Loi 1977: Rôle et Obligations des Architectes
Loi 1977: Rôle et Obligations des Architectes
Article 1er
L'architecture est une expression de la culture.
La création architecturale, la qualité des constructions, leur insertion harmonieuse dans le milieu environnant, le respect des
paysages naturels ou urbains ainsi que du patrimoine sont d'intérêt public. Les autorités habilitées à délivrer le permis de
construire ainsi que les autorisations de lotir s'assurent, au cours de l'instruction des demandes, du respect de cet intérêt.
En conséquence:
[Link] maîtres d'ouvrage sont tenus de faire appel au concours des architectes dans les conditions et limites indiquées au
titre Ier ci-après;
[Link] conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement sont institués. Ils sont chargés d'aider et d'informer le
public conformément au titre II;
3.L'exercice de la profession d'architecte et son organisation sont soumis aux règles figurant aux titres III et IV;
[Link] dispositions du code de l'urbanisme relatives à l'architecture sont réformées conformément au titre V.
Article 2
Sont considérées comme architectes pour l'application de la présente loi les personnes physiques énumérées aux articles
10 et 11, les sociétés définies à l'article 12 ainsi que les personnes physiques admises à porter le titre d'agréé en architecture
en application de l'article 37 ci-après.
Article 3
Quiconque désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation de construire doit faire appel à un architecte pour
établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de construire, sans préjudice du recours à d'autres
personnes participant soit individuellement, soit en équipe, à la conception. Cette obligation n'exclut pas le recours à un
architecte pour des missions plus étendues.
Le projet architectural mentionné ci-dessus définit par des plans et documents écrits l'implantation des bâtiments, leur com-
position, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs.
Même si l'architecte n'assure pas la direction des travaux, le maître d'ouvrage doit le mettre en mesure, dans des conditions
fixées par le contrat, de s'assurer que les documents d'exécution et les ouvrages en cours de réalisation respectent les dis-
positions du projet architectural élaboré par ses soins. Si ces dispositions ne sont pas respectées, l'architecte en avertit le
maître d'ouvrage.
Article 4
Par dérogation à l’article 3, ne sont pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques ou exploitations agricoles
à responsabilité limitée à associé unique qui déclarent vouloir édifier ou modifier , une construction de faible importance
dont les caractéristiques, et notamment la surface maximale de plancher, sont déterminées par décret en conseil d'Etat.
Ces caractéristiques peuvent être différentes selon la destination des constructions.
(Deuxième alinéa abrogé par la loi n° 81-1153 du 29 décembre 1981, art. 1er.)
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Le recours à l'architecte n'est pas non plus obligatoire pour les travaux soumis au permis de construire ou à autorisation,
qui concernent exclusivement l'aménagement et l'équipement des espaces intérieurs des constructions et des vitrines com-
merciales ou qui sont limités à des reprises n'entraînant pas de modifications visibles de l'extérieur.
Article 5
Les modèles type de construction et leurs variantes, industrialisés ou non, susceptibles d'utilisation répétée doivent, avant
toute commercialisation, être établis par un architecte dans les conditions prévues à l'article 3 ci-dessus et ce, quel que soit
le maître d'ouvrage qui les utilise.
(Deuxième alinéa abrogé par la loi n° 81-1153 du 29 décembre 1981, art. 1er.)
Article 6
Il est créé, dans chaque département, un organisme dit "conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement", sous la
forme d'une association dont les statuts types sont approuvés par décret en Conseil d'Etat ; ces statuts définissent les condi-
tions dans lesquelles sont appelés à y collaborer les représentants de l'Etat, des collectivités locales, des professions concer-
nées ainsi que des personnes qualifiées choisies notamment en raison de leurs activités au sein d'associations locales.
Le président du conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement sera nécessairement élu parmi les représentants
des collectivités locales, dont le nombre sera au moins égal à celui des représentants de l'Etat.
Le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement poursuit, sur le plan local, les objectifs définis au plan national
en vue de promouvoir la qualité de l'architecture et de son environnement dans les conditions fixées à l'article 7 cidessous.
(Quatrième alinéa abrogé par la loi n° 81-1153 du 29 décembre 1981, art. 1er.)
