Lycée Louis-Le-Grand, Paris Pour le 09/05/2023
MP2I – Mathématiques
A. Troesch
DM no 20 : Algèbre linéaire
Suggestion de travail supplémentaire (à ne pas me rendre) :
‚ Problème 17 de la sélection (un tout petit peu d’algèbre linéaire pour contrôler des degrés d’extensions, et encore
des polynômes). Il s’agit d’un résultat classique sur les extensions algébriques, notamment utile en théorie de
Galois
‚ Problème 18 de la sélection : il est plus axé sur l’algèbre linéaire.
Consignes de travail pendant les vacances
‚ On a fait beaucoup de cours sur l’algèbre linéaire : cela fait beaucoup de notions à assimiler et ces notions sont
vraiment importantes. Il faut absolument profiter des vacances pour clarifier et assimiler tout ce cours.
‚ Révisez tout le cours d’algèbre, et reprenez un peu le cours sur la continuité, dérivabilité, et sur les suites, afin
d’être dans de bonnes conditions pour aborder les 2 chapitres d’analyse que nous ferons après l’algèbre linéaire
(fonctions continues ou dérivables sur un intervalle, séries)
‚ Reprendre les exercices importants de chaque chapitre (voir liste ci-dessous). Consigner et mémoriser ceux
qui semble les plus importants, et peuvent être vu comme des compléments de cours (et donc être réutilisés
dans d’autres exercices). Pour les exercices que vous n’avez pas su faire, essayez d’analyser pourquoi, et de
comprendre ce qui aurait pu vous mettre sur la voie.
‚ Faire le DM pour la rentrée
‚ Préparer les exercices pour la rentrée (voir liste ci-dessous)
‚ Revoir DM et DS de la dernière période. Lire le corrigé fourni, même si vous avez su faire. Pour certains qui
se savent fragiles de ce point de vue, faire cette lecture en vous concentrant notamment sur la façon de rédiger
(concision, précision, rigueur, construction)
‚ Voir les problèmes suggérés ci-dessus
‚ Vous reposer malgré tout ça.
Exercices à revoir
‚ Chapitre 19 : en plus de ceux suggérés lors des dernières vacances, 37, 40, 44, 45, 48, 50
‚ Chapitre 20 : 2, 5, 8, 9, 10, 14, 15, 21, 23, 25, 28
‚ Chapitre 21 : 2, 3, 5, 6, 9, 10, 12, 16, 17, 20, 22, 23, 26, 28, 31, 33, 36, 38, 39, 40
‚ Chapitre 22 : 3, 5, 8, 10, 12, 15, 16, 18, 22, 27, 30, 31, 34, 36, 37, 42, 45, 47
‚ Chapitre 23 : 3, 6, 9, 13, 14, 17, 19, 20, 21, 23, 26, 27
Exercices à préparer pour la rentrée :
‚ Chapitre 23 : 24, 28, 29, 30, 31, 32
‚ Chapitre 24 : tous jusqu’au 33.
Problème 1 – Complexifié d’un espace vectoriel sur R
On rappelle que tout espace vectoriel sur C peut être considéré comme un espace vectoriel sur R. On distinguera
soigneusement, pour un C-espace vectoriel E, les notions de :
‚ sous-espace (pour la structure complexe)
‚ sous-espace sur R (pour la structure réelle)
‚ sous-espace réel (défini en 2)
Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel sur C.
1. Vérifier que tout sous-espace de E est un sous-espace de E sur R, et que la réciproque est fausse.
2. Soit F un sous-espace de E sur R ; on note i F l’ensemble des vecteurs de la forme i x, pour x décrivant F :
ainsi, i F “ ti x | x P F u. On dit que F est un sous-espace réel si F X i F “ t0u.
(a) Vérifier que i F est un sous-espace vectoriel de E sur R.
(b) Montrer que ipi F q “ F .
1
(c) Si F est de dimension finie, exprimer une base (sur R) de i F en fonction d’une base (sur R) donnée b1 , . . . , bn
de F . Déterminer une relation entre dimpF q et dimpi F q.
(d) Montrer que F X i F est le plus grand sous-espace de E inclus dans F .
(e) Montrer que tout supplémentaire de F X i F dans F est un sous-espace réel de E.
3. Soit F un sous-espace réel de E. Vérifier que :
(a) toute famille libre (sur R) dans F est libre sur C dans E.
(b) si dimC E “ n, on a dimR F ď n, avec égalité si et seulement si E “ F ‘ i F .
4. Soit G un sous-espace de E de dimension finie. Montrer que G contient un sous-espace réel F vérifiant :
F ‘ i F “ G. Un tel sous-espace est-il unique ?
˚
5. En utilisant l’axiome du choix, généraliser la question précédente au cas d’un sous-espace de dimension infinie.
6. Soit F un espace vectoriel sur R quelconque.
(a) Vérifier qu’on définit une structure d’espace vectoriel complexe sur F ˆ F par les opérations :
px, yq ` px1 , y 1 q “ px ` x1 , y ` y 1 q et pa ` i bq ¨ px, yq “ pax ´ by, bx ` ayq.
On note FC l’espace vectoriel ainsi obtenu. Cet espace est appelé le complexifié de F . On note encore F le
sous-espace vectoriel sur R de FC consitué des éléments px, 0q, pour x P F .
(b) Montrer que F est un sous-espace réel de FC .
(c) Montrer que FC “ F ‘ i F .
(d) Un sous-espace réel de FC est-il forcément un sous-espace sur R de F ?
7. Soit E un espace vectoriel sur C (de dimension finie). Existe-t-il un espace vectoriel F sur R tel que E soit
isomorphe au complexifié de F ?
