II- LA REVOLUTION INDUSTRIELLE ET LA RENAISSANCE DU
CAPITALISME
CHAPITRE 2 : LES LES LUMIERES ET LA REVOLUTION INDUSTRIELLE
La révolution industrielle, qui a débuté en Grande-Bretagne à la
fin du XVIIIe siècle avant de s’étendre à d'autres pays, repose
sur plusieurs déterminants. Ces facteurs ont favorisé le passage
d'une économie principalement agraire à une économie
dominée par l'industrie et la production mécanisée.
Section 1 : Les principaux déterminants de la revolution industrielle :
1- Facteurs économiques
Capital disponible : L'accumulation de richesses, notamment grâce
au commerce international et à la colonisation, a permis de financer les
nouvelles infrastructures et technologies.
Système bancaire et financier : L'essor des banques et la
disponibilité de crédits ont encouragé l'investissement dans l'industrie .
2- Facteurs technologiques
Inventions et innovations : Des découvertes comme la machine à
vapeur (James Watt) et le métier à tisser mécanique ont transformé les
processus de production.
Amélioration des techniques métallurgiques : L'usage du
charbon et de la fonte dans la fabrication a rendu la production plus
rapide et moins coûteuse.
3- Facteurs sociaux et démographiques
Croissance démographique : L’augmentation de la population a
fourni une main-d'œuvre abondante et un marché de consommation
élargi.
Urbanisation : Les déplacements de populations vers les villes en
quête d’emploi ont contribué à l'émergence de centres industriels.
4- Facteurs politiques et institutionnels
Stabilité politique : Un climat politique stable en Grande-Bretagne a
encouragé les investissements.
Lois favorables à l’économie : Le gouvernement britannique a
adopté des mesures facilitant le commerce et la protection des
inventeurs (comme les brevets).
5- Facteurs géographiques et naturels
Abondance des ressources naturelles : La disponibilité de charbon
et de fer en Grande-Bretagne a été essentielle pour l’essor industriel.
Réseaux de transport : Les fleuves et canaux, ainsi que l’extension
des réseaux ferroviaires, ont facilité le transport des matières
premières et des produits finis.
6- Facteurs culturels
Esprit entrepreneurial : Une culture valorisant le progrès technique
et l’innovation a soutenu l'émergence d'inventeurs et d'entrepreneurs.
Révolution agricole : L'amélioration des techniques agricoles a libéré
de la main-d'œuvre rurale, désormais disponible pour l'industrie.
Ces déterminants ont agi en synergie, créant les conditions
nécessaires pour une transformation rapide et durable des structures
économiques et sociales.
Section 2 : L'avènement de la révolution industrielle
En Angleterre, au XVIIIe siècle, a été marqué par plusieurs
événements clés qui ont contribué à la transformation rapide de la
société et de l'économie anglaises. Voici les principaux
événements qui ont façonné cette période :
1- La révolution agricole (milieu du XVIIIe siècle)
L'Angleterre a connu une révolution agricole qui a permis
d'augmenter la production alimentaire grâce à des techniques
agricoles plus efficaces (assolement quadriennal, enclosures, utilisation
d'engrais). Ces innovations ont libéré une partie de la main-d'œuvre
agricole, qui a pu migrer vers les villes et travailler dans les industries.
2- L'invention de la machine à vapeur (1769)
L'amélioration de la machine à vapeur par James Watt en 1769 a
été un événement central. Cette invention a permis de mécaniser un
grand nombre de processus industriels, notamment dans les mines,
l'industrie textile et les transports. Elle a révolutionné la production en
permettant des machines autonomes et puissantes.
3- La mise au point de la navette volante (1733)
John Kay a inventé la navette volante, une innovation qui a permis
d’accélérer considérablement le tissage, augmentant ainsi la
productivité dans l'industrie textile, l’un des secteurs clés de la
révolution industrielle.
4- L'invention du spinning jenny (1764)
Le spinning jenny, inventé par James Hargreaves, a marqué un
autre tournant majeur dans l'industrie textile. Cette machine
permettait de filer plusieurs fils à la fois, multipliant ainsi la production
de fil de coton. Cela a été suivi par le métier à filer hydraulique de
Richard Arkwright (1771), qui utilisait la force hydraulique pour la
production textile à grande échelle.