Article 7
Le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement a pour mission de développer l'information, la sensibilité et
l'esprit de participation du public dans le domaine de l'architecture, de l'urbanisme et de l'environnement.
Il contribue, directement ou indirectement, à la formation et au perfectionnement des maîtres d'ouvrage, des professionnels
et des agents des administrations et des collectivités qui interviennent dans le domaine de la construction.
Il fournit aux personnes qui désirent construire les informations, les orientations et les conseils propres à assurer la qualité
architecturale des constructions et leur bonne insertion dans le site environnant, urbain ou rural, sans toutefois se charger
de la maîtrise d'oeuvre.
Il est à la disposition des collectivités et des administrations publiques qui peuvent le consulter sur tout projet d'urbanisme,
d'architecture ou d'environnement.
Le conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement peut déléguer ses missions aux services d'assistance architec-
turale fonctionnant exclusivement dans le cadre des parcs naturels régionaux.
Les interventions du conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement sont gratuites.
Article 8
La loi de finances détermine le mode de financement des dépenses des conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'envi-
ronnement.
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TITRE III - DE L'EXERCICE DE LA PROFESSION D'ARCHITECTE
Article 9
Les personnes physiques inscrites à un tableau régional d'architectes conformément aux dispositions des articles 10 et 11
ci-après peuvent seules porter le titre d'architecte.
Les personnes morales inscrites à un tableau régional d'architectes conformément aux dispositions de l'article 12 ci-après
peuvent seules porter le titre de société d'architecture.
L'inscription à un tableau régional confère le droit d'exercer sur l'ensemble du territoire national.
Article 10
(Ordonnance n° 2004-1174 du 4 novembre 2004 portant transposition pour certaines professions de la directive
2001/19/CE du Parlement européen et du Conseil du 14 mai 2001 concernant la reconnaissance de diplômes et de qua-
lifications professionnelles – article 9 – Journal officiel du 5 novembre 2004)
Sont inscrites, sur leur demande, à un tableau régional d'architectes, les personnes physiques de nationalité française ou
ressortissante d'un Etat membre de la Communauté Européenne qui jouissent de leurs droits civils, présentent les garanties
de moralité nécessaires et remplissent l'une des conditions suivantes :
1. Etre titulaire d'un diplôme, certificat ou autre titre d'architecte français ou étranger reconnu par l'Etat et obtenu soit au
terme de cycles d'études, soit à l'issue de cycles de formation professionnelle ;
2. Etre titulaire d’un diplôme, certificat ou autre titre délivré par un Etat tiers, mais qui a été reconnu dans un Etat membre
autre que la France et permet d’y exercer légalement la profession et être reconnue qualifiée par l’autorité administrative
compte tenu des connaissances et qualifications attestées par ce diplôme et par l’ensemble de la formation et de l’expérience
professionnelle acquises dans un Etat membre ;
3. Etre reconnu qualifiée par le ministre chargé de la culture sur présentation de références professionnelles après avis d'une
commission nationale. Les modalités d’application des 2° et 3° sont fixées par un décret en Conseil d’Etat.
Article 11
Les personnes physiques ressortissantes des états non-membres de la Communauté Economique Européenne sont inscrites,
sur leur demande à un tableau régional sous les mêmes conditions de diplôme, certificat, titre d'architecte ou de qualification,
de jouissance des droits civils et de moralité que les Français, si elles peuvent se prévaloir de convention de réciprocité ou
d'engagements internationaux.
Si cette dernière condition n'est pas remplie, elles peuvent néanmoins être autorisées à exercer la profession d'architecte,
selon une procédure fixée par décret.
Le même décret précise les conditions dans lesquelles un architecte étranger peut, sans être inscrit à un tableau régional,
être autorisé à réaliser en France un projet déterminé.
Article 12
(loi 2003-721 du 1er août 2003)
Pour l'exercice de leurs activités, les architectes peuvent constituer des sociétés civiles ou commerciales entre eux ou avec
d'autres personnes physiques ou morales. Ils peuvent également constituer une société à associé unique. Seules les sociétés
qui respectent les règles édictées à l'article 13 et qui sont inscrites au tableau régional des architectes peuvent porter le
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titre de sociétés d'architecture et être autorisées à exercer la profession d'architecte. Ces sociétés peuvent grouper des ar-
chitectes ou des sociétés d'architecture inscrits à différents tableaux régionaux. Toute société d'architecture doit communi-
quer ses statuts, la liste de ses associés ainsi que toute modification statutaire éventuelle au conseil régional de l'ordre des
architectes sur le tableau duquel elle a demandé son inscription.
