel régime politique n’ est plus


adapté à la réalité parisienne, d’ autant qu’ un exode rural accru, motivé par
l’ essor de l’ industrie dans l’ est de la ville, attire à Paris une masse de plus
en plus importante d’ ouvriers. Charles X, successeur de Louis XVIII, en
tentant de restreindre la liberté de la presse et de limiter le corps électoral à
une petite minorité très fortunée, provoque une nouvelle révolution, les
Trois Glorieuses (27, 28 et 29 juillet 1830). Elle trouve d’ abord sa
résolution dans une voie de compromis, avec l’ accession au trône de Louis-
Philippe d’ Orléans, mais la monarchie de Juillet ne parviendra pas
davantage à assujettir le peuple parisien…

LA RÉVOLUTION DE 184 8 En 1832, une épidémie de choléra décime


plus de 44 000 Parisiens dans les quartiers pauvres de la ville. En 1847, une
nouvelle crise économique affecte Paris de plein fouet, alors que sa
population atteint pour la première fois 1 million d’ habitants. En 1848, 65%
des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts et 80% ont pour
sépulture la fosse commune ! Le choc est inévitable : l’ insurrection des 22,
23 et 24 février 1848. Fraîchement instaurée, la IIe République est dépassée
par l’ aile radicale du mouvement, qui souhaite une révolution ouvrière et
socialiste. Durement réprimée au mois de juin par les républicains, celle-ci
jette finalement la bourgeoisie de l’ Ouest parisien, apeurée, dans les bras
d’ un neveu de Napoléon Ier, qui, de prince-président élu, se proclame
empereur après le coup d’ État du 2 décembre 1851. Le règne de
Napoléon III annonce la plus profonde métamorphose de Paris. Sous l’ égide
du préfet Haussmann, sa modernisation est rapide, mais celle-ci a
également des implications politiques : en éventrant ses vieilles ruelles
médiévales pour y percer de larges avenues, le Second Empire vise
également à reléguer les classes populaires en périphérie tout en leur
confisquant les rues étroites, bastions propices à la pose de barricades lors
des insurrections.

LA COMMUNE DE PARIS La déroute de l’ Empire après la défaite de


Sedan (contre la Prusse) donne l’ occasion au mouvement ouvrier de
reprendre la main : le 4 septembre 1870, Napoléon III est destitué et la
République proclamée à l’ Hôtel de Ville. Cependant, les Prussiens
atteignent Paris et le gouvernement de coalition doit se replier sur
Versailles. Menant une politique de conciliation, il ne fait qu’ exaspérer le
patriotisme de la ville assiégée et affamée. Le 18 mars 1871, en tentant de
récupérer 227 canons qui avaient été financés par une souscription des
Parisiens en vue de leur défense au sommet de la butte Montmartre, il
précipite la rupture : les insurgés refusent l’ autorité de l’ Assemblée
nationale et s’ érigent en Commune,
O UN PROGRAMME
RÉVOLUTIONNAIRE affirmation de l’ autonomie parisienne, tout en
La Commune édicte édictant une série de lois sociales
une série de lois révolutionnaires. Ces réformes valent à la ville
inédites : instauration d’ être assiégée, cette fois par le gouvernement
d’un salaire minimum, français ! La Commune de Paris s’ achève
interdiction du travail de dans un immense incendie et un bain de sang :
nuit, séparation de afin de protéger leur retraite, les fédérés usent
l’Église et de l’État, de la technique de la terre brûlée, qui touche
établissement d’une en particulier les Tuileries et l’ Hôtel de Ville.
École laïque, obligatoire Au terme de cette “Semaine sanglante” (21-
et gratuite, accès de 28 mai 1871), près de 20 000 communards
l’enseignement sont fusillés, notamment au mur des Fédérés,
supérieur aux filles, dans le Père-Lachaise. La ville perd là des
gestion par les ouvriers hommes de progrès, et sa vocation
eux-mêmes des révolutionnaire est brisée : ni le soulèvement
industries de 1944 ni Mai 1968 n’ atteindront les
abandonnées, etc. sommets de 1789, 1830, 1848 et 1871, quand
Paris faisait l’ Histoire !

La Belle Époque et les Années folles


Après l’ instauration de la IIIe République, la ville se développe à vive
allure : elle compte 2 millions d’ habitants en 1876, 2,71 millions en 1901,
2,88 millions en 1911 ! Avec l’ essor soutenu de son industrie et de ses
techniques, son goût de la fête et ses brillantes avant-gardes artistiques, elle
devient la ville phare, exaltée à l’ occasion des célèbres Expositions
universelles de 1878, 1889 et 1900. La tour Eiffel, élevée pour celle de
1889, reste le plus insigne symbole de la “Ville lumière” ! Relativement
épargné par la Première Guerre mondiale, Paris demeure le centre culturel
de la planète après 1918, attirant les artistes du monde entier. À la Belle
Époque des Grands Boulevards et de Montmartre succèdent les Années
folles de Montparnasse. Toutefois, cette griserie masque un revirement dans
l’ histoire de la capitale : en 1921, sa population atteint près de 3 millions
d’ habitants, cependant, la construction s’ y interrompt brusquement ;
désormais, c’ est la proche banlieue qui absorbe les nouveaux arrivants.
Malgré l’ avant-gardisme architectural d’ un Mallet-Stevens ou d’ un Le
Corbusier, l’ Exposition internationale des Arts décoratifs en 1925 n’ est plus
qu’ un pâle reflet des précédentes, tandis que celle de 1937 annonce des
jours sombres avec le pavillon tapageur du IIIe Reich…

Paris brûle-t-il ?
À peine dix mois après le début de la Seconde Guerre mondiale, la
Wehrmacht entre dans Paris le 14 juin 1940 et défile sur les Champs-
Élysées. L’ Occupation constitue un véritable électrochoc pour les Parisiens
qui n’ ont pas pris la route de l’ exode. Hitler, qui se fait photographier
devant la tour Eiffel le 23 juin, ordonne la destruction systématique de tout
quartier qui tenterait de s’ insurger : outre un symbole, Paris constitue un
verrou stratégique dans le dispositif de défense allemand du nord de la
France. Les habitants sont soumis à de sévères privations, aux arrestations
et aux exécutions, aussi les gestes de résistance restent-ils rares. Seule une
poignée d’ étudiants manifeste sur les Champs-Élysées le 11 novembre
1940. Les Juifs de Belleville et du Marais sont les premières victimes de la
collaboration : les rafles se multiplient, notamment celles des 16 et 17 juillet
1942, au cours desquelles la police française rassemble 13 000 Juifs au Vél’
d’ hiv’ (Vélodrome d’ hiver, 15e arrondissement). Au total, plus de
50 000 Juifs parisiens sont déportés et exterminés dans les camps de
concentration. Au Mont-Valérien, à l’ ouest de Paris, ce sont également
4 500 résistants qui sont fusillés entre 1941 et 1944. Alors que les troupes
alliées débarquées en Normandie le 6 juin 1944 approchent, la ville se
soulève : entre le 19 et le 22 août, les Parisiens dressent plus de
200 barricades, et les combats de rue font 1 200 morts dans leurs rangs. La
2e division blindée de Leclerc entre dans la capitale le 24 août. Le général
von Choltitz, qui a reçu de Hitler l’ ordre de réduire la ville en cendres en
cas de défaite, ne l’ exécute pas, grâce notamment aux efforts de médiation
du consul de Suède Raoul Nordling, et capitule le 25. Paris ne brûlera donc
pas ! Dans la capitale miraculeusement sauve, la fête est intense ! Elle
annonce déjà la dernière des révolutions parisiennes : le Paris libéré de
Saint-Germain-des-Prés préfigure le Paris très affranchi des décennies à
venir…
Mai 68 ou le dernier sursaut ?
Mai 68 reste l’ ultime temps fort de l’ histoire parisienne, le dernier où ses
rues ont vu se dresser des barricades et ont bien failli renverser le régime !
Pour autant, l’ épisode reste lourd d’ un véritable malentendu… Né le 3 mai
avec l’ occupation de la Sorbonne, le mouvement étudiant a moins marqué
le pays par ses revendications politiques et sociales relayant celles du
monde ouvrier que par son souhait de libération morale. Si le Quartier latin
a focalisé tous les regards, il tenait pourtant sa force de la grève générale
décrétée dans les usines du pays au milieu du mois. Avec la contre-
manifestation organisée par les gaullistes sur les Champs-Élysées le 30 mai,
la révolution politique a échoué, même si la jeunesse parisienne a gagné sa
libération des mœurs.

Les enceintes de Paris


L’enceinte de Philippe Auguste
L’ île de la Cité, refuge pour les Parisiens inquiets des invasions
germaniques, est protégée au IIIe siècle par une première enceinte. Elle
constitue ainsi le cœur historique de la ville, celui à partir duquel elle ne
cessera de se développer au gré de nouvelles enceintes concentriques. La
première d’ entre elles, n’ englobant que 40ha, a été réalisée au IXe siècle sur
la rive droite. La deuxième, œuvre de Philippe Auguste, protège à partir de
1190 la ville commerçante en pleine croissance autour des Halles. Ce
rempart de pierre, large de 2m et ponctué de tours circulaires, s’ ouvre à l’ est
sur l’ actuelle rue des Jardins-Saint-Paul (où l’ on peut voir ses plus
importants vestiges), inclut le village de Beaubourg, cerne les Halles au
niveau de l’ actuelle rue Étienne-Marcel et se referme à l’ ouest sur une
nouvelle et imposante forteresse, le Louvre. Le succès de l’ Université au
Quartier latin motive également l’ édification d’ un même rempart à partir de
1210 sur la rive gauche. Il part de la tour de Nesle qui fait face au Louvre,
suit le cours de l’ actuelle rue Mazarine, se hisse sur la colline où il vient
ceindre l’ abbaye Sainte-Geneviève puis rejoint la Seine en longeant
l’ actuelle rue des Fossés-Saint-Bernard. On peut encore en voir des vestiges
cour du Commerce-Saint-André et rue Clovis. L’ ouvrage laisse en dehors
de Paris l’ abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui élève ses propres
fortifications, au pied desquelles commence de s’ épanouir un petit bourg.
De même, dans le nord du Marais, les Templiers construisent une véritable
ville fortifiée indépendante, l’ enclos du Temple, qui deviendra possession
des chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem après leur condamnation par
Philippe le Bel en 1313. Jouissant de privilèges fiscaux, elle abritera plus de
4 000 artisans jusqu’ à la Révolution, qui en fera une prison. L’ importance
de l’ enceinte de Philippe Auguste est encore tangible de nos jours : elle
dessine les limites du “Vieux Paris”, celui dont le bâti reste le plus dense et
dont le maillage des rues, très étroit quand il n’ a pas été repris par
Haussmann, conserve le tracé des anciennes parcelles agricoles qui ont
déterminé les formes de son lotissement.

Le rempart de Charles V
L’ enceinte de Philippe Auguste marquera la frontière sud de Paris jusqu’ au
e
XVII siècle, la rive gauche se développant beaucoup plus lentement que la
rive droite. Dès le XIVe siècle, celle-ci déborde en effet l’ ouvrage vers le
nord, et ces nouveaux faubourgs doivent être protégés par un autre rempart
à l’ heure de la guerre de Cent Ans. Charles V en est l’ instigateur : édifié dès
1370 à partir de la Bastille, nouvelle forteresse protégeant l’ est de la ville, il
suit l’ actuelle ligne des Grands Boulevards (Madeleine-République). Au
e
XVII siècle, la France jouit de la paix intérieure, à la suite des guerres
menées par Louis XIV et de la fortification des frontières par Vauban ;
Louis XIV ordonne alors la destruction du rempart de Charles V et son
remplacement par un large cours planté d’ arbres et scandé d’ arcs de
triomphe exaltant ses victoires militaires (portes Saint-Martin et Saint-
Denis). Sur la rive gauche, au développement toujours modéré, les
boulevards, dont l’ aménagement commence sous Louis XIV, ne seront
achevés qu’ au XIXe siècle (boulevards du Montparnasse, Port-Royal et
Saint-Marcel). Ils se fraient alors un chemin entre les très nombreux
collèges et abbayes, tandis que les boulevards de la rive droite constituent
déjà le haut lieu de la fête à Paris, consacrant le mythe des Grands
Boulevards.

Boulevards et avenues
Après la destruction des fortifications de Charles V sous Louis XIV
et leur transformation en promenade, le terme guerrier de
“boulevard”, qui qualifiait au Moyen Âge le terre-plein d’un
rempart, vient à désigner la plus symbolique des voies
parisiennes ! Toutes les grandes artères concentriques de Paris
prendront ce nom, tandis que ses voies pénétrantes seront
baptisées “avenues”. Quant à cette ancienne frontière de Paris,
elle reste elle-même lisible à travers le nom des rues qui la
franchissent et entrent alors sur le territoire des anciens
faubourgs : la rue Montmartre devient ainsi la rue du Faubourg-
Montmartre au-delà des Grands Boulevards. De même pour les
rues Saint-Denis, Saint-Martin, Poissonnière, du Temple, Saint-
Antoine…

Le mur des fermiers généraux


La banqueroute des finances publiques à la fin de l’ Ancien Régime motive
l’ édification d’ une nouvelle enceinte, non plus militaire mais fiscale : elle
est destinée à faciliter la perception des droits d’ octroi afin qu’ aucune
marchandise transitant par la ville n’ échappe aux taxes de la Ferme
générale. D’ une largeur de 100m, elle suit le tracé des “boulevards
extérieurs” (repris grosso modo par le trajet des lignes de métro 2 et 6) et
englobe la ceinture bâtie relativement lâche qui s’ est développée au-delà
des Grands Boulevards. Elle marquera la limite administrative de Paris
jusqu’ en 1860 (date à laquelle les 12 arrondissements créés en 1795 seront
portés à 20). Sa construction est confiée à Claude Nicolas Ledoux,
visionnaire du néoclassicisme. Il prévoit sur son parcours 51 barrières, dont
les volumes simples et grandiloquents font date. Seules celles de Monceau,
du bassin de la Villette, de la place Denfert-Rochereau et de la place de la
Nation subsistent. L’ ouvrage très impopulaire fut détruit à la Révolution.

De la “zone” au périphérique
En 1841, dans le contexte de l’ affirmation des nationalismes en Europe,
Thiers décide la création d’ une nouvelle enceinte afin de prévenir toute
incursion ennemie. Défendu par 94 bastions et 17 forts avancés, l’ ouvrage
est ceint d’ un anneau non constructible de 250m de largeur dit “zone
militaire fortifiée”. Avec ses 39km de circonférence, il traverse les
faubourgs populaires de la ville et une partie des communes suburbaines
(Les Batignolles, La Chapelle, Montmartre, La Villette, Belleville,
Charonne, Bercy, Vaugirard, Grenelle, Auteuil et Passy) qui sont finalement
annexées à Paris en 1860, dessinant la limite administrative de la ville que
nous connaissons toujours. Les “boulevards des Maréchaux”, qui ceinturent
la ville, sont aménagés dès 1861 sur le boulevard militaire desservant la
ligne de défense côté ville. Désarmée à la fin du XIXe siècle, la “zone”
abandonnée voit s’ élever d’ innombrables bidonvilles qu’ on dit peuplés de
“zonards”, donnant son sens à l’ expression actuelle. Le boulevard
périphérique y trouvera sa place dans les années 1970, devenant le dernier
et bruyant rempart de Paris.

Urbanisme et architecture
La ville antique
Après la défaite des Parisii par le général Labienus en 52 av. J.‑C., les
Romains reconstruisent la ville sur la montagne Sainte-Geneviève. C’ est
une métamorphose ! Tandis que la cité gauloise était constituée de petites
maisons de bois et de torchis, ils élèvent une véritable ville italienne, tout en
pierre, aux toits de tuile, et organisée selon un strict quadrillage de rues
pavées. L’ artère principale (le cardo maximus), l’ actuelle rue Saint-Jacques,
prend naissance au débouché du Petit-Pont, stratégiquement construit au
passage le plus étroit sur le fleuve. La ville se déploie ensuite vers le nord
en formant un large losange, dont la diagonale est constituée par la
deuxième artère principale de la ville (le decumanus maximus),
approximativement reprise par la rue des Écoles. À leur croisement
s’ élèvent les thermes principaux, dits de Cluny (fin du IIe siècle), les seuls
parmi les trois établissements de bains de la ville dont les vestiges sont
encore visibles. Ils conservent la plus grande voûte gallo-romaine de
France, dont les consoles sculptées en forme de proues de navire attestent
l’ importance des nautes, en charge du trafic commercial fluvial, dans
l’ essor de la cité. Au sommet de la colline, sous la présente rue Soufflot, est
édifié le forum, centre de la vie lutécienne avec sa curie, sa basilique civile
et son temple. Un théâtre s’ élève à l’ angle des actuels boulevard Saint-
Michel et rue Racine, mais il n’ en subsiste rien. En revanche, le grand
amphithéâtre (improprement appelé “arènes” de Lutèce) a été dégagé à la
fin du XIXe siècle. Les Romains l’ ont aménagé à l’ écart de la ville, à l’ est
(quartier Mouffetard), afin de profiter de la pente naturelle de la colline
pour y asseoir une grande partie des gradins, susceptibles de rassembler
17 000 spectateurs. La rive droite reste délaissée : une route la traverse
simplement pour gagner vers le nord le col de La Chapelle (l’ actuelle rue du
Faubourg-Saint-Martin) et seule la butte Montmartre, alors située à
plusieurs lieues de la ville, se voit orner d’ un temple dédié à Mercure, dont
l’ église Saint-Pierre-de-Montmartre conserve quelques colonnes. Les
pillages des Germains n’ expliquent pas entièrement la ruine de la ville
antique : ses pierres furent remployées afin de fortifier l’ île de la Cité, et
c’ est pourquoi ses vestiges sont rares.

Le Paris mérovingien et roman


Cloîtré au cœur de la Seine, le Paris mérovingien a laissé quelques rares
témoignages de la puissance acquise par la ville sous les règnes de Clovis et
de ses descendants. Le choix de l’ î le de la Cité comme siège politique du
royaume a déterminé son organisation, qui perdure encore de nos jours
avec, d’ une part, la Conciergerie (ex-palais de la Cité) et, d’ autre part,
Notre-Dame : palais royal et organes du pouvoir à l’ ouest, institutions du
culte chrétien à l’ est. Outre un baptistère et la résidence de l’ évêque, une
première cathédrale y est bâtie au VIe siècle, Saint-Étienne, la plus grande de
la Gaule mérovingienne avec ses cinq vaisseaux juxtaposés sur 60m de
longueur. On peut en admirer une partie des soubassements sous le parvis
de Notre-Dame. L’ époque voit également les premières fondations
religieuses de la rive gauche avec l’ abbaye Sainte-Geneviève (aujourd’ hui
lycée Henri-IV) et l’ abbaye Sainte-Croix-Saint-Vincent (devenue Saint-
Germain-des-Prés). L’ église de cette dernière conserve de rares vestiges de
l’ édifice initial, ravagé à trois reprises par les Normands, en particulier des
colonnettes de marbre de couleur remployées dans le triforium du chœur.
Reconstruite à la fin du Ier millénaire, elle constitue également l’ un des rares
legs de l’ architecture romane à Paris, dont l’ essor a été freiné par le
développement précoce de l’ art gothique : sa tour-porche est ornée de baies
en plein cintre caractéristiques (vers 1000) et les chapiteaux de sa nef (vers
1020) passent parmi les plus représentatifs de la sculpture romane avec leur
interprétation originale des canons antiques et byzantins.

La citadelle médiévale
Soucieux de défendre les points d’ accès à l’ île de la Cité, Louis VI fait
construire au début du XIIe siècle, de part et d’ autre du Petit-Pont et du Pont-
au-Change, deux forteresses, le Petit et le Grand Châtelet. La place du
Châtelet, sur la rive droite, en conserve le souvenir. La berge de la Seine qui
la jouxte, formant une large grève, est aménagée en port et, en 1141,
Louis VII impose que la “place de Grève” reste libre de toute construction
afin de permettre le développement du marché qui assure
l’ approvisionnement de la ville. Avec son essor, il est transféré plus au nord,
au lieu-dit les Champeaux, où Philippe Auguste fait construire de premières
halles au début du XIIIe siècle. C’ est la naissance du quartier des Halles,
cœur de la ville médiévale. Toutefois, la place de Grève jouit toujours d’ une
grande importance pour le pouvoir marchand : en y établissant le siège du
parloir aux bourgeois en 1358, Étienne Marcel y fixe définitivement les
organes du pouvoir municipal (aujourd’ hui place de l’ Hôtel-de-Ville).
Enserrée dans l’ enceinte élevée par Philippe Auguste, la rive droite présente
alors le plus parfait visage d’ une cité médiévale, tout en ruelles tortueuses et
anarchiques ponctuées de places fortes et d’ innombrables églises autour
desquelles s’ agglutinent d’ étroites maisons à pans de bois en
encorbellement, hérissées de pignons. L’ ensemble est dominé par le
flambant neuf donj on du Louvre, la plus haute tour de la ville (30m). La
Seine, elle-même bordée d’ un rang serré d’ habitations jusque sur ses ponts
et encombrée de bateaux, est loin de présenter le visage paisible
d’ aujourd’ hui ! Si le plan de ses anciennes paroisses (Saint-Merri, Saint-
Germain-l’ Auxerrois, Saint-Gervais, etc.) a parfois été préservé, le Paris
médiéval a disparu : le Moyen Âge ne subsiste qu’ à l’ état de vestiges,
toutefois saisissants. Sur le quai de l’ Horloge, la façade du palais de la Cité,
non dénuée d’ élégance avec son bel enchaînement de tours et de créneaux,
reconstruit à la fin du XIIIe siècle par Philippe le Bel, témoigne de l’ ancien
caractère défensif de la ville. Le bâtiment recèle en outre une superbe “salle
basse” : divisée en deux nefs par une série de minces colonnes, elle est la
plus grande salle gothique conservée en France. Quant aux fossés du
Louvre médiéval, dégagés lors du réaménagement du musée en 1989, ils
autorisent une étonnante balade au cœur du Paris de Philippe Auguste.
Enfin, la tour de Jean-sans-Peur (rue Étienne-Marcel), construite au début
du XVe siècle, est l’ unique exemple d’ architecture civile militaire encore
visible dans la ville : il faut noter la fière allure de ses murs épais de deux
mètres et percés de meurtrières ! Le paysage offert au Moyen Âge par le
Quartier latin est alors bien distinct : avec l’ essor de l’ Université, le
quartier Saint-Séverin est loti dès le XIIIe siècle en bordure de Seine, mais ce
sont surtout les collèges et les couvents qui commencent de coloniser les
pentes sud de la montagne Sainte-Geneviève, dont l’ aspect est dès lors
déterminé ; jusqu’ au XVIIIe siècle, elle restera couverte de réfectoires, de
pensions, de chapelles et de bâtiments conventuels enclos de larges jardins.
Fermés à la Révolution, la plupart ont été détruits ; seuls les réfectoires du
collège des Bernardins (rue de Poissy) et du couvent des Cordeliers (rue de
l’ École-de-Médecine) en conservent l’ image ancienne avec leurs volées de
baies gothiques et de contreforts, caractéristiques.

Prouesses de l’âge gothique


LE GOTHIQUE PRIMITIF Si le Moyen Âge a laissé sa marque dans la
ville, c’ est principalement à travers ses églises et sa cathédrale, véritables
chefs-d’ œuvre et témoins exemplaires de l’ explosion architecturale dont
l’ Île-de-France est le berceau au milieu du XIIe siècle : l’ essor du style
gothique. Les bâtiments s’ ouvrent à la lumière et accentuent la verticalité.
La première croisée d’ ogives est réalisée dans le chœur de l’ église Saint-
Martin-des-Champs vers 1130, mais son emploi, ainsi que celui de l’ arc
brisé, est véritablement systématisé sur le chantier de la basilique de Saint-
Denis, nécropole des Rois de France (à 5km au nord de Paris). Les croisées,
en reportant les poussées de l’ édifice sur les arcs-boutants extérieurs,
permettent d’ alléger les parois et de les percer de baies élancées. Dans
Paris, le chœur de l’ église abbatiale Saint-Germain-des-Prés est le
premier à être reconstruit selon le nouveau style vers 1145 : soutenue par
les arcs-boutants les plus anciens de la ville, sa nef témoigne d’ une
élévation toute maîtrisée accentuée par une élégante série d’ arcs brisés et de
colonnettes. Au cours des décennies qui suivent, le style gothique s’ affine,
en particulier sur le chantier de Notre-Dame, dont Maurice de Sully pose la
première pierre en 1160.

LE GOTHIQUE RAYONNANT Au début du XIIIe siècle, alors que sa nef


est à peine achevée, Notre-Dame offre l’ occasion d’ une libération
structurelle exemplaire, qui donne naissance au style gothique rayonnant :
les fenêtres sont compartimentées par des meneaux dont le tracé se
complique de lobes et de redants. Parallèlement, d’ amples arcs-boutants,
élevés d’ un seul jet, enserrent la structure portante, qui peut ainsi accueillir
des fenêtres immenses ; son élévation peut être aussi maximale : Notre-
Dame est à la jonction des cathédrales gothiques primitives (Sens, Laon,
Senlis) et des grandes cathédrales classiques (Chartres, Reims, Beauvais,
Amiens). À partir du premier tiers du XIIIe siècle, la cathédrale a fait l’ objet
d’ une importante modification intérieure et extérieure qui lui a conféré son
aspect actuel : à l’ intérieur, l’ agrandissement des fenêtres hautes apporta
encore plus de luminosité ; à l’ extérieur, elle prit un côté aérien grâce aux
arcs-boutants et à la flèche de la croisée du transept. Enfin, Jean de Chelles
et Pierre de Montreuil dressèrent deux vastes portails à l’ extrémité de
chacun des bras du transept avec une immense rose de 20m de diamètre. On
doit la Sainte-Chapelle au second de ces deux architectes (1241-1248).
Merveille de légèreté et de verticalité, elle n’ est plus un bâtiment de pierre
mais une véritable cage de lumière, sertie dans des contreforts colossaux et
parée de magnifiques vitraux qui restent les plus anciens de la ville. Pierre
de Montreuil reconstruit également les bâtiments conventuels des moines de
Saint-Germain-des-Prés ; en leur cœur, il réalise une chapelle de la Vierge
restée fameuse. L’ ensemble est détruit à la Révolution, mais le musée de
Cluny conserve quelques fragments de ses dentelles de pierre, qui attestent
son ancienne beauté. À ces joyaux s’ ajoutent nombre d’ églises paroissiales,
souvent reprises et agrandies par la suite. Ainsi notamment Saint-Merri,
Saint-Séverin et Saint-Médard, et la mieux préservée des églises gothiques
parisiennes, Saint-Germain-l’Auxerrois, face au Louvre.

LE GOTHIQUE FLAMBOYANT Après la révolution d’ Étienne Marcel,


Charles V quitte le palais de la Cité pour s’ installer d’ abord à l’ hôtel Saint-
Pol dans le Marais, dont il va ainsi déterminer la vocation aristocratique,
puis au Louvre, dont il décide la transformation en résidence royale. Sous
l’ égide de Raymond du Temple, la forteresse devient une élégante
construction gothique percée de baies élancées et cernée de jardins. Ravagé
par la guerre de Cent Ans, Paris conserve son aspect médiéval jusqu’ au
milieu du XVe siècle : l’ absence de la Cour (Charles VII s’ est installé sur les
bords de la Loire) y freine la Renaissance. Seul Louis XII, se faisant l’ écho
des préoccupations urbanistiques naissantes, impose la construction de
maisons homogènes sur le nouveau pont Notre-Dame, d’ après les plans de
l’ architecte italien Fra Giacondo. François Ier accélère cette évolution : il
fait bâtir le premier quai en pierre et ordonne la démolition des portes fortes
de l’ enceinte et l’ alignement des rues principales. Cependant, Paris préfère
offrir le plus beau des chants du cygne au style gothique flamboyant,
exacerbation de la verticalité. L’ édification de la tour Saint-Jacques, ancien
clocher de l’ église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aujourd’ hui disparue,
donne l’ occasion à ses sculpteurs de démontrer leur savoir-faire de
véritables dentelliers sur pierre dans une escalade de dais et de pinacles. Au
même moment, l’ église Saint-Séverin est ceinturée d’ une exubérante forêt
de piliers et de fenestrages de pierre hautement flamboyants.

Une Renaissance tardive


Dans ce contexte, les préceptes de la Renaissance, qui revendique un retour
aux canons architecturaux de l’ Antiquité, peinent à s’ imposer. Les églises
Saint-Étienne-du-Mont et Saint-Eustache, également construites à l’ époque,
empruntent plus au nouveau style qu’ elles ne l’ adoptent véritablement : on
y constate la simple application d’ éléments architecturaux Renaissance
(frontons, larmiers, cartouches… ) sur une structure d’ ensemble toujours
gothique. Alors que François Ier ordonne la reconstruction de l’ Hôtel de
Ville, on choisit d’ y marquer la double appartenance de Paris à l’ aire
méditerranéenne et à l’ Europe du Nord à travers l’ alliance inédite du
modèle de la maison municipale flamande et des motifs Renaissance. Enfin,
si le goût du confort cher aux princes italiens commence de faire des émules
parmi les élites parisiennes, il s’ exprime dans une forme originale dont
l’ hôtel de Sens et l’ hôtel de Cluny restent les derniers témoins :
ressemblant encore à de petits châteaux forts dans la ville et de style
gothique flamboyant, ils prennent toutefois l’ aspect de véritables demeures
de plaisance aux façades finement ouvragées. Un mouvement est initié qui
ne cessera de s’ affirmer : l’ hôtel de Cluny passe pour le premier des hôtels
particuliers parisiens, dont il anticipe le plan avec son corps central flanqué
de deux ailes de retour formant cour d’ honneur. Mais, dès lors, c’ est un
style résolument parisien et urbain qui s’ impose.

L’affirmation du classicisme français


Les XVIe et XVIIe siècles voient l’ élaboration d’ un art original où les
architectes se soustraient aux influences italianisantes pour puiser
directement aux sources de l’ architecture antique des motifs dits
“classiques” (colonnes et chapiteaux corinthiens, pilastres, frontons, bas-
reliefs, lignes droites, etc.). Pierre Lescot, Jean Goujon et Philibert Delorme
(ou de l’ Orme) en sont les premiers artisans. Pour François Ier, qui souhaite
la reconstruction du Louvre, le premier dessine de superbes façades (cour
Carrée) où les emprunts à l’ antique sont tempérés par une recherche de la
variété décorative. Jean Goujon sculpte les nymphes de la fontaine des
Innocents, aux Halles, et rehausse l’ hôtel Carnavalet, dans le Marais, de
bas-reliefs italianisants sur le thème des saisons, qui s’ inscrivent entre des
croisées à meneaux. Enfin, pour Catherine de Médicis, Philibert Delorme
élève le célèbre palais des Tuileries, incendié pendant la Commune : ses
pavillons symétriques rythmés de pilastres témoignent d’ une recherche de
majesté inédite dans Paris, tandis que les jardins qui sont aménagés dans
son prolongement annoncent l’ art du jardin royal. Henri IV, véritable prince
urbaniste, se révèle soucieux d’ embellissement et d’ ordonnancement, tirant
le meilleur parti des enseignements de la Renaissance. Il fait achever le
Pont-Neuf, qui reste le plus vieux pont de la ville et le témoin d’ une
véritable révolution : avec ce premier pont de pierre dépourvu de maisons,
la Seine commence de devenir un paysage. Il poursuit l’ œuvre entreprise
par Catherine de Médicis, la réunion du palais des Tuileries au Louvre de
François Ier, situé à plus de 500m. L’ immense galerie qui longe la Seine, due
à Louis Métezeau et Jacques Androuet Du Cerceau (aujourd’ hui disparue
en cet état), est achevée en 1595 : elle rivalise avec les plus belles galeries
italiennes tout en annonçant la galerie des Glaces de Versailles. Enfin,
Henri IV est à l’ origine d’ une évolution fondamentale où l’ essor des
préoccupations urbanistiques prend un tour original dans le contexte du
centralisme monarchique français : la ville commence de se mettre en scène
elle-même tout en glorifiant le pouvoir du souverain à travers les premières
“places royales”, ornées d’ une statue du roi. La place Dauphine est
aménagée à la pointe ouest de l’ île de la Cité à partir de 1601 et, surtout,
dans le Marais, la place Royale (aujourd’ hui place des Vosges) à partir de
1604, un carré parfait bordé de maisons d’ une même ordonnance rythmées
par un élégant chaînage de briques et de pierre.

L’HÔTEL PARTICULIER OU L’ÉLÉGANCE FAITE ART La place


Royale s’ affirme rapidement comme le centre des réjouissances
aristocratiques à Paris, au cœur d’ un Marais plus royal que jamais : les
hôtels particuliers s’ y multiplient. Les hôtels d’ Albret, de Coulanges,
d’ Alméras, Donon et de Sully restent les plus célèbres en consacrant le plan
classique. Dans le même temps, Marguerite de Valois (dite la reine Margot)
fait élever sur les terres en friche de la rive gauche en face des Tuileries un
palais (aujourd’ hui disparu) qui prélude à l’ urbanisation du faubourg Saint-
Germain, futur quartier aristocratique de la capitale. Cette vocation
s’ affirme dès 1615 avec la construction à la limite sud de la ville, pour
Marie de Médicis, du palais du Luxembourg, inspiré du Palazzo Pitti de
Florence mais respectant le plan de l’ hôtel particulier parisien. Immense,
lumineux, il annonce les châteaux de plaisance du XVIIIe siècle. Le jardin qui
le ceint marque aussi une évolution essentielle : non plus seulement
ouvertes sur le paysage et bien ordonnées à l’ italienne, ses lignes
prolongent celles du palais et démontrent le triomphe de l’ homme sur la
nature. Ainsi naît la formule du j ardin à la française. Vers 1620 débute le
lotissement de l’ î le Saint-Louis, jusque-là couverte de champs.
Parfaitement alignés sur la rue centrale ou les quais, ses hôtels marquent
l’ abandon définitif des hauts toits du Moyen Âge au profit de combles
brisés percés de lucarnes ou garnis de balustrades et surtout de la brique au
seul profit de la pierre. La ville devient monochrome, un grand tableau fait
d’ une seule tonalité crème !

MATURATION ARCHITECTURALE DE LA VILLE Les larges


façades planes des hôtels, dont quelques-uns sont dessinés par François
Mansart ou Le Vau (hôtels de Lauzun et Lambert), permettent l’ affirmation
d’ un langage architectural avant tout soucieux de lignes pures et de
proportions savantes. Cette maturation s’ opère particulièrement à travers
l’ intense campagne de construction religieuse qui marque la première
moitié du XVIIe siècle. Le bourg de l’ abbaye de Saint-Germain-des-Prés voit
s’ élever une nouvelle église, Saint-Sulpice, un véritable colosse et un chef-
d’ œuvre qu’ il faudra plus d’ un siècle pour achever. Le ciel parisien
commence également à changer de forme avec l’ édification des premiers
dômes inspirés des églises romaines : citons la chapelle de la Sorbonne,
reconstruite à la demande de Richelieu, et l’ église Saint-Roch, dues à
Lemercier, ainsi que le Val-de-Grâce, la plus fameuse des soixante abbayes
qui voient alors le jour aux abords du Quartier latin ! François Mansart,
Lemercier et Le Duc se succèdent sur le chantier et portent à leur sommet
les évolutions engagées avec la Sorbonne et Saint-Roch : ils tempèrent les
inspirations baroques du style (lyrisme du fronton, richesse du décor) par un
caractère sculptural et une recherche d’ équilibre qui marquent la
consécration d’ un style propre, le classicisme français, sous-tendu par une
idée maîtresse, l’ ordre, futur emblème du classicisme louis-quatorzien.

Paris, ville en majesté


Avec le règne de Louis XIV, le classicisme triomphe jusque dans
l’ urbanisme. La ville est conçue comme un organisme réglé voué à
assujettir des forces autrefois centrifuges : aux ruelles anarchiques du
Moyen Âge s’ opposent les premières perspectives rayonnantes et des places
parfaitement dessinées qui évoquent l’ unique centre de toutes choses, le
roi ! Tel ou tel site est retenu en fonction de considérations urbanistiques
qui visent à la meilleure valorisation du bâtiment élevé. Sur les bords de
Seine, le premier exemple en est le collège des Quatre-Nations (aujourd’ hui
l’ Institut de France), une merveille
O À la fin du XVII
LA VILLE LUMIÈRE
e d’ élégance et de mesure voulue par Mazarin et
siècle, Gabriel Nicolas due à Le Vau. Deux nouvelles places voient le
de la Reynie qui, jour, la place des Victoires (qui bénéficie du
nommé lieutenant premier éclairage public nocturne) et la
général de police, a magistrale place Louis-le-Grand (aujourd’ hui
pour mot d’ordre Vendôme), où Jules Hardouin-Mansart met
d’assurer “la sûreté et définitivement au point la typologie des places
la netteté” de Paris, fait royales, au parfait ordonnancement. Dans le
installer au milieu et même temps, la destruction du rempart de
aux extrémités de Charles V sur la rive droite fait de Paris une
chaque rue des ville propice à la promenade. L’ aménagement
lanternes à bougies. du j ardin des Tuileries par Le Nôtre marque
Mais l’éclairage public, également le triomphe du jardin français.
après les lanternes à Dans son axe est percé un grand cours planté,
réverbère et l’éclairage la future perspective des Champs-Élysées, si
à huile, ne prendra importante dans l’ urbanisme parisien. Le
vraiment d’ampleur nouvel agrandissement du Louvre voulu par le
qu’avec la roi donne l’ occasion au classicisme français
généralisation de de recevoir son manifeste avec l’ illustre
l’éclairage au gaz qui, Colonnade de Perrault : s’ y affirme un goût
dans la capitale, voit (et sévère soucieux de symétrie, de proportions
fait) le jour sur la place qui parlent à l’ esprit et de sobriété du décor.
du Carrousel en 1829, Ces canons s’ imposent à travers les immenses
puis dans les fameux chantiers qui sont lancés en périphérie de la
passages. Paris la nuit ville : l’ hôpital de la Salpêtrière,
sort de ses ténèbres et l’ Observatoire et les Invalides, le plus grand
incite à sortir tard. chantier du siècle après Versailles. Le style
Magique sous les feux s’ épanouit également à travers les hôtels
de la fée électricité, la particuliers qui se multiplient dans le faubourg
ville éblouit ensuite les Saint-Germain (hôtels de Villars, de Rothelin-
foules lors des Charolais) et les villégiatures qui fleurissent à
expositions Passy (le château de la Muette, aujourd’ hui
universelles : la ville disparu). En 1718, l’ hôtel d’ Évreux (actuel
lumière est née. palais de l’Élysée) achevé inaugure
l’ urbanisation du faubourg Saint-Honoré. Le
Marais passé de mode voit toutefois s’ élever
O PARIS, PATRIMOINE
MONDIAL quelques-unes des plus splendides
Plutôt que de classer constructions de l’ époque : les hôtels de
un par un les grands Soubise et de Rohan portent à son apogée le
monuments parisiens style classique avec leur ornementation
au patrimoine de discrète et leur ordonnancement rythmé de
l’humanité, l’Unesco a portiques à fronton. Puis le style Louis XV
inscrit en conduit à un relatif retour de l’ exubérance à
1991 l’ensemble des travers les joliesses du style rocaille qui
rives de la Seine, du viennent parer les façades, les mascarons
pont de Sully au pont riants qui surmontent leurs fenêtres et les
d’Iéna ! Un périmètre ferronneries aériennes qui les devancent : les
d’une immense hôtels de Beauharnais, de Roquelaure, de
richesse, avec l’île de la Brienne et le petit hôtel de Montmorency au
Cité (Notre-Dame et la faubourg Saint-Germain en sont les meilleurs
Sainte-Chapelle), l’île exemples. Louis XV est à l’ origine de projets
Saint-Louis, l’Hôtel de majeurs dans la ville, la fondation de la
Ville, l’Institut de majestueuse École militaire sur le Champ-de-
France, le Louvre, les Mars et, surtout, la création de la place Louis-
Tuileries, la place de la XV (aujourd’ hui place de la Concorde), due
Concorde et l’axe à Ange-Jacques Gabriel : ordonnée sur la
Madeleine-Assemblée perspective des Tuileries et des Champs-
nationale, le Grand et le Élysées et ouverte sur la Seine, elle n’ est
Petit Palais, les bordée de bâtiments que d’ un côté. C’ est la
Invalides, le Trocadéro, nature et l’ espace eux-mêmes qui sont ainsi
la tour Eiffel et le mis en scène ! Ville spectaculaire, Paris fait
Champ-de-Mars… dès lors l’ admiration de l’ Europe.

Architecture publique
La révolution intellectuelle du siècle des Lumières marque également le
visage de Paris. Le goût pour la nature s’ affiche à travers l’ architecture (les
hôtels particuliers s’ ornent d’ immenses fenêtres, et leurs façades accueillent
des guirlandes de fleurs, comme sur le grand hôtel de Montmorency) et une
nouvelle mode paysagère. À partir de 1773, le duc de Chartres fait
aménager le parc Monceau en l’ agrémentant de fabriques, puis en 1777 le
comte d’ Artois Bagatelle dans le goût anglo-chinois : ce sont les premiers
jardins pittoresques de la ville, qui s’ entiche alors de leurs allées sinueuses.
L’ affirmation du goût du confort et de l’ intimité introduit également une
nouveauté fondamentale : les appartements aristocratiques ne viennent plus
en enfilade, mais ils sont souvent desservis par un long couloir.

PREMIER PROJET URBAIN D’ENSEMBLE La fin du règne de


Louis XVI voit l’ aménagement du quartier de l’ Odéon : y sont tracées des
rues bien régulières et rayonnantes, et la hauteur de ses bâtiments est
proportionnée à leur largeur pour des raisons d’ hygiène et d’ aération. Il est
également le cadre d’ une double révolution : on y aménage les premiers
trottoirs de la ville afin d’ en finir avec la boue omniprésente sur ses
chaussées uniques et on y consacre un nouveau type de logement,
l’ immeuble de rapport, constitué d’ appartements séparés et desservis par
des parties communes (cour et escalier). L’ ensemble est de plus couronné
d’ un théâtre jouissant, à la manière antique, d’ un bâtiment distinct dans la
ville, l’ Odéon, témoignant de l’ essor d’ une sociabilité résolument urbaine
qui s’ épanouit alors : sur les Grands Boulevards également, les cafés et les
restaurants se multiplient tandis que les Champs-Élysées s’ imposent
comme un lieu de promenade et de divertissement. La chaussée d’ Antin, la
plaine Monceau et la couronne des boulevards sont lotis à la même époque
d’ imposants immeubles locatifs. Le duc d’ Orléans lui-même suit l’ exemple
des banquiers en ceinturant le jardin du Palais Royal (créé par Richelieu)
d’ un ensemble d’ immeubles de rapport aux façades identiques, élevés au-
dessus d’ un péristyle solennel.

Le néoclassicisme
Ces réalisations marquent d’ autant plus l’ époque qu’ elles s’ expriment dans
un nouveau style architectural, le néoclassicisme, empreint de
monumentalité. Le siècle des Lumières nourrit une passion pour l’ Antiquité
et ses hautes vertus, dont les anciens temples et monuments publics passent
pour le premier symbole : les architectes y puisent directement leur
inspiration afin de renouer avec ces temps héroïques. L’ hôtel de la
Monnaie, le théâtre de l’Odéon et l’ École de médecine reprennent ainsi à
l’ envi les frontons et les colonnades des temples grecs et les volumes
simples et impressionnants des monuments romains. La Révolution puis le
Premier Empire sauront exalter autrement la symbolique de cette
architecture digne des Anciens… prêts au sacrifice suprême pour la liberté !
On assiste à une véritable résurgence de l’ Antiquité dans la ville : le
Panthéon, la Madeleine, la façade du Palais Bourbon (Assemblée
nationale), la colonne Vendôme (imitée de la colonne Trajane à Rome)
puis le palais Brongniart (la Bourse) et l’ Arc de triomphe sont les
représentants les plus exemplaires du néoclassicisme, de véritables temps
forts dans le paysage parisien.

Le Paris d’Haussmann
De la Révolution au Second Empire, Paris change peu. Seul le percement
de la rue de Rivoli voulu par Napoléon Ier préfigure les bouleversements
d’ après 1848. Le lotissement privé ne renaît qu’ avec la Restauration, où la
finance assure l’ essor de nouveaux quartiers à la mode : Madeleine, Europe,
Saint-Georges et, près des Champs-Élysées, François-Ier. Ils confirment la
poussée vers l’ ouest du Paris aisé. Dans le domaine des réalisations
publiques, seule l’ érection en 1836, sur la place de la Concorde, de
l’ obélisque de Louxor, est notable. Les quartiers du Centre et de l’ Est
abritent le petit peuple de Paris dans des conditions de promiscuité et
d’ insalubrité qui ne sont pas sans incidence sur les révolutions de 1830 et de
1848. Avec l’ avènement du Second Empire est venue le temps de leur plus
profonde métamorphose.
L’immeuble haussmannien
Il représente aujourd’hui l’identité de Paris. Haussmann en a
arrêté lui-même le plan sans souffrir aucune exception : 6 étages
(dont le 5e en retrait et le 6e, abritant les chambres de bonne, en
comble), une cour intérieure desservant les escaliers (et les
ascenseurs qui apparaissent en 1867), des façades en pierre
rehaussées de pilastres, de bossages, de consoles, de modillons
et de balcons de fer forgé qui courent le long des 1er et 5e étages.
L’aménagement des appartements est relativement profus :
parquet, moulures et cheminées imitent le style des demeures
aristocratiques dont l’organisation est également reprise
(séparation des pièces de réception et des espaces dévolus au
service et au personnel de maison). L’immeuble haussmannien
s’impose ainsi comme la demeure type de la bourgeoisie
parisienne, la hausse des loyers reléguant dans le même temps
en périphérie les classes défavorisées.

UN PLAN D’URBANISME RÉVOLUTIONNAIRE Pour Napoléon III,


le préfet Haussmann élabore un plan d’ urbanisme qui doit accoucher de la
ville moderne, percée de larges avenues aérées et propices à la circulation
des voitures hippomobiles et des omnibus créés en 1828. L’ élan
économique et industriel de l’ époque permet de mener le projet tambour-
battant. Seuls le Marais et les abords de la rive gauche de la Seine seront
préservés, faute de temps et de moyens. Le tissu des ruelles de l’ î le de la
Cité, restées pratiquement inchangées depuis l’ époque médiévale, est
proprement rasé : le parvis de Notre-Dame est dégagé, le palais de justice
(la Conciergerie) est doublé, l’ Hôtel-Dieu reconstruit selon les doctrines
hygiénistes alors en vigueur et une immense préfecture de police élevée au
cœur de l’ îlot. Un quadrillage d’ amples artères vient éventrer les anciens
quartiers pour traverser la ville de part en part et en dégager le centre (rive
droite : boulevard de Sébastopol, rue Étienne-Marcel, rue Réaumur, avenue
de l’ Opéra, rue La Fayette et boulevard de Magenta ; rive gauche :
boulevard Saint-Michel, boulevard Saint-Germain, rue Soufflot, avenue des
Gobelins et rue de Rennes, pour les plus marquantes). Elles sont unies par
de grandes places qui ponctuent la ville : Châtelet, Saint-Michel, Nation,
Bastille, République, Denfert-Rochereau, Italie. Les nouvelles artères sont
plantées d’ arbres et reçoivent un mobilier urbain inédit : bancs, grilles
d’ arbre, éclairage public à foison, colonnes Morris qui annoncent les
spectacles et les cent fontaines W allace offertes en 1872 par un
philanthrope anglais. Elles représentent le plus typique des lieux de vie
parisiens. La modernisation de la ville passe par la refonte des réseaux
d’ adduction d’ eau et d’ égouts et par la création de nombreux squares et de
deux grands parcs destinés à former les poumons verts de la ville : les
Buttes-Chaumont et Montsouris, ordonnés selon la mode paysagère
anglo-chinoise. Avec l’ aménagement des bois de Boulogne et de
Vincennes par Alphand, les espaces verts atteignent 1 800ha dans la ville.
Enfin, sur le plan de l’ architecture monumentale, l’ Empire lègue à la ville
deux créations majeures : l’ aile nord du Louvre qui double la Grande
Galerie (la démolition des ruines des Tuileries en 1883 donnera ainsi au
palais sa disposition actuelle en forme de diapason) et l’ Opéra Garnier,
inauguré en 1875, véritable manifeste du style Napoléon III par
l’ éclectisme de son répertoire décoratif.

Le grand numéro des arrondissements


En 1795, la ville limitée par le mur des Fermiers généraux F ne
compte que 12 arrondissements (8 sur la rive droite et 4 sur la rive
gauche). Leur numérotation allait croissant d’ouest en est et du
nord au sud. Ainsi, le 11e arrondissement d’alors correspondait
aux 5e et 6e actuels. À l’époque, se marier à la mairie du 13e (qui
n’existait donc pas) signifiait vivre en concubinage. En 1860, avec
l’annexion des communes prises dans l’enceinte de Thiers, cf. De
la “zone” au périphérique F, le nombre d’arrondissements monte à
20. Mais il semble malaisé d’attribuer le numéro 13, péjoratif, à la
bourgeoisie de Passy. Son maire, J.-F. Possoz, propose alors que
les arrondissements soient numérotés en spirale en partant du
centre de Paris.
L’architecture métallique et la tour Eiffel
Avec le développement de la société industrielle, les ressources de la
métallurgie apportent une nouvelle révolution dans la ville dès le début du
e
XIX siècle. Aux Halles, la Bourse de commerce est coiffée en 1809 d’ un
audacieux dôme de fer et de verre. Dans les années 1840, Labrouste fait le
choix d’ une structure métallique pour la bibliothèque Sainte-Geneviève.
Avec l’ invention du chemin de fer, la première gare parisienne, la future
Saint-Lazare, est inaugurée en 1837. Le principe d’ un réseau ferroviaire
national formant étoile autour de Paris est arrêté en 1842. Les travaux
d’ Haussmann lui donnent sa réalité avec la création des gares du Nord, de
l’ Est, de Lyon, d’ Austerlitz et de Montparnasse, véritables temples de la
modernité précisément construits en métal. Première consécration,
Napoléon III demande à Baltard en 1854, dans le cadre de la modernisation
du réseau d’ approvisionnement alimentaire de la ville, la reconstruction des
Halles, avec pour mot d’ ordre “du fer, rien que du fer”. Le résultat – dix
pavillons monumentaux – est resté célèbre bien que détruit à partir de 1969.
Le métal s’ impose même dans l’ architecture religieuse avec l’ église Saint-
Augustin, due à Baltard (achevée en 1871). Dès lors, la pierre ne sert plus
qu’ à former les façades extérieures, qui masquent la structure métallique, à
l’ instar des murs-rideaux de la gare du Nord, achevée en 1865, et de la gare
Saint-Lazare, reconstruite en 1885, posées en avant de leurs immenses
halles de fer et de verre. La IIIe République fera tomber cette ultime
concession à l’ architecture classique à travers les grandioses réalisations des
Expositions universelles qui doivent exalter la modernité du pays : tour
Eiffel en 1889, gare d’Orsay et Grand Palais en 1900. Le fer y joue un
rôle de premier plan, non plus seulement dans la structure en raison de sa
solidité, mais également en tant que décor : les jupons de dentelle de la tour
Eiffel symbolisent toujours cette révolution. Enfin, l’ Art nouveau, qui
s’ impose en 1900, glorifie les vertus esthétiques du métal : contourné,
fondu ou tordu, il lui donne l’ occasion de créer de véritables symphonies
végétales, dont les bouches de métro d’ Hector Guimard, parmi
d’ innombrables brasseries et magasins, sont le plus célèbre exemple.
e
Grands travaux du XXI siècle
par Bertrand Lemoine, directeur de recherche au CNRS

Après les grands projets culturels des années 1980, Paris


continue à se doter de programmes prestigieux : bien que
moins emblématiques, ils décident aussi du visage de la
capitale de demain.

Les chantiers, en cours ou à venir, mêlent pour l’ essentiel logements,


bureaux et équipements. Ils sont principalement liés à des opérations de
réaménagement sur d’ anciennes emprises ferroviaires ou industrielles :
les terrains se font rares au sein d’ une ville déjà très dense. Paris est le
centre d’ une métropole au dynamisme certain, qui produit 5% de la
richesse européenne : c’ est aussi dans sa banlieue que se joue sa
croissance.

Une ville constituée Peuplé de 2,2 millions d’ habitants au sein


d’ une agglomération qui en compte plus de 11,7 millions, Paris reste
étroitement enserré dans des limites administratives fixées en 1860,
matérialisées par un boulevard périphérique dont le tracé coïncide
exactement avec le glacis de la fortification élevée en 1845. Bien que
sa population ait largement baissé depuis 1927 (on dénombrait alors
3 millions de résidents), Paris intra-muros est l’ une des grandes villes
les plus denses du monde, avec plus de 20 000 hab. au km2. Malgré son
tissu urbain très serré, la capitale continue à se renouveler, après 40 ans
de transformations importantes. Les grandes opérations de rénovation
des années 1960-1970 portaient avant tout sur d’ anciennes emprises
industrielles. Elles ont radicalement transformé le paysage par de
nouveaux quartiers de tours et de barres groupées autour de dalles
réservées aux piétons. Trente ans après leur construction, ces secteurs
font l’ objet d’ opérations de “réparation” (quartiers Italie et Olympiades
dans le 13e ardt, Front de Seine dans le 15e, Saint-Blaise dans le 20e,
cité Michelet dans le 19e). Malgré la poursuite de chantiers de grande
envergure comme la reconstruction des abords de la gare de Lyon, la
fin des années 1970 voit un rejet de l’ urbanisme moderne. L’ attention
des bâtisseurs se porte davantage sur le patrimoine des quartiers
constitués et sur l’ Est parisien ; un programme est lancé en 1983 pour
réduire le déséquilibre entre les deux moitiés de la ville.

Les grands travaux présidentiels Le centre Pompidou, avec son


architecture provocante et magnifique, est le premier d’ une série de
projets de prestige lancés par l’ État, aujourd’ hui tous réalisés : celui de
l’ Institut du Monde Arabe (Jean Nouvel, Gilbert Lézénès, Pierre Soria
et Architecture Studio), premier “petit grand projet” ; les grands projets
muséographiques d’ Orsay (ACT et Gae Aulenti), puis du Grand
Louvre avec sa fameuse pyramide (Ieoh Ming Pei). Le parc de la
Villette (Bernard Tschumi), l’ Opéra Bastille (Carlos Ott), qui s’ est
finalement fondu dans le paysage, la Grande Arche de la Défense (Otto
von Spreckelsen et Paul Andreu) ont fait l’ objet de grands concours
internationaux. Enfin, le projet de la Cité de la musique (Christian de
Portzamparc) et celui de la Bibliothèque nationale de France
(Dominique Perrault) ont été choisis sur un concours restreint. Projet
majeur du début du XXIe siècle, le musée du Quai-Branly a été inauguré
en 2006. Sur l’ un des derniers terrains libres le long de la Seine, où l’ on
avait déjà pensé édifier un centre de conférences internationales, Jean
Nouvel a installé avec générosité un musée au concept original autour
d’ une collection d’ œuvres ethnologiques. Derrière un jardin en retrait
des berges, le musée du Quai-Branly s’ affirme déjà comme une pièce
majeure dans le paysage parisien, sans pour autant écraser son
environnement. Façades végétalisées, vitrages imprimés, “cabanes” en
saillie, pilotis métalliques au positionnement et à la taille aléatoires
comme autant d’ arbres ou de totems, les dispositifs évoquent la nature,
la forêt, le fleuve, figurent la mort et l’ oubli.

Les proj ets en cours Plusieurs grandes opérations sont actuellement


en cours, menées soit par l’ État soit par la Ville. Parmi elles, le
renouveau du quartier des Halles, envisagé depuis 2004, dont la
coordination a été confiée à David Mangin (agence SEURA). Dans son
étude de définition, il a proposé un parti clair et raisonnable : le pôle
d’ échange et les commerces sont abrités sous un vaste dais à 9m du sol,
laissant filtrer la lumière et filer le regard tandis que les jardins côté
ouest sont réaménagés d’ un seul tenant. Un nouveau concours a
désigné, en juin 2007, les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti
pour leur projet “Canopée” qui couvrira le Forum. Le premier coup de
pioche a été donné côté jardin (2010) et les travaux dureront jusqu’ en
2016.

Les derniers grands terrains… Le plan local d’ urbanisme de


Paris arrêté en 2005 prévoit une vingtaine d’ opérations de plus ou
moins grande envergure, parmi un ensemble qui totalise 940ha sur les
10 000 que compte Paris. Les dernières grandes emprises disponibles
proviennent surtout du patrimoine ferroviaire. En effet, les réseaux des
principales lignes de chemin de fer installés dans les années 1837-
1848 avaient trouvé leur tête de ligne à l’ intérieur de l’ enceinte
construite à cette époque-là et même du mur des fermiers généraux de
1780. Depuis, la ville s’ est étendue et les gares jouissent aujourd’ hui
d’ une situation centrale ; elles disposent de larges faisceaux et de
dépôts de marchandises qui ont aiguisé les appétits fonciers. Le
faisceau de la gare d’ Austerlitz, qui s’ étend jusqu’ au périphérique, a été
le premier reconquis, simultanément à la reconstruction des terrains
industriels de la Rive gauche en amont de Paris. Ce projet de longue
haleine lancé en 1991 s’ articule autour d’ une nouvelle artère, l’ avenue
de France, aménagée en partie au-dessus des voies ferrées, avec pour
monument phare la nouvelle Bibliothèque nationale. Paris-Rive-
Gauche se caractérise par un découpage assez large des îlots et une
nette séparation des blocs de bureaux et de logements. Moins dense que
prévue, l’ opération s’ achève par la réhabilitation d’ éléments
initialement voués à la démolition : l’ insertion d’ un pôle universitaire
autour des grands moulins (Rudy Ricciotti) et l’ installation d’ une école
d’ architecture dans une usine d’ air comprimé (Frédéric Borel)…
L’ inauguration en 2006 de la passerelle Simone-de-Beauvoir sur la
Seine (Dietmar Feichtinger et RFR) a facilité la liaison avec le quartier
de Bercy et son parc, réalisation majeure des années 1990 à
l’ emplacement de l’ ancienne halle aux vins. Au nord-ouest, le réseau
de la gare Saint-Lazare s’ élargit autour de la gare de marchandises des
Batignolles. C’ est là que devait voir le jour le village olympique des
Jeux de 2012. Après l’ échec de la candidature parisienne,
l’ aménagement se poursuit sur 50ha autour du parc Clichy-Batignolles,
prévoyant la couverture partielle des voies ferrées, la construction du
Palais de Justice de Paris (annoncé pour 2016), le prolongement du
parc jusqu’ au boulevard Berthier, l’ arrivée de nouveaux commerces,
logements et bureaux.

… et les reconversions D’ autres terrains ferroviaires sont en


travaux ou ont été transformés : la gare de Rungis dans le 13e, mêlant
logements et bureaux ; les messageries rue Pajol, dans le 18e,
transformées au profit d’ équipements soucieux d’ écologie (panneaux
solaires photovoltaïques) ; la cour du Maroc dans le 19e, le long de
l’ emprise de la gare du Nord, où, cette fois, les entrepôts sont rasés
pour faire place à un parc (Michel Corajoud), les Jardins d’ Éole ; la
gare d’ Auteuil dans le 16e. À une moindre échelle, et de manière plus
traditionnelle, on reconvertit de grands sites hospitaliers (Boucicaut,
Laennec, Hérold), dont les bâtiments sont en partie conservés. Les
anciennes Pompes funèbres municipales du 19e arrondissement sont
devenues, en 2008, un lieu de production artistique innovant (le
Centquatre), tandis que les anciens magasins généraux, sur le quai
d’ Austerlitz, ont été transformés en 2009 en Cité de la mode et du
design : les entrepôts d’ origine ont été habillés d’ une audacieuse coque
de métal par les architectes Jakob et Mac Farlane. Enfin, quelques
grandes opérations de promotion privée de bureaux sont aussi venues
restructurer, ces dernières années, des îlots entiers dans le centre (cour
Édouard-VII, ancien siège du Crédit Lyonnais, et l’ ancien siège de la
Seita sur le quai d’ Orsay).

