Évaluation scolaire : enjeux et pratiques
Évaluation scolaire : enjeux et pratiques
de l’Enseignement Officiel
Équipe de rédaction :
Virginie Sampont.
Avec Christophe Desagher et Johanna de Villers
Coordination : Hira Laci.
Fédération des Associations de Parents de l’Enseignement Officiel
Avenue du Onze novembre, 57
1040 Bruxelles
02/527.25.75 – 02/525.25.70
[Link] – secretariat@[Link]
Avec le soutien de la Communauté française de Belgique
1
SOMMAIRE
Sommaire .................................................................................................................................. 2
Résumé ...................................................................................................................................... 3
Mots-clefs .................................................................................................................................. 3
Introduction.............................................................................................................................. 4
Evaluer, c’est-à-dire ? .............................................................................................................. 5
Proposition(s) de définition de l’évaluation .................................................................... 5
Nous venons de définir de manière très globale ce qu’est et ce que recouvre le
terme « évaluation », décrivons-en à présent quelques pratiques. .............................. 5
Quelques pratiques d’évaluation ...................................................................................... 6
Evaluer, pourquoi ? ................................................................................................................. 8
Evaluer, une obligation ? .................................................................................................... 8
Pourquoi évaluer ? .............................................................................................................. 8
La note, c’est sacré !? ....................................................................................................... 9
L’évaluation scolaire… ................................................................................................... 9
L’évaluateur. Qui, pourquoi et comment ?........................................................................ 10
Quelles qualités pour l’enseignant ? ............................................................................... 10
L’enseignant : un décideur ? ............................................................................................ 11
Qu’est-ce qu’un conseil de classe ? ................................................................................. 11
Critique de l’évaluation ........................................................................................................ 12
Evaluer, des effets inattendus ? ....................................................................................... 12
1. Effet Posthumus......................................................................................................... 13
2. Stéréotypie ou effet de Halo .................................................................................... 13
Avis .......................................................................................................................................... 14
En guise de conclusion ......................................................................................................... 15
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Résumé
Est-ce que l’évaluation scolaire est réellement utile ? Quelle(s) évaluation(s) ?
Comment évalue-t-on ? Quelle objectivité ? Comment devrait-on évaluer ? Qui est
évalué ? Par qui ? Pourquoi ?
Mots-clefs
Evaluation, examens, sélection, orientation, collaboration, communication, soutien,
observation, distorsion, jugement, mérite, apprentissage, soutien, interrogation,
jugement, pédagogie différenciée, sacralisation des notes, mesuré, conseil de classe,
évaluation certificative, sommative, formative, etc.
3
INTRODUCTION
Les élèves belges vivent tout au long de leur parcours scolaire des évaluations aussi
diverses que variées : épreuve externe commune en fin de 6ème primaire, le CEB1,
évaluations externes non certificatives, interrogations ponctuelles, évaluations
internationales, examens de fin d’année, projet de TESS2. Ces évaluations se font à
des moments différents mais aussi selon des objectifs variés.
Nous allons nous intéresser au sens qui sous-tend les pratiques d’évaluations, aux
objectifs poursuivis. Quelques questions sont à la base de cette analyse :
Partant de ces questionnements, nous tenterons de comprendre les logiques qui sous-
tendent les pratiques d’évaluation.
4
EVALUER, C’EST-A-DIRE ?
Evaluer c’est, d’après J. Nimier juger en fonction d’une valeur (ou d’attentes). C’est
aussi communiquer à l’évalué ce qu’on attend de lui, c’est bien souvent « un
˝ message˝ plus qu’une ˝ mesure3˝ ».
Nous venons de définir de manière très globale ce qu’est et ce que recouvre le terme
« évaluation », décrivons-en à présent quelques pratiques.
