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Vision du pouvoir et dirigeant idéal

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Année scolaire : 2022-2023 NIVEAU :1ÈRE D

TEXTE SUPPORT 2 ( NIVEAU PREMIÈRE)

Le narrateur, introspectivement, revisitait les péripéties de sa vie. Infirmier dévoué dans une
petite agglomération de campagne, il venait d’être élu à une écrasante majorité à la Présidence de
la République.

Le pouvoir m’était apparu comme quelque chose de très sérieux et de très lourd malgré ma carrure
d’athlète bien taillée, mes cent deux kilogrammes de chair, d’os et de sang et d’eau et mes cent
quatre-vingt-dix-sept centimètres de longueur. Dimensions respectables qui me donnaient l’allure
d’un haltérophile, mais tellement insignifiantes pour la charge du pouvoir qui a surtout besoin d’un
cœur pour aimer et d’une tête pour porter l’amphore sacrée des espoirs du peuple. Comment
porter, seul, les espoirs de trente millions d’habitants nourris en principe aux sources de la sagesse
ancestrale et dont les yeux me diraient constamment :

« Cher enfant de notre chère patrie, nous t’avons confié tous nos espoirs : c’est l’amphore collée sur
la tête qui est si lourde. Souviens-toi cher fils de notre chère patrie, que l’amphore est lourde, très
lourde, et qu’elle est vide et que tu as la charge de la combler pour en anéantir le poids
contraignant ».

Déjà je sentais le poids du vase sacré sur ma tête, et celui de l’obsession qui serait désormais mon
lot quotidien : ne jamais briser le vase. Tas yaakar : la grande malédiction. Jamais. Plutôt mourir que
faire figure de traitre […] J’avais toujours considéré la honte comme le désastre suprême. Une sale
bête poisseuse. Sa simple vision m’avait effrayé et avait déclenché en moi un réflexe d’autodéfense.
¨Non, ce spectre immonde ne me couvrira jamais. ¨ Un sursaut de détermination avait secoué tous
mes nerfs et m’avait, du coup, libéré des entraves du doute. Pas de dérobade. Le sort en est jeté. Je
marcherai droit devant mon peuple. Je ne briserai jamais l’amphore sacrée confiée par trente
millions d’hommes et de femmes. Ma charge est lourde, mais elle est sublime. Je ne trahirai jamais
mon peuple. […]

Je devais y réussir parce que j’aimais profondément mon pays et cet amour avait été jusqu’alors
ma seule lanterne et la force mystérieuse et dynamique qui m’avait poussé des salles de garde de
l’hôpital jusqu’aux portes du château présidentiel. Un long chemin de souffrances endurées,
d’humiliations bues et de haines refoulées pour arriver au seul but rêvé : installer le peuple dans la
dignité et le bien-être moral et spirituel.

Aminata Sow FALL, L’Ex-Père de la nation, Paris, l’Harmattan, 1987 ; pp12-13.

1-Amphore : vase à deux anses symétriques servant à conserver des aliments.

2-Tas yaakar : briser l’espoir.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous étudierez comment le narrateur conçoit le
pouvoir et présente sa vision du dirigeant idéal.

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