Les abords du périphérique Les deux tiers des grandes opérations


concernent la limite du Paris intra-muros, les abords immédiats du
boulevard périphérique et donc, bien souvent aussi, les communes
limitrophes. Réalisé entre 1957 et 1973, il est aujourd’ hui le plus
fréquenté d’ Europe. Sous le vocable “Grand projet de renouvellement
urbain” (GPRU), les opérations mettent en jeu de vastes infrastructures
ferroviaires, des friches industrielles ou des entrepôts, des ensembles
de logements sociaux, sans compter le périphérique lui-même et ses
échangeurs. L’ hétérogénéité de ces tissus induit des typologies
architecturales plus variées qu’ au centre, de la tour à la maison
individuelle. Les principaux projets se situent au nord et à l’ est. Entre
la porte de la Chapelle et le parc de la Villette, 200ha d’ entrepôts et
d’ une zone ferroviaire vont être reconvertis en pôle universitaire, avec
une forêt prévue le long du périphérique et une promenade piétonne ; et
les anciens entrepôts Macdonald (19e) sont entre les mains de
l’ architecte néerlandais Floris Alkemade. À l’ est de l’ échangeur de la
Chapelle, un ensemble linéaire, le long des Maréchaux, s’ esquisse,
avec l’ apparition d’ une promenade plantée (Dusapin et Leclercq) sur
une partie des voies ferrées. Au nord-est, on “recouvre” la porte des
Lilas pour y installer un nouveau jardin, des équipements, une
résidence universitaire, des bureaux. Près des portes Pouchet, de
Clignancourt, de Vincennes, d’ Ivry ou de Vanves, on souhaite
améliorer la qualité du cadre de vie à travers une assez forte
densification et une mise en valeur des plantations des abords du
périphérique et, parfois, une couverture. De l’ autre côté du
périphérique, mais au centre de la région parisienne, d’ importantes
mutations sont en cours à Issy-les-Moulineaux, à Clichy, à Saint-Denis,
à La Plaine Saint-Denis, à Aubervilliers ou à Pantin.

Pistes de réflexions Des projets ponctuels sont aussi envisagés,


voire déjà engagés ou réalisés, comme la fermeture partielle des voies
rapides sur les quais de la Seine et le réaménagement des berges
en véritables espaces de vie (nouvelles passerelles, nouveaux
équipements – là une piscine, ici une patinoire, etc.). La construction
de tours est à nouveau à l’ ordre du jour, dans le quartier Paris-rive-
gauche, et à la porte de Versailles, avec une “tour triangle” de 180m de
haut, signée Herzog et De Meuron. Malgré ces efforts et une réelle
volonté de concertation, une maîtrise d’ œuvre diversifiée et un débat
d’ idées ouvert, la difficulté à œuvrer à Paris limite l’ ampleur des
projets. Sans doute faut-il désormais regarder la capitale comme une
métropole et une fédération de 1 281 communes sur un territoire de
40km de diamètre. Les transports, le logement, l’ emploi,
l’ enseignement supérieur ne peuvent plus être considérés à la seule
échelle locale. C’ est aussi par une densification progressive et une
intégration plus forte de sa petite couronne que Paris pourra prétendre
rester l’ une des capitales mondiales. Le grand chantier du Paris de
demain est avant tout politique. C’ est ainsi que se développe le projet
de “Grand Paris” auquel ont été invitées à réfléchir dix agences
internationales comme celles de Winy Maas, Roland Castro, Jean
Nouvel, Richard Rogers, etc. : un projet qui a pour objectif de
transformer l’ agglomération parisienne en une grande métropole
mondiale £
Le métro
Le 19 juillet 1900, Paris inaugure, enfin, sa première ligne de chemin de fer
métropolitain qui relie, sous terre, la porte Maillot à la porte de Vincennes.
La perspective de l’ Exposition universelle de 1900, qui place la capitale au
centre du monde moderne et annonce la déambulation d’ une foule de
visiteurs, a eu raison de quelque trente années de projets, de débats et de
tergiversations. Glisserait-il, ce métropolitain, le long d’ un plan incliné,
tracté au retour par des câbles ? Serait-il propulsé par la vapeur, ou par air
comprimé ? Circulerait-il au-dessus des immeubles, juché sur de
vertigineux viaducs ? Naviguerait-il sous terre telle une chenille
“nécropolitaine” ? Au final, c’ est la traction électrique et la voie souterraine
que la loi du 30 mars 1898 retient pour ce nouveau mode de transport “des
voyageurs et de leurs bagages à main”. La réalisation en est confiée à
l’ ingénieur des Ponts et Chaussées Fulgence Bienvenüe. Un gigantesque
chantier éventre les rues parisiennes jusqu’ à la guerre de 1914. Depuis, le
métro a densifié son réseau et gagné la banlieue. Amorcé dans les années
1930, ce mouvement extensif s’ est amplifié dans les années 1970 et 1980.
Le 15 octobre 1998, la RATP ouvrait une nouvelle ligne, la 14, entièrement
automatisée. Aujourd’ hui, le métro parisien, en vénérable institution,
déroule quelque 200km de rails, compte 300 stations (qui renouent avec
l’ esthétique de leurs origines, les célèbres carreaux de faïence blancs), avale
quotidiennement 5 millions de passagers et se signale sur le bitume par son
raccourci emblématique, un M majuscule.

Beaux-arts
Des sculptures au coin de la rue
Un musée à ciel ouvert ? Les multiples bas-reliefs, rondes-bosses, atlantes
et cariatides qui agrémentent les monuments et les façades des immeubles
de Paris constituent un remarquable florilège de la sculpture. Mais ses
nombreuses places, ses 37 ponts sur la Seine, ses quelque 150 fontaines et
bassins, ses jardins offrent encore à la curiosité du passant une profusion
d’ œuvres sculptées. Commandées la plupart du temps à des fins
commémoratives, elles sont une manière d’ honorer un personnage, de se
souvenir d’ un fait ou d’ exalter une vertu.

O 2,2
PARIS, C’EST AUSSI…
millions
SUR LES PLACES ET SUR LES PONTS
Espace idéal pour “éterniser la gloire d’ un
d’habitants intra-muros,
2 roi”, ils accueillent dès le début du XVIIe siècle
105km de superficie, une statuaire équestre mise en perspective :
6 000 rues et voies Henri IV au Pont-Neuf en 1614, Louis XIII
privées, 2 918km de place des Vosges en 1639, Louis XIV place des
trottoirs, 479 places, Victoires en 1679… Ces effigies royales ont
276 monuments été détruites à la Révolution, mais le
illuminés la nuit, e
XIX siècle a remplacé quelques-uns de ces
400 parcs et jardins, symboles de l’ Ancien Régime, et l’ on peut
2 bois, 20,6km de voies aujourd’ hui admirer place des Victoires, assis
d’eau, 37 ponts sur la sur son cheval cabré, Louis XIV sculpté par
Seine, 400km Bosio (1828), Louis XIII place des Vosges par
d’aménagements Cortot et Dupaty (1825) et, sur le Pont-Neuf,
cyclables, 35km de Henri IV réalisé par Lemot (1818) d’ après une
périphérique, gravure. Ce pont aligne un rang serré de
300 stations de métro, mascarons au-dessus de ses arches, où l’ on
135 musées, observe des têtes sculptées de dryades, faunes,
150 théâtres et salles sylvains et satyres, que la tradition attribue (à
de concerts, 370 salles tort ? ) à Germain Pilon. La statuaire équestre
de cinéma, honore aussi des figures héroïques, telle la
12 870 cafés et Jeanne d’Arc de bronze doré de Frémiet
restaurants et près de (1874), caracolant place des Pyramides. Le
11 000 magasins de e
XIX siècle utilise les ponts pour célèbrer les
mode et de luxe ! victoires de Napoléon Ier, au pont d’ Iéna où les
quatre cavaliers (le Grec, le Romain, le
Gaulois, l’ Arabe) postés aux extrémités ont mis pied à terre, au pont de
l’ Alma dans une évocation de la Grande Armée avec le zouave, le
grenadier, l’ artilleur et le chasseur à pied sculptés par Diébolt aux avant et
arrière-becs des piles de l’ arche centrale. Ce n’ est pas l’ Empire mais les
liens unissant la France et l’ Amérique qui sont évoqués au pont de
Grenelle : au centre d’ une plate-forme établie à l’ extrémité de l’ île des
Cygnes, se dresse La Liberté éclairant le monde, réplique réduite de la
gigantesque statue de Bartholdi et Eiffel (1875-1885) offerte par la France
aux États-Unis à l’ occasion du centenaire de leur indépendance. Enfin,
hiératique sentinelle dressée en 1928 au-dessus d’ une pile du pont de la
Tournelle par le sculpteur Landowski, la sainte patronne de Paris,
Geneviève, veille encore sur sa ville.
Paris romanesque
par Patrick Mandon, éditeur

Avec les siècles s’est créée une véritable confrérie


parisienne des écrivains promeneurs. Leurs musardises se
répondent, se complètent, offrant une belle collection de
“choses vues” ou à revoir…

Le flâneur des quais de Paris, depuis le temps que les boîtes des
bouquinistes lui présentent leurs trésors, a appris à fouiller avec
discernement parmi les volumes et à s’ arrêter sur le livre rare… Si
Hugo a donné le roman de Paris avec Les Misérables, tous les
admirateurs de la ville réécrivent sans cesse, à n’ en pas douter, Paris.

Métamorphoses capitales Voici un coquin de voyeur qui rapporte


tout : meurtres, exécutions, viols, débauches, rondes des amours
tarifées… Nicolas Edme Restif de La Bretonne (1734-1806) n’ est pas
seulement un vilain rapporteur, mais aussi un excellent reporteur : Les
Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne constituent des documents de
première main sur une période plus que troublée (entre 1788 et 1794),
où le fait divers se mêle à l’ Histoire. On suivra les pérégrinations de
l’ exaspérant Frédéric Moreau, héros de L’Éducation sentimentale, de
Gustave Flaubert, dans un moment crucial du développement de Paris,
entre 1840 et 1867. Flaubert regardait les insurgés de la Commune avec
un mélange de crainte et de répulsion, alors que Jules Vallès (1832-
1885), exilé après avoir défendu sa barricade en communard
convaincu, les considérait comme des héros et des martyrs.

Gens de Paris Dans Le Tableau de Paris, Vallès balance entre


l’ imprécation et une forme de tendre nostalgie pour le peuple vivant,
généreux, qu’ il ne juge que provisoirement vaincu. Le héros de
Philémon vieux de la vieille, de Lucien Descaves (1861-1949), chassé
hors de France par la répression sanglante de la Commune, vit surtout
dans le souvenir de ces choses terribles et passées : le livre est
l’ occasion de très jolis errements dans Paris. Peut-être plus habile dans
l’ art de noter les détails, mais aussi plus sombre, Gustave Geffroy
(1855-1926) donne à ses modestes figurines faubouriennes des allures
de princesses fatiguées et de seigneurs trahis (L’Apprentie, 1901).
Jamais vaincus, débrouillards, toujours une chanson aux lèvres, tristes
par intermittence, gais par nature, tels sont les Parisiens de Charles-
Louis Philippe (1874-1909) dans Bubu de Montparnasse et, plus tard,
d’ Eugène Dabit (1898-1936), qui démontre dans Hôtel du Nord et dans
son Journal une attention sincère, affectueuse et sans complaisance
pour les petites gens. Ce peuple moqueur et charmant plaisait aux
écrivains et les inspirait. Il est une puissante entité dans presque toute
l’ œuvre d’ Émile Zola (1840-1902) : Paris, le cycle des Rougon-
Maquart… un réservoir de drames et de cocasserie pour Victor Hugo
dans Choses vues. Et c’ est à Paris que Walter Benjamin (1892-1940),
venu de Berlin, devient un flâneur émerveillé, saisi en particulier par la
beauté utile des passages couverts.

Démons et merveilles Inspiration bien différente chez les écrivains


dits fin de siècle, héritiers plus ou moins légitimes de Charles
Baudelaire (1821-1867), lequel avait identifié une grande ombre
méphistophélique dans le ciel parisien. On trouve des figures soufrées
chez Josephin Péladan, dit le Sâr (1858-1918), des décadents, les
habitants de Babylone-sur-Seine ; chez Jean Lorrain (1855-1906)
également et encore chez J.-K. Huysmans (1848-1907), ou l’ étrange
Édouard Dujardin (1861-1949). Mais c’ est au bras de Léon-Paul
Fargue (1878-1947) que la Parisienne se montre le plus souvent. On les
voit ensemble rue de Lappe, à Saint-Germain-des-Prés, s’ engouffrant
dans la gare de l’ Est ou encore sortant de l’ hôtel Crillon. Jamais las
d’ observer sa ville avec la science parfois ironique d’ un amateur
d’ insectes, Fargue écrit Le Piéton de Paris (1939). Il est un enchanteur,
comme le fut Marcel Proust (1871-1922), qui s’ émerveille de la
cohabitation poétique, propre à cette ville, de la gouaille et du
raffinement. Plus près de nous, Patrick Modiano dévoile une société
interlope qui fuit la lumière ou se complaît dans une identité floue, très
parisienne elle aussi. Mais c’ est une injustice d’ omettre de citer des
noms prestigieux et de ne faire qu’ énumérer dans le désordre, Remy de
Gourmont (1858-1915), Romain Rolland (1866-1944), Paul Morand
(1888-1976), Jean Rhys (1890-1979), Maurice Sachs (1904-1945),
Louis Aragon (1897-1982), et même Joseph Hémard (1880-1961) et
son précieux carnet de dessins commenté par ses soins : Le Coin
Maubert en 1936. Non moins rares, Paris années 1950, de Stanley
Karnow, correspondant du magazine américain Time, et Paris c’était
hier, “chroniques d’ une Américaine à Paris 1925-1939”, de Janet
Flanner, correspondante du New Yorker dans la capitale £
FONTAINES… Elles sont disséminées dans le paysage parisien au gré des
places et jardins, au coin d’ une rue, au fond d’ une impasse ou même
encastrées dans un immeuble. Voici leur doyenne, venue du Moyen Âge
(XIIIe siècle), la fontaine Maubuée, “refaite” en 1733 et dont il ne subsiste
qu’ un vase de fleurs sur une console à l’ angle de la rue Saint-Martin et de la
rue de Venise (3e arrondissement). Voici leur diva, la fontaine des
Innocents (place Joachim-du-Bellay, aux Halles), que Jean Goujon
rehaussa d’ élégantes naïades, au milieu du XVIe siècle, et qu’ Antoine Pajou
compléta en 1788. Au Luxembourg, pour la plus belle d’ entre elles, et la
plus “boulevardière”, la fontaine Médicis, Ottin (1811-1890) met en scène
dans le marbre blanc l’ étreinte d’ Acis et de Galatée épiée par un odieux et
jaloux Polyphème de bronze ; au dos de la Médicis figure le souvenir d’ une
autre fontaine autrefois installée rue du Regard, un exquis bas-relief exécuté
par Achille Valois en 1807 représentant Léda, l’ épouse de l’ ex-roi de
Sparte, et Jupiter métamorphosé en cygne. Encastrée dans le mur de
l’ ancien hôpital Laennec, rue de Sèvres, la fontaine du Fellah est
révélatrice de l’ égyptomanie qui a imprégné le milieu des arts au retour de
la campagne d’ Égypte de Bonaparte : le fellah que l’ on voit aujourd’ hui est
la copie par Gechter (1844) de celui de Beauvallet réalisé en 1806.
N’ oublions pas les très allégoriques fontaines des Fleuves et des Mers,
commandées par Hittorff pour le centre de la place de la Concorde,
sculptées par une pléiade d’ artistes (Gechter, Husson, Lanno, Brion, Moine,
Elshoëcht, Merlieux, Hœgler) et inaugurées en 1840. Place Saint-Sulpice,
on rend un culte aux grands hommes : les sculpteurs Feuchères, Lanno,
Desprez et Fauginet ont sagement placé Bossuet, Fénelon, Fléchier et
Massillon dans les niches de l’ imposante fontaine des Orateurs sacrés
édifiée par l’ architecte Visconti. C’ est le même Visconti qui, à l’ angle des
rues Molière et Richelieu, élève en 1844 la fontaine Molière, où Seurre a
représenté l’ écrivain assis, une plume à la main, au-dessus d’ un socle sur
lequel Pradier a exécuté les figures de la Comédie sérieuse et de la Comédie
légère.

… ET JARDINS En buste ou en pied, écrivains, poètes, philosophes,


hommes de science prennent la pose ici et là, dans la pierre, le bronze ou le
marbre : le monument à Delacroix de Jules Dalou (1838-1902) et la
saisissante tête de Beethoven par Bourdelle (1903), tous deux au j ardin du
Luxembourg, le mélancolique monument de Guy de Maupassant par Raoul
Verlet (1897) au parc Monceau ; Balzac, tout en puissance, façonné par
Rodin en 1898 et placé en 1939 au carrefour des boulevards Raspail et
Montparnasse, Chateaubriand par Gambier en 1948 au square des Missions-
Étrangères, Lamartine au square du même nom, par Paul Niclausse en
1951… Et plus récemment, sculptés par Jean Cardot, le général de Gaulle
qui semble s’ avancer vers Winston Churchill, lui-même à quelques pas de
là dans l’ avenue qui porte son nom, et, bien sûr, le roc Clemenceau, par
François Logné, devant le Petit Palais. Le jardin du Luxembourg (encore !),
dans sa partie centrale, nous donne un cours d’ histoire avec sa série des
reines et dames de France. Au j ardin des Tuileries, on contemplera parmi
les nombreuses œuvres des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles une Vénus callipyge
(XVIIe siècle), une Diane à la biche et une Daphné poursuivie par Apollon
(1710) de Guillaume Ier Coustou, ou la Cassandre de Millet (1877). Et au
j ardin du Carrousel, depuis 1965, les créatures d’ Aristide Maillol (1861-
1944) prennent toutes les pauses.
Paris super star
Dans nombre de films, façades, portes cochères, bitume,
passants, ponts de Paris, reconstitués en studio ou filmés “en
vrai”, ont fait mieux que de la figuration intelligente : la ville y est
un personnage, un “caractère”. C’est ainsi que la capitale
demeure indissociable d’U n Américain à Paris (1951) de Vincente
Minnelli, de Charade (1963) de Stanley Donen, et encore du
sulfureux Dernier tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci.
L’Air de Paris, pour reprendre le titre d’un film de Marcel Carné
(1954), provoque un télescopage de styles et d’époques et souffle
sur un superbe plateau de comédiens et de metteurs en scène :
ainsi Antoine Doisnel/Jean-Pierre Léaud dans Les 400 Coups
(1959) de François Truffaut, mais aussi Arletty et Jean-Louis
Barrault dans Les Enfants du paradis (1945) de Marcel Carné –
qui fait revivre le boulevard du Crime –, Jean Gabin et Lino
Ventura dans Touchez pas au grisbi (1954) de Jacques Becker,
Alain Delon dans Le Cercle rouge (1970) de Jean-Pierre Melville,
Susy Delair dans Lady Paname (1949) de Henri Jeanson, ou
encore Garance Clavel et son matou dans Chacun cherche son
chat (1996) de Cédric Klapisch, Juliette Binoche et Denis Lavant
dans Les Amants du Pont-Neuf (1991) de Léos Carax, et aussi
Jean-Paul Belmondo agonisant rue Campagne-Première dans À
bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard. Enfin, c’est une vraie
carte postale de la ville lumière que nous envoie Woody Allen,
nouvel Américain à Paris, avec Minuit à Paris (2011).

Paris, capitale intellectuelle et


artistique
C’ est à Paris que sont nés bon nombre des courants de pensées et des
mouvements artistiques de ces dix derniers… siècles ! La ville a toujours
été un foyer intellectuel bouillonnant d’ une part, trouvant ses sources dans
les institutions du Quartier latin, rive gauche, et un marché artistique
florissant d’ autre part, grâce à la noblesse puis
O Occupant le 23
CAPITALE CULTURELLE
e à la bourgeoisie de la rive droite. À partir de la
rang mondial en Renaissance, le “dialecte parisien” est devenu
nombre d’habitants la langue de la Cour et donc celle des
(11,7 millions dans échanges et de la littérature. François Ier fonde
l’agglomération), le le Collège de France et la Bibliothèque
6e par sa densité Royale, future Bibliothèque nationale
(20 164 hab./km2 intra- structurant la vie culturelle. L’ humanisme
rayonne depuis Paris avec Ronsard, Du Bellay
muros), le 5e par sa
ou Montaigne. Au XVIIe siècle, la vie
puissance économique
intellectuelle s’ épanouit dans les salons des
(PIB régional) et le tout
hôtels particuliers où se croisaient Corneille,
1er par sa fréquentation
Mme de Sévigné ou La Rochefoucauld, puis
touristique (plus de
sous la houlette de l’ Académie française, née
27 millions de visiteurs
en 1635. Même si Rome règne sur les beaux-
annuels, dont
arts, un renouveau souffle à Paris avec
18 millions d’étrangers),
Poussin et Le Brun qui créent l’ Académie
Paris est une ville
royale de peinture et de sculpture en 1648.
capitale à l’échelle
À partir du siècle des Lumières, la ville
mondiale qui connaît
devient une capitale culturelle mondiale pour
des taux de
deux cents ans. Les artistes se pressent au
fréquentation soutenus
Salon de peinture et de sculpture du Louvre
lors d’événements
(Restout, David, Quentin de La Tour), les
culturels majeurs telles
philosophes et écrivains (Diderot, d’ Alembert,
l’exposition consacrée à
Voltaire, Marivaux) dans les salons et les
Dalí (plus de
cafés. L’ Académie des Beaux-Arts est créée
790 000 visiteurs), au
en 1816. Aux XIXe et XXe siècles, les plus
centre Pompidou, en
grands courants artistiques se développent à
2013 ou la rétrospective
Paris de façon énergique. Le romantisme avec
Monet au Grand Palais
Delacroix, Hugo, Musset ; le réalisme avec
qui a connu un taux
Flaubert, Balzac, Sand ; le naturalisme avec
record de fréquentation
Zola et Maupassant. En outre, Paris devient
de plus de
également sujet de peinture avec Monet,
900 000 visiteurs, “du
Renoir, Pissarro, Toulouse-Lautrec. En 1900,
jamais vu à Paris
toute une bande d’ artistes d’ avant-garde
depuis 1967 et
l’exposition (Picasso, Van Dongen, Max Jacob, Utrillo)
Toutankhamon” ! font de Montmartre la capitale de la peinture
moderne. Vers 1910, Paris connaît une sorte
de transhumance artistique qui conduit les artistes de la butte Montmartre à
la colline de Montparnasse, des ateliers du Bateau-Lavoir ou de la villa des
Arts à ceux de la Ruche, des cabarets du Lapin agile et du Bal Tabarin aux
cafés de La Closerie des Lilas, de La Rotonde, du Select, pour ne citer que
ceux-là. La fréquentation assidue du quartier de Montparnasse vaudra à ces
artistes le surnom de “Montparnos”, titre du roman que le chroniqueur,
peintre et romancier Michel Georges-Michel consacre en 1924 à cette
nouvelle “bohème cosmopolite”. Mais les avant-gardes des années
1920 font également la renommée de nouvelles et véritables institutions à
Saint-Germain : Les Deux Magots, le Café de Flore, la Brasserie Lipp,
La Rhumerie. Apollinaire y chante l’ amour perdu, Breton et Éluard la folie
douce, avec, entre autres voisins de table, Joyce, Hemingway et Picasso !
Quelques années plus tard, le Paris intellectuel, gravitant toujours autour de
ce même Saint-Germain-des-Prés, connaîtra son âge d’ or avec celui de
Simone de Beauvoir et de Jean-Paul Sartre. Pour la jeunesse assoiffée de
vie après quatre années d’ occupation, la pensée du “pape de
l’ existentialisme” est une révélation ! Dans les caves enfumées du Bar vert,
de La Rose rouge et du Montana, on vénère jusqu’ au matin Sidney Bechet,
Duke Ellington et Boris Vian ; au Tabou, on élit Miss Vice ; partout, on
tente de s’ inventer libre de tout.
L’école de Paris
Le terme “école de Paris”, qui recouvre deux générations, désigne
en réalité un ensemble hétérogène d’artistes à la recherche de
sensations et de formes neuves. Français ou étrangers, ils ne
possèdent en commun que le fait de résider dans la capitale, leur
langage plastique étant des plus divers, qu’ils soient peintres,
sculpteurs ou photographes.
Les “Montparnos” Vers 1910, Paris connaît une sorte de
transhumance artistique qui conduit les artistes de la butte
Montmartre à la colline de Montparnasse, des ateliers du Bateau-
Lavoir ou de la villa des Arts à ceux de la Ruche, des cabarets du
Lapin agile et du Bal Tabarin aux cafés de La Closerie des Lilas,
de La Rotonde, du Sélect, pour ne citer que ceux-là. La
fréquentation assidue du quartier de Montparnasse vaudra à ces
artistes le surnom de “Montparnos”, titre du roman que le
chroniqueur, peintre et romancier Michel Georges-Michel
consacre en 1924 à cette nouvelle “bohème cosmopolite”. Jusqu’à
la fin des années 1920, des personnalités aussi diverses que
Picasso, Chagall, Foujita, Modigliani, Soutine, mais aussi
Giacometti, Brancusi, Man Ray, et encore Cocteau, Desnos,
Apollinaire… vont créer et vivre intensément dans ce Paris de
l’avant et de l’après-Première Guerre mondiale.
La nouvelle école de Paris De 1945 à 1960 séjournent à Paris
tous les grands représentants de l’art abstrait : les lyriques, les
géométriques, les gestuels, les informels… Ils sont russes
(Nicolas de Staël, Poliakoff), français (Bazaine, Manessier,
Mathieu, Soulages), allemand (Hartung), portugais (Vieira da
Silva), chinois (Zao Wou-ki)…, mais tous ont choisi Paris pour
cadre de leur activité. Les vitraux de l’église Saint-Séverin
(5e arrondissement), signés Bazaine, révèlent la flamme de
l’abstraction lyrique.

Paris, capitale de la mode et du luxe


Le luxe parisien s’ affiche dans des quartiers historiquement circonscrits.
Sous le Second Empire, les bijoutiers-joailliers s’ installent place Vendôme,
déjà centre financier et des affaires, et les parfumeurs rues de Rivoli et de la
Paix. La fête parisienne ayant déserté les Grands Boulevards et la capitale
se développant vers l’ ouest, les couturiers délaissent vers 1930 le quartier
de l’ Opéra, où ils étaient installés depuis le milieu du XIXe siècle, pour le
quartier François-Ier. L’ Exposition de 1925, qui regroupe entre le Grand
Palais et le pont Alexandre-III des boutiques représentatives des arts
décoratifs français, esquisse ce qui va devenir le Triangle d’or (délimité
par les avenues Montaigne, George-V et des Champs-Élysées), voué au
commerce de luxe ; l’ avenue des Champs-Élysées en devient la vitrine
mondiale. Toutefois, les frontières de la création ne sont pas aussi précises :
à Paris, le couturier est souvent parfumeur et accessoiriste, et il arrive que le
maroquinier, ou le bijoutier, soit parfumeur. Cette interpénétration des
compétences reflète l’ éclectisme qui règne dans le milieu des artisans d’ art
français de haut niveau, lesquels ont largement contribué depuis le milieu
du XIXe siècle à la diffusion d’ une image luxueuse de la capitale. Ainsi de la
maison Christofle, fondée en 1833, jadis fournisseur en argenterie des
paquebots, aujourd’ hui des grands restaurants ; et encore de Louis Vuitton,
malletier installé à Paris en 1854, dont les initiales VL sont de nos jours
mondialement connues.

Haute couture et prêt-à-porter


UN ANGLAIS À PARIS La haute couture est née à Paris à la fin du
e
XIX siècle. Au vrai, c’ est à Versailles que Paris doit sa primauté en matière
d’ élégance féminine : la suprématie de la cour de France du XVIIe et du
e
XVIII siècle s’ exerce aussi dans le domaine de l’ habillement, et la mode
française est suivie aveuglément par l’ Europe entière ; sa poupée-
mannequin “asservit l’ univers” (abbé Delille) jusqu’ au cœur même de la
Russie, vêtue d’ atours dernier cri – pour lesquels Rose Bertin, la modiste de
Marie-Antoinette, a pu donner le modèle. Autres temps, autres mœurs : en
1858, l’ Anglais Charles Frédéric Worth, qui compte l’ impératrice Eugénie
dans sa prospère clientèle du Second Empire, invente la “couture création”
et la formule du “sosie” (mannequin vivant) et du défilé ; en installant sa
maison de couture au 7, rue de la Paix, il pose dans le quartier de l’ Opéra
les premières bornes d’ un périmètre du luxe. Les grandes Expositions
universelles, la publication de revues de mode (Le Petit Écho de la mode)
mais aussi l’ éclosion de grands noms (Jacques Doucet, Jeanne Paquin,
Madeleine Vionnet, les sœurs Callot, Laferrière… ) vont concourir bientôt à
la réputation internationale de Paris : à la fin du XIXe siècle, toutes les
femmes fortunées d’ Occident, princesses, actrices, “cocottes” viennent
s’ habiller dans la capitale.

PARIS, LIGNES NOUVELLES Le XXe siècle arrive avec son cortège de


maisons, régies dès 1910 par la chambre syndicale de la couture parisienne.
Paul Poiret redessine la silhouette féminine, la libérant de la contrainte du
corset. À l’ avant-garde, il renouvelle l’ inspiration décorative en utilisant des
couleurs vives et des motifs folkloriques. L’ esprit Art déco, que révélera la
grande Exposition des arts décoratifs de 1925, inspire la mode de l’ entre-
deux-guerres : Sonia Delaunay donne des motifs de broderies à Jacques
Heim ; un autre peintre, Raoul Dufy, livre des modèles d’ imprimés pour
Bianchini-Ferrier… Les créateurs parisiens s’ appellent aussi Jean Patou,
Jeanne Lanvin, Henri Poirier… Ils lancent la délurée et plate “garçonne”,
plus conforme aux temps nouveaux. Mais déjà s’ avance Coco Chanel : elle
habille de maille et de mousseline de soie noire la nouvelle femme de
l’ entre-deux-guerres et crée une silhouette de sportive en pantalon ; après la
Seconde Guerre mondiale, elle la vêtira du très célèbre tailleur de tweed,
tandis que Pierre Balmain, Jacques Fath, Christian Dior redécouvriront
courbes féminines et taille de guêpe, Dior surtout, l’ inventeur du célèbre
“new-look” et des lignes corolle et en 8, à la fois souples et élégantes.

AVÈNEMENT DE LA CONFECTION Talons aiguilles et Nylon : les


années 1950 apportent leur lot de nouveautés et transforment les modes de
production avec le prêt-à-porter, mécanisation de la confection fort éloignée
du sur-mesure de la haute couture. Dès lors, tout change : les grands
couturiers des années 1960 et 1970, quand ils n’ expérimentent pas de
nouveaux matériaux (Paco Rabanne et ses robes métalliques), transforment
encore la silhouette de la Parisienne ; ils lui allongent les jambes, qu’ ils
dévoilent hardiment ou dissimulent tout à fait (minirobes de Courrèges –
inspirées de la londonienne minijupe de Mary Quant –, tailleur-pantalon et
smoking d’ Yves Saint Laurent… ) ; ils se lancent aussi dans la création
d’ accessoires et dans l’ aventure du prêt-à-porter (Pierre Cardin), tandis
qu’ apparaissent sur le marché des stylistes qui, observant leurs
contemporains, signent des modèles destinés à la jeunesse et à la nouvelle
classe moyenne. Ils sont indépendants, attachés à une maison de confection,
à un bureau de style, à une marque. Paris reste le fer de lance de la mode,
cependant Londres, Milan, Tokyo accueillent un nombre croissant de
talents. Les créateurs se multiplient dans la capitale : Anne-Marie Beretta,
Popi Moreni, Jean-Charles de Castelbajac, et encore Kenzo, Issey Miyake,
Yosji Yamamoto… Les deux dernières décennies du XXe siècle voient éclore
des noms nouveaux (Karl Lagerfeld, Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler,
Christian Lacroix, Alexander McQueen, John Galliano), et exploser les
styles et les tendances : la mode délaisse le piédestal luxueux de la haute
couture et s’ inspire de la rue, tandis que la haute couture récupère les
mouvements de la rue, ainsi les jeans de luxe de John Galliano qui ennoblit
le style grunge issu de la “punkitude”. Symbole d’ un temps révolu, Yves
Saint Laurent quitte la scène en 2002, mais aussi, signes d’ un temps
nouveau, Christian Lacroix “habille” aussi les trains et les hôtels, et Paris
s’ enorgueillit d’ un musée de la Mode et du Textile au pavillon de Marsan
du Louvre, d’ un musée Galliera rhabillé pour plusieurs saisons (rouverture
après travaux à l’ automne 2013) et d’ une Cité de la Mode et du Design
flambant neuve et very hype, inaugurée sur les quais en 2012.
La figure du Parisien : du “dandy” au “titi”
La figure du Parisien est peut-être née dans les bouges que
fréquentait François Villon (XVe siècle). Elle se précise avec l’ère
romantique, sous deux formes essentiellement, qui connaîtront la
gloire littéraire puis cinématographique : l’artiste, silhouette
pressée qui se distingue des simples passants par son élégance
souvent chiffonnée, et le voyou, l’affranchi. Ils ont en commun la
haine du bourgeois. Un troisième Parisien apparaît bientôt :
l’ouvrier, l’homme des faubourgs puis de la proche banlieue,
costaud et bagarreur. Le Parisien est aussi bien représenté au
cinéma par l’élégant Jules Berry, séducteur et corrupteur dans
presque tous ses rôles, que par Jean Gabin, prolétaire ou
mauvais garçon, Louis Jouvet et Arletty dans Hôtel du Nord
(1938, de Marcel Carné d’après un roman d’Eugène Dabit) ; en
littérature par Gavroche sur les barricades (personnage des
Misérables de Victor Hugo) – frère aîné et dramatique des
“morveux” croqués par Poulbot… Autour de ces “gueules
d’atmosphère” flotte un air d’accordéon, entêtant, chic et
populaire, qu’on reprend en chœur ou qu’on siffle dans la rue.

Bijoux, parfums et accessoires


Éventails, ombrelles, chapeaux et gants, chaussures, ceintures, foulards,
colifichets signalant l’ imagination et l’ humour du créateur… tout
naturellement, les couturiers se sont lancés dans la fabrication des
accessoires qui accompagnent les toilettes. L’ époque Art déco, qui prise les
lignes géométriques, les couleurs vives et les matériaux précieux, est
propice à leur développement : sac à main cubiste, chapeaux, boas de
plumes… Quelques marques, d’ ailleurs, y ont gagné en renommée, ainsi le
maroquinier Hermès, en 1933, avec son célèbre carré de soie imprimée, ou
encore Chanel, la pionnière du bijou fantaisie…

LE PARFUM DE PARIS Suivant l’ exemple de son illustre aîné Paul


Poiret, lequel crée en 1911 les Parfums de Rosine, Coco Chanel confirme
son talent de parfumeur avec le légendaire N°5 (1921) d’ Ernest Beaux –
Marilyn Monroe dira plus tard qu’ elle ne dort vêtue que de quelques gouttes
de N° 5 ! Jeanne Lanvin sort “Arpège” (1927), conçu pour sa fille et que le
styliste Armand Rateau enferme dans une sobre boule noire, décorée par
Paul Iribe. Jean Patou produit “Joy” (1930), le “parfum le plus cher du
monde”, tandis que l’ irrévérencieuse Elsa Schiaparelli impose son nom
avec “Shocking” (1937), présenté dans un flacon en forme de buste
féminin, celui de l’ actrice américaine Mae West, dessiné par Leonor Fini.
Le prestige des grands parfumeurs parisiens, profession officiellement
reconnue sous Louis XVI, a largement contribué à la consécration de Paris
comme capitale du luxe. D’ ailleurs, plus d’ un parfum lui est dédié : “Gloire
de Paris” de Roger & Gallet (1907), “Gai Paris” de T. Jones (1912),
“Champs-Élysées” de Guerlain (1914), une célébration de la voie
triomphale parisienne, réitérée en 1996, “Soir de Paris” de Bourjois (1935),
“Paris” d’ Yves Saint Laurent (1983) et sa dernière interprétation
“Parisienne” (2009).

FLACONS PRÉCIEUX Le fondateur de la maison Guerlain, Pierre-


François Pascal, lance en 1853 son “Eau impériale”, qui lui vaut le titre de
parfumeur officiel de la cour de Napoléon III. Cette eau de Cologne – les
premiers parfumeurs (L. T. Piver, Lubin, Molinard, Roger-Gallet… )
produisent des “eaux merveilleuses” exhalant des senteurs florales – est le
premier succès d’ une fort longue carrière qui comptera plus de 300 parfums
aux noms évocateurs de plaisirs rares, lointains et raffinés : “Jicky” en
1889, considéré comme le premier vrai parfum, “L’ Heure bleue” en 1912,
“Mitsouko” en 1919, “Shalimar” en 1925, “Vétiver” en 1959, “Nahema” en
1979… Véritables objets d’ art, les flacons des premiers temps portent la
signature de grands artistes verriers, Baccarat, l’ ancien bijoutier René
Lalique, que sollicite souvent François Coty pour contenir ses fragrances, et
notamment celles de son fameux “Chypre” (1917), à l’ origine d’ une famille
de parfums… “chyprés”. Les flacons de l’ entre-deux-guerres imitent perles,
bague, sac à main… Salvador Dalí conçoit en 1946 le flacon du “Roi-
Soleil” de Schiaparelli : un chef-d’ œuvre, sorte d’ ode au bonheur retrouvé.
Toutefois, la Seconde Guerre mondiale met fin à la production de ces
flacons d’ art, et la cage en soie dotée d’ un mécanisme animant le plateau
sur lequel est présenté “L’ Air du temps” de Nina Ricci (1947) est une autre
exception.

OR ET DIAMANTS PLACE VENDÔME La place du prestige, créée


sous Louis XIV, est d’ abord le lieu de résidence de l’ aristocratie, puis le
carrefour des affaires. Elle deviendra le paradis du luxe, lorsque les
joailliers s’ y installeront à la fin du XIXe siècle : Mauboussin en 1827,
Cartier en 1847, Boucheron en 1893, Van Cleef & Arpels en 1906… En
1898 y élit domicile le Ritz, dont Coco Chanel sera l’ illustre pensionnaire
jusqu’ à sa mort en 1971. L’ endroit constitue bientôt le cœur de la joaillerie
internationale. Aujourd’ hui, si les financiers l’ ont déserté – le Crédit foncier
qui y avait son siège depuis 1854 l’ a vendu en 2003 à l’ émir du Qatar –, les
bijoutiers sont toujours là ; ils s’ appellent Breguet, Bulgari, Mikimoto,
Piaget, plus récemment, en 2001, Dior Joaillerie. À proximité, les palaces,
Crillon, Meurice, Intercontinental… , logent toujours une clientèle fortunée,
laquelle concourt à la pérennisation du luxe parisien.
“Cichés” parisiens
La photogénie de Paris est une évidence : dressée comme la tour
Eiffel, alanguie comme la Seine, honorée comme l’Arc de
triomphe, encanaillée comme la Bastille, vaincue comme en 1940,
libérée comme en 1944, élégante comme dans les années 1950,
ou contestataire comme en 1968. Depuis l’invention du procédé
de la photographie (Niepce, vers 1826-1827), on n’a cessé de lui
“tirer le portrait”. Hommage aux précurseurs, tel Charles
Marville : entre 1851 et 1879, inlassable piéton, il fixe des
perspectives de ruelles et de places que le baron Haussmann –
“artiste démolisseur” comme il se définissait lui-même – fera
bientôt disparaître, une ville souvent misérable et insalubre.
Marville est méthodique, alors qu’Eugène Atget (1857-1927),
plus mélancolique, ne néglige ni les personnes ni les détails et
accentue par son intérêt pour les petites choses la poésie de son
travail, par ailleurs dénué de toute recherche d’effets. Ces deux
photographes ont admirablement œuvré à “l’immense édifice”
(Marcel Proust) de la mémoire parisienne ; de même les frères
Seeberger (Jules, Louis, Henri, puis Jean et Albert, fils de Louis),
talentueux serviteurs de l’artisanat (leur mot favori)
photographique. Entre les grands événements, telle la crue de la
Seine en 1910, la mode, les personnalités, les artistes, les rues,
les boutiques, tout cela “capturé” pendant près de soixante-dix
ans, la fratrie Seeberger a légué près de cent mille portraits de
Paris et des Parisiens ! On retrouve les Seeberger dans le groupe
des XV, fondé en 1946, qui compte Amson, Auradon, Bovis,
Chevalier, Garban, Lacheroy, Lorelle, Masclet, Michaud, Pottier,
René-Jacques, Tuefferd, Sougez, puis Doisneau. De ce dernier, il
suffit d’évoquer le couple d’amoureux de l’Hôtel de Ville pour que
surgisse l’idée du bonheur à Paris… Mais ils sont si nombreux, les
photographes de la capitale, qu’on sera loin d’en avoir épuisé la
liste quand on aura ajouté à ceux qui précèdent les noms de Willy
Ronis, de Daniel Frasnay, des frères Schall, de Brassaï, d’Izis, de
Cartier-Bresson…
Paris, capitale de la nuit
Avec une population concentrée et socialement mélangée, Paris a toujours
été un haut lieu festif, que ce soit pour les cérémonies officielles
(couronnement, célébrations) ou pour la vie nocturne régulière.

LES GUINGUETTES HORS LES MURS Dès le XVIIe siècle, alors que
les nobles partaient s’ amuser dans leurs résidences loin dans la campagne,
le peuple de Paris, lui, allait au-delà des barrières, à Ménilmontant, boire le
vin blanc hors taxe du clos Guinguet. Les guinguettes, lieu de danse, de fête
et de libations étaient nées. Elles prospérèrent tout autour de la ville
jusqu’ en 1860 lorsque le mur des Fermiers généraux F est abattu et les
communes annexées. La plus célèbre d’ entre elles, La Courtille, se trouvait
à Belleville. Elle constituait une étape importante et particulièrement
arrosée du Carnaval de Paris qui durait alors tout l’ hiver ! Au XVIIIe siècle,
on sort beaucoup sur les nouveaux boulevards plantés, vestiges de
l’ enceinte de Charles V qui allaient devenir les Grands Boulevards. Le plus
couru : le boulevard du Temple, aussi appelé boulevard du Crime (remplacé
en 1862 par la place de la République) car les théâtres y donnaient
beaucoup de pièces “policières” (mais aussi parce que sortir était une
nouvelle activité transgressive).

LA VILLE LUMIÈRE Au début du XIXe siècle, les passages des Grands


Boulevards (passage du Caire, des Panoramas), sont les premiers endroits
éclairés au gaz jusqu’ à minuit. Les habitués des cafés (Chez Tortoni ou la
Maison Dorée sur le boulevard des Italiens, Brébant sur le boulevard
Montmartre), des théâtres et des passages s’ appellent alors les viveurs ou
les dandys, dont Gérard de Nerval ou Théophile Gaultier étaient de dignes
représentants. Outre les Grands Boulevards, les Halles et leurs cafés ouverts
toute la nuit étaient déjà des rendez-vous prisés des noctambules qui se
mêlent aux forts des Halles, ces manutentionnaires chargés de porter les
marchandises dans et hors des halles, aux vauriens et aux filles de petite
vertu. Ce mélange des genres se retrouve dans les cabarets et bals des
faubourgs notamment de la Butte-Montmartre. À partir de 1860, Paris
devient la capitale de la nuit européenne où l’ on danse et l’ on boit dans des
centaines de lieux. Les Champs-Élysées se muent, sous l’ impulsion
l’ architecte Hittorff, en un véritable parc d’ attractions nocturnes avec
théâtres (le Marigny), cafés-concerts (le futur pavillon Gabriel), cirques,
jardins… C’ est au bal Mabille de l’ avenue Montaigne que le cancan est
inventé avant d’ essaimer dans les cabarets de Montmartre (Moulin-Rouge
en tête ouvert en 1889). Vers 1910, suivant les artistes bohèmes comme
Picasso, Apollinaire ou Soutine, c’ est Montparnasse entre la Closerie des
Lilas et le Bal Bullier (maintenant le CROUS) qui devient à la mode. Dans
les Années folles, la fête bat son plein à “Montpar” avec ses nouveaux bars
(le Select, La Coupole, Le Jockey… ) et sur les “Champs” (le Lido, le Bœuf
sur le toit). Les fêtards plus populaires se retrouvent dans les dix-sept bals
de la rue de Lappe (dont Le Balajo qui ouvre en 1935).

ÉTERNEL RECOMMENCEMENT ! Après-guerre, la jeunesse fête la


paix retrouvée sur des accords de jazz dans les caves de Saint-Germain
comme L’ Échelle de Jacob, le Whisky à Go-go ou le Tabou… Dans les
années 1960, arrivent les yéyés et les discothèques (fini les orchestres !)
dans les quartiers traditionnels de la nuit : La Locomotive à Pigalle, le Golf
Drouot sur les Grands Boulevards ou Le Sept, rue Sainte-Anne, ouvert par
Fabrice Emaer et où l’ on entend pour la première fois de la disco en France.
En 1978, le Palace et les Bains-Douches ouvrent leurs portes et une période
de fêtes parisiennes échevelées qui se meuvent sur des accords de disco et
de new wave. Après des années 1990 plutôt calmes (qui font chanter à la
Mano Negra “Paris va mourir d’ ennui”), le Paris festif retrouve des nuits
blanches colorées en 2000 avec le renouveau de quartiers délaissés comme
Oberkampf, Belleville, le Marais, les quais de Seine ou encore Pigalle que
l’ on débarrasse de ses bars à hôtesses.
Les petites femmes de Paris
En 1860, Paris est à l’apogée de son image de capitale des
plaisirs. On compte plus de trois cents maisons closes et plusieurs
dizaines de milliers de prostituées. Cela fait beaucoup pour l’attrait
touristique de la ville. Paris est connu autant pour ses demi-
mondaines frayant avec la haute société (comme la Païva qui fait
construire un colossal hôtel particulier en bas des Champs-
Élysées) que pour ses Lorettes entretenues par plusieurs
hommes. Les quartiers se spécialisent : Palais-Royal et les
Champs-Élysées accueillent des maisons haut de gamme (Le
Chabanais est un des plus célèbres), le square des Arts et
Métiers la prostitution masculine et Pigalle fait dans le spectacle
érotique. L’interdiction des maisons closes prononcée en 1946 (loi
Marthe Richard) va signer la fin de ce Paris coquin – mais pas la
fin de la prostitution

Paris, capitale gastronomique


D’ autres métropoles ont beau lui contester cette distinction, Paris la
conserve avec sérénité. Non seulement parce qu’ elle a inventé le restaurant
et le concept de cuisine gastronomique, mais aussi parce qu’ elle a toujours
su en perpétuer la tradition à travers les modes et les aléas de l’ histoire.
Toujours fidèle à elle-même et faisant preuve d’ une créativité constante,
Paris garde son pouvoir d’ attraction gourmande. Les excellents produits
d’ Île-de-France, qui ont longtemps convergé vers la capitale en même
temps que les spécialités du pays entier n’ y sont pas pour rien : truffes,
viandes, poissons, huîtres, pâtés, fruits, friandises… À Paris, c’ est toute la
France qu’ on goûte.

L’HISTOIRE COMMENCE EN 17 65 AUTOUR DU PALAIS-ROYAL


Un certain Boulanger installe, à l’ angle de l’ actuelle rue du Louvre, le
premier “bouillon restaurant”. Ce terme désigne un bouillon reconstituant
jusque-là dispensé dans les rues, en vente ambulante. Le terme s’ impose,
ainsi que celui de restaurateur, défini par Brillat-Savarin comme “celui dont
le commerce consiste à offrir au public un festin toujours prêt, et dont les
mets se détaillent à prix fixe”. Peu après, Antoine Beauvilliers ouvre la
Grande Taverne de Londres au n°26 de la rue de Richelieu : c’ est le premier
vrai restaurant gastronomique. La tendance est amorcée, les restaurants se
multiplient, outrepassent les limites du Palais-Royal, et Paris restera la
capitale de l’ Europe gourmande tout au long du XIXe siècle et de la première
moitié du XXe siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, Lyon disputera la
suprématie gastronomique à un Paris laissé exsangue par les privations.
Mais la capitale ne se laisse pas faire. Dans les années 1970 et 1980, dans le
sillage de la Nouvelle Cuisine mais surtout après l’ impulsion salutaire
donnée dans les années 1960 par Raymond Oliver, chef du Grand Vefour,
de nouveaux chefs parisiens donnent le ton : Jacques Manière, Alain
Senderens, Jean Delaveyne, Jacques Le Divellec et bien d’ autres. Comme
toujours, la province monte à Paris : Claude Peyrot d’ Ardèche, Pierre
Gagnaire du Forez, Guy Savoy du Dauphiné, Bernard Pacaud de Bretagne,
Alain Ducasse des Landes. Depuis ce temps, loin de s’ essouffler, le
mouvement s’ enrichit et se transforme, toujours fondé sur un savant dosage
de rébellion et de continuité : au début des années 2000, la bistronomie,
mouvement apparu autour de Christian Constant et de ses jeunes disciples
comme Yves Camdeborde, La Régalade F, ou Stéphane Jégo, Chez l’ Ami
Jean F, abandonne les pompes et les artifices de la haute cuisine pour
renouer avec un style plus spontané, plus convivial et plus modeste. Sans
rupture de continuité, la nouvelle génération – Bertrand Grébaut à Septime
F, Daniel Rose à Spring F, Jean-Marc Notelet à Caïus F – reprend ces
principes à sa façon, insistant de plus belle sur l’ excellence des produits,
réinventant la cuisine chaque jour. Si, à l’ heure actuelle, Paris reste une
capitale gastronomique, c’ est grâce à cette continuité et à la coexistence de
divers courants culinaires interféconds, en renouvellement perpétuel : un
repas gastronomique chez Guy Savoy F ou dans un bistrot populaire du Xe
arrondissement sont au même titre des expériences purement parisiennes.
Dernière tendance en date, celle des chefs japonais exerçant dans la capitale
l’ art qu’ ils ont appris auprès de chefs français : quelque forme qu’ elle
prenne, la relève est toujours assurée.
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Bruxelles-Paris-Charles-de-Gaulle (1h de vol).
www.brusselsairlines.com Belgique Comptoir Aéroport de Bruxelles
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Air France G Plusieurs liaisons Bruxelles-Paris par jour. Av. Louise,
149 Boîte 31 1050 Bruxelles Belgique Tél. 070 22 24 66
www.airfrance.be

de Suisse
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Genève et Zurich, environ 1h15 de vol. Arrivée Roissy-Charles-de-
Gaulle. www.swiss.com France Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle
Terminal 1 Tél. 0892 23 25 01
G Suisse Aéroport Genève-Cointrin Tél. 0848 700 700
Air France G Plusieurs vols A/R par jour entre Genève et Paris,
idem entre Zürich et Paris, et 1 à 3 liaisons quotidiennes A/R avec
Bâle. Aéroport international de Genève-Cointrin 1215 Genève
Suisse Tél. 0848 747 100 www.airfrance.ch

du Canada
Air Canada G La compagnie propose des vols Montréal-Paris et
Toronto-Paris (arrivée Roissy-Charles-de-Gaulle).
www.aircanada.com Canada Tél. 1 888 247 2262
G France Aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle Terminal 2A Porte 5
Tél. 0825 880 881 (0,15€/min)
Air France 2 à 3 vols A/R directs par jour entre Montréal et Paris
(6h50 de vol). Montréal Canada G Terminal international –
T3 Toronto Tél. 1 800 667 2747 www.airfrance.ca
Air Transat G Cette compagnie canadienne assure 1 à 2 vols
directs A/R par jour entre Montréal et Paris (13h de vol). 5959, bd de
la Côte-Vertu H4S 2E6 Montréal Canada www.airtransat.com
liaisons Roissy-Paris
Lignes Durée Fréquence Prix Horaires Arrivée
ttes 7-
Rer B 35min 9€ 5h-0h Châtelet
15min
45- ttes 15-
Roissybus 11€ 6h-23h Opéra Garnier
60min 20min
Cars Air 5h45- Porte Maillot,
1h15 ttes 30min 17€
France 2 23h Étoile
Cars Air
1h ttes 30min 17,50€ 6h-22h Gare de Lyon
France 4
Cars Air Gare
1h15 ttes 30min 17,50€ 6h-22h
France 4 Montparnasse
ttes 15- 6€ (ou 3 tickets à 6h-
Bus 350 1h10 Gare de l’Est
30min l’unité) 21h30
6€ (ou 3 tickets à 7h-
Bus 351 1h10 ttes 30 min Nation
l’unité) 21h30
8€ (ou 4 tickets à
Noctilien 140 1h20 ttes les h 1h-4h Gare de l’Est
l’unité)
8€ (ou 4 tickets à
Noctilien 143 1h ttes 30min 0h-4h30 Gare de l’Est
l’unité)

liaisons Orly-Paris
Lignes Durée Fréquence Prix Horaires Arrivée
Orlyval + RER B 35min ttes 8-15min 12,05€ 6h-23h Châtelet
Navette + RER C 35-50min ttes 15-20min 6,70€ 4h50-23h40 Gare d’Austerlitz
Orlybus 20-30min ttes 8-15min 7,50€ 6h-0h30 Denfert-Rochereau
Cars Air France 1 1h ttes 20min 12,50€ 6h-23h40 Invalides, Étoile
Noctilien 31 1h ttes les h 5,70€ 1h15-6h Gare de Lyon
Noctilien 131 30min ttes les h 5,70€ 1h-4h Gare de Lyon
Noctilien 144 45min ttes les h 5,70€ 1h-4h50 Gare de l’Est

mesures de sécurité pour le bagage de cabine


Lorsque vous passez aux points de contrôle de sécurité des
aéroports européens et canadiens, vous pouvez avoir en votre
possession des produits liquides (gels, substances pâteuses, lotions,
contenu des récipients à pression, dentifrice, gel capillaire, boissons,
potages, sirops, parfums, mousse à raser, aérosols…) à condition
que les contenants ne dépassent pas, chacun, 100ml ou 100g et
qu’ils soient regroupés dans un sac en plastique transparent à
fermeture par pression et glissière, bien scellé, d’une capacité
maximale de 1l (environ 20x20cm). Les articles ne doivent pas
remplir le sac à pleine capacité ni en étirer les parois. Un seul sac
est permis par personne. Les aliments pour bébé et le lait, quand
vous voyagez avec un enfant de deux ans ou moins, de même que
les médicaments vendus sur ordonnance et les médicaments
essentiels en vente libre ne sont pas soumis à ces restrictions. Nous
vous conseillons donc de placer dans vos bagages de soute, avant
l’enregistrement, tous les produits liquides dont vous n’aurez pas
besoin en cabine.

se rendre de Roissy au centre de Paris


En voiture, il faut emprunter l’autoroute A1 (25km du centre)
jusqu’à la porte de la Chapelle. La course de taxi, de Roissy
jusqu’au centre, coûte environ 60-65€. Compter de 45min à 1h de
trajet. Les taxis stationnent à la sortie des zones “livraison des
bagages” de chaque terminal. On peut aussi utiliser les transports
en commun : les cars Air France ou le Roissybus de la RATP. En
train, possibilité de prendre le RER B pour rejoindre Paris. ADP
www.aeroportsdeparis.fr
RATP RER B, Roissybus et Noctilien. Tél. 32 46 www.ratp.fr
www.transilien.com www.noctilien.fr
Cars Air France Tél. 0892 350 820 www.lescarsairfrance.com
se rendre d’Orly au centre de Paris
En voiture, il faut emprunter l’autoroute A6 (15km du centre)
jusqu’aux portes d’Orléans ou de Gentilly. La course en taxi d’Orly
jusqu’au centre coûte environ 40-45€. Compter 20 à 30min de trajet.
On peut aussi utiliser les transports en commun : les cars Air France
ou l’Orlybus de la RATP. En train, possibilité de prendre le RER B
(via Orlyval) ou le RER C pour rejoindre Paris. ADP
www.aeroportsdeparis.fr

Des aéroports à Paris… et retour !


SuperShuttle Moins cher que le taxi et plus confortable que les
transports en commun, ce service de navette en minivan propose
aux voyageurs de partager un véhicule pour un même trajet entre
l’aéroport (Roissy, Orly ou Beauvais), Paris et 25 communes
limitrophes. Deux arrêts intermédiaires maximum, transferts
24h/24, prix fixe, possibilité de réserver un véhicule entier (idéal
pour les voyages en famille !). Réservations sur le site ou par
téléphone. Tél. 0811 70 78 12 www.supershuttle.fr

Orlyval www.orlyval.com
RATP RER, Orlybus et Noctilien. Tél. 32 46 www.ratp.fr
www.transilien.com www.noctilien.fr
Cars Air France Tél. 0892 350 820 www.lescarsairfrance.com

ALLER À PARIS EN TRAIN


de province
Selon sa région d’origine, on arrive à Paris par six gares différentes :
gare de Lyon (sud-est), gare Montparnasse (ouest et sud-ouest),
gare du Nord (nord), gare de l’Est (nord et est), gare d’Austerlitz
(sud-ouest), gare Saint-Lazare (nord-ouest). SNCF G Tél. 36 35
www.voyages-sncf.com
de Belgique
Thalys relie Bruxelles à Paris-gare du Nord en 1h25 (env.
25 AR/jour). Thalys Belgique Tél. 025 04 05 00 www.thalys.com
SNCB www.belgianrail.be

de Suisse
Plusieurs TGV (Lyria et SNCF) assurent des liaisons quotidiennes
entre Paris-gare de Lyon et Genève, Berne, Zurich, Lausanne et
Neuchâtel. Boutique Voyages-sncf G Rue de Lausanne, 11-
15 Genève Suisse CFF G Tél. 0900 300 300 www.cff.ch

réductions SNCF
SNCF G La SNCF propose des cartes de réduction et des
avantages pour les grands voyageurs, les familles nombreuses, les
groupes, etc. Prix très attractifs également en réservant son billet
longtemps à l’avance (billets Prem’s) et réductions spécifiques sur
Internet (iDTGV, etc.). Tél. 36 35 www.voyages-sncf.com

InterRail
Les compagnies de chemin de fer de trente pays se sont unies pour
proposer deux pass, Global Pass et One Country Pass, permettant
de voyager en 1re ou en 2de classe sans limite de trajets en dehors
de son propre pays. www.interrailnet.com

ALLER À PARIS EN CAR


de province
La compagnie Eurolines dessert les grandes villes de France avec,
notamment, des trajets sur les axes Paris-Bordeaux, Paris-Lille et
Paris-Lyon. Eurolines G Tél. 0892 89 90 91 www.eurolines.fr

de Belgique
Eurolines De Bruxelles, 10 à 15 départs se font tous les jours (entre
7h15 et 1h30), et il faut compter de 4h à 4h30 de trajet. AR env.51€.
Plus vous réservez tôt, plus les tarifs sont avantageux. Valable 15 ou
30 jours, le Pass permet de voyager librement sur le réseau
Eurolines entre 50 villes européennes. Tarif plein : 225 à 375€ selon
la saison pour 15 jours, 340 à 490€ pour 30 jours ; tarif moins de
26 ans : 195 à 315€ pour 15 jours, 265 à 405€ pour 30 jours.
Eurolines Coach Station, CCN Gare du Nord Rue du Progrès
76 1030 Bruxelles Tél. 02 528 28 28 www.eurolines.be G Gare
routière internationale 23, av. du Général-de-Gaulle Bagnolet
Tél. 0892 89 90 91

ALLER À PARIS EN VOITURE


de province
Le réseau français d’autoroutes relie la province à Paris : du nord
passez par l’A1 ou l’A16, de l’est, empruntez l’A4 ou l’A5, de l’ouest
l’A10, l’A11 ou l’A13, du sud-ouest l’A10 ou l’A20, et du sud-est
l’A5 ou l’A6. Écoutez en voiture Autoroute FM 107.7. www.bison-
fute.equipement.gouv.fr www.infotrafic.com
tableau des distances province-Paris centre
Ville de départ Distance Autoroute Tarif péage
Bordeaux 571 km A10-A6B 35€
Brest 594 km A81-A11-A10 29€
Grenoble 572 km A48-A43-A46-A6 45€
Lille 226 km A1-A3 16€
Lyon 465 km A6 33€
Marseille 777 km A7-A6 58€
Montpellier 763 km A9-A7-A6 58€
Nantes 386 km A11-A10-A6 36€
Nice 941 km A8-A7-A6 76€
Poitiers 340 km A10-A6B 33€
Rennes 356 km A81-A11-A10-A6B 29€
Rouen 134 km A13 29€
Strasbourg 488 km A4 38€
Toulouse 679 km A62-A20-A71-A10-A6B 35€

de Belgique
Sanef De Bruxelles, prenez la direction de Valenciennes par
l’autoroute E19/A7, puis l’A1 (autoroute du Nord). Pour le trajet
Bruxelles-Paris, 312km, comptez environ 14€ de péage. Tél. 09 708
08 709

de Suisse
Au départ de Genève, le trajet le plus rapide consiste à prendre
l’autoroute A40, puis, vers Mâcon, l’A6 jusqu’à Paris. Autre itinéraire,
intéressant notamment en cas de gros trafic sur l’A6 : quitter
l’A40 pour prendre l’A39 près de Bourg-en-Bresse puis l’A31/A5 vers
Paris à partir de Dijon. La distance Paris-Genève (via A6) est de
541km. Péage : environ 44€.