Problème 2 – (Extrait et adapté de HEC 1995)
Soit E un espace vectoriel sur le corps R, de dimension m, où le nombre entier m est supérieur ou égal à 2.
Si f désigne un endomorphisme de E et k un entier strictement positif, on note f k la composée looooooomooooooon
f ˝ f ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ f . On
k fois
désigne par I l’application identité de E et par Im la matrice identité d’ordre m.
Partie I – Étude d’un endomorphisme de polynôme annulateur donné, et d’un projecteur
On considère un endomorphisme f de l’espace vectoriel E vérifiant la relation :
1 2
f3 “ pf ` f ` Iq. (1)
3
1. Étude des puissances de f et de son inversibilité.
On suppose dans cette question que les endomorphismes I, f et f 2 sont linéairement indépendants (i.e. la
famille pI, f, f 2 q est libre).
(a) Établir que pour tout n P N, il existe un triplet pan , bn , cn q de nombres réels et un seul tel que f n “
an f 2 ` bn f ` cn I.
(b) Déterminer an , bn , cn pour 0 ď n ď 2 et montrer que les suites pan q, pbn q et pcn q convergent vers des limites
qu’on déterminera.
(c) On convient d’appeler limite de f n “ an f 2 ` bn f ` cn I l’endomorphisme q “ af 2 ` bf ` cI.
Établir que q est un projecteur.
(d) Prouver que l’endomorphisme f est inversible et exprimer son inverse f ´1 comme combinaison linéaire de
f 2 , f et I.
2. Étude du projecteur q.
(a) Soit λ une valeur propre de f , associée à un vecteur propre x.
i. Montrer que pour tout n P N, f n pxq “ λn x, et en déduire que λ3 “ 13 p1 ` λ ` λ2 q.
ii. Montrer que λ P t1, α, αu.
iii. Existe-t-il des homothéties du R-espace vectoriel E vérifiant (1) ? Si oui, les déterminer toutes.
2
iv. Existe-t-il un endomorphisme diagonalisable sur R autre qu’une homothétie vérifiant (1) ?
(b) Montrer que E est somme directe de Kerpf ´ Iq et de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq, et que q est le projecteur sur
Kerpf ´ Iq dans la direction Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(c) Montrer que Impf ´ Iq “ Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Ainsi, q est le projecteur sur Kerpf ´ Iq dans la direction Impf ´ Iq.
Partie II – Étude des solutions de (1)
1. On suppose dans cette question que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ą 0.
Soit e1 un vecteur non nul appartenant à Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. Montrer que pe1 , f pe1 qq est une famille libre de
Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. En déduire que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ě 2.
2. On suppose dans cette question et seulement dans cette question que m “ 2.
Déterminer les dimensions possibles de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq et de Kerpf ´ Iq.
En déduire qu’il existe des bases de E dans lesquelles la matrice de l’endomorphisme f est :
0 ´ 31
ˆ ˙ ˆ ˙
1 0
ou
0 1 1 ´ 23
Cette dernière matrice est-elle diagonalisable sur R ?
3. On suppose dans cette question que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ą 2.
Soit e2 un vecteur de Kerp3f 2 `2f `Iq tel que la famille pe1 , f pe1 q, e2 q soit libre. Montrer que pe1 , f pe1 q, e2 , f pe2 qq
est encore une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. En déduire que
dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ě 4.
4. On suppose dans cette question que m “ 3
Déterminer les dimensions possibles de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq et de Kerpf ´ Iq.
En déduire qu’il existe des bases de R3 dans lesquelles la matrice de l’endomorphisme f est :
0 ´ 13 0
¨ ˛ ¨ ˛
1 0 0
˝0 1 0 ‚ ou ˝1 ´ 2 0‚.
3
0 0 1 0 0 1
Cette dernière matrice est-elle diagonalisable sur R ?
5. Étudier de la même manière le cas m “ 4 en précisant les formes possibles de la matrice de l’endomorphisme
f dans des bases convenables de R4 .
6. Étude de la parité de la dimension de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(a) Soit k tel que 2k ă dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq. On suppose qu’il existe k vecteurs pe1 , . . . , ek q tels que
pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek qq forment une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Montrer qu’il existe ek`1 P Kerp3f 2 ` 2f ` Iq tel que pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek q, ek`1 q soit une famille libre.
(b) Montrer que pe1 , f pe1 q, . . . , ek , f pek q, ek`1 , f pek`1 qq est une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
Z ^
1 1
(c) Soit q “ dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq ` . Déduire des questions précédentes qu’il existe une famille pe1 , ¨ ¨ ¨ , eq q
2 2
tels que pe1 , f pe1 q, . . . , eq , f peq qq soit une famille libre de Kerp3f 2 ` 2f ` Iq.
(d) En déduire que dim Kerp3f 2 ` 2f ` Iq est pair, et que pe1 , f pe1 q, . . . , eq , f peq qq en est une base.
7. Montrer qu’il existe une base de E telle que la matrice de f relativement à cette base soit :
¨ ˛
A1 0 . . . 0
.. .. .. ‹
. . . ‹
˚
˚0
M “˚ . ‹,
..
˚
˝ .. . Aq
‹
0 ‚
0 . . . 0 Im´2q
0 ´ 31
ˆ ˙
où Im´2q est la matrice identité d’ordre m ´ 2q et pour tout i P v1, qw, Ai “ . Ainsi, cette matrice est
1 ´ 32
constituée de 0, sauf sur des blocs carrées situés sur sa diagonale.
8. Réciproquement, vérifier que la matrice M obtenue précédemment satisfait bien la relation
1
M3 “ pM 2 ` M ` Im q.
3