Article 13
(loi 2003-721 du 1er août 2003)
Toute société d'architecture doit se conformer aux règles ci-après :
1- Les actions de la société doivent revêtir la forme nominative ;
2- Plus de la moitié du capital social et des droits de vote doivent être détenus par un ou plusieurs architectes personnes
physiques ou éventuellement par des sociétés d'architecture. Un des associés au moins doit être un architecte personne
physique détenant 5 % minimum du capital social et des droits de vote qui y sont affectés ;
3- Les personnes morales associées qui ne sont pas des sociétés d'architecture ne peuvent pas détenir plus de 25 % du ca-
pital social et des droits de vote des sociétés d'architecture ;
4- L'adhésion d'un nouvel associé est subordonnée à l'agrément préalable de l'assemblée générale statuant à la majorité
des deux tiers ;
5- Le président du conseil d'administration, le directeur général s'il est unique, la moitié au moins des directeurs généraux,
des membres du directoire et des gérants, ainsi que la majorité au moins des membres du conseil d'administration et du
conseil de surveillance doivent être architectes.
Article 14
L'architecte exerce selon un ou plusieurs modes suivants:
•à titre individuel, sous forme libérale;
•en qualité d'associé d'une société d'architecture;
•en qualité de fonctionnaire ou d'agent public;
•en qualité de salarié d'organismes d'études exerçant exclusivement leurs activités pour le compte de l'Etat ou des collec-
tivités
locales dans le domaine de l'aménagement et de l'urbanisme;
•en qualité de salarié d'un architecte ou d'une société d'architecture;
•en qualité de salarié ou d'associé d'une personne physique ou morale de droit privé édifiant des constructions pour son
propre et exclusif usage et n'ayant pas pour activité l'étude de projets, le financement, la construction, la restauration, la
vente ou la location d'immeubles, ou l'achat ou la vente de terrains ou de matériaux et éléments de construction;
•en qualité de salarié d'une société d'intérêt collectif agricole d'habitat rural.
La qualité d'architecte doit être reconnue par les conventions collectives. La fonction publique tiendra compte de cette ré-
férence.
L'architecte associé ou salarié ne peut toutefois exercer selon un autre mode que dans la mesure où il a obtenu l'accord
exprès de ses co-associés ou de son employeur. Il doit également faire connaître à ses clients la qualité en laquelle il inter-
vient.
Il est fait mention au tableau régional du ou des modes d'exercice choisis par l'architecte. En cas de changement, le tableau
régional est modifié en conséquence.
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Un décret en Conseil d'Etat détermine les conditions et les limites dans lesquelles les architectes fonctionnaires ou salariés
de l'Etat et des collectivités publiques, peuvent être autorisés, le cas échéant, à exercer, indépendamment de leur activité à
ce titre, sans que puisse être mise en cause leur indépendance d'agents publics, des missions de conception et de maîtrise
d'oeuvre pour le compte d'autres collectivités publiques ou au profit de personnes privées.
Article 15
Tout projet architectural doit comporter la signature de tous les architectes qui ont contribué à son élaboration.
Article 16
(Loi n° 85-704 du 12 juillet 1985. art. 24-1)
Tout architecte, personne physique ou morale, dont la responsabilité peut être engagée à raison des actes qu'il accomplit
à titre professionnel ou des actes de ses préposés, doit être couvert par une assurance.
Lorsque l'architecte intervient en qualité d'agent public, en qualité de salarié d'une personne physique ou morale dans les
cas prévus à l'article 14, ou en qualité d'associé d'une société d'architecture constituée sous la forme d'une société à res-
ponsabilité limitée ou d'une société anonyme conformément à l'article 12, la personne qui l'emploie ou la société dont il
est l'associé est seule civilement responsable des actes professionnels accomplis pour son compte et souscrit l'assurance
garantissant les conséquences de ceux-ci.
Une attestation d'assurance est jointe, dans tous les cas, au contrat passé entre le maître de l'ouvrage et l'architecte ou, le
cas échéant, son employeur.