ASSURANCES
Il n’y a pas de risque particulier à visiter Paris, donc pas d’assurance
spécifique à souscrire. Certaines cartes bancaires, si vous réglez
vos titres de transport avec, permettent de bénéficier d’une
assurance voyage (annulation ou retard de vol, perte ou vol des
bagages, assistance médicale, etc.) : renseignez-vous auprès de
votre banque. Si votre assurance automobile ou domestique et votre
mutuelle ne vous couvrent pas non plus, vous pouvez souscrire un
contrat d’assurance auprès d’une agence de voyages et/ou d’une
compagnie aérienne.
AVA (Assurance Voyage et Assistance) G Tél. 01 53 20 44 20
www.ava.fr
Europ Assistance Tél. 0810 007 577 G U rgences en France
Mondial Assistance G Tél. 01 53 05 86 00 www.mondial-
assistance.com

BUDGET ET SAISONS TOURISTIQUES


budget journalier
Comme toutes les grandes capitales, Paris est une ville relativement
onéreuse, surtout pour l’hébergement et la restauration. Comptez
une centaine d’euros pour une chambre double sans prétention. Si
bistrots et restaurants proposent des menus autour de 20€ à midi, il
vous faudra débourser de 30€ à 50€ le soir. En revanche, les
transports en commun sont relativement bon marché : le forfait
touristique Paris-Visite revient à 35,70€ pour 5 jours (zones 1-3).
Côté loisirs, une place de cinéma coûte environ 10,50€ et une entrée
dans un musée de 5€ à 12€.

basse et haute saisons


Si les touristes visitent la capitale toute l’année, on considère que la
haute saison va du 1er avril au 31 octobre. Il est plus difficile de
trouver une chambre d’hôtel à Pâques, le 14 Juillet (fête nationale)
et en juin ou septembre-octobre, période de grandes foires et de
salons internationaux. De nombreux restaurateurs, cafetiers et
commerçants prennent leurs congés de mi-juillet à fin août, période
pendant laquelle les hôtels 3 et 4 étoiles proposent des offres
promotionnelles.

gamme de prix
Pour l’hébergement, les prix indiqués dans cet ouvrage sont ceux
d’une chambre double en haute saison (sans le petit déjeuner). Pour
la restauration, ils correspondent, hormis pour les établissements
figurant dans la partie “Découvrir”, à un repas à la carte (entrée
+ plat + dessert) hors boisson.

Gamme de prix RESTAURATION HÉBERGEMENT


Très petits prix moins de 20€ moins de 50€
Petits prix de 20 à 30€ de 50 à 90€
Prix moyens de 30 à 50€ de 90 à 150€
Prix élevés de 50 à 80€ de 150 à 220€
Prix très élevés plus de 80€ plus de 220€

CARTES ET PLANS
Michelin édite des cartes 1/10 000 (n°54) détaillant les parkings, les
sens uniques, les stations Vélib’ et les rues piétonnes. Vous pourrez
obtenir gratuitement des plans de la ville aux guichets des stations
de métro, dans les grands magasins et les offices de tourisme.
www.paris.fr Cartes thématiques, dont une des pistes cyclables.
www.ratp.fr Plan du métro et miniplan des réseaux.

ENFANTS
Les musées de la Ville de Paris organisent une foule d’activités
réservées aux plus jeunes, le plus souvent des ateliers pour s’initier
de manière ludique aux arts plastiques. Programmation détaillée sur
le site Internet de la mairie de Paris. Concernant les autres musées
parisiens, vous trouverez sur leurs adresses Internet respectives la
liste de ce qu’ils proposent aux enfants. Le site de la mairie de Paris
est aussi une mine d’informations sur les animations organisées
dans les parcs et jardins de la capitale. Que ce soit autour du
jardinage, de la sensibilisation à l’environnement, de la découverte
des animaux, etc., les suggestions ne manquent pas. C’est d’ailleurs
dans les jardins que se déroulent plusieurs fois par semaine les
représentations du théâtre de Guignol pour le plus grand bonheur
des petits. Vous souhaitez vous renseigner sur l’ensemble des
activités qui sont à l’affiche en ce moment ? Visites, ateliers,
spectacles…, toujours sur Internet, des sites spécialisés vous
présentent le programme des semaines à venir : connectez-vous sur
Cityvox Paris, rubrique activités enfants. Vous pouvez également
consulter le magazine Paris Mômes, un guide des sorties et des
loisirs à Paris et en Île-de-France pour les plus jeunes. Ce bimestriel
gratuit est diffusé avec le quotidien Libération et dans un réseau de
300 lieux incontournables, fréquentés par des familles (musées,
cinémas, bibliothèques, chaînes de magasins…). Très attendue, la
page “Au secours, c’est dimanche” donne une foule d’idées pour les
occuper. Si vous ne l’avez pas trouvé en version papier, faites un
tour sur leur site Internet. Dans la presse généraliste, le Figaroscope
et Télérama éditent également des pages spéciales sur les activités
à faire en famille. Enfin, le site mylittlekids.fr, émanation de
MyLittleParis, fourmille d’idées pour amuser les enfants à Paris.
Envie d’une balade à vélo ou à rollers pour découvrir Paris avec un
guide ? Renseignez-vous auprès de Paris Balades qui recense les
organismes proposant ces formules. Un service P’tit Vélib, proposé
en partenariat avec la ville de Paris, propose la location de petits
vélos (4 modèles différents selon les tranches d’âge), casque
compris, dans des sites récréatifs comme le canal de l’Ourcq, les
berges de Seine rive gauche ou le bois de Boulogne
(renseignements sur le site Vélib). Enfin, que ce soit pour une visite
ludique du Louvre, de la tour Eiffel, de la cathédrale Notre-Dame…
contactez l’association Paris d’enfants qui conçoit des balades
pédagogiques fondées sur l’observation, le jeu et la réflexion. Tout le
monde y trouvera son compte !
Mairie de Paris www.paris.fr
Cityvox Paris www.cityvox.fr
Paris Mômes www.parismomes.fr
Paris d’enfants www.parisdenfants.com
Paris Balades www.parisbalades.com
Mylittlekids www.mylittlekids.fr
P’tit Vélib www.velib.paris

FÊTES ET MANIFESTATIONS
fêtes et festivals
Pour obtenir les dates exactes des manifestations répertoriées ci-
dessous, vous pouvez contacter l’office de tourisme et des
congrès de Paris.
PRINTEMPS-ÉTÉ
Mars- Printemps des Poètes Spectacles, conférences et lectures.
avril www.printempsdespoetes.com. Début mars.
Printemps du cinéma Trois jours de séances à prix réduit. Fin mars.
Nuit des musées La plupart des musées parisiens ouvrent gratuitement leurs
Mai portes de 18h à 23h, avec diverses animations. www.nuitdesmusees.culture.fr. Le
e e
2 ou 3 sam. de mai.
Festival du théâtre de Verdure du Jardin Shakespeare Répertoire classique.
Bois de Boulogne. Représentations de mai à sept.
Paris Jazz Festival Concerts de jazz et de world music en plein air.
Juin
www.parisjazzfestival.fr. Parc floral du bois de Vincennes. Chaque w.-e. en juin-juil.
Fête de la musique Dans les rues, les instituts culturels et les jardins de la ville, de
l’impro à l’orchestre symphonique. Le 21 juin
e
Festival Soirs d’été Cinéma en plein air et concerts. Mairie du 3 ardt. De fin-juin à
mi-juil.
Fête du cinéma Toutes les séances à prix réduit. www.feteducinema.com. Trois
jours fin juin.
Fashion Week – Collections automne-hiver Semaine des défilés haute couture.
www.modeaparis.com. Entre mi-juin et mi-juil.
Marche des Fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans Grand défilé animé, bi et trans.
www.gaypride.fr. Fin juin.
Paris Cinéma Festival : compétition, hommages, rétrospectives, avant-premières,
Juillet ateliers et projection de quelque 300 films à prix réduit. Dans une quinzaine de
cinémas. www.pariscinema.org. Fin juin-début juil.
Les étés de la Danse Festival de danse classique et contemporaine.
www.lesetesdeladanse.com. Juil.-début août.
Scènes d’été Concerts de musique du monde. www.villette.com. Parc de la Villette.
Les w.-e. en juil.-août.
Fête nationale Bals place de la Bastille et dans les casernes de pompiers les 13 et
14 juillet au soir ; défilé militaire sur les Champs-Élysées le 14 au matin ; feu
d’artifice au Trocadéro le 14 au soir.
Paris Quartier d’été Une programmation pointue en danse, théâtre et musique.
www.quartierdete.com. De mi-juil. à mi-août.
Festival du cinéma en plein air De grands films sur une vaste prairie idéale pour
un pique-nique. www.villette.com. Parc de la Villette. De mi-juil. à fin août.
Paris-Plage La Seine bordée de sable et de palmiers, avec de nombreuses
e
activités. www.paris.fr. Du quai Henri-IV au quai des Tuileries. De la 3 sem. de juil.
e
à la 3 sem. d’août.
Festival Classique au vert Musique classique en plein air. www.classiqueauvert.fr.
Août
Parc floral du bois de Vincennes. De début août à mi-sept.
Cinéma au Clair de Lune Projection de classiques sur les lieux de leur tournage à
Paris. www.forumdesimages.net. Les deux ou trois premières sem. d’août.
Tréteaux nomades Le festival des Arènes de Montmartre propose ses spectacles
de théâtre forain. www.mysterebouffe.com. De fin août à début sept.
AUTOMNE-HIVER
Jazz à la Villette Avec de grands noms du jazz. www.villette.com. Parc de la
Septembre
Villette. Fin août à mi-sept.
We Love Green Festival éco-responsable avec trois jours de concerts (rock,
pop, folk, électro), débats, tipis partenaires, ateliers, aires de jeux, garderie etc.
dans le magnifique parc de Bagatelle. www.welovegreen.fr Début sept.
Fête de l’Humanité Concerts et débats organisés par le PCF.
www.humanite.fr. Parc de la Courneuve. Mi-sept.
Festival d’automne Danse, théâtre, concerts et expositions. www.festival-
automne.com. De mi-sept. à mi-déc.
Techno Parade Grand défilé dédié aux musiques électroniques.
e
www.technoparade.fr. Le 3 sam. de sept.
Journées du Patrimoine Entrée libre dans 270 édifices parisiens.
e
www.journeesdupatrimoine.culture.fr. Le 3 w.-e. de sept.
Fête des jardins Animations et visites guidées dans les jardins parisiens.
www.paris.fr. Dernier w.-e. de sept.
Nuit Blanche De 19h à 7h, Paris devient le terrain de jeu des artistes :
Octobre installations interactives, projections sur les façades, ambiances sonores…
www.paris.fr. Le premier samedi d’oct.
Fête du cinéma d’animation Pour les enfants et surtout les adultes.
www.afca.asso.fr. Forum des images, Centre Pompidou. Fin oct.
Festival du film gay et lesbien Projections d’œuvres internationales.
www.ffglp.net. Forum des images. Oct. ou nov.
Fête du Beaujolais nouveau Dans les bars et bistrots de la capitale. Le
Novembre e
3 jeudi de nov.
Festival d’art sacré Musique sacrée dans les églises de la ville, au musée
Décembre
d’Art et d’Histoire du judaïsme, etc. www.festivaldartsacre.new.fr. Début déc.
Fashion Week – Collections Printemps-été Semaine des défilés haute
Janvier
couture. www.modeaparis.com. Courant jan.
foires, salons et événements sportifs
PRINTEMPS-ÉTÉ
Salon des Papiers anciens, du Livre et des Collections Espace Champerret.
Mars
Début mars.
Art Paris Foire d’art moderne et contemporain. www.artparis.fr. Grand Palais. De
fin mars à début avr.
e
Salon du Livre www.salondulivreparis.com. Porte de Versailles. La 2 quinzaine de
mars.
Foire du Trône La plus grande fête foraine parisienne. www.foiredutrone.com.
Avril
Porte Dorée. De début avr. à début juin.
er
Marathon de Paris Départ des Champs-Élysées. www.parismarathon.com. Le 1
e
ou 2 dim. d’avr.
Foire de Paris Plus de 2 000 exposants pour les loisirs et la maison.
www.foiredeparis.fr. Porte de Versailles. De fin avr. à début mai.
Internationaux de France de Tennis de Roland-Garros www.fft.fr. Porte de Saint-
Mai
Cloud. De fin mai à début juin.
Musicora Salon de lutherie avec concerts et ateliers de chant. www.musicora.com.
e
Cité de la Mode et du Design. La 3 sem. de mai.
We Love Green Festival éco-responsable concerts rock, pop, folk, électro…,
débats, tipis partenaires, ateliers, aires de jeux, garderie, etc. dans le parc de
Bagatelle. www.welovegreen.fr https : //www.facebook.com/welovegreenfestival.
Dernier week-end (3 jours) du mois.
Foire Saint-Sulpice Concerts et marchés littéraires à Saint-Germain- des-Prés.
Juin
www.joel-garcia-organisation.fr. De fin mai à début juin.
Salon international de l’Aéronautique et de l’Espace du Bourget www.salon-du-
e
bourget.fr. Parc des expositions du Bourget. La 2 quinzaine de juin, tous les 2 ans
(années impaires).
Meeting Areva Rencontre internationale d’athlétisme au Stade de France.
Juillet
www.meetingareva.com. Début juil.
e
Arrivée du Tour de France Sur les Champs-Élysées. Le 3 dim. de juil.
AUTOMNE-HIVER
e
Septembre Biennale des Antiquaires www.bdafrance.eu. Grand Palais. La 2 quinzaine
de sept., tous les 2 ans (années paires).
La Parisienne Course à pied féminine. www.la-parisienne.net. Départ au
e
Trocadéro. Le 2 dim. de sept.
Les courses du Luxembourg Courses de 10km ou 6km pour les adultes, de
1km pour les poussins. www.lescoursesduluxembourg.fr. Jardin du
Luxembourg. Dernier dim. de sept.
Traversée de Paris en aviron Descente de la Seine en aviron. Départ de l’île
de Monsieur (Sèvres). Fin sept-début oct.
Prix de l’Arc de Triomphe Lucien Barrière L’événement de la saison
er
Octobre hippique. www.prixarcdetriomphe.com. Hippodrome de Longchamp. Le 1 w.-
e. d’oct.
Mondial de l’Automobile www.mondial-automobile.com. Porte de Versailles.
Début oct., tous les 2 ans (années paires).
Foire internationale d’art contemporain (FIAC) www.fiac.com. Cour Carrée
du Louvre, Grand Palais, etc. Courant oct.
Salon du Chocolat www.salonduchocolat.fr. Porte de Versailles.
e
La 2 quinzaine d’oct.
Novembre Salon du Patrimoine Carrousel du Louvre. Début nov.
Paris Photo Salon international de la photographie. www.parisphoto.fr. Grand
Palais. Début ou mi-nov.
Trophée Bompard Patinage artistique (ex-Trophée Lalique). Palais
omnisports de Bercy. Courant nov.
Décembre Salon du livre et de la presse jeunesse À Montreuil. Fin nov.-début déc.
Salon nautique international www.salonnautiqueparis.com. Porte de
re
Versailles. La 1 quinzaine de déc.
Salon du Cheval www.salon-cheval.com. Parc des expositions Paris Nord
re
Villepinte. La 1 quinzaine de déc.
Nouvel An chinois La communauté chinoise célèbre son Nouvel An : défilés,
e
tambours et cymbales, acrobates, danses, etc. www.chinoisdefrance.com. 13
Janvier e
et 3 ardts. En jan. ou fév. (les 3 premiers jours du premier mois du calendrier
lunaire).
Carnaval de Paris www.carnavaldeparis.org. Départ Place Gambetta. Mi-fév.
Février
ou début mars.
Tournoi des VI Nations Le meilleur du rugby européen. Stade de France. En
fév.-mars.
Salon international de l’Agriculture www.salon-agriculture.com. Porte de
Versailles. De fin fév. à début mars.

GALERIES ET ATELIERS D’ARTISTES


galeries
Hors des musées, on peut prendre de bonnes “bouffées d’art” dans
les galeries et ateliers d’artistes de la capitale.
QUARTIER DES BEAUX-ARTS Au cœur de Saint-Germain-des-
Prés, une importante concentration de galeries d’art contemporain,
en particulier rue Mazarine.

RIVE DROITE L’avenue Matignon et le faubourg Saint-Honoré,


dans le 8e arrondissement, regroupent les galeries les plus
prestigieuses de la capitale et les deux maisons de vente anglo-
saxonnes : Sotheby’s et Christie’s.

LE MARAIS Depuis l’ouverture du Centre Pompidou, le Marais


regorge de galeries nichées dans des cours d’hôtels particuliers,
notamment rue Vieille-du-Temple.

LE 13E ARRONDISSEMENT Autour de la BnF, les rues Louise-


Weiss, du Chevaleret et Duchefdelaville abritent une dizaine de
galeries d’art très contemporain (photo, vidéo, peinture, design, etc.),
avec vernissages très courus un samedi soir par mois.

ateliers
Les journées “portes ouvertes” permettent de rencontrer les artistes
dans leurs ateliers, souvent perdus au fond de cours fleuries ou
d’entrepôts dissimulés.
Ateliers de Belleville G 1, rue Francis-Picabia 75020 Paris
Tél. 01 77 12 63 13 www.ateliers-artistes-belleville.fr Fin mai
Ateliers de Ménilmontant G 43, rue des Panoyaux 75020 Paris
Tél. 01 43 66 54 87 www.ateliersdemenilmontant.org Fin sept.-début
oct.
D’Anvers aux Abbesses G 15, passage Ramey 75018 Paris
www.anversauxabbesses.fr Mi-nov.
Les Frigos G Les anciens entrepôts frigorifiques abritent une cité
d’artistes, les associations Les Voûtes et L’Esprit jazz, et la galerie
l’Aiguillage. 19, rue des Frigos 75013 Paris www.lesvoutes.org

HANDICAPÉS
Le nombre de sites et structures aménagés pour pouvoir accueillir
les personnes handicapées est de plus en plus important, bien que
toujours insuffisant, notamment dans le métro. La RATP a édité un
plan détaillant l’accessibilité de son réseau (www.ratp.fr). Les
musées de la Ville de Paris proposent des visites guidées et des
activités adaptées (pour tout renseignement, contactez le musée
concerné). Enfin, vous pourrez consulter la liste des hébergements
et restaurants parisiens portant le label Tourisme et Handicap
disponible sur le site Internet de l’office de tourisme
(www.parisinfo.com).
Infomobi Service d’information spécialisé dans les transports en Île-
de-France. Tél. 09 70 81 83 85 www.infomobi.com
Association des paralysés de France G Elle publie un guide et
met en ligne une liste des musées, restaurants et lieux de sortie,
accessibles aux personnes à mobilité réduite. 13, pl. de Rungis
75013 Paris Tél. 0800 500 597 www.apf.asso.fr
Service d’information de la Mairie de Paris Destiné aux
personnes handicapées. Mission Handicap Tél. 0825 826 674

transport adapté
Il est nécessaire de réserver au moins 48h à l’avance.
GIHP G Tél. 01 60 77 20 20 Ouvert lun.-ven. 9h-12h30 et 14h-18h

HÉBERGEMENT
Paris dispose d’un vaste parc hôtelier et de formules d’hébergement
variées, du camping à l’hôtel 5 étoiles, en passant par les chambres
d’hôtes.

camping
G Le Camping Indigo Paris, dans le 16e ardt, est le seul de la
capitale. Il n’existe aucun camping en proche banlieue.
www.campingparis.fr
www.camping.fr Répertoire de tous les campings de France.

auberges de jeunesse
À Paris, leurs tarifs varient en moyenne entre 25 et 35€ la nuit/pers.
Prévoyez un supplément pour la location des draps.
Fédération unie des auberges de jeunesse G Elle peut fournir la
liste des auberges de jeunesse de France sur demande et délivre la
carte FUAJ, obligatoire pour pouvoir dormir dans toutes les
auberges parisiennes : 11€ tarif public, 7€ tarif réduit, 20€ pour les
familles et 50€ pour les groupes. Tél. 01 44 89 87 27 www.fuaj.org
Auberges de Jeunesse de Paris G 8, bd Jules-Ferry 75011
Tél. 01 43 57 55 60
Hôtels MIJE Pour loger en plein cœur du Marais, trois Maisons
internationales de la jeunesse, toutes dans le quartier Saint-Paul.
Carte “MIJE” obligatoire : 2,50€/an. M° Saint-Paul, Pont-Marie
Tél. 01 42 74 23 45 www.mije.com

hôtels
Les hôtels sont classés de 0 à 5 étoiles mais les prix varient
également selon la situation et le confort. Les 2-étoiles parisiens
affichent les prix les moins chers d’Europe. Des hôtels de chaînes
économiques comme Etap Hôtel sont établis près des portes ou en
proche banlieue. Concernant l’hébergement haut de gamme, Paris
abrite quelques palaces parmi les plus luxueux au monde. La Ville
de Paris perçoit une taxe de séjour (de 0,20€ à 3€ par personne et
par jour), comprise ou non dans le prix de la chambre. De nombreux
établissements pratiquent des tarifs promotionnels durant l’année,
moins souvent par téléphone que par le biais de leur site Internet ou
de centrales de réservation.

CENTRALES DE RÉSERVATION HÔTELIÈRE


Office du tourisme G Il dispose de sa propre centrale de
réservation avec un grand nombre d’offres promotionnelles. Vous
pouvez lui confier votre réservation ou procéder vous-même en
ligne. 25-27, rue des Pyramides 75001 Tél. administratif : 01 49 52
42 63 ou 01 49 52 42 63 www.parisinfo.com
ABACA Discount Hotels-Ely G Répertoire de 200 établissements
indépendants à Paris. Service gratuit. 182, rue du Faubourg-Saint-
Honoré 75008 Tél. 01 43 59 12 12 www.ely1212.com
www.expedia.fr La plus importante centrale de réservation sur le
net, avec principalement des offres discount des grandes chaînes
présentes dans la ville. Les prix varient au jour le jour en fonction de
la demande, soyez flexible sur vos dates.
www.lastminute.com Même trois mois à l’avance, avec des offres
promotionnelles d’hôtels de plus petite taille et indépendants.
www.booking.com Répertoire de 3 400 établissements dans la
capitale.

échanges d’appartements
Cette formule très économique connaît un succès grandissant.
Même si vous êtes locataire, vous pouvez échanger votre logement
contre un appartement équivalent à Paris. Sachez que les interfaces
Internet sont souvent payantes. Avant de partir, vérifiez auprès de
votre assureur que vous avez souscrit un contrat “multirisques-
habitation”. De même si vous souhaitez échanger votre voiture.
Homelink G 19, cours des Arts-et-Métiers 13100 Aix-en-Provence
Tél. 04 42 27 14 14 www.homelink.fr
Intervac G 230, bd Voltaire 75011 Paris Tél. 05 46 66 52 76
www.intervac.fr

chambres d’hôtes
De plus en plus nombreuses dans la capitale, elles sont idéales pour
côtoyer les Parisiens et profiter de leur connaissance de la ville. D’un
atelier d’artiste à Montparnasse à une maison avec jardinet du
19e ardt, les prix restent doux : de 50€ à 140€ la nuit/expers. L’office
de tourisme de Paris a créé un label “Hôtes Qualité Paris”
(www.hotesqualiteparis.fr) qui garantit la qualité de l’accueil et de
l’hébergement. Les petits déjeuners sont généralement compris ; en
revanche, la table d’hôtes n’est proposée qu’occasionnellement.
Alcôve & Agapes Tél. 01 44 85 06 05 www.bed-and-breakfast-in-
paris.com
Une Chambre en Ville G 10, rue Fagon 75013 Tél. 01 44 06 96 71
www.chambre-ville.com
Good Morning Paris G 43, rue Lacépède 75005 Tél. 01 47 07
28 29 www.goodmorningparis.fr
Hôtes Qualité Paris Plate-forme labellisée par l’office de tourisme.
www.hotesqualiteparis.fr

location d’appartements
La location d’un appartement meublé est sans doute la formule la
moins onéreuse pour visiter Paris en famille. Du studio au 3 pièces,
comptez de 85€ à 180€ la nuit. Vous devrez également effectuer un
dépôt de garantie et acquitter les charges.
Airbnb Logements de particuliers partout dans Paris, de la chambre
estudiantine sous les toits au loft de luxe. www.airbnb.fr
Loc’appart G 75, rue de la Fontaine-au-Roi 75011 Tél. 01 45 27
56 41 www.locappart.com
Vivre À Paris G 236, rue Saint-Martin 75003 Tél. 01 44 54 97 00
www.vivreaparis.com
321… International G 24, rue Louis-Blanc 75010 Tél. 01 45 80
73 32 www.321international.com

appart-hôtels
Ils conjuguent les avantages d’un appartement loué et ceux d’une
chambre d’hôtel : cuisine aménagée, ligne téléphonique, équipement
hifi-TV, ménage hebdomadaire avec renouvellement du linge et
services “à la carte” (baby-sitting, livraison de repas, etc.). Il est
possible de n’y passer qu’une seule nuit. Il existe à Paris, outre les
résidences des deux grandes chaînes d’appart-hôtels (Citadines et
Pierre et Vacances, de 150€ à 230€/j.), de nombreuses résidences
indépendantes, moins chères (env. 135-145€) et recensées sur
www.cybevasion.fr
Citadines Résidences aux Halles, à Saint-Germain-des-Prés,
Bastille, République, entre autres. Tél. 01 41 05 79 05
www.citadines.com
Adagio Résidences aux Buttes-Chaumont, Opéra, Bercy,
Montmartre, etc. Tél. 01 55 26 32 00 www.adagio-city.com

HORAIRES
La plupart des commerces ouvrent du lundi au samedi de 9h à 19h
(parfois 20h), et le dimanche dans les principaux quartiers
touristiques (Champs-Élysées, rue de Rivoli, rue des Francs-
Bourgeois, place des Vosges, Carrousel du Louvre, Bercy Village,
rue des Abbesses, etc.). Les supermarchés ouverts en soirée
(parfois jusqu’à 23h) ainsi que le dimanche sont de plus en plus
nombreux. Les commerces de bouche ouvrent le dimanche matin
mais beaucoup sont fermés le lundi. Les grands magasins et la
plupart des musées assurent une nocturne jusqu’à 21h30 un jour par
semaine. Bon à savoir : de nombreuses épiceries de quartier restent
ouvertes tard le soir. La poste du Louvre (52, rue du Louvre 75001)
est ouverte 24h/24 (service restreint après 20h).

INFORMATIONS TOURISTIQUES
Office du tourisme G Vente de la carte Paris Museum Pass, plans
de transports, listes d’hébergements et de restaurants. Plusieurs
bureaux d’accueil sont présents dans les gares et à Montmartre :
gare du Nord, gare de l’Est, gare de Lyon, Montmartre (près du
métro Anvers), Champs-Élysées (kiosque saisonnier dans les
jardins, rive nord). 25-27, rue des Pyramides 75001 Tél. 01 49 52
42 63 www.parisinfo.com
Bureau d’accueil Paris Expo G (plan 13, C2) L’office de tourisme
de Paris dispose d’un bureau d’accueil sur le site du parc des
Expositions. M° et Tram Porte de Versailles 1, pl. de la Porte-de-
Versailles 75015 Ouvert 11h-19h en période de salons
Mairie de Paris Elle édite différentes brochures : “Répertoire des
savoirs”, “Paris est à vous” (sites touristiques, informations
pratiques, musées, etc.), plaquettes des Musées de la Ville de Paris,
mensuel municipal À Paris. Les mairies d’arrondissement sont en
général peu approvisionnées en dépliants touristiques. Tél. 39 75
www.paris.fr

INTERNET
se connecter à Paris
De nombreux hôtels disposent d’une connexion, sinon poussez la
porte de l’un des nombreux cafés équipés de wifi. Le prix moyen
d’une connexion varie selon les quartiers (à partir de 2€/h). Sachez
qu’on peut surfer gratuitement dans les stations de métro et de RER
les plus fréquentées (comme Châtelet et Gare de Lyon, équipées de
bornes spécifiques) et à la bibliothèque du Centre Georges-
Pompidou, mais les files d’attente sont souvent longues ! Si votre
ordinateur portable est muni d’une carte wifi, vous pourrez vous
connecter dans les aéroports et gares SNCF, dans certains cafés et
restaurants, sur quelques places (Saint-André-des-Arts, Tertre,
Contrescarpe, etc.) et même dans le bus n°38 (Gare du Nord-Porte
d’Orléans).
Bibliothèque publique d’Information G Centre Georges-Pompidou
19, rue Beaubourg 75004 Tél. 01 44 78 12 75 www.bpi.fr Ouvert lun.
et mer.-ven. 12h-22h, w.-e. et j. fér. 11h-22h Fermé 1er mai
www.cybercafe.fr Ce site recense les cyber-cafés de France, et
notamment de la capitale.
www.linternaute.com/ wifi/ Liste des spots wifi dans les lieux
publics.
www.hotcafe.fr Répertoire des bars et cafés avec liaison wifi.

Paris en ligne
www.paris.fr Portail de la Mairie de Paris.
www.parisinfo.com Le site de l’office de tourisme de Paris, très
bien conçu.
www.lemondedesarts.com Toute l’actualité culturelle, expositions,
musées, etc.
www.parisbouge.com Agenda des soirées et des concerts,
adresses des clubs.
www.parisbalades.com Promenades architecturales et urbaines.
www.parisgratuit.com Bons plans et invitations.
www.parisinconnu.com Balades hors des sentiers battus.
www.paris-pittoresque.com Histoires des rues de Paris et photos
anciennes.
www.passagesetgaleries.org Tout sur les passages parisiens.
www.restoaparis.com Liste de restaurants et coups de cœur.
www.parisavant.com

MARCHÉS
Plus de 70 marchés se tiennent chaque semaine dans les rues de
Paris. Il s’en compte un par quartier, organisé une ou deux fois en
semaine et une autre fois le week-end, en général le matin (7h-
14h30). Parmi les plus notables, citons le marché Bastille, central et
bien achalandé (bd Richard-Lenoir 75011, jeu. et dim. matin), le
marché Monge dans le Quartier latin (pl. Monge 75005, mer., ven. et
dim. matin) et le marché Barbès, très cosmopolite (bd de la
Chapelle, mer. et sam. matin). Les marchés en après-midi sont rares
(Les Halles, Bourse, Saint-Honoré, Baudoyer, Anvers, Bercy). Les
douze marchés couverts parisiens ouvrent en général leurs portes
du mardi au samedi de 8h à 13h30 et de 16h à 19h30, et le
dimanche de 8h à 13h. Ils sont souvent pittoresques, à l’image du
marché des Enfants Rouges (39, rue de Bretagne 75003).
www.paris.fr Liste détaillée des marchés parisiens (adresses et
horaires).
marchés spécialisés
Bd Raspail Entre les rues du Cherche-Midi et de Rennes
Marchés bio
75006 (M° Rennes) Dim. 9h-15h
Pl. Constantin-Brancusi 75014 (M° Gaîté) Sam. 9h-15h
Bd des Batignolles 75017 (M° Rome) Sam. 9h-15h
Marchés aux
Île de la Cité Pl. Louis-Lépine 75004 (M° Cité) Tlj. 8h-19h30
fleurs
Pl. des Ternes 75017 (M° Ternes) Mar.-dim. 8h-19h30
Pl. de la Madeleine 75008 (M° Madeleine) Lun.-sam. 8h-19h30
Marchés aux
Île de la Cité Pl. Louis-Lépine 75004 (M° Cité) Dim. 8h-19h
oiseaux
Quai de la Mégisserie 75001 (M° Pont-Neuf, Châtelet) Tlj. 10h-19h
Marché aux Avenues Gabriel et Marigny 75008 (M° Champs-Élysées-Clemenceau)
timbres Jeu., sam.-dim. et j. fér. 9h-19h
Marchés de la
Bastille 75001 (M° Bastille) Sam. 9h-19h30
création
Bd Edgar-Quinet 75014 (M° Edgar-Quinet) Dim. 9h-19h30
Marché aux
Parc Georges-Brassens 75015 (M° Convention) Sam.-dim. 9h-18h
livres
Marchés de
Blancs-Manteaux 48, rue Vieille-du-Temple 75004 (M° Rambuteau)
Noël
Pl. Saint-Germain-des-Prés 75006 (M° Saint-Germain-des-Prés)

MÉDIAS
presse quotidienne
Le Parisien couvre les faits divers locaux mais également l’actualité
nationale et internationale. Métro, 20 Minutes et Direct Matin,
gratuits distribués le matin aux stations de métro, fournissent un
résumé de l’actualité. Les kiosques de la ville, où l’on trouve toute la
presse nationale et internationale, ouvrent en général de 7h à 19h.

presse culturelle et programmes hebdomadaires


Le Pariscope et l’Officiel des spectacles, qui paraissent le mercredi,
permettent de se mettre rapidement à l’heure de la capitale : liste de
restaurants, programmation des cinémas et théâtres, concerts,
musées, expositions, etc. Le suppléments “Sortir” de Télérama
(www.sortir.telerama.fr) couvre l’actualité culturelle de la capitale. À
nous Paris, le journal gratuit de la RATP distribué le mardi dans le
métro, propose une bonne sélection d’adresses (shopping,
restaurants, lieux branchés) et d’événements culturels à ne pas
manquer. Le bimensuel gratuit Lylo, disponible dans les bars et les
salles de concert, répertorie tous les spectacles et concerts donnés
dans la capitale. Le bimestriel Paris-Mômes (supplément gratuit du
quotidien Libération) liste les spectacles et activités sportives et
culturelles pour les enfants.

radios
Les grandes radios nationales ont toutes une antenne (voire leur
siège) à Paris. France Bleu Île-de-France, chaîne régionale de Radio
France, émet sur 107.1 FM. Les radios locales sont très nombreuses
et témoignent de la diversité culturelle de la ville : citons l’engagée
Radio Libertaire (89.4 FM), Aligre FM (93.1 FM) qui couvre la vie
culturelle des arrondissements parisiens, Paris Plurielle (106.3 FM)
dont les “escales Paris” font voyager dans l’histoire de la capitale,
Ouï FM (102.3 FM) qui répertorie les concerts parisiens du jour, ou
encore FIP (105.1 FM), chaîne musicale qui se distingue par sa
sélection aussi pointue qu’éclectique. Par ailleurs, Générations
(88.2 FM) propose des chroniques urbaines et une bonne sélection
de jazz en soirée, tandis que Radio Latina (99.0 FM) est dédiée aux
musiques latines, Beur FM (106.7 FM) aux communautés arabes,
Judaïques FM (94.8 FM) aux communautés juives, tout comme
existent Fréquence protestante (100.7 FM) et Radio Notre-Dame
(100.7 FM). Annuaire des radios sur www.annuradio.fr.

TV
Vous trouverez un certain nombre de chaînes de télévision
associatives à Paris mais la plupart d’entre elles sont diffusées
uniquement sur Internet. Télé Bocal (www.telebocal.org) est une
chaîne de proximité qui rapporte les événements locaux et propose
des micro-trottoirs. Elle est diffusée sur la TNT (canal 21) à 23h du
lundi au jeudi et le samedi, à 0h le vendredi. Sur le câble, Paris
Première dédie plusieurs de ses émissions à l’actualité culturelle
parisienne, dont “Paris dernière”, idéale pour connaître les derniers
lieux branchés. Sur France 3, en semaine, le journal régional est
diffusé de 12h à 12h25, de 18h55 à 19h30 et de 22h30 à 23h.

MUSÉES ET MONUMENTS
Le prix d’entrée dans les musées et monuments parisiens varie en
moyenne de 5€ à 12€. Les 14 musées de la Ville de Paris sont
gratuits (hors expositions temporaires) : musées Carnavalet,
Bourdelle, Zadkine, Cernuschi, etc. (www.parismusees.com). Le
Louvre, le musée d’Orsay, le Centre Georges-Pompidou et de
nombreux autres musées sont gratuits pour les moins de 26 ans
originaires d’un pays de l’Union européenne. Outre les galeries d’art,
de nombreux lieux d’exposition comme les centres culturels
étrangers sont libres d’accès. Le 1er dimanche du mois, la plupart
des musées nationaux et monuments le sont également.
Paris Museum Pass Valable 2 jours (42€), 4 jours (56€) ou 6 jours
(69€) consécutifs, cette carte permet de visiter librement plus de
60 musées et monuments de Paris et de sa région (collections
permanentes uniquement). Le billet est coupe-file. En vente dans les
musées et monuments concernés, les offices de tourisme (sous
réserve), les gares et les stations de métro les plus fréquentées
(Opéra, Concorde, Madeleine, Châtelet, etc.)
www.parismuseumpass.com

LA NUIT À PARIS
sortir
BUDGET Le prix des consommations varie avec le quartier et
l’établissement évidemment, mais la nuit parisienne reste chère. Une
entrée en boîte s’échelonne entre 12 et 20€ et une consommation y
coûte 15€ en moyenne. De nos jours, dégoter une bière à moins de
2,50€ devient une gageure – en revanche, à plus de 7€ sur les
Champs-Élysées cela reste plutôt facile…

PROGRAMMES Deux écoles cohabitent pour être au courant des


soirées et lieux où il faut être. L’ancienne école consiste à aller dans
les bars et chez les disquaires, pour récupérer les flyers et Lylo, petit
mensuel gratuit répertoriant tous les concerts dans la capitale. Moins
physique et plus dans son temps : surfer sur le net avec pour cela
deux sites de références :
www.parislanuit.fr
www.parisnightlife.fr

transports
Le dernier métro part vers 0h30 en moyenne. Selon votre position
sur la ligne, vous pouvez donc espérer en attraper un jusqu’à 0h50,
voire 1h, mais garde ! Les vendredi et samedi soir ainsi que les
veilles de fêtes, le service s’arrête une heure plus tard, c’est-à-dire
autour de 2h. L’horaire du dernier métro (ou du premier à partir de
5h30…) est toujours indiqué à l’entrée des stations. Au cœur de la
nuit, les bus Noctiliens prennent le relais entre Châtelet, gare de
Lyon, gare de l’Est, gare Saint-Lazare et gare Montparnasse,
Noctilien F. Reste enfin le taxi : soyez patient ou éloignez-vous de
quelques rues des stations souvent surpeuplées les vendredi et
samedi soir. Si vous avez un smartphone, il y a désormais des
compagnies de “taxi privé” qui permettent de commander en ligne
votre voiture. C’est environ 10% plus cher qu’un taxi mais le
paiement s’effectuant par téléphone, nul besoin de cash.
www.uber.com
www.chauffeur-prive.com
ouvert la nuit
ALIMENTATION ET RESTAURATION
Boulangerie Dudicourt 1, rue Custine 75018 Ouvert mer.-lun. 24h/24
Épicerie Supérette 77 77, bd Barbès 75018 Ouvert mar.-dim. jusqu’à 5h
À la Cloche d’Or 3, rue Mansart 75009 Tél. 01 48 74 48 88 Ouvert lun.
Restaurants
18h30-00h, mar.-jeu. 18h30-2h, ven.-sam. 18h30-3h
L’Enfance de Lard 21, rue Guisarde 75006 Tél. 01 46 33 89 65 Ouvert
mar.-sam. 19h-3h
Le Tambour 41, rue Montmartre 75001 Tél. 01 42 33 06 90 Ouvert lun.-sam.
8h30-5h, dim. 8h30-2h
Le Bienvenu 42, rue d’Argout 75002 Tél. 01 42 33 31 08 Ouvert lun.-sam.
18h-7h
Tour de Montlhéry 5, rue des Prouvaires 75001 Tél. 01 42 36 21 82 Ouvert
lun.-ven. 19h30-5h
Au Pied de Cochon 6, rue Coquillière 75001 Tél. 01 40 13 77 00 Ouvert tlj.
24h/24
L’Alsace 39, av. des Champs-Élysées 75008 Tél. 01 53 93 97 00 Ouvert tlj.
24h/24
Le Pub Saint Germain 17, rue de l’Ancienne-Comédie 75006 Tél.
01 56 81 13 13 Ouvert tlj. 8h-6h
SERVICES 24h/ 24
BabyChou Pour faire garder vos enfants à votre hôtel par des professionnels
ou des étudiants. Tarif (3h minimum) : commission de 16€/h puis 8€/h pour un
Baby-
enfant (+ 1€/h par enfant supplémentaire). Prévoir les frais de transport du
sitting
baby-sitter après 23h. 31, rue du Moulin-de-la-Pointe 75013 Tél.
01 43 13 33 23 www.babychou.com
Elyfleur 82, av. de Wagram 75017 Tél. 01 47 66 87 19 www.elyfleurs.com
Fleuriste
Ouvert tlj.
Kiosques
Champs-Élysées 33 et 58, av. des Champs-Élysées 75008
Presse
Grands Boulevards 2, bd Montmartre ; 14, bd de la Madeleine 75009
Cybercafé XS Arena Luxembourg 17, rue Soufflot 75005

activités sportives
RANDONNÉE EN ROLLER À 21h30, tous les vendredis soirs (sauf
en cas de pluie), les mordus du roller se donnent rendez-vous place
Raoul-Dautry, devant la gare Montparnasse (75014) pour participer
à une randonnée – assez sportive – de 3h à travers Paris. Le
parcours est annoncé la veille sur le site de l’association
organisatrice.
Pari Roller www.pari-roller.com

PROMENADES À VÉLO Proposées par plusieurs associations.


Paris Rando Vélo Rendez-vous le vendredi à 21h30 et le
3e dimanche du mois à 10h30 devant l’Hôtel de Ville (sauf en cas de
chaussée glissante) pour une promenade de 2h30 à 3h. Tél. 06 64
17 90 44 www.parisrandovelo.com
Paris à vélo c’est sympa G Tél. 01 48 87 60 01
www.parisvelosympa.com

PISCINES Les piscines municipales assurent une nocturne au moins


une fois par semaine (en général jusqu’à 21h) : liste et horaires sur
www.paris.fr.
Piscine Pontoise G Cette piscine sous concession est l’une des
plus belles de la ville et reste ouverte jusqu’à minuit en semaine pour
les nocturnes (forfait). Tarif 11,10€ en nocturne M° Maubert-
Mutualité 17, rue de Pontoise 75005 Tél. 01 55 42 77 88
www.carilis.fr

activités culturelles
MUSÉES Les grands musées parisiens restent généralement
ouverts en nocturne au moins un soir par semaine (jusqu’à 21h30) :
le Louvre le mercredi et le vendredi, le musée d’Orsay le jeudi
(fermeture 21h45).
Palais de Tokyo G La création artistique contemporaine s’expose
jusqu’à minuit. M° Iéna 13, av. du Président-Wilson 75016 Paris
Tél. 01 47 23 54 01 Ouvert mer.-lun. 12h-0h

VISITES GUIDÉES NOCTURNES


La Voix des Lieux Visite des quartiers et monuments de Paris à la
lueur des lampadaires. Tél. 06 62 39 37 77 www.lavoixdeslieux.fr
Les Balades de Magalie Pour les passionnés du roman Da Vinci
Code, visite nocturne du Louvre. Tél. 06 14 66 49 27
www.lesbaladesdemagalie.fr
BATEAUX-MOUCHES Les compagnies parisiennes proposent des
croisières jusque tard le soir, qui permettent une traversée magique
de la Ville-Lumière !
Vedettes du Pont-Neuf G Tarif 14€, 4-12 ans 7€ M° Pont-Neuf
Square du Vert-Galant 75001 Tél. 01 46 33 98 38
www.vedettesdupontneuf.fr Départs jusqu’à 22h30 en été
Bateaux parisiens Promenades entre la tour Eiffel et l’île de la Cité.
M° Bir-Hakeim Port de la Bourdonnais 75007 Tarif 14€, moins de
12 ans 6€ M° Saint-Michel 75005 Tél. 0825 01 01 01
www.bateauxparisiens.com Départs avr.-sept. : jusqu’à 22h30 toutes
les 30min ; oct.-mars : jusqu’à 22h toutes les heures
Vedettes de Paris Départs jusqu’à 23h en été Tarif 14€, moins de
12 ans 6€, gratuit pour les moins de 4 ans M° Bir-Hakeim Port de
Suffren 75007 Tél. 01 44 18 19 50 www.vedettesdeparis.com
Compagnie des Bateaux-Mouches Départs jusqu’à 22h30 en été,
ttes les 20min. env. Tarif 13,50€, moins de 12 ans 6€, moins de
4 ans gratuit. M° Alma-Marceau, Franklin D. Roosevelt Port de la
Conférence, Pont de l’Alma 75008 Tél. 01 42 25 96 10
www.bateaux-mouches.fr

PARCS ET JARDINS
Paris compte plus de 450 parcs, squares et jardins. Les activités
pour enfants y sont nombreuses, en particulier dans les parcs
André-Citroën (75015) et des Buttes-Chaumont (75019), les jardins
des Tuileries (75001) et du Luxembourg (75006) : aires de jeux,
manèges, tyroliennes, promenades à dos de poneys, spectacles de
marionnettes, location de voiliers miniatures ou de minikarts, etc.
Vous pouvez aussi apprendre le jardinage au jardin des Serres
d’Auteuil, faire du tennis au parc Kellermann, de la barque au bois
de Vincennes, de l’escalade au parc Georges-Brassens et du vélo
au bois de Boulogne. Le répertoire des parcs, jardins et activités
proposées à consulter sur www.paris.fr. Les horaires d’ouverture des
espaces verts parisiens varient selon la saison. En hiver : lun.-ven.
8h-17h30, sam.-dim. 9h-17h30 ; en été : lun.-ven. 8h-21h30, sam.-
dim. 9h-21h30 Seules sont payantes les entrées aux sites du Jardin
botanique (parc Floral, arboretum de l’École Du Breuil, le w.-e., et
jardins de Bagatelle).

PUCES, ANTIQUAIRES ET BROCANTES


puces
Marché aux puces de Paris / Saint-Ouen G Le plus ancien des
marchés aux puces parisiens et le plus vaste au monde ! M° Porte
de Clignancourt Entre les portes de Saint-Ouen et de Clignancourt
www.marcheauxpuces-saintouen.com Ouvert sam.-dim. 10h-18h,
lun. 11h-17h (activité réduite au mois d’août)
Marché aux puces de la porte de Montreuil G Fripe et brocante
dans une ambiance “merguez-frites”. M° Porte de Montreuil Av. du
Professeur-André-Lemierre 75020 Ouvert sam.-lun. 7h-19h30
Marché aux puces de la porte de Vanves G Charmant bric-à-brac
de bibelots et objets anciens. Brocanteurs le matin, articles neufs
l’après-midi. M° et Tram T3 Porte de Vanves, Bus 28 , 38 , 48 , 58 ,
9 5 Av. Marc-Sangnier et G.-Lafenestre 75014 Ouvert sam.-dim. 7h-
14h

antiquaires
Village Saint-Paul G Entre la rue Saint-Paul et la rue Charlemagne
(75004), un charmant dédale de cours où prospèrent près de
80 antiquaires et artisans d’art. M° Saint-Paul www.village-saint-
paul.com
Carré Rive Gauche G À cheval sur le faubourg Saint-Germain et le
quartier de Saint-Germain-des-Prés, le “carré” formé par la rue de
l’Université, le quai Voltaire, la rue des Saints-Pères et la rue du Bac,
réunit 120 galeries et antiquaires. M° Rue du Bac 75007
www.carrerivegauche.com
Village Suisse G Plus de 150 antiquaires et décorateurs. M° La
Motte-Picquet-Grenelle 54, av. de la Motte-Picquet 75015
www.villagesuisse.com Ouvert jeu.-lun. 10h30-19h
salons d’antiquaires
Salon des Antiquaires Bd de Courcelles 75008 Tél. 01 44 88 52 60
Mai
www.cmo-antiquites.com
Salon des Antiquaires Av. des Champs-Élysées 75008 Tél.
Mars
01 44 88 52 60 www.cmo-antiquites.com
PAD Jardin des Tuileries 75001 Tél. 01 53 30 85 20 www.pad-
fairs.com Fin mars-début avr.
Mai-début juin et Puces du Design Place des vins de France 75012 Tél.
début oct. 01 64 03 95 52 www.pucesdudesign.com
Biennale des Antiquaires (années paires) Grand Palais 75008 Tél.
Mi-sept.
01 44 51 74 74 www.sna-france.com
Salon des Antiquaires Pelouse de la Muette 75016 Tél.
Nov.
01 44 88 52 60 www.cmo-antiquites.com

brocantes et vide-greniers
Nombreux, ils sont répertoriés dans divers journaux, dont le mensuel
Aladin ou le supplément “Sortir” de Télérama. Sachez que les
brocantes les plus réputées ont lieu au stade Charléty (75013), place
de la Bourse (75002) et porte d’Auteuil (75016). Les vide-greniers,
organisés à la belle saison dans de nombreux quartiers, combleront
les chineurs. Pour plus de renseignements, contactez les mairies
d’arrondissement ou consultez le site www.vide-greniers.org.

QUAND VISITER PARIS ?


Privilégiez les demi-saisons : en avril-juin et septembre-octobre, la
pression touristique est moindre et le climat souvent clément. C’est
aussi à cette période de l’année que se tiennent d’importantes
manifestations culturelles – les journées du Patrimoine en
septembre, le Festival d’automne, ou encore la très parisienne Nuit
blanche – et des salons grand public ou événements sportifs –
Mondial de l’automobile, Salon de l’agriculture, Foire de Paris,
Internationaux de Roland-Garros. En été, certes, de nombreux
commerçants prennent leurs congés, néanmoins vous trouverez
plus facilement à vous loger et vous profiterez de la capitale
autrement grâce à Paris-Plage ou aux séances de cinéma en plein
air organisées dans différents quartiers. Enfin, si vous souhaitez
séjourner à Pâques, pour le 14 Juillet ou les fêtes de fin d’année,
pensez à réserver un ou deux mois à l’avance…

météo
Températures minimales maximales
en avril 7°C 17°C
en juillet 16°C 26°C
en décembre 3°C 8°C
Ensoleillement env. 5h/jour, 77j./an
Précipitations (moyenne annuelle 607mm)
moyenne en avril 41mm/13j.
moyenne en juillet 58mm/12j.
moyenne en décembre 49mm/16j.
Météo France Tél. 32 50
www.meteofrance.com

RESTAURATION
Pour prendre un petit noir accoudé à un vieux zinc, rien de tel qu’un
bistrot parisien. Une consommation au comptoir vous coûtera en
général deux fois moins cher qu’en salle ou en terrasse (environ
2,30€ le café). Autre institution parisienne, les brasseries proposent
des spécialités françaises et des plats simples en service continu.
Les restaurants “classiques” servent en général à déjeuner jusqu’à
14h et à dîner jusqu’à 22h30. Ils proposent des formules à midi et
des plats du jour à moins de 15€. Les restaurants gastronomiques
proposent également des formules déjeuner plus accessibles.
Hormis dans les établissements branchés ou prestigieux, il suffit de
réserver sa table la veille ou l’après-midi pour le soir. Le brunch
dominical est à la mode : servi jusqu’à 16h, son prix varie selon les
quartiers (autour de 15-25€).

SPECTACLES
L’offre en concerts, pièces de théâtre et spectacles est surabondante
dans la ville. Pour les productions d’envergure, il convient de
réserver très à l’avance. En revanche, il peut être avantageux de
risquer la dernière minute pour certains spectacles qui n’affichent
pas complet. On peut aussi tenter sa chance sur les lieux : il est
courant que quelques places se libèrent juste avant le spectacle.
Kiosques-théâtres Très intéressants, ils permettent d’obtenir 50%
de réduction pour un spectacle donné le soir même. Kiosque
théâtre Madeleine G M° Madeleine 15, pl. de la Madeleine 75008
Kiosque théâtre Montparnasse G M° Montparnasse Esplanade de
la Tour-Montparnasse 75014 Kiosque théâtre Ternes G M° Ternes
Terre-plein central de la place 75017 Ouvert mar.-sam. 12h30-20h,
dim. 12h30-16h
www.theatresparisiensassocies.com 50% de réduction sur toutes
les places pour les premières représentations. Tél. 0892 707 705
www.billetreduc.com www.ticketac.com Invitations et réductions.

SPORTS ET LOISIRS
randonnée pédestre
Paris se découvre à pied ! Pour les grands marcheurs, elle est
même sillonnée de quelque 180km d’itinéraires pédestres. Deux
sentiers de grande randonnée de pays (GR® P, balisés en jaune et
rouge) la traversent sur 20km, l’un du parc de la Villette au parc
Montsouris, l’autre du bois de Vincennes au bois de Boulogne. De
dimension nationale, le GR® 2, balisé en rouge et blanc, relie le bois
de Vincennes au parc André-Citroën par les quais de Seine. Ces
sentiers sont détaillés sur le site Internet du Comité de la randonnée
pédestre de Paris et dans les topo-guides de la Fédération.
Fédération française de randonnée pédestre G 64, rue du
Dessous-des-Berges 75013 Tél. 01 44 89 93 90 www.ffrandonnee.fr
Comité de la randonnée pédestre de Paris G 6, rue Paulin Enfert
75013 Tél. 01 46 36 95 70 www.rando-paris.org
vélo
Les adeptes de la petite reine peuvent circuler sur les 371km de
pistes cyclables et les 120km de couloirs de bus de la capitale. Une
carte gratuite de pistes cyclables à Paris et en Île-de-France est
disponible dans les gares, les offices de tourisme et sur le site
Internet de la Mairie de Paris (www.paris.fr). L’association Paris
Rando Vélo organise une randonnée le vendredi soir, cf. Randonnée
en roller F, et le 3e dimanche du mois à partir de 10h30 (rdv devant
l’Hôtel de Ville, parcours de 20km, accès libre).
Paris à vélo c’est sympa G Visites guidées et thématiques (location
de vélos possible). 22, rue Alphonse-Baudin 75011 Tél. 01 48 87
60 01 www.parisvelosympa.com
Escapade nature Association organisant des balades à thème hors
des sentiers battus de Paris : les bords de Seine, la campagne à
Paris, le tour de la Petite Ceinture, etc. http://escapadenature.free.fr/
Mairie de Paris Balades de 3h env. aux bois de Boulogne (15km) et
de Vincennes (17,5km). Tél. 39 75 http://vgps.paris.fr/

VÉLIB’
Fruit d’un partenariat entre la ville de Paris et le groupe JCDecaux,
le service Vélib’, créé en 2007, met plusieurs milliers de vélos à la
disposition du public 7j./7, 24h/24. Le principe est simple : vous
retirez un vélo à l’une des stations (près de 1 500 réparties dans tout
Paris et dans les communes de la petite couronne), après avoir pris
à la borne électronique un ticket d’utilisation pour une journée ou
contracté un abonnement pour une semaine (paiement par votre
carte bancaire). Il vous suffit ensuite de redéposer le vélo à une
autre station. Il est également possible de souscrire un abonnement
le jour même via le site Internet. Tarif : 1 jour 1,70€, 7 jours 8€, plus
la location à l’heure (1re demi-heure gratuite, 2e demi-heure 1€,
3e demi-heure 2€, puis 4€ par demi-heure supplémentaire)
Abonnements d’un an : Vélib’Classique 29€ et 1re demi-heure
gratuite ou Vélib’Passion 39€ (29€ pour les 14-26 ans) et 45min
gratuites Tél. 01 30 79 79 30 www.velib.paris.fr

roller et skate
Si vous souhaitez vous balader dans Paris chaussé de vos patins
mais que vous ne voulez pas partager la voirie avec les voitures et
les scooters, voici quelques spots tranquilles : les bois de Boulogne
et de Vincennes, la Promenade plantée entre Bastille et Vincennes,
l’esplanade des Invalides et les berges de la Seine le dimanche. Les
patineurs peuvent prendre part à deux balades parisiennes lorsque
le temps le permet : celle du vendredi soir, organisée par
l’association Pari Roller, cf. Pari Roller F, ou celle du dimanche,
beaucoup plus familiale, qu’encadre Rollers coquillages. Les
amateurs de skate pourront tester quelques spots incontournables :
“Les Trois Marches”, place de la Bastille (75004), la fontaine des
Innocents aux Halles (75001), le Trocadéro face à la tour Eiffel
(75016) et la place d’Italie (75013). Il existe une dizaine de
skateparks en extérieur, notamment ceux du parc de Bercy (75012),
des Batignolles (146, rue Cardinet 75017) et au 142, quai de
Jemmapes (75010).
Pari Roller www.pari-roller.com
Rollers et coquillages G Pour la randonnée du dimanche, rdv à
14h30 devant la Boutique Nomades M° Bastille 37, bd Bourdon
75004 www.rollers-coquillages.org
Fédération française de Roller Sports Tél. 05 56 33 65 65
www.ffroller.fr
www.paris-skate-culture.org Informations sur le skate à Paris. Tél.
09 52 02 12 02

LOUEURS ET PRESTATAIRES
Nomades Rollers Shop G 37, bd Bourdon 75004 Tél. 01 44 54
07 44 www.nomadeshop.com
Roulez Champions/ Cosmopolis G 5, rue Humblot 75015
Tél. 01 40 58 12 22 www.roulezchampions.com
patinoire en plein air
Magie de l’hiver à Paris, sa patinoire en plein air ! Sur le parvis de
l’Hôtel de Ville, elle transporte dans un conte de fées,
particulièrement en nocturne !
Patinoire de l’Hôtel de Ville G Accès libre (location de patins : 6€)
Pl. de l’Hôtel-de-Ville 75004 Tél. 39 75 www.paris.fr Ouvert déc.-
fév. : lun.-ven. 12h-22h, sam. dim. et j. fér. 9h-22h (sous réserve)

pétanque
Aux beaux jours, les Parisiens taquinent le cochonnet, anisette et
panier pique-nique à portée de main. Hormis les 17 boulodromes
municipaux (liste sur www.paris.fr), de petits terrains de pétanque
s’égrènent dans toute la ville, de la Butte-aux-Cailles à Montmartre
et du canal Saint-Martin aux Arènes de Lutèce, sans oublier Paris-
Plage, l’été.
Fédération française de Pétanque et de Jeu Provençal – Comité
de Paris G 161, bd Davout 75020 Tél. 01 43 79 48 25
www.petanque.fr www.ffpjp75.com
Amicale bouliste du 11e G 51, bd Ménilmontant 75011 Tél. 01 40
21 93 25
Amicale bouliste du 13e G 8, rue Lachelier 75013 Tél. 01 45 85
79 69
Association bouliste du 14e G 17, av. Paul-Appell 75014 Tél. 01 45
41 37 87
Entente sportive du 18e G 6, rue Boucry 75018 Tél. 01 40 38 34 35

piscines
Adresses, horaires et activités des 38 piscines parisiennes sur le site
www.paris.fr.
Piscine Pontoise G Cette piscine concédée est l’une des plus
belles de Paris. M° Maubert-Mutualité 17, rue de Pontoise 75005
Tél. 01 55 42 77 88 www.carilis.fr
Piscine de la Butte-aux-Cailles G Piscine classée avec bassin
extérieur. M° Corvisart 5, pl. Paul-Verlaine 75013 Tél. 01 45 89
60 05
Aquaboulevard G Parc aquatique avec toboggans, piscine à
vagues et bains à remous. M° et Tram Balard 4, rue Louis-Armand
75015 Tél. 01 40 60 10 00
Piscine Pailleron G Un cadre Art déco de toute beauté pour un
plongeon. M° Bolivar 32, rue Édouard-Pailleron 75019 Tél. 01 40 40
27 70
Piscine Joséphine-Baker G Piscine flottante, amarrée au pied de la
Bibliothèque François-Mitterrand, avec bassin découvert en été et
solarium : une autre vision de la Seine ! M° Q uai de la Gare Port de
la Gare quai François-Mauriac 75013 Tél. 01 56 61 96 50
Piscine Roger-le-Gall G Seule piscine à proposer des plages
horaires réservées aux nudistes. M° Porte de Vincennes 34, bd
Carnot 75012 Tél. 01 44 73 81 12

TRANSPORTS EN COMMUN
L’ensemble des transports en commun de Paris intra-muros (métro,
bus, RER et tramway) sont gérés par la Régie autonome des
Transports parisiens (cf. plans en fin d’ouvrage).
RATP Plans de lignes détaillés, itinéraires, horaires en temps réel.
Tél. 32 46 www.ratp.fr www.transilien.com www.noctilien.fr
métro et RER
Le métro parisien compte près de 300 stations, dont l’entrée est
signalée par un grand “M” jaune, et 16 lignes (dont 2 dites bis),
identifiables par leur numéro et leur couleur. Le service débute
chaque jour à partir de 5h30 et s’achève, en bout de ligne, vers
1h20 (1h plus tard les ven. et sam. soir ainsi que les veilles de
fêtes). La fréquence entre rames varie de 2 à 8min. Elle est moindre
le dim. et les j. fériés. Le RER (Réseau Express Régional) dessert
Paris et sa région via les lignes A, B, C, D et E de 5h30 à 0h30. Il
permet de traverser très rapidement la capitale et de rejoindre les
deux aéroports, Orly et Roissy, mais son usage peut être fastidieux
pour les courts trajets (temps d’attente parfois longs,
correspondances limitées). Si possible, évitez de voyager aux
heures de pointe (8h30-9h30 et 18h-19h30).

