Blocs de commande
1.1 Commande analogique de convertisseurs à découpage
1.1.1 Principe de la commande des convertisseurs à découpage
En électronique de puissance
Interrupteurs électroniques (2 états)
Le passage d’un état à l’autre s’effectue périodiquement. On note Te cette période.
On dit que le convertisseur fonctionne « en découpage » si la période Te est très
faible devant T (Période de la source de puissance).
Dans le cas des redresseurs ou des gradateurs on choisit Te = T/2 ou T/3.
Pour les autres convertisseurs on choisit Te entre T/100 et T/1000.
1.1.2 Principe de la commande analogique
En première étude, il est nécessaire d’élaborer un signal de commande pour agir
sur les interrupteurs.
Il s’agit le plus souvent de créer, par un montage électronique, des fonctions,
• triangulaire symétrique tri(t),
• triangulaires asymétriques ou « dents de scie » scie_m(t),scie_d(t)
• ou même triangulaires asymétriques décalées scie_dec_m(t) et scie_dec_d(t)
Ces fonctions sont obtenues sous forme de tension (notée ve(t)). Ce signal de
commande est alors analogique. On fait très souvent appel à des amplificateurs
opérationnels.
Dans ce qui suit, on va présenter un schéma synoptique pour chacune des fonctions
triangulaires, en utilisant des schémas blocs.
1.1.3 Réalisation de la fonction triangulaire tri(t)
Pour réaliser la fonction triangulaire symétrique tri(t), on utilise un amplificateur
inverseur, un intégrateur, et un comparateur à hystérésis. Le schéma bloc est présenté
comme suit:
-k Ve= VH tri(t)
VH
+Vsat
Te/2
ve(t) vs(t)
1/s Te/4 Te t
-VH 0 VH
-Vsat -VH
Comparateur à hystérésis
ve(t ) k vs (t )dt [Link].t
Ve( s ) k
On a : Si Vs= – Vsat, on obtient:
Vs ( s ) s
Le basculement a lieu pour ve = VH et pour t = Te/4. k · Vsat · Te = 4 VH
4VH
Soit: Te
kVsat
1.1.4 Réalisation des fonctions triangulaires asymétriques scie_m(t) et scie_d(t)
Pour la fonction scie_m(t), un amplificateur de gain k. est réservé à la montée, tandis
que la descente (très rapide) est obtenue par un autre amplificateur de gain k′
beaucoup plus élevé (k′ >> k). Un commutateur analogique commandé par le signe de
vs(t) fait agir l’un ou l’autre amplificateur. Le schéma bloc est comme suit:
-k ve=VH scie_m(t)
Commutateur
analogique VH
-k’>>k k
k’
t
Te/2 Te
+Vsat
ve(t) vs(t) -VH
1/s 0
-VH VH
-Vsat
Comparateur à hystérésis
ve(t ) k vs(t )dt [Link].t
Le basculement a lieu pour ve = VH et pour t ≈ Te/2. On a alors k · Vsat · Te ≈ 2VH
2VH
Soit, Te
kVsat
Pour la fonction scie_d(t), l’amplificateur de gain k. est réservé à la descente, tandis
que la montée est obtenue par un autre amplificateur de gain k′ beaucoup plus élevé
(k′ >> k).
1.1.5 Réalisation des fonctions triangulaires asymétriques décalées scie_dec_m(t)
et scie_dec_d(t)
On utilise encore le diagramme précédent. Mais on a modifié le cycle d’hystérésis.
-k
Commutateur
analogique
-k’>>k
+Vsat
ve(t) vs(t)
1/s 0 VH
-Vsat
Comparateur à hystérésis
Le basculement a lieu pour ve = VH et pour t ≈ Te. On a alors k · Vsat · Te = VH
VH
Soit, Te
kVsat
Dans le cas de la fonction scie_dec_d(t), on procède comme pour la fonction scie_d(t) :
un amplificateur de gain k. est réservé à la descente, tandis que la montée est obtenue
par un autre amplificateur de gain k′ beaucoup plus élevé (k′ >> k). Le comparateur à
hystérésis est identique à celui du cas précédent.
1.1.6 Réalisation pratique de la fonction dα(t)
On a:
z(t) = sign [u(t)] = sign [g(t) –scie_dec_m(t)]
y(t) = 0,5 × [z(t) + 1] = dα(t)
Cette forme d’onde permet la commande des
hacheurs. C’est la fonction génératrice
g(t) qui impose le rapport cyclique α. On obtient
tout simplement :
α(t ) = g (t ) avec 0 ≤ g ≤ 1, ∀ t
En pratique, à la place de dα(t), on considère la
tension ve(t) = VH × scie_dec_m(t).