5- La mise en service des premières usines (1770-1780)
Le développement des premières usines mécanisées, comme les
usines textiles d’Arkwright, a marqué une rupture avec la production
artisanale. Ces usines ont concentré les moyens de production et
rassemblé de nombreux ouvriers sous un même toit, amorçant une
nouvelle organisation du travail.
6- La construction des canaux et des chemins de fer (fin XVIIIe – début
XIXe siècle)
Le développement des réseaux de canaux dans les années 1760,
suivis de l'essor des chemins de fer dans les premières décennies du
XIXe siècle (notamment avec le succès de la locomotive de George
Stephenson en 1825), a permis de transporter plus efficacement les
matières premières (comme le charbon et le fer) et les produits
manufacturés. Cela a favorisé l'expansion des industries et des
marchés.
7- Le boom de l'industrie charbonnière et sidérurgique (XVIIIe siècle)
La production massive de charbon et de fer, grâce à des méthodes
améliorées comme l'usage du coke pour la fonte du fer (processus
développé par Abraham Darby au début du XVIIIe siècle), a été un
facteur décisif dans le développement industriel. Cela a permis la
construction de machines, de ponts, de bâtiments et d'infrastructures
nécessaires à l'industrialisation.
8- Le Factory Act (1833)
Avec l'essor des industries sont apparues des conditions de travail
très dures, notamment pour les femmes et les enfants. Le Factory Act
de 1833 est une loi importante, car elle marque le début de la
régulation du travail industriel en limitant le temps de travail des
enfants et en établissant des inspections dans les usines.
9- La création des syndicats et les mouvements ouvriers (début XIXe
siècle)
Avec la montée des inégalités sociales et les mauvaises conditions
de travail dans les usines, des mouvements ouvriers ont commencé à
se former. L'un des événements marquants fut le mouvement chartiste
dans les années 1830 et 1840, qui a réclamé des réformes politiques et
sociales en faveur des travailleurs.
10- L'Exposition universelle de Londres (1851)
Organisée au Crystal Palace, cette exposition a symbolisé l’apogée de
la puissance industrielle britannique. Elle a mis en avant les
innovations technologiques, les produits manufacturés et l'importance
de l'industrie britannique sur la scène mondiale.
Ces événements, parmi d'autres, ont constitué les jalons de la
révolution industrielle en Angleterre, une période de
transformation rapide et profonde qui a façonné la société
moderne.
IV- LES TRANSFORMATIONS DU CAPITALISME : DE L’ETAT
PROVIDENCE LA DEUXIEME MONDIALISATION
CHAPITRE 4 : L’EVOLUTION ECONOMIQUE APRES LA SECONDE
GUERRE MONDIALE
L'économie mondiale a traversé plusieurs étapes distinctes
marquées par des transformations majeures. Voici les principales
phases de cette évolution :
1- Reconstruction et croissance (1945-1973)
Cette période est souvent appelée les Trente Glorieuses (1945-
1973) en Europe occidentale et au Japon, marquée par une croissance
rapide et une prospérité économique.
Plan Marshall (1948) : Les États-Unis ont fourni une aide
financière importante pour reconstruire les économies européennes
ravagées par la guerre.
Essor de l’État-providence : Mise en place de systèmes de
sécurité sociale et de protection sociale dans de nombreux pays
(notamment en Europe).
Croissance industrielle : Développement rapide de l’industrie
automobile, de la sidérurgie, et de l’électronique.
Accords de Bretton Woods (1944) : Création d’institutions
économiques internationales comme le FMI et la Banque mondiale, et
mise en place du système monétaire basé sur le dollar.
Développement du commerce international : Le GATT (Accord
général sur les tarifs douaniers et le commerce, 1947) a posé les bases
de la libéralisation du commerce.
2- Chocs pétroliers et crise économique (1973-1980)
Cette phase est marquée par une rupture de la forte
croissance, due aux crises énergétiques et financières.
Premier choc pétrolier (1973) : L’OPEP augmente drastiquement
le prix du pétrole en raison de tensions géopolitiques (guerre du
Kippour). Cela provoque une inflation élevée et une stagnation
économique (stagflation).
Deuxième choc pétrolier (1979) : À la suite de la révolution
iranienne, une nouvelle hausse des prix du pétrole aggrave la crise
économique mondiale.