LIGNES DE MÉTRO INSOLITES Les lignes 2 et 6 disposent de


tronçons à ciel ouvert qui se fraient parfois un joli chemin à travers la
ville : la ligne 6 ménage ainsi de superbes points de vue sur les
boulevards du 15e ardt et surtout les Invalides et la tour Eiffel. La
ligne 1 – la plus ancienne du réseau et aussi la plus fréquentée – et
la ligne 14 sont entièrement automatisées et ravissent les enfants : à
l’avant des rames, on peut observer le tunnel comme un conducteur.

bus
Soixante-cinq lignes d’autobus sillonnent Paris intra-muros du lun.
au sam. de 5h30 à 20h30. Certaines fonctionnent jusqu’à 0h30,
notamment lorsqu’elles desservent les gares ou les grandes stations
métro/RER ainsi que les deux lignes de bus qui circulent sur la petite
ceinture (appelées “PC”) et relient toutes les portes. Une vingtaine
de lignes fonctionnent le dimanche et les jours fériés. Chaque bus
est identifié par un numéro (indice de ligne) et une direction, affichés
à l’avant du véhicule. Sur les côtés sont indiqués les principaux
arrêts. Le numéro (indice) barré signale qu’une partie de la ligne
n’est pas desservie (service partiel).

LIGNES NOCTURNES Le réseau Noctilien compte plus de


30 lignes d’autobus qui circulent tlj. de 0h30 à 5h30 en Île-de-
France. Il est organisé autour de 5 grandes stations parisiennes
(Châtelet, Gare de Lyon, Gare de l’Est, Gare Saint-Lazare et Gare
Montparnasse), reliées entre elles (départ toutes les 15min) et avec
la proche et grande banlieue. Intra-muros, les deux lignes circulaires
NO1 et NO2 desservent les gares de Lyon, de l’Est, Saint-Lazare et
Montparnasse et de nombreux lieux d’activités nocturnes (Champs-
Élysées, Bastille, Pigalle, etc.).
Noctilien Tél. 32 46 www.noctilien.fr
LIGNES TOURISTIQUES Si vous souhaitez explorer le quartier de
Montmartre, le Montmartrobus circule sur la butte entre Pigalle et la
mairie du 18e ardt. Un funiculaire la gravit efficacement de la place
Suzanne-Valadon jusqu’au Sacré-Cœur (mêmes horaires que le
métro). D’avril à septembre, le dimanche et les jours fériés, les
Balabus relient tous les grands sites touristiques de la capitale en
un peu plus d’une heure. Ils circulent de 13h30 à 20h30 à partir de la
gare de Lyon et de 12h30 à 20h depuis la Grande Arche de la
Défense, avec des passages toutes les 15 à 30min. Les arrêts sont
signalés par le pannonceau “Balabus” ou “Bb”. Sachez également
que quelques lignes ordinaires offrent de beaux panoramas sur la
capitale. Dans le sens Gare d’Austerlitz-Madeleine, la
ligne 24 emprunte les quais de la Seine et permet d’admirer l’Institut
du monde arabe, Notre-Dame et la place de la Concorde. Dans le
sens Champ-de-Mars-Gambetta, la ligne 69 traverse le quartier des
ministères, longe le Louvre puis flirte avec le Marais avant de gagner
la Bastille.

tramway
La première portion du T3 (tramway des Maréchaux), le T3a
(inauguré fin 2006), traverse les 15e, 14e, 13e et 12e arrondissements
et compte 25 stations entre le pont du Garigliano et la porte de
Vincennes. Son prolongement au nord-est de Paris, le T3b, conduit
jusqu’à la porte de la Chapelle. Leur mise en service facilite les
déplacements de nombreux Franciliens grâce aux interconnexions
avec 11 lignes de métro et 2 lignes de RER. N’hésitez pas à le
prendre car son parcours est ponctué de neuf œuvres d’artistes
contemporains. Le T3 circule à partir de 4h50 du lun. au sam.,
5h50 les dim. et j. fér. et jusqu’à 1h05 du dim. au ven., 2h05 le sam.

titres de transport
TICK ET “T+ ” Coupon usuel, il est valable sur l’ensemble du réseau
(métro, bus et RER). Les tickets s’achètent aux guichets et aux
distributeurs automatiques des stations de métro et des gares RER,
à certains terminus de bus et chez les commerçants (librairies,
points presse, buralistes) signalés par un panneau ou un visuel
RATP. Dans les bus, vous ne pouvez acheter auprès du chauffeur
que des billets à l’unité, moins avantageux que les carnets de
10 tickets. N’achetez pas vos billets à la sauvette, notamment à
Montparnasse où les “vendeurs” sont particulièrement pressants.
Conservez toujours votre billet jusqu’à la sortie, où vous pouvez être
contrôlé.

ZONES TARIFAIRES Le réseau francilien est divisé en 5 zones


tarifaires concentriques. La zone 1-2 reprend globalement les limites
de Paris intra-muros : en tant que touriste, il est rarement
avantageux d’acquitter une carte pour une zone tarifaire plus large si
on loge dans la ville ou si l’on compte peu circuler en périphérie,
même si l’on doit faire l’AR avec un aéroport.

PASS ET CARTES DE RÉDUCTION Carte Paris-Visite Ce coupon


nominatif, valable 1, 2, 3 ou 5 jours consécutifs, permet de se
déplacer librement dans les zones 1 à 3 ou 1 à 5 des réseaux Île-de-
France RATP, SNCF et OPTILE (compagnies privées de bus de
grande banlieue). Elle ouvre également droit à des réductions sur
une quinzaine de sites touristiques. En vente dans toutes les gares,
stations de métro et aéroports.
Carte Mobilis Forfait 1 jour valable dans les zones de son choix, en
vente dans toutes les stations.

bateaux-bus
G Le service de navettes fluviales Batobus fait escale au pied de la
tour Eiffel, du musée d’Orsay, de l’Institut de France (Saint-Germain-
des-Prés), de Notre-Dame et du Jardin des Plantes puis, rive droite,
de l’Hôtel de Ville, du Louvre et du pont Alexandre-III (Champs-
Élysées). Passages toutes les 20-25min à partir de 10h00 Tél. 08 25
05 01 01 www.batobus.com Se renseigner pour connaître les
horaires exacts car ils changent très régulièrement Tarifs 1 jour 16€,
réduits 10€ et 7€
tarifs des transports en commun
Ticket 1,80€ à
“T+” l’unité, valable pour un trajet en métro ou en RER avec correspondances,
(zone 1- 14,30€ les un trajet en bus (valable 1h30), un trajet en Noctilien, le funiculaire
2) 10 de Montmartre et le Balabus

1j. zone 1-
Carte valable 1, 2, 3 ou 5 jours consécutifs
3 : 11,15€
Paris- 3j. zone 1-
valable sur l’ensemble du réseau
Visite 3 : 24,80€
5j. zone 1-
dans la limite du périmètre tarifaire acquitté
5 : 61,25€
Carte zone 1-2 : forfait pour une journée valable sur l’ensemble du réseau (sauf
Mobilis 7€ dessertes aéroports) dans la limite du périmètre tarifaire acquitté

TRANSPORTS INDIVIDUELS
circuler en voiture
Circuler en voiture dans Paris ? La vitesse automobile moyenne n’y
dépasse pas 17km/h ! Le double anneau du boulevard périphérique
(intérieur, dans le sens des aiguilles d’une montre, et extérieur, dans
le sens inverse) est ponctué d’une trentaine de portes qui ouvrent
sur les avenues principales de la ville. Attention, les véhicules
entrant sur le périphérique ont la priorité et la vitesse y est limitée à
70km/h. Dans la ville, prenez garde également : si les voies sur
berge constituent un axe principal pour traverser la ville d’ouest en
est, l’aménagement piétonnier de la rive gauche entre les ponts
Royal et Alma et les travaux qui en découlent ralentissent
considérablement la circulation. Partout, il est interdit de circuler
dans les couloirs de bus.
Info voierie et circulation Tél. 01 40 28 72 72
Sytadin État de la circulation en Île-de-France en temps réel.
www.sytadin.fr
Centre régional d’information et de coordination routières d’Île-
de-France Informations routières. Tél. 0800 100 200 www.bison-
fute.equipement.gouv.fr
FIP Cette radio informe toutes les 15-30min sur l’état du trafic.
105.1 FM
France Bleu Infos en “temps réel” sur l’évolution du trafic francilien.
107.1 FM

STATIONNEMENT À Paris, les places sont rares et chères ! En


général, le stationnement est payant de 9h à 20h, sauf le dimanche
et en août, et limité à 2h. Le tarif varie de 2,40€ à 4€/h. La Paris-
Carte est pratiquement le seul moyen de paiement utilisable dans
les horodateurs. Elle est vendue 15€ ou 40€ dans les bureaux de
tabac et les points presse. Depuis 2013, la totalité des horodateurs
du centre de la capitale accepte le paiement par carte bancaire.
Pré-fourrière G Préfecture de police 9, bd du Palais 75004
Tél. 01 53 71 53 71 ou 0891 01 22 22 (Serveur)
www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr
PARK INGS Il existe plus de 140 parkings publics à Paris. Le prix
moyen d’une heure de stationnement varie de 3€ à 4€. Certains
parkings proposent des forfaits touristiques pour le week-end ou
pour la semaine ainsi que des locations de vélos. Évitez ceux qui
sont aménagés près des sites touristiques, tels le Louvre : le tarif
peut atteindre 5€/h.
www.parkingsdeparis.com Répertoire des parkings parisiens.

AUTOLIB’
Autolib’ Ce service de voitures électriques en libre-service adopté
(en 2011) par la ville de Paris et son agglomération, est accessible
aux plus de 18 ans détenteurs du permis de conduire. Il peut se
révéler un bon moyen de locomotion pour s’évader hors de Paris et
découvrir les quelque 47 communes alentours qui disposent de
stations. Méfiance cependant, les embouteillages de la capitale ne
sont pas une légende… Anticipez donc pour éviter les heures de
pointe. Plus de 500 stations à Paris. Abonnement 1 an (120€ puis
5€/30 min.), 1 mois (25€ puis 6€/30 min.), 7 j. (10€) ou 1 j.
9€/30 min. Munissez vous d’une pièce d’identité, de votre permis de
conduire et de votre carte bancaire pour le règlement et l’empreinte
(50€). Pas d’autre condition. Tél. 0800 94 20 00 www.autolib.eu

LOCATION DE VOITURES Les agences de location internationales


sont représentées dans les aéroports et dans les gares. Il existe
également de nombreuses agences intra-muros.
Ada www.ada.fr
Avis Tél. 0820 05 05 05 www.avis.fr
Europcar Tél. 0825 358 358 www.europcar.fr
Hertz Tél. 0825 861 861 www.hertz.fr

STATIONS-SERVICE On trouve des stations-service sur les


boulevards extérieurs, près des portes du périphérique et dans
Paris, où elles sont parfois peu visibles.

STATIONS-SERVICE 24 H/ 24
Oil France G 10, rue de Bailleul 75001 Tél. 01 42 60 36 24
Total G 34, rue des Fossés-Saint-Bernard 75005 Tél. 01 44 07
90 00
Avia G 6, bd Raspail 75007 Tél. 01 45 48 43 12
Total G 42, rue de Picpus 75012 Tél. 01 44 74 08 71
BP G 151, rue de la Convention 75015 Tél. 01 45 30 14 32

circuler à vélo
Cf. rubrique Vélo F.

taxis
Vous trouverez un taxi près des gares, dans les aéroports, à
proximité des grands axes de circulation et dans les 470 stations de
la capitale. Vous pouvez aussi utiliser les 200 bornes d’appel
installées sur les grandes places et près des stations de métro, ou
contacter les centres radio des différentes sociétés de taxis. Dans
ces deux cas, le prix du trajet d’approche s’ajoute au prix de la
course. Lorsque vous hélez un taxi dans la rue, sachez qu’il est libre
quand l’enseigne lumineuse “taxi” installée sur son toit est verte et
occupé quand celle-ci est rouge. On peut réserver son taxi d’une
heure à un mois à l’avance. Le chauffeur peut refuser les bagages
qui ne sont pas transportables à la main. Il ne peut réclamer aucun
supplément à une personne handicapée pour son fauteuil et/ou
l’animal qui accompagne un maître non-voyant. Tous les taxis
n’acceptent pas le paiement par chèque ou par carte bancaire : si
vous souhaitez utiliser ces modes de paiement, signalez-le lors de
votre appel. Le pourboire, facultatif mais toujours bienvenu, s’élève à
10% environ. Quelques compagnies :
Taxis bleus Tél. 0891 70 10 10 ou 36 09 www.taxis-bleus.com
Taxis G7 Tél. 36 07 www.taxisg7.fr
Alpha Taxis Tél. 01 45 85 85 85 www.alphataxis.com
conditions tarifaires légales des taxis
Forfait prise
moins de 3 pers. : 2,50€
en charge
plus de 3 pers. : 3,65€
Prix minimum
7€
d’une course
e
bagage : 1€ (à partir du 2 bagage de plus de 5kg disposé dans le coffre
Suppléments e
du véhicule) ; 4 personne : 3€
Tarif
1,04€/km applicable dans Paris intra-muros lun.-sam. 10h-17h
A
dans Paris lun.-sam. 17h-10h, dim. et j. fér. 7h-0h ; en proche banlieue
Tarif
1,27€/km (parc des expositions de Villepinte, aéroports d’Orly et de Roissy compris)
B
lun.-sam. 7h-19h
Tarif dans Paris dim. 0h-7h ; en proche banlieue : lun.-sam. 19h-7h, dim. et j.
1,54€/km
C fér. ; en banlieue lointaine : quels que soient le jour et l’heure.

URGENCES ET SÉCURITÉ
urgences médicales
Samu Médecins, dentistes de garde. Tél. 112
Pompiers Tél. 112
SOS médecins Tél. 01 47 07 77 77
Urgences médicales de Paris 24h/ 24 Tél. 01 53 94 94 94
Centre antipoisons Tél. 01 40 05 48 48

PHARMACIES DE GARDE Elles sont normalement indiquées sur


les vitrines des pharmacies du même périmètre mais vous pouvez
aussi vous adresser au commissariat le plus proche. Pharmacies
ouvertes la nuit :
Pharmacie du Drugstore des Champs-Élysées G M° Charles de
Gaulle-Étoile 133, av. des Champs-Élysées 75008 Tél. 01 47 20
39 25 Ouvert tlj. 24h/24
Pharmacie Européenne G M° Place de Clichy 6, pl. de Clichy
75009 Tél. 01 48 74 65 18 Ouvert tlj. 24h/24
Grande pharmacie Daumesnil G M° Daumesnil 6, pl. Félix-Éboué
75012 Tél. 01 43 43 19 03 Ouvert tlj. 8h30-21h
Pharmacie centrale G M° Avenue Émile-Zola 52, rue du
Commerce 75015 Tél. 01 45 79 75 01 Ouvert tlj. 24h/24

URGENCES DES HÔPITAUX


Hôtel-Dieu G 1, pl. du Parvis Notre-Dame 75004 Tél. 01 42 34
82 34
Hôpital Saint-Louis G 1, av. Claude-Vellefaux 75010 Tél. 01 42 49
49 49
Hôpital Saint-Antoine G 184, rue du Fbg-Saint-Antoine 75012
Tél. 01 49 28 20 00
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière G 47, bd de l’Hôpital 75013
Tél. 01 42 16 00 00
Hôpital Cochin G 27, rue du Fbg-Saint-Jacques 75014 Tél. 01 58
41 41 41

vols et pertes
Paris n’est pas une ville particulièrement dangereuse mais les
touristes sont les premières victimes des vols à la tire et des
pickpockets, notamment dans le métro. Évitez les portefeuilles dans
la poche arrière du pantalon, les sacs à main ouverts et veillez à
votre sac à dos. Rappelez-vous que votre hôtel ou votre résidence
de tourisme peut mettre un coffre-fort à votre disposition. Si vous
êtes victime d’une agression et que vous souhaitez porter plainte,
vous pouvez faire constater médicalement les dommages corporels
à l’Hôtel-Dieu.
Police Tél. 17
Hôtel-Dieu G 1, pl. du Parvis Notre-Dame 75004 Tél. 01 42 34
82 34 Ouvert tlj. 24h/24
Objets trouvés G 36, rue des Morillons 75015 Tél. 08 21 00 25 25

PERTE OU VOL DE CARTE BANCAIRE Gardez toujours à part les


numéros de référence de vos chèques de voyage et de votre carte
bancaire afin de pouvoir faire opposition. Pour ce, appelez les
numéros suivants :
Cartes de banques françaises Tél. 0892 705 705
Cartes Visa Tél. 0800 90 20 33
Cartes Diner’s Tél. 0810 314 159
Eurocard-Mastercard Tél. 0800 90 23 90
Cartes American Express Tél. 01 47 77 72 00
Traveller’s American Express Tél. 0800 90 86 00
Chéquiers volés Tél. 0892 68 32 08

VISITES GUIDÉES ET CIRCUITS


COMMENTÉS
visites guidées
Le Pariscope et l’Officiel des spectacles répertorient à la rubrique
“Promenades” les visites guidées de la semaine. Vous aurez le choix
entre des visites thématiques, en langue étrangère, hors des
sentiers battus…
www.parisbalades.com Annuaire en ligne des guides-conférenciers
de Paris et d’Île-de-France.
Mairie de Paris Visites guidées des parcs, jardins, jardins partagés
et cimetières parisiens. www.paris.fr
La Voix des Lieux Visites thématiques (les façades parisiennes,
Napoléon et Paris, etc.). Tél. 06 62 39 37 77 www.lavoixdeslieux.fr
Cultival G Accès aux coulisses du théâtre du Châtelet, du Lido ou
de la Tour Eiffel. 33, rue le Peletier 75009 Tél. 0825 05 44 05
www.cultival.fr
Parcours Design Parcours guidé au gré de boutiques de
décoration, de galeries et de show-rooms de designers. Tél. 01 74
30 16 75 www.designaparis.com

cars touristiques
Paris City Vision G Circuits combinés : excursions en car et visites
de sites touristiques (Louvre, Notre-Dame, etc.) et excursions dans
des quartiers de Paris, visites nocturnes et thématiques en minibus.
City Tour Départs tlj. 9h, 10h30 (sauf en hiver), 12h, 14h45 et 16h
Tarif 21€ Paris Journée Départs été tlj. 8h15, hiver tlj. 8h30 sauf 1er
mai, 14 et 21 juil. et cas exceptionnels Tarif 215€ Paris Seinorama
Départs tlj. 9h, 12h, 14h45 sauf 1er mai, 14 et 21 juil. et cas
exceptionnels Tarif 62€ Paris Découverte en minibus Départs
8h15, 13h15 (durée 3h30) Fermé 1er mai matin, 14 juil. matin et 3e
dim. de juil. Tarif 73€ Illuminations de Paris Départs avr.-oct. tlj.
22h, nov.-mars 20h sauf 21 juin, 14 juil. et cas exceptionnels Tarif
27€ Montmartre et le Louvre Lun., mer. et ven. 14h sauf cas
exceptionnels Tarif 75€ 149, rue Saint-Honoré 75001 Tél. 01 44 55
60 00 www.pariscityvision.com
Open Tour G Billet valable 1, 2 ou 3 jours consécutifs permettant de
monter et descendre librement sur les 4 circuits proposés (avec
commentaires). Tarif 1 jour 32€, 2 jours 36€, 3 jours 40€, enfants 1,
2 ou 3 jours 16€ 13, rue Auber 75009 Tél. 01 42 66 56 56
www.parislopentour.com Ouvert haute saison : tlj. 9h30-20h30 ;
basse saison : tlj. 9h30-18h30 (horaires variables selon les circuits)
Cars Rouges G Billet valable 2 jours consécutifs permettant de
monter et descendre librement aux 9 points d’arrêt (avec circuit
commenté). Tarif 34€, réduit 6€ (2 j.) 17, quai de Grenelle 75015
Tél. 01 53 953 953 www.carsrouges.fr Tlj. 9h30-20h (durée totale
2h15)

bateaux-mouches
Bateaux parisiens Promenade commentée d’une heure de la tour
Eiffel à l’île de la Cité. Deux points de départ. Tél. 08 25 01 01 01
www.bateauxparisiens.com Port de la Bourdonnais M° Bir-Hakeim,
RER C Champ- de-Mars 75007 Ouvert avr.-sept. : tlj. 10h-
22h30 toutes les 30min ; oct.-mars : tlj. 10h-22h toutes les heures
Q uai de Montebello Tarif 14€, moins de 12 ans 6€, moins de 3 ans
gratuit M° Saint-Michel 75005 Ouvert avr.-sept. : tlj. 10h-
22h30 toutes les 30min. ; oct.-mars : tlj. 10h-22h toutes les heures
Canauxrama Balades sur le canal Saint-Martin. Deux points de
départ. Sur réservation Tél. 01 42 39 15 00 www.canauxrama.com
Port de l’Arsenal M° Bastille 75004 Face au 50, bd de la Bastille
Ouvert tlj. Départs à 9h45 et 14h30 (départ suppl. en juil. et août à
21h) Bassin de la Villette G M° Jean-Jaurès 13, quai de la Loire
75019 Ouvert tlj. Départs à 9h45 et 14h45 (départs suppl. en juil. et
août à 18h) Tarifs de 9€ à 17€ Gratuit moins de 4 ans
Paris Canal G Croisières sur la Seine et le canal Saint-Martin. Deux
points de départ. Réservation préférable Tél. 01 42 40 96
97 (réservation) www.pariscanal.com Q uai Anatole-France
M° Solférino, RER C Musée d’Orsay 75007 Ouvert mi-mars-mi-nov. :
tlj. Départs à 9h30, arrivée au parc de la Villette vers 12h15 Parc de
la Villette Tarif 20€, senior et 12-25 ans 17€, 4-11 ans 13€ M° Porte
de Pantin 75019 Ouvert mi-mars-mi-nov. : tlj. Départs à 14h30,
arrivée vers 17h au musée d’Orsay.
Compagnie des Bateaux-Mouches Départs jusqu’à 22h30 en été,
ttes les 20min. env. Tarif 13,50€, moins de 12 ans 6€, moins de
4 ans gratuit. M° Alma-Marceau, Franklin D. Roosevelt Port de la
Conférence, Pont de l’Alma 75008 Tél. 01 42 25 96 10
www.bateaux-mouches.fr
DÉCOUVRIR PARIS
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Madeleine, Opéra, Grands Boulevards
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GEOPlus Paris monumental en une journée
GEOPlus Une journée dans le Paris populaire
GEOPlus La Promenade plantée en 2 heures
GEOPlus Un jour au Louvre
GEOPlus L’ art fait le mur !
Le Louvre plan 5

Encadrant cette pyramide qui a fait tant jaser


avant de s’imposer comme une élégante
évidence, huit siècles d’histoire vous
contemplent. Forteresse puis palais des rois
de France, le Louvre n’était pas destiné à
accueillir le plus vaste musée au monde, l’un
des plus anciens et des plus prestigieux,
ouvert sous la Convention en 1793. Les
travaux du Grand Louvre, entrepris en 1985, auront duré quinze
ans pour un coût d’un milliard d’euros. Mais ils ont permis
d’offrir à ce musée pas comme les autres des infrastructures
modernes et fonctionnelles. La superficie des salles a presque
doublé, les collections ont été réorganisées de manière
rationnelle. Elles bénéficient pour l’essentiel d’un cadre
parfaitement adapté, à l’image des cours couvertes de la galerie
Richelieu qui accueillent les chefs-d’œuvre de la sculpture
française. Le Louvre, c’est bien sûr La Joconde, La Vénus de
Milo, Le Radeau de la Méduse, Les Esclaves de Michel-Ange.
Mais c’est aussi bien davantage : une ville dans la ville,
fascinante, dont les moindres recoins recèlent des trésors –
environ 35 000 œuvres sont exposées dans quelque
160 000m2 –, un temple de l’art universel vivant et accessible,
un lieu où l’on revient sans jamais s’en lasser.

LA FORTERESSE DEVIENT RÉSIDENCE ROYALE Le plus grand


musée du monde ne s’ est pas fait en un jour : ses édifices sont le fruit de
huit siècles d’ histoire, riches en péripéties. L’ impression d’ harmonie et
d’ ordre qui se dégage de l’ ensemble a donc quelque chose de miraculeux.
Surtout si l’ on considère le gigantisme des lieux : la façade fluviale du
Louvre s’ étire sur plus de 700m ! En 1190, Philippe Auguste fait construire
un bastion avancé pour protéger la vaste enceinte entourant Paris, en
verrouillant l’ accès à la capitale de l’ aval du fleuve. Cette forteresse est
dominée par un puissant donjon ; le roi y fait déposer son trésor, ses
archives et son arsenal. On la désigne sous le nom de Louvre, appellation
dont l’ origine reste obscure, peut-être liée au latin lupara (qui évoquerait un
lieu associé à la présence de loups) ou au saxon lower (forteresse). Avec la
construction d’ une seconde enceinte au XIVe siècle, le Louvre perd sa
vocation défensive : dans les années 1360, Charles V y fait aménager un
fastueux château qui accueille la bibliothèque royale. Au XVIe siècle,
François Ier partage son temps entre Fontainebleau et le Louvre. En 1546, il
fait détruire la Grosse Tour de Philippe Auguste et charge l’ architecte Pierre
Lescot de bâtir un “grand corps d’ hôtel” dont le décor sculpté est confié à
Jean Goujon ; un beau palais Renaissance voit le jour sous le règne
d’ Henri II : les deux ailes de la partie sud-ouest de l’ actuelle cour Carrée en
sont l’ unique vestige. À la mort d’ Henri II, son épouse Catherine de
Médicis fait édifier, de 1564 à 1570, le palais des Tuileries.

DU GRAND DESSEIN AU MUSÉUM Le “Grand Dessein” d’ Henri IV


transforme radicalement le Louvre, qu’ il va unir aux Tuileries par
l’ immense “Galerie du bord de l’ eau”, précurseur de la Grande Galerie
actuelle, en 1608. Accueillant les artistes du roi, elle est reliée à la cour
Carrée par la Petite Galerie, dont l’ étage est occupé par la célèbre galerie
des Rois. Louis XIII reprend le projet resté inachevé. Jacques Lemercier
construit le pavillon de l’ Horloge (actuel pavillon Sully) en 1624 et
prolonge l’ aile Lescot vers le nord : le flanc nord de la cour Carrée date de
cette époque. Sous Louis XIV, Le Vau reprend la direction des travaux : il
ferme la cour Carrée à l’ est et lui dessine de magnifiques façades. Après
l’ incendie de 1661, il reconstruit la galerie des Rois et y aménage, avec
l’ aide du peintre Charles Le Brun, la galerie d’ Apollon, vrai hommage au
Roi-Soleil. Mais Colbert, devenu surintendant des bâtiments du roi en 1664,
suspend les travaux. Après avoir refusé les projets d’ extension de l’ Italien
Bernin, il crée une commission rassemblant Louis Le Vau, Charles Le Brun
et Claude Perrault. Elle donne naissance à la colonnade du Louvre,
achevée en 1672. Large de 175m, elle fut conçue comme la façade
principale du palais, face à la ville, d’ où la monumentalité de son décor
classique. Mais Louis XIV, ayant opté en 1678 pour Versailles, installe au
Louvre l’ Académie royale de peinture et de sculpture (qui y organisera un
Salon annuel à partir de 1737). Le monument inachevé est laissé à
l’ abandon, envahi par les magasins du roi, diverses administrations et des
ateliers d’ artistes ; certaines parties resteront à ciel ouvert pendant près de
cent ans. Siècle des Lumières oblige, des voix s’ élèvent pour exiger
l’ ouverture au public des riches collections d’ art rassemblées par les rois.
Le 10 août 1793, la Convention inaugure, dans la Grande Galerie, le
Muséum central des Arts. Les collections s’ enrichissent des innombrables
œuvres confisquées au clergé et à la noblesse émigrée, et du butin des
campagnes napoléoniennes – la plupart des œuvres accumulées dans ce
qu’ on appellera le “musée Napoléon” seront restituées sous la Restauration.
Installé aux Tuileries, Napoléon décide en 1805 de reprendre les travaux de
jonction du Louvre et des Tuileries. Du grandiose projet des architectes
Percier et Fontaine ne seront réalisés qu’ une partie de l’ aile Nord et l’ arc de
triomphe du Carrousel – cf. Tuileries, Palais-Royal F. Au premier étage de
la cour Carrée, le “musée Charles X”, inauguré en 1827, accueille alors les
antiquités égyptiennes acquises par Champollion.

LE “NOUVEAU LOUVRE” DE NAPOLÉON III Il faudra attendre


1852 pour que Napoléon III engage les travaux du “Nouveau Louvre”, qui
lui donneront sa physionomie actuelle. Le baron Haussmann rase le quartier
du Carrousel, qui s’ était développé au fil des siècles entre le Louvre et les
Tuileries. Un vaste espace est alors libéré pour l’ édification des pavillons
encadrant l’ actuelle cour Napoléon, sur le modèle du pavillon de l’ Horloge
de Lemercier. La partie occidentale de l’ aile sud, sur le site de la Grande
Galerie, est reconstruite jusqu’ au pavillon de Flore. L’ architecte Louis
Visconti meurt peu après le début des travaux. Son associé Hector Lefuel
prend la relève. Les travaux s’ achèveront en 1880. L’ immense cour
Napoléon est le centre de ce “Nouveau Louvre” ; elle est délimitée par
deux ailes symétriques formées de deux pavillons centraux couronnés d’ un
dôme et flanqués de deux pavillons secondaires. Les façades sont parées
d’ une ornementation foisonnante : ponctuant le balcon du 1er étage, des
statues des grands hommes politiques, artistes et écrivains français ; sur la
balustrade de la toiture, des putti. Les pavillons, dont le pavillon des
Guichets, qu’ on ouvre alors à la circulation, sont ornés de cariatides et
d’ allégories sculptées par Antoine Louis Barye. Les tympans ciselés sont
l’ œuvre de Simart et Duret. Le tout glorifiant le régime de Napoléon III,
d’ ailleurs représenté au centre du tympan du pavillon Denon. L’ ensemble
n’ est pas achevé que la guerre éclate : sous la Commune, en 1871, le palais
des Tuileries est incendié, et le Louvre échappe de peu au désastre. En
1872, le ministère des Finances prend ses quartiers dans l’ aile Richelieu,
mais le Louvre ne sera plus jamais le siège du pouvoir.

LE GRAND LOUVRE La physionomie générale du palais restera


inchangée jusqu’ aux années 1980. Le président François Mitterrand décide
de rendre le Louvre à sa “destination muséographique” : le ministère des
Finances, occupant de l’ aile Richelieu, déménage en 1989 pour Bercy. Dès
1982, le président François Mitterrand confie la conception du “Grand
Louvre” à l’ architecte Ieoh Ming Pei, remarqué pour son extension de la
National Gallery de Washington. Le but ? Augmenter de 80% les surfaces
d’ exposition, et de 190% celles consacrées aux services. Le Louvre se
distingue en effet jusque-là par une structure très peu adaptée à un musée de
cette envergure (le Grand Louvre prévu pour accueillir sept millions de
visiteurs par an, soit deux fois plus qu’ avant les travaux, en compte
aujourd’ hui près de dix millions !). La vision de Pei est limpide :
l’ occupation des deux ailes rendra aux lieux leur parfaite symétrie. Il faut
donc concevoir une entrée centrale et fonctionnelle, dotée en outre d’ une
architecture résolument contemporaine. L’ idée d’ une pyramide centrale
s’ impose, partie émergée d’ un gigantesque iceberg : en sous-sol, Pei a
aménagé sur 6ha un hall d’ accès fonctionnel et élégant (éclairé par la
Pyramide), les galeries commerciales et le centre de conférences du
Carrousel, les espaces techniques ainsi que les escalators qui mènent à l’ aile
Richelieu, magnifiquement refaite. Parallèlement, les ailes Sully et Denon
ont été réorganisées. À l’ ouest de la Pyramide, le parvis accueille une statue
équestre en plomb de Louis XIV, copie d’ un marbre réalisé pour Versailles
par le Bernin, dont le roi refusa en 1665 le projet d’ extension du Louvre,
sans doute trop révolutionnaire… Un clin d’ œil de Pei à ses détracteurs
férus de classicisme ! La statue signale le point de rencontre entre l’ axe des
Tuileries à la Défense et celui du Louvre, dont le léger décalage est dû à un
coude de 6° de la Seine.
Un j our au Louvre
Les mercredis et vendredis, où le Louvre reste ouvert de 9h
à 22h, découvrez tous les trésors du musée et toute la
mosaïque d’ambiances du palais !

MATINÉE
8h30 Le Café Marly F Pour un petit déjeuner pharaonique…
9 h10 Louvre médiéval F Un parcours en forme de rêve éveillé
dans les douves de la forteresse du XIIe siècle. Sully, entresol
9 h4 5 Antiquités orientales F Pour les cônes couverts d’écriture
cunéiforme (salle 1) ; le Code de Hammurabi, premier texte de
droit écrit (salle 3) ; une déambulation hallucinante entre les
vestiges des palais de Sargon II (salle 4) et de Darius (salles
12 à 16) ; la Statue d’Aïn Ghazal, aînée du musée (salle D).
Richelieu, rdc et Sully, rdc
10h4 5 Égypte pharaonique, circuit thématique Tout le quotidien
des Égyptiens, avant et… après la mort (salles 1-19). Sully, rdc
12h Égypte pharaonique, circuit chronologique Les grands
chefs-d’œuvre de l’art égyptien (salles 20-30), dont l’intemporel
Scribe accroupi (salle 22) et le sublime visage d’Aménophis IV
(salle 25). Sully, 1er étage
12h30 Déjeuner Prévoyez un sandwich et, aux beaux jours, allez
le déguster aux Tuileries ou bien dans la cour Carrée, cf. Au
cœur des arts F.

APRÈS-MIDI
14 h Antiquités grecques, étrusques et romaines F Pour la
forêt de marbres de la salle des Cariatides (salle 17) ; le
parcours “Dieux et héros du monde grec” (salles 13-15) ; la
starisée Vénus de Milo (salle 16) ; l’art du réalisme romain
(salles 22-25) ; les chefs-d’œuvre méconnus de la civilisation
étrusque (salles 18-20) ; les mouvements pétrifiés du Gladiateur
Borghèse (salle B) et de la Victoire de Samothrace (escalier
Daru). Sully rdc ; Denon, rdc
15h4 0 Sculptures italiennes F Pour les Esclaves de Michel-Ange
et Psyché ranimée par le baiser de l’Amour de Canova (salle 4).
Denon, rdc
16h Peintures italiennes F Pour les fresques de Botticelli
(salle 1) ; les retables des primitifs Cimabue et Giotto, inventeurs
de la peinture moderne (salle 3) ; la réunion unique des grands
maîtres de la Renaissance, de Fra Angelico à Raphaël (salles 3-
5) ; l’ineffable Joconde de Vinci et l’explosion de couleurs des
Noces de Cana de Véronèse (salle 6). Denon, 1er étage
17 h10 Galerie d’Apollon Un Louvre solaire dû à Louis XIV, avec
les diamants de la Couronne (salle 66). Denon, 1er étage
17 h30 Peintures françaises, grands formats F Pour tous ces
morceaux de bravoure : La Mort de Sardanapale de Delacroix,
La Grande Odalisque d’Ingres, Le Radeau de la Méduse de
Géricault et le Sacre de Napoléon Ier par David (salles 75-77).
Denon, 1er étage
18h Café Richelieu Pause goûter sur sa terrasse ensoleillée en
fin d’après-midi. Richelieu, 1er étage, accès salle A

SOIRÉE
19 h Appartements Napoléon III Pour leurs délicieux velours
cramoisis (salles 82-92). Richelieu, 1er étage
19 h20 Peinture des écoles du Nord Pour la Vierge du chancelier
Rolin de Van Eyck dont la perfection ravit les sens (salle 4) ; le
chardon tenu par Dürer dans son Autoportrait, clin d’œil à sa
fiancée (salle 8) ; la vue sur les lucarnes secrètes de la rue de
Rivoli depuis les soupentes (salles 8-10) ; les glorieuses
rondeurs de Rubens (salles 15-18 et 21-22) et de Rembrandt
(salle 31) ; la peau de nacre de La Dentellière de Vermeer
(salle 38). Richelieu, 2e étage
20h10 Peintures françaises F Pour le pincement de sein le plus
célèbre au monde dans Portrait présumé de Gabrielle d’Estrées
et de sa sœur (salle 10) ; le désir en furie de L’Enlèvement des
Sabines de Poussin (salle 14) ; la sensualité mystique de la
Madeleine de La Tour (salle 28) ; la très impudique Odalisque de
Boucher (salle 40) ; la salle 42 lovée dans la colonnade de
Perrault ; le vent de passion du Verrou de Fragonard (salle 48) ;
la torpeur du Bain turc d’Ingres (salle 60). Richelieu, 2e étage
21h20 Cours Puget et Marly et

O CIVILISATIONS
L’AUBE DES Deux joyaux architecturaux
encore plus ensorcelants la nuit
AU LOUVRE ! Prenez votre
venue, avec les chefs-d’œuvre
petit déjeuner face à la
de la sculpture française.
Pyramide de Pei comme
Richelieu, rdc
sur le plateau de Gizeh,
enfoncez-vous dans les
entrailles du Louvre
médiéval, remontez aux
sources de l’Occident
parmi les chefs-d’œuvre
des civilisations du
Levant et vivez des
instants d’éternité avec
l’Égypte des pharaons !

O LE LOUVRE
INCANDESCENT ! Dans
les plus belles salles du
palais, voyez les stars
des lieux parader sous
les spotlights du soleil de
midi. L’histoire de l’art à
ses zéniths : statuaire
antique, Renaissance
italienne et peinture
française.
LE LOUVRE FRIVOLE !
O Jouez la carte de la
légèreté dans les salles
désertées le soir…
Volupté des
appartements Second
Empire, badinages bien
en chair avec la peinture
d’Europe du Nord et
libertinage en peinture
française, le tout baigné
par la lumière dorée du
couchant dans des salles
ornées de plafonds
ajourés !

O billet
CONSEIL Achetez votre
à l’avance sur
Internet et profitez de
l’accès coupe-file du
passage Richelieu
(entrée et sortie libres
dans la même journée).
MODE D’EMPLOI
accès

EN MÉTRO
La station Palais Royal-Musée du Louvre (lignes 1 et 7) offre un
accès direct par la galerie du Carrousel, mais sortez par la place du
Palais-Royal pour aborder la Pyramide de l’extérieur. De la station
Louvre-Rivoli (ligne 1), traversez la cour Carrée.

EN BUS
Lignes 21, 24, 27, 39, 48, 68, 69, 72, 81 et 95.

EN VOITURE
G Parking souterrain accessible par l’av. du Général-Lemonnier.
Tél. 01 53 45 22 70 Ouvert tlj. 7h-23h

EN BATOBUS
Escale Louvre, quai François-Mitterrand.

orientation
Le hall Napoléon, sous la Pyramide, ouvre sur les trois grandes ailes
du musée : Sully (à l’est), Denon (au sud) et Richelieu (au nord). La
signalétique du musée est bien conçue : elle permet à tout moment
de connaître le contenu des salles et de se repérer. N’hésitez pas à
interroger les nombreux gardiens : même si de réels efforts ont été
faits pour rendre plus accessible et logique la présentation, certaines
sections tiennent parfois du casse-tête. Procurez-vous
impérativement un plan détaillé à la banque d’information, sous la
Pyramide.

les entrées
Pyramide (plan 5, D1) L’entrée principale. Accès pour les personnes
à mobilité réduite, les poussettes, etc. Ouvert jeu. et sam.-lun. 9h-
19h30, mer. et ven. 9h-22h
Galerie du Carrousel (plan 5, C1) Directement accessible du métro,
du parking, du jardin du Carrousel. 99, rue de Rivoli Ouvert jeu. et
sam.-lun. 9h-19h30, mer. et ven. 9h-22h
Passage Richelieu (plan 5, D1) Entre la rue de Rivoli et la
Pyramide. Réservé aux visiteurs munis de leur billet, d’une carte ou
d’un justificatif d’exonération. Ouvert jeu. et sam.-lun. 9h-17h30, mer.
et ven. 9h-18h30
Porte des Lions (plan 5, C1) À l’extrémité de l’aile de la Grande
Galerie, entre les quais et le Carrousel. Accès muni d’un vestiaire,
de caisses et de distributeurs automatiques. Ouverture aléatoire,
contacter l’accueil pour confirmation

informations
www.louvre.fr Bien conçu, le site permet de préparer sa visite.
Banque d’information (plan 5, D1) Service d’accueil et
d’assistance. Plans-guides, programmes et brochures (sur les
expos, les visites-conférences, les activités, etc.), programmes de
l’auditorium, dépliants des “parcours de visite”, etc. Hall Napoléon
(sous la Pyramide) Tél. 01 40 20 53 17 Ouvert mer.-lun. 9h-
17h45 Nocturnes jusqu’à 21h45 mer. et ven.
Accueil des groupes (plan 5, D1) C’est ici que se font les
inscriptions aux visites, aux tours guidés, aux ateliers, etc. Hall
Napoléon (côté Denon) Tél. 01 40 20 51 77 Ouvert mer.-lun. 9h-
17h15, jusqu’à 20h15 en nocturne

horaires d’ouverture
Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi et certains jours
fériés (1er jan., 1er mai, 25 déc.). Les portes ouvrent à 9h et ferment à
18h, sauf les jours de nocturne (mer. et ven. 22h). La fermeture des
salles commence à 17h30 (21h30 en nocturne). Tél. 01 40 20 53 17
www.louvre.fr
Ouverture et fermeture des salles Attention, outre les fermetures
exceptionnelles pour travaux, certaines salles sont fermées
périodiquement. Consultez le calendrier d’ouverture des salles avant
votre visite, à l’accueil ou sur le site Internet, rubrique “Informations
pratiques”.

billets et tarifs

ACHAT DES BILLETS


Sur place Pour le jour même uniquement. Rendez-vous aux caisses
ou aux guichets automatiques (pour CB uniquement) du hall
Napoléon ou de la porte des Lions.
Autres billetteries Pour réserver et éviter l’attente aux caisses,
achetez vos billets à l’avance. Il est également possible de réserver
certaines activités (ateliers, cycles de conférences, auditorium).

TARIFS
Collections permanentes Le billet d’entrée est valable une
journée : on peut sortir et rentrer librement. Il donne aussi accès,
dans la même journée, au musée Eugène-Delacroix F, à Saint-
Germain-des-Prés, ainsi qu’aux expositions temporaires du hall
Napoléon. Tarif 15€
Gratuité Accès gratuit pour tous les visiteurs le 1er dim. de chaque
mois et le 14 juillet (sauf d’avril à septembre et sauf expositions
temporaires) ; pour les moins de 26 ans ; pour les visiteurs
handicapés et leurs accompagnateurs, les demandeurs d’emploi et
les bénéficiaires du RSA (sur présentation d’un justificatif).
Expositions temporaires Expositions thématiques ou
rétrospectives. Entrée par le hall Napoléon.
Abonnements, cartes Pour ceux qui visitent le Louvre sur plusieurs
jours ou qui envisagent d’y retourner dans l’année. La Carte Amis
du Louvre Famille donne droit à divers avantages : accès gratuit au
musée, activités pour les enfants et les familles, parcours de visite à
télécharger… Abonnement d’un an pour 2 adultes et 3 enfants : 80€.
Autres abonnements (jeunes, professionnels) : renseignements sur
le site Internet. La carte Paris Museum Pass livre l’accès à
60 sites, dont le Louvre, sans passer par les guichets (plusieurs
formules sont proposées : 2, 4 ou 6 jours). L’adhésion annuelle à la
Société des amis du Louvre donne droit à divers avantages (accès
illimité et coupe-file…) selon qu’on est adhérent (80€), sociétaire
(120€) ou bienfaiteur (1 000€). Paris Museum Pass En vente sur
place, en ligne et dans les OT de Paris Tél. 01 44 61 96 60
www.parismuseumpass.com Société des amis du Louvre
Tél. 01 40 20 53 34 www.amisdulouvre.fr

compléments de visite
Parcours thématiques Pour ceux qui souhaitent se laisser diriger
par leurs envies et rester autonomes, les “parcours au musée”
proposent de plaisantes flâneries à travers le Louvre, à l’aide de
dépliants (disponibles à la banque d’information ou consultables et
imprimables en ligne) qui guident le visiteur pas à pas tout en
apportant un éclairage particulier sur les œuvres. Les thèmes sont
variés, souvent transversaux (présentant des œuvres de
départements différents) ; certains sont liés à l’actualité du musée et
donc provisoires. Banque d’information ou www.louvre.fr
Audioguide Nintendo 3DS XL Il contient plus de 700 commentaires
d’œuvres ! Disponible en 7 langues, ainsi qu’en audiodescription, et
doté d’un parcours “Chefs-d’œuvre” en langue des signes française
(LSF), cette console à écran tactile permet d’accéder à un plan
interactif avec géolocalisation : impossible de se perdre ! Location à
l’accueil groupe et aux entrées Richelieu, Sully, Denon Tarif 5€,
réduit et solidarité 3€
Audioguide iPhone et Android L’application “Louvre Audioguide”
propose 3h d’enregistrement, composées d’un parcours “Chefs-
d’œuvre” et d’une sélection de commentaires sur 50 œuvres
incontournables du musée. Le téléchargement de cette application
est possible au pied de la pyramide, via le réseau wifi “Musée du
Louvre”. Disponible sur App Store et Google Play Tarif 1,79€

programmation du musée
Visites guidées thématiques, ateliers, conférences, projections,
concerts, rencontres exceptionnelles, expositions temporaires,
visites inter-musées… Il se passe toujours quelque chose dans la
“ville Louvre” ! Demandez le programme à l’Accueil des groupes
(programme trimestriel, programme de la saison, “Activités au
Louvre”, etc.) ou consultez le site Internet. Tél. 01 40 20 52 63
(rens.) ou 01 40 20 51 77 (rés.) Programme détaillé sur le site
Internet Rés. par tél. lun.-ven. 9h-16h ou sur place à la caisse de
l’Accueil des groupes jeu. et sam.-lun. 9h-16h, mer. et ven. 9h-20h
(jusqu’à 2 sem. à l’avance)

VISITES-DÉCOUVERTES
Chefs-d’œuvre du Louvre Pour une première approche du Louvre
avec un conférencier des Musées nationaux. En 1h30, présentation
de l’histoire du palais et des plus célèbres œuvres du musée (La
Joconde, La Victoire de Samothrace, La Vénus de Milo et les grands
formats de la peinture française). Horaires variables, programmation
sur le site Internet. Tarif 12€, réduit 9€, solidarité et jeune 5€ en plus
du droit d’entrée
Les Arts de l’Islam au Louvre Pour partir à la découverte des
collections, de l’architecture et de la scénographie du dernier-né des
départements du musée. Tarif 12€, réduit 9€, solidarité et jeune 5€
en plus du droit d’entrée

VISITES-CONFÉRENCES
Ces visites permettent de se familiariser avec le Louvre, de mieux
connaître un thème ou un artiste selon un programme trimestriel. Il
existe également des visites pour les familles. Tarif 10€, réduit 7€,
solidarité et jeunes 5€ en plus du droit d’entrée
Samedi au Louvre Autour d’un personnage, d’un sujet d’histoire de
l’art ou d’archéologie. Le sam. à 14h30
Visite en nocturne Pour aborder, à travers des œuvres choisies,
le contexte religieux, le courant philosophique ou le mouvement
artistique qui les ont vu naître. Le mer. à 19h
Visites d’exposition Le musée propose des visites animées par un
conférencier pour chacune de ses grandes expositions.

PROMENADES
Promenades architecturales Suivez le guide (un architecte) pour
un panorama sur l’évolution du Louvre, du château fort au musée.
Durée moyenne : env. 2h. Tarif 9€, réduit 6€, solidarité et jeunes 4€
en plus du droit d’entrée
Promenades scénographiques L’occasion de s’initier à la façon
dont “s’écrit” le musée et aux moyens de mettre en valeur les
œuvres, en compagnie d’un spécialiste. Tarif 9€, réduit 6€, solidarité
et jeunes 4€ en plus du droit d’entrée

ATELIERS POUR ADULTES


L’occasion d’appréhender l’art par la pratique et de s’initier à de
nombreuses techniques, sous les auspices des grands
maîtres. Séances 2-3h Tarif à la séance 15€, réduit 12€, solidarité et
jeunes 6€ (droit d’entrée inclus)

CYCLES D’ACTIVITÉS
Les visites-conférences et les ateliers se déclinent également en
cycles permettant d’explorer le monde de l’art et ses techniques de
façon plus extensive : les passionnés seront comblés !
Cycles de visites-conférences Pour approfondir ses
connaissances en découvrant plusieurs collections autour d’un
thème. Cycles de 3 à 5 séances Tarif à la séance 10€, réduit 7€,
solidarité et jeunes 5€ en plus du droit d’entrée
Cycles d’ateliers Expérimenter la peinture à l’huile à la manière
flamande, filmer le Louvre, décrypter les hiéroglyphes, et plus
encore ! Cycles de 2 à 5 séances Tarif à la séance 15€, réduit 12€,
solidarité et jeunes 6€ (droit d’entrée inclus)

AUDITORIUM
Situé à l’ouest du hall Napoléon, l’auditorium (450 places) accueille
diverses manifestations dédiées aux chercheurs mais aussi au
grand public : films sur l’art, concerts, lectures, colloques, spectacles
pour les enfants… Tél. 01 40 20 55 55 (rens.) ou 01 40 20 55 00
(rés.) www.louvre.fr Programme détaillé sur place ou sur le site
Internet Rés. par tél. lun. et mer.-ven. 11h-17h, ou sur place lun. et
mer.-sam. 9h-17h30

personnes à mobilité réduite


Le musée a reçu le label Tourisme & Handicap pour ses
aménagements adaptés. L’accès au musée est prioritaire et sans
attente sur présentation d’un justificatif.
Activités publics handicapés Une grande diversité de programmes
est proposée selon le type de handicap. Des visites spécifiques :
visites tactiles, descriptives, thématiques en langue des signes
française (LSF), en langue française parlée complétée (LPC), en
lecture labiale (LL). Durée des visites : 1h30-2h. Tél. 01 40 20 59 90
(serveur vocal) [email protected] Accueil dans le hall Napoléon
(sous la pyramide).

services utiles
Les services (vestiaire, bureau de poste, etc.) sont rassemblés dans
le hall Napoléon, sous la Pyramide. Sur présentation d’une pièce
d’identité, fauteuils roulants, cannes et poussettes peuvent être
demandés à la banque d’information, qui s’occupe aussi des objets
trouvés.

[ Louvre 2.0]
Le site Internet du musée du Louvre www.louvre.fr propose des
rubriques pédagogiques adaptées au bagage culturel de chacun,
utilisant toutes les technologies d’Internet. Grâce à des
applications — compatibles avec iOS et Android — offrant plus
de 3h de commentaires et des contenus additionnels pour les
expositions temporaires, le Louvre est aussi accessible en tout
lieu et à toute heure sur tablettes et smartphones. Le
téléchargement de l’application “Louvre Audioguide” est possible
au pied de la pyramide, via le réseau wifi “Musée du Louvre”.
Enfin, vous pouvez rejoindre les fans du musée du Louvre du
monde entier sur www.facebook.com/museedulouvre pour
partager les actualités. Application disponible sur l’App Store et
Google Play Tarif 1,79€
restauration
Outre la cafétéria du Carrousel, le Louvre compte plusieurs cafés
répartis dans les diverses ailes du musée, où l’on peut prendre un
verre, grignoter ou même commander un repas. Sous la Pyramide,
ils sont ouverts jusqu’à 19h et 21h-22h en nocturne, mais la plupart
ferment à 17h et 19h en nocturne.