Quelle que soit la forme sociale adoptée, toute société d'architecture est solidairement responsable des actes professionnels
accomplis pour son compte par des architectes.
Lorsque l'architecte intervient en qualité d'enseignant d'une école délivrant un diplôme français permettant d'accéder au
titre d'architecte et qu'il est chargé, dans le cadre de ses obligations de service et du programme pédagogique de l'école,
de la conception et de la réalisation d'un projet architectural, l'école qui l'emploie est seule civilement responsable des
actes professionnels accomplis pour son compte et souscrit l'assurance garantissant les conséquences de ceux-ci.
Article 17
Tout architecte, quel que soit le mode d'exercice de sa profession, est tenu de déclarer, selon les modalités et sous les ré-
serves qui sont déterminées par décret, les projets de construction qui lui sont confiés.
Article 18
L'architecte doit déclarer, préalablement à tout engagement professionnel, au Conseil Régional de l'Ordre, ses liens d'intérêts
personnels ou professionnels avec toutes personnes physiques ou morales exerçant une activité dont l'objet est de tirer
profit, directement ou indirectement, de la construction.
L'architecte doit, avant tout engagement professionnel, faire connaître ces liens à tout client ou employeur.
Article 19
Un Code des Devoirs Professionnels, établi par décret en Conseil d'Etat après avis du conseil national de l'Ordre des ar-
chitectes et consultation des organisations syndicales d'architectes, précise les règles générales de la profession et les règles
particulières à chaque mode d'exercice.
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Il édicte les règles relatives à la rémunération des architectes en ce qui concerne les missions rendues obligatoires par la
présente loi à l'égard des personnes privées.
Article 20
Toute infraction aux prescriptions des articles 16, 17 et 18 est punie d'une amende de 2 000 F à 200 000 F.
Le tribunal peut, en outre, interdire à l'architecte condamné l'exercice de la profession, soit à titre temporaire, pour une
durée qui ne peut excéder trois ans, soit à titre définitif.
Article 21
L'ordre des architectes, constitué par les architectes remplissant les conditions fixées par la présente loi, a la personnalité
morale et l'autonomie financière.
Il est placé sous la tutelle du ministre chargé de la culture.
Article 22
Il est institué, dans chaque région, un Conseil Régional de l'Ordre des architectes. Le ministre chargé de la culture désigne
auprès de lui un représentant qui assiste aux séances.
Le conseil régional est élu pour quatre ans au suffrage direct de tous les architectes inscrits au tableau régional. Seules les
personnes physiques sont électeurs et éligibles dès leur inscription au tableau de l'ordre.
Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités des élections, les conditions d'éligibilité, les incompatibilités éventuelles, le
nombre des membres de chaque conseil régional, qui peut varier en fonction de l'effectif des architectes inscrits au tableau
régional, et les conditions permettant d'assurer une représentation minimale des architectes salariés, des architectes exerçant
en société et des agréés en architecture.
Le Conseil Régional est renouvelé par moitié tous les deux ans. Les membres du Conseil ne peuvent exercer plus de deux
mandats consécutifs.
Les règles générales de fonctionnement du Conseil Régional sont déterminées par décret en Conseil d'Etat. Ce décret pré-
voit les cotisations obligatoires qui sont versées par les architectes inscrits au tableau régional en vue de couvrir les dépenses
du Conseil régional et du Conseil National. (Loi n° 85-704 du 12 juillet 1985. art. 25) « Tout défaut de paiement des coti-
sations prévues à l'alinéa précédent ne peut faire l'objet d'une sanction disciplinaire ou professionnelle ».
Article 23
Le Conseil Régional assure la tenue du tableau régional des architectes. Il procède à l'inscription des architectes après avoir
vérifié qu'ils remplissent les conditions requises par la présente loi et ses textes d'application.
Il procède à leur radiation si ces conditions cessent d'être remplies.
Les refus d'inscription ou les décisions de radiation peuvent être frappées de recours devant le ministre chargé de la culture
qui statue après avis du Conseil National.
Le ministre chargé de la culture peut annuler les décisions d'inscription irrégulières et radier du tableau régional les personnes
qui auraient cessé de remplir les conditions requises.