Chute de la croissance et montée du chômage : Les pays
industrialisés connaissent une baisse de la productivité et une forte
hausse du chômage.
3- Libéralisation et globalisation (1980-2008)
Cette période est caractérisée par une transformation vers des
politiques économiques libérales et l’intensification de la
mondialisation.
Politiques néolibérales : Sous l'influence de dirigeants comme
Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux États-Unis,
les États réduisent leur intervention dans l’économie (privatisations,
déréglementations, baisse des impôts).
Mondialisation : Expansion des échanges internationaux, montée
en puissance de nouvelles économies (Chine, Inde, Tigres asiatiques).
Chute du bloc soviétique (1991) : La fin de la Guerre froide ouvre
de nouveaux marchés à l’économie de marché.
Technologies de l’information : Développement de l’informatique
et d’internet, qui changent les modes de production et de
communication.
Intégration économique : Formation de blocs régionaux (Union
européenne, ALENA). En 1995, l’OMC remplace le GATT pour réguler le
commerce mondial.
4- Crise financière mondiale et relance (2008-2010)
Cette phase est dominée par la crise financière mondiale de
2008, provoquée par des excès dans le secteur financier.
Crise des subprimes : Le krach immobilier aux États-Unis mène à
la faillite de grandes banques et déclenche une crise économique
mondiale.
Récession mondiale : Chute de la production, baisse du
commerce mondial, et montée du chômage dans de nombreux pays.
Politiques de relance : Les États mettent en place des plans de
relance massifs pour soutenir l’économie (soutien aux banques,
investissement public).
5- Croissance fragile et tensions géopolitiques (2010-2019)
Cette période se caractérise par une reprise lente mais inégale,
marquée par des défis économiques et sociaux.
Politique d’austérité : En Europe, certains pays adoptent des
mesures d’austérité pour réduire leurs dettes publiques, mais au prix
d’une faible croissance.
Montée des inégalités : La concentration des richesses augmente,
ce qui provoque un mécontentement social (mouvement des Gilets
Jaunes, Occupy Wall Street).
Tensions commerciales : La guerre commerciale entre les États-
Unis et la Chine crée de l’incertitude sur le commerce international.
Innovation technologique : L'essor du numérique, des
plateformes en ligne et des technologies vertes transforme les secteurs
économiques.
6- Pandémie de COVID-19 et restructuration économique (2020-
2022)
La pandémie de COVID-19 a provoqué un choc économique
majeur, nécessitant des adaptations rapides.
Chute de la demande et de l’offre : Fermeture des frontières,
confinement des populations, et arrêt de nombreuses activités
économiques.
Politiques de soutien massif : Les gouvernements et banques
centrales injectent des liquidités pour éviter une dépression
économique.
Accélération du numérique : Le télétravail et le commerce en
ligne se généralisent, transformant le fonctionnement des entreprises.
Fragilité des chaînes d’approvisionnement : La pandémie a révélé
la dépendance des économies aux chaînes d'approvisionnement
mondiales.
7- Reprise et transition écologique (2022-présent)
Depuis 2022, l'économie mondiale tente de se stabiliser tout en
répondant aux défis environnementaux et géopolitiques.
Transition énergétique : Les investissements dans les énergies
renouvelables se multiplient en réponse au réchauffement climatique.
: Cette guerre perturbe les marchés énergétiques et alimentaires
mondiaux, provoquant une inflation généralisée.
Réindustrialisation et souveraineté économique : Les États
cherchent à relocaliser certaines industries stratégiques pour réduire
leur dépendance.
Régulation du numérique : Des efforts sont en cours pour mieux
réguler les géants du numérique et lutter contre les abus (protection
des données, taxation).
Chaque phase de cette évolution économique a été marquée par des
bouleversements majeurs, façonnant progressivement le monde
globalisé et interconnecté que nous connaissons aujourd'hui.
Section 1 : L'État-providence
C ’ est un modèle d'organisation économique et sociale
dans lequel l'État joue un rôle actif dans la protection et le bien-
être des citoyens. Ce concept repose sur l'idée que l'État doit
garantir un certain niveau de justice sociale en réduisant les
inégalités et en assurant à chacun un accès aux services
essentiels. Ce modèle s'est développé principalement après la
Seconde Guerre mondiale, avec l'objectif d'assurer la stabilité
sociale et économique.Caractéristiques de l’État-
providence :
1- Protection sociale universelle
L’État met en place des systèmes de sécurité sociale couvrant
des risques comme la maladie, le chômage, la vieillesse, ou encore les
accidents du travail.