DÉCOUVRIR
Le Louvre
✰ Les essentiels Le portrait de Lisa Gherardini alias La Joconde,
La Victoire de Samothrace, La Vénus de Milo, les momies
égyptiennes, le Scribe assoupi, les grands formats de la peinture
française… À proximité Les Tuileries, le musée d’Orsay et les
quais rive gauche Sans oublier nos adresses préférées
Shopping F, Cafés, bars et lieux de sortie F, Restaurants F

G Le palais du Louvre (plan 5, D1) est un chef-d’ œuvre en soi, une ville
intérieure au cœur intime de Paris, qui mérite une promenade comme
n’ importe quel quartier de la capitale ! Exposant quelque 35 000 œuvres
d’ art sur quelque 16ha, le Louvre déploie un dédale de salles ; des
antiquités égyptiennes aux galeries de peinture européenne, on se laisse
happer par La Vénus de Milo, La Joconde, Le R adeau de la Méduse, le
R égent… L’ élaboration d’ un plan de bataille est nécessaire avant
d’ entreprendre une visite, car on ne vient pas facilement à bout du plus
grand musée du monde ! Se focaliser sur les œuvres les plus célèbres, sur
un artiste, une section, une aile en particulier, tout est possible. Les
collections sont regroupées dans huit départements (souvent à cheval sur
plusieurs ailes) auxquels s’ ajoutent les vestiges du Louvre médiéval, les
salles historiques et les salles consacrées aux arts d’ Afrique, d’ Océanie et
des Amériques. Parmi les points forts, citons les œuvres de la Renaissance
italienne, les antiquités égyptiennes, grecques et orientales et, bien entendu,
les immenses collections de peintures et de sculptures françaises. Les pièces
exposées sont accompagnées de notices très
O DU XX
PYRAMIDE
E
SIÈCLE complètes ; dans chaque salle, d’ excellentes
Véritable signature du plaquettes proposent des aperçus historiques,
palais redessiné par esthétiques ou anecdotiques.
Pei, la Pyramide du
Salles d’histoire G Juste après le point de
Louvre est un édifice de
contrôle de l’ aile Sully, ces deux salles sont
verre et d’acier de près
organisées par ordre chronologique, de part et
de 180t, culminant à
d’ autre d’ une rotonde où sont disposés six
21m. Six cent douze
superbes reliefs de l’ atelier de Jean Goujon
losanges d’un verre
(XVIe s.). Elles retracent l’ histoire du palais et
spécial, parfaitement
du musée : maquettes détaillées, peintures,
transparent (évitant les
œuvres diverses. Sully Entresol Ouvert mer.
effets de réflexion), sont
et ven.-dim. 9h-18h uniquement
reliés au châssis, un
réseau complexe de Louvre médiéval G Plus loin, on accède aux
câbles qui furent tendus vestiges du Louvre médiéval, dégagés lors des
un à un afin d’assurer fouilles de 1983-1985. À droite dans le couloir
l’équilibre des quatre d’ accès, observez les traces des fondations de
pans : la moindre la tour de la Librairie, où Charles V installa sa
distorsion aurait bibliothèque en 1367. Au fond à gauche,
provoqué la chute de la immense salle dominée par les soubassements
pyramide ! Sept bassins des anciens remparts du Louvre, des tours du
triangulaires en granit e
XII siècle et des piles d’ anciens ponts-levis.
ainsi que trois Au bout des remparts, on accède sur la droite
“pyramidions” de 5m aux fossés de l’ ancien donjon, entourant les
complètent ce décor puissantes fondations de la Grosse Tour. La
pharaonique, dont on salle suivante rassemble quelques objets
peut notamment découverts lors des fouilles archéologiques
profiter… en sirotant un sous la cour Carrée et la cour Napoléon, de
verre au Café Marly F. 1983 à 1990 : 900 objets royaux ou non furent
ainsi trouvés dans le puits du donjon, dont les
fragments du “chapel doré” (casque d’ apparat présumé de Charles VI) mais
aussi des pipes, des dés à jouer, des chaussures… Au fond à gauche, la salle
Saint-Louis, ou “salle Basse”, date de 1230-1240. Elle fut découverte par
hasard en 1882, mais ses voûtes d’ ogives avaient déjà été amputées pour
construire juste au-dessus la salle des
O LES COPISTES
DU LOUVRE Cariatides au XVIe siècle. Sully Entresol
Comme le veut la
tradition, le musée Antiquités égyptiennes G Ce département, l’ un
accueille, le matin, les des fleurons du Louvre, recèle des fonds d’ une
copistes venant imiter richesse inouïe (plus de 50 000 œuvres !) et
les maîtres – comme le profite d’ une présentation simplifiée et
firent eux-mêmes les logique. Un premier circuit thématique
plus grands, de Rubens aborde notamment la vie quotidienne des
à Van Gogh, Matisse et Égyptiens (navigation, agriculture, etc.), la
Picasso, en passant par structure et le décor des temples (salle 12) ou
Delacroix. Leurs encore les rites funéraires (sarcophage de
productions doivent Ramsès III dans la crypte d’ Osiris, momies
obéir à des critères bien des salles 14 et 15). Au 1er étage, le parcours
précis (format inférieur chronologique couvre en dix salles l’ histoire
à l’original, signature, des 32 dynasties qui régnèrent sur l’ Égypte du
e
IV millénaire à la conquête romaine, et occupe
estampille du Louvre,
etc.) afin d’éviter les les salles historiques du musée Charles X, créé
faux ! par l’ égyptologue Champollion. Grande star
du département et des salles consacrées à
l’ Ancien Empire, le Scribe accroupi est une
O Pour une première fascinante statue en calcaire peint (salle 22).
PREMIÈRE VISITE ?

approche du Louvre, Elle illustre à merveille la statuaire


suivez un conférencier égyptienne : inscription du personnage dans
des Musées nationaux. une figure géométrique simple (ici, un
En 1h30, présentation triangle), tête droite et corps symétrique à
de l’histoire du palais et regarder de face, position figée car les statues
des plus célèbres visent à l’ éternité. Mais elle se distingue par
œuvres du musée, cf. l’ étrangeté de son regard, d’ un réalisme
visites-découvertes F. troublant : le fond de l’ œil, formé d’ une pierre
blanche cerclée de cuivre, est incrusté de
cristal de roche translucide. Sully Rdc, accès par l’entresol, derrière les
remparts du Louvre médiéval (parcours thématique salles 3-19), 1er
étage (parcours chronologique salles 20-30)
Antiquités grecques, étrusques et romaines G Bien rares sont les sculptures
grecques qui ont survécu jusqu’ à nos jours, ce qui donne toute leur valeur
aux exceptionnels chefs-d’ œuvre originaux présentés dans ce département.
De nombreuses copies réalisées à l’ époque romaine complètent
remarquablement ce panorama de la statuaire hellénique. Les collections
sont organisées de façon chrono-thématique : les civilisations minoennes et
mycéniennes, suivies des premières figurations humaines apparues à
l’ époque préclassique sont à l’ entresol. Le Torse de Milet, pièce maîtresse
de cette section (salle 3) est un chef-d’ œuvre de la sculpture grecque
archaïque. La sculpture des époques classique et hellénistique est installée
au rez-de-chaussée (vous ne pouvez pas manquer la Vénus de Milo, salle
16) ; la galerie Daru s’ achève sur la Victoire de Samothrace récemment
restaurée, qui domine de sa splendeur monumentale le palier de l’ aile
Denon. Toujours au rdc, trois salles (18-20) exposent des antiquités
étrusques, mystérieuse civilisation épanouie en Italie au VIIIe siècle av. J.‑C.
Le 1er étage est lui dévolu aux arts du feu : galerie Campana pour la
céramique, orfèvrerie et verrerie sous les plafonds peints par Cy Twombly
(salle 32) et Georges Braque (salle 33). Denon Entresol (Grèce
préclassique salles 1-3) Rdc (galerie Daru- sculptures antiques salle
A-B, antiquités étrusques et romaines salles 18-30, et 31-cour des
Sphinx) Sully Rdc (“Voyage dans le monde grec classique” salles 7-
16, salle 17 dite des Caryatides) 1er étage (arts du feu, salles 32-44)
Antiquités orientales G L’ apparition de l’ écriture au cours du IVe millénaire
sert de fil rouge aux salles mésopotamiennes, dont le Code de Hammurabi
et les reliefs assyriens de la cour Khorsabad comptent parmi les chefs-
d’ œuvre. Riche illustration des cultures caravanières anciennes, le parcours
de l’ Iran antique s’ achève sur les superbes Frises des Archers du palais du
roi perse Darius Ier (510 av. J.‑C.). À voir également, l’ une des plus vieilles
statues au monde (9 000 ans !) provenant d’ Aïn Ghazal en Jordanie.
Richelieu Rdc (à droite après le contrôle de l’accès Richelieu, puis
tout droit après l’escalator au 1er étage)
Depuis 2012, de nouveaux espaces consacrés à l’ Orient
Arts de l’Islam G
romanisé et à l’ Égypte copte servent d’ amorce au dernier-né des
départements du Louvre, installé dans la cour Visconti superbement
restaurée. Sous une lumière tamisée par la verrière ondulante aux airs de
tente berbère imaginée par les architectes Rudy Ricciotti et Mario Bellini,
près de 3 000 œuvres offrent un ambitieux panorama de la civilisation
islamique. La genèse et l’ évolution des arts islamiques, qui s’ étendirent de
l’ Espagne à l’ Inde sur plus de douze siècles, sont présentées sur deux
niveaux : ne manquez pas d’ apprécier le raffinement décoratif de la Pyxide
d’Al-Mughira, véritable manifeste politique taillé dans l’ ivoire, le
baptistère de Saint Louis, bassin d’ époque mamelouke passé dans les
collections royales, et le faste des arts somptuaires moghols et ottomans. À
voir aussi la nouvelle section “Orient méditerranéen dans l’Empire
romain”. Articulées autour de la cour Visconti, ces nouvelles salles (1-9),
aménagées en même temps que les Arts de l’ Islam, abordent une région (les
provinces romaines orientales) et une période (de l’ annexion de l’ Égypte
par Rome en 30 av. J.‑C. à la cohabitation avec les conquérants arabes) à la
confluence des trois départements antiques du musée. Entresol-Cour
Visconti Accès à gauche après le contrôle de l’accès Denon
Sculptures G Dans l’ aile Richelieu, la galerie de la cour Marly éclairée par
une superbe lumière zénithale illustre l’ évolution de la sculpture française
inaugurée par les arts roman et gothique (lugubre Tombeau de Philippe Pot,
salle 10) et la Renaissance, dominée par Germain Pilon et Jean Goujon. La
grande sculpture d’ extérieur du XVIIe siècle se prolonge de la cour Marly à
la cour Puget, également dévolue aux champions de l’ Académie du XVIIIe
au XIXe siècle. Les groupes équestres qui magnifient la cour Marly furent à
l’ origine sculptés pour l’ abreuvoir du château de Marly, avant de rejoindre
la place de la Concorde, où leurs copies, moins sujettes aux aléas
climatiques, trônent toujours en bonne place, les Chevaux de Marly de
Guillaume Coustou marquant l’ entrée du jardin des Tuileries, et les deux
groupes d’ Antoine Coysevox, La R enommée montée sur Pégase et Mercure
chevauchant Pégase, encadrant le bas de l’ avenue des Champs-Élysées.
Côté Denon, les collections étrangères font la part belle à la sculpture
italienne, de la figure de Donatello pour l’ art du q uattrocento (Vierge à
l’Enfant en terre cuite polychrome, salle 1) aux Esclaves de Michel-Ange
pour la Renaissance (salle 4), et du baroque Bernin au néoclassique Canova
dont la célèbre Psyché ranimée par le baiser de l’Amour évoque avec
poésie et une sensualité éthérée le mythe platonicien de Psyché (salle 4). Au
fond de la galerie Donatello, les trois salles consacrées aux sculptures de
l’ Europe du Nord rassemblent une collection restreinte, mais d’ une grande
densité. Ne manquez pas la Sainte Marie Madeleine de Gregor Erhart (vers
1515). Sculptée dans un magnifique bois de tilleul polychrome, la sainte est
représentée dans sa nudité, drapée dans une longue chevelure blonde, en
proie à l’ extase mystique (salle C). Richelieu (accès par la cour Marly, à
l’entresol de l’aile Richelieu, tout droit après le contrôle des billets)
Entresol (sculptures monumentales X VIIe-X IX e s. cours Marly et Puget)
Rdc (Moyen Âge, salles 1-12 ; Renaissance salles 13-17 ; X VIIe-X IX e,
salles 18-33) Denon Entresol (juste à droite après le contrôle des
billets : galerie Donatello, sculptures italiennes VIe-X Ve s., salle 1 ;
Europe du Nord, salles A-C au fond de la galerie Donatello) Rdc
(galerie Michel-Ange, sculpture italienne X VIe-X IX e s., salle 4)
Peintures G Le plus vaste département du musée : plus de mille tableaux à
découvrir au fil de 77 salles pour la section peinture française ! Du portrait
de Jean le Bon (vers 1350) à l’ École de Barbizon, le 2e étage de la cour
Carrée (Sully) réunit les plus grands noms de la peinture française tels que
Jean Fouquet, Nicolas Poussin (L’Inspiration du poète, salle 12 ; cycle des
Q uatre Saison, salle 16) et Georges de La Tour (incontournable Tricheur,
salle 24), mais aussi Watteau (Pèlerinage à l’î le de Cythère, salle 36),
Chardin et Fragonard (Le Verrou, salle 48). Enfin, l’ un des clous d’ une
visite au Louvre, les œuvres de Jacques-Louis David, chantre du
néoclassicisme, d’ Ingres, génial portraitiste, et des romantiques Géricault et
Delacroix donnent un avant-goût de leurs spectaculaires grands formats
(Denon, 1er étage). Le parcours dédié à la peinture italienne (quelque
600 tableaux) commence par le salon Carré et les primitifs du XIIIe siècle,
continue dans la Grande Galerie avec la Renaissance classique, où une
foule compacte signale la présence de La Joconde (salle 6), dont le clair-
obscur en sfumato tranche avec Les Noces de Cana, l’ immense toile aux
couleurs éclatantes de Véronèse (sur le mur opposé). Dans la suite de la
Grande Galerie, un autre grand nom de la Renaissance, Raphaël ; mais aussi
Corrège, Arcimboldo et enfin Le Caravage, peintre révolutionnaire dont le
clair-obscur fascinant et l’ humanité sans fard firent de nombreux émules
dans toute l’ Europe. La Grande Galerie débouche sur une enfilade de salles
qui viennent clore le parcours chronologique, s’ achevant avec les védutistes
vénitiens du XVIIIe siècle (Canaletto, Guardi… ). Dans le prolongement de la
section italienne, le 1er étage de l’ aile Flore dévoile au fil d’ une succession
de petits cabinets une collection assez restreinte de peintures espagnoles,
mais d’ une qualité hors du commun, avec notamment des œuvres de
Murillo, Zurbarán, du Greco et de Goya. Côté Richelieu, rassemblés pêle-
mêle sous la bannière des écoles du Nord, la préciosité du primitif flamand
Van Eyck (salle 5) côtoie la palette exaltée de Rubens (salles 15-18 et 21-
22), les jeux de lumière subtils de Rembrandt (salle 31) et le réalisme
minutieux de Vermeer (salle 38). Richelieu et Sully 2e étage, accès
escalator Richelieu (peintures françaises, salles 1-73 ; écoles du
Nord, à gauche dans la salle 3 des peintures françaises), Denon 1er
étage (peinture française grands formats, salles 75-77 ; peintures
italiennes, salles 1-25 à droite dans l’escalier devant “La Victoire de
Samothrace” ; peintures espagnoles, salles 26-30, accès dans le
prolongement des peintures italiennes ou par la porte des Lions)
Objets d’art G Peu fréquentées, ces salles dressent pourtant un formidable et
ambitieux panorama des arts somptuaires européens, de l’ Antiquité tardive
au Second Empire. La section consacrée au XVIIIe siècle a rouvert ses portes
en 2014, avec une scénographie signée par le décorateur Jacques Garcia
(salles 34-65). Un parcours chronologique permet en outre de découvrir les
joyaux de la couronne dans la galerie d’Apollon (Denon 1er étage, salle 66,
perpendiculaire à la Seine) dotée d’ une magnifique voûte dont
l’ ornementation (la course du Soleil, en hommage au Roi-Soleil),
commencée dès 1663 par Le Brun est terminée par Delacroix, à qui l’ on
doit le compartiment central : Apollon vainq ueur du serpent Python (1850-
51). Clou du spectacle du trésor des rois de France (au fond), le Régent,
célèbre diamant de 140 carats, découvert en Inde en 1698, qui orna la
couronne de Louis XV, le glaive de Napoléon puis le diadème de
l’ impératrice Eugénie. Aile Richelieu (1er étage, salles 82-92), ne manquez
pas les appartements Napoléon III, un exemple unique de décoration
intérieure du Second Empire : salles aux proportions colossales, murs et
plafonds habillés de stucs, de dorures, de velours rouge, de fresques
allégoriques, énormes lustres en cristal, mobilier d’ inspiration Louis XV.
Richelieu 1er étage Accès par l’escalator Richelieu (salles 1-
32 Moyen Âge et Renaissance ; appartements Napoléon III, salles
e e
82-92) Sully (X VII -X VIII s., salles 34-65), Denon 1er étage (galerie
Apollon)
Arts graphiques G Ce département, l’ un des moins connus mais des plus
précieux du Louvre, réunion de l’ ancien cabinet des Dessins et de la
collection du baron Edmond de Rothschild, est riche de près de
130 000 dessins, pastels et estampes, et peut se prévaloir, en particulier, de
chefs-d’ œuvre sur papier de Léonard de Vinci, Michel-Ange ou Dürer. Il
recèle aussi des manuscrits. La fragilité de ces supports interdit de les
soumettre à la lumière de manière permanente, mais des expositions
temporaires sont régulièrement proposées dans le hall Napoléon ainsi que
dans diverses salles situées aux niveaux des Peintures françaises et
étrangères et dans la chapelle de l’ aile Sully. Sully 2e étage (dessins
français, salles 20-23 et 41-43) Denon 1er étage (dessins italiens,
salles Mollien 9-10, salle d’actualité 33)
Arts d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques G Inaugurées en 2000,
préfigurant l’ ouverture du musée du Quai-Branly F, les salles des Arts
“premiers” rassemblent une centaine de pièces sélectionnées parmi les
fonds du musée de l’ Homme, de l’ ancien musée des Arts d’ Afrique et
d’ Océanie et de musées régionaux. Les œuvres sont mises en valeur par la
muséographie dépouillée de Jean-Michel Wilmotte, qui en souligne la
magie. On se promène comme en rêve de l’ Afrique à l’ Arctique, parmi des
pièces d’ une beauté stupéfiante : sculptures et masques africains en terre
cuite ou en bois, statuettes indonésiennes ou mexicaines, magnifiques
sculptures du Grand Nord américain, tête d’ une des célèbres statues de l’ île
de Pâques, etc. Une divine surprise. Pavillon des Sessions Accès direct
par la porte des Lions ou par les salles de peintures espagnoles, au
bout de l’aile Denon
O La
AU CŒUR DES ARTS
cour Carrée
reste le chef-d’œuvre
du Louvre avec ses
fabuleuses façades
Renaissance et
classiques (XVIe-XVIIe s.).
Admirablement mise en
lumière la nuit venue,
elle est aussi un havre
de paix au cœur de la
ville, sur laquelle elle
offre de belles
échappées : du petit
bassin central, admirez
le parfait alignement qui
s’ouvre par la porte sud
sur le pont des Arts et
la coupole de l’Institut,
siège de l’Académie
française !

O LE LOUVRE CÔTÉ
JARDIN
Le jardin des Tuileries F
est une réplique
végétale du palais : ses
chambres de verdure et
ses contre-allées
romantiques prolongent
les lignes du bâtiment,
tout en constituant un
véritable musée en
plein air avec sa riche
statuaire.
Rapporter un bijou du Louvre
Boutiques du Grand-Louvre G Faute de pouvoir vous offrir une
reproduction réalisée par l’un des copistes du musée, vous
pourrez dénicher de beaux souvenirs dans les boutiques du
Louvre, gérées par la Réunion des musées nationaux (RMN). Ces
boutiques se concentrent le long de l’allée du Grand-Louvre, qui
relie la Pyramide (hall Napoléon) à la Pyramide inversée
(Carrousel). M° Palais Royal-Musée du Louvre Allée du Grand-
Louvre Carrousel 75001 Tél. 01 40 20 53 53 (rens.) Ouvert jeu. et
sam.-lun. 9h30-19h, mer. et ven. 9h30-21h45
La librairie du Louvre G Ouvrages spécialisés en art ancien, histoire de
l’art, beaux-arts et muséologie… la librairie est considérée comme
la plus grande référence sur les sujets d’art et le patrimoine en
France. Au 1er étage, large choix de bijoux, moulages et
souvenirs ; dans la section Chalcographie, on peut consulter et
acheter les tirages actuels des cuivres gravés du département des
Arts graphiques (estampes d’artistes du XVIIe siècle à nos jours).
Tél. 01 40 20 53 53
Les enfants du musée G Boutique spécialisée pour la jeunesse, avec
de nombreux livres éducatifs. Tél. 01 40 20 54 28
La boutique souvenirs G Propose de multiples reproductions : cartes
postales, posters, marque-pages, etc. www.boutiquesdemusees.fr
Le Louvre avec des enfants
Le plus dur sera de leur faire respecter la consigne : “Ne pas
toucher les œuvres ! ” Sachez-le, vous pouvez asseoir les plus
petits dans des poussettes prêtées par le musée, cf. services
utiles F. Attention, le dimanche, la plupart des activités (visites,
ateliers, etc.) se font sans inscription préalable, dans la limite des
places disponibles. Tél. 01 40 20 52 63 (rens.) ou
01 40 20 51 77 (rés.) Programme détaillé sur le site Internet
Réservation par tél. lun.-ven. 9h-16h ou à l’Accueil des groupes
Ateliers Ils sont une fabuleuse manière de sensibiliser les petits
(4-12 ans, 1h30-2h) à la création artistique (“D’où vient la
lumière ?”, “Jeux de couleurs”) ou à l’histoire des civilisations
(“Les hiéroglyphes”, “La guerre de Troie”, etc.). Il existe aussi des
ateliers spécialement conçus pour les adolescents (pour
apprendre à photographier, filmer, dessiner…). Tarif 12€/enfant
Visites en famille Le Louvre propose des visites spéciales à
suivre en famille, parents et enfants réunis (“Les chefs-d’œuvre du
Louvre”, “Qu’est-ce qu’un musée ?”), ainsi que des balades
contées. Tarif 7€/enfant, 10€/adulte
Parcours Ces animations, placées sous le signe de l’interactivité,
propose aux enfants de s’initier à l’art en manipulant différents
supports. Tarif 7€/enfant, 10€/adulte
Tuileries, Palais-Royal plans 5, 6, 7, 20

Partie la mieux conservée du cœur historique,


le secteur du Palais-Royal et des Tuileries
regroupe les quartiers qui se développèrent au
e
XVII siècle en périphérie du Louvre,
repoussant les limites définies par l’enceinte
de Charles V. Avec trois places royales, chefs-
d’œuvre du classicisme, la résidence du
cardinal de Richelieu et le jardin des Tuileries,
il s’affirmera durablement comme le haut lieu de la culture, du
luxe et de la finance… Aujourd’hui encore, il fait bon y flâner,
des fastes de la place Vendôme à l’émouvante église Saint-
Roch, des allées ombragées des Tuileries aux galeries toujours
confidentielles du Palais-Royal. Un autre temps…

MODE D’EMPLOI
orientation
Ces quartiers se situent essentiellement dans les 1er et
2e arrondissements. Dans le prolongement du Louvre, vers l’ouest,
se déploie le vaste jardin des Tuileries, qui rejoint la place de la
Concorde. Au nord du jardin se tient la place Vendôme ; au nord du
Louvre s’étend le Palais-Royal puis la place des Victoires.
★ Tuileries G Entre le Louvre et la Concorde, bordé au nord par la
partie la plus ancienne de la rue de Rivoli, l’ancien jardin des rois
dessiné par Le Nôtre est le poumon vert du centre historique.
Admirablement réaménagé en 1999, il abrite des sculptures
contemporaines qui en font un vrai musée de plein air.
✩ Place Vendôme G La plus belle des places royales, véritable bijou du
quartier du luxe et de la finance, incarnation exemplaire de
l’élégance parisienne.
✩ Palais-Royal G À deux pas du Louvre, un lieu chargé d’histoire que
l’on découvre au gré des galeries et des parterres du jardin. Du côté
de la place des Victoires, des passages couverts au cachet
incomparable.

accès

EN MÉTRO
Le Palais-Royal est desservi par les stations Palais Royal-Musée du
Louvre (lignes 1 et 7) et Pyramides, près de l’église Saint-Roch
(lignes 7 et 14). La station Tuileries livre accès au jardin des
Tuileries et à la place Vendôme (ligne 1), la station Concorde
(lignes 1, 12 et 8) à la place du même nom.

EN BUS
Le quartier est desservi par de nombreuses lignes : 21, 27, 39, 48,
69, 72, 74, 81, 85, 95.

EN VOITURE
Circulation chargée en journée, surtout en semaine, et sur-place
assuré aux heures de pointe ! La rue de Rivoli, principal axe est-
ouest, à sens unique aussi, est souvent surchargée. La voie
Georges-Pompidou (voie express de la rive droite) est difficilement
praticable. Les dimanches et jours fériés, elle est interdite aux
voitures entre 9h et 17h ; elle peut être fermée l’hiver en raison des
crues de la Seine et, l’été, plusieurs sections sont fermées à
l’occasion de Paris-Plage, rendant la circulation très difficile.

EN BATOBUS
Escale Louvre, quai François-Mitterrand.

informations touristiques
Informations, réservations, vente de titres
OT Pyramides G (plan 20, A2)
de transport, forfaits musées. M° Pyramides, RER A Auber 25, rue
des Pyramides 75001 Tél. 01 49 52 42 63 (répondeur)
www.parisinfo.com Ouvert mai-oct. : tlj. 9h-19h ; nov.-avr. : tlj. 10h-
19h Fermé le 1ermai

DÉCOUVRIR
✩ Les Tuileries
✰ Les essentiels L’Arc de triomphe et le jardin du
Carrousel, le jardin des Tuileries, le Jeu de Paume,
le musée de l’Orangerie, la place de la Concorde À
proximité Les Champs-Élysées, la Madeleine, le
musée d’Orsay Sans oublier nos adresses
préférées Shopping F ; Cafés, bars et lieux de
sortie F ; Restauration 1er et 8e ardts F et F

Comme en souvenir du “Grand Dessein” cher à Henri IV qui fit relier le


Louvre et feu le palais des Tuileries par la Grande Galerie, le jardin des
Tuileries et celui du Carrousel ont été définitivement intégrés au musée du
Louvre en 2005, formant un vaste ensemble palatial où l’ art topiaire rejoint
les beaux-arts. Admirablement réaménagé, cet immense espace vert (27ha)
chargé d’ histoire se prête à d’ agréables flâneries entre grands arbres et
sculptures contemporaines. La passerelle Léopold Sédar Senghor, dernier
élément apporté au projet du Grand Louvre, ajoute un plus à l’ intérêt du
site ; le musée d’ Orsay est à quelques encablures, par-delà les quais que les
“plagistes” parisiens envahissent dès les beaux jours.

Le Carrousel
Pris en tenaille entre les
✩ Arc de triomphe et jardin du Carrousel G (plan 5, C1)
deux longues ailes du Louvre, ils doivent leur nom à une grande fête
équestre donnée en ces lieux en 1662 en l’ honneur de la naissance du
dauphin, fils de Louis XIV. L’ arc de triomphe du Carrousel est un legs de
Napoléon : il fut élevé en 1806 pour célébrer la victoire d’ Austerlitz (1805).
Dessiné par Percier et Fontaine, il s’ inspire de l’ arc de Septime Sévère, à
Rome, et fut placé dans l’ axe exact de l’ allée centrale des Tuileries et des
Champs-Élysées, en prélude à son gigantesque épigone de la place de
l’ Étoile. Les terrasses latérales et les jardins partant en étoiles autour de
l’ arc accueillent aujourd’ hui de magnifiques et plantureux bronzes
d’ Aristide Maillol (1861-1944). M° Palais Royal-Musée du Louvre
Musée des Arts décoratifs G (plan 5, C1) Installée dans l’ aile de Marsan du
palais du Louvre depuis 1905 (il n’ y a pas que le musée du Louvre au
Louvre !), l’ Union centrale des arts décoratifs fut créée en 1884 pour
rapprocher le monde de l’ industrie de celui de la création. Le musée mérite
une visite pour l’ énorme richesse de son fonds et la qualité de ses
expositions temporaires. Ses collections profitent d’ un parcours qui s’ étend
sur quelque 9 niveaux et plus de 9 000m2, dont l’ ambition est d’ offrir un
panorama complet des arts décoratifs du Moyen Âge à nos jours. Des salons
ont été entièrement reconstitués comme celui de l’ hôtel de Serres du
e
XVIII siècle, un siècle faste qui voit naître la porcelaine européenne. Des
exemplaires de services fabriqués dans les prestigieuses manufactures de
Meissen ou de Sèvres, entre autres, rivalisent de finesse. Au siècle suivant,
les Expositions universelles sont l’ occasion pour les grandes maisons de
faire connaître leur savoir-faire. Le musée a rassemblé quelques pièces
emblématiques du goût de l’ époque. Une césure importante intervient au
tournant du XXe siècle avec l’ Art nouveau dont le pavillon de l’ Union
centrale des arts décoratifs à l’ Exposition universelle de 1900 offre une
brillante synthèse. Les créations d’ Émile Gallé, Louis Majorelle, Hector
Guimard sont convoquées et, à leur suite, celles d’ artistes Art déco aux
lignes plus sobres. Au centre, l’ appartement privé de Jeanne Lanvin par
Armand-Albert Rateau en 1924-1925 est inclassable. Au fil d’ une
succession de galeries en mezzanine sont déclinés les courants des arts
décoratifs de 1940 à 2000. S’ y distinguent les réalisations de deux acteurs
majeurs, Jean Prouvé et Charlotte Perriand, et les sièges fantaisistes du
design des années 1960-1970. Au pavillon de Marsan, ne manquez pas les
deux excellents espaces qui proposent des expositions temporaires. Aux 1er
et 2e étages, la collection Mode et Textile présente des expositions par
thème ou par couturier, qui sont aussi l’ occasion de montrer au grand
public, par roulement, les plus belles pièces d’ une collection qui remonte
jusqu’ au XIVe siècle. Au 3e étage, la collection Publicité et Graphisme
programme des rétrospectives attrayantes (thèmes, artistes, marques), qui
profitent de la richesse exceptionnelle de son fonds. Les publivores seront
comblés. Enfin, on peut s’ émerveiller devant le spectacle féerique qu’ offre
la galerie des Bijoux, au 2e étage : 800 pièces somptueuses, allant de bijoux
d’ Extrême-Orient aux pièces de grands créateurs français, en passant par
des colliers de perles baroques espagnols… Côté jardin, elle est prolongée
par la galerie des Jouets et la galerie Jean-Dubuffet. Au rdc, faites donc un
détour par l’ espace-boutique : objets de designers, excellente sélection
d’ ouvrages spécialisés, papeterie, cartes postales, etc. M° Palais Royal-
Musée du Louvre, Tuileries 107, rue de Rivoli 75001 Tél. 01 44 55
57 50 ou 01 44 55 59 25 (activités enfants) ou 01 44 55 59 26
(activités adultes) www.lesartsdecoratifs.fr Ouvert mar.-mer. et ven.-
dim. 11h-18h, jeu. 11h-21h Tarif (incluant les 3 musées +
audioguide) 11€, réduit 8,50€ (demandeurs d’emploi), gratuit pour
les moins de 26 ans Activités culturelles Visites guidées et ateliers
sur rés. Espace-boutique G Tél. 01 42 60 64 94 Ouvert mar.-dim.
10h-19h

Le jardin des Tuileries


★ Jardin des Tuileries G (plan 5, B1-C1) On ne serait pas surpris d’ y voir
baguenauder des gentilhommes comme au XVIIe siècle… Legs superbe de
l’ Ancien Régime, vert autant qu’ immaculé, historique à tous les titres, le
jardin des Tuileries porte l’ art paysager à son sommet. Archétype du jardin
français, il doit son aspect actuel à Le Nôtre et demeure un joyau de nature
et de culture au cœur de Paris : une véritable leçon de civilisation.
M° Tuileries, Palais Royal-Musée du Louvre, Concorde
75001 Accès pl. de la Concorde, rue de Rivoli, quai Aimé-Césaire,
av. du Gal-Lemonnier Tél. 01 40 20 90 43 Ouvert avr.-mai : tlj. 7h-
21h ; juin-août : tlj. 7h-23h ; sept. : tlj. 7h-21h ; oct.-mars : tlj. 7h30-
19h30
Un peu d’histoire En juillet 1559, après la mort brutale d’ Henri II, son
épouse Catherine de Médicis décide de faire construire son propre palais
hors des limites de la ville. Le chantier débute en 1564, sur les vestiges
d’ anciennes tuileries, à l’ ouest du Louvre. Le Florentin Bernardo
Carnesecchi est chargé de la conception d’ un vaste jardin. Mesurant 500m
sur 300, il est traversé d’ allées orthogonales et parsemé de fontaines.
Considéré en son temps comme le plus beau
O LE ROI DE
LA PERSPECTIVE d’ Occident, il est dévasté par les émeutes
Les Tuileries sont pour précédant l’ entrée d’ Henri IV à Paris. Remis
Le Nôtre un formidable en état et remanié par le jardinier Claude
espace Mollet en 1609, il s’ enrichit d’ un bassin
d’expérimentation, où il central. Henri IV fait planter des mûriers pour
donne libre cours à son nourrir les vers à soie de l’ orangerie. De
art de la composition et 1659 à 1666, les architectes Le Vau et
de la perspective : d’ Orbay achèvent pour Louis XIV le château
alignements d’arbres, des Tuileries, et André Le Nôtre, jardinier du
division géométrique de roi chargé d’ agrandir Versailles (il a déjà à son
l’espace, bassins actif les jardins de Vaux-le-Vicomte)
reflétant le ciel et réaménage alors le parc. En 1789, Louis XVI
subtiles différences de quitte Versailles pour les Tuileries. Les
niveau créent de comités révolutionnaires s’ y installent ensuite,
savants effets de préservant le site des pillages. Ce sera la
perception qui portent résidence des souverains sous la Restauration
le paysage… au rang puis le Second Empire. Napoléon III fait
de tableau. La ériger deux édifices jumeaux dans l’ ouest du
perspective qu’il a parc : l’ Orangerie (1853) et le Jeu de paume
ouverte à l’ouest, dans (1862). Cependant, en 1871, les communards
le prolongement de incendient le palais des Tuileries, dont les
l’allée centrale, est ruines seront rasées en 1883 : la terrasse
devenue la voie panoramique qui le remplace (entre les
majeure de l’urbanisme pavillons de Flore et de Marsan qui le liaient
parisien, ce grand axe au Louvre) offre aujourd’ hui la meilleure vue
vertigineux que sur le jardin, d’ emblée conçu pour être vu du
jalonnent aujourd’hui la palais. À l’ occasion des travaux du Grand
Concorde, les Champs- Louvre, le jardin est remanié de 1991 à 1996 ;
Élysées, l’Arc de 1 300 arbres y ont été replantés.
Triomphe et l’Arche de
la Défense. Le Grand Carré G (plan 5, C1) Cette première
partie du jardin est un vaste espace aéré, doté
de pelouses géométriques encadrant l’ allée centrale, et de deux petits
bassins latéraux. C’ était le centre du jardin de Le Nôtre. Les deux
promenades surélevées – les terrasses des Feuillants et du Bord-de-l’ Eau –
courant de part et d’ autre du parc datent de
O DÉJEUNER
DANS LES JARDINS cette époque. On accède au premier des deux
À la belle saison, les grands bassins, le bassin rond, où les enfants
quatre bars-restaurants font voguer des voiliers miniatures. Location
du Grand Couvert ne des voiliers l’après-midi par beau temps,
désemplissent pas : 2€ la demi-heure
produits frais et
spécialités glacées à la Le Grand Couvert G (plan 6, B3) Selon le souhait
Terrasse de Pomone, de Le Nôtre commence ensuite la partie
restauration légère au boisée, plus sauvage, où des centaines
Café Diane, cuisine d’ arbres ont été replantés, et qui accueille un
traditionnelle au Café véritable musée de sculpture contemporaine.
Renard et cuisine Parmi les bosquets se cachent en effet des
italienne au Café Reale. œuvres emblématiques de la sculpture du
e
XX siècle. Au bord de la contre-allée sud,
Avec des tables
ombragées pour une découvrez l’ étonnant Arbre des voyelles
halte fort agréable. (1999) de Giuseppe Penone, illustre
Terrasse de Pomone G représentant de l’ Arte povera : un arbre mort
(plan 5, C1 n°26) en bronze couché au milieu d’ un jardin. Dans
Tél. 01 42 61 le bosquet suivant, la Comptine d’ Anne
22 14 Café Diane G Rochette (1999) est une sorte de jardin
(plan 5, C1 n°28) féerique peuplé d’ objets aux formes oniriques.
Tél. 01 42 96 En rejoignant l’ allée principale, on passe
81 12 Café Renard G devant l’ amusant Microbe (1964) de Max
(plan 5, B1 n°19) Ernst. Près du bassin octogonal, le long de
Tél. 01 42 96 l’ allée centrale, se trouvent deux sculptures
50 56 Café Reale G colorées de Roy Lichtenstein, figure majeure
(plan 5, B1 n°29) du pop art. La terrasse du Jeu de paume
Tél. 01 42 96 63 03 accueille elle aussi des sculptures : trois
Ouverts tlj., mêmes bronzes d’ Auguste Rodin, ainsi que le Bal
horaires que le jardin costumé (1973) de Jean Dubuffet. À voir
des Tuileries encore au fil de la promenade, parmi d’ autres
sculptures, les œuvres d’ Alberto Giacometti
(Grande F emme II, 1961) et de Henry Moore (R eclining F igure, 1951). Le
Grand Bassin octogonal, qui marque l’ extrémité occidentale du jardin, est
resté fidèle aux dessins de Le Nôtre et est entouré de belles sculptures du
e
XVIII siècle. Il était autrefois traversé par un
O Les pelotons
SI C’EST LEUR DADA
“pont tournant”. Les deux rampes latérales du
du régiment de Fer-à-Cheval qui mènent au musée de
cavalerie de la Garde l’ Orangerie et au Jeu de paume sont un
républicaine participent souvenir du mur du jardin de Catherine de
à la mission globale de Médicis, que Le Nôtre perça pour ouvrir la
sécurité par une perspective. Activités payantes pour les
présence régulière enfants : trampolines, manège à
sur les sites piétonniers l’ancienne (tlj.)
fréquentés de la ✩ ฀ Jeu de paume G (plan 6, Jusqu’ à
B3)
capitale, notamment sur l’ ouverture du musée d’ Orsay, y étaient
les quais de Seine ou exposées les œuvres impressionnistes du
dans le jardin des Louvre. Depuis, on y voit d’ excellentes
Tuileries où la garde expositions consacrées à la photographie
montée patrouille contemporaine et à l’ image, dans un espace
l’après-midi (de remarquable. M° Concorde 1, pl. de la
14h30 à 16h30 env.)… Concorde Accès également par le jardin
pour le plus grand des Tuileries Tél. 01 47 03 12 50
plaisir des enfants ! www.jeudepaume.org Ouvert mer.-dim.
11h-19h, mar. 11h-21h Fermé 1er janv., 1er
mai, 25 déc. Tarif 8,50€, réduit 5,50€
✩ Musée de l’Orangerie G (plan 6, B3) En 1922, à l’ initiative de Georges
Clemenceau, l’ Orangerie est choisie pour exposer les dix Nymphéas offerts
par Monet à l’ État. En accord avec le peintre, le bâtiment est réaménagé
autour de ces toiles monumentales, l’ aboutissement d’ une longue réflexion
de l’ artiste : imaginer un ensemble panoramique “donnant l’ illusion d’ un
tout sans fin, d’ une onde sans horizon et sans rivage”. Terminée en 1927,
cette somme poétique d’ une vie reçoit un accueil mitigé car l’ époque n’ est
plus à l’ impressionnisme. Remanié, le musée accueille en 1984 la belle
collection d’ art moderne Walter-Guillaume. Entre 2000 et 2006 il fait
l’ objet d’ une rénovation totale, menée par les architectes Olivier Brochet et
Michel Goutal, destinée à remettre en valeur les collections et plus
particulièrement le chef-d’ œuvre qu’ il abrite : un vestibule est aménagé et
la lumière naturelle baigne à nouveau les Nymphéas. Ne manquez pas la
collection Jean Walter et Paul Guillaume qui est exposée au sous-sol.
Réunie par le marchand de tableaux Paul Guillaume (1891-1934), elle
rassemble 144 œuvres d’ artistes majeurs de la fin du XIXe aux premières
décennies du XXe siècle : Cézanne, Renoir, Picasso, Matisse, Derain,
Modigliani, Laurencin, Utrillo, Soutine… En fin de parcours, vous
découvrirez un tronçon de l’ enceinte de Paris au XVIe siècle, dite “l’ enceinte
des fossés jaunes”, vestige du bastion des Tuileries, mis au jour en
2003 lors des travaux d’ extension du musée. M° Concorde Jardins des
Tuileries 75001 Tél. 01 44 77 80 07 (serveur vocal) www.musee-
orangerie.fr Ouvert mer.-lun. 9h-17h30 (sauf certains j. fér., 1er mai et
25 déc.) Tarif 9€, réduit 6,50€ (majoration de 2€ environ lors des
expos temporaires) Gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous le
1er dim. du mois Billet groupé avec le musée d’Orsay 16€ Librairie
boutique G www.boutiquesdemusees.fr Ouvert mer.-lun. 9h-17h45
Passerelle Léopold-Sédar-Senghor G (plan 5, B1) Au sud du jardin, accessible
par un passage piéton (sortie de la terrasse du Bord-de-l’ Eau), cette
audacieuse passerelle en ipé dotée d’ une arche unique d’ une portée de
106m permet aux piétons de passer du Louvre au musée d’ Orsay. Dernier
élément du projet du Grand Louvre, inaugurée en 2000, elle remplace sa
sœur métallique qui avait succédé au pont de Solférino abîmé par des
accidents de péniches. Conçue par Marc Mimram, elle se distingue par son
étonnante structure qui relie à la fois les quais et les berges. M° Tuileries,
Solférino La passerelle relie le quai des Tuileries au quai Anatole-
France
Rue de Rivoli G (plan 6, B3-C3) Percée de 1806 à 1835, la rue de Rivoli joignit
d’ abord la place de la Concorde à la rue du Louvre, en longeant les
Tuileries. Bordée au nord d’ élégants édifices sur arcades, hauts de trois
étages, surmontés de combles bombés et recouverts de zinc, cette première
portion de la rue ne manque pas d’ allure. Ses galeries abritent désormais
des boutiques de souvenirs mais aussi des adresses prestigieuses comme le
Meurice (au n°228), palace inauguré en 1907 et dont le restaurant est l’ un
des meilleurs de Paris. Ou encore, au n°224, la plus vieille librairie anglaise
de la capitale : Galignani, fondée en 1800. À compter de 1848, l’ artère sera
prolongée vers l’ est, jusqu’ à la rue Saint-Antoine : cette seconde partie de la
rue, commerçante et très animée, se reconnaît à l’ aspect hétéroclite des
édifices qui l’ encadrent. M° Tuileries, Concorde

o Où s’accorder une belle pause sucrée ?


Les salles Belle Époque de ce salon de thé
Angelina G (plan 6, C3 n°17)
mythique bruissent à toute heure de la journée, attirant les amoureux
de douceurs depuis 1903 : ici, le chocolat chaud (8,20€) est servi
épais et onctueux… À accompagner, pour parfaire la visite, d’un
Mont blanc (9,10€), meringue à la crème chantilly et vermicelles de
crème de marrons. La carte comblera aussi les faims de salé (env.
25€) et les appétits tardifs grâce à son brunch (39,50€).
M° Concorde 226, rue de Rivoli 75001 Tél. 01 42 60 82 00 Ouvert
lun.-ven. 7h30-19h30, w.-e. et j. fér. 8h30-19h30

La Concorde
★ Place de la Concorde G Débouché grandiose du jardin des
(plan 6, B3)
Tuileries, l’ immense place construite sous Louis XV par Ange-Jacques
Gabriel forme une véritable scène. Du terre-plein du célèbre Obélisque,
placé dans l’ axe des Champs-Élysées, vous pouvez observer à loisir la voie
triomphale, illuminée le soir jusqu’ à l’ Arc de Triomphe. Derrière vous les
Tuileries dominées, au loin, par le Louvre. Sur les côtés, les frontons du
Palais-Bourbon et de la Madeleine se répondent en un grandiloquent écho.
Cette position stratégique a valu à la place de former un nœud routier
intense : le piéton doit déployer une énergie peu commune pour venir à bout
du flot de voitures, mais les projets de réaménagement restent pour l’ instant
lettre morte… M° Concorde
Visite Tirer un trait sur le passé : telle est la volonté de Louis-Philippe en
1836 quand il décide d’ ériger sur cette place où furent exécutés Louis XVI
et les principaux chefs de la Révolution… un obélisque rapporté de Louxor.
On ne craignait aucune récupération politique autour de cette colonne haute
de 22m gravée de hiéroglyphes célébrant le pharaon Ramsès II. Aucune
polémique non plus n’ était envisageable avec l’ Égypte, car l’ obélisque avait
été librement offert par Méhémet-Ali à la France en 1831. Enfin, la
Concorde méritait son nom ! À la différence des places royales, elle n’ est
fermée que d’ un côté, au nord, pour préserver l’ ouverture sur la Seine et la
perspective sur les Champs-Élysées définie
O Le Palais-Bourbon
JEUX DE MIROIR…
par André Le Nôtre. Son lointain successeur,
F, qui referme le décor l’ architecte Jacques Ignace Hittorff (1792-
de la place de la 1867), remodèle la place à partir de 1830. Il
Concorde côté Seine, dessine les fontaines qui sont installées à
n’offre en réalité qu’une l’ emplacement de la guillotine et les
façade écran, ajoutée somptueux lampadaires ornés d’ une proue de
en 1806 afin de navire, emblème de la capitale. Les fougueux
masquer que le chevaux de Marly exécutés par Guillaume
bâtiment, construit dans Coustou signalent l’ entrée sur les Champs-
les années 1720, n’était Élysées depuis 1795. Les originaux sont
pas orienté dans l’axe conservés au Louvre. Huit statues représentant
du pont. Elle fut bâtie les grandes villes de France ponctuent le
pour faire écho à pourtour de la place. Strasbourg, sculptée par
l’église de la Madeleine Pradier, prend les traits de Juliette Drouet,
dont elle copie la l’ amante de Victor Hugo et sa grande égérie.
largeur et le péristyle à Au nord, les palais de Ange-Jacques Gabriel
colonnade dans une (1698-1782), inspirés de la colonnade du
parfaite symétrie. Le Louvre, forment un ensemble très
pont de la Concorde harmonieux. À l’ angle est, se dresse l’ ex-
(1787-1791) se prête à ministère de la Marine, à l’ ouest, le luxueux
cette mise en scène : hôtel Crillon, qui a fêté en 2007 son
les pierres qui servirent centenaire, et l’ Automobile-Club de France.
à sa partie haute Le palace jouxte l’ ambassade des États-Unis,
viennent de la prison de véritable camp retranché.
la Bastille, démolie par Elle
Fondation d’entreprise Ricard G (plan 6, B2)
le peuple à la est établie dans un bel immeuble cossu, à deux
Révolution. Un vrai pas de l’ ambassade des États-Unis – toujours
symbole pour mener à sous haute surveillance. Dédiée à l’ art
l’Assemblée nationale. contemporain, la fondation expose les travaux
de jeunes artistes et donne régulièrement carte
blanche à des commissaires pour des expositions collectives. Chaque mois,
le public est invité à participer à des débats. M° Concorde 12, rue
Boissy-d’Anglas 75008 Accès handicapés par le 9, rue Royale
(contacter l’accueil) Tél. 01 53 30 88 00 www.fondation-entreprise-
ricard.com Ouvert mar.-sam. 11h-19h
O L’AXE TRIOMPHAL AU
ZÉNITH Fermé j. fér. Entrée libre Visites
Chaque année, on peut commentées Sans rés. mer. à 12h30,
assister au spectacle sam. à 12h30 et 16h
éblouissant du soleil se
couchant sous l’arche
de l’Arc de triomphe.
Les meilleurs spots
d’observation (attention
de bien protéger vos
yeux) sont la place
Clemenceau et la place
de la Concorde.

✩ Autour de la place Vendôme


✰ Les essentiels La place Vendôme, l’église Saint-
Roch À proximité La Madeleine, l’Opéra, la place
des Victoires Sans oublier nos adresses
préférées Shopping F ; Cafés, bars et lieux de sortie
F ; Restauration 1er et 2e ardts F et F

Cœur battant du luxe et de la finance, figure mondiale de l’ élégance à la


française, la place Vendôme et son quartier profitent d’ une situation
extrêmement privilégiée au nord du jardin des Tuileries, où en quelques
foulées seulement, les millionnaires en villégiature peuvent aller faire…
leur running !
★ Place Vendôme G (plan 6, C3) Il faut bien l’ avouer : le premier coup d’ œil
sur la place au détour de la rue Saint-Honoré est proprement époustouflant !
Inchangées depuis le XVIIIe siècle, les hautes façades de Jules Hardouin-
Mansart sont d’ une harmonie et d’ une élégance classique sans faille,
imposantes sans être prétentieuses : arcades en plein cintre couronnées de
mascarons, deux étages de fenêtres asymétriques, balustrades en fer forgé
portant chacune un soleil doré en hommage au roi, frontons et colonnes
classiques. Quant à la colonne Vendôme, isolée sur le terre-plein central,
elle est vertigineuse. Puis l’ on détaille les devantures des boutiques triées
sur le volet qui ont pignon sur ce que Le Corbusier considérait comme “l’ un
des trésors les plus purs du patrimoine mondial”. Pas de doute, nous
sommes ici au royaume du luxe. Remarquez, à gauche de l’ entrée du
ministère de la Justice (au n°13), le mètre-étalon installé là par la
Convention en 1797 pour familiariser les Parisiens avec cette nouvelle unité
de mesure. Des seize initialement répartis dans la capitale, il n’ en reste que
deux (l’ autre se trouvant au 36, rue de Vaugirard). Au nord et au sud,
percées au début du XIXe siècle pour ouvrir la vaste place aux nouveaux
quartiers, la rue de la Paix et la rue de Castiglione accueillent, elles aussi,
des boutiques de luxe et quelques palaces. M° Tuileries, Pyramides,
Opéra
Un peu d’histoire Dessinée par Jules Hardouin-Mansart, la place répond au
souhait de Louis XIV de doter la capitale de places monumentales, quasi
inexistantes jusque-là. C’ est en 1686 que Louvois, surintendant des
Bâtiments, achète au nom du roi l’ hôtel de Vendôme et le couvent des
Capucines, pour y tracer une “place des Conquêtes” dédiée à Louis le
Grand. Organisée autour d’ une statue du Roi-Soleil, elle incarne l’ idéal
esthétique du Grand Siècle : symétrie, harmonie, majesté. Mais l’ opération
fut d’ abord un fiasco : le projet d’ y installer des institutions de l’ État,
notamment la Bibliothèque royale, n’ aboutit pas et, pendant près de vingt
ans, seules se dressent les façades. C’ est au début du XVIIIe siècle que de
grands financiers, au premier rang desquels le tristement célèbre John Law
(dont l’ “invention” du papier-monnaie précipita le pays dans la faillite),
s’ intéressent au site et font construire de somptueux hôtels particuliers à
l’ arrière des façades. Symbole de la monarchie et de la fortune, la place sera
prise d’ assaut sous la Révolution. On y exhibe, au bout de piques, les têtes
tranchées d’ aristocrates, ce qui lui vaut le nom de “place des Piques”. Le
10 août 1792, Danton y proclame la naissance de la République ; la statue
de Louis XIV est abattue trois jours plus tard. À la Belle Époque, au début
du XXe siècle, les plus riches familles de la capitale occupent de nouveau les
hôtels de la place, sur laquelle s’ installent alors les joailliers du Palais-
Royal. Le siège du Crédit foncier prend possession de l’ hôtel d’ Évreux.
La colonne Entre 1806 et 1810, Napoléon fait ériger la colonne de la
Grande Armée en l’ honneur des soldats vainqueurs à Austerlitz. Fondue à
partir des 1 200 canons pris aux Autrichiens, culminant à 44m, elle s’ inspire
de la colonne Trajane, à Rome, avec ses bas-reliefs en spirale contant la
campagne de la Grande Armée ; à son sommet trône une statue de
Napoléon en empereur romain, couronné de lauriers. En 1814, cette
dernière est abattue pour laisser place au drapeau blanc des Bourbons, et est
remplacée, sous Louis-Philippe, par un Napoléon en redingote. L’ effigie
impériale retrouvera sa toge sous le Second Empire (Napoléon III réside au
n°4-6 de la place) mais, en 1871, la colonne, considérée comme un symbole
“de force brute et de fausse gloire”, est mise à bas. Gustave Courbet,
délégué aux Beaux-Arts de la Commune, est jugé à ce titre responsable.
Menacé d’ avoir à payer une somme exorbitante pour en financer la
reconstruction, décidée en 1873, le peintre, après avoir déjà purgé six mois
de prison, voit ses biens saisis et vendus aux enchères.

Vendôme, à jamais
De prestigieux joailliers une ou deux fois centenaires (Boucheron,
Van Cleef & Arpels) côtoient Dior ou Chanel. Cartier expose ses
dernières fantaisies dans l’écrin d’une vitrine étroite et d’une
élégance très classique. Une berline de luxe dépose quelque
grand de ce monde devant le Ritz (fondé en 1896 par le Suisse
César Ritz), dont la sobre façade cache tout le chic d’un grand
palace à la française. La bucolique terrasse du bar Vendôme,
l’atmosphère feutrée du bar Hemingway ou les délices du
restaurant L’Espadon, l’une des plus grandes tables de Paris, sont
d’excellentes raisons de pousser la porte de ce temple du
raffinement (mais attention ! tenue très, très correcte exigée).
Juste à côté, le ministère de la Justice a quelque chose… d’un
peu déplacé.
Réouverture de l’hôtel, du bar Hemingway et de l’Espadon après
travaux, fin 2015

Autour de la place Vendôme


LUXE, SUPERLUXE ET… Rue Saint-Honoré G (plan 6, B3-C3) Tracée au
Moyen Âge, comme en témoigne son parcours
O La rue Saint-Honoré
SUPERFLU
sinueux, elle relie la rue Royale, près de la
est l’un des rendez- Madeleine, aux Halles. Ce fut le premier axe
vous du shopping (très) de communication est-ouest du quartier avant
haut de gamme à le percement de la rue de Rivoli, au
Paris… Les vitrines e
XIX siècle. Autrefois bordée de couvents et
méritent le coup d’œil, d’ hôtels particuliers, dont le somptueux hôtel
pour la beauté des de Noailles, détruit en 1830, elle rassemble
objets présentés, mais aujourd’ hui un grand nombre de boutiques de
aussi pour luxe ou de pseudo-luxe, ainsi que des
l’extravagance de leurs commerces et des cafés. M° Tuileries,
décors. Comme tout Pyramides
royaume a son palais,
Place du Marché-Saint-Honoré G (plan 20, A1-A2)
la rue Saint-Honoré a Sur le site de l’ ancien couvent des Jacobins
Colette, le véritable et (autre nom des Dominicains, dont le siège se
célèbre temple de la trouvait rue Saint-Jacques). Après la
branchitude parisienne : suppression des ordres au début de la
pénétrez-y ou vous ne Révolution, le célèbre club des Jacobins de
saurez jamais combien Robespierre y tenait ses réunions. Détruit en
le goût de la distinction 1810, il laissa place en 1864 à une halle
peut rejoindre le goût dessinée par Victor Louis, où se tint jusqu’ au
de l’inutile, non sans début du XXe siècle un marché populaire.
humour… G (plan 20,
A2 n°81)
Construit en 1996 par Ricardo Bofill pour
abriter boutiques et bureaux, l’ immense
édifice d’ acier et de verre, a remplacé un hideux “blockhaus” en béton. Sur
la place, une multitude de restaurants couronnent la halle. M° Pyramides
Accès par la rue du Marché-Saint-Honoré Marché Saint-Honoré G
Ouvert mer. 12h30-20h30, sam. 7h-15h
✩ Église Saint-Roch G (plan 20, A2)Cette église due à Jacques Lemercier, et
dont les travaux débutèrent en 1653 avant de s’ éterniser faute de moyens,
fut achevée grâce à un don de 100 000 livres du financier écossais John
Law – il s’ y était converti au catholicisme en 1719, et n’ avait pas encore
mené la France à la banqueroute… La façade (1740), d’ une sobriété
caractéristique du style classique français, est conçue par Robert de Cotte.
La paroisse jouit d’ une grande popularité auprès des artistes et intellectuels
de la capitale : Le Nôtre, Corneille et Diderot s’ y feront inhumer. Le
5 octobre 1795, un jeune général du nom de Bonaparte s’ illustre en faisant
mitrailler des insurgés royalistes réfugiés sur les marches du parvis. À
l’ intérieur, on ne peut qu’ être surpris par les dimensions de l’ église (c’ est
l’ une des plus grandes de Paris), qui est en outre dotée d’ un riche
patrimoine artistique ; si elle n’ a pas échappé aux pillages de la Révolution,
elle a en effet récupéré une partie de ses biens ainsi que des œuvres d’ art
provenant d’ autres églises. On notera surtout la grande originalité de sa
construction : une succession d’ espaces du sud au nord jusqu’ à la chapelle
du Calvaire (restaurée en 2006). La plus imposante chapelle, la chapelle de
la Vierge, fut dessinée par Jules Hardouin-Mansart en 1705. L’Assomption
(1756) de Jean-Baptiste Pierre orne son immense coupole et une Nativité
(1665), marbre de Michel Anguier, son autel. Remarquez, au coin de la rue
Saint-Roch, les deux échoppes intégrées dans le flanc de l’ église : une
pratique qui était autrefois monnaie courante. M° Pyramides 296, rue
Saint-Honoré ou 24, rue Saint-Roch 75001 Tél. 01 42 44 13 20
www.saintrochparis.cef.fr Ouvert tlj. 8h30-19h ; juil.-août : mar.-dim.
Mardis musicaux Concerts variés 12h30-13h15 (sauf vacances
scolaires) Entrée libre G Concerts classiques Tél. 01 42 44 13 26 G
Gospel Dream Tél. 01 43 14 08 10 www.gospeldream.fr

o Où déguster le meilleur jambon-beurre de Paris ?


F M° Madeleine 8, rue des Capucines
Le Petit Vendôme G (plan 6, C2 n°21)
75002 Ouvert mar.-ven. 8h-1h, lun. 8h-17h, sam. 10h-17h Cuisine
12h-15h, 18h30-23h

o Où gober des huîtres sur le pouce ?