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Article 24
Il est institué un Conseil National de l'Ordre des architectes. Le ministre chargé de la culture désigne auprès de lui un re-
présentant qui assiste aux séances.
Le Conseil National est élu pour quatre ans par les membres des Conseils Régionaux et est renouvelé par moitié tous les
deux ans. Ses membres doivent avoir exercé pendant deux ans au moins un mandat dans un Conseil Régional, cette dis-
position n'étant toutefois pas applicable à la première élection et au premier renouvellement du conseil.
Un décret en Conseil d'Etat définit les modalités des élections, les conditions d'éligibilité, les incompatibilités éventuelles, le
nombre des membres et les règles générales de fonctionnement du Conseil National.
Article 25
Le Conseil National coordonne l'action des Conseils Régionaux et contribue à leur information.
Il est consulté par les pouvoirs publics sur toutes les questions intéressant la profession, notamment l'organisation de l'en-
seignement de l'architecture.
Article 26
Le Conseil National et le Conseil Régional de l'Ordre des architectes concourent à la représentation de la profession auprès
des pouvoirs publics.
Ils ont qualité pour agir en justice en vue notamment de la protection du titre d'architecte et du respect des droits conférés
et des obligations imposées aux architectes par la présente loi.
Ils peuvent concourir à l'organisation de la formation permanente et de la promotion sociale et au financement d'organismes
intéressant la profession.
Article 27
Il est institué dans chaque région une Chambre Régionale de Discipline des architectes. elle est composée:
•d'un président de tribunal administratif, président;
•d'un conseiller de tribunal administratif;
•d'un conseiller de cour d'appel; •de deux membres du Conseil Régional de l'Ordre des architectes élus par ce conseil
lors de chaque renouvellement.
Elle ne peut connaître des activités qu'un architecte exerce en qualité de fonctionnaire ou d'agent public.
L'action disciplinaire est engagée par le Conseil Régional ou par les représentants de l'Etat agissant soit d'office, soit à la re-
quête de toute personne intéressée.
Article 28
La chambre régionale de discipline des architectes peut prononcer les sanctions suivantes:
•avertissement;
•suspension pour une période de trois mois à trois ans;
•radiation définitive.
Un décret fixe les conditions dans lesquelles sont gérées ou liquidées les affaires confiées à un architecte frappé d'une
mesure de suspension ou d'une mesure de radiation.
Les décisions de suspension et de radiation sont notifiées à tous les Conseils Régionaux qui ne peuvent procéder, pendant
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la durée de la sanction, à l'inscription de l'architecte ou de la société qui en sont frappés.
Les décisions de la chambre régionale peuvent être déférées à la chambre nationale de discipline des architectes par
l'autorité de tutelle ou par la personne à l'encontre de laquelle a été engagée l'action disciplinaire.
Article 29
Il est institué une Chambre Nationale de Discipline des architectes.
La chambre nationale de discipline est composée:
•d'un conseiller d'Etat, président;
•d'un président de chambre à la cour d'appel de Paris;
•d'un conseiller à la Cour des comptes;
•de deux membres du Conseil National de l'Ordre des architectes élus par le conseil lors de chaque renouvellement.
Un président et des membres suppléants sont également désignés.
La chambre nationale de discipline connaît des recours formés contre les décisions des chambres régionales de discipline.
Le délai d'appel et l'appel sont suspensifs.
Les décisions de la chambre nationale de discipline sont susceptibles de recours en cassation devant le Conseil d'Etat.
Article 30
Article L. 111-1, al.1 du code de l'urbanisme :
« Les règles générales applicables, en dehors de la production agricole en matière d'utilisation du sol, notamment en ce qui
concerne la localisation, la desserte, l'implantation et l'architecture des constructions, le mode de clôture et la tenue décente
des propriétés foncières et des constructions, sont déterminées par des décrets en Conseil d'Etat ».
Article 31
Article L. 421-2 du code de l'urbanisme :
« Le permis de construire est instruit et délivré dans les formes, conditions et délais déterminés par un décret en Conseil
d'Etat: a) Dans les communes où une carte communale ou un plan local d'urbanisme a été approuvé, au nom de la commune
ou de l'établissement public de coopération intercommunale ou de l'Etat, selon les cas et modalités prévus aux articles L.
421-2-1 à L. 421-2-6 ; b) Dans les autres communes, au nom de l'Etat.