On considère également le signal de commande
Uc, une tension continue choisie généralement
telle que :
Uc = g × VH
Cela donne : ve(αTe) = Uc
Comme ve(t) est proportionnelle à t sur l’intervalle [0,Te] le rapport cyclique α est
proportionnel à la tension de commande Uc.
1.2 Commande analogique de convertisseurs à thyristors
1.2.1 Réalisation d’un signal analogique de commande « Arc cosinus » pour
redresseur à thyristors
Il s’agit d’obtenir un réglage d’un angle de retard α (dit angle de retard à l’amorçage
d’un thyristor), par rapport à l’origine de l’angle θ = ωt imposée par la tension
sinusoïdale de référence vs(t) de la source de puissance :
Il est pratique pour la commande des thyristors d’obtenir une variation de α en fonction
d’une tension continue de commande Uc telle que
Uc
Arc cos( ) Arc cos x
UM
où UM est la valeur maximale de réglage de la tension Uc. On a alors – UM ≤ Uc ≤ + UM
(– 1 ≤ x ≤ + 1 ). On dit alors que la commande est du type « Arc cosinus ».
UM UM
Uch (1 cos ) (1 x)
2 2
Le schéma bloc d’un montage réalisant la commande « Arc cosinus » est donné par:
Signe de vs(t)
ve vs
vs(t) Valid(t) Générateur Uc
˟ d’impulsions T/4 T/2
0 t0 t
c(t)
ve(t) Signe de vs
c(t)
-k 1/s - 1
c(t) t
Comparateur 0 t0 T/2
Uc + Valid
0 t
t0=α/ω T/2 t0+T 3T/2
On intègre la tension de référence vs(t) pour obtenir une fonction « cosinus ».
On a alors
Cette tension est comparée à la tension continue de commande Uc. Le basculement
a lieu pour Uc = ve(α).Il correspond à l’instant t0 tel que α = ωt0.
Uc
Cela permet d’écrire que : Arc cos( ) Arc cos x
kVs 2
En sortie du comparateur, la fonction c(t) vaut « 1 » si Uc > ve(t) et « 0 » dans le cas
contraire. On multiplie c(t) avec la fonction signe de vs(t) vaut « 1 » si vs(t) > 0, et « 0 »
dans le cas contraire.
Lorsque Valid(t) vaut « 1 », le générateur fournit un « peigne d’impulsions » qui
est envoyé vers la (ou les) gâchette(s) des thyristors. Il est ainsi possible de régler
l’amorçage des thyristors selon δ. En pratique, le peigne passe par un transformateur
d’impulsions dont le secondaire est relié à la gâchette du thyristor.
1.2.3 Réalisation d’un signal analogique de commande pour gradateur à thyristors
ou à triac
Il s’agit d’obtenir un réglage d’un angle de retard δ (dit angle de retard à l’amorçage
exprimé en radians), par rapport à l’origine de l’angle θ = ωt imposée par la tension
sinusoïdale de référence vs(t) de la source de puissance. La fonction utile est la
fonction « découpage » dδ(t).
On cherche une fonction pour obtenir une commande « découpage » dδ(t) où
la variation de δ en fonction d’une tension continue de commande Uc est telle que
UM est la valeur maximale et 0 < Uc < UM. Ainsi, la puissance fournie par le gradateur
est une fonction croissante de la tension Uc.
On réalise cette commande à partir de la fonction scie_dec_d(t) la fonction « dents
de scie » décalée descendante variant entre + 1 et 0, de période Te = T/2 telle que :
Cela donne le schéma bloc d’un montage réalisant la commande, présenté comme suit:
On utilise la tension de référence vs(t) pour
obtenir une fonction UM × scie_dec_d(t)
en synchronisme, c’est-à-dire :
– de période Te = T/2, imposée par
l’alimentation vs(t);
– une origine des temps commune telle vs(0)
= 0 avec une dérivée > 0, et scie_dec_d(0)
= 1.
La tension UM × scie_dec_d(t) est comparée
à la tension continue de commande Uc.
Le basculement a lieu pour Uc = ve(δ). Il
correspond à l’instant t0 tel que δ = ωt0.
Cela permet d’écrire que :
En sortie du comparateur, la fonction c(t) vaut
« 1 » si Uc > ve(t) et « 0 » dans le cas
contraire. On multiplie c(t) avec la fonction
signe de vs(t) qui vaut « 1 » si vs(t) > 0, et « 0
» dans le cas contraire.
On obtient ainsi un signal :
– Valid(t) = c(t) × signe de vs(t) = dδ(t) si l’on utilise un multiplicateur analogique.
– Valid(t) = c(t) « ET » signe de vs(t) = dδ(t) si l’on utilise un « ET » opérateur logique.