Pour qui rêve de manger un plat
Écume Saint-Honoré G (plan 20, A2 n°11)
de fruits de mer au milieu des étals de poissons ! L’échoppe est
minuscule et les tables aux tabourets hauts pas très nombreuses,
alors attention aux embouteillages. Huîtres, palourdes, praires,
moules, vernis, violets, etc. sont servis avec un verre de muscadet…
Comptez env. 20€. M° Pyramides 6, rue du Marché-Saint-Honoré
75001 Tél. 01 42 61 93 87 Ouvert mar.-jeu. 11h-19h, ven.-sam. 11h-
22h

o Changer de coiffure dans un douillet appartement


L’ambiance des salons de coiffure
฀ Sylvie Coudray, L’Atelier G (plan 6)
vous hérisse le poil ? Sylvie Coudray a pensé à vous en installant le
sien dans un appartement de 150m2. Après avoir passé des années
dans le quartier de la Nouvelle Athènes, la voici dans le centre de
Paris, dans une ambiance “Dame aux camélias” : moulures au
plafond, dorures, parquet et grandes tentures, moquettes épaisses,
petits salons douillets où patienter avec un thé… Tout le mobilier est
chiné et l’on y vit l’expérience de la coiffure autrement, comme un
hôte de marque qui reçoit un service personnalisé. Un vrai moment
de détente dans un cadre cosy. Coupe 70€. M° Concorde 400, rue
Saint-Honoré 75001 Tél. 01 42 60 45 46 Sur rdv Ouvert lun.-sam.
9h30-19h

✩ Le Palais-Royal et ses environs


✰ Les essentiels Le jardin du Palais-Royal, l’église
Saint-Germain-l’Auxerrois, la place des Victoires, la
galerie Vivienne À proximité Le Louvre, l’Opéra, la
Bourse, les Halles, Saint-Germain-des-Prés Sans
oublier nos adresses préférées Shopping F ;
Cafés, bars et lieux de sortie F ; Restauration 1er et
2e ardts F et F

★ Palais-Royal G (plan 6, D3) Témoin privilégié de trois siècles d’ histoire


politique, intellectuelle et artistique, le Palais-Royal a subi au cours de cette
période de multiples transformations. Théâtre des premiers soubresauts de
la Révolution, il connut son apogée à la fin du XVIIIe siècle, où il devint l’ un
des endroits les plus gais et les plus animés de Paris, un lieu de débat, de
débauche et de bonne chère dont le prestige dépassait largement les
frontières de la France. L’ un des plaisirs d’ une visite au Palais-Royal est de
parcourir les galeries encadrant le jardin, avec leurs vieilles boutiques et les
passages mystérieux s’ ouvrant sur les rues étroites qui l’ entourent.
M° Palais Royal-Musée du Louvre Pl. du Palais-Royal 75001
Un peu d’histoire En 1624, le cardinal de Richelieu achète le vieil hôtel de
Rambouillet qui a l’ avantage d’ être situé à deux pas du Louvre, le long de
l’ enceinte de Charles V. Il demande à Jacques Lemercier de lui construire
un immense et luxueux hôtel particulier. La démolition des remparts et
l’ achat des propriétés mitoyennes permettent l’ agrandissement du Palais-
Cardinal, achevé en 1636. Richelieu le dote d’ un vaste jardin et de deux
théâtres, avant de léguer le tout au roi à sa mort, en 1642. Le Palais-
Cardinal devient Palais-Royal : Anne d’ Autriche et le jeune Louis XIV s’ y
installent dès 1643 ; Louis Le Vau, architecte du Roi-Soleil, sera ensuite
chargé d’ en réaménager plusieurs parties. En 1661, Monsieur, frère du roi et
duc d’ Orléans, hérite des lieux et de nouveaux remaniements seront opérés,
notamment par Hardouin-Mansart. À partir de 1781, le duc de Chartres, qui
sera bientôt rebaptisé Philippe-Égalité, se lance dans un vaste projet
immobilier et fait construire par Victor Louis les édifices sur galeries
encadrant le jardin qui s’ étend au nord ; son but est d’ en faire des locaux
commerciaux pour renflouer ses caisses. Deux nouveaux théâtres verront
également le jour, le Théâtre-Français (connu aujourd’ hui comme la
Comédie-Française) et le Théâtre du Palais-Royal. Entré dans le domaine
public lorsque Philippe-Égalité est guillotiné en 1793, le Palais-Royal est
restitué à la famille d’ Orléans à la Restauration, en 1814. Pillé en 1848, il
accueillera sous le Second Empire des membres de la famille impériale.
Incendié sous la Commune, en 1871, le palais est restauré et devient le
siège de la Cour des comptes (qui déménagera à la fin du siècle), du sous-
secrétariat d’ État aux Beaux-Arts (aujourd’ hui le ministère de la Culture) et
du Conseil d’ État. Créé en 1958, le Conseil constitutionnel y élit domicile.
Au cours des années 1980, la cour d’ honneur est réaménagée pour accueillir
des sculptures contemporaines.
Visite De la place du Palais-Royal, on découvre l’ aile sud du palais. Ses
bâtiments, sur le site de l’ ancien Palais-Cardinal, furent reconstruits après
l’ incendie de 1763. Elle est occupée par le Conseil d’ État et la cour de
l’ Horloge. En remontant, à droite du Conseil d’ État, la rue de Valois, on
débouche sur la gauche, par un étroit passage, sous les arcades de la cour
d’ honneur. Celle-ci fut remaniée en 1986 pour accueillir les colonnes de
Buren, nom populaire de l’ installation Les Deux Plateaux. Cette dernière fit
tant scandale que le projet dut être interrompu. Aujourd’ hui, les
260 colonnes aux rayures grises et blanches larges de 8,5cm, signature de
l’ artiste, Daniel Buren, font partie du décor. En été, les enfants rivalisent
d’ ingéniosité pour récupérer les pièces de monnaie tombées à travers les
grilles du sol dans la rivière souterraine : il est d’ usage de lancer une pièce
sur les colonnes et de faire un vœu si elle reste en place… Sur la cour, l’ aile
ouest abrite la galerie de Chartres, que surplombe la verrière de la Comédie-
Française. À l’ est, la galerie des Proues déploie de grands reliefs
représentant des ancres surmontées d’ une… proue de navire. Unique
vestige du Palais-Cardinal, ils rappellent que Richelieu, Premier ministre du
Roi, avait en charge le département de la Marine. Au nord de la place se
dressent les vestiges de la galerie d’ Orléans, dont les deux portiques
aériens, construits sous la Restauration, formaient alors une galerie vitrée.
Entre les deux colonnades, les badauds s’ attardent le temps d’ une photo
près des deux Sphérades de Pol Bury (1985), fontaines minimalistes garnies
de grosses billes d’ acier aux reflets amusants…
Jardin du Palais-Royal G (plan 6, D3) On accède alors au jardin du Palais-Royal.
Ses bancs, disposés à l’ ombre des rangées de tilleuls, près du bassin ou
parmi les parterres géométriques, sont, à la belle saison, une vraie invitation
à la paresse. À l’ extrémité de la pelouse donnant sur la cour d’ honneur, le
petit canon est une réplique du “canon de midi” (1786) : ce cadran solaire
(disparu en 1998) était muni d’ un petit canon chargé de poudre et surmonté
d’ une loupe, laquelle concentrant les rayons solaires au zénith le faisait
tonner chaque jour à midi. À l’ origine, le jardin était beaucoup plus vaste et
ouvrait sur un bosquet où l’ on organisait des simulacres de chasse pour le
jeune Louis XIV. Au siècle des Lumières, savants et intellectuels s’ y
réunissent pour discuter des dernières controverses, des thèses
philosophiques et autres avancées scientifiques. Au Café de Valois et au
Café de la Régence, on rivalise d’ éloquence, quand on ne joue pas aux
échecs… Diderot, d’ Alembert, Voltaire et Bernardin de Saint-Pierre font
partie des habitués. À l’ orée de la Révolution, le jardin est un espace de
débats et de harangues où règne une perpétuelle effervescence. Au début du
e
XIX siècle, les arcades accueillent les meilleurs restaurateurs de la ville. Au
nord-ouest du jardin, sous le péristyle de Joinville, se trouve toujours le
fameux Grand-Véfour, l’ une des meilleures tables de Paris, très prisée des
grands de ce monde. Fondé en 1784 sous le
O Créées au début
JARDIN DES PLAISIRS
nom de Café de Chartres, il se distingue par le
des années 1780, les raffinement de ses murs et plafonds, que l’ on
galeries du Palais- aperçoit de l’ extérieur. M° Palais Royal-
Royal connaissent un Musée du Louvre 6, rue de Montpensier
succès retentissant et 75001 Accès par la place du Palais-
fourmillent très vite de Royal, la rue de Montpensier, la rue de
cafés et restaurants, de Beaujolais ou la rue de Valois Tél. 01 47
salles de jeu et de 03 92 16 www.monuments-nationaux.fr
maisons closes : la Ouvert avr.-mai : tlj. 7h-22h15 ; juin-août :
police n’a pas accès à tlj. 7h-23h ; sept. : tlj. 7h-21h30 ; oct.-
la demeure des mars : tlj. 7h30-20h30
d’Orléans ! Véritable Rues de Valois, de Beaujolais et de Montpensier G
ville dans la ville, où se (plan 6, D3) Ces rues étroites, tracées à
pressent gazetiers et l’ initiative du futur Philippe Égalité (qui leur a
orateurs, le jardin donné le nom de ses fils), encadrent les
devient le principal bâtiments du Palais-Royal et communiquent
foyer de l’agitation avec lui par de petits passages sous arcades,
révolutionnaire. C’est dont quelques-uns sont très charmants. À l’ est,
sous ses arcades que la rue de Valois longe d’ abord l’ immense
Camille Desmoulins édifice en U, où est installé le ministère de la
lance sa célèbre Culture : l’ immeuble des Bons-Enfants. Il
harangue un certain s’ agit en fait de deux bâtiments dont les
13 juillet 1789 ! En différences de style sont voilées par une
1836, Louis-Philippe fait immense résille métallique (dont le motif
fermer maisons closes serait inspiré d’ une œuvre de la Renaissance
et tripots. Les lieux ornant le palais du Tè à Mantoue !). La rue
tombent alors dans une donne ensuite sur la petite place de Valois,
douce torpeur… encore dont le tracé insolite rappelle qu’ elle servit de
palpable. cour au palais, avant d’ en être séparée par le
percement de la rue de Valois en 1787. On
rejoint enfin la rue de Beaujolais, l’ une des plus jolies du quartier avec, au
n°8, les étroits escaliers d’ un passage dérobé rejoignant la rue des Petits-
Champs. Le Théâtre du Palais-Royal marque l’ angle avec la rue de
Montpensier, sur le flanc ouest du Palais-Royal. Édifié par Victor Louis en
1784, racheté en 1789 par la Montansier, il finit par se prêter aux activités
les plus frivoles sous le nom de Café de la Paix ; il s’ est depuis spécialisé
dans le théâtre de boulevard. Juste en face, le charmant passage de
Beauj olais, l’ un des plus vieux de Paris, monte vers la rue de Richelieu.
M° Palais Royal-Musée du Louvre

Autour de la place du Palais-Royal


Encadrée par le Louvre et le Conseil d’ État, elle n’ en reste pas moins l’ un
des spots favoris des mordus du roller acrobatique qui s’ y livrent à de
véritables cascades ! Sur son annexe au nord-ouest, la place Colette
(plan 6, D3), ne manquez pas le K iosque des noctambules : cette bouche
de métro mise en place en 2000 est l’ œuvre de l’ artiste Jean-Michel
Othoniel. Toute d’ aluminium et de perles de verre coloré, elle est on ne peut
plus royale…
Théâtre-Français-Comédie-Française G (plan 6, D3) Sur la place Colette, cette
salle légendaire incarne le classicisme du théâtre français. En 1786, le duc
d’ Orléans confie à Victor Louis la construction d’ un opéra sur le côté ouest
du Palais-Royal. L’ extérieur du bâtiment, avec sa balustrade de pierre et ses
galeries à colonnes doriques s’ inscrivant parfaitement dans la continuité de
celles du palais, n’ a que peu changé depuis la fin du XVIIIe siècle. La salle
Richelieu, salle à l’ italienne de renommée mondiale, fut détruite par un
incendie en 1900 mais reconstruite à l’ identique. Le “Français” accueille
aujourd’ hui encore un répertoire soigneusement sélectionné : quelque
3 000 œuvres choisies depuis 1680. À voir également : l’ escalier d’ honneur,
construit en 1864, le foyer, où trônent les bustes de Corneille, par Caffieri,
et de Molière, par Houdon. M° Palais Royal-Musée du Louvre Pl.
Colette 75001 www.comedie-francaise.fr
Molière en trois coups
Le Palais-Royal eut partie liée avec Molière dès 1661, quand il
s’installa avec sa troupe dans l’ancienne salle du Petit-Cardinal (à
l’angle des rues de Valois et Saint-Honoré). Il y créa L’Avare,
Le Misanthrope, y fit scandale avec L’École des femmes, Tartuffe
et Dom Juan. Pris d’un malaise à la fin de la quatrième
représentation du Malade imaginaire, il mourut le 17 février
1673 dans sa demeure située au niveau du 40, rue de Richelieu
(aujourd’hui disparue). En sa mémoire fut érigée en 1844 la belle
fontaine Molière (plan 20, B2), à l’angle des rues de Richelieu et
Traversière (aujourd’hui rue Molière) : encadrant le piédestal, des
marbres de Pradier représentent les deux faces du génie,
Comédie sérieuse et Comédie légère… Le Théâtre-Français
rend un culte vivant à l’auteur : depuis 1791, il accueille la troupe
des comédiens-français, née en 1680 du regroupement, par ordre
du roi, des comédiens de Molière et de troupes rivales. Ce fil plus
que tricentenaire n’a jamais été rompu ! Au “Français”, on peut
admirer sous une cage de verre le fauteuil même où Molière joua,
pour sa dernière, le Malade imaginaire…

✩ Église Saint-Germain-l’Auxerrois G (plan 5, D1) Elle se dresse face à la


grandiose colonnade du Louvre, sur le site d’ un sanctuaire mérovingien
dédié à saint Germain, évêque d’ Auxerre. De l’ édifice roman des XIe-
e
XII siècles seule subsiste la base du clocher, l’ église ayant été rebâtie au
e e e e
XIII siècle, remaniée aux XV , XVI et XVIII , puis restaurée après sa mise à
sac en 1831. Son porche ajouré de la fin du XVe siècle est unique en son
genre dans la capitale, avec celui de la Sainte-Chapelle. Il jouit d’ une
luxuriante ornementation, caractéristique du gothique flamboyant.
Remarquez la délicate Cène qui orne la clé de voûte de sa partie droite.
L’ intérieur de l’ église, sobre et lumineux, mérite vraiment une visite. La
chapelle du Saint-Sacrement, sur le bas-côté droit, abrite une magnifique
fresque d’ Amaury-Duval, élève d’ Ingres, Le Couronnement de la Vierge.
Au milieu de la nef, une chaire sculptée de Mercier (XVIIe s.) fait face à un
banc d’ œuvre royal dessiné par Le Brun (1682), don de Louis XIV. Saint-
Germain était, en effet, la paroisse des rois quand ils résidaient au Louvre.
Des architectes et artistes logés dans les galeries du palais, comme Le Vau
et Chardin, s’ y firent enterrer. La chapelle du bas-côté gauche, derrière le
banc, abrite un somptueux retable flamand en chêne sculpté du début du
e e
XVI siècle. Derrière le chœur, refait au XVIII siècle, l’ abside est éclairée par
de magnifiques vitraux, dont la composition et les coloris sont ceux de la
Sainte-Chapelle. Notre-Dame de la Garde fait l’ objet d’ une grande
vénération, en témoignent les ex-voto qui tapissent sa chapelle, à gauche du
chœur. Le buffet d’ orgue (1756), au-dessus de l’ entrée, provient de la
Sainte-Chapelle. La mairie du 1er ardt, érigée en 1857-1860 par Hittorff à
gauche de l’ église, en est un pastiche néo-Renaissance controversé. Une
statue de la Loi domine son fronton, en contrepoint laïque au saint Michel
qui veille sur Saint-Germain-l’ Auxerrois. Les deux édifices se répondent en
une étrange symétrie de part et d’ autre du beffroi néogothique édifié par
Ballu en 1860 et pourvu d’ un carillon en 1878. M° Louvre-Rivoli
2, Place du Louvre 75001 Tél. 01 42 60 13 96
www.saintgermainauxerrois.cef.fr Ouvert mar.-sam. 9h-19h, dim.
9h30-20h30 Visite libre En dehors des offices Visite guidée Gratuite
tous les 2e dim. du mois à 14h30 Messe Avec chants grégoriens
dim. à 19h Carillon Concert gratuit (38 cloches) mer. 13h30-14h
฀ Galerie Véro-Dodat G (plan 5, D1)À l’ est du Palais-Royal, elle mérite un
détour. Ouverte en 1826 par MM. Véro et Dodat, charcutiers de leur état,
elle est l’ un des plus beaux passages couverts de Paris, avec ses vieilles
colonnes et corniches, ses devantures auxquelles la patine du temps confère
un surcroît de charme. Le Café de l’ Époque, qui s’ y trouve toujours, fut très
célèbre au XIXe siècle. M° Palais Royal-Musée du Louvre Accès par
le 2, rue du Bouloi et le 19, rue Jean-Jacques-Rousseau (à l’angle
de la rue Croix-des-Petits-Champs) Ouvert lun.-sam. 7h-22h Fermé
j. fér.

La place des Victoires et ses environs


Place royale méconnue mais non moins charmante, elle reste un haut lieu
du shopping haut de gamme, dont le prestige éclate notamment dans la belle
galerie Vivienne. À deux pas, le site historique de la Bibliothèque nationale
de France, rue Richelieu, distille le charme sans faille d’ une institution
située, elle, au-dessus des modes.
Construite en 1685 par Hardouin-Mansart,
✩ Place des Victoires G (plan 6, D3)
en même temps que la place Vendôme, elle se distinguait par son harmonie
hors du commun et l’ originalité de son tracé circulaire. La statue pédestre
placée en son centre représentait Louis XIV triomphant, les quatre captifs à
ses pieds, aujourd’ hui déposés au musée du Louvre, cour Puget,
symbolisant les nations ennemies, vaincues lors de la guerre de Hollande.
Abattu sous la Révolution, le monument fut remplacé en 1822 par une autre
effigie du roi, cette fois-ci équestre, œuvre de François Joseph Bosio. La
belle symétrie de la place se trouva altérée par les travaux d’ Haussmann et
le percement de la rue Étienne-Marcel dans les années 1880. Il faut dire
que, jouxtant la Banque de France et l’ hôtel des Postes (rue Jean-Jacques-
Rousseau), elle était devenue très fréquentée. M° Bourse, Palais Royal

Rêves d’artistes
Le Laboratoire, centre d’art privé ouvert
Le Laboratoire G (plan 6, D3)
par un scientifique et mécène américain dans une imprimerie du
Second Empire, se plaît dans l’expérimentation multidisciplinaire.
Vous rêviez de déguster une tomate carrée nappée de perles
d’huile ? De découvrir le travail en commun d’un compositeur et
d’un mathématicien sur la notion de sublime ? Quand le génie
scientifique permet de réaliser le rêve d’un artiste, les visiteurs
ne sont pas au bout de leurs surprises… M° Louvre-Rivoli,
Palais Royal-Musée du Louvre 4, rue du Bouloi 75001
Tél. 01 78 09 49 50 www.lelaboratoire.org Ouvert ven.-lun. 12h-
19h Tarif 6€, réduit 4,50€

Banque de France G (plan 6, D3) Cette vénérable institution est créée en


janvier 1800 par Bonaparte pour favoriser la reprise de l’ activité
économique, mise à mal par les années révolutionnaires, et émettre des
billets. En 1810, elle installe son siège dans le splendide hôtel de La
Vrillière, construit de 1635 à 1640 par François Mansart et remanié de
1713 à 1719 par Robert de Cotte. Le site empiète peu à peu sur les hôtels
voisins, jusqu’ à occuper un immense pâté de maisons, avant d’ être
réaménagé de 1853 à 1865. La façade monumentale de la rue Croix-des-
Petits-Champs date de 1853, de même que le portail de la rue La Vrillière,
encadré par deux reliefs symbolisant l’ Industrie et le Commerce. Tout
comme les réserves nationales d’ or, aménagées sous le bâtiment, la Banque
de France protège jalousement son patrimoine : la Galerie dorée (1645),
spectaculaire exemple de galerie d’ apparat à l’ italienne devenue salon de
réception du Gouverneur (ne se visite que quelques fois par an). À voir
aussi, à l’ angle de la rue La Vrillière, l’ hôtel de Jaucourt (1733),
reconnaissable à l’ étrange physionomie de ses tourelles massives
imbriquées l’ une dans l’ autre. M° Palais Royal-Musée du Louvre 1-
3, rue La Vrillière 75001
Musée en herbe G (plan 6, D3) Le musée en herbe du Jardin d’ acclimatation
dispose désormais d’ une antenne dans l’ élégant quartier qui borde la place
des Victoires. Là aussi le jeune public est invité à s’ initier à l’ art de manière
ludique et interactive : une animatrice entraîne les enfants à l’ intérieur d’ un
tableau pour leur faire revivre la vie de ses personnages. En relation avec
l’ exposition du moment sont proposés des ateliers d’ arts plastiques aux
grands et aux petits dès 2 ans et demi. Le musée abrite aussi une librairie
jeunesse et une galerie dévolue aux jeunes créateurs. M° Étienne Marcel,
Louvre-Rivoli, Bourse 21, rue Hérold 75001 Tél. 01 40 67 97 66
www.musee-en-herbe.com Ouvert ven.-mer. 10h-19h, jeu. 10h-21h
Tarif visite adulte 6€, réduit 5€ ; enfant 10€ (adulte 6€), 2 ans 1/2 -
4 ans 1/2 6€ (adulte 4€) Atelier 10€ sur rés.
Galeries Vivienne, Colbert et passage Choiseul GLe quartier compte trois des
plus beaux passages couverts parisiens, tracés à une époque où ces galeries
marchandes jouissaient d’ une grande popularité. À deux pas de la place des
Victoires, la rue des Petits-Champs donne accès à la splendide ✩ galerie
Vivienne. Ouverte en 1826, elle fut dessinée par Jean-François Delannoy
pour un certain Marchoux, président de la chambre des notaires.
Parfaitement restaurée, elle retrouve une certaine animation grâce à son
agréable bar-restaurant, à ses librairies et à ses commerces. Les boiseries
claires de ses boutiques, ses verrières et sa coupole éclairant son sol en
mosaïque délicate ont toujours autant d’ allure. Le décor des murs et des
arches est tout entier dédié au négoce : ancres, cornes d’ abondance,
caducées de Mercure (protecteur du commerce). Allées et passages
secondaires forment en fait un vrai dédale qui communique avec la galerie
Colbert. Tracée la même année, dans le même pâté de maisons, cette
dernière se livra à une concurrence acharnée avec sa voisine. Son style en
diffère notablement, un rien plus pompeux avec ses belles colonnes en
marbre et sa splendide rotonde. Bien moins vivante que sa meilleure
ennemie, elle abrite un centre de conférences et de recherche universitaire.
Plus loin sur la rue des Petits-Champs, on pénètre dans le célèbre passage
Choiseul. Inauguré en 1827, il fut l’ un des plus courus de Paris. Alphonse
Lemerre, premier éditeur de Verlaine, tenait une librairie au n°23. Céline,
qui y passa toute son enfance (au n°67 puis au n°64), évoque les lieux,
rebaptisés “passage des Bérésinas”, dans Mort à crédit. Le passage donne
également sur l’ arrière des Bouffes-Parisiens, ancien théâtre de Jacques
Offenbach ; grâce à ses boutiques, ses librairies et ses restaurants, il est
resté très vivant. www.passagesetgaleries.org Galerie Vivienne G
(plan 6, D3) Accès par le 4, rue des Petits-Champs, le 5, rue de la
Banque et le 6, rue Vivienne www.galerie-vivienne.com Ouvert tlj.
8h30-20h30 Galerie Colbert G (plan 6, D3) Accès par le 6, rue des
Petits-Champs et le 4, rue Vivienne Ouvert tlj. 24h/24 Passage
Choiseul G (plan 20, B1) M° Bourse Accès par le 40, rue des
Petits-Champs et le 23, rue Saint-Augustin Ouvert lun.-sam. 8h-20h
Fondée au
Bibliothèque nationale de France, site Richelieu G (plan 20, B1-B2)
e
XIV siècle dans la tour de la Fauconnerie du Louvre par Charles V, la
bibliothèque royale s’ enrichit considérablement sous le règne de
François Ier, qui décrète le dépôt légal obligatoire, à la bibliothèque des
châteaux de Blois puis de Fontainebleau, d’ un exemplaire de chaque livre
imprimé. Renaissance oblige, le roi fait acheter des centaines de manuscrits
grecs, romains, orientaux. En 1666, Colbert installe la bibliothèque du roi,
devenue trop volumineuse pour le Louvre, dans l’ une de ses demeures de la
rue Vivienne. Conscient de la portée politique d’ une telle institution, il
s’ emploie à l’ enrichir par des acquisitions prestigieuses pour en faire un
instrument à la gloire de Louis XIV. L’ afflux sans précédent d’ ouvrages
imprimés et de manuscrits justifie l’ extension du site, qui absorbe les hôtels
mitoyens, alors que s’ élaborent pas à pas des principes de classification
toujours en usage. Longtemps réservée aux seuls savants, la bibliothèque
ouvre ses portes au plus grand nombre à partir de 1720 sur décision du
Conseil du roi. L’ enrichissement des fonds s’ accélère encore après la
Révolution au rythme des confiscations des bibliothèques du clergé, des
émigrés, des universités, académies et sociétés savantes, accompagnées par
l’ augmentation notable de la quantité d’ ouvrages imprimés. À partir de
1858, l’ architecte Henri Labrouste réaménage la bibliothèque, devenue
impériale, pour rationaliser l’ utilisation des espaces et améliorer l’ accès à
près d’ un million de volumes. S’ inspirant de la British Library, il crée deux
salles monumentales (l’ une pour le public, l’ autre pour les chercheurs)
éclairées par des coupoles. Depuis la création (1996) de la Bibliothèque
nationale de France à Tolbiac, le site Richelieu est réservé aux départements
des Manuscrits, des Estampes et de la Photographie, des Cartes et Plans, des
Monnaies, Médailles et Antiques, de la Musique et des Arts du spectacle.
M° Bourse 58, rue de Richelieu 75002 Paris Accès aux salles de
lecture sur accréditation (rens. sur le site Internet) www.bnf.fr
Bibliothèque Ouvert mi-sept.-août : lun.-ven. 10h-18h, sam. 10h-17h
Fermé j. fér.
Visite Après le porche, en face de l’ entrée du square Louvois, la salle Ovale
est la première des deux salles de travail dessinées par Labrouste. Les
pupitres égayés de petites lampes vertes sont alignés sous d’ augustes voûtes
et une coupole centrale qui laisse passer la lumière du jour. Aux murs, des
fresques et médaillons dans le plus pur style impérial, et des rayonnages de
bois. En remontant l’ aile droite, on accède aux salles d’ expositions : la
crypte du sous-sol, la galerie Mansart qui propose d’ excellentes
expositions temporaires. Au fond de l’ aile, à gauche, derrière l’ escalier,
l’ immense salle de lecture des imprimés, chef-d’ œuvre de Labrouste, et son
élégante coupole entourée de lucarnes. À l’ étage, le Cabinet des monnaies,
médailles et antiques, sur deux niveaux, présente quelques-unes des plus
belles pièces du département du même nom, enrichi au fil des siècles par les
antiquités, attributs royaux, manuscrits et autres monnaies rassemblés par
les rois de France, puis les saisies des trésors des églises sous la
Révolution : plusieurs centaines de milliers d’ objets au total. Le musée
expose entre autres le trône dit “de Dagobert” (VIIe ou IXe s.), l’ échiquier dit
“de Charlemagne” (XIe s.), une partie des trésors de la Sainte-Chapelle et de
Saint-Denis, des médailles et camées à l’ effigie des rois de France, de
superbes antiquités romaines, grecques, égyptiennes, étrusques, arabo-
andalouses… À voir, au niveau supérieur, les splendides objets en argent
massif du trésor de Berthouville (Ier-IIe s.), et trois imposants médailliers,
dont un du célèbre atelier de Boulle (début du XVIIIe s.). Galerie Mansart
G Ouvert mar.-sam. 10h-19h, dim. 12h-19h Fermé j. fér. Ouvert
uniquement lors d’expositions temporaires Tarif 7€, réduit 5€
Cabinet des monnaies, médailles et antiques G Ouvert lun.-ven.
13h-17h45, sam. 13h-16h45, dim. 12h-18h Fermé j. fér. Entrée libre
Entrée provisoire 5, rue Vivienne
Square Louvois G (plan 20, B1) Donnant sur la rue de Richelieu, il abrite la
belle fontaine dessinée en 1844 par l’ architecte Louis Visconti et ornée de
sculptures de Jean-Baptiste-Jules Klagmann : quatre femmes représentant
les grands fleuves français (la Seine, la Loire, la Saône et la Garonne). Le
square, créé par Haussmann en 1859, occupe le site d’ un ancien opéra
construit en 1792 et rasé après que le duc de Berry, neveu de Louis XVIII, y
eut été assassiné en 1820. M° Bourse 69bis, rue de Richelieu 75002

o Où découvrir un caviste monumental ?


Un comptoir chic au cœur de la
Les Caves Legrand G (plan 6, D3 n°24)
maison Legrand, caviste monumental et historique dont les murs fin
e
XIX sont parmi les plus beaux du genre : c’est dire si la maison s’y
entend en matière de bons breuvages. Les verres sont tout de
même un peu chers (de 8 à 25€). Pour accompagner la dégustation,
de très belles assiettes froides, des produits d’origine bien contrôlée
(foie gras, saumon sauvage fumé…) et quelques plats chauds en
hiver. La table d’hôtes qui donne sur la galerie est parfaite quand le
mercure y met du sien. Assiettes de 6 à 28€ env. M° Bourse 1, rue
de la Banque et 12, galerie Vivienne 75002 Tél. 01 42 60 07 12
Ouvert lun. 11h-19h, mar.-ven. 10h-19h30, sam. 10h-19h
Madeleine, Opéra, Grands
Boulevards plans 6, 7

Les Grands Boulevards traversent Paris


d’ouest en est, de la Madeleine à la place de la
République en passant par Opéra. La foule se
presse, avec la même frénésie qu’au
e
XIX siècle, dans leurs théâtres, cinémas et
grands magasins, très chics à l’approche des
quartiers cossus de l’ouest que symbolisent
les célèbres traiteurs de la Madeleine. L’Opéra
Garnier ne rappelle pas moins, par son décor grandiloquent, la
fièvre d’une bourgeoisie triomphante, acheteuse et à l’affût des
plaisirs. De-ci de-là, on s’échappera volontiers sous les
verrières des passages couverts, injustement tombés dans
l’oubli alors qu’hier les élégantes ne juraient que par leurs
boutiques. Vers l’est, les Grands Boulevards présentent un
visage plus populaire. Les vieux faubourgs parisiens, toujours
aussi trépidants et laborieux, mais bien plus cosmopolites
qu’autrefois, promettent le dépaysement : entre Bombay et
Ankara, voire Jérusalem, on passe d’un monde à un autre en
faisant seulement le tour d’un pâté de maisons !

LA GRANDE ÉPOQUE DES BOULEVARDS La rive droite étouffe à


l’ intérieur de l’ enceinte de Charles V lorsque Louis XIV décide d’ araser ces
fortifications devenues inutiles. Vers 1670, on comble donc les fossés pour
les transformer en une large promenade verte, qui séduit immédiatement les
Parisiens : les boulevards, si importants dans la sociabilité de la capitale,
sont nés ! Au XVIIIe siècle, on bâtit de beaux hôtels particuliers dans les
faubourgs, pour de riches financiers et des actrices entretenues qui reçoivent
somptueusement. Sous le Directoire et le Consulat, après le traumatisant
épisode de la Terreur, les Grands Boulevards sont au faîte de leur gloire :
cocottes en vogue, spéculateurs boursicoteurs, journalistes et dandys s’ y
croisent à la sortie des théâtres, opérettes, cafés, restaurants mondains et, à
partir de la Restauration, à l’ intérieur de passages abrités, directement
inspirés des souks orientaux…

LES PASSAGES COUVERTS Ces galeries connaissent un succès


retentissant au milieu du XIXe siècle. Au cœur de la rive droite vouée au
négoce et aux affaires, elles permettent aux passants d’ échapper aux
dangers et à la saleté des rues dépourvues de trottoirs et très souvent
boueuses, mais sont bien plus que de simples raccourcis : les boutiques de
luxe appâtent les chalands, on discute dans leurs cafés et à la sortie des
théâtres, on se retrouve sous l’ éclat féerique de leurs becs de gaz. Le
développement de ces passages couverts est étroitement lié à
l’ effervescence des plaisirs et de la consommation. Plus de 150 galeries et
passages focalisent ainsi l’ intérêt des badauds à la fin du XIXe siècle. Paris
n’ en conservera qu’ une quinzaine… Ils se démodent avec les grands
travaux d’ assainissement conduits par Haussmann : les égouts, les trottoirs
et l’ éclairage public rendent obsolètes le confort et le refuge contre les
intempéries qu’ ils offraient aux promeneurs. Par ailleurs, l’ apparition des
grands magasins déplace les consommatrices… Après des décennies
d’ oubli, les passages sont peu à peu rénovés : entre le Palais-Royal et les
Grands Boulevards, où subsistent les plus beaux d’ entre eux, ils invitent
aujourd’ hui à de charmantes balades.

MODE D’EMPLOI
orientation
Établis sur les anciens remparts de Charles V, les boulevards
forment une large ceinture autour de la rive droite historique, de
Madeleine à République. Au sud s’étendent les 2e et
3e arrondissements, au nord les 8e, 9e et 10e arrondissements. Sur
cette épine dorsale se succèdent théâtres, cinémas, cafés et grands
magasins. Tout à l’ouest, la Madeleine communique directement
avec la place de la Concorde F par la rue Royale ; du Louvre,
l’avenue de l’Opéra mène tout droit (et en grande pompe) à l’Opéra,
bordé au nord par le boulevard Haussmann, les grands magasins
puis la gare Saint-Lazare. Les Grands Boulevards s’étirent du
boulevard Montmartre au boulevard Saint-Martin et traversent les
quartiers populaires des rues du Faubourg-Montmartre, du
Faubourg-Poissonnière (limite du 9e et du 10e) et du Faubourg-Saint-
Martin.
Madeleine G Le quartier de la Madeleine est tout petit : il se résume à
deux artères cossues, les rues Tronchet et Royale, à une place, à
une immense église mais surtout à quelques épiceries fines qui
attirent toute l’attention.
✩ Opéra G Entre la gare Saint-Lazare et les Grands Boulevards,
l’incontournable palais Garnier demeure le centre d’un secteur
animé : la foule se presse le jour autour des grands magasins, le soir
aux abords des théâtres de boulevard.
Grands Boulevards G Sur les boulevards Montmartre, Poissonnière, de
Bonne-Nouvelle, Saint-Denis et Saint-Martin se succèdent cinémas
et théâtres. Du faubourg Montmartre au faubourg Saint-Martin, les
amateurs de voyages se délectent dans les restaurants et épiceries
exotiques de ces quartiers cosmopolites. Au sud, le quartier de la
Bourse évoque les fastes des magnats d’antan, autour du palais
Brongniart déserté.

accès

EN MÉTRO
Les lignes 8, 12 et 14 se croisent à Madeleine. La station Opéra est,
avec Châtelet, le plus grand nœud de circulation de la capitale : en
plus des lignes 3, 7 et 8 qui y convergent, elle est en
correspondance avec l’arrêt Havre-Caumartin de la ligne de
métro 9 ainsi qu’avec le RER A (station Auber). Les lignes 3, 12,
13 et 14 se croisent à l’arrêt Saint-Lazare, qui communique avec la
station Haussmann-Saint-Lazare du RER E, et avec la station Saint-
Augustin de la ligne 9. Plusieurs stations des
lignes 8 et 9 desservent les Grands Boulevards : Richelieu-Drouot,
Grands Boulevards, Bonne Nouvelle, Strasbourg-Saint-Denis. La
ligne 4 vous dépose au cœur du 10e ardt (Château d’Eau), la
ligne 7 dans différents points du 9e (Le Peletier, Cadet,
Poissonnière).

EN RER
Gares Auber (M° Havre-Caumartin) de la ligne du RER A et
Haussmann-Saint-Lazare (M° Saint-Lazare) du RER E.

EN BUS
À Madeleine, passage des lignes 24, 42, 52, 84, 94. À l’Opéra,
terminus des lignes 22, 52, 53, 66. Terminus à la gare Saint-Lazare
des lignes 20, 21, 24, 26, 27, 28, 29. La gare est aussi le point de
départ des bus Noctilien 51, 52, 53, 150 (de 0h30 à 5h30 env.). La
ligne 20 (Gare Saint-Lazare-Gare de Lyon) longe tous les Grands
Boulevards. La 48 (Palais Royal-Porte des Lilas) les dessert côté 9e
ardt, la 39 (Issy-Frères Voisin-Gare du Nord) côté 10e. Les
lignes 38 (Porte d’Orléans-Gare du Nord) et 47 (Gare de l’Est-
Kremlin-Bicêtre) passent par le boulevard de Strasbourg et la rue du
Faubourg-Saint-Martin.

EN VOITURE
On circule plutôt bien sur les grands boulevards de l’est (en sens
unique de République vers Opéra). En revanche, les secteurs de la
place de l’Opéra, du boulevard Haussmann (en sens unique jusqu’à
Saint-Augustin), de la gare Saint-Lazare et de la Madeleine sont très
difficiles : le sur-place est assuré aux heures de pointe ! Hors des
grands axes, la circulation est particulièrement dense dans le
maillage serré des 9e et 10e ardts.

marchés
Marché Aguesseau G (plan 6, B2) M° Madeleine Pl. de la Madeleine 75008
Ouvert mar. et ven. 7h-14h30
Marché aux fleurs G (plan 6, B2) M° Madeleine Pl. de la Madeleine À l’est
de l’église 75008 Ouvert lun.-sam. 8h-19h30
M° Bourse Pl. de la Bourse 75002 Ouvert
Marché Bourse G (plan 6, D2)
mar. et ven. 12h30-20h30

DÉCOUVRIR
La Madeleine
✰ Les essentiels L’église de la Madeleine, la rue
Royale À proximité La place de la Concorde, les
Champs-Élysées, les Ternes Sans oublier nos
adresses préférées Restauration 8e et 9e ardts F et
F

Place de la Madeleine
Prise en étau entre, d’ un côté, le boulevard Haussmann et sa folie acheteuse,
et, de l’ autre, la circulation intense de la place de la Concorde, la Madeleine
est un nœud routier important, où le flot des voitures semble se heurter à
l’ énorme bloc de l’ église telle la marée repoussée par une falaise
inébranlable…
Place de la Madeleine G (plan 6, B2) Quel drôle d’ endroit que cette place de la
Madeleine ! Est-ce d’ ailleurs vraiment une place ? Quand on s’ y tient au
nord, on n’ y voit pas le sud ; à l’ est, on n’ y voit point l’ ouest… Plus qu’ une
place, c’ est une galerie. Une promenade quasi conventuelle, à l’ ombre des
colonnes sacrées. La tentation est partout : boutiques précieuses, épiceries
fines, restaurants ont prospéré dans le giron de l’ église. Oui, la Madeleine
porte bien son nom : autour d’ une église qui a commis le péché de grandeur,
une place pleine de péchés mignons. Les abords en sont très élégants.
Rayonnant autour d’ elle, de larges avenues mènent toutes à des destinations
majeures : la rue Tronchet part vers la gare Saint-Lazare et le boulevard
Haussmann, la rue Royale vers la place de la Concorde, et le boulevard de
la Madeleine ouvre la percée des Grands Boulevards qui mènera le
promeneur jusqu’ à la place de la République. M° Madeleine
Grandes épiceries, madeleine de Proust
Cap sur le côté nord de la place (plan 6) où se côtoient les
maisons Fauchon et Hédiard F. Même si l’on ne compte pas
acheter, il faut absolument s’attarder devant les vitrines de ces
vénérables institutions (la maison Hédiard est installée ici depuis
1870), sans quoi on risque de ne rien comprendre au quartier !
Difficile de s’en tenir au lèche-vitrine et de ne pas succomber à la
tentation… Autour de la place, on découvrira aussi la Maison de la
Truffe, la Marquise de Sévigné, célèbre pour ses chocolats, des
magasins de fromage, et de caviar. Autre ambiance du côté est de
la place, où se déploie un marché aux fleurs, qui existe depuis
1834. Le côté ouest ménage des passages secrets : la galerie de
la Madeleine, percée en 1840, longue de 53m et large de 4m, et,
plus au nord, le passage de la Madeleine, bordés de luxueuses
boutiques. À l’angle du boulevard de la Madeleine, moment
d’émotion devant le n°9 où Marcel Proust passa son enfance. Le
rez-de-chaussée de l’immeuble est occupé aujourd’hui par le
grand restaurant Senderens.

✩ Église de la Madeleine G (plan 6, B2) “Icône” architecturale du quartier,


l’ église Sainte-Marie-Madeleine, de son vrai nom, est l’ un des monuments
les plus connus et les plus en vue de Paris. Difficile de l’ ignorer tant elle est
imposante : formant un rectangle de 108m de long, 43m de large et 30m de
haut, elle est flanquée sur tout son pourtour de 52 colonnes corinthiennes de
19,50m de haut ! Sa construction fut lancée en 1764, alors que le quartier
était en plein essor, pour remplacer une chapelle médiévale. La Madeleine
mit 80 ans à s’ élever et fit œuvrer quatre architectes différents. On voulut
d’ abord la faire ressembler aux Invalides, puis au Panthéon de Jacques
Germain Soufflot dont elle est contemporaine. Ensuite, on la rasa
complètement et on la reconstruisit dans le style du Parthénon grec !
Louis XV la souhaita somptueuse, Napoléon la voulut glorieuse… Elle est
sans doute un peu de tout cela. Pendant la Révolution, on pensa convertir
l’ église inachevée en Bourse, tribunal de commerce, bibliothèque nationale.
En 1837, elle faillit devenir la gare de la première ligne de chemin de fer
parisienne. Enfin terminée en 1845, elle fut consacrée comme église et la
gare émigra un peu plus haut, à Saint-Lazare. M° Madeleine Pl. de la
Madeleine 75008 Tél. 01 44 51 69 00 www.eglise-lamadeleine.com
Ouvert tlj. 9h30-19h Messe solennelle Le dim. à 11h, avec orgues et
ensemble vocal
La visite Soyons honnête, rares sont ceux qui apprécient son style
architectural, mais qu’ importe ! Le projet originel de Pierre Contant d’ Ivry
(il fut son architecte de 1764 à sa mort, en 1777), qui aurait dû la faire
ressembler à l’ église royale des Invalides, fut complètement dénaturé par
ses successeurs, et surtout par l’ architecte Pierre Vignon, qui reprit le projet
en 1806 et érigea, selon les vœux de Napoléon : “un monument tel qu’ il y
en avait à Athènes, et pas à Paris”. De ce point de vue, le projet est réussi !
Conçue comme un “temple à la gloire des armées françaises”, la Madeleine
n’ a ni clocher, ni croix. Surélevée sur un socle de 4m de haut, dotée d’ un
imposant perron, bardée d’ un corset de colonnes, elle semble inaccessible.
Oublions donc que la Madeleine est un sanctuaire et admirons-la pour ce
qu’ elle est : une figure du Tout-Paris. Peu de visiteurs osent pénétrer dans
l’ église. C’ est pourtant, malgré son impérieuse apparence, tout à fait
possible. Dès que l’ on passe ses colonnes, elle se révèle un peu : 32 statues
de saints vous accueillent dans des niches qui creusent ses murs extérieurs.
Une fois ses monumentales portes de bronze franchies, elle s’ ouvre sur une
vaste nef de 80m, séparée en trois travées surmontées d’ immenses coupoles
surbaissées. Le tout couvert de marbre et baignant dans une semi-obscurité.
La nef s’ achève sur un chœur en hémicycle couvert d’ un cul-de-four de
250m2 au décor peint de Jules Ziegler évoquant l’ histoire du christianisme.
Parmi les autres œuvres retenant l’ attention, citons le groupe sculpté qui
domine le maître-autel, le Ravissement de sainte Marie Madeleine, de
Marochetti, et, surtout, dans le vestibule à gauche, un chef-d’ œuvre de
François Rude, Baptême du Christ. L’ orgue de 1846, réalisé par Cavaillé-
Coll, est également réputé. Camille Saint-Saëns, qui fut organiste à la
Madeleine de 1857 à 1877, y composa ses cantates et oratorios.
Depuis 2011, la Pinacothèque de Paris a
Pinacothèque de Paris G (plan 6, B2)
pris une nouvelle dimension. À l’ espace culturel présentant des expositions
temporaires fastueuses (Pinacothèque 1), s’ est ajouté un musée privé, doté
d’ un accrochage permanent grâce aux prêts de
O Depuis sa
TREMPLIN
grands collectionneurs. Baptisées
construction, la Pinacothèque 2, ces nouvelles salles proposent
Madeleine est l’église un parcours qui se veut intelligible et
du gotha parisien, où thématique, avec une juxtaposition d’ œuvres
sont “donnés” les dépassant volontairement la chronologie et les
mariages de la bonne styles (Vanité et nature, le paysage, la fête de
société. C’est ainsi que village, etc.). C’ est bien là l’ un des charmes
Maupassant choisit d’y de ce lieu : admirer Rembrandt (Vieil homme
conclure son roman en buste avec turban, 1627-28) derrière une
Bel-Ami, qui retrace le statue hermaphrodite Dogon du XVIe siècle,
parcours d’un parfait Magritte à côté de Véronèse, Bruegel non loin
arriviste, Georges de Courbet, Corot et Monet, Tintoret mis en
Duroy, parvenu à perspective avec Bonnard. Dommage
séduire la fille d’un toutefois que les espaces soient exigus, on
patron de presse. manque souvent de recul pour admirer tout
L’auteur tire tout le parti cela. Les expositions temporaires sont
de la situation toujours aussi attrayantes, organisées en
stratégique du perron, partenariat avec de grands musées à travers le
après la célébration : monde, et présentées selon des parcours
“Relevant les yeux, il didactiques et accessibles au plus grand
découvrit là-bas, nombre. M° Madeleine 28, pl. de la
derrière la place de la Madeleine (Pinacothèque 1) et 8, rue
Concorde, la Chambre Vignon (Pinacothèque 2) 75008
des députés. Et il lui Tél. 01 42 68 02 01
sembla qu’il allait faire www.pinacotheque.com Ouvert jeu. et
un bond du portique de sam.-mar. 10h30-18h30, mer. et ven.
la Madeleine au 10h30-21h sauf 1er mai, 14 juil., 25 déc.,
portique du Palais- 1er jan. 14h-18h30 Billet simple 10€, réduit
Bourbon”. Affaire de 8€ Billet couplé 17€, réduit 14€
symétrie… ou effet d’un
Elle ménage une
✩ Rue Royale G (plan 6, B2-B3)
mariage intelligent ?
superbe perspective, de la colonnade de la
Madeleine à celle du Palais-Bourbon, en
passant par la Concorde. Très cossue, la rue aligne parmi les plus
prestigieuses adresses de la capitale, notamment dans le domaine des arts de
la table : l’ orfèvre Christofle, la cristallerie Lalique, le fleuriste Lachaume,
installé depuis 1845, mais aussi Bernardeau, Saint-Louis, Poiray, etc. Le
célèbre restaurant Maxim’s occupe le n°3, à quelques pas de l’ hôtel Crillon
et de la Concorde. Sa décoration Belle Époque est l’ une des perles du
quartier. Son propriétaire, Pierre Cardin, passionné par ces années
florissantes et grand collectionneur, a aménagé un musée d’Art nouveau
aux étages : une occasion à la fois d’ apercevoir le décor du fameux
restaurant, et de se pencher sur les chefs-d’ œuvre des artisans d’ art des
années 1890-1914 (Tiffany, Majorelle, Farrez, etc.), mis en scène comme
dans une demeure de courtisane. Amoureux de sites préservés, ne ratez
surtout pas le petit passage du Village-Royal qui s’ enfonce vers l’ ouest au
n°25 de la rue Royale : percé en 1745, il possède sur la gauche de
charmantes maisons villageoises, au milieu de boutiques d’ une mode plus
accessible et de terrasses de café. M° Concorde, Madeleine Musée
Maxim’s Art Nouveau G 3, rue Royale 75001 Tél. 01 42 65 30 47
Visites commentées sur rdv mer.-dim. à 14h (1h) Tarif 15€

o Où déguster un macaron à la menthe glaciale ?


Historique, cette vieille et belle boutique
Ladurée G (plan 6, B2 n°78)
mérite nettement plus la visite que son duplicata installé sur les
Champs-Élysées. La salle, pleine de moulures et de fixés sous
verre, offre un cadre délicieusement rétro, idéal pour picorer
quelques-uns des macarons qui ont fait (et font encore) la gloire de
la maison : citron vert basilic, cassis violette, poivre… Mais vous
pouvez aussi vous laisser tenter par une religieuse à la rose, parfaite
dans ce genre d’atmosphère. Macaron 4,60€. M° Madeleine,
Concorde 16, rue Royale 75008 Tél. 01 42 60 21 79
www.laduree.com Ouvert lun.-jeu. 8h-19h30, ven.-sam. 8h-20h, dim.
et j. fér. 10h-19h

✩ Le quartier de l’Opéra
✰ Les essentiels L’Opéra Garnier, les grands
magasins À proximité La place Vendôme, le Palais-
Royal, la Nouvelle Athènes et le quartier Saint-
Georges Sans oublier nos adresses préférées
Shopping F ; Cafés, bars et lieux de sortie F ;
Restauration 2e et 9e ardts F et F
Mondain et aristocrate – de splendides hôtels particuliers s’ élevaient sur les
boulevards de la Madeleine et des Capucines voisins –, le quartier s’ est
modernisé avec la construction de la gare Saint-Lazare, première des gares
parisiennes inaugurée en 1836. La percée du boulevard Haussmann a
achevé d’ en faire l’ un des principaux axes de passage de la capitale : attirés
par ce flot incessant de chalands, les grands magasins et les banques se sont
installés sur le boulevard et ont essaimé alentour. De calme et préservé, le
quartier est devenu animé et populaire. L’ argent de la bourgeoisie régnant
partout a aussi incité à une vraie vie de bohème sur les Boulevards, avec
leurs restaurants, cafés et théâtres. Au XXe siècle, la spéculation immobilière
a transformé les immeubles résidentiels en bureaux et achevé de faire du
quartier l’ un des principaux carrefours du “Grand Paris”. Loin du pieux
silence des églises et de l’ ambiance feutrée des salons de thé du quartier de
la Madeleine limitrophe, il reste assez animé, même si l’ esprit
“boulevardier” n’ y souffle plus depuis l’ après-guerre.

L’Opéra Garnier
★ Opéra Garnier G (plan 6, C2)“Temple mondain de la civilisation” – tel que
le dénomma Théophile Gautier –, “monument à l’ art, au luxe, au plaisir”,
selon les mots de son architecte, Charles Garnier, l’ Opéra, grande
réalisation haussmannienne, caractérise lui aussi parfaitement le quartier :
tout, autour, a été conçu de façon à ne pas lui faire de l’ ombre ! M° Opéra
Pl. de l’Opéra 75009 Tél. 0892 89 90 90 (0,34€/min) ou 0825 05 44
05 (visites guidées) www.operadeparis.fr Visite libre Billetterie et
entrée à l’angle des rues Scribe et Auber Ouvert tlj. 10h-17h, les
jours de représentation 10h-13h (se rens.) Fermé 1er jan., 1er mai
Tarif 10€, réduit 6€ (billet incluant la visite de la bibliothèque-musée)
Visite guidée En période scolaire mer. et w.-e. 11h30 et 15h30,
pendant les vacances scolaires tlj. 11h30 et 15h30 Tarif 14,50€,
moins de 26 ans 10€, moins de 10 ans 7,50€
Un peu d’histoire On lança le projet de sa construction en 1860, après que
l’ empereur Napoléon III eut essuyé une tentative d’ assassinat, le soir du
14 janvier 1858, devant la salle Le Peletier (située rue Le Peletier, dans
l’ actuel 9e ardt), qui servait alors d’ opéra à la ville de Paris. Il fallait bâtir
une nouvelle salle, dans un quartier plus sûr, aux abords plus dégagés. Le
quartier des Grands Boulevards, déjà remodelé par le préfet Haussmann, y
était propice. Encore qu’ il fallût purger le sol, de nature marécageuse, et
drainer la nappe d’ eau souterraine en la contenant dans un bassin – celui du
F antôme de l’O péra ! Tandis que ces lourds travaux étaient en cours, le
projet de l’ architecte Charles Garnier, âgé alors de 36 ans, fut retenu en
1861 à l’ issue d’ un concours. À la question de l’ impératrice Eugénie,
sceptique devant l’ aspect hétéroclite du projet : “Qu’ est-ce que ce style ? ”,
Garnier aurait rétorqué sans ciller : “C’ est du Napoléon III.” L’ histoire allait
lui donner raison. Inauguré en 1875, le palais Garnier est l’ un des plus
grands opéras du monde par la taille (172m de long, 101m de large pour
une superficie de 11 237m2). L’ intérieur frappe par son opulence,
notamment l’ escalier d’ honneur, avec ses 30 colonnes de marbre
monolithes et le foyer. En effet, plus qu’ une salle de spectacle, l’ Opéra a été
conçu comme un temple bourgeois du divertissement – ce qui n’ a pas
empêché les créations d’ y fleurir. Depuis 1994, l’ Opéra Garnier forme avec
l’ Opéra Bastille : l’ Opéra national de Paris. Cette institution vouée à l’ art
lyrique et chorégraphique programme, sur ses deux sites, ballets, opéras et
concerts – cf. Opéras F.
Les façades C’ est Huysmans, écrivain dandy de la fin du XIXe siècle, qui le
premier compara la masse exubérante du palais Garnier à une énorme
pâtisserie à la crème. Prolifique et hétéroclite, mêlant le baroque et le
classique, colonnes et Pégase, femmes-lampadaires et allégories, frises et
pilastres, l’ Opéra Garnier séduit par sa candeur architecturale : son
accumulation de styles fait style et, vu de près, l’ éclectisme de sa décoration
donne beaucoup d’ allure à l’ ensemble. Monumentale, la façade principale
est en effet très ornementée : figures féminines et masques ponctuent les
trumeaux des arcades du rez-de-chaussée, tandis que, de part et d’ autre de
cette galerie, se dressent quatre groupes allégoriques, dont le chef-d’ œuvre
du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, La Danse, qui fit scandale en 1869.
L’ original, déposé au musée d’ Orsay, fut remplacé en 1964 par une copie de
Paul Belmondo. Des bustes de compositeurs surmontent les baies de la
loggia du premier étage. Le dôme, de cuivre vert, est couronné d’ un
Apollon élevant sa lyre, de Millet, flanqué de deux fougueux Pégase dorés,
signés Eugène Louis Lequesne. Les autres façades sont rehaussées de
sculptures variées destinées à illuminer le monument : colonnes de marbre
portant des lanternes, torchères en bronze, statues-lampadaires. Autre
souvenir des fastes d’ antan, la rampe d’ accès de l’ aile ouest de l’ Opéra (rue
Scribe), conçue pour accueillir le carrosse de l’ empereur (mais ce dernier
abdiqua cinq ans avant l’ inauguration de la salle).
Visite Même sans billet pour le ballet, on peut visiter le bâtiment. Le
marbre y domine et se décline en une fascinante polychromie, du vert de
Suède au rouge antique, du vieux rose au blanc, voire au bleu. Charles
Garnier fit venir des marbres de toutes les carrières de France et même de
l’ étranger pour créer ces effets multicolores. De l’ entrée principale, on
accède à un large vestibule d’ où s’ élève le fameux grand escalier illuminé
de candélabres. À l’ étage s’ ouvre le grand foyer, où le public mondain se
rassemblait avant le spectacle et à l’ entracte. Des balcons donnant sur
l’ escalier permettaient d’ admirer les dames gravissant les marches…
Miroirs, peintures de Paul Baudry, colonnes jumelées et baguées et riche
décor sculpté ornent ce foyer récemment rénové. On accède ensuite à la
salle de spectacle. Pourpre et or, elle abrite trois étages de loges sous une
coupole soutenue par huit colonnes et pilastres corinthiens d’ ordre colossal.
Un lustre de 8t est suspendu au plafond, qui fut redécoré par Marc Chagall
en 1964 d’ une fresque s’ inspirant de neuf opéras et ballets célèbres. À
l’ arrière de la scène se cachent les formidables machines du théâtre et,
derrière encore, un autre salon, le foyer de la Danse.
Bibliothèque-musée de l’Opéra G (plan 6, C2) La “BMO”, département de la
Bibliothèque nationale de France, est située dans le pavillon flanquant
l’ Opéra du côté ouest. Ce musée, très intéressant, retrace l’ histoire de
l’ opéra depuis trois siècles à travers des supports variés : peintures
(notamment un Portrait de W agner par Renoir et une Danseuse de Degas),
dessins (dont des aquarelles de Léon Bakst pour les Ballets russes),
maquettes d’ anciens décors, bustes, partitions manuscrites, livrets, affiches,
costumes et bijoux de scène, etc. Les expos sont montées par la BnF en
partenariat avec l’ Opéra. La belle bibliothèque compte 80 000 volumes et
estampes relatifs aux arts du théâtre, du chant et de la danse. M° Opéra
8, rue Scribe 75009 Tél. 01 53 79 37 40 (bibliothèque) www.bnf.fr
Ouvert lun.-sam. 10h-17h Musée Visite couplée avec celle de
l’Opéra Bibliothèque Accès sur présentation d’une accréditation

Autour de l’Opéra
Place de l’Opéra G (plan 6, C2) Aménagée en
O CHAUSSER
UN PETIT RAT 1860, cette place fut conçue pour être une
Repetto mérite un coup plaque tournante de la capitale. À l’ époque, on
d’œil : c’est ici que les lui reprocha d’ être trop grande. Les
danseuses et danseurs automobilistes ne partagent sans doute pas
peuvent cette opinion ! Carrefour trépidant, vivant au
s’approvisionner ! rythme des klaxons, la place héberge moult
Ouverte en 1959, la banques et agences de voyages, mais aussi des
boutique F a été créée adresses prestigieuses. Bâti par l’ architecte
par Rose Repetto, la Alfred Armand pour accueillir le flot des
mère du danseur et visiteurs de l’ Exposition universelle de 1867,
chorégraphe Roland le Grand Hôtel ne comptait pas moins de
Petit pour qui elle avait 700 chambres et de très nombreux salons. Sa
commencé de créer façade monumentale, qui n’ a guère changé,
des pointes et des répondait à un mot d’ ordre général : ne pas
demi-pointes. concurrencer l’ exubérance de l’ Opéra Garnier.
Débauche de tulle, de L’ intérieur a été rénové plusieurs fois ; seule
tutus et de ballerines subsiste d’ origine la grande salle à manger :
dans une atmosphère aménagée sur 3 niveaux, croulant, elle, sous
surannée : le mythe les dorures, elle a été décorée par Aimé Millet.
vivant de l’opéra… Au rez-de-chaussée, le Café de la Paix, qui
Repetto G (plan 20, A1 n°84) appartenait jadis à l’ hôtel, demeure une
22, rue de la Paix adresse très sélecte. Grand Hôtel G
Ouvert lun.-sam. 9h30- M° Opéra 2, rue Scribe 75009 Tél. 01 40
19h30 07 32 32
Musée du Parfum Fragonard G (plan 6, C2) Installé par le parfumeur de Grasse
dans un hôtel particulier de style Napoléon III (construit par un élève de
Charles Garnier), il conserve dans ses pièces parquetées, sous ses stucs et
ses lustres, une riche collection d’ objets : flacons, alambics, nécessaires de
toilette (dont celui du duc de Berry). Trois mille ans d’ histoire du parfum
sont ainsi évoqués, de l’ Antiquité égyptienne au XXe siècle… Le théâtre-
musée des Capucines, voué aux techniques d’ extraction d’ essences, abrite
une usine de distillation miniature du XIXe siècle. M° Opéra 9, rue Scribe
75009 Tél. 01 47 42 04 56 www.fragonard.com Ouvert lun.-sam. et
j. fér. 9h-17h30, dim. 9h-16h30 Entrée libre, visite guidée gratuite
Théâtre-musée des Capucines G 39, bd des Capucines 75002
Tél. 01 42 60 37 14 Ouvert lun.-sam. 9h-17h30 Fermé le 1er mai
Boutique du musée Fragonard G Ouvert lun.-sam. et j. fér. 9h-18h,
dim. 9h-17h Produits à prix d’usine, 6 autres boutiques dans Paris
dont une au Théâtre-musée (lun.-sam. 9h-18h)
Paris-Story G (plan 6, C2)Tout près de l’ Opéra, cette salle de cinéma pas
comme les autres retrace l’ histoire de Paris, de Lutèce à nos jours, à travers
un montage audiovisuel original et très réussi à base de diapositives,
tableaux, dessins, photographies mais aussi d’ images virtuelles et
holographiques. L’ histoire de la capitale est évoquée par le biais de son
patrimoine – ses monuments, ses rues, ses jardins, ses places – en une
agréable promenade musicale, guidée par un Victor Hugo plein de verve.
Après le film, qui dure 50min, on peut visiter l’ exposition “Paris
miniature”, pour en savoir plus sur les principaux styles architecturaux de la
capitale. Également à voir, l’ exposition “Paris Expérience” qui représente la
ville de Paris en 3D à travers des séquences des frères Lumière. M° Opéra
11bis, rue Scribe 75009 Tél. 01 42 66 62 06 www.paris-story.com
Ouvert tlj. 10h-18h (1 séance/h) Tarif 11€, réduit 7€ (6-18 ans et
étudiants)
Boulevard des Capucines G (plan 6, C2)Entre les boulevards Haussmann et des
Capucines, un quartier huppé et international, qui fut l’ hôte du célébrissime
Jockey-Club, prit son essor dans la première moitié du XXe siècle : le
quartier “américain” était devenu l’ endroit le plus moderne et le plus
“smart” de la capitale, le lieu que nombre d’ artistes à la mode fréquentaient
ou habitaient. Aujourd’ hui, le visiteur y découvrira des impasses bien
calmes, mais, ancien cœur battant de cet îlot privilégié, le boulevard des
Capucines invite toujours à une tournée des théâtres. Ceux qui marquèrent
la vie parisienne de l’ entre-deux-guerres et qui faisaient rêver de
lendemains qui chantent… Il faut absolument prendre le temps de flâner sur
ces trottoirs dont les immeubles élégants, les marronniers opulents, les cafés
chics et l’ ébullition pimpante forment un cadre des plus attachants. On n’ est
plus sur le boulevard de la Madeleine, aux magasins un peu guindés, pas
encore sur les Italiens et leurs vaudevilles, mais entre les deux (de même
qu’ on y passe du 2e au 9e ardt). On peut commencer par remonter le
boulevard jusqu’ au n°14, siège du Grand Café. Comme une plaque le
rappelle, c’ est ici, le 28 décembre 1895, que les frères Lumière organisèrent
la première projection publique de photographie animée : la première
séance de cinéma de l’ Histoire ! Au n°28 se dresse la façade de l’ Olympia.
Cette mythique scène de music-hall parisienne lança bien des vedettes, de
Piaf à Johnny, après avoir accueilli la Goulue à la fin du XIXe siècle. Au
n°24 vécut Mistinguett, qui fut elle aussi à l’ affiche de la célèbre salle de
spectacle. Au n°27, on peut admirer la belle façade aux cuivres rouges et or
de l’ ancienne Samaritaine de luxe, annexe sélecte du fameux magasin,
édifiée entre 1914 et 1917 – en pleine Grande Guerre : de la provocation ! –
par Frantz Jourdain, maître de l’ Art nouveau. Au n°35, on passe devant
l’ immeuble où le photographe Nadar avait son atelier. M° Opéra
฀ Place Édouard-VII G (plan 6, C2)Échappant à l’ animation du boulevard, la
rue Édouard-VII s’ incurve vers la charmante placette à arcades du même
nom ; là se dresse le Théâtre Édouard-VII-Sacha-Guitry, où ce dernier
officia entre 1920 et 1930. Sur la place adjacente, square de l’ Opéra-Louis-
Jouvet, qui fait partie du même lotissement, le prestigieux Théâtre de
l’Athénée fut, lui, longtemps dirigé par Louis Jouvet (de 1934 à 1951).
M° Opéra, Chaussée d’Antin
Boulevard des Italiens G (plan 8, D2)Incontestablement le plus chic des
e
boulevards au XIX siècle. Au n°20, la clinquante façade rehaussée d’ or de
la “Maison Dorée” (1838), devenue siège de la BNP, accueillait le très
sélect Café Hardy, concurrent du non moins prestigieux Café Riche (n°16),
et à deux pas du glacier Tortoni (n°22) que fréquentait Louis-Philippe…
Aux nos17-21, la façade éclectique du Crédit
O SENSATIONS SOLEIL
LEVANT lyonnais (1878), œuvre de Van der Boijen, a
La communauté miraculeusement échappé à l’ incendie de
japonaise, avertie en 1996. Ornée de cariatides et d’ allégories
termes de bon goût, a sculptées, elle caractérise l’ opulence
pris élection dans le ostentatoire qu’ aimaient afficher les grandes
quartier de l’Opéra : la banques en cette fin de siècle. Alors qu’ il
rue Sainte-Anne et ses s’ ouvre sur la place Boieldieu, l’ Opéra-
abords (plan 20, B1-B2) Comique, ancienne Comédie italienne (nom
regorgent de de la troupe des forains et comédiens qui
restaurants japonais s’ unirent pour rivaliser avec l’ Opéra et la
traditionnels, parfaits Comédie-Française), a fini par donner son
pour une immersion au nom au large mail : le théâtre fut construit sur
pays du Soleil levant. le terrain du duc de Choiseul qui, dans le but
de percevoir des revenus de la location d’ un
immeuble mitoyen, se réserva l’ accès au boulevard. L’ édifice a été ravagé
par des incendies en 1840 et en 1887, puis entièrement reconstruit en 1898.
Il se dénommait alors salle Favart. L’ Opéra-Comique a porté au triomphe ce
genre musical, ainsi que l’ opérette, sous le Second Empire. De là, on quitte
l’ animation trépidante du quartier pour se faufiler dans le passage des
Princes (5, bd des Italiens ou 97, rue de Richelieu). Le dernier-né des
passages parisiens (1860) est cependant le plus remanié, et n’ a rien
conservé de ses devantures d’ origine. M° Richelieu-Drouot

o Où rester zen ?
Une bonne idée pour les amateurs de
Spa des Cinq Mondes G (plan 6, C2)
sensations : rassembler les techniques ancestrales de massages du
monde entier, menées par des mains expertes, tout cela dans un
seul spa à la déco asiatique. Bain chaud japonais (50€/20min)
relaxant, aux huiles essentielles et pétales de rose dans une
baignoire de cèdre rouge, massage ayurvédique (100€/50min) à
l’huile chaude qui alterne les mouvements doux et toniques, et se
termine par l’application d’un spray rafraîchissant. Si on aime
l’atmosphère parfumée du lieu et la qualité des massages, on
regrette son manque d’espace pour prolonger sa détente après les
soins. Il est préférable de prendre rendez-vous un mois à l’avance
pour le samedi. Tarifs soins visage à la carte : la séance de 50min à
100€, la séance d’1h30 à 150€. M° Opéra 6, square de l’Opéra-
Louis-Jouvet 75009 Tél. 01 42 66 00 60 www.cinqmondes.com
Ouvert lun.-mer. et ven. 12h-20h, jeu. 12h-21h, sam. 10h-20h, dim.
13h-19h

Autour des grands magasins


Un embarcadère provisoire vit le jour place de l’ Europe en 1836 pour
desservir la première ligne de chemin de fer parisienne. L’ ouverture
définitive, en 1841, de la gare Saint-Lazare bouleversa le secteur et
entraîna, notamment, l’ apparition des temples de la consommation,
premières vitrines, pour les voyageurs, de la capitale de la mode ! La foule
y règne toujours en maître, particulièrement en fin de semaine…
Boulevard Haussmann G (plan 6, B1-C1-D2) Mieux vaut s’ y rendre le matin. Le
samedi après-midi est à éviter, à moins que l’ on tienne vraiment au bain de
foule, le dimanche aussi, car le quartier est alors morne et désert : le
boulevard vit au rythme des bureaux et de ses grands magasins ; sans eux, il
ne serait rien qu’ une autre de ces grandes avenues cossues, mais sans âme,
du XIXe siècle pragmatique. C’ est le ✩ Printemps, au n°64, qui fut le
premier des deux temples du commerce du boulevard : l’ enseigne fut
fondée en 1865 par un certain Jules Jaluzot, qui se lança dans la vente par
correspondance. Entre 1881 et 1889, à la suite d’ un incendie, le grand
magasin (qui abritait les salles d’ exposition et logeait les employés) à
l’ angle de la rue du Havre fut reconstruit ; l’ architecte Paul Sedille lui
donna un style exubérant, très Second Empire. Un second bâtiment, dessiné
par René Binet, fut édifié à côté en 1910-1911. Également ravagé par les
flammes, il fut rebâti en 1924 ; de cette époque, il a conservé, au 6e étage, la
verrière Art déco de sa grande coupole. Les ✩ Galeries Lafayette (n°40)
vinrent bientôt tenir compagnie au Printemps : en 1895, deux Alsaciens
fondent une mercerie à l’ angle de la rue de la Chaussée-d’ Antin, destinée à
une clientèle d’ ouvrières et de petites employées. Très vite, la mercerie
prend de l’ ampleur et monte en grade : en 1906-1908, Georges Chedanne
construit les Galeries, agrandies dès 1910-1912. Les façades, remaniées
dans les années 1950, n’ ont plus rien d’ époque, contrairement au grand hall,
aux étages dotés de balustrades et à l’ immense coupole de 33m de haut
ornée de vitraux colorés. Avant de continuer sur le boulevard, il faut jeter
un coup d’ œil, au n°29, à l’ immeuble de la Société générale. Derrière une
façade austère se cache un splendide intérieur Art déco avec des comptoirs
en marbre et une coupole en verre. M° Havre-Caumartin, RER Auber
Lycée Condorcet G (plan 6, C1) L’ église Saint-Louis-d’ Antin et le lycée
forment un bloc “à l’ antique” entre les rues du Havre et de Caumartin. Le
lycée, l’ un des plus vieux de Paris, vint remplacer, en 1804, l’ ancien
couvent des Capucins. L’ ensemble fut bâti par Brongniart entre 1780 et
1782. L’ établissement est l’ un des plus illustres de Paris : il vit passer, entre
autres, André Marie Ampère, le baron Haussmann, Léon Blum, etc. et
forma maints hommes de lettres dont Alexandre Dumas fils, les frères
Goncourt et bien sûr Marcel Proust, très attaché au quartier, mais aussi
Alfred de Vigny, Paul Verlaine, Paul Valéry, Jean Cocteau et, plus près de
nous… Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc ! M° Saint-Laz are, Havre-
Caumartin, RER Auber 8, rue du Havre et 63-65, rue Caumartin
75009
Gare Saint-Lazare G (plan 6, B1)Bâtie une première fois entre 1836 et 1851 sur
la ligne Paris–Saint-Germain-en-Laye (Le Pecq, en fait), c’ est la première
gare parisienne. Dotée d’ une armature métallique élancée qui servit
d’ inspiration à Baltard pour ses Halles, elle est totalement reconstruite entre
1886 et 1889 par Juste Litsch qui y ajoute de grandes verrières, typiques de
l’ architecture rationaliste de la fin du XIXe siècle. Quoique moins admirée
que la gare du Nord, la gare Saint-Lazare garde quelques partisans. Proust
la compara à un “grand atelier vitré”. Huysmans, qui habitait le quartier de
l’ Europe, y situa quelques scènes mémorables de son roman À rebours ;
André Breton et les surréalistes sont venus se perdre salle des Pas perdus.
Devant la gare, la cour du Havre, côté est, porte L’Heure de tous, et la cour
de Rome, La Consigne à la vie, deux sculptures élevées par Arman en
1985. La gare dessert l’ Ouest parisien par des trains de banlieue (en
direction de Saint-Cloud, Versailles, Cergy, Conflans, Mantes… ) ; et
quelques grandes lignes gagnent la Normandie (Rouen, Le Havre, Caen,
etc.). De grands travaux de rénovation de la gare et de la galerie
marchande, achevés en 2012, ont permis d’ améliorer l’ accueil des
voyageurs, l’ accessibilité et les liaisons entre
O À l’arrière de la gare
VISION D’ARTISTE
la gare, le quartier et le métro. M° Saint-
Saint-Lazare, le pont de Laz are, RER Haussmann-Saint-Laz are
l’Europe enjambe les 13, rue d’Amsterdam 75008 Ouvert tlj. 6h-
rails qui filent vers le 1h30 Galerie marchande G
nord. Cet ouvrage stlazareparis.com Ouvert lun.-ven. 7h30-
métallique fut construit 20h, sam. 9h-20h
lors de l’extension de la Rue Saint-Lazare G (plan 6, B1-C1) Une petite
gare, pour relier les virée dans cette rue, du côté est, vers l’ église
rues que les nouvelles de la Trinité – cf. Le sud de Pigalle, la
voies ferrées avaient Nouvelle Athènes et le quartier Saint-Georges
cisaillées. Il offre une F –, permet d’ apprécier à sa juste saveur
vue imprenable sur les (piquante) l’ atmosphère du quartier. Gare !
belles entrailles de la Les pickpockets sont légion dans les
gare, vue qui inspira les environs… À l’ angle de la rue de Budapest
artistes : Monet, entre s’ élève l’ hôtel Concorde-Opéra, ancien Grand
autres, y planta son Hôtel Terminus : construit pour l’ Exposition
chevalet. D’ailleurs, au
e
universelle de 1889 dans un pompeux style
XIX siècle et au début
haussmannien, il a gardé la passerelle
du XXe, le quartier, alors aujourd’ hui désaffectée qui le reliait
bien plus vivant directement à la gare. Son hall d’ entrée est
qu’aujourd’hui, abrita de magnifique. M° Saint-Laz are
nombreux artistes, dont
Manet (qui eut son
atelier au 4, rue de
Saint-Pétersbourg),
Berlioz et Apollinaire.
Pont de l’Europe G (plan 15,
D3) M° Europe Pl. de
l’Europe 75008

Les Grands Boulevards


✰ Les essentiels Les passages des Panoramas,
Jouffroy et Verdeau, le musée Grévin, Little India
(passage Brady) À proximité Les Halles, le Palais-
Royal, le quartier Saint-Georges, le canal Saint-
Martin Sans oublier nos adresses préférées
Shopping F ; Cafés, bars et lieux de sortie F ;
Restauration 2e, 9e et 10e ardts F, F et F
Les cafés jadis fréquentés par la haute société parisienne ont cédé la place à
des restaurants de chaîne, des fast-foods, des banques et des cinémas
multisalles. Seuls vestiges, les façades majestueuses qui s’ alignent de part
et d’ autre des Grands Boulevards, les passages couverts et les théâtres qui,
en dépit d’ une histoire tourmentée, ont traversé le temps avec leur
répertoire divertissant. Au contraire, les faubourgs du Nord (9e et 10e ardts),
déjà populeux, virent s’ installer de nombreuses manufactures après
l’ ouverture des gares du Nord et de l’ Est, dans les années 1840 et 1850.
Certaines rues ont conservé les traces de ces activités – le cristal et la
faïence rue de Paradis, la fourrure vers les rues Richer et d’ Hauteville. Un
fascinant mélange de cultures donne à ce secteur une identité très forte. Le
promeneur attentif trouvera le temps de s’ émerveiller devant quelques
vestiges du passé – les hôtels particuliers des rues du Faubourg-
Poissonnière et d’ Hauteville, amputés de leurs jardins, les somptueux
intérieurs de quelques brasseries de la fin du XIXe siècle. Les faubourgs
Saint-Denis et Saint-Martin, qui partent des portes du même nom,
traversent l’ un des plus pittoresques quartiers de Paris, melting-pot indo-
oriental et nouveau spot des sorties bobo. Maints passages populaires les
relient au boulevard de Strasbourg, percée haussmannienne (1854)
favorisant l’ accès à la gare de l’ Est.