L’accès aux services publics (éducation, santé) est garanti à tous,
souvent financé par les impôts et cotisations sociales.
2- Redistribution des richesses
L’État prélève des impôts progressifs (les plus riches payent
proportionnellement plus) et redistribue ces ressources sous forme
d’aides sociales, de pensions de retraite, et d’allocations familiales ou
de chômage. L ’ objectif est de réduire les inégalités économiques et
sociales.
3- Régulation du marché du travail
L’État intervient pour protéger les travailleurs, en instaurant des
réglementations comme le salaire minimum, la limitation du temps de
travail, et des normes de sécurité. Les syndicats jouent souvent un rôle
clé dans ce cadre, en négociant avec les employeurs sur les conditions
de travail.
4- Services publics développés
L’État-providence investit dans des services publics de qualité
(éducation, santé, transports, logement) accessibles à tous les
citoyens, souvent gratuitement ou à faible coût.
5- Solidarité collective
Le système repose sur une forme de solidarité nationale : les
individus contribuent selon leurs moyens (impôts et cotisations) et
reçoivent de l'aide en fonction de leurs besoins (prestations sociales).
Les différents types d’États-providence:
Modèle social-démocrate (pays nordiques) : Fort engagement de
l’État, services publics universels et généreux, égalité forte (Suède,
Norvège, Danemark).
Modèle corporatiste/conservateur (Allemagne, France) :
Protection basée sur le statut professionnel, avec une forte
participation des entreprises et des syndicats.
Modèle libéral (Royaume-Uni, États-Unis) : L’intervention de l’État
est plus limitée, et les aides sociales sont souvent ciblées sur les plus
défavorisés.
Origines et développement :
Bismarck en Allemagne au XIXe siècle est souvent considéré
comme le précurseur de l’État-providence, avec l’introduction d’un
système de protection sociale fondé sur l’assurance sociale. Après la
Seconde Guerre mondiale, ce modèle s’est généralisé en Europe,
notamment avec le rapport Beveridge (Royaume-Uni), qui prônait la
lutte contre « les cinq grands maux » : misère, maladie, ignorance,
saleté et oisiveté.
Défis contemporains :
Vieillissement de la population : Le coût des pensions et de la
santé augmente, mettant sous pression les systèmes de retraite.
Montée des inégalités : Malgré les efforts redistributifs, les
inégalités persistent ou s’aggravent dans certains pays.
Chômage structurel : L’évolution technologique et les crises
économiques rendent le marché du travail plus instable.
Financement : Le modèle repose sur une base fiscale et
contributive qui peut être fragilisée par le chômage ou la concurrence
fiscale internationale.
En résumé, l’État-providence se distingue par son rôle central
dans la protection sociale et la redistribution des richesses. Bien qu’il
ait permis de grandes avancées sociales, il doit constamment
s’adapter aux évolutions économiques et démographiques pour rester
viable.
III- LA CRISE DU CAPITALISME
La crise du capitalisme fait référence aux périodes de
perturbation majeure dans le fonctionnement des économies
capitalistes, où la production, la consommation, et l’emploi
chutent fortement. Un exemple marquant est la crise de 1929,
déclenchée par le krach boursier de Wall Street. Elle a
provoqué une dépression mondiale avec faillites bancaires,
chômage massif, effondrement de la demande et tensions
sociales. D'autres crises notables incluent la crise financière de
2008, mettant en lumière les limites du système financier et les
dangers de la spéculation
CHAPITRE 3 : DE LA BELLE ÉPOQUE (FIN DU XIXE SIECLE - 1914) A LA
CRISE DE 1929
Cette periode est marquée par plusieurs mutations et crises du
capitalisme. Ces bouleversements, à la fois économiques, sociaux
et politiques, ont façonné le système capitaliste moderne. Voici
les principaux éléments qui caractérisent cette phase :
1- Expansion économique et limites de la Belle Époque (1870-1914)
La Belle Époque correspond à une période de forte croissance
économique dans les pays industrialisés, mais aussi à
l’émergence de contradictions internes au capitalisme.