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Quelques pratiques d’évaluation
Selon les objectifs poursuivis, l’évaluation peut prendre des formes différentes. En
voici un répertoire court et non-exhaustif:
Notons qu’il n’y a pas que ces trois types d’évaluations appliquées en milieu scolaire,
il y en a bien d’autres telles que l’évaluation pronostique – qui estime le niveau
atteint et les potentialités à développer dans tel ou tel domaine –, ou l’évaluation
5McKinsey & Company, Les clés du succès des systèmes scolaires les plus performants, Septembre 2007
6Décret de 1997 définissant les missions prioritaires de l’enseignement fondamental et secondaire et
organisant les structures propres à les atteindre
6
diagnostique – qui englobe le niveau atteint par une classe d’âge ou une population
scolaire.
7
EVALUER, POURQUOI ?
La question qui est traitée ici, n’est pas de savoir s’il faut évaluer ou non mais de
pouvoir se fixer des objectifs d’amélioration d’un enseignement et de mieux soutenir
l’apprentissage.
Pourquoi évaluer ?
Abordons brièvement quatre buts essentiels de l’évaluation énumérés par J.
Cardinet8 :
7 Cardinet J., Pour apprécier le travail des élèves, Bruxelles, Ed. De Boeck, pédagogies et développement,
problématiques et recherches, 1988
8 Idem
8
La note, c’est sacré !?
Quelles que soient ses formes ou impacts, l’évaluation scolaire occupe une place
prépondérante au moment de la construction de l’enfant/l’individu. L’école serait-
elle devenue une machine à évaluer ?
L’évaluation scolaire10…
9 Broadfoot, 2007 cité dans Endrezzi L., Rey O., L’évaluation au cœur des apprentissages, Dossier
d’actualité n°39, novembre 2008 ; [Link] p. 2
10 Schéma que nous avons construit sur base des notes de Cardinet J., Pour apprécier le travail des
9
L’évaluateur. Qui, pourquoi et comment ?
Partons des propos de Ph. Perrenoud, pour relever et exposer quelques aptitudes
qu’il définit comme indispensables au professeur qui enseigne et évalue.
[…] Cette régulation passe par des interventions correctives fondées sur une
appréciation des progrès et du travail des élèves. […] Quiconque enseigne se
préoccupe un tant soit peu des effets et infléchit son action pour mieux arriver
à ses fins. […]
[…] les modèles prescriptifs ont souvent tendance à idéaliser les acteurs, à leur
prêter un fonctionnement optimal, une parfaite maîtrise de leurs pensées et de
leurs actions, une rationalité de chaque instant mise au service prioritaire de la
régulation.11 »
Il ne doit pas perdre de vue que l’élève est encore en construction ainsi
qu’en développement, que la maîtrise immédiate de la matière ne va pas de
soi.
11Perrenoud Ph., Sociologie du travail scolaire et observation participante : la recherche fondamentale dans une
recherche action,
[Link] p.2, 4 &
5
10
L’enseignant : un décideur ?
« Au fond, le métier d’enseignant est un métier de « décideur » ; c’est un métier dans
lequel il y a constamment des décisions à prendre. […] Alors, il faut disposer de
l’évaluation pour savoir ce qu’on va décider. L’évaluation est d’abord un élément qui
permet, dans la classe, d’interpréter ce qui se passe, ce qui se joue, pour savoir ce quoi
faire pour la suite : savoir si je reviens en arrière, si je travaille autrement, si je divise
la classe en groupes, s’il faut que je donne un complément sur tel point ou si, au
contraire, cela ne sert à rien parce qu’il vaut mieux faire redémarrer l’intérêt. Pour
tout cela, il faut disposer d’un « tableau de bord ». […] L’évaluation, c’est au fond ce
qui nourrit ses décisions en situation. Ne pas voir cela, c’est se priver d’une dimension
essentielle de l’évaluation.12 »
Mais l’enseignant n’est pas seul dans la prise de décision(s). Il existe aussi une
autre instance : le conseil de classe.
12 Propos de Jean-Pierre Astolfi, repris dans le document de la Communauté française sur les
« Ouvrages de références sur l’évaluation ». Document disponible en ligne à partir du lien suivant :
[Link]
13J. M., De Ketele, Observer pour éduquer, Collection exploration, Recherches en sciences de l’éducation,
11
Critique de l’évaluation
En somme, qu’est-ce qui peut fausser les résultats à un test – et faire qu’il ne rende
pas compte de la réalité ?