Au fil des boulevards Montmartre et


Poissonnière
Boulevards Montmartre et Poissonnière G (plan 7, A2)Les trottoirs de ces deux
boulevards fourmillent d’ une foule bigarrée : les visiteurs du musée Grévin,
les chineurs des passages couverts, les spectateurs des grands cinémas et les
badauds qu’ attirent les terrasses de ses cafés. Celle du 6, bd Montmartre
n’ évoque plus guère le Café Madrid, fief des journalistes républicains où
Gambetta exerçait ses talents d’ orateur. En revanche, au n°7, le Théâtre des
Variétés tient encore le haut du pavé. En 1807, la vaillante troupe de
Mlle Montansier s’ y installa après avoir été chassée du voisinage du
Théâtre-Français, auquel elle portait ombrage avec ses vaudevilles
hilarants. Offenbach y donna La Belle Hélène en 1864 et La Grande-
Duchesse de Gérolstein en 1867. Cette salle est demeurée le plus grand
théâtre de boulevard parisien. Plus loin, au 24, bd Poissonnière, s’ élève le
Théâtre des Nouveautés (1920), dont le nom fait référence à une salle
détruite lors du percement de la rue des Italiens. Jouxtant le théâtre, le Max
Linder Panorama (1912) a conservé sa salle de cinéma de 700 places sur
trois niveaux (orchestre, balcon et mezzanine), mais s’ est doté d’ un écran
panoramique et d’ équipements ultramodernes. M° Grands Boulevards
✩ Passage des Panoramas G (plan 7, A2) L’ un des plus vieux passages de Paris
(1800). Conçu du temps où la rue Vivienne (1834) n’ existait pas, ce
raccourci donnait un accès direct aux Grands Boulevards et connut de ce
fait un grand succès. Il était flanqué à la sortie de deux rotondes où étaient
exposés des panoramas, vues réalistes de monuments peintes en trompe
l’ œil que l’ on admirait d’ un escalier en colimaçon. Sous ses hautes
verrières, les échoppes d’ antan, surmontées, à l’ étage, d’ une réserve,
s’ alignent derrière des enseignes désuètes. Notez le décor troubadour du
graveur Stern (1840) ou celui, Second Empire, du salon de thé L’ Arbre à
cannelle, ancien chocolatier. L’ une des ramifications conduit à la sortie des
artistes du Théâtre des Variétés. M° Grands Boulevards, Richelieu-
Drouot 10, rue Saint-Marc et 11-13, bd Montmartre 75002
www.passagedespanoramas.fr Ouvert tlj. 6h-0h
✩ Passages Jouffroy et Verdeau G (plan 7, A1-A2) Plus récent que celui des
Panoramas, le passage Jouffroy (1847) bénéficia d’ un meilleur confort :
volumes amples, charpente en métal élaborée et, comble du luxe pour
l’ époque, chauffage au gaz par le sol. Ses commerces insolites méritent
qu’ on s’ y attarde : le bazar du Palais oriental, les magasins de jouets – ne
ratez pas Pain d’ épices, antre de la maison de poupée et du monde en
miniature –, la théâtrale Galerie Segas et ses cannes anciennes. Après un
coude, qui abrite la sortie du musée Grévin, le passage se rétrécit,
n’ accueillant plus que l’ étroite vitrine du libraire Paul Vulin – les réserves
qui la dominent sont des trompe-l’ œil. La promenade se poursuit sous
l’ élégante verrière en berceau du passage Verdeau. On va chiner dans les
bacs de son bouquiniste spécialisé dans la BD d’ occasion, flâner dans la
désuète mercerie Au bonheur des dames ou rêver devant les appareils photo
anciens du magasin Verdeau. M° Grands Boulevards, Richelieu-
Drouot Passage Jouffroy G 10-12, bd Montmartre et 9, rue de la
Grange-Batelière 75009 Ouvert tlj. 7h-21h30 Passage Verdeau G
6, rue de la Grange-Batelière et 31bis, rue du Fbg-Montmartre
75009 Ouvert lun.-ven. 7h30-21h, w.-e. 7h30-20h30
✩ Musée Grévin G (plan 7, A2)Ce musée de figures de cire s’ est installé dans le
passage Jouffroy en 1882, sur une idée du journaliste Arthur Meyer : celle
de présenter à ses contemporains les visages des plus grandes célébrités de
leur temps. Le caricaturiste Alfred Grévin, chargé du travail artistique,
laissa son nom à cette entreprise originale. Toujours aussi populaire, le
musée Grévin fascine par le réalisme troublant de ses personnages (des
comédiens cachés parmi les statues de cire se chargent d’ ailleurs de causer
des frayeurs aux visiteurs). Ses salles présentent un panorama de l’ histoire
de France en 25 tableaux (Jeanne d’ Arc au bûcher, l’ assassinat d’ Henri IV,
la cour de Louis XIV… ), un palais des Mirages (son et lumière exécuté
pour l’ Exposition universelle de 1900), les faits marquants du XXe siècle et
plusieurs décors fabuleux mettant en scène des personnalités du monde de
la politique, du sport, du show-biz, des arts. Toutes entrent au musée sur
décision de l’ académie Grévin, constituée de professionnels des médias et
présidée par Bernard Pivot. M° Grands Boulevards 10, bd Montmartre
75009 Tél. 01 47 70 85 05 ou 01 47 70 83 97 (rés. visites contées)
www.grevin.com Ouvert lun.-ven. 10h-18h30, w.-e. et j. fér. 9h30-19h
tlj. 9h30-19h vac. scol. Dernière entrée 1h avant la fermeture Tarif
20-50-23,50€, vac. scol. 24,50€, réduit 21,50€, 6-14 ans 16,50-
17,50€, moins de 6 ans gratuit Visites contées Pour les 7-12 ans, sur
rés. sam. et dim. 14h30 (hors vac. scol. et j. fér.) Tarif 20,50€
Adjugé, vendu !
Les jours d’enchères, une foule
Hôtel des ventes Drouot G (plan 6, D1)
hétéroclite se presse au n°9, rue Drouot, pour se disputer des
objets de toutes sortes, du bibelot anodin aux tableaux de
maîtres. Les ventes étant publiques, il vous suffit de pousser la
porte de cet antre de la vente à Paris, la plus ancienne institution
de ventes aux enchères publiques au mond, pour apprécier le
fascinant rituel des commissionnaires à col rouge chargés de
présenter les objets, des crieurs qui annoncent les enchères et
des commissaires-priseurs munis de leur célèbre marteau. Le
bâtiment, comprenant 16 salles de ventes, a été entièrement refait
en 1980 par les architectes Fernier et Biro ; leur “réinterprétation
surréaliste de l’architecture haussmannienne” se dresse devant
une drôle de fontaine cubiste. Depuis 2012, un nouvel espace
situé juste en face de l’Hôtel des ventes est dédié à des
expositions et des événements : le 12 Drouot, vitrine des œuvres
et objets de collection destinés à la mise en vente. M° Le Peletier,
Richelieu-Drouot 9, rue Drouot 75009 Tél. 01 48 00 20 20
www.drouot.com Ouvert lun.-sam. 11h-18h (et ponctuellement le
dim., cf. site Internet) Exposition des objets mis en vente La veille
de la vente 11h-18h et le matin même 11h-12h Ventes Lun.-sam.
14h-18h Pas de vente en août 12 Drouot 12, rue Drouot Ouvert
lun.-sam. 10h-18h
G Autre adresse M° Château-Rouge 64, rue Doudeauville 75018
Tél. 01 48 00 20 99

Faubourg Montmartre G (plan 7, A1-A2) Ce quartier est l’ ancien domaine des


fourreurs de Paris. La rue qui porte son nom abrite encore quelques vieux
commerces, telle À la mère de famille (au n°35), splendide confiserie dont
l’ enseigne s’ inscrit en lettres d’ or sur une devanture verte F. Un peu plus
haut, à droite, s’ ouvre la rue Cadet, piétonne jusqu’ à la rue La Fayette et
bordée de commerces de bouche. Au n°16, la façade d’ aluminium du Grand
Orient de France abrite un petit musée de la Franc-Maçonnerie. Au
carrefour de la rue de Provence, la proximité de l’ hôtel des ventes de la rue
Drouot se devine à la prolifération des boutiques d’ antiquaires, des
philatélistes et des études de commissaires-priseurs. On poussera jusqu’ au
porche majestueux de la mairie du 9 e arrondissement, installée dans les
magnifiques appartements de l’ hôtel d’ Augny, au n°6 de la rue Drouot. Le
fermier général Alexandre d’ Augny fit construire cette demeure en
1752 pour y installer sa maîtresse, Mlle Gogo, actrice à la Comédie-
Française. M° Grands Boulevards, Le Peletier, Cadet
Musée de la Franc-Maçonnerie G (plan 7, A1) Rouverte en 2010, cette vitrine de
la Franc-Maçonnerie montre les influences de l’ ordre sur divers pans de la
société et de l’ histoire de France. Objets, décorations et symboles
maçonniques (près de 10 000 pièces !) percent dans des éclats de lumière la
douce obscurité qui baigne les pièces. À travers eux, on apprend que, en
France, cet ordre qui excite les curiosités s’ est développé sous la tutelle
d’ un Grand Ordre national, créé en 1773 – le duc d’ Orléans, son premier
grand maître, dut abjurer la maçonnerie sous la Terreur. L’ ordre a joué un
rôle dans le débat d’ idées et les luttes révolutionnaires (révolutions de
1848 et Commune de 1871, combat pour la laïcité sous la IIIe République)
et compta, parmi ses membres les plus connus, Victor Schoelcher (1804-
1893), qui fit abolir l’ esclavage dans les colonies en 1848, ou encore Jules
Ferry, auquel on doit la laïcité, l’ obligation et la gratuité de l’ enseignement
public. Parmi les objets exposés figurent le tablier d’ initié attribué à Voltaire
et l’ épée maçonnique du général de La Fayette (1757-1834), acteur de la
lutte pour l’ indépendance américaine. M° Cadet, Grands Boulevards
16, rue Cadet 75009 Tél. 01 45 23 74 09 www.museefm.org Ouvert
mar.-ven. 10h-12h30 et 14h-18h, sam. 10h-13h et 14h-19h Fermé j.
fér. Tarif 6€, réduit 4€, moins de 18 ans gratui Visite guidée Sans
rés. sam. à 14h30 et 16h Tarif 7€ (en supplément du droit d’entrée)
Il s’ étend autour de la longue voie,
Faubourg Poissonnière G (plan 7, A1-A2)
prolongée au sud par la rue Poissonnière, qu’ empruntait jadis le poisson de
la Manche jusqu’ aux Halles, au cœur de la capitale. Au n°14-18 de la rue
Bergère, la première transversale à gauche, s’ élève la monumentale façade
de la BNP, projetée par Corroyer en 1881 et sculptée par Aimé Millet
d’ allégories de la Prudence (tympan), de l’ Industrie et du Commerce
(fronton). À hauteur du n°23, un porche s’ ouvre sur la paisible cité
Bergère, lotissement de 1825 composé de jolies façades Restauration,
agrémentées de marquises en verre et en fonte ; presque toutes abritent des
hôtels de tourisme. Heinrich Heine vécut au n°3. Revenez sur vos pas pour
prendre la rue du Conservatoire. Elle héberge le Conservatoire national
supérieur d’ art dramatique (n°2bis), héritier du Conservatoire de
déclamation créé par Napoléon Ier en 1811 et dirigé par Talma de 1806 à sa
mort, en 1826. De cette époque demeure un théâtre classé – pour le reste, le
bâtiment fut profondément remanié par Janniard en 1853. L’ église
néogothique Saint-Eugène, élevée en 1855 par Lusson et Boileau à l’ angle
de la rue Sainte-Cécile, possède une ossature entièrement métallique,
grande innovation pour l’ époque. Ses colonnes, voûtes, arcs et nervures en
fonte revêtent un décor peint or, bronze et bleu, récemment restauré. Plus
haut, on atteint la rue Richer et ses commerces kasher (le sud-est du 9e ardt
abrite une importante communauté juive et une dizaine de synagogues).
Traversez-la pour vous engouffrer dans la discrète cité de Trévise (1840) :
seul le glouglou d’ une fontaine, portée par trois cariatides, vient rompre le
silence de cet élégant ensemble résidentiel, aux façades néo-Renaissance
typiques de la monarchie de Juillet, disposées autour d’ un square. En
longeant la rue Richer vers l’ ouest, vous remarquerez, au n°32,
l’ emblématique façade Art déco des Folies-Bergère, sculptée par Pico en
1929. Les numéros d’ acrobates et spectacles “osés” du premier music-hall
de France (1869) firent place à des revues au début du XXe siècle ; Mata
Hari, Colette, Joséphine Baker, Maurice Chevalier et Mistinguett ont fait la
célébrité de cette scène. M° Bonne Nouvelle, Poissonnière

La Bourse et le quartier de la presse


Comme le quartier de l’ Opéra, celui de la Bourse (plan 6, D2) se transforme
tout au long du XIXe siècle, conjointement à l’ essor de l’ ère industrielle et du
capitalisme. Ici aussi, les grandes institutions bancaires et financières
jalonnent les rues nouvellement tracées de leurs façades opulentes. À la fin
du siècle, entre les rues de Richelieu, Réaumur et Montmartre, émerge un
quartier de la presse, avec l’ installation des rédactions de L’Aurore, de
L’Humanité, du Temps, du Journal, de L’Intransigeant, de F rance- Soir, du
Parisien libéré, de La R épubliq ue, de La Liberté… L’ immeuble du 144, rue
Montmartre, conçu par Ferdinand Bal (1885), a conservé son fronton gravé
du nom du quotidien La F rance, de même que, au n°16 de la rue du
Croissant, on reconnaît la façade blanche des Imprimeries de la presse,
devant laquelle les crieurs attendaient le tirage des éditions du soir. Les
journalistes se réunissaient non loin, au café À la chope du croissant (146,
rue Montmartre), où Jean Jaurès a été assassiné le 31 juillet 1914.
Aujourd’ hui ne demeure plus dans le secteur que l’ Agence France Presse
(13, place de la Bourse).
Palais Brongniart G (plan 6, D2) Après moult déménagements, la Bourse
s’ installe, sous l’ impulsion de Napoléon, dans ce palais néoclassique (1807-
1826) conçu par Alexandre Brongniart. Le site, jadis occupé par le couvent
des Filles de Saint-Thomas, présente l’ avantage d’ être proche du Palais-
Royal, centre commercial important, et de la Banque de France. Un
péristyle de 64 colonnes corinthiennes entoure l’ édifice rectangulaire, dont
les deux entrées sont flanquées de statues allégoriques de La Justice, du
Commerce (par F. J. Duret et A. Dumont, entrée principale), de L’Industrie
et de L’Agriculture (par J. Pradier et É. Seurre, côté rue N.-D.-des-
Victoires). Les ailes, au nord et au sud, qui lui donnent sa forme en croix,
ont été ajoutées entre 1902 et 1907. La Corbeille, qu’ illuminait une coupole
à verrière cernée de galeries à arcades, s’ est définitivement vidée de ses
courtiers ; l’ informatisation des échanges a rendu la place financière
obsolète. Le bâtiment, propriété de la Ville, accueille encore des
conférences et réunions organisées par la société d’ exploitation des lieux
qui y réunit des bureaux, des espaces réceptifs et événementiels, des
services, ainsi que la brasserie Terroir Parisien, enseigne créée par le triple
étoilé Yannick Alléno (compter 35-40€ ) après le succès remporté par sa
cantine chic créée au Palais de la Mutualité dans le 5e ardt, F.
M° Bourse 4, pl. de la Bourse 75002 www.palaisbrongniart.com
Terroir Parisien G 25, pl. de la Bourse Tél. 01 83 92 20 30
www.yannick-alleno.com Ouvert lun.-sam. midi et soir
À l’ est de la place, la rue de la Bourse
Autour de la Bourse G (plan 6, D2)
(percée en 1826) et la rue du Quatre-Septembre (1864) sectionnent
brutalement l’ ordonnancement de la rue des Colonnes, classée monument
historique. Ses galeries, aux colonnes antiquisantes décorées de palmes
étrusques, s’ inspirent de celles du Palais-Royal et préfigurent les arcades de
la rue de Rivoli. Elle aboutit au nord à la rue Feydeau, dont le vieux théâtre
de 1789 (démoli en 1825) a accueilli la Bourse à ses débuts. La rue
Vivienne, toute proche, a été rallongée en 1834 ; remontez-la jusqu’ au
n°33 pour admirer la vieille vitrine (1840) des chocolatiers-pharmaciens
Debauve et Gallais, tout en dorures et boiseries. M° Bourse
Rue Réaumur G (plan 7, A3-B3) Ouverte en 1897, au moment où les règles
d’ urbanisme s’ assouplissent pour encourager l’ innovation architecturale
(structure métallique, grandes baies vitrées et oriels), cette large artère
aligne une suite de façades très décoratives, associant la pierre, le verre et la
fonte. La vocation commerciale des bâtiments, élevés pour les poids lourds
de la presse et du textile, exigeait de grands espaces faciles à diviser,
largement éclairés par la lumière naturelle. Les constructions, à
l’ architecture souvent délirante, rivalisent d’ originalité, effet du tout
nouveau concours de façades organisé par la Ville (1898-1936). À voir, en
particulier, l’ immeuble du n°124, par Georges Chedanne (1905), et sa
façade entièrement métallique, percée de grandes baies – seul le dernier
étage, réservé à l’ habitation, est en brique. Autre bel exemple, l’ immeuble
de Charles de Montarnal (n°118), édifié en 1900, et dont la façade, rythmée
par des colonnes métalliques et de gigantesques verrières, a été primée au
concours. Le n°100 appartenait à la rédaction de F rance- Soir et le n°113 à
celle du Parisien libéré. Les amoureux d’ architecture jetteront aussi un
coup d’ œil aux façades des n°126, 116 et 101. M° Bourse, Sentier
Châtelet, les Halles plans 1, 7

En deux siècles, Paris s’est forgé un nouveau


centre, méconnaissable. Avec Haussmann, les
ruelles médiévales qui enserraient le Châtelet
et l’Hôtel de Ville ont cédé la place à de larges
voies rectilignes, bordées de façades unifiées.
Quant au mythique marché central des Halles,
qui assurait l’approvisionnement des Parisiens
depuis le XIIe siècle, il a déménagé à Rungis, en
banlieue sud, avec ses étals gargantuesques et ses milliers de
marchands et de portefaix à la gouaille légendaire, en 1969. Le
trou béant laissé par le carreau fut bientôt comblé par un centre
commercial souterrain directement connecté au métro et au
RER, dont la gare Châtelet-Les Halles est devenue le pivot avec
plus de 800 000 passagers par jour – le trafic le plus intense au
monde ! Mais ce centre “exemplaire” d’une mégalopole
contemporaine par sa fonctionnalité a dès l’abord déchaîné les
passions… Dans la capitale du romantisme, l’affaire a pris la
tournure d’un chagrin d’amour ! Depuis qu’il a fait peau neuve,
le quartier ne cesse de cristalliser les nostalgies et les rejets :
Paris peine à y retrouver son cœur, ce creuset chaleureux et
vibrant, foyer de ses échanges et de sa culture populaire.
Autant dire que le réaménagement des Halles engagé en
2011 par la municipalité suscite bien des attentes.

LA NAISSANCE DU “VENTRE DE PARIS” Si Lutèce s’ est épanouie


sur la rive gauche de la Seine, le Paris médiéval s’ affirme sur sa rive droite.
Reclus dans l’ île de la Cité après les siècles d’ invasions qui ont ruiné la
ville gallo-romaine, les Parisiens commencent à y prendre leurs aises, au
e
XII siècle, quand Louis VI fait bâtir la forteresse du Grand Châtelet sur la
place qui en conservera le nom. Cette rive inhabitée dispose, en effet, d’ un
sérieux atout : une grève peu pentue, propice au débarquement des
marchandises. Sous l’ égide de la puissante corporation des marchands sur
l’ eau, qui contrôle le trafic fluvial, ladite “place de Grève” s’ impose vite
comme le centre de l’ activité commerciale parisienne. Pour permettre son
essor, on transfère le marché aux Champeaux (“petits champs”), lieu-dit
idéalement situé à l’ interface du port et des routes commerciales du Nord :
draps flamands par la rue Saint-Denis, poisson de la Manche et de la mer du
Nord par la rue des Poissonniers, blé par la rue Saint-Honoré… En 1183,
Philippe Auguste fait bâtir les premières halles, et le quartier prend leur
nom : elles assureront pendant huit siècles l’ approvisionnement de la ville
et feront sa prospérité… non sans heurts !

DE RÉVOLTES EN RÉVOLUTIONS Pour faciliter le contrôle de


l’ activité économique, saint Louis crée un “parloir aux bourgeois”, une
ébauche de pouvoir municipal administré par les marchands et leur chef, le
prévôt. Cette institution entre en conflit avec le pouvoir royal dès le
e
XIV siècle. Élu prévôt en 1355, le drapier Étienne Marcel exige la création
d’ un conseil de régence et refuse les réformes monétaires ordonnées par le
dauphin Charles. Maître de la capitale, il est assassiné le 31 juillet 1358, et
l’ Hôtel de Ville, qu’ il a établi place de Grève, voit ses prérogatives
limitées : cette mise sous tutelle de la municipalité parisienne perdura, hors
des épisodes révolutionnaires, jusqu’ en 1976 ! Il faut dire que les Parisiens
donnent du fil à retordre au pouvoir central, notamment les artisans et
vendeurs des rues qui vivotent autour des Halles – l’ actuel Sentier abrite
ainsi l’ une des douze “cours des Miracles” de la ville, rendue célèbre par
Victor Hugo dans Notre- Dame de Paris. Sous la Fronde, le quartier prend
fait et cause pour le Parlement de Paris contre le jeune Louis XIV ; et il le
fait encore en 1789 pour les états généraux contre Louis XVI ! Les ruelles
de Beaubourg deviennent célèbres lors des journées insurrectionnelles de
1832 et 1834 : on en massacre les émeutiers jusqu’ au-boutistes derrière
leurs barricades.

LES HALLES DE BALTARD Haussmann ne peut supporter longtemps


une telle poudrière au cœur de la capitale. Poursuivant l’ œuvre engagée par
Napoléon Ier, qui a fait percer la rue de Rivoli, il finit d’ éventrer le tissu
urbain médiéval pour former un quartier bourgeois autour de la nouvelle
place du Châtelet et de ses deux théâtres. Quant aux Halles, Napoléon III
confie leur reconstruction à Victor Baltard avec pour mot d’ ordre : “Du fer,
rien que du fer ! ” Le résultat est inédit : dix immenses pavillons, véritable
cathédrale de fer et de verre, abritant des rues couvertes et des caves, un
modèle de fonctionnalité et de salubrité. Mais un siècle plus tard, cette ville
dans la ville dont Zola a si bien restitué l’ incroyable activité dans Le Ventre
de Paris ne suffit plus à nourrir une agglomération en pleine explosion
démographique. Dans la nuit du 28 février 1969, les marchands des Halles
replient leurs étals pour la dernière fois, vaincus, à vrai dire, par
l’ embourgeoisement de la capitale… La destruction du chef-d’ œuvre de
Baltard commence en 1971, ouvrant un immense trou béant et une vive
polémique quant à son affectation… Finalement, une grande gare et un
vaste centre commercial souterrains le combleront. Vous aviez le Ventre,
voici les boyaux ! Aujourd’ hui, à peine quadragénaire, le complexe tant
controversé entame un profond lifting… Mais son réaménagement pourra-t-
il rassurer les Parisiens sur l’ avenir de leur ville : encore populaire ou
exclusivement bourgeoise, toujours laborieuse ou vitrine surfaite de la
mode, vivante et innovante ou ville musée ?
Une traversée du Vieux Paris en
une j ournée
Du Louvre au Palais-Royal, des Halles au Marais et de
Notre-Dame au Quartier latin, découvrez le cœur de Paris,
ses monuments et… ses voies de traverse !

MATINÉE
Du Louvre à Beaubourg
9 h Le Café Marly F Être plus près du Louvre ? Impossible !
M° Palais Royal
9 h4 5 Autour du Palais-Royal F Traversez le jardin du Palais-
Royal et rejoignez la place (royale) des Victoires F. De là,
s’ouvre la rue Étienne-Marcel, dernier haut lieu du shopping
branché, jusque dans les rues Montmartre et du Jour cf.
Châtelet, les Halles F. M° Étienne Marcel
10h30 Les Halles F Admirez l’église Saint-Eustache F et, de
l’autre côté du Forum, la fontaine des Innocents, joyau
Renaissance F. M° Châtelet, Les Halles
11h15 Centre Pompidou F Appréciez l’architecture du Centre et
la fontaine Stravinsky, au sud F. M° Rambuteau
12h Les Enfants-Rouges F Goûter une cuisine faussement
mémère dans une ambiance faussement pépère ? Certes, mais
les vins sont vraiment superbes ! Réservation conseillée. 9, rue
de Beauce 75003 M° Temple

APRÈS-MIDI
Du Marais médiéval à Saint-Michel
13h30 Le Marais F Du pittoresque marché des Enfants-Rouges F,
déambulez rue Charlot, près de l’hôtel de Rohan, le long des
Archives, puis rue des Francs-Bourgeois pour ses hôtels
particuliers et ses boutiques. Faites une halte place des Vosges
F et rejoignez la rue Saint-Antoine par le passage de l’hôtel de
Sully F. Après un crochet par la place du Marché-Sainte-
Catherine F, prenez la rue Pavée, la rue des Rosiers F et enfin
la rue Vieille-du-Temple F, aux nombreuses galeries et boutiques
de créateurs. Traversez la rue de Rivoli et descendez la rue
François-Miron F jusqu’à la rue des Barres F. M° Temple, Hôtel
de Ville
14 h4 5 L’Ébouillanté Pause café derrière le chevet de Saint-
Gervais-Saint-Protais, à deux pas de Notre-Dame… mais si loin
de la grande ville. 6, rue des Barres 75004 M° Hôtel de Ville
15h30 Hôtel de Ville et Châtelet F Longez la façade de l’Hôtel de
Ville F, puis, par l’avenue Victoria, rejoignez la place du Châtelet
et ses deux théâtres F. M° Hôtel de Ville
16h Pont au Change F Gagnez l’île de la Cité après avoir profité
des bouquinistes et des oiseleurs du quai de la Mégisserie F.
M° Châtelet
16h15 Île de la Cité et Notre-Dame F, F Remontez le boulevard
du Palais, puis la rue de Lutèce à gauche, jusqu’au marché aux
fleurs de la place Louis-Lépine F. Rendez-vous ensuite sur le
parvis de Notre-Dame pour découvrir la cathédrale. Faites une
pause sous les arbres du square Jean-XXIII et admirez la vue
sur le chevet de Notre-Dame. M° Cité
17 h15 Île Saint-Louis F Rejoignez l’île par le pont Saint-Louis
pour profiter d’une charmante vue. Promenez-vous sur les
quais, entre platanes et hôtels particuliers, tout en dégustant une
glace Berthillon F. 31, rue Saint-Louis-en-l’Île 75004 M° Pont
Marie
18h Quartier Saint-Michel F Gagnez la rive gauche par le Pont
au Double. Admirez Saint-Julien-le-Pauvre F et flânez dans le
quartier Saint-Séverin F avant d’atteindre la rue de la Huchette.
M° Saint-Michel

SOIRÉE
Le Quartier latin
18h4 5 Petit théâtre de la Huchette F Assistez à une
représentation de La Cantatrice chauve, de Ionesco, à l’affiche
depuis 1957. Réservation conseillée. 23, rue de la Huchette
75005 M° Saint-Michel
20h30 Fogon Saint-Julien F Dîner de tapas chic et choc dans un
décor léché : c’est presque Barcelone. Réservation vivement
conseillée. 45, quai des Grands-Augustins 75006 M° Saint-
Michel
22h15 Le Petit Journal F

O LES GRANDS MUSÉES


DU MARAIS Attardez-
Remontez le boulevard Saint-
Michel, en passant devant la
vous, si vous le Sorbonne et le Panthéon, pour
souhaitez, dans l’un des une soirée jazz au Petit Journal.
grands musées du 71, bd Saint-Michel
Marais qui ponctuent ce 75005 RER Luxembourg, Borne
parcours : le musée taxi Luxembourg et Panthéon
Carnavalet, consacré à
l’histoire de Paris F,
M° Saint-Paul, le musée
Picasso F M° Saint-
Sébastien Froissart,
le musée d’Art et
d’Histoire du judaïsme
F, M° Rambuteau.
O le
CONSEIL Si vous avez
temps, profitez du
billet jumelé (12,50€)
pour visiter la
Conciergerie et la Sainte-
Chapelle, et ne vous
privez pas d’une pause
place Dauphine et au
square du Vert-Galant.
M° Cité, Pont-Neuf
MODE D’EMPLOI
orientation
La place du Châtelet occupe une situation stratégique au cœur de
Paris : sur l’axe nord-sud, elle relie la Cité et Saint-Michel (rive
gauche) au boulevard de Sébastopol (rive droite) ; d’est en ouest, le
quai de la Mégisserie et la rue de Rivoli permettent de rejoindre le
Louvre et l’Hôtel de Ville. Au nord s’étendent les Halles et
Beaubourg. De là, la rue Montorgueil et la rue Saint-Martin sont les
voies les plus agréables pour gagner respectivement le Sentier et
les Arts et Métiers.
Châtelet et Hôtel de Ville G Cœur de Paris depuis le Moyen Âge, ce
quartier a perdu son âme médiévale avec Haussmann. De son
lointain passé témoigne encore l’Hôtel de Ville, siège historique du
pouvoir municipal.
Les Halles G Le fief millénaire des marchands de Paris, outragé par les
années 1970. Goûtez l’atmosphère populaire qui règne encore rue
Montorgueil. Plus au nord, le Sentier demeure la zone de confection
artisanale la plus dense d’Europe.

accès

EN MÉTRO ET EN RER
Incontournables sur le réseau ferré parisien, les stations Châtelet et
Les Halles (reliées par un couloir souterrain) sont desservies par les
lignes 1, 4, 7, 11, 14 et les RER A, B et D. La ligne 11 dessert
opportunément l’Hôtel de Ville, la ligne 7 le Pont-Neuf et la ligne 3,
qui longe la rue Réaumur, le Sentier.

EN BUS
La place du Châtelet forme un important nœud de communications,
avec notamment les lignes 38, 47, 85 et 96 (nord-sud) et 69, 72 et
76 (est-ouest). La ligne 29 longe la rue Étienne-Marcel, à égale
distance des Halles et du quartier Montorgueil.
EN VOITURE
Évitez en journée la rue de Rivoli, le quai de la Mégisserie, la rue
Réaumur et le Sentier : les embouteillages y sont très fréquents. Les
Halles et Beaubourg forment un vaste ensemble piéton interdit aux
voitures.

informations
M° Hôtel de Ville 75004 29, rue de Rivoli
Hôtel de Ville G (plan 1, B2)
(salon d’accueil) Tél. 01 42 76 43 43 (salon d’accueil) ou 01 42 76
39 75 (service information) www.paris.fr Ouvert lun.-sam. 10h-19h

marchés
Marché Baudoyer G (plan 1, B2) M° Hôtel de Ville Pl. Baudoyer 75004
Ouvert mer. 12h30-20h30, sam. 7h-15h
Marché Saint-Eustache-Les Halles G (plan 1, A1) M° Les Halles Rue
Montmartre 75001 Ouvert jeu. 12h30-20h30, dim. 7h-15h

DÉCOUVRIR
Châtelet
✰ Les essentiels Le quai de la Mégisserie, la tour
Saint-Jacques À proximité Le Louvre, le Marais,
l’île de la Cité Sans oublier nos adresses
préférées Shopping F ; Cafés, bars et lieux de sortie
F ; Restauration 1er F et 4e ardts F

Cœur de la ville médiévale, le quartier du Châtelet est devenu, avec les


travaux d’ Haussmann et l’ avènement de l’ automobile, une plaque tournante
de la circulation parisienne, perdant au passage le tracé tortueux de ses
ruelles. La tour Saint-Jacques et l’ Hôtel de Ville restent les principaux
témoins de sa longue histoire.

Autour de la place du Châtelet


Place du Châtelet G (plan 1, A2) Ce vaste carrefour impersonnel n’ est pas la
vitrine la plus réussie de l’ urbanisme haussmannien… Elle doit son nom à
la forteresse élevée sur le site au XIIe siècle pour protéger le pont de la Cité
et qui abrita le premier “parloir aux bourgeois” (embryon du pouvoir
municipal), puis une prison, avant d’ être détruit en 1808. La fontaine du
Palmier semble bien isolée sur son terre-plein central. Réalisée par Bralle
et Boizot en 1806, elle glorifie la campagne d’ Égypte de Bonaparte. Les
deux théâtres bâtis par Gabriel Davioud de part et d’ autre de la place furent
inaugurés en 1862. Ces jumeaux néo-Renaissance accueillirent les
compagnies de deux théâtres du “boulevard du Crime” (bd du Temple)
rasés par Haussmann. Côté ouest, le Théâtre du Châtelet était alors le plus
grand de Paris, avec 2 500 sièges. Son vis-à-vis, l’ ancien Théâtre lyrique,
fut incendié sous la Commune et rebâti en 1874. Avant de devenir le
Théâtre de la Ville, il porta le nom de Sarah Bernhardt, sa célèbre
pensionnaire, qui y triompha dans L’Aiglon d’ Edmond Rostand, en 1900.
Au nord de la place, la Chambre des notaires (1855-1857), dont la façade
porte les grandes dates de la rédaction du droit privé en France, un cadran
solaire (emblème de la profession) et une devise latine des plus
péremptoires : “Quoi que nous écrivions, c’ est la loi.”
✩ Quai de la Mégisserie G (plan 1, A2) Au Moyen Âge, c’ est dans ce secteur
qu’ œuvraient les bouchers, non loin des Halles. Le quai, aménagé de 1530 à
1539 pour relier le Louvre à l’ Hôtel de Ville, est devenu l’ un des grands
axes de la capitale. Sur son trottoir s’ alignent des commerces de plantes et
d’ animaux de compagnie et, côté Seine, des bouquinistes. À l’ est s’ étend
l’ ancien quartier des Orfèvres, comme en témoignent les vestiges de la
chapelle Saint-Éloi (1550-1556), siège de leur confrérie (8, rue des
Orfèvres), et l’ aigle, emblème des orfèvres du quartier, sculpté à l’ angle des
rues Jean-Lantier et des Lavandières-Sainte-Opportune. M° Pont-Neuf,
Châtelet
La Samaritaine doit son nom à la première
La Samaritaine G (plan 1, A2)
pompe hydraulique de la capitale, un bâtiment installé au bord du Pont-
Neuf en 1608 pour alimenter en eau le Louvre et les Tuileries, et qui fut
démoli en 1813. La première boutique ouverte en 1869 par Ernest Cognacq
et son épouse, Louise Jay, connut un succès foudroyant. En 1905,
l’ enseigne emménagea dans l’ immeuble Art nouveau dû à Frantz Jourdain
et dont la façade à armatures métalliques et à la délicate ornementation
florale domine la rue de la Monnaie. L’ extension donnant sur la Seine, face
au Pont-Neuf, fut conçue par Henri Sauvage en 1926 selon les principes des
Arts déco : lignes droites et formes géométriques. Fermée en 2005 “pour
travaux de mise en sécurité de longue durée”, La Samaritaine a fait l’ objet
d’ une campagne de reconversion dont le projet, validé en 2012 par la
Mairie de Paris, comprend un hôtel de luxe, des bureaux, des commerces et
des logements sociaux. Orchestrés par l’ agence japonaise SANAA, auteur
du nouveau Louvre-Lens, les travaux devraient s’ achever en 2016. Rue du
Pont-Neuf se dresse l’ élégante silhouette de l’ ex-Belle Jardinière (1865),
reconnaissable à l’ immense ferronnerie de son portail. Ce magasin, qui
comptait près de 2 000 employés en 1930, ferma en 1970. Plusieurs
magasins et bureaux occupent désormais l’ édifice. M° Pont-Neuf
C’ est le seul vestige de Saint-Jacques-de-
✩ Tour Saint-Jacques G (plan 1, A2)
la-Boucherie, église érigée au début du XVIe siècle sur la route du pèlerinage
à Saint-Jacques-de-Compostelle et démolie en 1797. Minutieusement
restaurée de 2006 à 2009, la tour (1509-1523) est une merveilleuse
illustration du gothique flamboyant, avec ses arabesques ciselées. Elle
culmine à 58m. Un escalier à vis de 300 marches monte jusqu’ à la plate-
forme sommitale, sur laquelle trône une statue de saint Jacques le Majeur.
Blaise Pascal y renouvela en 1648 les expériences sur la pesanteur de l’ air
qu’ il avait menées au sommet du puy de Dôme. Depuis 1857, sa statue est
assise sous les arcades. Dans le square Saint-Jacques, créé par Haussmann,
une stèle est dédiée à Gérard de Nerval. C’ est, en effet, à deux pas de là, rue
de la Vieille-Lanterne (aujourd’ hui disparue), que le poète se pendit en
1855, rongé par l’ amertume : “Il s’ en alla disant : Pourquoi suis-je venu ? ”
M° Châtelet Square Saint-Jacques 75004 Tarif 8€, réduit 6€ Visites
exceptionnelles (sur rdv), se rens. auprès de la mairie
O Comme
PANORAMA
le quai de la
Mégisserie, le pont au
Change (plan 1, A2)
réserve l’une des plus
belles vues sur la Seine
vers l’ouest : sur les
berges de l’île de la
Cité, la Conciergerie
déploie ses parfaites
tours médiévales,
tandis que le Pont-Neuf
enjambe le fleuve de
ses arcades,
magnifiquement
illuminées la nuit venue.
Au loin, on distingue la
coupole de l’Académie
française, le musée
d’Orsay et la tour Eiffel,
qui scintille au début de
chaque heure.

Les Halles
✰ Les essentiels L’église Saint-Eustache, la
fontaine des Innocents, la rue Montorgueil À
proximité Le Louvre, le Palais-Royal, les Grands
Boulevards Sans oublier nos adresses préférées
Shopping F ; Cafés, bars et lieux de sortie F ;
Restauration 1er et 2e ardts F et F

Quand on atteint les Halles, on mesure le traumatisme suscité par la


fermeture du marché et la destruction des pavillons de Baltard. L’ immense
esplanade fut longtemps le cadre d’ une intense activité, selon une
topographie née au XIIIe siècle et maintenue sous les pavillons de Baltard :
textile et boucherie au sud ; farine, poisson et légumes au nord.
Aujourd’ hui, c’ est la plus vaste aire piétonne d’ Europe. Quant au Forum
des Halles, mieux vaut ne pas être claustrophobe pour y faire du shopping !
Alors, en attendant l’ achèvement des travaux de réaménagement du
quartier, prévu pour 2018, on peut toujours tenter de retrouver dans quelque
vieux troquet l’ atmosphère haute en couleur qu’ affectionnaient les “forts
des Halles”, ces portefaix (ils étaient encore 3 000 en 1965) célèbres pour
leur jargon fleuri ! Toutefois, c’ est sans doute rue Montorgueil que s’ est le
mieux perpétuée l’ ambiance populaire du quartier, bien que les adresses à la
mode y soient de plus en plus nombreuses…

O IlPAVILLON BALTARD
vous faudra
Quelques
Forum et jardin des Halles G (plan 7, A4)
dates : en 1969 a lieu le “déménagement du
pousser jusqu’à siècle”, le marché des Halles vide les lieux
Nogent-sur-Marne (12, pour s’ installer à Rungis, à 15km au sud de la
av. Victor-Hugo), à l’est capitale, ; 1969-1979, les pavillons de Baltard
de Paris, pour admirer sont détruits et suivent dix années avant que le
l’un des deux seuls forum ne sorte de terre et ouvre au public son
pavillons de Baltard centre commercial, complété par un second
rescapés du massacre entièrement sous-terrain en 1985. Dès 2004, à
de 1969 – l’autre a été peine 20 ans plus tard, un projet de rénovation
remonté à Yokohama, totale du site est lancé ; les travaux sont
au Japon ! Avec son engagés en 2010, livrés par étapes, ils
plan carré, ses piles devraient s’ achever en 2018 avec les derniers
légères et ses aménagements paysagers et de voirie. Dans ce
immenses verrières, il nouvel aménagement, le Forum avec ses
demeure l’archétype du cascades vitrées et ses parapluies blancs
marché couvert tel imaginés par Claude Vasconi, Georges
qu’on le concevait au
e
Pencreac’ h et Jean Willerval a été détruit dans
XIX siècle… Le
l’ indifférence générale, signe que cette
bâtiment a été architecture très seventies n’ a jamais vraiment
transformé en salle de séduit les Parisiens. Ne subsiste aujourd’ hui
spectacle et ne se visite que la partie souterraine ouest dessinée par
pas. Paul Chemetov et inaugurée en 1985 avec
boutiques, cinéma multiplexe, bibliothèque et
cinémathèque. C’ est le projet de David Mangin qui a été retenu en
2004 avant d’ être complété par un concours supplémentaire en 2007,
remporté par Patrick Berger et Jacques Anziutti. Le “trou” des Halles a été
comblé pour laisser la place au j ardin Nelson Mandela, une étendue de
4ha (avec des espaces dédiés aux enfants) débouchant, rue Lescot, sur la
Canopée, le haut geste architectural des nouvelles Halles. Cette structure de
18 000 “tuiles” de verre et de 7 000t d’ acier, qui ressemble à une vague
prête à déferler, a coûté à elle seule 200 millions d’ euros ! Elle ménage un
immense patio haut de 22m et constitue la porte d’ entrée, via plusieurs
escaliers monumentaux, vers le complexe souterrain des commerces et de la
gare RER où transitent chaque jour 750 000 voyageurs. L’ aile nord de la
Canopée abrite la bibliothèque pour enfant donnant sur le jardin avec
désormais un étage pour les grands, une salle de diffusion, des ateliers
(théâtre, chant… ) ainsi que La Place, le premier centre de culture hip-hop
en France avec sept salles de répétition, une scène, un bar… Dans l’ aile
sud, le conservatoire Mozart bénéficie d’ un agrandissement considérable et
d’ un réaménagement total. Aux abords de l’ église Saint-Eustache, Écoute,
la sculpture monumentale (70t !) d’ Henri de Miller, a résisté au chaos et
vient apaiser notre émoi face aux Halles modernes, avec sa tête doucement
inclinée et drôlement sereine. Capterait-elle les premiers échos du succès de
ce réaménagement urbanistique, si attendu du quartier ? M° Châtelet, Les
Halles www.parisleshalles.fr Espace information du public G Pl.
Joachim du Bellay Ouvert tlj. 12h30-19h30 Ligne info chantier des
Halles Tél. 01 42 33 09 88
Aire de jeux G (plan 7, A4) À l’ arrière de la rotonde de la Bourse du
Commerce, ce terrain d’ aventure de 2 500m2 regorge de décors, de jeux et
de sculptures rigolotes où les enfants (7-11 ans) peuvent se défouler ;
certaines animations sont accessibles aux enfants en fauteuil. L’ entrée est
gratuite mais il faut réserver son créneaux (1h de jeu maximum) avec les
animateurs du site. Les Halles Jardin Nelson Mandela 75001 Paris
Tél. 01 42 36 13 96 Ouvert nov.-fév. : mar.-sam. 10h-17h45 (vac.
scol. fermeture à 17h) ; mars : mar.-dim. 10h-18h ; avr.-juin, sept.-
oct. : mar.-dim. 10h-19h ; juil.-août : mar.-dim. 10h-20h vac. de
Pâques et d’été, mar, jeu.-ven. matin réservé aux groupes
Bourse de commerce G (plan 7, A4) Dernier témoin du grand marché, cette
e
halle aux blés du XVIII siècle fut transformée en 1885 par Henri Blondel
pour accueillir la Bourse de commerce. Elle abrite aujourd’ hui des bureaux
de la Chambre de commerce et d’ industrie de Paris. Son décor
grandiloquent est typique de la IIIe République, avec son portique
monumental soutenant des allégories évaporées. La spacieuse rotonde à
cour centrale découverte, érigée en 1767 par Le Camus de Mézières, devint
le plus vaste espace voûté de France en 1783, quand elle reçut une coupole
en bois, remplacée en 1809, après un incendie, par une structure en fer et
cuivre. À cette dernière fut substituée une verrière, en 1838, formant l’ une
des premières coupoles en verre de l’ époque. Le bâtiment est flanqué d’ une
curieuse colonne cannelée, dernier vestige d’ un palais édifié par Philibert
Delorme pour Catherine de Médicis en 1571 et détruit en 1748. Il s’ agit de
la tour d’ où la reine se livrait à l’ une de ses passions, l’ astrologie ! M° Les
Halles 2, rue de Viarmes 75001 Tél. 01 55 65 39 26/27 Ouvert lun.-
ven. 9h-18h Entrée libre

O LE ROYAUME
DE LA JEUNESSE
✩ ฀ Église Saint-Eustache G (plan 7, A4) Elle a
Si le quartier aligne, le accompagné l’ histoire des Halles et en reste le
long de la rue de Rivoli, témoin le plus notable : longtemps, l’ immense
une armada de cadran solaire de son tympan sud rythma la
magasins de mode vie du marché… C’ est François Ier qui décida
mainstream et low-cost, de sa construction en 1532 sur e
les vestiges de
une pléiade de la chapelle Sainte-Agnès (XII s.) pour marquer
boutiques trendy ont le retour de la Cour à Paris après un siècle
colonisé, au nord des d’ infidélité sur les bords de Loire. Un projet
Halles, les secteurs de ambitieux pour un superbe résultat ! Le plan et
la rue Tiquetonne F et les dimensions de l’ église ont été copiés sur
de la rue Étienne- ceux de Notre-Dame et, si son décor est
Marcel F. Les bars Renaissance (dais, cartouches, larmiers, etc.),
branchés sont sa conception reste gothique : la seule
également légion dans élévation du chœur est digne d’ une
ce coin très en vue, cf. cathédrale ! La façade principale, qui
Châtelet, les Halles F. menaçait de s’ effondrer, fut relevée au
e
XVIII siècle dans le style classique sans qu’ on
pût en achever les tours, d’ où l’ aspect quelque peu trapu de l’ édifice,
atténué toutefois par l’ effet de légèreté créé par ses grandes verrières.
Beaucoup conservent de magnifiques vitraux des XVIe et XVIIe siècles. Saint-
Eustache recèle de précieuses œuvres d’ art : au-dessus du portail gauche, Le
Martyre de saint Eustache, de Simon Vouet ; dans la 5e chapelle à gauche
du chœur, Les Pèlerins d’Emmaüs de Rubens ; dans la 6e, le tombeau de
Colbert sculpté par Tuby et Coysevox sur un dessin de Le Brun, et dans la
chapelle axiale, une très belle Vierge de Pigalle. La sculpture de Raymond
Mason, Le Déménagement des Halles, conservée dans une des premières
chapelles latérales nord de l’ édifice, représente le transport des fruits et
légumes. L’ église eut les faveurs de la Cour et de la Ville aux XVIIe et
e
XVIII siècles : Richelieu, Mme de Pompadour et Molière y reçurent le
baptême, Louis XIV la première communion ; on y célébra les obsèques de
La Fontaine et de Mirabeau ; Rameau et Marivaux y sont inhumés, de
même que la mère de Mozart. L’ orgue, avec 101 jeux et 8 000 tuyaux, est
l’ un des plus fameux de Paris et il magnifie les messes de 11h et 18h du
dimanche. Son buffet est dû à Baltard. M° Les Halles 2, impasse Saint-
Eustache 75001 Tél. 01 42 36 31 05 www.saint-eustache.org Ouvert
lun.-ven. 9h30-19h, sam.-dim. 9h-19h Concerts Sur rés. Tarifs et
horaires variables (se rens.)

Autour du Forum
✩ Fontaine des Innocents G (plan 7, A4) Un chef-d’ œuvre Renaissance dû à
Jean Goujon, hélas bien peu mis en valeur. Autrefois située à l’ angle de la
rue Saint-Denis et de l’ actuelle rue Berger, cette fontaine, composée de
trois arcs formant un portique sculpté de superbes nymphes, faisait partie du
décor dressé en 1549 pour l’ entrée du roi Henri II dans Paris. À proximité
s’ élevait l’ église des Saints-Innocents, aujourd’ hui disparue, dont le
cimetière fut longtemps le plus important de la ville. Philippe Auguste avait
fait emmurer ce dernier en 1186 par mesure de salubrité, les halles étant à
deux pas. Au début du XIVe siècle, pour libérer les fosses communes, on
édifia des charniers le long de l’ enceinte. L’ odeur fétide qui émanait de ces
ossuaires n’ empêchait pas le cimetière d’ être un lieu de promenade et de
rendez-vous populaire, ni les écrivains publics, les marchands et les
prostituées d’ y exercer leur commerce ! Tout le goût du Moyen Âge pour le
macabre… Au XVIIIe siècle, les préoccupations hygiénistes s’ imposant, on
décida de fermer la nécropole et de transférer les ossements (de plus d’ un
million de morts) dans d’ anciennes carrières de la rive gauche : un
hallucinant ballet de carrioles pleines de crânes et de tibias prit le chemin
des Catacombes ! On rasa l’ église et les derniers vestiges du cimetière en
1785 afin d’ ouvrir la place actuelle, qui accueillit en son centre la fontaine,
transformée en édicule et complétée par le sculpteur Augustin Pajou.
Sensibles aux ruissellements, les reliefs de Goujon furent déposés au musée
du Louvre en 1810 – aujourd’ hui présentés dans le département des
sculptures, salle 14 – et remplacés par des copies, alors que la place subit un
réaménagement dans les années 1970. M° Châtelet, Les Halles Pl.
Joachim-du-Bellay
Rue Saint-Denis G (plan 7, B4) Voie historique reliant l’ île de la Cité et le
Châtelet aux Halles, cette rue est aussi celle que les rois de France
empruntaient pour entrer dans Paris, après leur sacre à Reims, et l’ axe que
leur cortège funèbre remontait en direction de la basilique Saint-Denis et de
la nécropole royale. Elle inflige aujourd’ hui une déconvenue cuisante aux
nostalgiques de la monarchie : le bon roi aurait dorénavant à se frayer un
chemin entre les néons criards et les petits rideaux de plastique
d’ innombrables sex-shops ! Toutefois, si sa forme est nouvelle, ce
commerce est ancien : les marges des Halles ont toujours été un repaire de
filles publiques. Leur présence était si bien admise qu’ on trouvait même
dans les parages, au XVIIe siècle, une rue Tireboudin et une rue Brisemiche !
Et, aujourd’ hui, dans le nord de la rue Saint-Denis, les prostituées sont
encore nombreuses à attendre dans l’ entrebâillement des portes… Dans ce
cadre, bordant rien de moins que la rue de la Grande-Truanderie (un
souvenir des petits malfrats qui y opéraient au XIIIe s.),l’ église Saint-Leu-
Saint-Gilles détonne ! On dirait l’ un de ces derniers refuges de la foi
chrétienne qui tentent de ramener dans le droit chemin les âmes perdues des
faubourgs du Bronx ! La nef est gothique (XIVe s.) et le chœur Renaissance
(XVIIe s.). Les bas-côtés ont été repris au XVIIIe siècle, pour homogénéiser
l’ ensemble, d’ où ces voûtes d’ ogives en plâtre qui ne sont pas du meilleur
effet… Enfin, le chœur a été surélevé au XIXe afin d’ aménager une crypte au
sous-sol : avec sa pompeuse volée de marches, il n’ est pas sans évoquer les
sanctuaires de Lourdes et de Lisieux. Église Saint-Leu-Saint-Gilles G
M° Étienne Marcel 92, rue Saint-Denis 75001 Tél. 01 42 33 50 22
Ouvert sept.-juil. : lun.-sam. 11h-19h30, dim. 9h-12h30 ; août : lun.-
sam. 17h-19h30, dim. 10h-12h
Au sud des
De la place Sainte-Opportune à la rue Saint-Honoré (plan 1, A1-A2)
Halles, la place Sainte-Opportune est la mieux préservée des placettes où
débordait le marché médiéval. Elle conserve l’ une des plus belles bouches
de métro Guimard, coiffée d’ un étonnant éventail de verre. La rue de la
Ferronnerie doit dorénavant son animation aux boutiques de mode et aux
bars branchés qui l’ ont envahie. Face au n°11, une grande dalle frappée
d’ une fleur de lis marque l’ emplacement exact où Ravaillac surgit dans le
carrosse royal, bloqué dans les Halles encombrées, et poignarda Henri IV…
C’ est aussi dans ce quartier que naquit Molière, soit au n°96 de la rue de la
Ferronnerie (hypothèse la plus vraisemblable), soit au n°31 de la rue du
Pont-Neuf. La refonte des Halles dans les années 1970 n’ a pas épargné le
quartier : derrière un mur d’ immeubles ingrats, la rue des Halles est
littéralement barrée par la voie d’ accès à l’ autoroute qui passe sous le
Forum. En partie rescapée, la rue du Faubourg-Saint-Honoré présente
encore le mélange original d’ humbles maisons et de demeures bourgeoises
des XVIIe et XVIIIe siècles, où se côtoyaient petits et grands marchands. La
rue Bailleul et la rue de l’Arbre-Sec conservent quelques façades
Louis XV. M° Châtelet

Le quartier Montorgueil
✩ Rue Montorgueil G (plan 7, A4) Pour en admirer le spectacle, il faut se poster
au sommet de l’ escalier, au croisement des rues Montmartre et de Turbigo :
s’ offrent alors au regard le long défilé de ses façades avenantes, ses toits en
zinc souvent éclatants sous le soleil, ses étals et ses larges terrasses de café
et le flot ininterrompu des piétons portés par sa pente… Pour un peu, on
pourrait croire qu’ une cohorte de maraîchers et de bouchers revient aux
Halles vendre ses victuailles ! Quand on s’ approche, cependant, l’ illusion se
dissipe vite : cette artère commerçante aux airs de marché populaire est
devenue un repaire de la faune branchée. L’ évolution du quartier illustre
parfaitement le phénomène d’ embourgeoisement qui affecte Paris
aujourd’ hui : sa réhabilitation et sa transformation en espace piéton, au
début des années 1990, y ont fait flamber les loyers, contraignant à l’ exil
ses habitants les moins fortunés… Il ne reste plus qu’ à apprécier les vieilles
enseignes des petits commerces qui jalonnent la rue Montorgueil (“Gibier
Volailles”, “Rôtisserie”, “Au planteur”… ) et les humbles façades de la rue
Tiquetonne et de ses voisines. La rue Marie-Stuart permet de rejoindre deux
jolis passages couverts, le passage du Grand-Cerf et celui du Bourg-
l’ Abbé, moins fréquentés… M° Les Halles, Étienne Marcel, Sentier
Tour de Jean sans Peur G (plan 7, A3-B3)C’ est l’ un des rares témoignages de
l’ architecture civile du Moyen Âge à Paris. Cette tour fut érigée en 1409 par
Jean sans Peur, duc de Bourgogne, au flanc de l’ hôtel familial aujourd’ hui
disparu, à l’ aplomb du rempart de Philippe Auguste (le rez-de-chaussée en
conserve des vestiges). Le duc y trouva refuge quand, ayant fait assassiner
Louis d’ Orléans, son rival dans la succession au trône, en 1407, il défia la
couronne de France, s’ alliant aux Anglais contre les Armagnacs. Il fut lui-
même assassiné en 1419 après être resté maître de la capitale pendant un
an… La tour évoque bien cette époque troublée avec ses salles restées dans
leur jus, où de petits panneaux présentent les méthodes de construction
médiévale et la vie seigneuriale au XVe siècle (guerre, loisirs, cuisine,
vêtements, fêtes, etc.). L’ escalier est une merveille de l’ architecture
médiévale : sa vis centrale se hisse comme un arbre jusqu’ à une voûte en
pierre sculptée de branches tressées et de feuilles de chêne. Des expositions
temporaires bien documentées sur le Moyen Âge, renouvelées tous les six
mois, y sont organisées. Également des soirées de lecture de contes et des
activités pour les enfants (7-13 ans) avec un livret parcours-jeux offert.
M° Étienne Marcel 20, rue Étienne-Marcel 75002 Tél. 01 40 26
20 28 www.tourjeansanspeur.com Ouvert jan.-oct. : mer.-dim.
13h30-18h ; nov.-déc. : mer. et sam.-dim. 13h30-18h Fermé les 25,
29, 30 et 31 déc. et le 1er jan. Tarif 5€, réduit 3€ Visites guidées
sam.-dim. 15h Tarif 8€, réduit 5€

o Où déguster une pâtisserie ?