Lorsque Valid(t) vaut « 1 », le générateur fournit un « peigne d’impulsions » qui
est envoyé vers la (ou les) gâchette(s) des thyristors ou du triac. Il est ainsi possible
de régler l’amorçage des interrupteurs thyristors ou du triac selon δ. En pratique,
le peigne passe par un transformateur d’impulsions dont le secondaire est relié à la
gâchette des interrupteurs.
1.3 Commande numérique
1.3.1 Principe de la commande numérique
La commande numérique plus fiable circuits intégrés programmables.
Pratiquement, on distingue deux types de circuits programmables :
– les circuits utilisant des processeurs – les circuits intégrés directement
tels que microcontrôleur, le PIC programmables de type FPGA (Field
(Programmable Interrupt Controler) Programmable Gate Array). Ce qui
ou le DSP (Digital Signal Processor). caractérise ces circuits, c’est que la
Ce qui caractérise ces circuits, c’est programmation s’effectue généralement
que la programmation s’effectue soit en langage VHDL (Very High Density
en langage assembleur, soit en Language). L’utilisateur « construit» lui-
langage « C ». L’architecture de ces même l’architecture de son composant
composants étant déjà réalisée par le en prévoyant les fonctions de commande
constructeur, on ne peut que modifier et de contrôle souhaitées.
le programme pour adapter le
composant à la commande souhaitée
du convertisseur de puissance.
1.4 Drivers des composants de puissance
1.4.1 Le signal de puissance selon le composant commandé
Chaque composant de puissance (dans la fiche technique) exige une certaine forme
de signal pour être commandé en interrupteur. Par exemple :
– pour un transistor MOS ou IGBT, il est nécessaire que l’amplitude du signal de
commande entre grille et source (ou entre grille et émetteur) soit au moins de 10 V, et
fournisse une pointe de courant de l’ordre de 0,2 A au minimum, ce qui correspond à
une « pointe » de puissance d’environ 2 W.
– pour un thyristor ou un triac il est nécessaire que l’amplitude du signal de commande
entre gâchette et cathode (ou entre gâchette et anode A1) soit au moins de 3 V, et
fournisse une pointe de courant de l’ordre de 0,1 A durant au minimum 20 μs, ce qui
correspond à une « pointe » de puissance d’environ 0,3 W.
Le montage électronique assurant l’interface doit nécessairement respecter ces
exigences, imposées par les caractéristiques techniques du composant de puissance.
1.4.2 Caractéristiques d’un driver
Le driver est une carte d’interface entre une commande électronique consistant
généralement en signaux logiques et un composant de puissance
Commande VC(t)
analogique Interface Composant
Driver
ou numérique de puissance
Réglage
du temps mort
Les caractéristiques essentielles d’un driver peuvent être résumées comme suit :
– isolement galvanique entre le signal de commande d’une part, et le composant de
puissance d’autre part.
– retard à la transmission du signal de commande le plus faible possible, afin
de permettre le fonctionnement en haute fréquence;
– mise en œuvre d’un temps « mort », noté td, réglable et compatible avec les
durées ton et toff de chaque composant. On choisit généralement : td > 2 × sup(ton, toff ).
L’ensemble de la commande à partir d’un dispositif analogique ou numérique fait donc
intervenir en cascade un circuit générateur du ou des signaux vc(t) (unique ou multiple),
allant vers une interface, puis un driver pour obtenir les commutations.
1.4.3 Classification des drivers
La classification est basée sur le critère essentiel, l’isolement galvanique :
– la transmission (pseudo-isolée) de la commande s’effectue par transfert de
potentiel utilisé par exemple dans le cas du circuit intégré IR2113;
– la transmission isolée de la commande s’effectue par optocoupleur utilisé par
exemple dans le cas des circuits intégrés à technologie hybride EXB840, 841,
850, 851 ou les circuits intégrés HCPL-3100, 3101…;
– la transmission isolée de la commande s’effectue par transformateur
d’impulsions fonctionnant en haute fréquence, utilisé par exemple dans le cas
des circuits SKHI 21 ou 22.
Dans le cas de l’utilisation de convertisseurs en « basse tension », il est possible
d’utiliser des commandes non isolées relativement simples à mettre en œuvre; c’est
le cas du pont LMD 18200 qui fonctionne pour une alimentation allant jusqu’à 55 V.
1.4.4 Exemple du driver pour thyristor ou triac (le TCA185)
Structure interne de TCA 185
Caractérisation du TCA185
APPLICATION1: Contrôle d’un triac (gradateur)
APPLICATION2: Commande de 2 thyristors pour hautes puissances (gradateur)
APPLICATION3: Commande d’un redresseur pont mixte.
1.4.5 Exemple du driver pour transistor (IR2111: pseudo isolé)
Driver HCPL avec optocoupleur
Driver SKHI 21 avec transformateur d’impulsion