Croissance rapide : Développement des secteurs industriels
(métallurgie, textile, chemin de fer) grâce aux progrès technologiques
(électricité, moteur à combustion).
Essor des empires coloniaux : Les puissances européennes
(Royaume-Uni, France, Allemagne) exploitent les ressources de leurs
colonies, stimulant l’industrie et le commerce.
Concentration du capital : Apparition de grands conglomérats
industriels et financiers (trusts, cartels), qui dominent l’économie
mondiale.
Inégalités sociales : Malgré la croissance, les inégalités restent
importantes entre les ouvriers et les grandes fortunes, ce qui provoque
des tensions sociales (grèves, syndicats).
Premières crises financières : Cette période connaît des crises
récurrentes (comme celle de 1907), causées par des spéculations
excessives et des krachs bancaires.
Section 1 : L’age d’or de la premiere mondialisation.
Les événements marquants de l'âge d'or de la première
mondialisation (1870-1914) incluent :
1- Expansion du commerce international : Baisse des tarifs douaniers
et multiplication des échanges de matières premières et produits
manufacturés.
2- Progrès technologiques : Développement des chemins de fer,
bateaux à vapeur, télégraphe et canal de Suez (1869), facilitant les
communications et le transport .
3- Flux massifs de capitaux et investissements : Les puissances
européennes et les États-Unis investissent massivement à
l'étranger, notamment en Amérique latine et en Afrique.
4- Migration à grande échelle : Environ 50 millions de personnes
migrent d’Europe vers les Amériques à la recherche de meilleures
opportunités économiques.
5- Colonialisme et impérialisme : Les puissances européennes
étendent leur domination sur l’Afrique et l’Asie, accentuant
l'intégration économique mondiale sous leur contrôle.
Section 2 : Consequences economique du premier conflit mondial
La Première Guerre mondiale (1914-1918) a profondément
transformé l'économie mondiale. Ce conflit, sans précédent en
termes de mobilisation humaine et matérielle, a eu des
conséquences économiques majeures, marquant durablement les
pays belligérants et le système capitaliste global. Voici les
principales conséquences économiques :
1. Destruction massive des infrastructures et pertes humaines
Destruction matérielle : Les combats ont détruit de nombreuses
infrastructures (routes, usines, ponts) et perturbé l’économie des pays
européens, notamment en France et en Belgique.
Baisse de la main-d'œuvre : La guerre a provoqué la mort de
millions de soldats et laissé de nombreuses personnes mutilées ou
incapables de travailler, réduisant la productivité.
Déclin démographique : La diminution de la population active a
ralenti la reprise économique, surtout en Europe.
2. Endettement massif des États
Emprunts colossaux : Les États belligérants ont financé la guerre par
l’emprunt, à la fois interne et externe (notamment auprès des États-
Unis).
Dette publique élevée : À la fin de la guerre, de nombreux pays
européens sont lourdement endettés, ce qui limite leurs capacités
d'investissement pour la reconstruction.
3. Inflation et déséquilibres monétaires
Impression monétaire excessive : Pour couvrir les dépenses de
guerre, plusieurs pays ont imprimé de la monnaie, ce qui a engendré
une forte inflation.
Hyperinflation en Allemagne (1923) : La politique monétaire de la
République de Weimar, combinée aux réparations imposées par le
Traité de Versailles, a mené à une inflation galopante.
Effondrement des monnaies : Le franc français, la livre sterling et
d'autres devises européennes ont perdu de leur valeur, accentuant les
déséquilibres économiques.
4. Transformation des rapports économiques internationaux
Déclin de l’Europe : Les économies européennes, autrefois
dominantes, ont été affaiblies par la guerre, laissant place à la montée
en puissance des États-Unis comme première puissance économique
mondiale.
Transfert d’or et de capitaux vers les États-Unis : Les pays
européens ont transféré une partie de leurs réserves d’or en paiement
de leurs dettes, renforçant la position financière américaine.
Protectionnisme : Face aux difficultés économiques, certains pays ont adopté
des politiques protectionnistes pour protéger leur industrie nationale, réduisant le
commerce international.
5. Changement dans les structures économiques
Modernisation industrielle : La guerre a accéléré le développement
de nouveaux secteurs (chimie, armement, aéronautique) et favorisé
l’innovation technologique.