Avec ses fresques sur verre du XIXe siècle,
Stohrer G (plan 7, A3 n°59)
Stohrer est l’une des plus charmantes pâtisseries qui soient. Les
Japonais et les Américains la photographient d’ailleurs avec
vénération avant de s’y engouffrer pour engloutir deux babas et trois
religieuses. Quand on s’appelle Élisabeth II et qu’on est en visite à
Paris, on vous y offre un œuf de Pâques. Quand on s’appelle
lambda, on a le droit (le devoir) de découvrir la spécialité maison, le
puits d’amour caramélisé au fer rouge, un feuilletage enfermant une
crème pâtissière vanillée divinement suave. De 18€/4 pers. à
46€/10 pers. À emporter. M° Les Halles, Étienne Marcel 51, rue
Montorgueil 75002 Tél. 01 42 33 38 20 Ouvert tlj. 7h30-20h30

o S’offrir une pause luxe, calme et volupté


Pierres apparentes, poutres en
฀ Spa Nuxe 32 Montorgueil G (plan 7, A4)
chêne et déco mêlent à ravir l’ancien et le moderne. Cet ancien chai
de 400m2 niché au fond d’une cour est un havre de paix, en retrait
de la passante rue Montorgueil. Installée dans l’une des dix cabines
spacieuses – dont l’une permet de venir à deux pour bénéficier d’un
soin en duo –, on se laisse transporter par l’“Escapade éclat
immédiat” (145€), un soin corps et visage de 1h30. Modelée par des
mains expertes, on apprécie les effluves des produits du laboratoire
Nuxe. Un sas bienfaisant et relaxant dont on sort fraîche et
détendue, où l’on rêve de retourner au plus vite, ne serait-ce que
pour une “beauté des mains” (70€/1h15) ou un “massage détente”
(80€/45min). À s’offrir ou à se faire offrir ! Mieux vaut réserver un
mois à l’avance pour le samedi. Escapades complices à deux
(265€/1h30). M° Les Halles 32-36, rue Montorgueil 75001 Tél. 01 42
36 65 65 www.nuxe.com Ouvert lun.-ven. 10h-21h, sam. 9h30-
19h30

Le Sentier
Le Sentier G (plan 7, A2-A3-B3) Depuis le XIXe siècle, l’ industrie de la
confection a envahi le dédale des ruelles ramifiées autour des rues du
Sentier, de Cléry, d’ Aboukir et du Caire. Une véritable fourmilière, affairée
dans le va-et-vient de portants à roulettes tirés sur les trottoirs, de cartons
empilés sur des diables poussés au pas de course, de camions de livraison
qui bloquent la circulation. Une place de marché fébrile, où fabricants,
grossistes et détaillants négocient au jour le jour, suivant les caprices de la
mode. Cette extrême réactivité de la production, qui a valu au Sentier une
réputation nationale, était assurée, notamment, par la présence d’ ateliers
clandestins et d’ une main-d’ œuvre précaire, massivement constituée
d’ immigrés non régularisés. De nos jours, cette économie est mise à mal par
la concurrence des pays émergents, la Chine en tête. Alors que grossistes et
ateliers ferment leurs portes, depuis 2000, l’ arrivée soudaine dans ces
locaux désertés d’ une cinquantaine de start-up a valu au secteur le surnom
de “Silicon Sentier”. M° Sentier
Malgré un bilan militaire mitigé,
Le quartier du Caire G (plan 7, A2-A3, B2-B3)
l’ expédition d’ Égypte de Bonaparte (1798) suscite un incroyable
engouement en France pour la civilisation pharaonique. Dès 1799, on
baptise les rues nouvellement tracées sur les lots du couvent des Filles-Dieu
rue du Caire, rue du Nil, rue Damiette, etc. Inspiré du Grand Bazar
du Caire, le passage du Caire (1799), l’ un des plus anciens de Paris,
réunissait dans un labyrinthe de galeries couvertes des boutiques élégantes,
aujourd’ hui occupées par des grossistes de la confection. À l’ entrée
principale du passage, côté place du Caire, une étonnante façade arbore des
effigies de la déesse Hathor, des frises décorées de personnages égyptiens et
des colonnes à chapiteau en forme de lotus. L’ ancienne rue des Fossés-
Montmartre (elle longeait le mur d’ enceinte de Charles V), devenue la rue
d’ Aboukir, conduit vers le nord du quartier, où la confection demeure active
(tout comme la prostitution, vers le passage Sainte-Foy). Parvenu rue
Chénier, grimpez la rue Beauregard, ainsi nommée pour la vue qu’ elle
offrait jadis sur la campagne, par-delà les remparts. Elle croise la rue des
Degrés, la plus petite de Paris. C’ est là que le baron de Batz tenta de faire
évader Louis XVI au matin de son exécution. Au sud du quartier, à
l’ emplacement des rues du Nil, Damiette et des Forges, se tint, du
e
XIII siècle jusqu’ en 1667, l’ une des plus célèbres cours des Miracles de la
capitale, celle qu’ évoque Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris. Ces
colonies de mendiants et de voleurs, organisées en bandes, avaient leur
langue, leurs lois et un roi qu’ elles élisaient. Elles devaient leur nom au
“miracle” qui s’ y opérait tous les soirs, quand faux aveugles et faux
estropiés recouvraient l’ usage de leurs sens et leur motricité. M° Sentier,
Bourse
Le Marais plans 1, 2, 7, 8

Miraculeusement épargné par les


remaniements haussmanniens, le Marais
demeure l’un des quartiers emblématiques du
Vieux Paris. De la place des Vosges à la rue
des Rosiers en passant par la joyeuse forêt de
tuyaux multicolores du centre Georges-
Pompidou, il offre en outre d’innombrables
surprises, un mariage superbement réussi
entre l’ancien et le moderne ! Ses hôtels particuliers des XVIIe et
e
XVIII siècles, magnifiquement restaurés, abritent de
passionnants musées, ses ruelles et ses places romantiques
sont une véritable invitation à la flânerie. Une concentration
sans égale de galeries d’art contemporain, de boutiques de
mode pointues et de lieux de sortie ultrabranchés en font le
laboratoire des nouvelles tendances. Un quartier vivant, arty et
très couru, de jour comme de nuit !

À LA PÉRIPHÉRIE DE LA VILLE Ce quartier, ou plutôt cette mosaïque


de quartiers, doit son nom aux terres qu’ il occupe : des marécages
transformés très tôt en pâtures, puis dédiés aux cultures maraîchères, ou
“marais”. Traversé dès l’ époque romaine par une importante voie de
communication (sur le tracé actuel des rues Saint-Antoine et François-
Miron), ce faubourg naît vers le VIIe siècle du peuplement de ses buttes. En
1060, l’ abbaye Saint-Martin-des-Champs s’ y installe. Puis, le prestigieux
ordre du Temple, fondé en 1118 à Jérusalem, y établit sa commanderie au
e
XIII siècle. Véritable ville aux portes de la capitale, le vaste enclos fortifié
des Templiers s’ ordonne autour d’ un imposant donjon, où Louis XVI et les
siens seront emprisonnés à la Révolution. Jaloux de la richesse des
Templiers et se sentant menacé par leur puissance, Philippe le Bel obtient
du pape l’ abolition de cet ordre guerrier en 1312, et il envoie au bûcher son
grand maître, Jacques de Molay, en 1314. L’ enclos du Temple est concédé à
l’ ordre concurrent des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (actuel ordre
de Malte). Le Marais accueille d’ autres fondations pieuses, comme le
montre encore sa toponymie.

NOBLE TERRE Aux XIIIe et XIVe siècles, riches financiers et conseillers


des rois s’ y font aussi construire de belles demeures, à l’ écart de la Cité et
du Louvre, bientôt imités par la famille royale. Le comte Charles d’ Anjou
(1226-1285), frère de Saint Louis et un temps roi de Sicile (une rue en
garde la mémoire), se fait construire une somptueuse résidence près de la
rue Pavée. Au milieu du XIVe siècle, Charles V fuit le palais de la Cité pour
s’ établir à l’ hôtel Saint-Pol. Cette grande demeure, qui s’ étendait entre les
actuelles rues Neuve-Saint-Pierre et des Lions-Saint-Paul, sera démolie en
1543. Aux abords de l’ actuelle place des Vosges sort de terre, vers 1388,
l’ hôtel des Tournelles, vaste résidence acquise par la Couronne en 1407.
Plusieurs rois y séjournent, dont François Ier, qui s’ y amuse, dit-on, des
combats que se livrent les lions de sa ménagerie ! Henri II, mortellement
blessé lors d’ un tournoi rue Saint-Antoine, y rend l’ âme en 1559. Sa veuve,
Catherine de Médicis, déserte alors la résidence et la fait raser cinq ans plus
tard.

L’ÂGE D’OR DU MARAIS À la fin du XVIe siècle s’ ouvre pour le Marais


un bref mais scintillant âge d’ or. La noblesse de robe et la grande
bourgeoisie se bousculent pour y avoir pignon sur rue. Au début du
e
XVII siècle, l’ aménagement de la place Royale, l’ actuelle place des Vosges,
intensifie le mouvement. Le Marais devient le quartier résidentiel d’ une
aristocratie éclairée, comme en témoigne Mme de Sévigné dans son
abondante correspondance. Les plus grands architectes de l’ époque se
voient confier la construction de superbes hôtels particuliers aux façades
magnifiques et aux intérieurs raffinés, dotés de vastes cours intérieures et de
jardins. La vie mondaine du quartier est aussi d’ une richesse sans égale : les
savants et les artistes, de Molière à Lully, fréquentent ses nombreux salons.

DÉCLIN ET RENAISSANCE Au XVIIIe siècle, même si de somptueuses


demeures, comme les hôtels de Soubise et de Rohan, continuent d’ y voir le
jour, le Marais est délaissé par l’ aristocratie au profit des faubourgs de
l’ Ouest parisien, situés sur la route de Versailles. Après la Révolution, le
quartier périclite et, au XIXe siècle, ses hôtels particuliers sont morcelés en
ateliers et en boutiques. Le Marais s’ appauvrit et finit par devenir insalubre.
Heureusement, une politique de sauvegarde et de réhabilitation de son
patrimoine inestimable est mise en œuvre dans les années 1950-1960.
Depuis, le Marais est redevenu un quartier huppé, avec ses belles demeures
restaurées, ses bars et restaurants hype et sa kyrielle de boutiques de mode.

MODE D’EMPLOI
orientation
À cheval sur les 3e et 4e arrondissements, le Marais s’inscrit dans le
quadrilatère délimité par l’Hôtel de Ville au sud-ouest, la place de la
République au nord, le boulevard Henri-IV et la place de la Bastille
au sud-est et la Seine au sud. Ses principaux axes sont les rues du
Temple, des Archives, Vieille-du-Temple et de Turenne (sud-nord) et
les rues Saint-Antoine et de Rivoli (ouest-est). La rue des Francs-
Bourgeois (ouest-est), au cœur du Marais, en constitue la principale
artère commerçante. Autour sont concentrés les grands musées.
★ Beaubourg G Incroyable irruption de l’architecture industrielle au
cœur de Paris, le centre Georges-Pompidou propose une rencontre
jubilatoire avec l’une des plus belles collections d’art moderne et
contemporain du monde. Au nord, le quartier Saint-Avoye conserve
son caractère artisanal, tandis que le Conservatoire des arts et
métiers retrace l’histoire de l’innovation technique.
✩ Archives G Autour des Archives nationales, ce quartier abrite
certaines des plus anciennes rues du Marais et leurs somptueux
hôtels particuliers. Terre d’élection historique de la communauté
juive, il vit aujourd’hui à l’heure gay.
★ Place des Vosges G L’une des plus belles places de Paris, joyau du
e
XVII siècle ; elle se situe dans l’est du Marais, non loin de la Bastille.
Le musée Carnavalet exalte l’histoire de Paris tandis que tout autour,
squares et hôtels particuliers prêtent leur décor à de magnifiques
flâneries.
Temple G Le nord du Marais occupe le site de l’ancien enclos des
Templiers et de ses terres maraîchères. Un air de bohème flotte
autour de la rue de Bretagne et du marché des Enfants-Rouges.
Saint-Paul et Saint-Gervais G Entre la rue de Rivoli et la Seine, le secteur
le plus paisible du Marais, champêtre par endroits, et toujours
élégant. Le dédale des cours du Village Saint-Paul vaut le détour.

accès
La marche est la meilleure manière de découvrir les richesses du
Marais, quartier mal desservi par les transports en commun, si ce
n’est à sa périphérie, et peu pratique si vous êtes motorisé.

EN MÉTRO
La station Saint-Paul (ligne 1) est la plus centrale. Le quartier des
Archives est proche d’Hôtel-de-Ville (ligne 1) et de Rambuteau
(ligne 11), la place des Vosges à deux pas de la station Chemin Vert
(ligne 8) ; le quartier du Temple est desservi par la station du même
nom (ligne 3). Pour les quartiers sud du Marais, proches de la Seine,
descendez à Hôtel de Ville ou Saint-Paul (ligne 1), Sully-Morland ou
Pont Marie (ligne 7).

EN BUS
La ligne 29 traverse tout le Marais d’ouest en est, desservant les
Archives et Carnavalet et Beaubourg. La ligne 75 remonte la rue des
Archives, le 76 la rue Saint-Antoine et la 96 les rues François-Miron,
de Sévigné et de Turenne.

EN VOITURE
Rues à sens unique, circulation dense même le week-end,
stationnement problématique : évitez de vous engager dans le
Marais en voiture ! Attention, dans la cadre de l’opération “Paris
respire”, certaines rues sont fermées à la circulation automobile tous
les dimanches, de 10h à 18h (10h-19h30 en été), laissant aux
piétons un vaste secteur de balades sereines entre les rues des
Archives et de Turenne.
marchés
L’un des plus anciens de Paris.
Marché des Enfants-Rouges G (plan 2, A1)
M° Filles du Calvaire, Temple 39, rue de Bretagne 75003 Ouvert
mar.-sam. 8h-20h30, dim. 8h30-17h
Marché Baudoyer G (plan 1, B2) M° Hôtel de Ville Pl. Baudoyer 75004
Ouvert mer. 12h30-20h30, sam. 7h-15h

fêtes et manifestations
Nouvel An chinois G Défilés, tambours, cymbales, acrobates… à travers
e
le 3 ardt. En jan.-fév. (les trois premiers jours du 1er mois du
calendrier lunaire)
e
Festival Soirs d’été Cinéma et concerts en plein air. Mairie du 3 ardt. De
fin juin à mi-juil.
e
Journées du Patrimoine G Le 3 week-end de septembre : une occasion
unique pour pénétrer dans quelques-unes des superbes demeures
du Marais. www.journeesdupatrimoine.culture.fr

DÉCOUVRIR
L’hôtel de ville et ses abords
✰ Les essentiels La place de l’Hôtel-de-Ville À
proximité Châtelet, les Halles, île de la Cité Sans
oublier nos adresses préférées Shopping F ;
Cafés, bars et lieux de sortie F ; Restauration 4e ardt
F

Longtemps la plus vaste


✩ La place de l’Hôtel-de-Ville et ses abords (plan 1, B2)
de Paris, la place de l’ Hôtel-de-Ville prêtait jadis son cadre aux folles fêtes
de la Saint-Jean et, surtout, aux exécutions publiques. L’ assassin
d’ Henri IV, Ravaillac, y fut écartelé le 27 mai 1610, au terme de terribles
supplices (plomb fondu, huile bouillante, poix, etc.). Et, en 1792, on y testa
la guillotine pour la première fois. Devenue piétonne en 1985, la place de
l’ Hôtel-de-Ville accueille, de décembre à mars, une grande patinoire en
plein air très fréquentée (prêt de patins sur
O À l’origine, la place
C’EST LA GRÈVE !
place). La passerelle de Grève qui la reliait à
de l’Hôtel-de-Ville n’est l’ île de la Cité depuis 1828 devint pont
qu’une pâture qui d’ Arcole en 1830, en souvenir de la victoire
descend en pente remportée en 1796 par Bonaparte sur les
douce vers la Seine. Au Autrichiens. L’ ancien boulevard de l’ Hôtel-
e
XI siècle, cette grève de-Ville, à l’ ouest de la place, fut remanié
propice au pour devenir l’ avenue Victoria en 1855, à
débarquement des l’ occasion d’ une visite de la reine
marchandises s’impose d’ Angleterre. Au nord-est de l’ esplanade se
comme le cœur des dresse le Bazar de l’ Hôtel-de-Ville (BHV).
activités de négoce. Créée en 1856 par un petit colporteur
Les journaliers en ardéchois, la boutique du bazar Napoléon
recherche d’embauche connut un franc et rapide succès. Bientôt
prennent l’habitude de rebaptisée Bazar de l’ Hôtel-de-Ville, elle
se tenir sur la dite comptait quelque 800 employés à la mort de
“place de Grève”, dans son fondateur, en 1900. Le bâtiment actuel,
l’attente de quelque achevé en 1912, se distingue par sa structure
tâche : c’est de là que métallique, novatrice pour l’ époque, et son
vient l’expression “être immense dôme d’ angle. En 2012, une
en grève” ! L’esplanade promenade sur berge a été aménagée depuis le
prit le nom de place de quai de l’ Hôtel-de-Ville, cf. Tous en Seine ! F.
l’Hôtel-de-Ville en 1803. En 1357, le prévôt
Hôtel de Ville G (plan 1, B2)
Étienne Marcel achète la maison aux Piliers,
sur la place de Grève, pour y installer l’ assemblée municipale. François Ier,
soucieux de moderniser Paris, confie les plans d’ un nouvel hôtel de ville à
l’ Italien Domenico da Cortone, dit “le Boccador”. Le chantier, lancé en
1533, s’ achèvera en 1628. L’ architecte dessine une arche latérale pour
enjamber la rue de Martiny et lui en adjoint une seconde à l’ autre bout du
bâtiment, par souci de symétrie : d’ où la curieuse absence d’ un portail
central. À sa mort, en 1549, ses successeurs remanient sans génie le dessin
des façades. Des travaux d’ embellissement et d’ agrandissement sont
réalisés par Godde et Lesueur de 1837 à 1841. En 1848, l’ Hôtel de Ville
devient le lieu de rassemblement des révolutionnaires, et de glorieux
orateurs, tel Lamartine, s’ y illustrent. Sous le Second Empire, Delacroix et
Ingres réalisent des plafonds pour les salons
O Au nord-est de
C’EST LE BAZAR !
de la Paix et de l’ Empereur, la cour centrale
l’esplanade de l’Hôtel- est achevée et elle accueille une immense fête
de-Ville se dresse Le à l’ occasion de l’ Exposition universelle de
BHV 1855. En mai 1871, l’ Hôtel de Ville est
Marais (plan 1, B2) F. incendié par les communards et entièrement
Créée en 1856 par un détruit, comme le palais des Tuileries. Ballu et
petit colporteur Deperthes dirigent sa reconstruction, de
ardéchois, la boutique 1874 à 1882, selon deux principes : agrandir
du Bazar Napoléon l’ édifice et le rendre plus fonctionnel tout en
connut un franc et respectant son style premier, alors en vogue.
rapide succès. Bientôt Copies de celles d’ origine, ses façades
rebaptisée Bazar de d’ inspiration Renaissance sont ornées de
l’Hôtel-de-Ville, elle statues de Parisiens célèbres et d’ allégories.
comptait quelque Au-dessus de l’ horloge (seule rescapée de
800 employés à la mort l’ incendie de 1871) qui domine l’ avant-corps
de son fondateur, en central siège une femme voluptueuse
1900. Le bâtiment symbolisant la Ville de Paris. C’ est en
actuel, achevé en 1912, 1977 qu’ un maire prit possession des lieux :
se distingue par sa l’ administration de la capitale était jusque-là
structure métallique, confiée à un préfet nommé par le
novatrice pour l’époque, gouvernement. Pour admirer la fastueuse
et son immense dôme décoration intérieure des salons de l’ Hôtel de
d’angle. Ville, plusieurs solutions : profiter des
expositions thématiques qui y sont
fréquemment organisées pour jeter un coup d’ œil, attendre les Journées du
patrimoine ou faire la visite virtuelle de l’ édifice proposée sur son site
Internet. Le service du Protocole organise également des visites
commentées, notamment de la salle des Fêtes et du salon des Arcades.
M° Hôtel de Ville Pl. de l’Hôtel-de-Ville 75004 Tél. 01 42 76 43 43
(salon d’accueil) ou 01 42 76 50 49/54 04 (service du Protocole)
www.paris.fr Visites guidées 1/sem. lun.-ven. (2/sem. l’été) sur rés.
auprès du salon d’accueil ou du service du Protocole Entrée libre
Expositions temporaires lun.-sam. 10h-19h Programme disponible
sur Internet ou auprès du salon d’accueil Entrée libre Accès par le
29, rue de Rivoli
o Faire du patin à glace à l’approche de Noël
Une foule de patineurs,
Patinoire du parvis de l’Hôtel-de-Ville G (plan 1, B2)
confirmés et grands débutants, sillonnent la patinoire éphémère de
l’Hôtel-de-Ville qui, entre Noël et début mars environ, prête son
cadre majestueux à de joyeuses rencontres ; l’idéal pour briser la
glace ! Deux pistes dont une réservée aux enfants de moins de
6 ans. M° Hôtel de Ville 2, pl. de l’Hôtel-de-Ville 75004 Ouvert lun.-
ven. 12h-22h, w.-e. et j. fér. 9h-22h (fermé en cas de pluie)

★ Beaubourg
✰ Les essentiels Le centre Georges-Pompidou, la fontaine
Stravinsky, le passage Molière, le musée des Arts et Métiers À
proximité Châtelet, les Halles, l’île de la Cité Sans oublier nos
adresses préférées Restauration 1er, 3e et 4e ardts F, F et F

Achevé en 1977, le centre Georges-Pompidou est un hymne à l’ invention


gratuite, conçu par Renzo Piano et Richard Rogers, deux jeunes architectes
alors inconnus, mais bien décidés à mettre l’ œil en appétit… Ils
souhaitaient que sa piazza suive une pente douce pour signifier l’ accueil.
L’ intuition était bonne : le lieu forme un véritable aimant dans Paris et jouit
toujours d’ une animation plutôt festive. Certes, lors de son inauguration, la
“raffinerie” fit grincer pas mal de dents, “en temps de crise pétrolière” !
Mais cette architecture industrielle forme un testament unique de l’ époque
et elle va bien à un quartier demeuré jusqu’ au XIXe siècle un grand centre
artisanal. Beaubourg, ce fut d’ abord Beau Bourg, un “charmant” village aux
portes de Paris, rattaché à lui par la construction de l’ enceinte de Philippe
Auguste au XIIIe siècle. Son petit peuple avait alors deux spécialités : le
textile et le travail du bois (charpenterie, menuiserie, tonnellerie, etc.). Cet
artisanat a certes disparu, mais on trouve, dans les ruelles qui rejoignent le
Conservatoire des arts et métiers, de nombreux magasins de vente en gros
de chaussures, de vêtements, de chapeaux et d’ accessoires. Le pop art
n’ aurait sans doute pas renié ce tableau et, assurément, Beaubourg reste un
village à part dans Paris, un lieu qui flatte notre âme de mécano touche-à-
tout, en somme, une véritable œuvre d’ art contemporain toujours en
mouvement…
Le centre Georges-Pompidou
★ Centre national d’art et de culture Georges-
O PAUSE CAFÉ SUR LES
TOITS DE PARIS Pompidou G (plan 1, B1) Avec la seconde plus
Au sommet du Centre grande collection d’ art moderne et
trône l’un des plus contemporain au monde, une bibliothèque
extraordinaires cafés de publique qui ne désemplit pas, des salles de
Paris, dessiné par cinéma qui transportent d’ aise les cinéphiles,
D. Jakob et B. Mac ainsi que d’ innombrables expos et
Farlane et littéralement manifestations, le centre Georges-Pompidou
posé en surplomb de la incarne l’ excellence en matière d’ institution
ville ! Les lignes culturelle. Voulu par le président Georges
géométriques du Pompidou pour être le lieu vivant et
mobilier répondent au démocratique de la création contemporaine, il
tracé des rues qui accueille aujourd’ hui plus de 25 000 visiteurs
s’étendent à perte de par jour ! Il faut dire que le bâtiment a
vue, tandis que particulièrement bien rempli sa mission en
d’insolites masses en permettant à beaucoup de pénétrer pour la
aluminium surgies du première fois dans un musée…
sol font écho aux Activités culturelles Outre l’ Atelier des
clochers et dômes de la enfants, où ces derniers peuvent s’ initier à
capitale… Attention, les l’ art contemporain (dans le hall principal), le
prix aussi atteignent Centre propose d’ innombrables activités :
des hauteurs ! G visites guidées des collections et du bâtiment,
projections, conférences, débats, festivals,
concerts, théâtre, performances, expositions temporaires (niveau 6), le
choix est vaste ! Le lieu offre aussi de quoi flâner : une librairie ainsi
qu’ une boutique de design au rez-de-chaussée, et deux cafés-restaurants aux
niveaux 1 et 6.
Informations pratiques Kiosque d’ accueil (avec brochures, programmes,
plans, etc.) et billetteries sont situés dans le hall principal. À noter : les
tuyaux bleus du bâtiment le climatisent si bien qu’ il devient, l’ été, un
véritable réfrigérateur, prévoyez une petite laine ! M° Rambuteau,
RER Châtelet-Les Halles Pl. Georges-Pompidou 75004 Tél. 01 44
78 12 33 www.centrepompidou.fr Ouvert mer. et ven.-lun. 11h-21h,
jeu. 11h-23h (expositions temporaires uniquement) Fermé le 1er mai
Tarif “Billet musée et expositions” : accès aux expositions en cours,
au musée national d’Art moderne et à la Galerie des enfants dans la
journée 11-13€, réduit 9-10€ Gratuit 1er dim. du mois (sauf
expositions) et moins de 18 ans

Un jeu architectural
Renzo Piano et Richard Rogers ont imaginé un bâtiment ludique
comme un jeu de construction et particulièrement ouvert sur la
ville grâce à ses parois de verre. Révolutionnaire aussi le principe
qui a régi sa conception : rejeter à l’extérieur toutes les structures
porteuses, voies de circulation et circuits techniques nécessaires
à son fonctionnement. Le centre Pompidou ressemble ainsi à un
vêtement que l’on aurait enfilé à l’envers pour en montrer les
coutures ! À l’intérieur, chaque étage forme un plateau
entièrement vide et modulable à volonté. À l’extérieur, un code
précis de couleurs éclatantes indique la fonction des différents
éléments : blanc pour la structure, bleu pour les gaines d’air
conditionné, vert pour les conduites d’eau, jaune pour les circuits
électriques et rouge pour les espaces de circulation, escaliers
mécaniques et ascenseurs. Le résultat est saisissant : quand on
est dehors, on est déjà dedans, et une fois dedans, on est encore
dehors !

Installé aux niveaux 4 et 5 du centre, il offre


฀ Musée national d’Art moderne G
un époustouflant panorama de l’ art du XXe siècle avec vue sur les toits de
Paris. Un juste retour des choses pour la ville qui fut le berceau de l’ art
moderne ! La plus grande collection en Europe d’ art moderne et
contemporain n’ est cependant pas chauvine : elle couvre toute la production
artistique internationale jusqu’ à l’ époque la plus récente. Les salles
n’ exposent qu’ une infime partie des quelque 59 000 œuvres entreposées
dans la réserve, mais l’ accrochage est régulièrement renouvelé. L’ art
moderne (1905-1960) est mis à l’ honneur au 5e étage, avec près de
1 300 œuvres. L’ accrochage met l’ accent sur les grands ensembles
monographiques (Kandinsky, Braque, Matisse, Léger, Picasso, Gris,
Rouault, Miró, Dubuffet… ), avec des espaces consacrés à la photographie
(Brassaï, Nagy, Man Ray), à l’ architecture et au design (Prouvé, Chareau).
Certaines salles sont construites autour d’ une personnalité, tel André
Breton, d’ une grande revue (le musée conserve l’ un des plus importants
fonds de revues d’ avant-garde au monde), d’ un mouvement ou d’ un
événement, créant un dialogue entre les œuvres et les courants d’ un demi-
siècle de création artistique. Le 4 e étage est consacré aux collections
contemporaines (de 1960 à nos jours) : art conceptuel, Fluxus, arte povera,
pop art, etc., à travers des œuvres marquantes de César, Arman, Klein,
Pollock, Liechtenstein et de nouvelles acquisitions. La surface du musée
autorise aussi la présentation d’ installations aux dimensions imposantes,
telles les œuvres de Beuys, Long, Tinguely, Graham, Raynaud… et des
créations de la scène actuelle. Cohérence et richesse de la collection créent
l’ un des plus beaux parcours qui soient à travers les avant-gardes du
e
XX siècle. La nouvelle présentation des collections, mise en place dès
octobre 2013, propose une vision de l’ art inédite, ouverte et mondialisée.
Aux icônes de l’ art occidental s’ ajoutent des chefs-d’ œuvre venus
d’ Amérique latine, d’ Asie, du Moyen Orient, d’ Afrique. Au travers de plus
de 1 000 œuvres, cette traversée de la modernité fait apparaître la richesse
et la diversité de la création mondiale de 1905 à 1970. Entrée du musée
Niveau 4 accès aux niveaux 4 et 5 Bibliothèque publique
d’information G Accès par la rue Beaubourg Tél. 01 44 78 12 75
www.bpi.fr Ouvert lun. et mer.-ven. 12h-22h, w.-e. et j. fér. 11h-22h
Entrée libre
฀ Atelier Brancusi G (plan 1, B1) Constantin Brancusi n’ a pas seulement
révolutionné la sculpture moderne en abandonnant toute étude préparatoire
et en s’ attaquant directement à la matière, il était aussi un maniaque de la
forme et de son déploiement dans l’ espace. Jusqu’ à sa mort, en 1957, il ne
cessa de parfaire l’ agencement de son atelier et de la forêt d’ œuvres qu’ il y
exposait : il avait décidé de léguer l’ ensemble à l’ État à la condition que ce
dernier ne changerait rien à son organisation ! Présenté dans un bâtiment
indépendant conçu par Renzo Piano au nord de la piazza, l’ ensemble est de
toute beauté : on se croirait transporté au royaume de la forme pure, entre
paysage d’ art primitif empli de totems et extrême sophistication de volumes
à la captivante essence symbolique… La collection comprend quelques
chefs-d’ œuvre de l’ artiste, en particulier sa Danaï de en bronze doré (1933).
N’ éludez donc pas la visite, comprise dans le billet d’ entrée du musée
national d’ Art moderne. Attention, les horaires d’ ouverture sont restreints.
M° Rambuteau Sur la piazza, côté rue Rambuteau Ouvert mer.-lun.
13h-21h Fermé 1er mai Entrée libre

Autour du centre Pompidou


Seule la rue de Venise (plan 1, B1) donne encore une idée de l’ étroitesse des
ruelles qui formaient un lacis sur le site du centre Pompidou, entre la rue
des Lombards et la rue Rambuteau. Cette configuration valut au quartier
Saint-Merri de former, en 1832 et 1834, le camp retranché des
révolutionnaires jusqu’ au-boutistes dont la police et l’ armée avaient maté
l’ insurrection dans le reste de Paris. Le préfet Haussmann eut vite fait de
décréter le quartier insalubre et d’ en commander la destruction : en 1930, ce
n’ était plus guère qu’ un terrain vague, et il fallut attendre les années
1970 pour que la zone reprît vie avec l’ implantation du Centre…
L’ institution a su imprimer un air bonhomme à ce miniquartier : le sud de la
rue Quincampoix recèle quelques façades Louis XV bien restaurées (n°10 à
14) et la rue des Lombards, agréable annexe du Marais gay, jouxte sans
complexe la vieille église Saint-Merri…
Centre Wallonie-Bruxelles G (plan 1, B1)Une vitrine dynamique de la création
belge à travers plusieurs expositions collectives annuelles, tendant à
l’ irrévérence, l’ humour, le décalage, l’ insolence. Comme tout centre
culturel qui se respecte, les activités vont bien au-delà des expositions (de
grande qualité) : projections, danse, performances, musiques, lectures, etc.
M° Rambuteau 127-129, rue Saint-Martin 75004 (juste en face du
centre Georges-Pompidou) Salles de spectacles et de cinéma au 46,
rue Quincampoix Tél. 01 53 01 96 96 www.cwb.fr Ouvert lun.-ven.
9h-19h, sam.-dim. 11h-19h Fermé j. fér. Entrée libre aux expositions
Spectacles Tarif 10€, réduit 8€ Cinéma Tarif 5€, réduit 3€
Programmes complets sur le site Internet
Institut de recherche et de coordination acoustique-musique (IRCAM) G (plan 1, B1)
Créé à l’ initiative du centre Georges-Pompidou et du compositeur Pierre
Boulez en 1969, l’ IRCAM est un établissement unique au monde, voué à
élargir le champ de la création musicale
O UNE SYMPHONIE POUR
LES YEUX contemporaine en permettant aux
Au pied du centre compositeurs de rencontrer des chercheurs et
Pompidou, la fontaine experts en acoustique et techniques du son. Au
Stravinsky coiffe public, l’ institution propose divers concerts
l’IRCAM souterrain et qui permettent de découvrir les œuvres de
rend un bien joli demain, en particulier lors du Festival Agora,
hommage à la organisé chaque année en juin. Le bâtiment
musique : les constitue lui-même un objet singulier : sa
sculptures sont dues à haute paroi de brique n’ est que le sommet
Niki de Saint Phalle et d’ un iceberg, les studios et les chambres
les mobiles à Jean insonorisées s’ étendant sous la fontaine Igor-
Tinguely, chaque Stravinsky. L’ ensemble est dû aux architectes
élément illustrant une Renzo Piano, Richard Rogers, Patrick et
œuvre d’Igor Daniel Rubin (1977). M° Rambuteau 1, pl.
Stravinsky. L’Oiseau de Igor-Stravinsky 75004 (à droite de la
feu est immanquable… piazza, au sud du Centre) Tél. 01 44 78
Volutes des jets d’eau 48 43 ou 01 44 78 12 40 (réservation)
et couleurs www.ircam.fr Concerts de musique
tournoyantes n’ont pas contemporaine Tarif 14€, réduit 10€ Rés.
fini de réjouir les sur Internet ou par tél.
passants ! ✩ Fontaine
Stravinsky G (plan 1, B1) Enchâssée dans
Église Saint-Merri G (plan 1, B2)
M° Rambuteau son pâté de maisons, l’ église historique du
Pl. Igor-Stravinsky (sur village Beaubourg n’ en paraît que plus
le côté sud du centre ancienne. Consacrée au XIe siècle, relevée vers
Pompidou) 1200, puis de 1515 à 1620, telle que nous la
voyons, elle est une synthèse de tous les styles
des églises parisiennes : gothique flamboyant de la façade, nef et bas-côté
gothiques, décor baroque du chœur (XVIIIe s., réalisé par Michel-Ange
Slodtz), chapelle classique sur le bas-côté droit (œuvre de Germain
Boffrand en 1744, dotée d’ un éclairage zénithal original). Saint-Merri
renferme quelques vitraux du XVIe siècle, une étonnante chaire sculptée de
palmiers (années 1750) et, entre autres toiles religieuses, Saint Merri
délivrant les prisonniers par Simon Vouet (bras gauche) et Marie
l’Égyptienne par Chassériau (3e chapelle à gauche du chœur). Les bénévoles
de la paroisse, très dynamiques, y organisent des expositions et surtout des
concerts de musique classique gratuits et de belle tenue, dont certains
permettent de découvrir de jeunes pianistes et violonistes virtuoses. Une
initiative dont nous vous invitons à profiter ! M° Hôtel de Ville, Châtelet
76, rue de la Verrerie 75004 Tél. 01 42 71 93 93 www.saintmerri.org
Ouvert lun.-ven. 12h-18h30, sam. 15h-18h30, dim. 10h-18h30
Concerts gratuits sam. 20h et dim. 16h (programme sur
www.accueilmusical.fr) Visites guidées gratuites 1er et 3e dim. du
mois 17h30
Face au centre Pompidou, de l’ autre côté de
Quartier de l’Horloge G (plan 1, B1)
la rue Rambuteau, on découvre les immeubles modernes sans charme et les
petites cours du quartier de l’ Horloge, aménagé de 1972 à 1982 sur un
ancien îlot insalubre. Une sculpture de Zadkine, La F uite de Prométhée
(1964), en indique l’ entrée. Au centre du quartier, rue Bernard-de-
Clairvaux, est installée l’ Horloge du défenseur du Temps (1979), sculpture
monumentale et, à l’ origine, animée de Jacques Monestier. À chaque heure,
son homme armé s’ attaquait à l’ un de ses trois animaux symbolisant les
éléments, dans un bruit de tonnerre. À midi, 18h et 22h, il les affrontait tous
en même temps (hors service pour une durée indéterminée). Plus à l’ ouest,
le charmant ✩ passage Molière abrite la Maison de la poésie, qui propose
des spectacles, concerts et lectures de qualité, dans le cadre de l’ ancien
Théâtre Molière, fondé en 1791. Le passage débouche sur la rue
Quincampoix, célèbre pour avoir accueilli, en 1719, la banque de Law et sa
monnaie de papier : la rue fut alors envahie par les spéculateurs et les
badauds avides d’ argent facile, avant que la grande banqueroute n’ emportât
tout ce monde dans son tourbillon dès 1720. Maison de la poésie-
Théâtre Molière G (plan 18, B1) M° Rambuteau Passage Molière
75003 (au niveau du 157, rue Saint-Martin) Tél. 01 44 54 53 00
www.maisondelapoesieparis.com Ouvert mar.-sam. 15h-18h Rés.
sur place ou par tél. ou sur le site Internet
Musée de la Poupée G (plan 1, B1) Ce musée insolite est blotti au fond de
l’ impasse Berthaud, à deux pas de Beaubourg, au cœur de l’ ancien quartier
des bimbelotiers, ou fabricants de poupées. Ouvert en 1994, il rassemble
quelque 500 poupées, du début du XIXe siècle à nos jours. Elles sont
présentées, vêtues de leurs plus beaux atours, dans des vitrines organisées
en petits tableaux : au salon, dans les jardins du Luxembourg, etc. Un bel
aperçu de l’ évolution de ce jouet, de l’ objet artisanal à la fabrication en
série, en passant par des automates et des poupées dessinées par des artistes.
Également, des expositions temporaires, des ateliers pour les enfants
certains jours et des cours de confection d’ habits de poupée donnés par des
professionnelles… M° Rambuteau Impasse Berthaud 75003 (au
niveau du 22, rue Beaubourg) Tél. 01 42 72 73 11
www.museedelapoupeeparis.com Ouvert mar.-sam. 13h-18h Fermé
j. fér. Tarif 8€, réduit 6€, 3-11 ans et personnes handicapées 4€
Ateliers créatifs mer. 14h30 Tarif 14€ (billet incluant l’entrée au
musée) Rés. par tél.
Jardin Anne-Frank G (plan 1, B1) Pour un peu de tranquillité, faites une halte
dans ce square paysager qui se dérobe à la vue des passants à l’ angle des
rues Rambuteau et Beaubourg. Il jouxte le musée de la Poupée et offre une
jolie vue sur la façade arrière du musée d’ Art et d’ Histoire du judaïsme F.
M° Rambuteau 14, impasse Berthaud 75003 (au niveau du 22, rue
Beaubourg) Ouvert nov.-fév. : tlj. 10h-17h30 ; mars : tlj. 10h-18h30 ;
avr. : tlj. 10h-20h ; mai-août : tlj. 10h-21h ; sept. : tlj. 10h-20h

Le quartier des Arts et Métiers


De Beaubourg aux Arts et Métiers, aux
Autour des Arts et Métiers G (plan 7, B3)
abords de la rue Beaubourg, des ruelles préservent toujours la nature
industrieuse du Vieux Paris. De ce quartier artisanal et commerçant, fort
animé le jour, la rue Chapon et la rue des Gravilliers sont les meilleurs
exemples, avec leur enfilade de magasins en gros de bijoux fantaisie, de
sacs, de parfums et de bric-à-brac chinois. Aux portes du Conservatoire des
arts et métiers, la rue Volta forme le cœur d’ un minuscule Chinatown :
c’ est là que s’ installèrent les premiers Chinois arrivés à Paris après la
Première Guerre mondiale. Longtemps considérée comme la plus vieille
demeure de la capitale, la maison à colombages du n°3 daterait, en fait, du
début du XVIIe siècle.
C’ est en 1794 que
฀ Conservatoire national des arts et métiers G (plan 7, B3)
l’ abbé Henri Grégoire, prêtre “jureur” (rallié à l’ idéal révolutionnaire),
fonde le Conservatoire des arts et métiers, dont la mission est de réunir
machines et outils de pointe et de les mettre à la disposition du public, des
scientifiques et des artisans. L’ installation du conservatoire à Saint-Martin-
des-Champs, un prieuré supprimé en 1791, permettra d’ en sauver l’ église
du XIIe siècle et quelques bâtiments conventuels – dont le magnifique
réfectoire gothique (milieu du XIIIe s.), devenu la bibliothèque du CNAM.
Les locaux seront considérablement agrandis de 1845 à 1896. Dès le départ,
fidèle à l’ esprit humaniste des Lumières, le lieu s’ attribue une vocation
pédagogique – des rails permettaient de déplacer les énormes machines
dans les salles de démonstration. Aujourd’ hui établissement
d’ enseignement supérieur et de recherche, le CNAM est aussi un acteur
majeur de la diffusion de la culture scientifique grâce à son Musée des arts
et métiers qui retrace, au fil de 6 000 objets, l’ histoire de l’ innovation
technique de la Renaissance à nos jours. M° Arts et Métiers, Réaumur-
Sébastopol 292, rue Saint-Martin 75003 Tél. 01 40 27 20 00
www.cnam.fr
✩ Musée des Arts et Métiers G Les collections sont réparties sur trois niveaux,
en sept domaines, traités chronologiquement. Première étape, les
instruments scientifiques servant à mesurer le temps, l’ espace, et au calcul
arithmétique, avec nombre de sphères, sextants, astrolabes et cadrans
solaires du XVIe au XVIIIe siècle. Ne manquez pas la sphère céleste de Bürgi
(1580), l’ astrolabe d’ Arsenius (1569), les machines à calculer de Pascal, la
reconstitution du laboratoire de Lavoisier, les horloges de marine de
Berthoud (fin XVIIIe s.), l’ appareil de Foucault servant à mesurer la vitesse
de la lumière… Suit la section consacrée aux matériaux et à la maîtrise de
leur transformation, avec pour pièces maîtresses le métier à tisser de
Vaucanson (1746) et la superbe vitrine de Gallé (marqueterie de bois, vases
de verre émaillé). Le domaine “construction” présente des maquettes de
charpentes, de ponts, d’ escaliers, dévoilant leur structure complexe, ainsi
que des miniatures de chantiers du XIXe siècle à nos jours. Dans le domaine
“communication”, où le XXe siècle occupe une place prépondérante, on suit
l’ évolution de l’ imprimerie, de la photographie, du cinéma, des
télécommunications, de la micro-informatique… La section “énergie”,
depuis la traction animale, les moulins à vent et les roues hydrauliques,
jusqu’ à l’ énergie nucléaire, expose surtout des maquettes et modèles
réduits. Au domaine “mécanique” figure une fascinante collection de
boîtes à musique, de jouets mécaniques et d’ automates, essentiellement du
e
XVIII siècle. Pour les voir en mouvement, demandez le calendrier du théâtre
des automates (seulement 3 après-midi/mois, rés. gratuite à l’ accueil). Ce
voyage dans les inventions du génie humain s’ achève avec les transports :
calèches, tricycles à moteur, véhicule à vapeur, locomotives, etc. Les plus
gros prototypes (premiers avions, voitures anciennes, moteur de la fusée
Ariane 5) trônent dans la nef de l’ ancienne église. Si le chœur, qui abrite le
pendule de Foucault (preuve expérimentale de la rotation de la Terre),
remonte au XIIe siècle, les voûtes et fenêtres de Saint-Martin-des-Champs
sont de la fin du XIIIe siècle et leur superbe polychromie flamboyante, un
pastiche du XIXe siècle. Le rôle éducatif de l’ institution est assuré par de
nombreuses visites et démonstrations gratuites (quotidiennes et sans
réservation, rens. sur place) et par la présence, à chaque étape du parcours,
de bornes interactives, d’ albums de consultation, d’ ateliers
d’ expérimentation et de kiosques de formation professionnelle. 60, rue
Réaumur Tél. 01 53 01 82 00 ou 01 53 01 82 65/75 (réservations)
www.arts-et-metiers.net Ouvert mar.-mer. et ven.-dim. 10h-18h, jeu.
10h-21h30 Tarifs 6,50€, réduit 4,50€, gratuit moins de 26 ans
Expositions temporaires 5,50€, réduit 3,50€, gratuit moins de 5 ans
Billet couplé 7,50€, réduit 5,50€ Visites familiales dim. 11h (incluses
dans le billet) Rés. par tél. ou par mail Ateliers pour enfants 7-12 ans
mar.-dim. Tarif 6,50€ Rés. par tél. ou par mail

O La
GADGETS DE GEEK
boutique de la
Inauguré en 1862, ce
Gaîté Lyrique G (plan 7, B3)
théâtre, qui évoque les opérettes débridées
Gaîté Lyrique d’ Offenbach, les trémolos de Luis Mariano ou
sélectionne toutes les récitals de Georges Guétary, connut son
sortes d’objets design heure de gloire sous le Second Empire.
et amusants, tout droit Condamné à une mort lente après sa fermeture
sortis de notre passé définitive à la fin des années 1980, il doit sa
technologique ou survie à la municipalité qui a décidé
annonçant l’avenir… G d’ inaugurer en mars 2011, derrière cette
Ouvert mar.-ven. 14h- façade monumentale rythmée d’ arcs et de
20h, w.-e. 11h-19h pilastres en marbre rouge, le premier centre
culturel dédié à la création numérique. À
l’ intérieur, tout a été repensé pour pouvoir accueillir dans une ambiance
futuriste tendance berlinoise : expositions temporaires, installations,
concerts, conférences, projections, design sonore, ateliers pratiques (comme
le “gang des seniors connectés”, une initiation au multimédia pour les plus
de 70 ans ; les ateliers de création radiophonique, etc.). Le lieu vibre d’ une
programmation éclectique ! Quand il n’ y a pas d’ événement particulier, la
Gaîté reste ouverte au public avec son centre de ressources et sa salle de
jeux vidéo (des plus anciens aux plus récents). Le café, installé dans le
magnifique foyer historique rénové, vaut aussi le détour pour sa restauration
100% végétale créée par le chef Arnaud Daguin. M° Réaumur-
Sébastopol, Arts et Métiers 3bis, rue Papin 75003 Tél. 01 53 01
51 51 www.gaite-lyrique.net Ouvert mar.-sam. 14h-20h, dim. 14h-
18h Nocturnes pendant les expositions temporaires mar. jusqu’à
22h, dim. jusqu’à 19h Expositions 7,50€, réduit 5,50€, 6-12 ans 3€,
gratuit moins de 6 ans Visites familiales gratuites le sam. après-midi
Rés. sur place Ateliers Tarif variable Rés. sur place ou par par tél. ou
sur le site Internet (programme complet en ligne)
Église Saint-Nicolas-des-Champs G (plan 7, B3)Les rues de Turbigo, Réaumur et
Saint-Martin ont impitoyablement isolé la vieille église paroissiale (1184)
du bourg Saint-Martin du reste du tissu urbain. Derrière une façade noircie
par les pots d’ échappement, Saint-Nicolas-des-Champs renferme, malgré sa
vétusté, une précieuse collection de tableaux, dont certains, rescapés de la
Révolution, figurent parmi les rares témoignages de la peinture religieuse
parisienne du XVIIe siècle. Citons le retable de Simon Vouet, Les Apôtres au
tombeau de la Vierge et L’Assomption (1629), La Circoncision de Finsonius
(vers 1615), la Vierge de la famille de Vic de François II Pourbus (vers
1618) et les fresques de Georges Lallemant (1620). L’ église abrite des
œuvres plus tardives, comme L’Adoration des bergers de Noël Nicolas
Coypel (XVIIIe s.), Jésus bénissant les petits enfants de Noël Hallé (1775) et
Le R achat des galériens par saint Vincent de Paul de Léon Bonnat (1865).
Hélas, certaines toiles pâtissent d’ un éclairage indigent. Seules les sept
premières travées de la nef sont du XVe siècle. Les six autres et le beau
portail sud datent des travaux d’ agrandissement menés aux XVIe-
e
XVII siècles. M° Réaumur-Sébastopol 254, rue Saint-Martin 75003
Tél. 01 42 72 92 54 ou 01 42 74 02 55 (rés. visite)
www.asaintnicolas.com Ouvert lun. 9h-19h, mar.-ven. 7h45 –
fermeture variable, sam. 10h30-13h et 16h-19h30, dim. 9h45-
12h30 et 16h-18h30 Visites guidées 1er mer. du mois et sam. 16h,
sur rés. Libre participation

✩ Le quartier des Archives


✰ Les essentiels Le musée d’Art et d’Histoire du
judaïsme, l’hôtel de Soubise, la rue Vieille-du-
Temple, le quartier juif À proximité L’Hôtel de Ville,
Beaubourg, les Arts et Métiers, l’île de la Cité Sans
oublier nos adresses préférées Shopping F ;
Cafés, bars et lieux de sortie F ; Restauration 3e et
4e ardts F et F

Entre quartier gay et quartier juif, la rue des Archives et la rue Vieille-du-
Temple constituent le secteur le plus hype et festif du Marais, avec sa
théorie de bars, de cafés-théâtres et de restaurants. Le décor ne manque pas
de grâce : on admirera, autour des Archives nationales, parmi les plus beaux
hôtels particuliers du Marais. Ce quartier est un incontournable, entre
visites culturelles, flânerie, shopping et vie nocturne. Sa principale porte
d’ entrée est la place de l’ Hôtel-de-Ville.

Autour de la rue du Temple


Rue du Temple G (plan 1, B1-B2) C’ est l’ une des plus anciennes rues de Paris
e
puisqu’ elle fut tracée au XII siècle pour relier l’ Hôtel de Ville à l’ enclos du
Temple. Au fond de la cour qui s’ ouvre au niveau du n°41, ne ratez pas la
belle façade du Café de la Gare café-théâtre rendu célèbre par la troupe du
Splendid. Plus haut dans la rue, deux hôtels particuliers sont notables. Au
n°71, le superbe hôtel de Saint-Aignan, construit par Pierre Le Muet dans
les années 1640 et agrandi en 1691, abrite aujourd’ hui le musée d’ Art et
d’ Histoire du judaïsme, cf. Musée d’ Art et d’ Histoire du Judaïsme F. Au
n°79, l’ hôtel de Montmort, édifié en 1623 pour Jean Habert de Montmort.
Le fils de ce financier y reçut Molière et les plus grands savants de son
temps, dont Huyghens et Gassendi, qu’ il hébergea de 1653 à sa mort, en
1655. M° Hôtel de Ville, Rambuteau
✩ ฀ Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme G (plan 1, B1)Ce remarquable musée,
inauguré en 1998, bénéficie du cadre somptueux de l’ hôtel de Saint-Aignan,
non loin du célèbre quartier juif. Dans la cour se dresse l’ émouvant
Hommage au capitaine Dreyfus, un bronze de Tim (1919-2002). Le musée,
dans le bâtiment du fond, s’ ouvre au sommet d’ un escalier magnifique,
reconstruit d’ après les plans de Le Muet. M° Rambuteau Hôtel de Saint-
Aignan 71, rue du Temple 75003 Tél. 01 53 01 86 60 ou 01 53 01 86
62 (rés.) www.mahj.org Ouvert lun.-ven. 11h-18h, dim. 10h-18h
Fermeture de la billetterie 45min avant les salles du musée Nocturne
le mer. jusqu’à 21h pendant les expositions temporaires Entrée
Musée 6,80€, tarif réduit 4,50€ Expositions temporaires (tarifs
variables) 8€, réduit 5,50€ Billet combiné 11,50€, réduit 7€ Gratuit
pour les moins de 26 ans Audioguide inclus Visites guidées Tarifs
(droit d’entrée inclus) musée 9€, réduit 6,50€ Expositions
temporaires 11€, réduit 7€ Rés. par tél. ou par mail Ateliers pour
enfants Tarif 8,50€ Rés. par tél. ou par mail Auditorium Programme
complet des films, concerts et conférences sur le site Internet
Une approche didactique et séduisante La première salle se veut une
introduction au judaïsme, dont elle présente les grands fondements : la Loi,
ou Torah (rouleau de Torah du XVIe s.), l’ attachement à Jérusalem (dont un
splendide plan en relief de 1892 est exposé)… Les 13 salles suivantes
offrent un parcours thématique très complet et fort bien présenté. Les
notices, la traduction systématique des inscriptions et leur explication, ainsi
que l’ excellent audioguide disponible à l’ accueil permettent de se
familiariser avec l’ histoire du judaïsme et ses coutumes. De la présence
juive en France au Moyen Âge à la diaspora au fil des siècles (Juifs d’ Italie,
Séfarades d’ Espagne puis d’ Afrique du Nord et d’ Orient, Ashkénazes
d’ Europe de l’ Est), c’ est un fascinant voyage, souvent tragique, qui est ainsi
retracé. Les traditions et rites judaïques font aussi l’ objet d’ une description
minutieuse mais claire : organisation de l’ espace de la synagogue,
signification du shabbat et des fêtes juives telles que Hanoukka ou Pourim,
précisions sur la kashrout (ensemble des règles alimentaires). On découvre
au passage une remarquable collection d’ objets liturgiques : arche sainte
sculptée de la fin du XVe siècle, bagues de mariage italiennes de la
Renaissance, lampes de Hanoukka, costumes de mariée séfarades, etc. Sont
ensuite évoqués les changements apportés par la Révolution française, la
montée de l’ antisémitisme à la fin du XIXe siècle (espace consacré à l’ affaire
Dreyfus) et la naissance du sionisme. La dernière salle est réservée aux
artistes juifs de l’ école de Paris : Chagall, Modigliani, Sonia Delaunay,
Zadkine, etc. Le café du rez-de-chaussée occupe une ancienne salle de
séjour ornée d’ une belle fresque en grisaille. Également une riche
médiathèque.

Le quadrilatère des Archives


Depuis le début du XIXe siècle, le quadrilatère formé par les rues des
Archives, des Francs-Bourgeois, Vieille-du-Temple et des Quatre-Fils est
devenu l’ antre de la mémoire nationale, entièrement dévolu à la
conservation des archives de l’ État français. Les hôtels particuliers (Hôtel
de Soubise et Hôtel de Rohan) qui les abritent écrivent eux-mêmes l’ une
des plus belles pages de l’ architecture parisienne. Afin de pallier la
saturation à laquelle font face les locaux de Paris et de Fontainebleau
(ouvert en 1969), les Archives nationales bénéficient, depuis janvier 2013,
de nouveaux espaces de conservation et de consultation sur le site de
Pierrefitte-sur-Seine, chargé des Archives de l’ État postérieures à 1790.
✩ ฀ Hôtel de Soubise G (plan 2, A1) En 1704, la puissante famille Rohan-
Soubise confie à Delamair la transformation et la modernisation de la
résidence médiévale élevée par Olivier de Clisson, connétable de France,
puis rachetée et embellie par les Guise au XVIe siècle. De l’ hôtel de Clisson
subsiste, au n°58 de la rue des Archives, un magnifique porche gothique
surmonté de tourelles en encorbellement, exemple sans égal dans le Marais
de l’ architecture civile de la fin du XIVe siècle. Si Delamair conserve les
bâtiments existants, il offre au corps de logis une nouvelle façade,
richement ornée, donnant sur une splendide cour d’honneur à portique
(entrée au 60, rue des Francs-Bourgeois). À la décoration des appartements,
confiée à Boffrand dans les années 1730, participent des peintres aussi
éminents que Boucher et Natoire. Affecté au dépôt central des archives de
l’ État en 1808, l’ hôtel de Soubise abrite aussi le musée des Archives
nationales, anciennement musée de l’ Histoire
O Installé dans les
L’HISTOIRE EN VRAI