Conformément aux dispositions de l'article 3 de la loi nº 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, la demande de permis
de construire ne peut être instruite que si la personne qui désire entreprendre des travaux soumis à une autorisation de
construire a fait appel à un architecte pour établir le projet architectural faisant l'objet de la demande de permis de
construire, sans préjudice du recours à d'autres personnes participant soit individuellement, soit en équipe, à la conception.
Cette obligation n'exclut pas le recours à un architecte pour des missions plus étendues.
Le projet architectural mentionné ci-dessus définit, par des plans et documents écrits, l'implantation des bâtiments, leur
composition, leur organisation et l'expression de leur volume ainsi que le choix des matériaux et des couleurs. Le projet
architectural précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel
des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords.
Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent alinéa qui sont déterminées compte tenu de la lo-
calisation, de la nature ou de l'importance des constructions ou travaux envisagés.
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Conformément aux dispositions de l'article 4 de la loi nº 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, par dérogation au qua-
trième alinéa ci-dessus, ne sont pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques qui déclarent vouloir édifier
ou modifier, pour elles-mêmes, une construction de faible importance dont les caractéristiques, et notamment la surface
maximale de plancher, sont déterminées par décret en conseil d'Etat. Ces caractéristiques peuvent être différentes selon la
destination des constructions. Le recours à l'architecte n'est pas non plus obligatoire pour les travaux soumis au permis de
construire qui concernent exclusivement l'aménagement et l'équipement des espaces intérieurs des constructions et des
vitrines commerciales ou qui sont limités à des reprises n'entraînant pas de modifications visibles de l'extérieur.
Conformément aux dispositions de l'article 5 de la loi nº 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, les modèles types de
construction et leurs variantes, industrialisées ou non, susceptibles d'utilisation répétée, doivent, avant toute commercialisa-
tion, être établis par un architecte dans les conditions prévues à l'article 3 de ladite loi et ce quel que soit le maître d'ouvrage
qui les utilise ».
Article 32
Article L. 422-1 du code de l'urbanisme :
« Sont exemptés du permis de construire les constructions ou travaux couverts par le secret de la défense nationale, les
travaux de ravalement, les travaux sur les immeubles classés.
Sont également exemptés du permis de construire certaines constructions ou travaux relatifs à la défense nationale ou aux
installations techniques nécessaires au fonctionnement des services publics ainsi que les constructions ou travaux dont la
faible importance ne justifie pas l'exigence d'un permis de construire.
Un décret en Conseil d'Etat précise la nature et l'importance des constructions, travaux et installations concernés. Les
exemptions instituées par le présent article ne dispensent pas du respect des dispositions législatives ou réglementaires re-
latives à l'occupation du sol énumérées à l'article L. 421-3 ».
Article 33
Article L. 421-3, al.1 du code de l'urbanisme :
Le permis de construire ne peut être accordé que si les constructions projetées sont conformes aux dispositions législatives
et réglementaires concernant l'implantation des constructions, leur destination, leur nature, leur architecture, leurs dimensions,
leur assainissement et l'aménagement de leurs abords et si le demandeur s'engage à respecter les règles générales de
construction prises en application du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier du code de la construction et de l'habitation.
Article 34
Sans préjudice des dispositions de la loi n° 71-575 du 16 juillet 1971, la formation professionnelle au titre de la promotion
sociale et la formation professionnelle continue des collaborateurs salariés d'architectes sont organisées, sous la tutelle du
ministre chargé de la culture, par les organisations professionnelles et syndicales représentatives des architectes et de leurs
salariés, qui constituent à cet effet des associations paritaires habilitées à remplir ces missions de formation et de promotion
qui permettront aux intéressés d'accéder éventuellement au titre d'architecte.
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Article 35
(Article abrogé par la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985. art. 27)
Article 36
Les personnes habilitées à exercer, pour les travaux de la Défense Nationale, les missions imparties aux architectes par l'ar-
ticle 3 de la présente loi, font l'objet d'un agrément dans des conditions déterminées par décret.