Parmi tant d’autres, nous retrouvons les attentes du correcteur suivant l’indice des
performances scolaires antérieures de l’élève, l’effet « séquence des copies », voire
même l’apparence physique de l’élève, etc.
Il est capital que les enseignants aient conscience de ces effets pour palier à cette
tendance spontanée, inconsciente et involontaire à les suivre.
12
1. Effet Posthumus
Donc, les professeurs adaptent leur enseignement et les examens au niveau de leur
classe (ce qui est louable), mais cela pourrait avoir pour conséquence qu’un élève
bien noté dans une population faible serait parmi les faibles ou échouerait dans un
groupe fort.
Les enseignants sont en proie à ce que l’on nomme l’effet Posthumus qui les amène à
produire systématiquement une distribution des résultats en cloche. Ils adaptent en
fait leurs questions au tiers des meilleurs des élèves, et conçoivent les épreuves de
telle manière à ce que le niveau de difficulté varie en fonction du groupe.
Il s’agit d’un biais qui affecte la perception qu’on se fait ou cherche à se faire des
gens. Ainsi, une caractéristique jugée positive à propos d'une personne ou d'une
collectivité a tendance à rendre plus positives les autres caractéristiques de cette
personne, même sans les connaître (et inversement pour une caractéristique
négative). C’est un ajustement des critères d’appréciation à une population
d’individus/d’élèves.
C’est, autrement dit, la tendance que l'on a à sur/sous-estimer une personne à partir
seulement des premiers indices perçus ou connus.
Dès lors, la connaissance des résultats antérieurs d’un élève influencera le professeur
sur les futurs résultats d’évaluation. Aussi, souvent les réponses d’un élève de fière
allure, au regard franc, à la diction agréable, … bref, d’un élève qui nous fait bonne
impression, seront surestimées.
13
Avis
Recommandations FAPEO :
Cette dixième priorité de promotion des évaluations formatives est à envisager dans
le cadre des orientations définies dans notre « Plan Charlemagne », dont les quelques
points suivant résument l’idée générale :
14
En guise de conclusion
Lors d’une évaluation, une information en retour est toujours nécessaire pour
réorienter la suite de l’action. L’évaluation est d’abord un élément qui permet, dans
la classe, d’interpréter ce qui se passe, ce qui se joue, pour savoir quoi faire pour la
suite.
Cela dit, nous constatons qu’au-delà, l’évaluation peut s’orienter vers deux pôles,
suivant une double logique :
L’évaluation pour faire évoluer l’élève grâce à une pédagogie différenciée et des
évaluations formatives.
Un autre effet pervers de l’évaluation est son rôle régulateur et central dans la
relation maître-élève : elle est clairement d’un grand impact sur le climat général
scolaire. En somme, l’évaluation entretient un rapport de forces, de dépendance et de
séduction entre l’élève et l’enseignant. Dès lors, comment les élèvent peuvent-ils
devenir acteurs collaborant de l’apprentissage ? La question reste posée.
En effet, le rôle décisif que peuvent jouer ces évaluations influence à la fois le climat
scolaire et le climat familial. La note devient sacrée et notre tendance est de la
fétichiser. Finalement, l’enfant travaillera pour avoir des beaux points, tentera au
maximum de « séduire » le professeur pour obtenir un résultat qui le satisfera et
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satisfera en même temps ses parents. En d’autres termes : l’enfant se conformera aux
attentes qu’on aura de lui.
16
Bibliographie
Cardinet J., Pour apprécier le travail des élèves, Bruxelles, Ed. De Boeck, pédagogies et
développement, problématiques et recherches, 1988
McKinsey & Company, Les clés du succès des systèmes scolaires les plus performants,
Septembre 2007
Sitographie
Nimier J., Cette évaluation impossible et pourtant nécessaire. Article disponible en ligne à
partir du lien :
[Link]
[Link]
[Link]
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