Intervention accrue de l’État : Les gouvernements ont pris un rôle
plus important dans l’économie, à travers la gestion des industries
stratégiques et la mise en place de politiques économiques planifiées.
Rôle accru des femmes dans l’économie : Avec les hommes au front,
les femmes ont intégré le marché du travail en masse, ce qui a
transformé durablement les structures sociales et économiques.
6. Déséquilibres économiques liés au Traité de Versailles (1919)
Réparations imposées à l’Allemagne : Le traité de Versailles a obligé
l’Allemagne à payer d'importantes réparations aux Alliés, ce qui a
déséquilibré son économie et aggravé la crise.
Tensions économiques en Europe : Les exigences de réparations et
les désaccords sur leur paiement ont fragilisé la stabilité économique
du continent.
Ressentiment et instabilité : Les conséquences économiques du
traité ont contribué à la montée du nationalisme en Allemagne et
préparé le terrain pour la Seconde Guerre mondiale.
7. Crise agricole
Surproduction agricole : Pendant la guerre, la production agricole a
augmenté pour soutenir l’effort de guerre, mais après 1918, la
demande a chuté, provoquant une crise de surproduction et la baisse
des prix agricoles.
Appauvrissement des campagnes : Les agriculteurs, endettés, ont
été durement touchés par la baisse des prix, accentuant l’exode rural.
8. Début de la Grande Dépression en Europe
Reprise économique difficile : Les économies européennes peinent à
se relever rapidement après la guerre. Les dettes, l'inflation et les
réparations affaiblissent la croissance.
Inégalités économiques : Certains secteurs (comme l’armement) ont
prospéré pendant la guerre, tandis que d’autres (commerce,
agriculture) ont été laissés en difficulté.
Prémices de la crise de 1929 : Les déséquilibres monétaires, la dette et la faible
reprise économique en Europe ont contribué à préparer le terrain pour la Grande
Dépression.
Conclusion
La Première Guerre mondiale a non seulement désorganisé
l’économie mondiale mais a aussi transformé profondément les
rapports économiques et sociaux. L’Europe, autrefois moteur de
l’économie mondiale, a perdu son leadership au profit des États-Unis.
Les déséquilibres financiers et monétaires nés de la guerre, ainsi que
les politiques de réparations et l’endettement, ont rendu difficile la
reprise économique et ont posé les bases des crises futures,
notamment la crise de 1929.
Section 3 : L’entre deux guerres : la crise de 1929 et la crise de la
mondialisation
1- La crise de 1929 : Causes et conséquences immédiates
Le krach boursier de Wall Street en octobre 1929 marque le début de
la Grande Dépression, qui plonge le capitalisme mondial dans une
profonde crise.
Spéculation excessive : Les actions sont achetées à crédit, créant
une bulle spéculative. Lorsque la bulle éclate, le marché s’effondre
brutalement.
Effondrement bancaire : De nombreuses banques font faillite, car
elles ont financé des investissements risqués et ne peuvent plus
rembourser leurs déposants.
hute de la production et du commerce : Les entreprises réduisent
leur production et licencient massivement, provoquant une montée
rapide du chômage.
Déflation : Les prix chutent, rendant les dettes plus lourdes à
supporter, ce qui aggrave encore la crise économique.
Protectionnisme : Face à la crise, de nombreux pays adoptent des
politiques protectionnistes (comme les droits de douane américains du
Smoot-Hawley Tariff), ce qui réduit encore le commerce international.
2- Conséquences sociales et politiques de la crise
Chômage massif : politiques (montée du communisme et du Des
millions de personnes se retrouvent sans emploi aux États-Unis, en
Europe et ailleurs.
Montée des tensions sociales : Les inégalités économiques et la
pauvreté provoquent des grèves, des manifestations et une
radicalisation des mouvements fascisme).
Remise en cause du libéralisme économique : La crise de 1929
met en évidence les limites du capitalisme dérégulé, ouvrant la voie à
de nouvelles théories économiques (comme celles de John Maynard
Keynes).
En résumé, la période allant de la Belle Époque à la crise de 1929
est marquée par une expansion économique rapide mais fragile, suivie
par une désorganisation provoquée par la guerre, puis une croissance
instable avant de culminer avec l'effondrement de 1929. Cette crise
marque un tournant dans l’histoire du capitalisme, poussant les États à
intervenir davantage dans l’économie durant les décennies suivantes.