Article 37
Toute personne physique qui, sans porter le titre d'architecte, exerçait à titre exclusif ou principal et sous sa responsabilité
personnelle, avant la publication de la présente loi, une activité de conception architecturale dans le domaine de la construc-
tion de bâtiments, est inscrite sur sa demande à un tableau régional, sous le titre d'agréé en architecture, dans les conditions
fixées à l'article 23, si elle jouit de ses droits civils, présente les garanties de moralité nécessaires et remplit en outre l'une
des deux conditions suivantes:
[Link] exercé de façon libérale, exclusive et constante en ayant souscrit annuellement un ou plusieurs contrats d'assurance
couvrant sa responsabilité de maître d'oeuvre et en ayant été assujetti à une patente ou à une taxe professionnelle de
maître d'oeuvre en bâtiment ou de cabinet d'architecture depuis une date antérieure au 1er janvier 1972, de façon continue,
jusqu'au dépôt de la demande;
[Link] reconnu qualifié par le ministre chargé de la culture sur présentation de références professionnelles et après avis
d'une commission régionale comprenant notamment, en nombre égal, des architectes et des représentants des professions
concernées par le présent article.
Les demandes d'inscription devront être déposées dans un délai de six mois après la publication de la présente loi. Sous
réserve d'avoir effectué le dépôt de cette demande, ces professionnels peuvent assumer les missions visées à l'article
3, jusqu'à l'intervention d'une décision définitive.
Dès leur inscription au tableau régional, les agréés en architecture jouissent des mêmes droits et sont soumis aux mêmes
obligations que les architectes.
Article 38
Lorsqu'un agréé en architecture demande son inscription au tableau régional sous le titre d'architecte selon la procédure
de reconnaissance de qualification prévue par l'article 10 (2°) ci-dessus, la commission nationale comprend, notamment, un
nombre égal d'architectes diplômés et d'architectes ayant été admis à porter le titre à la suite d'une procédure de recon-
naissance de qualification.
Article 39
Toute personne inscrite à l'un des tableaux de l'Ordre des architectes au jour de l'entrée en vigueur de la présente loi est
inscrite de plein droit à un des nouveaux tableaux régionaux.
Article 40
Toute personne qui ne remplit pas les conditions requises par la présente loi et qui porte le titre d'architecte ou d'agréé
en architecture ou accompagne ou laisse accompagner son nom ou la raison sociale de la société qu'elle dirige de termes
propres à entretenir dans le public la croyance erronée en la qualité d'architecte ou d'agréé en architecture ou de société
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ASSOCIATION LOI 1977
SUR L’ARCHITECTURE
d'architecture, est punie d'une amende de 2 000 F à 20 000 F et d'un emprisonnement de six mois à un an ou de l'une de
ces deux peines seulement.
Toutefois, toute personne physique ou morale qui porterait au jour de la publication de la présente loi une dénomination
dont le port pourrait désormais entraîner une condamnation en vertu de l'alinéa qui précède, dispose d'un délai de deux
ans à compter de cette publication pour modifier ladite dénomination.
Ne sont pas concernées par les dispositions du présent article les personnes qui peuvent se prévaloir d'un titre scolaire ou
universitaire et en font usage de telle sorte qu'aucune confusion ne soit possible avec les titres d'architecte et d'agréé en
architecture.
Article 41
Un décret fixe les modalités de transfert des biens, droits et obligations du Conseil Supérieur et des Conseils Régionaux
de l'Ordre des architectes respectivement au Conseil National et aux nouveaux Conseils Régionaux. Ces transferts ne
donnent lieu à perception d'aucune indemnité, droit ou taxe.
Article 42
Le Conseil Supérieur et les Conseils Régionaux de l'Ordre des architectes restent en fonction jusqu'à la mise en place du
Conseil National et des nouveaux Conseils Régionaux.
La loi du 31 décembre 1940 instituant l'Ordre des architectes et réglementant le titre et la profession d'architecte est abro-
gée à la date de l'élection des nouveaux Conseils Régionaux.
Article 43
Des décrets en Conseil d'Etat fixent, en tant que de besoin, les modalités d'application de la présente loi.
Article 44
La présente loi est applicable aux départements d'outre-mer.
Article 45
Sous réserve de la compétence attribuée aux assemblées ou conseils élus dans les territoires d'outre-mer, les dispositions
de la présente loi pourront être rendues applicables en tout ou partie dans chacun de ces territoires par des décrets en
Conseil d'Etat.
La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.
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